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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 14:44

Lecture du deuxième livre des Rois 4, 42-44

En période de famine, le prophète Élisée donne le peu qu’il a reçu, et Dieu fait qu’il y a des restes.

En ces jours-là, un homme vint de Baal-Shalisha et, prenant sur la récolte nouvelle, il apporta à Élisée, l’homme de Dieu, vingt pains d’orge et du grain frais dans un sac. Élisée dit alors/ « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent ». Son serviteur répondit : « Comment donner cela à cent personnes ? » Élisée reprit : « Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent, car ainsi parle le Seigneur : On mangera, et il en restera ». Alors, il le leur donna, ils mangèrent, et il en resta, selon la parole du Seigneur. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Les miracles qu’accomplissent les prophètes ont pour but d’accréditer leur mission de messagers de Dieu. En nourrissant cent hommes en période de famine avec quelques pains, Élisée montre que la Parole de Dieu qu’il proclame est la nourriture d’un peuple en état de disette spirituelle. Le surplus manifeste que la Parole de Dieu va au-delà de la faim spirituelle des hommes et leur offre de combler un désir toujours plus grand de vie avec Dieu.

Les demandes de ceux qui s’adressent à nous pour un baptême, une cérémonie de mariage ou le catéchisme de leur enfant cachent souvent une réelle faim de Dieu. Comment nous aidons-nous en équipe à la découvrir et à y répondre ?

Psaume 144

R/ : Tu ouvres la main, Seigneur : nous voici rassasiés.

  • Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits. R/
  • Les yeux sur toi, tous, ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit. R/
  • Le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu'il fait. Il est proche de ceux qui l'invoquent, de tous ceux qui l'invoquent en vérité. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4, 1-6

L’unité de l’Église se fonde sur l’unique corps du Christ, animé par l’unique Esprit, et pourtant, elle est aussi notre œuvre.

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La lettre aux Éphésiens insiste sur l’unité de l’Église. Celle-ci est fondée sur l’unique espérance chrétienne du royaume de justice et d’amour dont l’Esprit Saint et la vie ecclésiale, dans le corps du Christ, sont le gage ; sur l’unique Seigneur que les chrétiens reconnaissent dans la foi et auquel le baptême les a conformés ; sur l’unique Père dont la puissance et l’amour nous enveloppent. L’unité de l’Église est donc avant tout l’œuvre de Dieu Trinité. Pourtant chaque chrétien doit y coopérer librement dans l’humilité, la douceur, la patience, la paix…

L’unité ne consiste pas dans la fusion des personnes. Elle est exigence de respect mutuel et de vérité entre nous. Relisons les fondements de l’unité que donne la lettre aux Éphésiens en les appliquant à notre équipe et à notre communauté chrétienne.

Alléluia. Alléluia. Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6, 1-15

Les cinq pains que nous apportons, qu’est-ce que cela pour tant de monde ! Mais en passant par les mains du Christ, ils rassasient la foule.

En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain ». Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens ». Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde ». Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.

À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde ». Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Jésus veut nous faire découvrir dans la multiplication des pains l’annonce de l’eucharistie ; de menus détails doivent guider le lecteur. Ainsi, on est proche de Pâques, date de la Cène et du sacrifice de la croix ; Jésus prend du pain, rend grâces et le distribue comme il le fera au soir du Jeudi Saint. L’ordre donné à Philippe de se procurer du pain pour nourrir la foule, et la présence des apôtres remplissant douze paniers des morceaux qui restent, sont une allusion à l’Église invitée à distribuer aujourd’hui le pain de vie aux hommes. Jésus, s’enfuyant dans la montagne parce que la foule veut le faire roi, donne le signe de sa fidélité à sa mission : « Mon royaume n’est pas de ce monde ».

Il n’y a pas d’eucharistie possible sans le pain et le vin ni de foule comblée de sa faim de Dieu sans efforts de partage. Jésus a toujours besoin d’un jeune garçon, de ses pains d’orge et de ses poissons : c’est-à-dire nous !

Homélie

Pendant 5 dimanches consécutifs nous allons interrompre la lecture continue de saint Marc pour lire le merveilleux chapitre sixième de saint Jean : chapitre très long et très dense qui commence par le miracle de la multiplication des pains et se poursuit par ce qu’on appelle « le discours sur le Pain de Vie ».

La multiplication des pains, vous l’avez peut-être remarqué, est le seul miracle à être raconté par les 4 évangélistes, c’est dire son importance !

Mais dans l’Evangile de saint Jean, ce signe occupe, de plus une place charnière. Il se situe en effet au moment où Jésus déplace son ministère de Galilée à Jérusalem, moment où l’enthousiasme de la foule tourne à l’aigre et où les paroles de Jésus qui exposent clairement la signification du miracle (nous les entendrons au cours des prochains dimanches), provoquent une crise, mettant les disciples eux-mêmes au pied du mur. Car un choix décisif s’impose alors : ou bien donner sa foi, faire confiance aux paroles du Christ comme Pierre, ou bien refuser de croire comme Judas (qui est devenu « fils du diable ») et abandonner le Christ, ce qui sera le cas du plus grand nombre.

Avant d’accomplir la multiplication des pains, Jésus, qui sait très bien ce qu’il va faire, commencer par éprouver rudement ses apôtres. Il consulte tout d’abord Philippe « où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient de quoi manger ? » Ce dernier a tôt fait de calculer mentalement l’impossibilité de s’en sortir « 200 deniers c'est-à-dire 200 journées de salaire ne suffiraient pas à donner une bouchée à chacun ». André à sans doute entendu la question que Jésus a posée à Philippe. Inventif, débrouillard, il se met en quête d’une autre solution : mais le bilan de ses trouvailles s’avère, lui-aussi déficitaire :« Il y a là un garçon qui possède 5 pains d’orge et 2 poissons », dit-il à Jésus, mais qu’est ce que cela pour tant de monde ? Quelle énorme disproportion, en effet entre les moyens et les besoin ?

Humainement la difficulté est insurmontable. Et c’est alors que Jésus intervient, manifestant une fois de plus la souveraine maîtrise qu’il exerce sur l’impossible et cela par pur amour, pour le service de l’homme. Mais ici, la puissance de l’Homme-Dieu se manifeste avec d’autant plus d’éclat qu’elle utilise des moyens pauvres... Car Jésus (qui aurait fort bien pu accomplir le miracle à partir de rien), ne méprise pas la base de départ que constitue l’offre très modeste d’un enfant, un de ces petits que, d’ordinaire les adultes regardent du haut de leur grandeur, de leur force physique, de leur savoir ou de leur pouvoir... Les petits, c’est bien connu, ont besoin des grandes personnes et les pauvres des riches.

Jésus, qui n’hésite pas à bouleverser nos conceptions, nous apprend ici que les grands, les adultes, ont aussi besoin des petits. Nous sommes trop souvent tentés de l’oublier : sans les petits, sans les pauvres, quel appauvrissement ce serait dans le monde : appauvrissement de générosité, de dévouement, d’espérance ; appauvrissement d’amour.

Jésus, qui est si grand, si puissant, ne veut pas agir seul : il veut avoir besoin des êtres faibles et limités que nous sommes. Il veut pouvoir compter sur notre collaboration si minime soit-elle. A la plus petite de nos offrandes il confère une valeur immense, une portée illimitée. Ne nous en donne-t-il pas ce miracle une preuve éclatante ? Un petit garçon lui offre généreusement 5 pains et 2 poissons et ça lui suffit pour rassasier toute une foule et avec surabondance puisqu’on recueille 12 corbeilles de restes.

Frères et sœurs, aujourd’hui comme hier, dans l’ordre spirituel Jésus n’agit pas autrement. Quel moyen emploie-t-il par exemple, pour perpétrer sa présence au milieu de nous ; pour entretenir, augmenter et fortifier la vie divine que nous avons reçue en notre âme à l’heure de notre baptême ? Eh bien ! Tout simplement un peu de matière : du pain et du vin. Et par sa puissance créatrice, transfiguratrice, il les change en son corps et en son sang.

Ressuscité, toujours vivant, il est présent, bien qu’invisible à nos yeux, sous les espèces du pain et du vin consacrés. Par le moyen de ce sacrement d’amour qu’est l’Eucharistie, Jésus peut renouveler à tout instant dans le monde l’offrande de son sacrifice rédempteur et nourrir la foule de ses amis pour qu’ils vivent de lui, de sa pensée, de son amour, de sa force et deviennent de plus en plus participants de sa divinité.

Pour Jésus, donc, nous le voyons, les problèmes insolubles ça n’existe pas (il est vraiment selon la belle formule du Père de Foucault « Le Maître de l’Impossible ». Et voilà qui doit fonder et affermir notre espérance, notre confiance en la Toute-puissance de son Amour pour nous.

Bien des fois, avouons-le, nous vous laissons aller au découragement, et nous frôlons peut-être le désespoir face aux difficultés de toute sorte qui se dressent sur la route de notre vie chrétienne : qu’il s’agisse de la virulence des tentations, de la tyrannie des passions, de souffrances physiques ou morales particulièrement éprouvantes...

Mais qu’attendons-nous à ces moments-là, pour nous tourner vers le Seigneur qui ne cesse de nous tendre une main secourable ?

Qu’attendons-nous pour le supplier de nous donner ces grâces de lumière et de force qui vont finalement rendre l’impossible possible ? Nous faire expérimenter à quel point elle est vraie la parole de saint Paul « je puis tout en celui qui me rend fort ».

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui nous a si bien rappelé la voie de l’enfance spirituelle avait une conscience très vive de sa petitesse : de sa faiblesse face aux obstacles qu’il lui fallait surmonter pour devenir une vraie chrétienne et atteindre les cimes de la sainteté. Pour y parvenir elle ne comptant que sur Dieu, sur sa force et sur son appui : « le Bon Dieu écrit-elle m’a toujours secourue ; il m’a conduite par la main. Je compte sur ... Il ne regarde pas tant à la grandeur de nos actions qu’à l’amour avec lequel nous les accomplissons ».

Alors, chers frères et sœurs, même si nous nous sentons très pauvres, très limités, même si jusqu’à présent nous avons accumulés les échecs, ne nous laissons pas abattre, rappelons-nous que si nous savons nous offrir à Jésus, nous en remettre totalement à lui, il est vraiment capable de transformer notre pauvre vie, en nous donnant d’aimer Dieu et nos frères comme lui-même les aime.

Oui, soyons tout à Jésus (et le secret pour être tout à Jésus, c’est de se consacrer à Marie), soyons donc tout à Jésus par Marie. Il nous comblera alors de sa grâce et il fera même de nous des multiplicateurs de cette grâce pour le plus grand bien de nos frères et la Gloire du Père.

Amen.

Prière universelle

R/ : «Ô Seigneur les hommes ont tant besoin, Ô Seigneur d’un signe de ta main »

Prêtre : Nous sommes la foule aujourd’hui rassemblée autour de Jésus. Sûr de son amour pour nous, prions pour tous les hommes qui ont faim.

  • Donne, Seigneur, à ton Église de pouvoir annoncer à tous les hommes l’espérance que tu offres à chacun. Dans la foi, nous te prions. R/
  • Donne, Seigneur, à tous les dirigeants ton Esprit de justice et de paix pour un partage équitable des richesses. En toute confiance, nous te prions. R/
  • Donne, Seigneur, à tous ceux qui souffrent de la faim, la force de surmonter leur désarroi et la grâce de l’espérance. À la lumière de ta Parole, nous te prions. R/
  • Donne, Seigneur, la force de partager avec nos frères, fraternité et solidarité, terreau qui nous unit. À la lumière de ton amour, nous te prions. R/

Prêtre : Seigneur, ouvre nos cœurs à ton amour, ouvre nos mains pour le partage, toi qui nous aimes pour les siècles des siècles.

Source de la P.U. : http://www.paroissejp2-limoges.com

Lecture du 17ème dimanche du T.O. en DOCX et PDF

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 10:36

Livre de Jérémie 23,1-6

Rois et gouvernants, tels de mauvais bergers, ont conduits le peuple à la catastrophe. Aussi le Seigneur s’apprête-t-il à conduire lui-même son troupeau.

Quel malheur pour vous, pasteur ! Vous laissez périr et vous dispersez les brebis de mon pâturage – oracle du Seigneur ! C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël, contre les pasteurs qui conduisent mon peuple : Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées, et vous ne vous êtes pas occupés d’elles. Eh bien ! Je vais m’occuper de vous, à cause de la malice de vos actes – oracle du Seigneur.

Puis, je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis de tous les pays où je les ai chassées. Je les ramènerai dans leur enclos, elles seront fécondes et se multiplieront. Je susciterai pour elles des pasteurs qui les conduiront ; elles ne seront plus apeurées ni effrayées, et aucune ne sera perdue – oracle du Seigneur.

Voici venir des jours – oracle du Seigneur–, où je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera sauvé, et Israël habitera en sécurité. Voici le nom qu’on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans le Proche-Orient ancien, comme en Grèce, les rois portaient le titre de pasteur de leur peuple. Les reproches violents de Jérémie s’adressent en effet aux rois de Judée qui ont conduit le peuple à la catastrophe de l’exil où « les brebis se sont égarées et dispersées ». Le Seigneur, en vrai berger, s’en va les rassembler et les ramener en Palestine : Jérémie annonce là le retour d’exil. Dieu déléguera ses pouvoirs de gouvernement à des hommes qui prendront soin du peuple, mais tout particulièrement au Messie. Celui-ci, descendant de la lignée de David, fera régner le droit et la justice parmi son peuple qui retrouvera l’unité perdue lors de la séparation en deux royaumes.

Dans les responsabilités que nous pouvons avoir dans le monde et l’Église, le Seigneur nous invite à être attentifs à ceux qui sont apeurés et accablés ou encore perdus. Car nous sommes les pasteurs qu’il veut leur donner.

Psaume 22

R/ Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer.

  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom. R/
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. R/
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/
  • Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie ; j'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,13-18

Un mur de haine sépare encore hommes et peuples. Il ne croulera que sous la poussée d’un amour qui s’enracine dans celui de Jésus.

Frères, maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches. Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La réconciliation que Jésus nous a obtenue rend proches des gens qui étaient éloignés. Elle rapproche d’abord les hommes et les peuples entre eux. L’inimité entre juifs et païens était à l’époque l’exemple le plus typique de la haine qui pouvait séparer les hommes et qui se concrétisait dans la barrière de la Loi et de ses prescriptions juridiques. En mourant pour tous les hommes, Jésus révèle que l’amour de Dieu est universel, et que tous les hommes sont ses fils qu’il veut réunir en un seul corps mystique, en un seul Homme nouveau. Elle rend proches aussi Dieu et les hommes. L’amour de Dieu se révèle dans la croix du Christ annonce le pardon et la réconciliation des hommes pécheurs avec Dieu.

Pour abattre le mur de haine qui séparait les hommes le Christ est mort en croix, victime de cette haine. Pour abattre les barrières d’incompréhension et d’intolérance entre les gens et les peuples, il faut des hommes prêts à payer de leur personne. Voulons-nous être de ceux-là ?

Alléluia. Alléluia. Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, je les connais, et elles me suivent. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,30-34

Les foules ne lâchent plus Jésus et ses apôtres ; le Christ est saisi de pitié devant ce désarroi des foules abandonnées à elles-mêmes.

En ce temps-là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu ». De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Aux apôtres, de retour de mission, qui lui font un compte rendu détaillé de leur action et de leur enseignement, Jésus propose un temps de récollection et d’intimité avec lui, à l’écart de la foule. Hélas ! La foule devine leur dessein et les précède. Retraite et vacances tombent-elles à l’eau ? La retraite, non : les disciples sont invités à entrer dans l’intime de l’âme de Jésus en découvrant sa tendresse de pasteur pour le peuple de Dieu dispersé et désuni, et en écoutant l’enseignement qu’il leur donne. Les vacances, oui, elles sont bien entamées, mais le repos auquel Jésus appelait ses apôtres n’était-il d’abord de se réjouir de la marche de l’Évangile dans le cœur des hommes ?

Profitons-nous de nos vacances pour nous retremper, par la lecture et la prière, dans l’intimité du Christ ?

Homélie

Chers frères et sœurs, une phrase de l’Evangile que je viens de lire retiendra plus particulièrement notre attention ce matin : « Il fut saisi de pitié envers eux parce qu’ils étaient des brebis sans berger ».

Pour exprimer ce sentiment de pitié qui fait vibrer le Cœur de Jésus, saint Marc utilise un mot grec qui signifie avoir une émotion forte, un ébranlement intérieur, une souffrance presque physique devant la misère d’autrui. Et comment Jésus en voyant cette foule haletante qui le cherche (sans lui laisser le temps de manger ou de se reposer un peu) pourrait-il demeurer insensible ? Car c’est tout l’éventail de la détresse humaine qui se déploie en cet instant devant lui.

- Il y a bien sûr toutes ces misère visible qui sont celles des corps : tous ces malades ou handicapés qui n’attendent qu’un mot ou un geste (de la part de Jésus) pour retrouver la santé et avec la santé la joie de vivre.

- Il y a combien plus nombreuses toutes ces misères cachées que sont les maladies morales : tous ces gens mal aimés qu’on écrase, qu’on exploite, qu’on méprise ou qu’on laisse dans une insupportable solitude, tous ceux qui sont déçus, trahis, révoltés ou amers, toutes ces personnes qui doutent de tout : du présent ou de l’avenir, des autres ou d’eux-mêmes. Tous ces êtres désorientés qui se demandent si la vie a un sens, si elle vaut la peine d’être vécue.

- Il y a enfin toutes ces âmes qui aspirent plus ou moins consciemment à être libérées de l’oppression la plus tyrannique qui soit : celle du péché, misère sans nom celle-là que seul le regard pénétrant du Fils de Dieu peut discerner derrière ces visages fermés ou angoissés...

Oui, vraiment, des brebis égarées, dispersées, divisées, mais qui devinent en Jésus le seul vrai Berger, capable de les rassembler, de s’occuper de chacune d’elles et de les guider par un chemin sûr, vers le vrai bonheur...

De toute cette peine, de tout ce désarroi Jésus souffre au plus intime de son cœur ; et s’il est aussi affecté c’est parce qu’il aime, c’est parce qu’il considère cette foule comme sa famille. Son amour de Bon Pasteur est assez ardent, assez prévenant, assez accueillant pour étendre sa sollicitude et manifester sa tendresse à chacune de ces personnes comme si elle était un frère, une sœur, une mère. Tous ces mal-aimés ont enfin trouvé quelqu’un qui les aime vraiment, car la pitié, la miséricorde qui emplit le cœur de Jésus s’exprime à travers des gestes. Et tout d’abord par des gestes de guérison en faveur de ces malheureux qui sont si douloureusement éprouvés en leur chair... Ayant  guéri les malades Jésus se met très probablement à la disposition de ceux qui veulent s’entretenir avec lui, les écoutant avec beaucoup d’attention, manifestant à chacun beaucoup d’intérêt, comme s’il était le seul à avoir des soucis, le seul à avoir besoin de ses conseils et de son aide. S’étant ainsi occupé de chacun, Jésus peut dans un second temps s’adresser à tous. Saint Marc note« qu’il se met à les instruire longuement », donnant par là une nouvelle preuve de son immense amour pour son peuple ; car cette foule a besoin d’être enseignée, éclairée, nourrie et transformée par la Parole Vivante et Vivifiante de Dieu, elle a besoin de trouver un sens à sa vie dans cette Bonne Nouvelle qui est révélation du mystère de Dieu et de son plan d’amour sur les hommes. Cette Bonne Nouvelle qui est porteuse d’une immense espérance, car elle est promesse de salut éternel pour tous les hommes.

Chers frères et sœurs, parce que nous sommes les disciples du Seigneur, parce que nous devons être des copies vivantes de Jésus, nous sommes chargés d’une mission semblable à la sienne : nous devons aimer comme Jésus a aimé, nous devons continuer, prolonger dans le milieu de vie qui est le nôtre l’action bienfaisante du Sauveur. Il faut donc, qu’à son exemple, nous ayons un cœur brûlant d’amour, un cœur qui se laisse émouvoir qui se laisse toucher par toutes les formes de misère que nous côtoyons aujourd’hui. Comme le Christ, il nous faut sympathiser, au sens le plus fort du terme : c'est-à-dire souffrir avec, sentir avec, être avec, pleurer avec ceux qui pleurent... selon la formule de saint Paul. Une telle pitié n’a rien de sentimental. Certes elle peut être ressentie plus ou moins selon les tempéraments, mais elle consiste surtout en une ouverture d’esprit, une attention volontaire à l’autre, pour lui-même ; elle suppose donc l’oubli de soi, une grande disponibilité et une inlassable générosité. Pour voir la misère, il faut les yeux de la charité, et pour découvrir cette autre misère qu’est le vide spirituel de l’homme et son besoin de Dieu, il faut en outre les yeux de la foi.

Frères et sœurs, est-ce que nous ouvrons bien grands ces yeux de la foi et de la charité ? Avons-nous assez conscience qu’à travers chacun de nous Jésus veut continuer à exercer sa miséricorde à l’égard de tous :

  • qu’il veut, à travers nous, répondre à ce besoin d’amour que tout être humain porte en lui, visible ou caché,
  • qu’il veut manifester par ce témoignage de notre charité que tous les mal-aimés des hommes sont quand même les bien-aimés de Dieu.

Des interrogations aussi importantes ne doivent pas restés sans réponse. A l’exemple du Christ, il nous faut agir en nous mettant généreusement au service de tous.

« Nous devons aimer nous dit saint Jean, non pas avec des paroles et des discours, mais en actes et en vérité ».

Certes, le chrétien ne dispose pas comme le Christ du pouvoir de faire les miracles, mais il a en lui l’Esprit du Christ et cet Esprit est particulièrement inventif. Que ce soit par des gestes individuels ou par une participation active à des œuvres collectives ou à des mouvements d’apostolat, le chrétien docile à l’Esprit-Saint trouve toujours le moyen de porter secours à ses frères quels qu’ils soient : proches ou lointains. Il lui suffit d’aimer, de vouloir aimer.

Chers frères et sœurs, dans une prière suppliante, humble et confiante (que nous ferons passer par Marie) nous demanderons fréquemment à Jésus, notre Bon Pasteur, la grâce d’aimer de plus en plus comme lui à aimé, avec son propre cœur battant dans le nôtre. Nous le lui demanderons avec insistance, car nous avons bien conscience que sans lui nous ne pouvons rien faire.

Amen.

Prière Universelle

Le célébrant : Grâce au Seigneur, notre berger, nous ne manquons de rien. Avec confiance, adressons-lui nos demandes et nos prières.

  • « Je leur donnerai des pasteurs qui les conduiront ». Pour l’Église, pour tous ceux qui ont la mission de la rassembler, la conduire et l’instruire. Qu’ils ne se découragent pas devant les difficultés rencontrées et sachent revenir à la source. Seigneur, nous te prions.
  • « Il exercera dans le pays le droit et la justice ». Pour tous ceux qui ont des responsabilités parentales, éducatives, syndicales, professionnelles, ecclésiales… Éveille en eux le désir de construire un monde de justice, de paix et inspire-les dans leurs actions au service des autres. Seigneur, nous te prions.
  • « Ils étaient comme des brebis sans berger ». Pour chacun de nous, qui tournons parfois en rond sans savoir très bien « pour quoi » et « pour qui » nous vivons. Que la rencontre avec Dieu et avec nos frères, nous aide à trouver le chemin qui donne du sens et du goût à la vie. Seigneur, nous te prions.
  • « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu ». Pour notre communauté. Que cette période de vacances soit une occasion de réfléchir, de prier et de faire le point afin de pouvoir repartir le regard plus clair en nous faisant plus proches les uns des autres. Seigneur, nous te prions.

Le célébrant : Toi qui as été saisi de pitié envers les foules sans berger, Seigneur, sois attentif à nos prières. Que ton Esprit vienne au secours de notre faiblesse pour que nous soyons les prophètes selon ton cœur, toi qui vis et règne pour des siècles des siècles. Amen.

Source : http://www.paroissejp2-limoges.com

Lectures du 16ème dimanche T.O. en DOCX et PDF

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 15:04

Lecture du livre d'Amos 7, 12-15

Rien ne prédisposait Amos à devenir prophète du Seigneur. Mais si Dieu dit : « Va, parle à mon peuple », peut-on taire sa parole, même si elle dérange.

En ces jours-là, Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume ». Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : “Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.” – Parole du Seigneur.

Commentaire : Au VIIIème avant J-C., le peuple élu se trouve partagé en deux royaumes, celui du Sud au pays de Juda, gouverné par un roi de la dynastie de David et celui du Nord, au pays d’Israël, qui a construit à Béthel un temple rival de celui de Jérusalem. Pour asseoir leur politique, les rois d’Israël ont fait de la religion une religion d’État : Béthel est temple du roi ! Amos est originaire du Sud, il n’est pas prophète de métier – il existait alors des confréries de prophètes – mais Dieu l’a choisi pour dénoncer l’injustice sur laquelle se sont édifiées les fortunes du roi et de quelques nantis du royaume d’Israël. Amazias, prêtre à la solde du roi, ne peut accepter que la vérité soit criée dans ce Temple.

La raison d’État ne fait pas taire le prophète Amos. Aujourd’hui encore, quelles que soient les bonnes raisons de se taire, le Seigneur nous a saisis à notre baptême pour nous envoyer comme prophètes auprès de son peuple.

Psaume 84

R/ : Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.

  • J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. R/
  • Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. R/
  • Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1, 3-14

Paul ne peut parler du projet de Dieu sur les hommes sans rendre grâce au Père. Entrons, nous aussi, dans cette « louange de sa gloire ».

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour.

Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence.

Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.

[En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ.

En lui, vous aussi, après avoir écouté la parole de vérité, l’Évangile de votre salut, et après y avoir cru, vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint. Et l’Esprit promis par Dieu est une première avance sur notre héritage, en vue de la rédemption que nous obtiendrons, à la louange de sa gloire.] – Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul n’est pas missionnaire pour une évangélisation à la petite semaine. Il sait que son travail s’insère dans le projet de Dieu qui concerne tous les hommes et même tout l’univers. Le choix du peuple d’Israël, porteur des promesses messianiques, pour être le témoin de l’espérance dans le Christ, le don de l’Esprit gage de l’héritage à venir du royaume de Dieu et de la libération finale, manifestent que ce projet historique de Dieu est de réunir l’humanité et l’univers dans le Christ. Ce dessein d’amour éternel de Dieu prend corps au fur et à mesure qu’avance l’histoire et que les hommes coopèrent à ce rassemblement des fils de Dieu par Jésus.

Le dessein de Dieu : saisir l’univers entier pour tout réunir dans le Christ, se réalise au long de l’histoire, bien qu’il ait précédé la création du monde. Nos engagements dans le monde et dans l’Église nous associent aussi au projet d’amour de Dieu.

Alléluia. Alléluia. Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous percevions l’espérance que donne son appel. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 7-13

Pour la première fois, Jésus envoie ses apôtres en mission. Il y aura d’autres fois et d’autres apôtres. Acceptons-nous d’en être ?

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange ». Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage ». Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Après avoir été repoussé par ses compatriotes à Nazareth, Jésus tente une dernière fois d’appeler les Galiléens à la conversion en leur envoyant ses disciples par groupes deux. La tenue vestimentaire qu’il leur prescrit est celle des pèlerins se rendant à Jérusalem pour la Pâques. Dans l’esprit de Jésus elle doit signifier que ses envoyés ne comptent que sur Dieu et ne s’embarrassent d’aucune réserve ou sécurité humaine. Ceux qui refuseront de les accueillir manifesteront par là leur refus de se convertir, les autres bénéficieront du salut, concrétisé dans les expulsions de démons et la guérison des malades.

« Il les envoie deux par deux ». Jésus compte plus sur le témoignage d’une équipe ou d’une communauté chrétienne que sur celui d’un seul, fût-il celui de l’apôtre Pierre ou Paul.

Homélie

Les lectures de ce dimanche nous rappellent le sens et les exigences de notre vocation chrétienne. Pour tout être humain il y a, au départ, la vocation à la vie, à l’intelligence, à la liberté, à l’amour. Tout commence pour chaque homme par cette pensée paternelle de Dieu qui l’appelle au monde. « Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance »nous dit la Bible. Et ceci ne concerne pas seulement les premiers hommes. Ceci concerne chacun de nous. Un enfant, vous le savez bien, ne peut pas être un numéro dans une série. Dieu intervient avec tout son amour pour créer chaque personne et l’appeler par son nom, afin qu’elle soit capable de répondre, capable d’amour. Oui, déjà en ce sens toute vie humaine est une vocation. Mais il y a tellement plus et tellement mieux. La foi nous révèle en effet que toute vie est appelée par Dieu à un incroyable destin. « Il nous a destinés d’avance affirme saint Pierre, à devenir pour lui des fils par Jésus-Christ ». Voilà ce qu’il a voulu dans sa bienveillance pour tout homme : rien moins qu’une merveilleuse participation à sa vie divine. Oui, Dieu nous aime à ce point, parce qu’il est le Parfait Amour, il ne veut rien se réserver, il veut tout partager : tout ce qu’il a, tout ce qu’il Est... Ce ne peut être, évidemment qu’n don totalement gratuit, immérité, et même démérité à cause de nos péchés. Mais, il nous a accordé par le Sang du Christ, la rédemption, le pardon de nos fautes. A tout homme qui ne s’obstinera pas à la refuser, il obtiendra d’être, en fin de compte « saint et irréprochable sous le regard du Père »c'est-à-dire d’entrer en communion intime avec lui par le Christ dans l’Esprit-Saint.

Cet inestimable bienfait, Dieu veut l’accorder à tous les hommes qui le cherchent avec droiture. Mais nous, qui sommes le peuple de Dieu, le peuple des baptisés, nous connaissons par la foi cette grâce inestimable que Dieu voudrait tant déverser dans le cœur de chaque homme.

Cela veut dire : que nous avons une vocation particulière, vis-à-vis de Dieu et au service de tous les hommes. Saint Paul nous rappelle que dieu a commencé à manifester son salut par le moyen d’un peuple envoyé en avant-garde. Mais ce qui fut d’abord la vocation des Juifs est maintenant la nôtre.

« Vous aussi, nous dit saint Paul, vous avez écouté la Parole de Vérité, la Bonne Nouvelle du salut et pourquoi ? Sinon pour que vous en soyez aujourd’hui les témoins... »

Pourquoi avons-nous reçu, chers frères et sœurs, la grâce de la foi, pourquoi avons-nous été comblés de tant de richesses spirituelles, sinon pour être des flambeaux qui éclairent et des réservoirs qui débordent ?

Pourquoi avons-nous reçu la marque de l’Esprit-Saint au baptême et à la confirmation sinon pour que cette marque éclate sur nos visages et par notre joie, dans nos paroles et dans toute notre vie ? Et pour que soit chantée la Gloire de Dieu par nous et à cause de nous ?

Mais comme le peuple juif, nous avons tendance à nous endormir devant la plus éblouissante des révélations, à nous refroidir devant l’amour le plus bouleversant.

Alors, le Seigneur se sert, frères et sœurs, d’humbles hommes comme ce simple berger Amos qui ne demandait qu’à garder ses bêtes et à tailler ses figuiers...

Ces humbles hommes que Dieu envoie vers les autres en leur disant : « Va, tu seras prophète pour mon peuple », ce sont les prêtres bien-sûr, les diacres, les religieux et les religieuses, mais ce sont aussi les laïcs...

Tous, quelle que soit notre situation ou notre âge, nous avons pour mission de révéler à ces nouveaux païens qui nous entourent qu’ils sont, tout comme nous, appelés à un formidable destin et le grand commandement de l’amour fraternel nous fait un devoir de les aider à vivre selon les exigences de cette vocation.

Dans cette immense entreprise qu’est l’Evangélisation, le Seigneur veut avoir besoin de nous. C’est absolument sûr, mais il prend bien soin de nous avertir que nous ne pouvons être des témoins valables, des témoins crédibles, d’authentiques porteur de la Parole de Dieu que si nous savons nous recommander par la simplicité de notre vie et la pauvreté de nos moyens. Il importe au plus haut point que dans notre apostolat (quelle qu’en soit la forme) nous soyons profondément désintéressés, ne recherchant en rien notre propre gloire ou nos intérêts personnels.

N’oublions jamais, frères et sœurs, que c’est par là surtout que la pauvreté évangélique prend toute sa signification. Tout ce qui est « avoir » ou « désir d’avoir » alourdit et paralyse. Plus nous serons désencombrés et plus nous laisserons passer la lumière et l’amour de Dieu. Le visage du Seigneur ne peut transparaitre, en effet, qu’à partir de l’effacement de notre moi, du dépouillement de nos ressources, de l’humilité de notre vie. Puissions-nous en avoir de plus en plus conscience.

Au cours d’une de ses grandes visitations à la terre – c’était sur la montagne de la Salette en 1848 – la Vierge Marie, pleurant sur notre monde coupable, après avoir rappelé aux petits bergers le message évangélique leur laisse cette consigne « vous le ferez passer à tout mon peuple ». Cette consigne est plus urgente que jamais. Que notre hantise soit donc de faire passer l’Evangile pour qu’il atteigne tous les hommes de tous les pays et les achemine vers la Vraie Lumière, la Vraie Vie et le Vrai Bonheur.

Amen.

 

Prière universelle

En ce dimanche d’été, alors que le souci du Covid demeure en nous, tournons-nous vers Dieu pour lui confier notre monde.

R/ : Seigneur donne-nous ton esprit pour bâtir ton Royaume.

  • « Tu seras prophète pour mon peuple » cet appel s'adresse à chacun de nous comme baptisé, l'entends tu ? Que l’Église t'aide à mieux comprendre ce qu’est ta vocation et en particulier ta dignité de prêtre, de prophète et de roi. Seigneur rend cela possible, Seigneur, nous t’en prions. R/ 
  • Avec le psalmiste, nous te supplions Dieu de manifester au monde ton amour, amour qui est vécu par toutes les personnes de bonne volonté. Que nous même, nous soyons des créateurs courageux et passionnés de dialogue et d’amitié dans les situations sociales, économiques et politiques conflictuelles. Seigneur, nous t’en prions. R/ 
  • Dieu, tu as choisi tes enfants dans le Christ avant la création même du monde. Aide-les à devenir pauvres comme l'est ton Christ en témoignant au monde des richesses de la foi, et de la joie qu'il y a à tout recevoir de toi dans sa vie quotidienne. Seigneur, nous t’en prions. R/ 
  • Dieu, nous sommes heureux d’avoir ce temps de vacances, aide tous les paroissiens du monde à te remettre leurs peurs liées à la pandémie, à poser des actes qui construisent la vraie fraternité dans ce monde. Seigneur, nous t’en prions. R/ 

Seigneur, Dieu de l’Univers, reçois nos prières inspirées par l’action de l’Esprit Saint, nous te le demandons par le Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Source : https://jardinierdedieu.fr/

Lectures du 15ème dimanche du T.O. en DOCX et en PDF

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1 juillet 2021 4 01 /07 /juillet /2021 18:00

Lecture du livre du prophète Ézékiel 2, 2-5

La mission du prophète Ézékiel semble une cause perdue d’avance : son peuple rebelle écoutera-t-il la Parole du Seigneur ? Mais Dieu ne désespère jamais.

En ces jours-là, l’esprit vint en moi et me fit tenir debout. J’écoutai celui qui me parlait. Il me dit : « Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël, vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi. Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères se sont soulevés contre moi. Les fils ont le visage dur, et le cœur obstiné ; c’est à eux que je t’envoie. Tu leur diras : “Ainsi parle le Seigneur Dieu...” Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas – c’est une engeance de rebelles ! – ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’exil est venu sanctionner les infidélités du peuple élu à son Dieu. En vain le Seigneur l’avait-il averti par ses prophètes. Dieu va-t-il maintenant l’abandonner à sa misère ? Non, il appelle un nouveau prophète, Ézékiel, présent au milieu des Israélites en déportation, et l’envoie vers son peuple. Avec des moyens bien faibles, Ézékiel saura défendre, devant un adversaire puissant, le peuple dont – au nom du Seigneur – il se sent responsable. Qu’on l’écoute ou non, Israël saura qu’il y a un prophète parmi lui, il saura que son Dieu lui offre de se convertir et de retrouver l’amitié perdue.

Dieu a un tel désir d’entrer en dialogue avec les hommes qu’il ne se résout pas à se taire même devant des cœurs obstinés. Il nous enseigne ainsi à témoigner de l’Évangile avec persévérance même quand nous ne rencontrons pas d’écho favorable.

Psaume 122

R/ Nos yeux, levés vers le Seigneur, attendent sa pitié.

  • Vers toi j'ai les yeux levés, vers toi qui es au ciel. Comme les yeux de l'esclave vers la main de son maître. R/
  • Comme les yeux de la servante vers la main de sa maîtresse, nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu, attendent sa pitié. R/
  • Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous : notre âme est rassasiée de mépris. C'en est trop, nous sommes rassasiés du rire des satisfaits, du mépris des orgueilleux ! R/

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12, 7-10

Quand Paul expérimente sa faiblesse et les embûches qui se dressent sur sa route apostolique, il sait que sa force est celle du Christ.

Frères, les révélations que j’ai reçues sont tellement extraordinaires que, pour m’empêcher de me surestimer, j’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour empêcher que je me surestime. Par trois fois, j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. Mais il m’a déclaré : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ». C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. – Parole du Seigneur –

Commentaire : Paul avoue que sa légitime fierté des révélations exceptionnelles dont il a été l’objet par Dieu deviendrait bien vite de l’orgueil sans cette écharde dans sa chair (quelque maladie, peut-être le paludisme contracté en évangélisant les Galates). Il a conscience de n’être rien si la puissance du Christ ne venait relayer sa misère. Et du même coup, l’exemple de Paul nous indique où puiser la force : non pas dans nos mérites passés, non pas dans une téméraire confiance en soi, mais dans ce que notre faiblesse nous ouvre le cœur de Dieu à qui rien n’est impossible.

Lorsque pour un service d’Église, une rencontre de catéchèse, une animation liturgique, un accompagnement de jeunes, j’éprouve de l’appréhension, m’est-il arrivé de constater que la grâce du Seigneur me suffit ? Et d’être heureux que la puissance du Christ ait donné alors toute sa mesure dans ma faiblesse ?

Alléluia. Alléluia. L’esprit du Seigneur est sur moi : il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 1-6

Le charpentier du village peut-il nous apprendre quelque chose sur Dieu ? Impensable ! Comme de croire que par le banal de notre existence le Seigneur puisse s’adresser à nous.

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison ». Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’enseignement de Jésus à la synagogue de Nazareth montre à ses compatriotes qu’une sagesse spéciale lui a été donnée par Dieu. D’autre part, ils n’ignorent pas les miracles de Jésus dont la rumeur publique leur a colporté la nouvelle. Ils en sont frappés d’étonnement. Serait-il le Messie de Dieu ? À leurs yeux c’est pourtant impossible : ils le connaissent trop bien, lui et toute sa parenté. Ils achoppent à cette idée. Ce refus de reconnaître Jésus comme le Messie, à Nazareth, est significatif de son rejet par tout Israël.

Il est venu parmi les siens comme le charpentier de leur village, et ils ne l’ont pas reconnu. Sous quels traits est-il venu chez nous quand nous avons su le reconnaître ?

Homélie

Pourquoi Jésus, au cours de son ministère rencontre-t-il de si fortes résistances, non seulement de la part des pharisiens ou des autorités religieuses de son peuple mais aussi de la part des Apôtres, de certains membres de sa famille ou de ses compatriotes de Nazareth ?

C’est parce qu’étant venu pour rendre « témoignage à la vérité » il apparaît comme souverainement libre vis-à-vis des préjugés ou des opinions reçues. Il ne cherche jamais à plaire à qui que ce soit, mais uniquement à Dieu son Père : « Ce qui lui plait, affirme-t-il, je le fais toujours ».

Jésus n’a pas d’autre ambition, en effet, que de transmettre fidèlement et quoiqu’il en coûte le message divin, message inouï qui invite tous les hommes à entrer dans l’intimité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, afin de communier à leur prodigieuse vie d’amour source du seul vrai bonheur et cela dès cette heure. Ce qui implique évidemment un certain nombre d’exigences qui ne sont du goût de tout le monde, parce qu’elles obligent à un retournement de mentalité, un renversement de valeurs, un détachement de tout ce qui n’est pas Dieu ou ne conduit pas à Dieu, bref à une conversion. De tout cela dès le départ, Jésus est pleinement conscient. Il sait très bien qu’il lui faut prendre des risques s’il veut être fidèle absolument à cette mission de salut que le Père lui a confiée :

  • risque de se faire des ennemis acharnés chez les puissants et les riches,
  • risque d’être incompris par beaucoup dans le peuple,
  • risque de décevoir sa famille et bon nombre de ses amis,
  • risque d’être trahi par un de ses apôtres...

Tous ces risques Notre Seigneur les accepte lucidement et sereinement. Il n’aura pas peur d’être selon la prophétie du vieillard Siméon « un signe en butte à la contradiction » et il supportera héroïquement toutes les persécutions pourvu que la vérité divine soit annoncée et l’amour divin manifesté conformément au plan rédempteur tracé par son Père.

Chers frères et sœurs, Jésus nous a bien prévenus : « le disciple n’est pas au-dessus du Maître... Comme ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi ». Si nous voulons être des vrais chrétiens, c'est-à-dire d’autres copies vivantes de Jésus, nous devons accepter de la suivre jusqu’au bout ; nous ne devons pas craindre d’être à notre tour, des signes en buttes à la contradiction. Le chrétien qui s’efforce de vivre pleinement selon l’Evangile doit nécessairement étonner, provoquer des questions, faire réagir par son attitude et par ses paroles. Son existence, sa présence même ne peuvent laisser indifférents ; dans la mesure où il s’efforce de vivre le Christ, c’est lui qu’il fait transparaître et c’est vers lui qu’il oriente les regards, il ne doit pas par conséquent être surpris, si très souvent, comme le Christ, il attire l’opposition et la haine. Jésus nous envoie vers nos frères pour continuer sa mission. Nous avons à diffuser la lumière de l’Evangile et pour cela nous ne devons pas hésiter même si c’est dur à prendre le contre-pied des idées du monde qui, pour la plupart, sont contraires à l’enseignement du Christ. Nous ne devons pas avoir peur de ramer à contre-courant en affirmant par exemple que l’enfant est une personne vivante dès sa conception et que le faire avorter constitue un crime, en défendant par exemple une saine conception de la famille, de la sexualité ou de l’éducation face à tant d’idées fausses qui circulent sur ces problèmes si importants.

Qu’importe, si on se moque de nous, si on se mal voir de certains, même proches !

Qu’importe, si on dit qu’on est vieux-jeu, qu’on n’est pas dans le vent...

Ce qui importe au plus haut point c’est d’être en parfait accord avec la pensée de l’Eglise et donc avec la pensée du Christ... « Celui qui vous écoute, m’écoute disait Jésus à ses apôtres. Celui qui vous méprise me méprise ».

Ce n’est pas le jugement des hommes que nous avons à redouter mais le jugement de Dieu. On peut – et c’est normal – se sentir très faible, dépassé par l’ampleur de la tâche et être tenté de découragement. Il faut à ses moments-là méditer la Parole de saint Paul : « J’accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes les persécutions et les situations angoissantes, car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort ». Fort de la grâce, fort de cette puissance du Christ qui donne toute sa mesure dans la faiblesse.

Frères et sœurs, nous n’avons pas à imposer le Christ, mais par notre manière de vivre, par notre témoignage nous devons le proposer à la liberté des hommes. Son message annoncé dans toute sa vérité, dans toute sa pureté, sera toujours source de joie pour les uns, scandale et folie pour les autres. Si nous voulons entrer de plus en plus dans la voie du salut et y entraîner le plus grand nombre de nos frères, nous devons être des témoins authentiques ; nous devons avancer avec courage sur le rude chemin de la fidélité, en sachant accueillir la contradiction ou la haine sans révolte ni amertume, avec une inlassable patience et une charité parfois héroïque...

Puissions-nous toujours mieux comprendre que nous sommes là en présence du mystère de la croix, de la Rédemption par la Croix. On peut y échapper certes, mais alors trahit le Christ et on manque sa vie.

Amen.

Prière universelle, cliquez sur l'image ci-dessous.

Lecture du 14ème dimanche T.O. en DOCX et PDF.

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 17:47

Lecture du livre de la Sagesse 1,13-15. 2, 23-24

Toute la création nous montre que le projet de Dieu sur les hommes est un projet de vie. N’allons pas y introduire la mort !

Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants. Il les a tous créés pour qu’ils subsistent ; ce qui naît dans le monde est porteur de vie : on n’y trouve pas de poison qui fasse mourir. La puissance de la Mort ne règne pas sur la terre, car la justice est immortelle.

Or, Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il a fait de lui une image de sa propre identité. C’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde ; ils en font l’expérience, ceux qui prennent parti pour lui. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La mort dont il s’agit est celle que le diable a fait entrer dans le monde, donc avant tout, la mort spirituelle du péché dont font l’expérience les pécheurs. En regard de cette mort, l’auteur affirme que la justice est immortelle, que la création est porteuse de vie et non poison de mort. Il peut donc reconnaître le projet de Dieu comme un projet de vie, ce que ne dément pas la caducité des êtres créés. Sans le péché le port physique ne serait pas séparation d’avec Dieu mais entrée dans l’existence impérissable, près de lui ; sans le péché ne prévaudrait pas l’impression d’un univers soumis à la puissance de la mort.

Alors que pour beaucoup tu apparais comme l’auteur de la mort, apprends-nous, Seigneur, à voir et annoncer les forces de vie que tu as répandues dans le monde, et dans les hommes que tu as créés à ton image.

Psaume 29

R/ : Je t'exalte, Seigneur : tu m'as relevé,

  • Je t'exalte, Seigneur : tu m'as relevé, tu m'épargnes les rires de l'ennemi. Seigneur, tu m'as fait remonter de l'abîme et revivre quand je descendais à la fosse. R/
  • Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles, rendez grâce en rappelant son nom très saint. Sa colère ne dure qu'un instant, sa bonté, toute la vie. R/
  • Avec le soir, viennent les larmes, mais au matin, les cris de joie. Tu as changé mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie. R/
  • Que mon cœur ne se taise pas, qu'il soit en fête pour toi, et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce ! R/

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,7. 9. 13-15

Le vrai partage n’est pas une aumône, mais il vise à rétablir l’égalité entre les hommes, avec une générosité qui imite celle de Jésus pour nous.

Frères, puisque vous avez tout en abondance, la foi, la Parole, la connaissance de Dieu, toute sorte d’empressement et l’amour qui vous vient de nous, qu’il y ait aussi abondance dans votre don généreux ! Vous connaissez en effet le don généreux de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité. Dans la circonstance présente, ce que vous avez en abondance comblera leurs besoins, afin que, réciproquement, ce qu’ils ont en abondance puisse combler vos besoins, et cela fera l’égalité, comme dit l’Écriture à propos de la manne : Celui qui en avait ramassé beaucoup n’eut rien de trop, celui qui en avait ramassé peu ne manqua de rien. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour subvenir aux besoins des chrétiens de Jérusalem, Paul entreprend une grande collecte parmi les communautés qu’il a fondées en pays païen. Il voit à cette entreprise deux avantages majeurs : tout d’abord, montrer qu’entre chrétiens on sait partager et vivre sur pied d’égalité ; ensuite manifester l’unité de l’Église par ce geste d’entraide entre chrétiens d’origine juive et païenne. Aux Corinthiens, il donne en exemple la générosité de Jésus Christ qui, par amour, s’est fait pauvre serviteur de tous les hommes jusqu’à la mort de la croix, pour les rendre riches d’un semblable amour les uns pour les autres.

Rendre compte à la communauté chrétienne de la destination et de l’emploi de l’argent recueilli au cours des collectes dominicales est l’occasion, pour un comité de gestion paroissial, de montrer la dimension évangélique du partage.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5, 21-43

Une foule se presse autour de Jésus. Mais seuls une femme et un homme l’abordent avec foi et en sont transformés.

En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive ». Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.

[Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée ». À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal ».]

Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement ». Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort ». Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! » Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Dans ces deux récits de miracle, Marc nous montre la puissance de vie et de salut agissant en Jésus pour ceux qui ont la foi, tandis qu’elle reste insoupçonnée du monde incrédule qui l’environne. La foule est seulement avide de merveilleux, les disciples ironisent quand Jésus demande qui l’a touché, les serviteurs de Jaïre estiment que le Maître ne peut plus rien puisque l’enfant est morte, les voisins accourus pleurer la fillette se moquent du Christ. En face de cette incrédulité une seule personne parmi la foule qui bouscule Jésus, la touche avec foi et est sauvée de son mal, un seul homme, Jaïre, continue à croire et assiste à la résurrection de son enfant.

Au cours de la messe la Parole de Dieu retentit pareillement pour tous les chrétiens rassemblés, et le corps du Christ distribué à la communion est le même pour tous. Suis-je cet homme ou cette femme qui entend et touche Jésus avec foi ?

Homélie

Il y avait beaucoup de monde dans cette petite bourgade : on était venu de partout pour voir Jésus. Il fallait au Christ une heure pour parcourir 100 m.

Jaïre – c’est le nom du chef religieux de l’endroit – a réussi cependant à parler à Jésus et à lui demander de venir sauver sa fille. Mais le Christ n’en finit pas, il n’avance pas : il prend chaque enfant dans ses bras, bénit les foules, répond aux questions des uns et des autres, impose les mains aux malades pour les guérir. Et comment pourrait-il se dérober puisqu’il est venu pour cela : pour sauver, c'est-à-dire mener les êtres à leur achèvement, à leur suprême destinée... Et puis, les gens éprouvent le désir de rencontrer personnellement Jésus.

Pauvre Jaïre qui espérait avoir Jésus uniquement pour lui et tout de suite. Comme il doit trépigner d’impatience... (soit dit en passant, il est comme nous : il n’a pas encore compris l’importance des délais de Dieu, et puis, soit dit encore en passant, tout comme nous il n’a pas encore compris qu’aux yeux de Jésus chacun a une valeur inestimable, irremplaçable). C’est pourquoi le Christ sur son passage serre chaque main qui se tend : écoute ce que chaque personne lui dit ; il panse chaque blessure, verse du baume dans chaque cœur....

Mais voilà qu’un homme a réussi à se frayer un passage. Il aborde Jaïre et lui dit : « Inutile d’importuner le Maître car chez toi... c’est fini... » Jésus, qui est attentif à tout, a surpris ces paroles : alors il adresse au chef de la synagogue ces deux mots : « Crois seulement », puis il continue sa route sans se presser.

Profondément bouleversé Jaïre éprouve en son cœur tous les sentiments qu’un être humain peut éprouver lorsqu’il se trouve confronté au mystère de la mort. Il a l’impression qu’il n’est plus qu’une moitié de lui-même. Dans les rues où il passe avec le cortège formé de Jésus et de ses disciples, ses yeux réclament partout sa fille. On arrive enfin. En entrant dans la maison de Jaïre, Jésus tente vainement de calmer tous les gens qui s’y agitent et pleurent bruyamment comme c’est la coutume chaque fois qu’il y a un deuil. Puis prenant avec lui le père et la mère de l’enfant ainsi que ses apôtres, il entre dans la chambre, saisit la main de l’enfant et lui dit simplement : « Petite fille je te l’ordonne lève-toi ». Et voilà que ces mots réalisent ce qu’ils signifient.

Quel est le sens de tout cela, chers frères et sœurs ? Quel est le sens de ce miracle ? Ce qui saute aux yeux tout d’abord c’est que nous sommes là en face d’une ré-animation. Mais des réanimations certains vont nous dire qu’on en pratique de plus en plus à l’heure actuelle... Or dans le cas de la fille de Jaïre, il y a beaucoup plus : à une époque où elle était inconnue la réanimation opérée par Jésus avait pour but de préparer les esprits pour qu’ils puissent entendre cette parole inouïe « Je suis la Résurrection et la Vie », et pour qu’ils puissent admettre en définitive la glorieuse Résurrection du Christ et celle promise de chaque être humain. Il est très important, en effet, de bien distinguer entre réanimation et résurrection.

- La réanimation, c’est une « rallonge » de quelques années qui est accordée, c’est un sursis. La fille de Jaïre aura à mourir une deuxième fois. La mort pour elle, (comme pour le fils de la veuve de Naïm et pour Lazare) n’est que partie remise.

- Tandis que la Résurrection, c’est l’entrée dans une vie toute nouvelle, c’est l’entrée dans la gloire de Dieu et la gloire de Dieu c’est la manifestation de ce qu’Il est. C’est jouir (non seulement dans son âme mais aussi dans son corps) de ce qui fait le bonheur de Dieu, par une merveilleuse participation à la vie des Trois Personnes Divines.

La Résurrection n’est pas un retour à la vie terrestre antérieure ; elle n’est pas non plus une survie.

La Résurrection c’est l’entrée dans la sphère divine, c’est un progrès triomphal dans le milieu divin.

Le Christ ressuscité ne peut plus mourir, parce qu’il a brisé la condition terrestre, élevé l’homme – corps et âme – à la vie divine. La carapace qui enfermait dans la mort le destin de l’être humain, il la fait voler en éclats, et l’homme peut enfin s’épanouir en Dieu dans tout son être. Autrement dit : l’homme dans sa condition de ressuscité est libre et infiniment heureux parce que qu’Il vit de Dieu et en Dieu.

Mais alors, frères et sœurs, la mort (qui est si absurde pour le non-croyant) lorsqu’elle est envisagée dans cette lumière prend vraiment tout son sens : elle devient une promotion à l’éternité et on a raison de la comparer à cette mutation à cette métamorphose par laquelle une chenille devient un beau papillon. Car, toute comme celle de Jésus, notre mort sera une Pâque, c'est-à-dire un passage, le passage de notre vie d’ici-bas à la vraie vie, une vie parfaite et définitive que Jésus désigne sous le nom de Vie Eternelle, une vie éternelle qui ne l’oublions pas a commencé en nos âmes à la manière d’un germe à l’heure décisive de notre baptême et que nous avons le devoir de faire grandir, de faire mûrir au long des jours, le temps de notre vie terrestre ne nous étant donné que pour cela. Or, ce qui la fait mûrir cette vie éternelle en chacun de nous, ce qui peu à peu la divinise ce n’est pas autre chose que l’amour dont nos actes : ceux qui concernent nos relations avec le prochain, comme ceux qui concernent nos relations avec Dieu... Un amour qu’il nous faut alimenter aux sources vives de la prière et des sacrements en particulier l’Eucharistie« Celui qui mange ma chair et boit mon sang, dit Jésus, a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ».

Quand Jésus, le Maître de la vie et de la mort estimera que l’heure, notre heure sera venue, il viendra nous cueillir pour nous transplanter dans le royaume de la vie qui ne meurt plus...

Qu’il nous soit permis d’espérer que Celle à qui nous disons si souvent « Priez pour nous, maintenant et à l’heure de notre mort », Marie la Mère de Miséricorde, sera là avec son divin Fils pour nous accueillir et nous introduire, auprès du Père, dans les splendeurs et la béatitude éternelle.

Amen.

Prière Universelle sur https://jardinierdedieu.fr/priere-universelle-3e-dimanche-TO.html

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26 juin 2021 6 26 /06 /juin /2021 13:41

Lecture du livre de Job 38, 1. 8-11

Dieu est au cœur de la création : « Qui donc a fixé à la mer ses limites ? »

Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit : « Qui donc a retenu la mer avec des portes, quand elle jaillit du sein primordial ; quand je lui mis pour vêtement la nuée, en guise de langes le nuage sombre ; quand je lui imposai ma limite, et que je disposai verrou et portes ? Et je dis : “Tu viendras jusqu’ici ! tu n’iras pas plus loin, ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !” » - Parole du Seigneur.

Psaume 106

R/ : Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! ou : Alléluia.

  • Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour, qu’ils offrent des sacrifices d’action de grâce, ceux qui ont vu les œuvres du Seigneur et ses merveilles parmi les océans. R/
  • Il parle, et provoque la tempête, un vent qui soulève les vagues : portés jusqu’au ciel, retombant aux abîmes, leur sagesse était engloutie. R/
  • Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur, et lui les a tirés de la détresse, réduisant la tempête au silence, faisant taire les vagues. R/
  • Ils se réjouissent de les voir s’apaiser, d’être conduits au port qu’ils désiraient. Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour, de ses merveilles pour les hommes. R/

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 5, 14-17

Parce que Jésus est mort pour tous, nous portons sur les hommes un regard nouveau : chacun d’eux est un frère aimé du Christ.

Frères, l’amour du Christ nous saisit quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous, et qu’ainsi tous ont passé par la mort. Car le Christ est mort pour tous, afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux. Désormais nous ne regardons plus personne d’une manière simplement humaine : si nous avons connu le Christ de cette manière, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi. Si donc quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 35-41

Passons sur l’autre rive, demande Jésus. Ce passage vers une région païenne soulève la tempête et met à l’épreuve la foi des disciples.

Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule. Le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive ». Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Si l’Eglise, en ce dimanche, nous propose comme évangile le miracle « de la tempête apaisée » c’est pour nous aider à grandir dans la foi.

Le récit se situe au bord du lac de Tibériade (appelé aussi mer de Galilée) que les disciples connaissent bien puisque quatre d’entre eux ont été appelés par Jésus au même endroit. C’est là qu’ils ont décidé de tout quitter et de le suivre pour la grande aventure de la foi.

Dans ce passage nous sommes étonnés par le contraste saisissant entre :

  • d’une part ce qui survient soudainement, c’est-à-dire l’agitation de la mer, la violence du vent qui se déchaîne entraînant la panique des apôtres, et,
  • d’autre part, la tranquillité souveraine, la sérénité et la paix de Jésus qui dort à l’arrière du bateau comme si de rien n’était, totalement indifférent à ce qui se passe autour de Lui.

Dans une parabole précédant le récit, il était question du Règne de Dieu comparé au grain semé en terre, que le semeur dorme ou qu’il soit debout, nous est-il rappelé, la graine germe et grandit. Le semeur Jésus dort parmi nous dans la barque, mais il est bien présent... Les apôtres eux sont marins, mais l’on comprend cependant leur inquiétude devant les éléments déchaînés... Affolés, ils réveillent le Maître et lui font ce reproche :« Cela ne te fait rien que nous périssions ? » Sont-ils à ce point aveuglés par l’angoisse pour penser que Jésus allait périr dans un stupide accident de bateau pour terminer ainsi, son ministère peu de temps après l’avoir commencé. Durant quelques instants, perdant leurs moyens, ils ont oublié qui était à leurs côtés dans cette barque.

L’angoisse des Apôtres, frères et sœurs, n’est-ce pas souvent celle de notre monde, celle de chacun d’entre nous : un mécanisme psychique que nous ne pouvons pas maîtriser sur lequel la raison et la volonté n’ont pas toujours de prise. Trop souvent nous nous laissons, nous aussi, envahir par des impulsions irraisonnées qui submergent notre affectivité et nous empêchent de voir en toute lucidité ce qui se passe autour de nous, nous laissant comme sans forces et désemparés.

  • Angoisse devant les dangers du monde, peur de la maladie et de la souffrance, et parfois de la mort...
  • Angoisse devant l’insécurité grandissante, dans un monde qui risque d’exploser un jour ou l’autre, tant son équilibre est instable.
  • Angoisse de tant de jeunes face à un avenir incertain.
  • Angoisse devant la haine et la violence.
  • Angoisse devant la déchristianisation et le manque de prêtres...

Jésus accepte de répondre à la demande angoissée des Apôtres et de même que la tempête est survenue soudainement, la mer va se calmer soudainement. Comment cela va-t-il se faire ? Nous voyons qu’avec une autorité souveraine Jésus s’adresse au vent et à la mer... Il faut savoir que dans la manière de voir de l’Ancien Testament, la mer c’est le lieu du chaos originel de la création. Elle est aussi cet abîme insondable, refuge des puissances hostiles à l’homme et à Dieu (c'est-à-dire des démons). Elle apporte le danger et par conséquent déclenche l’angoisse. Elle symbolise l’agitation et même le doute. Elle est un élément qui engloutit... Jésus s’adresse donc au « vent et à la mer », les menaçant avec force, « Silence, tais-toi ». C’est à un véritable exorcisme que nous assistons ici. Et ce n’est pas un hasard si saint Marc a repris exactement la formule qu’il avait utilisée au premier chapitre de son Evangile lorsque Jésus avait chassé des esprits impurs... Ainsi, en manifestant sa puissance et sa souveraineté sur les éléments déchaînés, Jésus montre qu’il est Dieu. Il agit avec la puissance divine, révélant ainsi à ses apôtres que c’est lui l’auteur de la création... Or seul l’auteur de la création à pouvoir sur elle. Jésus opère ici une œuvre de remise en ordre de cette création déchue, abîmée, déviée par le péché originel. La venue du règne de Dieu en la personne de Jésus est comme un nouveau commencement de la création. Une re-création après avoir apaisé la tempête, Jésus a reproché à ses apôtres leur manque de foi... Ne pensez-vous pas qu’il pourrait nous adresser bien souvent de même reproche ! Nous n’avons peut-être pas encore assez compris que croire, qu’avoir la foi, c’est avoir une confiance absolue illimitée en celui qui a pris l’initiative de nous emmener avec lui dans la barque de Pierre, la barque de l’Eglise pour nous faire passer sur l’autre rive : celle du merveilleux Paradis de Dieu où n’existeront plus la peur, les angoisses, la douleur et les larmes, où tout sera Paix et Joie inaltérables dans une parfaite communion à la vie infiniment bienheureuse de Dieu... Certains pourraient penser que la foi est facile, qu’il s’agit d’une possession tranquille, d’une certitude acquise une fois pour toutes. Nous savons qu’il n’en est pas ainsi : tous les chrétiens, les saints y compris, font l’expérience du doute, parfois même du désespoir. Dans les derniers mois de sa vie celle qu’on a appelé la plus grande sainte des temps modernes : sainte Thérèse de l’Enfant Jésus connut une terrible épreuve de la foi, une épreuve qu’elle surmonte en multipliant des actes de foi : « Je crois, disait-elle, parce que je veux croire... » Il est très important, en effet, de faire très souvent des actes de foi tout en demandant bien sûr la grâce de rester fidèle, coûte que coûte jusqu’au bout... Il importe aussi de bien comprendre qu’on ne peut croire sans aimer, celui qui a donné sa vie pour nous. La foi chrétienne ne saurait se réduire à un catalogue de vérités intellectuelles plus ou moins assimilées. Certes, la foi chrétienne a un contenu bien précis que nous professons dans le « Je crois en Dieu » de la messe, mais elle est avant tout une adhésion aimante à une personne : au Christ Ressuscité qui est notre Seigneur et notre Dieu. Il n’y a pas de foi sans confiance, une confiance aveugle, inconditionnelle qui ne veut s’appuyer que sur le roc inébranlable de l’Amour que Dieu nous porte... Le roc de sa miséricorde.

Prions beaucoup frères et sœurs, pour demander par l’intercession de Marie, la grâce d’une telle confiance et suivons les conseils si réconfortants que nous donne sainte Thérèse d’Avila « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie : tout à une fin... Dieu ne change point. La patience obtient tout. Qui possède Dieu ne manque de rien. DIEU SUFFIT ! »

Amen.

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12 juin 2021 6 12 /06 /juin /2021 14:45

Lecture du livre du prophète Ézékiel 17, 22-24

Le Messie, symbolisé par un jeune rameau, deviendra un arbre magnifique où tous les peuples, tels des oiseaux, viendront s’abriter.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : « À la cime du grand cèdre, je prendrai une tige ; au sommet de sa ramure, j’en cueillerai une toute jeune, et je la planterai moi-même sur une montagne très élevée. Sur la haute montagne d’Israël je la planterai. Elle portera des rameaux, et produira du fruit, elle deviendra un cèdre magnifique. En dessous d’elle habiteront tous les passereaux et toutes sortes d’oiseaux, à l’ombre de ses branches ils habiteront. Alors tous les arbres des champs sauront que Je suis le Seigneur : je renverse l’arbre élevé et relève l’arbre renversé, je fais sécher l’arbre vert et reverdir l’arbre sec. Je suis le Seigneur, j’ai parlé, et je le ferai ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Depuis la première déportation des juifs en exil par Nabucodonosor, le roi légitime est en exil. Un souverain à la solde de l’empereur babylonien règne à sa place en Judée. Qu’en est-il de l’espérance mise dans le Messie descendant de la dynastie de David ? Dieu va prendre un jeune rameau du cèdre qui symbolise le roi, et le bouturer sur la montagne de Sion où est construite Jérusalem ; il deviendra un cèdre magnifique accueillant les oiseaux sous ses branches. Comprenons : le Messie descendant de David étendra son règne sur toute la création. Alors tous les arbres – entendons : tous les puissants de la terre – sauront que la puissance et la vie sont aux mains de Dieu seul.

Il faudra du temps pour que le jeune rameau devienne un cèdre magnifique. Mais Dieu qui a le temps, prend son temps. Il nous enseigne à compter avec le temps pour croire aux petits commencements.

Psaume 91

R/ Il est bon, Seigneur, de te rendre grâce !

Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur, de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut, d’annoncer dès le matin ton amour, ta fidélité, au long des nuits. R/

Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ; planté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu. R/

Vieillissant, il fructifie encore, il garde sa sève et sa verdeur pour annoncer : « Le Seigneur est droit ! Pas de ruse en Dieu, mon rocher ! » R/

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 5, 6-10

Paul aime assez Jésus Christ pour trouver sa joie à le faire connaître sur terre, et conserver dans le même temps le désir de le voir face à face.

Frères, nous gardons toujours confiance, tout en sachant que nous demeurons loin du Seigneur, tant que nous demeurons dans ce corps ; en effet, nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision. Oui, nous avons confiance, et nous voudrions plutôt quitter la demeure de ce corps pour demeurer près du Seigneur. Mais de toute manière, que nous demeurions dans ce corps ou en dehors, notre ambition, c’est de plaire au Seigneur. Car il nous faudra tous apparaître à découvert devant le tribunal du Christ, pour que chacun soit rétribué selon ce qu’il a fait, soit en bien soit en mal, pendant qu’il était dans son corps. - Parole du Seigneur.

Commentaire : C’est bon de vivre. Paul ne le contestera pas, lui dont l’existence a été bien remplie. C’est bon la vie avec le Christ comme ami. Paul ne le niera pas, lui dont toute l’existence a été une vie donnée à Jésus Christ. Et pourtant, c’est encore meilleur la vie en plénitude dans la vision du Christ et non plus dans le dur chemin de la foi. Il peut nous paraître étrange d’entendre Paul qualifier notre existence terrestre de vie d’exilé loin du Seigneur : ce ne peut l’être que pour celui qui n’a jamais souhaité retrouver un être cher, que pour celui qui ne sait pas ce qu’est l’amitié avec Jésus Christ. Mais pour cela il faut, comme Paul, s’efforcer de « plaire au Seigneur » pour se réjouir de paraître un jour à découvert devant lui.

Comme l’apôtre Paul, savoir garder pleine confiance tandis que nous cheminons dans la foi, alors que nous aimerions tellement voir si notre vie plaît au Seigneur !

Alléluia. Alléluia. La semence est la parole de Dieu ; le semeur est le Christ ; celui qui le trouve demeure pour toujours. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4, 26-34

Malgré la lenteur avec laquelle le règne de Dieu germe sur terre, Jésus est certain de la moisson. Son espérance fonde la nôtre.

En ce temps-là, parlant à la foule, Jésus disait : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé ». Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre ».

Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Toute la Bible annonce que Dieu établira un jour son règne sur terre avec puissance. Or, Jésus proclame que le règne de Dieu s’est approché des hommes. Pourtant on ne voit rien venir, si ce n’est un petit groupe de disciples autour d’un Maître contesté dans son enseignement et ses miracles par les chefs religieux de la nation. Est-ce bien cela le règne de Dieu ? Jésus répond par ces deux paraboles. Une fois le grain semé, le paysan est inactif jusqu’au moment de la moisson, car le grain pousse de lui-même. Ainsi, en Jésus Christ puis dans l’Église qui continue son œuvre, Dieu fait approcher son règne qui viendra irrésistiblement au Jugement dernier. Tout comme la plus petite des semences devient la plus grande des pousses du jardin, ainsi le commencement minuscule du ministère de Jésus n’en est pas moins destiné à s’épanouir dans le rassemblement universel final de tous les hommes.

L’inaction du paysan entre les semailles et la moisson est le signe de la confiance qu’il fait à la terre. La même confiance est faite aux hommes pour faire croître le grain du Royaume jusqu’à son accomplissement final.

Homélie

Nous vivons dans un monde où tout s’évalue en termes de productivité et de rentabilité. C’est ainsi qu’un travailleur est jugé essentiellement d’après son rendement ; ou cherche constamment à accélérer les cadences ; on exige des fruits immédiats. De plus en plus nombreux sont ceux (et pas seulement parmi les jeunes) qui ne savent plus attendre : ils veulent tout, tout de suite.

Autant d’attitudes qui révèlent un mal profond : la volonté de tout maîtriser. L’homme d’aujourd’hui, en effet, voudrait maîtriser la vie. Il se considère comme source et centre alors qu’il n’est qu’une créature et donc un être dépendant. Or, voici que dans l’Evangile de ce jour, Jésus nous indique que le Royaume de Dieu n’est pas le produit d’une technique, ni le fruit d’une performance humaine.

« Il en est du Règne de Dieu comme d’un homme qui jette le grain dans son champ : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit : il ne sait comment ».

Ce qui dépend de l’homme c’est de préparer le terrain, de le rendre accueillant à la semence ; puis de jeter le grain en terre. Mais l’essentiel lui échappe. « D’elle-même la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi enfin du blé plein l’épi ». C’est Dieu qui agit. C’est Lui et Lui seul qui est le Maître de la vie. L’homme une fois qu’il a pleinement accompli ce qui lui est demandé, ne peut rien faire d’autre que de se mettre dans une attitude de réceptivité, de disponibilité et laisser Dieu agir. Or c’est cela, précisément qui nous coûte le plus : accepter de recevoir, accepter de se laisser guider, de se laisser faire... autrement dit reconnaître que nous ne sommes pas Dieu. En fin de compte ce qui caractérise notre vie chrétienne c’est qu’elle est un perpétuel combat spirituel pour arriver à confesser que Dieu est Dieu, pour pratiquer le 1er commandement « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu... » Et cela nous ne parvenons à l’accomplir véritablement qu’au moment de notre mort, car alors nous ne pouvons plus disposer de nous-mêmes, nous ne pouvons que nous abandonner à Dieu pour le laisser faire.

« Telle est la signification de la vie, nous dit le grand théologien suisse Urs von Balthasar, reconnaître, prouver que nous ne sommes pas Dieu. La mort est la révérence de notre vie, la cérémonie de l’adoration devant le trône du Créateur ».

Comprenons donc, chers frères et sœurs, que ce qui est attendu de nous, c’est ce que saint Paul appelle « l’obéissance de la foi » c’est-à-dire, vis-à-vis de Dieu, une attitude faite de confiance, d’assurance tranquille, d’abandon paisible, de soumission intelligente et volontaire (et non pas aveugle ou fataliste). C’est par excellence l’attitude filiale qui caractérise le Christ et qui culmine au moment de sa mort sur la croix : « Père, entre tes mains je remets mon Esprit » ; qui caractérise également la Vierge Marie sa Mère : « Qu’il me soit fait selon ta Parole ». Cette obéissance de la Foi, il faut qu’à l’exemple de Jésus et de Marie, elle s’inscrive très concrètement dans tous les actes de notre vie quotidienne : « Mets ta confiance en Dieu comme si tout dépendait de Lui et non de toi, et livre toi à l’action, comme si tout dépendait de toi et non de Lui »nous dit une maxime attribuée à saint Ignace de Loyola.

Dans l’Evangile de ce dimanche, Jésus compare encore de Règne de Dieu à une graine de sénevé : « Quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toute les semences, mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères... »

Ici, nous le voyons, l’accent est mis sur le contraste étonnant, la fabuleuse disproportion qu’il y a entre un point de départ minuscule et un point d’arrivée gigantesque. Cette parabole était pour Jésus une manière de répondre au scandale que son attitude constituait aux yeux des juifs, ses contemporains. Ceux-ci, en effet attendaient un Messie dont l’intervention serait spectaculaire et triomphale. Or, ce Messie de leurs rêves ils ne le reconnaissaient absolument pas dans ce Jésus de Nazareth, qui ne bousculait rien, et paraissait plutôt bien faible et très ordinaire.

Jésus voulait leur signifier – mais cela, ils ne pouvaient pas le comprendre – que de cette petite graine qu’il était Lui, le Fils de Dieu devenu homme, ainsi que ses douze apôtres, allait germer, surgir et se développer le grand arbre de l’Eglise, (prémisses et signe du Royaume à venir) qui étire droit ses rameaux sur tous les peuples, jusqu’aux extrémités de la terre.

Désormais, chers frères et sœurs, quiconque a semé un germe dans une âme... quiconque essaie de semer la Bonne Nouvelle (les parents et les catéchistes par exemple) quiconque s’est engagé au service d’une œuvre pour aider ses frères, quiconque offre sa prière persévérante et sa souffrance pour la conversion des pécheurs (et qui trop souvent ne peut que constater la petitesse des résultats apparents) celui-là peut s’appuyer fermement sur cette parabole pour surmonter ses découragements. On peut dire qu’elle nous donne, en fait, une définition de cette espérance dont Jésus n’a jamais prononcé le mot, mais qui est inscrite au cœur même de l’Evangile

Plus que jamais, frères et sœurs, il nous faut entretenir en nous cette vertu d’Espérance. Il nous faut redire très souvent la demande du Notre Père : « Que ton règne vienne » avec la certitude absolue que nous serons exaucés. Certes, à vues humaines et surtout en ces temps troublés qui sont les nôtres nous pourrions en douter de cette venue du Règne de Dieu. Il se heurte à tant d’obstacles. Il est refusé ici, contrecarré ailleurs, inconnu en tant de lieux. Nous-mêmes nous lui faisons parfois obstacle par notre mauvaise volonté comme par notre péché. Il nous est bon par conséquent de savoir que peu à peu, suivant une logique qui n’est pas la nôtre en prenant un temps trop lent à notre goût, le Royaume grandit.

Il faut accepter en effet que le Règne de Dieu ait ses lois propres que l’homme ne peut influencer, ni changer. Si ce règne s’instaure toujours de façon discrète, d’humble apparence, de manière paradoxale, c’est pour qu’il n’y ait aucune confusion possible, c’est pour que la puissance de Dieu se manifeste clairement dans le triomphe de la faiblesse. Nous pensons ici à la merveilleuse déclaration de saint Paul aux Corinthiens :« Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort ». D’ailleurs toute l’histoire de l’Eglise nous manifeste cette puissance sublime de Dieu qui agit selon sa loi propre, lorsque l’homme se soumet à Lui.

S’il en est besoin, frères et sœurs, relisons attentivement, par exemple, la vie des grands saints fondateurs ; en général, leur œuvre est partie de trois fois rien et à rencontré de nombreux obstacles ; souvent, de leur vivant, ils ont été ignorés, voire méprisés et écartés de leur œuvre ; le résultat, c’est qu’ensuite on a reconnu clairement comme venant de Dieu ce qui s’était accompli avec leur humble collaboration. N’oublions donc jamais qu’il n’y a pas d’autre chemin pour édifier le Royaume que celui du grain de blé tombé en terre, et, tirons-en les conséquences.

Amen.

Prière Universelle

Quand nous regardons notre monde, nous nous disons que nous aurions bien besoin que le Seigneur nous aide à le comprendre. Prions avec confiance pour que son royaume, encore en germe, grandisse et soit accueilli par tous nos frères et sœurs.

R/ : Fais briller, Seigneur, ton amour.

  • Prions pour les disciples du Christ qui forment l’Église partout dans le monde ; que le Seigneur renforce leur courage d’annoncer l’Évangile. R/
  • Prions pour les chefs spirituels et religieux qui nous gouvernent ; que le Seigneur les soutienne dans leur désir d’être justes. R/
  • Prions pour les plus faibles parmi nous ; qu’ils trouvent dans notre générosité des signes du Royaume. R/
  • Prions pour notre communauté ; que le Seigneur lui rappelle sa vocation d’annoncer le Royaume à venir. R/

Dieu notre Père, comme tous les humains, nous cherchons des signes de ta présence au milieu de nous. En envoyant ton Fils dans le monde, tu t’es rapproché de ton peuple. Que déjà nous vivions comme si nous appartenions à ton règne de justice et de paix. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils et notre frère. Amen.

Source : http://vieliturgique.ca/

Lectures et Homélie du 11ème dimanche T.O. en DOCX et PDF.

 

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 20:58

Lecture du livre des Lévites 13, 1-2.45-46

La loi retranchait le lépreux de la société parce qu’elle le considérait comme un impur devant Dieu et les hommes

Le Seigneur parla à Moïse et à son frère Aaron, et leur dit : « Quand un homme aura sur la peau une tumeur, une inflammation ou une pustule, qui soit une tache de lèpre, on l’amènera au prêtre Aaron ou à l’un des prêtres ses fils. Le lépreux atteint d’une tâche portera des vêtements déchirés et les cheveux en désordre, il se couvrira le haut du visage jusqu’aux lèvres, et il criera : “Impur ! Impur !” Tant qu’il gardera cette tâche, il sera vraiment impur. C’est pourquoi il habitera à l’écart, son habitation sera hors du camp ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Parce que la maladie, notamment la lèpre apparaissait aux Hébreux comme une sanction du péché, le malade était déclaré impur. Son cas relevait donc du prêtre, chargé à la fois de constater la gravité de son état, de le déclarer impur, de l’isoler de ses semblables et, s’il y avait guérison, d’offrir prières et sacrifices pour le péché, puis de le réintroduire officiellement dans la communauté humaine. Ces précaution n’avaient pas pour seul but d’éviter la contagion physique de la maladie, mais aussi de mettre à part le pécheur, réputé contagieux pour la pureté du peuple élu par le Dieu saint.

Notre société a tendance à marginaliser bien des gens : le chômeur de longue durée, le malade atteint du sida, le délinquant, l’immigré. Comment travailler à leur réintégration dans la société ?

Psaume 31

R/ Tu es un refuge pour moi ; de chants de délivrance, tu m’as entouré.

  • Heureux l’homme dont la faute est enlevée, et le péché remis ! Heureux l’homme dont le Seigneur ne retient pas l’offense, dont l’esprit est sans fraude ! R/
  • Je t’ai fait connaître ma faute, je n’ai pas caché mes torts. J’ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur en confessant mes péchés ». R/
  • Toi, tu as enlevé l’offense de ma faute. Que le Seigneur soit votre joie ! Exultez, hommes justes ! Hommes droits, chantez votre allégresse ! R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 10, 31 - 11, 1

Travailler à la gloire de Dieu, c’est, pour Paul, ne pas chercher son intérêt personnel, mais celui des autres.

Frères, tout ce que vous faites : manger, boire, ou toute autre action, faites-le pour la gloire de Dieu. Ne soyez un obstacle pour personne, ni pour les Juifs, ni pour les païens, ni pour l’Église de Dieu. Ainsi, moi-même, en toute circonstance, je tâche de m’adapter à tout le monde, sans chercher mon intérêt personnel, mais celui de la multitude des hommes, pour qu’ils soient sauvés. Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ. - Parole du Seigneur.

 

Commentaire : La loi juive interdisait l’usage de certains aliments : des préjugés religieux attachaient un certain tabou aux viandes offertes en sacrifice aux dieux païens et revendues ensuite sur le marché. À l’encontre de ses deux conceptions, Paul affirme ici la liberté du chrétien : il peut user de tout, se libérer de tout préjugés, s’il le fait dans la joie d’un cœur qui rend grâces à Dieu. Mais Paul maintient aussi que la charité passe avant tant. Si mon comportement risque d’entraîner mes frères à pécher, je dois librement et par amour mettre une limite à la liberté absolue acquise en Jésus Christ. Ce n’est pas une situation toujours facile, mais Paul a observé ce principe, imitant en cela Jésus Christ.

S’adapter à tout le monde, c’est croire que « tout le monde » est un frère en Jésus Christ qu’il me faut écouter, comprendre, éclairer au besoin, mais sans le meurtrir. L’apôtre Paul l’a réussi à la suite de Jésus, pourquoi pas moi ?

Alléluia. Alléluia. Un grand prophète s’est levé parmi nous, Dieu a visité son peuple. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 40-45

« Je le veux, sois purifié », dit Jésus au lépreux. De quoi chacun de nous a-t-il besoin d’être purifié aujourd’hui ?

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier ». Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié ». À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage ». Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

- Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Ce lépreux que la loi juive désignait comme impur, Jésus n’hésite pas à le toucher et à contracter l’impureté légale qui s’attachait à ce geste : Jésus ne vient-il pas prendre sur lui les péchés du monde ? Mais parce qu’il a foi en la bonté et la puissance de Jésus, ce lépreux est guéri et restauré dans la communion avec Dieu : Jésus n’est-il pas déjà la puissance de résurrection de d’amour à l’œuvre dans le monde ? Ainsi guéri, ce lépreux va pouvoir recevoir du prêtre la confirmation de sa réintégration dans la société : Jésus ne vient-il pas pour susciter parmi les hommes une fraternité qui ne connaîtra ni paria ni exclu ? Comment ce lépreux guéri pourrait-il ne pas porter témoignage près des autorités religieuses et de la foule que le Messie est là ?

Devant toi, Jésus, je suis ce lépreux pour qui tu as le cœur remué de tendresse, que tu veux toucher dans le sacrement de la réconciliation, réintégrer ainsi dans la communion de l’Église et envoyer, renouvelé, porter témoignage à ses frères.

Homélie

Chers frères et sœurs, au temps de Jésus la lèpre était de toutes les maladies celle qui inspirait le plus d'horreur et même de terreur. Celui qui en était atteint n'avait aucun espoir de guérison, il assistait en pleine conscience et dans une totale impuissance à sa déchéance physique. De plus, à cause de la contagion il était exclu de la société et devait vivre à part dans un isolement absolu. Il subissait donc une double épreuve : celle de la souffrance physique et celle non moins pesante de la solitude. On comprend qu'en présence d'une telle misère Notre Seigneur ait été profondément ému et qu'il ait accompli la guérison implorée avec une très grande Foi. Mais ce miracle, comme tous ceux de l'Evangile a une profondeur spirituelle et comporte un enseignement. Tous les commentateurs s'accordent pour dire que la lèpre est une image du péché. Et, en effet, si les mots ont un sens le péché mortel : c'est-à-dire l'acte par lequel on transgresse un commandement grave porté par Dieu et qui nous fait perdre son amitié est bien une maladie de l'âme, une maladie mortelle ; ou plutôt il est déjà la mort. Car le péché est une rupture avec Dieu. Rompre avec Dieu, qui est l'Etre nécessaire c'est-à-dire celui dont on ne peut pas se passer, rompre avec le Christ qui déclare « je suis la Vie », c'est très exactement mourir. L'Eglise, en effet nous explique que tout péché grave nous fait perdre instantanément la vraie vie de l'âme : la vie surnaturelle de la grâce qui nous a été donnée au Baptême et que si ce péché n'est pas détruit c'est-à-dire pardonné, il mène normalement à la mort éternelle : il est de plain-pied et de niveau avec l'enfer. Le Saint Curé d'Ars nous dit un de ses biographes voyait dans « le péché la première étincelle d'une éternité de feu ». D'autre part, le péché grave est une rupture avec la communauté chrétienne et entraîne l'isolement, puisqu'il sépare du Christ, le seul en qui tous les hommes peuvent s'unir. Pour reprendre les comparaisons de Notre-Seigneur lui-même et de Saint Paul : sur le plant de vigne, le pécheur n'est plus qu'une branche morte où ne circule plus la vie dans le grand corps du Christ, le pécheur n'est plus un membre vivant, c'est un membre gangrené, désormais incapable d'échanges utiles avec le reste de l'organisme.

A partir de là, je crois que nous devons, chers frères et sœurs, nous poser deux questions.

  • Première question : Avons-nous pris suffisamment conscience de notre état pitoyable de lépreux spirituels, c'est-à-dire de pécheurs, car c'est un fait, même si nous ne sommes pas en état de rupture avec Dieu et avec le prochain, nous sommes tous, plus ou moins rongés jusqu'aux fibres les plus secrètes de notre être par notre orgueil, nos égoïsmes tenaces, nos lâchetés, nos duretés de cœur, nos refus d'aimer, nos omissions si nombreuses et puis aussi par cette négligence, cette nonchalance chronique qu'on appelle la tiédeur et qui constitue pour la vie de grâce dans l'âme un danger mortel... Cette vive conscience de notre péché, nous ne pouvons l'acquérir que si nous faisons chaque soir un examen sérieux de l'état de notre âme en nous remémorant pour les manquements à l'amour envers Dieu ou envers le prochain commis durant la journée. Où en sommes-nous de notre examen de conscience quotidien ?
  • Une deuxième question se pose, qui nous est suggérée, elle aussi par l'Evangile de ce jour ? Est-ce que, connaissant bien la nature de notre mal intérieur, nous voulons en être guéris (à l'exemple du lépreux) et sommes-nous prêts, dès lors, à prendre les moyens que Jésus, le grand médecin des âmes, nous prescrit à cet effet ?

Jésus, notre Sauveur ne demande, qu'à nous purifier en répandant sur nos âmes la surabondance de son amour miséricordieux. Sa plus grande joie (cela éclate à toutes les pages de l'Evangile) c'est de nous pardonner. D'ailleurs, c'est pour cela qu'il s'est fait l'un de nous et qu'il a accepté de « devenir semblable à un lépreux » selon une expression du prophète Isaïe. En sacrifiant par amour sa nature humaine sur l'autel de la Croix, il a obtenu le pardon et la guérison pour tous ceux qui regrettent humblement leurs péchés et veulent se réconcilier avec Dieu et avec leurs frères. Or, ce merveilleux remède surnaturel qui est son sang rédempteur, versé pour la rémission des péchés, nous savons que Jésus l'a mis à notre portée en instituant un sacrement (c'est-à-dire un signe efficace) qu'il a confié à son Eglise pour qu'elle l'applique en son nom à travers le ministère de ses prêtres « les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez »...

Ce sacrement nous le connaissons tous. Il porte différents noms qui expriment ses grandes richesses : sacrement de pénitence, du pardon, de la réconciliation ou plus communément, confession. Mais quel usage en faisons-nous ? S'il est « un chemin obligé pour parvenir au salut » comme le disait si justement le Pape Paul VI comment pourrions-nous le mésestimer et le négliger ?

Si notre médecin, en qui nous avons confiance nous dit : il nous faut suivre tel traitement ? Est-ce que nous allons lui répondre « Je n'en ai pas besoin, je m'en tirerai très bien comme ça ? »

Or l'Eglise, parlant au nom du Christ, nous fait un devoir de nous confesser, au moins une fois par an au temps de Pâques. Mais ce traitement annuel ne suffit pas si nous voulons combattre efficacement cette maladie de l'âme dont je vous parlais il y a un instant et que les auteurs spirituels appellent la tiédeur ; n'oublions pas que Jésus la déteste au point qu'il a pu dire : « les tièdes, je les vomirai de ma bouche... »

Si nous voulons faire de réels progrès dans la vie chrétienne, Si nous voulons avancer à pas d'amour vers la sainteté (qui est notre vocation à tous) il nous faut recourir plus souvent à la grâce de la confession sacramentelle.-

L'idéal serait une fois par mois... Certes, c'est exigeant, mais « qui veut la fin, veut les moyens... » Peut-être serions-nous plus convaincus et davantage motivés pour nous approcher fréquemment du sacrement de pénitence, si nous comprenions mieux les effets positifs qui en découlent, nous n'en voyons trop trouvent que les effets négatifs. Ce qu'il importe de bien saisir en effet, c'est que la grâce de la confession ce n'est pas seulement celle d'un nettoyage de nos âmes (un coup de balai ou un coup de brosse) certes, elle est bien cela d'abord : une purification, une guérison ; mais elle est bien davantage. Car les sacrements que Jésus a institué sont tous des sources de vie.

Si un saint François de Sales, un saint Vincent de Paul et combien d'autres saints se confessaient tous les jours, c'est qu'ils avaient de ce sacrement une conception éminemment positive. L'Eglise nous enseigne en effet : qu'à la grâce première du sacrement de pénitence, qui consiste, redisons-le en un pardon total et définitif des péchés commis, vient s'ajouter une grâce spéciale qui est un médicament spirituel spécifique des maladies de notre âme et de ses blessures actuelles, qui est une sorte de fortifiant efficace (« un cordial » disait saint François de Sales) pour nos faiblesses et notre rachitisme spirituel.

Même si, ordinairement nous n'avons pas de blessures graves et mortelles à présenter à Jésus, notre grand Médecin, nous avons tous des maladies chroniques, ce qui nécessite constamment et régulièrement ces médicaments appropriés que nous donne le sacrement.

Disons-nous bien que rien ne saurait remplacer ces remèdes, ces fortifiants spirituels : ni des prières, très ferventes, ni même la communion fréquente.

Alors, frères et sœurs, une conclusion s'impose celle de recourir à la confession sacramentelle le plus souvent possible. Le carême est là, qui par ses exhortations à lutter contre le péché, à réparer le péché et à intensifier notre union avec le Seigneur, va nous y aider. Demandons à Marie, notre Mère spirituelle, de nous rendre accueillants à toutes les grâces qu'il ne manquera pas de nous apporter.

En cliquant sur cette image, vous trouverez la Prière Universelle du trés bon site "Jardinier de Dieu".

Lectures du 3ème dimanche en PDF et DOCX

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 21:59

Lecture du livre de Job 7, 1-4.6-7

Malgré sa misère et celle qui l’entoure, Job croit que Dieu se souvent des hommes.

Job prit la parole et dit : « Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée, il fait des journées de manœuvre. Comme l’esclave qui désire un peu d’ombre, comme le manœuvre qui attend sa paye, depuis des mois je n’ai en partage que le néant, je ne compte que des nuits de souffrance. À peine couché, je me dis : “Quand pourrai-je me lever ?” Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à l’aube. Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent faute de fil. Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Paroles d’amertume et de désespoir de Job qui, dans sa maladie et sa souffrance, ne rencontre qu’incompréhension de la part de ses amis. Sur les lèvres de combien de nos contemporains ne pourrions-nous pas placer ces paroles ? Mais combien sauraient comme Job que dans la détresse Dieu est là comme l’ami des infortunés et des oubliés, lui que les siens eux-mêmes ont oublié sur la croix ?

Le cri de Job est celui de tant de malades, des personnes âgées, isolées et oubliées, de malheureux qui traînent une vie de misère, et même de jeunes, prisonniers de la drogue ou de l’alcool. Comment leur dire : « Dieu se souvient de toi », si nous ne commençons pas par nous souvenir d’eux, de manière concrète et efficace ?

Psaume 146

R/ : Bénissons le Seigneur qui guérit nos blessures !ou : Alléluia !

  • Il est bon de fêter notre Dieu, il est beau de chanter sa louange : il guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures. R/
  • Il compte le nombre des étoiles, il donne à chacune un nom ; il est grand, il est fort, notre Maître : nul n’a mesuré son intelligence. R/
  • Le Seigneur élève les humbles et rabaisse jusqu’à terre les impies. Entonnez pour le Seigneur l’action de grâce, jouez pour notre Dieu sur la cithare ! R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 9, 16-19.22-23

La rencontre de Jésus Christ a un tel prix aux yeux de Paul, qu'il fait tout pour la rendre possible au plus grand nombre.

Frères, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! Certes, si je le fais de moi-même, je mérite une récompense. Mais je ne le fais pas de moi-même, c’est une mission qui m’est confiée. Alors quel est mon mérite ? C’est d’annoncer l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile. Oui, libre à l’égard de tous, je me suis fait l’esclave de tous afin d’en gagner le plus grand nombre possible. Avec les faibles, j’ai été faible, pour gagner les faibles. Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. Et tout cela, je le fais à cause de l’Évangile, pour y avoir part, moi aussi. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Annoncer l’Évangile, ce n’est pas d’abord pour Paul prononcer un discours sur Jésus Christ. C’est se conduire de telle sorte que sa manière de vivre soit un Évangile vivant. Pour cela il a décidé de partager la condition de ceux auxquels il veut annoncer la Bonne Nouvelle, partager leur peine par le travail manuel, partager leur faiblesse dans la société de l’époque, partager leur culture étrangère à la sienne, partager leurs joies et leurs espoirs. Il s’est fait totalement l’un des leurs, comme le Christ s’est fait l’un de nous pour que l’Évangile devienne Quelqu’un.

Être soi-même un Évangile vivant ! Je prends le temps de chercher pour qui et de quelle manière je l’ai été récemment.

Alléluia. Alléluia. Le Christ a pris nos souffrances, il a porté nos maladies. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 29-39

Un Jésus déconcertant : quand tout lui réussit et que tout le monde le cherche, il s'enfuit, seul, pour prier !

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.

Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était. Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche ». Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti ».

Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’enthousiasme de la ville en effervescence s’est emparé de Pierre et de ses amis : « Tout le monde te cherche ». Le départ clandestin de Jésus et sa réponse aux disciples montrent la liberté du Christ. Il ne se laisse pas griser par le succès, il n’est pas prisonnier de la foule et de ses admirateurs. « Partons », car la Bonne Nouvelle est pour tous, non pour un petit groupe de privilégiés. « Partons », car les miracles à cause du caractère spectaculaire qu’ils prennent risquent de tromper les gens sur la mission de Jésus qui ‘est pas celle d’un philanthrope ou d’un agitateur politique, mais du Messie qui réclame la foi et un changement radical de vie. N’est-ce pas cela qui fut l’objet de la prière du Christ, ce matin-là ?

Fuir l’enthousiasme de la foule de Capharnaüm, plus tard celui de la foule qui veut en faire son roi ; ne pas fuir quand on viendra l’arrêter à Gethsémani et accepter qu’alors la foule lui préfère Barabbas ; c’est le signe et le prix de la liberté du Christ pour que la Bonne Nouvelle soit aussi proclamée ailleurs.

Homélie

« Dieu est amour », tel est le début de la récente lettre encyclique de Benoît XVI adressée à toute l’Église sur l’amour chrétien. Et cet amour de Dieu nous est manifesté en la personne de Jésus. Jésus Christ est « l’amour incarné de Dieu », comme nous le rappelle le pape. Dans l’évangile selon Marc que nous venons d’entendre, est manifesté en Jésus, qui guérit une femme, la tendresse de Dieu.

Nous sommes donc à Capharnaüm, ville de Galilée au bord du lac de Tibériade, dans laquelle Jésus commence son ministère. Accompagné de ses quatre premiers disciples qu’il vient juste d’appeler, Jésus passe une journée à Capharnaüm. Pas n’importe quelle journée, c’est le jour du sabbat, jour de repos, de prière et d’écoute de la Parole de Dieu pour les Juifs. Après avoir enseigné avec autorité et avoir libéré une personne possédée des esprits mauvais, le voilà qu’il sort de la synagogue et se rend à deux pas chez les frères Simon et André (cf. Messe d’action de grâce pour l’élection de Benoît XVI, successeur de Pierre - Pèlerinage en Terre Sainte).

On amène Jésus auprès de la belle-mère de Simon qui, fiévreuse, est au lit. Jésus, certainement touché par la souffrance de cette femme, la guérit immédiatement, sans rien dire, par un simple geste de compassion : Il l’aide à se lever en lui prenant la main. « Se lever » : nous avons là le mouvement même de la résurrection.

Même le soir, donc après le sabbat, Jésus continue son œuvre de guérison. En effet, la nouvelle de la guérison de la belle-mère de Simon s’est répandue dans toute la ville. Aussi, « il guérit toutes sortes de malades et chasse beaucoup d’esprits mauvais ».

Ces miracles sont des signes par lesquels Jésus atteste en sa Personne la présence du Règne de Dieu. Jésus accomplit ce qu’il a proclamé au tout début : « Le règne de Dieu est tout proche ». Quel est, au fait, le règne de Dieu ? « Le Règne de Dieu est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » affirme saint Paul dans sa lettre aux Romains (Rm 14, 17). Le règne de Dieu est le règne de l’amour de Dieu, cet amour venu du Père que le Fils nous communique. Rappelez-vous lors du baptême de Jésus : du ciel, on entend : « C’est toi mon Fils bien aimé, en toi j’ai mis ton mon amour » (Mc 1, 11). Cette communication de l’amour est dynamique : Jésus guérit la belle-mère de Pierre qui se met aussitôt à servir : « la fièvre la quitta, et elle les servait ». Délivrés de tout mal, nous pouvons aisément rendre service. Paul lui-même, touché par la grâce de Dieu, s’est fait « le serviteur de tous » (1 Co 9, 22) ; nous l’avons entendu tout à l’heure.

Voici ce que nous dit Benoît XVI : « Dans ma première encyclique, je désire parler de l’amour dont Dieu nous comble et que nous devons communiquer aux autres ».

Puis, le lendemain au petit matin, Jésus se retire dans le désert pour prier, avant de poursuivre sa mission. Jésus nous montre la route à suivre : il n’y a pas de mission sans prière. La prière, c’est le temps de l’intériorité, le temps privilégié de la rencontre avec le Père. Quelle place dans nos journées donnons-nous à cette rencontre intime avec le Père, source de tout amour ? Aimer, c’est se savoir aimer et c’est donc autant servir concrètement les autres que rendre grâce à Dieu pour l’amour qu’il nous comble. Attention à l’activisme de nos vies ! « La prière comme moyen pour puiser toujours à nouveau la force du Christ devient ici une urgence tout à fait concrète » nous dit Benoît XVI. « Le moment est venu d’affirmer l’importance de la prière face à l’activisme et au sécularisme dominant de nombreux chrétiens engagés dans le travail caritatif ». S’il y a la prière personnelle, il y a aussi la prière communautaire en Église. Jésus ne fréquente les synagogues. La prière communautaire par excellence est la messe dominicale que nous célébrons. Si l’Église veut devenir ce qu’elle est appelée à être : « vivre l’amour et faire entrer la lumière de Dieu dans le monde », elle doit pour cela vivre de l’Eucharistie.

« Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la Bonne Nouvelle, car c’est pour cela que je suis sorti ». Jésus n’est pas un casanier, c’est un itinérant. Quand les disciples lui disent : « Tout le monde te cherche », il préfère partir ailleurs. Jésus n’appartient à personne, il nous échappe. La Bonne Nouvelle qu’il proclame n’est réservé à aucun groupe particulier, elle est destinée à tous : le salut est pour tous. Et nous, comment envisageons-nous l’évangélisation ? Avons-nous le souci de proclamer à tous, par nos paroles et nos actes, la Bonne Nouvelle de Jésus Sauveur ? La communauté chrétienne que nous formons annonce-t-elle vraiment la foi qui l’anime. Faisons donc nôtres les paroles de Paul dans sa lettre aux Corinthiens : « annoncer l’évangile […], c’est une nécessité qui s’annonce à moi ; malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! ». Nous sommes donc, et c’est notre vocation première, responsables de l’évangélisation. La première façon d’annoncer l’évangile, c’est bien sûr d’en vivre, d’en être les témoins. « Le Seigneur a prescrit à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre l’Évangile » déclare Paul.

Finalement nous retrouvons les trois dimensions constitutives de la vie chrétienne, de la vie ecclésiale : la charité, la prière et l’évangélisation (annonce de la foi). Une communauté locale est vraiment d’Église si elle accepte d’être une communauté aimante, priante et missionnaire. Aucune de ces dimensions n’est facultative ni pour chacun ni pour la communauté.

Pour terminer, je cite Mgr Rouet à propos de la mise en place des communautés locales : « Il ne s’agit pas d’abord de faire marcher une nouvelle structure. Il s’agit de répandre, au milieu des hommes qui vous entourent, la vie, l’amour, le goût de l’Évangile (on « sel ») et d’apporter dans la vie de la communauté les joies et les peines de ces hommes : c’est le pain de notre prière.

Source : http://homeliesduperelouis.over-blog.fr/

Prière Universelle

Dieu le Père a envoyé son Fils unique pour que le monde soit guéri et sauvé. Chaque personne a son lot de souffrances et a besoin de guérison. Tournons-nous vers celui qui peut nous visiter et nous pacifier encore aujourd’hui.

R/ : Ô Seigneur, entends notre prière.

  • Pour l’Église qui, à la suite du Christ, porte sa croix chaque jour ; afin qu’elle le fasse dans la joie de se savoir soutenue, prions le Seigneur. R/
  • Pour les chefs des nations ; afin qu’ils cherchent sans cesse des solutions pour améliorer la vie des gens qui souffrent, prions le Seigneur. R/
  • Pour tous les Job de ce monde ; afin qu’ils trouvent dans le Christ vivant une source indéfectible de paix, malgré leur souffrance, prions le Seigneur. R/
  • Pour les opprimés partout dans le monde ; afin qu’ils cherchent et trouvent dans le Christ une force renouvelée de libération, prions le Seigneur. R/
  • Pour notre communauté chrétienne ; afin qu’à l’image du Christ, elle lutte contre la souffrance des gens qui se tournent vers elle. R/

Dieu notre Père, tu as tout donné, tu as même voulu que ton Fils partage notre vie. Dans la foi, nous te demandons de recevoir notre humble supplication, par ce même Jésus, qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca

Lectures du 3ème dimanche en PDF et DOCX

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 03:00

Lecture du livre du Deutéronome 18, 15-20

Le prophète Moïse, porte-parole de Dieu, annonce la venue d’un prophète comme lui ; mais Jésus sera plus qu’un porte-parole, il est la Parole de Dieu.

Moïse disait au peuple : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez. C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez : “Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir !” Et le Seigneur me dit alors : “Ils ont bien fait de dire cela. Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai. Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte.

Mais un prophète qui aurait la présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d’autres dieux, ce prophète-là mourra.” » - Parole du Seigneur.

Commentaire : Sous les dehors terrifiants de l’orage qui éclate sur le Sinaï, le tonnerre de la voix de Dieu et la grande flamme de ses éclairs, le peuple hébreu a bien perçu la difficulté qu’éprouve l’homme laissé à lui-même, d’affronter seul le mystère de la présence et de l’action historique de Dieu et de comprendre le sens de ses appels. Le rôle du prophète est d’être parmi les hommes, ses frères, le porte-parole de Dieu : « Je mettrai mes paroles dans sa bouche », et l’interprète qualifié de son projet sur eux : « Il leur dira tout ce que je lui prescrirai ». Moïse et les prophètes qui lui ont succédé n’ont fait qu’ébaucher ce rôle prophétique que Jésus Christ accomplira parfaitement.

Quelle parole le Seigneur m’a-t-il fait entendre, ces temps derniers, par l’un de mes frères dont je peux dire qu’il a été son porte-parole pour moi ?

Psaume 94

R/ : Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur.

  • Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre salut ! Allons jusqu’à lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête acclamons-le ! R/
  • Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits. Oui, il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu’il conduit, le troupeau guidé par sa main. R/
  • Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? « Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi, où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit ». R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 7, 32-35

Paul comprend le célibat consacré pour le Royaume comme un attachement sans partage au Seigneur.

Frères, j’aimerais vous voir libres de tout souci. Celui qui n’est pas marié a le souci des affaires du Seigneur, il cherche comment plaire au Seigneur. Celui qui est marié a le souci des affaires de ce monde, il cherche comment plaire à sa femme, et il se trouve divisé. La femme sans mari, ou celle qui reste vierge, a le souci des affaires du Seigneur, afin d’être sanctifiée dans son corps et son esprit. Celle qui est mariée a le souci des affaires de ce monde, elle cherche comment plaire à son mari. C’est dans votre intérêt que je dis cela ; ce n’est pas pour vous tendre un piège, mais pour vous proposer ce qui est bien, afin que vous soyez attachés au Seigneur sans partage. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le don mutuel que des époux se doivent devant Dieu les engage en assumant le souci des affaires de cette vie et la recherche du bonheur de leur conjoint, à faire de leur mariage un chemin vers Dieu. D’autres ont choisi le célibat afin de n’avoir d’autres centres d’intérêts que les « affaires du Seigneur », c’est-à-dire, à la manière de Paul, le souci pastoral de toutes les Églises et le souci missionnaire de l’annonce de l’Évangile. Ces deux états de vie chrétienne s’épaulent l’un l’autre : le célibat vécu pour le Seigneur appelle les gens mariés à ne pas s’enliser dans les affaires de cette vie et de bonheur du couple ; l’amour et le don de soi que réclame la vie conjugale rappellent que s’il ne s’accompagne pas d’un don total au service de Dieu et de ses frères, le célibat pour le Seigneur devient un piège puisque alors on n’est plus attaché par amour à personne, pas même au Seigneur.

Couple mariés, célibataires, et ceux et celles qui ont choisi le célibat consacré ont la responsabilité, les uns vis-à-vis des autres, de s’aider à vivre un amour vrai qui les attache au Seigneur sans partage. Selon notre situation comment cette responsabilité se manifeste-t-elle concrètement ?

Alléluia. Alléluia. Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 21-28

Jésus enseigne avec autorité, et, devant son autorité, les forces du mal se taisent.

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, il se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu ». Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme ». L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent ». Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : En guérissant quelques malades physiques ou mentaux, Jésus ne fait pas seulement acte de bonté mais montre qu’il est venu entreprendre un combat gigantesque contre le Mal à l’œuvre dans le monde. L’esprit mauvais qui interpelle Jésus le sait bien : « Est-tu venu pour nous perdre ? » Nous, c’est-à-dire toute la horde des esprits mauvais auxquels les Anciens attribuaient l’origine des maladies, des infirmités et des cataclysmes. La parole et les actes de Jésus manifestent qu’il est le Saint de Dieu, c’est-o-dire le Messie, et donc que son autorité s’enracine en Dieu.

Quelle est la nouveauté radicale qui me frappe toujours dans les paroles du Christ, malgré des années de vie chrétienne et de fréquentation des évangiles ?

Homélie

Dans le passage évangélique que nous venons d’entendre (comme dans beaucoup d’autres) Jésus veut nous persuader que nous sommes menacés par des ennemis redoutables et que Lui seul peut nous en préserver ou nous en délivrer. Ces ennemis que nous appelons les Démons, nous sont présentés dans la Bible comme des êtres spirituels et personnels crées par Dieu dans la sainteté, mais qui dans un fol orgueil se sont révoltés contre Lui. Ces anges déchus sont foncièrement mauvais, parce qu’incapables d’aimer et n’ont par conséquent qu’un seul but : celui de nuire aux hommes. A leur tête il y a celui que la Bible désigne sous le nom de Satan, c’est-à-dire l’Adversaire ou encore Béelzeboul, c’est-à-dire le Prince des Démons. Les Evangiles (celui de Marc en particulier) nous révèlent en Jésus celui qui a pour missions de combattre et de vaincre Satan et son armée d’anges malfaisants. Ce combat dont le 1er  épisode est la mystérieuse tentation au désert, Jésus le mène de bien des manières, mais plus spécialement en expulsant les esprits mauvais qui se sont emparés de certaines personnes afin de les torturer physiquement et moralement. Ce combat atteindra son paroxysme à l’heure décisive de la Passion. Par l’offrande de son sacrifice d’amour et par sa Glorieuse Résurrection, Jésus remportera sur Satan une victoire totale et définitive.

Dieu permettra néanmoins qu’il continue à mettre à l’épreuve les disciples du Christ et cela jusqu’à la fin du monde. Sa puissance malfaisante sera d’autant plus forte que les chrétiens lui opposeront une résistance trop molle ou pas de résistance du tout.

Chers frères et sœurs, le rappel évangélique de la présence de Satan et de son action dans la vie des hommes est particulièrement opportun en cette période de grande confusion où très nombreux sont ceux qui nient purement et simplement son existence, ou qui l’identifient au mal en général, aux forces mauvaises, au péché, ou aux tendances perverses de la nature déchue. Nous ne devons pas nous laisser impressionner, ni démonter par ces fausses doctrines, mais professer avec fermeté, la Foi de l’Eglise : c’est Elle, en effet qui assistée par le Saint-Esprit nous donne la seule interprétation valable des Saintes Ecritures. Or l’église a toujours enseigné que le Mal n’est pas une abstraction pour intellectuels ou un symbole, mais un être personnel bien vivant et agissant, extrêmement intelligent et rusé, qui s’acharne à notre perte avec passion et sans jamais le moindre répit.

Une chose est certaine, chers frères et sœurs, c’est qu’en ces temps difficiles qui sont les nôtres, Satan a réussi, l’exploit de se faire oublier par la plupart... N’étant que peu ou faiblement combattu, il a le champ libre et il s’en donne à cœur joie, si l’on peut dire. Il faut être frappé d’aveuglement spirituel en effet pour ne pas voir à quel point il est puissant à l’heure actuelle, multipliant les ravages dans tous les domaines.

Père du mensonge, monstre de haine, il sème partout le doute, la dérision, la méchanceté, dans les familles qu’il réussit trop souvent à diviser, à disloquer et finalement à détruire, dans les cités, grandes ou petites où il sait insidieusement

Amen.

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 18:40

 

Lecture du livre de Jonas 3, 1-5.10

Le prophète Jonas ne s’y attendait pas : les païens se convertissent !

La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle ». Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac.

En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ninive, capitale de l’empire assyrien qui a tant fait souffrir le peuple israélite, est le symbole du monde païen qui paraît le plus endurci et le plus éloigné de Dieu. Jonas n’y proclame qu’une journée son message de destruction, et voilà que les habitants croient et se convertissent ! Ce n’est pas Dieu qui s’en étonne, mais Jonas, et, derrière lui, le peuple élu qui au temps de Jésus verra avec irritation le Messie s’adresser aux païens.

Les conversions dont nous sommes témoins dans notre entourage, et celles dont nous entendons parler nous assurent-elles que la grâce de Dieu est capable de retourner le cœur des hommes aujourd’hui ? Sont-elles un aiguillon pour activer notre propre conversion ?

Psaume 24

R/: Seigneur, enseigne-moi tes chemins.

  • Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. R/
  • Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Dans ton amour, ne m’oublie pas, en raison de ta bonté, Seigneur. R/
  • Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 7, 29-31

Situation difficile pour les chrétiens : vivre dans le monde sans s’y enliser.

Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas, ceux qui font des achats, comme s’ils ne possédaient rien, ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons. - Parole du Seigneur.

Commentaire : En affirmant que le temps est limité, ou plutôt qu’il s’est raccourci et que notre monde est en train de passer, Paul n’insiste pas sur l’imminence du retour du Christ, mais sur la certitude absolue que l’avenir dernier de l’homme s’est fait tout proche dans le Christ ressuscité. C’est pourquoi le chrétien doit prendre ses distances par rapport aux réalités provisoires de ce monde, dans le temps même où il les vit, que ce soit le mariage, la souffrance, le bonheur, la richesse. Non parce qu’il les dédaigne, mais pour ne pas s’y enliser et garder son cœur ouvert du monde à venir.

Comment vivre notre situation et nos tâches présentes dans le monde pour que, loin de nous détourner du Seigneur, elles nous le fassent désirer avec plus de force ?

Alléluia. Alléluia. Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 14-20

Le premier geste de Jésus pour annoncer l’Évangile est d’appeler des hommes à sa suite.

Après l’arrestation de Jean le Baptiste, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes ». Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Jésus Christ passe près d’hommes qui nous sont présentés dans leur situation sociale et familiale. Il les appelle à le suivre. Rompant leurs liens sociaux et familiaux, ceux-ci quittent tout pour le suivre. Cette présentation abrupte néglige volontairement de signaler les rencontres préalables de ces hommes avec Jésus et leur cheminement intérieur jusqu’à l’éveil de leur vocation, dans le but de mettre en évidence l’importance primordiale de l’appel de Dieu dans toute vie chrétienne et apostolique.

Tout comme Jésus s’est entouré de collaborateurs pour annoncer la Bonne Nouvelle, nous sommes appelés à travailler en équipe pour témoigner de l’Évangile. Prenons le temps, dans la prière, de nommer quelques-uns de ces collaborateurs, de rendre grâce pour l’appel que Jésus leur a adressé et de dire notre joie, et nos difficultés, à travailler ensemble.

Homélie

C’est avec un cœur toujours nouveau qu’il nous faut regarder, méditer et recevoir l’Evangile. Celui que nous venons d’entendre nous rappelle :

  • d’une part que c’est toujours Jésus lui-même qui évangélise nos vies,
  •  et d’autre part que nous sommes tous appelés à devenir à notre tour des évangélisateurs.

C’est toujours par le Christ lui-même que nous sommes encore évangélisés : les hommes de Judée ou les gens de Galilée, juifs croyants ou païens sans instruction, Jésus les a tous éclairés de sa Lumière, les rejoignant dans les synagogues, mais aussi sur les places, sur les routes, au bord du lac et jusqu’à l’intérieur de leurs maisons. « Ils seront tous enseignés par Dieu » avait dit le prophète Isaïe. Jésus lui-même le redira en plein cœur de son discours sur le Pain de Vie. Nous aussi, nous sommes vraiment éclairés par sa Parole, soutenus par sa grâce, accompagnés par sa présence, fortifiés par son Eucharistie.

Comme au premier jour où il cheminait le long de la mer de Galilée, Il est là. Oui, Il est là qui croise notre route. Ses pas précédent nos pas et ses yeux rencontrent notre regard.

Noël, la Passion, la Résurrection, l’Ascension ce n’est pas qu’un souvenir. Jésus n’est pas venu un jour pour repartir à jamais… jusqu’aux confins de Zabulon et de Nephtali c’est-à-dire : jusqu’au milieu de nos occupations les plus profanes, de nos actions les plus païennes, dans la Galilée de notre vie quotidienne Il est là. Aux mauvais jours où nous serions tentés de nous croire seuls, perdus, désespérés, et lorsque nous sommes sans envie de faire le moindre pas vers Lui, Il est là. A tous, tels que nous sommes, Jésus s’adresse aujourd’hui en ces termes : « Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche. Il est proche pour tous. Proche parce que Jésus vient en proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et en guérissant toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Pour peu que nous sachions nous repentir c’est-à-dire nous retourner vers Lui « convertissez-vous », l’Evangile est donc donné, par Jésus lui-même, en ce jour même à notre propre cœur. Chacun de nous peut et doit se dire : par pure grâce Jésus est venu vers moi. Par pur amour il s’est offert, révélé et immolé : « Il m’a aimé et il s’est livré pour moi » affirme saint Paul. Si je sais l’accueillir je peux donc être sauvé.

Mais ce qu’il importe de bien comprendre, chers frères et sœurs, c’est que par pure grâce également, comme Pierre et André, Jacques et Jean, nous sommes appelés à être les collaborateurs du Christ dans l’Œuvre du Salut. « Venez à ma suite et je ferai de vous des pécheurs d’hommes ». Ce que Jésus a fait voici qu’il nous demande de le faire à notre tour. Jusqu’à la fin du monde et partout, il faut que la Bonne Nouvelle soit propagée. Quand on porte au cœur un tel secret, quand on porte en son âme un tel bonheur on ne peut plus le garder ou le taire… Saint Paul nous dit que « nous sommes devenus un seul être avec le Christ, que le Christ habite en nos cœurs par la foi ». Un auteur spirituel du 3ème siècle aimait à dire : « le chrétien est un autre Christ », et saint Augustin lui faisant écho ajoutait « nous ne sommes pas seulement devenus chrétiens, nous sommes encore devenus le Christ ».

C’est dire, frères et sœurs, combien le Seigneur attend que nous soyons le prolongement vivant de son Evangile. A notre tour nous devons redire ce que disaient les apôtres : « nous ne pouvons pas ne pas publier ce que nous avons vu et entendu ». Et cela au nom même du bonheur que nous donne la joie de la présence de Dieu en nos cœurs. Dans un monde aussi éloigné de Dieu que le nôtre, où tant de chrétiens eux-mêmes sont très pauvres d’amour, atteints par cette maladie de l’âme qui s’appelle la tiédeur, plus que jamais l’appel du Christ rejoint nos existences. L’entendons-nous la parole qui nous est adressée aujourd’hui « venez à ma suite et je ferai de vous des pécheurs d’hommes ? » Ou encore cette exhortation qui fut adressée un jour à saint Paul « sois sans crainte, continue à parler, ne te tais pas ».

Et notons bien pour finir, que ceux qu’il appelle en ce jour ce sont des frères : Jacques et Jean, Pierre et André. Il les appelle aujourd’hui deux par deux, ceux qu’il enverra demain aussi deux par deux. On ne peut annoncer le Christ qui est amour que par l’union de la charité et de l’amitié. Le Christ lui-même tout Dieu qu’il était n’a jamais voulu évangéliser tout seul, mais toujours à travers le signe et le support de la communauté priante et fraternelle des douze, des saintes femmes et des disciples.

Car seul l’amour vécu est évangélisateur ! Jésus n’a-t-il pas dit « Là où deux sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». Alors, Dieu en personne parle avec eux, agit par eux et témoigne pour eux. Il ne s’agit donc pas, surtout pas de redire comme certains le faisaient dans la communauté chrétienne de Corinthe : « Moi je suis pour Paul, moi je suis pour Apollos ! « Le Christ ne saurait être divisé ». Ce sont nos divisions qui ont paganisé la terre, nos schismes qui ont rebuté tant et tant de gens, les ont éloignés de l’Eglise. En cette semaine de prière pour l’unité il faut s’en souvenir. Par contre, si nous savons proclamer la Parole de Dieu sans la falsifier, telle qu’elle est, les divisions reculeront, les cœurs s’uniront, la communauté grandira et la Bonne Nouvelle sera vraiment annoncée.

Devenons de vrais messagers de l’Evangile et l’unité ainsi vécue, sera construite en étant proclamée « à ce signe d’amour, le Christ lui-même, le Christ vivant et vrai, sera reconnu… Comme aux premiers jours lorsqu’il cheminait au bord du lac de Galilée.

Amen.

Lectures du 3ème dimanche en PDF et DOCX

En cliquant sur cette image, vous trouverez la Prière Universelle du trés bon site "Jardinier de Dieu".

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 14:26

Pour souligner la célébration du « Dimanche de la Parole de Dieu », voulue par le pape François, le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation a préparé un Guide liturgique et pastoral. Les diocèses, les paroisses, les groupes bibliques, les individus y trouveront une variété de suggestions pour animer cette journée et prolonger dans la vie la familiarité avec la Parole qui pour nous, chrétiens, est la « la lumière de nos pas, la lampe de notre route » (Psaume 118 [119]). Le thème de cette deuxième année s’inspire d’un passage de la Lettre aux Philippiens : En tenant ferme la parole de vie (Ph 2, 16). C’est l’invitation forte que Paul adresse aux chrétiens de Philippes pour que la Parole de Dieu demeure le socle inébranlable sur lequel enraciner la foi, l’espérance et la charité. Ce Guide est une proposition adaptable qui s’ajoute à celles que les communautés chrétiennes sauront développer selon leurs contextes...

Pour voir le Guide Liturgique et Pastoral 2021, cliquez ICI.

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10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 18:23

Lecture du premier livre de Samuel 3, 3b-10.19

Avec la même docilité que le petit Samuel, répondons au Seigneur lorsqu’il nous appelle : « Parle, ton serviteur écoute ».

En ces jours-là, le jeune Samuel était couché dans le temple du Seigneur, où se trouvait l’arche de Dieu, Le Seigneur appela Samuel, qui répondit : « Me voici ! » Il courut vers le prêtre Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici ». Éli répondit : « Je n’ai pas appelé. Retourne te coucher ». L’enfant alla se coucher. De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Et Samuel se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici ». Éli répondit : « Je n’ai pas appelé, mon fils. Retourne te coucher ». Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée.

De nouveau, le Seigneur appela Samuel. Celui-ci se leva. Il alla auprès d’Éli, et il dit : « Tu m’as appelé, me voici ». Alors Éli comprit que c’était le Seigneur qui appelait l’enfant, et il lui dit : « Va te recoucher, et s’il t’appelle, tu diras : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute” ». Samuel alla se recoucher à sa place habituelle. Le Seigneur vint, il se tenait là et il appela comme les autres fois : « Samuel ! Samuel ! » Et Samuel répondit : « Parle, ton serviteur écoute ». Samuel grandit. Le Seigneur était avec lui, et il ne laissa aucune de ses paroles sans effet. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Chacun de nous porte en lui l’espérance. C’est elle qui nous met en mouvement. C’est aussi elle qui nous fait vivre pleinement nos projets. Nous pouvons ainsi connecter nos jeux, nos amitiés, notre travail, toute notre vie à cette espérance.

Sommes-nous prêts comme Samuel à bondir pour écouter et grandir avec le Seigneur ? Sommes-nous confiants comme Jean Baptiste, André et Simon pour venir et voir le Christ ? Il n’est pas loin, il se tient présent, il est en nous. C’est par notre corps, nos actions, nos relations que Dieu est présent au monde. Sachons l’écouter et nous mettre en mouvement !

Claire Boudier – Missel Cléophas

Psaume 39

R/ : Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.

  • D’un grand espoir, j’espérais le Seigneur : il s’est penché vers moi. Dans ma bouche il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu.
  • Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens ».
  • « Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles ».
  • Vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais. J’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée.

Lecture de la 1ère lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 6, 13c-15a. 17-20

Nos corps sont les membres du Christ, l’Esprit Saint habite en eux.

Frères, le corps n’est pas pour la débauche, il est pour le Seigneur, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Celui qui s’unit au Seigneur ne fait avec lui qu’un seul esprit. Fuyez la débauche. Tous les péchés que l’homme peut commettre sont extérieurs à son corps ; mais l’homme qui se livre à la débauche commet un péché contre son propre corps.

Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu ; vous ne vous appartenez plus à vous-mêmes, car vous avez été achetés à grand prix. Rendez donc gloire à Dieu dans votre corps. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul réagit contre des chrétiens contaminés par l’immoralité et les dérèglements sexuels très répandus dans le monde gréco-romain. Selon eux, la foi n’aurait rien à voir dans la vie sexuelle, elle n’aurait pas à s’encombrer de prescriptions morales. C’est oublier la dignité du corps que nous révèle Jésus Christ. Notre corps est promis à la résurrection ; notre corps est devenu un membre du corps du Christ ; c’est par notre corps où demeure l’Esprit Saint et par toutes nos activités corporelles que nous pouvons servir Dieu et nos frères.

Notre monde moderne abîme et écrase souvent le corps ; il salit et abîme souvent aussi le cœur. Sommes-nous sensibles à ces violences faites à l’homme ? Une réaction vigoureuse s’impose. Comment pouvons-nous y participer ?

Alléluia. Alléluia. En Jésus Christ, nous avons reconnu le Messie : par lui sont venues la grâce et la vérité. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 35-42

Comme à ses premiers disciples, Jésus nous demande aussi : « Que cherchez-vous ? »

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu ». Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi - ce qui veut dire : Maître -, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez ». Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » - ce qui veut dire ; Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » - ce qui veut dire : Pierre. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Que cherchez-vous ? C’est la première parole de Jésus dans l’évangile de Jean. Dans l’optique de l’évangéliste, elle s’adresse à tout homme. Jésus Christ est la réponse aux interrogations que les hommes portent au fond d’eux-mêmes, concernant le sens de leur vie, du monde et de l’histoire humaine. Mais comment rencontrer le Christ, le voir et cheminer avec lui ? Il faut des hommes qui soient eux-mêmes des amis du Christ, pour lui conduire leurs frères afin qu’ils puissent vérifier qu’en Jésus s’accomplit leur espérance et que tout prend sens en lui.

Comment te prépares-tu à écouter la parole de Dieu ? Par une attitude, un geste ? Donnes-tu du sens au signe de croix que tu traces sur ton front, ta bouche et ton cœur avant l’Évangile ? Prends-ru du temps dans ta journée, en réunion, en week-end pour écouter la parole de Dieu ? Fais-tu des relectures de journée ? Crois-tu que Dieu invite à vivre autrement ? Si oui, comment fais-tu pour le savoir ?

Homélie

Les textes que nous venons d’entendre et qui ont pour thème principal l’appel de Dieu nous livrent au moins 3 leçons.

  • 1èreleçon : l’appel de Dieu n’est pas réservé à quelques âmes privilégiées. « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ». Avec lui il n’y a pas à priori, des gens qui, dès le départ, sont mis hors-jeu ou déclarés irrécupérables. C’est à tous, absolument que Dieu fait entendre son appel :
  1. soit pour une orientation décisive dans la vie, ce qu’on appelle ordinairement la Vocation avec un grand V. Vocation au sacerdoce ministériel, à la vie religieuse ou missionnaire, vocation au diaconat ou au mariage,
  2. soit plus simplement pour les petits choix ou les décisions de la vie quotidienne… et cela concerne absolument tous les âges et toutes les situations.

Oui, tout homme, parce que c’est la volonté même de Dieu, est le sujet d’une vocation à la sainteté. Il s’agit pour lui, en effet, de devenir un reflet, une image la plus ressemblante possible de Dieu Amour, et cela en aimant Dieu bien sûr, ainsi que son prochain, mais en s’aimant aussi lui-même ce qui est tout le contraire de l’égoïsme et qui commence comme le rappelle saint Paul par le respect de soi-même, le respect de son corps qui est le Temple de l’Esprit-Saint et par la conscience de sa dignité d’enfant de Dieu.

La manière dont cet appel de Dieu nous est signifié est très variée et elle est souvent insolite. Il s’agit ordinairement d’une invitation, d’une suggestion, d’une proposition. Le Seigneur, en effet ne contraint personne, tant son désir est grand de respecter la liberté de chacun. « Venez et vous verrez, dit-il à André et à Jean qui cherchent à entrer dans son intimité en allant chez lui, à l’endroit où il demeure. Jésus n’est pas un publiciste qui veut convertir à tout prix.

Vis-à-vis de cette voix de Dieu qui ne cesse de nous appeler d’une manière ou d’une autre, deux attitudes sont possibles :

  1. la surdité voulue ou simulée. On connaît le proverbe : « Il n’y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre »,
  2. ou bien l’ouverture, l’attention, l’acceptation, l’accueil à l’exemple de Samuel « parle, Seigneur, ton serviteur écoute », à l’exemple des Apôtres, à l’exemple surtout de Marie qui répond à l’ange « voici, je suis la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole ».
  • Deuxième leçon qui découle des textes entendus il y a un instant : lorsque Dieu appelle quelqu’un ce n’est jamais pour l’inviter à s’installer et à rester sur place. Pensons à Abraham « quitte ton pays, quitte ta famille et va dans le pays que je te montrerai… » Dieu aime mieux les marcheurs que les gens assis, parce qu’il veut que nous fassions sans cesse des progrès dans la foi, dans l’espérance, dans l’amour et dans la pratique de toutes les vertus… Pour ceux qui empruntent les itinéraires de la vie chrétienne il n’est pas recommandé de rester longtemps sur les aires de stationnement. L’expérience est là, en effet, pour nous dire, qu’au point de vue spirituel, celui qui n’avance pas, recule.

Ainsi donc, frères et sœurs, l’intervention divine dans la vie des hommes est imprévue, inattendue ; les choix qu’elle fait sont inexplicables : il faut reconnaître aussi qu’elle est considérablement gênante. En fait, elle dérange une destinée parfois très soigneusement programmée : elle perturbe les projets humains et chambarde les situations acquises.

Avec le Seigneur, frères et sœurs, il faut s’attendre à tout :

  1. d’un enfant, Samuel, il fait un prophète,
  2. d’humbles pécheurs sur le lac de Galilée, il fait des apôtres, futurs piliers de l’Eglise qu’il s’apprête à fonder.
  3. d’un persécuteur, Saul de Tarse, il fait le plus grand de tous les missionnaires : saint Paul.

Oui, vraiment, avec Dieu il faut s’attendre à tout. Voilà pourquoi il me semble que devant cette éventualité, notre attitude peut se résumer en trois temps, étroitement coordonnés :

  1. savoir écouter pour entendre,
  2. être perméable pour mieux accueillir le message et pour le comprendre,
  3. accepter de voir son existence bouleversée, en esprit d’obéissance afin de mettre en pratique ce message.
  • 3ème leçon qui nous vient surtout de l’Evangile de ce jour : quand quelqu’un répond à l’appel de Dieu et rencontre le Christ pour de bon, il ne peut pas continuer sa route dans l’indifférence ennuyée ou la satisfaction exaltée. Il y a tous ces autres qu’on voit autrement qui entrent alors dans notre vie. Il y a les voisins, les amis, les frères qu’on aime davantage au point de désirer partager la découverte avec eux. Pourquoi n’auraient-ils pas accès au même trésor que nous. C’est André qui entraîna Simon jusqu’à ce que Jésus en fasse Pierre. Le Prince des Apôtres a donc passé par un autre pour parvenir au Seigneur. Il a d’abord fallu l’invitation d’un petit frère pour que le Christ après l’avoir regardé lui donnât un nom nouveau autrement dit la vocation à un amour fondamental dans l’Eglise, celui du Pasteur suprême. Aujourd’hui comme hier, Jésus continue d’utiliser les médiations humaines les plus banales pour faire signe, attirer et même sauver. Par un sourire ou par un geste, par une parole ou une ardente prière nous pouvons (le plus souvent c’est sans le savoir) amener quelqu’un à Jésus qui saura le regarder et l’aimer sur mesure. Ne l’oublions jamais : tous nous sommes conviés à appeler, à être des porte-parole, des messagers de Dieu auprès de nos frères.

Nous demanderons instamment à la Vierge Marie, Notre Mère, qui est un parfait modèle de réponse très généreuse à tous les appels divins, de nous apprendre à dire oui au Seigneur, quoi qu’il en coûte. Qu’elle nous inspire aussi les paroles et les gestes susceptibles de toucher nos frères et de les mettre en route vers le Christ, Lui qui est toujours prêt à les accueillir pour les combler de sa Lumière, de son Amour et de sa Joie, et de donner ainsi un sens à leur vie.

Amen.

Prière universelle

Le Seigneur invite mystérieusement chacun et chacune de nous à le suivre. Il nous appelle par notre nom comme il l’a fait pour Samuel et Pierre. Aujourd’hui encore, il attend notre réponse. Tournons-nous vers lui avec confiance et présentons-lui les besoins de tous nos frères et sœurs.

R/ : Dieu très bon, écoute-nous.

  • Pour l’Église ; prions afin qu’elle ouvre son cœur, son esprit et ses bras à tous ceux et celles que le Seigneur appelle. R/ 
  • Pour les hommes et les femmes qui gouvernent les peuples ; prions afin que chacun et chacune se laisse toucher par les voix qui réclament justice et paix. R/ 
  • Pour toutes les personnes que le Seigneur appelle ; prions afin qu’elles répondent sans hésiter à son invitation. R/ 

Pour notre communauté ; prions afin qu’elle s’ouvre à une plus grande écoute des plus vulnérables de notre société. R/ 

Dieu notre Père, ton Fils Jésus a répondu à ton appel en allant jusqu’au bout de l’amour. Accorde-nous de te suivre avec la même ferveur. Nous te le demandons par le Christ, Jésus, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

Lectures du 2ème dimanche en PDF et DOCX

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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 15:45

Lecture du livre du prophète Daniel 12, 1-3

Le prophète Daniel n’entrevoit pas la fin des temps comme une catastrophe, mais comme le jour du salut pour tout le peuple, le réveil de tous ceux qui dormaient dans la poussière.

En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges, celui qui se tient auprès des fils de ton peuple. Car ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu depuis que les nations existent, jusqu’à ce temps-ci. Mais en ce temps-ci ton peuple sera délivré, tous ceux qui se trouveront inscrits dans le Livre. Beaucoup de gens qui dormaient dans la poussière de la terre s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et la déchéance éternelles. Ceux qui ont l’intelligence resplendiront comme la splendeur du firmament, et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de Daniel est rédigé à l’occasion de la persécution d’Antiochus Epiphane, prince de Syrie, contre les juifs, entre les années 167 et 165 av. J.C. Pour n’avoir pas voulu renier leur foi, beaucoup de juifs sont morts martyrs. Quel sera leur sort dans l’au-delà ? Quel sera le destin des juifs demeurés fidèles ? À ces questions l’auteur apporte des réponses qui, sans être totalement nouvelles, vont préciser la foi en la résurrection des morts. Il introduit cette révélation dans le contexte plus général du combat cosmique entre Dieu et les forces du mal dont la persécution d’Antiochus n’est qu’un des symptômes historiques. Après une recrudescence du mal, viendra le salut des juifs fidèles à leur foi. Quant aux martyrs, ils s’éveilleront pour vivre avec Dieu.

Quels sont, parmi nos contemporains, les hommes et les femmes, chrétiens ou non, à qui nous donnerions volontiers le titre de « maîtres de justice pour la multitude » ?

Psaume 15

R/ : Garde-moi, Seigneur mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.

  • Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable. R/
  • Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m'abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. R/
  • Tu m'apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! À ta droite, éternité de délices ! R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 10, 11-14 – 18

Grâce au sacrifice du Christ livré à la croix par amour, notre réconciliation est définitivement acquise. Mais il nous reste à l’accueillir.

Dans l’ancienne Alliance, tout prêtre, chaque jour, se tenait debout dans le Lieu saint pour le service liturgie, et il offrait à maintes reprises les mêmes sacrifices, qui ne peuvent jamais enlever les péchés.

Jésus Christ, au contraire, après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice, s’est assis pour toujours à la droite de Dieu. Il attend désormais que ses ennemis soient mis sous ses pieds. Par son sacrifice unique, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie.

Or, quand le pardon est accordé, on n’offre plus le sacrifice pour le péché. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce texte continue à développer la supériorité du sacerdoce du Christ sur celui de tous les autres prêtres. Alors que ceux-ci s’affairent quotidiennement mais sous pouvoir enlever les péchés, Jésus est désormais parvenu au terme : en lui les péchés son pardonnés, en lui les hommes sont déjà près de Dieu. Certes, tout n’est pas encore accompli. Le mal et le péché continuent à faire des ravages, les hommes ne sont encore qu’en route vers la perfection en accueillant la grâce du pardon qui les rend saints. Mais la promesse divine est assurée de s’accomplir : un jour toutes les forces du péché seront vaincues et définitivement piétinées.

La sainteté n’est pas un état, mais une dynamique de vie qui nous engage à cheminer vers la perfection. Laissons-nous conduire par le Christ, par sa Parole et les sacrements, sur le chemin qu’il nous reste à parcourir.

Alléluia. Alléluia. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous pourrez vous tenir debout devant le Fils de l’homme. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 13, 24-32

Il y a des signes que le Christ est proche et qu’il est à notre porte, et ce ne sont pas seulement ceux de la fin des temps !

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « En ces jours-là, après une terrible détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire. Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.

Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Pour raffermir la foi de sa communauté chrétienne secouée par les persécutions, Marc rappelle que l’histoire est tout entière marquée par son terme : la venue du Christ, le Fils de l’homme. Dans le tableau qu’il compose de cette venue, il projette devant nous, comme sur un écran, à la fois le film des événements contemporains que vit son Église et le scénario du retour du Christ à la fin des temps. Les images des deux films se mêlent donc sans qu’on puisse toujours départager ce qui est événement contemporain et ce qui est annonce du retour du Christ. Cette juxtaposition a pour but d’interpréter les événements actuels à la lumière de la venue du Christ : ils sont les signes avant-coureurs de son triomphe final.

Quels sont les signes du passage du Christ dans ma vie et dans celle des autres que j’ai su reconnaître ces jours derniers ?

Homélie

Il nous arrive très souvent dans nos conversations d’évoquer le temps avec des expressions comme celles-ci : « Je n’ai pas temps, comme le temps passe, ah ! C’était le bon temps, le temps c’est de l’argent etc... »

Mais nous arrive-t-il quelquefois de réfléchir sérieusement sur le temps, de nous demander ce qu’il représente pour nous, à la lumière de la révélation chrétienne ?

L’Evangile de ce dimanche (l’avent dernier de l’année chrétienne) nous en fournit l’occasion, lui qui nous annonce la fin des temps et nous livre une des paroles les plus solennelles de Jésus : « Le ciel et la terre ne passeront pas ».

  • Il se peut, frères et sœurs, qu’en certaines circonstances (un anniversaire par exemple) nous soyons gagnés par la mélancolie à la pensée du temps qui passe et qui ne revient pas.
  • Nous pouvons aussi, ressentir une grande tristesse devant le vide et la médiocre qualité de l’existence que nous menons : sans grand intérêt, sans grande portée, sans grands résultats.
  • Nous pouvons encore éprouver une lassitude à la pensée d’avoir à recommencer indéfiniment les mêmes tâches dans la monotonie quotidienne. Et paradoxalement, malgré ce lourd ennui il se peut que nous redoutions plus encore le changement et l’imprévu dans la crainte que cet imprévu ne soit le malheur. La pensée de l’avenir nous travaille d’une sourde inquiétude. Mais prenons garde ! Car si nous avons de telles idées ou de tels sentiments à propos du temps, c’est que nous nous conformons, en fait, à la manière de voir entièrement négative et radicalement stérile du paganisme d’hier et d’aujourd’hui. Il ne faudrait pas oublier que nous avons, nous chrétiens une tout autre conception du temps qui est éminemment positive et féconde parce qu’elle est fondée sur des paroles qui ne passent pas : celles de Jésus qui « est le même hier, aujourd’hui et toujours ».

Parce que, en vertu de notre foi, nous avons la certitude que Dieu est présent à toute notre vie et qu’il nous fait le don de chaque instant (afin que nous l’ordonnions cet instant à l’accomplissement de notre destinée) nous savons toute la valeur du temps. Et c’est Jésus lui-même qui dans son enseignement a pris soin de nous préciser en quoi elle consiste : l’existence humaine ne prend sa valeur que dans la mesure où elle est la mise en pratique du double commandement de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain.

Le temps bien employé est celui qui est rempli par ce double amour : c’est un temps où la personne atteint, en effet, la plénitude de son épanouissement spirituel par le don total d’elle-même. Par contre, le temps qui est consacré à des activités égoïstes doit être considéré comme du temps perdu, du temps gaspillé. Le grand mystique espagnol saint Jean de la Croix disait que « seul est perdu le temps qu’on ne passe pas à aimer ».

Il est donc faux de comparer le rapide écoulement de nos jours au sillage d’une barque qui ne laisse sur l’eau aucune trace. L’instant fugitif qui, redisons-le, est un don du Père éternel peut être si nous le voulons, rempli d’éternité : il suffit pour cela de le vivre dans l’amour sans oublier de l’offrir très souvent en esprit d’adoration et d’action de grâces.

Ainsi, frères et sœurs, nous ne sommes pas des malheureux auxquels on arrache des lambeaux de leur fortune en attendant la grande faillite de la mort, nous sommes des riches amassant pour toujours des trésors d’amour qui sont gardés en lieu sûr dans le Paradis, car « l’Amour, c’est saint Paul qui l’affirme, ne passera jamais ». Et voilà qui permet aussi de dissiper le lourd ennui que pourrait faire peser sur nous la monotonie de nos occupations, le recommencement des mêmes tâches obscures, le même travail sans horizon.

Efforçons-nous, frères et sœurs de dépasser courageusement les regrets et les nostalgies romantiques. Quelles que soient les apparences, aujourd’hui n’est pas la réédition d’hier, car Dieu qui remplit cet aujourd’hui de sa présence est la nouveauté même. Soyons-en profondément convaincus : lorsque nous vivons chaque minute avec un intérêt passionné et un élan toujours nouveau nous ne marchons pas sur un chemin harassant et absurde qui ramènerait indéfiniment au point de départ, mais nous suivons un itinéraire qui est une progression vers Dieu, une montée dans l’amour vers la plénitude du Bonheur avec Dieu et en Dieu.

Souvenons-nous aussi de ceci, frères et sœurs ; c’est parce que Dieu est et sera toujours présent à chaque instant de notre vie (avec sa fidélité indéfectible et sa providence) que nous ne devons pas nous laisser troubler par les aléas des lendemains. Il est sûr que les mois ou les années à venir nous apporteront leur charge de souffrances physiques ou morales. De graves bouleversements se produiront peut-être, qui pour l’heure sont imprévisibles... Mais ici encore toute angoisse serait déplacée : ce serait oublier que dans chaque instant qui viendra, si éprouvant soit-il, il y aura Dieu avec sa protection et sa tendresse paternelles.

Le poète a raison de proclamer « non, l’avenir n’est à personne, l’avenir n’est qu’à Dieu ». Laissons-le donc à Dieu en nous abandonnant entre ses mains avec une confiance absolue.

Chers frères et sœurs, puisqu’à la lumière des vérités évangéliques, il nous est donné de reconnaître l’inestimable valeur que le temps confère à notre vie, efforçons-nous d’en exploiter à fond toutes les possibilités.

Avec l’aide du Seigneur Jésus qui est le Maître du temps et de l’histoire, avec l’aide de Marie qui est l’éducatrice de notre vie chrétienne, faisons fructifier le temps.

Amen.

Prière universelle

Parfois, la mort et les ténèbres semblent l’emporter sur tout. Sachons reconnaître les signes de vie autour de nous et, dans l’espérance, confions au Seigneur les besoins du monde. Dieu de la vie, écoute nos prières.

  • Pour les pays en guerre ; afin que l’espérance de la paix demeure toujours vive, prions le Seigneur.
  • Pour les dirigeants des pays ; afin que leur souci du bien collectif ravive l’espérance d’un monde meilleur, prions le Seigneur.
  • Pour ceux et celles qui sont emprisonnés injustement ; afin que l’espérance d’une vraie justice les soutienne, prions le Seigneur.
  • Pour les personnes sans emploi ; afin que l’espérance d’un travail les stimule, prions le Seigneur.
  • Pour les membres de notre communauté ; afin qu’ils soient au cœur du monde des porteurs d’espérance, prions le Seigneur.

Dieu notre Père, par la résurrection de ton Fils Jésus, tu as montré au monde que la vie l’emporte sur la mort. Ranime notre espérance au cœur des périodes difficiles. Nous te le demandons par Jésus, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Source : http://vieliturgique.ca

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 16:08

Lecture du premier livre des Rois 17, 10-16

En période de sécheresse, une pauvre veuve, une païenne, prend sur son nécessaire pour nourrir le prophète Elie. Mais quand on donne tout, on reçoit tout.

En ces jours-là, le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l’entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l’appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d’eau pour que je boive ? » Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain ». Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n’ai pas de pain. J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons ». Élie lui dit alors : « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d’abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre ». La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé, et longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par la bouche d’Élie. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le sens de cet épisode ne se comprend bien que s’il est resitué dans la longue lutte du prophète Elie contre l’intrusion des dieux païens en Israël sous l’influence notamment de Jézabel. On attribuait à ces dieux la fertilité du sol grâce à la pluie dont ils étaient les maîtres. Elie réplique en annonçant de la part du Seigneur une grande sécheresse qui ne cessera qu’à sa Parole : ainsi ces faux dieux seront confondus par leur impuissance à l’empêcher. Quant au prophète, il se réfugie en terre païenne, y est nourri grâce à la foi et à la générosité d’une pauvre veuve, une païenne, qui parce qu’elle a tout donné, se voit comblée par le Dieu vivant alors que les Israélites infidèles subissent la privation.

C’est dans nos moments de crise ou de difficulté qu’il nous faut croire à la promesse de Dieu. La foi passe souvent par cet abandon confiant.

Psaume 145

R/ : Chante, ô mon âme, la louange du Seigneur !

  • Le Seigneur garde à jamais sa fidélité, Il fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délie les enchaînés. R/
  • Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, le Seigneur protège l'étranger. R/
  • Il soutient la veuve et l'orphelin, il égare les pas du méchant. D'âge en âge, le Seigneur régnera : ton Dieu, ô Sion, pour toujours ! R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 9, 24-28

Nous ne nous donnons jamais totalement ni définitivement. Le don du Christ à la croix a été si plénier qu’il sauve définitivement toute l’humanité.

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’hommes, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ, s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude, il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent. – Parole du Seigneur.

Commentaire : En se présentant devant Dieu au nom de son peuple, le grand prêtre cherchait à relier les hommes à Dieu en supprimant l’obstacle qui les sépare : le péché. Jamais cette démarche ne pouvait aboutir vraiment et il fallait tous les ans la recommencer. Mais le sacrifice de Jésus à la croix a parfaitement abouti. Dans son corps d’homme il a fait définitivement le passage jusqu’à Dieu lui-même et non seulement dans un temple terrestre. Parce qu’en mourant il a tout donné et qu’on ne peut mourir, pour tout donner, qu’une seule fois, le sacrifice du Christ est unique et définitif : il le manifeste comme le Sauveur qui détruit pour toujours le péché. À tous ceux qui l’attendent dans la foi il apportera, lors de sa venue, le salut.

Le Christ glorifié se tient « maintenant pour nous devant la face de Dieu ». Quand notre prière rejoint son intercession, nous sommes sûrs qu’elle parvient jusqu’au Père.

Alléluia. Alléluia. Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12, 38-44

La valeur de ce que nous donnons ne se mesure pas à la quantité, mais au fait que nous donnons tout, si peu que nous donnions.

En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait aux foules : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honneur dans les synagogues et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés ».

Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et déposa et mit deux petites pièces de monnaie. Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Les avertissements de Jésus mettent la foule et les disciples en garde contre les apparences trompeuses : Dieu voit ce que l’homme ne voit pas, il ne prête pas égard à ce qui attire le regard des hommes. Ainsi les scribes ont beau faire preuve avec ostentation de leur dignité, de leur préséance, de leur piété, si les hommes s’y trompent, Dieu voit leur hypocrisie et leur appât du gain qui ne les fait pas épargner les épargner les plus démunis de la société, notamment les veuves. Ainsi encore, les dons importants des gens riches peuvent tromper les hommes sur leur générosité ; Dieu mesure tout autrement la valeur du don de celle qui a donné tout ce qu’elle avait pour vivre.

Quel est le critère de notre générosité : la quantité de ce que nous donnons ou le dépouillement effectif de ce à quoi nous tenons ?

Homélie

L’Evangéliste saint Marc excelle dans la technique du reportage. Témoin : ce fait divers, apparemment sans importance qui se situe au Temple de Jérusalem au moment où la Pâque Juive rassemble des milliers de pèlerins. Jésus est là : assis en face de la salle du trésor il regarde la foule, foule de pèlerins, foule de donateurs également, puisqu’il est d’usage de verser une offrande pour l’entretien du Temple. Et voici que Jésus s’intéresse aux faits et gestes des donateurs.

Il y a une 1ère indication, ce que nous donnons, la manière dont nous donnons ne lui sont pas indifférents, non point tant à cause du résultat (l’argent n’est qu’un moyen) mais l’offrande ne part-elle du cœur (l’or pur de l’amour : voilà ce qui à ses yeux a vraiment du prix).

Au temps de Jésus, c’était comme aujourd’hui chez nous : il y avait des classes sociales avec des revenus fort inégaux. D’un côté, les propriétaires, les commerçants, les hommes de loi, les grands chefs religieux constituaient la classe des riches. De l’autre, les pauvres aux métiers plus ou moins bien définis, qui vivaient au jour le jour

Chez les riches, « beaucoup », note saint Marc, s’acquittent de leur devoir envers le Temple et « versent de grosses sommes ». Vous avez noté l’expression « beaucoup » : ce n’est pas « tous » les riches : certains déjà oubliaient de participer à la vie de leur communauté ou bien le faisaient avec des offrandes vraiment dérisoires. Or, voici qu’au milieu des pèlerins une veuve se profile : qui pourrait bien faire attention à elle : elle n’a rien pour attirer les regards. Elle est discrète, effacée. Elle ne souhaite qu’une chose, passer inaperçue ! Quant à son offrande ? 2 piécettes qui n’augmenteront guère la recette du jour. Nous sommes tenté de penser qu’elle aurait tout aussi bien fait de ne rien donner. Mais comme nous sommes loin ici de penser comme Dieu, car c’est à cette pauvre veuve que Jésus porte attention. C’est elle qu’il veut nous citer en exemple. C’est son cœur, sa générosité, sa foi qu’il veut louer sans réserve.

Cette femme qui vit dans la pauvreté n’a que 2 piécettes : c’est peu pour le trésor du Temple, mais pour elle c’est beaucoup. Pour nous qui sommes peut-être dans nos relations avec Dieu déformés « par un esprit comptable » nous dirions facilement qu’elle avait de bonnes raisons de garder son argent, qu’elle était dispensée de donner.

Ce serait oublier, frères et sœurs, que cette femme juive a foi en Dieu. Elle a en lui une telle confiance qu’elle s’en remet à lui du soin de son avenir... Elle donne ce qu’elle a, tout ce qu’elle a dans un geste que certains jugeront fou, mais que Jésus admire« vraiment je vous le dis, cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde ».

Quelle va être notre réaction devant cet Évangile ?

Jésus, semble-t-il, nous pose 2 questions d’importance qu’on ne peut pas éluder ?

1ère question : une fois de plus Jésus bouscule la hiérarchie de notre société, il se moque de nos classes sociales si savamment articulées en forme d’escabeau, avec les marches d’en bas, du milieu, du haut et ce désir intense, que nous portons tous – de nous hisser – au plus vite, sur la marche d’En Haut, quitte à écraser les autres. Pour lui, « les robes solennelles » qui attirent les regards et les salutations, cela fait bien pour le décor, mais cela ne l’intéresse pas. Seul compte la générosité du cœur ! Et nous, aujourd’hui, savons-nous regarder et aimer les pauvres, les laissés pour compte de notre société (société qui n’est pas d’abondance pour tous, loin s’en faut). Il n’y a-t-il pas des gens que nous méprisons à cause de leur âge, de leur race, de leur milieu social de leur profession ?

2ème question : le Christ a fait l’éloge de la générosité de la pauvre veuve. Mais au fait, ce matin, que pense le Seigneur de ma générosité à moi ? Est-ce que je donne vraiment et comment ? Bien sûr, dans chaque don, il y a deux risques : risque de souffrir du manque de ce qu’on a donné. Risque de voir mal employé ce qu’on a donné.

Il y a des chrétiens qui sont obnubilés par ces 2 risques : résultat : ils ne donnent rien (ou font semblant de donner) que ce soit pour des causes philanthropiques comme la faim dans le monde ou religieuse : le Denier de l’Eglise par exemple.

Le Christ a loué la veuve parce qu’elle a dépassé ces deux risques. « Elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre » et il nous met en garde contre le refus du partage ou des gestes de partage ridicules, des offrandes dévaluées qui ne signifient rien, puisque nous les faisons sans privation et sans risque de notre part.

Je voudrais ajouter une remarque : « tout ce qu’elle avait pour vivre » nous dit le texte lu tout à l’heure. Les spécialistes de la Bible font remarquer que dans le texte original saint Marc a écrit « Elle a tout donné, toute sa vie ». Et voilà qui nous interpelle d’une façon encore plus décisive : qu’est-ce que nous donnons à Dieu ? Ne faut-il pas avoir la loyauté de reconnaître que nous ne lui concédons généralement que le superflu : le superflu de notre temps, de nos actions, de nos pensées, le superflu de notre cœur... Qui osera dire que sa substance même se trouve livrée, totalement remise entre les mains de Dieu ?

Dans « le journal d’un Curé de Campagne » de Bernanos on peut lire ces lignes inquiétantes : « Je crois, je suis sûr que beaucoup d’hommes n’engagent jamais leur être, leur sincérité profonde. Ils vivent à la surface d’eux-mêmes ».

Frères et sœurs, ne serait-ce pas « en surface » seulement que nous nous engageons quand nous prétendons aimer Dieu ? Or, le premier commandement de Dieu qui nous est rappelé plusieurs fois dans l’Evangile ne laisse aucune échappatoire : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toutes tes forces ».

Cet idéal du Don de Soi, la Vierge Marie l’a réalisé à la perfection. Les saints eux aussi l’ont réalisé... Marchons donc sur leurs traces.

« Ils y sont bien arrivés, disait saint Augustin, ou début de sa conversion, pourquoi pas moi ? »

Amen.

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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 17:48

Lecture du livre du Deutéronome 6, 2-6

Aimer le Seigneur, c’est conserver ses commandements dans son cœur et les mettre en pratique.

Moïse disait au peuple : « Tu craindras le Seigneur ton Dieu. Tous les jours de ta vie, toi, ainsi que ton fils et le fils de ton fils, tu observeras tous ses décrets et ses commandements, que je te prescris aujourd’hui, et tu auras longue vie. Israël, tu écouteras, tu veilleras à mettre en pratique ce qui t’apportera bonheur et fécondité, dans un pays ruisselant de lait et de miel, comme te l’a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères. Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.

Ces paroles que je te donne aujourd'hui resteront dans ton cœur. – Parole du Seigneur.

Commentaire : De ce texte provient le début de la prière quotidienne récitée encore de nos jours par les Israélites religieux : « Écoute, Israël ; le Seigneur notre Dieu est le Seul… » Cet acte de foi de l’Israélite au Dieu unique, au Dieu tout-autre que toutes les contrefaçons humaines qui nous servent d’idoles, est à l’origine de la foi de Jésus et de la nôtre. Mais ce Dieu s’est fait proche des hommes pour les conduire, à travers l’histoire, vers la liberté et le bonheur : le craindre, c’est l’aimer de toutes ses forces, c’est engager toute sa personne à son service et craindre seulement de manquer à son amour. Cet acte de charité de l’Israélite pour Dieu est à l’origine de l’amour de Jésus pour Dieu et du nôtre.

« Ces paroles resteront dans ton cœur ». Quelles sont les paroles de l’évangile que nous connaissons par cœur et que nous aimons nous répéter au long du jour pour nous unir à Dieu et mieux le servir ?

Psaume 17

R/ : Je t’aime, Seigneur, ma force.

  • Je t'aime, Seigneur, ma force : Seigneur, mon roc, ma forteresse, Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! R/
  • Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur, je suis sauvé de tous mes ennemis. R/
  • Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher ! Qu'il triomphe, le Dieu de ma victoire, il donne à son roi de grandes victoires, il se montre fidèle à son messie. R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 7, 23-28

Jésus est l’unique et vrai prêtre : il n’offre pas des sacrifices, il s’offre lui-même à la croix et nous entraîne avec lui vers le Père.

Frères dans l’ancienne Alliance, un grand nombre de prêtres se sont succédé parce que la mort les empêchait de rester en fonction. Jésus, lui, parce qu’il demeure pour l’éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas. C’est pourquoi il est capable de sauver d’une manière définitive ceux qui par lui s’avancent vers Dieu, car il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.

C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait : saint, innocent, immaculé ; séparé maintenant des pécheurs, il est désormais plus haut que les cieux. Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres, d’offrir chaque jour des sacrifices, d’abord pour ses péchés personnels, puis pour ceux du peuple ; cela, il l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. La loi de Moïse établit comme grands prêtres des hommes remplis de faiblesse ; mais la parole du serment divin, qui vient après la Loi, établit comme grand prêtre le Fils, conduit pour l’éternité à sa perfection. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Après avoir évoqué la solidarité du Christ Prêtre avec les hommes, ses frères, l’auteur met maintenant en relief la supériorité du sacerdoce du Christ sur celui des hommes. Pour se présenter devant Dieu au nom de leur peuple, ceux-ci devaient se succéder au long de l’histoire ; Jésus ressuscité a vaincu la mort, il intercède continuellement pour nous. Tout prêtre, parce que pécheur, devait chercher à obtenir le pardon pour lui-même en même temps que pour son peuple ; le sacrifice du Christ est celui de l’Homme-Dieu, parfaitement saint, qui s’est offert une fois pour toutes par amour de Dieu et des hommes. C’est pourquoi il sauve d’une manière définitive ceux qui s’avancent vers Dieu grâce à lui.

La marche du peuple de Dieu prend corps dans la célébration eucharistique où « nous nous avançons vers Dieu grâce au Christ », par lui, avec lui et en lui. C’est alors que portée par Jésus, le grand prêtre, notre vie de la semaine parvient à son terme.

Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12, 28b-34

Aimer Dieu et son prochain vaut mieux que toutes les offrandes et tous les sacrifices, car sans l’amour ils ne sont rien.

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? » Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’ Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là ». Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices ». Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu ». Et personne n’osait plus l’interroger. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Aimer Dieu, aimer son prochain : le premier commandement est donc d’aimer, c’est-à-dire de s’attacher à Dieu de toutes ses forces et au prochain pareillement, de sortir de soi si totalement qu’on ne soit plus centré sur soi mais sur l’autre. En ce sens, Dieu est l’unique Seigneur non pas seulement parce qu’il est le seul Dieu à l’exclusion de tout autre, mais parce qu’il est l’être unique à pouvoir susciter la donation intégrale de nous-mêmes, l’attachement inconditionné de notre personne à la sienne. Il est l’unique à pouvoir nous commander d’aimer les autres comme nous-mêmes. Le scribe a bien compris la profondeur de la réponse de Jésus qui, à la suite des prophètes, réclame de l’homme le don total de lui-même dans l’amour plutôt que tout autre don extérieur à sa personne. S’approcher du royaume de Dieu, c’est comprendre et accepter cela : y entrer, c’est le vivre.

Jésus félicite un scribe : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu ! » Apprends-moi, Seigneur, ce même amour de la vérité pour accepter de la reconnaître même chez mes adversaires.

Homélie

Dans ce passage d’Evangile, Jésus vient de nous dire ce qui pour nous chrétiens doit être considéré comme l’essentiel.

L’essentiel c’est d’aimer. Tous les saints ont fait écho au fameux hymne d’amour de saint Paul au chapitre 13 de sa 1ère lettre au Corinthiens : « S’il me manque l’amour je ne suis qu’un cuivre qui résonne, s’il me manque l’amour je ne suis rien... » « Il suffit d’aimer disait sainte Bernadette ». C’est l’amour seul qui compte déclarait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Je compris que l’amour renfermait toutes les vocations, que l’amour était tout, qu’il embrassait tous les temps et tous les lieux parce qu’il est éternel ».

Le chrétien c’est « celui qui croit à l’amour ». Telle est la définition qu’en donne l’apôtre Jean.

  • Si je suis chrétien je crois que Dieu est amour et qu’il n’est qu’Amour.
  • Si je suis chrétien je crois que la création est une grande histoire d’amour : Dieu a créé l’homme par amour et pour l’amour.
  • Si je suis chrétien je crois que le Christ est venu sauver les hommes par amour et qu’il a été ici-bas la parfaite image de l’amour du Père.
  • Si je suis chrétien je crois que l’Eglise est le peuple de l’amour en route vers les noces éternelles, en route vers le royaume de l’amour.

Toute la foi chrétienne se résume dans l’amour. C’est avec cette unique clef que nous pouvons trouver des réponses aux grandes questions : « Pourquoi le monde ? Pour l’Incarnation, cette folie incroyable d’un Dieu qui se fait homme ? Pourquoi la Croix ? Pourquoi l’Eucharistie ? Pourquoi le mal et la souffrance ? »

Quand on ne comprend pas Dieu, cherchons toujours du côté de l’Amour. Il découle de toutes ces vérités que le chrétien c’est celui qui essaie de vivre d’amour, car l’amour résume toute la morale : Jean-Paul II disait que « L’Amour est la vocation fondamentale et innée de tout être humain ».

Mais attention, l’Amour n’est pas n’importe quoi. Il n’est pas sensiblerie, il n’est pas possessif, il est essentiellement dans la volonté « j’aime parce que je veux aimer ».

  • L’Amour est bienveillance, car il veut le bonheur de l’aimé et cherche à lui faire plaisir.
  • L’Amour est aussi bienfaisance et doit donc se vivre dans les actes plus que dans les paroles.

Quel est le premier commandement demande le scribe ? « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force... Tu aimeras ton prochain comme toi-même » déclare Jésus. Cette réponse du Seigneur constitue un condensé saisissant : elle inclut qu’on aime Dieu, son prochain et aussi notre prochain par excellence qui est nous-mêmes... Nous avons donc à nous construire dans une triple direction...

- Je dois d’abord avoir de l’amour pour moi-même « tu aimeras ton prochain comme toi-même » ce qui revient à dire : on aime bien les autres que dans la mesure où l’on s’aime bien soi-même. Ce n’est évidemment pas d’égoïsme qu’il s’agit, car l’égoïsme est une perversion de l’amour. Il s’agit d’avoir pour soi du respect, de l’estime et même de l’affection. Et pourquoi ? Sinon parce que nous sommes images de Dieu, devenus fils de Dieu par le baptême, habités par Dieu si nous sommes en état de grâce et promis à la vie éternelle... Il n’y a pas d’orgueil à reconnaître que nous sommes chacun un monde à nous tout seul, une « histoire sacrée », un être irremplaçable. Chacun de nous doit avoir conscience qu’il vaut mieux que toutes les étoiles du ciel et tout l’or du monde.

- Je dois en second lieu avoir de l’amour pour les hommes : les aimer tous, sans exception, tout le temps et à fond. Comment un chrétien pourrait-il ne pas aimer les autres, s’il songe un seul instant qu’ils sont comme lui fils d’un même Père et ses frères dans le Christ ? Jésus ne demande-t-il pas qu’on le voit et qu’on le serve en chacun de nos frères ? D’ailleurs, l’autre nous permet de développer nos possibilités : c’est dans mes relations avec mes frères que je peux donner ma pleine mesure et m’enrichir de leurs propres richesses. Mais aimer l’autre ce n’est pas l’utiliser, c’est vouloir son épanouissement, c’est désirer le promouvoir, l’aider à grandir. Il faut l’aimer pour lui-même. Donc je dois avoir de l’amour pour moi-même, je dois avoir de l’amour pour les autres, et par-dessus tout je dois avoir de l’amour pour Dieu... Et un amour total « de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces ».

Ici, nous sommes en face d’un commandement majeur et prioritaire, car en définitive l’homme ne peut atteindre sa plénitude qu’en Dieu et par Dieu.

Là encore aimer Dieu ce n’est pas l’aimer pour soi. « N’aimez pas Dieu pour vous-mêmes, pour votre utilité disait sainte Catherine de Sienne, mais aimez Dieu pour Dieu parce qu’il est la suprême bonté digne d’être aimée ».

Aimer Dieu ce n’est pas chercher des douceurs spirituelles ou des assurances tout risques. Aimer Dieu c’est faire sa volonté. « Vous m’aimez, dit Jésus, si vous observez mes commandements ». Aimer Dieu c’est vouloir l’aimer, c’est souffrir de ne pas l’aimer ou de trop peu l’aimer.

Il importe enfin, frères et sœurs, qu’aux yeux de Jésus les 2 commandements n’en font qu’un. Ils sont puissamment liés et dépendants l’un de l’autre. Impossible donc de dissocier les 2 faces d’un unique amour. A vouloir aimer l’un sans l’autre nous n’aimons que nous-mêmes dans un égoïsme camouflé sous une religion d’hypocrisie ou d’injustice. Nous caricaturons horriblement la charité évangélique.

Cet amour qui possède totalement le cœur d’un homme nous en avons un parfait modèle en Jésus lui-même et c’est pour cela qu’il nous demande d’adorer et d’aimer son divin Cœur.

En le contemplant assidûment et en passant par lui qui est l’unique chemin, nous apprenons la seule manière qui puisse nous rendre heureux en multipliant le bonheur : celle qui consiste à aimer.

Amen.

Prière universelle

En ce 1er dimanche de novembre, unissons nos prières pour nos sœurs et frères de toute notre terre :

R/ : Toi qui nous aimes, écoute-nous Seigneur.

  • Comme, jadis, Moïse a recommandé à Israël d’aimer son Seigneur de tout son cœur. Aujourd’hui, que ce commandement touche le cœur de l’Église, qu’elle aime Dieu  de tout son cœur en combattant la pauvreté et en luttant pour la justice  afin de rendre la dignité aux petits, aux exclus.  Seigneur, nous te prions. R/
  • Avec le psalmiste et le pape François, nous faisons appel au Seigneur : que les gouvernants des pays sur notre terre dialoguent au lieu de recourir aux armes pour construire une paix durable en ce monde. Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour l’Assemblée plénière d’automne des évêques de France, qui se tient du 3 au 8 novembre à Lourdes : que l’Esprit Saint aide nos évêques à poser paroles et gestes d’espérance face aux problèmes actuels tels que abus sexuels, suicides de prêtres… Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour chacun des membres de notre communauté paroissiale, qu’il apprenne à pardonner à l’autre sans fin et à aimer son prochain comme lui-même. Seigneur, nous te prions. R/

Seigneur Dieu, accorde nous les demandes que nous avons formulées dans nos prières de ce jour. Que ton Esprit Saint nous donne la grâce de vivre selon ta volonté avec joie, en nous aimant les uns les autres de tout notre cœur et de toutes nos forces. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com

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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 20:10

Lecture du livre de Jérémie 31, 7-9.

Avec la tendresse d’un père, Dieu ramènera son peuple exilé, aussi bien les gens valides que ceux qui ont de la peine à se déplacer.

Car ainsi parle le Seigneur : Poussez des cris de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites résonner vos louanges et criez tous : « Seigneur, sauve ton peuple, le reste d’Israël ! » Voici que je les fais revenir du pays du nord, que je les rassemble des confins de la terre ; parmi eux, tous ensemble, l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée : c’est une grande assemblée qui revient. Ils avancent dans les pleurs et les supplications, je les mène, je les conduis vers les cours d’eau par un droit chemin où ils ne trébucheront pas. Car je suis un père pour Israël, Éphraïm est mon fils aîné. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Après la prise de Samarie, capitale du royaume israélite du Nord, par les armées assyriennes en 721, une grande partie de la population fut emmenée en exil. Jérémie n’a jamais désespéré qu’un revers de la puissance assyrienne puisse autoriser le retour des captifs. Il chante par avance ce que sera ce retour des exilés, réintégrant joyeux leur patrie. Mais ce retour n’aura pas lieu. Au contraire, le royaume de Juda, au Sud, connaîtra à son tour l’exil, un siècle et demi après Samarie. Mais les promesses de Jérémie aideront les Israélites à garder l’espérance pendant leur captivité… et la promesse se réalisera.

« Voici que je les fais revenir ». Jérémie donne un double sens au verbe « revenir » : revenir de captivité et revenir vers le Seigneur, comme à un père retrouvé. Le second sens est toujours d’actualité pour nous.

Psaume 125

R/ : Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

  • Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie. R/ 
  • Alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! R/ 
  • Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie. R/ 
  • Il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. R/ 

Lecture de la lettre aux Hébreux 5,1-6.

Choisi parmi les hommes, connaissant nos faiblesses, Jésus est notre prêtre, notre intercesseur auprès du Père.

Tout grand prêtre est pris parmi les hommes ; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu ; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse ; et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple. On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron.

Il en est bien ainsi pour le Christ : il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre ; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit : Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t’ai engendré, car il lui dit aussi dans un autre psaume : Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Les prêtres en Israël étaient choisis parmi les descendants d’Aaron. Ils formaient la classe sacerdotale. Intermédiaires entre Dieu et les hommes, ils n’en restaient pas moins pécheurs et offraient les sacrifices pour leurs propres péchés autant que pour ceux du peuple. Jésus Christ aussi est prêtre, non en vertu de l’appartenance à la classe sacerdotale d’Israël, mais par choix de Dieu qui en a fait l’unique Médiateur entre lui et les hommes, d’abord par sa naissance humaine, puis, lors de sa résurrection, comme premier-né d’entre les morts. Dieu et homme tout à la fois, il connaît la faiblesse humaine, mais aussi le profond amour de Dieu pour nous.

Permettons-nous aux prêtres qui nous entourent de vivre au milieu des hommes pour mieux les comprendre et les aimer ? Autrement dit, assumons-nous les tâches qui nous reviennent comme laïcs, dans le monde et la communauté chrétienne, pour leur permettre d’accomplir le ministère qui est le leur ?

Alléluia. Alléluia. Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ; il a fait resplendir la vie pour l’Évangile. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 46-52

« Confiance, lève-toi ; il t’appelle », dit la foule à l’aveugle. Ce même encouragement s’adresse à nous que Jésus appelle.

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin. Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! » Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le ». On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle ». L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé ». Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : C’est la dernière étape avant l’entrée à Jérusalem où Jésus connaîtra l’opposition la plus farouche, puis sa passion et sa mort. Malgré les enseignements qu’il a prodigués à ses disciples, ceux-ci gardent les yeux bouchés sur le mystère du Messie souffrant. Aussi, dans cette guérison de l’aveugle, Marc décèle-t-il le type du vrai croyant : négligeant les menaces, il appelle Jésus à l’aide et bondit vers lui quand le Christ le fait venir ; dès qu’il a trouvé la vue, il suit Jésus comme un disciple sur la route de sa passion. C’est ce que Jésus n’a cessé de réclamer des siens : voir, croire, se compromettre pour lui jusqu’à la croix.

Jésus me dit aussi : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Quelle est ma réponse ?

Homélie

Cet homme, Bartimée, « le fils de Timée » dont saint Marc vient de nous conter l’étonnante rencontre avec le Christ n’avait pas l’usage de ses yeux. Pourtant, au-dedans de lui, il voyait clair. Lui, dont les yeux étaient vides de lumière, avait perçu mieux que les autres la présence de celui qui est la Lumière du monde. Il a vu, en effet, l’identité véritable de Jésus de Nazareth « Jésus Fils de David aie pitié de moi ».

Le titre de « Fils de David » était entendu à cette époque comme équivalent de Messie. Beaucoup de gens, y compris les disciples attachaient à ce nom une connotation de royauté politique : c’est pour cette raison (et pas seulement à cause du tapage) que le groupe qui accompagne Jésus veut faire taire l’aveugle : acclamer un messie face aux romains omniprésents était dangereux.... Mais Bartimée n’en a cure. Il crie sa foi et prie avec une folle confiance : « Rabbouni, que je retrouve la vue... » Dans ce regard de foi, il est sauvé.

Mais qu’est-ce que croire ? Est-ce adhérer à des vérités ? Est-ce adopter une manière de vivre conforme à la loi de Dieu ? Certes, mais ce sont là plutôt les conséquences de la foi.

Croire c’est « voir Dieu ».

Croire c’est percevoir la présence de Dieu.

Le vrai croyant ne considère pas Dieu comme une idée, mais comme quelqu’un d’extrêmement proche. Invisible aux yeux de chair sa présence remplit le monde, les êtres et la vie.

Frères et sœurs, nous avons tous besoin d’être guéris d’un aveuglement spirituel. Notre regard intérieur est parfois si opaque que nous ne discernons pas la présence du Seigneur à nos côtés. Trop souvent nous vivons dans l’absence de Dieu. Il y a plus grave encore : nous portons en nous des images qui défigurent le visage de Dieu. Notre enfance, l’éducation reçue et nos expériences de vie ont pu modeler des caricatures : par exemple un Dieu absent ou interventionniste, un Dieu indifférent ou tatillon, un Dieu permissif ou justicier... Ces images plus ou moins diffuses nous empêchent d’accéder à une foi joyeuse, confiante et épanouie. Un Dieu qui est Amour, tendresse et miséricorde et qui « nous a tout donné en nous donnant son Fils ». Nous avons besoin d’une guérison du regard pour« voir » le Seigneur et lui donner toute notre confiance.

Nous comprenons aussi, frères et sœurs, en méditant cet évangile que la foi nous fait prier. La prière de Bartimée est un cri vers Jésus qui passe dans sa vie. Sa supplication s’élève malgré les consignes de silence qu’on voudrait lui imposer. Il criait de plus belle« Fils de David, aie pitié de moi ». Cette expression a été conservée dans l’Eglise d’Orient : elle est devenue la « prière du cœur ». Répétée sans cesse comme une respiration, elle devient communion avec Dieu.

« Dis-moi comment tu pries, je te dirai comment tu crois ». Aujourd’hui plus que jamais nous avons à apprendre à prier. Le manque de temps, les soucis, les loisirs, mais par-dessus tout la faiblesse de notre foi tarissent en nous les sources de la vraie prière. Même silencieuse la prière est un cri : cri de joie ou de peine, cri de détresse ou de confiance, cri de louange ou d’action de grâces... Redisons souvent comme les apôtres : « Seigneur apprends-nous à prier ». Notre passage d’Evangile nous rappelle enfin que la foi nous fait agir et nous engage. « Confiance lève-toi, il t’appelle ». Se lever dans les textes du Nouveau Testament est synonyme de ressusciter. Les gestes de Bartimée sont symboliques d’un changement : ils sont indicatifs d’une conversion. Il « jette » son manteau qui protégeait son immobilité de mendiant. Il n’en aura plus besoin, car il change de vie... Bien qu’encore aveugle, il bondit et court vers Jésus, habité par l’espérance en celui dont l’appel est une promesse... Puis retrouvant la vue, il suit Jésus sur la route, cette route est celle de la montée vers Jérusalem, celle de la Pâque, du passage de la mort à la vie. Bartimée est plus que guéri, il est sauvé, car il est entré avec Jésus dans une vie nouvelle : celle qui n’aura pas de fin...

On découvre ici que la foi est une dynamique qui fait se lever, courir à la rencontre du Christ et des autres. Cet engagement à la suite du Christ nous conduit à vivre autrement dans toutes nos relations familiales professionnelles et sociales... En réalité il conduit à faire comme le Christ ferait s’il était à notre place

Frères et sœurs, à quelques jours de la Toussaint où nos pensées et nos prières vont rejoindre ceux et celles que nous avons aimés et qui nous ont précédés auprès de Dieu parce qu’ils avaient vécu dans la foi, demandons au Seigneur, par l’intercession de Marie, la Grande Croyante de fortifier notre foi pour que nous soyons témoins et porteurs de la Véritable Espérance dans ce monde qui en a tant besoin.

Amen.

Prière universelle

Célébrant : Dieu est un père pour son peuple. Avec Bartimée, demandons au Seigneur d’ouvrir les yeux de notre cœur.

Lecteur

  • « Un mendiant aveugle était assis au bord du chemin… » Pour les personnes qu’un handicap tient à l’écart de la société. Ensemble prions.
  • « Beaucoup de gens l’interpellaient pour le faire taire… » Pour les personnes qui sont privées de leurs droits ou qui ne sont pas entendues dans leurs détresses. Ensemble prions.
  • Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le ». Pour l’Église qui a la mission de faire entendre l’appel de l’Évangile ou pour celles et ceux qui exercent un service ou un ministère en son nom. Ensemble prions.
  • Jésus dit à l‘aveugle : « Ta foi t‘a sauvé… ». Pour les membres de notre communauté chrétienne, afin qu’ils témoignent autour d’eux de la foi qu’ils ont reçue. Ensemble prions.

Célébrant : Dieu notre Père, toi qui prends soin du pauvre et du faible, entends notre prière. À chacun de nous, montre ta tendresse quand nous crions vers toi. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://seltzparoisse.free.fr

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19 octobre 2018 5 19 /10 /octobre /2018 20:23

Lecture du livre d'Isaïe 53, 10-11

S’il offre sa vie pour réconcilier les hommes, mon Serviteur justifiera les multitudes, écrit Isaïe. À la suite de Jésus, il reste encore des places à prendre.

Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira. Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La liturgie d’Israël connaissait le sacrifice d’un animal en réparation du péché d’un individu ou du peuple. Ce sacrifice était appelé sacrifice d’expiation. Le Serviteur de Dieu dont parle Isaïe prend la place de cet animal du sacrifice et, bien que juste, se substitue aux coupables pour réparer leurs fautes. À cause de son obéissance à Dieu, de son amour pour son peuple, il obtiendra le pardon pour ses frères. Lui-même par-delà son sacrifice verra la Lumière, et Dieu le comblera. En offrant sa vie pour sauver la multitude des hommes. Jésus Christ accomplira la destinée du Serviteur souffrant d’Isaïe, et Dieu lui fera voir la lumière au matin de Pâques.

Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est celui d’un homme prêt à donner sa vie pour ceux qu’il aime, jour après jour, dans un service quotidien. Comment, selon notre situation, se concrétise ce sacrifice ?

Psaume 32

R/ : Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi !

  • Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu'il fait. Il aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour. R/ :
  • Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine. R/ :
  • Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! R/ :

Lecture de la lettre aux Hébreux 4, 14-16

Jésus, glorifié près du Père, comprend nos faiblesses, lui qui a partagé nos épreuves. Cela nous donne pleine assurance pour approcher de Dieu.

Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours. – Parole du Seigneur. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Les souffrances du Christ ne sont pas seulement un événement du passé que sa résurrection et sa vie auprès du Père lui auraient fait oublier, comme un mauvais souvenir. L’expérience qu’il a faite de la souffrance, des larmes, de la prière suppliante de l’homme aux prises avec l’angoisse et la peur de mourir, lui permet de comprendre nos faiblesses dans l’épreuve. Nul ne peut désormais se dire solitaire ou abandonné dans sa peine : Jésus est près de lui le compagnon de sa douleur qui lui apporte secours et miséricorde ; il est aussi le Fils qui lui apprend la valeur rédemptrice d’une souffrance offerte pour sauver le monde.

Notre communauté chrétienne organise probablement la visite des malades et leur porte l’eucharistie. Quelle part y prenons-nous ?

Alléluia. Alléluia. Le Fils de l’homme est venu pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 35-45

Partager ses souffrances, c’est tout ce que Jésus promet à Jacques et à Jean. Au Père seul revient de glorifier ceux qui veulent servir à la suite de Jésus.

En ce temps-là, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous ». Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire ». Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? » Ils lui dirent : « Nous le pouvons ». Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé. Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé ».

Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude ». – Acclamons la Parole du Seigneur.

Commentaire : Jésus vient d’annoncer pour la troisième fois sa passion et sa mort, mais les disciples se querellent pour obtenir les premières places lors de son triomphe comme Messie ! Marc dénonce de nouveau les rêves de grandeur que caressent quelques responsables de sa communauté, détenteurs de l’autorité. Partager la souffrance du Christ, c’est tout ce qui est promis à Jacques et à Jean. Au Père seul appartient de donner leur salaire à ses serviteurs. En effet, si la possession du pouvoir conduit les chefs des nations et les grands de la terre à commander en maîtres, pour les disciples (« pour nous »), la grandeur s’acquiert par leur capacité à servir. Si Jésus est le Maître, c’est comme serviteur du dessein de Dieu et serviteur de ses frères jusqu’à mourir pour eux qu’il l’est devenu.

Pour siéger à la droite et à la gauche de Jésus il n’y eut que les deux brigands à la croix, bien malgré eux. Ce sont pourtant les seules places que Jésus promet. Les dérisons-nous ? Si oui, le Père nous fera participer à la gloire de son Fils.

Homélie :

C’est pour raviver en nous l’esprit missionnaire que l’Eglise nous fait célébrer chaque année, au moins d’octobre, la Journée des Missions.

Elle nous rappelle par ce moyen le devoir qui nous incombe (en vertu de notre baptême et de notre confirmation) d’annoncer l’Evangile du Salut à tous, ceux de nos frères, proches ou lointains, qui ne le connaissent pas ou n’en vivent pas.

C’est la volonté expresse de Jésus, notre Seigneur qui au moment de quitter cette terre le jour de l’Ascension a ordonné à tous ses disciples « d’aller dans le monde entier et de prêcher l’Evangile à toute créature. Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie...»

Jésus n’est-il pas le premier et le plus grand de tous les missionnaires ?

Nous voyons tout au long des récits évangéliques à quel point il est passionné par cette mission. C’est sa préoccupation essentielle. Il en a comme la hantise « Je suis venu allumer un feu sur la terre et comme je voudrais qu’il fut déjà allumé ».

Il se définit d’ailleurs comme le Bon Pasteur qui étend sa sollicitude à toutes les brebis qui ne sont pas de son bercail et qui donne sa vie pour tout le troupeau.

Disons-nous bien, frères et sœurs, que nous n’avons pas un véritable esprit chrétien si nous ne cherchons pas à prolonger, à continuer l’œuvre missionnaire entreprise par le Christ et à laquelle depuis 20 siècles, l’Eglise ne cesse de s’appliquer. Il ne faut jamais oublier, en effet que pour annoncer le message évangélique, favoriser les conversions, guider et entraîner les âmes sur le chemin de la sainteté, Jésus a besoin de nous... Il veut avoir besoin de nous et que par conséquent il doit pouvoir compter sur nous. De cette confiance nous devons être humblement fiers, mais quelle redoutable responsabilité car le salut de nombreux frères humains de par le monde dépend en partie de la générosité avec laquelle nous répondons à tout ce que le Seigneur attend de nous pour l’aider dans son immense tâche... Cette coopération peut et doit se concrétiser de bien des manières... Cela dépend en fait des grâces que chacun a reçues, de ses capacités, des moyens dont il dispose. Il est bien évident qu’il ne nous est pas possible, pour une grande majorité d’entre nous de nous rendre, ne serait-ce que pour un temps, dans les pays dits de mission pour y apporter la Bonne Nouvelle.

Ici, chez nous dans nos pays jadis évangélisés, nous ne pouvons pas tous faire le catéchisme, participer à tel ou tel mouvement d’action catholique ou à tel mouvement caritatif, mais tous, qui que nous soyons : adultes, jeunes ou enfants nous pouvons agir en profondeur par ce moyen qui est à la portée de tous et qu’on appelle l’Apostolat de la Prière ou la Prière Missionnaire. Le Seigneur veut tellement notre collaboration à ce niveau qu’il a décidé de faire dépendre de notre prière (prière personnelle et communautaire) la concession de certaines grâces nécessaires à la conversion et à la sanctification de nos frères.

Oh ! Comme il faudrait, chers frères et sœurs, que cette conviction s’enracine solidement en nous : tout comme le labour est l’une des causes de la moisson des blés, ainsi la prière dans la moisson des âmes. Le Seigneur est toujours prêt à répandre sur les hommes les bienfaits spirituels de la Rédemption, à condition toutefois que des mains suppliantes s’élèvent vers le ciel pour les obtenir.

La prière, parce qu’elle puise la grâce à sa source qui est Dieu lui-même est d’une importance capitale : rien ne saurait lui être substitué. Certes nos paroles, nos activités, notre influence peuvent jouer un rôle pour disposer le terrain à la grâce, mais celle-ci ne pourra jamais descendre dans les âmes pour les toucher, les convertir, les transformer si notre prière (une prière humble, fervente et persévérante) vient à manquer. C’est ce qu’avait parfaitement bien compris sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus que le pape Pie XII n’a pas hésité à proclamer Patronne secondaire des Missions, parce que sans jamais quitter son monastère du Carmel, elle a exercé un véritable apostolat missionnaire en offrant héroïquement sa vie de prière et de sacrifice pour que le règne du Christ s’établisse partout dans le monde.

« Je suis entrée au Carmel, déclare-t-elle pour travailler au salut des âmes... Ne pouvant être missionnaire d’action, j’ai voulu l’être par l’amour et la pénitence ».

Nous savons par ailleurs qu’elle écrivait régulièrement à des prêtres missionnaires pour les soutenir et les encourager. Ainsi Thérèse de Lisieux nous montre qu’on peut être missionnaire au fond d’un cloître, au sein d’une famille, dans le cadre d’une paroisse tout en étant relié aux chrétiens, prêtres, religieuses, laïcs qui par toute la terre travaillent, prient et souffrent pour que la Bonne Nouvelle du Salut soit annoncée et reçue par les hommes de bonne volonté. Puisqu’elle est la Patronne secondaire des Missions, mettons-nous à son école : elle nous formera à la prière missionnaire.

Tournons-nous aussi avec une immense confiance vers celle qui est la Patronne principale des missions, Marie la Reine des Apôtres. N’oublions pas nous dit Benoit XVI que par sa présence au pied de la Croix et sa prière au Cénacle, elle a collaboré activement au commencement de la mission ecclésiale.

Demandons-lui d’aider et de soutenir les chrétiens pour qu’ils soient toujours plus capables d’amour véritable afin que dans un monde qui spirituellement meurt de soif, ils deviennent source d’eau vive.

Amen.

Prière universelle

  • En cette journée missionnaire mondiale, prions pour tous les chrétiens qui dans certains pays, vivent leur Foi dans des conditions extrêmes d’intolérance. Prions aussi pour les ministres qui les accompagnent ; Veille sur eux Seigneur, nous t’en supplions.
  • Certains grands dirigeants commandent en maîtres et abusent parfois de leur pouvoir. Prions pour eux et pour les populations dont ils ont la charge, et qui espèrent plus de justice ; Écoute-nous Seigneur, nous t’en supplions.
  • Les religieux et consacrés portent le monde dans leur prière quotidienne et particulièrement les plus faibles. Prions pour eux et pour tous ceux qui ont besoin du soutien de la prière ; Écoute-nous Seigneur, nous t’en supplions.
  • Notre vocation de Baptisés est de servir et de porter ensemble, la mission de toute l’Église. Prions pour que chacun de nous prenne au sérieux la dimension missionnaire de son baptême. Écoute-nous Seigneur, nous t’en supplions.

Source : https://saintetherese92.fr

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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 12:08
https://hozana.org

Lecture du livre de la Sagesse 7, 7-11

La sagesse de Dieu est préférable à la lumière parce que sa clarté ne s’éteint pas. Qu’est-elle donc, sinon Jésus lui-même ?

J’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi. Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ; je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ; tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable, et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue. Plus que la santé et que la beauté, je l’ai aimée ; je l’ai choisie de préférence à la lumière, parce que sa clarté ne s’éteint pas. Tous les biens me sont venus avec elle et, par ses mains, une richesse incalculable. Parole du Seigneur. – Parole du Seigneur.

Commentaire : la sagesse qui selon la Bible est l’art de se conduire et de gouverner les autres, est plus qu’une intelligence des évènements : elle est de confronter au dessein divin et d’évaluer leurs sens et leur portée à sa lumière. Aussi le Sage a-t-il préféré l’esprit de la sagesse à la puissance, à la richesse, à la santé et à la beauté. En effet, que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à ruiner sa vie ? Mais cette sagesse n’est point refus des responsabilités, ni celle du pouvoir ni celles du détenteur de la richesse. Elle est d’en faire un service des hommes et du projet de Dieu.

Et moi, à quoi est-ce que je donne le plus de prix dans ma vie ?

Psaume 89

R/ Rassasie-nous de ton amour, Seigneur : nous serons dans la joie.

  • Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
  • Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants. Rends-nous en joies tes jours de châtiment et les années où nous connaissions le malheur.
  • Fais connaître ton œuvre à tes serviteurs et ta splendeur à leurs fils. Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains ; oui, consolide l'ouvrage de nos mains.

Lecture de la lettre aux Hébreux 4, 12-13

La parole de Dieu est vivante, elle perce les secrets des cœurs. Laissons-la nous révéler à nous-mêmes.

Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes. Parole du Seigneur. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La parole de Dieu juge l’homme. Entendons par là qu’elle révèle le fond de son cœur, ce à quoi il est attaché, les motivations secrètes de ses projets. Elle montre en qui l’homme a mis sa confiance : Dieu ou lui, à quoi il destine sa vie : briller et paraître à ses propres yeux et aux yeux des hommes, ou « être » devant Dieu ? Mais la parole de Dieu ne vient pas contester l’homme pour le condamner, mais pour le faire changer de route. Au dernier jour seulement, quand nous lui rendrons des comptes, elle sera notre avocat ou notre accusateur selon que nous aurons misé notre vie sur elle ou non.

La Parole vivante qui pénètre au plus profond de l’âme, c’est toi, Jésus, qui viens nous éclairer, nous convertir et nous purifier.

Alléluia. Alléluia. Heureux les pauvres de cœur car : le royaume des Cieux est à eux ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10, 17-30

Si l’homme riche avait suivi Jésus, il aurait connu la joie. Mais il a préféré ses biens, et il est reparti tout triste.

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à ses genoux et lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère ». L’homme répondit : « Maître, j’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse ». Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi ». Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Alors Jésus regarde autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Mais Jésus reprend la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu ». De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu ».

Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre ». Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions et, dans le monde à venir, la vie éternelle ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La réponse que Jésus donne à cet homme le renvoie aux commandements dont l’observance, selon les promesses de l’Ancien Testament, assurait d’hériter la vie éternelle. Cet homme réclame manifestement davantage de Maître auquel il s’adresse, sans doute un commandement de plus, une œuvre méritoire supplémentaire. Jésus lui demande tout ! L’échec de cette vocation de disciple stupéfait les apôtres : la richesse est-elle donc un si grand obstacle à l’entrée dans le Royaume ? Oui, déclare Jésus, mais l’acceptation du règne de Dieu est par elle-même impossible aux hommes sans l’aide de Dieu. Celui qui aura accepté de tout perdre, et pas seulement son argent, pour le Christ et l’Évangile, celui-là seul réussira sa vie, non sans bien des obstacles et des persécutions ; lui seul obtiendra la vie éternelle que désirait l’homme riche qui aborda Jésus.

Quand nous en arrivons à désespérer d’un enfant du catéchisme ou d’un jeune d’une équipe, nous rappeler l’échec de Jésus vis-à-vis de l’homme riche. Mais nous dire aussi comme lui : « Rien n’est impossible à Dieu ».

Homélie

L'Évangile de ce dimanche est une mise en garde solennelle contre le pouvoir d’asservissement de toutes les richesses quelles qu’elles soient, car elles stoppent ou tout au moins elles freinent considérablement les plus beaux élans vers cette perfection évangélique, cette sainteté à laquelle nous sommes tous appelés et qui est le seul bien désirable. Ce qui ne peut pas manquer de frapper tout lecteur attentif de l'Évangile, c’est le fait que Jésus, lui, a choisi la pauvreté ; il est né pauvre, il a grandi en travaillant de ses mains dans un métier de pauvre. Durant sa vie publique il n’a pas eu une pierre ou reposer sa tête. Mais il n’a pas vécu pour autant dans la misère ni l’indignité. Le groupe qu’il formait avec les douze avait bourse commune, des personnes aisées les assistaient de leurs biens. Les miracles furent généreux tant pour la soif que pour la faim, il honorait volontiers les repas avec une liberté qui contrastait avec la rude ascèse de Jean-Baptiste.

Liberté : tel est bien le mot-clé de l’attitude de Jésus. Jésus était parfaitement libre, en effet, de toute convoitise et de toute anxiété au sujet de la possession ou de l’entretien des biens terrestres, libre aussi de tout ressentiment, même secret, contre les biens dont il ne jouissait pas. Sans doute les biens de la terre étaient-ils, pour lui aussi, des biens. Mais toute son énergie spirituelle d’esprit et de cœur était orientée vers Dieu, résolument centrée sur Dieu. Cette attitude du Christ doit être aussi la nôtre, frères et sœurs, car l’argent n’est pas seulement un mauvais maître, il est aussi, quoiqu’on en dise, un serviteur dangereux.

- Dangereux parce qu’en raison de la fausse sécurité qu’il procure, il tend à remplacer Dieu dans le cœur de l’homme.

- Dangereux parce que la richesse encombre la vie, préoccupe l’esprit, colle aux mains et au cœur. La richesse séduit celui qui ne devrait être séduit que par Dieu « là où est votre trésor, là est votre cœur » affirme Jésus.

C’est tout le drame de ce jeune riche de l'Évangile: il est placé dans l’alternative de suivre Jésus ou de s’en aller vers ses grands biens. La richesse, nous le savons bien, c’est tout à la fois l’orgueil qui éclabousse les voisins, la servitude d’un rang à tenir, le vertige de la domination, l’escalade du à qui mieux mieux, la possibilité de pouvoir tout se payer, l’affrontement des jalousies et bien sûr, l’égoïsme du tout pour soi... Et la charité en meurt avec la justice... Le pauvre aussi en meurt puisque le riche refuse de partager avec lui en donnant son superflu...

Voilà pourquoi Jésus affirme qu’au plan du salut les riches sont en situation périlleuse : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu ».

Il faut avoir le courage de dire avec l'Évangile que la richesse met vraiment l’homme en état de perdition sans quoi la parole de Jésus n’a plus de sens... Pourtant le même Évangile nous montre des riches entrant dans le Royaume : pensons par exemple aux Mages, à Nicodème, à Matthieu, à Zachée... Le riche a donc des chances de se sauver... Oui, à condition de passer par le trou de l’aiguille, c’est-à-dire à condition de ne pas résister à la grâce du Christ qui rend pauvre de cœur. Car Dieu, bien sûr, peut toujours toucher et changer le cœur du riche... Les Mages alors deviennent capables de quitter leur confort et d’offrir leurs trésors, Matthieu devient capable d’abandonner son bureau de percepteur pour suivre Jésus, Zachée devient capable de restituer au quadruple l’argent mal acquis et de donner la moitié de ce qui reste aux pauvres. Le riche peut donc se sauver à condition de se sentir foncièrement et constamment pauvre, à condition d’être assez détaché de ses biens pour pouvoir partager généreusement... Un chrétien ne peut donc garder des richesses que par devoir et dans les limites du devoir. Retenir plus d’argent qu’il ne faut, compte tenu bien sûr de sa situation, c’est aimer l’argent et par conséquent c’est mépriser Dieu. « Vous ne pouvez pas aimer Dieu et l’argent... »

La question qui se pose au possédant chrétien n’est donc pas : que suis-je obligé de garder ? Sous-entendu : je désire donner le plus possible. Vous allez me dire que pareille attitude tient du miracle. Jésus répond que rien n’est impossible à Dieu.

Avec sa grâce nous pouvons devenir de véritables pauvres selon l’Evangile, car, faut-il encore le redire, personne s’il veut être sauvé, ne sera dispensé de la pauvreté volontaire.

L’illusion du riche, voyez-vous, c’est de croire qu’il a le cœur pauvre alors que, concrètement, il ne se dépouille de rien et pareillement l’illusion du nécessiteux c’est de croire qu’il est en état de salut parce qu’il a les poches vides... Le pauvre qui envie, qui jalouse, qui cherche – non pas simplement à vivre décemment – mais à s’enrichir, celui-là est en tout semblable au riche qui garde égoïstement son avoir. Tous les deux sont hors du Royaume parce que tous les deux sont riches en esprit : ils ont une mentalité de riche. En fait ils ont l’un et l’autre de l’argent plein le cœur.

Or, nous le savons bien, ce que Dieu regarde c’est le cœur. Voilà pourquoi Jésus a dit (c’est la première béatitude) : « Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre », un cœur réellement détaché.

Pierre et les apôtres ont tout quitté... A nous, certes, le Seigneur ne demande pas de tout quitter, car les vocations sont diverses. L’Exigence de pauvreté évangélique varie selon les situations familiales, sociales et économiques... C’est à chacun qu’il appartient de juger en conscience devant Dieu ce qu’il a le devoir de garder et le devoir de donner... Mais le conseil de détachement des richesses est pour tous, sans exception.

L’important, en définitive, c’est de savoir si, oui ou non Dieu est tout pour nous, si, oui ou non, notre cœur veut être tout entier au Seigneur... En somme, nous avons à choisir entre l’Amour et la richesse, entre le clinquant qui brille un moment et la clarté qui ne s’éteint pas, entre la sagesse de Dieu et celle des hommes, cette sagesse de Dieu qui s’est incarnée en Jésus « lui qui de riche qu’il était s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » selon la belle expression de saint Paul.

Prions intérieurement, par l’intercession de Marie, la Vierge des Pauvres, pour que le Seigneur nous donne la force de faire le bon choix : Notre Mère Spirituelle.

Amen.

Prière Universelle

  • « J’ai supplié et l’Esprit de la sagesse est venu en moi ». Prions pour l’Église mère attentive aux besoins de chacun, prions particulièrement pour le Pape François et les Évêques, et pour tous les consacrés, que l’Esprit de Sagesse les aide dans leur mission. Seigneur, nous Te prions.
  • Pour les personnes chargées de responsabilités, qu’elles les exercent de façon désintéressée dans la recherche du bien commun car « tout l’or du monde n’est qu’un peu de sable auprès de la Sagesse ». Seigneur, nous Te prions.
  • « Rassasie-nous de ton amour au matin ». Prions pour tous les hommes et les femmes privés de l’amour de leurs proches, isolés ou malades, pauvres ou exclus, que l’Esprit de Sagesse les aide à reconnaitre les signes de compassion et de réconfort dont ils ont besoin. Seigneur, nous Te prions.
  • « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre ». Prions pour notre communauté paroissiale et pour tous ceux qui s’engagent dans des actions au service de tous, que l’Esprit de Sagesse les aide à poursuivre leur mission. Seigneur, nous Te prions.

Source de la P.U. : https://saintetherese92.fr

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 14:48

Lecture du livre de la Genèse 2, 18-24

L’homme est appelé à dominer le monde, mais l’amour n’est pas rapport de domination : il est reconnaissance mutuelle jusqu’à ne plus faire qu’un.

Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra ». Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun. L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde. Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place. Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme. L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish ». À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Conférer un nom aux êtres, c’est pour la Bible en prendre possession et assurer sa domination sur eux. Ainsi l’homme créé par Dieu affirme-t-il son pouvoir sur tous les animaux et il n’en trouve aucun pareil à lui. Pour lui donner une compagne, Dieu fait tomber sur l’homme un profond sommeil dont le but est de manifester le mystère divin de la création de la femme. L’homme la reconnaît semblable à lui et l’amour qui l’attache à elle lui fait rompre toutes ses attaches antérieures, même les plus solides comme celles de la parenté. Ainsi, sous des dehors imagés, la Bible distingue en l’homme son pouvoir de domination de sa capacité à aimer qui est de reconnaître autrui pour un autre lui-même.

Nommer quelqu’un, c’est le reconnaître une personne unique au milieu de son entourage. Dans la prière, je rappelle au Seigneur le nom de ceux que j’aime : Dieu le premier les a nommés dans sa tendresse.

Psaume 127

R/ Que le Seigneur nous bénisse tous les jours de notre vie !

  • Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : heureux es-tu ! À toi, le bonheur ! R/
  • Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d'olivier. R/
  • Voilà comment sera béni l'homme qui craint le Seigneur. De Sion, que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie. Et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël ! R/

Lettre aux Hébreux 2, 9-11

Par ses souffrances Jésus, le Fils de Dieu, conduit jusqu’au Père une multitude de fils.

Mais Jésus, qui a été abaissé un peu au-dessous des anges, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de sa Passion et de sa mort. Si donc il a fait l’expérience de la mort, c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous. Celui pour qui et par qui tout existe voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ; c’est pourquoi il convenait qu’il mène à sa perfection, par des souffrances, celui qui est à l’origine de leur salut. Car celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés, doivent tous avoir même origine ; pour cette raison, Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères. – Parole du Seigneur

Commentaire : Pourquoi cette humiliation du Fils de Dieu mourant sur la croix d’une mort honteuse ? Ne pouvait-il pas sauver les hommes sans ces souffrances ? Non ! S’il est vrai qu’être sauvé c’est devenir un homme nouveau, il fallait que Jésus fut cet homme mené à la perfection, cet homme réussi selon Dieu. Or, la perfection, c’est d’aimer, et la perfection de l’amour, c’est de donner sa vie pour ceux que l’on aime, même et surtout s’ils ne le méritent pas. Jésus est ainsi dans sa mort et sa résurrection l’homme que Dieu a réussi, le prototype d’une humanité nouvelle, notre frère aîné dans la création réussie de Dieu.

Avoir éprouvé la souffrance physique ou morale nous permet souvent de mieux comprendre ceux qui souffrent autour de nous. Puisons dans notre expérience douloureuse les mots et les gestes pour les accompagner dans leur épreuve.

Alléluia. Alléluia. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10. 2-16

L’unité des époux réalise le dessein créateur de Dieu qui veut que par l’amour, l’homme et la femme ne fassent plus qu’un

En ce temps-là des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation ». Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle. Si une femme qui a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle devient adultère ».

[Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas ». Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.] – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La question que les pharisiens posent à Jésus est un piège. En effet, la loi de Moïse permet de renvoyer sa femme sous certaines conditions. Jésus osera-t-il s’opposer à la Loi que Dieu a donnée à son peuple par Moïse ? Mais Jésus n’entre pas dans ces catégories du permis et du défendu, il va droit au dessein de Dieu qui est toujours appel au dépassement. Il est vrai, répond-il, que Moïse a autorisé cela, mais c’est à cause de la dureté de votre cœur, comme une étape vers la réalisation du dessein de Dieu qui est l’unité durable du couple humain. Qu’il puisse y avoir des échecs en amour ne met pas en cause l’appel de Dieu et la capacité des hommes à construire cet amour de toute leur vie.

Nous connaissons des couples sur le point de se séparer, des divorcés remariés, des époux et des épouses délaissés par leur conjoint. Ils ont besoin à la fois du témoignage de l’amour fidèle de notre couple et de notre amitié chaleureuse.

Homélie

En ce dimanche consacré à la Famille, les textes bibliques que nous venons d’entendre surtout le premier dressent un tableau idyllique du foyer selon le rêve de Dieu et selon le désir profond de tout être humain.

L’homme est appelé à s’attacher à sa femme non pas avec la corde de la domination ou de la soumission, mais avec les liens si doux de l’amour. Ainsi la fidélité ne sera pas une corvée, mais une cordée : on s’attache, certes, mais pour être plus libres d’escalader les difficultés de la vie. Cette unité indissociable s’exprime tout naturellement dans l’union des corps «ils ne feront plus qu’une seule chair ». Tel est le couple-modèle même si la réalité semble différente !

Au temps de Jésus, la belle unité voulue par Dieu pour le couple s’effilochait par des répudiations que Moïse lui-même avait été contraint à admettre.

Aujourd’hui encore, la famille semble profondément ébranlée et remise en question, alors que l’Eglise, dans sa fidélité au Christ continue inlassablement de parler de stabilité et de fidélité : « que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni ».

Tout le monde peut constater que la famille moderne est bousculée par l’augmentation des divorces, le nombre croissant de couples concubins, la faiblesse de la natalité, le nombre des familles monoparentales ou la multiplication des familles dites « recomposées ». Et malgré cela la famille est plébiscitée : 63% des nos contemporains la placent en tête des institutions les plus sûres : 85% des jeunes la regardent comme une valeur positive au même titre que l’amitié. Si certains la déclarent périmée et démodée, la majorité des gens a conscience de son absolue nécessité et rejoint la position des évêques qui la considèrent comme une joie pour le monde, une confiance en la personne humaine, un chemin d’avenir.

Ceci étant dit, rappelons-nous les grandes valeurs de la famille.

- Première grande valeur : la famille est un lieu de construction pour chacun des membres qui la composent. C’est dans son sein que l’on peut être soi-même, laisser apparaître ce que l’on est en vérité sans craindre d’être rejeté, que l’on apprend aussi à avoir confiance en soi, grâce au regard admiratif et en même temps lucide que les parents portent sur nous. Elle est le lieu où l’on vit l’amour au quotidien, où l’on échappe à la solitude, où l’on apprend à partager, où l’on peut s’épanouir pleinement et faire fructifier ses dons. La famille est un refuge, un havre de paix dans un monde où chacun n’est qu’un numéro ou une fonction et non une personne. Jean-Paul II a dit que c’est « l’institution qui correspond de la manière la plus immédiate à la nature de l’être humain ».

- Deuxième grande valeur : la famille est le vrai fondement de la société, sa cellule première et vitale. Elle est le lieu où la vie sociale s’apprend en douceur et où l’on fait l’apprentissage de la différence.

Plus que jamais la société a besoin de familles solides et fécondes :

- elle en a besoin pour sa survie démographique : les nations sans enfants disparaissent inexorablement.

- elle en a besoin pour que les citoyens acquièrent ces valeurs sans lesquelles il n’y a pas de vie communautaire possible : notamment le respect de l’autre, la gratuité, la solidarité, la non-violence, le partage.

- elle en a besoin enfin pour sa paix intérieure : la délinquance ne fleurit-elle pas là où manque une vie familiale épanouie ?

Tout ceci est possible, frères et sœurs, mais à certaines conditions :

- la famille doit favoriser la communication entre ses membres. L’amour doit se dire et la tendresse se manifester concrètement à l’intérieur d’un foyer qui s’efforce de développer une saine intimité.

- la famille doit aussi s’ouvrir sur l’extérieur en se consacrant à des œuvres de service social spécialement en faveur des pauvres et en participant bien sûr le plus possible à la vie et à la mission de l’Eglise.

- la famille doit par-dessus tout s’ouvrir à Dieu dans une vie de foi qui s’exprime principalement dans la prière, prière individuelle et aussi, prière en famille qu’il faudrait remettre à l’honneur tous les soirs, car la prière renforce la solidarité et la cohésion spirituelle de la famille, nous dit Jean-Paul II. C’est d’elle que nait la force intérieure des familles, comme aussi la puissance capable de les unifier dans l’amour et dans la vérité.

Où Bernadette Soubirous a-t-elle puisé sa foi profonde, sinon dans cette prière qui chaque soir rassemblait sa famille et lui faisait pressentir (à travers des mots qu’elle comprenait pourtant bien mal) la présence mystérieuse de Dieu ?

La famille a besoin de Dieu, car, certains jours, la fidélité est dure à vivre. Le sacrement de mariage est là, justement, pour donner aux époux cette capacité de l’impossible, cette capacité d’aimer comme Dieu et d’aimer de l’amour même de Dieu. Leur petit oui d’époux fragiles est emporté dans le oui fidèle et indéfectible du Christ sur la croix qui épouse l’humanité.

Puissent nos familles garder le cap sur le modèle familial que l’Eglise contemple dans la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, fêtée après Noël, qu’elles soient rayonnantes, qu’on puisse deviner à travers elles la puissance du don qui vient de Dieu parce qu’elles sont ces hauts-lieux de l’amour durable fidèle et fécond, plus fort que les épreuves, les échecs et la mort.

Chers frères et sœurs, selon un proverbe indien « nul ne s’est jamais perdu sur une route droite ». Cette route est déjà ici-bas la seule voie du bonheur assuré... et elle a en plus le mérite de conduire du même coup vers la joie sans limites des noces éternelles.

Amen.

Prière universelle

Célébrant : Sœurs et frères ! Prenons conscience de l'Évangile de ce jour et sentons nous concernés par la situation des familles désunies, des couples en péril. Adressons à Dieu nos prières à leurs intentions.

  • Que l'Église soutienne les époux chrétiens et les aide à vivre leur amour dans la fidélité de chaque jour. Ensemble prions : Dieu est amour, Dieu est lumière, Dieu notre Père.
  • Que notre pays mette en place et soutienne une vraie politique familiale efficace et durable. Ensemble prions : Dieu est amour, Dieu est lumière, Dieu notre Père.
  • Que les couples séparés, les femmes et les enfants abandonnés n'aient pas à souffrir des dures conditions de la vie. Ensemble prions : Dieu est amour, Dieu est lumière, Dieu notre Père.
  • Que notre communauté se montre attentive au malheur de leur prochain et soutienne ceux qui ont besoin d'être aimés. Ensemble prions : Dieu est amour, Dieu est lumière, Dieu notre Père.

Célébrant : Seigneur, à l'image de ton amour renforce toi-même les liens qui doivent nous unir. Fais nous connaître la joie d'aimer et d'être aimés. C'est toi qui nous a donné ce grand commandement de l'amour, à ton image qu'il soit accepté et partagé par tous les hommes maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : http://seltzparoisse.free.fr

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 14:39
Source : http://jactiv.ouest-france.fr

Lecture du livre des Nombres 11, 25-29

Moïse désire que tout son peuple devienne un peuple de prophètes. L’Église l’est devenue depuis la Pentecôte. Le montrons-nous ?

En ces jours-là, le Seigneur descendit dans la nuée pour parler avec Moïse. Il prit une part de l’esprit qui reposait sur celui-ci, et le mit sur les soixante-dix anciens. Dès que l’esprit reposa sur eux, ils se mirent à prophétiser, mais cela ne dura pas.

Or, deux hommes étaient restés dans le camp ; l’un s’appelait Eldad, et l’autre Médad. L’esprit reposa sur eux ; eux aussi avaient été choisis, mais ils ne s’étaient pas rendus à la Tente, et c’est dans le camp qu’ils se mirent à prophétiser. Un jeune homme courut annoncer à Moïse : « Eldad et Médad prophétisent dans le camp ! » Josué, fils de Noun, auxiliaire de Moïse depuis sa jeunesse, prit la parole : « Moïse, mon maître, arrête-les ! » Mais Moïse lui dit : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux ! » - Parole du Seigneur.

Commentaire : Moïse est seul à porter le poids de tout ce peuple qu’il a fait sortir d’Égypte. Sur le conseil du Seigneur on choisit soixante-dix anciens, chefs de famille ou de tribus importantes, pour les associer avec lui à la direction du peuple. L’art de gouverner est un don de Dieu ; il entérine le choix de Moïse en donnant une part de l’Esprit qui repose sur lui à chacun des anciens, même aux deux qui, en ne venant pas au rendez-vous, avaient montré qu’ils refusaient cette responsabilité. Josué en est jaloux pour Moïse, mais celui-ci souhaiterait au contraire que chaque Israélite sache se conduire et se gouverner soi-même sous l’emprise de l’Esprit de Dieu. Ce serait la preuve qu’il est entré dans l’intimité de Dieu et dans la connaissance de son projet libérateur.

Partager les responsabilités, appeler de nouveaux paroissiens pour les services de la communauté, se réjouir de ceux qui prennent des initiatives, c’est s’ouvrir à l’Esprit de Dieu dont nous savons qu’il souffle où il veut.

Psaume 18

R/ Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur.

  • La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples. R/
  • La crainte qu'il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables. R/
  • Aussi ton serviteur en est illuminé ; à les garder, il trouve son profit. Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m'échappent. R/
  • Préserve aussi ton serviteur de l'orgueil : qu'il n'ait sur moi aucune emprise. Alors je serai sans reproche, pur d'un grand péché. R/

Lecture de la lettre de saint Jacques 5, 1-6

L’Évangile dévalue toutes les richesses, surtout si elles se constituent sur le dos des travailleurs, nous rappelle saint Jacques.

Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent. Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours ! Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers. Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre. Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous oppose de résistance. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Jacques appuie sa virulente condamnation des riches sur deux motifs. Tout d’abord sur le fait qu’avec Jésus le règne de Dieu s’est approché des hommes. Amasser argent et richesses alors que retentit la Bonne Nouvelle qui peut seule combler les hommes par la perspective d’un monde nouveau où Dieu sera tout en tous, quelle folie ! L’Évangile dévalue toutes les richesses de ce monde en annonçant la priorité du règne de justice et d’amour de Dieu. Le second motif est une raison sociale. Pour gagner plus, on retient injustement le salaire de ses ouvriers, on vit ainsi dans le plaisir et le luxe alors que meurent les opprimés et les exploités ! Ceux-ci ne sont-ils pas les membres de Jésus le Juste que vous continuez à tuer sans qu’il puisse vous résister ? Comme on le voit, raison sociale et raison religieuse ne font qu’un : c’est toujours Jésus Christ qui est renié et méprisé par les riches.

Toute richesse, qu’elle soit financière, culturelle ou spirituelle, peut devenir un handicap à la vie selon l’Évangile si nous ne la partageons pas. Comment faisons-nous servir la nôtre à ceux qui en sont démunis ?

Alléluia. Alléluia. Ta parole, Seigneur, est vérité ; dans cette vérité, sanctifie-nous. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 38-43. 45. 47-48

Ni un groupe fermé et intolérant, ni un groupe de purs qui méprisent les humbles croyants, ni un groupe de tièdes qui pactisent avec le mal : reconnaissons-nous notre communauté chrétienne ?

En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent ». Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous ». Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.

« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas. Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Un certain nombre de paroles de Jésus ont été ici regroupées par Marc pour répondre à des problèmes que se posait sa communauté chrétienne. L’appartenance au Christ est-elle limitée à ceux qui font partie du groupe des disciples, à l’Église ? Non, répond Jésus, celui qui se réfère à moi et à l’Évangile pour combattre le mal n’est pas contre vous. Quiconque d’ailleurs vous servira parce que vous êtres disciples du Christ, aura sa récompense par Dieu. Par contre, celui qui conduira au péché par ses actes ou par ses paroles le moindre des chrétiens, les petits et les faibles, négligeant de reconnaître le Christ en eux, commettra un geste si grave qu’il lui vaudrait mieux mourir. Or, l’entrée dans la vie avec le Christ mérite qu’on soit prêt à tout lui sacrifier, son orgueil, sa suffisance, son bon droit et même un membre.

Il faut beaucoup de passion pour travailler à faire le bien. Il faut beaucoup de grandeur d’âme pour reconnaître qu’il se fait aussi sans nous. Jésus réclame ces deux attitudes de ses disciples.

Homélie

S’il est une vertu qui est objet de contestation, c’est bien la tolérance :

- pour les uns, elle passe pour une vertu de choix ; l’une des formes les plus hautes du respect d’autrui et de sa différence. Elle permet la vie en société et dans une société comme la nôtre, elle s’impose absolument. Sans elle il y a réel danger de tomber dans un régime intolérable... Comme on en connaît encore de nos jours dans un certain nombre de pays ou de sociétés...

- pour d’autres, au contraire la tolérance est une forme de lâcheté car elle accepte l’inacceptable et finit par justifier les comportements les plus énervants, à leurs yeux la tolérance met sur le même pied, le bien et le discutable.

Et Jésus, qu’en pense-t-il ? Ce qu’il en dit aujourd’hui dans l’Evangile pourrait se résumer ainsi : « Soyez tolérants avec les autres, mais soyez exigeants avec vous-mêmes et tout ira bien ».

Un de ses apôtres vient de lui dire : « Seigneur es-ce que tu te rends compte de ce qui nous arrive ? Tu nous envoies prêcher, guérir des malades, chasser des démons... Et nous avons bien du mal à y parvenir... car on vient d’apprendre qu’un homme qui n’est pas « des nôtres », qui n’a aucun mandat de ta part à l’audace de chasser les démons en ton Nom et le comble, c’est qu’il y arrive... On aimerait bien que n’importe qui ne fasse pas n’importe quoi». Calmement Jésus invite son apôtre à une plus grande ouverture d’esprit... « Tu as raison, cet homme n’est pas de chez nous, mais il est de bonne foi. Certes, il chasse les démons mais il le fait il le fait en mon Nom, c’est donc qu’il croit en moi. Alors où est le mal ? Vous êtes mes disciples bien-aimés, mais vous n’avez pas le monopole de la grâce ».

La question est de savoir qui fait vraiment partie de l’Eglise ? On peut être inscrit sur les registres de baptême, engagé dans les services d’Eglise et pourtant, par le péché, être coupé du Christ, comme le sarment de vigne qui n’est pas irrigué par la sève venant du cep. A l’inverse on peut ne pas connaître l’Eglise, être le croyant sincère d’une autre religion et faire à son insu partie de l’Eglise de Christ, parce qu’on est travaillé intérieurement par l’Esprit-Saint. Or, l’Esprit-Saint, on ne peut pas l’enfermer dans une cage. « Le vent souffle où il veut, déclare Jésus, tu entends le bruit qu’il fait, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni ou il va ». L’Esprit-Saint ne travaille pas que dans l’Eglise, il travaille l’humanité toute entière pour qu’elle s’oriente vers son chef et qu’elle s’unifie derrière lui. En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont enfants de Dieu, nous assure saint Paul.

Il y a des hommes de bonne volonté dans toutes les religions. Le Concile Vatican II nous demande de rester ouverts à nos frères qui ne vivent pas en totale communion avec nous, à tous ceux dont les traditions recèlent de précieux éléments religieux et humains.

Frères et sœurs, dans le passage évangélique qui est proposé à notre méditation, la douceur et la tolérance de Jésus pour les hommes éloignés de la foi sont particulièrement frappantes...  Mais sa rigueur soudaine et radicale vis-à-vis du péché nous laisse dans la stupéfaction... Car Jésus n’y va pas de main morte... « Si ton pied t’entraine au péché coupe-le, il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d’être jeté avec les deux pieds dans la Géhenne, c'est-à-dire le lieu de la perdition éternelle... »

Nous sommes là en face de la radicalité de l’Evangile qui a été comprise et vécue par tant et tant de saints tout au long de l’histoire de l’Eglise. Evidemment il ne faut pas prendre à la lettre les expressions employées par Jésus. S’il parle fort, c’est bien parce qu’il veut nous secouer et nous faire réalisés la gravité du péché dont le monde aujourd’hui a perdu le sens et dont hélas, nous savons nous accommoder. Car reconnaissons-le, nous saisissons plutôt mal l’effet destructeur que nos péchés ont sur nos âmes, et bien plus encore, l’impact qu’ils ont sur le cœur de Dieu : car Dieu qui nous aime follement est profondément blessé par nos refus d’amour. C’est Pascal qui faisait dire à Dieu « Si tu connaissait tes péchés, tu perdrais cœur ».

Frères et sœurs, c’est donc un avertissement grave que Jésus nous adresse aujourd’hui. Il devrait nous faire penser à la question qui nous a été posée solennellement par l’Eglise avant le baptême et à la confirmation, qui est à nouveau posée à nous tous, chaque année au cours de la Vigile Pascale. « Pour suivre Jésus et vivre selon l’Evangile, voulez-vous lutter contre le mal et contre tout ce qui conduit au péché, voulez-vous lutter ? » Nous ne devrions jamais oublier que la vie chrétienne est un combat quotidien, que ce combat-là est nécessaire qu’il peut faire mal, car il y a des moments où il faut impitoyablement trancher dans le vif. Il y va de notre salut éternel. Cependant, que l’obligation de ce combat ne nous décourage jamais car Dieu notre Père est riche en miséricorde.

N’est-il pas affirmé dans la prière d’ouverture de ce dimanche : « Qu’il patiente et prend pitié sans se lasser ? » A ce sujet saint Augustin a exprimé une pensée qui est la règle d’or de la morale chrétienne et qui devrait nous remplir d’Espérance. Je vous la cite en guise de conclusion :

« Dieu ne te commande pas l’impossible. Il te commande de faire ce que tu peux, de Lui demander ce que tu ne peux pas... et Il t’aide afin que tu puisses ».

Amen.

Prière universelle

Comme Dieu a parlé autrefois à Moïse, aujourd’hui, nous croyons qu’il est là pour nous apprendre à lui parler aussi. Laissons monter en nous tout ce qui empêche notre société de vivre comme Lui le souhaite et le désire, formulons nos demandes, le Seigneur nous répondra :

R/ Seigneur, écoute-nous. Seigneur, exauce-nous.

Écoutons ce qu’a dit Moïse : « Serais-tu jaloux pour moi ? Ah ! Si le Seigneur pouvait mettre son Esprit sur eux, pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! » Que l’Église, ce peuple suscité par l’Esprit Saint, malgré ses faiblesses et ses limites humaines, devienne, vraiment le porte-parole de Dieu ! Prions le Seigneur.

La prière du psalmiste « Qui peut discerner ses erreurs ? Purifie-moi de celles qui m'échappent » nous incite à supplier Dieu pour les autorités de chaque pays, qu’elles essaient d’intégrer sans cesse les marginaux dans la vie de la société, car chacun y a sa place, malgré ses manques, ses échecs. Prions le Seigneur.

Écoutons l’interpellation de St Jacques : « Écoutez-moi, vous, les gens riches ! Pleurez, lamentez-vous, car des malheurs vous attendent ». Que les pays riches essaient de trouver les moyens qui favorisent le développement équitable en Afrique notamment afin que ce continent puisse assurer la formation et donner du travail aux jeunes africains dans leurs propres pays ! Prions le Seigneur.

Que nous dit Jésus en ce dimanche : « Ne l'empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ? » Que chaque paroissien aille à la périphérie, comme le recommande le Pape François au peuple de Dieu, pour vivre avec ces gens qui ont soif de vérité, de justice, et de paix ! Prions le Seigneur.

Seigneur, Dieu de tous les hommes, accorde nous ce que nous te demandons dans nos prières et remplis de ton Esprit nos vies, afin que nous soyons des témoins de ton Fils, le Christ Ressuscité, toujours présent en ce monde. Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com/

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20 septembre 2018 4 20 /09 /septembre /2018 13:56
http://lapin-bleu.croixglorieuse.org/bd/gat/les-5-niveaux-de-lecture/2-les-allusions-cachees/les-allusions-bibliques/

Lecture du livre de la Sagesse 2, 12. 17-20

Les hommes droits et justes, les croyants sincères détonnent dans notre monde dont ils sont pourtant la conscience vivante.

Ceux qui méditent le mal se disent en eux-mêmes : « Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à nos entreprises, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu, et nous accuse d’infidélités à notre éducation. Voyons si ses paroles sont vraies, regardons comment il en sortira. Si le juste est fils de Dieu, Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires. Soumettons-le à des outrages et à des tourments ; nous saurons ce que vaut sa douceur, nous éprouverons sa patience. Condamnons-le à une mort infâme, puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’auteur du livre vit à Alexandrie devenue au 1er siècle av. J.C. un centre rayonnant de la pensée grecque et où s’étaient réfugiés de nombreux juifs. Éblouis par le prestige de cette civilisation, beaucoup d’entre eux avaient abandonné leur foi et les pratiques de leur religion. Ils raillaient et persécutaient leurs anciens coreligionnaires demeurés fidèles au Seigneur. Ceux-ci leur étaient en effet un reproche vivant de leur trahison de la foi d’Israël. En les poussant à bout, leurs persécuteurs espéraient les voir abandonner leur patience et renier à leur tour le Seigneur. L’auteur du livre s’efforce d’encourager ses compatriotes fidèles par une défense et illustration de la foi d’Israël au long de l’histoire.

La rentrée scolaire et celle des catéchismes rappellent à notre communauté son devoir d’épauler ceux qui sont davantage aux prises avec l’athéisme, le scepticisme et l’indifférence, notamment les jeunes et les récents baptisés de Pâques. Selon notre situation, quelle part prenons-nous à ce soutien ?

Psaume 53

R/ Le Seigneur est mon appui entre tous.

  • Par ton nom, Dieu, sauve-moi, par ta puissance rends-moi justice ; Dieu, entends ma prière, écoute les paroles de ma bouche. R/
  • Des étrangers se sont levés contre moi, des puissants cherchent ma perte : ils n'ont pas souci de Dieu. R/
  • Mais voici que Dieu vient à mon aide, le Seigneur est mon appui entre tous. De grand cœur, je t'offrirai le sacrifice, je rendrai grâce à ton nom, car il est bon ! R/

Lecture de la lettre de saint Jacques 3, 16-4, 3

La jalousie, les rivalités, l’intolérance font le jeu de l’injustice, car c’est dans la paix qu’est semée la justice, écrit saint Jacques.

Bien-aimés, la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes. Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie. C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix. D’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas ; vous demandez, mais vous ne recevez rien ; en effet, vos demandes sont mauvaises, puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Il semble bien que Jacques vise ici des dissensions et les rivalités qui existaient entre les chrétiens, entre les riches et pauvres, mais aussi entre ces gros propriétaires et ces riches négociants que sa lettre prend souvent à partie. La soif de s’enrichir justifie pour eux l’emploi de tous les moyens y compris la violence et le meurtre. C’est cette convoitise inscrite, au fond de l’homme qui est génératrice des guerres, des injustices, du mal. Au contraire, qui se laisse modeler par Dieu est artisan de paix car celle-ci se construit dans la droiture, la tolérance, la justice qui est son fruit le plus précieux.

Relisons posément la première partie de cette lecture où saint Jacques nous invite à être artisans de paix.

Alléluia. Alléluia. Par l’annonce de l’Évangile, Dieu nous appelle à partager la gloire de notre Seigneur Jésus Christ. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 30-37

Alors que Jésus marche vers la croix, ses disciples rêvent de grandeur ! Qu’il nous est difficile d’être petits à la suite de Jésus.

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera ». Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé ». – Acclamons la parole de Dieu.

Commentaire : Alors que Jésus leur annonce sa passion et sa mort comme Serviteur du dessein de salut de Dieu sur le monde, les disciples discutent pour savoir lequel d’entre eux est le plus grand. Cinglante ironie de Marc à l’égard des rêves de grandeur et de prestige qui se font jour dans sa communauté chrétienne alors qu’elle prétend honorer un Messie crucifié ! Jésus, comme le faisaient souvent les prophètes, illustre par un geste son enseignement. Il prend un enfant, cet être qui symbolise l’extrême faiblesse sociale, et l’embrasse. Puis il s’explique : celui qui manifeste son intérêt pour les petits de la communauté, ceux-là que leur absence de grandeur et de prestige déconsidèrent aux yeux du monde, c’est moi qu’il accueille, et, à travers moi, le Père lui-même.

« De quoi discutiez-vous en chemin ? » Dans la prière je me remémore les conversations que j’ai eues ces derniers jours. Comment ai-je cherché à y être serviteur de mes interlocuteurs ?

Homélie

Le passage de l’Evangile de saint Marc nous fait entrer dans l’intimité des 12 apôtres qui, sous la direction incomparable de leur Maître et Seigneur, le Christ-Jésus sont en train de faire leur noviciat : le noviciat de cette vie religieuse authentique qui consiste à l’imiter lui le Parfait religieux de Dieu, en communiant le plus possible à sa pensée, à sa volonté et à sa manière d’agir.

Jésus qui, en pédagogue particulièrement avisé, ne laisse passer aucune occasion d’instruire et de former ses apôtres, s’efforce durant cette halte qu’ils font à Capharnaüm, de les faire progresser en partant d’une discussion fort animée qu’ils ont eue tout à l’heure, chemin faisant. Hélas, on se trouve en pleine inintelligence. Les apôtres, en effet, ne comprennent pas ce que Jésus leur explique... Sans doute parce que c’est difficile, mais aussi parce qu’ils sont préoccupés par autre chose : des questions de prestige et de supériorité. Il s’agit de savoir qui, parmi eux est le plus grand ? L’espoir d’être, un jour, les ministres du futur Roi-Messie leur est monté à la tête.

Ne dédaignons pas, frères et sœurs, de méditer quelques instants sur ces histoires d’ambition et de préséance, si lamentables, quand on songe qu’il s’agit de gens choisis avec amour par Jésus, un Jésus qui s’efforce de leur montrer par quel chemin coûteux on sauve sa vie et on sauve les hommes... Cela prouve que personne n’est à l’abri de l’ambition, même en fréquentant Jésus. Combien de gens, très simple au début, ont été grisés par le plus petit galon de « responsable » ! Pourtant, l’Evangile devrait être un contrepoison efficace. En nous révélant les goûts de Jésus, il nous révèle les goûts de Dieu. Impossible de ne pas voir que Jésus déteste trois choses : l’hypocrisie, l’argent et l’ambition. Venu pour servir, il le répète assez, il sent très vivement que l’ambition est le cancer du service. On ne peut pas être plein de soi et se soucier des autres, c’est mathématique. Mais l’orgueil surtout pervertit inexorablement ce que l’on voudrait appeler encore dévouement. Le mélange des deux désirs : servir et dominer est si perfide que Jésus réagit avec la plus grande vigueur. Il s’assied, convoque les douze et d’une façon solennelle il énonce le principe évangélique qui met une distance absolue entre la volonté de puissance et le dévouement.

« Si quelqu’un veut être le premier qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ».

Vouloir être le premier n’est pas condamné, loin de là ! Car il faut des chefs et ces chefs sont une chance pour toutes les communautés, dans l’Eglise, comme ailleurs. Certains ont manifestement des dons pour cela. Quand leur entourage les désigne ou une autorité supérieure, se dérober serait de l’égoïsme et aussi de la lâcheté devant le don de soi que cette promotion va exiger. Et justement, Jésus demande à celui qui est premier un travail de service qui doit s’effectuer d’abord dans son cœur. Pas question de céder à l’instinct et à la griserie : il faut qu’il se considère comme le dernier, qu’il cultive sans cesse l’humilité, cette vertu qui selon la définition de saint Thomas d’Aquin : « freine le désir désordonné de notre propre grandeur et pousse l’homme à l’amour de ce qu’il est en vérité ». Ce renversement qu’il devra réaliser est si invraisemblable que seul Jésus pouvait ériger en principe cette folie : « se faire le dernier ». Et pour être sûr qu’on ne cherchera pas une échappatoire, il précise bien : le dernier de tous, le serviteur de tous.

Ensuite pour bien montrer que son enseignement n’est pas seulement une théorie, une belle leçon de morale, Jésus l’illustre par une leçon de choses. En Orient, les enfants ne manquent pas dans les rues ou sur les places. Ils ne sont pas timides, ils se faufilent partout... Prenant un de ces enfants, Jésus le place au milieu du groupe, le serre dans ses bras et l’embrasse. Pour nous ce geste n’a rien d’étonnant, mais il l’était pour les apôtres, car à cette époque-là l’enfant ne tenait pas dans la société la place qu’il tient aujourd’hui : il ne jouissait d’aucune considération, on ne s’intéressait pas à lui et on le repoussait même sans le moindre ménagement.

Pourquoi Jésus l’a-t-il choisi ? Ce n’est pas pour sa grâce, son sourire, son innocence, mais pour sa fragilité, sa faiblesse, sa dépendance totale aux autres. Il ne pouvait en fait rien trouver de plus significatif pour souligner qu’à ses yeux, la plus grande valeur ne dépend pas du rang, des honneurs ou de la considération mais de la pauvreté, du dénuement et de l’insignifiance. Et comme il ne donne aucun enseignement qui ne soit accompagné, de son propre exemple, Jésus aurait pu ajouter à son geste et aux paroles que nous rapporte saint Marc que cet enfant-là, il l’a été lui-même, n’ayant pas jugé déshonorant, lui le Verbe de Dieu de paraître, au milieu de nous, comme un petit enfant et donc d’occuper la dernière place, et que cette dernière place qui a été la sienne à Bethléem et à Nazareth, il l’occupera encore lorsqu’il souffrira sa Passion.

Là encore, frères et sœurs, ne sera-t-il pas le dernier de tous : rejeté, humilié, méprisé, traité non plus même comme un enfant qu’on écarte, mais comme un objet sur lequel on crache avant de le clouer sur une croix : ce sort qu’on réserve aux esclaves et aux grands criminels. Mais, s’il l’a choisie cette place la plus abjecte n’est-ce pas pour nous convaincre que la seule priorité, c’est celle de l’amour ? Un amour qui ne se paye pas de mots, mais qui se met au service de tous, sans exception, (avec une préférence cependant pour les plus petits, les plus pauvres) ; un amour qui inlassablement donne, se donne et pardonne.

Puissions-nous, chers frères et sœurs, devant la crèche de Bethléem, devant la croix du Calvaire où meurt d’amour Jésus « le Serviteur souffrant », devant l’exemple si admirable de Marie la petite servante du Seigneur, et devant l’exemple de tous les saints reprendre nos vraies mesures. L’humilité à laquelle nous somme invités n’est ni un reniement des dons que nous avons reçus, ni une fuite des responsabilités qui sont les nôtres, mais l’acceptation objective de ce que nous sommes avec nos limites, nos faiblesses et surtout la conscience de notre dépendance essentielle à l’égard de celui auquel nous devons tout.

Disons-nous bien, frères et sœurs, que si nous aspirons aux premières places, nous nous coupons de cette dépendance. Par contre, si nous recherchons, publiquement ou secrètement, la dernière place, alors, nous laissons à Dieu le soin de nous placer lui-même. Et c’est beaucoup plus sûr !

Amen.

Prière universelle

  • Pour que tous les croyants affirment et prouvent, par leurs dires et leurs actes, que le Dieu auquel ils croient, est un Dieu d’Amour et de Paix… Un Dieu qui appelle, mais ne contraint jamais… qui libère et n’assujettit pas… qui unit au lieu de diviser… Ensemble, prions le Seigneur
  • Pour celles et ceux qui, dans leur fuite face à la guerre, aux persécutions, ont tout perdu, même le nécessaire… Qu’ils trouvent, dans le pays d’accueil, le soutien matériel et moral capable de leur redonner des raisons de croire en l’avenir et de les aider à se reconstruire… Ensemble, prions le Seigneur
  • Pour tous les enfants victimes de violences corporelles, d’abus sexuels, de travaux inhumains, sous l’emprise de personnes ayant sur eux une ascendance parentale, morale ou physique… Que leurs situations nous rendent plus attentifs à toutes les souffrances, souvent cachées, que subissent, en silence, les personnes les plus vulnérables… Ensemble, prions le Seigneur
  • Éclaire les jeunes qui te cherchent sans le savoir… Accompagne tous les enfants qui entrent en catéchèse et qui vont faire un parcours vers Toi… Prépare leur cœur à te rencontrer et rends-nous vigilants pour les accueillir dignement parmi notre communauté… Ensemble, prions le Seigneur

Source : http://www.berceau-du-fer.com Micheline et Guy Tribout

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 16:58

Lecture du livre d'Isaïe 50, 5-9a

Servir le Seigneur, c’est ne pas se dérober à sa parole et, par suite, aux souffrances qui accompagnent son annonce.

Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ? – Parole du Seigneur.

Commentaire : Alors que tout un peuple est devenu sourd aux appels de son Dieu, quelques-uns sont restés en éveil pour entrer chaque matin en conversation avec lui. Qu’il est éprouvant de ramer toujours à contre-courant, d’essuyer les sarcasmes et les rebuffades des gens sérieux et installés qui ont troqué leur liberté contre la bonne situation qu’ils se sont faite en exil à Babylone ! Quelle force de caractère Dieu ne réclame-t-il pas de ses prophètes d’aujourd’hui, pour faire front et rester impassibles devant la débandade générale ! Jésus Christ montrera cette même trempe de caractère quand, abandonné par les foules, il montera à Jérusalem subir sa passion pour sauver son peuple.

Dans les moments d’échec ou quand l’envie nous prend de tout abandonner, être encore plus vigilants dans la prière et l’oreille encore plus ouverte aux paroles du Seigneur Dieu.

Psaume 114

R/ Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.

  • J'aime le Seigneur : il entend le cri de ma prière ; il incline vers moi son oreille : toute ma vie, je l'invoquerai. R/
  • J'étais pris dans les filets de la mort, retenu dans les liens de l'abîme, j'éprouvais la tristesse et l'angoisse ; j'ai invoqué le nom du Seigneur : « Seigneur, je t'en prie, délivre-moi ! » R/
  • Le Seigneur est justice et pitié, notre Dieu est tendresse. Le Seigneur défend les petits : j'étais faible, il m'a sauvé. R/
  • Il a sauvé mon âme de la mort, gardé mes yeux des larmes et mes pieds du faux pas. Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants. R/

Lecture de la lettre de saint Jacques 2, 14-18

Il ne suffit pas d’être croyant, il faut mettre sa foi en pratique, nous rappelle saint Jacques.

Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » Sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi ». – Parole du Seigneur

Commentaire : Paul avait rappelé qu’aucun de nos actes ne nous méritait l’amour de Dieu puisqu’il nous a aimés le premier, gratuitement, alors que nous étions pécheurs. Nous ne pouvions qu’accueillir cet amour de Dieu avec confiance dans la certitude qu’ainsi aimés par lui, nous serions aussi sauvés par lui. La foi est d’abord cette attitude profonde d’accueil et de reconnaissance de la grâce de Dieu. Mais suffit-il de se laisser ainsi aimer passivement pour être sauvé ? Certains ont pu le croire, comme si, de l’amour de Dieu ne devait pas naître le nôtre pour lui et surtout pour nos frères. Jacques nous rappelle qu’une foi qui ne nous transformerait pas, qui ne se traduirait pas en gestes d’amour fraternel, ne serait pas une foi sincère.

Dit-on de nous : « Pour un service, on peut toujours frapper à sa porte, il est toujours disponible ? » Alors, à en croire saint Jacques, nous pourrons parler de notre foi.

Alléluia. Alléluia. Que la croix du Seigneur soit ma seule fierté ! Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8, 27-35

Pour vous, qui suis-je ? demande Jésus. Nous connaissons la réponse à donner, mais sommes-nous décidés à renoncer à nous-mêmes pour suivre Jésus crucifié ?

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes ». Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ ». Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ». Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Pour Marc, la reconnaissance de Jésus comme le Messie par Pierre et les disciples est un tournant dans le ministère du Christ. Auparavant ses actes et ses paroles montraient bien en lui le Sauveur promis par Dieu, mais ils le faisaient d’une manière voilée : Jésus ne voulait pas être reconnu comme le Messie nationaliste attendu par une partie du peuple. Désormais, il va pouvoir s’en expliquer avec ses disciples : « pour la première fois il leur enseigne » que le Messie va mourir pour sauver son peuple. Cette conception d’un Messie souffrant leur est si étrangère, elle choque tellement leur attenté que Pierre veut s’y opposer. Mais, Jésus maintient fermement, y compris devant la foule, que celui qui veut être son disciple doit envisager de suivre jusqu’à la croix celui qui se révèle comme le Messie souffrant.

Pour vous, qui suis-je ? Prenons un moment de prière pour répondre au Christ avec nos propres mots et les sentiments qui sont les nôtres.

Homélie

« Tout l'monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir » (Pétula Clark). Ce refrain d’une chanson qui eut, paraît-il, son heure de succès, résume assez bien une mentalité courante dans laquelle les apôtres eux-mêmes se sont laissés prendre ainsi que nous venons de le voir dans l’Evangile de ce jour.

Quand Jésus leur parle du Royaume de Dieu et de sa Gloire, ils affirment avec enthousiasme leur volonté de le suivre jusqu’au bout ; mais lorsqu’il leur montre le chemin qui doit les conduire à de tels sommets (et qui n’est rien d’autres que le chemin de la Croix) alors, ils se fâchent, protestent et reculent, l’apôtre Pierre en tête.

La Pâque sans la Croix, c'est-à-dire la joie sans l’effort, le bonheur sans le sacrifice... Nous en sommes tous là, frères et sœurs, reconnaissons-le... Nous voudrions bien gravir le chemin montant de la sainteté qui conduit jusqu’au sommet de l’amour et de l’éternelle Béatitude et nous entreprenons l’escalade, l’esprit et le cœur pleins de bonnes résolutions. Seulement voilà ! Lorsqu’il s’agit de payer le prix de la montée, de peiner durement sur le sentier escarpé du don et du renoncement, de supporter les contradictions ou les persécutions à cause du Christ, d’accepter toutes sortes d’épreuves physiques ou morales, alors nous nous arrêtons découragés, avant de redescendre dans la plaine tellement nous préférons l’autoroute de notre petit confort aux exigences qui sont pourtant la rançon de toute joie profonde et durable.

Jésus, très solennellement, nous met en garde. Il voudrait tant nous faire comprendre à quel point cette attitude, si souvent lâche et paresseuse qui est la nôtre est insensée, vraiment suicidaire au point de vue spirituel : « Celui qui veut sauver sa vie, nous dit-il, la perdra » confirmant par là une de ses déclarations précédentes : « Il est large et spacieux le chemin qui mène à la perdition ».

Il faut mourir pour vivre : telle est la loi fondamentale du Royaume et la signification du mystère pascal. Jésus n’a jamais promis les énergies de son Esprit à ceux qui se contentent de belles paroles ou de beaux sentiments. Il ne veut pas que nous attendions le Paradis final depuis le fauteuil de notre paresse spirituelle et il nous fait savoir par son apôtre Jean ce qu’il pense des tièdes. Au chapitre 3 de l’Apocalypse, il met sur les lèvres de Jésus cet avertissement très grave : « Je connais ta conduite, tu n’es ni froid, ni chaud, que n’es-tu l’un ou l’autre ! Parce que tu es tiède et non pas froid ou chaud, je vais te vomir de ma bouche ». C’est son exemple d’engagement extrêmement couteux allant jusqu’à l’immolation totale au service du salut de nos âmes qui autorise Notre-Seigneur à nous demander notre petite part. Nous sommes appelés comme l’a si bien compris l’apôtre Paul« à compléter par nos souffrances ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Eglise ».

Alors frères et sœurs, si nous voulons comprendre au moins un peu, le sens de la Croix, le sens de la souffrance dans nos vies (cette souffrance qui nous semble absurde tant qu’elle n’est pas regardée avec les yeux de la foi) nous devons contempler longuement Marie, la Vierge Immaculée au pied de la Croix, le Vendredi-Saint, sur le calvaire. Personne n’a été associé comme Elle à la Passion du Sauveur.

Qui pourra avoir la moindre idée de son martyre intérieur ? De la douleur du glaive qui a transpercé son cœur...

Et les saints qu’ont-ils faits à son exemple ? Trouvez-en un seul qui n’ait pas accepté d’offrir par amour toutes sortes de souffrances, en union avec Jésus-Crucifié ?

Eh bien, nous aussi, si nous voulons être des vrais disciples de Jésus, nous devons librement et volontairement communier à son sacrifice en offrant tout ce qui nous coute dans notre vie, tout ce qui nous fait souffrir physiquement ou moralement.

Jésus cherche des âmes qui l’aiment assez pour l’aider à porter sa Croix et contribuer ainsi au salut de tous, (le nôtre pour commencer). Quand nous aurons compris que notre communion au mystère de la Croix est le seul secret de la joie, il y aura déjà sur cette terre et dans nos cœurs un gros morceau de Paradis.

Amen.

Prière Universelle

Avec Jésus le Christ et par son intercession, demandons à notre Père des cieux de venir au secours de tous nos frères et sœurs de la terre.

Le lecteur :

  • Béni sois-tu Seigneur, toi qui inclines ton oreille vers nous. Ouvre l'oreille de tous les baptisés à ta Parole de vie, et fortifie-les dans la mise en œuvre de leur foi au milieu de notre monde, nous t'en prions.
  • Béni sois-tu Seigneur, toi qui délivres de l'abîme. Mets au cœur des instances politiques et religieuses du monde entier, le désir de travailler ensemble à relever le défi humanitaire de la migration des pauvres et des persécutés, nous t'en prions.
  • Béni sois-tu Seigneur, toi qui nous invites à marcher à ta suite. Donne aux catéchistes et à toutes les personnes que tu appelles à travailler au sein de l'Église, d'être dans leur propre vie des témoins cohérents de la foi qu'ils annoncent, nous t'en prions.
  • Béni sois-tu Seigneur, toi qui sauves notre âme de la mort. Accorde à chacun de nous, dans notre communauté de paroisses, la grâce de vivre en ta présence chaque jour pour, comme Pierre, dire à nos frères que Jésus est le Christ, nous t'en prions.

Le prêtre : Seigneur Dieu, notre Père, toi qui entends le cri de notre prière, écoute nos demandes de ce jour et daigne les exaucer. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://cathophalsbourg.over-blog.com - Isabelle Brunner

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9 septembre 2018 7 09 /09 /septembre /2018 17:42

Une homélie n’est faite ni pour être lue ni pour être vue en vidéo, c’est un exercice oral. Vivez l’expérience pleinement en l’écoutant :

http://www.ab20100.ch/wp-content/uploads/2018/09/180908-SAG.mp3

Chers Amis,

Tout récemment dans un bistrot de la vallée, j’ai entendu deux parents discuter. Ils n’avaient pas vu que j’étais là…

- On a encore raconté une histoire de miracle à mon fils, au catéchisme l’autre jour, disait le premier. Comme si ça avait existé !

- De toutes façons, rétorqua le deuxième, c’est des vieilles histoires tout ça. Ça se saurait s’il y en avait encore, des miracles…

Et ils trinquèrent… pour saluer tout ça.

Peut-être pensez-vous, vous aussi Chers Amis, que la prédiction du prophète Isaïe que nous avons entendue dans la première lecture – « les yeux des aveugles se dessilleront, les oreilles des sourds s’ouvriront, le boiteux bondira comme un cerf » peut-être pensez-vous que tout ça ce sont des mots. De vieilles histoires.

Peut-être pensez-vous que, oui, d’accord, Jésus a fait deux-trois miracles, d’ailleurs l’Évangile de ce soir nous le rappelait en nous racontant l’histoire de ce sourd-muet, mais bon d’abord on n’est même pas sûrs que ça se soit passé exactement comme ça, et puis, et puis…, et puis c’était il y a 2000 ans…

2000 ans ? Vous êtes sûrs ?

Le dernier miracle de ce type, qui s’est produit à quelques mètres de moi, sans que je le sache sur le moment, ce dernier miracle remonte à deux ans. Pas deux mille, deux ! C’était précisément le 11 mai 2016 et c’était à Lourdes. Et plusieurs Hérensards étaient là ce soir-là, eux aussi.

C’était à la procession mariale. Vous savez, pendant le pèlerinage, que ce soit celui de printemps ou celui d’été, il y a un soir où l’on processionne avec les flambeaux. C’est très beau, c’est un moment très fort.

La veille, à la messe de la Grotte, nous avions repéré le groupe des Italiens qui étaient en pèlerinage en même temps que nous, en même temps que les 2500 pèlerins de Suisse Romande. Et j’avais vu cette petite fille qui portait des appareils sur les oreilles, cette petite fille dont on m’a dit ensuite qu’elle était sourde de naissance. J’ai donné la communion tout près d’elle, ce matin-là à la Grotte.

Et le lendemain soir, pendant la procession, à quelques mètres de nous, nous avons vu une agitation. On ne savait pas ce qui se passait. On l’a appris un peu plus tard.

La petite fille qui était là a enlevé ses appareils. Et ses parents lui ont tout de suite dit : « Mais qu’est-ce que tu fais ?? » Et elle a dit : « J’entends… J’en ai plus besoin.»

Il y a eu des constatations médicales dès le lendemain à Lourdes. Et le résultat fut imparable : cette petite fille était effectivement sourde de naissance et elle est effectivement guérie, elle entend aujourd’hui, normalement.

Il faut du temps pour qu’un miracle soit reconnu à Lourdes, ça prend des paperasseries… ce sera probablement pourtant l’un des prochains sur la liste, très certainement.

Eh oui, Chers Amis, les miracles continuent. Ce ne sont pas de vieilles histoires. Pas seulement.

Et si les médias ne vous en parlent pas c’est qu’ils sont beaucoup trop occupés à critiquer l’Église dès qu’ils le peuvent, à coup de petites phrases du pape sorties de leur contexte ou de révélations nauséabondes sur tel ou tel prêtre.

Si les médias étaient là pour vous donner de belles nouvelles, ça se saurait…

Et je crois que c’est là que se trouve la clé des textes de ce week-end. À travers cette histoire de sourd-muet qui entend et qui parle, nous pouvons faire nous aussi attention à notre manière d’entendre et à notre manière de parler.

Nous sommes invités par le Christ à une ouverture – « Effata ! » Ce mot de sa langue, nous l’avons entendu à notre baptême, tous ! On était un peu petit pour s’en souvenir, mais le prêtre l’a prononcée, ce jour-là : « Effata ! Ouvre-toi ! »

  • Nous sommes invités à nous ouvrir, mais d’abord à nous ouvrir l’esprit et le cœur, bien sûr.
  • Nous sommes invités à ne pas juger sur les apparences, comme le disait Jacques dans la deuxième lecture.
  • Nous sommes invités à écouter vraiment notre prochain, nous qui avons la chance de ne pas être sourds.
  • Nous sommes invités à faire attention à notre parole, nous qui avons la chance de ne pas être muets.
  • Nous sommes invités à ne pas regarder les apparences seulement, nous qui avons la chance de ne pas être aveugles.

Alors Chers Amis, si comme moi, vous entendez au bistrot ou ailleurs, que les miracles sont de vieilles histoires… parlez-leur de la petite fille de Lourdes. Et dites à ces personnes que ce n’était pas il y a deux mille ans, ça… C’était il y a deux ans.

Ça leur ouvrira peut-être, à elles aussi, le cœur, les yeux, les oreilles, l’esprit, qui sait ? Et du coup, VOUS aurez participé à un miracle…

Source : http://www.ab20100.ch/billets/la-petite-fille-de-lourdes/

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