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26 juillet 2015 7 26 /07 /juillet /2015 22:27

Les hommes demandent à Dieu des signes. Ils veulent des miracles, des preuves visibles et incontestables de son action. En cela ils ressemblent bien à son foule de l’Evangile qui suit Jésus parce qu’elle est à l’affût des prodiges qu’il opère. Elle est intéressée plus par le guérisseur que par le prédicateur, elle aime mieux les guérisons que les beaux sermons. Ce jour-là justement elle accourt avec une curiosité non dissimulée : « quelle œuvre vas-tu faire ? » Autrement dit quel est le programme aujourd’hui... On n’a pas fait tout ce chemin pour rien... On veut de l’extraordinaire.

Jésus n’est pas dupe. Il sait très bien pourquoi la foule le suit. La nouvelle du miracle opéré la veille s’est vite répandue... N’a-t-il pas, bien, nourri plus de 5000 personnes avec 5 petits pains et 2 poissons offerts par un enfant ? Dans un pays où la plupart des gens ne mangent pas à leur faim, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. La curiosité et la faim ont donc attiré des auditeurs encor plus nombreux. Jésus les interpelle : « Je vois que vous me cherchez et je sais bien pourquoi : vous êtes venus parce que vous avez faim ». Et partant de ce constant, il essaye d’élever leurs esprits : « Oui, vous avez faim de nourritures terrestres. Et bien, vous dis que votre faim est encore plus grande que ce que vous pensez... Vous avez en vous une autre faim plus profonde et insatiable que seul le Fils de Dieu peut combler. Votre cœur aussi à faim, vous êtes des affamés de l’infini ».

On reconnaît bien là, la façon d’agir de Jésus : il part des besoins humains les plus élémentaires et révèle aux hommes que ces besoins ne sont en fait que le signe de désirs plus profonds qui les habitent. Aujourd’hui, si Jésus revenait parmi nous il montrerait aux jeunes combien leur insatisfaction permanente : cette course effrénée et jamais comblée par les plaisirs de la société de consommation (leur fuite dans la drogue ou l’alcool) ne sont que des signes de leur faim d’absolu. Il montrerait également aux plus anciens que le confort et l’argent (avec tout ce qu’il peut procurer) ne comble pas les désirs de leur cœur car l’homme dépasse l’homme et ne saurait se contenter de la satisfaction des cinq sens.

Il nous révèlerait, comme il l’a fait pour la foule de Palestine que nous portons en nous une véritable faim et qu’il existe à notre disposition une véritable nourriture.

Certes, Jésus n’ignore pas que les hommes sont des êtres de chair et que la faim du corps existe. Ne les a-t-il pas nourris la veille en multipliant pains et poissons ? Mais, il veut faire comprendre que cette faim matérielle n’est pas la principale : pensons à la devise si suggestive des Petits Frères des Pauvres : « des fleurs, avant le pain ». Derrière nos besoins matériels élémentaires, il nous faut repérer nos besoins les plus fondamentaux :

  • Les hommes ont d’abord faim de dignité « le plus grand bien que nous puissions faire aux autres n’est pas de leur communiquer notre richesse, mais de leur révéler la leur »disait un philosophe.
  • Les hommes ont faim d’amitié réciproque. La grande douleur des pauvres c’est que personne n’a besoin de leur amitié...
  • Les hommes ont faim de dévouement, un besoin profond de donner.
  • Les hommes ont par-dessus tout faim de Dieu : ils sont des tourmentés de l’infini.

Il est possible que pour un temps cette faim de Dieu soit occultée par un rassasiement terrestre qui n’est qu’un « trompe la faim » provisoire, mais un jour ou l’autre la vanité des biens matériels apparaît et alors un besoin irrésistible de l’essentiel peut alors jaillir.

Frères et sœurs, l’Evangile nous rappelle aujourd’hui que pour répondre à cette vraie faim de l’homme, Jésus vient proposer le véritable pain, le coupe faim parfait et définitif... qui exorcisera toute faim. La foule (comme nous d’ailleurs) ne comprend qu’à moitié :« Seigneur donne-nous de ce pain-là, que nous n’ayons plus jamais faim, que nous n’ayons plus à acheter du pain... »

Jésus doit alors préciser : ce Pain venu du ciel est le grand cadeau du Père céleste sans aucune comparaison avec la manne du désert. C’est ma propre personne : « C’est moi qui suis le Pain de la Vie, celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim, celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif ».

Nous comprenons mieux dès lors tout le sens de l’Eucharistie... Jésus s’est fait pain de vie pour satisfaire notre faim de Dieu.

Communier, c’est se laisser assimiler par le Christ. Si nous laissons l’Eucharistie nous transformer, nous serons incorporés au Christ, vivant comme lui, aimant comme lui et donc heureux comme lui.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année B
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Clovis Simard 31/07/2012 04:00

Blog(fermaton.over-blog.com) .No-28: L'HOMME VÉRITABLE:Des dés et des hommes.

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