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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 10:24

Lecture du premier livre des Rois 17, 10-16

Le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l’entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l’appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d’eau pour que je boive ? » Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain ». Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n’ai pas de pain. J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons ». Élie lui dit alors : « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d’abord cuis-moi un petit pain et apporte-le moi, ensuite tu feras du pain pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre ». La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé, et longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par la bouche d’Élie.

Lecture de la lettre aux Hébreux 9, 24-28.

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire construit par les hommes, qui ne peut être qu’une copie du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à recommencer plusieurs fois son sacrifice, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la passion depuis le commencement du monde. Mais c’est une fois pour toutes, au temps de l’accomplissement, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis de comparaître pour le jugement, ainsi le Christ, après s’être offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude, apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12, 38-44.

Dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à sortir en robes solennelles et qui aiment les salutations sur les places publiques, les premiers rangs dans les synagogues et les places d’honneur dans les dîners. Ils dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement : ils seront d’autant plus sévèrement condamnés ». Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait la foule déposer de l’argent dans le tronc. Beaucoup de gens riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et déposa deux piécettes. Jésus s’adressa à ses disciples : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».

Homélie

L’Evangéliste saint Marc excelle dans la technique du reportage. Témoin : ce fait divers, apparemment sans importance qui se situe au Temple de Jérusalem au moment où la Pâque Juive rassemble des milliers de pèlerins. Jésus est là : assis en face de la salle du trésor il regarde la foule, foule de pèlerins, foule de donateurs également, puisqu’il est d’usage de verser une offrande pour l’entretien du Temple. Et voici que Jésus s’intéresse aux faits et gestes des donateurs.

Il y a une 1ère indication, ce que nous donnons, la manière dont nous donnons ne lui sont pas indifférents, non point tant à cause du résultat (l’argent n’est qu’un moyen) mais l’offrande ne part-elle du cœur (l’or pur de l’amour : voilà ce qui à ses yeux a vraiment du prix).

Au temps de Jésus, c’était comme aujourd’hui chez nous : il y avait des classes sociales avec des revenus fort inégaux. D’un côté, les propriétaires, les commerçants, les hommes de loi, les grands chefs religieux constituaient la classe des riches. De l’autre, les pauvres aux métiers plus ou moins bien définis, qui vivaient au jour le jour

Chez les riches, « beaucoup », note saint Marc, s’acquittent de leur devoir envers le Temple et « versent de grosses sommes ». Vous avez noté l’expression « beaucoup » : ce n’est pas « tous » les riches : certains déjà oubliaient de participer à la vie de leur communauté ou bien le faisaient avec des offrandes vraiment dérisoires. Or, voici qu’au milieu des pèlerins une veuve se profile : qui pourrait bien faire attention à elle : elle n’a rien pour attirer les regards. Elle est discrète, effacée. Elle ne souhaite qu’une chose, passer inaperçue ! Quant à son offrande ? 2 piécettes qui n’augmenteront guère la recette du jour. Nous sommes tenté de penser qu’elle aurait tout aussi bien fait de ne rien donner. Mais comme nous sommes loin ici de penser comme Dieu, car c’est à cette pauvre veuve que Jésus porte attention. C’est elle qu’il veut nous citer en exemple. C’est son cœur, sa générosité, sa foi qu’il veut louer sans réserve.

Cette femme qui vit dans la pauvreté n’a que 2 piécettes : c’est peu pour le trésor du Temple, mais pour elle c’est beaucoup. Pour nous qui sommes peut-être dans nos relations avec Dieu déformés « par un esprit comptable » nous dirions facilement qu’elle avait de bonnes raisons de garder son argent, qu’elle était dispensée de donner.

Ce serait oublier, frères et sœurs, que cette femme juive a foi en Dieu. Elle a en lui une telle confiance qu’elle s’en remet à lui du soin de son avenir... Elle donne ce qu’elle a, tout ce qu’elle a dans un geste que certains jugeront fou, mais que Jésus admire« vraiment je vous le dis, cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde ».

Quelle va être notre réaction devant cet Evangile ?

Jésus, semble-t-il, nous pose 2 questions d’importance qu’on ne peut pas éluder ?

1ère question : une fois de plus Jésus bouscule la hiérarchie de notre société, il se moque de nos classes sociales si savamment articulées en forme d’escabeau, avec les marches d’en bas, du milieu, du haut et ce désir intense, que nous portons tous – de nous hisser – au plus vite, sur la marche d’En Haut, quitte à écraser les autres. Pour lui, « les robes solennelles » qui attirent les regards et les salutations, cela fait bien pour le décor, mais cela ne l’intéresse pas. Seul compte la générosité du cœur ! Et nous, aujourd’hui, savons-nous regarder et aimer les pauvres, les laissés pour compte de notre société (société qui n’est pas d’abondance pour tous, loin s’en faut). Il n’y a-t-il pas des gens que nous méprisons à cause de leur âge, de leur race, de leur milieu social de leur profession ?

2ème question : le Christ a fait l’éloge de la générosité de la pauvre veuve. Mais au fait, ce matin, que pense le Seigneur de ma générosité à moi ? Est-ce que je donne vraiment et comment ? Bien sûr, dans chaque don, il y a deux risques : risque de souffrir du manque de ce qu’on a donné. Risque de voir mal employé ce qu’on a donné.

Il y a des chrétiens qui sont obnubilés par ces 2 risques : résultat : ils ne donnent rien (ou font semblant de donner) que ce soit pour des causes philanthropiques comme la faim dans le monde ou religieuse : le Denier de l’Eglise par exemple.

Le Christ a loué la veuve parce qu’elle a dépassé ces deux risques. « Elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre » et il nous met en garde contre le refus du partage ou des gestes de partage ridicules, des offrandes dévaluées qui ne signifient rien, puisque nous les faisons sans privation et sans risque de notre part.

Je voudrais ajouter une remarque : « tout ce qu’elle avait pour vivre » nous dit le texte lu tout à l’heure. Les spécialistes de la Bible font remarquer que dans le texte original saint Marc a écrit « Elle a tout donné, toute sa vie ». Et voilà qui nous interpelle d’une façon encore plus décisive : qu’est-ce que nous donnons à Dieu ? Ne faut-il pas avoir la loyauté de reconnaître que nous ne lui concédons généralement que le superflu : le superflu de notre temps, de nos actions, de nos pensées, le superflu de notre cœur... Qui osera dire que sa substance même se trouve livrée, totalement remise entre les mains de Dieu ?

Dans « le journal d’un Curé de Campagne » de Bernanos on peut lire ces lignes inquiétantes : « Je crois, je suis sûr que beaucoup d’hommes n’engagent jamais leur être, leur sincérité profonde. Ils vivent à la surface d’eux-mêmes ».

Frères et sœurs, ne serait-ce pas « en surface » seulement que nous nous engageons quand nous prétendons aimer Dieu ? Or, le premier commandement de Dieu qui nous est rappelé plusieurs fois dans l’Evangile ne laisse aucune échappatoire : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toutes tes forces ».

Cet idéal du Don de Soi, la Vierge Marie l’a réalisé à la perfection. Les saints eux aussi l’ont réalisé... Marchons donc sur leurs traces.

« Ils y sont bien arrivés, disait saint Augustin, ou début de sa conversion, pourquoi pas moi ? »

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année B
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