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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 17:48

Année B

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1, 15-17. 20a. 20c-26

Parce qu’il a connu Jésus durant sa vie publique et l’a vu vivant après Pâques, l’apôtre peut être témoin de sa résurrection.

En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères qui étaient réunis au nombre d’environ cent vingt personnes, et il déclara : « Frères, il fallait que l’Écriture s’accomplisse. En effet, par la bouche de David, l’Esprit Saint avait d’avance parlé de Judas, qui en est venu à servir de guide aux gens qui ont arrêté Jésus : ce Judas était l’un de nous et avait reçu sa part de notre ministère. Il est écrit au livre des Psaumes : Qu’un autre prenne sa charge. Or, il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous. Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection ». On en présenta deux : Joseph appelé Barsabbas, puis surnommé Justus, et Matthias. Ensuite, on fit cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais tous les cœurs, désigne lequel des deux tu as choisi pour qu’il prenne, dans le ministère apostolique, la place que Judas a désertée en allant à la place qui est désormais la sienne ». On tira au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias, qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres. - Parole du Seigneur.

Commentaire : la communauté des disciples choisit le successeur de Judas parmi les hommes qui ont connu Jésus Christ depuis son baptême jusqu’à son Ascension. L’apôtre est d’abord celui qui se porte garant que le Jésus, mort crucifié, et celui des apparitions pascales est bien le même ; à ce titre, il est un témoin privilégié de sa résurrection. Notre foi est fondée sur ce témoignage des apôtres, trait d’union entre le Jésus historique et le Christ de la foi ; l’Église est apostolique parce qu’enracinée sur ce témoignage des Douze.

Dans un monde où foisonnent les croyances religieuses les plus diverses, devenir, à la suite des apôtres, les témoins qu’en Jésus de Nazareth Dieu a parlé dans notre histoire.

Psaume 102

R/ Le Seigneur a son trône dans les cieux.

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits ! R/
  • Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ; aussi loin qu’est l’orient de l’occident, il met loin de nous nos péchés. R/
  • Le Seigneur a son trône dans les cieux : sa royauté s’étend sur l’univers. Messagers du Seigneur, bénissez-le, invincibles porteurs de ses ordres ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 4, 11-16

Dieu, personne ne l’a jamais vu, et pourtant notre amour fraternel fait voir aux hommes que Dieu est Amour.

Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Dieu, personne ne l’a vu et pourtant Jean peut affirmer que dans la foi il a reconnu, présent dans l’histoire, l’amour de Dieu dans la personne de Jésus Christ. Désormais les chrétiens ont charge de rendre visible aux hommes cette présence de l’amour de Dieu en eux, grâce au témoignage de leur amour fraternel : puisque Dieu est amour, tout homme qui aime jusqu’à s’oublier lui-même pour ses frères demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. Cette visibilité de l’amour fraternel demeure le témoignage missionnaire par excellence : Voyez comme ils s’aiment, a-t-on dit des premiers chrétiens.

L’amour fraternel est, selon Jean, le fruit de la présence en nous du Père, de notre foi au Christ et de notre participation à l’Esprit. Aimer nous fait vivre avec les personnes divines de la Trinité.

Alléluia. Alléluia. Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ; je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17, 11b-19

Jésus ne demande pas au Père de nous retirer loin du monde, mais que nous y soyons témoins de la vérité.

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.

Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : S’apprêtant à quitter ses disciples pour retourner au Père, Jésus considère quelle sera leur situation dans le monde. De même que le monde a refusé d’accueillir la parole du Christ parce qu’elle venait le déranger et démasquer sa suffisance, ainsi refusera-t-il aussi d’entendre les apôtres dont la parole reste celle de Jésus. Comme lui, ils seront haïs. Pourtant Jésus ne prie pas son Père de les retirer du monde, mais seulement de les protéger du mal, notamment celui de pactiser avec le mensonge du monde et ses faux-fuyants. Envoyés dans le monde par le Christ comme lui-même le fut par son Père, que ce soit la vérité de Dieu qui les accrédite, eux aussi, auprès des hommes !

La joie du Christ peut-elle combler ses disciples alors qu’ils rencontreront la haine du monde ? C’est pourtant ce que croit Jésus qui ne prie pas le Père de nous retirer du monde mais de nous y envoyer en témoins de sa joie.

Homélie

A deux reprises en ce 7ème dimanche de Pâques, Jésus prie son Père en parlant de fidélité : « Père Saint, garde mes disciples dans la fidélité à ton Nom ».

A quelques heures de sa mort cette effusion du cœur du Christ dans « la prière sacerdotale » ne concerne pas seulement les apôtres. Il est clair que Jésus prie pour ses disciples de tous les temps et par conséquent pour chacun et chacune d’entre nous :« garde-les dans la fidélité... consacre-les dans la vérité ! »

Qu’est-ce que cela veut dire ? Être chrétien, ce n’est pas une étiquette : le baptême nous a marqués pour toujours et pourtant, tout en étant chrétien on peut vivre comme ne l’étant pas. On peut en effet penser et juger comme si on ne l’était pas, se comporter dans la vie familiale et professionnelle et dans les relations avec les autres comme si on ne l’était pas ; et on peu aussi mourir comme si on ne l’était pas ! Jésus prie pour que nous soyons fidèles.

Fidèles, ce mot qui est un des plus beaux qui soient ne devrait jamais s’user. Est fidèle celui ou celle qui ne retire jamais l’amour donné et la confiance accordée. On le dit d’un époux ou d’une épouse, d’un père ou d’une mère, on le dit d’un ami, il faudrait pouvoir le dire de tout chrétien. Et quand Jésus parle de fidélité, quand Jésus la demande pour ceux qu’il aime, c’est de lui-même qu’il parle en tout premier lieu, c’est son exemple éminent qu’il donne : lui qui s’est montré parfaitement fidèle dans l’accomplissement de la volonté du Père. Lui qui est le vivant reflet de la fidélité même de Dieu.

Car pour caractériser les rapports de Dieu et de l’homme, c’est bien ce terme de fidélité qui convient le mieux à Dieu. Toute la révélation de la Genèse à l’Apocalypse nous montre en effet que Dieu est absolument et éternellement fidèle : « quand même une mère oublierait son enfant, moi je ne t’oublierai pas » dit le Seigneur. C’est le prophète Isaïe qui nous livre cette émouvante parole ! Mais il y en a bien d’autres...

Et nous, chers frères et sœurs, pouvons-nous dire en toute vérité que nous sommes à notre tour, fidèle ? Pauvres fidèles d’aujourd’hui ! Si, d’aventure on n’ironise pas sur leur pratique religieuse, sur leur attachement à certaines valeurs, on entend dire souvent : « Oh ! Les fidèles ne sont pas meilleurs que les autres ». Qu’est-ce qu’on en sait ? Dieu seul peut juger en connaissance de cause, puisque lui seul voit le fond des cœurs !

Ne nous laissons pas décontenancer par les critiques : qu’elles nous aident, au contraire, à être encore plus fidèles.

  • Fidèles au Christ tout d’abord. Il est notre guide, notre Bon Pasteur, il nous indique la route qui mène au Père. Acceptons de le suivre jusqu’au bout, (même s’il nous fait passer par des chemins difficiles et abrupts) sans jamais nous laisser détourner par la peur, la lâcheté ou la séduction.
  • Il est la vérité, parce qu’il est la Vivante Parole de Dieu. Donnons-lui notre absolue confiance. Et vivons nous-mêmes de sa Vérité : rayonnons sa Vérité. De nous jours, si l’on veut réussir dans le monde, il est, hélas indispensable de camoufler la vérité et de passer par toutes sortes de compromis. Pour nous, qui sommes disciples du Christ, il faut que la vérité soit une : « oui quand c’est oui, non quand c’est non ». Tout le reste, précise Jésus, vient du démon qui est le Père du mensonge. Ainsi, quoiqu’il arrive et quelque puisse être notre intérêt immédiat restons ancrés, fixés dans la vérité.
  • Jésus est aussi notre meilleur et notre plus sûr ami. Etre fidèle, c’est en définitive l’aimer, mais attention, pas n’importe comment : « vous m’aimez, nous explique-t-il, si vous observez mes commandements, si vous gardez ma Parole ». Entre amis, entre époux, n’est-ce pas l’amour seul (amour d’amitié) qui constitue ce ciment que rien, ni l’épreuve, ni l’intérêt, ni l’échec ne réussit à dissoudre. Il faudrait que nous puissions faire nôtre le cri d’enthousiasme de saint Paul : « qui jamais me séparera de l’amour du Christ ? Ni la vie, ni la mort, ni le présent, ni l’avenir, ni aucune créature quelle qu’elle soit ».

Votre fidélité, frères et sœurs, consiste également à faire confiance à l’Eglise sur les genoux de laquelle nous avons tout appris et dont nous avons encore tellement à apprendre. Il faut surtout, à l’heure actuelle que notre amour de l’Eglise, cette église qui est le Christ répandu et communiqué, selon la définition de Bossuet, se traduise par une fidélité indéfectible au Pape qui est le Vicaire du Christ ici-bas, la Pasteur suprême du Peuple de Dieu.

Notre fidélité doit se manifester encore par notre persévérance dans la prière, car, c’est par elle que nous tissons des liens d’amitié de plus en plus solides avec le Seigneur, et par une participation assidue à l’Eucharistie et qui est présence et action divinisante du Christ Ressuscité en nos âmes.

Enfin notre fidélité chrétienne consiste à nous efforcer de mettre toutes nos convictions, tous nos actes, toute notre vie en accord avec l’Evangile. Nous le savons par expérience, ce n’est pas une petite affaire d’être fidèle à Dieu dans l’intime de l’esprit et du cœur et dans tous les détails de la vie quotidienne, que ce soit en famille, au travail, dans les loisirs, dans les relations avec le prochain... qu’on soit enfant, adulte ou personne âgée, célibataire, marié ou consacré à Dieu. Cela requiert des efforts coûteux à renouveler 100 et 1000 fois par jour, avec une persévérance et une ténacité inlassables qui doit s’appuyer constamment sur le secours de Dieu, car sans le Christ « nous ne pouvons rien faire ».

Cette grâce de tous les instants (qui porte le nom de grâce actuelle) Jésus l’a demandée à son Père pour chacun et chacune d’entre nous dans sa Prière Sacerdotale et il continue de la demander maintenant qu’il est au ciel.

Nous pouvons être sûrs, par conséquent, qu’elle ne nous fera jamais défaut, puisque la prière du Christ est toujours exaucée.

Amen.

 

Prière universelle

Église en prière, comme la première communauté de Jérusalem, tournons-nous vers le Christ et adressons-lui notre supplication pour tous les hommes. Écoute-nous, en ce jour, répands sur le monde ton amour.

- À chaque époque, l'Église doit faire face à des situations nouvelles, se tourner vers l'avenir et non se replier sur le passé. Que ton Esprit, Seigneur, l'inspire afin qu'elle sache apporter une réponse pertinente aux interrogations des hommes de notre temps.

- Chaque jour, les médias nous renvoient l'image d'un monde bouleversé par la haine, la violence et la guerre. Que ton Esprit, Seigneur, transforme le cœur des hommes afin qu'ils découvrent de nouveaux chemins vers la paix.

- Autour de nous, la souffrance est présente dans les corps et dans les cœurs. Pourtant, des hommes et des femmes se dévouent pour soulager les peines de leurs frères. Que ton Esprit, Seigneur, les soutienne afin qu'ils ne se découragent pas devant l'ampleur de la tâche.

- Chaque semaine, de diverses manières, notre communauté paroissiale se réunit pour prier. Que ton Esprit, Seigneur, renouvelle nos cœurs afin que nos actes ne viennent pas contredire nos prières ! Dieu notre Père, toi qui veux le salut de tous les hommes, envoie sur ton Église, sur le monde, sur nous-mêmes, l'Esprit d'unité, d'amour et de paix.

Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : https://dominicains.be/

Lectures du 7ème dimanche de Pâques en DOCX et PDF

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 16:41

Année B

Lecture du livre des Actes des Apôtres 10, 25-26. 34-35. 44-48

Le premier, Pierre ose annoncer l’Évangile à des païens, et la venue de l’Esprit sur les nouveaux croyants authentifie cette audace missionnaire.

Comme Pierre arrivait à Césarée chez Corneille, centurion de l’armée romaine, celui-ci vint à la rencontre, et, tombant à ses pieds, il se prosterna. Mais Pierre le releva en disant : « Lève-toi. Je ne suis qu’un homme, moi aussi ». Alors Pierre prit la parole et dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes ». Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants qui accompagnaient Pierre, et qui étaient juifs d’origine, furent stupéfaits de voir que, même sur les nations, le don de l’Esprit Saint avait été répandu. En effet, on les entendait parler en langues et chanter la grandeur de Dieu. Pierre dit alors : « Quelqu’un peut-il refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? » Et il donna l’ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ. Alors ils lui demandèrent de rester quelques jours avec eux. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Cet événement du livre des Actes est un tournant capital dans l’histoire de l’Église. Jusqu’à présent les disciples n’avaient annoncé l’Évangile et donné le baptême qu’aux juifs ou du moins qu’aux gens qui avaient accepté la loi juive de la circoncision. Corneille est le premier païen qui entend l’annonce de la Bonne Nouvelle. Il est significatif que ce soit Pierre, le chef des apôtres, qui ait engagé l’Église dans cette ouverture aux païens. Il ne l’a pas fait sans hésitation. Mais ici encore, c’est l’Esprit qui conduit l’Église. Sa venue sur Corneille et les siens anticipe la décision de Pierre qui en ordonnant de les baptiser ne fait que répondre aux signes de l’Esprit.

« Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ». Notre Père, apprends-nous à aimer comme toi de ce même amour sans frontière !

Psaume 97

R/ Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations.

  • Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ; par son bras très saint, par sa main puissante, il s’est assuré la victoire. R/
  • Le Seigneur a fait connaître sa victoire et révélé sa justice aux nations ; il s’est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d’Israël. R/
  • La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 4, 7-10

Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu et ils connaissent Dieu, car Dieu est amour, nous écrit saint Jean.

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Jean n’écrit pas que l’amour c’est Dieu ; il ne sacralise pas les liens d’affection, de fraternité ou de solidarité qui unissent les hommes. Pour Jean, Dieu est amour parce qu’il s’est montré tel tout au long de l’histoire : ce sont tous les gestes d’amour gratuit de Dieu pour son peuple, et le plus grand de tous, le don de son Fils, qui manifestent et révèlent ce qu’est Dieu. Voici à quoi Jean le reconnait : l’amour de Dieu a précédé le nôtre, l’amour de Dieu a fait naître le nôtre, l’amour de Dieu en nous pardonnant en Jésus Christ nous a rendus capables de répondre au sien. Dès lors, il n’y a de connaissance de Dieu et de vie avec lui que si l’homme à son tour manifeste un même amour gratuit à ses frères.

Dieu nous a aimés le premier. Quels sont ceux que j’ai été le premier à aimer, en prenant l’initiative de leur offrir une amitié sans calculs ?

Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 9-17

Jésus ne nous embauche pas seulement comme des serviteurs de la mission, il fait de nous ses amis.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Le chrétien porte ce beau titre d’ami de Jésus Christ. Nous sommes ses amis parce qu’il a donné sa vie pour nous, parce qu’il nous a introduits dans le secret du projet de Dieu sur le monde, parce qu’il nous a choisis. Cette amitié ne doit rien à nos mérites ; elle est le fait du grand amour du Christ pour les hommes. Pourtant on ne saurait se prévaloir de cette amitié sans en vivre les exigences, c’est-à-dire sans demeurer fidèles aux commandements du Père et sans accomplir la mission pour laquelle le Christ nous envoie dans le monde. Alors de se savoir ami du Christ peut être pour un homme le comble de joie.

Jésus nous a choisis pour ses amis, il nous a confié tout ce qu’il savait du Père et de son projet sur le monde. Comment répondre à tant d’amitié sans passer du temps, dans la prière, avec le Christ notre ami qui veut nous combler de sa joie.

Homélie

Toutes les paroles de l’Evangile que nous venons d’entendre sont extrêmement riches de sens. Nous réfléchirons plus spécialement ce matin sur celles qui concernent l’amour fraternel. « Mon commandement, dit Jésus, le voici : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés... Ce que je vous demande c’est de vous aimer les uns les autres ».

Ce qu’il importe de bien comprendre tout d’abord, c’est que Jésus nous demande beaucoup plus que de nous aimer les uns les autres : il veut que nous nous aimions« comme » lui-même nous a aimés. C’est à ce « comme » qu’il faut faire très attention, car il définit toute l’originalité, toute la nouveauté de ce que le Seigneur appelle « mon commandement à moi ». Cela veut dire que notre amour pour nos frères doit non seulement imiter l’amour de Jésus, mais qu’il doit être de même nature que le sien. Autrement dit : pour être authentique, notre amour envers le prochain doit être un amour surnaturel, ce qu’un philosophe converti exprimait en ces termes « aimer ce n’est pas humain, c’est divin ».

Il ne faut donc pas appeler amour chrétien, charité chrétienne ce qui est l’expression d’un amour purement naturel. Car il existe bien un amour naturel – et en lui-même, il est déjà quelque chose de grand – mais l’exercice spontané de notre affectivité n’est pas de soi l’exercice de la charité.

Saint Paul, vous le savez, va jusqu’à envisager le cas d’un homme qui donnerait tous ses biens aux pauvres, qui serait capable de se dévouer au point de livrer son corps aux flammes et qui n’aurait pas pour autant la charité. Vouloir à tout prix appeler Charité, amour chrétien des autres, ce qui n’est qu’entraide, solidarité ou dévouement pour une cause terrestre aussi juste qu’elle soit, c’est une erreur (bien trop répandue, hélas !) La nature humaine, même sans le secours de Dieu est capable de sympathie, de bienveillance et de dévouement... et nous en avons des exemples fréquents... mais on ne doit appeler Charité que ce qui est imprégné d’amour divin, que ce qui est l’expression d’un amour surnaturel habitant notre cœur...

Nous ne pouvons donc « aimer comme Jésus nous a aimés » que si nous sommes nous-mêmes, remplis de l’amour de Jésus, que « si nous avons en nous les sentiments qui furent dans le Christ Jésus » comme dit saint Paul. Il faut pour ainsi dire que ce soit le cœur de Jésus qui batte dans notre propre cœur. Disons, pour employer une image moderne : que le chrétien c’est quelqu’un qui a un cœur greffé, le donneur étant Jésus lui-même.

Oh ! Comme il faudrait que nous soyons profondément convaincus de cela, chers frères et sœurs, à savoir que la Charité fraternelle c’est le cœur de Dieu en nous :

- que la Charité fraternelle nous fait aimer tous nos frères sens exception (en commençant bien sûr par les plus proches) de cet amour dont Dieu lui-même les aime...

- que la Charité fraternelle nous fait communier, non par le sentiment, mais par la volonté, à cet amour indicible que Dieu porte à tout être humain, cet être qu’il a créé à son image et qu’il a sauvé et recréé dans le sang du Christ, cet être en qui Il vit ou en qui il rêve de vivre par sa Grâce afin de le diviniser et  de le béatifier... Car telle est bien la spécificité de la Charité chrétienne : elle nous fait vouloir pour notre prochain et servir en lui son véritable bien qui est la vie de Dieu en lui et son développement jusqu’en la vie éternelle.

Evidemment aimer de cette manière exige de notre part un ensemble de qualités dont Jésus qui est la Charité en actes nous a donné tout au long de sa vie terrestre un parfait exemple. Ces qualités qui brillent d’un si vif éclat à chaque page de l’Evangile, on peut, me semble-t-il les résumer ainsi :

  • Jésus a aimé d’un amour absolument gratuit, un amour qui ne calcule pas et n’attend pas de retour, qui veut le bien des ennemis et qui pardonne inlassablement.
  • Jésus a aimé d’un amour de frère universel qui ne connaît pas de frontières et ne laisse subsister aucune barrière sociale ou raciale, un amour qui se donne tout entier au prochain le plus proche comme au plus éloigné.
  • Jésus a aimé d’un amour qui ne connaît pas de limites et qui de ce fait va jusqu’au don de sa propre vie car « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Chers frères et sœurs, cet Idéal de l’amour qui à chaque instant donne se donne et pardonne. Nous ne pourrons l’atteindre que si nous « demeurons » dans l’amour de Jésus ; que si nous sommes constamment et très intimement unis au Seigneur par ces moyens irremplaçables que sont la prière... et les sacrements : l’Eucharistie surtout, mais aussi le sacrement de Réconciliation.

Comment, dès lors, cet amour venu d’En-Haut et diffusé à travers notre cœur ne pourrait-il pas connaître selon la promesse de Jésus une merveilleuse efficacité, en faisant grandir en nous la vie divine et en faisant régner au niveau des relations humaines cette Unité et cette Paix qui sont la condition du véritable bonheur !

Pour conclure, chers frères et sœurs, je voudrais dire ceci : il ressort de cet Evangile comme de la 2ème lecture choisie pour cette liturgie de la Parole que Dieu, qui est amour, veut que nous soyons comme lui des êtres d’amour... Ce qui signifie qu’à ses yeux nous ne sommes vraiment quelqu’un et n’avons de valeur que si nous entrons dans ce courant d’amour qui part de lui, Notre Père, est répandu dans nos cœurs par l’Esprit-Saint, circule dans toutes les cellules du corps mystique pour retourner finalement à sa source.

Aux yeux de Dieu, celui qui est le plus grand, ce n’est pas celui qui a le plus d’intelligence ou le plus de science, ce n’est pas celui qui a la plus belle situation ou le plus d’argent, encore moins celui qui est parvenu aux sommets de la puissance et de la gloire terrestre, aux yeux de Dieu le plus grand c’est celui qui aime le plus.

Puissions-nous, frères et sœurs, ne rechercher que cette grandeur là !

Puissions-nous, chaque jour, valoir plus en aimant plus...

Jésus nous a bien prévenus : la charité sera le sujet de notre examen final, parce qu’au Ciel seul l’Amour peut entrer... « Au soir de cette vie nous serons jugés sur l’Amour ».

Prière Universelle

"Il n'y a pas de plus grand amour, dit Jésus, que de donner sa vie pour ses amis..." Dans notre prière, rassemblons maintenant tous ceux et celles - croyants ou non - qui s'efforcent de vivre ce don d'eux-mêmes...

  • Père infiniment bon, vois l’Église que tu veux missionnaire de l’Évangile. Qu’elle se mobilise pour le proclamer à tous et se fasse accueillante à ceux qui te cherchent, même à tâtons. Nous t’en prions.
  • Père infiniment bon, vois de par le monde et aussi tout près de nous, les hommes, les femmes, les jeunes qui se sentent exclus en raison de leur race, de leur culture, de leurs pauvretés. Viens à leur secours en nous libérant de nos préjugés à leur égard, nous t’en prions.
  • Père infiniment bon, vois nos familles et nos communautés. Qu’elles progressent dans le respect mutuel et dans le service fraternel pour être dans le monde des témoins de ton amour, nous t’en prions.
  • À ceux qui chaque jour, fidèlement et sans bruit, se dévouent au service des autres : dans une école, un hôpital, un mouvement, une paroisse, une association caritative : donne ta joie, Seigneur, nous t'en prions.

Source : https://notredamedes3vallees.be

Lectures du 6ème dimanche de Pâques en DOCX et PDF

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29 avril 2021 4 29 /04 /avril /2021 20:10

Année B

Lecture du livre des Actes des Apôtres 9, 26-31

La rencontre du Christ ressuscité sur le chemin de Damas bouleverse la vie de Paul, mais elle commence aussi à faire bouger l’Église.

En ces jours-là, arrivé à Jérusalem, Saul cherchait à se joindre aux disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne croyaient pas que lui aussi était un disciple. Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta aux Apôtres ; il leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment, à Damas, il s’était exprimé avec assurance au nom de Jésus. Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec eux, s’exprimant avec assurance au nom du Seigneur. Il parlait aux Juifs de langue grecque, et discutait avec eux. Mais ceux-ci cherchaient à le supprimer. Mis au courant, les frères l’accompagnèrent jusqu’à Césarée et le firent partir pour Tarse. L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elle se construisait et elle marchait dans la crainte du Seigneur ; réconfortée par l’Esprit Saint, elle se multipliait. - Parole du Seigneur.

Commentaire : L’arrivée de Paul va donner à l’Église un nouveau souffle missionnaire. Cependant sa conversion doit être authentifiée par les apôtres à Jérusalem. Ensuite il lui faudra rencontrer l’opposition mortelle de ses anciens coreligionnaires. Ainsi obligé de fuir il ira annoncer la Bonne Nouvelle en dehors de la Palestine. Dans son livre des Actes, Luc note consciencieusement cette progression de l’Église conduite par l’Esprit sous la poussée des évènements : d’abord Jérusalem, puis la Palestine, ensuite avec Pierre et Paul, les païens.

Des jeunes et des adultes ont été baptisés à Pâques. Qu’apportent-ils comme sang neuf dans nos communautés ? Savons-nous les épauler quand ils rencontrent l’indifférence ou l’opposition auprès des leurs ?

Psaume 21

R/ Tu seras ma louange, Seigneur, dans la grande assemblée !

  • Devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses. Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ; ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent : « À vous, toujours, la vie et la joie ! » R/
  • La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, chaque famille de nations se prosternera devant lui : « Oui, au Seigneur la royauté, le pouvoir sur les nations ! » R/
  • Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son œuvre ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 18-24

Saint Jean nous rappelle que l’amour fraternel ne consiste pas en beaux discours, mais se traduit en actes.

Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ; car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. Bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous avons de l’assurance devant Dieu. Quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux. Or, voici son commandement : mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé. Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné part à son Esprit. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Jean distingue ici deux cas : celui du chrétien que son « cœur » accuse, c’est-à-dire qui a mauvaise conscience, et celui que son « cœur » n’accuse pas. Au premier il rappelle que celui qui s’efforce d’aimer pour de vrai, d’un amour qui oblige à payer de sa personne, peut trouver la paix : Dieu reconnaît sa recherche sincère de la vérité et lui pardonnera parce que le jugement de Dieu est plus miséricordieux que celui de notre conscience. Au second il promet une intimité confiante avec Dieu, l’exaucement de sa prière, dans la mesure où sa bonne conscience n’est pas un leurre, c’est-à-dire si elle s’appuie sur une foi vivante en Jésus Christ se traduisant en un véritable amour de ses frères.

Comment pouvons-nous aider ceux qui ont mauvaise conscience, que leur cœur accuse, à croire en l’amour miséricordieux du Seigneur pour eux ? Comment aider ceux qui ont bonne conscience que leur cœur n’accuse pas, à croire à l’amour exigeant du Seigneur ?

Alléluia. Alléluia. Demeurez en moi, comme moi en vous, dit le Seigneur ; celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 15, 1-8

Nous ne portons du fruit qu’unis à Jésus Christ, comme des sarments le sont à la vigne.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : le peuple d’Israël est appelé symboliquement, tout au long de la Bible, la Vigne du Seigneur. Mais cette vigne n’a jamais produit que des fruits de médiocre qualité. En se disant la vraie vigne, Jésus prend le relais du peuple d’Israël et inaugure un peuple nouveau. L’appartenance à ce nouveau peuple n’est plus d’ordre ethnique, racial ou religieux, mais dépend de l’union étroite avec Jésus, la vraie vigne. Qui se détache du cep se dessèche ; qui demeure lié à Jésus porte du fruit. Mais demeurer lié à Jésus, c’est accepter de souffrir, d’être un sarment que le vigneron taille pour assurer la récolte future tout comme Jésus s’apprête à entrer dans sa passion, chemin obligé de sa résurrection et de sa glorification par le Père.

Quand ai-je fait l’expérience, souvent douloureuse, d’avoir été taillé par le vigneron pour porter davantage de fruit ? Qu’est-ce qui me maintient fermement attaché au cep : la prière, la charité, les sacrements, le partage fraternel… ?

Homélie

L’image si parlante de la vigne que Jésus emploie dans l’Evangile de ce jour attire notre attention sur ce qui est l’essentiel de notre foi chrétienne : notre vie de baptisés, cette vie d’enfants de Dieu qui par une communion intime avec le Christ fait de nous des êtres en cours de divinisation et nous achemine vers la Béatitude éternelle du ciel.

Un des mots clés de ce chapitre 15 du 4ème Evangile, c’est bien le mot « demeurer ». On l’y retrouve 11 fois. Saint Jean l’emploie au moins 70 fois dans son Evangile et cela dès le 1er chapitre : « ils virent où il demeurait et ils demeurèrent auprès de Lui ce jour-là ». (verset. 39) – Demeurer avec Jésus, comme lui-même demeure avec son Père dans l’unité de l’Esprit-Saint, n’est-ce pas là, frères et sœurs, le suprême secret révélé par Jésus ? C’est en cela que la religion chrétienne se distingue de toutes les autres.

Dieu veut établir avec chacun et chacune d’entre nous un lien de même nature que celui qui l’unit à son Fils Bien-aimé, à l’image de l’unique sève qui circule dans le tronc et dans les branches. Nous devinons à quelle profondeur de relations cela nous situe. Des mots comme ceux-là : « Je suis le Cep, vous êtes les sarments », ça ne s’invente pas, ça s’accueille dans l’émerveillement, dans la joie que Dieu donne ainsi à l’homme de pouvoir partager sa vie, de pouvoir communier dès cette terre par un exercice constant des vertus de Foi, d’Espérance et de Charité à la vie éternelle des 3 personnes divines : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Oui, cette proposition inouïe est faite à l’homme, libre à lui de l’accepter ou de la refuser : grandeur et responsabilité de celui ou de celle qui peut accueillir ou laisser à la porte le Dieu qui se fait « mendiant d’amour ». Et cela nous indique assez l’importance de notre effort personnel de rencontre avec Jésus, en particulier de ces temps prolongés de prière qu’il faut savoir s’imposer chaque jour, de ces moments exclusivement consacrés au Seigneur, où dans le recueillement, le silence, on s’exerce à croire, à espérer et à aimer... Mais avons-nous vraiment ce souci ? Cela devrait passer, pour nous, avant tout le reste, être la priorité absolue. « Dieu premier servi » disait sainte Jeanne d’Arc.

On entend souvent dire : « Je n’ai pas le temps » ; c’est une mauvaise excuse, car on trouve toujours le temps de faire ce qu’on considère comme essentiel... quitte à sacrifier autre chose... Nous ne sommes pas assez convaincus que la prière c’est quelque chose de VITAL. Celui qui ne prie pas devient très vite comme un sarment sec dans lequel la vie divine ne coule plus : il ne peut pas être uni à Dieu. Celui qui au contraire demeure en Jésus par une prière constante et Jésus en lui, qui vit dans une intime communion avec Jésus, celui-là peut porter beaucoup de fruits, c’est-à-dire réussir pleinement sa vie selon Dieu, parvenir à ce plein épanouissement de la vie surnaturelle qu’est la sainteté, en vivant à fond l’unique commandement de l’Amour... Jésus insiste très fort sur ce point puisque dans le seul chapitre 15, il emploie 7 fois l’expression « porter du fruit... »

Mais ici, frères et sœurs, intervient une exigence que les vignerons connaissent bien et pratiquent avec amour : il s’agit de la taille, de l’émondage...

La taille, ça fait très mal et ça saigne, mais c’est très efficace. Le vigneron sait très bien que s’il laisse pousser les excroissances qu’on appelle « les gourmands » il ne pourra pas faire de récolte... Demandons-nous souvent si les gourmands de notre égoïsme, de notre attachement à tout ce qui n’est pas Dieu n’empêchent pas en notre âme la montée de la sève divine ?

Saurons-nous accueillir, alors, l’indispensable émondage : cette taille de Dieu qui élimine tout ce qui est inutile en nos vies et nous purifie en vue d’un plus grand amour. N’oublions jamais que c’est l’une des significations de la souffrance permise par Dieu (dans nos vies). Comment pourrait-on d’ailleurs demeurer dans le Christ sans le suivre dans son sacrifice. Le fruit magnifique de la Résurrection suppose le passage par la croix. La croix de Jésus fut, nous le savons, son dépouillement suprême, elle doit être pour nous aussi la suprême purification. Et s’il nous semble parfois que le Père taille rudement dans notre chair ou dans notre cœur, ne cédons pas à la tentation de la révolte ou de l’abattement : nourrissons-nous encore davantage de la sève du Christ, c’est-à-dire de sa grâce qu’il répand à profusion par le moyen de la prière et par le canal des sacrements en particulier l’Eucharistie et puis coûte que coûte gardons courage en nous rappelant souvent la promesse des fruits...

- Le verbe « demeurer » évoque enfin dans l’Evangile de Jean une vérité bien réconfortante pour les êtres éphémères que nous sommes. En nous invitant à demeurer en lui, Jésus lance en fait un défi au temps. Le temps fait de nous des passagers, que nous le regrettions ou non c’est ainsi : nous ne durons pas... comme dit le Psaume « nos années s’évanouissent dans un souffle, elles s’enfuient et nous nous envolons ». Mais les passants que nous sommes en demeurant en Jésus prennent dès ici-bas un gage sur l’Eternité. Prennent en gage l’Eternité elle-même. Déjà, nous sommes en Dieu par la vie de la grâce : nous sommes en dehors du temps tout en y demeurant.

Avant de passer de ce monde à son Père, Jésus nous a fait cette stupéfiante promesse : « dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures. Je m’en vais pour vous préparer une place ».

Vivons donc de plus en plus dans l’Espérance que nous sommes en route vers une demeure qui est celle de Dieu, mais qui par un merveilleux dessein de ce Dieu de tendresse et d’amour, peut être déjà la nôtre, dès aujourd’hui si nous le voulons.

Amen.

Prière universelle

 

R/ : Exauce nos prières, Jésus ressuscité.

« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en, nous a promis Jésus, demandez ce que vous voudrez et vous l’obtiendrez »…Sûrs de sa parole, prions-le avec foi.

  • Nous te prions pour l'Église qui a pour mission d'annoncer la Bonne Nouvelle. Que les paroles et les actes de ceux qui la représentent révèlent ta tendresse. R/
  • Nous te prions pour tous les gouvernants et tous ceux qui ont des décisions importantes à prendre. Que l’Esprit Saint guide leurs décisions afin qu’elles soient respectueuses de notre sœur la Terre, de la Vie humaine et de la dignité de chacun. R/
  • Nous te prions pour tous les demandeurs d'asile qui attendent avec angoisse la réponse à leur requête. Que ton Esprit inspire des décisions justes et humaines à ceux qui doivent statuer sur leur sort. R/
  • Nous te prions pour notre communauté : Donne à tous de vivre en vrais disciples et de porter du fruit dans nos milieux de vie, En vivant dans le concret son commandement de l’amour. R/

Seigneur, écoute avec bonté la prière de ton peuple rassemblé ; accorde à tous ce qu'ils te demandent et, à chacun ce qu'il faut. Que l'Esprit du Ressuscité irrigue leur vie et les comble de joie et de paix, Toi le Vivant, pour les siècles des siècles. Amen.

 

Source : https://coteauxdeloire.diocese49.org/

Lectures du 5ème dimanche de Pâques en DOCX et PDF

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 17:31

Année B

Lecture du livre des Actes des Apôtres 4, 8-12

La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle. Vraiment, Dieu ne bâtit pas comme les hommes.

En ces jours-là, Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : La bible déclarait coupables et justiciables de la peine de mort ceux qui faisaient des prodiges en un autre nom que celui du Seigneur, Dieu d’Israël. La question des membres du grand conseil est donc un piège tendu à Pierre. Mais celui-ci n’hésite pas à déclarer que c’est au nom de Jésus de Nazareth, crucifié par eux, ressuscité par Dieu, que s’est opérée la guérison de l’infirme. Bien plus, il affirme qu’il  n »y a pas de salut en dehors de Jésus et cite à l’appui un psaume déclarant que la pierre rejetée comme mauvaise par les bâtisseurs est celle même dont Dieu a fait la pierre d’angle de la construction du nouveau peuple de Dieu. C’était dire au grand conseil qu’il était disqualifié par Dieu lui-même et l’inviter à reconnaître en Jésus son Sauveur.

Que le courage de Pierre nous soutienne pour témoigner avec autant d’audace de notre foi en Jésus ressuscité.

Psaume 117

R/ La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle.

  • Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes ; mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les puissants ! R/
  • Je te rends grâce car tu m’as exaucé : tu es pour moi le salut. La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. R/
  • Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! De la maison du Seigneur, nous vous bénissons ! Tu es mon Dieu, je te rends grâce, mon Dieu, je t’exalte ! Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-2

Dieu, le Père de Jésus Christ, a fait de nous ses enfants. Voyez comme il est grand, son amour ! Et nous qui en doutons si souvent !

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Déjà nous somme enfants de Dieu à cause de l’amour dont le Père nous a comblés en nous donnant son Fils. Pourtant, quelle condition pitoyable que la nôtre en butte à l’indifférence, au mépris, à l’ignorance ! On en viendrait à douter de cette réalité. Mais lors de la venue du Fils de Dieu, le voile tombera : en voyant Jésus tel qu’il est devenu par sa résurrection, nous nous reconnaîtrons semblablement aimés par le Père, fils comme le Fils.

A chaque messe nous affirmons de Jésus que « nous attendons sa venue dans la gloire ». Est-ce le cri de notre amour qui désire ce face à face avec Jésus comme l’aboutissement de notre recherche de Dieu ?

Alléluia. Alléluia. Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 11-18

Les brebis du Christ, les hommes qu’il connaît et pour lesquels il donne sa vie, débordent les limites de toutes les bergeries, même celle de l’Église.

En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Jésus développe l’image du berger dans deux directions. À l’encontre des bergers à gages qui se conduisent par intérêt et abandonnent les brebis devant le danger, Jésus est en relation personnelles avec chacune et donne sa vie pour elles. Ainsi est mise en évidence la conduite défaillante des pharisiens et aussi de certains responsables de l’Église du temps de Jean.

D’autre part, Jésus reconnaît pour siennes les brebis qui ne sont pas de la bergerie d’Israël : elles aussi entendront sa Parole transmise par l’Église, de sorte que toutes bénéficieront de la vie que Jésus donne et trouveront l’unité dans l’adhésion au même Seigneur qui s’est livré pour elles.

Si nous avons quelques responsabilités dans l’Église : catéchisme, animation liturgique, accueil, préparation au baptême ou au mariage, etc… relisons cette page de l’évangile et appliquons-nous ce que Jésus indique comme conduite à tenir envers ses brebis.

Homélie

En ce jour consacré à la prière pour les vocations je voudrais vous livrer quelques réflexions sur le Sacerdoce Ministériel autrement dit sur le Prêtre.

Le Prêtre que, trop souvent, les chrétiens eux-mêmes comprennent plutôt mal parce qu’ils le regardent avec des yeux humains et non avec les yeux de la Foi. Car le Prêtre, voyez-vous est avant tout un mystère, c’est-à-dire une réalité surnaturelle qui nous dépasse.

Le Saint Curé d’Ars disait : « Le Prêtre ne se comprendra bien qu’au ciel : si on arrivait à le comprendre sur la terre on en mourrait, non pas de frayeur, mais d’amour ».Seule la Parole de Dieu exprimée par les textes du Nouveau Testament peut nous dire ce qu’est en vérité un Prêtre de Jésus-Christ. « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, disait Jésus à ses Apôtres, qui sont les premiers prêtres, c’est moi qui vous ai choisis… » Oui, le Prêtre c’est un homme que Jésus a, lui-même choisi, qu’il a appelé pour continuer, pour actualiser au milieu des hommes sa mission de Sauveur ; un homme qu’Il a investi de son pouvoir divin pour qu’il puisse exercer au bénéfice de ses frères les fonctions de son souverain Sacerdoce, unique et éternel. Car, il ne faut jamais l’oublier, il n’y a qu’un Seul Prêtre et c’est Jésus-Christ : les autres prêtres ne sont que des participants et des instruments vivants de son Sacerdoce. Comme nous l’explique la Lettre aux Hébreux« Jésus est le Grand Prêtre par excellence, le Grand Prêtre du bonheur qui vient, le médiateur de l’Alliance Nouvelle ». Ayant pris sur Lui tous les péchés de l’humanité, il nous a mérité par l’offrande de son sacrifice de la Croix (sacrifice pour lequel il est à la fois Prêtre et Victime), une libération absolue et définitive. Ayant réconcilié avec leur Père les enfants révoltés, il a rendu à nouveau possible cet échange, ce va et vient de l’amour qui permet de réaliser la vraie communion avec Dieu et avec tous. Jésus est désormais le Grand Pont jeté entre le ciel et la terre par lequel Dieu vient jusqu’à nous et par lequel nous allons jusqu’à Dieu. C’est par Lui, en effet, que nous arrivent toutes les grâces dont nous avons besoin pour progresser, jour après jour, dans la sainteté et parvenir ainsi à la Béatitude et à la gloire de la vie éternelle où il est Lui-même entré le premier, en tant que Chef de file de toute la caravane humaine. Mais pour que son unique Sacerdoce puisse s’exercer concrètement vis-à-vis des hommes à travers l’espace et le temps (pour qu’il puisse être monnayé en quelque sorte), il a fallu que le Christ-Jésus trouve le moyen adapté, le moyen capable de perpétuer sa présence, capable de continuer sa mission divine d’enseignement, de rédemption et de sanctification. C’est la raison pour laquelle il a inventé cet instrument universel de salut, tout à fait original qui s’appelle l’Eglise.

L’Eglise : qui est chargée de rassembler tous les hommes dans la vérité de sa Parole et l’unité de son Amour et qu’Il a voulue pour cela, semblable à un grand corps dont nous sommes tous les membres et dont il est Lui-même la Tête Invisible.

Mais pour que cette Tête Invisible soit représentée parmi les hommes, Il lui a bien fallu prévoir une Tête Visible : c’est dans ce but qu’il a institué le Pape, les Evêques et les Prêtres qui sont le signe visible et l’instrument de son Sacerdoce.

Dans cette lumière il apparaît que le Prêtre, ce n’est rien moins qu’un autre christ, une copie vivante de Jésus Prêtre : tout comme le Christ, il est un médiateur de la Nouvelle Alliance, un carrefour d’échanges entre le Divin et l’Humain : tout comme le Christ, et au Nom du Christ, il a pour mission essentielle de donner Dieu aux hommes et d’unir les hommes à Dieu.

Un tel rôle, le Prêtre ne peu valablement le remplir que si dans l’exercice de ses fonctions, il est identifié au Christ Lui-même, que s’il parle et agit non pas en son Nom personnel, mais au Nom du Christ. Or, cela, il peut le faire en vertu même de son Ordination. Par le sacrement de l’Ordre, en effet, Jésus configure à son Sacerdoce l’homme qu’il a appelé, il l’investit de son autorité et lui confère des pouvoirs qui sont proprement divins : en particulier le pouvoir de pardonner les péchés et celui plus sublime encore qui consiste à changer le pain en son Corps et le vin en son Sang afin que soit réalisé dans l’Eucharistie le mystère de la Pâque : c’est-à-dire le passage progressif de toute la vie des hommes dans la vie de Dieu.

Ce rôle de médiateur, qui fait de lui un trait d’union permanent entre le ciel et la terre exige du Prêtre qu’il soit à la fois « l’Homme de Dieu » et « l’Homme des hommes ».  

Qu’il soit « Homme de Dieu » cela veut dire tout d’abord qu’il ne s’appartient plus, mais qu’il appartient tout à Dieu, qu’il lui est tout spécialement consacré et c’est là tout le sens de son célibat. Cela veut dire qu’il est tout centré sur Dieu, qu’il ne vit que pour Lui, qu’il attend tout de Lui. Et cela, il ne peut le réaliser que s’il est un homme de prière, que si la contemplation (qui est tout à la fois adoration et action de grâces) tient une place privilégiée dans sa vie.

Homme de Dieu cela veut dire aussi que dans tout son comportement et par toute sa vie le Prêtre doit témoigner de l’absolu de Dieu. Il doit être l’homme de ce qu’on a appelé la 4ème dimension, c’est-à-dire le témoin de l’Invisible, du surnaturel, du divin, de l’éternel.

Mais en même temps le Prêtre doit être « l’Homme des hommes ». Et tout d’abord parce qu’il « est pris parmi les hommes » comme le dit la Lettre aux Hébreux et qu’il « est établi pour les hommes ».

  • Homme des hommes parce que rien de ce qui est humain ne lui est étranger, sa mission propre étant de purifier, de spiritualiser, de sanctifier et d’offrir à Dieu toutes les valeurs humaines.
  • Homme des hommes parce que sans être du monde il doit vivre au milieu du monde : s’intéressant aux problèmes de tous ceux dont il est chargé, s’efforçant de comprendre leurs difficultés, portant dans son cœur tout ce qui fait leur vie : leurs souffrances et leurs joies, leurs projets et leurs espoirs et les offrant à Dieu dans sa prière et tout spécialement dans l’Eucharistie.
  • Homme des hommes parce qu’il doit, selon la très belle expression de Saint Paul « se faire tout à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ ».

Chers frères et sœurs, pour vivre cet Idéal Sacerdotal, les Prêtres disposent, bien sûr, des grâces spécifiques qui découlent du sacrement de l’Ordre. Mais ils ont besoin également du soutien fraternel de tous les fidèles, de leur compréhension, de leurs encouragements, de leur amitié, et par dessus tout de l’appui spirituel de leur prière. Ne manquons pas de les confier très souvent à la Vierge Marie qui les entoure d’un amour de prédilection parce qu’elle voit en chacun d’eux, une image de Jésus son Fils, l’Unique Prêtre.

Prions-la, avec ferveur, pour qu’elle les aide à exercer leur ministère de telle manière que les âmes dont ils ont la charge puissent parvenir à la Sainteté qui est le but assigné par Dieu à chacune d’elles.

Amen.

Prière universelle

R/ : Seigneur nous te prions

  • Le Bon Pasteur appelle aujourd’hui chaque baptisé à être responsable des vocations, Seigneur donne à ton Église et à tous ses membres l’audace d’appeler. R/
  • Le Bon Pasteur conduit son troupeau vers des près d’herbes fraîches. Seigneur donne aux dirigeants de ce monde la joie de servir ceux qui leur sont confiés. R/
  • Le Bon Pasteur connaît ses brebis. Seigneur donne aux malades, aux désemparés, aux oubliés d’être reconnus et aimés comme des frères. R/
  • Le Bon Pasteur proclame « vis et suis-moi ». Seigneur accompagne chaque fiancé(e), chaque séminariste et chaque novice dans sa réponse généreuse à te suivre. R/
  • Le Bon Pasteur écoute ses brebis. Seigneur donne à nos communautés d’écouter les clameurs du monde et d’agir pour la paix et la justice. R/

 Lectures du 4ème dimanche de Pâques en DOCX et PDF

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17 avril 2021 6 17 /04 /avril /2021 14:12

Année B

Lecture du livre des Actes des Apôtres 3, 13-15. 17-19

Rejeter Jésus, le Saint et le Juste, et lui préférer un meurtrier, Barabbas, tel fut le péché des Juifs. Mais Pierre annonce que Dieu est prêt à le pardonner.

En ces jours-là, devant le peuple, Pierre prit la parole : « Hommes d’Israël, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, alors que vous, vous l’aviez livré, vous l’aviez renié en présence de Pilate qui était décidé à le relâcher. Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier. Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins. D’ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs. Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie, souffrirait. Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Il y a quelque chose de tragique dans l’incompréhension que les juifs ont eue du mystère de Jésus. Alors qu’ils plaçaient au-dessus de tout la gloire de Dieu qui s’était révélé à Abraham, Isaac et Jacob, ils n’ont pas su reconnaître que celle-ci reposait sur Jésus ; du parfait serviteur de Dieu, ils ont fait un Serviteur souffrant en le livrant à la mort ; quand Pilate, un païen, reconnaissant son innocence voulut le relâcher, ils l’ont renié, lui le Saint et le Juste, et demandé la grâce d’un meurtrier ; lui, la source de la vie, le premier des vivants, ils l’ont tué, mais le Dieu d’Abraham l’a ressuscité ! Pierre et les apôtres qui sont les témoins de ces faits sont aussi les témoins du pardon que Dieu accorde aux juifs et de l’appel à la conversion qu’il leur adresse.

La résurrection de Jésus authentifie le pardon qu’il a donné du haut de sa croix et qu’il confie à ses apôtres et à son Église. Recevons-nous avec joie ce sacrement du pardon ?

Psaume 4

R/ Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !

  • Quand je crie, réponds-moi, Dieu, ma justice ! Toi qui me libères dans la détresse, pitié pour moi, écoute ma prière ! R/
  • Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle, le Seigneur entend quand je crie vers lui. Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? » Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage ! R/
  • Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance. R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 2, 1-5a

L’amour de Jésus pour les pécheurs que nous sommes est la suprême garantie de notre pardon, mais elle ne nous dispense pas de lutter pour être fidèles.

Mes petits enfants, je vous écris cela pour que vous évitiez le péché. Mais si l’un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. C’est lui qui, par son sacrifice, obtient le pardon de nos péchés, non seulement des nôtres, mais encore de ceux du monde entier. Voici comment nous savons que nous le connaissons : si nous gardons ses commandements. Celui qui dit : « Je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n’est pas en lui. Mais en celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Une certaine habitude des choses de Dieu fait que nous nous installons dans la médiocrité tout en prétextant connaître Dieu. Jean réagit contre cette insouciance. Connaître Dieu, c’est garder ses commandements, c’est-à-dire, d’une manière négative, éviter le péché, et, plus positivement, garder ses commandements dont Jean nous répète inlassablement qu’ils consistent à aimer Dieu et ses frères. Il est vrai que Jésus est notre intercesseur, le pardon des péchés du monde entier, mais ce serait mentir et délaisser la vérité que d’y trouver prétexte à ne pas entendre les exigences de l’amour de Dieu.

Parce que Jésus est auprès du Père le défenseur et l’avocat de tous ses frères en humanité, nos prières se concluent par la formule : « Par Jésus Christ notre Seigneur ». Quelle attention y portons-nous, spécialement lorsqu’il nous est demandé de préparer la prière universelle à la messe ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 35-48

Ce n’est pas un esprit qui se montre aux disciples, c’est bien Jésus, le crucifié, qui est maintenant vivant.

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai ». Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes” ». Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Écrivant pour des lecteurs d’origine grecque, Luc insiste fortement sur la réalité corporelle de la résurrection du Christ. Jésus n’est pas seulement un esprit immortalisé, il est ressuscité en son corps comme le prouvent les cicatrices de sa passion sur ses mains et ses pieds, et le repas qu’il prend devant ses apôtres. Les moyens pédagogiques qu’emploie Jésus pour se faire reconnaître ne doivent pourtant pas nous inciter à imaginer ce que peut être un corps ressuscité. Ce qui compte, c’est de reconnaître que tout ce que Moïse, les prophètes et les psaumes ont pressenti des souffrances et de la résurrection du Messie s’est accompli en Jésus : il est le Sauveur promis qui envoie ses disciples proclamer la bonne nouvelle que le pardon des péchés est devenu réalité.

« Il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures ». Si, durant ces dimanches de Pâques, nous demandions la même grâce au Christ ressuscité, pour nous et pour son Église !

Homélie

Saurions-nous répondre, chers frères et sœurs, aux questions suivantes :

  • - pourquoi croyez-vous ?
  • - pour quelles raisons avez-vous la foi ?...

Reconnaissons humblement que notre foi est plutôt mal étayée et que nous sommes souvent incapables de rendre compte de « l’espérance qui nous habite ».

L’Évangile que nous venons d’entendre nous rappelle fort à propos que notre foi n’est pas du sentimentalisme, mais qu’elle est essentiellement une adhésion raisonnée et réfléchie à une Révélation dûment constatée. Notre foi, nous dit le texte de saint Luc, s’appuie sur le témoignage des Apôtres et sur la base inébranlable de la Sainte Écriture.

  • I – Le témoignage des Apôtres : Jésus a pris soin, en effet de former des témoins crédibles de sa vie, de sa mort et de sa Résurrection. Tous affirment qu’ils ont été des témoins oculaires. Et, de fait, dans le texte entendu tout à l’heure nous voyons le Christ qui s’ingénie à rendre réellement palpable sa Résurrection... tous vont pouvoir le toucher : « constatez que je ne suis pas un esprit désincarné, un fantasme évanescent. Vous voyez et vous touchez bien mon corps de chair. Prenez ma main et sentez qu’elle est bien réelle ? Ca ne vous suffit pas... Bon, alors apportez-moi aussi quelque chose à manger du poisson grillé par exemple. Regardez, je mange ce morceau de poisson... » Apparemment ce corps de Jésus est le même qu’auparavant et il porte dans ses mains, ses pieds et son côté les marques de sa Passion. Et en même temps il semble radicalement différent car Jésus est capable de le rendre invisible et il peut aussi franchir les obstacles matériels. Jusqu’à cette apparition de Jésus, le soir de Pâques, les Apôtres étaient restés sceptiques. Maintenant qu’ils ont vu et touché le Seigneur, la peur les quitte et dans leur cœur, la joie et l’espérance renaissent. Ils peuvent enfin recevoir leur ordre de mission, vous serez désormais les témoins de ce que vous avez vu. « Vous devrez attester devant les hommes de la vérité des faits survenus durant ma vie publique et plus spécialement l’évènement de la Résurrection qui a consacré ma Seigneurie ». Et les Apôtres, nous le savons, ne se font pas prier : eux les déserteurs du Calvaire, les poltrons d’hier, s’en vont de par le monde affronter les foules, braver les scribes et les grands prêtres, défier les tribunaux romains. Rien ne peut les arrêter. On s’efforce de les faire taire, mais ils rétorquent « il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu ». Ce rôle de témoins prend alors une dimension solennelle d’authenticité, car il les conduit tous à la torture ou à la mort. Or, qui accepterait de mourir pour défendre un canular ou même une conception personnelle douteuse ? C’est donc sur ce socle solide qu’est le témoignage des Apôtres que s’est édifiée la foi des premières communautés. Comme l’atteste l’histoire, leurs successeurs ont repris leurs paroles avec un soin scrupuleux et ils ont transmis intégralement leurs messages. Garder le dépôt de la foi telle est la consigne laissée par les Apôtres à leurs disciples devenus à leur tour des témoins et cela jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, frères et sœurs, l’un des grands piliers de notre foi est cette longue, fidèle et puissante Tradition (avec un grand T) qui nous relie depuis 20 siècles au Christ Ressuscité. C’est elle notamment qui nous fait vivre de son Esprit.
  • II – Il faut ajouter cependant que la foi du chrétien s’appuie aussi sur la base solide et intangible de la Parole de Dieu consignée dans la Bible. Dans l’Évangile de ce jour, Jésus ne se contente pas de montrer son Corps Ressuscité, il montre aux Apôtres la conformité de ce qui est arrivé avec les Écritures. Il semble leur dire : « comment avez-vous pu douter à ce point ? Pourtant vous avez lu l’Écriture ! Vous étiez prévenus et préparés par les textes sacrés. Les prophètes avaient dressé pour vous le profil du Messie : un Messie venu apporter la paix dans les cœurs et régnant par l’amour ; mais aussi un Messie passant par la souffrance et prenant sur lui tous les péchés du monde, un Messie conduit à la mort comme un agneau à l’abattoir ». En plus, je vous avais prévenus moi-même... Souvenez-vous ! Il y a quelques jours encore je vous disais que nous allions« monter à Jérusalem et que le Fils de l’Homme serait arrêté, jugé, torturé, crucifié, mais que le 3ème jour après sa mort il ressusciterait ». Alors, dites-moi que devais-je faire de plus pour que vous croyiez ?

Voilà pourquoi, frères et sœurs, les textes bibliques restent encore aujourd’hui un point de référence pour éclairer et fonder notre foi...

La qualité extraordinaire de ces textes, surtout les paroles de Jésus nourrissent la foi des croyants. Bien plus, c’est toute la Bible qui est une garantie de la Foi, car nous assistons comme les Apôtres à la réalisation effective de ce qu’elle annonce. Une simple lecture des Évangiles montre, en effet, que les Apôtres aimaient à se référer à des paroles prophétiques de l’Ancien Testament pour asseoir leur démonstration de la divinité de Jésus. Il y a là un grand soutien pour notre foi... Et il en va de même d’ailleurs pour ce qui concerne les prédictions faites par Jésus lui-même qui se sont réalisées dans l’histoire de l’Église...

  • N’avait-il pas annoncé la chute du Temple de Jérusalem qui sera effectivement détruis par les Romains en l’an 70 de l’ère chrétienne ?
  • N’avait-il pas prédit que le petit nombre de ses disciples irait porter l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre et qu’ils seraient à l’origine d’un peuple immense : l’ÉGLISE ?
  • N’avait-il pas annoncé que cette Église essuierait bien des tempêtes, mais qu’il ne l’abandonnerait jamais ?

Tout s’est réalisé... Dès lors, chers frères et sœurs, une conséquence s’impose : si notre Foi est faible c’est parce que nous ne puisons pas suffisamment à cette merveilleuse source qu’est la Sainte Écriture : Ancien et Nouveau Testament !

Comme il l’a demandé à ses Apôtres, Jésus nous demande d’être ses témoins, mais nous ne pourrons l’être pleinement qui si nous sommes des passionnés de la Parole de Dieu, qui se laissent illuminer et modeler par Elle, et la font transparaître dans toute leur vie, à l’exemple de la Vierge Marie qui en cela comme en toute chose est une modèle insurpassable.

Prière Universelle

 

Les disciples ont de la difficulté à reconnaître Jésus après sa résurrection. Nous aussi avons parfois de la difficulté à le reconnaître dans nos vies. Prions le Père pour que l’humanité entière s’ouvre aux signes de sa présence.

R/ : Seigneur, écoute nos prières.

  • Prions pour l’Église afin qu’elle soit capable de lire les signes des temps et de répondre aux nouveaux défis qui lui sont posés. R/
  • Prions pour nos dirigeants afin qu’ils reconnaissent la dignité de toute personne humaine et qu’ils protègent les plus faibles. R/
  • Prions pour les personnes malades et celles qui sont seules afin qu’elles découvrent la compassion du Ressuscité au cœur de leurs souffrances et de leur solitude. R/
  • Prions pour notre communauté afin qu’elle reconnaisse la présence du Ressuscité et qu’elle en témoigne par toute sa vie. R/

Père saint, au cœur de notre monde, tu nous assures de ta présence et de ton soutien. Avec confiance, nous laissons nos prières monter vers toi dans l’espérance que tu les accueilles favorablement. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

Lectures du 3ème dimanche de Pâques en DOCX et PDF

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 20:39

Année B

Lecture du livre des Actes des Apôtres 4, 32-35

La fraternité des premiers chrétiens se concrétisait dans le partage, pour que nul d’entre eux ne soit dans la misère.

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Luc nous a rapporté comment quelques chrétiens étaient venus déposer aux pieds des apôtres l’argent provenant de la vente de leurs biens. Cette mise en commun des ressources n’était pas une obligation. Luc généralise donc quand il écrit que tous vendaient leurs champs ou leurs maisons. On a parlé à ce propos d’une tendance de Luc à idéaliser la vie de la primitive Église. Mais il s’efforce seulement de souligner les lignes de force qui traversaient la communauté, notamment la conscience d’une solidarité profonde entre croyants. Avoir « un seul cœur et une seule âme » n’était pas de leur part une unanimité factice, mais c’était faire qu’ « aucun d’entre eux n’était dans la misère ».

« Aucune d’entre eux n’était dans la misère ». Dans notre communauté chrétienne personne n’est-il dans la misère, matérielle mais aussi spirituelle, sans qu’il soit secouru par ses frères ?

Psaume 117

R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! ou : Alléluia !

  • Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour ! Que le dise la maison d’Aaron : Éternel est son amour ! Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : Éternel est son amour ! R/
  • Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur. Il m’a frappé, le Seigneur, il m’a frappé, mais sans me livrer à la mort. R/
  • La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle :c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 5, 1-6

Pour saint Jean, aimer Dieu ne relève pas des sentiments, mais d’une pratique de vie : garder ses commandements.

Bien-aimés, celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui. Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité. - Parole du Seigneur.

Commentaire : La foi chrétienne est une adhésion profonde à la personne de Jésus Christ et non seulement à un message impersonnel, fut-il celui de l’amour fraternel. Elle est de croire que Jésus de Nazareth, un homme de chair et en os qui a partagé notre histoire – que Jean résume ici dans le baptême d’eau reçu au Jourdain et dans le sang de la croix – est le Messie, c’est-à-dire celui en qui s’accomplissent les promesses faites par Dieu à l’humanité, et qu’il est le Fils de Dieu, c’est-à-dire une personne divine qui nous introduit dans une relation filiale avec Dieu. Une telle foi nous transforme progressivement en fils de Dieu, grâce à elle nous sommes vraiment nés de Dieu. Seule une telle foi nous rend vainqueurs du monde, c’est-à-dire des doutes et des contestations qui peuvent s’élever contre elle, mais aussi des découragements ou des tiédeurs qui nous menacent.

La foi est une victoire quotidienne sur le doute, le péché, le découragement, et pour cela elle est un combat. Qu’en est-il pour moi ?

Alléluia. Alléluia. Thomas, pare que tu m'as vu, tu crois, dit le Seigneur. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 19-31

Les doutes de l’apôtre Thomas deviennent pour lui un chemin de foi. En est-il de même pour nous ?

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ».

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant ». Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire :  Dans l'Évangile, tantôt Jésus marche devant pour montrer le chemin, tantôt il reste en arrière et invite ses disciples à préparer l'étape suivante. Parfois, il lui arrive de se mêler à la foule compacte de la ville ou bien de se retirer dans la solitude de la nuit, sans prévenir. Jésus n'est pas toujours là où on l'attend. C'est vrai de tout accompagnement respectueux. Tantôt indiquer le chemin, tantôt se faire discret et faire confiance. Sa mort a mis un terme à sa proximité, dans la parole comme dans le silence. Son absence fait mal, sa disparition fait peur. Au soir du premier jour de la semaine, Jésus se présente au milieu de ses disciples. Malgré les portes verrouillées, sa présence s'impose. Non comme un coup de tonnerre, mais comme une paix. Sa voix est douce comme la brise légère. Ce soir-là est le premier de la semaine, il inaugure un commencement. Il y eut un deuxième soir, et Thomas était là, pour que d'autres, que l'on n'attendait pas, entrent à leur tour dans la joie de croire.

Père Arnaud Favart

Homélie

L’Évangile de ce 2ème dimanche de Pâques nous relate l’apparition de Jésus Ressuscité au collège des Apôtres réunis au Cénacle.

Il ne s’agit donc pas d’une révélation privée, mais d’une révélation officielle faite aux responsables de l’Église naissante.

Ils sont tous là, y compris Thomas, le plus sceptique et le plus exigeant, son raisonnement est le suivant : Je ne veux pas seulement voir Jésus, car mes yeux pourraient êtres victimes d’une hallucination. Non, je veux mettre mon doigt à l’endroit des clous. Je veux mettre ma main dans son côté « j’ai besoin d’une démonstration expérimentale ».

Jésus (qui l’a tout de même fait patienter huit jours), se livre de bon cœur à l’expérience.

La transformation des Apôtres est alors totale : ils passent de la terreur à la joie. Quant à Thomas il passe du doute méthodique à la foi. En relisant l’Évangile nous réalisons combien nous pouvons êtres reconnaissants aux Apôtres d’avoir été d’abord des sceptiques avant de devenir des croyants convaincus. Ils ont douté et ils ont vu, pour qu’aujourd’hui nous puissions croire sans voir.

Car la foi, il faut l’affirmer haut et fort, ne va pas de soi. Admettre le mystère de l’Incarnation, la présence de Jésus dans l’Eucharistie, la virginité de Marie, le péché originel et toute autre vérité dogmatique ce n’est pas évident. Pourquoi avons-nous des doutes qui empoisonnent notre vie spirituelle ? C’est parce qu’à l’exemple de Thomas nous sommes des visuels.

Combien déclarent « Je ne crois qu’à ce que je vois. Ah ! Si la Sainte Vierge m’apparaissait, si je voyais un miracle, je croirais volontiers. »

Il est à parier que les mêmes devant de tels phénomènes trouveraient une explication scientifique…

Oui, nous voulons toucher le Seigneur, nous sommes modernes nous avons le droit et le devoir de tout vérifier scientifiquement. Or, les hommes du 21ème siècle qui se piquent d’êtres scientifiques se précipitent tête baissée dans les horoscopes, l’occultisme, le paranormal et que sais-je ? Autant de croyances qui n’offrent aucune certitude…

Le mal ne viendrait-il pas de ce qu’en fait nous sommes trop ignorants de notre religion ? Nous ne connaissons les splendeurs de la foi qu’à travers les bribes d’un catéchisme mal assimilé et en grande partie oublié.

Que répondrions-nous dites-moi, si l’on nous demandait d’écrire rapidement sur un papier notre définition de la messe, de l’Esprit-Saint, de l’Eglise ou du sacrement de mariage.

Dans ces conditions il ne faut s’étonner que les médias déstabilisent les croyants lorsqu’ils présentent les enseignements du Pape ou des évêques d’une façon caricaturale, rudimentaire et parfois même ridicule.

Il faut bien le reconnaître hélas ! Beaucoup parmi les chrétiens ne sont pas des hommes de peu de foi, mais d’une pauvre foi :

  • pour certains c’est une foi self service, ils piochent dans les vérités révélées, celles qui les arrangent, se fabricant ainsi un petit christianisme sur mesure… on a sa petite religion à soi.
  • pour d’autres c’est une foi genre fétichiste laquelle exige que Dieu soit à leur service.
  • pour d’autres encore c’est une foi qui saute de grandes fêtes en grandes fêtes au dessus d’un grand vide spirituel, une foi qui n’a pas de répercussions sur la vie…

Ce que nous devons bien comprendre, chers frères et sœurs, c’est que la foi n’est pas de l’ordre de la certitude scientifique…

La foi est une confiance éperdue accordée à la Parole de Dieu, la certitude que Dieu s’adresse à nous à travers les pages sublimes de la Bible et de l’Evangile et tant de messages d’amour qui nous parviennent à travers la Création, les personnes ou les évènements.

Mais il importe pour cela que nous soyons affamés de vérité et à l’écoute permanente de ce poste émetteur qu’est Dieu à l’image de ces radars géants qui écoutent des signaux venant de planètes lointaines…

La foi est une connaissance par signes que nous devons décoder.

Cependant la foi qui suppose certaines dispositions de recherche et d’accueil de la part de l’homme suppose également une grâce du Seigneur en ce sens que Dieu met des signes sur notre chemin et qu’il a la bonté de les éclairer par ce projecteur de Lumière divine qu’est l’Esprit-Saint.

C’est la raison pour laquelle nous devons demander dans notre prière ce don de Dieu qu’est la foi et le demander instamment : « Tu as de la chance de croire dit-on parfois au croyant : moi je n’ai pas la foi. » La réponse est simple : « Qu’attends-tu pour la demander ? »

« On n’a pas besoin d’avoir la foi pour prier, disait François Mauriac. Il faut prier pour avoir la foi. »

Et alors l’étonnement se réalise : le croyant qui n’est pas un voyant finit pourtant par devenir plus qu’un voyant parce que bien des pans du monde invisible sortent soudain de l’ombre pour lui. C’est le cas de Thomas : il fait plus que voir le Christ. Il croit et découvre alors beaucoup plus de choses que ne le perçoivent ses yeux de chair. Il ne dit pas simplement : Oui Jésus, tu es vivant, j’en ai la preuve. Il tombe à genoux et s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est à dire : « Ta résurrection est le signe que tu es Dieu ». A cette minute il est bien plus qu’un voyant.

Il est un croyant qui perçoit clairement l’invisible, qui perçoit la Divinité de Jésus.

L’immense joie éprouvée par tout converti qui découvre la foi est de voir soudain le monde autrement. Il découvre, ébloui, la face cachée du monde. Tout prend un sens nouveau. Toute la création transpire la présence de Dieu : chaque rose, chaque brin d’herbe, chaque insecte, chaque goutte de pluie, chaque cœur aimant…

« Après 87 ans d’observations et de réflexions disait le grand spécialiste du monde des insectes Henri Fabre, je ne peux pas dire que je crois en Dieu. Je le vois. »

Nous voulons voir Dieu, alors ouvrons les yeux : il nous attend partout.

En ce temps de Pâques nous prierons avec ferveur Marie notre éducatrice spirituelle, qui fut la première à croire avant de voir de nous communiquer sa foi enthousiaste en Jésus Ressuscité. 

Amen.

Prière Universelle

 

  • « Jésus leur dit : la paix soit avec vous ». Prions pour la communauté humaine, contaminée par tant de violence, de haine et de guerre. Donne ta paix à chaque homme de ce monde qui a soif de vivre heureux.
  • « Recevez l’Esprit Saint ». Prions pour les chrétiens : que chacun accueille avec foi et détermination ce don de l’Esprit Saint, qui, avec Jésus, nous révèle toute la bonté de notre Père du ciel.
  • « Moi je vous envoie ». Prions pour l’Église que tu établis témoin de la miséricorde de Dieu ; donne-lui d’être fidèle à sa mission, par la vérité de sa vie et la fraternité de ses membres.
  • « Remettez les péchés ». Prions pour les familles. Donne aux parents comme aux enfants de se pardonner sans cesse ; consolide en ces temps difficiles la cohésion des familles ; ainsi elles pourront aider à la guérison des liens sociaux malmenés par la pandémie.

 

Source : http://paroissecolomiers.com

Lectures du 2ème dimanche de Pâques en DOCX et PDF

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 12:54

Chaque année, lorsque nous revient la fête de Pâques, nous nous sentons habités, nous chrétiens, par une joie débordante.

Et si nous avons ainsi le cœur en fête c’est tout d’abord parce que nous sommes sûrs, de toute la certitude de notre Foi, que l’évènement a nul autre pareil que nous commémorons ce jour-là s’est réellement produit et qu’il demeure une réalité présente. Cet évènement que jamais personne ne pourra effacer de l’histoire, c’est la Résurrection du Christ.

Si nous nous réjouissons très fort à l’occasion de Pâques c’est aussi parce que nous avons la certitude qu’un jour, à notre tour, nous ressusciterons. Quand il reviendra, à la fin du monde, le Christ Jésus, le Roi de Gloire, transformera nos pauvres corps tombés pour un temps en poussière à l’image de son Corps Glorieux.

N’est-ce pas de la petite graine que dépendent les fleurs et les fruits ? Jésus a dit : « Je Suis la Résurrection et la Vie ».

Faisons en sorte qu’il soit dès aujourd’hui notre vie pour qu’il soit au dernier jour notre RÉSURRECTION !

Abbé Pierre Cousty

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 18:20

Année A

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1, 12-14

Chargée d’annoncer l’Évangile au monde, la première communauté chrétienne commence par prier.

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s'en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Une poignée de disciples, quelques femmes dont Marie, la mère de Jésus, c’est ce petit groupe qui s’est vu confier la mission la plus extraordinaire : proclamer que Jésus Christ est le Sauveur du monde. C’est une tâche qui dépasse les possibilités humaines de ces gens. Ils le savent bien, eux qui attendent dans la confiance et la prière la venue du Souffle de Dieu, promis par le Christ, qui peut seul les emporter jusqu’aux extrémités du monde.

Marie est présente à l’enfantement de l’Église par l’Esprit Saint. Prions la mère du Christ pour l’Église aujourd’hui. Prions-la de nous donner un cœur d’apôtre.

Psaume 26

R/ : J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. ou : Alléluia !

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/
  • J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m'attacher à son temple. R/
  • Écoute, Seigneur, je t'appelle ! Pitié ! Réponds-moi ! Mon cœur m'a redit ta parole : « Cherchez ma face ». R/

Lecture de la Première lettre de saint Pierre Apôtre 4, 13-16

Aux chrétiens persécutés, Pierre rappelle la béatitude de Jésus : « Heureux êtes-vous si l’on vous persécute à cause de moi ».

Bien-aimés, dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Que personne d’entre vous, en effet, n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Parlant ici plus clairement encore que précédemment des persécutions qui sévissent contre les chrétiens, l’apôtre Pierre rappelle la béatitude des persécutés à cause du Christ : réjouissez-vous parce que vous partagez le sort de Jésus, vous lui êtes encore plus intimement unis ; réjouissez-vous puisque vous savez que l’Esprit Saint est votre conseiller qui ne vous laissera pas être troublés et démontés devant les tribunaux païens. Mais Pierre sait aussi que la persécution peut conduire à la révolte ou à la délation de ses frères, et il met en garde ses correspondants contre les excès de violence ou la lâcheté.

Le titre de chrétien donné aux disciples par leur entourage païen les désignait comme « les partisans de Christ », un homme crucifié. Peu glorieux à l’époque, ce nom ne l’est guère plus aujourd’hui. Qu’il n’ait pas de honte, écrit Pierre, et qu’il rende gloire à Dieu à cause de ce nom !

Alléluia. Alléluia. Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ; je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17, 1b-11a

Jésus prie pour ses disciples qu’il laisse dans le monde, chargés de poursuivre sa mission.

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Que Jésus Christ prie pour ses apôtres et se refuse à prier pour le monde peut nous paraître étrange puisque Jésus est venu sauver le monde, non le condamner. Mais pour le monde qui a refusé de recevoir le Christ, Parole du Père, les disciples restent l’unique chance de salut : eux restent dans le monde avec la mission de faire connaître le seul et vrai Dieu et celui qu’il a envoyé. Le départ de Jésus vers son Père au travers de sa Passion, de sa Résurrection et de l’Ascension, la glorification de Jésus par son Père, montrent justement que la vie éternelle, la vie en plénitude à laquelle aspirent les hommes, c’est le Christ seul qui la donne : entré dans la gloire près du Père, ayant reçu autorité sur tout être vivant, il poursuit son œuvre de salut du monde par la communauté des croyants.

Jésus a prié pour nous qui sommes dans le monde chargés de faire connaître le Père et celui qu’il a envoyé. Il nous laisse le soin de prier pour le monde : c’est le but de la prière universelle que nous préparons pour l’assemblée eucharistique.

Prière universelle

Ce dimanche, après la montée au ciel du Christ, tournons-nous vers le Père avec nos sœurs et nos frères du monde entier, pour leur confier notre planète-terre avec l’aide du Saint Esprit.

R/ : Par ton Esprit renouvelle nos cœurs.

  • Envoie Seigneur ta lumière et ton amour sur l’Église qui est en marche, que son appel au respect de ta création que tu as confiée aux humains, soit bien accueilli par tous les hommes. Seigneur, nous te prions. R/
  • Envoie Seigneur ton esprit de vérité sur tous les dirigeants, qu’ils aient un souci véritable de la vie des petits et des pauvres et qu’ils mettent en œuvre un peu des intuitions que portent les mouvements populaires, les « 3T » : une terre, un toit, un travail pour tous les habitants de leurs pays. Seigneur, nous te prions. R/
  • Envoie Seigneur ta joie sur ceux qui ont traversé des épreuves causées par le Covid-19, qu’ils retrouvent la foi en cette vie et que la sympathie de leur entourage les porte. Seigneur, nous te prions. R/
  • Envoie Seigneur ton esprit de service sur les diacres, que ta Parole dirige leurs vies et que leur foi stimule toute l’Église et la rende plus charitable. Seigneur, nous te prions. R/
  • Envoie Seigneur la paix sur chaque famille, qu’elle soit vraiment un signe véritable de ton amour miséricordieux sur cette terre. Seigneur, nous te prions. R/

Seigneur Dieu, reçois toutes nos demandes, transforme les souffrances que tes enfants vivent actuellement en un bien pour aider à la naissance d’un monde plus fraternel sous l’action de ton Esprit, par Jésus Christ, ton fils, bien aimé. Amen.

Source de la P.U. : http://jardinierdedieu.fr/

Homélie

En lisant l’Évangile de ce dimanche entre Ascension et Pentecôte, nous sommes témoins de la Prière de Jésus à l’heure où il va « passer de ce monde à son Père ».

Cette prière de Jésus « à cœur ouvert » devant Dieu son Père et devant ses disciples nous fait contempler l’âme de notre Seigneur. Chacune de ses paroles extrêmement riches de sens mériterait un commentaire approfondi.

Que nous apprend Jésus en s’adressant ainsi à son Père ? Il nous fait comprendre que la prière chrétienne est essentiellement une communion.

« Tout ce qui est à Toi est à moi, comme tout ce qui est à moi est à Toi ». Jésus est en communion totale avec le Père. L’ensemble de cette prière mémorable (dont nous ne lisons aujourd’hui qu’une partie) laisse apparaître ce partage d’être, d’amour et de vie, de volonté et de projet entre le Fils et le Père... Non seulement ils sont présents l’un à l’autre, mais une union éternelle les lie l’un à l’autre : « Tu es en moi et moi en Toi ».

Les évangélistes, surtout saint Luc, ont retenu le souvenir de ces solitudes nocturnes prolongées où Jésus priait. Là réside le secret de sa mission sur la terre. Sa prière permanente était une adhésion aimante à la volonté du Père qu’il venait accomplir. Au Jardin des Oliviers, durant son agonie, sa supplication était rythmée par cette demande : « Que ta volonté soit faite et non la mienne ».

« Le Père et moi nous sommes UN » : cette union qui surpasse tout ce que nous pouvons imaginer et vivre à notre niveau nous dit tout de l’intensité de la prière de Jésus. Elle s’identifie complètement à ce que veut et fait le Père.

Nous sommes éblouis et notre prière en regard de celle de Jésus nous semble bien pauvre, faible et limitée. Trop souvent elle n’est faite que de mots enchaînés rapidement et distraitement sans communication réelle avec le Seigneur.

La vraie prière est communion avec Dieu, souvent dans le silence, sans paroles exprimées. Pensons ici à ce que disait un brave paysan d’Ars à son saint Curé : « Je l’avise et il m’avise ». Elle est aussi communion fraternelle avec tous les priants et avec celles et ceux qu’elle veut porter. Elle tisse des liens mystérieux entre les personnes, même au-delà de la mort : avec la très Sainte Vierge et les Saints et aussi avec nos chers défunts. Elle transcende le temps et l’espace... Celui qui à découvert ce contact intérieur avec Dieu et ses frères connaît le bonheur de prier, un bonheur qu’il lui est difficile d’exprimer et de partager comme toute expérience profonde.

Il y a un autre aspect qui caractérise cette grande prière du Christ : on l’appelle, en effet, la PRIÈRE SACERDOTALE parce que c’est celle du Souverain Prêtre qui intercède pour son Eglise. Cette prière exprime l’action de grâces, elle est don Eucharistique.

Sur le point de quitter ce monde pour retourner vers le Père, Jésus présente en quelque sorte un bilan de sa mission, il lui rappelle ce qu’il a réalisé : « Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’as confiée... J’ai fait connaître ton Nom aux hommes ». Le nom dans la tradition biblique n’est pas autre chose que Dieu lui-même.

Jésus a révélé le Père par le témoignage de sa parole et de son action auprès des humains, pécheurs, malades et pauvres. En cette heure qui est pourtant dramatique, il laisse éclater sa joie, la joie d’avoir accompli l’amour du Père pour le monde, la joie de la mission achevée. De mon cœur jaillit une immense et ardente reconnaissance.

Qu’en est-il pour nous frères et sœurs ? Notre prière est si souvent plainte, cri et requête... Elle en vient à oublier que sa plus belle expression c’est l’action de grâces... II n’y a rien qui touche autant le cœur de Dieu disait sainte Thérèse de l’Enfant Jésus que ce merci, cette reconnaissance qui s’enracine dans une conscience émerveillé des dons de Dieu. Le cantique de Marie en est le plus bel exemple : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom ».

Il y a un troisième point particulièrement frappant dans cette extraordinaire prière : Jésus y manifeste le souci de ceux que le Père lui à donnés, les apôtres d’abord qui les premiers ont répondu à son appel, mais aussi tous ses disciples de tous les temps. Il prie pour eux avec une infinie tendresse. Dans cette intercession qui occupe la plus grande partie de sa prière, il supplie le Père de les garder du « mauvais », car il sait combien leur tâche sera risquée dans le monde. Leur fidélité sera sans cesse mise à l’épreuve. Ce qui le préoccupe surtout c’est leur unité « Père qu’ils soient un ». Prière bouleversante si en la méditant nous réalisons que le Christ a pensé à nous, à chacun de nous ce soir là.

Comme elle devrait, frères et sœurs, nous ancrer dans une confiance indéfectible cette certitude : à savoir que nous sommes aimés passionnément par le Christ-Jésus qui ne nous enlèvera pas du monde, mais qui à chaque instant intercède pour nous auprès du Père en lui disant : « Père, tu me les as confiés, ne permets pas qu’ils se perdent ».

Prions, comme lui, pour tous ceux qui nous sont confiés. Rappelons-nous que la prière pour les autres est une des plus belles expressions de l’amour fraternel.

Chers frères et sœurs, la 1ère lecture de cette messe nous a fait contempler la Vierge Marie en prière au milieu des Apôtres qui attendaient la venue de l’Esprit-Saint promise par Jésus.

En cette semaine préparatoire à la Pentecôte, supplions-la de nous obtenir de l’Esprit-Saint la grâce d’entrer de plus en plus dans la prière sacerdotale, la sublime prière de Jésus. Plus nous la ferons nôtre et plus nous saisirons la profondeur de l’Amour de Dieu pour nous.

Amen.

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 16:50

Année A

Lecture du livre des Actes des Apôtres 8, 5-8. 14-17

Le premier, Philippe ose annoncer l’Évangile en Samarie, et la venue de l’Esprit sur les nouveaux croyants authentifie cette audace missionnaire.

En ces jours-là, Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie, et là il proclamait le Christ. Les foules, d’un même cœur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. Et il y eut dans cette ville une grande joie.

Les Apôtres, restés à Jérusalem, apprirent que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu. Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean. À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Philippe, l’un des Sept élus par la communauté et investis par les apôtres, s’en va, le premier, oser annoncer l’Évangile en Samarie. Les Samaritains étaient des hérétiques aux yeux des juifs fidèles et c’était là faire un pas important dans l’ouverture de l’Église. Or, ces gens accueillent la Parole de Dieu et reçoivent le baptême au milieu d’une grande joie. Dans la Bible, la joie accompagne toujours le sentiment d’avoir été libéré. Bien plus que la guérison des infirmes, des paralysés ou des possédés, il s’agit ici de la libération qu’apporte la Parole de Dieu proclamée par Philippe, renversant la barrière de mépris qui séparait Juifs et Samaritains. Au nom de L’Église de Jérusalem, les apôtres Pierre et Jean viennent authentifier l’action missionnaire de Philippe en appelant l’Esprit Saint sur les nouveaux convertis.

Croire que Dieu appelle à lui tout homme, c’est croire les hommes capables d’entendre cette bonne nouvelle, c’est renverser toutes les barrières qui se dressent alors devant nous. Osons-nous avoir cette audace missionnaire ?

Psaume 65

R/ : Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur ! ou Alléluia !

  • Acclamez Dieu, toute la terre ; fêtez la gloire de son nom, glorifiez-le en célébrant sa louange. Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! » R/
  • Toute la terre se prosterne devant toi, elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. Venez et voyez les hauts faits de Dieu, ses exploits redoutables pour les fils des hommes. R/
  • Il changea la mer en terre ferme : ils passèrent le fleuve à pied sec. De là, cette joie qu'il nous donne. Il règne à jamais par sa puissance. R/
  • Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu : je vous dirai ce qu'il a fait pour mon âme ; béni soit Dieu qui n'a pas écarté ma prière, ni détourné de moi son amour ! R/

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre 3, 15-18

Aussi bien par nos paroles que par notre vie droite, soyons prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous.

Bien-aimés, honorez dans vos cœurs la sainteté du Seigneur, le Christ. Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. Ayez une conscience droite, afin que vos adversaires soient pris de honte sur le point même où ils disent du mal de vous pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ. Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien, si c’était la volonté de Dieu, plutôt qu’en faisant le mal. Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Destinés à réconforter les chrétiens dans l’épreuve de la persécution, la lettre de Pierre aborde un sujet épineux : quelle attitude avoir dans ces circonstances difficiles si l’on est interrogé sur sa foi ? Il faut être prêt à s’en expliquer calmement et avec respect pour d’adversaire : il faut surtout manifester le fondement de l’espérance qui habite le chrétien : l’amour du Christ qui a livré sa vie pour tout homme, même ces persécuteurs, pour les conduire à Dieu, et sa résurrection, gage de vie nouvelle. Mais plus que par des paroles, pourtant indispensables, c’est par la droiture de leur conscience et la rectitude de leur vie que les chrétiens rendront compte devant leurs adversaires de l’espérance qui est en eux.

Quels moyens de formation et d’approfondissement de la foi utilisons-nous pour être capables de rendre compte de notre foi et de notre espérance ?

Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14, 15-21

« Je ne vous laisserai pas orphelins », dit Jésus à ses disciples ; la preuve en est l’Esprit Saint qui est toujours avec nous.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. L’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La veille de sa mort, Jésus s’apprête à quitter ses disciples. Mais il ne les laissera pas orphelins : d’ici peu, ils le reverront vivant lors des apparitions pascales, puis durant tout le temps de l’Église, chaque croyant aura l’assurance d’être aimé du Père et de Jésus et de bénéficier lui aussi d’une manifestation du Christ, malgré son absence sensible, s’il sait le découvrir dans la foi. D’autre part, ils ne seront pas orphelins parce que Jésus leur enverra l’Esprit. Certes, ils le connaissent déjà puisque l’Esprit habite en eux et qu’ils l’ont vu à l’œuvre en Jésus, mais lors de la Pentecôte, ils en expérimenteront l’action en eux. Ainsi le temps de l’Église est-il pour tout croyant une vie d’intimité avec le Père, le Christ et l’Esprit de vérité.

L’absence physique de Jésus glorifié lui permet une présence intime au cœur de tout croyant : « Je me manifesterai à lui ». Quand m’est-il arrivé d’en faire l’expérience ?

Homélie

Chers Frères et Sœurs, dans un des messages qu’il adressait au monde entier le Pape Paul VI disait ceci, qui est toujours d’actualité : « la foule des hommes s’écrie : nous n’avons pas besoin du salut du Christ : nous ne connaissons pas ce Sauveur et nous ne voulons pas le reconnaître. N’est-ce pas ainsi que se manifeste le matérialisme contemporain ? » Alors, les croyants qui vivent vraiment leur foi, qui vivent selon l’Évangile, sont en contradiction avec ce monde incroyant, en butte à ses moqueries et à sa haine. Le Seigneur l’avait prédit : « Si vous étiez de ce monde (incroyant) il vous aimerait. Mais vous n’êtes pas de ce monde (incroyant) alors il vous hait. » Devant cette incrédulité, ces vexations, cette haine, les chrétiens sont appelés à rendre compte de leur foi. Saint Pierre nous le dit dans la 2ème lecture : « vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’Espérance qui est en vous. »

Si les incroyants nous combattent c’est souvent parce qu’ils ne comprennent pas notre foi, qu’ils ne connaissent pas et trouvent absurde, quelquefois c’est parce qu’ils sont inquiets et en recherche. Il nous appartient chaque fois que c’est possible, de les éclairer, de leur expliquer notre foi, son contenu, ses motivations. Mais en sommes-nous capables ? La grande faiblesse de la plupart des chrétiens, c’est l’ignorance de leur religion. Cette faiblesse nous avons le devoir de la combler par tous les moyens qui s’offrent à nous, ne serait ce que par la lecture de livres religieux. Ils ne manquent pas ceux qui sont accessibles à tous. Mais quelles que soient nos connaissances nous pouvons toujours témoigner de notre foi par notre vie quotidienne, vécue selon l’Évangile, à l’exemple de Jésus notre parfait modèle. « Ayez une bonne conscience nous dit encore Saint Pierre, afin que sur le point même où l’on vous attaque, vous confondiez ceux qui calomnient votre bonne conduite dans le Christ. »

Il faudrait, frères et sœurs, que les incroyants ne puissent jamais nous prendre en défaut. Faisons en sorte de ne jamais mériter le reproche que Jésus adressait aux pharisiens hypocrites : « vous êtes des sépulcres blanchis : extérieurement vous avez belle apparence, mais intérieurement vous n’êtes que pourriture. » Mais tout cela, me direz-vous est très exigeant : mettre le possible notre vie en harmonie avec notre foi, témoigner non seulement par la parole, mais aussi et surtout par l’exemple, avons-nous quelques chances d’y parvenir ? Oui, si nous comptons avant tout sur l’aide particulièrement efficace de l’Esprit-Saint que Jésus nous a donné pour cela, comme l’Évangile vient de nous le rappeler.

N’est-il pas, Lui, qui procède du Père et du Fils, l’Esprit de Vérité, de Force et d’Amour.

- ESPRIT de VÉRITÉ : Il est Celui qui éclaire, car il révèle le Christ et permet d’entrer dans son Mystère. Il ouvre l’intelligence, même celle des plus humbles à ses enseignements comme il l’a fait pour les Apôtres le jour de la Pentecôte : nous savons, en effet, qu’en dépit des explications que Jésus ne cessait de leur donner, les Apôtres restaient fermés à sa Parole : il a fallu l’irruption de l’Esprit-Saint en eux pour qu’enfin ils comprennent.

- L’ESPRIT de FORCE : les difficultés ne manquent pas sur le chemin de la vie chrétienne… comment en triompher ? Il arrive même que les épreuves (grandes souffrances ou persécutions) en font une marche au Calvaire. Comment dès lors porter notre Croix en union avec le Christ ? C’est l’Esprit-Saint qui en donne la force, car il ranime les courages abattus, réconforte les cœurs brisés. Consolateur des âmes, il permet d’espérer contre toute espérance. C’est dans ce sens que doit être comprise la promesse de Jésus. « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

- L’ESPRIT-SAINT est enfin celui qui communique l’Amour, c’est amour qu’aucun échec ne rebute, qu’aucune ingratitude ne paralyse, qu’aucune difficulté n’abat et qui, s’il le faut, ira jusqu’au bout c’est-à-dire jusqu’au martyre qui est la preuve suprême de sa vérité. C’est l’amour seul, ne l’oublions jamais frères et sœurs, qui rend compte de toute la vie du Christ, de sa venue parmi nous (mystère de l’Incarnation) et surtout de sa Passion et de sa mort sur la Croix (mystère de la Rédemption). Cet amour auquel l’Esprit-Saint nous fait communier est seul capable de nous rendre semblables au Christ, de nous transformer peu à peu jusqu’à ce que nous devenions des Copies Vivante de Jésus. Non, vraiment, le Seigneur Jésus ne pouvait pas nous faire un don plus précieux que Celui de SON ESPRIT. Car ce « doux hôte de nos âmes » est un Esprit de Vie c’est-à-dire de nouveauté jaillissante, celui qui EN NOUS crée ou recrée la jeunesse et triomphe de cette usure impitoyable que la vie apporte avec elle. Pour nous aider à comprendre cette vérité, la Bible se sert de comparaisons qui sont toutes très évocatrices et riches de promesses :

- Elle nous dit que l’Esprit-Saint c’est d’abord le souffle : le vent impétueux qui balaye les impuretés et secoue les indolences.

- Il est aussi l’eau vive : l’eau jaillissante dont le ruissellement fertilise la terre et l’empêche de devenir un désert crevassé.

- Il est encore le feu : ce feu qui n’est jamais stabilisé, qui progresse, dévore et ne s’entretient lui-même qu’un incendiant autour de lui : vive flamme qui combat le froid ou la tiédeur.

Autrement dit, l’Esprit-Saint c’est vraiment LE TOUT de notre vie d’enfants de Dieu, Celui qui en nous est l’auteur de tout bien, celui qui selon la belle expression de la 4ème Prière Eucharistique « achève en nous toute sanctification », ce qui lui a valu d’être appelé dans la prière du Veni Creator « le doigt de la droite du Père », car le doigt c’est ce qui sert à fignoler, à parachever la qualité d’un ouvrage. En ces jours où l’Eglise se prépare à fêter la Pentecôte nous demanderons très souvent à Marie qui est la fidèle Collaboratrice de l’Esprit-Saint dans la distribution de toutes les grâces de nous rendre de plus en plus dociles à son action.

Amen.

Prière universelle

Nous allons vers la fin du temps pascal. En ce dimanche, avec toute l’Église, nous rendons grâce à Dieu pour les premiers jours du dé-confinement. Ensemble, prions

R/ : Seigneur donne nous ton Esprit pour bâtir ton royaume

  • Les apôtres ont envoyé Pierre et Jean à Samarie. Dès leur arrivée, ces deux ont imposé les mains sur les samaritains et ils ont reçu l’Esprit Saint. Aujourd’hui, au nom de tous les baptisés, les confirmés, nous demandons à Dieu que son Esprit soit sur nous et sur toute l’Église, pour que la joie et la paix se répandent dans toutes les communautés humaines en cette période de dé-confinement progressif. Seigneur, nous te prions. R/
  • Le psalmiste invite tout homme à venir et à voir les hauts faits de Dieu. En ce mois de mai, notre pape François nous invite à regarder les bienfaits réalisés par les diacres et surtout à prier pour eux, qu’ils soient toujours fidèles à leur charisme au service de la Parole et à celui des pauvres, et qu'ils soient signes stimulants pour toute l’Église. Seigneur, nous te prions. R/
  • Saint Pierre a conseillé de consentir à la souffrance en faisant du bien selon la volonté de Dieu, au lieu de faire du mal. Prions pour ceux qui cherchent à reconstruire la société humaine après les désastres causés par la pandémie, qu’ils résistent aux attaques des pouvoirs politiques et économiques égoïstes pour promouvoir le bonheur et la dignité humaine. Seigneur, nous te prions. R/
  • Jésus Ressuscité, avant de rejoindre Dieu, le Père, a demandé le Défenseur pour nous. Que cet Esprit nous aide à vivre avec notre entourage, tel qu’il est, sans appréhension, sans jugement et avec libéralité, afin que les souffrances du confinement soient retirés du cœur de l’homme grâce notamment à l'amitié et à la fraternité qui émanent des baptisés. Seigneur, nous te prions. R/

Dieu le Père, reçois nos prières en ce jour. Que ton Esprit de Vérité soit sur cette terre et qu’il amène tout homme à toi par ton Fils, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : http://jardinierdedieu.fr/

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 15:16

Année A

Lecture du livre des Actes des Apôtres 6, 1-7

En confiant des responsabilités à des chrétiens de langue grecque, l’Église manifeste que son unité assume la diversité des langues et des cultures.

En ces jours-là, comme le nombre des disciples augmentait, les frères de langue grecque récriminèrent contre ceux de langue hébraïque, parce que les veuves de leur groupe étaient désavantagées dans le service quotidien. Les Douze convoquèrent alors l’ensemble des disciples et leur dirent : « Il n’est pas bon que nous délaissions la parole de Dieu pour servir aux tables. Cherchez plutôt, frères, sept d’entre vous, des hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse, et nous les établirons dans cette charge. En ce qui nous concerne, nous resterons assidus à la prière et au service de la Parole ». Ces propos plurent à tout le monde, et l’on choisit : Étienne, homme rempli de foi et d’Esprit Saint, Philippe, Procore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un converti au judaïsme, originaire d’Antioche. On les présenta aux Apôtres, et après avoir prié, ils leur imposèrent les mains. La parole de Dieu était féconde, le nombre des disciples se multipliait fortement à Jérusalem, et une grande foule de prêtres juifs parvenaient à l’obéissance de la foi. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La communauté primitive de Jérusalem que Luc nous a dépeinte si unie, n’en comportait pas moins des converti originaires de deux milieux différents par la langue et la mentalité : les juifs de Palestine et ceux du reste du monde. Ce qui n’allait pas sans frictions. En choisissant les sept nouveaux serviteurs de la communauté parmi les chrétiens de langue grecque, l’Église manifestait sou ouverture : l’unité ne doit pas porter préjudice à la diversité légitime des chrétiens. En fait, cette ouverture fut capitale : les sept ne se cantonnèrent pas un service matériel mais ouvrirent la communauté en annonçant l’Évangile hors de Jérusalem.

Savoir appeler de nouveaux visages pour les services de la communauté est un signe de notre sens de l’Église et une preuve que quelques-uns ne veulent pas accaparer son animation. Comment chacun porte-t-il ce souci de renouveau ?

Psaume 32

R/ : Que son amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi ! ou Alléluia !

  • Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes ! Hommes droits, à vous la louange ! Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, jouez pour lui sur la harpe à dix cordes. R/
  • Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu'il fait. Il aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour. R/
  • Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine. R/

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre 2, 4-9

Par son baptême, chacun de nous entre, comme une pierre vivante, dans la construction de l’Église.

Bien-aimés, approchez-vous du Seigneur Jésus : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. Vous aussi, comme pierres vivantes, entrez dans la construction de la demeure spirituelle, pour devenir le sacerdoce saint et présenter des sacrifices spirituels, agréables à Dieu, par Jésus Christ. En effet, il y a ceci dans l’Écriture : ‘Je vais poser en Sion une pierre angulaire, une pierre choisie, précieuse ; celui qui met en elle sa foi ne saurait connaître la honte.’ Ainsi donc, honneur à vous les croyants, mais, pour ceux qui refusent de croire, il est écrit : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle, une pierre d’achoppement, un rocher sur lequel on trébuche.’ Ils achoppent, ceux qui refusent d’obéir à la Parole, et c’est bien ce qui devait leur arriver. Vous êtes une descendance choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple, pour que vous annonciez les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. – Parole du Seigneur.

Commentaire : En écrivant aux chrétiens qu’ils sont le « sacerdoce saint, présentant des offrandes spirituelles », Pierre définit la condition sacerdotale du baptisé. Elle consiste en ce que le chrétien n’a pas besoin de prêtre pour présenter à Dieu l’offrande de sa vie de charité et de son engagement dans le monde au service de ses frères, pas besoin de prêtres pour annoncer aux hommes les merveilles de l’amour de Dieu. Jésus est l’unique intermédiaire, l’unique médiateur, entre lui et le Père. Les prêtres de Jésus Christ reçoivent la charge de veiller pastoralement sur ce sacerdoce du peuple de Dieu, de le nourrir de la Parole et des sacrements du Christ, pour qu’il ne se dévitalise pas, et d’autres part, ils ont une mission précise dans l’annonce de l’Évangile au monde.

L’offrande spirituelle de notre vie dont parle l’apôtre, la faisons-nous souvent dans la prière personnelle ou en famille, et au cours de’ l’eucharistie ?

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie dit le Seigneur. Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14, 1-12

Jésus n’est pas seulement un Maître qui enseigne comment trouver le chemin, la vérité et la vie, il est le Chemin, la Vérité et la Vie.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin ». Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu ». Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit ». Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La mort et la résurrection de Jésus sont le chemin par lequel il va au Père, et ses disciples sont invités à le suivre dans ce mystère pascal s’ils veulent rencontrer Dieu. La personne de Jésus Christ est ainsi le seul chemin qui permette de connaître le vrai Dieu car le Fils est la vérité du Père, sa révélation la plus profonde, son image authentique. Celui qui a vu Jésus vivre au milieu des hommes dans la totale obéissance à son Père, celui qui a entendu et compris ses paroles de vérité, celui qui a vu les œuvres de vie qu’il accomplissait pour les hommes au nom du Père – et il s’agit de voir et de comprendre cela dans la foi – celui-là a vu le Père. Cette connaissance de Dieu s’épanouira pleinement quand le Christ viendra nous prendre avec lui dans la gloire du Père ; en attendant il s’agit de révéler le Père aux hommes, ses fils.

Le sentiment religieux qui se manifeste dans l’engouement pour les sectes, les phénomènes paranormaux, les croyances en la réincarnation… montre le désir de nos contemporains de « savoir le chemin » qui conduit à Dieu. « Vous savez le chemin », dit Jésus à ses disciples. Pourrions-nous ne pas vouloir le révéler à ceux qui le cherchent ?

Homélie

- La vie présente est faite de changements qui bousculent à tout instant nos idées et nos habitudes : un fort sentiment d’insécurité nous oppresse.

- L’avenir, lui aussi, nous inquiète : le terrorisme, la guerre, la violence sous toutes ses formes, le chômage est-ce que tout ne contribue pas à augmenter la déprime ?

Pour exorciser toutes ces peurs qui sont trop souvent paralysante Jésus nous assure qu’il n’y a qu’un moyen : la mise en exercice d’une foi confiante, cette foi que soulève l’amour : « il n’y a pas de peur dans l’amour, l’amour parfait bannit la peur » nous dit saint Jean.

Dieu nous connaît bien avec nos anxiétés, nos hésitations ou nos timidités ! Que de fois dans la Bible nous l’entendons dire, à ceux qu’il appelle pour leur confier une mission, « ne crains pas » et Jésus nous redit très souvent cette parole si encourageante et sécurisante. Si nous mettons toute notre foi en lui qui est notre guide et notre entraîneur, nous n’avons pas à avoir peur car il est là devant nous pour nous tracer la piste du courage, mais il est en même temps avec nous et en nous. A travers lui, comme l’affirme saint Paul, « c’est le Père de toute consolation qui nous console dans toutes nos détresses ».

Ce qu’il importe de bien comprendre également c’est que cette foi intrépide que Jésus réclame de nous et qui nous fait aller au-delà de l’angoisse, c’est une foi qui espère, car elle oriente notre regard dans une direction unique, vers ce qui est notre fin dernière, notre but ultime : cette maison paternelle où Dieu nous attend pour nous faire communier éternellement à sa vie bienheureuse. Oui, qui que nous soyons, nous avons déjà au ciel une demeure préparée par la délicatesse de l’Amour infini. Pour un chrétien donc, l’horizon ne peut jamais être bouché ou désespérant. Le dernier mot appartient d’ores et déjà à la joie victorieuse, puisque notre place est réservée dans les cieux auprès du Seigneur ressuscité « je reviendrai vous prendre avec moi et là où je suis vous y serez aussi ».

Mais Jésus ne nous donne pas seulement le rendez-vous lointain du Royaume de Dieu pour le jour de notre naissance au ciel. Car Dieu n’est pas un être paternaliste qui inviterait du sommet de sa majesté. Dieu ne nous aime pas de loin, d’une manière qui serait purement théorique, Dieu nous aime au point de vouloir nous faire communier dès maintenant à ce qui est sa vie intime (sa prodigieuse vie de connaissance et d’amour) en faisant de nos âmes par le moyen de la grâce sanctifiante des petits ciels où il se plaît à résider. C’est le sens profond de la parole de Jésus « Je suis la Vie ». Oui, Jésus est véritablement « la Vie de notre vie » selon l’expression de saint Augustin et ce qui est merveilleux c’est qu’en nous la communiquant il nous envahit de cette paix et de cette joie qui chassent toute peur et toute angoisse et qui sont un prélude à la paix et à la joie parfaite de l’éternité.

N’est-elle pas réconfortante et même enthousiasmante cette certitude : à savoir que notre vie éternelle est déjà commencée, que notre vie chrétienne est un processus de divinisation et que ce que nous vivons ici-bas dans l’état de grâce connaîtra un jour son plein épanouissement au ciel dans l’état de gloire.

Mais entre les deux quel est le Chemin ? Ce chemin n’est pas une méthode ascétique, ni une performance morale. Ce chemin qui relie le ciel et la terre c’est quelqu’un :

  • le même qui déjà nous habite (si toutefois nous ne sommes pas séparés de Lui par le péché grave),
  • le même qui nous donne le bras durant toute la traversée de l’existence et qui nous accueillera au terme du voyage, c’est-à-dire Jésus, notre Rédempteur, notre Médiateur, notre Dieu, Lui qui s’offre à nous comme « le Chemin, la Vérité et la Vie ».

En nous rassemblant chaque dimanche pour nous faire participer à la Messe (qui est le sacrement de sa Présence et de son Amour), l’Eglise nous rappelle de manière très concrète que la divine Parole et l’Eucharistie sont pour ainsi dire les deux mains de Lumière de Notre-Seigneur qui nous gardent sur la voie étroite et escarpée. Rappelons-nous toujours que sans elles nous ne pouvons que trébucher et tomber dans les ravins du mal au risque de nous perdre.

Cessons donc d’avoir peur, chers frères et sœurs, puisqu’avec Jésus rien ne saurait nous manquer. « En nous le donnant, déclare saint Paul, Dieu nous a tout donné ».

Amen.

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 17:25
Source: N-D de la Bidassoa

Année A

Lecture du livre des Actes des Apôtres 2,14a. 36-41

Devant le Christ ressuscité, nous aussi, nous avons à demander « Que devons-nous faire ? » et accepter de nous entendre appeler à la conversion.

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié ». Les auditeurs furent touchés au cœur ; ils dirent à Pierre et aux autres Apôtres : « Frères, que devons-nous faire ? » Pierre leur répondit : « Convertissez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés ; vous recevrez alors le don du Saint-Esprit.

Car la promesse est pour vous, pour vos enfants et pour tous ceux qui sont loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera ». Par bien d’autres paroles encore, Pierre les adjurait et les exhortait en disant : « Détournez-vous de cette génération tortueuse, et vous serez sauvés ».

Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Celui qu’ils avaient crucifié, Dieu l’a ressuscité, révélant ainsi que Jésus est le Messie, le Christ, espéré par Israël, et le Seigneur qui partage la puissance du Dieu unique. Contre toute attente, Dieu accrédite celui que le peuple avait laissé condamner à une mort ignominieuse. Il faut donc qu’Israël adopte le point de vue de Dieu sur Jésus, qu’il retourne sa pensée et son cœur devant cet événement insolite : c’est cela la conversion. Alors, par Jésus s’accompliront les promesses messianiques du pardon des péchés, du don de l’Esprit et de la constitution d’un nouveau peuple de Dieu où entreront tous ceux que Dieu appellera, qu’ils soient proches aujourd’hui ou encore au loin.

Comment notre communauté chrétienne ou notre équipe rend-elle perceptible le souffle de l’Esprit à ceux qui sont proches et à ceux qui sont loin ?

Psaume 22

R/ : Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer. ou : Alléluia.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. R/
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom. R/
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. R/
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/
  • Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie ; j'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre 2, 20b-25

Nous avons été appelés à suivre les traces du Christ qui, dans sa passion, n’a pas rendu coup pour coup.

Bien-aimés, si vous supportez la souffrance pour avoir fait le bien, c’est une grâce aux yeux de Dieu. C’est bien à cela que vous avez été appelés, car c’est pour vous que le Christ, lui aussi, a souffert ; il vous a laissé un modèle afin que vous suiviez ses traces. Lui n’a pas commis de péché ; dans sa bouche, on n’a pas trouvé de mensonge. Insulté, il ne rendait pas l’insulte, dans la souffrance, il ne menaçait pas, mais il s’abandonnait à Celui qui juge avec justice. Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Aux alentours de l’année 92, les chrétiens de l’Asie Mineure étaient en butte aux persécutions de leurs concitoyens qui leur prêtaient de mauvaises intentions, les calomniaient en les accusant d’être des malfaiteurs. Porter le nom de chrétiens suffisait à rendre quelqu’un suspect. On imagine les difficultés concrètes auxquelles se heurtèrent les domestiques chrétiens de maîtres païens, les épouses chrétiennes de maris incroyants et même chaque chrétien dans ses rapports avec l’administration. L’auteur de la lettre les invite à imiter l’exemple du Christ durant sa passion. Ce sont ses souffrances qui ont guéri les chrétiens et les ont ramenés à l’unité autour d’un seul pasteur. De même les épreuves endurées avec lui par les chrétiens ramèneront à Dieu les païens égarés.

« Vous étiez errants, mais à présent vous êtes revenus vers le berger qui veille sur vous ». Dans la prière prenons le temps de préciser de quelle errance concrète et personnelle Jésus nous a délivrés pour nous ramener à lui. Et remercions-le.

Alléluia. Alléluia. Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10, 1-10

Jésus, le vrai berger, est la porte des brebis : qui passe par lui trouve la vie en abondance.

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers ».

Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance ».

Commentaire : Jésus s’adresse aux pharisiens et leur propose une énigme à résoudre : des inconnus tentent d’entrer dans une bergerie sans passer par la porte, et font fuir les brebis qui ne connaissent pas leur voix ; le berger entre par la porte, appelle chacune de ses brebis, les fait sortir et marche à leur tête. De quoi s’agit-il ? Les pharisiens ne comprennent pas et Jésus s’explique en reprenant d’abord l’image de la porte, puis celle du berger. Jésus est la porte des brebis, c’est-à-dire que par lui les hommes vont trouver la vie en abondance, la liberté, le salut. Au contraire, les pharisiens qui ne savent que détruire la vie et la liberté des hommes, n’ont en fait rencontré aucune audience profonde dans le peuple.

« Ses brebis, il les appelle chacune par son nom ». C’est moi, Seigneur, cette brebis que tu connais intimement ! « Elles le suivent ». C’est encore moi, Seigneur ! Fais-moi reconnaître ta voix parmi tant d’autres qui tentent de me détourner de toi !

Prière universelle

En ce dimanche, malgré le confinement qui est encore au cœur de notre société, nous te louons, nous te chantons Seigneur pour toutes les formes de vie que tu nous inspires, pour nous aider à devenir tous ensemble pleinement enfants de Dieu, frères et sœurs de ton Fils le Christ Jésus :

R/ Ô Christ Ressuscité, écoute-nous.

  • Seigneur, la crise sanitaire de 2020 nous met dans une situation de vie spéciale. Ravive en nous la conscience de la dignité qu’il y a à être des baptisés ! Aide-nous à te rencontrer personnellement et en communauté régulièrement à travers les messes en ligne ! R/
  • Seigneur, nous te rendons grâce pour l’engagement humanitaire de nombreuses personnes dans nos sociétés face à la crise Coronavirus ! Continue à leur donner ta lumière pour trouver les causes de ce problème mondial et proposer des vrais chemins de salut ! R/
  • Seigneur, nous te rendons grâce pour la beauté du sacrement de mariage. Comble de grâces chaque couple durant ce temps de confinement ! R/
  • Seigneur, nous te rendons grâce pour les jeunes qui osent prendre en main leur projet de vie. Que cette crise sanitaire ne les freine pas dans la construction de leurs vies ! R/
  • Seigneur, nous te rendons grâce pour la présence des religieux et des religieuses ainsi que de tous les consacrés, hommes et femmes. Durant ce mois, nous prions spécialement pour les diacres, qu'ils soient fidèles à leur charisme au service de la Parole et des pauvres et qu’ils soient un signe stimulant pour toute l’Église ! R/
  • Seigneur, nous te rendons grâce pour la présence de ton Esprit dans le cœur de chaque être. Que cet Esprit donne désir, courage et confiance à tous ceux qui n’arrivent pas à donner forme à leur vie ! R/

Nous te rendons grâce pour l’assemblée de cœur que nous formons tous ensemble, pour ton Église, pour notre cher pape François. Que par le témoignage heureux de toutes les vocations, de nouveaux « appelés » osent dire oui à l’invitation au « don total de soi » que tu nous fais, Toi le Bon Berger ! Amen.

Nb : il y a plus de 4 intentions, c'est à vous d'en choisir celles qui vous conviennent

Source de la P.U. : http://jardinierdedieu.fr/

Homélie

C’est une magnifique parabole que celle du Bon Pasteur. Elle nous révèle en Jésus un personnage fascinant qui aime passionnément ses brebis.

- Ce que Jésus nous dit tout d'abord c’est que le Bon Pasteur entre par la porte. In ne va pas dans la bergerie en escaladant la clôture et en fracturant les entrées. Il a la clef qui lui permet d’entrer sans épouvanter les brebis, puisqu’il ne veut que leur bien. En ce jour où l’Eglise supplie notre Père des cieux de donner des prêtres à son peuple, nous penserons à lui demander des prêtres à l’image du Bon Pasteur, des prêtres infiniment respectueux des consciences et du lent travail de la grâce dans les cœurs...

- Le Bon Pasteur connaît ses brebis. Il appelle chacune par son nom. Jésus connaît chacun et chacune d’entre nous. Il nous appelle par notre prénom. Il a pour chaque personne un cadeau personnalisé, une grâce spéciale. Nous ne sommes pas à ses yeux un numéro, ou un objet de série, mais un être irremplaçable. Demandons à Dieu de donner au monde suffisamment de prêtres pour qu’ils aient le temps matériel d’être attentifs à tous et à chacun en particulier. Combien de nos contemporains n’ont jamais parlé d’homme à homme avec un prêtre ?

- Ce Bon Pasteur emmène ses brebis dehors. Il ne les laisse pas enfermées dans la bergerie en se contentant de leur lancer du fourrage. Il leur emmène vers les verts pâturages, comme le dit le psaume 23. Il connaît les bons endroits où l’humidité permet une herbe toujours renouvelée. Jésus ne nous laisse pas enfermés dans des groupes où l’on se sent bien entre soi, il ne craint pas de nous ouvrir au monde extérieur. Que Dieu nous donne des prêtres qui conduisent leurs ouailles vers les différents milieux de vie pour y repérer l’action mystérieuse de l’Esprit-Saint et y faire entendre l’appel de l’Évangile.

- Le Bon Pasteur marche à la tête de ses brebis, à tout le moins quand il y a du danger... Il les protège du loup et de tous les prédateurs... Jésus n’a-t-il pas pris la tête de l’Eglise, peuple de Dieu, pour donner la direction et l’exemple. Il n’avance pas au premier rang dans un char ou une voiture blindée ; il avance sans protection avec la Croix comme seul bâton que

Dieu donne à l’Eglise des prêtres qui ne marchent à la traîne des idées nouvelles, qui suivent le troupeau ou bien le guide, qui baptisent toutes les erreurs ambiantes dans un souci de popularité ou dans celui « de ne pas faire de vagues »... « Il ne s’agit pas d’adopter le christianisme aux hommes mais d’adopter les hommes au Christ » disait le Père de Lubac.

- Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis. C’était vrai surtout des bergers d’autrefois qui devaient affronter les brigands mais les bergers modernes ne donnent-ils pas leur vie d’une autre façon en partageant nuit et jour la vie des brebis ?

Jésus, nous le savons, a mis totalement à exécution (et quelle exécution) cette phrase merveilleuse qu’il nous a laissée « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».

Des prêtres qui donnent leur vie ? Il y en a. chaque année l’Eglise a son lot de prêtres ou d’évêques assassinés. Dans une trentaine de pays 127 millions de chrétiens sont persécutés... et au premier rang bien sûr leurs prêtres. C’est tellement facile d’abattre des gêneurs aux mains nues. Ce dont l’Eglise a besoin, aujourd’hui plus que jamais, c’est que des jeunes n’hésitent pas à consacrer toute leur vie à Dieu... Donner sa vie aujourd’hui ce n’est pas tout verser son sang pour le Christ que lui donner chaque minute d’une existence qui peut être longue, et lui donner chaque atome de son cœur.

Vous l’aurez remarqué frères et sœurs, dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus ne se dit pas seulement le Bon Pasteur qui aime ses brebis, mais aussi la Porte de la bergerie, l’accès nécessaire pour entrer dans la maison de Dieu, et dans la communion à la vie intime de Dieu.

« Moi je suis la Porte, si quelqu’un entre en passant par moi il sera sauvé ».

A un autre endroit il déclare :

« Entrez par la porte étroite. Elle est la grande la porte, il est large le chemin qui conduit à la perdition (et ils sont nombreux ceux qui s’y engagent). Mais elle est étroite, la porte il est resserré le chemin qui conduit à la vie : et ils sont peu nombreux qui le trouvent ».

La vie, frères et sœurs, n’est pas un aéroport où s’alignent, nombreuses, les portes d’embarquement. Jésus est le passage obligé, le sas où tout homme doit passer obligatoirement pour son envol vers Dieu... sans lui nous ne pouvons strictement rien faire... Mais comment pouvons-nous oublier une vérité aussi essentielle ? Nous sommes si superficiels, si médiocres...

Quand serons-nous pleinement convaincus que la pierre de touche du christianisme authentique c’est notre rapport au Christ, c’est la place exacte qu’il tient dans notre vie.

La vie chrétienne n’est pas un faisceau de bonne habitudes religieuses, elle est d’abord et essentiellement l’attachement passionnée à quelqu’un, à la personne adorable du Bon Pasteur. Il n’y a pas de vie chrétienne qui ne commence par un choc : je veux dire la rencontre avec Lui : Jésus. Nous avons pu être attirés par la religion, la beauté de ses cérémonies, la qualité de sa morale, l’amitié de chrétiens solides, mais tant que nous n’avons pas buté sur la personne de Jésus, nous sommes encore à côté de l’essentiel.

Poussons donc plus souvent la porte de l’Évangile et essayons de nous trouver face à face avec le Bon Pasteur. Prenons la peine de le suivre pour mieux le connaître et pour pouvoir un jour, fascinés et éblouis nous jeter dans ses bras...

Oui, Indispensable Pasteur que ce Jésus dont l’action a besoin d’être étendue à tous les hommes de bonne volonté par ces indispensables prolongements du vrai berger : que sont les PRÊTRES. Humbles et pauvres serviteurs, ils ne sont pas le Christ, car il n’y a qu’un unique berger, un unique prêtre, un unique médiateur, mais ils en sont instruments chaque fois qu’ils prêtent leurs voix, leurs mains et leurs cœurs pour communiquer la Vie divine que le Christ veut donner en abondance.

Nous ne manquerons pas chers frères et sœurs, de prier souvent pour eux, de prier pour tous les prêtres. Confions-les plus particulièrement à la Vierge Marie qui les entoure d’un amour de prédilection parce qu’elle voit en eux l’Image vivante de son divin Fils, le Grand Prêtre éternel.

Amen.

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 20:32

Année A

Lecture du livre des Actes des Apôtres 2, 14. 22b-33

C’est de Jésus de Nazareth, mis à mort par les habitants de Jérusalem, que David annonçait la Résurrection.

Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles. Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes. Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies. Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir.

En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume : ‘Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche : il est à ma droite, je suis inébranlable. C’est pourquoi mon cœur est en fête, et ma langue exulte de joie ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance : tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption. Tu m’as appris des chemins de vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence.’

Frères, il est permis de vous dire avec assurance, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous. Comme il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui. Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : ‘Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption.’ Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins. Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Annoncer la résurrection du Seigneur, ce n’est pas proclamer la victoire inéluctable de la vie sur la mort ou transcrire en termes religieux l’expérience courante que toute œuvre durable s’enfante dans la souffrance, l’oubli de soi ou la mort à soi-même. Il ne s’agit ni d’une théorie abstraite ni d’une loi morale. Annoncer la Résurrection pour Pierre et les disciples, c’est se porter témoins qu’un homme connu des juifs de Jérusalem pour avoir fait parler de lui, un homme que ces mêmes juifs par lâcheté ou indifférence ont livré au gouverneur romain pour qu’il soit mis à mort, cet homme est ressuscité par la volonté de Dieu. Annoncer la Résurrection, c’est affirmer aussi qu’en mettant « fin aux douleurs (de l’enfantement) de la mort » pour l’homme Jésus, Dieu appelle tout homme à une nouvelle naissance avec le Ressuscité, déjà maintenant en attendant la Résurrection finale.

« Tu m’as montré le chemin de la vie » ; Qui, autour de nous, attend que nous le lui montrions ?

Psaume 15

R/ : Tu m’apprends, Seigneur, le chemin de la vie. ou : Alléluia !

  • Garde-moi, mon Dieu : j'ai fait de toi mon refuge. J'ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu ! Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort ». R/
  • Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m'avertit. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable. R/
  • Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m'abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. R/
  • Tu m'apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! À ta droite, éternité de délices ! R/

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre 1, 17-21

Ce n’est pas à prix d’or que nous avons été libérés d’une vie sans but et sans espoir, mais au prix du sang du Christ.

Bien-aimés, si vous invoquez comme Père celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre, vivez donc dans la crainte de Dieu, pendant le temps où vous résidez ici-bas en étrangers. Vous le savez : ce n’est pas par des biens corruptibles, l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères ; mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ. Dès avant la fondation du monde, Dieu l’avait désigné d’avance et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de vous. C’est bien par lui que vous croyez en Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts et qui lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans le monde gréco-romain, un esclave pouvait être libéré à prix d’argent. Le chrétien sait que sa libération lui est acquise par le sang de Jésus qui a donné sa vie par amour pour nous. Il sait aussi que ce Jésus est le Fils du Père et que l’amour manifesté par lui à ce moment de l’histoire est un amour qui a précédé l’histoire du monde parce qu’il est de toute éternité. Comment dès lors ne pas vivre dans la crainte de décevoir ce Père et de manquer de répondant devant l’amour de Jésus ? Mais si le Dieu qui nous fait connaître Jésus Christ est notre libérateur, comment ne pas mettre en lui aussi notre foi et notre espérance ?

Le Christ nous a libérés d’une vie sans but. Si nous prenions le temps de nous dire à quelques-uns quel est le but de notre vie !

Alléluia. Alléluia. Seigneur Jésus, ouvre-nous les Écritures ! Que notre cœur devienne brûlant tandis que tu nous parles. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24, 13-35

Deux disciples découragés font, sans le savoir, route avec Jésus, qui leur rend l’espoir et s’assoit à leur table.

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci ». Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu ». Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse ». Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre ». À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Ces deux disciples parlent de Jésus au passé, comme d’un mort : « cet homme était… ils l’ont livré… l’ont crucifié ». Leur espérance en lui est morte, elle aussi : « nous espérions… mais voici déjà… » Elle est éteinte à tel point que la bouleversante nouvelle qu’ils racontent : « quelques femmes… n’ont pas trouvé son corps… des anges, qui disaient qu’il est vivant » ne les sort pas de leur incrédulité et de leur désespoir : « lui, ils ne l’ont pas vu ». Ce qui les empêche de croire au témoignage des femmes, ce n’est pas de ne pas le voir, c’est leur manque de foi en la Parole de Dieu annoncée par les prophètes. S’ils acceptent de relire la Bible à la lumière de la destinée de Jésus, ils le reconnaîtront pour le Christ, le Messie qui, pour conduire les hommes à Dieu, devait passer par la souffrance avant d’entrer dans la gloire. Alors, ils le sauront vivant près d’eux, même lorsqu’ils n’auront plus d’autres signes que l’eucharistie, la fraction du pain.

Après avoir cheminé avec nos frères les hommes durant la semaine, avons-nous perçu en eux la présence du Ressuscité ?

Homélie

Chers frères et sœurs, c’est une des pages les plus célèbres de l’Evangile que nous venons d’entendre, aussi fine dans l’expression que profonde de contenu. Saint Luc y évoque la bouleversante rencontre qui eut lieu, le soir de Pâques, sur la route d’Emmaüs, entre le Christ Ressuscité et deux de ses disciples en qui toute espérance de salut était bel et bien morte. Un récit remarquablement construit qui s’articule autour de deux signes majeurs, signes qu’on retrouve dans la célébration de chaque messe : la Parole et le Repas. C’est à partir de ces signes que les deux disciples passent du doute à la Foi, du découragement à l’espérance, et de la fuite à la mission.

Nous avons là un modèle d’enseignement en 3 temps :

  • Le temps de la Parole sur la route
  • Le temps du Sacrement à l’auberge d’Emmaüs, et enfin
  • Le temps de la conversion et du témoignage, celui du retour parmi les apôtres à Jérusalem.

Ceci se passait à Emmaüs, nous dit Luc, à deux heures de marche de Jérusalem, une dizaine de kilomètres environ. Mais où donc se trouve Emmaüs ? La localisation en est incertaine, et aujourd’hui encore, trois localités se disputent cette gloire... Et si Emmaüs n’était pas seulement un lieu mais surtout un cheminement, un itinéraire spirituel ?

On peut dire, je pense, qu’Emmaüs se trouve en tout lieu où le Seigneur Jésus révèle sa présence : pour Paul, ce fut à Damas, pour Claudel, derrière un pilier de Notre-Dame à Paris, pour André Frossard dans une chapelle de la rue d’Ulm à Paris, et pour nous ?

Emmaüs est là, chaque fois que Dieu nous fait signe sur la route de la vie, tandis que nous avançons, croyants incertains, chercheurs de Dieu dans le doute et quelquefois la nuit. Alors puisqu’il s’agit de nous, prenons le chemin d’Emmaüs, celui de nos questions et de nos doutes, et apprenons comment Jésus nous y rejoint, nous éclaire, réchauffe notre cœur et nous convertit à une Foi vigoureuse et ardente, une Foi inébranlable en sa Présence de Ressuscité.

Le premier temps est celui de la Parole sur la route, une route qui tourne le dos à Jérusalem. Alors que toute la vie de Jésus est présentée par Luc comme une marche, une « montée » vers Jérusalem la ville sainte, voici que les deux disciples désespérés lui tournent le dos. Toute l’aventure vécue avec Jésus et l’immense espoir soulevé dans leur cœur, se termine dans l’échec de la croix. Jésus est mort. C’est fini. Sur cette route du désespoir, Jésus s’approche et marche avec eux. Jésus fait redire aux deux hommes ce qu’ils ont sur le cœur, ce qu’ils viennent de vivre ; Il leur pose des questions et, à partir de leurs réponses, Il leur propose une autre lecture des événements, leur fait remarquer d’autres signes. Il les invite à tout relire « selon les Écritures » et non plus selon leur attente d’un libérateur politique et triomphant. Tandis qu’il cite Moïse et les prophètes, ils comprennent que le Messie annoncé devait souffrir avec d’entrer dans la gloire de Dieu. Alors la Passion et la Croix n’apparaissent plus comme un échec mais comme une victoire suprême de l’Amour. A la lumière de la Parole de Dieu qui est pour ainsi dire le miroir dans lequel se reflète le vrai visage de Jésus, tout prend un autre sens ; un avenir merveilleux s’ouvre devant eux. Ils se reprennent à espérer d’une espérance qui cette fois n’est plus humaine mais surnaturelle.

C’est ainsi, frères et sœurs, que la Parole de Dieu éclaire tout ce que nous avons à vivre d’une lumière nouvelle... Mais quelle importance accordons-nous, en fait, à cette Parole qui est écrite dans la Bible et interprétée par l’Eglise et dont une méditation assidue peut seule nous porter à penser à vouloir et à agir selon le cœur de Dieu. En avons-nous faim et soif ? Ah ! Si, du moins, nous pouvions comprendre à quel point nous avons besoin de cette Parole de Vie dont l’Eglise nous donne chaque dimanche quelques bonnes tranches au début de la Messe : alimentation qui constitue un minimum vital !

Marchant avec leur mystérieux compagnon sur la route d’Emmaüs, nos deux disciples sont déjà intérieurement « retournés » : ils ne voient plus les choses de la même manière ; le signe de la Parole les a éclairés. C’est alors qu’intervient le signe du repas. C’est là que se fait la reconnaissance. En rompant le pain avec eux, Jésus pose le signe de l’Eucharistie, le signe de l’Alliance nouvelle et éternelle par le moyen duquel il rejoint ses amis et se donne à eux afin que leur communion à « son Corps livré » et à « son Sang versé » nourrisse quotidiennement leur vie tout au long de leur pèlerinage terrestre. C’est à ce geste de « la fraction du pain » (expression qui servait chez les premiers chrétiens à désigner ce que nous appelons la Messe), c’est à ce signe, à ce sacrement de sa présence invisible mais réelle qu’ils le reconnaissent.

Et nous, frères et sœurs, savons-nous reconnaître sa présence dans le sacrement de l’Eucharistie qui est la source et le sommet de toute la vie chrétienne ? Et savons-nous en tirer toutes les conséquences, c’est-à-dire participer le plus souvent possible à la Messe en joignant notre offrande personnelle, (l’offrande de toute notre vie) au sacrifice de Jésus...

Et en communiant à son Corps et à son Sang pour alimenter la vie de la grâce (la vie divine, que nous avons reçue au Baptême et devenir ainsi peu à peu d’autres christ.

Après le Repas vient alors un 3ème temps pour les pèlerins d’Emmaüs : celui de la joie retrouvée, de la joie à annoncer... Après avoir eu le cœur retourné par la Parole de Jésus et la manifestation de sa Présence, ils retournent à Jérusalem tout joyeux pour proclamer « c’est vrai le Seigneur est ressuscité ».

Nous aussi, frères et sœurs, après avoir été fortifiés par la double nourriture que Jésus nous donne dans l’Eucharistie : celle de sa Parole et cette de son Corps, nous sommes invités à retourner vers nos frères avec nos visages transfigurés par la joie afin de leur annoncer que le Christ est ressuscité, qu’il est vivant et que par Lui et en Lui nous avons le salut.

Puissions-nous êtres de plus en plus stimulés par cette conviction : à savoir que notre témoignage de chrétiens est étonnamment percutant chaque fois que nous exprimons simplement mais avec du feu dans le cœur, comment nous avons découvert le Christ et ce que nous vivons de Lui et de son message.

Amen.

Prière universelle

  • « Il n’était pas possible que la mort retienne Jésus en son pouvoir », nous certifie saint Pierre. Or la mort, à cause de la pandémie, semble régner en maître. Prions pour le personnel des hôpitaux et maisons de retraite bouleversé et ébranlé par tant de morts dans leurs services ; ouvre leur cœur au souffle de ta résurrection. Seigneur nous te prions.
  • « Mettez votre foi et votre espérance en Dieu », nous demande saint Pierre. Prions pour tous les chrétiens : qu’ils deviennent de plus en plus serviteurs des hommes, par la persévérance dans la prière et le service concret des plus pauvres. Seigneur nous te prions.  
  • « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’Il nous parlait sur la route ». Accorde-nous de faire cette même rencontre personnelle de Jésus ; ainsi nous répondrons avec joie à l’appel de l’Esprit Saint et de l’Eglise pour être d’humbles et audacieux disciples-missionnaires. Seigneur nous te prions.  
  • La pandémie du coronavirus, qui secoue douloureusement notre monde, endeuille plus brutalement tous ceux que nos sociétés rejetaient déjà. Donne la puissance de ton amour, Seigneur, à tous ceux qui sont au service concret des exilés dus aux guerres, des populations parquées dans les favelas et autres bidonvilles, des victimes affamées à cause des rivalités politiques et des injustices sociales. Seigneur nous te prions.

​​​​​​​Source : http://paroissecolomiers.com/pu-3e-dim-paques.html

3ème dimanche de Pâques - Diocèse du Havre

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 20:09

Le 2e dimanche de Pâques, traditionnellement "Dimanche in albis" ("dimanche en blanc" car c'était le dernier jour où les nouveaux baptisés pouvaient porter leur habit blanc), a été nommé "Dimanche de la Miséricorde" par le Pape Jean-Paul II en l'an 2000.

Le Pape Jean-Paul II a institué en l’an 2000 le dimanche après Pâques Dimanche de la Miséricorde, en réponse à la demande du Seigneur à Sainte Faustine : « Je désire que la fête de la Miséricorde soit un recours et un refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma Miséricorde ».

L’Évangile de ce Dimanche est celui de l’apparition de Jésus ressuscité aux apôtres et à saint Thomas : Jésus vint et se tint au milieu d’eux et il leur dit : « Paix à vous ! ». Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. Il leur dit alors de nouveau : « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ».

Dans son homélie du dimanche 30 avril 2000, le Saint Père explique le sens de la Miséricorde : « Avant de prononcer ces paroles, Jésus montre ses mains et son côté. C’est-à-dire qu’il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. A travers le cœur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes. Cette miséricorde, le Christ la diffuse sur l’humanité à travers l’envoi de l’Esprit qui, dans la Trinité, est la Personne - Amour. Et la miséricorde n’est-elle pas le second nom de l’amour, saisi dans son aspect le plus profond et le plus tendre, dans son aptitude à se charger de chaque besoin, en particulier dans son immense capacité de pardon ? »

Ainsi Sœur Faustine, l’Apôtre de la Miséricorde, écrit : « J’éprouve une douleur atroce, lorsque j’observe les souffrances du prochain. Toutes les souffrances du prochain se répercutent dans mon cœur ; je porte dans mon cœur leurs angoisses, de sorte qu’elles m’anéantissent également physiquement. Je voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi pour soulager mon prochain ».

C’est de cet Amour réconfortant que nous devons vivre et répondre à l’envoi du Christ en le diffusant, en particulier auprès des personnes touchées par l’épreuve, souffrantes, meurtries, blessées ou écrasées par le poids de leur culpabilité … « Chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu, le Christ a donné sa vie pour chacun » - Jean-Paul II.

Année A

Lecture du livre des Apôtres 2, 42-47

L’Église née de la Pentecôte est un Évangile vivant qui devient contagieux pour ceux qui la voient vivre.

Les frères étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres.

Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.

Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La fidélité des premiers chrétiens au Christ construisant son Église se porte sur quatre aspects de la vie chrétienne qui sont indissociables. Ils sont fidèles à écouter l’enseignement des apôtres : ce sont eux et le message que Jésus leur a confié qui sont les garants de l’adhésion de foi au Ressuscité. Fidèles à vivre en communion fraternelle : celle-ci peut aller jusqu’au partage des biens, mais comporte avant tout la solidarité de pensée, d’action et de comportement. Fidèles à rompre le pain : cette formule désigne l’eucharistie qui se célébrait dans les maisons. Fidèles à participer aux prières qui se disaient au Temple.

Comment la « communion fraternelle » est-elle vécue dans notre communauté chrétienne ou notre équipe : partage des ressources, des peines et des joies, recherche pour témoigner ensemble de l’Évangile… ?

Psaume 117

R/ : Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! ou Alléluia !

  • Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour ! Que le dise la maison d'Aaron : Éternel est son amour ! Qu'ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : Éternel est son amour ! R/
  • On m'a poussé, bousculé pour m'abattre ; mais le Seigneur m'a défendu. Ma force et mon chant, c'est le Seigneur ; il est pour moi le salut. Clameurs de joie et de victoire sous les tentes des justes. R/
  • La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d'angle : c'est là l'œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie ! R/

Lecture de la première lettre de saint Pierre Apôtre 1, 3-9

Jésus Christ, nous l’aimons sans l’avoir vu, nous croyons en lui sans le voir encore, mais sa joie déjà nous transfigure.

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. Cet héritage vous est réservé dans les cieux, à vous que la puissance de Dieu garde par la foi, pour un salut prêt à se révéler dans les derniers temps. Aussi vous exultez de joie, même s’il faut que vous soyez affligés, pour un peu de temps encore, par toutes sortes d’épreuves ; elles vérifieront la valeur de votre foi qui a bien plus de prix que l’or – cet or voué à disparaître et pourtant vérifié par le feu –, afin que votre foi reçoive louange, gloire et honneur quand se révélera Jésus Christ. Lui, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans la lettre d’encouragement qu’il adresse aux chrétiens d’Asie Mineure, Pierre se montre bien au courant des difficultés, des épreuves et même des persécutions qu’ils endurent à cause de leur foi. Pourtant sa lettre est un appel à la joie. Joie d’être nés fils du Père par la résurrection du Christ, le premier-né d’entre les morts ; joie de voir s’ouvrir devant eux l’espérance d’hériter du monde nouveau, au milieu des batailles de leur foi ; joie de cette intimité avec Jésus Christ fondée sur la foi qui sait voir l’invisible et transfigure la vie de chaque jour.

Les épreuves doivent vérifier la qualité de notre foi, écrit l’apôtre. Quelles sont les adversités qui m’ont permis d’approfondir ma foi ?

Alléluia. Alléluia. Thomas, parce que tu m’as vu, tu crois, dit le Seigneur. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20, 19-31

Les doutes de l’apôtre Thomas deviennent pour lui un chemin de foi. En est-il de même pour nous ? C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ».

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant ». Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Thomas évoque toujours pour nous la figure de l’homme incrédule. Pourtant, Jean nous le présente comme le type du vrai et du premier croyant. Les autres disciples ont vu le Seigneur ressuscité et ont cru leur Maître vivant, mais Thomas est le premier à reconnaître que l’homme Jésus, celui qui a ri et bu le vin des noces à Cana, qui a pardonné à la femme adultère, qui a pleuré sur la tombe de son ami Lazare, et dont il touche le corps labouré des cicatrices de sa passion, celui-là est Dieu. C’est au cri de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » qu’aboutit l’évangile de Jean ; c’est, dit-il lui-même, dans ce but qu’il l’a écrit : « Afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu et que par votre foi vous soyez la vie en son nom ».

Chaque dimanche, dans notre assemblé eucharistique, Jésus se présente à nous : il souffle sur nous l’Esprit qui est pardon des péchés, il nous donne sa paix et il nous envoie dans le monde comme le Père l’a envoyé. Lui répondons-nous par l’acte de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ? » Alors, heureux sommes–nous qui croyons sans avoir vu !

Homélie

Chers Frères et sœurs, l’Évangile est un Livre qui ne ressemble à aucun autre. Il ne faut pas le regarder comme une histoire de Jésus, au sens moderne du mot, encore moins comme un recueil de belles pensées ou un manuel de morale.

L’Évangile est essentiellement un livre choc écrit tout entier pour que nous recevions en plein cœur la révélation la plus bouleversante et la plus stupéfiante qui soit. C’est comme si l’Évangéliste nous déclarait : « Je vais vous parler d’un homme qui s’appelle Jésus, qui a vécu il y a plus de 2000 ans en Galilée ». Cet homme c’était le Fils de Dieu, un être extraordinairement séduisant qui était pleinement homme et pleinement Dieu. Et pour que nous ne perdions jamais de vue cette vérité fondamentale, Saint Jean l’a placée en finale de son Évangile comme une sorte de cachet d’authentification : « Vous qui venez de me lire, retenez bien pourquoi ce livre a été écrit. C’est pour que vous croyiez que Jésus est le Fils de Dieu ».

Et c’est bien ce mystère, en effet, qui constitue tout l’originalité de la Foi chrétienne (qui distingue notre religion de toutes les autres). Si nous sommes d’authentiques disciples du Christ nous ne pouvons pas nous contenter d’affirmer : je crois en Dieu.

Certes, nous y croyons fermement, mais les juifs qui ont rejeté Jésus y croient eux aussi et il en est de même pour les musulmans, sur ce point-là nous sommes tous d’accord, mais notre foi chrétienne va beaucoup plus loin.

Nous croyons que ce Dieu Unique est à la fois PÈRE – FILS et SAINT ESPRIT et que le Fils (celui que saint Jean appelle le Verbe) a voulu se faire homme en prenant dans le sein de Marie une nature semblable à la nôtre, et cela en vue de notre salut : pour nous libérer du péché et restaurer en nous la vie divine que ce péché nous avait fait perdre.

Ceux qui ont fréquenté durant 3 ans Jésus de Nazareth avaient, certes, pressenti son mystère, mais il a fallut l’événement prodigieux de la Résurrection pour qu’au nom de tous, l’Apôtre Thomas lance ce cri de Foi, d’adoration et d’amour « Mon Seigneur et mon Dieu ».

Cette foi en Jésus-Ressuscité, Médiateur suprême entre Dieu et les hommes est absolument nécessaire pour que, selon les termes employés par Saint Jean, nous ayons la Vie en son nom.

Mais de quelle vie s’agit-il ? Certainement pas de la vie naturelle, car ceux qui ne croient pas en la divinité du Christ sont tout aussi bien des vivants du point de vue physique que leurs frères croyants. Il s’agit, nous le savons, d’une autre Vie, que saint Jean à plusieurs reprises appelle la VIE ÉTERNELLE et qui ne désigne pas chez lui (comme nous le croyons trop souvent) la vie immortelle mais CE QUE DIEU EST EN LUI-MÊME : son essence, son être, sa vie intime. Il faut savoir que dans la Bible, l’ÉTERNEL c’est un des noms attribués à Dieu et alors on comprend l’expression de saint Jean : la vie qui nous est offerte, la vie éternelle, mais ce n’est pas autre chose que la Vie de l’Éternel, rien moins que la vie même de Dieu, cette vie mystérieuse qui est un océan infini de Lumière, d’Amour et de Joie.

Oui, Frères et sœurs, notre foi va jusque là et cet aspect, qui est lui aussi fondamental, la distingue et la place bien au-dessus de toutes les religions. Ne craignons pas de l’affirmer sans complexe : car c’est la Vérité : la religion catholique est la religion la plus vraie et la plus parfaite parce qu’elle est la seule que donne à l’homme (à tout homme qui n’y fait pas obstacle) la possibilité de partager la vie intime de Dieu, de communier à la vie prodigieuse du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et cela dès cette terre, bien que ce soit caché à nos yeux parce que vécu sous le régime de la Foi. C’est là, voyez-vous, tout le mystère de ce que la théologie appelle la grâce sanctifiante et qu’on pourrait bien appeler la grâce divinisante parce qu’elle a pour but de nous conduire progressivement vers l’accomplissement de notre véritable et incomparable destinée : qui est de devenir dieu par participation. Quand nous proclamons que nous sommes enfants de Dieu (et nous le faisons chaque fois que nous récitons le « Notre Père ») c’est cette réalité bouleversante que nous résumons en ces mots si expressifs.

Or, cette grâce sanctifiante, cette vie surnaturelle – est-il besoin de le rappeler ? – nous l’avons reçue sans aucun mérite de notre part à l’heure bénie de notre Baptême.

Ah ! Si nous pouvions comprendre au moins un peu, l’inestimable cadeau que Dieu nous a fait à ce moment là, comme nous vivrions notre christianisme avec générosité, ardeur, enthousiasme ! Comme nous aurions un véritable culte de l’état de grâce, cet état d’amitié, de communion avec le Seigneur qui est encore un autre nom donné à la Présence divine en notre cœur. Comme nous ferions tout pour ne pas perdre ce trésor, et comme nous aurions soin de l’enrichir sans cesse ! L’état de grâce, en effet, ce n’est pas quelque chose de statique, puisque c’est une vie, une vie appelée à grandir et à s’épanouir tout comme la petite graine semée en terre est appelée à devenir un grand arbre capable de produire des fruits en abondance. Et parce que Dieu respecte notre liberté nous sommes responsable de cette croissance de la vie divine en nous : de son développement harmonieux. Nous devons donc y travailler et cela devrait même constituer pour nous la priorité des priorités, y travailler avec le secours des grâces actuelles qui ne nous manquent jamais si nous les demandons humblement dans la prière qui est la respiration de l’âme et si nous recevons les sacrements : la Pénitence qui guérit est fortifie, l’Eucharistie qui nourrit et transforme peu à peu dans le Christ.

Quand Dieu décidera de mettre un terme à cette vie physique, biologique qui est la nôtre ici-bas, nous ferons alors notre dernière Pâque ; nous passerons de l’état de grâce à l’état de gloire. Nous entrerons dans notre Maison d’éternité où dans une vision de Dieu face à face nous goûterons un bonheur sans limite et sans fin qui nous comblera surabondamment au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer.

Dites-moi, chers Frères et sœurs, le christianisme ainsi compris, comme étant la vie la plus épanouissante, la plus comblante qui soit, ne vaut-il pas la peine d’être vécu, fusse au prix de bien des renoncements dont on ne peut faire d’ailleurs l’économie puisqu’il faut nécessairement passer par la croix pour aboutir à la Résurrection, comme la liturgie du Mystère Pascal nous l’a rappelé, il y a une semaine.

Renouvelons donc notre foi en ce mystère et si nous voulons mener à bien la fantastique aventure de notre divinisation comportons-nous toujours vis à vis de Dieu, notre Père, comme des enfants vivants.

Marie qui est la Mère des vivants, la Mère de la divine grâce, ne manquera pas, si nous la supplions avec une confiance toute filiale, de nous entraîner sur cette route montante, de stimuler et de soutenir notre générosité, notre ferveur et notre courage.

Amen.

Abbé Pierre Cousty

Prière universelle

La miséricorde du Seigneur ne demande qu’à se répandre dans le monde. Elle passe par nos mains, par notre engagement au service de nos frères et sœurs. Élargissons notre prière aux dimensions du monde.

Écoute-nous, Dieu très bon. (Version chantée du répons et des intentions : DMV 231-5)

— Sauve ta création, protège notre terre :
— Arrête les guerres, apaise les conflits :
— Éclaire les dirigeants, guide les pasteurs :
— Souviens-toi des malheureux, guéris les malades :
— Soutiens les plus faibles, veille sur les petits :
— Libère les prisonniers, rends justice aux pauvres gens :
— Nourris les affamés, défends l’étranger :
— Réunis les chrétiens, rassemble tous les hommes :

Ta bonté, Seigneur, n’a pas de limites, nous le croyons. Que la résurrection de ton Fils répande ses fruits dans le monde et renouvelle nos façons de vivre ensemble. Alors, nous pourrons te chanter, toi le Père de Jésus et notre Père, vivant pour les siècles des siècles. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

Méditation du Dimanche de la Miséricorde - Diocèse du Havre

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 20:23

Le Christ est vraiment ressuscité, Alléluia !

À lui gloire et puissance pour les siècles des siècles. Amen.

Lecture du livre des Actes des Apôtres 10, 34a.37-43

Les apôtres, témoins désemparés de la mort de Jésus, deviennent pour tous les hommes les témoins convaincus de sa résurrection.

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Des hommes ont vécu dans l’intimité de Jésus de Nazareth qu’ils ont suivi depuis le baptême de Jean, qu’ils ont vu et entendu, dont la personne n’a pas manqué de susciter leur étonnement, tant il montrait de bonté aux pauvres et aux pécheurs et d’autorité devant le mal et les fauteurs d’injustices. Ces mêmes hommes ont été les témoins désemparés de la fin tragique de Jésus, suspendu au gibet infâmant de la Croix. Ces mêmes hommes enfin l’on revu vivant, ont mangé et bu avec lui après sa résurrection, ont reçu de lui la mission de continuer son œuvre de pardon et d’amour. Voilà le point d’appui solide de notre foi : Pierre et ses compagnons sont le trait d’union entre le Jésus de l’évangile et le Christ ressuscité. Et nous, Église du Christ, nous proclamons à leur suite que Jésus Christ est devenu par sa résurrection le Seigneur de tous, le Juge des vivants et des morts.

Nous qui mangeons et buvons avec le Ressuscité à la table de l’eucharistie, comment partager à d’autres la joie de Pâques pour témoigner qu’il est vivant et qu’il apporte le pardon aux hommes ?

Psaume 117

R/ Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

  • Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour ! R/
  • Le bras du Seigneur se lève, le bras du Seigneur est fort ! Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les actions du Seigneur. R/
  • La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens 3, 1-4

Désormais, notre avenir est caché en Jésus ressuscité ; il nous sera dévoilé lorsque le Christ paraîtra dans sa gloire.

Frères, si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ressuscité avec le Christ, le chrétien n’a plus qu’un seul objectif : poursuivre la mission du Christ, qui est de conduire les hommes et l’univers entier vers le Père, en évitant de se refermer sur le monde comme s’il se suffisait à lui-même. Lors du retour du Christ, tout apparaîtra sous son vrai jour. L’humanité ressuscitée partagera la vie du Christ glorieux et l’univers matériel trouvera son accomplissement.

Le corps du Christ ressuscité est désormais près de Dieu : c’est la chair de notre chair et un morceau de la matière de l’univers qui, en lui, sont déjà transfigurés. Jésus Christ est vraiment notre vie, notre avenir et celui du monde.

Séquence

À la Victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange.

L’Agneau a racheté les brebis ; le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père.

La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne.

« Dis-nous, Marie Madeleine, qu’as-tu vu en chemin ? »

« J’ai vu le sépulcre du Christ vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscité.

J’ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements.

Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! Il vous précédera en Galilée. »

Nous le savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts.

Roi victorieux, prends-nous tous en pitié ! Amen.

Alléluia. Alléluia. Notre Pâque immolée, c’est le Christ ! Célébrons la Fête dans le Seigneur ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 1-9

Le tombeau vide et le linceul qui y demeure sont les signes laissés par le Christ ressuscité ; l’apôtre Jean les voir et il croit.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé ». Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : C’est un fait établi, que tous les évangélistes nous rapportent : au matin de Pâques, le tombeau de Jésus est vide. Qu’en conclure ? « On a enlevé le Seigneur », pensera d’abord Marie Madeleine, et tant d’autres après elle. Mais, dans ce cas, on aurait emporté le corps avec le suaire et les bandelettes qui l’enveloppaient. Or, ceux-ci sont soigneusement rangés, ce qui exclut tout enlèvement précipité. Pierre en reste intrigué ; Jean est le premier à croire. Le tombeau vide garantit pour lui l’accomplissement des promesses de Dieu dans la Bible : « Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures ».

« Il vit et il crut ». Quels sont les signes qui m’ont éveillé à la foi en la résurrection du Christ, dans le passé, et m’y conduisent aujourd’hui ? Avec qui puis-je les partager ?

Homélie

L’évènement inouï que constitue la Résurrection glorieuse de notre Sauveur est d’une importance capitale pour l’humanité et pour chacun d’entre nous. Car ce n’est pas pour Lui seul que Jésus est ressuscité, mais aussi pour nous : entre Lui qui est la tête du Corps mystique, et nous qui sommes ses membres, il existe des liens si étroits, une solidarité si réelle que sa victoire est notre victoire et que sa Résurrection est déjà notre résurrection. Depuis que le Christ est mort, qu’Il a été mis au tombeau et qu’Il est ressuscité vivant pour toujours, la mort et la mise au tombeau de ceux qui croient au Christ et espèrent en Lui ne sont plus que les étages d’un cheminement qui conduit à la joie exaltante de la Résurrection générale. Mais quel est le sens et l’intérêt véritable de ce dogme de la résurrection des corps si farouchement nié par les païens d’hier et d’aujourd’hui et les rationalistes de tous bords ? Pourquoi dans la Vie éternelle des corps ressuscités ?

Remarquons tout d’abord que ce serait une erreur grave de dire : « L’âme est immortelle et cela suffit. » Rien n’est plus étranger au christianisme que cette mentalité dédaigneuse du corps humain. L’homme n’est pas seulement une âme humaine, bien que l’âme soit la partie la plus noble de l’être humain ; l’homme c’est essentiellement une âme unie à un corps. Et c’est bien parce qu’il porte très enraciné en lui l’impérieux désir d’être complet dans sa nature que l’homme ne peut accepter la perspective d’une séparation définitive entre son âme et son corps. Or cette aspiration correspond tout-à-fait au plan de Dieu. Ce que Dieu veut, en effet, c’est qu’un être créé par Lui exprime éternellement l’idée divine d’après laquelle il a été créé, c’est-à-dire qu’il soit exactement ce qu’il doit être et qu’il ne manque rien par conséquent à sa nature. Autrement dit : ce chef d’œuvre qu’est l’homme doit être achevé et il le sera effectivement le jour où « son corps de misère sera transformé à l’image du corps glorieux de Jésus » (saint Paul).

Il nous faut donc contempler le Corps glorifié de Jésus (tel que l’Evangile nous le révèle à travers le récit de ses apparitions durant les 40 jours qui ont suivi Pâques) si nous voulons entrevoir ce que sera notre perfection finale à la Résurrection du dernier jour. Dans la lumière de cette révélation, il apparaît très clairement que l’Homme-Dieu, Jésus-Christ, reste Lui – même dans l’éternité tel que l’a fait l’épreuve terrestre : avec son expérience sensible et ses mérites, avec ce corps qui lui permettait d’agir parmi les hommes, d’aimer humainement et de souffrir comme nous ; avec aussi les cinq plaies de sa Passion, mais devenues désormais rayonnantes de sa gloire : « Voyez mes mains et mes pieds, c’est moi-même. Touchez et voyez car un esprit n’a ni chair ni os comme vous voyez que j’en ai ».

La première condition, en effet, pour qu’il y ait vraiment résurrection, c’est l’identité du corps. Il faut que le « moi » se reconstitue dans son intégralité. Ressusciter c’est donc reprendre son corps, celui-là même que nous avions au temps de notre existence terrestre : celui-là même et non un autre, ainsi que l’affirme l’Eglise infaillible dans l’un de ses Conciles : « Tous les élus et réprouvés ressusciteront avec leurs propres corps qu’ils portent maintenant ».

Dans la résurrection de la chair, notre âme qui sera dans un état de gloire (et donc toute possédée par l’Amour), transformera notre corps de l’intérieur pour que celui-ci devienne transparent à l’Amour, pour qu’il soit uniquement un instrument d’amour. Notre corps sera à l’exemple du Corps glorieux de Jésus (et aussi du corps glorieux de Marie), un corps rendu lumineux par l’amour. Il sera en fait comme du vitrail : lumineux de l’intérieur, de la lumière même du Saint-Esprit. De plus, toujours à l’image du Corps glorifié de Jésus et du corps glorifié de Marie, notre corps ressuscité se verra libéré des sujétions matérielles et des infirmités qui l’affligent pendant la vie mortelle. Il ne sera plus conditionné par le temps et par l’espace, mais il participera à l’éternité et à l’omniprésence de Dieu.

Nous sommes là en face d’un grand mystère de la Foi chrétienne : n’essayons surtout pas, en le méditant d’imaginer ce qui est au-delà de l’imagination : « Ce serait, dit saint Augustin, vouloir sortir du monde en emportant avec soi le monde ».

Nous avons beaucoup mieux à faire aujourd’hui que de rêver. L’important pour nous est de préparer activement ce triomphe ultime de la vie que sera pour nous la Résurrection. Car ce lendemain éternel dépend des heures d’ici-bas. N’est-ce pas de la graine que dépendent les fleurs et les fruits ?

Le bonheur achevé du dernier jour ne sera que l’épanouissement plénier de la Vie divine que nous possédons depuis le Baptême et qu’il nous faut développer au maximum par la prière, par les sacrements, par des progrès incessants dans la Foi, l’Espérance et l’Amour.

Jésus a dit : « Je suis la Résurrection et la Vie ».

Faisons en sorte qu’Il soit dès aujourd’hui notre vie pour qu’Il soit au dernier jour notre Résurrection.

 

Prière universelle

Refrain : Ô Christ ressuscité exauce-nous !

  • Seigneur, en ce matin de Pâques, ton Église voit le tombeau vide, et elle croit que tu es vivant. Que son cri de joie Pascale parvienne jusqu’aux extrémités du monde. Nous t’en prions. R/
  • Seigneur, en ce matin de Pâques, des gouvernants, des chefs des Nations luttent pour faire avancer les peuples vers plus de justice et de paix. Que ta victoire sur la mort soit pour eux source d’espérance et de courage. Nous t’en prions. R/
  • Seigneur, en ce matin de Pâques, des familles, des enfants vivent une fête, des rencontres, sans savoir te nommer. Tu aimes leur joie. Que leurs yeux s’ouvrent à ta Présence aimante et à ta Vie. Nous t’en prions. R/
  • Seigneur, en ce matin de Pâques, des pauvres recherchent un Sauveur, des chômeurs, des immigrés, des peuples en guerre voudraient un sort meilleur. Que la joie de Pâques soit aussi pour eux. Nous t’en prions. R/
  • Seigneur, en ce matin de Pâques, nous venons te rencontrer Vivant dans notre assemblée et dans les humbles réalités de notre vie. Que ta Présence de ressuscité régénère notre foi et nous fasse rayonner ta joie. Nous t’en prions. R/

Source : http://paroissecolomiers.com

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 20:22

Avons-nous bien compris la stupéfiante nouvelle que les textes bibliques lus il y a un instant viennent une fois de plus de nous annoncer ?

Jusqu’à ce matin là, c’est elle qui avait toujours raison, c’est elle qui avait le dernier mot… Qui elle ? Mais la mort.

Jusqu’au Vendredi-Saint elle a gagné toutes les batailles, mais à l’aube de Pâques elle a perdu la guerre définitivement. Car celui que l’on avait pendu à une croix après l’avoir horriblement torturé et dont on avait transpercé le cœur avec une lance, ce Jésus si puissant par ses actes et par ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple, il était mort, bien mort, comme nous mourrons tous et pire encore. Mais c’était sans compter avec l’Amour Tout-Puissant de Dieu son Père, qui l’a ressuscité trois jours après en lui donnant une vie toute nouvelle que jamais aucune mort ne pourra atteindre.

« Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant, il n’est pas ici. Il est ressuscité ».

Frères et sœurs, ce miracle inouï de la Résurrection n’est-il pas la preuve la plus éclatante et la plus convaincante que Jésus est beaucoup plus qu’un homme ? Qu’Il est véritablement, comme il l’a affirmé Lui-même, le Fils de Dieu ? « Qu’en son humanité » (en tout semblable à la nôtre sauf le péché) habite toute la plénitude de la divinité ?

C’est la raison pour laquelle à partir de sa Résurrection les chrétiens lui ont décerné ce titre qui dans la Bible ne sert qu’à désigner Dieu, le titre de Seigneur.

JESUS EST LE SEIGNEUR, IL EST NOTRE SEIGNEUR, IL EST NOTRE DIEU.

Telle est, frères et sœurs, la vérité centrale du christianisme : celle qui commande tout. C’est vraiment la clé de voûte, la pièce maîtresse de notre Foi. Comprenons bien que si elle se défait, tout se défait : l’Evangile alors n’a plus de sens, ni l’Eglise, ni les Sacrements.

Si Jésus n’est pas ressuscité : il n’est pas le Seigneur, Il n’est pas Dieu et alors « vaine est notre Foi » comme dit saint Paul et nous sommes les plus malheureux des hommes. Mais si Jésus est véritablement LE SEIGNEUR, s’il est le Dieu infiniment miséricordieux qui a voulu se faire homme pour délivrer les hommes de la mort spirituelle qu’est le péché et les faire communier à sa vie, pour leur donner, en fait, la capacité de vivre sa propre vie divine dans leur humanité… Il a parfaitement le droit d’exiger de nous une foi totale et inconditionnelle en sa Personne et en sa Parole… Certes, nous tous qui sommes ici ce matin, nous nous considérons comme des croyants… Mais où en sommes-nous de notre Foi en Jésus Ressuscité ? Quelle est la qualité de cette Foi que nous professons ?

Il faudrait, frères et sœurs, qu’en cette fête de Pâques nous prenions davantage conscience que notre Foi ne peut être vigoureuse et lumineuse que si, d’abord et avant tout, elle nous donne la certitude que Jésus est la VÉRITE : ce qui veut dire que seul l’accueil fait à sa Parole peut nous mettre dans la Vérité, que seule cette Parole qui est divine peut répondre de manière satisfaisante à toutes nos interrogations, nous éclairer de l’intérieur sur nous-mêmes et sur toutes choses, qu’Elle seule peut donner un sens et une valeur à tout ce que nous vivons… Et qu’Elle seule enfin peut nous ancrer dans la certitude que toutes les promesses de Jésus seront tenues : ce qui veut dire que grâce à Lui, il n’y a plus rien à craindre, il n’y a plus de vide, plus de solitude, plus de situations désespérées.

Lui seul peut combler (et avec quelle surabondance) nos aspirations les plus profondes à tout ce qui est vrai, tout ce qui est beau, tout ce qui est bien.

Lui seul est capable de nous conduire – si toutefois nous voulons bien lui emboîter le pas – à l’épanouissement plénier de tout notre être dans la vie éternelle du ciel : cette merveilleuse communion avec Dieu, Père, Fils et Saint Esprit qui nous inondera pour toujours de Lumière, de Paix et d’Amour, qui nous comblera d’un indicible Bonheur…

Oh ! Prions intensément au cours de cette Messe Pascale par l’intermédiaire de celle qui est « Bienheureuse parce qu’elle a cru » la Vierge Marie notre mère pour que nous soit accordée la grâce d’être renouvelés, revigorés, soutenus puissamment dans une telle Foi et une telle Espérance. Jésus, alors, deviendra sans tarder notre unique raison de vivre. Tout dans notre existence sera orienté vers Lui, sera centré sur Lui. Nous rechercherons une telle union avec Lui, une telle conformité à sa vie que nous deviendrons d’autres Christ pouvant affirmer comme saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».

Et c’est ainsi, frères et sœurs, que le Christ à travers notre comportement, (à travers surtout le rayonnement de notre amour) pourra être reconnu et aimé.

Le monde déboussolé, désabusé et angoissé qui est le nôtre a besoin de ce témoignage lumineux pour revenir à Dieu et faire surgir dans la Paix, la Joie et l’Espérance enfin retrouvées cette civilisation de l’Amour que depuis bien longtemps déjà tant d’âmes généreuses appellent de leurs vœux.

Amen !

Prière Universelle de la Veillée Pascale

Christ est ressuscité. Avec cette joie que nul ne pourra nous ravir, prions le Père de faire resplendir sur nous la grâce de la résurrection.

R/ Seigneur de lumière et de vie, écoute nos prières.

  • Seigneur de lumière et de vie, nous te prions d’éclairer les personnes qui exercent un ministère dans ton Église pour qu’elles soient des témoins du Ressuscité. R/
  • Seigneur de lumière et de vie, nous te prions de soutenir par ta grâce les baptisés de la nuit pascale pour qu’ils sachent toujours reconnaître les signes du Ressuscité. R/
  • Seigneur de lumière et de vie, nous te prions pour les personnes qui souffrent et celles qui sont en fin de vie afin qu’elles reçoivent consolation du Ressuscité. R/
  • Seigneur de lumière et de vie, nous te prions pour notre communauté chrétienne afin que l’amour que nous nous portons les uns envers les autres soit pour tous signe du Vivant au cœur du monde. R/

Dieu notre Père, en cette nuit de Pâques, tu nous rappelles que la lumière a triomphé des ténèbres, que la vie l’a emporté sur la mort. Écoute et exauce nos prières au nom du Ressuscité, Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, vivant pour les siècles des siècles. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 09:22

Homélie

Tout comme nous, ce soir, dans le vaste monde des millions de fidèles emplissent les églises pour célébrer dans la joie des alléluias un événement sans précédent, survenu un matin de printemps à Jérusalem, événement qui a bouleversé le cours de l’histoire. Un homme à qui on avait arraché la vie en le clouant sur une croix s’est avérée, s’est affirmé bel et bien vivant. Nous savons qu’il s’agit de Jésus qui est ressuscité, qui est vraiment ressuscité comme il l’avait annoncé.

Pour la première fois et d’une façon définitive en Lui la mort venait de trouver son Maître. Nous sommes là en présence d’un profond mystère qui est beaucoup plus qu’un souvenir du passé… Un mystère qui est une réalité présente, quelque chose de toujours actuel. Jésus, en effet, n’est pas un homme mort qui serait revenu à la vie seulement pour un temps et aurait de nouveau disparu…

Sa Résurrection n’est pas une réanimation : elle est infiniment mieux que cela. Dire que Jésus est ressuscité c’est dire qu’il est passé (c’est le sens du mot Pâques), qu’il est passé Corps et Âme à une vie tout autre, toute neuve qui saisit son être tout entier.

Une vie nouvelle que nous ne pouvons pas imaginer mais qui n’est pas tout à fait impensable : d’elle nous pouvons dire qu’elle est totalement libérée des conditionnements humains :

  • Elle est immortelle au-delà de toutes nos morts, paisible au-delà de tous nos conflits, heureuse au-delà de toutes nos tristesses.
  • Elle est la Vie même de Dieu, impalpable mais bien réelle, car nous ne saurions réduire le réel à ce que voient nos yeux, à ce que déduit et comprend notre raison.

Chers frères et sœurs, puisque Jésus est vivant pour l’éternité, nous avons la certitude qu’Il demeure présent, selon sa promesse, à cette humanité qu’Il est venu sauver. Il n’existe aucune distance, en effet, qui puisse nous séparer du Christ-Ressuscité. Le temps, non plus, ne saurait nous éloigner de Lui. Comme il est réconfortant, comme il est doux, frères et sœurs, de penser à cette présence infiniment aimante de notre Sauveur à tout le déroulement de notre vie terrestre !

  • Certes nous ne le voyons pas comme les apôtres et les saintes femmes ont pu le voir après sa Résurrection ; mais il doit nous suffire de savoir par la Foi, qu’Il nous voit, Lui, qu’Il nous regarde avec tendresse, qu’Il est tout proche de nous.
  • Nous ne l’entendons pas nous appeler par notre nom comme il daigna appeler Marie-Madeleine en se montrant à elle, mais nous pouvons être sûrs qu’Il nous parle à l’intime du cœur chaque fois que nous nous imposons des temps de silence pour l’écouter.
  • Nous ne le touchons pas, mais Il nous touche, Lui, spirituellement, en nous communiquant par son humanité glorieuse la Vie Surnaturelle de la Grâce.

Non, nous ne sommes ni moins favorisés, ni moins heureux que les témoins directs de sa Résurrection. Jésus est vivant pour nous, comme pour eux. Nous sommes aussi bien qu’eux, sous l’influence et dans la joie de sa victoire absolue sur la mort et sur le péché, étant de ceux dont il a déclaré lui-même « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ».

Frères et sœurs, dans quelques instants nous allons bénir l’eau baptismale : l’Église nous invite par-là à nous rappeler la signification profonde de notre Baptême. Par ce premier sacrement de la Foi nous sommes entrés dans la nouvelle création que Jésus a inaugurée dans le Mystère de sa Pâque. Par sa mort, en effet, il nous a fait mourir au péché et par sa Résurrection il nous a fait naître à la Vie Surnaturelle de la Grâce. Cette vie nouvelle qui fait de nous « des fils dans le Fils Bien-Aimé » est le commencement en nous de la Vie éternelle. Elle est comme une semence qui doit se développer, jusqu’au moment suprême de notre Pâque personnelle, de notre passage de ce monde à Dieu. Et alors la vie du Christ-Ressuscité, encore cachée dans nos âmes comme la fleur en son bouton s’épanouira en gloire. Quant à nos corps ils devront attendre l’heure de la Résurrection Générale pour devenir semblable au Corps Glorieux de Jésus et pour partager dans une communion parfaite avec nos âmes l’infinie Béatitude de Dieu.

Chers frères et sœurs, ce mystère du Salut intégral de l’homme que nous allons réaffirmer dans notre Profession de Foi Baptismale c’est une vérité fondamentale à laquelle nous devons adhérer de tout notre esprit et de tout notre cœur et que nous osons proclamer fièrement à la face du monde, ce monde d’aujourd’hui qui a perdu le sens de Dieu, et de sa propre destinée et qui pour cette raison s’enfonce dans l’angoisse, sans autre issue que le désespoir.

Comprenons bien, cependant qu’il ne suffit pas de professer notre foi en la Résurrection, si nous voulons être crédibles et attirer les autres au Christ, il faut que nous leur donnions des signes vraiment convaincants que cette Foi illumine et transforme toute notre vie. Or, parmi ces signes il en est UN auquel nous ne pensons peut-être pas assez, c’est celui de la Joie, de notre Joie Chrétienne.

Si nous avons la certitude que le Christ Ressuscité est à l’œuvre dans notre monde, si nous croyons que dans le mur de la mort une brèche a été ouverte, si nous savons que la route de l’Évangile nous conduit vers une vie en plénitude, si nous nous savons des ressuscités dans le Christ, alors, de grâce, ayons des têtes de ressuscités.

Ah ! Si nous pouvions nous convaincre que la joie est le signe évident de la Foi que nous portons au Ressuscité, comme nous donnerions a beaucoup de ceux que nous côtoyons une forte envie de croire ! Le Père Huvelin, ce prêtre qui joua un rôle important dans la conversion du Père de Foucault disait ceci : « Qu’en vous voyant agir, on se dise : il y a dans cette âme quelqu’un qui est vivant et qui l’anime ». Retenons aussi cette belle pensée de saint Athanase : « Le Christ Ressuscité fait de la vie de l’homme une fête continuelle ». Soyons donc de plus en plus généreux, de plus en plus ardents pour témoigner de notre foi par notre joie. Et que par son intercession toute puissante Elle veuille bien nous accorder cette Grâce, Celle qui est la « Cause de notre Joie » Marie la Vierge Glorieuse, Mère du Ressuscité et Notre Mère Bien-Aimée. Alléluia ! Amen !

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25 mars 2020 3 25 /03 /mars /2020 08:25

En cliquant sur cette image vous trouverez les lectures de la Veillée Pascale en PDF.

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 20:29
Église Saint-Étienne-du-Mont de Paris

Année C

Lecture des Actes des apôtres 7, 55-60

Étienne meurt en témoin de Jésus à un double titre : témoin de sa résurrection et témoin de son pardon pour ses bourreaux.

En ces jours-là, Étienne était en face de ses accusateurs. Rempli de l’Esprit Saint, il fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu ». Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit ». Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché ». Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La mort d’Etienne, le premier martyr témoin du Christ, est calquée sur celle de Jésus, et ses dernières paroles rappellent celles de Jésus en croix. Une différence pourtant : sur la croix, Jésus s’abandonne avec confiance entre les mains de son Père ; c’est au Seigneur Jésus qu’Etienne adresse le même geste de remise confiante. Sur la croix, Jésus prie le Père de pardonner à ses bourreaux ; c’est le Seigneur Jésus qu’Etienne prie d’accorder ce même pardon. C’est que, depuis Pâques et l’Ascension, les chrétiens savent que Jésus partage la toute-puissance de Dieu.

Etienne a appris de Jésus crucifié comment mourir. La mort de Jésus nous enseigne toujours l’abandon confiant entre les mains du Seigneur.

Psaume 96

R/ : Le Seigneur est roi, le Très-Haut sur toute la terre ! ou : Alléluia !

  • Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! Joie pour les îles sans nombre ! Justice et droit sont l’appui de son trône. R/
  • Les cieux ont proclamé sa justice, et tous les peuples ont vu sa gloire. À genoux devant lui, tous les dieux ! R/
  • Tu es, Seigneur, le Très-Haut sur toute la terre : tu domines de haut tous les dieux. R/

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean 22, 12-14. 16-17. 20

Le dernier mot de la Bible est un cri d’espérance : « Viens, Seigneur Jésus ! »

Moi, Jean, j’ai entendu une voix qui me disait : « Voici que je viens sans tarder, et j’apporte avec moi le salaire que je vais donner à chacun selon ce qu’il a fait. Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie et, par les portes, ils entreront dans la ville. Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange vous apporter ce témoignage au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton, le descendant de David, l’étoile resplendissante du matin ». L’Esprit et l’Épouse disent : « Viens ! » Celui qui entend, qu’il dise : « Viens ! » Celui qui a soif, qu’il vienne. Celui qui le désire, qu’il reçoive l’eau de la vie, gratuitement.

Et celui qui donne ce témoignage déclare : « Oui, je viens sans tarder ». – Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ainsi se termine le livre de l’Apocalypse, sur cet appel à la rapide venue du Christ. Venue qui fera connaître la valeur de l’œuvre de chacun, qui révélera le sens de l’histoire que le Christ domine du début à la fin ; venue du Christ, qui reconnaîtra pour les siens les affamés et les assoiffés de justice, de pardon, de paix et d’amour. Cet appel, l’Esprit et l’Église, l’épouse du Christ, le font entendre de concert : tous deux agissent dans le monde pour que vienne ce jour où le Christ se lèvera sur l’univers, comme l’étoile resplendissante de l’éternel matin du monde nouveau.

Viens, Seigneur Jésus, étoile resplendissante du matin, sur ceux qui sont dans la nuit ! Lumière qui brille depuis le commencement, viens à la fin de l’histoire, dissiper toutes les ténèbres du monde ! Viens à l’appel de l’Esprit et de l’Église, ton Épouse !

Alléluia. Alléluia. Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur, je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17, 20-26

Jésus prie pour l'unité des chrétiens qu'il présente comme la condition de l'efficacité de la mission de l’Église.

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’unité pour laquelle prie Jésus n’a pas seulement pour but de maintenir une étroite communion entre ses disciples ni de les unir à lui et à son Père ; l’unité des croyants n’a pas seulement valeur à l’intérieur de l’Église, elle a aussi valeur pour le monde : « Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie ». Et, de fait, comment croire que l’amour de Dieu habite des hommes divisés entre eux ? Comment croire que la mort du Christ puisse rassembler dans l’unité, autour du Père, les enfants de Dieu dispersés, si les quelques-uns regroupés dans l’Église ne sont pas déjà unis ?

Le Père nous a aimés de l’amour même dont il a aimé Jésus, son Fils, avant même la création du monde. La preuve en est l’unité quand nous parvenons à la réaliser entre nous.

Homélie

Le message d’amour apporté ici-bas, par Jésus, notre Sauveur, s’avère toujours plus fort que la haine, puisqu’il lui survit constamment et qu’il ne cesse de rayonner au-dessus de toutes les entreprises hostiles qui essaient de l’étouffer. Vingt siècles d’Histoire de l’Eglise sont là pour en témoigner. Il brille encore de nos jours en dépit des conflits de toute sorte et des actes de violence extrême qui secouent notre pauvre monde si déboussolé et menacent dangereusement la Paix. L’amour sur fond de violence et de haine, tel est bien, en effet, le thème des lectures bibliques que nous venons d’entendre et qu’il nous sera très précieux de méditer quelques instants.

Tout d’abord dans le cas de saint Etienne, ça saute vraiment aux yeux que l’amour se détache sur un fond de violence. Le récit de son martyre que nous allons entendre dans la 1ère lecture, relate une scène de véritable sauvagerie : accusé de blasphème pour avoir proclamé la divinité de Jésus, le jeune diacre est condamné, puis exécuté sur le champ, sans l’ombre d’un procès, ni la moindre esquisse d’une défense. Ses accusateurs se bouchent même les oreilles pour ne pas entendre, hurlent de grands cris dans leur rage, se précipitent sur lui, l’entraînent hors de la ville et le tuent à coups de pierres. Un jeune homme dont la complicité ne fait pas de doute, assiste à l’exécution : il s’appelle Saul. C’est le futur saint Paul. Si l’évangéliste tient à signaler sa présence c’est parce que, manifestement, il voit dans l’héroïque martyre d’Etienne la source et comme la rançon de la conversion bouleversante de l’apôtre.

Que fait Etienne sous les jets de pierre qui le frappent ? Il implore la miséricorde de Dieu pour ses assassins : « Seigneur, supplie-t-il à genoux, ne leur impute pas ce péché ». A la violence donc il répond par le pardon, à la haine, il oppose le plus grand amour. Son martyre est une parfait décalque de celui du Christ, s’écriant lui aussi avant de mourir : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Le voilà, frères et sœurs, le véritable esprit du christianisme : il est du côté de l’amour et non de la haine ; il pardonne aux coupables et en tire ses plus grandes victoires. C’est sur fond de violence aussi que se déroule la soirée mémorable du Jeudi-Saint où Jésus, après avoir institué la Sainte Eucharistie, adresse à son Père la merveilleuse prière pour l’unité des chrétiens. Judas, le traître, vient de quitter la salle. Un complot s’ourdit dans l’ombre. Pour Jésus, le dénouement tragique est proche. Or, c’est à ce moment même – le contraste n’est-il pas saisissant ? – que Jésus recommande aux siens de s’aimer les uns les autres : « Oui, comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres... C’est à ce signe que l’on vous reconnaîtra pour mes disciples... » Quelques instants plus tard se tournant vers le Père, dans cette prière si émouvante qu’on appelle la Prière Sacerdotale, il va jusqu’à dire : « Père que tous soient UN comme Toi et Moi nous sommes UN ; qu’ils soient UN en nous pour que le monde croie que tu m’as envoyé... » Nous sommes là en face du vœu le plus cher de Jésus : ce qu’il désire par-dessus tout c’est que l’Unité entre ses disciples soit aussi ressemblante que possible à la Communion du Dieu-Trinité en qui se marient l’unisson absolue et le respect des personnes distinctes, l’un et l’autre portés à l’infini par un parfait amour. Et ce qui est frappant, c’est que Jésus implore cette grâce suprême à l’heure même où Satan attise dans les cœurs la haine implacable qui va se déchaîner sur Lui tout au long de sa Passion... Et en sachant fort bien que durant toute l’histoire à venir une haine semblable suscitera embûches sur embûches parmi les hommes et même parmi les chrétiens qui trop souvent connaîtront les conséquences désastreuses de la division... Jésus, néanmoins, insiste pour que tout cela soit efficacement maîtrisé et désarmé et pour que ce soient finalement l’amour ainsi que l’unité qui aient le dernier mot.

Puissions-nous, frères et sœurs, pour notre part, ne jamais aller à l’encontre de cette volonté expresse de notre Seigneur, ne jamais lui infliger le moindre démenti. Oh certes, nous connaissons les effets du péché originel au cœur de tout homme ici-bas. Nous n’avons pas l’illusion de penser que l’unité parfaite ne pourra jamais se réaliser sur cette terre comme elle le sera dans l’au-delà. Mais avec l’aide de Dieu (qui ne nous manque jamais, si nous savons la puiser dans la prière et les sacrements, si nous savons l’implorer aussi par l’intercession de Marie, la Médiatrice de toutes les grâces), nous devons travailler de toutes nos forces à faire souffler dans le monde l’Esprit de l’Evangile qui est un esprit d’amour et non de haine, d’unité et non de discorde, de compréhension mutuelle et non de conflit incessant.

Ne l’oublions jamais : il n’y a qu’une méthode souverainement efficace pour faire reculer l’épidémie du mal, c’est de répandre partout la contagion du bien. Sur fond de violence et de haine, soyons courageusement, soyons inlassablement des semeurs d’amour. Comme l’a si bien dit ce géant de la charité, que fut Raoul Follereau, l’apôtre des Lépreux : « Tout amour semé tôt ou tard, fleurira. Seul l’Amour sauvera le monde ».

Amen.

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21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 17:18

Année C

Lecture du livre des Actes des Apôtres 15, 1-2. 22-29

L’Église et l’Esprit Saint décident d’ouvrir aux païens un libre accès à Jésus Christ, sans les obliger à se soumettre, au préalable, à la loi juive.

En ces jours-là, des gens, venus de Judée à Antioche, enseignaient les frères en disant : « Si vous n’acceptez pas la circoncision selon la coutume qui vient de Moïse, vous ne pouvez pas être sauvés ». Cela provoqua un affrontement ainsi qu’une vive discussion engagée par Paul et Barnabé contre ces gens-là. Alors on décida que Paul et Barnabé, avec quelques autres frères, monteraient à Jérusalem auprès des Apôtres et des Anciens pour discuter de cette question. Les Apôtres et les Anciens décidèrent avec toute l’Église de choisir parmi eux des hommes qu’ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabé. C’étaient des hommes qui avaient de l’autorité parmi les frères : Jude, appelé aussi Barsabbas, et Silas. Voici ce qu’ils écrivirent de leur main : « Les Apôtres et les Anciens, vos frères, aux frères issus des nations, qui résident à Antioche, en Syrie et en Cilicie, salut ! Attendu que certains des nôtres, comme nous l’avons appris, sont allés, sans aucun mandat de notre part, tenir des propos qui ont jeté chez vous le trouble et le désarroi, nous avons pris la décision, à l’unanimité, de choisir des hommes que nous envoyons chez vous, avec nos frères bien-aimés Barnabé et Paul, eux qui ont fait don de leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce qui suit : L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas faire peser sur vous d’autres obligations que celles-ci, qui s’imposent : vous abstenir des viandes offertes en sacrifice aux idoles, du sang, des viandes non saignées et des unions illégitimes. Vous agirez bien, si vous vous gardez de tout cela. Bon courage ! » – Parole du Seigneur.

Commentaire : Il fallait choisir, au premier concile, entre une Église close sur elle-même, qui annexerait les hommes en leur imposant des traditions religieuses et un cadre de pensée rigide, et une Église ouverte au monde où les nouveaux convertis n’auraient pas à se dépouiller de leur originalité culturelle et de leurs valeurs humaines. Or, il se trouve toujours des esprits chagrins pour croire que l’ouverture au monde est un abandon de la foi, que la pluralité des cultures est une entorse à l’unité. Conduits par l’Esprit, les responsables de la primitive Église n’en ont pas jugé ainsi. Les partisans de l’ouverture de l’Église, aujourd’hui, peuvent se réclamer de la Tradition !

Quelle est notre réaction quand l’un de nos frères ne pense pas comme nous, ne voit pas le monde à notre manière, a des habitudes différentes des nôtres ?

Psaume 66

R/ : Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent grâce tous ensemble ! ou : Alléluia.

Que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse, que son visage s’illumine pour nous ; et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. R/

Que les nations chantent leur joie, car tu gouvernes le monde avec justice ; tu gouvernes les peuples avec droiture, sur la terre, tu conduis les nations. R/

La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que Dieu nous bénisse, et que la terre tout entière l’adore ! R/

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean 21, 10-14.22-23

La Cité sainte que décrit saint Jean évoque l’Église bâtie sur les apôtres et ouverte aux quatre coins du monde.

Moi, Jean, j’ai vu un ange. En esprit, il m’emporta sur une grande et haute montagne ; il me montra la Ville sainte, Jérusalem, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu : elle avait en elle la gloire de Dieu ; son éclat était celui d’une pierre très précieuse, comme le jaspe cristallin. Elle avait une grande et haute muraille, avec douze portes et, sur ces portes, douze anges ; des noms y étaient inscrits : ceux des douze tribus des fils d’Israël. Il y avait trois portes à l’orient, trois au nord, trois au midi, et trois à l’occident. La muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau. Dans la ville, je n’ai pas vu de sanctuaire, car son sanctuaire, c’est le Seigneur Dieu, Souverain de l’univers, et l’Agneau. La ville n’a pas besoin du soleil ni de la lune pour l’éclairer, car la gloire de Dieu l’illumine : son luminaire, c’est l’Agneau. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La nouvelle Jérusalem, c’est un peuple saint, car Dieu lui-même y habite comme dans un temple, et le Christ y demeure parmi les siens comme dans son corps. C’est un peuple ouvert aux quatre points de l’horizon, pour indiquer sa perspective universelle, catholique. C’est un peuple qui s’édifie sur un témoignage de douze apôtres, un peuple apostolique. Rassembler ce peuple saint apostolique dans l’unité, c’est le programme que le Christ a confié à son Église, qui est déjà pour le monde le signe, le sacrement de ce projet de Dieu.

Sommes-nous, pour l’Église, passionnés d’unité : entre chrétiens séparés, dans notre Église, dans notre communauté chrétienne ? Comment y travaillons-nous ensemble ?

Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 23-29

Le gage de la paix que Jésus donne à ses disciples, est l’envoi de l’Esprit Saint par le Père.

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m’aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.

Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés ni effrayés. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Toute la portée des paroles de Jésus nous échappe encore, comme elle échappait aux disciples, le soir de la Cène, mais l’Esprit Saint est donné à l’Église pour lui en révéler les applications et les incidences au long de l’histoire. Aussi les chrétiens, comme les disciples, peuvent reste en paix, malgré tous les bouleversements que connaîtront le monde et l’Église : s’ils se veulent fidèles à l’Évangile, l’Esprit saura bien leur enseigner comment le mettre en pratique, jour après jour.

La paix que nous nous souhaitons à la messe avant la communion prolonge celle que Jésus a donnée à ses disciples. Comment faire pour ne pas la donner « à la manière du monde » ?

Homélie

« Si quelqu’un m’aime il restera fidèle à ma Parole. Mon Père l’aimera et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure ».

Cette étonnante promesse de Jésus, c’est la révélation suprême, c’est le couronnement de tout ce qu’il a pu nous dire et nous donner, c’est la révélation parfaite de la rencontre entre l’homme et Dieu, c’est l’accomplissement total de l’amour parfait ; la présence de Dieu au cœur de notre propre cœur.

Oui, en vertu de cette merveilleuse promesse, chacun de nous peut dire, là, maintenant, dans ma vie, le Père, le Fils et le Saint Esprit, le Dieu vivant et vrai veut venir habiter... Et non point pour y passer, mais pour y demeurer, non point pour une rencontre d’un jour, mais pour une habitation qui ne finira jamais.

Quelle incroyable promotion spirituelle pour l’homme qui se trouve ainsi élevé à une vie d’intime communion avec les Trois Personnes Divines qui est rendu capable de participer dès cette terre par la foi, l’espérance et l’amour à la nature et à la vie même de Dieu !

Mais cette mystérieuse habitation du Dieu-Trinité dans l’âme du baptisé ne peut subsister. Jésus le souligne très fortement, que si l’on a pour lui un amour authentique qui n’est pas simple sentimentalisme, mais qui s’exprime dans le concret de la vie par l’observance de sa Parole : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle à ma Parole ». C’est un amour qui consiste en un don total de soi-même à Dieu et en un don total de soi-même à son prochain dans l’amitié, le service, le partage des joies et des peines, la miséricorde qui pardonne inlassablement. Tout cela l’apôtre Jean l’a résumé dans une très belle formule : « Celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu en lui ».

A partir de là, frères et sœurs, nous pouvons donc comprendre que l’âme en état de grâce (et on est en état de grâce si l’on n’est pas séparé de Dieu par le péché grave), l’âme en état de grâce, qui vit dans l’amitié avec Dieu est en fait un petit ciel, puisque Dieu y réside avec tout le secret de sa vie intime et y exerce une action qui peu à peu la transforme et la divinise dans la mesure où elle se laisse faire.

Mais ici une question se pose : comment se fait-il que nous allions et venions avec une telle présence en nous sans y prêter attention ? N’est-ce pas parce que notre cœur est encombré de toutes sortes de futilités et par dessus-tout de notre moi égoïste et jouisseur ?

« Ô âmes créées pour ces merveilles, s’écrie saint Jean de la Croix, que faites-vous, à quels misérables riens perdez-vous votre temps ».

Dès lors puisque la Sainte Trinité veut nous associer à sa vie divine, nous ne devrions tendre qu’à une seule chose : entretenir avec elle des relations de plus en plus étroites par une prière fréquente et persévérante faite d’adoration, de louange, de supplication, d’intercession et d’action de grâce, et une fidélité sans failles à l’Eucharistie où Jésus nous donne son Cœur débordant d’amour pour que nous puissions aimer comme lui.

Chers frères et sœurs, n’oublions jamais que Dieu nous appelle tous à marcher vers la sainteté en faisant d’incessants progrès dans l’amour. Si par nos péchés nous ne faisons pas obstacle au développement de cet amour surnaturel dans nos âmes nous pouvons êtres sûrs que la Très Sainte Trinité présente en nous nous inondera de grâces toujours plus abondantes qui nous feront monter à un niveau toujours plus élevé d’intimité avec Elle, jusqu’à ce que cette union (qui demeure cachée tant que nous cheminons ici-bas) atteigne sa perfection au ciel dans une communion infiniment comblante à la Béatitude même de Dieu.

Notre vie spirituelle d’aujourd’hui ne peut être qu’une préparation à ce bonheur, mais elle est déjà une joie possédée comme une sainte carmélite, la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité en a témoigné en ces termes : « Croire qu’un être qui s’appelle l’Amour habite en nous à tout instant du jour et de la nuit, voilà ce qui a fait de ma vie un ciel anticipé ».

Puisse la Vierge Marie, notre Mère bien-aimée qui a vécu ce mystère de la Présence dans l’âme des Trois Personnes Divines, avec une intensité et une perfection indépassables nous obtenir à tous cette grâce des grâces.

Amen.

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 18:04

Année C

Lectures du livre des Actes des apôtres 14, 21b-27

Au cours de leur voyage missionnaire, Paul et Barnabé fondent et organisent de nouvelles communautés chrétiennes.

En ces jours-là, Paul et Barnabé, retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie ; ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu ». Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui. Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent au port d’Attalia, et s’embarquèrent pour Antioche de Syrie, d’où ils étaient partis ; c’est là qu’ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils avaient accomplie. Une fois arrivés, ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi. – Parole du Seigneur.

Commentaire : l’ardeur apostolique de Paul pour annoncer l’Évangile aux païens se double d’un très grand sens pastoral. Il porte le souci de toutes les Églises, c’est-à-dire des communautés chrétiennes qu’il a fondées lors de ses voyages missionnaires. Sans cesse, il revient les fortifier dans leur foi naissante, les encourager devant les persécutions locales, redresser leurs erreurs et les organiser en choisissant des anciens pour les encadrer. (« Ancien », en grec, se dit presbytre, d’où vient le mot français : prêtre). Il prend soin aussi de tenir au courant des progrès de la mission la communauté chrétienne qui l’a envoyé, pour que tous se sachent partie prenante de son labeur apostolique et se réjouissent de voir Dieu ouvrir aux païens la porte de la foi.

Rendre compte de l’exécution des tâches confiées, de nos efforts apostoliques, des services exercés est une occasion de rappeler à la communauté chrétienne que tous sont associés à l’activité missionnaire.

Psaume 144

R/ : Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! ou Alléluia !

  • Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. R/
  • Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits. R/
  • Ils annonceront aux hommes tes exploits, la gloire et l’éclat de ton règne : ton règne, un règne éternel, ton empire, pour les âges des âges. R/

Lecture de l’Apocalypse selon saint Jean 21, 1-5a

Dans notre histoire, l’amour aura le dernier mot lorsque surgiront un ciel nouveau et une terre nouvelle.

Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé ». Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : La fin des temps ne sera pas pour l’univers une destruction, mais une transformation, comme si un brouillard se déchirait qui cachait jusqu’à présent à nos yeux le vrai monde. Alors apparaîtra une humanité transfigurée : toute misère, toute laideur, tout péché s’en seront allés, l’amour aura triomphé, celui de Dieu pour nous et celui dont nous aurons essayé de vivre, à la suite de Jésus Christ. Alors aussi, l’univers matériel prendra son vrai visage, entraîné avec l’humanité vers son destin. Et nous saurons que la vraie demeure de Dieu, celle qui a toujours été la sienne, c’est l’homme, ce sont les hommes dont Jésus Christ s’est fait le frère, lui l’Emmanuel, c’est-à-dire : Dieu-avec-nous.

Croire que notre monde si souvent abîmé par la mort, les larmes, les cris et la tristesse soit promis à une telle rénovation qu’au terme de l’histoire, il sera comme une fiancée parée pour son époux, n’est-ce pas une folle espérance ? C’est la nôtre depuis qu’avec Jésus l’amour a triomphé de la mort. A qui rendre compte de cette espérance qui nous habite ?

Alléluia. Alléluia. Je vous donne un commandement nouveau dit le Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ». Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13, 31-33a.34-35

À quel signe pouvons-nous être reconnus disciples de Jésus ? À l’amour que vous avez les uns pour les autres, nous dit Jésus.

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.

Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Quelqu’un est glorifié, pour la Bible, lorsque sa vie donne sa pleine mesure et que son existence révèle toutes ses dimensions. Jésus est ainsi glorifié lorsque son amour est parfaitement révélé par son sacrifice et sa résurrection, qui en manifestent la dimension humaine et divine. Pour Jean, c’est déjà au soir du Jeudi saint que Jésus est glorifié par anticipation : Judas est déjà sorti pour le livrer ; l’eucharistie est le sacrement de la mort et de la résurrection du Christ qui, avant de quitter les siens, leur révèle le secret de la valeur de toute vie : aimer comme lui, il aime.

Peut-on dire de nos familles, de nos équipes, de notre communauté chrétienne : « Voyez comme ils s’aiment ? » C’est là pourtant le seul témoignage irrécusable aux yeux des hommes de notre appartenance à Jésus Christ.

Homélie 

« Je vous donne un commandement nouveau ». N’est-t-il pas étonnant, frères et sœurs, que Jésus parle de nouveauté à propos d’une réalité que l’homme a toujours considérée avec ferveur et d’un précepte que l’Ancienne Alliance elle-même imposait comme une obligation prioritaire ?

Le devoir de s’aimer les uns les autres, en effet, n’a rien de nouveau, ni de particulier en soi. Jadis, bien avant le Christ et aujourd’hui en dehors de ceux qui croient au Christ, l’amour fraternel n’apparaît-il pas comme une valeur universellement souhaitée, une exigence morale unanimement admise ?

Alors qu’y-a-t-il donc de si neuf dans cet héritage commun de l’humanité qui fasse dire à Jésus qu’il nous donne là un commandement nouveau ?

Sa nouveauté consiste tout d’abord dans la révélation de ce qui est la source de notre amour mutuel. En nous disant, en effet, que Dieu est notre Père, Jésus nous révèle, d’une manière aussi forte que nouvelle, combien de ce fait nous sommes tous des frères... Etant les fils d’un même Père, les fils d’un unique Père nous devons nous aimer non plus comme des condisciples, des concitoyens, des amis ce qui est bien mais pas nouveau, mais comme des frères, ce qui est parfait et nouveau.

La nouveauté de ce commandement consiste ensuite dans le fait que parlant ainsi Jésus nous propose non seulement une révélation nouvelle, mais plus encore un exemple nouveau. Désormais il ne suffit plus de s’aimer se sachant de vrais fils, mais d’aimer comme lui, le frère universel : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». C’est ce « comme » qui est important. Il signifie que notre amour pour nos frères doit non seulement imiter celui que Jésus a pour eux mais qu’il doit être de même nature que le sien. Autrement dit, notre amour pour le prochain doit-être un amour surnaturel. Saint Paul nous dit que cet amour « a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné ».

Vouloir appeler charité fraternelle ce qui n’est qu’entraide, solidarité ou dévouement pour une cause aussi juste qu’elle soit est une erreur. La nature humaine, même sans le secours de Dieu est capable de sympathie, de bienveillance et de générosité. On ne doit appeler charité chrétienne que ce qui est l’expression d’un amour surnaturel, car on ne peut aimer véritablement comme Jésus a aimé que si l’on a en soi « les sentiments qui furent dans le Christ-Jésus » selon la belle expression de saint Paul. Dès lors, la manière d’aimer du chrétien ne peut que reproduire aussi parfaitement que possible les caractéristiques de l’amour du Christ, telles que nous pouvons et devons les contempler dans l’Evangile. C’est ainsi que notre amour pour nos frères doit être effectif. Il n’a rien d’une tendresse trop sentimentale qui ne s’engage pas. Il paye de sa personne.

  • C’est un amour qui est absolument gratuit, totalement désintéressé : il donne sans calculer et sans attendre de la reconnaissance, tout comme un rayon qui part et qui ne revient pas. Et c’est parce qu’il a ce caractère de gratuité qu’il est capable d’aimer même les ennemis et de pardonner inlassablement.
  • C’est un amour universel qui n’exclut absolument personne, qui ne laisse subsister aucune barrière sociale au raciale.
  • C’est un amour qui entoure le prochain d’attentions délicates, toujours accueillant, plein de compréhension et de douceur, un amour qui selon les expressions employées par saint Paul « excuse tout, supporte tout, espère tout et fait confiance en tout ».
  • C’est enfin un amour qui ne connaît pas de limites dans le don de soi-même, qui est capable d’aller jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
  • Ce qui fait enfin la nouveauté du commandement de Jésus, c’est qu’il demande à être vécu dans la réciprocité.

Jésus veut que « nous nous aimions les uns les autres », il veut que notre amour mutuel tende de plus en plus vers une communion de cœurs. S’il est venu sur terre n’est-ce pas précisément pour inaugurer parmi les hommes une manière de « vivre ensemble » semblable à celle du ciel, autrement dit semblable à celle qu’il nous a donné de pouvoir contempler par la foi à l’intérieur même de la Très Sainte Trinité. Jésus nous a révélé, en effet que de toute éternité, il y a en Dieu, trois personnes infiniment aimantes qui se connaissent parfaitement et se donnent totalement l’une à l’autre dans une transparence absolue. Entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, il n’y a que le sublime va et vient d’un amour réciproque qui réalise la communion la plus parfaite et la plus heureuse qui soit. C’est à cet amour trinitaire que Jésus nous invite instamment à participer non seulement en aimant Dieu personnellement (en intensifiant notre intimité avec lui), mais aussi en nous efforçant de vivre ensemble à son image dans une véritable communion d’échange et de réciprocité. Il faut dont faire en sorte que chaque communauté d’Eglise (à commencer par la famille chrétienne) devienne un foyer d’amour où chaque membre trouve sa place et sa fonction, un foyer d’amour que chaque membre ne cesse d’alimenter par toutes les richesses de son amour personnel.

Chers frères et sœurs, on raconte qu’un jour on pose cette question à la Bienheureuse Mère Térésa de Calcutta : « Avec les missionnaires de la Charité que vous avez formés est-ce que vous prêchez aux gens pour les amener à la conversion ? » Elle répondit : « nos œuvres d’amour révèlent aux pauvres souffrants l’amour de Dieu pour eux » et elle cita la réflexion d’un pauvre de Melbourne : « la manière dont les sœurs m’ont soigné a été pour moi une soudaine révélation : « Dieu m’aime ». Je vous demande, disait-il à ces mêmes sœurs, d’être pour les autres l’amour de Dieu, comme vous l’avez été pour moi ».

Puisse Marie, la Mère du Bel Amour nous obtenir la grâce de donner le même témoignage. Comme on aimerait entendre n’est-il pas vrai ceux qui regardent l’Eglise de l’extérieur dire plus souvent aujourd’hui ce que l’on disait des premiers chrétiens : « voyez comme ils s’aiment ». « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’Amour que vous aurez les uns pour les autres ».

Amen.

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10 mai 2019 5 10 /05 /mai /2019 20:32

Année C

Lecture du livre des Actes des apôtres 13, 14. 43-52

Devant l’hostilité des juifs, Paul décide d’annoncer l’évangile aux païens, ce qui suscite leur joie, mais aussi la persécution.

En ces jours-là, Paul et Barnabé poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et y prirent place. Une fois l'assemblée dispersée, beaucoup de Juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester attachés à la grâce de Dieu. Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur. Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C'est à vous d'abord qu'il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! Nous nous tournons vers les nations païennes. C'est le commandement que le Seigneur nous a donné : J'ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre ». En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.

Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient remplis de joie et d'Esprit Saint. – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’hostilité des juifs provoque le tournant décisif de la vie de Paul : désormais, il annoncera l’Évangile aux païens. C’est ainsi qu’il continuera la mission de Jésus Christ, établi par Dieu, Lumière des nations et Sauveur de toute la terre. Le succès près des païens est tout de suite magnifique, mais il déclenchera la persécution. Le même scénario se répétera dans toutes les villes où Paul prêchera la Bonne Nouvelle.

Malgré les injures et les rebuffades de leurs coreligionnaires Paul et Barnabé n’ont pas désespéré que l’Évangile accroche dans cette région. Ils nous encouragent à croire que la Bonne Nouvelle, aujourd’hui encore, peut apporter la joie aux hommes.

Psaume 99

R/ : Nous sommes son peuple, son troupeau ou Alléluia.

  • Acclamez le Seigneur, terre entière, servez le Seigneur dans l’allégresse, venez à lui avec des chants de joie ! R/ 
  • Reconnaissez que le Seigneur est Dieu : il nous a faits, et nous sommes à lui, nous, son peuple, son troupeau. R/ 
  • Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour, sa fidélité demeure d’âge en âge. R/ 

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean 7, 9. 14b-17

Voici le peuple immense de ceux qui ont traversé l’épreuve et que le Christ pasteur conduit vers la source de vie.

Moi Jean, j'ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main. L'un des Anciens me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l'Agneau. C'est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et le servent jour et nuit dans son sanctuaire. Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux. Ils n'auront plus faim, ils n'auront plus soif, le soleil ni la chaleur ne les accablera, puisque l'Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ». –Parole du Seigneur.

Commentaire : Le ciel, c’est le triomphe du Christ ressuscité, à travers les hommes qui ont su faire preuve, dans leur vie, d’amour, de foi, de fidélité à leur baptême où le Christ, l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde, les a lavés de son sang. C’est un immense cortège de tous les peuples, de toutes les races, de toutes les cultures, qui connaît désormais le bonheur de l’intimité avec Dieu, que Jean évoque avec des images parlantes pour un peuple de nomades : habiter la même tente, ne plus souffrir de la faim, de la soif, de la chaleur desséchante, ne plus pleurer de misère ou de souffrance.

Quelles faim et soif arrivons-nous à calmer, quelle brûlure à adoucir et quelle larme à essuyer pour préparer le jour où l’Agneau conduira toutes les nations, races, peuples et langues vers la source de vie ?

Alléluia. Alléluia. Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur : je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10, 27-30

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Nous sommes déjà dans l’atmosphère du procès fait à Jésus par les juifs : « Dis-nous si tu es le Christ ». Jésus en connaît déjà le verdict final : « Je vous l’ai dit, mais vous ne croyez pas ». Tous ceux qui restent fermés sur eux-mêmes, ou sur leur conception de la vie et de la religion, ne pourront qu’aboutir au même refus du Christ. Mais ceux qui écoutent sa voix, c’est-à-dire accueillent sa Parole avec foi et confiance, ceux qui se déterminent à agir avec lui et comme lui, ceux-là perçoivent la vérité de cet homme : « Le Père et moi, nous sommes un ».

Ai-je l’absolue confiance que rien ne peut m’arracher de la main du Père, si ce n’est ma propre décision ?

Homélie

L’image du Bon Pasteur, du Bon Berger que Jésus emploie dans l’Evangile de ce dimanche pour nous faire comprendre ce qu’il est, par rapport à nous est une expression biblique d’une extraordinaire densité.

Il est bon de savoir, en effet, que dans tout l’Orient ancien les rois se désignaient comme les pasteurs de leur nation. Dieu lui-même avait pris ce rôle lors de la libération d’Egypte. Le Roi David, l’un des premiers chefs politiques d’Israël était un berger de Bethléem. Le Roi Idéal de l’avenir, le Messie, le nouveau David, était annoncé par le prophète Ezéchiel comme un pasteur... « Je susciterai un pasteur qui les fera paître... »

Tous les auditeurs de Jésus, comme Jésus lui-même avaient dans l’esprit ces références bibliques en particulier le chapitre 34 d’Ezéchiel qui affirme que Dieu en personne prendra la place des mauvais bergers d’Israël « Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin... Moi-même je le ferai paître... la brebis perdue, je la chercherai... »

En déclarant, « Je suis le Bon Pasteur, mes brebis écoutent ma voix... je les connais et elles me suivent », Jésus affirme très clairement qu’il est bien en personne celui qui accomplit la prophétie d’Ezéchiel, autrement dit qu’il est Dieu lui-même venant sauver son peuple.

Le texte court qui a été choisi pour ce dimanche se situe dans les pages de l’Evangile de Jean où il est surtout question de l’accueil qui est fait au Christ, l’Envoyé de Dieu :

  • ou bien on l’écoute,
  • ou bien on refuse de l’écouter.

Ceux qui ne veulent pas croire, ceux qui ne comprennent pas les signes que Jésus leur donne de sa mission et s’enferment dans leurs préjugés refusent de vivre en réalité parce que le berger est celui qui conduit à la nourriture, qui entretient la vie. En s’écartant de lui, on s’égare et on se condamne à mourir. C’est une question de vie ou de mort.

Mais pour les brebis qui écoutent la voix du vrai berger et le suivent, quelle merveilleuse destinée ! Elles auront la vie : la vie pour toujours « Je leur donne la vie éternelle, dit Jésus, jamais elles ne périront, personne ne les arrachera à ma main... » Jésus offre à ses disciples une sécurité, une garantie, infiniment au-dessus de toute assurance et de toute affection purement humaines. « Moi, je les conduis ».

Oui, Jésus connaît ses brebis, et chacune d’entre elles, d’une connaissance affectueuse et qui atteint les profondeurs de l’être. C’est la connaissance au sens biblique du verbe connaître qui désigne une intimité d’amour. Il avait dit : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme le Père me connais et que je connais le Père ».

Les rapports mutuels entre Jésus et ceux qui croient en lui sont analogues à ceux qui l’unissent à son Père au sein de la Trinité. « Mes brebis, poursuit-il, écoutent ma voix, moi je les connais et elles me suivent ».

Le disciple a d’abord écouté la voix du Bon Pasteur. Cette écoute attentive, avec un préjugé favorable, est devenue de la docilité. Il a, dès lors, compris, qu’il était connu intimement, qu’il était aimé de ce Pasteur et il s’est mis à le suivre. Mes brebis me suivent : le mot indique un attachement vital, allant beaucoup plus loin que le simple attachement d’un disciple à un maître quelconque, si vénéré soit-il.

Suivre le Christ c’est se mettre à son service, c’est s’engager à lui être fidèle, d’une fidélité qui est un don total de soi-même, un don sans retour. « Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive et là ou je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ».

Malheureusement, ils sont très nombreux, frères et sœurs, ceux qui aujourd’hui, même parmi les baptisés n’entendent pas la voix du Bon Pasteur et errent loi de lui. Beaucoup de ceux qui portent le nom de chrétiens sont en réalité des païens. Et c’est une grande épreuve pour notre Eglise. Mais loin de nous décourager, cette situation devrait éveiller en nos cœurs l’urgence de tout mettre en œuvre pour que ce monde si éloigné de Dieu soit à nouveau évangélisé. Mais pour cela il faut avant tout des Apôtres.

En ce dimanche de prières mondiales pour les vocations, il nous faut les demander avec grande foi, en insistant plus particulièrement pour que Dieu nous donne des prêtres, de nombreux prêtres. Car les hommes de ce temps ont besoin de rencontrer des prêtres qui soient tout donnés à Jésus et tout donnés à leurs frères, des prêtres qui soient des images vivantes du Bon Pasteur pour que chacun puisse se sentir aimé, accueilli, guidé dans sa foi, soutenu dans ses efforts pour vivre en vrai chrétien et progresser vers la sainteté.

Mais n’oublions jamais, chers frères et sœurs, que si l’avenir des vocations dépend essentiellement de Dieu, de l’appel qu’il fait retentir dans des cœurs généreux, il dépend aussi de nous, en particulier de notre propre écoute de Jésus. Car si les brebis n’écoutent pas la voix du maître, c’est pour elles la stérilité. « Si vous voulez des bergers, disait un jour, le cardinal Lustiger, il faut que vous prouviez que vous êtes vraiment des brebis, écoutant la voix du Christ, lui, le vrai Berger, sinon vous n’aurez que des mercenaires. C’est parmi ceux qui écoutent sa voix que se trouvent les hommes et les femmes prêts à affronter le rude combat de la foi pour que tous les hommes soient sauvés ».

Tournons-nous vers la Vierge-Marie, notre Mère, elle qui fut une parfaite disciple du Christ et demandons-lui avec confiance de mettre en nos cœurs les dispositions dont nous avons besoin pour écouter la voix du Bon Pasteur et pour le suivre : c'est-à-dire pour nous attacher à lui dans une adhésion de toute notre personne à sa personne de Fils de Dieu.

Amen.

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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 21:28

Année C

Lecture du livre des Actes des Apôtres 5, 27b-32. 40b-41

Traînés devant le tribunal, les apôtres maintiennent qu'ils sont, eux et l'Esprit Saint, les témoins de la résurrection de Jésus.

En ces jours-là, les Apôtres comparaissaient devant le Conseil suprême ; le grand prêtre les interrogea : « Nous vous avions formellement interdit d'enseigner le nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Voulez-vous donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ? » En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le pendant au bois du supplice. C'est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés. Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l'Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent ».

Après avoir fait fouetter les Apôtres, ils leur interdirent de parler au nom de Jésus, puis ils les les relâchèrent. Quant à eux, quittant le Conseil suprême, ils repartaient tout joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus. - Parole du Seigneur.

Commentaire : « Nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint… » Pierre et les apôtres ne témoignent pas seulement de la mort du Christ en croix et des apparitions du Ressuscité, mais ils attestent que ce Jésus, sur lequel les membres du Sanhédrin appelaient la malédiction divine en le suspendant au gibet, Dieu l’a, au contraire, élevé au rang de Chef et Sauveur de son peuple et de tous les hommes, à qui il apporte le pardon des péchés. L’Esprit Saint authentifie leur témoignage, lui qui a fait de ces Galiléens peureux des hommes assez libérés pour obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes et se réjouir de souffrir pour Jésus Christ.

Notre plus grande humiliation est souvent de n’avoir pas su trouver les gestes et les mots capables de rendre compte de notre foi en Jésus ressuscité. Nous arrive-t-il d’être quand même joyeux de cette humiliation pour le nom de Jésus ? Et de croire que l’Esprit Saint, lui, n’a pas dit son dernier mot dans le cœur de nos interlocuteurs ?

Psaume 29

R/ : Je t’exalte, Seigneur, tu m’as relevé.

ou : Alléluia.

  • Quand j’ai crié vers toi, Seigneur, mon Dieu, tu m’as guéri ; Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme et revivre quand je descendais à la fosse. R/
  • Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles, rendez grâce en rappelant son nom très saint. Sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté, toute la vie. R/
  • Avec le soir, viennent les larmes, mais au matin, les cris de joie ! Tu as changé mon deuil en une danse, mes habits funèbres en parure de joie ! R/
  • Que mon cœur ne se taise pas, qu’il soit en fête pour toi ; et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce ! R/

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean 5, 11-14

Un homme crucifié, l’Agneau immolé, devient le centre du monde et reçoit l’adoration de toutes les créatures.

Moi, Jean, j’ai vu : et j’entendis la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens ; ils étaient des myriades de myriades, par milliers de milliers. Ils disaient d’une voix forte : « Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange ».

Toute créature dans le ciel et sur la terre, sous la terre et sur la mer, et tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis proclamer : « À celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, la louange et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles ». Et les quatre Vivants disaient : « Amen ! » ; et les Anciens, se jetant devant le Trône, se prosternèrent. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce que les hommes prétendent obtenir par leur seule force et leur intelligence : la puissance, la richesse, la sagesse, l’honneur, la louange, c’est un homme crucifié qui l’a reçu, le Christ mort et ressuscité, devenu Seigneur de tout l’univers, du monde matériel et des êtres spirituels.

Comment m’associer à la prière d’adoration de tous les êtres de l’univers pour l’Agneau immolé dont l’amour est si fort qu’il a triomphé de la mort ?

Alléluia, Alléluia. Le Christ est ressuscité, le Créateur de l’univers, les Sauveur des hommes. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21, 1-19

Pierre se jette à l’eau pour aller à la rencontre du Ressuscité. C’est toujours la mission des responsables de l’Église de prendre des risques par amour du Christ et de leurs frères.

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche ». Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi ». Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.

Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non ». Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez ». Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre ». Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger ». Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

[Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime ». Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux ». Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime ». Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis ». Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller ». Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi »]. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Pierre est au centre de ce récit. Il prend l’initiative d’aller à la pêche, de se jeter à l’eau pour rejoindre le Seigneur sur le rivage, de ramener à terre la pêche commune. C’est à Pierre que Jésus confie la direction pastorale de son Église, malgré son triple reniement. Il ne lui demande que de l’aimer plus que les autres disciples et d’être prêt à souffrir pour le suivre. Écrit après la mort de Pierre, ce chapitre, ajouté à l’évangile de Jean, manifeste la foi de l’Église primitive dans le successeur de Pierre : c’est toujours à lui que revient l’initiative apostolique ; il est le chef des pêcheurs d’hommes que le Christ envoie dans le monde et dont il dirige la pêche depuis le rivage d’éternité, où il les attend pour partager avec eux le repas de communion qui n’aura pas de de fin.

Nous admirons l’apôtre Pierre. Sommes-nous prêts à nous « jeter à l’eau » comme lui quand le Christ nous appelle ?

Homélie

Si le temps de Pâques que nous vivons jusqu’à la Pentecôte est le temps de la Foi, il est aussi le temps de l’Espérance. Quelles que soient nos difficultés présentes, nos nuits de souffrances, nos maladies ou nos handicaps nous savons que quelqu’un nous attend sur l’autre rive. Notre vie présente est courte, infiniment plus courte que nous ne le pensons.

Est-ce que nous savons deviner sur la rive qui se rapproche chaque jour, la silhouette du Seigneur Jésus qui a réalisé le premier cette Pâque, ce passage à travers des turbulences terrestres ?

Est-ce que nous percevons dans le lointain la fumée du merveilleux festin qui nous attend : celui des Noces Éternelles ?

Cessons de nous laisser bercer par de fausses espérances : la science de demain pourra bien donner aux hommes les magies du virtuel, les plaisirs du tourisme dans le cosmos, les pilules du bonheur ou des morts douces dans la contemplation d’un film fantastique... Jamais l’homme ne pourra se contenter des paradis artificiels : il lui est impossible de combler son existence avec des gadgets. Il a besoin de savoir où il se dirige, il veut un sens à sa vie. Heureusement « aux frontières de l’éternité et du temps se dresse le Christ Ressuscité. Sa Résurrection donne sens à l’Univers entier et à chacune de nos vies ».

Mais revenons au début de l’Evangile de ce jour, pour observer davantage l’attitude des apôtres.

Pourquoi, ce jour-là, Pierre a-t-il décidé six autres des disciples, à aller à la pèche avec lui ? Certainement pas pour une partie de détente dans un travail de nuit, mais tout simplement parce qu’il faut bien vivre et manger à moins que l’Esprit-Saint l’ait inspiré pour que leur soit donné une nouvelle preuve de la Résurrection. Toujours est-il qu’ils se retrouvèrent toute une nuit sur une barque face à des poissons introuvables. Une nuit entière à jeter et retirer des filets désespérément vides... Pour les Juifs, le lac, la mer étaient toujours, plus ou moins, regardés comme le lien par excellence des forces du mal. Mais alors, cette nuit-là, il n’y avait pas de doute : en l’absence de Jésus les démons étaient revenus en force...

Nous aussi comme les apôtres nous ramons bien souvent dans la nuit et les difficultés de la vie, avec cette impression pénible que les forces du mal sont déchaînées. Nous sommes ballottés par des désirs malsains par les tentations de l’avoir ou du pouvoir, par la soif de paraître, par des haines insurmontables et cela au cœur même de nos familles... Nous vivons dans la nuit du désespoir quand nos prières sont apparemment inexaucées... Nous connaissons parfois cette nuit du doute que sainte Thérèse de Lisieux a appelée la « nuit du néant » : 18 mois affreux ou elle a perdu le goût de vivre, l’absence totale de désirs... où, comme tant d’autres saints, elle pouvait faire écho aux paroles de Jésus sur la croix « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Les apôtres ont eu du moins le mérite après cette nuit sans succès de croire à la parole de cet inconnu qui leur disait de pécher à droite de la barque. Peut-être se sont-ils rappelés alors la première fois où Jésus (qu’ils connaissaient à peine) leur avait donné une leçon de pèche miraculeuse, leur avait montré ce qu’une confiance absolue en sa Parole était capable d’obtenir. La confiance qui ne s’appuie que sur Dieu, sur son amour, sur sa parole, mais n’est-ce pas ce qui nous manque le plus à nous aussi dans nos relations avec le Seigneur ?

Frères et sœurs, il y a aussi en finale de cet Évangile un passage célèbre où le Christ-Ressuscité demande à Pierre à 3 reprises, s’il l’aime vraiment : « Pierre, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Trois paroles d’amour destinées à effacer les trois reniements des jours précédents. Et la réponse de Pierre est sublime : « Seigneur tu sans tout, tu sais bien que je t’aime ». Jésus peut alors lui confier la mission de Pasteur suprême de son Eglise. « Puisque tu m’aimes, pais mes agneaux, pais mes brebis ».

Puissions-nous en ce jour, frères et sœurs, entendre le même appel de ce mendiant d’amour qu’est le Christ. Que de fois il nous dit et redit, m’aimes-tu ? Est-ce que tu m’aimes vraiment ? Alors comme Pierre disons-lui « Seigneur quand tu vois ma médiocrité et mes péchés, quand tu vois mon peu d’empressement à la prière, tu dois penser que je ne t’aime pas. Mais je t’en supplie ne t’arrête pas à mes lacunes, tu sais bien que malgré tout et au cœur même de mes infidélités et de mes péchés, je t’aime.

Soyons alors plus déterminés que jamais à travailler chacun à notre place à l’avancée du Royaume mais avec, comme unique motivation, l’amour passionné de Celui qui nous a aimés comme on a jamais aimé et nous entoure toujours de cet amour inimaginable : Jésus Notre Seigneur et Notre Dieu.

Amen.

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22 avril 2019 1 22 /04 /avril /2019 20:04

Lecture du livre des Actes des Apôtres 5, 12-16

L’unanimité des premiers chrétiens faisait l’admiration de tous et entraînait des conversions.

À Jérusalem, par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges s’accomplissaient dans le peuple. Tous les croyants, d’un même cœur, se tenaient sous le portique de Salomon. Personne d’autre n’osait se joindre à eux ; cependant tout le peuple faisait leur éloge ; de plus en plus, des foules d’hommes et de femmes, en devenant croyants, s’attachaient au Seigneur. On allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des civières et des brancards : ainsi, au passage de Pierre, son ombre couvrirait l’un ou l’autre. La foule accourait aussi des villes voisines de Jérusalem, en amenant des gens malades ou tourmentés par des esprits impurs. Et tous étaient guéris.  – Parole du Seigneur.

Commentaire : La première communauté de toi groupée autour des apôtres nous paraît encore bien timide, à l’ombre du Temple. Bien que tout le peuple reconnaisse leur piété et profite du pouvoir de guérison qui émane de la personne de Pierre, bien que de nouveaux convertis s’attachent à eux, qui aurait cru que ce petit noyau de fidèles allait bouleverser l’histoire et changer le visage de l’Empire romain ? Il fallait croire au Christ ressuscité pour croire en son Église, au tout début.

Aujourd’hui encore la vérité de notre foi au Christ ressuscité se mesure à notre foi en l’Église. Croyons-nous que, malgré ses timidités, ses déchirements intérieurs, ses tâtonnements, c’est elle qui est porteuse du message de vie pour les hommes ? Qu’elle est le levain qui peut soulever le poids d’inquiétude, d’injustice et de haine qui écrase les peuples ? La lumière qui peut révéler le sens de la marche des hommes ? Elle, c’est-à-dire nous !

Psaume 117

R/ : Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! ou : Alléluia !

  • Oui, que le dise Israël : Éternel est son amour ! Oui, que le dise la maison d’Aaron : Éternel est son amour ! Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur : Éternel est son amour !
  • La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux. Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
  • Donne, Seigneur, donne le salut ! Donne, Seigneur, donne la victoire ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! De la maison du Seigneur, nous vous bénissons ! Dieu, le Seigneur, nous illumine.

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean 1, 9-11a. 12-13.17-19

Au milieu des Églises d’Asie Mineure persécutées pour leur foi, Jean voit Jésus ressuscité, venu les réconforter.

Moi, Jean, votre frère, partageant avec vous la détresse, la royauté et la persévérance en Jésus, je me trouvai dans l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je fus saisi en esprit, le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, pareille au son d’une trompette. Elle disait : « Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises : à Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée ».

Je me retournai pour regarder quelle était cette voix qui me parlait. M’étant retourné, j’ai vu sept chandeliers d’or, et au milieu des chandeliers un être qui semblait un Fils d’homme, revêtu d’une longue tunique, une ceinture d’or à hauteur de poitrine. Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort, mais il posa sur moi sa main droite, en disant : « Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, ce qui va ensuite advenir ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de l’Apocalypse débute par cette vision du Christ ressuscité, debout au milieu de son Église persécutée. (Les sept chandeliers représentent les sept communautés chrétiennes auxquelles s’adresse Jean). Le ressuscité est le Maître de l’histoire, qu’il domine du premier au dernier jour : aux chrétiens inquiets de la persécution, il va révéler le sens de leurs souffrances présentes et le terme de l’histoire. Vainqueur de la mort, il va garantir aux chrétiens martyrs de leur foi la vie avec lui.

« Sois sans crainte », nous dit Jésus en posant sur nous sa main droite. Comment partageons-nous entre nous cette certitude que le Ressuscité conduit l’histoire et son Église vers leur accomplissement ?

Alléluia. Alléluia. Thomas parce que tu m’as vu, tu crois, dit le Seigneur. Heureux ceux qui croient sans avoir vu ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 19-31

Les doutes de l’apôtre Thomas deviennent pour lui un chemin de foi. En est-il de même pour nous ?

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ».

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant ». Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.  – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Thomas évoque toujours pour nous la figure de l’homme incrédule. Pourtant, Jean nous le présente comme le type du vrai et du premier croyant. Les autres disciples ont vu le Seigneur ressuscité et ont cru leur Maître vivant, mais Thomas est le premier à reconnaître que l’homme Jésus, celui qui a ri et bu le vin des noces à Cana, qui a pardonné à la femme adultère, qui a pleuré sur la tombe de son ami Lazare, et dont il touche le corps labouré des cicatrices de sa passion, celui-là est Dieu c’est au cri de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » qu’aboutit l’évangile de Jean ; c’est, dit-il lui-même, dans ce but qu’il l’a écrit : « Afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu et que par votre foi vous ayez la vie en son nom.

Chaque dimanche, dans notre assemblée eucharistique, Jésus se présente à nous : il souffle sur nous l’Esprit qui est pardon des péchés, il nous donne sa paix et il nous envoie dans le monde comme le Père l’a envoyé. Lui répondons-nous par l’acte de foi de Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu » ? Alors, heureux sommes-nous qui croyons sans avoir vu !

Homélie

L’Evangile de ce 2ème dimanche de Pâques nous relate l’apparition de Jésus Ressuscité au collège des Apôtres réunis au Cénacle.

Il ne s’agit donc pas d’une révélation privée, mais d’une révélation officielle faite aux responsables de l’Eglise naissante.

Ils sont tous là, y compris Thomas, le plus sceptique et le plus exigeant, son raisonnement est le suivant : Je ne veux pas seulement voir Jésus, car mes yeux pourraient êtres victimes d’une hallucination. Non, je veux mettre mon doigt à l’endroit des clous. Je veux mettre ma main dans son côté « j’ai besoin d’une démonstration expérimentale ».

Jésus (qui l’a tout de même fait patienter huit jours), se livre de bon cœur à l’expérience.

La transformation des Apôtres est alors totale : ils passent de la terreur à la joie. Quant à Thomas il passe du doute méthodique à la foi. En relisant l’Evangile nous réalisons combien nous pouvons êtres reconnaissants aux Apôtres d’avoir été d’abord des sceptiques avant de devenir des croyants convaincus. Ils ont douté et ils ont vu, pour qu’aujourd’hui nous puissions croire sans voir.

Car la foi, il faut l’affirmer haut et fort, ne va pas de soi. Admettre le mystère de l’Incarnation, la présence de Jésus dans l’Eucharistie, la virginité de Marie, le péché originel et toute autre vérité dogmatique ce n’est pas évident. Pourquoi avons-nous des doutes qui empoisonnent notre vie spirituelle ? C’est parce qu’à l’exemple de Thomas nous sommes des visuels.

Combien déclarent « Je ne crois qu’à ce que je vois. Ah ! Si la Sainte Vierge m’apparaissait, si je voyais un miracle, je croirais volontiers. »

Il est à parier que les mêmes devant de tels phénomènes trouveraient une explication scientifique…

Oui, nous voulons toucher le Seigneur, nous sommes modernes nous avons le droit et le devoir de tout vérifier scientifiquement. Or, les hommes du 21ème siècle qui se piquent d’êtres scientifiques se précipitent tête baissée dans les horoscopes, l’occultisme, le paranormal et que sais-je ? Autant de croyances qui n’offrent aucune certitude…

Le mal ne viendrait-il pas de ce qu’en fait nous sommes trop ignorants de notre religion ? Nous ne connaissons les splendeurs de la foi qu’à travers les bribes d’un catéchisme mal assimilé et en grande partie oublié.

Que répondrions-nous dites-moi, si l’on nous demandait d’écrire rapidement sur un papier notre définition de la messe, de l’Esprit-Saint, de l’Eglise ou du sacrement de mariage.

Dans ces conditions il ne faut s’étonner que les médias déstabilisent les croyants lorsqu’ils présentent les enseignements du Pape ou des évêques d’une façon caricaturale, rudimentaire et parfois même ridicule.

Il faut bien le reconnaître hélas ! Beaucoup parmi les chrétiens ne sont pas des hommes de peu de foi, mais d’une pauvre foi :

  • pour certains c’est une foi self service, ils piochent dans les vérités révélées, celles qui les arrangent, se fabricant ainsi un petit christianisme sur mesure… on a sa petite religion à soi.
  • pour d’autres c’est une foi genre fétichiste laquelle exige que Dieu soit à leur service.
  • pour d’autres encore c’est une foi qui saute de grandes fêtes en grandes fêtes au dessus d’un grand vide spirituel, une foi qui n’a pas de répercussions sur la vie…

Ce que nous devons bien comprendre, chers frères et sœurs, c’est que la foi n’est pas de l’ordre de la certitude scientifique…

La foi est une confiance éperdue accordée à la Parole de Dieu, la certitude que Dieu s’adresse à nous à travers les pages sublimes de la Bible et de l’Evangile et tant de messages d’amour qui nous parviennent à travers la Création, les personnes ou les événements.

Mais il importe pour cela que nous soyons affamés de vérité et à l’écoute permanente de ce poste émetteur qu’est Dieu à l’image de ces radars géants qui écoutent des signaux venant de planètes lointaines…

La foi est une connaissance par signes que nous devons décoder.

Cependant la foi qui suppose certaines dispositions de recherche et d’accueil de la part de l’homme suppose également une grâce du Seigneur en ce sens que Dieu met des signes sur notre chemin et qu’il a la bonté de les éclairer par ce projecteur de Lumière divine qu’est l’Esprit-Saint.

C’est la raison pour laquelle nous devons demander dans notre prière ce don de Dieu qu’est la foi et le demander instamment : « Tu as de la chance de croire dit-on parfois au croyant : moi je n’ai pas la foi. » La réponse est simple : « Qu’attends-tu pour la demander ? »

« On n’a pas besoin d’avoir la foi pour prier, disait François Mauriac. Il faut prier pour avoir la foi. »

Et alors l’étonnement se réalise : le croyant qui n’est pas un voyant finit pourtant par devenir plus qu’un voyant parce que bien des pans du monde invisible sortent soudain de l’ombre pour lui. C’est le cas de Thomas : il fait plus que voir le Christ. Il croit et découvre alors beaucoup plus de choses que ne le perçoivent ses yeux de chair. Il ne dit pas simplement : Oui Jésus, tu es vivant, j’en ai la preuve. Il tombe à genoux et s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » C’est à dire : « Ta résurrection est le signe que tu es Dieu ». A cette minute il est bien plus qu’un voyant.

Il est un croyant qui perçoit clairement l’invisible, qui perçoit la Divinité de Jésus.

L’immense joie éprouvée par tout converti qui découvre la foi est de voir soudain le monde autrement. Il découvre, ébloui, la face cachée du monde. Tout prend un sens nouveau. Toute la création transpire la présence de Dieu : chaque rose, chaque brin d’herbe, chaque insecte, chaque goutte de pluie, chaque cœur aimant…

« Après 87 ans d’observations et de réflexions disait le grand spécialiste du monde des insectes Henri Fabre, je ne peux pas dire que je crois en Dieu. Je le vois. »

Nous voulons voir Dieu, alors ouvrons les yeux : il nous attend partout.

En ce temps de Pâques nous prierons avec ferveur Marie notre éducatrice spirituelle, qui fut la première à croire avant de voir de nous communiquer sa foi enthousiaste en Jésus Ressuscité. 

Amen.

Prière Universelle

En ce dimanche de la Miséricorde Divine, nous supplions Dieu pour ce monde où nous vivons tous ensemble :

R/ : Pour les hommes et pour les femmes, pour les enfants de la terre, ton Église qui t’acclame vient te confier sa prière.

  • Jésus, tu nous dis : « la Paix soit avec vous », que cette Paix aide les petits agriculteurs en détresse, en difficulté financière, à traverser cette dure situation ; qu’elle ouvre le cœur et l’esprit des dirigeants des pays vers une économie agricole qui permet aux petits exploitants d’exister et de vivre dignement de leur travail. Écoute-nous Seigneur. R/
  • Jésus, tu nous dis : « la Paix soit avec vous », que cette Paix règne dans le cœur des familles dont les proches ont été les victimes des attentats ; que tous les chefs d’états cherchent à s’entendre vraiment pour résoudre les conflits, au lieu de recourir aux armes ou de prendre des peuples innocents en otage. Écoute-nous Seigneur. R/
  • Jésus, tu nous dis : « la Paix soit avec vous », que cette Paix apporte la lumière de la foi aux chrétiens d’Afrique qui vivent enfermés dans les conflits religieux au sein de leurs pays ; que cette lumière les guide à s’enraciner plus profondément dans leur foi en Christ et à témoigner de cet amour divin reçu par tous, au baptême. Écoute-nous Seigneur. R/
  • Jésus, tu nous dis : « la Paix soit avec vous », que cette Paix se manifeste dans le cœur des jeunes qui cherchent la boussole de leur vie ; que ton Esprit aide les éducateurs, les accompagnateurs à respecter les désirs profonds de chaque jeune, à les aider dans leurs choix de vie. Écoute-nous Seigneur. R/
  • Jésus, tu nous dis : « la Paix soit avec vous », que cette Paix rayonne du cœur de chaque homme qui fait l’effort de servir gratuitement son prochain ; et qu’elle aide tes enfants à découvrir le visage fidèle de ce Dieu miséricordieux qui tend les bras à tout homme qui en a besoin. Écoute-nous Seigneur. R/

Accorde à tes enfants toutes les demandes qu’ils te formulent en ce dimanche. Qu’ils deviennent des témoins de ta Paix et de ta Miséricorde dans leur milieu ! Par le Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://jardinierdedieu.fr/

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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 14:26

« On enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l’a déposé » c’est le témoignage essoufflé de Marie-Madeleine aux deux apôtres Pierre et Jean. Où est le corps du Seigneur ?

C’est la question qui s’est posée lundi soir au plus fort de l’incendie de Notre-Dame de Paris : « Où est le corps du Seigneur » ? Il fallait sauver la cathédrale, le trésor, constitué des pièces d’orfèvrerie accumulées au cours des siècles. Il fallait aussi sauver, pour les croyants, cette relique infiniment précieuse : la couronne d’épines de Jésus ramenée par le roi Saint-Louis.

Mais une question angoissante a surgi dans mon cœur : « Où est le corps du Seigneur » ? A-t-on pu sortir le Saint Sacrement ? Le Corps de Jésus qui était dans le tabernacle ?

C’est pour ce Corps, voilé sous l’apparence d’une miette de pain qu’a été construite cette cathédrale. Qu’est-ce qui est le plus précieux ? La cathédrale, le trésor ou la miette de pain ?

La miette de pain, c’est le Corps de Dieu, le Corps du Christ, son Corps ressuscité, insaisissable sauf s’il se donne. Et il se donne : « Ma vie nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». Et puis ce que nous avons fêté le Jeudi Saint : « Prenez, mangez, ceci est mon Corps ». Cette miette de pain, c’est la Vie de Dieu qui se communique. Cette miette de pain donne à ceux qui la reçoivent la vie éternelle, elle nous ouvre les portes du Ciel, elle nous fait participer à la résurrection du Christ, cette résurrection que nous fêtons aujourd’hui et qui appellera notre propre résurrection dans la chair au retour du Seigneur que nous attendons à l’achèvement du temps.

Nous voulons sauver la cathédrale. Cet écrin splendide a été voulu pour être la manifestation magnifique du génie humain qui rend hommage à l’amour d’un Dieu qui se donne par amour et qui, pour se donner, s’est fait l’un d’entre nous.

Rendons hommage à la foi des bâtisseurs qui ont su unir le génie humain et la grâce divine. Aujourd’hui nous rendons hommage à nos chers pompiers qui, eux aussi, ont montré leur savoir-faire, leur courage, et nous les remercions d’avoir pu préserver l’essentiel, quelquefois au risque de leur vie. Quand la prière du peuple de Dieu tout entier s’est jointe à votre courage et à votre professionnalisme tout était encore possible. Et cela fut possible. Merci vraiment au nom de tous.

Mais je voudrais aussi remercier l’aumônier des pompiers, le père Fournier qui est allé chercher le Corps du Christ, le Saint Sacrement, cette miette de pain qui donne tout son sens à la vie de cet édifice splendide. Lui aussi a pris des risques pour sauver une miette de pain parce qu’elle était le Corps ressuscité de notre Seigneur que nous fêtons aujourd’hui, comme nous le fêtons chaque dimanche, qui est devenu le jour central de notre semaine parce que c’est le jour de sa résurrection.

Les apôtres se sont précipités au tombeau du Christ, ils n’ont pas trouvé son corps, ils ont cru. Nous avons trouvé le corps ressuscité du Seigneur. Nous aussi, nous croyons.

Michel Aupetit, archevêque de Paris

Dimanche de Pâques 21 avril 2019

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