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13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 21:56

 

Lecture du livre des Proverbes 31,10-13. 19-20. 30-31

Voici le portrait d’une femme de ressources, tant pour son travail que pour son ouverture aux pauvres.

Une femme parfaite, qui la trouvera ? Elle est précieuse plus que les perles ! Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources. Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine, tous les jours de sa vie. Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers. Elle tend la main vers la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau. Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux.

Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ; seule, la femme qui craint le Seigneur mérite la louange. Célébrez-la pour les fruits de son travail : et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange ! – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce très beau poème en faveur de la femme prend toute sa signification si l’on songe que dans l’Antiquité la femme était habituellement considérée comme la chose de son mari. Le poème biblique s’attache à décrire ses qualités d’épouse et de mère, tout autant que son activité économique qui la sort du seul horizon de son foyer. Mais plus que toutes ces qualités, l’auteur célèbre son ouverture de cœur devant Dieu et le pauvre. Si la grâce et la beauté sont un charme certain, combien décevantes sont-elles si elles ne s’accompagnent pas de toutes ces qualités !

« Elle lui donne le bonheur ». Donner le bonheur, c’est souvent le fruit d’une attention sans cesse renouvelée à l’autre, dans un couple, entre amis et dans les rencontres quotidiennes. À qui donner cette semaine ce bonheur ?

Psaume 127

R/ : Heureux qui craint le Seigneur !

  • Heureux qui craint le Seigneur et marche selon ses voies ! Tu te nourriras du travail de tes mains : Heureux es-tu ! À toi, le bonheur ! R/
  • Ta femme sera dans ta maison comme une vigne généreuse, et tes fils, autour de la table, comme des plants d'olivier. R/
  • Voilà comment sera béni l'homme qui craint le Seigneur. De Sion, que le Seigneur te bénisse ! Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 5, 1-6

Nous attendons la venue de Jésus Christ dans la gloire, mais il viendra comme un voleur dans la nuit. Ne nous laissons pas surprendre !

Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre. Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix ! Quelle tranquillité ! », c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper. Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Toute l’existence chrétienne est sous le signe de l’espérance : celle du Jour où Jésus Christ se manifestera comme le Seigneur de tout homme et de tout l’univers. Sûrs de la Parole de Dieu, nous savons qu’il accomplira ce qu’il a promis et déjà commencé : un monde nouveau point déjà au sortir de la nuit. Nous n’en connaissons pas la date, nous savons seulement que ce Jour surprendra les hommes qui se confiaient aveuglément en eux-mêmes, mais viendra comme un jour de joie pour tous ceux qui se laissent conduire par la lumière du Christ. vivre dans l’espérance de ce Jour, c’est travailler avec vigilance à l’œuvre de Dieu, à la création nouvelle de toutes choses, à faire naître une humanité nouvelle.

Pour qu’il n’entre pas dans notre vie par effraction, tel un voleur dans la nuit, laissons ouverte la porte de notre cœur à tous les passages du Seigneur, qu’il vienne à nous par sa Parole ou dans le visage de nos frères, les hommes.

Alléluia. Alléluia. Demeurez en moi, comme moi en vous, dit le Seigneur ; celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25, 14-30

On ne peut accueillir l’Évangile sans avoir le goût du risque. La prudence en ce domaine mène à l’imprudence.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit.

[Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître].

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”

[Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »] – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Cette parabole attire notre attention sur le cas du troisième serviteur qui se juge lui-même : il savait que son maître lui réclamerait davantage, mais par peur du risque, il s’est refusé à mettre en valeur le bien reçu ; pourtant, il s’estime juste : « tu as ce qui t’appartient », insinuant l’injustice de son maître à lui réclamer davantage. Qui est visé derrière ce troisième serviteur ? Tous ceux qui devant le message de l’Évangile refusent les exigences de Dieu : les pharisiens du temple de Jésus qui s’enferment dans leurs bonnes œuvres croyant être ainsi quittes devant Dieu ; les chrétiens qui enfouissent la Bonne Nouvelle par peur du risque à se compromettre pour elle : ceux qui se reposent sur la bonne conscience de leur baptême et de leur pratique religieuse en pensant que Dieu n’en demande pas davantage ; ceux qui ne vont pas jusqu’au bout de leur possibilités parce qu’il est plus sage de se ménager…

Si le troisième serviteur avait perdu le talent confié parce qu’il avait osé prendre des risques pour le faire fructifier, son maître l’aurait félicité de n’avoir pas été paralysé par la peur. Quelles sont les initiatives que j’ai su prendre malgré mes craintes d’échouer ?

Homélie

Cette parabole des talents que nous venons d’entendre nous fait comprendre à quel point Dieu nous prend au sérieux. S’il nous a créés sans nous, il ne veut pas nous sauver sans nous. Nous ne sommes pas des marionnettes entre ses mains. Dans sa sagesse et dans sa bonté il a fait de nous des partenaires de son alliance, des collaborateurs libres et responsables. C’est pourquoi Jésus nous invite si instamment à travailler, avec son aide, avec le secours de sa grâce, à la sanctification de tout notre être et de toute notre vie. Le temps que nous avons à passer sur la terre ne nous est octroyé que pour cela : pour nous préparer à la vie du ciel en nous sanctifiant.

En vue de cette merveilleuse réussite de toute notre existence, Dieu nous a tous comblés de dons naturels et surnaturels. Nous lui devons tout, en effet. Sans doute certains ont-ils beaucoup plus reçu que d’autres ! Mais chacun a reçu une certaine part. Il n’y a pas de cœurs vides, ni de mains, ni de mesures à demie comblées. Chacun a reçu une plénitude selon la mesure qui est la sienne. On pourrait dire que Dieu est comme un jardinier qui a planté mille graines différentes pour constituer un parterre multicolore dans le jardin de son amour. Encore faut-il investir toute notre bonne volonté et présenter l’engagement de notre cœur, les forces de notre corps, les qualités de notre esprit pour réaliser peu à peu le tapis de fleurs qui ornera le Paradis.

Disons-nous bien, frères et sœurs, que toute grâce est une responsabilité, toute facilité est un appel au travail, toute aptitude est une mission que Dieu lui-même nous confie : la maladie comme la sante, l’intelligence comme la sensibilité, la foi comme la recherche dans la nuit, le rire de l’enfant comme le sourire du vieillard, le métier et le repos, la vie et la mort : tout doit devenir offrande à Dieu, service des autres, progrès incessant dans la Foi, l’Espérance et l’Amour.

Il ne faudrait jamais oublier, en effet, frères et sœurs, qu’une des lois fondamentales de la vie chrétienne, c’est la Loi de croissance. Jésus y insiste souvent dans l’Evangile : nous y sommes comparés à un arbre qui doit porter des fruits : « Moi je suis la vigne, nous dit le Seigneur, et vous vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruits. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comment un sarment coupé et qui se dessèche ; et les sarments secs on les jette au feu et ils brûlent ».

Ces paroles sont graves : elles doivent nous interpeller : chacun doit se dire : plus est en moi : je peux faire encore davantage, je peux donner encore de nouveaux fruits…

Le serviteur qui avait reçu un unique talent n’avait pas pris conscience de cette exigence de fructification, de progrès incessant, sans quoi il aurait trouvé comme les deux autres le moyen de doubler la mise et aurait mérité des félicitations. Seulement voilà : cet homme a eu peur, une mauvaise peur qui lui a conseillé de ne pas prendre de risques. Ce n’est pas l’amour qui commandait sa vie, mais un manque d’audace doublé sans doute d’une grande paresse… Ainsi vous est rappelé que le chrétien c’est quelqu’un qui prend des risques au service de Dieu. C’est quelqu’un qui ose la folle aventure de la Foi dans un monde où tout va à l’encontre de la Foi, dans un monde où la seule réussite que l’on estime c’est celle de l’argent ou de la volonté de puissance avec tout ce que cela implique…

Notre marche vers Dieu, frères et sœurs, ne saurait être une prudence sans risques : « Ne rien casser, ne rien se casser, ne rien laisser casser » : c’est la devise des timorés, ce n’est pas une devise chrétienne.

La prudence, vertu cardinal est à la fois audace et courage. Cette audace et ce courage sont des dons du Saint-Esprit. Et les donc du Saint-Esprit ne sont pas des jouets pour enfants gâtés. Ils ont une valeur sociale. Ils doivent être mis au service de la communauté. Soyons très attentifs à cette dimension communautaire de la parabole.

En fait si l’on y réfléchit bien les talents ne sont pas autre chose que la Parole de Dieu, l’Evangile du Christ qui nous est confié. Or, qu’est-ce que l’Evangile pour nous : une collection de sentences anciennes ou une poignée de semences vivantes ?

Le semeur de la Parabole, dites-moi, ne risque-t-il pas tout sa semence ? Il en perd les trois quarts, mais quelle récolte avec le dernier quart ! « Du trente, du soixante, du cent pour un ! »

Puissions-nous donc toujours mieux comprendre, chers frères et sœurs que, dans la communauté des disciples du Christ, tout baptisé a son talent ou ses talents, à faire produire dans l’intérêt de tous… Ce qui compte, en définitive et dont nous aurons à rendre compte au soir de notre vie, ce n’est ni la qualité, ni le nombre, ni l’importance de nos talents, mais la fidélité à faire fructifier ce que Dieu nous a donné.

Prions instamment, Celle qui est la Vierge Fidèle : Marie, Mère de Jésus et notre Mère, de nous obtenir cette grâce. Car Jésus l’a fortement souligné dans cette parabole : Il y va de notre Joie éternelle auprès du Père.

« C’est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle pour peu de choses : entre dans la Joie de ton Maître ».

 Amen.

En cliquant sur cette image, vous trouverez la Prière Universelle du trés bon site "Jardinier de Dieu".

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11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 16:00

Lecture du livre de la Sagesse 6, 12-16

Nous croyons toujours que c’est nous qui cherchons Dieu. Mais à travers la Sagesse, c’est Dieu qui vient à notre rencontre, jusqu’à venir en personne par Jésus.

La Sagesse est resplendissante, elle ne se flétrit pas. Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l’aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. Elle devance leurs désirs en se faisant connaître la première. Celui qui la cherche dès l’aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte. Penser à elle est la perfection du discernement, et celui qui veille à cause d’elle sera bientôt délivré du souci. Elle va et vient à la recherche de ceux qui sont dignes d’elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; dans chacune de leurs pensées, elle vient à leur rencontre. – Parole du Seigneur.

Commentaire : À Alexandrie, capitale culturelle du monde grec au 1er siècle avant notre ère, bien des maîtres de philosophie se présentaient pour donner aux hommes la connaissance de la vérité et de la sagesse de vie. Obtenir cette sagesse réclamait de longues études et méditation pas toujours couronnées de succès. Notre auteur présente en regard la Sagesse qui vient de Dieu comme une amie qui prévient les désirs des hommes, va au-devant d’eux et les accompagnent dans leur recherche. Elle se laisse trouver aisément par ceux qui la cherchent avec loyauté, seule condition pour être digne d’elle. Nous savons désormais que cette vérité et cette sagesse de vie est une personne divine, le Christ Jésus, ami des hommes qui cherchent la vérité d’un cœur loyal.

Dans la prière je relis ce texte en remplaçant la « Sagesse » par la « personne de Jésus Christ » et en prenant le temps de m’arrêter quelques instants sur les phrases qui me parlent le plus.

Psaume 62

R/ : Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu !

  • Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. R/
  • Je t’ai contemplé au sanctuaire, j’ai vu ta force et ta gloire. Ton amour vaut mieux que la vie : tu seras la louange de mes lèvres ! R/
  • Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. Comme par un festin je serai rassasié ; la joie sur les lèvres, je dirai ta louange. R/
  • Dans la nuit, je me souviens de toi et je reste des heures à te parler. Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l’ombre de tes ailes. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 4, 13-18

À ceux qui sont inquiets pour le sort de leurs morts, Paul rappelle que la résurrection du Christ est le gage du cortège triomphal qui mènera les vivants et les morts à la rencontre du Seigneur.

Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui.

Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci : nous les vivants, nous qui sommes encore là pour la venue du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis. Au signal donné par la voix de l’archange, et par la trompette divine, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront d’abord. Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu’eux, à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur. Réconfortez-vous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Les Thessaloniciens croient que Jésus est ressuscité, mais lorsqu’il s’agit de leurs défunts, ils ne le croient plus puisqu’ils doutent de leur sort. Leur foi a bien du mal à passer dans leur vie et leur espérance. Paul leur rappelle que le chrétien est un homme d’espérance, une espérance inébranlable puisqu’elle s’appuie sur un fait, celui de la résurrection de Jésus, et non sur quelque espoir humain de survie par-delà la mort. Ceux qui ont vécu dans l’amitié du Christ lui sont unis pour toujours. Lors de la résurrection universelle, les vivants comme les morts paraîtront ensemble devant le Christ-Juge pour partager sa gloire auprès du Père s’ils lui sont restés fidèles.

Peu importe le scénario. Pour l’apôtre l’essentiel tient dans cette phrase : « Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur ». C’est de cette certitude qu’il nous faut témoigner auprès de ceux qui sont dans l’ignorance au sujet de leurs défunts.

AlléluiaAlléluia. Veillez, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 1-13

Les dix jeunes filles étaient toutes parties à la noce ; cinq ont trouvé porte close parce qu’elles n’avaient pas gardé leur lampe allumée. Jésus ne prévient pas quand il passe.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’ Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’ Les prévoyantes leur répondirent : ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’ Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ‘Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’

Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La phrase finale qui demande de veiller s’adapte assez mal à la parabole puisque toutes les jeunes filles se sont endormies. Il s’agit plutôt d’être prêt à rencontrer le Christ à tout moment, même dans la nuit qui symbolise souvent dans la Bible l’opacité d’un monde livré au péché, même si le Christ paraît tarder à venir, ce qui évoque pour Matthieu la tentation de désespérer du Seigneur aux moments de crise. Il s’agit de tenir en tout temps sa lampe allumée, c’est-à-dire d’agir selon la volonté de Dieu, en vivant dans la foi et la charité et non de se moquer de Dieu en se berçant de belle paroles ou de bons sentiments. Car la parabole est celle d’un jugement sévère : « Je ne vous connais pas », adressé à des chrétiens qui croyaient qu’il suffisait de dire : « Seigneur, Seigneur ! »

Être prêts à aller au-devant du Christ même quand sa venue est impromptue lors d’une rencontre, d’un événement, d’une demande qui nous est adressée.

Homélie

En ces derniers dimanches de l’année liturgique, l’Eglise nous invite à devenir des Sages qui se posent les vraies questions fondamentales et essentielles :

  • Où allons-nous ?
  • Quel est le sens de notre vie ?
  • Qu’est-ce qui est primordial pour nous ?
  • Quelle est l’ultime fin de l’homme ?

Et si la vraie sagesse consistait à ne jamais oublier que notre vie actuelle n’est pas la vraie vie, mais un voyage inexorable vers la mort !…

 

Malheureusement le monde moderne s’ingénie à effacer cette réalité de la mort, à la camoufler derrière les murs insonorisés de nos hôpitaux. Le défunt s’en va souvent seul (comme sur la pointe des pieds) et il passe discrètement du funérarium au cimetière…

Nous risquons fort de mourir dans l’inconscience de notre mort, drogués par toutes sortes de calmants…

Nous vivons surtout aveuglés par le faux-espoir que la mort n’existe pas pour nous. Tout au plus existe-t-elle pour les autres… Pourtant nous la rencontrons à tout instant : chaque jour à la radio nous apprenons la disparition de tel ou tel homme célèbre. Nous revoyons constamment à la télévision les visages d’artistes disparus, d’hommes politiques ou de grands savants.

Les catastrophes se suivent et emportent avec elles leur cortège de victimes de tout âge et de toute condition : on finit même par s’habituer au chiffre impressionnant de ceux qui en quelques instants disparaissent dans les tremblements de terre, les inondations ou les attentats de plus en plus meurtriers.

Alors, frères et sœurs, parlons de la mort. N’hésitons pas à la regarder en face : cela ne nous fera pas mourir maintenant.

D’abord une chose est sûre : c’est qu’un jour nous ne serons plus : demain, dans 10 ans ou dans 80 ans… Peu importe, la vie est courte et la mort nous attend inexorablement. Nous sommes des condamnés en sursis.

Mais il y a une autre certitude, c’est que la mort comme l’époux de la parabole « viendra au milieu de la nuit » c’est-à-dire sans prévenir, sans faire-part, ni invitation. Elle sera toujours une surprise « un cri déchirant la nuit… » « vous ne savez ni le jour, ni l’heure ». Mais son heure pour chacun de nous sera celle de Dieu.

La parabole des vierges sages et des vierges folles éclaire singulièrement ce qu’est la vie et la mort. Au temps du Christ la jeune fille attendait le bon vouloir de son fiancé pour fixer la date des noces. Il venait la surprendre (même en pleine nuit) pour s’assurer qu’elle était prévoyante et digne d’être son épouse.

A travers ce récit, Jésus nous livre la clé du sens de la vie terrestre : le jour de notre baptême nous avons été fiancés au Christ-Jésus, le Fils de Dieu. Saint Paul le disait explicitement à ceux qu’il avait évangélisé. « Je vous ai fait rencontrer le seul époux véritable, vous êtes l’épouse vierge et sainte que j’ai présentée au Christ ». Ce jour-là un cierge allumé nous a été confié, signe de la lumière de la foi déposée en nos cœurs. La vie devient ensuite le temps de l’attente, une attente heureusement supportable, car à chaque Eucharistie, l’Epoux vient mystérieusement nous assurer et nous nourrir de sa présence et de son amour. Mais c’est seulement la mort qui nous fera entrer pleinement dans les noces définitives avec le Seigneur, si toutefois nous avons gardé dans notre cœur la Lumière de la Foi est la Flamme de l’Amour.

Frères et sœurs, nous savons que la terre est cet immense chantier où la matière a donné la vie, qui elle-même a accédé à l’intelligence et à l’esprit. Puis l’esprit, travaillé intérieurement par la grâce, est devenu amour. Le magnifique projet de Dieu est que les hommes deviennent amour comme lui-même est amour.

Pour réaliser ce plan, il a envoyé son Fils qui s’est fait homme pour que les hommes deviennent comme Lui des fils de Dieu. Ce fils, le Christ a accroché les hommes à sa cordée pour les entraîner à sa suite vers la Maison du Père. Mieux que cela il a épousé l’humanité sur le lit nuptial de la Croix. Il lui a mis l’alliance au doigt pour que promue fille de Dieu par épousailles avec le Fils Unique, elle entre un jour dans l’indicible bonheur de la Très Sainte Trinité.

En fait, le projet de Dieu ce sont les noces éternelles de son Fils et de l’humanité commencées ici-bas et consommées dans la Gloire de l’au-delà.

Ainsi chacun de nous, à sa mort entre dans les noces de l’éternité dont les noces terrestres de l’homme et de la femme sont l’Annonce et le Signe.

Dès lors pourquoi craindre la mort ?

Nous serons emmenés par Dieu avec Jésus nous dit Saint Paul, pour devenir par Lui et en Lui, en compagnie de Marie et de tous les saints, des êtres éternellement vivants, jouissant de l’inimaginable Béatitude du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Cette venue de l’Epoux puissions-nous frères et sœurs l’attendre ardemment et impatiemment. Sachant qu’il viendra comme un voleur, essayons de garder toujours allumée dans notre cœur la flamme de la Foi et de l’Amour.

Préparons-nous chaque jour à la rencontre.

Faisons nôtres les paroles du Psaume 62 : « Mon âme a soif du Dieu vivant, quand le verrai-je face à face ? »

Oui, qu’une prière humble, confiante, et persévérante creuse toujours plus en nous le désir de ce grand rendez-vous d’Amour au sein de notre vie.

Amen.

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 17:00

Lecture du livre de l'Exode 22, 20-26

Dieu commande à son peuple d’aimer et de soutenir les immigrés, les pauvres et les gens sans défense, s’il veut se réclamer du Dieu des pauvres.

Ainsi parle Seigneur : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas, car vous étiez vous-mêmes des immigrés au pays d’Égypte. Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. Ma colère s’enflammera et je vous ferai périr par l’épée : vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.

Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas d’intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! » - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce texte du droit coutumier israélite remonte au tout premier de l’installation des tribus hébraïques en Palestine, peu après l’exode. Dieu s’y montre le défenseur des pauvres, des opprimés, des gens sans défense dans la société : l’étranger immigré qui n’a pas tous les droits sociaux de l’Israélite, la veuve et l’orphelin qui demeurent sans protecteur, le pauvre réduit à emprunter sur gages. Les motivations données à l’interdiction de les exploiter relèvent du sens humanitaire, de l’expérience faite en Égypte de la situation inconfortable des immigrés, mais avant tout de la reconnaissance de Dieu comme le recours ultime du pauvre opprimé.

Dieu prend la défense de ceux qui sont sans défense. À nous de l’imiter pour ceux qui nous entourent.

Psaume 17

R/ : Je t’aime, Seigneur, ma force.

  • Je t'aime, Seigneur, ma force : Seigneur, mon roc, ma forteresse, Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! R/
  • Louange à Dieu ! Quand je fais appel au Seigneur, je suis sauvé de tous mes ennemis. Et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré, car il m'aime. R/
  • Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher ! Qu'il triomphe, le Dieu de ma victoire ! Il donne à son roi de grandes victoires, il se montre fidèle à son messie. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1, 5c-10

À l’exemple de Paul, les habitants de Thessalonique ont accueilli l’Évangile, et leur foi est devenue contagieuse.

Frères, vous savez comment nous sommes comportés chez vous pour votre bien. Et vous-mêmes, en fait, vous nous avez imités, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves, avec la joie de l’Esprit Saint. Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de Grèce. Et ce n’est pas seulement en Macédoine et en Grèce qu’à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s’est si bien répandue partout que nous n’avons pas besoin d’en parler. En effet, les gens racontent, à notre sujet, l’accueil que nous avons reçu chez vous ; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d’attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul cherche à imiter Jésus Christ ; les Thessaloniciens sont devenus les imitateurs de Paul ; ceux-ci sont devenus à leur tour des modèles pour tous les Grecs. L’Évangile fait boule de neige. Parce que Paul a prêché avec assurance, fort de l’appui de l’Esprit Saint, parce que les chrétiens de Thessalonique ont réalisé cette conversion étonnante de leurs dieux païens au Dieu de Jésus Christ, leur exemple est devenu contagieux pour la Grèce entière et même au-delà. On se prend à évoquer la promesse du Seigneur : « Vous serez mes témoins…jusqu’aux extrémités de la terre ».

Ce n’est pas de l’exemple d’un seul, mais du rayonnement d’équipes et de communautés chrétiennes vivantes que notre monde a besoin. Travailler à cela, c’est rendre l’Évangile contagieux.

Alléluia. Alléluia. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ; mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 34-40

Interrogé sur le plus grand commandement, Jésus répond : tu aimeras le Seigneur ton Dieu, tu aimeras ton prochain. L’un ne va pas sans l’autre.

En ce temps-là, les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Quel est le commandement essentiel de la loi juive ? La question posée à Jésus est un piège, car on espère bien lui montrer qu’il laisse de côté quelque commandement important. L’originalité de Jésus n’est pas dans ses réponses, puisqu’il cite la Loi, mais dans le rapprochement qu’il fait entre les deux commandements de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. Le premier est le plus important, le plus urgent. Mais le second lui est semblable en importance et en urgence. Il faut donc satisfaire aux deux commandements à la fois, si l’on veut en observer un parfaitement. En eux se résument toute la Loi et la prédication des prophètes.

« Tu aimeras », nous dit Jésus. Mais c’est sans limite, car on n’a jamais fini d’aimer ! Heureusement !

Homélie

Au temps de Jésus, les scribes et les pharisiens aimaient à s’engager dans les discussions interminables pour savoir quel était le plus grand commandement. Ils avaient dénombré, en effet, dans la Bible 613 préceptes dont 248 étaient positifs et 365 négatifs. C’est ce fardeau impossible à porter qu’ils prétendaient imposer à tous les croyants. On peut dire qu’ils étaient vraiment passés maîtres dans l’art de compliquer la vie.

Jésus, lui, va droit à l’essentiel, ramenant ainsi toute la religion à l’Unité « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu’il y a dans la Loi et les prophètes dépend de ces deux commandements ».

Du coup, les 613 préceptes des pharisiens se trouvent pulvérisés, engloutis dans les deux grands commandements de l’Amour qui, au surplus, n’en font qu’un. Une fois de plus, Jésus a transcendé le débat et, du point de vue où il se situe, tout devient simple.

Avec lui, en effet, la religion n’est plus l’observation tatillonne d’un code de lois, elle devient une vie et une vie accessible à tous… Car tout homme sur la terre peut la comprendre et la faire passer dans ses actes, sans avoir besoin de se livrer à des études particulièrement savantes… Désormais la vie religieuse consiste en une certaine qualité de relations entre l’homme et Dieu et entre les hommes, les uns avec les autres, sous le regard de Dieu qui est le Père de tous. Cette qualité de relations qui est au cœur même du christianisme et qui en fait toute l’originalité, c’est ça que nous appelons la Charité. Dans le chapitre 12 de sa 1ère lettre aux Corinthiens, saint Paul en a fait un vibrant éloge. Il affirme avec force qu’elle est un don supérieur à tous les autres (le charisme par excellence) et il l’exalte comme étant la valeur suprême de l’existence, valeur irremplaçable en dehors de laquelle on ne peut que gâcher sa vie et finalement rater sa destinée. Sans la charité, nous ne sommes rien, nous ne servons à rien, nous ne valons rien.

Il est donc pour nous capital, frères et sœurs, que nous soyons éclairés sur la nature de cette charité qui doit être l’inspiratrice et le moteur de tous nos actes. Sans doute avons-nous bien compris qu’il s’agit, avant tout d’aimer et qu’en un sens, comme le disait si bien sainte Bernadette « il suffit d’aimer ». Mais il y a bien des façons d’aimer et le risque est grand pour chacun de se fourvoyer et de s’imaginer qu’il aime, alors que son attitude va plutôt à l’encontre du véritable amour selon Dieu. La Charité telle que Jésus nous l’a révélée à travers ses paroles mais surtout à travers ses actes. Ce n’est pas une simple philanthropie ou une sympathie toute naturelle. Elle n’a pas son origine dans des sentiments purement humains : elle vient de Dieu, elle est de nature divine. La Charité c’est le plus grand amour possible, c’est-à-dire l’amour divin, l’amour tel qu’il est en Dieu, ainsi que l’amour qui, en nous, est de Dieu et va à Dieu. Ce n’est donc pas un amour naturel, mais surnaturel qui a été infusé en nos cœurs au moment du baptême et qui nous rend capables d’aimer Dieu du même amour dont il s’aime lui-même et d’aimer nos frères de ce même amour dont il les aime. Il n’y a donc pas deux amours : l’un qui serait pour Dieu et l’autre qui serait pour le prochain, mais un seul amour qui dans un même élan nous porte à aimer Dieu et notre prochain. Autrement dit la Charité est comme la Croix du Christ, elle a deux dimensions : une dimension verticale qui tourne notre cœur vers Dieu et une dimension horizontale qui ouvre notre cœur à nos frères, mais c’est le même amour qui vient de Dieu, qui va à Dieu et qui nous et qui nous relie à nos frères. Il n’y a pas de charité, si l’une de ces dimensions vient à manquer.

Comprenons donc, chers frères et sœurs que pour Jésus il ne s’agit pas d’éliminer un commandement par l’autre comme certains tentent de le faire pour se donner bonne conscience… Même des chrétiens en arrivent aujourd’hui à prétendre que les personnes charitables sont dispensées de penser à Dieu parce que la fraternité suffit à tout. Or, l’amour dû à Dieu (et qui consiste d’abord à unir notre volonté à la complaisance qu’il trouve en lui-même, à nous réjouir de son bonheur, à vouloir par-dessus tout sa plus grande gloire) cet amour désintéressé exige aussi un temps gratuit pour s’exprimer : dans la prière, principalement la prière d’adoration et de louange et aussi dans l’Eucharistie qui est l’action de grâces par excellence. Reste cette vérité typiquement évangélique : à savoir que le véritable amour de Dieu produit l’amour fraternel : il le produit infailliblement à tel point que là où il n’y a pas d’amour fraternel on peut dire avec assurance qu’il n’y a pas d’amour de Dieu. « Celui qui dit j’aime Dieu et qui a de la haine pour son frère est un menteur » nous dit saint Jean. La Charité fraternelle, c’est en réalité le cœur de Dieu en nous : elle nous fait communier à l’amour que Dieu porte à tout être humain. Elle nous fait vouloir pour notre prochain et servir son véritable bien qui est la vie de Dieu en lui et son développement jusqu’à la vie éternelle.

Pour conclure, frères et sœurs, je voudrais vous dire ceci. Nous sommes malheureux que pour deux raisons : 

  • Parce que nous ne croyons pas assez que Dieu nous aime,
  • Parce que nous n’investissons pas notre vie dans l’amour des autres.

Tout faire par amour, pour l’amour et dans l’amour. Ne serait-ce pas cela le secret du vrai bonheur ? Puisse la Vierge Marie, Mère du Bel Amour intercéder pour nous, afin que brûle toujours plus ardemment en nos cœurs le feu divin de la Charité.

Amen.

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16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:26

Lecture du livre d'Isaïe 45, 1. 4-6

C’est par Cyrus, un roi païen, que le Seigneur délivre son peuple déporté en Babylonie, montrant ainsi qu’il est le Maître de l’histoire.

Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée : « À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas.

Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l’on sache, de l’orient à l’occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Cyrus, roi des Perses et des Mèdes, mettra fin à l’empire babylonien en 539 après une campagne foudroyante. Libéral et tolérant, il permettra, l’année suivante, aux juifs exilés de rentrer dans leur patrie. C’est donc par un roi païen et au fil des avatars de l’histoire que le Seigneur libèrera son peuple. Le prophète salue le libérateur humain du titre de Messie : c’est Dieu qui l’envoie à cause de son peuple, Dieu qui use des évènements pour accomplir ses promesses, même si l’instrument de son salut ne le connaît pas.

Évoquer ceux qui autour de nous ne partagent pas notre foi, qui « ne connaissent pas Dieu », et se rappeler qu’à chacun le Seigneur dit : « Je t’ai appelé par ton nom », n’est-ce pas affermir notre espérance pour tous les hommes ?

Psaume 95

R/ : Rendez au Seigneur la gloire et la puissance.

  • Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles ! R/
  • Il est grand, le Seigneur, hautement loué, redoutable au-dessus de tous les dieux : néant, tous les dieux des nations ! Lui, le Seigneur, a fait les cieux. R/
  • Rendez au Seigneur, familles des peuples, rendez au Seigneur la gloire et la puissance, rendez au Seigneur la gloire de son nom. Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis. R/
  • Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté : tremblez devant lui, terre entière. Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » Il gouverne les peuples avec droiture. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1, 1-5b

L’annonce de l’Évangile tire son efficacité de l’action de l’Esprit Saint qui accompagne la parole des apôtres.

Paul, Silvain et Timothée, à l’Église de Thessalonique qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus Christ. À vous, la grâce et la paix.

À tout moment, nous rendons grâce à Dieu au sujet de vous tous, en faisant mémoire de vous dans nos prières. Sans cesse, nous nous souvenons que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui. En effet, notre annonce de l’Évangile n’a pas été, chez vous, simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, pleine certitude. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce ne sont pas les Thessaloniciens que Paul et ses compagnons remercient, mais Dieu. Car si la foi, la charité et l’espérance de cette communauté sont si vaillantes, c’est à Dieu qu’elle le doit. Le Seigneur a choisi ces hommes et ces femmes de Thessalonique : ils sont son peuple, comme Israël l’avait été autrefois, lui, le peuple choisi. Paul sait cela non pas de lui-même, mais parce qu’il a vu l’œuvre de l’Évangile s’accomplir en eux. Lui, Silvain et Timothée ont certes témoigné par la parole et l’exemple de leur vie, mais Dieu lui-même a accrédité leur témoignage et ouvert le cœur et l’esprit des Thessaloniciens par son Esprit. S’ils croient et vivent dans la charité et l’espérance, ce n’est pas grâce à eux-mêmes, ni à Paul et ses compagnons, mais grâce à Dieu.

Dans la prière, je rends grâce comme l’apôtre Paul pour le témoignage que donne ma communauté chrétienne d’une foi active, d’une charité qui se donne de la peine et d’une espérance qui tient bon.

Alléluia. Alléluia. Vous brillez comme des astres dans l’univers en tenant ferme la parole de vie. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 15-21

Hypocrites ! Vous avez dans la main l’argent de César, preuve que vous bénéficiez des institutions de l’État, et vous demandez s’il est permis de payer l’impôt !

En ce temps-là les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le chemin de Dieu en vérité ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens. Alors, donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » Connaissant leur perversité, Jésus dit : « Hypocrites ! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Montrez-moi la monnaie de l’impôt ». Ils lui présentèrent une pièce d’un denier. Il leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? »

Ils répondirent : « De César ». Alors il leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : C’est bien un piège ! Ou Jésus renonce à sa popularité auprès des foules en affirmant qu’on doit payer l’impôt à l’occupant romain, ou bien il prêche la révolte, au moins passive, en déclarant qu’il n’est pas permis de le payer. C’est d’ailleurs cette seconde réponse que les juifs attendaient du Messie, sauveur politique autant que religieux. Jésus distingue entre le portrait de César et l’inscription qui l’accompagne. L’image est celle de l’empereur : rendez donc à l’empereur les honneurs qui lui sont dus, en particulier l’impôt. L’inscription fait de l’empereur un dieu : ne rendez de culte qu’à Dieu. Ainsi la religion n’est pas au service de l’État, comme le disait l’inscription, ni l’État au service de la religion, comme le voulaient les juifs.

Nous connaissons des hommes et des femmes engagés dans des responsabilités au service de l’État, donc du bien commun, dans la commune, l’enseignement, les hôpitaux, les forces de l’ordre. Prions, spécialement au cours de la prière universelle, pour qu’ils aient les conditions d’accomplir au mieux leur service.

Homélie

Depuis un certain temps déjà les relations entre Jésus et « les milieux influents » de Jérusalem se durcissaient. Voulant à tout prix se débarrasser de ce gêneur, de cet empêcheur de tourner en rond, ils se concertèrent pour voir comment ils pourraient prendre Jésus en faute. Le meilleur moyen ne serait-il pas de le faire parler pour l’amener à dire des paroles imprudentes que par la suite on aurait beau jeu d’exploiter contre lui ?

On va donc essayer, poliment mais sûrement, de le pousser sur un terrain miné. D’où la question piège : « Maître nous savons que tu dis toujours la vérité… » Mais Jésus voit tout de suite le traquenard : il n’est pas dupe de leurs procédés… « Vous êtes des hypocrites », leur lance-t-il, c’est-à-dire des faux-jetons.

Si nous voulons comprendre, frères et sœurs, en quoi cette question : « faut-il payer ou ne pas payer l’impôt à César était un piège, il faut regarder la situation politique de l’époque. Depuis un demi-siècle la Palestine est colonisée et occupée par les Romains qui sont une puissance étrangère. L’impôt dont il s’agit, « le tribut » est un impôt levé par les Romains, qui vient s’ajouter à d’autres taxes.

Quelle que soit l’époque, payer ses impôts n’a jamais été une tâche agréable. Mais au temps de Jésus, il y avait un caractère aggravant : les sous, non seulement il fallait les lâcher, mais il fallait aussi les donner à l’occupant étranger.

  • Les Pharisiens qui se voulaient des juifs purs et durs, prêchaient la résistance à l’occupant au nom de la fierté nationaliste.
  • Les Zélotes étaient un autre groupe qui allaient beaucoup plus loin, de 2 façons :
  • en commettant des attentats contre l’occupant,
  • et en incitant au refus de payer l’impôt.
  • Les Hérodiens qui étaient des collaborateurs.

Ce qui est surprenant dans la composition de la petite délégation venue tendre un piège à Jésus, c’est que les Pharisiens et les Hérodiens habituellement ennemis, semblaient ce jour-là réconciliés tellement ils avaient de hargne et de haine contre Jésus. Ils posent donc à Jésus la question brûlante, la question piège : est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? Ils pensent qu’à cette question il ne pourra répondre sans se perdre :

  • Si Jésus dit « oui », il faut payer l’impôt à l’empereur. Il sera taxé d’être un traître, vendu aux Romains et il perdra son prestige aux yeux du peuple qui est très nationaliste.
  • Si Jésus dit « non », on le fera passer pour un révolutionnaire dangereux qui mène le pays aux pires aventures et on le fera condamner.

Dans les deux cas, Jésus est pris et ses adversaires commencent déjà à se frotter les mains. Mais Jésus, très calme, va leur fermer la bouche, ou si l’on veut, leur rendre la monnaie de leur pièce. « Montre-moi un denier », leur dit-il ; c’était une pièce de monnaie romaine. D’un côté de la pièce, il y avait l’effigie de Tibère, l’empereur régnant, avec ces mots : « Tibère fils du divin Auguste » et sur l’autre face « Pontifex maximus » c’est-à-dire « Souverain pontife ». Dans les 2 cas il s’agit d’une inscription à caractère religieux. Et cela n’est pas étonnant puisque chez les Romains l’empereur voulait être honoré comme un dieu.

Quand Jésus demande à ses adversaires : « de qui est cette effigie et cette inscription » il veut leur faire dire que bien que nationalistes ils ne sont pas gênés pour trafiquer avec l’occupant étranger : par conséquent il ne faut pas non plus qu’ils le soient de payer leurs impôts ! Cette pièce, ils peuvent la rendre, puisqu’ils l’ont prise. « Rendez à César, ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Comprenons bien, frères et sœurs, que pour Jésus il ne s’agit pas d’une pirouette pour se sortir d’un mauvais cas. Non, sa réponse va bien plus loin qu’on pourrait le penser. Jésus veut leur dire que le problème ce n’est pas de payer ou ne pas payer l’impôt, le problème est de savoir si César doit être ou non considéré comme Dieu. Or, César qu’il s’agisse de l’empereur de Rome ou de tout autre souverain politique n’est pas dieu. Autrement dit la politique n’est pas un absolu. Aucun Etat quel qu’il soit ne peut revendiquer les pleins pouvoirs sur l’homme et d’abord sur sa conscience et sur son âme. Notre-Seigneur maintient énergiquement les Droits de Dieu sur l’homme (et par conséquent le droit et le devoir de l’homme de servir Dieu). Il distingue nettement le devoir religieux du devoir civique et par là, du même coup et dans la même phrase, il proclame la consistance du pouvoir temporel et l’indépendance légitime de l’Etat, qui reste soumis lui-même à des lois plus hautes, mais qui est souverain dans son domaine propre. De cette petite phrase inépuisable procèdent toutes les considérations qu’on pourra multiplier sur les rapports entre l’Eglise et l’Etat, entre la société spirituelle et l’autorité des gouvernements. En fait dans cet évangile, Jésus répond à la vraie question qu’on n’a pas posée. « Qu’est-ce que vous donnez à Dieu ? » Une toute petite part de votre vie… quelques miettes… Et bien non ! Car Dieu mérite beaucoup plus, infiniment plus. Dieu est Dieu. Il est en droit d’exiger de nous un don total… D’ailleurs n’a-t-il pas sur nous littéralement tous les droits ?

Les droits du propriétaire sur sa propriété, les droits de l’artiste sur son œuvre, les droits de l’Etat sur le citoyen, les droits des pères et des mères sur leurs enfants, qui sont réels, légitimes, mais limités, ne nous donnent que des images lointaines de ces droits absolus et universels de Dieu sur l’homme. L’homme a tout reçu de Dieu, il ne cesse de recevoir à chaque instant tout ce qu’il a, bien plus encore toute ce qu’il est.

Sainte Marguerite-Marie, la confidente du cœur de Jésus l’avait très bien compris, elle qui écrivait dans son carnet intime : « tout de Dieu, rien de moi ; donc tout à Dieu, rien à moi ; donc tout pour Dieu, rien pour moi ». Je ne suis pas propriétaire, je suis propriété de Dieu : je dois tout lui donner ou plutôt je dois tout lui rendre. Faut-il préciser que nous n’avons rien à craindre de ces droits absolus, car Dieu n’est pas un maître hargneux ni un exploiteur qui s’enrichirait de notre substance, mais un Père qui nous aime et nous a créés pour que nous trouvions le bonheur en lui ; Dieu est celui qui n’aime que la liberté et veut être aimé librement ; Dieu est celui qui seul peut nous empêcher de devenir esclaves de César ou de l’Etat ou d’une quelconque machinerie collective sans âme et sans cœur.

Gardons-nous de prendre à contre-sens la parole du Christ, « rendez à César, ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Il ne s’agit pas de faire deux parts dans notre vie : d’un côté, le temps consacré à Dieu et de l’autre notre famille, notre travail, notre devoir civique. Même si la part de Dieu était calculée généreusement, même si elle était de neuf dixièmes, ce serait encore insuffisant.

Rendre à Dieu, ce qui est à Dieu, redisons-le, c’est tout lui donner… Surtout, n’ayons pas peur de cette remise totale de nous-mêmes… Ce qui nous empêche d’être heureux c’est ce que nous gardons pour nous égoïstement : la vraie richesse et la vraie joie ne peuvent être, pour nous qui dans ce don total.

Frères et sœurs, nous avons en Marie, Mère de Jésus et notre mère, le modèle insurpassable de ce don total à Dieu. Prions-la pour qu’elle nous aide à faire de toute notre vie un moyen d’aimer Dieu, une preuve et une expression de cet amour.

 Amen.

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11 octobre 2020 7 11 /10 /octobre /2020 16:57

Lecture du livre d'Isaïe 25, 6-10a

Au terme de l’histoire Dieu invitera tous les peuples à son festin et ôtera le linceul qui les couvrait. Alors, tous diront : Réjouissons-nous, il nous a sauvés.

Le Seigneur de l’univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Sur cette montagne, il fera disparaître le voile de deuil qui enveloppe tous les peuples et le linceul qui couvre toutes les nations. Il fera disparaître la mort pour toujours. Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple. Le Seigneur a parlé.

Et ce jour-là, on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! » Car la main du Seigneur reposera sur cette montagne. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Sous des dehors imagés, le prophète décrit l’accomplissement dans l’histoire des promesses de Dieu à son peuple. Sur sa montagne, à Jérusalem, le Seigneur rassemblera tous les peuples pour un grand festin de communion. Ce jour-là, Dieu détruira la mort et nos yeux étonnés contempleront l’univers sous une lumière nouvelle comme si un voile se levait pour nous laisser découvrir un monde renouvelé. Dieu se fera proche de tout homme et dans sa tendresse, comme une mère pour son enfant, essuiera larmes et souffrances de tous les visages. Tous reconnaîtront le Seigneur pour leur Dieu, celui en qui ils espéraient comme à tâtons et dans le noir, et dont ils attendaient d’être sauvés malgré leur misère. À l’angoisse et à la mort succèdera la joie que donnera la communion intime avec Dieu.

Essuyer les larmes des visages de ceux que nous accompagnons avec délicatesse dans leur deuil, c’est déjà les ouvrir à l’espérance de la Résurrection.

Psaume 22

R/ : J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. R/
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l'honneur de son nom. R/
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. R/
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/
  • Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie ; j'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4, 12-14. 19-20

En devenant apôtre du Christ, Paul a appris à vivre dans la gêne. Mais dans sa prison, le secours pécuniaire de ses amis lui va droit au cœur.

Frères, je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance. J’ai été formé à tout et pour tout : à être rassasié et à souffrir la faim, à être dans l’abondance et dans les privations. Je peux tout en celui qui me donne la force. Cependant, vous avez bien fait de vous montrer solidaires quand j’étais dans la gêne. Et mon Dieu comblera tous vos besoins selon sa richesse, magnifiquement, dans le Christ Jésus.

Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul a toujours eu soin de montrer qu’il était un ouvrier de l’Évangile désintéressé. C’est pourquoi il travaillait de ses mains pour subvenir à ses besoins. L’argent qu’il a accepté de recevoir de la communauté de Philippes montre quelle confiance il avait en elle. D’ailleurs Paul est habitué par ses nombreux voyages missionnaires à vivre tantôt dans la gêne, tantôt dans l’abondance. Ce point de vue est secondaire pour l’apôtre dont la force est Jésus Christ à qui il a donné sa vie. Mais il a dû apprécier l’envoi des Philippiens durant son séjour en prison comme un geste d’affection et de réconfort.

Être amené à donner un secours matériel, personnellement ou comme membre d’un service caritatif, réclame beaucoup de respect pour ne pas humilier celui qui reçoit. Notre sourire doit faire oublier le geste de nos mains.

Alléluia. Alléluia. Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous percevions l’espérance que donne son appel. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 22, 1-14

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets.

« Venez au repas de noce », crie Jésus à ses contemporains. Les invités se récusent. Sommes-nous de ces pauvres qui acceptent l’invitation avec joie ?

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux anciens du peuple, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.” Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.” Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. [Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus ».] – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’histoire est assez claire : les juifs à qui Jésus est venu porter l’invitation au grand festin du royaume de Dieu ont refusé de s’y rendre. Avant lui les prophètes avaient payé de leur vie le pressant appel qu’ils avaient adressé au peuple élu. Jésus sait qu’il subira le même sort. Mais la ville des meurtriers, Jérusalem, sera détruite, et la Bonne Nouvelle sera proposée aux carrefours des routes du monde. Un nouveau peuple de Dieu est né, l’Église où les chrétiens d’origine païenne ne sont plus nombreux que ceux d’origine juive. C’est pour cette Église que Matthieu a rapproché la deuxième parabole de la première. Elle peut rappeler aux chrétiens qu’il ne suffit pas d’être entré dans l’Église pour être sauvé, mais qu’il faut devenir digne de la grâce reçue.

Seigneur Jésus, je suis de tes invités indignes car je ne porte pas toujours le vêtement de noce. Je te le rappelle d’ailleurs à chaque messe : « Je ne suis pas digne de te recevoir », par ce que toi seul peux me revêtir pour la fête.

Homélie

C’est une merveilleuse histoire d’amour que le Seigneur vient de nous conter en cette parabole : c’est même la plus merveilleuse de toutes les histoires d’amour, puisqu’elle évoque ses épousailles à Lui, Jésus, Fils de Dieu avec l’humanité.

Quatre enseignements principaux se dégagent de ce récit :

  • Le premier enseignement c’est que le Royaume de Dieu est une fête parce qu’il est le partage d’une joie pleine, totale, parfaite ; le partage de l’infini bonheur, de l’éternelle béatitude de Dieu. Cette vérité est évoquée par l’image du Festin des Noces qui court à travers toute la Bible. L’Evangile, voyez-vous ce n’est pas d’abord une organisation du monde, ce n’est même pas d’abord une morale, un ensemble de commandements, de choses permises et défendues. L’Evangile, c’est comme son nom l’indique, l’heureuse annonce du salut : c’est cette nouvelle inouïe : à savoir que le Dieu pleinement bienheureux, par un don d’amour totalement gratuit nous a créés et rachetés pour nous faire partager son être et sa vie, pour nous faire « participants de sa nature divine » comme dit l’apôtre Pierre. L’Evangile nous annonce ce bonheur, cette joie de la communion avec Dieu, pas seulement pour l’avenir, pour l’au-delà de la mort, où notre destinée s’épanouira totalement, tout de suite. Le Royaume de Dieu est déjà là, en effet, il est « au-dedans de nous » puisque depuis notre Baptême, la Trinité bienheureuse habite en nous, si toutefois nous gardons l’état de grâce… Cette pensée (mais combien de fois l’avons-nous cette pensée) de la présence divine au fond de notre cœur, ne devrait-elle pas nous combler de la joie profonde qui dépasse infiniment  toutes les pauvres joies que le monde peut donner ? Et qui subsiste même au plus fort de la souffrance ! « Je surabonde de joie au milieu des tribulations » disait saint Paul.
  • Le second enseignement de cette parabole c’est qu’à cette fête, à cette joie de Dieu nous sommes invités et que nous pouvons refuser… Et oui, en fait, nous refusons trop souvent, hélas ! Ce refus, tel que le raconte l’Evangile s’est passé d’abord dans l’histoire. Nous reconnaissons par les mots employés l’histoire des Juifs, les premiers appelés, qui non seulement ont refusé l’invitation, mais encore ont rejeté celui qui les appelait et l’ont même crucifié… Mais le sens de cette parabole n’est pas seulement historique… on peut dire qu’il est éternel… Tous ces gens, dites-moi, que l’on a appelés à la croisée de tous les chemins du monde, tous ces hommes qui jusqu’à la fin des temps recevront cet appel, croyez-vous que tous ont accepté ou accepteront… Et alors quel a été ou quel sera leur sort final ? L’avertissement de Jésus, tant de fois réitéré dans l’Evangile, est particulièrement grave… « Jetez-le dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents ». L’enfer ce n’est pas un vain mot, mais une terrible réalité. Quant à nous, frères et sœurs, qui par certains côtés ressemblons aux Juifs, car enfin nous aussi nous avons reçu tant de grâces par l’annonce de l’Evangile et l’éducation donnée par l’Eglise, nous aussi, dès que les exigences du Seigneur se sont de plus en plus fortes nous faisons comme eux… Il faut même dire que dans le monde où nous vivons aujourd’hui, on a l’impression que ce n’est pas tel ou tel qui se ferme à l’appel du Christ mais que c’est la civilisation elle-même. Il n’est que trop clair que par son autosuffisance, par son attachement à tout ce qui est terrestre, à tout ce qui est matériel elle devient de plus en plus étrangère au surnaturel et refuse le seul salut : celui qui vient de Dieu, par le Christ et en Lui…
  • Le troisième enseignement de notre parabole : c’est celui de la robe nuptiale : c’est un message parfaitement, celui qui veut entrer dans la Vie de Dieu et dans sa Joie doit nécessairement s’y préparer. Il doit en être digne. Mais n’avions-nous pas entendu que tous étaient appelés ??? Les bons et les mauvais ? Et voilà qu’il faut tout de même qu’on revête la robe nuptiale sous peine d’être jeté dehors, dans les ténèbres !!! Et heureusement, comment voudriez-vous qu’il puisse en être autrement ? Comment pourrait-on goûter cette vie, cette indicible béatitude si le cœur n’y était pas quelque peu préparé et comme pré-adopté. Comment pourrions-nous accueillir l’invitation sinon par la foi, par l’Espérance et par l’amour qui changent le cœur et qui par conséquent transforment la vie de tous les jours. Heureusement que l’appel au bonheur est aussi un appel à la beauté morale, à l’idéal, à la sainteté qui est l’aboutissement de la transformation du cœur. Nous ne serions pas sauvés, si nous n’étions pas changés. Et ce ne serait pas beau d’entrer dans le festin des noces, si nous n’étions pas nous aussi revêtus de la beauté qui est exigée pour ces noces divines. Cependant, n’ayons pas peur ce n’est pas un piège qui nous est tendu. Ce qui nous est demandé c’est ce que nous pouvons, c’est notre bonne volonté. Et ce qui importe par-dessus tout, c’est que nous soyons toujours disposés à nous laisser modeler par la grâce, alors Dieu pourra nous revêtir de sa propre beauté.
  • Enfin, il y a un quatrième enseignement dans cette parabole. Il y est question, en effet, de ceux qui doivent annoncer la Parole. De ceux qui doivent aller à la rencontre des hommes sur tous leurs chemins afin de les inviter au nom du Seigneur. Qu’ils soient prêtres, religieux ou laïcs, cette mission, ce service ils doivent l’accomplir avec enthousiasme, avec un visage transfiguré par la joie. Il s’agit de prouver, en effet, que le Message de Jésus transforme la vie et donne un bonheur inépuisable. Prouvons cela en le vivant, en nous comportant d’une manière qui soit vraiment éloquente et attrayante.

Un incroyant célèbre disait : « Je croirais davantage à leur Sauveur s’ils avaient un peu l’air d’être sauvés ». Ayons, non seulement l’air d’être sauvés, frères et sœurs, mais faisons le maximum pour en avoir la réalité jaillissante et rayonnante. Et n’oublions jamais que pour nous y aider nous avons avec la prière et l’assistance maternelle de Marie, la grâce extrêmement riche de l’Eucharistie, ce bouquet du ciel sur la terre, où le Christ Ressuscité se donne à nous pour nous transformer en Lui. Faisons en sorte qu’elle soit le Vrai Pain de notre vie, notre principale nourriture spirituelle tout au long de notre pèlerinage terrestre.

 Amen.

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2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 14:52

Lecture du livre d'Isaïe 5, 1-7

La vigne du Seigneur, c'est son peuple. Mais, malgré tous ses soins, les raisons qu'elle produit ont le goût amer de l'injustice et de la détresse des pauvres.

Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.

Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire de ma vigne : enlever sa clôture pour qu'elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie. La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici l'iniquité ; il en attendait la justice, et voici les cris de détresse. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Cette chanson sur vigne rappelle les chants de nos troubadours. L’auditoire, en connaisseur, devait apprécier les soins du propriétaire pour sa vigne et applaudir à sa décision de la laisser en friche à la vue du piètre résultat obtenu. C’est alors que le prophète révèle le sens profond de sa chanson : cette vigne est celle du Seigneur et c’est vous, gens de Judas ce plant qu’il chérissait ! Il en attendait le droit et partout sévissent l’injustice et le mensonge des juges, la trahison des gouvernants, l’exploitation du petit paysan par les gros propriétaires fonciers. Partout ce ne sont que cris de détresse des opprimés de son peuple ! Eh bien, vous aussi, vous serez dévastés.

Nous sommes la vigne du Père dont Jésus est le cep, et nous connaissons la sollicitude du bien-aimé pour les sarments que nous sommes. Quels fruits de reconnaissance portons-nous et désirons-nous porter ?

Psaume 79

R/ : La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël.

  • La vigne que tu as prise à l'Égypte, tu la replantes en chassant des nations. Elle étendait ses sarments jusqu'à la mer, et ses rejets, jusqu'au Fleuve. R/
  • Pourquoi as-tu percé sa clôture ? Tous les passants y grappillent en chemin ; le sanglier des forêts la ravage et les bêtes des champs la broutent. R/
  • Dieu de l'univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu'a plantée ta main puissante. R/
  • Jamais plus nous n'irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom ! Seigneur, Dieu de l'univers, fais-nous revenir ; que ton visage s'éclaire, et nous serons sauvés. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4, 6-9

Aux chrétiens minoritaires dans le monde, Paul ne conseille pas le repli sur eux-mêmes, mais la prise en compte de toutes les valeurs humaines qui se vivent autour d’eux.

Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.

Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. - Parole du Seigneur.

Commentaire : L’emprisonnement de Paul ne doit pas ternir la joie de ses chers Philippiens ni leur faire mépriser le monde. Bien au contraire, l’apôtre les invite à découvrir ce qu’il y a de vérité et de noblesse dans la civilisation gréco-romaine, ce qui demeure de justice et de pureté dans ce monde. Le chrétien doit reconnaître en tout cela des pierres d’attente de l’Évangile et le prendre à son compte. C’est le premier devoir missionnaire qui est d’aimer ce qu’il y a de beau chez les hommes à qui l’on veut annoncer Jésus Christ.

Prenez à votre compte tout ce qui a du prix pour le monde. Quelles sont les valeurs estimées par nos contemporains que nous pensons être en consonance avec l’Évangile ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 33-43

Jésus, le Fils de Dieu s’inscrit dans la lignée des prophètes martyrs. Mais sa mort fait naître un nouveau peuple de Dieu.

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !' Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu ». Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit ». - Acclamons la Parole de Dieu

Commentaire : Les interlocuteurs de Jésus n’ont pas dû hésiter longtemps pour reconnaître Dieu comme le propriétaire du domaine, la vigne pour son peuple, Israël, et les serviteurs maltraités par les vignerons comme la longue lignée des prophètes. Mais une fois engagés dans le dialogue, ils ont été contraints de prononcer la condamnation des vignerons. Qui sont ces vignerons ? Ce sont tous les responsables à qui Dieu avait confié son peuple, les rois, les princes et maintenant ces chefs des prêtres et ces pharisiens auxquels Jésus s’adresse. Parce qu’ils ont tué et rejeté le Fils, estimant Jésus impropre à être le Messie attendu, le royaume de Dieu leur sera enlevé et un autre peuple prendra la relève d’Israël : juifs et païens s’y côtoieront pour constituer le nouveau peuple de Dieu.

Ses serviteurs, puis d’autres serviteurs plus nombreux, enfin son Fils : cette continuité historique prouve la patience de Dieu qui ne désespère ni d’Israël ni de nous. Envers qui le Seigneur attend de nous cette même patience ?

Homélie

Il y a au cœur de cette parabole évangélique particulièrement dramatique, une petite phrase qui exprime en sa brièveté le plus bouleversant de tous les mystères, celui de l’amour prodigieux, de l’amour fou de Dieu pour nous. « Finalement, il leur envoya son Fils ». Dieu en vérité ne pouvait rien faire de plus et il ne pouvait rien faire de mieux…

Dans son Evangile saint Jean déclare : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils Unique afin que tout homme qui croit en lui ait la Vie éternelle ».

Et dans l’Epître aux Hébreux nous pouvons lire tout au début : « Après avoir à maintes reprises parlé à nos pères par les prophètes, Dieu en ces jours qui sont les derniers nous a parlé par son Fils ».

Qu’est-ce donc que l’histoire de l’humanité, pour nous chrétiens, qui essayons de voir toutes choses dans la Lumière de la Révélation ? Rien d’autre, en fait, que l’histoire d’un perpétuel dialogue entre Dieu et les hommes ? Un dialogue qui est toujours ouvert par Dieu lui-même, dans lequel il prend toujours l’initiative. Oui, depuis que les hommes existent Dieu s’avance vers eux d’une manière ou d’une autre pour leur parler de lui et d’eux… Il est ce propriétaire qui sans se lasser rend visite à sa vigne… et les hommes à travers leur religions si diverses essayent de balbutier une réponse au discours divin qu’ils perçoivent plus ou moins confusément… mais le plus souvent ils repoussent les avances de Dieu.

Or voici qu’un jour Dieu se choisit un peuple pour être son témoin au milieu de tous les autres peuples et la Bible nous montre que l’aventure inouïe de ce peuple d’Israël marque un temps fort du dialogue entre Dieu et les hommes. Dieu s’y révèle, en effet, comme le seul Dieu, le vrai Dieu et par la voix de ses messages, les prophètes surtout qui sont des porte-parole. Il fait connaître à ceux qui veulent bien les accueillir quelques-unes de ses pensées les plus essentielles sur lui-même, sur le monde et sur l’homme. Mais par-dessus tout, à travers son propre Fils, devenu homme, sans rien perdre de sa divinité que Dieu dit, s’exprime le plus clairement et le plus parfaitement aux hommes. C’est donc en fixant notre regard sur Jésus : c’est au travers de tout ce qu’il est de tout ce qu’il dit. Comme de tout ce qu’il fait que nous pouvons découvrir enfin le vrai visage de Dieu. Jésus lui-même nous affirme : « Qui me voit, voit le Père ». En lui nous est donné le véritable Révélateur de Dieu, celui qui le fait transparaître, celui qui nous dévoile ses secrets. En lui c’est toute la Révélation qui s’épanouit : on peut dire que Jésus c’est le dernier mot sur Dieu.

Mais alors comment se fait-il que nous soyons si peu accueillants à une confidence ? C’est là que la Parabole des vignerons homicides doit nous interpeller… car cette histoire ne vise pas seulement le peuple d’Israël qui durant des siècles a rejeté ou massacré les prophètes, elle ne vise pas seulement les contemporains de Jésus qui se sont emparés de Lui, le Fils et l’ont mis à mort… elle vise aussi le nouveau Peuple de Dieu que le Christ a fondé : c’est-à-dire l’Eglise dont nous sommes tous les membres en vertu de notre Baptême. N’est-elle pas l’Eglise, cette vigne du Seigneur dans laquelle nous sommes invités à travailler chacun à sa place pour le salut de tous ? Et ne sommes-nous pas quelquefois, hélas ! Ces serviteurs au cœur endurci qui renvoient promener les uns après les autres les messagers de Dieu ? Ne nous arrive-t-il pas à nous aussi de refuser le Christ ? « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ». Pour quelle raison ? Mais tout simplement parce qu’il dérange. Jésus, en effet, nous appelle à renouveler complètement notre manière d’envisager Dieu, le monde et nous-mêmes… Il nous invite à une révision radicale de notre échelle de valeurs…

  • Nous pensons par exemple : qu’ils ont bien de la chance ceux qui ont de l’argent plein les poches, ils peuvent se payer tout ce qui leur plaît… et Jésus nous dit : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent… vous êtes bienheureux si vous avez l’esprit de pauvreté. Détachez-vous de tous vos biens terrestres (que de toute façon il faudra laisser un jour) et vous aurez un trésor dans le ciel…
  • Ou encore : nous croyons que c’est déjà pas mal d’aimer ceux qui nous sont sympathiques et Jésus nous dit : « Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux qui vous haïssent… pardonnez inlassablement.
  • Oui, nous rêvons, en fait, d’une petite vie tranquille, sans histoires, sans problèmes et Jésus nous dit : « Si vous voulez être mes amis et réussir votre vie, renoncez à vous-mêmes, prenez votre croix chaque jour et suivez-moi… »

Que se passe-t-il alors ? Eh bien, frères et sœurs, il arrive qu’à certaines heures notre foi chrétienne exige de nous des choix si durs que nous sommes tentés de tuer à nouveau le Seigneur Jésus. Oui, de le tuer en lui préférant tout autre chose que lui, en le faisant mourir ainsi dans notre cœur, en le faisant disparaître de notre vie.

Heureusement, frères et sœurs, l’amour de Jésus est infiniment plus fort que notre péché, son sacrifice plus puissant que tous nos refus. La croix est devenue l’arbre de vie, grâce auquel nous devenons capables de porter les fruits d’amour que le Seigneur attend de nous. Jésus a le pouvoir de nous délivrer de cette prison dans laquelle nous nous enfermons trop souvent par nos refus d’aimer, si toutefois nous sommes assez humbles pour nous reconnaître pécheurs et renouer notre alliance avec lui dans le sacrement du pardon et de la réconciliation.

Au cours de cette Eucharistie, nous demanderons très fort par l’intercession de Marie, Modèle et Secours des chrétiens, la grâce de ne rien préférer au Christ.

 Amen.

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 20:06

Lecture du livre d'Ézéchiel 18, 25-28

Dieu ne veut pas la mort du méchant et, si étrange que cela paraisse, il offre à tout homme la chance de refaire sa vie.

Ainsi parle le Seigneur : « La conduite du Seigneur n’est pas la bonne ». Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas.  –Parole du Seigneur.

Commentaire : En annonçant que Dieu était prêt à pardonner au coupable s’il venait à se repentir, mais que par contre il punirait le juste s’il venait à renier son passé d’honnêteté, Ézékiel soulève un tollé parmi ses auditeurs qui qualifient d’étrange une telle conduite divine. Mais le prophète révèle le motif profond de cet étonnement : c’est parce que Dieu ne désire » pas la mort du pécheur ! Aux yeux du monde, un homme est définitivement classé par son passé : s’il est mauvais on ne lui laisse aucune chance de refaire sa vie ; s’il est bon, on n’imagine pas qu’il garde la liberté de le renier. Dieu croit à notre liberté, croit que nous pouvons nous convertir du mal au bien et du bien au mieux. En ouvrant par son pardon l’avenir de notre liberté, Dieu nous fait libre.

Avoir la même conduite étrange que celle du Seigneur en ne classant pas quelqu’un comme définitivement pécheur et perdu, c’est croire que notre amour peut aussi recréer et libérer comme le fait celui de Dieu.

Psaume 24

R/ : Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse.

  • Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. R/
  • Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse ; dans ton amour, ne m'oublie pas. R/
  • Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2, 1-11

Les sentiments que Paul réclame des chrétiens et l’attitude qui en découle se fondent sur ceux de Jésus au milieu des hommes.

Frères, s’il est vrai que, dans le Christ, on se réconforte les uns les autres, si l’on s’encourage avec amour, si l’on est en communion dans l’Esprit, si l’on a de la tendresse et de la compassion, alors, pour que ma joie soit complète, ayez les mêmes dispositions, le même amour, les mêmes sentiments ; recherchez l’unité. Ne soyez jamais intrigants ni vaniteux, mais ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Que chacun de vous ne soit pas préoccupé de ses propres intérêts ; pensez aussi à ceux des autres.

Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père. –Parole du Seigneur.

Commentaire : Quelques rivalités à l’intérieur de la communauté de Philippe, l’esprit de parti, le sentiment de supériorité de quelques-uns, la poursuite par d’autres de leurs intérêts personnels, inquiètent l’apôtre. Un autre aurait donné des conseils de bon sens et de modération. Paul invite plutôt à contempler l’attitude de Jésus Christ qui n’a été guidé que par l’amour des hommes : il s’est abaissé jusqu’à eux, a tout partagé de leur vie, jusqu’à leur pauvre mort humaine – et quelle mort ! Il ne lui serait pas venu à l’idée de se montrer supérieur, lui qui s’est fait le serviteur de tous. C’est pourtant lui que Dieu a déclaré le plus grand, le Seigneur du monde que tous aujourd’hui sont appelés à adorer.

Nous arrive-t-il d’estimer les autres supérieurs à nous-mêmes parce que nous reconnaissons en eux des qualités et des dons qui complètent les nôtres ?

Alléluia. Alléluia. Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ; moi, le les connais, et elles me suivent. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21, 28-32

On ne peut se contenter de dire : oui, Seigneur ; il faut faire la volonté du Père. Or, celle-ci peut nous être signifiée par des gens que nous estimons être loin de Dieu.

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».

Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Il ne fait pas de doute pour un juif que celui qui a accompli la volonté de son Père soit celui de ses fils qui lui a obéi en fait, même s’il lui a préalablement opposé un refus verbal. Le différend entre Jésus et les chefs des prêtres et les anciens porte sur l’interprétation de la volonté divine. Pour le Christ, le règne de Dieu est arrivé en sa personne depuis la prédication du Baptiste. Or, les chefs religieux du peuple qui prétendent obéir à Dieu, n’ont pas obtempéré à l’invitation de Jean à se convertir. Au contraire, les publicains et les prostituées, gens qui n’ont cure d’obéir à Dieu selon les responsables religieux d’Israël, se sont pourtant ravisés et se sont convertis. Eux entreront dans le Royaume, mais pas vous ! Bien plus, voyant cette conversion des pécheurs publics, vous ne vous êtes pas aperçus de votre erreur et ne vous êtes pas ravisés !

Reconnaître ses erreurs devant Dieu et les hommes n’est pas le fait d’un esprit timoré, mais d’un caractère ferme. Donne-moi, Seigneur, cette force d’âme devant toi et mes frères !

Homélie

Il y a deux leçons principales à retenir de cet Evangile :

  • La première c’est que tous, sans exception, nous avons à nous repentir et à nous convertir. Malheur à nous, si nous pensons n’avoir rien à changer dans notre comportement vis-à-vis de Dieu ou vis-à-vis de nos frères. L’Evangile est très sévère pour ceux qui, par crainte d’avoir à changer leurs manières de penser, de juger, d’agir et de vivre, se refuse à voir clair en eux. Il est très sévère aussi pour ceux qui se font très facilement illusion parce qu’il y a en eux une certaine générosité naturelle qui les autorise – pensent-ils – à se classer du côté du bien, du côté de ceux qui se dévouent pour la bonne cause. Ne serions-nous pas précisément de ceux-là ? Derrière le paravent des mots et des gestes et même derrière le paravent de la fidélité aux observances et aux rites, (fidélité qui peut conduire au sentiment rassurant d’être en règle avec Dieu et le prochain) ne cacherions-nous pas le refus, plus ou moins avoué, de reconnaître nos erreurs, nos péchés, notre médiocrité… Et pourtant, il nous suffirait très simplement de prendre l’Evangile comme on prend un miroir pour s’y regarder et de comparer notre style de vie avec la vie et les enseignements de Jésus, pour nous convaincre que notre conversion est bien peu avancée… à peine commencée peut-être… Soyons donc soucieux, frères et sœurs, de soumettre notre âme, le plus souvent possible, à cet examen radioscopique. Le constat loyal de son état de santé une fois établi, il nous restera à prendre, au plus vite, le remède le plus approprié, nous efforçant de changer ce qui doit être changé en brisant énergiquement les liens de nos mauvaises habitudes, en nous libérant coûte que coûte, de toutes ces formes d’égoïsme et d’orgueil qui paralysent nos élans, qui entravent notre marche ascendante vers la sanctification. Et surtout, n’allons pas dire que de fois j’ai essayé de changer, mais sans aucun résultat ! Jamais je n’y arriverai… ou encore, maintenant il est trop tard, je suis comme je suis… Et ! bien, NON : il n’est jamais trop tard. Pensons au bon larron, ce converti de la dernière heure… et puis : nous ne sommes pas comme nous sommes, nous sommes comme nous nous faisons, en nous laissant façonner par la grâce ; nous sommes responsable de ce que nous devenons, nous sommes responsables de la croissance de notre foi, de notre espérance et de notre amour, autrement dit, responsables de notre croissance dans le Christ.
  • Une deuxième leçon se dégage de l’Evangile entendu tout à l’heure. On peut la résumer ainsi : ce qui importe aux yeux de Dieu ce n’est pas ce que l’on dit, c’est ce que l’on fait. Dans la petite parabole des deux fils, le premier avait répondu à son père : « Je ne veux pas aller travailler à la vigne » et il y était allé. Le second avait répondu : « D’accord j’y vais » et il n’y était pas allé. Il ne suffit pas de dire, en effet, il faut faire.

« Les paroles s’envolent » comme le dit le proverbe. Des belles paroles, de belles déclarations, de beaux discours on en entend tous les jours, mais ce qui compte, ce qui a de la valeur, c’est ce que l’on fait concrètement. Parlant des pharisiens, Jésus déclarait : « ils disent et ne font pas ». Et il précisait une autre fois : « Tout homme qui écoute ce que je dis et que ne le fait pas ressemble à un insensé qui bâtit sa maison sur le sable… Mais tout homme qui écoute ce que je dis et qui le fait ressemble à un homme prévoyant qui construit sa maison sur le roc ». Et il disait aussi, il ne suffit pas de me dire « Seigneur, Seigneur pour entrer dans le royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon père qui est aux cieux ».

Le monde en a vraiment assez des belles paroles et des pieuses intentions. Les plus pauvres en particulier, les marginaux de toute sorte, les méprisés, les mal-aimés attendent de nous, chrétiens, des signes non-équivoques de considération et de respect, des gestes d’entr’aides, de soutien, d’encouragement, de délicate amitié…

N’oublions pas que c’est sur cette charité chrétienne vécue dans toutes ses dimensions que nous serons jugés au dernier jour. Jésus nous dira alors : «  Tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait… tout ce que vous n’avez pas fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait… »

Chers frères et sœurs, nous avons tous des efforts à faire pour que nos actes ne démentent pas nos paroles, ni le Credo que nous allons proclamer dans un instant. Méditons souvent cette parole que saint Paul écrivait aux Chrétiens de Corinthe : « Dans le Seigneur Jésus, il n’y a pas eu du oui et du non, mais il n’a jamais été que oui ». En lui, en effet, s’est réalisé l’accord parfait, la cohérence absolue entre le dire et le faire. Sa seule nourriture fut d’accomplir la volonté du Père jusqu’à l’extrémité de l’obéissance par amour, c’est-à-dire jusqu’au don total de lui-même culminant sur la Croix. Et nous savons que sur ce chemin du oui inconditionnel il fut suivi de très près par sa Très Sainte Mère, la Vierge Marie, celle qu’on a appelée à juste titre Notre-Dame du Oui.

Puissions-nous ne jamais oublier, frères et sœurs, que c’est de ce double oui de Jésus et de Marie que nous sommes nés, nous les chrétiens. Imitons le premier fils de la parabole : ayant fait retour sur nous-mêmes acceptons humblement la volonté du Père, puis sans nous laisser illusionner attelons-nous courageusement à la charrue de l’exigence évangélique. Pour commencer nous ferons seulement quelques pas, puis tout un sillon… et peu à peu ce sera tout le champ de notre existence qui sera patiemment labouré par la somme de nos petits engagements concrets. C’est ainsi et ainsi seulement (soyons-en très profondément convaincus) que germera puis lèvera dans nos âmes la moisson de la Sainteté.

 Amen.

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12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 17:21

Lecture du livre de Ben Sira le Sage 27, 30.28, 7

Si quelqu’un n’a pas de pitié pour son semblable, comment peut-il supplier Dieu pour ses propres fautes ? demande Ben Sira le Sage

Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur est passé maître. Celui qui se venge éprouvera la vengeance du Seigneur ; celui-ci tiendra un compte rigoureux de ses péchés. Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis. Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable, comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ? Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ; qui donc lui pardonnera ses péchés ? Pense à ton sort final et renonce à toute haine, pense à ton déclin et à ta mort, et demeure fidèle aux commandements. Pense aux commandements et ne garde pas de rancune envers le prochain, pense à l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour qui ne sait pas. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour Ben Sira le Sage, la norme de la conduite humaine c’est d’abord le jugement Dieu : l’homme sera jugé avec la mesure qu’il aura utilisée pour ses frères. S’il se venge, s’il entretient sa rancune, s’il n’a pas de pitié, comment peut-il espérer le pardon et la guérison de ses fautes ? Mais la norme de la conduite du peuple élu est surtout l’Alliance du Seigneur. Parce qu’il a choisi Israël pour son peuple, qu’il lui a commandé de vivre dans l’amour fraternel, qu’il lui est resté fidèle malgré toutes ses incartades, Dieu s’est révélé Père pour son peuple : comment pourrait-il accepter que ses enfants s’entre-déchirent ?

Puisque Dieu nous jugera de la manière dont nous avons jugé nos frères, quel jugement nous préparons-nous ? Autrement dit, quelle est notre mesure de bonté, de dévouement, de disponibilité pour les autres ?

Psaume 102

R/ : Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour.

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits ! R/
  • Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse. R/
  • Il n'est pas pour toujours en procès, ne maintient pas sans fin ses reproches ; il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses. R/
  • Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint ; aussi loin qu'est l'orient de l'occident, il met loin de nous nos péchés. R/

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 14, 7-9

Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur, écrit Paul, et cette volonté d’appartenance commande notre manière d’être avec nos frères.

Frères, en effet, aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur. Car, si le Christ a connu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Notre existence ne nous appartient pas, pas plus que notre mort, puisque nous reconnaissons Jésus Christ comme notre Seigneur, celui qui mobilise nos forces, notre cœur et notre intelligence à son service, celui qui donne sens et consistance à notre vie, à nos joies, à nos peines, à nos souffrances, à notre mort. Nous lui appartenons comme des serviteurs de son amour. Dès lors nous le reconnaissons comme notre maître à penser, comme le modèle de notre action, comme le terme de notre espérance par-delà la mort. Pour ce motif Paul dénie à quiconque le droit de juger ses frères ou de condamner ceux qui pensent ou agissent d’une manière différente de la sienne.

Aucun de nous ne vit pour soi-même. Énumérons ceux et celles pour lesquels nous vivons. Vivre pour l’autre, c’est déjà vivre pour le Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Je vous donne un commandement nouveau, dit le Seigneur : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ». Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18, 21-35

Prends patience envers moi, demandent les deux hommes endettés dans la parabole. Le pardon est un acte de patience qui croit à la conversion du pécheur.

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !”

Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Nous avons lu, dimanche dernier, que Jésus confiait à la communauté la tâche de réconcilier les chrétiens pécheurs. Combien de fois ? demande Pierre qui propose un chiffre. Jésus refuse d’entrer dans ces calculs et justifie un pardon sans limite par la parabole du serviteur endetté. Vis-à-vis de Dieu, nous sommes tous dans la situation de ce serviteur qui doit à son maître une somme fantastique. Par un amour incompréhensible Dieu nous a remis notre dette. Comment dès lors pourrions-nous avoir envers un compagnon de service une rigueur extrême et mesurer notre patience à pardonner ?

Combien de fois nous faut-il pardonner, faire de nouveau confiance à l’autre, reprendre le dialogue avec lui ? Si tu aimes comme Dieu aime, tu cesseras de compter, nous répond Jésus.

Homélie

L’Évangile que nous venons d’entendre est un incontournable appel au Pardon. Sur ce point bien précis le message de Jésus est d’une clarté absolue et d’une exigence sans concession.

Mais où trouver la force de pardonner ? Comment réussir à pardonner ? Telles sont les questions qui se posent à nous tous constamment et parfois d’une façon dramatique.

Ce qu’il importe de bien comprendre tout d’abord, c’est que Jésus dessine le visage de Dieu sans les traits de ce roi de la parabole qui remet une dette énorme à l’un de ses serviteurs venu l’en supplier. La somme due défie l’imagination : 10000 talents soit l’équivalent de 60 millions de pièces d’argent : le chiffre est si élevé qu’on se demande comment cet homme a pu accumuler un tel passif… Le roi n’accorde pas de nouveaux délais : comme le serviteur le lui demande. Il ne lui consent pas une restitution échelonnée de sa dette. Ce qu’il lui offre c’est la remise totale, l’annulation pure et simple de tout son dû. La raison en est donnée : le roi est « pris de pitié », (littéralement saisi aux entrailles).

La démesure de la dette annulée et la « folle » générosité du maître de la parabole ne sont pourtant qu’une image de ce que Dieu notre Père nous « remet » dans sa tendresse. Il ressort, en effet, de cette histoire qui dépasse le raisonnable que nous sommes tous débiteurs insolvables envers le Seigneur qui cependant nous fait grâce. Nous avons tout reçu de Lui : la vie, ce que nous sommes, ceux que nous aimons, le monde et les personnes qui nous entourent et par-dessus tout la lumière de la foi et la vie surnaturelle de la Grâce.

En plus de cela nous sommes chargés du lourd passif de nos péchés. Que pourrions-nous faire pour être quittes ? Or, nous savons bien (et c’est merveilleux) que lorsque nous l’en supplions et avons recours au sacrement de Réconciliation (sacrement du pardon) le Seigneur nous libère de ce poids au nom de l’indicible amour qu’il nous porte. Débordant de miséricorde, il nous pardonne dans un don sans limite, au-delà de nos offenses.

Mais si Dieu n’exige rien pour lui-même, il reste que notre dette à son égard ne peut être remise que si nous avons de l’indulgence enfers nos frères… Nous sommes choqués à juste titre par le comportement impitoyable de l’homme de la parabole. Libéré par l’extrême largesse de son maître il prend à la gorge un de ses collègues qui lui doit une somme dérisoire en comparaison, et il le fait jeter en prison. Le contraste est révoltant outre la générosité dont il a été l’objet et l’intransigeance inflexible dont il fait preuve.

La conscience de nos propres faiblesses et du pardon de Dieu ne devrait-elle pas, frères et sœurs nous inciter à faire preuve de pitié envers autrui au lieu de nous ériger en procureurs insensibles ?

Ben Sira le Sage l’écrivait 2 siècles avant la prédication de l’Évangile « pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait : alors, à ta prière, tes péchés seront remis. Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il alors demander à Dieu la guérison ? »

Est-ce que nous prions le Notre Père avec assez de vérité ?

Percevons-nous toute l’exigence de pardon qu’implique la demande : « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ?

Seul celui qui a accueilli en soi le pardon de Dieu avec humilité peut devenir fils de miséricorde et pardonner à son tour du « fond du cœur ».

Nous l’avons certainement remarqué, frères et sœurs, la fin de la parabole semble contredire le pardon sans limites du Seigneur. Le serviteur impitoyable subit la rigueur de l’indignation de son Maître.

Mais est-ce le Seigneur qui refuse de pardonner dans ce cas ?

N’est-ce pas plutôt l’homme dont le cœur est dur envers son semblable qui devient imperméable au pardon de Dieu, de même qu’une terre aride et sèche ne peut accueillir la pluie bienfaisante ?

La rancune, la vengeance, la haine, la colère sont « des choses abominables où le pécheur s’obstine » nous dit Ben Sira le Sage. Elles ferment le cœur à double tour, elles détruisent de l’intérieur celui qui s’y laisse aller. Nous avons autant besoin de pardonner que d’être pardonner. Le pardon donné est une libération. Il ouvre à la paix, à la vie, à l’avenir et à l’Amour. Le pardon donné fraye en nous un passage à la tendresse de Dieu.

Combien de fois devons-nous pardonner frères et sœurs ? L’apôtre Pierre pensait être très généreux en proposant de pardonner jusqu’à 7 fois mais Jésus bouscule cette arithmétique : « Je ne te dis pas jusqu’à 7 fois, mais jusqu’à 70 fois 7 fois… » Ce nombre qui multiplie le 7 (chiffre parfait de la Bible) n’indique pas une limite, il indique une attitude sans limite, une attitude permanente. Le vrai pardon ne se compte pas. On n’a jamais fini de pardonner et d’être pardonné.

Mais ne l’oublions jamais : ce qui paraît impossible aux forces humaines ne peut être que le fruit d’un long effort alimenté aux sources de la Prière.

« Merci Seigneur de m’avoir pardonné. Aide-moi à pardonner là où est l’offense que je mette le pardon ».

La prière pour l’autre, pour l’offensé est la 1ère étape sur la route du pardon. Souvenons-nous des paroles du Pape Jean-Paul II au moment où il rendait visite à Ali Agça qui l’avait grièvement blessé lors de l’attentat Place St Pierre le 13 mai 1981 : « Je prie pour le frère qui m’a blessé et auquel j’ai sincèrement pardonné ».

Soyons bien convaincus que si nous comptons vraiment sur la grâce de Dieu (qui jamais ne nous manque lorsque nous la demandons humblement et avec insistance) nous parviendrons à nous comporter vis-à-vis du pardon de telle sorte que l’impossible devienne possible.

Amen.

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5 septembre 2020 6 05 /09 /septembre /2020 19:40

Lecture du livre du prophète Ézékiel 33, 7-9

Nous sommes responsables de nos frères ; non pas de leurs fautes, mais de leur faire entendre l’appel à la conversion.

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : ‘Tu vas mourir’, et que tu ne l’avertisses pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Au contraire, si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le rôle du prophète est d’être continuellement en éveil, prêt à dénoncer le mal, non pas d’abord pour confondre le méchant mais pour le provoquer à se convertir. Si par lassitude ou découragement il se tait, il a comme pactisé avec le mal et en portera la responsabilité avec son auteur. Rude tâche qui ne laisse jamais en repos et promet bien des affrontements avec les fauteurs de mal ! Ézékiel en sut quelque chose.

« Je fais de toi un guetteur », me dit aussi Jésus, pour guetter les moindres gestes de dévouement et de solidarité de ceux qui t’entourent, les avancées vers la justice et la paix dont tu seras témoin, les pas dans la foi et l’espérance de ceux que tu rencontres. Et, comme un bon guetteur, tu les feras connaître.

Psaume 94

R/ : Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur !

  • Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre salut ! Allons jusqu’à lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête acclamons-le ! R/
  • Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits. Oui, il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu’il conduit. R/
  • Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? « Ne fermez pas votre cœur comme au désert, où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit ». R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 13, 8-10

Tous les commandements de Dieu envers le prochain se résument dans l’amour.

Frères, n’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi. La Loi dit : Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas de vol, tu ne convoiteras pas. Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait rien de mal au prochain.

Donc, le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. – Parole du Seigneur.

Commentaire : On a souvent opposé la justice à la charité. Paul, à la suite du Christ, montre que la charité ne supprime pas le devoir de justice mais le suppose accompli.

Respecter son frère : « tu ne tueras pas », respecter sa réputation : « tu ne feras pas de faux témoignage », respecter son foyer : « tu ne seras pas adultère », respecter ses biens : « tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas (ce qui lui appartient) », tout cela se résume à l’aimer.

Mais si nous pouvons assez facilement nous dire quittes de nos devoirs de justice, selon la formule connue : « je n’ai pas tué, ni volé », nous savons bien que nous restons toujours en dette en ce qui concerne l’amour fraternel. On n’a jamais vraiment aimé les autres comme soi-même. Alors, c’est qu’on n’a jamais pleinement accompli la Loi.

Croyons-nous vraiment être toujours en dette d’amour envers les autres ? Avant de répondre affirmativement, efforçons-nous de nommer quelques-uns de nos créanciers en ce domaine.

Alléluia. Alléluia. Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui : il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 15-20

La réconciliation d’un frère avec le Seigneur réclame de la communauté chrétienne beaucoup de délicatesse et de persévérance pour croire que rien n’est jamais perdu.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’Église s’est posé très tôt la question du baptisé qui pécherait gravement et publiquement. Pouvait-il demeurer dans la communauté sans causer de scandale ? Matthieu nous donne ici une première solution de ce cas, en rassemblant diverses paroles du Christ. On notera toutes les précautions prises pour respecter le pécheur : un seul frère cherchera d’abord à l’éclairer, puis il s’adjoindra un ou deux autres chrétiens dans sa démarche avant de porter l’affaire devant toute la communauté. Ce n’est que si le pécheur persiste dans sa faute que l’Église prendra acte de sa séparation d’avec elle. Jésus confirme que cette décision prise par l’Église d’écarter ou de réconcilier un pécheur sera ratifié par Dieu lui-même. Mais l’Église garde un pouvoir d’intercession pour le pécheur par sa prière qui sera exaucée puisque Jésus, le Sauveur des pécheurs, est là au milieu des siens réunis en son nom.

La pratique des liturgies communautaires de préparation au sacrement du pardon nous permet de redécouvrir la dimension fraternelle de la réconciliation en Église. La tâche de l’équipe qui prépare ces liturgies est de favoriser la prise de conscience que le pardon de Dieu réclame le pardon entre frères.

Homélie

L'Évangile d’aujourd’hui est tiré d’un ensemble de consignes de Jésus qu’on appelle « discours sur la vie en communauté ». Il s’agit bien sûr, d’abord, de la Communauté Eglise telle que Dieu l’aime et la désire.

Comme tout groupe humain l’Eglise comprend des hommes et des femmes fragiles, « pas meilleurs que les autres » comme on dit souvent. Et dans l’Eglise comme dans la famille et toutes les sociétés humaines l’amour n’est pas le refoulement des problèmes ni l’anesthésie artificielle des conflits entre les personnes. Voyons donc ce qu’en pense Jésus. Dans le texte évangélique que nous venons d’entendre c’est bien la description d’une communauté fraternelle que Jésus nous donne, non pas à la manière d’un maître qui vit quotidiennement avec son équipe de disciples et qui suggère des comportements très concrets.

« Si ton frère a commis un péché va lui parler seul à seul et montre lui sa faute. S’il t’écoute tu auras gagné ton frère ». L’Eglise que Jésus décrit c’est un groupe où l’on parle, où l’on s’exprime : les mots-clés ici sont « parler » et « écouter ». Et nous remarquons le climat d’amour et de délicatesse envers le frère qu’il s’agit de sauver. Il ne s’agit donc pas d’être un redresseur de torts, toujours prêt à faire la leçon aux autres. Ce serait défigurer la pensée de Jésus. D’ailleurs, tout le contexte de ce discours communautaire ne baigne que dans la miséricorde. Juste avant le passage que nous lisons aujourd’hui Jésus a raconté la parabole de la brebis perdue : « Gardez-vous de mépriser quiconque… votre Père veut qu’aucun de ces petits ne se perde… Et juste après notre texte, Jésus va demander à Pierre « de pardonner soixante-dix fois sept fois, c’est-à-dire toujours.

Ainsi la responsabilité des autres selon Jésus ne peut pas être d’accabler durement les pécheurs, mais de favoriser leur conversion. Il faut à tout prix éviter les sectarismes, les excommunications, les condamnations hâtives. C’est dans l’amour, dans la miséricorde qu’il nous faut essayer d’éclairer les pécheurs. On n’a pas le droit de faire une remarque à un frère que si on l’aime.

Telle est donc, frères et sœurs, la première loi de toute Communauté (Eglise, famille ou groupe). Ce que Jésus désire en second lieu, c’est une Eglise où l’on veut l’unité. Bien loin de rompre dès le premier refus de dialogue on doit selon Jésus entreprendre encore deux autres tentatives pour renouer avec le frère récalcitrant. Et nous remarquons avec quelle finesse psychologique Jésus nous invite à agir. D’abord en tête à tête, seul à seul dans la discrétion pour que le coupable puisse garder sa réputation et son honneur, puis en faisant appel à une ou deux personnes pour éviter les jugements trop subjectifs et trouver peut-être des arguments qui convainquent davantage. C’est seulement après avoir épuisé toutes ces formes de conciliation que le frère va se trouver exclus de la communauté, par ses refus répétés. Après lui avoir donné toutes ses chances avec patience la communauté se reconnait impuissante vis-à-vis de ce frère. Mais même dans ce cas nous ne sommes pas déchargés du devoir de l’aimer, puisqu’il nous faut aimer même nos ennemis et que (comme le dit saint Paul) « Nous ne devons garder aucune dette envers personne sauf la dette de l’amour mutuel ». Une dette qui ne s’éteint jamais…

L’unité fraternelle est un tel lien qu’il faut tout essayer pour la rétablir. Telle est la deuxième loi de toute communauté.

Ce que Jésus désire enfin c’est une Eglise où il est Lui-même toujours présent. Jésus n’est pas seulement un moraliste ou un sage ou un bon psychologue. Il « révèle » les mystères cachés en Dieu. Or, ici, il ajoute une caractéristique essentielle : à savoir que Dieu est présent à cette tentative de sauvetage des pécheurs inspirée par l’amour…

« Ce que vous liez sur la terre est lié aussi au ciel : ce que vous déliez sur la terre est aussi délié au ciel ». La volonté de Dieu étant qu’aucune brebis du troupeau ne se perde, la correction fraternelle devient un chemin de la miséricorde même de Dieu… Beaucoup d’hommes, en effet, ne découvriront les pardons de Dieu que s’ils découvrent près d’eux des frères qui mettent en œuvre dans leur comportement une attitude de miséricorde et de pardon. L’Eglise est le lien de l’amour sauveur. Mais il y a un autre point de révélation que Jésus ajoute… Il promet sa présence invisible mais réelle à tout groupe de chrétiens qui s’aiment et qui collaborent ensemble « quand deux ou trois sont réunis en mon nom je suis là au milieu d’eux… » Et il fait cette promesse suprême « si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quelque chose, ils l’obtiendront de mon Père ». Ainsi Jésus ose promettre le retour du frère qui s’est égaré, à toute prière faite dans l’union des cœurs à toute prière faite en commun. Ici, c’est clair nous ne sommes plus seulement dans le registre moral ou sociologique ou humaniste : nous sommes dans le domaine de la Foi : c’est-à-dire de l’impossible aux hommes qui devient possible avec Dieu.

Quand un chrétien gagne son frère le ciel surgit sur la terre. Quand deux ou trois s’entendent pour implorer le Père, sa grâce les environne et se déploie sur leur demande.

Serait-ce là un rêve ? Une illusion ou irréelle ?

Non, frères et sœurs, c’est un merveilleux secret de folle confiance qui va jusqu’à croire qu’aucun homme n’est définitivement irrécupérable. L’Eglise ne doit pas être une société comme les autres : ce devrait être le lien où l’être le plus déchu se sente aimé puisque Jésus « a versé son sang » pour lui. Puissent ces quelques réflexions nous faire comprendre à quel point nous sommes tous responsables les uns des autres.

 Amen.

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 17:08

Lecture du livre de Jérémie 20, 7-9

Tenté de taire la parole de Dieu qui ne lui apporte que moqueries, Jérémie n’y parvient pas : elle est en lui, comme un feu dévorant.

Seigneur, tu m’as séduit, et j’ai été séduit ; tu m’as saisi, et tu as réussi. À longueur de journée je suis exposé à la raillerie, tout le monde se moque de moi.

Chaque fois que j’ai à dire la parole, je dois crier, je dois proclamer : « Violence et dévastation ! » À longueur de journée, la parole du Seigneur attire sur moi l’insulte et la moquerie. Je me disais : « Je ne penserai plus à lui, je ne parlerai plus en son nom ». Mais elle était comme un feu brûlant dans mon cœur, elle était enfermée dans mes os. Je m’épuisais à la maîtriser, sans y réussir. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Envoyé par Dieu annoncer la ruine des espoirs fallacieux du roi et de ses conseillers de pouvoir résister à la puissance babylonienne, le prophète est en butte à la raillerie de ses contemporains. On l’accuse de séduction, c’est-à-dire de tromperie et de mensonge. Si je suis séducteur, écrit Jérémie, c’est que le Seigneur m’a séduit. L’accuserez-vous de mensonge ? N’est-ce pas que sa Parole se réalisera, même si elle vous déplaît, parce qu’elle est vérité ? Moi-même, ce n’est pas sans souffrances que je dois annoncer la destruction de mon peuple, mais je ne puis me taire car la force de la vérité de Dieu est plus forte que moi.

Le feu dévorant qu’éprouve Jérémie est celui de la Parole de Dieu, parole d’amour qui est révélation à la fois de sa tendresse et de ses exigences. Quand nous est-il arriver de l’éprouver ?

Psaume 62

R/ : Mon âme a soif de toi, Seigneur, mon Dieu.

  • Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l'aube : mon âme a soif de toi ; après toi languit ma chair, terre aride, altérée, sans eau. R/
  • Je t'ai contemplé au sanctuaire, j'ai vu ta force et ta gloire. Ton amour vaut mieux que la vie : tu seras la louange de mes lèvres ! R/
  • Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom. Comme par un festin je serai rassasié ; la joie sur les lèvres, je dirai ta louange. R/
  • Oui, tu es venu à mon secours : je crie de joie à l'ombre de tes ailes. Mon âme s'attache à toi, ta main droite me soutient. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 12, 1-2

Le sacrifice que Dieu attend de nous est celui d’une vie tout orientée vers le bien.

Je vous exhorte donc, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière –, en sacrifice vivant, saint, capable de plaire à Dieu : c’est là, pour vous, la juste manière de lui rendre un culte. Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour le chrétien il n’y a désormais plus d’autre sacrifice que le sacrifice de l’eucharistie auquel s’agrège notre propre vie, plus d’autre culte que celui de sa propre vie consacrée à rechercher et à faire la volonté de Dieu. Il s’agit de vivre dans la bonté et de chercher en tout la perfection, ce qui plaît à Dieu. En effet, la prière et la messe ne sont pas un culte distinct de cette adoration véritable, mais l’offrande de nos personnes et de nos vies par Jésus Christ, avec lui et en lui dont le sacrifice a été de se livrer lui-même par amour de Dieu et de ses frères, les hommes.

Si le sacrifice capable de plaire à Dieu est l’offrande de sa vie, attachée à reconnaître et à accomplir sa volonté, alors Jésus, dont la nourriture a été de faire la volonté de son Père, l’a offert bien avant son sacrifice de la croix. Qu’il nous donne de vivre comme lui !

Alléluia. Alléluia. Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur, pour que nous percevions l’espérance que donne son appel. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16, 21-27

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! Cela ne t’arrivera pas ». Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Seuls les disciples, et non les foules, ont reconnu en Jésus le Messie promis par Dieu. Pourtant ils se font du Messie une fausse idée : selon eux, il doit triompher avec puissance de tous les obstacles pour libérer son peuple du péché et de l’occupation romaine. Jésus heurte de front cette mentalité quand il annonce ses souffrances et sa mort. Pierre s’y oppose, mais Jésus le repousse violemment comme il le fit pour Satan lors de la tentation dans le désert. Cette réaction des hommes au salut par la croix méconnaît la volonté de Dieu. Qui se veut disciple du Christ doit être prêt à renoncer à lui-même pour trouver la vie dans le chemin qu’a suivi Jésus de sa passion à sa résurrection.

N’avons-nous pas le même réflexe que Pierre quand il nous faut envisager la souffrance et l’incompréhension à cause de notre foi au Christ et de notre appartenance à l’Église ? Et pourtant, par la grâce du Christ, Pierre l’a suivi jusqu’à la croix.

 

Homélie

Dans l’Évangile de dimanche dernier nous avons vu Jésus féliciter vivement l’apôtre Pierre qui éclairé intérieurement par Dieu le Père, venait de reconnaître en Lui le Messie, le Fils du Dieu vivant.

Aujourd’hui nous le voyons par contre adresser, frères et sœurs, à ce même Pierre – qui lui fait des reproches inspirés cette fois par des sentiments humains – une cinglante réponse. Si Jésus agit de la sorte c’est parce que la pierre sur laquelle reposera un jour son Eglise est devenue pour l’heure un scandale, une pierre d’achoppement.

L’apôtre Pierre, parce qu’il est dominé cette fois-ci par des pensées toutes humaines et non pas les pensées de Dieu, devient en fait pour Jésus un instrument de Satan, le Tentateur.

Il ne faut pas oublier, en effet, que depuis la première tentation au désert, Satan cherche par tous les moyens à détourner Jésus de la voie qu’il a choisie pour sauver le monde du péché et de la mort : la voie douloureuse qui conduit à la Croix, témoignage suprême de l’Amour.

Cette réaction de Pierre traduit bien d’ailleurs la mentalité des apôtres, telle qu’elle transparaît dans l’Évangile. Quand Jésus leur parle du Royaume et de sa Gloire, aussitôt ils affirment leur volonté de suivre le Maître jusqu’au bout. Mais lorsque le Seigneur leur indique le chemin qui doit les conduire à de tels sommets ils se fâchent, protestent et reculent.

Mais, n’est-ce pas aussi, frères et sœurs notre mentalité à nous ? Mentalité qui est très largement répandue en ces temps de laisser-aller et de permissivité. N’y a-t-il pas des vérités, des exigences évangéliques que nous avons du mal à admettre et plus encore à faire passer dans notre comportement, dans notre vie concrète ?

Croire en Jésus-Christ, cet homme-Dieu crucifié ! Admettre que pour le suivre et lui ressembler il nous faille, comme Lui, être en butte à la persécution ou tout au moins à la contradiction, au dénigrement, à la dérision et accepter, de surcroît, qu’épreuves physiques ou morales nous assaillent, avouons que cela est dur, que cela a beaucoup de mal à passer.

Seulement attention ! Si dans la religion chrétienne, ce que nous cherchons c’est la Pâque sans la Croix, c’est-à-dire la joie sans l’effort, le bonheur sans le sacrifice, eh ! bien nous nous sommes trompés d’adresse…

Il y a des gens, qui lorsqu’ils se trouvent au pied d’une belle et haute montagne, sentent sourdre en eux le désir de la gravir le plus tôt possible. Mais lorsqu’il s’agit de payer le prix de la montée, de suer sur le chemin du don et du renoncement, de surmonter laborieusement bien des difficultés, alors ils s’assoient sur le bord du chemin et pris par le découragement ils redescendent vers la plaine, tellement ils préfèrent l’autoroute de leur petit confort aux exigences qui sont pourtant la rançon de toute joie profonde et durable.

Jésus dans l’Évangile de ce jour nous met en garde. Beaucoup de gens – des jeunes, surtout – sont facilement séduits par son visage hors du commun et projettent en Lui tous leurs rêves de justice, de fraternité et d’amour. Seulement voilà : Jésus n’a jamais promis les énergies de son Esprit aux partisans d’un progrès sans peine, à ceux qui se contentent de réclamer un petit paradis de la terre et d’attendre le paradis final en faisant une sieste bien-pensante dans le fauteuil confortable de leur paresse spirituelle.

Certes Jésus veut notre bonheur, mais notre vrai bonheur : un bonheur bien différent de celui que nous imaginons ou que nous cherchons fébrilement sur des fausses pistes (l’argent par exemple…). D’ailleurs, s’il a accepté, dans son fol amour de souffrir et de mourir sur une croix, n’est-ce pas pour nous obtenir la grâce incomparable de la Vie divine qui fait de nous les enfants bien-aimés du Père et donc les héritiers de son Paradis où nous partagerons éternellement sa Béatitude ?

Frères et sœurs, si nous voulons comprendre au moins un peu, le sens de la souffrance dans nos vies, contemplons Marie au pied de la Croix. Personne n’a été « associé » autant qu’elle à la Passion du Sauveur. Qui pourra avoir la moindre idée de son martyre intérieur ?

Et les saints, qu’ont-ils faits à son exemple ? Trouvez-en un seul qui n’ait pas accepté d’offrir par amour toutes sortes de souffrances en union avec le Crucifié ?

Eh bien, nous aussi, qui voulons être des disciples du Christ, nous devons librement et volontairement communier au Sacrifice de Jésus en offrant tout ce qui nous coûte dans notre vie, tout ce qui nous fait souffrir, physiquement ou moralement. C’est tout le sens de l’invitation que saint Paul nous adressait dans la 2ème lecture « Je vous exhorte par la tendresse de Dieu à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint capable de lui plaire ».

Puissions-nous donc, frères et sœurs, en communion d’amour avec Marie qui est la Corédemptrice par excellence, en communion avec tous les saints qui sont nos modèles et nos entraîneurs, accepter d’être à notre petite taille et pour notre modeste part des corédempteurs. Aidons Jésus à porter sa croix. Aidons-le à réaliser notre salut et celui de nos frères.

Quand nous aurons compris que notre communion au mystère de la Croix est l’unique secret de la Joie, il y aura déjà sur cette terre et dans nos cœurs, un gros morceau de Paradis.

Amen.

 

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 08:26

Lecture du livre d'Isaïe 22, 19-23

Isaïe attend d’Éliakim, le nouveau gouverneur de Judée, qu’il soit un père pour ses administrés.

Parole du Seigneur adressé à Shebna le gouverneur : « Je vais te chasser de ton poste, t’expulser de ta place. Et, ce jour-là, j’appellerai mon serviteur, Éliakim, fils d’Helcias. Je le revêtirai de ta tunique, je le ceindrai de ton écharpe, je lui remettrai tes pouvoirs : il sera un père pour les habitants de Jérusalem et pour la maison de Juda. Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira. Je le planterai comme une cheville dans un endroit solide ; il sera un trône de gloire pour la maison de son père ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le gouverneur du palais dans le royaume de Judée tenait la place de notre Premier ministre. Shebna venait d’être renvoyé, sans doute à cause de ses exactions. Isaïe décrit l’investiture de son successeur, Éliakim. Le maître du palais porte les insignes distinctifs de sa charge, dont les clefs du palais, car c’est lui qui en ouvre les portes aux nombreux fonctionnaires attachés au gouvernement royal. Chargé de toute l’administration du royaume, il doit se montrer un père pour son peuple.

À quelles conditions Éliakim sera-t-il un père pour les habitants de Jérusalem et non un autre « petit père des peuples » ? Isaïe ne le dit pas. Quelles conditions mettrions-nous ?

Psaume 137

R/ : Seigneur, éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains.

  • De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne. R/
  • Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force. R/
  • Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble ; de loin, il reconnaît l'orgueilleux. Le Seigneur fait tout pour moi ! Seigneur, éternel est ton amour : n'arrête pas l’œuvre de tes mains. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 11, 33-36

Qui d’entre nous a donné à Dieu en premier pour mériter de recevoir en retour, nous demande l’apôtre Paul ?

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la connaissance de Dieu ! Ses décisions sont insondables, ses chemins sont impénétrables ! Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui a été son conseiller ? Qui lui a donné en premier et mériterait de recevoir en retour ? Car tout est de lui, et par lui, et pour lui. À lui la gloire pour l’éternité ! Amen. – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’adoration de Paul ne s’adresse pas à un Dieu impénétrable et mystérieux, mais au Dieu qui s'est révélé dans l'histoire par son oeuvre d'amour pour les hommes. Depuis le début de sa lettre, l'apôtre a mis en lumière le dessein d'amour du Père appelant tous les hommes, juifs et païens, à devenir ses fils ; il a rappelé le geste d'amour du Fils venant sauver l'humanité prisonnière du péché depuis Adam ; il a montré comment l'Esprit Saint renouvelait par l'intérieur les hommes en qui il demeurait. Dès lors, qui oserait prétendre avoir aimé Dieu le premier pour attendre d'être payé en retour ? Qui aurait su que Dieu est un foyer d'amour, si les trois personnes divines n'avaient pas appelé les hommes à entrer dans l'intimité de leur amour éternel ?

Les chemins de Dieu sont impénétrables, écrit l'apôtre. En repensant à la route que le Seigneur nous a déjà fait parcourir, sommes-nous d'accord avec lui ?

Alléluia. Alléluia. Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16, 13-20

Jésus fonde son Église sur l’apôtre Pierre ; elle a pour tâche de prolonger son acte de foi : Tu es le Fils du Dieu vivant.

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ». Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’hostilité des chefs de sa nation à l’égard de Jésus et les hésitations de la foule ne lui ont pas permis de rassembler tout Israël comme la nouvelle communauté du Messie. Seuls ses disciples qui par la voix de Pierre l’ont reconnu comme le Sauveur envoyé du Père, formeront l’embryon de cette assemblée nouvelle, témoin de l’irruption du royaume de Dieu parmi les hommes. Jésus choisit Pierre comme assise de cette Église qu’il bâtira au long de l’histoire et qui défiera les forces de mort et de destruction. Il donne à Pierre, et à ses successeurs, pouvoir sur son domaine pour continuer son enseignement, établir les règles de gouvernement de ce nouveau peuple de Dieu et réconcilier les pécheurs.

« Tu es Pierre ». Non, Jésus, je suis…, mais avec moi continue à bâtir ton Église.

Homélie

Deux paroles émergent de cet évangile :

- « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant »,

- « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ».

Deux affirmations qui sont bien autre chose qu’un échange de compliments entre Jésus, le Fils de Marie et Simon, fils de Yonas.

Deux affirmations qui énoncent deux vérités fondamentales de notre foi chrétienne :

- « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». La question essentielle que Jésus pose est celle de la foi, de la reconnaissance de ce qu’il est, lui, réellement aux yeux de Dieu. « Pour vous, qui suis-je ? »

Ce jour-là, Pierre éclairé par Dieu, dépasse les apparences et les doutes et professe au nom de tous la foi authentique.

Avant les autres, mieux que les autres il touche le Seigneur au cœur de son mystère, même s’il ne peut encore saisir le contenu d’un tel trésor. Pour lui, Jésus n’est pas un simple prophète comme Elie ou Jean-Baptiste. Pour lui, Jésus est bien le Messie envoyé par Dieu ; il est le Fils du Dieu vivant, pas seulement un fils de Dieu comme tous les hommes le sont, mais « le Fils » en un sens qui n’appartient qu’à Lui : c'est-à-dire celui qui est l’Image vivante du Père, né de lui avant tous les siècles et de même nature que lui.

- A l’admirable Profession de Foi de son apôtre, Jésus répond par une mission confiée et c’est la 2ème grande affirmation de cet Évangile : « Tu es Pierre ». En réalité il s’appelait Simon, fils de Yonas selon la chair et le sang, mais Jésus change ce nom en celui de Pierre et le charge d’une signification nouvelle : désormais, par la foi il sera « Pierre », c’est-à-dire le roc, le rocher, la pierre de fondation de la communauté des croyants de Jésus-Christ ; « Et sur cette pierre, je bâtirai mon église ».

Ainsi Jésus bâtit son œuvre : lui qui a en mains la clé de l’énigme de la condition humaine parce qu’il est le Fils de Dieu, voici qu’il confie à Pierre les clés de son Royaume : « Tu es Pierre, et je te donnerai les clés du Royaume des Cieux » à la manière dont à l’époque le gouverneur possédait les clés de la ville. Remettre les clés, c’est transmettre les pouvoirs, permettre d’entrer et de sorti : c’est surtout donner sa confiance. En recevant les clés du Royaume, Pierre devient l’intendant stable dont parlait la 1ère lecture : il est investi de la confiance de Jésus, il reçoit autorité pour maintenir dans l’unité de la Foi de la communauté des croyants qu’il est venu fonder.

Etre la pierre sur laquelle repose l’Église, tenir les clefs du Royaume des cieux, lier et délier sur la terre comme au ciel, quel programme en forme d’avalanche sur les épaules d’un homme généreux, certes, mais aussi frêle que les autres. Mais qu’importe ! Puisque Jésus ajoute une merveilleuse Promesse pour son Église : « la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle ». Même si la présence chrétienne n’est pas assurée en telle ou telle région de la terre, l’Église du Christ est assurée de ne pas périr : voici 2000 ans qu’elle tient debout en dépit de bien des vicissitudes : c’est un fait unique dans toute l’histoire humaine.. Si elle n’était pas d’origine divine il y a longtemps aurait disparu…

Aujourd’hui comme au temps de Jésus les réponses des hommes à la question : « Pour vous qui suis-je ? » risquent d’être encore plus mélangées que celles des disciples. Ce qui est sûr, frères et sœurs, c’est qu’aujourd’hui comme hier Jésus n’a pas son histoire derrière lui, mais devant ; à travers son Corps qui est l’Église, son mystère s’étend à toutes les générations comme à l’univers entier. Bossuet ne disait-il pas : l’Église c’est le Christ répandu et communiqué. Quant à Pierre son chef visible, il est toujours, à travers ses successeur (aujourd’hui le Pape François), celui qui professe la foi authentique en union avec les Évêques successeur des apôtres. Il en est le garant. Il est aussi celui qui confirme ses frères dans la foi selon une autre parole de Jésus « Et toi quand tu seras revenu affermis tes frères ». Cette mission c’est par son enseignement que le pape l’accomplit :

- un enseignement dans lequel il ne peut pas se tromper chaque fois qu’il proclame par un acte définitif un point de doctrine touchant la foi ou la morale (par exemple le respect de la vie depuis sa conception jusqu’à la mort),

- un enseignement que nous devons accueillir dans « l’obéissance de la foi » comme étant les Paroles même de Jésus.

Telle est, frères et sœurs, la grandeur incomparable de notre Église. Alors, comment ne pas l’aimer de toute notre âme ? Puisque c’est d’Elle que nous avons reçu la foi et toutes ces vérités qui donnent un sens à notre existence, puisque c’est par Elle que nous avons reçu et continuer à recevoir tant et tant de bienfaits spirituels, en particulier ces grands cadeaux que sont les sacrements au centre desquels il y a le Trésor inestimable de l’Eucharistie.

Oui, aimons l’Église plus que jamais en ces temps difficiles qui sont les nôtres : soyons toujours en communion avec Elle : heureux de ce qui fait sa joie, souffrant de ce qui la meurtrit et travaillant à son progrès dans notre vie de croyants et dans sa mission auprès des incroyants.

Surtout ne manquons pas de prier pour Elle en la confiant Elle et le Saint-Père à la sollicitude de Marie, proclamée Mère de l’Église par le Pape Paul VI à la fin du Concile Vatican II.

 

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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 20:08

Lecture du livre d'Isaïe 56, 1.6-7

Isaïe annonce le caractère universel du Dieu d’Israël dont le Temple s’appellera : « Maison de prière pour tous les peuples ».

Ainsi parle le Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler. Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance, je les conduirai à ma montagne sainte je les comblerai de joie dans ma maison de prière, leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : On assiste après l’exil à un grand rayonnement de la religion juive. Le peuple dispersé parmi les nations pendant sa captivité y a été le témoin de son Dieu. Les étrangers convertis peuvent-ils espérer entrer à part entière dans le peuple élu et bénéficier de l’amour du vrai Dieu ? Isaïe répond que les étrangers qui s’attachent au Seigneur, qui observent le sabbat, obéissent aux commandements de l’Alliance sont assurés de voir leurs offrandes et leurs sacrifices agréés par Dieu dans son Temple dont la vocation est de rassembler tous les peuples. C’est donc l’obligation d’observer les ordonnances légales et rituelles d’Israël qui est imposées aux convertis étrangers ; cependant Isaïe rappelle que le culte n’a de valeur que s’il traduit une vie selon le droit et la justice.

« Maison de prière pour tous les peuples », c’est aussi la vocation de nos églises. Quel accueil et quelle place y faisons-nous à l’étranger, qu’il soit étranger à notre foi ou à notre pays ?

Psaume 66

R/ : Que les peuples, Dieu, te rendent grâce ; qu’ils te rendent grâce tous ensemble !

  • Que son visage s'illumine pour nous ; et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. R/
  • Que les nations chantent leur joie, car tu gouvernes le monde avec justice ; sur la terre, tu conduis les nations. R/
  • La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que Dieu nous bénisse, et que la terre tout entière l'adore ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 11, 13-15. 29-32

Pour être entendu des païens, peut-être fallait-il que l’Évangile ne soit pas d’abord reçu par le peuple juif, se dit Paul. Mais la miséricorde de Dieu n’a pas dit son dernier mot.

Frères, je vous le dis à vous, qui venez des nations païennes : dans la mesure où je suis moi-même apôtre des nations, j’honore mon ministère, mais dans l’espoir de rendre jaloux mes frères selon la chair, et d’en sauver quelques-uns. Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l’écart, qu’arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !

Les dons gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance. Jadis, en effet, vous avez refusé de croire en Dieu, et maintenant, par suite de leur refus de croire, vous avez obtenu miséricorde ; de même, maintenant, ce sont eux qui ont refusé de croire, par suite de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c’est pour qu’ils obtiennent miséricorde, eux aussi. Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans ses tournées missionnaires, Paul s’est toujours adressé d’abord aux juifs. C’est leur refus d’accepter la Bonne Nouvelle qui l’a fait se tourner vers les païens. C’est donc « la désobéissance des fils d’Israël » qui a permis que la « miséricorde » de Dieu sauve les païens. Mais Paul espère fermement que la réussite de son ministère rendra jaloux ses frères de race et obtiendra la conversion de quelques-uns. Il conserve aussi l’espoir d’une conversion globale de tout son peuple qui le ferait accéder à la vie avec Jésus Christ, sûr qu’il est de l’amour miséricordieux de Dieu pour tous. Mais le jour et la manière de cette réintégration d’Israël demeurent pour Paul le mystère de Dieu.

Évangéliser, c’est permettre à une culture ou à une religion d’accueillir la Bonne Nouvelle sans renier ce qu’elle porte de meilleur. Quelles sont les valeurs de notre monde moderne qui attendent d’être assumées par l’Évangile ?

Alléluia. Alléluia. Jésus proclamait l’Évangile du Royaume, et guérissait toute maladie dans le peuple. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15, 21-28

Avant la mission de l’Église vers les païens, la foi d’une païenne fait déjà l’admiration de Jésus.

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon ». Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ». Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Durant son ministère en Palestine, Jésus s’était volontairement limité à n’annoncer l’Évangile qu’aux juifs, les brebis perdues d’Israël. Convenait-il alors pour les premières communautés chrétiennes d’accepter les païens dans l’Église ? En relatant l’épisode de la guérison de la fille d’une étrangère, Matthieu tente de répondre à cette question. Si Jésus s’est laissé convaincre par la grandeur de la foi de cette femme qui ne s’est pas découragée devant son refus, c’est-ce pas qu’aujourd’hui encore la foi des païens leur ouvre l’accès au Christ ?

Jésus, pourrais-tu dire de moi : « Ta foi est grande ? »

Homélie

Nous avons tous fait, un jour ou l’autre, l’expérience de ne pas voir nos prières exaucées – du moins en apparence.

Pour bien comprendre ce qui se passe en pareil cas il nous faut méditer profondément la scène merveilleuse que saint Matthieu vient de nous décrire. Qui sait si elle ne contient pas une réponse, à condition de ne pas lire superficiellement.

Pour peu que nous soyons attentifs nous comprenons que dans ce domaine de nos relations avec Dieu par la prière il ne faut pas se fier aux apparences.

Dans son attitude vis-à-vis de la Cananéenne, Jésus donne l’impression d’être sans cœur, insensible, dur, cinglant même.

Il commence en effet, par ne rien répondre du tout. Puis il semble opposer un refus catégorique « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ».

Il semble enfin, se moquer de la pauvre femme qui le supplie : « Il n’est pas bon de prendre le pain des petits enfants pour le donner aux petits chiens ».

En réalité, sous ces apparences négatives, il se passe quelque chose entre Jésus et cette femme si pleine de confiance et si tenace : mais c’est à l’intérieur que cela se passe. Car le Christ, Lui, voit dans l’âme de la Cananéenne le souffle de l’Esprit qui gonfle sa foi et la fait même déborder en prière. Alors la dureté avec laquelle il semble la traiter ne serait-elle pas comme ces barrages de montagne qui arrêtent les eaux, mais provoquent leur montée jusqu’à produire des prodiges de puissance (dans le domaine de l’électricité en particulier). Et c’est bien ce qui se passe chez cette païenne dont la persévérance force l’admiration.

Tandis qu’il la repousse en paroles, Jésus l’attire du dedans par la grâce, au point que sa Foi soumise à trois épreuves successives s’élève à un très haut niveau et devient un modèle pour les disciples eux-mêmes. Jésus qui à le cœur bouleversé par tant de confiance et d’humble persévérance ne peut retenir son admiration « Ô Femme qu’elle est grande ta foi » et l’exauce alors selon son désir. »

« Que tout se fasse pour toi comme tu veux ». Et à l’heure même sa fille fut guérie. Illustration parfaite de cette autre parole prononcée par Jésus : « Tout est possible à celui qui croit ».

Chers frères et sœurs, cet épisode évangélique si riche en enseignements devrait susciter en nous au moins trois interrogations :

  • 1èreinterrogation : comment interprétons-nous les épreuves que subit notre vie et qu’endure notre foi ? Il nous arrive à tous, une fois ou l’autre de traverser des zones de souffrances ou de ténèbres. Nous sommes bouleversés par le cours des évènements et décontenancés par l’attitude de Dieu à notre égard et nous disons : « Je ne comprends pas ce qui m’arrive. Dieu m’aurait-il abandonné ? Et si précisément, dans ces moments là, Dieu nous faisait le coup du barrage ?!! Pour donner à notre foi l’occasion de se fortifier et de grandir ? Et pour faire monter ainsi le niveau de notre amour envers lui, de notre communion avec lui, autrement dit : de notre sanctification ?
  • 2èmeinterrogation : constatant que la Cananéenne, a été exaucée « selon son désir » demandons-nous quelle est la mesure de nos désirs ? Disons-nous bien que si nos désirs sont petits, Dieu ne nous donnera que de petites satisfactions, mais si nos désirs sont grands, élevés par delà l’humain et l’immédiat, divins et éternels il se fera une joie de nous combler « Fais-toi capacité disait le Christ à sainte Catherine et je me ferai torrent ».
  • 3èmeinterrogation : même si Jésus s’est humblement limité aux brebis perdues d’Israël, il laisse entrevoir dans cette page d’Evangile que son salut est destiné à tous les hommes. Nous devons donc nous demander « Pourquoi ai-je la chance d’avoir la foi ? » Pourquoi suis-je un privilégié, admis à manger le pain des enfants de Dieu ? Est-ce que je n’oublie pas trop souvent l’immense foule qui attend les miettes de cette table divine ? Toute élection par Dieu est aussi une mission universelle. Si Dieu choisit certains, c’est pour les envoyer à tous les autres. Que faisons-nous concrètement pour la propagation de la foi autour de nous ? Pour que l’évangile du bonheur soit annoncé dans les milieux où nous vivons et jusqu’aux extrémités de la terre et de telle manière que le monde entier devienne selon l’expression du prophète Isaïe : « Une maison de prière pour tous les peuples ».

Que chacun, donc, dans le secret de son cœur fasse l’effort de se remettre en cause à partir de cet évangile, et qu’il sache en tirer les conséquences pour la conduite de sa vie chrétienne.

Amen.

En cliquant sur cette image, vous trouverez la Prière Universelle du très bon site "Jardinier de Dieu".

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2 août 2020 7 02 /08 /août /2020 13:54

Lecture du livre d'Isaïe 55, 1-3

Dieu se donne à nous gratuitement pour combler nos faims et nos soifs. Mais nous, avons-nous soif de l’entendre ?

Ainsi parle le Seigneur : Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses ! Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle : ce sont les bienfaits garantis à David. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le retour d’exil est proche. Sur des bases nouvelles Dieu va réaliser l’Alliance de toujours, accomplissant les promesses faites à David. Certes, il s’agit de retrouver en Palestine la fertilité du sol assurant à chacun nourriture et force gagnées dans la liberté retrouvé. Mais l’invitation pressante à écouter, à prêter l’oreille, montre que cette nourriture révèle un besoin plus profond qu’a l’homme pour vivre, celui de la Parole de Dieu. Elle seule est offerte gratuitement, elle seule rassasie l’homme car elle l’amène à une relation intime avec le Dieu vivant.

Profitons-nous de nos vacances pour lire et approfondir l’évangile et les textes des messes du dimanche ?

Psaume 144

R/ : Tu ouvres ta main Seigneur : nous voici rassasiés.

  • Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. R/
  • Les yeux sur toi, tous, ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit. R/
  • Le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu'il fait. Il est proche de ceux qui l'invoquent, de tous ceux qui l'invoquent en vérité. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8, 35. 37-39

Rien ne peut nous séparer de l’amour que Jésus nous porte, rien si ce n’est notre refus.

Frères, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? La détresse ? L’angoisse ? La persécution ? La faim ? Le dénuement ? Le danger ? Le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le Christ nous aime d’un amour efficace que rien ne saurait arrêter et rendre impuissant si ce n’est notre propre liberté. Ni tous les obstacles qu’un chrétien peut rencontrer dans son existence – que Paul qui les a connus dans son activité apostolique nous énumère, jusqu’au glaive sous lequel il mourra – ni toutes les puissances personnifiées telles que la mort, la vie, l’avenir, les signes du zodiaque, bref, rien ne peut nous séparer de l’amour que Dieu nous porte et que Jésus nous a rendu palpable par sa vie et sa mort sur la croix.

Jésus, rien ne saurait t’empêcher de m’aimer. Qu’à mon tour rien ne m’empêche de t’aimer.

Alléluia. Alléluia. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14, 13-21

« Donnez-leur vous-mêmes à manger », dit Jésus à ses disciples devant la foule affamée. Son appel est toujours actuel pour nous.

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons ». Jésus dit : « Apportez-les-moi ». Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Commentaire : À la nouvelle du meurtre de Jean-Baptiste par Hérode, Jésus se retire dans un lieu désert. Lui qui venait rassembler le peuple de Dieu, va-t-il échouer ? Non, car les foules le suivent jusque dans sa retraite attirées par son amour miséricordieux : il guérit leurs malades et les nourrit dans le désert comme Dieu l’avait fait pour son peuple. L’Église doit poursuivre cette œuvre de rassemblement et de ressourcement du peuple de Dieu. Ainsi, bien des détails du texte prennent-ils tout leur relief : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ; apportez-moi ces pains et ces poissons » ; le geste de Jésus rappelant l’eucharistie ; la distribution à la foule par les disciples ; les douze paniers de restes signifiant qu’il y a encore de quoi nourrir d’autres foules à venir.

Renvoie la foule disent les disciples. Le cœur du Christ, saisi de pitié pour elle, ne veut pas s’y résoudre, pas plus aujourd’hui qu’hier. Il réclame toujours que nous cherchions les moyens de satisfaire ses besoins, aussi bien matériels que spirituels.

Homélie

C’est une grande foule qui vient de rejoindre Jésus dans un endroit désert où il espérait se reposer un peu. Si elle a parcouru un si long chemin, c’est parce qu’elle veut entendre parler le Maître : elle a vraiment faim de sa Parole.

Jésus qui voit sa misère spirituelle et en a compassion, n’hésite pas à changer son programme en consacre toute la journée à l’instruire.

Mais on est si bien auprès de Jésus, qui parle comme jamais homme n’a parlé, et qui se fait tout à tous, se mettant à l’écoute de chacun, répondant aux questions, accueillant les enfants et surtout guérissant les malades, qu’on en oublie pratiquement le boire et le manger. Depuis longtemps les maigres provisions sont épuisées. Au soir tombant la fatigue se fait sentir et, avec elle, la faim du corps. Problème concret et urgent que les disciples soumettent à Jésus, qui lui, apparemment n’a rien prévu pour le résoudre.

Pour eux la solution la plus commode, c’est d’envoyer tous ces gens dans les villages voisins pour qu’ils achètent de quoi manger. Autrement dit « ils n’ont qu’à se débrouiller tout seuls, car hélas ! Nous ne pouvons rein faire pour eux ».

Ne pouvant accepter une solution aussi peu généreuse Jésus renvoie ses amis à leur propre responsabilité « donnez-leur vous-même à manger... » On comprend la stupéfaction des préposés aux corbeilles vides... car en dépit de toutes leurs recherches ils n’ont pu trouver que cinq pains et deux poissons... apparemment le résultat est pitoyable ; la disproportion éclate et ils peuvent se dire : a quoi bon tant d’efforts ?

Jésus, cependant avait besoin que la pauvreté des apôtres donna tout ce qu’elle avait, si peu que ce fut : cette petite obole qui est don total, en fait, épuisement de toutes les possibilités lui suffit. Sa Toute-Puissance divine va la transformer en richesse surabondante.

De ces cinq petits pains, de ces deux pauvres poissons grillés, les mains de Jésus vont faire pour cette foule un véritable festin. Le peuple rassemblé sera nourri, il sera même rassasié puisqu’on recueillera 12 corbeilles de restes. Sans l’intervention souveraine de Jésus, il est bien évident que la situation était désespérée... Sans lui, les apôtres étaient absolument démunis et inefficaces devant cette foule affamée... Et pourtant il est clair que Jésus n’a pas voulu agir seul. Il a exigé que ses disciples aillent dans la foi et l’effort jusqu’au bout de leurs capacités... Il a tenu absolument à lier l’efficacité de sa Toute-Puissance à la générosité de leur pauvreté à la confiance de leur obéissance et de leur foi.

Jésus nous enseigne par là une des grandes lois de la vie spirituelle et apostolique : à savoir dans l’ordre surnaturel sans le Christ nous ne pouvons rien faire. Nous devons bien prendre conscience, en effet, que pour faire progresser le Royaume de Dieu, pour faire grandir la vie divine en notre âme et aider les autres à la faire grandir dans la leur, nous ne pouvons, de nous-mêmes, rigoureusement rien.

Vivre soi-même en enfant de Dieu et aider les autres à s’ouvrir à la grâce, à se convertir pour qu’ils puissent vivre, à leur tour, en enfants de Dieu, c’est en dehors, c’est au-delà de toutes les possibilités de notre nature.

Seul le Christ Ressuscité peut, par un don gratuit de son amour, éclairer les cœurs, les changer, les établir et les faire progresser dans la foi, l’espérance et la charité.

Mais alors, me direz-vous, à quoi bon tous nos efforts ?

  • A quoi servent donc nos renoncements, nos luttes personnelles contre le mal qui est en nous ?
  • A quoi servent nos prières, nos méditations et les lectures que nous faisons pour approfondir notre foi ?
  • A quoi servent nos engagements apostoliques, nos contacts avec les autres, notre souci de porter témoignage par l’exemple, la parole, le don de nous-mêmes ?

D’ailleurs, si parfois nous avons cultivé l’illusion de pouvoir changer le monde, ou même une seule âme à force de dévouement de tact ou de compétence dans nos efforts, nous avons appris, expérimentalement, à la suite de bien des échecs, que nos moyens sont dérisoires face à l’immensité des problèmes. Nous n’avançons guère dans la sainteté que le Seigneur attend de nous et la foi ne se répand pas vite autour de nous. Aussi, sommes-nous très souvent ballotté entre deux tentations :

  • la tentation de vouloir faire quelque chose par nos propres moyens et
  • celle de désespérer en voyant l’immensité de la tâche et la faiblesse de notre pauvreté, autrement dit : entre la tentation et l’orgueil, de la suffisance, et la tentation du découragement qui sont toutes les deux une source d’inefficacité.

Seule la voie indiquée par Jésus dans l’Évangile de ce jour permet d’éviter ces 2 écueils. Elle est un appel à notre générosité mais cette générosité doit être humble, totale et confiante.

  • Le Seigneur attend d’abord de nous une générosité qui soit humble... il faut que nous restions toujours conscients de notre misère, de notre fragilité, de nos limites ; nous devons toujours nous considérer devant Dieu comme des pauvres qui attendent tout de sa grâce, qui attendent la lumière pour comprendre et la force pour agir.
  • Notre générosité ensuite doit être totale : c’est la condition de la réussite. Pour que le résultat soit obtenu le fidèle, l’apôtre, doit se donner tout entier sans restriction ni réserves. Le Seigneur n’agira que si nous acceptons d’être entre ses mains des instruments totalement disponibles. C’est en toute liberté et dans un amour qui respecte notre dignité qu’il a voulu avoir besoin de ce néant qu’est notre effort et notre être même... Et il s’est lié ainsi à nous et à tel point que si nous refusons le don de cette pauvreté nous paralysons en quelque sorte son action Toute-Puissante.
  • Le Seigneur exige d’abord notre effort spirituel et moral, en matière d’apostolat, il exige de notre part, réflexion, travail, action intelligente et par-dessus tout une très grande charité. Alors, si nous veillons à être constamment unis à lui par la prière (une prière humble, ardente et persévérante), lui-même agira (et souvent même à notre insu). Il édifiera lui-même son Royaume, fera grandir son Corps Mystique.
  • Il faut enfin que notre générosité soit confiante : nous n’avons pas le droit de nous décourager, car si la tache est au-dessus de nos forces, si elle nous paraît écrasante, nous savons aussi que « rien n’est impossible à Dieu ».

« Jésus, disait le Père de Foucault, est le Maître de l’Impossible ». La vie des saints est là pour nous prouver à quel point c’est vrai. Si nous lui offrons généreusement toute notre foi et tout notre amour il saura bien combler nos déficiences et faire avec les pauvres instruments que nous sommes des œuvres magnifiques pour la Gloire de Dieu et le Salut des âmes.

N’oublions donc jamais, chers frères et sœurs, qu’aujourd’hui comme hier Dieu a besoin des hommes. Par la voix de son Eglise, Jésus nous invite à être ses collaborateurs pour l’édification du Royaume de Dieu.

Puissions-nous répondre comme la Vierge Marie qui est le parfait modèle de tout chrétiens : « Me voici, Seigneur, je suis à ton service ».

Amen.

Prière universelle

Le Seigneur vit la foule et fut saisi de pitié. Dieu est plein de tendresse pour tous ses enfants. Nous le prions avec confiance.

  • Seigneur, tu as demandé à tes disciples de distribuer le pain à la foule : que ton Église répande le pain de ta Parole jusqu'aux extrémités de la terre, nous te prions !
  • Seigneur, tu as nourri les affamés. Regarde ceux qui ont faim et ceux qui leur viennent en aide. Apprends-nous à partager. Nous te prions !
  • Seigneur, tu as guéri les infirmes. Prends soin de ceux qui souffrent, de ceux qui sont las de vivre ou qui n'ont plus d'espérance. Rends-nous plus fraternels. Nous te prions !
  • Seigneur, tu envoies ton Église dans le monde témoigner de ton amour. Donne-nous d'être plus ouverts aux détresses cachées. Nous te prions !
  • Enfin, pour tous ceux qui ne ressentent pas la faim et la soif de ta Parole, Seigneur, nous te prions !

Dieu notre Père, accorde-nous ce que nous te demandons, et ouvre nos yeux aux merveilles de ton amour. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : https://diocese.ddec.nc/

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 21:51

Lecture du Livre de la Sagesse 12, 13. 16-19

La patience de Dieu envers les pécheurs dont nous sommes n’est pas signe de faiblesse, mais de l’espérance qu’il met en nous.

Il n’y a pas d’autre dieu que toi, qui prenne soin de toute chose : tu montres ainsi que tes jugements ne sont pas injustes. Ta force est à l’origine de ta justice, et ta domination sur toute chose te permet d’épargner toute chose. Tu montres ta force si l’on ne croit pas à la plénitude de ta puissance, et ceux qui la bravent sciemment, tu les réprimes. Mais toi qui disposes de la force, tu juges avec indulgence, tu nous gouvernes avec beaucoup de ménagement, car tu n’as qu’à vouloir pour exercer ta puissance. Par ton exemple tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain ; à tes fils tu as donné une belle espérance : après la faute tu accordes la conversion. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le Seigneur est le Dieu tout-puissant, pourtant il ne montre pas de force, et la patience de Dieu ne peut manquer de faire conclure à certains que Dieu n’est pas si puissant que cela et que sa justice tarde bien à régner sur la terre. Notre auteur s’est posé cette question tout au long de son livre. Faire usage de sa puissance, agir avec violence est le propre des hommes ou des gouvernements contestés qui craignent que le pouvoir leur soit ôté. Ce n’est pas le cas de Dieu. Sa puissance est infinie, donc faite de patience, d’humanité, de ménagement pour le pécheur à qui elle offre continuellement de se convertir.

« Par ton exemple, tu as enseigné que le juste doit être humain ». Dieu apprendrait-il aux hommes à être humains ? Oui, puisqu’il nous a créés à son image.

Psaume 85

R/ : Toi qui es bon et qui pardonnes, écoute ma prière, Seigneur.

  • Toi qui es bon et qui pardonnes, plein d'amour pour tous ceux qui t'appellent, écoute ma prière, Seigneur, entends ma voix qui te supplie. R/
  • Toutes les nations, que tu as faites, viendront se prosterner devant toi, car tu es grand et tu fais des merveilles, toi, Dieu, le seul. R/
  • Toi, Seigneur, Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d'amour et de vérité ! Regarde vers moi, prends pitié de moi. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8, 26-27

Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit Saint nous fait entrer dans la prière filiale de Jésus.

Frères, l’Esprit Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables. Et Dieu, qui scrute les cœurs, connaît les intentions de l’Esprit puisque c’est selon Dieu que l’Esprit intercède pour les fidèles. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Notre faiblesse dont parle Paul, est notre incapacité à vouloir ce que Dieu veut, à entrer dans son dessein. Notre prière a du mal à s’accorder à la volonté de Dieu ; continuellement c’est nous que nous mettons en avant, nos projets, nos besoins, nos craintes. Seul l’Esprit Saint peut donner à notre prière de vouloir ce que Dieu veut, d’entrer dans son projet pour le monde et d’y puiser la force pour agir. Mais cette prière de l’Esprit en nous ne tombe pas sous nos sens ; il s’exprime en termes divins, inexprimables. Nous savons seulement qu’il nous transforme, si nous avons quelque peu l’expérience de la prière.

Me tenir devant toi dans la prière, Seigneur, sans toujours trop savoir comment m’y prendre. Croire qu’alors l’Esprit intercède pour moi, et que toi, Père, qui voit le fond des cœurs, tu exauces sa prière. Voilà qui me donne le désir de te prier, même quand l’envie me manque.

Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume ! Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13, 24-43

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets

Dieu laisse coexister dans le monde le bon grain et l’ivraie : il ne connaît pas nos impatiences.

En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : “Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?”Il leur dit : “C’est un ennemi qui a fait cela”. Les serviteurs lui disent : “Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?” Il répond : “Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier” ».

[Il leur proposa une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches ».

Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé ».

Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : ‘J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde’. Alors, laissant les foules, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ ». Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »]

Commentaire : Pourquoi l’arrivée du royaume de Dieu n’a-t-elle pas balayé d’un seul coup toute souffrance et tout péché hors de ce monde ? Parce qu’il est le théâtre de deux semailles opposées : le Christ y sème le bon grain en vue de la moisson future ; un ennemi y sème de l’ivraie en vue de compromettre la moisson. Mais la moisson aura lieu, dit le Maître avec un bel optimisme, certain des réjouissances futures des moissonneurs. Reste à calmer notre impatience et à laisser le semeur lui-même opérer le tri que nous prétendons faire avant l’heure, à sa place. Un grain de moutarde jeté dans un champ où il semble perdu, du levain caché dans près de quarante kilos de farine, quels ridicules commencements ! Pourtant, l’un deviendra un arbre, l’autre soulèvera ces kilos de pâte inerte. L’action de Dieu part des petits commencements pour réaliser de grandes choses.

Personne n’est tout bon ni tout mauvais. Même chez ceux dont la vie nous paraît n’être qu’un champ d’ivraie, Dieu nous demande de découvrir le blé qui peut pousser et qu’il veut engranger dans son grenier.

Homélie

Ainsi il y a de l’ivraie dans le champ du Seigneur !

Ce n’est pas lui qui l’y a semée, car Jésus n’est venu semer que la Parole du Règne de Dieu. « C’est un ennemi qui a fait cela », explique Jésus. Mais comment a-t-il pu réussir ? - parce que « les gens dormaient ». Peut-être avaient-ils des raisons de se reposer ; mais ils auraient dû s’arranger ensemble pour qu’une surveillance, une vigilance, soit possible.

II fallait rester vigilant, car le mal est vite fait quand il s’agit de semer. Jésus le souligne également : l’ennemi a semé de l’ivraie en plein milieu du blé, et il s’en est allé, sachant bien que désormais sa mauvaise graine allait pousser sans lui, en profitant de la bonne terre, préparée pour la bonne graine.

L’inconvénient, avec la mauvaise herbe, c’est qu’au début, et longtemps, elle ressemble au bon blé. Tant que l’herbe est verte, tant que les graines ne sont pas formées, impossible de reconnaître l’ivraie avec certitude. De même dans la terre de notre cœur, lorsque nous laissons l’ennemi semer ses graines de malheur : la désunion, l’égoïsme, ou la tristesse. C’est au bout d’un certain temps que l’on constate le désastre : « mon champ est plein d’ivraie ; mon cœur de croyante est partagé, et il porte à la fois des fruits pour la vie et des germes de mort ».

Alors, quel est le remède ? Les serviteurs, dans la parabole, viennent trouver le maître du champ, avec toute leur bonne volonté, et avec beaucoup d’illusions : « Veux-tu que nous allions ramasser cette ivraie ? » L’ivraie a déjà produit ses épis, et déjà on peut la reconnaître. Mais le maître est formel : « Non ! de peur qu’en arrachant l’ivraie vous ne déraciniez le blé avec elle ».

Il est bien dommage qu’il se trouve de l’ivraie dans notre cœur, dans nos groupes chrétiens, dans nos communautés ; mais ce qu’il faut sauvegarder avant tout, c’est la moisson qui lève et qui va nourrir les hommes, c’est la croissance de l’Évangile dans notre vie, c’est l’expansion missionnaire de l’Église où tous les peuples trouveront le salut.

Si pour éliminer l’ivraie il faut arracher le bon grain, mieux vaut patienter jusqu’à la moisson ; si pour extirper le mal il faut compromettre les fruits du bien, mieux vaut laisser Dieu faire le tri à Son heure.

« Laissez l’une et l’autre croître jusqu’à la moisson », dit Jésus ; et l’on pourrait trouver sa réponse décevante, tellement le désir est puissant au fond des cœurs de vivre dans un monde pur, dans une Église unie, dans une communauté ardente et unanime. Et pourtant, c’est Jésus qui a raison.

D’abord parce que Dieu, en patientant jusqu’au jugement, patiente avec chacun de nous, sans détruire en nous les forces de vie pour arracher tout de suite le mal de notre cœur. Dieu nous donne le temps de la conversion.

Et puis Dieu se réserve le jugement, que Jésus décrit souvent dans l’Évangile comme un moment de vérité où seront révélés le fond des cœurs et le poids réel de chaque existence. Laissons à Dieu le dernier mot sur toute chose, et gardons la paix. Le mal ne gagnera pas, ni dans notre cœur ni dans le monde, si nous laissons faire la patience de Dieu : « Ayez confiance ; disait Jésus, j’ai vaincu le monde », le monde du refus.

Certes, l’ivraie pousse, grandit, et c’est souvent un scandale ; mais nous n’avons pour la combattre, en nous et autour de nous, que les seules armes de l’Évangile, les outils du grand Moissonneur. Jésus s’est livré pour nos péchés. Pour stopper la montée de l’ivraie dans le champ du monde, il a offert à Dieu sa vie donnée aux hommes et son obéissance ; il a vécu pleinement Fils et totalement frère.

Et depuis vingt siècles il moissonne, pour son grenier éternel.

Source : http://www.carmel.asso.fr Fr. Jean-Christian Lévêque, o.c.d.

 

***********

 

La parabole de l’ivraie et du bon grain aborde la question des situations délicates où nous constatons que, malgré tous les efforts que nous avons fait et les dispositions que nous avons prises pour réaliser quelque chose de bien, du mal est apparu et gâche toute l’opération. La réaction bien humaine est d’extirper le mal pour ne laisser apparaître et se développer que le bien. Cette solution pourrait à la rigueur s’appliquer pour des choses, par exemple, un fruit qui se gâte, ou une tumeur qui risque de se développer. Mais lorsqu’il s’agit de sujets humains, la solution n’est pas aussi simple. Qui peut déterminer de façon certaine ce qui est mauvaise ou bonne graine ? N’est-elle pas en chacun de nous ?

Jésus fait savoir qu’il n’appartient pas aux hommes de le faire. Mieux vaut supporter la présence du mal que d’arracher le bien lorsqu’on n’a pas les moyens d’un véritable discernement et laisser ce travail à ceux qui en sont capables (“les moissonneurs”). Cette parabole est une leçon de patience ; Jésus l’applique au Royaume. Les disciples doivent cultiver une patiente confiance et accepter que le Royaume soit une communauté, une Eglise même, où se mêlent le bien et le mal. La moisson, dans la Bible désigne le jugement dernier : il n’est ni du ressort des disciples ni de leur compétence.

Dans les persécutions que subirent les premiers chrétiens, St Pierre dans une lettre écrit ceci : “ Mais voici un point, très chers, que vous ne devez pas ignorer : c'est que devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour. Le Seigneur ne retarde pas l'accomplissement de ce qu'il a promis, comme certains l'accusent de retard, mais il use de patience envers vous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir. Il viendra, le Jour du Seigneur, comme un voleur ; en ce jour, les cieux se dissiperont avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, la terre avec les œuvres qu'elle renferme sera consumée” (2P 3, 8-10).

Cette parabole a laissé perplexes les disciples et ils demandèrent à Jésus de la leur expliquer, ce que Jésus a fait dans le même chapitre, quelques versets plus loin.

Certes le bien et le mal se côtoient dans la phase terrestre de croissance du Royaume. Mais le disciple qui comprend le message de Jésus sait qu’il y aura un jugement sans échappatoire. Pour le moment, le Royaume est proposé à tous et Jésus nous invite dès à présent à faire le bon choix.

Source : Père Guy Lecourt

Prière Universelle

Avec l'Esprit Saint qui vient au secours de notre prière, intercédons auprès du Père des cieux pour la conversion du monde, présentons-lui les besoins de l'humanité de notre temps.

  • Fortifie ton Église dans la fidélité à suivre ton exemple, pour que ses enseignements soient entendus par tous les habitants de notre terre. Seigneur qui prend soin de toute chose, nous t'en prions.
  • Devant la crise économique et sociale planétaire, assiste les gouvernants pour qu'ils aient le courage d'une collaboration internationale, avec une vision commune de la sécurité alimentaire, de la santé et du travail. Seigneur qui gouverne avec justice, nous t'en prions.
  • Viens au secours des personnes malades du Covid-19 et des personnels soignants, et réconforte les personnes âgées qui souffrent de solitude et d'isolement dans ce contexte de pandémie. Seigneur, plein d'amour pour tous ceux qui t'appellent, nous t'en prions.
  • Augmente en chacun de nous la foi, l'espérance et la charité, pour que nous devenions tes fils à l'image de ton Fils Jésus. Seigneur, qui es bon et qui pardonnes, nous t'en prions.

Dieu notre Père, écoute notre prière de ce jour, daigne l'exaucer, et que ton Royaume s'étende jusqu'aux extrémités de notre terre. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : http://cathophalsbourg.over-blog.com/ Isabelle Brunner, ALP

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12 juillet 2020 7 12 /07 /juillet /2020 16:21

Lecture du livre d'Isaïe 55, 10-11

La pluie que le Dieu créateur donne à la terre fait germer la semence. Sa parole peut aussi faire germer un monde nouveau.

Ainsi parle le Seigneur : "La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission". - Parole du Seigneur.

Commentaire : Que de fois le peuple de Dieu, déçu de ne pas voir s'accomplir les promesses divines annoncées par les prophètes, n'a-t-il pas désespérer ou mis en cause la puissance de Dieu ou la fidélité à sa Parole ! Les déconvenues qui ont suivi le retour d'exil ont fait ressentir tout particulièrement cet apparent échec des promesses du Seigneur. Le Créateur qui a disposé de la pluie fécondante pour assurer la nourriture de l'homme serait-il moins efficace pour accomplir ce qu'il avait promis ? Certes, la Parole de Dieu n'agit pas automatiquement sur les hommes comme le fait la pluie sur la terre ; elle respecte leur liberté ; mais l'espérance et l'amour qu'elle met en leur cœur entraîne la libre adhésion humaine au projet de Dieu.

Auprès de ceux qui éprouvent les déconvenues ou le désespoir devant la lenteur de la justice, de la paix et de la fraternité à s'établir, comment témoigner de l'efficacité des promesses de Dieu, sinon en joignant nos efforts aux leurs ?

Psaume 64

R/ : Tu visites la terre et tu l'abreuves, Seigneur, tu bénis ses semailles.

  • Tu visites la terre et tu l'abreuves, tu la combles de richesses ; les ruisseaux de Dieu regorgent d'eau : tu prépares les moissons. R/
  • Ainsi, tu prépares la terre, tu arroses les sillons ; tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies, tu bénis les semailles. R/
  • Tu couronnes une année de bienfaits ; sur ton passage, ruisselle l'abondance. Au désert, les pâturages ruissellent, les collines débordent d'allégresse. R/
  • Les herbages se parent de troupeaux et les plaines se couvrent de blé. Tout exulte et chante ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8, 18-23

Ce ne sont pas seulement les hommes qui sont appelés à renaître de l'eau et de l'Esprit. L'univers matériel connaît ce même enfantement douloureux pour participer à cette création renouvelée.

Frères, j'estime donc qu'il n'y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révéler en nous. En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pars de son plein gré, mais à cause de celui qui l'a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l'espérance d'être, elle aussi, libérée de l'esclavage, de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d'un enfantement qui dure encore. Et elle n'est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé par recevoir l'Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le plus haut idéal, pour les païens du 1er siècle, était d'échapper à l'emprise de la matière, en attendant l'heure où l'âme immortelle se débarrasserait de son corps, pour rejoindre le monde divin. Telle n'est pas l'espérance chrétienne. Le chrétien attend la résurrection de son corps qui le rendra parfaitement fils de Dieu, à l'image du Christ ressuscité. Bien plus, l'univers est pour lui comme un grand corps où il vit, respire, s'ébat, avec lequel il est lié, un peu comme son âme l'est à son corps. Il sait que le sort de l'univers est lié au sien. L'homme entraînera l'univers dans son propre destin. Un monde nouveau est en gestation, qui verra le jour lors du retour définitif du Christ.

L'univers est en évolution, disent les scientifiques, sans vouloir préjuger de son aboutissement. Il est en gestation, écrit Paul, affirmant qu'il en naîtra un univers transfiguré. L'espérance chrétienne dont nous avons à témoigner, concerne non seulement le sort de l'humanité, mais aussi la création, l'univers matériel. La préoccupation écologique en est un signe parmi d'autres.

Alléluia. Alléluia. La semence est la parole de Dieu ; le semeur est le Christ ; celui qui le trouve demeure pour toujours. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13, 1-23

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets.

La Parole de Dieu rencontre bien des obstacles dans notre monde et dans notre cœur. Mais là où elle s'implante, elle porte du fruit en abondance. Quel terrain lui préparons-nous ?

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu'il monta dans une barque où il s'assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D'autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt parce que la terre était peu profonde. Le soleil s'étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D'autres grains sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D'autres sont tombés sur la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu'il entende ! »

[Les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais ce n'est pas donné à ceux-là. A celui qui a, on donnera, et il sera dans l'abondance ; à celui qui n'a pas, on enlèvera même ce qu'il a. Si je leur parle en paraboles, c'est parce qu'ils regardent sans regarder, qu'ils écoutent sans écouter ni comprendre. Ainsi s'accomplit pour eux la prophétie d'Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s'est alourdi : ils sont devenus durs d'oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne comprenne, qu'ils ne se convertissent, - et moi, je les guérirai ! Mais vous, heureux vos yeux puisqu''ils voient, et vos oreilles puisqu''elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l'ont pas entendu.

Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand quelqu'un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s'empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c'est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c'est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n'a pas de racines en lui, il est l'homme d'un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c'est l'homme qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffe la Parole, qui ne donne pas de fruit.

Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un ».] - Acclamons la Parole de Dieu. Mais le récit constate le peu de succès de cette entreprise : 

Commentaire : La parabole décrit un fait historique : le Christ est venu dans le monde dans le monde pour semer la Bonne Nouvelle. Mais le récit constate le peu de succès de cette entreprise : une partie du grain vient à maturité, mais il y a des pertes considérables. Pourquoi ces échecs du Christ et de l'Eglise à sa suite ? Parce que le royaume de Dieu est une entreprise d'amour, il ne s'établit pas sans la libre collaboration des hommes. Seuls les disciples qui entendent la Parole avec foi, peuvent comprendre que le Fils du Dieu tout-puissant ait accepté les limites que la liberté humaine impose à sa Parole, au risque de l'étouffer.

Qui est la bonne terre ? IL faut la rechercher dans les trois premiers terrains : le sol piétiné par les passants, le sol pierreux ou celui menacé par les ronces. Autrement dit, la parabole nous invite à cultiver le terrain de notre cœur pour que la Parole y porte du fruit.

Homélie

Chers frères et sœurs, Jésus nous fait comprendre aujourd’hui que la Parole de Dieu est comparable à une semence qui paraît sans cesse se perdre dans la terre et qui cependant y germe puis grandit et se multiplie au centuple.

Mais d’où vient qu’elle soit si peu fructueuse en nous. Ce n’est pas faute d’avoir été semée ! Que de sermons entendus, que d’exhortations, que de réunions, que de réflexion, que de revues ou livres religieux publiés !

Jamais peut-être la Parole de Dieu n’a été plus diffusée, plus ensemencée que de nos jours. Alors, comment se fait-il qu’elle soit si peu efficace ?

Comment se fait-il qu’elle transforme si peu nos habitudes, nos manières de pensées, de vouloir et d’agir ?

La réponse ? Jésus nous dit qu’il faut la chercher en nous-mêmes. Il faut examiner quel genre de terrain nous sommes, autrement dit quelles sont les véritables dispositions de notre cœur. Il est indispensable en effet, que la Parole de Dieu trouve en nous une préparation, une aspiration, un besoin, si nous voulons qu’elle nourrisse efficacement nos âmes.

Dans cette étonnante Parabole du Semeur, Jésus nous apprend à distinguer plusieurs sortes de dispositions :

Il y a d’abord ceux qui ressemblent à un chemin durci, on dirait maintenant à une route goudronnée. La semence de La Parole tombe sur eux sans même les effleurer. Ils ont entendu quantité de sermons, mais aucun ne les a jamais changés. C’est parce qu’en fait, n’ayant pas faim et soif de la Parole de Dieu, ils n’en attendent rien et déplorent comme perdu le temps passé à l’écouter.

Jésus, Lui, tandis qu’il parlait, voyant les âmes de ses auditeurs transparentes devant Lui et il voyait aussi le démon, toujours à l’affût, prêt à foncer comme un oiseau sinistre, pour enlever la semence et faire en sorte qu’elle n’ait aucune prise sur la terre des âmes, aucune action dans les cœurs. Il y a tout de même un fait remarquable (et que Jésus donne comme une preuve évidente de l’existence du démon) c’est la rapidité avec laquelle on oublie la Parole de Dieu.

Combien de fidèles en sortant de l’Eglise ont déjà tout perdu de ce qui leur a été lu ou commenté… Mais que ces mêmes personnes regardent un film à la télévision, et les voilà capables de vous raconter ce film en entier ou d’en repasser en esprit les épisodes les plus marquants…

Nous avons tant de mal, n’est-ce pas à retenir par cœur quelques versets d’Evangile, mais les refrains entendus à la radio, eux, nous poursuivent du matin au soir…

Alors que tout nous impressionne, que tout se marque en nous, n’est-il pas navrant de constater que seule la Parole de Dieu ne nous impressionne, pour ainsi dire pas, et disparaît au plus vite sans laisser de traces ?

Il y a une seconde catégorie d’auditeurs : ce sont les superficiels : âmes sensibles et enthousiastes, sans doute ; mais qui n’ont pas de profondeur… Elles se passionnent volontiers et se croient converties parce qu’elles ont été émues… Tout ce qu’on dit les touches, mais, hélas, rien ne les change. La Parole de Dieu, en elles, ne s’enfonce pas et ne peu donc pas prendre racine dans leur vie quotidienne. L’expérience qu’elles ont de Dieu ne se prolonge pas par cette conversion permanente que doit toujours susciter l’assimilation de sa Parole.

Pour ces âmes-là, il existe un remède, très efficace : c’est la prière. Il faudrait que dans un dialogue personnel et très fréquent avec le Seigneur, elles sachent reprendre le message reçu… Il faudrait qu’à l’exemple de la Vierge Marie elles aient la volonté de méditer inlassablement dans leur cœur tout ce que Dieu leur a dit. Quant à Marie
nous dit Saint Luc, « elle conservait tous ces souvenirs les méditant dans son cœur ».

La troisième catégorie est sûrement une terre profonde, car elle concerne des esprits réfléchis, des caractères bien formés. En eux, la Parole de Dieu pourrait germer, mais ils se hâtent, hélas de l’étouffer. S’étourdissant de travaux et d’agitation, ils trouvent que leur vie présente est assez remplie pour avoir le droit de négliger leur vie intérieure. Ils s’intéressent à trop de choses pour s’occuper aussi (et en priorité de Dieu).

Ce sont des gens qui se trouvent trop intelligents pour s’incliner devant la simplicité du message évangélique. Ils trouvent toujours :

  • une objection à lui faire,
  • une raison pour le contredire,
  • un défaut pour en plaisanter,
  • une excuse pour ne plus y penser.

Ces auditeurs-là sont les pires de tous : volontairement insensibles, ils laissent croître les épines de leur orgueil, de leur égoïsme ou de leur hypocrisie pour étouffer la semence dont ils redoutent les effets…

Mais quelle est donc cette bonne terre qui absorbe le grain avec avidité, le fait germer et fructifier ?

Eh bien ce sont ceux qui accueillent la Parole de Dieu comme une révélation, comme une interpellation personnelle, ceux qui se laissent désinstaller de leurs sécurités et de leur bonne conscience, qui prennent vraiment pour eux tout ce qu’on enseigne, qui s’y reconnaissent volontiers en disant : « oui, ça c’est pour moi, voilà ce que je dois faire, voilà ce que je dois changer »

Ce sont des âmes toujours disponibles qui accueillent la Parole non comme venant d’un homme (lequel d’ailleurs n’est qu’un porte-parole) mais comme venant de Dieu.

Toujours prêtes à se laisser travailler, à se laisser façonner par elle, elles coopèrent généreusement à la grâce… Et le résultat c’est une merveilleuse fructification. C’est un progrès incessant dans la Foi, dans l’Espérance, dans l’Amour de Dieu et du prochain : c’est-à-dire vers cette sainteté qui est la vocation de tout baptisé.

Quand Jésus parlait de cette dernière catégorie d’auditeurs, il évoquait certainement l’image de sa très Sainte Mère : car, la Bonne Terre par excellence, n’est-ce pas Marie, modèle parfait, modèle insurpassable de la vie chrétienne ?

Puissions-nous, à son exemple, nous laisser féconder par la Parole de Vie.

Et que cette parole fructifie au maximum d’abord en nous-mêmes, mais aussi autour de nous, grâce à notre apostolat, pour la plus grande gloire du Divin Semeur.

Amen.

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 07:14

Lecture du livre de Zacharie 9, 9-10

Voici ton roi qui vient vers toi: Il est juste, humble, monté sur un âne, et il proclamera la paix aux nations. Ce Messie, le reconnaissons-nous ?

Ainsi parle le Seigneur : "Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, le petit âne d'une ânesse.

Ce roi fera disparaître d'Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l'arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. Sa domination s'étendra d'une mer à l'autre, et de l'Euphrate à l'autre bout du pays. - Parole du Seigneur.

Commentaire : La victoire d'Alexandre le Grand à la bataille d'Issus, en 333, qui inaugure l'effondrement de l'empire perse dont la Palestine était devenue une colonie, réveille les espérances messianiques du peuple élu. Pourtant le prophète se démarque de l'esprit guerrier du nouveau conquérant. Le Messie attendu entrera dans Jérusalem sans violence, sur la monture des anciens de Judée, pour y faire régner la justice et la paix. Son règne s'étendra à l'intérieur des anciennes frontières de la Palestine pour rayonner la paix sur toutes les nations. Jésus Christ accomplira cette espérance lors de l'entrée à Jérusalem, le jour des Rameaux.

La violence des peuples, des minorités opprimées ou des jeunes marginalisés est à la fois un cri de détresse et une contestation de l'injustice qu'ils subissent. Nous ne pouvons nous réjouir de la violence, mais il nous faut comprendre la détresse et les aspirations qu'elle veut faire entendre.

Psaume 144

R/ : Mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! ou Alléluia !

  • Je t'exalterai, mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! Chaque jour je te bénirai, je louerai ton nom toujours et à jamais. R/
  • Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. R/
  • Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits. R/
  • Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit, fidèle en tout ce qu'il fait. Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8, 9. 11-13

Notre vie chrétienne est un combat pour que grandisse en nous l'emprise de l'Esprit de Dieu qui nous a saisis à notre baptême.

Frères, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous celle de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n'est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair. Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les agissements de l'homme pécheur, vous vivrez. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour Paul, le baptisé ne trouve plus le principe de son existence et de son agir en lui-même, mais dans l'Esprit de Jésus qui l'habite. Certes, il reste un être voué à la mort et marqué par le péché. Pourtant si l'Esprit a donné vie au Christ en le ressuscitant d'entre les morts, pourquoi ne serait-il pas aussi efficace en nous ? Sans même attendre notre propre résurrection, déjà si nous sommes fidèles, l'Esprit nous donne une vie nouvelle qui est ouverte à Dieu et à nos frères.

Nous sommes en dette d'amour envers tous ceux qui nous aiment et qui nous ont aimés les premiers, et en tout premier lieu envers Dieu. Comment rembourses, si ce n'est en manifestant à d'autres le même amour gratuit ?

Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Dieu notre père, Seigneur de l'univers, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 25-30

Jésus appelle à lui tous ceux qui peinent sous le fardeau de leurs souffrances, de leurs misères ou de leurs péchés. Son cœur doux et humble saura les aimer et les soulager.

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m'a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’Évangile fourmille de gens privilégiés : les pauvres héritent du Royaume au détriment des riches, les pécheurs sont appelés et non les justes, les enfants et leur pareils entrent dans le Royaume et non les puissants, et ici les gens incultes reçoivent la révélation du mystère de Dieu - la connaissance intime qu'a le Père du Fils et celui du Père - qui reste caché aux sages et aux savants. Pourquoi ces gens ne possèdent rien de ce qui attire habituellement l'attachement ou l'estime : ni la richesse, ni la puissance, ni la culture religieuse, ni la perfection morale, sont-ils privilégiés de Dieu ? "Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté", nous répond Jésus. En portant sa tendresse sur ces êtres démunies Dieu révèle qu'il n'aime pas par convoitise, mais gratuitement, non pour les mérites de l'autre, mais pour le faire grandir et l'épanouir. Qui se veut le disciple de Jésus et prend le joug de son commandement d'amour entre dans la compréhension de ce mystère où il trouve joie et soulagement.

Le Père et le Fils se révèlent librement à qui ils veulent. Ce ne sont pas les sages et les savants qu'ils ont choisis, mais les tout-petits. Partialité ? Non, cela veut dire que nous sommes invités à être sans prétention devant Dieu.

Homélie

Jésus aime les propos qui vont à l’encontre des opinions communément admises. Est-ce que, dites-moi, les termes de sage et de savant, sagesse et sciences, ne représentent pas pour nous, deux des plus hautes valeurs humaines ? Valeurs respectables, valeurs enviables, valeurs recherchées ?

Or, ce sont ces sages et ces savants qui se voient – pourrait-on dire - délaissés par Dieu au profit des tout-petits qui, on le comprend bien ne sont ni sages, ni savants. La logique voudrait que ce soit aux sages et aux savants que Dieu se manifeste, puisqu’ils seraient mieux à même de comprendre. Eh bien non ! Dieu, notre Père veut que les choses divines soient révélées aux petits, et pas aux sages ni aux savants.

Il y a là, frères et sœurs, un renversement des valeurs qui confond la raison et met notre logique en échec. Si cela nous dérange, si nous ne comprenons pas c’est la preuve, précisément que Dieu ne s’est pas révélé à nous, parce que nous sommes trop « sages et trop savants », trop malins et trop sûrs de nous. Si nous étions des tout petits au sens où Jésus l’entend, nous aurions déjà compris et nous ne serions pas vexés.

Mais pourquoi Dieu ne se révèle-t-il pas aux sages et aux savants ? C’est tout simple : à cause de leur prétention, de leur orgueil. Trop souvent les savants sont imbus de leur savoir ; ils en savent trop. Ils n’ont plus rien à apprendre. Ils n’ont plus besoin de maître. Alors à quoi bon prendre la peine de leur enseigner encore quelque chose ? Les sages sont forts, ils sont habiles : ils sont prétentieux, ils n’ont plus besoin de rien. Pourquoi Dieu prendrait-il la peine de leur venir en aide ? Il y a quelques semaines, dans l’Évangile du dimanche, Jésus déclarait à des contradicteurs pleins d’eux-mêmes : « Je ne suis pas venu sauver des justes, mais des pécheurs. Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades ».

Jésus, nous le voyons a de la suite dans les idées, il met à l’écart les justes, les bien-portants pour s’occuper des petits, des ignorants, des malades, des pécheurs. Parce que ceux-ci ont besoin de lui et lui ouvrent tout simplement la porte de leur cœur pour l’accueillir.

Chez les autres, tout remplis d’eux-mêmes, il n’y a pas de place pour lui à moins qu’ils ne sachent se vider de leur orgueil, de leur suffisance, se dépouiller d’eux-mêmes et qu’ils comprennent que, eux aussi, sont malades, pécheurs et que somme toute – en dépit de leur science – faibles, petits, très peu de chose...

Il faut se rappeler, frères et sœurs, que lorsque Jésus, s’adressant à son Père lui disait « Je te rends grâces d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits », il s’était heurté – et cela depuis le début de son ministère – à l’incompréhension des scribes, des pharisiens et des prêtres de l’époque. Et comme ces bien pensants et ces gens en place l’avaient rejeté, il s’était tourné, avec succès cette fois, vers les petites gens, les simples, les modestes. C’est donc dans ce contexte d’échec et d’incompréhension que Jésus fait monter vers son Père une hymne de jubilation. Au lieu de se laisser aller à des réflexions désabusées, il se met à prier, à louer, à remercier, ayant su reconnaître dans les événements l’action du « Seigneur du ciel et de la terre ». C’est comme s’il disait à son Père : « Au fond tout cela était prévu par toi ». C’était la volonté que, ta révélation fût faite par moi, ton Fils, en termes modestes, sous forme de simplicité et de pauvreté... Père, je te rends grâces.

Mais aussitôt, quittant sa joyeuse contemplation, s’arrachant au ciel pour revenir sur la terre où son Père l’envoie comme Sauveur, Jésus parcourt du regard le cercle de ses disciples et de tous ces petits qui l’écoutent, or, derrière eux, n’est-ce pas toute l’humanité qu’il perçoit, n’est-ce pas chacun de nous qu’il invite « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids et moi je vous procurerai le repas... »

Comme c’est encourageant, frères et sœurs ! Jésus nous voit avec toutes nos pesanteurs, tous nos fardeaux. Ceux des corps malades ou infirmes, ceux des cœurs désolés ou abandonnés, ceux des esprits troublés et désemparés, ceux des consciences lourds ou sans espérance. Oui, Jésus est là devant nous, non comme un juge ni comme un lointain Seigneur, mais comme un frère doux et humble de cœur, avec la seule présence de son amour. Alors c’est la grande invitation, pressante, certes, mais combien respectueuse de notre liberté : prendre le joug du Christ, devenir ses disciples pour trouver le repas. Mais surtout n’allons pas croire que ce repas va nous être octroyé comme cela pour rien, sans efforts de notre part. Jésus ne nous promet pas un bonheur facile. Il réclame l’attachement total à sa volonté, ce qui suppose le détachement vis-à-vis de tout ce qui n’est pas conforme à cette volonté. Etre son disciple, ce n’est pas seulement recevoir de lui un message ou une doctrine, c’est le recevoir lui-même en personne de sorte que rien ne nous manque du moment que nous l’avons avec nous et en nous. Et c’est cette présence du Seigneur au plus intime de nous-mêmes et au cœur de nos vies qui rend tous les jougs commodes et tous les fardeaux légers : puissions-nous en être de plus en plus convaincus.

Demandons instamment à Marie qui est l’éducatrice de nos âmes de nous conduire jusqu’à son Divin Fils, afin qu’à son école nous apprenions à êtres de plus en plus doux et humbles de cœur.

Amen.

Prière universelle

Forts de l'Esprit Saint qui habite en nous et unis à Jésus Christ, présentons au Père des cieux les louanges et les fardeaux de l'humanité de notre temps.

  • Loué sois-tu Seigneur, pour ton nom. Donne à ton Église d'accueillir l'Esprit en plénitude, pour que le monde entier puisse vivre de la vie donnée par la résurrection de ton Fils, nous t'en prions.
  • Loué sois-tu Seigneur, pour la gloire de ton règne. Pour que les dirigeants des nations s'unissent dans la gestion de la crise humanitaire et économique mondiale, avec une attention spéciale sur la situation tragique du Yémen, de la Syrie et du Liban, nous te prions.
  • Loué sois-tu, Seigneur qui redresses les accablés. Accorde aux personnes qui souffrent de maladie ou d'exclusion, et aux enfants qui n'ont pas de nourriture, de trouver aide et soutien, nous t'en prions.
  • Loué sois-tu Seigneur, pour ta fidélité. Renforce chacun de nous dans la fidélité à ton Christ, pour que nous devenions ses disciples confiants et obéissants, nous t'en prions.

Père, Seigneur du ciel et de la terre, daigne exaucer nos prières. Accorde à tous tes enfants le repos de l'âme, et révèle ta présence à tous les hommes. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source :Isabelle Brunner, ALP - http://cathophalsbourg.over-blog.com/

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 22:04

Lecture du deuxième livre des Rois 4, 8-11. 14-16a

Un foyer sans enfant offre l’hospitalité au prophète Élisée. En lui, c’est Dieu qu’il accueille, et il en reçoit la promesse d’un fils.

Un jour, Élisée passait à Sunam ; une femme riche de ce pays insista pour qu’il vienne manger chez elle. Depuis, chaque fois qu’il passait par là, il allait manger chez elle. Elle dit à son mari : « Écoute, je sais que celui qui s’arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu. Faisons-lui une petite chambre sur la terrasse ; nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer ».

Le jour où il revint, il se retira dans cette chambre pour y coucher. Puis il dit à son serviteur : « Que peut-on faire pour cette femme ? » Le serviteur répondit : « Hélas, elle n’a pas de fils, et son mari est âgé ». Élisée lui dit : « Appelle-la ». Le serviteur l’appela et elle se présenta à la porte. Élisée lui dit : « À cette même époque, au temps fixé pour la naissance, tu tiendras un fils dans tes bras ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’hospitalité que la femme de Sunam réserve au prophète est sans doute pratique courante dans l’Israël de l’époque. Pourtant, deux caractéristiques de cette hospitalité sont mises en évidence. La femme a compris qu’Élisée, homme de Dieu, cherchait une retraite solitaire ; par délicatesse elle lui fait construire une chambre à part sur la terrasse de sa maison. En outre, bien qu’elle l’ait reconnu comme un prophète tout proche de Dieu, jamais elle ne lui a parlé du drame de sa vie, celui d’un foyer sans enfants ; son hospitalité était gratuite. Aussi Élisée avec autant de délicatesse lui promet-il ce fils qu’elle n’escomptant plus.

Accueillir l’autre, c’est tout autant écouter ses confidences, partager ses joies, que le comprendre à demi-mot. Donne-nous, Seigneur, cette qualité d’accueil.

Psaume 88

R/ : Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante !

  • L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge. Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux. R/
  • Heureux le peuple qui connaît l'ovation ! Seigneur, il marche à la lumière de ta face ; tout le jour, à ton nom il danse de joie, fier de ton juste pouvoir. R/
  • Tu es sa force éclatante ; ta grâce accroît notre vigueur. Oui, notre roi est au Seigneur ; notre bouclier, au Dieu saint d'Israël. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6, 3-4. 8-11

Par le baptême, nous avons été plongés dans la Pâque de Jésus, pour vivre d’une vie nouvelle.

Frères, ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts.

Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant. De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le baptême nous a plongés dans le Christ pour nous permettre de ne faire plus qu’un avec lui, avec ses sentiments, avec sa destinée. S’unir ainsi au Christ, c’est se laisser crucifier avec lui en s’arrachant au péché, pour ressusciter avec lui, en partageant sa vie éternelle. Certes, nous n’avons pas fini de nous arracher au péché, et nous ne sommes pas encore les ressuscités de demain : il y faut toute une vie d’efforts et de grâce de Dieu, mais c’est cela, la fidélité à notre baptême.

Nous éprouvons de manières diverses la morsure de la mort : accrocs de santé, grand âge, échecs, épreuves morales et spirituelles, solitude… Si nous traversons ces morts avec le Christ, nous pourrons y percevoir qu’il nous a déjà fait vivre avec lui.

Alléluia. Alléluia. Descendance choisie, sacerdoce royal, nation sainte, annoncez les merveilles de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10, 37-42

C’est à l’accueil que nous réservons au plus petit des croyants que se mesure notre accueil du Christ lui-même.

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense ».

Commentaire : Être disciple du Christ, c’est le faire passer avant tout, avant les êtres qu’on affectionne le plus, avant sa propre vie ; c’est être prêt à mourir pour lui : prendre sa croix, c’était alors accepter la mort ignominieuse des esclaves crucifiés ! Dieu seul peut réclamer cela. C’est parce qu’il est Dieu que Jésus peut assurer qu’une vie ainsi donnée à cause de lui est une vie réussie.

La communauté chrétienne de Matthieu connaissait déjà une hiérarchie. Les prophètes et les justes, chrétiens éminents par leur sainteté étaient fort estimés et sans doute bien accueillis. Les petits de la communauté risquaient par contre d’être méprisés et délaissés. Matthieu réagit : un simple disciple, fût-il un de ces petits, a un tel prix pour Jésus que le moindre geste d’attention à son égard ne restera pas sans récompense.

Quelle attention notre communauté chrétienne porte-t-elle aux plus humbles et aux plus effacés de ses membres ?

Homélie

S’il nous arrive parfois, à vous comme à moi, d’hésiter devant un programme de télévision, devant un plateau de fromages, un chariot de desserts ou une invitation, il nous arrive sans doute aussi d’hésiter dans des moments plus importants, et notamment quand la vie appelle à des choix. Aucun de nous n’ignore l’importance et l’impact des choix posés dans une vie. En particulier quand ces choix fondent une existence entière, et qu’ils en sont la colonne vertébrale.

Si vous êtes ce matin devant votre poste de télévision, ou ici à l’église, c’est parce que le Christ vous donne rendez-vous. C’est aussi parce qu’un jour vous avez fait le choix de prendre le Christ comme maître et comme ami. Il tient le monde dans ses mains.

L’Évangile que nous venons d’entendre a quelque chose de déroutant. Nous sommes loin des paraboles auxquelles Jésus nous avait habitué, loin aussi des belles scènes de la vie de Jésus lorsqu’il guérit les malades, nourrit les foules, s’occupe des pauvres, des petits, des enfants. Nous sommes très loin aussi de ces moments où Jésus s’en va seul, à l’écart sur la montagne, pour prier. L’air du temps est davantage aux choix qui s’imposent.

Oui, l’évangile de ce jour a de quoi déconcerter et surprendre. D’une certaine manière, Jésus semble mettre les points sur les « i », donnant, pour qui veut le suivre, des repères aussi indispensables qu’incontournables. La parole de Jésus ne laisse d’ailleurs aucune hésitation possible à ses interlocuteurs. Il faut choisir !

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ».

« Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ».

« Celui qui ne prend pas sa croix pour me suivre n’est pas digne de moi ».

« Celui qui veut garder sa vie la perdra ».

« Qui vous accueille m’accueille ! »

Voilà une succession de recommandations, de maximes, dont on a un peu de mal à comprendre le lien qu’elles peuvent avoir les unes avec les autres. Sans doute nous faut-il remettre ces paroles dans leur contexte du chapitre 10 de Matthieu. L’ensemble de ce chapitre constitue, il est vrai, une sorte de code de conduite, une liste de recommandations et d’avertissements que Jésus donne aux apôtres qu’il vient de choisir et de mandater pour être ses disciples.

Hier, comme aujourd’hui, la teneur de la parole de Jésus oblige celles et ceux qui veulent le suivre à prendre conscience de l’importance des ruptures et des choix à poser pour être ouvrier du Royaume. Jésus ne nous dit pas qu’il ne faut pas aimer père, mère, enfants, et même notre propre vie. Il nous invite de manière radicale à poser les choix fondateurs qui donneront à notre vie une réelle capacité à aimer comme lui-même nous a aimés. Des choix à poser, certes, mais aussi des choix à assumer, parce qu’ils conduiront inexorablement le disciple à d’autres choix qui s’imposeront à lui à cause de sa fidélité même à l’appel du Christ et à l’Évangile. « Êtes-vous bien conscient de tout cela » semble dire Jésus aux disciples qu’il s’apprête à envoyer en mission. « Êtes-vous bien conscient de tout cela », leur dit-il, comme pour s’assurer qu’il pourra bien compter sur eux.

Suivre le Christ, choisir le Christ pour maître et pour ami, ne pourra se faire qu’au prix d’un renoncement radical et sans appel à ce qui n’a rien à voir avec l’Évangile et la Bonne Nouvelle. C’est à cela que le Christ appelle, de manière exigeante, ses disciples. C’est à cela que chacun nous sommes appelés, et ce jusqu’à porter notre croix !

Choisir le Christ pour maître et pour ami, jusqu’à porter notre croix, peut être difficile à vivre ou à assumer, surtout lorsqu’un tel choix est pris comme une performance à accomplir. Vivre l’Évangile n’a rien d’une course d’obstacles ! Vivre l’Évangile n’a rien d’un marathon ! Vivre l’Évangile n’est pas diplômant ! Vivre l’Évangile n’a rien à voir avec une performance à accomplir. Vivre l’Évangile n’apporte ni pouvoir, ni argent.

Mais, vivre l’Évangile change tout dans la vie de celui qui choisit le Christ pour maître et pour ami. Vivre l’Évangile, c’est donner à notre vie la source où puiser ce dont nous avons besoin pour être Visage du Christ pour nos frères. Vivre l’Évangile, c’est donner à notre vie d’être le lieu même de l’incarnation de Dieu au cœur de ce monde. Vivre l’Évangile, c’est donner à notre vie d’être elle-même « don », car notre vie tire toute sa valeur et sa grandeur de notre capacité à la donner, et à la perdre, à la manière du Christ lui-même.

Mes amis, lorsque vous mettez vos voix et vos talents de musiciens au service d’une communauté, vous dites déjà votre capacité à donner de vous-mêmes. Ce que vous nous dites au travers de votre engagement et de votre passion est à la fois vous-même, votre histoire, votre désir, votre volonté, et en même temps une parole qui vient de bien plus loin que vous et qui dit combien votre aventure est aventure d’Église, combien votre passion est passion d’Église. Cette parole qui vous dépasse est le cri même de celles et ceux qui ont été témoins du Christ ressuscité dans votre vie. Cette parole est parole de Dieu lui-même. Aujourd’hui, parce que vous revêtez la tenue de service, vous êtes, vous aussi visage du Christ pour vos frères. Vos musiques et vos voix l’annoncent. À votre tour, vous êtes ses disciples.

Être disciples c’est choisir sans hésitation le Christ pour maître et pour ami. C’est répondre à un appel puissant, exigeant et vrai. Cet appel nous libère et nous rend libre de quitter résolument le chemin de nos vérités toutes faites pour la fragilité et l’insécurité requises pour avancer à la suite du Christ. Non pas par résignation, mais par choix conscient et libre, sûr que le Christ donne force à notre faiblesse, sûr aussi que le Christ marche à nos côtés. Le temps est au départ, et il faut partir.

Frères et sœurs, voulez-vous être de cette marche-là, à la suite du Christ ? Voulez-vous être de ces hommes et de ces femmes, de ces adultes et de ces jeunes qui répondent présents quand la Bonne Nouvelle appelle à l’engagement d’une vie ? Voulez-vous être de ces disciples que le Christ envoie au monde pour étancher sa soif ?

« Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, ne perdra pas sa récompense ».

Source : https://www.lejourduseigneur.com/

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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 08:04

Lecture du livre du prophète Jérémie 20, 10-13

C’est lorsqu’il se voit seul contre tous, abandonné même par ses amis, que Jérémie sait qu’il n’est pas seul : le Seigneur est avec lui.

Moi Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés ». Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire. Nous réussirons, et nous prendrons sur lui notre revanche ! » Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. Leur défaite les couvrira de honte, d’une confusion éternelle, inoubliable.

Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c'est à toi que j’ai remis ma cause.

Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Tragique mission que celle du prophète Jérémie envoyé par Dieu pour annoncer aux habitants de Jérusalem et de la Judée que leurs infidélités sont telles que le Seigneur les abandonne à l’invasion prochaine des Babyloniens. Accusé de trahir la patrie, de semer le défaitisme parmi les troupes, accusé aussi de sacrilèges contre la foi inébranlable du peuple en la protection assurée du Seigneur pour Jérusalem et son Temple, Jérémie sera emprisonné et condamné à mort. Il ne devra son salut qu’à quelques amis fidèles. Jérémie est devenu ainsi le prototype des opprimés à cause de la Parole de Dieu. Si sa prière conserve des accents vengeurs, n’oublions pourtant pas que la revanche qu’il réclame est destinée à faire éclater la vérité du message divin qu’il est chargé d’apporter.

La Parole de Dieu dérange tout autant celui qui est chargé de l’annoncer que ceux auxquels elle s’adresse. Personne ne sort indemne de cette confrontation, ni l’auditeur de la Parole ni son annonciateur. Or, nous sommes l’un et l’autre.

Psaume 68

R/ : Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi.

  • C’est pour toi que j’endure l’insulte, que la honte me couvre le visage : je suis un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère. L’amour de ta maison m’a perdu ; on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi. R/
  • Et moi, je te prie, Seigneur : c’est l’heure de ta grâce ; dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi, par ta vérité sauve-moi. Réponds-moi, Seigneur, car il est bon, ton amour ; dans ta grande tendresse, regarde-moi. R/
  • Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés. Que le ciel et la terre le célèbrent, les mers et tout leur peuplement ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5, 12-15

Nous ne pouvons pas mesurer au même poids le péché des hommes et la grâce obtenue par Jésus-Christ ; celle-ci pèse plus lourd dans notre histoire.

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir.

Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La réflexion de Paul est commandée par la constatation de l’universalité de la mort. Pourquoi la mort est-elle le lot de l’humanité ? Non à cause de Dieu qui n’a pas créé la mort, mais à cause des hommes qui par leurs péchés ont fait entrer la mort dans le monde. Cette mort n’est pas uniquement la mort physique, mais tout ce qui est poison de mort : l’exploitation de l’homme par l’homme, le viol des consciences, l’oppression, le racisme, etc. Mais éclairés par la foi, nous ne mesurons pas la mort et le don de la vie qui nous est fait par Jésus Christ au même poids. La vie nouvelle en Jésus pèse plus lourd que le péché du monde et la mort qui en est le salaire ; dans la croix et la résurrection du Christ s’enracine notre espérance d’une victoire des hommes sur le péché et la mort.

Nos gestes d’amour et de solidarité nous paraissent souvent disproportionnés au regard de l’immensité de l’indifférence et de la haine dans le monde. Mais si « le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure », il nous faut certainement surévaluer l’amour au détriment de l’indifférence.

Alléluia. Alléluia. L’Esprit de vérité témoigne dans vos cœurs, témoignez, vous aussi, du Christ devant les hommes. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10, 26-33

Ne craignez pas, nous répète Jésus : la Bonne Nouvelle annoncée en Palestine sera proclamée sur les toits du monde : ne craignait pas : Dieu protège ses envoyés.

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Il n’est pas facile d’être disciples de Jésus Christ, d’annoncer un message selon lequel l’amour seul sauvera le monde : tant d’intérêts s’y opposent ! Par trois fois Jésus invite les siens à ne pas craindre. Premier motif : la certitude que la Parole de Dieu fera son chemin quels que soient les efforts des hommes pour l’étouffer. Deuxième motif : la vraie vie n’est pas l’activité corporelle, mais ce qu’une lutte pour la justice, la vérité et l’amour aura fait de nous avec la grâce de Dieu ; or, cette vie-là, personne ne peut y toucher. Troisième motif : si Dieu s’occupe des moineaux, à combien plus forte raison s’attachera-t-il à nous donner sa force et sa grâce ! Aussi est-ce sans crainte que nous pouvons lier notre cause à celle de Jésus Christ qui nous assure qu’il se sentira alors lié à son tour avec nous lors du Jugement final.

Parmi les trois raisons que donne Jésus de ne pas craindre, y en a-t-il une qui s’adresse plus spécialement à moi ?

Homélie

Frères et sœurs, l’Évangile du jour nous oblige à une vigilance ragaillardie, avive en nous une espérance lucide. Lumière sera faite, proclame le Christ, soyez sans crainte : « Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu ». Une lumière qui fait le tri, crève les baudruches, nous émonde pour nous réduire à l’essentiel de ce que nous sommes : les fils adoptifs du Père. Poussons un ouf de soulagement !

Le siècle dont nous sortons a caracolé en tête du peloton des horreurs. Les millions et millions de morts qu’a charriés l’histoire, et notamment la plus récente, nous laisse sur une impression de néant si grande que nous nous sommes mis à douter de tout, et de notre bien fondé. La lumière incisive du Christ vient à point. Nous le savons : l’être humain est aujourd’hui en grand danger de décomposition. La frontière de l’homme et de l’animal tend à s’estomper, l’inviolabilité de l’âme personnelle fait hausser les épaules, de scabreuses manipulations génétiques reposent en stratégie de labo, la perte de spiritualité nous tire vers le bas, et son chloroforme, la santé légitimement recherchée a fait oublier trop souvent le salut.

Dans le magma des cruautés de siècles qui se chevauchent, dans l’avachissement des valeurs qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes, l’argent, la vaine gloire et les plaisirs immédiats pour ce qu’ils ne sont pas : la porte du paradis, le Christ tranche par sa lumière sans sunlight, par sa lucidité qui nous met au large de tout autre chose. La merveilleuse nouvelle du Christ, dure en sa qualité de diamant, la voici : nous serons tous, un par un, mis à nu, réajustés à sa charité, car « même nos cheveux sont tous comptés », c’est dire le prix inestimable de notre personne pour Celui en qui nous sommes sans cesse pétris. L’histoire entière si inextricable sera dénouée, car l’Esprit ne la laisse pas à l’abandon. Elle ne part pas aux égouts. Comme la Création «elle est dans les douleurs de l’enfantement».

Non, je ne suis pas qu’un fétu emporté dans les remous d’époque, une marionnette de foule, aussi tiré à hue et à dia que je sois, et versatile. Plus profond que tout, notre âme est inexorablement liée à son Auteur, qui l’appelle, l’invite par voix de conscience, et voie de conversion. Ne vends donc pas ton âme pour une bouchée d’arrogance, de pouvoir et de séduction aveugle, ou la frénésie de l’instant qui passe et va au trou. Vendre son âme à l’air du temps, à la vie superficielle, c’est donc avoir été acheté, comme on le dit de quelqu’un qui a perdu son honorabilité. La nôtre, frères, est d’être « à l’image de Dieu », dont Jésus en son humanité a dressé le portrait. Le culte du corps et de l’épanouissement personnel, qui imprègne nos sociétés, s’accompagne hélas trop souvent d’une âme inculte de son Dieu. Alors, réveillons-nous ! « Craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps », nous avertit Jésus. Quel combat ! Une conversion de tous les instants. Dissous donc ta misère dans la lumière du Christ au lieu de t’y résoudre.

Il y a des premiers en ce monde qui seront les derniers en l’autre, et des derniers en ce monde qui seront les premiers dans l’amour éternel. Car la loi de l’Évangile prend tout le monde à rebrousse-poil. Elle est justice à rechercher, soutien du pauvre, compassion, impatience devant le mal, patience devant ses propres faiblesses, douceur brûlante de cet amour indéfinissable prêt à tous les pardons. Frères, cet Évangile ressort comme une pépite d’or. Il nous ramène à l’essentiel, il recadre les choses, comme on dit. On en a bien besoin ! Amen

Frère Guy Touton

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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 22:23

Lecture du livre des Lévites 19, 1-2. 17-18

C’est en aimant son prochain que l’Israélite reconnaît qu’il appartient au peuple de Dieu, du Dieu saint.

Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l'assemblée des fils d'Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint.

Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur ! » - Parole du Seigneur.

Commentaire : C’est la solidarité nationale qui lie entre eux les membres du peuple élu qui ici décrite : « Ton frère, ton compagnon, les fils de ton peuple » désignent les seuls Israélites. Pourtant le fondement de cette solidarité n’est plus le sang ou la race, mais l’Alliance de Dieu. Parce qu’il a fait de ce peuple son peuple, Dieu lui demande d’être saint. Lorsque Jésus nous révélera la paternité universelle de Dieu, l’humanité entière sera reconnue comme le peuple de Dieu et le prochain à aimer n’aura plus de frontières.

Ni haine ni rancune, mais aussi ni hésitation ni faux-fuyant pour reprendre celui qui se conduit mal. L’amour fraternel n’est pas un alibi pour fuir ses responsabilités.

Psaume 102

R/ : Le Seigneur est tendresse est pitié.

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits ! R/
  • Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse. R/
  • Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses. R/
  • Aussi loin qu'est l'orient de l'occident, il met loin de nous nos péchés. Comme la tendresse du père pour ses fils, la tendresse du Seigneur pour qui le craint ! R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3, 16-33

Ce qui est sacré, pour Paul, ce ne sont pas les édifices religieux, mais la communauté chrétienne : en elle habite l’Esprit de Dieu.

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu'un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c'est vous. Que personne ne s'y trompe : si quelqu'un parmi vous pense être un sage à la manière d'ici-bas, qu'il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : C'est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.

Il est écrit encore : Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur ! Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient, que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l'avenir : tout est à vous, mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce qui est sacré pour un chrétien, ce n’est plus d’abord les édifices religieux, mais la communauté qui se rassemble au nom du Christ. Aussi ceux qui cherchent à la détruire, à dresser les chrétiens les uns contre les autres en se réclamant d’un maître à penser qui ne serait plus le Christ, tombent-ils sous le jugement de Dieu. Paul ne veut pas limiter part là la liberté critique et contestatrice des chrétiens dans le monde et même dans l’Église. Pour eux, il n’y a plus de domaine sacré ou réservé dans l’univers, tout leur appartient à la condition qu’eux-mêmes ne s’appartiennent plus pour être totalement au Christ. Mais, il est si facile de s’abuser et d’appartenir encore au monde, à Apollos, à la mort.

Dans une communauté chrétienne l’attachement exclusif à des personnes influentes revient à nier que c’est l’Esprit Saint seul qui assure l’unité et le dynamisme de l’Église. Comment être actifs et efficaces pour promouvoir cette unité qui pourtant ne vient pas de nous ?

Alléluia. Alléluia. En celui qui garde la parole du Christ l’amour de Dieu atteint vraiment sa perfection. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 38-48

N’alignez pas votre conduite sur celle des hommes, mais sur celle de votre Père céleste qui se montre bon pour les ingrats et les pécheurs.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien !moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Être fils de Dieu, imiter notre Père, c’est aimer comme il aime, sans calcul. Aimer qui nous aime, aimer celui que l’on estime est chose naturelle aux hommes. Aimer notre ennemi, aimer un ingrat ou celui qui n’a rien pour attirer notre amour, c’est aimer comme Dieu aime. Encore une fois non par calcul, par pitié ou pour essayer de l’avoir. Mais parce que nous savons qu’en l’aimant il prendra du prix à nos yeux, qu’il se révélera tel qu’il est, bien meilleur qu’il ne paraît. Dieu seul sait aimer d’un tel amour créateur, mais son amour est contagieux.

Jésus, quand tu as été giflé par le serviteur du grand prêtre, tu n’as pas tendu l’autre joue, mais tu as réclamé justice ; réquisitionné pour porter ta croix, Simon a accepté de marcher à tes côtés ; dépouillé de tes vêtements au pied de la croix, tu t’es laissé faire. Que me demandes-tu pour aimer comme toi, sans pour autant devenir un souffre-douleur ?

Homélie

Ce texte évangélique que nous venons d’entendre fait suite à celui de dimanche dernier où Jésus nous montrait comment la Loi Nouvelle apportait à celle de l’Ancien Testament tout son épanouissement.

Nous arrivons ici au sommet du Message de Jésus. Et ce qu’il importe de bien noter tout de suite c’est que le Seigneur établit un lien très étroit entre l’amour du prochain et la perfection à laquelle il vient nous appeler : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ».

Pourquoi devons-nous aimer notre prochain, pourquoi devons-nous aimer même nos ennemis ? Pourquoi devons-nous prier pour ceux qui nous font du mal ?

Mais pour être de vrais fils ou de vraies filles de Dieu, car Lui Notre Père, fait briller son soleil et tomber la pluie aussi bien sur les méchants que sur les bons. Le Dieu infiniment bon envoie à tous la lumière et la chaleur de son amour : il n’y a pas de limites, il n’y a pas de frontières dans son cœur de Père. Alors, puisque nous sommes ses enfants, nous devons Lui ressembler, nous devons nous inspirer sans cesse de son esprit. Jésus nous demande rien moins que de viser à la perfection de Dieu Lui-même, c’est-à-dire à la perfection de l’amour. Etre parfait, c’est aimer comme Dieu aime. Toutefois il s’agit de bien s’entendre sur le sens de cet amour. Car le mot amour qui est le plus beau de tous est malheureusement celui qu’on a le plus dévalué. Sous ce mot, on place en effet le meilleur et le pire.

Aimer comme Dieu, frères et sœurs, ce n’est pas annexer ou accaparer celui qu’on prétend aimer ; ce n’est pas en profiter, ce n’est pas l’aimer comme on aime une friandise...

Aimer comme Dieu ce n’est pas simplement éprouver une pitié passagère devant une détresse ; ce n’est pas simplement faire la charité dans le sens de faire l’aumône.

Aimer comme Dieu ce n’est pas non plus affaire d’attirance spontanée, ni affaire de désir à satisfaire. Si nous voulons comprendre ce que cela signifie : « Aimer comme Dieu » il nous faut contempler Jésus (Lui, la vivante Image du Père) dans sa manière d’aimer.

  • On voit qu’en Lui, en effet, l’amour est effectif. Il n’a rien d’une tendresse trop sentimentale qui ne s’engage pas. Il se met constamment au service des autres, en particulier ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur cœur.
  • On voit aussi qu’en Jésus l’amour est absolument gratuit, totalement désintéressé : il donne sans calculer et sans attendre de reconnaissance : il est comme un rayon qui part et qui ne revient pas. Et c’est parce qu’il a ce caractère de gratuité qu’il est capable d’aimer même les ennemis et de pardonner inlassablement.
  • L’amour de Jésus est un amour universel qui n’exclut absolument personne, qui ne laisse subsister aucune barrière social ou radicale.
  • C’est un amour qui entoure le prochain d’attentions délicates, toujours accueillant, plein de compréhension, de douceur, et de bonté.
  • On voit enfin, qu’en Jésus, l’amour ne connaît pas de limites dans le don de soi-même, puisqu’il va jusqu’à l’extrême, jusqu’au don de sa propre vie : « Il n’y a de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Jésus, nous le voyons ne s’est pas contenté de nous rappeler les principes d’une morale sublime. Lui, l’Innocent, il a subi les gifles, les coups de fouet, la couronne d’épines, un procès inique, le portement de croix et les affres de la crucifixion, l’hostilité jusqu’en ses conséquences ultimes c’est-à-dire la mort. Ce qu’Il nous demande d’accomplir, il l’a réalisé parfaitement le premier. Par sa Passion et par sa Croix il a acquis le droit de nous dire ce qu’il voulait nous enseigner. Et pour que nous puissions refaire au moins un peu ce qu’il a manifesté avec tant d’éclat en imitant l’amour de son Père, il nous envoie les secours de sa grâce. Certes, nous avons connu et nous connaîtrons encore bien des échecs sur ce chemin montant et escarpé de la Sainteté (c'est-à-dire de la perfection de l’amour), mais disons-nous bien que Jésus nous comprend. Il sait combien il est difficile, parfais surhumain d’être non-violent, doux, miséricordieux, aimant quoiqu’il arrive. Mais quelle excuse pourrions-nous avoir devant Lui et devant son Père si nous n’avions même pas essayé, recommencé, persévéré quoiqu’il en coûte ? Là est la pierre de touche du christianisme, tant il est vrai que tout le reste relativement facile puisque les publicains et les païens en font autant. Rendre le bien pour le mal, pardonner à ses ennemis, c’est vraiment la perfection de la charité. Nous sommes appelés à être chrétiens jusque là...

Fortifiés par l’Eucharistie qui est la nourriture privilégiée de la charité et soutenus par Marie qui est la Mère du « Bel Amour » puissions-nous, frères et sœurs, vivre la Loi d’amour dans toutes ses exigences. Images de Dieu, ressemblons donc à notre Père des Cieux. Soyons saints comme Lui est Saint.

Amen.

Prière Universelle

Le prêtre : En réponse à l'appel à la sainteté et à la perfection que nous livrent les textes de ce dimanche, présentons au Père des cieux nos prières pour que notre monde s'ouvre à sa sagesse.

  • Accorde à ton Église de percevoir les motions de l'Esprit, pour qu'elle sache dire à l'humanité de notre temps que, dans ses angoisses et ses souffrances, le Christ offre à chacun sa miséricorde, sa personne qui réconforte - Dieu Père, nous t'en prions.
  • Que ton Esprit Saint éclaire les gouvernements dans leur responsabilité face aux technologies nouvelles, pour que l'intelligence artificielle soit utilisée de façon éthique, pour le bien de l'humanité et de l'environnement - Dieu Père, nous t'en prions.
  • Pour que les malades du virus en Chine et dans le monde, et les victimes des intempéries dans notre pays et sur la planète, puissent percevoir l'amour de leur prochain dans les soins et les secours qui leur sont prodigués - Dieu Père, nous te prions.
  • Accorde à chacun de nous, dans notre communauté paroissiale, la grâce de grandir en charité, pour laisser ton Esprit de sainteté habiter pleinement en nos êtres et en nos vies - Dieu Père, nous t'en prions.

Le prêtre : Dieu notre Père, entends nos prières de ce jour, et fais de tous tes enfants des sanctuaires de ta présence au milieu de notre monde. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Isabelle Brunner, ALP

Source de la P.U. : http://cathophalsbourg.over-blog.com/

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10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 21:18
Source de l'image : https://croixstandre.wordpress.com/

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage 15, 15-20

Dieu a donné la liberté aux hommes, mais il ne les abandonne pas à eux-mêmes pour choisir entre le bien et le mal.

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l’eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l’une ou l’autre leur est donnée selon leur choix. Car la sagesse du Seigneur est grande, fort est son pouvoir, et il voit tout. Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes. Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne la permission de pécher. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Les penseurs du peuple israélite se sont penchés depuis longtemps sur bien des questions d’une brûlante actualité, telle ici celle de la liberté humaine. L’homme est libre, affirment-ils, mais la liberté ne lui est pas donnée pour faire n’importe quoi. Certes, il peut choisir le feu qui détruit, la mort, plutôt que l’eau qui féconde, la vie. Mais Dieu, ami des hommes, leur a montré où est le véritable épanouissement de leur être et leur liberté, et son amour ne cesse de les appeler, de les guider et de les porter vers ce but qui est Lui-même.

« Si tu le veux, tu peux ». Facile à dire ! Encore faut-il soutenir le malade de l’alcool, le drogué qui cherche à se libérer ; créer les conditions de réinsertion des sortis de prison, et plus généralement épauler les enfants et les jeunes qui veulent devenir libres. Comment aidons-nous les uns et les autres à « vouloir » et à « pouvoir » ?

Psaume 118

R/ : Heureux ceux qui marchent suivant la loi du Seigneur !

  • Heureux les hommes intègres dans leurs voies qui marchent suivant la loi du Seigneur ! Heureux ceux qui gardent ses exigences, ils le cherchent de tout cœur ! R/
  • Toi, tu promulgues des préceptes à observer entièrement. Puissent mes voies s'affermir à observer tes commandements ! R/
  • Sois bon pour ton serviteur, et je vivrai, j'observerai ta parole. Ouvre mes yeux, que je contemple les merveilles de ta loi. R/
  • Enseigne-moi, Seigneur, le chemin de tes ordres ; à les garder, j'aurai ma récompense. Montre-moi comment garder ta loi, que je l'observe de tout cœur. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2, 6-10

Le projet de Dieu pour l’humanité dépasse toutes nos espérances.

Frères, c’est bien de sagesse que nous parlons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n’est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dirigent ce monde et qui vont à leur destruction.

Au contraire, ce dont nous parlons, c’est de la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, établie par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dirigent ce monde ne l’a connue, car, s’ils l’avaient connue, ils n’auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. Mais ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture : ‘ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas venu à l’esprit de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé.’

Et c’est à nous que Dieu, par l’Esprit, en a fait la révélation. Car l’Esprit scrute le fond de toutes choses, même les profondeurs de Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le projet de Dieu sur le monde et sur l’homme, que Paul appelle ici la sagesse de Dieu, ne nous a été révélé que par Jésus Christ. Il dépasse l’imagination de l’homme et même ses plus profondes aspirations, non parce qu’il s’y opposerait, mais parce que le Christ leur donne un accomplissement insoupçonné auquel l’homme ne peut atteindre par lui-même. Dans l’homme Jésus ressuscité, vivant de la vie du Père, la liberté, la vie, la fraternité universelle, la solidarité avec l’univers matériel auxquelles aspire l’humanité, ont trouvé leur achèvement d’une manière inespérée. Et de ce même destin est promis à tous les hommes par la résurrection et le retour du Christ, à la fois comme don gratuit de Dieu et comme aboutissement de leurs efforts pour édifier un monde nouveau.

Former des adultes dans la foi relève de notre tâche de parents, d’éducateurs ou de catéchistes. Acceptons de prendre le temps et les moyens de formation qui nous sont offerts dans ce but.

Alléluia. Alléluia. Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume ! Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 17-37

Jésus ne nous proposerait pas les exigences du sermon sur la montagne, s’il ne nous rendait pas capables aussi d’y répondre.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux ». Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou ».

Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère.’ Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : ‘Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère ».

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.’ Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi. Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La justice chrétienne qui doit surpasser celle des scribes et des pharisiens, désigne ici tout le comportement de l’homme et plus intimement encore ce qui est la source et la motivation de ses pensées, ses paroles et ses actes. Alors que pour tout code de morale cette source est résumée en un certain nombre de règles ou en un système de valeurs, la justice chrétienne trouve sa source ultime en Jésus Christ : « Vous avez appris… Eh bien moi, je vous dis ». Cette revendication du Christ à dépasser toutes les morales, y compris la loi de Dieu transmise par Moïse, n’est légitime que s’il est l’égal de Dieu. À cette condition l’appel au dépassement qu’il lance à l’humanité n’est pas hors de notre portée puisque lui-même s’engage, dans la toute-puissance de son amour divin, à nous entraîner, nous soutenir, nous pardonner.

« Moi, je vous dis ». Ce moi transforme toute la morale car il est une exigence de dépassement de soi qu’aucune morale n’oserait réclamer, et, dans le même temps, il est un cœur affectueux et miséricordieux que ne rebute aucune de nos défaillances.

Homélie

Après nous avoir dit dimanche dernier « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde », Jésus nous déclare aujourd’hui « Si votre justice (c’est-à-dire votre fidélité à la volonté de Dieu) ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu ».

On à souvent traduit cette parole du Christ en disant : « si vous n’êtes pas meilleurs que les non-pratiquants et les incroyants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu ».

Mais est-ce bien cela que Jésus a voulu dire ? Car les scribes et les pharisiens n’étaient pas des incroyants ou des non-pratiquants : c’étaient au contraire des hommes profondément religieux des hommes fidèles jusqu’au scrupule à toutes les pratiques religieuses de leur temps.

Alors, comment faut-il interpréter la pensée de Jésus ?

Regardons un peu ces scribes et ces pharisiens comme Jésus les voyait de son temps. Comment se comportaient-ils ? Le Seigneur leur déclara un jour « vous, vous pratiquez la justice (la fidélité à Dieu) pour attirer les regards et l’admiration des gens, mais Dieu regarde vos cœurs ». Autrement dit : ces gens-là sont fidèles aux actes extérieurs prescrits par la loi religieuse ; ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettre d’adultère... Maris pour Jésus la fidélité va beaucoup plus loin : ce n’est pas simplement dans les observances extérieures et visibles qu’elle se vérifie, mais au plus intime du cœur, de la conscience, des désirs et des intentions.

- Ne pas tuer : bien sûr, mais encore repousser tout sentiment de rancœur, de colère, de vengeance et même faire tout ce qu’on peut pour mieux s’entendre, se remettre d’accord, pardonner et se réconcilier. Ici, vous le voyez, on retrouve les Béatitudes « Heureux les doux, heureux les miséricordieux, heureux les artisans de paix ».

- Ne pas commettre d’adultère ? Bien sûr, mais encore repousser tout désir purement charnel, tout regard possessif qui tend à considérer la femme comme un objet à utiliser, alors qu’elle est fille de Dieu à respecter et à aimer pour elle-même. Ici encore nous retrouverons une des Béatitudes « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ». Un cœur pur, limpide, transparent est capable de voir toutes choses et tout être avec le regard même de Dieu.

- Ne pas faire de faux serments ? Bien sûr, mais encore être d’une parfaite franchise dans nos rapports avec les autres. Avec Jésus, la fidélité n’est donc plus simplement affaire d’observances extérieures, mais elle doit aller jusqu’à la conversion du cœur. Remarquez que, là encore, Jésus n’invente rien de nouveau. Quantité de textes de l’Ancien Testament déclaraient déjà que les observances religieuses purement extérieures n’avaient aucun sens lorsque le cœur n’y était pas. Souvenez-vous par exemple du très beau texte d’Isaïe sur le jeûne : « A quoi bon tous vos jeûnes... ! Le jeûne que je préfère, dit Dieu, n’est-ce pas de défaire les chaines injustes et de renvoyez libres les opprimées ? N’est-ce pas de partager ton pain avec celui qui a faim, d’accueillir chez toi les pauvres sans abri, et de vêtir le vagabond qui passe ? Que m’importent vos innombrables sacrifices, dit encore Isaïe... En revanche, cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien, faites doit au pauvre et au malheureux ».

Mais nous-mêmes, frères et sœurs, n’avons-nous pas tendance à tomber dans le même travers ? Par exemple, nous sommes fidèles à nos messes du dimanche, mais n’en faisons-nous pas trop souvent une simple observance extérieure, sans y mettre notre cœur ? Y venons-nous avec le souci de nous convertir jusqu’au plus profond de nos cœurs, à l’esprit et à la parole du Christ ; avec le désir de nous offrir en union avec Lui, et de nous unir toujours plus intimement à Lui ? Et puis venir à la Messe par devoir, par obéissance à l’Eglise c’est bien, mais y venir par amour pour le Seigneur, n’est-ce pas tellement mieux ? C’est encore en ce sens que notre fidélité doit surpasser celle des scribes et de pharisiens : ils étaient fidèles à leur loi, à leurs traditions. Ils les observaient comme on observe une consigne, un règlement. Mais ce que le Christ nous demande ce n’est pas simplement d’être fidèles à une morale, c’est d’être fidèles à Dieu qui voit au fond des cœurs. Fils et filles de Dieu, c’est par toute notre vie non seulement par nos actions mais par nos sentiments, nos désirs et nos plus secrètes pensées que nous devons nous attacher à notre Père des cieux et lui témoigner notre amour filial. Alors, nous n’aurons jamais fini de progresser dans notre fidélité.

Quand on a observé une loi, on s’est mis en règle avec la loi, on a la conscience tranquille, le sentiment de devoir accompli : point final, c’est terminé.

Quand il s’agit au contraire de répondre à l’appel de celui qui nous aime, notre Père du Ciel, on ne cherche plus simplement à se mettre en règle avec une loi, mais on cherche à l’aimer, à se mettre en route vers lui, à le rejoindre et à s’attacher à lui, pour travailler et vivre en communion avec Lui.

C’est dans cet esprit-là que Jésus se comportait vis-à-vis de son Père : « Ma nourriture, c’est de faire sa volonté... Je fais toujours ce que lui plaît ! » Plaire à Dieu son Père, c’était pour lui un besoin, une nourriture, une joie : ça n’était jamais fini !

Tout cela, frères et sœurs nous aide à mieux comprendre ce qu’est la morale chrétienne. La morale de l’Ancien Testament, c’était un ensemble de règles fort bien faites pour faciliter la vie en commun, la vie en société. Cette morale de l’Ancien Testament, les « docteurs de la loi » y avaient ajouté mille commentaires qui compliquaient tout. Mais les prophètes, de leur côté, l’avaient de plus en plus approfondie et intériorisée au cours des siècles.

Jésus prend la suite de l’enseignement des prophètes et y apporte tout son épanouissement. Il nous appelle ainsi à dépasser cet art « de vivre ensemble » de l’Ancien Testament pour adopter l’art de vivre des fils et filles de Dieu.

Avec le Christ-Jésus, nous le voyons, c’est un monde nouveau qui commence, le monde dont Dieu rêve depuis les origines ; un monde où l’on ne se contentera plus d’une fidélité extérieure, mais un monde où l’on vivra dans l’amour filial pour Dieu et dans l’amour fraternel. Un monde où l’on vivra sous le règne de l’Esprit de Dieu qui est Amour.

Merci Jésus d’aller plus loin que le défendu et le permis, qui « le fait » ou le « pas fait ». Tu nous fais comprendre que la vie morale du chrétien c’est le don d’un cœur accordé à tous cœur et rien d’autre. Cela n’abolit pas les règles ; cela prend le problème à sa source, au centre mystérieux de la personne, là où tu veux venir habiter, avec ton Père et l’Esprit d’Amour qui fait Votre Unité.

Amen.

Prière Universelle

  • Pour l’Église, qui a reçu mission d’annoncer l’Évangile de la Vie et du salut apporté au monde par Jésus Christ. Qu'elle soit présente dans tous les lieux de souffrances pour répondre aux besoins spirituels des malades qui le souhaitent. Seigneur, nous te prions.
  • Pour les responsables politiques et sociaux chargés des problèmes et de la gestion de la santé publique...
  • Pour les chercheurs, les médecins qui ont pour tâchent de protéger la santé de tous et de servir la vie...
  • Pour le personnel soignant qui se dévoue auprès des malades dans des conditions parfois difficiles... Seigneur, nous te prions.
  • Pour les malades… Les personnes et les enfants actuellement hospitalisées… Celles qui suivent un traitement, parfois lourd et douloureux… Celles et ceux en soins palliatifs… En ce jour de la fête de Notre Dame de Lourdes, demandons à l’Immaculée Conception son aide à toujours choisir un chemin de Confiance pour vivre, avec leur entourage la maladie et la souffrance... dans l’espérance et la paix. Notre Dame de Lourdes, nous vous en prions
  • Pour les aumôneries d’hôpitaux… Les équipes de la pastorale de la santé, tous ceux et celles qui sont préoccupés par la santé physique et morale de ceux qui souffrent et qui attendent des gestes d’amitiés… Qu’ils restent toujours attentifs aux préoccupations de ceux qui sont les plus fragiles et les plus faibles en les accompagnants jusqu’au bout de la vie... Seigneur, nous t’en prions

Source : http://www.berceau-du-fer.com/ Micheline- Guy Tribout - équipePU@EAP

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 21:58

Lecture du livre d'Isaïe 58, 7-10

Si tu sais partager nous dit le prophète Isaïe, si tu combats les injustices, alors ta nuit sera comme la lumière de midi.

Ainsi parle le Seigneur : Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable.

Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici ». Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. – Parole du Seigneur.

Commentaire : on lui avait promis qu’il serait la « lumière des nations », mais le peuple juifs revenu d’exil a plutôt l’impression d’être dans une impasse et de ne pouvoir retrouver sa splendeur et son influence d’antan. On lui avait promis que son Dieu ne se détournerait plus de lui, mais le peuple a l’impression d’appeler en vain dans la nuit. Pourquoi ? Il manque à ce peuple de savoir partager avec le malheureux, de vouloir combattre les injustices et l’exploitation des faibles. Quelle lumière pourrait-il bien alors rayonner sur le monde ? Et puisqu’il se dérobe à son semblable, Dieu qui fait cause commune avec le pauvre, se dérobe à son tour à son peuple.

Quand m’arrive-t-il de me dérober à mes frères ? Et de me dérober à Dieu ?

Psaume 111

R/ : Lumière des cœurs droits, le juste s’est levé dans les ténèbres, ou, Alléluia !

  • Lumière des cœurs droits, il s'est levé dans les ténèbres, homme de justice, de tendresse et de pitié. L'homme de bien a pitié, il partage ; il mène ses affaires avec droiture. R/
  • Cet homme jamais ne tombera ; toujours on fera mémoire du juste. Il ne craint pas l'annonce d'un malheur : le cœur ferme, il s'appuie sur le Seigneur. R/
  • Son cœur est confiant, il ne craint pas. à pleines mains, il donne au pauvre ; à jamais se maintiendra sa justice, sa puissance grandira, et sa gloire ! R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2, 1-5

Dans son annonce de l’Évangile, Paul ne se met pas en avant, pour que la foi des croyants ne repose pas sur lui, mais sur Dieu.

Frères, quand je suis venu chez vous, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus Christ, ce Messie crucifié. Et c’est dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, que je me suis présenté à vous. Mon langage, ma proclamation de l’Évangile, n’avaient rien d’un langage de sagesse qui veut convaincre ; mais c’est l’Esprit et sa puissance qui se manifestaient, pour que votre foi repose, non pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire : On se fait facilement de Paul, au travers de ses lettres et au souvenir de son infatigable activité missionnaire l’idée d’un homme décidé, « accrocheur », à la parole convaincante et à l’enthousiasme contagieux. Il n’a pourtant rien d’un tribun, avoue-t-il, il n’a pas le don de manier les foules ni l’art de convaincre. Mais il croit à l’amour fou d’un Dieu qui se laisse crucifier, il croit, et il en vit, à l’Évangile qu’il annonce. Sa foi, son désintéressement, la vérité de sa vie sont la preuve que l’Esprit de Dieu parle par lui. Aussi n’est-ce pas à Paul que les Corinthiens se sont convertis, mais à Dieu.

Craintif et tout tremblants, nous le sommes souvent quand il s’agit de rendre compte de notre foi. Oser prendre alors la parole, c’est croire que Dieu parle au cœur de chacun bien mieux que nos plus belles paroles.

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur. Celui qui me suit aura la lumière de la vie. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 13-16

Vous êtes la lumière du monde, nous dit Jésus. Mais notre lumière brille-t-elle devant les hommes ?

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Les disciples rassemblés autour de Jésus viennent de l’entendre proclamer les Béatitudes qui leur étaient adressées. S’ils les vivent ils sont sel et lumière pour le monde ; sinon, ils perdent toute raison d’être. D’autre part, si Jésus a groupé des disciples, s’il a voulu son Église, ce n’est pas pour qu’elle tourne sur elle-même à l’intérieur de ses propres institutions, mais pour qu’elle brille au dehors comme une ville sur une montagne ou une lampe sur le lampadaire ; sinon elle est inutile car elle ne peut plus conduire les hommes à reconnaître Dieu comme leur Père.

Tant d’hommes n’ont plus de goût à vivre, soit à cause de leur misère physique ou morale, soit à cause du non-sens apparent de leur vie et du monde. Notre communauté chrétienne est appelée à être le sel de la terre par sa joie de vivre, son attention à chacun, son espérance. Comment nous y prenons-nous pour que ce soit visible ?

Homélie

Dimanche dernier l’Evangile proclamait les Béatitudes qui sont la Charte de la vie nouvelle selon le Christ. Aujourd’hui en se servant de deux images très suggestives, Jésus nous rappelle notre mission de chrétiens : nous devons être dans tous les milieux où nous vivons le Sel de la Terre et la Lumière du Monde.

Disciples du Christ, choisis et appelés par Lui, devenus par le baptême membres de son Corps qui est l’Eglise, comment pourrions-nous oublier que nous sommes des dépositaires d’une richesse d’intérêt vital pour le monde ? Et que cela implique une lourde responsabilité : celle de redonner le goût de Dieu à ce monde blasé qui est le nôtre. C’est aussi de faire resplendir la vérité de Dieu, la vérité de l’Evangile sur tous ces frères humains qui s’égarent, au risque de se perdre, dans la nuit de l’incroyance, de l’indifférence ou de l’erreur.

Avons-nous, frères et sœurs, suffisamment conscience que c’est l’œuvre même du Christ, œuvre de sanctification et de salut qui se trouve ainsi remise entre nos pauvres mains. Oui, c’est bien cette entreprise gigantesque, toujours en chantier qu’à la suite de tant d’autres générations chrétiennes nous avons la charge de continuer sous la direction de cet incomparable Maître d’œuvre qu’est le Seigneur-Jésus lui-même, invisible certes, mais toujours présent et agissant dans son Eglise, toujours présent et agissant au cœur de nos vies. Prenons-nous assez au sérieux, frères et sœurs, ce rôle d’apôtres, de témoins du Christ qui nous a été confié ?

« Vous êtes le sel de la terre ». Le sel, nous le savons, c’est le résidu d’une évaporation qui élimine l’eau pour permettre la cristallisation. Pour devenir sel de la terre, les disciples du Christ ont le devoir « d’éliminer » ce qui dilue et rend inefficace leur témoignage : en particulier le manque de solidité des convictions et l’absence de cohérence entre la foi et la vie. Si un chrétien perd le goût de Dieu, s’il s’affadit en ne se ressourçant plus dans la Prière, la Parole de Dieu et les Sacrements, il n’a plus de différence à faire entendre. Pour jouer leur rôle de sel, les chrétiens ne peuvent pas se contenter d’être comme tout le monde. En adoptant sans discernement les mentalités ambiantes et les conformismes culturels et sociaux, ils perdent leur saveur d’Evangile. Il est tentant, en effet, de se laisser absorber, de se dissoudre : « Tout le monde le fait, dit-on, c’est comme ça aujourd’hui, il faut bien être de son temps ». Insensiblement, inconsciemment on peut dériver et n’avoir plus de chrétien que le nom et quelques habitudes...

Le monde d’aujourd’hui nous interroge sur notre foi et il nous attend sur le terrain de la pratique concrète. Qu’avons-nous d’original, de tonique, de chaleureux à transmettre ?

Le sel donne du goût aux aliments, mais trop nombreux hélas sont les chrétiens qui ne font partager le goût du message évangélique, le goût pour la vérité, le goût de vivre, le goût d’aimer.

Le Christ a dit « vous êtes le sel de la terre et non pas vous devez être le sel de la terre ». Oui, vous l’êtes, vous n’avez pas le droit de ne pas l’être : vous l’êtes du seul fait que vous avez été choisis, vous l’êtes parce que depuis votre baptême vous êtes riches de la puissance de l’Esprit-Saint. Alors, cet Esprit ne l’étouffez pas : « si le sel s’affadit, il n’est plus bon à rien et ou le jette dehors... »

Le Seigneur ne veut pas des chrétiens fades, de chrétiens qui édulcorent la radicalité et la force de l’Evangile.

« L’évangile c’est du sel et vous en avez fait du sucre » disait Paul Claudel. Le Seigneur ne veut pas des chrétiens : inodore, incolore et sans saveur. Rappelons-nous ici les paroles si fortes de l’apocalypse : « je connais ta conduite, tu n’es ni froid ni chaud, que n’es-tu l’un ou l’autre. Ainsi puisque tu es tiède, je vais te vomir de ma bouche ».

« Vous êtes la Lumière du monde » sans la lumière nous ne pouvons pas vivre. Lorsqu’elle vous fait défaut nous prenons mieux conscience de son rôle indispensable. La lumière est belle, elle réjouit, elle fait chanter les couleurs. Elle est une des conditions de la vie.

C’est encore Paul Claudel qui reprochait à certains chrétiens « de mettre le soleil dans leur poche ». Sommes-nous de ceux-là ? Ne gardons-nous pas dans l’ombre l’éclatant message descendu du ciel ?

Jésus compte sur nous pour propager son enseignement, pour faire briller bien haut la vérité de l’Evangile, frères et sœurs, dans un monde qui est de plus en plus enténébré par des erreurs de toutes sortes ?

Jésus s’est défini la lumière du monde et il a ainsi précisé sa pensée : « Celui qui vient à ma suite ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la Lumière qui conduit à la Vie ». Les disciples partent et transmettent la même Lumière que le Christ, ils appartiennent tellement au Christ, ils sont tellement imprégnés de sa Vérité, qu’ils deviennent eux-mêmes Lumière.

Vivre dans la Lumière et être lumière voilà donc à quoi doit tendre un vrai disciple du Christ. Il ne s’agit pas de mise en scène, ni de s’exposer aux feux de la rampe, mais de vivre en cohérence avec sa propre foi : être celui que je dois être, en vertu de mon baptême devant Dieu et devant les hommes. Nous n’avons pas à nous valoir, nous avons à laisser transparaître Dieu dans toute notre vie.

D’ailleurs Jésus lui-même le souligne : « c’est dans la mesure où ils verront nos bonnes œuvres » (et saint Augustin précise que ces bonnes œuvres sont en premier lieu les actes de l’amour fraternel) que ceux qui nous fréquentent et nous observent seront amenés à rendre gloire à notre Père des Cieux.

Prions Marie, la Vierge de Lumière pour qu’elle nous obtienne la grâce de demeurer greffés sur Jésus, attachés à lui, saveur du monde, car c’est à cette condition seulement que notre témoignage sera pleinement efficace.

« Celui qui demeure en moi portera beaucoup de fruits ».

Amen. 

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 22:41

Lecture du livre d'Isaïe 8, 23b. 9, 1-3

C’est à la Galilée, le carrefour des païens, que le prophète Isaïe promet la lumière et la libération messianiques.

Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’avenir est bouché, le peuple est sans espoir, son élite a été déportée et son pays ravagé par l’ennemi assyrien. Que peut-il attendre ? Le prophète Isaïe voit poindre cependant le jour de sa libération, car un héritier est né au roi descendant de David. Ce n’est encore qu’un petit enfant, mais il cristallise toute l’espérance des pauvres. Lui au moins ne sera pas dévoré d’ambitions, mais il n’aura pour but que le bien de son peuple.

Quelle lumière et quelle joie véritables attendent ceux qui demeurent aux « carrefours des païens » que sont nos cités aujourd’hui ?

Psaume 26

R/Le Seigneur est ma lumière et mon salut

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/
  • J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. R/
  • Mais, j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur ». R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1, 10-13. 17

Les rivalités qui divisent la communauté de Corinthe montrent une méconnaissance radicale de la croix de Jésus Christ.

Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ : ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions. Il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de chez Chloé, qu’il y a entre vous des rivalités. Je m’explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul », ou bien : « Moi, j’appartiens à Apollos », ou bien : « Moi, j’appartiens à Pierre », ou bien : « Moi, j’appartiens au Christ ». Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ. – Parole du Seigneur.

Commentaire : S’attacher à tel ou tel prêtre ou laïc qui nous a marqués et orientés dans notre rencontre du Christ ; préférer une présentation de l’évangile qui soit plus parlante pour nous et pour nous notre milieu qu’une autre plus traditionnelle ; reconnaître qu’un prêtre sait mieux qu’un autre alimenter notre foi, dans ses sermons, ses prédications de retraite, sa manière d’intervenir en révision de vie, tout cela est légitime car l’Église n’est pas plus uniformité. Ce que Paul reproche aux Corinthiens c’est de faire un absolu de leur attachement à un prédicateur et à sa doctrine, de se constituer ainsi en clans rivaux, de cristalliser la bonne nouvelle du Christ en une idéologie nécessairement exclusive d’une autre.

Pour faire taire les divisions, Paul plante la croix de Jésus au milieu de la communauté de Corinthe. Lorsque des frictions ou des rivalités naissent dans nos équipes ou dans notre communauté, notre réflexe est-il aussi de nous rappeler que l’unité se fonde sur l’unique amour du Christ pour chacun et chacune.

Alléluia. Alléluia. Jésus proclamait l’Évangile du Royaume, et guérissait toute maladie dans le peuple. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4, 12-23

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets.

C’est en Galilée, dans cette région méprisée parce qu’elle était un carrefour de races mêlées, que Jésus choisit ses premiers disciples.

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.

À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche ».

[Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent. Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple]. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Dans la Palestine du temps de Jésus, la Galilée était vraiment considérée comme le « carrefour des païens ». Une longue histoire de guerres, d’invasions, d’immigrations forcées y avait brassé les peuples. Les juifs de Judée, de race pure et de stricte observance religieuse, considéraient avec mépris ces Galiléens de races mêlées. Or, c’est justement là, dans ce pays de mission, que Jésus inaugure son annonce de la Bonne Nouvelle et qu’il choisit ses premiers disciples.

« Moi, je ne saurais pas faire, je n’ai pas les compétences voulues », disons-nous parfois lorsqu’on nous propose une responsabilité. Jésus, lui, a cru qu’avec de simples pêcheurs d’une région déconsidérée, il pouvait faire des apôtres.

Homélie

D’un pas ferme et décidé, Jésus marche sur la rive du Lac de Galilée.

- Il s’avance avec la liberté de Celui qui vient de tout quitter : sa Très Sainte Mère, sa maison, son métier.

- Il marche avec la force de Celui qui porte en lui la plénitude de l’Esprit-Saint reçu à l’heure de son Baptême par Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain.

- Il chemine éclairé de la lumière intérieure de Celui qui vient de jeûner 40 jours au désert et d’y vaincre Satan, le Tentateur.

Pourquoi a-t-il décidé de s’établir à Capharnaüm pour inaugurer son ministère ? L’Évangile nous le dit explicitement : Jésus cherche le contact. Cette ville au bord du lac est le « carrefour des païens » un lieu de brassage de toutes sortes de peuples. Là il va pouvoir annoncer la Bonne Nouvelle à des auditoires très divers. Prophète de la Lumière, il vient spontanément au pays de l’ombre. Porteur de la vie de Dieu, il vient dans « le pays des âmes mortes ». Sauveur qui enlève le péché du monde il vient là où des pécheurs sont à sauver...

Près de la rive des marins-pécheurs s’affairent et parmi eux Pierre et André, Jacques et Jean. Jésus les interpelle. Il les appelle... Un jour il leur dira qu’il l’a fait dans une suprême liberté : « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués... »

La vocation n’est pas l’écoute d’un désir ; elle est réponse à un appel. Une réponse vécue à un appel entendu. Par ailleurs, ces quatre hommes ne sont pas des désœuvrés, mais des gens occupés : ils ont maison, famille et profession.

On ne suit pas le Christ faute de mieux ou pour combler un vide, car la marche à sa suite n’est ni un refuge, ni une sinécure. Pierre et André nous sont montrés jetant le filet, Jacques et Jean réparant le filet... Au plein feu de ce que l’on fait ou en préparation de ce que l’on fera, (peu importe) le Seigneur passe et il parle : il faut se lever et le suivre. « Aussitôt laissant là leurs filets, leur barque et leur père, ils le suivirent ».

De plus, l’Évangile signale que Pierre et André « sont des frères » ainsi que Jacques et Jean. Ce n’est pas sans signification : Jésus fera comprendre par la suite que le plus fort témoignage apostolique c’est celui de l’amitié, de l’amour fraternel : ceux qu’il appelle aujourd’hui « deux par deux » pour l’accompagner dans sa vie apostolique seront pareillement envoyés demain « deux par deux » pour témoigner de Lui. C’est à ce signe de fraternité et d’amour qu’on les reconnaîtra pour ses disciples, car seuls des hommes qui s’aiment savent dire par leur vie que Dieu existe puisqu’il est amour.

Il faut enfin noter que dans la réponse des quatre frères il n’y a pas la moindre hésitation et pas de demi-mesure : ce Jésus de Nazareth qui les appelle, qu’ils ont sans doute déjà vu, parler, prier, agir, les a séduits. Oui, ils sont fascinés comme on peut l’être quand on rencontre son visage. Et puisque c’est l’amour qu’il demande, par pur amour ils vont donc tout quitter. Avec lui, ils graviront la route qui les conduira vers sa Passion et sa Résurrection... et jusqu’à la Pentecôte où ils recevront la plénitude de son Esprit qui fera d’eux des messagers irrésistibles de son Évangile.

Et pour nous, frères et sœurs, qu’en est-il ? Qu’allons-nous faire ?

Est-ce que nous ne ressemblons pas à ces habitants du pays de l’ombre dont parle Isaïe... Notre vie dans la grisaille de nos occupations journalières nous paraît si souvent monotone...

Et si, d’aventure à la banalité s’ajoute l’inimitié, si à la morosité du quotidien s’ajoute la discorde dans les relations (comme saint Paul le déplore auprès des communautés de Corinthe), il n’est pas étonnant que la vie nous apparaisse encore plus dépourvue d’intérêt et de sens...

Quelle lumière, quelle parole, quel visage viendront éclairer et réjouir notre attente ? Nous savons bien, qu’aucune organisation sociale, aucun être, aucun projet humain ne sauraient satisfaire le besoin d’amour et d’infini qui nous habite...

Allons-nous pour autant nous lever pour suivre le Christ ? A vrai dire... nous hésitons ! Et, ce faisant, nous nous trompons nous-mêmes. Nous croyons sauvegarder notre liberté en refusant de partir, préserver notre acquis en évitant de le donner. Mais, en fait, nous perdons notre vie en voulant la garder comme Jésus lui-même nous le dit.

Il nous faut être vrai, frères et sœurs. De toute façon nous suivons tous quelque chose ou quelqu’un :

- nous suivons un idéal ou une idéologie,

- nous suivons nos convictions, nos principes, notre milieu,

- nous suivons des lois, des habitudes, des goûts, nous conformant aux modes ou à la mode, ayant nos maîtres à penser : ceux et celles que nous aimons regarder, écouter, lire et côtoyer... Ainsi, qui que nous soyons, quoique nous fassions, que ce soit dans la révolte et la soumission, que ce soit passionnément ou passivement nous marchons derrière quelque chose ou quelqu’un...

Et si nous nous décidions une bonne fois à marcher résolument à la suite du Christ !

- Lui seul, nous le savons, a les paroles de la vie éternelle...

- Lui seul, nous le croyons, a le dernier mot sur la mort qu’il a vaincue et la vraie réponse à nos souffrances qu’il a remplies de sa présence.

Nous ne pouvons pas vivre comme si ce n’était pas vrai. Nul comme Lui n’a jamais pu dire « Je suis le chemin qui conduit à la vérité et à la vie ». Et nous hésiterions encore à marcher à sa suite ? Oh ! Si l’on pouvait démontrer qu’il existe quelqu’un de plus vrai, de plus saint, de plus riche, de plus aimant, de plus vivant que Lui, un être plus capable de satisfaire le besoin d’amour et d’infini qui est en nous, nous quitterions tout, nous nous lèverions tous pour marcher à sa suite. Mais si c’est Lui qui est la Lumière du Monde, qu’attendons-nous pour sortir de l’ombre ?

Chers frères et sœurs, ce matin, Jésus est là qui s’avance vers chacun et chacune d’entre nous pour nous dire ou nous redire « Toi aussi viens à ma suite ». Levons donc les yeux, regardons-le bien en face et du fond du cœur, disons-lui à l’exemple de Marie qui fut la principale et la plus généreuse collaboratrice du projet divin de salut : « Me voici Seigneur », je mets à ta disposition le pauvre instrument que je suis. Utilise-le comme il te plaira.

Amen.

Prière Universelle

Le Seigneur est notre lumière et notre salut. De qui aurions-nous crainte ? Offrons-lui avec confiance les prières qui montent de nos cœurs.

Dieu fidèle, reçois notre prière.

  • Prions pour les disciples de ce temps qui ont mis leurs pas dans ceux de ton Fils, afin qu’ils et elles continuent d’accueillir la Bonne Nouvelle avec bonheur.
  • Prions pour les personnes appelées à réaliser les prémices du Royaume d’amour, de justice et de paix, afin qu’elles cherchent toujours sincèrement la vérité.
  • Prions pour les personnes appauvries, celles dont la santé physique ou mentale est fragile ou qui subissent une forme ou l’autre d’exclusion, afin qu’elles trouvent toujours des êtres qui illuminent leur vie.
  • Prions pour notre communauté, formée de disciples désirant suivre les pas de Jésus, afin que sa lumière éclaire sans cesse notre route et nous ouvre aux appels de nos frères et sœurs.

Dieu tout-puissant, toi qui fais se lever sur toutes ténèbres une grande lumière, accueille nos prières et rends-les conciliables avec l’esprit qui règne en ton royaume. Nous te le demandons, par ton Fils Jésus, notre Maître, et par l’Esprit qui appelle à le suivre, pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : http://www.vieliturgique.ca/

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15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 08:14

Lecture du livre d’Isaïe 49, 3. 5-6

Chacun de nous, s’il sert de son mieux Dieu et ses frères, peut dire : « J’ai du prix aux yeux du Seigneur ».

Le Seigneur m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur ». Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force.

Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : La Bible appelle serviteurs de Dieu ceux qui sont entrés avec lui dans une profonde communion d’action et de vouloir. C’est notamment le cas des prophètes. Le prophète, serviteur de Dieu, de cette deuxième partie du livre d’Isaïe reste un personnage mystérieux. Son rôle est double. D’une part, ramener à Dieu son peuple, ce qui implique à la fois un grand mouvement de conversion et le retour d’exil en Palestine. D’autre part, appeler tous les peuples à la connaissance du vrai Dieu. Jésus Christ seul accomplira parfaitement cette mission universelle du serviteur, qui demeure celle de l’Église, peuple de prophètes.

Comment notre communauté chrétienne prend-elle la défense des droits de l’homme pour témoigner du prix que Dieu attache à toute personne humaine ?

Psaume 39

R/ : Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.

  • D'un grand espoir j'espérais le Seigneur : il s’est penché vers moi. En ma bouche il a mis un chant nouveau, une louange à notre Dieu. R/
  • Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles : tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j'ai dit : « Voici, je viens ». R/
  • « Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j'aime : ta loi me tient aux entrailles ». R/
  • Vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais. J'ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1, 1-3

Chaque fois que nous nous rassemblons à la table du Seigneur, nous sommes en communion avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de Jésus Christ.

Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être apôtre du Christ Jésus, et Sosthène notre frère, à l’Église de Dieu qui est à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus et sont appelés à être saints avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre.

À vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Chaque fois que les chrétiens se rassemblent en équipe, dans une communauté de base, en assemblée eucharistique, ils sont l’Église de Dieu. Non pas une secte, non pas des gens que réunit une même idéologie, un même milieu de vie ou des options politiques semblables, mais des hommes et des femmes que Dieu appelle à être son peuple. Aussi toute réunion de chrétiens qui se veut Église doit-elle se vouloir en communion avec tous ceux qui, en tout lieu, se réclament de Jésus Christ comme leur Seigneur ; elle doit aussi chercher à correspondre toujours mieux à l’appel à la sainteté que Dieu lui adresse. Sinon, ce groupe ne serait pas l’Église du Christ une et sainte, catholique, c’est-à-dire universelle, et fondée sur les apôtres.

« Vous qui êtes à Corinthe l’Église de Dieu ». Je relis, ou nous relisons en groupe, ce passage de la lettre en remplaçant Corinthe par la ville, le village ou le quartier qui est le nôtre. Qu’est-ce que cette relecture produit en nous ?

Alléluia. Alléluia. « Le Verbe s’est fait chair, il a établi parmi nous sa demeure. À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu ». Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1, 29-34

Jean Baptiste a reconnu la pleine identité de Jésus grâce à l’Esprit qui est venu demeurer sur lui.

En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël ». Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Quand Jean Baptiste affirme qu’il ne connaît pas son cousin Jésus, il parle de la connaissance de son mystère. Il lui fallut l’évènement de la venue de l’Esprit sur le Christ au Jourdain, pour réaliser que Jésus est le Sauveur annoncé qui prend sur lui le péché du monde pour l’enlever ; qu’il est le Fils de Dieu qui, bien qu’arrivé après Jean sur la scène de l’histoire, existe avant lui parce qu’il ‘est » de toute éternité ; qu’il est celui qui peut donner aux hommes la vie de Dieu en leur communiquant l’Esprit Saint.

À certains moments de ma vie il m’est arrivé de me dire, comme Jean Baptiste : « J’ai vu et je rends ce témoignage : c’est lui, Jésus, le Fils de Dieu ». Ou encore de le dire à d’autres dans ma communauté chrétienne ou dans mon équipe. Qu’ont produit en moi ces actes de foi ?

Homélie

Je vous demande d’imaginer un instant le récit d’un témoin qui n’aurait rien vu et rien entendu... Personne ne pourrait croire les divagations d’un tel fantaisiste. Encore moins les allégations d’un menteur. On se moquera du premier et on condamnera le second. Rien de plus normal... Pour attester il faut avoir expérimenté.

Aujourd’hui plus que jamais nombreux sont les gens qui se méfient des beaux parleurs, surtout lorsqu’ils ont des prétentions religieuses – et ils ont raison.

Jean-Baptiste et les Apôtres, eux, furent de vrais témoins. Ils ne sont venus à la parole que sur le tard après avoir patiemment cherché le salut, après avoir longuement fréquenté le Sauveur, après avoir traversé le désert et le feu des purifications intérieures. C’est un cœur bouleversé qui s’exprimait alors sur leurs lèvres. Leurs propos jaillissaient d’une vie transformée... Ils savaient de qui ils parlaient, car la rencontre prolongée, la longue intimité avec Jésus avait d’abord transfiguré leur être avant de délier leur langue. Une fois saisis jusqu’au tréfonds de leur personnalité par la puissance du Ressuscité, les annonciateurs de l’Evangile ne reculèrent devant rien ; la mort elle-même leur devint préférable aux silences de la honte, car leur vie était enracinée ailleurs, dans la communion avec Celui qu’ils avaient vu, entendu et touché... C’est pourquoi ils ne pouvaient se taire. Le trop plein de l’expérience débordait nécessairement sur leurs lèvres. Les puissants de la politique ou de la religion, les orateurs ou philosophes les plus cultivés ne purent empêcher l’inondation évangélique d’emporter même les digues les plus solides de la société de ce temps là.

Rendre témoignage dans le monde d’aujourd’hui, n’est-ce pas, frères et sœurs, notre vocation à tous ? Il faudrait que nous en soyons de plus en plus convaincus. Il ne saurait y avoir, en effet, des témoins de service qui dispenseraient les autres de s’engager à fond. Un chrétien témoigne pour le Christ ou il n’est qu’une ombre sans impact.

Mais comment remplir cette mission essentielle ? Eh bien, comme Jean-Baptiste, comme les apôtres, comme tous les saints : en partant, bien sûr, du donné révélé (c’est-à-dire de la Parole de Dieu) mais aussi de notre expérience personnelle et intérieure.  A moins de jouer sur le clavier de l’hypocrisie – vite démasquée d’ailleurs – nous ne pouvons diffuser le message évangélique qu’à partir d’une pratique sérieuse de la vie chrétienne, cette vie chrétienne qui est essentiellement une vie de foi dans l’espérance et l’amour envers Dieu et envers le prochain. Nous avons à dire en écho la Parole de Vérité d’abord entendue et méditée assidûment dans la Bible ou les textes de la Messe que l’Eglise nous présente et nous commente chaque dimanche et jour de fête.

Frères et sœurs, nous avons à partager le Pain vivant, c’est-à-dire Jésus Ressuscité, réellement présent dans l’Eucharistie, dont nous devons avoir faim constamment, Pain Vivant avec lequel nous devons alimenter en nous la vie divine.

Nous avons à révéler le visage du Seigneur, longuement, silencieusement, amoureusement contemplé dans le face à face et le cœur à cœur de la prière.

Quelle place donnons-nous dans notre vie à la prière ? Question capitale.

Nous avons à faire deviner à travers notre comportement la Présence du Seigneur qui nous habite, qui inspire toutes nos pensées, toutes nos paroles, toutes nos actions qui donne un sens et un but à notre existence, parce qu’il est véritablement comme dit saint Augustin « La Vie de notre vie ».

Oui, frères et sœurs dans le monde si indifférent et dans la société si matérialiste qui sont les nôtres, nous sommes acculés, nous les disciples du Christ à l’authenticité, nous sommes condamnés à un accord profond, à une cohérence toujours plus grande entre ce que nous vivons et ce que nous disons. [Elle est valable pour tous cette consigne si pertinente qu’un grand missionnaire, le Père Peyriguère donnait un jour à des futurs prêtres : « Faites attention, leur disait-il, qu’avec vous ce ne soit pas, au service de l’Eglise, un apôtre de plus qui parle simplement le Christ. Combien donnent le Christ sans le parler ? Combien, à le parler sans le vivre, ne le donnent pas ? Le Christ est encombré d’apôtres qui parlent. Oh ! Qu’il a faim et soif d’apôtres qui le vivent ! »]

Nous nous trouvons donc, frères et sœurs en face d’un choix décisif : ou bien nous retrouverons l’aventure des profondeurs, l’aventure de l’intériorité, avant d’allumer autour de nous le désir de la rencontre et de la communion avec le Christ, ou bien notre voix deviendra la triste résonance de notre vide, un bruit qui ne touchera plus personne.

Que chacun et chacune d’entre nous s’interroge donc au cours de cette Messe : combien de temps vais-je consacrer aujourd’hui et dans tous les jours à venir à mes relations conscientes avec Jésus (et aussi avec Marie qui est le chemin le plus direct et le plus sûr pour aller à Jésus).

Que vais-je changer en moi pour vivre le Christ, de telle sorte que mon témoignage de chrétien ou de chrétienne, soit une parole pleine d’Évangile vécu et soit donc convaincant ?

Jean-Baptiste (l’Évangile vient de nous le rappeler) rendait témoignage à Celui sur qui il avait vu descendre l’Esprit de Dieu.

Les apôtres après la Résurrection annonçaient l’Évangile de Celui que leurs mains avaient touché...

Aujourd’hui dans les différents milieux de vie qui sont les nôtres : Jean-Baptiste, les apôtres c’est NOUS.

Amen. 

Prière Universelle

Avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre, soyons Église de Dieu en prière…

  • Pour l'Église, afin qu'elle grandisse en sainteté et porte le salut de Dieu jusqu'aux extrémités de la terre. Seigneur, nous te prions !
  • Pour ceux qui détiennent une part d'autorité afin qu'ils n'oublient jamais que leur pouvoir doit être un service. Seigneur, nous te prions !
  • Pour ceux que Dieu appelle à un ministère ou un témoignage particulier : pour les vocations sacerdotales, religieuses, missionnaires. Seigneur, nous te prions !
  • Pour ceux que guette le découragement à cause d'épreuves trop lourdes, comme le deuil, la maladie, le chômage, la solitude... Seigneur, nous te prions !

Source de la P.U. : https://diocese.ddec.nc/

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 15:23

Dimanche 12 janvier 2020 - Baptême du Seigneur – Année A

Pour la plupart, vous qui êtes ici, je suppose que vous êtes baptisés. Pourquoi sommes-nous baptisés ? À quoi sert le baptême ?

Dans les années 1980, beaucoup de parents chrétiens qui eux-mêmes avaient reçu le baptême dans l’enfance ont jugé qu’il était préférable de différer le baptême de leurs propres enfants. Le prétexte était de ne rien leur imposer pour qu’ils puissent choisir eux-mêmes plus tard. Aujourd’hui, parmi les nombreux catéchumènes adultes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques, beaucoup disent relever de ce choix parental. Certains ont éprouvé au fond d’eux-mêmes un manque alors qu’ils sentaient ce désir de connaître Dieu. Au fond, c’est comme si le baptême n’était qu’une appartenance à un parti politique quelconque qu’il faudrait choisir en fonction de son opinion ou de son évolution personnelle provoquée par les rencontres que permet la vie. Ou bien, la religion ne serait qu’un produit ordinaire que l’on peut choisir en fonction de ses goûts comme on le fait pour les produits de consommation courante dans les grandes surfaces.

Cela veut dire que le baptême n’est pas du tout compris. Pourquoi le Christ lui-même s’est fait baptiser alors qu’il n’en avait pas besoin comme Jean-Baptiste le signale dans cet évangile ? Le baptême nous fait devenir enfants de Dieu alors que nous ne sommes que des créatures. Nous accédons à un statut extraordinaire et inatteignable par nos propres forces ou notre propre volonté. Jésus n’a pas besoin de baptême puisqu’il est vraiment Fils de Dieu et engendré par le Père de toute éternité. Mais, c’est dans notre humanité qu’il a voulu recevoir cette filiation qu’accompagne le don de l’Esprit Saint pour que nous-mêmes puissions devenir enfants de Dieu par adoption. Cela va très loin puisque Jésus va jusqu’à accepter notre condition mortelle. Sa plongée dans les eaux qui l’engloutissent en est le symbole.

Il est dit dans l’évangile que les cieux s’ouvrirent. Cela répond à une grande prière du prophète Isaïe : « Ah, si tu déchirais les cieux et si tu descendais » (Is 64,1). Cela se réalise aujourd’hui au baptême de Jésus. En hébreu, les cieux se traduisent exactement par « les eaux d’en haut », c’est-à-dire la sphère divine. Nous arrivons péniblement à marcher sur la Lune, peut-être sur Mars, mais même si nous arrivions à circuler dans l’ensemble du cosmos, nous ne serions que dans le monde créé. Le monde divin, incréé, nous est définitivement inaccessible quelles que soient nos inventions techniques. Il fallait donc que Dieu vînt jusqu’à nous. C’est parce que Jésus assume jusqu’au bout notre humanité que nous pouvons recevoir par lui la divinité qui nous fait entrer dans le ciel pour partager l’éternité de Dieu. C’est ce fameux « accomplissement ».

Les parents, qui ont raison de penser à leurs enfants et à leur avenir, les obligent à aller à l’école pour préserver cet avenir. Ils ne leur demandent pas leur avis parce qu’ils veulent le meilleur pour eux. Nous pensons tous à notre avenir et ce qui se passe aujourd’hui à propos des retraites en est bien l’expression. Mais notre avenir ne s’arrête pas à nos retraites, Dieu soit loué !

Alors je crois que les parents devraient être véritablement plus soucieux de l’avenir éternel de leurs enfants. Si nous croyons vraiment que Jésus nous ouvre les portes du Ciel, qu’il est le Fils de Dieu et qu’il nous aime au point de donner sa vie, il est grave et inconséquent de ne pas faire du baptême une priorité pour nos enfants. Peut-être n’est-ce simplement qu’un manque de foi et le reflet de notre société sécularisée ?

Pourtant, peut-on se permettre de laisser les enfants sans cette perspective magnifique d’un avenir éternel dans l’amour auprès de Dieu. Oui, le baptême nous divinise car, nous dit saint Paul, par lui « nous sommes morts avec le Christ pour ressusciter avec le Christ » (Rm 6,8). Quelle grâce et quelle merveille !

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

 

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