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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 16:27
Photo de Mgr Guido Marini

Photo de Mgr Guido Marini

Hommage du Pape François à saint Jean-Paul II

Pour la fête de saint Jean-Paul II (1920-2005), le 22 octobre 2016, le pape François a rendu hommage à la « force » et au « courage » de son prédécesseur. Il a aussi fait mémoire de son voyage « inoubliable » en Pologne trois mois plus tôt.

À l’occasion de l’audience jubilaire place Saint-Pierre, le pape a réservé un long salut aux Polonais, venus à Rome pour célébrer le 1050ème anniversaire du baptême du pays. Il a fait mémoire de l’inauguration du pontificat de Jean-Paul II, il y a 38 ans jour pour jour : « Presque à cette heure-là, sur cette place, résonnaient les paroles adressées aux hommes du monde entier : ‘N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ’ », prononcées par le pape polonais.

Jean-Paul II fut « un pape d’une profonde spiritualité, a poursuivi le pape François, modelée par l’héritage millénaire de l’histoire et de la culture polonaise transmise avec esprit de foi, de génération en génération. Cet héritage était pour Lui source d’espérance, de force et de courage ».

Le pape argentin a inscrit l’Année jubilaire en cours comme la « continuation » de la « proclamation incessante de l’Évangile de la miséricorde pour le monde et pour l’homme » accomplie par son prédécesseur.

Et de souhaiter aux Polonais : « Que le Seigneur vous donne la grâce de la persévérance dans cette foi, cette espérance et cet amour que vous avez reçu de vos ancêtres et que vous conservez avec soin. Que dans vos esprits et dans vos cœurs, résonne toujours l’appel de votre grand compatriote à réveiller en vous la créativité de la miséricorde, afin que vous puissiez apporter le témoignage de l’amour de Dieu à tous ceux qui en ont besoin ».

Le pape a aussi évoqué Jean-Paul II en saluant les jeunes, les personnes malades et les nouveaux mariés au terme de la rencontre : « Que son témoignage cohérent de foi vous enseigne, chez jeunes, à affronter les défis de la vie ; à la lumière de son enseignement, chers malades, embrassez avec espérance la croix de la maladie ; invoquez sa céleste intercession, chers nouveaux époux, pour que l’amour ne manque jamais au sein de votre famille ».

Le voyage « inoubliable » en Pologne

Dans son salut aux Polonais, le pape s’est uni à leur action de grâce pour « tout le bien qui est né dans les cœurs des jeunes du monde entier durant l’inoubliable rencontre » des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie en juillet dernier.

« Je suis immensément reconnaissant à Dieu qui m’a permis de connaître votre nation, la Patrie de saint Jean-Paul II, où j’ai pu visiter le sanctuaire de Jasna Gora, le sanctuaire de la Divine Miséricorde à Cracovie et le Centre Jean-Paul II ‘n’ayez pas peur’ », a déclaré le pape.

« À celui qui s’identifie surtout dans tout homme humilié et souffrant, a-t-il ajouté, je rends grâce aussi pour le silence qui m’a été accordée dans le lieu du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. En ce silence le message de la miséricorde prend une importance inouïe ! »

Le pape a conclu en remerciant tout le peuple et les autorités polonaises pour leur « accueil chaleureux » ainsi que pour la « magnifique préparation artistique et spirituelle » des événements.

HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II

Dimanche 22 octobre 1978

1. Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. (Mt 16, 16.)

Ces paroles, c’est Simon, fils de Jonas, qui les a prononcées dans la région de Césarée de Philippe. Oui, il les a exprimées dans sa propre langue, avec une conviction profondément enracinée dans les sentiments et dans la vie, mais ce n’est pas en lui qu’elles trouvaient leur source, leur origine : « ... Car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang mais de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 16, 17.) Ces paroles étaient celles de la foi.

Elles marquent le commencement de la mission de Pierre dans l’histoire du salut, dans l’histoire du Peuple de Dieu. Depuis lors, à partir d’une telle profession de foi, l’histoire sainte du salut et du Peuple de Dieu devait acquérir une nouvelle dimension, s’exprimer dans la dimension historique de l’Église. Cette dimension ecclésiale de l’histoire du Peuple de Dieu tire en effet son origine de ces paroles de foi et est liée à l’homme qui les a prononcées : « Tu es Pierre — le roc, la pierre —, et sur toi, comme sur une pierre, je construirai mon Église. » (Mt 16, 18.)

2. Aujourd’hui et en ce lieu, il faut que de nouveau soient prononcées et écoutées les mêmes paroles : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Oui, frères et fils, ces paroles avant tout.

Leur contenu découvre à nos yeux le mystère du Dieu vivant, mystère que le Fils nous a rendu proche. Personne, en effet n’a rendu le Dieu vivant proche des hommes, personne ne l’a révélé comme lui-même l’a fait. Dans notre connaissance de Dieu, dans notre chemin vers Dieu, nous sommes totalement tributaires de la force de ces paroles : « Qui me voit voit également le Père. » (Jn 14, 9.) Celui qui est infini, impossible à scruter, impossible à exprimer, s’est fait proche de vous en Jésus-Christ le Fils unique né de la Vierge Marie dans l’étable de Bethléem.

Vous tous qui avez déjà la chance inestimable de croire, vous tous qui encore cherchez Dieu, et vous aussi qui êtes tourmentés par le doute, veuillez accueillir encore une fois, aujourd’hui et en ce lieu sacré, les paroles prononcées par Simon Pierre. Ces paroles contiennent la foi de l’Église. Elles contiennent la vérité nouvelle bien plus, la vérité ultime et définitive sur l’homme : le fils du Dieu vivant. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

3. Aujourd’hui, le nouvel évêque de Rome inaugure solennellement son ministère et la mission de Pierre. Dans cette ville, en effet, Pierre a accompli et mené à son terme la mission que lui avait confiée le Seigneur.

Le Seigneur s’adressa à lui en disant : « ... Quand tu étais plus jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais ; mais quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te mettra ta ceinture et te mènera où tu ne voudrais pas. » (Jn 21, 18.)

Et Pierre est venu à Rome !

Qu’est-ce qui l’a guidé et conduit vers cette ville, le cœur de l’Empire, sinon l’obéissance à l’inspiration reçue du Seigneur ? Peut-être ce pêcheur de Galilée n’a-t-il pas voulu venir jusque-là ? Peut-être aurait-il préféré rester sur les rives du lac de Génésareth, avec sa barque et ses filets ? Mais, conduit par le Seigneur et obéissant à son inspiration, il est venu jusqu’ici.

Selon une vieille tradition (qui a trouvé une belle expression littéraire dans un roman d’Henryk Sienkiewicz), pendant la persécution de Néron, Pierre aurait voulu quitter Rome. Mais le Seigneur est intervenu ; il est venu à sa rencontre. Pierre s’adressa à lui et lui demanda : « Quo vadis, Domine ? » (« Où vas-tu, Seigneur ? ») Et le Seigneur lui répondit aussitôt : « Je vais à Rome pour être crucifié une seconde fois. » Pierre retourna à Rome et il y est resté jusqu’à sa crucifixion.

Oui, frères et fils, Rome est le Siège de Pierre. Et sur ce Siège de nouveaux évêques lui ont toujours succédé. Aujourd’hui un nouvel évêque accède à la Chaire romaine de Pierre, un évêque rempli de crainte, conscient de son indignité. Et comment ne pas craindre en face de la grandeur d’un tel appel et en face de la mission universelle de ce Siège romain ? Mais sur le Siège de Pierre monte aujourd’hui un évêque qui n’est pas romain. Un évêque qui est fils de la Pologne. Mais dès cet instant, il devient lui aussi romain. Oui, romain ! Il l’est aussi parce qu’il est fils d’une nation dont l’histoire, depuis ses plus lointaines origines, dont les traditions millénaires sont marquées par un lien vivant avec le Siège de Pierre, fort, ininterrompu, profondément ancré dans les sentiments et dans la vie, une nation qui est demeurée toujours fidèle à ce Siège de Rome. Oh ! dessein inscrutable de la divine Providence !

4. Dans les siècles passés, lorsque le Successeur de Pierre prenait possession de son siège, on posait sur sa tête la triple couronne, la tiare. Le dernier Pape couronné fut Paul VI en 1963. Mais, une fois achevé le rite solennel de son couronnement, il n’a plus jamais usé de la tiare et a laissé à ses successeurs la liberté de prendre leur décision à ce sujet.

Le Pape Jean-Paul Ier, dont le souvenir est si vivant en nos cœurs, n’a pas voulu de la triple couronne, et aujourd’hui son successeur n’en veut pas davantage. En effet, ce n’est pas le moment de revenir à un rite qui (injustement) a été considéré comme symbole du pouvoir temporel des Papes.

L’époque actuelle nous invite, nous pousse, nous oblige à regarder le Seigneur et à nous plonger dans l’humble méditation du mystère du pouvoir suprême du Christ.

Celui qui est né de la Vierge Marie, le Fils du charpentier — comme on avait coutume de l’appeler —, le Fils du Dieu vivant, comme l’a confessé l’apôtre Pierre, est venu pour faire de nous tous « un royaume de prêtres » (Ap 1, 6).

Le Concile Vatican II nous a rappelé le mystère de ce pouvoir et le fait que la mission du Christ prêtre, prophète et roi, continue dans l’Église. Tout le Peuple de Dieu participe à cette triple mission. Et si, autrefois, on déposait sur la tête du Pape la triple couronne, c’était pour exprimer, à travers ce symbole, le dessein du Seigneur sur son Église, à savoir que toute la hiérarchie de l’Église du Christ, et tout le pouvoir sacré exercé par elle, ne sont qu’un service, le service qui tend à un unique but : la participation de tout le Peuple de Dieu à cette triple mission du Christ et sa constante fidélité à demeurer sous le pouvoir du Seigneur, lequel tire ses origines non des puissances de ce monde mais du mystère de la Croix et de la Résurrection.

Le pouvoir absolu et très doux du Seigneur répond à ce qu’il y a de plus profond en l’homme, aux aspirations les plus nobles de son intelligence, de sa volonté, de son cœur. Ce pouvoir ne s’exprime pas en langage de force, mais dans la charité et la vérité.

Le nouveau successeur de Pierre sur le siège de Rome élève aujourd’hui une prière fervente, humble et confiante : Ô Christ, fais que je puisse devenir et demeurer un serviteur de ton unique pouvoir ! Un serviteur de ton pouvoir tout imprégné de douceur ! Un serviteur de ton pouvoir qui ne connaît pas de déclin ! Fais que je puisse être un serviteur ! Ou mieux le serviteur de tes serviteurs !

5. Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir !

Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait !

Aujourd’hui, si souvent l’homme ignore ce qu’il porte au-dedans de lui, dans les profondeurs de son esprit et de son cœur. Si souvent il est incertain du sens de sa vie sur cette terre. Il est envahi par le doute qui se transforme en désespoir. Permettez donc — je vous prie, je vous implore avec humilité et confiance, — permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de vie, oui, de vie éternelle !

Aujourd‘hui, justement, l‘ Église entière célèbre sa Journée missionnaire mondiale c’est-à-dire qu’elle prie, qu’elle médite, qu’elle agit pour que les paroles de vie du Christ parviennent à tous les hommes, et qu’ils les écoutent comme un message d’espérance, de salut, de libération totale.

6. Je remercie tous ceux qui sont ici présents et ont voulu participer à cette solennelle inauguration du ministère du nouveau successeur de l’apôtre Pierre.

Je remercie cordialement les chefs d’État les représentants des autorités, les délégations des gouvernements pour leur présence qui m’honore tant.

Merci à vous, chers cardinaux de la sainte Église romaine !

Merci à vous, mes frères bien aimés dans l’Épiscopat !

Merci à vous, chers prêtres !

Merci, sœurs et frères, religieuses et religieux des Ordres et des Congrégations !

Merci à vous, Romains ! Merci à vous, pèlerins venus du monde entier ! Merci enfin à tous ceux qui se sont unis à cette cérémonie grâce à la radio et à la télévision !

En polonais :

7. Je me tourne maintenant vers vous, mes chers compatriotes, pèlerins de la Pologne, vers vous, les évêques, mes frères, avec à votre tête votre vénéré Primat, vers vous prêtres sœurs et frères des Congrégations religieuses polonaises, vers vous, représentants de la « Pologne » dans le monde entier.

Que puis-je vous dire à vous qui êtes venus de ma cité de Cracovie, du siège de saint Stanislas dont je suis l’indigne successeur depuis quatorze ans ? Que dire ? Tout ce que je pourrais dire serait bien pâle au regard de ce que ressent en ce moment mon cœur et de ce que vous éprouvez aussi dans vos cœurs.

Laissons donc tomber les paroles. Que reste seulement le grand silence devant Dieu, le silence qui se traduit en prière.

Je vous en prie, soyez avec moi ! À Jasna Gora et partout. Ne cessez pas d’être avec le Pape qui prie aujourd’hui avec les paroles du poète : « Mère de Dieu qui défends la claire Czestochowa et qui brilles sur la « Porta Accuta » ! Je vous adresse les mêmes paroles en ce moment si particulier.

8. Ces paroles ont été un appel et une invitation à prier pour le nouveau Pape appel exprimé en langue polonaise. J’adresse le même appel à tous les fils et toutes les filles de l‘Église catholique. Souvenez-vous de moi aujourd’hui et toujours dans votre prière.

En français :

Aux catholiques des pays de langue française, j’exprime toute mon affection et tout mon dévouement ! Et je me permets de compter sur votre soutien filial et sans réserve ! Puissiez-vous progresser dans la foi ! À ceux qui ne partagent pas cette foi, j’adresse aussi mon salut respectueux et cordial. J’espère que leurs sentiments de bienveillance faciliteront la mission spirituelle qui m’incombe et qui n’est pas sans retentissements sur le bonheur et la paix du monde !

En anglais :

Vous tous, qui parlez anglais, je vous salue de tout cœur au nom du Christ. Je compte sur l’aide de vos prières et de votre bonne volonté pour l’exercice de ma mission au service de l’Église et de l’humanité. Que Dieu vous donne sa grâce et sa paix, en surmontant les barrières des divisions et en rassemblant toutes choses en lui.

En allemand :

Je salue de tout cœur ceux ici présents, ainsi que tous les habitants des pays de langue allemande. À plusieurs reprises — et encore tout récemment lors de ma visite en République fédérale allemande — j’ai eu l’occasion de connaître et d’apprécier personnellement la belle activité de l’Église et de vos fidèles. Que votre généreux engagement au service du Christ soit de plus en plus fructueux pour les grandes tâches et les grands besoins de l’Église dans le monde entier ! C’est la demande que je vous adresse et je confie mon nouveau service apostolique à vos prières particulières.

En espagnol :

Ma pensée se tourne maintenant vers le monde de langue espagnole, qui constitue une portion si considérable de l’Église du Christ. Chers frères et fils, le nouveau Pape vous salue affectueusement en cet instant solennel. Unis par les liens d’une commune foi catholique, mais fidèles à votre tradition chrétienne, devenue vie en un climat toujours plus juste et solidaire, conservez votre attachement bien connu au Vicaire du Christ et cultivez intensément votre dévotion à notre Mère, la très sainte Vierge Marie.

En portugais :

Frères et fils de langue portugaise, je vous salue affectueusement dans le Seigneur en tant que « serviteur des serviteurs de Dieu ». En vous donnant ma bénédiction je fais confiance à la charité de vos prières et à votre fidélité pour vivre toujours le message de cette journée et de cette célébration : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

En russe :

Que le Seigneur soit avec nous tous par sa grâce et la philanthropie de sa miséricorde.

En tchèque :

De tout cœur je salue les Tchèques et les Slovaques qui sont si proches de moi.

En ukrainien :

D’un cœur large je salue et bénis tous les Ukrainiens, de la diaspora et du monde entier.

En lituanien :

Mon salut cordial à mes frères lituaniens. Soyez heureux et fidèles au Christ.

Conclusion (en italien) :

J’ouvre mon cœur à tous les frères des Églises et des communautés chrétiennes, en vous saluant d’une façon particulière vous qui êtes ici présents et en attendant de vous rencontrer personnellement tout prochainement. Mais, dès maintenant, je vous exprime ma vive satisfaction pour avoir voulu assister à cette cérémonie solennelle.

Et je m’adresse encore à tous les hommes, à chaque homme (et avec quelle vénération l’apôtre du Christ ne devait-il pas prononcer cette parole : homme !). Priez pour moi ! Aidez-moi, afin que je puisse vous servir !

Amen.

© Copyright 1978 - Libreria Editrice Vaticana

 Pour les plus jeunes vous trouverez la vie et des coloriages de saint Jean-Paul II ici

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 23:10

Un prêtre qui accompagnait Jean-Paul II dans son agonie a révélé qu’avant de s’éteindre son dernier mot, sa dernière prière fut : « AMEN ».

L’Esprit-Saint a voulu – et c’est très émouvant – que le Saint Père nous laisse ce simple mot (qui conclut toutes nos prières) comme un dernier message : il résume en effet tout ce que fut sa vie, il résume aussi tous les enseignements qu’il a donnés à l’Eglise et au monde au cours de son long pontificat.

Pour mieux comprendre cet étonnant message, rappelons-nous la riche signification de ce mot AMEN qui nous vient de la langue hébraïque et qu’on a préféré ne jamais traduire en langue vulgaire : une signification que Jean-Paul II connaissait parfaitement.

AMEN c’est essentiellement une expression de la Foi qui peut se traduire par « oui j’y crois, c’est solide, je peux m’y appuyer en toute sûreté ».

Dans l’Ancien Testament le prophète Isaïe affirme qu’il parle au Nom du « Dieu de l’AMEN ». C’est-à-dire du Dieu de VERITE qui est le fondement de toute solidité et de toute fidélité.

La Révélation tout entière proclame que la seule ressource de l’homme c’est de croire, c’est de dire AMEN, c’est de dire Oui à Dieu sûr que Dieu l’aime comme un Père, avec une infinie tendresse et une fidélité absolue.

Or, la plus belle preuve d’amour que Dieu ait pu nous donner c’est d’avoir envoyé parmi nous son Fils Unique…

Et quand ce Fils Bien-Aimé, le Christ Jésus s’adresse aux hommes c’est au nom de Dieu son Père, avec toute son autorité. Nous pouvons donc et nous devons le croire sur Parole.

On a noté que 85 fois dans l’Evangile, Jésus fait précéder une affirmation importante de la formule : « Amen, Amen, je vous le dis… »

Jésus c’est l’AMEN de Dieu. Par lui, en effet Dieu réalise en plénitude ses promesses. Jésus ne fut ni un Messie de compromis, ni un homme hésitant dans sa conduite et ses exigences. En Lui tout fut droit, simple, clair, définitif… Le Fils de Dieu nous dit Saint Paul n’a pas été oui et non, il n’y a eu que Oui en Lui.

Nous avons tous constaté, chers frères et sœurs, à quel point dans toute sa vie (dans son comportement comme dans son enseignement) Jean-Paul II a été un écho fidèle de ce AMEN parfait, de ce Oui parfait que fut le Seigneur Jésus.

Jean-Paul II a toujours témoigné d’une foi puissante, inébranlable, rayonnante et entraînante…

Toutes les vérités de cette foi chrétienne, il les a exposées lumineusement et avec rigueur et il a rappelé de la même manière et (avec une particulière insistance) les exigences de la morale évangélique réalisant ainsi le commandement de Jésus à l’Apôtre Pierre (le 1er Pape) : « Tu confirmeras tes frères dans la Foi… »

Jean-Paul II nous a aussi montré comment par ses divers engagements au service de l’Eglise il a été un AMEN, un Oui à Dieu. Chaque fois que le Seigneur l’appelait à des responsabilités nouvelles et toujours plus exigeantes, il acceptait très généreusement de correspondre à cet appel… Il y eut l’appel au Sacerdoce, puis l’appel à l’Episcopat et enfin à la charge suprême de Pasteur Universel… Nous savons aussi quelles grandes épreuves il eut à subir : l’attentat du 13 mai, les différentes opérations chirurgicales et le très long chemin de croix que fut sa dernière et si éprouvante maladie. Tout fut accepté et offert avec amour. Il fit un jour aux pèlerins massés sur la Place St Pierre cette confidence : « Peu avant mon élection le Cardinal Wyszynski, Primat de Pologne m’avait dit : si les cardinaux te choisissent, c’est toi qui devras faire entrer l’Eglise dans le 3ème Millénaire ».

J’ai compris que c’est par la prière et différentes initiatives que je devais l’y faire entrer, mais j’ai vu que cela ne suffisait pas : il fallait y entrer avec la souffrance et de grands sacrifices…

En prononçant au dernier instant le mot AMEN, il voulait sans doute signifier que sa mission était accomplie mais il voulait surtout dans un suprême élan de Foi et d’Amour offrir sa vie à Dieu. C’était une manière de dire en union avec Jésus : « Père, je remets mon âme entre tes mains ».

Frères et sœurs, je voudrais pour terminer, attirer votre attention sur une autre prière (très courte également) qui nous révèle le secret de la vie si magnifiquement donnée, le secret de la sainteté de Jean-Paul II : il s’agit de sa devise « Totus tuus ».

Ces 2 mots évoquent l’ardente dévotion qu’il a toujours manifestée envers la Très Sainte Vierge Marie à qui il s’était consacré dans sa jeunesse selon l’esprit du « Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge de Saint Louis Marie de Montfort… »

Totus tuus : je suis tout à Toi, ô Marie… Toute à Toi pour être tout à Dieu. Il est bien clair que AMEN et Totus tuus expriment la même réalité : ils sont le fil conducteur d’une spiritualité centrée sur le Christ, mais vécue par Marie, avec Marie et en Elle.

Puissions-nous nous inspirer de cette forte spiritualité dans la conduite de notre vie chrétienne.

Concrètement essayons de prononcer avec beaucoup plus d’attention et de foi le mot AMEN, surtout à deux moments importants de la Messe : Lorsque le prêtre conclut la grande prière eucharistique : « par Lui, avec Lui et en Lui »… Et lorsqu’il nous présente le Corps du Christ dans la communion. Mais tachons surtout de faire de toute notre vie un AMEN, un Oui à Dieu à l’exemple de Jean-Paul II. Et qu’Elle nous obtienne cette grâce Celle qui a toujours dit Oui : Marie Modèle incomparable de la Foi.

Amen.

Abbé Pierre Cousty

     

Prière de Jean-Paul à Marie

Ô Mère de Miséricorde écoute la prière que nous t’adressons,

et présente-la à Jésus ton Fils, notre seul Rédempteur.

Toi qui nous enseignes le sacrifice caché et silencieux,

toi qui viens à notre rencontre, à nous pécheurs,

nous te consacrons notre vie, nos travaux, nos joies,

nos maladies, nos douleurs.

Toi, notre espérance, regarde-nous avec bonté,

apprends-nous à marcher au-devant de Jésus,

et, si nous tombons, aide-nous à nous relever et

à revenir vers Lui en confessant nos fautes.

Accorde-nous un grand amour pour les sacrements,

empreintes laissées par ton Fils sur la terre.

Ainsi, Mère très sainte, avec la paix de Dieu dans notre conscience,

et le cœur délivré de tout mal, de toute haine,

nous pourrons porter à tous les hommes

la vraie joie et la vraie paix. Amen.

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