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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 17:23

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 22:09

Le Vieillard Siméon

Le Haut-Pays dormait à genoux dans la neige. A travers la fenêtre, le vieillard Siméon le contemplait au repos sous la lumière bleutée de l'hiver. Demain, la terre reprendra floraison. Elle lèvera ses moissons vers le soleil. C'est dans le cycle ininterrompu des saisons que Siméon avait tenu tête à la douleur. Depuis longtemps, il avait perdu sa jeune femme. Mais maintenant, son fils continuait la lignée de sa race montagnarde. Tous les secrets paysans, il les lui avait appris avec son parler terrien. Il pouvait s'en aller. Il ne mourrait pas. Des mains pareilles aux siennes avaient repris les mancherons de la charrue. Son cœur fatigué battait déjà dans la jeunesse d'un autre sang, celle de Jérôme, son unique enfant. Ce soir, il redescendra de la vallée. Il sera devant lui debout, comme un autre Siméon de vingt ans. Face à sa vieille chair, songe égaré en plein jour, Jérôme se dressera de toute sa vie ardente. Il lui dira que l'avalanche des Montis est coupée et que les habitants du haut village de Fionnay sont enfin débloqués. Le poids du silence emplissait la maison. Pour tromper son attente, Siméon s'est retourné vers le fourneau de pierre ollaire et il commence un soliloque avec les ombres des êtres marquées sur la serpentine grise. Que de fois n'avait-il pas raconté ses exploits de berger ! A cette heure, il recommençait. Tout là-haut, c'est le pâturage de Nichlyri. L'alpage de Sery monte à près de trois mille mètres. La montagne hurle à travers les tempêtes de neige. Un vrai temps d'hiver, en plein mois d'août. Pas d'abri. Impossible de descendre vers les étables, à cause du danger des précipices. Tenaillé par la faim, battu par le froid, le troupeau se révolte. Trois cents cornes de la race belliqueuse des vaches d'Hérens vous cernent menaçantes. Il faut ruser pour sauver la situation. D'un moment à l'autre, les bêtes risquent de forcer le passage de descente et ce sera la course à la catastrophe. Alors, Siméon a pris la tête du troupeau, comme lorsqu'il le conduisait à la pâture, et il le fait tourner en rond sur les prairies escarpées. En piétinant assez, les vaches ont mis à nu un peu d'herbe et elles se sont calmées un instant. Il était temps, car les bergers n'en pouvaient plus, et Siméon allait choir devant la horde animale qui l'aurait écrasé. Le soleil chassa enfin la tourmente et vint attiser les ardeurs taurines de la race des vaches guerrières. Partout des luttes à mort, comme au jour de l'inalpe. Des yeux de braise flamboient et la neige se tache de sang. La nuit est tombée sur la maison du vieillard Siméon et le maître berger d'antan continue de dialoguer avec les ténèbres, parce que son fils Jérôme n'est pas encore revenu. Pierres éclatées, troncs de mélèzes saignants, sapins brisés, racines en l'air encombrent l'avalanche des Montis, lave géante qui s'étire le long du ravin jusqu'à la Dranse. Pelles, pioches, tintent dans la tranchée de neige à travers laquelle s'enfoncent les hommes comme des tarières. Bientôt, la masse de glace sera sectionnée et les vivres pourront parvenir par la route aux reclus de Fionnay. Les ouvriers travaillent avec fièvre, car la montagne gronde par-dessus leurs têtes. Sur l'autre rive de la vallée, un guetteur veille à la tempête qui balaye les sommets. Nulle crainte d'une avalanche de fond, mais la poudreuse, plus terrible encore, reste toujours possible. Là-haut, une tornade de neige monte en vrille vers l'horizon qui fume. Un bruit de tonnerre emplit les espaces. Alarme ! Le fusil du guetteur claque pour donner le signal du danger aux camarades. Trop tard. La poudreuse fond déjà sur la pente. Sauve qui peut ! A peine ont-ils pris la fuite, que le cyclone s'abat sur les montagnards et les emporte, fétus de paille précipités dans l'abîme.

La tornade passée, les hommes se recherchent, se regroupent. Il faut poursuivre la tâche. Hélas, trois compagnons manqueront à l'appel : Camille Maret, Joseph Michaud et Jérôme de Siméon. Pas de temps à perdre. Rien à céder à la peur. Les rescapés se remettent rageusement au travail. Ils ont jeté un défi aux colères de l'alpe en rumeur. Une seule volonté les tient : arracher les trois jeunes gens à la mort blanche. On dépêche une estafette au prochain village pour chercher du secours. Une colonne de volontaires est bientôt-là qui fouille la neige. Des falots errent dans la nuit, rapace qui étend ses ailes d'ombre sur une frêle espérance. L'angoisse étreint les dernières heures de cette vigile de Chandeleur. Enfin, les sauveteurs ont pu dégager les corps de Camille Maret et de Joseph Michaud. Hélas, ils n'étaient plus que des cadavres. « Fiat voluntas tua », ont dit amèrement les hommes avant d'incliner leur front têtu devant le mystère de Dieu, qui venait de les frapper dans leurs amis. Jérôme de Siméon restait toujours à trouver. On ne s'en irait pas avant de le ramener au jour. Le matin blanchissait déjà et l'espoir semblait avoir fui avec la nuit. Un nouveau cercueil s'ajouterait-il aux autres ? Les montagnards n'osaient s'interroger du regard, tout en cherchant sans relâche la dernière victime. Le guetteur affirmait avoir vu disparaître Jérôme du côté du rocher, à l'endroit marqué d'une croix dans la pierre. Les hommes s'y portèrent. Fallait-il encore croire à quelque chance ? L'abri rocheux était rempli de neige. Jérôme aurait-il été soufflé dans ce trou, où il serait emmuré vivant ? Le malheur les accroche au plus fol des espoirs. Pendant que les sauveteurs s'acharnent à lutter de vitesse contre la mort, Maurice d'Antoine descend tristement la vallée. Il doit porter la tragique nouvelle au vieillard Siméon. Sans rien dire, tête baissée, il traverse les hameaux en deuil, car on sait déjà le malheur qui est tombé du haut de la montagne. Là-bas, le village de Châblières joint la prière de ses toits autour de l'église. A l'ombre du clocher, Siméon attend dans l'anxiété son fils qui n'est toujours pas rentré. En passant près du sanctuaire, Maurice s'est arrêté. La lampe du Saint Sacrement allume un coin de vitrail du chœur. On célèbre les offices de la Chandeleur. Le chant sacré parvient jusqu'à lui. Maurice écoute un instant l'antienne de la procession des lumières qui monte comme une invincible espérance le long de la flèche gothique. « Orne, ô Sion, ta demeure nuptiale pour accueillir le Christ Roi ; ouvre ton cœur à Marie, porte du ciel ; car elle tient entre ses bras le Roi de gloire à qui nous devons une lumière nouvelle. Voici que la Vierge offre de ses mains un Fils que le Père engendra bien avant la création de tous les luminaires. Siméon le reçut sur son cœur, en annonçant aux peuples qu'il est le Maître de la vie et de la mort, le Sauveur du monde ».

— Qu'est devenu mon fils ? demanda Siméon suppliant à Maurice qui entrait dans le désert de la chambre.

— L'avalanche poudreuse est descendue et l'a emporté.

— L'a-t-on retrouvé ?

— Hélas, on a cherché toute la nuit et on le cherche encore. Il y a bien peu de chance...

Un instant de silence écrasa la tête à tête des deux hommes avec le malheur.

— Alors, s'écria le vieillard dans un sanglot, je serai donc seul désormais. Perdu à jamais mon unique espoir.

Maurice ! Maurice ! dit-il en tendant ses mains tremblantes, Dieu ne peut pas permettre que cette goutte de sang qui me vient de lui soit irrémédiablement anéantie, le jour même où mon saint patron a porté son Fils dans ses bras. Détruite ma race terrienne ? Quelqu'un d'autre que les miens s'installera dans cette maison ? Prendra possession de mes champs ? De mes bêtes ? Mon fils mort sans les prières de l'agonie ? Cela, Dieu ne peut pas le permettre non plus. Moi, son fidèle serviteur, qu'ai-je donc fait au ciel pour mériter tant de malheurs à la fois ?

Le vieillard Siméon secoua son cœur usé et se dressa de toute sa vigueur paysanne contre la cruauté du destin. Ses restes de chair humaine se levèrent le long du fourneau de pierre ollaire. Siméon voulait partir là-haut aux Montis. Son fils, il le retrouverait vivant. A peine eut-il essayé un pas, qu'il retomba, masse impotente sur le plancher de mélèze. Maurice ramassa ce grand corps vaincu et le déposa dans le fauteuil. Siméon sanglotait comme un enfant. Au milieu de ses pleurs, il appelait Jérôme par tous les noms de tendresse qu'un père peut donner à son petit en le berçant pour l'endormir. Tout à coup, Siméon releva la tête. Maurice vit une nouvelle espérance qui mangeait les yeux du vieil homme.

— Ecoute, Maurice, dit-il. Toi, tu es encore fort. La montagne n'a pas de secret pour toi. Tu sais comment il faut sonder méthodiquement une avalanche. Tu le trouveras mon Jérôme. Tu me le ramèneras vivant, vivant... Remonte jusqu'au couloir des Montis. Va, pendant qu'il en est encore temps. Va ! Va ! Nul n'aurait pu résister à cette suprême prière du vieillard et Maurice d'Antoine reprit le chemin de la haute vallée. La sonde d'avalanche vient de rencontrer la résistance d'un corps à travers la neige engouffrée sous l'abri rocheux des Montis.

— Il est là, crie le sondeur.

Tous les sauveteurs se précipitent au lieu indiqué. Ils n'ont plus assez de leurs bras armés de pelles et de pioches pour creuser, ils y vont de leurs gros souliers ferrés. Il faut faire vite. Toutes les minutes valent une vie. Bientôt, une forme humaine se dessine dans la neige. Ça y est. Le corps de Jérôme est complètement dégagé. On le retourne face au ciel. Un camarade lui déplie les bras qui emprisonnent la tête. Les montagnards revoient un de leurs visages amis. Les dents mordent encore le rebord des manches du veston. L'infirmier Luisier s'est mis à l'écoute de la vie. Il a collé son oreille sur le cœur de Jérôme.

— Il bat ! Il bat faiblement, mais il bat ! A-t-il annoncé aussitôt, en saisissant les bras du gisant pour pratiquer la respiration artificielle. Un peu de sang commença à roser les joues du sinistré. Les forces revenaient à travers les membres engourdis et, lorsque Jérôme leva les paupières, ses yeux rencontrèrent tout un ciel de visages radieux penchés sur lui. La mort était vaincue. Soufflé miraculeusement par l'avalanche poudreuse dans le creux de la roche, Jérôme se trouvait prisonnier derrière un mur de glace. Un peu d'espace lui avait permis de ne pas mourir d'étouffement. Au fond de la grotte des Montis, la neige incrustait de sa blancheur l'intaille de la croix du salut, tracée dans la pierre de serpentine.

C'est coutume de Chandeleur dans le Haut-Pays ; au soir de la fête, une fillette du village va de maison en maison apportant le feu de l'église avec le cierge bénit. Pour être leur porte-lumière, cette année-là les enfants avaient choisi la petite Marie-Madeleine, car ses yeux toujours gardaient la clarté de la joie. Jamais encore elle ne fut grondée, ni par sa mère, ni par sa maîtresse. Personne n'aurait pu lui reprocher la moindre faute et partout, elle laissait sur son passage comme un rayonnement céleste. A son approche, les garçons cessaient leurs disputes et les larmes du vieillard, elle les irradiait d'un sourire. Dans la flamme de sa bougie qu'elle enveloppait des mains, Marie-Madeleine allait de porte en porte avec la grâce d'un ange et la sérénité d'une vierge. Elle pénétra chez Siméon, comme un éclat de soleil qui traverse un cristal.

— Grand-père Siméon, dit-elle au vieillard écrasé dans son fauteuil, je vous apporte la flamme bénie de Chandeleur. Ce cierge chassera le démon, éclairera votre cœur, tracera le signe de protection sur votre maison, sur vos champs, vos moissons, et sur vos troupeaux avant la montée à l'alpage. Vers l'enfant de lumière, Siméon leva ses yeux enfouis dans des mains brûlées de travail et de douleur.

— Que ferai-je de ce cierge si mon fils n'est plus ?

— Votre fils ? Dieu vous l'a rendu, grand-père Siméon.

Maurice d'Antoine vient de l'annoncer au village. On l'a retrouvé vivant sous la croix du rocher des Montis.

— Tu dis bien vrai, mon enfant ? Tu dis bien vrai ?

— Jamais je n'ai menti.

— Oh ! Alors Marie-Madeleine, puisque tu m'as apporté la joie, donne-moi ta pure flamme et ce cierge de Dieu. Donne-moi aussi ton front à baiser. Tu es mon espérance et je vois dans ton regard la plus sainte lumière du monde. Siméon étreignit l'enfant, puis s'allongeant sur son fauteuil, ses lèvres murmurèrent une prière de reconnaissance. Ses cheveux, d'une blancheur immatérielle, brillaient d'un halo de Chandeleur autour de son vieux front apaisé.

— Il vit... Il vit... répétait-il doucement. « Seigneur, vous laisserez maintenant votre serviteur s'en aller en paix, puisque mes yeux ont retrouvé leur salut »... Vivante, vivante, cette goutte de sang de ma génération terrienne... Demain, il faudra repartir, avec les saisons, dans les champs, vers les sommets, vers vous, mon Dieu... Grand-père Siméon se tut. La tête retomba lourdement sur la poitrine. Un rayon de clarté, plus éclatant que tous les flamboiements de la terre sembla jaillir de ce corps usé jusqu'à la mort par la douleur et la joie. Marie-Madeleine se pencha vers des yeux désormais éteints. Elle ferma pieusement les paupières du vieillard et lui joignit les mains. Puis elle posa son cierge dont la cire pleurait, au pied du crucifix d'arolle enfumé qui ouvrait ses bras cloués par-dessus toutes les larmes du monde. Jérôme pouvait revenir. Dans la dernière demeure de Siméon, une flamme d'espérance illuminait la nuit.

Marcel MICHELLOD

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 21:53

Pierre vivait pauvrement dans une vieille maison avec son père, sa mère, ses cinq frères et ses cinq sœurs. Dans cette maison, il y avait une petite cuisine avec un vieux fourneau qui fumait et des vieilles casseroles cabossées. C’est là que Pierre était le plus souvent, car il adorait cuisiner. Il savait préparer des plats délicieux avec des choses simples : il pouvait transformer des pommes de terre en gâteaux, des poires en sirop, des carottes en purée rose… Avec Pierre, chaque repas devenait une fête. Pourtant, une année, l’hiver fut très long. Pierre ne trouvait que des vieux croûtons de pain à mettre dans ses casseroles et toute sa famille avait faim. Un matin, Pierre dit à son père :

- Je vais aller en ville pour chercher du travail. Avec l’argent que je gagnerai, je pourrai acheter de quoi manger.

Justement, ce jour-là, un messager du roi arrive dans le village de Pierre. Il tape sur un tambour et il déclare :

- Avis à la population ! Le roi de ce pays, Sa Très Gourmande Majesté, a décidé de changer de cuisinier. Celui qui fera le plus délicieux des plats sera nommé Grand Chef des Cuisines du Roi.

En entendant cela le père de Pierre s’écrie :

- Pierre, voilà une chance pour toi ! Enlève ton tablier, laisse tes vilaines casseroles et va faire goûter au roi une recette dont tu as le secret.

Pierre répond en souriant :

- Hélas, on ne devient pas cuisinier du roi en lui faisant manger du pain dur !

Mais la mère de Pierre insiste :

- Allons, va, mon petit cuisinier. Tu sais faire un dessert avec un courant d’air. Je suis sûre que tu peux gagner ce concours !

Alors, Pierre se met en route. Il se demande bien quelle recette il pourra préparer pour le roi, car il n’a rien dans les mains ni dans les poches. Mais comme il sent le printemps qui arrive, il se met à chanter :

- Je n’ai rien pour mon roi, pas de sucre ou de chocolat, même pas la moitié d’un petit pois !

Bientôt, Pierre arrive devant une ferme. Un vieil homme vient à sa rencontre en criant : - à l’aide ! Au secours ! Ma vache est tombée dans l’étang !

La pauvre vache essaie bien de sortir de l’eau mais à chaque fois qu’elle approche du bord de l’étang, elle glisse dans la boue et plouf ! Elle retombe lourdement. Pierre prend une corde solide. Il l’attache aux cornes de la vache et tire sur la corde de toutes ses forces. On hisse ! On hisse ! La vache sort les deux pattes avant. Encore un effort ! On hisse ! On hisse ! Enfin la vache regagne la terre ferme. Elle est sauvée ! Le vieil homme est tout heureux et, pour remercier Pierre, il lui donne un pot de lait tout frais. Pierre reprend le chemin du palais du roi en chantant : - voilà du lait pour le roi, c’est tout ce qu’il aura pour tremper son petit doigt ! Tout à coup, il aperçoit des poules qui courent dans un pré en battant des ailes. Derrière les poules, il y a une fermière qui crie :

- Vilaines poules ! Revenez, revenez, ou le renard va vous manger !

Mais les poules partent dans tous les sens et la fermière ne peut pas les rattraper. Pierre ramasse un bâton, il le fait tourner au-dessus de sa tête puis il file à toute vitesse derrière les poules. Il les rassemble et, en un clin d’œil, il les fait rentrer dans le poulailler. La fermière saute de joie. Elle dit à Pierre :

- Sans toi, mes poules allaient se perdre dans la forêt !

Pour le remercier, elle lui donne six œufs dans un panier. Pierre continue sa marche. Il chante :

- Avec du lait et des œufs que fait-on de délicieux ? Avec des œufs et du lait que pourrait-on préparer ?

Un peu plus loin, alors que la nuit commence à tomber, Pierre rejoint une charrette chargée de sacs de farine et traînée par un âne. C’est la charrette du meunier. Le meunier appelle Pierre :

- S’il te plaît, veux-tu me donner un coup de main ? Ma roue a glissé dans le fossé. Je ne peux plus avancer.

Pierre pose son lait et ses œufs et il pousse avec le meunier. Un, deux, trois, hue ! La charrette est dégagée, le meunier peut rentrer au moulin. Mais avant de partir, il offre à Pierre un petit sac de farine. Pierre s’en va en chantant :

- J’ai des œufs, de la farine et du lait, mon roi tu vas te régaler ! J’ai du lait, des œufs et de la farine, roi, tu vas te lécher les babines !

Lorsque Pierre arrive au palais du roi, le concours de cuisine a déjà commencé. Des cuisiniers sont venus des quatre coins du pays. Ils ont apporté avec eux des épices et des fruits, des lapins, des dindes, des moutons, des légumes, des poissons, des champignons et des herbes parfumées ; tout ce qu’il faut pour réussir des desserts rares, des salades exquises et des rôtis savoureux. Dans la grande cuisine royale, le roi est assis sur le trône. Des serviteurs lui apportent ce que les cuisiniers lui ont préparé. Le roi respire l’odeur de chaque plat, puis il goûte des bouts des lèvres. Il mâchouille, il ferme les yeux, il renifle encore une fois. Mais, pour chaque recette, il grogne : -trop grillé. Trop cru. Trop salé. Trop sucré. Trop chaud. Trop froid. Trop sec. Trop gras. Rien ne lui plaît. Enfin, c’est le tour de Pierre.

Le roi lui demande :

- Alors, jeune homme, que vas-tu nous préparer ?

Pierre se gratte la tête avant de répondre :

- Euh… Sire… Majesté… C’est-à-dire… voilà… c’est une surprise.

Le roi sourit :

- Ah, enfin une surprise !

Euh…euh…

Pierre réfléchit, il se dit :

Qu’est-ce que je pourrais bien faire avec de la farine, du lait et des œufs ? Il regarde par la fenêtre par la fenêtre et il aperçoit la lune qui brille dans le ciel. Cela lui donne une idée. Il s’écrie :

- Je vais faire des lunes, des lunes à croquer !

Le roi fronce les sourcils, il dit :

- Tiens, tiens, des lunes à croquer ? Je suis curieux de voir ça. Alors, mon garçon, mets-toi au travail. Aussitôt, Pierre vide sa farine dans un grand saladier. Il ajoute ses œufs et il verse son lait en mélangeant avec une grande cuillère en bois. Puis il dépose un peu de la pâte qu’il a ainsi préparée dans une poêle bien graissée. Et il la met à cuire sur le fourneau. Au bout de deux minutes, Pierre saisit le manche de la poêle, il donne un coup de poignet et hop!...un gâteau plat et rond s’envole dans la cuisine royale. Pierre dit au roi : - regardez, voilà la lune ! Le roi lève la tête, il n’en croit pas ses yeux : le gâteau rond monte jusqu’au plafond et il retombe juste dans la poêle.

Pierre le laisse cuire encore un peu, puis il dit :

- Voilà, Sire, vous pouvez croquez cette lune.

Le roi renifle, il goûte, il mâchouille et il déclare :

- Ce n’est pas mauvais… C’est même plutôt bon… J’aimerais bien moi aussi faire une lune à croquer car cette recette m’amuse beaucoup. Il se lève de son trône, il verse un peu de pâte dans la poêle, la laisse cuire deux minutes, il donne un petit coup de poignet … et hop ! Il fait sauter la lune à croquer. Et plaf ! Elle retombe sur la tête de la reine. Le roi éclate de rire : - ha ! ha ! ha ! Décidément, cette recette me plaît ! Le roi s’amuse comme un fou : - encore, encore, encore ! Il fait des dizaines des lunes à croquer et il les mange avec du sucre, de la confiture, du chocolat.

À la fin, quand le roi a bien ri et bien mangé, il dit à Pierre :

- C’est toi qui a inventé la recette la plus drôle, du jamais vu, du jamais goûté ! Je te nomme Grand Cuisinier du Roi !

Depuis ce jour, Pierre vit avec toute la famille dans le palais du roi et, chaque année, à la fin de l’hiver, il fait des lunes à croquer.

Source : Jean-Jacques Vacher

 

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 21:48

Chandeleur vient d’un mot latin qui veut dire « fête des chandelles ».

Ce jour-là 2 février, les chrétiens allument des bougies, car ils célèbrent le jour où les parents de Jésus l’ont présenté au temple de Jérusalem, 40 jours après sa naissance, comme le voulait la coutume. Siméon, un vieillard, a alors pris l’enfant dans ses bras et a dit : « Tu es la lumière qui éclaire les nations ! »

Les bougies rappellent que Jésus est la lumière du monde. C’est aussi une façon de fêter la lumière qui revient après l’hiver, car les jours rallongent.

Aujourd’hui, si l’on n’allume pas systématiquement des bougies, on n’oublie pas de manger des crêpes ! Cette tradition est vieille de 1700 ans environ. En 490, des pèlerins qui ont marché depuis Jérusalem arrivent à Rome. Ils sont épuisés et affamés. Le bon pape Gélase 1er leur prépare des « oublies », gaufres rondes à base de farine et d’œufs, roulés en cornet. Les ancêtres de nos crêpes.

 

Oublies pour 4 personnes

Temps de préparation : 15 min

Temps de cuisson : 15 min

 

Ingrédients pour Oublies

250 g de miel

250 g de farine

2 œufs

30 g de beurre

 

Préparation pour Oublies

Faites fondre le miel dans 10 cl d'eau froide. Mettez la farine dans une terrine, creusez un puits, ajoutez les œufs entiers, remuez en incorporant petit à petit l'eau et le miel.

Faites fondre 15 g de beurre, incorporez-les à la pâte en mélangent très rapidement, (la pâte doit pouvoir être roulée sous la main. Formez une trentaine de petites boules.

Faites chauffer le gaufrier (très petite trame) à feu vif, beurrez-le, placez-y une boule de pâte, fermez en appuyant fortement (regraisser le gaufrier toute les 3-4 cuissons). Chauffez le gaufrier 45 secondes, retournez-le et faites de même.

Servez chaud ou froid suivant les goûts.

Ça me donne faim !

C’EST OFFICIEL, CETTE RECETTE DE PÂTE À CRÊPES EST LA PLUS POPULAIRE POUR LA CHANDELEUR !

La Chandeleur est bien connue pour être la fête chrétienne durant laquelle l’on savoure des crêpes. Mais, si la Chandeleur ne se résume pas qu’à ce délicieux met, c’est une des seules traditions liées à cette fête qui a traversé les époques.

POURQUOI CUISINE-T-ON DES CRÊPES À LA CHANDELEUR ?

Le pape Gélase 1er pourrait être à l’origine de cette tradition. En effet, c’est lui qui a fait de cette fête païenne, une fête chrétienne. On raconte que lors des processions au flambeau le 2 février, les pèlerins venus jusqu’à Rome, auraient reçu des galettes pour se rassasier.

De plus, si l’on s’attarde sur l’étymologie du mot chandeleur, on remarque que c’est un mot latin qui veut dire chandelle (candela). Il semblerait donc que le choix d’offrir des crêpes n’ait pas été laissé au hasard. De par leur forme ronde et leur couleur dorée, les crêpes symbolisent le soleil et font donc écho à sa lumière.

UNE RECETTE DE PÂTE À CRÊPES POPULAIRE POUR SA LÉGÈRETÉ

La crêpe est un plat délicieux mais qui peut parfois devenir lourd sur l’estomac. La plus part des gens sont capables d’en manger deux ou trois maximum. Cela peut être frustrant car c’est un plat de fête et qu’on aimerait pouvoir en profiter un peu plus. Voici donc une recette qui vous permettra de faire des « petits excès » grâce à deux ingrédients secrets qui rendent la pâte plus légère.  

  • 200 g de farine tamisée ou fluide
  • 50 g de fécule de maïs pour alléger la texture
  • 4 œufs
  • ½ verre de bière blonde pour plus de légèreté
  • 450 ml de lait légèrement tiède
  • 2 c. à soupe de rhum ambré ou de fleur d’oranger, ou 1/2 verre de bière blonde
  • 1 c. à soupe d’extrait de vanille ou 1 sachet de sucre vanillé
  • 2 c. à soupe de sucre
  • 1 pincée de sel
  • 50 g de beurre fondu

LES ÉTAPES

  1. Faites fondre le beurre au micro-ondes et faites légèrement chauffer le lait qui doit être à peine tiède (ça évite les grumeaux)
  2. Mélangez la farine tamisée, la fécule de maïs, le sucre, le sel dans un grand bol.
  3. Ajoutez les œufs, le beurre fondu, puis progressivement le lait, en battant avec un fouet pour éviter la formation des grumeaux
  4. Ajoutez la bière et laissez reposer 30 minutes avant d’attaquer la cuisson

Il ne vous reste plus qu’à déguster vos crêpes légères et aériennes. 

Recette par : Herve cuisine - https://www.eglisecatholique-ge.ch/

 

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