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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 14:17

Lundi-Saint

Lecture du livre d'Isaïe 42, 1-7

Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois ». Ainsi parle Dieu, le Seigneur, qui crée les cieux et les déploie, qui affermit la terre et ce qu’elle produit ; il donne le souffle au peuple qui l’habite, et l’esprit à ceux qui la parcourent : « Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres ». – Parole du Seigneur.

Psaume 26

R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut.

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/
  • Si des méchants s'avancent contre moi pour me déchirer, ce sont eux, mes ennemis, mes adversaires, qui perdent pied et succombent. R/
  • Qu'une armée se déploie devant moi, mon cœur est sans crainte ; que la bataille s'engage contre moi, je garde confiance. R/
  • J'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur ! » R/

Louange à toi, Seigneur, Roi d'éternelle gloire ! Salut, ô Christ, notre Roi : toi seul as pris en pitié nos égarements. Louange à toi, Seigneur, Roi d'éternelle gloire !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 2, 1-11

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus.

Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours ».

Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Avec ce geste de Marie, répandant sur les pieds de Jésus une livre de parfum, nous avons le prologue de la Passion. Après cet épisode, Jean place l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, puis l'annonce formelle de la Passion. L'art de l'Apôtre bien-aimé, c'est de raconter un événement et d'en donner l'explication, l'homélie par Jésus lui-même.

Jésus , en effet, va révéler la signification du geste de Marie en disant : Elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture. Ce geste est sûrement un geste d'amour, mais surtout, pour Lui, un geste prophétique. Il révèle que la Passion commence. C'est l'intuition de l'amour qui devance les faits. Bientôt, Jésus aura les pieds transpercés par les clous. Dans quelques jours, Jésus mis à mort et mis au tombeau. Alors les saintes femmes viendront avec des aromates embaumer le corps. Par avance, Marie embaume les pieds de Jésus.

Ce geste va remplir de sa beauté le temps de lglise. Saint Matthieu dira de son côté : Partout où sera proclamé cet évangile - dans le monde entier - on redira à sa mémoire ce qu'elle vient de faire. Saint Jean, lui, note ce fait qui est un symbole : La maison s'emplit de la senteur du parfum.

Ce geste de Marie, l'évangile le redira au monde entier Cet évangile, l'Église le garde précieusement. Il parfume cette "Maison de Dieu" qu'est l'Eglise.

Suisse

Mardi-Saint

Lecture du livre d'Isaïe 49, 1-6

Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur ». Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces ». Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu. Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». – Parole du Seigneur.

Psaume 70

R/ Sans fin, je proclamerai ta victoire et ton salut.

  • En toi, Seigneur, j'ai mon refuge : garde-moi d'être humilié pour toujours. Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, tends l'oreille vers moi, et sauve-moi. R/
  • Sois le rocher qui m'accueille, toujours accessible ; tu as résolu de me sauver : ma forteresse et mon roc, c'est toi ! R/
  • Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, toi, mon soutien dès avant ma naissance, tu m'as choisi dès le ventre de ma mère ; tu seras ma louange toujours ! R/
  • Ma bouche annonce tout le jour tes actes de justice et de salut. Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse, jusqu'à présent, j'ai proclamé tes merveilles. R/

Louange à toi, Seigneur, Roi d'éternelle gloire ! Salut, ô Christ, notre Roi : obéissant au Père, comme l'agneau vers l'abattoir tu te laisses conduire à la croix. Louange à toi, Seigneur, Roi d'éternelle gloire !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13, 21-33, 36-38

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera ». Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat ». Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite ». Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.

Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi ». Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard ». Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Van Gogh disait : "Il y a du Rembrandt dans l'Évangile et de l'Évangile dans Rembrandt". C'est particulièrement vrai pour ce passage. Il semble que saint Jean s'est plu à en faire sentir le clair-obscur.

Il est noté que, quand Judas Iscariote sortit du Cénacle pour livrer Jésus, c'était la nuit. Au premier plan, c'est une vérité historique. Mais il y a plus : l'obscurité, la nuit, c'est le milieu approprié à cette action tragique. Or, c'est à ce moment précis que Jésus fait entendre une hymne à la Gloire.

L'Évangile poursuit en effet: Lors donc que Judas fut sorti, Jésus dit : "Maintenant le Fils de l'homme a été glorifié et Dieu a été glorifié en lui". Nous restons étonnés d'un tel lyrisme. Étonnés surtout de ce "maintenant". Alors que le processus de la Passion est déclenché, l'exultation saisit Jésus.

Saint Jean est un intuitif, un contemplatif. Pour lui, la célébration de la Gloire par le Christ, à cette heure la plus sombre de sa vie, est le signe que le chemin de la Croix et le chemin de la Gloire représentent un seul et même mystère à deux faces. L'élévation de Jésus sur la Croix est le commencement de son élévation auprès du Père dans la Gloire.

Suisse

Mercredi-Saint

Lecture du livre d'Isaïe 50, 4-9

Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse, d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. Chaque matin, il éveille, il éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute. Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m’arrachaient la barbe. Je n’ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats. Le Seigneur mon Dieu vient à mon secours ; c’est pourquoi je ne suis pas atteint par les outrages, c’est pourquoi j’ai rendu ma face dure comme pierre : je sais que je ne serai pas confondu. Il est proche, Celui qui me justifie. Quelqu’un veut-il plaider contre moi ? Comparaissons ensemble ! Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ? – Parole du Seigneur.

Psaume 68

R/ Dans ton grand amour, mon Dieu, fais-moi grâce.

  • C'est pour toi que j'endure l'insulte, que la honte me couvre le visage : je suis un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère. L'amour de ta maison m'a perdu ; on t'insulte, et l'insulte retombe sur moi. R/
  • L'insulte m'a broyé le cœur, le mal est incurable ; j'espérais un secours, mais en vain, des consolateurs, je n'en ai pas trouvé. À mon pain, ils ont mêlé du poison ; quand j'avais soif, ils m'ont donné du vinaigre. R/
  • Mais je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce. Les pauvres l'ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n'oublie pas les siens emprisonnés. R/

Louange à toi, Seigneur, Roi d'éternelle gloire ! Salut, ô Christ notre Roi : obéissant au Père, comme l'agneau vers l'abattoir tu te laisses conduire à la croix. Louange à toi, Seigneur, Roi d'éternelle gloire !

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 26, 14-25

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.

Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer ». Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! » – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Jésus, voyant que son heure est proche, fait préparer la Pâque. Il annonce la trahison de Judas pendant le repas. L'auteur des psaumes avait déjà prédit la trahison de ce proche. Le peuple de Juda condamne Jésus et le livre aux païens. Les travailleurs de la vigne, après avoir tué les serviteurs, tuent aussi le fils du propriétaire. Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je fatigué ? Réponds-moi ! Judas vend Jésus pour trente pièces d'argent. La valeur d'un esclave était de trente pièces d'argent. On estima à la même valeur le prophète déchu. Et c'est encore cette somme que donne le sanhédrin pour Jésus.

Lorsque ce qui avait été annoncé se réalise, les Écritures s'accomplissent. Tout, depuis toujours, était présent aux yeux de Dieu. La conduite de l'homme était prévue, mais non prédéterminée. C'est pourquoi, Jésus n'enlève pas sa responsabilité à celui qui le livre, puisqu'il a mal utilisé sa liberté.

Nous aussi, nous pouvons trahir le Christ, le vendre pour quelques pièces de monnaie. La Parole du Seigneur nous instruit, et le Seigneur lui-même ouvre nos oreilles, pour que nous soyons au nombre des convives de Jésus, qui célèbrent avec Lui la Pâque, comme des membres vivants de son Église.

Espagne

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 09:29

Vous trouverez les lectures dialoguées de la Passion des années A-B-C

et en + celles du Jeudi-Saint et du Samedi-Saint avec la nouvelle traduction liturgique

Lecture de la Passion selon St Matthieu

Rameaux Année A

Lecture de la Passion selon St Marc

Rameaux Année B

Lecture de la Passion selon St Luc

Rameaux Année C

Lecture du Jeudi-Saint

Année B

Lecture de la Passion selon St Jean

Vendredi-Saint

Lectures de la Veillée Pascale

 

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 13:48
Dimanche des Rameaux

Homélie

Chers frères et sœurs, Jésus nous a aimés, comme on n’a jamais aimé. C’est ce qui ressort à l’évidence de ce passage d’Evangile particulièrement émouvant que nous relate sa très amère Passion.

Non, jamais, jamais personne n’aurait pu faire pour nous ce que Lui a fait.

  • Pour supporter ce qu’il a supporté, enduré ce qu’il a enduré dans son corps et dans son cœur : l’agonie au jardin des oliviers, l’horrible flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la croix, les souffrances indicibles de la crucifixion ainsi que les insultes, les moqueries, la trahison de Judas, la lâcheté des Apôtres, l’hostilité de la foule...
  • Pour accepter de payer la facture à notre place (car il s’est fait coupable alors qu’il ne l’était pas) il faut être fou – n’est-ce pas - oui, fou d’amour.

Nous laisserons-nous interpeller par ce témoignage si éclatant de cette tendresse, de cette bonté, de cette miséricorde infinie de notre Sauveur ?

Jésus disait un jour à sainte Angèle de Foligno : « Ce n’est pas pour rire que je t’ai aimé ». Mais saint Paul auparavant avait déclaré, dans un grand élan de reconnaissance : « Il m’a aimé, moi et il s’est livré pour moi ».

Chacun de nous, frères et sœurs, peu reprendre cette parole à son compte. Oui le Seigneur m’a aimé, il s’est offert, il s’est sacrifié pour que je sois sauvé : POUR QUE JE SOIS SAUVÉ... Cela veut dire qu’étant devenu enfant de Dieu par le Baptême je suis appelé à participer, dès cette terre, par la foi et l’amour, à la Vie même de Dieu, vie d’intimité avec les Trois Personnes Divines que je dois faire grandir en me laissant transformer à l’image du Christ jusqu’au jour où après le grand passage de la mort mon union avec Lui s’épanouira dans le partage de son propre bonheur divin, (un bonheur insurpassable et inépuisable) un bonheur qui sera infiniment comblant et qui durera éternellement.

Ah ! Frères et sœurs, si en ce jour des Rameaux, si au cours de cette Semaine Sainte nous pouvions enfin avoir la conviction et fortifier en nous cette conviction que c’est cela l’essentiel et qu’en dehors de cela notre vie n’a pas de sens. Comme nous réviserions nos manières de penser et d’agir, comme nous nous efforcerions de vivre en chrétiens dignes de ce nom : nous ne pourrions plus, dès lors, nous contenter (ce qui, hélas est le cas de beaucoup) de quelques gestes religieux qui ont une certaine valeur, certes, mais sont nettement insuffisants : comme faire bénir du buis le jour des Rameaux et assister à la messe 3 ou 4 fois au cours de l’année. Nous chercherions à nouer de véritables relations d’amitié avec le Seigneur et nous aurions à cœur de les entretenir et de les approfondir...

Le véritable amour, nous le savons bien, ne se paye pas de mots, mais se prouve par des actes... Or les actes, pour le chrétien, c’est la pratique.

  • La pratique des commandements de Dieu et de l’Evangile.
  • La pratique de la prière : à condition qu’elle soit fréquente, confiante et persévérante qui facilite le plus l’intimité avec le Seigneur... Elle est comme la respiration de l’âme.
  • La pratique de la Messe. L’Eglise nous fait un devoir d’y participer chaque dimanche, sous peine de péché grave. C’est là, en effet que nous pouvons rencontrer le Christ réellement présent dans le sacrement de son Corps livré et de son Sang versé : unir l’offrande de notre vie à son offrande à Lui, et le recevoir dans la communion qui est l’aliment par excellence de notre âme, car elle transforme jusqu’à notre cœur l’amour de son cœur divin.
  • Il y a enfin la confession des péchés à un prêtre : (l’Eglise nous demande instamment de la faire au moins 1 fois par an). Par elle nous sommes pardonnés, guéris de ces blessures que sont nos péchés rendus plus forts dans la lutte contre les tentations. Le Pape Paul VI disait que « la confession sacramentelle est un passage obligé sur le chemin du salut ».

Nous ne manquerons pas de recevoir ce sacrement durant ce temps pascal... Il nous apportera la Paix et la Joie.

Au cours de cette Messe, nous demanderons à la Vierge Marie qui est devenue notre Mère spirituelle au pied de la Croix de nous guider vers Jésus, de nous apprendre (et de nous aider) à répondre le plus généreusement possible à son immense Amour.

Amen.

Prière Universelle

 

Aujourd’hui, avec toute l’Église, en tenant les rameaux en main, nous laissons monter vers Dieu toutes les demandes de notre société humaine :

R/ En toi, notre cœur espère Seigneur.

  • « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mc 11, 1-10) Le cri de joie de ceux qui ont accompagné Jésus à l’entrée de Jérusalem, a cédé rapidement sa place à la condamnation. Que l’esprit de discernement soit éduqué constamment au cœur des familles ainsi qu'au cœur des communautés paroissiales ! Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « Je n’ai pas caché ma face devant les outrages, je sais que je ne serai pas confondu » (Is 50, 4-7) Avec cette parole du prophète Isaïe, pleine de foi et de courage, nous supplions Dieu pour ceux qui luttent contre l’injustice et la torture. Que la lumière de Dieu éclaire leurs pas dans ces durs combats.  Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (21, 2a) Avec ce cri désespéré du psalmiste, nous implorons Dieu pour les chômeurs de longue durée, les mourants, les marginaux. Qu’ils puissent recevoir les soutiens concrets et remplis de charité de la part de la société et de leur entourage. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « Il s’est abaissé : c’est pourquoi Dieu l’a exalté » (Ph 2, 6-11) Cette parole de Paul nous amène à prier pour les baptisés. Qu’ils deviennent humbles et petits comme le Christ, au service du développement intégral de tout être humain et de la quête du bien commun. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » (Mc 15,1-39) Avec le centurion, nous rendons grâce à Dieu pour la présence des catéchumènes au sein des communautés paroissiales. Que ces personnes choisissent d’adhérer au Christ malgré les vicissitudes de la vie et que Dieu leur donne la joie de faire partie de sa grande famille, qui s’appelle l’Église. Seigneur, nous t’en prions. R/

Seigneur Dieu, reçois toutes nos prières en ce dimanche. Insuffle dans nos cœurs la joie à célébrer la Semaine Sainte de ton fils, Jésus-Christ. Amen.

Source : http://www.jardinierdedieu.com

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19 avril 2019 5 19 /04 /avril /2019 18:14

Beaucoup de gens me demandent : « Pouvez-vous donner un sens à ce qui est en train de se passer ? » Il est toujours facile de donner du sens a posteriori sur les événements que nous avons à vivre. Mais qui aurait pu dire quoi que ce soit avant la destruction de Notre Dame ?

Le véritable sujet est de comprendre la logique de Dieu. En cette semaine Sainte, nous vivons deux convictions. La première est celle de Pâques. D’un mal terrible que Dieu n’a pas voulu mais subi, Dieu peut tirer un bien plus grand. C’est la logique de Pâques. Du mal absolu de la mort du Christ, Dieu le Père avec l’assentiment de son Fils bien aimé tire un bien immense : la Résurrection qui ouvre la vie éternelle à l’humanité et le Salut de la multitude. Notre seconde conviction est celle de l’inversion évangélique que nous vivons en ce soir de la Saint Cène : « Les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers ».

Jésus demande : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? »

Assurément non, les disciples ne comprennent pas ce que Jésus vient de faire. Le repas pascal que Jésus célèbre n’est pas un simple repas sur lequel on dirait un vague « bénédicité », comme nous le faisons nous-mêmes parfois. C’est une véritable liturgie.

Le rite essentiel est la grande bénédiction de la fin du repas qui est marqué par un lavement des mains général. C’est le plus jeune qui se lève pour laver les mains de celui qui préside le repas. Jésus, Maître et Seigneur, va se lever lui-même à la place du plus jeune et, au lieu de laver les mains, va se mettre à laver les pieds de chacun de ses disciples. Cette scène est extrêmement choquante pour eux et d’ailleurs Pierre se récrie : « Tu ne me laveras pas les pieds, jamais ». Le lavage des pieds est réservé aux serviteurs chez les juifs et aux esclaves chez les romains. Jésus bouleverse totalement la liturgie juive.

Dans la Bible le service a deux sens :

Le service de Dieu qui libère de l’asservissement de l’esclavage.

Le service de nos frères, qui ne fait qu’un avec le service de Dieu.

Chers amis, comprenez-vous ce qui est en train de se passer ?

Toutes les religions sans exception apprennent à l’homme à se mettre à genoux devant Dieu. Ce soir, c’est Dieu qui se met à genoux devant l’homme. Là encore, il s’agit d’une inversion évangélique. Nous sommes devant un mystère incroyable qui nous révèle la dignité extraordinaire dont nous sommes revêtus par Dieu lui-même. Jésus se met à genoux devant Judas qui va le trahir, devant Pierre qui va le renier, et devant tous les autres qui vont l’abandonner, sauf les femmes.

Nous pensons tous que nos mérites doivent nous attirer la reconnaissance et la promotion. Or, ce ne sont pas nos mérites qui nous valent cet agenouillement de Dieu devant nous. Notre dignité nous est donnée par Dieu lui-même.

Comprenez-vous pourquoi notre religion est une véritable folie ?

Nous ne sommes pas dans un quelconque humanisme. Nous avons besoin du Christ pour changer notre regard sur Dieu lui-même et sur nos frères humains. Si Dieu se met à genoux devant l’homme, c’est pour que nous nous mettions à genoux devant nos frères, particulièrement nous les prêtres et les diacres, en ce jour béni de l’institution du sacerdoce. Et ce n’est pas tout. La folie de Dieu ne s’arrête pas là. Au lieu de s’en tenir à la bénédiction, Jésus ajoute : « Ceci est mon Corps ». Dans le langage de la Bible, le corps désigne la personne tout entière dans laquelle le corps et l’esprit sont indissociablement unis. C’est la personne de Jésus qui se donne véritablement. « Livré pour vous » veut dire que cette Personne est un « être pour les autres », un être qui se partage, qui se communique. Croire tout cela, comme nous le faisons, c’est être fou aux yeux du monde. Il faut être fou pour construire une cathédrale qui est l’écrin d’un simple morceau de pain, d’une goutte de vin.

Voilà ce qu’est un chrétien : c’est celui qui non seulement accepte la folie de Dieu mais qui entre dans la folie de Dieu. Car « la folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes » nous dit saint Paul. Il nous révèle aussi ce que nous sommes : « Ce qu’il y a de fou dans le monde voilà ce que Dieu a choisi ». Nous sommes des fous. Notre religion est une religion de fous, pas un rassemblement d’humanitaires.

Je vais vous donner la vraie définition de la folie :

La folie, c’est de mettre son intelligence au service de l’amour.

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris

Jeudi 18 avril 2019 – Saint-Sulpice (6e)

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 20:14

« Maltraité, il n’ouvre pas la bouche, tel un agneau conduit à l’abattoir ». Ces paroles du prophète s’appliquent si étonnamment à la Passion selon saint Jean qu’on ne peut s’empêcher de voir, sous les traits du Serviteur souffrant, la préfiguration de Jésus accusé et condamné. Or, c’est à cause de nos péchés que cet innocent a été broyé, et c’est pour tous les hommes qu’il a obtenu la paix et la guérison. Selon l’appellation ironique de Pilate, voici l’ « homme » dans sa fragilité, abandonné de tous, symbole meurtri de ses frères et sœurs injustement frappés, exclus, défigurés. Avec l’exécution de Jésus, la mort humaine a changé de sens. Elle demeure la fin apparemment absurde de chaque existence individuelle, mais l’amour peut en faire un signe de communication.

L’autel est dépouillé – sans croix, ni cierges, ni nappe. Le prêtre et ses assistants se prosternent complètement pour prier en silence. Après quelques instants, le prêtre invite l’assemblée à prier avec lui :

Prière

Seigneur, nous savons que tu aimes sans mesure, toi qui n’as pas refusé ton propre Fils mais qui l’as livré pour sauver tous les hommes : aujourd’hui encore, montre-nous ton amour : nous voulons suivre le Christ qui marche librement vers sa mort ; soutiens-nous comme tu l’as soutenu, et sanctifie-nous dans le mystère de sa Pâque. Lui qui règne pour les siècles des siècles.

Lecture du livre d'Isaïe 52, 13-15 ; 53, 1-12

Tous ceux qui ont eu à souffrir et à donner leur vie pour leurs frères trouvent en Jésus l’accomplissement de l’espérance qui les portait, car lui, il sauve la multitude des hommes.

Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s'élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu'il ne ressemblait plus à un homme ; il n'avait plus l'aspect d'un fils d'homme. Il étonnera de même une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit, ils découvriront ce dont ils n'avaient jamais entendu parler.

Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? Le bras puissant du Seigneur a qui s’est-il révélé ? Devant Dieu, le serviteur a poussé comme une plante chétive, une racine dans une terre aride ; il n'était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son aspect n'avait rien pour nous plaire. Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant quo on se voile la face ; et nous l'avons méprisé, compté pour rien. En fait, c'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu'il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c'est à cause de nos révoltes qu'il a été transpercé, à cause de nos fautes qu'il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Maltraité, il s'humilie, il n'ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s'est inquiété de son sort ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à mort pour les révoltes de son peuple. On a placé sa tombe avec les mécréants, son tombeau avec les riches ; et pourtant il n'a jamais commis de violence, on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S'il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.

Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes. C'est pourquoi parmi les grands, je lui donnerai sa part, avec les puissants il partagera le butin, car il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort, il a été compté avec les pécheurs, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs. Parole du Seigneur.

Commentaire : Le triomphe du Serviteur de Dieu stupéfie les puissants et les foules qui n’imaginèrent jamais que la voie douloureuse qu’il suivait pourrait changer la marche du monde. Or, c’est cet homme bafoué, déconsidéré, défiguré, transpercé qui ouvre à l’humanité une trouée de lumière dans la nuit opaque de nos fautes et du péché du monde.

Aujourd’hui, avec Jésus bafoué, marchent sur le chemin de la croix tous les hommes bafoués par notre monde ceux qui ne savent pas se défendre, qui n’ont pas l’instruction, qui font les frais du progrès technique et économique, l’homme qui sort de prison et ne trouve pas d’embauche…

Aujourd’hui, avec Jésus déconsidéré, tous les hommes déconsidérés : le cadre et l’ouvrier âgés qu’on déclasse ou renvoie, la maman célibataire, l’immigré, ces jeunes traités d’asociaux mais sans débouchés au sortir des écoles… 

Avec Jésus défiguré, tous les hommes défigurés : hommes et femmes abîmés par l’alcool, la drogue, le taudis, la prostitution ; enfants dévitalisés par la faim ou la sous-alimentation…

Avec Jésus transpercé, tous les hommes transpercés : ceux que nos guerres, nos guérillas, les accidents de la route ou du travail tuent ou mutilent, les enfants maltraités dans leur corps ou leur esprit…

Ils sont les victimes du péché du monde que Jésus est venu enlever au prix de sa mort : dans la passion il s’est voulu solidaire de ceux qu’il venait sauver.

Psaume 30

R/ Ô Père, dans tes mains je remets ton esprit

En toi, Seigneur, j'ai mon refuge ; garde-moi d'être humilié pour toujours. En tes mains je remets mon esprit ; tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité. R/

Je suis la risée de mes adversaires et même de mes voisins, je fais peur à mes amis s'ils me voient dans la rue, ils me fuient. R/

On m'ignore comme un mort oublié, comme une chose qu'on jette. J'entends les calomnies de la foule ; ils s'accordent pour m'ôter la vie. R/

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, je dis : « Tu es mon Dieu ! » Mes jours sont dans ta main : délivre-moi des mains hostiles qui s'acharnent. R/

Sur ton serviteur, que s'illumine ta face ; sauve-moi par ton amour. Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez le Seigneur ! R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 4,14-16 ; 5, 7-9

Il n’y a pas d’être humain qui souffre dans le monde sans que le cœur du Christ ne vibre à sa souffrance.

Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l'affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, le Christ offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu'il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l'obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. Parole du Seigneur.

Commentaire : Les souffrances du Christ ne sont pas seulement un évènement du passé que sa résurrection et sa vie auprès du Père lui auraient fait oublier, comme un mauvais souvenir. L’expérience qu’il a faite de la souffrance, des larmes, de la prière suppliante de l’homme aux prises avec l’angoisse et la peur de mourir, lui permet de comprendre nos faiblesses dans l’épreuve. Nul ne peut désormais se dire solitaire ou abandonné dans sa peine : Jésus est près de lui le compagnon de sa douleur qui lui apporte secours et miséricorde. Il est aussi le Fils qui lui apprend la valeur rédemptrice d’une souffrance offerte pour sauver le monde.

Parce qu’il a crié vers Dieu : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? », Jésus est proche de ceux que la misère ou la souffrance désespèrent. Parce qu’il a crié : « mon Dieu, mon Dieu », Jésus nous assure que leur cri parvient jusqu’à Dieu : son espérance et la leur ne sont pas vaines.

Le Christ s’est anéanti, prenant la condition de serviteur. Pour nous, le Christ s'est fait obéissant, jusqu'à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l'a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom. Le Christ s’est anéanti, prenant la condition de serviteur.

Vous trouverez la Passion dialoguée en PDF en cliquant sur l'image.

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean 18, 1-40 ; 19, 1-42

VJésus – Lecteur – FouleS (soldats+servante+serviteur) Pilate – Pierre – Autres

La royauté de Jésus ne vient pas de ce monde. On le voit bien quand il a pour trône une croix et pour couronne des épines. Pourtant, il règne alors sur tous ceux qui sont pour la vérité.

 

L’arrestation de Jésus

Lecteur : En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats, ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrivent à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit :

V : « Qui cherchez-vous ? »

Lecteur : Ils lui répondirent :

Foule : « Jésus le Nazaréen ».

Lecteur : Il leur dit :

V : « C'est moi ».

Lecteur : Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C'est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau :

V : « Qui cherchez-vous ? »

Lecteur : Ils dirent :

Foule : « Jésus le Nazaréen ».

Lecteur : Jésus répondit :

V : « Je vous l'ai dit : c'est moi, je le suis. Si c'est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir ».

Lecteur : Ainsi s'accomplissait la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés ». Or Simon-Pierre avait une épée, il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre :

V : Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père vais-je refuser de la boire ? »

Lecteur : Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisissent de Jésus et le ligotèrent. Ils l'emmenèrent d'abord chez Hanne, beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple ».

Chez le grand prêtre

Lecteur : Or Simon-Pierre ainsi qu’un autre disciple suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre. Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l'autre disciple — celui qui était connu du grand prêtre — sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. Cette jeune servante dit alors à Pierre :

S : « N'es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? »

Lecteur : Il répondit :

Pierre : « Non, je ne le suis pas ! »

Lecteur : Les serviteurs et les gardes se étaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer. Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit :

V : Moi, j'ai parlé au monde ouvertement. J'ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n'ai jamais parlé en cachette. Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j'ai dit.

Lecteur : À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant :

Autres : C'est ainsi que tu réponds au grand prêtre !

Lecteur : Jésus lui répliqua :

V : Si j'ai mal parlé, montre ce que j'ai dit de mal ? Mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?

Lecteur : Hanne l'envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe. Simon-Pierre était donc en train de se chauffer ; on lui dit :

S : N'es-tu pas toi aussi, l’un de ses disciples ?

Lecteur : Pierre le nia et dit :

Pierre : Non, je ne le suis pas !

Lecteur : Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, insista :

S : Est-ce que moi, je ne t'ai pas vu dans le jardin avec lui ?

Lecteur : Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.

L’interrogatoire chez Pilate

Lecteur : Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C'était le matin. Ceux qui l’avaient amené n'entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l'agneau pascal. Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda :

Pilate : Quelle accusation portez-vous contre cet homme ?

Lecteur : Ils lui répondirent :

Foule : S'il n’était un malfaiteur, nous ne t'aurions pas livré cet homme.

Lecteur : Pilate leur dit :

Pilate : Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi.

Lecteur : Les Juifs lui dirent :

Foule : Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort.

Lecteur : Ainsi s'accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit :

Pilate : Es-tu le roi des Juifs ?

Lecteur : Jésus lui demanda :

V : Dis-tu cela de toi-même, ou bien d'autres te l'ont dit à mon sujet ?

Lecteur : Pilate répondit :

Pilate : Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ?

Lecteur : Jésus déclara :

V : Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d'ici.

Lecteur : Pilate lui dit :

Pilate : Alors, tu es roi ?

Lecteur : Jésus répondit :

V : « C'est toi qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix.

Lecteur : Pilate lui dit :

Pilate : Qu'est-ce que la vérité ?

Lecteur : Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara :

Pilate : Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c'est la coutume que je vous relâche quelqu'un pour la Pâque : voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ?

Lecteur : Alors ils répliquèrent en criant :

Foule : Pas lui ! Mais Barabbas !

Lecteur : Or ce Barabbas était un bandit. Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d'un manteau de pourpre. Ils s'avançaient vers lui et ils disaient :

S : Salut à toi, roi des Juifs !

Lecteur : Et ils le giflaient. Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit :

Pilate : Voyez, je vous l'amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.

Lecteur : Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d'épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara :

Pilate : Voici l'homme.

Lecteur : Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier :

Foule : Crucifie-le ! Crucifie-le !

Lecteur : Pilate leur dit :

Pilate : Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.

Lecteur : Ils lui répondirent :

Foule : Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu.

Lecteur : Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus :

Pilate : D'où es-tu ?

Lecteur : Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors :

Pilate : Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j'ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ?

Lecteur : Jésus répondit :

V : Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l'avais reçu d'en haut ; c’est pourquoi celui qui m'a livré à toi porte un péché plus grand.

Lecteur : Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais les Juifs se mirent à crier :

Foule : Si tu le relâches, tu n'es pas un ami de l'empereur. Quiconque se fait roi s'oppose à l'empereur.

Lecteur : En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu-dit le Dallage (en hébreu : Gabbatha). C'était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs :

Pilate : Voici votre roi.

Lecteur : Alors ils crièrent :

Foule : À mort ! À mort ! Crucifie-le !

Lecteur : Pilate leur dit :

Pilate : Vais-je crucifier votre roi ?

Lecteur : Les grands prêtres répondirent :

Autres : Nous n'avons pas d'autre roi que l'empereur.

Lecteur : Alors, il leur livra Jésus pour qu'il soit crucifié.

Le calvaire

Lecteur : Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu-dit Le Crâne, (ou Calvaire), qui se dit en hébreu : Golgotha. C’est là, qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu'il fit placer sur la croix, il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate :

Autres : N’écris pas : « Roi des Juifs » ; mais : « Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs ».

Lecteur : Pilate répondit :

Pilate : Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit.

Lecteur : Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d'une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux :

S : Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura.

Lecteur : Ainsi s'accomplissait la parole de l'Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C'est bien ce que firent les soldats. Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère :

V : Femme, voici ton fils.

Lecteur : Puis il dit au disciple :

V : Voici ta mère.

Lecteur : Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l'Écriture s'accomplisse jusqu'au bout, Jésus dit

V : J'ai soif.

Lecteur : Il y avait là un récipient plein d'une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :

V : Tout est accompli.

Lecteur : Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit.

Ici on fléchit le genou, et on s’arrête un instant.

Lecteur : Comme c'était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat d'autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu'on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l'Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé. Après cela, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème - celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit - vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d'aloès pesant environ cent livres. Ils prirent le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d'ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n'avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c'est là qu'ils déposèrent Jésus. Acclamons la Parole de Dieu.

Les impropères

 

Au cours de la Liturgie de l’Adoration de la Croix, le Vendredi Saint, l’Église nous offre cette belle méditation à travers ce chant des Impropères, ce chant des Reproches :

Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi

R/ Ô Dieu Saint, Ô Dieu fort, Ô Dieu immortel, prends pitié de nous.

 

I - Peuple égaré par l’amertume, peuple au cœur fermé, souviens-toi ! Le Maître t’a libéré. Tant d’amour serait-il sans réponse, tant d’amour d’un Dieu crucifié ?

1 - Moi, depuis l’aurore des mondes, j’ai préparé ton aujourd’hui ; toi, tu rejettes la vraie Vie qui peut donner la joie sans ombre, ô mon peuple, réponds-moi ! R/

2 - Moi, j’ai brisé tes liens d’esclave, j’ai fait sombrer tes ennemis ; toi, tu me livres à l’Ennemi, tu me prépares une autre Pâque, ô mon peuple, réponds-moi ! R/

3 – Moi, j’ai pris part à ton exode, par la nuée je t’ai conduit ; toi, tu m’enfermes dans ta nuit, tu ne sais plus où va ma gloire, ô mon peuple, réponds-moi ! R/

4 – Moi, j’ai envoyé mes prophètes, ils ont crié dans ton exil ; toi, tu ne veux pas revenir, tu deviens sourd quand je t’appelle, ô mon peuple, réponds-moi ! R/

5 - Moi, j’ai voulu, vivante Sève, jeter l’espoir de fruits nouveaux ; toi, tu te coupes de mes eaux mais pour aller vers quelle sève ? R/

 

II - Vigne aux raisins d’amertume, vigne aux sarments desséchés, souviens-toi ! La Grappe fut vendangée ; ce Fruit mûr serait-il sans partage, ce Fruit mûr que Dieu a pressé ?

6 – Moi, j’ai porté le poids des chaînes, j’ai courbé le dos sous les fouets ; toi, tu me blesses en l’opprimé, l’innocent tombé sous la haine, ô mon frère, réponds-moi ! R/

7 – Moi, j’ai porté sceptre et couronne et manteau royal empourpré ; toi, tu rougis de confesser le Fils de Dieu parmi les hommes, ô mon frère, réponds-moi ! R/

8 – Moi, j’ai marché vers le Calvaire où mes deux bras furent cloués ; toi, tu refuses la montée quand meurt en croix l’un de mes frères, ô mon frère, réponds-moi ! R/

9 – Moi, je revis depuis l’Aurore où le Vivant m’a réveillé ; Toi, le témoin de ma clarté, es-tu vivant parmi les hommes ? ô mon frère, réponds-moi ! R/

 

Frère sevré d’amertume, frère au cœur desséché, souviens-toi ! Ton frère t’a relevé, Jésus-Christ, le Verbe et la Réponse, Jésus-Christ, l’Amour révélé.

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 19:52

Lecture du livre de l'Exode 12,1-8.11-14

Comme jadis l’agneau pascal, Jésus rassemble la communauté, il la sauve par son sang et la nourrit de son corps sur la route de la délivrance.

En ces jours-là, dans le pays d'Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l'année. Parlez ainsi à toute la communauté d'Israël : le dix de ce mois, que l'on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l'agneau d'après ce que chacun peut manger. Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour du mois. Dans toute l'assemblée de la communauté d'Israël, on l'immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l'on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c'est la Pâque du Seigneur. Je traverserai le pays d'Égypte, cette nuit-là, je frapperai tout premier-né au pays d'Égypte, depuis les hommes jusqu'au bétail. Contre tous les dieux de l'Égypte j'exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d'Égypte.

Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C'est un décret perpétuel : d'âge en âge vous la fêterez ». Parole du Seigneur.

Commentaire : La Pâque juive est un repas qui réunit la famille ou le voisinage en souvenir de la nuit de la délivrance d’Égypte.

La Pâque est aussi un repas que l’on prend debout, en tenue de voyage, pour gagner le pays où l’on vivra libre. Le repas pascal gardera toujours cet aspect communautaire : c’est le peuple de Dieu qui fête sa liberté retrouvée en Jésus-Christ ; il aura toujours aussi ce caractère provisoire : cette liberté que Dieu donne est devant soi, jamais derrière ; il faut marcher à la suite du Christ et lutter avec lui pour la conquérir.

La Pâque est un repas de voyageurs en route vers la terre où vivre libre. Comment nous aider en communauté chrétienne ou en équipe à faire de nos célébrations des sacrements et de la prière les étapes d’une marche vers le Christ, notre liberté ?

Psaume 115

R/ La coupe de bénédiction est communion au sang du Christ.

  • Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ? J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur. R/
  • Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ? R/
  • Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce, j'invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11, 23-26

L’eucharistie nous enracine dans le passé de la mort de Jésus qui nous sauve, elle nous fait proclamer la présence actuelle du Ressuscité, et elle nous tourne vers l’avenir de sa venue.

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ».

Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. Parole du Seigneur.

Commentaire : Annoncer la mort du Seigneur, ce n’est pas rappeler seulement ce fait du passé : le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous. C’est reconnaître l’actualité de cet amour du Christ ressuscité : il nous aime et se livre à nous pour qu’avec lui nous aimions nos frères et livrions notre vie pour eux. C’est aussi attendre et préparer sa venue définitive au cœur du monde où son amour aura eu le dernier mot.

« Faites cela en mémoire de moi ». Jésus appelle son église à renouveler l’acte eucharistique, mais aussi à aimer comme lui jusqu’à être livré entre les mains du Père et celles des hommes.

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! Je vous donne un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13, 1-15

Jésus lave les pieds de ses disciples, et ce geste en dit plus sur sa tendresse pour les siens que tous les mots.

Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.

Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est sorti de Dieu et qu'il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ; puis il verse de l'eau dans un bassin. Alors il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture.

Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras ». Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n'auras pas de part avec moi ». Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous ». Il savait bien qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il disait : « Vous n'êtes pas tous purs ». Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous ». Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Jésus rend à ses apôtres un humble service, celui que l’esclave rendait à son maître. En faisant ce geste, Jésus a une intention cachée que Pierre ne peut comprendre encore, mais qu’il saisira plus tard, après la mort et la résurrection de son Sauveur : ce lavement des pieds n’est encore qu’un signe de l’amour du Christ pour les siens, dont la preuve suprême leur sera donnée par sa mort, le lendemain, sur la Croix. Le Seigneur ressuscité confirme ce geste de son amour quand il nous lave de son sang, au baptême, pour nous donner part à sa vie près de son Père.

Je te rends grâce, Seigneur, pour ceux et celles qui sont à mon service au sein de la collectivité humaine, de ma famille, de ma communauté chrétienne. Je te rends grâce lorsque tu m’appelles à servir à mon tour, à la suite de Jésus, Seigneur et serviteur.

Le lavement des pieds

Quelques heures avant sa mort, le Christ a résumé son Évangile dans le grand commandement de la Charité, et il a donné l’exemple du service en lavant lui-même les pieds de ses apôtres. Le prêtre répète exactement devant nous ce geste du Christ pour nous rappeler que la Charité est le signe de la présence de Dieu au milieu des hommes et que nous devons aimer nos frères, non pas seulement en paroles, mais dans la réalité de nos actes.

Pendant ce temps, on chante quelques-unes des antiennes suivantes, ou d’autres chants qui conviennent :

Antienne 1 - 1 Jn 13, 4.5.15

Après s'être levé de table, le Seigneur versa de l'eau dans un bassin et se mit à laver les pieds de ses disciples. Tel est l'exemple qu'il nous a donné.

Antienne 2 - Jn 13, 6.7.8

Jésus arrive devant Simon-Pierre, et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui répond : « Si je ne te lave pas, tu n'auras point part avec moi ». « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras ». « Toi, Seigneur... ».

Antienne 3 – Jn 13, 14

Si moi, votre Seigneur et votre Maître, je vous ai lavé les pieds, combien plus devez-vous aussi vous laver les pieds les uns les autres.

Antienne 4 – Jn 13, 35

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtres mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres.

Antienne 5 – Jn 13, 34

« Je vous donne un commandement nouveau, dit le Seigneur : comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres ».

Antienne 6 – 1 Co 13, 13

Que demeurent en vous la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. Aujourd’hui, ce qui demeure, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

Immédiatement après le lavement des pieds, ou, s’il n’a pas lieu, après l’homélie, on fait la prière universelle. On ne dit pas le Je crois en un seul Dieu.

Homélie

Ce dernier repas que Jésus a pris avec ses apôtres la veille de sa mort, repas pascal au terme duquel il a institué l’Eucharistie et le Sacerdoce c’est vraiment l’un des sommets de l’Amour de notre Sauveur pour l’humanité tout entière et pour chacun de nous en particulier.  « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, nous dit saint Jean, Jésus les aima jusqu’au bout » c’est-à-dire jusqu’à l’extrême.

Rappelons-nous brièvement les faits : dans la grande salle préparée et ornée pour la Pâque, au Cénacle de Jérusalem, Jésus est à table avec ses apôtres. Il vit avec eux un moment d’intimité : toutes ses paroles en témoignent, il les appelle ses amis, ses bien-aimés, ses enfants. Oui, en cette heure suprême qui est « son heure » sa tendresse déborde. Jésus est donc près de ses apôtres, mais il veut se faire encore plus proche. Pour donner à chacun la preuve irrécusable de son amour il « se livre » à eux dans le mystère de l’Eucharistie qui est à la fois, offrande de son sacrifice au Père et communion avec tous.

Saint Paul, dans la 2ème lecture nous a dit l’essentiel de cette institution de la Sainte Eucharistie.

Ce qu’il importe de bien comprendre, chers frères et sœurs, c’est que dans ce don prodigieux qu’il fait de Lui-même, Jésus veut aimer chacun de ses apôtres comme s’il était seul au monde. Ainsi l’Eucharistie nous révèle ce qu’il y a de personnel et d’unique dans l’Amour de Dieu pour chacun de nous. Devant Dieu, en effet, il n’y a pas une foule humaine indistincte qu’il aimerait, comme cela, globalement. Chacun de nous est le fruit d’une pensée distincte de Dieu. Dieu nous connaît à fond, un à un, et nous aime à fond un à un. D’ailleurs Jésus, qui est le Dieu fait homme, ne se présente-t-il pas dans l’Evangile comme le Bon Pasteur qui appelle par son nom chacune de ses brebis. Il ne faudrait pas que de cet amour nous ayons le moindre doute, surtout quand nous évoquons le mystère de l’Eucharistie. Chacun de nous peut se dire, en effet : au soir du Jeudi-Saint Jésus pensait à moi, c’est pour moi, c’est pour me communiquer sa vie divine et me transformer en Lui qu’il a inventé la Communion.

Ainsi, quand le prêtre dépose sur nos lèvres cette hostie qui dans la pensée de Jésus nous est destinée, lorsque nous entendons ces paroles : « Le Corps du Christ » nous n’avons en vérité absolument rien à envier aux apôtres qui entouraient le Christ au Cénacle. Et qu’avons-nous à faire de notre côté, sinon à répondre par un amour de plus en plus ardent, de plus en plus généreux à cet amour personnel de Jésus qui nous enveloppe d’une si extraordinaire tendresse. Précisons bien toutefois que si le christianisme ne peut pas être réduit à une sorte de vague tâche collective, il ne peut pas être considéré non plus comme un individualisme qui s’isolerait avec Dieu et qui pour être plus tranquille mettrait tout le reste du monde à la porte. Dans notre communion au Sacrifice du Christ qui a un caractère si personnel et si intime nous n’avons jamais le droit d’oublier les autres. D’ailleurs, nous le savons, le mot Communion lui-même signifie union commune : l’union avec tous, par conséquent.

Et c’est bien, là aussi, chers frères et sœurs un des grands enseignements du Jeudi-Saint. Il suffit, pour nous en convaincre, de nous rappeler, dans quel contexte Jésus a tenu à instituer l’Eucharistie. L’Evangile vient de nous dire qu’avant de célébrer la Pâque, Notre Seigneur a voulu laver les pieds de ses disciples comme une leçon concrète d’amour fraternel. Il a voulu, en outre, faire don de sa personne à des hommes rassemblés fraternellement autour de Lui. Il a choisi pour les transformer en son corps et son sang, ce pain et ce vin qui, selon l’intuition des premiers chrétiens, par les grains qui font la farine, par les grappes qui font le vin, représentent l’union intime des fidèles entre eux. Enfin, après le repas, dans les ultimes paroles, les ultimes confidences que Jésus laisse à ses amis, et qui constituent en quelque sorte, son testament, il n’est question pratiquement que de charité fraternelle et d’unité.

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés... A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres ».

Et lorsque cessant de parler aux apôtres, Jésus s’adresse à son Père dans cette prière sublime qu’on appelle la prière sacerdotale, il ne lui demande comme grâce suprême que celle de l’unité : « Père, qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un ».

Ainsi donc, le but que Jésus se propose en instituant l’Eucharistie, le résultat qu’il en attend, c’est bien l’unité de tous dans cette grande famille qu’est l’Eglise ; c’est que nous parvenions à ne plus faire qu’une seule chose en Lui, c’est que nous tendions de toutes nos forces à réaliser en ce monde autant que faire se peut ce qui constituera notre vie dans l’éternité bienheureuse : la communion de tous dans la parfaite communion du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Et c’est biens parce que la réalisation de cette grande unité était impossible par suite du péché, car le péché c’est un état de rupture, de désunion, c’est parce que les hommes étaient incapable de refaire l’unité avec Dieu et entre eux, que Jésus s’est livré volontairement à la mort de la croix. Ce soir-là il s’est offert à l’avance à son Père, comme le véritable agneau pascal, la victime parfaite. Et il a voulu que par la célébration de l’Eucharistie, qui représente, réactualise chaque fois l’offrande de son sacrifice, nous puissions joindre l’offrande de notre vie à la sienne et que nous soient monnayées en quelques sortes toutes les grâces qui sont nécessaires à notre sanctification, grâces qu’il nous a méritées une fois pour toutes, à l’heure de sa Passion.

Il a voulu, en particulier, que par la communion eucharistique, l’amour de son Cœur nous soit transfusé abondamment pour que, peu à peu, cet amour divin vienne à bout de nos froideurs et de nos égoïsmes, adoucisse nos duretés et fasse éclater nos étroitesses.

Puissions-nous, frères et sœurs, prendre davantage conscience de ces vérités, en cet anniversaire si émouvant de la Première Messe.

Faisons en sorte que soit ravivée au Foyer de la Charité Divine, la flamme de notre amour pour Dieu et de notre amour fraternel.

Faisons en sorte que notre cœur à cœur avec Jésus-Hostie soit peuplé de nos frères. Ce sera un excellent moyen de resserrer notre intimité avec celui dont le cœur immense était peuplé de l’humanité tout entière.

Oui, faisons ce soir en notre âme une grande place à notre prochain que celui-ci soit très proche ou très éloigné.

Que la Vierge Marie qui a pénétré, plus que quiconque, les mystères du Christ nous donne d’accueillir le don de l’Eucharistie avec une foi sans faille, et une profonde gratitude.

Qu’elle intercède aussi pour vous afin que nous puissions toujours mieux nous conformer à l’enseignement que Jésus nous donne dans ce sacrement : à savoir qu’il faut aimer Dieu et notre prochain d’un amour sans mesure et quoiqu’il en coûte.

C’est ainsi que nous ferons de toute notre vie un sacrifice agréable à Dieu et que nous contribuerons à faire monter le niveau de l’Amour dans l’Eglise et dans le monde.

Amen.

 

Prière universelle

  • « Ce jour-là sera pour vous un mémorial » Seigneur, tu es le Dieu d’hier, d’aujourd’hui et de demain : apprends-nous à te louer pour tous tes bienfaits reçus dans nos vies, aide-nous à nous enraciner pleinement en toi dans notre aujourd’hui pour construire une vie meilleure pour tous, dans la justice et la paix !
  • « Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple » Seigneur, Dieu de l’alliance et de promesse. Nous prions pour tous les pasteurs de l’Église : qu’ils puissent aller jusqu’au bout de leur engagement avec joie au service de ton peuple !
  • « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Seigneur tu t’es donné librement à notre humanité. Nous prions pour ton Église : qu’elle ouvre toujours grand ses portes pour accueillir ceux qui sont en quête de la vie !
  • « Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture ». Seigneur, tu t’es fait le serviteur de notre humanité. Nous prions avec et pour ceux qui sont au service des plus pauvres : aide-les à toujours poser des gestes de partage et de fraternité !

Source : http://paroissecolomiers.com/priere-universelle-jeudi-saint.html

 

St. Johann am Wimberg

Procession au reposoir et veillée eucharistique

Cette procession est un cortège triomphal qui conduit, non pas à un tombeau, mais à un reposoir. La soirée du Jeudi-Saint n’est pas une veillée funèbre, mais une adoration du Christ toujours vivant. Pendant la procession, on prend un chant eucharistique. On continue à prier devant le Saint-Sacrement jusqu’à une heure avancée de la nuit.

Voici quelques indications pour une veillée eucharistique :

Lectures :

La prière sacerdotale - Jn 17, 20-26

La prière des fils de Dieu - Lc 11, 1-13

Les Béatitudes - Lc 6, 17...26

Qui est mon prochain - Lc 10, 25-37

Dieu est amour - 1 Jn 4, 7-16

Quand on aime, on ne calcule pas - 1 Co 12, 31 -13, 13

La communion fraternelle - Ac 2, 42-47

Un seul Seigneur - Ep 4, 1-6

 

 

 

Tantum ergo

 

Tantum ergo, Sacramentum

Veneremur cernui :

Et antiquum documentum,

Novo cedat ritui :

Praestet fides suplementum,

Sensuum defectui.

 

Genitori, Genitoque,

Laus et jubilatio :

Salus, honor, virtus quoque,

Sit et benedictio :

Procedenti abutroque,

Comparsit laudatio.

 

Adorons donc, proternés

Un si grand Sacrement ;

Que l’ancien rite

cède la place à ce nouveau mystère :

que la foi supplée

à la faiblesse de nos sens.

 

Qu’au Père et au Fils

soient honneur et louange, salut,

gloire, puissance et bénédiction :

même hommage à Celui qui

procède de l’un et de l’autre.

 

 

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18 mars 2018 7 18 /03 /mars /2018 21:04

Pour ceux qui désirent avoir les textes du Dimanche des Rameaux et de la Passion année B vous les trouverez en PDF et en allemand ICI

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 20:21

Evangile du dimanche des Rameaux

Homélie

Chers frères et sœurs, Jésus nous a aimés, comme on n’a jamais aimé. C’est ce qui ressort à l’évidence de ce passage d’Evangile particulièrement émouvant que nous relate sa très amère Passion.

Non, jamais, jamais personne n’aurait pu faire pour nous ce que Lui a fait.

- Pour supporter ce qu’il a supporté, enduré ce qu’il a enduré dans son corps, mais bien plus encore dans son âme, pour accepter d’être l’Agneau de Dieu qui « porte sur lui tous les péchés du monde », il faut être fou n’est-ce pas ?

Nous laisserons-nous interpeller ce matin, par le témoignage si éclatant de cette bonté, de cette miséricorde infinie de notre Sauveur.

Saurons-nous reprendre à notre compte la parole si émouvante de saint Paul « il m’a aimé moi et il s’est livré pour moi ».

Oui le Seigneur m’a aimé, il s’est offert, il s’est sacrifié pour que je sois sauvé. Pour que je sois sauvé : que faut-il entendre par là ? Cela veut dire que Jésus m’ayant mérité par sa mort et sa résurrection la grâce de devenir enfant de Dieu, je suis appelé à participer, dès cette terre, par la foi et l’amour, à la Vie même de Dieu, vie d’intimité avec les Trois Personnes Divines que je dois faire grandir en me laissant transformer à l’image du Christ jusqu’au jour où après le grand passage de la mort mon union avec Lui s’épanouira dans le partage de son propre bonheur divin, un bonheur qui sera infiniment comblant et qui durera éternellement.

Ah ! Si nous pouvions êtres profondément convaincus que c’est cela l’essentiel et qu’en dehors de cela notre vie n’a pas de sens. Comme nous réviserions nos manières de penser et d’agir, comme nous nous efforcerions de vivre en chrétiens dignes de ce nom : nous ne pourrions plus, dès lors, nous contenter (ce qui, hélas est le cas de beaucoup) de quelques gestes religieux qui ont une certaine valeur, certes, mais sont nettement insuffisants : comme faire bénir du buis le jour des Rameaux et assister à la messe 3 ou 4 fois au cours de l’année. Nous chercherions à nouer de véritables relations d’amitié avec le Seigneur et nous aurions à cœur de les entretenir et de les approfondir... Car, nous le savons bien, le véritable amour, ne se paye pas de mots, mais se prouve par des actes... Or les actes, pour le chrétien, c’est la pratique.

- La pratique des commandements de Dieu, des vertus fondamentales de Foi, d’Espérance et de Charité et des autres vertus.

- La pratique de la Prière quotidienne, humble, confiante et persévérante.

- La pratique de la Messe dominicale.

- La pratique de la Confession sacramentelle.

Allons-nous, cette fois-ci, frères et sœurs, à l’occasion des ces fêtes pascales, sortir de notre tiédeur et répondre plus généreusement à l’amour de celui qui nous a tant aimés et ne cesse de nous entourer de sa divine tendresse ?

Demandons instamment à la Vierge Marie qui est devenue notre Mère spirituelle au pied de la Croix de nous guider vers Jésus, de nous éduquer à une vraie vie d’enfants de Dieu.

Amen.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 17:39

L’Amour plus fort que la mort, plus fort que le péché !

La Croix du Christ sur le Calvaire est aussi témoignage de la force du mal à l’égard du Fils de Dieu lui-même, à l’égard de celui qui, seul parmi tous les enfants des hommes, était par nature innocent et pur de tout péché, et dont la venue dans le monde fut exempte de la désobéissance d’Adam et de l’héritage du péché originel. Et voici qu’en lui, le Christ, justice est faite du péché au prix de son sacrifice et de son obéissance jusqu’à la mort (Ph 2,8). Lui, qui était sans péché, Dieu l’a fait péché pour nous (2 Co 5, 21).

Justice est faite aussi de la mort, qui depuis le commencement de l’histoire humaine s’était alliée au péché. Et justice est faite de la mort au prix de la mort de celui qui était sans péché et qui seul pouvait par sa propre mort détruire la mort elle-même. De la sorte, la Croix du Christ, sur laquelle le Fils, consubstantiel au Père, rend pleine justice à Dieu, est aussi une révélation radicale de la miséricorde, c’est-à-dire de l’amour qui s’oppose à ce qui constitue la racine même du mal dans l’histoire, le péché et la mort.

La Croix est le moyen le plus profond pour la divinité de se pencher sur l’homme et sur ce que l’homme, surtout dans les moments difficiles et douloureux, appelle son malheureux destin. La Croix est comme un toucher de l’amour éternel sur les blessures les plus douloureuses de l’existence terrestre de l’homme, et l’accomplissement jusqu’au bout du programme messianique que le Christ avait formulé dans la synagogue de Nazareth puis répété devant les messagers de Jean-Baptiste. Conformément aux paroles de l’ancienne prophétie d’Isaïe (Is 35,5 ; 61,1-3), ce programme consistait dans la révélation de l’amour miséricordieux envers les pauvres, ceux qui souffrent, les prisonniers, envers les aveugles, les opprimés et les pécheurs.

Dans le mystère pascal sont dépassées les limites du mal multiforme auquel participe l’homme durant son existence terrestre : la Croix du Christ, en effet, nous fait comprendre que les racines les plus profondes du mal plongent dans le péché et dans la mort ; ainsi devient-elle un signe eschatologique. C’est seulement à la fin des temps et lors du renouvellement définitif du monde qu’en tous les élus l’amour vaincra le mal en ses sources les plus profondes, en apportant comme un fruit pleinement mûr le Règne de la vie, de la sainteté, de l’immortalité glorieuse. Le fondement de cet accomplissement eschatologique est déjà contenu dans la Croix du Christ et dans sa mort.

Le fait que le Christ est ressuscité le troisième jour (1 Co 15,4) est le signe qui marque l’achèvement de la mission messianique, signe qui est le couronnement de la révélation complète de l’amour miséricordieux dans un monde soumis au mal. Il constitue en même temps le signe qui annonce à l’avance un ciel nouveau et une terre nouvelle (Ap 21,1), quand Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus ; car l’ancien monde s’en est allé (Ap 21,4).

Source : Kephas – Saint Jean-Paul II

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 14:46

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Lecture du livre de la Genèse 1, 1-31 ; 2, 1-2

La Création de la nature et de l'homme

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. [La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l'abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : « Que la lumière soit ». Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le premier jour.

Et Dieu dit : « Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu'il sépare les eaux ». Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi. Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le deuxième jour.

Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu'elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme ». Et ce fut ainsi. Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon. Dieu dit : « Que la terre produise l'herbe, la plante qui porte sa semence, et l'arbre à fruit qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence ». Et ce fut ainsi. La terre produisit l'herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l'arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le troisième jour.

Et Dieu dit : « Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu'ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années ; et qu'ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand pour régner sur le jour, le plus petit pour régner sur la nuit ; il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour régner sur le jour et sur la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le quatrième jour.

Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d'une profusion d'êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel ». Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et qui foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.

Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce ». Et ce fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon.] Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu'il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre ». Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre ». Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. Aux bêtes sauvages, aux oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte ». Et ce fut ainsi. Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le sixième jour.

[Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. Le septième jour, Dieu avait achevé l'œuvre qu'il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l'œuvre qu'il avait faite.]

Lecture du livre de la Genèse 22, 1-13.15-19

Sacrifice et délivrance d'Isaac, le fils bien-aimé

Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai ». [Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour le sacrifice, et se mit en route vers l'endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l'endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l'âne. Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous ».

Abraham prit le bois pour le sacrifice et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s'en allèrent ensemble. Isaac interrogea son père Abraham : « Mon père ! - Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils », et ils s'en allaient tous les deux ensemble.]

Ils arrivèrent à l'endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l'ange du Seigneur l'appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique ». Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils.

Du ciel l'ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par le nom de ta descendance ».

Alors Abraham retourna auprès de ses serviteurs et ensemble ils se mirent en route pour Bershéba ; et Abraham y habita.

Lecture du livre de l’Exode 14, 15-30 ; 15

Libération d’Israël par le passage de la mer Rouge

Les Fils d'Israël, voyant les Égyptiens lancés à leur poursuite, étaient effrayés. Le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d'Israël de se mettre en route ! Toi, lève ton bâton, étends le bras contre la mer, fends-la en deux, et que les fils d'Israël pénètrent dans la mer à pied sec. Et moi, je vais endurcir le cœur des Égyptiens : ils pénétreront derrière eux dans la mer ; je triompherai, pour ma gloire, de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers. Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand j'aurai triomphé, pour ma gloire, de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers ».

L'ange de Dieu, qui marchait en avant d'Israël, changea de place et se porta à l'arrière. La colonne de nuée quitta l'avant-garde et vint se placer à l'arrière, entre le camp des Égyptiens et le camp d'Israël. Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit, si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer. Moïse étendit le bras contre la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d'est, et il mit la mer à sec. Les eaux se fendirent, et les fils d'Israël pénétrèrent dans la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Les Égyptiens les poursuivirent et pénétrèrent derrière eux - avec tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers - jusqu'au milieu de la mer.

Aux dernières heures de la nuit, le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée, l'armée des Égyptiens, et il la mit en déroute. Il faussa les roues de leurs chars, et ils eurent beaucoup de peine à les conduire. Les Égyptiens s'écrièrent : « Fuyons devant Israël, car c'est le Seigneur qui combat pour eux contre nous ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras contre la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! » Moïse étendit le bras contre la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s'y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer. Les eaux refluèrent et recouvrirent toute l'armée de Pharaon, ses chars et ses guerriers, qui avaient pénétré dans la mer à la poursuite d'Israël. Il n'en resta pas un seul. Mais les fils d'Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.

Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l'Égypte, et Israël vit sur le bord de la mer les cadavres des Égyptiens. Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l'Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse. Alors Moïse et les fils d'Israël chantèrent ce cantique au Seigneur.

Lecture du livre d’Isaïe 54, 5-14

L'amour de Dieu pour Jérusalem son épouse

Parole du Seigneur adressée à Jérusalem : Ton époux, c’est ton Créateur, « Seigneur de l’univers » est son nom. Ton Rédempteur, c’est le Dieu Saint d’Israël, il se nomme : « Dieu de toute la terre ». Oui, comme une femme abandonnée et désolée, le Seigneur te rappelle. Est-ce qu'on rejette la femme de sa jeunesse ? dit le Seigneur ton Dieu. Un moment je t'avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse je te rassemblerai. Ma colère avait débordé, et un moment je t'avais caché ma face. Mais dans mon amour éternel j'ai pitié de toi, dit le Seigneur, ton Rédempteur.

C'est ainsi qu'au temps de Noé, j'ai juré que les eaux ne submergeraient plus la terre. De même, je jure de ne plus me mettre en colère contre toi, et de ne plus te menacer. Quand les montagnes changeraient de place, quand les collines s'ébranleraient, mon amour pour toi ne changera pas, et mon Alliance de paix ne sera pas ébranlée, a déclaré le Seigneur, dans sa tendresse pour toi. Jérusalem, malheureuse, battue par la tempête, inconsolée, voici que je vais sertir tes pierres et poser tes fondations sur des saphirs. Je ferai tes créneaux avec des rubis, tes portes en cristal de roche, et tous tes remparts avec des pierres précieuses. Tes fils seront tous instruits par le Seigneur, ils goûteront un bonheur sans limites. Tu seras établie sur la justice, délivrée de l'oppression, que tu ne craindras plus, délivrée de la terreur, qui ne viendra plus jusqu'à toi.

Lecture du livre d’Isaïe 55, 1-11

Le mystère de l'eau et de la Parole

Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses ! Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle, qui confirmera ma bienveillance envers David. Lui, j'en ai fait un témoin pour les nations, un guide et un chef pour les peuples. Et toi, tu appelleras une nation que tu ne connais pas, et une nation qui t'ignore accourra vers toi, à cause du Seigneur ton Dieu, à cause de Dieu, le Saint d'Israël, qui fait ta splendeur.

Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.

Lecture du livre de Baruc 3, 9-15.32-38 ; 4, 1-4

Dieu offre aux hommes la vraie sagesse

Écoute, Israël, les préceptes de vie, prête l'oreille pour acquérir la connaissance. Pourquoi donc, Israël, pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis, vieillissant sur une terre étrangère, souillé par le contact des cadavres, inscrit parmi les habitants du séjour des morts ? - Parce que tu as abandonné la Source de la Sagesse ! Si tu avais suivi les chemins de Dieu, tu vivrais dans la paix pour toujours. Apprends où se trouvent et la connaissance, et la force, et l'intelligence ; apprends en même temps où se trouvent de longues années de vie, la lumière de tes yeux, et la paix. Mais qui donc a découvert la demeure de la Sagesse, qui a pénétré jusqu'à ses trésors ? Celui qui sait tout en connaît le chemin, il l'a découvert par son intelligence. Il a pour toujours aménagé la terre, et l'a peuplée de troupeaux. Il lance la lumière, et elle prend sa course ; il la rappelle, et elle obéit en tremblant. Les étoiles brillent, joyeuses, à leur poste de veille ; il les appelle, et elles répondent : « Nous voici ! » Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites. C'est lui qui est notre Dieu : aucun autre ne lui est comparable. Il a découvert les chemins de la connaissance, et il les a confiés à Jacob, son serviteur, à Israël, son bien-aimé. Ainsi la Sagesse est apparue sur la terre, elle a vécu parmi les hommes. Elle est le livre des commandements de Dieu, la Loi qui demeure éternellement : tous ceux qui l'observent vivront, ceux qui l'abandonnent mourront. Reviens à elle, Jacob, reçois-la ; à sa lumière, marche vers la splendeur : ne laisse pas ta gloire à un autre, tes privilèges à un peuple étranger. Heureux sommes-nous, Israël ! Car ce qui plaît à Dieu, nous le connaissons.

Lecture du livre d’Ézéchiel 36, 16-17a.18-28

Le cœur nouveau et l'esprit nouveau

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d'homme, lorsque les gens d'Israël habitaient leur pays, ils le souillaient par leur conduite et par toutes leurs actions. Alors j'ai déversé sur eux ma fureur, à cause du sang qu'ils avaient versé dans le pays, à cause des idoles qui l'avaient profané. Je les ai dispersés parmi les nations païennes, ils ont été disséminés dans les pays étrangers. Je les ai jugés selon leur conduite et selon leurs actions. Dans les nations où ils sont allés, ils ont profané mon saint nom, et l'on disait : C'est le peuple du Seigneur, ils sont sortis de son pays. Mais j'ai voulu préserver la sainteté de mon nom, que les gens d'Israël avaient profané dans les nations où ils sont allés. Eh bien ! Tu diras à la maison d'Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ce n'est pas pour vous que je vais agir, maison d'Israël, mais c'est pour mon saint nom que vous avez profané dans les nations où vous êtes allés.

Je montrerai la sainteté de mon grand nom, qui a été profané dans les nations, mon nom que vous avez profané au milieu d'elles. Les nations apprendront que je suis le Seigneur - déclare le Seigneur Dieu - quand par vous je me montrerai saint à leurs yeux. J'irai vous prendre dans toutes les nations ; je vous rassemblerai de tous les pays, et je vous ramènerai sur votre terre.

Je verserai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés. De toutes vos souillures, de toutes vos idoles je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit : alors vous suivrez mes lois, vous observerez mes commandements et vous y serez fidèles. Vous habiterez le pays que j'ai donné à vos pères. Vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu. »

Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains 6, 3b-11

Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché.

Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir. Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant. De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 1-12

Le premier jour de la semaine, de grand matin, les femmes se rendirent au sépulcre, portant les aromates qu'elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.

Elles ne savaient que penser, lorsque deux hommes se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant. Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu'il vous a dit quand il était encore en Galilée : Il faut que le Fils de l'homme soit livré aux mains des pécheurs, qu'il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite ». Alors elles se rappelèrent ses paroles.

Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. C'étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres. Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas.

Pierre cependant courut au tombeau ; mais en se penchant, il ne vit que le linceul. Il s'en retourna chez lui, tout étonné de ce qui lui était arrivé.

Homélie

Tout comme nous, ce soir, dans le vaste monde des millions de fidèles emplissent les églises pour célébrer dans la joie des alléluias un événement sans précédent, survenu un matin de printemps à Jérusalem, événement qui a bouleversé le cours de l’histoire. Un homme à qui on avait arraché la vie en le clouant sur une croix s’est avérée, s’est affirmé bel et bien vivant. Nous savons qu’il s’agit de Jésus qui est ressuscité, qui est vraiment ressuscité comme il l’avait annoncé.

Pour la première fois et d’une façon définitive en Lui la mort venait de trouver son Maître.

Nous sommes là en présence d’un profond mystère qui est beaucoup plus qu’un souvenir du passé… Un mystère qui est une réalité présente, quelque chose de toujours actuel. Jésus, en effet, n’est pas un homme mort qui serait revenu à la vie seulement pour un temps et aurait de nouveau disparu…

Sa Résurrection n’est pas une réanimation : elle est infiniment mieux que cela.

Dire que Jésus est ressuscité c’est dire qu’il est passé (c’est le sens du mot Pâques), qu’il est passé Corps et Âme à une vie tout autre, toute neuve qui saisit son être tout entier.

Une vie nouvelle que nous ne pouvons pas imaginer mais qui n’est pas tout à fait impensable : d’elle nous pouvons dire qu’elle est totalement libérée des conditionnements humains :

  • Elle est immortelle au-delà de toutes nos morts, paisible au-delà de tous nos conflits, heureuse au-delà de toutes nos tristesses.
  • Elle est la Vie même de Dieu, impalpable mais bien réelle, car nous ne saurions réduire le réel à ce que voient nos yeux, à ce que déduit et comprend notre raison.

Chers frères et sœurs, puisque Jésus est vivant pour l’éternité, nous avons la certitude qu’Il demeure présent, selon sa promesse, à cette humanité qu’Il est venu sauver. Il n’existe aucune distance, en effet, qui puisse nous séparer du Christ-Ressuscité. Le temps, non plus, ne saurait nous éloigner de Lui.

Comme il est réconfortant, comme il est doux, frères et sœurs, de penser à cette présence infiniment aimante de notre Sauveur à tout le déroulement de notre vie terrestre !

  • Certes nous ne le voyons pas comme les apôtres et les saintes femmes ont pu le voir après sa Résurrection ; mais il doit nous suffire de savoir par la Foi, qu’Il nous voit, Lui, qu’Il nous regarde avec tendresse, qu’Il est tout proche de nous.
  • Nous ne l’entendons pas nous appeler par notre nom comme il daigna appeler Marie-Madeleine en se montrant à elle, mais nous pouvons être sûrs qu’Il nous parle à l’intime du cœur chaque fois que nous nous imposons des temps de silence pour l’écouter.
  • Nous ne le touchons pas, mais Il nous touche, Lui, spirituellement, en nous communiquant par son humanité glorieuse la Vie Surnaturelle de la Grâce.

Non, nous ne sommes ni moins favorisés, ni moins heureux que les témoins directs de sa Résurrection. Jésus est vivant pour nous, comme pour eux. Nous sommes aussi bien qu’eux, sous l’influence et dans la joie de sa victoire absolue sur la mort et sur le péché, étant de ceux dont il a déclaré lui-même « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ».

Frères et sœurs, dans quelques instants nous allons bénir l’eau baptismale : l’Eglise nous invite par là à nous rappeler la signification profonde de notre Baptême. Par ce premier sacrement de la Foi nous sommes entrés dans la nouvelle création que Jésus a inaugurée dans le Mystère de sa Pâque. Par sa mort, en effet, il nous a fait mourir au péché et par sa Résurrection il nous a fait naître à la Vie Surnaturelle de la Grâce. Cette vie nouvelle qui fait de nous « des fils dans le Fils Bien-Aimé » est le commencement en nous de la Vie éternelle. Elle est comme une semence qui doit se développer, jusqu’au moment suprême de notre Pâque personnelle, de notre passage de ce monde à Dieu. Et alors la vie du Christ-Ressuscité, encore cachée dans nos âmes comme la fleur en son bouton s’épanouira en gloire. Quant à nos corps ils devront attendre l’heure de la Résurrection Générale pour devenir semblable au Corps Glorieux de Jésus et pour partager dans une communion parfaite avec nos âmes l’infinie Béatitude de Dieu.

Chers frères et sœurs, ce mystère du Salut intégral de l’homme que nous allons réaffirmer dans notre Profession de Foi Baptismale c’est une vérité fondamentale à laquelle nous devons adhérer de tout notre esprit et de tout notre cœur et que nous osons proclamer fièrement à la face du monde, ce monde d’aujourd’hui qui a perdu le sens de Dieu, et de sa propre destinée et qui pour cette raison s’enfonce dans l’angoisse, sans autre issue que le désespoir.

Comprenons bien, cependant qu’il ne suffit pas de professer notre foi en la Résurrection, si nous voulons être crédibles et attirer les autres au Christ, il faut que nous leur donnions des signes vraiment convaincants que cette Foi illumine et transforme toute notre vie. Or, parmi ces signes il en est UN auquel nous ne pensons peut-être pas assez, c’est celui de la Joie, de notre Joie Chrétienne.

Si nous avons la certitude que le Christ Ressuscité est à l’œuvre dans notre monde, si nous croyons que dans le mur de la mort une brèche à été ouverte, si nous savons que la route de l’Evangile nous conduit vers une vie en plénitude, si nous nous savons des ressuscités dans le Christ, alors, de grâce, ayons des têtes de ressuscités.

Ah ! si nous pouvions nous convaincre que la joie est le signe évident de la Foi que nous portons au Ressuscité, comme nous donnerions à beaucoup de ceux que nous côtoyons une forte envie de croire !

Le Père Huvelin, ce prêtre qui joua un rôle important dans la conversion du Père de Foucault disait ceci : « Qu’en vous voyant agir, on se dise : il y a dans cette âme quelqu’un qui est vivant et qui l’anime ».

Retenons aussi cette belle pensée de saint Athanase : « Le Christ Ressuscité fait de la vie de l’homme une fête continuelle ».

Soyons donc de plus en plus généreux, de plus en plus ardents pour témoigner de notre foi par notre joie.

Et que par son intercession toute puissante Elle veuille bien nous accorder cette Grâce, Celle qui est la « Cause de notre Joie » Marie la Vierge Glorieuse, Mère du Ressuscité et Notre Mère Bien-Aimée.

Alléluia ! Amen !

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 07:35

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Lecture de la lettre d’Isaïe 52, 13-15 ; 53, 1-12

Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s'élèvera, il sera exalté ! La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu'il ne ressemblait plus à un homme ; il n'avait plus l'aspect d'un fils d'Adam. Et voici qu'il consacrera une multitude de nations ; devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce qu'on ne leur avait jamais dit, ils découvriront ce dont ils n'avaient jamais entendu parler.

Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? À qui la puissance du Seigneur a-t-elle été ainsi révélée ? Devant Dieu, le serviteur a poussé comme une plante chétive, enracinée dans une terre aride. Il n'était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n'avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne ; et nous l'avons méprisé, compté pour rien. Pourtant, c'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu'il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c'est à cause de nos fautes qu'il a été transpercé, c'est par nos péchés qu'il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c'est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous.

Maltraité, il s'humilie, il n'ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s'est soucié de son destin ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à cause des péchés de son peuple. On l'a enterré avec les mécréants, son tombeau est avec ceux des enrichis ; et pourtant il n'a jamais commis l'injustice, ni proféré le mensonge. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. Mais, s'il fait de sa vie un sacrifice d'expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours : par lui s'accomplira la volonté du Seigneur.

À cause de ses souffrances, il verra la lumière, il sera comblé. Parce qu'il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés. C'est pourquoi je lui donnerai la multitude en partage, les puissants seront la part qu'il recevra, car il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort, il a été compté avec les pécheurs, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs.

Lecture de la lettre aux Hébreux 4, 14-16 ; 5, 7-9

Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a pénétré au-delà des cieux ; tenons donc ferme l'affirmation de notre foi. En effet, le grand prêtre que nous avons n'est pas incapable, lui, de partager nos faiblesses ; en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous, et il n'a pas péché. Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le Dieu tout-puissant qui fait grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu'il s'est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean

A lire : les 7 paroles de Jésus en croix

Méditation

En ces jours de la Semaine Sainte, l’Eglise nous propose la méditation du Psaume 21 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Ce Psaume fut l’ultime prière du Christ en croix. Il exprime l’abandon du serviteur, mais il est aussi le dernier message du Christ. Du haut de la croix, d’une voix forte il en débute la récitation, à nous d’en poursuivre la méditation.

Or, savons-nous que ce Psaume 21 est aussi un des rares psaumes marial. A la neuvième strophe il s’exprime ainsi : « C’est toi qui m’as tiré du ventre de ma mère, qui m’a mis en sûreté entre ses bras. A toi je fus confié dès ma naissance ; dès le ventre de ma mère, tu es mon Dieu. Ne sois pas loin : l’angoisse est proche, je n’ai personne pour m’aider ».

Donc, du haut de la croix, Jésus médite sur sa filiation humaine et divine. Il repense à l’origine de sa vie, au bonheur qu’il eut à se blottir contre le vénérable sein maternel.

De cette méditation toute pure et pleine de reconnaissance va jaillir l’ultime don de son humanité mortelle : « Jésus ayant vu sa Mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, il dit à sa Mère : Femme, voilà ton Fils ».

Le don que Jésus nous fait de sa Mère procède de cette ultime et intense prière du Christ qui au plus fort de ses douleurs prie et médite ce psaume que l’Esprit-Saint inspira à David près de mille ans auparavant.

Ceci est pour nous l’occasion de plus d’un enseignement :

- prions, à l’exemple du Christ les psaumes, retournons en notre cœur leurs paroles sacrées.

- recevons Marie comme le fruit de la prière méditative du Christ. Avant de choisir ses Apôtres il passa la nuit en prière. Avant de nous donner sa Mère il médite malgré d’atroces douleurs la Parole de Dieu en ce Psaume 21.

- sachons à l’exemple du Christ longuement méditer le Psaume 21 : nous y découvrirons mieux encore la place de Marie dans le Mystère de la Rédemption. Marie qui nous fera comprendre, accepter et peut-être aimer la souffrance. Marie qui nous introduira à la Résurrection car le Psaume 21 se termine ainsi : « Oui, au Seigneur la royauté, le pouvoir sur les nations ! Tous ceux qui festoyaient s’inclinent ; promis à la mort, ils plient en sa présence. Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ; on annoncera le Seigneur aux générations à venir. On proclamera sa justice au peuple qui va naître : Voilà son œuvre ! »

Nous voyons une fois encore que Marie est au centre du Mystère du Christ et que nous ne pouvons comprendre Jésus, que si à l’exemple de saint Jean, nous acceptons de le prendre chez nous.

Georges Bourdeau

Traduction à partir de la Bible des Familles.

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10 avril 2016 7 10 /04 /avril /2016 06:52

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Lecture du livre de l’Exode 12, 1-8. 11-14

Dans le pays d'Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron : « Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l'année. Parlez ainsi à toute la communauté d'Israël : le dix de ce mois, que l'on prenne un agneau par famille, un agneau par maison. Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l'agneau d'après ce que chacun peut manger. Ce sera un agneau sans défaut, un mâle, âgé d'un an. Vous prendrez un agneau ou un chevreau. Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour du mois. Dans toute l'assemblée de la communauté d'Israël, on l'immolera au coucher du soleil. On prendra du sang, que l'on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera. On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c'est la Pâque du Seigneur. Cette nuit-là, je traverserai le pays d'Égypte, je frapperai tout premier-né au pays d'Égypte, depuis les hommes jusqu'au bétail. Contre tous les dieux de l'Égypte j'exercerai mes jugements : je suis le Seigneur. Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d'Égypte. Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C'est une loi perpétuelle : d'âge en âge vous la fêterez ».

Lecture de la 1ère lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 11, 23-26

Frères, moi, Paul, je vous ai transmis ce que j'ai reçu de la tradition qui vient du Seigneur : la nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ».

Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15

Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout. Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu, se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ; puis il verse de l'eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras ». Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi ». Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs... mais non pas tous ». Il savait bien qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il disait : « Vous n'êtes pas tous purs ».

Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous ».

Homélie

Ce dernier repas que Jésus a pris avec ses apôtres la veille de sa mort, repas pascal au terme duquel il a institué l’Eucharistie et le Sacerdoce c’est vraiment l’un des sommets de l’Amour de notre Sauveur pour l’humanité tout entière et pour chacun de nous en particulier.  « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, nous dit saint Jean, Jésus les aima jusqu’au bout » c’est-à-dire jusqu’à l’extrême.

Rappelons-nous brièvement les faits : dans la grande salle préparée et ornée pour la Pâque, au Cénacle de Jérusalem, Jésus est à table avec ses apôtres. Il vit avec eux un moment d’intimité : toutes ses paroles en témoignent, il les appelle ses amis, ses bien-aimés, ses enfants. Oui, en cette heure suprême qui est « son heure » sa tendresse déborde. Jésus est donc près de ses apôtres, mais il veut se faire encore plus proche. Pour donner à chacun la preuve irrécusable de son amour il « se livre » à eux dans le mystère de l’Eucharistie qui est à la fois, offrande de son sacrifice au Père et communion avec tous.

Saint Paul, dans la 2ème lecture nous a dit l’essentiel de cette institution de la Sainte Eucharistie.

Ce qu’il importe de bien comprendre, chers frères et sœurs, c’est que dans ce don prodigieux qu’il fait de Lui-même, Jésus veut aimer chacun de ses apôtres comme s’il était seul au monde. Ainsi l’Eucharistie nous révèle ce qu’il y a de personnel et d’unique dans l’Amour de Dieu pour chacun de nous. Devant Dieu, en effet, il n’y a pas une foule humaine indistincte qu’il aimerait, comme cela, globalement. Chacun de nous est le fruit d’une pensée distincte de Dieu. Dieu nous connaît à fond, un à un, et nous aime à fond un à un. D’ailleurs Jésus, qui est le Dieu fait homme, ne se présente-t-il pas dans l’Evangile comme le Bon Pasteur qui appelle par son nom chacune de ses brebis. Il ne faudrait pas que de cet amour nous ayons le moindre doute, surtout quand nous évoquons le mystère de l’Eucharistie. Chacun de nous peut se dire, en effet : au soir du Jeudi-Saint Jésus pensait à moi, c’est pour moi, c’est pour me communiquer sa vie divine et me transformer en Lui qu’il a inventé la Communion.

Ainsi, quand le prêtre dépose sur nos lèvres cette hostie qui dans la pensée de Jésus nous est destinée, lorsque nous entendons ces paroles : « Le Corps du Christ » nous n’avons en vérité absolument rien à envier aux apôtres qui entouraient le Christ au Cénacle. Et qu’avons-nous à faire de notre côté, sinon à répondre par un amour de plus en plus ardent, de plus en plus généreux à cet amour personnel de Jésus qui nous enveloppe d’une si extraordinaire tendresse. Précisons bien toutefois que si le christianisme ne peut pas être réduit à une sorte de vague tâche collective, il ne peut pas être considéré non plus comme un individualisme qui s’isolerait avec Dieu et qui pour être plus tranquille mettrait tout le reste du monde à la porte. Dans notre communion au Sacrifice du Christ qui a un caractère si personnel et si intime nous n’avons jamais le droit d’oublier les autres. D’ailleurs, nous le savons, le mot Communion lui-même signifie union commune : l’union avec tous, par conséquent.

Et c’est bien, là aussi, chers frères et sœurs un des grands enseignements du Jeudi-Saint. Il suffit, pour nous en convaincre, de nous rappeler, dans quel contexte Jésus a tenu à instituer l’Eucharistie. L’Evangile vient de nous dire qu’avant de célébrer la Pâque, Notre Seigneur a voulu laver les pieds de ses disciples comme une leçon concrète d’amour fraternel. Il a voulu, en outre, faire don de sa personne à des hommes rassemblés fraternellement autour de Lui. Il a choisi pour les transformer en son corps et son sang, ce pain et ce vin qui, selon l’intuition des premiers chrétiens, par les grains qui font la farine, par les grappes qui font le vin, représentent l’union intime des fidèles entre eux. Enfin, après le repas, dans les ultimes paroles, les ultimes confidences que Jésus laisse à ses amis, et qui constituent en quelque sorte, son testament, il n’est question pratiquement que de charité fraternelle et d’unité.

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés... A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres ».

Et lorsque cessant de parler aux apôtres, Jésus s’adresse à son Père dans cette prière sublime qu’on appelle la prière sacerdotale, il ne lui demande comme grâce suprême que celle de l’unité : « Père, qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un ».

Ainsi donc, le but que Jésus se propose en instituant l’Eucharistie, le résultat qu’il en attend, c’est bien l’unité de tous dans cette grande famille qu’est l’Eglise ; c’est que nous parvenions à ne plus faire qu’une seule chose en Lui, c’est que nous tendions de toutes nos forces à réaliser en ce monde autant que faire se peut ce qui constituera notre vie dans l’éternité bienheureuse : la communion de tous dans la parfaite communion du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Et c’est biens parce que la réalisation de cette grande unité était impossible par suite du péché, car le péché c’est un état de rupture, de désunion, c’est parce que les hommes étaient incapable de refaire l’unité avec Dieu et entre eux, que Jésus s’est livré volontairement à la mort de la croix. Ce soir-là il s’est offert à l’avance à son Père, comme le véritable agneau pascal, la victime parfaite. Et il a voulu que par la célébration de l’Eucharistie, qui représente, réactualise chaque fois l’offrande de son sacrifice, nous puissions joindre l’offrande de notre vie à la sienne et que nous soient monnayées en quelques sortes toutes les grâces qui sont nécessaires à notre sanctification, grâces qu’il nous a méritées une fois pour toutes, à l’heure de sa Passion.

Il a voulu, en particulier, que par la communion eucharistique, l’amour de son Cœur nous soit transfusé abondamment pour que, peu à peu, cet amour divin vienne à bout de nos froideurs et de nos égoïsmes, adoucisse nos duretés et fasse éclater nos étroitesses.

Puissions-nous, frères et sœurs, prendre davantage conscience de ces vérités, en cet anniversaire si émouvant de la Première Messe.

Faisons en sorte que soit ravivée au Foyer de la Charité Divine, la flamme de notre amour pour Dieu et de notre amour fraternel.

Faisons en sorte que notre cœur à cœur avec Jésus-Hostie soit peuplé de nos frères. Ce sera un excellent moyen de resserrer notre intimité avec celui dont le cœur immense était peuplé de l’humanité tout entière.

Oui, faisons ce soir en notre âme une grande place à notre prochain que celui-ci soit très proche ou très éloigné.

Que la Vierge Marie qui a pénétré, plus que quiconque, les mystères du Christ nous donne d’accueillir le don de l’Eucharistie avec une foi sans faille, et une profonde gratitude.

Qu’elle intercède aussi pour vous afin que nous puissions toujours mieux nous conformer à l’enseignement que Jésus nous donne dans ce sacrement : à savoir qu’il faut aimer Dieu et notre prochain d’un amour sans mesure et quoiqu’il en coûte.

C’est ainsi que nous ferons de toute notre vie un sacrifice agréable à Dieu et que nous contribuerons à faire monter le niveau de l’Amour dans l’Eglise et dans le monde.

Amen.

 

Vous pouvez lire aussi la conférence de l'abbé Cousty sur la Messe

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 20:19

Ce dernier repas que Jésus a pris avec ses Apôtres la veille de sa mort, repas pascal au terme duquel il a institué ces 2 sacrements que sont l’Eucharistie et le Sacerdoce c’est vraiment l’un des sommets de l’Amour de Jésus pour l’humanité tout entière et pour chacun de nous en particulier.  Ce mouvement privilégié c’est vraiment « son Heure » comme l’ont écrit les Evangélistes :

- L’Heure du don total : « Ceci est mon Corps livré pour vous, ceci est mon Sang versé pour vous ».

- L’Heure aussi d’une intimité unique avec ses amis, l’heure des suprêmes confidences : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ».

C’est cette heure chaude et pleine que nous commémorons ce soir. C’est le même Christ auquel nous communions ; c’est le même amour qui nous enveloppe, ce sont les mêmes confidences qui nous sont redites dans le cœur à cœur de la prière. Cette heure qui est d’une importance capitale peut être résumée en quelque sorte dans ces mots que le prêtre nous adresse lorsqu’il nous présente la Sainte Hostie « Le Corps du Christ » et auxquels nous répondons simplement « Amen ».

Ces mots « Le Corps du Christ » nous les avons entendus bien des fois et cette réponse « Amen » nous l’avons dite et redite combien de fois... Mais peut-être qu’à force de répéter de telles expressions nous n’en percevons plus toute la richesse et toutes les résonnances. Essayons, ce soir, d’en découvrir la signification profonde. Cela nous aidera à raviver notre foi et notre amour à l’égard de ce sacrement de l’Eucharistie qui est le don de Dieu par excellence et le cœur de notre vie chrétienne.

- « Le Corps du Christ – Amen » : prononcer cette parole n’est-ce pas d’abord et avant tout faire un acte de foi en la présence du Seigneur dans l’Eucharistie. Sur ce petit bout de pain comme sur le calice, un prêtre a redit les paroles que Jésus lui-même avait prononcées le premier, la veille de sa mort. Et aussitôt, en ce pain et ce vin nous reconnaissons le Corps, le Sang, l’Âme et la Divinité de Notre-Seigneur.

« Supprime cette parole, s’écriait saint Augustin, tu n’as que du pain et du vin. Ajoute cette parole : tu as le corps et le sang du Christ. Ton « Amen » veut dire que tu accueilles ce mystère avec foi ».

- Dire Amen, en effet, c’est dire oui, c’est dire : « c’est vrai », c’est dire : « j’y crois ». Notre Amen devant le Corps du Christ est un Credo raccourci, mais un vrai Credo, une profession de foi véritable.

Si nous ne sommes pas toujours capables d’apporter à nos communions l’intensité d’amour qu’elles réclameraient, que du moins la foi ne nous fasse jamais défaut ! Qu’elle nous rende attentifs à cette mystérieuse présence du Seigneur.

L’Eglise dans ses enseignements nous rappelle constamment qu’il ne s’agit pas d’une image ni d’un symbole, ni d’une présence purement spirituelle ou fugitive, mais d’une réalité vivante. C’est vraiment la sainte humanité de Jésus qui est là, présente sous les apparences du pain et du vin consacrés par le prêtre.

- Dire le Corps du Christ Amen, c’est affirmer en second lieu que nous recevons en nous la vie même du Christ. Il se produit comme une sorte de transfusion : Jésus fait passer dans notre cœur, l’amour infini qui est dans le sien. Il nous saisit et nous entraîne dans le formidable élan de son amour. Cette vie filiale envers Dieu son Père et cette vie fraternelle envers les hommes ses frères, cette vie entièrement donnée qui fut la sienne. Jésus veut qu’elle devienne la nôtre par l’Eucharistie, qu’elle nous vide de nous-mêmes pour nous remplir de Lui-même, qu’elle nous unisse les uns aux autres par les liens d’une authentique charité, et qu’elle nous consacre à cette mission de témoins qui doit être la notre en vertu de notre Baptême et de notre Confirmation. S’il a voulu instituer ce sacrement sous la forme d’une nourriture et que tous reçoivent ensemble au cours d’un même repas, c’est pour nous faire mieux comprendre ce qu’il vient accomplir en nous : « celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ». Et s’il a choisi comme signe de son action en nous l’aliment le plus quotidien : qui est le pain, c’est pour que nous ne considérions pas l’Eucharistie comme quelque chose d’exceptionnel, mais comme quelque chose dont on doit faire usage constamment comme le pain de chaque jour. Jésus a prévu d’autres sacrements pour les grandes circonstances de la vie : pour la naissance il y a le Baptême, pour l’union de l’homme et de la femme il y a le Mariage, pour l’épreuve que constitue la maladie grave il y a le Sacrement des Malades. Pour la guérison des péchés il y a le Sacrement de Pénitence, mais le Sacrement de l’Eucharistie lui est fait pour la vie de tous les jours. C’est le Sacrement du quotidien, qui nous permet de ressaisir ce qu’il y a de plus monotone et de plus obscur dans nos existences, afin de d’orienter vers le Seigneur, qui nous permet aussi de donner à tous ces actes si ordinaires qui tissent la trame de nos journées, une valeur et une dimension divines d’éternité. C’est par l’Eucharistie essentiellement que Jésus nous transforme en lui, autrement dit, c’est par l’Eucharistie qu’il nous divinise.

Prononcer ces paroles : « le Corps du Christ – Amen » :

- c’est donc croire au mystère de la Présence réelle,

- c’est aussi accepter de se laisser transformer intérieurement par le Christ.

- c’est encore accepter d’entrer et de prendre sa place dans ce grand Corps du Christ qu’est l’Eglise.

Nous le savons bien il n’y a qu’un seul Corps mystique dont Jésus est la tête et dont nous sommes les membres. Le Corps du Christ qu’est son Eucharistie et le Corps du Christ qu’est son Eglise sont inséparables.

Communier au Christ à la Messe c’est donc communier à l’Eglise toute entière à cette Eglise qui prolonge Jésus et qui est son Corps. Au cours de son itinéraire terrestre l’Eglise est sans cesse exposée à se désagréger à cause du péché qui est le grand diviseur. Elle est sans cesse exposée à dévier de la voie de l’unité parce que ses membres se replient sur eux-mêmes ne considérant plus que leurs propres intérêts.

C’est par notre participation à l’Eucharistie que nous pouvons tous retrouver le sens de l’Eglise véritable, sa capacité à témoigner de la Vérité et de l’Amour du Christ, le sens de l’Unité, de la Communion véritable à réaliser entre tous. Oui, l’Eucharistie, c’est le vrai lien d’amour de l’Eglise, un lien permanent, un lien solide, parce c’est un lien qui est l’œuvre de Jésus lui-même.

Communier sans vouloir renforcer par l’Eucharistie la réconciliation entre les hommes.

Communier sans vouloir faire régner entre eux une vraie charité, celle qui sans cesse donne, se donne et pardonne.

Communier sans vouloir travailler à les réunir comme des frères, c’est faire mentir le signe que le Seigneur nous a donné.

Il y a une cohérence indispensable à établir entre l’Eucharistie et notre vie : la cohérence de l’unité. Le sacrement du Corps et du Sang du Christ nous y entraîne puissamment.

Frères et sœurs, en ce Jeudi-Saint, puissions nous dire Amen au Corps et au Sang du Christ, d’une manière toute autre que nous le disons ordinairement, trop habitués que nous sommes.

Puissions-nous dire Amen, c'est-à-dire oui au Christ-Jésus réellement présent dans ce pain et ce vin.

Puissions-nous dire Amen, dire oui à ce don incomparable de sa propre vie en nous, à cette vie divine qui pénètre la nôtre et la transforme.

Puissions-nous dire Amen, dire oui à ce désir de Jésus de nous voir bien intégrés à son Corps qu’est l’Eglise, de nous y voir prendre notre place de chrétiens actifs de nous y voir comme de vrais serviteurs de nos frères.

Et que Marie, la Très Sainte, celle qui a toujours dit oui, d’une manière totale et inconditionnelle nous accorde la grâce de participer à l’Eucharistie avec les sentiments qui étaient les siens lorsqu’après la Pentecôte elle communiait à son divin Fils dans ce merveilleux Sacrement célébré par les Apôtres.

Amen.

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