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13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 14:48

warum-in-tirol-so-viele-kirchen-und-kapellen-stehen-da.jpgSA PLACE DANS NOTRE VIE

Il suffit d’évoquer certains épisodes ou certaines phrases de l’Evangile pour comprendre à quel point Jésus était tout tendu vers l’Heure de son Sacrifice sur la Croix. C’était son « Heure » affirme Saint Jean, l’Heure de Dieu, car c’était l’Heure de la manifestation suprême de l’Amour divin. Cette heure qui a sonné au Golgotha le Vendredi Saint, notre Bien-Aimé Sauveur n’a pas voulu qu’elle finisse : elle est sans cesse prolongée jusqu’à la fin des temps par le Mystère Eucharistique. C’est là une vérité de notre Foi particulièrement émouvante qu’une oraison liturgique a fort bien résumée en ces termes : « chaque fois qu’est célébré ce sacrement, c’est le Mystère de notre Rédemption qui s’accomplit ». 

Et c’est la raison pour laquelle l’Eucharistie doit occuper dans notre vie chrétienne la même place primordiale qu’elle occupe dans l’œuvre suprême de notre Rédemption. De fait, tout découle de l’Eucharistie puisqu’elle est la source de toutes les grâces et tout s’y rattache comme au point culminant du mystère de notre salut.

Le Concile Vatican II a formulé cette doctrine en disant que l’Eucharistie c’est à la fois « la source et le sommet de toute la vie chrétienne ».

Il faudrait que nous fortifions de plus en plus en nous cette conviction à savoir que l’Eucharistie c’est vraiment le centre, le cœur, le foyer de notre vie spirituelle, qui est avant tout une vie de Foi, d’Espérance, d’Amour de Dieu et du prochain.

Et il faudrait qu’en conséquence, nous sachions ordonner toutes nos pensées, tous nos sentiments, toutes nos activités intérieures ou extérieures vers cette rencontre sublime avec l’Amour divin que constitue notre messe et que rien ne saurait remplacer.

Quel merveilleux profit il y aurait alors pour nos âmes si nous vivions ainsi tout tendus vers la prochaine Messe ! et qu’ensuite – notre énergie spirituelle s’étant accrue – nous vivions encore plus tendus vers la Messe suivante, de telle sorte que nous montions d’ardeur en ardeur vers la rencontre finale.

Mais comment, me direz-vous, réaliser cet idéal qui consiste à vivre, à l’exemple des Saints, non seulement de l’Eucharistie, mais pour l’Eucharistie.

Il me semble qu’une réflexion portant sur les quatre grands moments de la célébration liturgique de la Messe peut être, de ce point de vue, très éclairante et particulièrement suggestive.

Nous le savons les quatre grands moments de la Messe sont :

  • La Liturgie de la Parole,
  • L’Offertoire,
  • La Consécration et
  • La Communion Sacramentelle.

Nous allons donc maintenant si vous le voulez bien les examiner successivement :

Le Premier grand moment de la Célébration Eucharistique c’est donc la Liturgie de la Parole. Vatican II a voulu qu’elle occupe une grande place pour bien montrer qu’elle est en fait une Première Table, celle où le Seigneur nous sert la divine Parole, nourriture spécifique de la Foi ; la Deuxième Table étant celle où le Seigneur nous sert son « Corps livré » et son « Sang versé », nourriture vivifiante de la charité.

Nous devons une particulière attention à cette proclamation solennelle de la Parole de Dieu au début de chaque messe ; à travers elle, en effet nous accueillons l’enseignement divin qui nous à été donné tout entier pour nous disposer à l’union au Saint-Sacrifice de la Croix, renouvelé, réactualisé mystiquement sur l’autel. Il y a là une vérité qu’à mon sens, on ne souligne pas assez : à savoir que la formation spirituelle par la divine parole est essentiellement ordonnée à l’union au Christ crucifié et glorifié présent dans l’Eucharistie.

Ne pas le comprendre serait encourir le reproche que Jésus adressait aux Juifs : « Vous scrutez les Ecritures dans lesquelles vous pensez avoir la vie éternelle. Or, elles me rendent témoignage et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ».[1]

Ainsi donc dans la Liturgie de la Parole il n’y a pas seulement chaque jour l’attention attirée sur quelques-uns des enseignements divins, il y a comme un symbole que toute la Révélation divine est ordonnée à notre Communion Eucharistique.

Comprenons bien dès lors, qu’il ne s’agit pas de tout retenir des textes bibliques qui nous sont lus mais qu’il s’agit plutôt de recueillir et de savourer tel ou tel mot, telle ou telle phrase par lesquels le Saint-Esprit désire nous instruire et qu’il nous faut faire en sorte que toutes nos lectures ou méditations de la Sainte Ecriture (pendant la Messe ou en dehors de la Messe) nous préparent à célébrer l’Eucharistie en regardant toujours ce sacrement qui est « le Mystère de la Foi », il est grand le Mystère de la Foi, non avec les yeux du corps, mais avec « les yeux illuminés du cœur » comme dit Saint Paul, c’est-à-dire avec les yeux intérieurs de la Foi.

Devant un tel mystère, en effet, toutes les lumières créées doivent disparaître pour faire place à la lumière divine de la Foi :

  • Foi lumineuse qui perce le nuage dont s’enveloppe le Sacrifice.
  • Foi pénétrante qui découvre la divinité cachée sous les espèces du Sacrement.
  • Foi ardente qui livre l’âme à l’immolation non sanglante de l’Homme-Dieu et aux fruits de cette immolation.

Tout ce qu’il y a de richesses cachées dans les profondeurs du Verbe Incarné et de sa vie au-dedans de nous se retrouve en effet, dans le mystère Eucharistique qui récapitule ainsi toute notre Foi chrétienne.

La Liturgie a quelquefois appliquée à la Messe ces paroles divines tirées du Psaume 110 : « Dieu a fait là le mémorial de toutes ses merveilles ». Ce n’est pas seulement le mémorial du Calvaire, mais de toutes les merveilles de Dieu, parce que toutes les merveilles de Dieu sont ordonnées au Sacrifice du Christ.

Lorsque nous lisons la Sainte Ecriture, lorsque nous l’écoutons dans la Liturgie de la Parole, n’est-ce pas pour nous rappeler constamment les merveilles de Dieu, les merveilles de son Etre, de sa Bonté ? C’est donc pour nous préparer à goûter, à savourer cette merveille par excellence, cette grâce par excellence qu’est l’Eucharistie.

Parlant de l’Eucharistie, Saint Thomas d’Aquin qui en est le théologien le plus pénétrant nous dit que c’est « le Sacrement de la Passion du Christ effectuant l’union de l’homme au Christ immolé ».

La Messe est donc, au sens fort, la représentation du sacrifice de la Croix. Jésus l’a instituée expressément pour cela : pour que le mystère de son Sacrifice Rédempteur fut rendu présent aux hommes de tous les pays et de tous les temps. Il a voulu ainsi par le moyen du Sacrement les mettre tous en mesure de participer à ce Sacrifice consommé sur le Calvaire : d’y participer à la fois dans l’acte même de son oblation et dans ses effets salutaires, de telle sorte que par le contact avec son humanité sacrifiée, mystérieusement présente sous les signes du Pain et du Vin, ils puissent être sauvés et « unis à Dieu d’une union sainte » comme dit Saint Augustin.

Ce qu’il importe de bien saisir tout d’abord, c’est que la première raison d’être de l’Eucharistie c’est de nous faire participer au Sacrifice de Celui qui est à la fois le Christ-Prêtre et le Christ-Victime et de nous y faire participer dans l’acte même de son offrande.

Cette participation s’effectue déjà au moment de l’Offertoire, mais plus encore dans le temps qui s’écoule entre la Consécration et la Conclusion Solennelle de la Prière Eucharistique. Au moment de l’Offertoire le Prêtre présente à Dieu le pain et le vin qui par la Consécration vont devenir le Corps et le Sang de Notre Seigneur. Nous devons nous unir intérieurement à ce geste d’offrande. A travers ces deux matières les plus communes de notre alimentation, n’est-ce pas toute la création et tout le travail de l’homme que nous devons en quelque sorte saisir dans nos mains pour les présenter à Dieu notre Père en reconnaissant que tout cela c’est d’abord un don de son Amour ?

« Tu es béni Dieu de l’Univers, toi qui nous donnes ce Pain, toi qui nous donnes ce Vin, fruits de la terre et du travail de l’homme ».

Par ce geste très significatif de l’Offertoire nous manifestons notre intention profonde de tout ordonner à l’oblation eucharistique : nos personnes bien sûr ; tout ce monde matériel et tout ce monde des hommes auxquels nous sommes reliés ; nos activités spirituelles (prières, vie d’oraison, rosaire) et toutes les activités de notre devoir d’état, en particulier le travail qui occupe une si grande place dans l’existence.

D’ailleurs c’est Jésus lui-même qui nous a fixés une telle orientation lorsqu’Il déclare dans son discours sur le Pain de Vie « Travaillez non pour la nourriture périssable, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donne le Fils de l’Homme »[2].

On voit nettement à travers ces paroles que pour Jésus, le travail doit être ordonné en premier lieu à l’Eucharistie. Tachons donc de vivre dans cet esprit l’Offertoire de chacune de nos messes : avec le désir de tout retourner à Dieu, de tout faire passer en Dieu : tout ce que nous sommes, tout ce que nous vivons, tout ce que nous avons. Car c’est cela qui constitue la matière de notre sacrifice : le mot sacrifice étant compris ici dans son sens large qui signifie faire sacré, rendre sacré, consacrer. Il va falloir cependant que vienne la Consécration pour que cette pauvre et déficiente offrande humaine soit changée en une offrande incomparablement plus excellente par son union à celle infiniment parfaite de Jésus.

Nous le savons : au moment suprême de la Consécration, Jésus – réellement présent avec son corps, son sang, son âme et sa divinité sous les apparences du pain et du vin – renouvelle son sacrifice d’amour « Sacrifice Pur et Saint, Sacrifice Parfait » qui sauve le monde. Ici, à l’autel, comme là-bas jadis sur la Croix, l’Homme-Dieu, Prêtre Souverain, s’offre au Père dans un acte de charité suprême au nom de tous les hommes de tous les temps et tous les pays, et avec Lui, il offre en victime expiatrice toute cette humanité dans son ensemble, mais plus particulièrement cette portion d’humanité que nous constituons lorsqu’à la Messe nous sommes rassemblés autour de Lui, faisant Corps avec Lui. A la Messe, comme au Calvaire, il s’agit donc du même prêtre, de la même victime, du même sacrifice.

Cependant Jésus a voulu que ce sacrifice sacramentel soit offert à Dieu par son Eglise. Nous devons donc tout d’abord, à chacune de nos messes, à partir de la consécration et jusqu’à la conclusion solennelle de la Prière Eucharistique, offrir à notre Père céleste le Christ immolé : « Rien, déclare le Pape Léon XIII, ne peut honorer Dieu davantage, ni lui être plus agréable que le sacrifice de la divine victime ».

Mais si en ce moment si solennel de la Messe, Jésus s’offre réellement par l’entremise de l’Eglise comme Chef de l’humanité rachetée, ce n’est pas avec l’intention de le faire tout seul. La Tête du Corps mystique ne veut pas s’offrir sans ses membres qui lui sont, comme dit si bien la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité : « des humanités de surcroît… »

L’Evangile nous révèle que déjà, au Calvaire, lors du sacrifice sanglant, Jésus ne voulut pas s’offrir tout seul. Il demanda à Marie sa Très Sainte Mère de s’associer intimement à son immolation. Et nous savons avec quelle générosité héroïque la Mère des douleurs (qui était véritablement la Première Eglise) accepta de coopérer ainsi à la Rédemption. Il faudrait que cette attitude Corédemptrice de Marie inspire la nôtre spécialement à l’heure de la Messe où nous devons à notre tour nous offrir.

Si Jésus exige de nous une telle disposition d’âme qui consiste à mêler notre offrande à la sienne – comme le prêtre mêle la goutte d’eau au vin du calice – c’est parce qu’il la juge essentielle. C’est parce que, ne voulant pas nous sauver sans nous, il veut que nous versions notre quote part dans le Calice de la Rédemption.

Nous devons donc nous convaincre de plus en plus « qu’avec Jésus-Christ nous faisons la totalité de l’hostie offerte et présentée à Dieu » comme l’a si justement dit Mr Olier. Bien avant lui d’ailleurs Saint Grégoire le Grand s’était exprimé dans le même sens : « Nous qui célébrons le mystère de la Passion du Christ, nous devons imiter ce que nous accomplissons. C’est alors que le Christ sera vraiment hostie offerte pour nous à Dieu, quand nous nous serons faits nous-mêmes hostie ». La Messe, qui contient et offre mystiquement l’immolation réelle du Calvaire, contient donc et offre mystiquement l’immolation réelle de nos vies. Elle rappelle la mort sanglante du Christ, elle appelle notre mort à nous-mêmes, sanglante ou non : elle en est le signe ! Elle l’appelle et l’exige. Autrement dit nous ne participons réellement à l’Eucharistie que si nous sommes des sacrificateurs de nous-mêmes en acceptant tous les renoncements et efforts coûteux que requiert notre cheminement vers la sainteté, en offrant avec tout l’amour dont nous sommes capables cette matière du Sacrifice – de notre sacrifice – que nous avons préparée au moment de l’Offertoire en offrant plus particulièrement nos souffrances. Saint Augustin affirme que « la douleur pour le chrétien, n’est pas un accident, mais une tâche professionnelle » sa raison d’être est donc de devenir une oblation. La Messe a pour effet de consacrer cette souffrance, de la valoriser au maximum de faire en sorte qu’avec ce rien devenu quelque chose, les âmes soient sauvées et qu’ainsi nous soyons réellement associés à l’œuvre du Salut.

Comprenons enfin que, par le moyen de cette offrande totale de nous-mêmes unie à la sienne, Jésus veut nous attacher de plus en plus fort à Lui afin de nous entraîner en un mouvement ascendant vers une Communion de plus en plus intime avec les Trois Personnes Divines. Cette intention profonde de son Cœur sacerdotal il l’a clairement exprimée lorsqu’il a dit : « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à Moi ». Laissons-nous donc aspirer de Messe en Messe, par cette douce attraction du Cœur de Jésus de telle sorte que « par Lui, avec Lui et en Lui », le corps mystique tout entier puisse parvenir à sa fin qui est « de rendre tout honneur et toute gloire à Dieu le Père dans l’unité du Saint-Esprit ».

Tel est donc le premier élément de la raison d’être de l’Eucharistie : nous faire participer au sacrifice du Christ dans l’acte même de son oblation. Nous venons de voir que, c’est à partir de la Consécration et jusqu’à l’Amen solennel qui achève la Grande Prière Eucharistique que nous pouvons répondre le mieux à cette exigence.

Il nous reste à voir maintenant le second élément qui est d’ailleurs inséparable du premier : notre participation aux effets de ce sacrifice. Nous savons qu’elle s’effectue par la Communion sacramentelle lorsque nous mangeons Jésus, Pain de Vie au cours de ce repas sacrificiel qu’est la Messe, véritable Banquet du Ciel sur la Terre.

Les richesses divines contenues dans « ce Pain vivant descendu du Ciel » sont d’une telle abondance que pour les recueillir avec profit dans chacune de nos communions, il importe de les contempler avec une attention pleine d’amour.

Comprenons tout d’abord que Jésus en se donnant à nos âmes en sa qualité de Prêtre et de Victime y dépose avant tout la vertu de son sacrifice. La Communion qui achève la Messe en nous n’a pas seulement pour but de nous unir à Jésus et nous faire goûter dans l’intimité d’une douce rencontre, combien le Seigneur est bon. Trop nombreuses hélas sont les personnes qui ne s’arrêtent qu’à cet aspect. La Communion n’achève la Messe en nous que dans la mesure où elle nous unit à Jésus crucifié, car s’il vient dans nos âmes par le Sacrement de sa Passion et de sa Croix c’est pour nous inclure dans son Sacrifice et nous donner la grâce de prolonger en nous, son état d’hostie.

« Il vient en nous, affirme Saint Léon le Grand, pour faire de nous des victimes offertes au Père ».

On peut donc dire de ce point de vue que si la Communion achève en nous la Messe, elle nous oriente aussi vers la Messe en tant qu’elle est sacrifice parce qu’à travers elle Jésus nous donne la force d’accepter toutes ces croix, toutes ces souffrances, tous ces sacrifices qui constitueront la matière de notre oblation au cours de la messe suivante.

Deuxième effet de la Communion Eucharistique : Jésus en sa qualité de Pain de Vie se donne à nos âmes pour les nourrir divinement.

Communier c’est boire à la source même de la vie.

Il ne faut jamais oublier, en effet, que l’Eucharistie - Sacrifice et l’Eucharistie - Sacrement sont les deux aspects d’une même réalité (comme les deux faces d’une même médaille), cette réalité c’est la Rédemption appliquée aux âmes. La Croix, arbre de vie, épanche sa sève dans un fruit qui est l’Eucharistie.

« Si vous ne mangez la Chair du Fils de l’Homme, nous dit Jésus, et ne buvez son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous ».

Il s’agit, c’est évident, de la vie divine ou grâce sanctifiante qui a été infusée en nous par le Baptême. Toute communion augmente cette grâce ainsi que les vertus qui l’accompagnent.

N’est-elle pas nourriture de vie éternelle ? Breuvage d’immortalité ?

Qui dit nourriture dit réparation des forces, sustentation et entretien de la vie, condition de croissance.

Qui dit breuvage dit rafraîchissement, réconfort immédiat, stimulant du courage, réveil de l’ardeur, ivresse spirituelle.

La Communion devient ainsi le sacrement de la vitalité chrétienne : vitalité intérieure par une participation progressive « à la divinité de celui qui pris notre humanité ».

« L’effet propre de l’Eucharistie, dit Saint Thomas d’Aquin, c’est la transformation de l’homme en Dieu ».

Vitalité extérieure par la fécondité apostolique de la charité, le terme dernier de ce sacrement ne pouvant être en effet que le principe qui l’a inspiré c’est-à-dire l’Amour.

Comme une barre de fer plongée dans le feu porte partout le feu, le Corps du Christ uni au Verbe qui est Amour tend à communiquer l’Amour. C’est pourquoi toute communion au Corps du Christ a pour effet de « survolter » notre amour pour Lui et pour notre prochain. Par notre union à Jésus-Eucharistie nous devenons capables d’aimer comme Lui a aimé. On peut donc dire que dans l’Eucharistie réside tout le secret de la Sainteté, puisque nous le savons, la Sainteté ce n’est pas autre chose que la perfection de l’Amour.

Un troisième effet, vraiment merveilleux bien que plus lointain, découle de notre Communion au Corps Ressuscité de Jésus. C’est le Seigneur Lui-même qui nous le révèle, tout comme le précédent, dans son discours sur le Pain de Vie « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et moi je le ressusciterai au dernier Jour ». Le passage de la Sainte Hostie dans notre corps y dépose en effet un germe d’immortalité. Sans doute est-ce l’âme qui la première est touchée en son fond, à la racine de son être par son union à Jésus – Eucharistie, mais le corps y participe lui aussi par rejaillissement.

Sur terre, la grandeur de notre filiation divine demeure encore cachée mais lorsque « le Christ notre Vie apparaîtra dans l’éclat de sa majesté alors nous aussi nous apparaîtrons avec Lui dans la Gloire ». C’est Saint Paul qui nous le révèle : « le Seigneur Jésus transformera notre corps de misère en le rendant conforme à son corps glorieux ». Plus notre âme aura mis de ferveur dans ses communions eucharistiques, plus le germe d’immortalité déposé en nous par le contact du Verbe fait chair resplendira dans notre propre chair, à l’heure suprême de notre glorieuse transfiguration, corps et âme, à l’image du Christ et de Marie.

Le quatrième effet de notre communion sacramentelle est d’ordre communautaire. Etant l’aliment vivant de cette vie de charité qui circule dans ce Corps mystique du Christ qu’est l’Eglise, l’Eucharistie est le lien qui nous unit personnellement avec chacun des membres de l’humanité rachetée. Notre communion est donc un acte communautaire, un acte ecclésial par lequel se construit, se maintient et s’accroît l’Eglise. Saint Paul l’enseigne expressément : « puisqu’il y a un seul Pain, la multitude que nous sommes forme un seul Corps, car tous nous participons au Pain Unique ». Quant à Saint Thomas d’Aquin, il dit que « l’effet ultime de l’Eucharistie, c’est l’unité du Corps mystique ».

Il faut que nous en prenions bien conscience : la communion qui signifie commune union , n’est pas seulement l’union des fidèles au Christ, mais aussi l’union des fidèles entre eux « par elle nous sommes unis les uns aux autres » dit encore Saint Thomas.

Nous avons vu comment  au cours de la Messe le Christ et ses membres, formant ce que Saint Augustin appelle le Christ Total, s’unissent pour une seule oblation. Or cette union trouve à la fois son sommet et son aliment dans la Sainte Communion. C’est là, en fait, que le mystère de la Communion des Saints trouve son application la plus éclatante et son exercice le plus direct. Cet immense courant de vie divine, qui a sa source dans la Trinité, circule à travers le monde des âmes par le fleuve de l’Eucharistie sacrement. Ce fleuve d’amour saisit l’humanité tout entière et tout ce qui profite à l’un profite à tous. La communion réalise ainsi l’accroissement de l’Eglise ; elle nourrit cette charité fraternelle sans laquelle l’amour de Dieu est inexistant et elle rend enfin possible la solution de tous les problèmes sociaux, car elle donne aux hommes le seul lien capable de les constituer en famille en les faisant vivre de la vie même de Dieu, cette vie en laquelle réside l’unité.

Le Cinquième effet de notre union au Christ dans la Communion sacramentelle c’est celui qui nous est rappelé par la signification même du mot EUCHARISTIE : c’est l’action de grâces. Quand on reprend pas à pas, tout le déroulement de la Messe on s’aperçoit qu’il y a dans l’expression liturgique comme une marche ascendante, une amplification de cette « action de grâces ». Ce qu’on ne perçoit peut-être pas assez c’est que Jésus qui est par toute sa personne et toute sa vie une incomparable « action de grâces », le Glorificateur suprême du Père, vient, par la Communion, dans nos âmes pour y continuer l’œuvre de la glorification divine. Autrement dit, la glorification divine cachée dans l’Hostie passe en nous par la Communion afin de trouver dans nos cœurs un écho terrestre de cette glorification. Ainsi s’achève le cycle de cette gloire magnifique rendue à Dieu qui est la raison d’être de toutes choses.

Notre communion est donc éminemment eucharistique puisqu’elle contient, prolonge et renouvelle en nous ce but ultime du sacrifice qu’est la Glorification de Dieu.

Grâce à elle en effet, le « par Lui, avec Lui et en Lui » (qui est le sommet de la Grande Prière Eucharistique) prend un caractère tellement personnel que chaque communiant peut en toute vérité s’épanouir en glorification, devenir hostie de louange vivante action de grâces.

Par la Communion sacramentelle c’est toute la louange du Christ qui, de fait, passe en nous pour nous revêtir de sa splendeur, si bien qu’en cet instant unique notre cœur devient véritablement une Eucharistie.

Tels sont les principaux joyaux spirituels contenus dans ce Trésor de l’Eglise qu’est l’Eucharistie. En les contemplant nous comprenons mieux la nécessité de prendre part à ce merveilleux sacrement le plus souvent possible et dans les dispositions que nous venons d’évoquer.

Mais, ici, une question se pose : les personnes qui se trouvent dans l’impossibilité de s’offrir et de communier chaque jour la Messe, ne vont-elles pas être privées de toutes ces grâces insignes ?

Eh bien ! non, car le Seigneur leur en offre, en fait, l’équivalent, à une condition cependant : qu’au moins une fois par jour elles se relient pendant un bon moment par la pensée et par le cœur à l’une des innombrables messes qui sont célébrées sans interruption dans le monde afin de s’y offrir et d’y communier spirituellement. Je dirai même plus : qu’est-ce qui empêche pour ces personnes – comme du reste pour celles qui peuvent aller tous les jours à la Messe – de multiplier ainsi au cours de leurs journées, ces communions spirituelles au Saint - Sacrifice ?

La communion spirituelle c’est, comme le dit si bien le Cardinal Journet : « le désir, à toute heure du jour, de rejoindre la Passion du Christ à travers le mystère eucharistique qui la rend présente au milieu de nous ».

Ah ! si nous pouvions à tout instant exprimer un tel désir ! Nous pourrions alors communier constamment au Corps et au Sang du Christ, nourriture et breuvage en lesquels nous trouvons la divine Trinité se communiquant à nous.

Pour conclure je voudrais dire ceci : Saint Thomas d’Aquin dans son office de la Fête – Dieu enseigne que le festin eucharistique n’est pas seulement une représentation, une réactualisation de la Passion du Christ, il est aussi le gage de ce festin céleste des Noces de l’Agneau dont parle Saint Jean dans l’Apocalypse. Autrement dit, l’Eucharistie est un sacrement eschatologique : il prélude de façon réelle à ce qu’il préfigure : ce ciel de gloire où l’Amour de Dieu est le Pain vivifiant de toute la création réunifiée. Ici-bas la Communion Eucharistique commence sacramentellement la parfaite communion de tous dans l’éternelle et bienheureuse Communion de Dieu.

Puissions-nous donc toujours contempler en ce sublime sacrement le mystère central où se récapitule toute notre Foi et où s’accomplit toute notre vie.

Abbé Pierre Cousty

[1] Jean V 33 et suivants.

[2] Jean VI. 27

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Conférences
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Père Jean 02/08/2011 20:48


Je viens de découvrir les richesses de votre blog et je vous en remercie. Les conférences sont très intéressantes. Je les lirai à tête reposée. J'ai mis le lien de celle sur l'Eucharistie dans mon
blog http://avecjesus.eklablog.com/une-conference-sur-l-eucharistie-a4743119
Je découvre aussi que vous êtes dans ma communauté "Puiser à la Source". Je l'avais oublié
Encore merci


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