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20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 21:34

Année B

Lecture du livre du prophète Jérémie 31, 31-34

Pour être connu directement par chacun, le Seigneur inscrira sa loi au fond du cœur des hommes.

Voici venir des jours - oracle du Seigneur -, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle. Ce ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte : mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue, alors que moi, j’étais leur maître - oracle du Seigneur.

Mais voici quelle sera l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés - oracle du Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands - oracle du Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce qu’il y a de nouveau dans l’Alliance que promet Jérémie, c’est un renouvellement de l’homme plutôt qu’un changement de clauses de l’Alliance. Renouvellement de l’homme qui sera parfaitement accordé, du fond de son cœur, aux appels de Dieu sur lui ; qui se voudra du peuple que Dieu conduit vers la délivrance non plus de l’esclavage d’Égypte mais celui de tout péché ; qui entrera dans une connaissance intime de Dieu faite d’une communion quotidienne à son amour et à sa volonté. « Voici venir des jours » ; ces jours sont arrivés avec Jésus par qui s’opère ce renouvellement.

Le renouveau pascal que nous préparons sera-t-il ce renouvellement de notre être dont parlait Jérémie ? Quelle prière peut nous y préparer ?

Psaume 50

R/ Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu.

  • Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. R/
  • Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint. R/
  • Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne. Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés. R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 5, 7-9

Parce qu’il a connu nos souffrances et nos larmes, Jésus demeure toujours, près du Père, le compagnon de nos épreuves.

Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Les souffrances du Christ ne sont pas seulement un événement du passé que sa résurrection et sa vie auprès du Père lui auraient fait oublier, comme un mauvais souvenir. L’expérience qu’il a faite de la souffrance, des larmes, de la prière suppliante de l’homme aux prises avec l’angoisse et la peur de mourir, lui permet de comprendre nos faiblesses dans l’épreuve. Nul ne peut désormais se dire solidaire ou abandonné dans sa peine : Jésus est près de lui le compagnon de sa douleur qui lui apporte secours et miséricorde ; il est aussi le Fils qui lui apprend la valeur rédemptrice d’une souffrance offerte pour sauver le monde.

Comment la visite des malades est-elle assurée dans notre communauté chrétienne ? Y prenons-nous part ?

Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive, dit le Seigneur ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12, 20-33

Il faudra la croix pour que l’Évangile déborde les frontières d’Israël : élevé de terre, Jésus attirera à lui tous les hommes.

En ce temps-là, il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus ». Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? - Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore ». En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé ». Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ». Il signifiait par-là de quel genre de mort il allait mourir. - Acclamons la Parole de Dieu

Commentaire : La seconde partie de cette lecture rappelle la nuit de l’agonie de Jésus à Gethsémani : tout bouleversé, il choisit non pas d’être délivré de « l’heure » de sa passion, mais d’accomplir le dessein de Dieu. Et paradoxalement, c’est quand Jésus aura été élevé de terre sur la croix qu’il attirera à lui tous les hommes. En ce sens la démarche des Grecs venus adorer Dieu, c’est-à-dire des païens convertis au judaïsme, est prophétique de la valeur universelle de la Rédemption. Si dans le moment même où le grain de blé meurt en terre il s’assure une fécondité, c’est quand le Christ est élevé en croix qu’il s’est exalté et glorifié par le Père.

Nous pouvons aujourd’hui être des intermédiaires, comme Philippe et André autrefois, qui permettent aux incroyants de rencontrer Jésus Christ.

Homélie

Dans la 1ère lecture de ce dimanche, le prophète Jérémie annonce que Dieu va conclure une alliance nouvelle avec Israël et Judas scellée 600 ans plus tard dans le sang du Christ, elle s’étendra à toutes les nations. Le passage de l’Evangile de Jean que nous venons d’entendre nous donne à comprendre que pour Jésus le moment est désormais tout proche où cette nouvelle et éternelle alliance va s’accomplir. « L’Heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié » proclame-t-il, devant ces quelques grecs qui lui ont demandé audience au terme de la Procession triomphale des Rameaux et qui sont en quelque sorte l’avant-garde de tous ceux qui par la suite viendront à Lui, le reconnaissant comme leur Sauveur et leur Dieu. En pensant à cette Heure (qu’il a évoquée déjà tant de fois), cette Heure qui va marquer l’achèvement de sa mission, cette Heure qui va être celle de l’amour qui va jusqu’au bout, cette Heure où en subissant les souffrances de sa Passion et de sa Crucifixion, il va se soumettre à la loi du grain de blé : qui est celle d’une mort se métamorphosant en une vie nouvelle extrêmement féconde, Jésus est profondément troublé et il en fait la confidence à ceux qui l’écoutent  « Je suis bouleversé... »

Nous sommes peut-être étonnés frères et sœurs, par cette peur, cette angoisse, cette répulsion extrême que Jésus éprouve vis-à-vis de la souffrance et de la mort.

Nous savons, en effet, que Jésus est à la fois Dieu et homme. Et parce qu’il est Dieu, nous sommes portés à croire qu’il pouvait supporter la souffrance et la mort plus facilement que nous : ce en quoi nous nous trompons. Bien sûr, il est Dieu, mais il est aussi un homme comme nous, semblables à nous en toutes choses, sauf le péché. En lui la nature divine ne modifie en rien la nature humaine ; ou plus exactement elle ne la modifie que pour la rendre plus parfaite, pour lui communiquer un tempérament d’une délicatesse incomparable. De ce fait, la souffrance en lui n’était pas moindre qu’en nous, mais au contraire elle avait une acuité bien supérieure à celle qu’elle peut avoir en nous. Et il faut bien comprendre aussi, frères et sœurs, qu’en lui, Jésus qui était en sa qualité de Fils de Dieu, la vie parfaite, il ne pouvait y avoir qu’un amour infini de la vie et par conséquent une horreur infinie de la mort. « Je suis bouleversé... »

Jésus qui a déjà une longue expérience de la souffrance (par cette souffrance qu’il n’a cessé de combattre en lui et chez les autres) : il a connu la fatigue, le dur travail, l’incompréhension, la haine, toutes sortes de persécutions de la part de ses ennemis, Jésus sait très bien que tout cela est peu de choses en comparaison de ce qui l’attend et qu’il voit dans le détail par cette connaissance parfaite qu’il a de l’avenir. Il sait que ce qu’il devra bientôt endurer physiquement (et dont nous pouvons avoir une certaine idée) sera un paroxysme de douleur : les mauvais traitements, l’atroce flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la Croix, l’horrible crucifixion avec ces douleurs parmi les plus aigües qu’il ressentira dans tout son corps durant trois heures. Il sait aussi tout ce qu’il lui faudra endurer de souffrance intérieure, et qui est quelque chose d’immense « un océan infini, sans fond et sans rivages », dont les moments les plus forts se situeront au Jardin des Oliviers « mon âme est triste en en mourir », et sur la croix « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Ce qu’il va éprouver (et qui échappe totalement à notre connaissance) c’est le sentiment d’être celui qui porte en lui tout le péché, toute l’impiété du monde. Celui que Dieu « a fait péché pour nous » comme dit saint Paul, celui qui accepte librement de répondre, pour tous, de leurs péchés devant Dieu et qui va expirer non seulement en leur faveur, mais à leur place, ce qui va avoir pour conséquence, en lui Jésus, le fait d’être comme séparé de Dieu, car Dieu a pour le péché une répulsion infinie... Et ce sentiment qu’il aura de l’éloignement et de l’abandon du Père déclenchera en son âme une tempête indicible, un tourment intolérable : mystère insondable dans les profondeurs duquel nul ne peut pénétrer. Comment à la vue par avance de tous ces maux d’ordre physique, moral ou spirituel, Jésus ne serait-il pas effrayé, bouleversé dans tout son être en proie déjà à une angoisse mortelle... Aussi, comme il le fera au Jardin des Oliviers, il supplie le Père de le délivrer de cette Heure. Mais aussitôt il se reprend, acceptant filialement de réaliser l’œuvre du Salut en se faisant obéissant et obéissant jusqu’à la mort, acceptant d’être le grain de blé qui meurt pour porter du fruit.

Car c’est bien pour cette Heure, précisément, qu’il est venu :

  • celle où, sur la Croix, il va nous manifester sa suprême tendresse, cet amour à en mourir qui a seul le pouvoir de faire vivre.
  • celle où il va pleinement glorifier le Père et être lui-même glorifié.
  • celle où il va disparaître dans le tombeau pour ressusciter en source de vie éternelle.

Oh ! Que la récolte sera belle quand le Père engrangera dans le Paradis les fruits de la Pâque de Jésus ! Et nous serons de la fête, frères et sœurs, si nous acceptons dès à présent de suivre le Sauveur dans le geste de sa mise en terre par amour.

« Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa Croix et qu’il me suive ».

Donner notre vie « au détail » dans le goutte à goutte de nos journées, à travers ces nombreuses morts au péché qui sont exigées de nous, voilà notre façon de nous laisser ensevelir avec le Christ en vue d’une résurrection solidaire de la sienne.

L’Evangile résume toutes ces démarches de charité qu’il nous faut accomplir à longueur de journée par le mot « service » qui devrait devenir davantage le titre de gloire des chrétiens. Soyons bien convaincus qu’il n’y a pas d’autre moyen pour nous, d’être un jour honorés par le Père quand il distinguera le bon grain de l’ivraie dans la moisson du Royaume Eternel.

Amen.

 

Vous trouverez la Prière Universelle en cliquant sur l'image ci-dessous

Lectures du 5ème dimanche de Carême en DOCX et PDF

 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 21:08

Année B

Lecture du deuxième livre des Chroniques 36, 14-16. 19-23

Au fil des évènements de l’histoire, le Seigneur accomplit sa promesse de salut.

En ces jours-là, tous les chefs des prêtres et du peuple multipliaient les infidélités, en imitant toutes les abominations des nations païennes, et ils profanaient la Maison que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem. Le Seigneur, le Dieu de leurs pères, sans attendre et sans se lasser, leur envoyait des messagers, car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure. Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu, méprisaient ses paroles, et se moquaient de ses prophètes ; finalement, il n’y eut plus de remède à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple. Les Babyloniens brûlèrent la Maison de Dieu, détruisirent le rempart de Jérusalem, incendièrent tous ses palais, et réduisirent à rien tous leurs objets précieux. Nabucodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils jusqu’au temps de la domination des Perses. Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : « La terre sera dévastée et elle se reposera durant 70 ans, jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés ».

Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse, pour que soit accomplie la parole du Seigneur proclamée par Jérémie, le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse. Et celui-ci fit publier dans tout son royaume - et même consigner par écrit - : « Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre ; et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, en Juda. Quiconque parmi vous fait partie de son peuple, que le Seigneur son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem ! » - Parole du Seigneur.

Commentaire : L’exil des Juifs organisé par Nabucodonosor, en 587 avant Jésus-Christ après la destruction du Temple, et le retour de captivité autorisé par l’édit de Cyrus en 538, sont pour l’auteur du livre des Chroniques l’occasion d’une lecture religieuse de l’histoire. Le Seigneur n’est pas infidèle à son Alliance avec Israël, c’est le peuple qui s’est détourné de lui, qui s’est moqué des prophètes et s’est fourvoyé dans l’idolâtrie. Il s’est acheminé à la catastrophe. Mais Dieu reste fidèle : c’est par un roi païen qu’il accomplira la promesse de Jérémie annonçant que les exilés rentreront dans leur pays et rebâtiront le Temple. Ainsi l’auteur voulait-il maintenir vivante la confiance du peuple dans la fidélité de Dieu à ses promesses messianiques.

Pour accomplir sa promesse envers son peuple, le Seigneur a inspiré un étranger, Cyrus, roi de Perse. Aujourd’hui encore des hommes et des femmes qui ne partagent pas notre foi, font avancer la démocratie, la justice et la paix. Ils sont inspirés par Dieu, les reconnaissons-nous ?

Psaume 136

R/ Que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir !

  • Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ; aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes. R/
  • C’est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : « Chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion ». R/
  • Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ? Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! R/
  • Je veux que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n’élève Jérusalem au sommet de ma joie. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens 2, 4-10

C’est parce que Dieu est riche en miséricorde, et non à cause de nos actes, qu’il nous a recréés en Jésus-Christ.

Frères, Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus. Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs, la richesse surabondante de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus. C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. - Parole du Seigneur.

Commentaire : la création de l’homme et son salut en Jésus-Christ ne sont pas pour Paul deux moments distincts de l’histoire, comme si après avoir créé l’homme Dieu voulait rattraper son œuvre mise à mal par le péché en nous donnant un Sauveur. Non ! Dieu « nous a créés en Jésus-Christ » ; c’est à l’intention première de son amour qui se réalise au long des âges et révèle la richesse infinie de sa grâce. Le but de la création n’est atteint que lorsque nous sommes ressuscités avec Jésus, lorsque nous régnons aux cieux avec lui. S’il ne dépend de nous d’être ainsi créés et aimés de Dieu, il dépend de nous de correspondre à cet acte de création continuelle par une vie conforme à la voie que Dieu a tracée pour nous.

Les hommes ont été créés en Jésus Christ, ce qui signifie que Jésus Christ est le prototype de l’humanité accomplie. Comment rendre grâce au Père d’avoir formé un tel projet pour les hommes, qui n’a rien d’une vocation au rabais ?

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 14-21

Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique pour que tout homme obtienne la vie.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Désormais tout homme est appelé à prendre position devant ce geste d’amour de Dieu en la personne de Jésus. Ce sont les hommes qui portent sur eux le jugement, ce n’est pas Dieu qui condamne. Celui qui fait le mal refuse l’amour qui aurait éclairé sa vie ; celui qui agit selon la vérité – et cette vérité c’est l’Évangile d’amour que révèle Jésus – vient au Christ, d’une manière explicite ou non, et sa vie en est illuminée. Comme le serpent de bronze dressé sur un mât dans le désert guérissait les Hébreux des morsures de scorpions s’ils le regardaient avec foi, ainsi un regard d’amour et de foi vers Jésus Christ élevé sur la croix sauvera les hommes de la mort. C’est donc devant la croix de Jésus que chacun décide de son propre jugement final.

« Dieu a tant aimé le monde… » Épousons ce regard d’amour de Dieu sur le monde sans le juger.

Homélie

La Bible nous rapporte qu’au cours de leur marche dans le désert après la sortie d’Egypte les Israélites murmurèrent contre Dieu à cause du chemin trop long et de la manne, ce pain quotidien qu’ils trouvaient trop fade et ennuyeux.

Le Seigneur leur infligea alors une punition par l’envoi de serpents, dont la morsure en fit périr un grand nombre. Seuls ceux qui tournèrent leur regard vers un serpent de bronze que Moïse avait érigé sur un poteau eurent la vie sauve. C’est à ce serpent de bronze, source de salut au désert que Jésus se compare dans l’Evangile de ce dimanche.

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’Homme soit élevé.

Ce mot « élevé » mérite toute notre attention. Saint Jean l’a choisi, en effet, pour dire à la fois que Jésus est élevé sur la Croix et élevé à la droite du Père par la Résurrection et l’Ascension.

Dans la vision de Foi qui est la sienne, la Crucifixion de Jésus et sa Glorification ne sont pas deux phases diverses, mais une seule réalité...

La Croix est en même temps l’instrument du supplice et le trône de gloire.

Jésus crucifié ce n’est donc pas un homme qui expire dans l’échec total, mais le Fils de Dieu dont le sacrifice d’amour est cause de salut et de gloire.

D’ailleurs Jésus lui-même, peu de jours avant sa Passion, avait interprété dans ce sens le mystère de sa mort et de sa résurrection : « Elle est venue l’Heure où le Fils de l’Homme doit être glorifié... Pour moi quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ».

Nous ne contemplerons jamais assez, frères et sœurs, ce mystère de Jésus élevé entre terre et ciel, le Vendredi-Saint, sur le Calvaire... Cette libre mort sera à tout jamais le « sommet de l’amour » : le sommet de l’amour du Fils pour son Père et le sommet de l’amour du Frère universel pour ses frères humains pécheurs.

Cette grande croix de bois sur laquelle saigne un corps d’homme horriblement torturé, c’est un sommet de douleur et de mort, mais c’est aussi un sommet de révélation divine : la révélation de la Toute-Puissance de l’Amour de Dieu en faveur de l’humanité pécheresse. Certes, il faut bien regarder physiquement cette image avec les yeux grands ouverts, mais il importe aussi de fermer les yeux pour voir dans la Foi ce qui n’est pas visible, mais dont l’insoutenable crucifixion est le signe : l’amour extrême qui brûle au Cœur de Jésus : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Mais cet amour extrême qui dévore Jésus « Le Fils Unique » est lui-même le signe d’un autre amour extrême : celui de Dieu le Père. « Il a tellement aimé le monde, nous dit saint Jean, qu’il a donné son Fils Unique », et il ajoute : « Ainsi tout homme qui croit en Lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ».

Le Salut, voyez-vous, ce Salut que Jésus nous a mérité par sa douloureuse Passion et sa glorieuse Résurrection qu’est-ce que c’est ? Sinon cela essentiellement : le Don de la Vie Éternelle...

Nous en étions privés depuis le premier péché, (le péché originel), mais Dieu « qui est riche en miséricorde » nous l’a offerte à nouveau et avec surabondance.

« A cause du grand Amour dont il nous a aimés, disait saint Paul, dans la 2ème lecture, nous étions morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre dans le Christ ».

Oui, si nous voulons, si nous acceptons de croire au Christ, nous recevons en nous cette vie nouvelle qui est une mystérieuse participation à la vie même de Dieu, une communion à la connaissance qu’il a de lui-même et à l’Amour qu’il a pour lui-même.

Cette vie d’intimité avec les Trois Personnes Divines, qui nous fait demeurer en Dieu et Dieu en nous, a commencé à l’heure décisive du Baptême ; elle constitue ce qu’on appelle l’état de grâce. Elle est appelé à se développer sans cesse dans la pénombre de la Foi jusqu’au jour où, après la mort, elle s’épanouira pleinement dans la claire vision de Dieu face à face, ce sera alors la Vie Eternelle en Dieu dans l’Etat de Gloire, c’est-à-dire dans une merveilleuse communion à l’infini Bonheur de Dieu, à sa Béatitude.

Oui, chers frères et sœurs, Dieu dans l’excès – on pourrait dire dans la folie – de son amour miséricordieux a voulu aller jusque là.

« Ah, si tu savais le don de Dieu » disait Jésus à la Samaritaine ! Mais, hélas ! Nous y pensons si peu et nous en faisons peu de cas... et donc nous n’en vivons presque pas... Quel illogisme ou quelle inconscience de notre part !

Nous préférons donner de l’importance à tant et tant de choses qui sont secondaires (quand ce ne sont pas des bagatelles) alors que la vie en communion avec Dieu et avec nos frères, une vie toute d’amour pour Dieu et pour nos frères. C’est cela l’essentiel, notre véritable raison d’être, notre suprême et impérissable richesse. C’est cela l’Absolu que nous cherchons, vers lequel nous tendons, oui, l’Absolu de la vie et l’Absolu du Bonheur !

« Ah, si tu savais le don de Dieu ». Je pense que pour savoir au moins un peu ce qu’est le don de Dieu, il faut beaucoup de prière et une longue fidélité à l’Esprit-Saint, mais quand on commence à savoir, quand on commence à comprendre, alors, vraiment tout s’illumine, la vie prend tout son sens... Plus rien ne trouble, plus rien ne déconcerte et plus rien ne fait peur, car on raisonne comme saint Paul : « si Dieu est avec nous : qui sera contre nous... » Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous ! Comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? J’en ai la certitude rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur.

On comprend aussi alors combien est vraie la parole de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Tout est grâce... », et on se livre de plus en plus généreusement à la grâce c’est-à-dire à l’Amour, on ne vit plus que dans l’Amour et pour l’Amour, comme l’ont fait tous les saints. Mais devenir des saints n’est-ce pas aussi notre vocation à tous ?

Puisse Marie, qui, au pied de la Croix est devenue Notre Mère dans l’ordre de la Grâce, nous aider à y répondre le plus généreusement et le plus fidèlement possible.

Amen.

Prière Universelle

 

R/ : Toi, qui nous aimes, écoute-nous Seigneur.

  • Pour l’Église : que l’Esprit de Dieu l'aide à reconnaître l’urgence de la formation au discernement spirituel, au niveau personnel et communautaire ! Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour ceux qui s’engagent dans la voie de la violence et du fanatisme religieux ou idéologique : Seigneur, enlève de leur cœur et de leur esprit toute haine, toute méchanceté, bien souvent masquées sous de multi-arguments changeants ; ouvre leurs yeux à la vérité ; insuffle dans leur cœur un désir de paix ! Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour l'avenir de l'homme et de la médecine : Seigneur, que chaque chrétien s'engage à se former sur les questions actuelles de la bioéthique, pour mieux protéger la vie en toutes ses dimensions et notamment la famille si importante pour la transmission de la vie ! Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour les repas partagés, solidaires pendant ce temps de Carême : que les organisateurs ainsi que les participants redécouvrent toujours la richesse et le bonheur qu’apportent ces simples rencontres ! Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour la communauté paroissiale : Seigneur, que chacun de ses membres devienne plus audacieux et plus généreux jour après jour ! Que chaque fidèle cherche à aller partager la lumière du Christ avec les périphéries qui l’appellent ! Seigneur, nous te prions. R/

Dieu de lumière et de vérité, accorde nous ce que nous te demandons en ce dimanche. Que la lumière du Christ, ton Fils, éclaire nos pas sur le chemin de foi ! Que le souffle de ton Esprit Saint nous mène vers la joie de Pâques ! Amen.

Source : http://www.jardinierdedieu.com

Lectures du 3ème dimanche de Carême en DOCX et PDF

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 16:15

Année B

Lecture du livre de l’Exode 20, 1-17

La pratique du Décalogue est la réponse du peuple à l’initiative du Dieu qui libère.

En ces jours-là, sur le Sinaï, Dieu prononça toutes les paroles que voici : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération. Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque en vain son nom. Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.

Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ces dix commandements sont le code de la route d’un peuple sorti de l’esclavage et qui marche vers la liberté sous la conduite du Dieu libérateur. Ils ont pour but de garantir et de baliser cette marche en dénonçant les idoles qui asservissent l’homme et en mettant en garde contre la tentation d’asservir son frère en lui volant sa femme, ses biens ou sa réputation. Ce code peut nous paraître simpliste au regard de l’Évangile, mais peut-on prétendre vivre l’Évangile sans être d’abord fidèle à ces commandements ?

Aimer, c’est avoir un amour exigeant pour celui que l’on aime. Comment concilions-nous amour et exigence dans notre tâche de parents, d’éducateurs, d’enseignants ou de catéchistes ?

Psaume 18

R/ : Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle.

La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples. R/

Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard. R/

La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables : R/

plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 1, 22-25

Que Dieu se soit révélé dans un crucifié prendra toujours les hommes à contre-pied de leurs idées sur Dieu et sur l’homme.

Frères, alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient juifs ou grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. - Parole du Seigneur.

Commentaire : La réflexion des philosophes grecs sur Dieu et le sens aigu de la grandeur divine qu’avaient les Juifs sont certainement par les plus hauts sommets spirituels de l’Antiquité. Cette recherche avait conduit le monde grec à la conception d’un Dieu rationnel, norme suprême de l’intelligence et de l’harmonie de l’univers, et le monde juif à celle d’un Dieu tout-autre, inaccessible, le Tout-Puissant créateur et maître de l’histoire. Et que fait Dieu ? Il a planté la croix de son Fils en plein milieu de ce monde. Et qu’annoncent Paul et les apôtres ? Que cet homme crucifié est l’ultime parole où Dieu se fait connaître en qu’en lui repose le salut du monde ! Et qu’est-ce que l’Église ? Le groupe de ceux qui, devant cette folie de Dieu au regard des hommes sensés, ont abandonné toute assurance propre, toute prétention à se valoriser eux-mêmes pour croire que cette faiblesse infinie de Dieu est la force qui transformera le monde !

Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément ? A la folie ? Oui, c’est ainsi que Dieu nous aime et il nous l’a prouvé par la croix de Jésus. Et nous, comment aimons-nous,

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle. Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 2, 13-25

C’est un corps d’homme, celui de Jésus ressuscité, que Dieu se rend présent désormais à tous les hommes.

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ». Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai ». Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Les sacrifices d’animaux et les offrandes que faisaient au Temple de Jérusalem les nombreux pèlerins de la Pâque nécessitaient la présence des marchands et des changeurs qui envahissaient le parvis. Ce trafic, s’il prêtait parfois à des transactions malhonnêtes, était nécessaire. Pourquoi donc le geste violent de Jésus ? En agissant ainsi, Jésus met fin, symboliquement, au privilège du peuple élu : désormais c’est le Christ ressuscité qui est le seul chemin vers Dieu, le seul Temple où l’on peut rencontrer Dieu. Et ce nouveau Temple est universel, il n’est la propriété d’aucun peuple, d’aucune civilisation.

Notre communauté chrétienne, corps du Christ, est la maison du Père. Les services ecclésiaux que nous y accomplissons pour la rendre vivante et ouverte au monde prolongent l’amour de Jésus pour elle, et parfois aussi son tourment.

Homélie

L’enseignement qui se dégage de cet Evangile des « vendeurs chassés du Temple » est particulièrement dense et d’une grande portée.

Vous l’avez peut-être remarqué, saint Jean qui commence son récit en parlant de la Pâque Juive le termine en évoquant la Pâque de Jésus. C’est qu’en effet de la Pâque Juive à la Pâque Chrétienne un même mystère insondable se joue : un mystère de mort dont surgit la vie, un mystère de destruction d’un Temple dont un autre Temple surgit. Ce qu’il faut bien comprendre tout d’abord c’est que le geste répressif de Jésus expulsant les vendeurs du Temple est un geste de purification. Jésus entend rappeler avec force que le Temple c’est la maison de Dieu, le haut-lieu du recueillement et de la prière. Il ressent comme une offense très grave faite à Dieu la profanation de ce Temple. Il ne peut tolérer que ce lien privilégié, cœur de la Terre Sainte où Dieu accueille son peuple devienne un entrepôt commercial et un champ de foire.

Comment pourrait-on trouver Dieu et le prier dignement dans un tel vacarme ?

L’honneur de Dieu commande le geste du Christ ainsi que sa réprobation : « Enlevez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic... »

Qu’elles soient admises parce que commodes, avantageuses ou utiles, il y a des situations, des traditions qui sont inconciliables avec une piété vraie, conforme à la volonté de Dieu...

Mais beaucoup plus qu’un geste de purification, le geste de Jésus est un geste d’amour. L’expression « La maison de mon Père » attire en effet l’attention sur l’identité profonde de cet homme : « Jésus de Nazareth ». Un grand secret se cache en sa personne ! Entre lui et Dieu il y a une extraordinaire intimité d’amour. Il est vraiment chez lui, plus que partout ailleurs dans ce Temple Saint de l’Eternel. Oui, ce « Saint des Saints », ce sanctuaire où personne n’a le droit d’entrer (sauf le grand prêtre une fois par an) ; ce lieu séparé de tout, ce lieu « intouchable » où on ne peut pénétrer, sans mourir, Jésus dit tout simplement que c’est la maison de « Son Père » et donc sa propre maison de Fils. Déjà à l’âge de 12 ans, il avait dit la même chose à Marie et à Joseph tout étonnés : « Ne savez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

Oui, Jésus nous fait comprendre, ici, par son attitude que ce qui est premier dans le culte que nous rendons à Dieu, ce ne sont pas les gestes que nous faisons, mais le cœur filial que nous y mettons.

Ses disciples, nous dit saint Jean, se rappelèrent cette parole du psaume : « L’amour de ta maison fera mon tourment ». Pour Jésus, « L’amour du Père le dévore littéralement, comme un feu dévore les brindilles... » Son sacrifice, à Lui ne sera pas rituel extérieur à Lui. Ce sera lui-même qu’il offrira en sacrifice et il y passera tout entier.

Et là encore frères et sœurs, chacun et chacune d’entre nous doit s’interroger : en quoi consiste le culte que je rends à Dieu ?

Est-ce que je me contente d’assister à la Messe ? Ou bien est-ce que j’y participe, en joignant à l’offrande du Christ, l’offrande de tout mon être, et plus particulièrement de ce que je viens de vivre au cours de la semaine écoulée ?

Est-ce que je suis comme Jésus et en union avec Lui, brûlé de zèle, dévoré d’amour, fasciné par Dieu, tout donné à la cause de Dieu ?

« Détruisez ce Temple et en 3 jours je le relèverais » dit Jésus. Ici, dans le texte grec il n’y a pas le mot Temple mais le mot Sanctuaire. Or, ce sont deux mots différents :

Le Temple désignait l’ensemble des édifices, y compris les cours, les places, les divers parvis. Quand Jésus dit « Détruisez ce Sanctuaire », il va beaucoup plus loin que s’il disait « Détruisez ce Temple », car le Sanctuaire, c’était au cœur du Temple, un tout petit édifice qui abritait la Présence de Dieu.

Jésus sera condamné à mort, vous le savez, pour avoir prononcé cette phrase, « Détruisez ce Sanctuaire et je le relèverai... Aux yeux des Juifs, en effet, c’était un blasphème. Car ce Sanctuaire était l’orgueil de la nation juive, un bien vénéré de prière et de pèlerinage, le seul bien de culte d’Israël...

Quelle audace chez cet homme Jésus ! pensaient-ils ? Saint Jean prend soin d’ailleurs de préciser tout aussitôt : « Le Sanctuaire dont il parlait c’était son corps ».

Nous voici, bien évidemment au cœur du message proclamé par cette page d’Evangile. Essayons, un instant, de pénétrer dans la conscience que Jésus avait de lui-même. Il sait qui il est. En disant qu’il est un Sanctuaire il se constitue en lieu de la Présence divine. C’est son Corps « En qui habite la plénitude de la divinité », qui est le Nouveau Temple, le lieu du nouveau culte.

Jean-Baptiste avait eu raison de le désigner comme l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, car il fut immolé, sacrifié sur le Calvaire à l’heure même où dans ce même Temple, on immolait d’innombrables agneaux pascals, la veille du Grand Sabbat de la Pâque.

Par son Corps sacrifié Jésus venait remplacer tous les sacrifices et rendre inutile le Temple de Jérusalem dont le rideau pouvait alors se déchirer. Et de ce Corps sortit alors le fleuve d’eau vive, l’eau et le sang annoncé par le prophète Ezéchiel comme « sortant du Sanctuaire ».

Aussi quand il ressuscita (se releva) d’entre les morts ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela : « Voici donc la Pâque de Jésus et des chrétiens qui achève la Pâques des Juifs dont je vous parlais au désert ». Voici la libération inouïe et radicale dont la libération de l’esclavage d’Egypte n’était qu’une annonce et une figure. Voici le Temple nouveau qui rend caduc tout autre lieu de culte.

Ainsi le lieu de la Présence de Dieu n’est plus un édifice, c’est quelqu’un. C’est le Corps du Christ. Toute la liturgie chrétienne n’existe qu’autour de ce Corps. Mais comprenons jusqu’où va ce mystère.

Saint Paul dira aux premiers chrétiens « Vous êtes le Corps du Christ ». Voilà où se fonde l’éminente dignité de l’homme « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »

Ce n’est donc pas seulement le Corps ressuscité de Jésus, qui est le nouveau Temple de Dieu, c’est le corps de chaque baptisé.

Voilà pourquoi saint Paul ajoute « Glorifiez Dieu dans votre corps ».

Oui, par vos yeux qui contemplent, par vos oreilles qui écoutent, par vos lèvres qui prient, qui sourient ou qui annoncent la Bonne Nouvelle, par vos mains qui se tendent soit pour donner soit pour accueillir, rendez Gloire à Dieu.

Puisse cette vérité, à savoir :

- que nous sommes pour le Christ « des humanités de surcroît » selon la belle expression de sainte Elisabeth de la Trinité,

- que nous sommes ses prolongements même en notre corps nous faire vibrer de reconnaissance pour le Seigneur et d’amour pour nos frères qui sont comme nous des Sanctuaires du Dieu vivant.

Amen.

Prière Universelle

En ce 3ème dimanche de Carême, Dieu, nous nous réunissons ici pour te louer, pour te confier toutes les difficultés et les besoins de nos frères, nos sœurs, en ce monde :

R/ : Notre Père, notre Père, nous te supplions humblement.

  • Seigneur Dieu, aide ton Église à témoigner au monde que le cœur de ta loi c'est l’amour, nous t’en prions. R/
  • Seigneur Dieu, aide les responsables des pays à découvrir que gouverner ne signifie pas régner, mais que c’est servir leurs peuples dans la justice et la paix, nous t’en prions. R/
  • Seigneur Dieu, aide tes fidèles à vivre le sacrement de la réconciliation avec une profondeur renouvelée afin de goûter ton infinie miséricorde, nous t’en prions. R/
  • Seigneur Dieu, aide les scientifiques en lutte contre la désinformation sur la pandémie de Covid-19 à viser le vrai sens de la vie, nous t’en prions. R/
  • Seigneur Dieu, aide tous les personnes, notamment les jeunes qui sont éprouvés par la crise sanitaire à bien exprimer leur mal-être et à le surmonter, nous t’en prions. R/

Dieu, notre Père, reçois nos prières reçues de ton Esprit en ce jour, par ton Fils, le Christ notre Seigneur. Amen.

Source : http://www.jardinierdedieu.com

Lectures du 3ème dimanche de Carême en DOCX et PDF

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 15:21

Année B

Lecture du livre de la Genèse 22, 1-2. 9-13.15-18

« L’obéissance vaut mieux que tous les sacrifices », diront plus tard les prophètes, instruits par la mise à l’épreuve d’Abraham.

En ces jours-là, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai ». Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique ». Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham. Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis. Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Les chefs des peuples qui habitaient la Palestine et les pays environnants avaient coutume d’immoler leur fils aîné pour obtenir la faveur de leur dieu dans des circonstances exceptionnelles. À plusieurs moments de son histoire le peuple élu a été tenté d’agir de même, mais les prophètes ont réclamé du peuple une obéissance intérieure à Dieu, une vie selon la justice et l’amour du prochain, plutôt que ces sacrifices humains. Abraham, l’ancêtre du peuple, n’a pas refusé de sacrifier ce qu’il avait de plus précieux, l’enfant porteur de la promesse. Mais Dieu n’a réclamé de lui que cette totale obéissance intérieure.

Notre amour se mesure au don que nous faisons de nous-mêmes. Seigneur, aide-moi à ne pas lésiner quand il s’agit de t’aimer et d’aimer mes frères !

Psaume 115

R/ : Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.

Je crois, et je parlerai, moi qui ai beaucoup souffert. Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! R/

Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ? Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. R/

Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple, à l’entrée de la maison du Seigneur, au milieu de Jérusalem ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 31b-34

Dans un même élan d’amour du Dieu Trinité, le Père donne son Fils et le Fils se donne à nous.

Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Dieu est celui qui rend juste : alors, qui pourra condamner ? Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce que Dieu n’a pas réclamé d’Abraham, il l’a fait lui-même pour nous : il nous a livré son propre Fils et accepté qu’il soit mis à mort pour nos péchés. En possession d’un tel gage d’amour de Dieu pour nous, comment pourrions-nous craindre encore et ne pas nous abandonner à sa tendresse ?

Nous connaissons des gens dont la conscience est inquiète, qui se croient loin de Dieu ou oubliés de lui, qui vivent dans la peur. Comment leur faire découvrir que Dieu est « pour » eux et non « contre » eux ?

Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. De la nuée lumineuse, la voix du Père a retenti : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc Mc 9, 2-10

Encadré par Moïse et Élie, Jésus transfiguré se présente comme la Parole du Père que ces deux prophètes n’avaient fait que balbutier.

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : au milieu des diverses annonces de sa passion au cours desquelles Jésus prévient ses disciples qu’il sera défiguré par la haine des hommes, se dresse cet évènement où le Christ se montre transfiguré à la fois par l’amour du Père pour son « Fils bien-aimé » et celui que Jésus porte à Dieu et aux hommes qu’il vient sauver.

Voir des visages transfigurés : l’enfant du catéchisme que la grâce illumine, le jeune qui vient d’être embauché, le malade qu’une visite arrache à sa torpeur, le couple qui rayonne à la naissance de son enfant… Comme nous voudrions être souvent les acteurs de ces transfigurations !

Homélie

Le miracle de la Transfiguration est l’un des plus beaux joyaux de la Révélation chrétienne. C’est une scène d’une particulière densité et d’une grande richesse d’évocation. Les trois Apôtres qui en furent les témoins privilégiés en ont gardé un souvenir impérissable. Et comme nous comprenons bien leur émotion, puis leur enthousiasme, à la vue de ce Jésus qui dans l’existence quotidienne était si simple si familier, si semblable aux autres hommes et qui brusquement leur laisse entrevoir l’éblouissante splendeur de sa divinité.

Certes, auparavant, ils devinaient bien que leur Maître était plus qu’un homme. Pierre avait même fait au nom des Douze cette magnifique profession de Foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant… » Mais de cette vérité, dans le cours de la vie ordinaire ils n’étaient que trop portés à l’oublier.

Or, maintenant qu’ils voient se révéler, dans un éclair de gloire, le Christ qui est « le Fils Bien-Aimé du Père », le Sauveur annoncé par les prophètes (représentés ici par Moïse et Elie) ils comprennent mieux le privilège inouï qui est le leur : de vivre avec Jésus et dans son amitié, de pouvoir à chaque instant rencontrer Son Regard, écouter Sa Parole, lui parler, lui demander lumière et réconfort. Et dans la plénitude de joie qu’ils éprouvent, ils voudraient éterniser cette minute exceptionnelle : « Seigneur il fait si bon ici, restons-y ».

Rêve chimérique que Jésus va dissiper, car l’homme ici-bas ne doit pas vivre habituellement sur le Thabor et dans les ravissements de l’extase… La plaine le réclame pour le combat et le travail. Mais dorénavant toute leur existence (qui restera dans le détail des heures, monotone et pénible) apparaîtra merveilleusement transfigurée par cette minute de lumière inoubliable.

Chers frères et sœurs, nous qui n’avons pas eu comme les Apôtres la ferveur de voir le Christ Glorifié, nous avons cependant une lumière capable de transfigurer, toute notre vie : c’est la lumière intérieure, la lumière surnaturelle de la Foi…

Il est clair que si nous projetons sur notre vie un regard simplement humain, elle nous apparaît plutôt maussade, presque toujours en grisaille et même à certaines heures absurde et cruelle. Nous sommes aux prises, en effet, avec tant et tant de difficultés. Trop souvent nous avons l’impression d’être emportés par la vague déferlante des évènements qui nous dépassent. Notre travail quotidien peut nous paraître fastidieux et, à la longue, exaspérant. Et ceux qui nous entourent, y compris ceux que nous aimons peuvent alourdir encore notre épreuve. Dieu lui-même peut nous sembler lointain, absent des prières par lesquelles nous cherchons à le rejoindre, étrangement neutre et indifférent au drame de notre existence.

Mais si nous projetons sur cette vie humaine les clartés de la Foi, alors tout est changé, tout peut se transfigurer, comme un paysage morose qui s’anime, se colore et se met à sourire à la lumière du soleil.

Car la Foi, voyez-vous, nous donne une autre vision du monde et de l’aventure humaine : elle nous permet de faire cette découverte enthousiasmante à savoir que Dieu, s’il reste invisible n’est pas lointain, mais tout proche, présent partout et surtout en nous-mêmes par le mystère de la Grâce sanctifiante, et qu’il nous enveloppe constamment de sa Tendresse. Nous découvrons que Dieu, apparemment silencieux et détaché nous aime, chacune et chacun, d’un amour éperdu et s’occupe par sa Providence du détail de nos vies…

D’ailleurs n’avons nous pas la preuve la plus convaincante de cette proximité du Seigneur et de son prodigieux amour dans le Mystère de l’Eucharistie.

Jésus réellement présent nuit et jour dans le Tabernacle de nos églises. Jésus qui par la Communion Eucharistique dépose en nous le germe de notre future glorification, nous plonge davantage dans l’intimité divine et resserre nos liens d’amour avec tous nos frères.

Et dans cette lumière qui vient d’En-Haut nous découvrons également que nos démarches quotidiennes, si insignifiantes à première vue, que notre travail le plus banal, qu’en un mot tout ce qui occupe nos journées, tout cela peut être divinisé, tout cela peut avoir un retentissement éternel si toutefois, bien sûr, nous nous efforçons de la vivre en union avec le Christ, si toutefois nous nous efforçons de l’accomplir comme le Christ lui-même l’accomplirait s’il était à notre place.

Enfin grâce à cette lumière surnaturelle de la Foi nous découvrons que nos souffrances, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles, (ces souffrances qui nous révoltent aussi longtemps qu’elles nous semblent absurdes) que nos souffrances ont un sens : qu’elles peuvent devenir utilisables et porter beaucoup de fruits si nous savons les unir aux souffrances du Sauveur : Mystère de Compassion, de Corédemption dont la Vierge Marie est le plus bel exemple.

Malheureusement ces vérités si réconfortantes, nous les oublions trop facilement et cela parce que nous ne savons pas (ou ne cherchons) pas assez à nous élever jusqu’au niveau d’une foi vraiment divine.

Notre comportement, nos réactions ressemblent trop souvent au comportement et aux réactions de ceux qui ne partagent pas cette Foi. Trop souvent c’est l’humain qui prédomine en nous.

Et il faut bien reconnaître que la démarche du croyant n’est pas facile, car les réalités invisibles ne sont ni tangibles, ni mesurables, elles n’atteignent pas nos sens.

Nous ne pouvons pas voir de nos yeux, ni toucher de nos mains le monde surnaturel dans lequel, pourtant, nous baignons.

Dieu, l’Ame, la Grâce, la Communion des Saints, le Ciel : ces réalités là, ni l’analyse chimique, ni le scanner, ni les explorations interplanétaires ne peuvent les atteindre…

Et il faut ajouter que les instants où Dieu par une lumière spéciale devient « sensible au cœur », ne sont jamais dans notre vie que des minutes brèves. La joie comblante de la Transfiguration fut, pour les Apôtres, de courte durée. Et s’imaginer que les Saints vivaient toujours en extase avec le ciel ouvert devant les yeux est une grosse erreur.

Pour les Saints, comme pour nous la vie terrestre a été une épreuve et un combat spirituel dans l’obscurité. Il reste que pour nous, comme pour eux, la Foi doit être ce phare dans la nuit, ce rayon de lumière qui permet d’avancer sans s’égarer sur le chemin montant, étroit et escarpé, qui mène à Dieu.

Et puisque la Foi dépend de la Grâce et de notre bonne volonté, puisque la Grâce nous est toujours offerte, il dépend finalement de nous que notre Foi chrétienne devienne plus forte, plus surnaturelle, plus rayonnante.

Faisons donc cet effort durant ce temps de Grâce qu’est le Carême.

Ne restons pas dans les ténèbres, alors que nous pouvons marcher sous le grand soleil de Dieu.

Et puisque nous connaissons bien notre faiblesse, redisons souvent cette profonde prière qui fut inspirée à un paysan du temps de Jésus :

« Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon incrédulité ».

Oui, Seigneur, c’est bien vrai, trop souvent nous sommes des croyants incroyants ou peu croyants…

Accorde-nous, par Marie ta Très Sainte Mère qui est le Modèle incomparable de la Foi, de dépasser le stade d’une foi imparfaite, réveille notre Foi, trop souvent somnolente pour que notre existence monotone et éprouvée soit toute entière illuminée par Ta Présence, par Ta Vie en nous, en attendant le jour éternel où nous te serons semblables parce que nous te verrons tel que tu es dans les splendeurs de la Bienheureuse Trinité.

Amen.

 

Prière universelle

Ce dimanche, nous entendons la Voix sur la montagne, Pierre, Jacques et Jean contemplent la lumière qui illumine le visage de Jésus. Aujourd’hui, dans la foi, nous demandons à Dieu la vraie lumière pour notre monde :

R/ : Fils du Dieu vivant, exauce-nous !

  • Seigneur Dieu, ta voix retentit au cours de la Transfiguration du Christ « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le », aide nous à être plus attentifs à ta voix, à te suivre quotidiennement avec foi et espérance. Nous t'en prions. R/ 
  • Seigneur Dieu, donne la foi d'Abraham à tous les évangélisateurs. Qu'ils mettent leur confiance en toi totalement. Nous t'en prions. R/ 
  • Seigneur Dieu, avec la parole du psalmiste nous te demandons de révéler ta présence à tous ceux qui te cherchent. Nous t'en prions. R/ 
  • Seigneur Dieu, St Paul a dit si tu es pour nous, qui sera contre nous ? Pourtant la peur de la pandémie gagne pas mal de place dans le cœur de tes enfants. Dieu prends soin de tous les malades ! Nous t'en prions. R/ 
  • Seigneur Dieu, en ce dernier jour du mois de février, nous te confions toutes les femmes victimes de la violence dans nos sociétés modernes. Que la société humaine les protège et prenne en compte leurs souffrances ! Nous t'en prions. R/ 

Dieu, notre Père, reçois nos prières en ce jour de joie au cœur du Carême par Jésus Christ, ton Fils notre Seigneur qui vit et règne avec toi et l’Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com

Lectures du 1er Dimanche de Carême en DOCX et PDF

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20 février 2021 6 20 /02 /février /2021 14:54

Année B

Lecture du livre de la Genèse 9, 8-15

Par son alliance avec Noé, Dieu s’engage envers les hommes à promouvoir la vie et non à la détruire.

Dieu dit à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de l’arche. Oui, j’établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre ». Dieu dit encore : « Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre. Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre, et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages, je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : L’eau qui apporte la vie aux terres du Moyen-Orient fut aussi un fléau mortel, il y a plusieurs millénaires, lors de crues dévastatrices ou de raz-de-marée provoqués par l’affaissement de la terre ferme. Le peuple d’Israël a conservé la mémoire de ces tragédies passées qu’il a relatées dans le récit du déluge. En s’engageant à ce qu’il n’y ait plus de déluge désormais, Dieu donnait à son peuple l’assurance qu’il pourrait continuer l’œuvre créatrice sans craindre le retour du chaos. Ainsi montrait-il le prix qu’il attache au travail et aux techniques des hommes pour améliorer leur vie et rendre le monde plus habitable pour tous.

Aux jours de Noé, Dieu noue avec l’humanité une alliance sans contrepartie : aucune réponse explicite de foi n’est demandée aux hommes, sinon de faire réussir la vie et la création. Merveilleuse alliance qui englobe tous les hommes de la terre !

Psaume 24

R/ Tes chemins, Seigneur, sont amour et vérité pour qui garde ton alliance.

  • Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. R/
  • Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Dans ton amour, ne m’oublie pas, en raison de ta bonté, Seigneur. R/
  • Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. R/

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre 3, 18-22

Sauvés à travers l’eau du baptême, nous entrons dans une Alliance nouvelle avec Jésus ressuscité.

Bien-aimés, le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel, lui à qui sont soumis les anges, ainsi que les Souverainetés et les Puissances. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Il est bon d’entendre Pierre nous rappeler que notre baptême n’est pas une geste magique ou de pure tradition. Il est un engagement pris envers Dieu ; nous devons donc le ratifier chaque jour, librement et loyalement. Il est un engagement à vivre comme Jésus, c’est-à-dire en faisant passer l’amour de Dieu et de nos frères avant tout autre chose ; c’est affirmer que nous acceptons de vivre un amour coûteux qui réclame renoncement à nous-mêmes ; c’est dire que la vie nouvelle de Jésus ressuscité ne peut envahir notre existence que si nous abandonnons tout égoïsme.

« S’engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus-Christ », tel est le projet des catéchumènes, jeunes et adultes, qui s’apprêtent à recevoir le baptême à Pâques, et aussi celui des familles qui demandent le baptême de leurs enfants. Les accompagner et prier pour eux relève de notre responsabilité de communauté de baptisés.

Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 12-15

Vainqueur de Satan, Jésus vit au désert dans un monde réconcilié ; c’est une bonne nouvelle de la réconciliation qu’il s’empresse alors de proclamer.

En ce temps-là, Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Emprisonnée dans le cercle infernal de la souffrance, de la maladie, de la mort et du péché, l’humanité n’a cessé d’espérer et de lutter pour qu’un jour vienne où le mal à l’œuvre dans le monde soit vaincu. Nul homme pourtant n’y est parvenu. Le peuple de Dieu maintenait vivante cette espérance en attendant le jour où Dieu lui-même viendrait prendre en main la lutte des hommes contre le mal, où il manifesterait son règne. Telle est la Bonne Nouvelle que Jésus annonce : l’heure est arrivée où Dieu se mêle aux hommes pour que l’amour ait le dernier mot sur la terre, l’heure du « règne de Dieu est là ». Avant de montrer cet amour de Dieu à l’action dans la vie de Jésus le Libérateur, Marc nous présente les signes de la victoire prochaine : en Jésus notre frère, l’homme a vaincu Satan et vit dans un univers réconcilié, en paix avec les bêtes sauvages, en communion avec Dieu dont les anges viennent le servir.

Comment, à notre place et selon nos moyens, sommes-nous associés à lutte de Jésus Christ contre le mal ?

Homélie

C’est toujours avec surprise que nous relisons dans l’Evangile ce qui s’est passé aussitôt après le Baptême de Jésus. On sait que, lors de son Baptême, Notre-Seigneur avait reçu l’Esprit-Saint en vue de l’accomplissement de sa mission. Or voici qu’avant de le conduire dans le vaste champ de prédication évangélique, parmi les foules de Palestine, de Galilée ou de Judée, l’Esprit-Saint le pousse en direction du désert. Oui, il fallait, selon le Plan du Père, qu’avant de se lancer dans une activité débordante, Jésus soit soudain, enlevé au monde dans lequel il vivait... Oh ! Non pas pour le fuir et se mettre à l’abri de ses tentations, mais pour être en mesure d’y retourner, après une retraite de 40 jours, tout chargé des richesses spirituelles données par son Père.

Eh bien ! Frères et sœurs, chaque année, au temps du Carême, l’Eglise nous invite instamment à nous associer à cette expérience impressionnante du Christ ; elle nous invite à la refaire pour notre propre compte. Nous devons bien nous convaincre, en effet, qu’il n’est vraiment pas possible d’orienter convenablement notre vie chrétienne, qu’il n’est vraiment pas possible de rencontrer Dieu et de vivre en communion avec Lui si nous n’acceptons pas de passer, de quelques manière, par le désert.

Passer par le désert, qu’est-ce que cela veut dire au plan spirituel ?

- Ceux qui sont un peu familiers de la Bible savent que le désert c’est d’abord le lieu où l’on se retrouve seul face à Dieu. C’est au désert qu’Israël a pris conscience de sa vocation de Peuple de Dieu. C’est au désert que la plupart des grands hommes de l’Ancien Testament ont découvert ou redécouvert la Volonté de Dieu sur eux. C’est au désert que Jésus a choisi de sauver le monde par l’amour, cet amour qui va jusqu’au sacrifice total de soi-même. Il est évident que matériellement parlant nous ne pouvons pas nous rendre au désert... Il est indispensable cependant qu’à l’occasion du Carême nous sachions trouver le moyen de nous arracher (au moins à certains moments) à la vie agitée qui d’ordinaire est là nôtre. Il faut, coûte que coûte, que nous prenions un peu de temps pour nous recueillir dans une vraie solitude et dans le silence. Car, là, sous le regard de Dieu pourrons réfléchir paisiblement au but suprême de notre existence et sur les moyens surnaturels qu’il nous faut nécessairement mettre en œuvre si nous voulons atteindre ce but.

Sans doute savons-nous que l’Evangile est notre lumière et que le Christ est notre vie, mais trop souvent nous risquons d’oublier ces vérités essentielles. Nous nous laissons trop facilement attirer par le monde visible et tangible qui capte notre attention de mille manières et nous éprouvons alors des difficultés à croire aux réalités invisibles.

En nous engageant régulièrement dans des « zones de désert » propices à la réflexion, nous comprendrons à quel point il est urgent pour nous de revenir à l’essentiel et nous amorcerons cette conversion, ce retournement de notre mentalité qui doit être en définitive la grande affaire de notre Carême.

- Le désert c’est donc le lieu privilégié où l’on peut faire, à nouveau, le choix de Dieu afin de lui redonner dans notre vie la place à laquelle il a droit, c’est-à-dire la première ; le désert c’est le lieu privilégié où l’on reprend conscience de la grandeur de sa vocation baptismale ainsi que des exigences qui en découlent.

- Le désert c’est le lieu où l’on peut, à l’exemple du Christ, prier avec le maximum d’intensité. Durant ses 40 jours de désert, Jésus, s’est livré, avant tout, à une contemplation assidue de son Père. Dans ce contact intime il lui exprimait l’Amour absolu qu’il avait pour Lui.

A l’exemple de Jésus, faisons en sorte, chers frères et sœurs, que nos « zones de désert » durant le Carême soient remplies d’intense prière, une prière qui devienne peu à peu ce que le Seigneur souhaite qu’elle soit : la respiration de notre âme !

- L’Evangile de ce dimanche nous permet aussi de découvrir que le désert c’est le lieu de l’épreuve. Au désert Jésus a été tenté par le démon et il a triomphé de lui. Ainsi nous est rappelée une vérité que notre monde oublie trop, quand il ne la refuse pas, à savoir qu’il existe un esprit du mal que la Bible appelle Satan, ce qui veut dire : l’adversaire. Il est notre ennemi extrêmement rusé et qui ne désarme jamais.

Jésus nous l’a révélé comme homicide dès le début car il est l’inspirateur de tout ce qui tue l’amour dans le cœur des hommes : l’orgueil en particulier, l’égoïsme et la haine. Il nous l’a révélé aussi comme étant le « Père du mensonge », celui qui trompe l’homme sur ce qu’il est sur sa véritable destinée, lui faisant croire qu’il peut trouver en lui-même ou dans ses inventions, son propre salut. Vis-à-vis de Jésus, le projet de Satan au désert visait à détacher le « Fils Bien-aimé » de l’intimité qu’il avait avec son Père et de lui faire renier sa mission de serviteur souffrant. Il lui a suggéré en effet de réussir auprès des hommes, de s’élever jusqu’aux plus hauts sommets de la puissance et de la gloire en prenant des moyens extraordinaires mais qui étaient sou référence à Dieu. Discernant tout de suite le mal qui se cachait derrière ces tentations, Jésus l’a repoussé avec la plus extrême vigueur nous redisant, par là, l’Absolu de Dieu.

Chers frères et sœurs, la tactique de Satan n’a pas changé. Il s’efforce toujours de nous faire croire à la possibilité d’un salut sans la souffrance et la croix. Ce qu’il ne cesse de nous proposer, c’est une route facile, sans exigences, où il suffit de sa laisser vivre... Car Jésus nous avertit que cette voie large et spacieuse même tout droit à la perdition tandis que le chemin qui mène à la Vie éternelle est étroit est difficile.

Le Carême c’est le temps où nous nous entrainons à la lutte contre toutes les formes de mal, toutes les formes de péché que Satan ne cesse de nous suggérer :

  • qu’il s’agisse de cette perpétuelle recherche de notre plaisir, de nos aises, de notre confort...
  • qu’il s’agisse du besoin de paraître, de briller, de nous faire remarquer...
  • qu’il s’agisse encore de cette volonté de puissance qui nous conduit à imposer nos vues, à dominer les autres par tous les moyens...

Notons enfin pour terminer que le désert, c’est l’endroit où on n’a pas de demeure permanente, où l’on à conscience d’être des voyageurs, des gens de passage, toujours en marche. Le désert c’est le lieu où les Hébreux ont passé de l’esclavage à la liberté.

Il faudrait, frères et sœurs, que ce désert spirituel que constitue le Carême soit aussi pour nous une marche libératrice, qu’il soit pour nous l’occasion de secouer le joug de ces vieilles habitudes qui nous entraînent au péché et nous empêchent par conséquent de grandir et de nous épanouir dans l’Amour.

N’allons pas croire cependant que ce chemin de Carême qui est très exigeant soit un chemin de tristesse. C’est un chemin qui à travers la Croix conduit à la joie : la joie que l’on éprouve toujours au bout de l’effort, la joie d’être libéré de tout ce qui entrave, la joie d’être transformé, la joie d’être plus uni à Dieu.

Demandons instamment à la Vierge Marie qui est notre Educatrice dans l’ordre surnaturel de nous accompagner et de stimuler notre générosité durant les 40 jours de notre rude montée vers la Joie de Pâques.

Amen.

Prière Universelle

En ce premier dimanche de carême, nous prions pour notre monde qui continue à être touché, bouleversé par la crise sanitaire :

R/ : Seigneur, que ta parole réveille notre foi !  Seigneur, que ta parole nous garde dans l'amour !

  • Le Covid est notre « moment de Noé » (Gn 9, 8-15). Avec le pape François, nous te demandons Dieu de nous montrer le chemin vers l’Arche des liens qui nous unissent : l’arche de l’amour et d’une appartenance commune. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • Où es-tu Seigneur, notre monde a besoin de ta tendresse, de ton amour Ps : 24 (25), 4-5ab, 6-7bc, 8-9. Dieu, soutiens les personnes âgées, celles qui sont handicapées, les malades et tous ceux qui traversent de lourdes épreuves dans leur vie. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • En croyant que tes chemins Seigneur sont amour et vérité, nous te supplions d’enlever la violence qui s’est ancrée dans les cœurs humains, qui vient abîmer, blesser, détruire les femmes. Que leurs cris et leurs souffrances soient écoutés et pris en compte par les autorités des pays. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • Avec les mots de St Pierre : « le baptême vous sauve maintenant » (1 P 3, 18-22). Dieu, fais entrer chaque baptisé dans le mystère de son baptême et aide chaque catéchumène à découvrir la beauté, la grandeur de ce premier sacrement de la foi chrétienne !  Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « Jésus fut tenté par Satan, et les anges le servaient » (Mc 1, 12-15). Seigneur, aide chaque communauté humaine à se laisser convertir en permanence par ta parole de vérité et de vie. Que notre communauté chrétienne devienne un lieu où chacun vit vraiment pour l’autre ! Nous t’en prions. R/

Seigneur, Dieu aide chacun à faire la relecture de ce qu’il fait, à savoir aussi regarder son action à la lumière de ton Évangile de vérité, de justice et de paix. Amen.

Source : http://www.jardinierdedieu.com

Lectures du 1er Dimanche de Carême en DOCX et PDF

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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 09:17

Le mercredi 17 février 2021 est un jour spécial pour les catholiques. C’est le mercredi des Cendres. L’entrée en Carême. Quel est le sens de cette célébration ? Il nous rappelle que nous ne sommes rien si nous n’acceptons pas la présence de Dieu dans nos vies, si nous refusons sa grâce et si nous préférons les choses périssables aux valeurs impérissables que son Fils nous propose. On l’appelle ainsi car, à l’église, après l’homélie, chacun s’avance vers le prêtre pour recevoir une petite croix tracée sur le front avec des cendres. Par ce signe, l’homme pécheur implore le pardon de Dieu et prend la résolution de convertir son cœur et de croire à l’Évangile. Le fait de recevoir les Cendres avec foi nous obtient les grâces actuelles qui nous aideront à vivre le Carême. N’hésitons pas à amener à cette cérémonie, les plus jeunes. Venir aux Cendres, c’est le signe que nous voulons faire plus de place à Dieu dans nos vies, comme les premiers soleils de printemps chassent le gris de l’hiver. Bon Carême à Tous.

Prière du matin

Seigneur, notre Dieu, nous reconnaissons ton infinie grandeur et ressentons terriblement notre petitesse et notre difficulté à refréner notre égoïsme. Ton Église nous a réservé ce temps béni où nous pourrons demander ton pardon avec toute l'ardeur, tout l'amour et tout le repentir de nos cœurs : Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil. Avec ce jour, commence aussi le temps où ta main s'offre à nous avec cette tendresse que seul un Dieu-Père peut avoir et montrer à nous tous, ses fils bien-aimés. Fais qu'en ce Carême, chacun de nous chemine vers toi d'un pas ferme et décidé, pour arriver à Pâques le cœur ressuscité, tout à la joie du pardon.

Lecture du livre de Joël 2, 12-18

C’est notre communauté tout entière qui doit prendre le chemin de la conversion qui nous mènera à Pâques.

Maintenant - oracle du Seigneur - revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment. Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et laisser derrière lui sa bénédiction, alors vous pourrez présenter offrandes et libations au Seigneur votre Dieu. Sonnez du cor dans Sion : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre ! Entre le portail et l'autel, les prêtres, serviteurs du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n'expose pas ceux qui t'appartiennent à l'insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu'on dise : Où donc est leur Dieu ? »

Et le Seigneur s'est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le prophète décrit une cérémonie de pénitence organisée à l’occasion d’une sécheresse aggravée par une invasion de sauterelles. Pour les homes de la Bible, ce désastre économique était la preuve de leur péché. Aussi chacun est-il appelé à se convertir, quel que soit son âge ou sa fonction. Pourtant, l’essentiel n’est pas de prendre conscience de son péché. Il est d’abord de reconnaître que le cœur de Dieu est tout prêt à pardonner ; il est aussi de découvrir quel contre-témoignage sont nos fautes aux yeux des incroyants : « Où donc est leur Dieu ? », puisqu’ils ne sont pas meilleurs que les autres.

La conversion à laquelle nous sommes appelés au cours du Carême ne serait-elle pas de croire que « notre Dieu est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment ? »

Psaume 50

R/ : Pitié, Seigneur, car nous avons péché.

  • Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. R/
  • Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. R/
  • Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint. R/
  • Rends-moi la joie d'être sauvé ; que l'esprit généreux me soutienne. Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange. R/

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5, 20 ; 6, 2

« Laissez-vous réconcilier avec Dieu, nous demande Paul, c’est maintenant le moment favorable ».

Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifier au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui. Car il dit dans l’Écriture : Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. – Parole du Seigneur.

Commentaire : « Qui vous écoute m’écoute », avait promis Jésus Christ à ses apôtres. En parlant d’ambassade pour le Christ, Paul rappelle à ses correspondants le service de la Parole de Dieu qu’il accomplit pour eux. Il doit avoir le courage de les secouer de leur torpeur, de leur faite connaître fraternellement les exigences de l’Évangile, de les inviter à ne pas laisser passer le moment favorable pour se convertir.

J’ai souvent remis à plus tard mes décisions de conversion. « C’est maintenant le moment favorable », écrit l’apôtre Paul. Afin de « ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu », suis-je décidé à commercer sans tarder ?

Verset avant l’Évangile

Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur. Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6, 1-6. 16-18

Il ne s’agit pas de se composer un masque de Carême, mais d’être vrai devant Dieu et devant nos frères.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Ce n’est pas la pratique religieuse que Jésus Christ dénonce, au profit d’une foi qui ne se traduirait pas en actes. Il n’oppose pas davantage une religion intérieure, faite de nobles sentiments, à une religion extérieure, attachée à des pratiques grossières et déconsidérées. Jésus maintient la nécessité de l'aumône, de l’ prière et du jeûne. Disons, pour éviter les malentendus qui s’attachent parfois à ces mots, qu’il est toujours nécessaire de traduire notre vie chrétienne dans des actes de partage, de prière et de maîtrise de soi. Ce que Jésus dénonce, c’est la bonne conscience de ceux qui se reposent sur l’opinion que les hommes se font d’eux. Ce sera là leur seule récompense. Mais le geste gratuit, l’amour qui ne cherche pas son intérêt, le don de soi sans calcul, parce que justement ils n’attendent pas d’être payés de retour, recevront de Dieu ce salaire qu’ils ne recherchaient pas.

Père, tu vois dans le secret de mon cœur : ma bonne volonté tout autant que mes faiblesses. Pendant ce Carême, fais triompher le meilleur de moi-même !

Homélie

Allons, un peu d’ardeur et repens-toi !

 

L’Église va bientôt nous inviter à vivre intensément « le temps favorable » du Carême qui constitue pour tout le peuple chrétien une longue retraite de 40 jours.

Il faudrait que dès son ouverture nous prenions la ferme résolution d’en faire un traitement de choc contre cette dangereuse maladie de l’âme qui nous affecte tous de quelque manière, et que les auteurs spirituels appellent la tiédeur.

Nous n’ignorons pas, pour peu que nous ayons lu le chapitre III de l’Apocalypse, que le Seigneur juge avec une particulière sévérité cet état de langueur spirituelle : « Je connais ta conduite, déclare-t-il, à celui qui est tiède ; tu n’es ni froid ni chaud. Que n’es-tu l’un ou l’autre ? Ainsi puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche. »

La tiédeur se caractérise essentiellement par une disparition progressive de l’amour, à l’image d’un feu qui, après avoir élevé ses flammes très haut diminue d’intensité jusqu’à s’éteindre complètement. Autrement dit la Charité qui n’est pas - faut-il le rappeler – affaire de sensibilité, mais de volonté, se refroidit.

Si l’âme devient tiède c’est parce qu’elle s’arrête volontairement sur le chemin montant de la sainteté, estimant qu’elle en a fait assez et qu’elle n’a plus besoin de progresser parce que Dieu n’en demande pas tant. Et comme dans le domaine spirituel qui n’avance pas recule, elle s’engage (en tentant de justifier son attitude) dans un processus de relâchement qui aboutira tôt ou tard à un véritable désastre.

À l’origine de cette anémie spirituelle, il y a tout d’abord un manque d’appétit des choses de Dieu. L’âme s’affaiblit parce qu’elle ne s’alimente que très peu ou très mal, négligeant trop souvent ou trop longtemps ces nourritures surnaturelles indispensables que sont la communion fréquente, la lecture de la Parole de Dieu ou des ouvrages de spiritualité, l’oraison, la récitation du Rosaire, et l’examen de conscience quotidien.

La tiédeur provient aussi du fait que cette âme n’a plus la volonté de se mortifier ; elle ne fait pratiquement plus d’efforts sérieux pour réfréner ses tendances mauvaises et combattre ses défauts par des moyens surnaturels.

Son état de faiblesse est tel qu’elle ne cherche plus à ramer à contre-courant ; c’est même le contraire qui se produit : elle se laisse porter par le courant, pensant comme tout le monde, faisant comme tout le monde. Ce qui en elle désormais commande tout, ce n’est plus le divin, c’est l’humain. Le sel s’est affadi.

« La ruine des âmes, écrit le chanoine Lallement, provient de la multiplication des péchés véniels qui causent la diminution des lumières et des inspirations, des grâces et des consolations intérieures, de la ferveur et du courage pour résister aux attaques de l’ennemi. De là s’ensuit l’aveuglement, la faiblesse, les chutes fréquentes, l’habitude, l’insensibilité, parce que l’affection étant gagnée, on pèche sans sentiment de son péché. »

En somme, le grand mal de la tiédeur, c’est de ne pas tendre de toutes ses forces vers Dieu ; c’est de ne l’aimer que si faiblement qu’on accepte volontiers le péché véniel, attitude comparable dans l’ordre surnaturel à celle d’un homme qui accepterait volontiers d’être continuellement blessé ou malade pourvu qu’il n’en meure pas. Est-il besoin d’ajouter que le démon se réjouit fort d’un tel état de choses parce qu’il lui est facile d’entraîner au péché mortel (et donc à la perte de la vie divine) l’âme qui est comme tombé en léthargie.

Alerte donc à la tiédeur ! Pour prévenir ou pour guérir ce mal redoutable, deux grands remèdes - les seuls vraiment efficaces - que Jésus a prescrits une fois pour toutes sont à notre disposition : la Prière et la Pénitence.

Nous savons avec quels accents pathétiques, accompagnés de larmes, la Vierge Marie, grande infirmière des âmes, nous supplie de les appliquer chaque fois qu’Elle vient en notre temps manifester sa présence au chevet de notre monde malade.

Puissions-nous mieux prendre conscience au cours de ce Carême, de la gravité et de l’urgence de ses appels ! Poursuivons avec une ardeur renouvelée le labeur si coûteux de notre réforme intérieure. Cela requiert de notre part beaucoup d’énergie, de persévérance et de fidélité. Mais avec la grâce de Dieu - qui ne nous fait jamais défaut et sur laquelle nous devons toujours compter - tout est possible.

Et puis, disons-nous bien, car c’est là le meilleur stimulant, que si Jésus exige de nous avec autant de rigueur le sacrifice de notre vie misérable, c’est pour lui substituer Sa Vie divine. S’il veut que nous fassions le vide dans notre cœur, c’est pour l’emplir de Dieu et nous combler ainsi de sa Paix et de sa Joie.

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole et mon Père l’aimera : nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure. »

Abbé Pierre Cousty

Imposition des cendres

Bénédiction et imposition des cendres

Après l’homélie, le prêtre dit : Mes frères, demandons au Seigneur de bénir ces cendres dont nos fronts vont être marqués en signe de pénitence

Après un bref temps de silence, il poursuit : Seigneur notre Dieu, toi qui aimes pardonner à ceux qui s’humilient et veulent et veulent répare leurs torts, prête l’oreille à nos prières ; en ta bonté, répands sur tes serviteurs qui vont recevoir les cendres la grâce de ta bénédiction : par leur fidélité à temps de pénitence, qu’ils parviennent avec une âme purifiée à la célébration de la Pâque de ton Fils. Lui qui...

ou

Seigneur notre Dieu, toi qui ne veux pas la mort du pécheur mais sa conversion, dans la bonté, exauce notre prière ; bénis les cendres dont nous serons marqués, nous qui venons de la terre et devons retourner à la terre. En nous appliquant à observer le Carême, puissions-nous obtenir le pardon de nos péchés et vivre de la vie nouvelle à l’image de ton Fils ressuscité. Lui qui.

Ensuite, le prêtre impose les cendres à l’assemblée, en disant à chacun :

  • Convertissez-vous et croyez à l’Évangile (Mc 1,15) ou
  • Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière. (Gn 3, 19)

Prière Universelle Mercredi des Cendres

 

Le prêtre : Bénissons le Père des cieux pour ce temps de grâce qu'Il nous donne pour nous rapprocher de Lui, et prions-le pour la conversion de notre monde.

Le lecteur :

  • Dieu notre Père, accorde à tous les baptisés d'entreprendre avec zèle ce chemin de Carême, pour qu'ils vivent l'aumône, la prière et le jeûne dans la joie et en vérité, nous t'en prions.
  • Dieu notre Père, accorde à tous les hommes et femmes de bonne volonté qui luttent contre la propagation de l'injustice, de s’unir aux croyants dans la prière et le jeûne pour répondre aux besoins de l'humanité, nous t'en prions.
  • Dieu notre Père, permets que les grâces du jeûne touchent la conscience des gouvernants, qu'elles réduisent la force de la violence, et qu'elles deviennent une occasion de croissance pour notre terre, nous t'en prions.
  • Dieu notre Père, accorde à tous les hommes de découvrir que l'aumône ouvre à la fraternité véritable, et accorde à toutes les personnes qui sont dans la misère de bénéficier du partage des biens, nous t'en prions.
  • Dieu notre Père, accorde aux membres de notre communauté de paroisses la grâce de la persévérance et de la fidélité dans la prière, pour que ces 40 jours de Carême nous purifient peu à peu et nous préparent à recevoir la Lumière du Feu nouveau, nous t'en prions.

Le prêtre : Dieu notre Père, écoute les prières de notre assemblée et celles que nous te présentons dans le secret de nos cœurs, et accompagne-nous durant ce temps de grâce. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : Isabelle Brunner, ALP - http://cathophalsbourg.over-blog.com

 

Prière

Dans les cendres que nous recevons aujourd’hui, tu vois, Seigneur, la poussière de nos routes et la boue qui alourdit si souvent nos pas.

Tu veux y voir aussi la trace de l’amour que tu nous communiques comme un feu. De cendres, fais jaillir une vie nouvelle !

Que ton Esprit nous guide sur le chemin de l’Évangile qui sera chemin de foi et chemin de croix.

En suivant Jésus, nous ferons de ce Carême une patiente montée vers la lumière de Pâques.

Prière du soir

Seigneur, mon Dieu, tu m'as donné un jour de plus et la grâce de commencer un nouveau temps de Carême : Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut. Avant que mes yeux ne se ferment sur ce jour que tu m'as donné, je voudrais avoir la joie de te dire une fois de plus un merci sincère et en même temps te demander pardon de ne pas avoir été un meilleur fils. Je te demande avec ferveur, que ta grâce me permettre d'être demain le fils que tout bon fils désire être, pour le meilleur des pères. Aujourd'hui, je me suis souvenu que je ne suis que cendre mais, malgré cela, l'Apôtre m'a rappelé que je suis coopérateur de Dieu.

​​​​​​Evangile à trous selon saint Matthieu :

Comme les ..................... s'étaient rassemblés autour de Jésus sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les .................. pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.

Ainsi, quand tu fais l'......................, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les ............................... et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. ...................., je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.

Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main ..................... ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le ........................... ; ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra.

Et quand vous ...................., ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir ...................... dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. ..................... je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la ................, et prie ton Père qui est présent dans le secret : il te le revaudra.

Et quand vous ......................., ne prenez par un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. .................. je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, ......................-toi la tête et ....................-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le .................., ton Père voit ce que tu fais dans le ...............: il te le revaudra ». 

 

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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 15:38

Année A

Lecture du livre d'Ézéchiel 37, 12-14

Dieu ouvre nos tombeaux et fait souffler l’Esprit de vie sur les hommes.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ézékiel compare le peuple élu, en exil à Babylone, à des morts au fond d’un tombeau : apparemment il n’y a plus d’espoir d’en sortir et tel est bien le sentiment qui prédomine chez le peuple. Mais Dieu, par son esprit de vie, va ouvrir ces tombeaux et ramener le peuple en Palestine, sa patrie. C’est une véritable résurrection collective, signe de la résurrection des morts où l’humanité se rassemblera près de Dieu dans la joie et la vie sans fin.

Il y a bien des exemples de situations apparemment sans issue dans notre propre vie ou celle de gens que nous rencontrons : un foyer qui se défait, un licenciement, la maladie ou un accident, un groupement de parents d’élèves qui se dissout, une équipe de chrétiens dont les membres déménagent… Croyons-nous que Dieu peut ouvrir ces tombeaux ? Et nous donner son Esprit pour repartir avec courage ?

Psaume 129

R/ : Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat.

  • Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière ! R/
  • Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera ? Mais près de toi se trouve le pardon pour que l'homme te craigne. R/
  • J'espère le Seigneur de toute mon âme ; je l'espère, et j'attends sa parole. Mon âme attend le Seigneur plus qu'un veilleur ne guette l'aurore. R/
  • Oui, près du Seigneur, est l'amour ; près de lui, abonde le rachat. C'est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8, 8-11

L’Esprit de Jésus qui habite en nous n’est pas seulement gage de résurrection future ; déjà il nous fait vivre d’une vie nouvelle.

Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.

Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.

Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.

Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour Paul, le baptisé ne trouve plus le principe de son existence et de son agir en lui-même, mais dans l’Esprit de Jésus qui l’habite. Certes, il reste un être voué à la mort et marqué par le péché. Pourtant, si l’Esprit a donné vie au Christ en le ressuscitant d’entre les morts, pourquoi ne serait-il pas aussi efficace en nous ? Sans même attendre notre propre résurrection, déjà, si nous sommes fidèles, l’Esprit nous donne une vie nouvelle qui est ouverte à Dieu et à nos frères.

« L’Esprit est votre vie ». Quels sont les gens autour de nous dont nous pouvons dire qu’ils sont sous l’emprise de l’Esprit ?

Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur. Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11,1-45

Lazare qui sort du tombeau pieds et mains liés, montre ainsi qu’il reste un être mortel. Jésus, à sa résurrection, a fait voler en éclats ce pouvoir de la mort.

En ce temps-là, il y avait quelqu'un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade ». En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié ». Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée ». Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui ». Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil ». Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé ». Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.

Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ». Jésus lui dit : »Ton frère ressuscitera ». Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour ». Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde ».

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle ». Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.

Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ». Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois ». Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre ». Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là ». Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ». On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé ». Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller ». Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. –Acclamons la Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans ce passage, le rappel de Lazare à la vie tient en quelques lignes et l’intérêt se porte sur les dialogues qui précèdent et veulent préparer le lecteur à faire acte de foi en Jésus vainqueur de la mort. Tandis que les disciples acceptent de suivre Jésus jusqu’à « mourir avec lui » s’il le faut, Marthe confesse en Jésus le Fils de Dieu, le Maître de la vie dès maintenant et pour toujours. Les juifs, trompés par ses larmes et son émotion devant la mort, mettent des bornes au pouvoir de Jésus qui peut bien, selon eux, guérir un aveugle ou Lazare malade, mais doit s’avérer impuissant devant la mort. Pourtant eux aussi, à la vue du miracle, croient en lui. D’autre part, ce miracle placé juste avant la passion de Jésus préfigure sa mort et ce que sera sa propre résurrection. En effet, si Lazare sort les pieds et les mains liés de bandelettes et le visage enveloppé d’un suaire – ce qui rappelle symboliquement qu’il reste encore un mortel – Jésus sortira à Pâques immortel, délivré à jamais de la mort. En Jésus, la Vie aura triomphé.

« Moi je suis la Résurrection et la Vie », nous dit Jésus. L’avons-nous éprouvé au milieu de nos échecs, de nos deuils familiaux, de nos péchés ou des secousses de notre foi ?

Homélie

La scène que saint Jean vient de nous dépeindre est admirable en tous points et riche en enseignements de la plus haute importance. Jésus s’y montre, tout d’abord profondément humain, ne cachant pas son émotion et pleurant la mort de son ami Lazare, comme il nous arrive de le faire chaque fois que nous perdons un être cher.

Il y apparaît aussi dans sa Toute-Puissance de Fils de Dieu, puisqu’il commande en maître à la mort et fait resurgir la vie dans un corps qui commençait à se décomposer.

Ce sont deux vérités que nous trouverons fort bien exprimées dans la préface de cette Messe : « Il est cet homme plein d’humanité qui a pleuré sur son ami Lazare ; il est aussi Dieu, le Dieu éternel qui fit sortir la mort du tombeau ».

Nous remarquons toutefois que cette même préface ajoute « Dans sa tendresse pour tous les hommes il nous conduit par les mystères de sa Pâque jusqu’à la vie nouvelle ».

Et c’est bien là, chers frères et sœurs, l’enseignement majeur de cet évangile, enseignement qui est fortement mis en lumière par le sublime dialogue entre Jésus et Marthe, la sœur du défunt. Malgré son immense peine et sa grande déception de l’absence de Jésus, Marthe garde en son cœur un espoir très ferme bien qu’elle n’en précise pas l’objet : « Je sais que maintenant encore Dieu t’accordera tout ce que tu lui demanderas... » Jésus répond catégoriquement, mais sans rien promettre pour l’immédiat : « Ton frère ressuscitera ».

Marthe lui dit alors sa conviction (qui est celle de tous les Juifs profondément religieux de l’époque) « Je sais qu’il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection de tous les hommes ». C’est une profession de foi que Jésus approuve, mais qui ne le satisfait pas encore pleinement, car il s’agit là, à ses yeux d’une foi encore trop générale et trop lointaine. Ce que Marthe doit bien saisir, c’est que cette résurrection de tous les hommes au dernier jour sera l’œuvre ultime de ce Jésus qui lui parle en ce moment et en qui elle a une si grande confiance. Professer une idée générale de la résurrection c’est nettement insuffisant parce que c’est croire à une réalité abstraite, or ce que Jésus désire par-dessus-tout c’est qu’on ait foi, et une foi absolue, en cette personne bien concrète et bien vivante qu’il est lui-même.

La conviction qu’il cherche à enraciner dans le cœur de Marthe et dans le cœur de tous ceux qui l’écoutent, c’est qu’il n’est pas seulement celui qui a le pouvoir de donner la résurrection et la vie, mais qu’il est lui-même en personnes, en sa Personne du Dieu fait homme « La Résurrection et la Vie ».

Jésus nous avertit par là que le mot Résurrection recouvre deux significations bien différentes : jadis, certains prophètes, ont obtenu par leur prière des résurrections. Jésus lui-même a ressuscité le fils de la veuve de Naïm et la fille de Jaïre, et il s’apprête à ressusciter pareillement son ami Lazare. Mais ces résurrections-là, (il importe de le souligner) ne sont en réalité que des annonces, des préfigurations de la véritable Résurrection telle qu’elle se réalisera bientôt en Jésus et plus tard dans tous les hommes. Ceux qui ont été ressuscités soit par les prophètes, soit par Jésus lui-même n’ont bénéficié en réalité que d’une réanimation et ils ont eu le privilège, si on peut dire, de mourir une deuxième fois, et de cette deuxième mort ils ne sont pas revenus.

Tandis que la Résurrection que Jésus va connaître au matin de Pâques c’est bien autre chose... C’est un mystère de Transfiguration du corps humain qui entre dans un état tout à fait nouveau dont nous n’avons absolument pas l’expérience et que nous sommes incapables d’exprimer en langage humain : par le mystère de la Résurrection, le corps de Jésus, entièrement spiritualisé, entre dans la vie éternelle non seulement au sens de vie illimitée... mais de vie toute autre. En vérité seule la Résurrection de Jésus est la vraie, la parfaite Résurrection dont toutes les autres découlent. Il est, Lui, la Résurrection par excellence : tous les hommes participeront au dernier jour à cette résurrection corporelle et glorieuse de leur Maître et Seigneur, tout comme Marie, qui, Elle, à cause de son Immaculée Conception, a eu l’insigne privilège d’y participer la première (aussitôt après sa mort) le jour de son assomption. Oui, un jour, nous aussi, nous serons élevés corps et âme, tout comme Marie, dans la gloire du ciel... Voilà ce que Jésus veut nous dire à travers les paroles si denses de cet Evangile, lui qui est « la Vie », il ne veut pas que l’homme demeure pour toujours prisonnier de la mort.

S’il vient vers l’homme, c’est pour le sortir de son péril et de son malheur ; c’est pour le sauver de la mort éternelle qui à ses yeux est la seule mort redoutable... Ce qu’il veut par-dessus tout c’est que l’homme vive de la vie qui pour lui est la seule véritable : la vie éternelle, la vie de celui qui est l’Eternel, la vie même de Dieu dans laquelle on entre par le baptême.

Telle est notre Foi : nous la proclamons chaque dimanche « Je crois en la Résurrection de la chair et en la vie éternelle ». Dans son dialogue avec Marthe (nous l’aurons remarqué) Jésus fait ressortir toute l’importance qu’il attache à cette foi inconditionnelle de la part de l’homme : « Celui qui croit en moi, même s’il est mort vivra et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra pas pour toujours ».

La foi, une foi lumineuse et vigoureuse, tel est donc le bien vital, le cordon ombilical qui nous rattache à Jésus et nous fait communier à tout ce qu’il est et à tout ce qu’il dit, c’est une foi qui nous fait « vivre dans le Christ-Jésus, comme dit saint Paul, aussi bien de ce côté-ci que de l’autre côté de la mort ». Autrement dit la Foi en ce Jésus qui est « La Résurrection et la Vie » nous permet de faire de toute notre existence une Pâque, c'est-à-dire un passage de la mort à la vie, un passage pas seulement au dernier moment (ce sera alors le grand, l’ultime passage de ce monde à Dieu) mais un passage de tous les jours, et même de tous les instants.

  • Il s’agit en effet de passer d’un état de mort à un état de vie spirituelle toujours plus riche, jamais achevé...
  • de passer des ténèbres de l’erreur à une connaissance toujours plus profonde de la vérité divine...
  • de passer d’un amour tiède à un amour plus ardent...
  • et, si par malheur le péché grave (le péché mortel) nous a séparés de Dieu, de passer de ce tombeau dans lequel il nous enferme à la Résurrection de la grâce qui se réalise grâce à l’absolution que nous donne le prêtre dans le sacrement de la confession et du pardon des péchés.

Est-ce que durant ces 15 jours qui nous séparent de Pâques nous allons faire cette démarche de la confession sacramentelle, même si nous n’avons pas commis de péché mortel. C’est l’Eglise qui nous le demande ? Il faut être bien orgueilleux pour dire : « moi, je n’en ai pas besoin... »

Frères et sœurs, notre vocation de baptisés est une vocation à la sainteté mais si nous voulons progresser vers cette sainteté nous devons à tout prix mettre en pratique dans notre vie ce qu’on a appelé la loi fondamentale de la mort à soi-même (mort à son égoïsme, à son orgueil, à toutes les formes de péché). Il faut que nous puissions affirmer comme saint Paul « C’est chaque jour que je meurs » que je fais mourir en moi tout ce qui ne vient pas de Dieu ou ne va pas à Dieu...

Jésus lui-même a pris soin de nous rappeler cette exigence à l’aide de cette comparaison bien connue : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas il reste seul, mais s’il meurt il porte beaucoup de fruits ».

Ainsi donc, pour nous chrétiens qui essayons de tout comprendre dans la lumière de Dieu il n’y a de souffrance que pour la gloire, il n’y a de mort que pour la vie.

Avançons donc, jour après jours dans le rayonnement de cette Foi, dans le réconfort et la joie de cette espérance.

Amen.

Prière universelle

Pendant ce temps de confinement, il n’y a pas de messe en grande assemblée, mais nous continuons à préparer ces intentions pour ceux qui souhaitent prier pour leurs frères et sœurs avec l'aide de la parole de Dieu.

  • « Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez » (Ez 37, 12-14) Seigneur, tu as manifesté à ton peuple que tu es leur Dieu, le Dieu de l’amour, le Dieu de la vie. Aide ton Église, notamment celle de Chine à témoigner de ton amour, toi le Dieu de vie, durant cette crise sanitaire. Prions.
  • « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! » (Ps 129, 7bc) Seigneur, tu connais les appels raisonnables et censés au respect des consignes de prudence pour freiner la propagation du virus. Ouvre l’oreille, l’esprit de ton peuple au cri alarmant de toute humanité, rends nous tous dociles aux recommandations des pouvoirs publics. Prions
  • « Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat ». (Ps 129, 7bc)  Seigneur, cette phrase du psalmiste nous redonne espoir : près de toi, notre salut. Augmente la foi de chaque baptisé en ton amour miséricordieux, aide chacun, chacune de nous à aimer leurs plus proches comme ils sont, pendant ce carême 2020. Prions.
  • « L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous » (Rm 8, 8-11) Seigneur, St Paul nous fait nous rappeler que l’Esprit du Christ Ressuscité est en nous aujourd’hui. Que cet Esprit maintienne disponibles et énergiques tous les soignants et tous les chercheurs scientifiques qui luttent pour la survie de leurs frères et sœurs, durant ce temps de pandémie ! Prions.
  • « Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45) Seigneur, fais entendre ta parole de consolation aux familles en deuil à cause du coronavirus, que chacun chacune s’appuie sur ta parole pour faire face à l’épidémie de la peur. Prions.
  • « Ton frère ressuscitera ». (Jn 11, 1-45) Seigneur, ta parole en ce dimanche nous fait comprendre que l’être humain ne reste pas éternellement sur terre, qu’il est fait pour le ciel, la vie en plénitude avec toi, donne ta lumière, ta tendresse à tous ceux qui perdent des proches en ces jours. Prions.

Source de la P.U. : http://jardinierdedieu.fr/priere-universelle-du-5e-dimanche-de-careme.html

LITURGIE DE LA PAROLE EN PDF

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 21:34

Année A

Lecture du premier livre de Samuel 16, 1b.6-7.10-13a

Pour faire leur choix, les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur.

En ces jours-là, le Seigneur dit à Samuel : « Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars !

Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi ». Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : »Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur ! » Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur ».

Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là ». Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau ». Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé ». Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. – Parole du Seigneur.

Psaume 22

R/ : Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. R/ 
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. R/ 
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. R/ 
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/ 
  • Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/ 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens 5, 8-14

La conversion fait passer des ténèbres à la lumière dont les fruits sont la bonté, la justice et la vérité.

Frères, autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière – or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité – et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même d’en parler. Mais tout ce qui est démasqué est rendu manifeste par la lumière, et tout ce qui devient manifeste est lumière. C’est pourquoi l’on dit : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. – Parole du Seigneur.

Gloire et louange à toi Seigneur Jésus ! Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur. Celui qui me suit aura la lumière de la vie. Gloire et louange à toi Seigneur Jésus !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 9, 1-41

Ni les badauds, ni les parents de l’aveugle-né, ni les pharisiens n’aboutissent à la foi en Jésus : pour croire, il faut se compromettre.

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde ». Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui ». Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble ». Mais lui disait : « C’est bien moi ». Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : ‘Va à Siloé et lave-toi.’ J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu ». Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas ».

On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois ». Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat ». D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète ». Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer ». Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »

Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur ». Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois ». Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est ». L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire ». Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle ». Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles ». Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’, votre péché demeure ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Ce mendiant de Jérusalem, dont saint Jean vient de nous conter, avec un art consommé, la bouleversante aventure faisait partie de ces gens qui semblent faits pour le malheur. Etant déjà aveugle de naissance (ce qui constitue un énorme handicap) il n’était guère aidé par son entourage. Certains l’accusaient d’avoir gravement péché, car son infirmité, à leurs yeux, ne pouvait être qu’une malédiction méritée !

Guéri par Jésus, le voilà maintenant en proie avec une méchante polémique. Les voisins ne veulent pas reconnaître sa guérison. Les pharisiens qui se prennent pour les meilleurs représentants de la religion juive se servent de lui pour chercher querelle à Jésus au sujet du sabbat. Ils le soumettent à une inquisition très pénible qui aboutit à un jugement sans appel « Tu n’es que péché depuis ta naissance ». Ses parents eux-mêmes l’ont laissé tomber pour ne pas avoir d’histoires avec les autorités. Le cœur rempli de tristesse, il est finalement chassé du Temple comme un malfaiteur se demandant sans doute si ça valait vraiment la peine de retrouver la vue pour devenir un paria méprisé et rejeté de tous.

Mais la revanche du Seigneur qui est si compatissant pour ceux qui souffrent n’a pas tardé. Un seul grand bonheur allait faire oublier à ce pauvre homme tous ses malheurs. Car c’était encore trop peu, en effet d’avoir retrouvé la lumière naturelle. Jésus voulait ouvrir ses yeux intérieurs, les yeux de son âme, à un autre soleil « celui qui éclaire tout homme venant en ce monde » c'est-à-dire, Lui-même, le Fils de Dieu fait homme qui est la parfaite transparence du Père des Lumières.

- « Crois-tu au Fils de l’Homme ? » lui demande Jésus.

- « Et qui est-il, Seigneur pour que je croie en Lui ? »

On devine dans cette question, tout le désir brûlant d’un homme qui guéri, une heure plus tôt, de son aveuglement physique, cherchait déjà une clarté plus essentielle, celle qui fait passer quelqu’un de la sombre nuit de l’absurde à la joyeuse et exaltante illumination de la foi.

- « Eh bien ! dit Jésus, tu l’as vu c’est Lui qui te parle ».

Alors, tombant à genoux l’ancien aveugle déclara sans la moindre hésitation : « Je crois Seigneur ». Il venait de trouver le véritable bonheur, celui en comparaison duquel tous les autres ne sont que pacotille et illusion : la Foi en Jésus-Christ, cette FOI qui est la Vraie Lumière pour la vraie vie.

Chers frères et sœurs, nous tous qui sommes ici, nous avons la Foi... c’est un don incomparable que le Seigneur nous a fait au moment de notre baptême : un don de double vue, car à ce moment là, il a greffé, en quelque sorte, sur notre intelligence des yeux intérieurs qui nous permettent de discerner et de contempler des réalités, qui de par leur nature échappent à nos yeux de chair et même à notre simple raisonnement intellectuel :

- ces réalités surnaturelles que nous ne pourrions pas connaître si Dieu, lui-même ne nous les avait révélées,

- ces réalités que nous appelons des « mystères », mais qui diffusent une intense lumière et donnent les seules réponses satisfaisantes aux questions fondamentales que les hommes se posent : « D’où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous ? »

Or, ce don gratuit de la Foi qui nous lie très intimement à Dieu, qui nous fait participer à la connaissance qu’il a de Lui-même et de toutes choses qu’en faisons-nous ?

Est-ce que nous n’oublions pas trop facilement que nous sommes responsables de la croissance de notre Foi ?

Que nous avons l’impérieux devoir de la faire grandi... Et comment cela ? En la cultivant ; en la nourrissant chaque jour avec cet aliment indispensable qui est la Parole de Dieu, une Parole de Dieu de plus en plus écoutée, méditée savourée grâce aux moyens si nombreux et si divers qui nous permettent de l’accueillir, de découvrir son inépuisable richesse et de l’approfondir toujours davantage.

Si nous voulons êtres des chrétiens dignes de ce nom, nous ne pouvons absolument pas nous contenter des quelques notions reçues au catéchisme, et qui sont plus ou moins entretenues par les sermons du dimanche...

Si nous tenons à faire des progrès constants sur la route qui mène à Dieu, dans la voie étroite et sublime de la sanctification et si de plus nous voulons êtres capables de témoigner et d’éclairer, un tant soit peu, ceux qui doutent et qui cherchent, il importe que nous soyons solidement formés à l’Ecole de la Foi qui est l’Enseignement du Christ transmis par l’Eglise.

Alors que ce soit notre résolution de ce matin : être toujours assoiffés de vérité, ne ménager aucun effort pour sortir des ténèbres de l’ignorance et de l’erreur, en nous laissant envahir par toute la clarté de Dieu : devenir ainsi des Fils de Lumière.

Allant de découverte en découverte, d’émerveillement en émerveillement nous ne pourrons alors que rendre grâces au Seigneur à chaque instant, et comme ce fut le cas pour l’Aveugle né, toute notre vie se trouvera transformée. En dépit de tous les malheurs qui pourront survenir, nous saurons ce que cela signifie : avoir la Joie dans la Foi.

Oui, nous serons de plus en plus heureux de croire... Et puis ça se verra et ça se répandra comme la Lumière et comme le Feu.

Amen.

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11 mars 2020 3 11 /03 /mars /2020 22:36

 

Année A

Lecture du livre de l’Exode 17, 3-7

Le peuple assoiffé dans le désert met Dieu au défi de pouvoir combler sa soif.

En ces jours-là, dans le désert, le peuple, manquant d’eau, souffrit de la soif. Il récrimina contre Moïse et dit : « Pourquoi nous as-tu fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir de soif avec nos fils et nos troupeaux ? » Moïse cria vers le Seigneur : « Que vais-je faire de ce peuple ? Encore un peu, et ils me lapideront ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Passe devant le peuple, emmène avec toi plusieurs des anciens d’Israël, prends en main le bâton avec lequel tu as frappé le Nil, et va ! Moi, je serai là, devant toi, sur le rocher du mont Horeb. Tu frapperas le rocher, il en sortira de l’eau, et le peuple boira ! » Et Moïse fit ainsi sous les yeux des anciens d’Israël.

Il donna à ce lieu le nom de Massa (c’est-à-dire : Épreuve) et Mériba (c’est-à-dire : Querelle), parce que les fils d’Israël avaient cherché querelle au Seigneur, et parce qu’ils l’avaient mis à l’épreuve, en disant : « Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? » – Parole du Seigneur.

Commentaire : Au cours de la longue traversée du désert, les Hébreux expérimentèrent combien est difficile la conquête de la liberté et comment, à la moindre difficulté, on est tenté de revenir à l’esclavage antérieur. Moïse fut souvent pris à partie par un peuple découragé et faillit plus d’une fois être mis à mort par ceux qu’il voulait libérer. À travers lui c’est à Dieu que s’en prenaient les Hébreux, le mettant au défi d’accomplir sa promesse. Pourtant le Seigneur n’a cessé de nourrir et d’abreuver ce peuple rebelle, manifestant que lui seul peut combler l’espérance de ceux qui ont faim et soif de justice, de liberté et d’amour.

Nos efforts se heurtent parfois à l’apathie ou à l’ingratitude de ceux que nous voulons aider ou animer. Nous découvrions-nous alors proches de Dieu ?

Psaume 94

R/ : Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, mais écoutez la voix du Seigneur !

  • Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre salut ! Allons jusqu’à lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête acclamons-le ! R/
  • Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous, adorons le Seigneur qui nous a faits. Oui, il est notre Dieu ; nous sommes le peuple qu’il conduit. R/
  • Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? « Ne fermez pas votre cœur comme au désert, où vos pères m’ont tenté et provoqué, et pourtant ils avaient vu mon exploit ». R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5, 1-2. 5-8

« L’espérance ne trompe pas puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné ».

Frères, nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. Et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.

Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Quand un homme ou une femme est certain d’être aimé, quelle n’est pas sa force, sa confiance dans la vie ! Mais nous, qui sommes sûrs d’être aimés par Dieu d’un amour indéfectible, quelles ne doivent pas être notre paix et notre assurance, que rien, pas même la détresse, ne peut ébranler ! Et cette certitude ne s’appuie pas sur des mots, mais sur des gestes d’amour de Dieu à notre égard : le Christ qui s’est livré pour nous ouvrir l’accès au cœur de Dieu, l’Esprit qui nous est donné comme gage de l’amour du Père pour nous.

« L’espérance ne trompe pas ». Comment le montrer à ceux qui ne l’ont plus, quelle joie et quel soutien leur manifester pour qu’elle ne leur semble pas une illusion.

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. Tu es vraiment le Sauveur du monde, Seigneur ! Donne-moi de l’eau vive : que je n’aie plus soif. Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 4, 5-42

En conversant avec la Samaritaine au bord du puits, Jésus lui révèle la soif de Dieu qui l’habite et que lui seul peut combler.

Pour la lecture brève, on omet te texte qui est entre crochets

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire ». – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions.

La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive ». Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? » Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle ».

La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser ». Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari, et reviens ». La femme répliqua : « Je n’ai pas de mari ». Jésus reprit : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en a eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai ». La femme lui dit : « Seigneur, je vois que tu es un prophète !... Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem ».

Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer ». La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses ». Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle ».

[À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ; ils étaient surpris de le voir parler avec une femme. Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? » ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

La femme, laissant là sa cruche, revint à la ville et dit aux gens : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Christ ? » Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers lui.

Entre-temps, les disciples l’appelaient : « Rabbi, viens manger ». Mais il répondit : « Pour moi, j’ai de quoi manger : c’est une nourriture que vous ne connaissez pas ». Les disciples se disaient entre eux : « Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? » Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. Ne dites-vous pas : ‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ? Et moi, je vous dis : Levez les yeux et regardez les champs déjà dorés pour la moisson. Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire : il récolte du fruit pour la vie éternelle, si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur. Il est bien vrai, le dicton : ‘L’un sème, l’autre moissonne.’ Je vous ai envoyés moissonner ce qui ne vous a coûté aucun effort ; d’autres ont fait l’effort, et vous en avez bénéficié »].

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus, à cause de la parole de la femme qui rendait ce témoignage : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ». Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde ».  – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Dans cette page très riche de l’évangile de Jean se révèle progressivement le mystère de la personne de Jésus. Celui qui n’est d’abord qu’un voyageur harassé, un Juif dont la femme s’étonne qu’il entre en conversation avec elle, lui assure pourtant qu’il peut seul combler la soif des hommes à connaître Dieu. Intriguée, la femme l’est davantage quand Jésus lui révèle la triste réalité de ses échecs amoureux : à ses yeux Jésus devient alors un prophète qu’elle peut questionner sur le vrai lieu où adorer Dieu. Mais le seul qui donne la connaissance du vrai Dieu, c’est Jésus. La femme sait que cette révélation doit être la tâche du Messie. Jésus peut alors lui dire qu’il est ce Messie attendu, le Christ. Elle part annoncer cette nouvelle à la ville. Entre temps Jésus invite ses disciples à contempler à l’avance l’activité missionnaire de l’Église à la suite de la peine qu’il prend aujourd’hui à semer la moisson future. Les nombreux Samaritains qui croient en lui en sont les premières gerbes, et ce sont eux qui disent le dernier mot du mystère de Jésus : il est le Sauveur du monde.

« Si tu savais le don de Dieu ». Prendre le temps, dans la prière, de dire au Seigneur ce que je sais de ses dons pour moi et pour ceux qui m’entourent.

Prière universelle

  • Obéissant à Dieu, Moïse a frappé le Rocher, et le peuple assoiffé a retrouvé la vie ; c’est ce que nous témoigne le livre de l’Exode. Nous te prions, Seigneur, d’écouter les supplications de tous ceux qui dans l’Église t’implorent avec foi, pour que le monde se convertisse et se tourne résolument vers le seul et unique Sauveur, Jésus. Seigneur nous te prions.
  • « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint », affirme saint Paul. Viens au secours de ton Église, en ce temps de carême. Donne à chaque chrétien d’accueillir ton Esprit Saint ; de tout attendre de Toi, qui es l’unique Seigneur de la vie ; et de se nourrir de ta Parole et de ton eucharistie. Seigneur nous te prions.
  • « Si tu savais le don de Dieu », dit Jésus à la samaritaine. Merci, Seigneur, pour tous ceux qui témoignent au prix de leur vie, de ta bonté pour chaque homme. Écoute, Seigneur, le cri de ceux que la guerre, la haine, la violence et la famine plongent dans le désespoir et la mort. Seigneur nous te prions.
  • « Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ? », questionne le psaume de ce jour. Prends pitié, Seigneur, de tous ceux qui répandent le mensonge dans les réseaux sociaux, comme dans les échanges diplomatiques, et qui le font par orgueil ou pour semer la peur. Viens en aide à ceux qui ont le courage de dire la vérité. Seigneur nous te prions.

Source : http://paroissecolomiers.com/ Pierre Lemaire

Homélie

Dans l’Évangile de ce jour, Jésus propose à ses amis un menu très particulier : Il nous demande instamment de nous mettre au pain et à l’eau. Mais ce n’est pas pour nous imposer une pénitence rigoureuse. Il ne vise pas non plus la santé de notre corps, qu’on pourrait retrouver, effectivement ou améliorer par un jeûne bien conduit...

Jésus est avant tout soucieux de la santé de notre âme... et il veut nous faire partager ce souci qui devrait être, pour nous, la priorité des priorités.

L’eau et le pain dont il nous parle souvent dans l’Évangile de Saint Jean, symbolisent les nourritures spirituelles qui sont absolument indispensables pour l’entretien et le développement de la vie de nos âmes, cette vie divine que nous avons reçue en germe au baptême et que nous avons l’impérieux devoir de faire grandir jusqu’à son épanouissement suprême dans la vie éternelle.

« Ah ! Si nous savions le don de Dieu ». Ce don de Dieu, c’est tout d’abord l’eau vive que Jésus révèle à la Samaritaine. Le Seigneur vient, au cours d’une longue marche de traverser une région presque désertique ou l’eau fait terriblement défaut : pour Lui, c’est un peu, là l’image du monde : il voit l’humanité pécheresse, l’humanité sans Dieu comme un désert aride et triste.

Mais de quoi les hommes ont-ils soif ? Quelle source est indispensable pour les faire vivre ? La femme de Sychar (qui a bien de la peine à dépasser ses préoccupations ménagèrent) pense que c’est l’eau du puits, celle qui a désaltéré les bêtes et les gens depuis des siècles, celle qui abreuve et qui lave, tout simplement. Jésus, lui-aussi, bien sûr, a soif de cette eau, car il est un homme en tout comme les autres (hormis le péché). Mais son regard va bien au-delà des conditionnements humains : il voit que le cœur de cette femme est un immense désert secret, desséché par une existence superficielle, où tout est livré à l’égoïsme et à ses caprices, à l’image de ce que trop souvent nous sommes : n’est-il pas vrai ? Il veut lui ouvrir les sources de la grâce (de la vie divine) afin de transformer sa terre aride en un jardin de fleurs et de fruits, au point qu’elle devienne en dépit de son lourd passé de péché une invitation pour les autres : une invitation à la foi, à l’espérance et à l’amour. Or l’eau qui féconde et qui vivifie pour l’éternité c’est du Christ, le « Verbe fait chair », qu’elle jaillit.

Jésus est la vraie source d’eau vive : et cette eau vive c’est sa parole, son enseignement, c’est surtout son Esprit, c’est-à-dire l’Esprit d’amour, l’Esprit-Saint qu’il désire répandre dans tous les cœurs afin de les régénérer et les rendre pleinement vivants d’une vie toute divine. Seulement, comprenons bien que ce don précieux entre tous, ce cadeau merveilleux, Jésus ne peut la faire qu’aux âmes dont le désir répond (au moins un peu) à son ardent désir.

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive », s’écrie-t-il un jour dans le temple de Jérusalem.

Avons-nous vraiment soif du Christ-Jésus ? Avons-nous vraiment soif de ses paroles, de sa présence, de son Esprit d’Amour ? Or, c’est essentiellement par la prière que nous pouvons creuser, aviver en nos âmes cette soif du divin, de l’union avec Dieu. Est-ce que nous prions assez, est-ce que nous avons la volonté de prendre un peu de temps pour cela chaque jour... afin de l’adorer en esprit et en vérité, afin de l’aimer, gratuitement, pour lui-même, parce qu’il est l’Amour en personne. Soyons bien convaincus que sans une prière fréquente, ardente, confiante et persévérante, il ne peut y avoir de vie véritable pour l’âme et par conséquent pas de croissance possible et pas de fructification... autrement dit pas de sainteté.

Dans la dernière partie de cet Évangile, Jésus nous rappelle également l’importance du pain, qui est, lui aussi, donné par Dieu. Pendant que Jésus s’entretient avec la Samaritaine, les apôtres sont partis au village en quête de pain et de provisions. Mais quelle surprise au retour ! Jésus refuse de manger. Il leur parle d’un autre aliment peu compréhensible à l’heure de midi, quand l’estomac crie au creux de leur corps.

Mais pour Jésus, la seule nourriture c’est de faire la volonté du Père et d’accomplir son œuvre. On devine les apôtres déconcertés devant des vivres beaucoup trop spirituels pour eux. En réalité, Jésus veut les rendre attentifs à l’essentiel qui fait vivre. Non pas la satisfaction des « nourritures terrestres » qui nous rendent esclaves lorsqu’elles deviennent obsédantes (et elles deviennent obsédantes lorsqu’on leur donne la 1ère place) mais le regard et le cœur tournés vers Dieu de qui nous tenons la vie, le mouvement et l’être, Dieu, qui est notre chemin, notre avenir, notre bonheur absolu.

Jésus explicitera un peu plus tard quelle est cette volonté du Père sur Lui : c’est qu’il devienne Lui-même nourriture des âmes comme pain vivant descendu du ciel. Par l’Eucharistie le Seigneur nourrit son peuple. Elle est le pain qu’il veut partager chaque jour sur la Table de l’Eglise, un aliment qui contient toutes les saveurs et toutes les vitamines spirituelles dont nous avons besoin. Un aliment qui nous assimile à Lui, nous transforme peu à peu en Lui... Mais sommes-nous vraiment affamés de ce Pain de Vie ? Parce que trop souvent nous le recevons sans une préparation suffisante, d’une manière trop routinière, sans ferveur. Ne sommes-nous pas, en fait des anémiés spirituels ? Pour ce qui concerne cette préparation de nos communions, l’Eglise nous rappelle que la confession régulière des péchés à un prêtre est un moyen dont on ne saurait se passer sans grand dommage spirituel.

Se confesser 1 fois par an au temps de Pâques (qui est le minimum exigé par l’Eglise) est manifestement insuffisant : il faut recourir à ce sacrement de la guérison et de la conversion beaucoup plus souvent (1 fois par mois serait l’Idéal). « La confession régulière disait Paul VI est une source privilégiée de sainteté, de paix et de joie. C’est le meilleur remède contre la tiédeur ».

Alors, demandons-nous, chers frères et sœurs, si sur ce point également, nous n’avons pas de sérieuses résolutions à prendre, de gros efforts à faire, pour mieux correspondre à ce que le Seigneur attend de nous. Le temps de Carême, temps fort de l’entraînement spirituel est fait pour nous y aider. Nous prierons intensément la Vierge Marie qui est notre éducatrice dans l’ordre spirituel de nous communiquer son ardente soif de Dieu. Chers frères et sœurs, dans la mesure où notre désir ressemblera à ce que fut le sien ici-bas, Dieu pourra venir en nous et y faire sa demeure.

Amen.

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 18:13
2ème dimanche de Carême

Année A

Lecture du livre de la Genèse 12, 1-4a

L’aventure de la foi d’Abraham rejaillit en bénédiction pour toutes les familles de la terre.

En ces jours-là, le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, je te bénirai, je rendrai grand ton nom, et tu deviendras une bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront ; celui qui te maudira, je le réprouverai. En toi seront bénies toutes les familles de la terre ».

Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui. – Parole du Seigneur.

Commentaire : À l’appel de Dieu, Abraham rompt avec ses liens familiaux, avec sa culture, sa religion, son terroir, pour partir à l’aventure, confiant dans la promesse du Seigneur.

Partir, quitter jusqu’à s’oublier soi-même, nous l’avons vécu. La promesse de Dieu nous a-t-elle soutenus dans ces moments ?

Psaume 32

R/ : Que ton amour, Seigneur, soit sur nous, comme notre espoir est en toi !

  • Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu’il fait. Il aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour. R/ 
  • Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine. R/ 
  • Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! R/ 

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1, 8b-10

L’Évangile fait resplendir la vie et l’immortalité, mais pas sans que le témoin du Christ ne prenne sa part de souffrance pour annoncer la Bonne Nouvelle.

Fils bien-aimé, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Car Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, et maintenant elle est devenue visible, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté : il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Par les lettres que lui adresse Paul, nous savons que Timothée est de santé fragile, généreux et apostolique, mais avec un fond de timidité due entre autre à sa jeunesse. Animateur de la communauté chrétienne d’Éphèse, il est affronté à de difficiles problèmes : il doit combattre des prédicateurs d’origine juive qui veulent mêler à la foi des considérations cabalistiques tirées de la loi ou des traditions juives. Paul engage Timothée à tenir bon dans l’annonce fidèle de l’Évangile, malgré les souffrances et les contestations, fort de la grâce de Dieu devenue tangible en Jésus Christ mort et ressuscité.

« Prends ta part de souffrance pour l’annonce de l’Évangile », écrit l’apôtre, mais il s’empresse d’ajouter : « En faisant resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile ». La Pâque de Jésus devient aussi la nôtre quand nous sommes les témoins de sa Bonne Nouvelle.

Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. De la nuée lumineuse, la voix du Père a retenti : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17, 1-9

Anticipant le jour de la Résurrection, la transfiguration de Jésus est la signature du Père à l’œuvre d’amour de son Fils bien-aimé.

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ».

Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.

En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Nous sommes au sixième jour de la fête des Tabernacles, grande manifestation populaire durant laquelle l’attente du Messie était portée à son comble. On construisait à cette occasion autour du Temple de Jérusalem des huttes de branchages où l’on venait loger. Mais Jésus a fui la foule pour aller vivre cette fête à sa manière, dans un endroit solitaire. Il est pourtant bien le Messie attendu, comme l’atteste la présence à ses côtés de Moïse et d’Elie. Il est bien l’Envoyé de Dieu puisque la gloire de Dieu l’enveloppe et que le Père le reconnaît pour son Fils chéri. Il s’agit bien de l’espérance messianique puisque Pierre parle de construite trois huttes. Mais auparavant le Messie doit beaucoup souffrir et être mis à mort. Alors seulement, à sa Résurrection d’entre les morts, apparaîtra la puissance de son amour sauveur.

Savons-nous goûter le bonheur d’être avec Jésus dans une prière silencieuse ? Acceptons-nous d’en être arrachés pour servir nos frères ?

Homélie

Jésus s’est donc rendu au sommet d’une montagne avec 3 de ses apôtres : Pierre, Jacques et Jean. Soudain, au cours de sa prière, son visage change d’aspect et flamboie comme un éclair. Lui dont la divinité n’était signalée par aucune auréole est soudain illuminé d’une lumière mystérieuse ; lui qui portait l’humble costume des paysans galiléens apparaît maintenant revêtu de vêtements d’une blancheur éclatante ; lui qui avait tant d’ennemis parmi les chefs du peuple et dont l’action était contrecarrée âprement reçoit maintenant l’hommage de Moïse et d’Elie, les grands héros de l’histoire d’Israël, tandis qu’une voix du ciel, la voix de Dieu le Père proclame solennellement : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ».

Nous comprenons la surprise joyeuse des apôtres et leur enthousiasme à la vue de ce Jésus qui dans l’existence journalière était si simple, si familier, si pareil aux autres hommes et qui brusquement leur laisse entrevoir l’éblouissante splendeur de sa divinité. Certes auparavant, Certes, auparavant, ils devinaient bien que leur Maître était plus qu’un homme. Pierre avait même fait au nom des Douze cette magnifique profession de Foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant… » Mais de cette vérité, dans le cours de la vie ordinaire ils n’étaient que trop portés à l’oublier.

Or, maintenant qu’ils voient se révéler, dans un éclair de gloire, le Christ qui est « le Fils bien-aimé du Père », le Sauveur annoncé par les prophètes (représentés ici par Moïse et Elie) ils prennent conscience tout à coup de l’extraordinaire faveur qui leur est faite et ils voudraient éterniser cette minute exceptionnelle : « Seigneur il fait si bon ici, restons-y ».

Rêve chimérique que Jésus va dissiper, car l’homme ici-bas ne doit pas vivre habituellement sur le Thabor et dans les ravissements de l’extase… La plaine le réclame pour le combat et le travail. Mais dorénavant toute leur existence (qui restera dans le détail des heures, monotone et pénible) apparaîtra merveilleusement transfigurée par cette minute de lumière inoubliable.

Chers frères et sœurs, nous qui n’avons pas eu comme les Apôtres la ferveur de voir le Christ Glorifié, nous avons cependant une lumière capable de transfigurer, toute notre vie : c’est la lumière intérieure, la lumière surnaturelle de la Foi… Il est clair que si nous projetons sur notre vie un regard simplement humain, elle nous apparaît plutôt maussade, presque toujours en grisaille et même à certaines heures absurde et cruelle. Nous sommes aux prises, en effet, avec tant et tant de difficultés. Trop souvent nous avons l’impression d’être emportés par la vague déferlante des évènements qui nous dépassent. Notre travail quotidien peut nous paraître fastidieux et, à la longue, exaspérant. Et ceux qui nous entourent, y compris ceux que nous aimons peuvent alourdir encore notre épreuve. Dieu lui-même peut nous sembler lointain, absent des prières par lesquelles nous cherchons à le rejoindre, étrangement neutre et indifférent au drame de notre existence. Mais si nous projetons sur cette vie humaine les clartés de la Foi, alors tout est changé, tout peut se transfigurer, comme un paysage morose qui s’anime, se colore et se met à sourire à la lumière du soleil.

Car la Foi, voyez-vous, nous donne une autre vision du monde et de l’aventure humaine : elle nous permet de faire cette découverte enthousiasmante à savoir que Dieu, s’il reste invisible n’est pas lointain, mais tout proche, présent partout et surtout en nous-mêmes par le mystère de la Grâce sanctifiante, et qu’il nous enveloppe constamment de sa Tendresse. Nous découvrons que Dieu, apparemment silencieux et détaché nous aime, chacune et chacun, d’un amour éperdu et s’occupe par sa Providence du détail de nos vies… Jésus réellement présent nuit et jour dans le Tabernacle de nos églises. Jésus qui par la Communion Eucharistique dépose en nous le germe de notre future glorification, nous plonge davantage dans l’intimité divine et resserre nos liens d’amour avec tous nos frères.

Et dans cette lumière qui vient d’En-Haut nous découvrons également que nos démarches quotidiennes, si insignifiantes à première vue, que notre travail le plus banal, qu’en un mot tout ce qui occupe nos journées, tout cela peut être divinisé, tout cela peut avoir un retentissement éternel si toutefois, bien sûr, nous nous efforçons de la vivre en union avec le Christ, si toutefois nous nous efforçons de l’accomplir comme le Christ lui-même l’accomplirait s’il était à notre place.

Enfin grâce à cette lumière surnaturelle de la Foi nous découvrons que nos souffrances, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles, (ces souffrances qui nous révoltent aussi longtemps qu’elles nous semblent absurdes) que nos souffrances ont un sens : qu’elles peuvent devenir utilisables et porter beaucoup de fruits si nous savons les unir aux souffrances du Sauveur : Mystère de Compassion, de Co rédemption dont la Vierge Marie est le plus bel exemple. Malheureusement ces vérités si réconfortantes, nous les oublions trop facilement et cela parce que nous ne savons pas (ou ne cherchons) pas assez à nous élever jusqu’au niveau d’une foi vraiment surnaturelle. Notre comportement, nos réactions ressemblent trop souvent au comportement et aux réactions de ceux qui ne partagent pas cette Foi. Trop souvent c’est l’humain qui prédomine en nous. Et il faut bien reconnaître que la démarche du croyant n’est pas facile, car les réalités invisibles ne sont ni tangibles, ni mesurables, elles n’atteignent pas nos sens. Nous ne pouvons pas voir de nos yeux, ni toucher de nos mains le monde surnaturel dans lequel, pourtant, nous sommes plongés, comme dans l’air que nous respirons. Et il faut ajouter que les instants où Dieu par une lumière spéciale devient « sensible au cœur », ne sont jamais dans notre vie que des minutes brèves. La joie comblante de la Transfiguration fut, pour les Apôtres, de courte durée. Et s’imaginer que les Saints vivaient toujours en extase avec le ciel ouvert devant les yeux est une grosse erreur.

Pour les Saints, comme pour nous la vie terrestre a été une épreuve et un combat spirituel dans l’obscurité. Il reste que pour nous, comme pour eux, la Foi doit être ce phare dans la nuit, ce rayon de lumière qui permet d’avancer sans s’égarer sur le chemin montant, étroit et escarpé, qui mène à Dieu. Et puisque la Foi dépend de la Grâce et de notre bonne volonté, puisque la Grâce nous est toujours offerte, il dépend finalement de nous que notre Foi chrétienne devienne plus forte, plus surnaturelle, plus rayonnante. Faisons donc des efforts dans ce sens. Il serait vraiment dommage de rester dans les ténèbres alors que nous pouvons marcher sous le grand soleil de Dieu. Et puisque nous connaissons bien notre faiblesse, redisons souvent cette profonde prière qui fut inspirée à un paysan du temps de Jésus : « Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon incrédulité ». Oui, Seigneur, c’est bien vrai, trop souvent nous sommes des croyants incroyants ou peu croyants…

Accorde-nous, par Marie ta Très Sainte Mère qui est le Modèle incomparable de la Foi, de dépasser le stade d’une foi imparfaite, réveille notre Foi, trop souvent somnolente pour que notre existence monotone et éprouvée soit toute entière illuminée par Ta Présence, par Ta Vie en nous, en attendant le jour éternel où nous te serons semblables parce que nous te verrons tel que tu es dans les splendeurs de la Bienheureuse Trinité.

Amen.

Prière universelle

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie ». Forts de notre foi au Christ, le Fils bien-aimé de Dieu, nous pouvons prendre dans notre prière nos sœurs et frères humains de partout. En leur nom, nous disons : Que ton amour soit sur nous, Seigneur.

  • Dieu a répandu chez tous les peuples les largesses de ses dons ; qu’il nous donne de nous accepter différents et complémentaires.
  • Le Seigneur inspire ceux et celles qui partent à la découverte de nouveaux territoires, de nouvelles connaissances ; qu’il nous donne d’accueillir dans le respect les fruits de leur travail.
  • Dieu se révèle particulièrement à nos frères et sœurs qui choisissent la vie monastique et le célibat ; qu’il nous donne de reconnaître la part qu’ils apportent à la construction de notre société.
  • Le Seigneur est à l’écoute de tous ses enfants qui se tournent vers lui ; en cette Journée internationale des femmes, qu’il assure de son soutien les personnes qui s’engagent pour la promotion de l’égalité entre les sexes.

Dieu notre Père, tu nous as fait le plus beau cadeau qui soit, ton Fils bien-aimé. Que nos yeux s’ouvrent et que notre bouche proclame ta louange. Alors, nous pourrons nous relever et marcher en toute confiance vers le Royaume où tu nous attends, avec Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://www.vieliturgique.ca/

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29 février 2020 6 29 /02 /février /2020 11:05

Année A

Lecture du livre de la Genèse 2, 7-9 ; 3, 1-7a

Après leur faute, les yeux de nos premiers parents s’ouvrirent pour contempler l’homme déchu ; à Emmaüs, les yeux des disciples s’ouvrirent pour contempler l’homme nouveau : Jésus ressuscité.

Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Or le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : ‘Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin’ ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : ‘Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.’ »

Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal ». La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea.

Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce texte traduit la douloureuse expérience des hommes : le bonheur est là, la vie, la joie, l’harmonie entre les hommes sont là, à portée de la main, et pourtant, souvent bêtement, nous préférons le mal, la mort, la tristesse, parce que nous nous sommes laissés abuser par leur apparence trompeuse. Pourquoi ces erreurs constantes d’aiguillage ? Parce que notre liberté d’homme est une liberté qui se cherche, une liberté vulnérable à l’attrait du mal pris pour un bien. Quand nous prétendons nous suffire à nous-mêmes notre propre ligne de conduite, c’est alors que nous faisons l’amère expérience de notre fragilité et des dégâts que nous avons commis. Bref, nos yeux s’ouvrent sur notre nudité, nous qui nous pensions vêtus de force et d’invulnérabilité. Dieu seul qui nous crée libres peut nous donner par Jésus Christ de conquérir notre liberté plénière.

L’amère expérience de la faute peut ouvrir les yeux des hommes mais elle peut aussi les désespérer de pouvoir sortir de leurs impasses. Seul l’amour ouvre les yeux sans conduire au désespoir, car il montre qu’une vie nouvelle est possible. C’est ainsi que Dieu procède envers nous pour que nous fassions de même.

Psaume 50

R/ Pitié, Seigneur, car nous avons péché !

  • Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. R/
  • Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi, et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait. R/
  • Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint. R/
  • Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne. Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5, 12-19

Le péché des hommes et la grâce du Christ n’ont pas le même poids dans l’histoire ; l’amour gratuit de Jésus fait basculer les hommes dans la vie.

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché.

Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir. Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.

Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul n’ont pas la même mesure non plus : d’une part, en effet, pour la faute d’un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d’autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification. Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes.

Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.  – Parole du Seigneur.

ou lecture brève :

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 5, 12. 17-19

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché.

Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes.

Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La réflexion de Paul est commandée par la constatation de l’universalité de la mort. Pourquoi la mort est-elle le lot de l’humanité ? Dieu n’a pas créé la mort, mais les hommes par leurs péchés ont fait entrer la mort dans le monde. Cette mort n’est pas uniquement la mort physique, mais tout ce qui est poison de mort : l’exploitation de l’homme par l’homme, le viol des consciences, l’oppression, le racisme, etc. Pourtant, éclairés par la foi, nous ne mesurons pas la mort et le don de la vie qui nous est fait par Jésus Christ au même poids. La vie nouvelle en Jésus pèse plus lourd que le péché du monde et la mort qui en est le salaire ; dans la croix et la résurrection du Christ s’enracine notre espérance d’une victoire des hommes sur le péché et la mort.

Il y a deux poids, deux mesures pour Dieu : la grâce obtenue par son Fils pèse davantage que le péché des hommes. Comment alors désespérer de moi, des autres et de l’avenir du monde !

Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4, 4-11

Mis à l’épreuve du désert, Jésus se montre le vrai Fils de Dieu qui fait sa nourriture de la parole du Père.

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ». Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».

Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre ». Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ».

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi ». Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte ».

Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Tout ce que le diable lui promet, Jésus l’obtiendra de son Père qui multipliera les pains entre ses mains, le sauvera de la mort au matin de Pâques et lui donnera « tout pouvoir au ciel et sur la terre ». Mais tandis que le diable lui offre de posséder tout cela immédiatement par la force, en sa qualité de Messie, Jésus ne veut le recevoir que de son Père, en acceptant la voie douloureuse qui l’établira, par la Résurrection, dans son état de Messie glorieux. Ce refus de Jésus de toute volonté de puissance va à l’encontre des espérances messianiques du peuple juif mais aussi de notre avidité humaine déjà mise en lumière dans la chute d’Adam.

L’épreuve de Jésus, le Fils de Dieu, qui suit son baptême, rappelle qu’il nous faut aussi faire la preuve de la filiation divine reçue à notre baptême. Comment allons-nous le montrer ?

Homélie

En nous proposant pour le début du Carême l’Évangile que je viens de proclamer, l’Eglise nous invite à méditer sur cette réalité incontournable qu’est la TENTATION. Car la Tentation c’est d’abord un FAIT : nous naissons et avançons dans un monde où quelqu’un nous pousse vers ce grand mal qu’est le péché.

La révélation biblique prend ce fait tellement au sérieux que l’histoire du premier Adam commence par le récit de sa tentation et que la vie publique du Christ, le nouvel Adam débute, elle aussi par son combat au désert contre les tentations.

Pour le croyant, la tentation existe donc et elle a son auteur qui est Satan, le Tentateur, lui dont le poète Paul Valéry dit très justement « que la pire tentation du diable est de nous faire croire qu’il n’a jamais existé ».

La tentation est aussi un fait universel. Tout homme l’affronte, la rencontre ou la connaît. A tous les âges, dans tous les états de vie, en face de toutes les situations de la manière la plus lourde ou la plus subtile tous les hommes sont tentés.

Il y a au-dedans de nous-mêmes une division bien établie, un combat entre la chair et l’esprit que saint Paul résume en ces mots « vraiment ce que je fais je ne le comprends pas, je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais ».

Nous connaissons tous et chacun, pour notre part, ce tiraillement intérieur et quasi-incessant entre le bien et le mal : le désir de donner et l’envie de capter ; l’attrait pour les choses d’En-Haut, pour l’Éternel et le penchant vers le bas, vers le périssable : en un mot : le tiraillement entre la séduction du diable et la splendeur de Dieu.

Mais en face de ce drame le chrétien, pour autant, ne désespère pas. Car si la tentation est une épreuve, Dieu dans sa miséricorde et sa bonté reste assez attentif et assez puissant pour faire qu’elle reste une grâce. « J’ai une écharde dans ma chair » constate saint Paul, mais il ajoute « pour que je ne tombe pas dans l’orgueil ».

Non, Dieu ne veut pas la tentation. Mais il la permet. Il la permet pour tout homme au long des jours, comme il l’a permise pour le premier homme au premier jour et cela pour respecter le don incomparable et sublime de notre liberté.

La tentation n’a donc rien de fatal. Oui, nous sommes tentés, mais nous ne sommes jamais contraints de pécher : « Que nul, dans il est tenté ne dise : ma tentation vient de Dieu, écrit l’apôtre Jacques. Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne... Dieu est fidèle, est-il écrit dans la 1ère Lettre aux Corinthiens, il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces. Avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter ». Certes, ces tentations auxquelles nous sommes tous affrontés sont très diverses, mais si nous faisons l’effort de les analyser à la lumière de l’Évangile nous constatons bien vite qu’elles sont toutes du même ordre que celles que Jésus a connues durant les 40 jours de prière et de jeûne qu’il a passés au désert avant de commencer sa mission.

1ère tentation : les nourritures terrestres. C’est la tentation la plus banale, celle de notre relation aux choses. Posséder, manger, satisfaire ses instincts. Tout cela est parfaitement légitime mais doit être maîtrisé. Nos faims corporelles surtout la faim de posséder, d’accumuler richesses sur richesses peuvent devenir nos maîtres et faire de nous des esclaves. Mais la véritable vie de l’homme est-elle là dans les biens matériels ? Est-ce notre besoin fondamental ? « L’homme ne vit pas seulement de pain » affirme Jésus. Si seulement le Carême pouvait nous inciter, à la suite de Jésus et avec sa grâce à nous rassasier un peu plus de l’essentiel ? C'est-à-dire de la parole de Dieu et du Pain de Vie qui nous sont offerts sur la table de l’Eucharistie ?

La 2ème tentation qui est très grave est celle du Pouvoir. Elle pervertit notre relation aux personnes, ne voir les autres que par rapport à soi. Dominer jusqu’à écraser. Jouer son petit tyran. Jésus lui-même a été tenté d’être le Roi d’un royaume terrestre, en exerçant le pouvoir selon les habitudes et les méthodes des puissants de ce monde... Si seulement le Carême pouvait nous inciter à retrouver la vérité de toutes nos autres relations, en retrouvant le devoir d’Adoration « Tu te prosterneras devant le Seigneur ton Dieu et c’est Lui seul que tu adoreras... » Se situer humblement devant Dieu, c’est apprendre du même coup à servir humblement les autres au lieu de les dominer...

La 3ème tentation, c’est de vouloir mettre Dieu à notre service : c’est la plus grave de toutes, car elle pervertit notre relation à Dieu. « Mettre Dieu à l’épreuve », c’est le mettre en demeure de faire ce qui nous plaît, le sommer de nous faire réussir, de nous éviter les ennuis...

La suprême tentation est de nous ériger en conseillers de Dieu : lui dire ce qu’il devrait faire : « Si tu es Dieu fais ceci. J’ai prié et tu ne m’as pas exaucé, tu n’as pas fait ma volonté... » C’est la tentation de provoquer Dieu, de le faire obéir à nos désirs... Si seulement le Carême pouvait nous inciter à nous décentrer de nous-mêmes, pour nous tourner résolument vers le « Tout-Autre » afin de faire sa volonté et non pas la nôtre.

Qui de nous, frères et sœurs, pourrait prétendre n’avoir jamais succombé à l’une ou l’autre de ces tentations ? Et chaque fois c’est notre liberté qui est blessé, la flamme de l’amour qui baisse dans notre cœur ou qui s’y éteint totalement lorsque le péché est particulièrement grave : le péché mortel. Voilà pourquoi nous sommes invités à trouver dans une prière plus intérieure et plus fréquente la force de vaincre. C’est tout le sens de la 6ème demande du Notre Père qu’il nous fait répéter inlassablement (surtout lorsque la tentation est particulièrement forte). « Ne nous soumets à la tentation » ci qui signifie lorsqu’on traduit correctement le texte : garde-nous de consentir à la tentation.

Oui, avec ton aide toute-puissante, ô Dieu notre Père, nous ne prendrons pas le chemin qui mène au péché. Avec Jésus, en Lui et par Lui, et aussi avec l’aide si efficace de Marie, « la Femme qui écrase la tête du serpent », nous remporterons la victoire sur le mal. Ta volonté sera faite et ton Nom sera glorifié.

Prière universelle

Le prêtre : Par l'intercession de la Très-Sainte Vierge Marie qui nous accompagne tout au long de ce Carême, prions le Père pour que le monde entier s'ouvre à la vie que donne le Christ.

  • Dieu Père, soutiens ton Église dans sa lutte contre les tentations et les épreuves qui l'assaillent, et fortifie-la dans sa fidélité à l'Évangile du Christ, nous t'en prions.
  • Dieu Père, raffermis la communauté internationale, pour qu'elle mette fin aux conflits d'intérêts et au fracas des armes, et que soit protégée la vie des civils et des enfants qui en sont les victimes innocentes, nous t'en prions.
  • Dieu Père, fais descendre ta grâce sur la terre, pour que les personnes touchées par l'épidémie gardent espoir en leur guérison, et que la population mondiale accorde sa confiance aux autorités médicales et scientifiques, nous t'en prions.
  • Dieu Père, accorde à chacun de nous de marcher durant ces 40 jours en fixant notre regard sur le Mystère pascal, et en accueillant pleinement ton appel à nous laisser réconcilier avec toi, nous t'en prions.

Le prêtre : Dieu notre Père, entends nos prières de ce jour, accorde à tes enfants la grâce d'un dialogue ouvert et sincère avec toi, et conduis tous nos frères et sœurs au Christ. Lui qui règne pour les siècles.

Source : http://cathophalsbourg.over-blog.com/ Isabelle Brunner, ALP

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25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 22:35

1. "Sonnez du cor à Sion ! Prescrivez un jeûne, publiez une solennité, réunissez le peuple, convoquez la communauté" (Jl 2, 15-16). Ces paroles du prophète Joël mettent en lumière la dimension communautaire de la pénitence. Certes, le repentir ne peut provenir que du cœur, siège, selon l'anthropologie biblique, des intentions profondes de l'homme. Toutefois, les actes de pénitence exigent d'être vécus également avec les membres de la communauté. En particulier dans les moments difficiles, suite à des difficultés ou face à un danger, la Parole de Dieu, à travers la bouche des prophètes, appelait les croyants à une mobilisation pénitentielle : tous sont convoqués, sans aucune exception, des personnes âgées aux enfants ; tous unis pour implorer de Dieu la compassion et le pardon (cf. Jl 2, 16-18).

2. La communauté chrétienne écoute cette puissante invitation à la conversion, au moment où elle s'apprête à entreprendre l'itinéraire quadragésimal, qui est inauguré par l'antique rite de l'imposition des cendres. Ce geste, que certains pourraient considérer comme appartenant à d'autres temps, contraste certainement avec la mentalité de l'homme moderne, mais cela nous pousse à en approfondir le sens en découvrant sa force et son impact particuliers. En déposant les cendres sur le front des fidèles, le célébrant répète : "Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière". Retourner à la poussière est le destin qui apparemment lie les hommes et les animaux. Toutefois, l'être humain n'est pas seulement chair, mais également esprit ; si la chair a pour destin la poussière, l'esprit est voué à l'immortalité. En outre, le croyant sait que le Christ est ressuscité, remportant également dans son corps une victoire sur la mort. Lui aussi marche dans l'espérance vers cette perspective.

3. Recevoir les cendres sur le front signifie donc se reconnaître comme créatures, faites de glaise et destinées à la glaise (cf. Gn 3, 19) ; cela signifie dans le même temps se proclamer pécheurs, ayant besoin du pardon de Dieu pour pouvoir vivre selon l'Évangile (cf. Mc 1, 15); cela signifie, enfin, raviver l'espérance de la rencontre définitive avec le Christ dans la gloire et dans la paix du Ciel. Cette perspective de joie engage les croyants à faire tout leur possible pour anticiper dans le temps présent une partie de la paix future. Cela suppose la purification du cœur et l'affermissement de la communion avec Dieu et les frères. C'est à cela que visent la prière et le jeûne auxquels, face aux menaces de guerre qui pèsent sur le monde, j'ai invité les fidèles. A travers la prière, nous nous plaçons entièrement entre les mains de Dieu, et ce n'est que de Lui que nous attendons la paix authentique. A travers le jeûne, nous préparons notre cœur à recevoir la paix du Seigneur, don par excellence et signe privilégié de la venue de son Royaume.

4. La prière et le jeûne doivent donc être accompagnés par des œuvres de justice ; la conversion doit se traduire en accueil et en solidarité. A ce sujet, l'ancien prophète admoneste : "N'est-ce pas plutôt ceci le jeûne que je préfère : défaire les chaînes injustes, délier les liens du joug ; renvoyer libres les opprimés, et briser tous les jougs ?" (Is 58, 6).

Il n'y aura pas de paix sur terre tant que perdureront les oppressions des peuples, les injustices sociales et les déséquilibres économiques encore existants. Mais pour les grands changements structurels souhaités, les initiatives et les interventions extérieures ne suffisent pas ; il faut avant tout une conversion commune des cœurs à l'amour.

5. "Revenez à moi de tout votre cœur" (Jl 2, 12). Nous pourrions dire que le message de la célébration d'aujourd'hui se résume dans cette exhortation implorante de Dieu à la conversion du cœur. Cette invitation est répétée par l'Apôtre Paul dans la seconde lecture : "Nous vous en supplions au nom du Christ : laissez-vous réconcilier avec Dieu [...] Le voici maintenant le moment favorable ; le voici maintenant le jour du salut" (2 Co 5, 20 ; 6, 2).

Chers frères et sœurs, voici le moment favorable pour revoir notre attitude à l'égard de Dieu et de nos frères. Voici le jour du salut, au cours duquel nous examinons profondément les critères qui nous orientent dans notre conduite quotidienne. Seigneur, aide-nous à retourner de tout cœur à Toi, Chemin qui conduit au salut, Vérité qui rend libres, Vie qui ne connaît pas la mort.

Jean-Paul II - 5 mars 2003

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31 mars 2019 7 31 /03 /mars /2019 20:16

Année C

Lecture du livre d’Isaïe 43, 16-21

Même si nos cœurs sont arides comme le désert, Dieu y fera passer les fleuves de son amour et de sa vie.

Ainsi parle le Seigneur, lui qui fit un chemin dans la mer, un sentier dans les eaux puissantes, lui qui mit en campagne des chars et des chevaux, des troupes et de puissants guerriers ; les voilà tous couchés pour ne plus se relever, ils se sont éteints, consumés comme une mèche. Le Seigneur dit : « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle : elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides. Les bêtes sauvages me rendront gloire – les chacals et les autruches – parce que j’aurai fait couler de l’eau dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, pour désaltérer mon peuple, celui que j’ai choisi. Ce peuple que je me suis façonné redira ma louange ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce n’est pas seulement autrefois, au temps de l’esclavage d’Égypte, que Dieu s’est montré un Dieu sauveur. C’est aujourd’hui qu’il sauve les siens en exil et renouvelle ses prodiges pour les libérer. Le désert de Syrie qu’ils traverseront pour rentrer en Palestine sera jalonné d’oasis, tant il est vrai que Dieu peut rendre vie et espérance aux cœurs les plus secs et les plus arides.

Dieu veut faire fleurir les cœurs désertés, par l’espérance et la joie, par l’amour et le pardon des offenses. Qui leur révélera qu’il est la source d’eau vive ?

Psaume 125

R/ : Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

  • Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie. R/
  • Alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! R/
  • Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie. R/
  • Il s’en va, il s’en va en pleurant, il jette la semence ; il s’en vient, il s’en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens 3, 8-14

Plus rien ne compte pour Paul que de s’efforcer de connaître Jésus Christ qui, le premier, s’est saisi de lui.

Frères, tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ, et, en lui, d’être reconnu juste, non pas de la justice venant de la loi de Moïse mais de celle qui vient de la foi au Christ, la justice venant de Dieu, qui est fondée sur la foi. Il s’agit pour moi de connaître le Christ, d’éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa Passion, en devenant semblable à lui dans sa mort, avec l’espoir de parvenir à la résurrection d’entre les morts. Certes, je n’ai pas encore obtenu cela, je n’ai pas encore atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir, puisque j’ai moi-même été saisi par le Christ Jésus. Frères, quant à moi, je ne pense pas avoir déjà saisi cela. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut dans le Christ Jésus. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Tout ce qui apparaissait auparavant à Paul comme une réussite humaine, que ce soit la pureté de son origine juive, son éducation religieuse, sa fidélité à observer la Loi, ou sa conception de la vie, ne compte désormais pour rien au regard de la rencontre du Christ qui a bouleversé sa vie. C’est à un complet renversement des valeurs de son existence qu’assiste Paul. Il n’a plus qu’un seul but : se laisser conduire et modeler par le Christ, n’attacher du prix qu’à ce qui compte pour lui. C’est vraiment laisser mourir l’homme qu’il était, pour vivre en homme nouveau, à la manière dont le Christ lui-même a vécu.

Quel sens nouveau le Christ apporte-t-il à notre vie de famille, à notre travail, à nos engagements au service du monde et de l’Église.

Gloire à toi, Seigneur. Gloire à toi. Maintenant, dit le Seigneur, revenez à moi de tout votre cœur, car je suis tendre et miséricordieux. Gloire à toi, Seigneur. Gloire à toi.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8, 1-11

Ceux qui étaient pécheurs n’osent jeter la première pierre ; celui qui est sans péché ne sait que pardonner et remettre en route.

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre ». Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur ». Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : « Moïse nous a ordonné… et toi, qu’en dis-tu ? Sollicité d’être un nouveau Moïse, Jésus accepte d’écrire sur le sol de nouvelles tables de la Loi, sur lesquelles ne figure qu’un seul commandement : Tu aimeras comme Dieu t’aime. Alors, les gens honnêtes, les observateurs les plus scrupuleux des dix commandements de Moïse, se découvrent soudainement pécheurs, non plus au regard d’une morale, mais devant le Dieu vivant révélé par ce nouveau Moïse. Et, pour les pécheurs et les adultères, il est si bouleversant et si surprenant de se savoir aimés et pardonnés malgré leur misère qu’une vie nouvelle s’ouvre devant eux : « Va et désormais ne pèche plus ».

« Et toi, qu’en dis-tu ? » demandent les pharisiens à Jésus. Nous, que disons-nous de ce Dieu qui ne jette pas la première pierre que lui seul est en droit de jeter ?

Homélie

Le récit que nous venons d'entendre se situe dans des circonstances semblables à celles qui provoquèrent la Parabole de l’Enfant prodigue : nous retrouvons les mêmes bien-pensants (scribes et pharisiens), scandalisés des fréquentations de Jésus. Cette fois, ils cherchent à le confondre en lui amenant une femme surprise en flagrant délit d’adultère. Se référant à un article de la Loi de Moïse, stipulant que ces femmes-là devaient être lapidées (loi qui d’ailleurs n’était plus appliquée depuis longtemps), ils interpellent Jésus : « Et toi qu’en dis-tu ? » Nul n’ignore, en effet, que Jésus a remis en honneur l’indissolubilité du mariage afin de sauver l’amour de ses inconstances : « Que l’homme ne sépare pas... » Jésus à également, très nettement et très fermement condamné l’adultère, allant même jusqu’à préciser que le consentement intérieur ou désir mauvais était déjà un péché : « Qui regarde une femme avec convoitise a déjà, dans son cœur commis l’adultère avec elle ».

Les scribes et les pharisiens savent que Jésus aime les pécheurs et qu’il est aimé d’eux... Le procès qu’ils font à la femme adultère n’est au fond, qu’un prétexte pour prendre Jésus au piège et avoir ensuite un sérieux motif d’accusation contre lui : s’il condamne cette femme à mort il détruit l’image de miséricorde qu’il donnait aux pécheurs et faisait sa popularité, une popularité toute de tendresse et de bonté). S’il acquitte cette pécheresse, il transgresse la loi divine et il est passible de mort pour blasphème contre Dieu qui interdit ce péché... Ainsi, c’est déjà le procès de Jésus qui se profile derrière le procès de cette femme.

La réaction de Jésus est très étonnante. Il ne répond pas ; il se baisse et se met à écrire sur le sol. C’est certainement, de sa part, une attitude de délicatesse... Il ne veut pas lever son regard sur cette femme car il sait combien elle est humiliée... L’attitude silencieuse de Jésus s’explique aussi par le fait qu’il se refuse toujours à prendre parti au niveau des analyses humaines des événements. Il se place toujours à un niveau supérieur, il voit les choses d’en-haut. Et une fois de plus, il va le prouver. Devant l’insistance de ses interrogateurs (qui croyant le tenir ne veulent pas lâcher prise) il finit par se redresser et d’un air engagé, mais ferme, il lance la fameuse phrase : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre ». Autrement dit il les renvoie à leur propre conscience. Et c’est ainsi que Jésus élève le débat en rappelant qu’aux yeux de Dieu tous les hommes sont pécheurs et qu’ils ont tous besoin, par conséquent, d’être pardonnés.

N’est-ce pas d’ailleurs un des leitmotive de son enseignement ? De nouveau il se courbe et se remet à écrire sur la poussière des dalles. Le silence s’épaissit. Comme jaillit des yeux de Jésus une lumière, une grâce de lucidité entre dans ces sépulcres blanchis que sont les accusateurs... ils se voient tels qu’ils sont... et alors ils se retirent l’un après l’autre en commençant par les plus vieux note avec humour l’évangéliste. Le vide s’est fait. Pendant ce long silence la femme a eu le temps, elle aussi, de réfléchir à sa propre culpabilité. Peut-être qu’elle n’avait jamais vraiment réalisé la gravité de ses fautes. En face de cet homme qui n’est que bonté et pardon, elle découvre soudain ce qu’est l’amour véritable. Elle pleure peut-être... Elle est déjà sauvée : elle n’est plus adultère, elle est purifiée...

« Je ne te condamne pas ». Qu’il nous est bon d’entendre cette parole frères et sœurs : nous sommes tellement portés à condamner et nous le faisons avec une telle dureté et parfois avec une telle injustice. Qui sommes-nous pour condamner ? Jésus, le seul être sans péché, lui, ne condamne pas. On ne saurait cependant l’accuser de complicité, de faiblesse et de libéralisme. Son horreur du péché est sans limites, mais aussi sans limites de miséricorde pour le pécheur. Et c’est précisément parce qu’à ses yeux le péché est le pire des malheurs, qu’il veut en libérer le pécheur. Or cette libération, nous le savons, il nous l’a acquise au prix de son sang, en offrant son sacrifice d’amour sur la croix. C’est tout le sens du Mystère de la Rédemption que nous allons bientôt célébrer au cours de la Semaine Sainte.

Cette merveilleuse rédemption qui, notons-le bien n’est pas seulement libération du péché, elle est aussi et surtout re-création, mort du « vieil homme » pour que vive et s’épanouisse en nous « l’homme nouveau », c’est-à-dire le Christ lui-même. Et cette grâce surabondante qui a jailli du cœur blessé de Jésus, elle est à notre entière disposition. L’Eglise a pour mission de nous la communiquer par le canal des sacrements : par l’Eucharistie, tout d’abord qui est l’actualisation du mystère pascal, l’Eucharistie qui nous fait communier au Christ crucifié et glorifié, mais aussi par ce sacrement de pénitence (qui est si peu estimé de nos jours) et auquel il nous faut absolument revenir (surtout à l’occasion des fêtes pascales) parce que c’est l’instrument irremplaçable de notre progrès spirituel, le sacrement qui nous éduque au sens du péché et aussi au sens du pardon et de la réconciliation vis-à-vis de nos frères.

Puissions-nous, chers frères et sœurs, en méditant l’Évangile de ce jour, mieux prendre conscience que, tous qui que nous soyons, nous avons d’une manière ou d’une autre (et cela bien des fois) manqué d’amour envers notre Dieu ; nous ne lui avons pas été fidèles... Mais ce Dieu d’infinie tendresse, ce Dieu vulnérable que nous blessons quelquefois si fort ne se lasse jamais de nous aimer et de pardonner à nos cœurs repentants qu’il baigne dans le sang purificateur de son Fils Bien-aimé, pour qu’ils soient entièrement renouvelés dans l’amour capables d’une plus grande fidélité et d’une plus grande générosité dans l’accomplissement de la volonté de Dieu.

Et c’est ainsi que sans cesse guéris de nos blessures et relevés de nos chutes, nous pouvons progresser sur la route qui mène vers cette Maison du Père, notre Maison d’Éternité où nous sommes attendus... Car il n’y a qu’une chose qui compte : comme saint Paul nous l’a rappelé tout à l’heure : oublier ce qui est en arrière, être tendus vers l’avant, courir vers le but pour remporter l’inimaginable récompense que Dieu notre Père nous réserve dans les splendeurs de son Paradis de Béatitudes et de Gloire.

Amen.

Prière universelle

Seigneur, entends la prière qui monte de nos cœurs. Tu t’es abaissé pour nous relever. Toi qui pardonnes sans te lasser, qui nous espères patiemment, entends notre prière :

R/ : Seigneur, entends la prière qui monte de nos cœurs

  • « Personne ne t’a condamnée ? Moi non plus, je ne te condamne pas. Va. Et désormais ne pèche plus ». Nous te confions ton Église, Seigneur. Elle est là pour te servir ; pourtant il peut lui arriver parfois de te blesser en blessant l’Homme. Aide-la, aide-nous, à servir ta miséricorde et la justice. Pardonne-lui, Seigneur. Qu’amour et vérité se rencontrent. R/
  • « Tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui surpasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur ». Nous te prions, Père de tout amour, pour les responsables politiques et économiques de notre terre. Donne-nous le courage et la force d’avancer vers le Bien de tous. R/
  • « Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert ; qui sème dans les larmes moissonne dans la joie ». Nous te confions, Esprit de tendresse et de liberté, les personnes que nous aimons, et celles que nous n’aimons pas assez, captifs de la maladie, de la misère, d’addictions ou d’elles-mêmes peut-être. Qu’elles rencontrent Celui qui les fera regarder de l’avant, vers la vie et la joie de te servir. R/
  • « Je vais faire passer un chemin dans le désert, des fleuves dans les lieux arides, et ce peuple redira ma louange ». Tu connais, Jésus, nos lieux arides, nos déserts, seuls avec nous-mêmes, seuls avec nos errances et les regards qui condamnent. Ouvre ton assemblée, les couples qui cheminent vers la vie, les pèlerins qui cherchent ta Joie, et tous tes amis, à ton regard aimant et pardonnant. R/

Dieu miséricordieux, qui patiente et nous espère inlassablement, que nous soyons celle qui naîtra un jour de ton pardon, « va, et ne pèche plus, … va, vis, et deviens ». Nous te le demandons, à toi qui vis pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : Père Olivier de Framond http://paroissefachesthumesnil.over-blog.com

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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 18:37

Année C

Lecture du livre de Josué 5, 10-12

La traversée du Jourdain par les Israélites marque le passage de la terre d’esclavage au pays de la liberté : elle est une Pâque nouvelle.

En ces jours-là, le Seigneur dit à Josué : « Aujourd'hui, j'ai enlevé de vous le déshonneur de l'Égypte ». Les fils d’Israël campèrent à Guilgal et célébrèrent la Pâque le quatorzième jour du mois, vers le soir, dans la plaine de Jéricho. Le lendemain de la Pâque, en ce jour même, ils mangèrent les produits de cette terre : des pains sans levain et des épis grillés. À partir de ce jour, la manne cessa de tomber, puisqu’ils mangeaient des produits de la terre. Il n’y avait plus de manne pour les fils d’Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu’ils récoltèrent sur la terre de Canaan. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Jusque-là peuple de nomades, les Hébreux, en entrant en Canaan vont devenir un peuple de sédentaires. Ils vont passer d’une civilisation à une autre, d’un monde culturel à un autre. Cela comporte bien des dangers d’idolâtrie, bien des risques de compromettre la révélation divine avec les valeurs nouvelles qu’ils vont découvrir. Dieu pourtant ne l’entend pas ainsi : cette mutation de civilisation est un pas en avant, la fin du déshonneur de l’esclavage d’Égypte. Et si la fête de Pâques comporte maintenant, en plus de l’agneau des nomades, les pains sans levain et les épis grillés des cultivateurs, n’est-ce pas que tout peut devenir action de grâces, y compris le monde nouveau que veulent bâtir les hommes ?

De profondes mutations ont marqués notre monde, notre civilisation et l’Église. Il nous faut prendre à bras le corps ce monde nouveau pour lui révéler l’Évangile.

Psaume 33

R/ : Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur !

  • Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m’entendent et soient en fête ! R/
  • Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre. R/
  • Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. R/

Lecture de la seconde lettre de saint Paul aux Corinthiens 5, 17-21

Frères, si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation. Car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c’est Dieu lui-même qui lance un appel : nous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a pour nous identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire : À l’état de crainte et de mauvaise conscience qui empoisonnait les relations entre les hommes et Dieu a succédé une situation nouvelle pour qui vit dans le Christ : celle de pécheur réconcilié. Le tout vient de Dieu. Il prend l’initiative d’envoyer comme Réconciliateur le Christ, qui lui-même se choisit des hommes pour leur confier la parole de réconciliation en quoi se résume Bonne Nouvelle.

C’est Dieu qui « mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation », écrit l’apôtre. Si je savais, Seigneur, apporter la paix du cœur à ceux qui me font leurs confidences, réconcilier avec eux-mêmes et avec leurs frères ceux que tourmente la rancune, et révéler à tous la joie de se savoir aimé et pardonner de Dieu ; alors je serais ton ambassadeur !

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15, 1-3. 11-32

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’ Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : ‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer.

Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait. Celui-ci répondit : ‘Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’ Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : ‘Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’ Le père répondit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! » – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Le plus jeune fils représente bien, aux des pharisiens, les pécheurs et les publicains que fréquente Jésus. Après avoir quitté son père dans un geste d’ingratitude manifeste, il est tombé dans la pire d’échéance pour un juif : garder des cochons, ces animaux impurs d’après la Loi. Son retour n’est pas dû d’ailleurs à une vraie contrition, mais seulement à la faim qui le tenaille. Oui, ce sont bien là les gens que Jésus fréquente ! Quelle révélation pour les pharisiens d’apprendre que Dieu se fait une telle fête du retour du pécheur à qui il n’a jamais refusé sa tendresse et son amour ! Comme ils se reconnaissent bien aussi dans l’indignation du fils aîné : « Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres… » Hélas ! Il s’est jugé lui-même comme un serviteur, et non comme un fils. Il n’est même pas un frère comme le prouve sa remarque méprisante : « Ton fils que voilà », que son père relève si discrètement : « Ton frère que voilà ». Allons, la fête bat son plein pour le retour du prodigue, serait-ce fête aussi pour la conversion de l’aîné ?

Fils prodigue ou fils aîné, aucun n’a le beau rôle. Mais le Père ouvre à tous deux la porte de son cœur. Que je me reconnaisse dans le premier ou le second de ces fils, vais-je rester à la porte ?

Prière universelle

En ce quatrième dimanche de Carême, la liturgie nous donne d'entendre le passage de l’Évangile sur « l’Enfant prodigue ». Il s’agit surtout pour chacun de nous Dieu, Notre Père de contempler, par-là, ton amour gratuit ainsi que ta tendresse, envers chacun. Que cette Parabole nous interpelle et nous donne de nous adresser à toi en pleine confiance :

R/ : Fais-nous revenir à toi, Seigneur, et nous serons sauvés

  • Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. Pour tous les membres de l’Église : que chacun, chacune ait le courage de se montrer assoiffé d’amour ainsi que de croire pleinement en ton amour salvifique ! Seigneur, nous te prions R/
  • Nous le demandons au nom du Christ. Pour les communautés chrétiennes notamment celles qui sont persécutées que leur cri touche le cœur de Dieu et change celui des persécuteur. Qu'elles sentent la proximité du Christ dans leurs épreuves et que soient reconnus leurs droits. Seigneur, nous te prions R/
  • Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Pour les chefs d’état, les responsables politiques : que dans les pays où existe une certaine démocratie, les citoyens aient le courage de donner leurs avis sur les projets envisagés par le pouvoir politique ! Seigneur, fais aussi retentir ton message d’amour dans le cœur des dictateurs et des bellicistes afin qu‘ils s’ouvrent à la discussion, à la négociation qu'ils renoncent à l'usage des armes pour que se développe la liberté pour tout homme ainsi que la paix dans la monde ! Seigneur, nous te prions R/
  • Il n'y avait plus de manne pour les fils d'Israël, qui mangèrent cette année-là ce qu'ils récoltèrent sur la terre de Canaan. Pour notre préparation à la joie pascale : que ce temps de Carême nous aide à goûter à la joie d’être sauvés ! Qu’il nous apprenne à cheminer vers Pâque dans la sérénité et la joie comme, jadis, le firent les fils d’Israël qui fêtèrent leur première pâque dans leur pays, non loin de Jéricho, avec des produits provenant de leurs premières récoltes ! Seigneur, nous te prions R/
  • Mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Pour les malades, les opprimés : accorde à toutes ces personnes qui souffrent ainsi qu’à leur famille la grâce de ton amour infini, car tu veux le bonheur et la vie pour tout homme ! Que ta Parole divine les touche et les maintienne debout dans leur épreuve ! Qu’ils découvrent ta présence dans les tempêtes de leur vie et qu’ils se tournent vers toi ! Seigneur, nous te prions R/
  • Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Pour notre communauté : que chaque membre évite de juger les autres ! Que nous sachions reconnaître en chacun un enfant de Dieu, que nous respections aussi le projet de Notre Père en collaborant avec nos frères et sœurs dans le développement d’une vie sociale paroissiale riche, grâce à nos différences culturelles ou politiques ! Que le respect envers l’autre soit le principe de toutes nos relations humaines ! R/

Seigneur Dieu, Père miséricordieux, entends nos prières. Tu connais nos égarements, relève-nous de nos faiblesses, aide-nous à revenir vers toi pour partager un grand repas festif avec toi tous ensemble. Par la grâce de notre baptême, nous demeurons tous tes enfants en Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://jardinierdedieu.fr

Homélie

On appelle habituellement l’Évangile de ce dimanche « la Parabole de l’enfant prodigue ». Mais, en fait, il faudrait l’appeler « la Parabole du père prodigue » au sens où il se dépense sans compter pour ses enfants, au sens où il leur prodigue tout son amour. Cette parabole vient en réponse au reproche fait à Jésus par les scribes et les pharisiens : « cet homme-là, disent-ils fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ». Il s’agit donc bien, dans ce récit, du comportement de Dieu vis-à-vis des pécheurs que nous sommes tous sans exception. En effet si le fils le plus jeune s’éloignant de son père représente à l’évidence ceux qu’on appelait alors les pécheurs publics, le fils aîné, lui évoque ceux qui se croient justes et méprisent les autres. La parabole semble bien insinuer que les deux fils représentent toute la famille humaine.

Face à ses deux enfants se dessine l’étonnant portrait du père : Jésus nous révèle ici le vrai visage de Dieu : un Dieu passionné d’amour pour chacun, un Dieu prodigue d’amour. Chaque détail du récit est chargé de signification et traduit les sentiments paternels de Dieu à notre égard, qui que nous soyons. « Mon fils était mort et il est revenu à la vie ».

Jésus, dans la parabole détaille merveilleusement les gestes du Père qui font revivre le fils cadet, qui se meurt par manque d’amour, plus encore que par manque de pain. Ce sont des gestes de tendresse infinie : loin d’être chargé de ressentiment « il est ému de compassion » ; au lieu de se contenter d’attendre le coupable « il court vers lui et l’embrasse », à peine laisse-t-il son enfant malheureux exprimer son repentir avec les mots qu’il a préparés depuis longtemps… Il ne se soucie pas le moins du monde de savoir si son fils manifeste une vraie contrition. Ce n’est pas sur la conduite du prodigue, sur ses démarches pénitentielles ou ses explications que Jésus met l’accent mais sur l’amour gratuit de son père : et il fait bien ressortir que dans le cœur et la bouche de ce Père il n’y a pas de reproches, mais la joie sans retenue de retrouver son enfant. A ces gestes d’accueil viennent s’en ajouter d’autres d’une libéralité inouïe : un beau vêtement symbole de sa dignité de fils, un anneau au doigt symbole de l’union rétablie avec le Père, des sandales pour celui qui marchait pieds-nus comme un esclave. Et un festin : véritable repas de noces pour l’affamé… Des largesses que d’aucuns trouveraient exagérées compte-tenu des agissements du fils mais qui expriment justement la générosité extrême de Dieu à l’égard des pécheurs, bien au-delà de nos calculs mesquins et de nos demi-mesures. Le fils aîné, lui aussi, est appelé à revivre. Dans cette histoire on serait tenté de lui donner le beau rôle. En réalité il n’a pas perçu ni compris l’amour de son père pour lui et pour son frère. Si le fils cadet est relevé de son péché, lui il a besoin d’être libéré de sa prétendue vertu qui ne produit que froideur et fermeture. Il est incapable de partager la joie de son père et le bonheur des retrouvailles. Et pourtant pour lui aussi le père renouvelle les démarches gratuites, émouvantes de tendresse : « il sort à sa rencontre, il le supplie l’invitant à la fête, car, lui dit-il il fallait se réjouir. On ne peut prétendre être un bon fils de Dieu quand on n’est pas un bon frère pour les autres.

Pourrions-nous, frères et sœurs, laisser cette page d’Évangile sans en tirer quelques conclusions pour la conduite de notre vie chrétienne.

  • Retenons d’abord que chacun de nous a besoin d’être pardonné, qu’il soit parti ou qu’il soit resté à la maison. Il y a, en tout être humain, une part de misère, d’obscurité, de révolte et de faiblesse.
  • Le fils aîné de la parabole nous rappelle notre suffisance orgueilleuse, notre mépris des autres, nos jalousies, nos colères et nos rancunes.
  • Le fils cadet nous met en face de nos infidélités, de nos égoïsmes, de nos instincts jouisseurs et de nos folies passagères ou chroniques : le péché est toujours, quelque part une sorte de fugue loin de la maison du Père… « J’ai péché contre le ciel et contre Toi. » Se reconnaître pécheur c’est moins s’accuser soi-même que faire le constat loyal du tort que l’on a fait à l’amour de Dieu, à sa création, à ses frères et aussi à soi-même. Et recevoir le pardon de Dieu c’est revenir humblement vers ce Père infiniment miséricordieux qui accourt vers nous, nous prend dans ses bras, nous rétablit dans son amitié et nous confère la force dont nous avons besoin dans notre lutte contre le péché.

Frères et sœurs, si nous avions bien compris cela – qui se réalise dans le Sacrement de Réconciliation – nous ne pourrions plus considérer nos confessions comme quelque chose de pénible, de formaliste et de vide en définitive. Elles seraient pour nous ce moment merveilleux où nous est fait le Don d’une lumière créatrice de miséricorde venue de notre Dieu en qui et par qui nous recevons, du même coup, notre seule vraie libération. Alors, après chaque absolution du fond de notre cœur monterait vers le Seigneur une Joyeuse Action de Grâces. Puisse-t-il en être ainsi !

Amen.

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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 14:54

Année C

Lecture du livre de l’Exode 3, 1-8a.10. 13-15

Le Dieu que rencontre Moïse, est celui qui voit la misère de son peuple, entend ses cris et vient pour le sauver.

En ces jours-là, Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ». Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu. Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël ». Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : ‘Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.’ Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? » Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS’ ». Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : ‘Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob’. C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Peut-on connaître Dieu ? À la question de Moïse : « Quel est ton nom ? », Dieu répond : « Je suis qui je suis ». C’est une fin de non-recevoir adressée à une vaine curiosité humaine. On ne peut connaître Dieu, à moins de faire l’expérience de sa présence et de son action pour les hommes. Alors, on verra qu’ « il-est-avec » le pauvre dans l’angoisse, le petit réduit à la misère, l’humilié sous la botte des exploiteurs. Il est avec eux pour les délivrer. Mais seul celui qui, comme Moïse, s’est compromis avec Dieu pour délivrer ses frères sait cela autrement que dans les livres.

Quelles sont les terres saintes que foulent mes pieds, Seigneur ? C’est le cœur des pauvres, c’est la misère de tant de tes frères, ce sont les cris de souffrance qui s’échappent des lèvres des malades… va, c’est vers eux que je t’envoie. Tu ôteras tes sandales pour t’approcher d’eux avec humilité et délicatesse. Et tu sauras alors que je suis avec toi.

Psaume 102

R/ : Le Seigneur est tendresse et pitié.

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits ! R/
  • Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et de tendresse. R/
  • Le Seigneur fait œuvre de justice, il défend le droit des opprimés. Il révèle ses desseins à Moïse, aux enfants d’Israël ses hauts faits. R/
  • Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; Comme le ciel domine la terre, fort est son amour pour qui le craint. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10, 1-6.10-12

La vie chrétienne est toujours une marche risquée ; les sacrements ne sont pas une assurance contre tous les risques.

Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer que, lors de la sortie d’Égypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée, et que tous ont passé à travers la mer. Tous, ils ont été unis à Moïse par un baptême dans la nuée et dans la mer ; tous, ils ont mangé la même nourriture spirituelle ; tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c’était le Christ. Cependant, la plupart n’ont pas su plaire à Dieu : leurs ossements, en effet, jonchèrent le désert. Ces événements devaient nous servir d’exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l’ont fait ces gens-là. Cessez de récriminer comme l’ont fait certains d’entre eux : ils ont été exterminés. Ce qui leur est arrivé devait servir d’exemple, et l’Écriture l’a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps. Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber.  – Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul rencontre dans la jeune communauté chrétienne de Corinthe des esprits forts qui se croient à l’abri des tentations et prétendent pouvoir tout voir, tout entendre, raisonner sur tout. Pourtant, ni leur foi, ni les sacrements ne les dispensent d’être prudents et de se défier d’eux-mêmes. L’histoire sainte est pleine d’enseignements à ce sujet. Malgré leur confiance en Moïse, bien qu’ils aient tous traversé la mer Rouge, mangé la manne et bu de l’eau du rocher – qui figuraient à l’avance les sacrements du baptême et de l’eucharistie – les Hébreux n’ont pas tous atteint la terre promise. Ceux qui se sont laissés aller sont resté en cours de route.

Prendre garde de ne pas tomber, même si l’on se croit solide, cela commence par ne pas juger ceux de nos frères qui sont en difficulté et par soutenir ceux qui faiblissent. Comment notre communauté chrétienne et nos équipes développent-elles cette solidarité active entre croyants ?

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. Convertissez-vous, dit le Seigneur, car le royaume des Cieux est tout proche. Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13, 1-9

La hache est au pied de l’arbre qui ne porte pas de fruit, disait Jean Baptiste. Mais Jésus offre au figuier stérile un délai de grâce !

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.

Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ».

Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas. Il dit alors à son vigneron : ‘Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?’ Mais le vigneron lui répondit : ‘Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.’ » – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : En faisant allusion aux Galiléens massacrés par Pilate et aux dix-huit victimes retirées des décombres de la tour de Siloé, Jésus n’appelle pas d’abord ses contemporains à se préparer à une éventuelle mort subite, mais à comprendre l’importance du moment présent : Israël est comme un figuier stérile dont tout autre que Dieu aurait déjà décidé l’abattage. S’il patiente quelque temps encore, les trois ans de la prédication du Christ, il est urgent d’en tenir compte. Passé ce délai, Dieu confiera la réussite de son projet à un autre peuple, l’Église qui portera du fruit parmi les païens.

Deux événements de l’actualité : à l’encontre de l’opinion générale, Jésus n’y voit pas un châtiment divin contre de grands pécheurs ; il proclame au contraire la patience de Dieu qui offre toujours un délai de grâce. Saura-t-il toucher nos cœurs pendant le Carême ?

Homélie

Pour accrocher l’attention de ses auditeurs, Jésus se réfère volontiers à des faits divers ou événements qui font l’objet de toutes les conversations. Or, voici que deux catastrophes survenues à Jérusalem lui permettent d’insister fortement sur ce qui est sa préoccupation dominante : la conversion de tous les hommes qu’il est venu sauver.

Pilate, gouverneur à la poigne rude vient de faire abattre dans le temple une bande de galiléens, des révolutionnaires, sans doute, pour lesquels les romains étaient sans pitié. Peu auparavant une tour des remparts, près de la piscine de Siloé, s’étaient écroulée faisant périr 18 personnes.

A l’époque de Jésus la mentalité courante pensait que les épreuves subies par quelqu’un étaient une punition que Dieu lui infligeait pour ses péchés. Mais Jésus n’accepte pas cette manière de voir. Il ne veut pas qu’on établisse un lien de cause à effet entre la culpabilité d’une personne et le malheur qui lui arrive. La recherche du coupable, ce n’est en fait, qu’une manière trop facile de se donner une bonne conscience en se plaçant soi-même dans le camp des justes. Avouons-le franchement, notre mentalité nous, hélas, ressemble par bien des côtés à celle des contemporains de Jésus. On voit bien la culpabilité des autres, mais pas la sienne. Ce sont toujours les autres qui sont responsables, ou bien c’est l’autorité, le système ou encore la société, ce n’est jamais nous.

Dites-moi, frères et sœurs, est-ce si souvent que nous sommes assez vrais, assez humbles pour nous remettre personnellement en cause, autrement dit pour nous reconnaître pécheurs ? Or voici que Jésus, aujourd’hui dans cet évangile, nous renvoie à notre conscience. Oh ! Comme il voudrait que nous acceptions enfin de porter un regard lucide et sans complaisance sur notre péché, comme il voudrait que nous en comprenions la gravité et découvrions les conséquences désastreuses qu’il a sur nous-mêmes et sur les autres, la pire de ces conséquences étant lorsqu’il s’agit d’un péché grave non pas la mort physique, mais la mort spirituelle, la mort de cette vie divine qui habite notre âme depuis notre baptême. Car le seul malheur à redouter voyez-vous, c’est bien celui-là : perdre la vie surnaturelle qui est notre trésor le plus précieux, mais combien fragile et nous savons bien qu’on peut la perdre par un seul péché grave, un péché dont on sait qu’il va tuer en nous l’amour de Dieu, mais auquel, on consent parce qu’on préfère sa volonté propre à la volonté de Dieu. C’est la raison pour laquelle Jésus nous avertit avec véhémence « Si vous ne vous convertissez pas vous périrez tous de même... »

Comprenons, bien encore une fois, que ce n’est pas de la mort physique qu’il veut nous parler, mais uniquement de l’autre : la mort éternelle dans laquelle on peut être fixé par la mort physique, si au moins dans les derniers instants on n’a pas demandé humblement , pardon, mort éternelle qui consiste en la privation définitive de ce Bien infini qu’est Dieu, en la perte de ce bonheur parfait avec Dieu et en Dieu pour lequel nous avons étés crées. « Ne craignez pas, avait-il déclaré en d’autres circonstances, ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps, craignez plutôt celui qui peut perdre l’âme (c'est-à-dire le démon) et la jeter dans la géhenne de feu (c'est-à-dire l’enfer) ».

Si Jésus manifeste une telle dureté dans ses propos c’est parce qu’il veut nous secouer énergiquement, c’est parce qu’il veut nous réveiller de notre tragique inconscience, nous faire redécouvrir toute la gravité, toute la nocivité du péché, et nous stimuler par là à une sérieuse et salutaire conversion. Nous aurions grand tort de voir dans les paroles dures de Jésus une condamnation. Car, en vérité, ce n’est pas Dieu qui condamne, c’est l’homme qui, en toute liberté se condamne à périr éternellement en disant un non catégorique à l’Amour divin, en se fixant orgueilleusement dans un refus et un mépris total de cet Amour. La violence de Jésus, ce n’est pas autre chose, voyez-vous, que la violence de l’Amour divin miséricordieux qui ne peut pas supporter de voir les hommes courir si légèrement, si allègrement à leur perte. Et nous savons bien jusqu’où elle est allée cette folie d’amour qui habite le cœur de Jésus... Elle l’a conduit jusqu’à se laisser horriblement torturer et crucifier, pour que l’homme, ouvrant les yeux, puisse mesurer au moins un peu la malice infinie du péché et pour qu’enfin touché et bouleversé par un si grand Amour, il se décide à retrouver coûte que coûte, l’amitié divine qu’il avait perdue.

Chers frères et sœurs, au cours de cette marche ascendante vers Pâques qu’est le Carême, nous nous efforcerons d’être plus attentifs aux avertissements très sévères que Jésus nous a adressés, avertissements que depuis plus d’un siècle, la Vierge Marie, notre Mère si aimante, a repris comme en écho lors de ses apparitions à la terre, en particulier à Lourdes et à Fatima. Rappelons-nous ses paroles :

- à Lourdes : « Pénitence, pénitence, pénitence »

- à Fatima : « Il faut que les hommes changent de vie, qu’ils n’offensent plus Notre Seigneur qui est vraiment trop offensé »

Puissions-nous prendre davantage conscience que notre vie à transformer est une exigence permanente de l’Evangile. C’est tous les jours qu’il nous faut travailler à ce changement radical de tout notre être qui est concerné et dans toutes ses relations. Il est bien évident qu’un tel retournement exige un arrachement très coûteux : la rupture par rapport au péché et à tout ce que le péché implique ne peut pas se faire sous douleur... Mais ce qu’il faut bien voir aussi c’est que la conversion comporte un aspect positif : car on ne rompt avec le mal que pour revenir à Dieu, pour se réconcilier avec celui dont l’amour s’est manifesté si merveilleusement dans le Christ et qui nous redonne la Paix et la Joie en nous accordant son Pardon. Se convertir, c’est sortir de la nuit pour tout voir et pour tout vivre dans la Lumière de Pâques.

« Ouvrez les Portes au Rédempteur » c’est par ces mots, on s’en souvient, que le Pape Jean-Paul II a inauguré son Pontificat. Faisons en sorte que ce pressant appel ne tombe pas dans le vide.

Oui, ouvrons frères et sœurs notre cœur à Jésus, lui qui est si impatient d’y entrer et d’y établir sa demeure, afin de le transformer en Buisson Ardent tout rayonnant et tout flamboyant du feu de son Amour.

« Le temps passe, l’éternité approche ». Ce serait folie de remettre à plus tard notre conversion.

Amen.

Prière universelle

Prier, c'est ce que nous pouvons faire de mieux lorsque nous nous sentons dépassés par l'ampleur de la mission :

  • Seigneur notre Dieu, tu fais confiance à ton Église pour faire avancer ton Règne. Purifie-la de tout orgueil, nous t'en prions. R/
  • Seigneur notre Dieu, des peuples opprimés attendent que tombe le mur de l'injustice. Montre-leur ton salut, nous t'en prions. R/
  • Seigneur notre Dieu, tu suscites sans cesse parmi nous des témoins de ton amour. Encourage leurs efforts, nous t'en prions. R/
  • Seigneur notre Dieu, tu choisis notre communauté pour révéler ta tendresse aux hommes. Affermis nos liens avec toi, nous t'en prions.

Prions : Seigneur, nous nous ouvrons à ton amour pour mieux vivre ce Carême. Mets en nous le vrai dynamisme de l'Évangile par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen !

Source : https://diocese.ddec.nc/cern/ADAP_1/annee_c/careme/careme03_c.htm

 

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11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:06

Année C

Lecture du livre de la Genèse 15, 5-12.17-18

Comme pour Abraham, c'est souvent dans nos doutes et nos nuits que Dieu passe près de nous comme une torche de feu.

En ces jours-là, le Seigneur parlait à Abraham dans une vision. Puis il le fit sortir et lui dit ; « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux... » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu'il était juste.

Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t'ai fait sortir d'Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage ». Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l'ai en héritage ? » Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe ». Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l'autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux. Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa. Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d'animaux. Ce jour-là, le Seigneur conclut une Alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d'Égypte jusqu'au Grand Fleuve, l'Euphrate ». -Parole du Seigneur.

Commentaire : Cette scène nous paraît à juste titre très étrange. Qu’il nous suffise savoir qu’elle rappelle une pratique connue du Proche-Orient quand deux hommes ou deux groupes d’hommes concluaient une alliance. Ce qu’ajoute notre texte, c’est que l’initiative de cette alliance revient à Dieu seul ; Abraham, lui, s’est endormi. La promesse que le Seigneur fait à son ami est inconditionnelle, elle ne s’appuie pas les mérites d’Abraham ou de ses descendants. L’engagement de Dieu est définitif et total : d’Abraham, il n’attend que l’absolue confiance en sa Parole.

Promesse faite à Abraham d’une descendance plus nombreuse que les étoiles, alors qu’il est encore sans enfant. Que nous sachions croire, de la foi d’Abraham, que notre vie et notre agir chrétiens sont promis à la même fécondité inattendue.

Psaume 26

R/ : le Seigneur est ma lumière et mon salut

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/ 
  • Écoute, Seigneur, je t’appelle ! Pitié ! Réponds-moi ! Mon cœur m’a redit ta parole ; « Chercher ma face ». R/ 
  • C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. N’écarte pas ton serviteur avec colère : tu restes mon secours. R/ 
  • J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur ». R/ 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens 3, 17-21 ; 4, 1

Nous attendons que Jésus Christ transforme nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux.

Frères, imitez-moi, et regardez bien ceux qui se conduisent selon l'exemple que nous vous donnons. Car je vous l'ai souvent dit, et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c'est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu'aux choses de la terre.

Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans des cieux ; d'où nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux, avec la puissance active qui le rend même capable de tout mettre sous son pouvoir. Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j'ai tant d'affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Les ennemis de la croix du Christ, ceux qui font un dieu de leur ventre, ce ne sont pas des païens livrés à leurs instincts matérialistes. Ce sont des chrétiens qui oublient qu’ils doivent leur salut au sang du Christ, et non à des pratiques religieuses, à des tabous alimentaires hérités de la religion juive. Le chrétien se sait sauvé par le Christ seul, dont il attend de partager la Résurrection. C’est en ce sens qu’il est citoyen du ciel : non parce qu’il se désintéresserait des réalités terrestres, mais parce qu’il sait que tout, y compris son corps et l’univers matériel, doit être soumis un jour au Christ.

Comment être citoyen des cieux ? En étant citoyen de la terre pour y faire régner tolérance et fraternité, dans l’espérance d’une terre où la justice habitera.

Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. Dans la nuée lumineuse, la voix du Père a retenti : "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !" Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9, 28b-36

La présence de Moïse et d'Elie, lors de la Transfiguration de Jésus, témoigne que la Loi et les prophètes annonçaient la résurrection du Messie.

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d'une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s'accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s'éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». Il ne savait pas ce qu'il disait. Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le ». Et pendant que la voix se faisait entendre, il n'y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu'ils avaient vu. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Pour Luc, Jésus est monté sur la montagne pour prier, la nuit, selon son habitude. Ses trois apôtres tombent de sommeil, mais, comme plus tard au jardin des Oliviers, ils sont témoins de sa prière : Jésus s’entretient avec Moïse et Élie de son prochain départ, suivi de sa mort à Jérusalem. Déjà il est donné aux trois disciples d’entrevoir la gloire de la Résurrection dont le Père transfigurera son Fils, obéissant jusqu’à la mort. Pas question, pourtant, de s’installer dans le triomphe ! Il faut auparavant que le Messie soit rejeté par les hommes, qu’il souffre sa passion et soit crucifié.

Comme prophètes, Moïse et Élie n’ont été que des porte-paroles de Dieu ; ils sont présents pour témoigner que Jésus est, lui, la Parole du Père. Comment notre communauté chrétienne continue-t-elle leur témoignage rendu à la Parole faite chair ?

Homélie

Le miracle de la Transfiguration est l’un des plus beaux joyaux de la Révélation chrétienne. C’est une scène d’une particulière densité et d’une grande richesse d’évocation. Les trois Apôtres qui en furent les témoins privilégiés en ont gardé un souvenir impérissable. Et comme nous comprenons bien leur émotion, puis leur enthousiasme, à la vue de ce Jésus qui dans l’existence quotidienne était si simple si familier, si semblable aux autres hommes et qui brusquement leur laisse entrevoir l’éblouissante splendeur de sa divinité.

Certes, auparavant, ils devinaient bien que leur Maître était plus qu’un homme. Pierre avait même fait au nom des Douze cette magnifique profession de Foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant… ». Mais de cette vérité, dans le cours de la vie ordinaire ils n’étaient que trop portés à l’oublier.

Or, maintenant qu’ils voient se révéler, dans un éclair de gloire, le Christ qui est « le Fils Bien-Aimé du Père », le Sauveur annoncé par les prophètes (représentés ici par Moïse et Élie) ils comprennent mieux le privilège inouï qui est le leur : de vivre avec Jésus et dans son amitié, de pouvoir à chaque instant rencontrer son regard, écouter sa parole, lui parler, lui demander lumière et réconfort. Et dans la plénitude de joie qu’ils éprouvent, ils voudraient éterniser cette minute exceptionnelle : « Seigneur il fait si bon ici, restons-y ».

Rêve chimérique que Jésus va dissiper, car l’homme ici-bas ne doit pas vivre habituellement sur le Thabor et dans les ravissements de l’extase… La plaine le réclame pour le combat et le travail. Mais dorénavant toute leur existence (qui restera dans le détail des heures, monotone et pénible) apparaîtra merveilleusement transfigurée par cette minute de lumière inoubliable.

Chers frères et sœurs, nous qui n’avons pas eu comme les Apôtres la ferveur de voir le Christ Glorifié, nous avons cependant une lumière capable de transfigurer, toute notre vie : c’est la lumière intérieure, la lumière surnaturelle de la Foi…

Il est clair que si nous projetons sur notre vie un regard simplement humain, elle nous apparaît plutôt maussade, presque toujours en grisaille et même à certaines heures absurde et cruelle. Nous sommes aux prises, en effet, avec tant et tant de difficultés. Trop souvent nous avons l’impression d’être emportés par la vague déferlante des événements qui nous dépassent. Notre travail quotidien peut nous paraître fastidieux et, à la longue, exaspérant. Et ceux qui nous entourent, y compris ceux que nous aimons peuvent alourdir encore notre épreuve. Dieu lui-même peut nous sembler lointain, absent des prières par lesquelles nous cherchons à le rejoindre, étrangement neutre et indifférent au drame de notre existence.

Mais si nous projetons sur cette vie humaine les clartés de la Foi, alors tout est changé, tout peut se transfigurer, comme un paysage morose qui s’anime, se colore et se met à sourire à la lumière du soleil.

Car la Foi, voyez-vous, nous donne une autre vision du monde et de l’aventure humaine : elle nous permet de faire cette découverte enthousiasmante à savoir que Dieu, s’il reste invisible n’est pas lointain, mais tout proche, présent partout et surtout en nous-mêmes par le mystère de la Grâce sanctifiante, et qu’il nous enveloppe constamment de sa Tendresse. Nous découvrons que Dieu, apparemment silencieux et détaché nous aime, chacune et chacun, d’un amour éperdu et s’occupe par sa Providence du détail de nos vies…

D’ailleurs n’avons-nous pas la preuve la plus convaincante de cette proximité du Seigneur et de son prodigieux amour dans le Mystère de l’Eucharistie.

Jésus réellement présent nuit et jour dans le Tabernacle de nos églises. Jésus qui par la Communion Eucharistique dépose en nous le germe de notre future glorification, nous plonge davantage dans l’intimité divine et resserre nos liens d’amour avec tous nos frères.

Et dans cette lumière qui vient d’En-Haut nous découvrons également que nos démarches quotidiennes, si insignifiantes à première vue, que notre travail le plus banal, qu’en un mot tout ce qui occupe nos journées, tout cela peut être divinisé, tout cela peut avoir un retentissement éternel si toutefois, bien sûr, nous nous efforçons de la vivre en union avec le Christ, si toutefois nous nous efforçons de l’accomplir comme le Christ lui-même l’accomplirait s’il était à notre place.

Enfin grâce à cette lumière surnaturelle de la Foi nous découvrons que nos souffrances, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles, (ces souffrances qui nous révoltent aussi longtemps qu’elles nous semblent absurdes) que nos souffrances ont un sens : qu’elles peuvent devenir utilisables et porter beaucoup de fruits si nous savons les unir aux souffrances du Sauveur : Mystère de Compassion, de Corédemption dont la Vierge Marie est le plus bel exemple.

Malheureusement ces vérités si réconfortantes, nous les oublions trop facilement et cela parce que nous ne savons pas ou ne cherchons pas assez à nous élever jusqu’au niveau d’une foi vraiment divine.

Notre comportement, nos réactions ressemblent trop souvent au comportement et aux réactions de ceux qui ne partagent pas cette Foi. Trop souvent c’est l’humain qui prédomine en nous.

Et il faut bien reconnaître que la démarche du croyant n’est pas facile, car les réalités invisibles ne sont ni tangibles, ni mesurables, elles n’atteignent pas nos sens.

Nous ne pouvons pas voir de nos yeux, ni toucher de nos mains le monde surnaturel dans lequel, pourtant, nous baignons.

Dieu, l’Âme, la Grâce, la Communion des Saints, le Ciel : ces réalités-là, ni l’analyse chimique, ni le scanner, ni les explorations interplanétaires ne peuvent les atteindre…

Et il faut ajouter que les instants où Dieu par une lumière spéciale devient « sensible au cœur », ne sont jamais dans notre vie que des minutes brèves. La joie comblante de la Transfiguration fut, pour les Apôtres, de courte durée. Et s’imaginer que les Saints vivaient toujours en extase avec le ciel ouvert devant les yeux est une grosse erreur.

Pour les Saints, comme pour nous la vie terrestre a été une épreuve et un combat spirituel dans l’obscurité. Il reste que pour nous, comme pour eux, la Foi doit être ce phare dans la nuit, ce rayon de lumière qui permet d’avancer sans s’égarer sur le chemin montant, étroit et escarpé, qui mène à Dieu.

Et puisque la Foi dépend de la Grâce et de notre bonne volonté, puisque la Grâce nous est toujours offerte, il dépend finalement de nous que notre Foi chrétienne devienne plus forte, plus surnaturelle, plus rayonnante. Faisons donc cet effort durant ce temps de Grâce qu’est le Carême. Ne restons pas dans les ténèbres, alors que nous pouvons marcher sous le grand soleil de Dieu. Et puisque nous connaissons bien notre faiblesse, redisons souvent cette profonde prière qui fut inspirée à un paysan du temps de Jésus : « Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon incrédulité ».

Oui, Seigneur, c’est bien vrai, trop souvent nous sommes des croyants incroyants ou peu croyants… Accorde-nous, par Marie ta Très Sainte Mère qui est le Modèle incomparable de la Foi, de dépasser le stade d’une foi imparfaite, réveille notre Foi, trop souvent somnolente pour que notre existence monotone et éprouvée soit toute entière illuminée par Ta Présence, par Ta Vie en nous, en attendant le jour éternel où nous te serons semblables parce que nous te verrons tel que tu es dans les splendeurs de la Bienheureuse Trinité. Amen

Abbé Pierre Cousty

Prière universelle

Contemplant Jésus qui prie son Père sur la montagne, nous nous unissons à lui pour intercéder en faveur de tous nos frères et sœurs qui souffrent.

  • Dieu notre Père, fortifie la foi de ton Église, pour que son visage soit transfiguré comme celui de Jésus, et qu'elle sache répondre aux besoins spirituels des hommes, des femmes et des enfants de notre temps, nous t'en prions.
  • Pour que tous les habitants de la terre, les dirigeants comme les simples citoyens, reçoivent la création comme un don à soigner et à protéger pour les générations futures, Dieu notre Père, nous te prions.
  • Dieu notre Père, montre ton visage à tous ceux qui crient vers toi dans les ténèbres de leur souffrance et de leur douleur, nous t'en prions.
  • Pour que chacun de nous, dans notre communauté de paroisses, vive en citoyen des cieux, le regard tourné vers Jésus, et l'oreille attentive à sa voix, Dieu notre Père, nous te prions.

Dieu notre Père, écoute nos appels pour le monde. Sois le secours de ceux qui espèrent en toi, et donne à tous tes enfants de voir la gloire de ton fils Jésus notre Sauveur. Nous te le demandons par lui, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : http://cathophalsbourg.over-blog.com Isabelle Brunner, ALP

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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 21:02

Année C

Lecture du livre du Deutéronome 26, 4-10

Par notre célébration, aujourd’hui, nous reconnaissons que nous sommes le peuple que Dieu libère.

Moïse disait au peuple d'Israël : « Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l'autel du Seigneur ton Dieu. Tu prononceras ces paroles devant le Seigneur ton Dieu : Mon père était un Araméen nomade, qui descendit en Égypte : il y vécut en immigré avec son petit clan. C'est là qu'il est devenu une grande nation, puissante et nombreuse. Les Égyptiens nous ont maltraités, et réduits à la pauvreté ; ils nous ont imposé un dur esclavage. Nous avons crié vers le Seigneur, le Dieu de nos pères. Il a entendu notre voix, il a vu que nous étions dans la misère, la peine et l’oppression. Le Seigneur nous a fait sortir d'Égypte à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges. Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel. Et voici maintenant que j'apporte les prémices des produits du sol que tu m'as donné, Seigneur ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : En apportant au Seigneur les premiers fruits de leurs récoltes, aux grandes fêtes de l’année, les Hébreux récitaient l’histoire de leur salut. Mais ils ne se contentaient pas de dire : « Nos pères ont été brimés, ils ont crié vers le Seigneur… etc » ; ils disaient : « Nous » avons été brimés, « nous » avons crié, le Seigneur « nous » a fait sortir…, etc. Bref, « nous » sommes aujourd’hui le peuple sauvé par Dieu. Voilà pourquoi nous apportons les premières gerbes de nos récoltes qui prouvent notre libération, car elles sont le fruit de la terre que le Seigneur nous a donnée pour le servir, le fruit de notre travail d’hommes libres – et non plus celui des esclaves d’Égypte.

Au cours de l’eucharistie nous faisons mémoire des actes de salut de notre Dieu. Si j’essayais de les actualiser, pour moi et ma famille, en reprenant la formule du livre du Deutéronome : « Mon père était… »

Psaume 90

R/ : Sois avec moi, Seigneur, dans mon épreuve.

  • Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut et repose à l'ombre du Puissant, je dis au Seigneur : « Mon refuge, mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! » R/
  • Le malheur ne pourra te toucher, ni le danger, approcher de ta demeure : il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. R/
  • Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres ; tu marcheras sur la vipère et le scorpion, tu écraseras le lion et le Dragon. R/
  • « Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ; je le défends, car il connaît mon nom. Il m'appelle, et moi, je lui réponds ; je suis avec lui dans son épreuve ». R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 10, 8-13

« La Parole est près de toi, écrit Paul, elle est dans ta bouche et dans ton cœur », puisque cette Parole est Jésus, Seigneur.

Frères, que dit l'Écriture ? Tout près de toi est la Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette Parole, c'est le message de la foi que nous proclamons. En effet, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité d'entre les morts, alors tu seras sauvé. Celui qui croit du fond de son cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. En effet, l'Écriture dit : Quiconque met en lui sa foi ne connaitra pas la honte.

Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n'y a pas de différence : tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui l'invoquent. En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. – Parole du Seigneur.

Commentaire : reconnaître, non pas seulement en paroles, mais du fond du cœur, que Jésus est Seigneur, c’est vouloir qu’il soit le Maître de notre vie. pour les Hébreux, le cœur est le centre de nos décisions, de nos sentiments et de nos projets. Croire « dans notre cœur » que Jésus est notre Seigneur, c’est donc le laisser prendre la direction de notre vie, commander tous nos projets, mobiliser toutes nos forces pour son service. C’est là, semble-t-il, se perdre soi-même… Pourtant « celui qui croit en lui ne connaîtra par la honte », il sera « sauvé de toutes les idoles dont il se serait fait l’esclave.

« La Parole est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur ». C’est toi, Jésus, cette Parole : elle est dans mon cœur, mais elle a parfois tant de peine à sortir de mes lèvres !

Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole venant de la bouche de Dieu. Ta parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4, 1-13

Mis à l’épreuve, Jésus montre son abandon filial au Père : il ne cherche pas à mettre à l’épreuve l’amour de Dieu pour lui.

En ce temps-là, après son baptême, Jésus, rempli de l'Esprit Saint quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim. Le diable lui dit alors : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de devenir du pain ». Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain ».

Alors le diable l'emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir, et la gloire de ces royaumes, car cela m'a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela ». Jésus lui répondit : « Il est écrit : C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte ».

Puis le diable le conduisit à Jérusalem, il le plaça au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi à ses anges l'ordre de te garder ; et encore : ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre ». Jésus lui fit cette réponse : « Il est dit : Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu ». Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations, le diable s'éloigna de Jésus jusqu'au moment fixé. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Être fils de Dieu, c’est se laisser conduire par Dieu sans lui imposer nos voies et nos moyens ; c’est lui faire totalement confiance, sans vouloir obtenir des garanties, sans espérer de miraculeux prodiges qui nous démobiliseraient de nos luttes et de nos engagements ; c’est faire de la volonté de Dieu notre nourriture quotidienne. C’était là la vocation du peuple d’Israël, appelé par Dieu à devenir son fils. Mais, dès sa libération d’Égypte, au cours de sa marche au désert, puis tout au long de son histoire, le peuple ne sut jamais vivre parfaitement sa vocation. Placé devant les mêmes tentations, un seul homme sut se montrer parfaitement Fils de Dieu, c’est Jésus de Nazareth. Comme nous le signale Luc, il faut le regarder vivre du début jusqu’à la fin, jusqu’au moment de sa passion et de sa mort pour comprendre quelle fut sa totale remise de soi entre les mains de son Père. Et la réponse du Père fut la Résurrection.

« Ce n’est pas seulement de pains que l’homme doit vivre ». Notre Père, avec le pain de chaque jour, donne-nous aussi ce dont nous avons besoin pour vivre !

Homélie

Après les longues années de vie cachée à Nazareth, Jésus qui venait de recevoir le Baptême de Jean au Jourdain, se retira au désert pour y prier et y jeûner pendant 40 jours. Après quoi il fut tenté par le démon :

- Tu as faim ; fais donc un miracle pour changer ces pierres en pains : c’est la tentation de l’Avoir qu’on fait passer avant l’Être.

- Tu veux libérer ton peuple, alors il faut te montrer, attirer l’attention du public en faisant quelque prodige spectaculaire, comme de te jeter par exemple, du haut du Temple : c’est la tentation de la facilité qui dispense de l’effort coûteux.

- Tu veux conquérir le monde : il est à moi qui suis le Prince de ce monde ; je te le donne si tu m’adores : c’est la tentation du pouvoir, de la domination sur les autres par tous les moyens. Comme cela est étrange, n’est-ce pas ? Et nous nous posons cette question : Pourquoi Jésus qui est le Fils de Dieu fait homme a-t-il voulu aller jusque là, jusqu’à accepter de subir les assauts de la Tentation ?

Mais tout simplement parce qu’il est réellement homme, parce qu’il vit une vie humaine en tout semblable à la nôtre sauf le péché et que la vie humaine comporte inévitablement des difficultés, grandes ou petites, qu’elles soient d’ordre physique, moral ou spirituel. Seulement voilà : nous avons toujours cette idée, fortement incrustée en nous que la vie normale c’est la tranquillité, le bonheur, l’existence facile et toujours plus facile, le bien-être : et que la souffrance, l’épreuve ne peuvent être que l’anomalie, l’insolite, l’exceptionnel. Or c’est l’inverse qui est vrai, car la vie d’ici-bas se définit comme une épreuve : tentation et souffrance sont dans ce tissu comme la chaîne et la trame ; car c’est tous les jours que nous rencontrons le devoir et c’est tous les jours que le devoir est difficile. Dans le passage évangélique que nous venons d’entendre saint Luc prend soin de le remarquer : lorsque le Christ eût repoussé la triple offensive de Satan, celui-ci le quitta, mais seulement pour un temps, avec un au-revoir à brève échéance.

Disons-nous bien, frères et sœurs, que la lutte, que ce soit la lutte intérieure contre les tentations proprement dites ou que ce soit la lutte contre les difficultés de la vie est la substance même de notre condition humaine. Autrement dit, nous avons de notre existence ici-bas un point de vue déformant qui fausse notre manière de voir Dieu ainsi que nos relations avec Lui.

- Idée fausse sur Dieu, par exemple, qui aboutit aux propos désabusés et aux murmures : « Dieu m’oublie, Dieu ne m’aime pas, Dieu est injuste, Dieu n’est pas un Père, puisque je suis éprouvé, puisque je souffre ».

- Idée fausse sur la religion que l’on considère comme une assurance de réussite, une prime de bonheur humain. Un billet gagnant à la loterie de la vie : « Autrement à quoi bon être honnête et se bien conduire si les braves gens sont sacrifiés et si les chenapans ont toutes les chances ? »

- Idée fausse sur la prière chez tous ces chrétiens qui ne prient ou dont la prière ne devient fervente que lorsqu’il s’agit d’une maladie à guérir, d’une perte de situation à éviter, à réussir, d’une souffrance à écarter... tous ces chrétiens qui déclarent la prière inutile et non exaucée, du moment que ce résultat palpable n’a pas été obtenu.

- Idée fausse sur les sacrements en qui ont ne voit que des moyens merveilleux de supprimer nos difficultés intérieures, de nous dispenser même de l’effort et de la vigilance pour éviter le péché... Autant d’enfantillages, en réalité et d’illusions peu chrétiennes ! Lorsque Jésus nous enseigne ce modèle parfait de prière qu’est le Notre Père, il ne nous fait pas demander que nous soyons à l’abri des tentations, mais que nous ne soyons pas soumis à des épreuves trop fortes, ces épreuves qui pourraient nous faire tomber dans le consentement au mal ou encore dans le découragement et le désespoir. Et lorsqu’il nous promet la paix, il s’agit de la paix intérieure de l’âme, « la paix des profondeurs » qui n’exclut pas les tempêtes ou agitations de surface. « La vie de l’homme sur la terre est un combat » disait déjà le saint homme Job. Le poète allemand Goethe l’avait bien compris lui qui affirmait : « Je suis un homme et donc un lutteur ».

La vie humaine, voyez-vous et une école de grandeur d’âme ou elle n’est rien. Et seule l’épreuve, à condition qu’elle soit dépassée, peut grandir et ennoblir les âmes. L’ambiance austère de la lutte nous est nécessaire pour tendre nos énergies ; pour nous faire mesurer aussi combien nous sommes faibles et combien nous avons besoin de la grâce de Dieu pour nous fortifier. Nous devons toujours nous rappeler, en effet, que si Dieu permet que nous soyons tentés, il ne permet jamais que nous le soyons au-dessus de nos forces : à côté de chaque tentation, il y a une grâce actuelle spéciale suffisante pour la vaincre. C’est saint Paul qui nous l’affirme.

En nous appuyant sur cette certitude, acceptons donc généreusement, frères et sœurs, les difficultés de l’existence matérielle d’aujourd’hui, portons courageusement notre part des épreuves et des charges communes, sachons tenir bon dans les luttes intérieures qui occupent une si grande place dans notre vie spirituelle.

Et si notre fardeau nous parait trop lourd à certaines heures, tournons-nous vers Jésus, notre ami divin, Lui qui nous dit « Venez à moi vous tous qui peinez et qui êtes accablés ». Comment ne pourrait-il pas nous comprendre et nous secourir, Lui qui a voulu être tenté comme nous ? Oh ! Je sais bien qu’il n’avait pas nos faiblesses et que surtout il n’avait pas cette sombre attirance au mal, cette complicité intérieure qui rend pour nous la tentation si redoutable. L’offensive du démon contre Lui nous semble presque une gaminerie inoffensive : la repousser ne coûtait à Jésus qu’une parole. Sa volonté humaine à Lui, qui est la Sainteté infinie est infatigable au mal. Mais parce que Jésus est un homme authentique, il n’est pas inattaquable à l’épreuve et nous savons combien la suite de sa vie va être une série d’épreuves, jusqu’à l’épreuve suprême de la croix. Pensons que devant la souffrance, Jésus a ressenti les mêmes répulsions que nous : « Par ses propres souffrances, nous dit la Lettre aux Hébreux, il a appris ce que c’est qu’obéir ». C’est laborieusement, douloureusement, par un courage héroïque, qu’il nous a mérité les grâces de générosité et de force qu’il nous offre aujourd’hui pour mener à bien le combat spirituel dont le Carême constitue, chaque année, un temps fort. A nous de les accepter en redisant comme saint Paul : « Je peux tout en Celui qui me fortifie » ou comme saint Maximilien Kolbe : « Avec l’aide de Marie, la Vierge Immaculée je peux tout ».

Amen.

Prière universelle

Célébrant : Sœurs et frères ! Nous venons de proclamer notre foi. À présent dans une prière fervente invoquons le Seigneur, afin qu'il nous aide à lutter contre le mal et de ne pas céder à la tentation.

  • La tentation est grande de se replier sur soi-même. Prions pour que l'Église donne le témoignage d'une foi, d'une espérance et d'une charité à toute épreuve. Écoute nos prières, Seigneur exauce-nous.
  • La tentation est grande de s'enfermer dans les intérêts particuliers. Prions pour que ceux qui gouvernent agissent toujours pour le bien de tous, en écartant la puissance et l'orgueil. Écoute nos prières, Seigneur exauce-nous.
  • La tentation est grande de fermer nos yeux et nos cœurs. Prions pour qu'un nouvel élan de solidarité, de générosité et de fraternité se manifeste en faveur des pauvres, des malheureux et des opprimés. Écoute nos prières, Seigneur exauce-nous.
  • La tentation est grande de se replier sur soi-même. Prions pour que notre communauté soit toujours ouverte aux autres et que nous participons encore davantage à l'annonce de la Bonne Nouvelle. Écoute nos prières, Seigneur exauce-nous.

Célébrant : Dans ta grande bonté, Seigneur, accepte avec bienveillance les prières de ceux qui mettent leur confiance en toi. Ne laisse jamais le mal nous dominer, car nous voulons suivre ton Fils, le Christ notre Seigneur. Amen

Source : http://seltzparoisse.free.fr/AA_careme_C.htm#1caremeC

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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 21:22

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer !

« Revenez à moi de tout votre cœur, […] revenez au Seigneur votre Dieu » (Joël 2, 12.13) : c’est le cri par lequel le prophète Joël s’adresse au peuple au nom du Seigneur ; personne ne pouvait se sentir exclu : « Rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ; […] le jeune époux […] et la jeune mariée » (v. 16). Tout le peuple fidèle est convoqué pour se mettre en chemin et adorer son Dieu, « car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (v. 13).

Nous voulons nous aussi nous faire l’écho de cet appel, nous voulons revenir au cœur miséricordieux du Père. En ce temps de grâce que nous commençons aujourd’hui, fixons une fois encore notre regard sur sa miséricorde. La Carême est un chemin : il nous conduit à la victoire de la miséricorde sur tout ce qui cherche à nous écraser ou à nous réduire à quelque chose qui ne convient pas à la dignité des fils de Dieu. Le Carême est la route de l’esclavage à la liberté, de la souffrance à la joie, de la mort à la vie. Le geste des cendres par lequel nous nous mettons en chemin nous rappelle notre condition d’origine : nous avons été tirés de la terre, nous sommes faits de poussière. Oui, mais poussière dans les mains amoureuses de Dieu qui souffle son Esprit de vie sur chacun de nous et veut continuer à le faire ; il veut continuer à nous donner ce souffle de vie qui nous sauve des autres types de souffle : l’asphyxie étouffante provoquée par nos égoïsmes, asphyxie étouffante générée par des ambitions mesquines et des indifférences silencieuses ; asphyxie qui étouffe l’esprit, réduit l’horizon et anesthésie les battements du cœur. Le souffle de la vie de Dieu nous sauve de cette asphyxie qui éteint notre foi, refroidit notre charité et détruit notre espérance. Vivre le Carême c’est désirer ardemment ce souffle de vie que notre Père ne cesse de nous offrir dans la fange de notre histoire.

Le souffle de la vie de Dieu nous libère de cette asphyxie dont, souvent nous ne sommes pas conscients, et que nous sommes même habitués à « normaliser », même si ses effets se font sentir ; cela nous semble « normal » car nous sommes habitués à respirer un air où l’espérance est raréfiée, un air de tristesse et de résignation, un air étouffant de panique et d’hostilité.

Le Carême est le temps pour dire non. Non à l’asphyxie de l’esprit par la pollution causée par l’indifférence, par la négligence à penser que la vie de l’autre ne me regarde pas, par toute tentative de banaliser la vie, spécialement celle de ceux qui portent dans leur chair le poids de tant de superficialité. Le Carême veut dire non à la pollution intoxicante des paroles vides et qui n’ont pas de sens, de la critique grossière et rapide, des analyses simplistes qui ne réussissent pas à embrasser la complexité des problèmes humains, spécialement les problèmes de tous ceux qui souffrent le plus. Le Carême est le temps pour dire non ; non à l’asphyxie d’une prière qui nous tranquillise la conscience, d’une aumône qui nous rend satisfaits, d’un jeûne qui nous fait nous sentir bien. Le Carême est le temps pour dire non à l’asphyxie qui nait des intimismes qui excluent, qui veulent arriver à Dieu en esquivant les plaies du Christ présentes dans les plaies des frères : ces spiritualités qui réduisent la foi à une culture de ghetto et d’exclusion.

Le Carême est le temps de la mémoire, c’est le temps pour penser et nous demander : qu’en serait-il de nous si Dieu nous avait fermé la porte. Qu’en serait-il de nous sans sa miséricorde qui ne s’est pas lassée de pardonner et qui nous a toujours donné l’occasion de recommencer à nouveau ? Le Carême est le temps pour nous demander : où serions-nous sans l’aide de tant de visages silencieux qui, de mille manières, nous ont tendu la main et qui, par des gestes très concrets, nous ont redonné l’espérance et nous ont aidé à recommencer ?

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer, c’est le temps pour ouvrir le cœur au souffle de l’Unique capable de transformer notre poussière en humanité. Il n’est pas le temps pour déchirer nos vêtements face au mal qui nous entoure, mais plutôt pour faire de la place dans notre vie à tout le bien que nous pouvons faire, nous dépouillant de tout ce qui nous isole, nous ferme et nous paralyse. Le Carême est le temps de la compassion pour dire avec le psalmiste : « Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne », pour que par notre vie nous proclamions ta louange (cf. Ps 51, 14), et pour que notre poussière – par la force de ton souffle de vie – se transforme en « poussière aimée ».

Pape François le 1er mars 2017.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:08

«Ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra»

Le carême en tant que période intense de préparation à la grande fête de Pâques remonte au 4e siècle. Il visait alors un double objectif :

  • préparer les nouveaux chrétiens à recevoir le baptême pendant la nuit pascale ;
  • et permettre aux autres chrétiens de renouveler les promesses de leur baptême.

À partir du 8e siècle, les cendres ont été introduites comme signe de pénitence publique. C’est un symbole qui nous vient de l’Ancien Testament. Au tout début du carême, les chrétiens se reconnaissaient pécheurs en «recevant les cendres» et «ils étaient symboliquement expulsés de l’église». Ce geste reprenait, dans un certain sens, celui de Dieu qui chassait Adam et Ève du paradis, après leur refus d’une alliance avec lui. (Genèse 3). Ces mêmes chrétiens seront «réintégrés à la communauté chrétienne» après une période de prière, de jeûne, de partage et de conversion.

Ce n’est que plus tard, au Moyen Âge, que l’imposition des cendres a pris un sens différent : celui de la fragilité humaine et de la brièveté de la vie : «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière». Ce symbole était alors lié à la mort et à la tombe. C’est habituellement le sens que nous retenons aujourd’hui.

Le sens initial de la pénitence et de l’expiation pour le péché, développé au 8e siècle, reste valide encore aujourd’hui. «L’homme et la femme poussière» sont l’image de l’être humain qui s’éloigne de Dieu, qui refuse le dialogue et qui marche sur la route de la mort. «L’être humain poussière» est celui ou celle qui s’oppose à Dieu et qui lui tourne le dos, comme Adam et Ève et comme l’enfant prodigue.

Cependant, dans cet itinéraire dramatique d’éloignement, il existe toujours la possibilité du retour à nos origines. Nous sommes donc invités à revenir vers Dieu qui nous ouvre les bras. Nous sommes invités à fonder notre vie quotidienne sur les trois piliers de la spiritualité juive : la prière, le jeûne et l’aumône.

La prière. Les Juifs du temps de Jésus priaient trois fois par jour : à 9h, à midi et à 15h. Plusieurs le font encore aujourd’hui. La prière faisait partie de l’activité quotidienne. Elle permettait d’être en contact régulier avec Dieu et de découvrir sa volonté. Le carême nous invite à redécouvrir cette habitude à travers les heures de la journée.

Le jeûne. Comme la prière, le jeûne tient une place de choix dans toute spiritualité, non pas pour nous faire perdre quelques kilos, mais pour nous libérer de l’instinct de posséder et d’accumuler inutilement, pour nous rappeler que nus nous sommes venus au monde et nus nous le quitterons. Nous ne pourrons prendre avec nous dans la tombe aucune de ces richesses accumulées avec tant d’effort.

L'aumône. Troisième pilier de la spiritualité juive, l’aumône est une façon d’imiter la générosité de Dieu, particulièrement envers les plus démunis. Comme le dit Saint Matthieu dans son évangile, nous serons jugés sur le partage de nos biens, de notre temps, de nos talents : «J’avais faim, vous m’avez donné à manger..., j’étais nu, vous m’avez vêtu…, j’étais malade et en prison, vous êtes venus me visiter…» Nous sommes invités à partager non seulement notre argent mais aussi ce que nous avons de plus précieux : l’amour, la compassion, la compréhension et le pardon.

Dans la Bible, l’aumône est toujours étroitement reliée au jeûne : «le jeûne que le Seigneur préfère, c’est partager son pain avec l’affamé, aider ceux qui sont dans la misère, vêtir ceux qui n’ont pas de vêtements.» (Isaïe 58, 7)

La période du carême est un temps idéal pour alimenter notre foi à la source de ces trois piliers de la spiritualité : la prière, le jeûne et l’aumône.

Dans l’histoire de l’Église, le carême a toujours été présenté comme un nouveau printemps, comme un temps de renouvellement. Ce n’est pas une période de tristesse mais de joie profonde de nous savoir accueilli, pardonné et aimé de Dieu. Le carême nous redonne l’espérance qui parfois semble étouffée par les maladies, les malchances et les malheurs de toutes sortes. Nous sommes invités à redécouvrir Dieu dans nos vies. Le carême, c’est le printemps de Dieu.

Père Yvon-Michel Allard

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