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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 20:48

En ce temps de grâce qu’est le Carême, l’Eglise nous invite à approfondir notre connaissance du péché afin de mieux prendre conscience de sa gravité et de sa nocivité. Or il n’est pas de moyen plus sûr pour raviver en nous ce sens très aigu du péché, que de nous référer aux enseignements de la Bible. Seule la Parole de Dieu, en effet, peut nous dire en quoi consiste le péché nous faire comprendre que ce n’est pas une réalité naturellement connaissable, mais un mystère surnaturel.

Dans cette lumière qui vient d’En-Haut, il apparaît très nettement que le fait fondamental sur lequel repose toute la réalité du péché c’est l’attitude d’Amour infini que Dieu a pour nous. « Dieu est Amour » et « Il nous a aimés le premier » affirme St Jean.

Si Dieu, en effet, a décidé de nous créer, c’est uniquement par Amour dans le but de se donner Lui-même à nous : vérité qui est fort bien exprimée dans une petite phrase de l’Evangile prononcée par le père de l’enfant prodigue, ce père qui est l’image si bouleversante de Dieu. S’adressant à son fils aîné, il lui dit : « Mon enfant tout ce qui est â moi est à toi. »

Or, « tout ce qui est à Dieu », ce n’est pas seulement son empire sur le monde matériel, c’est infiniment plus. Le Bien de Dieu c’est avant tout Lui-même, ce qu’Il est : Lumière, Amour, Bonheur absolus. Et c’est précisément ce Bien parfait, ce Bien suprême infini qui constitue son Etre divin, c’est cette Vie divine que le Père des cieux veut donner à ses enfants pour le temps et l’éternité. Pour se donner ainsi à nous Dieu ne met aucune condition, mais il ne peut se donner à nous malgré nous, il ne peut nous contraindre à l’aimer car il n’y a d’amour que libre (un échange d’amour ne pouvant se faire que dans la liberté).

Dieu ne peut se donner à nous que si nous voulons bien de Lui, que si nous l’aimons. Il nous a dotés d’une liberté et d’une liberté telle que nous pouvons dire « non » aux avances de son Amour ; nous pouvons l’empêcher de nous combler, de libérer la tendresse qu’Il tient comme follement comprimée en son Cœur dans l’impatience de nous la communiquer.

C’est dans la méconnaissance, le mépris, le refus de cet Amour divin que consiste essentiellement le péché.

Autrement dit, si nous voulons nous faire une idée juste de ce qu’est le péché, c’est tout d’abord du point de vue de Dieu que nous devons le considérer ; nous percevons alors qu’il est bien autre chose qu’une contravention à des lois ou à des règlements (une bagatelle en somme) mais qu’il est, de par sa nature même une offense à Dieu. Et cela ne peut pas être une petite chose étant donné que l’offense est d’autant plus grave que l’offensé est plus élevé en dignité !

Si nous ne considérons habituellement le péché que de notre point de vue nous aurons toujours tendance à le minimiser. Certes nous pourrons bien apercevoir qu’il ne nous embellit pas, ne nous élève pas, mais plutôt nous dégrade (affaiblissant en nous la vie surnaturelle, allant jusqu’à la faire mourir s’il s’agit d’une manière grave), mais enfin, pensons-nous, ce sont des choses qui ne regardent que nous. Or, nous sommes portés à nous accommoder assez facilement de ce que nous avons choisi et de ce que nous avons voulu lorsque les inconvénients n’affectent que nous-mêmes. Mais si nous nous habituons à regarder le péché comme ce qu’il est foncièrement : un manque de justice et un manque d’amour à l’égard de Dieu, alors nous saurons qu’il est la réalité la plus horrible et la plus détestable qui soit, le désordre par excellence.

Notre grand penseur Pascal met sur les lèvres de Jésus une parole qui s’adresse à chacun et chacune d’entre nous et qui devrait nous faire réfléchir « si tu connaissais tes péchés, tu perdrais cœur... »

Hélas ! Nous ne risquons pas de perdre cœur parce que, n’ayant pas assez le sens de l’infinie sainteté de Dieu et de la prodigieuse tendresse qu’Il nous porte, nous prenons trop souvent le péché - même grave - à la légère.

Un seul homme a compris pleinement le péché des hommes et l’a pris pleinement au sérieux, un seul a été pénitent dans toute la force du terme : c’est Jésus, le Dieu fait homme, Lui qui, n’étant pas pécheur, s’est mis du côté des pécheurs et, comme le dit Saint Paul « a été fait péché pour nous. »

Le drame profond du Christ, en effet, le drame de sa vie et de sa mort, c’est que le désordre essentiel du péché, l’outrage à l’Amour divin ait été ressenti au paroxysme par son Cœur humain. C’est l’explication de sa mystérieuse agonie à Gethsémani et c’est l’essentiel de sa Passion.

Puisse la contemplation assidue du mystère de la Croix de Jésus souffrant et mourant pour l’expiation de tous nos manquements à l’Amour et de Marie, la Mère des douleurs, si généreusement associée à son Sacrifice en qualité de victime, nous faire retrouver un sens plus affiné de la tragique réalité du péché.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Jésus
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