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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 17:44

L’Eglise va bientôt nous inviter à vivre intensément « le temps favorable » du Carême qui constitue pour tout le peuple chrétien une longue retraite de 40 jours.

Il faudrait que dès son ouverture nous prenions la ferme résolution d’en faire un traitement de choc contre cette dangereuse maladie de l’âme qui nous affecte tous de quelque manière, et que les auteurs spirituels appellent la tiédeur.

Nous n’ignorons pas, pour peu que nous ayons lu le chapitre III de l’Apocalypse, que le Seigneur juge avec une particulière sévérité cet état de langueur spirituelle : « Je connais ta conduite, déclare-t-il, à celui qui est tiède ; tu n’es ni froid ni chaud. Que n’es-tu l’un ou l’autre ? Ainsi puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche. »

La tiédeur se caractérise essentiellement par une disparition progressive de l’amour, à l’image d’un feu qui, après avoir élevé ses flammes très haut diminue d’intensité jusqu’à s’éteindre complètement. Autrement dit la Charité qui n’est pas - faut-il le rappeler – affaire de sensibilité, mais de volonté, se refroidit.

Si l’âme devient tiède c’est parce qu’elle s’arrête volontairement sur le chemin montant de la sainteté, estimant qu’elle en a fait assez et qu’elle n’a plus besoin de progresser parce que Dieu n’en demande pas tant. Et comme dans le domaine spirituel qui n’avance pas recule, elle s’engage (en tentant de justifier son attitude) dans un processus de relâchement qui aboutira tôt ou tard à un véritable désastre.

A l’origine de cette anémie spirituelle, il y a tout d’abord un manque d’appétit des choses de Dieu. L’âme s’affaiblit parce qu’elle ne s’alimente que très peu ou très mal, négligeant trop souvent ou trop longtemps ces nourritures surnaturelles indispensables que sont la communion fréquente, la lecture de la Parole de Dieu ou des ouvrages de spiritualité, l’oraison, la récitation du Rosaire, et l’examen de conscience quotidien.

La tiédeur provient aussi du fait que cette âme n’a plus la volonté de se mortifier ; elle ne fait pratiquement plus d’efforts sérieux pour réfréner ses tendances mauvaises et combattre ses défauts par des moyens surnaturels.

Son état de faiblesse est tel qu’elle ne cherche plus à ramer à contre-courant ; c’est même le contraire qui se produit : elle se laisse porter par le courant, pensant comme tout le monde, faisant comme tout le monde. Ce qui en elle désormais commande tout, ce n’est plus le divin, c’est l’humain. Le sel s’est affadi.

« La ruine des âmes, écrit le chanoine Lallement, provient de la multiplication des péchés véniels qui causent la diminution des lumières et des inspirations, des grâces et des consolations intérieures, de la ferveur et du courage pour résister aux attaques de l’ennemi. De là s’ensuit l’aveuglement, la faiblesse, les chutes fréquentes, l’habitude, l’insensibilité, parce que l’affection étant gagnée, on pèche sans sentiment de son péché. »

En somme, le grand mal de la tiédeur, c’est de ne pas tendre de toutes ses forces vers Dieu ; c’est de ne l’aimer que si faiblement qu’on accepte volontiers le péché véniel, attitude comparable dans l’ordre surnaturel à celle d’un homme qui accepterait volontiers d’être continuellement blessé ou malade pourvu qu’il n’en meure pas. Est-il besoin d’ajouter que le démon se réjouit fort d’un tel état de choses parce qu’il lui est facile d’entraîner au péché mortel (et donc à la perte de la vie divine) l’âme qui est comme tombé en léthargie.

Alerte donc à la tiédeur !

Pour prévenir ou pour guérir ce mal redoutable, deux grands remèdes - les seuls vraiment efficaces - que Jésus a prescrits une fois pour toutes sont à notre disposition : la Prière et la Pénitence.

Nous savons avec quels accents pathétiques, accompagnés de larmes, la Vierge Marie, grande infirmière des âmes, nous supplie de les appliquer chaque fois qu’Elle vient en notre temps manifester sa présence au chevet de notre monde malade.

Puissions-nous mieux prendre conscience au cours de ce Carême, de la gravité et de l’urgence de ses appels !

Poursuivons avec une ardeur renouvelée le labeur si coûteux de notre réforme intérieure. Cela requiert de notre part beaucoup d’énergie, de persévérance et de fidélité. Mais avec la grâce de Dieu - qui ne nous fait jamais défaut et sur laquelle nous devons toujours compter - tout est possible.

Et puis, disons-nous bien, car c’est là le meilleur stimulant, que si Jésus exige de nous avec autant de rigueur le sacrifice de notre vie misérable, c’est pour lui substituer Sa Vie divine. S’il veut que nous fassions le vide dans notre cœur, c’est pour l’emplir de Dieu et nous combler ainsi de sa Paix et de sa Joie.

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole et mon Père l’aimera : nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure. »

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Jésus
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