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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 19:01

J’ai une question à vous poser : Êtes-vous plus mercredi des Cendres ou saint Valentin ? Puisque ces deux fêtes se télescopent aujourd’hui. Gardez la réponse pour vous. Finalement, dans les deux cas, il s’agit d’amour. L’Amour de Dieu pour nous, où, dans cette célébration, il nous rappelle que nous le rejoindrons un jour dans sa Maison, et cette parcelle de son amour qu’il a déposée dans notre cœur pour la partager avec ceux qu’il place sur notre chemin.

Ce matin, j’ai un scoop à partager avec vous ! Vous allez mourir, moi aussi d’ailleurs ! Dans une heure, demain, dans dix ans ou vingt ans, mais c’est une certitude, nous allons mourir, et il ne restera de chacun de nous que quelques poignées de cendre que certains voudront qu’elles soient emportées par le vent et que d’autres laisseront à tout jamais reposer dans le creux d’une boîte de bois.

Et oui, nous allons mourir ! Inutile d’être triste, tout va bien pour le moment. Mais…

Mais, ne vivons-nous pas dans une société qui nous entretient dans l’illusion que la mort est un mirage, qu’elle n’existe pas ? Ne nous arrive-t-il pas de penser que nous sommes les résidents indélogeables de cette terre et d’oublier qu’un jour, nous aussi, nous occuperons la place d’honneur, là, au premier rang.

Je vous avoue que j’ignore pourquoi la messe pour les artistes a lieu le mercredi des Cendres. On aurait pu choisir une fête plus joyeuse non ? C’est peut-être parce que toute œuvre créatrice est à la fois une naissance et une mort, quel que soit le domaine dans lequel vous exercez votre talent.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans le Livre de la Genèse, lorsque nous apprenons que Dieu crée l’homme à son image, nous ne savons rien d’autre de Dieu qu’il est créateur et que, parce qu’à son image, l’homme est créateur.

Le désir d’inventer de l’artiste le pousse toujours plus avant dans la création et fait que l’artiste franchit les limites du temps, de l’éphémère, de la mort. Ainsi, il devient le continuateur de l’œuvre créatrice de Dieu. Il est le témoin de la face cachée de l’homme, de ses désarrois, de ses troubles, de ses doutes, de ses peurs, de ses souffrances ainsi que de ses joies et de ses passions. Il est le témoin de l’ailleurs. Il devient un héraut, exprimant ce que beaucoup ressentent et ne savent dire. Il est pour la société un refuge. Celle-ci se projette en lui. « La race des gladiateurs n’est pas morte, a dit Flaubert, tout artiste en est un, il amuse le public avec ses angoisses ». L’artiste « aide à vivre ». On pourrait le déclarer d’utilité publique ! Quelle belle vocation que celle de l’artiste ! Donner du bonheur, donner du rêve, faire oublier la grisaille du quotidien et les soucis, mais quelle vocation exigeante puisqu’elle attire les regards.

Le désir d’immortalité inscrit dans l’âme de chaque être ne s’enracine-t-il pas plus profondément encore dans celle de l’artiste ?

Souvent, je me suis demandé si la relation qu’un artiste entretenait avec la mort n’était pas différente de celle du commun des mortels. Plus que d’autres, l’acteur, par exemple, tente, inconsciemment sans doute, de jouer avec la mort pour la déjouer. Il y a sa vie et ses vies ! Celles, si nombreuses, qui se déclinent sous les multiples visages de tous les personnages incarnés au cours d’une carrière. Ne pousse-t-il pas parfois l’audace jusqu’à être la mort elle-même en lui donnant son propre visage ?

Pour certains, la mort, c’est la disparition, c’est l’absence, le néant. D’autres hésitent : quelque chose leur dit que ce n’est pas possible de disparaître ainsi complètement : il doit bien y avoir autre chose. Comment être sûrs ?

Pourquoi faudrait-il se culpabiliser devant le doute ? Saint Thomas, dans l’Évangile, exprime franchement ses doutes : « Nous ne savons pas où tu vas. Nous ne savons pas si, dans la mort, il y un chemin. La mort est peut-être justement une impasse qui débouche sur le néant ». Peut-être… Il est sage de dire peut-être ! Nous ne sommes que des hommes et des femmes. Nous ne voyons qu’une face des choses. Ce que nous voyons de la mort : absence, départ, silence, c’est vrai, mais il y peut-être autre chose. Il y peut-être une face cachée de la mort. De l’autre côté, il y a peut-être une autre lumière, une autre vie.

Comment savoir ? Comment connaître ce qui est caché, sinon en faisant confiance à Celui qui sait et qui peut en parler : le Christ. Aujourd’hui, nous sommes invités par la Parole de Dieu à un acte de foi. Déjà, dans la vie ordinaire, nous sommes souvent provoqués à des actes de foi.

Les chrétiens font confiance au Christ lorsqu’il dit : « Je m’en vais, je vous laisse, mais je m’en vais vers le Père. Je vais dans la maison du Père où une place vous attend ». C’est une comparaison toute simple : revenir à la Maison, mais nous savons ce que cela veut dire et nous savons quel bonheur cela peut être. Revenir à la Maison, c’est l’expression que le pape Benoît XVI a employée récemment, disant qu’il se préparait à retourner à la Maison.

Ainsi, nous assure le Christ, au-delà de la mort, quelqu’un vous attend. Quelle qu’ait pu être votre vie, vous êtes aimés. Dieu n’humilie pas, seuls les hommes humilient par leurs jugements impitoyables. Dieu, lui, n’est qu’amour et pardon.

Tout cela est plus fort que la mort. La mort engloutit avec elle ce qui n’a pas de valeur réelle, tant de choses auxquelles nous donnons de l’importance et qui nous font passer à côté de celles qui comptent vraiment. La mort ne peut rien contre l’amour. L’amour ne peut mourir ! Pour les chrétiens, la mort n’est pas le dernier mot de notre existence. C’est l’amour qui est le dernier mot.

En ce début de Carême, le pape François nous met en garde. Nous sommes invités à changer nos comportements à cause du réchauffement climatique, le Pape, lui, nous invite à changer nos comportements à cause du refroidissement des cœurs.

A Carnaval, la coutume veut que chacun dissimule son visage derrière un masque. En ce début de Carême, nous sommes en revanche invités à vivre l’inverse : ôter les masques qui nous collent à la peau. Bas les masques ! Ne laissons pas passer la chance qui nous est offerte pour un face-à-face en vérité avec le Christ.

14 février 2018 - Basilique du Sacré-Cœur de Marseille

+Jean-Michel di Falco Léandri Évêque émérite de Gap et d’Embrun

Source : https://marseille.catholique.fr

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