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16 mars 2024 6 16 /03 /mars /2024 07:51

Année B

Lecture du livre du prophète Jérémie 31, 31-34

Voici venir des jours - oracle du Seigneur -, où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une alliance nouvelle. Ce ne sera pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai pris par la main pour les faire sortir du pays d’Égypte : mon alliance, c’est eux qui l’ont rompue, alors que moi, j’étais leur maître - oracle du Seigneur.

Mais voici quelle sera l’alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés - oracle du Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands - oracle du Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce qu’il y a de nouveau dans l’Alliance que promet Jérémie, c’est un renouvellement de l’homme plutôt qu’un changement de clauses de l’Alliance. Renouvellement de l’homme qui sera parfaitement accordé, du fond de son cœur, aux appels de Dieu sur lui ; qui se voudra du peuple que Dieu conduit vers la délivrance non plus de l’esclavage d’Égypte mais celui de tout péché ; qui entrera dans une connaissance intime de Dieu faite d’une communion quotidienne à son amour et à sa volonté. « Voici venir des jours » ; ces jours sont arrivés avec Jésus par qui s’opère ce renouvellement.

Le renouveau pascal que nous préparons sera-t-il ce renouvellement de notre être dont parlait Jérémie ? Quelle prière peut nous y préparer ?

Psaume 50

R/ Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu.

  • Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché. Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. R/
  • Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint. R/
  • Rends-moi la joie d’être sauvé ; que l’esprit généreux me soutienne. Aux pécheurs, j’enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés. R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 5, 7-9

Le Christ, pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Les souffrances du Christ ne sont pas seulement un événement du passé que sa résurrection et sa vie auprès du Père lui auraient fait oublier, comme un mauvais souvenir. L’expérience qu’il a faite de la souffrance, des larmes, de la prière suppliante de l’homme aux prises avec l’angoisse et la peur de mourir, lui permet de comprendre nos faiblesses dans l’épreuve. Nul ne peut désormais se dire solidaire ou abandonné dans sa peine : Jésus est près de lui le compagnon de sa douleur qui lui apporte secours et miséricorde ; il est aussi le Fils qui lui apprend la valeur rédemptrice d’une souffrance offerte pour sauver le monde.

Comment la visite des malades est-elle assurée dans notre communauté chrétienne ? Y prenons-nous part ?

Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive, dit le Seigneur ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12, 20-33

En ce temps-là, il y avait quelques Grecs parmi ceux qui étaient montés à Jérusalem pour adorer Dieu pendant la fête de la Pâque. Ils abordèrent Philippe, qui était de Bethsaïde en Galilée, et lui firent cette demande : « Nous voudrions voir Jésus ». Philippe va le dire à André, et tous deux vont le dire à Jésus. Alors Jésus leur déclare : « L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? - Mais non ! C’est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! Père, glorifie ton nom ! » Alors, du ciel vint une voix qui disait : « Je l’ai glorifié et je le glorifierai encore ». En l’entendant, la foule qui se tenait là disait que c’était un coup de tonnerre. D’autres disaient : « C’est un ange qui lui a parlé ». Mais Jésus leur répondit : « Ce n’est pas pour moi qu’il y a eu cette voix, mais pour vous. Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors ; et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ». Il signifiait par-là de quel genre de mort il allait mourir. - Acclamons la Parole de Dieu

Commentaire : La seconde partie de cette lecture rappelle la nuit de l’agonie de Jésus à Gethsémani : tout bouleversé, il choisit non pas d’être délivré de « l’heure » de sa passion, mais d’accomplir le dessein de Dieu. Et paradoxalement, c’est quand Jésus aura été élevé de terre sur la croix qu’il attirera à lui tous les hommes. En ce sens la démarche des Grecs venus adorer Dieu, c’est-à-dire des païens convertis au judaïsme, est prophétique de la valeur universelle de la Rédemption. Si dans le moment même où le grain de blé meurt en terre il s’assure une fécondité, c’est quand le Christ est élevé en croix qu’il s’est exalté et glorifié par le Père.

Nous pouvons aujourd’hui être des intermédiaires, comme Philippe et André autrefois, qui permettent aux incroyants de rencontrer Jésus Christ.

Homélie

Dans la 1ère lecture de ce dimanche, le prophète Jérémie annonce que Dieu va conclure une alliance nouvelle avec Israël et Judas scellée 600 ans plus tard dans le sang du Christ, elle s’étendra à toutes les nations. Le passage de l’Evangile de Jean que nous venons d’entendre nous donne à comprendre que pour Jésus le moment est désormais tout proche où cette nouvelle et éternelle alliance va s’accomplir. « L’Heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié » proclame-t-il, devant ces quelques grecs qui lui ont demandé audience au terme de la Procession triomphale des Rameaux et qui sont en quelque sorte l’avant-garde de tous ceux qui par la suite viendront à Lui, le reconnaissant comme leur Sauveur et leur Dieu. En pensant à cette Heure (qu’il a évoquée déjà tant de fois), cette Heure qui va marquer l’achèvement de sa mission, cette Heure qui va être celle de l’amour qui va jusqu’au bout, cette Heure où en subissant les souffrances de sa Passion et de sa Crucifixion, il va se soumettre à la loi du grain de blé : qui est celle d’une mort se métamorphosant en une vie nouvelle extrêmement féconde, Jésus est profondément troublé et il en fait la confidence à ceux qui l’écoutent  « Je suis bouleversé... »

Nous sommes peut-être étonnés frères et sœurs, par cette peur, cette angoisse, cette répulsion extrême que Jésus éprouve vis-à-vis de la souffrance et de la mort.

Nous savons, en effet, que Jésus est à la fois Dieu et homme. Et parce qu’il est Dieu, nous sommes portés à croire qu’il pouvait supporter la souffrance et la mort plus facilement que nous : ce en quoi nous nous trompons. Bien sûr, il est Dieu, mais il est aussi un homme comme nous, semblables à nous en toutes choses, sauf le péché. En lui la nature divine ne modifie en rien la nature humaine ; ou plus exactement elle ne la modifie que pour la rendre plus parfaite, pour lui communiquer un tempérament d’une délicatesse incomparable. De ce fait, la souffrance en lui n’était pas moindre qu’en nous, mais au contraire elle avait une acuité bien supérieure à celle qu’elle peut avoir en nous. Et il faut bien comprendre aussi, frères et sœurs, qu’en lui, Jésus qui était en sa qualité de Fils de Dieu, la vie parfaite, il ne pouvait y avoir qu’un amour infini de la vie et par conséquent une horreur infinie de la mort. « Je suis bouleversé... »

Jésus qui a déjà une longue expérience de la souffrance (par cette souffrance qu’il n’a cessé de combattre en lui et chez les autres) : il a connu la fatigue, le dur travail, l’incompréhension, la haine, toutes sortes de persécutions de la part de ses ennemis, Jésus sait très bien que tout cela est peu de choses en comparaison de ce qui l’attend et qu’il voit dans le détail par cette connaissance parfaite qu’il a de l’avenir. Il sait que ce qu’il devra bientôt endurer physiquement (et dont nous pouvons avoir une certaine idée) sera un paroxysme de douleur : les mauvais traitements, l’atroce flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la Croix, l’horrible crucifixion avec ces douleurs parmi les plus aigües qu’il ressentira dans tout son corps durant trois heures. Il sait aussi tout ce qu’il lui faudra endurer de souffrance intérieure, et qui est quelque chose d’immense « un océan infini, sans fond et sans rivages », dont les moments les plus forts se situeront au Jardin des Oliviers « mon âme est triste en en mourir », et sur la croix « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Ce qu’il va éprouver (et qui échappe totalement à notre connaissance) c’est le sentiment d’être celui qui porte en lui tout le péché, toute l’impiété du monde. Celui que Dieu « a fait péché pour nous » comme dit saint Paul, celui qui accepte librement de répondre, pour tous, de leurs péchés devant Dieu et qui va expirer non seulement en leur faveur, mais à leur place, ce qui va avoir pour conséquence, en lui Jésus, le fait d’être comme séparé de Dieu, car Dieu a pour le péché une répulsion infinie... Et ce sentiment qu’il aura de l’éloignement et de l’abandon du Père déclenchera en son âme une tempête indicible, un tourment intolérable : mystère insondable dans les profondeurs duquel nul ne peut pénétrer. Comment à la vue par avance de tous ces maux d’ordre physique, moral ou spirituel, Jésus ne serait-il pas effrayé, bouleversé dans tout son être en proie déjà à une angoisse mortelle... Aussi, comme il le fera au Jardin des Oliviers, il supplie le Père de le délivrer de cette Heure. Mais aussitôt il se reprend, acceptant filialement de réaliser l’œuvre du Salut en se faisant obéissant et obéissant jusqu’à la mort, acceptant d’être le grain de blé qui meurt pour porter du fruit.

Car c’est bien pour cette Heure, précisément, qu’il est venu :

  • celle où, sur la Croix, il va nous manifester sa suprême tendresse, cet amour à en mourir qui a seul le pouvoir de faire vivre.
  • celle où il va pleinement glorifier le Père et être lui-même glorifié.
  • celle où il va disparaître dans le tombeau pour ressusciter en source de vie éternelle.

Oh ! Que la récolte sera belle quand le Père engrangera dans le Paradis les fruits de la Pâque de Jésus ! Et nous serons de la fête, frères et sœurs, si nous acceptons dès à présent de suivre le Sauveur dans le geste de sa mise en terre par amour.

« Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa Croix et qu’il me suive ».

Donner notre vie « au détail » dans le goutte à goutte de nos journées, à travers ces nombreuses morts au péché qui sont exigées de nous, voilà notre façon de nous laisser ensevelir avec le Christ en vue d’une résurrection solidaire de la sienne.

L’Evangile résume toutes ces démarches de charité qu’il nous faut accomplir à longueur de journée par le mot « service » qui devrait devenir davantage le titre de gloire des chrétiens. Soyons bien convaincus qu’il n’y a pas d’autre moyen pour nous, d’être un jour honorés par le Père quand il distinguera le bon grain de l’ivraie dans la moisson du Royaume Eternel.

Amen.

 

Lectures du 5ème dimanche de Carême en DOCX et PDF

 

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4 mars 2024 1 04 /03 /mars /2024 21:42

Année B

Lecture du deuxième livre des Chroniques 36, 14-16. 19-23

Au fil des évènements de l’histoire, le Seigneur accomplit sa promesse de salut.

En ces jours-là, tous les chefs des prêtres et du peuple multipliaient les infidélités, en imitant toutes les abominations des nations païennes, et ils profanaient la Maison que le Seigneur avait consacrée à Jérusalem. Le Seigneur, le Dieu de leurs pères, sans attendre et sans se lasser, leur envoyait des messagers, car il avait pitié de son peuple et de sa Demeure. Mais eux tournaient en dérision les envoyés de Dieu, méprisaient ses paroles, et se moquaient de ses prophètes ; finalement, il n’y eut plus de remède à la fureur grandissante du Seigneur contre son peuple. Les Babyloniens brûlèrent la Maison de Dieu, détruisirent le rempart de Jérusalem, incendièrent tous ses palais, et réduisirent à rien tous leurs objets précieux. Nabucodonosor déporta à Babylone ceux qui avaient échappé au massacre ; ils devinrent les esclaves du roi et de ses fils jusqu’au temps de la domination des Perses. Ainsi s’accomplit la parole du Seigneur proclamée par Jérémie : « La terre sera dévastée et elle se reposera durant 70 ans, jusqu’à ce qu’elle ait compensé par ce repos tous les sabbats profanés ».

Or, la première année du règne de Cyrus, roi de Perse, pour que soit accomplie la parole du Seigneur proclamée par Jérémie, le Seigneur inspira Cyrus, roi de Perse. Et celui-ci fit publier dans tout son royaume - et même consigner par écrit - : « Ainsi parle Cyrus, roi de Perse : Le Seigneur, le Dieu du ciel, m’a donné tous les royaumes de la terre ; et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, en Juda. Quiconque parmi vous fait partie de son peuple, que le Seigneur son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem ! » - Parole du Seigneur.

Commentaire : L’exil des Juifs organisé par Nabucodonosor, en 587 avant Jésus-Christ après la destruction du Temple, et le retour de captivité autorisé par l’édit de Cyrus en 538, sont pour l’auteur du livre des Chroniques l’occasion d’une lecture religieuse de l’histoire. Le Seigneur n’est pas infidèle à son Alliance avec Israël, c’est le peuple qui s’est détourné de lui, qui s’est moqué des prophètes et s’est fourvoyé dans l’idolâtrie. Il s’est acheminé à la catastrophe. Mais Dieu reste fidèle : c’est par un roi païen qu’il accomplira la promesse de Jérémie annonçant que les exilés rentreront dans leur pays et rebâtiront le Temple. Ainsi l’auteur voulait-il maintenir vivante la confiance du peuple dans la fidélité de Dieu à ses promesses messianiques.

Pour accomplir sa promesse envers son peuple, le Seigneur a inspiré un étranger, Cyrus, roi de Perse. Aujourd’hui encore des hommes et des femmes qui ne partagent pas notre foi, font avancer la démocratie, la justice et la paix. Ils sont inspirés par Dieu, les reconnaissons-nous ?

Psaume 136

R/ Que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir !

  • Au bord des fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions, nous souvenant de Sion ; aux saules des alentours nous avions pendu nos harpes. R/
  • C’est là que nos vainqueurs nous demandèrent des chansons, et nos bourreaux, des airs joyeux : « Chantez-nous, disaient-ils, quelque chant de Sion ». R/
  • Comment chanterions-nous un chant du Seigneur sur une terre étrangère ? Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! R/
  • Je veux que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n’élève Jérusalem au sommet de ma joie. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens 2, 4-10

C’est parce que Dieu est riche en miséricorde, et non à cause de nos actes, qu’il nous a recréés en Jésus-Christ.

Frères, Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ : c’est bien par grâce que vous êtes sauvés. Avec lui, il nous a ressuscités et il nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus. Il a voulu ainsi montrer, au long des âges futurs, la richesse surabondante de sa grâce, par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus. C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas des actes : personne ne peut en tirer orgueil. C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés dans le Christ Jésus, en vue de la réalisation d’œuvres bonnes qu’il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions. - Parole du Seigneur.

Commentaire : la création de l’homme et son salut en Jésus-Christ ne sont pas pour Paul deux moments distincts de l’histoire, comme si après avoir créé l’homme Dieu voulait rattraper son œuvre mise à mal par le péché en nous donnant un Sauveur. Non ! Dieu « nous a créés en Jésus-Christ » ; c’est à l’intention première de son amour qui se réalise au long des âges et révèle la richesse infinie de sa grâce. Le but de la création n’est atteint que lorsque nous sommes ressuscités avec Jésus, lorsque nous régnons aux cieux avec lui. S’il ne dépend de nous d’être ainsi créés et aimés de Dieu, il dépend de nous de correspondre à cet acte de création continuelle par une vie conforme à la voie que Dieu a tracée pour nous.

Les hommes ont été créés en Jésus Christ, ce qui signifie que Jésus Christ est le prototype de l’humanité accomplie. Comment rendre grâce au Père d’avoir formé un tel projet pour les hommes, qui n’a rien d’une vocation au rabais ?

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 14-21

Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique pour que tout homme obtienne la vie.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Désormais tout homme est appelé à prendre position devant ce geste d’amour de Dieu en la personne de Jésus. Ce sont les hommes qui portent sur eux le jugement, ce n’est pas Dieu qui condamne. Celui qui fait le mal refuse l’amour qui aurait éclairé sa vie ; celui qui agit selon la vérité – et cette vérité c’est l’Évangile d’amour que révèle Jésus – vient au Christ, d’une manière explicite ou non, et sa vie en est illuminée. Comme le serpent de bronze dressé sur un mât dans le désert guérissait les Hébreux des morsures de scorpions s’ils le regardaient avec foi, ainsi un regard d’amour et de foi vers Jésus Christ élevé sur la croix sauvera les hommes de la mort. C’est donc devant la croix de Jésus que chacun décide de son propre jugement final.

« Dieu a tant aimé le monde… » Épousons ce regard d’amour de Dieu sur le monde sans le juger.

Homélie

La Bible nous rapporte qu’au cours de leur marche dans le désert après la sortie d’Egypte les Israélites murmurèrent contre Dieu à cause du chemin trop long et de la manne, ce pain quotidien qu’ils trouvaient trop fade et ennuyeux.

Le Seigneur leur infligea alors une punition par l’envoi de serpents, dont la morsure en fit périr un grand nombre. Seuls ceux qui tournèrent leur regard vers un serpent de bronze que Moïse avait érigé sur un poteau eurent la vie sauve. C’est à ce serpent de bronze, source de salut au désert que Jésus se compare dans l’Evangile de ce dimanche.

De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’Homme soit élevé.

Ce mot « élevé » mérite toute notre attention. Saint Jean l’a choisi, en effet, pour dire à la fois que Jésus est élevé sur la Croix et élevé à la droite du Père par la Résurrection et l’Ascension.

Dans la vision de Foi qui est la sienne, la Crucifixion de Jésus et sa Glorification ne sont pas deux phases diverses, mais une seule réalité...

La Croix est en même temps l’instrument du supplice et le trône de gloire.

Jésus crucifié ce n’est donc pas un homme qui expire dans l’échec total, mais le Fils de Dieu dont le sacrifice d’amour est cause de salut et de gloire.

D’ailleurs Jésus lui-même, peu de jours avant sa Passion, avait interprété dans ce sens le mystère de sa mort et de sa résurrection : « Elle est venue l’Heure où le Fils de l’Homme doit être glorifié... Pour moi quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ».

Nous ne contemplerons jamais assez, frères et sœurs, ce mystère de Jésus élevé entre terre et ciel, le Vendredi-Saint, sur le Calvaire... Cette libre mort sera à tout jamais le « sommet de l’amour » : le sommet de l’amour du Fils pour son Père et le sommet de l’amour du Frère universel pour ses frères humains pécheurs.

Cette grande croix de bois sur laquelle saigne un corps d’homme horriblement torturé, c’est un sommet de douleur et de mort, mais c’est aussi un sommet de révélation divine : la révélation de la Toute-Puissance de l’Amour de Dieu en faveur de l’humanité pécheresse. Certes, il faut bien regarder physiquement cette image avec les yeux grands ouverts, mais il importe aussi de fermer les yeux pour voir dans la Foi ce qui n’est pas visible, mais dont l’insoutenable crucifixion est le signe : l’amour extrême qui brûle au Cœur de Jésus : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Mais cet amour extrême qui dévore Jésus « Le Fils Unique » est lui-même le signe d’un autre amour extrême : celui de Dieu le Père. « Il a tellement aimé le monde, nous dit saint Jean, qu’il a donné son Fils Unique », et il ajoute : « Ainsi tout homme qui croit en Lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ».

Le Salut, voyez-vous, ce Salut que Jésus nous a mérité par sa douloureuse Passion et sa glorieuse Résurrection qu’est-ce que c’est ? Sinon cela essentiellement : le Don de la Vie Éternelle...

Nous en étions privés depuis le premier péché, (le péché originel), mais Dieu « qui est riche en miséricorde » nous l’a offerte à nouveau et avec surabondance.

« A cause du grand Amour dont il nous a aimés, disait saint Paul, dans la 2ème lecture, nous étions morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre dans le Christ ».

Oui, si nous voulons, si nous acceptons de croire au Christ, nous recevons en nous cette vie nouvelle qui est une mystérieuse participation à la vie même de Dieu, une communion à la connaissance qu’il a de lui-même et à l’Amour qu’il a pour lui-même.

Cette vie d’intimité avec les Trois Personnes Divines, qui nous fait demeurer en Dieu et Dieu en nous, a commencé à l’heure décisive du Baptême ; elle constitue ce qu’on appelle l’état de grâce. Elle est appelé à se développer sans cesse dans la pénombre de la Foi jusqu’au jour où, après la mort, elle s’épanouira pleinement dans la claire vision de Dieu face à face, ce sera alors la Vie Eternelle en Dieu dans l’Etat de Gloire, c’est-à-dire dans une merveilleuse communion à l’infini Bonheur de Dieu, à sa Béatitude.

Oui, chers frères et sœurs, Dieu dans l’excès – on pourrait dire dans la folie – de son amour miséricordieux a voulu aller jusque là.

« Ah, si tu savais le don de Dieu » disait Jésus à la Samaritaine ! Mais, hélas ! Nous y pensons si peu et nous en faisons peu de cas... et donc nous n’en vivons presque pas... Quel illogisme ou quelle inconscience de notre part !

Nous préférons donner de l’importance à tant et tant de choses qui sont secondaires (quand ce ne sont pas des bagatelles) alors que la vie en communion avec Dieu et avec nos frères, une vie toute d’amour pour Dieu et pour nos frères. C’est cela l’essentiel, notre véritable raison d’être, notre suprême et impérissable richesse. C’est cela l’Absolu que nous cherchons, vers lequel nous tendons, oui, l’Absolu de la vie et l’Absolu du Bonheur !

« Ah, si tu savais le don de Dieu ». Je pense que pour savoir au moins un peu ce qu’est le don de Dieu, il faut beaucoup de prière et une longue fidélité à l’Esprit-Saint, mais quand on commence à savoir, quand on commence à comprendre, alors, vraiment tout s’illumine, la vie prend tout son sens... Plus rien ne trouble, plus rien ne déconcerte et plus rien ne fait peur, car on raisonne comme saint Paul : « si Dieu est avec nous : qui sera contre nous... » Il n’a pas refusé son propre Fils, il l’a livré pour nous tous ! Comment pourrait-il avec lui ne pas nous donner tout ? J’en ai la certitude rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus-Christ notre Seigneur.

On comprend aussi alors combien est vraie la parole de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Tout est grâce... », et on se livre de plus en plus généreusement à la grâce c’est-à-dire à l’Amour, on ne vit plus que dans l’Amour et pour l’Amour, comme l’ont fait tous les saints. Mais devenir des saints n’est-ce pas aussi notre vocation à tous ?

Puisse Marie, qui, au pied de la Croix est devenue Notre Mère dans l’ordre de la Grâce, nous aider à y répondre le plus généreusement et le plus fidèlement possible.

Amen.

 

Lectures du 4ème dimanche de Carême en DOCX et PDF

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27 février 2024 2 27 /02 /février /2024 17:43

Année B

Lecture du livre de l’Exode 20, 1-17

La pratique du Décalogue est la réponse du peuple à l’initiative du Dieu qui libère.

En ces jours-là, sur le Sinaï, Dieu prononça toutes les paroles que voici : « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, pour leur rendre un culte. Car moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements, je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération. Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur ne laissera pas impuni celui qui invoque en vain son nom. Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.

Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ces dix commandements sont le code de la route d’un peuple sorti de l’esclavage et qui marche vers la liberté sous la conduite du Dieu libérateur. Ils ont pour but de garantir et de baliser cette marche en dénonçant les idoles qui asservissent l’homme et en mettant en garde contre la tentation d’asservir son frère en lui volant sa femme, ses biens ou sa réputation. Ce code peut nous paraître simpliste au regard de l’Évangile, mais peut-on prétendre vivre l’Évangile sans être d’abord fidèle à ces commandements ?

Aimer, c’est avoir un amour exigeant pour celui que l’on aime. Comment concilions-nous amour et exigence dans notre tâche de parents, d’éducateurs, d’enseignants ou de catéchistes ?

Psaume 18

R/ : Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle.

La loi du Seigneur est parfaite, qui redonne vie ; la charte du Seigneur est sûre, qui rend sages les simples. R/

Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard. R/

La crainte qu’il inspire est pure, elle est là pour toujours ; les décisions du Seigneur sont justes et vraiment équitables : R/

plus désirables que l’or, qu’une masse d’or fin, plus savoureuses que le miel qui coule des rayons. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 1, 22-25

Que Dieu se soit révélé dans un crucifié prendra toujours les hommes à contre-pied de leurs idées sur Dieu et sur l’homme.

Frères, alors que les Juifs réclament des signes miraculeux, et que les Grecs recherchent une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes. Mais pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient juifs ou grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. - Parole du Seigneur.

Commentaire : La réflexion des philosophes grecs sur Dieu et le sens aigu de la grandeur divine qu’avaient les Juifs sont certainement par les plus hauts sommets spirituels de l’Antiquité. Cette recherche avait conduit le monde grec à la conception d’un Dieu rationnel, norme suprême de l’intelligence et de l’harmonie de l’univers, et le monde juif à celle d’un Dieu tout-autre, inaccessible, le Tout-Puissant créateur et maître de l’histoire. Et que fait Dieu ? Il a planté la croix de son Fils en plein milieu de ce monde. Et qu’annoncent Paul et les apôtres ? Que cet homme crucifié est l’ultime parole où Dieu se fait connaître en qu’en lui repose le salut du monde ! Et qu’est-ce que l’Église ? Le groupe de ceux qui, devant cette folie de Dieu au regard des hommes sensés, ont abandonné toute assurance propre, toute prétention à se valoriser eux-mêmes pour croire que cette faiblesse infinie de Dieu est la force qui transformera le monde !

Je t’aime un peu, beaucoup, passionnément ? A la folie ? Oui, c’est ainsi que Dieu nous aime et il nous l’a prouvé par la croix de Jésus. Et nous, comment aimons-nous,

Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle. Gloire au Christ, Sagesse éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 2, 13-25

C’est un corps d’homme, celui de Jésus ressuscité, que Dieu se rend présent désormais à tous les hommes.

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ». Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai ». Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom, à la vue des signes qu’il accomplissait. Jésus, lui, ne se fiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ; lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Les sacrifices d’animaux et les offrandes que faisaient au Temple de Jérusalem les nombreux pèlerins de la Pâque nécessitaient la présence des marchands et des changeurs qui envahissaient le parvis. Ce trafic, s’il prêtait parfois à des transactions malhonnêtes, était nécessaire. Pourquoi donc le geste violent de Jésus ? En agissant ainsi, Jésus met fin, symboliquement, au privilège du peuple élu : désormais c’est le Christ ressuscité qui est le seul chemin vers Dieu, le seul Temple où l’on peut rencontrer Dieu. Et ce nouveau Temple est universel, il n’est la propriété d’aucun peuple, d’aucune civilisation.

Notre communauté chrétienne, corps du Christ, est la maison du Père. Les services ecclésiaux que nous y accomplissons pour la rendre vivante et ouverte au monde prolongent l’amour de Jésus pour elle, et parfois aussi son tourment.

Homélie

L’enseignement qui se dégage de cet Evangile des « vendeurs chassés du Temple » est particulièrement dense et d’une grande portée.

Vous l’avez peut-être remarqué, saint Jean qui commence son récit en parlant de la Pâque Juive le termine en évoquant la Pâque de Jésus. C’est qu’en effet de la Pâque Juive à la Pâque Chrétienne un même mystère insondable se joue : un mystère de mort dont surgit la vie, un mystère de destruction d’un Temple dont un autre Temple surgit. Ce qu’il faut bien comprendre tout d’abord c’est que le geste répressif de Jésus expulsant les vendeurs du Temple est un geste de purification. Jésus entend rappeler avec force que le Temple c’est la maison de Dieu, le haut-lieu du recueillement et de la prière. Il ressent comme une offense très grave faite à Dieu la profanation de ce Temple. Il ne peut tolérer que ce lien privilégié, cœur de la Terre Sainte où Dieu accueille son peuple devienne un entrepôt commercial et un champ de foire.

Comment pourrait-on trouver Dieu et le prier dignement dans un tel vacarme ?

L’honneur de Dieu commande le geste du Christ ainsi que sa réprobation : « Enlevez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic... »

Qu’elles soient admises parce que commodes, avantageuses ou utiles, il y a des situations, des traditions qui sont inconciliables avec une piété vraie, conforme à la volonté de Dieu...

Mais beaucoup plus qu’un geste de purification, le geste de Jésus est un geste d’amour. L’expression « La maison de mon Père » attire en effet l’attention sur l’identité profonde de cet homme : « Jésus de Nazareth ». Un grand secret se cache en sa personne ! Entre lui et Dieu il y a une extraordinaire intimité d’amour. Il est vraiment chez lui, plus que partout ailleurs dans ce Temple Saint de l’Eternel. Oui, ce « Saint des Saints », ce sanctuaire où personne n’a le droit d’entrer (sauf le grand prêtre une fois par an) ; ce lieu séparé de tout, ce lieu « intouchable » où on ne peut pénétrer, sans mourir, Jésus dit tout simplement que c’est la maison de « Son Père » et donc sa propre maison de Fils. Déjà à l’âge de 12 ans, il avait dit la même chose à Marie et à Joseph tout étonnés : « Ne savez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? »

Oui, Jésus nous fait comprendre, ici, par son attitude que ce qui est premier dans le culte que nous rendons à Dieu, ce ne sont pas les gestes que nous faisons, mais le cœur filial que nous y mettons.

Ses disciples, nous dit saint Jean, se rappelèrent cette parole du psaume : « L’amour de ta maison fera mon tourment ». Pour Jésus, « L’amour du Père le dévore littéralement, comme un feu dévore les brindilles... » Son sacrifice, à Lui ne sera pas rituel extérieur à Lui. Ce sera lui-même qu’il offrira en sacrifice et il y passera tout entier.

Et là encore frères et sœurs, chacun et chacune d’entre nous doit s’interroger : en quoi consiste le culte que je rends à Dieu ?

Est-ce que je me contente d’assister à la Messe ? Ou bien est-ce que j’y participe, en joignant à l’offrande du Christ, l’offrande de tout mon être, et plus particulièrement de ce que je viens de vivre au cours de la semaine écoulée ?

Est-ce que je suis comme Jésus et en union avec Lui, brûlé de zèle, dévoré d’amour, fasciné par Dieu, tout donné à la cause de Dieu ?

« Détruisez ce Temple et en 3 jours je le relèverais » dit Jésus. Ici, dans le texte grec il n’y a pas le mot Temple mais le mot Sanctuaire. Or, ce sont deux mots différents :

Le Temple désignait l’ensemble des édifices, y compris les cours, les places, les divers parvis. Quand Jésus dit « Détruisez ce Sanctuaire », il va beaucoup plus loin que s’il disait « Détruisez ce Temple », car le Sanctuaire, c’était au cœur du Temple, un tout petit édifice qui abritait la Présence de Dieu.

Jésus sera condamné à mort, vous le savez, pour avoir prononcé cette phrase, « Détruisez ce Sanctuaire et je le relèverai... Aux yeux des Juifs, en effet, c’était un blasphème. Car ce Sanctuaire était l’orgueil de la nation juive, un bien vénéré de prière et de pèlerinage, le seul bien de culte d’Israël...

Quelle audace chez cet homme Jésus ! pensaient-ils ? Saint Jean prend soin d’ailleurs de préciser tout aussitôt : « Le Sanctuaire dont il parlait c’était son corps ».

Nous voici, bien évidemment au cœur du message proclamé par cette page d’Evangile. Essayons, un instant, de pénétrer dans la conscience que Jésus avait de lui-même. Il sait qui il est. En disant qu’il est un Sanctuaire il se constitue en lieu de la Présence divine. C’est son Corps « En qui habite la plénitude de la divinité », qui est le Nouveau Temple, le lieu du nouveau culte.

Jean-Baptiste avait eu raison de le désigner comme l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, car il fut immolé, sacrifié sur le Calvaire à l’heure même où dans ce même Temple, on immolait d’innombrables agneaux pascals, la veille du Grand Sabbat de la Pâque.

Par son Corps sacrifié Jésus venait remplacer tous les sacrifices et rendre inutile le Temple de Jérusalem dont le rideau pouvait alors se déchirer. Et de ce Corps sortit alors le fleuve d’eau vive, l’eau et le sang annoncé par le prophète Ezéchiel comme « sortant du Sanctuaire ».

Aussi quand il ressuscita (se releva) d’entre les morts ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela : « Voici donc la Pâque de Jésus et des chrétiens qui achève la Pâques des Juifs dont je vous parlais au désert ». Voici la libération inouïe et radicale dont la libération de l’esclavage d’Egypte n’était qu’une annonce et une figure. Voici le Temple nouveau qui rend caduc tout autre lieu de culte.

Ainsi le lieu de la Présence de Dieu n’est plus un édifice, c’est quelqu’un. C’est le Corps du Christ. Toute la liturgie chrétienne n’existe qu’autour de ce Corps. Mais comprenons jusqu’où va ce mystère.

Saint Paul dira aux premiers chrétiens « Vous êtes le Corps du Christ ». Voilà où se fonde l’éminente dignité de l’homme « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »

Ce n’est donc pas seulement le Corps ressuscité de Jésus, qui est le nouveau Temple de Dieu, c’est le corps de chaque baptisé.

Voilà pourquoi saint Paul ajoute « Glorifiez Dieu dans votre corps ».

Oui, par vos yeux qui contemplent, par vos oreilles qui écoutent, par vos lèvres qui prient, qui sourient ou qui annoncent la Bonne Nouvelle, par vos mains qui se tendent soit pour donner soit pour accueillir, rendez Gloire à Dieu.

Puisse cette vérité, à savoir :

- que nous sommes pour le Christ « des humanités de surcroît » selon la belle expression de sainte Elisabeth de la Trinité,

- que nous sommes ses prolongements même en notre corps nous faire vibrer de reconnaissance pour le Seigneur et d’amour pour nos frères qui sont comme nous des Sanctuaires du Dieu vivant.

Amen.

 

Lectures du 3ème dimanche de Carême en DOCX et PDF

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20 février 2024 2 20 /02 /février /2024 18:34

Année B

Lecture du livre de la Genèse 22, 1-2. 9-13.15-18

« L’obéissance vaut mieux que tous les sacrifices », diront plus tard les prophètes, instruits par la mise à l’épreuve d’Abraham.

En ces jours-là, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai ». Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique ». Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils.

Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham. Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis. Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Les chefs des peuples qui habitaient la Palestine et les pays environnants avaient coutume d’immoler leur fils aîné pour obtenir la faveur de leur dieu dans des circonstances exceptionnelles. À plusieurs moments de son histoire le peuple élu a été tenté d’agir de même, mais les prophètes ont réclamé du peuple une obéissance intérieure à Dieu, une vie selon la justice et l’amour du prochain, plutôt que ces sacrifices humains. Abraham, l’ancêtre du peuple, n’a pas refusé de sacrifier ce qu’il avait de plus précieux, l’enfant porteur de la promesse. Mais Dieu n’a réclamé de lui que cette totale obéissance intérieure.

Notre amour se mesure au don que nous faisons de nous-mêmes. Seigneur, aide-moi à ne pas lésiner quand il s’agit de t’aimer et d’aimer mes frères !

Psaume 115

R/ : Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants.

Je crois, et je parlerai, moi qui ai beaucoup souffert. Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! R/

Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ? Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce, j’invoquerai le nom du Seigneur. R/

Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple, à l’entrée de la maison du Seigneur, au milieu de Jérusalem ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 31b-34

Dans un même élan d’amour du Dieu Trinité, le Père donne son Fils et le Fils se donne à nous.

Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Dieu est celui qui rend juste : alors, qui pourra condamner ? Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce que Dieu n’a pas réclamé d’Abraham, il l’a fait lui-même pour nous : il nous a livré son propre Fils et accepté qu’il soit mis à mort pour nos péchés. En possession d’un tel gage d’amour de Dieu pour nous, comment pourrions-nous craindre encore et ne pas nous abandonner à sa tendresse ?

Nous connaissons des gens dont la conscience est inquiète, qui se croient loin de Dieu ou oubliés de lui, qui vivent dans la peur. Comment leur faire découvrir que Dieu est « pour » eux et non « contre » eux ?

Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur. De la nuée lumineuse, la voix du Père a retenti : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! » Gloire au Christ, Parole éternelle du Dieu vivant. Gloire à toi, Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc Mc 9, 2-10

Encadré par Moïse et Élie, Jésus transfiguré se présente comme la Parole du Père que ces deux prophètes n’avaient fait que balbutier.

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : au milieu des diverses annonces de sa passion au cours desquelles Jésus prévient ses disciples qu’il sera défiguré par la haine des hommes, se dresse cet évènement où le Christ se montre transfiguré à la fois par l’amour du Père pour son « Fils bien-aimé » et celui que Jésus porte à Dieu et aux hommes qu’il vient sauver.

Voir des visages transfigurés : l’enfant du catéchisme que la grâce illumine, le jeune qui vient d’être embauché, le malade qu’une visite arrache à sa torpeur, le couple qui rayonne à la naissance de son enfant… Comme nous voudrions être souvent les acteurs de ces transfigurations !

Homélie

Le miracle de la Transfiguration est l’un des plus beaux joyaux de la Révélation chrétienne. C’est une scène d’une particulière densité et d’une grande richesse d’évocation. Les trois Apôtres qui en furent les témoins privilégiés en ont gardé un souvenir impérissable. Et comme nous comprenons bien leur émotion, puis leur enthousiasme, à la vue de ce Jésus qui dans l’existence quotidienne était si simple si familier, si semblable aux autres hommes et qui brusquement leur laisse entrevoir l’éblouissante splendeur de sa divinité.

Certes, auparavant, ils devinaient bien que leur Maître était plus qu’un homme. Pierre avait même fait au nom des Douze cette magnifique profession de Foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant… » Mais de cette vérité, dans le cours de la vie ordinaire ils n’étaient que trop portés à l’oublier.

Or, maintenant qu’ils voient se révéler, dans un éclair de gloire, le Christ qui est « le Fils Bien-Aimé du Père », le Sauveur annoncé par les prophètes (représentés ici par Moïse et Elie) ils comprennent mieux le privilège inouï qui est le leur : de vivre avec Jésus et dans son amitié, de pouvoir à chaque instant rencontrer Son Regard, écouter Sa Parole, lui parler, lui demander lumière et réconfort. Et dans la plénitude de joie qu’ils éprouvent, ils voudraient éterniser cette minute exceptionnelle : « Seigneur il fait si bon ici, restons-y ».

Rêve chimérique que Jésus va dissiper, car l’homme ici-bas ne doit pas vivre habituellement sur le Thabor et dans les ravissements de l’extase… La plaine le réclame pour le combat et le travail. Mais dorénavant toute leur existence (qui restera dans le détail des heures, monotone et pénible) apparaîtra merveilleusement transfigurée par cette minute de lumière inoubliable.

Chers frères et sœurs, nous qui n’avons pas eu comme les Apôtres la ferveur de voir le Christ Glorifié, nous avons cependant une lumière capable de transfigurer, toute notre vie : c’est la lumière intérieure, la lumière surnaturelle de la Foi…

Il est clair que si nous projetons sur notre vie un regard simplement humain, elle nous apparaît plutôt maussade, presque toujours en grisaille et même à certaines heures absurde et cruelle. Nous sommes aux prises, en effet, avec tant et tant de difficultés. Trop souvent nous avons l’impression d’être emportés par la vague déferlante des évènements qui nous dépassent. Notre travail quotidien peut nous paraître fastidieux et, à la longue, exaspérant. Et ceux qui nous entourent, y compris ceux que nous aimons peuvent alourdir encore notre épreuve. Dieu lui-même peut nous sembler lointain, absent des prières par lesquelles nous cherchons à le rejoindre, étrangement neutre et indifférent au drame de notre existence.

Mais si nous projetons sur cette vie humaine les clartés de la Foi, alors tout est changé, tout peut se transfigurer, comme un paysage morose qui s’anime, se colore et se met à sourire à la lumière du soleil.

Car la Foi, voyez-vous, nous donne une autre vision du monde et de l’aventure humaine : elle nous permet de faire cette découverte enthousiasmante à savoir que Dieu, s’il reste invisible n’est pas lointain, mais tout proche, présent partout et surtout en nous-mêmes par le mystère de la Grâce sanctifiante, et qu’il nous enveloppe constamment de sa Tendresse. Nous découvrons que Dieu, apparemment silencieux et détaché nous aime, chacune et chacun, d’un amour éperdu et s’occupe par sa Providence du détail de nos vies…

D’ailleurs n’avons nous pas la preuve la plus convaincante de cette proximité du Seigneur et de son prodigieux amour dans le Mystère de l’Eucharistie.

Jésus réellement présent nuit et jour dans le Tabernacle de nos églises. Jésus qui par la Communion Eucharistique dépose en nous le germe de notre future glorification, nous plonge davantage dans l’intimité divine et resserre nos liens d’amour avec tous nos frères.

Et dans cette lumière qui vient d’En-Haut nous découvrons également que nos démarches quotidiennes, si insignifiantes à première vue, que notre travail le plus banal, qu’en un mot tout ce qui occupe nos journées, tout cela peut être divinisé, tout cela peut avoir un retentissement éternel si toutefois, bien sûr, nous nous efforçons de la vivre en union avec le Christ, si toutefois nous nous efforçons de l’accomplir comme le Christ lui-même l’accomplirait s’il était à notre place.

Enfin grâce à cette lumière surnaturelle de la Foi nous découvrons que nos souffrances, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles, (ces souffrances qui nous révoltent aussi longtemps qu’elles nous semblent absurdes) que nos souffrances ont un sens : qu’elles peuvent devenir utilisables et porter beaucoup de fruits si nous savons les unir aux souffrances du Sauveur : Mystère de Compassion, de Corédemption dont la Vierge Marie est le plus bel exemple.

Malheureusement ces vérités si réconfortantes, nous les oublions trop facilement et cela parce que nous ne savons pas (ou ne cherchons) pas assez à nous élever jusqu’au niveau d’une foi vraiment divine.

Notre comportement, nos réactions ressemblent trop souvent au comportement et aux réactions de ceux qui ne partagent pas cette Foi. Trop souvent c’est l’humain qui prédomine en nous.

Et il faut bien reconnaître que la démarche du croyant n’est pas facile, car les réalités invisibles ne sont ni tangibles, ni mesurables, elles n’atteignent pas nos sens.

Nous ne pouvons pas voir de nos yeux, ni toucher de nos mains le monde surnaturel dans lequel, pourtant, nous baignons.

Dieu, l’Ame, la Grâce, la Communion des Saints, le Ciel : ces réalités là, ni l’analyse chimique, ni le scanner, ni les explorations interplanétaires ne peuvent les atteindre…

Et il faut ajouter que les instants où Dieu par une lumière spéciale devient « sensible au cœur », ne sont jamais dans notre vie que des minutes brèves. La joie comblante de la Transfiguration fut, pour les Apôtres, de courte durée. Et s’imaginer que les Saints vivaient toujours en extase avec le ciel ouvert devant les yeux est une grosse erreur.

Pour les Saints, comme pour nous la vie terrestre a été une épreuve et un combat spirituel dans l’obscurité. Il reste que pour nous, comme pour eux, la Foi doit être ce phare dans la nuit, ce rayon de lumière qui permet d’avancer sans s’égarer sur le chemin montant, étroit et escarpé, qui mène à Dieu.

Et puisque la Foi dépend de la Grâce et de notre bonne volonté, puisque la Grâce nous est toujours offerte, il dépend finalement de nous que notre Foi chrétienne devienne plus forte, plus surnaturelle, plus rayonnante.

Faisons donc cet effort durant ce temps de Grâce qu’est le Carême.

Ne restons pas dans les ténèbres, alors que nous pouvons marcher sous le grand soleil de Dieu.

Et puisque nous connaissons bien notre faiblesse, redisons souvent cette profonde prière qui fut inspirée à un paysan du temps de Jésus :

« Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon incrédulité ».

Oui, Seigneur, c’est bien vrai, trop souvent nous sommes des croyants incroyants ou peu croyants…

Accorde-nous, par Marie ta Très Sainte Mère qui est le Modèle incomparable de la Foi, de dépasser le stade d’une foi imparfaite, réveille notre Foi, trop souvent somnolente pour que notre existence monotone et éprouvée soit toute entière illuminée par Ta Présence, par Ta Vie en nous, en attendant le jour éternel où nous te serons semblables parce que nous te verrons tel que tu es dans les splendeurs de la Bienheureuse Trinité.

Amen.

 

Prière universelle

Ce dimanche, nous entendons la Voix sur la montagne, Pierre, Jacques et Jean contemplent la lumière qui illumine le visage de Jésus. Aujourd’hui, dans la foi, nous demandons à Dieu la vraie lumière pour notre monde :

R/ : Fils du Dieu vivant, exauce-nous !

  • Seigneur Dieu, ta voix retentit au cours de la Transfiguration du Christ « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le », aide nous à être plus attentifs à ta voix, à te suivre quotidiennement avec foi et espérance. Nous t'en prions. R/ 
  • Seigneur Dieu, donne la foi d'Abraham à tous les évangélisateurs. Qu'ils mettent leur confiance en toi totalement. Nous t'en prions. R/ 
  • Seigneur Dieu, avec la parole du psalmiste nous te demandons de révéler ta présence à tous ceux qui te cherchent. Nous t'en prions. R/ 
  • Seigneur Dieu, St Paul a dit si tu es pour nous, qui sera contre nous ? Pourtant la peur de la pandémie gagne pas mal de place dans le cœur de tes enfants. Dieu prends soin de tous les malades ! Nous t'en prions. R/ 
  • Seigneur Dieu, en ce dernier jour du mois de février, nous te confions toutes les femmes victimes de la violence dans nos sociétés modernes. Que la société humaine les protège et prenne en compte leurs souffrances ! Nous t'en prions. R/ 

Dieu, notre Père, reçois nos prières en ce jour de joie au cœur du Carême par Jésus Christ, ton Fils notre Seigneur qui vit et règne avec toi et l’Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com

Lectures du 2ème Dimanche de Carême en DOCX et PDF

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16 février 2024 5 16 /02 /février /2024 16:05

Année B

Lecture du livre de la Genèse 9, 8-15

Par son alliance avec Noé, Dieu s’engage envers les hommes à promouvoir la vie et non à la détruire.

Dieu dit à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de l’arche. Oui, j’établis mon alliance avec vous : aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre ». Dieu dit encore : « Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre. Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre, et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages, je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : L’eau qui apporte la vie aux terres du Moyen-Orient fut aussi un fléau mortel, il y a plusieurs millénaires, lors de crues dévastatrices ou de raz-de-marée provoqués par l’affaissement de la terre ferme. Le peuple d’Israël a conservé la mémoire de ces tragédies passées qu’il a relatées dans le récit du déluge. En s’engageant à ce qu’il n’y ait plus de déluge désormais, Dieu donnait à son peuple l’assurance qu’il pourrait continuer l’œuvre créatrice sans craindre le retour du chaos. Ainsi montrait-il le prix qu’il attache au travail et aux techniques des hommes pour améliorer leur vie et rendre le monde plus habitable pour tous.

Aux jours de Noé, Dieu noue avec l’humanité une alliance sans contrepartie : aucune réponse explicite de foi n’est demandée aux hommes, sinon de faire réussir la vie et la création. Merveilleuse alliance qui englobe tous les hommes de la terre !

Psaume 24

R/ Tes chemins, Seigneur, sont amour et vérité pour qui garde ton alliance.

  • Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. R/
  • Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Dans ton amour, ne m’oublie pas, en raison de ta bonté, Seigneur. R/
  • Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. R/

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre 3, 18-22

Sauvés à travers l’eau du baptême, nous entrons dans une Alliance nouvelle avec Jésus ressuscité.

Bien-aimés, le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel, lui à qui sont soumis les anges, ainsi que les Souverainetés et les Puissances. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Il est bon d’entendre Pierre nous rappeler que notre baptême n’est pas une geste magique ou de pure tradition. Il est un engagement pris envers Dieu ; nous devons donc le ratifier chaque jour, librement et loyalement. Il est un engagement à vivre comme Jésus, c’est-à-dire en faisant passer l’amour de Dieu et de nos frères avant tout autre chose ; c’est affirmer que nous acceptons de vivre un amour coûteux qui réclame renoncement à nous-mêmes ; c’est dire que la vie nouvelle de Jésus ressuscité ne peut envahir notre existence que si nous abandonnons tout égoïsme.

« S’engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus-Christ », tel est le projet des catéchumènes, jeunes et adultes, qui s’apprêtent à recevoir le baptême à Pâques, et aussi celui des familles qui demandent le baptême de leurs enfants. Les accompagner et prier pour eux relève de notre responsabilité de communauté de baptisés.

Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance. L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Ta Parole, Seigneur, est vérité, et ta loi, délivrance.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 12-15

Vainqueur de Satan, Jésus vit au désert dans un monde réconcilié ; c’est une bonne nouvelle de la réconciliation qu’il s’empresse alors de proclamer.

En ce temps-là, Jésus venait d’être baptisé. Aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient.

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Emprisonnée dans le cercle infernal de la souffrance, de la maladie, de la mort et du péché, l’humanité n’a cessé d’espérer et de lutter pour qu’un jour vienne où le mal à l’œuvre dans le monde soit vaincu. Nul homme pourtant n’y est parvenu. Le peuple de Dieu maintenait vivante cette espérance en attendant le jour où Dieu lui-même viendrait prendre en main la lutte des hommes contre le mal, où il manifesterait son règne. Telle est la Bonne Nouvelle que Jésus annonce : l’heure est arrivée où Dieu se mêle aux hommes pour que l’amour ait le dernier mot sur la terre, l’heure du « règne de Dieu est là ». Avant de montrer cet amour de Dieu à l’action dans la vie de Jésus le Libérateur, Marc nous présente les signes de la victoire prochaine : en Jésus notre frère, l’homme a vaincu Satan et vit dans un univers réconcilié, en paix avec les bêtes sauvages, en communion avec Dieu dont les anges viennent le servir.

Comment, à notre place et selon nos moyens, sommes-nous associés à lutte de Jésus Christ contre le mal ?

Homélie

C’est toujours avec surprise que nous relisons dans l’Evangile ce qui s’est passé aussitôt après le Baptême de Jésus. On sait que, lors de son Baptême, Notre-Seigneur avait reçu l’Esprit-Saint en vue de l’accomplissement de sa mission. Or voici qu’avant de le conduire dans le vaste champ de prédication évangélique, parmi les foules de Palestine, de Galilée ou de Judée, l’Esprit-Saint le pousse en direction du désert. Oui, il fallait, selon le Plan du Père, qu’avant de se lancer dans une activité débordante, Jésus soit soudain, enlevé au monde dans lequel il vivait... Oh ! Non pas pour le fuir et se mettre à l’abri de ses tentations, mais pour être en mesure d’y retourner, après une retraite de 40 jours, tout chargé des richesses spirituelles données par son Père.

Eh bien ! Frères et sœurs, chaque année, au temps du Carême, l’Eglise nous invite instamment à nous associer à cette expérience impressionnante du Christ ; elle nous invite à la refaire pour notre propre compte. Nous devons bien nous convaincre, en effet, qu’il n’est vraiment pas possible d’orienter convenablement notre vie chrétienne, qu’il n’est vraiment pas possible de rencontrer Dieu et de vivre en communion avec Lui si nous n’acceptons pas de passer, de quelques manière, par le désert.

Passer par le désert, qu’est-ce que cela veut dire au plan spirituel ?

- Ceux qui sont un peu familiers de la Bible savent que le désert c’est d’abord le lieu où l’on se retrouve seul face à Dieu. C’est au désert qu’Israël a pris conscience de sa vocation de Peuple de Dieu. C’est au désert que la plupart des grands hommes de l’Ancien Testament ont découvert ou redécouvert la Volonté de Dieu sur eux. C’est au désert que Jésus a choisi de sauver le monde par l’amour, cet amour qui va jusqu’au sacrifice total de soi-même. Il est évident que matériellement parlant nous ne pouvons pas nous rendre au désert... Il est indispensable cependant qu’à l’occasion du Carême nous sachions trouver le moyen de nous arracher (au moins à certains moments) à la vie agitée qui d’ordinaire est là nôtre. Il faut, coûte que coûte, que nous prenions un peu de temps pour nous recueillir dans une vraie solitude et dans le silence. Car, là, sous le regard de Dieu pourrons réfléchir paisiblement au but suprême de notre existence et sur les moyens surnaturels qu’il nous faut nécessairement mettre en œuvre si nous voulons atteindre ce but.

Sans doute savons-nous que l’Evangile est notre lumière et que le Christ est notre vie, mais trop souvent nous risquons d’oublier ces vérités essentielles. Nous nous laissons trop facilement attirer par le monde visible et tangible qui capte notre attention de mille manières et nous éprouvons alors des difficultés à croire aux réalités invisibles.

En nous engageant régulièrement dans des « zones de désert » propices à la réflexion, nous comprendrons à quel point il est urgent pour nous de revenir à l’essentiel et nous amorcerons cette conversion, ce retournement de notre mentalité qui doit être en définitive la grande affaire de notre Carême.

- Le désert c’est donc le lieu privilégié où l’on peut faire, à nouveau, le choix de Dieu afin de lui redonner dans notre vie la place à laquelle il a droit, c’est-à-dire la première ; le désert c’est le lieu privilégié où l’on reprend conscience de la grandeur de sa vocation baptismale ainsi que des exigences qui en découlent.

- Le désert c’est le lieu où l’on peut, à l’exemple du Christ, prier avec le maximum d’intensité. Durant ses 40 jours de désert, Jésus, s’est livré, avant tout, à une contemplation assidue de son Père. Dans ce contact intime il lui exprimait l’Amour absolu qu’il avait pour Lui.

A l’exemple de Jésus, faisons en sorte, chers frères et sœurs, que nos « zones de désert » durant le Carême soient remplies d’intense prière, une prière qui devienne peu à peu ce que le Seigneur souhaite qu’elle soit : la respiration de notre âme !

- L’Evangile de ce dimanche nous permet aussi de découvrir que le désert c’est le lieu de l’épreuve. Au désert Jésus a été tenté par le démon et il a triomphé de lui. Ainsi nous est rappelée une vérité que notre monde oublie trop, quand il ne la refuse pas, à savoir qu’il existe un esprit du mal que la Bible appelle Satan, ce qui veut dire : l’adversaire. Il est notre ennemi extrêmement rusé et qui ne désarme jamais.

Jésus nous l’a révélé comme homicide dès le début car il est l’inspirateur de tout ce qui tue l’amour dans le cœur des hommes : l’orgueil en particulier, l’égoïsme et la haine. Il nous l’a révélé aussi comme étant le « Père du mensonge », celui qui trompe l’homme sur ce qu’il est sur sa véritable destinée, lui faisant croire qu’il peut trouver en lui-même ou dans ses inventions, son propre salut. Vis-à-vis de Jésus, le projet de Satan au désert visait à détacher le « Fils Bien-aimé » de l’intimité qu’il avait avec son Père et de lui faire renier sa mission de serviteur souffrant. Il lui a suggéré en effet de réussir auprès des hommes, de s’élever jusqu’aux plus hauts sommets de la puissance et de la gloire en prenant des moyens extraordinaires mais qui étaient sou référence à Dieu. Discernant tout de suite le mal qui se cachait derrière ces tentations, Jésus l’a repoussé avec la plus extrême vigueur nous redisant, par là, l’Absolu de Dieu.

Chers frères et sœurs, la tactique de Satan n’a pas changé. Il s’efforce toujours de nous faire croire à la possibilité d’un salut sans la souffrance et la croix. Ce qu’il ne cesse de nous proposer, c’est une route facile, sans exigences, où il suffit de sa laisser vivre... Car Jésus nous avertit que cette voie large et spacieuse même tout droit à la perdition tandis que le chemin qui mène à la Vie éternelle est étroit est difficile.

Le Carême c’est le temps où nous nous entrainons à la lutte contre toutes les formes de mal, toutes les formes de péché que Satan ne cesse de nous suggérer :

  • qu’il s’agisse de cette perpétuelle recherche de notre plaisir, de nos aises, de notre confort...
  • qu’il s’agisse du besoin de paraître, de briller, de nous faire remarquer...
  • qu’il s’agisse encore de cette volonté de puissance qui nous conduit à imposer nos vues, à dominer les autres par tous les moyens...

Notons enfin pour terminer que le désert, c’est l’endroit où on n’a pas de demeure permanente, où l’on à conscience d’être des voyageurs, des gens de passage, toujours en marche. Le désert c’est le lieu où les Hébreux ont passé de l’esclavage à la liberté.

Il faudrait, frères et sœurs, que ce désert spirituel que constitue le Carême soit aussi pour nous une marche libératrice, qu’il soit pour nous l’occasion de secouer le joug de ces vieilles habitudes qui nous entraînent au péché et nous empêchent par conséquent de grandir et de nous épanouir dans l’Amour.

N’allons pas croire cependant que ce chemin de Carême qui est très exigeant soit un chemin de tristesse. C’est un chemin qui à travers la Croix conduit à la joie : la joie que l’on éprouve toujours au bout de l’effort, la joie d’être libéré de tout ce qui entrave, la joie d’être transformé, la joie d’être plus uni à Dieu.

Demandons instamment à la Vierge Marie qui est notre Educatrice dans l’ordre surnaturel de nous accompagner et de stimuler notre générosité durant les 40 jours de notre rude montée vers la Joie de Pâques.

Amen.

 

Lectures du 1er Dimanche de Carême en DOCX et PDF

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