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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 00:05

Dans la 1ère lecture de ce dimanche, le prophète Jérémie annonce que Dieu va conclure une alliance nouvelle avec Israël et Judas scellée 600 ans plus tard dans le sang du Christ, elle s’étendra à toutes les nations. Le passage de l’Evangile de Jean que nous venons d’entendre nous donne à comprendre que pour Jésus le moment est désormais tout proche où cette nouvelle et éternelle alliance va s’accomplir. « L’Heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié » proclame-t-il, devant ces quelques grecs qui lui ont demandé audience au terme de la Procession triomphale des Rameaux et qui sont en quelque sorte l’avant-garde de tous ceux qui par la suite viendront à Lui, le reconnaissant comme leur Sauveur et leur Dieu. En pensant à cette Heure (qu’il a évoquée déjà tant de fois), cette Heure qui va marquer l’achèvement de sa mission, cette Heure qui va être celle de l’amour qui va jusqu’au bout, cette Heure où en subissant les souffrances de sa Passion et de sa Crucifixion, il va se soumettre à la loi du grain de blé : qui est celle d’une mort se métamorphosant en une vie nouvelle extrêmement féconde, Jésus est profondément troublé et il en fait la confidence à ceux qui l’écoutent  « Je suis bouleversé... »

Nous sommes peut-être étonnés frères et sœurs, par cette peur, cette angoisse, cette répulsion extrême que Jésus éprouve vis-à-vis de la souffrance et de la mort.

Nous savons, en effet, que Jésus est à la fois Dieu et homme. Et parce qu’il est Dieu, nous sommes portés à croire qu’il pouvait supporter la souffrance et la mort plus facilement que nous : ce en quoi nous nous trompons. Bien sûr, il est Dieu, mais il est aussi un homme comme nous, semblables à nous en toutes choses, sauf le péché. En lui la nature divine ne modifie en rien la nature humaine ; ou plus exactement elle ne la modifie que pour la rendre plus parfaite, pour lui communiquer un tempérament d’une délicatesse incomparable. De ce fait, la souffrance en lui n’était pas moindre qu’en nous, mais au contraire elle avait une acuité bien supérieure à celle qu’elle peut avoir en nous. Et il faut bien comprendre aussi, frères et sœurs, qu’en lui, Jésus qui était en sa qualité de Fils de Dieu, la vie parfaite, il ne pouvait y avoir qu’un amour infini de la vie et par conséquent une horreur infinie de la mort. « Je suis bouleversé... »

Jésus qui a déjà une longue expérience de la souffrance (par cette souffrance qu’il n’a cessé de combattre en lui et chez les autres) : il a connu la fatigue, le dur travail, l’incompréhension, la haine, toutes sortes de persécutions de la part de ses ennemis, Jésus sait très bien que tout cela est peu de choses en comparaison de ce qui l’attend et qu’il voit dans le détail par cette connaissance parfaite qu’il a de l’avenir. Il sait que ce qu’il devra bientôt endurer physiquement (et dont nous pouvons avoir une certaine idée) sera un paroxysme de douleur : les mauvais traitements, l’atroce flagellation, le couronnement d’épines, le portement de la Croix, l’horrible crucifixion avec ces douleurs parmi les plus aigües qu’il ressentira dans tout son corps durant trois heures. Il sait aussi tout ce qu’il lui faudra endurer de souffrance intérieure, et qui est quelque chose d’immense « un océan infini, sans fond et sans rivages », dont les moments les plus forts se situeront au Jardin des Oliviers « mon âme est triste en en mourir », et sur la croix « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Ce qu’il va éprouver (et qui échappe totalement à notre connaissance) c’est le sentiment d’être celui qui porte en lui tout le péché, toute l’impiété du monde. Celui que Dieu « a fait péché pour nous » comme dit saint Paul, celui qui accepte librement de répondre, pour tous, de leurs péchés devant Dieu et qui va expirer non seulement en leur faveur, mais à leur place, ce qui va avoir pour conséquence, en lui Jésus, le fait d’être comme séparé de Dieu, car Dieu a pour le péché une répulsion infinie... Et ce sentiment qu’il aura de l’éloignement et de l’abandon du Père déclenchera en son âme une tempête indicible, un tourment intolérable : mystère insondable dans les profondeurs duquel nul ne peut pénétrer. Comment à la vue par avance de tous ces maux d’ordre physique, moral ou spirituel, Jésus ne serait-il pas effrayé, bouleversé dans tout son être en proie déjà à une angoisse mortelle... Aussi, comme il le fera au Jardin des Oliviers, il supplie le Père de le délivrer de cette Heure. Mais aussitôt il se reprend, acceptant filialement de réaliser l’œuvre du Salut en se faisant obéissant et obéissant jusqu’à la mort, acceptant d’être le grain de blé qui meurt pour porter du fruit.

Car c’est bien pour cette Heure, précisément, qu’il est venu :

  • celle où, sur la Croix, il va nous manifester sa suprême tendresse, cet amour à en mourir qui a seul le pouvoir de faire vivre.
  • celle où il va pleinement glorifier le Père et être lui-même glorifié.
  • celle où il va disparaître dans le tombeau pour ressusciter en source de vie éternelle.

Oh ! Que la récolte sera belle quand le Père engrangera dans le Paradis les fruits de la Pâque de Jésus ! Et nous serons de la fête, frères et sœurs, si nous acceptons dès à présent de suivre le Sauveur dans le geste de sa mise en terre par amour.

« Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa Croix et qu’il me suive ».

Donner notre vie « au détail » dans le goutte à goutte de nos journées, à travers ces nombreuses morts au péché qui sont exigées de nous, voilà notre façon de nous laisser ensevelir avec le Christ en vue d’une résurrection solidaire de la sienne.

L’Evangile résume toutes ces démarches de charité qu’il nous faut accomplir à longueur de journée par le mot « service » qui devrait devenir davantage le titre de gloire des chrétiens. Soyons bien convaincus qu’il n’y a pas d’autre moyen pour nous, d’être un jour honorés par le Père quand il distinguera le bon grain de l’ivraie dans la moisson du Royaume Eternel.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année B
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