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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 07:21

Chaque année à la date du l6 Juillet, l'Eglise nous fait célébrer NOTRE-DAME du MONT CARMEL. Quelle est la signification particulière de cette fête ?

Le mot CARMEL qui en hébreu veut dire « jardin », attire d'abord notre attention sur ce merveilleux « jardin de Dieu » qu'est le Cœur Immaculé de Marie où toutes ces fleurs admirables que sont les vertus chrétiennes se sont pleinement et parfaitement épanouies, offrant une beauté sans pareille qui charme la Bienheureuse Trinité et répandent un extraordinaire parfum de sainteté qui attire les âmes éprises d'absolu.

Evoquer Notre-Dame du MONT CARMEL, c'est donc évoquer la dévotion au Cœur Immaculé de Marie.

Or, personne ne peut ignorer, surtout depuis Fatima, à quel point cette dévotion est agréable au Seigneur. C'est Marie, Elle-même qui nous l'affirme par l'intermédiaire des petits voyants : « Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé ».

C'est comme si Elle nous disait : « en ces temps particulièrement dangereux - dangereux avant tout pour vos âmes - qu'il vous faut traverser, mes enfants, le Seigneur vous invite très instamment à entrer, par le moyen d’une consécration totale de vous-mêmes dans cette riche oasis toute enveloppée du soleil de sa Grâce. Il sait bien que là vous serez puissamment protégés à la fois de l'erreur et du péché et que là surtout, je pourrai beaucoup plus facilement qu'ailleurs vous former à une vie de très grande intimité avec Lui, car mon Cœur est un modèle incomparable d'intériorité. C'est la raison pour laquelle j'ai adressé un jour à Sœur Lucie ce message plein d'espérance : Mon Cœur sera ton refuge et la Voie qui te conduira à Dieu ». En s'exprimant ainsi, Marie attire également notre attention sur un autre sens du mot CARMEL.

Le Carmel, en effet, est une montagne. Or, la montagne dans la Bible c'est le lieu privilégié de la rencontre face à face avec Dieu. A cause du prophète Elie qui y pria beaucoup, le Mont Carmel a toujours été pour les chrétiens le symbole de la vie contemplative, de cette vie mystique que Marie vécut au plus haut degré et qui consiste en une intense communion de tous les instants avec les Trois Personnes divines demeurant en nous.

Marie, la Très Sainte, qui est l'éducatrice de notre vie chrétienne nous presse de la suivre sur cette voie de l'union à Dieu qui est la vocation première de tout baptisé.

Pour nous permettre d'effectuer cette rude « montée du Carmel » (c'est-à -dire notre ascension vers les sommets de la sainteté). Elle nous recommande un moyen irremplaçable et accessible à tous qui fut d'abord son secret à Elle : l'oraison mentale.

Les grands maîtres de la spiritualité du Carmel : sainte Thérèse d'Avila, saint Jean de la Croix et sainte Thérèse de l'Enfant Jésus ont mis en lumière son étonnante efficacité et ils nous apprennent à la pratiquer.

Nous avons donc tout intérêt à nous familiariser avec leurs écrits, ceux en particulier de la petite Thérèse de Lisieux qui sont vraiment à la portée de tous.

Donnons-leur une place de choix dans nos lectures spirituelles.

« L'oraison mentale, nous dit sainte Thérèse d'Avila, c'est un commerce intime d'amitié où l'on s'entretient seul à seul avec ce Dieu dont on ne sait aimé pour mieux vivre en Lui ».

Cette manière de prier, qui est la plus élevée, exige de notre part un certain nombre d'efforts, mais qui ne sont jamais hors de nos possibilités. Elle consiste essentiellement à se taire, a regarder et à aimer, comme le fit Bernadette tout le temps que dura la dernière apparition de Marie à Massabielle le 16 Juillet 1858, en la fête précisément de Notre-Dame du Mont Carmel.

Au cours de cette ultime visite, en effet, Marie voulut privilégier le silence indispensable à la contemplation ; tout ne fut qu’intimité profonde entre la mère et l'enfant, échange très doux de regards et de sourires.

Par cette singulière leçon de choses, la Vierge - qui est la « maitresse d'oraison » par excellence, veut nous faire comprendre que pour faire une bonne oraison, il n'est pas nécessaire de beaucoup parler ou de beaucoup réfléchir, il suffit de beaucoup aimer.

« Que dites-vous à Jésus dans le temps de l'oraison, demandait-on à sœur Thérèse de l’Enfant ? Je ne lui dis rien, répondit-elle, je l'aime ».

Prions très fort Notre-Dame du Mont Carmel pour qu'Elle nous communique sa grande soif de Dieu, nous enseigne les secrets de la vie d'oraison, et nous obtienne de persévérer dans cette forme de prière qui, parce qu'elle est « de l'intimité divine à haute dose », nous fait commencer la vie du ciel sur la terre.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 08:05

Un jour, écrit St Luc en une page exquise de son Evangile, « Marie partit et se rendit en hâte chez sa cousine Elisabeth qui avait conçu un fils en sa vieillesse ».

Elle se dépêchait, car l'Esprit-Saint dont Elle était l' Epouse Bien-aimée la pressait de se rendre auprès de cette femme âgée en situation délicate pour y commercer sa mission de « Porteuse du Christ » et de Médiatrice de son Amour.

Son entrée dans la maison de sa vieille parente fut une heure particulièrement flamboyante, une première Pentecôte en vérité.

Par sa seule présence, en effet, et son humble salutation, s’accomplit une véritable effusion de l'Esprit-Saint qui souleva les acteurs présents comme au-dessus de la terre et hors d'eux-mêmes.

C'est comme si une sorte d'ivresse surnaturelle les avait saisis tout à coup, comme si un peu de folie divine avait envahi leurs cœurs.

Le premier touché par le feu de cette Pentecôte fut le petit Jean qui se trouva immédiatement sanctifié dans le sein de sa mère ainsi que l' ange du Temple l'avait annoncé à Zacharie son père : « Il sera rempli du Saint-Esprit des le sein de sa mère ».

Le futur Précurseur en tressaillit de joie et cette émotion gagna l' âme de sa mère qui fut divinement éclairée pour reconnaître en Marie « la mère de son Seigneur » lui apportant - à elle, mais aussi à son enfant prédestiné, à Zacharie, puis à tous, la joie qui surpasse toute joie : celle du Verbe Incarné Sauveur des hommes. « Et d'où me vient ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » Et ce feu d'artifice de l'Esprit-Saint, s'acheva, comme nous savons, en une apothéose de reconnaissante allégresse et de louange dans 1'âme de la « Femme bénie entre toutes les femmes », proclamant dans son Magnificat les merveilles de ce Dieu infiniment Saint qui désormais, par son intermédiaire de petite servante allait « visiter et racheter son Peuple ».

Telle fut la première Visitation de Notre-Dame.

Mais ce mystère, si révélateur de l'ardente charité et de la parfaite humilité de Marie qui à l'exemple de son Fils ne vient pas « pour être servie, mais pour servir », n'appartient pas seulement au passé ; il est une réalité toujours actuelle, combien douce et génératrice d'une grande espérance !

Marie, la toute miséricordieuse ne cesse de porter à tous ceux qui, par sa maternité de grâce, sont devenus ses enfants, la présence Sanctifiante du Rédempteur.

On peut dire que la Mère de l'Eglise, trésorière et distributrice de tous les dons de Dieu est toujours « en visite auprès de ceux qu'elle aime » (Adam de St Victor) parce que le mystère de son Assomption Corporelle fait qu'Elle est beaucoup plus proche de nous qu'elle ne le serait si elle était au ciel avec son âme uniquement.

En la glorifiant dans son corps et dans son âme, Jésus lui a donné de tout voir et de tout pouvoir, mais son regard et sa puissance d’intercession sont ceux d'une Mère dont le cœur idéalement bon se trouve dilaté presque à l'infini par l'amour divin qui l'habite.

« Marie, écrit le Père Bernard o.p. est un cœur qui est extrêmement délicat et qui a beaucoup souffert. Elle est animée envers nous de la tendresse la plus pénétrante et de la pitié la plus vraie. Son amour est un merveilleux composé : c'est de la plus exquise sensibilité féminine transformée dans la plus ardente charité divine. Il est une source intarissable de miséricorde ». Que d'interventions de la part de cette Maman céleste, discrètes la plupart du temps, mais toujours efficaces, dont nous sommes les heureux bénéficiaires ! Oh ! Comme elle accourt en toute hâte et vient nous visiter avec délicatesse chaque fois que se fait sentir un besoin quelconque du corps ou de l'âme :

  • chaque fois qu'il faut éclairer ou conseiller, car Elle est la Mère du Bon conseil.
  • chaque fois qu'il faut relever des chutes et panser les blessures causées par le péché, car Elle est le Refuge des pêcheurs.
  • chaque fois qu'il faut consoler, soulager et guérir, car Elle est la santé des malades et la consolatrice des affligés.
  • chaque fois qu'il faut stimuler, entraîner, lancer vers de nouveaux progrès de Foi, d'Espérance et d'Amour en vue d'une intimité toujours plus profonde avec Dieu et d'une charité toujours plus rayonnante de 1'Amour même du Christ, car Elle est la Mère de la divine Grâce et le secours des chrétiens, le « moule » dont le Saint-Esprit se sert pour former en nous le Christ et faire de nous des saints.

Saint Thomas d'Aquin, prince des théologiens, assure que « dans n'importe quel danger on peut obtenir le salut de la Vierge Marie ».

Or nous vivons en cette fin de siècle dans une période de péril extrême.

Le monde et l'Eglise sont terriblement ébranlés par les puissances de l'Enfer. Le démon déchaîne fait de plus en plus de ravages dans les âmes.

Mais la Reine du monde veille et c'est parce qu'Elle veut le salut de tous ses enfants, que depuis 1830 Elle se manifeste à eux à travers ces visitations plus solennelles et plus frappantes que sont ses apparitions.

Si Elle vient avec tant d’éclat, en effet, c’est d’abord pour nous avertir et nous prémunir, mais c’est aussi pour nous engager dans le grand combat qu’Elle mène contre le Mal et qui s’achèvera, comme Elle l’a promis, par une Victoire totale de son Cœur Immaculé.

Puissions-nous toujours mieux comprendre qu’en toutes ses Visitations, petites ou grandes, Marie nous apporte Jésus, et que cela doit nous suffire puisqu’en « nous le donnant, Dieu nous a tout donné ».

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 14:57
Je suis la Servante du Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ».

À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ».

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ».

Alors l’ange la quitta.

Méditation

Dans son admirable «Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge» (au N° 243), saint Louis Marie G. de Montfort invite tous ceux qui par leur Consécration sont devenus «esclaves de Jésus par Marie» à célébrer avec une intense ferveur la fête de l’Annonciation le 25 Mars. C’est ce jour-là, en effet, que l’Eglise commémore solennellement le mystère de l’Incarnation glorifiant en même temps le Verbe qui se fait Fils de Marie et la Vierge qui devient Mère de Dieu. Cette merveilleuse «Annonce faite à Marie» qu’il nous faut contempler non seulement un jour par an, mais tous les jours en récitant l’Angélus et en commençant notre Rosaire, est essentiellement un appel d’amour de la part de Dieu et une réponse d’amour donnée par Marie.

Dieu le Père demande à sa petite enfant privilégiée qu’Il a «comblée de grâce» et qui (par son vœu de virginité) s’est totalement consacrée à Lui, de coopérer d’une manière unique à son plan rédempteur en acceptant d’être la Mère du Sauveur promis et attendu depuis des siècles. Marie est parfaitement libre d’adhérer à ce dessein de Dieu sur Elle ou de s’y refuser. Quelle lourde responsabilité pour Elle ! Car ce qui va dépendre de sa décision, en fait, c’est la Rédemption de toute l’humanité, le salut éternel de chacun et chacune d’entre nous.

«Les destinées du monde sont suspendues aux lèvres et au cœur de Notre-Dame, écrit Dom Delatte, tous les deux : monde créé et monde incréé sont anxieux, attentifs, épiant la réponse de la Vierge qui pour tous deux sera décisive...»

Fort heureusement, il n’y a pas dans le Cœur Immaculé de la Vierge le plus petit mouvement de considération d’elle-même ou de complaisance en elle-même. Elle n’a jamais fait jusqu’à présent sa volonté propre, sa disponibilité est parfaite. C’est pourquoi, sans l’ombre d’une hésitation, elle donne son plein consentement à la volonté de Dieu, elle y adhère dans l’amour le plus intense et le plus pur qui soit : «Voici la Servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta Parole.»

Par ce oui pleinement libre, Marie se met inconditionnellement au service du Seigneur. Son acceptation s’accompagne d’une donation totale. Elle s’offre en qualité de servante, mieux que cela en qualité «d’esclave» (ce mot étant la traduction exacte du terme grec «doulé» employé par saint Luc). Par cet esclavage qui ne peut être qu’un esclavage d’amour, elle permet à Dieu de faire d’Elle tout ce qu’Il lui plaira... Il pourra donc épancher surabondamment son Amour en Elle, et par Elle sur toute l’humanité. En Elle et par Elle, il va «faire des merveilles.» A cause de ce oui qu’Elle n’a cessé de redire à tout instant, et en particulier au pied de la Croix, Marie est la Nouvelle Eve, Mère de tous les vivants, c’est-à-dire de tous les hommes sauvés et sanctifiés par Jésus, comme Lui-même est le Nouvel Adam. Dieu donne à tout chrétien une vocation, une mission par laquelle il est appelé à participer, comme Marie, à l’œuvre rédemptrice de Jésus et par conséquent Dieu demande à tout chrétien, comme à Marie, un oui de tous les instants qui soit vraiment adhésion d’amour à sa Sainte Volonté. Or, nous savons par expérience combien il est difficile de dire constamment et quoiqu’il en coûte, ce libre oui d’amour que Dieu réclame de nous. Et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons fait notre Consécration à Marie, voulant être pour Elle, par Elle et en Elle «esclaves d’amour»de Jésus. Dans la lumière de l’Esprit-Saint, il nous a été donné de comprendre, en effet, que Marie en sa qualité d’Educatrice des âmes, détient un secret de grâce pour nous faire dire ce oui dont nous sommes par nous-mêmes incapables à cause de notre faiblesse. Mais un tel résultat ne peut être atteint que dans la mesure où, renonçant à notre volonté propre, nous nous laissons faire par Elle. Une maman ne peut pas faire grand-chose de l’enfant qui se débat dans ses bras parce qu’il veut agir par lui-même, par contre elle fait tout ce qu’elle veut du tout petit qui se tient immobile entre ses bras, entièrement confiant et abandonné à elle. C’est cette dernière attitude d’humble petitesse et de docilité (appelée enfance spirituelle) que Marie, notre Mère à la fois si douce et si exigeante, attend de nous.

Puissions-nous donc, chaque fois que nous évoquons ou contemplons ce grand moment de l’Annonciation, renouveler notre résolution de vivre l’Evangile en étant de plus en plus malléables entre les mains expertes de Marie : Elle pourra ainsi, en union avec le Saint-Esprit dont Elle est l’Epouse indissoluble, nous modeler à l’image de Jésus, faire de nous des copies vivantes de Jésus.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 00:10

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Lecture du second livre de Samuel 7, 4-5a. 12-14a.16

La parole du Seigneur fut adressée au prophète Nathan : « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Quand ta vie sera achevée et que tu reposeras auprès de tes pères, je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté. C'est lui qui me construira une maison, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4, 13.16-18.22

Frères, Dieu a promis à Abraham et à sa descendance qu’ils recevraient le monde en héritage, non pas en accomplissant la Loi mais en devenant des justes par la foi. C'est donc par la foi qu'on devient héritier ; ainsi, c'est un don gratuit, et la promesse demeure valable pour tous ceux qui sont descendants d'Abraham, non seulement parce qu'ils font partie du peuple de la Loi, mais parce qu'ils partagent la foi d'Abraham, notre père à tous. C'est bien ce qui est écrit : J'ai fait de toi le père d'un grand nombre de peuples. Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l'existence ce qui n'existait pas. Espérant contre toute espérance, il a cru, et ainsi il est devenu le père d'un grand nombre de peuples, selon la parole du Seigneur : Vois quelle descendance tu auras ! Et, comme le dit l'Écriture : En raison de sa foi, Dieu a estimé qu'il était juste.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1, 16.18-21.24a

Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle Christ (ou Messie). Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit.

Méditation

« Il est deux créatures dont la sainteté est d’un ordre tout-à-fait a part, c’est-à-dire qui ont avec la Trinité Sainte des liens tout-à-fait incomparables aux autres : c’est d’abord la Mère de Dieu et c’est, a côté d’Elle, saint Joseph. »

Cette affirmation du chanoine Lallement attire notre attention sur l’extraordinaire grandeur du très humble serviteur de Dieu qu’avec toute l’Eglise nous serons heureux d’honorer et de prier durant tout le mois de Mars : JOSEPH « l’homme juste » époux de Marie, la virginale Mère du Sauveur et chef de la Sainte Famille.

Ce grand privilégié du Très-Haut se trouve, en effet, par rapport à Jésus Fils de Dieu et Fils de Marie, dans une relation absolument unique : il n’est pas seulement frère ou membre du Christ, mais il peut être dit en un sens véritable (qu’il faut bien préciser) : « Père du Christ ». Il est bien évident que la Conception virginale de Jésus par Marie, la Vierge Toute-Sainte, fait que saint Joseph n’est pas père du Christ au sens plénier, au sens tout-à-fait propre du terme. Cependant nous sommes assurés que l’appellation « père de Jésus » peut lui être donnée en un certain sens. Et c’est Marie Elle-même qui nous donne cette assurance lorsqu’au moment Recouvrement dans le Temple, Elle dit à son Fils : « Ton père et moi nous te cherchions. » Ce qu’il importe de bien comprendre en effet, c’est que si la paternité sens plénier comporte la paternité physique, elle ne se réduit pas à cela. La paternité comporte aussi un rôle moral, une autorité dans la famille sur l’enfant.

Saint Joseph était de plein droit, en vertu de sa véritable union conjugale avec Marie, le chef de la Sainte Famille. Voilà pourquoi il a pu - ayant l’autorité du point de vue légal et moral - exercer un véritable rôle de père à l’égard de l’Enfant Jésus. C’est quelque chose d’absolument inouï et mystérieux : Saint Joseph ayant sur le Fils de Dieu l’autorité paternelle, l’autorité du chef.

Est-il besoin de préciser que la Très Sainte Vierge, avec un immense amour pour l’époux que Dieu lui avait donné, reconnaissait Elle-même entièrement cette autorité ? Quelle humilité éminente il a fallu à cet homme pour oser exercer un tel rôle dans les circonstances les plus tragiques (fuite en Egypte) comme dans les choses les plus ordinaires de la vie familiale ! Saint Joseph n’a pu exercer cette autorité qu’en s’oubliant complètement lui-même, en ne pensant pas un seul instant à ce qu’il était come simple et pauvre homme, mais en agissant uniquement comme instrument de Dieu, sur l’ordre de Dieu dans le respect de la fonction que la Providence lui avait donnée. Autrement dit, saint Joseph n’a pu exercer son autorité que dans une obéissance parfaite : et c’est pourquoi il est un merveilleux exemple pour toute autorité, laquelle ne doit jamais être fondée sur l’intérêt ou le plaisir de celui qui l’exerce mais sur le service du bien commun.

Que voyons-nous en effet dans les récits évangéliques ? Le chef de la Sainte Famille se comportant toujours en serviteur entièrement dévoué à Jésus et à Marie, se donnant tout à eux dans un très pur amour sans la moindre réserve. Telle fut la sublime vocation de cet obscur « fils de David » (Mt I, 20) si effacé aux yeux du monde, mais dont la vie intérieure était si profonde, tout-à-fait au goût de Dieu : être le père de Jésus non par la chair, mais par l’âme, par l’attitude morale. Nous savons que pour cela il lui fut demandé de renoncer par la virginité à la grandeur de la paternité naturelle : ce fut son immolation d’homme chef de famille ; et il l’offrit de grand cœur. A ce sacrifice héroïque vinrent s’ajouter bien d’autres épreuves qu’il accepta courageusement dans un admirable esprit de foi et d’abandon : souffrance causée par l’obscurité des mystères divins, pauvreté, persécutions, exil, désagréments, ennuis et fatigues de toutes sortes. Ce fut sa manière à lui de collaborer au mystère de la Rédemption.

Ces brèves considérations nous permettent d’entrevoir à quel point Dieu a eu confiance en saint Joseph. Il est celui que le Père des Cieux a voulu associer à son grand dessein de Salut en mettant sous sa protection ce qu’Il avait de plus précieux dans tout l’univers : « l’Enfant et sa Mère » (Mt II, 13), le Rédempteur et la Co rédemptrice.

Nous pouvons donc, nous aussi, en nous appuyant sur l’exemple de Dieu Lui-même, Lui confier ce qui est notre plus grand trésor, l’essentiel de notre vie chrétienne : notre union à Jésus par Marie. N’oublions jamais qu’après la Vierge Immaculée, saint Joseph est le plus beau modèle et le plus sûr gardien des âmes intérieures, des âmes qui aspirent à vivre totalement pour Dieu et avec Dieu, dans l’accomplissement de la mission qu’elles ont reçue de Lui.

 

Prière

Glorieux Saint Joseph, époux de Marie, étendez sur nous votre protection paternelle, vous dont la puissance est de rendre possibles les choses les plus impossibles.

Pourvoyez à nos besoins présents. Ouvrez vos yeux de Père sur les intérêts de vos enfants. Venez-nous en aide et prenez sous votre charitable protection les affaires si importantes que nous vous recommandons afin que leurs heureuses issues tournent à la gloire de Dieu et au bien de vos dévoués serviteurs.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie Carême
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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 18:10

Lecture du livre des Nombres 6, 22-27

Le Seigneur dit à Moïse : « Voici comment Aaron et ses descendants béniront les fils d’Israël : Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! C’est ainsi que mon nom sera prononcé sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4, 4-7

Lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils, il est né d’une femme, il a été sujet de la Loi juive pour racheter ceux qui étaient sujets de la Loi et pour faire de nous des fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : envoyé par Dieu, l’Esprit de son Fils est dans nos cœurs, et il crie vers le Père « Abba ! ». Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et comme fils, tu es héritier par la grâce de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 16-21

Quand les bergers arrivèrent à Bethléem, ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

Et tout le monde s’étonnaient de ce que racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’Ange lui avait donné avant sa conception.

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Homélie

Huit jours après Noël, le 1er Janvier, l’Eglise fête solennellement Celle que si souvent dans nos « Je vous salue » nous appelons : « Mère de Dieu ».

Quelle est la signification profonde de ce titre prestigieux que depuis le Concile d'Ephèse, en 432, la Foi catholique décerne à Marie, la Toute Sainte ?

Titre unique qui est la clé de voûte de tout le mystère marial et qui place la Femme « bénie entre toutes les femmes » à la cime des grandeurs créées.

Disons-tout de suite que ce serait une erreur monstrueuse de penser que l'affirmation : Marie est mère de Dieu puisse signifier que la Vierge est la mère de la divinité. Dieu est infiniment au-dessus du temps et de l'espace, avant toute création : son existence ne dépend de personne. Quand à Marie, elle est, tout comme nous, une créature ayant reçu de Dieu son être et sa vie, notre sœur en humanité. Ce n’est donc pas Elle qui a donné à Jésus la nature divine : cette nature Il la tient de son Père de toute éternité : vérité capitale que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : « Je crois en Jésus-Christ le Fils Unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles... Vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ».

Ce que Marie, par contre, a donné à Jésus, c’est son humanité. Mais ce qu’il importe ici de bien comprendre, c’est qu’en Jésus la nature humaine et la nature divine appartiennent à une seule Personne : celle du Verbe éternellement Fils de Dieu, qui est Dieu comme son Père. Dans le Christ, en effet, il n’y a aucun dédoublement de personnalité : c’est le même « je » qui déclare : « je » marche (action humaine) et « je » ressuscite (action divine).

Partant de là, on peut donc dire que Dieu a prêché, que Dieu a souffert, que Dieu est mort sur une Croix. On peut tout aussi bien dire que Dieu est né, que Dieu est né de Marie. Marie est par conséquent la Mère de Dieu, la Théotokos, comme disent les chrétiens d’orient, ce qui veut dire « engendreuse de Dieu ».

C’est sur un sommet éblouissant que nous sommes transportés, en contemplant un tel mystère. Tout au long de son histoire, l’Eglise, par la voix de ses Papes, de ses théologiens, de ses mystiques ou de ses fidèles ont félicité l’humble Marie de cette dignité suprême qui l’exalte bien au-dessus de toutes les créatures et la constitue non seulement Reine des hommes, mais aussi Reine des Anges.

Par sa maternité divine, nous dit saint Thomas d’Aquin, la grandeur de Marie touche « à l’infini ».

A ce titre, Elle approche Dieu de si près qu’Elle semble se perdre dans les abîmes de la Trinité. L’évocation d’une telle sublimité qui lie si étroitement la Vierge-Mère au Verbe Incarné et la fait entrer par là même, réellement, dans la Famille de Dieu, donne le vertige. Tout le reste, c’est-à-dire tout ce que la Foi catholique nous enseigne sur Marie ne peut vraiment bien se comprendre qu’à partir de cette réalité lumineuse qu’est sa maternité en tant que « divine », ayant pour terme DIEU FAIT HOMME pour le SALUT des hommes. C’est de cette source que découle en particulier le mystère de sa maternité spirituelle, de sa maternité de grâce à l’égard des âmes, promulguée solennellement par Jésus crucifié, à l’heure où précisément Elle nous enfantait à la vie divine dans sa douleur de Co-rédemptrice : « Voici ton Fils », « Voici ta Mère ».

Le Pape saint Pie X explique qu’en devenant mère du Christ, tête du Corps mystique, Marie devient radicalement la mère spirituelle de ceux qui sont ses membres. Autrement dit, nous sommes tellement solidaires du Christ (qui s’est fait l’un de nous pour qu’une même Vie divine circule entre Lui et nous) qu’il est impossible à Marie d’être la mère du Christ sans être en même temps la mère de ceux qui Lui sont unis par la Foi, qu’il lui est impossible d’être la mère du Sauveur sans être la mère des sauvés, qu’il lui est impossible d’aimer Jésus d’un amour maternel, sans étendre cet amour à tous les hommes.

Oui, Marie nous aime. Elle nous chérit, non pour ce que nous valons ou ce que nous faisons pour Elle, mais à la mesure de son Cœur qui est à la mesure du Cœur de Jésus. Et c’est parce qu’Elle nous aime si parfaitement qu’Elle se montre très exigeante à notre égard, nous apprenant à tout quitter pour « suivre l’agneau partout où il va ».

Son sublime rôle d’éducatrice spirituelle consiste, en effet, à nous élever jusqu’à Dieu, en nous accompagnant à travers les étapes de notre vie spirituelle en nous communiquant toutes les grâces actuelles par lesquelles se préserve, se répare et s’accroît la Vie surnaturelle reçue au Baptême.

A nous de nous maintenir sous sa bienfaisante influence.

A nous de la laisser faire (par un abandon de tous les instants entre ses mains expertes) jusqu’à ce que soit achevée notre configuration à « l’image du Fils » (Rom. VIII 29), Lui qui, à Noël, a épousé notre humanité pour nous rendre participants de sa divinité.

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 08:30

C'est toujours dans l’émerveillement que nous célébrons chaque année, à la date du 8 décembre, le mystère de l’Immaculée Conception.

Il évoque, en effet, le singulier privilège dont le Père des Cieux voulut enrichir Marie dès le premier instant de son existence pour la préparer à sa mission exceptionnelle de Mère de Dieu et des hommes et qui fait d'Elle un chef-d’œuvre inouï de pureté et de grâce, d’idéale beauté et de suréminente sainteté.

Ce mystère éblouissant qui, d’emblée, place Marie à la cime des grandeurs créées, c'est sous son double aspect négatif et positif qu'il convient de le contempler.

Ce que la Foi nous révèle tout d'abord c'est que Marie a connu dès le point de départ une immunité totale à la faute originelle.

La désastreuse contagion qui depuis la chute du premier couple humain atteint tous les hommes ne l’a même pas effleurée « et cela, nous affirme le Pape Pie IX, par une grâce et un privilège particulier de Dieu Tout – Puissant et en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain ».

Ce que la Rédemption du Christ a réalisé chez tous les autres fils d’Adam par mode de libération, elle l’a réalisé magnifiquement en Elle par mode de préservation.

Ce qui signifie que pour la Mère du Rédempteur, la Rédemption fut radicale dès l’origine. Fille d’une race de péché, Elle n’a pas encouru le péché de la race. Et c’est d’abord pour Elle que le sang de Jésus son Fils a coulé, ce sang dont Elle sera un jour la source. Quelqu’un a dit très justement que Marie est la « Fille ainée de la Passion », c’est-à-dire la première des rachetés. Et c’est parce que la victoire de la Croix fut en Elle si absolue que l’Immaculée a pu, des le premier instant, tenir sous son talon la tête de Satan, comme ce fut annoncé par Dieu lui-même après la chute originelle : « Je mettrai une hostilité entre toi et la Femme, entre ta descendance et sa descendance, elle t’écrasera la tête ».

Comme c’est nettement signifié sur la Médaille miraculeuse. La conséquence logique de cette singulière préservation de la faute originelle c’est qu’en Marie l’absence de péché sera totale. Jamais chez Elle la moindre faute vénielle, jamais la moindre imperfection. Durant tout le cours de son pèlerinage terrestre la « Sans-Tâche » ignorera absolument cet aiguillon de la concupiscence qui attire vers le bas, cette écharde dans la chair qui a tellement tourmenté l’Apôtre Paul (et qui nous tourmente si fort nous aussi à certaines heures).

C’est pourquoi l’Eglise a toujours fait sienne la réflexion de Saint Augustin : « Quand il s’agit de péché je ne veux pas qu’il en soit question pour Elle ».

Après cet aspect négatif du mystère de l’Immaculée Conception, ce que la Foi chrétienne met plus encore en lumière c'est son aspect positif, à savoir la plénitude de grâce qui des le premier instant de son existence éleva Marie à un degré de sainteté incomparablement supérieur à celui de tous les anges et tous les saints réunis.

Dans le monde surnaturel l’âme de la Toute-Aimée de Dieu apparut comme un cristal très pur tout rayonnant de la splendeur divine. La divinisation de tout son être inondé par la grâce sanctifiante fit d’Elle l'image la plus ressemblante de Dieu et le plus beau temple vivant de la Trinité qui n’ait jamais été. Et pourtant cette merveilleuse communion avec Dieu ne fut pour la « pleine de grâce » qu’un point de départ, une plénitude initiale appelée à s’accroître en chacun de ses actes dans une proportion de plus en plus grande qu’il serait téméraire de vouloir mesurer. Toute la vie de la Vierge fidèle se présente des lors a nos regards comme une prodigieuse ascension spirituelle qu’Elle réalisa par un parfait exercice des vertus théologales de Foi, d'Espérance et de Charité ainsi que de toutes les vertus morales sous la motion des dons du Saint-Esprit et dont l’apothéose fut une totale fusion en Dieu dans le rayonnement de sa gloire au jour de l’Assomption.

Que notre attitude face à une sainteté si sublime ne soit pas de découragement ! Parce qu'Elle est fille de notre race et donc notre sœur en humanité, la Vierge Immaculée demeure très proche des pauvres pécheurs que nous sommes. D’ailleurs Dieu ne l’a si totalement comblée, si totalement possédée que pour nous la donner plus totalement dans le mystère particulièrement émouvant de sa maternité spirituelle.

Son incomparable éducation vis-à-vis de nos âmes consiste surtout à stimuler et à soutenir nos efforts pour que nous progressions vers cette divinisation que Dieu veut pour nous comme il l’a voulue pour Elle. Oh certes ! Nous ne sommes pas nés immaculés, mais nous pouvons le devenir, si nous collaborons à l’action conjointe du Saint-Esprit et de Marie ; nous pouvons être « immaculisés » comme disait Saint Maximilien Kolbe.

C’est tout le sens de notre croissance spirituelle, du développement en nous de la grâce sanctifiante qu’à notre tour nous avons reçue, non en plénitude, mais à l’état de germe au moment du Baptême, croissance qui doit se réaliser peu à peu, dans l’exacte mesure où nous laissons à Dieu la liberté de nous modeler pour nous configurer à l’image de son Fils Jésus.

Mystère stupéfiant que Saint Paul a exprimé en ces termes : « Dieu nous a choisis pour que nous soyons saints et sans péché devant sa Face grâce à son amour... Lui qui nous a prédestinés à être pour Lui des fils adoptifs en Jésus-Christ » (Eph. I ; 4-5).

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 21:42

Lecture du livre de Zacharie 2, 14-17

Chante et réjouis-toi, fille de Sion ; voici que je viens, j’habiterai au milieu de toi, déclare le Seigneur. En ce jour-là, des nations nombreuses s’attacheront au Seigneur, elles seront pour moi un peuple, et j’habiterai au milieu de toi.

Tu sauras que le Seigneur de l’univers m’a envoyé vers toi. Le Seigneur prendra possession de Juda, son domaine sur la terre sainte ; il choisira de nouveau Jérusalem. Que toute créature fasse silence devant le Seigneur, car il se réveille et sort de sa Demeure sainte.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12,46-50

Comme Jésus parlait à la foule, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui cherchent à te parler ». Jésus répondit à cet homme : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère ».

Homélie

21 Novembre

En célébrant chaque année à la date du 21 Novembre le mystère de la PRESENTATION de la VIERGE au TEMPLE, l'Eglise veut donner à tous les fidèles l’occasion de contempler en MARIE le parfait modèle des âmes consacrées.

Cette fête mariale commémore en effet un évènement caché, mais décisif, qui a marqué l'enfance de l'Immaculée : celui de sa totale Consécration à Dieu.

Ayant très vivement pris conscience, dès l'éveil précoce de sa raison, de l'extraordinaire Amour dont elle était l'objet de la part de Dieu, la petite Marie se porta vers Lui avec tout l'élan de son Cœur entièrement possédé par la Grâce.

A cet Amour unique, elle ne voulut répondre - et cela dès le premier instant de sa vie consciente - que par un amour exclusif qui traduisait son intention très pure de plaire à Dieu à tout instant et en toutes choses et de se consacrer à son service d'une manière absolue dans un véritable esclavage d'amour.

Le Jour vint où l'Esprit-Saint lui fit comprendre combien la pureté virginale est agréable aux regards divins.

Et dès lors, ayant le désir très fort de garder toujours une si précieuse vertu et d'en rendre par un vœu la pratique plus excellente et plus stable, Elle se lia par un engagement formel et explicite.

On sait que Marie Elle-même s'est référée à cette décision irrévocable, au moment de l'Annonciation lorsqu'elle a déclaré à l'ange Gabriel : « Je ne connais point d'homme » (Luc I. 34)

Ce qui veut dire : « Je suis vierge » et « Je veux le rester ».

Contempler avec « Les yeux illuminés du cœur » cet acte sublime de totale Consécration - TOTUS TUUS - accompli en sa tendre enfance par Marie, la Grande Favorisée de Dieu, devrait nous inciter à vivre dans toute sa plénitude le Premier Commandement (qu'on a trop tendance à oublier aujourd'hui) : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu ».

Il faut bien comprendre, en effet, que toute consécration implique une adoration, parce qu'il n'est pas possible de se présenter à Dieu sans mourir a soi-même.

Or, qu'est-ce que l'adoration, en fait, sinon une mort à soi-même permettant une remise totale de soi à Dieu ?

L'âme qui adore d'une manière authentique c'est celle qui reconnaît que Dieu est tout et qu'elle même n'est rien ; que tout ce qu'elle a reçu vient de Dieu et qu'elle doit tout restituer à Dieu. Mais un tel sentiment ne peut fleurir que dans un cœur pauvre, absolument désencombré, dépouillé de tout attachement aux créatures ou à soi-même.

Dans l'adoration « en esprit et en vérité » on offre sa vie à Dieu, et c‘est bien cela le véritable esprit de la consécration.

Oui, cette vie que nous tenons de Dieu notre Père il faut que nous ayons la volonté très ferme de la lui remettre à tout instant’ sans réserve aucune, dans la confiance et dans la joie, pour qu'Il puisse en disposer selon son bon plaisir en vue de notre plus grand bien ; autrement dit pour qu'Il puisse la modeler et faire d'elle ce qu'Il rêve d'en faire : un véritable chef-d’œuvre de sainteté.

L'adoration véritable implique donc cette disposition intérieure que les auteurs spirituels appellent l'abandon (à ne pas confondre avec l'abandon psychologique qui est une mollesse, un refus à se déterminer).

Cette attitude d'abandon, Marie l'a cultivée tout au long de sa prodigieuse ascension spirituelle, ne voulant être qu'une toute petite enfant complètement enveloppée par l'Amour de prédilection du Père, s' appuyant uniquement sur le roc de sa miséricorde et n'acceptant qu'une chose : être portée par cet amour et cette miséricorde.

L'humble Marie nous apparaît ainsi comme l'illustration la plus parfaite de cette petitesse évangélique que Jésus nous demande si instamment de pratiquer au cours de notre pèlerinage terrestre et sans laquelle, nous affirme-t-il, il n'est pas possible d'entrer dans le Royaume de Dieu.

« Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas ».

Lorsqu'il prononçait ces paroles - et d'autres semblables - Notre-Seigneur ne pouvait qu'évoquer en son esprit l'image de sa Très Sainte Mère qui vivait si héroïquement le mystère de sa Consécration totale dans l'abandon et la petitesse les plus absolus.

Et c'est la raison pour laquelle Il a voulu, dans sa divine Sagesse, non seulement nous la proposer comme modèle, mais, bien plus encore, nous la donner comme Mère de nos âmes. C'est pour qu'en l'accueillant, par un libre choix dans notre vie intime, à l'exemple de Saint Jean, nous acceptions de lui confier notre éducation d'enfants de Dieu.

C'est pour qu'en nous consacrant à Elle (qui fut toujours toute à Dieu), en nous abandonnant à Elle, en vivant la petitesse évangélique dans ses bras maternels, nous parvenions à être de plus en plus abandonnés dans les bras du Père, soucieux uniquement d'accomplir fidèlement sa très Sainte Volonté.

Ce « Secret de Grâce » comme dit Saint Louis Marie de Montfort, est magnifiquement résumé dans les deux mots que Jean Paul II a choisis comme devise : « Totus Tuus ».

Que cette devise soit aussi la nôtre : « Je suis tout à Toi, ô Marie, pour être tout à Dieu ».

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 13:31

Chaque année, au mois d’octobre, l’Eglise attire notre attention sur la dévotion au Rosaire ; elle nous redit son importance, son opportunité, son étonnante efficacité. Mais pourquoi devons-nous tant aimer cette forme particulière de prière, au point de lui donner la préférence sur toutes les autres, à l’exemple de notre Saint Père le Pape Jean-Paul II ?

C’est tout simplement, me répondrez-vous, parce que le Rosaire est très agréable à Marie, Notre Mère Bien-Aimée…

C’est Elle qui, jadis, l’a enseigné à Saint Dominique et qui, dans les temps modernes ne cesse de la recommander instamment au cours de ses apparitions.

A Fatima, Elle s’est nommée Notre-Dame du Rosaire et Elle a dit à ses trois petits confidents, et à chacune des ses visites : « Je veux qu’on dise le chapelet tous les jours ».

Une telle réponse, certes, est suffisante, c’est celle des petits enfants qui n’ont qu’un souci : faire plaisir à leur Maman en lui obéissant…

Mais rien ne nous interdit de creuser davantage…

Si nous parvenions à mieux saisir pour quelles raisons profondes la Vierge Immaculée aime le Rosaire, peut-être lui serions-nous encore plus attachés et saurions-nous tirer de cette dévotion des fruits encore plus beaux et plus abondants pour notre sanctification et pour le salut des âmes !

Ce qu’il importe de bien comprendre tout d’abord, frères et sœurs, c’est que le Rosaire est un don merveilleux de Dieu, d’une valeur inestimable, un don qu’il fait à son Eglise par l’intermédiaire de Marie, à qui il a Lui-même confié le rôle sublime de Médiatrice de toutes ses grâces.

Oh ! Certes ! Ce cadeau divin n’a pas beaucoup d’apparence…

Il faut même reconnaître que c’est un moyen pauvre.

Mais Dieu n’a-t-il pas, précisément, un amour de prédilection pour tout ce qui est pauvre, petit et humble ?

Ne se sert-il pas « de ce qui est faible pour confondre les forts » comme dit Saint Paul.

D’ailleurs, dans l’ordre sacramentel, n’est-ce pas au moyen de signes sensibles, très ordinaires : (un peu d’eau pour le Baptême, du pain et du vin pour l’Eucharistie) que le Seigneur nous communique les trésors infinis de sa grâce…

C’est un peu la même chose pour ce qui concerne l’humble chapelet.

Où pourrait-on, dites-moi, trouver prière plus riche, plus substantielle, plus porteuse de grâces que le Rosaire ?

Avons-nous, une fois ou l’autre, sérieusement réfléchi au but qui est visé en définitive par ce moyen privilégié ?

Il s’agit, ni plus, ni moins, de nous mettre le plus possible à l’unisson du Cœur Immaculé de Marie qui n’a jamais cessé de contempler (et avec quelle intensité de Foi, d’Espérance et d’Amour) tous les évènements, tous les faits et gestes et toutes les paroles qui ont si merveilleusement rempli la vie de son divin Fils Jésus, le Verbe Incarné :

« Quant à Marie, nous dit l’Evangile, Elle conservait toutes ces choses, les méditant dans son Cœur ».

Oui, il s’agit, à son exemple et en communion d’âme avec Elle, de faire passer et repasser dans notre mémoire, notre intelligence et notre cœur, tout le Mystère de Dieu fait homme, notre Rédempteur et Sauveur afin de l’enraciner dans notre prière et en faire l’application dans notre vie concrète.

C’est toute la signification de la méditation assidue des Mystères, ces 15 tableaux évangéliques qui évoquent les grandes étapes de la vie de Jésus et de Marie, étapes qui furent d’abord joyeuses, puis douloureuses et finalement glorieuses.

« Commémoration permanente de la Rédemption, le Saint Rosaire nous plonge dans les Mystères du Christ : son Incarnation, sa Passion et sa Pâque, et dans le visage de notre Mère, il nous propose le modèle parfait de la façon d’accueillir, de garder et de vivre chaque parole et chaque événement de Dieu sur la route du salut, en acte de réalisation dans le monde ».[1]

Cette prière étonnante du Rosaire comporte, c’est indéniable, un certain aspect technique, mais il est réduit au strict minimum : tout juste ce qu’il faut pour unifier notre attitude corporelle, pour mobiliser tous nos sens et les harmoniser avec l’esprit qui, résolument, s’engage sur la route d’une authentique prière.

Par cette espèce de rythme continu que réalise tout naturellement la répétition régulière des prières vocales (cette redite de formules si mal comprise de nos contemporains) les attitudes physiques, sont, pour ainsi dire, apprivoisées, l’être tout entier participe à l’adoration et se met au service de Dieu dans la prière.

Il y a comme une pacification, un apaisement du corps qui s’impose peu à peu et crée le calme intérieur indispensable pour toute rencontre et tout dialogue avec Dieu.

L’âme peut alors dans de telles conditions, se livrer plus facilement à la contemplation, cet aspect fondamental et irremplaçable de la prière chrétienne qui consiste en un regard de Foi et d’Amour longuement fixé sur Dieu ou sur tout ce qui est Mystère de Dieu.

Disons-nous d’ailleurs que jamais la réitération indéfinie des même phrases (ces phrases qui, soulignons-le en passant, ont été pour la plupart formulées par Dieu Lui-même) ne saurait porter atteinte à la qualité de notre prière.

La récitation du « Notre Père », du « Je Vous Salue Marie » et du « Gloire au Père », exerce au contraire un rôle très précieux d’accompagnement : un peu comme le pianiste tandis qu’il joue, la main gauche apporte un soutien sonore, mais l’essentiel, la mélodie c’est la main droite qui la donne.

Ce qui compte dans le Rosaire (on ne le redira jamais assez) ce n’est pas le dévidement vocal des prières, c’est le regard d’amour qui persévère à se fixer sur Jésus et Marie, sur ces mystères de notre salut qu’ils ont vécu jadis et qu’ils veulent revivre en nous.

A l’école de cette incomparable Maîtresse d’Oraison qu’est Marie, nous apprenons à exercer notre regard intérieur afin qu’il s’extasie, c’est à dire, sorte de soi et pénètre, toujours plus dans les profondeurs de la Bienheureuse Trinité qui est un océan sans limites de Lumière, d’Amour et de Vie.

Puissions-nous être de plus en plus convaincus que l’immense mérite du chapelet prié en union avec Marie, c’est de nous obliger à rester tout près de Jésus, de ne pas lui fausser compagnie au moins pendant quelques minutes, le temps d’une dizaine : et cela, voyez-vous, ça n’a pas de prix, car l’homme moderne, nous ne le savons que trop, est un instable, un perpétuel agité qui ne peut se supporter un seul instant, et qui, de ce fait, éprouve mille difficultés pour se recueillir, pour se concentrer...

S’il se décide enfin à prier, il n’a pas plutôt fléchi le genou devant Dieu, qu’il songe déjà à lui tourner le dos.

Or, c’est là précisément, que Notre-Dame intervient et excelle dans son art de parfaite Educatrice. En nous donnant le chapelet, Elle nous maintient (au moins le laps de temps d’une dizaine) dans la présence de Jésus, son Fils.

Tout doucement, Elle nous emmène, dans l’intervalle, à lier un brin de conversation avec Lui… Et nous voilà installés, finalement, dans un ascenseur qui peut nous faire monter très haut, jusqu’aux degrés les plus élevés de l’union à Dieu.

C’est en cela donc essentiellement que réside le secret si admirable de la Dévotion au Rosaire.

En nous invitant à nous glisser et à nous fondre, pour ainsi dire, dans sa prière contemplative, Marie (qui ne cesse de coopérer à l’œuvre sanctificatrice de l’Esprit-Saint) nous fait partager les merveilleux sentiments de son Cœur… Elle nous imprègne surtout, peu à peu, de cet Amour parfait, de cet Amour absolu qu’Elle a toujours eu pour son Dieu.

Elle sait très bien que si nous la laissons faire (et le Rosaire favorise étonnamment cette disposition fondamentale d’abandon), Elle sait très bien que tôt au tard, la puissance salvifique de l’Amour divin aura raison de toutes nos résistances et qu’il nous transformera jusqu’à ce que nous devenions des copies vivantes de Jésus-Christ, pouvant dire en toute vérité comme Saint Paul :

« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».

Chers frères et sœurs, à l’exemple de tant de Papes et de tant de Saints dont les enseignements et les témoignages sur le Rosaire constituent un extraordinaire florilège spirituel, ne manquons pas, nous aussi, de louer, de chanter et d’exalter cette magnifique Couronne de Roses que la Sagesse de Dieu a bien voulu tresser pour la Reine de l’Univers, avec les Roses Blanches de la Joie, les Roses Rouges de la Souffrance et les Roses d’Or de la Gloire.

Mais, si nous voulons (et qui parmi nous ne le voudrait pas ?) que cette louange atteigne son but, si nous voulons qu’elle touche vraiment les Saints Cœurs de Jésus et de Marie, leur apporte de notre part joie et consolation et attire sur la pauvre humanité d’aujourd’hui les grâces de conversion, de sanctification et de salut dont elle a tant besoin, faisons en sorte qu’elle s’exprime, avant tout, par notre persévérance à prier chaque jour le Rosaire comme il doit être prié, et par notre fidélité à le vivre.


[1] Jean-Paul II

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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 07:04

Chaque année à la date du 8 Septembre nous nous transportons en pensée tout près d'un berceau : celui de MARIE qui vient de naître au foyer de deux Juifs très saints : Joachim et Anne.

Tout comme les heureux parents ou leurs voisins nous contemplons avec tendresse cette ravissante petite fille et nous nous laissons émouvoir un instant par le charme exceptionnel qui émane d'elle.

Mais notre regard intérieur - celui de la Foi - s'extasie bien davantage sur ce qu'il voit par-delà les apparences en cette enfant prédestinée qui est depuis toujours dans la pensée de Dieu la « mise à part », la « favorisée », la « Toute-aimée ».

Et ce qu'il voit et admire à la lumière de la Révélation, c'est l'incomparable beauté de son âme. La « petite Sainte Vierge d'un jour » comme dit Sainte Thérèse de Lisieux est vraiment le chef-d’œuvre de la création l'éblouissante cime enneigée de l'humanité. Oh certes ! En cette heure très humble de son entrée en ce monde, l'ensemble du paysage est encore dans l'ombre. Le soleil demeure caché derrière la ligne de l'horizon, mais il enveloppe déjà cette blanche cime, car bien avant sa naissance, dès l'instant même de sa conception « par une grâce et un privilège de Dieu Tout-Puissant et en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain » ; « Marie est l'Immaculée ». (Pie IX)

Et c'est là un aspect capital de son Mystère.

Conçue sans le péché originel, elle est la Sans-Tâche, la Toute Pure.

De plus, elle a reçu dès le départ une telle surabondance de Vie divine qu'on peut bien l'appeler dès son entrée en ce monde de ce nom nouveau spécifique, que l'ange Gabriel lui donnera au moment de l'Annonciation : « Pleine de Grâce ».

Oui, elle est comblée d'un indicible amour divin la douce fille d‘Anne et Joachim.

En son Cœur Immaculé qui reflète idéalement son infinie sainteté, la Bienheureuse Trinité a pour toujours établi sa demeure comme en son sanctuaire privilégié.

Il y a enfin sur la terre une créature, toute aimée et toute aimante, en qui Dieu peut se complaire et qui le console en quelque sorte des nombreuses tristesses qui lui viennent de la part des hommes.

Il y a enfin sur la terre une Créature qui fait la Joie de son Dieu.

A cette joie de Dieu l'Eglise ne manque pas de faire écho à travers sa louange liturgique au jour anniversaire de la Naissance de Marie.

Mais elle a un autre motif extrêmement important de se réjouir.

Bossuet fait remarquer, en effet, qu'avec la naissance de la Mère du Rédempteur « nous voyons déjà paraitre la moitié de notre espérance ».

Ainsi nous est rappelée une autre grande vérité concernant le Mystère de Marie : à savoir que dans le plan divin de restauration de l’humanité, la Vierge Marie occupe une place unique : la première après le Christ.

Elle est la Nouvelle Eve aux côtés du Nouvel Adam, non seulement parce qu'elle est pure et sainte comme l'était la première Eve lorsqu’elle sortit des mains du Créateur, mais aussi - et surtout - parce qu'elle est son associée, sa généreuse collaboratrice dans l'œuvre de notre salut, autrement dit parce qu'elle est la Co rédemptrice.

En sa naissance, nous voyons l'aurore qui précède « le Soleil de Justice »Jésus, notre Sauveur : « Il viendra bientôt ce Nouvel Adam pour accomplir avec Marie la chaste et divine génération des enfants de la Nouvelle Alliance ». (Bossuet)

En sa naissance ce n'est pas seulement un commencement que nous saluons, mais un recommencement, le point de départ d'une humanité renouvelée et divinisée par la Grâce.

La petite Marie en son berceau est’ en fait, Celle qu'on appellera un jour « Notre-Dame du Grand Retour ».

Puissions-nous ne jamais oublier que nous sommes entrés, quant à nous, dans ce grand mouvement de retour de l'humanité vers Dieu à l'heure de notre Baptême.

Par le moyen de ce Sacrement, nous sommes nés à la Vie surnaturelle.

Comme ce fut le cas pour Marie en sa Conception, nous avons reçu alors, toutes proportions gardées, une sainteté initiale ; mais come fut aussi le cas pour Marie - laquelle ayant été comblée merveilleusement dès le départ ne cessa pourtant de croître en sainteté tout au long de sa vie terrestre – nous devons, nous aussi’ faire grandir à coups d'amour, et cela jusqu'à notre dernier souffle, la vie divine qui nous fut donnée comme un germe aux fonds baptismaux.

Supplions instamment Celle qui est la « Mère de la divine Grâce » et « le Secours des chrétiens » de nous accompagner jusqu'au bout sur ce rude chemin de la sanctification : « Avec Elle, disait saint Maximilien Kolbe, je peux tout ».

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 08:28

« L'être humain qui vient de l'Amour retourne à l’AMOUR par la Foi et l’Espérance à travers la souffrance et la mort ».

Cette phrase d'André Frossard dans son livre « Il y a un autre Monde » résume admirablement l'essentiel de notre destinée humaine.

C'est pour mettre devant nos yeux un exemple concret et particulièrement éminent de ce retour des hommes à Dieu en sa phase ultime que l’Eglise nous fait célébrer chaque année au cœur du mois d‘Août, le mystère si éblouissant de la glorieuse ASSOMPTION DE MARIE. Le but premier de cette Fête est de nous rappeler en effet qu'une Créature de notre race, en tout semblable à nous sauf le péché - notre Sœur en humanité - au terme de son pèlerinage terrestre a rejoint le Ciel, Royaume de l'Amour non seulement avec son âme mais aussi avec son corps ressuscité par le Seigneur et à jamais glorifié.

Cette radieuse Apothéose qui fait participer pleinement la Vierge Immaculée à la Victoire absolue de Jésus sur la mort, fait apparaître dans une éclatante lumière ce que la terre n'avait pu manifester aux yeux des hommes, à savoir : la sublime sainteté de la « pleine de grâce », la perfection de sa Foi, de son Espérance et de son Amour de Dieu et du prochain, la fécondité de sa vie offerte et la valeur de sa contribution à l'œuvre rédemptrice.

Elle, qui tout au long de sa vie ne voulut être que l'humble servante du Seigneur, toujours discrète et effacée, la voilà maintenant exaltée au-dessus de tous les anges et de tous les saints.

En Elle se vérifie magnifiquement la parole de Jésus : « Celui qui s'abaisse sera élevé ».

Désormais va s'accomplir l'étonnante prophétie de son Magnificat : « Toutes les générations me proclameront bienheureuse ».

Ce mystère de l'Assomption qui nous montre MARIE comme « une idée de Dieu pleinement réalisée » (Dom Roy), comme la première fleur éclose dans le jardin du Père, nous permet de mieux découvrir ce qu'est notre vocation chrétienne.

Dans la glorification de tout l'être de Marie c'est notre incomparable destinée que nous pouvons déjà contempler ; c'est ainsi, en effet, que doit s'achever le processus de divinisation de tout enfant de Dieu.

La première chrétienne, Reine de tous les saints, est maintenant ce que nous serons un jour tout près d'Elle, au sein de la bienheureuse Trinité.

Dans son idéale Splendeur c'est notre propre gloire qui s’anticipe et qui nous est annoncée.

Le monde dans lequel nous vivons est tellement déboussolant, déprimant, et angoissant que nous avons besoin plus que jamais de regarder vers une fleur épanouie - et ici quelle fleur ! - pour encourager notre pénible croissance de plante fragile trop souvent éprouvée par les rigueurs du climat.

Oui, la vision du signe grandiose montré par saint Jean « de la Femme revêtue du soleil, la lune sous les pieds et une couronne de douze étoiles sur la tête » nous est particulièrement nécessaire pour fortifier notre Espérance surnaturelle et stimuler nos efforts dans notre ascension vers la sainteté.

Appuyés sur la puissance quasi illimitée de notre Reine et sur la tendresse miséricordieuse de son cœur de Mère, nous pouvons suivre Jésus sur son chemin de Croix en dépit de nos faiblesses et de tous les obstacles avec la certitude absolue qu'un jour nous bénéficierons à notre tour de la grande éclosion lorsqu'à la PAROUSIE le Soleil du Christ Ressuscité enflammera tout le parterre des hommes « transfigurant leurs corps de misère pour les conformer à son Corps de gloire ». (Phil III. 21)

En vue de ce Jour, notre Maman céleste - que le mystère de sa glorification rend particulièrement présente à chacun de ses enfants - ne cesse d'exercer sur nous sa très douce influence, n'ayant qu'un désir : nous aider à progresser sans cesse dans la Foi, l'Espérance et l'Amour afin que la Vie divine enracinée en nous par le Baptême se développe toujours plus en nous, prenant totalement possession de notre cœur, nous immergeant toujours plus profondément dans l'intimité des Trois Personnes Divines, en attendant que cette union à la Très Sainte Trinité soit définitivement réalisée, achevée et irréversible, au Ciel, dans l'état de gloire.

Puissent ces vérités essentielles agir dans nos âmes de manière à les transformer lorsque nous contemplons avec le regard intérieur de la Foi le mystère de l'Assomption (et nous savons qu'en dehors du 15 Août, nous sommes invités à le faire chaque fois que nous récitons le 4ème mystère glorieux de notre Rosaire).

Ô Marie, vous qui êtes la Distributrice des dons de Dieu et l'Etoile de notre Espérance, obtenez-nous la grâce d'élever souvent nos esprits et nos cœurs vers le Ciel où, avec Jésus le Roi éternel de Gloire, vous nous préparez une place.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 07:02

Le projet de Dieu pour chacun et chacune d'entre nous est de nous rendre participants de son acte éternel de connaissance et d'amour pour que nous entrions ainsi et dès ici-bas dans l'intimité de sa vie trinitaire. C’est la raison pour laquelle il a voulu que nous soyons élevés par le Baptême à l’état surnaturel, nous rendant ainsi capables de participer mystérieusement, mais très réellement à son acte éternel de connaissance et d’amour.

A ce mystère bouleversant qui devrait très souvent faire l’objet de notre contemplation (parce qu’il exprime l’essentiel du christianisme), nous donnons le nom de :

  • Vie de la Grâce pour en souligner l’origine divine et le caractère absolument gratuit.
  • Vie Surnaturelle, car elle est bien au-dessus de toutes les puissances de la nature.
  • Vie Eternelle, car elle est perfection et transcendance.
  • Nous l’appelons encore Vie Spirituelle ou Vie Intérieure.


C’est la Vraie Vie, la seule qui mérite ce nom en plénitude.

D’ailleurs c’est uniquement de cette vie là que Jésus nous parle à tout moment dans l’Evangile et c’est par conséquent à celle-là qu’il pense lorsqu’il déclare très solennellement à l’Apôtre Jean, qui tout près de Marie, au pied de la Croix, nous représente tous : « voici ta Mère ».

Voici Celle que tu devras désormais considérer comme la Mère de ta vie divine, de ta vie surnaturelle.

Il faut bien comprendre qu' après les paroles par lesquelles Jésus a institué l’Eucharistie, l’Eglise et le Sacerdoce, il n’y a pas dans l’Evangile, paroles plus importantes que celles-ci : « Femme, voici ton Fils », « Jean, voici ta Mère »et si leur importance est si grande, c’est parce qu’elles font de Marie la Mère du Rédempteur, notre Mère dans l’Ordre de la Grâce, la Mère de notre vie intérieure, c’est parce qu’elles constituent comme le fait remarquer Dom Delatte, Abbé de Solesme, une véritable institution surnaturelle.

En clair, cela veut dire, qu’il est impossible de naître et de grandir dans la vie divine en dehors de Marie.

Parce que Jésus en a ainsi décidé, notre existence de grâce, c’est à dire notre mystérieuse participation à la nature divine qui nous vient de Lui, ne peut pas nous être donnée en dehors de Marie et pareillement le processus de notre divinisation (c’est à dire notre progression vers la sainteté), ne peut pas se dérouler hors de l’influence maternelle de Marie, « ce moule qui forme les Saints », comme le dit si bien Saint Louis Marie Grignion de Montfort. « Qui ne veut pas avoir Marie pour Mèrenous dit un Père de l’Eglise, ne peut pas avoir Dieu pour Père ».

La parole souveraine de Jésus : « voici ta Mère »doit donc nous ancrer dans cette conviction qu’il ne peut y avoir pour nous, d’autre vie que la Vie Intérieure Mariale.

La dévotion envers Marie n'est à aucun moment un luxe spirituel, mais une nécessité.

Ceux qui prétendent que le lien avec Marie, la dépendance à l’égard de Marie, pour tout ce qui concerne notre vie d’enfants de Dieu n’est qu’un aspect facultatif de la spiritualité chrétienne, sont donc dans l’erreur.

Il ne faut pas craindre d'insister sur ce point : la Maternité de Grâce de Marie est une condition établie par le Seigneur Lui-même pour une prise de tout notre être dans la Vie Divine.

Guidés par Saint Louis Marie Grignion de Montfort, qui a si bien mis en lumière ce grand principe et en a tiré toutes les conséquences dans son « Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge », nous nous sommes placés sous le manteau de Marie, mieux que cela : nous nous sommes établis volontairement dans le sein spirituel de notre Mère du Ciel. C’est toute la signification de notre consécration à Marie.

Mais, nous n’avons peut-être pas assez compris qu’à reposer là notre amour (à le reposer dans le Cœur le plus pur et le plus aimant qui soit après celui de Jésus) il y a pour nous, d’immenses avantages spirituels.

Et pourquoi ? Parce que là, nous deviendrons d’une manière bien plus aisée et rapide ce que nous devons devenir pour entrer en Dieu et demeurer en son Amour : des tout petits.

« Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu ».

Vivant dans une intimité toute filiale avec notre Maman Marie, nous laissant conseiller, entraîner ou redresser par Elle, nous apprendrons à ouvrir toujours plus largement nos âmes à l’action du Saint-Esprit, lui donnant ainsi la possibilité de nous sanctifier plus rapidement et plus parfaitement.

Car le Saint-Esprit (Saint Maximilien Kolbe a beaucoup insisté sur ce point) le Saint-Esprit n’agit que par Marie, à travers sa Maternité de Grâce, dont l’action éducative consiste principalement à faire naître et à perfectionner en nos âmes, ces qualités de l’enfance qui charment le Cœur de Dieu et qui sont :  

  • La Réceptivité,
  • La Simplicité,
  • L’Abandon total dans la confiance la plus absolue.

C’est cette attitude d’âme, cette petitesse évangélique que Marie, notre Educatrice Spirituelle, voudrait tant nous faire acquérir.  Mettons-nous donc dans son Cœur avec humilité, simplicité et abandon.

Redisons-lui souvent cette courte consécration qui est notre devise : « Je suis tout à Toi ».

Prions la, oh oui ! Prions la avec une confiance sans bornes, surtout en récitant le Rosaire, Elle qui est notre Avocate, Elle qui est la Toute-Puissance suppliante.

Mais ne lui demandons pas ce que nous voulons avec notre imagination et notre empressement : demandons-lui ce que Dieu sait qu’il nous faut.

Contemplons-là aussi le plus souvent possible avec un regard de Foi, tout simple, très humble, fixé sur le mystère de Dieu qui vit en Elle et qui l’a divinisée d’une manière insurpassable, Elle, la Reine de tous les Saints.

Enfin, par Elle, avec Elle et en Elle, vivons le plus possible dans l’intimité des Trois Personnes Divines, aimons-les avec un amour pur, non pour sentir que nous aimons mais pour livrer tout notre être à l’Amour divin et nous laisser aimer comme Dieu veut nous aimer.

Sans doute, l’avons-nous déjà expérimenté, mais si nous persévérons dans notre élan, nous l’expérimenterons bien davantage : lorsqu’on vit en communion d’âme avec Marie, il est beaucoup plus facile de ne s’inquiéter de rien, de ne demander que ce que Dieu veut, de contempler dans le mystère et d’aimer en se laissant aimer.

Jésus nous a très clairement affirmé, que pour vivre en union avec Lui, que pour vivre à plein dans l’intimité divine, il y a une condition première : c’est de se renoncer à soi-même.

On peut conclure avec Dom Delatte que "le fruit de l'Oeuvre de Dieu c'est de rendre tout notre être marial, c'est de réaliser en nous l'empreinte maternelle, de nous rendre tout notre être de cristal en sorte que, du centre à la surface, circulent librement la lumière et la vie du petit Enfant qu'Elle nous a donné... Le rôle de Notre-Dame est vraiment ineffable".

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 16:54

Dans son admirable « Exhortation apostolique sur le Culte marial » le Pape Paul VI, évoquant le mystère de la Présentation de Jésus au Temple attire l'attention sur le fait que « l'Eglise a entrevu dans le cœur de la Vierge-qui porte son Fils ä Jérusalem pour le présenter au Seigneur » - une volonté d'ablation qui dépasse le sens ordinaire du rite qu'elle accomplissait. Il nous invite ainsi à contempler en Marie la Vierge sacerdotale, l‘Oblate par excellence. Il est une vérité qu'on ne souligne peut-être pas assez : à savoir qu'au moment décisif de l'Annonciation Dieu a donné à Marie des lumières suffisantes sur le sens et les exigences de sa maternité divine.

Elle sait en particulier que son enfant appelé par l'ange « Fils du Très-Haut » est le Messie tant attendu et que sa mission consistera à sauver l'humanité pécheresse, ainsi que son nom, choisi par Dieu Lui-même, le donne à comprendre : Jésus, cela veut dire en effet « Dieu sauve ». Bien plus, pour Elle qui a scruté et médité les Livres Saints avec une pénétration à nulle autre pareille, il est parfaitement clair que ce Salut, Jésus le réalisera en devenant « l'homme des douleurs » prédit par Isaïe chapitre 53.

En répondant à l'ange : « Qu'il me soit fait selon ta Parole » Marie, cela ne fait aucun doute ; adhère avec une pleine intelligence et un consentement libre de sa volonté au mystère inouï de l’Incarnation et à toutes ses conséquences.

Sa maternité revêt dès ce premier instant un caractère oblatif. On peut donc entrevoir dans quelles dispositions la Vierge-Mère s'avance vers le Temple en portant dans ses bras Jésus âgé de quarante jours. Pleinement consciente de son rôle maternel qui la lie dès à présent au plan rédempteur - Syméon ne tardera pas d'ailleurs à la confirmer dans sa vocation de Co-rédemptrice - elle veut offrir au Très-Haut, à travers un rite qui pour les autres mamans est purement symbolique, la future Victime « Agneau sans tâche » qu'elle a mission d'élever en vue du Sacrifice. Cet enfant divin qui est son seul trésor infiniment précieux, qui lui a été confié mais qui n’est pas pour elle (car il ne lui appartient pas) elle le donne, elle le consacre à Dieu son Père, sans la moindre réserve, dans un magnifique élan de son Cœur si aimant et si généreux. Et il va sans dire qu'en offrant ainsi Jésus, Marie s’offre également Elle-même dans un héroïsme pleinement consenti et dans un abandon parfait entre les mains du Père. Elle réalise ainsi d'avance ce que Jésus dira plus tard du culte authentique : « l’Heure vient - et c'est maintenant » où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité (Jean 4, 23). Oui, dans ce Temple de Jérusalem où d'innombrables sacrifices rituels étaient offerts à Dieu, le geste hautement significatif de Marie présentant son Fils a marqué un tournant dans l’histoire du culte et « a inauguré, écrit le Père Galot, une nouvelle forme de sacrifice, celle qui devait être décisive pour la transformation des rapports de l'homme avec Dieu. »

Dans la lumière qui émane de ce quatrième Mystère Joyeux de notre Rosaire, Marie « la Vierge qui offre » nous apparaît donc comme le modèle parfait de ce culte « en esprit et en vérité » qui consiste à faire de sa propre vie (avec tout ce que cela comporte de sacrifices) une offrande à Dieu.

C'est à cette livraison totale de nous-mêmes que saint Paul nous invite instamment (en Romains 12, 1) : « Je vous exhorte, au nom de la miséricorde de Dieu, a offrir vos corps (c'est-à-dire toute votre vie concrète) en sacrifice vivant, saint et agréable a Dieu. »

Stimulés et aidés par Marie, qui est notre éducatrice spirituelle, faisons donc en sorte que toutes nos pensées, toutes nos activités et toutes nos épreuves, transformées par l’amour, deviennent des « offrandes spirituelles » qui atteindront leur sommet et prendront toute leur valeur dans le sacrifice eucharistique où, par le Christ qui les fera siennes, elles rendront à Dieu le Père dans l'unité du Saint-Esprit tout honneur et toute gloire.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 18:08

L'Avent qui, chaque année, nous fait célébrer dans l'Espérance et dans la Joie Le Seigneur qui vient constitue pour les âmes mariales un temps privilégié : parce que, d'une part, il met particulièrement en lumière le rôle unique de la Vierge Immaculée dans le plan du Salut et parce que, d'autre part, il nous donne l'occasion de contempler le mystère de « Jésus vivant en Marie » si cher aux Maîtres de l'Ecole française de spiritualité. Mystère ineffable qui a fait du sein virginal de la Mère de Dieu « Le Paradis du Nouvel Adam » (Saint Louis Marie de Montfort).

Certes, nous ne savons quasiment rien des échanges intimes qui eurent lieu entre la Mère et le Fils au cours des neuf mois qui précédèrent la naissance de Jésus, puisque la très silencieuse et très discrète Marie ne nous a laissé aucune confidence sur cette période de son existence où elle a vécu, de toute évidence, une expérience mystique absolument unique.

Tout ce que l'on peut dire cependant - avec ceux qui ont scruté ce mystère dans la Lumière de l'Esprit-Saint - c'est que tandis que Marie donnait la vie humaine au Verbe éternel, Celui-ci ne cessait de diviniser toujours plus l'âme de son incomparable Mère en la comblant surabondamment des richesses de sa Grâce.

« Quelle est admirable, écrit le Père Olier, l’âme sainte de Jésus, perdant et abimant en soi l’âme de sa Très Sainte Mère et la pénétrant des sentiments amoureux qu'il éprouvait pour son Père. Vous résidez en elle, ô divin Sauveur, comme en votre tabernacle vivant ! Vous la faites participer å ce que vous êtes et à ce que vous faites, soit envers Dieu, soit envers les hommes. »

Quant à Saint Louis Marie de Montfort, ce qui l'a surtout frappé, c'est cet état de dépendance dans lequel le Verbe de Dieu en s'incarnant a voulu s'établir vis-à-vis de Marie.

« Dieu fait homme, nous dit-il, a trouvé sa Liberté à se voir emprisonné dans son sein ; il a fait éclater sa force à se laisser porter par cette petite fille ; il a glorifié son indépendance et sa majesté en dépendant de cette aimable Vierge dans sa Conception, en sa naissance et en sa vie cachée de 30 ans...

Ô admirable et incompréhensible dépendance d’un Dieu ! Jésus-Christ a plus donné de gloire à Dieu son Père par la soumission qu'Il a eue à sa Mère... Qu'il ne lui en eût donné en convertissant toute la terre par l'opération des plus grandes merveilles. » (Traité V.D. N° 18)

De ce mystère le Grand Serviteur de Marie tire une leçon qui est très importante pour la conduite de notre vie chrétienne :

« Oh ! Qu'on glorifie hautement Dieu quand on se soumet pour lui plaire à Marie à l'exemple de Jésus-Christ, Notre Unique Modèle. »

Autrement dit : la meilleure manière d'aller à Dieu, la plus directe et la plus sûre, c’est d’emprunter le même chemin que Lui-même a voulu prendre pour venir à nous : c'est de nous faire tout-petits en Marie par le moyen d’une consécration totale de nos personnes et de nos vies, c'est de nous mettre librement par rapport à Celle qui est notre Mère selon la grâce dans la situation de dépendance qui ressemble à celle du tout petit enfant dans le sein de sa mère. Où pourrait-on trouver, en effet, une dépendance qui soit plus absolue que celle-là ? Dans le sein maternel l'enfant est enveloppé de toutes parts ; tout en lui est profondément influencé par ce milieu de vie : il ne sent, il ne respire, il n'agit que porté par sa mère et mû par elle. Disons-nous bien qu'il en va de même au plan surnaturel pour tout ce qui concerne la naissance et la croissance du Christ en nous. C'est un des plus grands docteurs de l'Eglise, saint Augustin qui nous l'affirme en ces termes :

« Tous les élus pour être conformes à l’image du Fils de Dieu sont en ce monde cachés dans le sein spirituel de la Très Sainte Vierge où ils sont gardés, nourris, entretenus et agrandis par cette bonne mère jusqu'à ce qu'elle les enfante à la gloire après leur mort qui est proprement le jour de leur naissance, comme l'Eglise appelle la mort des justes. »

Puisse l'Esprit-Saint qui commence et achève toute sanctification, nous accorder au cours de l'Avent et comme cadeau de Noël de vivre ainsi l'enfance spirituelle qui est, ne l'oublions pas, une des grandes exigences de l‘Evangile...

Qu'il nous donne de connaître avec notre Maman Marie une telle intimité que nous puissions dire avec enthousiasme en paraphrasant saint Paul : « Pour moi vivre c'est Marie. »

Oui, « pour moi vivre c'est Marie » mais pour mieux vivre le Christ et parvenir ainsi au degré de sainteté que Dieu attend de moi.

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 13:17

Que de fois au cours de notre journée (2 fois par « Je vous salue » ce qui fait au moins 100 fois pour un seul chapelet), nous prononçons le Nom qui est sans conteste, le plus glorieux et le plus doux après Celui de Jésus : Marie.

Jusqu'à la dernière réforme du Missel Romain, l’Eglise consacrait une journée entière à fêter ce Nom très saint de l'incomparable Mère de Dieu et des hommes. Elle avait choisi pour cela le 12 Septembre en souvenir du jour historique où en 1683, Jean Sobieski et ses Polonais avaient repoussé la très redoutable armée turque qui menaçait alors gravement la chrétienté. Cette célébration annuelle du saint Nom de Marie était une manière de remercier pour sa puissante protection Celle que Pie XII a appelé « la grande victorieuse des batailles de Dieu ».

Il est fort regrettable que cette fête n'ait pas été maintenue dans le nouveau calendrier liturgique. Cela ne doit pas nous empêcher pour autant d’honorer comme il convient et à longueur d'année, le Nom mille fois béni de la Vierge qui recèle tant de significations spirituelles.

Si nous n'y pensons guère, c'est parce que nous ne voyons plus très bien dans le monde d'aujourd'hui l'importance du Nom. Pour la redécouvrir, il faut se référer à la Bible.

Aux yeux de tout lecteur attentif, il apparaît très clairement en effet, que le Nom, dans le langage révélé, c'est ce qui exprime la profondeur d’une personne et que par conséquent : connaître le nom de cette personne c'est avoir accès en quelque sorte au mystère de son être ; c'est aussi découvrir - surtout si c'est Dieu qui lui a donné ce Nom - le rôle que cette personne est appelée à jouer dans le monde.

Nous savons tous, par exemple, que Jésus cela veut dire « Dieu sauve ».

N'est-il pas manifeste que dans ce nom très simple c'est tout le mystère et la sublime mission du Fils de Dieu fait homme qui se trouve ainsi rappelés ?

Il en va exactement de même pour ce qui concerne la Femme prédestinée entre toutes, Celle qui est appelée à être la Nouvelle Eve à côté du Nouvel Adam : le nom qu'elle porte, MARIE (qui est assez courant en Israël, mais qui selon une tradition autorisée a été lui aussi choisi par Dieu) exprime de manière vraiment étonnante les principaux aspects de son mystère et de sa mission.

D'après les recherches effectuées par les théologiens et les mystiques, MARIE cela veut dire tout d'abord : la belle ou la gracieuse.

Ainsi est évoqué le mystère de l'Immaculée : la fille bien-aimée du Père qui depuis le premier instant de sa conception est la Toute Pure, la Toute Sainte, rayonne d'une beauté qui n'est pas de la terre ; c'est la beauté de la « Femme revêtue du Soleil » dont l'âme est toute resplendissante de l'inexprimable beauté du Dieu infiniment Saint qui l'habite.

Dès lors, comment Celle qui est « pleine de grâce », ne serait-elle pas la plus charmante, la plus gracieuse de toutes les créatures ?

MARIE, cela signifie aussi la Reine, la Souveraine ou, comme on dit volontiers chez nous depuis le Moyen-âge, NOTRE-DAME.

Ainsi nous est suggéré le mystère de la maternité divine de Marie qui est le fondement de sa Royauté. Elle n'est Reine, en effet, que parce qu'Elle est la Mère du Christ, Roi immortel des siècles. Il nous faut donc mettre dans notre imploration du Nom royal de Marie une confiance absolue, car il est permis de tout espérer de cette Reine dont la puissance est toute entière au service de son Amour.

MARIE, enfin, est un nom qui souligne la mission unique de Celle qui accepta si héroïquement d'unir sa souffrance co-rédemptrice au Sacrifice Rédempteur de son Fils « le Dieu qui sauve ».

Il signifie, en effet, « océan d'amertume ». Et tel fut, en réalité, l'état de son âme transpercée par le glaive tout au long de la sanglante Passion de Notre Sauveur.

Puisse ce Nom, synonyme de « Cœur douloureux nous rappeler souvent ce que notre Mère spirituelle a souffert en communion avec le Crucifié pour notre enfantement à la vie de Dieu ! MARIE, ce nom que le ciel et la terre acclament à l'envi, nous apparaît donc au terme de cette méditation, comme un diamant spirituel à trois grandes facettes.

Laissons-nous fasciner par lui et vénérons-le avec encore plus de respect et de tendresse filiale comme Saint Bernard nous y invite en une page célèbre : « Que ce doux Nom ne soit jamais loin de votre bouche, jamais loin de votre cœur ; mais pour obtenir une part à la grâce qu'il renferme, n'oubliez point les exemples qu'il vous rappelle ».

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 16:17

En vénérant NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS au lendemain de « LA CROIX GLORIEUSE » l'Eglise nous fait comprendre que dans la vie de la Très Sainte Vierge si humble et si ordinaire, il n'y a eu d'extraordinaire que la souffrance.

Marie n'émerge, en effet, de sa longue obscurité que pour apparaître dans l'éclairage brutal du Calvaire où sans souffrir dans son corps, Elle est tellement suppliciée dans son âme qu'Elle mérite pleinement le titre de « Reine des Martyrs ».

A vrai dire, il y a longtemps que son Cœur très pur est comme tenaillé, oppressé par une angoisse mortelle.

Elle n'ignore pas, en effet - depuis l'Annonciation et surtout depuis que Siméon lui a prédit « qu'un glaive de douleur transpercera son âme » - que pour son Fils Jésus qu'Elle aime au-delà de toute expression, l'avenir sera atroce, et qu'en sa qualité de Mère du Rédempteur, Elle est chargée par Dieu d'élever en vue du Sacrifice « l'Agneau qui portera les péchés du monde ». C'est dans cette perspective d'une épreuve suprême qu'Elle parcourt durant les années de la vie cachée et de la vie publique les étages de ce qu'on peut très justement appeler son Chemin de Croix intérieur. Mais la dernière station dépasse en horreur toute prévision possible : « Ô vous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à la mienne » (Lam l. 12).

« L'heure » est venue, en effet, où la Nouvelle Eve doit boire le Calice jusqu'à la lie en participant dans une mesure vraiment inimaginable à la Passion du Nouvel Adam et à cette agonie qui dépasse la somme si fabuleuse soit-elle, de toutes les agonies de l'humanité.

Or voici que sur ce Calvaire intolérable Celle qui est la Femme forte, la Femme courageuse par excellence, ne s'abîme pas dans le désespoir ; Elle n’est ni agitée, ni prostrée, encore moins évanouie : Elle se tient « debout » au pied de la Croix nous dit saint Jean. Oh certes ! Elle est bien au cœur de cette « nuit » la plus sombre, NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS, c'est-à-dire Celle qui éprouve le paroxysme de la douleur (le chiffre sept étant symbole de plénitude), mais ce qui est admirable c'est qu'Elle surmonte héroïquement sa propre souffrance pour ne plus penser qu'à celle qui torture son enfant immolé, et cela dans la simplicité et la royale dignité du silence. Et si dans sa compassion Marie se tient ainsi debout, surnaturellement forte et silencieuse, c'est parce qu'Elle ne s'arrête pas à l'aspect extérieur des choses, mais concentre toute sa Foi et tout son Amour sur le mystère rédempteur qui est en train de s'accomplir.

La volonté du Père n'est-elle pas que Jésus, par son sublime sacrifice d'amour, délivre tous les hommes de Satan et du péché et leur restitue la vie divine ?

De toute son âme Elle dit oui à ce dessein divin de salut, acceptant d'y coopérer plus que quiconque en mourant mystiquement dans son Cœur de Mère et en s'offrant en parfaite union avec Jésus comme victime d'amour.

« Au Calvaire, nous dit un auteur spirituel du moyen-âge, vous auriez vu deux autels : Le Cœur de Marie et le Corps du Christ. Celui-ci immolait sa chair, Celle-là son âme ».

Puissions-nous - surtout en méditant le Rosaire - contempler assidûment ce mystère bouleversant de la compassion co-rédemptrice de Marie.

Nous en avons besoin pour mieux comprendre la valeur et l'efficacité de la souffrance (la nôtre et celle des autres) ; nous sommes tellement tentés, en effet, de la considérer comme absurde parce qu'elle nous semble inutile et sans résultat... « A quoi bon » ; pensons-nous. Mais à quoi ont donc servi les atroces souffrances du Christ et de sa Mère qui en apparence n'étaient que gaspillage et dilapidation ?

Nous savons bien avec cette certitude que donne la Foi qu'elles nous ont mérité le salut. Alors ! En présence de Celui qui est le Fils Bien-aimé du Père et qui est broyé par tant de souffrances, en présence de cette Femme privilégiée de Dieu et plus éprouvée qu'aucune créature humaine, impossible de dire encore : « Si Dieu m'aimait, Il m’épargnerait cette épreuve ! »

Devant ce Jésus, victime mais vainqueur, devant Marie percée de sept glaives, mais Reine et Mère spirituelle de l'humanité, impossible d'objecter : « A quoi bon la souffrance ? » Oui, comprenons dans cette lumière que la souffrance, lorsqu’elle est offerte par amour dans une grande communion d'âme avec Marie, la Co-rédemptrice par excellence, n'est jamais gaspillée : assumée par le Christ, elle devient une merveilleuse source de fécondité apostolique, contribuant de façon plus efficace que tout autre moyen à la conversion et à la sanctification des âmes.

« Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul, mais s'il meurt il porte beaucoup de fruits ».

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 08:19

La Bible - notamment au début du Livre de la Genèse - nous apprend que Dieu en créant la femme comme épouse, comme associée de l'homme, lui a confié un rôle merveilleux de médiatrice d'amour.

En Marie, qui est la Femme Idéale, la Femme par excellence, cette médiation d'amour acquiert une dimension universelle et elle atteint sa plus haute perfection parce que, chez Elle, elle n'est pas fondée uniquement sur la nature, mais avant tout sur le grand mystère du sacerdoce de Jésus, c'est-à-dire sur le fait que Jésus est l'unique et parfait Médiateur entre Dieu et les hommes.

C'est ce rôle grandiose de la médiation universelle de Marie que Jésus a voulu souligner lorsqu'à Cana, tout d'abord, et ensuite au Calvaire, il s'est adressé à Elle en l'appelant « Femme ».

Pour Lui, le Nouvel Adam, ce terme ne pouvait qu'évoquer la Nouvelle Eve, cette incomparable associée que Dieu le Père lui avait donné pour qu'Elle coopère avec Lui non seulement à l'acquisition de toutes les grâces nécessaires au Salut, mais aussi a leur application à tous les membres de l'humanité à travers les siècles.

Dans ce rôle de la médiation d'amour de Marie (qui ne peut évidemment s'exercer qu'à travers la médiation même du Christ, dans une entière dépendance de la sienne), on distingue surtout deux aspects : 1'un ascendant, l'autre descendant.

Marie, tout d'abord est Médiatrice d'intercession, c'est l’aspect « ascendant ».

Il ne faut jamais oublier en effet, qu'elle est toujours présente dans nos vies et toujours disponible pour écouter nos demandes, pour recevoir nos misères et nos pauvres offrandes. Et c'est bien ce premier aspect qui est mis en lumière dans le récit des Noces de Cana.

Marie s'y révèle comme étant celle qui devine en premier lieu la misère des serviteurs : « Ils n'ont plus de vin ». Nous voyons là à quel point elle est attentive à tout et à tous. Pour Elle, en effet, il n'y a pas de petites choses, rien ne peut la laisser indifférente.

Si nous transposons cela au plan spirituel, nous comprenons que Marie est Celle qui prend dans son cœur la misère de ses enfants pour la présenter à Jésus. Et elle intervient de telle manière que Jésus ne peut pas refuser : il ne peut alors que transformer notre misère en amour comme il a changé l'eau en vin.

Cette médiation, qui toujours intercède, va finalement très loin : en fait, elle n'a pas de limites et elle ne peut pas en avoir parce que c'est une médiation de miséricorde.

Marie nous enveloppe tous et nous porte dans sa prière perpétuelle.

Elle accueille aussi toutes nos prières, lesquelles ayant bien peu de valeur en elles-mêmes deviennent irrésistibles quand elles passent par son cœur maternel.

Puisqu'Elle se fait ainsi notre puissante Avocate, pourquoi hésiterions-nous dès lors à lui confier toutes nos intentions, qu'elles soient d'ordre matériel ou d'ordre spirituel ?

Imitons en cela l'attitude du petit enfant qui recourt à sa mère à tout instant et à tout propos, sans crainte de l'importuner et avec une confiance absolue, car il ne peut douter un seul instant de sa sollicitude maternelle, de sa tendresse et de sa bonté.

Etant bien convaincus que par Elle nous pouvons tout obtenir, faisons en sorte que rien de notre vie de prière (où, selon son désir, le Rosaire doit occuper une place de choix), ne soit soustrait à son appui.

« Regarde l’Etoile ! Nous dit saint Bernard, invoque Marie ! Qu'Elle ne quitte pas tes lèvres, qu'Elle ne quitte pas ton cœur ! »

L'aspect « descendant » de la médiation de Marie c'est le rôle qu'Elle exerce en tant que Mère de notre vie surnaturelle.

Cette merveilleuse médiation maternelle est la conséquence logique de son héroïque collaboration à l'œuvre de notre salut accomplie sur la Croix par Jésus, le divin médiateur.

C'est à cette « Heure-là » que dans une souffrance portée au paroxysme Elle nous a enfantés à la vie nouvelle des enfants de Dieu.

Et c'est parce qu'Elle a accepté de participer à la Rédemption en mourant mystiquement dans son cœur de Mère (préférant notre vie divine à la vie temporelle de son Enfant bien-aimé), que Dieu l'a établie comme instrument de la grâce.

Oh ! Certes, Dieu aurait bien pu se passer d'un tel instrument - il ne lui était pas nécessaire - mais Il l'a voulu pour que soit manifestée la gratuité et la surabondance de son Amour.

Ainsi donc, nous croyons avec toute l'Eglise que la vie divine de la grâce à laquelle nous naissons par le Baptême nous est donnée, c'est bien évident, par le Saint-Esprit, mais que le Saint-Esprit en fait ne la communique qu'en passant par Marie.

Ainsi se justifie le beau titre que nous lui décernons dans les litanies "Mère de la divine grâce ».

On comprend dans cette lumière que c'est essentiellement en raison de cette maternité de grâce que Marie est si proche de nous et que nous lui sommes si proches.

Entre Elle et nous, il n'y a pas de distances.

Elle est particulièrement présente à cette vie divine qui est en nous ; en union avec le Saint-Esprit elle coopère activement à son accroissement n'ayant qu'un seul souci, un seul but : faire de nous des copies vivantes de Jésus-Christ.

Que la contemplation assidue de Marie dans son rôle de « Reine aux mains jointes », médiatrice de toutes nos prières et de mère spirituelle, « aqueduc » de toutes les grâces, nous incite à vivre de plus en plus avec Elle, par Elle et en Elle, de telle sorte « que Jésus retrouvant en nous les traits de sa divine mère soit davantage glorifié ».

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 17:27

C'est dans le discours qu'il a prononcé pour la clôture de la troisième session de VATICAN II que le Pape Paul VI a proclamé solennellement Marie « Mère de l'Eglise » et a demandé qu'on l'invoque sous ce titre qui exprime dans sa merveilleuse brièveté la place éminente et singulière qu'occupe dans l'Eglise la Mère de Dieu.

Pour justifier cette appellation - qui est traditionnelle, mais qui dans la lumière de l'enseignement conciliaire sur Marie, prend un relief particulièrement saisissant, les théologiens invoquent deux grandes raisons :

En premier lieu, Marie est Mère de l'Eglise parce qu'elle est Mère de Dieu. L'Evangile nous révèle, en effet, qu'à l'appel de Dieu et par sa libre réponse à la puissance de sa grâce, Marie est devenue la Mère de Jésus, le Verbe de Dieu Incarné : « Elle est la Mère, explique Paul VI, de celui qui dès le premier instant de l'Incarnation dans son sein virginal, s'est uni en tant que Chef son corps mystique qui est l'Eglise. Marie, donc, en tant que Mère du Christ est Mère aussi de tous les pasteurs et fidèles, c'est-à-dire de l'Eglise ».

Quand Marie donna naissance à Jésus, elle donna naissance au « Christ total » ce qui inclut, en un sens mystique, tous ses membres.

Ainsi, parce qu'elle est la Mère du Christ, elle est aussi la Mère de l'Eglise.

Mais l'Eglise qui fut préparée par le Christ, spécialement durant sa vie publique, naquit sur la croix du côté transpercé du Rédempteur.

Les souffrances et la mort du Christ ont une importance capitale pour l'origine de l'Eglise.

Il n'est donc pas étonnant que la seconde raison du titre de « Mère de l'Eglise » soit la coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice de son Fils.

Au calvaire Marie s'est associée par son Cœur maternel au sacrifice du Sauveur, donnant à l'immolation de la victime née de sa chair le consentement de son amour, pour être enfin par le même Christ-Jésus mourant sur la croix donnée comme Mère au disciple par ces mots « Femme, voici ton Fils ». (Lumen Gentium N° 58)

Cet enseignement du Concile montre très clairement que déjà Mère de l'Eglise depuis le premier instant de l'incarnation en vertu de son « Fiat » portant sur le Christ total, Marie l'est devenue d'une nouvelle manière par ses souffrances co-rédemptrices.

De cette maternité de grâce, l'Eglise fait continuellement la bienfaisante expérience. Car Marie, par sa médiation qui est essentiellement maternelle (comme Jean Paul II s'est plu à le souligner dans son Encyclique « La Mère du Rédempteur »), ne cesse de coopérer à la transmission de la vie surnaturelle en chaque disciple du Christ et de veiller par son action éducative à son développement.

Sa mission maternelle consiste, en effet, à former le Christ dans les âmes jusqu'à leur parfaite configuration « à l'image du Fils ».

Mais sa qualité de « Mère de l'Eglise » dit quelque chose de plus. Elle attire notre attention sur l'aspect communautaire de son action. La mère spirituelle des hommes n'exerce pas seulement sa sollicitude maternelle à l'égard de chacun, individuellement. Elle veille au développement de l'ensemble de l'Eglise.

Par son cœur de Mère et par son intercession si efficace, elle participe à l'expansion de l'Eglise dans le monde, aux progrès de l'œuvre d’évangélisation.

Elle s'emploie avec ardeur à favoriser la croissance de la Foi, de l'Espérance et de la Charité, à améliorer la qualité de la vie spirituelle de toute la communauté chrétienne.

Elle est discrètement présente à tous les aspects de cette vie : au culte et à la liturgie comme à la pratique des sacrements.

Elle tient son rôle dans le Baptême ou Elle devient Mère de ceux qui reçoivent la filiation divine et dans l'Eucharistie ou elle s'unit à l'oblation sacramentelle du Sauveur comme elle s'était unie jadis à son Sacrifice.

Sa présence maternelle n'est pas présence sacramentelle comme celle du Christ, mais présence morale de coopération et d'intercession.

Comme elle le fit une première fois aux Noces de Cana, Marie ne cesse d'implorer Jésus pour ceux qui « n'ont plus de vin » (autrement dit pour tous ceux qui manquent d'amour) de telle sorte que partout où il y a des déficiences, la vie de l'Eglise puisse recevoir un nouvel apport de grâce et mieux manifester la gloire du Christ.

Enfin, comme toute mère qui attache une importance capitale à l'union de ses enfants, Marie favorise par sa médiation tout ce qui peut contribuer « à la réconciliation de tous les chrétiens dans l'unité d'une seule et unique Eglise du Christ ».

Puisse notre dévotion filiale envers Marie, Mère de l'Eglise, aviver en nous le sens ecclésial et nous stimuler plus spécialement à la prier très fort, Elle qui est la « Toute Puissance suppliante » et la Mère des Miséricordes, en faveur de tout ce qui dans l'Eglise a besoin d'aide et de soutien.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 18:59

Nous savons que les auteurs de théologie ou de spiritualité (comme par exemple saint Louis-Marie de Montfort) n'hésitent pas à employer pour désigner la très Sainte Vierge une expression qui est particulièrement évocatrice de son sublime mystère : la « divine Marie ». Ce qualificatif de divin lui est dû, en effet, de plein droit, mais c'est en un sens qu'il importe de bien préciser afin que notre foi sur ce point soit pleinement éclairée. Dire que Marie est divine ne signifie absolument pas (ce qui serait une très grave erreur) que l'être de Marie est « Dieu ».

La femme « entre toutes bénie » est bien une créature comme nous, une fille de notre race. Lorsqu'on dit que Marie est divine, on veut surtout faire ressortir sa divinisation est quelque chose de tout-à-fait unique, qui n'appartient qu'à elle seule, parce qu'ayant eu le privilège inouï de former à partir de sa chair le corps du Fils de Dieu elle est vraiment la mère de Dieu au sens propre, sa Mère selon l'humanité.

Cette maternité divine qui est la clé de voûte de tout son mystère, le principe de toutes ses grandeurs, élève Marie sans comparaison possible au-dessus de toute créature et l'emporte à l'intérieur de cet ordre unique ou son Fils Jésus est Dieu.

A ce titre, elle approche au plus près qui se puisse concevoir de chacune des trois Personnes divines :

- avec la première Personne, sa relation a ceci d'absolument unique qu’elle peut dire en toute vérité ce que Dieu le Père dit Lui-même de Jésus lors de son Baptême et de sa Transfiguration : « Celui-ci est mon Fils ». Avec Dieu le Père, elle possède un même Fils.

- avec la deuxième Personne, elle a ce rapport unique qu'elle n'est pas seulement comme nous un membre du Christ, mais qu'elle est la Mère du Fils de Dieu.

- avec la troisième Personne, elle a cette relation, unique encore, que son être a été entièrement livré à l'action du Saint-Esprit pour l'enfantement du Christ. Le Saint-Esprit qui « l'a aimée comme sa mystique épouse » (Jean -Paul II) n'a pas agi en elle seulement pour la sanctification de son âme, mais pour opérer en elle le mystère de l'incarnation.

Pour bien mettre en lumière cette situation hors de pair de Marie, les grands théologiens ont employé des formules frappantes :

« Le Fils porte à l'infini l'excellence de sa Mère ». (St Albert le Grand) « La Bienheureuse Vierge, étant Mère de Dieu, a comme une dignité infinie venant de ce bien infini qu'est Dieu ». (St Thomas d'Aquin) « Elle a atteint les frontières de la divinité ». (Cajetan)

Partant de là, nous pouvons mieux discerner en quoi la divinisation de Marie est différente de celle de tous les saints, C'est-à-dire de celle à laquelle nous sommes tous appelés. Chez nous, en effet, rien de notre être n'est donné à une personne divine. Notre être demeure dans les limites de l'ordre créé et notre personne est élevée dans ses opérations à agir à la manière de Dieu ; tandis qu'en Marie il y a quelque chose de son être qui est pris pour être donné à la personne du Fils de Dieu. En nous, la divinisation par la Grâce constitue ce qu'il y a de plus profond et de plus précieux, ce qui nous unit le plus à Dieu ; tandis qu' en Marie, elle n'est pas ce qu'il y a de plus profond dans son union à Dieu : elle est seulement la conséquence d'une divinisation qui atteint bien plus profondément son être même. Autrement dit, Marie a bien l'état de grâce tout comme nous - et plus parfaitement que nous - mais elle l'a en raison de sa maternité divine. C'est parce que Dieu préparait en elle cette merveilleuse maternité qu'Il lui a donné l'état de grâce dès sa conception, qu'Il l'a voulue dès le départ Immaculée, « Pleine de Grâce ». Au moment où la Maternité divine s'est réalisée en elle - il faut aussi bien souligner cela - la grâce sanctifiante a encore grandi immensément dans son âme.

Et C'est par tous ses rapports maternels avec son divin Fils que cette grâce a continué de grandir en elle jusqu'à la mort. Ainsi, toute la vie de la grâce en Marie est-elle une conséquence de son privilège unique de la maternité divine. Dans cette lumière, il apparaît clairement que Marie n'est pas une sainte comme les autres. Le problème pour voir la grandeur de sa sainteté n'est pas de la situer dans les degrés où se trouvent les autres Saints, fût-ce pour dire qu'elle est au degré suprême. La vérité est que tous les saints et tous les anges sont à un certain plan et que Marie se trouve tout à fait en dehors de cela, dans un autre ordre.

Elle n'est pas seulement à la plus haute marche de l'escalier, elle est vraiment dans une situation absolument unique qui n'appartient qu'à elle et qui fait, par conséquent, que son rôle dans le mystère du Christ et de l'Eglise est aussi quelque chose d'absolument unique. Qu'on ne vienne donc pas nous reprocher de trop exalter Marie dans notre estime et dans nos louanges ! Nous ne l’exalterons jamais assez parce que nous ne pénétrerons jamais suffisamment l’exceptionnelle dignité que lui donne cette réalité : à savoir qu’elle é été prise par Dieu pour être au sens littéral la Mère de son Fils. Lorsque nous honorons tout spécialement la Divine Marie en la priante, en l’imitant et surtout en nous consacrant à Elle, nous ne faisons que correspondre le plus fidèlement possible à ce que Dieu a voulu en la choisissant et en la comblant si magnifiquement.

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 17:05

Tout au long de l’histoire de l'Eglise les chrétiens ont cru très fermement au mystère de la Royauté Universelle de Marie.

Cette foi, ils l'ont exprimée non seulement à travers des œuvres d’art multiples et variées et maints écrits théologiques, mystiques ou poétiques, mais aussi et surtout à travers leur prière, qu'elle soit publique ou privée.

Pensons par exemple à la prière du Rosaire qui invite les fidèles – et cela depuis plus de cinq siècles - à contempler Marie dans la glorieuse apothéose de son couronnement par Jésus comme Reine du ciel et de la terre.

Mais que veut dire au juste ce mot de « Reine » appliqué à Marie ?

Il signifie tout d'abord que Marie est la première et la plus belle de toutes les créatures. Elle a des titres, en effet, qui la placent non seulement au sommet de l'échelle des êtres (des hiérarchies angéliques elles-mêmes) mais incomparablement au-dessus.

Marie est seule Mère de Dieu et c'est ce qui fonde sa Royauté.

Au moment de l'annonciation l'ange Gabriel lui révèle que son divin Fils Jésus règnera éternellement.

Or, ce qui fait la Royauté du Christ, c'est l'union substantielle en Lui de la nature humaine avec la Personne divine du Verbe, union qui le place pour toujours, même en tant qu'homme, à la tête de l'humanité et de la création.

Marie, parce qu'elle a été l'instrument de cette union, se trouve en liaison même - liaison inouïe - avec la nature divine.

C'est pourquoi étant la mère du Christ-Roi, Elle est, par le fait même, Reine de l'Univers.

De plus, parce qu'elle était destinée à être la Mère de Dieu, le Très-Haut voulut la parer en Reine privilégiée dans le mystère de son Immaculée Conception.

En la rattachant par ce don insurpassable, après bien des millénaires, au premier couple royal du monde (celui d'Adam et Eve avant la chute), Il la constituait seule héritière de la Régence primitive de l'homme sur la terre.

Il faut ajouter que Marie est seule Mère spirituelle de tous les hommes.

Ayant enfanté la Tête elle a également enfanté tous les membres du Corps mystique que nous formons avec le Christ, ce qui lui confère une souveraineté maternelle sur toutes les âmes qu'Elle a mission d'éduquer à la vie divine des enfants de Dieu.

Il faut enfin se rappeler que Marie est d'une manière tout-à-fait unique la Co-rédemptrice du genre humain.

A ce titre, de même que nous appartenons au Christ à cause des souffrances par lesquelles Il nous a conquis, nous appartenons à Marie par un analogue droit de conquête en raison de ses douleurs.

Parce qu'Elle a été la collaboratrice très généreuse du Christ dans l'œuvre de notre Rédemption, Marie Nouvelle Eve unie au Nouvel Adam a acquis aussi avec Lui le droit de régner.

Toutes ces raisons nous aident à mieux comprendre pourquoi Jésus « Roi immortel des siècles » a voulu couronner sa très Sainte Mère aussitôt après sa glorieuse montée au ciel en corps et en âme.

En la déclarant Reine, Il lui a donné participation entière et définitive aux pouvoirs qu'Il a Lui-même reçus de son Père pour gouverner le ciel et la terre.

Cette fonction royale, Marie l'exerce d'abord en dépendance du Roi, puis avec la nuance féminine et maternelle qui est attachée au terme de Reine.

Elle est bien Toute-Puissance, mais « Toute Puissance suppliante » car la Reine est avant tout l'intime confidente du Roi et son action propre, Elle l'exerce sur son Cœur, utilisant ainsi de ses fragiles mains sa formidable puissance, comme si cette puissance était la sienne.

Au terme de ces quelques réflexions, une conclusion s'impose : puisque Marie est Reine, ses sujets doivent être normalement ses chevaliers, ardents et joyeux ; chevaliers entièrement consacrés à son service intérieur, c'est-à-dire à l'obéissance que son autorité appelle ainsi qu'aux hommages que sa dignité exceptionnelle, ses fonctions à part, ses qualités d'esprit et de cœur et tout son prestige personnel, entraînent. Mais aussi chevaliers consacrés à son service extérieur, voués sans réserves « prêts » avec enthousiasme aux conquêtes apostoliques que son Cœur désigne.

Combattons donc sous son étendard avec la plus grande énergie, sans jamais nous décourager.

Par le Rosaire qui est une redoutable « force de frappe » spirituelle, par tous nos sacrifices acceptés et offerts, et par la qualité de notre vie chrétienne entièrement dominée par l'amour, détruisons le règne de Satan et faisons pénétrer partout : dans les intelligences, dans les cœurs, dans les familles, dans les milieux sociaux et dans les institutions la connaissance et l'amour de JESUS-ROI.

N'oublions jamais que « c'est par la Très Sainte Vierge que Jésus est venu au monde » et que « c'est aussi par Elle qu'Il doit régner dans le monde ». (Saint Louis Marie de Montfort.)

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 17:26

1ère partie :

 Comment vivre la 1ère partie de l’Eucharistie appelée « Liturgie de la Parole » à l’école de Marie ?

Cette première partie occupe, nous le savons, une grande place dans la célébration de chaque Messe : c’est pour bien nous montrer qu’elle continue, en fait une Première Table où Dieu nous offre sa Parole comme nourriture de notre Foi, le but recherché étant de disposer nos cœurs à l’union au Sacrifice de la Croix qui est représenté, renouvelé sur la 2ème Table Eucharistique où le Seigneur nous sert son « Corps livré » et son « Sang versé ».

 Croire, c’est s’ouvrir par une écoute attentive, à cette divine Parole : c’est recevoir toute la pensée qu’elle exprime, c’est se laisser illuminer et modeler par elle.

De cette écoute attentive de la Parole de Dieu, la Vierge Marie est le plus parfait modèle. Elle dont la Foi incomparable « représente selon le bienheureux Jean-Paul II, une référence constante pour l’Eglise, pour chacun individuellement et pour la communauté. » 

 Or, sa Foi, Marie l’a nourrie de sève biblique depuis son enfance en méditant les Livres Saints de l’Ancien Testament avec une pénétration à nulle autre pareille... On pourrait placer sur ses lèvres ce que le prophète Jérémie disait un jour au Seigneur : «Quand tes paroles se présentaient je les dévorais. Ta Parole était mon ravissement et l’allégresse de mon cœur. » 

 L’humble servante du Seigneur s’est tellement imprégnée des pensées et des vouloirs de Dieu exprimées dans cette Parole qu’Elle en a été façonnée dans son esprit et dans son cœur, qu’Elle en a été construite dans tout son être et dans toute sa manière de vivre. Les quelques phrases évangéliques qu’elle a prononcées (en particulier sa belle prière du Magnificat) en témoignent avec éloquence.

 Et c’est parce qu’Elle a été ainsi la Fille de la Parole que Dieu l’a choisie pour devenir la Mère de la Parole, la Mère de celui que saint Jean appelle le Verbe, la Parole éternelle du Dieu vivant, Jésus le Fils Unique du Père, qui s’est incarné en son sein pour sauver l’humanité.

 On peut affirmer qu’à partir de ce moment là, la Mère du Seigneur donna de nouvelles et merveilleuses dimensions à sa Foi, la nourrissant continuellement de tous les évènements de la Vie de Jésus, de ses faits et gestes et de ses enseignements. Comme le notre saint Luc en son évangile « quant à Marie, elle conservait avec soin toutes ces choses, les méditant en son cœur. »

 En écoutant ainsi très fidèlement l’Evangile de Lumière et d’Amour de son Fils, le Divin semeur et en le mettant en pratique, Elle a été de façon exemplaire la Bonne Terre de Dieu : Celle en qui sa Parole a été la plus féconde et la plus efficace tant pour sa propre union et la Bienheureuse Trinité que pour sa coopération unique à l’œuvre du Salut.

 Première dans la foi, parfait modèle du Cœur qui écoute, la vierge Marie, qui est notre Mère dans l’ordre surnaturel, a pour mission de nous éduquer dans notre comportement vis-à-vis de la Parole de Dieu. C’est pourquoi elle ne cesse jamais de nous répéter le conseil qu’elle donna jadis serviteurs des Noces de Cana : « quoi que Jésus vous dise, faites-le. » Elle sait combien notre Foi a besoin de se pénétrer de cette Parole de Vérité et de Vie, mais que nous aurions tout intérêt à lire et à méditer au moins de temps en temps, dans les Livres Saints de l’Ancien et du Nouveau Testament : en premier lieu les Evangiles.

 Ajoutons que Marie fait bien plus que nous conseiller et nous orienter vers la lecture de la Bible... Elle nous assiste pour que notre écoute soit plus attentive, notre intelligence plus pénétrante et notre accueil plus généreux. Il suffit pour cela de lui faire appel, de l’inviter à nos côtés. Alors en union avec Elle on voit avec un autre regard, on entend d’une autre manière et tout s’éclaire dans une nouvelle Lumière.

Soyons-en fermement convaincus : parce que Dieu en a ainsi décidé, il est une connaissance du Christ, de son Evangile et de ses Mystères, que nous ne pouvons acquérir que par l’intercession de Marie et en nous tenant près d’Elle. 

2ème partie

 

Nous avons essayé de voir dans la 1ère partie, comment la Vierge Marie est notre éducatrice spirituelle dans la Liturgie de la Parole qui oriente et prépare nos cœurs à la Liturgie Eucharistique.

Essayons de comprendre maintenant comment elle exerce son influence maternelle dans cette 2ème grande partie de la Messe qui comprend comme vous le savez dans un 1er temps : l’Offrande du Sacrifice de Jésus et dans un 2ème temps : notre communion à ce Sacrifice.

Marie y est particulièrement présente, en effet, comme le Bienheureux Jean-Paul II nous l’a rappelé dans son encyclique « l’Eglise vit de l’Eucharistie ». Au pied de la croix se tenait sa mère : par ces simples mots l’Evangile nous apprend qu’aucune Messe désormais ne peut se célébrer sans la présence de Marie : Puisque la Messe est le Sacrifice du Calvaire, Marie est là, au pied de nos autels.

Il faut que nous prenions davantage conscience de cette présence agissante qui nous accompagne durant toute la Messe. Si nous demandons instamment à Marie de nous former à une authentique vie eucharistique.

 

- Elle nous aidera tout d'abord à offrir le Christ qui est réellement présent sur l’autel sous les signes du pain et du vin devenus son Corps et son Sang.

- Elle nous apprendra aussi à jeter dans ce grand fleuve qu’est l’offrande du Sacrifice d’Amour de Jésus, le petit ruisseau de notre offrande personnelle constituée par les milliers de gouttes de nos prières, de nos travaux, de nos joies et de nos peines, de nos souffrances et de nos sacrifices volontaires, bref de tout ce qui fait notre vie...

 

Emporté par ce puissant courant il ira se déverser dans l'océan infini de l'amour divin.

Soutenus et stimulés par Celle que Jean-Paul Il appelle « la Femme Eucharistique ›› nous vivrons alors de plus en plus dans Faction de grâces et nous ferons de toute notre existence une Hostie de Louange à la plus grande Gloire de la Très Sainte Trinité.

Mais Marie ne manquera pas d'intervenir également pour nous aider à recevoir de manière fructueuse le Corps du Christ Ressuscité dans notre Communion Sacramentelle.

Elle nous invitera pour cela chez Elle, dans son cœur si accueillant et si aimant qui est « la Maison du Pain ›› par excellence. Car c’est bien là en Elle que ce Pain venu du ciel fut pétri et apprêté pour être la nourriture de nos âmes.

N`est-il pas normal que ce soit là aussi, chez Elle, en Elle, qu'il se plaise à être servi, mangé, savouré ?

Nous possédant ainsi en Elle mystiquement, Marie saura bien avec sa délicatesse maternelle harmoniser nos sentiments avec les siens. Nos dispositions intérieures dès lors seront telles que notre communion à Jésus Eucharistie pourra tout au long de notre vie déployer ses merveilleux effets dont le but ultime est de nous diviniser en nous transformant dans le Christ. Soyons donc bien convaincus, chers frères et sœurs, que c’est par Marie, avec Marie et en Elle que selon une formule célèbre « Toute notre vie pourra passer dans notre Messe et que toute Messe pourra passer dans notre vie ».

Pour conclure ces quelques réflexions, je vous invite à écoute encore une fois le pape Jean-Paul II : « Vivre dans l’Eucharistie le mémorial de la mort du Christ suppose aussi de recevoir continuellement ce don. Cela signifie prendre chez nous à l’exemple de saint Jean, celle qui chaque fois nous est donné comme Mère. Cela signifie en même temps, nous engager à nous conformer au Christ, en nous mettant à l’école de sa Mère et en nous laissant accompagner par Elle ».

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