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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 18:59

Nous savons que les auteurs de théologie ou de spiritualité (comme par exemple saint Louis-Marie de Montfort) n'hésitent pas à employer pour désigner la très Sainte Vierge une expression qui est particulièrement évocatrice de son sublime mystère : la « divine Marie ». Ce qualificatif de divin lui est dû, en effet, de plein droit, mais c'est en un sens qu'il importe de bien préciser afin que notre foi sur ce point soit pleinement éclairée. Dire que Marie est divine ne signifie absolument pas (ce qui serait une très grave erreur) que l'être de Marie est « Dieu ».

La femme « entre toutes bénie » est bien une créature comme nous, une fille de notre race. Lorsqu'on dit que Marie est divine, on veut surtout faire ressortir sa divinisation est quelque chose de tout-à-fait unique, qui n'appartient qu'à elle seule, parce qu'ayant eu le privilège inouï de former à partir de sa chair le corps du Fils de Dieu elle est vraiment la mère de Dieu au sens propre, sa Mère selon l'humanité.

Cette maternité divine qui est la clé de voûte de tout son mystère, le principe de toutes ses grandeurs, élève Marie sans comparaison possible au-dessus de toute créature et l'emporte à l'intérieur de cet ordre unique ou son Fils Jésus est Dieu.

A ce titre, elle approche au plus près qui se puisse concevoir de chacune des trois Personnes divines :

- avec la première Personne, sa relation a ceci d'absolument unique qu’elle peut dire en toute vérité ce que Dieu le Père dit Lui-même de Jésus lors de son Baptême et de sa Transfiguration : « Celui-ci est mon Fils ». Avec Dieu le Père, elle possède un même Fils.

- avec la deuxième Personne, elle a ce rapport unique qu'elle n'est pas seulement comme nous un membre du Christ, mais qu'elle est la Mère du Fils de Dieu.

- avec la troisième Personne, elle a cette relation, unique encore, que son être a été entièrement livré à l'action du Saint-Esprit pour l'enfantement du Christ. Le Saint-Esprit qui « l'a aimée comme sa mystique épouse » (Jean -Paul II) n'a pas agi en elle seulement pour la sanctification de son âme, mais pour opérer en elle le mystère de l'incarnation.

Pour bien mettre en lumière cette situation hors de pair de Marie, les grands théologiens ont employé des formules frappantes :

« Le Fils porte à l'infini l'excellence de sa Mère ». (St Albert le Grand) « La Bienheureuse Vierge, étant Mère de Dieu, a comme une dignité infinie venant de ce bien infini qu'est Dieu ». (St Thomas d'Aquin) « Elle a atteint les frontières de la divinité ». (Cajetan)

Partant de là, nous pouvons mieux discerner en quoi la divinisation de Marie est différente de celle de tous les saints, C'est-à-dire de celle à laquelle nous sommes tous appelés. Chez nous, en effet, rien de notre être n'est donné à une personne divine. Notre être demeure dans les limites de l'ordre créé et notre personne est élevée dans ses opérations à agir à la manière de Dieu ; tandis qu'en Marie il y a quelque chose de son être qui est pris pour être donné à la personne du Fils de Dieu. En nous, la divinisation par la Grâce constitue ce qu'il y a de plus profond et de plus précieux, ce qui nous unit le plus à Dieu ; tandis qu' en Marie, elle n'est pas ce qu'il y a de plus profond dans son union à Dieu : elle est seulement la conséquence d'une divinisation qui atteint bien plus profondément son être même. Autrement dit, Marie a bien l'état de grâce tout comme nous - et plus parfaitement que nous - mais elle l'a en raison de sa maternité divine. C'est parce que Dieu préparait en elle cette merveilleuse maternité qu'Il lui a donné l'état de grâce dès sa conception, qu'Il l'a voulue dès le départ Immaculée, « Pleine de Grâce ». Au moment où la Maternité divine s'est réalisée en elle - il faut aussi bien souligner cela - la grâce sanctifiante a encore grandi immensément dans son âme.

Et C'est par tous ses rapports maternels avec son divin Fils que cette grâce a continué de grandir en elle jusqu'à la mort. Ainsi, toute la vie de la grâce en Marie est-elle une conséquence de son privilège unique de la maternité divine. Dans cette lumière, il apparaît clairement que Marie n'est pas une sainte comme les autres. Le problème pour voir la grandeur de sa sainteté n'est pas de la situer dans les degrés où se trouvent les autres Saints, fût-ce pour dire qu'elle est au degré suprême. La vérité est que tous les saints et tous les anges sont à un certain plan et que Marie se trouve tout à fait en dehors de cela, dans un autre ordre.

Elle n'est pas seulement à la plus haute marche de l'escalier, elle est vraiment dans une situation absolument unique qui n'appartient qu'à elle et qui fait, par conséquent, que son rôle dans le mystère du Christ et de l'Eglise est aussi quelque chose d'absolument unique. Qu'on ne vienne donc pas nous reprocher de trop exalter Marie dans notre estime et dans nos louanges ! Nous ne l’exalterons jamais assez parce que nous ne pénétrerons jamais suffisamment l’exceptionnelle dignité que lui donne cette réalité : à savoir qu’elle é été prise par Dieu pour être au sens littéral la Mère de son Fils. Lorsque nous honorons tout spécialement la Divine Marie en la priante, en l’imitant et surtout en nous consacrant à Elle, nous ne faisons que correspondre le plus fidèlement possible à ce que Dieu a voulu en la choisissant et en la comblant si magnifiquement.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Regards sur Marie
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