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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 21:30

Année B

Lecture du deuxième livre de Samuel 7, 1-5. 8b-12. 14a.16

Ce n’est pas David qui bâtira un temple au Seigneur, c’est Dieu qui lui bâtira une dynastie stable.

Le roi David habitait enfin dans sa maison. Le Seigneur lui avait accordé la tranquillité en le délivrant de tous les ennemis qui l’entouraient. Le roi dit alors au prophète Nathan : « Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous un abri de toile ! » Nathan répondit au roi : « Tout ce que tu as l’intention de faire, fais-le, car le Seigneur est avec toi ». Mais, cette nuit-là, la parole du Seigneur fut adressée à Nathan : « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Est-ce toi qui me bâtiras une maison pour que j’y habite ? C’est moi qui t’ai pris au pâturage, derrière le troupeau, pour que tu sois le chef de mon peuple Israël. J’ai été avec toi partout où tu es allé, j’ai abattu devant toi tous tes ennemis. Je t’ai fait un nom aussi grand que celui des plus grands de la terre. Je fixerai en ce lieu mon peuple Israël, je l’y planterai, il s’y établira et ne tremblera plus, et les méchants ne viendront plus l’humilier, comme ils l’ont fait autrefois, depuis le jour où j’ai institué des juges pour conduire mon peuple Israël. Oui, je t’ai accordé la tranquillité en te délivrant de tous tes ennemis.

Le Seigneur t’annonce qu’il te fera lui-même une maison. Quand tes jours seront accomplis et que tu reposeras auprès de tes pères, je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Noble intention de David qui, voulant faire quelque chose pour Dieu décide de lui construire un temple ! Mais ce n’est pas l’homme qui fait des projets pour Dieu, c’est Dieu qui appelle chacun à participer à son dessein de salut. S’il a choisi le jeune berger David pour conduire son peuple, si par lui il a donné la paix à Israël, c’est qu’à travers lui et ses successeurs il veut préparer ce peuple à la venue du Messie, descendant du roi David. C’est pourquoi Dieu révèle à David son intention de lui assurer une dynastie stable.

Dieu prend toujours l’initiative dans la vie des hommes. Quelles sont celles qu’il a prises et qu’il continue à prendre pour moi ?

Psaume 88

R/ : Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante !

  • L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge. Je le dis : c’est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux. R/
  • « Avec mon élu, j’ai fait une alliance, j’ai juré à David, mon serviteur : J’établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges ». R/
  • « Il me dira : ‘Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut !’ Sans fin je lui garderai mon amour, mon alliance avec lui sera fidèle ». R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 16, 25-27

La gloire de Dieu est d’avoir fait connaître aux hommes le mystère de son amour.

Frères, à Celui qui peut vous rendre forts selon mon Évangile qui proclame Jésus Christ : révélation d’un mystère gardé depuis toujours dans le silence, mystère maintenant manifesté au moyen des écrits prophétiques, selon l’ordre du Dieu éternel, mystère porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l’obéissance de la foi, à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ, à lui la gloire pour les siècles. Amen. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le monde gréco-romain était fier de sa civilisation, de ses penseurs et de ses artistes qui avaient élaboré toute une philosophie de l’homme, de la société et du monde. Le monde juif, de son côté, nourri de la Bible, fort de sa certitude d’être le peuple choisi par Dieu pour porter aux païens la connaissance du vrai Dieu, jugeait de très haut ces prétentions des Grecs et des Romains. Qui, des Grecs, des Romains ou des Juifs, sauverait l’homme ? Aucun, répond Paul, dans sa lettre aux Romains. Jésus Christ seul ! C’est lui l’homme accompli dont rêvent Grecs et Romains, c’est lui le Messie qu’annonçaient aux Juifs les prophètes. Seul Jésus Christ donne corps aux aspirations les meilleurs des hommes, en même temps qu’il les libère de ce qu’elles ont d’étriqué, de vaine gloriole et d’égocentrisme. Tel est le mystère qui s’est révélé à Noël où Dieu a fait connaître la sagesse de son dessein d’amour : sauver tout homme et tout l’homme par Jésus Christ.

Mieux vaut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. C’est en ce sens que Paul parle de l’obéissance de la foi : elle accueille la bonne nouvelle de l’Évangile pour soi-même et s’efforce de la porter à la connaissance de tous.

Alléluia. Alléluia. Voici la servante du Seigneur : que tout m’advienne selon ta parole. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

Demandons à Marie de nous apprendre à dire comme elle : « Je suis la servante du Seigneur ».

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ». Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ». Alors l’ange la quitta. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Accepter d’être la mère du Messie promis à David, accepter que Dieu revendique seul la paternité de ce Sauveur conçu en elle par l’action merveilleuse de l’Esprit, conduira Marie à dire encore bien des fois oui à Dieu. Oui à la pauvreté de la crèche, à l’insécurité de la fuite en Égypte, oui à l’adolescent qui, à Jérusalem, se réclame de la mission confiée par son Père, oui au charpentier obscur qui ne paraît pas du tout sauver les hommes ; oui aux Béatitudes, à la Croix qu’embrasse librement son Fils ; oui au Vivant jailli du sépulcre à Pâques, oui à l’Église naissante à la Pentecôte… Marie, pour toi, rien n’est impossible à Dieu quand les hommes savent lui dire : oui.

Marie, apprends-moi à dire oui à Dieu, quand bien même ce qu’il réclame de moi me parait impossible.

Homélie

Le salut du monde s’est joué dans un échange entre Dieu et une jeune fille de Galilée, une vierge appelée Marie. Nous venons d’en écouter une fois de plus l’écho toujours aussi émouvant. C’est un dialogue pour lequel Dieu a pris l’initiative. Car c’est de sa part que l’Ange Gabriel est envoyé auprès de Marie. Dieu fait le premier pas. C’est Lui qui se dérange pour ainsi dire, pour venir solliciter le libre consentement de sa créature. A l’inimaginable proposition transmise par l’Ange « voici que tu vas concevoir et enfanter un fils et tu lui donneras le Nom de Jésus » la Vierge Marie va, sans la moindre réserve, donner une réponse qu’on peut résumer en un tout petit mot, un petit mot qui dans sa simplicité est sans nul doute, le plus élevé, le plus chargé d’amour qu’un être humain puisse jamais prononcer : ce petit mot vous l’avez deviné c’est OUI : « FIAT » en latin, ce qui veut dire « qu’il me soit fait... »

Chers frères et sœurs, chaque fois que nous contemplons la Vierge très Sainte à travers son OUI de l’Annonciation, nous devons être attentifs à deux choses :

Ce qu’il importe de bien comprendre tout d’abord, c’est qu’en donnant son consentement dans une totale générosité et de façon irrévocable, Marie entend bien assumer sur un plan personnel toutes les conséquences qui vont en découler. Ce n’est pas passivement, mais très activement qu’elle collaborera à titre de Mère du Sauveur, à l’œuvre du Salut des hommes. Car, vous l’avez peut-être remarqué, son OUI, Marie le prononce comme un souhait, qui porte sur l’accomplissement de tout ce que l’Ange lui a annoncé. Elle fait beaucoup mieux que se soumettre à la volonté du Père des Cieux : elle fait coïncider ses désirs les plus profonds avec le projet divin du Salut « qu’il me soit fait, qu’il m’advienne ».

Mais il y a un deuxième aspect dans le grand OUI de l’Annonciation : Marie ne l’a pas prononcé seulement à titre individuelle, mais « au nom du genre humain tout entier ». Dire que Marie a accepté l’Incarnation du Fils de Dieu au nom ou à la place de toute l’humanité, c’est affirmer avec les grands auteurs spirituels des premiers siècles que l’obéissance de Marie a contribué au Salut de tous. « Ce que la première femme Eve avait noué par son manque de foi, la Vierge Marie l’a dénoué par sa foi ». Comparant Marie avec Eve, ils appellent Marie la « mère des vivants et emploient volontiers cette formule : par Eve la mort, par Marie la Vie ». C’est donc très clair : le consentement de Marie n’a pas eu seulement la valeur d’une adhésion personnelle exigée par sa fonction de mère, mais aussi la valeur d’une adhésion collective voulue par sa fonction de représentante de tous les hommes. La « Femme bénie entre toutes les femmes » a été Celle en qui toute l’humanité a accueilli le Sauveur. Etonnante et incommensurable dimension de ce OUI de Marie : en lui résonnent tous les OUI qui de la terre monteront vers Dieu, depuis l’Annonciation jusqu’à la fin du monde.

Dans la lumière qui émane de ce mystère nous pouvoir entrevoir, frères et sœurs, tout ce que nous devons à Marie, la Nouvelle Eve. Sans son consentement, que serions-nous, en effet, et que serait le monde ? Il n’a aurait pas eu Noël et sans Noël pas de Vendredi-Saint, pas de Résurrection à Pâques, pas d’Ascension et pas de Pentecôte. L’Eglise n’existerait pas, ni les sacrements, bref, nous ne serions pas sauvés et le ciel nous serait toujours fermé. Vraiment, jamais un OUI humain n’a eu et n’aura une telle portée...

Chers frères et sœurs, ces quelques aperçus sur le OUI si exemplaire de Marie devraient nous inciter à réfléchir sur l’importance et sur les conséquences de nos propres OUI. Chacun de nous, s’il est adulte, a été appelé à prononcer des OUI qui ont fixé sa vocation, ont déterminé sa profession ou l’ont engagé davantage soit au service des autres, soit au service de l’Eglise. Dire OUI le jour de son mariage ou pour un prêtre le jour de son ordination est relativement facile, mais lorsqu’il s’agit de renouveler ce OUI chaque jour et à chaque instant c’est souvent difficile. Marie, nous l’avons vu, a dit OUI toute sa vie, consentement avec amour à tout ce que Dieu lui demandait.

Où en sommes-nous de nos OUI quotidiens ?

- Oui : lorsqu’il faut retrouver l’élan qui arrache à la routine, à la tiédeur, au laisser-aller.

- Oui : à toutes nos croix, la maladie qui assombrit, la solitude qui emprisonne, l’injustice qui humilie, une souffrance qu’on n’a pas choisi de porter...

- Oui : pour répandre à toutes les exigences de notre devoir d’état.

- Oui : pour répondre à tous les appels de nos frères.

- Oui : à l’Eglise en acceptant son enseignement et ses directives (obéir à l’Eglise, c’est obéir au Christ).

- Oui : à l’Apostolat, lorsque la vocation, la santé, les responsabilités nous placent en situation d’influencer ou de rayonner.

Dans quelques jours, frères et sœurs, avec un cœur plein de joie, nous allons célébrer Noël. Mais avons-nous pensé que ce pourrait-être Noël tous les jours dans nos vies si nous savions dire OUI avec Marie, par Elle et en Elle, afin que tout se fasse pour nous, comme pour Elle, conformément à la volonté de Dieu ?

Puisse Marie que nous contemplerons bientôt dans la crèche entièrement tournée vers son divin Fils Jésus, être davantage présente dans notre vie quotidienne pour nous retourner sans cesse vers Lui et favoriser notre communion avec Lui. Nous avons tellement besoin pour cela de son intercession et de son assistance maternelle.

Je vous souhaite à tous de passer un excellent Noël, un Noël porteur de Paix, d’Amour et de Joie en communion avec Marie, Notre-Dame du OUI.

Amen.

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 21:30

Année B

Lecture du livre du prophète Isaïe 61, 1-2, 10-11

L’Esprit du Seigneur conduit le prophète à annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres. Demandons aussi pour nous cette grâce à l’Esprit Saint.

L’esprit du Seigneur Dieu est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé annoncer la bonne nouvelle aux humbles, guérir ceux qui ont le cœur brisé, proclamer aux captifs leur délivrance, aux prisonniers leur libération, proclamer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux. Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Les juifs revenus d’exil sont en majorité un peuple de pauvres qui éprouve bien des difficultés à se réimplanter en Palestine et à y retrouver une vie normale : il connaît les tracasseries administratives et se trouve en butte à la jalousie de ses voisins. Il est pauvre aussi parce que l’expérience de l’exil l’a profondément marqué : certains en sont sortis abattus, le cœur brisé ; beaucoup en sont revenus plus conscients de leur petitesse devant Dieu, avec un cœur disponible pour le chercher humblement. C’est à ce peuple de pauvres que le prophète est envoyé porter cette bonne nouvelle : Dieu aime les pauvres ! Celui qui s’ouvre à cet amour de Dieu à son égard, tressaillira d’une joie plus grande que celle qui envahit le cœur des jeunes mariés au jour de leurs noces.

« Je tressaille de joie, mon âme exulte ». Marie a repris ce refrain pour chanter son bonheur au Seigneur qui s’est penché sur son humble servante. Demandons-lui, à l’approche de Noël, de nous faire partager sa joie et son bonheur.

Cantique

R/ : Mon âme exulte en mon Dieu.

  • Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. R/
  • Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. R/
  • Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 5, 16-24

« Rendez grâce en toute circonstance ». Mais cette prière de remerciement n’est-elle pas celle qui a souvent le plus de mal à sortir de nos lèvres ?

Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus. N’éteignez pas l’Esprit, ne repoussez pas les prophètes, mais discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ; éloignez-vous de tout ce qui porte la trace du mal. Que le Dieu de la paix lui-même vous sanctifie tout entiers, et qu’il garde parfaits et sans reproche votre esprit, votre âme et votre corps, pour la venue de notre Seigneur Jésus Christ. Il est fidèle, le Dieu qui vous appelle : tout cela, il l’accomplira.

Commentaire : L’attente de la venue définitive du Christ engendrait quelque fièvre dans la jeune Église de Thessalonique. En étaient responsables quelques prédicateurs ou prophètes prétendant agir sous l’impulsion de l’Esprit de Dieu. Il n’est pas question de soupçonner ni de rejeter a priori ces manifestations prophétiques, écrit Paul, mais d’en vérifier l’authenticité selon un critère bien simple : ce qui porte au bien, il faut le garder ; ce qui porte au mal, il faut le repousser, car cela ne peut venir de l’Esprit. Préparer la venue du Christ, c’est d’abord vivre dans la paix, la joie et la prière, confiants dans la fidélité de Dieu à nous protéger de toute embûche.

Si l’on reste seul, il est difficile de lire les signes des temps et de discerner l’action de l’Esprit Saint. C’est à plusieurs que ce discernement est possible parce que l’Esprit est présent à l’Église quand elle s’assemble (avec prudence cette année).

Alléluia. Alléluia. L’Esprit du Seigneur est sur moi : il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1, 6-8.19-28

Jean Baptiste n’est pas le Messie, mais il en révèle la présence au milieu de nous.

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ ». Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non ». Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe ». Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale ».

Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’existence de Jean Baptiste, sa présence au désert, ses paroles, le baptême qu’il propose intriguent ses contemporains. Ne serait-il pas le Sauveur attendu ou du moins l’un des anciens prophètes chargés d’en annoncer la venue ? Rien de tout cela, déclare le Baptiste. Qui donc, alors ? Celui dont la vie témoigne de la présence parmi les hommes de Quelqu’un qu’ils ne connaissent pas encore.

« Que dis-tu de toi-même ? » demande-t-on à Jean Baptiste. Si la même question nous était posée, que répondrions-nous ?

Homélie

L’Evangile de ce 3ème dimanche de l’Avent nous montre saint Jean-Baptiste au bord du Jourdain, aux prises avec une sorte de commission d’enquête, envoyée de Jérusalem par les autorités religieuses. A leurs questions, il répond en toute franchise : « Je ne suis pas le Messie que vous attendez. Je ne suis pas davantage le prophète Elie revenu sur la terre. Je ne suis pas le grand prophète. Ma mission c’est de préparer le chemin à Celui qui soit venir : je ne suis que sa voix, son porte-parole, son messager ». D’ailleurs ajoute-t-il : « Il est déjà là Celui que j’annonce. Il se tient au milieu de vous, mais vous ne le connaissez pas... »

Arrêtons-nous ce matin à cette parole : « Il se tient au milieu de vous Celui que vous ne connaissez pas », car elle s’adresse aussi à nous. Elle est toujours d’actualité. A nous aussi, en effet, on pourrait dire « vous êtes à la recherche de Dieu... » Vous vous demandez peut-être où il est et comment faire pour le trouver. Mais il est là, voyons, au milieu de vous : vous le rencontrez, vous le côtoyez à chaque instant mais vous ne semblez pas vous douter de sa présence.

De fait, si nous y réfléchissions un instant, nous comprendrions que pour trouver Dieu, pour rencontrer Celui auquel durant tout l’Avent nous ne cessons de dire « viens Seigneur », il n’est pas nécessaire, d’aller très loin : il suffit d’ouvrir les yeux (ceux de la foi) pour le reconnaître, car Il est partout dans notre vie... seulement il y est d’une manière cachée et c’est derrière des apparences très diverses que nous avons à le découvrir.

Il est présent dans les tabernacles de nos églises (où on devrait venir l’adorer plus souvent). En ce moment, il est là, au milieu de nous qui sommes rassemblés pour célébrer l’Eucharistie. Lorsque, tout à l’heure je consacrerai le pain et le vin, Il sera présent sur l’autel pour offrir une fois de plus son sacrifice d’amour du Calvaire et se donner à nous comme Pain de Vie dans la communion.

Mais même en dehors de cette présence eucharistique qui est la présence réelle par excellence même quand nous ne sommes pas à l’église, il est encore présent à côté de nous et en nous de bien des manières.

- Il est présent au plus intime de notre âme par la grâce sanctifiante qui se définit comme une habitation mystérieuse mais très réelle de la bienheureuse Trinité.

- Il est présent dans notre prière personnelle, même lorsque nous n’éprouvons aucune ferveur.

- Il est présent dans notre travail et nos occupations de chaque jour, puisque le travail, le devoir d’état est une expression de la volonté de Dieu sur nous et là où est la volonté de Dieu, Dieu est, car Dieu et son vouloir ne font qu’un...

- Il est particulièrement présent, dans nos épreuves, nos maladies et nos souffrances auxquelles il compatit avec une ineffable tendresse et par lesquelles il nous associe si nous y consentons, à son propre sacrifice...

- Il est présent dans le prochain, puisqu’il considère comme fait à lui-même ce que l’on fait au plus petit de ses frères.

- Il est présent dans les évènements même les plus déroutants, une manifestation de sa Providence.

Et surtout n’allons pas croire que ce sont là rêveries ou imaginations trompeuses, puisque tout cela : travail, épreuves, maladies, relations sociales, exigences de la Charité tout cela est occasion de Grâce et que la Grâce c’est Dieu présent et agissant.

Ainsi donc, frères et sœurs, nous n’avons pas à chercher le Seigneur dans les nuages, mais dans la vie, dans l’humble réalité de chaque jour, car tout ce que nous vivons, tout ce qui nous arrive peut-être occasions de rencontre et de communion avec Lui.

« Il est là, disait Jean-Baptiste, Celui qui doit venir, Celui que vous attendez, mais vous ne le connaissez pas ». Ce fut bien, en effet, tout le drame. Parmi les Juifs contemporains et compatriotes de l’Homme-Dieu, combien ne soupçonnèrent même pas sa présence... Ils ne surent pas voir Dieu invisiblement présent dans l’humble charpentier de Nazareth, qui leur révélait l’infinie tendresse du Père et les invitait à entrer dans son Royaume d’Amour...

Ils ne surent pas le discerner :

- soit parce qu’ils attendaient quelqu’un de tout à fait différent... Jésus, en effet, ne répondait pas du tout à l’idée qu’ils se faisaient du Messie.

- soit parce que leur fol orgueil et leur jalousie les frappait d’aveuglement « Tu es un blasphémateur, lui disaient-ils, parce que n’étant qu’un homme, tu te fais Dieu ».

Oh, prenons bien garde, chers frères et sœurs, de ne pas renouveler pour notre compte une telle méprise ! Ce malheur ne se reproduira pas si nous savons ravier et intensifier notre esprit de Foi.

Le vrai chrétien, celui qui vit essentiellement de la Foi, ne rencontre pas seulement le Seigneur dans la prière et les sacrements, mais le voyant dans toutes les créatures il le trouve en toutes choses et peut ainsi maintenir son contact avec Lui, même au milieu des occupations les plus absorbantes.

L’esprit de Foi lui fait pénétrer l’opacité des créatures et des évènements, au-delà desquels il voit toujours la main de Dieu qui guide et dirige tout.

Savoir ainsi reconnaître et rencontrer le visage si aimant du Seigneur, dans chaque créature – même en celles qui nous heurtent, nos offensent, nous font souffrir – et aussi dans chaque évènement jusqu’aux plus désagréables, pénibles ou déconcertants – est un des grands secrets de la vie spirituelle. Mais seul le Seigneur peut, si nous l’en supplions instamment, nous faire parvenir à un tel degré de Foi.

Demandons-Lui cette grâce surtout en ce temps de l’Avent par l’intermédiaire de Celle qui est le modèle insurpassable de la Foi chrétienne : la Très Sainte Vierge Marie. Puissions-nous, avec son aide maternelle grandir toujours plus dans une Foi vigoureuse, éclairée, courageuse et contagieuse. Que notre Foi soit, de plus en plus, en notre cœur, ce foyer de lumière surnaturelle qui éclaire tous les détails de notre vie pour que nous puissions toujours y trouver le Seigneur et qui constitue une source intarissable de joie, parce qu’elle nous fait toucher mystérieusement le Seigneur, nous permettant ainsi de communier à son être et à sa vie, dans l’attente du jour bienheureux, où dans la vision de gloire « nous le verrons tel qu’Il est ».

 Amen.

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 21:30

Année B

Lecture du livre du prophète Isaïe 40, 1-5.9-11

Dieu vient parler au cœur de son peuple, il vient le libérer et lui révéler sa tendresse. Ce programme qu’annonçait Isaïe est toujours celui de l’Avent.

Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes. Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! Que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé ».

Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent. – Parole du Seigneur.

Commentaire : la deuxième partie du livre d’Isaïe qui date de la fin de l’exil et débute par cet appel pressant : « Consolez, consolez mon peuple », a été dénommée le « Livre de la consolation d’Israël ». Consoler ce peuple, c’est l’assurer qu’il n’est pas abandonné de Dieu malgré son péché, c’est lui crier cette bonne nouvelle que Dieu vient le libérer de sa captivité, c’est lui révéler la tendresse de Dieu qui porte sur son cœur ses enfants comme un berger le fait pour ses agneaux fragiles. Nous trouvons ici le premier emploi religieux dans la Bible du verbe « évangéliser » ; il signifie proclamer cette bonne nouvelle qui est tout à la fois annonce du pardon, promesse de libération et révélation de l’amour de Dieu pour les hommes.

« Parlez au cœur ». Quels sont ceux, Seigneur, à qui tu veux parler en te servant de moi (malades, enfants mal aimés, personnes âgées, gens déprimés) pour qu’ils se découvrent portés sur ton cœur ?

Psaume 84

R/ : Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.

  • J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. R/
  • Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. R/
  • Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin. R/

Lecture de la deuxième lettre de saint Pierre apôtre 3, 8-14

Dieu, Maître des temps et de l’histoire, nous conduit avec patience vers une terre nouvelle où habitera la justice.

Bien-aimés, il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. Cependant le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper. Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution, vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété, vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés seront dissous, où les éléments embrasés seront en fusion. Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant cela, faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix. – Parole du Seigneur.

Commentaire : C’est une tentation continuelle aujourd’hui comme aux premiers temps de l’Église, de penser que Dieu est inerte et prend bien du retard à accomplir sa promesse de faire surgir un monde nouveau où habitera la justice. Mais n’est-ce pas d’abord notre impatience qui nous fait juger ainsi ? Dieu ne mesure pas le temps à nos projets, ni son amour pour les pécheurs qu’il veut tous sauver, aux trop courts délais que nous leur accordons. Heureusement ! Pourtant, la certitude de la venue du Jour du Seigneur nous rappelle que ce monde où nous vivons, n’est pas définitif. Il doit être nettoyé de ses injustices, il doit être renouvelé par la justice de Dieu. À nous de collaborer au projet de Dieu en vivant en conformité avec ce monde que nous espérons.

Dieu prend son temps alors que si souvent nous n’avons pas le temps d’écouter, de comprendre, d’aimer et de nous laisser aimer.

Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ; tout être vivant verra le salut de Dieu. Alléluia.

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 1-8

Préparez le chemin du Seigneur ! C’est aussi à nous que Jean Baptiste adresse ce pressant appel.

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : « Crier dans le désert » est devenu pour nous une locution proverbiale signifiant que quelqu’un se démène en vain, sans que sa parole ou ses actes ne rencontrent d’échos autour de lui. Mais quand Dieu crie dans le désert, alors celui-ci se peuple : un homme, Jean Baptiste, se dresse, des foules accourent. Pourquoi ? Parce que la Parole de Dieu annonce une Bonne Nouvelle, parce qu’elle fait désirer aux hommes d’avoir un cœur neuf, parce qu’elle crée la vie où il n’y avait que solitude, désespoir et aridité. Cette Parole c’est Jésus Christ.

Commencement de la Bonne Nouvelle. Comment nous efforçons-nous de prendre la suite de ces débuts, même s’il nous semble parfois qu’il faut toujours recommencer ?

Homélie

Chers frères et sœurs, les textes liturgiques du Temps de l'Avent évoquent à plusieurs reprises la figure vraiment fascinante de Jean-Baptiste qui fut, comme chacun sait, le dernier des prophètes et le Précurseur du Messie.

Dans l'Evangile, c'est Jésus Lui-même qui fait son éloge, et quel éloge ! « 0ui, je vous le dis, parmi les hommes il n'en a pas existé de plus grand que Jean-Baptiste ».

Pourquoi Jésus le juge-t-il si grand ?

Ne serait-ce pas parce qu'Il voit en lui un homme particulièrement exemplaire ?

Oui, un homme dans le sens plénier du terme, un homme authentique, tel que Dieu le veut, c'est-à-dire une conscience, une droiture, une fidélité, inflexible au devoir.

Il nous sera particulièrement profitable - à nous surtout, qui voulons vivre selon l'esprit évangélique - de contempler durant quelques instants les traits marquants de cette physionomie spirituelle hors du commun, tels qu'ils nous apparaissent à travers l'Evangile.

Jean-Baptiste, c'est tout d'abord un homme qui a littéralement la passion de la Vérité et qui jamais ne consentira par opportunisme à l'accommoder, à la diminuer ou à la déformer. Pour lui, il n'y a pas deux vérités, il n'y a pas deux morales.

Lorsqu'il doit s'adresser à la grande foule, je veux dire à ces gens qui ne sont ni des héros, ni des criminels, mais des médiocres et des faibles, il ne dissimule pas les commandements essentiels, il ne force pas non plus leurs exigences : aux collecteurs d'impôts, il dit tout simplement : « Ne chargez pas indûment les contribuables... » Aux soldats : « Ne soyez ni violents, ni pillards ».

Mais quand il a devant lui ces orgueilleux hypocrites qui se flattent d'être sauvés par leurs privilèges religieux et leurs situations, il les démasque avec la dernière vigueur : « Races de vipères, leur lance-t-il, arbres pourris menacés par la hache... »

Et pas un instant il ne s'inquiète des conséquences de ces invectives contre les puissants de ce monde. Ce qui lui importe par-dessus tout, c'est d'être le porte-parole, le haut-parleur de Dieu. Jean-Baptiste, c'est aussi 1'homme qui ne se laisse impressionner ni par la réussite, ni par l'épreuve : ce n'est ni au succès, ni à l'échec qu'il demande des conseils : « Le succès et l'échec, ces deux imposteurs », nous dit un penseur moderne.

Ici encore, nous devons nous rappeler sa carrière extraordinairement contrastée. Il a été l'homme des grands triomphes, celui qui remue les foules, qui jette tout un peuple sur les routes et le voit accourir à lui, celui qui déchaîne les enthousiasmes et dont on dit : « C'est un grand prophète, c'est peut-être le Messie le Libérateur tant espéré... »

Or, pas un seul instant cette popularité ne lui fait tourner la tête.

Rien n'est capable de le faire dévier : coûte que coûte il reste fidèle à sa mission. C'est une âme pleinement maîtresse d'elle-même qui ne se laisse pas manœuvrer.

Mais voici que le moment arrive où le précurseur voit fléchir cette énorme popularité : il devient l'homme dont on se détache et dont la gloire s'éclipse au profit d'un autre : celle de Jésus de Nazareth, Celui qu'il a lui même désigné comme l'Agneau de Dieu venu pour sauver les hommes. Il n'y a pas d'amertume cependant dans le cœur de Jean-Baptiste ; pas la moindre trace de jalousie : il considère que ce renversement est dans 1'ordre. Sa profonde humilité l'incite à s'effacer pour laisser passer Jésus devant : « Il faut qu'Il croisse, dit-il, et que moi je diminue... »

Il y a plus douloureux encore, car sa destinée brusquement tourne au tragique : le voilà en prison, une prison sans espoir.

Désormais sa carrière est brisée... Et cependant Hérode qui le retient captif, n'échappe pas totalement à son influence : peut-être pourrait-il, en étant plus diplomate, plus conciliant, obtenir sa libération ?

Seulement Hérode se comporte comme un pécheur vraiment scandaleux et pour Jean il n'est pas question de transiger avec la loi morale qui exprime la Volonté de Dieu. C'est un homme qui sait dire non quand c'est non...et du fond de son cachot, il ne cesse de reprocher à Hérode sa mauvaise conduite : « Il ne t'est pas permis de garder la femme de ton frère ».

Certes, il a parfaitement conscience que ce non intransigeant, c'est l'équivalent, pour lui, d'un arrêt de mort...

Mais d'avance, il en a accepté toutes les conséquences. Il ne tardera pas d'ailleurs à être décapité ; l'Evangile nous dit en quelles circonstances : mort obscure, stupide en apparence, mais au regard de Dieu, mort glorieuse, suprême témoignage d'un serviteur fidèle dont la conscience n'a jamais capitulé.

Telle est la personnalité vigoureuse que l'Eglise propose à notre admiration et plus encore à notre imitation. La grandeur de Jean-Baptiste, c'est d'avoir été, c'est d'être toujours resté l'homme de sa vocation, celui qui a accompli uniquement et entièrement ce que Dieu attendait de lui. Cette grandeur-là porte un nom : c'est la sainteté.

Laissons-nous donc instruire par cette vie exemplaire, si droite, si héroïque, si lumineuse. Mettons-nous à sa rude, mais excellente école. Nous en avons particulièrement besoin en ces temps que nous vivons, où trop souvent, hélas ! Prédominent une incroyable confusion des idées, un déplorable esprit de compromission et de facilité, et surtout ce déclin de courage que Soljenitsyne n'a pas craint de stigmatiser en de nombreux écrits ou discours. Et si à certaines heures, le devoir nous paraît trop exigeant, trop périlleux, trop lourd, s'il soulève nos répugnances ou nos peurs, souvenons-nous que ce héros, ce grand saint que fut Jean-Baptiste, fut d'abord un homme comme nous ; non pas un bloc de marbre, mais un cœur, une sensibilité délicate, une nature capable de souffrir, et qu'il a éprouvé lui aussi nos répulsions et nos agonies.

Seulement il a trouvé la force de surmonter tous ces obstacles dans cet amour de Dieu si ardent, si généreux qu'il ne cessait de puiser aux sources vives de la prière et de la pénitence. Ces mêmes moyens : la prière et la pénitence qui permettent de se dépasser, qui permettent de progresser chaque jour dans la Foi, l'Espérance et la Charité, Jésus nous les a recommandés instamment. Ils sont absolument indispensables. Celui qui prétend pouvoir s’en passer ne mérite plus le nom de chrétien.

Et nous savons que nous pouvons compter en outre sur la Grâce surabondante des sacrements (Confession sacramentelle et Eucharistie) et sur l’aide si efficace de Marie, la Médiatrice de toutes les grâces, qui, en étroite Coopération avec le Saint-Esprit, forme en nous le Christ... Evoquant un jour le ministère de son Précurseur, Jésus disait : « Jean fût un flambeau qui brûle et qui luit ».

Toutes proportions gardées, n'est-ce pas, frères et sœurs, la mission qui est assignée à chacun d'entre nous ? Alors, que nous soyons grand flambeau ou petite flamme, peu importe ! A la place et dans les conditions de vie qui sont les nôtres, tous nous sommes appelés à éclairer le monde par notre foi et à le réchauffer par notre amour. Surtout « n'ayons pas peur », car la main du Seigneur est aussi avec nous et Marie nous enveloppe de sa tendresse maternelle.

Par notre fidélité à l'Eglise et aux engagements particuliers que nous avons pris, par la vigueur de notre témoignage, soyons les messagers infatigables de Jésus, soyons les précurseurs de l'Unique Sauveur... Ouvrons la route au Seigneur qui vient pour établir son Règne de Justice, d'Amour et de Paix.

 Amen.

Prière universelle

Le Seigneur vient combler les ravins et abaisser tout obstacle qui entrave notre route vers le salut. Avec confiance, laissons monter vers lui notre prière pour un monde plus juste et harmonieux.

Seigneur, sois notre salut.

  • Prions pour les malades ; que la venue du Sauveur renouvelle leur espérance et alimente leur courage.
  • Prions pour nos pasteurs ; que les difficultés auxquelles ils doivent faire face ne les éloignent pas de l’essentiel.
  • Prions pour les hommes et les femmes d’État ; que chacun et chacune participe activement au salut du monde en travaillant pour le bien-être des plus démunis.
  • Prions pour notre communauté ; que ce temps de grâce qu’est l’Avent lui permette de se renouveler dans la foi et de tendre davantage vers l’harmonie.

Seigneur, accueille nos demandes avec bienveillance et exauce-les selon ta volonté, pour le salut de toutes les personnes que nous t’avons présentées. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 21:30

Année B

Lecture du livre du prophète Isaïe 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7

« Ah ! Seigneur notre Père, si tu déchirais les cieux, si tu descendais parmi nous ! » Cette prière n’est-elle pas toujours la nôtre ?

C’est toi, Seigneur, notre père ; « Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom. Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de tes chemins ? Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir et ne plus te craindre ? Reviens, à cause de tes serviteurs, des tribus de ton héritage.

Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face.

Voici que tu es descendu : les montagnes furent ébranlées devant ta face. Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi agir ainsi pour celui qui l’attend. Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, qui se souvient de toi en suivant tes chemins. Tu étais irrité, mais nous avons encore péché, et nous nous sommes égarés. Tous, nous étions comme des gens impurs, et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés. Tous, nous étions desséchés comme des feuilles, et nos fautes, comme le vent, nous emportaient. Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi. Car tu nous as caché ton visage, tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes. Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père. Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main. – Parole du Seigneur.

 

Commentaire : Revenu d’exil dans l’enthousiasme, le peuple de Dieu fut très vite désenchanté :à la solidarité qui liait entre eux les juifs en captivité, a succédé le « chacun pour soi » d’une vie plus facile : les chaînes du péché ont remplacé l’asservissement en pays étranger ont remplacé l’asservissement en pays étranger. Qu’il est difficile de se libérer ! Il faudrait, écrit le prophète, que Dieu déchire à nouveau les cieux pour venir à la rencontre des hommes, qu’il chemine avec eux sur la route de la liberté où l’humanité piétine si souvent, paralysée par son péché. Ainsi, grâce à ce compagnonnage quotidien, les hommes pourraient connaître le visage de Dieu, à la fois Père et Libérateur.

Il y a dans la vie des heures de doute, de découragement, de désespoir où Dieu semble cacher son visage. Le cri du prophète Isaïe : « Ah ! Si tu déchirais les cieux » prend alors toute son actualité. Pendant le temps de l’Avent laissons grandir en nous le désir de voir le visage de Dieu.

Psaume 79

R/ : Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés !

  • Berger d’Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim ! Réveille ta vaillance et viens nous sauver.
  • Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante.
  • Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l’homme qui te doit sa force. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom !

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 1, 3-9

Dieu qui nous a mis en route en éveillant la foi dans nos cœurs nous fera tenir solidement jusqu’au bout. Notre persévérance, elle aussi, est un don de Dieu.

Frères, à vous, la grâce et la paix, de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet, pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ; en lui vous avez reçu toutes les richesses, toutes celles de la parole et de la connaissance de Dieu. Car le témoignage rendu au Christ s’est établi fermement parmi vous. Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ. C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout, et vous serez sans reproche au jour de notre Seigneur Jésus Christ. Car Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur. – Parole du Seigneur.

 

Commentaire : Paul remercie Dieu sincèrement des grâces reçues par la jeune communauté de Corinthe. Mais sa prière n’est pourtant pas dénuée d’humour : ces dons de Dieu, les Corinthiens les ont reçus pour préparer le retour définitif du Christ qui révélera alors le bon ou le mauvais usage qu’on en aura fait. Or justement, ces chrétiens usent mal de ces dons qui provoquent parmi eux des jalousies et des rivalités. La prière de Paul est dont aussi une mise en garde, en même temps qu’il invite les Corinthiens à demander la lumière et la force du Christ afin d’être irréprochables au Jour de son retour.

En Jésus Christ nous avons reçu toutes les richesses de la Parole et de la connaissance de Dieu. Comment notre équipe ou notre communauté chrétienne agissent-elles pour donner gratuitement ce qu’elles ont reçu gratuitement ?

Alléluia. Alléluia. Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 13, 33-37

Veillez dans l’attente du retour du Christ, c’est être prêt à l’accueillir lorsqu’il passe chaque jour.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! » – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Commentaire : Le Christ et les auteurs du Nouveau Testament comparent volontiers la situation actuelle des chrétiens dans le monde à une veille au cours de la nuit. De même qu’il faut lutter, quand on veille, pour ne pas céder à la tentation de s’endormir, de même faut-il aux chrétiens combattre contre les ténèbres qui règnent au cœur du monde. Ces ténèbres, nous les connaissons bien : c’est l’engourdissement de notre charité dans un monde qui prône le profit et la réussite personnelle, c’est la somnolence qui guette notre foi bien souvent contestée aujourd’hui, c’est l’attiédissement de notre espérance qui en nous alignant sur les espoirs du monde, nous fait oublier le retour du Christ.

Veiller un malade à l’hôpital, veiller son enfant qui dort, veiller aux commandes du train de nuit, veiller à la bonne marche de la maison, veiller à la prière de la communauté… Si je poursuivais cette énumération en citant les veilles qui me sont demandées par Jésus Christ !

Homélie

Frères et sœurs, le temps liturgique de l’Avent dans lequel nous entrons aujourd’hui, nous appelle tout d’abord les millénaires durant lesquels l’humanité a attendu le Sauveur promis à nos premiers parents après leur chute.

Plus particulièrement les 19 siècles durant lesquels Dieu par l’intermédiaire des prophètes a préparé patiemment dans le peuple de l’Ancienne Alliance, la première venue de ce Sauveur en la personne de Jésus son Fils Bien-aimé, né de la Vierge Marie : avènement dont nous célébrerons joyeusement à Noël l’anniversaire. En même temps, l’Avent nous invite à vivre dans l’Espérance de l’ultime venue du Seigneur qui interviendra à la fin du monde... Car, c’est absolument sûr, (Il l’a lui-même promis) Jésus reviendra au dernier jour dans une apothéose de Gloire. Il achèvera alors et couronnera son œuvre de Salut en introduisant dans le Royaume de l’éternel Bonheur, l’humanité ressuscitée.

L’Avent ce n’est donc pas un simple souvenir du passé, c’est aussi et surtout une activité présente et une préparation de l’avenir.

L’Église nous demande de vivre ces 4 semaines qui précèdent Noël comme le temps du long désir, d’un très grand désir, dans une disposition d’attente vigilante du Seigneur Jésus qui s’avance vers nous, qui veut venir en chacun de nous et en chacun de nos frères. Car Jésus est en même temps le Dieu toujours Présent et le Dieu qui Vient. Il continue sa venue en nos cœurs en nous communiquant les grâces surabondantes qu’il nous a méritées par sa vie, sa mort et sa résurrection lors de sa première venue sur terre. Mais ces grâces, Il ne peut nous les octroyer que dans la mesure où nous les désirons, que dans la mesure où nous ouvrons nos cœurs pour les accueillir...

Et c’est bien ce à quoi nous devons nous attacher durant l’Avent avec une intensité plus grande que d’ordinaire afin qu’à Noël Jésus puisse renaître et revivre en nous.

Nous avons entendu, tout à l’heure le prophète Isaïe – grande figure de l’Avent – adresser à Dieu cette ardente prière : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu daignais descendre... Personne n’invoque ton Nom, nul ne se réveille pour se tourner vers toi... »

L’époque que nous vivons ne ressemble-t-elle pas, dites-moi – et c’est une situation encore plus grave – à celle du prophète, éblouis par les progrès vertigineux de la science et des techniques, fascinés par les fausses doctrines, les hommes dans leur fol orgueil, dans leur suffisance, croient pouvoir se passer de Dieu et même pour un très grand nombre ne croient plus du tout en Dieu. Or, nous sommes tous plus ou moins contaminés par ce matérialisme ambiant.

Dieu est absent du monde où nous vivons, mais n’est-il pas trop souvent absent de notre cœur à nous, de nos pensées, de nos préoccupations, de nos décisions, de tout ce qui fait notre vie quotidienne ?

La plupart de nos contemporains se comportent comme s’ils n’avaient pas besoin d’un Sauveur, pas besoin de Jésus Sauveur.

Mais nous-mêmes, est-ce que nous en éprouvons vivement le besoin ?

Le résultat évident de cet abandon de Dieu, de ce refus du seul Sauveur, c’est l’immense détresse dans laquelle se débat l’humanité avec ses guerres, ses violences, ses injustices criantes, sa perversion morale, son désordre à tous niveaux.

L’humanité d’aujourd’hui est de plus en plus désemparée, elle est angoissée et se demande où elle va ? Où elle va ? Mais elle court à sa perte. Puisqu’elle a abandonné Dieu, Dieu l’abandonne à elle-même. Elle fabrique de ses mains son propre châtiment. Mais n’est-ce pas ce que disait déjà le prophète Isaïe : « Tu nous avais laissés au pouvoir de nos péchés ». Mais, en même temps, il implorait avec confiance le secours de Dieu : « Pourtant Seigneur, nous sommes l’ouvrage de tes mains, nous sommes l’argile et tu es le Potier, tu es Notre Père ».

Oui, Dieu est notre Père, un Père infiniment aimant qui a tout fait pour notre Bonheur, mais qui veut être aimé librement par ses enfants. Et c’est nous qui abusons follement de cette liberté pour nous détourner de Lui. Respectant infiniment cette liberté qui est la nôtre, il attend que nous revenions à Lui.

Dieu à tout fait pour notre bonheur puisque pour nous sauver, il nous a fait le don de ce qu’il avait de plus cher : son propre Fils, qui est de toute éternité le reflet resplendissant de sa gloire. « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » nous dit saint Jean, résumant par ces quelques mots tout le mystère de Noël, le mystère inouï de l’Incarnation.

Et de ce Fils Bien-aimé qui s’est livré à la mort pour nous, nous avons reçu toutes les richesses, comme le dit saint Paul dans la 2ème lecture : « Toutes celles de la Parole et toutes celles de la connaissance de Dieu », si bien qu’aucun don spirituel ne nous manque. Tout ce qu’il y a de bien en nous vient de Lui. N’avons-nous pas le privilège (mais qui se double d’une lourde responsabilité) d’appartenir à l’Église du Sauveur, d’être membres de ce corps dont Il est la tête : ce qui nous a valu de recevoir, au moment de notre Baptême le don insurpassable de la Vie Divine. Grâce à l’Église nous avons constamment à notre portée ces sources de vie que sont l’enseignement de la Parole de Dieu et les sacrements : principalement l’Eucharistie et le Sacrement de Pénitence. C’est dans la mesure où nous savons profiter de ces dons merveilleux, dans la mesure où nous les faisons fructifier que Dieu nous montre son visage de miséricorde. « Car il vient à la rencontre de celui qui pratique la justice », entendons par ce mot l’ajustement à la volonté de Dieu, notre union à Dieu. Or ce qui nous manque le plus c’est la persévérance, la capacité que nous avons « à veiller ». Et pourtant, Jésus a tout disposé pour que nous bénéficions de cette grâce insigne qu’est la persévérance, mais il faut la désirer ardemment, il faut la lui demander inlassablement : c’est Lui, nous dit saint Paul qui nous fera tenir solidement jusqu’au bout. Et c’est cela seul qui importe, si nous ne voulons pas manquer le but final...

Chers frères et sœurs, dans ce temps de grâce qu’est l’Avent, la Vierge Marie occupe une place privilégiée.

C’est Elle qui dans son Cœur Immaculé a récapitulé et porté à sa plus haute tension l’Espérance du peuple de l’Ancienne Alliance.

C’est Elle qui durant 9 mois a attendu avec tant d’amour la naissance de l’Enfant-Dieu, conçu miraculeusement en son sein virginal à l’heure de l’Annonciation.

Prions-là avec une absolue confiance de nous obtenir les grâces qui feront de nous des êtres de désir et des « veilleurs » infatigables.

Amen.

Prière Universelle

  • Seigneur, nous te prions pour ton Eglise qui, dans l'attente de ton retour, continue à rendre visible ton amour.
  • Seigneur, nous te prions pour les contemplatifs qui, dans l'attente de ton retour, sont sentinelles de lumière.
  • Seigneur, nous te prions pour les gouvernants qui, dans l'attente de ton retour, œuvrent à la paix et au pardon.
  • Seigneur, nous te prions pour notre communauté qui, dans l'attente de ton retour, fait mémoire de toi et participe à rendre vivante ta parole.
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22 décembre 2019 7 22 /12 /décembre /2019 22:22

Hymne de l’Avent

R/ : Ô viens, ô viens, Emmanuel ! Ô viens sauver le monde.

  • La paix de Dieu n'est pas un cri lancé des quatre vents vers de l'univers. La paix, c'est Dieu risquant sa vie, enfant des hommes, la nuit de Noël.
  • L'amour de Dieu n'est pas un mot berçant nos rêves de vivre là-haut. L'amour, c'es Dieu rené des eaux, nouvelle eau vive jaillie au désert.
  • Le jour de Dieu n'est pas un jour, instant d'histoire, moment sans retour. Le jour de Dieu, c'est Dieu toujours, durée vivante, sans nuit, sans sommeil.

Lecture du premier livre de Samuel 1, 24 – 38

« Je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur ».

Lecture du livre du prophète Malachie 3, 1-4.23-24

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que j’envoie mon messager pour qu’il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l’Alliance que vous désirez, le voici qui vient, – dit le Seigneur de l’univers. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s’installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l’or et l’argent ; ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l’offrande en toute justice. Alors, l’offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d’autrefois.

Voici que je vais vous envoyer Élie le prophète, avant que vienne le jour du Seigneur, jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères vers leurs fils, et le cœur des fils vers leurs pères, pour que je ne vienne pas frapper d’anathème le pays ! – Parole du Seigneur.

Psaume 24

R/ : Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

  • Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. R/ 
  • Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. R/ 
  • Les voies du Seigneur sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois. Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ; à ceux-là, il fait connaître son alliance. R/ 

Alléluia. Alléluia. Viens, Espérance des nations, Sauveur de tous les peuples. Viens sauver ce qui était perdu. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 57-66

Naissance de Jean-Baptiste

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean ». On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom ». Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

La référence de cette antienne est probablement la prophétie la plus connue de tout le temps liturgique de l'Avent, et elle constitue donc une conclusion appropriée à la série des supplications qui appellent le Messie à venir. Dans Isaïe, nous avons la réponse du prophète au manque de fidélité du roi Achaz. Malgré son infidélité aux commandements divins,le plan de Dieu ne pourra être mis à mal. C'est à ce moment que Dieu fait sa grande promesse : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel. L'évangéliste Matthieu cetera ce passage et continuera en rappelant à ses lecteurs que ce nom veut dire " Dieu est avec nous ". Ceci devrait être aujourd'hui pour nous une grande source d'espérance, car, quoi que la perfidie humaine puisse inventer, la puissance de Dieu est la plus forte et le plan de Dieu n'en sera pas atteint.

Prenez le temps de méditer tous les moyens par lesquels Dieu est avec nous au cœur de nos vies de chrétiens. La présence dans l'Eucharistie du Christ ressuscité est nourriture sur la route de vie.La présence de Dieu dans la parole révélée des Écritures est le guide quotidien qui nous fait vivre des vies droites et joyeuses. Par le sacrement du Baptême, la présence en nous du Saint Esprit nous donne d'être habités par l'amour divin. Mais il est important de comprendre que ces réalités nous désignent le Royaume à venir, là où nos combats avec le péché et la mort, avec la souffrance et la maladie,avec la peur et le doute, seront tous dépassés, grâce à Dieu qui nous offre la vie éternelle. Pour l'instant, nous vivons dans l'espérance, dans une espérance prodigieuse, grâce au Christ qui est venu et qui a habité parmi nous. Notre cri "O Emmanuel" fait de nous des veilleurs fidèles, attentifs à reconnaître sa présence par tous les moyens merveilleux par lesquels il vient à nous, dans la Parole et dans les Sacrements, dans nos frères et nos sœurs et dans les événements de notre vie. C'est notre foi qui nous permet de voir 'Dieu-avec-nous" dans la vie de chaque jour.

U.S.A.

Prière du soir

Que sera donc cet enfant ? se demandait-on au sujet de Jean le Baptiste. Ô Père, nous te prions à la veille des vigiles de Noël, pour tous les enfants du monde. Qu'en contemplant l'oeuvre de Dieu dans l'enfance de ceux qu'il a appelés pour confondre les sages, nous soyons envahis d'un immense respect pour les enfants, que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour les protéger de la contagion du mal. Là où un enfant est méprisé, tu es méprisé. Et chaque fois qu'un enfant est scandalisé, le ciel souffre d'une peine immense. Qu'en cette nuit qui vient, chaque enfant soit aimé pour lui-même, c'est le cadeau que nous lui devons.

France

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 21:18

Hymne de l’Avent

  • Vers la rencontre de la joie, Notre Seigneur est avec toi, Marie comblée de grâce, l’Esprit conduit ta marche.
  • Élisabeth voit et s'écrie : « Entre nous toutes sois bénie ! En moi, l'enfant s'éveille à la clarté nouvelle !
  • Oui, ton enfant est le Béni, un jour tout neuf naît de la nuit. Déjà se lève l'aube et l'Éternel nous sauve ».
  • Mère de Dieu, Sainte Marie, prie pour nous, dès aujourd'hui, dans le bonheur, l'épreuve et quand viendra notre heure.

Lecture du premier livre de Samuel 1, 24 – 38

Anne rend grâce pour la naissance de son fils Samuel

En ces jours-là, lorsque Samuel fut sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la maison du Seigneur, à Silo ; l’enfant était encore tout jeune. Anne avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on amena l’enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi pour prier le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. À mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie ». Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur. - Acclamons la Parole de Dieu.

Cantique 1 Samuel 2

R/ : Dieu est la joie de mon cœur.

  • Mon cœur exulte à cause du Seigneur : mon front s’est relevé grâce à mon Dieu ! Face à mes ennemis, s’ouvre ma bouche : oui, je me réjouis de ta victoire ! R/
  • L’arc des forts sera brisé, mais le faible se revêt de vigueur. Les plus comblés s’embauchent pour du pain, et les affamés se reposent. R/
  • Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène. Le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève. R/
  • De la poussière il relève le faible, il retire le pauvre de la cendre pour qu’il siège parmi les princes et reçoive un trône de gloire. R/

Alléluia. Alléluia. Viens, Roi de l'univers, pierre angulaire de l'Église ! À l'homme que tu as pétri de la terre viens apporter le salut. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 46-56

Le Magnificat

En ce temps-là, Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais ». Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. – Parole du Seigneur.

Homélie

L’une des grandes images de l’Ancien Testament est le geste divin de rassembler tous les peuples de la terre en une seule nation. Cette merveilleuse vision clôt l’ensemble du livre du prophète Isaïe. C’était aussi une grande espérance des prophètes que !dieu réunirait, en une seule alliance, tous les peuples de la terre, rassemblés autour d’un seul Dieu et Seigneur. Il y aurait un seul Dieu et un seul peuple qui entendrait la Parole de Dieu et la mettrait en pratique avec fidélité et reconnaissance.

Cette grande espérance se réalise entièrement par la vie et l’enseignement de Jésus. Il étend les limites de la foi d’Israël pour inclure en même temps les Juifs et les païens ; il propose son enseignement et son nouveau commandement d’amour à tous ceux qui voudraient y adhérer dans la foi. À un moment dans l’histoire du monde, où les efforts humains pour supprimer la violence et la haine entre les pays continuent à progresser aussi lentement, nous sommes portés à nous tourner vers l’Unique, celui qui est venu pour réconcilier les nations, celui qui se tient comme l’unique grand Roi. Avec la création tout entière, nous nous tenons debout, et nous implorons le Messie de venir supprimer les divisions parmi les hommes, afin que la justice de Dieu puisse trouver sa juste place dans la vie de tous les peuples de la terre. La vision qui nous est donnée dans cette très priante « antienne O » se trouve dans la lettre de saint Paul aux Éphésiens, lorsque les membres de la famille humaine ne sont plus considérés comme des étrangers et des personnes de passage, mais plutôt comme des concitoyens de la maison de Dieu, dont Jésus est la pierre d’angle qui unit, fortifie et consolide la structure. Puisse la vision de Paul devenir réalité dans notre temps à nous.

U.S.A.

Prière du soir

Ô Marie, presque une enfant, tes paroles dépassent en audace et en puissance celles que prononcera le prince des apôtres aux jours de la Pentecôte. Ton silence a mûri et le Verbe a grandi en toi. Dans ta visitation, tu mérites le titre de Reine des apôtres. Et ta voix est la plus forte et surtout plus ferme que celle des princes des prophètes tels que Jérémie et Isaïe, qui ne firent que pressentir ce que tu portes en toi et qui remplit déjà et déjà déborde dans ce chant impétueux. Dans ta visitation, tu mérites le titre de Reine des prophètes.

France

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 17:32

Hymne de l’Avent

  • Marie se hâte par les montagnes se murmurant les mots de l’ange. Dieu dans sa tendresse a tenu promesse : il visite et rachète son peuple.
  • Arche d’alliance, Marie s’avance, berçant d’amour la loi nouvelle. Dans son sein repose la Parole enclose : Le Messie, le Soleil de justice !
  • Un grand mystère ! Devenue mère Élisabeth chante la grâce. En elle tressaille celui qui témoigne : Jean déjà reconnaît la lumière.
  • Tu es heureuse, O bienheureuse, Tu es bénie entre les femmes ! Ta joie d’âge en âge transmet ce message : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ! »

Lecture du livre de Sophonie 3, 14-18a

« Fille de Sion, réjouis-toi, car le Seigneur est en toi »

Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse, fille de Jérusalem ! Le Seigneur a écarté tes accusateurs, il a fait rebrousser chemin à ton ennemi. Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n’as plus à craindre le malheur. Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête ».

ou

Cantique des cantiques 2, 8-14

« Voici mon bien-aimé qui vient. Il bondit sur les montagnes »

La voix de mon bien-aimé ! C’est lui, il vient… Il bondit sur les montagnes, il court sur les collines, mon bien-aimé, pareil à la gazelle, au faon de la biche. Le voici, c’est lui qui se tient derrière notre mur : il regarde aux fenêtres, guette par le treillage. Il parle, mon bien-aimé, il me dit : Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… Vois, l’hiver s’en est allé, les pluies ont cessé, elles se sont enfuies. Sur la terre apparaissent les fleurs, le temps des chansons est venu et la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre. Le figuier a formé ses premiers fruits, la vigne fleurie exhale sa bonne odeur. Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans les retraites escarpées, que je voie ton visage, que j’entende ta voix ! Ta voix est douce et ton visage, charmant. - Parole du Seigneur.

Psaume 32

R/ : Criez au Seigneur votre joie, chantez-lui le cantique nouveau.

  • Rendez grâce au Seigneur sur la cithare, jouez pour lui de la harpe à dix cordes. Chantez-lui le cantique nouveau, de tout votre art, soutenez l’ovation. R/
  • Le plan du Seigneur demeure pour toujours, les projets de son cœur subsistent d’âge en âge. Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu, heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine ! R/
  • Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. La joie de notre cœur vient de lui, notre confiance est dans son nom très saint. R/

Alléluia. Alléluia. Viens, Emmanuel, notre Législateur et notre Roi ! Sauve-nous, Seigneur notre Dieu. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 39-45

La Visitation

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car lorsque j’ai entendu tes paroles de salutation, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse, celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». - Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie

Pour ceux qui vivent dans l’hémisphère Nord, cette antienne prend son sens dans la nature que nous entoure. Nous vivons actuellement les nuits les plus longues de l’année, quand la lumière semble perdre une bataille contre l’obscurité. C’est dans cet état d’esprit que, par cette prière, nous lançons notre appel au Soleil Levant de briller sur nous, de nous apporter la lumière et la chaleur, de faire venir la vie et la vitalité, là où sont apparemment la mort et la sclérose. Et ceci est particulièrement vrai dans notre vie de foi ; nous demandons la lumière de Dieu dans ce voyage qu’est notre vie et qui souvent connaît des chemins d’obscurité et de doute. Sans la lumière, nous trébuchons ; mais avec la lumière de la foi, nous voyons plus clairement le chemin que nous devons suivre, si nous voulons être en communion avec le plan de salut que Dieu a sur nous.

Tout au long du livre du prophète Isaïe, l’image de la lumière est utilisée comme symbole de salut et d’espérance. Un des passages les plus connus de ce temps liturgique se trouve dans Isaïe 9, 1 : Le peuple qui marchait sans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Le prophète Malachie utilise une autre image du soleil levant pour exprimer la Rédemption dont nous bénéficions comme d’une bénédiction de Dieu : Pour vous qui craignez mon Nom, le soleil de justice brillera, avec le salut dans ses rayons. Dans le Nouveau Testament, l’évangéliste Luc nous donne, dans le Cantique de Zacharie, la même métaphore propre à Isaïe pour décrie la venue de Jésus comme une Lumière du monde : La tendresse miséricordieuse de notre Dieu, dans laquelle nous a visités l’Astre d’en haut, pour illuminer ceux qui se tiennent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas sur le chemin de la paix. Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus nous rappelle que nous sommes la lumière du monde. Mais nous savons que nous ne pouvons être la vraie lumière pour les autres que si notre propre éclairage est celui que nous recevons de Jésus Christ. Par cette « antienne O », nous adressons cette prière instante au Soleil Levant pour qu’il fasse resplendir sur nous ses rayons bienfaisants, en sorte que nous brillions nous-mêmes pour les autres, de la lumière du Christ.

U.S.A.

Prière du soir

Ma colombe blottie au creux du rocher, fais-moi entendre ta voix. Car ta voix est effusion de l’Esprit. Marie vivant en Jésus, colombe au creux du rocher qui nous sauve, cœur blessé d’amour au cœur du rocher transpercé. Voix douce qui coule comme une eau vivifiante pour nous guérir de l’amertume du péché. Ô Marie, cache-moi dans le mystère du Christ, cache-moi dans ton cœur où résonnent les paroles de l’ange et celles de ton chant d’action de grâce, cache-moi en toi, ma colombe, ma belle, ma parfaite.

France

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 18:46

Hymne de l'Avent

Aujourd’hui, Esaïe annonce en Israël la venue du Messie, l’Enfant Emmanuel ; et la Vierge Marie reçoit de Gabriel le message de vie juré par l’Éternel.

Aujourd’hui, notre glaise accueille l’Infini pour une autre genèse où souffle encore l’Esprit ; et pareil à la sève au plus secret d’un fruit coulera le sang d’Ève au cœur humain du Fils.

Aujourd’hui, la poussière, ébauche de nos corps, est à Dieu familière et pèse plus que l’or ; la promesse du Père est notre seul trésor : sa Parole dernière engloutira la mort.

Aujourd’hui, notre terre exulte de nouveau : une ondée printanière a répandu ses eaux et le sein d’une mère, à l’ombre du Très haut, a conçu la lumière et devient son berceau.

Lecture du livre d’Isaïe 7, 10-16

Prophétie de l’Emmanuel

En ces jours-là, le Seigneur parla ainsi au roi Acaz : « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut ». Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve ». Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel, (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). – Parole du Seigneur.

Psaume 23

R/ : Qu’il vienne, le Seigneur, le roi de gloire !

  • Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C’est lui qui l’a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. R/
  • Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. R/
  • Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! R/

Alléluia. Alléluia. Viens, clé de David ! Toi qui ouvres les portes du Royaume, arrache à leur prison les captifs des ténèbres. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

L’Annonciation

Au sixième mois d’Élisabeth, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ».

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ». Alors l’ange la quitta. – Acclamons la Parole du Seigneur.

Homélie

Une clé est dans notre monde un symbole de puissance et d’autorité. Les Écritures aussi parlent de clés. Dans Isaïe 22, 22, il y a un passage que la tradition chrétienne a toujours considéré comme une prophétie messianique appliquée à Jésus : Je placerai la clé de David sur son épaule ; s’il ouvre, personne ne fermera, s’il ferme, personne n’ouvrira. L’auteur sacré utilise cette image du prophète dans le livre de l’Apocalypse, pour présenter Jésus comme le seul et parfait médiateur entre Dieu et la race humaine. Le Christ est notre voie d’accès à Dieu ; par lui, nous pouvons en toute confiance nous approcher de Dieu qui est notre Créateur et notre Père.

De la famille de David est né le Messie, l’Oint, le Christ. C’est vers lui que nous nous tournons dans la détresse. Cette « antienne O » tire une partie de son texte du Psaume 107, qui parle de ceux qui ont bravé le Parole de Dieu, et qui se trouvent maintenant dans l’obscurité et les ténèbres, comme des prisonniers captifs de leurs chaînes. Ces images de « ténèbres » et de « chaînes » sont de métaphores de la condition humaine. Nous attendons la lumière du salut et la délivrance des chaînes du péché. Il n’y a qu’une personne qui puisse faire cela pour nous, cette personne est Jésus. L’évangéliste Matthieu nous rappelle le message que reçut Joseph : Marie enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Dans un monde qui a si désespérément besoin d’un Sauveur, nous appelons à l’aide, dans l’espérance. Nous demandons au Seigneur d’ouvrir la porte de nos cœurs à son message de salut, et de les fermer à tout ce qui pourrait nous entraîner sur la pente du péché. Ô divin Messie, viens régner dans nos cœurs !

U.S.A.

Prière du soir

Te voici Marie, plus belle qu’Ève puisque la rédemption ajoute encore à la beauté de la création première, te voici plus belle qu’Ève qui pourtant était vierge dans son corps et dans son cœur quand le serpent la surprit dans la nudité de l’innocence pour une annonciation de ténèbres. Et qu’il est beau le trouble de ton âme pourtant habituée au monde angélique, qu’elle resplendit ton humilité qui refuse de devenir semblable à Dieu en portant dans ton sein le fruit unique de l’arbre de la vie ! Qu’elle est belle ta parfaite acceptation : qu’il me soit fait selon son bon plaisir !

France

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 18:39

 

Hymne de l’Avent

  • Debout ! Le Seigneur vient ! Une voix prophétique a surgi du désert… Un désir, une attente ont mûri nos esprits… Préparons-nous !
  • Debout ! Le Seigneur vient ! La parole s'infiltre, elle ébranle nos cœurs… Et voici le Royaume, il s'approche, il est là… Réveillons-nous !
  • Debout ! Le Seigneur vient ! L'espérance nouvelle entre à flots dans nos vies… Son mystère féconde un silence de foi… Purifions-nous !
  • Debout ! Le Seigneur vient ! Bienheureux les convives au festin de l'amour… Dieu lui-même s'invite et nous verse la joie ! Rassemblons-nous !

Lecture du livre des Juges 13, 2-7. 24-25a

Annonce de la naissance de Samson

En ces jours-là, il y avait un homme de Soréa, du clan de Dane, nommé Manoah. Sa femme était stérile et n’avait pas eu d’enfant. L’ange du Seigneur apparut à cette femme et lui dit : « Tu es stérile et tu n’as pas eu d’enfant. Mais tu vas concevoir et enfanter un fils. Désormais, fais bien attention : ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange aucun aliment impur, car tu vas concevoir et enfanter un fils. Le rasoir ne passera pas sur sa tête, car il sera voué à Dieu dès le sein de sa mère. C’est lui qui entreprendra de sauver Israël de la main des Philistins ».

La femme s’en alla dire à son mari : « Un homme de Dieu est venu me trouver ; il avait l’apparence d’un ange de Dieu tant il était imposant. Je ne lui ai pas demandé d’où il venait, et il ne m’a pas fait connaître son nom. Mais il m’a dit : “Tu vas devenir enceinte et enfanter un fils. Désormais ne bois ni vin ni boisson forte, et ne mange aucun aliment impur, car l’enfant sera voué à Dieu dès le sein de sa mère et jusqu’au jour de sa mort !” »

La femme enfanta un fils, et elle lui donna le nom de Samson. L’enfant grandit, le Seigneur le bénit, et l’Esprit du Seigneur commença à s’emparer de lui. - Parole du Seigneur.

Psaume 70

R/ : Je veux chanter ta louange et proclamer ta gloire.

  • En toi, Seigneur, j’ai mon refuge : garde-moi d’être humilié pour toujours. Dans ta justice, défends-moi, libère-moi, tends l’oreille vers moi, et sauve-moi. R/
  • Sois le rocher qui m’accueille, toujours accessible ; tu as résolu de me sauver : ma forteresse et mon roc, c’est toi ! R/
  • Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, toi, mon soutien dès avant ma naissance, tu m’as choisi dès le ventre de ma mère ; tu seras ma louange toujours ! R/
  • Je revivrai les exploits du Seigneur en rappelant que ta justice est la seule. Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse, jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles. R/

Alléluia. Alléluia. Viens, Rameau de Jessé, étendard dressé à la face des nations ! Délivre-nous, ne tarde plus. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 5-25

Annonce de la naissance de Jean Baptiste

Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme aussi était descendante d’Aaron ; elle s’appelait Élisabeth. Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable. Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge. Or, tandis que Zacharie, durant la période attribuée aux prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute la multitude du peuple était en prière au dehors, à l’heure de l’offrande de l’encens. L’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. À sa vue, Zacharie fut bouleversé et la crainte le saisit.

L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ; il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé ».

Alors Zacharie dit à l’ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge ».

L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu seras réduit au silence et, jusqu’au jour où cela se réalisera, tu ne pourras plus parler, parce que tu n’as pas cru à mes paroles ; celles-ci s’accompliront en leur temps ».

Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision. Il leur faisait des signes et restait muet. Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique, il repartit chez lui. Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait : « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Le roi David descendait de la lignée de Jessé. Et c’est à sa famille que Dieu fit cette prodigieuse promesse : Ta maison et ta royauté subsisteront à jamais devant moi, ton trône sera affermi à jamais. David, de la souche de Jessé, reçoit cette prodigieuse promesse que Dieu bénirait sa descendance et que d’elle viendrait le Messie. Dans cette « antienne O » d’aujourd’hui, nous appelons le Messie, le Christ Jésus, de la lignée de Jessé et de David, à venir répandre sa justice sur le monde. À lui, les rois de la terre doivent rendre hommage : c’est à lui que tous les peuples de la terre demandent qu’il prête une oreille attentive à leurs requêtes et à leurs besoins. Le monde est aujourd’hui dans l’indigence ; Jésus Christ, le Sauveur, est déjà venu, mais nous attendons son retour à la fin des temps, quand il établira pleinement son royaume de justice et de miséricorde, de paix et de bienfaits. Bien qu’il nous ait instruits par son évangile, nous n’avons pas complètement suivi son nouveau commandement que, par son enseignement, il continue à nous sauver et à nous racheter. Le monde a besoin de ce cœur nouveau dont parle Jérémie, et où Dieu écrira sa loi d’amour au fond de notre être. Le cri par lequel nous demandons d’être sauvés, est entendu par un Messie qui connaît parfaitement l’expérience de notre faiblesse humaine et l’épreuve de la tentation. Ne cessons pas de demander sa grâce, que sa parole soit solidement imprimée dans nos cœurs et que nous suivions ses enseignements en parole et en action ; ainsi nous hâterons la venue du royaume de Dieu.

U.S.A.

Prière du soir

Dieu des surprises et de l’étonnement, rends mon cœur docile à tous les mouvements de ta grâce. Dieu qui surgis là où l’on ne t’attendait pas et qui choisis ce que nous avons négligé, renouvelle mon intelligence et rends toutes mes pensées captives de ta sagesse. Accorde-moi l’obéissance du jugement qui n’est pas une abdication de la raison mais une révérence faite à son maître et Seigneur. Nul ne t’a devancé dans l’étable obscure de Bethléem, car qui connaît l’heure et la nature de ton surgissement ? Donne-moi au moins de reconnaître pour ne pas te chasser de l’auberge de mon cœur.

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 23:58
http://www.nddelabidassoa.fr/homelie-du-quatrieme-dimanche-de-l-avent-87817

Hymne de l’Avent

  • Voici le temps du long désir où l’homme apprend son indigence, chemin creusé pour accueillir celui qui vient combler les pauvres.
  • Pourquoi l'absence dans la nuit, le poids du doute et nos blessures, sinon pour mieux crier vers lui, pour mieux tenir dans l'espérance ?
  • Et si nos mains, pour t'appeler, sont trop fermées sur leurs richesses. Seigneur Jésus, dépouille-les pour les ouvrir à ta rencontre.
  • L'amour en nous devancera le temps nouveau que cherche l'homme ; vainqueur du mal, tu nous diras : je suis présent dans votre attente.

Lecture du livre de Jérémie 23, 5-8

Le Messie descendant de David

Voici venir des jours – oracle du Seigneur–, où je susciterai pour David un Germe juste : il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence, il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera sauvé, et Israël habitera en sécurité. Voici le nom qu’on lui donnera : « Le-Seigneur-est-notre-justice ».

C’est pourquoi, voici venir des jours – oracle du Seigneur – où, pour prêter serment, on ne dira plus : « Par le Seigneur vivant, qui a fait monter du pays d’Égypte les fils d’Israël », mais : « Par le Seigneur vivant, qui a fait monter du pays du nord les gens de la maison d’Israël, qui les a ramenés de tous les pays où il les avait chassés ». Car ils demeureront sur leur sol. - Parole du Seigneur.

Psaume 71

R/ : Voici venir des jours de justice et de paix.

  • Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux ! R/
  • Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie. R/
  • Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, lui seul fait des merveilles ! Béni soit à jamais son nom glorieux, toute la terre soit remplie de sa gloire ! R/

Alléluia. Alléluia. Viens, Chef de ton peuple Israël ! Toi qui as donné la Loi sur la montagne, délivre-nous par la vigueur de ton bras. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1, 18-24

« Voici quelle fut l’origine de Jésus Christ »

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ».

Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : ‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Un des éléments les plus caractéristiques du Judaïsme, parmi les religions de l’ancien Proche-Orient, est la révélation que Dieu fait lui-même de son Nom, à Moïse et au peuple d’Israël qu’il est en train de se constituer. Dans les autres civilisations, les gens eux-mêmes se choisissaient leurs dieux en fonction de leurs besoins et selon les forces qu’ils découvraient dans la nature. Par exemple, les Égyptiens reconnaissaient la puissance du soleil et acclamaient Râ, comme le dieu-soleil, capable d’apporter la lumière, la chaleur, mais aussi de rendre fertile la terre. Les anciens Babyloniens voyaient dans la puissance de l’eau, à la fois une force de destruction et une force vitale, et ils se soumettaient en conséquence à Behemoth. Mais que les choses sont différentes pour ces esclaves hébreux d’humble condition ; Dieu les choisit et leur révèle son nom, Yahvé ou Adonaï, ce qui se traduit par Seigneur ou mon Seigneur. Ceci caractérise le Dieu des juifs comme ayant plus de puissance, plus de sagesse, et plus de discernement que les autres dieux. Dieu choisit qui il veut, en fait un peuple, et le protège de ses ennemis dans les temps de détresse. Il révéla ce nom de Yahvé/Adonaï à Moïse au Mont Sinaï au cœur du buisson ardent, et ensuite, par son intermédiaire, il donna au peuple la Loi par laquelle ils pourraient devenir le peuple de Dieu dans une relation d’alliance.

À la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils comme Seigneur, pour réaliser à nouveau ce qu’il avait fait par son serviteur Moïse, pour libérer de l’esclavage le peuple qu’il avait choisi. Jésus est Seigneur du ciel et de la terre par sa mort salvatrice et il apporte la Rédemption et la guérison à tous ceux qui mettent en lui leur foi et leur confiance. Cette « antienne O » est une supplication adressée au Rédempteur de ce monde, de venir à nouveau, de revenir auprès de ceux qui attendent sa venue finale dans notre siècle et notre temps. Alors comme prière personnelle, nous demandons au Christ de venir, non seulement comme le Roi du monde et des nations, mais tout spécialement comme le Roi du cœur de l’homme. Puissions-nous, avec les commandements de Dieu dans le cœur, vivre en accord avec la nouvelle loi d’amour que l’on trouve dans l’enseignement de l’Évangile. Au moment où nous présentons notre prière, rappelons-nous combien nous avons besoin de l’amour miséricordieux de Dieu et que nos cœurs demeurent fidèles, fervent et disponibles.

U.S.A.

Prière du soir

Ô Jésus vivant en Marie ! Dieu en elle pour devenir Dieu avec nous. Dieu dans les limites étroites du corps d’une femme pour étendre les limites de son corps jusqu’aux extrémités du cosmos. Dieu en elle pour devenir homme, pour prendre chair. Marie, membre éminent du corps que tu engendres, merveille inouïe, cou par lequel passent le souffle divin et la vie, Mère de tous les vivants qui vivent de la nouvelle vie. Ô Marie vivant en Jésus. Fille de ton enfant, mère de Dieu et petite fille de Nazareth.

France

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 22:03

Année A

Lecture du livre d'Isaïe 7, 10-16

Dieu est avec nous, dit le prophète Isaïe, et le signe en est un petit enfant qu'une jeune femme mettra au monde.

En ces jours-là, le Seigneur parla encore ainsi au roi Acaz : « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut ». Acaz répondit : « Non, je n'en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve ». Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, (c'est-à-dire : Dieu-avec-nous). De crème et de miel il se nourrira, jusqu'à ce qu'il sache rejeter le mal et choisir le bien. Avant que cet enfant sache rejeter le mal et choisir le bien, la terre dont les deux rois te font trembler sera laissé à l'abandon ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : le roi Acaz est inquiet devant la progression des armées ennemies sur son territoire ; il n’est pas sûr non plus de ses arrières, car le mécontentement gagne à Jérusalem, chez le peuple lassé des désordres des rois de la dynastie de David. Que faire ? Dédaignant d’en appeler à la protection du Seigneur, il invoque à l’aide, contres ses ennemis, le puissant roi d’Assyrie. Ainsi a commencé l’escalade de la violence qui, à travers les larmes et les souffrances, mènera le royaume de David à sa perte.

Dieu pourtant ne se lasse pas : il interviendra d’une manière déconcertante par ce Fils qu’on nommera Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous. « Avec nous », oui ! Mais pas avec nos armées !

L’enfant pauvre et désarmé que nous attendons pour Noël, nous a-t-il enseigné que les moyens par lesquels Dieu parvient à ses fins ne sont pas les nôtres ?

Psaume

R/ : Qu’il vienne, le Seigneur : c’est lui, le roi de gloire.

  • Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots.
  • Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles.
  • Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face !

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 1, 1-7

Celui que nous fêterons à Noël n'est pas seulement l'enfant des hommes, mais le Fils de Dieu, entré par sa résurrection dans la vie du Père.

Paul, serviteur du Christ Jésus, appelé à être Apôtre, mis à part pour l’Évangile de Dieu, à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome.

Cet Évangile, que Dieu avait promis d’avance par ses prophètes dans les saintes Écritures, concerne son Fils qui, selon la chair, est né de la descendance de David et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts, lui, Jésus Christ, notre Seigneur.

Pour que son nom soit reconnu, nous avons reçu par lui grâce et mission d’Apôtre, afin d’amener à l’obéissance de la foi toutes les nations païennes, dont vous faites partie, vous aussi que Jésus Christ a appelés.

À vous qui êtes appelés à être saints, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. – Parole du Seigneur.

Commentaire : A l’approche de Noël, Paul nous rappelle avec raison en quoi consiste l’Évangile. L’apôtre ne prêche pas seulement en Jésus Christ un homme parfait, un champion d’une cause humaine, d’une révolution des cœurs ou d’une transformation des rapports entre les hommes. Ce Jésus, s’il partage notre condition humaine depuis le premier Noël, est le propre Fils de Dieu, entré, depuis sa Résurrection des morts, dans sa puissance divine. Seigneur de nos vies, il nous appelle à le servir, il nous fortifie de son amour pour que nous proclamions, par nos actes et nos paroles, qu’en lui Dieu a montré sa tendresse pour tout homme.

La Bonne Nouvelle est parvenue jusqu’à nous qui faisons partie des nations païennes dont parle l’apôtre Paul. Comment permettre à l’Évangile de poursuivre sa course ?

Alléluia. Alléluia. Voici que la Vierge concevra : elle enfantera un fils, on l’appellera Emmanuel, « Dieu-avec-nous ». Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1, 18-24

Dieu confie à Joseph la responsabilité de l'enfant de Marie et le charge de l'appeler Jésus, c'est-à-dire Sauveur.

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Joseph, pressentant l’action de Dieu en Marie, décide, avec délicatesse, de lui rendre sa liberté pour ne pas s’immiscer dans le mystère divin. Mais Dieu l’appelle, au contraire, à collaborer étroitement à son œuvre. Cette naissance vient certes de l’Esprit Saint, mais Joseph doit assumer la responsabilité paternelle de l’enfant en lui donnant son nom-programme : Jésus, c’est-à-dire Sauveur. Ainsi Joseph est-il convié à participer à la réalisation du projet de Dieu.

Les évangiles ne nous ont conservé aucune parole de Joseph : c’est un homme qui ne fait pas de discours mais qui agit en conformité aux appels de Dieu. Quels sont ceux et celles que j’apprécie autour de moi pour cette même qualité ?

Homélie

Joseph, l’époux de Marie que saint Matthieu met aujourd’hui en scène apparaît souvent comme le grand oublié de l’histoire du salut. Et pourtant il a joué un rôle fondamental dans la venue du Fils de Dieu sur la terre. En outre, avec cette discrétion (qui est le plus souvent la marque des gens qui ont une grande profondeur humaine et spirituelle), Joseph a porté un magnifique témoignage de vie. Saint Joseph, le silencieux, l’effacé, éclaire singulièrement le « Mystère de Noël ». Il éclaire aussi nos relations humaines et familiales.

Saint Joseph nous est tout d’abord montré comme un homme juste.

On imagine volontiers sa souffrance et le cas de conscience qui se pose à lui lorsqu’il constate que Marie porte un enfant qui n’est pas de lui. Pourtant, parce qu’il est « juste » (au sens où il s’ajuste à la volonté du Seigneur) Joseph ne veut pas dénoncer Marie, ce qui aurait pour elle de graves conséquences. Il prend la décision de la « renvoyer en secret » comme s’il renonçait à ce mariage pour laisser Marie libre. Il ne condamne pas ce qu’il ne comprend pas. Il aime Marie et lui accorde encore un apriori favorable malgré les apparences qui sont contre elle. Ce faisant il voit et agit en juste, Lui, l’humble artisan de Nazareth, il sauve le sauveur et sa mère.

Ce fut sa manière à lui de donner la vie à Jésus.

Saint Joseph nous donne là une grande leçon : trop souvent en effet nous jugeons selon les apparences, nous dénonçons par médisance ou par calomnie sans souci du mal que nous pouvons faire ainsi.

Saint Joseph nous apprend le respect, la bienveillance, l’amour qui sauve et fait vivre. Il nous enseigne la « justesse » du regard qui cherche à comprendre et fait confiance.

Saint Joseph nous est aussi montré comme un homme de Foi. Comme tant être humain il faisait de beaux rêves, de beaux projets... Et puis soudain il comprend que rien ne sera comme prévu... Dieu s’adresse à lui dans un songe, lui offrant un destin inattendu, une place de choix dans l’histoire du salut. S’il refuse de croire à cette parole, il s’éloigne de Marie, refuse cet enfant avec un douloureux sentiment d’échec, il restera un inconnu. Par contre, s’il croit ce qui lui parait invraisemblable et s’il admet, lui aussi, que « rien n’est impossible à Dieu » il entre dans une aventure exceptionnelle. Il insère le Sauveur dans la lignée de David et lui donne le nom de Jésus.

Par lui, Jésus n’est pas aux yeux du monde le fils de l’infidélité, mais le Fils de Dieu, l’Emmanuel « Dieu avec nous » comme l’annonçait le prophète Isaïe. Dans un grand acte de foi, il choisit de prendre avec lui, Jésus et Marie. Il devient ainsi le père adoptif du Messie de Dieu.

En cela aussi, chers frères et sœurs, saint Joseph nous donne une grande leçon. Nos vies sont faites de choix difficiles. Il arrive que Dieu, à travers les évènements nous appelle à l’inattendu. Pas facile alors de choisir dans l’obscurité de la Foi. Pourtant nous découvrons par la suite que nous avons eu raison de faire confiance à la tendresse imaginative du Seigneur qui nous pousse plus loin que nos projets.

Chers frères et sœurs, l’Evangile de ce 4ème Dimanche de l’Avent nous aura donc fait comprendre qu’auprès de Jésus, Marie et Joseph ont eu chacun un rôle spécifique. Marie a mis au monde le Fils de Dieu, rôle inouï pour un évènement unique dans notre histoire humaine « Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme » dira Saint Paul.

Joseph, lui fut le père adoptif. Il faut savoir qu’à cette époque l’adoption était considérée comme une authentique paternité créant des liens aussi forts que la filiation charnelle. C’est pour cette mission qu’il a eu droit à « une annonciation » en bonne et due forme. « Joseph ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse ; l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint ». Joseph exercera sa responsabilité de père en donnant à l’enfant le nom de Jésus.

Jésus a donc été élevé par un homme et une femme, c’est entre eux deux qu’il a grandi, fait son apprentissage d’homme et s’est préparé à sa mission de Sauveur du monde. Auprès de Joseph, Jésus a fait l’expérience humaine du père. Dans l’Evangile il appelle Dieu son Père « Abba » équivalent de « papa », c’est aussi par ce nom qu’il appelait Joseph son père adoptif. Et lorsqu’il dira « qui d’entre vous si son fils lui demande du pain lui donnera une pierre » n’exprime-t-il pas indirectement son souvenir de la sollicitude affectueuse dont Joseph l’a entouré ? Qui pourra faire l’inventaire de tout ce que le Christ a reçu, a voulu recevoir de Joseph ?

A nous aussi, il peut apporter beaucoup. Confions-nous donc à sa puissante intercession.

Amen.

Prière Universelle

Nous croyons que Dieu vient à la rencontre de chacun de nous en sa vie, aussi nous Lui confions toutes nos demandes pour nos frères et sœurs du monde entier :

R/ : Viens, Emmanuel, viens nous sauver.

  • « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe ». Prions pour l’Église : Seigneur, que tout homme puisse découvrir, à travers le Corps de ton Fils, la manifestation du salut pour toute l’humanité.  R/
  • « Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! » : Prions pour tous ceux qui sont en quête du sens de leur vie : Seigneur, donne leur l’espérance et le courage de vivre pleinement leurs quotidiens avec joie et amour. R/
  • « Pour que son nom soit reconnu, […] vous aussi que Jésus Christ a appelés. » Prions pour les peuples d’Europe : Seigneur, aide les à retrouver leur identité chrétienne, à redécouvrir la beauté, la bonté et la vérité de ton Évangile. R/
  • « Jésus, c’est-à-dire le Seigneur-sauve » Prions pour notre communauté paroissiale : Seigneur, libère nous des soucis, angoisses, peurs provoqués par les situations politiques et économiques difficiles de notre monde. R/

Seigneur, entends nos prières en ce jour. Viens Seigneur, viens construire avec nous un monde de justice et de paix. Amen.

Source : http://www.jardinierdedieu.com/pu-4e-dim-avent.html

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 11:12

Hymne de l’Avent

  • Un jour viendra où Dieu se montrera, un jour verra la fin de nos combats, printemps de gloire aux plaines de la terre, sa vie joyeuse éveillera les corps et Dieu vivant sera pour toujours le cœur d'un monde ouvert à l'amour.
  • Demain peut-être à l'heure du sommeil, voleur de nuit, le Maître du soleil viendra lever les doutes et les peurs, ami offrant le pain de ses douleurs, le Pain de vie qui ne finit pas, pétri par Dieu au jour de la Croix.
  • Ce soir peut-être aux pas d'un inconnu, nos yeux liront les routes de Jésus, visage d'homme aux traits marqués de coups, cortège d'hommes aux poings levés vers nous : te voir, Seigneur, en tout homme né sous ton soleil pour ta liberté.
  • Un jour viendra où Dieu nous attendra. Son Fils déjà nous dit quel est son choix : ouverte en grand, la porte du festin verra passer les foules du chemin. Cortège immense aux fleuves du temps, marchons ensemble où Dieu nous attend.

Lecture du livre de la Genèse 49, 2. 8-10

La royauté ne s’éloignera pas de la tribu de Juda.

En ces jours-là, Jacob appela ses fils et dit : « Assemblez-vous ! Je veux vous dévoiler ce qui vous arrivera dans les temps à venir. Rassemblez-vous, écoutez, fils de Jacob, écoutez Israël, votre père. Juda, à toi, tes frères rendront hommage, ta main fera plier la nuque de tes ennemis et les fils de ton père se prosterneront devant toi. Juda est un jeune lion. Tu remontes du carnage, mon fils. Il s’est accroupi, il s’est couché comme un lion ; ce fauve, qui le fera lever ? Le sceptre royal n’échappera pas à Juda, ni le bâton de commandement, à sa descendance, jusqu’à ce que vienne celui à qui le pouvoir appartient, à qui les peuples obéiront ». - Parole du Seigneur.

Psaume 71

R/ : Voici venir des jours de justice et de paix.

  • Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux ! R/
  • Montagnes, portez au peuple la paix, collines, portez-lui la justice ! Qu’il fasse droit aux malheureux de son peuple, qu’il sauve les pauvres gens, qu’il écrase l’oppresseur ! R/
  • En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre ! R/
  • Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux ! R/

Alléluia. Alléluia. Viens, Sagesse du Très-Haut ! Toi qui régis l’univers avec force et douceur, enseigne-nous le chemin de vérité. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1, 1-17

« Jésus, fils de David, fils d’Abraham »

Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham : Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.

David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations. - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Ce soir, nous entrons dans la semaine préparatoire à la fête de Noël. Pendant des siècles, le peuple juif a désiré et attendu la venue du Messie ; aujourd’hui nous commémorons ce temps d’attente par des textes biblique qui expriment toute l’espérance que le peuple de Dieu met en son Messie et Sauveur. À la fin de chaque journée, pendant la prière du soir de l’Église que sont les Vêpres, le Cantique de Marie (le Magnificat) est accompagné par une antienne prise dans l’un des textes qui appellent le Messie à venir dans un monde en attente, pour apporter la Rédemption à ceux qui désirent instamment le salut que Dieu a promis.

Le Livre de Sirac parle de la sagesse qui sort de la bouche du Très-Haut, qui existait avant que le monde soit créé ; et quand Dieu, par sa Parole créa l’univers, il emplit toutes choses de cette sagesse. Par-là, Dieu manifestait son amour pour la création, en la comblant du don de la Sagesse. Le prophète Isaïe, lui aussi, a prédit que le Messie à venir posséderait l’Esprit du Seigneur, un esprit de Sagesse et d’intelligence. Puis à la plénitude des temps, la Sagesse de Dieu vint dans le monde et se fit chair en la personne de Jésus, le Fils de Dieu. Le Christ a révélé au monde le plan de Dieu, un plan de réconciliation, une espérance divine. Impatients de voir ce plan se dévoiler dans notre monde d’aujourd’hui, nous implorons dans cette « antienne O » - c’est ainsi qu’on appelle ces antiennes parce qu’elles commencent toutes par l’exclamation « O » - la Sagesse divine ; qu’elle vienne à nous, qu’elle vienne nous montrer le plan du Salut de Dieu, en sorte que nous puissions avoir part à sa vie et à ses bénédictions.

U.S.A.

Prière du soir

Tu es béni, Seigneur, toi qui donnes sens à l’histoire, tu es béni pour la suite des jours dont la vanité serait accablante si tu ne venais l’habiter. Béni sois-tu, Dieu des vivants, qui fécondes en secret dans l’ombre de l’Esprit. Béni sois-tu pour les cheminements souterrains et les jaillissements inespérés. Bénis soient ton grand amour qui pardonne tout et excuse tout, et ta clairvoyance amoureuse qui t’aveugle et te fait oublier le péché des hommes. Donne-nous d’aimer jusqu’à l’oubli de la pesanteur de nos fautes, jusqu’à l’oubli du poids écrasant de l’histoire, jusqu’à l’émerveillement devant l’œuvre parfaite de la rédemption.

France

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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 21:36

Avent A

Lecture du livre d'Isaïe 35, 1-6a.10

Le salut de Dieu se manifeste par la joie qu’il fait naître.

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver ».

Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie.

Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Après quarante ans d’exil, le peuple juif va rentrer en Palestine à travers le désert de Syrie. Cette bonne nouvelle fait passer sur le désert un souffle de vie, signe du renouveau qui envahit les cœurs désertés par l’espérance. À l’image de la steppe qui refleurit, le courage revient aux accablés, les yeux éteints s’ouvrent à la lumière, l’éclopé retrouve ses jambes, le muet crie sa joie. La venue de Dieu pour sauver son peuple libère les possibilités de vie cachées, comme l’eau assure au désert aride sa fécondité. Être sauvé, c’est renaître à la vie et à la joie.

Les raisons de s’affoler ne manquent pas dans le monde ni celles de baisser les bras par découragement. Seule la certitude que le Seigneur vient sauver son peuple peut rendre à beaucoup l’espérance. À nous d’être les témoins du Dieu qui s’approche des hommes.

Psaume 145

R/ : Viens, Seigneur, et sauve-nous ! ou : Alléluia !

  • Le Seigneur fait justice aux opprimés, aux affamés, il donne le pain, le Seigneur délie les enchaînés. R/
  • Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes. R/
  • Le Seigneur protège l’étranger, il soutient la veuve et l’orphelin, d’âge en âge, le Seigneur régnera. R/

Lecture de la lettre de saint Jacques 5, 7-10

La patience dont nous parle saint Jacques n’est pas une démission : si le cultivateur attend patiemment la moisson, il a commencé par semer.

Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive. Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche.

Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur. – Parole du Seigneur.

Commentaire : En nous invitant à la patience, saint Jacques ne nous fait pas un pieux sermon sur la vertu. La patience dont il parle est la force d’âme du chrétien que soutient l’espérance de la venue du Sauveur. C’est lui, le Seigneur, qui donnera toute sa fécondité au laborieux travail des semailles d’un monde meilleur. C’est lui, le juge des vivants et des morts, qui se montrera plein d’indulgence envers qui aura supporté avec patience et amour les duretés et les misères de ses frères. L’Avent est le temps de cette patience-là.

Inertie ou patience ? Si l’une se contente d’attendre, l’autre attend le résultat de ses efforts. Dieu, lui, n’est pas inerte et il nous appelle à imiter sa patience active.

Alléluia. Alléluia. L’Esprit du Seigneur est sur moi : il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 2-11

À la question de Jean Baptiste : « Es-tu celui qui doit venir ? » Jésus ne répond pas par des mots, mais par des actes.

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Jean Baptiste est emprisonné par Hérode, dans une forteresse du désert. Les échos qui lui parviennent de l’action de Jésus le laissent désemparé : le grand jour, où Dieu sauvera son peuple, tarde à venir. Qu’en est-il ? Jésus lui fait répondre : « Le salut du monde avance chaque fois que le mal recule : mal physique ou ignorance de l’Évangile, la Bonne Nouvelle ». Mais pour ce travail, il faut des hommes à l’image de Jean Baptiste, des hommes qui surmontent les doutes et les échecs, sans être un roseau perpétuellement balancé » ; des hommes qui aient rompu, comme lui, avec la course au confort, le mensonge et la lâcheté qui se cachent derrière les habits somptueux de la cour d’Hérode. À ces conditions se forme le messager du Christ.

Je ne suis qu’un de ces plus petits dans le Royaume, mais par grâce de Dieu je suis le frère de Jean Baptiste, le plus grand parmi les hommes. Quel bonheur et quelle joie, Seigneur, d’être ainsi reconnu et promu à l’instar des plus grands de tes saints.

Homélie

Il est des moments dans la vie où tout se trouve brutalement remis en question. Combien de gens ne voit-on pas au soir de leur existence, (quelque fois beaucoup plus tôt) qui s’interrogent avec amertume : « Quel a été le sens de ma vie, qu’en restera-t-il ? N’ai-je pas fait fausse route, ne me suis-je pas illusionné ? »

Ces heures de doute lancinant Jean-Baptiste, le Précurseur du Christ, les a vécues derrière les barreaux de cette prison de Macheroute où le Roi Hérode l’avait fait incarcérer. Aurait-il tant prêché et tant risqué pour rien ?

Pendant des mois, sur les bords du Jourdain, il a proclamé la venue imminente du Messie, un jour il l’a montré à la foule « Voici l’agneau de Dieu » ; et il l’a même baptisé. A d’anciens disciples qu’on laisse accéder jusqu'à lui, Jean-Baptiste fait part de ses interrogations et de ses inquiétudes. Pas question, bien sûr, de remettre en cause la parole de Dieu transmise par les prophètes. Jean est sûr qu’un Messie va venir, puisque les prophètes l’ont annoncé !

Mais, lui, Jean, ne s’est-il pas trompé quand au bord du Jourdain il a désigné Jésus comme ce Messie qu’on attendait depuis des siècles ? N’a-t-il pas été présomptueux en prenant comme une inspiration divine ce qui, après tout n’était peut-être qu’un enthousiasme personnel et passager ? Ce Jésus de Nazareth, s’il est le Messie qu’attend-il donc pour se manifester avec éclat et répondre à l’espérance de tout son peuple ?

Jean espérait un justicier impitoyable et on lui dit que Jésus est un guérisseur des corps et un médecin des âmes. La vengeance de Dieu s’annonçait et c’est la miséricorde qui est offerte avec douceur et humilité. Il y a même du scandale dans l’air. N’a-t-on pas vu ce défenseur des pauvres et ce fils du peuple élu fréquenter les riches, partager la table des pharisiens rigides et des publicains méprisés ? Il a été jusqu’à louer la foi d’un officier païen de l’armée d’occupation ? Étrange libérateur et tellement différent du portrait prophétisé... Héritier de toute la Bible, mais peut-être rempli avant tout par les images bibliques du jugement final, Jean ne comprend plus. Et comme il veut en avoir le cœur net, il envoie des messagers à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Et Jésus répond non par des mots, mais par des actes : « Allez répondre à Jean ce que vous entendez dire de moi et ce que vous me voyez faire ».

Mais il ne s’agit pas d’éclat de victoire, ni de vengeance assouvie. Pas même une réponse aux espérances politiques, religieuses ou nationalistes d’un bon nombre. Le Messie est bien là, la libération a commencé. Le Royaume de Dieu est inauguré, mais autrement. Les signes de la présence du Royaume et de son Messie n’ont rien de spectaculaire. Ils sont tellement discrets et dissimulés dans la pâte de la vie quotidienne qu’ils passent aisément inaperçus. Jésus refuse donc de répondre à Jean-Baptiste en présentant ses titres et ses lettres de créance. Il ne cherche pas à justifier sa présence ni ses attitudes qui étonnent, choquent et divisent. Les preuves qu’il est bien le Messie promis et attendu, Jean est invité à les voir dans les gestes d’amour et de pardon, le témoignage d’un esprit largement ouvert et toujours accueillant, un cœur sans frontières, un total respect de tout être, une passion de la vérité et de la justice, une incessante fidélité à défendre les droits de Dieu et ceux de la personne humaine. L’envoyé de Dieu n’est-il pas celui qui doit passer en faisant le bien, en annonçant le Bonne Nouvelle aux pauvres, à tous ceux dont les genoux fléchissent tellement ils sont accablés.

Les voies de Dieu sont souvent déroutantes. A Jean-Baptiste qui avait dans sa prison tant de raisons pour s’impatienter et se décourager, Jésus rappelles les promesses d’Isaïe ; il lui fait savoir comment elles sont en voie d’accomplissement. Cela ne changera rien à la situation pénible du précurseur : prisonnier, il le restera jusqu’au soir de son exécution. Et pourtant à partir de là pour Jean-Baptiste la vie aura retrouvé son sens. Parce qu’il aura reconnu la fidélité de Dieu à la parole donnée, il pourra accepter de « diminuer pour que le Messie grandisse ». Il pourra accepter d’être la semence que l’on enfouit en terre pour que germe la moisson...

Chers frères et sœurs, la situation de doute dans laquelle Jean-Baptiste s’est trouvé, certains peut-être parmi nous sont en train de la vivre. Mais sachons que nous sommes tous appelés à la vivre un jour ou l’autre, sur un autre mode sans doute et à un moindre degré. A une certaine époque, peut-être avons-nous cru à un grand idéal ? Peut-être avons-nous cru à la possibilité d’un grand amour ou d’un grand appel ? Et voilà que la vie nous a déçus et meurtris : blessures qu’infligent les échecs ou ankylose que provoque la monotonie, la banalité du quotidien. Et Dieu semble se taire. Il ne répond pas à nos attentes, ni à nos désirs. Comme ses voies nous paraissent déroutantes ! Mais c’est parce que nous voulons sans cesse les réduire à des dimensions humaine, c’est parce que nous n’acceptons pas le cheminement qui fut celui de Jean-Baptiste, (et qui est une préfiguration de celui de Jésus lui-même), cheminement qui passe par la mort pour aboutir à la Résurrection. C’est au Jardin de l’Agonie et c’est sur le Calvaire que Jésus a pu signifier au maximum l’amour qu’il porte à son Père et aux hommes.

C’est peut-être au creux de l’épreuve quand tout devient obscur, quand tout semble muré que nous pouvons le mieux apprendre à aimer.

Demandons à Marie, notre Éducatrice spirituelle de nous le faire comprendre.

Amen.

Prière Universelle

En ce dimanche de paix, confions tous les besoins de nos frères et de nos sœurs à Celui qui vient nous sauver tous ainsi que chacun d’entre nous :

R/ Vienne ton règne, Dieu, notre Père ! Vienne ton règne sur notre terre ! Vienne ton règne au cœur de nos frères !

  • Fortifiez les mains défaillantes. Viens, Seigneur Jésus, viens éclairer les responsables des états pour trouver des solutions qui rendent impossible que des enfants ne deviennent des enfants-soldats. Ensemble, nous t’en prions. R/
  • Affermissez les genoux qui fléchissent. Viens, Seigneur Jésus, viens dans le cœur de ceux qui ont succombé à cause des lourdes épreuves qu’ils ont subies dans la vie. Sois leur soutien et réconforte-les. Ensemble, nous t’en prions. R/
  • Ne craignez pas. Viens, Seigneur Jésus, viens dans le cœur des peuples de l’Europe qui sont pris dans le souci pour leur avenir. Aide-les à redécouvrir la beauté, la bonté et la vérité de l'Évangile qui apporte joie et espérance à toute existence. Ensemble, nous t’en prions. R/
  • Dieu vient lui-même et va vous sauver. Viens, Seigneur Jésus, viens dans le cœur de chaque baptisé pendant ce temps de l’Avent. Donne-lui le courage de devenir messager de ton amour. Ensemble, nous t’en prions. R/
  • Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent […] allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient. Viens Seigneur Jésus, viens réaliser ta promesse au sein de chaque famille divisée, déchirée par le mal. Ensemble, nous t’en prions. R/

Seigneur Dieu, prince de la Paix, donne-nous ferveur et force pour construire un monde de plus en plus juste et humain où régnera la joie. Toi qui nous aimes. Amen.

Source : http://www.jardinierdedieu.com/pu-3e-dim-avent.html

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2 décembre 2019 1 02 /12 /décembre /2019 00:04

 

Année A

Lecture du livre du prophète Isaïe 11, 1-10

La réconciliation entre les hommes que le prophète Isaïe attend du Messie ne se fera pas – comme si souvent – sur le dos des petits.

En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.

Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs. Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant. La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins.

Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.

Ce jour-là, la racine de Jessé sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le peuple juif attend que surgisse un sauveur de la descendance du roi David qui avait Jessé pour père. Le prophète Isaïe en décrit les qualités : il ne brillera pas d’abord par sa diplomatie habile, ni par l’art de ménager les puissants, mais il sera rempli de l’Esprit de Dieu pour faire régner la justice en faveur des opprimés. De volonté, de puissance, de violence et d’injustice son règne n’en connaîtra plus, mais l’on connaîtra une intimité telle avec le Seigneur que le monde en sera réconcilié.

Cet amour des pauvres, cette prédilection pour les petits ne sont-ils pas le signe que les peuples et les nations de la terre attendent de l’Église pour reconnaître dans le Christ celui qui vient combler leurs aspirations ?

« La raison du plus fort et toujours la meilleure », concluait Jean de la Fontaine, en mettant en scène le loup et l’agneau. Connaissons-nous des lieux, dans le monde et dans l’Église, où cette affirmation est contestée ? N’est-ce pas un signe que la connaissance du Seigneur commence à remplir la terre comme les eaux recouvrent le fond de la mer ?

Psaume 71

R/ : En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des temps.

  • Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux ! R/
  • En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre ! R/
  • Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie. R/
  • Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 15, 4-9

Être accueillant à tous nos frères, c’est se préparer à recevoir Celui qui s’est fait accueillant à tous les hommes.

Frères, tout ce qui a été écrit à l'avance dans les livres saints l’a été pour nous instruire, afin que, grâce à la persévérance et au réconfort des Écritures, nous ayons l’espérance. Que le Dieu de la persévérance et du réconfort vous donne d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. Ainsi, d’un même cœur, d’une seule voix, vous rendrez gloire à Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ.

Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. Car je vous le déclare : le Christ s’est fait le serviteur des Juifs, en raison de la fidélité de Dieu, pour réaliser les promesses faites à nos pères ; quant aux nations, c'est en raison de sa miséricorde qu'elles rendent gloire à Dieu, comme le dit l’Écriture : C’est pourquoi je proclamerai ta louange parmi les nations, je chanterai ton nom. – Parole du Seigneur.

Commentaire : « Être accueillant, c’est savoir se faire tout à tous ». Paul le rappelle à la communauté chrétienne de Rome, carrefour de races et de mentalités, comme toutes nos grandes villes. Il y avait dans cette Église des fervents et des tièdes, des juifs et des païens convertis. Il était difficile de réaliser l’unanimité des cœurs et des esprits, même dans la prière. Pourtant le Christ n’avait-il pas donné la preuve de son amour pour tous ? Aux juifs qui attendaient le Sauveur promis, comme aux païens, qui apprirent avec joie que le Christ venait aussi pour eux. En implantant l’Église au milieu des peuples, n’avait-il pas fait confiance aux hommes ?

À l’époque où Paul écrit sa lettre, les livres saints ne sont encore que ceux de l’ancienne Alliance. Ils témoignent de la persévérance et du courage du peuple juif durant un millénaire d’une histoire bien mouvementée. Demandons au Dieu de la persévérance et du courage de les donner à tous ceux qui croient en lui.

Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers : tout être vivant verra le salut de Dieu. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3, 1-12

Le langage violent de Jean-Baptiste nous invite à recevoir avec sérieux la grâce du temps de l’Avent.

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche ».

Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Ce qui intéresse Matthieu dans la personne de Jean Baptiste, c’est son message plutôt que le baptême qu’il propose ; jean rappelle avec insistance la nécessité de « produire du fruit » ; il annonce que tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. La conversion qu’il réclame de tous doit se traduire en actes. Aucun privilège, même celui d’appartenir à l’Église, ne peut soustraire quelqu’un au jugement du Christ : on n’emmagasine que le blé, le reste est brûlé !

« Des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham ». Merci, Seigneur, d’être cette pierre que tu n’as pas rejetée, mais que tu as choisie pour pierre vivante de ton Église, le corps de ton Fils.

Homélie

Tout au long de la trajectoire que forme l’histoire du salut, les prophètes ne cessent de répercuter les appels de Dieu. Ces porte-paroles du Seigneur sont des « durs » qui se dressent dans le désert de l’indifférence religieuse. Rien ne leur fait peur...

Jean-Baptiste qui est le dernier anneau de la lignée des prophètes est le plus illustre de ces crieurs publics. Il fut dur avec lui-même et ce qu’il exigea des autres il commence par le vivre énergiquement. Saint Matthieu nous le montre aujourd’hui aux prises avec des auditeurs au cœur de pierre et à l’esprit tordu. Beaucoup parmi les Juifs qui venaient à lui se disaient en effet, « fils d’Abraham » dans un grand élan de prétention et de satisfactions religieuses. Mais combien avaient le courage de passer aux actes : ces actes qui engagent et transforment une vie ?

Impitoyable, le Précurseur du Christ devine la comédie des pénitents qui avouent leurs péchés du bout des lèvres et s’arrangent ensuite pour éviter de produire des fruits qui mettraient en péril leur confort, leurs habitudes, leur routine de pratiquants assoupis dans leur bonne conscience. Sur ce peuple de conformistes, Jean-Baptiste tonne avec des expressions cinglantes qui réveillent comme un orage et secouent comme un tremblement de terre. Sur ces hypocrites il ne craint pas d’appeler la hache et le balai, le feu et l’Esprit de Dieu. C’est sa manière à lui d’attendre le Messie et de préparer sa venue. Sainte colère qui doit redresser chemins et personnes pour permettre de bien accueillir Celui qui arrive en Sauveur du Monde par la croix.

Chers frères et sœurs, l’Avent dans lequel nous sommes entrés, il y a une semaine, n’est pas une berceuse pour enfants sages. On ne peut vivre sérieusement ce temps de grâce que si on redouble d’efforts pour se convertir. Par trois fois, d’ailleurs, l’Évangile aujourd’hui nous rappelle cette nécessaire et très urgente conversion. Mais de quoi s’agit-il en fait ?

- La conversion est d’abord un jugement, non pas sur les autres, mais sur soi-même. Se convertir consiste en premier lieu à se regarder devant Dieu et à prendre sa propre mesure face à Dieu. Il faut bien comprendre, en effet, qu’à partir du moment où nous acceptons de nous voir lucidement devant Dieu nous ne nous considérons plus comme seuls maîtres de notre personne et de notre vie. Il se produit un retournement de notre mentalité. Au lieu de ramener toutes choses à nos manières de voir, nous tournons les yeux vers le Seigneur pour l’interroger et suivre son regard à Lui : la grande Loi de la vie chrétienne consiste à éclairer par l’Évangile nos pensées et nos actes. En retour, une loyale réponse à la lumière reçue aide à mieux comprendre l’Évangile.

- La conversion est, en second lieu, une décision. Ayant accepté l’éclairage de l’Évangile on se décide à agir en conséquence. C’est ce que l’Eglise a désigné dans la 1ère oraison de cette messe sous le nom « d’intelligence du cœur ». L’intelligence du cœur c’est l’accueil pratique et réaliste de la Parole de Dieu, sa mise en application. C’est sur le terrain, en effet, c’est dans la réalité de la vie que se vérifie l’adhésion à l’Évangile.

Jean-Baptiste nous dit cela de façon particulièrement suggestive : « Produisez donc, nous dit-il, un fruit qui exprime notre conversion », car vous savez bien ce qui arrive à l’arbre qui ne porte pas de fruits : on le coupe et on le jette au feu...

Alors, frères et sœurs, ne restons pas dans le domaine du rêve, de l’illusion, des bonnes intentions : nous nous y complaisons si facilement. Soyons bien convaincus que ce sont nos actes qui révèlent ce que nous sommes...

Jésus sur ce point, nous a avertis solennellement : « Ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur, Seigneur qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté de mon Père qui est aux cieux ». Et c’est dans le même sens que l’Apôtre Jean déclare dans sa 1ère lettre : « N’aimons pas par des paroles et des discours, mais en actes et en vérité ». Or, les actes que la conversion produit immanquablement si elle est profonde, ce sont des actes de foi, d’espérance et d’amour, des actes de justice, de pardon et de paix. Il s’agit de faire passer dans toute notre vie, des enseignements que le Christ nous transmet par son Eglise (sans faire un tri entre ceux qui nous conviennent et ceux qui nous déplaisent). Il s’agit d’abandonner nos erreurs, nos péchés, nos mauvaises habitudes, notre indifférence à l’égard de Dieu et du prochain. Il faut que nous soyons justes et charitables à l’égard de tous ceux qui nous entourent, qu’ils soient sympathiques ou non ; qu’ils partagent ou non nos idées, nos aspirations et même nos croyances et que nous le soyons d’autant plus qu’ils sont plus malheureux. Autrement dit, il faut que nous soyons les imitateurs de Dieu qui s’est donné à nous à Noël... en nous donnant à notre tour, très généreusement à nos frères. Il est sûr que cela exige beaucoup de notre part. Mais Jésus ne nous a jamais dit que l’Évangile serait facile à pratiquer. Il ne nous l’a jamais présenté comme un chemin de velours mais comme un rude chemin de croix.

Heureusement que dans sa suprême sagesse et son immense miséricorde, il nous a promis le Secours d’En-Haut : cette grâce actuelle que l’on obtient toujours si on la demande dans une prière humble, confiante et persévérante. C’est elle qui nous donne la force de conformer notre volonté à celle de Dieu, en dépit de notre faiblesse et de toutes les difficultés.

Frères et sœurs, si nous voulons vivre d’une manière fructueuse le temps de l’Avent, prenons la ferme résolution de nous convertir en profondeur et comportons nous de telle manière que le témoignage de notre vie exemplaire, toute rayonnante de foi, d’amour, fasse naître dans le cœur de nos frères incroyants ou indifférents le désir de nous rejoindre.

Guidés, encouragés et soutenus par Marie, notre éducatrice spirituelle, préparons en nous et autour de nous les chemins du Seigneur.

Amen.

Prière universelle

Marcher à la lumière du Seigneur implique inévitablement un appel à un changement radical. Confions nos prières au Seigneur pour que la conversion véritable atteigne tous les cœurs.

Père très saint, change nos cœurs.

  • Pour les dirigeants aux prises avec la corruption ; afin que les valeurs d’intégrité et de justice dominent, prions.
  • Pour l’Église marquée par des scandales de toutes sortes ; afin que la pureté, le respect et la fidélité triomphent, prions.
  • Pour les familles menacées par le divorce ; afin que le dialogue, le pardon et l’amour prévalent, prions.
  • Pour notre communauté ; afin que le désir de conversion sincère habite tous les cœurs, prions.

Père très bon, tu appelles chacun et chacune de nous à la conversion. Accompagne-nous dans notre marche en exauçant nos demandes. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur, lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 19:59

 

Année A

Lecture du livre d'Isaïe 2, 1-5

L'espérance de paix qui habite tous les peuples les conduira un jour à la rencontre du Dieu de la paix.

Parole d’Isaïe – ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la Maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la Maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers ». Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur.

Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre.

Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Tous les peuples de la terre aspirent à vivre en paix. Pourtant les foyers de guerre renaissent les uns après les autres à la surface du globe et le trafic des armes apporte un plus grand profit que celui des machines agricoles. Un appétit de violence, en même temps qu’une soif de paix, habitent le cœur de l’homme et se disputent le gouvernement du monde. Quel arbitre saurait réconcilier notre humanité déchirée ? Dieu seul ! C’est là bien plus qu’une promesse puisqu’en Jésus Christ Dieu a déjà donné sa lumière aux nations de la terre et enseigné sa parole d’amour qui peut réconcilier les hommes entre eux et avec eux-mêmes.

Sommes-nous des artisans de paix et de réconciliation. Jésus nous assure qu’alors le Dieu de paix nous reconnaît pour ses fils et ses filles.

Psaume 121

R/ : Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur.

  • Quelle joie quand on m'a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! R/
  • Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu'un ! C'est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur. R/
  • C'est là qu'Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur. C'est là le siège du droit, le siège de la maison de David. R/
  • Appelez le bonheur sur Jérusalem : « Paix à ceux qui t'aiment ! Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais ! » R/
  • À cause de mes frères et de mes proches, je dirai : « Paix sur toi ! » À cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 13,11-14a

Sortez de votre léthargie, sortez de votre sommeil, nous écrit l’apôtre Paul, car le jour de Dieu approche.

Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.

La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Lire les signes des temps, épouser le mouvement de l’histoire sont parmi les tâches importantes de l’Église à notre époque. Nos contemporains veulent édifier un monde autre, une société meilleure, un nouveau type d’hommes ; ils veulent faire droit aux aspirations légitimes des peuples, des races et des hommes de tous horizons. Puisque nous croyons que le Christ a mis sa trace en plein cœur de l’humanité et que l’histoire avance à sa clarté, savons-nous discerner l’éclosion du Royaume dans notre monde, savons-nous reconnaître que le salut est maintenant plus proche de nous ? Vivons-nous, agissons-nous, tendus vers ce jour qui pointe à l’horizon ?

« Revêtez le Seigneur Jésus Christ ! » Quel vêtement du cœur m’invites-tu à endosser aujourd’hui, Seigneur, pour mener le combat de la lumière ?

Alléluia. Alléluia. Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 24,37-44

Au sein de nos vies bien organisées, sommes-nous prêts à nous laisser surprendre par le Seigneur ?

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.

En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.

Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.

Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.

Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’annonce de la bonne nouvelle du règne de Dieu qui vient, qui est déjà là à l’œuvre avec Jésus, paraît n’avoir rien changé dans le monde : hommes et femmes continuent de manger et de boire, d’épouser, de travailler et de s’activer aux soins de ménage. Pourtant le sens de la vie et l’avenir du monde sont fondamentalement remis en cause. Mais tant d’hommes ne se doutent de rien !

Notre existence est très programmée : que d’activités souvent ne nous laissent pas le temps de prendre du recul pour réfléchir sur le sens de notre vie ! L’Avent s’offre à être ce temps de recul, de la réflexion et de la prière.

Homélie

Chaque année durant les quatre semaines qui précèdent Noël, l’Eglise nous fait célébrer le mystère de l’Avent. Ce mot qui signifie venue évoque tout d’abord une merveilleuse réalité du passé : la naissance à Bethléem du Fils Unique de Dieu qui a pris chair dans le sein de la Vierge Marie. « Quand les temps furent accomplis, nous dit saint Paul, Dieu envoya son Fils, né d’une femme ». Cet évènement de l’Incarnation - le plus considérable de toute l’histoire humaine - Dieu l’avait longuement et patiemment préparé dans le peuple Juif, suscitant en lui par ses prophètes l’espérance du salut, faisant de lui « comme un berceau dans lequel il viendrait au jour de Noël déposer son Fils unique, le Sauveur Jésus ». (Cardinal Journet) Cette longue attente qui atteignit sa plus haute tension dans le cœur de Marie, « la fille de Sion » est offerte à notre contemplation, tout au long de ce temps de grâce qu’est l’Avent, pour stimuler notre espérance en cette sublime réalité à venir qui est le retour glorieux du Christ-Roi et pour creuser notre désir de sa venue actuelle dans nos vies.

Car le Seigneur reviendra, comme il l’a promis, au « dernier jour », dans une apothéose de gloire. Il achèvera alors et couronnera son œuvre en transfigurant le monde et en introduisant l’humanité ressuscitée dans le Royaume d’éternel bonheur que le Père des Cieux a préparé pour ses enfants depuis la fondation du monde.

Disons-nous bien que nous ne serons pleinement chrétiens que si nous sommes constamment orientés et comme tendus vers cet ultime avènement de Notre-Seigneur, objet de notre Foi et de notre Espérance. Sans oublier cependant que la meilleure manière de l’attendre et de nous y préparer c’est de l’accueillir, lui le Christ, qui vient à tout instant et de bien des manières dans notre vie de tous les jours : venue très réelle, mais habituellement si discrète que seul le regard pénétrant de la Foi est capable de la discerner au delà des apparences, au delà des signes.

C’est ainsi que le Seigneur vient au devant de nous par sa Parole qui éclaire notre route, répond aux grandes questions que nous nous posons, donne un sens à notre vie et nous façonne peu à peu à sa ressemblance, si toutefois nous sommes assidus à l’écouter et la méditer. Il vient à nous à travers les Sacrements, plus particulièrement l’Eucharistie qui est une rencontre unique avec sa personne réellement présente sous les apparences du pain et du vin consacrés par le prêtre ; rencontre privilégiée dans laquelle nous nous unissons à son sacrifice rédempteur et recevons en abondance la vie divine qui en est le fruit.

Il vient dans toutes nos prières, grâce auxquelles nous pouvons approfondir notre intimité avec lui et obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin tant pour le corps que pour l’âme. Il vient encore à nous très concrètement à travers le prochain. C’est lui-même qui l’affirme : « celui qui reçoit un de ces petits, c’est moi qu’il reçoit. Tu as vu ton frère, dit un Père de l’Eglise, tu as vu ton Dieu ». Jésus vient enfin à nous à travers tous les évènements, petits ou grands, heureux ou malheureux qui tissent la trame de notre existence. Dans tout ce qui nous arrive, en effet, n’y-a-t-il pas un signe de Dieu, la marque toute particulière de sa Providence ? Si, moyennant les secours de la grâce, nous aspirons à vivre intensément ces diverses rencontres avec l’ami divin, si nous nous montrons de plus en plus fidèles aux rendez-vous qu’il nous donne dans chaque instant présent, nous ne serons ni surpris, ni désemparés lorsque sonnera pour nous l’heure du suprême rendez-vous celui de notre mort. Quelle merveilleuse surprise ce sera alors pour nous ! Et quelle indicible joie ! Lorsqu’étant enfin nés à la vie du ciel – car la mort ne sera rien d’autre que notre deuxième et définitive naissance - nous pourrons communier pleinement, dans la très pure clarté de la Gloire, à Celui que nous aurons si ardemment désiré et si souvent accueilli ici-bas dans l’obscurité de la Foi. Rappelons nous ici la parole de saint Jean : « Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est ».

Pour cette perspective-là aussi : celle du terme ultime de notre aventure humaine personnelle, l’Eglise, par sa liturgie de l’Avent, nous éduque excellemment à l’Espérance surnaturelle.

Frères et sœurs, pour que le temps de l’Avent qui nous familiarise si bien avec le mystère« du Dieu qui vient » nous soit spirituellement profitable demandons à Marie qui est la« Mère de la Sainte Espérance » de mettre en nos cœurs les sentiments qui animaient le sien lorsqu’elle attendait la première venue du Sauveur.

Puisse-t-elle nous apprendre à accueillir le Seigneur avec le plus grand amour possible en toutes ses venues « maintenant et à l’heure de notre mort ».

Amen.

En ce dimanche, nous sommes invités à veiller. Que l’Esprit de Dieu ravive notre Espérance, et ouvre nos cœurs aux attentes de nos sœurs et de nos frères :

R/Écoute notre misère, Seigneur, viens nous sauver

  • « Vers elle afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. » Pour que l’Église terrestre, malgré ses limites, témoigne de la joie de croire au Christ et apporte la confiance en la vie à venir à toute l’humanité. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « À cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien. » Pour que la collaboration entre le clergé et les laïcs dans chaque paroisse s’amplifie et apporte du fruit, malgré toutes les différences et les difficultés qu’ils peuvent rencontrer. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. » Pour que les malades qui actuellement désespèrent de cette vie, les personnes atteintes du Sida dont le 1er décembre sera la journée mondiale, puissent retrouver un peu d'espoir grâce aux compétences des soignants. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. » Pour que les baptisés deviennent vraiment témoins de la joie, de la paix et de la lumière, malgré leurs préoccupations, leurs soucis dans leurs vies quotidiennes, nous t’en prions. R/
  • « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. » Pour que les paroissiens essaient sans cesse de se pardonner mutuellement, en allumant la 1ère bougie de l’Avent avec foi et confiance, en entrant dans l’attente de ta venue. Seigneur, nous t’en prions. R/

Seigneur, Dieu de patience, accorde nous ce que nous te demandons en ce dimanche. Aide tous tes enfants à revêtir sans cesse Jésus-Christ, ton Fils. Amen.

Source : http://www.jardinierdedieu.com/pu-1er-dim-avent.html

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17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 21:57

Année C

Lecture du Livre de Michée 5, 1-4a

Le prophète Michée annonce que le Sauveur naîtra à Bethléem.

Ainsi parle le Seigneur. Toi, Bethléem Ephrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d’autrefois. Mais Dieu livrera son peuple jusqu’au jour où enfantera…celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les fils d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix ! – Parole du Seigneur.

Commentaire : Michée est un homme rude et lucide, sans illusions sur les gouvernements actuels de son peuple : ses rois et ses princes composent avec l’ennemi assyrien pour se maintenir en place. Aussi le Seigneur les a-t-il abandonnées, tout en restant fidèle à son peuple : c’est de lui qu’un jour naîtra le Messie Sauveur qui rassemblera les enfants de Dieu dispersés et sera gage de paix pour les hommes.

Du plus petit clan de Juda sort celui qui est la paix. Si petits pensons-nous être, la même mission nous est confiée dans le monde.

Psaume 79

R/ : Dieu, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire, et nous serons sauvés !

  • Berger d’Israël, écoute, toi qui conduis ton troupeau, resplendis ! Réveille ta vaillance et viens nous sauver. R/
  • Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante. R/
  • Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l’homme qui te doit sa force. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom ! R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 10, 5-10

« Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté ». Dans cette phrase se résume toute la vie de Jésus.

Frères, en entrant dans le monde, le Christ dit, d’après le Psaume : « Tu n’as voulu de sacrifices ni offrandes, mais tu m’as fait un corps. Tu n’as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ; alors, je t’ai dit : Me voici, mon Dieu je suis venu, pour faire ta volonté, car c’est bien de moi que parle l’Écriture ». Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l’ancien culte pour établir le nouveau. Et c’est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes. – Parole du Seigneur

Commentaire : « Tu m’as fait un corps ». Un Dieu qui naît, qui grandit, qui travaille, aime, souffre et meurt grâce à ce corps d’homme qui est le sien, voilà le résumé de l’Incarnation, voilà aussi le résumé d’une vie humaine. Être homme, être fils de Dieu, c’est vivre sa vie comme un accomplissement quotidien de la volonté de Dieu. Ce n’est que cela ; pourtant, seul, le Fils de Dieu a su vivre parfaitement une telle vie d’homme. C’est aussi tout cela : aucune de nos activités humaines n’est étrangère à cet appel de Dieu à faire sa volonté.

« C’est de moi que parle l’Écriture », c’est ainsi que Jésus a lu la Bible. Or, elle parle aussi de moi. Pourquoi ne pas creuser la parole que me touche dans les textes de ce dimanche ?

Alléluia. Alléluia. Voici la servante du Seigneur : que tout m’advienne selon ta parole. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 39-45

Marie visite sa cousine Élisabeth, et sa démarche est la première annonce de la Bonne Nouvelle.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La rencontre de ces deux humbles femmes, passée inaperçue aux yeux des hommes, est pourtant le prélude de l’Évangile. Élisabeth est la première à recevoir dans la joie la bonne nouvelle de la venue du Seigneur, encore porté dans le sein de sa mère. Marie est celle dont la foi a permis cette merveille : Dieu vient en personne à la rencontre des hommes. Luc, plus que tout autre écrivain du Nouveau Testament, a tenu à souligner ce rôle des femmes dans la préparation et l’annonce de l’Évangile.

Deux femmes sont au prélude de l’Évangile, trois autres, témoins du tombeau vide au matin de Pâques, seront à son accomplissement. N’est-ce pas un appel adressé à chacune d’entre nous à mettre toutes nos qualités de femmes au service de l’Évangile ?

Homélie

En cette très belle page de son évangile que nous venons d'entendre, saint Luc nous dit que peu de temps après l’évènement décisif de l’Annonciation Marie se rendit en hâte chez sa cousine Elisabeth qui avait conçu un fils en sa vieillesse. Elle se dépêchait, la douce Vierge car l’Esprit-Saint la pressait de se rendre auprès de cette femme âgée en situation délicate pour y commencer sa mission de « Porteuse du Christ » et de « Médiatrice de son amour », devenant ainsi la première messagère de la Bonne Nouvelle. Son entrée dans la maison de sa vieille parente fut une heure particulièrement flamboyante, une première Pentecôte, en vérité. Par sa seule présence, en effet, et son humble salutation s’accomplit une véritable effusion de l’Esprit-Saint qui souleva les acteurs présents comme en-dessus de la terre et hors d’eux-mêmes. C’est comme si une sorte d’ivresse surnaturelle les avait saisis tout à coup comme si un peu de folie divine avait envahi leurs cœurs. Le premier touché par le feu de cette Pentecôte fut le petit Jean qui se trouva immédiatement sanctifié dans le sein de sa mère ainsi que l’Ange du Temple l’avait annoncé à Zacharie son père : « Il sera rempli du Saint-Esprit dès avant sa naissance ». Le futur précurseur du Messie en tressaillit de joie et cette émotion gagna l’âme de sa mère qui fut divinement éclairée pour reconnaître en Marie « la mère de son Seigneur » lui apportant à elle (mais aussi à son enfant prédestiné, à Zacharie et finalement à tous) la joie qui surpasse toute joie : celle du Verbe Incarné Sauveur des hommes « et d’où me vient ce bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ».

Dans les versets qui font suite au texte évangélique choisi pour aujourd’hui, saint Luc nous dit que cette extraordinaire effusion de l’Esprit-Saint s’acheva en une apothéose de joyeuse reconnaissance et de louange dans l’âme de Marie proclamant en son Magnificat les merveilles de ce Dieu infiniment saint qui désormais, par son intermédiaire de petite servante, allais visiter et racheter son peuple.

Telle fut la première Visitation de Notre-Dame. Mais ce mystère si révélateur de l’ardente charité et de la parfaite humilité de Marie, qui à l’exemple de son Fils ne vient pas « pour être servie, mais pour servir », ce mystère n’appartient pas seulement au passé, il est une réalité toujours actuelle, combien douce et génératrice d’une grande espérance. Marie la toute miséricordieuse ne cesse de porter à tous ceux qui par sa maternité de grâce sont devenus ses enfants, la présence sanctifiante du Christ-Rédempteur. On peut dire que la Mère de l’Eglise, trésorière et distributrice de tous les dons de Dieu est toujours « en visite auprès de ceux qu’elle aime », et cela parce que le mystère de son assomption corporelle fait qu’elle est beaucoup plus proche de nous qu’elle ne le serait si elle était au ciel seulement avec son âme. En la glorifiant à la fois dans son corps et dans son âme, Jésus lui a donné en effet de tout voir et de tout pouvoir et comme ce regard et cette puissance d’intercession sont ceux d’une mère dont le cœur se trouve dilaté presque à l’infini par l’amour divin qui l’habite ou entrevoit à quel point son influence et son action sont capables d’accomplir des merveilles de grâces au service de toutes les âmes. Que d’interventions de la part de cette Mère si aimante, mais toujours efficaces, dont nous sommes les heureux bénéficiaires (et dont sont bénéficiaires aussi ceux qui ne la connaissent pas). Oh ! Comme elle accourt en toute hâte et vient nous visiter avec délicatesse chaque fois que se fait sentir un besoin quelconque du corps ou de l’âme.

- Chaque fois qu’il faut éclairer ou conseiller car elle la Mère du Bon Conseil,

- Chaque fois qu’il faut relever des chutes et panser les blessures causées par le péché, car elle est le Refuge des pécheurs,

- Chaque fois qu’il faut consoler, soulager et guérir, car elle est la santé des malades et la consolatrice des affligés,

- Chaque fois qu’il faut stimuler, entraîner, lancer vers de nouveaux progrès de Foi, d’Espérance et d’Amour en vue d’une intimité toujours plus profonde avec Dieu et aussi d’une charité fraternelle toujours plus rayonnante de l’amour même du Christ, car elle est la Mère de la Divine Grâce et le Secours des chrétiens.

Chers frères et sœurs, puisque la Vierge de l’Incarnation, Mère de Dieu et Mère des hommes, nous rend visite, à tout instant avec Jésus caché en elle, puisqu’elle se rend présente à toute notre vie il est important que nous prenions une plus vive conscience de cette présence si bienfaisante.

Quel bonheur, quel réconfort et quel stimulant pour nous qui sommes si petits et si faibles de croire qu’elle est toujours là près de nous, qu’elle nous regarde avec une indicible tendresse, nous entourant de sa protection sous son manteau d’amour ; s’intéressant aux moindres détails de notre existence quotidienne et guettant ces regards pleins d’affection et de confiance par lesquels nous devrions nous tourner fréquemment vers elle et dans lesquels nous devrions faire passer tout notre cœur.

Heureux sommes-nous, frères et sœurs, si nous savons vivre avec Marie et en Marie comme l’ont fait de nombreux saints : (dont voici quelques témoignages) :

« Tu habites spirituellement avec nous lui dit saint Germain et la grandeur de ta vigilance sur nous fait ressortir ta communauté de vie avec nous ».

« Je ne la vois pas, écrit le Père Cestac, grand serviteur de Marie, mais je la sens comme le cheval sent la main du cavalier qui le mène ».

« Quant à saint Louis Marie Grignion de Montfort, il va jusqu’à dire : je la porte au-dedans de moi, gravée avec des traits de gloire, quoique dans l’obscure de la Foi ».

Puissions-nous, chers frères et sœurs, à notre petite mesure certes, mais passionnément marcher sur leurs traces. Ayons le souci de nous rendre présents à la présence maternelle de Marie. Recherchons son intimité, tendons vers une plus grande union avec elle. N’oublions jamais que la dévotion mariale ainsi comprise est le chemin le plus rapide, le plus direct et le plus sûr pour aller au Christ et par lui à Dieu notre Père.

Amen.

Prière universelle

« Heureuse, celle qui a cru… » Nous avons la grâce et le bonheur de croire. Avec foi et confiance, tournons-nous vers le Seigneur pour lui présenter nos demandes.

Seigneur Dieu, écoute notre prière.

  • Dieu s’offre totalement à son Église ; afin que celle-ci l’accueille pleinement dans l’absolu de son amour, prions le Seigneur.
  • Des hommes et des femmes se dévouent au sein des divers gouvernements ; afin que leurs décisions respectent la dignité humaine, prions le Seigneur.
  • À l’approche de Noël, des personnes se retrouvent seules ou malades ; afin qu’elles puisent réconfort et espérance dans la Bonne Nouvelle de la venue du Sauveur, prions le Seigneur.
  • Des familles vivent ces jours-ci le plaisir de se rassembler ; afin que la joie de ces retrouvailles se répande sur toute la terre dans l’espoir que la paix triomphe, prions le Seigneur.
  • Notre communauté guette les signes de la venue du Christ ; afin que sa foi soit toujours plus vive et plus dynamique, prions le Seigneur.

En toute confiance, Dieu notre Père, nous t’avons ouvert notre cœur en te priant sincèrement. Merci de répondre à nos prières par Jésus, ton Fils, notre Seigneur, qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : http://www.vieliturgique.ca

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 22:45
Pourquoi du rose pour le 3ème dimanche de l’Avent ?

Publié par jeunescathos le 9 décembre 2016 - A la UneAvent 2016Avent et NoëlVie de l'Église

Question du jour : Que trouve-t-on entre le violet et le blanc ? Entre la fête et la pénitence ? Du rose et de la joie ! On vous l’accorde, le lien entre le rose et la joie n’est pas évident. Et pourtant ce 3e dimanche de l’Avent est celui de « Gaudete », de la joie. Ce dimanche-là, nous pouvons voir les prêtres célébrer la messe vêtus d’une chasuble rose.

La couleur de l’aurore

L’occasion est à ne pas rater, car elle ne revient que deux fois dans l’année. La deuxième étant le 4edimanche de Carême, celui de Laetare. Dans les deux cas, l’Église fait entrevoir la joie qui se prépare : la Nativité, et la Résurrection du Christ. Le rose est la couleur de l’aurore : dans le désert à cet instant, la nuit noire enveloppe encore tout mais à l’horizon une couleur rosée qui se répand annonce la venue d’une lumière éblouissante !

« Soyez dans la joie ! »

La joie, gaudete, est d’ailleurs le premier mot de l’introït de ce 3e dimanche de l’Avent : « Gaudete, in Domino semper : iterum dico, gaudete. Dominus enim prope est ». Ce qui signifie : « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez dans la joie, le Seigneur est proche ».

Gaudete, la joie d’un Dieu qui se fait proche

Gaudete, cette joie qui monte, c’est la joie chrétienne, la joie de voir le Christ qui se fait homme parmi les hommes :

« Savoir que Dieu est proche, attentif et plein de compassion, non indifférent, qu’il est un père miséricordieux qui s’intéresse à nous dans le respect de notre liberté, est motif d’une joie profonde que les aléas du quotidien ne peuvent atténuer. […] La caractéristique unique de la joie chrétienne est qu’elle peut être partagée avec la souffrance puisqu’elle est entièrement basée sur l’amour. En effet, le Seigneur qui nous est proche au point de se faire homme vient pour communiquer sa joie, la joie d’aimer. C’est seulement ainsi que l’on comprend l’allégresse sereine des martyrs jusque dans l’épreuve, ou bien le sourire des saints de la charité face à qui souffre. C’est un sourire sans offense, qui console… »

Saint Jean-Paul II lors de son angélus du 3e dimanche de l’Avent en 2003

Source : http://blog.jeunes-cathos.fr/2016/12/09/pourquoi-du-rose-pour-le-3e-dimanche-de-lavent/

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 22:37

Année C

Lecture du livre de Sophonie 3, 14-18a

« Ne crains pas ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi ».

Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, fille de Jérusalem ! Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a écarté tes ennemis. Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n’as plus à craindre le malheur.

Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Un petit bout de paix, un puissant voisin aux menées impérialistes, l’Assyrie, qui se tient tranquille, c’est est assez pour qu’un peuple soit en fête ! Oui, le Seigneur son Dieu règne au milieu de lui. Mais pour Sophonie cette accalmie est le signe d’une transformation plus profonde que Dieu accomplira un jour. En ce jour de fête, on n’aura plus à craindre la guerre, l’humanité nouvelle sera conviée à danser de joie avec son Seigneur, car l’amour aura eu le dernier mot sur la terre. Ce sera le triomphe définitif du Sauveur au milieu des hommes.

Écoutons avec émerveillement Dieu nous dire par son prophète : « Le Seigneur met en toi sa joie, il te renouvelle par son amour, il danse pour toi ». Qu’est-ce donc que l’homme pour que Dieu se réjouisse ainsi à son sujet ?

Cantique d'Isaïe 12,2-3. 4bcde. 5-6

R/ : Jubile, crie de joie, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël.

  • Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du Salut. R/
  • Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! Redites-le : « Sublime est son nom ! R/
  • Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence, et toute la terre le sait. Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4, 4-7

Dans un monde en proie à l’inquiétude, que notre joie et notre sérénité soient connues de tous les hommes.

Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie. Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul écrit cette lettre de sa prison. Alors qu’on attendrait de sa part un peu d’inquiétude ou d’angoisse, Paul rayonne de joie et invite ses correspondants à la partager. Un chrétien doit frapper tous les regards par sa joie inaltérable ; c’est là son meilleur témoignage dans un monde perpétuellement inquiet. La joie chrétienne à sa source dans la certitude que le Christ est proche : proche de celui qui souffre à cause de lui, proche des affligés, proche surtout car il est près de venir apporter la paix de Dieu au monde.

Malgré les multiples raisons d’inquiétude qui nous assaillent, comment la joie et la sérénité de notre communauté chrétienne peuvent-elles être connues de tous les hommes ?

Alléluia. Alléluia. L’Esprit du Seigneur est sur moi : il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 10-18

« Que devons-nous faire ? » demandent les foules à Jean Baptiste. La conversion se traduit toujours par des actes.

En ce temps-là, les foules lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi être baptisés et lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé ». Des soldats lui demandaient à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde ». Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas ». Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : « Que devons-nous faire ? » Luc montre qu’une vraie conversion doit se traduire par des actes et non seulement par un changement de mentalité ou de volonté. Ces actes de la conversion, Luc les place toujours dans la vie sociale ou professionnelle : partager, accomplir son devoir d’état avec justice, ne pas « profiter » de sa situation. Le Messie qu’annonce Jean Baptiste est avant tout un Justicier, chargé de trier les bons des mauvais. Bien que Jésus Christ ait récusé ce rôle, lui, l’ami des publicains et des pécheurs, sa fonction de juge ne s’est pourtant pas éclipsée ; la Bonne Nouvelle fait déjà le partage entre les hommes. Il y a ceux qui en l’entendant changent leur vie et ceux qui ne changent rien ou se contentent de bonnes intentions.

Que devons-nous faire ? Question que nous nous posons souvent sans toujours obtenir de réponse. Ici Jean Baptiste fait des propositions. Comment les adapter pour nous aujourd’hui ?

Homélie

« Que devons-nous faire ? » Telle est la question frères et sœurs que des gens de bonne volonté posent à Jean le Baptiste, ce prophète venu du désert qui les invite instamment à « préparer le chemin du Seigneur » qui vient... Leur attitude tranche sur celle des pharisiens que Jean-Baptiste traite « d’engeance de vipères » parce qu’ils ne viennent à lui et ne se soumettent à son baptême, que par curiosité, sans qu’il y ait de leur part une véritable démarche de conversion intérieure et de regret des péchés. Mais les personnes qui s’enquièrent de ce qu’elles doivent faire manifestent qu’elles se laissent toucher par les paroles du Baptiste et perçoivent l’urgence de la conversion : en un mot elles se disposent à entrer dans une vie nouvelle et cherchent à en prendre le moyens concrets. Il est à noter que parmi ceux qui sont réceptifs au message de Jean-Baptiste, on reconnaît particulièrement deux catégories de gens hautement méprisés, des scribes et des pharisiens :

  • les publicains (ces collecteurs d’impôts) qui collaborent avec l’occupant et
  • les soldats romains (c’est-à-dire la force armée de la puissance occupante).

Nous remarquons que la réponse faite par Jean-Baptiste est fort simple. Pour commencer, il ne demande pas des choses extraordinaires : il ne fait que rappeler les exigences formulées par les prophètes et renvoyer chacun à sa conscience morale.

Il appelle au partage du vêtement et de la nourriture avec celui qui est dans le besoin.

Il appelle au respect de la justice et de la vérité : que chacun se contente de son dû et renonce à l’exercice de la violence et du vol.

Obéir à ces consignes toutes simples et bien concrètes, directement en rapport avec la situation de chacun, cela revient à « produire des fruits qui expriment la conversion et à préparer le chemin du Seigneur ». Cela revient à exprimer une attente et à se rendre disponible à l’action de Dieu. Cette purification du cœur et des mœurs que le Précurseur du Christ réclame de ses auditeurs est indispensable, car elle n’est qu’une étape préparatoire. Il leur faudra à ces gens de bonne volonté aller plus loin : ils auront un énorme pas à franchir entre lui, le Baptiste, qui baptise dans l’eau et Jésus qui baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu, ce Jésus qui est « plus puissant que lui et devant lequel il ne demandera qu’à s’effacer : « Il faut qu’il croisse et ... » Le rôle de Jean-Baptiste, en effet c’est d’appeler au repentir, c’est de sortir les gens de leur torpeur en dénonçant le péché. Il invite chacun à se détourner de sa conduite mauvaise et à emprunter les chemins de la vérité, de la justice et du partage. Mais il n’est pas capable de sauver l’homme du péché, pas plus que l’homme n’est capable de se sauver par lui-même.

Toute son action de Précurseur consiste à faire grandir dans le cœur de chacun le désir du salut et à ouvrir ses auditeurs à la disponibilité pour accueillir Jésus, le Dieu qui sauve. Là où le Baptiste n’apporte qu’un baptême de conversion, Jésus apportera un renouvellement radical qui sera tout intérieur.

Par son baptême sanglant sur la croix, par sa plongée dans la mort et son surgissement de la résurrection, Jésus vient re-créer l’homme. Par le baptême sacramentel qu’il a institué à cet effet il lui communique l’Esprit-Saint qui fait de lui un fils bien-aimé du Père réalisant ainsi la prophétie d’Ezéchiel : « Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur de pierre et vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon Esprit : alors vous suivrez mes lois, vous observerez mes commandements et vous y serez fidèles ».

C’est bien là, frères et sœurs, le dépassement d’une simple loi morale extérieure. C’est Dieu qui vient répandre son Esprit dans nos cœurs et nous rendre capables d’aimer comme lui-même aime, avec son propre amour divin, amour qui peu à peu nous transfigure faisant de nous des êtres divinisés, appelés à une éternité de bonheur avec Dieu et en Dieu. C’est la raison pour laquelle saint Paul nous invite à être toujours dans la joie : une joie surnaturelle qui ne vient pas du cœur de l’homme, qui ne se confond pas avec le rire, la gaieté ou le plaisir mais qui vient du cœur de Dieu, qui envahit le cœur de celui qui se sait aimé de Dieu, de celui qui a la certitude que Dieu habite en lui selon la promesse de Jésus « nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure » (nous c’est-à-dire les 3 personnes divines). Merveilleuse promesse qui réalise l’étonnante prophétie de Sophonie : « le Seigneur, ton Dieu est en toi, c’est lui le héros qui t’apporte le salut... il aura en toi sa joie ». Cette présence intime du Seigneur qui pour le chrétien est source de joie apporte également la paix. « Tu n’as plus à craindre le malheur, déclare Sophonie, ne soyez inquiets de rien, recommande l’apôtre Paul ». Il s’agit là, faut-il le préciser, d’une paix profonde qui ne se confond ni avec l’inconscience, ni avec la tranquillité, mais qui correspond à l’état de celui qui se sait dans la main de Dieu et s’abandonne à lui dans la confiance la plus absolue.

Chers frères et sœurs, la fête de la venue de Jésus, la fête de Noël n’est pas encore là. Et pourtant nous sommes déjà invités par la liturgie à goûter la paix et la joie de la présence du Seigneur au milieu de nous et en nous. De même, le Royaume de Dieu n’est pas encore parvenu à son plein accomplissement. Loin s’en faut, et pourtant cette réalité nous la vivons en espérance. Nous sommes tout tendus vers les réalités du ciel et c’est cela aussi qui nous met dans la joie et la paix.

Saint Paul nous dit « que votre sérénité soit connue de tous les hommes ». N’oublions jamais que notre manière de vivre doit être un signe pour tous ceux qui nous entourent. Elle doit leur parler, les amener à se demander pourquoi les chrétiens respirent ainsi la Paix et la Joie ? Quel est leur secret ?

Disons-nous bien que si notre comportement ne fait pas réagir, un jour où l’autre, d’une manière ou d’une autre, les personnes avec qui nous vivons ou que nous fréquentons, c’est parce que nous sommes trop tièdes, c’est parce que nous n’avons pas, dans notre cœur assez de feu pour être des incendiaires d’amour.

Alors ! Prions très fort la Vierge Marie, qui est Notre-Dame de l’Avent, pour qu’elle nous inspire les attitudes qui feront de nous des témoins irrésistibles, les attitudes vraiment chrétiennes qui traceront une route au Seigneur qui vient.

Amen.

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7 décembre 2018 5 07 /12 /décembre /2018 22:11

Lundi

Lecture du livre d’Isaïe 35, 1-10

« Le boiteux bondira comme un cerf »

Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse, qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Sarône. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va nous sauver ».

Alors s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie. L’eau jaillira dans le désert, des torrents dans les terres arides. Le pays torride se changera en lac, la terre de la soif, en eaux jaillissantes. Dans le repaire des chacals, les broussailles deviendront des roseaux et des joncs.

Il y aura là une chaussée, on l’appellera : Voie sacrée. L’homme impur n’y passera pas et les insensés ne viendront pas s’y égarer. On n’y rencontrera pas de lion, aucune bête féroce n’y surgira ; seuls les rachetés y marcheront. Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur, ils arriveront à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera leur visage ; allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuiront.

Psaume 84

R/ : Voici notre Dieu qui vient nous sauver.

  • J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple : son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. R/
  • Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. R/
  • Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin. R/

Alléluia. Alléluia. Il va venir, le Roi, le Maître de la terre ; il ôtera nos liens, il nous délivrera. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5, 17-26

Le paralysé guéri et pardonné

Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus. Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus. Voyant leur foi, il dit : « Tes péchés te sont pardonnés ». Les scribes et les pharisiens se mirent à penser : « Quel est cet homme qui dit des blasphèmes ? Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Mais Jésus, saisissant leurs raisonnements, leur répondit : « Pourquoi tenir ces raisonnements ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? de dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou bien de dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur terre le pouvoir de pardonner les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralysé : Lève-toi, prends ta civière et retourne chez toi ». À l’instant même, celui-ci se leva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla chez lui en rendant gloire à Dieu. Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Aujourd’hui nous avons vu des choses extraordinaires ! »

Homélie

Il ne peut pas ne pas se passer quelque chose pendant cette célébration eucharistique ; en effet, la puissance du Seigneur est à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons, exactement comme elle l’était dans l’évangile que nous venons d’entendre mais, assurément, il y a aussi autant d’obstacles à un tel processus de guérison aujourd’hui qu’il y en avait dans le texte qui vient d’être proclamé. Il se peut, par exemple, que nous ne voulions pas reconnaître que nous sommes malades et que nous avons besoin d’être guéris ; il se peut que nous ne voulions pas admettre que notre vie chrétienne est paralysée et ne progresse pas. À vrai dire, il est difficile à quelqu’un qui est paralysé d’admettre son infirmité. Qui plus est, il y a souvent des barrières qui gênent notre progression vers le Christ, comme les foules qui empêchaient que l’on s’approchât de lui. Il y a même peut-être des barricades que nous avons-nous-mêmes mises en place, ou des murs que nous avons inconsciemment bâtis pour nous garantir de toute rencontre avec le Seigneur. Toutes les distractions qui, comme des foules, bousculent Jésus hors de notre cœur, et toutes les lâchetés qui nous font biaiser, sont bien connues de nous. Si notre paralysie nous empêche de monter nous-mêmes sur le toit, nous avons toujours des amis dont la foi nous portera à bout de bras, des gens qui nous veulent du bien et qui ont assez de courage et de force pour déplacer les tuiles qui nous empêchent de rencontrer Jésus. Sachant que nous sommes réunis en son nom, nous pouvons être assurés que quelque chose de bon va arriver, que quelque chose de merveilleux est en attente. Par ailleurs, l’Avent est un temps liturgique pendant lequel nous célébrons l’Avènement du Christ. C’est lui qui fait le premier pas vers nous. Quand nous le recevrons à la communion aujourd’hui, écoutons encore une fois ces paroles de guérison : Je te l’ordonne, lève-t-on et, prenant ta civière, va chez toi.

Inde

Prière du soir

L’Avent est un temps privilégié pour réfléchir au sens de l’histoire du salut. En tant que personnes, questionnons-nous sur notre vie et dressons un bilan lucide de sa valeur. En tant que communautés, aiguisons notre conscience et prenons acte de notre péché collectif. Remercions sans cesse Dieu pour son amour et sa miséricorde, de sorte que lorsque Jésus viendra, il nous trouve en train de veiller et de prier, les cœurs remplis d’émerveillement et de louange.

Inde

Mardi

Lecture du livre d’Isaïe 40, 1-11

Dieu console son peuple

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné, et qu’elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes ». Une voix proclame : « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits, et les escarpements seront changés en plaine. Alors la gloire du Seigneur se révélera et tous en même temps verront que la bouche du Seigneur a parlé ». Une voix dit : « Proclame ! » et je dis : « Que dois-je proclamer ? – Toute créature est comme l’herbe, toute sa grâce est comme la fleur des champs : l’herbe se dessèche et la fleur se fane quand passe le souffle du Seigneur. En effet, le peuple est comme l’herbe. L’herbe se dessèche et la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours ». Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ». Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux. Le fruit de sa victoire l’accompagne et ses trophées le précèdent. Comme un berger, il conduit son troupeau ; son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.

Psaume 95

R/ : Voici le Seigneur Dieu qui vient avec puissance.

  • Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière, chantez au Seigneur et bénissez son nom ! R/
  • Racontez à tous les peuples sa gloire, allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! » Il gouverne les peuples avec droiture. R/
  • Joie au ciel ! Exulte la terre ! Les masses de la mer mugissent, la campagne tout entière est en fête. R/
  • Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur, car il vient, car il vient pour juger la terre. R/

Alléluia. Alléluia. Il est proche du Seigneur, le voici qui vient nous sauver. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18, 12-14

Joie pour la brebis retrouvée

Jésus disait à ses disciples : « Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? « Et, s’il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. « Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu ».

Homélie

Dieu est amour, et dans son amour infini, il créa l’homme à son image et l’adopta pour fils. Saint Jean écrit dans sa lettre : Voyez quel amour nous a donné le Père : nous sommes appelés enfants de Dieu et nous le sommes. Saint Paul affirme que nous avons reçu un esprit de fils, c’est lui qui nous pousse à l’appeler Abba, Père. Mais de son côté, l’homme a tendance à s’esquiver de la paternité divine pour se tourner vers les créatures. Ce qui s’est passé dès le commencement, se répète continuellement au cours de l’histoire : après avoir péché, Adam et Ève se cachèrent de Dieu parmi les arbres du jardin. Mais, dans son amour miséricordieux, Dieu alla à la rencontre de l’homme comme le berger à la recherche de la brebis égarée.

L’amour de Dieu est sans exclusion, embrasse tous les hommes, mais en premier lieu les pauvres et les petits. Jésus l’a rappelé en conclusion de la parabole de la brebis perdue : Ainsi, on ne veut pas chez notre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits ne se perde. Le Christ qui s’était fait pauvre, a voulu s’identifier à tout pauvre. Au jugement dernier, il dira aux justes : Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

On est pauvre, quand on manque de biens matériels, mais on l’est également quand on a faim de Dieu, quand on a soif de sa Parole, qui est la source de la vie spirituelle, comme l’a dit le saint pape Jean-Paul II : « Il existe une autre pauvreté, tout aussi grave ; elle consiste dans le manque non de moyens matériels, mais de nourriture spirituelle, de réponses aux questions essentielles d’espérance pour l’existence. Cette pauvreté qui affecte l’esprit, provoque de très vives souffrances. Nous avons sous les yeux les conséquences souvent tragiques d’une existence vidée de son sens… La réponse à cette pauvreté, nous dit encore le Pape, c’est l’annonce traduite par des actes, de l’Évangile qui sauve, parce qu’il répand amour et miséricorde de Dieu. C’est en dernière analyse, la faim de Dieu qui dévore l’homme. Dans cette œuvre d’évangélisation, comme disciples de Jésus, nous devons laisser la priorité aux pauvres « harassés et prostrés comme des brebis qui n’ont pas de berger », porter notre attention sur tout ce qui menace, affaiblit, diminue et détruit la vie matérielle et spirituelle des individus, des groupes et des peuples. Tout comme Jésus en son temps, s’opposa aux forces du péché et de la servitude, l’Église d’aujourd’hui a pour tâche de lutter en permanence contre tout ce qui asservit l’homme ».

Vietnam

Prière du soir

Voici notre Dieu qui vient avec puissance ! Comment pouvions-nous espérer rencontrer Jésus à la fin de ce jour, alors que nous marchions sur des chemins aussi différents ? Mais il est le Bon Pasteur et, pour retrouver ceux qui sont perdus, il s’aventure sur des chemins de traverse. Cette rencontre inespérée nous a permis de grandir et a fait que nos vies ont porté du fruit. Bien loin de nous embarrasser, il nous a comblés de pensées de paix et nous a soutenus de son aide. Célébrons donc cette rencontre, ces moments précieux où sa gloire demeure parmi nous. Comme les disciples d’Emmaüs, nous l’invitons à rester manger avec nous, c’est-à-dire à manifester sa présence à travers sa puissance de vie et à travers sa fécondité, comme fondatrice d’alliance : Reste avec nous, car le soir tombe, et le jour déjà touche à son terme. Reste avec nous !

Inde

Mercredi

Lecture du livre d’Isaïe 40, 25-31

Le Seigneur rend des forces à l’homme épuisé

À qui donc pourriez-vous me comparer, qui pourrait être mon égal ? dit le Dieu Saint. Levez les yeux et regardez : qui a créé tout cela ? Celui qui déploie toute l’armée des étoiles, et les appelle chacune par son nom. Si grande est sa force, et telle est sa puissance qu’il n’en manque pas une. Pourquoi parles-tu ainsi, Jacob ? Israël, pourquoi affirmes-tu : « Mon chemin est caché à mon Dieu, le Seigneur néglige mon bon droit ? »

Tu ne le sais donc pas, tu ne l’as pas appris ? Le Seigneur est le Dieu éternel, c’est lui qui crée la terre entière, il ne faiblit pas, il ne se lasse pas. Son intelligence est insondable. Il rend des forces à l’homme épuisé, il développe la vigueur de celui qui est faible. Les jeunes gens se fatiguent, se lassent, et les athlètes s’effondrent, mais ceux qui mettent leur espérance dans le Seigneur trouvent des forces nouvelles ; ils prennent leur essor comme des aigles, ils courent sans se lasser, ils avancent sans se fatiguer.

Psaume 102

R/ : Bénis le Seigneur, ô mon âme !

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits. R/
  • Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et de tendresse. R/
  • Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; il n’agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses. R/

Alléluia. Alléluia. Il viendra, le Seigneur, pour sauver son peuple. Heureux ceux qui seront prêts à partir à sa rencontre ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 28-30

« Venez à moi, vous tous qui peinez ».

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger ».

Homélie

Chaque semaine, les juifs marquaient une interruption dans leur travail. Ils appelaient ce jour de repos le Sabbat. Ils se gardaient un jour de calme et de détente en imitation de Dieu qui, le septième jour, se reposa. Plus tard, le Sabbat devait commémorer aussi le repos qui suivit l’esclavage en Égypte. Pour ne pas être pris dans le tourbillon du travail, nous aussi, nous devons apprendre à nous arrêter. Or la vie moderne est d’un côté une course effrénée et de l’autre une accumulation épuisante de tâches routinières. Ceci rend encore plus nécessaire pour nous le fait de ménager des pauses.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus se révèle comme le nouveau Sabbat ; une trêve pour le travail, pour l’esclavage et pour le péché. Il explicite cela dans les versets qui suivent. Il marche à travers les champs de blé avec ses disciples un jour de Sabbat et après les avoir autorisés à arracher des épis de blé, il déclare aux Pharisiens qui le critiquent qu’il est le Maître du Sabbat. Vraiment, pour ceux qui travaillent et qui sont écrasés sous le fardeau, Jésus est celui en qui ils peuvent trouver le repos. Cependant, pour trouver le repos, Jésus nous demande paradoxalement de prendre son joug, son fardeau, sa croix. Lorsque Simon de Cyrène prit le joug du Christ, ce fut comme une corvée qui lui avait été imposée, mais à mesure que le cœur doux et humble de Jésus s’ouvrait à lui, cela devint un privilège et une joie ! Comme son amour pour Jésus grandissait, son joug devenait facile à porter et son fardeau léger. Sans aucun doute, il avait trouvé le repos pour son âme.

Inde

Prière du soir

Dans la Sagesse, Dieu nous a donné la succession des saisons, l’alternance du chaud et du froid, la périodicité des ténèbres et de la lumière, il nous a donné la nuit et le jour. Par notre chant du soir, nous remercions Dieu pour ses bénédictions et pour tout ce que le jour qui vient de s’écouler a apporté de fruits. Nous le remercions pour la promesse qu’il nous a fait de nous amener des ténèbres à la lumière. Nous vivons à nouveau le fil conduction spirituel de ce jour en trouvant le repos dans le Seigneur, lui qui est notre rocher, notre forteresse, notre citadelle.

Inde

Jeudi

Lecture du livre d’Isaïe 41, 13-20

Images du monde nouveau

Je suis le Seigneur ton Dieu. Je te prends la main droite, et je te dis : « Ne crains pas, je viens à ton secours ». Ne crains pas, Jacob, faible vermisseau, Israël, misérable mortel. Je viens à ton secours, déclare le Seigneur ; ton rédempteur, c’est le Dieu Saint d’Israël. J’ai fait de toi une herse à broyer la paille, toute neuve, hérissée de pointes : tu vas briser les montagnes, les broyer, et réduire les collines en menue paille ; tu les passeras au crible, le vent les emportera, un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu mettras ta joie dans le Seigneur, ta fierté dans le Dieu Saint d’Israël. Les petits et les pauvres cherchent de l’eau, et il n’y en a pas ; leur langue est desséchée par la soif. Moi, le Seigneur, je les exaucerai, moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. Sur les hauteurs dénudées je ferai jaillir des fleuves, et des sources dans les ravins. Je changerai le désert en lac, et la terre aride en fontaines. Je mettrai dans le désert le cèdre et l’acacia, le myrte et l’olivier ; je mettrai dans les terres incultes le cyprès, le pin et le mélèze, afin que tous regardent et reconnaissent, afin que tous considèrent et découvrent que la main du Seigneur a fait tout cela, que le Dieu Saint d’Israël en est le créateur.

Psaume 144

R/ : Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de tendresse et d’amour !

  • Je t’exalterai, mon Dieu, mon Roi, je bénirai ton nom toujours et à jamais ! La bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. R/
  • Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent ! Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits. R/
  • Ils annonceront aux hommes tes exploits, la gloire et l’éclat de ton règne : ton règne, un règne éternel, ton empire, pour les âges des âges. R/

Alléluia. Alléluia. Ciel, répands ta rosée ! Nuées, faites pleuvoir le juste ! Terre, ouvre-toi, que germe le Sauveur ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 11-15

Grandeur de Jean Baptiste

Jésus déclarait aux foules : « Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. Depuis le temps de Jean Baptiste jusqu’à présent, le Royaume des cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, le prophète Élie qui doit venir, c’est lui. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Homélie

Ne crains pas, c’est moi qui te viens, dit le Seigneur. Cette parole que Dieu a adressée à Israël montre combien Yahvé se préoccupait de son peuple. Aujourd’hui, nous sommes plus que jamais concernés par cette parole divine. En effet, nous baignons dans un monde qui inspire la peur, le désespoir ; un monde où la famine, la guerre, les tremblements de terre et autres calaminés nous harcèlent. Devant ces problèmes, notre espérance peut être sérieusement mise à l’épreuve ; mais Dieu nous garantit son secours. Le Seigneur ne veut pas le malheur des siens. Il nous assiste de son Esprit et rien ne peut nous séparer de son amour. Cependant, nous ne méritons ce secours que si nous restons fidèles aux enseignements des prophètes, tel Jean Baptiste, qui nous appelle à la conversion. Celle-ci est le mot d’ordre de ce temps liturgique. Le Verbe s’est fait chair et il a habité pour nous.

À l’imitation des bergers, nous devons nous mettre en route pour rencontrer l’Emmanuel. Et pour cela, Seigneur, aide-nous à devenir humbles pour pouvoir accueillir dignement l’Enfant-Dieu.

Rwanda

Prière du soir

Dieu, toi qui transformes nos peines en joie, sans tenir compte de nos pensées et de nos actions mauvaises, nous te prions : que cette nuit qui vient soit une occasion de demeurer avec toi, et que ta lumière vienne éclairer nos cœurs ténébreux. Fais que nous trouvions le repos nécessaire pour savourer ta parole de vie et donne-nous d’attendre avec un cœur d’enfant la venue du Christ Lumière.

Rwanda

Vendredi

Lecture du livre d’Isaïe 48, 17-19

Malgré notre refus, Dieu veut notre bonheur

Ainsi parle le Seigneur, ton Rédempteur, le Dieu Saint d’Israël. Je suis le Seigneur ton Dieu, qui te donne un enseignement salutaire, qui te guide sur le chemin où tu marches. Si tu avais été attentif à mes commandements, ta paix serait comme un fleuve, ta justice comme les flots de la mer. Ta postérité serait comme le sable, et tes descendants nombreux comme les grains de sable ; ton nom ne serait ni retranché ni effacé devant moi.

Psaume 1

R/ : Qui marche à ta suite, Seigneur, aura la lumière de la vie.

  • Heureux est l’homme qui n’entre pas au conseil des méchants, qui ne suit pas le chemin des pécheurs, mais se plaît dans la loi du Seigneur et murmure sa loi jour et nuit ! R/
  • Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt ; tout ce qu’il entreprend réussira. R/
  • Tel n’est pas le sort des méchants : ils sont comme la paille balayée par le vent. Le Seigneur connaît le chemin des justes, mais le chemin des méchants se perdra. R/

Alléluia. Alléluia. Le Seigneur vient : allez à sa rencontre ! C’est lui le Prince de la paix. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 16-19

L’esprit de contradiction

Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “C’est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu se révèle juste à travers ce qu’elle fait ».

Homélie

Les contemporains de Jean Baptiste et de Jésus Christ les qualifiaient, l’un, de « possédé », l’autre « d’ivrogne ». en effet, le premier vivait un carême perpétuel, car il ne mangeait que du miel et des sauterelles, alors que le second accueillait les pécheurs et les publicains. Jean Baptiste, le précurseur de Jésus, prêchait le Baptême de conversion. Jésus, lui, s’adonnait surtout à la cause des petits, des classes marginalisées. Il a nourri les foules, guéri les malades. L’esprit des contemporains de Jésus se manifeste encore aujourd’hui : les messages de paix sont boudés, les nations rivalisent les unes avec les autres. La conséquence en est l’appauvrissement autant moral que physique. On crée toujours le climat défavorable à l’accueil de l’Évangile pour donner libre cours aux jouissances caduques. La Parole de Dieu doit être lumière dans ce monde ténébreux où le mal semble régner.

Que cette période de l’Avent nous aide à nous convertir pour contempler Jésus Christ qui nous fera arriver un jour à l’héritage du ciel.

Rwanda

Prière du soir

Seigneur, nos péchés nous écartent de ton chemin et nous nous sentons abandonnés au milieu des problèmes du monde. Toi qui es souverainement bon et qui pardonnes infiniment, fais de notre désert une oasis. Toi qui veux que nul ne périsse, mais que tes brebis soient unies, nous te remercions pour tous tes bienfaits et nous te supplions de changer nos cœurs, afin de pouvoir être appelés tes fils et tes filles et d’accueillir l’heureuse naissance de ton Fils Jésus Christ notre Seigneur.

Rwanda

Samedi

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage 48, 1-4. 9-11

Élie doit revenir

Le prophète Élie surgit comme un feu, sa parole brûlait comme une torche. Il fit venir la famine sur les hommes d’Israël, et, dans son ardeur, en fit périr un grand nombre. Par la parole du Seigneur, il ferma le ciel, et à trois reprises il en fit descendre le feu. Comme tu étais redoutable, Élie, dans tes prodiges ! Qui pourrait se glorifier d’être ton égal ? Toi qui fus emporté dans un tourbillon de feu, par un char aux coursiers de feu ; toi qui fus préparé pour la fin des temps, ainsi qu’il est écrit, afin d’apaiser la colère avant qu’elle n’éclate, afin de ramener le cœur des pères vers les fils et de rétablir les tribus de Jacob, heureux ceux qui te verront, heureux ceux qui se sont endormis dans l’amour du Seigneur, car nous aussi, nous posséderons la vraie vie.

Psaume 79

R/ : Fais-nous revenir à toi, Seigneur, et nous serons sauvés.

  • Berger d’Israël, écoute, resplendis au-dessus des Kéroubim. Réveille ta vaillance et viens nous sauver. R/
  • Dieu de l’univers, reviens ! Du haut des cieux, regarde et vois : visite cette vigne, protège-la, celle qu’a plantée ta main puissante. R/
  • Que ta main soutienne ton protégé, le fils de l’homme qui te doit sa force. Jamais plus nous n’irons loin de toi : fais-nous vivre et invoquer ton nom ! R/

Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez la route : tout homme verra le salut de Dieu. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17, 10-13

« Élie est déjà venu »

Les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? » Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre tout en place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Le Fils de l’homme, lui aussi, va souffrir par eux ». Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le Baptiste.

Homélie

Le souvenir du grand prophète Elie hantait la conscience du peuple d’Israël ; il attendait son retour, car, emporté dans le ciel par un tourbillon de feu, il ne pouvait que revenir allumer de nouveau un feu purificateur. Chaque fois qu’une parole de feu retentit dans le monde, c’est le souffle prophétique tout droit venu du Cœur de Jésus qui se manifeste. Élie est déjà venu et il viendra encore, nous dit Jésus. Ce n’est pas lui qui importe, mais le feu dont il est porteur. Ce feu a traversé la parole vibrante de Jean Baptiste et beaucoup ont eu le cœur retourné à son écoute. D’autres ont voulu le faite taire, éteindre ce feu qui les brûlait trop. Ils n’ont pas reconnu que Dieu lui-même, à travers lui, venait les embraser, les purifier, les remettre en ordre, les ramener sur le chemin de la vérité. Alors, d’une voix plus brûlante encore, Jésus vient toucher les cœurs.

Je suis venu allumer un feu, dit-il, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Il sait combien il en coûte d’apporter le feu sur la terre où il en est qui préfèrent le froid des ténèbres et garder un cœur impassible et dur. Il sait qu’il va en souffrir et en mourir car ils vont s’acharner à éteindre ce feu, à faire taire cette voix bouleversante. Feu qui n’est pas venu pour détruire, car il se laissera faire, sachant que « même les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour ».

Laissons-nous bouleverser par le souffle prophétique d’Élie, laissons notre désordre se remettre en place sur une parole de Jean Baptiste, laissons nos cœurs éloignés, se rapprocher et se fondre dans le cœur brûlant de Jésus.

France

Prière du soir

Nous te rendons grâces, Seigneur, pour le feu que tu as allumé en nos cœurs dès ce matin. Quelque chose aujourd’hui s’est remis en place dans notre vie, quelque chose s’est réchauffé en nous. Un pas a été fait vers celui ou celle dont nous étions éloignés. Heureux sommes-nous de nous endormir dans ton amour, dans cette chaleur de ton amour qui veut nous envahir de plus en plus.

Quand tu viendras nous emporter pour de bon, la merveille de notre salut sera accomplie, nous posséderons la vraie vie et nous te verrons face à face.

France

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 14:56

Année C

Lecture du livre de Baruc 5, 1-9

Laissons Dieu nous remplir de joyeuse espérance et nous dire, à nous aussi : « Quitte ta robe de tristesse et de misère ».

Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel. Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel, car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms : « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ». Debout, Jérusalem ! Tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’orient : vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient. Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal. Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu. Sur l’ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ; car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Deux siècles avant le Christ, le poète et prophète Baruc chante l’espérance de tout un peuple : à la misère, à l’esclavage succéderont le bonheur et la liberté, à l’humiliation, la fierté retrouvée, à la tristesse, la joie. Dieu a décidé d’abaisser lui-même toutes les barrières et de combler tous les fossés, pour permettre ces retrouvailles entre lui et son peuple.

C’est un message de joie qui nous est confié pour les hommes, en particulier pour ceux qu’habillent la tristesse et la misère. Mais comment dire la joie sans combattre les causes qui engendrent tristesse et misère !

Psaume 125

R/ : Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête !

  • Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! Alors notre bouche était pleine de rires, nous poussions des cris de joie. R/
  • Alors on disait parmi les nations : « Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! » Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous : nous étions en grande fête ! R/
  • Ramène, Seigneur, nos captifs, comme les torrents au désert. Qui sème dans les larmes moissonne dans la joie. R/
  • Il s'en va, il s'en va en pleurant, il jette la semence ; il s'en vient, il s'en vient dans la joie, il rapporte les gerbes. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1, 4-6, 8-11

« Puisque Dieu a si bien commencé chez vous son travail, je suis persuadé qu’il le continuera jusqu’à son achèvement », nous écrit Paul pour nous encourager à progresser dans l’amour.

Frères, à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais, à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour l’annonce de l’Évangile. Je suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus. Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ, comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Vivre c’est progresser ; vivre en chrétien, c’est grandir dans la charité. Et le taux de croissance de la charité se mesure à la qualité grandissante de la lucidité, du respect et de la pureté de conscience. N’attendons pas pourtant ces qualités de notre seul effort. Dieu, qui a fait naître la charité en nos cœurs, est aussi celui qui en assure la croissance jusqu’au jour du Christ qui viendra en récolter les fruits.

La charité évangélique ne bénit pas toutes les bonnes intentions ni tous les bons mouvements du cœur : elle est un effort de lucidité et de discernement. Elle ne s’accommode pas non plus de tous les moyens pour arriver à ses fins : elle procède du respect des personnes et des consciences. Sur quelles dimensions de notre charité nous faut-il insister aujourd’hui ?

Alléluia. Alléluia. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers : tout être vivant verra le salut de Dieu. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3,1-6

Dieu parle dans l’histoire des hommes. À nous de nous faire l’écho de sa parole, comme le fit Jean Baptiste.

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias, en Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : « Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Luc, en bon historien, prend soin de dater, selon les méthodes de son époque, l’événement décisif pour l’histoire du monde, celui de l’apparition en public du Sauveur. On aboutit aux alentours de l’année 28 de notre ère. Désormais, l’histoire va prendre un tournant. Jean Baptiste reçoit la mission d’inviter ses contemporains à saisir l’importance de l’événement : la Bonne Nouvelle va bientôt retentir. Que chacun ouvre ses oreilles et surtout son cœur, car le message s’adressera à tous les hommes, afin de les sauver tous.

« Tout homme verra le salut de Dieu ». Il dépend de nous que cette promesse s’accomplisse.

Homélie

Depuis plus de 430 ans, pas un seul prophète n’avait surgi au sein du peuple élu. Quelle joie donc pour Israël lorsqu’il apprend qu’un envoyé de Dieu est venu rompre ce trop long silence ! Cet envoyé s’appelle Jean-Baptiste. Il sera le dernier et le plus grand des prophètes : l’annonciateur des Temps Nouveaux. Il sera aussi le premier témoin du Christ : Jean, en effet parcourt toute la vallée du Jourdain pour annoncer à ses compatriotes que le Messie qu’ils attendent est là, qu’il va bientôt se présenter à eux et que par conséquent ils doivent se préparer à l’accueillir.

Aujourd’hui dans l’Evangile saint Luc nous parle de la vocation de Jean : « la Parole du Seigneur fut adressée à Jean dans le désert », puis des débuts de son ministère : « il proclamait un baptême de conversion ». Pour traduire exactement les mots grecs qu’emploie saint Luc, il faudrait dire : il criait un plongeon de retournement. Il faut dire que le porte-parole que Dieu envoie en la personne de Jean pour « préparer les chemins du Seigneur » n’est pas un bon petit homme bien tranquille, c’est un haut-parleur qui crie à pleine voix. Et ce qu’il crie, ce qu’il proclame c’est l’impérieuse nécessité qu’il y a pour chacun à se retourner vers Dieu, à se plonger en lui, en son amour, en sa vie.

Le mot baptême évoque ici les bains rituels que faisaient chaque jour les membres de la communauté toute proche de Qumran, pour purifier leur corps de toute souillure et inciter les âmes à une purification toute spirituelle : on se plongeait le corps tout entier dans la piscine ou dans le fleuve... Jean invite ses compatriotes à manifester leur repentir et leur volonté de mener une vie nouvelle plus agréable à Dieu par un geste symbolique semblable, en recevant le baptême de pénitence qu’il leur propose, ils vont montrer publiquement qu’ils souhaitent noyez dans les eaux du Jourdain leur vie antérieure remplie de péchés, afin qu’une vie neuve renaisse en eux.

Frères et sœurs, nous savons que seul le baptême institué par Jésus réalisera cela efficacement : le baptême chrétien c’est la noyade volontaire du « vieil homme » pour que renaisse « l’homme nouveau » pour employer des expressions chères à saint Paul. Le baptême chrétien c’est l’âme qui se plonge dans l’amour de Dieu pour se remplir de cet amour, comme l’éponge plongée de l’océan se remplit d’eau.

Comprenons bien toutefois que le fait d’être baptisé ne saurait nous dispenser de la conversion, dans son sens évangélique de retournement, de changement complet, de décision radicale qui nous transforme progressivement de fond en comble parce qu’elle nous fait suivre les commandements et les conseils qui nous viennent de Dieu par Jésus-Christ.

Cette conversion est absolument nécessaire, car notre nature humaine blessée par le péché originel porte en elle des germes, des racines de péché qui tendent à nous détourner de Dieu, nous faisant préférer notre volonté propre à la sienne... Il nous suffit d’ailleurs de faire un examen de conscience loyal et sans complaisance pour constater qu’il y a en nous des chemins tortueux de mensonge, des montagnes d’orgueil ou d’égoïsme, des aspérités de caractère, des vallées de découragement ou de désespoir, les ravins ou les fossés qui ont été creusés par nos dissensions et nos discordes. Tous ces obstacles qui barrant la route au Christ, qui veut venir en nous pour y revivre sa vie de prière, de sacrifice, d’amour total pour Dieu et pour les autres, nous paraissent infranchissables. Nous ne pouvons espérer les dépasser par nos propres forces : aussi toute conversion commence-t-elle par un cri de détresse vers Dieu dans la conscience de notre impuissance c’est une prière de supplication qui conduit à un abandon confiant entre les mains paternelle de Celui qui nous aime tellement, qui veut tellement notre salut qu’il nous a envoyé son propre Fils pour le réaliser : mystère inouï de l’Incarnation que la fête de Noël va une fois de plus nous rappeler et nous faire contempler. Ils sont nombreux aujourd’hui (et pas seulement chez les non-croyants) ceux qui s’imaginent assurer leur salut par eux-mêmes, avec des moyens purement humains, en s’appuyant sur leurs propres forces. Ce salut de l’homme par l’homme est une utopie.

Nous sommes, nous chrétiens, à l’opposé d’une telle attitude. En un temps où pour rester performant il faut faire vite, fort et bien, nous sommes de ceux qui savent attendre avec patience et qui implorent dans une prière humble, confiante et persévérante les secours dont ils ont besoin pour marcher à la rencontre du Seigneur, pour se sanctifier et aider les autres à se sanctifier.

Agir ainsi, c’est ni plus, ni moins s’exercer à l’Espérance surnaturelle, cette vertu fondamentale dont Dieu est à la fois la source et le terme. L’espérance n’est pas une vertu passive, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mais une vertu éminemment active, extrêmement laborieuse, car il faut travailler, il faut lutter pour acquérir les biens que l’on espère. Mais n’est-ce pas tout le sens du message que Jean-Baptiste nous transmet aujourd’hui à la suite du prophète Isaïe : « Préparez le chemin du Seigneur ».

N’attendons pas davantage frères et sœurs, pour nous mettre ou nous remettre à l’ouvrage en demandant à Celle qui est Notre Dame de l’Avent, la Vierge Immaculée, de nous stimuler, de nous soutenir et de nous accompagner jusqu’au bout.

N’est-elle pas « la Mère de notre Espérance » ? Avec Elle, tout est possible.

Amen.

Prière Universelle

R/ Ecoute-nous Seigneur et viens sauver ton peuple.

  • Pour les familles : que l’appel du prophète Baruc « Quitte ta robe de tristesse » touche le cœur des familles qui souffrent, qu’elles trouvent dans la naissance de Jésus un signe de profonde espérance pour leur situation. Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour les malades, les personnes âgées seules, en particulier les mourants : que le chant du psalmiste « Qui sème dans les larmes, moissonne dans la joie » leur donne une petite mais réelle lumière de espoir dans le long tunnel tout noir dans lequel ils se trouvent. Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour les chrétiens : que cette parole de St Paul « À tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais » leur rappelle l’importance de la prière dans la dynamique de la vie de foi. Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour ceux engagés au service de la transmission de la foi notamment les parents, les catéchistes : que « la voix de celui qui crie dans le désert » leur incite à utiliser le langage du cœur afin de témoigner de leur foi aux enfants et à ceux qui les côtoient. Seigneur, nous te prions. R/

Dieu d’amour et miséricorde, prépare nos cœurs à accueillir la venue de ton Enfant en notre monde présent. Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com

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2 décembre 2018 7 02 /12 /décembre /2018 17:58

Lundi

Lecture du livre d’Isaïe 2, 1-5

Rassemblement des peuples et paix pour toujours.

Le prophète Isaïe a reçu cette révélation au sujet de Juda et de Jérusalem. Il arrivera dans l’avenir que la montagne du temple du Seigneur sera placée à la tête des montagnes et dominera les collines. Toutes les nations afflueront vers elle, des peuples nombreux se mettront en marche, et ils diront : « Venez, montons à la montagne du Seigneur, au temple du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers. Car c’est de Sion que vient la Loi, de Jérusalem la parole du Seigneur ». Il sera le juge des nations, l’arbitre de la multitude des peuples. De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on ne s’entraînera plus pour la guerre. Venez, famille de Jacob, marchons à la lumière du Seigneur.

Psaume 121

R/ : Nous irons dans la joie vers la maison de Dieu.

  • Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! R/
  • Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu’un ! C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur. R/
  • Là Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur ; c’est là le siège du droit, le siège de la maison de David. R/
  • Appelez le bonheur sur Jérusalem : « Paix à ceux qui t’aiment ! Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais ! » R/
  • À cause de mes frères et de mes proches, je dirai : « Paix sur toi ! » À cause de la maison du Seigneur, notre Dieu, je désire ton bien. R/

Alléluia. Alléluia. Viens, Seigneur, délivre-nous. Montre-nous ton visage et nous serons sauvés. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 8, 5-11

Les païens participeront au festin messianique

Jésus était entré à Capharnaüm ; un centurion de l’armée romaine vint à lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est au lit, chez moi, paralysé, et il souffre terriblement ». Jésus lui dit : « Je vais aller le guérir ». Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres : je dis à l’un : “Va”, et il va, à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait ». À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du Royaume des cieux ».

Homélie

Celui qui va venir ne décevra-t-il pas notre attente ? L’histoire de ce sous-officier de l’armée d’occupation vient nous rassurer. Celui qui vient, c’est un « sauveur ». C’est ce que signifie son nom : Jésus. C’est la raison de sa venue parmi nous, de son Incarnation. Le centurion n’a pas demandé explicitement la guérison de son serviteur. Il s’est contenté de laisser jaillir un appel de détresse, de confiance aussi. Jésus ne peut rester insensible. Aussitôt, il décide tout haut : je vais aller le guérir.

Mais le centurion réagit dans un beau sentiment de respect, dans la conscience de son indignité : « je ne suis pas digne de… ». Comment aurait-il réagi à l’annonce du mystère eucharistique dans lequel le Sauveur vient demeurer en nous, et pas seulement chez nous ! Respect et humilité de ce païen, tellement beau que l’Église nous fait reprendre le cri de son cœur au moment de la communion.

« Je ne suis pas digne, dis seulement une parole » ; Jésus n’a pas besoin de parler. Par tout son être, il est parole de Dieu, « le Verbe », comme dit saint Jean. Une parole unique qui contient en elle toute tendresse, patience et guérison. Il est venu pour que nous ayons la vie et que nous l’ayons en abondance. Une seule réponse possible : la foi. Comme le centurion, nous sommes invités à prendre place au festin du Royaume : une invitation qui mérite d’être prise au sérieux !

France

Prière du soir

La nuit est venue très tôt et les jours se font courts, mais l’espérance de Noël grandit. La lumière vient toujours des plus épaisses ténèbres. Que cette certitude, mon Dieu, ne me quitte jamais afin que jamais je ne juge les hommes les plus perdus, ni les situations les plus désespérées. Si tua lumière est en moi, que j’y demeure, car c’est dans ta lumière que nous voyons la lumière, que nous discernons la lumière, même là où elle est prisonnière des plus épaisses ténèbres. Et si je ne sens pas ta lumière en moi, donne-moi de l’attendre comme Thérèse attendit sa grâce de Noël.

France

Mardi

Famille chrétienne

Lecture du livre d’Isaïe 11, 1-10

Le Messie, roi de paix

Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d’après les apparences, il ne tranchera pas d’après ce qu’il entend dire. Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays. Comme un bâton, sa parole frappera le pays, le souffle de ses lèvres fera mourir le méchant. Justice est la ceinture de ses hanches ; fidélité, le baudrier de ses reins.

Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâturage, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l’enfant étendra la main.

Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompu sur ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.

Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

Psaume 71

R/ : Voici venir des jours de justice et de paix.

  • Dieu, donne au roi tes pouvoirs, à ce fils de roi ta justice. Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux ! R/
  • En ces jours-là, fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes ! Qu’il domine de la mer à la mer, et du Fleuve jusqu’au bout de la terre ! R/
  • Il délivrera le pauvre qui appelle et le malheureux sans recours. Il aura souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie. R/
  • Que son nom dure toujours ; sous le soleil, que subsiste son nom ! En lui, que soient bénies toutes les familles de la terre ; que tous les pays le disent bienheureux ! R/

Alléluia. Alléluia. Voici qu’il vient avec puissance, notre Seigneur, pour éclairer les yeux de ses serviteurs. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10, 21-24

«Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez»

Jésus, exultant de joie sous l’action de l’Esprit Saint, dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m’a été confié par mon Père ; personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le fils et celui à qui le Fils veut le révéler ».

Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu ».

Homélie

Ceux qui croient pouvoir avec la seule force de la raison résoudre tous les problèmes et donner une réponse à toutes les questions, faisant acte suprême intelligence, ceux-là même doivent s’incliner devant l’Esprit Suprême : le Logos, le Verbe de Dieu. Ils pénètrent alors dans la dimension spirituelle, celle de la lumière divine qui apporte sa richesse à l’esprit humain. Il n’est pas possible de connaître le Père, ni d’aller vers lui, si on ne passe pas par Jésus. Or, parmi les paroles du Christ, il en est une qui se trouve au cœur de son enseignement et qui nous donne la clé du salut, car c’est d’après elle que nous serons jugés : ce que vous aurez fait au plus petit des miens c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25, 40).

Il se cache sous les dépouilles de notre prochain qui devient ainsi – comme Jésus – voie pour aller vers le Père, pour connaître le Père.

C’est si simple que c’en est presque incroyable : pour arriver à Dieu, il faut passer par l’homme avec toutes les implications que comporte la vie personnelle et sociale.

C’est si simple que Jésus a voulu nous avertir. C’est une vérité, nous dit-il, que seuls, les simples, les petits comprennent.

Et pourtant le chemin est ouvert à tous, même aux adultes, aux vieilles gens, aux savants, aux fourbes, s’ils savent se faire petits, en abandonnant un moment toute leur science, toute leur expérience, pour se mettre à l’écoute du Seigneur et vivre sa parole.

Italie

Prière du soir

Merci, mon Dieu, pour cette journée et pour toutes les inspirations, les grâces et les croix dont tu l’as remplie. Tout a été amour. Et même, si je ne l’ai pas compris tout de suite et si j’ai trouvé des excuses pour ne pas me confier à toi, comme un enfant dans les bras de sa mère, je veux te dire maintenant de tout mon cœur : merci.

Au soir de ce jour, je cherche à rattraper le temps perdu et abandonner tout ce qui fait de moi un adulte pour me présenter à toi comme le plus petit de tes fils et donc le plus aimé. Oui, Père, qu’en ces derniers moments de la journée, je puisse moi aussi ressentir ce sursaut de joie que Jésus éprouve pour les petits.

Italie

Mercredi

Lecture du livre d’Isaïe 25, 6-10a

Le festin messianique

Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l’univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l’humiliation de son peuple ; c’est lui qui l’a promis. Et ce jour-là on dira : « Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! » Car la main du Seigneur reposera sur cette montagne.

Psaume 22

R/ : Près de toi, Seigneur, sans fin nous vivrons.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. R/
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. R/
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. R/
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/
  • Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/

Alléluia. Alléluia. Il viendra, pour sauver son peuple. heureux ceux qui sont prêts à partir à sa rencontre ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 15, 29-37

Jésus nourrit miraculeusement les foules

Jésus gagna les bords du lac de Galilée, il gravit la montagne et s’assit. De grandes foules vinrent à lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres infirmes ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets parler, des estropiés guérir, des boiteux marcher, des aveugles retrouver la vue ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël.

Jésus appela ses disciples et leur dit : « J’ai pitié de cette foule : depuis trois jours déjà, ils sont avec moi et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun ; ils pourraient défaillir en route ». Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour qu’une telle foule mange à sa faim ? » Jésus leur dit : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons ». Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons, il rendit grâce, les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules.

Tous mangèrent à leur faim ; et, des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles pleines.

Homélie

Après avoir prêché dans la région de Tyr et de Sidon, au-delà des frontières de la Palestine, Jésus revient en Galilée et, une seconde fois, multiplie les pains. Mais cette fois-ci, les bénéficiaires de ce miracle ne sont plus seulement les hébreux, mais également les païens qui avaient accompagné Jésus en Galilée. L’Évangéliste note, en effet, qu’après la multiplication des pains, la foule assemblée rendit gloire au Dieu d’Israël.

Le but de ce miracle est donc de montrer que tous les hommes indistinctement peuvent être sauvés. Les disciples comprennent alors combien la t^^ache, qui, dans un temps futur, leur sera confiée, est démesurée. Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour qu’une telle foule mange à sa faim ? Comment ferons-nous, maintenant, pour que, par-delà les frontières de la Palestine, toutes les cultures soient embrassées dans la mission salvatrice du Christ ?

En fait, cette question des disciples à Jésus est celle que l’homme, pauvre créature, pose à Dieu du fond de l’abîme où sa faiblesse le maintient. Car nous avons conscience que sans lui nous ne pouvons rien.

Comment nos pauvres forces pourraient-elles suffire ? Le difficile travail de notre propre conversion, la mission qui nous a été confiée de porter témoignage et d’annoncer au monde entier l’Évangile constituent des tâches démesurément grandes. Où trouverons-nous, Seigneur, le moyen et le courage de répondre aux besoins de vérité, de justice et d’amour dont l’humanité tout entière a soif ?

Notre action dans le monde peut être conduite selon le dessein du Père en évitant la violence et j’injustice à condition de conserver une attitude profondément religieuse : c’est-à-dire reconnaître que nous avons toujours besoin de l’aide du Seigneur.

Suisse

Prière du soir

Père très saint, tout au long de cette journée, tu m’as comblé de ton amour paternel. J’ai appris à espérer, contre toute espérance, dans le Christ qui a vaincu la mort. Cette nuit, en confiant au sommeil la fatigue de ce jour, accorde-moi de pouvoir contempler ton visage et de trouver au ciel ce repos qui restaure de toutes les fatigues humaines.

Suisse

Jeudi

Lecture du livre d’Isaïe 26, 1-6

La cité bâtie sur le Rocher

En ce jour-là, ce cantique sera chanté dans le pays de Juda : Nous avons une ville forte ! Le Seigneur a mis pour nous protéger rempart et avant-mur. Ouvrez les portes ! Qu’elle entre, la nation juste, celle qui reste fidèle. Tu construis solidement la paix, Seigneur, pour ceux qui ont confiance en toi.

Mettez toujours votre confiance dans le Seigneur, car le Seigneur est le Rocher pour toujours. Il a rabaissé ceux qui siégeaient dans les hauteurs, il a humilié la citadelle inaccessible, il l’a jetée à terre, il l’a renversée dans la poussière. Elle sera foulée aux pieds par les humbles, piétinée par les pauvres gens.

Psaume 117

R/ : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

  • Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes ! R/
  • Ouvrez-moi les portes de justice : j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur. « C’est ici la porte du Seigneur : qu’ils entrent, les justes ! » R/
  • Je te rends grâce car tu m’as exaucé : tu es pour moi le salut. Donne, Seigneur, donne le salut ! Donne, Seigneur, donne la victoire ! » R/
  • Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! De la maison du Seigneur, nous vous bénissons ! R/

Alléluia. Alléluia Cherchons le Seigneur, tant qu'il se laisse trouver. Invoquons-le, tant qu'il est proche ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7, 21. 24-27

La maison bâtie sur le roc

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Il ne suffit pas de me dire : “Seigneur, Seigneur !” Pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.

Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s’est abattue sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet ».

Homélie

Parce qu’il nous aime, le Sauveur nous met en garde contre l’illusion ; il ne suffit pas de dire : Seigneur, Seigneur ! pour entrer dans le Royaume des cieux. Ce n’est pas une condamnation de la prière. Nous devons dire : « Seigneur, Seigneur ! » mais en sachant bien qu’il ne suffit pas de le dire du bout des lèvres, alors que toutes nos décisions témoigneraient que Jésus n’est pas Seigneur pour nous. La prière, coupée de l’amour obéissant, est une illusion, sinon un mensonge.

Jésus sera vraiment notre Seigneur si nous nous faisons un cœur semblable au sien, passionné par l’amour du Père, capable de dire sans hésiter : Ma nourriture, c’est de faire la volonté du Père… (Jn 4, 34). Je fais toujours ce qui lui plaît (Jn 8, 29).

Remettre notre volonté à un autre pourrait être dangereux si cet « autre » n’était le Dieu de tendresse et de miséricorde. Vouloir ce qu’il veut, c’est choisir le bonheur. Vouloir autre chose, c’est prendre le risque d’une construction fragile, éphémère : cela peut donner le change et tenir quelque temps, mais cela ne résiste pas à l’assaut des épreuves.

Écouter Jésus, parole d’amour du Père, c’est l’attitude chrétienne par excellence. Laisser cette parole nous transformer, nous conformer à la volonté aimante du Père, l’écouter et le laisser vivre en nous !

France

Prière du soir

Seigneur, Roi des anges, reçois ma prière du soir, qu’elle soit portée par ton ange jusque devant ta face, qu’elle touche le trône de ta gloire, ô trois fois Saint, et trouve son exaucement. Non que j’aie mérité quoi que ce soit, mais parce que les cieux sont désormais ouverts comme en cette nuit qui vient où nous célébrerons le Verbe fait chair. Que la dignité des hommes, de tout homme, même du plus déchu, est grande, puisque tu lui as donné des anges, des esprits purs, pour le garder et le servir ! Donne-moi de chanter avec eux jusque dans les profondeurs du sommeil : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime (Luc 2, 14) !

France

Vendredi

Lecture du livre d’Isaïe 29, 17-24

« Les aveugles verront, les humbles se réjouiront »

Encore un peu de temps, très peu de temps, et le Liban se changera en verger, et le verger sera pareil à une grande forêt. En ce jour-là, les sourds entendront les paroles du livre. Quant aux aveugles, sortant de l’obscurité et des ténèbres, leurs yeux verront. Les humbles se réjouiront de plus en plus dans le Seigneur, les pauvres gens exulteront à cause du Dieu saint d’Israël. Car ce sera la fin des tyrans, ceux qui se moquent de Dieu disparaîtront, et tous les gens empressés à mal faire seront exterminés, ceux qui font condamner quelqu’un par leur témoignage, qui faussent les débats du tribunal et font tomber l’innocent par leur mensonge. C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, Dieu de la maison de Jacob, lui qui a racheté Abraham : « Désormais Jacob n’aura plus de honte et son visage ne pâlira plus ; car, en voyant ce que j’ai fait au milieu d’eux, ils proclameront la sainteté de mon nom, ils proclameront la sainteté du Dieu saint de Jacob, ils trembleront devant le Dieu d’Israël. Les esprits égarés découvriront l’intelligence, et les récalcitrants accepteront qu’on les instruise ».

Psaume 26

R/ : Le Seigneur est ma lumière et mon salut.

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/
  • J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. R/
  • J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur ». R/

Alléluia. Alléluia. Voici qu'il vient avec puissance, notre Seigneur, pour éclairer les yeux de ses serviteurs. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9, 27-31

Les aveugles voient

Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant : « Aie pitié de nous, fils de David ! » Quand il fut dans la maison, les aveugles l’abordèrent, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils répondirent : « Oui, Seigneur ». Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se fasse pour vous selon votre foi ! » Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit sévèrement : « Attention ! que personne ne le sache ! » Mais, à peine sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

Homélie

Deux aveugles le suivirent, en criant (Mt 9, 27). Ce cri vient du plus profond du cœur : un cri que, seul, peut lancer un homme qui ne voit pas les choses dans leur beauté, ni dans leur vérité. Seul, un aveugle peut crier ainsi pour recouvrer la vue.

C’est de cette façon si singulière et, pour ainsi dire, si violente, qu’il implore pitié, tant sont cruelles toutes les frustrations imposées par la cécité.

Les deux aveugles ne prennent pas la peine de dire ce qu’ils veulent : ce cri parle pour eux, quand ils s’approchent de Jésus. Mais auraient-ils crié, s’ils n’avaient pas été sûrs que cet homme pouvait accomplir ce qu’ils demandaient ?

On crie pour demander pitié si on est mû par un besoin irrépressible, un désir inassouvi, mais seulement lorsqu’on rencontre celui qui peut accomplir un miracle. Or, Jésus exauce cette demande de foi. Il ouvre les yeux des deux aveugles. Pourquoi notre foi n’a-t-elle pas la force de ce cri ?

Italie

Prière du soir

Ô Marie, mère très aimable, moi qui suis ton enfant, je m’offre à toi, je consacre pour toujours à ton Cœur immaculé, ma vie, mon corps avec toutes mes misères, mon âme avec toutes ses faiblesses, mon cœur avec ses sentiments et ses désirs, toutes mes prières, mes peines, mes souffrances et mes luttes, et plus particulièrement ma mort. Tout cela, Mère, je l’unis pour toujours à ta foi et à ton amour qui conduisent à Jésus. Protège-moi, comme ton Fils, et ne m’abandonne pas jusqu’au moment où je serai avec toi dans la gloire. Amen.

Italie

Samedi 8 décembre : fête de l'Immaculée Conception voir lectures ICI.

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 21:49

Lecture du livre de Jérémie 33, 14-16

En donnant au Sauveur attendu le nom de « Germe de justice », le prophète Jérémie espère l’épanouissement de cette justice sur la terre.

Voici venir des jours – oracle du Seigneur - où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda : En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai germer pour David un Germe de Justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice. En ces jours-là, Juda sera sauvé, Jérusalem habitera en sécurité, et voici comment on la nommera : « Le-Seigneur-est-notre-Justice ». – Parole du Seigneur

Commentaire : le Seigneur avait promis à David que sa dynastie régnerait toujours sur son peuple. Mais, depuis déjà plus d’un siècle, il n’y a plus de roi, la monarchie s’est écroulée et, avec elle, la confiance mise dans la parole de Dieu. L’histoire paraît tenir Dieu en échec et les hommes le mettent au défi de réaliser sa promesse. C’est alors que le prophète affirme sa foi : Dieu va bientôt réaliser la Bonne Nouvelle annoncée, un héritier de David apportera la justice au peuple qui pourra s’écrier : « Notre Justice, c’est le Seigneur ».

Les promesses de Dieu dans la Bible sont toujours très concrètes : le bonheur, le droit et la justice, la délivrance, la sécurité. Quelles sont celles qui nous semblent les plus attendues aujourd’hui ?

Psaume 24

R/ : Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme, vers toi, mon Dieu.

  • Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route. Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi, car tu es le Dieu qui me sauve. R/
  • Il est droit, il est bon, le Seigneur, lui qui montre aux pécheurs le chemin. Sa justice dirige les humbles, il enseigne aux humbles son chemin. R/
  • Les voies du Seigneur sont amour et vérité pour qui veille à son alliance et à ses lois. Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ; à ceux-là, il fait connaître son alliance. R/

Lecture de la 1ère lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 3, 12 - 4, 2

Que le Seigneur nous donne un amour de plus en plus intense et débordant !

Frères, que le Seigneur vous donne, entre vous et à l’égard de tous les hommes, un amour de plus en plus intense et débordant, comme celui que nous avons pour vous. Et qu’ainsi il vous établisse fermement dans une sainteté sans reproche devant Dieu notre Père, pour le jour où notre Seigneur Jésus viendra avec tous les saints. Pour le reste, vous avez appris de nous comment il faut vous conduire pour plaire à Dieu ; et c’est ainsi que vous vous conduisez déjà. Faites donc de nouveaux progrès, nous vous en prions, frères, nous vous le demandons dans le Seigneur Jésus. D’ailleurs, vous savez bien quelles instructions nous vous avons données de la part du Seigneur Jésus. –Parole du Seigneur.

Commentaire : La lettre de Paul aux chrétiens de Thessalonique est toute sous le signe de l’émerveillement. Au contact des apôtres, des hommes et des femmes ont su reconnaître que Dieu les aime, ont appris à s’aimer et à se vouloir frères universels, même de ceux qui les persécutent. Quel souhait plus profond Paul pourrait-il adresser à ces chrétiens que de les voir grandir et abonder dans cet amour ? Son désir n’est-il pas celui-là même du Christ à leur égard, qui veut se façonner une Église sainte et irréprochable pour le Jour de son retour ?

« Un amour débordant », écrit Paul. Je nomme quelques personnes sur qui je voudrais déborder d’amour, à la fois dans la communauté chrétienne et à l’égard de ceux que je côtoie habituellement.

Alléluia. Alléluia. Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21, 25-28 - 34-36

Gardons nos cœurs éveillés et prions en tout temps afin de paraître debout devant le Fils de l’homme.

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche ».

« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les hommes de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme ».

Commentaire : Luc est beaucoup moins soucieux de décrire, selon le folklore biblique, les signes cosmiques de la fin des temps que de noter leur répercussion sur l’humanité. Pour les uns, ce sera l’affolement et la terreur, signes de leur incrédulité, pour d’autres, éclairés par la parole du Christ, la certitude que la libération définitive est toute proche. Nul n’est pourtant à l’abri de ce Jour qu’il ne se tient pas sur ses gardes : une douce somnolence, un trop grand désir de confort, l’absence de prière exténueront sa vigilance. Et, quand passera le Seigneur, il sera trop tard.

Il n’y a pas d’heure pour te rencontrer, Seigneur : tu viens à l’improviste par cet appel de détresse, dans le visage inquiet ou heureux d’un frère, par cette réponse ou ce geste fraternels que l’on attend de moi. Me trouveras-tu debout aux moments de ta venue ?

Prière universelle

R/ : En toi, Seigneur, notre espérance !

  • Tu nous as visités, Dieu notre Père, par la venue dans la chair de ton Fils bien-aimé : garde-nous vigilants jusqu’à sa venue dans la gloire. R/
  • Tu nous as tracé en ton Fils un chemin de lumière. Que toute la terre se lève et marche vers toi à la clarté de son visage ! R/
  • Tandis que la nuit s’achève et que le jour approche, viens secouer nos somnolences. R/
  • Accorde-nous de te servir dans la justice et la sainteté tout au long de nos jours. R/
  • Et quand paraîtra le Fils de l’homme, qu’il nous trouve debout, prêts à l’accueillir. R/

Source de la P.U. : Livre des Heures

Homélie

Chaque année durant les quatre semaines qui précèdent Noël, l’Eglise nous fait célébrer le mystère de l’Avent. Ce mot qui signifie venue évoque tout d’abord une merveilleuse réalité du passé : la naissance à Bethléem du Fils Unique de Dieu qui a pris chair dans le sein de la Vierge Marie. « Quand les temps furent accomplis, nous dit saint Paul, Dieu envoya son Fils, né d’une femme ». Cet évènement de l’Incarnation - le plus considérable de toute l’histoire humaine - Dieu l’avait longuement et patiemment préparé dans le peuple Juif, suscitant en lui par ses prophètes l’espérance du salut, faisant de lui « comme un berceau dans lequel il viendrait au jour de Noël déposer son Fils unique, le Sauveur Jésus ». (Cardinal Journet) Cette longue attente qui atteignit sa plus haute tension dans le cœur de Marie, « la fille de Sion » est offerte à notre contemplation, tout au long de ce temps de grâce qu’est l’Avent, pour stimuler notre espérance en cette sublime réalité à venir qui est le retour glorieux du Christ-Roi et pour creuser notre désir de sa venue actuelle dans nos vies.

Car le Seigneur reviendra, comme il l’a promis, au « dernier jour », dans une apothéose de gloire. Il achèvera alors et couronnera son œuvre en transfigurant le monde et en introduisant l’humanité ressuscitée dans le Royaume d’éternel bonheur que le Père des Cieux a préparé pour ses enfants depuis la fondation du monde.

Disons-nous bien que nous ne serons pleinement chrétiens que si nous sommes constamment orientés et comme tendus vers cet ultime avènement de Notre-Seigneur, objet de notre Foi et de notre Espérance. Sans oublier cependant que la meilleure manière de l’attendre et de nous y préparer c’est de l’accueillir, lui le Christ, qui vient à tout instant et de bien des manières dans notre vie de tous les jours : venue très réelle, mais habituellement si discrète que seul le regard pénétrant de la Foi est capable de la discerner au delà des apparences, au delà des signes.

C’est ainsi que le Seigneur vient au devant de nous par sa Parole qui éclaire notre route, répond aux grandes questions que nous nous posons, donne un sens à notre vie et nous façonne peu à peu à sa ressemblance, si toutefois nous sommes assidus à l’écouter et la méditer. Il vient à nous à travers les Sacrements, plus particulièrement l’Eucharistie qui est une rencontre unique avec sa personne réellement présente sous les apparences du pain et du vin consacrés par le prêtre ; rencontre privilégiée dans laquelle nous nous unissons à son sacrifice rédempteur et recevons en abondance la vie divine qui en est le fruit.

Il vient dans toutes nos prières, grâce auxquelles nous pouvons approfondir notre intimité avec lui et obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin tant pour le corps que pour l’âme. Il vient encore à nous très concrètement à travers le prochain. C’est lui-même qui l’affirme : « celui qui reçoit un de ces petits, c’est moi qu’il reçoit. Tu as vu ton frère, dit un Père de l’Eglise, tu as vu ton Dieu ». Jésus vient enfin à nous à travers tous les évènements, petits ou grands, heureux ou malheureux qui tissent la trame de notre existence. Dans tout ce qui nous arrive, en effet, n’y-a-t-il pas un signe de Dieu, la marque toute particulière de sa Providence ? Si, moyennant les secours de la grâce, nous aspirons à vivre intensément ces diverses rencontres avec l’ami divin, si nous nous montrons de plus en plus fidèles aux rendez-vous qu’il nous donne dans chaque instant présent, nous ne serons ni surpris, ni désemparés lorsque sonnera pour nous l’heure du suprême rendez-vous celui de notre mort. Quelle merveilleuse surprise ce sera alors pour nous ! Et quelle indicible joie ! Lorsqu’étant enfin nés à la vie du ciel – car la mort ne sera rien d’autre que notre deuxième et définitive naissance - nous pourrons communier pleinement, dans la très pure clarté de la Gloire, à Celui que nous aurons si ardemment désiré et si souvent accueilli ici-bas dans l’obscurité de la Foi. Rappelons nous ici la parole de saint Jean : « Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous savons que lors de cette manifestation nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est ».

Pour cette perspective-là aussi : celle du terme ultime de notre aventure humaine personnelle, l’Eglise, par sa liturgie de l’Avent, nous éduque excellemment à l’Espérance surnaturelle.

Frères et sœurs, pour que le temps de l’Avent qui nous familiarise si bien avec le mystère « du Dieu qui vient » nous soit spirituellement profitable demandons à Marie qui est la « Mère de la Sainte Espérance » de mettre en nos cœurs les sentiments qui animaient le sien lorsqu’elle attendait la première venue du Sauveur.

Puisse-t-elle nous apprendre à accueillir le Seigneur avec le plus grand amour possible en toutes ses venues « maintenant et à l’heure de notre mort ».

Amen.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 00:05

Année B

Au sixième mois d’Élisabeth, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

4_Advent-2014-page-001.jpg 

Im sechsten Monat wurde der Engel Gabriel von Gott in eine Stadt in Galiläa namens Nazaret zu einer Jungfrau gesandt. Sie war mit einem Mann namens Josef verlobt, der aus dem Haus David stammte. Der Name der Jungfrau war Maria. Der Engel trat bei ihr ein und sagte: Sei gegrüßt, du Begnadete, der Herr ist mit dir. Sie erschrak über die Anrede und überlegte, was dieser Gruß zu bedeuten habe. Da sagte der Engel zu ihr: Fürchte dich nicht, Maria; denn du hast bei Gott Gnade gefunden. Du wirst ein Kind empfangen, einen Sohn wirst du gebären: dem sollst du den Namen Jesus geben. Er wird groß sein und Sohn des Höchsten genannt werden. Gott, der Herr, wird ihm den Thron seines Vaters David geben. Er wird über das Haus Jakob in Ewigkeit herrschen, und seine Herrschaft wird kein Ende haben. Maria sagte zu dem Engel: Wie soll das geschehen, da ich keinen Mann erkenne? Der Engel antwortete ihr: Der Heilige Geist wird über dich kommen, und die Kraft des Höchsten wird dich überschatten. Deshalb wird auch das Kind heilig und Sohn Gottes genannt werden. Auch Elisabet, deine Verwandte, hat noch in ihrem Alter einen Sohn empfangen; obwohl sie als unfruchtbar galt, ist sie jetzt schon im sechsten Monat. Denn für Gott ist nichts unmöglich. Da sagte Maria: Ich bin die Magd des Herrn; mir geschehe, wie du es gesagt hast. Danach verließ sie der Engel.

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8 décembre 2014 1 08 /12 /décembre /2014 00:06

Année B

Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean. Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.

Voici quel fut le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il le reconnut ouvertement, il déclara : « Je ne suis pas le Messie. » Ils lui demandèrent : « Qui es-tu donc ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Non. - Alors es-tu le grand Prophète ? » Il répondit : « Ce n'est pas moi. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, certains des envoyés étaient des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Si tu n'es ni le Messie, ni Élie, ni le grand Prophète, pourquoi baptises-tu ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l'eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis même pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »

Tout cela s'est passé à Béthanie-de-Transjordanie, à l'endroit où Jean baptisait. 

3_Advent-2014.jpg 

Es trat ein Mensch auf, der von Gott gesandt war; sein Name war Johannes. Er kam als Zeuge, um Zeugnis abzulegen für das Licht, damit alle durch ihn zum Glauben kommen. Er war nicht selbst das Licht, er sollte nur Zeugnis ablegen für das Licht.

Dies ist das Zeugnis des Johannes: Als die Juden von Jerusalem aus Priester und Leviten zu ihm sandten mit der Frage: Wer bist du? Bekannte er und leugnete nicht; er bekannte: Ich bin nicht der Messias. Sie fragten ihn: Was bist du dann? Bist du Elija? Und er sagte: Ich bin es nicht. Bist du der Prophet? Er antwortete: Nein.

Da fragten sie ihn: Wer bist du? Wir müssen denen, die uns gesandt haben, Auskunft geben. Was sagst du über dich selbst? Er sagte: Ich bin die Stimme, die in der Wüste ruft: Ebnet den Weg für den Herrn! wie der Prophet Jesaja gesagt hat. Unter den Abgesandten waren auch Pharisäer. Sie fragten Johannes: Warum taufst du dann, wenn du nicht der Messias bist, nicht Elija und nicht der Prophet? Er antwortete ihnen: Ich taufe mit Wasser. Mitten unter euch steht der, den ihr nicht kennt und der nach mir kommt; ich bin es nicht wert, ihm die Schuhe aufzuschnüren.

Dies geschah in Betanien, auf der anderen Seite des Jordan, wo Johannes taufte.

 

 

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