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25 juin 2022 6 25 /06 /juin /2022 07:44

Chers frères et sœurs, nous connaissons tous l’importance et l’enjeu des apparitions de Marie à Fatima… Mais avons-nous suffisamment perçu que ce qui en constitue l’originalité, c’est le fait que notre Maman du Ciel ait voulu s’y manifester sous le Symbole du Cœur : à travers cette image si parlante et si émouvante qui la représente merveilleusement dans sa personne et dans sa mission de Corédemptrice, Médiatrice et Avocate ?

Tous les théologiens, en effet, s’accordent à reconnaître que l’élément central du Message de Lumière et d’Espérance qu’en ces jours bénis de 1917, le Ciel a transmis à la Terre, c’est la Révélation du Cœur Immaculé de Marie et de la Dévotion particulière qui s’y rattache.

« Fatima, a déclaré le Cardinal Cerejeira, Patriarche de Lisbonne, c’est la manifestation du Cœur Immaculé de Marie au monde actuel, pour le sauver… »

Ainsi en a décidé le Seigneur Lui-même en sa très grande Miséricorde.

La Vierge l’a clairement précisé à ses trois petits confidents :

« Jésus veut établir dans le monde la Dévotion à mon Cœur Immaculé ».

Chers frères et sœurs, nous ne bénirons et ne remercierons jamais assez Notre Seigneur, de nous avoir offert, en ces temps si mauvais et si dangereux que nous traversons, comme moyen privilégié de sanctification et de salut cette Dévotion au Cœur Immaculé de sa Très Sainte Mère.

Il sait bien, Lui, en sa Divine Sagesse, ce qui nous convient le mieux.

Il sait bien, qu’il ne peut y avoir de chemin plus direct, plus rapide et plus assuré pour nous conduire à Dieu que cette merveille des merveilles qu’est le Cœur de Marie, Chef d’œuvre du Tout-Puissant, Miroir des Perfections Divines et Aqueduc de toutes les Grâces.

Si dans les messages de Fatima, ce Cœur Unique nous est présenté comme Immaculé, c’est tout d’abord pour que soit manifestée avec éclat son éblouissante Sainteté envisagée en ses plus grands foyers qui sont l’Amour de Dieu et l’amour des hommes.

Marie, la Femme Prédestinée est en effet l’Immaculée Conception.

Celle en qui, dès le premier instant, l’absence de péché fut totale, qui n’a jamais eu en Elle, la moindre faute vénielle, ni la moindre imperfection.

Elle est vraiment La Sans Tache dont l’Ame de Cristal est toute transparente à Dieu. Marie est aussi La Grande Favorisée de Dieu. Celle qui a reçu comme cadeau de joyeux avènement, une plénitude inconcevable de grâce sanctifiante qui dès le départ l’a établie dans une parfaite Communion aux Trois Personnes Divines. De son Cœur Immaculé on peut donc dire qu’il fut constamment cette « vive flamme d’Amour » dont parle Saint Jean de la Croix, une flamme qui ne cesse de monter et de croître en intensité jusqu’à sa fusion dans l’océan de feu de la Trinité, au jour de l’Assomption.

« Il est certain, nous dit Saint Jean Eudes, qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais d’amour semblable à celui qui a toujours embrasé le Cœur virginal de la Mère du Sauveur ».

« A supposer, (c’est toujours ce grand Serviteur de Marie qui parle) à supposer que l’amour de tous les pères et de toutes les mères qui ont été, sont et seront, puisse être ramassé dans le Cœur d’une seule Mère, à peine serait-ce une étincelle de la très ardente fournaise d’amour qui brûle dans le Cœur de la Vierge-Mère ».

Si l’on continue à se référer au message de Fatima, on doit ajouter que le qualificatif « Immaculé » évoque un autre aspect du Cœur de Marie particulièrement émouvant celui de la Miséricorde.

La Vierge Immaculée n’est-elle pas, en effet, le premier et le plus beau fruit de la Miséricorde Divine s’étendant sur l’humanité ?

Mais il faut dire aussi qu’Elle est sa première et plus dévouée Collaboratrice.

« C’est à Elle, affirme Saint Maximilien Kolbe, qu’à été confié tout l’ordre de la Miséricorde ».

D’ailleurs, il suffit de lire ses messages aux trois petits bergers pour comprendre que son objectif numéro 1, c’est d’exercer en faveur des pécheurs une action miséricordieuse de très grande envergure – entreprise qu’Elle ne pourra mener à bien – et Elle le souligne très fort – que si nous acceptons d’y participer très généreusement par la Prière et la Pénitence.

Comprenons donc, frères et sœurs, que le Cœur Immaculé de Marie, tel qu’il s’est révélé à Fatima, ce n’est pas seulement un Cœur virginal idéal de pureté et de sainteté, mais c’est aussi un Cœur maternel tout vibrant d’une sensibilité unique, plein d’une délicatesse exquise, qui enveloppe de sa tendresse miséricordieuse tous ses enfants de la terre sans exception, mais avec une préférence cependant pour tous ceux qui dans leurs corps ou dans leur âme continuent à vivre le Mystère du Christ agonisant et crucifié, et une préférence encore plus marquée pour tous ceux que l’extrême misère du péché prive de ce Bien insurpassable qu’est l’Amitié avec Dieu, la Vie en Etat de Grâce.

C’est à l’image de ce Cœur Immaculé de notre Mère Spirituelle (qu’un seul mot, le plus beau de tous, suffirait à définir : le mot Amour ) que nous sommes tous invités à modeler notre propre cœur par une fervente dévotion qui comporte trois pratiques, toutes les trois indispensables : à savoir la Consécration, la Réparation et le Rosaire.  

  • Par la Consécration qui est un don total de nous-mêmes à Marie, un engagement à vivre à tout instant pour Elle, par Elle, avec Elle et en Elle (ce qui requiert de notre part entière disponibilité, esprit d’abandon et confiance illimitée) nous nous établissons en quelque sort dans le « Cœur d’Amour » de notre Mère pour nous y laisser former, et comme le dit Saint Louis Marie Grignion de Montfort « pour nous y laisser manier à l’opération du Saint-Esprit », jusqu’à ce que nous devenions des copies vivantes de Jésus-Christ.  
  • Par la Réparation (qui comporte des exigences précises en ce qui concerne les Premiers Samedis du Mois), nous voulons consoler les Saints Cœurs de Jésus et de Marie si douloureusement blessés par les innombrables péchés commis à tout instant dans le monde. Ayant compris que « là où le péché surabonde il faut que surabonde aussi la Réparation » nous acceptons d’être, à l’exemple de la Corédemptrice, des victimes d’amour, en versant dans le calice de la Rédemption la goutte d’eau de nos souffrances physiques, morales ou spirituelles et de nos pénitences volontaires « achevant par là, selon le mot de Saint Paul, ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Eglise ».
  • Par le Rosaire qui est une contemplation sur fond de prière répétitive, nous apprenons à mettre en pratique la Parole de Jésus : « il faut toujours prier et ne jamais se lasser ».

En faisant passer et repasser le plus souvent possible devant notre esprit les 15 Mystères qui sont un abrégé de l’Evangile, nous nous formons, dans le Cœur de Marie, à cette irremplaçable vie d’Oraison qui favorise si grandement l’Union à Dieu et féconde l’Apostolat. Nous nous imprégnons peu à peu de la spiritualité même de Marie qui nous apprend à croire comme Elle a cru, à espérer comme Elle a espéré et à aimer comme Elle a aimé…

Chers frères et sœurs, puisqu’il est évident, depuis Fatima, que la Dévotion au Cœur Immaculé de Marie est le moyen actuellement voulu par Jésus et sa Divine Mère pour nous conduire à la sainteté et sauver le monde en péril, efforçons-nous de la vivre de plus en plus intensément et travaillons à la répandre le plus possible chez nos frères chrétiens.

Et si parfois nous sommes tentés de nous décourager et de baisser les bras, rappelons-nous alors ce que notre Maman Marie a solennellement déclaré au sujet de cette Dévotion :

« A ceux qui l’embrasseront, je promets le Salut, Leurs âmes seront aimées de Dieu d’un amour de prédilection, Comme des fleurs placées par Moi devant son trône ».

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29 mai 2022 7 29 /05 /mai /2022 14:33

Livre de Sophonie 3,14-18

« Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi ».

Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, fille de Jérusalem ! Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a écarté tes ennemis. Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n’as plus à craindre le malheur.

Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête ». Parole du Seigneur.

Commentaire : Un peut bout de paix, un puissant voisin aux menées impérialistes, l’Assyrie, qui se tient tranquille, c’en est assez pour qu’un peuple soit en fête ! Oui, le Seigneur son Dieu règne au milieu de lui. Mais pour Sophonie cette accalmie est le signe d’une transformation plus profonde que Dieu accomplira un jour. En ce jour de fête, on n’aura plus à craindre la guerre, l’humanité nouvelle sera conviée à danser de joie avec son Seigneur, car l’amour aura eu le dernier mot sur la terre. Ce sera le triomphe définitif du Sauveur au milieu des hommes.

Écoutons avec émerveillement Dieu nous dire par son prophète : « Le Seigneur met en toi sa joie, il te renouvelle par son amour, il dans pour toi ». Qu’est-ce donc que l’homme pour que Dieu se réjouisse ainsi à son sujet ?

Cantique d'Isaïe 12

R/ Il est grand au milieu de toi, le Dieu Saint d’Israël.

  • Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. R/
  • Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut. R/
  • Ce jour-là, vous direz : « Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! » R/
  • Redites-le : « Sublime est son nom ! » Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence, et toute la terre le sait. R/
  • Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël ! R/

Alléluia. Alléluia. Heureuse es-tu, Vierge Marie, toi qui as cru que s’accompliraient pour toi les paroles du Seigneur. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».

Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles : Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais ».

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Commentaire : Élisabeth est tout étonnée de voir Marie, la mère de son Seigneur venir l’aider à préparer la naissance de Jean Baptiste en assumant les tâches du ménage. La mère de Dieu se veut servante : au jour de l’Annonciation, elle dit : « Je suis la servante du Seigneur » ; ici, elle se présente encore de la même manière : « Dieu s’est penché sur son humble servante ». La mère agit comme fera son fils, Jésus : « Je suis venu pour servir, dira-t-il, et non pour être servi ». Comme ils ont partagé le même souci de servir, la mère et le fils partagent la même destinée : d’un certain point de vue, on peut dire que la résurrection de Pâques et celle de l’Assomption sont la réponse de Dieu à ceux qui ont voulu servir.

La grandeur de Marie ne réside pas d’abord dans des privilèges reçus de Dieu mais dans sa volonté de servir. Prions-la de nous apprendre à servir avec la même humilité, le même sourire et la même délicatesse qu’elle.

Homélie

Un jour, écrit saint Luc en une page exquise de son Évangile, « Marie partit et se rendit en hâte chez sa cousine Élisabeth qui avait conçu un fils en sa vieillesse ».

Elle se dépêchait, car l'Esprit-Saint dont Elle était l'Épouse Bien-aimée la pressait de se rendre auprès de cette femme âgée en situation délicate pour y commercer sa mission de « Porteuse du Christ » et de Médiatrice de son Amour. Son entrée dans la maison de sa vieille parente fut une heure particulièrement flamboyante, une première Pentecôte en vérité. Par sa seule présence, en effet, et son humble salutation, s’accomplit une véritable effusion de l'Esprit-Saint qui souleva les acteurs présents comme au-dessus de la terre et hors d'eux-mêmes. C'est comme si une sorte d'ivresse surnaturelle les avait saisis tout à coup, comme si un peu de folie divine avait envahi leurs cœurs. Le premier touché par le feu de cette Pentecôte fut le petit Jean qui se trouva immédiatement sanctifié dans le sein de sa mère ainsi que l'ange du Temple l'avait annoncé à Zacharie son père : « Il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère ». Le futur Précurseur en tressaillit de joie et cette émotion gagna l' âme de sa mère qui fut divinement éclairée pour reconnaître en Marie « la mère de son Seigneur » lui apportant - à elle, mais aussi à son enfant prédestiné, à Zacharie, puis à tous, la joie qui surpasse toute joie : celle du Verbe Incarné Sauveur des hommes. « Et d'où me vient ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » Et ce feu d'artifice de l'Esprit-Saint, s'acheva, comme nous savons, en une apothéose de reconnaissante allégresse et de louange dans 1'âme de la « Femme bénie entre toutes les femmes », proclamant dans son Magnificat les merveilles de ce Dieu infiniment Saint qui désormais, par son intermédiaire de petite servante allait « visiter et racheter son Peuple ».

Telle fut la première Visitation de Notre-Dame. Mais ce mystère, si révélateur de l'ardente charité et de la parfaite humilité de Marie qui à l'exemple de son Fils ne vient pas « pour être servie, mais pour servir », n'appartient pas seulement au passé ; il est une réalité toujours actuelle, combien douce et génératrice d'une grande espérance !

Marie, la toute miséricordieuse ne cesse de porter à tous ceux qui, par sa maternité de grâce, sont devenus ses enfants, la présence Sanctifiante du Rédempteur. On peut dire que la Mère de l'Église, trésorière et distributrice de tous les dons de Dieu est toujours « en visite auprès de ceux qu'elle aime » (Adam de St Victor) parce que le mystère de son Assomption Corporelle fait qu'Elle est beaucoup plus proche de nous qu'elle ne le serait si elle était au ciel avec son âme uniquement. En la glorifiant dans son corps et dans son âme, Jésus lui a donné de tout voir et de tout pouvoir, mais son regard et sa puissance d’intercession sont ceux d'une Mère dont le cœur idéalement bon se trouve dilaté presque à l'infini par l'amour divin qui l'habite.

« Marie, écrit le Père Bernard o.p. est un cœur qui est extrêmement délicat et qui a beaucoup souffert. Elle est animée envers nous de la tendresse la plus pénétrante et de la pitié la plus vraie. Son amour est un merveilleux composé : c'est de la plus exquise sensibilité féminine transformée dans la plus ardente charité divine. Il est une source intarissable de miséricorde ». Que d'interventions de la part de cette Maman céleste, discrètes la plupart du temps, mais toujours efficaces, dont nous sommes les heureux bénéficiaires ! Oh ! Comme elle accourt en toute hâte et vient nous visiter avec délicatesse chaque fois que se fait sentir un besoin quelconque du corps ou de l'âme :

  • chaque fois qu'il faut éclairer ou conseiller, car Elle est la Mère du Bon conseil.
  • chaque fois qu'il faut relever des chutes et panser les blessures causées par le péché, car Elle est le Refuge des pêcheurs.
  • chaque fois qu'il faut consoler, soulager et guérir, car Elle est la santé des malades et la consolatrice des affligés.
  • chaque fois qu'il faut stimuler, entraîner, lancer vers de nouveaux progrès de Foi, d'Espérance et d'Amour en vue d'une intimité toujours plus profonde avec Dieu et d'une charité toujours plus rayonnante de 1'Amour même du Christ, car Elle est la Mère de la divine Grâce et le secours des chrétiens, le « moule » dont le Saint-Esprit se sert pour former en nous le Christ et faire de nous des saints.

Saint Thomas d'Aquin, prince des théologiens, assure que « dans n'importe quel danger on peut obtenir le salut de la Vierge Marie ». Or nous vivons en cette fin de siècle dans une période de péril extrême. Le monde et l'Église sont terriblement ébranlés par les puissances de l'Enfer. Le démon déchaîne fait de plus en plus de ravages dans les âmes. Mais la Reine du monde veille et c'est parce qu'Elle veut le salut de tous ses enfants, que depuis 1830 Elle se manifeste à eux à travers ces visitations plus solennelles et plus frappantes que sont ses apparitions. Si Elle vient avec tant d’éclat, en effet, c’est d’abord pour nous avertir et nous prémunir, mais c’est aussi pour nous engager dans le grand combat qu’Elle mène contre le Mal et qui s’achèvera, comme Elle l’a promis, par une Victoire totale de son Cœur Immaculé.

Puissions-nous toujours mieux comprendre qu’en toutes ses Visitations, petites ou grandes, Marie nous apporte Jésus, et que cela doit nous suffire puisqu’en « nous le donnant, Dieu nous a tout donné ».

Lectures de La Visitation en DOCX et PDF

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20 mars 2022 7 20 /03 /mars /2022 08:51

Antienne d’ouverture

Le Christ, en entrant dans le monde, dit : « Me voici, mon Dieu : je viens pour faire ta volonté ».

Collecte

Seigneur Dieu, tu as voulu que ton Verbe prît chair en toute vérité dans le sein de la Vierge Marie ; puisque nous reconnaissons en lui notre Rédempteur, à la fois Dieu et homme, accorde-nous d’être participants de sa nature divine. Lui qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles. R/. Amen.

Lecture du livre du prophète Isaïe 7, 10-14 ; 8, 10

En ces jours-là, le Seigneur parla ainsi au roi Acaz : « Demande pour toi un signe de la part du Seigneur ton Dieu, au fond du séjour des morts ou sur les sommets, là-haut. » Acaz répondit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. » Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel, car Dieu est avec nous. »

Psaume 39

R/. : Me voici, Seigneur, je viens faire ta volonté.

  • Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j’ai dit : « Voici, je viens ».
  • « Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles. »
  • J’annonce la justice dans la grande assemblée ; vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais.
  • Je n’ai pas enfoui ta justice au fond de mon cœur, je n’ai pas caché ta fidélité, ton salut ; j’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée.

Lecture de la lettre aux Hébreux 10, 4-10

Frères, il est impossible que du sang de taureaux et de boucs enlève les péchés. Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n’as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d’offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. Et c’est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

Commentaire : « Tu m'as fait un corps ». Un Dieu qui naît, qui grandit, qui travaille, aime, souffre et meurt grâce à ce corps d'homme qui est le sien, voilà le résumé de l'Incarnation, voilà aussi le résumé d'une vie humaine. Être homme, être fils de Dieu, c'est vivre sa vie comme un accomplissement quotidien de la volonté de Dieu. Ce n'est que cela ; pourtant, seul le Fils de Dieu a su vivre parfaitement une telle vie d'homme. C'est aussi tout cela : aucune de nos activités humaines n'est étrangère à cet appel de Dieu  à faire sa volonté.

« C'est de moi que parle l'Ecriture », c'est ainsi que Jésus a lu la Bible, Or, elle parle aussi de moi. Pourquoi ne pas creuser la parole qui me touche dans les textes de ce dimanche ?

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus. (Au temps pascal : Alléluia. Alléluia.) Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Homélie

Dans son admirable «Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge» (au N° 243), saint Louis Marie G. de Montfort invite tous ceux qui par leur Consécration sont devenus «esclaves de Jésus par Marie» à célébrer avec une intense ferveur la fête de l’Annonciation le 25 Mars. C’est ce jour-là, en effet, que l’Eglise commémore solennellement le mystère de l’Incarnation glorifiant en même temps le Verbe qui se fait Fils de Marie et la Vierge qui devient Mère de Dieu. Cette merveilleuse «Annonce faite à Marie» qu’il nous faut contempler non seulement un jour par an, mais tous les jours en récitant l’Angélus et en commençant notre Rosaire, est essentiellement un appel d’amour de la part de Dieu et une réponse d’amour donnée par Marie.

Dieu le Père demande à sa petite enfant privilégiée qu’Il a «comblée de grâce» et qui (par son vœu de virginité) s’est totalement consacrée à Lui, de coopérer d’une manière unique à son plan rédempteur en acceptant d’être la Mère du Sauveur promis et attendu depuis des siècles. Marie est parfaitement libre d’adhérer à ce dessein de Dieu sur Elle ou de s’y refuser. Quelle lourde responsabilité pour Elle ! Car ce qui va dépendre de sa décision, en fait, c’est la Rédemption de toute l’humanité, le salut éternel de chacun et chacune d’entre nous.

«Les destinées du monde sont suspendues aux lèvres et au cœur de Notre-Dame, écrit Dom Delatte, tous les deux : monde créé et monde incréé sont anxieux, attentifs, épiant la réponse de la Vierge qui pour tous deux sera décisive...»

Fort heureusement, il n’y a pas dans le Cœur Immaculé de la Vierge le plus petit mouvement de considération d’elle-même ou de complaisance en elle-même. Elle n’a jamais fait jusqu’à présent sa volonté propre, sa disponibilité est parfaite. C’est pourquoi, sans l’ombre d’une hésitation, elle donne son plein consentement à la volonté de Dieu, elle y adhère dans l’amour le plus intense et le plus pur qui soit : «Voici la Servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta Parole.»

Par ce oui pleinement libre, Marie se met inconditionnellement au service du Seigneur. Son acceptation s’accompagne d’une donation totale. Elle s’offre en qualité de servante, mieux que cela en qualité «d’esclave» (ce mot étant la traduction exacte du terme grec «doulé» employé par saint Luc). Par cet esclavage qui ne peut être qu’un esclavage d’amour, elle permet à Dieu de faire d’Elle tout ce qu’Il lui plaira... Il pourra donc épancher surabondamment son Amour en Elle, et par Elle sur toute l’humanité. En Elle et par Elle, il va «faire des merveilles.» A cause de ce oui qu’Elle n’a cessé de redire à tout instant, et en particulier au pied de la Croix, Marie est la Nouvelle Eve, Mère de tous les vivants, c’est-à-dire de tous les hommes sauvés et sanctifiés par Jésus, comme Lui-même est le Nouvel Adam. Dieu donne à tout chrétien une vocation, une mission par laquelle il est appelé à participer, comme Marie, à l’œuvre rédemptrice de Jésus et par conséquent Dieu demande à tout chrétien, comme à Marie, un oui de tous les instants qui soit vraiment adhésion d’amour à sa Sainte Volonté. Or, nous savons par expérience combien il est difficile de dire constamment et quoiqu’il en coûte, ce libre oui d’amour que Dieu réclame de nous. Et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons fait notre Consécration à Marie, voulant être pour Elle, par Elle et en Elle «esclaves d’amour»de Jésus. Dans la lumière de l’Esprit-Saint, il nous a été donné de comprendre, en effet, que Marie en sa qualité d’Educatrice des âmes, détient un secret de grâce pour nous faire dire ce oui dont nous sommes par nous-mêmes incapables à cause de notre faiblesse. Mais un tel résultat ne peut être atteint que dans la mesure où, renonçant à notre volonté propre, nous nous laissons faire par Elle. Une maman ne peut pas faire grand-chose de l’enfant qui se débat dans ses bras parce qu’il veut agir par lui-même, par contre elle fait tout ce qu’elle veut du tout petit qui se tient immobile entre ses bras, entièrement confiant et abandonné à elle. C’est cette dernière attitude d’humble petitesse et de docilité (appelée enfance spirituelle) que Marie, notre Mère à la fois si douce et si exigeante, attend de nous.

Puissions-nous donc, chaque fois que nous évoquons ou contemplons ce grand moment de l’Annonciation, renouveler notre résolution de vivre l’Evangile en étant de plus en plus malléables entre les mains expertes de Marie : Elle pourra ainsi, en union avec le Saint-Esprit dont Elle est l’Epouse indissoluble, nous modeler à l’image de Jésus, faire de nous des copies vivantes de Jésus.

 

Prière universelle

  • Aujourd’hui, l’Église se rappelle qu’elle a commencé le jour où le Verbe s’est fait chair. Dieu tout-puissant, nous te prions : qu’à l’exemple de Marie, elle sache recevoir dans une entière confiance sa mission, qu’elle porte et fasse croître dans le monde la Bonne Nouvelle de l’amour qui sauve, et qu’avec son cœur elle réponde chaque jour : « Que tout se passe pour moi selon ta parole ».
  • En entrant dans le monde, Jésus venait accomplir les promesses faites à Israël, combler et même dépasser, l’espérance des nations. Les dirigeants politiques et économiques portent eux aussi l’espérance de l’humanité, sa quête d’amour, de fraternité et de paix. Dieu tout-puissant, nous te prions : donne à ces dirigeants de savoir incarner cette espérance et de contribuer à sa réalisation dans l’histoire humaine.
  • En entrant dans le monde, le Christ dit : « Me voici, mon Dieu ; je viens pour faire ta volonté ».  Il dit aussi, d’après le Psaume : « Tu n’as pas voulu de sacrifice ni d’offrandes, mais tu m’as fait un corps ».
  • Dieu tout-puissant, nous te prions : quand les épreuves marquent nos vies - maladies, vieillesse, souffrance morale, donne-nous de savoir les traverser dans la foi, l’espérance et l’amour. Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire ? »
  • Dieu tout-puissant, nous te prions : aide chacun de ceux qui prennent part à cette Eucharistie à accueillir, librement et lucidement, à l’exemple de Marie, la vie que tu donnes. Qu’en réponse à ton amour, nous sachions aimer d’un amour toujours nouveau, sincère et sans contrainte, d’un amour qui sauve le monde.

Source : http://carmelsaint-maur.blogspot.com

 

Faire corps un jour à la lumière

« Un Jour des âges, il y eut un éclair né de la fin des temps,
Le grand message du Ciel à tous les anges : Dieu allait prendre chair.
Nul ne surprit sur de plus hauts sommets l'émissaire de gloire ;
Il descendit dans le cours de l'histoire : rien n'y parut changé.
Il approcha du secret de la vie que Dieu se réservait ;
L'ange toucha celle qui le gardait, et l'ombre tressaillit.
En ce jour-là, s'il n'y eut qu'une chair pour recevoir l'aurore,
Partout monta l'espoir de faire corps enfin à la lumière ».
Patrice de La Tour du Pin
« L’Hymne de pour l’Annonciation »

Lectures de l’Annonciation en DOCX et PDF

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29 décembre 2021 3 29 /12 /décembre /2021 09:26

Lecture du livre des Nombres 6, 22-27

En ce premier jour de l’année, demandons au Seigneur de nous bénir, c’est-à-dire de se pencher vers nous pour nous apporter la paix.

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël : “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Ils invoqueront mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai ». – Parole du Seigneur.

Psaume 66

R/ : Que Dieu nous prenne en grâce et qu’il nous bénisse.

  • Que son visage s'illumine pour nous, et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. R/ 
  • Que les nations chantent leur joie, car tu gouvernes le monde avec justice ; sur la terre, tu conduis les nations. R/ 
  • La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que la terre tout entière l'adore ! R/ 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4, 4-7

L’Esprit nous fait prier le Père avec la même liberté que celle de Jésus lui disant : « Abba, c’est-à-dire Père bien-aimé ».

Frères, lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu. – Parole du Seigneur.

Alléluia, Alléluia. À bien des reprises, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2, 16-21

La nouvelle année débute avec le nom de Jésus qui lui fut donné le huitième jour après sa naissance.

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Huit jours après Noël, le 1er Janvier, l’Eglise fête solennellement Celle que si souvent dans nos « Je vous salue » nous appelons : « Mère de Dieu ».

Quelle est la signification profonde de ce titre prestigieux que depuis le Concile d’Éphèse, en 432, la Foi catholique décerne à Marie, la Toute Sainte ?

Titre unique qui est la clé de voûte de tout le mystère marial et qui place la Femme « bénie entre toutes les femmes » à la cime des grandeurs créées.

Disons tout de suite que ce serait une erreur monstrueuse de penser que l'affirmation : Marie est mère de Dieu puisse signifier que la Vierge est la mère de la divinité. Dieu est infiniment au-dessus du temps et de l'espace, avant toute création : son existence ne dépend de personne. Quand à Marie, elle est, tout comme nous, une créature ayant reçu de Dieu son être et sa vie, notre sœur en humanité. Ce n’est donc pas Elle qui a donné à Jésus la nature divine : cette nature Il la tient de son Père de toute éternité : vérité capitale que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : « Je crois en Jésus-Christ le Fils Unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles... Vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ».

Ce que Marie, par contre, a donné à Jésus, c’est son humanité. Mais ce qu’il importe ici de bien comprendre, c’est qu’en Jésus la nature humaine et la nature divine appartiennent à une seule Personne : celle du Verbe éternellement Fils de Dieu, qui est Dieu comme son Père. Dans le Christ, en effet, il n’y a aucun dédoublement de personnalité : c’est le même « je » qui déclare : « je » marche (action humaine) et « je » ressuscite (action divine).

Partant de là, on peut donc dire que Dieu a prêché, que Dieu a souffert, que Dieu est mort sur une Croix. On peut tout aussi bien dire que Dieu est né, que Dieu est né de Marie. Marie est par conséquent la Mère de Dieu, la Théotokos, comme disent les chrétiens d’orient, ce qui veut dire « engendreuse de Dieu ».

C’est sur un sommet éblouissant que nous sommes transportés, en contemplant un tel mystère. Tout au long de son histoire, l’Eglise, par la voix de ses Papes, de ses théologiens, de ses mystiques ou de ses fidèles ont félicité l’humble Marie de cette dignité suprême qui l’exalte bien au-dessus de toutes les créatures et la constitue non seulement Reine des hommes, mais aussi Reine des Anges.

Par sa maternité divine, nous dit saint Thomas d’Aquin, la grandeur de Marie touche « à l’infini ».

A ce titre, Elle approche Dieu de si près qu’Elle semble se perdre dans les abîmes de la Trinité. L’évocation d’une telle sublimité qui lie si étroitement la Vierge-Mère au Verbe Incarné et la fait entrer par là même, réellement, dans la Famille de Dieu, donne le vertige. Tout le reste, c’est-à-dire tout ce que la Foi catholique nous enseigne sur Marie ne peut vraiment bien se comprendre qu’à partir de cette réalité lumineuse qu’est sa maternité en tant que « divine », ayant pour terme Dieu fait homme pour le salut des hommes. C’est de cette source que découle en particulier le mystère de sa maternité spirituelle, de sa maternité de grâce à l’égard des âmes, promulguée solennellement par Jésus crucifié, à l’heure où précisément Elle nous enfantait à la vie divine dans sa douleur de Co-rédemptrice : « Voici ton Fils », « Voici ta Mère ».

Le Pape saint Pie X explique qu’en devenant mère du Christ, tête du Corps mystique, Marie devient radicalement la mère spirituelle de ceux qui sont ses membres. Autrement dit, nous sommes tellement solidaires du Christ (qui s’est fait l’un de nous pour qu’une même Vie divine circule entre Lui et nous) qu’il est impossible à Marie d’être la mère du Christ sans être en même temps la mère de ceux qui Lui sont unis par la Foi, qu’il lui est impossible d’être la mère du Sauveur sans être la mère des sauvés, qu’il lui est impossible d’aimer Jésus d’un amour maternel, sans étendre cet amour à tous les hommes.

Oui, Marie nous aime. Elle nous chérit, non pour ce que nous valons ou ce que nous faisons pour Elle, mais à la mesure de son Cœur qui est à la mesure du Cœur de Jésus. Et c’est parce qu’Elle nous aime si parfaitement qu’Elle se montre très exigeante à notre égard, nous apprenant à tout quitter pour « suivre l’agneau partout où il va ».

Son sublime rôle d’éducatrice spirituelle consiste, en effet, à nous élever jusqu’à Dieu, en nous accompagnant à travers les étapes de notre vie spirituelle en nous communiquant toutes les grâces actuelles par lesquelles se préserve, se répare et s’accroît la Vie surnaturelle reçue au Baptême.

A nous de nous maintenir sous sa bienfaisante influence.

A nous de la laisser faire (par un abandon de tous les instants entre ses mains expertes) jusqu’à ce que soit achevée notre configuration à « l’image du Fils » (Rom. VIII 29), Lui qui, à Noël, a épousé notre humanité pour nous rendre participants de sa divinité.

Père Pierre Cousty

Nous débutons l'année nouvelle en célébrant la fête de Marie, Mère de Dieu, Theotokos.

La Sainte Vierge offre au monde le Messie qui est la bénédiction de Dieu pour chaque homme et pour le monde entier. C'est sur cette bénédiction que se fondent les vœux que nous échangeons aujourd’hui : des vœux de bien, parce qu'en Christ Dieu nous a comblé de tous les biens ; des vœux de paix, car "c'est lui qui est notre paix".

C'est dans ce contexte liturgique que s'inscrit aujourd'hui la Journée mondiale de la Paix qui a pour thème cette année Éducation, travail, dialogue entre les générations

Que Marie, Reine de la paix, nous aide tous à édifier ensemble ce bien fondamental de la coexistence humaine. Ce n'est que de cette façon que le monde pourra progresser sur la voie de la justice et de la solidarité fraternelle.

Bonne année ! Jean-Paul II – 2005.

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28 novembre 2021 7 28 /11 /novembre /2021 22:05

Lecture du livre de la Genèse 3, 9-15. 20

Marie conçue sans péché, a donné au monde le Fils qui a écrasé le mal qui rongeait l’humanité.

Quand Adam eut mangé du fruit de l’arbre, le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » L’homme répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché ». Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé ». Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé ». Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon ».

L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. – Parole du Seigneur.

Psaume 97

R/ : Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles.

  • Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ; par son bras très saint, par sa main puissante, il s'est assuré la victoire. R/
  • Le Seigneur a fait connaître sa victoire, et révélé sa justice aux nations ; il s'est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d'Israël. R/
  • La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, sonnez, chantez, jouez ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1, 3-6. 11-12

De toute éternité, nous sommes devant les yeux de Dieu et il a choisi de nous sauver. Benoit XVI.

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.

En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ. – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Je te salue, Marie, Comblée-de-grâce : le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 26-38

Ô femme remplie et plus que remplie de grâce, dont la surabondante plénitude se répand sur tout la création pour la rétablir ! Anselme de Cantorbéry.

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ». Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ».

Alors l’ange la quitta. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Si l’Eglise a voulu que la fête de l’Immaculée Conception soit célébrée au cœur de l’Avent, ce n’est pas sans raison. C’est pour nous montrer que Dieu lui-même a préparé la venue de son Fils en ce monde en lui choisissant une mère digne de Lui.

L’Eglise, Maîtresse de Vérité nous enseigne qu’en désobéissant à Dieu nos premiers parents Adam et Eve perdirent la vie de la grâce : cette vie divine d’intime communion à Dieu qui devait les conduire au Ciel. Cet état de séparation d’avec Dieu qui porte le nom de péché originel s’est transmis à tous les hommes. C’est ainsi que depuis Adam et Eve toute âme humaine arrive à l’existence en état de péché c'est-à-dire privée de la vie de communion intime avec Dieu. Il existe cependant une exception, une seule : c’est la Vierge Marie.

Par une grâce et un privilège de Dieu tout puissant celle qui devait être la Mère du Rédempteur fut conçue sans péché. Dès le premier instant son âme se trouve totalement immunisée à la faute originelle. Et la conséquence logique de cette singulière préservation c’est qu’en Elle l’absence de péché fut totale. Jamais chez Elle le moindre péché véniel, jamais la moindre imperfection.

Ce n’est là, pourtant, que le côté négatif d’une réalité sublime : il ne suffit pas, en effet, de dire que Marie est sans péché il faut dire aussi et surtout qu’Elle est la Toute-Sainte et cela d’une manière indépassable.

Nous tous, autant que nous sommes, nous savons par une douloureuse expérience que deux forces opposées travaillent notre âme et s’en disputent la maîtrise. Il y a une force de mort (qui est une conséquence du péché originel). Elle pèse de tout son poids sur nos énergies et nous attire sans cesse vers le bas (vers la fange des marécages où l’on s’enlise).

Mais il y a aussi une force de vie qui nous pousse vers les cimes, vers les choses d’En-Haut vers tout ce qui est bien, grand et beau, c'est-à-dire vers Dieu.

Or, en Celle que nous appelons l’Immaculée, il n’y a aucune puissance de mort, aucun attrait vers le bas. Tout en Elle n’est que tension et propulsion vers le Haut, jaillissement vers le Ciel. Tel un feu qui monte sans cesse, ainsi les pensées, les aspirations, les sentiments de Marie s’élèvent constamment vers le Ciel. Elle est vraiment « la petite Servante du Seigneur dont les yeux sont fixés sur la personne de son Maître pour obéir à ses moindres désirs – qu’il me soit fait selon ta Parole ».

Elle est toujours disponible pour faire ce que Dieu veut. Son unique souci, sa suprême ambition c’est d’aimer toujours plus, sans mesure, sans limites, le Seigneur et son prochain. « De tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force ».

Marie n’appartient qu’à Dieu, elle lui est entièrement consacrée, elle ne vit que pour Lui

- Toutes ses pensées et tous ses désirs sont pour Lui, elle est toujours en état de prière.

- Toutes ses occupations, qui le plus souvent, sont celles d’une humble ménagère (mère de famille) sont accomplies par amour pour Lui.

Comme nous avons raison de lui adresser, à la suite de l’ange, ce beau compliment du « Je vous salue » ce qui veut dire « en vous il n’y a que la Vie divine, vous êtes la personne la plus comblée de Dieu, vous êtes son chef d’œuvre, sa plus belle réussite ».

Frères et sœurs, nous avons tous fait cette constatation : lorsqu’un miroir bien propre baigne dans la lumière éblouissante du soleil, il resplendit comme le soleil lui-même : on dirait qu’il contient le soleil. C’est encore plus vrai et plus beau lorsqu’il s’agit de Marie : parce que son cœur est Immaculé et tout rayonnant d’amour il reflète avec éclat la lumière étincelante de Dieu, sa parfaite sainteté.

Cette richesse de grâce, cette sainteté suréminente qui fait de Marie la créature la plus proche de la Sainte Trinité, ne l’isole pas pour autant des pauvres pécheurs que nous sommes. Bien qu’elle ne soit pas née pécheresse, elle est une fille de notre race et reste par conséquent très proche de nous. D’ailleurs Dieu ne l’a si totalement comblée, si totalement possédée que pour nous la donner plus totalement en faisant d’Elle notre Mère dans l’ordre de la grâce. Donc loin de nous laisser décourager par cette prodigieuse réussite qu’est la Vierge Immaculée, toute Sainte, disons-nous bien que sa grandeur incomparable n’est pas autre chose, en fait, que l’œuvre de la grâce de Dieu en Elle et que si Dieu nous a appelés à l’existence c’est pour réaliser aussi dans nos âmes une œuvre de grâce toute semblable.

Oh certes ! Nous ne sommes pas « nés immaculés », mais nous pouvons le devenir. N’est-ce pas d’ailleurs tout le sens de notre croissance spirituelle ? Du développement en notre âme de la vie divine, cette vie divine que nous avons reçue, à notre tour au moment du baptême, non pas en plénitude (c’est bien évident) mais à l’état de germe. Cette croissance spirituelle doit se réaliser peu à peu, dans l’exacte mesure où nous laissons à Dieu la liberté de nous modeler pour nous configurer à l’Image de Jésus. Et sommes-nous assez convaincus que pour nous aider à progresser à pas d’amour sur cette route de la sanctification nous avons besoin de contempler assidûment celle qui est le prototype inégalable de la perfection souhaitée par Dieu : Marie Immaculée, la Toute-Sainte.

N’avez-vous pas remarqué, frères et sœurs, que dès qu’on s’approche d’Elle et que, dans une prière contemplative, on se laisse fasciner par le charme de son regard et de son sourire : on se sent déjà meilleur, on est comme plongé dans un bain de pureté, de douceur et d’amour, on reprend courage et on trouve des nouvelles forces pour mieux prier, travailler souffrir et aimer. La Vierge de Lumière, Mère de la Divine Grâce éduque avec un art consommé l’âme qui se livre totalement à son influence maternelle. Elle sait la détacher de tout ce qui pourrait entraver ou freiner son élan vers les choses d’En-Haut... En ennoblit spirituellement et attire en elle les grâces de l’Esprit-Saint, l’Esprit de Sainteté.

Oui, heureuse l’âme qui, ayant compris ce grand secret de la vie spirituelle s’établit par une consécration totale d’elle-même dans le Cœur Immaculé de Marie. Elle est dans un ascenseur qui peu l’élever, si elle est fidèle, jusqu’aux sommets de l’Amour et de l’Union à Dieu.

Amen.

 

Nouvelle Préface

Vraiment, il est juste et bon, pour ta gloire et notre salut, de t'offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Seigneur, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant.

Car tu as préservé la Bienheureuse Vierge Marie de toute souillure du péché originel, tu l’as comblée de ta grâce en plénitude pour préparer en elle une mère vraiment digne de ton Fils et manifester l’origine de l’Église, l’Épouse sans tache ni ride, resplendissante de beauté. Cette vierge très pure devait nous donner le Fils, l’Agneau innocent qui effacerait nos fautes. Pour ton peuple, tu la disposais à être, parmi toutes les femmes, l’avocate de la grâce et le modèle de la sainteté.

C’est pourquoi, unissant nos voix à celles des anges, nous te louons dans la joie en proclamant : Saint !...

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18 novembre 2021 4 18 /11 /novembre /2021 08:31

Lecture du livre de Zacharie 2, 14-17

« Réjouis-toi, fille de Sion, voici que je viens ».

Chante et réjouis-toi, fille de Sion ; voici que je viens, j’habiterai au milieu de toi, déclare le Seigneur. En ce jour-là, des nations nombreuses s’attacheront au Seigneur, elles seront pour moi un peuple, et j’habiterai au milieu de toi.

Tu sauras que le Seigneur de l’univers m’a envoyé vers toi. Le Seigneur prendra possession de Juda, son domaine sur la terre sainte ; il choisira de nouveau Jérusalem. Que toute créature fasse silence devant le Seigneur, car il se réveille et sort de sa Demeure sainte. - Parole du Seigneur.

Cantique de Luc

R/ : Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Ou : Heureuse Vierge Marie qui portas en toi le Fils du Père éternel !

  • Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! R/
  • Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! R/
  • Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. R/
  • Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. R/
  • Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. R/

ou

Psaume 45

R/ : Vierge Marie, pleine de grâce, tu es bénie entre les femmes.

  • Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille : oublie ton peuple et la maison de ton père : le roi sera séduit par ta beauté. R/
  • Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui. Alors, les plus riches du peuple, chargés de présents, quêteront ton sourire. R/
  • Fille de roi, elle est là, dans sa gloire, vêtue d’étoffes d’or ; on la conduit, toute parée, vers le roi. R/
  • Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ; on les conduit parmi les chants de fête : elles entrent au palais du roi. R/

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12,46-50

« Étendant la main vers ses disciples, il dit : “Voici ma mère et mes frères” ».

En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler ». Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

21 Novembre

En célébrant chaque année à la date du 21 Novembre le mystère de la PRÉSENTATION de la VIERGE au TEMPLE, l'Eglise veut donner à tous les fidèles l’occasion de contempler en MARIE le parfait modèle des âmes consacrées.

Cette fête mariale commémore en effet un événement caché, mais décisif, qui a marqué l'enfance de l'Immaculée : celui de sa totale Consécration à Dieu.

Ayant très vivement pris conscience, dès l'éveil précoce de sa raison, de l'extraordinaire Amour dont elle était l'objet de la part de Dieu, la petite Marie se porta vers Lui avec tout l'élan de son Cœur entièrement possédé par la Grâce.

A cet Amour unique, elle ne voulut répondre - et cela dès le premier instant de sa vie consciente - que par un amour exclusif qui traduisait son intention très pure de plaire à Dieu à tout instant et en toutes choses et de se consacrer à son service d'une manière absolue dans un véritable esclavage d'amour.

Le Jour vint où l'Esprit-Saint lui fit comprendre combien la pureté virginale est agréable aux regards divins.

Et dès lors, ayant le désir très fort de garder toujours une si précieuse vertu et d'en rendre par un vœu la pratique plus excellente et plus stable, Elle se lia par un engagement formel et explicite.

On sait que Marie Elle-même s'est référée à cette décision irrévocable, au moment de l'Annonciation lorsqu'elle a déclaré à l'ange Gabriel : « Je ne connais point d'homme » (Luc I. 34)

Ce qui veut dire : « Je suis vierge » et « Je veux le rester ».

Contempler avec « Les yeux illuminés du cœur » cet acte sublime de totale Consécration - TOTUS TUUS - accompli en sa tendre enfance par Marie, la Grande Favorisée de Dieu, devrait nous inciter à vivre dans toute sa plénitude le Premier Commandement (qu'on a trop tendance à oublier aujourd'hui) : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu ».

Il faut bien comprendre, en effet, que toute consécration implique une adoration, parce qu'il n'est pas possible de se présenter à Dieu sans mourir a soi-même.

Or, qu'est-ce que l'adoration, en fait, sinon une mort à soi-même permettant une remise totale de soi à Dieu ?

L'âme qui adore d'une manière authentique c'est celle qui reconnaît que Dieu est tout et qu'elle même n'est rien ; que tout ce qu'elle a reçu vient de Dieu et qu'elle doit tout restituer à Dieu. Mais un tel sentiment ne peut fleurir que dans un cœur pauvre, absolument désencombré, dépouillé de tout attachement aux créatures ou à soi-même.

Dans l'adoration « en esprit et en vérité » on offre sa vie à Dieu, et c‘est bien cela le véritable esprit de la consécration.

Oui, cette vie que nous tenons de Dieu notre Père il faut que nous ayons la volonté très ferme de la lui remettre à tout instant’ sans réserve aucune, dans la confiance et dans la joie, pour qu'Il puisse en disposer selon son bon plaisir en vue de notre plus grand bien ; autrement dit pour qu'Il puisse la modeler et faire d'elle ce qu'Il rêve d'en faire : un véritable chef-d’œuvre de sainteté.

L'adoration véritable implique donc cette disposition intérieure que les auteurs spirituels appellent l'abandon (à ne pas confondre avec l'abandon psychologique qui est une mollesse, un refus à se déterminer).

Cette attitude d'abandon, Marie l'a cultivée tout au long de sa prodigieuse ascension spirituelle, ne voulant être qu'une toute petite enfant complètement enveloppée par l'Amour de prédilection du Père, s' appuyant uniquement sur le roc de sa miséricorde et n'acceptant qu'une chose : être portée par cet amour et cette miséricorde.

L'humble Marie nous apparaît ainsi comme l'illustration la plus parfaite de cette petitesse évangélique que Jésus nous demande si instamment de pratiquer au cours de notre pèlerinage terrestre et sans laquelle, nous affirme-t-il, il n'est pas possible d'entrer dans le Royaume de Dieu.

« Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas ».

Lorsqu'il prononçait ces paroles - et d'autres semblables - Notre-Seigneur ne pouvait qu'évoquer en son esprit l'image de sa Très Sainte Mère qui vivait si héroïquement le mystère de sa Consécration totale dans l'abandon et la petitesse les plus absolus.

Et c'est la raison pour laquelle Il a voulu, dans sa divine Sagesse, non seulement nous la proposer comme modèle, mais, bien plus encore, nous la donner comme Mère de nos âmes. C'est pour qu'en l'accueillant, par un libre choix dans notre vie intime, à l'exemple de Saint Jean, nous acceptions de lui confier notre éducation d'enfants de Dieu.

C'est pour qu'en nous consacrant à Elle (qui fut toujours toute à Dieu), en nous abandonnant à Elle, en vivant la petitesse évangélique dans ses bras maternels, nous parvenions à être de plus en plus abandonnés dans les bras du Père, soucieux uniquement d'accomplir fidèlement sa très Sainte Volonté.

Ce « Secret de Grâce » comme dit Saint Louis Marie de Montfort, est magnifiquement résumé dans les deux mots que Jean Paul II a choisis comme devise : « Totus Tuus ».

Que cette devise soit aussi la nôtre : « Je suis tout à Toi, ô Marie, pour être tout à Dieu ».

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 08:23

Lecture du livre de Michée 5, 1-4a

Ainsi parle le Seigneur : Toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d'autrefois. Mais Dieu livrera son peuple jusqu'au jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix ! - Parole du Seigneur.

ou bien :

Lecture du premier livre des Rois 3, 5. 7-12

En ces jours-là, à Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur apparut en songe à Salomon. Il lui dit : « Demande ce que je dois te donner. Salomon répondit : « Ainsi donc, Seigneur, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter, et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple qui est si important ? »

Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi ». – Parole du Seigneur.

Psaume

R/ J'exulterai de joie en Dieu, mon Seigneur.

  • Je tressaille, je tressaille à cause du Seigneur ! Mon âme exulte à cause de mon Dieu ! Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice. R/
  • Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations. R/
  • Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas, et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse que son juste ne monte comme l’aurore, que son Sauveur ne brille comme la flamme. R/
  • Et les nations verront ta justice ; tous les rois verront ta gloire. On te nommera d’un nom nouveau que la bouche du Seigneur dictera. R
  • Tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur, un diadème royal entre les doigts de ton Dieu. R/

Alléluia. Alléluia. Célébrons la naissance de la Vierge Marie : en elle, le rameau de Jessé a fleuri, par elle, Dieu, notre Dieu, nous bénit. Alléluia.

Commencement de l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1,1-16. 18-23

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets

[Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham : Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.

David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ (ou Messie).]

Voici comment fut engendré Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela arriva pour que s’accomplit la parole du Seigneur prononcée par le prophète : « Voici que la Vierge concevra, et elle mettra au monde un fils ; auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

La Nativité de Marie que nous célébrons le 8 septembre en communion avec toute l’église se présente sous la forme d’un joyeux anniversaire. Elle commémore la venue au monde de celle qui devait devenir la Mère du Sauveur et notre Mère à tous dans l’ordre de la grâce.

Cette naissance de Marie au foyer de deux juifs très saints : Joachim et Anne fut la cause d’une immense joie non seulement sur la terre : ses parents et les personnes de son entourage, mais encore au ciel : parmi les anges qui depuis toujours avaient attendu ce moment ineffable et aussi parmi les âmes des prophètes et des justes de l’Ancien Testament qui avaient vécus, pleins de Foi et d’Espérance, dans l’attente « de cette aurore annonçant le jour ».

Cette joie profonde l’Eglise aujourd’hui la fait sienne et la fait éclater dans toutes ses prières. Ce qui la réjouit tout particulièrement – ce qui donc nous réjouit, puisque l’Eglise c’est nous – c’est de savoir par la Foi que la petite Marie qui vient de naître (et qui à première vue ressemble aux autres nouveau-nés) n’est pas une enfant comme les autres. Sans doute, étant fille de notre race elle épouse la petitesse et la faiblesse de notre nature, mais un autre monde réside en son âme : le monde de la grâce de la vie divine.

« La petite sainte Vierge d’un jour », comme dit Thérèse de Lisieux, est celle qui bien avant sa naissance (dès le premier instant de sa conception) est l’Immaculée, la sans tâche, la toute pure, la créature la plus parfaite que la terre ait jamais porté. En vertu de ce privilège unique, qui l’a préservée du péché originel, elle commence sa vie terrestre à un degré éminent de sainteté. Admirablement dotée par la nature et par la grâce, elle est vraiment le chef-d’œuvre de l’amour de Dieu et la gloire du genre humain.

Comprenons bien cependant que ce n’est pas pour elle seule que Dieu a fait d’elle un admirable chef-d’œuvre : en le dessinant avec amour il avait en vue un chef-d’œuvre plus achevé encore : son Fils Unique : Le Christ Jésus. « Dieu en créant cette enfant avait sa pensée en Jésus-Christ, nous dit Bossuet, il ne travaillait que pour Lui ».

Destinée à devenir la Mère du Rédempteur, la douce fille de Joachim et d’Anne sera le Temple où s’accomplira cette merveille des merveilles qui est l’union des deux natures du Christ, la Divine et l’Humanité, en une seule personne. Il importe donc que tout en Elle soit digne de celui qui viendra y prendre corps. Marie, (il ne faut jamais l’oublier) est toute relative à son divin Fils. C’est pourquoi dès le premier instant Dieu la prépare à sa fonction maternelle, en lui octroyant des grâces tout à fait exceptionnelles. On peut donc dire que la beauté de Marie est à l’image de Jésus qu’on a appelé « le plus beau des enfants des hommes » : elle anticipe cette beauté.

Puisque Jésus doit recevoir d’Elle tout ce qu’il possèdera au plan humain, qu’il lui ressemblera psychologiquement aussi bien que physiquement n’est-il pas normal, qu’en tant que Verbe de Dieu, il prépare à l’avance l’âme de sa propre Mère, qu’il lui confère toute la sainteté qu’il aimera trouver en Elle au jour de l’Incarnation. L’Eglise est à ce point saisie par la contemplation de ce que la petite Marie doit être un jour, qu’à considérer les textes liturgiques on pourrait prendre la fête de la naissance de la Vierge pour une fête de sa maternité divine.

Nombreuses sont en effet, les prières qui célèbrent cette maternité comme la raison d’être de la joie d’aujourd’hui. Voici la plus connue : « Ta naissance, Vierge, Mère de Dieu a annoncé la joie au monde entier, car c’est de Toi qu’est sorti le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, c’est lui qui en détruisant la malédiction nous a apporté la bénédiction et en confondant la mort nous a donné la vie éternelle ».

Frères et sœurs, qui dit naissance dit commencement d’une aventure personnelle unique. Mais dans la naissance de Marie il y a tellement plus que le commencement d’une aventure personnelle, en raison précisément du rôle sublime qu’elle est appelée à jouer dans le plan de Dieu :

  • en tant que Mère du Christ,
  • en tant que Collaboratrice à l’œuvre de la Rédemption par l’union de ses souffrances au sacrifice de Jésus,
  • en tant que Mère spirituelle de tous les hommes et médiatrice de toutes les grâces.

En donnant à Marie un Cœur Immaculé, en l’associant très étroitement à Jésus qui est l’auteur de la nouvelle alliance, Dieu a fait d’Elle la première créature de la nouvelle création, d’une humanité revivifiée et divinisée par la grâce.

Dans cette nouvelle création, dans ce peuple de la nouvelle alliance qui est l’Eglise, Corps du Christ, nous sommes entrés à l’heure de notre baptême. Par la grâce de ce sacrement nous sommes nés de Dieu ! La vie éternelle a commencé en nous. Dans notre âme purifiée du péché originel, l’Esprit-Saint a déposé une semence de sainteté que nous avons le devoir de faire grandir en laissant à Dieu la liberté de nous guider, de nous modeler jusqu’à ce que nous parvenions à une ressemblance aussi parfaite que possible à son Fils Jésus. Mystère stupéfiant que saint Paul a exprimé en ces termes : « Dieu nous a choisis pour que nous soyons saints et sans péché devant sa Face grâce à son amour, Lui qui nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs en Jésus-Christ ».

Puissions-nous à ce jour et tous les jours, supplier avec une immense confiance celle qui est notre éducatrice spirituelle « Marie, la Mère de la Divine Grâce et le secours des chrétiens » de nous accompagner, de nous stimuler, de nous soutenir sur le rude chemin de notre sanctification : « Avec Elle (disait le grand apôtre de Marie que fut saint Maximilien Kolbe) je peux tout ». Que ce soit aussi notre conviction.

Amen.

Prière universelle

  • Comme la Vierge Marie, l’Immaculée, dans son mystère de disponibilité natale, que chacun d’entre nous devienne terreau pour l’amour de Dieu et rayonne de sa lumière et de sa paix. Seigneur nous te prions.
  • À la suite de la Vierge Marie, reine de la paix, que notre Église soit le signe de l’alliance d’amour de Dieu avec l’humanité, afin que nos dirigeants y puisent les ressources nécessaires pour établir la justice et la paix. Seigneur nous te prions.
  • Avec la Vierge Marie, l’Immaculée, soyons présents auprès des familles en souffrance, soutenons les, afin qu’elles s’appuient sur Dieu, dans la confiance et l’espérance, pour dépasser et apprendre à vivre avec les difficultés. Seigneur nous te prions.
  • Avec la Vierge Marie, Mère de l’humanité, ayons à cœur de transmettre à nos enfants la joie de dire oui au Christ Jésus ! Seigneur nous te prions.

Source de la P.U. : http://cathonimes.fr

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28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 14:50

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Thessaloniciens 5, 1-6.9-11

Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre. Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix ! Quelle tranquillité ! » C’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper. Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres. Car Dieu ne nous a pas destinés à subir la colère, mais à entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ, mort pour nous afin de nous faire vivre avec lui, que nous soyons en train de veiller ou de dormir. Ainsi, réconfortez-vous mutuellement et édifiez-vous l’un l’autre, comme vous le faites déjà. – Parole du Seigneur.

Psaume 26

R/ : J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants.

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/
  • J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple. R/
  • J’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur. » R/

Alléluia. Alléluia. Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 4, 31-37

En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité. Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte : « Ah ! Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Chers frères et sœurs, tous, une fois ou l’autre, nous avons été étonnés par une appellation que Jésus emploie en s’adressant à Marie, sa Mère Bien-Aimée.

Il l’a prononcée une 1ère fois à l’occasion des Noces de Cana : « Femme que me veux-tu ? », mais Il l’a prononcée et encore plus solennellement une 2ème fois, lorsque son heure étant venue, Il agonisait sur la Croix, offrant à son Père, son Sacrifice d’Amour pour le salut des hommes : « Femme voici ton Fils ».

Ce mot « Femme » qui chez nous, serait considéré plutôt comme méprisant, ne l’était pas chez les Juifs.

Dans la bouche de Jésus, il évoque même un des plus beaux aspects du Mystère de Marie : Marie est la Femme Idéale, la Femme par Excellence.

« Tu es bénie entre toutes les femmes », lui disons-nous si souvent dans le « Je vous salue ». Et si nous pouvons l’exalter de la sorte, c’est parce qu’avec Elle, nous sommes en présence du Mystère de la Femme, en ce qu’il a de plus profond.

Plusieurs passages de la Bible et notamment les premiers chapitres de la Genèse nous révèlent (pour peu que nous soyons attentifs), ce qui caractérise la Femme dans la pensée de Dieu : aux yeux du Créateur, la Femme est avant tout une Médiatrice d’Amour.

C’est là, avant tout, son rôle d’Epouse, son rôle d’Associée de l’homme.

Si, Elle est plus faible que lui, plus vulnérable, c’est pour pouvoir aimer plus.

Si, Elle reçoit moins de puissance, c’est pour pouvoir exercer une douce autorité d’amour.

Or, cette Médiation d’Amour, lorsqu’il s’agit de Marie, acquiert une dimension incroyable, disons même, qu’elle atteint sa plus haute perfection, car chez Elle, Elle n’est pas fondée uniquement sur la nature, mais avant tout sur le Grand Mystère du Sacerdoce de Jésus, c’est à dire sur le fait que Jésus, est le parfait Médiateur entre Dieu et les hommes.

La Foi nous révèle, en effet, que grâce à Lui, grâce à son Sacrifice d’une valeur infinie offert sur la Croix, Jésus nous a mérité le pardon et le don incomparable d’une vie nouvelle.

Grâce à ce Mystère, tout homme à la possibilité de rencontrer Dieu, de devenir enfant de Dieu et de vivre dès cette terre, dans une merveilleuse intimité avec Dieu, en attendant de pouvoir partager un jour, son bonheur infini dans une éternelle vision Face à Face.

D’ailleurs, Jésus Lui-même en déclarant « nul ne peut aller au Père, sans passer par Moi », n’a-t-il pas clairement indiqué qu’il est pour tout homme, venant en ce monde, l’Unique Chemin du Salut et la Porte d’Entrée dans le Royaume de Dieu ?

La Foi nous apprend aussi, que de ce point de vue, Marie, peut-être a juste titre, considérée comme un Chemin très sûr pour aller à Dieu et comme la Porte du Ciel – non seulement parce qu’Elle est la Mère du Médiateur, mais aussi et surtout, parce qu’ayant coopéré d’une manière unique à l’œuvre de notre salut, Jésus a voulu qu’Elle soit la Médiatrice de son Amour, la Médiatrice de toutes les Grâces.

Il ne faudrait surtout pas voir cette Médiation Universelle de Marie comme quelque chose de surajouté.

C’est une Médiation qui s’exerce à travers la Médiation même du Christ qui est entièrement dépendante de la sienne.

Essayons de saisir un peu, en quoi elle consiste et de quelle manière elle s’exerce à notre égard. L’Eglise nous enseigne que ce rôle de Médiatrice par excellence que Dieu dans sa Sagesse a confié à Marie, implique en fait, trois dimensions :

Marie est tout d’abord, Médiatrice d’intercession : Elle est celle qui est toujours là et toujours disponible, pour écouter nos demandes et recevoir nos misères et nos pauvres offrandes.

Et c’est bien ce premier aspect que Saint Jean met admirablement en lumière dans le récit des Noces de Cana.

Marie n’est-elle pas, Celle qui devine en premier lieu la misère des serviteurs « ils n’ont plus de vin ». 

Nous voyons là, à quel point, Elle est attentive, à tout et à tous.

Pour Elle, en effet, il n’y a pas de petites choses, rien ne peut la laisser indifférente.

Si nous transposons cela au plan spirituel, nous comprenons que Marie est Celle qui prend dans son Cœur la misère de ses enfants pour la présenter à Jésus. Et Elle intervient de telle manière que Jésus ne peut pas refuser, Il ne peut alors que transformer notre misère en Amour, comme Il a transformé l’eau en vin.

Cette Médiation, qui toujours intercède, va finalement très loin : en fait, elle n’a pas de limites et elle ne peut pas en avoir, parce que c’est une Médiation de Miséricorde.

Marie nous enveloppe tous de sa prière perpétuelle, mais Elle n’intervient pas seulement pour nous qui sommes ses enfants bien-aimés (mais tellement pécheurs, hélas, tellement ingrats et superficiels) Elle étend aussi sa puissante influence à tous les hommes, quels qu’ils soient, parce que Jésus veut qu’Elle soit vraiment la Maman de tous et la Reine du Monde.

Retenons donc, frères et sœurs, que c’est d’abord, dans cet ordre de la prière et de la prière suppliante que Marie est notre Médiatrice, et que cela nous détermine à prendre une première résolution : celle de confier toutes nos intentions, qu’elles soient d’ordre matériel ou d’ordre spirituel, à l’intercession toute puissante de notre Maman du Ciel.

Imitons en cela, l’attitude du petit enfant qui recourt à sa mère à tout instant et à propos de tout, sans crainte de l’importuner, avec une confiance absolue, car il ne peut douter un seul instant de sa sollicitude maternelle, de sa tendresse et de sa bonté.

Nous pourrions obtenir tellement plus de la Grande Avocate, si nous savions la prier plus.

Elle-même, d’ailleurs, n’a pas manqué d’attirer notre attention sur ce point.

C’était en 1830, lors de son apparition à Sainte Catherine Labouré, dans la Chapelle de la rue du Bac à Paris : cette première grande apparition des temps modernes dite de la Médaille Miraculeuse. La voyante avait observé que sur les mains tendues de la Vierge, il y avait des pierreries qui émettaient des rayons…

« Ces pierreries et ces rayons, dit Marie, sont le symbole des Grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent… » puis, montrant certaines de ces pierreries qui n’émettaient aucune lumière, « quant à celles-ci, elles sont le symbole des Grâces que l’on oublie de me demander… »

Faisons donc, en sorte, frères et sœurs, pour qu’il n’y ait plus un seul oubli dans nos suppliques à cette « Reine aux mains jointes » dont l’influence sur le Cœur de Jésus son divin Fils est irrésistible.

Il y a une Deuxième Médiation de Notre-Dame : c’est celle qu’Elle exerce en tant que Mère.

La mère, c’est essentiellement celle qui donne la vie… Et nous croyons, avec toute l’Eglise que Marie est notre Mère spirituelle, parce qu’Elle nous donne la vie divine, la vie nouvelle des enfants de Dieu.

Pour bien comprendre ce que représente cette Médiation Maternelle de Marie, il faut regarder attentivement ce qui se passe à la Croix.

A la Croix, Marie est pleinement associée au Sacrifice de Jésus. En union, avec le Bon Pasteur, Elle aussi, donne généreusement sa Vie pour les brebis du Christ ; Elle accepte en cette heure douloureuse de mourir mystiquement dans son Cœur de Mère, préférant notre vie divine, à la vie temporelle de son Enfant Bien-Aimé. Au moment de la Passion, Marie est tellement liée au Sacerdoce de Jésus, à sa mission de Médiateur, qu’Elle est vraiment Celle qui dans son Cœur de Mère, nous engendre à la vie divine. Et c’est bien dans ce sens, qu’il faut entendre les paroles du Christ agonisant : « Femme, voilà ton Fils… Jean, voilà ta Mère ». La Femme, je vous le disais en commençant, est l’associée de l’homme dans son rôle de Médiatrice d’Amour. Debout au pied de la Croix, Marie est la Nouvelle Eve, qui fait œuvre commune avec Jésus, le Nouvel Adam. Et c’est pour cette raison que Dieu l’établit comme instrument de la Grâce.

O ! Certes, Dieu aurait bien pu se passer d’un tel instrument, il ne lui était pas nécessaire, mais Il l’a voulu pour que soit manifestée la merveilleuse gratuité et l’étonnante surabondance de son Amour.

Ainsi donc, chers frères et sœurs, nous osons affirmer que le mystère de la grâce, c’est à dire la vie surnaturelle, la vie divine que nous recevons comme un germe au Baptême, nous est bien donnée, c’est absolument sûr, par le Saint-Esprit, mais que le Saint-Esprit, en fait, ne la communique qu’en passant par Marie.

Comme nous le chantons dans les Litanies, Marie est vraiment la Mère de la Divine Grâce… et c’est essentiellement en raison de cette Maternité de grâce, que Marie nous est si proche et que nous lui sommes si proches.

Entre Elle et nous, il n’y a pas de distance. Elle est particulièrement présente à cette vie divine qui est en nous, Elle l’enveloppe de son incomparable tendresse et en union avec le Saint-Esprit, Elle coopère activement à son accroissement, n’ayant qu’en seul souci, une seule ambition : faire de nous des copies vivantes de Jésus-Christ.

Ici, frères et sœurs, nous pourrions peut-être nous poser une question :

Marie, peut-elle effectivement exercer en nous son rôle maternel, qui est de donner la vie divine, qui est de faire grandir, de faire épanouir cette vie ?

Oui, Elle peut le faire, mais cela dépend en grande partie de nos dispositions.

Sommes-nous décidés, Oui ou Non, à écouter le conseil qu’Elle donnait aux serviteurs des Noces de Cana et qu’Elle ne cesse de répéter sous une forme ou sous une autre au cours de ses apparitions : « faites tout ce qu’Il vous dira ».

Suivre ce conseil, dans la pratique, cela signifie que nous sommes prêts à nous réformer sans cesse intérieurement, à changer coûte que coûte notre mentalité pour pouvoir vivre toutes les exigences exprimées par le Christ en son Evangile et enseignées par son Eglise.

Cela veut dire que nous sommes prêts à utiliser à fond tous les moyens qui nous sont proposés et qui sont indispensables pour progresser dans la Foi, l’Espérance et l’Amour et parvenir à une communion de plus en plus intime avec le Seigneur, en particulier la Prière et les Sacrements. Pour nous aider à avancer avec courage, avec persévérance sur ce chemin d’une vie chrétienne authentiquement vécue, il y a un secret, recommandé par des Grands Saints comme Saint Louis Marie Grignion de Montfort et Saint Maximilien Kolbe, recommandé aussi très fort par notre Pape Jean-Paul II : c’est de confier à Marie, notre Education d’enfants de Dieu, par une Consécration totale entre ses mains de nos personnes et de nos vies.

« Totus Tuus » « Je suis tout à Toi, ô Marie ».

Oui, tout à Toi, pour mieux écouter Jésus, pour mieux me laisser posséder par Jésus et vivre en communion de plus en plus parfaite avec Lui et avec tous mes frères.

Il y a enfin une Troisième Médiation de Marie, dont on ne parle pas beaucoup (et c’est dommage !), car elle est particulièrement importante en ces temps dangereux qui sont les nôtres, où nous assistons à un déchaînement sans précédent des forces du mal, à une offensive sur tout les fronts, de la part de Satan, le Grand Ennemi des hommes.

Marie est, en effet, la Femme qui a reçu de Dieu la mission d’écraser la tête du Serpent (comme cela nous est montré sur la Médaille Miraculeuse).

Etre toujours à la pointe du combat contre Satan, fait partie de son rôle de Médiatrice Universelle. C’est encore Saint Jean qui nous révèle cela, lorsqu’au chapitre 12 de son Apocalypse, il nous montre face au Dragon rouge-feu, « la Femme enveloppée du Soleil, la Lune sous ses pieds et une Couronne de 12 étoiles sur sa tête ».

Oui, Marie, notre Reine, est une vaillante Mère, qui lutte sans cesse pour ses enfants ; « plus terrible qu’une armée rangée en bataille… »

Mais cette Mère si courageuse entend bien ne pas lutter toute seule, car le véritable enjeu du combat, c’est nous. Voilà pourquoi, Elle nous demande instamment (au cours de ses apparitions et par la voix de l’Eglise) de combattre énergiquement à ses côtés et sous ses ordres.

Et Elle nous donne une arme, une arme qui à ses yeux est l’Arme Absolue, une arme souverainement efficace : c’est le Rosaire, l’humble chapelet, qu’Elle nous presse de réciter chaque jour, moyennant quoi, Elle nous promet la victoire de l’Amour sur toutes les puissances du mal :

« A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera et un temps de Paix sera donné au Monde ».

Telles sont, frères et sœurs, les trois grandes dimensions de la Médiation Mariale ; Marie, la Femme par Excellence est :  

  • Médiatrice d’Intercession,
  • Médiatrice Maternelle dans la Communication de la Vie Divine,
  • Médiatrice de force dans la lutte contre le Démon.

L’Eglise exprime sa Foi à l’égard de cette vérité en parant Marie de titres divers, plus beaux les uns que les autres (et rien n’interdit d’en ajouter quelques-uns uns de notre invention).

Ne nous lassons pas de les lui redire au cours de nos journées, avec admiration, avec amour.

O Marie ! Toi qui es Notre Avocate,
Notre-Dame du Perpétuel Secours,
Notre-Dame des Victoires,
Toi, qui es la Cause de notre Joie et la Porte du Ciel,
Toi, qui es l’Espérance des Désespérés,
Toi, la Reine de France et la Reine du Monde,
Reste toujours près de nous,
Veille sur nous, protège-nous,
Enveloppe-nous de ton Indicible Tendresse.
Dans ton Cœur Immaculé,
nous déposons toutes nos intentions personnelles
et aussi celles de l’Eglise et de l’Humanité.
Daigne par-dessus tout intervenir,
Toi, la Mère de Miséricorde,
pour la conversion des pêcheurs,
condition d’une véritable Paix dans le Monde.
Plus que jamais, nous voulons être à Toi,
car tu es notre suprême recours,
notre dernière chance.
Conduis-nous à Jésus, notre Sauveur, notre Rédempteur.
Fais que par toute notre vie unie à la sienne,
Dieu soit pleinement glorifié,
dans le temps et dans l’éternité.
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15 août 2021 7 15 /08 /août /2021 08:17

Une petite anecdote

Don Bosco prêchait le triduum à la fête de l'Assomption dans la paroisse rurale de Montemagno près de Turin. Une sécheresse implacable sévissait et menaçait de ruiner totalement les récoltes de pommes de terre, principaux produits du pays. A moins d'une pluie prochaine et abondante, les récoltes seraient irrémédiablement perdues. 

Or voici qu'au sermon d'ouverture du triduum, Don Bosco annonce : "Mes frères, si vous venez généreusement pendant ces trois jours entendre la parole de Dieu et si vous purifiez vos consciences par une bonne confession, je vous promets de la pluie pour la clôture." Quand l'orateur descendit de chaire, le curé affolé l'aborda et lui dit : - "Don Bosco qu'avez-vous promis là? De la pluie pour la clôture ?" - "J'ai dit cela ?" fait Don Bosco, étonné. L'église fut remplie à chacune des prédications. Les confessionnaux furent pris d'assaut. Toute la population en âge de le faire communia au matin de l'Assomption. L'après-midi pour la clôture, l'église était archicomble. Pendant ce temps, le soleil narguait tout le monde dans un ciel sans nuage. 

Au moment de monter en chaire à la fin du magnificat, Don Bosco, un peu inquiet, envoie le sacristain inspecter le ciel pendant que lui-même murmure cette prière : "Bonne Mère, vous ne pouvez les décevoir ; voyez leur empressement !" Le sacristain revient en disant : "Il y a bien à l'horizon un nuage gros comme un chapeau de gendarme, mais rien de bien sérieux." 

Don Bosco monte en chaire. Le ciel s'obscurcit visiblement. Il n'a pas prononcé dix phrases qu'un coup de tonnerre formidable retentit et une bienfaisante pluie se met à tomber. Un soupir de soulagement s'échappe de toutes les poitrines. Alors le prédicateur change le thème de son sermon pour inciter à la confiance envers Notre-Dame.

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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 22:00

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3, 15-18. 4, 1. 3-6.

Frères, aujourd'hui encore, quand les fils d’Israël lisent les livres de Moïse, un voile couvre leur cœur. Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé. Or, le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté. Et nous tous qui n’avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit. C’est pourquoi, ayant reçu ce ministère par la miséricorde de Dieu, nous ne perdons pas courage. Et même si l’Évangile que nous annonçons reste voilé, il n’est voilé que pour ceux qui vont à leur perte, pour les incrédules dont l’intelligence a été aveuglée par le dieu mauvais de ce monde ; celui-ci les empêche de voir clairement, dans la splendeur de l’Évangile, la gloire du Christ, lui qui est l’image de Dieu. En effet, ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus. Car Dieu qui a dit : ‘Du milieu des ténèbres brillera la lumière’, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ. – Parole du Seigneur.

Psaume 84

J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 20-26

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou ».

Homélie

Chers frères et sœurs, nous ne bénirons et ne remercierons jamais assez Notre Seigneur, de nous avoir offert, en ces temps si mauvais et si dangereux que nous traversons, comme moyen privilégié de sanctification et de salut cette Dévotion au Cœur Immaculé de sa Très Sainte Mère.

Il sait bien, Lui, en sa Divine Sagesse, ce qui nous convient le mieux.

Il sait bien, qu’il ne peut y avoir de chemin plus direct, plus rapide et plus assuré pour nous conduire à Dieu que cette merveille des merveilles qu’est le Cœur de Marie, chef d’œuvre du Tout-Puissant, Miroir des Perfections Divines et Aqueduc de toutes les Grâces.

Si dans les messages ce Cœur Unique nous est présenté comme Immaculé, c’est tout d’abord pour que soit manifestée avec éclat son éblouissante Sainteté envisagée en ses plus grands foyers qui sont l’Amour de Dieu et l’amour des hommes.

Marie, la Femme Prédestinée est en effet l’Immaculée Conception.

Celle en qui, dès le premier instant, l’absence de péché fut totale, qui n’a jamais eu en Elle, la moindre faute vénielle, ni la moindre imperfection.

Elle est vraiment la sans tache dont l’Âme de Cristal est toute transparente à Dieu. Marie est aussi La Grande Favorisée de Dieu. Celle qui a reçu comme cadeau de joyeux avènement, une plénitude inconcevable de grâce sanctifiante qui dès le départ l’a établie dans une parfaite Communion aux Trois Personnes Divines. De son Cœur Immaculé on peut donc dire qu’il fut constamment cette « vive flamme d’Amour » dont parle Saint Jean de la Croix, une flamme qui ne cesse de monter et de croître en intensité jusqu’à sa fusion dans l’océan de feu de la Trinité, au jour de l’Assomption.

« Il est certain, nous dit Saint Jean Eudes, qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais d’amour semblable à celui qui a toujours embrasé le Cœur virginal de la Mère du Sauveur ».

« À supposer, que l’amour de tous les pères et de toutes les mères qui ont été, sont et seront, puisse être ramassé dans le Cœur d’une seule Mère, à peine serait-ce une étincelle de la très ardente fournaise d’amour qui brûle dans le Cœur de la Vierge-Mère ».

Si l’on se réfère au message de Fatima, on doit ajouter que le qualificatif « Immaculé » évoque un autre aspect du Cœur de Marie particulièrement émouvant celui de la Miséricorde.

La Vierge Immaculée n’est-elle pas, en effet, le premier et le plus beau fruit de la Miséricorde Divine s’étendant sur l’humanité ?

Mais il faut dire aussi qu’Elle est sa première et plus dévouée Collaboratrice. « C’est à Elle, affirme Saint Maximilien Kolbe, qu’a été confié tout l’ordre de la Miséricorde ».

D’ailleurs, il suffit de lire ses messages aux trois petits bergers pour comprendre que son objectif numéro 1, c’est d’exercer en faveur des pécheurs une action miséricordieuse de très grande envergure – entreprise qu’Elle ne pourra mener à bien – et Elle le souligne très fort – que si nous acceptons d’y participer très généreusement par la Prière et la Pénitence.

Comprenons donc, frères et sœurs, que le Cœur Immaculé de Marie, tel qu’il s’est révélé à Fatima, ce n’est pas seulement un Cœur virginal idéal de pureté et de sainteté, mais c’est aussi un Cœur maternel tout vibrant d’une sensibilité unique, plein d’une délicatesse exquise, qui enveloppe de sa tendresse miséricordieuse tous ses enfants de la terre sans exception, mais avec une préférence cependant pour tous ceux qui dans leurs corps ou dans leur âme continuent à vivre le Mystère du Christ agonisant et crucifié, et une préférence encore plus marquée pour tous ceux que l’extrême misère du péché prive de ce Bien insurpassable qu’est l’Amitié avec Dieu, la Vie en État de Grâce.

C’est à l’image de ce Cœur Immaculé de notre Mère Spirituelle que nous sommes tous invités à modeler notre propre cœur par une fervente dévotion qui comporte trois pratiques, toutes les trois indispensables : à savoir la Consécration, la Réparation et le Rosaire.

Par la Consécration qui est un don total de nous-mêmes à Marie, un engagement à vivre à tout instant pour Elle, par Elle, avec Elle et en Elle nous nous établissons en quelque sort dans le « Cœur d’Amour » de notre Mère pour nous y laisser former, et comme le dit saint Louis Marie Grignion de Montfort « pour nous y laisser manier à l’opération du Saint-Esprit », jusqu’à ce que nous devenions des copies vivantes de Jésus-Christ.

Par la Réparation, nous voulons consoler les Saints Cœurs de Jésus et de Marie si douloureusement blessés par les innombrables péchés commis à tout instant dans le monde. Ayant compris que « là où le péché surabonde il faut que surabonde aussi la Réparation » nous acceptons d’être, à l’exemple de la Co rédemptrice, des victimes d’amour, en versant dans le calice de la Rédemption la goutte d’eau de nos souffrances physiques, morales ou spirituelles et de nos pénitences volontaires « achevant par-là, selon le mot de Saint Paul, ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Église ».

Par le Rosaire qui est une contemplation sur fond de prière répétitive, nous apprenons à mettre en pratique la Parole de Jésus : « il faut toujours prier et ne jamais se lasser ».

En faisant passer et repasser le plus souvent possible devant notre esprit les 20 Mystères qui sont un abrégé de l’Évangile, nous nous formons, dans le Cœur de Marie, à cette irremplaçable vie d’Oraison qui favorise si grandement l’Union à Dieu et féconde l’Apostolat. Nous nous imprégnons peu à peu de la spiritualité même de Marie qui nous apprend à croire comme Elle a cru, à espérer comme Elle a espéré et à aimer comme Elle a aimé…

Chers frères et sœurs, puisqu’il est évident, que la Dévotion au Cœur Immaculé de Marie est le moyen actuellement voulu par Jésus et sa Divine Mère pour nous conduire à la sainteté et sauver le monde en péril, efforçons-nous de la vivre de plus en plus intensément et travaillons à la répandre le plus possible chez nos frères chrétiens. Et si parfois nous sommes tentés de nous décourager et de baisser les bras, rappelons-nous alors ce que notre Maman Marie a solennellement déclaré au sujet de cette Dévotion : « A ceux qui l’embrasseront, je promets le Salut, leurs âmes seront aimées de Dieu d’un amour de prédilection, comme des fleurs placées par Moi devant son trône ».

Lectures et Homélie du Coeur Immaculé de Marie en DOCX et PDF.

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 17:59

Lecture du livre de la Genèse 3, 9-15. 20

« La mère de tous les vivants »

Quand Adam eut mangé du fruit de l’arbre, le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » L’homme répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché ». Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé ». Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé ». Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon ».  L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. – Parole du Seigneur.

Ou bien

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1, 12-14

« Ils étaient assidus à la prière, avec Marie la mère de Jésus »

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. – Parole du Seigneur.

Psaume 87

R/ : Pour ta gloire on parle de toi, ville de Dieu !

  • Elle est fondée sur les montagnes saintes. Le Seigneur aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob. R/
  • Pour ta gloire on parle de toi, ville de Dieu ! Mais on appelle Sion : « Ma mère ! » car en elle, tout homme est né. C’est lui, le Très-Haut, qui la maintient. R/
  • Au registre des peuples, le Seigneur écrit : « Chacun est né là-bas ». Tous ensemble ils dansent, et ils chantent : « En toi, toutes nos sources ! » R/

Alléluia. Alléluia. Heureuse Vierge Marie tu as enfanté le Seigneur ! Bienheureuse Mère de l’Église, tu fais brûler en nous l’Esprit de ton Fils Jésus, le Christ. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19, 25-34

« Voici ton fils. Voici ta mère »

En ce temps-là, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé, pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif ». Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli ». Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

C'est dans le discours qu'il a prononcé pour la clôture de la troisième session de VATICAN II que le Pape Paul VI a proclamé solennellement Marie « Mère de l'Église » et a demandé qu'on l'invoque sous ce titre qui exprime dans sa merveilleuse brièveté la place éminente et singulière qu'occupe dans l'Église la Mère de Dieu.

Pour justifier cette appellation - qui est traditionnelle, mais qui dans la lumière de l'enseignement conciliaire sur Marie, prend un relief particulièrement saisissant, les théologiens invoquent deux grandes raisons :

En premier lieu, Marie est Mère de l'Église parce qu'elle est Mère de Dieu. L'Évangile nous révèle, en effet, qu'à l'appel de Dieu et par sa libre réponse à la puissance de sa grâce, Marie est devenue la Mère de Jésus, le Verbe de Dieu Incarné : « Elle est la Mère, explique Paul VI, de celui qui dès le premier instant de l'Incarnation dans son sein virginal, s'est uni en tant que Chef son corps mystique qui est l'Eglise. Marie, donc, en tant que Mère du Christ est Mère aussi de tous les pasteurs et fidèles, c'est-à-dire de l'Église ».

Quand Marie donna naissance à Jésus, elle donna naissance au « Christ total » ce qui inclut, en un sens mystique, tous ses membres.

Ainsi, parce qu'elle est la Mère du Christ, elle est aussi la Mère de l'Église.

Mais l'Église qui fut préparée par le Christ, spécialement durant sa vie publique, naquit sur la croix du côté transpercé du Rédempteur.

Les souffrances et la mort du Christ ont une importance capitale pour l'origine de l'Église.

Il n'est donc pas étonnant que la seconde raison du titre de « Mère de l'Église » soit la coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice de son Fils.

Au calvaire Marie s'est associée par son Cœur maternel au sacrifice du Sauveur, donnant à l'immolation de la victime née de sa chair le consentement de son amour, pour être enfin par le même Christ-Jésus mourant sur la croix donnée comme Mère au disciple par ces mots « Femme, voici ton Fils ». (Lumen Gentium N° 58)

Cet enseignement du Concile montre très clairement que déjà Mère de l'Église depuis le premier instant de l'incarnation en vertu de son « Fiat » portant sur le Christ total, Marie l'est devenue d'une nouvelle manière par ses souffrances co-rédemptrices.

De cette maternité de grâce, l'Église fait continuellement la bienfaisante expérience. Car Marie, par sa médiation qui est essentiellement maternelle (comme Jean Paul II s'est plu à le souligner dans son Encyclique « La Mère du Rédempteur »), ne cesse de coopérer à la transmission de la vie surnaturelle en chaque disciple du Christ et de veiller par son action éducative à son développement.

Sa mission maternelle consiste, en effet, à former le Christ dans les âmes jusqu'à leur parfaite configuration « à l'image du Fils ».

Mais sa qualité de « Mère de l'Église » dit quelque chose de plus. Elle attire notre attention sur l'aspect communautaire de son action. La mère spirituelle des hommes n'exerce pas seulement sa sollicitude maternelle à l'égard de chacun, individuellement. Elle veille au développement de l'ensemble de l'Église.

Par son cœur de Mère et par son intercession si efficace, elle participe à l'expansion de l'Eglise dans le monde, aux progrès de l'œuvre d’évangélisation.

Elle s'emploie avec ardeur à favoriser la croissance de la Foi, de l'Espérance et de la Charité, à améliorer la qualité de la vie spirituelle de toute la communauté chrétienne.

Elle est discrètement présente à tous les aspects de cette vie : au culte et à la liturgie comme à la pratique des sacrements.

Elle tient son rôle dans le Baptême ou Elle devient Mère de ceux qui reçoivent la filiation divine et dans l'Eucharistie ou elle s'unit à l'oblation sacramentelle du Sauveur comme elle s'était unie jadis à son Sacrifice.

Sa présence maternelle n'est pas présence sacramentelle comme celle du Christ, mais présence morale de coopération et d'intercession.

Comme elle le fit une première fois aux Noces de Cana, Marie ne cesse d'implorer Jésus pour ceux qui « n'ont plus de vin » (autrement dit pour tous ceux qui manquent d'amour) de telle sorte que partout où il y a des déficiences, la vie de l'Église puisse recevoir un nouvel apport de grâce et mieux manifester la gloire du Christ.

Enfin, comme toute mère qui attache une importance capitale à l'union de ses enfants, Marie favorise par sa médiation tout ce qui peut contribuer « à la réconciliation de tous les chrétiens dans l'unité d'une seule et unique Église du Christ ».

Puisse notre dévotion filiale envers Marie, Mère de l'Église, aviver en nous le sens ecclésial et nous stimuler plus spécialement à la prier très fort, Elle qui est la « Toute Puissance suppliante » et la Mère des Miséricordes, en faveur de tout ce qui dans l'Église a besoin d'aide et de soutien.

Lectures de la Bienheureuse Vierge Marie en DOCX et PDF

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 13:18

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1, 12-14

Les disciples en prière avec Marie

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent du mont des Oliviers à Jérusalem, qui n’est pas loin. (La distance ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat.) Arrivés dans la ville, ils montèrent à l’étage de la maison ; c’est là qu’ils se tenaient tous : Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. D’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. – Parole du Seigneur.

Cantique

R/ : Heureuse Vierge Marie qui portas en toi le Fils du Père éternel !

  • Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! R/
  • Il s’est penché sur son humble servante ; désormais, tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! R/
  • Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. R/
  • Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. R/
  • Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais. R/

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

« Le Seigneur est avec toi »

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père, il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ».

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’enfant qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : “la femme stérile”. Car rien n’est impossible à Dieu ».

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ». Alors l’ange la quitta. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Spiritualité du Rosaire par l'Abbé Pierre Cousty

Chers frères et sœurs, notre Mère spirituelle, la Très Sainte Vierge a trouvé un moyen incomparable pour éduquer ses innombrables enfants à la vie divine et pour maintenir, entre eux, un lien très doux et très fort.

Ce moyen merveilleux, c’est le Rosaire, qu’une fois de plus nous allons célébrer en communion avec toute l’Eglise durant tout le mois d’octobre.

Si déjà aux temps lointains de Saint Dominique, mais bien plus encore à l’époque moderne, Celle qui s’est nommée à Fatima, Notre-Dame du Rosaire a recommandé si instamment cette manière de prier, c’est qu’Elle en connaît assurément mieux que quiconque toute la valeur et toute l’efficacité.

Le Rosaire, n’est-il pas, en effet, comme la synthèse de tous les trésors de son Cœur ?

Les 15 Mystères, Joyeux, Douloureux et Glorieux qui le composent ne sont-ils pas autant de sentiers qui conduisent directement à son Cœur Immaculé et par Lui, au Cœur Adorable de Jésus qui ne fait qu’un avec le sien ?

De très belles pensées, fort édifiantes ont été exprimées au sujet de cette dévotion privilégiée, extrêmement riche et enrichissante, par de nombreux Saints, des Mystiques et les derniers Papes. On peut dire, à la lumière de leurs enseignements, que le Rosaire se caractérise par trois aspects qui sont particulièrement importants :

Ce qu’il ne faut pas manquer de souligner tout d’abord, c’est que le Rosaire est une prière, dans le sens le plus courant du mot c’est à dire une demande très humble, la demande du pauvre (de celui qui est pleinement conscient de n’avoir rien) la demande à celui qui est l’infiniment riche, mais cette demande a ceci de particulier qu’on la lui adresse par l’intermédiaire de Celle qui est la Trésorière et la Distributrice de tous ses trésors, Marie, la Femme Médiatrice, notre Avocate.

Ces « Notre Père » et ces « Je vous salue » que nous multiplions en disant le chapelet – et qui s’avancent comme des vagues successives vers le Cœur de Dieu – contiennent en effet, toutes les requêtes spirituelles et temporelles qui sont nécessaires pour notre vie (aussi bien pour la santé du corps que la santé de l’âme).

Ce que nous demandons, c’est la glorification du Père des Cieux, l’accomplissement de sa volonté, la venue de son règne, le pain quotidien, le pardon des offenses, la force contre la tentation, la délivrance du mal et puis, c’est aussi le secours maternel de Marie, pour chaque instant de la vie et à l’heure de la mort, mais ce qui constitue surtout l’originalité du Rosaire, c’est qu’il s’empare de ces humbles demandes pour les emporter dans une atmosphère toute divine.

A la supplique la plus modeste, il unit la contemplation la plus sublime, tout en mendiant les biens du ciel et de la terre, nous contemplons les grands mystères de la vie du Christ.

Nous les savourons dans le Cœur Immaculé de Marie.

Là, ils sont plus accessibles pour notre esprit, plus prenants pour notre cœur et en même temps plus proches de l’éternité.

Et c’est par ce moyen si simple, si humble, que Marie parvient à nous former, peu à peu, à cette très haute forme de prière mentale qu’on appelle l’Oraison et qui consiste selon les grands Maîtres de la vie spirituelle, en une conversation amicale avec le Seigneur dans un échange de regards et de volontés aboutissant à une fusion des cœurs.

Le Rosaire est donc une prière, une prière complète et parfaitement équilibrée.

Mais le Rosaire se caractérise aussi par le fait qu’il est une spiritualité, c’est à dire une école de vie chrétienne, plus spécialement de vie intérieure.

On peut dire, en effet, qu’il résume et le ciel et la terre, les grandes réalités de ce monde et tous les mystères célestes s’y trouvent intimement entrelacés.

Grâce à lui, Marie, qui est une divine Educatrice, nous apprend à passer des humbles choses de la vie quotidienne, aux plus sublimes réalités de la Patrie Céleste.

Toute spiritualité a pour but de maintenir notre âme sous le rayonnement des vérités surnaturelles et cherche à garder notre vie extérieure (travail, occupations diverses, relations sociales ou loisirs) sous la féconde influence de la vie intérieure.

Avons-nous songé, quelquefois, frères et sœurs, que dans le Rosaire, c’est la spiritualité de la Vierge Immaculée elle-même qui nous est communiquée, c’est à dire la spiritualité de la Sainte qui est à la fois, la plus haute et la plus simple, de ce modèle de conformité au Christ qui est à la fois le plus sublime et le plus imitable ?

Il faut, par conséquent, lorsque nous disons notre chapelet, que nous soyons très attentifs aux sentiments et aux attitudes que Marie nous suggère ; mais nous devons par-dessus tout, grâce à une contemplation assidue des mystères, nous établir et nous maintenir le plus possible dans son Cœur Immaculé et dans le Cœur Miséricordieux de Jésus, car ces deux Cœurs si aimants unis par le Saint-Esprit constituent l’inépuisable source d’eau vive à laquelle il nous faut continuellement revenir si nous voulons étancher notre soif d’absolu, notre soif de Dieu.

Oh ! Comme il faudrait, chers frères et sœurs, que s’enracine profondément en nous cette conviction, à savoir que le Rosaire détient le pouvoir étonnant de maintenir intimement unies notre prière et notre vie.

Oui, par lui ce sont nos joies et nos souffrances, nos désirs et nos espoirs qui s’unissent aux joies, aux douleurs ou à la gloire de Notre Seigneur et de sa Très Sainte Mère. Ce contact si étroit avec le Divin ne peut que les spiritualiser et les sanctifier… Et c’est ainsi que la matière de notre vie humaine de plus en plus pénétrée par l’Amour Divin se trouve transfigurée et valorisée au maximum.

Il y a enfin un troisième aspect qu’il importe de bien considérer, frères et sœurs, c’est que le Rosaire, que Jean-Paul II a défini « comme une chaîne d’amour qui, par Marie nous relie à Dieu » est aussi un merveilleux trait d’union entre tous les membres de la Grande Famille de Marie répandus à travers le monde.

Nous touchons ici à l’aspect le plus extérieur du Rosaire, mais peut-être aussi, en un sens, le plus mystérieux.

En faisant réciter cette prière à la fois vocale et mentale qui lui est si chère par des chrétiens très divers et venus de tous les horizons, la Mère de l’Eglise contribue d’une manière particulièrement efficace à l’unité de ses enfants bien-aimés.

Tous, qu’ils soient pasteurs ou brebis, contemplatifs ou actifs, cloîtrés ou gens du monde, qu’ils soient riches ou pauvres, savants ou ignorants, saints ou pécheurs, tous se retrouvent ainsi dans le Cœur de Marie, se prêtant volontiers une aide fraternelle et amicale pour travailler ensemble à l’avènement du Règne de leur Mère, qui prépare l’avènement du Règne de Jésus dans le Monde. C’est cette communion dans une même Foi, une même Espérance et un même Amour qui explique la puissance du Rosaire.

Même récitée individuellement, cette prière prend valeur de prière commune… et la prière faite en commun est toujours exaucée selon la promesse même de Jésus :

« Ce que vous demanderez à deux ou trois réunis en mon Nom,

Mon Père vous l’accordera ».

Et ce qui la rend encore plus irrésistible sur le Cœur de Dieu, c’est le fait que passant par la très vive flamme d’amour du Cœur Immaculé de Marie, elle y est purifiée et aussi merveilleusement embellie et enrichie.

Chers frères et sœurs, dans son livre « Le secret admirable du Très Saint Rosaire » Saint Louis Marie Grignion de Montfort, Apôtre infatigable de cette dévotion, a exprimé une pensée qui résume assez bien, me semble-t-il, ces aspects si riches que nous venons de découvrir dans le Rosaire ; la voici :

« Récité avec la méditation des Mystères,
le Rosaire nous élève insensiblement à la connaissance parfaite de Jésus,
il purifie nos âmes du péché,
il nous rend victorieux de tous nos ennemis (les démons en particulier),
il nous rend la pratique des vertus facile,
il nous embrase de l’Amour de Jésus,
il nous enrichit de grâces et de mérites,
il nous fournit de quoi payer toutes nos dettes à Dieu, et enfin,
nous fait obtenir de Dieu toutes sortes de grâces ».

Puissions-nous frères et sœurs, en pensant à tous les bienfaits qu’il procure, nous attacher fortement à notre Rosaire, le prier fidèlement, chaque jour, jusqu’à notre dernier souffle.

 

Livret Junior sur le Rosaire

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 18:21

Lecture de la lettre aux Hébreux 5, 7-9

Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. – Parole du Seigneur.

Psaume 30

R/ : Sauve-moi, mon Dieu, dans ton amour.

  • En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ; garde-moi d’être humilié pour toujours. Dans ta justice, libère-moi ; écoute, et viens me délivrer. R/
  • Sois le rocher qui m’abrite, la maison fortifiée qui me sauve. Ma forteresse et mon roc, c’est toi : pour l’honneur de ton nom, tu me guides et me conduis. R/
  • Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ; oui, c’est toi mon abri. En tes mains je remets mon esprit ; tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité. R/
  • Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, je dis : « Tu es mon Dieu ! » Mes jours sont dans ta main: délivre-moi des mains hostiles qui s’acharnent. R/
  • Qu’ils sont grands, tes bienfaits ! Tu les réserves à ceux qui te craignent. Tu combles, à la face du monde, ceux qui ont en toi leur refuge. R/

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19, 25-27

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

En vénérant NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS au lendemain de « LA CROIX GLORIEUSE » l'Eglise nous fait comprendre que dans la vie de la Très Sainte Vierge si humble et si ordinaire, il n'y a eu d'extraordinaire que la souffrance.

Marie n'émerge, en effet, de sa longue obscurité que pour apparaître dans l'éclairage brutal du Calvaire où sans souffrir dans son corps, Elle est tellement suppliciée dans son âme qu'Elle mérite pleinement le titre de « Reine des Martyrs ».

A vrai dire, il y a longtemps que son Cœur très pur est comme tenaillé, oppressé par une angoisse mortelle.

Elle n'ignore pas, en effet - depuis l'Annonciation et surtout depuis que Siméon lui a prédit « qu'un glaive de douleur transpercera son âme » - que pour son Fils Jésus qu'Elle aime au-delà de toute expression, l'avenir sera atroce, et qu'en sa qualité de Mère du Rédempteur, Elle est chargée par Dieu d'élever en vue du Sacrifice « l'Agneau qui portera les péchés du monde ». C'est dans cette perspective d'une épreuve suprême qu'Elle parcourt durant les années de la vie cachée et de la vie publique les étages de ce qu'on peut très justement appeler son Chemin de Croix intérieur. Mais la dernière station dépasse en horreur toute prévision possible : « Ô vous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à la mienne » (Lam l. 12).

« L'heure » est venue, en effet, où la Nouvelle Ève doit boire le Calice jusqu'à la lie en participant dans une mesure vraiment inimaginable à la Passion du Nouvel Adam et à cette agonie qui dépasse la somme si fabuleuse soit-elle, de toutes les agonies de l'humanité.

Or voici que sur ce Calvaire intolérable Celle qui est la Femme forte, la Femme courageuse par excellence, ne s'abîme pas dans le désespoir ; Elle n’est ni agitée, ni prostrée, encore moins évanouie : Elle se tient « debout » au pied de la Croix nous dit saint Jean. Oh certes ! Elle est bien au cœur de cette « nuit » la plus sombre, NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS, c'est-à-dire Celle qui éprouve le paroxysme de la douleur (le chiffre sept étant symbole de plénitude), mais ce qui est admirable c'est qu'Elle surmonte héroïquement sa propre souffrance pour ne plus penser qu'à celle qui torture son enfant immolé, et cela dans la simplicité et la royale dignité du silence. Et si dans sa compassion Marie se tient ainsi debout, surnaturellement forte et silencieuse, c'est parce qu'Elle ne s'arrête pas à l'aspect extérieur des choses, mais concentre toute sa Foi et tout son Amour sur le mystère rédempteur qui est en train de s'accomplir.

La volonté du Père n'est-elle pas que Jésus, par son sublime sacrifice d'amour, délivre tous les hommes de Satan et du péché et leur restitue la vie divine ?

De toute son âme Elle dit oui à ce dessein divin de salut, acceptant d'y coopérer plus que quiconque en mourant mystiquement dans son Cœur de Mère et en s'offrant en parfaite union avec Jésus comme victime d'amour.

« Au Calvaire, nous dit un auteur spirituel du moyen-âge, vous auriez vu deux autels : Le Cœur de Marie et le Corps du Christ. Celui-ci immolait sa chair, Celle-là son âme ».

Puissions-nous - surtout en méditant le Rosaire - contempler assidûment ce mystère bouleversant de la compassion co-rédemptrice de Marie.

Nous en avons besoin pour mieux comprendre la valeur et l'efficacité de la souffrance (la nôtre et celle des autres) ; nous sommes tellement tentés, en effet, de la considérer comme absurde parce qu'elle nous semble inutile et sans résultat... « A quoi bon » ; pensons-nous. Mais à quoi ont donc servi les atroces souffrances du Christ et de sa Mère qui en apparence n'étaient que gaspillage et dilapidation ?

Nous savons bien avec cette certitude que donne la Foi qu'elles nous ont mérité le salut. Alors ! En présence de Celui qui est le Fils Bien-aimé du Père et qui est broyé par tant de souffrances, en présence de cette Femme privilégiée de Dieu et plus éprouvée qu'aucune créature humaine, impossible de dire encore : « Si Dieu m'aimait, Il m’épargnerait cette épreuve ! »

Devant ce Jésus, victime mais vainqueur, devant Marie percée de sept glaives, mais Reine et Mère spirituelle de l'humanité, impossible d'objecter : « A quoi bon la souffrance ? » Oui, comprenons dans cette lumière que la souffrance, lorsqu’elle est offerte par amour dans une grande communion d'âme avec Marie, la Co-rédemptrice par excellence, n'est jamais gaspillée : assumée par le Christ, elle devient une merveilleuse source de fécondité apostolique, contribuant de façon plus efficace que tout autre moyen à la conversion et à la sanctification des âmes.

« Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul, mais s'il meurt il porte beaucoup de fruits ».

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 13:09
Aufnahme Mariens in den Himmel, Wiener Neustadt, Neukloster.

Livre de l'Apocalypse 11, 19a. 12, 1-6a. 10ab

Au cœur du combat des hommes contre le mal, une femme s’est dressée, dont l’enfant, le Christ Jésus, sortira vainqueur. Désormais, la mère et son fils, sont unis dans la victoire.

Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit, et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire ; et il y eut des éclairs, des fracas, des coups de tonnerre, un tremblement de terre et une forte grêle. Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place.

Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! Car il est rejeté, l’accusateur de nos frères, lui qui les accusait, jour et nuit, devant notre Dieu ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Cette femme qui intervient dans l’histoire, théâtre de la lutte entre Dieu et le mal, est l’image de la communauté juive restée fidèle à l’attente du Messie ; c’est elle qui donne le jour à l’enfant promis. Sauveur et Berger de tous les peuples. Contre lui, le Christ de Dieu, les forces du mal sont impuissantes, car, malgré sa mort, la Résurrection l’emporte près de Dieu. Quant à la communauté nouvelle née du Messie, elle reste en butte aux assauts du mal, mais Dieu lui a préparé un refuge et il l’assure de participer à la victoire du Christ. Cette femme évoque donc aussi l’Église, la communauté des croyants au Christ, et Marie maintenant avec son Fils au ciel.

Prions Marie de nous apprendre à faire naître le Christ dans le cœur de ceux qui nous sont confiés.

Psaume 44

R/ Debout, à la droite du Seigneur, se tient la reine, toute parée d’or.

  • Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père : le roi sera séduit par ta beauté. R/
  • Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui. Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple, chargés de présents, quêteront ton sourire. R/
  • Fille de roi, elle est là, dans sa gloire, vêtue d'étoffes d'or ; on la conduit, toute parée, vers le roi. R/
  • Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ; on les conduit parmi les chants de fête : elles entrent au palais du roi. R/

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15, 20-26

Jésus est le premier ressuscité parmi les morts. Marie, par son Assomption, partage la gloire de sa résurrection.

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Adam est l’exemple de l’humanité coupée de Dieu, dont le lot quotidien est la mort physique, qui vient sanctionner la mort des cœurs de tous les mal-aimés, la mort des intelligences qu’on n’a pas su éveiller, la mort des consciences que le péché a ternies. Mourir en Adam, c’est connaître cette double mort, à la fois physique et spirituelle. Revivre dans le Christ, c’est sortir de cet environnement de mort, triompher de l’égoïsme et de l’orgueil qui tuent les cœurs, paralysent les intelligences, pourrissent les consciences : c’est aussi, par la résurrection des corps, voir le Christ tuer à jamais la mort physique. Marie n’a pas connu la mort spirituelle du péché, aussi son Fils ne l’a-t-il pas abandonnée à la mort : il l’a ressuscitée avec lui.

« Priez pour nous, pauvres pécheurs ». Marie sans péché, élevée dans la gloire de la Résurrection, est la preuve que Dieu transfigurera aussi le corps des pécheurs pardonnés que nous sommes. Prions-la de donner à tous cette espérance.

Alléluia. Alléluia. Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis : Marie est entrée dans la gloire de Dieu ; exultez dans le ciel, tous les anges ! Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 39-56

Dieu renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles, et en tout lieu, Marie qui s’est dite une humble servante.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».

Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais ».

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Élisabeth est tout étonnée de voir Marie, la mère de son Seigneur, venir l’aider à préparer la naissance de Jean-Baptiste en assumant les tâches du ménage. La mère de Dieu se veut servante : au jour de l’Annonciation, elle dit : « Je suis la servante du Seigneur » ; ici, elle se présente encore de la même manière : « Dieu s’est penché sur son humble servante ». La mère agit comme fera son fils, Jésus ; « Je suis venu pour servir, dira-t-il, et non pour être servi ». Comme ils ont partagé le même souci de servir, la mère et le fils partagent la même destinée : d’un certain point de vue, on peut dire que la résurrection de Pâques et celle de l’Assomption sont la réponse de Dieu à ceux qui ont voulu servir.

La grandeur de Marie ne réside pas d’abord dans des privilèges reçus de Dieu mais dans sa volonté de servir. Prions-la de nous apprendre à servir avec la même humilité, le même sourire et la même délicatesse qu’elle.

Prière Universelle

Sœurs et frères ! En attendant que l'œuvre du Christ se réalise et que l'humanité se retrouve dans la plénitude de Dieu, laissons éclater en cette fête de l'Assomption notre espérance et notre foi en adressant une fervente prière à notre Père.

  • Marie est l'humble servante élevée par le Seigneur. Prions pour que l'Église montre toujours sa vraie grandeur, en prenant la défense des petits et des pauvres. Par Marie, ta Mère, Seigneur nous t'en prions.
  • Marie est la pauvre servante comblée de biens par le Seigneur. Prions pour que les hommes aient toujours faim de la vie de Dieu. Par Marie, ta Mère, Seigneur nous t'en prions.
  • Marie est celle qui a cru aux promesses du Seigneur. Prions pour les malades, les malheureux, ceux qui sont dans l'épreuve, afin qu'ils ne perdent jamais confiance. Par Marie, ta Mère, Seigneur nous t'en prions.
  • Marie est le signe merveilleux de la puissance du Seigneur. Prions pour que notre communauté témoigne toujours de l'amour du Christ et devienne encore plus croyante et rayonnante. Par Marie, te Mère, Seigneur nous t'en prions.

Source P.U. : http://seltzparoisse.free.fr

Homélie

Chers frères et sœurs, nous célébrons dans la joie la radieuse fête de l’Assomption qui est, en plein milieu de l’été une sorte de rappel de la fête de Pâques. De même que Jésus est ressuscité, passant de ce monde à son Père, de même Marie, la mère de Jésus, au terme de sa vie terrestre, est entrée au ciel, élevée dans la gloire de Dieu, non seulement avec son âme, mais aussi avec son corps. Ce corps de la « Femme bénie entre toutes les femmes », ce corps de Marie, qui par la grâce insigne de sa Conception Immaculée fut préservé de toute faute, ce corps de Marie qui fut durant 9 mois la demeure, le tabernacle du Fils de Dieu fait homme, ce corps virginal qui donna naissance au Sauveur, le Corps de Marie n’a pas connu la corruption ni la dégradation au tombeau; il a été glorifié , comme naturellement emporté dans la gloire éternelle de Dieu, sans lutte ni souffrance.

Tel est le Mystère de l’Assomption de Marie ; ce mot signifie en effet que Dieu l’a comme « aspirée en lui », dans le ciel au dessus des anges qui, transportés d’allégresse, l’accueillent et l’acclament comme leur Reine.

Dans la lumière qui émane de ce mystère, nous comprenons tout d’abord que l’Assomption c’est la fête par excellence de la Maman de Jésus : la formidable surprise que Jésus a voulu réserver à sa Mère si divinement aimée. Marie appartient désormais avec son Fils au monde de la résurrection. En elle s’accomplit le projet de Dieu sur sa créature : ce projet qui consiste à faire de chacun de nous un être divinisé. En cela connue en toutes choses, Marie est la Première ... la première fleur éclose au jardin du Père...

Quelle joie ! Et surtout quelle espérance de penser que quelqu’un de la terre, une fille de notre race, notre sœur dans la foi, se trouve ainsi élevée à la gloire de la Résurrection, cette Résurrection de la Chair qui est la grande Promesse de Jésus. Oui, Marie est bien le signe de ce que Dieu veut pour tous ses enfants, elle est le signe de ce que nous serons un jour, au dernier jour... Dans l’idéale splendeur de la Reine des Cieux, c’est donc notre propre gloire qui s’anticipe et qui nous est annoncée.

Frères et sœurs, en contemplant, émerveillés, ce mystère de l’Assomption de Marie, nous pouvons découvrir, en second lieu, une vérité qui est parmi les plus réconfortantes : à savoir que par le fait de son corps glorifié, Marie relève de deux mondes : le monde surnaturel qui est la Maison du Père des Cieux et le monde terrestre qui est le séjour provisoire des hommes. Ayant quitté le temps présent, Marie habite désormais au sein de la très Sainte Trinité ; mais ayant conservé son corps, un corps spiritualisé (ayant comme celui de Jésus les propriétés des corps glorieux) elle continue d’appartenir à notre monde terrestre et corporel. C’est la raison pour laquelle elle peut aller et venir dans ce monde matériel qui est le nôtre tout aussi bien que dans le Paradis ou le Purgatoire. Oui, sur notre terre, en n’importe quel endroit, Marie, notre Mère et notre Reine, peut diversifier ses modes de présence et les manifester de bien des façons. Il y a, en premier lieu, sa présence maternelle invisible auprès de chacun de nous. Et cette présence-là, ne l’oublions jamais est permanente. Nous en sommes tous les heureux bénéficiaires. Marie peut nous voir, en effet, sans jamais se détourner un instant de la vision de Dieu. Pour elle, il n’y a rien de caché dans nos vies : elle connaît les secrets les plus intimes de notre cœur et elle peut en toute liberté exercer sur nos âmes son influence de Mère et d’Educatrice spirituelle. Car l’Assomption, voyez-vous, c’est ce qui permet à notre Mère du Ciel, non seulement de tout voir mais de tout pouvoir, Dieu l’ayant revêtue en notre faveur d’une puissance en quelque sorte illimitée : privilège de sa Royauté Universelle. Elle peut donc déverser sur les âmes toutes les grâces, tous les bienfaits divins dont elle a été constituée par son Fils la Trésorière. Toute grâce, c’est évident trouve sa source en Jésus, Rédempteur et Sauveur, mais Jésus lui-même ne veut communiquer ses grâces que par Marie et de même qu’on ne peut aller au Père que par le Fils, on ne peut rejoindre le Christ que par sa Mère. Dieu est descendu à nous par Marie. C’est par elle que les âmes doivent remonter jusqu’à Dieu.

Quel bonheur, alors pour nous, frères et sœurs, de savoir notre Maman du Ciel si proche et si aimante, si puissante et si merveilleusement agissante ! Cependant faut-il le redire, cette présence permanente demeure invisible. Ce qui n’empêche pas Marie, si elle le juge opportun, de manifester sa présence visible et corporelle à des personnes choisies par elle. Et c’est bien ce qu’elle fait dans ces manifestations vraiment extraordinaires, ces visitations sur la terre que sont les apparitions. Marie, il faut le savoir, peut si elle veut, se servir des réalités sensibles de ce monde créé (qui lui est entièrement soumis) pour produire une image d’elle-même ou pour animer des statues ou images qui la représentent ; comme c’est arrivé maintes fois depuis sa première apparition à la Rue du Bac en 1830 : celle de la Médaille Miraculeuse. Sans entrer dans les détails, on peut dire que toutes ces manifestations publiques de Marie dont certaines sont bien connues des chrétiens : la Rue du Bac, la Salette, Lourdes, Fatima, et d’autres moins connues parce que non encore reconnues par l’Eglise, tout cet ensemble vraiment impressionnant de faits surnaturels constitue un vrai signe des temps qui requiert notre attention et nous interpelle.

Assurément Dieu est en train d’accomplir de nos jours, par l’intermédiaire de Marie, une œuvre absolument inouïe dont nous n’avons pas encore, loin s’en faut, la pleine intelligence. Mais tout porte à croire que nous arrivons à la fin d’une longue étape et qu’il va se passer quelque chose de particulièrement important pour l’Eglise et pour le Monde.

Tout est résumé, en fait, dans ce chapitre 12 de l’Apocalypse que nous avons entendu en 1ère lecture. Ce passage nous fait comprendre ce qui se passe dans notre monde depuis plus de 150 ans et ce qui est en jeu. Ce que nous avons vécu durant toutes ces années, ce que nous vivons, c’est une phase décisive de la lutte entre la femme et le dragon, c’est-à-dire entre Marie et le Démon. Or, la victoire est promise à Marie comme elle nous l’a d’ailleurs elle-même annoncé dans ses apparitions à Fatima : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera... »

Il importe cependant de préciser que cette victoire sur les puissances du mal, Marie ne veut pas, ne peut pas la remporter seule. Elle ne pourra la remporter qu’avec ceux qui sont de sa lignée, ceux qui sont ses enfants et qui acceptent de combattre avec elle et sous ses ordres en s’efforçant de faire triompher en eux la Vérité et l’Amour. C’est la raison pour laquelle tous ses messages sont une invitation pressante à la conversion par ces moyens indispensables que sont la prière et la pénitence. En somme, il s’agit de redonner la priorité à l’œuvre essentielle de notre vie qui est la sanctification de nos âmes. Car seule la sainteté pourra triompher du péché, seule la sainteté pourra donner à l’Eglise une nouvelle splendeur et au monde la paix.

Puissions-nous, chers frères et sœurs, en prendre davantage conscience en cette fête de l’Assomption qui est synonyme de victoire, qui est promesse de victoire, car elle remet chaque année devant nos yeux cette vérité, si magnifiquement exprimée dans une antienne de la liturgie des heures : « A cause d’Eve (trompée par le démon) l’ange ferma la porte du paradis, grâce à Marie s’est ouverte pour nous la porte de la vie ».

Amen.

Voir aussi http://laviedesparoisses.over-blog.com/article-le-mystere-de-l-assomption-de-marie-72745110.html du Père Pierre Cousty.

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 20:36
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Lecture du livre des Nombres 6, 22-27

En ce premier jour de l'année, demandons au Seigneur de nous bénir, c'est-à-dire de se pencher vers nous pour nous apporter la paix.

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leurs diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël : Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! Ils invoqueront mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je vous bénirai ». - Parole du Seigneur.

Psaume 66

R/ : Que Dieu nous prenne en grâce, et qu'il nous bénisse !

  • Que ton visage s'illumine pour nous, et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. R/
  • Que les nations chantent leur joie, car tu gouvernes le monde avec justice ; sur la terre, tu conduis les nations. R/
  • La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que la terre tout entière l'adore ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4, 4-7

L'Esprit nous fait prier le Père avec la même liberté que celle de Jésus lui disant : « Abba, c'est à dire Père bien-aimé ».

Frères, lorsqu'est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi  pour que nous soyons adoptés comme fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c'est-à-dire Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c'est l'oeuvre de Dieu. - Parole du Seigneur -

Alléluia ! Alléluia ! A bien des reprises, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; à la fin, en ces jours ou nous sommes, il nous a parlé par son Fils. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 16-21

La nouvelle année débute avec le nom de Jésus qui lui fut donné le huitième jour après sa naissance.

En ces temps-là, les bergers se hâtèrent d'aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’Ange lui avait donné avant sa conception. - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Huit jours après Noël, le 1er Janvier, l’Eglise fête solennellement Celle que si souvent dans nos « Je vous salue » nous appelons : « Mère de Dieu ».

Quelle est la signification profonde de ce titre prestigieux que depuis le Concile d'Ephèse, en 432, la Foi catholique décerne à Marie, la Toute Sainte ?

Titre unique qui est la clé de voûte de tout le mystère marial et qui place la Femme « bénie entre toutes les femmes » à la cime des grandeurs créées.

Disons-tout de suite que ce serait une erreur monstrueuse de penser que l'affirmation : Marie est mère de Dieu puisse signifier que la Vierge est la mère de la divinité. Dieu est infiniment au-dessus du temps et de l'espace, avant toute création : son existence ne dépend de personne. Quand à Marie, elle est, tout comme nous, une créature ayant reçu de Dieu son être et sa vie, notre sœur en humanité. Ce n’est donc pas Elle qui a donné à Jésus la nature divine : cette nature Il la tient de son Père de toute éternité : vérité capitale que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : « Je crois en Jésus-Christ le Fils Unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles... Vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ».

Ce que Marie, par contre, a donné à Jésus, c’est son humanité. Mais ce qu’il importe ici de bien comprendre, c’est qu’en Jésus la nature humaine et la nature divine appartiennent à une seule Personne : celle du Verbe éternellement Fils de Dieu, qui est Dieu comme son Père. Dans le Christ, en effet, il n’y a aucun dédoublement de personnalité : c’est le même « je » qui déclare : « je » marche (action humaine) et « je » ressuscite (action divine).

Partant de là, on peut donc dire que Dieu a prêché, que Dieu a souffert, que Dieu est mort sur une Croix. On peut tout aussi bien dire que Dieu est né, que Dieu est né de Marie. Marie est par conséquent la Mère de Dieu, la Théotokos, comme disent les chrétiens d’orient, ce qui veut dire « engendreuse de Dieu ».

C’est sur un sommet éblouissant que nous sommes transportés, en contemplant un tel mystère. Tout au long de son histoire, l’Eglise, par la voix de ses Papes, de ses théologiens, de ses mystiques ou de ses fidèles ont félicité l’humble Marie de cette dignité suprême qui l’exalte bien au-dessus de toutes les créatures et la constitue non seulement Reine des hommes, mais aussi Reine des Anges.

Par sa maternité divine, nous dit saint Thomas d’Aquin, la grandeur de Marie touche « à l’infini ».

A ce titre, Elle approche Dieu de si près qu’Elle semble se perdre dans les abîmes de la Trinité. L’évocation d’une telle sublimité qui lie si étroitement la Vierge-Mère au Verbe Incarné et la fait entrer par là même, réellement, dans la Famille de Dieu, donne le vertige. Tout le reste, c’est-à-dire tout ce que la Foi catholique nous enseigne sur Marie ne peut vraiment bien se comprendre qu’à partir de cette réalité lumineuse qu’est sa maternité en tant que « divine », ayant pour terme DIEU FAIT HOMME pour le SALUT des hommes. C’est de cette source que découle en particulier le mystère de sa maternité spirituelle, de sa maternité de grâce à l’égard des âmes, promulguée solennellement par Jésus crucifié, à l’heure où précisément Elle nous enfantait à la vie divine dans sa douleur de Co-rédemptrice : « Voici ton Fils », « Voici ta Mère ».

Le Pape saint Pie X explique qu’en devenant mère du Christ, tête du Corps mystique, Marie devient radicalement la mère spirituelle de ceux qui sont ses membres. Autrement dit, nous sommes tellement solidaires du Christ (qui s’est fait l’un de nous pour qu’une même Vie divine circule entre Lui et nous) qu’il est impossible à Marie d’être la mère du Christ sans être en même temps la mère de ceux qui Lui sont unis par la Foi, qu’il lui est impossible d’être la mère du Sauveur sans être la mère des sauvés, qu’il lui est impossible d’aimer Jésus d’un amour maternel, sans étendre cet amour à tous les hommes.

Oui, Marie nous aime. Elle nous chérit, non pour ce que nous valons ou ce que nous faisons pour Elle, mais à la mesure de son Cœur qui est à la mesure du Cœur de Jésus. Et c’est parce qu’Elle nous aime si parfaitement qu’Elle se montre très exigeante à notre égard, nous apprenant à tout quitter pour « suivre l’agneau partout où il va ».

Son sublime rôle d’éducatrice spirituelle consiste, en effet, à nous élever jusqu’à Dieu, en nous accompagnant à travers les étapes de notre vie spirituelle en nous communiquant toutes les grâces actuelles par lesquelles se préserve, se répare et s’accroît la Vie surnaturelle reçue au Baptême.

A nous de nous maintenir sous sa bienfaisante influence.

A nous de la laisser faire (par un abandon de tous les instants entre ses mains expertes) jusqu’à ce que soit achevée notre configuration à « l’image du Fils » (Rom. VIII 29), Lui qui, à Noël, a épousé notre humanité pour nous rendre participants de sa divinité.

Prière universelle

En ce premier jour de l’an nouveau, nous souhaitons que la bénédiction du livre des Nombres : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! » devienne vraiment un vœu pour chacun et chacune de nos frères et de nos sœurs. Laissons-nous guider par l’Esprit du Seigneur afin que vers lui montent toutes nos louanges et toutes nos prières pour notre monde :

R/ : En toi, notre cœur espère, Seigneur.

  • Que le seigneur t’apporte la paix : Nous te louons pour ceux qui s’engagent dans la politique en vue du service du bien commun que descendent sur nous la justice et la paix. Nous prions pour la paix dans chaque maison et dans chaque pays : ne laisse jamais éteindre le « feu du désir » de la paix dans le cœur de chaque être humain ! Fais revenir à toi ceux qui ont choisi la violence en argumentant qu’ils souhaitent la paix ! R/
  • Que les nations chantent leur joie : Nous te rendons grâce de pouvoir te célébrer aujourd’hui dans la paix. Que les dirigeants des pays développés trouvent les moyens qui aident les petits pays à quitter leurs misères par leurs propres mains ! Que des lois justes se mettent en place en chaque société humaine ! Qu’elles se centrent sur les droits fondamentaux et nécessaires à la vie humaine ! R/
  • Que les nations chantent leur joie : Nous prions pour tous les chrétiens ainsi que les autres minorités religieuses qu'ils puissent vivre leur foi en toute liberté dans les pays asiatiques ! R/
  • Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu : Nous te remercions de nous avoir donné ton Fils, le Christ qui nous délivre de l’esclavage du péché. Maintenant, nous voudrions prier pour ceux qui se préparent au baptême et pour ceux qui les accompagnent : que la puissance de ton Esprit les aide à passer de la crainte à la confiance ! Que leur temps de préparation au baptême soit un temps de grâce et de bénédiction ! R/
  • Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Nous te louons pour l’existence de l’Église et de ses pasteurs sur notre terre. Nous te prions pour chaque fidèle : que ton Esprit Saint guide toujours le pape François, les évêques, les prêtres dans leurs tâches si exigeantes ! Que chaque baptisé, selon sa grâce spécifique, devienne témoin de ton amour là où il vit, là où il travaille ! R/

Dieu de Paix, exauce nos prières de ce jour où nous vénérons la maternité de Marie, mère de Jésus Christ et notre mère. Avec elle qui porte le corps de ton Fils dans ses bras, au nom de la vie, nous t’implorons de donner la Paix, la Justice à notre monde ! Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com

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9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 14:29

Chers frères et sœurs, en cette radieuse fête de l’Assomption, nous célébrons avec joie le jour où Jésus Ressuscité est venu Lui-même prendre Marie sa Très Sainte Mère pour l’introduire dans les Splendeurs de la Gloire de Dieu, non seulement avec son Âme, mais aussi avec son Corps.

Pour l’humble Servante du Seigneur qui n’a jamais voulu paraître ici-bas, cette Assomption dans le ciel c’est la suprême apothéose.

La plénitude de grâce dont le Seigneur l’a comblée dès le premier instant de son existence, s’épanouit maintenant en plénitude de gloire.

Au jour de l’Assomption, ce Chef d’œuvre de l’Amour de Dieu qu’est Marie apparaît dans toute sa lumière et dans son idéale beauté.

Cette vision de la Vierge Immaculée dans la Gloire la plus haute qui soit après celle de Jésus, provoque un extraordinaire ravissement et une formidable explosion de joie chez tous les habitants du Paradis, en particulier chez les Anges qui reconnaissent leur Reine dans « la Femme enveloppée de soleil et couronnée d’étoiles ».

Cette fête célèbre à la fois, les deux derniers mystères du Rosaire : Marie Glorifiée au Ciel, Mère de l’Eglise et donc notre Mère à chacun de nous, et en même temps, Marie Reine, Reine du Ciel et de la Terre, Reine des Cœurs qui participe à la Toute-Puissance de Dieu pour s’occuper de chacun, et en particulier des plus petits et des plus pauvres, afin que « pas un cheveu ne tombe de notre tête ».

Ce qu’il importe de bien comprendre tout d’abord, frères et sœurs, c’est que ce privilège que constitue pour Marie sa Glorification, Corps et Ame au terme de son pèlerinage terrestre, ne l’éloigne pas de nous… Bien au contraire, il la place dans des conditions idéales, qui assurent une proximité beaucoup plus grande de sa part vis-à-vis de chaque être humain.

Le Mystère de l’Assomption, c’est ce qui permet à Marie d’exercer avec une pleine efficacité sa mission de Mère dans l’ordre de la Grâce.

C’est parce qu’Elle est immergée en Dieu, par la vision béatifique que notre douce Mère peut nous connaître un à un, par notre nom et par notre prénom et selon toute notre histoire, qu’Elle peut nous entourer de son indicible tendresse et nous apporter un maximum d’aide et de protection.

Son désir de Mère si aimante, est que ce bonheur parfait qu’Elle éprouve dans la Gloire Céleste, nous puissions le goûter, nous aussi, un jour.

Et c’est la raison pour laquelle son intervention médiatrice nous procure toutes les grâces dont nous avons besoin pour faire notre salut.

Elle nous aide surtout à progresser dans la Foi, dans l’Espérance, dans l’Amour de Dieu et des autres, afin que la Vie Divine enracinée en nous par le Baptême se développe toujours plus en nous, prenant totalement possession de notre cœur, nous unissant toujours plus intimement au Père, par le Fils, dans l’Esprit, en attendant que cette union à la Très Sainte Trinité soit définitivement réalisée, achevée et irréversible, au Ciel dans l’Etat de Gloire.

Comprenons aussi, chers frères et sœurs, que le Mystère de l’Assomption, fait de Marie, la Reine du Monde.

Jésus en la couronnant lui a donné participation entière et définitive aux pouvoirs qu’Il a Lui-même reçu de son Père, pour gouverner le Ciel et la Terre.

Cette extraordinaire puissance spirituelle, Elle l’exerce principalement, comme c’est rappelé dans la 1ère Lecture de cette fête, contre le Dragon de l’Apocalypse, c’est à dire, contre tous les anti-Christs qui sont manœuvrés, par le Démon. Certes, le Démon a été détrôné, mais il demeure terrible.

Les « guérillas » sont parfois plus terribles que la guerre, les gens y sont plus cruels, plus méchants et cela fait penser aux persécutions intérieures du Démon.

Nous avons besoin de Marie en ces temps si difficiles, Elle est notre Mère et nous nous confions à Elle, plus totalement que jamais, sachant qu’Elle a tout pouvoir.

Quand Elle sent ses petits enfants en danger, Elle est capable de n’importe quoi !

La plupart du temps, ce ne sont pas des miracles extérieurs, mais des miracles intérieurs.

Et c’est dans les moments où on est dans une situation telle qu’on ne sait pas comment en sortir, que Marie intervient, on ne sait trop comment, Elle a trouvé une solution.

Elle peut agir sur les cœurs, en effet, Elle peut empêcher telle ou telle chose nuisible.

Quand on laisse tout pouvoir à Marie, en lui disant : « fais de moi ce que tu veux », alors, dans sa Maternité et sa Royauté, Elle prend tous les moyens pour nous conduire vers Dieu.

Elle mène chacun selon la voie qu’Elle veut, c’est à dire selon le bon plaisir de l’Esprit-Saint, dont Elle est la très fidèle Coopératrice.

Que ces quelques réflexions, frères et sœurs, nous aident à saisir à quel point Marie, dans le Mystère de son Assomption, est vraiment notre Espérance, comme nous l’affirmons dans la très belle prière du Salve Regina.

Oui, Marie est notre Espérance dans les difficultés et les épreuves de notre vie concrète, Elle nous défend contres toutes les craintes et toutes les inquiétudes qui peuvent nous troubler, en nous formant à cette vie d’enfance spirituelle que Jésus recommande si vivement et qui est faite avant tout de confiance et d’abandon.

Nous n’avons rien à redouter si nous savons nous faire tout-petits dans les bras de notre Maman du Ciel.

La Très Sainte Vierge est aussi notre Espérance, face aux évènements du monde qui entretiennent dans les cœurs une sourde angoisse.

Jésus nous a dit, que le monde est appelé à finir. Comment ?

Nous ne le savons pas.

Si les hommes étaient totalement de bonne volonté, le monde pourrait finir dans la douceur.

Dieu a donné tous les moyens pour cela et il serait encore temps, si les hommes voulaient se convertir, s’ils voulaient répondre aux appels pressants du Pape.

Mais s’ils ne répondent pas, il faut que le petit troupeau de ceux qui croient en Jésus, reste néanmoins dans la paix, sachant que le Cœur de Marie finira par triompher.

Nous savons qu’il faudra peut-être passer par des jours, des moments très durs, mais Marie est Reine de l’Univers et ces moments seront abrégés à cause de l’Amour de Marie, à cause de tous les petits, de tous les pauvres, qui se sont donnés tout à Elle, et qui récitent le Rosaire, cette Puissante Prière qui met Satan en fuite et attire la Miséricorde.

En cette fête de l’Assomption, nous allons demander instamment à Celle qui est notre Mère et notre Reine, la Grâce d’une espérance renouvelée, étant bien convaincus que – si nous nous abritons sous son Manteau d’Amour et demeurons en son Cœur (et nous demeurons dans son Cœur, dans la mesure où nous l’aimons et lui faisons chaque jour le don total de nous-mêmes) nous aurons assez de force pour vaincre le mal par l’Amour, faisant naître ainsi, un monde nouveau où les hommes pourront enfin vivre en Paix et glorifier Dieu.

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 13:40

Chers frères et sœurs, il y a, dans l’Evangile, des paroles auxquelles nous ne prêtons peut-être pas assez attention : ce sont celles que la Très Sainte Vierge Marie a prononcées.

Elles sont, comme vous savez peu nombreuses, au nombre de sept.

Exception faite pour l’une d’entre elles, elles ne comportent que peu de mots, mais elles sont tellement riches de sens qu’on a pu les définir comme de véritables « condensés de vie spirituelle ». Je pense que nous pourrions tirer un grand profit spirituel à les méditer.

Deux de ces paroles mariales s’adressent à l’Ange, deux à Elisabeth, deux à Jésus et une aux serviteurs des Noces de Cana.

En m’inspirant du très beau et très profond commentaire que Saint Bernardin de Sienne nous a laissé à leur sujet, je vous invite, à regarder ces sept paroles de la Vierge comme autant de flammes d’amour, chacune exprimant cet amour sous un aspect particulier.

La Première Parole de Marie : « Comment cela se fera-t-il, je connais point d’homme ».

C’est la vive flamme de l’amour qui sépare. Il y a là, pour nous, un enseignement particulièrement clair et qui est une des exigences fondamentales de la vie spirituelle à savoir qu’on ne peut entrer à fond dans l’Amour de Dieu, dans une communion intime avec Lui, sans accepter à fond toutes les séparations.

Autrement dit : pour que Dieu règne à l’aise dans notre cœur, rien ne doit l’encombrer.

C’est la raison pour laquelle Jésus nous demande instamment de nous détacher de tout et principalement de nous-mêmes, « si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à soi-même, qu’il prenne sa croix et me suive ».

L’amour divin, il ne faut jamais l’oublier est total ; c’est un feu consumant qui ne laisse rien subsister. Quand on a ainsi renoncé à tout ce que l’on a et à tout ce que l’on est, l’amour triomphe et il est transformant.

C’est ainsi qu’il faut comprendre La Deuxième Parole de Marie à l’Ange : « Voici la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».

C’est la vive flamme de l’amour qui transforme et ça va beaucoup plus loin que l’amour qui consent, car le consentement pourrait n’être que sur un point.

Mais Marie ne dit pas seulement : j’accepte ceci ou cela, Elle se livre au plein gré de l’action divine, ayant parfaitement bien saisi que le mystère de sa Maternité Divine c’est une transformation qui prend son être totalement.

L’Esprit-Saint, dès lors, peut survenir en Elle et le Verbe de Dieu peut s’incarner en son sein virginal pour la plus grande Gloire de Dieu et pour le salut des hommes.

Notre existence, frères et sœurs, prend une toute autre allure quand à l’exemple de Marie et en communion d’âme avec Elle, nous nous livrons à l’action de l’Esprit-Saint, quand nous lui laissons la liberté de nous transformer selon son bon plaisir…

Alors, quand il y a cela, je veux dire quand le cœur est complètement transformé, la vive flamme de l’amour qui brûle en lui peut se communiquer.

C’est ce qui advint lorsque Marie, lors de sa Visitation, salua sa Cousine Elisabeth à la manière dont on se disait bonjour chez les Juifs : « La Paix soit avec Toi » : c’est La Troisième Parole de Marie. Il y eut alors comme une transfusion d’amour entre le Cœur de Marie et celui d’Elisabeth, à tel point que l’enfant que cette dernière portait en elle en fut lui-même envahi et en tressaillit d’allégresse.

Il y a là pour nous, frères et sœurs, concernant l’action apostolique qui doit être la nôtre, une leçon de la plus haute importance, mais trop oubliée, hélas ! de nos jours. On fait remarquer souvent que l’on est apôtre non pas d’abord par ce que l’on dit ou par ce que l’on fait, mais par ce que l’on est.

Oui, mais quelle transformation en Dieu ne faut-il pas pour que cela soit vrai, pour que nos moindres gestes, paroles, actions, actes (un sourire par exemple) apportent l’amour de Dieu…

On ne dira jamais assez, frères et sœurs, l’efficacité apostolique d’une âme qui est entièrement vidée de l’humain et par conséquent remplie de divin, d’une âme toute donnée à Dieu par Marie !

Elle peut rayonner et donner le Christ sans même en avoir conscience.

Elle n’a pas à se soucier d’ailleurs des effets de ses paroles ou de ses actions…

Il suffit qu’elle se soucie d’être de plus en plus possédée par l’amour divin et Dieu fait le reste ; c’est Lui qui se communique et change les cœurs.

Et cela c’est bien autre chose, infiniment autre chose que de chercher à faire du bien ; c’est le Soleil Divin de Lumière, d’Amour, de Paix qui rayonne et qui réchauffe.

La Quatrième Parole de Marie : « Le Magnificat ».

C’est la vive flamme de l’amour qui jubile.

Ce qui étonne dans cette parole, c’est sa longueur, alors que les six autres paroles sont très brèves.

Saint Bernardin de Sienne explique cela en disant que lorsqu’il s’agit de jubiler la Sainte Vierge a voulu que nous sachions que cette jubilation devait se développer sans fin. Cette quatrième parole est la conséquence de la troisième : l’amour qui rayonne et se communique produit des merveilles ; il exulte et il chante.

Marie chante son propre bonheur, Elle chante surtout son action de grâce au Seigneur qui fait des merveilles pour Elle et pour nous.

Quand l’amour divin règne dans un cœur, il le fait exulter car la joie est fille de l’amour.

La Cinquième Parole de Marie a été prononcée après les trois jours d’absence de Jésus et son recouvrement au Temple.

C’est l’amour des retrouvailles, de l’inquiétude qui s’apaise : « Mon enfant pourquoi avoir agi ainsi envers nous ? »

Marie nous rappelle par là que le Seigneur est toujours déroutant ; Il n’avertit pas quand Il prend d’autres routes que celles que nous avions prévues et désirées.

Que de pourquoi sans réponse dans notre existence !

Jésus veut que nous lui fassions une absolue confiance.

Les deux dernières paroles de Notre-Dame ont été prononcées aux Noces de Cana.

La Sixième Parole de Marie : « Ils n’ont plus de vin ».

C’est la vive flamme de l’amour qui compatit.

Marie se préoccupe des autres, Elle se penche sur toutes les misères, sur celles du corps, mais plus encore sur celles du cœur, surtout si ces dernières sont le résultat du péché, lequel péché prive du vin de la noce, c’est-à-dire de la joie de l’amour divin.

Dans le cœur qui aime ardemment, Jésus inculque toujours sa pitié et sa tendresse.

A nous de nous préoccuper de tous ceux qui ont besoin de notre secours, de notre affection de nos conseils et de nos prières.

La Septième Parole de Marie est la consigne que Marie a donné aux serviteurs : « quoiqu’il vous dise, faites-le ».

C’est la vive flamme de l’amour qui consomme en perfection, qui parvient à son achèvement lequel consiste à ne plus faire qu’un seul cœur, une seule volonté avec le Seigneur.

Ce qui a fait son bonheur à Elle, Marie veut nous l’enseigner.

Comme Elle a toujours uni totalement sa volonté à celle de Dieu, Elle veut que nous vivions comme Elle, avec Elle et en Elle, tout ce que l’amour divin nous demande instant par instant.

Telles sont chers frères et sœurs, Les Sept Paroles que l’Esprit-Saint, a bien voulu nous communiquer par la bouche de Marie, sa fidèle Epouse.

Elles sont comme toutes les autres paroles de l’Evangile, des semences de vie.

Puisse Marie Elle-même par son influence maternelle disposer notre cœur pour qu’il soit cette « bonne terre » (dont parle Jésus dans la Parabole du Semeur) qui les accueille, les retient, et leur fait porter du fruit par la persévérance.

 

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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 20:05

Cette année, la « bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Église » sera fêtée le 21 mai 2018. Instaurée par le Pape François, cette nouvelle fête liturgique est désormais célébrée le lundi après la Pentecôte. À cette occasion, KTO vous propose une série d’interviews pour éclairer le sens de cette fête.

Homélie du Père Pierre Cousty

C'est dans le discours qu'il a prononcé pour la clôture de la troisième session de VATICAN II que le Pape Paul VI a proclamé solennellement Marie « Mère de l'Eglise » et a demandé qu'on l'invoque sous ce titre qui exprime dans sa merveilleuse brièveté la place éminente et singulière qu'occupe dans l'Eglise la Mère de Dieu.

Pour justifier cette appellation - qui est traditionnelle, mais qui dans la lumière de l'enseignement conciliaire sur Marie, prend un relief particulièrement saisissant, les théologiens invoquent deux grandes raisons :

En premier lieu, Marie est Mère de l'Eglise parce qu'elle est Mère de Dieu. L’Évangile nous révèle, en effet, qu'à l'appel de Dieu et par sa libre réponse à la puissance de sa grâce, Marie est devenue la Mère de Jésus, le Verbe de Dieu Incarné : « Elle est la Mère, explique Paul VI, de celui qui dès le premier instant de l'Incarnation dans son sein virginal, s'est uni en tant que Chef son corps mystique qui est l'Eglise. Marie, donc, en tant que Mère du Christ est Mère aussi de tous les pasteurs et fidèles, c'est-à-dire de l'Eglise ».

Quand Marie donna naissance à Jésus, elle donna naissance au « Christ total » ce qui inclut, en un sens mystique, tous ses membres.

Ainsi, parce qu'elle est la Mère du Christ, elle est aussi la Mère de l'Eglise.

Mais l'Eglise qui fut préparée par le Christ, spécialement durant sa vie publique, naquit sur la croix du côté transpercé du Rédempteur.

Les souffrances et la mort du Christ ont une importance capitale pour l'origine de l'Eglise.

Il n'est donc pas étonnant que la seconde raison du titre de « Mère de l'Eglise » soit la coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice de son Fils.

Au calvaire Marie s'est associée par son Cœur maternel au sacrifice du Sauveur, donnant à l'immolation de la victime née de sa chair le consentement de son amour, pour être enfin par le même Christ-Jésus mourant sur la croix donnée comme Mère au disciple par ces mots « Femme, voici ton Fils ». (Lumen Gentium N° 58)

Cet enseignement du Concile montre très clairement que déjà Mère de l'Eglise depuis le premier instant de l'incarnation en vertu de son « Fiat » portant sur le Christ total, Marie l'est devenue d'une nouvelle manière par ses souffrances co-rédemptrices.

De cette maternité de grâce, l'Eglise fait continuellement la bienfaisante expérience. Car Marie, par sa médiation qui est essentiellement maternelle (comme Jean Paul II s'est plu à le souligner dans son Encyclique « La Mère du Rédempteur »), ne cesse de coopérer à la transmission de la vie surnaturelle en chaque disciple du Christ et de veiller par son action éducative à son développement.

Sa mission maternelle consiste, en effet, à former le Christ dans les âmes jusqu'à leur parfaite configuration « à l'image du Fils ».

Mais sa qualité de « Mère de l'Eglise » dit quelque chose de plus. Elle attire notre attention sur l'aspect communautaire de son action. La mère spirituelle des hommes n'exerce pas seulement sa sollicitude maternelle à l'égard de chacun, individuellement. Elle veille au développement de l'ensemble de l'Eglise.

Par son cœur de Mère et par son intercession si efficace, elle participe à l'expansion de l'Eglise dans le monde, aux progrès de l'œuvre d’évangélisation.

Elle s'emploie avec ardeur à favoriser la croissance de la Foi, de l'Espérance et de la Charité, à améliorer la qualité de la vie spirituelle de toute la communauté chrétienne.

Elle est discrètement présente à tous les aspects de cette vie : au culte et à la liturgie comme à la pratique des sacrements.

Elle tient son rôle dans le Baptême ou Elle devient Mère de ceux qui reçoivent la filiation divine et dans l'Eucharistie ou elle s'unit à l'oblation sacramentelle du Sauveur comme elle s'était unie jadis à son Sacrifice.

Sa présence maternelle n'est pas présence sacramentelle comme celle du Christ, mais présence morale de coopération et d'intercession.

Comme elle le fit une première fois aux Noces de Cana, Marie ne cesse d'implorer Jésus pour ceux qui « n'ont plus de vin » (autrement dit pour tous ceux qui manquent d'amour) de telle sorte que partout où il y a des déficiences, la vie de l'Eglise puisse recevoir un nouvel apport de grâce et mieux manifester la gloire du Christ.

Enfin, comme toute mère qui attache une importance capitale à l'union de ses enfants, Marie favorise par sa médiation tout ce qui peut contribuer « à la réconciliation de tous les chrétiens dans l'unité d'une seule et unique Eglise du Christ ».

Puisse notre dévotion filiale envers Marie, Mère de l'Eglise, aviver en nous le sens ecclésial et nous stimuler plus spécialement à la prier très fort, Elle qui est la « Toute Puissance suppliante » et la Mère des Miséricordes, en faveur de tout ce qui dans l'Eglise a besoin d'aide et de soutien.

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 07:50

Chers frères et sœurs,

Nous célébrons aujourd’hui la mémoire liturgique de la Bienheureuse Vierge Marie invoquée sous le titre de « Reine ». L’institution de cette fête est récente, bien qu’elle soit ancienne par son origine et la dévotion qu’elle inspire : elle fut établie, en effet, par le vénérable Pie XII, en 1954, à la fin de l’Année mariale, qui en a fixé la date au 31 mai. En cette circonstance, le pape déclara que Marie est reine plus que toute autre créature, en raison de l’élévation de son âme et de l’excellence des dons qu’elle a reçus. Elle ne cesse pas de prodiguer tous les trésors de son amour et de ses prévenances à l’humanité (cf. Discours en l’honneur de Marie Reine, 1er novembre 1954). Maintenant, suite à la réforme post-conciliaire du calendrier liturgique, la fête est située huit jours après la solennité de l’Assomption, pour souligner le lien étroit qui existe entre la royauté de Marie et sa glorification dans son âme et dans son corps, aux côtés de son Fils. Dans la Constitution sur l’Église du Concile Vatican II, nous lisons ceci : «Marie fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils» (Lumen Gentium, 59).

C’est l’origine de la fête de ce jour : Marie est Reine parce qu’elle est associée de manière unique à son Fils, sur son chemin terrestre comme dans la gloire du ciel. Le grand saint de Syrie, Ephrem le Syriaque, affirme au sujet de la royauté de Marie qu’elle dérive de sa maternité : elle est la Mère du Seigneur, du Roi des rois (cf. Is 9, 1-6) et elle nous indique Jésus qui est la vie, le salut et notre espérance. Le serviteur de Dieu Paul VI rappelait dans son Exhortation apostolique Marialis Cultus : « Dans la Vierge, tout se rapporte au Christ et tout dépend de lui : c’est pour lui que Dieu le Père, de toute éternité, l’a choisie comme Mère toute sainte et l’a parée de dons de l’Esprit à nul autre consentis » (n. 25).

Mais maintenant, nous pouvons nous demander : que veut dire l’expression Marie Reine ? Est-ce seulement un titre, lié à d’autres, et la couronne un ornement comme un autre ? Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que cette royauté ? Comme nous l’avons déjà indiqué, c’est une conséquence de son union à son Fils, de son existence au ciel, c’est-à-dire en communion avec Dieu ; elle participe à la responsabilité de Dieu pour le monde, à l’amour de Dieu pour le monde. On se fait une idée ordinaire, commune, du roi ou de la reine : ce serait une personne de pouvoir, de richesse. Mais ce n’est pas le style de royauté de Jésus et de Marie. Pensons au Seigneur : la royauté et la manière d’être roi de Jésus est tissée d’humilité, de service, d’amour : c’est surtout servir, aider, aimer. Rappelons-nous que Jésus a été proclamé roi sur la croix par cette inscription écrite par Pilate : « Roi des Juifs » (cf. Mc 15, 26). À ce moment-là, sur la croix, il montre qu’il est roi ; et comment est-il roi ? En souffrant avec nous, pour nous, en nous aimant jusqu’au bout, et c’est ainsi qu’il gouverne et qu’il crée la vérité, l’amour, la justice. Ou bien pensons encore à un autre moment : lors de la dernière Cène, il se penche pour laver les pieds de ses amis. La royauté de Jésus n’a donc rien à voir avec celle des puissants de la terre. C’est un roi qui sert ses serviteurs ; c’est ce qu’il a démontré par toute sa vie. Et la même chose vaut aussi pour Marie : elle est reine dans son service rendu à Dieu pour l’humanité, elle est reine de l’amour dont elle vit le don de soi à Dieu pour entrer dans le dessein de salut de l’homme. À l’ange, elle répond : Me voici, je suis la servante du Seigneur (cf Lc 1, 38) et dans le Magnificat, elle chante : Dieu a regardé l’humilité de sa servante (cf Lc 1, 48). Elle nous aide. C’est justement en nous aimant qu’elle est reine, en nous aidant dans toutes nos nécessités ; elle est notre sœur, humble servante.

Et nous voici arrivés au point central : comme Marie exerce-t-elle cette royauté de service et d’amour ? En veillant sur nous, ses enfants : des enfants qui s’adressent à elle dans la prière, pour la remercier ou pour lui demander sa protection maternelle et son aide céleste, après s’être peut-être trompés de route, oppressés par la douleur ou par l’angoisse due aux tristes vicissitudes qui perturbent la vie. Dans la sérénité ou dans l’obscurité de nos existences, nous nous adressons à Marie, confiants dans son intercession continuelle pour qu’elle puisse nous obtenir de son Fils toutes les grâces et la miséricorde nécessaires à notre pèlerinage sur les routes du monde. À celui qui gouverne le monde et qui tient entre ses mains le destin de l’univers, nous nous adressons, confiants, par l’intermédiaire de la Vierge Marie. Depuis des siècles, elle est invoquée comme Reine des cieux ; huit fois, après la prière du rosaire, elle est implorée dans les litanies de la Sainte Vierge comme Reine des anges, des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, de tous les saints et des familles. Le rythme de ces invocations anciennes et des prières quotidiennes comme le Salve Regina, nous aide à comprendre que la Sainte Vierge, notre Mère qui est à côté de son Fils Jésus dans la gloire du ciel, est toujours avec nous, dans le déroulement quotidien de notre vie. Le titre de reine est donc un titre de confiance, de joie, d’amour. Et nous savons que celle qui a entre ses mains le sort du monde est bonne, qu’elle nous aime et nous aide dans nos difficultés.

Chers amis, la dévotion à la Vierge Marie est un élément important de la vie spirituelle. Dans notre prière, n’oublions pas de nous adresser à elle avec confiance. Marie ne manquera pas d’intercéder pour nous auprès de son Fils. En la regardant, imitons sa foi, sa disponibilité totale au projet d’amour de Dieu, son accueil généreux de Jésus. Apprenons de Marie à vivre. Marie est la Reine du ciel, proche de Dieu, mais elle est aussi notre mère, proche de chacun de nous, qui nous aime et écoute notre voix. Merci pour votre attention.

Catéchèse de Benoît XVI – 22 août 2012

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 16:15

Evangile du 8 décembre selon saint Marc

Ce n’est pas sans raison que l’Eglise a placé la fête de l’Immaculée Conception au cœur de l’Avent. L’incomparable figure de Marie Immaculée éclaire, en effet d’une manière particulière ce temps de joyeuse espérance. Pour un privilège unique le sacrifice rédempteur de la Croix qui nous a purifiés du péché originel en a totalement préservé la Vierge Marie. A l’instant décisif de l’Annonciation, l’Ange Gabriel s’est adressée à Elle en ces termes : « Je te salue, remplie de grâce », car il voyait en Elle la créature « dans sa splendeur originelle », telle qu’elle sortit des mains du Créateur au commencement du monde : « la femme dans la grâce enfin restituée » comme l’a si bien dit notre poète Claudel.

« Je te salue remplie de grâce ». En Marie tout est grâce, en effet ; tout vient de Dieu et tout est pour Dieu, pouvait-il en être autrement de celle qui était prédestinée à devenir la Mère du Fils de Dieu se faisant homme ?

« Bénie entre toutes les femmes ». Marie appartient néanmoins à notre race. Rachetée autrement que nous, elle l’a été, ainsi que nous par la mort de Jésus son Fils. Elle est tout comme nous, fille du Calvaire et du Sang Rédempteur. Si bien qu’entre la vocation unique de la Mère de Dieu et la nôtre, il y a une différence de degré énorme, mais pas différence de nature. Nous différons d’Elle au départ, mais pas au terme... Car nous sommes destinés tout comme Elle, à être associés intimement à cette prodigieuse vie de connaissance et d’amour qui est Celle de la bienheureuse Trinité.

C’est dans cette perspective, frères et sœurs, qu’il nous faut comprendre la déclaration étonnante de Jésus dans l’Evangile. Déclaration qui sans porter atteinte à la grandeur incomparable de sa très Sainte Mère, met en relief la dignité universelle des chrétiens... « Voici ma mère et mes frères, affirme Jésus, en promenant son regard sur ceux qui sont autour de lui. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère ». Certes, nous ne sommes pas nés immaculés mais nous pouvons le devenir si nous accomplissons la volonté de Dieu, répondant ainsi à notre vocation première qui est la Sainteté. Considérée sous cet angle, le mystère de l’Immaculée Conception, qui prélude au relèvement de l’humanité est un phare lumineux qui nous indique le chemin de notre propre salut... Car, voyez-vous, la fête de l’Immaculée Conception, ce n’est pas autre chose que la fête de ce qu’on appelle l’état de grâce. Or, la grâce en nous ce n’est pas quelque chose, mais la présence de quelqu’un, la présence de Dieu vivant Père, Fils et Saint-Esprit, au plus intimement de nous-mêmes. Seulement attention ! La présence habituelle de Dieu en nous ne saurait rester inactive... Il ne faudrait pas considérer l’état de grâce seulement comme le fait de n’être pas en état de péché mortel... L’absence de péché mortel n’est que l’aspect négatif de l’habitation de Dieu en nous, laquelle implique une communauté de vie spirituelle de penser, d’affections, de désirs, de volontés entre Dieu et nous, communauté qui allant toujours croissante recevra un jour son épanouissement dans l’union définitive du ciel.

Saint Jean affirme que Dieu nous a aimés le premier. L’état de grâce où nous entrons par le Baptême est un don gratuit mais Marie ne mérite pas davantage. Créée dans cet état surnaturel, son mérite à Elle, fut de répondre à ce privilège par un amour digne du Seigneur, exclusif de tout péché. Et quoique ce fût pour Elle, une nouvelle grâce d’être choisie pour être la Mère du Sauveur, elle a obtenu cette prérogative par sa fidélité indéfectible. Dieu a jeté son regard sur Elle parce qu’elle était volontairement et joyeusement restée l’Immaculée : celle qui n’avait point failli, qui n’avait jamais voulu appartenir à personne d’autre qu’à Lui, le Seigneur. Et devant la Vierge de Nazareth toute remplie de la présence de Dieu, l’ange s’incline comme si elle était sa concitoyenne du ciel : « Je te salue, remplie de grâce, le Seigneur est avec Toi ». Le dessein divin que l’ange fait connaître à la petite fiancée de Joseph va bouleverser sa vie, comme déjà il trouble son esprit...

Tout cela, certes la dépasse et confond son humilité, mais ne vient pas à bout de sa docilité et de sa confiance. « Je suis la Servante du Seigneur », dit-elle, et l’ange la quitta. Par l’œuvre de l’Esprit-Saint le Verbe s’était fait chair. Bientôt une humanité recréée dans un état de justice et de sainteté véritable va remplacer l’humanité pécheresse : Marie en est le premier et magnifique exemplaire. Avec quelle fierté ne devons-nous pas l’admirer ? Une enfant de notre race est donc restée fidèle à la volonté initiale du Créateur. La preuve est faite qu’une créature humaine est capable de ne pas pécher avec le secours de la grâce. Eh bien ! C’est cela précisément que Jésus attend et obtiendra de ses disciples pourvu qu’ils imitent l’esprit de foi de Marie, son humilité, sa générosité totale dans l’accomplissement de toutes les volontés de Dieu... Sa parole « Quiconque fait la volonté de Dieu m’est un frère, une sœur, une mère », est à prendre au pied de la lettre. Jésus n’a pas dit aux disciples qui l’entouraient : ils pourront être, ils seront comme ma mère... Non, l’assimilation est beaucoup plus complète. Elle se produit dans le présent : « Voici ma mère, voici mes frères ». Il ne s’agit pas ici de parenté naturelle, ni d’un simple apparentement moral comme on dit d’un ami qu’il est pour un frère... La vérité est que pas Jésus-Christ nous sommes devenus réellement fils adoptifs de Dieu. La merveille est que l’état de grâce nous fait entrer surnaturellement, mais réellement dans la famille de Dieu. Et l’état de grâce se reconnaît à ce signe que nous voulons tout ce que Dieu veut...

Frères et sœurs, si Dieu a voulu élever tout de suite à la sainteté celle qui serait sa mère, ne perdons pas de vue cependant qu’il a créé le monde et que son Fils a régénéré l’humanité dans son sang rédempteur dans l’unique but de faire de nous des saints. « Le monde est une machine à faire des dieux » disait Bergson. Chaque année la fête de l’Immaculée Conception revient opportunément nous rappeler qu’un tel idéal n’est pas impossible, parce que le péché n’est pas inhérent à la nature humaine. Le péché n’est qu’un accident et depuis que Jésus nous a rétablis dans l’état de grâce c’est un accident toujours évitable. Oh certes, le chrétien trébuche souvent, parfois il tombe mais il se relève et au prix de nombreux efforts soutenus par la grâce, il avance quand même dans la vie, joyeux et confiant, dans la splendeur cachée du Dieu infiniment saint qui habite son âme.

Frères et sœurs, retenons bien ceci, Dieu a fait ce chef d’œuvre unique, Marie Immaculée, mais ce prototype il veut le reproduire en tous les hommes dans la mesure où ils accorderont leur volonté avec la sienne. « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère, une sœur, une mère.

Amen.

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 14:42

Chers frères et sœurs, ce que je voudrais vous dire aujourd’hui au sujet de la Vierge Marie, un seul mot parmi les plus beaux de notre langue française suffirait à l’exprimer : un tout petit mot qui dans sa discrétion et sa simplicité est, sans nul doute, le plus élevé, le plus chargé d’amour et aussi le plus engageant qu’un être humain puisse jamais prononcer : ce petit mot, vous l’avez deviné, c’est Oui.

Marie est par excellence Notre-Dame du Oui.

Alors qu’il est pratiquement impossible de définir quelqu’un par un seul mot, on  peut dire ici, sans crainte de se tromper, que la Vierge est Celle qui est toute résumée, toute contenue dans son Oui : celui que l’Evangile nous rapporte, qu’Elle a prononcé en toute liberté à l’heure de l’Annonciation pour donner sa pleine adhésion à l’inimaginable proposition divine transmise par l’Ange : « Qu’il me soit fait, qu’il m’advienne selon ta Parole ».

Si ce Oui central de l’Annonciation, ce Oui si décisif, le plus décisif en vérité de toute l’histoire humaine, est regardé comme définissant de façon excellente l’humble Servante du Seigneur, c’est parce qu’il est une expression plus formelle, plus explicite de l’attitude intérieure qui lui était habituelle : cette disposition de parfaite ouverture à Dieu et d’acceptation aimante de sa volonté qui l’accompagnait à chaque instant de son existence, éclairait chaque tournant de son itinéraire spirituel, donnait un sens plénier à chaque battement de son cœur comme à chacune de ses prières.

Dans sa deuxième Lettre aux Corinthiens, Saint Paul a dit que « le Christ Jésus n’a pas été oui et non, il n’y a eu que le oui en Lui ». Il aurait pu en dire tout autant de Marie, car, parfaite disciple de son divin Fils, Elle a reflété, Elle a reproduit très fidèlement tous ses traits : « en Elle, il n’y a pas eu oui et non, tout n’a été que oui ».

Chers frères et sœurs, chaque fois « qu’avec les yeux illuminés du cœur » nous contemplons la Vierge Très Sainte à travers son Oui de l’Annonciation, il y a deux aspects très importants de ce mystère auxquels il nous faut être particulièrement attentifs :

  • Ce qui importe de bien comprendre tout d’abord, c’est qu’en donnant son consentement avec une générosité et d’une manière irrévocable, Marie entend bien assumer sur un plan personnel toutes les conséquences qui vont en découler. Ce n’est pas passivement, mais très activement, qu’Elle coopérera, à titre de Mère du Sauveur, à l’œuvre sublime de la Rédemption des hommes. Car, vous l’avez peut-être remarqué, son Oui, Marie le prononce comme un souhait, un joyeux souhait qui porte sur l’accomplissement de tout ce que l’Ange lui a annoncé, « comme si Elle voulait faire comprendre, écrit Jean Guitton, qu’Elle coulera sa liberté dans le dessein de Dieu, aujourd’hui de joie et demain de souffrance ». Elle fait donc bien mieux que se soumettre à la volonté du Père des Cieux : Elle fait coïncider ses désirs les plus profonds avec le projet divin du Salut. Elle a compris, en effet la valeur suprême de l’universalité de ce projet et comme il lui tarde d’en voir la réalisation : « qu’il me soit fait, qu’il m’advienne ! »
  • Mais il y a autre chose, il y a plus dans ce grand Oui de l’Annonciation. Et, là encore, ce qu’il importe de bien saisir, c’est que Marie ne l’a pas prononcé seulement à titre individuel, mais comme le dit Saint Thomas d’Aquin « au nom du genre humain tout entier ». Dire que Marie a accepté l’Incarnation du Verbe « au nom ou à la place de toute l’humanité », c’est affirmer avec les grands théologiens des premiers siècles, que l’obéissance de Marie, a contribué au Salut de tous. « Le nœud dû à la désobéissance d’Eve, déclarent-ils, s’est dénoué par l’obéissance de Marie, ce que la Vierge Eve avait noué par son incrédulité, la Vierge Marie l’a dénoué par sa Foi ». Comparant Marie avec Eve, ils appellent Marie « la Mère des Vivants » et emploient volontiers cette formule : « par Eve, la mort, par Marie, la vie… »

C’est donc très clair : le consentement de Marie n’a pas eu seulement la valeur d’une adhésion personnelle exigée par sa fonction de Mère, mais aussi la valeur d’une adhésion collective voulue par sa fonction de Représentante de tous les hommes.

La « Femme bénie entre toutes les femmes » a été Celle en qui toute l’humanité a accueilli le Sauveur.

Etonnante et incommensurable dimension de ce Oui de Marie : en lui résonnent tous les Oui qui de la terre monteront jusqu’aux Cieux, depuis l’Annonciation jusqu’à la fin du monde.

Dans la lumière qui émane de ce mystère, nous pouvons donc entrevoir tout ce que nous devons à Marie, la Nouvelle Eve. Sans son consentement que serions-nous en effet, et que serait le monde ?

Il n’y aurait pas eu Noël et sans Noël pas de Vendredi-Saint, pas de Pâques, pas d’Ascension et pas de Pentecôte. L’Eglise n’existerait pas, ni les Sacrements, bref, nous ne serions pas sauvés et le ciel nous serait toujours fermé. Vraiment, jamais un Oui humain n’a eu et n’aura une telle portée.

Chers frères et sœurs, ces quelques aperçus sur le Oui si exemplaire de Marie devraient nous inciter à réfléchir sur l’importance et sur les conséquences de nos propres oui.

Chacun de nous, s’il est adulte, a été appelé à prononcer des oui qui ont fixé sa vocation : (mariage ou sacerdoce, vie religieuse ou célibat) qui ont déterminé sa profession ou qui l’on engagé davantage soit, au service des autres soit, au service de l’Eglise… Dire oui, le jour de son ordination ou de son mariage est facile, mais lorsqu’il s’agit de renouveler ce oui chaque jour et à chaque instant, c’est souvent difficile. Marie, nous l’avons vu a dit Oui toute sa vie, consentant avec amour à tout ce que Dieu lui demandait.

Ou en sommes-nous de nos oui quotidiens ?

Oui, au départ de nos recommencements quand nous avons à refaire confiance, à effacer le tableau d’un passé trop lourd, à retrouver l’élan qui arrache à l’habitude ou le courage qui sort de l’ornière.

Oui, au pied de toutes nos croix, dans la maladie qui assombrit, dans la solitude qui enclôt, dans l’injustice qui humilie, ou encore lorsque nous avons à offrir une souffrance qu’on n’a pas choisi de porter.

Oui, pour répondre à toutes les exigences de notre devoir d’état.

Oui, pour répondre à tous les appels de nos frères.

Il est des oui, vous le savez, qui ont marqué profondément la face du monde et le visage de l’Eglise.

Pensons par exemple, à l’importance du Oui des Apôtres, de Saint Paul, et de tous les fondateurs d’Ordre…

Tous ces Oui suscitent notre admiration et notre reconnaissance.

Mais sommes-nous assez convaincus que le plus modeste de nos oui a lui aussi son importance, qu’il peut avoir (et qu’il a effectivement) des répercussions incalculables (dont nous ne saurons rien dans la plupart des cas) qu’il peut contribuer pour sa part à la conversion et à la sanctification de nos frères et cela en vertu de la merveilleuse influence que nous avons les uns sur les autres dans le mystère si émouvant de la Communion des Saints. Dieu, en effet, ne change pas dans sa manière d’agir.

S’il n’a pas hésité à faire dépendre de l’assentiment de Marie, l’accomplissement du mystère du Salut, il fait encore dépendre du consentement humain, le développement de l’Eglise dans le monde.

Chers frères et sœurs, puisse cette perspective si encourageante réactiver notre ardeur apostolique afin que dans le monde de ce temps, nous poursuivions sans relâche, l’œuvre du Salut, inaugurée il y aura bientôt 2000 ans par le Oui de la Corédemptrice.

N’oublions jamais, que c’est notre mission de chrétiens et que nous ne pourrons la réaliser, que si de tout notre cœur nous répondons Oui a tous les appels du Seigneur, forts de toutes les grâces, qu’il ne manquera pas de nous accorder si nous les lui demandons avec humilité, confiance et persévérance par l’intermédiaire de Celle qui est notre Médiatrice et notre Avocate, Marie notre Mère et notre Reine, Notre Dame du Oui.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 20:09

Chers frères et sœurs, au début de ce mois de novembre qui est traditionnellement consacré à la prière pour les défunts, je voudrais vous livrer quelques réflexions sur le rôle de la Très Sainte Vierge vis à vis de cette « zone souffrante », de l’Eglise – Corps Mystique du Christ, qu’on appelle le Purgatoire.

Comment la Mère de l’Eglise, qui se montre si secourable aux chrétiens en difficultés et si miséricordieuse envers les pécheurs, pourrait-elle, en effet, se désintéresser des âmes du Purgatoire qui sont dans un état d’extrême misère parce que, plongées dans cette nuit dont nous parle Jésus, durant laquelle personne ne peut plus travailler.

Car, au Purgatoire, vous le savez, on ne peut plus agir par soi-même, on ne peut plus mériter, on est tout entier livré à l’Amour qui purifie et qui embrase.

Les âmes du Purgatoire souffrent terriblement à cause de leurs fautes passées.

Elles ont, certes, avant d’être libérées de leur enveloppe corporelle, reçu le Pardon de Dieu qui les a libérées de la peine éternelle.

Mais, comme leur amour était loin d’être parfait, il faut absolument que peu à peu il le devienne. De plus, leurs péchés ayant laissé, pour ainsi dire, des cicatrices qui les enlaidissent, il faut qu’elles s’en débarrassent.

« Rien de souillé, affirme Saint Jean dans l’Apocalypse, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ».

  • Il faut être beau pour contempler la beauté parfaite,
  • Il faut être Saint pour entrer dans l’intimité du Dieu Trois Fois Saint,
  • Il faut devenir une « vive flamme d’amour » selon la très belle expression de Saint Jean de la Croix, pour être plongé à jamais dans cette fournaise ardente de charité qu’est le Dieu Amour en Trois Personnes.

Voilà pourquoi sitôt après leur jugement, commence pour ces âmes une douloureuse purification, semblable à celle que certains mystiques éprouvent ici-bas à travers ce qu’on appelle « les nuits de l’âme ».

C’est une sorte de métamorphose surnaturelle, qui peu à peu, achève de les sanctifier, les rendant « semblables à Dieu » et dignes de le voir « tel qu’Il est ».

Frères et sœurs, lorsqu’Elle vivait sur la terre, la Vierge Marie qui est l’Immaculée, la Toute Sainte, n’a pas connu le moindre péché, mais Elle a certainement connu ces tourments d’un amour qui veut toujours se dépasser, grandir au-dessus de lui-même.

Elle n’a aucune peine, dès lors, à saisir la souffrance profonde des âmes du Purgatoire, si désireuses de leur transformation et sanctification parfaites.

Non seulement, Elle comprend ce qui les fait souffrir ; la nature de leur brûlure qui est à la fois cruelle et suave, mais Elle veut surtout les aider en cette épreuve qui les prépare à un bonheur infiniment comblant.

« Je suis la Mère de tous ceux qui souffrent au Purgatoire, dit un jour Notre-Dame à Sainte Brigitte, car toutes les peines qu’ils méritent pour leurs péchés, sont à toute heure, d’une manière ou d’une autre, allégées par mes prières ».

Vous savez, chers frères et sœurs, que nous pouvons nous-mêmes par mode d’intercession, c’est à dire par nos prières et en faisant célébrer des Messes, soulager les âmes souffrantes et hâter leur délivrance.

Bien des Saints s’y sont employés :  

  • Saint Odilon, par exemple, Abbé de Cluny, qui a institué pour le lendemain de la Toussaint, la Journée de Prière pour les Défunts, ou
  • Saint Vincent de Paul, qui célébrait très souvent la Messe et la faisait célébrer par ses Prêtres, pour les âmes les plus abandonnées.

Alors, quelle ne sera pas la pitié de Marie pour ces âmes !

N’est-elle pas, en tant que Mère, toute bonté et toute indulgence !

Et si Dieu tient compte de nos pauvres actes d’Amour à l’égard de ces âmes, combien plus écoutera-t-il l’irrésistible supplication de Celle qu’Il a constituée Médiatrice et Avocate ?

Au Purgatoire, il est vrai, on attend le Ciel avec une certitude absolue, mais plus il se rapproche et plus on souffre de ne l’avoir pas encore rejoint.

On peut dire que la prière ininterrompue des âmes du Purgatoire, c’est celle du Psaume 41 :

« Mon âme a soif du Dieu Vivant, quand le verrai-je face à face ? »

Brûlées par les ardeurs d’un si violent désir d’Amour, ces âmes trouvent en Marie, qui se fait toute proche d’elles, un précieux réconfort, tel celui d’une fraîche rosée.

« La Mère de la Sainte Espérance » montre aux âmes souffrantes que leur exil prendra fin, même s’il se prolonge, et que plus elles souffrent, et plus se rapproche cette Porte du Ciel, qu’Elle-même sera bientôt pour elles, leur faisant voir enfin, après les ultimes purifications, Jésus, le Fruit Béni de son Sein.

D’ailleurs, Elle, qui est la Toute-Puissance suppliante, ne cesse d’implorer son Divin Fils, qui est le Juste par excellence, le Saint de Dieu, pour qu’Il répande sa Justice, c’est à dire la Sainteté sur les flammes du Purgatoire. Non pour les éteindre, car se sont des flammes divines, celles de l’amour, mais pour les attiser, afin que s’embrasent plus vite et plus parfaitement encore ces cœurs en peine de Dieu.

Lavées déjà dans le Sang de l’Agneau, ces âmes revêtiront alors la robe nuptiale pour le festin des Noces Eternelles, ainsi que Jésus nous le fait entrevoir dans l’une de ses Paraboles « les Invités au Festin ».

Frères et sœurs, nous savons que le Sacrifice de la Croix qui est représenté, actualisé à chaque Messe, est très efficace pour les soulager et hâter leur délivrance.

Or, Marie, qui est la Corédemptrice, s’offre à chaque Messe en Communion avec son Fils, comme Elle le fit au Calvaire.

Ainsi, par ses mérites unis à ceux du Rédempteur, intervient-elle efficacement pour que les âmes soient délivrées plus rapidement et s’envolent vers l’Eternelle Béatitude.

Comprenons biens, frères et sœurs, qu’entre le Purgatoire et le Ciel, le « grand abîme » qui sépare le Ciel de l’Enfer, n’existe pas, pas plus d’ailleurs, qu’entre le Purgatoire et la Terre.

Car le lien de l’Amour, de la charité surnaturelle, qui unit entre eux les membres de l’Eglise, n’entoure pas seulement les vivants, mais aussi les morts qui ont quitté ce monde en état de charité.

Celle-ci, en effet, ne cesse pas avec la vie terrestre, puisque Saint Paul affirme que « la charité ne passera jamais ».

Si, dès ici-bas, de pauvres pécheurs comme nous, à cause de la miséricorde divine et surtout s’ils agissent au Nom de l’Eglise, peuvent obtenir un soulagement pour les défunts, à plus forte raison les Saints du Ciel et surtout la Reine de tous les Saints.

Dans une autre Parabole contée par Jésus, le mauvais riche implorait sans succès le réconfort d’un peu d’eau qui viendrait humecter ses lèvres.

Marie, qui est toute ruisselante de charité divine, vient baigner, en quelque sorte le cœur de ses enfants en Purgatoire.

Elle leur procure l’eau vivante de l’amour et sa maternité si tendre et si miséricordieuse, leur fait espérer au milieu du feu qui les dévore, qu’ils pourront bientôt, dans la Jérusalem Eternelle, boire à ce fleuve de vie resplendissant comme un cristal qui jaillit du Trône de Dieu et de l’Agneau, comme Saint Jean l’affirme en son style imagé de l’Apocalypse.

Frères et sœurs, puissions-nous mieux comprendre, à la suite de ces quelques réflexions, que la charité à l’égard de tous nos frères défunts en Purgatoire est l’une des plus hautes… Elle est malheureusement trop peu exercée.

Prenons donc la résolution, à l’exemple de Marie, « la Vierge Libératrice » et en union avec Elle, de nous engager plus généreusement dans ce merveilleux service d’entr’aide spirituelle qu’est la Communion des Saints, où chacun reçoit, mais où chacun aussi doit donner selon toutes ses possibilités.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 20:06

Méditons, si vous le voulez bien, chers frères et sœurs, pendant quelques instants sur ce beau titre que l’Eglise se plaît à donner à Marie dans les Litanies de Lorette : « Miroir de Justice ».

Le mot justice n’est pas à prendre ici dans son sens restreint (celui que nous lui donnons habituellement) mais dans le sens large que lui donne la Bible, où il est synonyme de Sainteté, de perfection de toutes les vertus, d’accomplissement de tous les devoirs.

La justice appliquée à Dieu dans ce sens large signifie : l’indicible Sainteté de Dieu, sa Perfection Infinie.

Ce que nous reconnaissons, ce que nous proclamons, avec toute l’Eglise quand nous appelons Marie « Miroir de Justice » c’est le fait que la Mère du Christ ressemble à son Fils, qu’on peut la comparer à un miroir dans lequel l’image rend exactement l’objet réfléchi.

En la divine Marie, miroir merveilleux dont aucune ombre ne ternit la transparence, ce sont tous les traits de la divinité de Jésus qui se réfléchissent. Ce sont là toutes ses vertus humaines.

Marie reflète la divinité de son Fils avec d’autant plus de perfection, qu’Elle se trouve déjà Immaculée en sa propre conception par anticipation des mérites de Jésus et qu’Elle a même été consacrée dans sa virginité, en devenant sa Mère.

Mieux que toute autre créature et que toutes les créatures réunies, Elle le reproduit dans son âme et dans sa vie.

Brillent aussi en Elle, les vertus du Christ et avec tant de splendeur que connaître, aimer, honorer, imiter Marie, c’est en toute vérité, connaître, aimer, honorer et imiter Jésus.

On dit habituellement « telle mère, tel fils », parce que la mère forme en grande partie son fils à son image et se réfléchit en quelque sorte sur lui.

Mais ici, il faut retourner la formule et dire : « tel fils, telle mère », car le Fils s’est choisi sa mère.

Il a pu et Il a voulu, de toute éternité, la faire digne de Lui, le Verbe de Dieu, pour s’incarner en Elle au jour fixé par Lui. C’est en ce sens qu’il faut comprendre l’étonnante parole du poète Dante : « Vierge, Mère, Fille de ton Fils ».

Oui, Fille de son Fils par la Grâce.

Miroir du Christ dont Elle est l’image parfaite, dans lequel il peut contempler ses propres traits, la Vierge Immaculée est encore notre Miroir Moral à nous.

De même que le miroir recevant la lumière du soleil, la reflète sur la personne qui s’y mire, de même Marie reflète sur nous la lumière du Christ-Ressuscité, Soleil de Justice, qui irradie son âme.

Elle est donc « Miroir de Justice » pour cet autre motif, qu’Elle nous envoie les rayons du « Soleil de Justice ».

De plus, un miroir a pour effet de signaler, d’adresser des reproches, d’accuser le désordre ou des laideurs qu’on ne voudrait pas apercevoir.

En même temps, il est un ami persuasif qui aide à tout ranger, à réparer, à rajeunir. Or, ce sont bien des services semblables que sans l’ordre surnaturel nous recevons de Marie, cette incomparable Educatrice : Elle nous fait remarquer tout ce qui en nos cœurs et dans notre manière de vivre n’est pas conforme au modèle divin qu’Elle reflète. Elle nous aide à mieux prendre conscience de ces tares, de ces défectuosités que sont nos péchés, mais avec quel tact et quelle compassion. Bien plus, Elle les répare, Elle les corrige, en nous communiquant ses mérites et ses grâces dont Elle est l’Universelle Dispensatrice en sa qualité de Corédemptrice, Médiatrice et Avocate.

Puissions-nous donc, frères et sœurs, demander avec insistance à ce miroir resplendissant, d’éliminer les taches et les altérations qui atteignent notre âme, dans ses pensées et ses affections, ses paroles et ses actions.

Rappelons-nous enfin qu’un miroir nous apporte une aide très précieuse pour orner notre visage et notre extérieur.

Si nous voulons embellir notre vie spirituelle des vertus fondamentales de Foi, d’Espérance et de Charité et toutes les autres vertus, de manière à plaire au Christ qui est l’Epoux Divin de chaque âme, nous devons nous placer très souvent devant le miroir sans tache qui est Marie afin de contempler en Elle, l’Icône, le Modèle de ce que nous avons à pratiquer pour parvenir à la Sainteté que Dieu attend de nous.

« Il faut que comme fils et filles de Marie, vous cherchiez à reproduire dans votre âme sa beauté surhumaine. Maintenez donc, à son image, l’union parfaite avec Jésus. Que Jésus soit en vous et que vous soyez en Lui, jusqu’à la fusion de votre vie avec sa vie.

Qu’il y ait dans votre esprit les splendeurs de la Foi, et, comme Elle, que vous voyiez, que vous jugiez, que vous raisonniez selon Dieu.

Que votre cœur, autant que possible, aspire à l’intégrité de son Cœur à Elle, qui n’a rien partagé avec d’autres et a conservé pour Dieu toute sa chaleur, ses battements, sa vie.

Avec les visions de l’esprit, avec les ardeurs du cœur, cultivez le dévouement absolu à Dieu.

Fils et filles de Marie, portez dans la physionomie de votre âme, la ressemblance avec la Mère du Ciel.

Faites passer à travers ce monde enveloppé de ténèbres et couvert de boue, des faisceaux de lumière et le parfum d’une pureté sans tache ».[1]

Puissions-nous, chers frères et sœurs, écouter, notre Mère Bien-Aimée, qui en ce moment, nous invite dans le secret de notre cœur à l’action courageuse et à l’espérance en nous redisant les paroles de son Fils : « Fais cela et tu vivras ».



[1] Pape Pie XII

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 19:59

Chers frères et sœurs, dans les messages si importants qu’Elle a adressé de la part de Dieu au monde contemporain (en particulier à Lourdes et à Fatima) Marie, notre Mère nous a rappelé avec fermeté le devoir absolument nécessaire de la pénitence comme moyen de sanctification pour nous-mêmes et moyen de salut pour l’humanité toute entière.

Il y a, vous le savez, plusieurs manières de faire pénitence, mais il en est une dont personne ne saurait se dispenser, parce qu’elle est voulue par Dieu Lui-même (ce que Marie, d’ailleurs a bien souligné à Fatima) : c’est celle qui consiste à accomplir aussi parfaitement que possible son Devoir d’Etat. 

L’accomplissement du Devoir d’Etat : s’il est un domaine de la vie chrétienne où Marie nous a donné un exemple tout à fait admirable, mais aussi tout à fait imitable, c’est bien celui-là. Voilà pourquoi, j’aimerais que nous la contemplions, sous cet aspect qui la rend si proche de nous.

Car, mis à part quelques grands moments de grâces extraordinaires, Marie, l’Humble Servante du Seigneur a vécu, surtout à Nazareth, la condition travailleuse des femmes de son temps et de sa province de Galilée.

Nous connaissons suffisamment, grâce aux Evangélistes et aux Historiens, les coutumes de la Palestine au temps de Jésus, pour nous représenter sommairement ce que dut être la vie quotidienne de Marie à Nazareth. Ce fut vraiment une vie obscure que la sienne, semblable à celle de toutes les femmes qui habitaient ce village perdu, au fond d’un pays perdu, dont il n’est jamais question dans l’Ancien Testament.  

La maison où Elle résidait avec Jésus et Joseph n’avait rien d’original, c’était un cube de pierre avec sans doute un petit escalier extérieur menant à une terrasse.

Le sol était de terre battue, l’ameublement rudimentaire.

Autour de cette demeure, des dépendances dont l’atelier de Joseph et une étable pour les bêtes (ânes et moutons) ainsi qu’un petit jardin. Le tout bien protégé par un mur d’enceinte assez élevé.

Comme toute épouse et toute mère, Marie était l’âme et l’intendante de sa maison, mais dans ce milieu galiléen, où vivre sur soi-même en autarcie, était une nécessité, la mère paysanne avait une tâche particulièrement lourde à assumer.

C’est à elle, qu’il incombait de moudre le grain, de préparer la pâte et de cuire le pain, de faire la cuisine bien sûr ainsi que la vaisselle, mais aussi d’aller chercher du bois dans la campagne, de faire la cueillette des légumes ou des fruits, pour les mettre en conserve.

C’est à elle, qu’il revenait non seulement de laver et de raccommoder les habits, mais aussi de les confectionner, après avoir tissé le lin ou filé la laine, et ce n’était pas un mince travail.

On peut dire sans exagérer que les mains de Marie, ces mains bénies, par lesquelles devaient se répandre plus tard, tant et tant de grâces, étaient des mains calleuses.

Et on imagine sans peine, qu’au terme de ses longues et rudes journées, Marie devait ressentir, comme cela nous arrive fréquemment, lassitude et fatigue.

Mais le Devoir d’Etat pour Marie, ne se limitait pas aux diverses tâches ménagères, il consistait aussi à éduquer Jésus, en parfait accord bien sûr et avec l’aide très précieuse de Joseph, les deux rôles, celui du Père et celui de la Mère étant parfaitement harmonisés.

Saint Luc note à deux reprises que « Jésus grandissait en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes ».

Le fait que Jésus ait voulu se soumettre ainsi aux lois de la croissance, met en lumière le réalisme de l’Incarnation.

Jésus n’a pas fait semblant d’être homme.

Il a vécu notre condition en toutes choses, sauf bien sûr, le péché.

A toutes les étapes de son développement, Marie a donc éduqué Jésus comme toute maman éduque son enfant, avec cette différence toutefois que Jésus était un enfant délicieux, parfaitement docile, qui comprenait tout de suite, et obéissait sur-le-champ : « Il leur était soumis » note encore Saint Luc.

Nous savons que chez les Juifs, à cette époque, toute l’instruction se faisait à partir de la Sainte Ecriture (qu’on désignait par cette expression, la Loi et les Prophètes) et toute l’éducation aussi : l’éducation religieuse, l’éducation morale, l’éducation affective.

Marie qui durant son enfance et sa jeunesse avait été élevée au Temple de Jérusalem était tellement instruite, qu’Elle dépassait tous les Docteurs de la Loi, par sa connaissance et sa pénétration de la Parole de Dieu.

Elle savait donc l’enseigner à Jésus de façon lumineuse et l’adapter à toutes les circonstances et à toutes les étapes de sa croissance.  

Jésus ne pouvait pas ne pas penser à ce modèle incomparable de Sagesse qu’était sa Mère, lorsqu’il lisait dans les Livres Saints ces paroles que l’Eglise reprend dans sa Liturgie en les appliquant à Marie :

« Je suis la Mère de la connaissance.

En moi est toute grâce de doctrine et de vérité,

En moi est tout espoir de vie et de force,

Qui m’écoute n’aura point de honte,

Qui agit avec moi ne péchera point,

Qui cherche ma lumière aura la vie éternelle.

Et maintenant, fils, écoutez-moi,

Heureux qui observe mes voies.

Ecoutez l’instruction et vous serez sages ».

Oui, Jésus tout au long des jours, des mois, des années, a regardé et écouté sa Mère.

D’Elle, ainsi que de Joseph, Il a tout appris, aussi bien , à marcher, à parler, à se vêtir, qu’à prier et à pénétrer le sens des Saintes Ecritures, aussi bien à travailler, qu’à servir et à aimer son prochain.

On peut donc affirmer, frères et sœurs, qu’en Jésus-Homme, il y a quelque chose de sa Mère, non seulement les traits de son visage, c’est évident, mais aussi quelque chose de son cœur. C’est jusque là qu’il est le Fils de Marie.

Un auteur spirituel, le Père Faber a exprimé à ce sujet la très belle pensée que voici :

« Au commencement, Dieu communique sa ressemblance à l’homme, maintenant une femme communique sa ressemblance à Dieu.

De quelle intimité spirituelle, de quelle similitude profonde cette ressemblance n’est-elle pas le symbole et la preuve ?

O merveille ! Le petit lys blanc fleurit sous un plus grand et sort de sa tige, il en est une fidèle copie : mêmes feuilles, mêmes pétales, même blancheur.

La même poussière d’or les poudre, ils jettent aux brises du matin le même parfum que nul autre n’a jamais égalé. Dieu copiant sa Créature ! La Création n’a jamais eu à contempler un spectacle si beau.

Pour mener ainsi jusqu’à sa perfection cette éducation de Jésus, Marie n’a certainement ménagé ni son temps, ni sa peine. Nous pouvons êtres sûrs qu’Elle y a investi toutes les ressources de son intelligence et toutes les qualités de son Cœur Immaculé. 

Telle nous apparaît, frères et sœurs, sous l’aspect du Devoir d’Etat, la vie quotidienne de Marie à Nazareth.

Il ne fait aucun doute que pour ceux qui la regardaient de l’extérieur, cette vie qui était toute de travail constant et d’usure au service des siens, était des plus ordinaires.

Mais à cause des dispositions de son Cœur qui transformaient toute cette grisaille en lumière, cette vie était, en fait, la plus extraordinaire qui soit, la plus divinisée qui soit.

Saint Jean de la Croix, le grand mystique espagnol, nous a laissé cette profonde pensée que nous devrions méditer fréquemment : « Au soir de cette vie, nous serons jugés sur l’Amour ».

Sur l’Amour… Non sur nos désirs, nos paroles, ni même nos actions, mais sur l’amour que nous y aurons mis, car ce que Dieu regarde, ce ne sont pas les mains, mais le cœur.

Mains d’artiste ou de ménagère, mains d’ingénieur ou d’ouvrier, mains de ministre ou de jardinier, peu importe ! Ce que Dieu regarde, ce qu’il apprécie, c’est l’intention qui anime ces mains, ce qu’Il juge, ce qu’Il récompensera, c’est l’amour avec lequel nous agissons, avec lequel nous travaillons.

Notre Dieu qui « est Amour » nous a révélé, en effet, que pour Lui, rien n’est plus précieux que l’amour.

Soyons donc convaincus que rien n’est petit à ses yeux de ce qui est fait par amour, de ce qui est imprégné d’amour, de son Amour.

« C’est l’amour qui donne du prix à nos œuvres, ce n’est pas par la grandeur et la multiplicité de nos œuvres que nous plaisons à Dieu, mais par l’amour avec lequel nous les faisons.

Et souffrir une chiquenaude avec deux onces d’amour vaut mieux qu’endurer le martyre avec seulement une once d’amour ».[1]

Et c’est bien ainsi, nous pouvons en être sûrs, que Marie comprenait la valeur du travail et de toutes ses actions. Certes, ses occupations étaient souvent comme les nôtres, sans grand intérêt humain, parfois elles étaient particulièrement ingrates et pénibles.

Mais telle était la volonté de Dieu.

Et à ses yeux, cette volonté divine paraissait aussi adorable que si elle lui eut assigné des emplois brillants ou pleins de charme : « Je suis ta Servante, ne cessait-elle de dire au Seigneur, ta petite esclave d’amour,

qu’il me soit fait selon ton bon plaisir ».

Oui, c’est cette parfaite disposition intérieure qui a transfiguré les plus humbles occupations de Marie et leur a donné une si grande valeur. Chaque geste qu’Elle faisait pour préparer ses repas, chaque point qu’Elle donnait pour tisser ou raccommoder un vêtement, chaque balayage ou chaque lessive qu’Elle faisait étaient autant d’actes d’Amour pour Dieu.

C’est pourquoi, à la fin de ses journées si ordinaires en apparence, là où d’autres personnes n’auraient accumulé qu’un tas de cailloux (je veux dire des actes sans valeur) Elle, la très aimante, avait amoncelé une série impressionnante de magnifiques diamants, c’est à dire des œuvres d’un prix éternel.

Elle avait su « faire feu de tout bois » utilisant chaque brindille de son Devoir d’Etat pour alimenter ce feu divin de l’Amour qui brûlait dans son cœur et pour le faire grandir.

Et quant au soir de sa vie, Elle a été jugée sur l’Amour, comme nous le serons tous, Marie a été trouvée la plus grande, la plus semblable au Christ, digne d’être couronnée comme la Reine de tous les Saints.

Cette manière exemplaire dont Marie a accompli, jour après jour son Devoir d’Etat, comporte pour nous, frères et sœurs, de très précieuses leçons.

Marie nous apprend tout d’abord, à repousser ces tentations qui nous viennent parfois de trouver notre travail sans importance, trop monotone ou inférieur à nos capacités.

Elle nous enseigne ensuite, à ne pas bouder notre tâche, quelle qu’elle soit, à ne pas nous en débarrasser, sans amour et sans soin, comme s’il s’agissait d’une corvée.

Elle nous enseigne aussi à vaincre ce grand mal dont nous sommes tous plus ou moins atteints, parce qu’il caractérise notre époque et qui s’appelle l’agitation.

Avec son secours à Elle, qui fut toujours agissante mais non agitée, nous trouvons le moyen d’accomplir toutes nos tâches sans énervement et sans trouble.

Marie nous rappelle, en effet, cette vérité que Dieu ne nous donne jamais un travail sans nous donner les moyens de le réaliser et que par conséquent on trouve toujours le temps de faire ce que Dieu nous donne à faire. Elle nous aide à nous mettre tout entiers dans cette tâche que Dieu désire nous voir accomplir et à laisser tomber avec sérénité, ce que loyalement nous ne pouvons pas faire, même si les autres insistent et ne comprennent pas, car Dieu, Lui, ne nous demande pas de le faire.

Enfin, ce qu’il nous est donné de comprendre à cette école de Marie, c’est que le meilleur moyen de ne pas gaspiller son temps mais au contraire de le faire fructifier, consiste à vivre à fond le moment présent.

Il importe au plus haut point, frères et sœurs, que notre spiritualité, en ce domaine du Devoir d’Etat, comme dans tous les autres, soit réaliste, à l’exemple de celle de Marie.

Car une de nos grandes tentations, c’est de mettre au futur notre générosité et notre effort. Demain est l’alibi commode et toujours complaisant pour nous faire oublier aujourd’hui et maintenant, mais demain est inexistant : ce qui existe, c’est notre lâcheté présente. Malheureusement, nous sommes trop souvent des rêveurs. Or Marie, Elle ne rêvait pas ! Rêver à plus tard, rêver d’autres choses c’est, nous dit encore Saint François de Sales « vouloir cueillir des raisins au printemps et des cerises en automne ». Disons-nous bien que Dieu ne nous donne que la minute présente et que c’est elle qu’il faut remplir de notre amour : le reste n’est qu’évasion et littérature. Le Père Voillaume affirme que cette capacité à se mettre tout entier dans le moment présent, est un des grands secrets de la vie spirituelle : « Lorsqu’on n’est plus attentif au moment présent, on se trouve par le fait même incapable de recueillement… et sans recueillement, comment pourrait-on chercher et rencontrer Dieu ? »

Prions très fort la Vierge Marie, Elle qui, est chargée de notre éducation spirituelle, pour qu’Elle nous fasse comprendre l’importance et la valeur du Devoir d’Etat, et pour qu’Elle nous aide à l’accomplir à son exemple, de telle sorte que les actes les plus divers de notre vie, fructifient en Sainteté et soient un chant de louange pour notre Dieu.



[1] Saint François de Sales

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