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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 19:14

Chers frères et sœurs, au seuil de cette grande semaine pascale, durant laquelle nous allons commémorer la Bienheureuse Passion de Jésus, il nous sera particulièrement profitable, de méditer quelques instants sur le mystère si bouleversant de la Compassion de Marie.

Nous nous mettrons ainsi à l’école de Celle qui, sans avoir été martyrisée dans son Corps a été tellement suppliciée en son Cœur, qu’Elle a mérité les titres de Reine des martyrs et de Co-rédemptrice du genre humain, ce qui lui confère, si j’ose dire, une compétence hors pair pour nous apprendre à être nous aussi (toutes proportions gardées) des corédempteurs.

Contemplons donc Marie qui, au pied de la Croix, est parvenue au paroxysme de la souffrance et tachons de découvrir les dispositions qui ont accompagné son martyr intérieur.

Je crois qu’on peut dire que ces dispositions s’expriment dans son regard, surtout le regard de son âme pleinement illuminée par la Foi.

Depuis le premier instant de son existence, depuis son Immaculée Conception, la Vierge « pleine de grâce », est « toute relative à Dieu », selon l’expression de Saint Louis Marie Grignion de Montfort.

Marie peut dire en toute vérité et bien mieux que le psalmiste :

« Mon regard est sans cesse sur le Seigneur ».

Dans tous les évènements, dans tous les mystères de sa vie, Celle qui est le Modèle sublime des contemplatifs, porte sur Dieu un regard d’adoration et d’amour. C’est pourquoi, au pied de la Croix, la Mère des Douleurs, ne se regarde pas. Captivée par Dieu, Elle s’oublie, n’accordant aucune attention à Elle-même. Oh certes ! La souffrance qu’Elle ressent est indicible, mais pas un seul instant Elle ne se laisse dominer par les blessures faites à son Cœur. Marie, la Courageuse, la Femme Forte par Excellence, ne s’agite pas, allant de côté et d’autre pour clamer sa désolation et son malheur… Elle ne dit pas « voyez comme je souffre, c’est affreux, c’est odieux… » Marie ne se plaint pas et ne se plaindra à personne : Elle est là, debout, immobile, silencieuse et sereine… Ne prêtant aucune attention à ce qui se passe autour d’Elle : les gestes des bourreaux, les injures ou les paroles haineuses lancées à Jésus. La Mère du Condamné, le Cœur broyé de douleur, reste là toute « relative à Dieu ».

Dans sa Foi toute pure et son Amour brûlant, Elle contemple le Père des Cieux et son plan rédempteur, ne voulant pas autre chose que ce qu’il veut. Son Jésus Bien-Aimé, Elle le sait, doit souffrir et mourir ; il doit s’anéantir, s’immoler pour libérer les hommes du péché et leur rendre la vie divine. Si Elle a tenu à l’accompagner jusqu’au Calvaire, si Elle n’a pas craint de supporter le cruel spectacle du Crucifiement (et pour Jésus, c’est encore pire que pour les autres crucifiés, car son Corps tout entier à cause des mauvais traitements, de la flagellation et du couronnement d’épines est littéralement couvert de blessures et de plaies ruisselantes de sang), si Elle a voulu le fixer ainsi durant des heures de son regard si compatissant, ce n’est pas pour le soustraire à la souffrance et à la mort, mais pour l’offrir en Sacrifice.

« La Vierge contemplait avec Amour les plaies de son Fils, moins préoccupée de la mort de son Enfant que du Salut du Monde ».[1]

« Au Calvaire, vous auriez vu deux autels : le Corps du Christ et le Cœur de Marie, celui-ci immolant sa Chair, celle-là son Ame ».[2]

Voilà pourquoi Saint Jean précise bien que Marie est debout au pied de la Croix.

C’est pour bien montrer, qu’Elle est pleinement consciente de son rôle de Corédemptrice.

Elle sait fort bien depuis l’Annonciation et depuis la fameuse « Prophétie du Glaive », qu’Elle est la Nouvelle Eve, associée en toutes choses et jusqu’au bout au Nouvel Adam.

Dans une adhésion parfaite à la volonté du Père et dans une communion totale aux intentions et aux sentiments qui animent, en ces cruelles heures d’agonie, l’âme sacerdotale du Verbe Incarné, Marie accepte de mourir mystiquement dans son Cœur de Mère pour que nous ayons la vie, la merveilleuse vie divine des enfants de Dieu.

Chers frères et sœurs, en contemplant ainsi Marie au pied de la Croix, offrant au Père son Enfant Bien-Aimé et s’offrant avec Lui, nous découvrons que sa manière de souffrir est totalement dépendante de sa manière d’aimer. Si Elle est la première dans la souffrance (après le Christ bien sûr) c’est parce qu’Elle est la première dans l’Amour. Il y a là pour nous une précieuse leçon, qui nous est indispensable. Nous aussi, selon la mesure que Dieu établit dans sa Sagesse pour chacun et chacune d’entre nous, nous devons coopérer à l’œuvre du Salut, comme Marie et avec son aide, nous devons être des corédempteurs.

Personne, en effet, ne peut éviter la Croix et la Croix n’épargne personne. Ce à quoi il faut s’entraîner, c’est à bien la porter.

Dans sa souffrance, nous l’avons vu, Marie ne se regardait pas, mais de tout son Amour, Elle était tournée vers Dieu. Quand nous souffrons dans notre corps, dans notre sensibilité, dans nos affections, dans notre réputation – que sais-je – nous risquons d’être absorbés, dominés, écrasés par notre mal : nous y pensons sans cesse, nous en parlons à n’importe qui et très souvent…

Que nous sommes loin d’imiter la Vierge Douloureuse, toujours silencieuse et paisible.

De même, lorsque l’épreuve nous vient des hommes (méchancetés, médisances, calomnies, injustices, etc…) ne laissons pas bouillonner dans nos âmes des sentiments d’animosité, de rancœur, de vengeance.

Notre devoir, en ces heures crucifiantes, consiste à patienter, à pardonner, à aimer, autrement dit à imiter l’immense miséricorde dont Jésus et sa Mère ont fait preuve à la Croix, « Père pardonne-leur ».

Chaque fois, donc, que la souffrance nous visite, apprenons de Marie à bien diriger notre regard et à le fixer sur Dieu.

Ce qui nous y aidera puissamment, c’est de penser que toute épreuve, petite ou grande, est voulue ou permise par le Seigneur, pour notre plus grand profit spirituel.

Quand Dieu éprouve, c’est toujours, nous dit l’auteur de l’Epître aux Hébreux « afin de nous faire participer à sa Sainteté ».

C’est à cette bonté de Dieu qu’il faut toujours croire quand la souffrance quelle que soit sa forme s’abat sur nous.

Prions donc, très fort Notre Mère au Cœur Douloureux et Immaculé, pour qu’Elle nous apprenne à souffrir comme Elle (car, tous, nous en avons fait l’expérience) nous ne savons pas souffrir.

Et surtout n’allons pas croire que c’est pour moins souffrir que nous demandons le Secours Maternel de Marie : c’est pour mieux souffrir, c’est pour obtenir la force d’accepter et d’offrir.

Saint Louis Marie Grignion de Montfort nous dit :

« Que les plus fidèles serviteurs de la Sainte Vierge, étant ses plus grands favoris, reçoivent d’Elle les plus grandes faveurs et grâces du ciel qui sont les Croix ».

Mais, ajoute-t-il :

« Ce sont aussi les serviteurs de Marie qui portent ses Croix avec le plus de facilité, de mérite et de gloire ».

Chers frères et sœurs, à cause de sa présence sur le Calvaire et de sa participation aux souffrances du Sauveur, Marie, la Corédemptrice, a contribué d’une manière éminente au rachat de l’humanité.

Pensons que nous aussi, par notre souffrance, acceptée à la manière de Marie, assumée par le Christ, offerte à Dieu le Père, par Lui, avec Lui et en Lui, nous pouvons œuvrer d’une manière très efficace à la conversion et à la sanctification des âmes et hâter ainsi l’Avènement du Règne de Jésus dans le Monde.



[1] Saint Ambroise

[2] Auteur du Moyen-Âge

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Mariales
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