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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:43

Chers frères et sœurs, dans l’Evangile que l’Eglise proclame à la Messe de l’Epiphanie, Saint Matthieu fait une remarque particulièrement suggestive, que je vous propose comme point de départ de notre méditation :

« Entrant dans la maison, ils virent l’Enfant avec Marie, sa Mère ».

Il me semble que cette parole peut se commenter ainsi : nous ne pouvons contempler véritablement le prodigieux Mystère de l’Enfant-Dieu (c’est à dire le Mystère de l’Incarnation) sans fixer en même temps le regard de notre foi sur un autre mystère qui lui est intimement lié : celui par lequel Dieu a voulu précisément que se réalise la naissance en notre chair de son Fils Unique : le Mystère de la Maternité Divine de Marie.

Marie est la Mère de Dieu : ce titre prestigieux que depuis le Concile d’Ephèse, en 431, la Foi Catholique décerne à la Très Sainte Vierge, ne veut absolument pas dire que Marie est la Mère de la divinité : ce qui serait absurde.

Il ne veut pas dire que Marie a fait exister le Fils de Dieu.

Ce n’est pas Elle qui a donné à Jésus la nature divine : cette nature Il la tient de son Père de toute éternité.

Mais, Elle lui a donné ce que toute Mère donne à son enfant, c’est à dire un corps pour lequel Dieu crée une âme humaine. Marie n’a donné à Jésus que sa nature humaine.

Comment expliquer alors, qu’Elle soit Mère de Dieu ?

Pour entrer dans l’intelligence de ce mystère, il faut se rappeler ici qu’en Jésus la nature humaine et la nature divine appartiennent à une seule personne, celle du Verbe éternellement Fils de Dieu. Marie est la Mère de cette personne, car une femme est mère de la personne de son enfant et pas seulement du corps qui est physiquement engendré.

Elle est donc la Mère de la personne divine du Christ, par conséquent, Elle est « Mère de Dieu ». C’est dans cette fonction unique « d’engendreuse de Dieu » comme disent les chrétiens d’Orient, que réside l’incomparable grandeur de Marie, une grandeur qui l’exalte (nous disent les théologiens) « jusqu’aux confins même de la divinité » et qui l’établit dans une relation tout à fait privilégiée avec chacune des Trois Personnes Divines.

Il y a dans ce mystère si bouleversant de la Maternité Divine d’une humble femme de notre race, trois aspects principaux qu’il me paraît très important de mettre en lumière :  

Tout d’abord la Maternité Divine de Marie est virginale.

Cette vérité que l’Eglise a insérée dans le Symbole de la Foi repose sur trois textes évangéliques qui ne laissent subsister aucun doute.

La question que Marie pose à l’Ange Gabriel « comment cela se fera-t-il, je ne connais point d’homme » ce qui veut dire en clair : « je suis vierge » et « j’entends le rester ».

La réponse de l’Ange qui est tout à fait nette : « l’Esprit-Saint viendra sur Toi et la Puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre, c’est pourquoi l’Enfant sera Saint et il sera appelé Fils de Dieu ».

Et enfin la parole que l’Ange adresse à Joseph pour l’éclairer sur la situation de Marie : « Joseph ne crains pas de prendre chez toi, Marie ton épouse, car ce qui a été engendré en Elle vient de l’Esprit-Saint ».

La conception de Jésus s’est donc faite sans l’intervention d’un père selon la chair.

C’est une conception virginale que Dieu lui-même a réalisé miraculeusement.

Le vœu le plus profond de Marie, se trouve ainsi respecté.

L’Eglise vous le savez, a explicité ce mystère en affirmant que Marie est Vierge avant, pendant et après l’enfantement.

Deuxième aspect de la Maternité Divine de Marie.

C’est une Maternité volontaire et elle l’est de la façon la plus haute, la plus noble, la plus pure qui soit.

Ce qu’il importe de bien saisir, en effet, (et qu’on ne souligne peut-être pas assez) c’est que Dieu en voulant faire de Marie, la Mère du Verbe (Seconde Personne de la Sainte Trinité) a voulu qu’Elle le fût avec pleine intelligence, avec le consentement libre de sa volonté, en étant parfaitement consciente de tout ce que cela impliquait.

Il n’eût pas été digne de Dieu, en effet, d’imposer la Maternité Divine à Marie et de la prendre ainsi par surprise (comme certains semblent le croire).

Non, il n’eût pas été digne de Dieu de l’engager dans cette Maternité, sans qu’Elle ait accepté volontairement toutes les conséquences d’une pareille aventure.

Sans qu’Elle ait entrevu tout ce qui lui serait demandé… Plus particulièrement à l’heure de la Passion et de la Mort de son Fils.

Sans qu’Elle ait entrevu également tout ce qui lui serait demandé comme ouverture de son Cœur à tous ceux que le Christ venait sauver.

Sans qu’Elle ait entrevu, qu’Elle serait entraînée ainsi par cette Maternité à être la Mère Universelle, chargée de tous les pécheurs, de tous les hommes à sauver.

On ne tient pas assez compte, voyez-vous, du fait que Marie connaissait à fond les Livres Saints et qu’Elle avait par conséquent une intelligence particulièrement pénétrante de toutes les prophéties relatives au Messie.

Elle savait donc d’avance et par le détail ce que son Fils aurait à souffrir pour racheter l’humanité, puisque c’était révélé et avec quelle précision, avec quel réalisme, dans les poèmes du « serviteur souffrant » d’Isaïe et dans certains Psaumes.

Ceux qui pensent que Dieu aurait engagé Marie, sans lui donner des lumières suffisantes sur le sens de sa Maternité Divine et sur le rôle qu’Elle aurait à jouer aux côtés de son Fils, font preuve d’une méconnaissance inouïe du Cœur de Dieu, de la Noblesse de Dieu qui respecte la liberté de sa Créature.

C’est pourquoi, nous voyons par le récit de l’Annonciation, que Dieu envoie son Ange à Marie pour demander son acceptation et nous voyons que, selon l’ordre de Dieu, l’Ange donne bien à Marie toutes les explications qu’Elle peut attendre de manière à ce que son consentement exprimé par ces mots « qu’il me soit fait selon ta Parole », soit un Oui pleinement libre.

Et parce que Marie est la Vierge par excellence, n’agissant jamais autrement qu’en sa qualité de petite esclave du Seigneur, de toute consacrée à Dieu, on peut dire en toute vérité, qu’il n’y a rien de plus libre, rien de plus charitable, rien de plus surnaturel, donc, que l’humble et courageuse acceptation de sa Maternité Divine.

Troisième aspect de la Maternité Divine de Marie.

C’est la Maternité héroïque de la Corédemptrice, de Celle qui fut l’Associée de l’Homme-Dieu dans l’œuvre de notre salut : Nouvelle Eve, auprès du Nouvel Adam.

Marie, nous évoquions cela il y a un instant, a donné au Fils de Dieu, s’incarnant en Elle une nature humaine semblable à la nôtre (sauf le péché), c’est à dire une nature humaine sujette à la souffrance et à la mort.

Elle l’a fait au nom de l’humanité qui avait besoin d’un Rédempteur, au nom de l’humanité à sauver…

Mais comprenons-nous au moins un peu, ce que cela pouvait être pour Marie de donner ainsi au Fils de Dieu une nature dans laquelle Elle le savait destiné aux pires souffrances et à la mort la plus terrible qui soit ?

En lui donnant cette nature qui le rendait solidaire de nous, Elle avait clairement conscience qu’Elle l’engageait dans la dramatique aventure de la Rédemption Douloureuse, de la Rédemption par la Passion et la Mort sur la Croix.

En disant le Oui de l’Annonciation, Elle disait oui, certes, au plus grand des bienfaits de Dieu, mais Elle disait oui aussi, à la Passion et à la Mort de son Fils sur la Croix.

Elle lui donnait ce qu’il fallait pour qu’Il pût accomplir son douloureux sacrifice d’amour.

La Maternité Divine de Marie fut donc en même temps qu’un mystère de joie, un mystère extrêmement douloureux puisqu’Elle savait dans la Foi, avec certitude, que Jésus endurerait des souffrances sans commune mesure avec les pires souffrances qui peuvent atteindre tel ou tel homme en particulier, puisqu’Elle savait que Jésus connaîtrait des souffrances surpassant les souffrances de toute l’humanité prises dans leur ensemble, et qu’Il en souffrirait avec une intelligence et une humanité plus sensible que n’importe lequel des êtres humains ; puisqu’Elle savait en d’autres termes, qu’Elle formait « l’Homme des Douleurs », qu’Elle élevait l’Agneau sans Tache pour le Sacrifice.

Voilà pourquoi, frères et sœurs, Marie mérite pleinement l’appellation de Reine des Martyrs. Reine des Martyrs et Mère des Douleurs.

Oh ! Elle l’est non seulement au sommet du Calvaire, à l’heure où debout devant la Croix, Elle mêle ses larmes au sang de l’Agneau immolé…

Elle l’est aussi dans et par sa Maternité Divine, ayant accepté héroïquement au nom de tout le genre humain que le Fils de Dieu entre dans l’humanité pour la sauver, ayant accepté héroïquement d’être, du commencement à la fin, la fidèle collaboratrice du Rédempteur.

Telles sont, chers frères et sœurs, les trois grandes facettes de ce diamant surnaturel qu’est la Maternité Divine de Marie. Elles manifestent avec éclat son excellence et sa sublimité.

Puissions-nous en les contemplant avec Amour faire jaillir de nos cœurs des sentiments de louange, de très vive reconnaissance et d’absolue confiance à l’égard de cette Glorieuse Vierge Marie dont la Maternité Divine s’étend si parfaitement sur nous tous, qu’à la suite de Jésus notre Frère aîné, nous pouvons en toute vérité et avec toute la tendresse dont nous sommes capables, l’appeler MAMAN.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Mariales
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