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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 19:59

Chers frères et sœurs, dans les messages si importants qu’Elle a adressé de la part de Dieu au monde contemporain (en particulier à Lourdes et à Fatima) Marie, notre Mère nous a rappelé avec fermeté le devoir absolument nécessaire de la pénitence comme moyen de sanctification pour nous-mêmes et moyen de salut pour l’humanité toute entière.

Il y a, vous le savez, plusieurs manières de faire pénitence, mais il en est une dont personne ne saurait se dispenser, parce qu’elle est voulue par Dieu Lui-même (ce que Marie, d’ailleurs a bien souligné à Fatima) : c’est celle qui consiste à accomplir aussi parfaitement que possible son Devoir d’Etat. 

L’accomplissement du Devoir d’Etat : s’il est un domaine de la vie chrétienne où Marie nous a donné un exemple tout à fait admirable, mais aussi tout à fait imitable, c’est bien celui-là. Voilà pourquoi, j’aimerais que nous la contemplions, sous cet aspect qui la rend si proche de nous.

Car, mis à part quelques grands moments de grâces extraordinaires, Marie, l’Humble Servante du Seigneur a vécu, surtout à Nazareth, la condition travailleuse des femmes de son temps et de sa province de Galilée.

Nous connaissons suffisamment, grâce aux Evangélistes et aux Historiens, les coutumes de la Palestine au temps de Jésus, pour nous représenter sommairement ce que dut être la vie quotidienne de Marie à Nazareth. Ce fut vraiment une vie obscure que la sienne, semblable à celle de toutes les femmes qui habitaient ce village perdu, au fond d’un pays perdu, dont il n’est jamais question dans l’Ancien Testament.  

La maison où Elle résidait avec Jésus et Joseph n’avait rien d’original, c’était un cube de pierre avec sans doute un petit escalier extérieur menant à une terrasse.

Le sol était de terre battue, l’ameublement rudimentaire.

Autour de cette demeure, des dépendances dont l’atelier de Joseph et une étable pour les bêtes (ânes et moutons) ainsi qu’un petit jardin. Le tout bien protégé par un mur d’enceinte assez élevé.

Comme toute épouse et toute mère, Marie était l’âme et l’intendante de sa maison, mais dans ce milieu galiléen, où vivre sur soi-même en autarcie, était une nécessité, la mère paysanne avait une tâche particulièrement lourde à assumer.

C’est à elle, qu’il incombait de moudre le grain, de préparer la pâte et de cuire le pain, de faire la cuisine bien sûr ainsi que la vaisselle, mais aussi d’aller chercher du bois dans la campagne, de faire la cueillette des légumes ou des fruits, pour les mettre en conserve.

C’est à elle, qu’il revenait non seulement de laver et de raccommoder les habits, mais aussi de les confectionner, après avoir tissé le lin ou filé la laine, et ce n’était pas un mince travail.

On peut dire sans exagérer que les mains de Marie, ces mains bénies, par lesquelles devaient se répandre plus tard, tant et tant de grâces, étaient des mains calleuses.

Et on imagine sans peine, qu’au terme de ses longues et rudes journées, Marie devait ressentir, comme cela nous arrive fréquemment, lassitude et fatigue.

Mais le Devoir d’Etat pour Marie, ne se limitait pas aux diverses tâches ménagères, il consistait aussi à éduquer Jésus, en parfait accord bien sûr et avec l’aide très précieuse de Joseph, les deux rôles, celui du Père et celui de la Mère étant parfaitement harmonisés.

Saint Luc note à deux reprises que « Jésus grandissait en âge, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes ».

Le fait que Jésus ait voulu se soumettre ainsi aux lois de la croissance, met en lumière le réalisme de l’Incarnation.

Jésus n’a pas fait semblant d’être homme.

Il a vécu notre condition en toutes choses, sauf bien sûr, le péché.

A toutes les étapes de son développement, Marie a donc éduqué Jésus comme toute maman éduque son enfant, avec cette différence toutefois que Jésus était un enfant délicieux, parfaitement docile, qui comprenait tout de suite, et obéissait sur-le-champ : « Il leur était soumis » note encore Saint Luc.

Nous savons que chez les Juifs, à cette époque, toute l’instruction se faisait à partir de la Sainte Ecriture (qu’on désignait par cette expression, la Loi et les Prophètes) et toute l’éducation aussi : l’éducation religieuse, l’éducation morale, l’éducation affective.

Marie qui durant son enfance et sa jeunesse avait été élevée au Temple de Jérusalem était tellement instruite, qu’Elle dépassait tous les Docteurs de la Loi, par sa connaissance et sa pénétration de la Parole de Dieu.

Elle savait donc l’enseigner à Jésus de façon lumineuse et l’adapter à toutes les circonstances et à toutes les étapes de sa croissance.  

Jésus ne pouvait pas ne pas penser à ce modèle incomparable de Sagesse qu’était sa Mère, lorsqu’il lisait dans les Livres Saints ces paroles que l’Eglise reprend dans sa Liturgie en les appliquant à Marie :

« Je suis la Mère de la connaissance.

En moi est toute grâce de doctrine et de vérité,

En moi est tout espoir de vie et de force,

Qui m’écoute n’aura point de honte,

Qui agit avec moi ne péchera point,

Qui cherche ma lumière aura la vie éternelle.

Et maintenant, fils, écoutez-moi,

Heureux qui observe mes voies.

Ecoutez l’instruction et vous serez sages ».

Oui, Jésus tout au long des jours, des mois, des années, a regardé et écouté sa Mère.

D’Elle, ainsi que de Joseph, Il a tout appris, aussi bien , à marcher, à parler, à se vêtir, qu’à prier et à pénétrer le sens des Saintes Ecritures, aussi bien à travailler, qu’à servir et à aimer son prochain.

On peut donc affirmer, frères et sœurs, qu’en Jésus-Homme, il y a quelque chose de sa Mère, non seulement les traits de son visage, c’est évident, mais aussi quelque chose de son cœur. C’est jusque là qu’il est le Fils de Marie.

Un auteur spirituel, le Père Faber a exprimé à ce sujet la très belle pensée que voici :

« Au commencement, Dieu communique sa ressemblance à l’homme, maintenant une femme communique sa ressemblance à Dieu.

De quelle intimité spirituelle, de quelle similitude profonde cette ressemblance n’est-elle pas le symbole et la preuve ?

O merveille ! Le petit lys blanc fleurit sous un plus grand et sort de sa tige, il en est une fidèle copie : mêmes feuilles, mêmes pétales, même blancheur.

La même poussière d’or les poudre, ils jettent aux brises du matin le même parfum que nul autre n’a jamais égalé. Dieu copiant sa Créature ! La Création n’a jamais eu à contempler un spectacle si beau.

Pour mener ainsi jusqu’à sa perfection cette éducation de Jésus, Marie n’a certainement ménagé ni son temps, ni sa peine. Nous pouvons êtres sûrs qu’Elle y a investi toutes les ressources de son intelligence et toutes les qualités de son Cœur Immaculé. 

Telle nous apparaît, frères et sœurs, sous l’aspect du Devoir d’Etat, la vie quotidienne de Marie à Nazareth.

Il ne fait aucun doute que pour ceux qui la regardaient de l’extérieur, cette vie qui était toute de travail constant et d’usure au service des siens, était des plus ordinaires.

Mais à cause des dispositions de son Cœur qui transformaient toute cette grisaille en lumière, cette vie était, en fait, la plus extraordinaire qui soit, la plus divinisée qui soit.

Saint Jean de la Croix, le grand mystique espagnol, nous a laissé cette profonde pensée que nous devrions méditer fréquemment : « Au soir de cette vie, nous serons jugés sur l’Amour ».

Sur l’Amour… Non sur nos désirs, nos paroles, ni même nos actions, mais sur l’amour que nous y aurons mis, car ce que Dieu regarde, ce ne sont pas les mains, mais le cœur.

Mains d’artiste ou de ménagère, mains d’ingénieur ou d’ouvrier, mains de ministre ou de jardinier, peu importe ! Ce que Dieu regarde, ce qu’il apprécie, c’est l’intention qui anime ces mains, ce qu’Il juge, ce qu’Il récompensera, c’est l’amour avec lequel nous agissons, avec lequel nous travaillons.

Notre Dieu qui « est Amour » nous a révélé, en effet, que pour Lui, rien n’est plus précieux que l’amour.

Soyons donc convaincus que rien n’est petit à ses yeux de ce qui est fait par amour, de ce qui est imprégné d’amour, de son Amour.

« C’est l’amour qui donne du prix à nos œuvres, ce n’est pas par la grandeur et la multiplicité de nos œuvres que nous plaisons à Dieu, mais par l’amour avec lequel nous les faisons.

Et souffrir une chiquenaude avec deux onces d’amour vaut mieux qu’endurer le martyre avec seulement une once d’amour ».[1]

Et c’est bien ainsi, nous pouvons en être sûrs, que Marie comprenait la valeur du travail et de toutes ses actions. Certes, ses occupations étaient souvent comme les nôtres, sans grand intérêt humain, parfois elles étaient particulièrement ingrates et pénibles.

Mais telle était la volonté de Dieu.

Et à ses yeux, cette volonté divine paraissait aussi adorable que si elle lui eut assigné des emplois brillants ou pleins de charme : « Je suis ta Servante, ne cessait-elle de dire au Seigneur, ta petite esclave d’amour,

qu’il me soit fait selon ton bon plaisir ».

Oui, c’est cette parfaite disposition intérieure qui a transfiguré les plus humbles occupations de Marie et leur a donné une si grande valeur. Chaque geste qu’Elle faisait pour préparer ses repas, chaque point qu’Elle donnait pour tisser ou raccommoder un vêtement, chaque balayage ou chaque lessive qu’Elle faisait étaient autant d’actes d’Amour pour Dieu.

C’est pourquoi, à la fin de ses journées si ordinaires en apparence, là où d’autres personnes n’auraient accumulé qu’un tas de cailloux (je veux dire des actes sans valeur) Elle, la très aimante, avait amoncelé une série impressionnante de magnifiques diamants, c’est à dire des œuvres d’un prix éternel.

Elle avait su « faire feu de tout bois » utilisant chaque brindille de son Devoir d’Etat pour alimenter ce feu divin de l’Amour qui brûlait dans son cœur et pour le faire grandir.

Et quant au soir de sa vie, Elle a été jugée sur l’Amour, comme nous le serons tous, Marie a été trouvée la plus grande, la plus semblable au Christ, digne d’être couronnée comme la Reine de tous les Saints.

Cette manière exemplaire dont Marie a accompli, jour après jour son Devoir d’Etat, comporte pour nous, frères et sœurs, de très précieuses leçons.

Marie nous apprend tout d’abord, à repousser ces tentations qui nous viennent parfois de trouver notre travail sans importance, trop monotone ou inférieur à nos capacités.

Elle nous enseigne ensuite, à ne pas bouder notre tâche, quelle qu’elle soit, à ne pas nous en débarrasser, sans amour et sans soin, comme s’il s’agissait d’une corvée.

Elle nous enseigne aussi à vaincre ce grand mal dont nous sommes tous plus ou moins atteints, parce qu’il caractérise notre époque et qui s’appelle l’agitation.

Avec son secours à Elle, qui fut toujours agissante mais non agitée, nous trouvons le moyen d’accomplir toutes nos tâches sans énervement et sans trouble.

Marie nous rappelle, en effet, cette vérité que Dieu ne nous donne jamais un travail sans nous donner les moyens de le réaliser et que par conséquent on trouve toujours le temps de faire ce que Dieu nous donne à faire. Elle nous aide à nous mettre tout entiers dans cette tâche que Dieu désire nous voir accomplir et à laisser tomber avec sérénité, ce que loyalement nous ne pouvons pas faire, même si les autres insistent et ne comprennent pas, car Dieu, Lui, ne nous demande pas de le faire.

Enfin, ce qu’il nous est donné de comprendre à cette école de Marie, c’est que le meilleur moyen de ne pas gaspiller son temps mais au contraire de le faire fructifier, consiste à vivre à fond le moment présent.

Il importe au plus haut point, frères et sœurs, que notre spiritualité, en ce domaine du Devoir d’Etat, comme dans tous les autres, soit réaliste, à l’exemple de celle de Marie.

Car une de nos grandes tentations, c’est de mettre au futur notre générosité et notre effort. Demain est l’alibi commode et toujours complaisant pour nous faire oublier aujourd’hui et maintenant, mais demain est inexistant : ce qui existe, c’est notre lâcheté présente. Malheureusement, nous sommes trop souvent des rêveurs. Or Marie, Elle ne rêvait pas ! Rêver à plus tard, rêver d’autres choses c’est, nous dit encore Saint François de Sales « vouloir cueillir des raisins au printemps et des cerises en automne ». Disons-nous bien que Dieu ne nous donne que la minute présente et que c’est elle qu’il faut remplir de notre amour : le reste n’est qu’évasion et littérature. Le Père Voillaume affirme que cette capacité à se mettre tout entier dans le moment présent, est un des grands secrets de la vie spirituelle : « Lorsqu’on n’est plus attentif au moment présent, on se trouve par le fait même incapable de recueillement… et sans recueillement, comment pourrait-on chercher et rencontrer Dieu ? »

Prions très fort la Vierge Marie, Elle qui, est chargée de notre éducation spirituelle, pour qu’Elle nous fasse comprendre l’importance et la valeur du Devoir d’Etat, et pour qu’Elle nous aide à l’accomplir à son exemple, de telle sorte que les actes les plus divers de notre vie, fructifient en Sainteté et soient un chant de louange pour notre Dieu.



[1] Saint François de Sales

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Mariales
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