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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 19:15

C’était la veille de Noël. Malgré les gros flocons de neige qui voltigeaient dans les airs et tombaient sur le sol, qu’ils recouvraient d’un blanc et froid tapis toujours grossissant, les rues étaient pleines de passants affairés qui allaient et venaient dans tous les sens en se croisant et se bousculant. Parmi cette foule pressée et bruyante, on aurait pu remarquer un jeune enfant, merveilleusement beau, mais pauvrement vêtu, qui errait de rue en rue, et s’arrêtait, de temps en temps, pour frapper à quelque porte, apparemment dans le but de demande l’aumône.

Ce n’était autre que l’Enfant Jésus qui, s’ennuyant dans sa crèche solitaire à l’église, était sorti pour voir de plus près quelques-uns des enfants qu’il aimait tant. Mais, comme il veut être aimé pour lui-même et non pour ses dons, il avait jugé à propos de se déguiser en petit mendiant afin de ne pas être reconnu. À peine sorti de l’église il avait été attiré vers une des maisons voisines par le bruit joyeux qui s’en échappait : c’était comme un concert de voix et de rires enfantins.

Il y a là, des petits enfants ; allons les voir, pensa-t-il. Il gravit les degrés du perron et sonna à la porte de cette maison qui était fort belle et devait appartenir à des gens riches. Une servante vint lui ouvrir et fit d’abord la moue en voyant qu’elle s’était dérangée pour un simple petit mendiant ; mais Jésus leva vers elle un regard si doux qu’elle se sentit pris soudainement de pitié.

Attends un peu, lui dit-elle, avec douceur.

Et elle s’en alla trouver la dame de la maison qui était en ce moment dans un riche salon où resplendissait un superbe arbre de Noël, autour duquel une joyeuse bande d’enfants s’ébattait avec des cris de joie.

Madame, dit-elle, il y a à la porte un petit mendiant à la figure bien honnête, qui demande l’aumône.

Faisons-lui une part de bonbons, à ce pauvre petit, s’écrièrent les enfants d’un commun accord et ils se mirent en devoir de remplir de friandises un beau sac rouge et or qu’ils remirent à la servante, tandis que la mère glissa dans la main plusieurs pièces blanches.

La servante alla porter ces dons à l’Enfant Jésus qui les reçut avec un soupir, bien qu’il fût heureux de voir que la richesse n’avait pas endurci le cœur de ces enfants.

Après tout, ce n’est pas leur faute, pensa-t-il, en descendant le perron sur les marches duquel s’amoncelaient de gros bancs de neige où s’enfonçaient ses petits pieds mal chaussés. Ils n’ont jamais connu la misère et ne savent pas comment la soulager véritablement. J’aurai pourtant bien aimé les embrasser. Dans la rue suivante, Jésus rencontra deux petits italiens, jouant, un de la harpe, l’autre du violon. Ils grelottaient de froid et leurs petits doigts engourdis pouvaient à peine faire résonner leurs instruments ; la souffrance et la faim se lisaient sur leur visage misérable. Jésus se hâta de leur donner les friandises et les pièces blanches qu’il avait reçues, et après avoir senti le contact de sa main mignonne et rencontré le regard sympathique de ses yeux radieux, les petits musiciens ne sentirent plus le froid qui leur avait semblé si pénible quelques instants avant, et leur cœur se remplit de courage et d’espérance.

Jésus alla frapper ensuite chez une famille bourgeoise dont les enfants obtinrent de leur mère la permission de faire entrer le pauvre petit pour lui faire admirer leur arbre de Noël. Ces bons enfants lui donnèrent à profusion des gâteaux et des bonbons, et lui témoignèrent de mille manières, la pitié qu’ils ressentaient pour lui, le petit malheureux, qui n’avait jamais eu d’arbre de Noël. Pour leur faire plaisir, Jésus feignit de n’avoir jamais rien vu de si beau que leur arbre et leurs jouets, et serait resté plus longtemps si la mère ne lui eut dit en lui remettant un gros morceau de gâteau et un peu de monnaie :

- Tiens, petit, va porter cela à tes pauvres parents.

Jésus sortit alors, sans oser embrasser les bons petits enfants, comme il

aurait voulu le faire. Ayant frappé à une autre porte on le chassa en lui disant qu’on ne donnait jamais rien aux petits vagabonds. Jésus, le cœur bien gros, se dirigea vers le quartier le plus pauvre de la ville, dans l’intention de soulager quelque misère.

S’étant engagé dans une rue étroite et obscure, il faillit tomber sur le corps d’une petite mendiante qui gisait évanouie sur le pavé, ayant succombé à la faim et au froid, sans doute.

Pauvre petite, murmura-t-il doucement, tu as assez souffert.

Et, l’ayant baisé au front, il mit la main sur son cœur, qui cessa aussitôt de battre, et l’âme de l’enfant s’envola, toute joyeuse, vers le ciel.

Jésus reprit sa marche solitaire. Enfin, il s’arrêta devant une maison pauvre d’apparence, et gravit les escaliers jusqu’aux mansardes. Il frappa à une porte, par la fente de laquelle sortait une faible lumière.

Entrez, dit une voix douce de femme, et Jésus entra.

Il se trouva dans une chambre bien mal garnie, mais très propre. Une femme, jeune encore, mais pâle et maigre, cousait avec acharnement près d’une table où brûlait une unique chandelle. Près du feu se tenait deux petits enfants, jolis, bien que délicats, qui regardaient Jésus avec leurs grands yeux étonnés.

Que veux-tu, petit ? lui demanda la mère.

La charité, pour l’amour de Jésus, répondit-il.

Pauvre enfant ! Je suis bien pauvre moi-même, dit-elle, je ne puis te donner grand’chose, mais viens toujours te chauffer et manger un morceau de pain. Jésus, ravi de cette bonté chez une femme d’apparence si malheureuse, entra et alla s’asseoir près des deux enfants, avec lesquels il se mit à causer fraternellement, tout en mangeant de bon cœur le pain que la bonne femme lui donna. Quand il eut fini de manger ce pain, l’aîné des enfants lui apporta quelques bonbons au fond d’un sac de papier.

Tiens, dit-il, mange cela aussi ; c’est la bonne voisine qui nous les a donnés ; nous en avons déjà mangé, nous, cette après-midi ; n’est-ce pas que c’est bon ?

Oui, mange-les ! N’est-ce pas que c’est bon ? Répéta la plus jeune, qui était l’écho de son aîné.

Il s’en fallait de beaucoup que ces bonbons fussent aussi recherchés que ceux du sac rouge et or que lui avait donné les enfants riches. Cependant, Jésus, le roi du ciel, les mangea et les trouva délicieux. S’étant remis à causer avec les deux petits, il leur demanda ce qu’ils faisaient tous les deux près du poêle, avant son arrivée.

Nous attendions l’enfant Jésus, qui doit venir ce soir, car c’est Noël, tu sais, dirent-ils ; il est bon, l’enfant Jésus, il aime les petits enfants, ajouta l’aîné.

Oui, il aime les petits enfants, répéta la plus jeune comme d’habitude.

Moi aussi, je vous aime, dit Jésus, délicieusement ému. Je suis pauvre aujourd’hui, mais je serai riche et puissant un jour, et alors vous viendrez chez moi ; et vous verrez comme je vous recevrai bien.

Mes chéris, il est temps de vous coucher, dit la mère, qui avait écouté en souriant ce discours. L’enfant Jésus ne visite que les enfants sages qui se couchent quand l’heure est venue.

Et le petit garçon, maman, faut-il qu’il retourne au froid ? Oh ! Laisse-le rester avec nous pour cette nuit, nous lui ferons une place dans notre petit lit. L’enfant Jésus lui apportera peut- être quelque chose, à lui aussi, s’il reste avec nous, mais dans la rue il ne saurait pas où le retrouver.

C’est bon, mes enfants, le petit va rester, dit la mère, qui avait les larmes aux yeux. Les enfants ayant fait leur prière, elle les coucha tous les trois dans le petit lit.

Toi, tu vas coucher dans le milieu, dirent à l’enfant Jésus les deux petits. Tu auras bien plus chaud. La mère les couvrit soigneusement de leurs vieilles couvertures rapiécées, et les petits garçons s’endormirent bientôt en entourant Jésus de leurs petits bras caressants. La mère se remit à son ouvrage qu’elle se hâta de finir afin de pouvoir le porter au magasin ce soir-là et retirer le salaire qui lui était dû et dont elle avait grand besoin. Quand elle eut terminé, elle en fit un paquet qu’elle se hâta de porter au magasin. Elle revint au bout d’une heure avec quelques petits paquets qu’elle développa en souriant. C’étaient quelques jouets à bon marché qu’elle alla déposer dans les petites bottines rangées devant la cheminée. Il y avait part égale pour les trois enfants. Puis s’agenouillant, elle pria longtemps, comme savent prier les pauvres, et s’étant couchée, elle s’endormit aussitôt pour rêver des rêves tout d’espérances et de bonheur. Le lendemain, dès l’aurore, Jésus prit congé de la petite famille en les bénissant. Les enfants avaient envie de pleurer, mais Jésus les consola en leur promettant de revenir bientôt. Il emporta les jouets que la bonne mère lui avait achetés et les déposa dans la bottine d’une petite fille dont les parents, très pauvres, n’avaient pas osé faire la dépense des quelques sous nécessaires à l’achat d’un cadeau. Le père crut que c’était la mère qui n’avait pu résister à la tentation de faire ce plaisir à leur enfant, la mère crut que c’était le père, et ils ne dirent rien, ni l’un, ni l’autre, ne pouvant se résoudre à blâmer et n’osant pas approuver.

L’enfant Jésus retourna dans sa crèche où il se blottit, prêt à recevoir l’hommage des fidèles. Son divin cœur était satisfait.

 

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