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14 juin 2024 5 14 /06 /juin /2024 17:20

Le renard et la cigogne étaient de bons amis, c'est du moins ce qu'on croyait, jusqu'au jour où le Renard invita la Cigogne à dîner, pour lui faire une blague. Il servit la soupe dans un bol peu profond : le renard léchait facilement, mais la cigogne n’arrivait qu’à mouiller le bout de son long bec et après le déjeuner, elle avait plus faim qu'avant.

« Je suis désolé, dit le renard, la soupe n'est-elle pas à votre goût ? »

« Oh, ne vous inquiétez pas : j'espère que vous voudrez me rendre visite et venir me voir bientôt pour déjeuner », répondit la cigogne.

Le jour était donc fixé où le renard rendrait visite à la cigogne. Ils s'asseyaient à table, mais la nourriture était préparée dans de longues jarres à col étroit dans lesquelles le renard ne pouvait pas mettre son museau : tout ce qu'il pouvait faire était de lécher l'extérieur du pot, tandis que la cigogne plongeait son bec dans le bouillon et sortait de délicieuses grenouilles.

« N'aimez-vous pas, mon cher ami, ce que j'ai préparé ? »

C'est ainsi que la cigogne se moquait à son tour du renard farceur.

Source : Frate Indovino inspiré des Fables de la Fontaine.

 

Fox., animated - GIF animé gratuit - PicMix

Vous trouverez cette fable illustrée en PDF.

Le Renard et la Cigogne : la fable intégrale
 
Compère le Renard se mit un jour en frais,
et retint à dîner commère la Cigogne.
Le régal fût petit et sans beaucoup d’apprêts :
Le galant pour toute besogne,
Avait un brouet clair ; (il vivait chichement).
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette :
La Cigogne au long bec n’en put attraper miette ;
Et le drôle eut lapé le tout en un moment.
Pour se venger de cette tromperie,
À quelque temps de là, la Cigogne le prie.
« Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis
Je ne fais point cérémonie.
A l’heure dite, il courut au logis
De la Cigogne son hôtesse ;
Loua très fort la politesse ;
Trouva le dîner cuit à point :
Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point.
Il se réjouissait à l’odeur de la viande
Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande.
On servit, pour l’embarrasser,
En un vase à long col et d’étroite embouchure.
Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer ;
Mais le museau du sire était d’autre mesure.
Il lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l’oreille.
Trompeurs, c’est pour vous que j’écris :
Attendez-vous à la pareille.
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14 juin 2024 5 14 /06 /juin /2024 13:19

Voilà l’histoire vraie de la bête à Bon-Dieu... Au temps jadis, au Moyen Age, sans doute, un homme fût accusé d’un crime qu’il n’avait pas commis. Ses juges ne l’en condamnèrent pas moins à être décapité. Comment prouver son innocence, quand tout et tous l’accusent ? Au moment où le malheureux allait poser la tête sur le billot, il aperçu une coccinelle et, craignant de l’écraser, il la saisit délicatement pour l’éloigner de l’instrument de supplice. Les juges qui étaient présents virent ce geste. Ils se regardèrent avec étonnement et, d’un commun accord, décidèrent qu’un homme qui faisait preuve d’un cœur aussi sensible ne pouvait être un criminel. L’innocent fût gracié séance tenante, et les spectateurs convaincus que le Très-Haut avait envoyé la bestiole pour sauver le condamné, donnèrent spontanément à l’insecte sauveur le nom de Bête à Bon Dieu. Et depuis ce jour, la coccinelle s’appelle la «Bête à Bon Dieu».

gif animé, blinkie,BONJOUR - DKA decoKlane

Cliquez sur la coccinelle et vous trouverez le conte en PDF.

Coccinelle-01.jpgCoccinelle-02.jpgCoccinelle-03.jpgCoccinelle-04.jpgCoccinelle 05Coccinelle-06.jpgCoccinelle-07.jpgCoccinelle-08.jpgCoccinelle-09.jpgCoccinelle-10.jpgCoccinelle-11.jpgCoccinelle-12.jpgCoccinelle-13.jpgCoccinelle-14.jpgCoccinelle-15.jpgCoccinelle-16.jpgCoccinelle-17.jpg

 

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14 juin 2024 5 14 /06 /juin /2024 10:53

A l'occasion de la fête de la musique, voici un conte intitulé : les musiciens de Brême des célèbres Frères Grimm.

Un meunier possédait un âne qui, durant de longues années, avait inlassablement porté des sacs au moulin, mais dont les forces commençaient à décliner. Il devenait de plus en plus inapte au travail. Son maître songea à s'en débarrasser. L'âne se rendit compte qu'un vent défavorable commençait à souffler pour lui et il s'enfuit. Il prit la route de Brême. Il pensait qu'il pourrait y devenir musicien au service de la municipalité. Sur son chemin, il rencontra un chien de chasse qui s'était couché là. Il gémissait comme quelqu'un qui a tant couru, que la mort le guette.

- Alors, Taïaut, pourquoi jappes-tu comme ça ? demanda l'âne.

- Ah ! dit le chien, parce que je suis vieux, parce que je m'alourdis chaque jour un peu plus, parce que je ne peux plus chasser, mon maître veut me tuer. Je me suis enfui. Mais comment gagner mon pain maintenant ?

- Sais-tu, dit l'âne, je vais à Brême pour y devenir musicien ; viens avec moi et fais-toi engager dans l'orchestre municipal. Je jouerai du luth et toi de la timbale.

Le chien accepta avec joie et ils repartirent de compagnie. Bientôt, ils virent un chat sur la route, qui était triste... comme trois jours de pluie.

- Eh bien ! Qu’est-ce qui va de travers, vieux Raminagrobis ? demanda l'âne.

- Comment être joyeux quand il y va de sa vie ? répondit le chat. Parce que je deviens vieux, que mes dents s'usent et que je me tiens plus souvent à rêver derrière le poêle qu'à courir après les souris, ma maîtresse a voulu me noyer. J'ai bien réussi à me sauver, mais je ne sais que faire. Où aller ?

- Viens à Brême avec nous. Tu connais la musique, tu deviendras musicien.

Le chat accepta et les accompagna.

Les trois fugitifs arrivèrent à une ferme. Le coq de la maison était perché en haut du portail et criait de toutes ses forces.

- Tu cries à nous casser les oreilles, dit l'âne. Que t'arrive-t-il donc ?

- J'ai annoncé le beau temps, répondit le coq, parce que c'est le jour où la Sainte Vierge lave la chemise de L'Enfant Jésus et va la faire sécher.

Mais, comme pour demain dimanche il doit venir des invités, la fermière a été sans pitié. Elle a dit à la cuisinière qu'elle voulait me manger demain et c'est ce soir qu'on doit me couper le cou. Alors, je crie à plein gosier pendant que je puis le faire encore.

- Eh ! Quoi, Chanteclair, dit l'âne, viens donc avec nous. Nous allons à Brême ; tu trouveras n'importe où quelque chose de préférable à ta mort. Tu as une bonne voix et si nous faisons de la musique ensemble, ce sera magnifique.

Le coq accepta ce conseil et tous quatre se remirent en chemin.

Mais il ne leur était pas possible d'atteindre la ville de Brême en une seule journée. Le soir, ils arrivèrent près d'une forêt où ils se décidèrent à passer la nuit. L’âne et le chien se couchèrent au pied d'un gros arbre, le chat et le coq s'installèrent dans les branches. Le coq monta jusqu'à la cime. Il pensait s'y trouver en sécurité. Avant de s'endormir, il jeta un coup d'œil aux quatre coins de l'horizon. Il vit briller une petite lumière dans le lointain. Il appela ses compagnons et leur dit qu'il devait se trouver quelque maison par-là, on y voyait de la lumière. L'âne dit :

- Levons-nous et allons-y ; ici, le gîte et le couvert ne sont pas bons.

Le chien songea que quelques os avec de la viande autour lui feraient du bien. Ils se mirent donc en route en direction de la lumière et la virent grandir au fur et à mesure qu'ils avançaient. Finalement, ils arrivèrent devant une maison brillamment éclairée, qui était le repaire d'une bande de voleurs.

L'âne, qui était le plus grand, s'approcha de la fenêtre et regarda à l'intérieur.

- Que vois-tu, Grison ? demanda le coq.

- Ce que je vois ? répondit l'âne : une table servie avec mets et boissons de bonne allure. Des voleurs y sont assis et sont en train de se régaler.

- Voilà ce qu'il nous faudrait, repartit le coq.

- Eh ! Oui, dit l'âne, si seulement nous y étions !

Les quatre compagnons délibérèrent pour savoir comment ils s'y prendraient pour chasser les voleurs. Finalement, ils découvrirent le moyen : l'âne appuierait ses pattes de devant sur le bord de la fenêtre, le chien sauterait sur son dos et le chat par-dessus. Le coq se percherait sur la tête du chat. Quand ils se furent ainsi installés, à un signal donné, ils commencèrent leur musique. L'âne brayait, le chien aboyait, le chat miaulait et le coq chantait. Sur quoi, ils bondirent par la fenêtre en faisant trembler les vitres. À ce concert inhabituel, les voleurs avaient sursauté. Ils crurent qu'un fantôme entrait dans la pièce et, pris de panique, ils s'enfuirent dans la forêt. Nos quatre compagnons se mirent à table, se servirent de ce qui restait et mangèrent comme s'ils allaient connaître un mois de famine.

Quand les quatre musiciens eurent terminé, ils éteignirent la lumière et chacun se choisit un endroit à sa convenance et du meilleur confort pour dormir. L'âne se coucha sur le fumier, le chien derrière la porte, le chat près du poêle et le coq se percha au poulailler. Et comme ils étaient fatigués de leur long trajet, ils s'endormirent aussitôt.

Quand minuit fut passé, les voleurs virent de loin que la lumière avait été éteinte dans la maison et que tout y paraissait tranquille. Leur capitaine dit :

- Nous n'aurions pas dû nous laisser mettre à la porte comme ça.

Il ordonna à l'un de ses hommes d'aller inspecter la maison. L'éclaireur vit que tout était silencieux ; il entra à la cuisine pour allumer une lumière. Voyant les yeux du chat brillants comme des braises, il en approcha une allumette et voulut l'enflammer. Le chat ne comprit pas la plaisanterie et, crachant et griffant, lui sauta au visage. L'homme fut saisi de terreur. Il se sauva et voulut sortir par la porte de derrière. Le chien, qui était allongé là, bondit et lui mordit les jambes. Et quand le voleur se mit à courir à travers la cour, passant par-dessus le tas de fumier, l'âne lui expédia un magistral coup de sabot. Le coq, que ce vacarme avait réveillé et mis en alerte, cria du haut de son perchoir :

- Cocorico !

Le voleur s'enfuit aussi vite qu'il le pouvait vers ses camarades, et dit au capitaine :

- Il y a dans la maison une affreuse sorcière qui a soufflé sur moi et m'a griffé le visage de ses longs doigts. Devant la porte, il y avait un homme avec un couteau : il m'a blessé aux jambes. Dans la cour, il y a un monstre noir : il m'a frappé avec une massue de bois. Et sur le toit, il y avait un juge de paix qui criait : « Qu'on m'amène le coquin ! » J'ai fait ce que j'ai pu pour m'enfuir.

À partir de ce moment-là, les voleurs n'osèrent plus retourner à la maison. Quant aux quatre musiciens de Brême, ils s'y plurent tant qu'ils y restèrent. Le dernier qui me l'a raconté en fait encore des gorges chaudes.

Vous trouverez ce conte illustré en DOCX et PDF

 

 

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9 juin 2024 7 09 /06 /juin /2024 17:48

Connaissiez-vous cette belle histoire sur la présence réelle de Jésus ?

http://zevitorartes.blogspot.com/2014/

Un jour, saint Antoine de Padoue (1195-1231) fait un sermon sur la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie. Un juif nommé Zacharie le Gaillard l’interrompt en s’écriant :

-« Je n’y crois pas ! Je voudrais voir ! »

Saint Antoine de Padoue le regarde alors calmement et lui demande la chose suivante :

-« Si ta mule se prosterne devant l’eucharistie, croiras-tu ? »

Zacharie lui répond :

-« Pour sûr ! »

Avec malice, il ajoute même ceci :

-« Pendant deux jours, je ne donnerai rien à manger à ma mule. Le troisième, je l’amènerai ici sur le champ de foire. On mettra d’un côté de l’avoine fraîche, et de l’autre tu lui présenteras l’hostie. Si elle refuse son avoine et s’agenouille devant l’hostie, je croirai ». Saint Antoine lui répond alors :

-« Marché conclu. Toutefois, que l’on sache ceci : si la mule ne s’agenouille pas, ce sera à cause de mes péchés ».

Ce défi surprenant fait très vite le tour de la ville, et dès lors qu’ils sont mis au courant, les gens attendent avec beaucoup d’impatience de voir ce qui va se passer.

Le jour en question, tous les magasins de la ville sont fermés et les rues sont désertes. Tout le monde s’est donné rendez-vous au champ de foire. Zacharie apparaît alors, tirant sa mule qui a jeûné. Un valet prépare l'avoine et, tout à coup, une procession venue de l’Eglise s’avance vers Zacharie. Saint Antoine marche à l’arrière en portant le Saint Sacrement. Lorsque le célèbre saint arrive à la hauteur de Zacharie, ce dernier place sa mule exactement entre l’avoine et l’hostie, et la lâche. On n’entend pas une mouche voler. Tous les regards sont braqués sur l’animal. Que va-t-il se passer ? Que va faire la mule ? Et bien figurez-vous que la bête n’hésite pas. Sans même regarder l’avoine, elle s’avance vers l’hostie, s’arrête à distance respectueuse, s’agenouille devant l’ostensoir et s’immobilise dans une sorte d’adoration, ses grands yeux noirs fixés sur l’hostie ! Zacharie tombe alors à genoux auprès d’elle et se frappe à grands coups de poitrine tandis que la foule, avec une très grande ferveur, entonne le Magnificat. Avouez que cette histoire est assez extraordinaire, non ?

-A celles et ceux qui pensent que ce récit a été « inventé », je signale qu’à l’église Saint Pierre le Guillard (à Bourges), on peut voir un bloc de pierre et un tableau du XIVème siècle qui conservent l’image d'une mule agenouillée (ce qui nous laisse fortement penser que cette histoire s’est passée en France). Bien entendu, la foi compte beaucoup, dans ce domaine, et on ne peut forcer personne à croire. Toutefois, on peut se dire aussi que si une simple mule a été capable de « sentir » la présence de Dieu dans le Saint Sacrement, alors les êtres humains doivent être capables d'en faire autant !

Source : http://marie-oasis.eklablog.com/saint-antoine-de-padoue-et-la-mule-de-zacharie-a92496377

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1 février 2024 4 01 /02 /février /2024 21:22

Le Vieillard Siméon

Le Haut-Pays dormait à genoux dans la neige. A travers la fenêtre, le vieillard Siméon le contemplait au repos sous la lumière bleutée de l'hiver. Demain, la terre reprendra floraison. Elle lèvera ses moissons vers le soleil. C'est dans le cycle ininterrompu des saisons que Siméon avait tenu tête à la douleur. Depuis longtemps, il avait perdu sa jeune femme. Mais maintenant, son fils continuait la lignée de sa race montagnarde. Tous les secrets paysans, il les lui avait appris avec son parler terrien. Il pouvait s'en aller. Il ne mourrait pas. Des mains pareilles aux siennes avaient repris les mancherons de la charrue. Son cœur fatigué battait déjà dans la jeunesse d'un autre sang, celle de Jérôme, son unique enfant. Ce soir, il redescendra de la vallée. Il sera devant lui debout, comme un autre Siméon de vingt ans. Face à sa vieille chair, songe égaré en plein jour, Jérôme se dressera de toute sa vie ardente. Il lui dira que l'avalanche des Montis est coupée et que les habitants du haut village de Fionnay sont enfin débloqués. Le poids du silence emplissait la maison. Pour tromper son attente, Siméon s'est retourné vers le fourneau de pierre ollaire et il commence un soliloque avec les ombres des êtres marquées sur la serpentine grise. Que de fois n'avait-il pas raconté ses exploits de berger ! A cette heure, il recommençait. Tout là-haut, c'est le pâturage de Nichlyri. L'alpage de Sery monte à près de trois mille mètres. La montagne hurle à travers les tempêtes de neige. Un vrai temps d'hiver, en plein mois d'août. Pas d'abri. Impossible de descendre vers les étables, à cause du danger des précipices. Tenaillé par la faim, battu par le froid, le troupeau se révolte. Trois cents cornes de la race belliqueuse des vaches d'Hérens vous cernent menaçantes. Il faut ruser pour sauver la situation. D'un moment à l'autre, les bêtes risquent de forcer le passage de descente et ce sera la course à la catastrophe. Alors, Siméon a pris la tête du troupeau, comme lorsqu'il le conduisait à la pâture, et il le fait tourner en rond sur les prairies escarpées. En piétinant assez, les vaches ont mis à nu un peu d'herbe et elles se sont calmées un instant. Il était temps, car les bergers n'en pouvaient plus, et Siméon allait choir devant la horde animale qui l'aurait écrasé. Le soleil chassa enfin la tourmente et vint attiser les ardeurs taurines de la race des vaches guerrières. Partout des luttes à mort, comme au jour de l'inalpe. Des yeux de braise flamboient et la neige se tache de sang. La nuit est tombée sur la maison du vieillard Siméon et le maître berger d'antan continue de dialoguer avec les ténèbres, parce que son fils Jérôme n'est pas encore revenu. Pierres éclatées, troncs de mélèzes saignants, sapins brisés, racines en l'air encombrent l'avalanche des Montis, lave géante qui s'étire le long du ravin jusqu'à la Dranse. Pelles, pioches, tintent dans la tranchée de neige à travers laquelle s'enfoncent les hommes comme des tarières. Bientôt, la masse de glace sera sectionnée et les vivres pourront parvenir par la route aux reclus de Fionnay. Les ouvriers travaillent avec fièvre, car la montagne gronde par-dessus leurs têtes. Sur l'autre rive de la vallée, un guetteur veille à la tempête qui balaye les sommets. Nulle crainte d'une avalanche de fond, mais la poudreuse, plus terrible encore, reste toujours possible. Là-haut, une tornade de neige monte en vrille vers l'horizon qui fume. Un bruit de tonnerre emplit les espaces. Alarme ! Le fusil du guetteur claque pour donner le signal du danger aux camarades. Trop tard. La poudreuse fond déjà sur la pente. Sauve qui peut ! A peine ont-ils pris la fuite, que le cyclone s'abat sur les montagnards et les emporte, fétus de paille précipités dans l'abîme.

La tornade passée, les hommes se recherchent, se regroupent. Il faut poursuivre la tâche. Hélas, trois compagnons manqueront à l'appel : Camille Maret, Joseph Michaud et Jérôme de Siméon. Pas de temps à perdre. Rien à céder à la peur. Les rescapés se remettent rageusement au travail. Ils ont jeté un défi aux colères de l'alpe en rumeur. Une seule volonté les tient : arracher les trois jeunes gens à la mort blanche. On dépêche une estafette au prochain village pour chercher du secours. Une colonne de volontaires est bientôt-là qui fouille la neige. Des falots errent dans la nuit, rapace qui étend ses ailes d'ombre sur une frêle espérance. L'angoisse étreint les dernières heures de cette vigile de Chandeleur. Enfin, les sauveteurs ont pu dégager les corps de Camille Maret et de Joseph Michaud. Hélas, ils n'étaient plus que des cadavres. « Fiat voluntas tua », ont dit amèrement les hommes avant d'incliner leur front têtu devant le mystère de Dieu, qui venait de les frapper dans leurs amis. Jérôme de Siméon restait toujours à trouver. On ne s'en irait pas avant de le ramener au jour. Le matin blanchissait déjà et l'espoir semblait avoir fui avec la nuit. Un nouveau cercueil s'ajouterait-il aux autres ? Les montagnards n'osaient s'interroger du regard, tout en cherchant sans relâche la dernière victime. Le guetteur affirmait avoir vu disparaître Jérôme du côté du rocher, à l'endroit marqué d'une croix dans la pierre. Les hommes s'y portèrent. Fallait-il encore croire à quelque chance ? L'abri rocheux était rempli de neige. Jérôme aurait-il été soufflé dans ce trou, où il serait emmuré vivant ? Le malheur les accroche au plus fol des espoirs. Pendant que les sauveteurs s'acharnent à lutter de vitesse contre la mort, Maurice d'Antoine descend tristement la vallée. Il doit porter la tragique nouvelle au vieillard Siméon. Sans rien dire, tête baissée, il traverse les hameaux en deuil, car on sait déjà le malheur qui est tombé du haut de la montagne. Là-bas, le village de Châblières joint la prière de ses toits autour de l'église. A l'ombre du clocher, Siméon attend dans l'anxiété son fils qui n'est toujours pas rentré. En passant près du sanctuaire, Maurice s'est arrêté. La lampe du Saint Sacrement allume un coin de vitrail du chœur. On célèbre les offices de la Chandeleur. Le chant sacré parvient jusqu'à lui. Maurice écoute un instant l'antienne de la procession des lumières qui monte comme une invincible espérance le long de la flèche gothique. « Orne, ô Sion, ta demeure nuptiale pour accueillir le Christ Roi ; ouvre ton cœur à Marie, porte du ciel ; car elle tient entre ses bras le Roi de gloire à qui nous devons une lumière nouvelle. Voici que la Vierge offre de ses mains un Fils que le Père engendra bien avant la création de tous les luminaires. Siméon le reçut sur son cœur, en annonçant aux peuples qu'il est le Maître de la vie et de la mort, le Sauveur du monde ».

— Qu'est devenu mon fils ? demanda Siméon suppliant à Maurice qui entrait dans le désert de la chambre.

— L'avalanche poudreuse est descendue et l'a emporté.

— L'a-t-on retrouvé ?

— Hélas, on a cherché toute la nuit et on le cherche encore. Il y a bien peu de chance...

Un instant de silence écrasa la tête à tête des deux hommes avec le malheur.

— Alors, s'écria le vieillard dans un sanglot, je serai donc seul désormais. Perdu à jamais mon unique espoir.

Maurice ! Maurice ! dit-il en tendant ses mains tremblantes, Dieu ne peut pas permettre que cette goutte de sang qui me vient de lui soit irrémédiablement anéantie, le jour même où mon saint patron a porté son Fils dans ses bras. Détruite ma race terrienne ? Quelqu'un d'autre que les miens s'installera dans cette maison ? Prendra possession de mes champs ? De mes bêtes ? Mon fils mort sans les prières de l'agonie ? Cela, Dieu ne peut pas le permettre non plus. Moi, son fidèle serviteur, qu'ai-je donc fait au ciel pour mériter tant de malheurs à la fois ?

Le vieillard Siméon secoua son cœur usé et se dressa de toute sa vigueur paysanne contre la cruauté du destin. Ses restes de chair humaine se levèrent le long du fourneau de pierre ollaire. Siméon voulait partir là-haut aux Montis. Son fils, il le retrouverait vivant. A peine eut-il essayé un pas, qu'il retomba, masse impotente sur le plancher de mélèze. Maurice ramassa ce grand corps vaincu et le déposa dans le fauteuil. Siméon sanglotait comme un enfant. Au milieu de ses pleurs, il appelait Jérôme par tous les noms de tendresse qu'un père peut donner à son petit en le berçant pour l'endormir. Tout à coup, Siméon releva la tête. Maurice vit une nouvelle espérance qui mangeait les yeux du vieil homme.

— Ecoute, Maurice, dit-il. Toi, tu es encore fort. La montagne n'a pas de secret pour toi. Tu sais comment il faut sonder méthodiquement une avalanche. Tu le trouveras mon Jérôme. Tu me le ramèneras vivant, vivant... Remonte jusqu'au couloir des Montis. Va, pendant qu'il en est encore temps. Va ! Va ! Nul n'aurait pu résister à cette suprême prière du vieillard et Maurice d'Antoine reprit le chemin de la haute vallée. La sonde d'avalanche vient de rencontrer la résistance d'un corps à travers la neige engouffrée sous l'abri rocheux des Montis.

— Il est là, crie le sondeur.

Tous les sauveteurs se précipitent au lieu indiqué. Ils n'ont plus assez de leurs bras armés de pelles et de pioches pour creuser, ils y vont de leurs gros souliers ferrés. Il faut faire vite. Toutes les minutes valent une vie. Bientôt, une forme humaine se dessine dans la neige. Ça y est. Le corps de Jérôme est complètement dégagé. On le retourne face au ciel. Un camarade lui déplie les bras qui emprisonnent la tête. Les montagnards revoient un de leurs visages amis. Les dents mordent encore le rebord des manches du veston. L'infirmier Luisier s'est mis à l'écoute de la vie. Il a collé son oreille sur le cœur de Jérôme.

— Il bat ! Il bat faiblement, mais il bat ! A-t-il annoncé aussitôt, en saisissant les bras du gisant pour pratiquer la respiration artificielle. Un peu de sang commença à roser les joues du sinistré. Les forces revenaient à travers les membres engourdis et, lorsque Jérôme leva les paupières, ses yeux rencontrèrent tout un ciel de visages radieux penchés sur lui. La mort était vaincue. Soufflé miraculeusement par l'avalanche poudreuse dans le creux de la roche, Jérôme se trouvait prisonnier derrière un mur de glace. Un peu d'espace lui avait permis de ne pas mourir d'étouffement. Au fond de la grotte des Montis, la neige incrustait de sa blancheur l'intaille de la croix du salut, tracée dans la pierre de serpentine.

C'est coutume de Chandeleur dans le Haut-Pays ; au soir de la fête, une fillette du village va de maison en maison apportant le feu de l'église avec le cierge bénit. Pour être leur porte-lumière, cette année-là les enfants avaient choisi la petite Marie-Madeleine, car ses yeux toujours gardaient la clarté de la joie. Jamais encore elle ne fut grondée, ni par sa mère, ni par sa maîtresse. Personne n'aurait pu lui reprocher la moindre faute et partout, elle laissait sur son passage comme un rayonnement céleste. A son approche, les garçons cessaient leurs disputes et les larmes du vieillard, elle les irradiait d'un sourire. Dans la flamme de sa bougie qu'elle enveloppait des mains, Marie-Madeleine allait de porte en porte avec la grâce d'un ange et la sérénité d'une vierge. Elle pénétra chez Siméon, comme un éclat de soleil qui traverse un cristal.

— Grand-père Siméon, dit-elle au vieillard écrasé dans son fauteuil, je vous apporte la flamme bénie de Chandeleur. Ce cierge chassera le démon, éclairera votre cœur, tracera le signe de protection sur votre maison, sur vos champs, vos moissons, et sur vos troupeaux avant la montée à l'alpage. Vers l'enfant de lumière, Siméon leva ses yeux enfouis dans des mains brûlées de travail et de douleur.

— Que ferai-je de ce cierge si mon fils n'est plus ?

— Votre fils ? Dieu vous l'a rendu, grand-père Siméon.

Maurice d'Antoine vient de l'annoncer au village. On l'a retrouvé vivant sous la croix du rocher des Montis.

— Tu dis bien vrai, mon enfant ? Tu dis bien vrai ?

— Jamais je n'ai menti.

— Oh ! Alors Marie-Madeleine, puisque tu m'as apporté la joie, donne-moi ta pure flamme et ce cierge de Dieu. Donne-moi aussi ton front à baiser. Tu es mon espérance et je vois dans ton regard la plus sainte lumière du monde. Siméon étreignit l'enfant, puis s'allongeant sur son fauteuil, ses lèvres murmurèrent une prière de reconnaissance. Ses cheveux, d'une blancheur immatérielle, brillaient d'un halo de Chandeleur autour de son vieux front apaisé.

— Il vit... Il vit... répétait-il doucement. « Seigneur, vous laisserez maintenant votre serviteur s'en aller en paix, puisque mes yeux ont retrouvé leur salut »... Vivante, vivante, cette goutte de sang de ma génération terrienne... Demain, il faudra repartir, avec les saisons, dans les champs, vers les sommets, vers vous, mon Dieu... Grand-père Siméon se tut. La tête retomba lourdement sur la poitrine. Un rayon de clarté, plus éclatant que tous les flamboiements de la terre sembla jaillir de ce corps usé jusqu'à la mort par la douleur et la joie. Marie-Madeleine se pencha vers des yeux désormais éteints. Elle ferma pieusement les paupières du vieillard et lui joignit les mains. Puis elle posa son cierge dont la cire pleurait, au pied du crucifix d'arolle enfumé qui ouvrait ses bras cloués par-dessus toutes les larmes du monde. Jérôme pouvait revenir. Dans la dernière demeure de Siméon, une flamme d'espérance illuminait la nuit.

Marcel MICHELLOD

Lire le conte en PDF en cliquant sur l'image ci-dessus.

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23 janvier 2024 2 23 /01 /janvier /2024 20:37

Pierre vivait pauvrement dans une vieille maison avec son père, sa mère, ses cinq frères et ses cinq sœurs. Dans cette maison, il y avait une petite cuisine avec un vieux fourneau qui fumait et des vieilles casseroles cabossées. C’est là que Pierre était le plus souvent, car il adorait cuisiner. Il savait préparer des plats délicieux avec des choses simples : il pouvait transformer des pommes de terre en gâteaux, des poires en sirop, des carottes en purée rose… Avec Pierre, chaque repas devenait une fête. Pourtant, une année, l’hiver fut très long. Pierre ne trouvait que des vieux croûtons de pain à mettre dans ses casseroles et toute sa famille avait faim. Un matin, Pierre dit à son père :

- Je vais aller en ville pour chercher du travail. Avec l’argent que je gagnerai, je pourrai acheter de quoi manger.

Justement, ce jour-là, un messager du roi arrive dans le village de Pierre. Il tape sur un tambour et il déclare :

- Avis à la population ! Le roi de ce pays, Sa Très Gourmande Majesté, a décidé de changer de cuisinier. Celui qui fera le plus délicieux des plats sera nommé Grand Chef des Cuisines du Roi.

En entendant cela le père de Pierre s’écrie :

- Pierre, voilà une chance pour toi ! Enlève ton tablier, laisse tes vilaines casseroles et va faire goûter au roi une recette dont tu as le secret.

Pierre répond en souriant :

- Hélas, on ne devient pas cuisinier du roi en lui faisant manger du pain dur !

Mais la mère de Pierre insiste :

- Allons, va, mon petit cuisinier. Tu sais faire un dessert avec un courant d’air. Je suis sûre que tu peux gagner ce concours !

Alors, Pierre se met en route. Il se demande bien quelle recette il pourra préparer pour le roi, car il n’a rien dans les mains ni dans les poches. Mais comme il sent le printemps qui arrive, il se met à chanter :

- Je n’ai rien pour mon roi, pas de sucre ou de chocolat, même pas la moitié d’un petit pois !

Bientôt, Pierre arrive devant une ferme. Un vieil homme vient à sa rencontre en criant : - à l’aide ! Au secours ! Ma vache est tombée dans l’étang !

La pauvre vache essaie bien de sortir de l’eau mais à chaque fois qu’elle approche du bord de l’étang, elle glisse dans la boue et plouf ! Elle retombe lourdement. Pierre prend une corde solide. Il l’attache aux cornes de la vache et tire sur la corde de toutes ses forces. On hisse ! On hisse ! La vache sort les deux pattes avant. Encore un effort ! On hisse ! On hisse ! Enfin la vache regagne la terre ferme. Elle est sauvée ! Le vieil homme est tout heureux et, pour remercier Pierre, il lui donne un pot de lait tout frais. Pierre reprend le chemin du palais du roi en chantant : - voilà du lait pour le roi, c’est tout ce qu’il aura pour tremper son petit doigt ! Tout à coup, il aperçoit des poules qui courent dans un pré en battant des ailes. Derrière les poules, il y a une fermière qui crie :

- Vilaines poules ! Revenez, revenez, ou le renard va vous manger !

Mais les poules partent dans tous les sens et la fermière ne peut pas les rattraper. Pierre ramasse un bâton, il le fait tourner au-dessus de sa tête puis il file à toute vitesse derrière les poules. Il les rassemble et, en un clin d’œil, il les fait rentrer dans le poulailler. La fermière saute de joie. Elle dit à Pierre :

- Sans toi, mes poules allaient se perdre dans la forêt !

Pour le remercier, elle lui donne six œufs dans un panier. Pierre continue sa marche. Il chante :

- Avec du lait et des œufs que fait-on de délicieux ? Avec des œufs et du lait que pourrait-on préparer ?

Un peu plus loin, alors que la nuit commence à tomber, Pierre rejoint une charrette chargée de sacs de farine et traînée par un âne. C’est la charrette du meunier. Le meunier appelle Pierre :

- S’il te plaît, veux-tu me donner un coup de main ? Ma roue a glissé dans le fossé. Je ne peux plus avancer.

Pierre pose son lait et ses œufs et il pousse avec le meunier. Un, deux, trois, hue ! La charrette est dégagée, le meunier peut rentrer au moulin. Mais avant de partir, il offre à Pierre un petit sac de farine. Pierre s’en va en chantant :

- J’ai des œufs, de la farine et du lait, mon roi tu vas te régaler ! J’ai du lait, des œufs et de la farine, roi, tu vas te lécher les babines !

Lorsque Pierre arrive au palais du roi, le concours de cuisine a déjà commencé. Des cuisiniers sont venus des quatre coins du pays. Ils ont apporté avec eux des épices et des fruits, des lapins, des dindes, des moutons, des légumes, des poissons, des champignons et des herbes parfumées ; tout ce qu’il faut pour réussir des desserts rares, des salades exquises et des rôtis savoureux. Dans la grande cuisine royale, le roi est assis sur le trône. Des serviteurs lui apportent ce que les cuisiniers lui ont préparé. Le roi respire l’odeur de chaque plat, puis il goûte des bouts des lèvres. Il mâchouille, il ferme les yeux, il renifle encore une fois. Mais, pour chaque recette, il grogne : -trop grillé. Trop cru. Trop salé. Trop sucré. Trop chaud. Trop froid. Trop sec. Trop gras. Rien ne lui plaît. Enfin, c’est le tour de Pierre.

Le roi lui demande :

- Alors, jeune homme, que vas-tu nous préparer ?

Pierre se gratte la tête avant de répondre :

- Euh… Sire… Majesté… C’est-à-dire… voilà… c’est une surprise.

Le roi sourit :

- Ah, enfin une surprise !

Euh…euh…

Pierre réfléchit, il se dit :

Qu’est-ce que je pourrais bien faire avec de la farine, du lait et des œufs ? Il regarde par la fenêtre par la fenêtre et il aperçoit la lune qui brille dans le ciel. Cela lui donne une idée. Il s’écrie :

- Je vais faire des lunes, des lunes à croquer !

Le roi fronce les sourcils, il dit :

- Tiens, tiens, des lunes à croquer ? Je suis curieux de voir ça. Alors, mon garçon, mets-toi au travail. Aussitôt, Pierre vide sa farine dans un grand saladier. Il ajoute ses œufs et il verse son lait en mélangeant avec une grande cuillère en bois. Puis il dépose un peu de la pâte qu’il a ainsi préparée dans une poêle bien graissée. Et il la met à cuire sur le fourneau. Au bout de deux minutes, Pierre saisit le manche de la poêle, il donne un coup de poignet et hop!...un gâteau plat et rond s’envole dans la cuisine royale. Pierre dit au roi : - regardez, voilà la lune ! Le roi lève la tête, il n’en croit pas ses yeux : le gâteau rond monte jusqu’au plafond et il retombe juste dans la poêle.

Pierre le laisse cuire encore un peu, puis il dit :

- Voilà, Sire, vous pouvez croquez cette lune.

Le roi renifle, il goûte, il mâchouille et il déclare :

- Ce n’est pas mauvais… C’est même plutôt bon… J’aimerais bien moi aussi faire une lune à croquer car cette recette m’amuse beaucoup. Il se lève de son trône, il verse un peu de pâte dans la poêle, la laisse cuire deux minutes, il donne un petit coup de poignet … et hop ! Il fait sauter la lune à croquer. Et plaf ! Elle retombe sur la tête de la reine. Le roi éclate de rire : - ha ! ha ! ha ! Décidément, cette recette me plaît ! Le roi s’amuse comme un fou : - encore, encore, encore ! Il fait des dizaines des lunes à croquer et il les mange avec du sucre, de la confiture, du chocolat.

À la fin, quand le roi a bien ri et bien mangé, il dit à Pierre :

- C’est toi qui a inventé la recette la plus drôle, du jamais vu, du jamais goûté ! Je te nomme Grand Cuisinier du Roi !

Depuis ce jour, Pierre vit avec toute la famille dans le palais du roi et, chaque année, à la fin de l’hiver, il fait des lunes à croquer.

Source : Jean-Jacques Vacher

Le conte en PDF illustré

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23 janvier 2024 2 23 /01 /janvier /2024 09:42

En cliquant sur l’image ci-dessous, vous trouverez le conte tiré du site https://www.abbayedemaylis.org/2015/11/23/un-roi-riche-en-misericorde/

 

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21 janvier 2024 7 21 /01 /janvier /2024 18:55

Première légende

La légende du Rouge-gorge est liée à la mort de Jésus. Il y a fort longtemps, ce n'était qu'un modeste oiseau au plumage brunâtre. Alors qu'il voletait, il s’approcha du Christ crucifié sur sa croix. Il se posa sur son épaule, de ses ailes, il essuya ses larmes, et de son bec, il arracha les épines qui lui blessaient la tête. Une goutte de sang tomba sur sa gorge, colorant à jamais son humble plumage.

Deuxième légende

De Jésus qui priait au jardin des Pardons, un petit oiseau s'approcha. Haut sur pattes fines comme aiguilles, la plume brunette un peu olive, l'œil rond comme un cassis, il s'en venait frisant le sol, sautillant et parfois s'arrêtant pour faire une révérence. Une brise lui avait dit que cet Homme-là était le cœur fait homme. Que voulait-il bien, ce petit passereau du monde ? Il désirait visiter le cœur du Fils. Alors souriant, Jésus lui ouvrit son cœur, et le petit oiseau entra dans la cage des côtes : il y fut pris d'amour, et battit des ailes au rythme des pulsations divines. En souvenir de cette visite, Jésus lui empreignit la lumière de son sang sur la poitrine. Désormais, l'oiseau était baptisé rouge-gorge. Chaque jour, un rouge-gorge témoigne discrètement de cette sorte de légende sur la branche du temps. Qu'il en tire profit, celui qui a des oreilles pour entendre.

Troisième légende

C’était la deuxième nuit après Noël. Il faisait froid et le feu allumé à l'entrée de l'étable s'éteignait doucement. A l'intérieur, couchés sur la paille, chacun dormait en frissonnant. Le Bon Dieu, attentif du haut du ciel, interpella un petit oiseau gris et brun qui picorait à ses pieds : « Descend, et va ranimer le feu ; je ne veux pas que mon Fils ait froid ». L'oiseau s'envola et descendit vers Bethléem. Arrivé à l'étable, il s'approcha de ce qui restait du feu : un tas de cendre sous lequel couvaient quelques braises, et sur lequel restaient quelques branchages qui n'avaient pas encore brûlé. L'oiseau se percha sur une grosse bûche préparée devant le foyer et agita ses ailes. Peu à peu, sous la force du courant d'air, les cendres s'écartèrent, puis les braises se mirent à rougeoyer. Leur chaleur devint si forte que les plumes de la petite bête roussirent. Mais décidée à achever sa tâche, elle supporta la douleur jusqu'au moment où les flammes jaillirent, embrasant les branchages au dessus. La flamme réveilla Joseph, qui se leva pour nourrir le feu. Il se mit à faire bon dans l'étable. Alors, se tournant vers l'oiseau, saint Joseph lui dit : « Pour rappeler ton dévouement à l'enfant Jésus, ta poitrine gardera la couleur rouge du feu, et tu t’appellera désormais le rouge-gorge ».

 Source : http://feliphoto.canalblog.com/

Légendes sur le Rouge-Gorge en PDF

 

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31 décembre 2023 7 31 /12 /décembre /2023 19:04

Étant donné que tout peut arriver dans les contes, même les choses les plus inattendues, on ne s'étonnera pas si, un jour, le soleil, le froid et le vent partirent ensemble en voyage.

Un mot en entraînant un autre, ils commencèrent à deviser sur le point de savoir qui était le plus fort en ce monde.

Le soleil déclara aussitôt :

- Tout le monde me sait gré d'apporter la lumière et la chaleur. Mais je sais aussi être torride. C'est pourquoi l'on me craint. Je suis donc le plus fort.

- Ne te vante donc pas ! - répliqua aussitôt le froid. - Quel pouvoir as-tu en hiver ? À cette époque, il faut voir comme on me redoute ! J'ai donc un avantage sur vous.

Ces deux-là continuèrent à fanfaronner. Seul, le vent ne souffla mot, tout en les écoutant avec attention. Ils ne furent pas longs à rencontrer en chemin un paysan qui revenait de la ville. Dès qu'il les aperçut, l'homme ôta son bonnet et se prosterna devant eux.

- Tu vois ? - dit le soleil, quand ils eurent dépassé le paysan, - il se prosterne devant moi car je suis le plus fort.

Mais le froid sourit ironiquement :

- C'est ce qu'on dit. Ce salut m'était peut-être destiné... As-tu remarqué le regard effrayé de cet homme ? Ils auraient polémiqué encore longtemps si le vent n'avait eu soudain une bonne idée.

- Hé ! Monsieur ! - lança-t-il au passant. Quand celui-ci se fut retourné vers eux, le vent ajouta :- Qui as-tu plus précisément salué ? Le soleil, le froid ou moi ?

Le paysan les regarda bien. Le froid se renfrogna. Le soleil montra son plus beau sourire, mais ses yeux brillaient comme deux charbons ardents. Seul, le vent ne fit aucun effort particulier. Il se contenta de souffler sur le chemin un air qui s'était rafraîchi au contact du froid et refroidissait même l'ardeur du soleil.

- C'est devant toi que je me prosterne, joli vent, - dit le paysan sans avoir besoin de longtemps réfléchir.

Naturellement, cette réponse n'eut l'heur de plaire ni au soleil ni au froid.

- Tu ne connais pas encore notre force ! - crièrent-ils avec colère. Et, avant que le pauvre homme n'ait pu protester, le soleil bondit dans le ciel et se cacha derrière les nuages, tandis que le froid courait à toutes jambes vers la forêt qui se dressait à l'horizon.

Seul, le vent demeura près du paysan et lui dit :

- N'aie peur de rien et va-t'en chez toi tranquillement. Si l'un de ces deux-là cherche à te nuire, il te suffit de m'appeler et je viendrai à ton secours. Je sais comment m'y prendre avec eux...

Là-dessus, le vent poursuivit son chemin, et le paysan rentra chez lui.

Il aurait sans doute oublié l'incident si, cette année-là, l'hiver n'avait été aussi soudain. Il gela à pierre fendre. Le pauvre homme ne put mettre le nez dehors sans risquer qu'il se transforme aussitôt en glaçon. Bientôt, le bois manqua dans le chalet. Le jour où le paysan brûla sa dernière bûche, le froid commença à sévir dans sa chaumière.

- Je suis venu te montrer qui est le plus fort ! - cria-t-il en faisant trembler les portes. De peur et de froid, le sang se figea dans les veines du paysan, tandis que des griffes de glace s'abattaient sur la pièce. Au dernier moment, l'homme se souvint de ce que lui avait dit le vent et il commença à prier :

Vent, joli vent, viens à mon aide !
Le froid me prend, la mort me guette.
Dépêche-toi, je meurs de froid !

Mais le froid poussa encore deux fois la porte avant de repartir vers la forêt. Terrifié, le paysan en eut des chandelles de glace au bout de ses moustaches et il commença à soupirer et à se lamenter. Heureusement, une brise tiède souffla de la porte entrouverte et le pauvre homme sentit que son sang se remettait à circuler.

À partir de ce jour, le froid ne se montra plus dans la chaumière et le paysan ne fut pas long à oublier l'incident. Puis vinrent le printemps et l'été. Il y avait fort à faire dans les champs et les prés. Le paysan ne rentrait chez lui que tard le soir, tout en nage et fatigué. Un jour, à midi, alors qu'il ratissait le foin, le soleil brillait avec une telle force depuis le matin qu'il semblait à l'homme que l'astre descendait sensiblement du ciel comme pour le brûler et le consumer tout à fait. Il en laissa tomber son râteau de désespoir, se prosterna au sol et appela :

Ô vent joli, prends donc pitié !
Le soleil luit, je suis brûlé.
Le soleil cuit, je suis rôti !

Cette fois, à l'instant où le paysan allait s'évanouir, une brise fraîche passa sur son visage. Et, bien que le soleil brillât de toutes ses forces, ses rayons perdirent de leur intensité. Le pauvre homme se releva, reprit son râteau et se remit au travail.

Depuis, ni le soleil ni le froid n'essayèrent plus de lui faire du mal. Et le paysan se félicita d'avoir justement estimé que le vent était le plus fort.

Source : http://www.russievirtuelle.com/contes/soleilvent.htm

Vous trouverez ce conte en PDF

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27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 21:09

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Peu à peu, la rumeur d'un enfant avec une auréole se répandit et pénétra les coins les plus isolés. Là-bas, vivaient trois rois qui étaient voisins et qui s'appelaient GASPARD, MELCHIOR et BALTHAZAR. Ils ressemblaient à des mendiants et pourtant ils étaient des vrais rois et – plus bizarre encore - des sages. Selon l'Ecriture, ils savaient s'orienter d'après la constellation des étoiles et c'est un art difficile comme le savent tous ceux qui ont déjà essayé de suivre une étoile.

Ces trois rois donc se réunirent, équipèrent un merveilleux cortège et partirent le soir en hâte avec leurs chameaux et les éléphants. Dans la journée, les hommes et les animaux se reposaient sous les rochers du désert de pierres et l'étoile qui leur indiquait la direction, les attendait patiemment au ciel en transpirant beaucoup dans la chaleur du soleil jusqu'à ce qu'il fît nuit. La nuit, elle guidait à nouveau le cortège. Ainsi, ils avancèrent mais arrivés à Jérusalem, l'étoile prit la direction de Bethléem. Les rois ne voulurent plus la suivre. En effet, ils cherchaient l'enfant d'un roi dans un château fort plutôt que dans un village. L'étoile se mit en colère. De désespoir, elle sauta à droite, à gauche, et remua la queue mais sans effet. Les trois sages étaient tellement sages qu'ils ne comprenaient même plus les choses les plus simples.

Entre temps, le petit matin arriva et l'étoile pâlit. Elle s'assit dans la couronne d'un arbre à côté de l'étable et tous ceux qui passaient la prenait pour un citron oublié. Elle ne sortit pas avant la nuit et s'éleva au-dessus du toit. Les rois furent heureux et se précipitèrent vers elle. Toute la journée, ils avaient cherché l'enfant, sans le trouver, car dans le château fort de Jérusalem résidait un gros type dégoûtant qui s'appelait Hérode. L'un des trois rois du nom de Melchior était long comme un arbre et noir comme de l'encre, si bien que même dans la lumière de l'étoile, on ne voyait de lui qu'une paire d'yeux et une denture horrible.

Chez lui, on l'avait nommé roi par qu'il était un peu plus noir que les autres. Mais maintenant, il se rendait compte, avec chagrin, qu'on le regardait comme s'il était le diable. Chaque fois qu'il se penchait de son chameau pour donner des friandises, les enfants s'enfuyaient et les femmes chrétiennes se signaient comme pour se protéger d'une attaque païenne.

a-genoux.jpgMelchior s'avança timidement et s'agenouilla devant l'enfant. Hélas, il aurait aimé montrer une toute petite tache blanche et comme il aurait voulu faire voir son âme. Il cacha son visage dans ses mains, anxieux de savoir si l'enfant Dieu s'inquiétait de lui. En se rendant compte que l'enfant ne criait pas, il osa regarder un tout petit peu à travers ses doigts. Et il vit l'enfant charmant qui lui souriait et qui essayait d'attraper ses cheveux crépus. Le roi noir en fût tout heureux ! Jamais il n'avait roulé ses yeux si merveilleusement et rit d'une oreille à l'autre.

Ce fut plus fort que lui, Melchior saisit les pieds de l'enfant pour embrasser tous ses doigts comme c'était l'usage dans son pays. Et lorsqu'il lâcha les pieds, il vit le miracle : l'intérieur de ses mains était devenu blanc !

Et depuis, tous les noirs ont l'intérieur des mains blanc. Allez les voir, découvrez-les et saluez-les fraternellement.

D'après Karl Heinrich Waggerl

Vous trouverez ce conte en PDF en cliquant sur les Rois Mages

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27 décembre 2023 3 27 /12 /décembre /2023 17:25

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Qui ne connaît l’histoire des rois mages qui, guidés par une étoile, se rendirent à Bethléem rendre hommage à l’enfant Jésus ?

  • Le premier s’appelait Gaspard. Il avait le teint clair des Européens, et apportait de l’or.
  • Le second, Melchior, avait la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie. Celui-là était porteur d’encens.
  • Le troisième, Balthazar, était couleur de nuit sans lune et ses dents brillaient comme brillent les dents des Africains. Ce dernier offrit à l’enfant Jésus de la myrrhe.

On sait moins ce qui leur advint sur le chemin du retour. Ils étaient savants en beaucoup de choses, certes, mais cela n’empêcha point qu’ils se perdirent bel et bien, n’ayant plus le secours de l’étoile pour les aider. Après avoir erré plusieurs jours dans le désert, à bout de nourriture et sans eau, ils aperçurent enfin une misérable cahute devant laquelle se tenaient un couple et deux enfants. Les joues décharnées, les yeux brillants de faim, ils firent pourtant bon accueil aux mages, les invitèrent à entrer, et leur offrirent un peu du peu qu’ils avaient : de l’eau pour se rafraîchir.

  • C’est que nous avons faim aussi, dit Melchior. Un peu de pain, même rassis, ferait l’affaire.
  • Hélas, soupira la femme, nous n’avons plus qu’un peu de farine, de lait, d’huile d’olive, une noisette de beurre ; juste de quoi faire une galette que nous partagerons entre les enfants.

Ensuite, il ne nous restera plus qu’à nous jeter dans le puits ou à mourir de faim. Les mages se regardèrent.

  • Faites la galette ma brave femme, dit Gaspard.

La femme obéit. La galette était tout juste suffisante pour une personne.

Gaspard, qui avait le teint clair des Européens, plia la pâte en deux, et la galette doubla en volume. Melchior, le mage à la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie, plia de nouveau la pâte en deux, et il y en eu pour quatre. Balthazar, le roi Nègre couleur de nuit sans lune, plia encore la pâte en deux, et il y en eut pour huit. Le couple remercia chaleureusement les mages. La femme étala la pâte et mit la galette à cuire. Elle était dorée à point. L’homme se gratta la tête, le couteau à la main.

  • C’est que cette galette est une galette pour huit, et nous sommes sept. Le partage sera difficile.
  • La huitième part est celle du mendiant, dit Balthazar.
  • Quel mendiant, dit homme ?
  • Celui qui vient et que vous ne voyez pas encore.

À ce moment-là le plus jeune des enfants, un garçon, recracha quelque chose. C’était une bague que Melchior avait glissée – volontairement ou non, l’histoire ne le dit pas - dans la pâte. L’enfant voulut rendre le bijou. Le mage sourit, ôta la couronne de sa tête et en coiffa l’enfant. Tout enfant est roi, dit-il. Tel est le message que délivrera un autre enfant, né il y a peu non loin d’ici. Pour commémorer ce jour, je veux que chaque année on fasse une galette, qu’on n’oublie pas la part du pauvre, qu’on y glisse une fève pour désigner un roi ou une reine, ne serait-ce que pour une journée. Les pauvres gens promirent de respecter la volonté des mages. C’est ainsi que naquit la tradition de la galette des rois, qu’elle se répandit, et qu’on se la transmit jusqu’à nos jours.

Vous trouverez le conte en PDF en cliquant sur la galette

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21 décembre 2023 4 21 /12 /décembre /2023 18:39

C’était la veille de Noël. Malgré les gros flocons de neige qui voltigeaient dans les airs et tombaient sur le sol, qu’ils recouvraient d’un blanc et froid tapis toujours grossissant, les rues étaient pleines de passants affairés qui allaient et venaient dans tous les sens en se croisant et se bousculant. Parmi cette foule pressée et bruyante, on aurait pu remarquer un jeune enfant, merveilleusement beau, mais pauvrement vêtu, qui errait de rue en rue, et s’arrêtait, de temps en temps, pour frapper à quelque porte, apparemment dans le but de demande l’aumône.

Ce n’était autre que l’Enfant Jésus qui, s’ennuyant dans sa crèche solitaire à l’église, était sorti pour voir de plus près quelques-uns des enfants qu’il aimait tant. Mais, comme il veut être aimé pour lui-même et non pour ses dons, il avait jugé à propos de se déguiser en petit mendiant afin de ne pas être reconnu. À peine sorti de l’église il avait été attiré vers une des maisons voisines par le bruit joyeux qui s’en échappait : c’était comme un concert de voix et de rires enfantins.

Il y a là, des petits enfants ; allons les voir, pensa-t-il. Il gravit les degrés du perron et sonna à la porte de cette maison qui était fort belle et devait appartenir à des gens riches. Une servante vint lui ouvrir et fit d’abord la moue en voyant qu’elle s’était dérangée pour un simple petit mendiant ; mais Jésus leva vers elle un regard si doux qu’elle se sentit pris soudainement de pitié.

Attends un peu, lui dit-elle, avec douceur.

Et elle s’en alla trouver la dame de la maison qui était en ce moment dans un riche salon où resplendissait un superbe arbre de Noël, autour duquel une joyeuse bande d’enfants s’ébattait avec des cris de joie.

Madame, dit-elle, il y a à la porte un petit mendiant à la figure bien honnête, qui demande l’aumône.

Faisons-lui une part de bonbons, à ce pauvre petit, s’écrièrent les enfants d’un commun accord et ils se mirent en devoir de remplir de friandises un beau sac rouge et or qu’ils remirent à la servante, tandis que la mère glissa dans la main plusieurs pièces blanches.

La servante alla porter ces dons à l’Enfant Jésus qui les reçut avec un soupir, bien qu’il fût heureux de voir que la richesse n’avait pas endurci le cœur de ces enfants.

Après tout, ce n’est pas leur faute, pensa-t-il, en descendant le perron sur les marches duquel s’amoncelaient de gros bancs de neige où s’enfonçaient ses petits pieds mal chaussés. Ils n’ont jamais connu la misère et ne savent pas comment la soulager véritablement. J’aurai pourtant bien aimé les embrasser. Dans la rue suivante, Jésus rencontra deux petits italiens, jouant, un de la harpe, l’autre du violon. Ils grelottaient de froid et leurs petits doigts engourdis pouvaient à peine faire résonner leurs instruments ; la souffrance et la faim se lisaient sur leur visage misérable. Jésus se hâta de leur donner les friandises et les pièces blanches qu’il avait reçues, et après avoir senti le contact de sa main mignonne et rencontré le regard sympathique de ses yeux radieux, les petits musiciens ne sentirent plus le froid qui leur avait semblé si pénible quelques instants avant, et leur cœur se remplit de courage et d’espérance.

Jésus alla frapper ensuite chez une famille bourgeoise dont les enfants obtinrent de leur mère la permission de faire entrer le pauvre petit pour lui faire admirer leur arbre de Noël. Ces bons enfants lui donnèrent à profusion des gâteaux et des bonbons, et lui témoignèrent de mille manières, la pitié qu’ils ressentaient pour lui, le petit malheureux, qui n’avait jamais eu d’arbre de Noël. Pour leur faire plaisir, Jésus feignit de n’avoir jamais rien vu de si beau que leur arbre et leurs jouets, et serait resté plus longtemps si la mère ne lui eut dit en lui remettant un gros morceau de gâteau et un peu de monnaie :

- Tiens, petit, va porter cela à tes pauvres parents.

Jésus sortit alors, sans oser embrasser les bons petits enfants, comme il

aurait voulu le faire. Ayant frappé à une autre porte on le chassa en lui disant qu’on ne donnait jamais rien aux petits vagabonds. Jésus, le cœur bien gros, se dirigea vers le quartier le plus pauvre de la ville, dans l’intention de soulager quelque misère.

S’étant engagé dans une rue étroite et obscure, il faillit tomber sur le corps d’une petite mendiante qui gisait évanouie sur le pavé, ayant succombé à la faim et au froid, sans doute.

Pauvre petite, murmura-t-il doucement, tu as assez souffert.

Et, l’ayant baisé au front, il mit la main sur son cœur, qui cessa aussitôt de battre, et l’âme de l’enfant s’envola, toute joyeuse, vers le ciel.

Jésus reprit sa marche solitaire. Enfin, il s’arrêta devant une maison pauvre d’apparence, et gravit les escaliers jusqu’aux mansardes. Il frappa à une porte, par la fente de laquelle sortait une faible lumière.

Entrez, dit une voix douce de femme, et Jésus entra.

Il se trouva dans une chambre bien mal garnie, mais très propre. Une femme, jeune encore, mais pâle et maigre, cousait avec acharnement près d’une table où brûlait une unique chandelle. Près du feu se tenait deux petits enfants, jolis, bien que délicats, qui regardaient Jésus avec leurs grands yeux étonnés.

Que veux-tu, petit ? lui demanda la mère.

La charité, pour l’amour de Jésus, répondit-il.

Pauvre enfant ! Je suis bien pauvre moi-même, dit-elle, je ne puis te donner grand’chose, mais viens toujours te chauffer et manger un morceau de pain. Jésus, ravi de cette bonté chez une femme d’apparence si malheureuse, entra et alla s’asseoir près des deux enfants, avec lesquels il se mit à causer fraternellement, tout en mangeant de bon cœur le pain que la bonne femme lui donna. Quand il eut fini de manger ce pain, l’aîné des enfants lui apporta quelques bonbons au fond d’un sac de papier.

Tiens, dit-il, mange cela aussi ; c’est la bonne voisine qui nous les a donnés ; nous en avons déjà mangé, nous, cette après-midi ; n’est-ce pas que c’est bon ?

Oui, mange-les ! N’est-ce pas que c’est bon ? Répéta la plus jeune, qui était l’écho de son aîné.

Il s’en fallait de beaucoup que ces bonbons fussent aussi recherchés que ceux du sac rouge et or que lui avait donné les enfants riches. Cependant, Jésus, le roi du ciel, les mangea et les trouva délicieux. S’étant remis à causer avec les deux petits, il leur demanda ce qu’ils faisaient tous les deux près du poêle, avant son arrivée.

Nous attendions l’enfant Jésus, qui doit venir ce soir, car c’est Noël, tu sais, dirent-ils ; il est bon, l’enfant Jésus, il aime les petits enfants, ajouta l’aîné.

Oui, il aime les petits enfants, répéta la plus jeune comme d’habitude.

Moi aussi, je vous aime, dit Jésus, délicieusement ému. Je suis pauvre aujourd’hui, mais je serai riche et puissant un jour, et alors vous viendrez chez moi ; et vous verrez comme je vous recevrai bien.

Mes chéris, il est temps de vous coucher, dit la mère, qui avait écouté en souriant ce discours. L’enfant Jésus ne visite que les enfants sages qui se couchent quand l’heure est venue.

Et le petit garçon, maman, faut-il qu’il retourne au froid ? Oh ! Laisse-le rester avec nous pour cette nuit, nous lui ferons une place dans notre petit lit. L’enfant Jésus lui apportera peut- être quelque chose, à lui aussi, s’il reste avec nous, mais dans la rue il ne saurait pas où le retrouver.

C’est bon, mes enfants, le petit va rester, dit la mère, qui avait les larmes aux yeux. Les enfants ayant fait leur prière, elle les coucha tous les trois dans le petit lit.

Toi, tu vas coucher dans le milieu, dirent à l’enfant Jésus les deux petits. Tu auras bien plus chaud. La mère les couvrit soigneusement de leurs vieilles couvertures rapiécées, et les petits garçons s’endormirent bientôt en entourant Jésus de leurs petits bras caressants. La mère se remit à son ouvrage qu’elle se hâta de finir afin de pouvoir le porter au magasin ce soir-là et retirer le salaire qui lui était dû et dont elle avait grand besoin. Quand elle eut terminé, elle en fit un paquet qu’elle se hâta de porter au magasin. Elle revint au bout d’une heure avec quelques petits paquets qu’elle développa en souriant. C’étaient quelques jouets à bon marché qu’elle alla déposer dans les petites bottines rangées devant la cheminée. Il y avait part égale pour les trois enfants. Puis s’agenouillant, elle pria longtemps, comme savent prier les pauvres, et s’étant couchée, elle s’endormit aussitôt pour rêver des rêves tout d’espérances et de bonheur. Le lendemain, dès l’aurore, Jésus prit congé de la petite famille en les bénissant. Les enfants avaient envie de pleurer, mais Jésus les consola en leur promettant de revenir bientôt. Il emporta les jouets que la bonne mère lui avait achetés et les déposa dans la bottine d’une petite fille dont les parents, très pauvres, n’avaient pas osé faire la dépense des quelques sous nécessaires à l’achat d’un cadeau. Le père crut que c’était la mère qui n’avait pu résister à la tentation de faire ce plaisir à leur enfant, la mère crut que c’était le père, et ils ne dirent rien, ni l’un, ni l’autre, ne pouvant se résoudre à blâmer et n’osant pas approuver.

L’enfant Jésus retourna dans sa crèche où il se blottit, prêt à recevoir l’hommage des fidèles. Son divin cœur était satisfait.

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15 décembre 2023 5 15 /12 /décembre /2023 21:39

Il était une fois un joli renne qui était mort de froid. Le pauvre petit renne se nommait Rudolf et il avait un joli nez rouge. La mère de Rudolf était décédée car un chasseur l'avait abattue. Rudolf était très peiné de sa malchance, il s'était donc réfugié dans la forêt. De là, le petit renne s'est dit qu'il allait avoir de la peine tranquille et sans que ses amis lui posent sans arrêt des questions. Il avait besoin d'être seul.

Quelques jours plus tard, un ange descendit du ciel et rejoignit Rudolf. Il lui demanda pourquoi il était seul dans la forêt en plein hiver et surtout pourquoi il pleurait. Rudolf lui dit tout ce qu'il avait dans le cœur et curieusement il se rendit compte que ça lui faisait du bien. Tout en lui disant tout, il pleurait. L'ange l'écouta avec beaucoup d'attention.

Quand Rudolf eut fini de dire ce qui avait à dire, l'ange lui dit qu'il connaissait un homme qui pourrait l'aider à surmonter sa peine. Et surtout à quitter la forêt glacée. Rudolf, se disant qu'il n'avait rien à perdre accepta de suivre l'ange. L'ange, du nom de Véronique, amena Rudolf chez le Père Noël. Véronique expliqua l'histoire de Rudolf au Père Noël et il accepta de le prendre sous son aile. Il commença par lui donner à manger car Rudolf avait terriblement faim.

Le Père Noël lui présenta ses autres rennes tous dans le même état que lui. Par la suite, le Père Noël lui demanda s’il accepterait de tirer son chariot avec ses nouveaux amis. Rudolf accepta sur le champ.

Le Père Noël remarqua cependant le joli petit nez rouge du renne et se dit que ce serait bien que Rudolf soit le premier renne du chariot du Père Noël.

Depuis ce temps, cela fait déjà plusieurs années, Rudolf devint le renne du père Noël et dirige fièrement le chariot du Père Noël.

Vous trouverez ce conte en PDF en cliquant sur Rudolf

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15 décembre 2023 5 15 /12 /décembre /2023 18:00

Le crépuscule tombait sur Bethléem… Était-ce la froidure particulière qui incitait les habitants à garder leur porte close ou bien le cœur de ces gens était-il particulièrement froid et fermé ?

De fait, nul ne répondait aux appels timides et angoissés de l’homme aux pauvres habits, au visage noble et maigre, qui conduisait un petit âne, lequel semblait porter avec peine une petite femme à l’adorable visage fait de douceur et de lumière. L’homme demandait un gîte… même pas un abri pour la nuit… Nul ne répondait, si ce n’est avec des paroles dures et menaçantes… Et le petit groupe, triste et exténué, voyait les dernières maisons de Bethléem se présenter à ses yeux…

Sur le seuil d’une porte se tenait une petite forme blanche, assise immobile sur une jatte renversée. Aucune vie ne semblait l’agiter, mais les lèvres frémissaient sous l’ardente prière qui chaque soir montait du cœur d’Ismaïla, la fille du potier ; et ce petit cœur disait :

« Quand viendra-t-il ? Seigneur tout-puissant, quand viendra-t-il ? Celui que Vous nous avez promis, le Messie, quand viendra-t-il ? Si peu de chose que je sois, mon Dieu, je serai la première à L’adorer… et à le servir. »

Depuis quelques minutes, l’homme et la femme étaient arrêtés devant Ismaïla qui n’avait pas levé la tête. Ils avaient entendu le murmure de l’enfant, et des yeux de la jeune femme deux perles brillantes glissaient, tandis qu’un doux sourire éclairait ses traits fatigués. L’homme, ému lui aussi, posa sa main sur la tête de l’enfant en lui disant tout bas :

« Espère, enfant. Celui que tu attends ne saurait tarder… »

Saisie, la fillette s’était dressée et, dans l’obscurité, ouvrait désespérément des yeux sans vie et sans couleur… Quelle était cette fugitive présence où il avait semblé à Ismaïla respirer un parfum de miracle ?

« Hélas murmura-t-elle en retombant sur son siège, hélas ! Mon Dieu, comment pourrai-je le servir avec des yeux sans vie ? »

Car la petite fille du potier était aveugle.

« Minuit : le miracle est sur terre. Levez-vous, bergers, levez-vous, hommes au cœur pur, réjouissez-vous : le Seigneur vient de naître ! Venez L’adorer… Suivez la scintillante étoile qui vous conduira à une lieue de Bethléem…

L’étable qui s’y trouve a misérable apparence, mais c’est là, bergers, c’est là, rois, que le Berger des âmes, que le Roi du monde est né ! Réjouissez-vous ! »

La nuit orientale résonne de mille chants doux et mystérieux ; le parfum du miracle se répand : tout à l’entour sur les collines les bergers se lèvent, prennent de tendres agneaux dans leurs bras, et, les yeux fixés sur l’étoile sainte, ils s’acheminent vers le lieu qu’elle indique.

Dans la maison du potier, sur sa couche de paille, une petite fille qui ne dormait pas a perçu les chants ! Son cœur a tressailli en devinant que le miracle s’était réalisé ; et tout doucement, Ismaïla, petite forme blanche, se glisse hors de la maison dans l’obscurité doublement noire pour elle.

Elle va, la petite fille, vers Celui qu’elle attendait, auquel elle s’est déjà donnée de tout son cœur. Elle n’a pour se guider que le tintement des clochettes des troupeaux. Elle marche, butant contre les pierres du chemin, se griffant aux épines des cactus et des ronces… Vaillante, elle va toujours, ne voulant rien sentir que la joie de son âme…

Mais voilà une heure que les petits pieds nus foulent un sol pierreux… ils sont ensanglantés, et soudain Ismaïla sent une cruelle fatigue l’envahir. Où est-elle ? Où sont les tintements des troupeaux ? Où sont les chants de la nuit ? Plus rien que le silence profond, le silence noir qui enveloppe la petite fille. Exténuée, sentant qu’elle s’est perdue pour n’avoir pu comme les bergers suivre l’étoile sûre, elle tombe sur le chemin et pleure…

Elle ne pourra aller adorer le Sauveur… Elle ne pourra aller Lui faire offrande de son cœur. Et les larmes coulent, désespérées, de ses pauvres yeux morts… C’est alors qu’en cette nuit divine un second miracle s’accomplit. De la nuit, deux étoiles se détachèrent et lentement descendirent vers la petite forme blanche… Elles disparurent entre les doigts qui pressaient les pauvres paupières meurtries et… quand, tout à coup redressée et reposée, Ismaïla retira ses doigts, ce fut pour « voir » le ciel criblé de diamants, la nuit magnifiquement sereine et tout près d’elle une petite étable autour de laquelle, silencieux et prosternés, se tenaient les bergers.

Et dans la paille se trouvait un adorable petit Enfant que Marie, au lumineux sourire, veillait avec amour… À un certain moment, l’Enfant se tourna vers la petite forme blanche glissée tout près de Lui entre deux agneaux.

Et Jésus sourit à Ismaïla dont les yeux, en le contemplant, brillaient comme des étoiles…

Nette Jean.

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15 décembre 2023 5 15 /12 /décembre /2023 17:05

ninopesebre-227x300.jpgC’était le soir de Noël. L’horloge du clocher venait de sonner 23 heures. Peu après, les cloches appelaient les fidèles. Le vent froid de la nuit renvoyait la joyeuse invitation à la messe, minuit à travers les ruelles du village de Moncada, par-delà les rizières et les orangeraies au loin jusqu’à la ville de Valences. Quittant, les riches, leurs châteaux et les pauvres, leurs chaumières, ces Espagnols habitués au soleil sous la bise glacée se mirent en route. Rien au monde n’aurait pu les chasser de leurs logis douillets ; mais par amour de l’Enfant-Jésus, ils marchaient sans hésitation, frissonnants dans le noir. Même de petits enfants, force de volonté, bien emmitouflés dans leurs lainages, marchaient un peu somnolents, mais avec d’autant plus de mérite côté des parents, vers l’église.

Voici déjà que dans le premier banc s’agenouillait une jolie petite paysanne de cinq ans, avec sa maman. Toute animée du désir d’admirer l’Enfant-Jésus avec Marie, Joseph, les anges, crèche, les bergers, et toutes les petites lumières, elle avait pressé la famille à partir vers l’église. Brillants de bonheur, ses yeux noirs et vifs allaient d’un berger à l’autre, admiraient Marie et Joseph dans la pauvre étable installée sur l’autel latéral de gauche. Tout à coup la petite poussa sa maman et demanda :

« La crèche est vide, où est donc l’Enfant-Jésus ?

– Après la messe, monsieur le Curé l’y mettra. Alors tu le verras. Attends un peu et sois bien sage. »

Le pasteur, lui, n’avait pas tellement le cœur à la fête. C’était un noble prêtre, très consciencieux, mais parfois trop craintif. Il était tourmenté par des incertitudes sur la validité de son ordination, du fait qu’elle avait eu lieu dans cette période particulièrement difficile de l’Église qui était alors sous le pontificat d’un antipape. Et il priait Dieu de le délivrer de ses doutes. Il se confia à son évêque et alla jusqu’à le prier de l’ordonner une seconde fois s’il le fallait, pour en finir avec ses scrupules.

Alors la messe commença. Arrivé à la consécration, le prêtre prononça les paroles consécratoires avec une grande crainte respectueuse, et présenta la blanche hostie à l’adoration des fidèles.

Un grand silence régnait dans le lieu saint où tous étaient à genoux et adoraient dans la foi le Christ présent. Soudain on entendit une voix enfantine :

« Regarde, maman quel bel Enfant. Regarde donc ! »

Mais la brave paysanne ne vit rien d’autre que la sainte hostie. Effrayée de la perturbation, elle s’efforça de faire taire sa petite Inès : obéissante, la petite de cinq ans se retint d’exprimer sa joie, mais son regard émerveillé resta fixé sur l’Enfant qu’elle vit distinctement dans la main du prêtre et sur l’autel jusqu’à la communion. Quand le prêtre consomma l’hostie, l’Enfant disparut.

Les yeux noirs si vifs de l’enfant le cherchèrent en vain sur l’autel. Inès voulait toujours communiquer à sa mère ce qu’elle avait vu, mais celle-ci lui ordonna de se taire :

« Sois tranquille maintenant, car bientôt, après la messe, le prêtre déposera l’Enfant-Jésus dans la crèche, alors tu le verras ! »

En effet, le prêtre vint déposer une statue de l’Enfant-Jésus dans la crèche, pendant que les fidèles chantaient. Alors que petits et grands considéraient le bel Enfant-Jésus, Inès se tourna vers sa mère, toute bouleversée :

« Maman, mais ce n’est pas du tout l’Enfant-Jésus vivant que j’ai vu avant sur l’autel ! »

La paysanne secoua la tête : quelle surprenante imagination a donc cette nuit sa petite fille ? Auparavant elle était toujours sage à l’église.

« Prie, mon enfant, et sois enfin tranquille. »

Inès alors joignit à nouveau ses petites mains, car aussitôt commença la deuxième messe de Noël. Mais après les paroles de la consécration, le petit index droit d’Inès se pointa à nouveau en l’air :

« Maman, regarde ! Là-bas, le petit Enfant-Jésus est de nouveau sur l’autel dans les mains du prêtre.Jésus-kind Oh ! Comme il est beau ! Il remue et me sourit. Maman, ne le vois-tu donc pas ? »

De fait, la petite Inès vivait pour la deuxième fois le même miracle, jusqu’à ce que l’Enfant-Jésus disparût à nouveau à la communion du prêtre. À la troisième messe également, elle eut la même grâce. Quelques fidèles avaient eu l’attention attirée par les paroles d’Inès, et ils vinrent l’interroger après la messe. Remplie de joie, Inès leur détailla l’aspect de l’Enfant-Jésus et comment il avait regardé et béni les gens.

La nouvelle de ce merveilleux événement se répandit bientôt dans le village et dans tous les environs. Le prêtre lui-même l’apprit et fit appeler Inès. Elle répondit à toutes les questions avec une simplicité candide sans se laisser démonter ni embarrasser par les objections. À travers ses grands yeux innocents et ses simples réponses brillait la vérité irrécusable. Avec bonheur, le prêtre reconnut dans cette merveilleuse apparition pendant ses messes un signe plein de tendresse de la part de Dieu lui montrant ainsi la légitimité de son ordination et la validité de la consécration eucharistique. Pourtant il ne voulut pas être trop imprudent et crédule.

Dans sa grande perplexité, il médita en silence une épreuve pour Inès. Après quelques jours, alors que la petite, à son habitude, vint à nouveau pour assister à la messe, le prêtre prit trois grandes hosties et vint à l’autel. Il ne consacra cependant que deux hosties, ayant laissé dès le début la troisième de côté sans la consacrer. À la communion il consomma l’une des deux hosties consacrées, et plaça l’autre hostie devant lui, à côté de celle qui n’avait pas été consacrée. Puis il fit venir Inès sur les marches de l’autel et, lui montrant les deux hosties, il lui demanda :

« Vois-tu encore maintenant l’Enfant-Jésus ? »

Aussitôt l’enfant pointa son doigt sur l’Hostie consacrée et s’écria, rayonnante :

« Oh, oui ! Dans cette Hostie, je vois l’Enfant-Jésus, mais pas dans l’autre. Oh ! Comme c’est beau ! Comme c’est beau ! » Alors le prêtre ne put ni ne voulut douter encore. Ému, il remercia le Seigneur Jésus de l’avoir libéré de ses scrupules par un miracle évident. Inès entra plus tard dans un couvent pauvre, et vécut pieusement et saintement dans une stricte pénitence.

Coloriage-de-Noel.jpg

https://www.maintenantunehistoire.fr/un-soir-de-noel-moncada-en-espagne-1392/

 

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9 décembre 2023 6 09 /12 /décembre /2023 21:37

ou comment Jésus s'est fait poulet !

Pour fêter la Nativité, L'Observateur Paalga, quotidien burkinabé, publie un conte de l'abbé François-Xavier Damiba. Une assemblée des animaux se réunit pour désigner lequel d'entre eux peut incarner Dieu. 

jungle.jpgDessin de Kazanevsky, Ukraine.

Le Lion, le premier s’avança et dit : "Moi, le roi de la forêt, vous me donnerez sûrement raison lorsque j’aurai fini de parler. C’est simple, le grand message de Noël tourne autour de trois mots : 'Joseph ; lui ; aussi'. Lisez ce que dit l’évangéliste : 'Joseph lui aussi quitta .... [la ville de Nazareth, en Galilée, pour monter en Judée]. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte' (Lc 2 : 4-5). Ce que l’Ecriture veut nous enseigner, c’est que Joseph était un homme ordinaire qui menait des activités ordinaires mais dans la grande conscience qu’il était l’époux de Marie. 'Joseph lui aussi...' Qu’est-ce à dire sinon que la sainteté, pour le chrétien, consiste à faire comme tout le monde en se souvenant qu’il est quelqu’un d’autre ? C’est cela le message de Noël ! Jésus peut naître. Je serai son père et on m'appellera : 'Père Tout-Puissant !'

"L’assemblée garda le silence et la Girafe dit : "Je n’ai rien contre un Dieu carnivore, mais j’ai peur que le jour des Rameaux il ne trouve point de monture pour son entrée messianique à Jérusalem. Un lion sur un âne ! Chacun croira à une scène de prédation, tous s’en iront en débandade et il n’y aura ni hosanna, ni alléluia. Non, laissez le petit naître chez moi, laissez-le être Girafon et on l’appellera : 'Fils du Très-Haut !'

"Le Poisson, qui n’était pas de son avis, contesta : "Noël nous rappelle que Dieu est petit. Le peuple attendait un roi puissant, il naît un bébé sans défense. Dieu est petit et il s’apparente aux pauvres, aux faibles, aux étrangers, ses frères. Il n’a pas voulu prendre le visage d’un roi ravageur ou celui d’une arme de destruction massive, car il sait que la véritable victoire ne s’obtient pas par les armes, mais par la douceur."

"L’Escargot dit : "Ecoutez-moi bien, bonnes gens ! Le vrai message de Noël, le voici : Dieu seul sait ce qu’il faut à chacun. Ne le voyez-vous pas ? Le Seigneur seul sait ce qui est bon pour l’homme. Quand je parle des hommes, j’embrasse les animaux, bien sûr ! Il faut donc apprendre à accueillir le don de Dieu comme il vient. Tu espérais beaucoup d’enfants dans ton foyer et tu n’en as même pas un seul, accueille le don de Dieu et dis merci. C’est ce qu’il te faut, selon le dessein mystérieux de Dieu. Tu rêvais d’un mari doux et te voilà embarquée à jamais avec un buveur de 'lait de panthère' [qui désigne le pastis dans le langage codé des buveurs], accueille le don de Dieu et dis merci. C’est ce qu’il te faut, selon les voies insondables de Dieu. Ainsi, moi, l’Escargot, Dieu m’a doté en tout et pour tout d’une coquille et je m’en contente.

"Tu as raison, renchérit la Souris : "Dieu seul sait ce qu’il faut à chacun. A Adam et Eve, il savait qu’il fallait tout, sauf des pommes. Et ces malheureux ont eu tort de tenir coûte que coûte à manger ces fruits. Au lieu de manger les pommes, ils auraient dû manger le serpent qui, lui, n’était pas interdit. Ils l’ont compris, mais un peu tard.

"On se dépêcha de couper la parole à la Souris, car le Serpent, qui manque souvent d’humour, commençait à se sentir morveux. L’assemblée faillit néanmoins se laisser convaincre par le discours de L’Escargot et de son ami rongeur, mais quelques-uns pensèrent : "Si nous laissons Jésus être un escargot, il ne pourra jamais dire à ses disciples : 'Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père', puisqu’il vit dans une cellule monocoque !

"L’inconvénient parut majeur au grand nombre, et l’on passa au candidat suivant, qui n’était autre que le Charognard. Il déclara d’un air solennel : "Mon frère l’Escargot a dit quelque chose d’important. Il a parlé d’un Dieu qui donnait un enfant à son peuple au lieu de lui donner des guerriers. C’est dire qu’il a donné une partie de lui-même, qu’il s’est donné lui-même. Voilà donc le message de Noël : le don de Dieu, c’est Dieu lui-même. Cette compréhension originale de Noël ne mérite-t-elle pas que Jésus soit bien mon rejeton ?

"Le Ver de terre prit alors la parole et dit : "Il n’y avait pas de place pour lui dans la salle commune quand Dieu vint sur Terre. Alors, il alla loger dans une mangeoire. Noël nous rappelle que Dieu n’habite pas partout, Dieu habite là où on le laisse entrer. C’est dire qu’il faut prévoir une petite place pour Dieu en toute chose. L’homme du premier Noël avait le temps d’accueillir Dieu, mais il n’avait point de place.

L’homme d’aujourd’hui a de la place pour accueillir Dieu : des moquées, des églises, des temples, mais il n’a point de temps. Cette finale plutôt prétentieuse énerva beaucoup de majestés, qui se contentèrent de lui faire observer que sa proposition ne respectait ni l’esprit ni la lettre de l’Ecriture, puisque le Fils de l’homme doit porter des vêtements pour ne pas effrayer les femmes et les enfants. Bien plus, s’il est nu comme un ver, que vont se partager les soldats après sa mort ?

Le Ver voulait de nouveau argumenter quand sire Hyène leva la main et gronda : "Vous êtes tous des rêveurs ! Jusque-là, personne n’a parlé de nourriture. C’est important, la nourriture, dans la théologie de Noël ! C’est une grave erreur de votre part, mes frères, car Dieu est pain de vie et c’est cela le grand message de Noël. Ignorez-vous que Bethléem signifie 'maison de pain' ? Ah oui, manger ! C’est cela Noël : 'Je mange, je remange, je bismange, je trimange.' Du présent ! Le présent de l’indicatif, c’est mon temps préféré, du reste ! Je ne suis pas comme le Charognard qui aime le passé décomposé !

"A ces mots, la Tortue voulut lâcher un pétard pour approuver son associé, mais on la pria de se retenir pour ne pas indisposer les Anciens. Alors, la Chèvre, le Canard et la Pintade – les ennemis jurés de la Hyène – se dressèrent comme un seul homme et protestèrent : "Il ne convient pas que le fils de cet individu devienne Dieu, car il sera incapable de jeûner quarante jours et quarante nuits.

"Chacun trouva que l’objection était d’un poids christologique incontournable et l’on donna la parole à Sa Majesté le Cochon, qui commençait à trépigner d’impatience. Il lança sans hésiter : "Quelque chose d’important manque à votre théologie de Noël, vous ne soulignez pas que Dieu nous apparaît toujours déguisé ! Ne le voyez-vous pas ? Dieu nous arrive toujours par des voies inattendues, il nous apparaît toujours sous le visage du même et de l’autre : voilà la signification profonde de Noël ! Vous voyez bien que je mérite d’être le père du divin enfant ! L’assemblée ne répondit rien, mais, visiblement, personne ne voulait d’un Dieu Cochon.

L’Ecureuil, qui n’a pas froid aux yeux, osa le dire, après s’être assuré qu’il se trouvait à bonne distance de l’omnivore : "Je n’ai rien contre personne, mais je pense qu’il serait sage que nous évitions d’avoir un Dieu Cochon. Il ne pensera qu’à son ventre et ne multipliera le pain que pour sa famille.

"Beaucoup de candidats passèrent, mais l’on trouva toujours à redire : l’Hirondelle ? Elle ne fait pas le printemps. Or le Christ doit faire le printemps. Le Chien ? Ce sera un Dieu bagarreur. Il ne pourra jamais dire : "Heureux les artisans de paix... !" Sans oublier que sa famille prône l’union libre ! Le Crapaud ? C’est un type sans histoires, mais il n’a pas de langue : il ne pourra pas parler aux foules ! Le Grillon ? Il fait beaucoup de bruit. Dieu ne fait pas de bruit.

La nuit était bien avancée et l’on ne parvenait toujours pas à désigner l’animal dont le fils serait le Messie. On se mit alors d’accord : Jésus serait Agneau, fils du Mouton. Mais voilà, l’agneau était absent. Il était au marigot en train de laver les vêtements du Loup. Vous savez, chez les animaux, quand les types de 200 kilos manifestent leur désir, les types de 40 kilos les écoutent. C’est alors qu’on se rappela ces grandes paroles de l’Ecriture : "Jérusalem, Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes !" Quand le Porc-épic est en voyage, n’est-ce pas le Hérisson qui le remplace, comme le dit le proverbe ? On se saisit alors de la Poule, on l’emmaillota comme il faut, puis on la coucha dans la crèche et la fête commença. Chacun venait s’incliner devant la mangeoire et disait : "Bonjour Petit Jésus, bonjour notre nourriture !" Le Dindon faisait la roue pour amuser le petit, tandis que le Singe était aux barres parallèles. Les Crapauds entonnèrent un gloria à sept voix. La Tortue, elle, était enfin libre de lancer ses pétards. C’était vraiment Noël ! C’est depuis ce temps que les hommes mangent du poulet à Noël. [C'est la tradition au Burkina Faso.] C’est pour se rappeler le Noël des animaux ; c’est pour se souvenir que Dieu s’est fait bonne nourriture pour tous.

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8 décembre 2023 5 08 /12 /décembre /2023 21:31

Franck Lazeaux, qui a monté, dans son village natal, une petite entreprise de peinture et de décoration, s’est vu confier, par le Conseil Paroissial, la peinture des absidioles (petites chapelles) de l’église. Un jour, de bon matin - c’est le 19 décembre -, muni de son outillage habituel, il arrive sur son nouveau chantier. Il y est accueilli par le curé qui lui donne une poignée de main amicale :

« Sois le bienvenu dans la Maison de Dieu ! Je ne doute pas que tu emploies tout ton zèle à rénover ses murs ! Mais, il ne s’agit pas de traîner en longueur ! Il faut impérativement qu’une des deux chapelles soit fin prête d’ici trois jours, pour qu’on puisse y installer la crèche - l’autre devant être terminée avant la messe de minuit... »

« Vous pouvez compter sur moi ! » se contente-t-il de répondre. Et il se met promptement au travail...

Trois jours plus tard, alors qu’il termine son dernier pan de mur, le portail d’entrée du sanctuaire s’ouvre avec grand fracas : quatre dames apparaissent, les bras encombrés de feuillages et de brins de houx, de rouleaux de papier, de seaux débordants de mousse, de branches mortes et de cailloux, de sacs remplis de guirlandes multicolores, de punaises, épingles, bombes à neige, ciseaux et autres marteaux... bref : l’attirail complet du parfait constructeur de crèches ! Après l’avoir salué, ces dames envahissent les lieux, qu’il s’apprête à quitter pour se remettre à l’œuvre dans la deuxième chapelle. Il transporte son matériel pendant qu’elles s’affairent à rechercher, dans les nefs latérales ou dans la sacristie, tous les éléments susceptibles de constituer l’armature de l’ouvrage : petites tables, vieux prie-Dieu, chaises, bancs... Et il enduit ses murs, des heures durant, avec pour fond sonore un vacarme discordant de meubles trainés, de papier froissé, de pas alertes, de conseils échangés, de seaux déplacés, de coups de balai... Vers la fin de l’après-midi, le bâti est terminé : c’est le moment tant attendu de disposer santons et accessoires aux emplacements respectifs qui leur sont impartis, pour attendre la venue de l’Enfant-Jésus dans son berceau de paille fraîche...

Soudain, un cri strident s’élève jusqu’aux voûtes : la plus âgée de ces dames, handicapée par une vue défectueuse, a laissé tomber un personnage. Et pas n’importe quel personnage : la Vierge Marie. La fautive s’empresse de ramasser l’objet à grand renfort de soupirs et de lamentations. Une de ses amies minimise l’incident et la console affectueusement : « Ne vous tourmentez pas ! J’ai le sentiment que nous allons pouvoir peut-être arranger ça ! » Et lui désignant Franck du regard : nous avons un peintre ici : nul doute qu’il ne soit en mesure de nous tirer d’affaire... Notre amie, rassérénée par ces propos, s’élance à petits pas vers cet inconnu providentiel, susceptible de remédier aux effets de sa maladresse, et dont elle attire l’attention par de légers toussotements répétés ; puis elle l’interpelle d’une voix mal assurée qui traduit sa confusion : « Monsieur, je viens de casser le socle de la Sainte Vierge ; auriez-vous la bonté de le réparer ?

« Je ne puis vous refuser ce service » lui répond-il spontanément, visiblement touché de la voir si affligée. Et, recevant dans ses mains tendues, la petite statue en plâtre qu’elle lui présente, il l’examine attentivement pour évaluer les dégâts ; puis il la place en lieu sûr, près de ses affaires personnelles : « Ce n’est pas catastrophique : quelques fêlures et quelques ébréchures ! Je vais pouvoir les colmater... Quelques coups de pinceau et rien n’y paraîtra ! »

« Vous êtes bien aimable, Monsieur ; grâce à vous, Marie va avoir belle allure, agenouillée sur son socle tout neuf, pour accueillir son Fils ! »

La maladroite, après s’être confondue en excuses et en remerciements, va rejoindre ses compagnes qui l’attendent pour partir... C’est aussi pour Franck l’heure d’arrêter le travail. Il range machinalement seaux et pinceaux et, avant de sortir, jette un dernier regard sur la statue endommagée. En rentrant chez lui, il est absorbé par d’étranges pensées. La voix de la vieille dame résonne encore dans ses oreilles : Oui ! C’est bien grâce à lui si Marie sera toute belle pour accueillir l’Enfant-Jésus la nuit de la Nativité... Lui, un Lazeaux ! Se mettre à rafistoler des Sainte Vierge ! Il n’aurait jamais cru ça ! La religion et son cortège de dévotions, c’est pour lui une affaire de bonnes femmes ! D’ailleurs, dans sa famille, c’est pour leur être agréables que les hommes, de génération en génération, acceptent de se marier à l’Église, de faire baptiser leurs enfants et de leur laisser faire la Première Communion, la Profession de Foi, voire la Confirmation si elles y tiennent : autant d’occasions de réjouissances ! Et puis, il faut bien avoir ses papiers en règle ! Ça évite les complications ultérieures !...

Le lendemain, il arrive au travail plus tôt que de coutume, avec tout le nécessaire pour effectuer la restauration. Il prend la statue et, en quelques gestes habiles, il lui refaçonne un socle où l’œil le plus exercé ne saurait déceler la moindre éraflure. Il met le tout à sécher et commence à enduire ses murs d’une première couche. Chaque fois qu’il déplace sa grande échelle double, il ne peut s’empêcher de porter ses regards sur la Vierge en prière.

Se laisserait-il attendrir ? Certainement pas ! On ne cultive pas les états d’âme, chez les Lazeaux ! Et les problèmes métaphysiques ne les concernent pas !...

Voilà qu’arrive le 24 décembre. Il a achevé son travail en fin d’après-midi : reste à repeindre le socle. Après un ponçage minutieux, il l’enduit de son pinceau le plus fin, d’une peinture satinée apportée à cet usage. Enfin, il se donne un peu de recul pour vérifier si aucune retouche ne s’impose : tout est parfait !

À cet instant, quelle n’est pas sa stupéfaction de voir le visage de Marie se tourner vers lui pour lui sourire ! Il se frotte les yeux pour s’assurer qu’il n’est pas victime d’une hallucination. Non, il ne rêve pas : la Sainte Vierge lui adresse vraiment un sourire ineffable qui imprègne son âme de cette joie sereine qu’aucun bonheur terrestre ne saurait susciter. Il la prend délicatement dans ses mains et la porte à ses lèvres pour la couvrir de baisers, avec un profond respect mêlé de tendresse. Laissant librement épancher son cœur, il lui demande pardon pour tant d’années d’indifférence. Et des larmes perlent lentement sur ses joues ! Puis, il la place avec maintes précautions dans la crèche, sur un coussin de mousse verte, tout près de saint Joseph... Ce soir-là, quand il rentre chez lui, rien, dans son attitude, ne laisse deviner à sa femme que la Mère de Dieu fait homme lui a transpercé le cœur de son amour...

Comme chaque année, après une longue veillée autour de la cheminée,

Christine fait préparer ses enfants pour la messe de minuit.

Comme chaque année, elle ressent une profonde amertume à la pensée que son époux ne l’accompagnera pas.

Comme chaque année, elle pense en elle-même : « Si je parvenais à le persuader de nous suivre, il ne résisterait pas à l’appel du Rédempteur, en cette nuit de grâces où il revêtit la nature humaine... »

Comme chaque année, elle quitte la maison, seule avec ses enfants et gagne l’église noire de monde, en nourrissant dans le tréfonds de son âme, le secret espoir que sa conversion se réalisera à la Noël prochaine...

Comme chaque année, elle écoute avec un plaisir sans cesse renouvelé, ces chants débordants d’allégresse qui redonnent l’espérance aux malheureux les plus éplorés...

Soudain, elle sent une légère pression sur son épaule ; elle tourne discrètement la tête : c’est Franck qui, se faufilant dans sa rangée comble, s’installe à la place de son plus jeune fils et l’assied sur ses genoux.

Elle ne peut s’empêcher de lui murmurer, les yeux humides d’émotion : « Serait-ce un miracle qui l’amène ici ? »

« Un miracle, tu l’as dit ! »

Et, remettant à plus tard les explications, il lui désigne la crèche du regard : « C’est le sourire de Marie ! »

 

Françoise BOUCHARD

 

Cliquez sur la statue de la Vierge pour lire la version PDF

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5 décembre 2023 2 05 /12 /décembre /2023 14:20

Vie de saint Nicolas en DOCX et PDF

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4 décembre 2023 1 04 /12 /décembre /2023 18:30

Se réjouir, c'est beau - un poème de l'Avent et de Noël

Quand je me réjouis vraiment,
j'ai des frissons dans le ventre.
Et puis ça fourmille,
et puis ça frémit,
et je me sens tout chaud.
"Merci", dis-je doucement,
"de pouvoir me réjouir ainsi"...
pour lire la suite cliquez sur le petit ange.

 

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3 décembre 2023 7 03 /12 /décembre /2023 21:14

05711d60

Pendant les huit jours qu’elle passa dans l’étable de Bethléem, Marie n’eut pas trop à souffrir. Les bergers apportaient des fromages, des fruits, du pain, et du bois pour faire du feu. Leurs femmes et leurs filles s’occupaient de l’Enfant et donnaient à Marie les soins que réclament les nouvelles accouchées. Puis les rois mages laissèrent un amoncellement de tapis, d’étoffes pré­cieuses, de joyaux et de vases d’or.

Au bout de la semaine, quand elle put marcher, elle voulut retourner à Nazareth, dans sa maison. Quelques bergers lui proposèrent de l’accompagner, mais elle leur dit :

— Je ne veux pas que vous quittiez pour nous vos troupeaux et vos champs. Mon Fils nous conduira.

— Mais, dit Joseph, abandonnerons-nous ici les présents des Mages ?

— Oui, dit Marie, puisque nous ne pouvons pas les emporter.

— Mais il y en a pour beaucoup d’argent, dit Joseph.

— Tant mieux, dit Marie. 

Et elle distribua aux bergers les présents des rois.

— Mais, reprit Joseph, ne pourrions-nous en garder une petite partie ?

— Qu’en ferions-nous ? répondit Marie. Nous avons un meilleur trésor.

Il faisait chaud sur la route. Marie tenait l’Enfant dans ses bras, Joseph portail un panier rempli d’un peu de linge et de modestes provisions. Vers midi, ils s’arrêtèrent, très fatiAnge de noëlgués, à l’orée d’un bois.

Aussitôt, de derrière les arbres, sortirent de petits anges. C’étaient de jeunes enfants, roses et joufflus ; ils avaient sur le dos des ailerons qui leur permettaient de voleter quand ils voulaient, et qui, le reste du temps, rendaient leur marche facile et légère. Ils étaient adroits et plus vigou­reux que ne le faisaient supposer leur âge tendre et leur petite taille.

Ils offrirent aux voyageurs une cruche d’eau fraîche et des fruits qu’ils avaient cueillis on ne sait où.

Quand la sainte famille se remit en chemin, les anges la suivirent. Ils débarrassèrent Joseph de son panier et Joseph les laissa faire. Mais Marie ne voulut pas leur confier l’Enfant.

Le soir venu, les anges disposèrent des lits de mousse sous un grand sycomore, et toute la nuit ils veillèrent sur le sommeil de Jésus.

Marie rentra donc dans son logis de Nazareth. C’était, dans une ruelle populeuse, une maison blanche à toit plat, avec une petite terrasse couverte où Joseph avait son établi.

Afficher l'image d'origineLes anges ne les avaient point quittés et continuaient de se rendre utiles en mille façons. Quand l’Enfant criait, l’un d’eux le berçait doucement ; d’autres lui faisaient de la musique sur de petites harpes ; ou bien, quand il le fallait, ils lui changeaient ses langes en un tour de main. Le matin, Marie, en se réveillant, trouvait sa chambre balayée. Après, chaque repas, ils enlevaient rapidement les plats et les écuelles, couraient les laver à la fontaine voisine et les reposaient dans le bahut. Lorsque la Vierge allait au lavoir, ils s’emparaient du paquet de linge, se le dis­tribuaient, tapaient joyeusement sur les toiles mouillées, les faisaient sécher sur des pierres et les reportaient à la maison. Et si Marie, en filant sa quenouille, s’assoupissait par la grosse chaleur, sans la réveiller ils finissaient son ouvrage. Ils n’avaient guère moins d’attention pour Joseph. Ils lui présentaient ses outils, les rangeaient après le travail, enlevaient les copeaux et les vrillons, et tenaient l’atelier dans un état de propreté irréprochable.

Mais, trop servie par les anges et n’ayant presque plus rien à faire, Marie s’ennuya. Parce qu’elle s’ennuyait, elle pria davantage ; et, tout en priant, elle réfléchissait… Un matin, en se levant, elle vit les anges occupés à nettoyer la chambre. Elle leur arracha le balai et fit mine de les chasser. Ils déguerpirent. Mais, à midi, après le dîner, comme ils voulaient desservir la table, elle donna sur les petits doigts de l’un d’eux une chiquenaude, qui mit la troupe en fuite. Ils revinrent peu après. Au moment qu’elle s’apprêtait à filer, un ange essaya de s’emparer de son fuseau. Elle brandit le fuseau comme une arme et poursuivit l’intrus jusque dans l’atelier de Joseph. Au bout d’une heure, tandis qu’elle cousait, assise près de l’Enfant, elle avisa deux anges qui, s’étant glissés sous le berceau, le balançaient sournoisement. Elle se leva, les mit dehors et referma si vivement la porte qu’un des anges se trouva pris par le bout de l’aile. Il poussa un petit cri. Marie le délivra, mais elle lui dit :

— Tant pis pour toi. Cela t’apprendra à te mêler de ce qui ne te regarde pas. Préviens tes cama­rades, et que je ne vous revoie plus !

— Mais, dit Joseph, pourquoi chasses-tu ces petits bonshommes ? Ils nous rendent pourtant de grands services.

— C’est justement pour cela, répondit Marie.

— Je ne comprends pas, reprit Joseph. Puisque ton Fils est le Messie, il est tout simple qu’il soit servi par les anges et que sa mère en profite.

— Oh ! dit Marie, voilà des propos sans délicatesse. Ne sais-tu pas que le Messie est venu au monde pour souffrir avec les hommes et, d’abord, pour endurer tous les maux naturels aux petits enfants ? Et certes, ces souffrances, je dois les adoucir autant qu’il est en moi, puisque je suis sa mère. Mais je ne veux pas que d’autres que moi se chargent de cette besogne. Est-ce que les autres mères ne soignent pas elles-mêmes leurs petits ? Quelle lâche créature serais-je, si je renonçais à ma part de labeurs maternels ? D’ailleurs, j’en suis sûre, mon petit enfant aime mieux être soigné par moi que par ces marmots ailés. Et je sais que je m’associerai davantage à sa volonté rédemptrice en peinant comme les autres femmes et en acceptant toute la condition humaine. Oui, je veux toute seule emmailloter mon fils, toute seule le bercer et l’endormir, et toute seule aussi faire mon ménage, toute seule filer ma quenouille et aller toute seule au lavoir… Et, comme ces petits travaux me sont presque tous une joie, je n’y ai sans doute pas grand mérite : mais pourtant je serais coupable si je supportais que des anges les fissent à ma place… Comprends-tu ?

— Je crois que oui, ma chère fille… Mais alors il va falloir que je renonce, moi aussi, aux petits services que les anges me rendaient ?

— Évidemment, mon ami.

— J’avais cependant cru que, d’être l’époux de la mère du Messie, cela me donnait droit à quelques petits avantages. Mais tu dois avoir raison : car tu es plus intelligente et plus savante que moi, bien que tu n’aies que quinze ans, et que j’aie passé la soixantaine.

Or, la nuit suivante, comme l’Enfant Jésus criait et ne voulait pas s’endormir, tout à coup on entendit dans la rue une mélodie légère et d’une extrême douceur.

Marie ouvrit la porte et aperçut, au clair de lune, rangés contre le mur de la maison, les anges qui faisaient de la musique avec leurs petites harpes.

— Encore vous ? leur dit-elle. Et si mon Fils ne veut pas dormir ? Et s’il Lui plaît de crier et de souffrir de ses dents ?… Et puis, ne suis-je pas là, moi, sa mère ?… Allez-vous-en, ou je me fâche !

Gif animé d'un petit ange qui distribue une pluie d'étoilesGif animé d'un petit ange qui distribue une pluie d'étoilesGif animé d'un petit ange qui distribue une pluie d'étoiles

Le lendemain, ils ne reparurent pas de toute la journée. Mais, le matin d’après, Marie les vit tous dans la cour, groupés sous le figuier, timides, honteux, et qui pleuraient en silence.

— Mes petits anges, leur dit-elle, je vous parais sévère parce que vous êtes trop petits pour comprendre. Mais écoutez ! La vieille Séphora, qui demeure en face, est paralytique. Un peu plus loin, c’est la bonne Rachel, qui a douze enfants, et qui a bien du mal à les élever. Et vous trouverez à Nazareth beaucoup d’autres pauvres femmes. Eh bien, c’est elles qu’il faut aider à faire leur ménage, à laver leur linge, à soigner leurs enfants… Puisque vous voulez plaire à mon Fils, c’est par là que vous y réussirez le mieux. Et, voyant leurs petits nez plissés par le chagrin, elle ajouta :

— Quand il sera plus grand, je vous permettrai peut-être de jouer avec lui… Mais faites d’abord ce que je viens de vous dire.

Et, cette année-là, toutes les pauvres femmes et les malades de Nazareth furent aidés et tous les petits enfants bercés par des serviteurs invisibles (car, seuls, Marie et Joseph voyaient les anges) ; et les nourrissons ne crièrent plus, à l’exception de l’enfant Jésus qui voulait souffrir pour eux.

Jules Lemaître

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2 décembre 2023 6 02 /12 /décembre /2023 17:13

L'enfant de Marie

Près de l'entrée d'une grande forêt vivait un bûcheron avec sa femme et son seul enfant, qui était une jeune fille âgée de trois ans. Mais ils étaient si pauvres qu'ils ne savaient que lui donner à manger, car ils n'avaient que leur pain de chaque jour. Un matin le bûcheron s'en alla tout soucieux travailler dans la forêt, et, comme il fendait du bois, une grande et belle femme se présenta tout à coup devant lui : elle portait sur la tête une couronne d'étoiles brillantes, et, lui adressant la parole, elle lui dit ; « Je suis la Vierge Marie, mère du petit enfant Jésus ; tu es pauvre et misérable, amène-moi ton enfant ; je l'emporterai avec moi, je serai sa mère et j'en prendrai soin ».

Le bûcheron obéit : il alla chercher son enfant et le remit à la Vierge Marie, qui l'emporta là-haut dans le ciel. Là l'enfant se trouvait très heureuse ; elle mangeait du biscuit, buvait d'excellente crème ; ses vêtements étaient d'or, et les anges jouaient avec elle.

Quand elle eut atteint quatorze ans, la Vierge Marie l'appela un jour et lui dit : « Ma chère enfant, j'ai un grand voyage à faire ; je te confie ces clefs des treize portes du paradis. Tu peux en ouvrir douze et voir les merveilles qu'elles renferment ; mais la treizième porte qu'ouvre cette petite clef que voici, celle-là t'est défendue ; garde-toi bien de l'ouvrir, car il t'arriverait malheur ». La jeune fille promit d'obéir, et, quand la Vierge Marie fut partie, elle commença à visiter les appartements du ciel ; chaque jour elle en ouvrait un jusqu'à ce qu'elle eût achevé de voir les douze. Dans chacun se trouvait un apôtre entouré de tant de lumière que de sa vie elle n'avait vu un pareil éclat ni une telle magnificence. Elle s'en réjouit, et les bons anges qui l'accompagnaient toujours s'en réjouissaient avec elle. Maintenant restait encore la porte défendue ; elle se sentit une grande envie de savoir ce qui était caché là derrière, et elle dit aux bons anges : « Je ne veux pas l'ouvrir tout entière, mais je voudrais l'entrebâiller un peu, pour que nous puissions voir à travers l'ouverture ».

« Oh ! Non ! Dirent les bons anges, ce serait un péché : la Vierge Marie l'a défendu, et il pourrait, bien t'en arriver malheur ».

La jeune fille ne dit rien, mais le désir et la curiosité continuèrent à parler dans son cœur et à la tourmenter sans lui laisser de repos. Quand les bons anges furent enfin partis, elle pensa en elle-même : « Maintenant je suis toute seule ; qui me verra ? » Et elle alla prendre la clef. Quand elle l'eut prise, elle la mit dans le trou de la serrure, et, quand elle l'y eut placée, elle tourna. La porte s'ouvrit et elle vit au milieu du feu et de la lumière la Trinité assise ; elle toucha légèrement la lumière du bout de son doigt, et son doigt devint couleur d'or. Alors elle eut peur, elle ferma bien vite la porte et se sauva. Mais elle continua d'avoir peur, quoi qu'elle fit, et son cœur, battait toujours sans vouloir se calmer, et la couleur de l'or restait sur son doigt et ne s'effaçait pas, quelque soin qu'elle prît de le laver. Au bout de peu de jours la Vierge Marie revint de son voyage, appela la jeune fille et lui demanda les clefs du paradis. Pendant qu'elle présentait le trousseau, la Vierge la regarda et lui dit : « N'as-tu pas aussi ouvert la treizième porte ? »

« Non, » répondit-elle.

La Vierge porta la main à son cœur ; elle sentit qu'il battait et battait très fort, et s'aperçut bien qu'elle avait violé son commandement et ouvert la porte défendue. Elle lui dit encore : « En vérité, ne l'as-tu pas fait ? »

« Non, » dit une seconde fois la jeune fille. La Vierge regarda le doigt qui s'était doré en touchant la lumière du ciel, et ne douta plus que l'enfant ne fût coupable, et lui dit une troisième fois : « Ne l'as-tu pas fait ? »

« Non, » dit la jeune fille une troisième fois. La Vierge Marie dit alors : « Tu ne m'as pas obéi et tu as menti ; tu ne mérites plus de rester dans le ciel. »

La jeune fille tomba dans un profond sommeil, et, quand elle se réveilla, elle était couchée sur le sol, au milieu d'un endroit désert. Elle voulut appeler, mais elle ne pouvait faire entendre aucun son ; elle se leva et voulut se sauver, mais, de quelque côté qu'elle se tournât, elle était arrêtée par un épais taillis qu'elle ne pouvait franchir. Dans le cercle où elle était ainsi enfermée se trouvait un vieil arbre dont le tronc creux lui servit d'habitation. La nuit elle y dormait, et, quand il faisait de la pluie ou de l'orage, elle y trouvait un abri. Des racines, des baies sauvages étaient sa seule nourriture, et elle en cherchait aussi loin qu'elle pouvait aller.

Pendant l'automne, elle ramassait les feuilles de l'arbre, les portait dans le creux, et quand la neige et le froid arrivaient, elle venait s'y cacher. Ses vêtements s'usèrent à la fin et se détachèrent par lambeaux ; il fallut encore qu'elle s'enveloppât dans les feuilles. Puis, dès que le soleil reprenait sa chaleur, elle sortait, se plaçait au pied de l'arbre, et ses longs cheveux la couvraient de tous côtés comme un manteau. Elle demeura longtemps dans cet état, éprouvant toutes les misères et toutes les souffrances du monde.

Un jour de printemps, le roi du pays chassait dans la forêt et poursuivait une pièce de gibier. L'animal s'étant réfugié dans le taillis qui entourait le vieil arbre creux, le prince descendit de cheval, sépara les branches du fourré et s'y ouvrit un chemin avec son épée. Quand il eut réussi à le franchir, il vit assise sous l'arbre une jeune fille merveilleusement belle, que ses cheveux d'or couvraient tout entière jusqu'à la pointe des pieds. Il la regarda avec étonnement et lui dit : « Comment es-tu venue dans ce désert ? » Elle resta muette, car il lui était impossible d'ouvrir la bouche. Le roi lui dit encore : « Veux-tu venir avec moi dans mon palais ? »

Elle fit seulement un petit signe de la tête. Le roi la prit dans ses bras, la porta sur son cheval et l'emmena dans sa demeure, où il lui fit prendre des vêtements et lui donna tout en abondance. Quoiqu'elle ne pût parler, elle était si belle et si gracieuse qu'il se prit pour elle d'une grande passion et l'épousa.

Une année à peu près s'était écoulée quand la reine mit au monde un fils. La nuit, comme elle était couchée seule dans son lit, la Vierge Marie lui apparut et lui parla ainsi : « Si tu veux enfin dire la vérité et avouer que tu as ouvert la porte défendue, je t'ouvrirai la bouche et te rendrai la parole ; mais si tu t'obstines dans le péché et persistes à mentir, j'emporterai avec moi ton enfant nouveau-né ». Alors il fut permis à la reine de répondre, mais elle dit : « Non, je n'ai pas ouvert la porte défendue ». Et la Vierge Marie enleva de ses bras son enfant nouveau-né et disparut avec lui. Le lendemain matin, quand on ne trouva plus l'enfant, un bruit se répandit parmi les gens du palais que la reine était une ogresse et qu'elle l'avait tué. Elle entendait tout et ne pouvait rien répondre ; mais le roi l'aimait trop tendrement pour croire ce qui se disait.

Au bout d'un an la reine eut encore un fils ; la Vierge Marie se présenta de nouveau la nuit devant elle et lui dit : «  Si tu veux enfin avouer que tu as ouvert la porte défendue, je te rendrai ton enfant et je te délierai la langue ; mais si tu t'obstines dans ton péché et continues à mentir, j'emporterai encore ton nouveau-né ».

La reine dit comme la première fois : « Non, je n'ai pas ouvert la porte défendue ». Et la Vierge lui prit dans ses bras son enfant et l'enleva dans le ciel. Le matin, quand les gens apprirent que l'enfant avait encore disparu, ils dirent tout haut que la reine l'avait mangé, et les conseillers du roi demandèrent qu'on lui fit son procès. Mais le roi l'aimait si tendrement qu'il n'en voulut rien croire et qu'il ordonna à ses conseillers de ne plus reparler de cela sous peine de la vie.

La troisième année, la reine donna le jour à une belle petite fille, et la Vierge Marie lui apparut encore pendant la nuit et lui dit : « Suis-moi ». Elle la prit par la main, la conduisit dans le ciel et lui montra ses deux premiers-nés qui lui souriaient et jouaient avec le globe du monde. Et comme la mère se réjouissait de les voir, la Vierge Marie lui dit : « Si tu veux avouer maintenant que tu as ouvert la porte défendue, je te rendrai tes deux beaux petits garçons ».

La reine répondit pour la troisième fois : « Non, je n'ai pas ouvert la porte défendue ». La Vierge la laissa retomber sur la terre et lui prit son troisième enfant. Le lendemain matin, quand on ne le trouva plus, chacun dit tout haut : « La reine est une ogresse ; il faut qu'elle soit condamnée à mort ». Et le roi ne put cette fois repousser l'avis de ses conseillers. Elle fut appelée devant un tribunal, et comme elle ne pouvait ni répondre ni se défendre, elle fut condamnée à périr sur le bûcher. Le bois était amassé, elle était attachée au poteau, et la flamme commençait à s'élever autour d'elle, lorsque son cœur fut touché de repentir : « Si je pouvais avant de mourir, pensa-t-elle, avouer que j'ai ouvert la porte ! » Et elle cria : « Oui, Marie, je suis coupable ! » Comme cette pensée lui venait au cœur, la pluie commença à tomber du ciel et éteignit le feu du bûcher : une lumière se répandit autour d'elle, et la Vierge Marie descendit, ayant à ses côtés les deux fils premiers nés et portant dans ses bras la petite fille venue la dernière. Elle dit à la reine d'un ton plein de bonté : « Il est pardonné à celui qui avoue son péché et s'en repent ». Elle lui présenta les enfants, lui délia la langue et lui donna du bonheur pour toute sa vie.

Conte des Frères Grimm

Cliquez sur l'image ci-dessus pour ouvrir le conte en PDF

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28 novembre 2023 2 28 /11 /novembre /2023 21:12

Lorsque les bergers s'en furent allés et que la quiétude fut revenue, l'enfant de la crèche leva sa tête et regarda vers la porte entrebâillée. Un jeune garçon timide se tenait là… tremblant et apeuré.

- Approche, lui dit Jésus. Pourquoi as-tu si peur ?

- Je n'ose… je n'ai rien à te donner, répondit le garçon.

- J'aimerais tant que tu me fasses un cadeau, dit le nouveau-né.

Le petit étranger rougit de honte.

- Je n'ai vraiment rien… rien ne m'appartient ; si j'avais quelque chose, je te l'offrirais… regarde.

Et en fouillant dans les poches de son pantalon rapiécé, il retira une vieille lame de couteau rouillée qu'il avait trouvée.

- C'est tout ce que j'ai, si tu la veux, je te la donne.

- Non, rétorqua Jésus, garde-la. Je voudrais tout autre chose de toi. J'aimerais que tu me fasses trois cadeaux.

- Je veux bien, dit l'enfant, mais que puis-je pour toi ?

- Offre-moi le dernier de tes dessins.

Le garçon, tout embarrassé, rougit. Il s'approcha de la crèche et, pour empêcher Marie et Joseph de l'entendre, il chuchota dans l'oreille de l'enfant Jésus :

- Je ne peux pas… mon dessin est trop moche… personne ne veut le regarder !

- Justement, dit l'enfant dans la crèche, c'est pour cela que je le veux… Tu dois toujours m'offrir ce que les autres rejettent et ce qui ne leur plaît pas en toi.

Ensuite, poursuivit le nouveau-né, je voudrais que tu me donnes ton assiette.

- Mais je l'ai cassée ce matin ! Bégaya le garçon.

- C'est pour cela que je la veux… Tu dois toujours m'offrir ce qui est brisé dans ta vie, je veux le recoller…

Et maintenant, insista Jésus, répète-moi la réponse que tu as donnée à tes parents quand ils t'ont demandé comment tu avais cassé ton assiette… Le visage du garçon s'assombrit, il baissa la tête honteusement et, tristement, il murmura :

- Je leur ai menti… J'ai dit que l'assiette m'avait glissé des mains par inadvertance ; mais ce n'était pas vrai… J'étais en colère et j'ai poussé furieusement mon assiette de la table, elle est tombée sur le carrelage et elle s'est brisée !

- C'est ce que je voulais t'entendre dire ! dit Jésus. Donne-moi toujours ce qu'il y a de méchant dans ta vie, tes mensonges, tes calomnies, tes lâchetés et tes cruautés. Je veux t'en décharger… Tu n'en as pas besoin… Je veux te rendre heureux et sache que je te pardonnerai toujours tes fautes. Et en l'embrassant pour le remercier de ces trois cadeaux, Jésus ajouta : - Maintenant que tu connais le chemin, j'aimerais tant que tu viennes me voir tous les jours…

Source : "L'Ensoleillé", Alpes 74, Noël 1999

Vous trouverez le conte illustré en PDF en cliquant sur l'image.

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25 novembre 2023 6 25 /11 /novembre /2023 21:25

L'année dernière, une catastrophe a failli se produire avant Noël. Lorsque le Père Noël s'est réveillé un matin, il s'est senti terriblement misérable et faible. Il avait des pustules rouges partout et était terriblement fatigué. La mère Noël s'inquiéta. Il ne fallait tout de même pas annuler Noël parce que le Père Noël était malade ! "Je vais devoir m'en occuper toute seule cette fois-ci", pensa-t-elle. Elle voulait d'abord donner à manger aux rennes. Mais les rennes aussi avaient été touchés. Ils gisaient dans l'étable, malades et fatigués, couverts de pustules rouges. La Mère Noël était maintenant complètement seule.

Elle soupira, enfila son manteau d'hiver bien chaud et sortit avec ses oiseaux. Ensemble, ils ramassèrent toutes les lettres et les listes de souhaits qui avaient glissé avec la neige pendant la nuit. La mère Noël a lu chaque lettre tranquillement. Puis elle retroussa ses manches et se rendit à l'atelier. Il y avait encore tant de choses à faire. De nombreux jouets n'étaient pas encore construits. Bien qu'ils y aient travaillé toute l'année. Mais il restait encore un gros problème à résoudre : Comment allait-elle pouvoir apporter tous les cadeaux aux enfants sans les rennes ? La mère Noël a alors eu une idée géniale. Il ne restait plus qu'à tout ranger dans les paniers.

Le lendemain matin, la Mère Noël s'est habillée et a mis son bonnet rouge. Puis elle donna un baiser d'adieu au Père Noël ... et c'est parti. Avec sa machine volante, elle s'est envolée dans les airs.

L'oie et le coq les accompagnaient et tiraient aussi un peu. Elle a atterri sur tous les toits et est passée par de nombreuses cheminées jusqu'à ce que tous les cadeaux aient été distribués. Puis elle s'envola chez elle.

Le Père Noël et les rennes les attendaient déjà. Heureusement, ils étaient de nouveau en bonne santé ! Ils brillaient avec des bougies et des lanternes.

Après tout ce travail, la Mère Noël était très fatiguée. Le Père Noël aida la Mère Noël à enlever son lourd manteau et lui fit couler un bon bain moussant.

En guise de surprise, le Père Noël avait tout joliment décoré et finement cuisiné. Il y avait aussi des cadeaux pour tout le monde !

Joyeux Noël à tous !

Ursula Bänninger 23.12.2015

Source : https://www.leseanimation.ch/2015/12/22/morgen-kommt-die-weihnachtsfrau/

Vous trouverez l'histoire en PDF en cliquant sur la Mère Noël

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25 novembre 2023 6 25 /11 /novembre /2023 18:44

Conte écrit par une classe de CM2.

Aujourd’hui, c’est la veille de Noël… Tous les enfants du monde attendent leurs cadeaux avec une grande impatience. Mais chez le Père Noël, c’est la panique ! Depuis plusieurs jours, il est malade, cloué au lit ! Alors, il décide que la Mère Noël fera la tournée. Malheureusement, elle n'a pas trouvé le traîneau.

Les lutins doivent en construire un, mais ils n'ont pas le matériel nécessaire et la nuit va tomber. Il est presque 18 heures, ce 24 décembre. L'heure de la tournée approche. Quand la Mère Noël va au magasin acheter le matériel, elle se tord la cheville. Elle appelle un employé, mais personne ne vient. Soudain, une femme aux yeux noirs apparaît et lui dit :

« Avez-vous besoin de moi ? – Euh ! Non, merci ». L'inconnue insiste : « - Venez chez moi ! C'est juste à côté.

- Bon, d'accord, répond la Mère Noël ». Pendant que l'inconnue l'aide à se rendre chez elle, la Mère Noël se demande pourquoi elle tient tant à ce qu'elles aillent dans sa maison. Arrivée chez l'inconnue, la Mère Noël n'en croit pas ses yeux : le traîneau qu'elle a cherché partout, est là, devant ses yeux...

L'inconnue voyant la Mère Noël très surprise lui explique qu'elle est une ancienne fée et que les lutins l'ont prévenue de la maladie du Père Noël. Elle voulait donc aider en préparant le traîneau. La fée laisse un instant la mère Noël, le temps de monter dans son grenier. On entend un raffut incroyable.

Elle redescend avec une paire de béquilles. « Avec ces béquilles et mes pouvoirs magiques, vous n’aurez aucun mal à descendre les cheminées ». La mère Noël est si contente de retrouver son traîneau qu’elle lui dit : « Demandez ce que vous désirez et vous l’aurez. - Je voudrais redevenir la fée du Père Noël. Autrefois, j’étais sa meilleure fée. Je l’aidais tous les ans à préparer le traîneau, à fabriquer les cadeaux, puis à les distribuer. Mais un beau jour, le Père Noël n’a plus voulu de moi. Donc, je suis partie en pleurant et en me demandant pourquoi il m'avait virée. - D'accord, d'accord, j'ai compris. Vite ! C'est l'heure de partir faire la distribution des cadeaux. Je vais aller mettre tous les cadeaux dans le traîneau. Venez avec moi ! » Arrivées à la première maison, elles descendent le long de la cheminée. Mais les gens ont oublié leur chien dans la maison ! La mère Noël, qui ne le voit pas, atterrit en lui donnant un grand coup de pied. Le chien se met à aboyer. La Mère-Noël ne sait plus quoi faire.

Alors, elle remonte dans la cheminée. Mais elle tombe une 2ème fois. Elle se fait mal à une jambe. Le chien continue à aboyer. Les gens se réveillent, ils voient la Mère Noël mais croyant rêver vont se recoucher. Le chien aboie toujours. La fée qui a entendu les aboiements apparaît avec une muselière pour endormir le chien. La Mère Noël demande à la fée de livrer les cadeaux et de faire la tournée à sa place. En échange elle redeviendra la fée du Père Noël.

La fée accepte et dit à la Mère Noël : « Venez dans le traîneau, je vais vous raccompagner ». Elle dépose la Mère Noël et part faire la tournée. En quelques heures, toutes les maisons sont remplies de cadeaux. Pendant ce temps, la Mère Noël parle avec le Père Noël et lui dit : « Votre ancienne fée veut redevenir votre fée ». Le Père Noël accepte. Lorsque la fée revient, après avoir distribué les cadeaux, elle soigne le Père Noël en un clin d'œil ! Tous sont contents et le Père Noël s'exclame : « J'espère que je ne serai plus jamais malade pour Noël ! »

FIN

Source : http://www.contes.biz/

 

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24 novembre 2023 5 24 /11 /novembre /2023 22:41

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Voilà : je suis un petit grain de sable. Je suis vieux, très vieux. Cependant, sur ma foi, j’ai conservé tous mes esprits. Je vivais il y a deux mille ans. Depuis ce temps, avec Messire Vent, j’ai voyagé par toute la terre. J’en ai vu des choses ! J’ai même assisté à la naissance de la neige. Quelle impression ! C’est une histoire féerique. Vous voulez que je raconte ? D’accord !

Disons que nous sommes au début de l’ère. Il y a ce soir un « je ne sais quoi » de mystérieux sur la campagne de Bethléem. Abandonnant la tradition, les maisonnettes ont tôt fait de baisser les paupières. Un doux zéphyr court allègrement, insufflant au mystère fraîcheur et renouveau. Les étoiles se regardent, clignent des yeux et, discrètement, se cachent dans un pli de ciel pour réapparaître soudain, si lumineuses qu’elles diamantent la lune maquillée d’opale et revêtue de soie irisée comme au jour de fête.

Les rameaux, tout bas, très bas, jasent d’espérance. Ils se laissent mollement bercer par la brise zéphyrienne. À leur pied, le ruisseau, discret, presqu’endormi, fredonne son chant d’amour. Ce léger murmure est un sourire à l’astre des nuits. Mystérieux, il semble écouter le silence et boire la paix sereine du soir.

Tout à coup, au coin d’une route, un petit âne avance lentement, je dirais même pieusement. Sur son dos, une jolie dame drapée d’un long manteau d’aurore, se laisse emporter dans la campagne endormie. Elle est si belle, si radieuse, qu’on croirait d’un ange. Un homme barbu chemine aux côtés de la belle « aventurière » – car pour une dame, cela devient une aventure que de voyager en pleine nuit. Très souvent, ils se regardent, ils se sourient. Ils sont heureux, heureux dans leur pauvreté. Dans les yeux de la dame en bleu brille le rayon d’une joie profonde. Pourquoi cet immense bonheur ?

Le vent, en grand effronté qu’il est, s’accorde la liberté d’une indiscrétion et soulève le manteau d’azur de la dame. Quelle idée ! Et quelle chance ! Je vis alors que le bonheur était dans une maternité toute proche, l’ange allait être maman !

Mais le bonheur ce n’est pas étrange... Ce n’est pas étrange comme cette étoile qui court follement au plafond des astres, qui danse magiquement, inlassablement. Et, mystère plus impénétrable encore, elle semble guider les deux voyageurs.

Je vais en avoir la surface polie ou je ne m’appelle pas grain de sable. Les hommes diraient : « Je vais en avoir le cœur net », mais comme tous les grains de sable, je n’ai pas de cœur. J’ai décidé de suivre la dame.

C’est ainsi que je connais Joseph et Marie, que j’entends leur conversation. Ils parlent de la naissance d’un roi. Je n’en crois pas ma grosseur : je voyage avec des souverains ! Mais si pauvres...

Marie est fatiguée ; elle grelotte de froid mais jamais ne se plaint. Son sourire tromperait Dieu lui-même... si Dieu pouvait être trompé.

L’étoile mystérieuse s’arrête soudain. De l’agitation féerique, elle passe au calme divin. Marie et Joseph s’arrêtent aussi. Joseph scrute l’horizon et désigne à son épouse une petite étable. Obéissante, elle accepte ce refuge. Joseph entre avec Marie. Époux fidèle et vigilant, il est son réconfort et sa protection.

Et le Roi est né. Jamais un roi, fut-ce le plus riche ici-bas, n’a eu une naissance aussi humble et, à la fois, tout aussi grandiose.

Des voix inconnues à la terre modulent des refrains d’une suavité exquise. De loin, très loin, retentit, vibrant et riche, un mélodieux « Gloria in excelsis ».

Joseph, fatigué, dort près de Marie, qui, émue, contemple son enfant tout rose, tout humain dans ses langes blancs. Dans son léger sommeil, il envoie un sourire à sa maman. Sur la joue empourprée de la Vierge glisse une larme émue. Un ange saisit du bout de l’aile cette petite larme et s’envole dans l’immense plaine céleste. Oh ! Merveille ! Chaque coup d’aile angélique divise la « goutte cristalline » en des milliers de légers flocons blancs qui tournoient, valsent au rythme des cantiques et, dans un interlude, se posent sur la terre.

Le toit des chaumières et des palais, les clôtures, les rues et les plaines se sont habillés d’ouate blanche et moelleuse. Les sapins courbent la tête sous le poids du léger « fardeau blanc ». Le Christ est né ! Et la neige, dans toute sa splendeur, vient vêtir le royaume terrestre d’une cape de velours soyeux. La coupole céleste s’est teintée d’un bleu saphir ; la lune jette ses rayons froids sur le cristal neigeux et les étoiles glissent vertigineusement dans l’atmosphère pour venir parer la demeure de l’Enfant-Roi.

Jamais la terre n’a connu d’aussi riches splendeurs. Ce fut la naissance du Sauveur et aussi... celle de la neige.

Le premier Noël amena la première des premières neiges.

L’ange divin avait saisi une larme de la jolie maman et son innocence. Il se pencha sur l’Enfant pour recueillir sa pureté et sur Joseph pour adopter sa joie. Et... il partit. De l’espérance dont causaient les rameaux il enleva une pointe. Pour ajouter plus de charme à son œuvre, il y mêla une note berceuse de la cantilène du ruisseau, l’éclat scintillant des étoiles et la splendeur du ciel. Avec la permission du Père Eternel, il créa les « Légers Flocons de Neige ».

Et c’est depuis ce jour que, chaque année, chaque pays où la température est propice se revêt d’une robe immaculée. C’est depuis ce jour que tous les petits et les grands s’émerveillent devant la première neige. C’est aussi depuis ce jour que la neige tient si large place dans la féerie de Noël.

La neige, pour les riches comme pour les pauvres, est, et restera toujours un merveilleux présent de Noël !

Isabelle PIERRE, décembre 1960.

Paru dans Crescendo, Union canadienne des jeunes écrivains, Éditions Nocturne, 1963

Vous trouverez l'histoire en PDF en cliquant sur l'ange.

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