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23 avril 2022 6 23 /04 /avril /2022 08:42

En cliquant sur l’image ci-dessous, vous trouverez le conte tiré du site https://www.abbayedemaylis.org/2015/11/23/un-roi-riche-en-misericorde/

 

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 18:13

ou comment savoir ce qui est bien et ce qui est mal ?

Haut comme trois pommes, Jiminy Cricket est juché sur l’épaule de Pinocchio pour lui souffler à l’oreille ce qu’il doit faire ou ne pas faire. Au début, le pantin n’écoute pas le grillon. Puis, petit à petit, il commence à prêter l’oreille à cette petite voix qui le conseille.

Notre petite voix intérieure

Nous avons tous un Jiminy Cricket qui nous rappelle à l’ordre lorsque nous agissons mal. C’est notre conscience. Cette petite voix, on l’entend parfois, quand on s’apprête à commettre quelque chose dont on ne sera pas fier. Parfois, elle semble nous avertir : « Attention, vous vous mettez dans le pétrin… » Et on dirait l’écho d’une petite musique bien connue : « Tu ne mentiras pas, tu ne calomnieras pas ton voisin, tu ne prendras pas le bien d’autrui ». La conscience, cette boussole qui nous indique le chemin à suivre, peut aussi perdre le nord sous l’influence de nos mauvais penchants : paresse, jalousie, orgueil. Heureusement, il n’est pas si facile que cela de l’étouffer. Le malaise qu’on ressent à mal agir, c’est un signe : la lumière de Dieu ne va pas de laisser piétiner sans mot dire…

Mon Dieu, aide-moi !

Mais tout n’est pas blanc ou noir dans la vie et il arrive que nous ne parvenions pas sincèrement à discerner ce qui est bien ou mal, ce qui est mieux ou moindre mal. Quand cela se produit, des amis, des parents peuvent nous éclairer, même si la décision dépend toujours de nous-même. Et Dieu aussi nous éclaire, pourvu qu’on le lui demande, qu’on lise et relise son Évangile. Pourvu, aussi, qu’on n’attende pas de sa part une réponse éclatante, par haut-parleur, mais simplement le murmure de la voie intérieure, celle de l’Esprit-Saint.

Source : Le livre « Questions de Vie ».

Cliquez sur Pinocchio pour ouvrir le PDF

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 21:54
La légende du "Vergissmeinnicht"

Quand Dieu a créé les fleurs, les anges étaient autorisés à peindre avec beaucoup de couleurs vives. Une plante discrète avait attendu à la fin de la rangée et quand arriva son tour, les petits pots de peinture des anges étaient vides. La petite plante était très triste de se voir aussi pâle. Elle se rendit vers le trône céleste et demanda à Dieu : « ne m’oubliez pas ! » Dieu sourit doucement et promit de l’aider. Il appela deux anges et leur ordonna de tremper leurs pinceaux dans le bleu du ciel et une autre fois dans l'or du soleil et de peindre ces petites plantes. C’est ainsi que le myosotis eut de petits pétales bleus de la couleur du ciel et un calice doré de la couleur de la lumière du soleil. Il pousse modestement dans l'ombre de la forêt et porte les couleurs du ciel et c’est pour cela qu’il est béni.

Als Gott die Blumen schuf, durften Engel sie mit vielen bunten Farben bemalen. Ein unscheinbares Pflänzchen hatte am Ende der Reihe gewartet, und als es bemalt werden sollte, waren die Farbtöpfe der Engel leer. Das kleine Pflänzchen war sehr traurig dass es bleich bleiben sollte. Es ging zum himmlischen Thron und bat Gott : Vergiss mein nicht ! Gott lächelte sanft und versprach zu helfen. Er rief zwei Engel zu sich und befahl Ihnen, ihre Pinsel einmal in das Himmelblau und einmal in das Gold der Sonne zu tauchen und damit das kleine Pflänzchen zu bemalen. Daher hat das Vergissmeinnicht blaue Blätter wie die Farbe des Himmels und einen goldenen Kelch wie das Sonnenlicht. Es wächst bescheiden im Schatten des Waldes und ist doch selig weil es ja die Farben des Himmels trägt.

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25 février 2022 5 25 /02 /février /2022 09:22

- Tschäggäta ! Tschäggata !

Ils surgissent avec leur masque de bois. Et leur peau de bouc ou de chèvre, ou de mouton, qu'ils ceinturent d'un collier de vache avec la cloche. Ils courent, ils sautent, ils dansent et la cloche sonne. Ils ont des yeux qui louchent, des nez tordus, pointus, crochus, des bouches qui grimacent, qui rient, avec des dents de taureaux. On dirait des bêtes-hommes, des hommes-démons. Ils se promènent dans les ruelles, tout seuls, ou bien à deux ou trois, ou bien en troupes. – Tschäggätä ! crient les enfants.

Les enfants les regardent, les suivent, les aiment. Les enfants ont peur des masques. Les enfants aiment avoir peur. Un jour, un masque est sorti de la forêt. Les enfants ont levé la tête. Ils ont dû beaucoup lever la tête : le masque était encore plus grand que les plus grands sapins.

- Ho ! ...

Le Masque descendait vers eux. Sur son énorme face de bois violet, une chevelure de queues de renard flottait. Pour recouvrir son corps, il avait fallu coudre ensemble au moins quatre peaux de moutons bruns et quatre peaux de chèvres noires, et sa cloche était aussi grosse que celle du clocher. Comme elle sonnait ! Sonnait ! Tout le monde se rassembla sur la place.

- Ho ! Ho ! ...répétèrent les parents.

Et ils ne dirent plus rien parce qu'ils tremblaient. A longues enjambées, le Masque s'approcha. Il entra dans le village. Les hommes, les femmes, les enfants, vite, se cachèrent dans la maison. Ils fermèrent à clé les portes. Ils guignèrent à travers les carreaux. On entendit un horrible craquement. Le géant s'était assis sur le toit d'un chalet. La vieille Apolline et sa fille sortirent comme deux souris. Le géant eut un gros rire. Il tendit la main vers la fontaine, il l'arracha remplie d'eau, il souleva un peu son menton de bois violet et se mit à boire. Glouc, glouc, glouc. Il enfonça le bras dans la cave d'Apolline, en retira un fromage rond comme la lune et le mangea. Il enfonça le bras dans la cheminée, en décrocha trois cuissots de bœuf séché qu'il suspendit à sa ceinture. Puis il remonta vers la forêt. Longtemps sa chevelure rousse flamboya au-dessus des arbres. Enfin il disparut dans la haute montagne.

- C'est un géant ! C'est un revenant ! C'est le diable !

Tout le monde était très excité.

- Aujourd'hui, les revenants ne reviennent plus, heureusement ! dit le président.

- Aujourd'hui, le diable n'apparaît plus ... hélas ! Soupira le curé.

- Et mon fromage ? Et mes jambons ? protesta la vieille Apolline d'une voix aiguë. Ils existaient ou pas ?

- Alors ? firent les femmes. On a rêvé.

Et les hommes rallumèrent leurs pipes. Mais les enfants ne furent pas d'accord. Ils étaient sûrs, eux, de la réalité du Masque géant. Et même ils commençaient à l'aimer. Jaloux, les masques du village se consultèrent. Ils repeignirent les visages de bois. Ils renouvelèrent les fourrures mitées et paradèrent en cortège. Mais aucun enfant n'accourut à leur rencontre, pas un seul ne cria : "Tschäggätä !" Ils furent très dépités. Le Masque géant revint. Les parents terrifiés rentrèrent dans leurs demeures. Et de nouveau, ils guignèrent à travers les carreaux. Il se tenait debout au milieu de la place. Les enfants restèrent autour de lui. A le regardes. A l'admirer.

- Comme tu es grand !

- Comme tu es fort !

- Comme tu es beau !

Ils avaient pourtant un peu peur, mais ce n'était pas désagréable. Le Masque géant s'assit dans la neige et répondit en hochant la tête. Mais quand il vit Maria, la fille de la vieille Apolline, il lui passa son gant plein de suie sur la figure. Il était reparti. Il avait fait un grand trou dans la neige, là où il s'était assis, et l'on aperçut la terre.

- Il n'est pas très méchant, reconnurent les gens.

- Il est rigolo ! dirent les enfants.

- Il est même gentil ... chuchota la petite Suzanne.

- Nous allons le suivre ! ordonna son frère Croquin.

Et ils se mirent tous en marche. Les parents les appelèrent mais ils n'obéirent pas. Les enfants montaient toujours mettant les pieds dans les traces du géant. Il dépassa la forêt. Sur les alpages recouverts de neige, ses pas déclenchèrent une avalanche. L'avalanche ensevelit les enfants. D'en bas, les parents avaient tout vu. Les sauveteurs vinrent en hélicoptères, avec des sondes et de gros chiens saint-bernard qui portaient un tonnelet à leur collier. Les chiens, d'une bonne langue chaude, léchaient la figure froide des enfants et tous ressuscitaient. Ils riaient, buvaient les grogs des tonnelets. Puis les chiens les emportaient sur leur dos. Le Masque géant choisit une nuit bien noire pour redescendre au village. Il avait mis de la paille autour du battant de sa cloche et une hotte à son épaule. Il ouvrit en silence les caves et remplit le fond de sa hotte de fromages, de jambons, de petits pots de miel des sapins. En passant devant l'écurie du président, il enleva la plus belle des vaches ; dans l'étable d'Apolline, il prit un veau tout rouge et frisé ; dans le parc aux moutons, encore une brebis. Le coq du curé faisait le malin sur une barrière, il le saisit par les pattes. La vache, le veau, la brebis et le coq s'arrangèrent tant bien que mal ensemble dans la hotte. Les villageois avaient entendu ! Furieux, ils sortirent avec leurs fusils et tirèrent sur le géant. Mais les balles ne lui faisaient rien du tout. Une nappe épaisse de brouillard recouvrit la montagne. Et les hommes se perdirent et tournèrent en rond jusqu'au matin. Il revint une quatrième fois. Les enfants dansèrent une ronde autour de lui.

- Bon géant des monts, Beau masque-démon ! Fais sonner ta cloche ... Claquer tes galoches. En riant, ils grimpèrent le long de ses jambes, se pendirent à sa ceinture, s'assirent à califourchon sur ses épaules. Le géant les laissaient faire. Mais quand ils demandèrent de les emmener au sommet de la montagne, il dit non ! de la tête. Mais Croquin réussit à se cacher dans la grosse cloche de sa ceinture, et comme elle était bellement renflée il s'y sentit bien. Il s'accrochait très fort au battant et le faisait sonner de temps à autre pour que le géant ne s'aperçut de rien. Du haut de la montagne, Croquin vit son village, pas plus grand qu'une fourmi noire dans une saucière de faïence blanche. Il eut un regret en songeant à Suzanne, à son père, à sa mère et à son petit lit, mais son cœur était plein de curiosité. Le géant pénétra dans une caverne, Croquin fut ébloui. Elle était tapissée de cristaux. Et là se trouvait une grande paillasse. Le Masque géant s'y laissa tomber et tout de suite ronfla très fort. Croquin ne tarda pas à s'endormir. Il s'éveilla le lendemain à l'aube. Le petit garçon était resté cramponné au battant de la cloche, couché dans le renflement de bronze comme dans un berceau. Et maintenant, il était balancé par les pas du Masque géant qui redescendait dans la vallée. Croquin reconnut son village. Il eut juste le temps de dégringoler le long d'une jambe et de courir vers son chalet. Sauf la petite Suzanne, personne ne s'était aperçu de son absence. Il lui raconta son voyage clandestin à l'intérieur de la cloche et tout ce qu'il avait vu dans la montagne.

- Je voudrais y aller aussi, dit-elle.

- C'est trop dangereux pour les filles ! répondait Croquin.

Mais les villageois étaient très fâchés contre le Masque géant qui se moquait d'eux, les volait à tour de bras, et ne souffrait nullement de leurs coups de fusils. Quand il revint pour la cinquième fois, les hommes roulèrent des tonneaux de vin à ses pieds. Et ce vin, fait avec un raisin mûri sous les roches ensoleillées, était tellement bon que le géant ne put s'arrêter d'en boire. Il vida les tonneaux. Et il ne put plus se relever. Il restait étendu de tout son long dans la rue du village. Alors les paysans attachèrent les bras et les jambes de géant avec de solides cordes.

- Il ne pourra plus repartir et nous lui ferons son procès ! dirent-ils.

Et ils lui passèrent encore une corde autour du ventre et la fixèrent au clocher. La neige tomba. Les flocons épais comme des pelotes de laine recouvrirent le corps de Masque géant. Mais Croquin et Suzanne allèrent pendant la nuit, avec leurs canifs, couper les cordes du prisonnier. Puis ils se cachèrent dans sa cloche, où ils purent se loger tous les deux en se serrant. Ils avaient oublié de trancher la corde qui reliait le géant au clocher. Quand il se releva, le clocher s'écroula et ses cloches roulèrent dans le torrent avec un carillon épouvantable. Croquin et sa sœur pénétrèrent ainsi dans le domaine du Masque géant et purent tout à loisir en admirer les merveilles. Le géant fut bien heureux de faire leur connaissance. Il les remercia de l'avoir délivré. Il leur donna une très jolie chambre tapissée de cristaux roses, verts et bleus, et leur ouvrit une armoire taillée dans le roc, ornée de stalactites aux formes de fleurs. Elle était pleine de jouets. Mais Croquin fut très étonné d'y voir le ballon qu'il avait perdu un jour, et Suzanne d'y reconnaître sa poupée qu'elle avait tant pleurée ! Ils retrouvèrent encore le petit tracteur de leur ami Damien, la boîte à ouvrage de leur cousine et le fichu brodé de la fille d'Apolline. Et quand le géant se mit à faire cuire la soupe sur un feu de bois, ils constatèrent que le chaudron de cuivre était celui de leur grand-mère.

- Il est un peu voleur tout de même ... chuchota Suzanne à l'oreille de Croquin. Au village, on devina ce qui s'était passé. Et quand le Masque géant revint pour la sixième fois, les parents le supplièrent à genoux de leur rendre leurs chers petits-enfants.

- Les chers petits-enfants me tiennent compagnie, répondit-il. J'aime leur babil. Ils sont polis, serviables. J'aime beaucoup ces chers petits-enfants.

- Rendez-les nous ! Et nous vous donnerons tout ce que vous voudrez !

- Je n'ai besoin de rien. J'ai tout ce qu'il me faut. Et pendant l'été, les chers petits enfants iront garder dans ma prairie, ma vache, mon veau, mon coq et ma brebis. Alors les parents lui apportèrent des tonnelets d'une liqueur faite avec l'armoise des rochers. Et cette liqueur était si délicieuse que le géant ne sut y résister. Il finit par tomber raide au milieu de la rue, et il l'obstrua si complètement que les villageois durent faire un détour pour rentrer chez eux. Cette fois, ils l'attachèrent avec des chaînes et cette fois ils mirent quatre hommes pour le garder. Mais ces quatre hommes avaient aussi bu quelques gouttes de la liqueur et ils s'endormirent. Quand ils se réveillèrent, le géant était toujours étendu et il continuait à barrer la rue. L'un des gardiens dit :

- Il dort encore !

- Enlevons - lui le masque, je voudrais voir sa vraie figure... dit le second.

- Nous aussi, firent les deux autres, on voudrait bien la voir.

Le masque de bois était si lourd qu'ils avaient beaucoup de peine à le soulever.

- Hi-hu ! Hi-hu ! soufflaient-ils.

- Tu as sûrement abattu le roi des sapins pour te tailler un masque pareil !

- Hi-hu ! Enfin... Mais derrière le masque, il n'y avait rien. Rien. Personne. Rien non plus dans la tunique en peaux de boucs et de chèvres. Il n'y avait qu'une petite place vide au milieu de toutes ces fourrures, ces rembourrages, ces rouages, ces poulies et ces ficelles, rien qu'un vide où pouvait tout juste se glisser un corps d'homme. Les quatre gardiens s'y glissèrent à tour de rôle.

- Alors, s'étonnèrent-ils, c'était un homme pas plus grand que nous ? Un homme comme nous ! A cette nouvelle, la stupeur emplit le village. Qui était cet homme ?

- C'est peut-être Zéphyrin ... dit un vieux.

- C'est Zéphyrin !

- On le croyait parti aux Amériques. Un pauvre orphelin ! Et les villageois n'avaient pas toujours été bons pour lui. Ils avaient même été méchants. On se souvint aussi qu'il avait demandé la fille d'Apolline en mariage et qu'elle lui avait ri au nez. Et chacun commençait à regretter ses torts... lorsqu'on entendit un joyeux bruit de cloches. De la montagne descendait Zéphyrin, redevenu un homme comme tout le monde, pas plus grand que tout le monde. Mais avec un petit sourire pas comme tout le monde. D'une main, il tenait la jolie Suzanne et, de l'autre, le courageux Croquin. Et venait derrière eux : la vache du président, le veau d'Apolline, la brebis du conseiller, le coq du curé.

- Bonjour, bonjour ! dit Zéphyrin. Je vous ramène les chers petits-enfants. 

Et le coq poussa un sonore cocorico, car le soleil se levait.

Conte de Corinna Bille, trouvé dans "la maison musique et autres histoires".

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 23:21

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 13:34

Pierre vivait pauvrement dans une vieille maison avec son père, sa mère, ses cinq frères et ses cinq sœurs. Dans cette maison, il y avait une petite cuisine avec un vieux fourneau qui fumait et des vieilles casseroles cabossées. C’est là que Pierre était le plus souvent, car il adorait cuisiner. Il savait préparer des plats délicieux avec des choses simples : il pouvait transformer des pommes de terre en gâteaux, des poires en sirop, des carottes en purée rose… Avec Pierre, chaque repas devenait une fête. Pourtant, une année, l’hiver fut très long. Pierre ne trouvait que des vieux croûtons de pain à mettre dans ses casseroles et toute sa famille avait faim. Un matin, Pierre dit à son père :

- Je vais aller en ville pour chercher du travail. Avec l’argent que je gagnerai, je pourrai acheter de quoi manger.

Justement, ce jour-là, un messager du roi arrive dans le village de Pierre. Il tape sur un tambour et il déclare :

- Avis à la population ! Le roi de ce pays, Sa Très Gourmande Majesté, a décidé de changer de cuisinier. Celui qui fera le plus délicieux des plats sera nommé Grand Chef des Cuisines du Roi.

En entendant cela le père de Pierre s’écrie :

- Pierre, voilà une chance pour toi ! Enlève ton tablier, laisse tes vilaines casseroles et va faire goûter au roi une recette dont tu as le secret.

Pierre répond en souriant :

- Hélas, on ne devient pas cuisinier du roi en lui faisant manger du pain dur !

Mais la mère de Pierre insiste :

- Allons, va, mon petit cuisinier. Tu sais faire un dessert avec un courant d’air. Je suis sûre que tu peux gagner ce concours !

Alors, Pierre se met en route. Il se demande bien quelle recette il pourra préparer pour le roi, car il n’a rien dans les mains ni dans les poches. Mais comme il sent le printemps qui arrive, il se met à chanter :

- Je n’ai rien pour mon roi, pas de sucre ou de chocolat, même pas la moitié d’un petit pois !

Bientôt, Pierre arrive devant une ferme. Un vieil homme vient à sa rencontre en criant : - à l’aide ! Au secours ! Ma vache est tombée dans l’étang !

La pauvre vache essaie bien de sortir de l’eau mais à chaque fois qu’elle approche du bord de l’étang, elle glisse dans la boue et plouf ! Elle retombe lourdement. Pierre prend une corde solide. Il l’attache aux cornes de la vache et tire sur la corde de toutes ses forces. On hisse ! On hisse ! La vache sort les deux pattes avant. Encore un effort ! On hisse ! On hisse ! Enfin la vache regagne la terre ferme. Elle est sauvée ! Le vieil homme est tout heureux et, pour remercier Pierre, il lui donne un pot de lait tout frais. Pierre reprend le chemin du palais du roi en chantant : - voilà du lait pour le roi, c’est tout ce qu’il aura pour tremper son petit doigt ! Tout à coup, il aperçoit des poules qui courent dans un pré en battant des ailes. Derrière les poules, il y a une fermière qui crie :

- Vilaines poules ! Revenez, revenez, ou le renard va vous manger !

Mais les poules partent dans tous les sens et la fermière ne peut pas les rattraper. Pierre ramasse un bâton, il le fait tourner au-dessus de sa tête puis il file à toute vitesse derrière les poules. Il les rassemble et, en un clin d’œil, il les fait rentrer dans le poulailler. La fermière saute de joie. Elle dit à Pierre :

- Sans toi, mes poules allaient se perdre dans la forêt !

Pour le remercier, elle lui donne six œufs dans un panier. Pierre continue sa marche. Il chante :

- Avec du lait et des œufs que fait-on de délicieux ? Avec des œufs et du lait que pourrait-on préparer ?

Un peu plus loin, alors que la nuit commence à tomber, Pierre rejoint une charrette chargée de sacs de farine et traînée par un âne. C’est la charrette du meunier. Le meunier appelle Pierre :

- S’il te plaît, veux-tu me donner un coup de main ? Ma roue a glissé dans le fossé. Je ne peux plus avancer.

Pierre pose son lait et ses œufs et il pousse avec le meunier. Un, deux, trois, hue ! La charrette est dégagée, le meunier peut rentrer au moulin. Mais avant de partir, il offre à Pierre un petit sac de farine. Pierre s’en va en chantant :

- J’ai des œufs, de la farine et du lait, mon roi tu vas te régaler ! J’ai du lait, des œufs et de la farine, roi, tu vas te lécher les babines !

Lorsque Pierre arrive au palais du roi, le concours de cuisine a déjà commencé. Des cuisiniers sont venus des quatre coins du pays. Ils ont apporté avec eux des épices et des fruits, des lapins, des dindes, des moutons, des légumes, des poissons, des champignons et des herbes parfumées ; tout ce qu’il faut pour réussir des desserts rares, des salades exquises et des rôtis savoureux. Dans la grande cuisine royale, le roi est assis sur le trône. Des serviteurs lui apportent ce que les cuisiniers lui ont préparé. Le roi respire l’odeur de chaque plat, puis il goûte des bouts des lèvres. Il mâchouille, il ferme les yeux, il renifle encore une fois. Mais, pour chaque recette, il grogne : -trop grillé. Trop cru. Trop salé. Trop sucré. Trop chaud. Trop froid. Trop sec. Trop gras. Rien ne lui plaît. Enfin, c’est le tour de Pierre.

Le roi lui demande :

- Alors, jeune homme, que vas-tu nous préparer ?

Pierre se gratte la tête avant de répondre :

- Euh… Sire… Majesté… C’est-à-dire… voilà… c’est une surprise.

Le roi sourit :

- Ah, enfin une surprise !

Euh…euh…

Pierre réfléchit, il se dit :

Qu’est-ce que je pourrais bien faire avec de la farine, du lait et des œufs ? Il regarde par la fenêtre par la fenêtre et il aperçoit la lune qui brille dans le ciel. Cela lui donne une idée. Il s’écrie :

- Je vais faire des lunes, des lunes à croquer !

Le roi fronce les sourcils, il dit :

- Tiens, tiens, des lunes à croquer ? Je suis curieux de voir ça. Alors, mon garçon, mets-toi au travail. Aussitôt, Pierre vide sa farine dans un grand saladier. Il ajoute ses œufs et il verse son lait en mélangeant avec une grande cuillère en bois. Puis il dépose un peu de la pâte qu’il a ainsi préparée dans une poêle bien graissée. Et il la met à cuire sur le fourneau. Au bout de deux minutes, Pierre saisit le manche de la poêle, il donne un coup de poignet et hop!...un gâteau plat et rond s’envole dans la cuisine royale. Pierre dit au roi : - regardez, voilà la lune ! Le roi lève la tête, il n’en croit pas ses yeux : le gâteau rond monte jusqu’au plafond et il retombe juste dans la poêle.

Pierre le laisse cuire encore un peu, puis il dit :

- Voilà, Sire, vous pouvez croquez cette lune.

Le roi renifle, il goûte, il mâchouille et il déclare :

- Ce n’est pas mauvais… C’est même plutôt bon… J’aimerais bien moi aussi faire une lune à croquer car cette recette m’amuse beaucoup. Il se lève de son trône, il verse un peu de pâte dans la poêle, la laisse cuire deux minutes, il donne un petit coup de poignet … et hop ! Il fait sauter la lune à croquer. Et plaf ! Elle retombe sur la tête de la reine. Le roi éclate de rire : - ha ! ha ! ha ! Décidément, cette recette me plaît ! Le roi s’amuse comme un fou : - encore, encore, encore ! Il fait des dizaines des lunes à croquer et il les mange avec du sucre, de la confiture, du chocolat.

À la fin, quand le roi a bien ri et bien mangé, il dit à Pierre :

- C’est toi qui a inventé la recette la plus drôle, du jamais vu, du jamais goûté ! Je te nomme Grand Cuisinier du Roi !

Depuis ce jour, Pierre vit avec toute la famille dans le palais du roi et, chaque année, à la fin de l’hiver, il fait des lunes à croquer.

Source : Jean-Jacques Vacher

 

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2 janvier 2022 7 02 /01 /janvier /2022 23:38

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Peu à peu, la rumeur d'un enfant avec une auréole se répandit et pénétra les coins les plus isolés. Là-bas, vivaient trois rois qui étaient voisins et qui s'appelaient GASPARD, MELCHIOR et BALTHAZAR. Ils ressemblaient à des mendiants et pourtant ils étaient des vrais rois et – plus bizarre encore - des sages. Selon l'Ecriture, ils savaient s'orienter d'après la constellation des étoiles et c'est un art difficile comme le savent tous ceux qui ont déjà essayé de suivre une étoile.

Ces trois rois donc se réunirent, équipèrent un merveilleux cortège et partirent le soir en hâte avec leurs chameaux et les éléphants. Dans la journée, les hommes et les animaux se reposaient sous les rochers du désert de pierres et l'étoile qui leur indiquait la direction, les attendait patiemment au ciel en transpirant beaucoup dans la chaleur du soleil jusqu'à ce qu'il fît nuit. La nuit, elle guidait à nouveau le cortège. Ainsi, ils avancèrent mais arrivés à Jérusalem, l'étoile prit la direction de Bethléem. Les rois ne voulurent plus la suivre. En effet, ils cherchaient l'enfant d'un roi dans un château fort plutôt que dans un village. L'étoile se mit en colère. De désespoir, elle sauta à droite, à gauche, et remua la queue mais sans effet. Les trois sages étaient tellement sages qu'ils ne comprenaient même plus les choses les plus simples.

Entre temps, le petit matin arriva et l'étoile pâlit. Elle s'assit dans la couronne d'un arbre à côté de l'étable et tous ceux qui passaient la prenait pour un citron oublié. Elle ne sortit pas avant la nuit et s'éleva au-dessus du toit. Les rois furent heureux et se précipitèrent vers elle. Toute la journée, ils avaient cherché l'enfant, sans le trouver, car dans le château fort de Jérusalem résidait un gros type dégoûtant qui s'appelait Hérode. L'un des trois rois du nom de Melchior était long comme un arbre et noir comme de l'encre, si bien que même dans la lumière de l'étoile, on ne voyait de lui qu'une paire d'yeux et une denture horrible.

Chez lui, on l'avait nommé roi par qu'il était un peu plus noir que les autres. Mais maintenant, il se rendait compte, avec chagrin, qu'on le regardait comme s'il était le diable. Chaque fois qu'il se penchait de son chameau pour donner des friandises, les enfants s'enfuyaient et les femmes chrétiennes se signaient comme pour se protéger d'une attaque païenne.

a-genoux.jpgMelchior s'avança timidement et s'agenouilla devant l'enfant. Hélas, il aurait aimé montrer une toute petite tache blanche et comme il aurait voulu faire voir son âme. Il cacha son visage dans ses mains, anxieux de savoir si l'enfant Dieu s'inquiétait de lui. En se rendant compte que l'enfant ne criait pas, il osa regarder un tout petit peu à travers ses doigts. Et il vit l'enfant charmant qui lui souriait et qui essayait d'attraper ses cheveux crépus. Le roi noir en fût tout heureux ! Jamais il n'avait roulé ses yeux si merveilleusement et rit d'une oreille à l'autre.

Ce fut plus fort que lui, Melchior saisit les pieds de l'enfant pour embrasser tous ses doigts comme c'était l'usage dans son pays. Et lorsqu'il lâcha les pieds, il vit le miracle : l'intérieur de ses mains était devenu blanc !

Et depuis, tous les noirs ont l'intérieur des mains blanc. Allez les voir, découvrez-les et saluez-les fraternellement.

D'après Karl Heinrich Waggerl

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 21:57

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Voilà : je suis un petit grain de sable. Je suis vieux, très vieux. Cependant, sur ma foi, j’ai conservé tous mes esprits. Je vivais il y a deux mille ans. Depuis ce temps, avec Messire Vent, j’ai voyagé par toute la terre. J’en ai vu des choses ! J’ai même assisté à la naissance de la neige. Quelle impression ! C’est une histoire féerique. Vous voulez que je raconte ? D’accord !

Disons que nous sommes au début de l’ère. Il y a ce soir un « je ne sais quoi » de mystérieux sur la campagne de Bethléem. Abandonnant la tradition, les maisonnettes ont tôt fait de baisser les paupières. Un doux zéphyr court allègrement, insufflant au mystère fraîcheur et renouveau. Les étoiles se regardent, clignent des yeux et, discrètement, se cachent dans un pli de ciel pour réapparaître soudain, si lumineuses qu’elles diamantent la lune maquillée d’opale et revêtue de soie irisée comme au jour de fête.

Les rameaux, tout bas, très bas, jasent d’espérance. Ils se laissent mollement bercer par la brise zéphyrienne. À leur pied, le ruisseau, discret, presqu’endormi, fredonne son chant d’amour. Ce léger murmure est un sourire à l’astre des nuits. Mystérieux, il semble écouter le silence et boire la paix sereine du soir.

Tout à coup, au coin d’une route, un petit âne avance lentement, je dirais même pieusement. Sur son dos, une jolie dame drapée d’un long manteau d’aurore, se laisse emporter dans la campagne endormie. Elle est si belle, si radieuse, qu’on croirait d’un ange. Un homme barbu chemine aux côtés de la belle « aventurière » – car pour une dame, cela devient une aventure que de voyager en pleine nuit. Très souvent, ils se regardent, ils se sourient. Ils sont heureux, heureux dans leur pauvreté. Dans les yeux de la dame en bleu brille le rayon d’une joie profonde. Pourquoi cet immense bonheur ?

Le vent, en grand effronté qu’il est, s’accorde la liberté d’une indiscrétion et soulève le manteau d’azur de la dame. Quelle idée ! Et quelle chance ! Je vis alors que le bonheur était dans une maternité toute proche, l’ange allait être maman !

Mais le bonheur ce n’est pas étrange... Ce n’est pas étrange comme cette étoile qui court follement au plafond des astres, qui danse magiquement, inlassablement. Et, mystère plus impénétrable encore, elle semble guider les deux voyageurs.

Je vais en avoir la surface polie ou je ne m’appelle pas grain de sable. Les hommes diraient : « Je vais en avoir le cœur net », mais comme tous les grains de sable, je n’ai pas de cœur. J’ai décidé de suivre la dame.

C’est ainsi que je connais Joseph et Marie, que j’entends leur conversation. Ils parlent de la naissance d’un roi. Je n’en crois pas ma grosseur : je voyage avec des souverains ! Mais si pauvres...

Marie est fatiguée ; elle grelotte de froid mais jamais ne se plaint. Son sourire tromperait Dieu lui-même... si Dieu pouvait être trompé.

L’étoile mystérieuse s’arrête soudain. De l’agitation féerique, elle passe au calme divin. Marie et Joseph s’arrêtent aussi. Joseph scrute l’horizon et désigne à son épouse une petite étable. Obéissante, elle accepte ce refuge. Joseph entre avec Marie. Époux fidèle et vigilant, il est son réconfort et sa protection.

Et le Roi est né. Jamais un roi, fut-ce le plus riche ici-bas, n’a eu une naissance aussi humble et, à la fois, tout aussi grandiose.

Des voix inconnues à la terre modulent des refrains d’une suavité exquise. De loin, très loin, retentit, vibrant et riche, un mélodieux « Gloria in excelsis ».

Joseph, fatigué, dort près de Marie, qui, émue, contemple son enfant tout rose, tout humain dans ses langes blancs. Dans son léger sommeil, il envoie un sourire à sa maman. Sur la joue empourprée de la Vierge glisse une larme émue. Un ange saisit du bout de l’aile cette petite larme et s’envole dans l’immense plaine céleste. Oh ! Merveille ! Chaque coup d’aile angélique divise la « goutte cristalline » en des milliers de légers flocons blancs qui tournoient, valsent au rythme des cantiques et, dans un interlude, se posent sur la terre.

Le toit des chaumières et des palais, les clôtures, les rues et les plaines se sont habillés d’ouate blanche et moelleuse. Les sapins courbent la tête sous le poids du léger « fardeau blanc ». Le Christ est né ! Et la neige, dans toute sa splendeur, vient vêtir le royaume terrestre d’une cape de velours soyeux. La coupole céleste s’est teintée d’un bleu saphir ; la lune jette ses rayons froids sur le cristal neigeux et les étoiles glissent vertigineusement dans l’atmosphère pour venir parer la demeure de l’Enfant-Roi.

Jamais la terre n’a connu d’aussi riches splendeurs. Ce fut la naissance du Sauveur et aussi... celle de la neige.

Le premier Noël amena la première des premières neiges.

L’ange divin avait saisi une larme de la jolie maman et son innocence. Il se pencha sur l’Enfant pour recueillir sa pureté et sur Joseph pour adopter sa joie. Et... il partit. De l’espérance dont causaient les rameaux il enleva une pointe. Pour ajouter plus de charme à son œuvre, il y mêla une note berceuse de la cantilène du ruisseau, l’éclat scintillant des étoiles et la splendeur du ciel. Avec la permission du Père Eternel, il créa les « Légers Flocons de Neige ».

Et c’est depuis ce jour que, chaque année, chaque pays où la température est propice se revêt d’une robe immaculée. C’est depuis ce jour que tous les petits et les grands s’émerveillent devant la première neige. C’est aussi depuis ce jour que la neige tient si large place dans la féerie de Noël.

La neige, pour les riches comme pour les pauvres, est, et restera toujours un merveilleux présent de Noël !

Isabelle PIERRE, décembre 1960.

Paru dans Crescendo, Union canadienne des jeunes écrivains, Éditions Nocturne, 1963

 Une boule de neige paysagée...

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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 21:55

Vie de saint Nicolas en DOCX et PDF

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27 novembre 2021 6 27 /11 /novembre /2021 17:13

L'histoire des anges de l'Avent

 

Les anges de l'Avent sont quatre, comme les quatre semaines qui nous préparent à Noël. Ils viennent en visite sur terre, portant des vêtements d'une couleur différente, chacun d'entre eux représente une qualité particulière.

 

L'Ange Bleu. Au cours de la première semaine, un grand ange descend du ciel pour inviter les hommes à se préparer pour Noël. Il est habillé avec une grande cape bleue, tissé de silence et de paix. Le bleu de sa cape représente justement le silence et le recueillement.

 

 

 

L'Ange Rouge. Au cours de la deuxième semaine, un ange avec une cape rouge descend du ciel, portant de sa main gauche un panier vide. Le panier est tissé de rayons de soleil et ne peut contenir que ce qui est léger et délicat. L'Ange rouge passe sur toutes les maisons et cherche, regarde dans le cœur de tous les hommes, pour voir s'il trouve un peu d'amour... S'il le trouve, le prend et le met dans le panier et le porte haut, dans le ciel - quoi ? Et là-Haut, les âmes de tous ceux qui sont enterrés sur terre et tous les anges prennent cet amour et en font la lumière pour les étoiles. Le rouge de sa cape représente l'amour.

L'Ange Blanc. Dans la troisième semaine, un ange blanc et lumineux descend sur terre. Il tient un rayon de soleil dans sa main droite. Il va vers les hommes qui gardent au cœur l'amour et les touche avec son rayon de lumière. Ils se sentent heureux parce que dans l'hiver froid et sombre, ils sont illuminés et éclairés. Le soleil brille dans leurs yeux, enveloppe leurs mains, leurs pieds et tout le corps. Même les plus pauvres et les humbles sont ainsi transformés et ressemblent aux anges, parce qu'ils ont l'amour dans le cœur. Seuls ceux qui ont l'amour dans le cœur peuvent voir l'ange blanc... le blanc est le symbole de la lumière et brille dans le cœur de ceux qui croient.

L'Ange Violet. Dans la quatrième et dernière semaine de l'Avent, un ange avec une cape violette apparaît dans le ciel. L'Ange violet passe sur toute la terre en tenant avec son bras gauche une cithare d'or. C'est bientôt l'arrivée du Seigneur. La couleur violette est formée par l'union du bleu et du rouge, donc sa cape représente l'amour véritable et profond, qui naît quand on est silencieux et que l'on écoute la voix du Seigneur en nous.

Source : https://www.facebook.com/frateindovino

 

En cliquant sur le logo Nouveau vous trouverez l'histoire des 4 anges en PDF

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29 octobre 2021 5 29 /10 /octobre /2021 19:52

Il était une fois, minuscule, presque invisible, transparente, une petite goutte d’eau tombée des cieux sur une rose.

– Vous êtes bienvenue, fit la fleur dans un soupir ! Ma beauté se fanait, mon pied se desséchait … le soleil est trop cruel …j’allais mourir … Mais toute seule, vous ne pourrez me sauver la vie. Êtes-vous ma messagère de milliers d’autres, non ? Mais, comment t’appelles-tu ? Son nom ? C’était la première fois qu’on lui posait pareille question.

– Mon nom, songea-t-elle ?…Voyons, je viens d’une source mais je ne suis pas elle. Je fais partie de la Vie puisqu’avec moi, par moi, je la fais éclore, la Vie, du milieu de la Mort et de sa pourriture … Je la fais croître, la soutiens, l’entretiens. Par moi, la Vie des hommes, oui, et des animaux, des plantes et des céleste espaces … mais je ne suis pas la Vie.

L’Eau, silencieuse et tremblante n’avait encore rien répondu que la rose éternua et mourut. Le soleil à nouveau l’aspira dans un nuage lourd et gris qui mit le cap sur l’océan vert. Un Feu rapide et tonitruant transperça tout à coup le nuage qui s’épancha sur les flots agités, crêtés d’écume blanche. Avec des milliers et des centaines de milliers de ses compagnes, la petite goutte d’Eau fut précipitée dans l’océan noir. Elle trembla devant les gouffres marins, fut brassé par des courants glacés, frôla les squales et les cétacés, rejaillit dans les airs et retomba sur la pointe d’une vague longue et maternelle.

– Bonjour ! fit la vague. Tu as gardé le soleil dans tes yeux. Quel est ton nom ?

– Encore ! se dit la voyageuse. Il me faut cette fois donner réponse à une femme si sereine. Voyons … je suis dans l’énergie des vents et des mers. Je suis née d’une Source, du fin fond d’un autre Secret minéral, dans la pureté du cristal enfoui. J’ai dévalé les montagnes, les ravins, les campagnes. La Terre meuble et chaude m’accueillit. Et j’ai connu ce petit grain si noir, si sec et desséché qu’il semblait mort. Je le caresse, l’étreins et réveille son germe endormi. La Vie me porte et je transporte la Vie. Mais je ne suis pas la Vie.

Un grand vent, à nouveau, souleva la vague jusqu’à étirer sa chevelure dans les airs. D’un grand coup de rire elle fit sauter et rebondir notre voyageuse au front si réfléchi. Poussière d’Eau et de Lumière, elle s’envola vers l’azur, en criant à la vague au sourire d’émeraude :

– Je sais : mon nom est Liberté !

Un vieux rocher millénaire grommela : – Ben oui : le don multiplié de Dieu !

Et c’est pourquoi, aujourd’hui encore, les Bretons se rassemblent sur les grèves, dans le grand vent qui fait se balancer les rubans, les bannières et crier les petits, pour rendre grâces au grand Dieu qui leur confia les vents, les eaux, les mers et les blés pour nourrir leur liberté. Et devant les calvaires, cela prend nom de « pardon ».

Source : https://morandais.wordpress.com/2013/11/01/conte-pour-la-toussaint/

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 18:09

Une brève histoire de l’habit ecclésiastique

Certains prêtres le portent, d’autres non. Depuis quand le col romain est-il en usage dans l’Église catholique ? Qui peut l’arborer ? Que symbolise-t-il ? Pourquoi dit-on d’ailleurs col romain ? De manière plus générale, que dit l’Église et le droit canon sur l’habit ecclésiastique ? Réponses avec Alphonse Borras, canoniste belge.

Si l’habit ne fait pas le moine, il dit tout au moins la fonction de celui qui le porte. Ainsi en va-t-il pour le col romain qui identifie aujourd’hui le prêtre dans l’Église catholique. Mais en a-t-il toujours été ainsi ?

Jusqu’au 4e siècle, les textes officiels ne mentionnent aucunement l’habit ecclésiastique et encore moins le col romain. Pour cause. Jusqu’au règne de l’empereur Constantin, l’Église doit faire face à des vagues successives de persécutions et il n’est donc pas souhaitable pour un chrétien – et a fortiori un clerc – d’être clairement identifié dans l’espace public.

« Pendant près de mille ans, jusqu’au Haut Moyen-Âge, explique l’abbé Alphonse Borras, canoniste, il n’y a pas d’habit ecclésiastique prescrit pour les clercs et les ministres de l’Église. Ils sont toutefois invités à s’habiller de manière simple et sobre, en évitant les étoffes précieuses et les ornementations style boucle, ceinture, épingle,… »

On sait toutefois que l’Église recommande alors de porter une tunique longue, pour se distinguer probablement des populations barbares installées dans l’empire depuis les 4-5e siècles.

Tonsure et couvre-chef

Quant aux moines, dès le 4e siècle, ils adoptent un habit propre à chaque ordre, avec donc une grande diversité mais toujours dans l’idée d’une tunique simple, voire d’une extrême sobriété. Certains clercs plus zélés iront jusqu’à les imiter. Le Concile du Latran IV réitère cette invitation à la sobriété « qui ne distingue pas » le clerc des autres fidèles. Il est donc autorisé de penser que, jusqu’au début de la Renaissance, les hommes d’Église s’habillaient au quotidien de manière ordinaire, suivant les modes et coutumes de leur époque.

Notons toutefois l’apparition aux 11e-12e siècles du couvre-chef. « Le port du bonnet indique un certain rang social, les paysans ne portent pas de bonnet. Les évêques et prélats sont seuls autorisés à porter un chapeau, le reste du clergé un bonnet rond ou carré », »raconte Alphonse Borras. Apparait également la pratique de la tonsure comme signe distinctif d’appartenance au clergé mais dans une mesure tout à fait discrète. Pratique adoptée de manière plus radicale par les moines qui en feront une fine couronne.

Des clercs aux allures de « Men in Black »

Au tournant du 16e siècle, les conciles n’épiloguent pas sur la question de l’habit ecclésiastique. On peut cependant penser que le noir était la couleur de prédilection des clercs d’alors. Toujours dans cette idée de simplicité et de sobriété mais aussi d’exemplarité.

Un habit ecclésiastique semble donc plutôt se dégager aux 18e et 19e siècles, composé d’une tenue noire et d’un col qui peut prendre des aspects très variés. Dont le fameux col romain. « Il doit simplement son nom à son origine. Il s’agit d’un col blanc entourant complètement le col de l’habit ».

C’est à cette époque également que s’impose, en Europe occidentale, la soutane dont l’usage, à l’origine, est avant tout liturgique, précise Alphonse Borras. « Les clercs la portaient pour célébrer, avec un surplis blanc ou une aube surmonté d’une étole ». À noter que l’usage et le port de la soutane recouvrent une grande latitude selon les contextes culturels. Il n’est d’ailleurs nullement recommandé de porter la soutane constamment mais dans le cadre de sa profession, à l’image des magistrats.

Le col romain permet aujourd’hui de s’affirmer

Pour en revenir au col romain, modèle qui s’est imposé à l’ensemble de l’Église, il n’est en rien une exclusivité catholique, ni masculine ! En effet, il est également arboré par des clercs d’autres confessions chrétiennes comme les anglicans. Et aussi par des femmes. Le col romain tel que nous le connaissons remonte à l’époque du Concile Vatican II et l’adoption du clergyman inspiré précisément des clercs protestants.

Point de grand discours théologique ou spirituel pour expliquer l’apparition et l’usage du col romain. Si ce n’est que « aujourd’hui, reconnaît notre canoniste, il a une autre signification. Il permet aux clercs de s’affirmer et d’être identifiés. À titre personnel, je le porte toujours quand je vais dans un pays à majorité musulmane et à Rome, selon les circonstances. Cela facilite aussi la communication car l’habit est un identifiant qui indique une relation ».

Les clercs peuvent choisir si porter le col romain

L’article 284, du code de droit canon stipule que le clergé doit porter « un habit ecclésiastique convenable selon les règles établies par la conférence des évêque et les coutumes légitimes des lieux ».

En Suisse, selon l’abbé Pascal Desthieux, vicaire épiscopal à Genève, il n’existe pas de directives spécifiques de la Conférence des évêques concernant la tenue des prêtres. Aucun texte ne définit le port du col romain. Les clercs sont donc libres de s’habiller comme ils l’entendent. « Il m’arrive de le porter selon les occasions et les circonstances, mais ce n’est pas systématique. Le plus souvent je porte une chemise avec le col ouvert », explique l’abbé Desthieux.

« Chez nous, les séminaristes ne portent pas d’habit ecclésiastique et donc, le cas échéant, pas de col romain avant l’ordination diaconale », précise de son côté l’abbé Nicolas Glasson, directeur de la maison des séminaires à Givisiez.

Alphonse Borras met en garde contre toute forme d’absolutisme. Il n’est absolument pas obligatoire de porter le col romain 24h/24h ni pendant la messe. « Toute collectivité a des signes distinctifs, la question est de savoir comment on les utilise ». (cath.ch/cathobel/mp)

Sophie Delhalle/cathobel/cath.ch 

Source : https://www.cath.ch/newsf/dou-vient-le-col-romain-une-breve-histoire-de-lhabit-ecclesiastique/

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 17:23

Première légende

La légende du Rouge-gorge est liée à la mort de Jésus. Il y a fort longtemps, ce n'était qu'un modeste oiseau au plumage brunâtre. Alors qu'il voletait, il s’approcha du Christ crucifié sur sa croix. Il se posa sur son épaule, de ses ailes, il essuya ses larmes, et de son bec, il arracha les épines qui lui blessaient la tête. Une goutte de sang tomba sur sa gorge, colorant à jamais son humble plumage.

Deuxième légende

De Jésus qui priait au jardin des Pardons, un petit oiseau s'approcha. Haut sur pattes fines comme aiguilles, la plume brunette un peu olive, l'œil rond comme un cassis, il s'en venait frisant le sol, sautillant et parfois s'arrêtant pour faire une révérence. Une brise lui avait dit que cet Homme-là était le cœur fait homme. Que voulait-il bien, ce petit passereau du monde ? Il désirait visiter le cœur du Fils. Alors souriant, Jésus lui ouvrit son cœur, et le petit oiseau entra dans la cage des côtes : il y fut pris d'amour, et battit des ailes au rythme des pulsations divines. En souvenir de cette visite, Jésus lui empreignit la lumière de son sang sur la poitrine. Désormais, l'oiseau était baptisé rouge-gorge. Chaque jour, un rouge-gorge témoigne discrètement de cette sorte de légende sur la branche du temps. Qu'il en tire profit, celui qui a des oreilles pour entendre.

Troisième légende

C’était la deuxième nuit après Noël. Il faisait froid et le feu allumé à l'entrée de l'étable s'éteignait doucement. A l'intérieur, couchés sur la paille, chacun dormait en frissonnant. Le Bon Dieu, attentif du haut du ciel, interpella un petit oiseau gris et brun qui picorait à ses pieds : « Descend, et va ranimer le feu ; je ne veux pas que mon Fils ait froid ». L'oiseau s'envola et descendit vers Bethléem. Arrivé à l'étable, il s'approcha de ce qui restait du feu : un tas de cendre sous lequel couvaient quelques braises, et sur lequel restaient quelques branchages qui n'avaient pas encore brûlé. L'oiseau se percha sur une grosse bûche préparée devant le foyer et agita ses ailes. Peu à peu, sous la force du courant d'air, les cendres s'écartèrent, puis les braises se mirent à rougeoyer. Leur chaleur devint si forte que les plumes de la petite bête roussirent. Mais décidée à achever sa tâche, elle supporta la douleur jusqu'au moment où les flammes jaillirent, embrasant les branchages au dessus. La flamme réveilla Joseph, qui se leva pour nourrir le feu. Il se mit à faire bon dans l'étable. Alors, se tournant vers l'oiseau, saint Joseph lui dit : « Pour rappeler ton dévouement à l'enfant Jésus, ta poitrine gardera la couleur rouge du feu, et tu t’appellera désormais le rouge-gorge ».

 Source : http://feliphoto.canalblog.com/

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 21:38

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Qui ne connaît l’histoire des rois mages qui, guidés par une étoile, se rendirent à Bethléem rendre hommage à l’enfant Jésus ?

Le premier s’appelait Gaspard. Il avait le teint clair des Européens, et apportait de l’or.

Le second, Melchior, avait la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie. Celui-là était porteur d’encens.

Le troisième, Balthazar, était couleur de nuit sans lune et ses dents brillaient comme brillent les dents des Africains. Ce dernier offrit à l’enfant Jésus de la myrrhe.

On sait moins ce qui leur advint sur le chemin du retour. Ils étaient savants en beaucoup de choses, certes, mais cela n’empêcha point qu’ils se perdirent bel et bien, n’ayant plus le secours de l’étoile pour les aider. Après avoir erré plusieurs jours dans le désert, à bout de nourriture et sans eau, ils aperçurent enfin une misérable cahute devant laquelle se tenaient un couple et deux enfants. Les joues décharnées, les yeux brillants de faim, ils firent pourtant bon accueil aux mages, les invitèrent à entrer, et leur offrirent un peu du peu qu’ils avaient : de l’eau pour se rafraîchir.

- C’est que nous avons faim aussi, dit Melchior. Un peu de pain, même rassis, ferait l’affaire.

- Hélas, soupira la femme, nous n’avons plus qu’un peu de farine, de lait, d’huile d’olive, une noisette de beurre ; juste de quoi faire une galette que nous partagerons entre les enfants.

Ensuite, il ne nous restera plus qu’à nous jeter dans le puits ou à mourir de faim. Les mages se regardèrent.

- Faites la galette ma brave femme, dit Gaspard.

La femme obéit. La galette était tout juste suffisante pour une personne.

Gaspard, qui avait le teint clair des Européens, plia la pâte en deux, et la galette doubla en volume. Melchior, le mage à la peau brune des gens de Palestine et d’Arabie, plia de nouveau la pâte en deux, et il y en eu pour quatre. Balthazar, le roi Nègre couleur de nuit sans lune, plia encore la pâte en deux, et il y en eut pour huit. Le couple remercia chaleureusement les mages. La femme étala la pâte et mit la galette à cuire. Elle était dorée à point. L’homme se gratta la tête, le couteau à la main.

- C’est que cette galette est une galette pour huit, et nous sommes sept. Le partage sera difficile.

- La huitième part est celle du mendiant, dit Balthazar.

- Quel mendiant, dit homme ?

- Celui qui vient et que vous ne voyez pas encore.

rois-1.gifÀ ce moment-là le plus jeune des enfants, un garçon, recracha quelque chose. C’était une bague que Melchior avait glissée – volontairement ou non, l’histoire ne le dit pas - dans la pâte. L’enfant voulut rendre le bijou. Le mage sourit, ôta la couronne de sa tête et en coiffa l’enfant. Tout enfant est roi, dit-il. Tel est le message que délivrera un autre enfant, né il y a peu non loin d’ici. Pour commémorer ce jour, je veux que chaque année on fasse une galette, qu’on n’oublie pas la part du pauvre, qu’on y glisse une fève pour désigner un roi ou une reine, ne serait-ce que pour une journée. Les pauvres gens promirent de respecter la volonté des mages. C’est ainsi que naquit la tradition de la galette des rois, qu’elle se répandit, et qu’on se la transmit jusqu’à nos jours.

 

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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 15:54

On sait que Jésus est né dans une étable. Mais dans l’étable, il n’y avait pas que lui et ses parents, Joseph et Marie. Même le lendemain matin, après le départ des mages et des bergers. Il y avait aussi des animaux. Le bœuf et l’âne, bien sûr, c’est connu, mais pas ceux-là seulement. Si l’on ne parle que d’eux, c’est parce qu’ils se sont bien débrouillés. Où que ce soit, il y a toujours des malins qui s’arrangent pour être sur la photo.

Le bœuf, par exemple, s’était installé là, il trônait. Il avait failli se faire sortir, Joseph trouvait qu’il était de trop. Il estimait que ce n’était pas la place d’un balourd comme lui. Il avait commencé à lui donner des tapes sur l’arrière-train pour le mener dehors. Mais Marie avait dit : « Non, laisse-le ! Au contraire, fais-le approcher, il va réchauffer le petit, il fait froid. » Et le bœuf se gonflait d’orgueil. Presque autant que la grenouille de Jean de la Fontaine. Bon, on dira ce qu’on voudra, ce bœuf était utile.

Mais Joseph n’avait pas remarqué qu’au fond de l’étable, il y avait aussi un âne. Celui-ci, voyant le succès du bœuf, a voulu se faire remarquer. Il s’est mis à chanter : « Hi-han, hi-han ! » Marie a dit : « Ah non, fais-le taire, c’est horrible ! Mets-le dehors, il va faire peur au petit ! » Mais Joseph a répondu : « Je pense qu’il vaut mieux le garder. On ne sait jamais, on aura peut-être besoin de lui. » C’était bien vu, parce que quelques jours plus tard, ils en ont eu besoin, de cet âne. Ils se sont enfuis avec lui, qui portait Marie et le bébé. Les soldats du méchant roi Hérode voulaient le tuer, cet enfant-là ! Joseph a donc fait avancer l’âne près du bébé. Une bête en sus, ça fait de la chaleur en plus. Et du coup, l’âne devenait utile, lui aussi.

Donc : le bœuf et l’âne. Mais en réalité il y avait bien d’autres bêtes dans cette étable ! D’abord il y avait des chiens. Il y a toujours des chiens dans les environs d’une étable. Ils montent la garde. Essayez d’entrer dans la cour d’une ferme et de vous approcher de l’étable ! Vous verrez si les chiens n’arrivent pas à toute allure ! Ils aboient, et ils montrent les crocs en grognant ! Mais là, on les avait fait entrer à cause du froid. À condition qu’ils restent près de l’entrée, ils avertiraient en cas de danger. Ils étaient utiles.

Mais il y avait aussi des animaux qui n’étaient pas utiles, dans cette histoire. Simplement, on n’avait pas pensé à les chasser. Tenez, les chauves-souris, la tête en bas, accrochées aux poutres tout là-haut. On n’allait pas les déranger, les réveiller, elles auraient effrayé Marie. Ça aurait réveillé aussi le bébé. Et il y avait les petites souris, et même quelques gentils gros rats. Pas rassurés, ni les unes ni les autres, bien cachés dans leur trou. Mais quand même curieux, le nez frémissant juste sorti, pour savoir : « Qu’est-ce qui se passe ?  Pourquoi tout ce tintouin, au petit matin, en plein hiver ? » Vous voyez, il y avait beaucoup d’animaux, dans cette étable. Et même, il y en avait un qui se réveillait juste à l’instant. Il dormait tout l’hiver, d’habitude, bien mussé dans la paille. Sous un tas de brindilles et de copeaux. Bien au chaud, bien tranquille. Un petit hérisson qui avait drôlement sommeil et qu’on avait réveillé. « On ne peut plus être tranquille, de nos jours, dans une étable, se disait-il. Serait-ce seulement pendant trois malheureux mois ! Je vois bien ce que c’est, ce sont encore ces humains ! Une espèce qui n’arrête pas d’embêter tout le monde ! Et ça fait du bruit, et ça se dispute, et ça crie, et ça se bat, et ça pleure, et ça chante ! Une sale engeance. Pas vraiment utile. »

Ça y est, il était réveillé, il ne pourrait plus se rendormir… Tant qu’à y être, autant aller voir ce qui se passe. Et ce hérisson, qui s’appelait Chpictou, a sorti tout doucement le nez de son nid, lui aussi. Prudemment, lentement, silencieusement. Il y avait de la lumière, dans un coin de l’étable. On avait fait du feu, apparemment, loin du tas de paille et du foin. Il y avait des gens auprès du feu, semblait-il. On entendait même un drôle de bruit, comme celui que ferait un petit être nouveau-né. Le problème de Chpictou, c’était qu’il était miraud. Les hérissons n’ont pas de bons yeux. Pas aussi pire que ceux de la taupe, bien sûr, mais quand même. D’ailleurs, je le précise, dans l’étable il n’y avait pas de taupe. Les taupes étaient dehors, bien enfouies dans la terre, le long des murs. Notre hérisson s’avance donc un peu pour mieux voir. Et puis encore un peu. Et puis encore un peu. Et puis encore un peu. Si bien que Marie l’a vu.

Elle l’a regardé en souriant. Quand on voit un joli petit hérisson, en général on sourit. Mais quand Marie souriait à quelqu’un il se passait quelque chose. Celui ou celle qui avait reçu ce sourire perdait les pédales. En quelque sorte il devenait amoureux. Je me demande d’ailleurs si, quelques mois auparavant, l’archange Gabriel lui-même… Car certaines des paroles qu’il avait adressées à Marie… Mais pour revenir à notre hérisson, il ne peut plus se tenir. Il s’approche tout près.

Marie était en train de commencer à laver le bébé. Elle l’avait démailloté, et elle cherchait quelque chose qui aurait pu lui servir d’éponge. Pour nettoyer le derrière du bébé. Alors Chpictou s’est avancé, il s’est proposé. Marie a éclaté de rire : « Ah oui, vraiment ! Je me vois bien en train de caresser le derrière de mon bébé avec les piques d’un hérisson ! » Et Joseph a donné un coup de pied à Chpictou pour le chasser. Pas un grand coup de pied mais quand même. Un petit coup du côté du pied, juste pour se débarrasser de la petite bête.

Ça l’a fait rouler plus loin. Et là, pendant un bon moment, il est resté en boule, toutes piques dressées. Que voulez-vous, on ne se refait pas, un hérisson, ça se hérisse. Mais au bout d’un certain temps, il s’est remis à regarder. Ah comme il aurait aimé être à la place de ce bébé, bien calé dans les bras de Marie ! Tout contre sa poitrine ! Bon, il était clair pour lui que le barbu qui l’avait chassé était jaloux de lui. Il voulait rester seul avec la femme et le bébé. Mais Marie, elle le regardait à nouveau, lui, et elle lui souriait. « C’est vrai, pensa-t-il, elle m’aime ! » Et en fait, il avait raison. Marie n’était pas amoureuse de lui comme il le croyait, bien sûr, mais elle le trouvait chou. Mignon.

Le voilà donc qui s’approche à nouveau. Il avait remarqué que le méchant barbu s’était assoupi. Donc il s’approche, il s’approche, il s’approche tout près. Tout près, si près d’elle qu’il touche son vêtement. Elle ne s’en aperçoit pas, elle pense à autre chose, bien sûr. Elle est en train de mettre dans son cœur toutes ces choses qui arrivent. C’est ce qu’on peut lire dans l’évangile. Mais le bébé le voit. Le bébé est content, il voit le hérisson et ça le fait rire.

On dira, bien sûr, qu’un bébé nouveau-né ne voit rien et ne sait pas encore rire. Il y a toujours des gens qui gâchent tout, même une histoire de Noël. Moi ce que je dis, c’est que ce bébé-là, il voyait et il riait – là ! Mais Marie n’a pas compris pourquoi le bébé riait. Elle a cru qu’il était tout simplement content. Elle l’a regardé, elle lui a souri, elle a même ri, elle aussi. De plaisir, de bonheur. Et pendant qu’elle riait, le hérisson a grimpé le long de son vêtement. Et tout à coup, Marie a senti quelque chose de piquant, mais alors de très piquant. Ça lui "caressait" la poitrine. C’était Chpictou.

Elle a crié, le bébé a pleuré. Joseph s’est réveillé, il a juré. Ben oui, Joseph, c’était un charpentier, et quand un charpentier est en colère, il jure. Y a pas de mal à ça. Et il a voulu attraper le hérisson et le jeter au loin, très violemment, ça se voyait. Mais Marie l’a arrêté. Elle a dit : « Regarde comme il est mignon ! » Et ses paroles ont calmé le bébé qui s’est rendormi, et Joseph aussi c’est calmé. Joseph, quand Marie le regardait d’une certaine manière, même furieux il se calmait.

Mais il a dit quand même : « Il est peut-être mignon, mais ici il sert à quoi ?  Il ne sert qu’à piquer les gens et à leur faire du mal. » Le pauvre Chpictou, il est devenu très triste. Il se disait ; « C’est vrai, à quoi je sers, à quoi ça sert un hérisson ? » Un charpentier est forcément porté à se demander à quoi servent les choses. Et là, il pensait qu’il ne servait à rien, ce hérisson. Surtout dans cette histoire où vraiment, il était en trop. C’était l’histoire de ce bébé, en fait. Pas une histoire de hérisson !

À quoi peut bien servir un hérisson dans une histoire de Noël ? Une histoire avec des anges qui chantent très bien pour l’arrivée du bébé. Ou avec des mages, qui sont de grands savants qui viennent féliciter le bébé. Ou alors, si vous préférez, des rois qui apportent des cadeaux au bébé. Ou des bergers qui arrêtent de garder les troupeaux pendant la nuit pour venir voir le bébé. Ou même une histoire avec un bœuf et un âne. Qui ne sont pas dans les évangiles, c’est vrai, mais qui tiennent quand même chaud au bébé.

« Bon d’accord, a dit Marie, il ne sert à rien, et alors ? » Elle voulait dire qu’il ne servait à rien dans cette histoire de Noël. Parce qu’en dehors de cette histoire les hérissons sont très utiles. En été ils nettoient les jardins. Mais en hiver, dans une étable d’il y a deux mille ans, un hérisson ne sert à rien. Surtout pour s’occuper d’un bébé ou d’une jeune accouchée. Bref, Marie avait pris le petit hérisson dans ses mains, elle le regardait amicalement. « On n’a pas besoin de servir à quelque chose ! Même si l’on ne sert pas à grand’ chose, on peut être un personnage important. Surtout dans cette histoire ! »

Et elle avait raison. C’était une histoire, celle du bébé, qui disait à quel point tout le monde est important. Chaque personne : grand ou petit, roi ou mage, ange ou berger. Grand gaillard charpentier ou jeune maman. Grand barbu ou petit piquant. C’est une histoire pour dire ça. Le hérisson était donc là, et tant mieux s’il était inutile.

Eh bien depuis lors, on a peint très souvent les personnages de cette histoire. L’histoire de la naissance du bébé-messie. On en a fait des tableaux. Et chaque fois qu’on l’a peinte, le petit hérisson s’y trouve. Si, si, si. Mais bien sûr, on ne le voit pas. Comme c’est l’hiver, il dort, bien à l’abri, bien caché aux pieds de Marie. Si vous regardez bien, vous verrez peut-être un de ses piquants apparaître. Tenez, juste derrière une sandale.

Elle a de jolis pieds, Marie, vous ne trouvez pas ?

Décembre 2009

Source : https://alexandre2.pagesperso-orange.fr/

 

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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 14:57

Tandis que les bourreaux du roi Hérode, féroces et tout couverts de sang, fouillaient la région de Bethléem pour égorger les petits enfants, Marie se sauvait à travers les montagnes de Judée, serrant le nouveau-né sur son cœur tremblant. Joseph courait à l'avant lorsqu'ils apercevaient un village, pour y demander l'hospitalité ou même un peu d'eau pour baigner le petit. Hélas, les gens étaient ainsi faits, dans ce pays si triste, que personne ne voulait rien donner, ni eau, ni abri, pas même une bonne parole.

Or, tandis que la pauvre mère se trouvait ainsi seule, assise au bord du chemin pour allaiter le petit, tandis que son époux menait l'âne à boire à un puits communal, ne voilà-t-il pas que des cris se firent entendre à peu de distance. En même temps, le sol trembla sous le galop des chevaux approchant.

- Les soldats d'Hérode !

Où se réfugier ? Pas la moindre grotte, ni le plus petit palmier. Il n'y avait près de Marie qu'un buisson où une rose s'ouvrait.

- Rose, belle rose, supplia la pauvre mère, épanouis-toi bien et cache de tes pétales cet enfant que l'on veut faire mourir, et sa pauvre mère à demi morte. La rose, en fronçant le bouton pointu qui lui servait de nez, répondit :

- Passe vite ton chemin, jeune femme, car les bourreaux en m'effleurant pourraient me ternir. Vois la giroflée, tout près d'ici. Dis-lui de t'abriter. Elle a assez de fleurs pour te dissimuler.

- Giroflée, giroflée gentille, supplia la fugitive, épanouis-toi bien pour cacher de ton massif cet enfant condamné à mort et sa maman épuisée.

La giroflée, tout en secouant les petites têtes de son bouquet, refusa sans même s'expliquer :

- Va, passe ton chemin, pauvresse. Je n'ai pas le temps de t'écouter. Je suis trop occupée à partout me fleurir. Va voir la sauge, tout près d'ici. Elle n'a rien d'autre à faire que la charité.

- Ah ! Sauge, bonne sauge, supplia la malheureuse femme, épanouis-toi pour cacher de tes feuilles cet innocent dont on veut la vie, et sa mère, à demi morte de faim, de fatigue et de peur.

Alors tant et si bien s'épanouit la bonne sauge qu'elle couvrit tout le terrain, et de ses feuilles de velours fit un dais, où s'abritèrent l'Enfant Dieu et sa mère.

Sur le chemin, les bourreaux passèrent sans rien voir. Au bruit de leurs pas, Marie frissonnait d'épouvante, mais le petit, caressé par les feuilles, souriait. Puis, comme ils étaient venus, les soldats s'en allèrent.

Quand ils furent partis, Marie et Jésus sortirent de leur refuge vert et fleuri.

- Sauge, sauge sainte, à toi grand merci. Je te bénis pour ton bon geste dont tous désormais se souviendront.

Lorsque Joseph les retrouva, il avait de la peine à soutenir le train de l'âne tout ragaillardi par une vaste platée d'orge qu'un brave homme lui avait donnée.

Marie remonta sur la bête en serrant contre elle son enfant sauvé.

Et Michel, l'archange de Dieu, descendit des hauteurs du ciel pour leur tenir compagnie et leur indiquer le plus court chemin par lequel se rendre en Égypte, tout doucement, à petites journées.

C'est depuis ce temps-là que la rose a des épines, la giroflée des fleurs malodorantes, tandis que la sauge possède tant de vertus guérissantes :

Comme l'on dit en Provence :

« Celui qui n'a pas recours à la sauge ne se souvient pas de la Vierge ».

Joseph Roumanille (repris par M. Toussaint-Samat)

Le Livre de Noël.

gifs pere noel - Le blog de lemondedesgifs.over-blog.com

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 17:33

adventskranz100 v-contentgrossVoici la légende des 4 bougies de l’Avent

Quatre bougies brûlaient dans leur bougeoir de l'Avent. Le silence régnait, et on entendait les bougies se parler.

La première bougie soupira et dit : "Mon nom est Paix, je brille d'une lumière claire, mais les humains ne souhaitent pas la paix, ils ne me veulent pas". La flamme se réduisit et finit par s'éteindre.

La deuxième bougie dit : "Mon nom est la Foi, mais je suis devenue inutile. Les humains ne souhaitent plus connaître Dieu. Ma flamme n'a plus de sens". Elle s'éteint.

Triste et avec une douce voix, la troisième bougie dit : "Mon nom est Amour, je n'ai plus la force de brûler, les humains m'ignorent, ils ne voient qu'eux-mêmes et pas ceux qu'ils devraient aimer". Et la troisième bougie s'éteint également.

Un enfant arriva dans la pièce avec les larmes aux yeux : "Votre rôle est de brûler et non pas de vous éteindre". Soudain on entendit la voix de la quatrième bougie : "Ne t'inquiètes pas, aussi longtemps que je brûle, je peux rallumer les autres. Mon nom est Espoir."

L'enfant pris la flamme de l'Espoir et ralluma celle de la Paix, la Foi et l'Amour.

Pour les chrétiens, cette couronne est aussi le symbole du Christ Roi, le houx rappelant la couronne d'épines posée sur la tête du Christ avant sa mise en croix.

Elles marquent les quatre dimanches qui précédent Noël.

Que symbolisent ces 4 bougies ?

Les grandes étapes du salut avant la venue du messie.

  • La première est le symbole du pardon accordé à Adam et Ève
  • La deuxième est le symbole de la foi d'Abraham et des patriarches qui croient au don de la terre promise
  • La troisième est le symbole de la joie de David dont la lignée ne s'arrêtera pas. Elle témoigne de l'alliance avec Dieu
  • La quatrième est le symbole de l'enseignement des prophètes qui annoncent un règne de justice et de paix 

Il sera là lorsque la dernière bougie sera allumée.

 Le plus souvent les bougies sont rouges pour évoquer le feu et la lumière. Sur les couronnes d'inspiration suédoise, les bougies sont blanches, couleur de fête et de pureté. En Autriche on les choisit violettes car cette couleur est symbole de pénitence.

 

Vier Kerzen brannten am Adventskranz. So still, dass man hörte, wie die Kerzen zu reden begannen.

Die erste Kerze seufzte und sagte: “Ich heiße Frieden. Mein Licht leuchtet, aber die Menschen halten keinen Frieden. “

Ihr Licht wurde immer kleiner und verlosch schließlich ganz.

Die zweite Kerze flackerte und sagte: “Ich heiße Glauben. Aber ich bin überflüssig. Die Menschen wollen von Gott nichts wissen. Es hat keinen Sinn mehr, dass ich brenne.”

Ein Luftzug wehte durch den Raum, und die zweite Kerze war aus.

Leise und traurig meldete sich nun die dritte Kerze zu Wort. “Ich heiße Liebe. Ich habe keine Kraft mehr zu brennen. Die Menschen stellen mich an die Seite. Sie sehen nur sich selbst und nicht die anderen, die sie lieb haben sollen. “

Und mit einem letzten Aufflackern war auch dieses Licht ausgelöscht.

Da kam ein Kind in das Zimmer. Es schaute die Kerzen an und sagte: “Aber, aber, Ihr sollt doch brennen und nicht aus sein!” Und fast fing es an zu weinen.

Da meldete sich auch die vierte Kerze zu Wort. Sie sagte: “Hab keine Angst! Solange ich brenne, können wir auch die anderen Kerzen wieder anzünden. Ich heiße Hoffnung.”

 Mit einem Streichholz nahm das Kind Licht von dieser Kerze und zündete die anderen Lichter wieder an.

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26 juin 2020 5 26 /06 /juin /2020 16:31

À travers cet album dépaysant et d'une grande fraîcheur, le lecteur découvrira la vie exceptionnelle d'une jeune bergère du XVIIème siècle. Pendant plus de 50 ans, Benoîte a dialogué avec la Vierge Marie, a suivi ses conseils et s'est dévoué à l'accueil de ceux qui avaient besoin d'être écoutés.

Bonne lecture à tous !

Pour commander cet album, cliquez sur l'image.

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 20:47

Voilà l’histoire vraie de la bête à Bon-Dieu... Au temps jadis, au Moyen Age, sans doute, un homme fût accusé d’un crime qu’il n’avait pas commis. Ses juges ne l’en condamnèrent pas moins à être décapité. Comment prouver son innocence, quand tout et tous l’accusent ? Au moment où le malheureux allait poser la tête sur le billot, il aperçu une coccinelle et, craignant de l’écraser, il la saisit délicatement pour l’éloigner de l’instrument de supplice. Les juges qui étaient présents virent ce geste. Ils se regardèrent avec étonnement et, d’un commun accord, décidèrent qu’un homme qui faisait preuve d’un cœur aussi sensible ne pouvait être un criminel. L’innocent fût gracié séance tenante, et les spectateurs convaincus que le Très-Haut avait envoyé la bestiole pour sauver le condamné, donnèrent spontanément à l’insecte sauveur le nom de Bête à Bon Dieu. Et depuis ce jour, la coccinelle s’appelle la «Bête à Bon Dieu».

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1 février 2020 6 01 /02 /février /2020 18:56

Je t’aime beaucoup

Dans une famille, il y avait une maman avec trois petites filles : la plus grande s'est approché de sa maman, lui a mis un bras autour du cou et lui dit : "Écoute maman, je t'aime beaucoup ; quand je serai grande, je t'achèterai une belle voiture, pour que tu ne te fatigues plus en allant faire les courses". La deuxième petite fille a suivi l'exemple de la première et lui dit : "et moi quand je serai grande, je t'achèterai une maison magnifique, avec beaucoup de serviteurs, pour que tu n'aies plus à travailler". Maman sourit à toutes les deux, puis elle a regardé la plus petite de sept ou huit ans et lui demanda : "Et toi, qu'est-ce que tu dis à maman ?". La petite a répondu : "Tu sais, maman, que je t'aime et je finis de t'aider à faire la vaisselle ".

Les deux premières filles ont une affection apparente, elles pensent à l'avenir sans rien donner de soi dans le présent ; la plus petite fille, faisant les affaires domestiques aime la mère d'un amour plus concret.

Source : Frate Indovino

 

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26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 22:09

Le Vieillard Siméon

Le Haut-Pays dormait à genoux dans la neige. A travers la fenêtre, le vieillard Siméon le contemplait au repos sous la lumière bleutée de l'hiver. Demain, la terre reprendra floraison. Elle lèvera ses moissons vers le soleil. C'est dans le cycle ininterrompu des saisons que Siméon avait tenu tête à la douleur. Depuis longtemps, il avait perdu sa jeune femme. Mais maintenant, son fils continuait la lignée de sa race montagnarde. Tous les secrets paysans, il les lui avait appris avec son parler terrien. Il pouvait s'en aller. Il ne mourrait pas. Des mains pareilles aux siennes avaient repris les mancherons de la charrue. Son cœur fatigué battait déjà dans la jeunesse d'un autre sang, celle de Jérôme, son unique enfant. Ce soir, il redescendra de la vallée. Il sera devant lui debout, comme un autre Siméon de vingt ans. Face à sa vieille chair, songe égaré en plein jour, Jérôme se dressera de toute sa vie ardente. Il lui dira que l'avalanche des Montis est coupée et que les habitants du haut village de Fionnay sont enfin débloqués. Le poids du silence emplissait la maison. Pour tromper son attente, Siméon s'est retourné vers le fourneau de pierre ollaire et il commence un soliloque avec les ombres des êtres marquées sur la serpentine grise. Que de fois n'avait-il pas raconté ses exploits de berger ! A cette heure, il recommençait. Tout là-haut, c'est le pâturage de Nichlyri. L'alpage de Sery monte à près de trois mille mètres. La montagne hurle à travers les tempêtes de neige. Un vrai temps d'hiver, en plein mois d'août. Pas d'abri. Impossible de descendre vers les étables, à cause du danger des précipices. Tenaillé par la faim, battu par le froid, le troupeau se révolte. Trois cents cornes de la race belliqueuse des vaches d'Hérens vous cernent menaçantes. Il faut ruser pour sauver la situation. D'un moment à l'autre, les bêtes risquent de forcer le passage de descente et ce sera la course à la catastrophe. Alors, Siméon a pris la tête du troupeau, comme lorsqu'il le conduisait à la pâture, et il le fait tourner en rond sur les prairies escarpées. En piétinant assez, les vaches ont mis à nu un peu d'herbe et elles se sont calmées un instant. Il était temps, car les bergers n'en pouvaient plus, et Siméon allait choir devant la horde animale qui l'aurait écrasé. Le soleil chassa enfin la tourmente et vint attiser les ardeurs taurines de la race des vaches guerrières. Partout des luttes à mort, comme au jour de l'inalpe. Des yeux de braise flamboient et la neige se tache de sang. La nuit est tombée sur la maison du vieillard Siméon et le maître berger d'antan continue de dialoguer avec les ténèbres, parce que son fils Jérôme n'est pas encore revenu. Pierres éclatées, troncs de mélèzes saignants, sapins brisés, racines en l'air encombrent l'avalanche des Montis, lave géante qui s'étire le long du ravin jusqu'à la Dranse. Pelles, pioches, tintent dans la tranchée de neige à travers laquelle s'enfoncent les hommes comme des tarières. Bientôt, la masse de glace sera sectionnée et les vivres pourront parvenir par la route aux reclus de Fionnay. Les ouvriers travaillent avec fièvre, car la montagne gronde par-dessus leurs têtes. Sur l'autre rive de la vallée, un guetteur veille à la tempête qui balaye les sommets. Nulle crainte d'une avalanche de fond, mais la poudreuse, plus terrible encore, reste toujours possible. Là-haut, une tornade de neige monte en vrille vers l'horizon qui fume. Un bruit de tonnerre emplit les espaces. Alarme ! Le fusil du guetteur claque pour donner le signal du danger aux camarades. Trop tard. La poudreuse fond déjà sur la pente. Sauve qui peut ! A peine ont-ils pris la fuite, que le cyclone s'abat sur les montagnards et les emporte, fétus de paille précipités dans l'abîme.

La tornade passée, les hommes se recherchent, se regroupent. Il faut poursuivre la tâche. Hélas, trois compagnons manqueront à l'appel : Camille Maret, Joseph Michaud et Jérôme de Siméon. Pas de temps à perdre. Rien à céder à la peur. Les rescapés se remettent rageusement au travail. Ils ont jeté un défi aux colères de l'alpe en rumeur. Une seule volonté les tient : arracher les trois jeunes gens à la mort blanche. On dépêche une estafette au prochain village pour chercher du secours. Une colonne de volontaires est bientôt-là qui fouille la neige. Des falots errent dans la nuit, rapace qui étend ses ailes d'ombre sur une frêle espérance. L'angoisse étreint les dernières heures de cette vigile de Chandeleur. Enfin, les sauveteurs ont pu dégager les corps de Camille Maret et de Joseph Michaud. Hélas, ils n'étaient plus que des cadavres. « Fiat voluntas tua », ont dit amèrement les hommes avant d'incliner leur front têtu devant le mystère de Dieu, qui venait de les frapper dans leurs amis. Jérôme de Siméon restait toujours à trouver. On ne s'en irait pas avant de le ramener au jour. Le matin blanchissait déjà et l'espoir semblait avoir fui avec la nuit. Un nouveau cercueil s'ajouterait-il aux autres ? Les montagnards n'osaient s'interroger du regard, tout en cherchant sans relâche la dernière victime. Le guetteur affirmait avoir vu disparaître Jérôme du côté du rocher, à l'endroit marqué d'une croix dans la pierre. Les hommes s'y portèrent. Fallait-il encore croire à quelque chance ? L'abri rocheux était rempli de neige. Jérôme aurait-il été soufflé dans ce trou, où il serait emmuré vivant ? Le malheur les accroche au plus fol des espoirs. Pendant que les sauveteurs s'acharnent à lutter de vitesse contre la mort, Maurice d'Antoine descend tristement la vallée. Il doit porter la tragique nouvelle au vieillard Siméon. Sans rien dire, tête baissée, il traverse les hameaux en deuil, car on sait déjà le malheur qui est tombé du haut de la montagne. Là-bas, le village de Châblières joint la prière de ses toits autour de l'église. A l'ombre du clocher, Siméon attend dans l'anxiété son fils qui n'est toujours pas rentré. En passant près du sanctuaire, Maurice s'est arrêté. La lampe du Saint Sacrement allume un coin de vitrail du chœur. On célèbre les offices de la Chandeleur. Le chant sacré parvient jusqu'à lui. Maurice écoute un instant l'antienne de la procession des lumières qui monte comme une invincible espérance le long de la flèche gothique. « Orne, ô Sion, ta demeure nuptiale pour accueillir le Christ Roi ; ouvre ton cœur à Marie, porte du ciel ; car elle tient entre ses bras le Roi de gloire à qui nous devons une lumière nouvelle. Voici que la Vierge offre de ses mains un Fils que le Père engendra bien avant la création de tous les luminaires. Siméon le reçut sur son cœur, en annonçant aux peuples qu'il est le Maître de la vie et de la mort, le Sauveur du monde ».

— Qu'est devenu mon fils ? demanda Siméon suppliant à Maurice qui entrait dans le désert de la chambre.

— L'avalanche poudreuse est descendue et l'a emporté.

— L'a-t-on retrouvé ?

— Hélas, on a cherché toute la nuit et on le cherche encore. Il y a bien peu de chance...

Un instant de silence écrasa la tête à tête des deux hommes avec le malheur.

— Alors, s'écria le vieillard dans un sanglot, je serai donc seul désormais. Perdu à jamais mon unique espoir.

Maurice ! Maurice ! dit-il en tendant ses mains tremblantes, Dieu ne peut pas permettre que cette goutte de sang qui me vient de lui soit irrémédiablement anéantie, le jour même où mon saint patron a porté son Fils dans ses bras. Détruite ma race terrienne ? Quelqu'un d'autre que les miens s'installera dans cette maison ? Prendra possession de mes champs ? De mes bêtes ? Mon fils mort sans les prières de l'agonie ? Cela, Dieu ne peut pas le permettre non plus. Moi, son fidèle serviteur, qu'ai-je donc fait au ciel pour mériter tant de malheurs à la fois ?

Le vieillard Siméon secoua son cœur usé et se dressa de toute sa vigueur paysanne contre la cruauté du destin. Ses restes de chair humaine se levèrent le long du fourneau de pierre ollaire. Siméon voulait partir là-haut aux Montis. Son fils, il le retrouverait vivant. A peine eut-il essayé un pas, qu'il retomba, masse impotente sur le plancher de mélèze. Maurice ramassa ce grand corps vaincu et le déposa dans le fauteuil. Siméon sanglotait comme un enfant. Au milieu de ses pleurs, il appelait Jérôme par tous les noms de tendresse qu'un père peut donner à son petit en le berçant pour l'endormir. Tout à coup, Siméon releva la tête. Maurice vit une nouvelle espérance qui mangeait les yeux du vieil homme.

— Ecoute, Maurice, dit-il. Toi, tu es encore fort. La montagne n'a pas de secret pour toi. Tu sais comment il faut sonder méthodiquement une avalanche. Tu le trouveras mon Jérôme. Tu me le ramèneras vivant, vivant... Remonte jusqu'au couloir des Montis. Va, pendant qu'il en est encore temps. Va ! Va ! Nul n'aurait pu résister à cette suprême prière du vieillard et Maurice d'Antoine reprit le chemin de la haute vallée. La sonde d'avalanche vient de rencontrer la résistance d'un corps à travers la neige engouffrée sous l'abri rocheux des Montis.

— Il est là, crie le sondeur.

Tous les sauveteurs se précipitent au lieu indiqué. Ils n'ont plus assez de leurs bras armés de pelles et de pioches pour creuser, ils y vont de leurs gros souliers ferrés. Il faut faire vite. Toutes les minutes valent une vie. Bientôt, une forme humaine se dessine dans la neige. Ça y est. Le corps de Jérôme est complètement dégagé. On le retourne face au ciel. Un camarade lui déplie les bras qui emprisonnent la tête. Les montagnards revoient un de leurs visages amis. Les dents mordent encore le rebord des manches du veston. L'infirmier Luisier s'est mis à l'écoute de la vie. Il a collé son oreille sur le cœur de Jérôme.

— Il bat ! Il bat faiblement, mais il bat ! A-t-il annoncé aussitôt, en saisissant les bras du gisant pour pratiquer la respiration artificielle. Un peu de sang commença à roser les joues du sinistré. Les forces revenaient à travers les membres engourdis et, lorsque Jérôme leva les paupières, ses yeux rencontrèrent tout un ciel de visages radieux penchés sur lui. La mort était vaincue. Soufflé miraculeusement par l'avalanche poudreuse dans le creux de la roche, Jérôme se trouvait prisonnier derrière un mur de glace. Un peu d'espace lui avait permis de ne pas mourir d'étouffement. Au fond de la grotte des Montis, la neige incrustait de sa blancheur l'intaille de la croix du salut, tracée dans la pierre de serpentine.

C'est coutume de Chandeleur dans le Haut-Pays ; au soir de la fête, une fillette du village va de maison en maison apportant le feu de l'église avec le cierge bénit. Pour être leur porte-lumière, cette année-là les enfants avaient choisi la petite Marie-Madeleine, car ses yeux toujours gardaient la clarté de la joie. Jamais encore elle ne fut grondée, ni par sa mère, ni par sa maîtresse. Personne n'aurait pu lui reprocher la moindre faute et partout, elle laissait sur son passage comme un rayonnement céleste. A son approche, les garçons cessaient leurs disputes et les larmes du vieillard, elle les irradiait d'un sourire. Dans la flamme de sa bougie qu'elle enveloppait des mains, Marie-Madeleine allait de porte en porte avec la grâce d'un ange et la sérénité d'une vierge. Elle pénétra chez Siméon, comme un éclat de soleil qui traverse un cristal.

— Grand-père Siméon, dit-elle au vieillard écrasé dans son fauteuil, je vous apporte la flamme bénie de Chandeleur. Ce cierge chassera le démon, éclairera votre cœur, tracera le signe de protection sur votre maison, sur vos champs, vos moissons, et sur vos troupeaux avant la montée à l'alpage. Vers l'enfant de lumière, Siméon leva ses yeux enfouis dans des mains brûlées de travail et de douleur.

— Que ferai-je de ce cierge si mon fils n'est plus ?

— Votre fils ? Dieu vous l'a rendu, grand-père Siméon.

Maurice d'Antoine vient de l'annoncer au village. On l'a retrouvé vivant sous la croix du rocher des Montis.

— Tu dis bien vrai, mon enfant ? Tu dis bien vrai ?

— Jamais je n'ai menti.

— Oh ! Alors Marie-Madeleine, puisque tu m'as apporté la joie, donne-moi ta pure flamme et ce cierge de Dieu. Donne-moi aussi ton front à baiser. Tu es mon espérance et je vois dans ton regard la plus sainte lumière du monde. Siméon étreignit l'enfant, puis s'allongeant sur son fauteuil, ses lèvres murmurèrent une prière de reconnaissance. Ses cheveux, d'une blancheur immatérielle, brillaient d'un halo de Chandeleur autour de son vieux front apaisé.

— Il vit... Il vit... répétait-il doucement. « Seigneur, vous laisserez maintenant votre serviteur s'en aller en paix, puisque mes yeux ont retrouvé leur salut »... Vivante, vivante, cette goutte de sang de ma génération terrienne... Demain, il faudra repartir, avec les saisons, dans les champs, vers les sommets, vers vous, mon Dieu... Grand-père Siméon se tut. La tête retomba lourdement sur la poitrine. Un rayon de clarté, plus éclatant que tous les flamboiements de la terre sembla jaillir de ce corps usé jusqu'à la mort par la douleur et la joie. Marie-Madeleine se pencha vers des yeux désormais éteints. Elle ferma pieusement les paupières du vieillard et lui joignit les mains. Puis elle posa son cierge dont la cire pleurait, au pied du crucifix d'arolle enfumé qui ouvrait ses bras cloués par-dessus toutes les larmes du monde. Jérôme pouvait revenir. Dans la dernière demeure de Siméon, une flamme d'espérance illuminait la nuit.

Marcel MICHELLOD

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3 janvier 2020 5 03 /01 /janvier /2020 09:02

L’enchantement était terminé ; comme s’il eût voulu faire comprendre à ses adorateurs lointains que le moment était venu de retourner dans leur pays, le divin Enfant ferma les yeux, le nimbe de lumière qui auréolait sa tête s’adoucit et, avec un sourire, la Vierge mère posa un doigt sur ses lèvres. À ce signal, les anges qui chantaient encore le cantique triomphal, se turent subitement ; il se fit un grand silence et les trois Mages, se levant, quittèrent l’étable, graves et recueillis.

 

Retour des rois mages 01

À la porte, ils retrouvèrent les bergers qui se racontaient de l’un à l’autre, les merveilles accomplies. Ils arrivèrent au campement où leurs chameaux accroupis pêle-mêle, parmi les serviteurs, se livraient à l’insouciance du repos. Instinctivement, ils levèrent leurs yeux vers le ciel : l’étoile était là, plus brillante que jamais. Cependant un changement s’était opéré : tandis qu’au premier jour, ses rayons descendaient droits sur l’étable, ils s’inclinaient maintenant vers l’Orient. Les Mages comprirent sa muette invitation et bientôt la longue file des chameaux caparaçonnés d’étoffes aux voyantes couleurs, fut prête à prendre le chemin du retour.

Au pas cadencé des montures, elle défila par les rues étroites de Bethléem. Les Mages revirent le caravansérail où ils s’étaient arrêtés, le premier jour, en quête de renseignements ; ils passèrent la synagogue devant laquelle, indifférents aux choses qui venaient de changer la face du monde, des rabbins discutaient gravement ; ils franchirent la porte que gardait une cohorte de soldats romains et bientôt ils retrouvèrent la campagne sillonnée de troupeaux.

* * *

Et voilà qu’au moment de s’engager sur la route qui mène à Jérusalem, l’étoile, par ses rayons obliques, indiqua nettement la direction du désert, invitant les Mages à retourner par un autre chemin.

Sans doute avaient-ils promirent au roi Hérode de venir lui apprendre où se trouvait ce roi des Juifs qu’il voulait adorer à son tour : mais puisque l’étoile les guidait vers une autre route, c’est que Dieu le voulait ainsi. Ils suivirent l’étoile.

Pendant les trois jours qu’ils avaient passés au pied de la crèche, ils avaient tout oublié. Perdus dans l’adoration de l’Enfant divin qui leur souriait, ils avaient laissé, pour un instant, les pensées qui d’habitude hantaient leur esprit : le nombre de palmiers qui formaient leurs domaines, l’emplacement des puits où s’abreuvaient leurs troupeaux, le recensement des tribus qui leur obéissaient, les limites de leurs royaumes, les querelles qui les séparaient de leurs voisins, tout avait disparu dans le divin enchantement.

Et voilà que soudain, ils se ressouvenaient de toutes ces choses ; ils entendaient de nouveau retentir, à leurs oreilles, les paroles cauteleuses du vieil Hérode :

– Allez, informez-vous de cet Enfant, et quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir afin que j’aille, moi aussi, l’adorer.

Et ils se rendaient compte, maintenant, du regard à demi voilé qui accompagnait ces paroles. Les yeux du vieux renard annonçaient une âme ténébreuse et prête à tous les crimes. Du fond de son palais, sans doute guettait-il leur retour ; et quand il apprendrait leur fuite, peut-être enverrait-il, contre eux, ses armées. Mais que leur importait ? À ce moment, ils seraient loin ; devant eux s’ouvrait le désert, vaste plaine où le vent de la nuit efface la trace laissée durant le jour par le pied des chameaux.

* * *

Retour-des-rois-mages-02-copie-1.jpgEt la caravane, en longue file, continua son voyage jusqu’au coucher du soleil.

À la halte du soir, le chef de la caravane fit enlever les riches tentures qui ornaient les chameaux et les remplaça par des housses dont le gris pâle se confondait avec la teinte du sable. Les serviteurs revêtirent eux aussi des tuniques sombres.

La transformation terminée, il s’avança vers le roi Gaspar et, s’inclinant, il lui présenta une tunique de toile grossière.

– Le désert s’ouvre devant nous, dit-il ; il est infesté de brigands et de pillards ; s’ils aperçoivent des gens magnifiquement vêtus, ils s’imagineront que la caravane transporte une riche cargaison et ne manqueront pas de l’attaquer.

Melchior et Balthasar les rejoignaient en ce moment. Ils entendirent la remarque du chef caravanier.

– Est-il donc nécessaire de nous cacher ? Demanda Balthasar. Certes nous portons un immense trésor, mais il n’est pas de ceux qui attirent les voleurs.

– La paix est venue sur le monde, proclama Melchior, les anges l’ont chantée là-bas : Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ! Nous sommes les messagers de la bonne nouvelle et c’est notre devoir de l’annoncer même aux pillards du désert.

– Avançons sans crainte et sans subterfuges, conclut Gaspar ; Dieu avait-il caché aux yeux des méchants l’étoile qui nous a conduits ?

Et les rois Mages gardèrent les insignes de leur rang. Au matin, ils dirent adieu aux dernières collines et le pied des chameaux foula le sable brûlant. Ils marchèrent tout le jour.

Mais quand, le soir, ils s’arrêtèrent pour camper, le chef de la caravane revint vers eux. Son front était soucieux.

– Le chemin que nous suivons, dit-il, est loin des grandes pistes ; cependant j’ai relevé des traces nombreuses. Nous sommes sûrs de rencontrer des tribus pillardes qui ne respectent ni les biens des voyageurs ni même leur vie.

– Avançons quand même puisque l’étoile nous a indiqué ce chemin, dit Gaspar.

– Les traces que j’ai remarquées ne sont pas seulement celles des hommes, poursuivit le chef caravanier, j’ai démêlé parmi elles, les pistes des chacals affamés et celles, plus redoutables encore, du lion solitaire.

– Qu’importe, dit Melchior, n’avons-nous pas adoré Celui qui commande à toute la nature ? Il saura fermer la gueule du lion et de l’hyène, ou leur faire découvrir une autre proie.

Mais le chef de caravane insista.

– Je crains que nous ne puissions trouver des puits pour abreuver nos chameaux ; cette partie du désert me semble plus stérile que toutes les autres.

– Mais Lui, n’est-il pas la fontaine d’eau vive qui jaillit dans le désert ? Prononça Balthasar.

Et la caravane, après le repos de la nuit, reprit sa marche monotone.

* * *

Mais voilà que vers la fin du troisième jour, le chef de caravane courut de nouveau vers ses maîtres.

– Je l’avais dit, prononça-t-il, et maintenant nous voici en face des pillards. Ils sont là-bas qui nous guettent au passage du défilé, entre la double ligne de rochers qui resserre le chemin. Ils sont cinquante au moins ! Et armés !

La caravane s’arrêta. Les Mages déroulèrent leur turban et la couronne d’or, incrustée de pierreries qu’ils portaient sur leur tête, étincela aux rayons du soleil couchant. Ayant pris bravement la tête, ils s’avancèrent seuls au-devant des pillards.

Leur bande arrivait comme une trombe. Parvenue à une certaine distance, elle s’immobilisa soudain, se développant, comme un mur de défi.

– Halte ! Cria le Chef, maîtrisant avec peine sa monture, un superbe cheval arabe, au poil luisant, aux naseaux de feu.

Mais le cortège des Mages continua d’avancer au-devant des agresseurs.

– Halte ! Cria une seconde fois le chef, tirant du fourreau une dague étincelante.

Les Mages avançaient toujours.

Et voilà que soudain un cri d’effroi s’éleva de la troupe ; au-dessus des trois couronnes, plus brillantes que jamais, l’étoile lançait des rayons étincelants dont le reflet dépassait celui du soleil couchant.

Les pillards, saisis d’effroi, sautèrent à bas de leurs montures et, se prosternant dans le sable, ils redirent la salutation du désert :

– Salaam aleyk ! 1

– Nous vous retournerions le souhait, proclama Gaspar, si vous étiez des hommes de bonne volonté.

Et la bande des pillards, toujours saisis de crainte, se rangea pour laisser passer la caravane de la paix.

* * *

Trois jours encore, on avança dans le désert sans eau, mais chaque soir, un puits se trouvait là pour abreuver les chameaux.

Au quatrième, des formes indécises parurent à l’horizon ; pourtant le chef caravanier continua de cheminer tranquillement au pas de son chameau ; ayant vu le miracle, il ne craignait plus. Les formes se précisent bientôt : il s’agit d’une caravane nombreuse et bien ordonnée. Des cavaliers se détachent et s’avancent au-devant des voyageurs pour connaître leurs intentions. À la vue des Mages, ils s’inclinent profondément et tandis que l’un d’eux court informer ses maîtres, les autres se forment en escorte pour guider les nobles voyageurs.

En approchant, les Mages reconnurent la grande caravane qui, chaque année, traverse le désert, pour porter vers la mer, les trésors des pays de l’intérieur : tapis chatoyants de la Perse, perles précieuses de l’Inde, armes étincelantes ciselées à Bagdad, encens de la Chaldée ou parfums de Saba, poudre d’or du pays d’Ophir, épices, aussi précieuses que l’or, des îles lointaines.

* * *

À l’approche des nobles visiteurs, un long tapis fut déroulé sur le sol : des serviteurs aidèrent les trois princes à descendre de leur monture, tandis que le chef des marchands, ayant revêtu une tunique de soie précieuse, s’avança au-devant d’eux.

– Salaam aleyk ! Dit-il en s’inclinant et tout en guidant ses hôtes vers la tente principale.

– Aleykom es Salaam ! Répondirent ensemble les trois rois.

– Nous avons cheminé par vos royaumes, continua le chef, et nous y avons trouvé la paix et la prospérité. Vos peuples heureux vous bénissent. Nulle part avons-nous été mieux reçus et cheminé avec plus de sécurité. Et maintenant, nous allons vers la grande mer de l’Occident. Mais ce nous est une joie de vous rencontrer et de vous offrir quelques présents qui vous remercieront pour la gracieuse permission de traverser vos royaumes.

– Nos peuples vivent dans la paix, répondit Balthasar ; aussi longtemps que vous serez des hommes de paix, vous pourrez traverser nos royaumes sans avoir à payer d’autre tribut que le péage des chemins.

– Cette gracieuse permission augmente notre gratitude et nous aimerions la traduire dans un présent qui vous rappellera notre rencontre au milieu du désert. Voici la tente où nous avons rassemblé les meilleures de nos marchandises. Vous pourrez choisir celle qui vous plaira et l’emporter comme gage de notre mutuelle amitié.

– Vous avez acquitté le péage ? Vous ne nous devez rien de plus.

– Mais notre gratitude demeure et nous serons heureux de vous voir choisir un présent comme marque réciproque de bon vouloir.

Pour être agréables à leur hôte, les trois Mages entrèrent dans la tente. Ils y virent accumulées, les marchandises les plus rares ; ils défilèrent le long de la riche rangée de tapis que les meilleurs ouvriers de la Perse avaient tissés.

Image-de-Noel-Rois-mage-Gloria-in-excelsis-Deo– Voici maintenant, dit le chef, en les guidant vers une autre partie de la tente, des bijoux et des armes ciselés à Bagdad.

Et les Mages défilèrent parmi les dagues aux lames d’acier, aux poignées d’or enrichies de pierreries ; ils virent les plats d’or et d’argent incrustés d’émaux rutilants.

– Admirez ici les perles que nous avons été cherché jusqu’au pays de Ceylan ; nulle part en trouverez-vous de plus limpides, avec un orient plus beau.

Chacune de ces perles, en effet, semblait solliciter le regard par son éclat et la perfection de ses formes : chacune d’elles était digne de la couronne d’un roi.

– Voici les soieries les plus fines du pays de Cathay, nulle part en trouverez-vous d’aussi douces au toucher, d’aussi chatoyantes pour la vue.

Et le marchand développa les plis vaporeux d’étoffes si légères qu’on les eût dites tissées par la main d’une fée.

– Ces coffres, ajouta le marchand, n’ont pas été ouverts car ils contiennent les épices les plus odorantes, les parfums les plus subtils. Mais toutes ces choses attendent votre choix. Quel que soit l’objet qui arrêtera vos regards, il est à vous et ce nous serait une peine que de vous voir repartir sans emporter un présent qui sera le signe matériel de notre amitié.

* * *

Et c’est ainsi qu’au milieu du désert aride et nu, les Mages se promenaient parmi des richesses qui auraient fait la fortune de plusieurs royaumes.

À la fin, ils se consultèrent à voix basse ; puis Gaspar, se tournant vers le marchand, lui dit :

 

– Simon Ben Alem, tu as là des richesses merveilleuses ; jamais les caravanes n’en avaient porté autant et de si belles. Nous n’aurions qu’à tendre la main, pour tenir, de ton amitié, des bijoux, des armes ou des étoffes qu’un prince paierait d’un haut prix. Et pourtant, nous n’en ferons rien, car notre cœur est détaché des choses de la terre, maintenant que notre œil a contemplé le plus grand trésor du monde.

– Le plus grand trésor du monde ?

– Oui, Simon Ben Alem, un trésor auquel nul autre n’est comparable.

– Dans le palais d’Hérode, sans doute. Le vieux roi se connaît en bijoux, en étoffes fines, en perles rares ; ne l’a-t-on pas surnommé Hérode le Magnifique ! Mais je dois passer par Jérusalem, je verrai ce trésor.

– Ce trésor ne se trouve pas dans le palais d’Hérode et c’est pourquoi il en est jaloux et voudrait s’en emparer.

– Je comprends, dit Simon Ben Alem, c’est dans le temple de Jérusalem que vous avez contemplé cet objet merveilleux. Certes, le nouveau temple est loin d’égaler la magnificence de celui que construisit le roi Salomon, pourtant, je connais les tapis précieux qui entourent le Saint des saints et je donnerais beaucoup pour avoir les pareils ; les lampes d’or finement ciselées qui brillent devant l’arche sont de pures merveilles, et c’est en vain que j’ai chargé les ouvriers les plus habiles d’en ciseler de semblables pour Hérode qui voudrait en orner son palais ; celles du temple, il ne les aura pas car elles appartiennent à Jéhovah.

– Tu te trompes, Simon Ben Alem, ce n’est ni dans le palais d’Hérode, ni dans le temple, ni à Jérusalem que nous avons contemplé la merveille dont nos yeux gardent encore la vision.

Ce n’est pas à Jérusalem ?

– C’est à Bethléem, dans une étable…

– À Bethléem ?… Dans une étable ?…

– C’est un enfant nouveau-né, couché dans une crèche.

– Un enfant ?… Couché dans une crèche ?… Simon Ben Alem demeurait interdit. Un moment, il fixa le regard de ses hôtes, mais il y vit une telle irradiation, qu’il sentit passer quelque chose de divin ; il lui sembla que l’ombre de Jéhovah planait dans la tente et éclipsait d’un coup toutes ses richesses. Après un moment de silence, il s’inclina de nouveau et annonça :

– Dans la tente voisine, nous avons préparé des rafraîchissements : peut-être voudrez-vous nous faire l’honneur d’y goûter.

Les Mages entrèrent dans la tente et, pour être agréables à leur hôte, ils acceptèrent les rafraîchissements gracieusement offerts.

S’étant ainsi reposés, ils se préparèrent au départ.

– Acceptez au moins ces tapis pour couvrir le dos de vos chameaux, insista Simon Ben Alem ; ainsi comprendrai-je que vous ne méprisez pas votre serviteur et qu’il sera le bienvenu sur vos terres.

– Nous prendrons chacun l’un de ces tapis, consentit Gaspar, et tu seras toujours le bienvenu dans nos royaumes. Mais tu le sais, le désert n’a pas de maître, seul le vent y commande au sable ; avertis tes guides d’avancer avec prudence, car plusieurs bandes de pillards rôdent sur cette piste.

Simon Ben Alem sourit :

– Nous sommes accoutumés à ce genre de rencontres et nous sommes armés en conséquence. Nous étions préparés à toutes les éventualités, sauf à la nouvelle qu’il existe un trésor plus précieux que la multitude de ceux que nous avons rassemblés ici.

– Oui, Simon, il existe.

– Et mes yeux pourront le contempler ?

– Oui, à Bethléem, dans une étable, tu trouveras un enfant enveloppé de langes et couché dans une crèche.

L’étonnement reparut dans les grands yeux de Simon Ben Alem ; il allait encore interroger, mais avec un sourire mystérieux, Melchior se contenta de lui dire :

– Tu iras et tu verras.

Et les Mages rejoignirent leur tente.

* * *

Au matin du jour qui suivit, les deux caravanes s’ébranlèrent en même temps ; chacune dans la direction opposée : bientôt elles disparurent aux regards l’une de l’autre.

Tandis que Simon Ben Alem conduisait ses riches marchandises vers la mer, Les Mages cheminaient vers leur pays, parmi les dunes de sable à peine recouvertes de plantes maigres et rares.

Enfin ils atteignirent les plaines fertiles que baignent le Tigre et l’Euphrate ; le cri de joie des chameaux annonça la fin du désert. C’était le lieu d’où ils étaient partis, deux mois auparavant.

Alors l’étoile qui les avait conduits disparut à leurs yeux.

* * *

Mais qu’importait aux trois augustes pèlerins ; ils étaient près de celui qui leur avait appris le sens même de l’étoile et les avait envoyés vers l’Enfant-Dieu. Ne pourrait-il pas les guider encore et leur apprendre ce qu’il leur restait à faire ?

Au pied du mont Ararat, dans un bosquet de palmiers et de dattiers, près d’une source, demeurait l’ermite vénéré de tous, Rahoun al Sherradhin, le Mage des Mages, dont le regard profond lisait dans les astres aussi sûrement que dans un livre ouvert. Rahoun al Sherradhin, le pieux, qui aurait pu être riche et roi, mais qui donnant aux pauvres les cadeaux qu’on lui offrait, tissait lui-même ses habits et vivait des fruits que ses arbres lui fournissaient.

Les trois rois avaient été salués par des princes, d’innombrables courtisans étaient inclinés devant eux : à leur tour, ils s’inclinèrent devant Rahoun al Sherradhin.

– Salaam aleik !

– Aley­kom es salaam ! Répondit l’ermite.

– Rahoun al Sherradhin, nous avons suivi l’étoile, commença Gaspar : elle nous a conduits vers l’enfant que tu nous avais annoncé ! Nous l’avons adoré et je lui ai offert de l’or, car il est Roi.

– Je lui ai offert de l’encens, car il est Dieu, ajouta Balthasar.

– J’ai déposé de la myrrhe auprès de son berceau, dit Melchior, car c’est un Dieu descendu parmi nous, il vivra au milieu des hommes.

– J’ai suivi l’étoile, dit alors Rahoun al Sherradhin, j’ai vu sa courbe immense vous conduire jusqu’à l’étable ; j’ai adoré en esprit, pendant que vous adoriez en vérité.

– Un jour pourtant, l’étoile nous a manqué, remarqua Melchior. Nous étions près de Jérusalem et nous sommes entrés dans la ville pour nous informer. Le roi Hérode a réuni ses docteurs et c’est de leur bouche que nous avons appris le nom de la ville où devait naître le nouveau Roi des Juifs.

– Hérode nous a demandé de l’avertir aussitôt que nous aurions trouvé l’enfant, car il voulait, lui aussi, l’adorer, ajouta Balthasar.

– Mais au moment du départ, expliqua Melchior, l’étoile nous a guidés vers le désert, loin de Jérusalem, et nous sommes venus par un autre chemin.

L’ermite releva la tête, son regard profond semblait lire des choses lointaines.

– Hérode a su que Bethléem était le lieu de naissance du nouveau roi, dit-il ; il a envoyé ses soldats qui ont massacré tous les enfants de ce lieu et des environs.

– Mais alors, s’écria Balthasar avec des larmes dans la voix, mais alors, il est mort… lui qui était Dieu !

– Non, répondit lentement l’oracle, les yeux toujours tournés vers l’infini, non, il avait déjà quitté Bethléem ; pendant que vous traversiez le désert, il a passé tout près de vous, fuyant vers l’Égypte.

– Tout près de nous, soupira Gaspar, et nous n’avons pas connu sa présence.

– Elle vous a protégés pourtant ; rappelez-vous l’étoile qui a brillé sur vos têtes et éloigné les pillards.

– C’était Lui, s’écrièrent à la fois les trois Mages, et c’est pourquoi nous avons senti nos cœurs s’embraser.

– Ah ! Comme j’aurais voulu jeter à ses pieds, le chef de ces brigands dont l’âme, malgré tout, gardait une certaine noblesse, dit Gaspar avec un soupir de regret.

– Son cœur était trop dur encore pour être converti, proclama Sherradhin, il a rencontré les proscrits, il s’est incliné devant eux et les a conduits jusqu’aux portes de l’Égypte ; un jour viendra où il reconnaîtra son Sauveur 2.

– L’Enfant est parti en Égypte, remarqua Melchior ; notre ami, le marchand Simon Ben Alem, le cherchera vainement lorsqu’il se rendra à Bethléem.

– Simon Ben Alem est trop occupé des choses de ce monde, prononça Rahoun al Sherradhin, il est arrivé à Joppé 3 et ne songe qu’à écouler ses marchandises pour aller en acheter d’autres et augmenter ses richesses. Il faudra que la main de Dieu s’appesantisse sur lui pour qu’il ouvre enfin les yeux et reconnaisse Celui qu’aujourd’hui il a dédaigné. Un jour, devenu disciple fervent, il viendra vous enseigner le mystère d’un Dieu crucifié 4.

– Crucifié ! S’écria Balthasar ; doit-Il donc mourir ?

– Crucifié et mort pour les péchés du monde : mais ressuscité pour régner jusqu’à la fin des temps.

– Ces choses étonnantes, quand s’accompliront-elles ? demanda Melchior.

Rahoun al Sherradhin se recueillit un instant, ses yeux de nouveau plongèrent dans l’avenir et d’une voix inspirée, il annonça :

– Vous avez contemplé l’étoile de sa naissance, elle vous a conduits jusqu’à son berceau. Mais quand il vous semblera que la terre sera prise de convulsions, quand le soleil se voilera la face et que les rochers se fendront, alors sachez que votre salut est proche, car le Christ sera mort et Il sera ressuscité.

À ces paroles, les Mages jetèrent leurs couronnes à leurs pieds, et le front incliné dans la poussière, ils adorèrent le Dieu qui s’était manifesté à eux petit Enfant.

* * *

Et il leur sembla entendre comme un écho lointain du cantique de Bethléem :

Gloire à Dieu dans le ciel, et paix sur la terre, aux hommes de bonne volonté !

Alors, reprenant la route de leurs royaumes, ils gagnèrent les pays de Saba, de Tarsis et des îles lointaines où ils attendraient la venue de celui qui leur apporterait la grande nouvelle d’un Dieu mort pour racheter le monde et ressuscité pour régner à jamais.

Eugène Achard.

Notes :

1 - La paix soit avec vous.

2 - Dismas, le bon larron, était chef d’une bande de pillards du désert. D’après la légende, il aurait rencontré la sainte Famille alors qu’elle fuyait en Égypte. Subjugué par le reflet divin qui émanait de la personne du Sauveur, non seulement il ne fit aucun mal aux fugitifs, mais avec sa bande, il les escorta jusqu’aux confins du désert. Il n’en continua pas moins, par la suite, à se livrer au meurtre et au pillage. Pris et condamné à mort, il fut crucifié en même temps que Jésus. C’est sur la croix, qu’éclairé d’un rayon intérieur de la grâce, il tourna la tête vers le Rédempteur et prononça la parole qui lui valut le pardon : « Seigneur, souvenez-vous de moi quand vous serez dans votre royaume »À cause de sa conversion, plusieurs le regardent comme un saint et son nom est inscrit au martyrologe.

3 - Joppé (aujourd’hui Jaffa, sur la Méditerranée), était le grand port de mer de la Palestine.

4 - Simon Ben Alem est plus connu, dans l’Évangile, sous le nom de Simon le Lépreux. Il habitait Béthanie et avait été guéri de la lèpre par le Sauveur. Depuis il lui portait une fervente amitié et aimait à le recevoir à sa table. C’est lors du dernier festin qu’il donna en l’honneur de Jésus, que Marie-Madeleine, également invitée au festin, avec Lazare son frère et Marthe sa sœur, vint répandre un parfum précieux sur les pieds du divin Maître, prodigalité qui provoqua les commentaires indignés de Judas, trésorier du Sacré-Collège. Après la Pentecôte, Simon le Lépreux suivit l’apôtre saint Jude en Mésopotamie. Selon la tradition, il y rencontra les Mages et les baptisa.

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3 janvier 2020 5 03 /01 /janvier /2020 08:57

La fève 01La fève 02

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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 22:13

Conte écrit par une classe de CM2.

Aujourd’hui, c’est la veille de Noël… Tous les enfants du monde attendent leurs cadeaux avec une grande impatience. Mais chez le Père Noël, c’est la panique ! Depuis plusieurs jours, il est malade, cloué au lit ! Alors, il décide que la Mère Noël fera la tournée. Malheureusement, elle n'a pas trouvé le traîneau.

Les lutins doivent en construire un, mais ils n'ont pas le matériel nécessaire et la nuit va tomber. Il est presque 18 heures, ce 24 décembre. L'heure de la tournée approche. Quand la Mère Noël va au magasin acheter le matériel, elle se tord la cheville. Elle appelle un employé, mais personne ne vient. Soudain, une femme aux yeux noirs apparaît et lui dit :

« Avez-vous besoin de moi ? – Euh ! Non, merci ». L'inconnue insiste : « - Venez chez moi ! C'est juste à côté.

- Bon, d'accord, répond la Mère Noël ». Pendant que l'inconnue l'aide à se rendre chez elle, la Mère Noël se demande pourquoi elle tient tant à ce qu'elles aillent dans sa maison. Arrivée chez l'inconnue, la Mère Noël n'en croit pas ses yeux : le traîneau qu'elle a cherché partout, est là, devant ses yeux...

Image associée L'inconnue voyant la Mère Noël très surprise lui explique qu'elle est une ancienne fée et que les lutins l'ont prévenue de la maladie du Père Noël. Elle voulait donc aider en préparant le traîneau. La fée laisse un instant la mère Noël, le temps de monter dans son grenier. On entend un raffut incroyable.

Elle redescend avec une paire de béquilles. « Avec ces béquilles et mes pouvoirs magiques, vous n’aurez aucun mal à descendre les cheminées ». La mère Noël est si contente de retrouver son traîneau qu’elle lui dit : « Demandez ce que vous désirez et vous l’aurez. - Je voudrais redevenir la fée du Père Noël. Autrefois, j’étais sa meilleure fée. Je l’aidais tous les ans à préparer le traîneau, à fabriquer les cadeaux, puis à les distribuer. Mais un beau jour, le Père Noël n’a plus voulu de moi. Donc, je suis partie en pleurant et en me demandant pourquoi il m'avait virée. - D'accord, d'accord, j'ai compris. Vite ! C'est l'heure de partir faire la distribution des cadeaux. Je vais aller mettre tous les cadeaux dans le traîneau. Venez avec moi ! » Arrivées à la première maison, elles descendent le long de la cheminée. Mais les gens ont oublié leur chien dans la maison ! La mère Noël, qui ne le voit pas, atterrit en lui donnant un grand coup de pied. Le chien se met à aboyer. La Mère-Noël ne sait plus quoi faire.

Alors, elle remonte dans la cheminée. Mais elle tombe une 2ème fois. Elle se fait mal à une jambe. Le chien continue à aboyer. Les gens se réveillent, ils voient la Mère Noël mais croyant rêver vont se recoucher. Le chien aboie toujours. La fée qui a entendu les aboiements apparaît avec une muselière pour endormir le chien. La Mère Noël demande à la fée de livrer les cadeaux et de faire la tournée à sa place. En échange elle redeviendra la fée du Père Noël.

La fée accepte et dit à la Mère Noël : « Venez dans le traîneau, je vais vous raccompagner ». Elle dépose la Mère Noël et part faire la tournée. En quelques heures, toutes les maisons sont remplies de cadeaux. Pendant ce temps, la Mère Noël parle avec le Père Noël et lui dit : « Votre ancienne fée veut redevenir votre fée ». Le Père Noël accepte. Lorsque la fée revient, après avoir distribué les cadeaux, elle soigne le Père Noël en un clin d'œil ! Tous sont contents et le Père Noël s'exclame : « J'espère que je ne serai plus jamais malade pour Noël ! »

FIN

Source : http://www.contes.biz/

 

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