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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 14:46

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Lecture du livre de la Genèse 1, 1-31 ; 2, 1-2

La Création de la nature et de l'homme

Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. [La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l'abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : « Que la lumière soit ». Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le premier jour.

Et Dieu dit : « Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu'il sépare les eaux ». Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi. Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le deuxième jour.

Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu'elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme ». Et ce fut ainsi. Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon. Dieu dit : « Que la terre produise l'herbe, la plante qui porte sa semence, et l'arbre à fruit qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence ». Et ce fut ainsi. La terre produisit l'herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l'arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le troisième jour.

Et Dieu dit : « Qu'il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu'ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années ; et qu'ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand pour régner sur le jour, le plus petit pour régner sur la nuit ; il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour régner sur le jour et sur la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le quatrième jour.

Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d'une profusion d'êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel ». Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et qui foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre ». Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le cinquième jour.

Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce ». Et ce fut ainsi. Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon.] Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu'il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre ». Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre ». Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. Aux bêtes sauvages, aux oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte ». Et ce fut ainsi. Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le sixième jour.

[Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement. Le septième jour, Dieu avait achevé l'œuvre qu'il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l'œuvre qu'il avait faite.]

Lecture du livre de la Genèse 22, 1-13.15-19

Sacrifice et délivrance d'Isaac, le fils bien-aimé

Dieu mit Abraham à l'épreuve. Il lui dit : « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai ». [Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour le sacrifice, et se mit en route vers l'endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l'endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l'âne. Moi et l'enfant nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous ».

Abraham prit le bois pour le sacrifice et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et tous deux s'en allèrent ensemble. Isaac interrogea son père Abraham : « Mon père ! - Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l'agneau pour l'holocauste ? » Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l'agneau pour l'holocauste, mon fils », et ils s'en allaient tous les deux ensemble.]

Ils arrivèrent à l'endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y éleva l'autel et disposa le bois, puis il lia son fils Isaac et le mit sur l'autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l'ange du Seigneur l'appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L'ange lui dit : « Ne porte pas la main sur l'enfant ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique ». Abraham leva les yeux et vit un bélier, qui s'était pris les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l'offrit en holocauste à la place de son fils.

Du ciel l'ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham : « Je le jure par moi-même, déclare le Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m'as pas refusé ton fils, ton fils unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance tiendra les places fortes de ses ennemis. Puisque tu m'as obéi, toutes les nations de la terre s'adresseront l'une à l'autre la bénédiction par le nom de ta descendance ».

Alors Abraham retourna auprès de ses serviteurs et ensemble ils se mirent en route pour Bershéba ; et Abraham y habita.

Lecture du livre de l’Exode 14, 15-30 ; 15

Libération d’Israël par le passage de la mer Rouge

Les Fils d'Israël, voyant les Égyptiens lancés à leur poursuite, étaient effrayés. Le Seigneur dit à Moïse : « Pourquoi crier vers moi ? Ordonne aux fils d'Israël de se mettre en route ! Toi, lève ton bâton, étends le bras contre la mer, fends-la en deux, et que les fils d'Israël pénètrent dans la mer à pied sec. Et moi, je vais endurcir le cœur des Égyptiens : ils pénétreront derrière eux dans la mer ; je triompherai, pour ma gloire, de Pharaon et de toute son armée, de ses chars et de ses guerriers. Les Égyptiens sauront que je suis le Seigneur, quand j'aurai triomphé, pour ma gloire, de Pharaon, de ses chars et de ses guerriers ».

L'ange de Dieu, qui marchait en avant d'Israël, changea de place et se porta à l'arrière. La colonne de nuée quitta l'avant-garde et vint se placer à l'arrière, entre le camp des Égyptiens et le camp d'Israël. Cette nuée était à la fois ténèbres et lumière dans la nuit, si bien que, de toute la nuit, ils ne purent se rencontrer. Moïse étendit le bras contre la mer. Le Seigneur chassa la mer toute la nuit par un fort vent d'est, et il mit la mer à sec. Les eaux se fendirent, et les fils d'Israël pénétrèrent dans la mer à pied sec, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Les Égyptiens les poursuivirent et pénétrèrent derrière eux - avec tous les chevaux de Pharaon, ses chars et ses guerriers - jusqu'au milieu de la mer.

Aux dernières heures de la nuit, le Seigneur observa, depuis la colonne de feu et de nuée, l'armée des Égyptiens, et il la mit en déroute. Il faussa les roues de leurs chars, et ils eurent beaucoup de peine à les conduire. Les Égyptiens s'écrièrent : « Fuyons devant Israël, car c'est le Seigneur qui combat pour eux contre nous ! » Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras contre la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! » Moïse étendit le bras contre la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s'y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer. Les eaux refluèrent et recouvrirent toute l'armée de Pharaon, ses chars et ses guerriers, qui avaient pénétré dans la mer à la poursuite d'Israël. Il n'en resta pas un seul. Mais les fils d'Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche.

Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l'Égypte, et Israël vit sur le bord de la mer les cadavres des Égyptiens. Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l'Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse. Alors Moïse et les fils d'Israël chantèrent ce cantique au Seigneur.

Lecture du livre d’Isaïe 54, 5-14

L'amour de Dieu pour Jérusalem son épouse

Parole du Seigneur adressée à Jérusalem : Ton époux, c’est ton Créateur, « Seigneur de l’univers » est son nom. Ton Rédempteur, c’est le Dieu Saint d’Israël, il se nomme : « Dieu de toute la terre ». Oui, comme une femme abandonnée et désolée, le Seigneur te rappelle. Est-ce qu'on rejette la femme de sa jeunesse ? dit le Seigneur ton Dieu. Un moment je t'avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse je te rassemblerai. Ma colère avait débordé, et un moment je t'avais caché ma face. Mais dans mon amour éternel j'ai pitié de toi, dit le Seigneur, ton Rédempteur.

C'est ainsi qu'au temps de Noé, j'ai juré que les eaux ne submergeraient plus la terre. De même, je jure de ne plus me mettre en colère contre toi, et de ne plus te menacer. Quand les montagnes changeraient de place, quand les collines s'ébranleraient, mon amour pour toi ne changera pas, et mon Alliance de paix ne sera pas ébranlée, a déclaré le Seigneur, dans sa tendresse pour toi. Jérusalem, malheureuse, battue par la tempête, inconsolée, voici que je vais sertir tes pierres et poser tes fondations sur des saphirs. Je ferai tes créneaux avec des rubis, tes portes en cristal de roche, et tous tes remparts avec des pierres précieuses. Tes fils seront tous instruits par le Seigneur, ils goûteront un bonheur sans limites. Tu seras établie sur la justice, délivrée de l'oppression, que tu ne craindras plus, délivrée de la terreur, qui ne viendra plus jusqu'à toi.

Lecture du livre d’Isaïe 55, 1-11

Le mystère de l'eau et de la Parole

Vous tous qui avez soif, venez, voici de l'eau ! Même si vous n'avez pas d'argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent et sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc : mangez de bonnes choses, régalez-vous de viandes savoureuses ! Prêtez l'oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une Alliance éternelle, qui confirmera ma bienveillance envers David. Lui, j'en ai fait un témoin pour les nations, un guide et un chef pour les peuples. Et toi, tu appelleras une nation que tu ne connais pas, et une nation qui t'ignore accourra vers toi, à cause du Seigneur ton Dieu, à cause de Dieu, le Saint d'Israël, qui fait ta splendeur.

Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

La pluie et la neige qui descendent des cieux n'y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer, pour donner la semence au semeur et le pain à celui qui mange ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission.

Lecture du livre de Baruc 3, 9-15.32-38 ; 4, 1-4

Dieu offre aux hommes la vraie sagesse

Écoute, Israël, les préceptes de vie, prête l'oreille pour acquérir la connaissance. Pourquoi donc, Israël, pourquoi es-tu exilé chez tes ennemis, vieillissant sur une terre étrangère, souillé par le contact des cadavres, inscrit parmi les habitants du séjour des morts ? - Parce que tu as abandonné la Source de la Sagesse ! Si tu avais suivi les chemins de Dieu, tu vivrais dans la paix pour toujours. Apprends où se trouvent et la connaissance, et la force, et l'intelligence ; apprends en même temps où se trouvent de longues années de vie, la lumière de tes yeux, et la paix. Mais qui donc a découvert la demeure de la Sagesse, qui a pénétré jusqu'à ses trésors ? Celui qui sait tout en connaît le chemin, il l'a découvert par son intelligence. Il a pour toujours aménagé la terre, et l'a peuplée de troupeaux. Il lance la lumière, et elle prend sa course ; il la rappelle, et elle obéit en tremblant. Les étoiles brillent, joyeuses, à leur poste de veille ; il les appelle, et elles répondent : « Nous voici ! » Elles brillent avec joie pour celui qui les a faites. C'est lui qui est notre Dieu : aucun autre ne lui est comparable. Il a découvert les chemins de la connaissance, et il les a confiés à Jacob, son serviteur, à Israël, son bien-aimé. Ainsi la Sagesse est apparue sur la terre, elle a vécu parmi les hommes. Elle est le livre des commandements de Dieu, la Loi qui demeure éternellement : tous ceux qui l'observent vivront, ceux qui l'abandonnent mourront. Reviens à elle, Jacob, reçois-la ; à sa lumière, marche vers la splendeur : ne laisse pas ta gloire à un autre, tes privilèges à un peuple étranger. Heureux sommes-nous, Israël ! Car ce qui plaît à Dieu, nous le connaissons.

Lecture du livre d’Ézéchiel 36, 16-17a.18-28

Le cœur nouveau et l'esprit nouveau

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d'homme, lorsque les gens d'Israël habitaient leur pays, ils le souillaient par leur conduite et par toutes leurs actions. Alors j'ai déversé sur eux ma fureur, à cause du sang qu'ils avaient versé dans le pays, à cause des idoles qui l'avaient profané. Je les ai dispersés parmi les nations païennes, ils ont été disséminés dans les pays étrangers. Je les ai jugés selon leur conduite et selon leurs actions. Dans les nations où ils sont allés, ils ont profané mon saint nom, et l'on disait : C'est le peuple du Seigneur, ils sont sortis de son pays. Mais j'ai voulu préserver la sainteté de mon nom, que les gens d'Israël avaient profané dans les nations où ils sont allés. Eh bien ! Tu diras à la maison d'Israël : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Ce n'est pas pour vous que je vais agir, maison d'Israël, mais c'est pour mon saint nom que vous avez profané dans les nations où vous êtes allés.

Je montrerai la sainteté de mon grand nom, qui a été profané dans les nations, mon nom que vous avez profané au milieu d'elles. Les nations apprendront que je suis le Seigneur - déclare le Seigneur Dieu - quand par vous je me montrerai saint à leurs yeux. J'irai vous prendre dans toutes les nations ; je vous rassemblerai de tous les pays, et je vous ramènerai sur votre terre.

Je verserai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés. De toutes vos souillures, de toutes vos idoles je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J'enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon esprit : alors vous suivrez mes lois, vous observerez mes commandements et vous y serez fidèles. Vous habiterez le pays que j'ai donné à vos pères. Vous serez mon peuple, et moi, je serai votre Dieu. »

Lecture de la lettre de saint Paul aux Romains 6, 3b-11

Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché.

Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir. Car lui qui est mort, c'est au péché qu'il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c'est pour Dieu qu'il est vivant. De même vous aussi : pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 1-12

Le premier jour de la semaine, de grand matin, les femmes se rendirent au sépulcre, portant les aromates qu'elles avaient préparés. Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau. Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.

Elles ne savaient que penser, lorsque deux hommes se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant. Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers le sol. Ils leur dirent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. Rappelez-vous ce qu'il vous a dit quand il était encore en Galilée : Il faut que le Fils de l'homme soit livré aux mains des pécheurs, qu'il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite ». Alors elles se rappelèrent ses paroles.

Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres. C'étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres. Mais ces propos leur semblèrent délirants, et ils ne les croyaient pas.

Pierre cependant courut au tombeau ; mais en se penchant, il ne vit que le linceul. Il s'en retourna chez lui, tout étonné de ce qui lui était arrivé.

Homélie

Tout comme nous, ce soir, dans le vaste monde des millions de fidèles emplissent les églises pour célébrer dans la joie des alléluias un événement sans précédent, survenu un matin de printemps à Jérusalem, événement qui a bouleversé le cours de l’histoire. Un homme à qui on avait arraché la vie en le clouant sur une croix s’est avérée, s’est affirmé bel et bien vivant. Nous savons qu’il s’agit de Jésus qui est ressuscité, qui est vraiment ressuscité comme il l’avait annoncé.

Pour la première fois et d’une façon définitive en Lui la mort venait de trouver son Maître.

Nous sommes là en présence d’un profond mystère qui est beaucoup plus qu’un souvenir du passé… Un mystère qui est une réalité présente, quelque chose de toujours actuel. Jésus, en effet, n’est pas un homme mort qui serait revenu à la vie seulement pour un temps et aurait de nouveau disparu…

Sa Résurrection n’est pas une réanimation : elle est infiniment mieux que cela.

Dire que Jésus est ressuscité c’est dire qu’il est passé (c’est le sens du mot Pâques), qu’il est passé Corps et Âme à une vie tout autre, toute neuve qui saisit son être tout entier.

Une vie nouvelle que nous ne pouvons pas imaginer mais qui n’est pas tout à fait impensable : d’elle nous pouvons dire qu’elle est totalement libérée des conditionnements humains :

  • Elle est immortelle au-delà de toutes nos morts, paisible au-delà de tous nos conflits, heureuse au-delà de toutes nos tristesses.
  • Elle est la Vie même de Dieu, impalpable mais bien réelle, car nous ne saurions réduire le réel à ce que voient nos yeux, à ce que déduit et comprend notre raison.

Chers frères et sœurs, puisque Jésus est vivant pour l’éternité, nous avons la certitude qu’Il demeure présent, selon sa promesse, à cette humanité qu’Il est venu sauver. Il n’existe aucune distance, en effet, qui puisse nous séparer du Christ-Ressuscité. Le temps, non plus, ne saurait nous éloigner de Lui.

Comme il est réconfortant, comme il est doux, frères et sœurs, de penser à cette présence infiniment aimante de notre Sauveur à tout le déroulement de notre vie terrestre !

  • Certes nous ne le voyons pas comme les apôtres et les saintes femmes ont pu le voir après sa Résurrection ; mais il doit nous suffire de savoir par la Foi, qu’Il nous voit, Lui, qu’Il nous regarde avec tendresse, qu’Il est tout proche de nous.
  • Nous ne l’entendons pas nous appeler par notre nom comme il daigna appeler Marie-Madeleine en se montrant à elle, mais nous pouvons être sûrs qu’Il nous parle à l’intime du cœur chaque fois que nous nous imposons des temps de silence pour l’écouter.
  • Nous ne le touchons pas, mais Il nous touche, Lui, spirituellement, en nous communiquant par son humanité glorieuse la Vie Surnaturelle de la Grâce.

Non, nous ne sommes ni moins favorisés, ni moins heureux que les témoins directs de sa Résurrection. Jésus est vivant pour nous, comme pour eux. Nous sommes aussi bien qu’eux, sous l’influence et dans la joie de sa victoire absolue sur la mort et sur le péché, étant de ceux dont il a déclaré lui-même « Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru ».

Frères et sœurs, dans quelques instants nous allons bénir l’eau baptismale : l’Eglise nous invite par là à nous rappeler la signification profonde de notre Baptême. Par ce premier sacrement de la Foi nous sommes entrés dans la nouvelle création que Jésus a inaugurée dans le Mystère de sa Pâque. Par sa mort, en effet, il nous a fait mourir au péché et par sa Résurrection il nous a fait naître à la Vie Surnaturelle de la Grâce. Cette vie nouvelle qui fait de nous « des fils dans le Fils Bien-Aimé » est le commencement en nous de la Vie éternelle. Elle est comme une semence qui doit se développer, jusqu’au moment suprême de notre Pâque personnelle, de notre passage de ce monde à Dieu. Et alors la vie du Christ-Ressuscité, encore cachée dans nos âmes comme la fleur en son bouton s’épanouira en gloire. Quant à nos corps ils devront attendre l’heure de la Résurrection Générale pour devenir semblable au Corps Glorieux de Jésus et pour partager dans une communion parfaite avec nos âmes l’infinie Béatitude de Dieu.

Chers frères et sœurs, ce mystère du Salut intégral de l’homme que nous allons réaffirmer dans notre Profession de Foi Baptismale c’est une vérité fondamentale à laquelle nous devons adhérer de tout notre esprit et de tout notre cœur et que nous osons proclamer fièrement à la face du monde, ce monde d’aujourd’hui qui a perdu le sens de Dieu, et de sa propre destinée et qui pour cette raison s’enfonce dans l’angoisse, sans autre issue que le désespoir.

Comprenons bien, cependant qu’il ne suffit pas de professer notre foi en la Résurrection, si nous voulons être crédibles et attirer les autres au Christ, il faut que nous leur donnions des signes vraiment convaincants que cette Foi illumine et transforme toute notre vie. Or, parmi ces signes il en est UN auquel nous ne pensons peut-être pas assez, c’est celui de la Joie, de notre Joie Chrétienne.

Si nous avons la certitude que le Christ Ressuscité est à l’œuvre dans notre monde, si nous croyons que dans le mur de la mort une brèche à été ouverte, si nous savons que la route de l’Evangile nous conduit vers une vie en plénitude, si nous nous savons des ressuscités dans le Christ, alors, de grâce, ayons des têtes de ressuscités.

Ah ! si nous pouvions nous convaincre que la joie est le signe évident de la Foi que nous portons au Ressuscité, comme nous donnerions à beaucoup de ceux que nous côtoyons une forte envie de croire !

Le Père Huvelin, ce prêtre qui joua un rôle important dans la conversion du Père de Foucault disait ceci : « Qu’en vous voyant agir, on se dise : il y a dans cette âme quelqu’un qui est vivant et qui l’anime ».

Retenons aussi cette belle pensée de saint Athanase : « Le Christ Ressuscité fait de la vie de l’homme une fête continuelle ».

Soyons donc de plus en plus généreux, de plus en plus ardents pour témoigner de notre foi par notre joie.

Et que par son intercession toute puissante Elle veuille bien nous accorder cette Grâce, Celle qui est la « Cause de notre Joie » Marie la Vierge Glorieuse, Mère du Ressuscité et Notre Mère Bien-Aimée.

Alléluia ! Amen !

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes Passion - Pâques
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