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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 13:30

Chers frères et sœurs, au temps de Jésus la lèpre était de toutes les maladies celle qui inspirait le plus d'horreur et même de terreur. Celui qui en était atteint n'avait aucun espoir de guérison, il assistait en pleine conscience et dans une totale impuissance à sa déchéance physique. De plus, à cause de la contagion il était exclu de la société et devait vivre à part dans un isolement absolu. Il subissait donc une double épreuve : celle de la souffrance physique et celle non moins pesante de la solitude. On comprend qu'en présence d'une telle misère Notre Seigneur ait été profondément ému et qu'il ait accompli la guérison implorée avec une très grande Foi. Mais ce miracle, comme tous ceux de l'Evangile a une profondeur spirituelle et comporte un enseignement. Tous les commentateurs s'accordent pour dire que la lèpre est une image du péché. Et, en effet, si les mots ont un sens le péché mortel : c'est-à-dire l'acte par lequel on transgresse un commandement grave porté par Dieu et qui nous fait perdre son amitié est bien une maladie de l'âme, une maladie mortelle ; ou plutôt il est déjà la mort. Car le péché est une rupture avec Dieu. Rompre avec Dieu, qui est l'Etre nécessaire c'est-à-dire celui dont on ne peut pas se passer, rompre avec le Christ qui déclare « je suis la Vie », c'est très exactement mourir. L'Eglise, en effet nous explique que tout péché grave nous fait perdre instantanément la vraie vie de l'âme : la vie surnaturelle de la grâce qui nous a été donnée au Baptême et que si ce péché n'est pas détruit c'est-à-dire pardonné, il mène normalement à la mort éternelle : il est de plain-pied et de niveau avec l'enfer. Le Saint Curé d'Ars nous dit un de ses biographes voyait dans « le péché la première étincelle d'une éternité de feu ». D'autre part, le péché grave est une rupture avec la communauté chrétienne et entraîne l'isolement, puisqu'il sépare du Christ, le seul en qui tous les hommes peuvent s'unir. Pour reprendre les comparaisons de Notre-Seigneur lui-même et de Saint Paul : sur le plant de vigne, le pécheur n'est plus qu'une branche morte où ne circule plus la vie dans le grand corps du Christ, le pécheur n'est plus un membre vivant, c'est un membre gangrené, désormais incapable d'échanges utiles avec le reste de l'organisme.

 

A partir de là, je crois que nous devons, chers frères et sœurs, nous poser deux questions.

  • Première question : Avons-nous pris suffisamment conscience de notre état pitoyable de lépreux spirituels, c'est-à-dire de pécheurs, car c'est un fait, même si nous ne sommes pas en état de rupture avec Dieu et avec le prochain, nous sommes tous, plus ou moins rongés jusqu'aux fibres les plus secrètes de notre être par notre orgueil, nos égoïsmes tenaces, nos lâchetés, nos duretés de cœur, nos refus d'aimer, nos omissions si nombreuses et puis aussi par cette négligence, cette nonchalance chronique qu'on appelle la tiédeur et qui constitue pour la vie de grâce dans l'âme un danger mortel... Cette vive conscience de notre péché, nous ne pouvons l'acquérir que si nous faisons chaque soir un examen sérieux de l'état de notre âme en nous remémorant pour les manquements à l'amour envers Dieu ou envers le prochain commis durant la journée. Où en sommes-nous de notre examen de conscience quotidien ?
  • Une deuxième question se pose, qui nous est suggérée, elle aussi par l'Evangile de ce jour ? Est-ce que, connaissant bien la nature de notre mal intérieur, nous voulons en être guéris (à l'exemple du lépreux) et sommes-nous prêts, dès lors, à prendre les moyens que Jésus, le grand médecin des âmes, nous prescrit à cet effet ?

 

Jésus, notre Sauveur ne demande, qu'à nous purifier en répandant sur nos âmes la surabondance de son amour miséricordieux. Sa plus grande joie (cela éclate à toutes les pages de l'Evangile) c'est de nous pardonner. D'ailleurs, c'est pour cela qu'il s'est fait l'un de nous et qu'il a accepté de « devenir semblable à un lépreux » selon une expression du prophète Isaïe. En sacrifiant par amour sa nature humaine sur l'autel de la Croix, il a obtenu le pardon et la guérison pour tous ceux qui regrettent humblement leurs péchés et veulent se réconcilier avec Dieu et avec leurs frères. Or, ce merveilleux remède surnaturel qui est son sang rédempteur, versé pour la rémission des péchés, nous savons que Jésus l'a mis à notre portée en instituant un sacrement (c'est-à-dire un signe efficace) qu'il a confié à son Eglise pour qu'elle l'applique en son nom à travers le ministère de ses prêtres « les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez »...

Ce sacrement nous le connaissons tous. Il porte différents noms qui expriment ses grandes richesses : sacrement de pénitence, du pardon, de la réconciliation ou plus communément, confession. Mais quel usage en faisons-nous ? S'il est « un chemin obligé pour parvenir au salut » comme le disait si justement le Pape Paul VI comment pourrions-nous le mésestimer et le négliger ?

Si notre médecin, en qui nous avons confiance nous dit : il nous faut suivre tel traitement ? Est-ce que nous allons lui répondre « Je n'en ai pas besoin, je m'en tirerai très bien comme ça ? »

Or l'Eglise, parlant au nom du Christ, nous fait un devoir de nous confesser, au moins une fois par an au temps de Pâques. Mais ce traitement annuel ne suffit pas si nous voulons combattre efficacement cette maladie de l'âme dont je vous parlais il y a un instant et que les auteurs spirituels appellent la tiédeur ; n'oublions pas que Jésus la déteste au point qu'il a pu dire : « les tièdes, je les vomirai de ma bouche... »

Si nous voulons faire de réels progrès dans la vie chrétienne, Si nous voulons avancer à pas d'amour vers la sainteté (qui est notre vocation à tous) il nous faut recourir plus souvent à la grâce de la confession sacramentelle.-

L'idéal serait une fois par mois... Certes, c'est exigeant, mais « qui veut la fin, veut les moyens... » Peut-être serions-nous plus convaincus et davantage motivés pour nous approcher fréquemment du sacrement de pénitence, si nous comprenions mieux les effets positifs qui en découlent, nous n'en voyons trop trouvent que les effets négatifs. Ce qu'il importe de bien saisir en effet, c'est que la grâce de la confession ce n'est pas seulement celle d'un nettoyage de nos âmes (un coup de balai ou un coup de brosse) certes, elle est bien cela d'abord : une purification, une guérison ; mais elle est bien davantage. Car les sacrements que Jésus a institué sont tous des sources de vie.

Si un saint François de Sales, un saint Vincent de Paul et combien d'autres saints se confessaient tous les jours, c'est qu'ils avaient de ce sacrement une conception éminemment positive. L'Eglise nous enseigne en effet : qu'à la grâce première du sacrement de pénitence, qui consiste, redisons-le en un pardon total et définitif des péchés commis, vient s'ajouter une grâce spéciale qui est un médicament spirituel spécifique des maladies de notre âme et de ses blessures actuelles, qui est une sorte de fortifiant efficace (« un cordial » disait saint François de Sales) pour nos faiblesses et notre rachitisme spirituel.

Même si, ordinairement nous n'avons pas de blessures graves et mortelles à présenter à Jésus, notre grand Médecin, nous avons tous des maladies chroniques, ce qui nécessite constamment et régulièrement ces médicaments appropriés que nous donne le sacrement.

Disons-nous bien que rien ne saurait remplacer ces remèdes, ces fortifiants spirituels : ni des prières, très ferventes, ni même la communion fréquente.

Alors, frères et sœurs, une conclusion s'impose celle de recourir à la confession sacramentelle le plus souvent possible. Le carême est là, qui par ses exhortations à lutter contre le péché, à réparer le péché et à intensifier notre union avec le Seigneur, va nous y aider. Demandons à Marie, notre Mère spirituelle, de nous rendre accueillants à toutes les grâces qu'il ne manquera pas de nous apporter.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année B
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