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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 10:16

Pendant 5 dimanches consécutifs nous allons interrompre la lecture continue de saint Marc pour lire le merveilleux chapitre sixième de saint Jean : chapitre très long et très dense qui commence par le miracle de la multiplication des pains et se poursuit par ce qu’on appelle « le discours sur le Pain de Vie ».

La multiplication des pains, vous l’avez peut-être remarqué, est le seul miracle à être raconté par les 4 évangélistes, c’est dire son importance !

Mais dans l’Evangile de saint Jean, ce signe occupe, de plus une place charnière. Il se situe en effet au moment où Jésus déplace son ministère de Galilée à Jérusalem, moment où l’enthousiasme de la foule tourne à l’aigre et où les paroles de Jésus qui exposent clairement la signification du miracle (nous les entendrons au cours des prochains dimanches), provoquent une crise, mettant les disciples eux-mêmes au pied du mur. Car un choix décisif s’impose alors : ou bien donner sa foi, faire confiance aux paroles du Christ comme Pierre, ou bien refuser de croire comme Judas (qui est devenu « fils du diable ») et abandonner le Christ, ce qui sera le cas du plus grand nombre.

Avant d’accomplir la multiplication des pains, Jésus, qui sait très bien ce qu’il va faire, commencer par éprouver rudement ses apôtres. Il consulte tout d’abord Philippe « où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient de quoi manger ? » Ce dernier a tôt fait de calculer mentalement l’impossibilité de s’en sortir « 200 deniers c'est-à-dire 200 journées de salaire ne suffiraient pas à donner une bouchée à chacun ». André à sans doute entendu la question que Jésus a posée à Philippe. Inventif, débrouillard, il se met en quête d’une autre solution : mais le bilan de ses trouvailles s’avère, lui-aussi déficitaire :« Il y a là un garçon qui possède 5 pains d’orge et 2 poissons », dit-il à Jésus, mais qu’est ce que cela pour tant de monde ? Quelle énorme disproportion, en effet entre les moyens et les besoin ?

Humainement la difficulté est insurmontable. Et c’est alors que Jésus intervient, manifestant une fois de plus la souveraine maîtrise qu’il exerce sur l’impossible et cela par pur amour, pour le service de l’homme. Mais ici, la puissance de l’Homme-Dieu se manifeste avec d’autant plus d’éclat qu’elle utilise des moyens pauvres... Car Jésus (qui aurait fort bien pu accomplir le miracle à partir de rien), ne méprise pas la base de départ que constitue l’offre très modeste d’un enfant, un de ces petits que, d’ordinaire les adultes regardent du haut de leur grandeur, de leur force physique, de leur savoir ou de leur pouvoir... Les petits, c’est bien connu, ont besoin des grandes personnes et les pauvres des riches.

Jésus, qui n’hésite pas à bouleverser nos conceptions, nous apprend ici que les grands, les adultes, ont aussi besoin des petits. Nous sommes trop souvent tentés de l’oublier : sans les petits, sans les pauvres, quel appauvrissement ce serait dans le monde : appauvrissement de générosité, de dévouement, d’espérance ; appauvrissement d’amour.

Jésus, qui est si grand, si puissant, ne veut pas agir seul : il veut avoir besoin des êtres faibles et limités que nous sommes. Il veut pouvoir compter sur notre collaboration si minime soit-elle. A la plus petite de nos offrandes il confère une valeur immense, une portée illimitée. Ne nous en donne-t-il pas ce miracle une preuve éclatante ? Un petit garçon lui offre généreusement 5 pains et 2 poissons et ça lui suffit pour rassasier toute une foule et avec surabondance puisqu’on recueille 12 corbeilles de restes.

Frères et sœurs, aujourd’hui comme hier, dans l’ordre spirituel Jésus n’agit pas autrement. Quel moyen emploie-t-il par exemple, pour perpétrer sa présence au milieu de nous ; pour entretenir, augmenter et fortifier la vie divine que nous avons reçue en notre âme à l’heure de notre baptême ? Eh bien ! Tout simplement un peu de matière : du pain et du vin. Et par sa puissance créatrice, transfiguratrice, il les change en son corps et en son sang.

Ressuscité, toujours vivant, il est présent, bien qu’invisible à nos yeux, sous les espèces du pain et du vin consacrés. Par le moyen de ce sacrement d’amour qu’est l’Eucharistie, Jésus peut renouveler à tout instant dans le monde l’offrande de son sacrifice rédempteur et nourrir la foule de ses amis pour qu’ils vivent de lui, de sa pensée, de son amour, de sa force et deviennent de plus en plus participants de sa divinité.

Pour Jésus, donc, nous le voyons, les problèmes insolubles ça n’existe pas (il est vraiment selon la belle formule du Père de Foucault « Le Maître de l’Impossible ». Et voilà qui doit fonder et affermir notre espérance, notre confiance en la Toute-puissance de son Amour pour nous.

Bien des fois, avouons-le, nous vous laissons aller au découragement, et nous frôlons peut-être le désespoir face aux difficultés de toute sorte qui se dressent sur la route de notre vie chrétienne : qu’il s’agisse de la virulence des tentations, de la tyrannie des passions, de souffrances physiques ou morales particulièrement éprouvantes...

Mais qu’attendons-nous à ces moments-là, pour nous tourner vers le Seigneur qui ne cesse de nous tendre une main secourable ?

Qu’attendons-nous pour le supplier de nous donner ces grâces de lumière et de force qui vont finalement rendre l’impossible possible ? Nous faire expérimenter à quel point elle est vraie la parole de saint Paul « je puis tout en celui qui me rend fort ».

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui nous a si bien rappelé la voie de l’enfance spirituelle avait une conscience très vive de sa petitesse : de sa faiblesse face aux obstacles qu’il lui fallait surmonter pour devenir une vraie chrétienne et atteindre les cimes de la sainteté. Pour y parvenir elle ne comptant que sur Dieu, sur sa force et sur son appui : « le Bon Dieu écrit-elle m’a toujours secourue ; il m’a conduite par la main. Je compte sur ... Il ne regarde pas tant à la grandeur de nos actions qu’à l’amour avec lequel nous les accomplissons ».

Alors, chers frères et sœurs, même si nous nous sentons très pauvres, très limités, même si jusqu’à présent nous avons accumulés les échecs, ne nous laissons pas abattre, rappelons-nous que si nous savons nous offrir à Jésus, nous en remettre totalement à lui, il est vraiment capable de transformer notre pauvre vie, en nous donnant d’aimer Dieu et nos frères comme lui-même les aime.

Oui, soyons tout à Jésus (et le secret pour être tout à Jésus, c’est de se consacrer à Marie), soyons donc tout à Jésus par Marie. Il nous comblera alors de sa grâce et il fera même de nous des multiplicateurs de cette grâce pour le plus grand bien de nos frères et la Gloire du Père.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année B
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commentaires

carlito 01/08/2015 23:42

L'Abbé Cousty a toujours été un père et un frère en Jésus-Christ ! Merci Seigneur !
Quelle belle médiation et exhortation, absolument sublime !
Dieu vous bénisse mon très cher père !

Jackie 02/08/2015 08:19

Oui, tu as raison Carlito. Qu'il te bénisse toi aussi, avec tout le merveilleux travail que tu fais.

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