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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 23:05

Lecture du second livre des Rois 5, 14-17

Le général syrien Naaman, qui était lépreux, descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre du prophète Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l'homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n'y a pas d'autre Dieu, sur toute la terre, que celui d'Israël ! Je t'en prie, accepte un présent de ton serviteur ». Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n'accepterai rien ». Naaman le pressa d'accepter, mais il refusa. Naaman dit alors : « Puisque c'est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d'autres dieux qu'au Seigneur Dieu d'Israël ».

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2, 8-13

Souviens-toi de Jésus Christ, le descendant de David : il est ressuscité d'entre les morts, voilà mon Évangile. C'est pour lui que je souffre, jusqu'à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n'enchaîne pas la parole de Dieu ! C'est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu'ils obtiennent eux aussi le salut par Jésus Christ, avec la gloire éternelle. Voici une parole sûre : « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l'épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera. Si nous sommes infidèles, lui, il restera fidèle, car il ne peut se rejeter lui-même ».

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc 17, 11-19

Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous ». En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres ».

En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! Jésus lui dit : Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé ».

Homélie

Au temps de Jésus la lèpre était ce mal implacable dont on ne guérit pas : mal horrible, repoussant, qui déforme et défigure, mal mystérieux qui fait peur, que le médecin est impuissant à guérir, mal, dont instinctivement on s’écarte, car on le croyait contagieux. Bref, le lépreux, au temps de Jésus c’est un paria mis au banc de la société. Il vit à l’écart des villages et doit prévenir de sa présence chaque fois qu’il s’approche des lieux habités afin que tous puissent s’enfuir. La lèpre c’est vraiment le fond de la misère humaine. Comme on comprend alors le cri des 10 lépreux : « Jésus, Maître aie pitié de nous ! »

En les guérissant Jésus montre à la fois sa puissance miraculeuse et sa bonté pour les plus malheureux.

En leur enjoignant de se montrer aux prêtres pour que la guérison soit officiellement constatée, il les réinsère dans la communauté des hommes.

Cependant l’Evangile ne nous dit pas qu’ils furent guéris mais qu’ils furent « purifiés ». C’est que la lèpre dans la Bible, n’est pas seulement une maladie du corps. Le lépreux est un être mystérieusement frappé par Dieu et cette maladie semble la punition d’une faute. La lèpre est ainsi le symbole du péché, ce mal de l’âme qui défigure en nous l’image de Dieu et qui nous ronge en nous conduisant à la mort, ce mal que l’homme ne sait pas guérir.

La lèpre tout comme le péché, Dieu seul les guérit. En guérissant les 10 lépreux Jésus se manifeste donc avec la puissance même de Dieu, de Dieu, venu sur terre pour guérir et sauver tous les hommes : tous les hommes et pas seulement les fils d’Israël, tous les hommes, même ces Samaritains que les Juifs détestaient. Oui, tous peuvent être purifiés à condition qu’ils aient foi en Jésus : « relève-toi et va, ta foi t’a sauvé... »

Un seul à vrai dire, est arrivé jusque là ; certes, les 10 sont guéris pendant qu’ils sont en chemin, mais un seul est « sauvé ». Un seul retourne vers Jésus, c’est le mouvement même de la conversion. Un seul revient pour remercier. Alors que les 9 autres ont saisi jalousement leur guérison comme une proie, pressés d’aller vers les prêtres, impatients d’être réintégrés dans la société, leur famille, leurs amis. Seul le Samaritain, c'est-à-dire le pauvre, l’hérétique, l’étranger, prend le temps de remercier : il ne se contente pas de recevoir le bienfait qu’il a demandé dans sa prière. Au-delà de la puissance qui l’a soulagé, c’est le visage de Jésus qu’il veut retrouver, c’est le mystère de sa personne qu’il désire contempler. Il entre avec Jésus dans une relation nouvelle de gratuité, de louange, d’action de grâces.

Seul ce Samaritain est parvenu à la foi : sa guérison corporelle est le signe d’une autre guérison plus profonde : la guérison du cœur, la guérison de son être intérieur. Par la Foi, il y a reçu un cœur nouveau, non plus un cœur avide qui demande des bienfaits, mais un cœur libéré et reconnaissant. Il s’est élevé du bienfait jusqu’à son bienfaiteur. Dieu n’est plus pour lui le moyen d’obtenir ce qu’il désire, Dieu est devenu le but, l’objet même de son désir. « Ta Foi t’a sauvé ». Et Jésus de souligner qu’il y a plus de foi chez cet étranger que chez les 9 autres pourtant tous fils d’Israël.

Frères et sœurs, nous avons vu dans la 1ère lecture que Naaman, grand Général de l’armée de Syrie a fait la même expérience. Le prophète Elisée se borne à lui dire « descends au Jourdain, plonge-toi 7 fois et tu seras purifié ». Naaman est furieux : est-ce que les fleuves de son pays ne valent pas le Jourdain ? Il lui faudra rejeter son orgueil et croire en toute simplicité à la parole du prophète, car le don de Dieu ne s’achète pas avec des cadeaux. Alors, dit la Bible, sa chair redevint comme celle d’un petit enfant, mieux encore c’est un cœur d’enfant que Naaman avait retrouvé, un cœur humble prêt à croire Dieu sur parole. Naaman est ainsi la figure du Baptême qui nous purifie de la lèpre du péché.

Il importe également, frères et sœurs, de biens comprendre ceci : quand Luc dans l’Evangile nous rapporte la parole de Jésus aux 10 lépreux : « allez vous montrer aux prêtres », c’est à des chrétiens qu’il s’adresse et, bien qu’il soit médecin, il ne veut pas parler alors de la lèpre du corps mais du péché qui ronge en nous la vie de Dieu et peut aller jusqu’à la détruire. Oui, allez vous montrer aux prêtres pour découvrir votre mal, dire votre péché et vous serez purifiés : vous serez pardonnés.

Le prêtre dans le Sacrement de Pénitence (ou de réconciliation) n’est-il pas le dépositaire de cette puissance de Dieu qui purifie du péché ? Encore faut-il dans un acte de foi, aller vers lui qui tient la place du Christ avec des sentiments de profonde contrition et de ferme propos et lui découvrir son mal, pour être guéri.

Frères et sœurs, celui qui accomplit cet acte de conversion, de retour à Dieu et obtient dans la confession sacramentelle la guérison de sa âme, trouve alors la joie, la joie du pardon et de la paix et il rend grâce comme le lépreux de l’Evangile revenu vers Jésus.

Pour conclure, je voudrais vous dire ceci : pour remercier il faut avoir un cœur de pauvre conscient d’avoir tant reçu.

« Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » dit saint Paul. Pouvons-nous dire que c’est notre cas, que nous avons cette humilité-là ?

Saint Paul exhortait souvent les premiers chrétiens « à vivre dans l’action de grâces ». L’action de grâces doit être le climat normal, habituel de celui qui se sait aimé de Dieu et sauvé par Jésus-Christ. C’est pourquoi, une fois de plus nous allons célébrer dans l’Eucharistie l’action de grâce par excellence à laquelle nous unissons la nôtre : celle du Christ à son Père.

Que Marie, la Vierge du Magnificat nous aide à faire de toute notre vie, constamment centrée sur l’Eucharistie et alimentée par l’Eucharistie, une action de grâces permanente à la gloire de la Très Sainte Trinité.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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