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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 00:05

Lecture du livre d'Isaïe 35, 1-6a.10

Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent ! Le pays aride, qu'il exulte et fleurisse, qu'il se couvre de fleurs des champs, qu'il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Sarône. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver ». Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur, ils arriveront à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera leur visage ; allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s'enfuiront.

Lecture de la lettre de saint Jacques 5, 7-10

Frères, en attendant la venue du Seigneur, ayez de la patience. Voyez le cultivateur : il attend les produits précieux de la terre avec patience, jusqu'à ce qu'il ait fait la première et la dernière récoltes. Ayez de la patience vous aussi, et soyez fermes, car la venue du Seigneur est proche. Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte. Frères, prenez pour modèles d'endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 2-11

Jean le Baptiste, dans sa prison, avait appris ce que faisait le Christ. Il lui envoya demander par ses disciples : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre, » Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » Tandis que les envoyés de Jean se retiraient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? Un roseau agité par le vent ?... Alors, qu'êtes-vous donc allés voir ? Un homme aux vêtements luxueux ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Qu'êtes-vous donc allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu'un prophète. C'est de lui qu'il est écrit : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour qu'il prépare le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. »

Homélie

Il est des moments dans la vie où tout se trouve brutalement remis en question. Combien de gens ne voit-on pas au soir de leur existence, (quelque fois beaucoup plus tôt) qui s’interrogent avec amertume : « Quel a été le sens de ma vie, qu’en restera-t-il ? N’ai-je pas fait fausse route, ne me suis-je pas illusionné ? »

Ces heures de doute lancinant Jean-Baptiste, le Précurseur du Christ, les a vécues derrière les barreaux de cette prison de Macheroute où le Roi Hérode l’avait fait incarcérer. Aurait-il tant prêché et tant risqué pour rien ?

Pendant des mois, sur les bords du Jourdain, il a proclamé la venue imminente du Messie, un jour il l’a montré à la foule « Voici l’agneau de Dieu » ; et il l’a même baptisé. A d’anciens disciples qu’on laisse accéder jusqu'à lui, Jean-Baptiste fait part de ses interrogations et de ses inquiétudes. Pas question, bien sûr, de remettre en cause la parole de Dieu transmise par les prophètes. Jean est sûr qu’un Messie va venir, puisque les prophètes l’ont annoncé !

Mais, lui, Jean, ne s’est-il pas trompé quand au bord du Jourdain il a désigné Jésus comme ce Messie qu’on attendait depuis des siècles ? N’a-t-il pas été présomptueux en prenant comme une inspiration divine ce qui, après tout n’était peut-être qu’un enthousiasme personnel et passager ? Ce Jésus de Nazareth, s’il est le Messie qu’attend-il donc pour se manifester avec éclat et répondre à l’espérance de tout son peuple ?

Jean espérait un justicier impitoyable et on lui dit que Jésus est un guérisseur des corps et un médecin des âmes. La vengeance de Dieu s’annonçait et c’est la miséricorde qui est offerte avec douceur et humilité. Il y a même du scandale dans l’air. N’a-t-on pas vu ce défenseur des pauvres et ce fils du peuple élu fréquenter les riches, partager la table des pharisiens rigides et des publicains méprisés ? Il a été jusqu’à louer la foi d’un officier païen de l’armée d’occupation ? Etrange libérateur et tellement différent du portrait prophétisé... Héritier de toute la Bible, mais peut-être rempli avant tout par les images bibliques du jugement final, Jean ne comprend plus. Et comme il veut en avoir le cœur net, il envoie des messagers à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Et Jésus répond non par des mots, mais par des actes : « Allez répondre à Jean ce que vous entendez dire de moi et ce que vous me voyez faire ».

Mais il ne s’agit pas d’éclat de victoire, ni de vengeance assouvie. Pas même une réponse aux espérances politiques, religieuses ou nationalistes d’un bon nombre. Le Messie est bien là, la libération a commencé. Le Royaume de Dieu est inauguré, mais autrement. Les signes de la présence du Royaume et de son Messie n’ont rien de spectaculaire. Ils sont tellement discrets et dissimulés dans la pâte de la vie quotidienne qu’ils passent aisément inaperçus. Jésus refuse donc de répondre à Jean-Baptiste en présentant ses titres et ses lettres de créance. Il ne cherche pas à justifier sa présence ni ses attitudes qui étonnent, choquent et divisent. Les preuves qu’il est bien le Messie promis et attendu, Jean est invité à les voir dans les gestes d’amour et de pardon, le témoignage d’un esprit largement ouvert et toujours accueillant, un cœur sans frontières, un total respect de tout être, une passion de la vérité et de la justice, une incessante fidélité à défendre les droits de Dieu et ceux de la personne humaine. L’envoyé de Dieu n’est-il pas celui qui doit passer en faisant le bien, en annonçant le Bonne Nouvelle aux pauvres, à tous ceux dont les genoux fléchissent tellement ils sont accablés.

Les voies de Dieu sont souvent déroutantes. A Jean-Baptiste qui avait dans sa prison tant de raisons pour s’impatienter et se décourager, Jésus rappelles les promesses d’Isaïe ; il lui fait savoir comment elles sont en voie d’accomplissement. Cela ne changera rien à la situation pénible du précurseur : prisonnier, il le restera jusqu’au soir de son exécution. Et pourtant à partir de là pour Jean-Baptiste la vie aura retrouvé son sens. Parce qu’il aura reconnu la fidélité de Dieu à la parole donnée, il pourra accepter de « diminuer pour que le Messie grandisse ». Il pourra accepter d’être la semence que l’on enfouit en terre pour que germe la moisson...

Chers frères et sœurs, la situation de doute dans laquelle Jean-Baptiste s’est trouvé, certains peut-être parmi nous sont en train de la vivre. Mais sachons que nous sommes tous appelés à la vivre un jour ou l’autre, sur un autre mode sans doute et à un moindre degré. A une certaine époque, peut-être avons-nous cru à un grand idéal ? Peut-être avons-nous cru à la possibilité d’un grand amour ou d’un grand appel ? Et voilà que la vie nous a déçus et meurtris : blessures qu’infligent les échecs ou ankylose que provoque la monotonie, la banalité du quotidien. Et Dieu semble se taire. Il ne répond pas à nos attentes, ni à nos désirs. Comme ses voies nous paraissent déroutantes ! Mais c’est parce que nous voulons sans cesse les réduire à des dimensions humaine, c’est parce que nous n’acceptons pas le cheminement qui fut celui de Jean-Baptiste, (et qui est une préfiguration de celui de Jésus lui-même), cheminement qui passe par la mort pour aboutir à la Résurrection. C’est au Jardin de l’Agonie et c’est sur le Calvaire que Jésus a pu signifier au maximum l’amour qu’il porte à son Père et aux hommes.

C’est peut-être au creux de l’épreuve quand tout devient obscur, quand tout semble muré que nous pouvons le mieux apprendre à aimer.

Demandons à Marie, notre Educatrice spirituelle de nous le faire comprendre.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année A
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