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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 23:05

Lecture du livre de l'Exode 17 ? 8-13

Le peuple d'Israël marchait à travers le désert. Les Amalécites survinrent et l'attaquèrent à Réphidim. Moïse dit alors à Josué : « Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main ». Josué fit ce que Moïse avait dit : il livra bataille aux Amalécites. Moïse, Aaron et Hour étaient montés au sommet de la colline. Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. Mais les mains de Moïse s'alourdissaient ; on prit une pierre, on la plaça derrière lui, et il s'assit dessus. Aaron et Hour lui soutenaient les mains, l'un d'un côté, l'autre de l'autre. Ainsi les mains de Moïse demeurèrent levées jusqu'au coucher du soleil. Et Josué triompha des Amalécites au tranchant de l'épée.

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 3, 14 – 4, 2

Fils bien-aimé, tu dois en rester à ce qu'on t'a enseigné : tu l'as reconnu comme vrai, sachant bien quels sont les maîtres qui te l'ont enseigné. Depuis ton plus jeune âge, tu connais les textes sacrés : ils ont le pouvoir de te communiquer la sagesse, celle qui conduit au salut par la foi que nous avons en Jésus Christ. Tous les textes de l'Écriture sont inspirés par Dieu ; celle-ci est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l'homme de Dieu sera bien armé, il sera pourvu de tout ce qu'il faut pour un bon travail. Devant Dieu, et devant le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, je te le demande solennellement, au nom de sa manifestation et de son règne : proclame la parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18, 1-8

Jésus dit une parabole pour montrer à ses disciples qu'il faut toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : "Rends-moi justice contre mon adversaire." Longtemps il refusa ; puis il se dit : "Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer : je vais lui rendre justice pour qu'elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête." Le Seigneur ajouta : Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice ! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Est-ce qu'il les fait attendre ? Je vous le déclare : sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? »

Homélie

Il est une vérité que nous ne devrions jamais oublier : à savoir que tout ce que nous faisons dans l’ordre surnaturel c’est Dieu qui nous donne de pouvoir le faire. De cette vérité, Moïse était profondément convaincu, lui qui persévérait dans la prière tandis que Josué combattait dans la plaine, car la prière ne dispense pas d’agir.

« Laisser tomber les bras » : voilà une expression que nous employons encore pour parler de quelqu’un qui n’y croit plus, qui renonce : il a baissé les bras ! Moïse n’a pas baissé les bras : il a tenu bon dans la foi, il a persévéré dans la prière jusqu’au bout.

Aussi, à travers ce geste de Moïse, c’est la question de la foi, qui, en fait nous est posée : sur qui comptons-nous ? Sur Dieu ou seulement sur nous-mêmes, nous estimant assez forts, suffisants, pour nous passer de Lui ?

C’est tout le sens de la question de Jésus, étrange en vérité, qui termine l’Evangile d’aujourd’hui : « Mais le Fils de l’Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

A voir la proportion des baptisés qui fréquentent les églises chaque dimanche, la question se pose en effet. Et nous-mêmes, dans nos journées, quelle place laissons-nous à la prière ? Avons-nous au moins un rendez-vous quotidien et assez long avec le Seigneur ? Oh, je sais bien, l’excuse qu’on se donne : « Je n’ai pas le temps ».

Ayons plutôt la loyauté de reconnaître : « Je ne sais pas prendre le temps ».

Car prier, voyez-vous, c’est d’abord comme disait si bien un auteur spirituel : « brûler du temps pour Dieu », c’est lui réserver une partie de notre temps parce que nous avons conscience que c’est capital pour notre vie chrétienne qui est essentiellement une vie de Foi, d’Espérance et d’Amour.

Quand on aime quelqu’un ne prend on pas du temps pour demeurer avec lui, l’écouter, lui parler, lui exprimer notre affection ou notre amitié ? La prière est ce rendez-vous avec Dieu, elle nous rend présents à Dieu, elle nous expose au rayonnement de son Amour comme on s’expose au soleil. Au milieu de l’agitation trépidante de notre vie, la prière est un bain de silence qui permet une décantation de nous-mêmes, comme une eau qui se clarifie au repos, et alors, oui nous pouvons entendre Dieu qui nous parle tout doucement à l’intime du cœur. Son esprit qui est l’Esprit de Vérité nous envahit et peu à peu nous communions à sa pensée sur toutes choses, sur le monde, sur les autres et sur nous-mêmes, nous communions à son désir qui est de sauver tous les hommes et cela fortifie en nous l’esprit missionnaire.

La prière, surtout si elle est contemplative, si elle est un long face à face, clarifie notre regard, apaise notre cœur le remplit d’un véritable amour pour nos frères : elle fortifie aussi notre volonté pour les servir. Oui, en vérité la prière est une grande chaîne d’amour qui nous relie à Dieu et à nos frères.

Il nous faut bien comprendre aussi, chers frères et sœurs, que la prière, c’est ce qui permet au Seigneur d’agir en nous et par nous : ce qui lui permet d’agir en nous, car Dieu n’attend que notre appel, pour nous répondre en comblant notre cœur de sa lumière, de son amour, de sa force. Il n’ignore pas, certes, que nous en avons besoin, mais il veut que nous le lui demandions, reconnaissant par là qu’il est le Maître, mais surtout qu’Il est notre Père, un Père très aimant, infiniment bon.

La prière c’est aussi ce qui permet à Dieu d’agir par nous, car c’est grâce à elle que nous devenons de plus en plus malléables, disponibles, capables de dire comme Marie, la Grande Priante : « qu’il me soit fait selon ta Parole ».

Vous avez remarqué que l’Evangile de ce dimanche est une pressante invitation à la persévérance dans la prière. En nous donnant l’exemple de cette veuve importune à qui le juge excédé finit par rendre justice, Jésus veut nous rappeler avec force que l’efficacité de notre prière est à la mesure de notre foi. Une prière qui se prolonge, qui se fait insistante a finalement raison du Cœur de Dieu.

Le saint Curé d’Ars le disait d’une manière un peu paradoxale : « Je connais quelqu’un qui est plus fort que Dieu, c’est l’homme de prière, il fait dire à Dieu OUI lorsqu’il a dit NON ».

Cela ne veut pas dire que Dieu va exaucer nos prières aussitôt que nous les aurons formulées… Dieu n’est pas un distributeur automatique. Ce silence de Dieu parfois nous scandalise, souvent nous décourage… Pourquoi notre Père du Ciel est-il si peu pressé tandis que nous le supplions de faire vite en toutes nos prières ?

Nous ne pouvons pas pénétrer la pensée du Seigneur pour connaître le secret de sa patience et percer le mystère de son retard sur notre impatience. Mais ne savons-nous pas, par expérience, que ce que nous demandons à Dieu sur un coup de tête ou dans un accès de fièvre n’est pas toujours le meilleur. Il faut souvent l’érosion du temps pour décaper nos fausses générosités et nos petits calculs aux apparences de piété. Heureusement Dieu ne nous prend pas toujours au mot. Où en serions-nous si tous nos caprices d’enfants avaient été exaucés ?

Devant Dieu ne sommes-nous pas tous comme des plantes : pour pouvoir grandir jusqu’à êtres capables de donner des fleurs et des fruits, les plantes ont besoin du rythme des saisons, de l’alternance du soleil et de la pluie, de l’été et de l’hiver et même des rafales du vent. Que deviendrait un germe qui refuserait toute épreuve au cours de sa croissance et voudrait exiger la récolte au lendemain des semailles ?

Il faut donc, chers frères et sœurs, que notre attitude de priants soit toute de patience, d’humilité, d’abandon à Dieu et à sa Sainte Volonté. Si parfois Dieu semble faire la sourde oreille, gardons-nous bien de nous décourager !

Frappons à sa porte avec encore plus d’insistance, afin de recevoir ses dons avec gratitude, même s’ils ne correspondent pas exactement à ce que nous aurions souhaité. N’oublions jamais que Dieu est un Père plein de tendresse qui nous aime infiniment : il sait beaucoup mieux que nous ce qui nous convient… En réalité, la vraie prière ne devrait être qu’abandon à Dieu, acceptation amoureuse de sa volonté… Si nous prions, c’est pour obtenir que le « OUI » de Jésus à Gethsémani devienne le nôtre… « Oui Père que ta volonté soit faite et non la mienne ».

Autrement dit prier avec persévérance c’est se livrer tout entier à l’amour du Père à l’exemple de Jésus et de Marie. Mais n’est-ce pas, dites-moi, l’essentiel de notre vocation chrétienne : qui est de communier dès ici-bas par la Foi et la Charité à la Vie du DIEU AMOUR en attendant de la posséder un jour, cette vie divine dans les splendeurs de la GLOIRE !

Amen !

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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