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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 16:56

Lecture du livre d'Isaïe 5, 1-7

Je chanterai pour mon ami le chant du bien-aimé à sa vigne. Mon ami avait une vigne sur un coteau plantureux. Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir. Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais.

Et maintenant, habitants de Jérusalem, hommes de Juda, soyez donc juges entre moi et ma vigne ! Pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n'ai fait ? J'attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ? Eh bien, je vais vous apprendre ce que je vais faire de ma vigne : enlever sa clôture pour qu'elle soit dévorée par les animaux, ouvrir une brèche dans son mur pour qu'elle soit piétinée. J'en ferai une pente désolée ; elle ne sera ni taillée ni sarclée, il y poussera des épines et des ronces ; j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie. La vigne du Seigneur de l'univers, c'est la maison d'Israël. Le plant qu'il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici l'iniquité ; il en attendait la justice, et voici les cris de détresse.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4, 6-9

Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera votre cœur et votre intelligence dans le Christ Jésus.

Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d'être aimé et honoré, tout ce qui s'appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le à votre compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 33-43

Jésus disait aux chefs des prêtres et aux pharisiens : « Écoutez une autre parabole : Un homme était propriétaire d'un domaine ; il planta une vigne, l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le moment de la vendange, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de la vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l'un, tuèrent l'autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d'autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais ils furent traités de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : 'Ils respecteront mon fils.' Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage !' Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien, quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il donnera la vigne en fermage à d'autres vignerons, qui en remettront le produit en temps voulu ». Jésus leur dit : « N'avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire son fruit ».

Homélie

Il y a au cœur de cette parabole évangélique particulièrement dramatique, une petite phrase qui exprime en sa brièveté le plus bouleversant de tous les mystères, celui de l’amour prodigieux, de l’amour fou de Dieu pour nous. « Finalement, il leur envoya son Fils ». Dieu en vérité ne pouvait rien faire de plus et il ne pouvait rien faire de mieux…

Dans son Evangile saint Jean déclare : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils Unique afin que tout homme qui croit en lui ait la Vie éternelle ».

Et dans l’Epître aux Hébreux nous pouvons lire tout au début : « Après avoir à maintes reprises parlé à nos pères par les prophètes, Dieu en ces jours qui sont les derniers nous a parlé par son Fils ».

Qu’est-ce donc que l’histoire de l’humanité, pour nous chrétiens, qui essayons de voir toutes choses dans la Lumière de la Révélation ? Rien d’autre, en fait, que l’histoire d’un perpétuel dialogue entre Dieu et les hommes ? Un dialogue qui est toujours ouvert par Dieu lui-même, dans lequel il prend toujours l’initiative. Oui, depuis que les hommes existent Dieu s’avance vers eux d’une manière ou d’une autre pour leur parler de lui et d’eux… Il est ce propriétaire qui sans se lasser rend visite à sa vigne… et les hommes à travers leur religions si diverses essayent de balbutier une réponse au discours divin qu’ils perçoivent plus ou moins confusément… mais le plus souvent ils repoussent les avances de Dieu.

Or voici qu’un jour Dieu se choisit un peuple pour être son témoin au milieu de tous les autres peuples et la Bible nous montre que l’aventure inouïe de ce peuple d’Israël marque un temps fort du dialogue entre Dieu et les hommes. Dieu s’y révèle, en effet, comme le seul Dieu, le vrai Dieu et par la voix de ses messages, les prophètes surtout qui sont des porte-parole. Il fait connaître à ceux qui veulent bien les accueillir quelques-unes de ses pensées les plus essentielles sur lui-même, sur le monde et sur l’homme. Mais par-dessus tout, à travers son propre Fils, devenu homme, sans rien perdre de sa divinité que Dieu dit, s’exprime le plus clairement et le plus parfaitement aux hommes. C’est donc en fixant notre regard sur Jésus : c’est au travers de tout ce qu’il est de tout ce qu’il dit. Comme de tout ce qu’il fait que nous pouvons découvrir enfin le vrai visage de Dieu. Jésus lui-même nous affirme : « Qui me voit, voit le Père ». En lui nous est donné le véritable Révélateur de Dieu, celui qui le fait transparaître, celui qui nous dévoile ses secrets. En lui c’est toute la Révélation qui s’épanouit : on peut dire que Jésus c’est le dernier mot sur Dieu.

Mais alors comment se fait-il que nous soyons si peu accueillants à une confidence ? C’est là que la Parabole des vignerons homicides doit nous interpeller… car cette histoire ne vise pas seulement le peuple d’Israël qui durant des siècles a rejeté ou massacré les prophètes, elle ne vise pas seulement les contemporains de Jésus qui se sont emparés de Lui, le Fils et l’ont mis à mort… elle vise aussi le nouveau Peuple de Dieu que le Christ a fondé : c’est-à-dire l’Eglise dont nous sommes tous les membres en vertu de notre Baptême. N’est-elle pas l’Eglise, cette vigne du Seigneur dans laquelle nous sommes invités à travailler chacun à sa place pour le salut de tous ? Et ne sommes-nous pas quelquefois, hélas ! Ces serviteurs au cœur endurci qui renvoient promener les uns après les autres les messagers de Dieu ? Ne nous arrive-t-il pas à nous aussi de refuser le Christ ? « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ». Pour quelle raison ? Mais tout simplement parce qu’il dérange. Jésus, en effet, nous appelle à renouveler complètement notre manière d’envisager Dieu, le monde et nous-mêmes… Il nous invite à une révision radicale de notre échelle de valeurs…

  • Nous pensons par exemple : qu’ils ont bien de la chance ceux qui ont de l’argent plein les poches, ils peuvent se payer tout ce qui leur plaît… et Jésus nous dit : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent… vous êtes bienheureux si vous avez l’esprit de pauvreté. Détachez-vous de tous vos biens terrestres (que de toute façon il faudra laisser un jour) et vous aurez un trésor dans le ciel…
  • Ou encore : nous croyons que c’est déjà pas mal d’aimer ceux qui nous sont sympathiques et Jésus nous dit : « Aimez vos ennemis et faites du bien à ceux qui vous haïssent… pardonnez inlassablement.
  • Oui, nous rêvons, en fait, d’une petite vie tranquille, sans histoires, sans problèmes et Jésus nous dit : « Si vous voulez être mes amis et réussir votre vie, renoncez à vous-mêmes, prenez votre croix chaque jour et suivez-moi… »

Que se passe-t-il alors ? Eh bien, frères et sœurs, il arrive qu’à certaines heures notre foi chrétienne exige de nous des choix si durs que nous sommes tentés de tuer à nouveau le Seigneur Jésus. Oui, de le tuer en lui préférant tout autre chose que lui, en le faisant mourir ainsi dans notre cœur, en le faisant disparaître de notre vie.

Heureusement, frères et sœurs, l’amour de Jésus est infiniment plus fort que notre péché, son sacrifice plus puissant que tous nos refus. La croix est devenue l’arbre de vie, grâce auquel nous devenons capables de porter les fruits d’amour que le Seigneur attend de nous. Jésus a le pouvoir de nous délivrer de cette prison dans laquelle nous nous enfermons trop souvent par nos refus d’aimer, si toutefois nous sommes assez humbles pour nous reconnaître pécheurs et renouer notre alliance avec lui dans le sacrement du pardon et de la réconciliation.

Au cours de cette Eucharistie, nous demanderons très fort par l’intercession de Marie, Modèle et Secours des chrétiens, la grâce de ne rien préférer au Christ.

 Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année A
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Carlito 08/10/2017 15:49

Belle homélie ! Oui nous croyons en Jésus mais est-ce que nos vie sont vraiment en conformité avec l'Amour de sa Parole ? Telle est la question que nous pose ici notre cher et aimé Abbé COUSTY.

Carlito

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