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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 00:05

Lecture du second livre de Samuel 5, 1-3

Toutes les tribus d'Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Nous sommes du même sang que toi ! Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi, tu dirigeais les mouvements de l'armée d'Israël, et le Seigneur t'a dit : 'Tu seras le pasteur d'Israël mon peuple, tu seras le chef d'Israël.' » C'est ainsi que tous les anciens d'Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron, devant le Seigneur. Ils donnèrent l'onction à David pour le faire roi sur Israël.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1, 12-20

Frères, rendrez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d'avoir part, dans la lumière, à l'héritage du peuple saint. Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé, par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés. Lui, le Fils, Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles : tout est créé par lui et pour lui. Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui. Il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire de l'Église. Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, puisqu'il devait avoir en tout la primauté. Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total. Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 23, 35-43

On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs ». L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal ». Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne ». Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ».

Homélie

C’est un Roi crucifié que saint Luc nous invite à contempler dans le passage d’Evangile que nous venons d’entendre. L’Evangéliste veut nous montrer, en effet, que le Christ n’est pas Roi comme l’entend notre langage usuel lorsqu’il désigne le monarque héréditaire qui est à la tête d’une nation. Car, à cette forme de royauté, Jésus a nettement tourné le dos... Lorsqu’au cours de sa vie publique il est amené à définir sa Royauté, il le fait toujours par opposition à la volonté de puissance à l’esprit de domination, au goût du prestige. Ce qu’il revendique c’est « d’être celui qui sert » et de ses mains en qui le Père a tout remis, il lave les pieds de ses apôtres.

Quant à la cérémonie de son Intronisation Royale elle est de l’ordre du jamais vu :

  • son trône c’est une croix (gibet réservé aux grands criminels)
  • sa couronne est formée par des épines,
  • son manteau de pourpre c’est son sang,
  • sa puissance ce sont des gros clous enfoncés dans ses mains et dans ses pieds,
  • et en guise de supporters (sa très sainte Mère et saint Jean mis à part) ce sont quelques Juifs qui vocifèrent leur haine.

A cette heure, Jésus n’a plus de partisans ou plutôt il n’en a qu’un : l’un des deux bandits qui l’entourent. Lui aussi est pendu au bois de la Croix et il reconnaît ne pas l’avoir volé. Nous savons que l’histoire l’a appelé le Bon Larron et nombreux sont ceux qui le désignent comme le tout premier saint. Cherchant à pénétrer les secrets de ce brigand si peu ordinaire saint Augustin a imaginé le dialogue suivant : on lui pose la question « Dis-moi larron, qui t’a poussé à confesser que ce Jésus est devenu pour toi l’essentiel alors que ses disciples n’osent même plus y croire ? » Réponse : « Je n’ai jamais entendu parler des paraboles du Royaume. Je ne connais pas les prophéties, mais Jésus m’a regardé et j’ai tout compris ».

Ce larron qui n’est plus qu’une loque humaine a soudain tout compris dans l’instant d’un regard qui bouleverse. Voilà que lui si misérable, si méprisable il existe maintenant pour quelqu’un.

Quelqu’un qui n’est pas tout à fait comme les autres et qui est pourtant au rang des condamnés.

Quelqu’un qui ne lui demande pas de comptes, qui ne se moque pas de sa déchéance.

Quelqu’un qui va jusqu’à habiter sa misère, mieux que cela, qui prend sur lui sa misère.

Il a soudain compris que ce voisin dans l’agonie et bientôt dans la mort, c’est lui le Christ-Roi. Roi comme on ne l’a jamais été. Roi parce que tout proche des perdants en tout genre. Depuis l’intimité du Père infiniment bon il est venu « chercher et sauver tous ceux qui étaient perdus ». Et on pense ici à Zachée, à Marie-Madeleine, à la femme adultère, à cette mère qui pleure son enfant mort, et à ce renégat de Pierre... Il y a eux... et il y a nous aussi – nous tous : tous perdus mais tous retrouvés. Tous perdus par rapport au monde que Dieu avait rêvé et que le péché a cassé... mais tous retrouvés sous le regard miséricordieux du Fils Unique. En fait, tous pardonnés...

Oui, frères et sœurs, le bon larron a tout compris :

  • celui qui est à son côté c’est son Sauveur, le sien, mais aussi celui de tous, (même et surtout de cet autre compagnon de malheur qui pour l’instant se ferme à la lumière)
  • celui qui est là à son côté c’est le Roi de Miséricorde ! Celui qui sauve les hommes non pas de haut, en les dominant, mais de tout près, à niveau d’homme, en glissant son cœur dans le cortège de leurs misères. Pour en avoir la preuve il suffit de regarder sa Croix : elle est sur le même niveau que celle des autres suppliciés.

Le temps du Royaume est maintenant arrivé et la sentence royale se fait alors entendre : « Aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis ».

Oh ! Merveille, le larron pardonné et sanctifié instantanément, sera avec Jésus dans le Royaume de Miséricorde le premier à y rentrer.

Et nous aussi, frères et sœurs, nous serons avec lui, car sa volonté clairement exprimée est que nous soyons avec lui pour une éternité de bonheur et de gloire, mais que nous soyons déjà, avec lui, en ce monde par une amitié, par une communion de tous les instants. Jésus est venu pour être avec nous et pour que nous soyons avec lui. Il est venu partager notre condition pour que nous partagions la sienne : autrement dit, il s’est humanisé pour que nous soyons divinisés... D’un seul coup se trouve abolie la distance entre lui et nous. Finalement nous devenons nous aussi des rois pour régner avec lui.

Méditant sur ce mystère, l’apôtre Paul nous dit : « Rendez grâce à Dieu le Père. Il nous a arrachés de l’empire des ténèbres et nous a fait entrer dans le Royaume de son Fils Bien-aimé, en qui nous avons le pardon de nos péchés ».

Oui, frères et sœurs, en cette fête du Christ, Roi de l’Univers, rendons grâce à Dieu le Père pour sa miséricordieuse lumière qui est venue jusqu’à nous par son Fils, par ses Apôtres, et les innombrables confesseurs de la Foi parmi lesquels nous sommes heureux de compter saint Pierre Dumoulin-Borie, grand martyr de la foi au Tonkin en 1838.

Oui, rendons grâce et apprenons toujours plus à leur école, à devenir les enfants du Royaume. Puissions-nous enfin, à l’heure de notre mort, tourner notre regard vers Jésus le Roi crucifié et lui dire : « Je n’ai été qu’un pécheur, souviens-toi de moi dans ton Royaume ».

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes Christ Roi
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commentaires

Carlito 14/11/2016 22:43

Quelle belle lumière et quelle méditation, nous donne là notre très cher Abbé COUSTY !

En lisant ses homélies, je me rend compte de l'immense chance que j'ai eu de l'avoir eu comme accompagnateur et surtout comme vrai père et frère en Jésus-Christ.

Quelle joie de pouvoir le retrouver ici grâce à toi Jacqueline ! Merci, merci et merci encore !

Dieu te bénisse !

Jackie 14/11/2016 22:50

Merci à toi Carlito, d'être tjs à mes côtés. Que notre Ami commun veille sur ses pauvres brebis égarées que nous sommes devenues... Que de bons moments passés. Que de bonheur en nos coeurs ! Bonne continuation Carlito et à trés bientôt !

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