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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 15:13

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage 15, 15-20

Si tu le veux, tu peux observer les commandements, il dépend de ton choix de rester fidèle. Le Seigneur a mis devant toi l'eau et le feu : étends la main vers ce que tu préfères. La vie et la mort sont proposées aux hommes, l'une ou l'autre leur est donnée selon leur choix. Car la sagesse du Seigneur est grande, il est tout-puissant et il voit tout. Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît toutes les actions des hommes. Il n'a commandé à personne d'être impie, il n'a permis à personne de pécher.

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2, 6-10

Frères, c'est bien une sagesse que nous proclamons devant ceux qui sont adultes dans la foi, mais ce n'est pas la sagesse de ce monde, la sagesse de ceux qui dominent le monde et qui déjà se détruisent. Au contraire, nous proclamons la sagesse du mystère de Dieu, sagesse tenue cachée, prévue par lui dès avant les siècles, pour nous donner la gloire. Aucun de ceux qui dominent ce monde ne l'a connue, car, s'ils l'avaient connue, ils n'auraient jamais crucifié le Seigneur de gloire. Mais ce que nous proclamons, c'est, comme dit l'Écriture : ce que personne n'avait vu de ses yeux ni entendu de ses oreilles, ce que le cœur de l'homme n'avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu. Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 17-37

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : [« Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.

Je vous le dis en effet :] Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. [Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.]

Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur. [Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne.

Il a été dit encore : Si quelqu'un renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d'union illégitime, la pousse à l'adultère ; et si quelqu'un épouse une femme renvoyée, il est adultère.]

Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne feras pas de faux serments, mais tu t'acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment, ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Cité du grand Roi. Et tu ne jureras pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir. Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. Tout ce qui est en plus vient du Mauvais. »

Homélie

Après nous avoir dit dimanche dernier « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde », Jésus nous déclare aujourd’hui « Si votre justice (c’est-à-dire votre fidélité à la volonté de Dieu) ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu ».

On à souvent traduit cette parole du Christ en disant : « si vous n’êtes pas meilleurs que les non-pratiquants et les incroyants, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu ».

Mais est-ce bien cela que Jésus a voulu dire ? Car les scribes et les pharisiens n’étaient pas des incroyants ou des non-pratiquants : c’étaient au contraire des hommes profondément religieux des hommes fidèles jusqu’au scrupule à toutes les pratiques religieuses de leur temps.

Alors, comment faut-il interpréter la pensée de Jésus ?

Regardons un peu ces scribes et ces pharisiens comme Jésus les voyait de son temps. Comment se comportaient-ils ? Le Seigneur leur déclara un jour « vous, vous pratiquez la justice (la fidélité à Dieu) pour attirer les regards et l’admiration des gens, mais Dieu regarde vos cœurs ». Autrement dit : ces gens-là sont fidèles aux actes extérieurs prescrits par la loi religieuse ; ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettre d’adultère... Maris pour Jésus la fidélité va beaucoup plus loin : ce n’est pas simplement dans les observances extérieures et visibles qu’elle se vérifie, mais au plus intime du cœur, de la conscience, des désirs et des intentions.

- Ne pas tuer : bien sûr, mais encore repousser tout sentiment de rancœur, de colère, de vengeance et même faire tout ce qu’on peut pour mieux s’entendre, se remettre d’accord, pardonner et se réconcilier. Ici, vous le voyez, on retrouve les Béatitudes « Heureux les doux, heureux les miséricordieux, heureux les artisans de paix ».

- Ne pas commettre d’adultère ? Bien sûr, mais encore repousser tout désir purement charnel, tout regard possessif qui tend à considérer la femme comme un objet à utiliser, alors qu’elle est fille de Dieu à respecter et à aimer pour elle-même. Ici encore nous retrouverons une des Béatitudes « Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ». Un cœur pur, limpide, transparent est capable de voir toutes choses et tout être avec le regard même de Dieu.

- Ne pas faire de faux serments ? Bien sûr, mais encore être d’une parfaite franchise dans nos rapports avec les autres. Avec Jésus, la fidélité n’est donc plus simplement affaire d’observances extérieures, mais elle doit aller jusqu’à la conversion du cœur. Remarquez que, là encore, Jésus n’invente rien de nouveau. Quantité de textes de l’Ancien Testament déclaraient déjà que les observances religieuses purement extérieures n’avaient aucun sens lorsque le cœur n’y était pas. Souvenez-vous par exemple du très beau texte d’Isaïe sur le jeûne : « A quoi bon tous vos jeûnes... ! Le jeûne que je préfère, dit Dieu, n’est-ce pas de défaire les chaines injustes et de renvoyez libres les opprimées ? N’est-ce pas de partager ton pain avec celui qui a faim, d’accueillir chez toi les pauvres sans abri, et de vêtir le vagabond qui passe ? Que m’importent vos innombrables sacrifices, dit encore Isaïe... En revanche, cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien, faites doit au pauvre et au malheureux ».

Mais nous-mêmes, frères et sœurs, n’avons-nous pas tendance à tomber dans le même travers ? Par exemple, nous sommes fidèles à nos messes du dimanche, mais n’en faisons-nous pas trop souvent une simple observance extérieure, sans y mettre notre cœur ? Y venons-nous avec le souci de nous convertir jusqu’au plus profond de nos cœurs, à l’esprit et à la parole du Christ ; avec le désir de nous offrir en union avec Lui, et de nous unir toujours plus intimement à Lui ? Et puis venir à la Messe par devoir, par obéissance à l’Eglise c’est bien, mais y venir par amour pour le Seigneur, n’est-ce pas tellement mieux ? C’est encore en ce sens que notre fidélité doit surpasser celle des scribes et de pharisiens : ils étaient fidèles à leur loi, à leurs traditions. Ils les observaient comme on observe une consigne, un règlement. Mais ce que le Christ nous demande ce n’est pas simplement d’être fidèles à une morale, c’est d’être fidèles à Dieu qui voit au fond des cœurs. Fils et filles de Dieu, c’est par toute notre vie non seulement par nos actions mais par nos sentiments, nos désirs et nos plus secrètes pensées que nous devons nous attacher à notre Père des cieux et lui témoigner notre amour filial. Alors, nous n’aurons jamais fini de progresser dans notre fidélité.

Quand on a observé une loi, on s’est mis en règle avec la loi, on a la conscience tranquille, le sentiment de devoir accompli : point final, c’est terminé.

Quand il s’agit au contraire de répondre à l’appel de celui qui nous aime, notre Père du Ciel, on ne cherche plus simplement à se mettre en règle avec une loi, mais on cherche à l’aimer, à se mettre en route vers lui, à le rejoindre et à s’attacher à lui, pour travailler et vivre en communion avec Lui.

C’est dans cet esprit-là que Jésus se comportait vis-à-vis de son Père : « Ma nourriture, c’est de faire sa volonté... Je fais toujours ce que lui plaît ! » Plaire à Dieu son Père, c’était pour lui un besoin, une nourriture, une joie : ça n’était jamais fini !

Tout cela, frères et sœurs nous aide à mieux comprendre ce qu’est la morale chrétienne. La morale de l’Ancien Testament, c’était un ensemble de règles fort bien faites pour faciliter la vie en commun, la vie en société. Cette morale de l’Ancien Testament, les « docteurs de la loi » y avaient ajouté mille commentaires qui compliquaient tout. Mais les prophètes, de leur côté, l’avaient de plus en plus approfondie et intériorisée au cours des siècles.

Jésus prend la suite de l’enseignement des prophètes et y apporte tout son épanouissement. Il nous appelle ainsi à dépasser cet art « de vivre ensemble » de l’Ancien Testament pour adopter l’art de vivre des fils et filles de Dieu.

Avec le Christ-Jésus, nous le voyons, c’est un monde nouveau qui commence, le monde dont Dieu rêve depuis les origines ; un monde où l’on ne se contentera plus d’une fidélité extérieure, mais un monde où l’on vivra dans l’amour filial pour Dieu et dans l’amour fraternel. Un monde où l’on vivra sous le règne de l’Esprit de Dieu qui est Amour.

Merci Jésus d’aller plus loin que le défendu et le permis, qui « le fait » ou le « pas fait ». Tu nous fais comprendre que la vie morale du chrétien c’est le don d’un cœur accordé à tous cœur et rien d’autre. Cela n’abolit pas les règles ; cela prend le problème à sa source, au centre mystérieux de la personne, là où tu veux venir habiter, avec ton Père et l’Esprit d’Amour qui fait Votre Unité.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année A
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