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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 23:05

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage 35, 12-14 16-18

Le Seigneur est un juge qui ne fait pas de différence entre les hommes. Il ne défavorise pas le pauvre, il écoute la prière de l'opprimé. Il ne méprise pas la supplication de l'orphelin, ni la plainte répétée de la veuve. Celui qui sert Dieu de tout son cœur est bien accueilli, et sa prière parvient jusqu'au ciel. La prière du pauvre traverse les nuées ; tant qu'elle n'a pas atteint son but, il demeure inconsolable. Il ne s'arrête pas avant que le Très-Haut ait jeté les yeux sur lui, prononcé en faveur des justes et rendu justice.

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 4, 6-8 16-18

Me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. Je me suis bien battu, j'ai tenu jusqu'au bout de la course, je suis resté fidèle. Je n'ai plus qu'à recevoir la récompense du vainqueur : dans sa justice, le Seigneur, le juge impartial, me la remettra en ce jour-là, comme à tous ceux qui auront désiré avec amour sa manifestation dans la gloire.

La première fois que j'ai présenté ma défense, personne ne m'a soutenu : tous m'ont abandonné. Que Dieu ne leur en tienne pas rigueur. Le Seigneur, lui, m'a assisté. Il m'a rempli de force pour que je puisse annoncer jusqu'au bout l'Évangile et le faire entendre à toutes les nations païennes. J'ai échappé à la gueule du lion ; le Seigneur me fera encore échapper à tout ce qu'on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer au ciel, dans son Royaume. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 18, 9-14

Jésus dit une parabole pour certains hommes qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L'un était pharisien, et l'autre, publicain. Le pharisien se tenait là et priait en lui-même : 'Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes : voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.' Le publicain, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : 'Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis !' Quand ce dernier rentra chez lui, c'est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l'autre. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé ».

Homélie

Pour bien vous montrer l’attitude fondamentale qui doit être la nôtre devant Dieu, en tout temps et en toute circonstance, mais surtout quand nous prions Jésus a imaginé ce tableau vivant où l’on voit deux hommes particulièrement représentatif de leur milieu : un pharisien et un publicain qui se dirigent vers le Temple pour prier.

Les pharisiens, vous le savez, constituaient au temps de Jésus l’élite intellectuelle et religieuse du peuple juif. Ils étaient de fidèles observateurs de la Loi de Dieu. Ils pratiquaient le jeûne et versaient aux prêtres le dixième de leurs revenus. Ils avaient le souci d’être en règle avec Dieu et aussi, sans doute, avec le prochain. Aux yeux de tous, ils étaient des « bien pensants » et « des bons pratiquants ».

Les publicains, au contraire, en prenaient vraiment à leur aise avec les prescriptions de la loi. Agents du fisc, ils rançonnaient le peuple et travaillaient pour les Romains qui occupaient le pays. C’étaient des pécheurs publics.

Regardons-les bien ces deux hommes qui viennent d’entrer dans le Temple : le pharisien qui s’est mis bien en vue, la tête haute et le publicain qui dans son coir baisse la tête et soyons très attentifs aux sentiments qu’ils expriment...

Que dit-il donc le pharisien dans sa prière ? Il ne parle que de lui-même avec suffisance et il se vante devant Dieu de toutes ses pratiques et observances. Il dit sans cesse « je ». Je ne suis pas comme les autres hommes. Je jeûne, je verse la dîme... Ce n’est pas Dieu qu’il contemple, c’est lui, c’est sa propre excellence. Et voici que non content de se vanter, cet orgueilleux méprise aussi les autres : même devant Dieu, même dans sa prière. Il calomnie et accuse les autres d’être voleurs, injustes, adultères !

Le pharisien est celui qui met en lui-même toute sa confiance : il a fait tout ce qu’il fallait, il a évité le péché, il est plein de mérites, il a droit à la récompense et, en toute bonne conscience, il prend Dieu à témoin de ses efforts et de sa vertu mais, en réalité, il se ferme à Dieu dont il a peur et dont les exigences l’obligeraient à se convertir.

C’est cette attitude hypocrite que Jésus a en horreur et qu’il n’a cessé de dénoncer avec la plus grande fermeté tout au long de l’Evangile.

Cette attitude, sous des apparences de pratique religieuse est en réalité une fuite de Dieu, une fermeture, une suffisance. Cette attitude défigure Dieu en fait, car Dieu seul est le créateur et lui seul nous recrée par son amour, nous rendant ainsi capables de le servir. Un tel comportement de la part du pharisien fait mentir la parole de Jésus « sans moi vous ne pouvez rien faire ».

Que peut-on attendre de Dieu quand on est ainsi plein de soi-même et fermé aux autres ?

« Sans moi vous ne pouvez rien faire ». Il en a bien conscience ce publicain qui se tient à distance ; il ne sait que trop qu’il est un collaborateur qui trafique avec l’occupant romain et s’enrichit sur le dos de ses concitoyens. Il le sait, il le reconnaît devant Dieu et voilà pourquoi sa prière est vraie. Devant Dieu, il ne porte pas de masque, il ne dissimule pas la vérité, il se présente comme il est. C’est du fond de sa misère qu’il crie « Mon Dieu prends pitié du pécheur que je suis ». Et précisément c’est ce dégoût de lui-même, cette blessure secrète, cette ouverture à Dieu qui le sauve. En fait, il n’a rien à offrir à Dieu que sa misère et sa détresse. Telle est l’attitude vraie de l’homme devant Dieu : celle qui permet à Dieu d’agir en lui, de le guérir, de le combler, de le rendre juste et saint. Parce qu’il s’est abaissé Dieu le relève, parce qu’il s’est reconnu pécheur, Dieu lui pardonne : la prière du pauvre, la prière de celui qui a le cœur brisé, cette prière traverse les nuées, elle touche le cœur de Dieu.

Nous l’aurons compris, frères et sœurs : Jésus, en brossant ce tableau veut nous mettre en garde contre le danger du pharisaïsme qui nous guette tous.

Ne nous arrive-t-il pas, en effet, une fois ou l’autre, de nous vanter, d’attribuer à nos mérites d’avoir telle vertu ou de ne pas avoir tel défaut. Il nous arrive même de ne pas voir nos défauts et nos péchés, de nous croire meilleurs que les autres et peut-être de les juger et de les condamner ?

Si nous faisions plus souvent et plus attentivement notre examen de conscience, le nôtre (et pas celui des autres) nous constaterions en toute vérité, en toute honnêteté, que nous sommes loin d’être parfaits et nous aurions alors vis-à-vis de Dieu l’attitude du publicain qui se reconnaît pécheur. Etant humbles vis-à-vis de Dieu nous serions plus facilement humbles vis-à-vis des autres.

Celui qui cultive cette vertu reconnaît certes, qu’il a des qualités, (car l’humilité c’est la vérité) mais il n’a pas prétention de s’en attribuer le mérite : il pense et il dit comme saint Paul « c’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis ».

Etant vide de lui-même il peut tout recevoir de Dieu et se mettre entièrement à sa disposition, il se laisse guider, il laisse Dieu agir en lui et à travers lui.

Jésus conclut la parabole du pharisien et du publicain par ces paroles : « Celui qui s’abaisse sera élevé ». La seule élévation que nous puissions ambitionner c’est la sainteté et nous n’y parviendrons que dans la mesure où nous progresserons dans l’humilité.

« On n’avance jamais beaucoup, nous dit sainte Thérèse d’Avila, si on ne se décide pas à être humble. Manquer de cette vertu c’est tout perdre ».

Saint Augustin, lui, emploie une comparaison très suggestive : « Nous voulons construire un édifice très élevé, alors pensons aux fondements de l’humilité. Quand on creuse les fondations on descend. Avant de s’élever on doit s’abaisser ».

Retenons bien tous ces enseignements, chers frères et sœurs, et en faisant passer notre prière par Marie, modèle incomparable d’humilité, supplions le Seigneur de nous soutenir et de nous fortifier par sa grâce, car sans lui, on ne le redira jamais assez, « sans lui, nous ne pouvons rien faire ».

Amen. 

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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Carlito 19/10/2016 00:07

« Nous voulons construire un édifice très élevé, alors pensons aux fondements de l’humilité. Quand on creuse les fondations on descend. Avant de s’élever on doit s’abaisser ».

Je me souviens de quelques discussions avec notre cher Abbé COUSTY, il connaissait bien la Sagesse de l'Évangile qui est contraire à la sagesse mondaine qui veut s'élever et élever ses partisans. La Sagesse de Dieu, Elle, garde ses amis dans l'humilité. Je disais souvent "père, je n'ai pas encore réussi ma vie sur le plan social et donc je reçois beaucoup de critiques ........ " et lui me rassurant, me disait : " ta réussite sera en fonction des valeurs du royaume des Cieux et non de celle des hommes........si les hommes t'aiment, c'est mauvais signe .......mais si tu plais à Dieu tu sera heureux ! "

En lisant ses homélies je me rend compte combien de chance j'avais de converser et de dialoguer avec lui !

Merci Seigneur pour tout ces bienfaits acquis auprès de l'Abbé COUSTY !

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