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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 21:53

Lecture du livre de Ben Sirac 3, 17-18. 20. 28-29

As-tu quelques responsabilités qui te font paraître grand ? Alors plus tu es grand, plus il faut t’abaisser, nous écrit Ben Sirac le Sage.

Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité, et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur. Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur. Grande est la puissance du Seigneur, et les humbles lui rendent gloire. La condition de l’orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui. Qui est sensé médite les maximes de la sagesse ; l’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ben Sirac le Sage, qui s’est voulu à l’écoute du réel, nous livre son expérience. Il a rencontré bien des hommes d’action exerçant une charge ou responsabilité importante dans la société. Si l’orgueil des uns lui a paru pourrir les meilleures choses par la racine, il a su admirer l’efficacité de ceux qui agissaient avec douceur et humilité : ils savaient se faire aimer des hommes et restaient petits devant Dieu.

Sommes-nous « l’oreille qui écoute » tous ceux qui ne rencontrent ni attention ni accueil ni compréhension autour d’eux ? Et s’il s’y joint l’écoute du cœur, nous serons aimés « plus qu’un bienfaiteur ».

Psaume 67

R/ : Béni soit le Seigneur : il élève les humbles.

  • Les justes sont en fête, ils exultent ; devant la face de Dieu ils dansent de joie. Chantez pour Dieu, jouez pour son nom. Son nom est Le Seigneur ; dansez devant sa face. R/
  • Père des orphelins, défenseur des veuves, tel est Dieu dans sa sainte demeure. À l’isolé, Dieu accorde une maison ; aux captifs, il rend la liberté. R/
  • Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse, et quand il défaillait, toi, tu le soutenais. Sur les lieux où campait ton troupeau, tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre. R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 12, 19-19. 22-24

Nos célébrations liturgiques nous mettent en communion avec la fête que vivent déjà tous ceux qui nous ont précédés près de Dieu.

Frères, quand vous êtes venus vers Dieu, vous n’êtes pas venus vers une réalité palpable, embrasée par le feu, comme la montagne du Sinaï : pas d’obscurité, de ténèbres ni d’ouragan, pas de son de trompettes ni de paroles prononcées par cette voix que les fils d’Israël demandèrent à ne plus entendre.

Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des myriades d’anges en fête et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection. Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La révélation du Sinaï s’est faite dans une ambiance de cataclysme bien propre à inspirer au peuple hébreu le respect sacré de Dieu. Par Jésus Christ, les chrétiens sont, entrés dans une relation nouvelle, une Alliance nouvelle avec Dieu, qui est faite d’intimité joyeuse et de communion avec les membres du peuple de Dieu déjà parvenus au ciel. Cette Alliance nouvelle met en fête le ciel et, sur la terre, le cœur des croyants.

Nous nous efforçons de faire de nos célébrations eucharistiques des moments de fête et de joie. Pourtant nous ne cessons de dire : « Jésus, nous attendons ta venue dans la gloire », parce que alors seulement la fête sera pleine et universelle.

Alléluia. Alléluia. Prenez sur vous mon joug, dit le Seigneur ; devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 14, 1. 7-14

Va prendre la dernière place, nous dit Jésus. Lui-même a prêché d’exemple, se faisant pauvre avec les pauvres.

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : ‘Mon ami, avance plus haut’, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi. En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Ce ne sont pas seulement des conseils de prudence et de bonne tenue à table que donne Jésus, c’est surtout un avertissement sur les conditions d’admission au royaume de Dieu. Il faut d’abord bannir toute ambition et tout sentiment de supériorité pour se faire petit devant Dieu qui élève les humbles et abaisse les orgueilleux. Il faut ensuite, comme Jésus, accorder le meilleur de son attention et de son amour aux plus pauvres qui, parce que démunis de tout, ne pourront pas rendre ; cet amour gratuit et désintéressé trouvera sa récompense lors de la Résurrection. Être à la fois sans prétention et totalement désintéressé, c’est le plus sûr moyen de gagner le cœur de Dieu et aussi celui des hommes.

Prendre la dernière place avec le secret espoir d’être promu aux premiers rangs, n’est-ce pas de l’hypocrisie ? Pour le savoir il faut choisir la dernière place et s’y tenir. Nous constaterons alors qu’il faut plus que de l’hypocrisie pour y rester, il faut de l’amour.

Homélie 

L’Evangile décidément c’est le monde à l’envers, le renversement de toutes les valeurs admises. Dimanche dernier, Jésus nous invitait instamment à passer par « la porte étroite », à être très exigeants pour nous-mêmes alors que tout dans ce monde matérialiste qui est le nôtre nous entraîne à la facilité.

Et voilà qu’aujourd’hui il nous dit « N’invitez pas parents, amis ou gens riches », c’est-à-dire ceux qui pourraient vous rendre invitation pour invitation, invitez plutôt ceux qui ne peuvent vous le rendre parce que précisément ils n’ont rien à rendre. Ce qui veut dire : aimez gratuitement, que votre amour soit désintéressé... mettez-vous généreusement au service des autres sans attendre de retour... acceptez de vous mettre au même niveau que les plus démunis, les plus pauvres, mieux que cela faites-vous leurs serviteurs.

Reconnaissons que ce n’est pas une manière de faire courante dans notre société. Dans la plupart des cas, si l’on rend service à quelqu’un c’est bien dans l’espoir que l’autre pourra nous le rendre et si on invite quelqu’un n’est-ce pas parce qu’il nous est sympathique, qu’il va nous rendre amitié pour amitié, ou encore parce que nous y avons intérêt, étant donné sa position sociale.

Mais il y a encore plus frappant dans cet évangile, frères et sœurs, Jésus nous dit qu’il faut toujours se mettre à la dernière place ; il nous demande de ne pas nous élever mais de nous abaisser autrement dit de pratiquer l’humilité, cette vertu à propos de laquelle saint Augustin déclarait ceci : « Si vous me demandez ce qu’il faut d’abord pour être chrétien, je vous répondrai : l’humilité, et ce qu’il faut ensuite : je vous redirai l’humilité, et ce qu’il faut encore : je vous répèterai : l’humilité et aussi souvent que vous me poserez la question, je vous ferai la même réponse ».

Or, cette vertu qui est le fondement de la vie chrétienne est loin d’être appréciée dans le monde d’aujourd’hui, car elle évoque pour beaucoup l’idée de ramper, de s’écraser, de démissionner, de refouler des énergies qui ne demandent qu’à être déployées. Pour ceux-là, ce qui compte par-dessus tout c’est de réussir : réussir en se taillant une place au soleil la plus large possible, réussir en dominant, en étant le plus fort, le plus riche, le plus admiré, le plus redouté ou le plus étonnant. Combien ne cherchent qu’à se hisser le plus haut possible, en jouant des coudes, en écartant ou en écrasant les gêneurs ?

C’est cette mentalité « arriviste » où domine l’orgueil que Jésus conteste et refuse. Ce qu’il condamne ce n’est pas le fait de développer ses dons et ses aptitudes. Il nous demande au contraire de faire valoir les talents reçus. Il ne s’agit donc pas, comprenons-le bien, de se mettre systématiquement à la dernière place par une humilité feinte ou fausse. Le Seigneur ne nous demande pas de gémir sur nos limites et de justifier à bon marché notre paresse ou notre abstention par des arguments décidément trop faciles du genre : « j’ai déjà essayé, je n’y arriverai jamais ou je ne sais rien faire, je suis un bon à rien... »

Mais alors quelle place devons-nous ambitionner ? Eh bien ! Celle dans laquelle nous pouvons donner toute notre mesure de savoir, de joie, surtout de présence utile au service des autres avec tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes. Nous l’avons peut-être remarqué chaque fois que Jésus nous parle de nos rapports avec le prochain, il insiste très fort pour que chacun prenne la place de celui qui sert et se considère comme le serviteur des autres. « Si quelqu’un veut être le 1er parmi vous qu’il soit le serviteur de tous ».

Il ne s’agit donc pas de s’enfoncer dans une conscience morbide de ses insuffisances mais d’offrir avec simplicité de cœur ce qu’il est possible de donner. En cela comme en toutes choses il nous faut imiter le Christ- Jésus, lui qui se distingue surtout par l’humilité. C’est même la seule vertu dont il se réclame expressément avec bien-sûr la charité : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ».

Et si Jésus est humble ce n’est pas par philosophie ou faiblesse de caractère, mais simplement parce qu’il se montre tel qu’il est : sans idéal humain affiché, mais avec la volonté de se situer dans la Vérité par rapport à son Père et par rapport aux hommes. Sa mesure de comparaison ne se trouve pas sur terre, mais devant Dieu dont il manifeste l’amour miséricordieux en rejoignant l’homme à son niveau d’homme.

Jésus est humble parce qu’il est Amour et l’amour ne se dit jamais supérieur. C’est la raison par laquelle il se met de plain pied avec les petits, les enfants et les faibles. Il ne cherche aucune place voyante ; il dédaigne de se concilier l’amitié des puissant, au contraire il s’inquiète des pauvres, des délaissés, des malades, de tous ceux qui peinent et qui souffrent.

Frères et sœurs, cette manière d’agir du Dieu fait homme doit nous faire comprendre que l’humilité est le Chemin Royal vers la Sainteté. « Qu’on considère où l’on en est de l’humilité et l’on verra où l’on en est de ses progrès spirituels » nous dit sainte Thérèse d’Avila. L’orgueil réduit à néant les œuvres les plus réussies tandis que l’humilité donne du prix aux actions les plus simples.

Nous demanderons au cœur de cette Eucharistie par l’intercession de Marie, l’humble servante du Seigneur, la Grâce de nous exercer constamment à l’humilité vis-à-vis de nous-mêmes, vis-à-vis des autres et vis-à-vis de Dieu, afin que se réalise pleinement pour nous la parole de Jésus : « Celui qui s’abaisse sera élevé ».

Amen.

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commentaires

C
Toujours dans le mille avec notre très cher Abbé !<br /> Merci Seigneur de nous avoir donné un si bon serviteur !
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