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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 07:07

Lecture du livre de Ben Sirac 3, 17-18. 20. 28-29

Mon fils, accomplis toute chose dans l'humilité, et tu seras aimé plus qu'un bienfaiteur. Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur. La puissance du Seigneur est grande, et les humbles lui rendent gloire. La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui. L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute.

Lecture de la lettre aux Hébreux 12, 18-19. 22-24a

Frères, quand vous êtes venus vers Dieu, il n'y avait rien de matériel comme au Sinaï, pas de feu qui brûle, pas d'obscurité, de ténèbres, ni d'ouragan, pas de son de trompettes, pas de paroles prononcées par cette voix que les fils d'Israël demandèrent à ne plus entendre. Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des milliers d'anges en fête et vers l'assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous les hommes, et vers les âmes des justes arrivés à la perfection. Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d'une Alliance nouvelle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 14, 1a.7-14

Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et on l'observait. Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole : « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place', et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé ».

Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes ».

Homélie 

L’Evangile décidément c’est le monde à l’envers, le renversement de toutes les valeurs admises. Dimanche dernier, Jésus nous invitait instamment à passer par « la porte étroite », à être très exigeants pour nous-mêmes alors que tout dans ce monde matérialiste qui est le nôtre nous entraîne à la facilité.

Et voilà qu’aujourd’hui il nous dit « N’invitez pas parents, amis ou gens riches », c’est-à-dire ceux qui pourraient vous rendre invitation pour invitation, invitez plutôt ceux qui ne peuvent vous le rendre parce que précisément ils n’ont rien à rendre. Ce qui veut dire : aimez gratuitement, que votre amour soit désintéressé... mettez-vous généreusement au service des autres sans attendre de retour... acceptez de vous mettre au même niveau que les plus démunis, les plus pauvres, mieux que cela faites-vous leurs serviteurs.

Reconnaissons que ce n’est pas une manière de faire courante dans notre société. Dans la plupart des cas, si l’on rend service à quelqu’un c’est bien dans l’espoir que l’autre pourra nous le rendre et si on invite quelqu’un n’est-ce pas parce qu’il nous est sympathique, qu’il va nous rendre amitié pour amitié, ou encore parce que nous y avons intérêt, étant donné sa position sociale.

Mais il y a encore plus frappant dans cet évangile, frères et sœurs, Jésus nous dit qu’il faut toujours se mettre à la dernière place ; il nous demande de ne pas nous élever mais de nous abaisser autrement dit de pratiquer l’humilité, cette vertu à propos de laquelle saint Augustin déclarait ceci : « Si vous me demandez ce qu’il faut d’abord pour être chrétien, je vous répondrai : l’humilité, et ce qu’il faut ensuite : je vous redirai l’humilité, et ce qu’il faut encore : je vous répèterai : l’humilité et aussi souvent que vous me poserez la question, je vous ferai la même réponse ».

Or, cette vertu qui est le fondement de la vie chrétienne est loin d’être appréciée dans le monde d’aujourd’hui, car elle évoque pour beaucoup l’idée de ramper, de s’écraser, de démissionner, de refouler des énergies qui ne demandent qu’à être déployées. Pour ceux-là, ce qui compte par-dessus tout c’est de réussir : réussir en se taillant une place au soleil la plus large possible, réussir en dominant, en étant le plus fort, le plus riche, le plus admiré, le plus redouté ou le plus étonnant. Combien ne cherchent qu’à se hisser le plus haut possible, en jouant des coudes, en écartant ou en écrasant les gêneurs ?

C’est cette mentalité « arriviste » où domine l’orgueil que Jésus conteste et refuse. Ce qu’il condamne ce n’est pas le fait de développer ses dons et ses aptitudes. Il nous demande au contraire de faire valoir les talents reçus. Il ne s’agit donc pas, comprenons-le bien, de se mettre systématiquement à la dernière place par une humilité feinte ou fausse. Le Seigneur ne nous demande pas de gémir sur nos limites et de justifier à bon marché notre paresse ou notre abstention par des arguments décidément trop faciles du genre : « j’ai déjà essayé, je n’y arriverai jamais ou je ne sais rien faire, je suis un bon à rien... »

Mais alors quelle place devons-nous ambitionner ? Eh bien ! Celle dans laquelle nous pouvons donner toute notre mesure de savoir, de joie, surtout de présence utile au service des autres avec tout ce que nous avons et tout ce que nous sommes. Nous l’avons peut-être remarqué chaque fois que Jésus nous parle de nos rapports avec le prochain, il insiste très fort pour que chacun prenne la place de celui qui sert et se considère comme le serviteur des autres. « Si quelqu’un veut être le 1er parmi vous qu’il soit le serviteur de tous ».

Il ne s’agit donc pas de s’enfoncer dans une conscience morbide de ses insuffisances mais d’offrir avec simplicité de cœur ce qu’il est possible de donner. En cela comme en toutes choses il nous faut imiter le Christ- Jésus, lui qui se distingue surtout par l’humilité. C’est même la seule vertu dont il se réclame expressément avec bien-sûr la charité : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ».

Et si Jésus est humble ce n’est pas par philosophie ou faiblesse de caractère, mais simplement parce qu’il se montre tel qu’il est : sans idéal humain affiché, mais avec la volonté de se situer dans la Vérité par rapport à son Père et par rapport aux hommes. Sa mesure de comparaison ne se trouve pas sur terre, mais devant Dieu dont il manifeste l’amour miséricordieux en rejoignant l’homme à son niveau d’homme.

Jésus est humble parce qu’il est Amour et l’amour ne se dit jamais supérieur. C’est la raison par laquelle il se met de plain pied avec les petits, les enfants et les faibles. Il ne cherche aucune place voyante ; il dédaigne de se concilier l’amitié des puissant, au contraire il s’inquiète des pauvres, des délaissés, des malades, de tous ceux qui peinent et qui souffrent.

Frères et sœurs, cette manière d’agir du Dieu fait homme doit nous faire comprendre que l’humilité est le Chemin Royal vers la Sainteté. « Qu’on considère où l’on en est de l’humilité et l’on verra où l’on en est de ses progrès spirituels » nous dit sainte Thérèse d’Avila. L’orgueil réduit à néant les œuvres les plus réussies tandis que l’humilité donne du prix aux actions les plus simples.

Nous demanderons au cœur de cette Eucharistie par l’intercession de Marie, l’humble servante du Seigneur, la Grâce de nous exercer constamment à l’humilité vis-à-vis de nous-mêmes, vis-à-vis des autres et vis-à-vis de Dieu, afin que se réalise pleinement pour nous la parole de Jésus : « Celui qui s’abaisse sera élevé ».

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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commentaires

Carlito 26/08/2016 10:12

Toujours dans le mille avec notre très cher Abbé !
Merci Seigneur de nous avoir donné un si bon serviteur !

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