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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 08:19

Lecture du livre de Qohélet 1, 2 ; 2, 21-23

Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité ! Un homme s'est donné de la peine ; il était avisé, il s'y connaissait, il a réussi. Et voilà qu'il doit laisser son bien à quelqu'un qui ne s'est donné aucune peine. Cela aussi est vanité, c'est un scandale. En effet, que reste-t-il à l'homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n'a pas de repos. Cela encore est vanité.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens 3, 1-5. 9-11

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire. Faites donc mourir en vous ce qui appartient encore à la terre : débauche, impureté, passions, désirs mauvais, et cet appétit de jouissance qui est un culte rendu aux idoles. Plus de mensonge entre vous ; débarrassez-vous des agissements de l'homme ancien qui est en vous, et revêtez l'homme nouveau, celui que le Créateur refait toujours neuf à son image pour le conduire à la vraie connaissance. Alors, il n'y a plus de Grec et de Juif, d'Israélite et de païen, il n'y a pas de barbare, de sauvage, d'esclave, d'homme libre, il n'y a que le Christ : en tous, il est tout.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 13-21

Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage ». Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Puis, s'adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses ». Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte. Puis il se dit : Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. Mais Dieu lui dit : « Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ? Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu ».

Homélie 

Nombreuses sont dans l’Evangile les occasions où Jésus dénonce le danger mortel que constitue pour l’âme la possession des richesses matérielles. Dès le début de son ministère il déclare : « Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent ». Et parmi les épines qui étouffent la bonne semence de la Parole de Dieu, il ne manque pas de mentionner la séduction des richesses. Faut-il en conclure que l’argent est condamnable ne lui-même ? Assurément non ! Car l’argent n’a pas de valeur morale propre ; il peut être utilisé pour le bien comme pour le mal... Mais alors pourquoi Jésus traite-t-il de fou, d’insensé le riche propriétaire qu’on nous présente dans l’Evangile de ce jour ?

- Insensé, cet homme l’est tout d’abord parce que des moyens de vivre dont Dieu le gratifie il fait le but même de son existence. Ayant fait une double récolte, sa seule ambition désormais est d’entasser richesse sur richesses. Et comme le bien-être dépend en grande partie de la richesse, son but, c’est de remplir toute sa vie de cette jouissance « repose-toi, mange, bois, profite de la vie ». Jeune encore, semble-t-il, il se promet du bon temps et pour de nombreuses années... Cet homme, Jésus le considère comme un insensé parce qu’il ne sait pas subordonner les moyens à la fin. Comme dit saint Paul son but est en bas et non en haut, là où se trouvent les vraies valeurs, celles qui demeurent et qui sont les seules capables de combler le cœur de l’homme bien au-delà de ses espérances.

Si Jésus raconte cette parabole c’est à l’évidence pour que nous en fassions l’application à notre propre vie. Cet attachement exclusif aux biens matériels constitue, en effet une tentation permanente, surtout pour nous qui vivons dans un monde où la loi du profit semble être la règle suprême. Ne sommes-nous pas de plus en plus, les esclaves de cette société de consommation qui nous incite par sa publicité omniprésente à profiter de la vie, à posséder le plus de biens possibles, à nous étourdir dans le moment présent et à nous comporter comme si la mort n’existait pas.

Mais une telle vie dites-moi a-t-elle un sens ? Ne sommes-nous pas comme des voyageurs qui s’étant aventurés la nuit dans une forêt ont perdu le nord ? Dieu est-il, oui ou non, le but de notre vie, notre fin dernière, notre unique et définitive richesse ?

Trop souvent, il faut bien le reconnaître parce que nous refusons de le choisir comme le Tout de notre vie, nous sommes, nous aussi, des insensés. Mais l’homme riche de la Parabole est aussi un insensé pour une autre raison : il ne fait pas circuler sa richesse dans le sens où elle devrait aller : c'est-à-dire vers les autres. Son fortune l’a replié et enfermé sui lui-même. C’est un homme seul qui ne vit que pour lui seul. Son énorme « moi » égoïste occupe toute la place. Il ne reconnaît pas ce qu’il doit au travail des autres et il n’est pas question pour lui de partager quoique ce soit... Avec de telles dispositions il ne lui vient même pas à l’idée qu’il pourrait donner par amour ce qu’il a en trop. Cet homme amasse pour lui-même il n’est pas « riche en vue de Dieu ».

Jésus nous donne là une leçon très importante, et plus que jamais actuelle, sur l’usage que nous devons faire des biens terrestres. Il ne faut pas oublier, en effet, ce que l’Evangile nous enseigne par ailleurs : à savoir que pour rejoindre Dieu et concrétiser notre amour pour lui, il nous faut pratiquer le commandement de l’Amour fraternel. Or l’usage des biens matériels, doit lui aussi nous aider à vivre ce commandement, il peut et doit nous aider à devenir charité vivante et agissante.

Si nous voulons mettre en pratique la 1ère Béatitude « Heureux ceux qui ont un cœur de pauvre » nous devons nous détacher spirituellement de tous nos biens pour être de plus en plus riches de Dieu, riches de son Amour. Et ce détachement intérieur parce qu’il nous rend plus libres vis-à-vis de nous-mêmes et de notre avoir nous donne une plus grande aptitude à aimer le prochain, une plus grande aptitude surtout à partager de bon cœur avec les plus démunis. Car – on ne le soulignera jamais assez – si les biens matériels nous sont largement et suffisamment donnés c’est évidemment pour subvenir en premier lieu à nos besoins légitimes et à ceux de notre famille, mais c’est aussi pour subvenir, dans la mesure où il nous en reste aux besoins de nos frères moins fortunés que nous.

Autrement dit dans la pensée de Jésus, le superflu n’est pas fait pour être gardé mais pour être donné... Et là il y a bien des façons de donner : par le biais des œuvres caritatives, par exemple. Tel est en tous cas les plus sûrs des placements... Quant à ceux qui, en dépit des appels évangéliques préfèrent jouir égoïstement d’une richesse considérable qu’ils réfléchissent un seul instant à leur stupidité et à la vanité de leur comportement ! Ils agissent, en effet, à l’exemple du riche propriétaire comme si leurs richesses pouvaient garantir la durée de leur existence, comme si elles étaient une assurance de longue vie. Mais croire que la vie de l’homme dépend de ses richesses, croire qu’avec de l’argent on peut acheter le temps c’est bien la pire des illusions, la vanité des vanités... C’est pourtant celle de presque tous les riches, de presque tous les hommes.

Attention ! dit Jésus « La vie d’un homme fut-il dans l’abondance ne dépend pas de ses richesses ». Et ce qui arrive à l’homme avare et dur de la parole invite à réfléchir... Dieu ne lui demande pas la permission de faire irruption dans sa vie. Il interrompt brusquement son monologue et lui opposant une partenaire vraiment inattendu : la mort. « Cette nuit même on va te redemander ta vie, et ce que tuas mis de côté qui l’aura ? » Le fait qu’il mourut sur l’heure ajoute à la vigueur et au caractère dramatique du récit. Mais n’est pas la réalité quotidienne des infarctus et des accidents de la route ?

Heureux alors, celui qui à son humble ou grande place aura su « être riche en vue de Dieu ». Oui ! Heureux ! à l’heure de la mort, celui qui aura su partager généreusement avec les plus pauvres. Il trouvera au ciel le trésor, qu’il aura ainsi amassé. Et ce trésor le comblera de bonheur pour l’éternité.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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commentaires

Carlito 04/08/2016 22:31

Merci Jacqueline de nous donner les homélies de notre cher Abbé COUSTY !
Elles sont vraiment revigorantes et pleines de bons sens et surtout jamais compliquées mais d'une richesse éblouissante .........!

Amen, Alléluia !

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