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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 23:05

Lecture du second livre de Samuel 12, 7-10. 13

Après le péché de David, le prophète Nathan vint le trouver et lui dit : « Ainsi parle le Seigneur Dieu d'Israël : Je t'ai sacré roi d'Israël, je t'ai sauvé de la main de Saül, puis je t'ai donné la maison de ton maître, je t'ai donné les épouses du roi ; je t'ai donné la maison d'Israël et de Juda et, si ce n'est pas encore assez, j'y ajouterai tout ce que tu voudras. Pourquoi donc as-tu méprisé le Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé par l'épée Ourias le Hittite ; sa femme, tu l'as prise pour femme ; lui, tu l'as fait périr par l'épée des fils d'Ammon. Désormais, l'épée ne cessera plus de frapper ta maison, pour te punir, parce que tu m'as méprisé et que tu as pris la femme d'Ourias le Hittite pour qu'elle devienne ta femme ». David dit à Nathan : « J'ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 2, 16.19-21

Frères, nous le savons bien, ce n’est pas en observant la loi que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c’est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi. Grâce à la Loi (qui a fait mourir le Christ) j'ai cessé de vivre pour la Loi afin de vivre pour Dieu. Avec le Christ, je suis fixé à la croix : je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. Il n'est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c'était par la Loi qu'on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien.

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 7, 36-50 ; 8, 1-3

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse ». Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître ». Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? » Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. — Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds. Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour ». Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés ». Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! » [Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l'accompagnaient, ainsi que des femmes qu'il avait délivrées d'esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l'intendant d'Hérode, Suzanne, et beaucoup d'autres, qui les aidaient de leurs ressources.]

Homélie

Une des affirmations fondamentales de notre foi chrétienne est que nous sommes tous pécheurs... La liturgie nous invite à le reconnaître au début de chaque messe.

Malheureusement, force nous est de constater, à la lumière des sondages, que le sens du péché a disparu presque totalement de la majorité des consciences.

Pour le retrouver il n’y a qu’un moyen, sûr et efficace, c’est de nous placer dans la lumière de la Révélation, car seule la Parole de Dieu peut nous montrer en quoi consiste le péché nous faire comprendre que ce n’est pas une réalité naturellement connaissable mais un mystère surnaturel.

Dans cette lumière qui vient d’En-Haut, on découvre que le fait fondamental sur lequel repose toute la réalité du péché, c’est l’attitude d’amour infini que Dieu a pour nous.

« Dieu est Amour » affirme saint Jean et il précise quelques lignes plus loin que Dieu nous a aimés le premier. Si Dieu a décidé de nous créer c’est uniquement par amour, dans le but de se donner à nous dans le temps et l’éternité. Mais Dieu ne peut pas se donner à nous, son amour ne peut pas grandir en nous, si nous ne voulons pas de lui, si nous ne l’aimons pas. Car il nous a donné une liberté et une liberté telle que nous pouvons dire non aux avances de son amour ; nous pouvons, hélas, l’empêcher de nous combler, de libérer cette tendresse formidable qu’il vient comme fortement confirmée en son cœur dans l’impatience de la communiquer.

C’est dans la méconnaissance de cet amour que Dieu a pour nous dans le mépris de cet amour, dans le refus de cet amour que consiste essentiellement le péché. Dieu offre à l’homme l’Amour et la joie infinie qu’il est lui-même et le pécheur n’en veut pas, parce qu’il aime mieux soit l’orgueil, soit l’argent, soit le plaisir, parce qu’il met sa préférence, en somme, dans des liens finis.

« L’amour n’est pas aimé », disait saint François d’Assise. Cette parole émouvante résume le grand drame du péché dont nous pouvons suivre le déroulement à travers toute la Bible : depuis le commencement c'est-à-dire le péché originel jusqu’à son dénouement qui est le mystère de la croix, le mystère de Jésus crucifié et glorifié, qui en se livrant totalement à son Père par amour, a remporté une victoire totale et définitive sur le péché...

Oui, c’est en méditant assidûment la Bible qu’on peut redécouvrir le sens du péché. Car elle est, avant tout, le récit des relations entre Dieu et l’homme... Elle montre à quel point Dieu aime l’homme et désire être aimé de lui... Et pour faire comprendre la nature de cet amour, elle se sert audacieusement surtout chez les prophètes de l’image la plus parlante, la plus expressive : celle de l’amour conjugal... Chaque fois que le peuple élu se détourne de Dieu pour adorer des idoles, Dieu lui fait comprendre qu’il a commis vis-à-vis de lui un grave péché, qu’il a rompu le pacte de l’alliance, qu’il s’est rendu coupable vis-à-vis de l’Epoux Divin d’un véritable adultère... apparaît alors, la miséricorde de Dieu qui inlassablement multiplie les appels à la conversion et offre généreusement son pardon.

Ces relations de Dieu avec le peuple de l’Alliance sont le modèle des relations qu’il veut établir avec chacun et chacune d’entre nous, relations de personnes à personnes. C’est dans cette lumière que nous pouvons saisir un peu ce qu’est le péché et mesurer sa gravité. Il est bien autre chose qu’une simple infraction à un règlement ou à des lois. Il est, vis-à-vis de ce Dieu qui est toute tendresse, de ce Dieu qui nous aime au-delà de toute expression une attitude de rejet, d’infidélité, un adultère, une trahison. Oui, chaque fois donc que nous nous dérobons à un appel d’amour que Dieu nous adresse, nous commettons un péché, car à ce moment là nous préférons nous complaire en nous-mêmes ou dans des liens créés, nous préférons notre volonté à la sienne, notre bon plaisir au sien. Saint Augustin qui a l’art des formules frappantes dit ceci « Je commets un péché chaque fois que j’aime ce que Dieu n’aime pas et chaque que je n’aime pas ce que Dieu aime ». Or, pour servir ce que Dieu aime ou n’aime pas, pour être peu à peu sensibilisé aux goûts de Dieu (et par le fait même éduquer sa conscience) il faut méditer inlassablement la Parole de Dieu (et les commentaires autorisés que l’Eglise en donne). C’est un devoir auquel nul n’a le droit de se soustraire...

Plus nous accueillerons cette révélation de l’Amour de Dieu qui donne tout et demande tout et plus nous saisirons la gravité du péché : un tel amour ne peut supporter ni l’infidélité, ni le plus léger manquement...

Mais pour bien mesurer la gravité du péché, il nous faut le considérer aussi du point de vue de sa nocivité, de ses effets désastreux en nous et dans les autres.

Quels sont tout d’abord les effets du péché dans notre âme ?

  • Si ce péché est mortel, il ruine totalement l’intimité d’amour entre Dieu et nous. Il nous fait perdre la vie surnaturelle reçue au baptême et c’est le plus grand de tous les malheurs, car si la mort nous trouve fixés dans cet état de rupture volontaire avec Dieu nous nous jetons directement en enfer. Jésus nous dit de manière très expressive dans l’allégorie de la vigne (Jean 15) en quoi consiste cet état de péché mortel, l’âme ressemble au sarment détaché du tronc : plus de suc, donc, plus de sève et plus de fruits. Le rameau desséché n’est plus bon qu’à être jeté au feu.
  • Quant au péché véniel, il ne faut pas (comme on a trop tendance à le faire) le considérer comme une réalité négligeable, quelque chose qui ne porte pas à conséquence. Je le disais, il y a un instant, l’Amour véritable ne peut supporter le plus léger manquement, la plus petite indélicatesse. Le péché véniel doit donc être soigneusement évité car il est pour l’âme une maladie, une blessure qui risque d’être plus ou moins grave. D’autres images expriment la même vérité : on peut dire, par exemple, que le péché véniel est comme une tâche sur le visage de l’âme qui défigure en elle l’image de Dieu, ou encore que c’est un corrosif qui insensiblement détruit les liens que nous avons tissés avec le Seigneur ou avec nos frères.
  • Quelques mots maintenant concernant les effets du péché sur les autres. Le chrétien, nous le savons, n’est pas un isolé, il est membre de ce grand corps que nous formons tous avec le Christ mystique. Car que se passe-t-il lorsqu’un membre du corps est malade ? C’est le corps tout entier qui souffre par solidarité, qui est atteint par la contagion... « Si je marche sur ton pied dit saint Augustin, c’est ta bouche qui crie ». Par conséquent, lorsqu’on pèche de quelque manière que ce soit, on fait du tort non seulement à la tête qu’est le Christ, mais aussi à tous les membres de son corps, sans parler évidemment du tort direct que l’on peut causer individuellement à tel ou tel de ses membres. Un chrétien ne peut pas commettre un péché, même par omission, même intérieurement, sans pécher du même coup contre tous ses frères, sans diminuer la vie divine dans le corps tout entier... Ah ! si chaque fois que nous sommes tentés, nous pensions qu’en cédant à cette tentation, en tombant dans le péché nous allons faire baisser le niveau de l’amour, non seulement en nous, mais dans le monde, comme cela nous aiderait à résister.
  • Une dernière réflexion pour conclure : notre grand penseur Pascal a mis sur les lèvres de Jésus une parole qui s’adresse à chacun et à chacune d’entre nous et qui devrait nous faire réfléchir... « Si tu connaissais tes péchés, tu perdrais cœur ». Malheureusement nous ne risquons pas de perdre cœur parce que d’ordinaire nous ne prenons pas le péché au sérieux. Un seul homme, en fait, a compris pleinement le péché de l’homme et l’a pris terriblement au sérieux, c’est Jésus, le Dieu fait homme, notre Sauveur. Lui le Saint par excellence, il a bien voulu, en vue de notre libération, se mettre du côté des pécheurs « il a été fait péché pour nous » ose dire saint Paul, quel mystère ! Aussi bien n’est-ce pas par des raisonnements qu’on peut acquérir un sens très aigu du péché, mais une longue et amoureuse contemplation de Jésus souffrant et mourant pour nos péchés.

Quand nous commencerons à comprendre (et c’est une grâce qu’il faut demander instamment) que chaque fois que nous commettons un péché, c’est en vérité, Jésus que nous outrageons, que nous torturons, que nous crucifions. Alors nous aurons vis-à-vis du péché une profonde horreur, (à l’exemple de tous les saints) et nous trouverons la force de la combattre en nous et autour de nous afin que dans tous les cœurs et à tout instant « l’Amour enfin, soit aimé ».

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Année C
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