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20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 08:04

Lecture du livre du prophète Jérémie 20, 10-13

C’est lorsqu’il se voit seul contre tous, abandonné même par ses amis, que Jérémie sait qu’il n’est pas seul : le Seigneur est avec lui.

Moi Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés ». Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire. Nous réussirons, et nous prendrons sur lui notre revanche ! » Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. Leur défaite les couvrira de honte, d’une confusion éternelle, inoubliable.

Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c'est à toi que j’ai remis ma cause.

Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Tragique mission que celle du prophète Jérémie envoyé par Dieu pour annoncer aux habitants de Jérusalem et de la Judée que leurs infidélités sont telles que le Seigneur les abandonne à l’invasion prochaine des Babyloniens. Accusé de trahir la patrie, de semer le défaitisme parmi les troupes, accusé aussi de sacrilèges contre la foi inébranlable du peuple en la protection assurée du Seigneur pour Jérusalem et son Temple, Jérémie sera emprisonné et condamné à mort. Il ne devra son salut qu’à quelques amis fidèles. Jérémie est devenu ainsi le prototype des opprimés à cause de la Parole de Dieu. Si sa prière conserve des accents vengeurs, n’oublions pourtant pas que la revanche qu’il réclame est destinée à faire éclater la vérité du message divin qu’il est chargé d’apporter.

La Parole de Dieu dérange tout autant celui qui est chargé de l’annoncer que ceux auxquels elle s’adresse. Personne ne sort indemne de cette confrontation, ni l’auditeur de la Parole ni son annonciateur. Or, nous sommes l’un et l’autre.

Psaume 68

R/ : Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi.

  • C’est pour toi que j’endure l’insulte, que la honte me couvre le visage : je suis un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère. L’amour de ta maison m’a perdu ; on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi. R/
  • Et moi, je te prie, Seigneur : c’est l’heure de ta grâce ; dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi, par ta vérité sauve-moi. Réponds-moi, Seigneur, car il est bon, ton amour ; dans ta grande tendresse, regarde-moi. R/
  • Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés. Que le ciel et la terre le célèbrent, les mers et tout leur peuplement ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5, 12-15

Nous ne pouvons pas mesurer au même poids le péché des hommes et la grâce obtenue par Jésus-Christ ; celle-ci pèse plus lourd dans notre histoire.

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir.

Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. – Parole du Seigneur.

Commentaire : La réflexion de Paul est commandée par la constatation de l’universalité de la mort. Pourquoi la mort est-elle le lot de l’humanité ? Non à cause de Dieu qui n’a pas créé la mort, mais à cause des hommes qui par leurs péchés ont fait entrer la mort dans le monde. Cette mort n’est pas uniquement la mort physique, mais tout ce qui est poison de mort : l’exploitation de l’homme par l’homme, le viol des consciences, l’oppression, le racisme, etc. Mais éclairés par la foi, nous ne mesurons pas la mort et le don de la vie qui nous est fait par Jésus Christ au même poids. La vie nouvelle en Jésus pèse plus lourd que le péché du monde et la mort qui en est le salaire ; dans la croix et la résurrection du Christ s’enracine notre espérance d’une victoire des hommes sur le péché et la mort.

Nos gestes d’amour et de solidarité nous paraissent souvent disproportionnés au regard de l’immensité de l’indifférence et de la haine dans le monde. Mais si « le don gratuit de Dieu et la faute n’ont pas la même mesure », il nous faut certainement surévaluer l’amour au détriment de l’indifférence.

Alléluia. Alléluia. L’Esprit de vérité témoigne dans vos cœurs, témoignez, vous aussi, du Christ devant les hommes. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10, 26-33

Ne craignez pas, nous répète Jésus : la Bonne Nouvelle annoncée en Palestine sera proclamée sur les toits du monde : ne craignait pas : Dieu protège ses envoyés.

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Il n’est pas facile d’être disciples de Jésus Christ, d’annoncer un message selon lequel l’amour seul sauvera le monde : tant d’intérêts s’y opposent ! Par trois fois Jésus invite les siens à ne pas craindre. Premier motif : la certitude que la Parole de Dieu fera son chemin quels que soient les efforts des hommes pour l’étouffer. Deuxième motif : la vraie vie n’est pas l’activité corporelle, mais ce qu’une lutte pour la justice, la vérité et l’amour aura fait de nous avec la grâce de Dieu ; or, cette vie-là, personne ne peut y toucher. Troisième motif : si Dieu s’occupe des moineaux, à combien plus forte raison s’attachera-t-il à nous donner sa force et sa grâce ! Aussi est-ce sans crainte que nous pouvons lier notre cause à celle de Jésus Christ qui nous assure qu’il se sentira alors lié à son tour avec nous lors du Jugement final.

Parmi les trois raisons que donne Jésus de ne pas craindre, y en a-t-il une qui s’adresse plus spécialement à moi ?

Homélie

Frères et sœurs, l’Évangile du jour nous oblige à une vigilance ragaillardie, avive en nous une espérance lucide. Lumière sera faite, proclame le Christ, soyez sans crainte : « Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu ». Une lumière qui fait le tri, crève les baudruches, nous émonde pour nous réduire à l’essentiel de ce que nous sommes : les fils adoptifs du Père. Poussons un ouf de soulagement !

Le siècle dont nous sortons a caracolé en tête du peloton des horreurs. Les millions et millions de morts qu’a charriés l’histoire, et notamment la plus récente, nous laisse sur une impression de néant si grande que nous nous sommes mis à douter de tout, et de notre bien fondé. La lumière incisive du Christ vient à point. Nous le savons : l’être humain est aujourd’hui en grand danger de décomposition. La frontière de l’homme et de l’animal tend à s’estomper, l’inviolabilité de l’âme personnelle fait hausser les épaules, de scabreuses manipulations génétiques reposent en stratégie de labo, la perte de spiritualité nous tire vers le bas, et son chloroforme, la santé légitimement recherchée a fait oublier trop souvent le salut.

Dans le magma des cruautés de siècles qui se chevauchent, dans l’avachissement des valeurs qui nous fait prendre des vessies pour des lanternes, l’argent, la vaine gloire et les plaisirs immédiats pour ce qu’ils ne sont pas : la porte du paradis, le Christ tranche par sa lumière sans sunlight, par sa lucidité qui nous met au large de tout autre chose. La merveilleuse nouvelle du Christ, dure en sa qualité de diamant, la voici : nous serons tous, un par un, mis à nu, réajustés à sa charité, car « même nos cheveux sont tous comptés », c’est dire le prix inestimable de notre personne pour Celui en qui nous sommes sans cesse pétris. L’histoire entière si inextricable sera dénouée, car l’Esprit ne la laisse pas à l’abandon. Elle ne part pas aux égouts. Comme la Création «elle est dans les douleurs de l’enfantement».

Non, je ne suis pas qu’un fétu emporté dans les remous d’époque, une marionnette de foule, aussi tiré à hue et à dia que je sois, et versatile. Plus profond que tout, notre âme est inexorablement liée à son Auteur, qui l’appelle, l’invite par voix de conscience, et voie de conversion. Ne vends donc pas ton âme pour une bouchée d’arrogance, de pouvoir et de séduction aveugle, ou la frénésie de l’instant qui passe et va au trou. Vendre son âme à l’air du temps, à la vie superficielle, c’est donc avoir été acheté, comme on le dit de quelqu’un qui a perdu son honorabilité. La nôtre, frères, est d’être « à l’image de Dieu », dont Jésus en son humanité a dressé le portrait. Le culte du corps et de l’épanouissement personnel, qui imprègne nos sociétés, s’accompagne hélas trop souvent d’une âme inculte de son Dieu. Alors, réveillons-nous ! « Craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps », nous avertit Jésus. Quel combat ! Une conversion de tous les instants. Dissous donc ta misère dans la lumière du Christ au lieu de t’y résoudre.

Il y a des premiers en ce monde qui seront les derniers en l’autre, et des derniers en ce monde qui seront les premiers dans l’amour éternel. Car la loi de l’Évangile prend tout le monde à rebrousse-poil. Elle est justice à rechercher, soutien du pauvre, compassion, impatience devant le mal, patience devant ses propres faiblesses, douceur brûlante de cet amour indéfinissable prêt à tous les pardons. Frères, cet Évangile ressort comme une pépite d’or. Il nous ramène à l’essentiel, il recadre les choses, comme on dit. On en a bien besoin ! Amen

Frère Guy Touton

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