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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 21:05

Lecture du livre des Actes des Apôtres 12, 1-11

À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain. Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison. Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite ». Les chaînes lui tombèrent des mains. Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales ». Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi ». Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif ».

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée 4, 6-8.17-18

Me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Tous m’ont abandonné. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16, 13-19

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; t la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ».

Homélie

La liturgie propose à notre vénération et nous montre en exemple deux des plus grands apôtres : saint Pierre et saint Paul qui sont les deux figures marquantes des débuts difficiles de l’Eglise. Ils sont l’un et l’autre, des témoins vivants de cette merveilleuse transformation que la grâce de Dieu réalise chez les hommes.

Ces deux saints, si différents et pourtant si complémentaires ont ceci en commun : ils ont été entièrement métamorphosés par l’action divine. La fête des saints Pierre et Paul est donc la fête de la puissance de la grâce. Or, cette grâce ne s’épuise pas avec les siècles : elle est toujours capable de façonner les saints avec les pauvres hommes que nous sommes.

- Pierre et Paul étaient incontestablement différents par leurs origines et par leurs itinéraires spirituels.

- Pierre était un simple pécheur du lac de Tibériade. Il avait vécu plusieurs années aux côtés de Jésus, partageant les errances de sa vie publique jouant parfois le rôle de garde du corps pour le protéger des foules, assistant éblouis aux miracles et savourant chaque jour un enseignement particulièrement lumineux et solide.

- Paul, quant à lui, n’avait pas connu Jésus durant sa vie terrestre. C’était un juif vivant à l’étranger. Il avait passé toute sa jeunesse à Tarse en Cilicie, ville universitaire où il avait reçu une solide instruction à la fois juive et grecque.

Pierre avait été un des premiers à répondre à l’appel du Christ « Viens et suis-moi ». Très vite il avait perçu qui était Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Cette belle profession de foi lui valut d’être choisi par Jésus pour être le chef de l’Eglise naissante, (le premier pape). « Tu es Pierre et sur cette pierre... »

Mais lorsqu’arriva la tornade de la Passion, Pierre le présomptueux toujours prêt à ferrailler pour son Maître fut terrorisé comme les autres. Nous savons comment au moment du procès il renia le Christ par 3 fois, ce qu’il regretta d’ailleurs amèrement. Il fallut attendre le souffle de l’Esprit-Saint à la Pentecôte pour le galvaniser et lui donner la force d’affermir ses frères dans la foi, la force d’affronter l’hostilité des juifs et des romains et de rester fidèle au Christ jusqu’au martyre. Il mourut crucifié, la tête en bas, à Rome, sous le règne de Néron.

Paul, lui était un juif orgueilleux, fier de sa race et de ses origines ; dès qu’il connut les premiers chrétiens à Jérusalem, il se mit à les combattre parce qu’il les considérait comme des hérétiques. Les Actes des apôtres, ce livre écrit par saint Luc et qui est le prolongement de son évangile, nous disent qu’il était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il les jetait en prison et assistait à leur persécution. C’est ainsi qu’il observe, sans le moindre remords, la lapidation du diacre Etienne... Mais le Christ ressuscité l’attendait sur le chemin de Damas : il lui apparut et Paul fut terrassé par cette vision. Il comprit que derrière sa fidélité juive se cachait un orgueil qui refusait la grâce de Dieu. Il réalisa alors une conversion soudaine et radicale et il mit désormais sa fougue et sa brillante intelligence au service de ce Jésus qu’il avait persécuté à travers les membres de son Eglise. Il comprit surtout que seule l’adhésion totale et confiante à la personne du Christ-Sauveur pouvait faire de nous des hommes nouveaux.

Tel est, chers frères et sœurs, le miracle de la grâce de Dieu. Dieu fait de ces 2 hommes si différents des piliers inébranlables de son Eglise primitive. Certes, la grâce de Dieu est bienveillante et gratuite, mais elle n’est pas un rayon-laser subtil, transperçant les cœurs pour les transformer de force. Dieu respecte trop la liberté de l’homme créé à son image. Néanmoins la grâce est une force puissante dans la mesure où elle est accueillie. Chez Pierre et chez Paul elle le fut généreusement. Il suffit de lire les Actes des apôtres pour comprendre comment le Seigneur a fait de ces 2 pécheurs les 2 grands saints que toute l’Eglise vénère. N’allons pas croire cependant que ce bouleversement étonnant de la grâce a pu s’opérer sans difficulté, car l’action de Dieu si forte soit-elle n’empêche pas les hommes de rester des hommes. Mais, si la grâce ne supprime pas les difficultés elle permet par contre de les surmonter. Plus tard, elle n’empêchera pas les persécutions : mais elle sera la force des martyrs. Pour le bien de l’Eglise, elle utilise donc ces 2 hommes si différents, mais complémentaires : tandis que Pierre tient bon la barre en prenant les décisions qui s’imposent dans la fidélité au message évangélique, Paul, le grand voyageur (qu’on a appelé l’apôtre des gentils, c'est-à-dire des païens) apparaît comme l’aiguillon qui pose sans cesse de nouvelles questions et demande de nouvelles aventures.

Frères et sœurs, ce que saint Pierre et saint Paul ont vécu nous le vivons nous aussi à notre échelle, car notre situation de chrétiens implique nécessairement des tensions et des luttes. Comme Jésus le faisait remarquer (au moment de son agonie au Jardin des Oliviers) l’esprit est parfois plein d’ardeur, mais la chair est faible. Ce qui est merveilleux, c’est que la grâce vient en aide à cette faiblesse congénitale et rend ainsi l’homme capable de l’impossible. Voilà pourquoi le persécuteur devient martyr et le renégat devient pape. L’essentiel (on ne le redira jamais assez) c’est d’accueillir cette grâce abondamment dispensée.

Accueillir la grâce en nous c’est d’bord nous mettre en état de réceptivité et d’écouter « Parle Seigneur, ton serviteur écoute... »

Accueillir la grâce c’est aussi accepter de renoncer à notre volonté propre pour prendre un chemin souvent déconcertant.

Accueillir la grâce c’est surtout prier et prier inlassablement avec une confiance absolue pour obtenir le don du discernement et celui d’une entière disponibilité.

En fait la grande vertu qui a permis aux apôtres Pierre et Paul de devenir des géants de la sainteté, c’est la vertu d’abandon. Ils ont en cette simplicité héroïque de se laisser modeler par Dieu. Ils ont pris conscience de leur pauvreté pour mieux se laisser envahir par la mystérieuse présence de la grâce. Et celle-ci les a conduits à la joie et à l’action de grâces. C’est pourquoi ils pouvaient chanter et rendre gloire à Dieu dans leur prison.

Aujourd’hui nous sommes invités à suivre leur exemple à nous laisser saisir par le Christ et à nous abandonner comme eux à son bon vouloir.

Ainsi, comme eux, nous entrerons dans la joie donnée par l’Esprit-Saint, une joie que jamais rien, ni personne ne pourra nous enlever.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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