1. Dans l'unité de la foi, proclamée depuis les origines de l'Église, les chrétiens sont appelés à marcher ensemble, en gardant et en transmettant avec amour et joie le don reçu. Celui-ci est exprimé dans les paroles du Credo : « Nous croyons en Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, descendu du ciel pour notre salut », formulées par le Concile de Nicée, premier événement œcuménique de l'histoire du christianisme, il y a 1700 ans.
Sainteté,
Béatitudes,
Illustres Représentants des Églises chrétiennes et des grandes religions du monde !
Nous avons prié pour la paix selon nos différentes traditions religieuses et nous sommes maintenant réunis pour lancer un message de réconciliation. Les conflits sont présents partout où il y a de la vie, mais ce n’est pas la guerre qui aide à y faire face, ni à les résoudre. La paix est un chemin permanent de réconciliation. Je vous remercie d’être venus ici pour prier pour la paix, montrant ainsi au monde combien la prière est décisive. Le cœur humain doit en effet se disposer à la paix et, il s’ouvre dans la méditation, et dans la prière il sort de lui-même. Rentrer en soi-même pour sortir de soi-même. C’est ce dont nous témoignons, en offrant à l’humanité contemporaine les immenses trésors des spiritualités anciennes. Lire la suite...
Le Vatican a annoncé ce mardi 7 octobre 2025 que Léon XIV se rendra en Turquie et au Liban du 27 novembre au 2 décembre 2025. Ce sera le premier voyage apostolique du Saint-Père depuis son élection à la tête de l'Église catholique le 8 mai 2025. Un événement à suivre en direct sur KTO et ktotv.com
Le programme détaillé
Le Vatican a dévoilé ce lundi 27 octobre le programme complet du voyage du Pape en Turquie et au Liban (exprimé en heure de Paris).
Jeudi 27 novembre
10h30 : arrivée à l'aéroport international d'Ankara Esenboğa
11h30 : visite du mausolée d'Atatürk
12h10 : cérémonie de bienvenue au Palais présidentiel
12h40 : visite au président de la République
13h30 : rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique - discours du Saint-Père
15h35 : départ en avion de l'aéroport international d'Ankara Esenboğa pour Istanbul
17h : arrivée à l'aéroport d'Istanbul Atatürk
Vendredi 28 novembre
7h30 : rencontre de prière avec les évêques, les prêtres, les diacres, les hommes et femmes consacrés et les agents pastoraux à la cathédrale du Saint-Esprit - discours du Saint-Père
8h40 : visite à la maison d'accueil pour personnes âgées des Petites Sœurs des Pauvres - salut du Saint-Père
12h15 : transfert en hélicoptère à Iznik
13h30 : rencontre œcuménique de prière près des fouilles archéologiques de l'ancienne basilique Saint-Néophyte - discours du Saint-Père
14h30 : transfert en hélicoptère à Istanbul
16h30 : rencontre privée avec les évêques à la Délégation apostolique
Samedi 29 novembre
7h : visite de la mosquée Sultan Ahmet
7h45 : rencontre privée avec les chefs des Églises et des communautés chrétiennes à l'Église syriaque orthodoxe de Mgr Ephrem
13h30 : doxologies dans l'Église patriarcale Saint-Georges - salut du Saint-Père
13h50 : rencontre avec Sa Sainteté Bartholomée Iᵉʳ et signature de la déclaration conjointe au Palais patriarcal
15h : messe à la Volkswagen Arena
Dimanche 30 novembre
7h30 : visite de prière à la cathédrale à la cathédrale apostolique arménienne - salut du Saint-Père
8h30 : Divine liturgie dans l'église patriarcale Saint-Georges - discours du Saint-Père
10h30 : bénédiction œcuménique
11h : déjeuner avec Sa Sainteté Bartholomée Iᵉʳ au Patriarcat œcuménique
12h15 : cérémonie de départ à l'aéroport d'Istanbul Atatürk
12h45 : départ en avion à l'aéroport d'Istanbul Atatürk pour Beyrouth
14h45 : arrivée à l'aéroport international de Beyrouth et cérémonie de bienvenue
15h45 : visite e courtoisie au président de la République au palais présidentiel
16h15 : rencontre avec le président de l'Assemblée nationale
16h30 : rencontre avec le Premier ministre
17h : rencontre avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique
Lundi 1ᵉʳ décembre
8h45 : visite et prière sur la tombe de saint Charbel Makhlouf - salut du Saint-Père
10h20 : rencontre avec les évêques, les prêtres, les hommes et femmes consacrés et les agents pastoraux au sanctuaire Notre-Dame-du-Liban à harissa - discours du Saint-Père
11h30 : rencontre privée avec les patriarches catholiques à la Nonciature Apostolique
15h : rencontre œcuménique et interreligieuse sur la place des Martyrs à Beyrouth
16h45 : rencontre avec les jeunes sur le parvis du Patriarcat d'Antioche des Maronites à Bkerké
Mardi 2 décembre
7h30 : visite aux opérateurs et aux patients de l'hôpital de la Croix à Jal el Dib - salut du Saint-Père
8h30 : prière silencieuse sur le lieu de l'explosion du port de Beyrouth
9h30 : messe au port de Beyrouth - homélie du Saint-Père
11h45 : cérémonie de départ à l'aéroport international de Beyrouth - discours du Saint-Père
12h15 : départ en avion de l'aéroport international de Beyrouth pour Rome
16h10 : arrivée à l'aéroport international de Rome Fiumicino.
XXIXe dimanche du temps ordinaire, 19 octobre 2025
Chers frères et sœurs,
la question qui conclut l’Évangile qui vient d’être proclamé ouvre notre réflexion : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18, 8). Cette interrogation nous révèle ce qui est le plus précieux aux yeux du Seigneur : la foi, c’est-à-dire le lien d’amour entre Dieu et l’homme. Aujourd’hui même, sept témoins se tiennent devant nous, les nouveaux saints et saintes qui, par la grâce de Dieu, ont maintenu allumée la lampe de la foi. Bien plus, ils sont devenus eux-mêmes des lampes capables de diffuser la lumière du Christ.
Par rapport aux biens matériels et culturels, scientifiques et artistiques, la foi excelle non pas parce que ceux-ci seraient méprisables, mais parce que sans la foi, ils perdent leur sens. La relation avec Dieu est de la plus haute importance car Il a créé toutes choses à partir de rien, au commencement des temps, et Il sauve du néant tout ce qui finit dans le temps. Une terre sans foi serait peuplée d’enfants vivant sans Père, c’est-à-dire de créatures sans salut.
C’est pourquoi Jésus, le Fils de Dieu fait homme, s’interroge sur la foi : si celle-ci disparaissait du monde, que se passerait-il ? Le ciel et la terre resteraient tels quels, mais il n’y aurait plus d’espérance dans nos cœurs ; la liberté de tout un chacun serait vaincue par la mort ; notre désir de vie sombrerait dans le néant. Sans la foi en Dieu, nous ne pouvons pas espérer le salut. La question de Jésus nous inquiète donc, certes, mais seulement si nous oublions que c’est Jésus lui-même qui la pose. Les paroles du Seigneur, en effet, restent toujours Évangile, c’est-à-dire annonce joyeuse du salut. Ce salut consiste dans le don de la vie éternelle que nous recevons du Père, par le Fils, avec la force de l’Esprit Saint. Lire la suite...
Le cri silencieux de Francesco, père de Domenico Maria, mort à 13 ans d’une maladie soudaine, qui cherche du réconfort dans l’Église, trouve une réponse dans les paroles du Saint-Père : « Votre vie, unie à celle de Domenico Maria, est un grand exemple pour tous les pères et les mères qui n’arrivent pas à se relever de la douleur immense de la perte d’un enfant ». Le pape Léon XIV répond aux lecteurs de Piazza San Pietro, le magazine édité par la Basilique vaticane et dirigé par le P. Enzo Fortunato. Le numéro d’octobre, consacré aux pauvres dans le cœur du pape et de l’Église, fait écho à la Rencontre mondiale de la fraternité, qui s’est tenue à Rome les 12 et 13 septembre derniers. Cet appel à la fraternité se présente comme une réponse à la guerre et aux divisions, développé dans les contributions des intervenants. Le magazine s’ouvre avec la rubrique habituelle du « dialogue avec les lecteurs ». Le pape répond à Francesco, père de quatre enfants, dont l’un, Domenico Maria, est décédé à seulement 13 ans. L’homme ne demande pas de miracle, mais une prière : sa lettre est une supplication sobre, digne, empreinte de foi et de mémoire envers ce fils « parti il y a dix-huit ans à cause d’une maladie soudaine et foudroyante », mais demeurant présent dans tous les cœurs : ceux de ses coéquipiers de football, de ses amis et de toute sa famille. « Sainteté – écrit le père – notre Domenico Maria était un garçon plein de promesses… On l’avait élu capitaine. Cette lettre se veut simplement une pensée, un souvenir… afin que Dieu, dans sa bonté et sa miséricorde infinies de Père, l’accueille dans le Royaume des cieux ». Le ton est humble, rempli d’amour, mais ferme dans la foi. Un cri silencieux en quête de réconfort dans l’Église, dans la prière. À cette demande, le pape Léon XIV a voulu répondre personnellement, par des paroles qui dépassent le simple geste pastoral et font écho à l’Évangile : « Nous espérons que Domenico Maria est au ciel avec Jésus et la Vierge Marie, et qu’il intercède pour sa famille. Priez pour lui. Priez avec lui ».
Le pontife réaffirme un point central de la foi chrétienne : la communion qui ne se brise pas, même avec la mort, en demeurant toujours reliée au Seigneur. La prière – comme le véritable sport que Domenico Maria aimait – crée des liens, « et unit pour toujours », écrit le pape Léon. Ainsi, le sport du petit capitaine devient le symbole d’une équipe plus grande : celle de la vie éternelle. Au cœur de la réponse du Saint-Père, une profonde exhortation adressée à Francesco et à sa famille, et indirectement à tous les parents traversant le même calvaire : « Votre vie, unie à celle de Domenico Maria, est un grand exemple pour tous les pères et mères qui n’arrivent pas à se relever de la douleur immense de la perte d’un enfant ». Et enfin, une vision théologique claire et concrète : avec le baptême commence une vie qui ne finira pas, « car la mort n’a jamais le dernier mot ». En apposant sa bénédiction finale, le pape Léon assure la famille de ses prières pour Domenico Maria et pour tous les jeunes qui nous ont quittés trop tôt. Afin qu’ils ne demeurent pas dans le silence, mais dans la lumière. « La lumière qui vainc la nuit de la douleur » est le titre choisi par le P. Fortunato pour son éditorial, dans lequel il exhorte à croire que « là où un vide déchirant est ressenti, on perçoit une confiance qui ne cède pas : la certitude que cet enfant vit en Dieu ».
Léon XIV a dédié le premier déplacement de son pontificat dans la ville d’Ostie aux jeunes du Bel Espoir, dont le bateau est amarré pendant deux jours au port touristique de cette ville de la commune de Rome. À l’orée de leur toute dernière traversée en mer de la Ville éternelle à la cité phocéenne, d’où le projet est parti il y a deux ans, le Souverain pontife leur a prodigué quelques conseils pour construire la paix.
Delphine Allaire - Ostie, Rome
Après plus de deux jours de navigation le long de la côte tyrrhénienne depuis Naples, deux escales sur les îles de Procida et Ponza, les jeunes à bord de la mythique goélette à trois-mâts Le Bel Espoir ont touché terre à Ostie, l’antique port de Rome mercredi soir 15 octobre. Avant de remettre les voiles vers Marseille qu'ils atteindront samedi 25 octobre, et d'accomplir une ultime traversée de huit jours en passant par la Corse, ils ont reçu vendredi 17 octobre la visite, inattendue mais espérée, d’un hôte de marque. Le Pape Léon XIV en personne est venu les saluer, partager un moment convivial et prier avec eux, sur le bateau en bois.
Tout un symbole, le Bel Espoir ayant aussi navigué d’un Pape à l’autre en cette année de l’espérance. Le Pape François a béni le départ du bateau de Barcelone le 1er mars et Léon XIV continue de suivre l’odyssée. Le Souverain pontife américain a ainsi loué ce type d’expériences de rencontre et du dialogue expérimenté tout au long de ces huit mois par 200 jeunes ayant sillonné 30 ports par groupe de vingt-cinq aux nationalités, cultures et religions toutes différentes.
« Vous êtes un signe d’espérance pour la Méditerranée et pour le monde »
« Le monde d'aujourd'hui a besoin de plus que des mots. Il a besoin de signes ; de témoignages qui donnent de l'espérance. Et le nom même de ce bateau, ainsi que la présence de vous tous ici aujourd'hui, en sont la preuve », leur a d’emblée assuré Léon XIV, développant trois idées, au premier rang desquelles le dialogue. « Combien il est important d'apprendre à se parler, à s'asseoir, à apprendre, à écouter, à exprimer ses propres idées et ses propres valeurs, et à se respecter mutuellement afin que les autres se sentent vraiment écoutés », a répété le Successeur de Pierre à la proue du bateau, saluant l'expérience de dialogue des jeunes, « qui nous aide tous à apprendre à nous respecter les uns les autres ».
À partir du dialogue, le Pape missionnaire a égrainé l’idée de construire des ponts ; « pas nécessairement un pont au-dessus de la Méditerranée, mais un pont entre nous tous, peuples de nombreuses nations différentes ». Après avoir salué individuellement chacun de ces jeunes, originaires d’Albanie, des Balkans, d’Égypte, de Palestine, d’Espagne, de Malte, France ou encore Italie, entre autres, Léon XIV a souligné très simplement combien « il est merveilleux d'apprendre à connaître des gens, en voyageant littéralement autour de la Méditerranée. Je suis sûr que toutes ces personnes vivant sur un bateau aussi petit... Je ne suis pas encore descendu (dans les cabines, ndlr)... apprennent à vivre ensemble, à se respecter les uns les autres et à surmonter les difficultés. C'est aussi une expérience formidable pour vous tous, en tant que jeunes, mais c'est aussi quelque chose que vous pouvez nous enseigner à tous », a-t-il détaillé avant d’évoquer une troisième idée : être des bâtisseurs de paix, apprendre à être des promoteurs de paix, « dans un monde qui tend de plus en plus vers la violence, la haine, la séparation, la distance et la polarisation ».
Le goûter du Pape avec les jeunes
Félicitant enfin les jeunes comblés et ravis de cette visite surprise qu’ils n’ont découvert que la veille, le Pape s’est vu remettre plusieurs cadeaux. Une carte de la Méditerranée sertie de mots personnalisés de chacun des jeunes, le premier chapitre du Livre blanc de la Méditerranée relatif à la première étape du Bel Espoir, ainsi que le recueil des paroles du Pape François sur la Méditerranée, de Lampedusa (2013) à Ajaccio (2024). Le Pape de 70 ans a ensuite visité l’entièreté du trois-mâts descendant dans les cabines pour remonter à la salle à manger où un goûter familial a eu lieu : tartes aux pommes, viennoiseries, pancakes avec les jeunes et partage d’expériences. Lama, Palestinienne de Ramallah, a livré douloureusement l’expérience difficile du dialogue en Terre Sainte. Avec son amie Cristina, également de Ramallah, elles ont offert au Pape une pochette tissée de Jérusalem, ainsi qu’un porte-clé réalisé par le poète palestinien Mahmoud Darwich. Hanan, Bosnien musulman, a souligné l’importance du dialogue entre les religions et Muhamad, de Libye, est revenu sur son parcours de migration. Avant la bénédiction apostolique, une prière commune a été récitée avec le Pape, composée par les religieuses du monastère de Pennabilli, coordonnant le réseau des monastères de la Méditerranée, qui ont spirituellement suivi toute l’odyssée maritime. « C’était émouvant d’avoir le Pape dans notre lieu de vie, avec nous. C’est touchant qu’il ait instantanément compris ce que l’on vivait. Notre unité dans les différences, dans la joie et l’amour les uns pour les autres », confie Aurore, la responsable des jeunes pour cette huitième et dernière étape.
Préparer des institutions de paix
Introduisant le moment privilégié avec le Pape, le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, à l’origine de l’aventure initiée en 2023, a rappelé les quelques étapes précédentes du bateau. Parmi elles, le rendez-vous manqué au Liban qui aurait dû survenir au moment où la guerre entre Israël et l’Iran s’est déclenchée. « Sur la mer, il y avait plus de porte-avions que de voiliers », mais aussi la rencontre avec le patriarche Bartholomée Ier à Istanbul, en Turquie. Deux pays dans lesquels Léon XIV se rendra fin novembre et début décembre, accomplissant en Méditerranée le premier voyage de son pontificat. « Si tu veux la paix, prépare des institutions de paix », ce bateau est une école en vue de préparer des jeunes à s'engager dans des institutions de paix, a résumé le cardinal Jean-Marc Aveline.
L'escale romaine, du dialogue interreligieux à la tombe du Pape François
Les yeux scintillants, dansant et chantant, plein d’espérance après le départ de l’évêque de Rome, l’heure est à la baignade dans les eaux d’Ostie pour certains vaillants de l’équipage. Les jeunes du Bel Espoir repartent fortifiés de leur escale romaine, où ils ont aussi pu se recueillir sur la tombe du Pape François à Sainte-Marie-Majeure jeudi. « Un grand moment d’émotion », pour nombre d’entre eux, dont de précédents participants aux rencontres méditerranéennes 2023 qui lui sont reconnaissants pour tout son magistère de la Mare Nostrum, mais aussi les musulmans du groupe fortement touchés. Les jeunes ont aussi pu rencontrer l’imam de la Grande mosquée de Rome, Salah Ramadan Elsayed et visiter au Vatican deux dicastères, pour le Dialogue interreligieux et pour le Service du développement humain intégral en compagnie du cardinal Michael Czerny, sensible au processus méditerranéen. Ils mettent à présent le cap sur Marseille nourris et enrichis de ces nourritures spirituelles et terrestres. En chantant en toutes les langues leur hymne : « Peace, pace, mir, paz, salam, Bel Espoir ! Peace, paci, paix, love we share in unity... »
Au terme de la visite du Pape Léon XIV aux jeunes du navire Le Bel Espoir arrimé dans le port d'Ostie pour la dernière étape de son périple méditerranéen pour sensibiliser à la paix et à al rencontre des des jeunes de toutes les religions et de toutes les rives de la méditerranée, le cardinal archevêque de Marseille accorde un entretien aux médias du Vatican. 17 octobre 2025
L’Exhortation apostolique Dilexi te « Je t'ai aimé » (Ap 3,9), centrée sur l'amour envers les pauvres, a été signée par le pape Léon XIV le 4 octobre 2025, fête de saint François d'Assise, et publiée le 9 octobre.
« Ayant reçu en héritage ce projet déjà bien avancé, je suis heureux de le faire mien – ajoutant quelques réflexions – et de le proposer au début de mon Pontificat, partageant ainsi le désir de mon bien-aimé Prédécesseur que tous les chrétiens puissent percevoir le lien fort qui existe entre l’amour du Christ et son appel à nous faire proches des pauvres. En effet, je pense moi aussi qu’il est nécessaire d’insister sur ce chemin de sanctification, parce que dans « cet appel à le reconnaître dans les pauvres et les souffrants, se révèle le cœur même du Christ, ses sentiments et ses choix les plus profonds, auxquels tout saint essaie de se conformer » , écrit le pape Léon XIV (DT 3). »
À l'occasion d'une marche organisée ce samedi à Chicago par l'association "Les Turner ALS Foundation", le Pape a envoyé un message vidéo dans lequel il remercie tous ceux qui se battent contre cette maladie dégénérative.
Ce samedi 20 septembre, la fondation américaine "Les Turner ALS Foundation" organise une grande marche pour la vie sur les bords du lac Michigan à Chicago là où elle est implantée. Dans un message vidéo, le Pape Léon XIV, lui-même originaire de la ville revient sur le travail de recherche de la fondation auprès des patients et délivre un message d'espérance pour ceux qui sont affectés par la SLA (sclérose latérale amyotrophique, appelée aussi maladie de Charcot).
« Que la paix soit avec vous tous.
Salutations de Rome !
Je suis très heureux de me joindre à vous à Chicago alors que la Fondation Les Turner ALS nous rassemble pour la marche annuelle ALS Walk for Life.
Notre rassemblement réunit de nombreuses personnes.
Permettez-moi tout d'abord de dire que je suis rempli d'admiration et de gratitude envers les chercheurs et les scientifiques réunis ici.
Nos frères et sœurs juifs nous enseignent que l'un des grands projets confiés à l'humanité par Dieu est d'achever et de perfectionner la très bonne création qui nous a été donnée – tikkun olam. Mon prédécesseur, le pape Jean-Paul II, a écrit : Si l'on ne peut empêcher un artiste d'utiliser sa créativité, on ne devrait pas non plus empêcher ceux qui possèdent des dons particuliers pour le progrès de la science et de la technologie d'utiliser leurs talents donnés par Dieu au service des autres.
Au cours des dix dernières années, vous avez accompli des progrès remarquables en mettant à profit toutes vos connaissances et votre compassion pour comprendre les maladies neurodégénératives et soulager les souffrances qu'elles causent.
Pour les innombrables heures que vous passez seuls à chercher un moyen de faire avancer vos recherches ou à trouver des ressources pour poursuivre votre précieux travail, je demande aux hommes et aux femmes qui mènent des recherches scientifiques au Les Turner ALS Center de Notrthwestern Medicine et ailleurs d'accepter ma gratitude et mes encouragements.
Je suis également reconnaissant d'être entouré d'autant de soignants : médecins et infirmières, ergothérapeutes, physiothérapeutes, orthophonistes, travailleurs sociaux et, surtout, amis et famille. Votre attention et votre compassion envers les personnes atteintes de la SLA et d'autres maladies des motoneurones sont une source d'inspiration pour moi et pour tout le monde. Comme nos amis musulmans le partagent dans le Hadith, on nous dit que 70 000 anges sont présents lorsque les soignants arrivent le matin. 70 000 autres anges arrivent le soir. Je crois que vous faites partie de ces anges.
Souvent, cette aide est offerte au prix de grands sacrifices personnels, poursuit le Pape, et en tant que membres de la famille et amis engagés dans les soins quotidiens des personnes atteintes de SLA, vous nous montrez le meilleur de l'humanité. Vous êtes les bons Samaritains dont parlait Jésus.
Dans cette vidéo, l’évêque de Rome s’adresse aussi directement aux personnes atteintes de SLA : Vous occupez une place particulière dans mes pensées et mes prières. Vous avez reçu un lourd fardeau à porter. J'aimerais qu'il n'en soit pas ainsi. Cependant, vos souffrances offrent l'occasion de découvrir et d'affirmer une vérité profonde : la qualité de la vie humaine ne dépend pas des résultats obtenus. La qualité de nos vies dépend de l'amour.
Dans votre souffrance, poursuit le Pape, vous pouvez expérimenter une profondeur de l'amour humain jusque-là inconnue. Vous pouvez grandir dans la gratitude pour tout ce qui a été et pour les personnes qui prennent maintenant soin de vous. Vous pouvez maintenant développer un sens profond de la beauté de la création, de la vie dans ce monde et du mystère de l'amour.
Léon XIV s’adresse enfin à ceux marqués par le deuil. Après avoir pris soin de vos proches atteints de SLA, vous pleurez maintenant leur disparition. Vous ne les avez pas oubliés. Et, en fait, votre amour a été purifié par votre service, puis par votre deuil. Vous avez appris, et chaque jour, vous pénétrez plus intensément dans le mystère le plus profond : la mort n'est pas le mot définitif. L'amour vainc la mort. L'amour vainc la mort. L'amour vainc la mort.
Permettez-moi de saluer tout particulièrement Harvey et Bonny Gaffen. Depuis près de 50 ans, M. et Mme Gaffen, vous perpétuez la mémoire – non, la vie – de Les Turner. Votre amour pour M. Turner, votre dévouement et votre énergie ont enrichi la vie de nombreuses personnes. Regardez autour de vous aujourd'hui. Toutes ces personnes sont là grâce à vous – à la grandeur de votre cœur. Merci, Harvey et Bonny.
Encore une fois, merci à tous d'être ici. Merci de m'avoir invité. Merci à la Fondation Les Turner pour la SLA de nous avoir réunis aujourd'hui.
Que notre rassemblement soit une source de bénédiction pour nous tous.
Le pape Léon XIV préside une messe ce dimanche 21 septembre, à 10h, à la paroisse Sainte-Anne-des-Palefreniers du Vatican. Cette église est confiée depuis près d'un siècle aux Augustins. Une célébration à suivre en direct sur KTO et ktotv.com.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. La paix soit avec vous !
I’m sure many of you speak English, no ? I am going to attempt to speak French counting on your benevolence ! Je salue bien cordialement Son Excellence Monseigneur Dominique Blanchet, et je souhaite la bienvenue à vous tous, élus et personnalités civiles du Diocèse de Créteil, en pèlerinage à Rome.
Je suis heureux de vous accueillir dans votre démarche de foi : vous retournerez à vos engagements quotidiens fortifiés dans l’espérance, mieux affermis pour œuvrer à la construction d’un monde plus juste, plus humain, plus fraternel, qui ne peut être rien d’autre qu’un monde davantage imprégné de l’Évangile. Devant les dérives de toutes sortes que connaissent nos sociétés occidentales, nous ne pouvons pas mieux faire, en tant que chrétiens, que de nous tourner vers le Christ et demander son secours dans l’exercice de nos responsabilités. Lire la suite...
À l'occasion du rassemblement Clameurs, qui réunit près de 20 000 participants et participantes à Jambville, le pape Léon XIV a adressé un message à l'ensemble des Scouts et Guides de France.
Un message d'espérance et de fraternité à l'association et aux 94 jeunes qui ont reçu le sacrement de confirmation, lu lors de la veillée célébration.
MESSE À LA CHAPELLE DE LA STATION DES CARABINIERI DE CASTEL GANDOLFO
HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
Mardi 15 juillet 2025
Chers frères et sœurs,
L'Évangile que nous venons d'entendre nous donne le sens chrétien authentique de ces deux mots. Frère et sœur sont des noms de parenté, que nous répétons souvent dans la liturgie en guise de salutation, en signe de proximité et d'affection. Jésus, le Fils unique de Dieu, explique leur signification par rapport à lui-même et à son Père, révélant un lien plus fort que le sang car il nous concerne tous, unissant chaque homme et chaque femme. En effet, nous sommes tous véritablement frères et sœurs de Jésus lorsque nous faisons la volonté de Dieu, c'est-à-dire lorsque nous vivons en nous aimant les uns les autres, comme Dieu nous a aimés.
Toute relation que Dieu vit, en lui-même et pour nous, devient ainsi un don : lorsque son Fils unique devient notre frère, son Père devient notre Père, et l’Esprit Saint, qui unit le Père et le Fils, vient habiter nos cœurs. L’amour de Dieu est si grand que Jésus ne garde même pas sa propre mère pour lui, livrant Marie comme notre mère à l’heure de la croix (cf. Jn 19, 27). Seuls ceux qui vivent avec un tel dévouement peuvent affirmer : « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère » ( Mt 12, 50). Ces paroles nous aident notamment à comprendre que Marie devient la mère de Jésus parce qu’elle écoute la parole de Dieu avec amour, l’accueille dans son cœur et la vit fidèlement. Commentant le passage évangélique que nous venons de rappeler, saint Augustin écrivait donc : « Il est plus important pour Marie d’avoir été disciple du Christ que d’avoir été sa mère. » En effet, « Marie fut bienheureuse d'avoir entendu la parole de Dieu et de l'avoir mise en pratique » ( Sermo 72/A, 7). Le sens de la vie de Marie se conserve dans sa fidélité à la Parole reçue de Dieu : Parole de vie accueillie par elle, portée en son sein et donnée au monde... suite (vous trouverez la vie de Salvo d'Aquisto dans les prochains articles).
En juin dernier dans la salle ducale du Palais apostolique du Vatican, une scène touchante s’est déroulée sous les yeux du père Silvestrini, religieux qui travaille pour la sacristie pontificale. Au cours d'une audience privée avec une famille, le jeune fils s'est précipité vers le Souverain pontife, qui s'est alors penché pour le serrer affectueusement dans ses bras.
Père Bruno Silvestrini, OSA – Cité du Vatican
Dans le cadre solennel et intime de la salle ducale du palais apostolique, une rencontre simple mais profondément humaine a eu lieu le 7 juin. Le Pape Léon XIV a reçu la famille de Giovanni Giordano, collaborateur de l'aumônier des gendarmes de la caserne «V.B. Salvo D'Acquisto» à Tor di Quinto à Rome.
La première rencontre entre l'enfant et le Souverain Pontife.
Parmi les personnes présentes se trouvaient sa femme et son jeune fils, un enfant vif et infatigable, animé d'une énergie surprenante. Dans la longue attente, personne ne pouvait vraiment le retenir: il courait d'un côté à l'autre, sans trop faire attention ni se confier aux personnes présentes. Il semblait appartenir à un monde à lui, où l'attente n’est qu'un intervalle à remplir de jeux. Mais lors de la première apparition du Saint-Père, quelque chose d'inattendu et de désarmant s'est produit. Alors que nous, les adultes, restions calmes, excités, peut-être même intimidés par le caractère sacré de l'instant, le petit semblait s'illuminer: il a tout laissé derrière lui et, sans hésiter, s'est jeté vers le Pape, l'embrassant dans une étreinte authentique et spontanée.
Le Pape ouvre grand les bras pour embrasser l'enfant.
Pas de filtre, pas d'hésitation: seulement la pureté d'un cœur d'enfant qui reconnaît ce qui est vrai, bon et accueillant. Le Pape Léon XIV sourit, rendant avec tendresse ce geste inattendu et profond. Nous ne pouvons pas ne pas nous laisser interpeller par cette scène évangélique: «si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux» (cf. Mt 18, 3). Et c'est précisément dans ces épisodes que la Providence semble vouloir nous murmurer quelque chose: parfois, c'est celui qui a l'âme libre qui est capable de reconnaître la beauté et la paternité de Dieu plus que quiconque.
L'accolade entre l'enfant et le Pape Léon XIV.
*Le père Bruno Silvestrini est un religieux augustin qui travaille au sein de la sacristie pontificale au Vatican.
Léon XIV a rencontré 600 enfants et adolescents dans la salle Paul VI du Vatican, en fin de matinée le 3 juillet 2025. Le pape a dialogué avec ses jeunes, dont la moitié étaient issus de familles des employés du Vatican, et l’autre moitié étaient des réfugiés ukrainiens. Évoquant son enfance voilà ce qu’il disait :
"Est-ce que j'allais à la messe quand j'étais enfant ? Oui, bien sûr ! Toujours, tous les dimanches, avec mon père et ma mère. Et dès l'âge de 6 ans, j'ai aussi été enfant de chœur à la paroisse. Donc, avant d'aller en classe à l'école - qui était une école paroissiale - nous avions la messe à 6h30 du matin. Ma mère nous réveillait toujours en disant : "Allons à la messe". Même le service à la messe était quelque chose que nous aimions vraiment, parce que même quand j'étais enfant, on m'avait appris que Jésus est toujours proche, que votre meilleur ami est toujours Jésus, et que la messe était un moyen de trouver, disons, cet ami - d'être avec Jésus - même avant de recevoir la première communion. À l'époque, c'était en latin, et nous devions donc apprendre un peu de latin pour la messe. Plus tard, pour moi, c'est passé à l'anglais parce que je suis né et j'ai grandi aux États-Unis, où l'on parlait anglais. Mais pour toi, ce serait encore en italien. Ce qui comptait, ce n'était pas tant la langue de la célébration, mais l'expérience de rencontrer d'autres enfants qui servaient aussi la messe ensemble - ce sentiment d'amitié - et surtout, le fait d'être proche de Jésus dans l'Église.
La faim ne doit pas être utilisée comme une arme de guerre
Des Palestiniens attendent pour recevoir de l'aide alors que la nourriture manque. (ANSA)
MESSAGE DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
AUX PARTICIPANTS À LA XLIV SESSION DE LA CONFÉRENCE DE LA FAO
[Rome, 28 juin - 4 juillet 2025]
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur général de la FAO,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je suis profondément reconnaissant de pouvoir m'adresser pour la première fois à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui célèbre cette année le quatre-vingtième anniversaire de sa fondation. Je salue cordialement tous les participants à cette quarante-quatrième session de la Conférence, son organe directeur suprême, et en particulier son Directeur général, M. Qu Dongyu, et je remercie l'Organisation pour son travail quotidien visant à trouver des réponses adéquates au problème de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition, qui demeure l'un des plus grands défis de notre époque... suite
DISCOURS DE SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV
À L'OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LA DROGUE
Cour de San Damaso
Jeudi 26 juin 2025
Commençons par le signe de croix : au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Que la paix soit avec vous !
Bienvenue à tous et j'espère que le soleil ne sera pas trop fort… Mais Dieu est grand et nous accompagnera. Merci de votre présence !
[Salutations du sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres, Alfredo Mantovano, et témoignage de Paola Clericuzio, de la Communauté de San Patrignano]
Chers frères et sœurs, bonjour et bienvenue !
Je remercie ceux qui ont rendu possible cette rencontre, qui, à bien des égards, nous ramène au cœur du Jubilé, une année de grâce où chacun est reconnu pour sa dignité, trop souvent diminuée ou niée. L'espérance est pour vous un mot riche d'histoire : ce n'est pas un slogan, mais la lumière retrouvée grâce à un grand travail. Je voudrais donc vous redire ce salut qui change le cœur : la paix soit avec vous ! Le soir de Pâques, Jésus a salué ainsi les disciples enfermés au cénacle. Ils l'avaient abandonné, ils croyaient l'avoir perdu pour toujours, ils étaient effrayés et déçus, certains étaient déjà partis. Pourtant, c'est Jésus qui les retrouve, qui vient les chercher à nouveau. Il entre à huis clos là où ils sont comme enterrés vivants. Il apporte la paix, il les recréé par le pardon, il souffle sur eux : c'est-à-dire qu'il insuffle l'Esprit Saint, qui est le souffle de Dieu en nous. Quand il n'y a plus d'air, quand il n'y a plus d'horizon, notre dignité se fane. N'oublions pas que Jésus ressuscité revient et apporte son souffle ! Il le fait souvent à travers ceux qui franchissent nos portes closes et qui, malgré tout ce qui a pu se passer, voient la dignité que nous avons oubliée ou qui nous a été refusée... suite
La manne est venue nourrir Israël dans le désert. Saura-t-il découvrir que Dieu veut lui donner beaucoup plus que ce pain terrestre ?
Moïse disait au peuple d'Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne — cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue — pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C'est lui qui, pour toi, a fait jaillir l'eau de la roche la plus dure. C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne — cette nourriture inconnue de tes pères.» - Parole du Seigneur.
Commentaire : au VIIe siècle, époque où paraît le livre du Deutéronome, le peuple d’Israël connaît la prospérité et l’abondance. De qui tient-il tous ces biens économiques ? De sa force, de son travail, de son génie. Alors pourquoi continuer à honorer Dieu, maintenant que le peuple est tiré d’affaire ? L’auteur répond que le temps de la pauvreté, la marche au désert, était un temps de probation. Dans son dénuement extrême, Israël a expérimenté que tous les biens nécessaires à la vie : la nourriture, l’eau, la libération de l’esclavage, la protection contre les dangers du désert, viennent de la bouche de Dieu, de sa Parole créatrice. Cela reste vrai aujourd’hui, dans l’abondance, Israël va-t-il reconnaître qu’il tient sa vie de Dieu, de sa Parole créatrice, transmise par les prophètes, et pas seulement du pain qu’il mange maintenant à satiété ?
« Souviens-toi ». Il ne s’agit pas de ruminer le passé mais d’y reconnaître les chemins, parfois éprouvants, par lesquels le Seigneur nous a conduits. Pourrions-nous partager à quelques-uns ces souvenirs ?
Psaume 147
R/ Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion ! Il a consolidé les barres de tes portes, dans tes murs il a béni tes enfants. R/
Il fait régner la paix à tes frontières, et d’un pain de froment te rassasie. Il envoie sa parole sur la terre : rapide, son verbe la parcourt. R/
Il révèle sa parole à Jacob, ses volontés et ses lois à Israël. Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ; nul autre n’a connu ses volontés. R/
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10, 16-17
Puisqu'il y a un seul pain, le corps du Christ, et une seule coupe, celle du sang du Christ, nous devenons un seul corps, l'Eglise
Frères, la coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. - Parole du Seigneur.
Commentaire : Sous le signe du Pain et du vin eucharistiques nous communions au corps et au sang du Christ, c’est-à-dire au sacrifice de la croix où Jésus livre son corps et verse son sang pour nous. Nous faisons nôtre l’amour du Christ qui en nous réunissant à son corps ressuscité fait de nous tous un seul corps ecclésial. L’unique pain eucharistique est ainsi le signe efficace de notre union au Christ et de notre communion fraternelle.
Si ma prochaine action de grâce après la communion consistait à regarder mes frères et sœurs pour me rappeler qu’ensemble « nous sommes un seul corps pour avoir eu tous part à un seul pain » !
Séquence :
Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants.
Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer.
Le Pain vivant, le Pain de vie, il est aujourd’hui proposé comme objet de tes louanges.
Au repas sacré de la Cène, il est bien vrai qu’il fut donné au groupe des douze frères.
Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs !
C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution.
À ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne.
L’ordre ancien le cède au nouveau, la réalité chasse l’ombre, et la lumière, la nuit.
Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire nous le fassions après lui.
Instruits par son précepte saint, nous consacrons le pain, le vin, en victime de salut.
C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps, que le vin devient son sang.
Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer, hors des lois de la nature.
L’une et l’autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes, voilent un réel divin.
Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces.
On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ; il est reçu tout entier.
Qu’un seul ou mille communient, il se donne à l’un comme aux autres, il nourrit sans disparaître.
Bons ou mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort.
Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ; quel résultat différent !
Si l’on divise les espèces, n’hésite pas, mais souviens-toi qu’il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout.
Le signe seul est partagé, le Christ n’est en rien divisé, Ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué.
Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.
D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice, par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.
Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants.
Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris, conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage, en compagnie de tes saints. Amen.
Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 51-58
« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson », nous dit Jésus ; toutes les autres nourritures n'empêchent pas la mort.
Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie ». Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement » - Acclamons la Parole de Dieu.
Commentaire : Dire de quelqu’un : « C’est un être de chair et de sang », c’est affirmer qu’il est homme, avec toutes ses faiblesses et les limites humaines. En disant que sa chair et son sang sont une nourriture qui donne la vie, le Christ se désigne dans son humanité : c’est le Fils de Dieu devenu homme par son Incarnation qui apporte la vie au monde. Jésus demande donc à ses auditeurs de faire un acte de foi : il faut se nourrir de son enseignement et voire ses paroles parce qu’elles sont celles du Fils qui apporte la vie du Père. C’est là tout ce que ses auditeurs juifs pouvaient comprendre. Après coup, Jean, témoin de l’institution de l’eucharistie, a compris que Jésus n’entendait pas seulement donner sa parole en nourriture aux croyants, mais réellement sa chair et son sang. Ce discours du Christ annonçait donc l’eucharistie. Mais s’il faut la foi pour que les paroles de Jésus deviennent notre vie, combien plus pour que sa chair et son sang nous enracinent dans la vie divine !
Lectures et Homélie du Saint Sacrement en DOCX et PDF
Année B
Livre de l'Exode 24, 3-8
Le sang des sacrifices est la signature de l’Alliance entre Dieu et son peuple.
En ces jours-là, Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et toutes ses ordonnances. Tout le peuple répondit d’une seule voix : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique ». Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur. Il se leva de bon matin et il bâtit un autel au pied de la montagne, et il dressa douze pierres pour les douze tribus d’Israël. Puis il chargea quelques jeunes garçons parmi les fils d’Israël d’offrir des holocaustes, et d’immoler au Seigneur des taureaux en sacrifice de paix. Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des coupes ; puis il aspergea l’autel avec le reste du sang. Il prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons ». Moïse prit le sang, en aspergea le peuple, et dit : « Voici le sang de l’Alliance que, sur la base de toutes ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous ».
Commentaire : En choisissant pour son peuple les Hébreux qu’il a délivrés d’Égypte, Dieu s’engage envers eux par alliance. Appelé à se prononcer à son tour, le peuple prend lui aussi l’engagement de vivre dans l’obéissance aux commandements de l’Alliance. Comme souvent dans la Bible, cette alliance est conclue dans le sang dont une partie est répandue sur l’autel, symbolisant Dieu, et l’autre sur le peuple. Le sang est porteur de la vie ; c’est donc un pacte de vie qui lie Dieu à son peuple.
Chacune de nos messes est une fête de l’Alliance que Dieu a conclue avec nous dans le sang de son Fils. L’amen que nous y prononçons nous engage en retour à mettre en pratique les appels de la Parole de Dieu qui nous y avons lus.
Psaume 115
R/ J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.
Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ? J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur. R/
Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ? R/
Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce, j'invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple. R/
Lettre aux Hébreux 9,11-15
Parce qu’il a versé son propre sang, le Christ nous a obtenu une libération définitive.
Frères, le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n’est pas œuvre de mains humaines et n’appartient pas à cette création, il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. De cette manière, il a obtenu une libération définitive. S’il est vrai qu’une simple aspersion avec le sang de boucs et de taureaux, et de la cendre de génisse, sanctifie ceux qui sont souillés, leur rendant la pureté de la chair, le sang du Christ fait bien davantage, car le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut ; son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort, pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant. Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau : puisque sa mort a permis le rachat des transgressions commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis.
Commentaire : Lors d’un conflit social ou politique, on fait souvent appel à un médiateur. Cet arbitre doit être accepté par les deux parties en présence pour son impartialité et sa forte personnalité. Lorsqu’il a permis aux deux groupes de trouver un terrain d’entente, il s’en va, ayant achevé sa mission. Entre Dieu et les hommes, il y avait un conflit causé par le péché par lequel l’homme avait rompu les pourparlers. Où trouver le médiateur qui ait à la fois l’audience de Dieu et celle des hommes ? Ce fut Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme. Par son sacrifice de la croix il a trouvé un terrain d’entente qui permette à Dieu et aux hommes de renouer le dialogue : c’est celui de l’amour. Mais bien loin de partir comme s’il avait achevé sa mission, Jésus Christ, monté au ciel avec son corps ressuscité, demeure éternellement le pont jeté entre Dieu et les hommes.
« Le Christ est le grand prêtre du bonheur qui vient ». Nos célébrations eucharistiques en sont déjà un avant-goût. Faire de nos messes des célébrations du bonheur déjà-là et à venir !
Séquence :
Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants.
Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer.
Le Pain vivant, le Pain de vie, il est aujourd’hui proposé comme objet de tes louanges.
Au repas sacré de la Cène, il est bien vrai qu’il fut donné au groupe des douze frères.
Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs !
C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution.
À ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne.
L’ordre ancien le cède au nouveau, la réalité chasse l’ombre, et la lumière, la nuit.
Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire nous le fassions après lui.
Instruits par son précepte saint, nous consacrons le pain, le vin, en victime de salut.
C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps, que le vin devient son sang.
Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer, hors des lois de la nature.
L’une et l’autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes, voilent un réel divin.
Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces.
On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ; il est reçu tout entier.
Qu’un seul ou mille communient, il se donne à l’un comme aux autres, il nourrit sans disparaître.
Bons ou mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort.
Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ; quel résultat différent !
Si l’on divise les espèces, n’hésite pas, mais souviens-toi qu’il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout.
Le signe seul est partagé, le Christ n’est en rien divisé, Ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué.
Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.
D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice, par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.
Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants.
Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris, conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage, en compagnie de tes saints. Amen.
Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26
Le sang des sacrifices est la signature de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Jésus signe la nouvelle Alliance de son propre sang.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs ».
Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu ».
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. – Acclamons la Parole de Dieu.
Commentaire : Le repas pascal juif associait étroitement les convives à la libération des Hébreux de l’esclavage de l’Égypte : en mangeant la Pâque, ils avaient conscience d’être le peuple que Dieu libère aujourd’hui de la servitude. Jésus associe de même ses disciples à sa mort rédemptrice : en mangeant son corps et en buvant son sang versé à la croix pour la multitude des hommes, les participants du repas eucharistique se reconnaissent le peuple que Jésus libère aujourd’hui de toute servitude, y compris celle du péché. Ils attendent aussi le jour à venir de la délivrance définitive dans le monde nouveau du royaume de Dieu.
Au soir de la Cène, Jésus nous donne rendez-vous au jour où il boira un vin nouveau dans le royaume de Dieu. Comment nos rendez-vous du dimanche préparent-ils ce rendez-vous définitif ?
Prière universelle
Tout le monde a besoin de pain pour vivre. Le pain matériel, pour nourrir le corps, le pain de la Parole, pour nourrir l’âme, et le pain de l’amour, pour nourrir le cœur. Laissons monter vers le Seigneur notre prière et demandons-lui de combler toutes nos faims.
R/. Dieu très-haut, écoute-nous.
Pour les affamés ; que le Seigneur leur accorde le pain sans lequel la vie n’est plus possible.
Pour les assoiffés de sens ; que le Seigneur les conduise vers les puits d’eau vive.
Pour tous ceux et celles qui, partout dans le monde, luttent contre la faim ; que le Seigneur leur donne le courage nécessaire à leurs efforts.
Pour ceux et celles qui cherchent à inspirer le courage aux désespérés de toutes sortes ; que le Seigneur leur accorde d’être de véritables témoins de sa vie nouvelle.
Dieu de tendresse et d’amour, toi qui ne cesses de nourrir ton peuple avec générosité afin qu’il parvienne là où tu veux le conduire, entends notre prière. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
Lectures de la Solennité du Saint-Sacrement en DOCX et PDF
Année C
Lecture du livre de la Genèse 14, 18-20
Le pain et le vin que Melkisédek apporte, préfigurent l’eucharistie.
En ces jours-là, Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut. Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ; et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. – Parole du Seigneur.
Commentaire : Melkisédek est un roi païen, et Salem pourrait être l’ancien nom de Jérusalem. Comme tous les roitelets de l’époque, il exerce ses fonctions de grand prêtre. C’est à ce titre qu’il bénit Abraham qui revient d’une razzia punitive contre les troupes qui avaient rançonné la région, en invoquant son propre dieu, une divinité païenne. Abraham lui fait don du dixième du butin qu’il a rapporté de son expédition. Ce n’est qu’une anecdote, mais elle préfigurait pour les Hébreux l’hommage que le peuple élu rendrait plus tard au vrai Dieu dans la même ville, en reconnaissance de son amour et de sa protection. Les premiers chrétiens virent dans le pain et le vin offerts par Melkisédek à Abraham pour le restaurer, un signe de l’eucharistie, que Dieu nous donne en nourriture quand nous nous rassemblons à la messe pour lui rendre compte de notre vie de la semaine.
Comment préparer notre messe du dimanche ? En relisant les signes de Dieu dans la semaine écoulée : telle joie éprouvée, telle rencontre amicale, ce pauvre qui a frappé à la porte de notre cœur, cette réunion où nous avons partagé notre vie dans la foi, cette lecture, ce temps de prière…
Psaume 109
R/ : Tu es prêtre à jamais, selon l’ordre de Melkisédek.
Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. » R/
De Sion, le Seigneur te présente le sceptre de ta force : « Domine jusqu'au cœur de l'ennemi ». R/
Le jour où paraît ta puissance, tu es prince, éblouissant de sainteté : « Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré ». R/
Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek ». R/
Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens 1 Co 11, 23-26
En faisant mémoire de la Cène, chaque messe rend présent pour nous, aujourd’hui, le mystère pascal de Jésus.
Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ». Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. – Parole du Seigneur.
Commentaire : Annoncer la mort du Seigneur, ce n’est pas rappeler seulement ce fait du passé : le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous. C’est reconnaître l’actualité de cet amour du Christ ressuscité : il nous aime et se livre à nous pour qu’avec lui nous aimions nos frères et livrions notre vie pour eux. C’est aussi attendre et préparer sa venue définitive au cœur du monde où son amour aura eu le dernier mot.
Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, l’amour du Christ est proclamé dans l’histoire des hommes.
Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 11b-17
« Donnez-leur vous-mêmes à manger », dit Jésus à ses disciples, devant la foule affamée. L’eucharistie demeure toujours pour nous cet appel à la mission
En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert ». Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple ». Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ ». Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers. – Acclamons la Parole de Dieu.
Commentaire : Nous connaissons assez ce texte pour qu’il soit inutile de le commenter. Essayons de le prier.
« Renvoie cette foule », disent les apôtres. Comme il m’arrive souvent, Seigneur, de vouloir me débarrasser de cet importun, de cette responsabilité qui me paraît trop lourde, de ce frère pour lequel je crois ne rien pouvoir faire… de vouloir même me débarrasser de toi et de tes exigences !
« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Mais tu continues à me faire confiance pour aimer mes frères en ton nom, pour chercher avec eux la réponse à leurs besoins, la justice dont ils ont faim, pour te faire connaître à eux, toi qui peux seul combler toutes leurs faims.
« Nous n’avons pas plus de cinq pains… » Je proteste alors de mon incapacité, de mon peu de moyens, de mon manque de courage, de mon indignité, de mes doutes…
« Faites-les asseoir… » Mais si je « marche » avec toi, Seigneur, comme c’est merveilleux ! Avec mes cinq pains, tu nourris la foule. Ta puissance se révèle à travers ma pauvreté et ma faiblesse. Il te fallait mon cœur, mes bras, mon intelligence, ma foi, et cela suffisait pour que tu fasses l’impossible.
« Les morceaux qui restaient… douze paniers ». Et moi, pour avoir accepté de nourrir mes frères, voici que tu as comblé ma propre faim bien au-delà de mon espérance. Ma peur, ma faiblesse, mes doutes, je sais bien qu’ils n’étaient que faux prétextes pour ne pas entendre mon appel. Tu te donnes à moi, Jésus Christ, toi, mon ami fidèle ! Que ton corps et ton sang me donnent toujours la force de répondre aux appels que tu m’adresses par mes frères les hommes.
Prière universelle
Tout le monde a besoin de pain pour vivre. Le pain matériel, pour nourrir le corps, le pain de la Parole, pour nourrir l’âme, et le pain de l’amour, pour nourrir le cœur. Laissons monter vers le Seigneur notre prière et demandons-lui de combler toutes nos faims.
R/. Dieu très-haut, écoute-nous.
Pour les affamés ; que le Seigneur leur accorde le pain sans lequel la vie n’est plus possible.
Pour les assoiffés de sens ; que le Seigneur les conduise vers les puits d’eau vive.
Pour tous ceux et celles qui, partout dans le monde, luttent contre la faim ; que le Seigneur leur donne le courage nécessaire à leurs efforts.
Pour ceux et celles qui cherchent à inspirer le courage aux désespérés de toutes sortes ; que le Seigneur leur accorde d’être de véritables témoins de sa vie nouvelle.
Dieu de tendresse et d’amour, toi qui ne cesses de nourrir ton peuple avec générosité afin qu’il parvienne là où tu veux le conduire, entends notre prière. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.
C’est chaque dimanche que nous célébrons dans l’Eucharistie le Corps et le Sang du Christ. Alors, pourquoi l’Eglise nous invite-t-elle, 15 jours après la Pentecôte, à fêter d’une manière encore plus solennelle ce grand mystère de la Foi ?
C’est pour qu’en le contemplant nous puissions mieux comprendre l’intention qui fut celle de Jésus lorsqu’au soir du Jeudi-Saint il inventa cette merveille de son amour.
Le Concile Vatican II nous dit que cette intention peut se résumer en deux mots : c’est pour que l’Eucharistie soit à la fois la Source et l’Aboutissement de toute la vie de l’Eglise, de toute la vie chrétienne.
L’Eucharistie est tout d’abord une Source, car elle nous donne Jésus lui-même dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, dans cet acte sauveur par lequel Il est devenu principe de vie divine pour toutes les âmes.
Chaque messe, le Christ crucifié et glorifié, mystérieusement, mais réellement substantiellement présent sous les apparences du pain et du vin consacrés par le prêtre, rend actuelle devant nous et pour nous l’offrande de son sacrifice parfait, accompli une fois pour toutes durant sa Passion et qui constitue un formidable réservoir de vie divine.
Cette vie d’amour qui a jailli de la mort victorieuse du Christ et qui s’écoule abondamment de son cœur transpercé, voici qu’elle est là à notre portée, grâce au rite sacramentel de la Messe. Elle nous est préparée sous forme de nourriture vivifiante dans un repas fraternel « prenez et mangez, prenez et buvez ». Il suffit tout simplement – mais c’est essentiel – d’avoir faim de ce Pain de vie et de répondre aussi souvent que possible à l’invitation qui nous est faite de participer effectivement à ce Banquet du Ciel sur la terre en y communiant.
Heureux sommes-nous alors ! Car cette vie filiale envers le Père et fraternelle envers l’humanité, cette vie humble, pure, détachée, toute de don de soi et de pardon qui fut la sienne, Jésus fait en sorte qu’elle devienne progressivement la nôtre par ce merveilleux phénomène d’osmose qu’est la Communion.
C’est la sève qui passe du cep dans les sarments. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en Lui... Celui qui me mange vivra par moi ».
L’effet propre de l’Eucharistie nous dit saint Thomas d’Aquin : « c’est la transformation de l’homme en Dieu ».
Nous voyons déjà, frères et sœurs, à partir de ces réflexions que l’Eucharistie c’est le don par excellence, le cadeau suprême que Dieu offre perpétuellement à son Eglise... Et c’est bien là son sens le plus profond selon l’origine du mot : le mot grec charis voulant dire grâce et eu-charis : la grâce la meilleure.
Mais l’Eucharistie, frères et sœurs n’est pas seulement la source de notre vie chrétienne ; nous ne venons pas à la messe uniquement pour recevoir, nous y venons aussi pour donner.
Il y a un deuxième sens, en effet, dans le mot « Eucharistie » qui nous est plus familier : elle signifie action de grâces c’est-à-dire restitution libre et reconnaissante des bienfaits reçus. Toute la vie de Jésus ne fut-elle pas dès le premier instant, mais surtout à l’heure du sacrifice suprême, une incomparable action de grâces sous forme d’offrande de sa personne, bien sûrs, mais aussi de toute la vie des hommes et de toute la création ?
A la Messe, nous sommes invités à entrer dans cette immense offrande de Jésus, dans son mouvement de remise totale et confiante entre les mains du Père. Et nous le faisons si, au sacrifice de la Croix que Jésus rend présent sur l’autel et offre à son Père, nous avons à cœur d’unir notre offrande personnelle. Le Christ veut que nous soyons unis à son sacrifice, nous dit saint Augustin « avec Lui nous faisons la totalité de l’hostie présentée à Dieu ».
Cette offrande de nous-mêmes - qui est symbolisée par la goutte d’eau que le prêtre mêle au vin du calice – elle est constituée par tout ce que notre vie quotidienne comporte d’activités, de travaux, de relations avec les autres, de joies, de peines ou de souffrances, de tous les efforts que nous faisons pour aimer Dieu et le prochain. Il est donc normal que dans tout ce que nous avons vécu depuis la messe précédente, dans tout ce qui vous arrive, dans tout ce que nous avons fait de bien, nous sachions reconnaître un effet de la grâce de Dieu, « car sans Lui nous ne pouvons rien faire ». Alors pour dire à Dieu notre fervent merci, que pourrions-nous faire de mieux que de Lui offrir tout ce qu’il nous a donné, que de Lui en faire retour par le Christ, avec Lui et en Lui.
Il ne faudrait surtout pas, frères et sœurs, qu’en ce lieu d’échange qu’est la Messe, la relation d’amour joue à sens unique, c’est-à-dire de Dieu à nous, il faut aussi qu’elle aille de nous à Dieu. Il faut que notre amour réponde généreusement et joyeusement à son amour. Voilà pourquoi l’Eglise nous dit que l’Eucharistie c’est l’aboutissement, le sommet de notre vie chrétienne. Plus nous y participons et plus s’accomplit en nous le mystère de notre divinisation jusqu’au jour où assis à la Table du Festin dans le Royaume, nous serons pleinement rassasiés de l’Amour divin.
Au terme de cette méditation, puissions-nous mieux comprendre, chers frères et sœurs, que Jésus dans sa divine sagesse ne pouvait rien inventer de plus grand que l’Eucharistie. Nous sommes là au cœur de la foi, au cœur de nos relations avec Dieu.
Que Marie, la Mère de l’Eucharistie, « la femme eucharistique » selon l’expression de Jean-Paul II nous obtienne d’être de plus en plus convaincus de la nécessité absolue de l’Eucharistie pour notre développement et nous épanouissement spirituels... A l’exemple de ces martyrs africains des premiers siècles qui proclamaient fièrement devant leurs juges : « Nous ne pouvons pas vivre sans prendre part au repas du Seigneur ».
Amen.
Homélie
La fête du Corps et du Sang du Christ que nous célébrons nous remet en face du plus étonnant des mystères de notre foi : à savoir le Christ-Ressuscité, glorieux, présent sous l’humble voile du pain et du vin. Car il s’agit bien de sa présence, si mystérieuse qu’elle soit. Quand le prêtre, en effet, prononce les paroles de la Consécration, il parle au nom du Christ et, par la se réalise « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ».
Il peut nous arriver d’être déconcertés par un si grand mystère. Il faut alors nous souvenir d’un mystère tout aussi prodigieux si l’on y réfléchit bien : celui par lequel Dieu appelle chacun d’entre nous, (s’il est fidèle à la grâce) à être comme lui, il s’agit du mystère merveilleux de notre divinisation, que saint Pierre nous révèle lorsqu’il écrit que nous, nous sommes « participants de la nature divine » par un don tout à fait gratuit de Dieu. Saint Jean qui de son côté nous a révélé notre qualité d’enfants de Dieu, s’émerveillait à la pensée qu’un jour « nous verrons Dieu face à face parce que nous serons comme lui ».
Alors, si nous sommes réellement, depuis notre baptême, de la race de Dieu, si nous sommes devenus semblables à lui, si nous sommes appelés à vivre dans son intimité pour l’éternité, et si cette vie d’union à lui commence dès maintenant, pourquoi nous étonner que Dieu ait voulu se faire si proche de nous, si intérieur à nous-mêmes par le mystère de l’Eucharistie ?
Comment s’étonner qu’après nous avoir envoyé son Fils comme Rédempteur et Sauveur, il ait voulu que ce même Fils demeure présent sous les apparences du Pain et du Vin consacrés par le prêtre ?
A partir de là, en effet, tout devient clair : si nous considérons de près ce Pain et ce Vin consacrés et si nous pensons qu’à travers leur voile il s’agit bien de la présence réelle du Christ : alors ce Sacrement nous apparaît expressif de ce que Jésus est vraiment pour nous : le Pain vivant descendu du ciel. Dans ce sacrement, Jésus ne se sert pas de paroles pour se faire entendre. Il se sert de ces humbles réalités que sont le pain et le vin pour se faire comprendre. Quand je regarde l’hostie consacrée et que mes yeux voient du pain, quand je communie et que ma bouche goûte du pain alors tout naturellement je suis amené à comprendre ce que le Christ est pour moi à travers ces signes : il est l’aliment substantiel de mon âme, la nourriture indispensable sans laquelle mon âme ne peut vivre de la vie divine et grandir dans cette vie divine.
Mais ce Sacrement est riche encore d’une autre signification : quand le prêtre consacre le pain, parlant au nom du Christ, il dit : « Ceci est mon corps... » Et de cette façon, d’une manière sacramentelle il sépare le Corps du Christ de son Sang. Certes en faisant cela il accomplit des rites que Jésus lui-même a fixés. Mais alors une nouvelle vérité jaillit dans notre esprit : ce Christ qui est réellement présent le voile du pain et du vin et qui me donne déjà à comprendre qu’il est pour moi Pain de vie me donne aussi à comprendre qu’il est un Pain vivant parce qu’il est Mort sur la Croix, puisqu’il se présente à moi sous les signes sacramentels tel qu’il était sur la Croix, quand il rendit l’esprit, son Corps séparé de son Sang ! Tout s’enchaîne donc harmonieusement.
Voilà pourquoi le Saint Sacrement même lorsqu’il est adoré en dehors de la Messe (et qu’il est instamment recommandé de l’adorer au Tabernacle... on le laisse tellement seul). Le Saint-Sacrement est toujours à comprendre dans cette perspective, du sacrifice : nous ne devons jamais oublier, en effet, que le Sacrifice de la Messe est tout entier destiné à rendre présent, d’une manière sacramentelle le Sacrifice de la Croix, pour que précisément nous puissions nous associer à ce mystère central de notre Rédemption et recevoir la vie divine qu’il nous communique. Saint Thomas d’Aquin enseigne que « la Messe est le Sacrement de la Passion du Christ effectuant l’union de l’homme au Christ immolé».
Ainsi l’Eucharistie nous apparaît-elle comme un livre qui nous révèle ce que Jésus est pour nous ; qui nous révèle aussi comment sa mort est devenue pour tous ceux qui croient en lui source jaillissante de vie éternelle.
Nous ne remercierons jamais assez le Seigneur de nous avoir donné l’Eucharistie. Elle est vraiment ce qu’il y a de plus grand sur la terre : c’est notre plus précieux trésor.
C’est un mystère de Foi, d’Espérance et d’Amour comme le dit si bien une oraison de Carême « Le Pain que nous avons reçu Seigneur a renouvelé nos cœurs : il nourrit la foi, fait grandir l’espérance et donne la force d’aimer ».
L’Eucharistie, c’est à la fois la rencontre et l’union personnelle des chrétiens avec le Christ, la Messe c’est le Sacrifice Total, c’est-à-dire celui du Christ qui est la tête et celui des membres que sont les chrétiens, c’est une semence de plénitude divine et un gage de résurrection « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ». C’est comme dit le Concile Vatican II, la source et l’aboutissement de toute la vie chrétienne.
Que la Vierge Marie, qui a pénétré plus que tout autre un si grand mystère, elle qui était debout au pied de la Croix unissant son amour co-rédempteur à l’Amour Rédempteur de Jésus, nous donne d’accueillir le Sacrement de l’Eucharistie avec une foi sans faille. Qu’elle intercède pour nous, aussi, afin que nous puissions conformer notre vie à l’enseignement que Jésus nous donne du haut de la Croix et dans l’Eucharistie : à savoir qu’il faut aimer Dieu et notre prochain d’un amour sans mesure et quoiqu’il en coûte. C’est ainsi que nous ferons de toute notre vie, un sacrifice agréable à Dieu et que nous serons pour tous nos frères un pain vivant capable de faire grandir l’Amour et l’Unité de tous dans le Christ.
Amen.
SOLENNITÉ DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST,
SAINTE MESSE,
PROCESSION ET BÉNÉDICTION EUCHARISTIQUE
HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV
Place Saint-Jean-de-Latran - Dimanche 22 juin 2025
Chers frères et sœurs, qu’il est beau d’être avec Jésus ! L’Évangile qui vient d’être proclamé en témoigne lorsqu’il raconte que les foules restaient des heures et des heures avec lui à l’écouter parler du Royaume de Dieu et guérir les malades (cf. Lc 9, 11). La compassion de Jésus pour ceux qui souffrent manifeste la proximité aimante de Dieu, qui vient dans le monde pour nous sauver. Quand Dieu règne, l’homme est libéré de tout mal. Cependant, même pour ceux qui reçoivent la bonne nouvelle de Jésus, l’heure de l’épreuve vient. Dans ce lieu désert, où les foules ont écouté le Maître, le soir tombe et il n’y a rien à manger (cf. v. 12). La faim du peuple et le coucher du soleil sont des signes de la finitude qui pèse sur le monde, sur chaque créature : le jour s’achève, tout comme la vie des hommes. C’est à cette heure, dans l’indigence, la misère et des ténèbres, que Jésus reste parmi nous.
Au moment même où le soleil décline et où la faim grandit, alors que les apôtres eux-mêmes demandent de renvoyer la foule, le Christ nous surprend par sa miséricorde. Il a de la compassion pour le peuple affamé et invite ses disciples à prendre soin de lui : la faim n’est pas un besoin qui n’a rien à voir avec l’annonce du Royaume et le témoignage du salut. Au contraire, cette faim concerne notre relation avec Dieu. Cinq pains et deux poissons ne semblent toutefois pas suffisants pour nourrir le peuple : apparemment raisonnables, les calculs des disciples révèlent au contraire leur faible foi. Car, en réalité, avec Jésus, nous avons tout ce qu’il faut pour donner force et sens à notre vie.
À cet appel de la faim, en effet, il répond par le signe du partage : il lève les yeux, dit la bénédiction, rompt le pain et donne à manger à tous ceux qui sont présents (cf. v. 16). Les gestes du Seigneur n’inaugurent pas un rituel magique complexe, mais témoignent avec simplicité de la reconnaissance envers le Père, de la prière filiale du Christ et de la communion fraternelle que soutient l’Esprit Saint. Pour multiplier les pains et les poissons, Jésus divise ceux qui sont là : ainsi, ils suffisent pour tous, voire ils débordent. Après avoir mangé – et mangé à satiété –, ils emportèrent douze paniers (cf. v. 17).
Telle est la logique qui sauve le peuple affamé : Jésus agit selon le style de Dieu, en enseignant à faire de même. Aujourd’hui, en lieu et place des foules mentionnées dans l’Évangile, il y a des peuples entiers, humiliés par la cupidité des autres plus encore que par leur propre faim. Face à la misère de beaucoup, le cumul des richesses par quelques-uns est signe d’une arrogance indifférente, qui engendre la souffrance et l’injustice. Au lieu de partager, l’opulence gaspille les fruits de la terre et du travail de l’homme. Particulièrement, en cette année jubilaire, l’exemple du Seigneur reste pour nous un critère urgent d’action et de service : partager le pain, pour multiplier l’espérance, c’est proclamer l’avènement du Royaume de Dieu.
En nourrissant les foules, Jésus annonce en effet, qu’il sauvera tout le monde de la mort. Tel est le mystère de la foi que nous célébrons dans le sacrement de l’Eucharistie. De même que la faim est un signe de notre pauvreté extrême, ainsi rompre le pain est un signe du don divin du salut.
Mes très chers amis, le Christ est la réponse de Dieu à la faim de l’homme, car son corps est le pain de la vie éternelle : prenez et mangez-en tous ! L’invitation de Jésus embrasse notre expérience quotidienne : pour vivre, nous avons besoin de nous nourrir de la vie, en la prenant aux plantes et aux animaux. Pourtant, manger quelque chose de mort nous rappelle que nous aussi, malgré ce que nous mangeons, nous mourrons. En revanche, lorsque nous nous nourrissons de Jésus, pain vivant et vrai, nous vivons pour Lui. En s’offrant tout entier, le Crucifié Ressuscité se donne à nous qui découvrons ainsi que nous sommes faits pour nous nourrir de Dieu. Notre nature affamée porte la marque d’une indigence qui est comblée par la grâce de l’Eucharistie. Comme l’écrit saint Augustin, le Christ est vraiment « panis qui reficit, et non deficit ; panis qui sumi potest, consumi non potest » (Sermo 130, 2) : un pain qui nourrit et ne manque pas ; un pain que l’on peut manger mais qui ne s’épuise pas. L’Eucharistie, en effet, est la présence véritable, réelle et substantielle du Sauveur (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 1413), qui transforme le pain en Lui-même, pour nous transformer en Lui. Vivant et vivifiant, le Corpus Domini fait de nous, c’est-à-dire de l’Église elle-même, le corps du Seigneur.
C’est pourquoi, suivant les paroles de l’apôtre Paul (cf. 1 Co 10, 17), le Concile Vatican II enseigne que « par le sacrement du pain eucharistique, est représentée et réalisée l’unité des fidèles qui, dans le Christ, forment un seul corps. À cette union avec le Christ, lumière du monde, de qui nous procédons, par qui nous vivons, vers qui nous tendons, tous les hommes sont appelés » (Const. dogm. Lumen gentium, n. 3). La procession que nous allons bientôt commencer est le signe de ce cheminement. Ensemble, pasteurs et troupeau, nous nous nourrissons du Très Saint Sacrement, nous l’adorons et nous le portons dans les rues. Ce faisant, nous le présentons au regard, à la conscience, au cœur des personnes. Au cœur de ceux qui croient, pour qu’ils croient plus fermement ; au cœur de ceux qui ne croient pas, pour qu’ils s’interrogent sur la faim que nous avons dans l’âme et sur le pain qui peut la rassasier.
Restaurés par la nourriture que Dieu nous donne, nous portons Jésus dans le cœur de tous, lui qui implique tout le monde dans l’œuvre du salut, invitant chacun à participer à sa table. Heureux les invités qui deviennent témoins de cet amour !
Le pape Léon XIV a approuvé ce 20 juin, la béatification du père Raymond Cayré (1915-1944), du frère franciscain Gérard Martin Cendrier (1920-1944), du séminariste Roger Vallée (1920-1944) et du laïc Jean Mestre (1924-1944), morts dans divers camps de concentration. Ces « Martyrs de l’apostolat », dont la cause collective avait été ouverte en 1988 à Paris, devraient être béatifiés prochainement.
Le site officiel du dicastère pour les Causes des saints explique que 50 vénérables ont tous consacré leur apostolat aux ouvriers français envoyés en territoire allemand par le régime de Vichy, dans le cadre du Service du Travail Obligatoire. Encouragés par l’archevêque de Paris, le cardinal Emmanuel Suhard, ils ont été arrêtés pour activités subversives contre le Troisième Reich, torturés et mis à mort principalement dans des camps de concentration.
Ces catholiques français sont morts « en haine de la foi » – selon la formule consacrée pour les martyres – entre 1944 et 1945, dans diverses régions allemandes (Cologne-Rhénanie, Saxe et Anhalt, Thuringe, Berlin, Brunswick, Silésie, Bade-Wurtemberg, Sudètes) ainsi qu’en Autriche. Leurs décrets ont été validés ce vendredi matin par Léon XIV lors d’une audience avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints. Le Vatican dénombre :
Quatre religieux franciscains :
Gérard Cendrier (1920-1944), mort au camp de concentration de Buchenwald (photo)
Paul Le Ber (1920-1945), mort au camp de concentration de Buchenwald ;
Joseph Paraire (1919-1945) mort dans un « convoi de la mort » ;
André Boucher (1920-1945) mort à Buchenwald.
Neuf prêtres diocésains figurent parmi ces martyrs :
Raymond Cayré (1915-1944), mort de typhus au camp de concentration de Buchenwald ;
Jules Grand (1905-1945), mort à Buchenwald ;
Maurice Rondeau (1911-1945), mort à l’hôpital bavarois de Cham ;
Antoine Charmet (1906-1945), mort de tuberculose à Buchenwald ;
Louis Doumain (1920-1944), mort au camp de concentration de Zöschen ;
Pascal Vergez (1910-1944), mort de typhus à Zöschen ;
Pierre de Porcaro (1904-1945), mort de typhus à Dachau ;
René Giraudet (1907-1945), interné à Bergen-Belsen, malade du typhus, mort à Paris ;
Jean Batiffol (1907-1945) mort à Mauthausen.
De nombreux « jocistes » – membres de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne – ont participé à cette « aumônerie clandestine » pour les ouvriers. Le Vatican publie 19 noms appartenant à ce mouvement :
Jean Lépicier (1921-1945), mort à Buchenwald ;
Bernard Lemaire (1920-1944), mort de typhus à Buchenwald ;
Maurice Grandet (1920-1944), mort de typhus à Buchenwald ;
René Ponsin (1923-1945), mort à Buchenwald ;
Claude-Colbert Lebeau (1922-1945), mort à Zöschen ;
Jean Chavet (1922-1945), mort du typhus à Mauthausen ;
André Parsy (1922-1944), interné à Zöschen, mort à Trebitz ;
André Vallée (1919-1945), mort à Flossenbürg ;
Henri Marrannes (1923-1945), mort à Zwickau ;
Louis Pourtois (1919-1945), mort à Mauthausen ;
Camille Millet (1922-1945), mort à Flossenbürg ;
Marcel Carrier (1922-1945), mort à Neustadt lors de la « marche de la mort » ;
Alfredo Dall’Oglio (1921-1944), italien naturalisé français, mort à Wuhlheide ;
Marcel Touquet (1914-1945), mort à Ravensbrück ;
Lucien Croci (1919-1945), mort à Barth ;
Jean Mestre (1924-1944), mort peu après son arrestation ;
Jean Perriolat (1920-1945), mort à Mauthausen ;
René Rouzé (1922-1945), mort à Dora-Mittelbau ;
Henri Euzenat (1920-1945), mort à Dachau.
14 membres du mouvement des Scouts de France sont recensés :
Louis Didion (1917-1945), mort à Buchenwald ;
Robert Saumont (1919-1945) mort à Buchenwald ;
Bernard Morizot (1924-1945), interné à Buchenwald et fusillé ;
Jean (1920-1945) interné à Dachau, mort d’épuisement après l’évacuation du camp à l’hôpital d’Emmendingen ;
René Boitier (1917-1945), interné à Dachau, mort d’épuisement après l’évacuation du camp ;
Robert Défossez (1920-1945) mort de septicémie à Buchenwald ;
Jean Préhu (1920-1945) mort à Dachau ;
Maurice-Philippe Bouchard (1916-1944), mort à Buchenwald ;
Raymond Louveaux (1913-1944) mort à Buchenwald ;
Gaston Raoult (1921-1945) mort dans la mine de Bad Salzungen ;
Bernard Perrin (1921-1945) interné à Mauthausen, mort à Gusen ;
Eugène Lemoine (1920-1945), mort à Zöschen ;
Robert Beauvais (1922-1945), mort à Neuengamme ;
Joël Anglès d’Auriac (1922-1944), décapité à Dresde.
Trois séminaristes sont également reconnus parmi ces « Martyrs de l’apostolat » :
Roger Vallée (1920-1944), mort à Mauthausen ;
Jean Tinturier (1921-1945), mort à Mauthausen ;
Jean Duthu (1921-1945), mort à Flossenbürg.
Enfin, le doyen de cette liste est un jésuite, Victor Dillard (1897-1945), décédé au camp de concentration de Dachau à l’âge de 47 ans.
Soyez généreux en partageant ce que vous apprenez et ce que vous vivez, du mieux que vous pouvez et comme vous le pouvez
Léon XIV a reçu lundi 16 juin les participants de l'Université d'été de l'Observatoire du Vatican. Face aux étudiants et chercheurs, le Pape a recommandé à ce que « leur expérience de vie et d'étude commune soit non seulement enrichissante sur le plan académique et personnel », mais qu'elle puisse contribuer également « à développer des amitiés et des formes de collaboration qui ne peuvent que contribuer au progrès de la science au service de notre unique famille humaine ».
Augustine Asta – Cité du Vatican
Cette année, l'Université d'été est consacrée au thème de l'exploration de l'univers à l'aide du télescope spatial James Webb (JWST). Une thématique qui est ainsi consacrée aux découvertes scientifiques extraordinaires rendues possibles par le télescope spatial JWST, opérationnel depuis 2022. Les étudiants, sélectionnés selon des critères de mérite et de provenance géographique, ont l’opportunité de se plonger pendant près d’un mois dans un programme intensif, alternant cours théoriques et activités pratiques liées à l’analyse des données du JWST, en lien étroit avec leurs projets de recherche. Cette formation estivale, qui en est à sa dix-neuvième édition depuis 1986, constitue un rendez-vous biennal de haut niveau dans le paysage international de la formation en astronomie.
Observatoire du Vatican sur les hauteurs de Castel Gandolfo.
Le télescope spatial James Webb, un instrument « remarquable »
En recevant en audience lundi 16 juin les étudiants et chercheurs du monde entier qui participent à la nouvelle édition 2025 de l'Université d'été de l'Observatoire du Vatican, Léon XIV a tout d’abord souhaité que cette expérience de vie et d'étude commune « soit non seulement enrichissante sur le plan académique et personnel, mais qu'elle contribue également à développer des amitiés et des formes de collaboration qui ne peuvent que contribuer au progrès de la science au service de notre unique famille humaine ». « C'est une époque passionnante pour les astronomes ! », s’est exclamé le Saint-Père, qui estime que grâce au télescope spatial James Webb « nous sommes pour la première fois en mesure d'observer en profondeur l'atmosphère des exoplanètes où la vie pourrait se développer, et d'étudier les nébuleuses où se forment les systèmes planétaires ». Grâce à cet instrument « remarquable » poursuit-il, « nous pouvons même retracer l'ancienne lumière de galaxies lointaines, qui rappelle le tout début de notre univers ». Car, a souligné le Pape, les auteurs des Saintes Écritures, « qui ont écrit il y a tant de siècles, n'ont pas eu ce privilège ». Pourtant fait-il savoir, « leur imagination poétique et religieuse s'est penchée sur ce qu'a dû être le moment de la Création », lorsque, note-il, « les étoiles brillaient à leurs postes et se réjouissaient ; leur Créateur les appelait et elles disaient : Nous voici ! », « rayonnantes de joie pour celui qui les a créées » (Baruch 3 : 34). Aujourd'hui, « les images de James Webb ne nous émerveillent-elles pas, elles aussi, et ne suscitent-elles pas une joie mystérieuse, en contemplant leur sublime beauté ? », s’est interrogé l’Évêque de Rome.
Observatoire du Vatican sur les hauteurs de Castel Gandolfo.
Le Pape salue le travail de l'équipe scientifique du télescope spatial
« L'équipe scientifique du télescope spatial a travaillé dur pour mettre ces images à la disposition du grand public, et nous pouvons tous en être reconnaissants », relève le Souverain pontife, qui dans la foulée détaille que les participants à l'Université d'été 2025, ont reçu les connaissances et la formation nécessaires pour utiliser cet instrument « extraordinaire » afin d'approfondir « notre connaissance du cosmos dont nous ne sommes qu'une partie infime mais significative ».
Observatoire du Vatican.
Occasion pour le Successeur de Pierre de les inviter à ne pas oublier que leur parcours est le fruit d’un travail de groupe. « Aucun d'entre vous n'est arrivé à ce stade tout seul. Chacun d'entre vous fait partie d'une communauté beaucoup plus vaste. Pensez à toutes les personnes qui, au cours des trente dernières années, ont travaillé à la construction du télescope spatial et de ses instruments, et à celles qui ont travaillé au développement des idées scientifiques qu'il était censé tester ». Puisque, a ajouté Léon XIV, outre la contribution de « vos collègues scientifiques, ingénieurs et mathématiciens, c'est aussi grâce au soutien de vos familles et de tant de vos amis que vous avez pu apprécier et participer à cette merveilleuse entreprise, qui nous a permis de voir le monde qui nous entoure d'une nouvelle manière ». Le Saint-Père a engagé par ailleurs ses hôtes à faire profiter tous de leur connaissance. « Soyez généreux en partageant ce que vous apprenez et ce que vous vivez, du mieux que vous pouvez et comme vous le pouvez », a-t-il recommandé.
“N'hésitez pas à partager la joie et l'émerveillement qui naissent de votre contemplation des « graines » que, selon les mots de saint Augustin, Dieu a semées dans l'harmonie de l'univers (cf. De Genesis ad Litteram, V, 23, 44-45). Plus on partage la joie, plus on crée de la joie, et ainsi, à travers la recherche de la connaissance, chacun de vous peut contribuer à la construction d'un monde plus pacifique et plus juste”
L'Esprit créateur que nous avons invoqué dans le chant - Veni creator Spiritus - est l'Esprit qui est descendu sur Jésus, le protagoniste silencieux de sa mission : « L'Esprit du Seigneur est sur moi » (Lc 4, 18). En lui demandant de visiter nos esprits, de multiplier nos langues, d'enflammer nos sens, d'infuser notre amour, de fortifier nos corps et de nous accorder la paix, nous nous sommes ouverts au Royaume de Dieu. C'est en cela que consiste la conversion selon l'Évangile : se tourner vers le Royaume désormais proche.
En Jésus nous voyons, et de Jésus nous entendons que tout est transformé, parce que Dieu règne, parce que Dieu est proche. En cette veille de Pentecôte, nous sommes profondément touchés par la proximité de Dieu, par son Esprit qui unit notre histoire à celle de Jésus. Nous sommes impliqués dans les choses nouvelles que Dieu fait, pour que sa volonté de vie se réalise et l'emporte sur les volontés de mort.
« Il m'a consacré par l'onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur » (Lc 4, 18-19). Nous sentons ici le parfum du Chrême dont notre front a également été marqué. Le baptême et la confirmation, chers frères et sœurs, nous ont unis à la mission transformatrice de Jésus, au Royaume de Dieu. De même que l'amour nous rend familier le parfum de la personne aimée, de même nous reconnaissons ce soir en chacun le parfum du Christ. C'est un mystère qui nous étonne et nous fait réfléchir.
À la Pentecôte, Marie, les Apôtres et les disciples qui étaient avec eux ont été investis par un Esprit d'unité, enracinant à jamais leurs différences dans l'unique Seigneur Jésus-Christ. Non pas plusieurs missions, mais une seule. Non pas introvertis et querelleurs, mais extravertis et lumineux. Cette Place Saint-Pierre, qui est comme une étreinte ouverte et accueillante, exprime magnifiquement la communion de l'Église, vécue par chacun d'entre vous dans vos différentes expériences associatives et communautaires, dont beaucoup sont des fruits du Concile Vatican II.
Le soir de mon élection, en regardant avec émotion le peuple de Dieu ici réuni, je me suis souvenu du mot « synodalité », qui exprime bien la manière dont l'Esprit façonne l'Église. Dans ce mot résonne le syn - l'avec - qui constitue le secret de la vie de Dieu. Dieu n'est pas seul. Dieu est « avec » en Lui-même - Père, Fils et Saint-Esprit - et Il est Dieu avec nous. En même temps, la synodalité nous rappelle la route - odós - parce que là où il y a l'Esprit, il y a le mouvement, il y a le cheminement. Nous sommes un peuple en chemin. Cette conscience ne nous éloigne pas de l'humanité, mais nous y plonge, comme le levain dans la pâte, qui la fait toute fermenter. L'année de grâce du Seigneur, dont le Jubilé est l'expression, porte en elle ce ferment. Dans un monde déchiré et sans paix, l'Esprit Saint nous éduque en effet, à marcher ensemble. La terre se reposera, la justice s'affirmera, les pauvres se réjouiront, la paix reviendra si nous ne nous déplaçons plus en prédateurs, mais en pèlerins. Non plus chacun pour soi, mais en harmonisant nos pas avec ceux des autres. Ne pas consommer le monde avec voracité, mais le cultiver et le préserver, comme nous l'enseigne l'encyclique Laudato si.
Chers amis, Dieu a créé le monde pour que nous soyons ensemble. La “synodalité” est le nom ecclésial de cette conscience. C'est le chemin qui demande à chacun de reconnaître sa dette et son trésor, en se sentant partie d'un tout, en dehors duquel tout s'étiole, même le plus original des charismes. Voyez-vous : la Création tout entière n'existe que dans le fait d'être ensemble, ce qui est parfois dangereux, mais toujours être ensemble (cf. Laudato sì, nn. 16, 117). Et ce que nous appelons “histoire” ne prend forme que dans la modalité du rassemblement, du vivre ensemble, souvent plein de désaccords, mais toujours un vivre ensemble. Le contraire est mortel, et se trouve malheureusement sous nos yeux, tous les jours. Que vos agrégations et vos communautés soient donc des gymnases de fraternité et de participation, non seulement comme des lieux de rencontre, mais comme des lieux de spiritualité. L'Esprit de Jésus change le monde, parce qu'il change les cœurs. Il inspire cette dimension contemplative de la vie qui vainc l'affirmation de soi, la médisance, l'esprit de discorde, la domination des consciences et des ressources. Le Seigneur est Esprit et là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté (cf. 2 Co 3,17). La spiritualité authentique invite donc au développement humain intégral, en actualisant au milieu de nous la parole de Jésus. Là où cela se produit, il y a la joie. La joie et l'espérance.
L'évangélisation, chers frères et sœurs, n'est pas une conquête humaine du monde, mais la grâce infinie qui se répand à partir de vies transformées par le Royaume de Dieu. C'est le chemin des Béatitudes, un chemin que nous parcourons ensemble, tendus entre le “déjà” et le “pas encore”, affamés et assoiffés de justice, pauvres en esprit, miséricordieux, doux, au cœur pur, artisans de paix. Suivre Jésus sur le chemin qu'il a choisi ne nécessite pas de puissants partisans, de compromis mondains, de stratégies émotionnelles. L'évangélisation est l'œuvre de Dieu, et si elle passe parfois par nos personnes, c'est grâce aux liens qu'elle rend possibles. Soyez donc profondément attachés à chacune des Églises particulières et des communautés paroissiales où vous nourrissez et dépensez vos charismes. Autour de vos évêques et en synergie avec tous les autres membres du Corps du Christ, nous agirons alors en harmonie. Les défis auxquels l'humanité est confrontée seront moins effrayants, l'avenir sera moins sombre, le discernement moins difficile. Si ensemble nous obéissons à l'Esprit Saint !
Que Marie, Reine des Apôtres et Mère de l'Église, intercède pour nous.
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Nous célébrons en 2025 le centenaire de la canonisation de trois grands saints qui ont marqué l’histoire de la France. À cette occasion, le Pape Léon XIV vient d’écrire une magnifique lettre aux évêques de France, et à travers eux, à tous les catholiques de France, que je vous invite à lire ci-dessous !
À la Conférence des Évêques de France
Je suis heureux de pouvoir m’adresser pour la première fois à vous, pasteurs de l’Église de France et, à travers vous, à tous vos fidèles alors qu’est célébré, en ce mois de mai 2025, le l00ème anniversaire de la canonisation de trois Saints que, par la grâce de Dieu, votre pays a donnés à l’Église universelle : Saint Jean Eudes (1601-1680), Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) et Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face (1873-1897). En les élevant à la gloire des autels, mon prédécesseur Pie XI souhaitait les présenter au Peuple de Dieu comme des maîtres à écouter, comme des modèles à imiter, et comme de puissants soutiens à prier et à invoquer. L’ampleur des défis qui se présentent, un siècle plus tard, à l’Église de France, et la pertinence toujours très actuelle de ses trois figures de sainteté pour y faire face, me poussent à vous inviter à donner un relief particulier à cet anniversaire.
Je ne retiendrai, dans ce bref Message, qu’un trait spirituel que Jean Eudes, Jean Marie Vianney et Thérèse ont en commun et présentent de manière très parlante et attrayante aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui : ils ont aimé sans réserve Jésus de manière simple, forte et authentique ; ils ont fait l’expérience de sa bonté et de sa tendresse dans une particulière proximité quotidienne, et ils en ont témoigné dans un admirable élan missionnaire.
Le regretté Pape François nous a laissé, un peu comme un testament, une belle Encyclique sur le Sacré-Cœur dans laquelle il affirme : « Un fleuve qui ne s’épuise pas, qui ne passe pas, qui s’offre toujours de nouveau à qui veut aimer, continue de jaillir de la blessure du côté du Christ. Seul son amour rendra possible une nouvelle humanité » (Di/exit nos, n. 219). Il ne saurait y avoir de plus beau et de plus simple programme d’évangélisation et de mission pour votre pays : faire découvrir à chacun l’amour de tendresse et de prédilection que Jésus a pour lui, au point d’en transformer la vie.
Et à ce titre, nos trois Saints sont assurément des maîtres dont je vous invite à faire sans cesse connaître et apprécier la vie et la doctrine au Peuple de Dieu. Saint Jean Eudes n’est-il pas le premier à avoir célébré le culte liturgique des Cœurs de Jésus et de Marie ; Saint Jean Marie Vianney n’est-il pas ce curé passionnément donné à son ministère qui affirmait : « Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus » ; et enfin, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face n’est-elle pas le grand Docteur en scientia amoris dont notre monde a besoin, elle qui « respira » à chaque instant de sa vie le Nom de Jésus, avec spontanéité et fraicheur, et qui enseigna aux plus petits une voie « toute facile » pour y accéder ?
Célébrer le centenaire de canonisation de ces trois Saints, c’est d’abord une invitation à rendre grâce au Seigneur pour les merveilles qu’il a accomplies en cette terre de France durant de longs siècles d’évangélisation et de vie chrétienne. Les Saints n’apparaissent pas spontanément mais, par la grâce, surgissent au sein de Communautés chrétiennes vivantes qui ont su leur transmettre la foi, allumer dans leur cœur l’amour de Jésus et le désir de le suivre. Cet héritage chrétien vous appartient encore, il imprègne encore profondément votre culture et demeure vivant en bien des cœurs.
C’est pourquoi je forme le vœu que ces célébrations ne se contentent pas d’évoquer avec nostalgie un passé qui pourrait sembler révolu, mais qu’elles réveillent 1’espérance et suscitent un nouvel élan missionnaire. Dieu peut, moyennant le secours des saints qu’Il vous a donnés et que vous célébrez, renouveler les merveilles qu’Il a accomplies dans le passé. Sainte Thérèse ne sera-t-elle pas la Patronne des missions dans les contrées mêmes qui l’ont vu naître ? Saint Jean-Marie Vianney et Saint Jean Eudes ne sauront-ils pas parler à la conscience de nombreux jeunes de la beauté, de la grandeur et de la fécondité du sacerdoce, en susciter le désir enthousiaste, et donner le courage de répondre généreusement à l’appel, alors que le manque de vocations se fait cruellement sentir dans vos diocèses et que les prêtres sont de plus en plus lourdement éprouvés ? Je profite de l’occasion pour remercier du fond du cœur tous les prêtres de France pour leur engagement courageux et persévérant et je souhaite leur exprimer ma paternelle affection.
Chers frères Évêques, j’invoque l’intercession de Saint Jean Eudes, de Saint Jean-Marie Vianney et de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, pour votre pays et pour le Peuple de Dieu qui y pérégrine courageusement, sous les vents contraires et parfois hostiles de l’indifférentisme, du matérialisme et de l’individualisme. Qu’ils redonnent courage à ce Peuple, dans la certitude que le Christ est vraiment ressuscité, Lui, le Sauveur du monde.
Implorant sur la France la protection maternelle de sa puissante Patronne, Notre-Dame de l’Assomption, j’accorde à chacun de vous, et à toutes les personnes confiées à vos soins pastoraux, la Bénédiction Apostolique.
En ce mois de juin, traditionnellement consacré à la dévotion au Cœur de Jésus, le Pape nous invite à prier « pour que chacun d’entre nous trouve la consolation dans une relation personnelle avec Jésus et apprenne de son Cœur la compassion à l’égard du monde ». C’est la première fois que l’on entend la voix du Pape Léon XIV dans La Vidéo du Pape.
Aujourd’hui est présentée La Vidéo du Pape portant l’intention de prière du Pape Léon XIV pour le mois de juin 2025 : « Pour grandir dans la compassion à l’égard du monde ».
La prière de Léon XIV dans son intégralité :
Seigneur,
C’est à Ton Cœur tendre que je viens aujourd’hui,
à Toi qui as des paroles qui enflamment mon cœur,
à Toi qui déverses ta compassion sur les petits et les pauvres,
sur ceux qui souffrent et sur toutes les misères humaines.
Je désire Te connaître davantage, Te contempler dans l’Évangile,
être avec Toi et apprendre de Toi
et de la charité avec laquelle Tu te laisses toucher
par toutes les formes de pauvreté.
Tu nous as montré l’amour du Père en nous aimant sans mesure
avec ton Cœur divin et humain.
Accorde à tous Tes enfants la grâce de Te rencontrer.
Change, façonne et transforme nos projets,
afin que nous ne cherchions que Toi dans chaque circonstance :
dans la prière, dans le travail, dans les rencontres et dans notre routine quotidienne.
De cette rencontre, envoie-nous en mission,
une mission de compassion pour le monde
dans lequel Tu es la source d’où jaillit toute consolation.
Amen.
Le Sacré-Cœur de Jésus, symbole de l’amour de Dieu
Traditionnellement, l’Église consacre tout le mois de juin au Sacré-Cœur de Jésus, invitant les croyants à adopter le regard du Christ sur l’humanité et à agir avec les sentiments de son Cœur, notamment afin de soulager les souffrances des plus fragiles.
Le Cœur du Christ symbolise son centre personnel, d’où jaillit son amour à l’égard de l’humanité : il s’agit du mystère du cœur de Dieu qui s’émeut et répand son amour sur les femmes et les hommes du monde, de tous les temps.
Bien que la dévotion au Cœur du Christ ait toujours été présente dans la spiritualité chrétienne, elle a connu un nouvel essor au XVIIème siècle grâce aux révélations faites à sainte Marguerite-Marie Alacoque et à leur interprétation par saint Claude La Colombière, S.J. Le pape Pie IX institua la fête du Sacré-Cœur en 1856. Plus tard, Léon XIII en renforça l’importance en l’élevant au rang de solennité en 1889.
L’importance du Sacré-Cœur dans la vie de l’Église se manifeste à la fois dans la dévotion populaire et dans le fait que quatre papes lui ont consacré une encyclique.
Léon XIII, dont le Pape actuel a repris le nom, a écrit l’encyclique Annum sacrum, en 1899, dans laquelle il a consacré l’humanité tout entière au Cœur de Jésus. En 1928, Pie XI a publié Miserentissimus Redemptor, appelant à réparer les blessures infligées au Cœur du Christ par nos péchés à travers des gestes d’amour. En 1956, Pie XII a approfondi les fondements théologiques de la dévotion au Sacré-Cœur dans Haurietis aquas. Enfin, le pape François, en 2024, a écrit Dilexit nos, proposant la dévotion au Cœur du Christ comme réponse à la culture du déchet et de l’indifférence.
Le peloton traverse le Vatican et reçoit la bénédiction du pape
Les coureurs ont traversé le plus petit État du monde, lors de la dernière étape du Giro. Ils se sont arrêtés pour saluer le nouveau pape Léon XIV, qui les a bénis.
«Vous êtes des modèles pour tous les jeunes du monde entier», a salué le nouveau Léon XIV devant les coureurs du Tour d'Italie. AFP
Le pape Léon XIV a donné sa bénédiction au peloton du Tour d'Italie, présentant les coureurs du Giro comme « des modèles pour tous les jeunes du monde », dimanche, lors de leur traversée du Vatican à l'occasion de la 21ème et dernière étape.
Le Giro est entré dans le Vatican pour traverser les célèbres jardins du plus petit État du monde, à allure réduite pendant le départ fictif. Léon XIV a d'abord reçu des mains d'Urbano Cairo - propriétaire de RCS Sport, l'organisateur du Tour d'Italie - une réplique du maillot rose.
Les coureurs ont ensuite mis pied à terre devant le souverain pontife et les quatre porteurs de maillots distinctifs, dont le leader et maillot rose Simon Yates, sont descendus de leur vélo pour lui serrer la main.
«Bienvenue au Vatican, cela me fait plaisir de vous saluer pour cette dernière étape du Giro, j'espère que cette journée sera une belle journée pour vous tous», a déclaré le pape lors d'une brève allocution. «Vous êtes des modèles pour tous les jeunes du monde entier, pas seulement en Italie, car le cyclisme est un sport très important dans le monde», a poursuivi le premier pape américain de l'histoire. «Merci pour ce que vous faites, ayez à cœur de soigner le corps, mais aussi le cœur», a-t-il conclu avant de donner sa bénédiction au peloton.
Première traversée depuis 25 ans
Le Giro était déjà entré dans le Vatican, en 1974 et 2000. Cette traversée était initialement prévue dans le cadre du Jubilé, une «année sainte» organisée tous les 25 ans, et qui rassemble des pèlerins du monde entier, mais elle est devenue une forme d'hommage au pape François, décédé le 21 avril.
Les coureurs sont ressortis du Vatican par la Porte du Perugin pour rejoindre le départ réel de cette étape longue de 143 km, qui se terminera sur un circuit dans le centre historique de Rome, après un aller et retour jusqu'à la mer Méditerranée.
Le porteur du maillot rose, le Britannique Simon Yates, devrait sauf accident remporter la 108e édition, dimanche soir, à l'issue de cette dernière étape.
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