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3 février 2022 4 03 /02 /février /2022 21:03

Le prénom Véronique est sans doute forgé sur une double racine : vera (mot latin signifiant vraie) et eikôn (mot grec signifiant image). En fait, ce nom a sans doute été forgé pour conférer son authenticité au voile de sainte Véronique.

Véronique de Palestine est fêtée le 4 février. C’est la patronne des blanchisseurs, des lingères et des photographes.

Attributs : un turban, une coiffe, un voile comportant l'effigie du Christ.

Prénoms apparentés : Bérénice, Vanessa, Vernice, Veronica (italien), Veronika (allemand)

Un geste de compassion

Véronique passe pour avoir vécu au 1er siècle, mais les textes ne font mention de cette femme qu’à partir du Vème siècle. Aux termes de la tradition, Véronique est présente lorsque le Christ monte au Golgotha, lieu de sa crucifixion. Lorsque celui-ci s’affaisse sous le poids de la croix qu’il porte, Véronique se fraie un chemin dans la foule, s’approche et essuie, en un geste de compassion, la sueur et le sang qui coulent sur le visage de l’homme promis au martyre. Les traits du visage de Jésus demeurent imprimés sur le voile auquel des miracles sont attachés. Dès le VIIIème siècle, un tissu nommé voile de Véronique est conservé à Saint-Pierre de Rome et a été présenté aux fidèles jusqu’en 1933. Selon une autre version de l’histoire de Véronique, la jeune femme rencontre Jésus avant que celui-ci soit condamné à mort. Selon une tradition française, Véronique vient après la Passion évangéliser la France, avant de mourir à Bordeaux

Un personnage légendaire apparu tardivement

Véronique a été identifiée avec plusieurs personnes mentionnées dans la Bible. En fait, il semble que son personnage ait été inventé pour expliquer l’existence de la relique conservée à Rome. Le culte rendu à Véronique, sans doute apparu au XVème siècle, s’est surtout trouvé conforté par la dévotion que les moines franciscains témoignaient autrefois à la jeune femme. Quoique légendaire, le personnage de Véronique, parce qu’il est particulièrement émouvant et rappelle la souffrance du Christ, est l’une des plus populaires de toutes les figures de la religion catholique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 20:57

Saint Blaise fut, dès son jeune âge, pénétré de la crainte de Dieu. Ayant gagné, par ses vertus, l’affection de tout le peuple, il fut élu évêque de la ville de Sébaste, en Arménie.

Quelque temps après, il se retira sur une montagne nommée Argée, où il vécut dans une caverne, vers laquelle les bêtes sauvages des envions venaient chaque jour pour lui faire honneur et recevoir, avec sa bénédiction, la guérison de tous leurs maux. Si elles le trouvaient en prière, elles ne l’interrompaient pas, attendant patiemment qu’il eût achevé, et ne s’en retournaient point sans avoir eu un témoignage de son affection. Ainsi avait-il acquis un si haut degré de perfection qu’il vivait en bonne intelligence, tel un nouvel Adam, avec les loups, les lions, les tigres et les ours. Mais si les animaux les plus farouches respectaient le serviteur de Dieu, il n’en était pas de même de tous les êtres dits humains.

Agricola, qui gouvernait le pays, était venu à Sébaste pour y persécuter les chrétiens. Ses soldats, trouvant le saint homme dans sa retraite occupé à prier, l’emmenèrent en prison. C’est au fond de son cachot qu’il accomplit un miracle qui le rendit célèbre. Parmi les nombreux malades qu’on lui amenait chaque jour, il y avait un jeune enfant. Celui-ci, en mangeant du poisson, avait avalé une arête qui l’étranglait et le réduisait presque à l’extrémité. Sa mère le mit aux pieds du vénérable prisonnier, lui demandant son secours avec force larmes et soupirs. Il pria Notre-Seigneur de lui redonner la santé, ainsi qu’à tous ceux qui, étant atteints d’un mal semblable, se recommanderaient à lui. L’enfant fut guéri aussitôt. (Conformément à la promesse du saint martyr, depuis sa mort, plusieurs personnes souffrant de maux de gorge en furent délivrées par son intercession).

Après quelques jours d’incarcération, le tyran le fit venir devant lui pour l’exhorter à sacrifier aux dieux. Sur son refus, il ordonna qu’on le jette dans le lac. Alors, Blaise fit le signe de la croix et marcha sur les eaux sans s’enfoncer. S’étant assis au milieu du lac, il dit aux infidèles :

- Si vous pensez que vos dieux vous accorderont la même protection que celle que j’obtiens de mon Dieu, n’hésitez pas à me rejoindre !

Soixante-huit d’entre eux qui le suivirent, dans l’intention de narguer sa foi, furent précipités immédiatement au fond de l’eau et se noyèrent.

Quand le saint homme s’approcha du rivage, il était si éclatant de lumière qu’il remplit de terreur les païens et consola merveilleusement les fidèles. Ayant la révélation que sa fin était imminente, il s’approcha de son persécuteur : celui-ci, craignant que de nouveaux prodiges n’entraînent de nouvelles conversions, lui fit trancher la tête. Le saint martyr, avant de tendre son cou au bourreau, pria le Seigneur en faveur de tous ceux qui l’avaient assisté dans ses combats, et de ceux qui, par la suite, imploreraient sont secours. Alors, Dieu lui apparut et lui dit, d’une voir qui fut entendue de toute l’assistance :

- J’ai ouï ton oraison et je t’accorde ce que tu me demandes.

Après quoi, il eut la tête tranchée sur une pierre. De nombreux prodiges furent accomplis par l’imposition de ses reliques, comme en témoigne l’exemple suivant :

Sainte Jeanne de Chantal, au couvent de la Visitation d’Annecy, fut atteinte d’une maladie qui mit sa vie en danger. Saint François de Sales, la voyant si près de la mort, fit apporter par le curé de l’église Saint-Maurice, une relique de saint Blaise et l’appliqua sur la malade qui fut guérie sur-le-champ. En souvenir du miracle de l’enfant guéri par saint Blaise, l’Eglise lui reconnaît la prérogative de guérir toutes les affections de la gorge. Elle a institué un cérémonial qui consiste à faire bénir par le prêtre deux cierges le jour de la Chandeleur, veille de la fête du saint. Ces deux cierges sont croisés, selon la forme de la croix de saint André, et reliés entre eux par un cordon de soie rouge. Ceux qui, à l’exemple de l’enfant, veulent être délivrés de leurs souffrances, s’approchent de la personne qui tient les deux cierges allumés contre le cou, en récitant cette prière, que l’on trouve dans le rituel romain : « Par l’intercession de saint Blaise, évêque et martyr, que Dieu vous libère des maux de gorge et de tout autre mal. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen »

V/. Notre secours est dans le nom du Seigneur.

R/. Qui a fait ciel et terre.

V/. Le Seigneur est avec vous.

R/. Et avec ton esprit.

Prions :

Dieu tout-puissant et très doux, par votre seul Verbe vous avez créé les multiples choses de ce monde, et vous avez voulu que ce même Verbe, par qui toutes choses ont été faites, prenne chair pour racheter l’humanité ; vous qui êtes grand et immense, redoutable et louable, qui faites merveilles, vous pour qui le glorieux Blaise, Martyr et Pontife a fait confession de sa foi, sans craindre toutes sortes de tourments et en accueillant dans la joie la palme du martyre, en vertu du pouvoir – entre autres dons – que vous lui avez accordé de guérir toutes les affections de la gorge, nous supplions votre majesté : que, sans tenir compte de notre péché mais seulement de ses mérites et de ses prières, vous daignez en votre grande bonté bénir et sanctifier ces créatures de cires et y répandre votre grâce. Que tous ceux dont le cou sera – avec foi – touché par elles, soient libérés de toute maladie de la gorge, par les mérites de la passion de votre Martyr ; que, guéris et joyeux, ils reviennent vous rendre grâce dans votre Église sainte, et qu’ils louent votre nom glorieux, qui est béni dans les siècles des siècles. Par Notre Seigneur Jésus-Christ, votre Fils, qui avec vous vit et règne en l’unité du Saint Esprit, Dieu pour les siècles des siècles.

R/. Amen.

Et on les asperge d’eau bénite. Ensuite, le Prêtre appose deux cierges disposés en forme de croix sous le menton de chacun de ceux qui doivent être bénis, à genoux devant l’autel, en disant :

Que par l’intercession de saint Blaise, Évêque et Martyr, Dieu te libère du mal de gorge et de tout autre mal, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Bénédiction du pain, du vin, de l’eau et des fruits

contre le mal de gorge

en la Fête de Saint Blaise Évêque et Martyr

Approuvée par la S.C.R. le 25 sept. 1883

V/. Notre secours est dans le nom du Seigneur.

R/. Qui a fait ciel et terre.

V/. Le Seigneur est avec vous.

R/. Et avec ton esprit.

Prions :

Dieu, Sauveur du monde, qui avez consacré ce jour par le martyre du très bienheureux Blaise, et lui avez accordé cette prérogative, parmi d’autres grâces, de guérir toutes les maladies de la gorge : Nous prions en suppliant votre miséricorde ineffable, et nous vous demandons de daigner bé†nir et sancti†fier par votre piété ces pains, ce vin, cette eau et ces fruits que votre peuple fidèle vous a apportés aujourd’hui dévotement pour être bénits ; pour que tous ceux qui en goûteront soient libérés de toute plaie de la gorge, et de toute autre infirmité de l’âme et du corps et qu’ils reçoivent une bonne santé, par les mérites et l’intercession de ce même bienheureux Blaise, votre Martyr et Pontife : vous qui vivez et régnez, Dieu, pour les siècles des siècles.

R/. Amen.

Et ils sont aspergés d’eau bénite.

 

 


C’est bel et bien fini. Le 3 février, jour de la saint Blaise, tous les Panettone doivent disparaître de vos cuisines et assiettes. Comme le voudrait la tradition.

Et pour cause, une croyance populaire raconte qu’au IIIème siècle, San Biagio (saint Blaise), un médecin arménien, sauva un garçon qui avait une arête de poisson coincée dans la gorge, en lui donnant de la mie de pain. Depuis cet évènement, saint Blaise est le saint protecteur de la gorge. Le jour de sa fête, les milanais mangent en famille leur dernier Panettone, qui doit être rassis. Et selon la légende, manger de cette brioche pour la dernière fois ce jour-là, protègerait du rhume et du mal de gorge.

Source : Fiona Bonassin Journaliste stagiaire franco-italienne

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 08:36

Selon certaines sources, Ours serait d’origine irlandaise (VIe s.). Il aurait d’abord évangélisé la région de Digne, en France, avant de venir à Aoste, où il se mit au service de saint Joconde, son évêque. C’est alors que Plotien, un arien, devint évêque de la ville.

Combattant ardemment l’arianisme, Ours quitta la cathédrale et s’installa à l’emplacement de l’actuelle collégiale qui lui est aujourd’hui dédiée.

On dit également qu’il apprit aux habitants d’une vallée voisine, Ayas, l’art de la gravure des sabots. Aujourd’hui, deux foires de l’artisanat dédiées à saint Ours se déroulent dans la vallée d’Aoste.

Saint Ours est le saint le plus populaire de cette vallée. Il est souvent représenté en tenue d’archidiacre, avec des oiseaux sur les épaules ou offrant ses chaussures à un pauvre. Il est fêté le 1er février.

 

 
Par Gaële de la Brosse
Saint Ours d’Aoste. © DR
Saint Ours d’Aoste. © DR

La cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption est l’édifice chrétien le plus ancien de la région, puisqu’il date du début de sa christianisation. Un important sanctuaire existait déjà dans la seconde moitié du IVe siècle ; il fut remplacé à la fin du premier millénaire par la cathédrale actuelle.

De nombreuses transformations eurent lieu jusqu’au XIXe siècle. Aujourd’hui, c’est une cathédrale d’une grande richesse que le pèlerin peut découvrir. À l’extérieur, la façade néoclassique ornée de statues : Notre-Dame-de-l’Assomption, saint Jean-Baptiste, saint Grat et, dans les niches, Anselme d’Aoste et saint Joconde. Sur le porche (XVIe s.) figurent des scènes de la vie du Christ et de Marie.

À l’intérieur, on remarquera, outre les nombreuses chapelles et les autels : la mosaïque de pavement (XIIIe s.), représentant des animaux près du Tigre et de l’Euphrate ; le crucifix en bois (XIVe s.), réalisé par un maître aostois ; et l’orgue, de Charles Vegezzi-Bossi. Puis on descendra dans la crypte, qui comporte trois nefs et de beaux chapiteaux.

La collégiale de Saint-Ours est le second monument religieux à visiter dans cette ville. Elle fut bâtie au début du XIe siècle, sur les restes d’une église carolingienne. Des fragments de fresques datant de cette époque subsistent, telle la scène représentant Jésus et les apôtres au lac de Tibériade. Par ailleurs, une mosaïque du XIIe siècle a été récemment découverte, où est figuré Samson tuant un lion, entouré des lettres du fameux carré magique Rotas opera tenet arepo sator.

Mais les richesses de la collégiale ne s’arrêtent pas là : il faut également détailler les miséricordes des stalles, visiter le Trésor, et voir enfin le cloître aux chapiteaux historiés, dont la magnificence le place juste après celui de Montréal, le plus célèbre d’Italie.

Liens et contacts : La région autonome vallée d’Aoste : http://www.regione.vda.it

Source : https://www.lepelerin.com/

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 21:13

Lorsque, le 21 novembre 1829, l'instituteur de Saint-Loup-sur-Thouet, dans les Deux-Sèvres, amena son fils à l'église pour y être baptisé, il ne se doutait pas que son fils deviendrait un héraut de la foi.

Jean-Théophane grandit entouré de ses parents, de sa sœur aînée et de ses deux petits frères, sans oublier l'école, l'église et le coteau de Bel-Air où il menait paître la chèvre de son père tout en lisant les Annales de la Propagation de la Foi.

A l’âge de 9 ans, achevant de lire, avec une bergère, une brochure relatant la vie et la mort de Jean-Charles Cornay, décapité au Tonkin le 20 septembre 1837, Théophane déclara : « Et moi aussi je veux aller au Tonkin ! Et moi aussi je veux mourir martyr ! »

C'est Théophane lui-même qui fit part à son père de son désir de faire des études secondaires. Il entra au collège de Doué-la-Fontaine en 1841, et connu les premières tristesses au moment de quitter sa famille.

Jean-Théophane étudia et démontra rapidement ses capacités intellectuelles en étant parmi les premiers de la classe. Cela n’empêcha pas notre jeune élève de rester fidèle au Seigneur, ce qui l’aidera à préparer sa première communion, mais également à vivre le décès prématuré de sa mère. Ce sera ensuite Mélanie, sa grande sœur, qui prendra le relais de l’éducation, à qui il écrivit : « Toi, ma chère Mélanie, tu es la moitié de moi-même. Je puis verser sans crainte dans ton cœur mes chagrins et mes peines, car tu es plus qu'une sœur pour moi, tu es un ange gardien.»

Plus tard, à 18 ans, Théophane va confier à sa sœur : « Je me sens bien appelé à l'état ecclésiastique » avant d’ajouter : « Si tu savais comme ma pauvre tête divague. Ah ! Que je serais heureux, me dis-je souvent, si j'étais dans une cure avec Mélanie ! Moi, je dirigerais les autres dans la bonne voie ; elle, elle parerait l'église ; puis nous causerions tous les deux du Bon Dieu, de la Sainte Vierge, de ceux que nous avons perdus... »

La direction à prendre semblait bien établie : devenir la chargé d’âme d’une paroisse. Mais cela n’était pas aussi simple avec Théophane, car il voulait aller plus loin. Il étudia la philosophie au petit séminaire de Montmorillon, pendant un an, et se rendit ensuite au grand séminaire de Poitiers.

Premier émerveillement au grand séminaire : sa chambre. Lui qui, de Montmorillon, écrivait encore à Mélanie : « Bientôt sept ans que j’essuie la poussière des collèges !... Je ne suis plus un enfant, je veux goûter de la vie d'homme, respirer seul dans une chambre et non pas dans une étude au milieu du bruit assourdissant des pieds et des pupitres, des allants et venants ».

Et il ajouta : « Tout me parle dans ma cellule ; tout me dit quelque chose de tendre, d'affectueux ». Quant au séminaire, « c'est le paradis sur la terre ».

Il assista à une ordination : « Spectacle non de la terre, mais du ciel ! » Mais, ajoutant après la signature (c'est toujours à Mélanie qu'il écrit) : « P.S. - Tu n'apprendras pas sans plaisir qu'un de nos confrères diacre part jeudi pour le séminaire des Missions Etrangères à Paris. Dieu daigne guider ses pas, et le vénérable Cornay veiller sur lui ».

C'est ici que Théophane commença ses longs travaux d'approche pour préparer les siens, car il se rendait compte que ce serait aussi déchirant pour eux que pour lui-même. Il prendra tout son temps, y mettra toute son habileté. Mélanie comprendra la première. Pour son père, ce sera plus dur ; c’est ainsi qu’il lui annonça son engagement au sous-diaconat : « N'est-ce pas que vous consentez de tout cœur à me donner à Dieu, à me donner sans nulle réserve, à faire abandon complet de votre Théophane ? »

Le père ne réalisait pas ; et Théophane devra implorer : « Oh ! Dites que vous aussi, dites que vous voulez bien que votre fils Théophane fasse un missionnaire ! O mon pauvre Père, pardonnez-moi d'avoir moi-même frappé le coup. Je m'agenouille à vos pieds, Père ; bénissez votre enfant respectueux et soumis ».

M. Vénard, accablé, mettra plusieurs jours avant d'être en état de répondre. Lui aussi avait rêvé d'un bonheur simple : « J'avais conçu l'espoir de te voir un jour placé non loin de moi. J'aurais fini près de toi ma pénible carrière : tu m'aurais fermé les yeux. Illusions bien grandes ! (...) Mes sacrifices ont commencé par toi, Théophane, quand je t'ai mené au collège, parce que je te perdais de vue ; ils ont continué jusqu'à ce jour ».

Mais son père donna son consentement « sans restriction », et sa bénédiction : « Pourquoi te la refuserais-je ? Tu sais bien que je suis tout entier à mes enfants ».

Après le départ de Théophane, M. Vénard déclara : « J'ai perdu la plus belle fleur de mon rosier ».

M. Baudry, directeur de Théophane, l’accompagna sur le quai de la gare de Poitiers où il lui prédit un brillant avenir ecclésiastique ; ce qui n’intéressait pas notre jeune missionnaire. Quand le train s'arrêta à Loudun, Théophane eut un souvenir ému pour le martyr Jean-Charles Cornay, qui en était natif. Ça y est ! Jean-Théophane était en route pour le Séminaire des Missions Etrangères de Paris. Arrivée dans la Capitale. « Je m'adresse au cocher : Rue du Bac, n° 128. Comme mon cœur bat­tait ! » Théophane était donc arrivé aux Missions Etrangères où il allait résider 18 mois : « Que j'aime la solitude de ses corridors, la paix de ses cellules, l'ordre des exercices, les longues heures d'études et de recueillement, encore ­trop courtes, la gaieté de ses récréations, la charité de ses habitants, le charme de sa chapelle, la voix de ses souvenirs, un je ne sais quoi qui dit l'apostolat et le martyre ! »

Durant son temps de formation, Théophane s’intéressa à la vie parisienne : il se rendit à l'Assemblée nationale regarder battre le cœur de l'éphémère deuxième République, y reconnu Hugo, Arago, Cavaignac, Changarnier, Lamennais ; il alla écouter Lacordaire à Notre-Dame ; avec son ami Dallet et Gounod, organiste de la chapelle ; il collabora au Chant pour le départ des missionnaires, se passionna pour le chant grégorien, et devint maître de chant au séminaire. Puis arriva le moment de se présenter aux Ordres sacrés, mais il était trop jeune et obtint donc une dispense de l’évêque de Poitiers.

Théophane fut alors terrassé par une paratyphoïde, et se releva juste à temps pour le 6 juin : « Je vous envoie ma bénédiction. J'ai dit ma première Messe ce matin. J'ai pensé à vous. J'y penserai toujours quand j'offrirai le Saint Sacrifice ». Et il reçut sa destination : la Chine.

Le 16 septembre 1852, il partit pour Anvers. Puis, Le Philotaxe quitta Anvers le 23 septembre. Une tempête obligea le navire à faire une escale de dix jours à Plymouth. Le voyage se poursuivit par le cap de Bonne-Espérance, le détroit de la Sonde, et Singapour après cinq mois de voyage. Là, transbordement à bord de L'Alice-Maud. Le Samedi saint, le capitaine anglais demanda qu'on exécute pour lui « un chant de l'Eglise catholique approprié au temps ». Théophane et son ami Theurel lui chantèrent l'Exultet, qu'il sembla beaucoup apprécier. Arrivés dans l'estuaire de la Rivière des Perles, où L'Alice-Maud devait commencer à débarquer sa cargaison, les jeunes missionnaires étaient si pressés d'atteindre Hong Kong et la procure des Missions qu'ils décidèrent d'achever la traversée en jonque. Ils arrivèrent à bon port le 19 mars 1853.

C’est sans doute à ce moment que Théophane va connaître la période la plus douloureuse de son existence. En arrivant, il fut atterré de ne trouver aucune lettre de Saint-Loup. Puis, la chaleur et l'étude du chinois le découragèrent : « Je serais tenté de croire que cette langue et ces caractères ont été inventés par le diable pour en rendre l'étude plus difficile aux missionnaires ! » Et cette attente interminable d'un point de chute accessible dans l'immense Chine, alors que son ami Theurel avait déjà pu gagner le Tonkin où la persécution était pourtant déclarée !... Enfin, après quatorze mois d’attente, un ordre arriva de Paris : « M. Vénard, on vous donne le diamant du Tonkin ! »

Le 26 mai 1854, il embarqua en compagnie d'un ancien, Legrand de La Liraye, sur une jonque de contrebandiers chinois. En abordant le Tonkin par la baie d’Halong, il avait l'impression de rêver... Pourtant, Théophane, en posant le pied sur le sol du Tonkin, savait qu’il devenait hors-la-loi. En effet, le jeune empereur du Vietnam, dont le Tonkin n'était que la région septentrionale, semblait bien vouloir marcher sur les traces de son grand-père qui, en 1833, avait inauguré la persécution à outrance contre les chrétiens. C'était le jour même de son départ en mission que Théophane avait appris la décapitation de Jean-Louis Bonnard à Nam-Dinh, qui intervenait juste un an après celle d'Augustin Schœffler à Son-Tây.

Jean-Théophane arriva à Vinh­Tri où résidait Monseigneur Retord, une cérémonie d’ordination était alors en préparation. Cela pu se faire, malgré l’interdiction impériale car, bien que l’édit de persécution était toujours en vigueur, le vice-roi Hung de Nam-Dinh, qui était le beau-père de l’empereur, faisait preuve de tolérance à l’égard des disciples du Christ. En effet, naguère, le père Paul Tinh, supérieur du séminaire, l'avait guéri alors qu'il perdait la vue. Et de ce fait, le vice-roi avait résolu de ne pas inquiéter les chrétiens.

Au Vietnam, Théophane se sentait chez lui. Autant, à Hongkong, il avait des difficultés à apprendre le chinois, autant il assimilait rapidement le vietnamien.

A ce sujet, Theurel écrit à leur ami Dallet, en Inde : « Il paraît que le père Vénard parlera la langue avec un accent juste ; sa voix douce s'y prête bien, au reste. Il se sent des atomes crochus avec les Vietnamiens, qui le lui rendent bien. Déjà il accompagne Mgr Retord dans les visites des chrétientés, et il est bientôt en mesure de l'aider pour l'administration ».

Côté santé, Théophane allait souffrir de tuberculose pulmonaire, diagnostic très grave à l'époque. Deux fois, il reçut les derniers sacrements, car on le croyait perdu.

Ne voulant pas être une charge pour sa mission, il demanda lui-même à subir une opération délicate, qui tenait de l'acupuncture et du moxa… qui finalement le guérit. Monseigneur Retord écrivit alors au procureur de Hong Kong : « Le petit Père Vénard, que vous croyez toujours maladif, semble avoir démissionné de cette honorable fonction : il n'est pas fort, il n'est pas robuste, mais il n'est pas malade non plus. Il paraît qu'en usant de toutes les précautions qu'inspire la prudence, sa santé le soutiendra ».

En 1857, l'empereur Tü-Düc s'étonna qu'aucun missionnaire européen n'ait été découvert ni exécuté depuis Jean-Louis Bonnard, c'est-à-dire depuis cinq ans. Il envoya des inspecteurs dans tout l'empire. Deux d'entre eux découvrirent le centre chrétien de Vinh-Tri, arrêtèrent le père Paul Tinh pour le conduire à Nam-Dinh et le confronter au vice-roi. Ce dernier condamna à mort l'ami qui avait guéri ses yeux, et tenta de sauver sa réputation et son trône en déchaînant une effroyable persécution contre les chrétiens. Pour mieux se réhabiliter, il somma les préfets des provinces voisines, et même le vice-roi de Hanoï d'en faire autant sous peine de faire parvenir un rapport à l'empereur.

Monseigneur Retord, réfugié dans les montagnes, y mourut des suites d’une fièvre. Théophane, envoyé dans la province de Hanoï, où la persécution était moins violente, connu une vie de traque en passant des heures recroquevillé entre des doubles cloisons. Il écrivit à l'abbé Paziot, un ancien condisciple du séminaire de Poitiers : « Vous pourriez demander : Comment ne devenez-vous pas fous ? Toujours enfermés dans l'étroitesse de quatre murs, sous un toit que vous touchez de la main, ayant pour commensaux les araignées, les rats et les crapauds, obligés de toujours parler à voix basse, assaillis chaque jour par de mauvaises nouvelles : prêtres pris, décapités, chrétientés détruites et dispersées au milieu des païens, beaucoup de chrétiens qui apostasient, et ceux qui demeurent fermes envoyés aux montagnes malsaines sur lesquelles ils périssent abandonnés, et cela sans que l'on puisse prévoir quelle en sera la fin, ou plutôt, ne la prévoyant que trop, j'avoue qu'il faut une grâce spéciale pour résister à la tentation du découragement et de la tristesse. Un confrère d'une province voisine m'écrit qu'il y a dix-huit mois qu'il n'a vu le soleil, et sa lettre est datée du royaume des taupes, à dix pieds sous terre... Pour moi, très cher ami, j'ai confiance en Dieu que je consommerai ma course, que je conserverai le dépôt de la Foi, de l'Espérance et de l'Amour, intact ».

Le 30 novembre 1860, on le découvrit caché dans une double cloison. Amené à la citadelle de Hanoï, le vice-roi en personne vint l'interroger puis donna des ordres : construire une cage de bambou plus spacieuse, l'entourer d'une moustiquaire et poser une natte sur le sol ; puis le haut fonctionnaire remit une somme d'argent aux gardiens avec consigne de veiller à ce que le prisonnier soit nourrit convenablement. Au cours de l'interrogatoire, Théophane avait donné une bonne impression. Ici aussi, il sera le bien-aimé...

Le rapport des autorités de Hanoï fut envoyé à Huê, la capitale ; il n'y avait plus qu'à attendre la sentence de l'empereur. Le capitaine des gardes lui permit chaque jour de sortir de sa cage et de faire quelques pas dans la cour ; parfois il l'invitait à prendre son repas avec lui et ses hommes. Trois chrétiens clandestins se firent connaître : d'abord un soldat ; puis la cuisinière de la citadelle, qui lui apportera l'Eucharistie tous les vendredis ; enfin un policier qui lui amènera un prêtre vietnamien afin d’entendre sa dernière confession.

Pendant la journée, Théophane écrivait. Il adressa ces derniers mots à son père :
« Puisque ma sentence se fait encore attendre, je veux vous adresser un nouvel adieu qui sera probablement le dernier. Les jours de ma prison s'écoulent paisiblement. Tous ceux qui m'entourent m'honorent, un bon nombre m'aiment. Depuis le grand mandarin jusqu'au dernier soldat, tous regrettent que la loi du royaume me condamne à mort. Je n'ai point eu à endurer de tortures, comme beaucoup de mes frères. Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir. (...) Père et fils se reverront au paradis. Moi, petit éphémère, je m'en vais le premier. Adieu ».

Le matin du 2 février 1861, le préfet vint annoncer la nouvelle à Théophane en manifestant une réelle émotion : la mort par décapitation. L'imposant cortège se mit en route vers le Fleuve Rouge. La foule était nombreuse. Théophane avait trente et un ans lorsqu’il descendit l'avenue du Grand-Bouddha mains jointes, les yeux au ciel, en chantant le « Magnificat ». Au bord du fleuve, il se dénuda le torse, s'agenouilla et se laissa attacher les mains derrière le dos. Quand cymbaliers et tambourinaires firent entendre leur vacarme pour annoncer l'heure du supplice, Théophane se tourna vers eux et leur sourit.

Il fallut cinq coups de sabre pour accomplir la peine prononcée. Les chrétiens ensevelirent le corps dans un cercueil, sur place selon la loi. La tête, toujours selon la loi, fut exposée trois jours au sommet d'un poteau, puis jetée au fleuve. Paul Moï, le policier chrétien, chargea des pêcheurs de la rechercher. Ils la trouvèrent le onzième jour, à seize kilomètres en aval. Paul Moï la mit dans un sac de toile et la fit porter aux deux évêques, dont il connaissait la cachette. Le coadjuteur, Mgr Theurel, prit la tête dans ses mains et s'agenouilla. Il pleura et pria longuement... Puis il la fit mettre dans un coffre, et l'enterra.

Six mois plus tard, pendant la nuit, des chrétiens exhumèrent le cercueil de Théophane et allèrent le ré inhumer au cimetière de la paroisse de Dông-Tri.

Après sa mort, la publication de ses lettres produisit une forte impression. Thérèse de l'Enfant Jésus disait se reconnaître en elles : « Ce sont mes pensées ; mon âme ressemble à la sienne », et fit du jeune Martyr de Hanoï son saint de prédilection. Quand elle entra en agonie, elle demanda qu'on lui procure une relique et un portrait de celui qu'elle appelait « l'angélique Martyr », pour l'aider en ce moment suprême.

Canonisé en 1988, Théophane Vénard est honoré, avec tous les saints martyrs du Vietnam, le 24 novembre.

Le corps de Théophane Vénard, ainsi que des objets lui ayant appartenu, sont aujourd'hui conservés au séminaire des Missions Etrangères. La tête a été gardée à la paroisse de Ke-Trü, non loin de Hanoï.

Serviteur du Seigneur, Jean-Théophane Vénard nous rappelle chaque jour notre mission de chrétien : « Nous sommes tous des fleurs plantés sur cette terre… Tâchons tous de plaire, selon le parfum ou l’éclat qui nous sont donnés, au souverain Seigneur et Maître ».

Sources : Missions Etrangères de Paris

Pour en savoir +, cliquez ici.

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 08:01

Évêque, fête le 6 février. (Vaast, ou Gaston ou Vedast). Patron principal du diocèse d'Arras.

Originaire du Périgord, Vaast (ou Gaston) appartenait au clergé de Toul lorsqu'il se vit confier la charge de préparer Clovis au baptême. On raconte que, passant par Toul après sa victoire à Tolbiac, Clovis se serait enquit d'un prêtre capable de l'instruire rapidement des vérités de la foi. C'était la réalisation du vœu qu'il avait fait de se convertir au Dieu de Clotilde, son épouse, s’il gagnait la bataille.  Vaast l'accompagna à Reims et le prépara au baptême. Saint Rémi ayant eu l'occasion d'apprécier le catéchiste du roi, lui conféra l'épiscopat et l’envoya aux Églises d'Arras et de Cambrai dévastées par les invasions. 

Près de l'abbaye trappistine de Belval dans la région de Saint-Pol-sur-Ternoise, à l'entrée de l'église de Troisvaux, un bas relief représente un évêque avec, à ses pieds, un ours bien docile. Il s'agit d'une légende magnifique qui résume sous forme imagée et symbolique une réalité importante : la croix qui fait reculer et adoucir le barbare. Nous sommes en l'an 500, il y a quelques mois, à Noël 499, Clovis, roi des francs a été baptisé à Reims. Vaast moine retiré dans la région de Toul avait été choisi par le roi pour lui expliquer la religion chrétienne dans laquelle il a décidé d'entrer. Il est nommé évêque d'Arras. Autrefois la région a été évangélisée, maintenant l'église est abandonnée des hommes, elle est envahie par les animaux. 

Vaast rencontre un ours dans les ruines ; il commande à cet animal de ne pas lui faire de mal, et de bien vouloir laisser la place aux croyants. A Arras, comme en Champagne, le nouvel évêque guérit aveugles et boiteux. Il apporte l'espérance chrétienne à toute une population qui devient capable de voir la vérité et de marcher dans la foi. En quarante ans de présence Vaast évangélise son diocèse. Il meurt le 6 février 539. Saint Vaast est le patron de l'Église qui est à d'Arras. 73 églises, comme celle de Troisvaux portent son nom. Le 6 février est jour de fête pour tous ceux et celles qui participent à porter l'Évangile du Christ aux quatre coins du diocèse. 

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Source : http://arras.catholique.fr/

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 18:00

En Chine, l’humiliation subie après la cruelle exécution en 1856 d’Auguste Chapdelaine est encore très vive de nos jours.

Sa vocation, être témoin jusqu’à l’extrême. Auguste Chapdelaine (1814-1856), fils d’agriculteur à la Rochelle, en Normandie, aurait pu rester dans la ferme familiale. Mais non, il a préféré se faire prêtre et partir en Chine sous l’égide des Missions étrangères de Paris avec d’autres compagnons. Nous sommes en 1852. Dans la province du Guangxi où il est envoyé, après deux années passées à Hong Kong, pas l’ombre d’un prêtre catholique depuis plus d’un siècle et demi, comme dans le reste du pays. Les villages de la province sont secoués par des révoltes musulmanes. Il n’a pas le droit d’y aller, mais lui s’y aventure et tente d’y semer la foi.

Après l’assassinat, l’humiliation

Deux ans plus tard (1856), celui que les habitants ruraux et pauvres de la zone appellent déjà affectueusement Ma Lai (Père Ma) – Ma étant la première syllabe de Mahomet chez les musulmans de Chine – est dénoncé, accusé de propagande pour une religion interdite, et arrêté à Dingan dans la nuit du 24 au 25 février. Condamné à mort, il est violemment battu de 300 coups de rotin, puis enfermé dans une cage accrochée au portail du tribunal, et enfin décapité, selon la peine prévue par le code chinois contre les missionnaires clandestins.

Aussitôt, une ferme protestation est adressée au gouverneur de la province par la France qui lui demande des excuses solennelles. Mais le gouverneur refuse de s’excuser, et Napoléon III, sans attendre, se lance alors aux côtés du Royaume-Uni, dans la seconde guerre de l’opium, de 1856 à 1860. Au cours de la guerre, le palais d’été de Pékin est mis à sac. C’est l’humiliation nationale. Humiliation vivement ressentie en Chine et entretenue par l’historiographie communiste encore aujourd’hui. La canonisation d’Auguste Chapdelaine en 2000 par Jean Paul II avec 119 autres martyrs provoque de très violentes réactions du Parti communiste chinois (PCC).

Hommages cruels

En 2016, année des 160 ans de la mort du missionnaire français, les autorités locales ouvrent à Dingan un musée présentant Auguste Chapdelaine comme un « violeur » et un « espion ». On y célèbre « l’esprit patriotique » du magistrat qui l’a fait torturer et exécuter. L’année précédente, c’est un concours du meilleur poème célébrant la décapitation du missionnaire qui avait été organisé, ainsi que le tournage d’un documentaire de deux heures contre le prêtre. Les reliques de saint Auguste Chapdelaine sont aujourd’hui exposées dans la salle des martyrs de la Chapelle des Missions étrangères de Paris.

Source : https://fr.aleteia.org/2018/02/28/auguste-chapdelaine-un-saint-doublement-martyr/

Source de l'image : https://illustres-normands.normandie.fr/auguste-chapdelaine.html

 

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 18:00

Le prénom Romain possède une racine latine et signifie venant de Rome. Il est fêté le 28 février.

Deux frères, retirés dans une forêt du Jura

Romain naît sans doute à la fin du IVème siècle, dans le haut Bugey (Jura). A l’âge de trente-cinq ans, Romain effectue une retraite dans un monastère de Lyon, puis part s’installer à l’écart du monde, dans une forêt du Jura, en un lien dénommé Condat (confluent). Il apparaît en songe à son frère Lupicien, qui vient de perdre son épouse, et engage celui-ci à venir le rejoindre. Satan ne parvient pas à venir à bout des liens étroits qui, dès lors, unissent les deux hommes. Leur vie de prière, de lecture et de labeur attire plusieurs disciples ou des malades qui viennent chercher la guérison de leurs maux.

La fondation des trois monastères

Les deux frères fondent deux monastères. Le premier est situé à Condat (plus tard, saint Oyend, aujourd’hui la ville de Saint-Claude). Le second est établi à Leuconne (plus tard Saint-Lupicien). Romain et Lupicien administrent conjointement les deux établissements, celui-ci se montrant sévère et rigide, celui-là accommodant et tolérant. Romain parvient ainsi à ce que reviennent au couvent des moines chassés par la vie trop austère que Lupicien veut les forcer à suivre. Plus tard, les deux frères créent pour leur sœur l’abbaye de la Baume appelée plus tard Saint-Romain-de-la-Roche. Romain meurt vers 463, après avoir accompli plusieurs miracles, dont la guérison d’une famille de lépreux.

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27 février 2020 4 27 /02 /février /2020 11:52

Lorsque le Père Daniel Brottier – né en 1876 à La Ferté-Saint-Cyr, au diocèse de Blois – meurt en 1936 au milieu des enfants de l'Œuvre des Orphelins Apprentis d'Auteuil qu'il a redressée et épanouie en une douzaine d'années, un témoin souligne : « Il y avait dans le Père Brottier l'union de deux tendances qui sont rarement associées : le sens très exact du prix des choses matérielles et l'aspiration très vive vers les biens spirituels. Par-là, il me fait penser à saint Vincent de Paul ». Mais sait-on encore aujourd'hui qu'avant d'arriver à Auteuil en 1923, Daniel Brottier avait déjà eu deux autres vies trépidantes ?

Une vie de religieux missionnaire au Sénégal. Déjà prêtre, il entre dans la congrégation du Saint-Esprit – les spiritains – en 1902 et part à Saint-Louis du Sénégal. Il y sera de 1903 à 1911, missionnaire débordant d'idées nouvelles pour s'occuper des jeunes : patronage, fanfare, presse, photographie et cinéma... Et puis toujours cette soif de contemplation qui le mènera même à l'abbaye de Lérins, où sa santé ne lui permettra pas de rester.

Une vie d'aumônier légendaire dans les tranchées de 1914-1918. Volontaire dans le corps des aumôniers, Daniel Brottier passe toute la grande guerre sur le Front, avec les combattants, en prêtre, risquant mille fois sa vie pour les blessés et les mourants, consolateur des familles, trois fois cité à l'ordre de l'Armée et de la Nation. Il entretient même des relations d'estime et d'amitié avec le « Tigre » Clemenceau qui l'aide à fonder après-guerre l'Union nationale des combattants, cependant que lui est confiée la construction d'une cathédrale à Dakar qui portera le nom de Souvenir africain.

À l'Œuvre d'Auteuil, un jaillissement d'initiatives sociales et spirituelles. Le Père Brottier n'est pas le fondateur de l'Œuvre d'Auteuil : celle-ci avait été créée en 1866 par l'abbé Roussel pour s'occuper des enfants abandonnés et leur donner une éducation chrétienne. Dès son arrivée, Brottier lance une souscription pour construire un sanctuaire parisien à Thérèse de Lisieux : elle sera la mère des orphelins. L'œuvre croît, de 70 enfants à 1400 à sa mort. Son programme pour les enfants : « Un toit, du pain, un métier, beaucoup d'amour », pour qu'ils soient « des hommes debout ». Pour les ressources, le Père Brottier ne s'appuie que sur la Providence. Il entretient une montagne de correspondance, crée plusieurs journaux et revues dont certains ont un grand tirage... "Véritable modèle des hommes mêlés aux affaires compliquées", selon un de ses collaborateurs, il sera béatifié en 1984 par Jean-Paul II.

Sa fête est le 28 février.

Source : http://www.famillechretienne.fr/

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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 21:57

Frère Gabriel de L'Addolorata (c'est-à-dire "de Notre-Dame des Sept-Douleurs") est le nom de religion que reçut François Possenti lorsqu'il fut entré chez les Passionnistes.

Dès son enfance, le jeune Saint professait une dévotion ardente envers la Sainte Vierge, dévotion qui lui avait été inspirée par les soins attentifs de sa mère. Pendant le temps de sa scolarité, cette dévotion s'intensifia sous l'influence de ses maîtres religieux, les Frères des Écoles Chrétiennes et les Pères Jésuites.

Aussi la divine Mère avait-Elle pour lui des attentions toutes particulières. Et on ne s'étonnera pas qu'Elle soit intervenue Elle-même dans l'appel du jeune homme à la vie religieuse.

A Spolète (Italie), on vénère une délicieuse et très antique image de la Madone, que l'on porte en procession dans la ville, le jour octave de l'Assomption. Personne ne voudrait manquer cette procession ni refuser de s'unir aux manifestations pieuses d'un peuple entier en l'honneur de la sainte image. Chacun s'efforce de se trouver sur son passage, de la contempler avec dévotion, dans l'espoir d'en obtenir quelque faveur particulière.

En 1856, comme les années précédentes, François Possenti se trouvait au milieu de la foule. Mais, cette fois, dès qu'il eut porté les yeux sur l'image de la Vierge, il se sentit profondément ému. Il avait aperçu la Sainte Vierge le regarder avec une maternelle tendresse ; il L'avait entendue lui dire : "François, le monde n'est plus pour toi ; il te faut entrer en religion."

Il entra donc chez les Passionnistes. Il y vécut saintement, puis y mourut en prédestiné, âgé de 24 ans, après six ans seulement de vie religieuse. Canonisé il y a peu d'années, il est devenu un des patrons de la jeunesse. Nous l'invoquons sous le nom de saint Gabriel de l'Addoorata, et sa fête se célèbre le 27 février.

La tendresse que saint Gabriel avait pour la Sainte Vierge atteignait à une véhémence qu'on ne saurait exprimer. Son cœur était comme un brasier brûlant d'amour pour sa tendre Mère. Et si vive que fût sa dévotion mariale pendant qu'il vivait encore dans le monde, elle n'était, pourtant, que l'ombre, pour ainsi dire, de celle qu'il manifesta une fois devenu religieux.

Dès son noviciat, il s'appliqua constamment à une union intime avec sa Mère du Ciel dans ses pensées, ses affections, ses paroles, ses actions. Il en était venu à ne plus perdre le souvenir de Marie, souvenir qui ne le quittait pas même pendant le sommeil, car ses rêves les plus fréquents avaient la Mère de Dieu pour objet.

La Sainte Vierge était le sujet le plus ordinaire de ses conversations. Il avait toujours quelque chose de nouveau à dire de Sa tendre Mère, et il faisait l'édification de tous ceux qui l'écoutaient. Ses lettres n'étaient qu'une longue louange de sa bonne Mère, qu'il désirait tant voir aimée et honorée des siens. Sans cesse, il leur recommandait la lecture du livre de saint Alphonse de Liguori intitulé "Les gloires de Marie".

C'est par amour pour la Sainte Vierge qu'il voulut s'appeler Frère Gabriel de Notre-Dame des Sept-Douleurs.

En esprit de pénitence et comme moyen d'écarter de lui tout ce qui aurait pu le détourner du souvenir constant de la divine Vierge, Frère Gabriel pratiquait strictement la modestie des yeux. Après cinq ans de cette pratique, il en était arrivé à ne plus avoir de distractions pendant ses prières.

Le jeune Saint s'était imposé un grand nombre de pratiques pieuses en l'honneur de Marie. L'une de ses plus chères dévotions était sa coutume d'offrir chaque jour à la bonne Mère un bouquet de petites mortifications, qu'il multipliait de façon étonnante. Mais il savait, et n'oublia jamais, que sa principale obligation de religieux était l'exacte observance de sa Règle.

Il était également plein d'ardeur pour faire partager à tous sa dévotion envers Marie. Il voulait s'engager par vœu particulier à étendre le règne de Marie. À la grande joie de son cœur, ses Supérieurs lui permirent de faire ce vœu apostolique.

Son agonie ne fut qu'une douce extase. Quelques instants avant de rendre le dernier soupir, il demanda l'image de Notre-Dame des Sept-Douleurs. L'ayant reçue, il la couvrit d'abord de baisers, puis la plaça sur son cœur, où il la pressa fortement de ses deux mains jointes. Soudain, un céleste sourire épanouit son visage, et c'est dans cette attitude qu'il rendit son âme.

F. Georges-Maurice, Cortège Marial, Tome II, p. 32-33

Source : https://sanctoral.com/fr

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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 18:00

Marguerite est née à Laviano en Toscane en 1247. Dès l’âge de 7 ans, elle perdit sa mère et son père se remaria avec une femme qui n’aima pas cette enfant. Abandonnée à elle-même, Marguerite qui à l’âge de 17 ans, était très belle, se laissa séduire par un jeune noble qui était, dit-on, le fils du seigneur Guillaume de Pecora, seigneur de Valiano. Son amant l’emmena chez lui en son château de Montepulciano et ils eurent un fils. Après 9 années de vie commune qui ne fut pas exempte d’autres relations, Marguerite qui n’avait pu décider son amant à l’épouser, se retrouva seule, son amant ayant été assassiné au cours d’un voyage. Elle confessa plus tard qu’elle accorda ses faveurs à des jeunes gens, attirés par sa beauté et qu’on la considérait comme une pécheresse. Cependant la vue de son amant assassiné l’avait profondément impressionnée. Elle commença à regretter sa vie tumultueuse et à redouter le jugement de Dieu. Elle se mit à méditer, à s’intéresser aux pauvres, à les secourir, et à servir les malades. Elle en vint à rechercher la solitude et à rêver d’une vie adonnée à l’amour de Dieu. Durant plusieurs années, elle mena un rude combat entre ce désir de vertu et ses attaches mondaines : relations, bijoux, propriété. Ne pouvant retourner chez son père, en raison de l’hostilité de son épouse, elle dut trouver une habitation avec son fils. Dans sa prière, elle entendit une voix qui l’invitait à recourir à la direction spirituelle des Franciscains de Cortone. Elle trouva en cette ville des personnes charitables qui acceptèrent de l’héberger et qui la recommandèrent aux frères franciscains. Elle fréquentait assidûment leur église, mais continuait à être assaillie par les tentations.

Elle dû attendre trois années d’épreuve pour enfin être admise dans le Tiers Ordre franciscain. Elle pratiqua alors une très rigoureuse pénitence en s’imposant des privations de toutes sortes, sur la nourriture, le vêtement, et en s’infligeant des mortifications corporelles. Elle finit par se consacrer définitivement à Dieu. Son confesseur s’efforçait de modérer ses désirs d’humiliation et sa tentation d’automutilation pour faire disparaître cette beauté qu’elle pensait être la cause de ses séductions. Elle parcourait la ville en avouant publiquement ses fautes passées et son désir de réparation. Vivant désormais comme une quasi recluse, elle fut favorisée de visions, d’auditions de la voix du Christ. On rapporte que le Christ lui parlait de l’état présent de l’Ordre des Frères mineurs, pour les mettre en garde contre le relâchement. Le Christ lui aurait dit un jour : « Je t’ai plantée, ma fille, dans le jardin de mon amour, car ton bienheureux Père, mon très cher François, n’a eu rien de plus à cœur que mon amour ; il m’a aimé dans une telle mesure que nul autre ne lui est comparable aujourd’hui... »

Elle ne quittait la prière que pour s’intéresser aux pauvres et aux malades en obtenant pour eux la construction d’un hôpital dans lequel elle put les servir. Elle fonda une confrérie sous le patronage de Notre-Dame de la merci, pour soutenir cette fondation. On commençait à recourir à ses prières, à ses conseils, à oublier sa vie de pécheresse pour peu à peu la considérer comme une sainte. Elle eut à intervenir dans des conflits civils, s’opposa aux exactions d’un potentat local, et n’hésita pas à interpeller l’évêque d’Arezzo qui négligeait ses tâches pastorales et se conduisait comme un prince séculier. Marguerite eut la révélation de sa mort prochaine et s’endormit le 22 février 1297. Elle fut enterrée dans l’église des Franciscains. Son corps y est conservé sans corruption et y est encore vénéré aujourd’hui. Elle fut immédiatement honorée par le peuple et son culte fut reconnu par le pape Léon X, pour la ville de Cortone, puis, en 1623 pour tout l’Ordre franciscain par Urbain VIII. Enfin, le pape Benoît XIII la canonisa le 16 mai 1728. Sa vie a inspiré de nombreux récits et de remarquables œuvres d’art, dans lesquelles elle est parfois rapprochée de sainte Marie-Madeleine. Elle est fêtée le 22 février.

Source : http://nouvl.evangelisation.free.fr/marguerite_de_cortone.htm

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 17:59

Sœur Dominicaine et martyre (†1945)

Elle est fêtée le 20 février

Julia, dans le siècle Stanisława, Rodzińska, naît le 16 Mars 1899 à Nawojowa (diocèse de Tarnowo, sud Polonia).

Elle était la deuxième d'une famille de cinq enfants. Ses parents étaient très pieux : son père Michel était organiste à l'église du village ; à 8 ans elle perdit sa mère. La famille était très proche des Religieuses du Tiers-Ordre Dominicain de Wielowski dont la mère Stanisława Leniart avait fondé le Couvent du village. Elles tenaient une école, une infirmerie et catéchisaient les enfants du secteur.

Elle devint orpheline à l'âge de dix ans et fut recueillie avec sa petite sœur Janine au Couvent. Pendant l'occupation austro-allemande, à dix-sept ans, elle entra comme postulante au Couvent de Wielowski, puis fit sa profession, sous le nom de Sœur Marie-Julie, à Cracovie, partie de l'ancienne Pologne autrichienne qui venait de se réunir à la nouvelle république polonaise. Elle continua ses études pédagogiques à Poznan. La Pologne renaissait de ses cendres, et les Sœurs fondaient ou renforçaient les Communautés Dominicaines du pays réunifié. Elles fondèrent un orphelinat à Wilno qui avait été au centre de la guerre polono-lithuanienne, ainsi qu'à Rava Ruska près de Lvov.

Julia prononça ses vœux définitifs en 1924 et fut surnommée la mère des orphelins ; elle organisait des écoles et des colonies de vacances pour les enfants défavorisés. Elle avait une dévotion particulière pour le rosaire, qui est à la base de la spiritualité Dominicaine.

En 1934, elle était supérieure de l’orphelinat de Wilno. Elle recueillait des enfants de différentes origines, et les autorités de la ville lui furent reconnaissantes.

En septembre 1939, lorsque la Pologne fut envahie, Wilno (désormais Vilnius) passa aux Soviétiques.

Julia dut fermer l'école et continua en secret à donner des cours de religion, et de polonais, langue désormais interdite. Lorsque les Allemands prirent la région, elle continua ses activités clandestines.

En juillet 1943, Sœur Julia fut arrêtée par la Gestapo et détenue à la prison de Lukiszki à Wilno. Elle y fut gardée une année en strict isolement, dans un petit bloc de ciment où elle ne pouvait pas bouger. Les Sœurs emprisonnées étaient torturées physiquement et psychologiquement, et un grand nombre de prisonniers étaient exécutés.

En juillet 1944, Sœur Julia fut transférée au camp de concentration de Stutthof, près de Gdansk. Le voyage dura plusieurs jours, dans un wagon à bestiaux, avec des malades et des mourants. Les Sœurs furent violées à l’arrivée dans le camp. Sœur Julia fut placée dans le secteur Juif du camp avec le numéro 40992 tatoué sur son bras.

Il était prévu d’exterminer rapidement les déportés de cette section. Mais cela prit du temps parce que de nouveaux trains de Juifs arrivaient sans cesse. La faim, la torture, la terreur, le labeur épuisant et le sadisme des gardiens constituaient la routine quotidienne.

Les femmes les plus fragiles étaient sélectionnées chaque jour pour mourir gazées. Quoique la plupart des détenues de sa baraque fussent Juives, issues de toute l’Europe, Sœur Julia organisait avec elles une prière commune quotidienne.

Les survivantes ont évoqué son courage, sa prière, son espérance et sa générosité. Elle partageait ses maigres aliments avec les prisonnières. Ces dernières lui demandaient d’intervenir en cas de conflits entre elles.

Ewa Hoff, une femme juive qui survécut au camp a écrit de Julia : « Elle était noble, désireuse d’aider, bonne. Dans le camp, où toute pitié était totalement oubliée, elle servait avec miséricorde ».

Quand elle priait, Sœur Julia restait à genoux et ne se levait pas à l’entrée des gardiens dans les baraques, ce qui les déconcertait. Ayant appris un jour que le mari de l’une des prisonnières, qui se trouvait dans une autre section du camp, voulait se suicider, Sœur Julia réussit à plusieurs reprises à lui faire passer des lettres, pour le convaincre de ne pas perdre espoir. Au bout du compte, il survécut au camp et à la guerre.

En novembre 1944, on clôtura un secteur du camp pour les malades atteints de typhoïde, et Sœur Julia se porta volontaire pour les rejoindre. Au milieu des corps putrides et affamés, elle apporta espoir et charité. Elle réussit à tirer d’un amas de corps destinés à la crémation une femme qui était encore en vie. Cette femme survécut et a rendu hommage au service de Sœur Julia.

À la libération du camp, le 30 Janvier 1945, il y avait dans le secteur Juif 6922 femmes agonisantes : Sœur Julia était parmi elles. Elle meurt de la typhoïde le 20 Février 1945.

Julia (Stanisława) Rodzińska a été Béatifiée le 13 Juin 1999 par Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), lors de son septième voyage apostolique en Pologne, avec 108 Martyrs victimes des persécutions nazies du 1939 à 1945

Source : http://reflexionchretienne.e-monsite.com/

Pour de plus amples renseignements voir le site polonais : https://dominikanki.pl/

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 17:04

Prénom inspiré du fleuve Jourdain, celui où Jésus-Christ fut baptisé. En hébreu, "yarden" signifie "qui descend". Il est fêté le 13 février.

Jordan von Sachsen mit Behörden/Beamten von Bologna, S. Domenico, Bologna

Premier successeur de saint Dominique, Jourdain de Saxe a donné à l’Ordre une impulsion décisive. C’est l’un des témoins les plus prestigieux de la ferveur que suscita l’Ordre au XIIIe siècle.

Il était né vers 1190, en Saxe, dans la famille des comtes d’Eberstein. Dès sa jeunesse – et il continua quand il fut étudiant – il avait pris l’habitude de donner chaque jour une aumône au premier pauvre qu’il rencontrerait. Envoyé à Paris pour y prendre ses grades, il y mena une vie pieuse : chaque nuit il allait à Notre-Dame pour l’office de matines. En 1219 il est sous-diacre et bachelier en théologie. Les frères viennent de s’installer à Saint Jacques et sont dans un dénuement extrême. Saint Dominique les visite et les réconforte à son retour d’Espagne. Sa parole suscite l’enthousiasme dans le monde universitaire. Emporté par le courant, Jourdain vient l’entendre, se confesse à lui et lui confie son âme. Cependant il n’entre pas de suite dans l’Ordre. C’est au bienheureux Réginald qui, à son tour en 1220, bouleverse l’Université de Paris, que revient la joie de donner l’habit à Jourdain. Il ne le reçoit pas seul : son ami frère Henri de Cologne, et frère Léon, entrent avec lui au couvent de Saint Jacques, le mercredi des Cendres, au moment où les frères chantent “Immutemur habitu…”

Deux mois plus tard, saint Dominique réunit à Bologne le premier Chapitre général de l’Ordre. Jourdain est l’un des quatre frères de Saint Jacques désigné pour y prendre part. Quand il revint à Paris, ce fut pour enseigner l’Écriture Sainte. En 1221, saint Dominique le nomme premier provincial de Lombardie et, quelques mois plus tard, il est élu par les frères pour succéder au Père qui vient de mourir. Il va gouverner l’Ordre seize ans pendant lesquels il attira à la suite de saint Dominique une multitude de vocations, étudiants et maîtres, “séduits” par sa parole. Tel jour, à Saint Jacques, il donne l’habit à vingt novices. Une autre fois, à Verceil, en quelques jours, il attire “treize clercs renommés et savants” ; c’est là que Maître Walter, régent ès-arts, disait à ses collègues et à ses élèves “Prenez garde d’aller à ses sermons : comme une courtisane il polit ses discours de manière à séduire les hommes !” – mais lui-même s’y rendit et fut pris dans les filets… Au Chapitre général on reprocha même à Jourdain de Saxe d’aller un peu vite en besogne et de recevoir de trop jeunes frères : “Laissez ces enfants, répondit-il. Vous verrez qu’ils étendront leur action sur des hommes plus instruits”.

Pendant son généralat, quatre nouvelles provinces furent établies, 240 nouveaux couvents de frères ou de sœurs furent créés. On sait la part importante qu’il prit dans la mise au point des Constitutions de l’Ordre ; comment il institua à Bologne le chant du Salve Regina après les Complies, coutume qui se répandit rapidement en Lombardie, puis dans tout l’Ordre ; comment il procéda à la translation du corps de saint Dominique en 1233, puis présida aux fêtes de la canonisation en 1234. C’est alors qu’il rédigea le Libellus, source la plus sûre pour les historiens de notre bienheureux Père. Cet écrit, dit le P. Vicaire, “est la base de l’historiographie dominicaine primitive. Il l’est par sa date : aucune relation écrite de la vie de saint Dominique ne l’a précédé et toutes les autres dérivent de lui. Il l’est par sa valeur : de tous les récits qu’il inspire, il est le plus autorisé... (Jourdain) est maître de sa plume et sait conter avec agrément, brièveté, précision, bonhomie et humour. Des réflexions spirituelles pleines de saveur émaillent sans lourdeur un récit qui marche avec rapidité” (S. Dom. de Caleruega, p.16).

Dans la lutte entre le sacerdoce et l’empire, Jourdain joua un rôle de premier plan. Pacifique par tempérament, il fut intrépide quand il le fallut, n’hésitant pas à aller au camp de Frédéric II pour lui reprocher sa conduite et l’adjurer de mettre fin au scandale que provoquait son opposition.

Pauvre à l’extrême, il aimait la compagnie des pauvres. Doux pour les frères, compatissant à leurs infirmités, il les aidait de tout son pouvoir. Mais il était ferme aussi, parfois avec humour. Un procureur lui ayant demandé d’être relevé de sa charge, il lui répondit : “Mon fils, cette charge a quatre annexes : la négligence, l’impatience, le travail et le mérite ; je vous décharge des deux premières et je vous laisse les deux autres.”

En 1236, il alla en Terre Sainte pour visiter les couvents de l’Ordre qui y étaient établis. Au retour, le navire fut englouti par une furieuse tempête à proximité des côtes de Syrie. La mer rejeta son corps, qui fut enseveli au couvent de Ptolémaïs. C’était le 13 février 1237, il n’avait pas 50 ans. On a attendu jusqu’au XIXe siècle sa béatification. (Source : Chéry, Henri-Charles. Saints et bienheureux de la famille dominicaine. Fraternité dominicaine Lacordaire. Lyon. 1991.)

Source : http://dominicains.ca/figures-dominicaines/

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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 10:08

Même si sa fête est déjà passée, je tiens à vous faire découvrir la vie de saint Haralampi.

Le 10 février, l’Eglise honore la mémoire de Saint Charalampos / Haralampi en bulgare/, mort en martyr de la foi chrétienne à l’époque des grandes persécutions contre les chrétiens au IIIe s. On lit dans la Vie de Saint Charalampos qu'il est né aux environs de l’an 85 et qu’il meurt en l’an 198. On y lit aussi que les bourreaux labouraient son corps avec des ongles de fer mais que ses plaies horribles se refermaient la nuit comme par miracle. Quand les anges sont venus prendre son âme pour l’emporter au Ciel, le vieil homme s’est tourné vers Dieu en le priant de donner la santé et d’accorder le salut des âmes à tous les humains. C’est pourquoi il est honoré comme un des saints guérisseurs, aux côtés des Saints Damian et Cosme, de Saint Panteleimon, Saint Trifon notamment. Ses reliques sont considérées miraculeuses et le petit doigt de sa main droite est conservé dans une châsse richement ouvragée en l’église Sveti Sedmotchislenitzi (des Sept Saints - les inventeurs de l’écriture bulgare, les frères Cyrille et Méthode et leurs cinq disciples), située dans un beau square au centre de Sofia.

Dans la tradition bulgare, Saint Charalampos est honoré comme guérisseur des maladies et plus particulièrement de la plus terrible d’entre elles - la peste. Il est aussi le protecteur des apiculteurs. La peste ou la « mort noire » était le fléau le plus terrible qui décimait les populations et dépeuplait des régions entières en Europe depuis le Moyen Age jusqu’au milieu du XIXe s. Le combat contre la « peste noire » comme on appelait cette maladie, fait référence dans la religion chrétienne et c’est pour cette raison que bon nombre de saints sont proclamés sauveurs de villes et de régions entières pour avoir apporté la guérison de ce mal.

Dans la tradition bulgare ces bienfaiteurs sont les saints de « l’hiver » comme on les appelle : Antoniy (17 janvier), Athanase (18 janvier), Euthyme (20 janvier), et bien sûr Charalampos (10 février).

La légende raconte que la peste aurait vu le jour à la Saint Athanase et fauchait les hommes tant qu’elle pouvait jusqu’à ce que Saint Charalampos réussisse à la capturer, en lui entravant les pieds dans des fers. Une autre version des faits : Charalampos la capture et la fait enfermer dans une bouteille. Mais si les hommes accumulent les péchés, le saint se met en colère et il laisse la peste sortir de la bouteille pour les punir. Cette image se retrouve sur les icônes : saint Charalampos est montré qui assomme de coups la peste, représentée sous les traits du diable, ou encore on voit le Saint qui la foule aux pieds en signe de triomphe sur le démon et sur le mal.

Les gens vouaient une grande vénération à saint Charalampos et ils donnaient souvent son nom aux garçons nouveau-nés. De nos jours ce nom est pratiquement tombé dans l’oubli. Autrefois, on avait pris l’habitude de donner son nom à l’église de lieu ou bien le jour de sa fête était proclamé fête de la ville ou du village. Dans la culture populaire, le 10 février était connu aussi comme le Jour de la Peste, on observait tous les rituels de rigueur et les maîtresses de maison ne touchaient à rien. Pour amadouer la maladie elles faisaient cuire des pains rituels qu’elles enduisaient de miel – le mets préféré de la peste. Dans certaines régions du pays on emportait un pot de miel à l’église pour le faire bénir par le pope et on le gardait à la maison comme médicament. C’est de là que vient la fête des apiculteurs qui ont proclamé saint Charalampos leur protecteur. C’est aussi la fête d’hiver des apiculteurs, qui est célébrée aussi en été, le 8 juillet, à la Saint Prokope. C’est de là que vient la tradition d’emporter à l’église un pot de miel de la nouvelle récolte pour le faire bénir à la Saint Charalampos. De nos jours, les associations des apiculteurs bulgares ont leur fête le 10 février. Aux réunions et aux dégustations des miels, on décerne le titre de « reine des abeilles » à l’apicultrice qui a produit le meilleur miel.

Source : https://bnr.bg/fr/post/100794243/saint-haralampi-la-peste-et-le-miel

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 21:25

Le 10 janvier 2017, dans la session ordinaire des Cardinaux et Évêques membres de la Congrégation des Causes des Saints, a été exprimé l’avis positif, avec tous les votes positifs, en ce qui concerne la renommée de sainteté et l’exercice des vertus héroïques du Serviteur de Dieu Francesco Convertini, né à Locorotondo (Bari) le 29 août 1898 et mort à Krishnagar, Inde, le 11 février 1976, missionnaire salésien au Bengala.

Le P. Convertini est né dans le quartier ‘Papariello’ de Locorotondo, le 29 août 1898. Durant la Ie guerre mondiale il fut appelé sous les armes. Il fut blessé, fait prisonnier et conduit en Pologne. Rentré en Italie, il a dit ‘OUI’ à l’appel du Seigneur, qui s’était manifesté grâce à la médiation du P. Angelo Amateis et de la Communauté du ‘Cagliero’ d’Ivrea.

Il partit de Gênes pour l’Inde, après avoir reçu la Croix Missionnaire des mains du Bienheureux Filippo Rinaldi. Novice du Vénérable Stefano Ferrando, disciple de Mgr. Luis Mathias et du Serviteur de Dieu P. Costantino Vendrame, il se distingua par un exceptionnel zèle apostolique. Son terrain de mission fut le Bengala, où personne comme le P. Francesco n’eut tant d’amis et fils spirituels parmi les ignorants et les savants, les riches et les pauvres. Il était le seul missionnaire qui pouvait entrer dans une maison d’Indouistes ou de Musulmans. Il était sans cesse en route de village en village. À cheval, à vélo, ou, mieux encore, à pieds, avec son seul sac à dos sur les épaules, pouvant ainsi rencontrer beaucoup de monde et leur parler du Christ.

Il était disponible pour tous sans distinction : Musulmans, Indous, Chrétiens…et il fut aimé et vénéré par tous comme Maitre de vie intérieure que possédait en abondance la ‘sapietia cordis’. Très dévot de la Vierge, il mourut le 11 février 1976, murmurant : « Mère, je ne t’ai jamais déplu en vie, maintenant aide-moi ».

Au cours de sa vie il a été capable d’intercepter la vie des autres, rencontrer les personnes avec son cœur, sa bonté et son humanité. Voilà l’héritage qui est confié à nous et surtout aux nouvelles générations. Il est fêté le 11février.

Le P. Convertini n’a pas été un théoricien, mais avec le concret de la vie il a su diffuser partout une lymphe de valeurs, d’idéaux et d’Évangile. Il a décliné la miséricorde non pas avec un vague sentimentalisme, mais dans le concret de toutes les œuvres corporelles et spirituelles.

Vénérable : ce dit de quelqu’un dont la vie exemplaire justifie l’étude de la cause de béatification.

Source : http://www.infoans.org

 

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 21:23

« Je suis allée à Lourdes. C’est un lieu de prière extraordinaire. Est-ce que c’est vraiment Marie qui fait des miracles ? » (questions de jeunes)

Lourdes-02.jpg

Il y a bien plus de miracles à Lourdes que de béquilles accrochées au-dessus de la grotte. Ici, les malades sont accueillis avec respect et placés au premier rang, au lieu d’être cachés. Ici, les personnes qui se croyaient incapables de prier se joignent à la récitation du chapelet. Ici, des chrétiens redécouvrent le sens du pardon et se confessent avec joie. Six millions de pèlerins venus du monde entier y passent chaque année et c’est aussi… miraculeux.

Avec Marie, s’ouvrir au don de Dieu

Le « problème » avec Marie, c’est qu’elle est tellement discrète qu’il n’y a aucune chance de la voir « jouer la star »… Elle ne prétend pas faire des miracles, que ce soient des guérisons physiques ou spirituelles, mais elle nous montre combien la grâce de Dieu peut accomplir des choses merveilleuses dans nos vies. A Cana, Marie dit à Jésus : « Ils n’ont plus de vin », puis aux serviteurs : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Ce n’est pas Marie qui change l’eau en vin, mais sans son intervention, y aurait-il eu un miracle ? Aujourd’hui encore, Marie nous dit, en nous montrant son Fils : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Et si nous acceptons, le résultat dépasse souvent ce que nous pouvions imaginer !

Marie, un modèle pour les chrétiens

Les apparitions de Marie ont quelque chose de merveilleux, mais cela ne doit jamais nous faire oublier l’essentiel : Jésus et son Evangile. Marie n’ajoute rien à ce que Jésus nous a révélé, car le Père nous a tout dit en son Fils. En nous le donnant, il nous exprime tout son amour et c’est cela la Bonne Nouvelle que les évangiles nous rapportent. Nous sommes toujours en chemin pour progresser dans la connaissance de Jésus. Il ne s’agit pas d’abord de connaître ou de comprendre : c’est notre cœur qui doit s’ouvrir. Comprendre vraiment l’Evangile, c’est le mettre en pratique, c’est laisser l’amour de Dieu habiter notre vie et la transformer. Et Marie est bien placée pour nous aider dans cette voie. Elle a remis toute sa vie entre les mains du Père, elle s’est confiée à lui sans savoir ce qui allait arriver.

Et toi ?

L’Eglise ne t’oblige pas à croire aux apparitions de la Vierge ni aux miracles de Lourdes. Chacun est libre de se sentir touché par ces événements extraordinaires ou d’avoir une sensibilité différente. Mais avec ou sans miracle, ne te prive pas de te confier à Marie. Elle t’aidera à aimer et à suivre son fils Jésus.

Source : Questions de vie.

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11 février 2020 2 11 /02 /février /2020 15:00

Issu du grec « Eulalos » qui signifie « qui parle bien », le terme Eulalie était déjà utilisé sous l'Antiquité grecque et latine. Sainte Eulalie de Barcelone est fêtée le 12 février.

Peu connue des touristes et des nouveaux venus à Barcelone, Sainte Eulalie est pourtant l’une des patronnes de la capitale catalane. On la confond souvent avec la Mercè, qui est aussi patronne de Barcelone, et pourtant, elles sont bien distinctes. Tandis que la Mercè est célébrée fin septembre, lors du festival considéré comme le plus important à Barcelone, Sainte Eulalie est quant à elle célébrée le 12 février. Cette date est aussi le jour de la remise des prix en art et en science. Qui était Sainte Eulalie et quelles sont les traditions qui lui sont liées ?

L’origine de la Sainte Eulalie

D’après la légende, Sainte Eulalie aurait vécu au IIIème ou au IVème siècle sous l’empereur Dioclétien. Elle aurait été martyrisée à l’âge de 13 ans, car elle refusait de renier sa foi chrétienne. Après qu’elle fût clouée nue sur une croix, ses cheveux se mirent à pousser pour qu’elle puisse conserver son intimité. On raconte également qu’alors qu’elle adressait à Dieu une prière pour être sauvée, ses bourreaux virent une colombe sortir de sa bouche. Toujours d’après la légende, le corps de Sainte Eulalie fut retrouvé au IXème siècle et transporté dans la crypte de la Cathédrale de Barcelone, qui porte aujourd’hui son nom.

Ou com balla

L’Ou com balla (« l’œuf comme il danse ») est une curieuse tradition liée à Sainte Eulalie, qui a lieu chaque année au mois de juin, lors des fêtes de Corpus Christi, dans le cloître de la cathédrale de Sainte Eulalie. Sainte Eulalie ayant été gardienne d’oie, la tradition veut que l’on place un œuf vide sur le jet d’eau de la fontaine, celui-ci se mettant alors à « danser » en équilibre sur l’eau. Dans l’un des cloîtres gothiques de la cathédrale de Barcelone vivent 13 oies blanches, toujours en référence à Sainte Eulalie et l’âge auquel elle fut martyrisée.

La Sainte Eulalie : une fête à célébrer en famille

Sainte Eulalie est non seulement l’une des patronnes de Barcelone, mais elle est aussi devenue, en se dressant contre l’autorité pour affirmer ses idéaux, un symbole de la défense de la justice et de l’engagement de la jeunesse. Les festivités de la Sainte Eulalie ont lieu tout le weekend du 12 février et dans chaque quartier de Barcelone. C’est l’occasion de sorties en familles afin de profiter de certaines traditions catalanes telles que la sardane, les castellers, ou encore les correfocs, manifestations typiquement catalanes lors de laquelle des diables courent et dansent en portant des feux d’artifices au bout d’une pique.

Écrit par Alice Feuardant le 10/03/2016

Source : https://www.shbarcelona.fr/blog/fr/la-sainte-eulalie-a-barcelone/

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 13:26

Ce prénom vient du grec skholê. Il a le sens de : école. Elle est fêté le 10 février.

Saint Benoît, le patriarche des moines d’Occident, obligé de fuir les solitudes de Subiaco, avait établi le centre de son innombrable famille religieuse aux confins de la terre de Labour, sur la cime prédestinée du Mont-Cassin. C’est là que s’éleva alors le monastère le plus célèbre de l’univers, celui où Benoît écrivit sa règle, laquelle devait bientôt compléter et remplacer la règle de S. Augustin et les autres règles dans presque tous les monastères de l’Occident. Mais cette règle, comme celle de l’évêque d’Hippone, ne fut pas écrite seulement pour les hommes ; elle fut aussi celle des religieuses, car aucun fondateur d’ordre n’a pu empêcher la dévotion des saintes femmes de former bien vite, auprès de la famille des moines, la famille des religieuses ; c’est toujours ainsi depuis que Notre-Seigneur a voulu placer la Vierge Marie et les saintes femmes auprès de son église naissante. Le monastère des Bénédictins vit donc, du vivant de saint Benoît, s’élever un monastère de Bénédictines, comme saint Augustin avait vu un monastère d’Augustines, comme saint François verra avec sainte Claire les Franciscaines, et ainsi dans tous les siècles jusqu’à saint Vincent de Paul et à nos jours. Nous insistons sur ce fait avant de parler de sainte Scholastique, car sa vie est peu connue, et l’une des marques de sa sainteté est le choix que Dieu fit d’elle pour être la mère de la grande famille des Bénédictines.

Sainte Scholastique, de la noble race des Anicius, était la sœur de saint Benoît. Ces enfants, nés le même jour, s’aimaient comme s’aiment souvent les jumeaux, avec la passion de l’amour fraternel, et leur destinée devait être liée comme il arrive souvent aussi à ceux auxquels Dieu a donné une même naissance. Elle se consacra à Dieu comme Benoît, et plusieurs historiens pensent qu’elle le fit la première et lui donna l’exemple, avant de se ranger sous sa règle.

Quand son frère répandait l’éclat de la vie monastique dans le monde, et que tous venaient lui demander les leçons de la perfection, elle se présenta, à la suite de tant de disciples, au Mont-Cassin, et sollicita une direction pour elle et ses filles. Mais Benoît ferma la porte du monastère à sa sœur, une loi inviolable interdisant ce seuil à toute femme, et il lui fixa une solitude au fond d’une vallée proche de la sainte montagne. Là, il la dirigea de loin, ainsi que les religieuses d’autres monastères qui se regroupèrent autour de celui de Scholastique. Benoît ne consentait à voir sa sœur qu’une fois par an, avant le Carême (1), et alors la sainte sortait de son cloître, et le frère, de son côté, allait au-devant d’elle ; ils se rejoignaient sur le flanc de la montagne, et l’on voit encore le petit sanctuaire érigé, croit-on, sur les ruines de la chaumière où saint Benoît et sainte Scholastique eurent le suprême entretien que nous allons raconter.

Au 9 février 543, dès le matin, Benoît était donc descendu vers Scholastique comme les années précédentes avec les moines qui accompagnaient toujours leur abbé ; c’était la quatorzième et dernière année de son séjour au Mont-Cassin, il était dans tout le rayonnement de sa gloire ici-bas. Le frère et la sœur s’entretinrent des choses de la sainteté, des vertus divines, des saintes aspirations de la patrie ; leurs contemplations réciproques fournissaient un sujet abondant de communications merveilleuses. Tout le jour se passa de la sorte. Le soir venu, les compagnons du saint et de la sainte leur proposèrent de rompre le jeûne, ils servirent au frère et à la sœur un repas frugal, qui n’interrompit pas les célestes entretiens dont Scholastique était surtout affamée. Jamais ces deux âmes n’avaient éprouvé plus de joie à parler de Dieu, et la nuit s’avançait ; or pendant qu’ils étaient encore à cette table qui avait été le prétexte de la prolongation de l’entretien, Scholastique dit à son frère :

- Je t’en prie, ne me quitte pas cette nuit, afin que nous puissions parler des joies de la patrie jusqu’à demain matin.

Elle sentait, la pieuse vierge, que l’heure d’y arriver approchait, et elle voulait se munir pour le voyage d’une provision de pensées pleines de foi et de sentiments pleins d’ardeurs.

- Que venez-vous me dire ! s’écria saint Benoît avec une sorte d’indignation. Impossible à moi de passer la nuit hors de ma cellule.

En ce moment la pureté du ciel était telle qu’il ne s’y pouvait découvrir le moindre nuage. La sainte religieuse, entendant les paroles de son frère, joignit les mains sur la table, les doigts entrecroisés, et, la tête entre ses mains, pria Dieu en s’inclinant. Elle versa un torrent de larmes. Le temps était fort serein : il n’y avait pas le moindre nuage dans l’air. Or, lorsqu’elle releva la tête, les éclairs brillaient tellement, le tonnerre retentissait avec un tel fracas, la pluie tombait à tels torrents, que ni le vénérable Benoît, ni les frères qui étaient avec lui ne purent songer à mettre le pied hors de leur retraite. La prière de Scholastique fut si promptement exaucée que le tonnerre grondait déjà quand elle releva la tête. La sainte, fait remarquer un pieux auteur, avait en inclinant la tête répandu sur la table des larmes abondantes qui avaient troublé la pureté de l’atmosphère et attiré cette violente pluie. Au milieu de ces éclairs, de la foudre, de l’épouvantable orage, l’homme de Dieu, voyant l’impossibilité absolue pour lui de rentrer au monastère :

- Qu’avez-vous fait ? dit-il à sa sœur, non sans quelque reproche ; que Dieu vous le pardonne !

- Je vous ai supplié, vous n’avez pas voulu m’écouter ; j’ai invoqué Notre-Seigneur Jésus-Christ, et voilà qu’il m’exauce ; maintenant sortez, si vous le pouvez. Renvoyez-moi et rentrez à votre monastère.

C’était bien impossible ; il n’avait pas voulu rester de bon gré, il resta par force. Et ce fut ainsi qu’ils passèrent toute la nuit à se soutenir et à s’encourager réciproquement. Saint Grégoire, qui a conservé ce récit, ajoute qu’il ne faut pas s’étonner si la volonté de la sœur fut plutôt exaucée que celle du frère, parce que, des deux, c’est la sœur qui avait prié avec le plus d’amour, et qu’auprès de Dieu plus on aime plus on est puissant.

Le lendemain la pieuse vierge retourna à son couvent, et Benoît à son monastère ; mais le troisième jour l’homme de Dieu, élevant dans sa cellule les yeux en haut, vit l’âme de sa sœur s’élever dans les airs sous la forme d’une colombe et se perdre dans la profondeur du ciel. Ce que voyant le bienheureux Benoît, il se prosterna en terre et supplia le Tout-Puissant de protéger par la vertu de sa droite l’âme de cette sœur aimée et de lui faire franchir les légions de démons infernaux qui voudraient s’opposer à son passage, et ces supplications furent exaucées, et Dieu accorda l’éternel repos à cette âme pour qui Benoît avait tant prié. Consolé par ce qu’il avait vu, saint Benoît se leva et, pour remercier Dieu de la gloire accordée à Scholastique, il chanta plusieurs hymnes d’actions de grâces, et annonça à ses frères le trépas de cette très douce sœur !... Il les envoya ensuite au couvent où la vierge avait rendu le dernier soupir, afin qu’ils rapportassent son corps dans le tombeau qu’il s’était préparé. Or les sœurs qui avaient assisté à ces derniers moments, voyant comme un certain éclat de gloire jaillir de son corps, tombèrent la face contre terre et avec d’abondantes larmes la conjurèrent de demander à Notre Seigneur qu’elles pussent un jour la suivre là où elle les avait précédées.

Leur première douleur passée, elles enveloppèrent dans des linges très blancs avec des aromates précieux le corps de la vierge, qu’elles déposèrent dans le cercueil, et pendant trois nuits elles célèbrent ses funérailles avec des chants mêlés à leurs sanglots.

Les frères du monastère de saint Benoît vinrent en grand nombre et pleurèrent à leur tour le passage de la vierge Scholastique ; et, de concert avec les sœurs, ils disaient :

« Hélas ! hélas ! vénérable mère et maîtresse chérie, comment nous avez-vous quittés tout à coup ! A qui nous remettez-vous ? Priez Notre-Seigneur Jésus, vers qui vous allez, ô âme très sainte. Votre vie a été douce, douce votre société, doux votre trépas ; tout a été très suave en vous ».

Les cérémonies terminées, le corps de Scholastique fut porté au Mont-Cassin. Saint Benoît le reçut et le fit déposer lui-même en son propre tombeau. Et c’est ainsi que Scholastique l’emporta encore en cette circonstance, et franchit le seuil dont Benoît l’avait autrefois interdit à jamais le passage. Or, tandis que les frères pleuraient, le bienheureux Benoît les consolait en ces termes :

« Ne pleurez pas, mes frères bien-aimés, c’est assurément par l’ordre de Dieu qu’elle nous a précédés, afin de pouvoir nous venir au secours contre tous les efforts du démon et nous aider à demeurer parfaits en toutes choses ».

Cette mort de sa sœur fut pour saint Benoît le signal du départ, car ceux qui avaient été unis dans la naissance devaient l’être dans la mort. Benoît fut saisi aussitôt d’une fièvre ardente qui ne le quitta plus. Il avait cette année même annoncé sa mort à plusieurs de ses compagnons, et il est vraisemblable qu’il n’avait point caché ce secret à Scholastique ; c’est pourquoi elle le retenait les jours précédents avec tant d’ardeur. En ouvrant son tombeau pour sa sœur, Benoît l’ouvrait pour lui-même ; il vécut encore 40 jours, et quand le 41è jour fut arrivé, il se fit porter à l’église, reçut le corps et le sang de Notre-Seigneur, puis, appuyant ses bras défaillants sur les bras de ses disciples, il se tint les mains élevés vers le ciel et mourut debout au milieu de sa prière et de la prière des siens. Il avait 63 ans, c’était le 21 mars 543. Le même jour, deux moines, disciples de saint Benoît, eurent la même vision. L’un se trouvait au Mont-Cassin ; l’autre saint Maur se dirigeait vers la partie occidentale des Gaules, pour y porter la règle de son bienheureux Père et fonder au sein de notre pays de nombreux monastères. Saint Benoît en l’envoyant lui avait prophétisé que le Mont-Cassin serait ruiné et l’avait assuré que sa dépouille mortelle viendrait alors reposer dans les contrées lointaines où il se rendait. Or, à l’instant même où l’âme du glorieux patriarche se détachait de son corps, le moine du Mont-Cassin et saint Maur virent une multitude d’étoiles former comme un chemin lumineux qui s’étendait vers l’Orient depuis le Mont-Cassin jusqu’au ciel, et ils entendirent une voix qui leur dit : « Cette route lumineuse est celle par où Benoît, le bien-aimé du Seigneur, est monté au séjour de la gloire » (S. Grég. II, 37).

On le plaça dans le tombeau où Scholastique venait de le précéder. Ce tombeau était situé dans l’oratoire de Jean-Baptiste, sur l’emplacement de l’autel d’Apollon que saint Benoît avait renversé en prenant possession de la Montagne. Les Lombards détruisirent bientôt (530) le Mont-Cassin, selon la prophétie de Benoît, et le double tombeau, demeura sans honneur au milieu des décombres. Saint Mummol, abbé de l’abbaye bénédictine de Fleury sur les bords de la Loire, proposa à Aigulfe d’aller en Italie chercher le corps de saint Benoît. Aigulfe était un jeune seigneur franc qui venait de renoncer au monde et de se faire moine, en attendant qu’il devienne saint et martyr ; il accueillit la proposition avec enthousiasme et se disposait à partir, lorsque des religieux du Mans arrivèrent demandant l’hospitalité.

- Nous allons, dirent-ils, au Mont-Cassin, poussés par une vision céleste, afin d’y chercher le corps de sainte Scholastique.

Ils partirent ensemble, mais, arrivés à Rome, les manceaux voulurent visiter la ville, tandis qu’Aigulfe plein d’ardeur refusait d’attendre et arrivait seul sur les ruines de la sainte montagne. Là rien ne put lui révéler la place du tombeau de Benoît et de Scholastique ; alors il pleura amèrement. Un vieillard se présenta à lui, le rassura : « Aux approches de la nuit, lui dit-il, restez attentif, vous apercevrez dans les ténèbres un jet de vive et de blanche lumière. C’est là que vous trouverez ».

Le jeune religieux attendit la vision, la lumière brilla, et aussitôt cette nuit même, il recueillit dans une même corbeille les précieux ossements de S. Benoît et de Ste Scholastique renfermés au même tombeau. Le matin il s’enfuyait avec le trésor, lorsqu’il rencontra les Manceaux qui arrivaient : « Il est trop tard, dit-il, les ossements sont mêlés, et puis on va nous poursuivre, nous séparerons les os des deux saints à Fleury ».

Ils traversèrent les Alpes au milieu de mille périls, poursuivis par des soldats armés, car le pieux larcin avait été vite connu. On arriva à Fleury en juin 655 ; le voyage avait été un triomphe perpétuel, pendant lequel les reliques du frère et de la sœur n’avaient cessé d’opérer prodiges et miracles. Cependant une députation de la ville du Mans réclamait le corps de sainte Scholastique, et Aigulfe essaya vainement d’éluder la requête ; il fallut céder à la vivacité de leurs instances.

Comment discerner les os ? On pria toute la nuit, et le matin deux pauvres familles du voisinage arrivaient à l’église présentant, pour y être inhumés, les cercueils d’un petit garçon et d’une petite fille. Cette circonstance était providentielle. Le corps inanimé du petit garçon fut déposé sur les grands ossements, à peine les eut-il touchés qu’il ressuscita ; le corps de la petite fille, approché des moindres ossements, fut également rendu à la vie.

Des acclamations immenses accueillent la nouvelle de cette double résurrection ; aucune preuve plus convaincante ne pouvait être recherchée. Les députés du Mans séparèrent donc la sœur du frère, et leur évêque, saint Bérar, fit construire, entre les remparts de la ville et la rivière, une église et une communauté de vierges, pour recevoir la relique.

Depuis lors, Benoît et Scholastique, l’un à Fleury, qui s’appela Saint-Benoît-sur-Loire, et l’autre au Mans, reposent sur le territoire de France et en sont devenus les protecteurs.

Leurs tombeaux furent le lieu d’innombrables pèlerinages et d’incomparables miracles.

--- Note --------------------------------

(1) On peut le supposer d’après la date du dernier entretien qui nous a été conservée par Grégoire le Grand.

Source : http://viedessaints.free.fr/vds/scholastique.html

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6 février 2020 4 06 /02 /février /2020 18:17

Sœur Marie de la Providence

La bienheureuse Eugénie Smet ou sœur Marie de la Providence naît à Lille le 25 mars 1825 dans une famille profondément chrétienne. Sa foi en la fidélité de Dieu grandit très tôt, ce qui lui donnera la persévérance dans les nombreuses épreuves qu’elle rencontrera.

Après dix ans de vie apostolique à Loos-les-Lille, elle découvre à la Toussaint 1853 sa mission au sein de l’Église au service de la Providence divine.

Inspirée par le saint curé…

Devant les difficultés à fonder une congrégation répondant à son intuition spirituelle, elle demande à son amie Henriette Waymel qui doit se rendre à Ars en août 1855, d’interroger le Curé d’Ars sur ce laborieux projet.

La réponse ne tarde pas : « Dites-lui qu’elle établira un ordre pour les âmes du purgatoire quand elle le voudra ».

Deux mois plus tard, même confirmation par l’intermédiaire de l’abbé Toccanier : « Le curé pense que c’est Dieu qui vous a donné l’idée d’un si sublime dévouement ».

Arrivée à Paris en janvier 1856, elle se décide à fonder l’Institut des Auxiliatrices des âmes du Purgatoire avec la double finalité « d’aider à tout bien quel qu’il soit » et « d’aller des profondeurs du Purgatoire jusqu’aux dernières limites de la terre ».

Les adversités se poursuivant, elle reste en contact avec le saint Curé qui ne cessera de prier pour elle et de l’exhorter. « Les croix que vous avez, lui fait-il dire, sont des fleurs qui bientôt donneront leur fruit. Cette communauté ne peut manquer de réussir… Si Dieu est pour vous, qui sera contre vous ?… Une maison qui s’élève sur la croix ne craindra plus l’orage ni la pluie : c’est le sceau divin ».

Quand elle oriente sa congrégation vers l’éducation chrétienne des enfants, elle reçoit à nouveau des encouragements d’Ars : « Vous réalisez ainsi dans sa plénitude l’esprit de Jésus-Christ, en soulageant en même temps ses membres souffrants sur la terre et dans le purgatoire ».

En 1859, marquée par sa scolarité au Sacré-Cœur de Lille, elle adopte pour son institut les règles et les constitutions de la Compagnie de Jésus.

Sans jamais l’avoir rencontré

Après la mort du Saint Curé, l’œuvre se poursuit et s’étend. En 1863, elle fonde une maison à Nantes ; le 4 août 1867 – anniversaire de la mort du Saint – elle reçoit un appel pour la mission en Chine ; en 1869, elle fonde à Bruxelles. Elle meurt âgée de 45 ans à Paris le 7 février 1871, quarante jours avant la terrible insurrection de la Commune.

En 1957, Pie XII la béatifie en disant d’elle : « Que la charité envers les âmes souffrantes s’unisse intimement chez Eugénie Smet à l’apostolat le plus concret, le plus actif, le plus universel, voilà sans aucun doute un trait saillant de sa physionomie spirituelle et le cachet particulier que Dieu voulut lui donner ».

Ce charisme de fondatrice, elle l’aura exercé sous l’influence incontestable du Curé d’Ars, sans jamais toutefois le rencontrer ! Nouvelle et touchante expression de la communion des saints dans sa vie. Communion qui a pour source la Charité du Christ Lui-même : c’est elle qui unit les saints. Elle est fêtée le 7 février.

Source : http://www.arsnet.org Extrait des Annales d’Ars n° 337 [mars-avril 2012].

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 17:25
Le Samouraï du Christ

En ce mois missionnaire extraordinaire, j'aimerai vous faire découvrir la vie du Bienheureux Justo Takayama Ukon surnommé le Samouraï du Christ (高山右近).

Ce 7 février, la petite Église catholique du Japon – petite au sens où elle rassemble à peine un pour cent des 127 millions d’habitants de ce pays – avait fait les choses en grand : le principal centre de concerts d’Osaka, la ville dont était proche certains des fiefs de Takayama Ukon, avait été loué et aménagé pour l’occasion. En présence du cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, les évêques japonais ont célébré la messe de béatification de Juste Takayama Ukon, important daimyo qui avait préféré abandonner richesse et statut social pour conserver sa foi chrétienne. Premier japonais à être béatifié individuellement, il rejoint les 395 autres bienheureux martyrs du Japon, béatifiés par groupes, ainsi que 42 saints.

Dans son message en tant qu’envoyé du pape François pour cette cérémonie, le cardinal Amato a notamment mis en avant « le zèle missionnaire » dont avait preuve Takayama Ukon, qui avait permis et financé la construction de trois séminaires pour la formation des prêtres, à Azuchi, Takatsuki et Osaka. Des séminaires où seront formés des séminaristes dont beaucoup seront par la suite martyrisés, à l’image du jésuite Paul Miki, qui fut l’un des vingt-six chrétiens, prêtres et laïcs, missionnaires et prêtres japonais, hommes et femmes, enfants et adultes, crucifiés à Nagasaki le 5 février 1597. Béatifiés en 1627, canonisés par Pie IX en 1862, saint Paul Miki et ses compagnons sont célébrés par l’Église le 6 février de chaque année.

Dans le document publié par l’épiscopat japonais pour accompagner la béatification de Juste Takayama Ukon, on peut lire que ce dernier « fut souvent placé dans des situations où il a eu à poser des choix de vie aussi décisifs qu’importants pour lui et les siens ». Ayant préféré abandonner son rang plutôt que de renoncer à sa foi, « Ukon s’est, à travers les choix pris à chacun des moments-clefs de son existence, appauvri aux yeux du monde. Mais, à chaque fois, son cœur s’enrichissait. La dégringolade sociale empruntée par Ukon a été un chemin de Croix, le chemin du Christ. Sur ce chemin, chacun peut rencontrer Dieu, qui nous attend. C’est là que l’on rencontre l’espérance sur laquelle chacun peut s’appuyer, parce qu’en tant que chrétiens, nous savons que Dieu s’est abaissé lui-même et a choisi de se faire pauvre pour sauver l’humanité ».

L’annonce de la béatification du Juste Takayama Ukon avait été communiquée le 21 janvier dernier par le pape François, dont on sait que, jeune jésuite, il aurait aimé partir missionnaire au Japon. Cette annonce était l’aboutissement d’une décision de la Conférence des évêques catholiques du Japon qui remonte à 1930, d’introduire à Rome le dossier de béatification de Takayama Ukon. Reprise à la fin de la guerre en 1946, elle fut relancée en mai 1963, deux ans avant la commémoration du 350e anniversaire de sa mort. Elle fut officiellement reprise en 1965, l’année de la clôture du concile Vatican II, car cette demande avait une valeur particulière pour l’Église du Japon du fait que jusqu’alors les martyrs japonais avaient été reconnus en groupe : les 26 martyrs de Nagasaki mis à mort le 25 février 1597 et canonisés en 1862 et 205 autres martyrs, morts entre 1617 et 1632 et béatifiés par Pie IX en 1867 (sans omettre les 188 martyrs morts entre 1603 et 1639 et béatifiés par Jean-Paul II le 20 novembre 2008).

Selon Mgr Kikuchi, évêque de Niigata, « Ukon n’a pas été mis à mort comme on pu l’être les autres martyrs du Japon. Nombreux sont les catholiques japonais aujourd’hui à penser que le martyre n’a rien à voir avec leur vie dans le Japon contemporain car ils ne risquent pas d’être mis à mort au nom de leur foi en Christ. Mais ce que nous dit la vie d’Ukon, c’est que la mort ‘in odium fidei’ n’est pas la seule voie vers le martyre : une vie de martyr, c’est aussi une vie par laquelle on donne tout à Dieu, on renonce à tout pour l’amour de Dieu ».

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de la Conférence épiscopale du Japon, présidée par Mgr Okada Takeo, archevêque de Tokyo, publié en janvier 2016 afin de présenter les raisons qui font de Juste Takayama Ukon un modèle pour les chrétiens d’aujourd’hui.

L’exemple de Juste Takayama Ukon

« Juste Ukon est né et a été élevé dans le monde de ces généraux des royaumes combattants cherchant à obtenir prospérité, pouvoir et gloire, il y découvrit la foi chrétienne et comprit que ces aspirations pour être éphémères ne duraient qu’un temps. Lui qui était censé devenir un daimyô influent, se lassa vite de cette course au pouvoir et choisit résolument le chemin de la foi en quoi réside le véritable bonheur de l’homme.

Statue de Takayama Ukon dans le jardin de l’église de Takatsuki, à proximité d’Osaka. (DR)

Sa vie n’a été qu’une succession d’épreuves qui lui ont fait perdre sa position et son honneur pour mener une vie errante et aboutir à l’exil. C’est le bonheur d’être aimé de Dieu seul qui lui a permis de survivre, mettant en Dieu sa foi. C’est le témoignage d’une vie donnée qui permet de comprendre qu’il vaut la peine de croire.

À l’époque contemporaine, régie par une échelle de valeurs relatives, il est difficile de vivre en allant jusqu’au bout de ses convictions. En cette période où il est possible de choisir des façons de vivre très variées, où on répartit les gens entre ceux qui ont talents, connaissances, efficacité, rendement ou des résultats, et ceux qui n’en ont pas, Ukon lui, croit que le salut dépend de la foi en l’évangile de Jésus Christ.

Vie de Juste Takayama Ukon

François Xavier arrive au Japon en 1549, trois ans avant la naissance de Juste Ukon Takayama. L’existence de ce dernier a pour toile de fond l’époque que les historiens appellent sengoku jidai, période des royaumes combattants (1468-1573), où l’empereur et le shôgun, établis à Kyoto, ne parvenant pas à faire respecter un pouvoir central, les princes féodaux daimyôs mènent entre eux des guerres civiles impitoyables.

Grâce à la rencontre avec des missionnaires jésuites, en 1564, Dario Hida no Kami Takayama se convertit au catholicisme, et son fils, Ukon, baptisé à l’âge de 12 ans, reçoit le nom de Juste. Devenu adulte, Ukon est connu comme un seigneur féodal typique, vassal actif et éprouvé de Nobunaga Oda (1534-1582), lequel est parvenu à soumettre à son seul pouvoir la partie centrale du pays à la suite de longues guerres civiles qui se sont poursuivies sous le règne de Hideyoshi, son successeur.

Ces deux shôguns ont été les artisans des mouvements majeurs qui ont conduit à l’unification du Japon en concentrant dans leurs mains tout le pouvoir. Avec son père, Juste combat âprement pour sécuriser leur position de daimyôs [un titre que l’on pourrait comparer à celui de comte - NdT] sur le pays de Settsu et la ville fortifiée de Takatsuki qui contrôlait les routes de la capitale vers le Sud. En 1573, son père lui confie le commandement de Takatsuki ; il est alors âgé d’à peine 21 ans. Ukon a révélé son talent dans l’architecture et l’administration de son fief, il fut le maître de mesure dans la construction du séminaire d’Azuchi. Durant leur gouvernement de la région de Takatsuki, ils mettent en place leur politique en tant que daimyôs kirishitan (chrétiens) et beaucoup de leurs proches et de leurs sujets se convertirent au christianisme.

Les annales de l’époque prouvent le succès du zèle de Juste Ukon. On y lit que la fête de Pâques de l’an 1581 fut célébrée à Takatsuki avec une pompe extraordinaire : plus de 15 000 chrétiens y assistèrent et cinq missionnaires y prirent part. La messe chantée fut suivie d’une procession solennelle.

À la mort de Nobunaga, en 1582, le Japon se trouvait à la merci de qui aurait l’audace de s’en rendre maître. Hideyoshi, commandant en chef de l’expédition contre Mori, s’empressa de faire la paix, et accourut à Kyoto, où il eut tôt fait de saisir le pouvoir. Juste Takayama combattit vaillamment à la bataille de Yamazaki en 1582, puis à celle de Shizugatake en 1583, commandant des troupes à l’avant-garde d’Hideyoshi ; il aida Akechi Mitsuhide à défaire l’armée adverse. Ukon continua de servir Hideyoshi lors de l’invasion de l’île de Shikoku (1584) et, en 1585, Hideyoshi le récompensa en lui confiant le fief d’Akashi (60 000 koku (1)), du pays de Harima, non loin et à l’ouest de l’actuelle Kobe.

Cependant, bien que Hideyoshi ait précédemment montré de la compréhension envers la religion catholique, il fit soudain volte-face dans sa politique religieuse, et promulgua en 1587, l’édit d’expulsion des missionnaires et l’interdiction du christianisme, détruisant des églises à Kyoto et Osaka et pressant les seigneurs féodaux chrétiens de renoncer à leur foi. Refusant d’abjurer sa foi, Ukon est privé de son rang et de son fief d’Akashi ; banni, il mène une vie de vagabond.

Après avoir trouvé refuge auprès du daimyô chrétien Agostino Konishi Yukinaga sur l’île de Shôdô, puis à Kumamoto, il fut recueilli par le daimyô Maeda Toshiie dans son fief de Kaga. Juste Ukon, devenu un des sept disciples du maître de thé Sen Rikkyû, se consacra désormais à l’art de la cérémonie du thé, où il forma de nombreux disciples chrétiens parmi les samouraïs.

Après la mort de Hideyoshi, en 1598, la famille Tokugawa a pris le contrôle de l’ensemble du pays et a établi un gouvernement militaire, le shôgunat, à Edo (Tokyo actuel). Les shôguns ont poursuivi une politique d’interdiction du christianisme. En novembre 1614, craignant l’influence d’Ukon, le shôgunat chassa Juste Ukon de Nagasaki pour l’exiler aux Philippines avec 300 autres chrétiens.

Ils reçurent à Manille un accueil enthousiaste, mais peu après son arrivée, Juste Ukon, tombé brutalement malade, meurt à Manille durant la nuit du 3 février 1615, environ 40 jours après son arrivée. Le gouvernement espagnol lui donne une sépulture chrétienne avec les honneurs militaires dus à un daimyo. Il est le premier daimyo à être enterré aux Philippines ».

 

 

 

Pour aller plus loin, on peut signaler ici la toute récente parution aux éditions du Cerf de La croix et l’épée, traduction française de l’ouvrage de Kaga Otohiko : Takayama Ukon, le récit de sa vie. Converti au catholicisme sous l’influence du romancier catholique Endô Shusaku, Kaga Otohiko compte parmi les grands écrivains japonais ; La croix et l’épée est son premier ouvrage traduit en français.

 

 

 

 

 

 

Note

(1) Un koku () est une unité de mesure du Japon ancien. Elle représente la quantité de riz mangée par un Japonais en un an : 180,39 l de riz. Initialement, cette unité de mesure correspondait à 278,3 l. Un koku de riz pèse environ 150 kg. C’est en 1891 qu’une unité plus petite de koku a été définie. Par extension, le koku permettait de mesurer la richesse des seigneurs qui cherchaient à étendre leurs terres et leur pouvoir. On utilisait également le koku comme unité de mesure de volume (par exemple pour la quantité de marchandises qu’un bateau pouvait emporter).

À la fin de l’Epoque Edo (1600-1868), le Japon compte 256 fiefs dont les richesses vont de 10 000 à un million de koku. Le shogun prélève aux alentours de 6 millions de koku sur une production nationale de d’environ 256 millions. (source : wikipedia).

Source : http://eglasie.mepasie.org

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 18:00

alojs_andricki.jpg

Alois Andritzki est le fils d'un couple d'enseignants, Madeleine et Jean Andritzki. Il avait deux sœurs et trois frères. Ses trois frères ont également étudié la théologie. Le plus jeune frère Alphonse, qui était jésuite, a été tué lors de combats durant la Seconde Guerre mondiale. Alois Andritzki a fréquenté l'école primaire à Radibor, puis l'école secondaire catholique de Bautzen. De 1934 à 1938, il étudie la philosophie et la théologie à Paderborn. Après avoir obtenu son diplôme, il a vécu au séminaire du diocèse de Meissen.

Le 30 Juillet 1939, il est ordonné prêtre à la cathédrale Saint-Pierre de Bautzen ordonné prêtre. Il a célébré sa première messe le 6 août 1939 dans sa ville natale de Radibor. Il a été chapelain à la cathédrale de Dresde. Là, il s'est vu confier des responsabilités pastorales auprès des jeunes.

Andritzki352.jpgAlois Andritzki a indisposé le parti nazi et les autorités à cause de sa sincérité personnelle et de son attitude négative à l'égard de l'idéologie nazie. Il est probablement devenu suspect aux yeux des représentants de l'idéologie raciale pour son appartenance au peuple sorabe (minorité slave). Lors de conférences et de réunions, il a dénoncé la persécution des prêtres et des croyants par les nazis et a critiqué les écrits de l'idéologue nazi Alfred Rosenberg. Après avoir d'abord essayé de l'intimider, la Gestapo l'a arrêté le 21 janvier 1941 pour subir des interrogatoires, et être placé en détention préventive le 7 février 1941, à la prison de Dresde. Il est condamné par un tribunal spécial en juillet 1941, pour des « attaques vicieuses sur le gouvernement et le parti » ("Loi sur la Trahison") à une peine de prison de six mois. Ayant refusé de coopérer avec les nazis, il a été ensuite interné dans le camp de concentration de Dachau, le 2 octobre 1941. Là, il a été emprisonné avec le clergé d'autres dans le « bloc de prêtre ». Il portait le numéro 27829.

Durant sa détention, Alois Andritzki s'est efforcé, malgré les mauvaises conditions de détention, d'adopter une attitude et un mode de vie appropriés à son sacerdoce. Avec d'autres prêtres, il étudie la Bible régulièrement et suit le cycle liturgique. En décembre 1942, la fièvre se déclare parmi les détenus souffrant de malnutrition et de mauvaises conditions sanitaires. Peu de temps après Noël 1942, Alois Andritzki est malade. Il ne sera admis à l'infirmerie que le 19 janvier 1943. Là, il séjournait avec le prêtre Hermann Scheipers dans les quartiers réservés aux patients souffrant de fièvre typhoïde. Il a été exécuté par une injection létale le 3 février 1943.

L'urne contenant les cendres du prêtre assassiné a été envoyée à la famille. Il a été placé le 15 avril 1943 à Dresde dans le cimetière catholique de la Friedrichstrasse. Le 5 février 2011, elle a été transférée solennellement, en présence de milliers de fidèles à la cathédrale de Dresde. Il a été béatifié le 13 juin 2011 à Dresde en Allemagne. Il est fêté le 3 février.

Source : Wikipédia

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 20:00

La véritable origine du prénom Ella est relativement ambigüe. Il serait issu du terme hébreu « El-Yah » se traduisant par « Seigneur-Dieu ». Il s’agirait aussi d’un diminutif du prénom Ellie. L’autre étymologie d’Ella serait « immanouel », mot hébreu signifiant « Dieu est avec nous ». Il serait dans ce cas un diminutif du prénom Emmanuelle. Dans la langue grecque, la signification du prénom Ella est « éclat du soleil ».

Les Ella sont fêtées le 1er février en l’honneur de Sainte Ella qui vécut au XIIIe siècle. Elle épousa Guillaume Longespée (prince) frère de Richard cœur de Lion, au XIIIème siècle. Lors d'une tempête, sur le navire qui le ramène de croisade de Terre Sainte, il croit voir Ella soutenir de ses mains le grand mât que le vent menace de briser. Persuadé qu'il a été sauvé par sa femme Ella, il décide de ne plus la tromper. Veuve en 1226, Ella fonda un monastère de sœurs augustines et en devint la première abbesse. Elle fit honneur à ce monastère durant plus de 30 ans avant de mourir en 1261.

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