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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 19:14

Chers frères et sœurs, au seuil de cette grande semaine pascale, durant laquelle nous allons commémorer la Bienheureuse Passion de Jésus, il nous sera particulièrement profitable, de méditer quelques instants sur le mystère si bouleversant de la Compassion de Marie.

Nous nous mettrons ainsi à l’école de Celle qui, sans avoir été martyrisée dans son Corps a été tellement suppliciée en son Cœur, qu’Elle a mérité les titres de Reine des martyrs et de Co-rédemptrice du genre humain, ce qui lui confère, si j’ose dire, une compétence hors pair pour nous apprendre à être nous aussi (toutes proportions gardées) des corédempteurs.

Contemplons donc Marie qui, au pied de la Croix, est parvenue au paroxysme de la souffrance et tachons de découvrir les dispositions qui ont accompagné son martyr intérieur.

Je crois qu’on peut dire que ces dispositions s’expriment dans son regard, surtout le regard de son âme pleinement illuminée par la Foi.

Depuis le premier instant de son existence, depuis son Immaculée Conception, la Vierge « pleine de grâce », est « toute relative à Dieu », selon l’expression de Saint Louis Marie Grignion de Montfort.

Marie peut dire en toute vérité et bien mieux que le psalmiste :

« Mon regard est sans cesse sur le Seigneur ».

Dans tous les évènements, dans tous les mystères de sa vie, Celle qui est le Modèle sublime des contemplatifs, porte sur Dieu un regard d’adoration et d’amour. C’est pourquoi, au pied de la Croix, la Mère des Douleurs, ne se regarde pas. Captivée par Dieu, Elle s’oublie, n’accordant aucune attention à Elle-même. Oh certes ! La souffrance qu’Elle ressent est indicible, mais pas un seul instant Elle ne se laisse dominer par les blessures faites à son Cœur. Marie, la Courageuse, la Femme Forte par Excellence, ne s’agite pas, allant de côté et d’autre pour clamer sa désolation et son malheur… Elle ne dit pas « voyez comme je souffre, c’est affreux, c’est odieux… » Marie ne se plaint pas et ne se plaindra à personne : Elle est là, debout, immobile, silencieuse et sereine… Ne prêtant aucune attention à ce qui se passe autour d’Elle : les gestes des bourreaux, les injures ou les paroles haineuses lancées à Jésus. La Mère du Condamné, le Cœur broyé de douleur, reste là toute « relative à Dieu ».

Dans sa Foi toute pure et son Amour brûlant, Elle contemple le Père des Cieux et son plan rédempteur, ne voulant pas autre chose que ce qu’il veut. Son Jésus Bien-Aimé, Elle le sait, doit souffrir et mourir ; il doit s’anéantir, s’immoler pour libérer les hommes du péché et leur rendre la vie divine. Si Elle a tenu à l’accompagner jusqu’au Calvaire, si Elle n’a pas craint de supporter le cruel spectacle du Crucifiement (et pour Jésus, c’est encore pire que pour les autres crucifiés, car son Corps tout entier à cause des mauvais traitements, de la flagellation et du couronnement d’épines est littéralement couvert de blessures et de plaies ruisselantes de sang), si Elle a voulu le fixer ainsi durant des heures de son regard si compatissant, ce n’est pas pour le soustraire à la souffrance et à la mort, mais pour l’offrir en Sacrifice.

« La Vierge contemplait avec Amour les plaies de son Fils, moins préoccupée de la mort de son Enfant que du Salut du Monde ».[1]

« Au Calvaire, vous auriez vu deux autels : le Corps du Christ et le Cœur de Marie, celui-ci immolant sa Chair, celle-là son Ame ».[2]

Voilà pourquoi Saint Jean précise bien que Marie est debout au pied de la Croix.

C’est pour bien montrer, qu’Elle est pleinement consciente de son rôle de Corédemptrice.

Elle sait fort bien depuis l’Annonciation et depuis la fameuse « Prophétie du Glaive », qu’Elle est la Nouvelle Eve, associée en toutes choses et jusqu’au bout au Nouvel Adam.

Dans une adhésion parfaite à la volonté du Père et dans une communion totale aux intentions et aux sentiments qui animent, en ces cruelles heures d’agonie, l’âme sacerdotale du Verbe Incarné, Marie accepte de mourir mystiquement dans son Cœur de Mère pour que nous ayons la vie, la merveilleuse vie divine des enfants de Dieu.

Chers frères et sœurs, en contemplant ainsi Marie au pied de la Croix, offrant au Père son Enfant Bien-Aimé et s’offrant avec Lui, nous découvrons que sa manière de souffrir est totalement dépendante de sa manière d’aimer. Si Elle est la première dans la souffrance (après le Christ bien sûr) c’est parce qu’Elle est la première dans l’Amour. Il y a là pour nous une précieuse leçon, qui nous est indispensable. Nous aussi, selon la mesure que Dieu établit dans sa Sagesse pour chacun et chacune d’entre nous, nous devons coopérer à l’œuvre du Salut, comme Marie et avec son aide, nous devons être des corédempteurs.

Personne, en effet, ne peut éviter la Croix et la Croix n’épargne personne. Ce à quoi il faut s’entraîner, c’est à bien la porter.

Dans sa souffrance, nous l’avons vu, Marie ne se regardait pas, mais de tout son Amour, Elle était tournée vers Dieu. Quand nous souffrons dans notre corps, dans notre sensibilité, dans nos affections, dans notre réputation – que sais-je – nous risquons d’être absorbés, dominés, écrasés par notre mal : nous y pensons sans cesse, nous en parlons à n’importe qui et très souvent…

Que nous sommes loin d’imiter la Vierge Douloureuse, toujours silencieuse et paisible.

De même, lorsque l’épreuve nous vient des hommes (méchancetés, médisances, calomnies, injustices, etc…) ne laissons pas bouillonner dans nos âmes des sentiments d’animosité, de rancœur, de vengeance.

Notre devoir, en ces heures crucifiantes, consiste à patienter, à pardonner, à aimer, autrement dit à imiter l’immense miséricorde dont Jésus et sa Mère ont fait preuve à la Croix, « Père pardonne-leur ».

Chaque fois, donc, que la souffrance nous visite, apprenons de Marie à bien diriger notre regard et à le fixer sur Dieu.

Ce qui nous y aidera puissamment, c’est de penser que toute épreuve, petite ou grande, est voulue ou permise par le Seigneur, pour notre plus grand profit spirituel.

Quand Dieu éprouve, c’est toujours, nous dit l’auteur de l’Epître aux Hébreux « afin de nous faire participer à sa Sainteté ».

C’est à cette bonté de Dieu qu’il faut toujours croire quand la souffrance quelle que soit sa forme s’abat sur nous.

Prions donc, très fort Notre Mère au Cœur Douloureux et Immaculé, pour qu’Elle nous apprenne à souffrir comme Elle (car, tous, nous en avons fait l’expérience) nous ne savons pas souffrir.

Et surtout n’allons pas croire que c’est pour moins souffrir que nous demandons le Secours Maternel de Marie : c’est pour mieux souffrir, c’est pour obtenir la force d’accepter et d’offrir.

Saint Louis Marie Grignion de Montfort nous dit :

« Que les plus fidèles serviteurs de la Sainte Vierge, étant ses plus grands favoris, reçoivent d’Elle les plus grandes faveurs et grâces du ciel qui sont les Croix ».

Mais, ajoute-t-il :

« Ce sont aussi les serviteurs de Marie qui portent ses Croix avec le plus de facilité, de mérite et de gloire ».

Chers frères et sœurs, à cause de sa présence sur le Calvaire et de sa participation aux souffrances du Sauveur, Marie, la Corédemptrice, a contribué d’une manière éminente au rachat de l’humanité.

Pensons que nous aussi, par notre souffrance, acceptée à la manière de Marie, assumée par le Christ, offerte à Dieu le Père, par Lui, avec Lui et en Lui, nous pouvons œuvrer d’une manière très efficace à la conversion et à la sanctification des âmes et hâter ainsi l’Avènement du Règne de Jésus dans le Monde.



[1] Saint Ambroise

[2] Auteur du Moyen-Âge

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:49

Chers frères et sœurs, de même que Saint Paul avait appelé Jésus le « Nouvel Adam » les auteurs spirituels des premiers siècles ont souvent donné à la Très Sainte Vierge le titre de « Nouvelle Eve ».

C’est, sans nul doute, pour marquer que son rôle dans le mystère de Notre Rédemption fut analogue à celui qu’a joué dans le grand drame de notre perte la première Eve, à côté du premier Adam.

Par une sorte de « revanche », Dieu s’est plu à modeler notre salut sur notre ruine.

Et si Dieu dans son infini Sagesse a voulu que Marie soit la généreuse collaboratrice de son Fils Bien-Aimé dans l’œuvre de notre salut, s’Il a voulu qu’Elle mérite ainsi le titre de Corédemptrice du genre humain, c’est pour qu’Elle puisse accomplir auprès de tous les hommes, une mission apostolique de premier plan en étant la Médiatrice Universelle, la Distributrice ou, comme dit Saint Bernard « l’Aqueduc » de toutes les grâces.

Autrement dit : si Jésus, agonisant sur la Croix, nous a donné à travers Jean, l’Apôtre fidèle, Celle qui était le secret de son Cœur, Marie, sa Mère Immaculée, c’est pour qu’Elle soit à tout jamais dans l’ordre surnaturel ce que fut la première Eve dans l’ordre naturel : la Mère des Vivants.

Marie, Mère des Vivants ! Comme ce titre lui convient à merveille !

N’est-elle pas en effet, la Mère spirituelle de tous les vivants de Dieu ?

Toutes les fois que nous méditons ce mystère, nous devrions, bien sûr exulter de joie et remercier le Seigneur de nous avoir confiés à une telle Mère, mais nous devrions aussi très loyalement en examinant notre âme nous poser cette question :

Marie est pour moi, une maman incomparable, mais moi, est-ce que je suis vraiment son enfant ou plutôt est-ce que je suis pour Marie ce qu’Elle désire par-dessus tout que je sois : un enfant vivant ?

Mais qu’est-ce que cela veut dire : être pour Marie, être pour Dieu un enfant vivant ?

C’est être tout simplement en état de grâce et avoir un amour passionné pour cet « état de grâce » qui est notre suprême richesse.

L’état de grâce, voilà une expression très importante, qu’on n’emploie pas beaucoup de nos jours en milieu chrétien, et c’est bien dommage !

Il ne sera peut-être pas inutile de rappeler brièvement, la merveilleuse réalité qu’elle recouvre. Par la grâce du Baptême, chacun de nous est devenu enfant de Dieu : il l’est, non par manière de parler, mais en réalité et selon la plus rigoureuse vérité.

De même que dans une famille humaine, l’enfant reçoit la vie de son père, de même dans l’Eglise, le chrétien reçoit par le Christ, la Vie Divine qui vient du Père.

Tant que nous n’avons pas renié notre Baptême par un péché mortel, nous vivons de la vie même de Dieu, nous participons à la nature divine.

C’est le mystère de la grâce sanctifiante qui comporte la présence de la Très Sainte Trinité dans l’âme.

Cette présence des Trois Personnes est réelle, et elle est permanente, nous faisant vivre intérieurement dans une lumière pleine d’amour.

Avec le Père, avec le Fils et avec le Saint-Esprit, nous pouvons entretenir de véritables relations d’amitié : Dieu jouit de notre âme et notre âme jouit de Dieu.

L’âme est déjà au ciel, la vie éternelle est déjà commencée, mais tant que nous sommes sur terre, cette merveilleuse réalité se vit dans la Foi : nous ne voyons rien et d’ordinaire nous ne sentons rien, nous ne goûtons rien au niveau de la sensibilité.

L’état de grâce, c’est la réalisation de la promesse de Jésus.

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, mon Père l’aimera et nous viendrons en lui  et nous ferons en lui notre demeure ».

Nous touchons là à ce qui est essentiel, à ce qui est l’essence même du Christianisme.

Nous ne serons donc pas étonnés si la Très Sainte Vierge, qui est une excellente catéchiste, ne manque aucune occasion de nous rappeler cette vérité fondamentale, (directement ou indirectement) au cours de ses apparitions.

Elle n’a pas d’autre ambition en effet que de fortifier en nous cette conviction : à savoir que pour chacun et chacune d’entre nous, l’unique nécessaire, c’est d’être des enfants vivants, des enfants qui possèdent en eux la vie divine et s’efforcent de la développer par la Foi, l’Espérance et l’Amour, jusqu’au jour où elle pourra s’épanouir pleinement dans les splendeurs de la Gloire Céleste.

Oh ! Comme Elle voudrait que nous comprenions que c’est pour cela, pour vivre à plein ce mystère de notre divinisation que nous avons été créés.

Que c’est pour nous mériter cela que Jésus s’est offert en Victime d’Amour sur l’Autel de la Croix.

Que c’est pour nous communiquer cela, qu’Il a fondé l’Eglise avec le Sacerdoce, les Sacrements et la Mission pour tous d’annoncer cette Bonne Nouvelle.

Chers frères et sœurs, cet état de grâce qui nous est révélé dans l’Evangile comme étant la valeur suprême, comporte des exigences très rudes.

La vie de la grâce, en effet, c’est ce trésor dont parle Jésus, dans une parabole, et qu’il faut acquérir à n’importe quel prix ou encore cette perle précieuse qu’il faut acheter, dut-on pour cela vendre tout ce que l’on a.

Oui, pour accueillir la vie divine, établir dans son âme, l’état de grâce et cultiver passionnément cet état de grâce, le chrétien doit être prêt à tous les sacrifices, s’il veut goûter la liberté véritable, celle des enfants de Dieu ; il doit avec détermination et courage briser toutes les chaînes, et même tous les fils, qui l’attachent aux choses d’en-bas et l’empêchent de se laisser aspirer vers les choses d’en-haut.

C’est la grande Loi du Renoncement qu’on juge si démodée en ce siècle matérialiste, où il n’est plus question que d’épanouissement personnel et de satisfaction de tous les désirs :

« Celui qui perd sa vie la gagne ».

« Si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il reste seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits… »

L’œuvre de vie divine ne peut s’accomplir qu’à travers la mort : pour pouvoir se remplir de Dieu, l’âme doit se vider peu à peu de tout ce qui n’est pas Dieu.

Seulement attention ! Lorsqu’avec le secours divin nous sommes parvenus à établir le règne de Dieu dans notre âme, autrement dit, lorsque nous pensons être parvenus à une certaine permanence de l’état de grâce parce que nous avons éliminé le péché mortel, soyons extrêmement vigilants. Ne désarmons à aucun prix.

Le chrétien, s’il veut rester vivant, s’il veut garder la présence des Trois Personnes Divines en son âme, et progresser dans son union avec la Bienheureuse Trinité, le chrétien doit être un combattant, un lutteur perpétuel. Car, il sait fort bien qu’il a affaire à un ennemi qui, lui, ne désarme jamais et ne s’avoue jamais vaincu.

Cet ennemi, c’est Satan, l’adversaire, lui qui n’a pas hésité (la Liturgie va nous le rappeler au début du Carême) à s’attaquer à Jésus Lui-même à la fin de sa retraite de quarante jours au désert.

Le disciple n’étant pas au-dessus du Maître, ne soyons pas étonnés de le rencontrer souvent dans nos vies, cet ennemi de nos âmes, aujourd’hui surtout où il se déchaîne plus que jamais, n’ayant qu’un seul objectif : établir le divorce entre l’homme et Dieu, vider les âmes de Dieu, de l’Amour de Dieu, de la vie de Dieu, dans l’espoir de les perdre éternellement.

Alors, soyons plus que jamais sur nos gardes. Si nous voulons maintenir et développer en nous cette vie, si merveilleuse de la grâce, qui est notre vraie vie, qui est le ciel anticipé, et si nous voulons obtenir pour le monde, les grâces nécessaires à sa conversion, menons contre Satan une guerre sans merci en nous servant de l’arme qui est assurément la plus efficace pour le vaincre, celle qu’il redoute le plus, le Très Saint Rosaire.

C’est avec cette « arme absolue » que la chrétienté inspirée et guidée par Marie, a livré et gagné au cours des siècles les grandes batailles de Dieu.

Plus que jamais dans ce combat des Derniers Temps où nous sommes tous engagés, Marie a besoin de notre fidélité au Rosaire, récité chaque jour avec humilité, confiance et persévérance, Elle en a besoin pour conduire de victoire en victoire la petite armée de ses Enfants jusqu’au jour où son Cœur Immaculé enfin triomphera.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:43

Chers frères et sœurs, dans l’Evangile que l’Eglise proclame à la Messe de l’Epiphanie, Saint Matthieu fait une remarque particulièrement suggestive, que je vous propose comme point de départ de notre méditation :

« Entrant dans la maison, ils virent l’Enfant avec Marie, sa Mère ».

Il me semble que cette parole peut se commenter ainsi : nous ne pouvons contempler véritablement le prodigieux Mystère de l’Enfant-Dieu (c’est à dire le Mystère de l’Incarnation) sans fixer en même temps le regard de notre foi sur un autre mystère qui lui est intimement lié : celui par lequel Dieu a voulu précisément que se réalise la naissance en notre chair de son Fils Unique : le Mystère de la Maternité Divine de Marie.

Marie est la Mère de Dieu : ce titre prestigieux que depuis le Concile d’Ephèse, en 431, la Foi Catholique décerne à la Très Sainte Vierge, ne veut absolument pas dire que Marie est la Mère de la divinité : ce qui serait absurde.

Il ne veut pas dire que Marie a fait exister le Fils de Dieu.

Ce n’est pas Elle qui a donné à Jésus la nature divine : cette nature Il la tient de son Père de toute éternité.

Mais, Elle lui a donné ce que toute Mère donne à son enfant, c’est à dire un corps pour lequel Dieu crée une âme humaine. Marie n’a donné à Jésus que sa nature humaine.

Comment expliquer alors, qu’Elle soit Mère de Dieu ?

Pour entrer dans l’intelligence de ce mystère, il faut se rappeler ici qu’en Jésus la nature humaine et la nature divine appartiennent à une seule personne, celle du Verbe éternellement Fils de Dieu. Marie est la Mère de cette personne, car une femme est mère de la personne de son enfant et pas seulement du corps qui est physiquement engendré.

Elle est donc la Mère de la personne divine du Christ, par conséquent, Elle est « Mère de Dieu ». C’est dans cette fonction unique « d’engendreuse de Dieu » comme disent les chrétiens d’Orient, que réside l’incomparable grandeur de Marie, une grandeur qui l’exalte (nous disent les théologiens) « jusqu’aux confins même de la divinité » et qui l’établit dans une relation tout à fait privilégiée avec chacune des Trois Personnes Divines.

Il y a dans ce mystère si bouleversant de la Maternité Divine d’une humble femme de notre race, trois aspects principaux qu’il me paraît très important de mettre en lumière :  

Tout d’abord la Maternité Divine de Marie est virginale.

Cette vérité que l’Eglise a insérée dans le Symbole de la Foi repose sur trois textes évangéliques qui ne laissent subsister aucun doute.

La question que Marie pose à l’Ange Gabriel « comment cela se fera-t-il, je ne connais point d’homme » ce qui veut dire en clair : « je suis vierge » et « j’entends le rester ».

La réponse de l’Ange qui est tout à fait nette : « l’Esprit-Saint viendra sur Toi et la Puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre, c’est pourquoi l’Enfant sera Saint et il sera appelé Fils de Dieu ».

Et enfin la parole que l’Ange adresse à Joseph pour l’éclairer sur la situation de Marie : « Joseph ne crains pas de prendre chez toi, Marie ton épouse, car ce qui a été engendré en Elle vient de l’Esprit-Saint ».

La conception de Jésus s’est donc faite sans l’intervention d’un père selon la chair.

C’est une conception virginale que Dieu lui-même a réalisé miraculeusement.

Le vœu le plus profond de Marie, se trouve ainsi respecté.

L’Eglise vous le savez, a explicité ce mystère en affirmant que Marie est Vierge avant, pendant et après l’enfantement.

Deuxième aspect de la Maternité Divine de Marie.

C’est une Maternité volontaire et elle l’est de la façon la plus haute, la plus noble, la plus pure qui soit.

Ce qu’il importe de bien saisir, en effet, (et qu’on ne souligne peut-être pas assez) c’est que Dieu en voulant faire de Marie, la Mère du Verbe (Seconde Personne de la Sainte Trinité) a voulu qu’Elle le fût avec pleine intelligence, avec le consentement libre de sa volonté, en étant parfaitement consciente de tout ce que cela impliquait.

Il n’eût pas été digne de Dieu, en effet, d’imposer la Maternité Divine à Marie et de la prendre ainsi par surprise (comme certains semblent le croire).

Non, il n’eût pas été digne de Dieu de l’engager dans cette Maternité, sans qu’Elle ait accepté volontairement toutes les conséquences d’une pareille aventure.

Sans qu’Elle ait entrevu tout ce qui lui serait demandé… Plus particulièrement à l’heure de la Passion et de la Mort de son Fils.

Sans qu’Elle ait entrevu également tout ce qui lui serait demandé comme ouverture de son Cœur à tous ceux que le Christ venait sauver.

Sans qu’Elle ait entrevu, qu’Elle serait entraînée ainsi par cette Maternité à être la Mère Universelle, chargée de tous les pécheurs, de tous les hommes à sauver.

On ne tient pas assez compte, voyez-vous, du fait que Marie connaissait à fond les Livres Saints et qu’Elle avait par conséquent une intelligence particulièrement pénétrante de toutes les prophéties relatives au Messie.

Elle savait donc d’avance et par le détail ce que son Fils aurait à souffrir pour racheter l’humanité, puisque c’était révélé et avec quelle précision, avec quel réalisme, dans les poèmes du « serviteur souffrant » d’Isaïe et dans certains Psaumes.

Ceux qui pensent que Dieu aurait engagé Marie, sans lui donner des lumières suffisantes sur le sens de sa Maternité Divine et sur le rôle qu’Elle aurait à jouer aux côtés de son Fils, font preuve d’une méconnaissance inouïe du Cœur de Dieu, de la Noblesse de Dieu qui respecte la liberté de sa Créature.

C’est pourquoi, nous voyons par le récit de l’Annonciation, que Dieu envoie son Ange à Marie pour demander son acceptation et nous voyons que, selon l’ordre de Dieu, l’Ange donne bien à Marie toutes les explications qu’Elle peut attendre de manière à ce que son consentement exprimé par ces mots « qu’il me soit fait selon ta Parole », soit un Oui pleinement libre.

Et parce que Marie est la Vierge par excellence, n’agissant jamais autrement qu’en sa qualité de petite esclave du Seigneur, de toute consacrée à Dieu, on peut dire en toute vérité, qu’il n’y a rien de plus libre, rien de plus charitable, rien de plus surnaturel, donc, que l’humble et courageuse acceptation de sa Maternité Divine.

Troisième aspect de la Maternité Divine de Marie.

C’est la Maternité héroïque de la Corédemptrice, de Celle qui fut l’Associée de l’Homme-Dieu dans l’œuvre de notre salut : Nouvelle Eve, auprès du Nouvel Adam.

Marie, nous évoquions cela il y a un instant, a donné au Fils de Dieu, s’incarnant en Elle une nature humaine semblable à la nôtre (sauf le péché), c’est à dire une nature humaine sujette à la souffrance et à la mort.

Elle l’a fait au nom de l’humanité qui avait besoin d’un Rédempteur, au nom de l’humanité à sauver…

Mais comprenons-nous au moins un peu, ce que cela pouvait être pour Marie de donner ainsi au Fils de Dieu une nature dans laquelle Elle le savait destiné aux pires souffrances et à la mort la plus terrible qui soit ?

En lui donnant cette nature qui le rendait solidaire de nous, Elle avait clairement conscience qu’Elle l’engageait dans la dramatique aventure de la Rédemption Douloureuse, de la Rédemption par la Passion et la Mort sur la Croix.

En disant le Oui de l’Annonciation, Elle disait oui, certes, au plus grand des bienfaits de Dieu, mais Elle disait oui aussi, à la Passion et à la Mort de son Fils sur la Croix.

Elle lui donnait ce qu’il fallait pour qu’Il pût accomplir son douloureux sacrifice d’amour.

La Maternité Divine de Marie fut donc en même temps qu’un mystère de joie, un mystère extrêmement douloureux puisqu’Elle savait dans la Foi, avec certitude, que Jésus endurerait des souffrances sans commune mesure avec les pires souffrances qui peuvent atteindre tel ou tel homme en particulier, puisqu’Elle savait que Jésus connaîtrait des souffrances surpassant les souffrances de toute l’humanité prises dans leur ensemble, et qu’Il en souffrirait avec une intelligence et une humanité plus sensible que n’importe lequel des êtres humains ; puisqu’Elle savait en d’autres termes, qu’Elle formait « l’Homme des Douleurs », qu’Elle élevait l’Agneau sans Tache pour le Sacrifice.

Voilà pourquoi, frères et sœurs, Marie mérite pleinement l’appellation de Reine des Martyrs. Reine des Martyrs et Mère des Douleurs.

Oh ! Elle l’est non seulement au sommet du Calvaire, à l’heure où debout devant la Croix, Elle mêle ses larmes au sang de l’Agneau immolé…

Elle l’est aussi dans et par sa Maternité Divine, ayant accepté héroïquement au nom de tout le genre humain que le Fils de Dieu entre dans l’humanité pour la sauver, ayant accepté héroïquement d’être, du commencement à la fin, la fidèle collaboratrice du Rédempteur.

Telles sont, chers frères et sœurs, les trois grandes facettes de ce diamant surnaturel qu’est la Maternité Divine de Marie. Elles manifestent avec éclat son excellence et sa sublimité.

Puissions-nous en les contemplant avec Amour faire jaillir de nos cœurs des sentiments de louange, de très vive reconnaissance et d’absolue confiance à l’égard de cette Glorieuse Vierge Marie dont la Maternité Divine s’étend si parfaitement sur nous tous, qu’à la suite de Jésus notre Frère aîné, nous pouvons en toute vérité et avec toute la tendresse dont nous sommes capables, l’appeler MAMAN.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:39

Chers frères et sœurs, le 21 novembre, nous célébrons avec toute l’Eglise, la Présentation de la Vierge Marie au Temple.

La Liturgie veut ainsi attirer notre attention sur cette enfant privilégiée du Seigneur, qui, dans la majestueuse Maison de Dieu de Jérusalem se prépare dans l’Adoration, la Prière, la Méditation de l’Ecriture et une Offrande totale d’Elle-même, à son futur rôle de Mère du Rédempteur.

Toute petite, à l’âge de 3 ans, nous dit la tradition, Elle s’était avancée vers Dieu dans ce Temple qui était le Cœur de la vie spirituelle du peuple juif.

N’était-il pas normal, qu’Elle aille ainsi fixer sa demeure sur la colline de Sion, Elle qui était la « Vraie Cité Sainte », « la Jérusalem Nouvelle venue du Ciel d’auprès de Dieu » et dont l’autre, la ville de pierre n’était qu’une pâle figure ?

Ce qu’il importe de bien voir, en effet, frères et sœurs, c’est que la toute petite Marie, fille de Joachim et d’Anne, était sur la terre la parfaite demeure de Dieu.

Dieu lui-même l’avait construite avec un incomparable Amour, lorsqu’au moment de sa Conception, il avait par un privilège unique, uni aux premières cellules de son Corps, une âme immaculée, préservée de la tache originelle. Et, comme Elle lui était agréable cette demeure, comme il se complaisait en ce ciel sur la terre, qu’était le Cœur Immaculé de Marie, où il ne trouvait que la très vive flamme d’un merveilleux Amour, répondant à son indicible Amour de prédilection.

La grâce de l’Immaculée Conception, le Cœur Immaculé de Marie, c’est en cela, voyez-vous, que consiste en tout premier lieu, la Consécration de Marie.

Oui, c’est en raison de ce privilège inouï, qu’Elle est consacrée à Dieu, à la manière dont ont dit qu’un édifice ou un objet est consacré à Dieu, dans le sens « de mis à part », de « réservé » exclusivement au service de Dieu.

Oui, dès le premier instant de son existence, Marie est ainsi, toute à Dieu, propriété exclusive de Dieu, par cet amour de libre choix du Seigneur qui se la réserve entièrement, en l’envahissant de sa vie divine.

Nous ne contemplerons jamais assez, frères et sœurs, ce mystère de la Vierge, qui entre dans l’existence avec la plénitude de l’Amour divin, qui l’envahit et l’enveloppe en totale possession. Elle mérite donc pleinement le titre qu’on emploie assez souvent pour la désigner : « La Nouvelle Eve ».

La 1ère Eve, avait été créée dans la Grâce Divine, mais elle la perdit par sa faute.

Marie, par un triomphe de la Grâce Rédemptrice (agissant par anticipation) arrive aussi à l’existence toute habitée par la vie de Dieu, « pleine de Grâce » comme dira l’Ange Gabriel. Mais, cette Nouvelle Eve est incomparablement plus belle que la première par le degré de son union à Dieu.

Le mystère de la Présentation de Marie au Temple, doit donc nous rendre attentifs d’abord à cela : à savoir que l’Immaculée Conception, c’est la Consécration par Dieu Lui-même de Celle qui devait être digne de devenir la Mère de son Fils le Verbe Incarné, la Mère du Souverain Prêtre, du Consacré par Excellence

Marie, si nous la regardons sous cet aspect de la Grâce prodigieuse, qui fait d’Elle l’Immaculée Conception, n’est pas d’abord consacrée à Dieu par un mouvement de sa propre volonté…

Elle lui est consacrée par l’autorité de l’Amour divin qui se saisit de son Cœur et de tout son être (à la manière dont l’aigle se saisit de sa proie).

C’est Dieu qui s’empare de Marie, pour la réserver absolument à l’œuvre de l’Incarnation et de la Rédemption, cette œuvre sublime du salut des hommes, à laquelle il lui sera demandé de coopérer d’une façon unique, en qualité de Co-rédemptrice.

Il faut ajouter cependant, pour que soit exprimée toute la vérité, qu’aussitôt, de la volonté humaine de Marie en réponse à cette grâce qui l’a saisit et qui la consacre, qui l’établit dans la lumière de Dieu et la charité, aussitôt de sa volonté a jailli une Consécration libre, qui est une parfaite réponse d’Amour à l’Amour Miséricordieux qui l’a saisie.

Ce deuxième aspect, disons plus actif, de sa Consécration, qui est sa libre donation à Dieu (qui est, en fait, le premier « Totus Tuus », « Je suis toute à Toi », prononcé sur la terre), Marie l’a exprimé par un acte extérieur, un acte public, en se présentant au Temple de Jérusalem.

Nous comprenons mieux à partir de là, la perfection unique du Cœur Immaculé de Marie.

C’est un Cœur entièrement livré à l’Esprit d’Amour pour être totalement au Christ et par le Christ, à Dieu le Père.

Jamais rien ne fera écran entre le Cœur de la Vierge et le Seigneur son Dieu.

Jamais rien ne la retardera – ne fût ce qu’un instant – dans son mouvement d’avancée vers Dieu. En véritable « esclave d’Amour », Elle sera jusqu’à son dernier souffle, toute livrée, toute abandonnée, toute à la libre disposition de l’Esprit-Saint.

Cette contemplation de Marie toute consacrée par Dieu et toute consacrée à Dieu, devrait nous ancrer dans cette conviction, qu’en nous aussi, Dieu souhaite réaliser de semblables merveilles, Lui qui nous a consacrés pour sa Gloire, en nous faisant le don de la Grâce sanctifiante à l’heure bénie de notre Baptême.

C’est pour nous aider à vivre pleinement cette Consécration baptismale que Marie nous demande de nous consacrer à son Cœur Immaculé.

Par nous-mêmes, nous sommes incapables de nous livrer totalement au Seigneur dans un esprit de petitesse et d’abandon, car le vieil homme égoïste et surtout orgueilleux qui habite en nous, y fait trop souvent et trop fortement obstacle.

Mais, si nous nous en remettons humblement à Marie pour la conduite de notre vie chrétienne, si nous lui faisons le don de notre liberté (car c’est cela en fait la véritable Consécration Mariale), si nous la laissons faire, Elle saura bien, Elle qui est la meilleure des Educatrices, nous façonner, nous élever, selon les vues de Dieu.

Elle nous conduira de façon plus directe, plus sûre et plus aisée vers cette perfection, que le Seigneur attend de nous, perfection qui ne sera rien d’autre que l’épanouissement de la Grâce qui fut semée en nous par le Sacrement du Baptême.

Un père dominicain qui fut un guide spirituel remarquable et un excellent théologien, le Père Philippon, a écrit ceci : « Toutes les Espérances de Sainteté sont permises aux âmes qui se confient à la Très Sainte Vierge ».

Un autre dominicain dont - j’ai oublié le nom (dont je sais seulement qu’il fut pilote de ligne avant d’être religieux) nous a laissé, quant à lui, ce très beau témoignage :

« Ma conviction est désormais totale,

j’ai vu trop de choses pour ne pas le crier sur les toits.

Avec Marie tout est possible, sans Elle, rien.

Tôt ou tard, tout ce qui ne vient pas par Elle s’effondre.

Il n’y a qu’une voie, celle que Dieu a suivie pour se donner à nous ».

Puissent, frères et sœurs, ces belles pensées, prises parmi des centaines d’autres, nous aider à vivre avec une générosité toujours plus grande notre « Totus Tuus », notre « Je suis tout à Toi, ô Marie ».

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:33

Chers frères et sœurs, vous connaissez sans doute la célèbre parole de notre grand poète chrétien Paul Claudel : « La joie, c’est le premier et le dernier mot de l’Evangile ».

La fête de l’Annonciation, que l’Eglise célèbre chaque année à la date du 25 mars, nous rappelle que cette joie, proclamée tout au long de l’Evangile, Bonne Nouvelle du Salut, c’est à Marie que nous la devons.

Marie n’est-elle pas, en effet, selon la très belle invocation des Litanies de Lorette, La Cause de Notre Joie.

Elle est la cause de notre joie, en tout premier lieu, par Jésus qu’Elle a accepté et par Jésus qu’Elle a donné.

Quand l’heure fut venue, l’Ange Gabriel, nous dit Saint Luc, fut envoyé à Marie pour lui révéler le grand mystère qui allait s’opérer dans sa chair virginale :

« Voici que tu vas concevoir et que tu enfanteras  un fils, et tu lui donneras le Nom de Jésus.

Il sera grand, et Il sera appelé Fils de Dieu. Le Seigneur Dieu lui donnera le Trône de David son Père, Il règnera sur la Maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin ».

L’Ange, après avoir ainsi parlé, se tait et attend la réponse de Marie. De cette réponse dépend notre salut.

Moment solennel, dont toute l’importance a été soulignée en ces termes par un théologien contemporain : « Les destinées du monde sont suspendues aux Lèvres et au Cœur de Notre-Dame.

Monde créé et monde incréé, tous les deux sont anxieux, attentifs,

épiant la réponse de la Vierge, qui pour tous deux sera décisive ».

Remarquons qu’il ne s’agissait pas pour la Vierge privilégiée entre toutes, de consentir seulement au mystère de l’Incarnation. Elle devait en acceptant d’être la Mère de Celui dont le Nom signifie : « Dieu sauve », consentir également à collaborer plus que tout autre, à sa mission rédemptrice, être prête à souffrir avec Lui jusqu’à la Croix, à ceindre d’avance le diadème sanglant de la Reine des Martyrs.

Il n’appartient à aucune langue humaine de dire tout ce qui se passe, en cet instant solennel, court et décisif, dans l’âme de la Vierge, introduite dans la lumière divine et devenue la Confidente des plus hauts secrets de la Très Sainte Trinité.

Retenons seulement que son consentement était à la fois, nécessaire et libre :

  • Nécessaire, puisque Dieu faisait dépendre d’Elle, l’accomplissement de ses desseins,
  • Libre, puisque Marie pouvait sans contrainte dire Oui ou Non.

Et que répond Marie ? Ayant bien conscience que c’est Dieu qui l’appelle, persuadée par la parole de l’Ange que sa virginité ne court aucun danger, s’oubliant totalement Elle-même pour ne penser qu’à la Gloire du Père, du Fils et du Saint-Esprit, au bonheur et au salut des âmes, Elle prononce avec toute l’ardeur de son amour virginal, un Oui total et inconditionnel : « Je suis la Servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ! »

A l’instant même, le Verbe se fait chair et habite parmi nous, plein de grâce et de vérité. Avec Lui, c’est la Joie du Ciel qui vient sur Terre. Cette joie suprême que Marie nous a apporté par sa parfaite adhésion au plan de Dieu, Saint Sophrone (un saint des premiers siècles) l’a décrite avec un enthousiasme débordant :

C’est par la Joie, nous dit-il, que l’Ange, ce messager de joie commence son discours.

Il savait, en effet, que son message annonçait la joie à tous les hommes et à toutes les créatures, ainsi que le soulagement de toutes sortes de douleurs…

C’est pourquoi l’Ange s’inspire d’un sentiment de joie dès le début de son ambassade, et prélude à son discours en termes exprimant la joie.

Il sait fort bien que son colloque avec la Vierge, se terminera par la joie du monde.

Réjouissez-vous donc, ô Mère de la céleste joie !

Réjouissez-vous, ô vous qui avez nourri la joie la plus sublime !

Réjouissez-vous, ô trône le plus excellent de la joie et de notre salut !

Réjouissez-vous, auteur de notre joie immortelle !

Réjouissez-vous, ô séjour mystique de la joie ineffable !

Réjouissez-vous, ô source bienheureuse de la joie inépuisable !

Réjouissez-vous, trésor de l’éternelle joie, vous qui portez Dieu, arbre toujours vert de la joie vivifiante !

Réjouissez-vous, ô Mère de Dieu, toujours vierge !

Réjouissez-vous, ô spectacle plus digne d’admiration que toutes les merveilles du monde !

Mais, si Marie est cause de notre joie parce qu’Elle nous a donné Jésus, Elle l’est aussi parce qu’Elle nous donne à Jésus.

C’est par Marie, en effet, que Dieu se fait pour nous Fils de l’homme.

C’est par Elle, qu’enfantés à la grâce au moment du Baptême, nous devenons pour Lui, fils et filles de Dieu.

Et c’est bien cela qui devrait être pour nous et – tout au long de notre vie – une source intarissable de joie profonde, à savoir que par le Christ et en Lui, nous sommes peu à peu divinisés, si toutefois nous laissons l’Esprit-Saint nous conduire à sa guise.

Or, dans ce mystère de divinisation de tout notre être, qui est ce pour quoi Dieu nous a créés et rachetés, Marie - nous le savons - joue un rôle de premier plan, puisque étant la Mère de notre vie surnaturelle, notre Educatrice spirituelle, Elle ne cesse d’agir en union avec le Saint-Esprit, pour nous former à la ressemblance du Christ, pour faire de nous en réalité, d’autres Christs.

Et cela aussi : cette présence et cette action maternelle de Marie, devrait nous combler d’une très douce joie.

Voici enfin, frères et sœurs, un nouveau et dernier motif de trouver en Marie, la cause de notre Joie.

C’est qu’Elle possède un charme propre, différent de Jésus, encore qu’il lui vienne de Jésus. C’est le charme indéfinissable qui émane de la Vierge, Unique Créature qui soit Immaculée, Unique Femme qui soit à la fois, Vierge, Epouse et Mère, et qui fait que les âmes mariales qui fréquentent beaucoup Marie, possèdent une piété bien plus spontanée et se sentent plus à l’aise dans leurs rapports avec Dieu et ont comme un certain fini dans toute leur vie chrétienne, parce qu’elles savent s’abandonner à leur très douce Mère pour reposer en paix, tout près de son Cœur, à l’exemple de Jésus tout petit, qui, jadis, dormait dans ses bras.

Nous savons à quel point, cette attitude d’abandon était une des marques de la spiritualité de Sainte Thérèse de Lisieux.

Eh bien ! C’est dans son union à Marie, qu’elle puisait le secret de cet abandon.

Elle nous dit, en effet, comment elle chargeait sa Maman Marie de « ses commissions » auprès du Divin Maître : « Je demande bien souvent à la Sainte Vierge, expliquait-elle, qu’Il n’a pas à se gêner avec vous. C’est Elle, qui fait bien mes commissions. Je m’abandonne et je suis heureuse ».

Puissions-nous, nous aussi, nous abandonner totalement à notre Maman Marie et être heureux ! Et ne manquons pas de lui exprimer très souvent, notre vive reconnaissance pour toutes ces joies, très pures, qu’Elle nous procure ici-bas et qui s’épanouiront un jour en joies éternelles, infiniment comblantes, infiniment béatifiantes.

O Marie ! Vous êtes toujours la Mère de Jésus et notre Mère,

Vous êtes toujours Celle que Dieu a chargée d’apporter la Joie au monde,

Vous nous sauvez et nous reprenons confiance,

Vous dites un mot à votre Divin Fils,

Et Il nous comble de bienfaits spirituels.

O Vierge Marie, cause de notre joie,

Soyez bénie, soyez remerciée à jamais.

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:11

Chers frères et sœurs, « quand les temps furent accomplis, nous dit Saint Paul dans sa Lettre aux Galates, Dieu envoya son Fils, né d’une femme ».

Mais comme ce Fils, caché de toute éternité dans le sein du Père, préexistait  à tout l’univers créé, il eut le privilège unique (si l’on peut dire) de choisir sa Mère et de la former selon ses désirs, faisant d’Elle ce chef d’œuvre de pureté et de grâce, d’idéale beauté et de suréminente sainteté, qu’il nous est donné de contempler – et avec quel émerveillement – dans le mystère de l’Immaculée Conception. Jésus a dit en s’adressant à une grande mystique de notre temps : « Parler de la Conception de Marie, la Sans Tache, cela signifie, se plonger dans l’azur, dans la lumière, dans l’amour ».

Eh bien ! Par la réflexion et surtout par la prière, laissons-nous immerger quelques instants dans ce grand mystère de la Femme entre toutes bénie, de la Femme Prédestinée qui pour être à la hauteur de sa mission exceptionnelle de Mère de Dieu et Mère des hommes, a été comblée par la munificence divine, de si extraordinaires richesses de grâce que son âme, toute transparente à Dieu resplendit d’un éclat sans pareil, rayonne une sainteté telle, qu’on ne peut en imaginer de plus grande, après celle de son Fils Jésus, le Dieu fait homme.

Chers frères et sœurs, l’éblouissant mystère de l’Immaculée Conception qui est celui de la merveilleuse sanctification de Marie dans le premier instant de son existence doit être contemplé sous son double aspect : négatif et positif. Ce que la Foi nous révèle tout d’abord, c’est que Marie a connu dès le point de départ une immunité totale à la faute originelle.

La désastreuse contagion qui depuis la chute du premier couple humain atteint tous les hommes ne l’a même pas effleurée et cela nous affirme le Pape Pie IX « par une grâce et un privilège particulier de Dieu Tout-Puissant et en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain ».

Ce que la Rédemption du Christ a réalisé chez tous les autres fils d’Adam par mode de libération, Elle l’a réalisé magnifiquement chez Elle par mode de préservation.

Ce qui signifie que pour la Mère du Rédempteur, la Rédemption fut radicale dès l’origine. Fille d’une race de péché, Elle n’a pas encouru le péché de la race. Et c’est d’abord pour Elle, que le Sang de Jésus son Fils a coulé, ce Sang dont Elle sera un jour la source.

Quelqu’un a dit très justement que Marie est la « Fille aînée de la Passion », c’est-à-dire la première des rachetés. Et c’est parce que la victoire de la Croix fut en Elle si absolue que Marie a pu, dès le premier instant, tenir sous son talon la tête de Satan, comme ce fut annoncé par Dieu Lui-même après la chute originelle : « Je mettrai une hostilité entre toi et la Femme, entre ta descendance et sa descendance, Elle t’écrasera la tête ».

Et comme c’est nettement signifié sur la Médaille Miraculeuse, cette Médaille de l’Immaculée sur laquelle est aussi gravée, comme chacun sait, la belle invocation :

« Ô Marie conçue sans péché priez pour nous qui avons recours à vous ».

Invocation qui constitue une très simple mais véritable Profession de Foi en ce mystère. La conséquence logique de cette singulière préservation de la faute originelle, c’est qu’en Marie, l’absence de péché sera totale. Jamais chez Elle la moindre faute vénielle, jamais la moindre imperfection. Durant tout le cours de son pèlerinage terrestre la « Sans-Tache », ignorera absolument cet aiguillon de la concupiscence qui attire vers le bas, cette écharde dans la chair qui nous tourmente si fort à certaines heures. C’est pourquoi l’Eglise a toujours fait sienne la réflexion de Saint Augustin : « Quand il s’agit de péché, je ne veux pas qu’il en soit question pour Elle ».

Voyons maintenant, frères et sœurs, en quoi consiste l’aspect positif de cette parfaite sanctification de la Vierge. Nous nous le rappelons chaque fois que nous récitons la Salutation Angélique « Je te salue, Pleine de grâce ». Oui, l’inestimable cadeau de joyeux avènement qu’Elle reçut de son Fils, ce fut une plénitude inimaginable de grâce sanctifiante, qui l’éleva d’emblée à un état d’union très intime avec Dieu. Ce qui, pour les autres Saints est un sommet, fut pour Elle un point de départ. Celle qui dès le premier instant fut le Temple vivant de la Bienheureuse Trinité « passa donc toute sa vie sur terre, l’âme planant dans le ciel ». De son Cœur Immaculé on peut dire qu’il fut constamment cette vive flamme d’Amour dont parle Saint Jean de la Croix, une flamme qui ne cessa de monter et de croître en intensité jusqu’à sa fusion définitive dans l’océan de feu de la Trinité au jour de l’Assomption.

Frères et sœurs, cette plénitude de grâce, cette Sainteté sublime, qui fait de Marie la créature la plus proche de la Sainte Trinité, ne l’isole pas pour autant des pauvres pécheurs que nous sommes. Bien qu’Elle ne soit pas née pécheresse, Elle est une fille de notre race et demeure donc l’une d’entre nous, notre sœur en humanité. Comme le Christ Jésus, à la fois sans péché et pourtant Rédempteur, sans faiblesse et cependant compatissant, Marie est venue au monde pour nous en même temps que pour Lui, et Dieu ne l’a si totalement comblée, si totalement possédée que pour nous la donner plus totalement en faisant d’Elle notre Mère dans l’ordre de la grâce. Ne nous laissons donc pas décourager en face de cette prodigieuse réussite qu’est la Vierge Immaculée, disons-nous bien que sa grandeur incommensurable n’est pas autre chose, en fait, que l’œuvre de la Grâce de Dieu en Elle ; « Le Seigneur fit pour moi des merveilles » et que si Dieu nous a donné l’existence, c’est pour réaliser aussi dans nos âmes une œuvre de grâce toute semblable. Oh certes ! Nous ne sommes pas nés immaculés, mais nous pouvons le devenir, nous pouvons être « immaculisés » comme disait Saint Maximilien Kolbe, ce grand Chevalier de l’Immaculée. N’est-ce pas d’ailleurs tout le sens de notre croissance spirituelle, du développement de la grâce sanctifiante qu’à notre tour nous avons reçue, non en plénitude, c’est bien évident, mais à l’état de germe au moment du Baptême ? Croissance qui doit se réaliser peu à peu, dans l’exacte mesure où nous laissons à Dieu la liberté de nous modeler pour nous configurer à l’image de son Fils Notre Seigneur. Mystère stupéfiant de notre divinisation que Saint Paul a exprimé en ces termes :

« Dieu nous a choisis pour que nous soyons saints et sans péché devant sa Face grâce à son amour… Lui qui nous a prédestinés à être pour Lui des fils adoptifs en Jésus-Christ ».[1]

Sommes-nous assez convaincus de cela chers frères et sœurs ? Et sommes-nous assez convaincus que pour nous aider à progresser, à pas d’amour, sur cette voie de la sanctification, nous avons besoin de contempler assidûment, Celle qui est le prototype inégalable de la perfection souhaitée par Dieu : Marie Immaculée, la Toute Sainte. A force de la regarder, nous finirons bien par l’imiter et donc par lui ressembler au moins un peu… Nous en avons tous fait l’expérience, une fois ou l’autre : dès qu’on s’approche d’Elle et qu’on se laisse fasciner par le charme de son regard et de son sourire, on se sent déjà meilleur, on est comme plongé dans un bain de pureté, de douceur et d’amour, on reprend courage et on trouve de nouvelles forces pour mieux prier, travailler, souffrir et aimer.

La Vierge de Lumière, « Mère du Bel Amour, de la connaissance et de la Sainte Espérance » est une Educatrice divinement experte de l’âme qui recherche son intimité et se livre entièrement à son influence maternelle. Elle sait la détacher de tout ce qui pourrait entraver ou freiner son élan « vers les choses d’En Haut ». Elle l’immunise contre le péché et l’erreur et facilite étonnamment son Union à Dieu. Elle l’embellit aussi spirituellement, la revêtant de son propre manteau de Lumière et d’Amour.

Oui ! Qu’elle est heureuse l’âme qui ayant compris ce grand secret de la vie spirituelle, s’établit par une consécration totale d’elle-même dans le Cœur Immaculé de Marie. Elle est dans un ascenseur qui peut l’élever, si elle est fidèle, jusqu’aux plus hauts sommets de l’Amour et de l’Union à Dieu.


[1] Eph. 1, 4-5

 

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