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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 20:05

Cette année, la « bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Église » sera fêtée le 21 mai 2018. Instaurée par le Pape François, cette nouvelle fête liturgique est désormais célébrée le lundi après la Pentecôte. À cette occasion, KTO vous propose une série d’interviews pour éclairer le sens de cette fête.

Homélie du Père Pierre Cousty

C'est dans le discours qu'il a prononcé pour la clôture de la troisième session de VATICAN II que le Pape Paul VI a proclamé solennellement Marie « Mère de l'Eglise » et a demandé qu'on l'invoque sous ce titre qui exprime dans sa merveilleuse brièveté la place éminente et singulière qu'occupe dans l'Eglise la Mère de Dieu.

Pour justifier cette appellation - qui est traditionnelle, mais qui dans la lumière de l'enseignement conciliaire sur Marie, prend un relief particulièrement saisissant, les théologiens invoquent deux grandes raisons :

En premier lieu, Marie est Mère de l'Eglise parce qu'elle est Mère de Dieu. L’Évangile nous révèle, en effet, qu'à l'appel de Dieu et par sa libre réponse à la puissance de sa grâce, Marie est devenue la Mère de Jésus, le Verbe de Dieu Incarné : « Elle est la Mère, explique Paul VI, de celui qui dès le premier instant de l'Incarnation dans son sein virginal, s'est uni en tant que Chef son corps mystique qui est l'Eglise. Marie, donc, en tant que Mère du Christ est Mère aussi de tous les pasteurs et fidèles, c'est-à-dire de l'Eglise ».

Quand Marie donna naissance à Jésus, elle donna naissance au « Christ total » ce qui inclut, en un sens mystique, tous ses membres.

Ainsi, parce qu'elle est la Mère du Christ, elle est aussi la Mère de l'Eglise.

Mais l'Eglise qui fut préparée par le Christ, spécialement durant sa vie publique, naquit sur la croix du côté transpercé du Rédempteur.

Les souffrances et la mort du Christ ont une importance capitale pour l'origine de l'Eglise.

Il n'est donc pas étonnant que la seconde raison du titre de « Mère de l'Eglise » soit la coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice de son Fils.

Au calvaire Marie s'est associée par son Cœur maternel au sacrifice du Sauveur, donnant à l'immolation de la victime née de sa chair le consentement de son amour, pour être enfin par le même Christ-Jésus mourant sur la croix donnée comme Mère au disciple par ces mots « Femme, voici ton Fils ». (Lumen Gentium N° 58)

Cet enseignement du Concile montre très clairement que déjà Mère de l'Eglise depuis le premier instant de l'incarnation en vertu de son « Fiat » portant sur le Christ total, Marie l'est devenue d'une nouvelle manière par ses souffrances co-rédemptrices.

De cette maternité de grâce, l'Eglise fait continuellement la bienfaisante expérience. Car Marie, par sa médiation qui est essentiellement maternelle (comme Jean Paul II s'est plu à le souligner dans son Encyclique « La Mère du Rédempteur »), ne cesse de coopérer à la transmission de la vie surnaturelle en chaque disciple du Christ et de veiller par son action éducative à son développement.

Sa mission maternelle consiste, en effet, à former le Christ dans les âmes jusqu'à leur parfaite configuration « à l'image du Fils ».

Mais sa qualité de « Mère de l'Eglise » dit quelque chose de plus. Elle attire notre attention sur l'aspect communautaire de son action. La mère spirituelle des hommes n'exerce pas seulement sa sollicitude maternelle à l'égard de chacun, individuellement. Elle veille au développement de l'ensemble de l'Eglise.

Par son cœur de Mère et par son intercession si efficace, elle participe à l'expansion de l'Eglise dans le monde, aux progrès de l'œuvre d’évangélisation.

Elle s'emploie avec ardeur à favoriser la croissance de la Foi, de l'Espérance et de la Charité, à améliorer la qualité de la vie spirituelle de toute la communauté chrétienne.

Elle est discrètement présente à tous les aspects de cette vie : au culte et à la liturgie comme à la pratique des sacrements.

Elle tient son rôle dans le Baptême ou Elle devient Mère de ceux qui reçoivent la filiation divine et dans l'Eucharistie ou elle s'unit à l'oblation sacramentelle du Sauveur comme elle s'était unie jadis à son Sacrifice.

Sa présence maternelle n'est pas présence sacramentelle comme celle du Christ, mais présence morale de coopération et d'intercession.

Comme elle le fit une première fois aux Noces de Cana, Marie ne cesse d'implorer Jésus pour ceux qui « n'ont plus de vin » (autrement dit pour tous ceux qui manquent d'amour) de telle sorte que partout où il y a des déficiences, la vie de l'Eglise puisse recevoir un nouvel apport de grâce et mieux manifester la gloire du Christ.

Enfin, comme toute mère qui attache une importance capitale à l'union de ses enfants, Marie favorise par sa médiation tout ce qui peut contribuer « à la réconciliation de tous les chrétiens dans l'unité d'une seule et unique Eglise du Christ ».

Puisse notre dévotion filiale envers Marie, Mère de l'Eglise, aviver en nous le sens ecclésial et nous stimuler plus spécialement à la prier très fort, Elle qui est la « Toute Puissance suppliante » et la Mère des Miséricordes, en faveur de tout ce qui dans l'Eglise a besoin d'aide et de soutien.

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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 17:24

Ce dernier repas que Jésus a pris avec ses apôtres la veille de sa mort, repas pascal au terme duquel il a institué l’Eucharistie et le Sacerdoce c’est vraiment l’un des sommets de l’Amour de notre Sauveur pour l’humanité tout entière et pour chacun de nous en particulier.  « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, nous dit saint Jean, Jésus les aima jusqu’au bout » c’est-à-dire jusqu’à l’extrême.

Rappelons-nous brièvement les faits : dans la grande salle préparée et ornée pour la Pâque, au Cénacle de Jérusalem, Jésus est à table avec ses apôtres. Il vit avec eux un moment d’intimité : toutes ses paroles en témoignent, il les appelle ses amis, ses bien-aimés, ses enfants. Oui, en cette heure suprême qui est « son heure » sa tendresse déborde. Jésus est donc près de ses apôtres, mais il veut se faire encore plus proche. Pour donner à chacun la preuve irrécusable de son amour il « se livre » à eux dans le mystère de l’Eucharistie qui est à la fois, offrande de son sacrifice au Père et communion avec tous.

Saint Paul, dans la 2ème lecture nous a dit l’essentiel de cette institution de la Sainte Eucharistie.

Ce qu’il importe de bien comprendre, chers frères et sœurs, c’est que dans ce don prodigieux qu’il fait de Lui-même, Jésus veut aimer chacun de ses apôtres comme s’il était seul au monde. Ainsi l’Eucharistie nous révèle ce qu’il y a de personnel et d’unique dans l’Amour de Dieu pour chacun de nous. Devant Dieu, en effet, il n’y a pas une foule humaine indistincte qu’il aimerait, comme cela, globalement. Chacun de nous est le fruit d’une pensée distincte de Dieu. Dieu nous connaît à fond, un à un, et nous aime à fond un à un. D’ailleurs Jésus, qui est le Dieu fait homme, ne se présente-t-il pas dans l’Evangile comme le Bon Pasteur qui appelle par son nom chacune de ses brebis. Il ne faudrait pas que de cet amour nous ayons le moindre doute, surtout quand nous évoquons le mystère de l’Eucharistie. Chacun de nous peut se dire, en effet : au soir du Jeudi-Saint Jésus pensait à moi, c’est pour moi, c’est pour me communiquer sa vie divine et me transformer en Lui qu’il a inventé la Communion.

Ainsi, quand le prêtre dépose sur nos lèvres cette hostie qui dans la pensée de Jésus nous est destinée, lorsque nous entendons ces paroles : « Le Corps du Christ » nous n’avons en vérité absolument rien à envier aux apôtres qui entouraient le Christ au Cénacle. Et qu’avons-nous à faire de notre côté, sinon à répondre par un amour de plus en plus ardent, de plus en plus généreux à cet amour personnel de Jésus qui nous enveloppe d’une si extraordinaire tendresse. Précisons bien toutefois que si le christianisme ne peut pas être réduit à une sorte de vague tâche collective, il ne peut pas être considéré non plus comme un individualisme qui s’isolerait avec Dieu et qui pour être plus tranquille mettrait tout le reste du monde à la porte. Dans notre communion au Sacrifice du Christ qui a un caractère si personnel et si intime nous n’avons jamais le droit d’oublier les autres. D’ailleurs, nous le savons, le mot Communion lui-même signifie union commune : l’union avec tous, par conséquent.

Et c’est bien, là aussi, chers frères et sœurs un des grands enseignements du Jeudi-Saint. Il suffit, pour nous en convaincre, de nous rappeler, dans quel contexte Jésus a tenu à instituer l’Eucharistie. L’Evangile vient de nous dire qu’avant de célébrer la Pâque, Notre Seigneur a voulu laver les pieds de ses disciples comme une leçon concrète d’amour fraternel. Il a voulu, en outre, faire don de sa personne à des hommes rassemblés fraternellement autour de Lui. Il a choisi pour les transformer en son corps et son sang, ce pain et ce vin qui, selon l’intuition des premiers chrétiens, par les grains qui font la farine, par les grappes qui font le vin, représentent l’union intime des fidèles entre eux. Enfin, après le repas, dans les ultimes paroles, les ultimes confidences que Jésus laisse à ses amis, et qui constituent en quelque sorte, son testament, il n’est question pratiquement que de charité fraternelle et d’unité.

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés... A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres ».

Et lorsque cessant de parler aux apôtres, Jésus s’adresse à son Père dans cette prière sublime qu’on appelle la prière sacerdotale, il ne lui demande comme grâce suprême que celle de l’unité : « Père, qu’ils soient un comme toi et moi nous sommes un ».

Ainsi donc, le but que Jésus se propose en instituant l’Eucharistie, le résultat qu’il en attend, c’est bien l’unité de tous dans cette grande famille qu’est l’Eglise ; c’est que nous parvenions à ne plus faire qu’une seule chose en Lui, c’est que nous tendions de toutes nos forces à réaliser en ce monde autant que faire se peut ce qui constituera notre vie dans l’éternité bienheureuse : la communion de tous dans la parfaite communion du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Et c’est biens parce que la réalisation de cette grande unité était impossible par suite du péché, car le péché c’est un état de rupture, de désunion, c’est parce que les hommes étaient incapable de refaire l’unité avec Dieu et entre eux, que Jésus s’est livré volontairement à la mort de la croix. Ce soir-là il s’est offert à l’avance à son Père, comme le véritable agneau pascal, la victime parfaite. Et il a voulu que par la célébration de l’Eucharistie, qui représente, réactualise chaque fois l’offrande de son sacrifice, nous puissions joindre l’offrande de notre vie à la sienne et que nous soient monnayées en quelques sortes toutes les grâces qui sont nécessaires à notre sanctification, grâces qu’il nous a méritées une fois pour toutes, à l’heure de sa Passion.

Il a voulu, en particulier, que par la communion eucharistique, l’amour de son Cœur nous soit transfusé abondamment pour que, peu à peu, cet amour divin vienne à bout de nos froideurs et de nos égoïsmes, adoucisse nos duretés et fasse éclater nos étroitesses.

Puissions-nous, frères et sœurs, prendre davantage conscience de ces vérités, en cet anniversaire si émouvant de la Première Messe.

Faisons en sorte que soit ravivée au Foyer de la Charité Divine, la flamme de notre amour pour Dieu et de notre amour fraternel.

Faisons en sorte que notre cœur à cœur avec Jésus-Hostie soit peuplé de nos frères. Ce sera un excellent moyen de resserrer notre intimité avec celui dont le cœur immense était peuplé de l’humanité tout entière.

Oui, faisons ce soir en notre âme une grande place à notre prochain que celui-ci soit très proche ou très éloigné.

Que la Vierge Marie qui a pénétré, plus que quiconque, les mystères du Christ nous donne d’accueillir le don de l’Eucharistie avec une foi sans faille, et une profonde gratitude.

Qu’elle intercède aussi pour vous afin que nous puissions toujours mieux nous conformer à l’enseignement que Jésus nous donne dans ce sacrement : à savoir qu’il faut aimer Dieu et notre prochain d’un amour sans mesure et quoiqu’il en coûte.

C’est ainsi que nous ferons de toute notre vie un sacrifice agréable à Dieu et que nous contribuerons à faire monter le niveau de l’Amour dans l’Eglise et dans le monde.

Amen.

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17 février 2018 6 17 /02 /février /2018 19:01

J’ai une question à vous poser : Êtes-vous plus mercredi des Cendres ou saint Valentin ? Puisque ces deux fêtes se télescopent aujourd’hui. Gardez la réponse pour vous. Finalement, dans les deux cas, il s’agit d’amour. L’Amour de Dieu pour nous, où, dans cette célébration, il nous rappelle que nous le rejoindrons un jour dans sa Maison, et cette parcelle de son amour qu’il a déposée dans notre cœur pour la partager avec ceux qu’il place sur notre chemin.

Ce matin, j’ai un scoop à partager avec vous ! Vous allez mourir, moi aussi d’ailleurs ! Dans une heure, demain, dans dix ans ou vingt ans, mais c’est une certitude, nous allons mourir, et il ne restera de chacun de nous que quelques poignées de cendre que certains voudront qu’elles soient emportées par le vent et que d’autres laisseront à tout jamais reposer dans le creux d’une boîte de bois.

Et oui, nous allons mourir ! Inutile d’être triste, tout va bien pour le moment. Mais…

Mais, ne vivons-nous pas dans une société qui nous entretient dans l’illusion que la mort est un mirage, qu’elle n’existe pas ? Ne nous arrive-t-il pas de penser que nous sommes les résidents indélogeables de cette terre et d’oublier qu’un jour, nous aussi, nous occuperons la place d’honneur, là, au premier rang.

Je vous avoue que j’ignore pourquoi la messe pour les artistes a lieu le mercredi des Cendres. On aurait pu choisir une fête plus joyeuse non ? C’est peut-être parce que toute œuvre créatrice est à la fois une naissance et une mort, quel que soit le domaine dans lequel vous exercez votre talent.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans le Livre de la Genèse, lorsque nous apprenons que Dieu crée l’homme à son image, nous ne savons rien d’autre de Dieu qu’il est créateur et que, parce qu’à son image, l’homme est créateur.

Le désir d’inventer de l’artiste le pousse toujours plus avant dans la création et fait que l’artiste franchit les limites du temps, de l’éphémère, de la mort. Ainsi, il devient le continuateur de l’œuvre créatrice de Dieu. Il est le témoin de la face cachée de l’homme, de ses désarrois, de ses troubles, de ses doutes, de ses peurs, de ses souffrances ainsi que de ses joies et de ses passions. Il est le témoin de l’ailleurs. Il devient un héraut, exprimant ce que beaucoup ressentent et ne savent dire. Il est pour la société un refuge. Celle-ci se projette en lui. « La race des gladiateurs n’est pas morte, a dit Flaubert, tout artiste en est un, il amuse le public avec ses angoisses ». L’artiste « aide à vivre ». On pourrait le déclarer d’utilité publique ! Quelle belle vocation que celle de l’artiste ! Donner du bonheur, donner du rêve, faire oublier la grisaille du quotidien et les soucis, mais quelle vocation exigeante puisqu’elle attire les regards.

Le désir d’immortalité inscrit dans l’âme de chaque être ne s’enracine-t-il pas plus profondément encore dans celle de l’artiste ?

Souvent, je me suis demandé si la relation qu’un artiste entretenait avec la mort n’était pas différente de celle du commun des mortels. Plus que d’autres, l’acteur, par exemple, tente, inconsciemment sans doute, de jouer avec la mort pour la déjouer. Il y a sa vie et ses vies ! Celles, si nombreuses, qui se déclinent sous les multiples visages de tous les personnages incarnés au cours d’une carrière. Ne pousse-t-il pas parfois l’audace jusqu’à être la mort elle-même en lui donnant son propre visage ?

Pour certains, la mort, c’est la disparition, c’est l’absence, le néant. D’autres hésitent : quelque chose leur dit que ce n’est pas possible de disparaître ainsi complètement : il doit bien y avoir autre chose. Comment être sûrs ?

Pourquoi faudrait-il se culpabiliser devant le doute ? Saint Thomas, dans l’Évangile, exprime franchement ses doutes : « Nous ne savons pas où tu vas. Nous ne savons pas si, dans la mort, il y un chemin. La mort est peut-être justement une impasse qui débouche sur le néant ». Peut-être… Il est sage de dire peut-être ! Nous ne sommes que des hommes et des femmes. Nous ne voyons qu’une face des choses. Ce que nous voyons de la mort : absence, départ, silence, c’est vrai, mais il y peut-être autre chose. Il y peut-être une face cachée de la mort. De l’autre côté, il y a peut-être une autre lumière, une autre vie.

Comment savoir ? Comment connaître ce qui est caché, sinon en faisant confiance à Celui qui sait et qui peut en parler : le Christ. Aujourd’hui, nous sommes invités par la Parole de Dieu à un acte de foi. Déjà, dans la vie ordinaire, nous sommes souvent provoqués à des actes de foi.

Les chrétiens font confiance au Christ lorsqu’il dit : « Je m’en vais, je vous laisse, mais je m’en vais vers le Père. Je vais dans la maison du Père où une place vous attend ». C’est une comparaison toute simple : revenir à la Maison, mais nous savons ce que cela veut dire et nous savons quel bonheur cela peut être. Revenir à la Maison, c’est l’expression que le pape Benoît XVI a employée récemment, disant qu’il se préparait à retourner à la Maison.

Ainsi, nous assure le Christ, au-delà de la mort, quelqu’un vous attend. Quelle qu’ait pu être votre vie, vous êtes aimés. Dieu n’humilie pas, seuls les hommes humilient par leurs jugements impitoyables. Dieu, lui, n’est qu’amour et pardon.

Tout cela est plus fort que la mort. La mort engloutit avec elle ce qui n’a pas de valeur réelle, tant de choses auxquelles nous donnons de l’importance et qui nous font passer à côté de celles qui comptent vraiment. La mort ne peut rien contre l’amour. L’amour ne peut mourir ! Pour les chrétiens, la mort n’est pas le dernier mot de notre existence. C’est l’amour qui est le dernier mot.

En ce début de Carême, le pape François nous met en garde. Nous sommes invités à changer nos comportements à cause du réchauffement climatique, le Pape, lui, nous invite à changer nos comportements à cause du refroidissement des cœurs.

A Carnaval, la coutume veut que chacun dissimule son visage derrière un masque. En ce début de Carême, nous sommes en revanche invités à vivre l’inverse : ôter les masques qui nous collent à la peau. Bas les masques ! Ne laissons pas passer la chance qui nous est offerte pour un face-à-face en vérité avec le Christ.

14 février 2018 - Basilique du Sacré-Cœur de Marseille

+Jean-Michel di Falco Léandri Évêque émérite de Gap et d’Embrun

Source : https://marseille.catholique.fr

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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 14:49
Homélie de la journée mondiale du migrant et du réfugié

Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses, conditionner nos choix, compromettre le respect et la générosité, alimenter la haine et le refus.

Pape François

Le pape François a présidé la messe, pour la première fois, pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié, ce 14 janvier 2018, en la basilique Saint-Pierre.

Le pape a reconnu ces doutes et ces craintes comme « légitimes » de la part de qui accueille et de la part de qui arrive dans un pays étranger : « Il n’est pas facile d’entrer dans la culture des autres, de se mettre à la place de personnes si différentes de nous, de comprendre leurs pensées et leurs expériences. Ainsi nous renonçons souvent à rencontrer l’autre et nous élevons des barrières pour nous défendre. Les communautés locales ont parfois peur que les nouveaux arrivés perturbent l’ordre établi, “ volent ” quelque chose de ce que l’on a construit péniblement. Les nouveaux arrivés aussi ont des peurs : ils craignent la confrontation, le jugement, la discrimination, l’échec. Ces peurs sont légitimes, elles se fondent sur des doutes parfaitement compréhensibles d’un point de vue humain. Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. »

« Le péché, c’est de renoncer à la rencontre avec l’autre, avec celui qui est différent, alors que cela constitue, de fait, une occasion privilégiée de rencontre avec le Seigneur », a ajouté le pape.

Voici le texte intégral, dans une traduction officielle en français de l’homélie prononcée en italien.

AB

Homélie du pape François

Cette année, j’ai voulu célébrer la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié par une messe à laquelle vous avez été invités, vous en particulier, migrants, réfugiés et demandeurs d’asile. Certains d’entre vous sont arrivés depuis peu en Italie, d’autres y résident et y travaillent depuis de nombreuses années, et d’autres encore constituent ce qu’on appelle les « deuxièmes générations ».

Tous ont entendu résonner dans cette assemblée la Parole de Dieu, qui nous invite aujourd’hui à approfondir l’appel spécial que le Seigneur adresse à chacun de nous. Comme il l’a fait avec Samuel (cf. 1 S 3, 3b-10.19), il nous appelle par notre nom et nous demande d’honorer le fait que nous avons été créés comme des êtres absolument uniques, tous différents entre nous et avec un rôle singulier dans l’histoire du monde. Dans l’Évangile (cf. Jn 1, 35-42), les deux disciples de Jean demandant à Jésus : « Où demeures-tu ? » (v. 38), laissant entendre que, de la réponse à cette question, dépend leur jugement sur le maître de Nazareth. La réponse de Jésus : « Venez et voyez ! » (v. 39) ouvre à une rencontre personnelle, qui comporte un temps approprié pour accueillir, connaître et reconnaître l’autre.

Dans le Message pour la Journée d’aujourd’hui, j’ai écrit : « Tout immigré qui frappe à notre porte est une occasion de rencontre avec Jésus-Christ, qui s’identifie à l’étranger de toute époque accueilli ou rejeté (cf. Mt 25, 35.43) ». Et, pour l’étranger, le migrant, le réfugié, l’exilé et le demandeur d’asile, chaque porte de la nouvelle terre est aussi une occasion de rencontre avec Jésus. Son invitation « Venez et voyez ! » nous est aujourd’hui adressée à tous, communautés locales et nouveaux arrivés. C’est une invitation à surmonter nos peurs pour pouvoir aller à la rencontre de l’autre, pour l’accueillir, le connaître et le reconnaître. C’est une invitation qui offre l’opportunité de se faire le prochain de l’autre pour voir où et comment il vit. Dans le monde d’aujourd’hui, pour les nouveaux arrivés, accueillir, connaître et reconnaître signifie connaître et respecter les lois, la culture et les traditions des pays où ils sont accueillis. Cela signifie également comprendre leurs peurs et leurs appréhensions vis-à-vis de l’avenir. Pour les communautés locales, accueillir, connaître et reconnaître signifie s’ouvrir à la richesse de la diversité sans préjugés, comprendre les potentialités et les espérances des nouveaux arrivés, de même que leur vulnérabilité et leurs craintes.

La vraie rencontre avec l’autre ne s’arrête pas à l’accueil, mais elle nous invite tous à nous engager dans les trois autres actions que j’ai mis en évidence dans le Message pour cette Journée : protéger, promouvoir et intégrer. Et, dans la rencontre vraie avec le prochain, serons-nous capables de reconnaître Jésus-Christ, qui demande d’être accueilli, protégé, promu et intégré ? Comme nous l’enseigne la parabole évangélique du jugement dernier : le Seigneur avait faim, il avait soif, il était assoiffé, malade, étranger et en prison et il a été secouru par certains, mais pas par d’autres (cf. Mt 25, 31-46). Cette vraie rencontre avec le Christ est source de salut, un salut qui doit être annoncé et apporté à tous, comme nous l’enseigne l’apôtre André. Après avoir révélé à son frère Simon : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41), André le conduit à Jésus, afin qu’il fasse, lui aussi, cette même expérience de la rencontre.

Il n’est pas facile d’entrer dans la culture des autres, de se mettre à la place de personnes si différentes de nous, de comprendre leurs pensées et leurs expériences. Ainsi nous renonçons souvent à rencontrer l’autre et nous élevons des barrières pour nous défendre. Les communautés locales ont parfois peur que les nouveaux arrivés perturbent l’ordre établi, “volent” quelque chose de ce que l’on a construit péniblement. Les nouveaux arrivés aussi ont des peurs : ils craignent la confrontation, le jugement, la discrimination, l’échec. Ces peurs sont légitimes, elles se fondent sur des doutes parfaitement compréhensibles d’un point de vue humain. Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses, conditionner nos choix, compromettre le respect et la générosité, alimenter la haine et le refus. Le péché, c’est de renoncer à la rencontre avec l’autre, avec celui qui est différent, alors que cela constitue, de fait, une occasion privilégiée de rencontre avec le Seigneur.

C’est de cette rencontre avec Jésus présent dans le pauvre, dans celui qui est rejeté, dans le réfugié, dans le demandeur d’asile, que jaillit notre prière d’aujourd’hui. C’est une prière réciproque : migrants et réfugiés prient pour les communautés locales, et les communautés locales prient pour les nouveaux arrivés et pour les migrants de long séjour. Nous confions à l’intercession maternelle de la Très Sainte Vierge Marie les espérances de tous les migrants et de tous les réfugiés du monde, ainsi que les aspirations des communautés qui les accueillent pour que, conformément au commandement divin le plus élevé de la charité et de l’amour du prochain, nous apprenions tous à aimer l’autre, l’étranger, comme nous nous aimons nous-mêmes.

Texte original : Italien

© Copyright – Libreria Editrice Vaticana

Source : https://fr.zenit.org

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 18:09

Homélie du 19 mai 2017 Messe d’ouverture du 59ème PMI

« Si quelqu’un m’aime… Celui qui ne m’aime pas… Si vous m’aimiez… » Jean 14 (évangile du jour)

Nous sommes au dernier repas du dernier soir : par trois fois le Christ interpelle ses disciples sur l’amour qu’ils ont pour lui. Après sa résurrection, au bord du lac de Galilée, il interroge Pierre par trois fois : « Pierre, m’aimes-tu ? » (Jean 21)

Terrible question que nous pouvons nous poser : Aimons-nous le Christ ? Il aime tendrement chacun de nous. Mais la réciproque est-elle vraie ? Entendons-bien cette question roulant dans nos esprits : comme Pierre, nous Le suivons sur les routes de la vie. Comme Pierre, nous croyons en sa Seigneurie. Alors comme Pierre, nous sommes interrogés par Jésus : m’aimes-tu ?

La foi en lui jusqu’à l’amour pour Lui.

Lorsque nous avons été baptisés ou parce que nous l’avons rencontré, la foi est née en nous. La foi est une connaissance même si elle est une connaissance donnée. Or nous pouvons connaître sans aimer. Nous pouvons suivre un homme parce qu’il nous inspire confiance. Ainsi dans le commandement ou dans l’expertise. Mais sans pour autant l’aimer. De la même façon, nous pouvons par la foi connaître le Christ sans élan pour lui, sans ressentir une réelle émotion pour lui. Car si l’amour ne s’arrête pas à l’émotion, il ne l’élimine pas : tendresse sympathie, douceur, attachement, désir… une multitude de sentiments et d’émotions accompagnent l’amour. En cas contraire, nous éprouvons bien un intérêt pour une personne mais sans l’aimer encore.

Aimer présuppose une certaine connaissance de l’autre. Mais souvent l’amour déborde rapidement cette connaissance. La connaissance de l’autre prend son temps et parfois une existence tout entière ne suffit pas à percer les secrets du cœur. Mais l’amour va plus vite et il va plus loin que la connaissance. Sur un champ de bataille, on peut donner sa vie pour un camarade sans bien le connaître. Dans le champ de la famille, on aime sans étudier l’autre sous toutes ses coutures.

Cette différence entre connaître et aimer renouvelle la question du Christ : « tu crois vraiment en moi, je n’en doute pas, mais m’aimes-tu vraiment ? »

Aimer l’Invisible.

Une grande difficulté pour aimer le Christ tient à ce que nous ne le voyons pas. Notre connaissance par la foi n’est pas une vision par les yeux. Tout se complique : connaître n’est pas aimer. Mais, en plus, dans la foi, cette connaissance ne nous donne pas de voir le Christ ! Comment pourrions-nous l’aimer si nous ne le voyons pas ?

Revenons à cette vérité : l’invisible n’est pas l’irréel. Ni l’inefficace. Ni l’inimaginable. L’invisible traverse nos vies et il laisse ses effets visibles. Au point que nous pourrions avancer la formule : l’invisible, c’est l’essentiel pour le cœur. Pensons à l’amour de notre épouse, invisible mais bien réel.

De plus, si Jésus est aujourd’hui pour nous retenu dans le filet de l’invisible, il s’était montré aux disciples qui en ont témoigné. Cette mémoire vivante s’est gardée et elle traverse les siècles. Cet Invisible divin a bouleversé des vies humaines avant la nôtre et nous pouvons nous fier à ces témoins de l’histoire sainte.

À défaut de le voir, pour aimer l’Invisible divin, nous avons à reconnaître ses signes. Car il signe son action. Il laisse des traces visibles. Et il donne de les voir et de les lire. Qui serait-il pour exiger de voir des signes si nous étions aveugles ? Qui serait-Il pour réclamer de les comprendre s’ils sont en une langue inconnue ? Mais la capacité de voir ne sert de rien si nous n’ouvrons pas les yeux. Pour reconnaître les signes de l’Invisible divin, nous avons à emprunter l’attitude du chasseur. Il avance le pas tendu par le regard, rien ne le détourne de sa recherche de la trace laissée par le gibier. Guettons, quêtons les signes du Christ invisible.

Les signes de l’Invisible divin pour aimer le Christ.

Deux sortes de signes nous pressent d’aimer le Christ comme notre meilleur ami, comme notre seul Sauveur.

Avant tout, il y a le grand signe adressé à tous. Le signe de sa grande geste d’amour pour nous. Saint Paul n’a pas croisé le Christ dans sa marche en Galilée. Il l’a rencontré sur son chemin de Damas. Il s’écrie quand même : « Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ». (Ga 2, 20) La mémoire de l’Église est encore fraîche. Tout le monde parle encore de ce sacrifice d’amour un sombre après-midi à Jérusalem. Les chrétiens acceptent de tout souffrir car ils l’ont vu tout subir pour eux. Et le souvenir de cet amour déchire leur cœur. À chaque fois que cette mémoire nous fait défaut, notre foi, bien réelle malgré tout, devient froide. Les premiers pères l’ont bien compris : ils nous laissent le signe de la croix et nous pressent de faire mémoire souvent et longuement de la Passion du Christ. C’est ainsi que, dès les premiers siècles, le Vendredi saint nous exposons et nous adorons la Croix après avoir entendu le récit de la Passion. C’est ainsi qu’on revisite cette contemplation avec le chemin de croix et ses quatorze stations. Pas à pas, le disciple s’immerge dans cette réalité qui le touche au cœur : il s’est livré pour moi !

Puis il y a les signes, au pluriel, adressés à chacun. Ces signes s’inscrivent dans notre existence et l’émaillent d’une joie singulière.

Cette joie est le meilleur indicateur de l’amour du Christ pour nous. Elle ne sonne pas comme les autres joies souvent détachées de toute souffrance. Celle-ci inscrit un vrai bonheur mais un bonheur issu du don de soi. Un bonheur partagé de blessures et d’inquiétudes. Un bonheur mâtiné d’angoisses. Un bonheur mélangé de tension et de sacrifice.

Voyez cet homme qui accepte de mourir pour son frère : comment son frère pourrait ne pas en tirer de la tristesse ? Mais en même temps, il retient le geste d’amour. Il découvre la valeur qu’il a puisque un autre accepte de mourir pour lui. C’est là un acte ultime et rare, sauf en temps de guerre. Mais notre existence nous offre des expériences semblables en lesquelles nous reconnaissons le miracle d’un Amour éternel :

Cette joie tenace en nous que rien ne fait tomber alors que les menaces rôdent tout autour pour nous l’arracher. D’où vient-elle ? Cet amour d’un frère capable de perdre pour nous quelque chose de lui-même. D’où vient-il ? Cette capacité à revenir à la vie alors que tout semble briser nos rêves, nos familles, nos entreprises ? D’où vient-elle ? Ces témoins de Dieu laissant tout pour suivre le Christ dans un monastère ou une mission ? D’où viennent leurs élans ?

Conclusion :

Pouvons-nous mesurer notre amour réel pour le Christ ? Existe-t-il et si oui à quel degré ? Revenons à notre cœur car c’est l’ardeur de notre cœur qui révèle l’amour que nous avons pour le Christ.

Et cette ardeur intérieure s’exprime immanquablement dans la ferveur. La ferveur de la foi : une foi qui ne se pose pas de question. Qui se lève plus tôt le matin pour aller prier. Qui ne renâcle pas devant les efforts. Qui libère l’intensité de la grâce. Vraiment une église sans ferveur, c’est un christianisme sans ardeur. Il brûle mais n’éclaire pas. Il brûle mais ne réchauffe pas.

Implorons l’amour pour le Christ.

Demandons cette ferveur pour nous et nos communautés.

✠ Luc Ravel - Archevêque de Strasbourg et Administrateur apostolique du diocèse aux Armées

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 17:52

Le 2e dimanche de Pâques, traditionnellement "Dimanche in albis" ("dimanche en blanc" car c'était le dernier jour où les nouveaux baptisés pouvaient porter leur habit blanc), a été nommé "Dimanche de la Miséricorde" par le Pape Jean-Paul II en l'an 2000.

Le Pape Jean-Paul II a institué en l’an 2000 le dimanche après Pâques Dimanche de la Miséricorde, en réponse à la demande du Seigneur à Sainte Faustine : « Je désire que la fête de la Miséricorde soit un recours et un refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma Miséricorde ».

L’Évangile de ce Dimanche est celui de l’apparition de Jésus ressuscité aux apôtres et à saint Thomas : Jésus vint et se tint au milieu d’eux et il leur dit : « Paix à vous ! ». Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. Il leur dit alors de nouveau : « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ».

Dans son homélie du dimanche 30 avril 2000, le Saint Père explique le sens de la Miséricorde : « Avant de prononcer ces paroles, Jésus montre ses mains et son côté. C’est-à-dire qu’il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. A travers le cœur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes. Cette miséricorde, le Christ la diffuse sur l’humanité à travers l’envoi de l’Esprit qui, dans la Trinité, est la Personne - Amour. Et la miséricorde n’est-elle pas le second nom de l’amour, saisi dans son aspect le plus profond et le plus tendre, dans son aptitude à se charger de chaque besoin, en particulier dans son immense capacité de pardon ? »

Ainsi Sœur Faustine, l’Apôtre de la Miséricorde, écrit : « J’éprouve une douleur atroce, lorsque j’observe les souffrances du prochain. Toutes les souffrances du prochain se répercutent dans mon cœur ; je porte dans mon cœur leurs angoisses, de sorte qu’elles m’anéantissent également physiquement. Je voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi pour soulager mon prochain ».

C’est de cet Amour réconfortant que nous devons vivre et répondre à l’envoi du Christ en le diffusant, en particulier auprès des personnes touchées par l’épreuve, souffrantes, meurtries, blessées ou écrasées par le poids de leur culpabilité … « Chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu, le Christ a donné sa vie pour chacun » - Jean-Paul II.

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 16:27
Photo de Mgr Guido Marini

Photo de Mgr Guido Marini

Hommage du Pape François à saint Jean-Paul II

Pour la fête de saint Jean-Paul II (1920-2005), le 22 octobre 2016, le pape François a rendu hommage à la « force » et au « courage » de son prédécesseur. Il a aussi fait mémoire de son voyage « inoubliable » en Pologne trois mois plus tôt.

À l’occasion de l’audience jubilaire place Saint-Pierre, le pape a réservé un long salut aux Polonais, venus à Rome pour célébrer le 1050ème anniversaire du baptême du pays. Il a fait mémoire de l’inauguration du pontificat de Jean-Paul II, il y a 38 ans jour pour jour : « Presque à cette heure-là, sur cette place, résonnaient les paroles adressées aux hommes du monde entier : ‘N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ’ », prononcées par le pape polonais.

Jean-Paul II fut « un pape d’une profonde spiritualité, a poursuivi le pape François, modelée par l’héritage millénaire de l’histoire et de la culture polonaise transmise avec esprit de foi, de génération en génération. Cet héritage était pour Lui source d’espérance, de force et de courage ».

Le pape argentin a inscrit l’Année jubilaire en cours comme la « continuation » de la « proclamation incessante de l’Évangile de la miséricorde pour le monde et pour l’homme » accomplie par son prédécesseur.

Et de souhaiter aux Polonais : « Que le Seigneur vous donne la grâce de la persévérance dans cette foi, cette espérance et cet amour que vous avez reçu de vos ancêtres et que vous conservez avec soin. Que dans vos esprits et dans vos cœurs, résonne toujours l’appel de votre grand compatriote à réveiller en vous la créativité de la miséricorde, afin que vous puissiez apporter le témoignage de l’amour de Dieu à tous ceux qui en ont besoin ».

Le pape a aussi évoqué Jean-Paul II en saluant les jeunes, les personnes malades et les nouveaux mariés au terme de la rencontre : « Que son témoignage cohérent de foi vous enseigne, chez jeunes, à affronter les défis de la vie ; à la lumière de son enseignement, chers malades, embrassez avec espérance la croix de la maladie ; invoquez sa céleste intercession, chers nouveaux époux, pour que l’amour ne manque jamais au sein de votre famille ».

Le voyage « inoubliable » en Pologne

Dans son salut aux Polonais, le pape s’est uni à leur action de grâce pour « tout le bien qui est né dans les cœurs des jeunes du monde entier durant l’inoubliable rencontre » des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie en juillet dernier.

« Je suis immensément reconnaissant à Dieu qui m’a permis de connaître votre nation, la Patrie de saint Jean-Paul II, où j’ai pu visiter le sanctuaire de Jasna Gora, le sanctuaire de la Divine Miséricorde à Cracovie et le Centre Jean-Paul II ‘n’ayez pas peur’ », a déclaré le pape.

« À celui qui s’identifie surtout dans tout homme humilié et souffrant, a-t-il ajouté, je rends grâce aussi pour le silence qui m’a été accordée dans le lieu du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. En ce silence le message de la miséricorde prend une importance inouïe ! »

Le pape a conclu en remerciant tout le peuple et les autorités polonaises pour leur « accueil chaleureux » ainsi que pour la « magnifique préparation artistique et spirituelle » des événements.

HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II

Dimanche 22 octobre 1978

1. Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. (Mt 16, 16.)

Ces paroles, c’est Simon, fils de Jonas, qui les a prononcées dans la région de Césarée de Philippe. Oui, il les a exprimées dans sa propre langue, avec une conviction profondément enracinée dans les sentiments et dans la vie, mais ce n’est pas en lui qu’elles trouvaient leur source, leur origine : « ... Car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang mais de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 16, 17.) Ces paroles étaient celles de la foi.

Elles marquent le commencement de la mission de Pierre dans l’histoire du salut, dans l’histoire du Peuple de Dieu. Depuis lors, à partir d’une telle profession de foi, l’histoire sainte du salut et du Peuple de Dieu devait acquérir une nouvelle dimension, s’exprimer dans la dimension historique de l’Église. Cette dimension ecclésiale de l’histoire du Peuple de Dieu tire en effet son origine de ces paroles de foi et est liée à l’homme qui les a prononcées : « Tu es Pierre — le roc, la pierre —, et sur toi, comme sur une pierre, je construirai mon Église. » (Mt 16, 18.)

2. Aujourd’hui et en ce lieu, il faut que de nouveau soient prononcées et écoutées les mêmes paroles : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Oui, frères et fils, ces paroles avant tout.

Leur contenu découvre à nos yeux le mystère du Dieu vivant, mystère que le Fils nous a rendu proche. Personne, en effet n’a rendu le Dieu vivant proche des hommes, personne ne l’a révélé comme lui-même l’a fait. Dans notre connaissance de Dieu, dans notre chemin vers Dieu, nous sommes totalement tributaires de la force de ces paroles : « Qui me voit voit également le Père. » (Jn 14, 9.) Celui qui est infini, impossible à scruter, impossible à exprimer, s’est fait proche de vous en Jésus-Christ le Fils unique né de la Vierge Marie dans l’étable de Bethléem.

Vous tous qui avez déjà la chance inestimable de croire, vous tous qui encore cherchez Dieu, et vous aussi qui êtes tourmentés par le doute, veuillez accueillir encore une fois, aujourd’hui et en ce lieu sacré, les paroles prononcées par Simon Pierre. Ces paroles contiennent la foi de l’Église. Elles contiennent la vérité nouvelle bien plus, la vérité ultime et définitive sur l’homme : le fils du Dieu vivant. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

3. Aujourd’hui, le nouvel évêque de Rome inaugure solennellement son ministère et la mission de Pierre. Dans cette ville, en effet, Pierre a accompli et mené à son terme la mission que lui avait confiée le Seigneur.

Le Seigneur s’adressa à lui en disant : « ... Quand tu étais plus jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais ; mais quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te mettra ta ceinture et te mènera où tu ne voudrais pas. » (Jn 21, 18.)

Et Pierre est venu à Rome !

Qu’est-ce qui l’a guidé et conduit vers cette ville, le cœur de l’Empire, sinon l’obéissance à l’inspiration reçue du Seigneur ? Peut-être ce pêcheur de Galilée n’a-t-il pas voulu venir jusque-là ? Peut-être aurait-il préféré rester sur les rives du lac de Génésareth, avec sa barque et ses filets ? Mais, conduit par le Seigneur et obéissant à son inspiration, il est venu jusqu’ici.

Selon une vieille tradition (qui a trouvé une belle expression littéraire dans un roman d’Henryk Sienkiewicz), pendant la persécution de Néron, Pierre aurait voulu quitter Rome. Mais le Seigneur est intervenu ; il est venu à sa rencontre. Pierre s’adressa à lui et lui demanda : « Quo vadis, Domine ? » (« Où vas-tu, Seigneur ? ») Et le Seigneur lui répondit aussitôt : « Je vais à Rome pour être crucifié une seconde fois. » Pierre retourna à Rome et il y est resté jusqu’à sa crucifixion.

Oui, frères et fils, Rome est le Siège de Pierre. Et sur ce Siège de nouveaux évêques lui ont toujours succédé. Aujourd’hui un nouvel évêque accède à la Chaire romaine de Pierre, un évêque rempli de crainte, conscient de son indignité. Et comment ne pas craindre en face de la grandeur d’un tel appel et en face de la mission universelle de ce Siège romain ? Mais sur le Siège de Pierre monte aujourd’hui un évêque qui n’est pas romain. Un évêque qui est fils de la Pologne. Mais dès cet instant, il devient lui aussi romain. Oui, romain ! Il l’est aussi parce qu’il est fils d’une nation dont l’histoire, depuis ses plus lointaines origines, dont les traditions millénaires sont marquées par un lien vivant avec le Siège de Pierre, fort, ininterrompu, profondément ancré dans les sentiments et dans la vie, une nation qui est demeurée toujours fidèle à ce Siège de Rome. Oh ! dessein inscrutable de la divine Providence !

4. Dans les siècles passés, lorsque le Successeur de Pierre prenait possession de son siège, on posait sur sa tête la triple couronne, la tiare. Le dernier Pape couronné fut Paul VI en 1963. Mais, une fois achevé le rite solennel de son couronnement, il n’a plus jamais usé de la tiare et a laissé à ses successeurs la liberté de prendre leur décision à ce sujet.

Le Pape Jean-Paul Ier, dont le souvenir est si vivant en nos cœurs, n’a pas voulu de la triple couronne, et aujourd’hui son successeur n’en veut pas davantage. En effet, ce n’est pas le moment de revenir à un rite qui (injustement) a été considéré comme symbole du pouvoir temporel des Papes.

L’époque actuelle nous invite, nous pousse, nous oblige à regarder le Seigneur et à nous plonger dans l’humble méditation du mystère du pouvoir suprême du Christ.

Celui qui est né de la Vierge Marie, le Fils du charpentier — comme on avait coutume de l’appeler —, le Fils du Dieu vivant, comme l’a confessé l’apôtre Pierre, est venu pour faire de nous tous « un royaume de prêtres » (Ap 1, 6).

Le Concile Vatican II nous a rappelé le mystère de ce pouvoir et le fait que la mission du Christ prêtre, prophète et roi, continue dans l’Église. Tout le Peuple de Dieu participe à cette triple mission. Et si, autrefois, on déposait sur la tête du Pape la triple couronne, c’était pour exprimer, à travers ce symbole, le dessein du Seigneur sur son Église, à savoir que toute la hiérarchie de l’Église du Christ, et tout le pouvoir sacré exercé par elle, ne sont qu’un service, le service qui tend à un unique but : la participation de tout le Peuple de Dieu à cette triple mission du Christ et sa constante fidélité à demeurer sous le pouvoir du Seigneur, lequel tire ses origines non des puissances de ce monde mais du mystère de la Croix et de la Résurrection.

Le pouvoir absolu et très doux du Seigneur répond à ce qu’il y a de plus profond en l’homme, aux aspirations les plus nobles de son intelligence, de sa volonté, de son cœur. Ce pouvoir ne s’exprime pas en langage de force, mais dans la charité et la vérité.

Le nouveau successeur de Pierre sur le siège de Rome élève aujourd’hui une prière fervente, humble et confiante : Ô Christ, fais que je puisse devenir et demeurer un serviteur de ton unique pouvoir ! Un serviteur de ton pouvoir tout imprégné de douceur ! Un serviteur de ton pouvoir qui ne connaît pas de déclin ! Fais que je puisse être un serviteur ! Ou mieux le serviteur de tes serviteurs !

5. Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir !

Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait !

Aujourd’hui, si souvent l’homme ignore ce qu’il porte au-dedans de lui, dans les profondeurs de son esprit et de son cœur. Si souvent il est incertain du sens de sa vie sur cette terre. Il est envahi par le doute qui se transforme en désespoir. Permettez donc — je vous prie, je vous implore avec humilité et confiance, — permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de vie, oui, de vie éternelle !

Aujourd‘hui, justement, l‘ Église entière célèbre sa Journée missionnaire mondiale c’est-à-dire qu’elle prie, qu’elle médite, qu’elle agit pour que les paroles de vie du Christ parviennent à tous les hommes, et qu’ils les écoutent comme un message d’espérance, de salut, de libération totale.

6. Je remercie tous ceux qui sont ici présents et ont voulu participer à cette solennelle inauguration du ministère du nouveau successeur de l’apôtre Pierre.

Je remercie cordialement les chefs d’État les représentants des autorités, les délégations des gouvernements pour leur présence qui m’honore tant.

Merci à vous, chers cardinaux de la sainte Église romaine !

Merci à vous, mes frères bien aimés dans l’Épiscopat !

Merci à vous, chers prêtres !

Merci, sœurs et frères, religieuses et religieux des Ordres et des Congrégations !

Merci à vous, Romains ! Merci à vous, pèlerins venus du monde entier ! Merci enfin à tous ceux qui se sont unis à cette cérémonie grâce à la radio et à la télévision !

En polonais :

7. Je me tourne maintenant vers vous, mes chers compatriotes, pèlerins de la Pologne, vers vous, les évêques, mes frères, avec à votre tête votre vénéré Primat, vers vous prêtres sœurs et frères des Congrégations religieuses polonaises, vers vous, représentants de la « Pologne » dans le monde entier.

Que puis-je vous dire à vous qui êtes venus de ma cité de Cracovie, du siège de saint Stanislas dont je suis l’indigne successeur depuis quatorze ans ? Que dire ? Tout ce que je pourrais dire serait bien pâle au regard de ce que ressent en ce moment mon cœur et de ce que vous éprouvez aussi dans vos cœurs.

Laissons donc tomber les paroles. Que reste seulement le grand silence devant Dieu, le silence qui se traduit en prière.

Je vous en prie, soyez avec moi ! À Jasna Gora et partout. Ne cessez pas d’être avec le Pape qui prie aujourd’hui avec les paroles du poète : « Mère de Dieu qui défends la claire Czestochowa et qui brilles sur la « Porta Accuta » ! Je vous adresse les mêmes paroles en ce moment si particulier.

8. Ces paroles ont été un appel et une invitation à prier pour le nouveau Pape appel exprimé en langue polonaise. J’adresse le même appel à tous les fils et toutes les filles de l‘Église catholique. Souvenez-vous de moi aujourd’hui et toujours dans votre prière.

En français :

Aux catholiques des pays de langue française, j’exprime toute mon affection et tout mon dévouement ! Et je me permets de compter sur votre soutien filial et sans réserve ! Puissiez-vous progresser dans la foi ! À ceux qui ne partagent pas cette foi, j’adresse aussi mon salut respectueux et cordial. J’espère que leurs sentiments de bienveillance faciliteront la mission spirituelle qui m’incombe et qui n’est pas sans retentissements sur le bonheur et la paix du monde !

En anglais :

Vous tous, qui parlez anglais, je vous salue de tout cœur au nom du Christ. Je compte sur l’aide de vos prières et de votre bonne volonté pour l’exercice de ma mission au service de l’Église et de l’humanité. Que Dieu vous donne sa grâce et sa paix, en surmontant les barrières des divisions et en rassemblant toutes choses en lui.

En allemand :

Je salue de tout cœur ceux ici présents, ainsi que tous les habitants des pays de langue allemande. À plusieurs reprises — et encore tout récemment lors de ma visite en République fédérale allemande — j’ai eu l’occasion de connaître et d’apprécier personnellement la belle activité de l’Église et de vos fidèles. Que votre généreux engagement au service du Christ soit de plus en plus fructueux pour les grandes tâches et les grands besoins de l’Église dans le monde entier ! C’est la demande que je vous adresse et je confie mon nouveau service apostolique à vos prières particulières.

En espagnol :

Ma pensée se tourne maintenant vers le monde de langue espagnole, qui constitue une portion si considérable de l’Église du Christ. Chers frères et fils, le nouveau Pape vous salue affectueusement en cet instant solennel. Unis par les liens d’une commune foi catholique, mais fidèles à votre tradition chrétienne, devenue vie en un climat toujours plus juste et solidaire, conservez votre attachement bien connu au Vicaire du Christ et cultivez intensément votre dévotion à notre Mère, la très sainte Vierge Marie.

En portugais :

Frères et fils de langue portugaise, je vous salue affectueusement dans le Seigneur en tant que « serviteur des serviteurs de Dieu ». En vous donnant ma bénédiction je fais confiance à la charité de vos prières et à votre fidélité pour vivre toujours le message de cette journée et de cette célébration : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

En russe :

Que le Seigneur soit avec nous tous par sa grâce et la philanthropie de sa miséricorde.

En tchèque :

De tout cœur je salue les Tchèques et les Slovaques qui sont si proches de moi.

En ukrainien :

D’un cœur large je salue et bénis tous les Ukrainiens, de la diaspora et du monde entier.

En lituanien :

Mon salut cordial à mes frères lituaniens. Soyez heureux et fidèles au Christ.

Conclusion (en italien) :

J’ouvre mon cœur à tous les frères des Églises et des communautés chrétiennes, en vous saluant d’une façon particulière vous qui êtes ici présents et en attendant de vous rencontrer personnellement tout prochainement. Mais, dès maintenant, je vous exprime ma vive satisfaction pour avoir voulu assister à cette cérémonie solennelle.

Et je m’adresse encore à tous les hommes, à chaque homme (et avec quelle vénération l’apôtre du Christ ne devait-il pas prononcer cette parole : homme !). Priez pour moi ! Aidez-moi, afin que je puisse vous servir !

Amen.

© Copyright 1978 - Libreria Editrice Vaticana

 Pour les plus jeunes vous trouverez la vie et des coloriages de saint Jean-Paul II ici

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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 07:50

Chers frères et sœurs,

Nous célébrons aujourd’hui la mémoire liturgique de la Bienheureuse Vierge Marie invoquée sous le titre de « Reine ». L’institution de cette fête est récente, bien qu’elle soit ancienne par son origine et la dévotion qu’elle inspire : elle fut établie, en effet, par le vénérable Pie XII, en 1954, à la fin de l’Année mariale, qui en a fixé la date au 31 mai. En cette circonstance, le pape déclara que Marie est reine plus que toute autre créature, en raison de l’élévation de son âme et de l’excellence des dons qu’elle a reçus. Elle ne cesse pas de prodiguer tous les trésors de son amour et de ses prévenances à l’humanité (cf. Discours en l’honneur de Marie Reine, 1er novembre 1954). Maintenant, suite à la réforme post-conciliaire du calendrier liturgique, la fête est située huit jours après la solennité de l’Assomption, pour souligner le lien étroit qui existe entre la royauté de Marie et sa glorification dans son âme et dans son corps, aux côtés de son Fils. Dans la Constitution sur l’Église du Concile Vatican II, nous lisons ceci : «Marie fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils» (Lumen Gentium, 59).

C’est l’origine de la fête de ce jour : Marie est Reine parce qu’elle est associée de manière unique à son Fils, sur son chemin terrestre comme dans la gloire du ciel. Le grand saint de Syrie, Ephrem le Syriaque, affirme au sujet de la royauté de Marie qu’elle dérive de sa maternité : elle est la Mère du Seigneur, du Roi des rois (cf. Is 9, 1-6) et elle nous indique Jésus qui est la vie, le salut et notre espérance. Le serviteur de Dieu Paul VI rappelait dans son Exhortation apostolique Marialis Cultus : « Dans la Vierge, tout se rapporte au Christ et tout dépend de lui : c’est pour lui que Dieu le Père, de toute éternité, l’a choisie comme Mère toute sainte et l’a parée de dons de l’Esprit à nul autre consentis » (n. 25).

Mais maintenant, nous pouvons nous demander : que veut dire l’expression Marie Reine ? Est-ce seulement un titre, lié à d’autres, et la couronne un ornement comme un autre ? Qu’est-ce que cela signifie ? Qu’est-ce que cette royauté ? Comme nous l’avons déjà indiqué, c’est une conséquence de son union à son Fils, de son existence au ciel, c’est-à-dire en communion avec Dieu ; elle participe à la responsabilité de Dieu pour le monde, à l’amour de Dieu pour le monde. On se fait une idée ordinaire, commune, du roi ou de la reine : ce serait une personne de pouvoir, de richesse. Mais ce n’est pas le style de royauté de Jésus et de Marie. Pensons au Seigneur : la royauté et la manière d’être roi de Jésus est tissée d’humilité, de service, d’amour : c’est surtout servir, aider, aimer. Rappelons-nous que Jésus a été proclamé roi sur la croix par cette inscription écrite par Pilate : « Roi des Juifs » (cf. Mc 15, 26). À ce moment-là, sur la croix, il montre qu’il est roi ; et comment est-il roi ? En souffrant avec nous, pour nous, en nous aimant jusqu’au bout, et c’est ainsi qu’il gouverne et qu’il crée la vérité, l’amour, la justice. Ou bien pensons encore à un autre moment : lors de la dernière Cène, il se penche pour laver les pieds de ses amis. La royauté de Jésus n’a donc rien à voir avec celle des puissants de la terre. C’est un roi qui sert ses serviteurs ; c’est ce qu’il a démontré par toute sa vie. Et la même chose vaut aussi pour Marie : elle est reine dans son service rendu à Dieu pour l’humanité, elle est reine de l’amour dont elle vit le don de soi à Dieu pour entrer dans le dessein de salut de l’homme. À l’ange, elle répond : Me voici, je suis la servante du Seigneur (cf Lc 1, 38) et dans le Magnificat, elle chante : Dieu a regardé l’humilité de sa servante (cf Lc 1, 48). Elle nous aide. C’est justement en nous aimant qu’elle est reine, en nous aidant dans toutes nos nécessités ; elle est notre sœur, humble servante.

Et nous voici arrivés au point central : comme Marie exerce-t-elle cette royauté de service et d’amour ? En veillant sur nous, ses enfants : des enfants qui s’adressent à elle dans la prière, pour la remercier ou pour lui demander sa protection maternelle et son aide céleste, après s’être peut-être trompés de route, oppressés par la douleur ou par l’angoisse due aux tristes vicissitudes qui perturbent la vie. Dans la sérénité ou dans l’obscurité de nos existences, nous nous adressons à Marie, confiants dans son intercession continuelle pour qu’elle puisse nous obtenir de son Fils toutes les grâces et la miséricorde nécessaires à notre pèlerinage sur les routes du monde. À celui qui gouverne le monde et qui tient entre ses mains le destin de l’univers, nous nous adressons, confiants, par l’intermédiaire de la Vierge Marie. Depuis des siècles, elle est invoquée comme Reine des cieux ; huit fois, après la prière du rosaire, elle est implorée dans les litanies de la Sainte Vierge comme Reine des anges, des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, de tous les saints et des familles. Le rythme de ces invocations anciennes et des prières quotidiennes comme le Salve Regina, nous aide à comprendre que la Sainte Vierge, notre Mère qui est à côté de son Fils Jésus dans la gloire du ciel, est toujours avec nous, dans le déroulement quotidien de notre vie. Le titre de reine est donc un titre de confiance, de joie, d’amour. Et nous savons que celle qui a entre ses mains le sort du monde est bonne, qu’elle nous aime et nous aide dans nos difficultés.

Chers amis, la dévotion à la Vierge Marie est un élément important de la vie spirituelle. Dans notre prière, n’oublions pas de nous adresser à elle avec confiance. Marie ne manquera pas d’intercéder pour nous auprès de son Fils. En la regardant, imitons sa foi, sa disponibilité totale au projet d’amour de Dieu, son accueil généreux de Jésus. Apprenons de Marie à vivre. Marie est la Reine du ciel, proche de Dieu, mais elle est aussi notre mère, proche de chacun de nous, qui nous aime et écoute notre voix. Merci pour votre attention.

Catéchèse de Benoît XVI – 22 août 2012

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 23:10

Un prêtre qui accompagnait Jean-Paul II dans son agonie a révélé qu’avant de s’éteindre son dernier mot, sa dernière prière fut : « AMEN ».

L’Esprit-Saint a voulu – et c’est très émouvant – que le Saint Père nous laisse ce simple mot (qui conclut toutes nos prières) comme un dernier message : il résume en effet tout ce que fut sa vie, il résume aussi tous les enseignements qu’il a donnés à l’Eglise et au monde au cours de son long pontificat.

Pour mieux comprendre cet étonnant message, rappelons-nous la riche signification de ce mot AMEN qui nous vient de la langue hébraïque et qu’on a préféré ne jamais traduire en langue vulgaire : une signification que Jean-Paul II connaissait parfaitement.

AMEN c’est essentiellement une expression de la Foi qui peut se traduire par « oui j’y crois, c’est solide, je peux m’y appuyer en toute sûreté ».

Dans l’Ancien Testament le prophète Isaïe affirme qu’il parle au Nom du « Dieu de l’AMEN ». C’est-à-dire du Dieu de VERITE qui est le fondement de toute solidité et de toute fidélité.

La Révélation tout entière proclame que la seule ressource de l’homme c’est de croire, c’est de dire AMEN, c’est de dire Oui à Dieu sûr que Dieu l’aime comme un Père, avec une infinie tendresse et une fidélité absolue.

Or, la plus belle preuve d’amour que Dieu ait pu nous donner c’est d’avoir envoyé parmi nous son Fils Unique…

Et quand ce Fils Bien-Aimé, le Christ Jésus s’adresse aux hommes c’est au nom de Dieu son Père, avec toute son autorité. Nous pouvons donc et nous devons le croire sur Parole.

On a noté que 85 fois dans l’Evangile, Jésus fait précéder une affirmation importante de la formule : « Amen, Amen, je vous le dis… »

Jésus c’est l’AMEN de Dieu. Par lui, en effet Dieu réalise en plénitude ses promesses. Jésus ne fut ni un Messie de compromis, ni un homme hésitant dans sa conduite et ses exigences. En Lui tout fut droit, simple, clair, définitif… Le Fils de Dieu nous dit Saint Paul n’a pas été oui et non, il n’y a eu que Oui en Lui.

Nous avons tous constaté, chers frères et sœurs, à quel point dans toute sa vie (dans son comportement comme dans son enseignement) Jean-Paul II a été un écho fidèle de ce AMEN parfait, de ce Oui parfait que fut le Seigneur Jésus.

Jean-Paul II a toujours témoigné d’une foi puissante, inébranlable, rayonnante et entraînante…

Toutes les vérités de cette foi chrétienne, il les a exposées lumineusement et avec rigueur et il a rappelé de la même manière et (avec une particulière insistance) les exigences de la morale évangélique réalisant ainsi le commandement de Jésus à l’Apôtre Pierre (le 1er Pape) : « Tu confirmeras tes frères dans la Foi… »

Jean-Paul II nous a aussi montré comment par ses divers engagements au service de l’Eglise il a été un AMEN, un Oui à Dieu. Chaque fois que le Seigneur l’appelait à des responsabilités nouvelles et toujours plus exigeantes, il acceptait très généreusement de correspondre à cet appel… Il y eut l’appel au Sacerdoce, puis l’appel à l’Episcopat et enfin à la charge suprême de Pasteur Universel… Nous savons aussi quelles grandes épreuves il eut à subir : l’attentat du 13 mai, les différentes opérations chirurgicales et le très long chemin de croix que fut sa dernière et si éprouvante maladie. Tout fut accepté et offert avec amour. Il fit un jour aux pèlerins massés sur la Place St Pierre cette confidence : « Peu avant mon élection le Cardinal Wyszynski, Primat de Pologne m’avait dit : si les cardinaux te choisissent, c’est toi qui devras faire entrer l’Eglise dans le 3ème Millénaire ».

J’ai compris que c’est par la prière et différentes initiatives que je devais l’y faire entrer, mais j’ai vu que cela ne suffisait pas : il fallait y entrer avec la souffrance et de grands sacrifices…

En prononçant au dernier instant le mot AMEN, il voulait sans doute signifier que sa mission était accomplie mais il voulait surtout dans un suprême élan de Foi et d’Amour offrir sa vie à Dieu. C’était une manière de dire en union avec Jésus : « Père, je remets mon âme entre tes mains ».

Frères et sœurs, je voudrais pour terminer, attirer votre attention sur une autre prière (très courte également) qui nous révèle le secret de la vie si magnifiquement donnée, le secret de la sainteté de Jean-Paul II : il s’agit de sa devise « Totus tuus ».

Ces 2 mots évoquent l’ardente dévotion qu’il a toujours manifestée envers la Très Sainte Vierge Marie à qui il s’était consacré dans sa jeunesse selon l’esprit du « Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge de Saint Louis Marie de Montfort… »

Totus tuus : je suis tout à Toi, ô Marie… Toute à Toi pour être tout à Dieu. Il est bien clair que AMEN et Totus tuus expriment la même réalité : ils sont le fil conducteur d’une spiritualité centrée sur le Christ, mais vécue par Marie, avec Marie et en Elle.

Puissions-nous nous inspirer de cette forte spiritualité dans la conduite de notre vie chrétienne.

Concrètement essayons de prononcer avec beaucoup plus d’attention et de foi le mot AMEN, surtout à deux moments importants de la Messe : Lorsque le prêtre conclut la grande prière eucharistique : « par Lui, avec Lui et en Lui »… Et lorsqu’il nous présente le Corps du Christ dans la communion. Mais tachons surtout de faire de toute notre vie un AMEN, un Oui à Dieu à l’exemple de Jean-Paul II. Et qu’Elle nous obtienne cette grâce Celle qui a toujours dit Oui : Marie Modèle incomparable de la Foi.

Amen.

Abbé Pierre Cousty

     

Prière de Jean-Paul à Marie

Ô Mère de Miséricorde écoute la prière que nous t’adressons,

et présente-la à Jésus ton Fils, notre seul Rédempteur.

Toi qui nous enseignes le sacrifice caché et silencieux,

toi qui viens à notre rencontre, à nous pécheurs,

nous te consacrons notre vie, nos travaux, nos joies,

nos maladies, nos douleurs.

Toi, notre espérance, regarde-nous avec bonté,

apprends-nous à marcher au-devant de Jésus,

et, si nous tombons, aide-nous à nous relever et

à revenir vers Lui en confessant nos fautes.

Accorde-nous un grand amour pour les sacrements,

empreintes laissées par ton Fils sur la terre.

Ainsi, Mère très sainte, avec la paix de Dieu dans notre conscience,

et le cœur délivré de tout mal, de toute haine,

nous pourrons porter à tous les hommes

la vraie joie et la vraie paix. Amen.

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 07:41

Des femmes disent l’avoir rencontré. Deux disciples certifient qu'ils l’ont reconnu. Il est apparu à Simon… Mais s’il revient au milieu de nous tous, quelle accusation va-t-il porter contre nous ? Trahison ? Reniement ? Non-assistance à une personne en danger ? Et au-delà, les griefs contre l’humanité peuvent être écrasants : voies de fait, procédure judiciaire irrégulière torture, homicide volontaire, crime contre l’humanité de Dieu… Va-t-il nous imputer tout cela ? Non !

Frères et sœurs quelle est la première parole de Jésus quand il retrouve ses disciples réunis ? « Paix à vous ! » (Jean 20,19).

A-t-il perdu la mémoire ? Est-il en plein refoulement et la condamnation viendra-t-elle plus tard ? Non ! Il n’a pas perdu la mémoire de sa Passion puisqu’il montre ses plaies. Le mal, tout le mal, tout ce mal qui a déferlé sur lui comme un tsunami gigantesque, tout ce mal, il l’a assumé.

Totalement assumé. Jésus a bu le calice (cf. Mc10, 38 ; Mt 26,42). Et le voici qui proclame : « Paix à vous ! » Paix, Eirènè en grec, Shalom en hébreu, qui signifie plénitude, plénitude de relation avec Dieu, c'est-à-dire : réconciliation. « Dieu nous a réconciliés avec lui en son Fils Jésus Christ » (2 Co 5,18).

Et trois fois nous avons entendu dans l’Évangile : « Paix à vous », c'est-à-dire que c’est une pleine réconciliation avec Dieu. Mais il n’y a pas seulement ce que Jésus dit aux apôtres : il y a ce qu’il est ! L’homme Jésus est là, debout ; Celui dont le cadavre a été mis au tombeau est là, vivant, avec ses plaies devenues sacrement de communion.

  • L’avenir de l’humanité n’est plus la béance de la mort avec une hypothétique survivance de l’âme.
  • L’avenir de notre humanité blessée, c’est la Résurrection dans un corps glorieux. Quelle miséricorde !
  • L’amour de Dieu s’est penché jusqu’au fond des enfers pour offrir le Salut !

Mais il y a encore un troisième aspect dans ce déferlement d’amour : Jésus confie à ses compagnons « le ministère de la réconciliation » (2 Co 5,18).

La victoire sur le péché et sur la mort n’est pas seulement pour le jour de notre mort : elle est déjà offerte dès ce monde-ci. Comment ? À travers l’Esprit Saint et le ministère des apôtres. En bref, et pour reprendre les termes de Jean-Paul II : « Jésus au Cénacle apporte la grande annonce de la Miséricorde divine et en confie le ministère aux apôtres ». La venue de Jésus dans sa résurrection est aux antipodes de la vengeance et de la condamnation !

Mais… la justice ? N’exige-t-elle pas de faire payer à l’humanité coupable la mort du Fils de Dieu ? Jean-Paul II dans son encyclique Dives in Misericordia (DiM) a une expression magnifique : il dit que la miséricorde de Dieu a « embrassé sa justice ». La justice de Dieu n’est pas opposée à sa miséricorde ; cela, c’est un regard humain ! La justice de Dieu est tout entière dépendante de sa miséricorde.

Notre crime n’est pas oublié : il est pardonné. Le « tout est accompli » (Jn 19,30) du Crucifié signifie : « tout est pardonné ». La miséricorde divine est descendue jusque dans les bas-fonds du cœur de l’homme et de l’histoire, et elle s’offre pour tout assainir, pour tout libérer. Les serrures, les peintures, les fers en mille morceaux de l’icône de la remontée des enfers illustrent bien cela. C’est une victoire extraordinaire sur le mal. Et ce qui est bouleversant, c’est que l’homme rejoint dans sa misère et son péché n’est en rien humilié. Ce n’est pas une miséricorde par en-haut qui me fait ressentir encore plus indigne. C’est une miséricorde par en bas.

Jean-Paul II le dit magnifiquement : « La miséricorde se manifeste dans son aspect propre et véritable quand elle revalorise » la personne humaine (DiM, n° 6). Quand Dieu nous fait miséricorde, nous découvrons en nous une dignité que nous ne connaissions pas avant de pécher...

Au terme de l’octave de Pâques, l’Église prend conscience de l’ampleur de la victoire de la Miséricorde. Et c’est une victoire qui nous touche très directement, parce que le mal, la souffrance, le péché, la mort sont omniprésents dans nos vies.

  • On se dégage d’une maladie et en vient une autre.
  • On se dégage d’une injustice et en vient une autre.
  • On se dégage d’une dictature et en vient une autre.
  • On se dégage d’une guerre et en vient une autre.

Le mariage du prince William et de Kate met un peu de baume sur les cœurs … mais en Lybie, la guerre continue. En Syrie on tire sur les manifestants et Israël va sortir ses armes parce que les Palestiniens se réconcilient.

Et Dieu dans tout cela ? Que fait-il ? Et nous pouvons légitimement nous demander : L’Amour de Dieu est-il puissant ou impuissant ? Aujourd’hui, le Christ ressuscité présent ici au milieu de nous nous révèle la toute puissance de l’Amour de Dieu. Toute puissance jusque sur la mort. La mort est retournée en passage vers la Vie ! Une toute puissance qui cherche à entrer dans l’histoire, dans notre histoire, pour la transformer, mais qui dépend de notre foi. Or, je crois qu’il y a trois paliers dans la foi en l’Amour de Dieu :

  • il y a ceux qui croient que Dieu est amour, qu’il est miséricorde, qu’il pardonne. Ils en sont rassurés, heureux, mais pour eux, c’est comme un bon film qu’on regarde, qui fait du bien, mais après il faut retourner à la réalité.
  • il y a ceux qui, parmi d’autres réalités, font confiance à la miséricorde de Dieu. Ils y trouvent un réconfort extraordinaire, une liberté, une expérience de la guérison de l’âme. C'est pour eux comme une vitamine «M» qu'on prend à l'occasion et qui rend capables d’aimer.
  • mais il y a aussi ceux qui mettent toute leur confiance dans la miséricorde de Dieu. Pour eux, la miséricorde de Dieu est leur point d’appui pour se jeter dans l’amour. La miséricorde est leur oxygène. Ils en vivent. Ils ne sont plus guidés par la peur ; ce sont des femmes, des hommes libres qui dérangent le monde et par qui l’histoire fait des bonds en avant.

Karol Wojtyla est un de ceux-là ! Il y avait, de 1941 à 1942 à Cracovie, un théâtre clandestin. De jeunes catholiques y jouaient, affirmant leur foi et leur amour pour la patrie. Un soir, Karol - 21 ans - monte en scène dans un appartement et commence une longue tirade. À peine avait-il commencé que de la maison d’en face s’échappe le bruit d’une radio égosillant en allemand des bulletins de victoire, sur un fond musical martial à réveiller tout le quartier. Le récitant ne bronche pas et continue son monologue sans changer de ton... Cela, c’est ce que fera l’archevêque de Cracovie et le successeur de Pierre tout au long de sa vie. Parce qu’il avait mis toute sa confiance en cet Amour de Dieu qui s’active pour les pauvres, les opprimés, les pécheurs : la Miséricorde.

En 1975, il écrit ces lignes dans son poème « Méditation sur la mort » : Je vais sur le trottoir étroit de cette Terre sans jamais me détourner de Ta Face, que le monde ne me dévoile jamais. La mort est pourtant l’expérience du terme elle a quelque chose de l’anéantissement. Par l’espérance, j’arrache mon « moi », je dois l’arracher pour surmonter l’anéantissement. Tous ils crient alors de partout et crieront sans cesse : « Tu déraisonnes, tu déraisonnes (…) ». Et je lutte contre moi-même. Je lutte contre tant d’hommes pour l’espérance, (…) mon espérance que rien dans le miroir du fugace ne recrée : seul la confirme ton Passage pascal uni à la plus profonde inscription de mon être. Souvenez-vous du premier appel du pape : « N’ayez pas peur ! » Ou encore du point d’orgue de son homélie à Montréal au Stade Olympique : « Tournez-vous vers le Christ ; À la suite de Pierre, faites-lui confiance ! »

  • Où Jean-Paul II a-t-il puisé l'audace pour soutenir Solidarnosc, mettant la Pologne à risque d'un déferlement de l'Armée rouge ?
  • Où Jean-Paul II a-t-il puisé le courage de rassembler à Assise tous les représentants des religions du monde ?
  • Où Jean-Paul II a-t-il puisé le courage de demander pardon au nom de l’Église pour tous les méfaits des hommes d’Église à travers l’histoire ?
  • Où ? ...dans cette confiance en Jésus, en Jésus Miséricordieux. Jean-Paul II savait que la Miséricorde de Dieu est toute puissante.

Le 13 mai 1935 Staline au ministre P. Laval avait demandé : « Le Vatican : combien de divisions ? » Staline avait raison : l’Église n’a aucune puissance militaire. Mais ce que Staline ne savait pas, c’est que ce qui est puissant pour changer la face de l’histoire ce ne sont pas les armes, c’est la Miséricorde.

La Miséricorde est un Amour qui embrasse tellement la faiblesse qu’il est vainqueur du mal. Nous regardons souvent la miséricorde comme une faiblesse. En réalité, la Miséricorde divine est victoire sur le mal. Elle est la « limite divine imposée au mal » écrivait Jean-Paul II dans son livre Mémoire et Identité. « Toute misère sombre dans ma miséricorde » dit Jésus à sœur Faustine !

Nous sommes tous et toutes confrontés au mal, à la faiblesse, au péché. Nous pouvons nous raidir et devenir des redresseurs de tort. Nous pouvons tomber dans l’impatience, la colère, la violence. Nous pouvons juger, condamner, exclure. Nous pouvons exiger paiement, réparation, vengeance. Mais nous pouvons aussi mettre notre confiance en Jésus miséricordieux qui prend soin de toute faiblesse humaine. « L’humanité n’aura de paix que lorsqu’elle s’adressera avec confiance à la divine miséricorde » (Jésus à Sr Faustine repris par l’homélie de Jean-Paul II lors de la canonisation de sœur Faustine).

Ce n’est pas démissionner face au mal, c’est collaborer à l’œuvre du Christ qui met fin au mal. Et l’Esprit Saint nous indiquera les chemins d’une justice qui respecte la dignité de toute personne humaine, qui retisse l’humanité dans l’amour, cette « justice bien comprise qui est le but du pardon » (cf. DiM, n° 14).

Le Miracle que nous pouvons demander à Jean-Paul II aujourd’hui c’est que notre confiance de fond soit en Jésus miséricordieux. Regarde un instant ce que serait ta communauté, ta famille, ton milieu si tu choisissais la miséricorde divine. La miséricorde divine est la pierre très souvent rejetée par les bâtisseurs mais en réalité elle est la pierre d’angle.

Oui, nous pouvons aujourd’hui nous consacrer, nous offrir intérieurement à la divine miséricorde !

Source : http://jerusalem.cef.fr/homelies/index.php?hid=687

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 08:23

Comme prêtre, j'expérimente l'énorme joie de la confession.

J'en connais les deux versants: celui du pénitent, qui a parfois le cœur un peu lourd de venir vers le prêtre pour lui raconter et lui avouer souvent les mêmes péchés et celui du confesseur qui éprouve la joie de Dieu devant une âme qui s'ouvre à la grâce, qui devient belle et libre, car libérée de la tristesse et de l'obscurité. Le pardon libère l'oiseau dont les ailes s'étaient prises dans le filet du péché.

La confession : l'inverse du Mac Do !

J'aime à dire que la confession, c'est le contraire du Mac Do. Avant, on a qu'une envie : manger pour soulager l'appétit. Après, on se dit : j'aurais peut-être pas dû, car c'est tout de même un peu lourd.

La confession c'est précisément l’inverse: avant c'est lourd, après c'est très léger !

En cette année de la Miséricorde, je me dois de témoigner de la plus belle des confessions. Bien-sûr, je ne révélerai aucun péché, car le sacrement de la confession est scellé. Personne n'entre dans le secret de la conscience, seul Dieu est le témoin intime de cette tendresse.

Le Pape François nous invite si souvent à se rendre au confessionnal, pour grandir à l'ombre de la Croix, à l'ombre de la lumière divine.

"Monsieur l'abbé, vous lui donnerez la bénédiction"

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Un jour, lors d'un premier pardon pour enfants, une très bonne catéchiste s'approche pour me prévenir qu'un enfant préparé par ses soins recevra seulement la bénédiction.

L'enfant souffre d'un handicap et n'arrivera pas à parler correctement, à concevoir et verbaliser ses péchés. L'aimable catéchiste me recommande : " donnez-lui la bénédiction".

L'Esprit Saint me murmure au cœur : "pourquoi est-ce ce que je devrais limiter la grâce de Dieu ? Bien chère Madame, je crois que lors de la confession, je serai plutôt un handicapé, car même si je tiens la place de Jésus, je reste faible, malade et pécheur.

Donc ne vous faites pas de soucis. Je le recevrai avec joie pour sa confession, et je lui donnerai l'infini Pardon de Dieu qui coule du Cœur de Dieu vers mes pauvres mains. Une personne handicapée est tout proche de Dieu. Physiquement certes, elle est moins agile que moi, mais spirituellement, elle vole largement devant moi.

Bref, l'handicapé dans la relation avec Dieu ce sera moi. Que cet enfant bien préparé vienne rencontrer la Miséricorde et la tendresse de Dieu, sans crainte, sans peur, avec beaucoup d'Amour". 

Lors de la rencontre personnelle, le "miracle" s'opère, sans merveilleux, sans extase, sans effets spectaculaire, mais avec la conscience que dans la confession, le sacrement de la Miséricorde, une œuvre plus prodigieuse que le début de l'Univers s'accomplit.

Rien de spectaculaire donc, mais un profond bouleversement envahi mon âme. Je trace le signe de la croix sur ce chouchou du Bon Dieu, ce préféré de Jésus.

Puis, la maman attend son enfant derrière moi et l'accueil en larmes. Face à ses deux êtres qui s'embrassent, la maman et son fils, je me mets aussi à pleurer intérieurement. Jésus n'avait-il exulté de joie avec son Père : "ce que tu as caché aux sages et aux intelligents, tu l'as révélé aux touts petits".

envolmouette.jpgDans un monde de compétition, d'une cruauté des forts et des puissants qui n'acceptent et ne valident souvent que la force, l'argent et l'apparence, les personnes avec un handicap nous provoquent à l'Amour, à la conversion. Nous sommes si souvent suffisants et orgueilleux.

C'est grâce à eux que le monde garde un degré d'humanité. Leur existence, avec leur souffrance, leur drame et leurs difficultés, restent un puissant motif d'espérance.

Face à la confession, je me dis toujours : prêtre, le plus beau métier du monde !

Abbé Dominique Fabien Rimaz - http://lesuisseromain.hautetfort.com/

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 16:15

Evangile du 8 décembre selon saint Marc

Ce n’est pas sans raison que l’Eglise a placé la fête de l’Immaculée Conception au cœur de l’Avent. L’incomparable figure de Marie Immaculée éclaire, en effet d’une manière particulière ce temps de joyeuse espérance. Pour un privilège unique le sacrifice rédempteur de la Croix qui nous a purifiés du péché originel en a totalement préservé la Vierge Marie. A l’instant décisif de l’Annonciation, l’Ange Gabriel s’est adressée à Elle en ces termes : « Je te salue, remplie de grâce », car il voyait en Elle la créature « dans sa splendeur originelle », telle qu’elle sortit des mains du Créateur au commencement du monde : « la femme dans la grâce enfin restituée » comme l’a si bien dit notre poète Claudel.

« Je te salue remplie de grâce ». En Marie tout est grâce, en effet ; tout vient de Dieu et tout est pour Dieu, pouvait-il en être autrement de celle qui était prédestinée à devenir la Mère du Fils de Dieu se faisant homme ?

« Bénie entre toutes les femmes ». Marie appartient néanmoins à notre race. Rachetée autrement que nous, elle l’a été, ainsi que nous par la mort de Jésus son Fils. Elle est tout comme nous, fille du Calvaire et du Sang Rédempteur. Si bien qu’entre la vocation unique de la Mère de Dieu et la nôtre, il y a une différence de degré énorme, mais pas différence de nature. Nous différons d’Elle au départ, mais pas au terme... Car nous sommes destinés tout comme Elle, à être associés intimement à cette prodigieuse vie de connaissance et d’amour qui est Celle de la bienheureuse Trinité.

C’est dans cette perspective, frères et sœurs, qu’il nous faut comprendre la déclaration étonnante de Jésus dans l’Evangile. Déclaration qui sans porter atteinte à la grandeur incomparable de sa très Sainte Mère, met en relief la dignité universelle des chrétiens... « Voici ma mère et mes frères, affirme Jésus, en promenant son regard sur ceux qui sont autour de lui. Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère et une sœur et une mère ». Certes, nous ne sommes pas nés immaculés mais nous pouvons le devenir si nous accomplissons la volonté de Dieu, répondant ainsi à notre vocation première qui est la Sainteté. Considérée sous cet angle, le mystère de l’Immaculée Conception, qui prélude au relèvement de l’humanité est un phare lumineux qui nous indique le chemin de notre propre salut... Car, voyez-vous, la fête de l’Immaculée Conception, ce n’est pas autre chose que la fête de ce qu’on appelle l’état de grâce. Or, la grâce en nous ce n’est pas quelque chose, mais la présence de quelqu’un, la présence de Dieu vivant Père, Fils et Saint-Esprit, au plus intimement de nous-mêmes. Seulement attention ! La présence habituelle de Dieu en nous ne saurait rester inactive... Il ne faudrait pas considérer l’état de grâce seulement comme le fait de n’être pas en état de péché mortel... L’absence de péché mortel n’est que l’aspect négatif de l’habitation de Dieu en nous, laquelle implique une communauté de vie spirituelle de penser, d’affections, de désirs, de volontés entre Dieu et nous, communauté qui allant toujours croissante recevra un jour son épanouissement dans l’union définitive du ciel.

Saint Jean affirme que Dieu nous a aimés le premier. L’état de grâce où nous entrons par le Baptême est un don gratuit mais Marie ne mérite pas davantage. Créée dans cet état surnaturel, son mérite à Elle, fut de répondre à ce privilège par un amour digne du Seigneur, exclusif de tout péché. Et quoique ce fût pour Elle, une nouvelle grâce d’être choisie pour être la Mère du Sauveur, elle a obtenu cette prérogative par sa fidélité indéfectible. Dieu a jeté son regard sur Elle parce qu’elle était volontairement et joyeusement restée l’Immaculée : celle qui n’avait point failli, qui n’avait jamais voulu appartenir à personne d’autre qu’à Lui, le Seigneur. Et devant la Vierge de Nazareth toute remplie de la présence de Dieu, l’ange s’incline comme si elle était sa concitoyenne du ciel : « Je te salue, remplie de grâce, le Seigneur est avec Toi ». Le dessein divin que l’ange fait connaître à la petite fiancée de Joseph va bouleverser sa vie, comme déjà il trouble son esprit...

Tout cela, certes la dépasse et confond son humilité, mais ne vient pas à bout de sa docilité et de sa confiance. « Je suis la Servante du Seigneur », dit-elle, et l’ange la quitta. Par l’œuvre de l’Esprit-Saint le Verbe s’était fait chair. Bientôt une humanité recréée dans un état de justice et de sainteté véritable va remplacer l’humanité pécheresse : Marie en est le premier et magnifique exemplaire. Avec quelle fierté ne devons-nous pas l’admirer ? Une enfant de notre race est donc restée fidèle à la volonté initiale du Créateur. La preuve est faite qu’une créature humaine est capable de ne pas pécher avec le secours de la grâce. Eh bien ! C’est cela précisément que Jésus attend et obtiendra de ses disciples pourvu qu’ils imitent l’esprit de foi de Marie, son humilité, sa générosité totale dans l’accomplissement de toutes les volontés de Dieu... Sa parole « Quiconque fait la volonté de Dieu m’est un frère, une sœur, une mère », est à prendre au pied de la lettre. Jésus n’a pas dit aux disciples qui l’entouraient : ils pourront être, ils seront comme ma mère... Non, l’assimilation est beaucoup plus complète. Elle se produit dans le présent : « Voici ma mère, voici mes frères ». Il ne s’agit pas ici de parenté naturelle, ni d’un simple apparentement moral comme on dit d’un ami qu’il est pour un frère... La vérité est que pas Jésus-Christ nous sommes devenus réellement fils adoptifs de Dieu. La merveille est que l’état de grâce nous fait entrer surnaturellement, mais réellement dans la famille de Dieu. Et l’état de grâce se reconnaît à ce signe que nous voulons tout ce que Dieu veut...

Frères et sœurs, si Dieu a voulu élever tout de suite à la sainteté celle qui serait sa mère, ne perdons pas de vue cependant qu’il a créé le monde et que son Fils a régénéré l’humanité dans son sang rédempteur dans l’unique but de faire de nous des saints. « Le monde est une machine à faire des dieux » disait Bergson. Chaque année la fête de l’Immaculée Conception revient opportunément nous rappeler qu’un tel idéal n’est pas impossible, parce que le péché n’est pas inhérent à la nature humaine. Le péché n’est qu’un accident et depuis que Jésus nous a rétablis dans l’état de grâce c’est un accident toujours évitable. Oh certes, le chrétien trébuche souvent, parfois il tombe mais il se relève et au prix de nombreux efforts soutenus par la grâce, il avance quand même dans la vie, joyeux et confiant, dans la splendeur cachée du Dieu infiniment saint qui habite son âme.

Frères et sœurs, retenons bien ceci, Dieu a fait ce chef d’œuvre unique, Marie Immaculée, mais ce prototype il veut le reproduire en tous les hommes dans la mesure où ils accorderont leur volonté avec la sienne. « Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m’est un frère, une sœur, une mère.

Amen.

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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 08:03
Nous sommes au cœur de la grande semaine consacrée à cette œuvre capitale qu’est le retour à l’Unité de tous les chrétiens du monde : catholiques, orthodoxes, protestants et anglicans. Durant cette semaine, en réfléchissant à cette situation scandaleuse que constitue la division des églises, nous aurons peut-être mieux compris que nous sommes tous concernés, tous appelés à travailler chacun selon sa grâce dans la grande entreprise de l’œcuménisme ainsi que nous l’a demandé le Concile Vatican II. Il déclare, en effet que le soin de rétablir l’unité incombe à toute l’Eglise aussi bien aux fidèles qu’aux pasteurs. Certes, des progrès ont été réalisés depuis plus de 50 ans sur ce rude chemin de l’Unité. Entre les frères séparés, le climat a complètement changé : les chrétiens de toutes les confessions ont cessé de s’ignorer ou de se suspecter : ils ont appris à se regarder avec des yeux neufs, ils savent se respecter, s’estimer et s’aimer, s’efforçant de considérer plutôt ce qui les unit que ce qui les divise… Ils restent bien conscients de leurs désaccords, mais ils en débattent dans la sérénité. Il leur arrive assez souvent de prier en commun et ils s’accordent pour agir ensemble dans bien des domaines (dans des œuvres caritatives par exemple). Ce renouveau dans les relations entre chrétiens de différentes églises nous le devons à la foi profonde de tous ceux qui en furent les promoteurs et à la prière de plus en plus fervente des uns et des autres. Quand on mesure le chemin parcouru, on ne peut que rendre grâces au Seigneur, mais il faut bien se garder de toute illusion, car les obstacles les plus importants demeurent et ils sont humainement insurmontables. Pour qu’ils puissent être levés il ne faudra rien moins qu’une intervention tout à fait exceptionnelle de Dieu : c’est pourquoi seule la prière qui croit au miracle et qui rend l’impossible possible pourra nous obtenir cette grâce suprême.

Jésus, nous le savons a été le premier à prier pour l’Unité de tous ses disciples « Père, qu’ils soient un comme Toi et moi nous sommes un. » Et c’est avant tout, cette prière du Christ qui fonde notre Espérance ; c’est dans le mouvement de cette prière qu’il nous faut entrer si nous voulons êtres exaucés ou plutôt c’est le Christ priant qu’il nous faut inviter à venir prier au milieu de nous et en chacun de nous, car nous ne savons pas prier comme il faut… Ah ! si nous pouvions comprendre que le fait de prier, le simple fait de prier est déjà un puissant facteur d’unité ! Car dites-moi, le premier effet de la prière n’est-il pas tout d’abord de nous unir à Dieu, de nous mettre en communion avec Lui et de nous unir en même temps à tous nos frères, en vertu du mystère de notre solidarité dans le Christ ?

Oui, parce qu’elle est union à Dieu et source de charité la prière agit efficacement pour détruire les germes de division que le péché a semés dans les cœurs. Si elle est assez humble, si elle est confiante et persévérante, elle est capable de faire disparaître tous ces obstacles qui, trop souvent, nous séparent les uns des autres.

Cependant, frères et sœurs, pour avancer sur le chemin de l’Unité il ne suffit pas de prier, il faut aussi agir, car s’il est vrai que nous ne pouvons rien faire sans Dieu, il est tout aussi vrai que Dieu ne veut rien faire sans nous. Jésus a dit « qu’ils soient un pour que le monde croie ». Cela veut dire que le monde ne se convertira que si les chrétiens sont vraiment unis dans la Vérité et dans l’Amour, que si les chrétiens par conséquent, déploient tous leurs efforts, toute leur générosité pour réaliser concrètement cette unité… Ici, chacun doit comprendre que cela requiert de sa part une conversion permanente. Oui, nous avons à changer notre mentalité et notre attitude en ce qui concerne surtout nos relations mutuelles, car nos rapports humains, reconnaissons-le très loyalement, ne sont pas toujours imprégnés de l’esprit évangélique…

Est-ce que nous pouvons affirmer sans mentir que nous nous aimons vraiment les uns les autres à la manière de Jésus ? Sommes-nous capables, en particulier, de nous pardonner mutuellement nos torts, capables de nous réconcilier autant de fois que c’est nécessaire. Sommes-nous miséricordieux les uns les autres, comme notre Père est miséricordieux envers nous ? Car c’est là, en définitive, que réside le secret de l’Unité. L’Unité peut se faire que dans la charité. Il importe que nous fassions très souvent sur ce point notre examen de conscience. Que faisons-nous dans la vie quotidienne pour nous aimer effectivement comme des frères ? Sommes-nous accueillants, attentifs, bienveillants, disponibles pour rendre service ? Y-a-t-il de plus en plus entre nous compréhension, sympathie, échange, communion aux joies et aux peines et cela parce que nous avons conscience d’être les membres d’une même famille, les enfants d’un même Père ? A quoi bon faire l’union des Eglises, si les chrétiens ne s’aiment pas ? A quoi bon l’union au sommet s’il n’y a pas l’union à la base ?

Frères et sœurs, comme chaque semaine, nous sommes rassemblés pour l’Eucharistie, Cœur de la Vie Chrétienne, Sacrement par excellence de l’Unité. Mais à quoi bon nous rassembler autour de l’autel chaque dimanche, à quoi bon faires des gestes d’union si cela ne se traduit pas dans le reste de la vie par des gestes de charité fraternelle grâce auxquels on devient plus proches les uns des autres… Au cours de l’Eucharistie, Jésus par le ministère du prêtre change le pain en son Corps… Ces membres si souvent isolés ou paralysés que nous sommes, qui se trouvent dispersés un peu comme des pièces détachées, Jésus veut par la grâce de l’Eucharistie, par la communion à son sacrifice rédempteur les réunir et les souder si fort qu’ils ne fassent plus qu’un en Lui. « Parce qu’il n’y a qu’un Pain, nous dit saint Paul, à plusieurs nous ne sommes qu’un Corps, car nous participons à ce Pain Unique ».

Comment oserions-nous, chers frères et sœurs, après nous être unis dans le Christ déchirer à nouveau ce Corps, le diviser par nos mépris, nos médisances, nos hostilités, bref par tous nos refus d’aimer. Pour des non-chrétiens, pour les incroyants il y a le scandale séculaire de la division des églises, mais il y a, à l’heure actuelle un autre scandale qui est bien plus affligeant et encore plus destructeur, c’est celui de la division de notre Eglise Catholique. Il appartient à chacun de nous de le faire cesser.

Que la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, Mère de l’Unité nous obtienne la grâce de briller et de réchauffer comme autant de Foyers de Lumière et d’Amour dans l’hiver ténébreux et glacé de ce monde en crise qui est le nôtre.

Que nos familles, que nos communautés, vivifiées par l’Amour exercent à nouveau cette attraction irrésistible qui au début du christianisme convertissait les païens en si grand nombre.

Que tous ceux qui doutent et qui cherchent puissent découvrir dans le rayonnement de notre charité, et dans la solidarité de notre Unité le visage du Christ ressuscité, unique Sauveur du monde.

Oui, soyons UN pour que le monde croie.

Amen.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:26

pour la Sanctification des Prêtres

Très chers frères dans le sacerdoce et amis !

À l’occasion de la prochaine solennité du Très Saint Cœur de Jésus, le 7 juin 2013, au cours de laquelle nous célébrons la Journée Mondiale de Prière pour la Sanctification des Prêtres, je vous salue cordialement tous ensemble et chacun de vous et je remercie le Seigneur de son don ineffable du sacerdoce et de la fidélité à l’amour du Christ.

S’il est vrai que l’invitation du Seigneur à « demeurer dans son amour » (cf. Jn 15,9) vaut pour tous les baptisés, le jour de la fête du Saint Cœur de Jésus il résonne avec une force nouvelle en nous, prêtres. Comme nous l'a rappelé le Saint-Père à l'ouverture de l'Année sacerdotale, en citant le saint Curé d'Ars, « le sacerdoce est l'amour du Cœur de Jésus » (cf. Homélie lors de la célébration des Vêpres de la Solennité du Très Saint Cœur de Jésus, 19 juin 2009). De ce Cœur – et nous ne devons jamais l'oublier – a jailli le don du ministère sacerdotal.

Nous avons expérimenté que le fait de « demeurer dans son amour » nous pousse avec force vers la sainteté. Une sainteté – nous le savons bien – qui ne consiste pas dans l’accomplissement d’actions extraordinaires mais dans le fait de permettre au Christ d'agir en nous et d’adopter ses attitudes, ses pensées, ses comportements. Notre sainteté se mesure à la stature que le Christ atteint en nous, à la façon dont, avec la force de l'Esprit saint, nous modelons sur Lui toute notre vie.

Nous, prêtres, nous avons été consacrés et envoyés pour rendre actuelle la mission salvifique du Divin Fils incarné. Notre fonction est indispensable pour l'Église et pour le monde et exige de nous pleine fidélité au Christ et union incessante avec Lui. Ainsi, en servant avec humilité, nous sommes des guides qui conduisent à la sainteté les fidèles qui ont été confiés à notre ministère. De cette façon, se reproduit dans notre vie le désir exprimé par Jésus lui-même dans la prière sacerdotale, après l'institution de l'Eucharistie : « Je prie pour eux ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, car ils sont à toi […] Je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les garder du Mauvais [...] Consacre-les dans la vérité, […] et pour eux je me consacre moi-même, afin qu'ils soient eux aussi consacrés en vérité (Jn 17,9.15.17.19).

Dans l'Année de la Foi

Ces considérations acquièrent un relief particulier dans le cadre de la célébration de l'Année de la Foi – annoncée par le saint Père Benoît XVI par le Motu proprio Porta Fidei (11 octobre 2011) – qui a débuté le 11 octobre 2012, le jour du cinquantième anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II, et qui se terminera le 24 novembre prochain, solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi de l'Univers. L'Église doit être en chemin avec ses pasteurs pour conduire les hommes hors du "désert" vers la communion avec le Fils de Dieu, qui est la Vie pour le monde (cf. Jn 6,33).

Dans cette perspective, la Congrégation pour le Clergé adresse cette lettre à tous les prêtres du monde pour les aider tous, mais chacun individuellement, à revivifier leur engagement à vivre l'événement de grâce dans lequel ils sont appelés, à être, en particulier, des agents et des animateurs diligents pour une redécouverte de la foi dans son intégrité et dans tout son attrait, à considérer donc que la nouvelle évangélisation a pour orientation la transmission de la foi chrétienne dans son authentique simplicité.

Dans la Lettre apostolique Porta Fidei, le Pape interprète les sentiments des prêtres d'un bon nombre de pays : « Alors que dans le passé il était possible de reconnaître un tissu culturel unitaire, largement admis dans son renvoi aux contenus de la foi et aux valeurs inspirées par elle, aujourd’hui il ne semble plus en être ainsi dans de grands secteurs de la société, en raison d’une profonde crise de la foi qui a touché de nombreuses personnes » (n° 2).

La célébration de l'Année de la Foi se présente comme une occasion favorable pour la nouvelle évangélisation, une occasion de dépasser la tentation du découragement et de laisser nos forces se déployer chaque fois davantage sous l'impulsion et la conduite de l'actuel Successeur de Pierre. Avoir la foi signifie principalement être certain que le Christ, vainquant la mort dans sa chair, a rendu possible aussi pour ceux qui croient en Lui de partager ce destin de gloire et de satisfaire l'aspiration, qui est dans le cœur de chaque homme, à une vie et une joie parfaites et éternelles. C'est pourquoi « la Résurrection du Christ est notre plus grande certitude ; c’est le trésor le plus précieux ! Comment ne pas partager ce trésor, cette certitude, avec les autres ? Elle n’est pas seulement là pour nous, mais pour qu’on la transmettre, qu’on la donne aux autres, la partage avec les autres. C’est précisément là notre témoignage » (Le Pape François, Audience générale, 3 avril 2013).

Nous devons, en tant que prêtres, nous préparer à guider les autres fidèles, à aider leur foi à mûrir. Nous sentons que c'est nous qui, les premiers, devons ouvrir plus largement nos cœurs. Rappelons-nous les paroles prononcées par le Maître le dernier jour de la fête des Tentes, à Jérusalem : « Jésus, debout, lança à pleine voix : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu’il boive celui qui croit en moi !, conformément au mot de l'Écriture : De son sein couleront des fleuves d'eau vive". Il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en Lui ; car il n'y avait pas encore d'Esprit, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié » (Jn7, 37-39).  Des fleuves d'eau vive peuvent aussi couler du prêtre, alter Christus, dans la mesure où il boit avec foi les paroles du Christ, en s'ouvrant à l'action de l'Esprit saint. De son "ouverture" à être signe et instrument de la grâce divine, dépend pour finir non seulement la sanctification du peuple qui lui a été confié mais aussi l'orgueil de son identité : « Le prêtre qui sort peu de lui-même, qui oint avec parcimonie − je ne dis pas « jamais » car, grâce à Dieu, les fidèles nous "volent" l’onction −, perd le meilleur de notre peuple, ce qui est capable d’allumer la partie la plus profonde de son cœur de prêtre. Celui qui ne sort pas de lui-même, au lieu d’être un médiateur, se convertit peu à peu en intermédiaire, en gestionnaire. Nous connaissons tous la différence : l’intermédiaire et le gestionnaire "ont déjà reçu leur récompense", et comme ils ne paient pas de leur personne, ni de leur cœur, ils ne reçoivent pas non plus un remerciement affectueux qui vient du cœur. De là vient précisément cette insatisfaction chez certains qui finissent par être tristes, des prêtres tristes et convertis en une sorte de collectionneurs d’antiquités ou de nouveautés au lieu d’être des pasteurs pénétrés de "l’odeur des brebis"  ̶  cela je vous le demande : soyez des pasteurs avec "l’odeur des brebis", que celle-ci se sente ; au lieu d’être des pasteurs au milieu de leur troupeau, et des pêcheurs d’hommes » (Idem Homélie de la Messe chrismale, 28 mars 2013).

Transmettre la foi

Le Christ a confié aux Apôtres et à l’Église la mission de prêcher la Bonne Nouvelle à tous les hommes. Saint Paul sent l’Évangile comme « une force de Dieu pour le salut de tout croyant » (Rm 1,16). Jésus-Christ lui-même est l’Évangile, la "Bonne Nouvelle" (cf. 1Co 1,24). Notre tâche est d’être porteurs de la puissance de l’Amour illimité de Dieu, manifesté dans le Christ. La réponse à la généreuse Révélation divine est la foi, fruit de la grâce dans nos âmes, qui demande l’ouverture du cœur humain. « Donc, la foi grandit et se renforce seulement en croyant ; il n’y a pas d’autre possibilité pour posséder une certitude sur sa propre vie sinon de s’abandonner, dans un crescendo continu, entre les mains d’un amour qui s’expérimente toujours plus grand parce qu’il a son origine en Dieu » (Porta Fidei, n° 7). Qu’après des années de ministère sacerdotal qui a comporté fruits et difficultés, le prêtre puisse dire avec saint Paul : « J’ai procuré l’accomplissement de l’Évangile du Christ ! » (Rm15, 19 ; 1Co 15, 1-11 ; etc.).

Collaborer avec le Christ à l’œuvre de transmission de la foi, c’est la tâche de tout chrétien qui se fait par le biais d’une coopération caractéristique de fidèles ordonnés et de fidèles laïques dans la sainte Église. Cet heureux devoir implique deux aspects profondément unis : le premier, l’adhésion au Christ, ce qui veut dire Le rencontrer personnellement, Le suivre, avoir un rapport d’amitié avec Lui, croire en Lui. Dans le contexte culturel d’aujourd’hui est particulièrement important le témoignage de la vie, condition d’authenticité et de crédibilité, qui fait découvrir comment la puissance de l’amour de Dieu rend efficace sa Parole. Nous ne devons pas oublier que les fidèles cherchent dans le prêtre l’homme de Dieu et sa Parole, sa Miséricorde et le Pain de la Vie.

Le second aspect du caractère missionnaire de la transmission de la foi consiste dans l’accueil joyeux des paroles du Christ, des vérités qu’elles nous enseignent, des contenus de la Révélation. Dans cette perspective, l’exposition ordonnée et organisée de la doctrine catholique, ancrée dans la Parole de Dieu et la longue et vivante Tradition de l’Église, constituera un instrument fondamental.

Nous devons nous engager en particulier à vivre et à faire vivre l’Année de la Foi comme une occasion providentielle pour comprendre, comme le dit Jean Paul II, que les textes laissés en héritage par les Pères conciliaires « ne perdent rien », « de leur valeur ni de leur éclat ». Et, continue le Pape, « il est nécessaire qu'ils soient lus de manière appropriée, qu'ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à l'intérieur de la Tradition de l'Église. […] Je sens plus que jamais le devoir d'indiquer le Concile comme la grande grâce dont l'Église a bénéficié au XXe siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence » (JEAN PAUL II, Lett. Ap. Novo millennio ineunte, 6 janvier 2001, 57 : AAS 93 [2001], 308, n°5).

Les contenus de la foi

Le Catéchisme de l’Église catholique que le Synode extraordinaire des Évêques de 1985 souhaitait pour en faire un instrument au service de la catéchèse et à la réalisation duquel a collaboré tout l’Épiscopat illustre pour les fidèles la force et la beauté de la foi.

Le Catéchisme est un fruit authentique du Concile œcuménique Vatican II et rend plus facile le ministère pastoral : homélies attrayantes, incisives, profondes, solides ; cours de catéchèse et de formation théologique pour adultes ; préparation des catéchistes, formation des différentes vocations dans l’Église, particulièrement dans les séminaires.

La Note avec indications pastorales pour l’Année de la foi (6 janvier 2012) offre un large éventail d’initiatives permettant de vivre ce temps de grâce privilégié en étroite union avec le Saint-Père et le Corps épiscopal : les pèlerinages des fidèles au Siège de Pierre, en Terre sainte, aux sanctuaires marials, la prochaine et désormais imminente Journée Mondiale de la Jeunesse à Rio de Janeiro au mois de juillet ; les symposiums, congrès, rassemblements, au niveau également international, et, en particulier, ceux qui sont consacrés à la redécouverte des enseignements du Concile Vatican II ; l’organisation de groupes de fidèles pour la lecture et l’approfondissement commun du Catéchisme avec un engagement renouvelé à le diffuser.

Dans le climat relativiste actuel, il semble opportun de souligner combien est importante la connaissance des contenus de la véritable doctrine catholique, connaissance inséparable de la rencontre avec d’attirants témoignages de la foi. On raconte dans les Actes des Apôtres que les premiers disciples de Jésus à Jérusalem « se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » (Ac2, 42).

En ce sens, l’Année de la Foi est une occasion particulièrement propice pour un accueil plus attentif des homélies, des catéchèses, des allocutions et des autres interventions du Saint-Père. Pour beaucoup de fidèles, avoir à sa disposition les homélies et les discours des audiences sera une grande aide pour transmettre la foi à d’autres.

Il s’agit de vérités dont on vit, comme le dit saint Augustin, quand, dans une homélie sur laRedditio symboli, il décrit l’enseignement du Credo : « On vous l’a donc donné à apprendre et vous l’avez récité mais vous devez toujours le garder  présent à l’esprit, le répéter sur votre couche, le méditer sur les places publiques, ne pas l’oublier en prenant votre nourriture, et même quand vous dormez, vous devez veiller sur lui avec votre cœur » (Augustin d’Hippone, Sermon 215, sur la Redditio symboli).

Dans Porta Fidei, un parcours est tracé qui a pour but d’aider à comprendre de façon plus profonde les contenus de la foi et l’acte par lequel nous nous en remettons librement à Dieu : l’acte par lequel on croit et les contenus auxquels nous donnons notre assentiment sont marqués par une unité profonde (cf. n° 10).

Grandir dans la foi

L’année de la foi représente donc une invitation à la conversion à Jésus unique Sauveur du monde, une invitation à grandir dans la foi comme vertu théologale. Dans le prologue au premier volume Jésus de Nazareth, le Saint-Père dit que le fait de présenter Jésus comme une figure du passé dont on ne sait de façon certaine que peu de choses a des conséquences négatives : « Une telle situation est dramatique pour la foi, car le vrai point d'appui dont tout dépend - l'amitié intime avec Jésus - demeure incertain ».

Il vaut la peine de méditer plusieurs fois sur ces mots : « le vrai point d'appui dont tout dépend l'amitié intime avec Jésus ». Il s’agit de la rencontre personnelle avec le Christ. Rencontre de chacun de nous et de chacun de nos frères et sœurs dans la foi, que nous servons par notre ministère.

Rencontrer Jésus comme les premiers disciples - André, Pierre, Jean - comme la Samaritaine ou comme Nicodème ; L’accueillir dans sa maison comme Marie ; L’écouter en lisant et relisant l’Évangile ; avec la grâce de l’Esprit saint, c’est-là le sûr chemin pour grandir dans la foi. Comme l’écrivait le Serviteur de Dieu Paul VI : « La foi est la voie à travers laquelle la vérité divine entre dans l’âme » (Insegnamenti, IV, p. 919).

Jésus invite à sentir que nous sommes enfants et amis de Dieu : « Je vous appelle amis car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai institués pour que vous alliez et que vous portiez du fruit et un fruit qui demeure ; alors tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera » (Jn 15,15-16).

Moyens pour grandir dans la foi. L’Eucharistie

Jésus invite à demander avec une pleine confiance, à prier avec les mots du "Notre Père". Il propose à tous dans le discours des Béatitudes un but qui, aux yeux des hommes, semble une folie : « Vous, donc, soyez parfaits comme est parfait votre Père céleste ». Pour pratiquer une bonne pédagogie de la sainteté, capable de s’adapter aux circonstances et aux rythmes de chacun, nous devons être amis de Dieu, hommes de prière.

Dans la prière, nous apprenons à porter la croix, cette croix ouverte au monde entier pour son salut qui, comme le révèle Seigneur à Ananie, accompagnera aussi la mission de Saül, à peine converti : « Va, car cet homme m’est un instrument de choix pour porter mon nom devant les païens, les rois et les enfants d’Israël. Moi-même, en effet, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom » (Ac 9,15-16). Et aux fidèles de Galatie, saint Paul présentera cette synthèse de sa vie : « Je suis crucifié avec le Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi (Ga 2,19-20).

Dans l’Eucharistie s’actualise le mystère du sacrifice de la croix. La célébration liturgique de la messe est une rencontre avec Jésus qui s’offre comme victime pour nous et nous transforme en Lui. « En effet, de par sa nature, la liturgie a son efficacité pédagogique propre pour introduire les fidèles à la connaissance du mystère célébré. Toujours à ce sujet, dans la tradition la plus antique de l'Église, le chemin de formation du chrétien, sans négliger l'intelligence organique du contenu de la foi, comportait toujours un caractère d'initiation où la rencontre vivante et persuasive avec le Christ, annoncé par des témoins authentiques, était déterminante. En ce sens, celui qui introduit aux mystères est avant tout le témoin » (Benoît XVI, Exhort. Ap. Sacramentum caritatis, 22-II-2007, n° 64). On ne s’étonne donc pas que dans la Note avec indications pastorales pour l’Année de la foi on suggère d’intensifier la célébration de la foi dans la liturgie et, en particulier, dans l’Eucharistie, où la foi de l’Église est proclamée, célébrée et renforcée (cf. n° IV,2). Si la liturgie eucharistique est célébrée avec une grande foi et dévotion, les fruits sont sûrs.

Le Sacrement de la Miséricorde qui pardonne

Si l’Eucharistie est le sacrement qui édifie l’image du Fils de Dieu en nous, la Réconciliation est celui qui nous fait expérimenter la puissance de la miséricorde divine, qui libère l’âme des péchés et lui fait goûter la beauté du retour à Dieu, vrai Père qui aime chacun de ses enfants, C’est pourquoi le saint ministre doit être personnellement convaincu que « ce n’est qu’en nous comportant en enfants de Dieu, sans nous décourager pour nos chutes, pour nos péchés, en nous sentant aimés par Lui, que notre vie sera renouvelée, animée par la sérénité et par la joie. Dieu est notre force ! Dieu est notre espérance ! » (LE PAPE FRANÇOIS, audience générale du 10 avril 2013). 

Le prêtre doit être lui-même sacrement dans le monde de cette présence miséricordieuse : « Jésus n’a pas de maison car sa maison, ce sont les personnes, c’est nous, sa mission est d’ouvrir à tous les portes de Dieu, être la présence d’amour de Dieu » (IDEM, Audience générale du 27 mars 2013). C’est pourquoi nous ne pouvons pas enfouir ce merveilleux don surnaturel, ni le distribuer sans avoir les mêmes sentiments que Celui qui a aimé les pécheurs jusqu’au point suprême de la croix. Dans ce sacrement, le Père nous donne une occasion unique pour être, non seulement spirituellement, mais nous-mêmes, avec notre humanité, la douce main qui, comme le Bon Samaritain, verse l’huile qui soulage sur les plaies de l’âme (Lc 10,34). Nous les sentons comme nous appartenant ces mots du Souverain Pontife : « Un chrétien qui se referme sur lui-même, qui cache tout ce que le Seigneur lui a donné est un chrétien... il n’est pas chrétien ! C’est un chrétien qui ne rend pas grâce à Dieu pour tout ce qu’Il lui a donné ! Cela nous dit que l’attente du retour du Seigneur est le temps de l’action  ̶  nous sommes dans le temps de l’action  ̶  le temps où mettre à profit les dons de Dieu non pas pour nous-mêmes, mais pour Lui, pour l’Église, pour les autres, le temps où chercher toujours à faire croître le bien dans le monde. […] Chers frères et sœurs, envisager le Jugement dernier ne doit jamais nous faire peur ; au contraire, cela nous pousse à mieux vivre le présent. Dieu nous offre avec miséricorde et patience ce temps, afin que nous apprenions chaque jour à Le reconnaître chez les pauvres et chez les petits, afin que nous nous prodiguions pour le bien et que nous soyons vigilants dans la prière et dans l’amour. Que le Seigneur, au terme de notre existence et de l’histoire, puisse nous reconnaître comme des serviteurs bons et fidèles » (IDEM, Audience générale du 24 avril).

Le sacrement de la Réconciliation est donc aussi le sacrement de la joie : « Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut touché de compassion ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa longuement. Le fils alors lui dit : "Père, j’ai péché contre le Ciel et contre toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils". Mais le père dit à ses serviteurs : "Vite, apportez la plus belle robe et l’en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !" Et ils se mirent à festoyer ». Chaque fois que nous nous confessons, nous trouvons la joie d’être avec Dieu, parce que nous avons expérimenté sa miséricorde, et peut-être très souvent, toutes les fois où nous manifestons au Seigneur nos fautes dues à la tiédeur et à la médiocrité. Se renforce ainsi notre foi de pécheurs qui aiment Jésus et qui se savent aimés de Lui : « Quand quelqu’un est appelé chez le juge ou passe en procès, la première chose qu’il fait est de chercher un avocat pour qu’il le défende. Nous, nous en avons un qui nous défend toujours, il nous défend des menaces du diable, il nous défend de nous-mêmes, de nos péchés ! Très chers frères et sœurs, nous avons cet avocat : n’ayons pas peur d’aller à Lui pour demander pardon, pour demander sa bénédiction, pour demander miséricorde ! Il nous pardonne toujours, il est notre avocat : il nous défend toujours ! N’oubliez pas cela ! » (IDEM, Audience générale du 17 avril 2013).

Dans l’adoration eucharistique, nous pouvons, avec saint Thomas d’Aquin, dire au Christ présent dans l’Hostie :

Plagas sicut Thomas non intúeor, Deum tamen meum Te confiteor

Fac me tibi semper magis crédere, In Te spem habére, Te dilígere.

Et, quand Jésus est dans nos mains, nous pouvons aussi avec l’apôtre Thomas répéter avec notre cœur sacerdotal : Dominus meus et Deus meus !

« Bienheureuse celle qui a cru en l’accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur ! » (Lc 1,45). C’est par ces mots qu’Élisabeth salua Marie. Recourons à celle qui est Mère des prêtres et qui nous a précédés sur le chemin de la foi, pour que chacun de nous grandisse dans la Foi de son divin Fils et apportons ainsi au monde la Vie et la Lumière, la chaleur, du Très Saint Cœur de Jésus.

CARDINAL MAURO PIACENZA

 

(29 mai 2013) © Innovative Media Inc.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 12:42

A lire et à méditer sans modération.

Vous aimez les anniversaires, les enfants. Eh bien aujourd’hui, nous fêtons un anniversaire, celui de la Vierge Marie. Nous fêtons sa naissance, sa venue au monde. Célébrer un anniversaire, c’est célébrer le fait qu’on existe. Chers enfants, imaginez un instant que vos parents oublient de fêter votre anniversaire, comment seriez-vous dans votre cœur ? Comment vous sentiriez-vous ? Vous seriez tout triste, vous auriez l’impression de ne pas compter à leurs yeux, de ne pas exister. Oui, célébrer un anniversaire, c’est célébrer le fait qu’on existe, qu’on est une personne, qu’on a reçu le don de la vie, que Dieu nous a appelés du néant à la vie. Et nous en sommes heureux. Et nous nous réjouissons de cette vie reçue de lui et de nos parents, co-créateurs, coopérateurs à l’œuvre créatrice de Dieu.

Parmi toutes les lettres reçues ces derniers temps, j’en ai reçue une d’une dame, heureuse du dernier CD, mais avec un bémol. Elle reprochait d’avoir gardé dans la chanson l’Indifférence de Gilbert Bécaud ce passage : « Vous vous aimez et vous avez / Un lit qui danse. » Eh bien désolé pour cette dame, mais je ne retire rien. J’assume pleinement. Et j’espère pour elle que ses propres parents se sont de fait aimés, et qu’elle est le fruit d’un lit qui dansait.

Eh oui, car c’est bien de cette manière là que vous, parents, êtes coopérateurs de l’œuvre créatrice de Dieu. J’en profite pour rappeler que Dieu est créateur de deux manières. Tout d’abord en étant à l’origine de toute chose. Sans lui elles ne seraient pas. Mais aussi en les soutenant dans l’être. Sans lui elles retourneraient au néant.

Aussi, chers parents, vous qui êtes homme et femme à l’image de Dieu, votre coopération à l’œuvre de Dieu ne consiste pas seulement à donner la vie, mais à accompagner dans la vie, à durer auprès de vos enfants. On ne connaît que trop les dégâts causés par des parents n’exerçant pas leur autorité parentale, et combien il est important alors qu’il puisse y avoir un père ou une mère de substitution auprès de ces enfants, d’autres rocs sur lesquels ils puissent s’appuyer, qui puissent leur servir de repère dans la vie.

Un des apprentissages fondamentaux est celui de la joie. Je ne sais pas pour vous, mais j’aime quant à moi voir la Vierge Marie comme une personne pleine de joie. Car comme le disait Paul VI, « Elle a saisi, mieux que toutes les autres créatures, que Dieu fait des merveilles: […] Non point que le déroulement apparent de sa vie sorte de la trame ordinaire, mais elle médite les moindres signes de Dieu, les repassant dans son cœur. Non point que les souffrances lui soient épargnées […] Mais elle est aussi ouverte sans mesure à la joie de la Résurrection; elle est aussi élevée, corps et âme, dans la gloire du ciel. » [Gaudete in Domino, 1975]

Oui, Marie est profondément joyeuse jusque dans les épreuves, car en communion constante avec Dieu. Elle reçoit le don de la vie à chaque moment avec émerveillement et gratitude, consciente du don inestimable qu’est la vie. Elle reste transparente à l’action de Dieu en elle, à l’amour de Dieu tel qu’il s’exprime en toute chose, jusque dans son être de femme. Car Dieu est avant tout le Dieu des vivants. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Et c’est par tout ce qui est vie que nous pouvons avoir un aperçu de ce qu’il est.

De toutes les créatures sur terre, seul l’être humain peut prendre conscience du don de la vie. C’est à lui qu’il est donné d’être conscient de ce don. C’est à lui qu’il est donné de prendre soin de la création. Lui seul peut rendre grâce pour le don de la vie, louer et adorer le Créateur. Si le ciel, la terre, les montagnes, louent le créateur, c’est par la voix des hommes qu’ils le louent.

C’est à l’être humain aussi qu’il est donné d’explorer la vie dans toutes ses dimensions, dans toutes ses virtualités, dans toute sa profondeur. Les plantes, les animaux, les étoiles, les êtres humains, ne sont pas là, devant nous, juste comme des objets inertes, sans relation avec nous. Ils prennent forme et sens pour nous selon le regard que nous portons sur eux, par l’amour que nous leur manifestons. Qui peut dire que l’athée, l’agnostique, le cynique, le croyant portent le même regard sur la vie et les êtres ?

Alors quel regard devons-nous porter sur la création, sur nos proches, sur nos vies ? A chaque messe, au moment de la préface, nous le disons : « Vraiment il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. » Toujours et en tout lieu nous pouvons rendre grâce. Toujours et en tout lieu nous pouvons louer Dieu. Toujours et en tout lieu. Le croyons-nous ? En sommes-nous convaincus ? Le vivons-nous ?

Savez-vous que c’est possible et que vous pouvez en faire l’expérience ?

Je vais vous proposer un exercice. Il va consister à entrer dans les vues de Dieu sur sa création, à la voir comme il la voit. Et à entrer dans l’action de grâce pour tout. Il va consister à devenir le plus transparent possible à l’action de Dieu en vous, à l’amour de Dieu tel qu’il s’exprime en toute chose, jusque dans votre être-même. Vaste programme me direz-vous. Pas si difficile que cela vous allez voir. Et puis rassurez-vous, comme pour tout apprentissage, on va partir du plus facile pour aller vers le plus difficile. Le Laus est un endroit idéal pour faire cet exercice.

Alors voilà, dans la journée, cherchez un petit coin tranquille. Allongez-vous dans l’herbe ou asseyez-vous. L’important est d’être à votre aise. Laissez-vous aller. Puis rappelez-vous le livre de la Genèse. Dieu qui crée, qui dit, qui nomme, et qui par sa seule parole crée. Regardez ensuite chaque chose en la nommant, avec amour, pour qu’elle soit. Comme si c’était vous qui étiez en train de les créer. Reprenez l’ordre de la création, qui va des choses les plus vastes aux plus petites. Le soleil, le ciel, les nuages, les montagnes. Sentez le vent sur votre visage. Sa fraîcheur. Et puis contemplez les arbres, chacun selon son espèce. Puis, plus difficile, passez à la mouche qui vient vous chatouiller le bras. Dépassez votre agacement. Ne la voyez plus comme une nuisance. Prenez le temps de regarder la nature qui vous entoure ainsi, avec un regard neuf, et vous retrouverez le regard émerveillé de l’enfance sur la création.

Puis fermez les yeux et passez aux êtres humains. Nommez et attardez-vous sur chacun de vos proches. Prenez le temps de les voir comme Dieu les voit. Dieu dans son acte de création. Dieu qui les aime chacun. Dieu qui prend patience avec chacun. Puis beaucoup plus difficile, très difficile même, passez à un ennemi, à quelqu’un qui vous a fait du mal. Vous en souffrez encore. Ne niez pas cette souffrance, ne cherchez pas à travestir ce mal en bien. Mais allez plus loin. Voyez plus loin. Plus profond. Ne focalisez plus sur vous-même, sur le mal qui vous a été fait, mais regardez cet ennemi non plus en tant qu’ennemi mais en tant que personne, d’une égale dignité que vous. Aimez-la comme vous êtes aimé de Dieu. Aimez-la dans sa faiblesse comme Dieu vous aime dans la vôtre. Aimez-la faisant parfois le contraire de ce qu’elle veut, comme vous aussi vous faites le contraire de ce que vous voudriez. Voyez cet homme, cette femme, cet ennemi, comme Dieu voit ses ennemis. Dieu n’est l’auteur que du bien. Dieu est étranger au mal. Il n’a même pas l’idée du mal1. Tout ce qu’il crée est bon. Même le démon, en tant que créature, est bon. Ce qu’il fait est mal, mais ce qu’il est est bon. Car son être, sa nature angélique, il la tient de Dieu. Et Dieu le maintient dans l’être malgré tout le mal qu’il cause de par le monde. Le diable reste son ennemi. Le diable s’est détourné de lui. Nulle amitié entre eux, nulle intimité. Mais cela n’empêche pas Dieu, auteur de la nature et de la vie, d’être présent à lui comme il est présent à toute créature.

Rendre grâce, « toujours et en tout lieu ». Tournez maintenant votre regard sur votre histoire personnelle. Voyez l’œuvre de Dieu en vous depuis votre naissance. Depuis même avant votre naissance. Comme le psalmiste, dites : « Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance, / mon appui dès ma jeunesse. / Toi, mon soutien dès avant ma naissance, / tu m’as choisi dès le ventre de ma mère […] Dieu, qui donc est comme toi ? / Tu seras ma louange toujours ! » (Ps 70) Considérez les circonstances de votre vie, les impasses, les traverses. Voyez-les comme menant quelque part. Ne regrettez rien. Acceptez tout. Comme Edith Piaf, vous pouvez chanter, « non, rien de rien, non, je ne regrette rien. » Plus même qu’accepter ces circonstances, choisissez-les. Considérez-les commue voulues par Dieu dans sa sagesse et dans son amour. Considérez que si c’était à recommencer, c’est ce chemin-là que vous auriez pris, que vous auriez souhaité, que vous auriez voulu, pour connaître Dieu et l’aimer, pour connaître des frères et sœurs en humanité et les aimer. On ne peut pas toujours tout comprendre, mais on peut toujours croire, et acquiescer, et vouloir, et rendre grâce. Pensez à un saint comme Maximilien Kolbe. Il s’offrit volontairement à la mort pour sauver un inconnu. Pour tous au camp, le bunker de la faim ne pouvait être qu’un enfer. Mais ils ne voyaient qu’une seule face des choses. Maximilien avec son regard aiguisé voyait l’autre face, si bien que par sa foi, sa paix, sa joie, sa sérénité, il a transformé pour ces frères cet enfer en antichambre pour la vie éternelle.

Oui, vraiment il est juste et bon de te rendre gloire,
de t’offrir notre action de grâce,
toujours et en tout lieu,
à toi Père très saint,
Dieu éternel et tout-puissant.
Amen. 

1. cf. Somme théologique de Saint Thomas d'Aquin, Ia, Q. 15, art. 3, 1m, et voir l’ouvrage du père Jean-Miguel Garrigues, op, Dieu sans idée du mal, édition revue et augmentée, 1997, Desclée-Mame.

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