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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 14:10

Lecture de livre de Baruc 4, 5-12. 27-29

Dans la détresse de l’exil, Jérusalem console ses enfants

Courage, mon peuple, toi qui es la part d’Israël réservée à Dieu ! Vous avez été vendus aux nations païennes, mais ce n’était pas pour votre anéantissement ; vous avez excité la colère de Dieu : c’est pour cela que vous avez été livrés à vos adversaires. Car vous avez irrité votre Créateur en offrant des sacrifices aux démons et non à Dieu.

Vous avez oublié le Dieu éternel, lui qui vous a nourris. Vous avez aussi attristé Jérusalem, elle qui vous a élevés, car elle a vu fondre sur vous la colère qui vient de Dieu, et elle a dit : « Écoutez, voisines de Sion, Dieu m’a infligé un deuil cruel. J’ai vu la déportation que l’Éternel a infligée à mes fils et à mes filles. Je les avais élevés dans la joie, je les ai laissés partir dans les larmes et le deuil. Que nul ne se réjouisse de mon sort, à moi qui suis veuve et délaissée par tout le monde. J’ai été abandonnée à cause des péchés de mes enfants, parce qu’ils se sont détournés de la loi de Dieu.

Courage, mes enfants, criez vers Dieu ; celui qui vous a infligé l’épreuve se souviendra de vous. Votre pensée vous a égarés loin de Dieu ; une fois convertis, mettez dix fois plus d’ardeur à le chercher. Car celui qui a fait venir sur vous ces calamités fera venir sur vous la joie éternelle, en assurant votre salut ».

Psaume 68

R/ : Le Seigneur écoute les humbles.

  • Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés. R/
  • Car Dieu viendra sauver Sion et rebâtir les villes de Juda. Il en fera une habitation, un héritage : demeure pour ceux qui aiment son nom. R/

Évangile de saint Matthieu 18, 1-5. 10

Discours sur la vie de l’Église : respect et souci des petits

Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : «Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c’est moi qu’il accueille. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.

« Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s’il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu ».

 

Les anges - théologie spirituelle

Homélie du frère Guido Vergauwen

« Vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme ». Cette parole de Jésus nous rappelle le songe de Jacob, dont nous parle le livre de la Genèse (28, 12-19) : « Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient ». Il est dit dans le récit que Dieu se tenait près de Jacob et lui disait : « Je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras … je ne t’abandonnerai pas ».

Entendre cette voix qui nous dit : « je suis avec toi » ; avoir accès à Béthel – à la maison de Dieu, qui sera aussi notre demeure : on n’y arrive pas sans échelle, sans que le Fils de l’homme nous ouvre les cieux, sans que les anges se joignent à nos pour nous accompagner.

Essayons de méditer aujourd’hui un instant sur ces anges, qui nous guident sur les chemins du ciel.

Comme l’échelle de Jacob, notre langage de croyant, de théologien et de prédicateur, qui s’efforce de parler de Dieu et de ses anges, est dressé sur la terre, je dirais presque : est collé, comme nous-mêmes, à la terre. Et du coup nos réalisons, pris entre fascination et curiosité, entre l’audace de l’approche et la douleur de la distance, que nous devons changer notre point de vue, et sans hâter les certitudes, aussi notre manière de penser notre foi, si nous voulons parler de ce monde invisible qui nous entoure.

Les anges ne constituent pas un domaine d’objets célestes, dont puisse se saisir un système de pensée scientifique. Des anges, on doit parler à voix basse, écrivait une fois le théologien Karl Barth (Dogmatique, III, 3, p. 84). Il faut parler des anges sans les violer, en les touchant chastement, c’est-à-dire avec douceur et amour. Le langage se fait alors écoute, ouverture tant à la réalité divine qu’au dialogue.

Notre discours sur les anges, sur ces messagers de Dieu, doit s’efforcer de faire place à la parole des anges. Car, dans la mesure où ils reflètent sans brisure le Logos, la Parole de Dieu dans laquelle ils sont eux-mêmes créés, ils portent en eux l’archétype du langage humain – un langage qui ne connaît pas la confusion de Babel ; un langage qui est adoration, chant, musique, poésie ; un langage qui n’est pas étranger à l’homme mais qui lui devient accessible et intelligible en Christ, la Verbe de Dieu. Il faut parler des anges en adorant Dieu. Les anges sont au service de cette parole de Dieu, qu’ils connaissent sans rupture, dans la lumière du premier jour de la création. Car en effet, selon Saint Augustin, leur origine remonte à la parole de création : « Que la lumière soit ! »

Les anges sont des créatures de Dieu. En tant que tels, ils sont des signes vivants de ce que Dieu habite au milieu des hommes, de ce que dans sa transcendance il est proche de l’histoire. Les anges réorganisent, à partir de Dieu, les catégories du temps et de l’espace : la présence de Dieu dans l’ange est une présence locale sans lien spatial ; c’est une irruption de l’éternité dans le maintenant du temps.

Le Dieu des anges est le Dieu qui est présent à notre histoire humaine, toute complexe et difficile à comprendre qu’elle soit. C’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de notre histoire : un ange arrête le bras d'Abraham, prédit à Sara qu'elle sera mère, console Agar dans le désert, sauve Loth de l'incendie de Sodome, lutte avec Jacob, arrête Balaam (et son ânesse), secourt Maccabée dans le combat, accompagne Tobie, annonce à Marie la venue de l’Emmanuel, prescrit à Joseph de prendre Marie son épouse, annonce aux bergers la naissance du Seigneur, sert le Christ après son jeûne de 40 jours, roule la pierre du sépulcre, l’ange donne le livre amer et doux à Jean pour qu’il prophétise.

La présence de l’ange dans notre histoire ne lève pas les limitations du monde, ni l’hostilité du monde envers Dieu. Mais l’ange de Dieu ne craint pas de monter dans la fournaise de feu ardent, la fournaise de l’histoire du monde. Il y fait souffler un vent de rosée. C’est là une des expériences les plus précieuses de la discrète proximité de Dieu : le vrai Dieu sauve en ce que, dans son ange, il descend dans le feu. Il ne sauve pas du feu mais dans le feu. Il ne sauve pas de la mort mais dans la mort.

Avec nous, les humains, les anges appartiennent à cet unique univers, visible et invisible que Dieu a créé. Il nous faut opérer un changement dans notre façon de penser le ciel et la terre. Le monde visible et le monde invisible ne sont pas extérieurs l’un à l’autre. « Dieu n’a rien produit dans la réalité des choses qu’il n’aurait imprimé dans l’esprit des anges », lit-on chez Thomas d’Aquin. Le « et » entre le ciel et la terre ne représente pas une addition mais contient l’idée d’une identité sans répétition et d’une coïncidence sans mélange. Notre monde terrestre n’est pas un monde différent de celui des anges, mais il est « autrement » le monde de Dieu et des hommes : incarnée dans le temps et l’espace, la sagesse de Dieu donne à ce monde son être et relie le visible et l’invisible.

Et pourtant, ceux que le Christ prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham (Hebr 2,16). Les anges sont « des esprits chargés d’une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut » (Hebr 1,14). Le Christ, vrai Dieu et vrai homme, est supérieur aux anges, son nom est différent du leur, même si la liturgie de Noël nomme le Christ, l’ange, le messager du merveilleux conseil. À la fin de sa prophétie dans le livre de l’Apocalypse, Jean ne doit pas se prosterner devant l’ange. « Il me dit : non, ne fais pas cela. Je suis un serviteur comme toi, comme tes frères les prophètes, et ceux qui gardent les paroles de ce livre. Prosterne-toi devant Dieu ! » (Apoc 22,9).

Cette priorité du Christ sur les anges est aussi comprise comme une priorité de l’humanité sur le monde des anges. « Ne savez-vous pas que nous jugerons des anges ? », écrit Paul aux Corinthiens (1Cor 6,3). Mais il y a quand même une certaine complicité entre les hommes et les anges, une sorte de co-humanité qui fait d’eux nos amis.

C’est ainsi que l’on peut comprendre la décision du VIIe Concile de Nicée en 787, qui permit de représenter non seulement le Christ mais également les anges sur les icônes. Les anges n’ont pas de corps – mais les représenter sous une apparence humaine est véridique. C’est dans ce sens que la théologie orthodoxe interprète le verset Apoc 21, 17 où il est question de « la mesure de l’homme qui est en même temps la mesure de l’ange ». Les anges nous sont donnés par Dieu à la fois comme les ‘tout autres’ et pourtant comme nos compagnons sur le chemin vers notre véritable moi, sur l’échelle qui mène vers les cieux.

Les anges ne sont pas seulement au service de l’annonce du salut par le Christ. Leur nom ange, messager, les identifie à leur mission divine ; ils ont en effet des noms qui sont porteurs d’une mission. Cela vaut pour les noms des anges les plus connus : Michaël = Qui est comme Dieu ? Il est en quelque sorte le grand guerrier, qui lutte contre tout ce qui menace la vie ; Gabriël = la Force de Dieu, qui est toujours là où il s’agit de transmettre un message de Dieu aux hommes ; Raphaël = Dieu guérit, sans doute l’ange le plus tendre, qui enlève des hommes maladie et angoisse, qui porte guérison. L’existence et la fonction n’y sont pas dissociées. Ils sont tout entier des agents : de la louange de Dieu comme du bien de la Création.

Ainsi, quand nous parlons des anges-gardiens, nous pensons aux anges dont la mission est orientée directement au bien de la création et de chacun de nous. En russe, la fête d’une personne s’appelle « le jour de l’ange » – non pas que l’ange soit identifié au saint patron de la personne, mais parce qu’il doit préserver notre vrai nom devant Dieu, parce qu’il connaît notre véritable mission et qu’il est à notre service pour la réaliser dans notre vie. Mais notre attention renouvelée aux anges gardiens ne devrait pas nous conduire à oublier les anges protecteurs des cités, des peuples, des religions et de toute la réalité créée.

Essayons de découvrir enfin ce que le message et la présence des anges pourrait signifier pour la vie quotidienne. Que des hommes croyants aient ressenti la force agissante des anges nous est en partie transmis par les règles d’Ordres religieux. Dans la Règle du Maître (PL 88,1009), des ordonnances pour les moines médiévaux, nous lisons que le moine en prière doit se moucher sans bruit et ne cracher que derrière lui « en raison des anges qui se tiennent devant lui ». La règle de saint Benoît le formule de manière plus élégante : « Que l’homme se souvienne que Dieu le regarde constamment, que ce qu’il fait ou laisse est devant Dieu, et que les anges rapportent tout à Dieu ». (Chapitre 7). Nous devons certainement repenser et reformuler de telles maximes. Elles ne devraient pourtant pas être moins concrètes. Ne pourrait-il pas s’agir, en toute rencontre – que ce soit avec un autre homme, un autre peuple, une autre religion –, de repérer l’ange de l’autre, c'est-à-dire le reflet de la face de Dieu sur la face d’autrui ? L’image, même floue, de l’ange de l’autre ne pourrait-elle pas faire naître en nous une attitude de respect qui transformerait toute xénophobie en philoxénie ? Qui changerait la crainte de l’autre en respect et en tolérance ? La découverte de ce que peut signifier l’ancien discours sur la « vie angélique » – qui est la vocation significative des religieux – devrait être aujourd’hui, pour un renouvellement de l’Église et comme témoignage d’espérance pour le monde tout entier, plus important que tout changement de structures.

Sauvés merveilleusement par des bonnes puissances, nous attendons, consolés, ce qui peut advenir. Dieu est avec nous le soir et le matin, et certainement à chaque jour nouveau. (Dietrich Bonhoeffer)

Guido Vergauwen, provincial des dominicains suisses

Source : http://www.moniales-op.ch/

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28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 13:06

Lecture du livre de Daniel 7, 9-10. 13-14

La nuit, au cours d’une vision, moi, Daniel, je regardais : des trônes furent disposés, et un Vieillard prit place ; son habit était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée ; son trône était fait de flammes de feu, avec des roues de feu ardent. Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui. Des milliers de milliers le servaient, des myriades de myriades se tenaient devant lui. Le tribunal prit place et l’on ouvrit des livres. Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. – Parole du Seigneur.

Psaume 137

R/ : Je chanterai le Seigneur, en présence des anges.

  • De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges, vers ton temple sacré, je me prosterne. R/
  • Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité, car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole. Le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force. R/
  • Tous les rois de la terre te rendent grâce quand ils entendent les paroles de ta bouche. Ils chantent les chemins du Seigneur : « Qu'elle est grande, la gloire du Seigneur ! » R/

Alléluia. Alléluia. Tous les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur : à lui, haute gloire, louange éternelle ! Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1, 47-51

En ce temps-là, lorsque Jésus vit Nathanaël venir à lui, il déclara à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui ». Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu ». Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore ». Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme ». – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie

Frères et sœurs, la fête des anges, que nous célébrons aujourd’hui, nous offre plusieurs sujets d’émerveillement et d’action de grâce. Je vais en souligner trois, choisis dans la liturgie de cette messe, mais il y en aurait sans doute bien d’autres.

Le premier nous est indiqué par la préface de la messe : « La splendeur de ces créatures spirituelles nous laisse entrevoir comme tu es grand, Seigneur, et combien tu surpasses tous les êtres ». Oui, en contemplant la splendeur des anges, nous admirons et nous adorons la beauté de Dieu, sa sagesse « infinie en ressources », comme la qualifie saint Paul dans la lettre aux Éphésiens (3, 10). L’adjectif grec πολυποίκιλος, que la BJ traduit par « infinie en ressources », est en réalité beaucoup plus suggestif : il signifie, à la lettre, « bigarré, chatoyant ». La sagesse de Dieu, riche en fantaisie créatrice, se déploie et se reflète dans ces innombrables créatures spirituelles (des myriades de myriades, nous disait le prophète Daniel !), dont chacune est un chef-d’œuvre unique de beauté.

Quel émerveillement sera le nôtre lorsque nos yeux s’ouvriront sur cet univers invisible qui nous entoure, même si pour l’instant nous ne le percevons que dans la foi !

Le deuxième sujet d’action de grâce nous a été montré par la prière d’ouverture de la messe : « Fais que nous soyons protégés sur cette terre par ceux qui dans le ciel servent toujours devant ta face. » Les anges sont nos amis, nos « compagnons de service », comme dit le livre de l’Apocalypse (19, 10). Ils veillent sur nous avec sollicitude, ils nous soutiennent dans les épreuves de la vie et combattent avec nous et pour nous contre les esprits du mal. C’est ce qu’affirme, entre autres, l’auteur de la lettre aux Hébreux (1,14) : « Les anges sont des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter du salut ». Ils sont les diacres qui entourent et qui servent le Christ, Fils de l’homme, et donc aussi tous les hommes ses frères, et l’Église, qui est le Corps et l’Épouse du Christ. Voilà ce qui peut nous redonner confiance dans les moments de tentation et de découragement.

Enfin, les anges nous offrent un troisième motif d’action de grâce : ils nous indiquent le but de notre vie et nous en tracent le chemin. « Vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme ». Les anges orientent déjà notre regard et notre désir vers la venue glorieuse du Christ, lui qui nous introduit dans la Jérusalem céleste.

Alors, frères et sœurs, réjouissons-nous avec les anges en ce jour de leur fête, et avec eux rendons grâce – faisons eucharistie.

Source de l'homélie : https://www.abbaye-tamie.com/

Vraiment, il est juste et bon de t’offrir notre action de grâce, Dieu éternel et tout-puissant, et de te rendre gloire pour tes anges et tes archanges : l’admiration que leur fidélité nous inspire rejaillit jusqu’à toi, et la splendeur de ces créatures spirituelles nous laisse entrevoir comme tu es grand et combien tu surpasses tous les êtres. Avec ces multitudes d’esprits bienheureux qui t’adorent dans le ciel par le Christ, notre Seigneur, nous te chantons ici-bas en proclamant : Saint !...

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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 18:21

Lecture de la lettre aux Hébreux 5, 7-9

Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ; et, parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé. Bien qu’il soit le Fils, il a pourtant appris l’obéissance par les souffrances de sa Passion ; et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel. – Parole du Seigneur.

Psaume 30

R/ : Sauve-moi, mon Dieu, dans ton amour.

  • En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ; garde-moi d’être humilié pour toujours. Dans ta justice, libère-moi ; écoute, et viens me délivrer. R/
  • Sois le rocher qui m’abrite, la maison fortifiée qui me sauve. Ma forteresse et mon roc, c’est toi : pour l’honneur de ton nom, tu me guides et me conduis. R/
  • Tu m’arraches au filet qu’ils m’ont tendu ; oui, c’est toi mon abri. En tes mains je remets mon esprit ; tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité. R/
  • Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, je dis : « Tu es mon Dieu ! » Mes jours sont dans ta main: délivre-moi des mains hostiles qui s’acharnent. R/
  • Qu’ils sont grands, tes bienfaits ! Tu les réserves à ceux qui te craignent. Tu combles, à la face du monde, ceux qui ont en toi leur refuge. R/

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19, 25-27

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

En vénérant NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS au lendemain de « LA CROIX GLORIEUSE » l'Eglise nous fait comprendre que dans la vie de la Très Sainte Vierge si humble et si ordinaire, il n'y a eu d'extraordinaire que la souffrance.

Marie n'émerge, en effet, de sa longue obscurité que pour apparaître dans l'éclairage brutal du Calvaire où sans souffrir dans son corps, Elle est tellement suppliciée dans son âme qu'Elle mérite pleinement le titre de « Reine des Martyrs ».

A vrai dire, il y a longtemps que son Cœur très pur est comme tenaillé, oppressé par une angoisse mortelle.

Elle n'ignore pas, en effet - depuis l'Annonciation et surtout depuis que Siméon lui a prédit « qu'un glaive de douleur transpercera son âme » - que pour son Fils Jésus qu'Elle aime au-delà de toute expression, l'avenir sera atroce, et qu'en sa qualité de Mère du Rédempteur, Elle est chargée par Dieu d'élever en vue du Sacrifice « l'Agneau qui portera les péchés du monde ». C'est dans cette perspective d'une épreuve suprême qu'Elle parcourt durant les années de la vie cachée et de la vie publique les étages de ce qu'on peut très justement appeler son Chemin de Croix intérieur. Mais la dernière station dépasse en horreur toute prévision possible : « Ô vous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à la mienne » (Lam l. 12).

« L'heure » est venue, en effet, où la Nouvelle Ève doit boire le Calice jusqu'à la lie en participant dans une mesure vraiment inimaginable à la Passion du Nouvel Adam et à cette agonie qui dépasse la somme si fabuleuse soit-elle, de toutes les agonies de l'humanité.

Or voici que sur ce Calvaire intolérable Celle qui est la Femme forte, la Femme courageuse par excellence, ne s'abîme pas dans le désespoir ; Elle n’est ni agitée, ni prostrée, encore moins évanouie : Elle se tient « debout » au pied de la Croix nous dit saint Jean. Oh certes ! Elle est bien au cœur de cette « nuit » la plus sombre, NOTRE-DAME DES SEPT DOULEURS, c'est-à-dire Celle qui éprouve le paroxysme de la douleur (le chiffre sept étant symbole de plénitude), mais ce qui est admirable c'est qu'Elle surmonte héroïquement sa propre souffrance pour ne plus penser qu'à celle qui torture son enfant immolé, et cela dans la simplicité et la royale dignité du silence. Et si dans sa compassion Marie se tient ainsi debout, surnaturellement forte et silencieuse, c'est parce qu'Elle ne s'arrête pas à l'aspect extérieur des choses, mais concentre toute sa Foi et tout son Amour sur le mystère rédempteur qui est en train de s'accomplir.

La volonté du Père n'est-elle pas que Jésus, par son sublime sacrifice d'amour, délivre tous les hommes de Satan et du péché et leur restitue la vie divine ?

De toute son âme Elle dit oui à ce dessein divin de salut, acceptant d'y coopérer plus que quiconque en mourant mystiquement dans son Cœur de Mère et en s'offrant en parfaite union avec Jésus comme victime d'amour.

« Au Calvaire, nous dit un auteur spirituel du moyen-âge, vous auriez vu deux autels : Le Cœur de Marie et le Corps du Christ. Celui-ci immolait sa chair, Celle-là son âme ».

Puissions-nous - surtout en méditant le Rosaire - contempler assidûment ce mystère bouleversant de la compassion co-rédemptrice de Marie.

Nous en avons besoin pour mieux comprendre la valeur et l'efficacité de la souffrance (la nôtre et celle des autres) ; nous sommes tellement tentés, en effet, de la considérer comme absurde parce qu'elle nous semble inutile et sans résultat... « A quoi bon » ; pensons-nous. Mais à quoi ont donc servi les atroces souffrances du Christ et de sa Mère qui en apparence n'étaient que gaspillage et dilapidation ?

Nous savons bien avec cette certitude que donne la Foi qu'elles nous ont mérité le salut. Alors ! En présence de Celui qui est le Fils Bien-aimé du Père et qui est broyé par tant de souffrances, en présence de cette Femme privilégiée de Dieu et plus éprouvée qu'aucune créature humaine, impossible de dire encore : « Si Dieu m'aimait, Il m’épargnerait cette épreuve ! »

Devant ce Jésus, victime mais vainqueur, devant Marie percée de sept glaives, mais Reine et Mère spirituelle de l'humanité, impossible d'objecter : « A quoi bon la souffrance ? » Oui, comprenons dans cette lumière que la souffrance, lorsqu’elle est offerte par amour dans une grande communion d'âme avec Marie, la Co-rédemptrice par excellence, n'est jamais gaspillée : assumée par le Christ, elle devient une merveilleuse source de fécondité apostolique, contribuant de façon plus efficace que tout autre moyen à la conversion et à la sanctification des âmes.

« Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul, mais s'il meurt il porte beaucoup de fruits ».

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14 août 2020 5 14 /08 /août /2020 13:09
Aufnahme Mariens in den Himmel, Wiener Neustadt, Neukloster.

Livre de l'Apocalypse 11, 19a. 12, 1-6a. 10ab

Au cœur du combat des hommes contre le mal, une femme s’est dressée, dont l’enfant, le Christ Jésus, sortira vainqueur. Désormais, la mère et son fils, sont unis dans la victoire.

Le sanctuaire de Dieu, qui est dans le ciel, s’ouvrit, et l’arche de son Alliance apparut dans le Sanctuaire ; et il y eut des éclairs, des fracas, des coups de tonnerre, un tremblement de terre et une forte grêle. Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place.

Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! Car il est rejeté, l’accusateur de nos frères, lui qui les accusait, jour et nuit, devant notre Dieu ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Cette femme qui intervient dans l’histoire, théâtre de la lutte entre Dieu et le mal, est l’image de la communauté juive restée fidèle à l’attente du Messie ; c’est elle qui donne le jour à l’enfant promis. Sauveur et Berger de tous les peuples. Contre lui, le Christ de Dieu, les forces du mal sont impuissantes, car, malgré sa mort, la Résurrection l’emporte près de Dieu. Quant à la communauté nouvelle née du Messie, elle reste en butte aux assauts du mal, mais Dieu lui a préparé un refuge et il l’assure de participer à la victoire du Christ. Cette femme évoque donc aussi l’Église, la communauté des croyants au Christ, et Marie maintenant avec son Fils au ciel.

Prions Marie de nous apprendre à faire naître le Christ dans le cœur de ceux qui nous sont confiés.

Psaume 44

R/ Debout, à la droite du Seigneur, se tient la reine, toute parée d’or.

  • Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père : le roi sera séduit par ta beauté. R/
  • Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui. Alors, fille de Tyr, les plus riches du peuple, chargés de présents, quêteront ton sourire. R/
  • Fille de roi, elle est là, dans sa gloire, vêtue d'étoffes d'or ; on la conduit, toute parée, vers le roi. R/
  • Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ; on les conduit parmi les chants de fête : elles entrent au palais du roi. R/

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15, 20-26

Jésus est le premier ressuscité parmi les morts. Marie, par son Assomption, partage la gloire de sa résurrection.

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Adam est l’exemple de l’humanité coupée de Dieu, dont le lot quotidien est la mort physique, qui vient sanctionner la mort des cœurs de tous les mal-aimés, la mort des intelligences qu’on n’a pas su éveiller, la mort des consciences que le péché a ternies. Mourir en Adam, c’est connaître cette double mort, à la fois physique et spirituelle. Revivre dans le Christ, c’est sortir de cet environnement de mort, triompher de l’égoïsme et de l’orgueil qui tuent les cœurs, paralysent les intelligences, pourrissent les consciences : c’est aussi, par la résurrection des corps, voir le Christ tuer à jamais la mort physique. Marie n’a pas connu la mort spirituelle du péché, aussi son Fils ne l’a-t-il pas abandonnée à la mort : il l’a ressuscitée avec lui.

« Priez pour nous, pauvres pécheurs ». Marie sans péché, élevée dans la gloire de la Résurrection, est la preuve que Dieu transfigurera aussi le corps des pécheurs pardonnés que nous sommes. Prions-la de donner à tous cette espérance.

Alléluia. Alléluia. Aujourd’hui s’est ouverte la porte du paradis : Marie est entrée dans la gloire de Dieu ; exultez dans le ciel, tous les anges ! Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 39-56

Dieu renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles, et en tout lieu, Marie qui s’est dite une humble servante.

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».

Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais ».

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Élisabeth est tout étonnée de voir Marie, la mère de son Seigneur, venir l’aider à préparer la naissance de Jean-Baptiste en assumant les tâches du ménage. La mère de Dieu se veut servante : au jour de l’Annonciation, elle dit : « Je suis la servante du Seigneur » ; ici, elle se présente encore de la même manière : « Dieu s’est penché sur son humble servante ». La mère agit comme fera son fils, Jésus ; « Je suis venu pour servir, dira-t-il, et non pour être servi ». Comme ils ont partagé le même souci de servir, la mère et le fils partagent la même destinée : d’un certain point de vue, on peut dire que la résurrection de Pâques et celle de l’Assomption sont la réponse de Dieu à ceux qui ont voulu servir.

La grandeur de Marie ne réside pas d’abord dans des privilèges reçus de Dieu mais dans sa volonté de servir. Prions-la de nous apprendre à servir avec la même humilité, le même sourire et la même délicatesse qu’elle.

Prière Universelle

Sœurs et frères ! En attendant que l'œuvre du Christ se réalise et que l'humanité se retrouve dans la plénitude de Dieu, laissons éclater en cette fête de l'Assomption notre espérance et notre foi en adressant une fervente prière à notre Père.

  • Marie est l'humble servante élevée par le Seigneur. Prions pour que l'Église montre toujours sa vraie grandeur, en prenant la défense des petits et des pauvres. Par Marie, ta Mère, Seigneur nous t'en prions.
  • Marie est la pauvre servante comblée de biens par le Seigneur. Prions pour que les hommes aient toujours faim de la vie de Dieu. Par Marie, ta Mère, Seigneur nous t'en prions.
  • Marie est celle qui a cru aux promesses du Seigneur. Prions pour les malades, les malheureux, ceux qui sont dans l'épreuve, afin qu'ils ne perdent jamais confiance. Par Marie, ta Mère, Seigneur nous t'en prions.
  • Marie est le signe merveilleux de la puissance du Seigneur. Prions pour que notre communauté témoigne toujours de l'amour du Christ et devienne encore plus croyante et rayonnante. Par Marie, te Mère, Seigneur nous t'en prions.

Source P.U. : http://seltzparoisse.free.fr

Homélie

Chers frères et sœurs, nous célébrons dans la joie la radieuse fête de l’Assomption qui est, en plein milieu de l’été une sorte de rappel de la fête de Pâques. De même que Jésus est ressuscité, passant de ce monde à son Père, de même Marie, la mère de Jésus, au terme de sa vie terrestre, est entrée au ciel, élevée dans la gloire de Dieu, non seulement avec son âme, mais aussi avec son corps. Ce corps de la « Femme bénie entre toutes les femmes », ce corps de Marie, qui par la grâce insigne de sa Conception Immaculée fut préservé de toute faute, ce corps de Marie qui fut durant 9 mois la demeure, le tabernacle du Fils de Dieu fait homme, ce corps virginal qui donna naissance au Sauveur, le Corps de Marie n’a pas connu la corruption ni la dégradation au tombeau; il a été glorifié , comme naturellement emporté dans la gloire éternelle de Dieu, sans lutte ni souffrance.

Tel est le Mystère de l’Assomption de Marie ; ce mot signifie en effet que Dieu l’a comme « aspirée en lui », dans le ciel au dessus des anges qui, transportés d’allégresse, l’accueillent et l’acclament comme leur Reine.

Dans la lumière qui émane de ce mystère, nous comprenons tout d’abord que l’Assomption c’est la fête par excellence de la Maman de Jésus : la formidable surprise que Jésus a voulu réserver à sa Mère si divinement aimée. Marie appartient désormais avec son Fils au monde de la résurrection. En elle s’accomplit le projet de Dieu sur sa créature : ce projet qui consiste à faire de chacun de nous un être divinisé. En cela connue en toutes choses, Marie est la Première ... la première fleur éclose au jardin du Père...

Quelle joie ! Et surtout quelle espérance de penser que quelqu’un de la terre, une fille de notre race, notre sœur dans la foi, se trouve ainsi élevée à la gloire de la Résurrection, cette Résurrection de la Chair qui est la grande Promesse de Jésus. Oui, Marie est bien le signe de ce que Dieu veut pour tous ses enfants, elle est le signe de ce que nous serons un jour, au dernier jour... Dans l’idéale splendeur de la Reine des Cieux, c’est donc notre propre gloire qui s’anticipe et qui nous est annoncée.

Frères et sœurs, en contemplant, émerveillés, ce mystère de l’Assomption de Marie, nous pouvons découvrir, en second lieu, une vérité qui est parmi les plus réconfortantes : à savoir que par le fait de son corps glorifié, Marie relève de deux mondes : le monde surnaturel qui est la Maison du Père des Cieux et le monde terrestre qui est le séjour provisoire des hommes. Ayant quitté le temps présent, Marie habite désormais au sein de la très Sainte Trinité ; mais ayant conservé son corps, un corps spiritualisé (ayant comme celui de Jésus les propriétés des corps glorieux) elle continue d’appartenir à notre monde terrestre et corporel. C’est la raison pour laquelle elle peut aller et venir dans ce monde matériel qui est le nôtre tout aussi bien que dans le Paradis ou le Purgatoire. Oui, sur notre terre, en n’importe quel endroit, Marie, notre Mère et notre Reine, peut diversifier ses modes de présence et les manifester de bien des façons. Il y a, en premier lieu, sa présence maternelle invisible auprès de chacun de nous. Et cette présence-là, ne l’oublions jamais est permanente. Nous en sommes tous les heureux bénéficiaires. Marie peut nous voir, en effet, sans jamais se détourner un instant de la vision de Dieu. Pour elle, il n’y a rien de caché dans nos vies : elle connaît les secrets les plus intimes de notre cœur et elle peut en toute liberté exercer sur nos âmes son influence de Mère et d’Educatrice spirituelle. Car l’Assomption, voyez-vous, c’est ce qui permet à notre Mère du Ciel, non seulement de tout voir mais de tout pouvoir, Dieu l’ayant revêtue en notre faveur d’une puissance en quelque sorte illimitée : privilège de sa Royauté Universelle. Elle peut donc déverser sur les âmes toutes les grâces, tous les bienfaits divins dont elle a été constituée par son Fils la Trésorière. Toute grâce, c’est évident trouve sa source en Jésus, Rédempteur et Sauveur, mais Jésus lui-même ne veut communiquer ses grâces que par Marie et de même qu’on ne peut aller au Père que par le Fils, on ne peut rejoindre le Christ que par sa Mère. Dieu est descendu à nous par Marie. C’est par elle que les âmes doivent remonter jusqu’à Dieu.

Quel bonheur, alors pour nous, frères et sœurs, de savoir notre Maman du Ciel si proche et si aimante, si puissante et si merveilleusement agissante ! Cependant faut-il le redire, cette présence permanente demeure invisible. Ce qui n’empêche pas Marie, si elle le juge opportun, de manifester sa présence visible et corporelle à des personnes choisies par elle. Et c’est bien ce qu’elle fait dans ces manifestations vraiment extraordinaires, ces visitations sur la terre que sont les apparitions. Marie, il faut le savoir, peut si elle veut, se servir des réalités sensibles de ce monde créé (qui lui est entièrement soumis) pour produire une image d’elle-même ou pour animer des statues ou images qui la représentent ; comme c’est arrivé maintes fois depuis sa première apparition à la Rue du Bac en 1830 : celle de la Médaille Miraculeuse. Sans entrer dans les détails, on peut dire que toutes ces manifestations publiques de Marie dont certaines sont bien connues des chrétiens : la Rue du Bac, la Salette, Lourdes, Fatima, et d’autres moins connues parce que non encore reconnues par l’Eglise, tout cet ensemble vraiment impressionnant de faits surnaturels constitue un vrai signe des temps qui requiert notre attention et nous interpelle.

Assurément Dieu est en train d’accomplir de nos jours, par l’intermédiaire de Marie, une œuvre absolument inouïe dont nous n’avons pas encore, loin s’en faut, la pleine intelligence. Mais tout porte à croire que nous arrivons à la fin d’une longue étape et qu’il va se passer quelque chose de particulièrement important pour l’Eglise et pour le Monde.

Tout est résumé, en fait, dans ce chapitre 12 de l’Apocalypse que nous avons entendu en 1ère lecture. Ce passage nous fait comprendre ce qui se passe dans notre monde depuis plus de 150 ans et ce qui est en jeu. Ce que nous avons vécu durant toutes ces années, ce que nous vivons, c’est une phase décisive de la lutte entre la femme et le dragon, c’est-à-dire entre Marie et le Démon. Or, la victoire est promise à Marie comme elle nous l’a d’ailleurs elle-même annoncé dans ses apparitions à Fatima : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera... »

Il importe cependant de préciser que cette victoire sur les puissances du mal, Marie ne veut pas, ne peut pas la remporter seule. Elle ne pourra la remporter qu’avec ceux qui sont de sa lignée, ceux qui sont ses enfants et qui acceptent de combattre avec elle et sous ses ordres en s’efforçant de faire triompher en eux la Vérité et l’Amour. C’est la raison pour laquelle tous ses messages sont une invitation pressante à la conversion par ces moyens indispensables que sont la prière et la pénitence. En somme, il s’agit de redonner la priorité à l’œuvre essentielle de notre vie qui est la sanctification de nos âmes. Car seule la sainteté pourra triompher du péché, seule la sainteté pourra donner à l’Eglise une nouvelle splendeur et au monde la paix.

Puissions-nous, chers frères et sœurs, en prendre davantage conscience en cette fête de l’Assomption qui est synonyme de victoire, qui est promesse de victoire, car elle remet chaque année devant nos yeux cette vérité, si magnifiquement exprimée dans une antienne de la liturgie des heures : « A cause d’Eve (trompée par le démon) l’ange ferma la porte du paradis, grâce à Marie s’est ouverte pour nous la porte de la vie ».

Amen.

Voir aussi http://laviedesparoisses.over-blog.com/article-le-mystere-de-l-assomption-de-marie-72745110.html du Père Pierre Cousty.

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 07:18

C’est l’été, le début des vacances. Imaginez que vous êtes sur la plage et que juste à côté de vous se trouve une personne qui s’expose au soleil tout habillée. Cela vous surprendrait sans doute. Car si nous n’avons pas de problèmes de santé, nous aimons sentir le soleil raviver notre corps blanchi par les longues journées d’hiver.

Ce qui est vrai pour notre corps est vrai pour notre âme. Nous devons retirer ce qui nous empêche de sentir le soleil de Dieu réchauffer notre vie spirituelle.

À l’occasion de ces vacances, je vous invite, dans un premier point, à méditer la parabole du soleil qui nous vient des Pères de l’Église. Puis, dans un second point, je vous invite à identifier, à partir de cet évangile, deux types de vêtements que nous devrons enlever pour mieux suivre le Christ.

Commençons par la parabole du soleil. Elle est à ma connaissance la meilleure image qui permet d’expliquer le mystère de la Trinité : Un seul Dieu en trois personnes. Le soleil, c’est le Père. Personne ne peut le voir, ni même l’imaginer, comme il est impossible pour l’homme de regarder en face le soleil. Le rayon de soleil, c’est le Fils. Nous pouvons voir facilement un rayon de soleil lorsqu’il traverse une pièce et que le ménage n’a pas été bien fait (sourire !). On voit la poussière qui danse dans le rayon de soleil. La poussière représente notre humanité : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière ». Jésus a pris notre humanité, il s’est donné à voir. Mais, comme le rayon disparaît de notre pièce au bout d’un moment, de même, Jésus est retourné vers le Père. Il reste le Saint-Esprit. C’est la lumière et la chaleur. Même au cœur de l’hiver le plus glacial, lorsque nous avons l’impression que le soleil a disparu depuis des mois, il continue, en fait, d’agir au-delà des nuages par sa lumière et sa chaleur sinon, nous deviendrions un immense champ de glace polaire ! Ainsi, même lorsque nous avons l’impression que Dieu est bien loin au-delà des nuages, l’Esprit Saint ne cesse, en réalité, de nous réchauffer et de nous éclairer par sa discrète présence.

Nous pouvons donc distinguer le soleil, le rayon, la lumière et la chaleur, tout en sachant qu’ils sont en fait une seule réalité. Ainsi, nous pouvons distinguer les trois personnes de la Trinité, tout en sachant qu’elles ne sont qu’un seul Dieu. Pendant vos heures de bronzage, vous pourrez continuer à méditer sur cette belle parabole du soleil.

Venons-en maintenant à ces habits que nous pouvons retirer pour profiter pleinement du soleil de Dieu.

Beaucoup d’obstacles nous empêchent d’être en pleine communion avec Dieu. À partir de l’Évangile de ce jour, je voudrais en relever au moins deux : Jésus nous invite tout d’abord à renoncer au vêtement de ce que nous pourrions appeler : « le zèle démesuré ! » Il interpelle vivement ses apôtres qui veulent faire descendre le feu du ciel sur les samaritains. Ils étaient pourtant animés d’un zèle admirable pour leur Seigneur : ils ne supportaient pas que certain refuse de recevoir celui qu’ils aiment plus que tout. Alors, ils pensent que leur attachement inconditionnel au Christ justifie une certaine violence à l’égard de ceux qui le rejettent. Parmi eux se trouve l’apôtre Pierre. Visiblement, il n’a pas compris la leçon, puisque, quelques mois plus tard, au moment de l’arrestation du Jésus, il sortira l’épée de son fourreau et tranchera l’oreille d’un soldat. Jésus le reprendra vivement en lui disant : « Remets ton épée à sa place, car ceux qui prennent le glaive périssent par le glaive ». La violence, quelle qu’elle soit, et même pour une bonne cause, est un vêtement qui nous empêchera toujours de percevoir l’amour de Dieu.

Jésus nous invite aussi à renoncer au vêtement de « l’installation ». Lorsque cet homme lui manifeste son désir de le suivre partout où il ira, Jésus lui fait remarquer qu’il n’a même pas « un endroit pour reposer sa tête ». Dans cette période de vacances, certains se contenteront du strict nécessaire pour goûter une certaine liberté par rapport à nos besoins matériels habituels. D’autres, au contraire, ne pourront s’empêcher d’emporter avec eux tout ce qu’il faut pour ne manquer de rien. Cela me fait penser à un dessin humoristique qui montre un couple en maillot de bain au bord de l’eau. Le mari tient un téléphone portable dégoulinant dans sa main et dit à sa femme : « Mon smartphone est tombé à l’eau, nos vacances sont fichues ! »

Au moment de conclure, je vous propose deux petits devoirs de vacances : prendre un peu de temps pour faire le point sur votre zèle, est-il bien dans la juste mesure ? Et profiter de vos vacances pour vous désinstaller un peu, en laissant à la maison ce qui vous paraît indispensable et dont vous pourriez vous passer : votre télé ? Votre tablette numérique ?

Enfin, je pense à ceux qui, parmi vous, chers téléspectateurs, ne pourront pas ni partir en vacances, ni même sortir prendre un simple bain de soleil à cause de la maladie ou de votre âge avancé : n’oubliez pas la parabole du soleil : l’Amour de Dieu brille en permanence à vos côtés ! Amen !

Source : Père René-Luc https://www.lejourduseigneur.com

 

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 17:10

Année A

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1, 1-11

L’événement de l’Ascension ouvre la route à l’Église : « Vous serez mes témoins, nous dit Jésus, jusqu’aux extrémités de la terre ».

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours ». Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’Ascension est décrite par Luc dans le livre des Actes, du point de vue des hommes, pour répondre à la question : « Que nous reste-t-il à faire, maintenant que le Christ est vainqueur, près de Dieu ? » -Eh bien ! il reste tout à faire : fonder l’Église, porter témoignage du Christ jusqu’aux extrémités du monde, préparer son retour. Supposons que les disciples soient restés à regarder avec nostalgie vers le ciel, qu’effrayés par la perspective de parcourir le monde, ils soient bien sagement rentrés chez eux. Que se serait-il passé ? Rien ! L’Ascension est la plus grande manifestation de confiance donnée aux hommes par le Christ : « C’est à vous, maintenant, de faire l’histoire ! »

« Vous serez mes témoins ». Il ne manque pas aujourd’hui d’évangiles imprimés, mais les hommes ont besoin de rencontrer en nous des évangiles vivants.

Psaume 46

R/ : Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. ou Alléluia.

  • Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre. R/
  • Dieu s'élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez ! R/
  • Car Dieu est le roi de la terre : que vos musiques l'annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1, 17-23

L’Église est un corps dont le Christ est la tête ; déjà rendue près de Dieu, la tête attire à elle tout le corps.

Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître. Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel, la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles, et quelle puissance incomparable il déploie pour nous, les croyants.

C’est l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux. Il l’a établi au-dessus de tout être céleste : Principauté, Souveraineté, Puissance et Domination, au-dessus de tout nom que l’on puisse nommer, non seulement dans le monde présent mais aussi dans le monde à venir. Il a tout mis sous ses pieds et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Église qui est son corps, et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Jésus de Nazareth, arraché par Dieu à la mort et devenu maintenant maître de l’univers, est le garant que notre attente n’est pas vaine. Ce n’est pas pour rien que Dieu nous appelle, mais pour nous conduire à partager le triomphe du Christ dans la joie, près de lui. Et, s’il comble Jésus Christ, c’est pour que, du Christ rejaillisse dès maintenant sur son église cette vie nouvelle commencée au baptême, et qui s’épanouira dans le Ciel.

Dans les appels qui nous sont adressés par le monde et l’Église nous voyons d’abord les tâches à accomplir et les efforts qui nous sont demandés. Pourrions-nous partager à quelques-uns « l’espérance que donne l’appel du Christ » qui retentit dans ces multiples demandes ?

Alléluia. Alléluia. Allez ! De toutes les nations faites des disciples, dit le Seigneur. Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28, 16-20

Jésus, glorifié près de Dieu, est en même temps avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La puissance que le Christ ressuscité, devenu maître du monde, a reçue du Père, il l’exerce désormais par son Église. C’est à elle, représentée par les disciples, qu’il donne mission de faire de toutes les nations des disciples. Faire des hommes les disciples de Jésus Christ, c’est les plonger dans la vie du Père, du Fils et l’Esprit, et nous savons que cette vie est un amour totalement partagé. C’est aussi leur apprendre à observer les commandements du Christ, et nous savons qu’ils se résument à aimer de toutes ses forces Dieu et ses frères. En recevant le pouvoir du Christ ressuscité, l’Église reçoit aussi la promesse de sa présence et de son assistance quotidienne au long de l’histoire.

Jésus ne fait rien pour apaiser les doutes de quelques-uns de ses disciples, si ce n’est de leur montrer sa confiance en les envoyant en mission. S’il nous arrive de douter de nous-mêmes ou de notre foi, Jésus, lui, ne doute pas de nous !

Prière universelle

Aujourd'hui, Jésus ressuscité monte au ciel, pour être avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde. Par lui et dans l'Esprit Saint, faisons monter vers le Père notre prière pour notre terre qui souffre de la pandémie.

  • Dieu Père, donne la plénitude de l'Esprit Saint au collège des évêques et fais grandir ton Église dans l'unité, tout spécialement en cette Semaine Laudato si' où les catholiques sont invités à réfléchir, prier et agir ensemble pour un monde meilleur, nous t'en prions.
  • Dieu Père, donne ton Esprit de sagesse et de lumière aux mondes scientifique et politique, pour que leurs études et leurs décisions soient conformes à ta volonté, nous t'en prions.
  • Dieu Père, nous te bénissons pour le travail et la charité déployés par tous ceux qui servent l'humanité avec force et courage, travailleurs et bénévoles. Bénis-les, et garde-les dans la puissance des grâces de la résurrection, nous t'en prions
  • Dieu Père, ouvre le cœur des personnes qui ne te connaissent pas, et le cœur des personnes qui te rejettent, pour que le don de ton Esprit les transforme et les conduise vers Toi, nous t'en prions.
  • Dieu Père, en cette Fête où notre communauté paroissiale ne peut se réunir pour te célébrer, renforce son unité, et accorde à chacun de nous la grâce de reconnaître notre Seigneur Jésus présent et agissant dans nos vies, nous te prions.

Dieu notre Père, daigne exaucer les prières que nous te présentons en ce jour, et fais de tous les baptisés de vrais témoins de ton Évangile. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Source : http://cathophalsbourg.over-blog.com/

Année B

Commencement du livre des Actes des apôtres 1, 1-11

L’évènement de l’Ascension ouvre la route à l’Église : « Vous serez mes témoins, nous dit Jésus, jusqu’aux extrémités de la terre ».

Cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le moment où il commença, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, par l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis. C'est à eux qu'il s'est montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu, et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l'eau, vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici peu de jours ». Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu rétablir la royauté pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous : vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ».

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s'éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leurs dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel ».

Commentaire : L’Ascension est décrite par Luc dans le livre des Actes, du point du vue des hommes, pour répondre à la question : « Que nous reste-t-il à faire, maintenant que le Christ est vainqueur, près de Dieu ? »

Eh bien ! il reste tout à faire : fonder l’Église, porter témoignage du Christ jusqu’aux extrémités du monde, préparer son retour. Supposons que les disciples soient restés à regarder avec nostalgie vers le ciel, qu’effrayés par la perspective de parcourir le monde, ils soient bien sagement rentrés chez eux. Que se seraitil passé ? Rien ! l’Ascension est la plus grande manifestation de confiance donnée aux hommes par le Christ : « C’est à vous, maintenant, de faire l’histoire ».

« Vous serez mes témoins ». Il ne manque pas aujourd’hui d’évangiles imprimés, mais les hommes ont besoin de rencontrer en nous des évangiles vivants.

Psaume 46

R/ Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor.

  • Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre. R/
  • Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez ! R/
  • Car Dieu est le roi de la terre, que vos musiques l’annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens 4, 1-13

L’apôtre Paul nous encourage à suivre fidèlement l’appel que nous avons entendu de Dieu. C’est un appel à faire l’unité de l’Église et du monde.

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. C’est pourquoi l’Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes. Que veut dire : Il est monté ? - Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre. Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers. Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. - Parole du Seigneur.

Commentaire : La lettre aux Éphésiens souligne que l’unité de l’Église est avant tout une tâche à accomplir, un but à atteindre. Certes, chaque communauté chrétienne possède déjà les fondements de son unité un seul Dieu et Père pour tous, un seul Seigneur et un seul Esprit, une seule foi, un seul baptême, une seule apparence. Mais chacun doit concourir à établir cette unité dans l’Esprit au prix de beaucoup d’amour fraternel, d’humilité, de douceur et de patience. Surtout, il faut construire et faire grandir le corps ecclésial, croissance qui est à la fois celle du nombre et celle de la plénitude de la foi et de la connaissance. Tous les chrétiens en sont responsables, mais, pour les y aider, le Seigneur glorifié appelle des hommes et des femmes à assumer les tâches du ministère au service de tous. L’unité apparaît alors comme une dynamique qui pousse tout le corps vers sa tête, le Christ, et en assure l’harmonie de la cohésion.

Comment notre communauté chrétienne est-elle organisée pour que les tâches du ministère soient accomplies : celles d’apôtres, de prophètes, de missionnaires de l’Évangile, de pasteurs, d’hommes et de femmes qui enseignent ? Essayons de nommer des personnes. Y a-t-il des tâches délaissées ?

Alléluia. Alléluia. Allez ! De toutes les nations faites des disciples, dit le Seigneur. Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16, 15-20

Jésus ressuscité n’envoie pas seulement ses disciples proclamer l’Evangile dans le monde entier, il leur garantit de travailler avec eux.

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien ». Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : En parcourant la Palestine, au premier siècle, Jésus voulait faire entendre à ses contemporains la bonne nouvelle d’un Dieu Père qui sauve les hommes pour les rassembler tous près de lui. Mais pour que cette nouvelle atteigne les hommes de partout et de toujours, Jésus a besoin de se multiplier : les apôtres de l’Église seront ses prolongements visibles pour son action universelle. Ils annonceront l’Évangile dans toutes les langues et ils feront sauter toutes les barrières du mal parce que le Christ, bien qu’invisiblement, travaillera avec eux. Loin d’être au ciel un retraité, le Christ ressuscité étend son influence sur l’humanité entière.

Quelles sont les signes parlant pour nos contemporains qui doivent aujourd’hui confirmer l’annonce de la Bonne Nouvelle : la joie des croyants, la charité active dans l’aide aux pauvres et aux oubliés, la participation aux associations de défense de la paix et des droits de l’homme, l’accueil sympathique des demandes sacramentelles ou religieuses faites à notre paroisse… ?

Prière universelle

Année C

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1,1-11

L’évènement de l’Ascension ouvre la route à l’Église : « Vous serez mes témoins, nous dit Jésus, jusqu’aux extrémités de la terre ».

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours ». Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : l’Ascension est décrite par Luc dans le livre des Actes, du point de vue des hommes, pour répondre à la question : « Que nous reste-t-il à faire, maintenant que le Christ est vainqueur, près de Dieu ? » Eh bien ! Il reste tout à faire : fonder l’Église, porter témoignage du Christ jusqu’aux extrémités du monde, préparer son retour. Supposons que les disciples soient restés à regarder avec nostalgie vers le ciel, qu’effrayés par la perspective de parcourir le monde, ils soient bien sagement rentrés chez eux. Que se serait-il passé ? Rien ! L’Ascension est la plus grande manifestation de confiance donnée aux hommes par le Christ : « C’est à vous, maintenant, de faire l’histoire ! »

« Vous serez mes témoins ». Il ne manque pas aujourd’hui d’évangiles imprimés, mais les hommes ont besoin de rencontrer en nous des évangiles vivants.

Psaume 46

R/ : Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. ou : Alléluia !

  • Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre. R/
  • Dieu s'élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez ! R/
  • Car Dieu est le roi de la terre : que vos musiques l'annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré. R/

Lecture de la lettre au Hébreux 9, 24-28 ; 10, 19-23

Le Christ monté au ciel nous y entraîne avec lui. Déjà notre célébration d’aujourd’hui nous conduit avec lui à la rencontre du Père.

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

Frères, c’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire grâce au sang de Jésus : nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ; or, ce rideau est sa chair. Et nous avons le prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu. Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis. –Parole du Seigneur.

Commentaire : La participation aux assemblées communautaires nous permet de vivre du mystère du Christ mort, ressuscité et monté aux cieux. L’auteur de la lettre s’efforce de l’expliquer : ce qui s’est produit une fois pour toutes pour la personne du Christ, se reproduit pour son Église assemblée. Grâce au sang de Jésus, c’est un peuple purifié et lavé par l’eau pure du baptême qui s’approche de Dieu conduit par le christ. Il est le grand prêtre qui nous introduit dans l’intimité de Dieu, nous faisant franchir non plus le rideau du sanctuaire qui cachait autrefois la demeure de Dieu aux yeux des juifs, mais tout ce qui continue à voiler aujourd’hui le visage du Père : l’athéisme ambiant, notre incroyance et nos doutes, nos manques d’espérance. À la suite du Christ « par lui, avec lui et en lui », nous nous tenons avec pleine assurance devant la face de Dieu.

Jésus de Nazareth glorifié « se tient maintenant pour nous devant la face de Dieu ». Ce même avenir, promis à tout homme, comment le préparons-nous en nous tenant devant Dieu dans la prière ?

Alléluia. Alléluia. De toutes les nations, faites des disciples, dit le Seigneur. Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 46-53

L'Ascension de Jésus remplit les disciples de joie dans l'attente de la venue de l'Esprit.

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut ». Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Dans son évangile, Luc condense en vingt-quatre heures les apparitions du Ressuscité, le jour de Pâques ; elles s’achèvent le soir même par la mention de la disparition visible du Christ, emporté au Ciel. L’Ascension n’est donc plus séparée de Pâques par quarante jours, comme dans les Actes ; Pâques c’est déjà l’Ascension. Cette présentation différente peut nous dérouter ; elle a pourtant le mérite de nous éviter de concevoir l’Ascension d’une manière trop matérielle, comme si Jésus s’élevait dans les hauteurs pour gagner un ciel placé au-dessus de nous. L’Ascension, c’est le Christ emporté près de Dieu, dans la gloire ; or, Jésus est déjà glorifié au matin de Pâques ! Dans son évangile, Luc présente donc l’Ascension du point de vue du Christ. Dans les Actes, en faisant intervenir un délai de plusieurs jours, il nous la présente du point de vue des hommes, témoins en ce jour de la dernière apparition du Ressuscité.

Jésus les quitte, et pourtant les disciples sont remplis de joie ! Joie d’être ses témoins pour les nations. L’Ascension est-elle pour nous aussi une raison de joie ?

Prière : Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance.

Homélie - 1

La belle fête de l’Ascension que nous célébrerons jeudi commémore un geste symbolique signifiant que désormais le Christ-Jésus vit dans un état nouveau : l’état glorieux et qu’il aura désormais un nouveau type de rapport avec les hommes à la fois d’absence et de présence, d’une présence voilée, une présence dans l’absence. Cette absence a le mérite de nous montrer le terme de la destination humaine. Elle est aussi une invitation à garder les pieds sur la terre pour travailler à l’avancée du Royaume en attendant le retour du Christ-Jésus à la fin du monde.

La fête de l’Ascension nous invite en premier lieu à lever les yeux vers le ciel où le Christ s’en est allé. Elle voudrait nous faire oublier un instant nos soucis quotidiens qu’ils soient d’ordre personnel, familial, économique ou social. Mais voilà nous aimons tellement la terre, nous tenons tellement aux biens terrestres que nous en oublions le ciel « on y pensera plus tard, le plus tard possible d’ailleurs, on n’est pas pressé » disent certains. « Et puis y a-t-il seulement un ciel ? » se demandent les autres. Mieux vaut tenir le terrestre que courir le céleste. Un match de foot est tellement plus passionnant que la Messe...

Aujourd’hui, frères et sœurs, l’Eglise nous rappelle que le but de la vie, l’essentiel, c’est le royaume qui vient, le merveilleux Paradis de Dieu.

Vous connaissez sans doute l’histoire du fou qui prend le train : le contrôleur lui demande « où allez-vous ? » et lui de répondre « je ne sais pas, mais j’y vais ». Combien de nos contemporains embarqués dans le train de la vie sans savoir pourquoi pourraient en dire autant. Le chrétien a cette chance inouïe de connaître la destination : le but de la vie n’est pas la réussite professionnelle, le mariage, la richesse ou la retraite... Tout cela d’ailleurs ne dure qu’un temps... Nous sommes faits pour beaucoup plus haut. « Dans le Notre Père nous disons : Notre Père qui est aux cieux afin de bien concevoir où il nous appelle », disait Bossuet.

L’Eglise nous montre en ce jour le Christ retourné dans la Gloire, le Christ triomphant devenant le Seigneur incontesté de tout l’univers. Son absolue seigneurie sur le monde est solennellement proclamée ! « Dieu l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous domine ! » nous dit saint Paul. Ce triomphe est déjà un peu le nôtre : notre frère aîné est parvenu au terme : le premier de cordée a atteint le sommet et le reste de la caravane humaine est entrainée dans son sillage. « Et moi quand j’aurai été élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes ». Nous connaissons maintenant la destination de l’humanité. L’Epoux, c’est-à-dire le Christ-Jésus est dans la gloire et l’Epouse c’est-à-dire l’Eglise et toute l’humanité est appelée à le rejoindre pour les noces éternelles. Oui nous sommes faits pour cette formidable vie de communion, de contemplation d’amour et de joie qui est réservée à l’homme enfin divinisé dans l’éternité, dans la maison du Père des cieux qui est vrai « chez soi ». « Nous verrons Dieu ! disait le saint Curé d’Ars, nous le verrons tout de bon, nous le verrons tel qu’il est, face à face ».

Voilà l’essentiel, chers frères et sœurs qu’il ne faut jamais perdre de vue. N’oublions pas cependant que même si l’essentiel est la vie bienheureuse du ciel, la terre demeure le terrain de l’envol dont il ne faudrait pas s’évader trop vite. Ne soyons pas des rêvasseurs de l’éternité, ne méprisons pas notre pauvre planète, terre sainte qui devient le lieu de notre enfantement pour l’éternité.

A travers nos tâches terrestres nous fabriquons de l’éternel. Faisons donc en sorte que les biens terrestres soient autant de tremplins pour aller à Dieu : ma santé pour bien accomplir mon devoir d’état, pour gagner mon pain et rendre service à mes frères, mes richesses pour soulager la misère, l’amour de mon conjoint pour découvrir en lui l’amour de Dieu pour moi, la beauté de la création pour apprendre la louange. Même les difficultés de la vie, les déceptions et les souffrances peuvent être des chemins vers l’essentiel en inscrivant en nous la nostalgie du parfait bonheur.

Nous retiendrons enfin, chers frères et sœurs, que le départ de Jésus vers le ciel est un envoi en mission. Aux apôtres est confiée une tâche gigantesque : celle de la conversion du monde « de toutes les nations faites des disciples ». Il s’agit de baptiser tous les peuples, c'est-à-dire de faire jaillir la vie divine au cœur de tous les hommes. Il s’agit de leur enseigner tous les commandements et bien sûr en premier, celui qui les résume tous : le double commandement de l’amour : amour de Dieu et amour du prochain. Si le Christ se retire c’est justement pour laisser travailles ses apôtres, pour nous laisser travailler, car c’est nous qui en notre temps sommes changés de poursuive ce travail d’Evangélisation. C’est comme si Jésus disait « Je vous ai donné l’exemple, à vous de prendre le relais, car la rédemption, le salut des hommes c’est aussi notre affaire ».

Devant l’ampleur et les difficultés de cette tâche les ouvriers de l’Evangile ne doivent surtout pas s’effrayer. Car Jésus ne les abandonnera jamais selon sa promesse : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de monde ». Il soutiendra leur action par la grâce de son Esprit, l’Esprit-Saint qui les guidera et leur donnera constamment lumière, force et courage. Voici donc le temps de la grâce, le temps de l’Espérance qui ne déçoit pas.

Béni soit le Christ-Ressuscité qui demeure ainsi avec nous, qui marche avec nous vers le Père dans la Joie de l’Esprit-Saint.

A Lui la Gloire, à Lui notre Amour pour l’Eternité.

Amen.

Homélie - 2

Une apothéose, une manifestation extérieure de la sublime glorification de Jésus, tel est, chers frères et sœurs le sens de cette Fête de l’Ascension.

Sans doute depuis sa Résurrection, le troisième jour après sa mort, l’humanité de Jésus se trouve, elle, immergée corps et âme dans les splendeurs de la Gloire du Père. Mais il fallait que cette réalité soit manifestée.

Pendant 40 jours, à travers les apparitions pascales, ce que Jésus, le Divin Ressuscité a voulu graver dans la conscience de ces apôtres, c’est la conviction indéracinable qu’il vit toujours et qu’il vit dans son être complet : avec son corps et son âme et sa divinité ; avec un corps qui certes est transformé, sublimé, ayant des propriétés qu’il n’avait pas lorsqu’il était sur la terre, mais qui vit toujours d’une vie parfaite et merveilleuse qui est celle du monde divin.

Dans cette dernière apparition du jour de l’Ascension, ce que Jésus veut souligner cette fois, c’est sa « Seigneurie ». C’est que non seulement il continue à vivre (et avec quelle plénitude !) C’est que, non seulement son humanité a été magnifiquement transfigurée, comme le proclame aujourd’hui la Préface de la Messe « ce Roi de Gloire qui s’élève au plus haut des cieux pour être le Juge du monde et le Seigneur des seigneurs, seul médiateur entre Dieu et les hommes ».

Si Jésus a décidé ainsi de monter visiblement au-dessus de la terre jusqu’à ce qu’une nuée mystérieuse le dérobe à la vue de tous, c’est pour bien montrer justement (comme nous le dit saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens) que Dieu le Père (dont il partage la gloire à égalité) l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent. Il lui a tout soumis en effet et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps.

Chers frères et sœurs, s’il y a jamais eu une « fête de l’humanité » c’est bien aujourd’hui. L’humanité n’a jamais atteint (et n’atteindra jamais) une dimension, une dignité aussi sublime, aussi inimaginable que d’entrer ainsi dans le monde divin, de partager la gloire divine en la personne de Jésus-Christ, lui qui est Nouvel Adam, premier-né d’entre les morts, tête de l’humanité nouvelle. Nous tous chrétiens, nous pouvons mettre au défi qui que ce soit de se faire une idée de la grandeur humaine qui soit aussi belle, aussi splendide, aussi inouïe que la nôtre. Dans le Christ, en effet, c’est toute l’humanité qui se trouve glorifiée et divinisée par anticipation. « En entrant dans le Royaume, nous dit encore la belle Préface de ce jour, il donne aux membres de son corps, l’espérance de le rejoindre un jour... »

Ainsi nous est rappelé très clairement le but et le terme de notre existence humaine. Et ce n’est pas inutile, car nous nous laissons si facilement imprégner par le matérialisme qui caractérise notre époque. Oui, nous sommes destinés à une vie glorieuse, nous sommes faits pour une vie de parfait bonheur dans cet au-delà de la terre qui est notre véritable avenir et que nous appelons le ciel. Le temps de notre existence ici-bas a pour but uniquement de nous préparer à cette vie définitive qui sera l’épanouissement plénier de tout notre être, dans une vision face à face du Dieu de Tendresse et d’Amour, dans une communion infiniment comblante à la vie intime de la Très Sainte Trinité.

Comme elle mérite bien le titre de « Fête de la Seigneurie du Christ » cette solennité de l’Ascension. Elle exalte en effet « le pouvoir royal » que Dieu le Père a conféré à son Fils bien-aimé, notre Sauveur, pouvoir qui lui permet d’attirer les âmes à lui, afin de les conduire à leur suprême destinée, conformément d’ailleurs à sa promesse « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ».

Ici une question se pose : comment Jésus va-t-il pouvoir exercer « sa Seigneurie » (sa puissance d’attraction et de sanctification) puisqu’il a quitté définitivement cette terre ? Et ! bien il va l’exercer par son Esprit.

C’est cet Esprit-Saint, lequel procède du Père et du Fils qui va « retourner » intérieurement les apôtres, qui va leur donner la même mentalité que Jésus et qui, de ce fait, en fera vraiment ses disciples. Désormais, grâce à Lui, les apôtres penseront comme Jésus, conformeront leur volonté à la sienne et n’agiront que comme Jésus ferait s’il était à leur place... Grâce à Lui, ils deviendront des copies vivantes de Jésus-Christ.

Frères et sœurs, disons-nous bien que ce que Jésus, notre Seigneur, à réalisé si merveilleusement dans l’âme des apôtres par le don de son Esprit, il désire ardemment le réaliser en chacun et chacune d’entre nous. Car, nous aussi, nous avons bénéficié de l’effusion du Saint-Esprit aux jours bénis de notre Baptême et de notre Confirmation. Il ne serait peut-être pas inutile de nous demander de temps à autre ce que nous en avons fait ! Pouvons-nous dire que nous avons toujours été parfaitement dociles à l’action de l’Esprit-Saint en nous ? Que nous lui avons en quelque sorte laissée les mains libres pour faire de nous ce qu’il voulait pour nous donner les mêmes idées, les mêmes sentiments que Jésus et nous agir à son exemple ? Et pourtant c’est cela qui est capital dans la vie chrétienne, de ne jamais « résister à l’Esprit-Saint, comme dit saint Paul, de le laisser faire... »

On parle beaucoup de changement dans notre monde en crise. Nous qui croyons au Christ, avons-nous assez profondément enracinée en nous cette conviction, que le vrai, le grand, l’efficace changement que nous pouvons apporter à ce monde déboussolé c’est avant tout le changement des cœurs, à commencer, bien sûr, par le nôtre ? Sans ce retournement intérieur, sans cette conversion perpétuelle à quoi bon changer les structures ? L’égoïsme humain aura tôt fait de tourner toutes les lois pour revenir aux mêmes esclavages, aux mêmes injustices. L’expérience est là pour nous rappeler que les institutions les meilleurs, qui avaient été inspirées par les intentions les plus justes et les plus charitables ont le plus souvent dévié, ont été galvaudées par suite d’un changement de mentalités dans le sens du mal.

Oui, comprenons bien que ce sont nos cœurs qu’il importe absolument de changer afin de les soumettre à la douce et bienfaisante autorité de Jésus, notre Seigneur, notre Roi... Si nous sommes assez généreux pour l’écouter, pour le laisser faire, pour le suivre pas à pas nous ferons de toute notre vie, une magnifique ascension, une montée dans la sainteté et nous deviendrons par le fait même des apôtres irrésistibles, capables d’entrainer à notre tour un grand nombre de frères sur le chemin du ciel...

A l’exemple des premiers apôtres et suivant la recommandation de Jésus, faisons de ces 9 jours qui nous séparent de la Pentecôte une fervente neuvaine de prières, en très grande communion d’âme avec Marie qui est la Mère de l’Eglise et la Reine des Apôtres.

Puisse son intervention Toute-Puissante, nous obtenir de l’Esprit-Saint, qu’en changeant radicalement nos cœurs il fasse advenir au plus tôt dans le monde le Règne du Christ, « Roi Immortel des siècles ».

Amen.

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 21:32

Demain, 19 mars, jour de la solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie et patron de l’Église universelle, l'archevêque de Paris nous propose de tous dire cette prière.

 

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Lecture du second livre de Samuel 7, 4-5a. 12-14a.16

Par Joseph, Jésus est le Messie descendant de David, qui rend stables pour toujours son trône et sa royauté.

La parole du Seigneur fut adressée au prophète Nathan : « Va dire à mon serviteur David : Ainsi parle le Seigneur : Quand ta vie sera achevée et que tu reposeras auprès de tes pères, je te donnerai un successeur dans ta descendance, qui sera né de toi, et je rendrai stable sa royauté. C'est lui qui me construira une maison, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours ». – Parole du Seigneur.

Psaume 88

R/ : Sa dynastie, sans fin subsistera.

  • L'amour du Seigneur, sans fin je le chante ; ta fidélité, je l'annonce d'âge en âge. Je le dis : C'est un amour bâti pour toujours ; ta fidélité est plus stable que les cieux. R/
  • « Avec mon élu, j'ai fait une alliance, j'ai juré à David, mon serviteur : J'établirai ta dynastie pour toujours, je te bâtis un trône pour la suite des âges. R/
  • « Il me dira : Tu es mon Père, mon Dieu, mon roc et mon salut ! Sans fin je lui garderai mon amour, mon alliance avec lui sera fidèle. » R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 4, 13.16-18.22

Abraham est devenu le père des croyants parce qu’il s’est montré un homme de foi. Joseph aussi, parce qu’il a cru contre toute espérance, s’est montré notre père dans la foi.

Frères, Dieu a promis à Abraham et à sa descendance qu’ils recevraient le monde en héritage, non pas en accomplissant la Loi mais en devenant des justes par la foi. C'est donc par la foi qu'on devient héritier ; ainsi, c'est un don gratuit, et la promesse demeure valable pour tous ceux qui sont descendants d'Abraham, non seulement parce qu'ils font partie du peuple de la Loi, mais parce qu'ils partagent la foi d'Abraham, notre père à tous. C'est bien ce qui est écrit : J'ai fait de toi le père d'un grand nombre de peuples. Il est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l'existence ce qui n'existait pas. Espérant contre toute espérance, il a cru, et ainsi il est devenu le père d'un grand nombre de peuples, selon la parole du Seigneur : Vois quelle descendance tu auras ! Et, comme le dit l'Écriture : En raison de sa foi, Dieu a estimé qu'il était juste. – Parole du Seigneur.

Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi ! Heureux le serviteur fidèle ; Dieu lui confie sa maison. Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1, 16.18-21. 24a

Homme juste, Joseph ne veut pas s’immiscer dans le mystère de la conception de Marie. Mais Dieu l’y introduit, le chargeant de donner son nom à Jésus.

Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l'on appelle Christ (ou Messie). Voici quelle fut l'origine de Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu'ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l'action de l'Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l'ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l'enfant qui est engendré en elle vient de l'Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c'est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l'ange du Seigneur lui avait prescrit. – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation

« Il est deux créatures dont la sainteté est d’un ordre tout-à-fait a part, c’est-à-dire qui ont avec la Trinité Sainte des liens tout-à-fait incomparables aux autres : c’est d’abord la Mère de Dieu et c’est, a côté d’Elle, saint Joseph. »

Cette affirmation du chanoine Lallement attire notre attention sur l’extraordinaire grandeur du très humble serviteur de Dieu qu’avec toute l’Eglise nous serons heureux d’honorer et de prier durant tout le mois de Mars : JOSEPH « l’homme juste » époux de Marie, la virginale Mère du Sauveur et chef de la Sainte Famille.

Ce grand privilégié du Très-Haut se trouve, en effet, par rapport à Jésus Fils de Dieu et Fils de Marie, dans une relation absolument unique : il n’est pas seulement frère ou membre du Christ, mais il peut être dit en un sens véritable (qu’il faut bien préciser) : « Père du Christ ». Il est bien évident que la Conception virginale de Jésus par Marie, la Vierge Toute-Sainte, fait que saint Joseph n’est pas père du Christ au sens plénier, au sens tout-à-fait propre du terme. Cependant nous sommes assurés que l’appellation « père de Jésus » peut lui être donnée en un certain sens. Et c’est Marie Elle-même qui nous donne cette assurance lorsqu’au moment Recouvrement dans le Temple, Elle dit à son Fils : « Ton père et moi nous te cherchions. » Ce qu’il importe de bien comprendre en effet, c’est que si la paternité sens plénier comporte la paternité physique, elle ne se réduit pas à cela. La paternité comporte aussi un rôle moral, une autorité dans la famille sur l’enfant.

Saint Joseph était de plein droit, en vertu de sa véritable union conjugale avec Marie, le chef de la Sainte Famille. Voilà pourquoi il a pu - ayant l’autorité du point de vue légal et moral - exercer un véritable rôle de père à l’égard de l’Enfant Jésus. C’est quelque chose d’absolument inouï et mystérieux : Saint Joseph ayant sur le Fils de Dieu l’autorité paternelle, l’autorité du chef.

Est-il besoin de préciser que la Très Sainte Vierge, avec un immense amour pour l’époux que Dieu lui avait donné, reconnaissait Elle-même entièrement cette autorité ? Quelle humilité éminente il a fallu à cet homme pour oser exercer un tel rôle dans les circonstances les plus tragiques (fuite en Egypte) comme dans les choses les plus ordinaires de la vie familiale ! Saint Joseph n’a pu exercer cette autorité qu’en s’oubliant complètement lui-même, en ne pensant pas un seul instant à ce qu’il était come simple et pauvre homme, mais en agissant uniquement comme instrument de Dieu, sur l’ordre de Dieu dans le respect de la fonction que la Providence lui avait donnée. Autrement dit, saint Joseph n’a pu exercer son autorité que dans une obéissance parfaite : et c’est pourquoi il est un merveilleux exemple pour toute autorité, laquelle ne doit jamais être fondée sur l’intérêt ou le plaisir de celui qui l’exerce mais sur le service du bien commun.

Que voyons-nous en effet dans les récits évangéliques ? Le chef de la Sainte Famille se comportant toujours en serviteur entièrement dévoué à Jésus et à Marie, se donnant tout à eux dans un très pur amour sans la moindre réserve. Telle fut la sublime vocation de cet obscur « fils de David » (Mt I, 20) si effacé aux yeux du monde, mais dont la vie intérieure était si profonde, tout-à-fait au goût de Dieu : être le père de Jésus non par la chair, mais par l’âme, par l’attitude morale. Nous savons que pour cela il lui fut demandé de renoncer par la virginité à la grandeur de la paternité naturelle : ce fut son immolation d’homme chef de famille ; et il l’offrit de grand cœur. A ce sacrifice héroïque vinrent s’ajouter bien d’autres épreuves qu’il accepta courageusement dans un admirable esprit de foi et d’abandon : souffrance causée par l’obscurité des mystères divins, pauvreté, persécutions, exil, désagréments, ennuis et fatigues de toutes sortes. Ce fut sa manière à lui de collaborer au mystère de la Rédemption.

Ces brèves considérations nous permettent d’entrevoir à quel point Dieu a eu confiance en saint Joseph. Il est celui que le Père des Cieux a voulu associer à son grand dessein de Salut en mettant sous sa protection ce qu’Il avait de plus précieux dans tout l’univers : « l’Enfant et sa Mère » (Mt II, 13), le Rédempteur et la Co rédemptrice.

Nous pouvons donc, nous aussi, en nous appuyant sur l’exemple de Dieu Lui-même, Lui confier ce qui est notre plus grand trésor, l’essentiel de notre vie chrétienne : notre union à Jésus par Marie. N’oublions jamais qu’après la Vierge Immaculée, saint Joseph est le plus beau modèle et le plus sûr gardien des âmes intérieures, des âmes qui aspirent à vivre totalement pour Dieu et avec Dieu, dans l’accomplissement de la mission qu’elles ont reçue de Lui.

Prière

Glorieux Saint Joseph, époux de Marie, étendez sur nous votre protection paternelle, vous dont la puissance est de rendre possibles les choses les plus impossibles.

Pourvoyez à nos besoins présents. Ouvrez vos yeux de Père sur les intérêts de vos enfants. Venez-nous en aide et prenez sous votre charitable protection les affaires si importantes que nous vous recommandons afin que leurs heureuses issues tournent à la gloire de Dieu et au bien de vos dévoués serviteurs.

Amen.

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 22:05

Monseigneur Bernard Charrier, évêque émérite de Tulle nous en donne l'explication dans son homélie

Il ordonna samedi 15 février 2020, Antoine Plateaux, Olivier Rabilloud, Vincent Bonnet et Xavier de Massol diacres permanents au service du diocèse de Nantes, en la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul. Le diocèse étant toujours dans l’attente de la nomination d’un évêque, l’administrateur diocésain avait fait appel à Mgr Charrier pour présider ces ordinations.

Source : https://diocese44.fr/quatre-diacres-pour-le-service-du-christ-et-de-leglise/

 

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14 janvier 2020 2 14 /01 /janvier /2020 15:23

Dimanche 12 janvier 2020 - Baptême du Seigneur – Année A

Pour la plupart, vous qui êtes ici, je suppose que vous êtes baptisés. Pourquoi sommes-nous baptisés ? À quoi sert le baptême ?

Dans les années 1980, beaucoup de parents chrétiens qui eux-mêmes avaient reçu le baptême dans l’enfance ont jugé qu’il était préférable de différer le baptême de leurs propres enfants. Le prétexte était de ne rien leur imposer pour qu’ils puissent choisir eux-mêmes plus tard. Aujourd’hui, parmi les nombreux catéchumènes adultes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques, beaucoup disent relever de ce choix parental. Certains ont éprouvé au fond d’eux-mêmes un manque alors qu’ils sentaient ce désir de connaître Dieu. Au fond, c’est comme si le baptême n’était qu’une appartenance à un parti politique quelconque qu’il faudrait choisir en fonction de son opinion ou de son évolution personnelle provoquée par les rencontres que permet la vie. Ou bien, la religion ne serait qu’un produit ordinaire que l’on peut choisir en fonction de ses goûts comme on le fait pour les produits de consommation courante dans les grandes surfaces.

Cela veut dire que le baptême n’est pas du tout compris. Pourquoi le Christ lui-même s’est fait baptiser alors qu’il n’en avait pas besoin comme Jean-Baptiste le signale dans cet évangile ? Le baptême nous fait devenir enfants de Dieu alors que nous ne sommes que des créatures. Nous accédons à un statut extraordinaire et inatteignable par nos propres forces ou notre propre volonté. Jésus n’a pas besoin de baptême puisqu’il est vraiment Fils de Dieu et engendré par le Père de toute éternité. Mais, c’est dans notre humanité qu’il a voulu recevoir cette filiation qu’accompagne le don de l’Esprit Saint pour que nous-mêmes puissions devenir enfants de Dieu par adoption. Cela va très loin puisque Jésus va jusqu’à accepter notre condition mortelle. Sa plongée dans les eaux qui l’engloutissent en est le symbole.

Il est dit dans l’évangile que les cieux s’ouvrirent. Cela répond à une grande prière du prophète Isaïe : « Ah, si tu déchirais les cieux et si tu descendais » (Is 64,1). Cela se réalise aujourd’hui au baptême de Jésus. En hébreu, les cieux se traduisent exactement par « les eaux d’en haut », c’est-à-dire la sphère divine. Nous arrivons péniblement à marcher sur la Lune, peut-être sur Mars, mais même si nous arrivions à circuler dans l’ensemble du cosmos, nous ne serions que dans le monde créé. Le monde divin, incréé, nous est définitivement inaccessible quelles que soient nos inventions techniques. Il fallait donc que Dieu vînt jusqu’à nous. C’est parce que Jésus assume jusqu’au bout notre humanité que nous pouvons recevoir par lui la divinité qui nous fait entrer dans le ciel pour partager l’éternité de Dieu. C’est ce fameux « accomplissement ».

Les parents, qui ont raison de penser à leurs enfants et à leur avenir, les obligent à aller à l’école pour préserver cet avenir. Ils ne leur demandent pas leur avis parce qu’ils veulent le meilleur pour eux. Nous pensons tous à notre avenir et ce qui se passe aujourd’hui à propos des retraites en est bien l’expression. Mais notre avenir ne s’arrête pas à nos retraites, Dieu soit loué !

Alors je crois que les parents devraient être véritablement plus soucieux de l’avenir éternel de leurs enfants. Si nous croyons vraiment que Jésus nous ouvre les portes du Ciel, qu’il est le Fils de Dieu et qu’il nous aime au point de donner sa vie, il est grave et inconséquent de ne pas faire du baptême une priorité pour nos enfants. Peut-être n’est-ce simplement qu’un manque de foi et le reflet de notre société sécularisée ?

Pourtant, peut-on se permettre de laisser les enfants sans cette perspective magnifique d’un avenir éternel dans l’amour auprès de Dieu. Oui, le baptême nous divinise car, nous dit saint Paul, par lui « nous sommes morts avec le Christ pour ressusciter avec le Christ » (Rm 6,8). Quelle grâce et quelle merveille !

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

 

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 20:36
www.dioezese-linz.at

Lecture du livre des Nombres 6, 22-27

En ce premier jour de l'année, demandons au Seigneur de nous bénir, c'est-à-dire de se pencher vers nous pour nous apporter la paix.

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leurs diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël : Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! Ils invoqueront mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je vous bénirai ». - Parole du Seigneur.

Psaume 66

R/ : Que Dieu nous prenne en grâce, et qu'il nous bénisse !

  • Que ton visage s'illumine pour nous, et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. R/
  • Que les nations chantent leur joie, car tu gouvernes le monde avec justice ; sur la terre, tu conduis les nations. R/
  • La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que la terre tout entière l'adore ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4, 4-7

L'Esprit nous fait prier le Père avec la même liberté que celle de Jésus lui disant : « Abba, c'est à dire Père bien-aimé ».

Frères, lorsqu'est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi  pour que nous soyons adoptés comme fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c'est-à-dire Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c'est l'oeuvre de Dieu. - Parole du Seigneur -

Alléluia ! Alléluia ! A bien des reprises, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; à la fin, en ces jours ou nous sommes, il nous a parlé par son Fils. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 16-21

La nouvelle année débute avec le nom de Jésus qui lui fut donné le huitième jour après sa naissance.

En ces temps-là, les bergers se hâtèrent d'aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’Ange lui avait donné avant sa conception. - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Huit jours après Noël, le 1er Janvier, l’Eglise fête solennellement Celle que si souvent dans nos « Je vous salue » nous appelons : « Mère de Dieu ».

Quelle est la signification profonde de ce titre prestigieux que depuis le Concile d'Ephèse, en 432, la Foi catholique décerne à Marie, la Toute Sainte ?

Titre unique qui est la clé de voûte de tout le mystère marial et qui place la Femme « bénie entre toutes les femmes » à la cime des grandeurs créées.

Disons-tout de suite que ce serait une erreur monstrueuse de penser que l'affirmation : Marie est mère de Dieu puisse signifier que la Vierge est la mère de la divinité. Dieu est infiniment au-dessus du temps et de l'espace, avant toute création : son existence ne dépend de personne. Quand à Marie, elle est, tout comme nous, une créature ayant reçu de Dieu son être et sa vie, notre sœur en humanité. Ce n’est donc pas Elle qui a donné à Jésus la nature divine : cette nature Il la tient de son Père de toute éternité : vérité capitale que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : « Je crois en Jésus-Christ le Fils Unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles... Vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ».

Ce que Marie, par contre, a donné à Jésus, c’est son humanité. Mais ce qu’il importe ici de bien comprendre, c’est qu’en Jésus la nature humaine et la nature divine appartiennent à une seule Personne : celle du Verbe éternellement Fils de Dieu, qui est Dieu comme son Père. Dans le Christ, en effet, il n’y a aucun dédoublement de personnalité : c’est le même « je » qui déclare : « je » marche (action humaine) et « je » ressuscite (action divine).

Partant de là, on peut donc dire que Dieu a prêché, que Dieu a souffert, que Dieu est mort sur une Croix. On peut tout aussi bien dire que Dieu est né, que Dieu est né de Marie. Marie est par conséquent la Mère de Dieu, la Théotokos, comme disent les chrétiens d’orient, ce qui veut dire « engendreuse de Dieu ».

C’est sur un sommet éblouissant que nous sommes transportés, en contemplant un tel mystère. Tout au long de son histoire, l’Eglise, par la voix de ses Papes, de ses théologiens, de ses mystiques ou de ses fidèles ont félicité l’humble Marie de cette dignité suprême qui l’exalte bien au-dessus de toutes les créatures et la constitue non seulement Reine des hommes, mais aussi Reine des Anges.

Par sa maternité divine, nous dit saint Thomas d’Aquin, la grandeur de Marie touche « à l’infini ».

A ce titre, Elle approche Dieu de si près qu’Elle semble se perdre dans les abîmes de la Trinité. L’évocation d’une telle sublimité qui lie si étroitement la Vierge-Mère au Verbe Incarné et la fait entrer par là même, réellement, dans la Famille de Dieu, donne le vertige. Tout le reste, c’est-à-dire tout ce que la Foi catholique nous enseigne sur Marie ne peut vraiment bien se comprendre qu’à partir de cette réalité lumineuse qu’est sa maternité en tant que « divine », ayant pour terme DIEU FAIT HOMME pour le SALUT des hommes. C’est de cette source que découle en particulier le mystère de sa maternité spirituelle, de sa maternité de grâce à l’égard des âmes, promulguée solennellement par Jésus crucifié, à l’heure où précisément Elle nous enfantait à la vie divine dans sa douleur de Co-rédemptrice : « Voici ton Fils », « Voici ta Mère ».

Le Pape saint Pie X explique qu’en devenant mère du Christ, tête du Corps mystique, Marie devient radicalement la mère spirituelle de ceux qui sont ses membres. Autrement dit, nous sommes tellement solidaires du Christ (qui s’est fait l’un de nous pour qu’une même Vie divine circule entre Lui et nous) qu’il est impossible à Marie d’être la mère du Christ sans être en même temps la mère de ceux qui Lui sont unis par la Foi, qu’il lui est impossible d’être la mère du Sauveur sans être la mère des sauvés, qu’il lui est impossible d’aimer Jésus d’un amour maternel, sans étendre cet amour à tous les hommes.

Oui, Marie nous aime. Elle nous chérit, non pour ce que nous valons ou ce que nous faisons pour Elle, mais à la mesure de son Cœur qui est à la mesure du Cœur de Jésus. Et c’est parce qu’Elle nous aime si parfaitement qu’Elle se montre très exigeante à notre égard, nous apprenant à tout quitter pour « suivre l’agneau partout où il va ».

Son sublime rôle d’éducatrice spirituelle consiste, en effet, à nous élever jusqu’à Dieu, en nous accompagnant à travers les étapes de notre vie spirituelle en nous communiquant toutes les grâces actuelles par lesquelles se préserve, se répare et s’accroît la Vie surnaturelle reçue au Baptême.

A nous de nous maintenir sous sa bienfaisante influence.

A nous de la laisser faire (par un abandon de tous les instants entre ses mains expertes) jusqu’à ce que soit achevée notre configuration à « l’image du Fils » (Rom. VIII 29), Lui qui, à Noël, a épousé notre humanité pour nous rendre participants de sa divinité.

Prière universelle

En ce premier jour de l’an nouveau, nous souhaitons que la bénédiction du livre des Nombres : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! » devienne vraiment un vœu pour chacun et chacune de nos frères et de nos sœurs. Laissons-nous guider par l’Esprit du Seigneur afin que vers lui montent toutes nos louanges et toutes nos prières pour notre monde :

R/ : En toi, notre cœur espère, Seigneur.

  • Que le seigneur t’apporte la paix : Nous te louons pour ceux qui s’engagent dans la politique en vue du service du bien commun que descendent sur nous la justice et la paix. Nous prions pour la paix dans chaque maison et dans chaque pays : ne laisse jamais éteindre le « feu du désir » de la paix dans le cœur de chaque être humain ! Fais revenir à toi ceux qui ont choisi la violence en argumentant qu’ils souhaitent la paix ! R/
  • Que les nations chantent leur joie : Nous te rendons grâce de pouvoir te célébrer aujourd’hui dans la paix. Que les dirigeants des pays développés trouvent les moyens qui aident les petits pays à quitter leurs misères par leurs propres mains ! Que des lois justes se mettent en place en chaque société humaine ! Qu’elles se centrent sur les droits fondamentaux et nécessaires à la vie humaine ! R/
  • Que les nations chantent leur joie : Nous prions pour tous les chrétiens ainsi que les autres minorités religieuses qu'ils puissent vivre leur foi en toute liberté dans les pays asiatiques ! R/
  • Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu : Nous te remercions de nous avoir donné ton Fils, le Christ qui nous délivre de l’esclavage du péché. Maintenant, nous voudrions prier pour ceux qui se préparent au baptême et pour ceux qui les accompagnent : que la puissance de ton Esprit les aide à passer de la crainte à la confiance ! Que leur temps de préparation au baptême soit un temps de grâce et de bénédiction ! R/
  • Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Nous te louons pour l’existence de l’Église et de ses pasteurs sur notre terre. Nous te prions pour chaque fidèle : que ton Esprit Saint guide toujours le pape François, les évêques, les prêtres dans leurs tâches si exigeantes ! Que chaque baptisé, selon sa grâce spécifique, devienne témoin de ton amour là où il vit, là où il travaille ! R/

Dieu de Paix, exauce nos prières de ce jour où nous vénérons la maternité de Marie, mère de Jésus Christ et notre mère. Avec elle qui porte le corps de ton Fils dans ses bras, au nom de la vie, nous t’implorons de donner la Paix, la Justice à notre monde ! Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com

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7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 22:05

Lecture du livre d'Ézéchiel 47, 1-2. 8-9. 12

La source qu’Ézékiel voit jaillir du Temple de Dieu, c’est Jésus Christ qui, dans son Église, sanctifie et donne vie par l’Évangile et les sacrements.

En ces jours-là, au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel.

L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit. Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.

Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède ». – Parole du Seigneur.

Psaume 45

R/ : Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut.

  • Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert. Nous serons sans crainte si la terre est secouée, si les montagnes s'effondrent au creux de la mer. R/
  • Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut. Dieu s'y tient : elle est inébranlable ; quand renaît le matin, Dieu la secourt. R/
  • Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob ! Venez et voyez les actes du Seigneur, il détruit la guerre jusqu'au bout du monde. R/

Lecture de la 1ère lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 3, 9-11. 16-17

Le vrai temple de Dieu, c’est la communauté chrétienne, fondée sur Jésus Christ et où habite l’Esprit Saint.

Frères, vous êtes une maison que Dieu construit. Selon la grâce que Dieu m’a donnée, moi, comme un bon architecte, j’ai posé la pierre de fondation. Un autre construit dessus. Mais que chacun prenne garde à la façon dont il contribue à la construction. La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ.

Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. J’ai choisi et consacré cette maison, dit le Seigneur, afin que mon Nom y soit à jamais. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 2, 13-22

Dans le corps du Christ mort et ressuscité, nous avons accès au Père.

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ». Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : ‘L’amour de ta maison fera mon tourment.’ Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai ». Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Nous célébrons aujourd’hui un anniversaire assez particulier, celui de la dédicace de la Basilique saint Jean de Latran à Rome. Cette solennité devrait provoquer en nous un grand acte de foi en l’Église Corps mystique du Christ et en même temps une vibrante prière de reconnaissance pour la grâce d’en faire partie. Mais pourquoi faut-il rappeler ce mystère du Christ total en l’anniversaire de la dédicace de la Basilique du Latran ? Il faut savoir que cette Basilique est la Cathédrale de Rome et, comme telle, elle est l’Église-mère de toutes les églises du monde. En effet, la Cathédrale du Pape ce n’est pas la Basilique Saint Pierre au Vatican : c’est la Basilique Saint Jean de Latran.

Lorsque nous fêtons sa dédicace chaque année à la date du 9 novembre, nous soulignons par le fait même, le primat de l’évêque de Rome sur toutes les cathédrales et les églises du monde. Et comme l’expriment bien les textes liturgiques de cette fête, l’important est non pas l’église matérielle (ou l’église bâtiment de pierre), mais l’Église communauté et l’Église mystère.

L’Église matérielle est le lieu où se réunit l’Eglise communauté pour participer au mystère de l’Église comme Corps mystique du Christ.

L’Évangile que nous avons entendu, nous rappelle, en effet, que ce qui est primordial pour Jésus ce n’est pas l’extérieur, c’est l’amour de Dieu. Le culte que Jésus désire d’abord ce n’est ni un édifice, ni un rituel, c’est un cœur filial, un cœur qui brûle du feu de la charité et de la vérité. Car si l’église existe c’est comme signe de l’alliance entre Dieu et les hommes, c’est-à-dire en lieu, sans doute préparé par les hommes, mais aussi un lieu où Dieu consent à établir sa présence.

Il va sans dire que c’est le Christ-Jésus lui-même qui répond le mieux à cette notion d’Eglise : « détruisez ce Temple, en 3 jours, je le relèverai ». Jésus nous affirme qu’il est le véritable lieu de la rencontre entre l’homme et Dieu, le véritable lieu de la présence de Dieu : « en lui habite corporellement la plénitude de la divinité » nous dit saint Paul. Et puisque par le Baptême nous sommes devenus participants de la nature divine, nous sommes aussi de véritables lieux sacrés, lieux de la présence de Dieu.

Qu’est-ce qui peut bien être la maison de Dieu, son Temple, sa cité, demande saint Bernard. Je ne puis le dire qu’avec crainte et respect, c’est nous. Oui c’est nous qui sommes tout cela dans le cœur de Dieu. Nous le sommes par la grâce et non par nos mérites.

Nous sommes donc, frères et sœurs, les pierres vivantes de ce nouveau Temple, cette construction qui est cimentée par la Parole de Dieu reçue, méditée, partagée et nourrie par les Sacrements de l’Eglise.

« Vous êtes la maison que Dieu construit » dit saint Paul. Quelle extraordinaire vocation que la nôtre ! Corps du Christ, nous sommes sans doute tâtonnants et fragiles dans la foi... Nous avons perpétuellement besoin d’être purifiés et fortifiés intérieurement pour accueillir la croix plantée au cœur de notre vie, pour vivre une communion de disciples, fils d’un même Père et pour témoigner à temps et à contretemps que l’Évangile est une Bonne Nouvelle pour l’homme d’aujourd’hui. Renouvelés en permanence par le pardon de Dieu, nous proclamons à la suite du Christ que l’homme est une histoire sacrée et qu’il a une dimension d’éternité.

La parole de saint Paul résonne comme un acte de foi en cette destinée de l’homme : « N’oubliez pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous. Le Temple de Dieu est sacré et ce Temple c’est vous ». Une belle parole frères et sœurs, est une prophétie sur l’homme et nous avons reçu mission de la faire retentir comme un message de Salut. Plus que jamais nous devons défendre la dignité de la personne humaine et sa destinée éternelle au nom même de la foi en Dieu qui nous habite car « Dieu c’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » selon la parole de saint Irénée.

Telle est notre foi et notre espérance... et telle est aussi notre joie.

Amen.

Prière universelle

Le Seigneur est l’appui, la fondation de la communauté que nous formons. C’est avec confiance que nous nous tournons vers lui pour le prier.

R/ : Sûr de ton amour et forts de notre foi, Seigneur, nous te prions !

  • Le pape François est l’évêque de Rome. Pour lui-même et pour son diocèse dont la cathédrale est fêtée, pour tous les évêques, prions d’un même cœur. R/
  • Pour les personnes qui travaillent à bâtir notre communauté chrétienne ; afin que le Seigneur les anime d’un esprit de service empreint d’harmonie, prions d’un même cœur. R/
  • Nos églises témoignent de la foi au cœur des siècles. Pour les personnes responsables de gérer les biens de notre communauté, afin que le Seigneur les guide vers des décisions centrées sur le bien commun, prions d’un même cœur. R/
  • Pour les croyants qui sont persécutés et dont les églises sont parfois détruites ; afin que le Seigneur les garde unis dans leurs épreuves, prions d’un même cœur. R/

Seigneur, toi le dieu de paix et de communion, entends notre prière. Répands ton Esprit dans le cœur de chacun de nous. Ainsi pourrons-nous grandir ensemble pour être encore et toujours plus ta demeure sur la terre. Nous te le demandons par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Source : http://www.paroisse-immaculee-conception-montreal.com/

Préface

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t'offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Dans ta bonté pour ton peuple, tu veux habiter cette maison de prière, afin que ta grâce toujours offerte fasse de nous un temple de l'Esprit resplendissant de ta sainteté ; de jour en jour, tu sanctifies l'Épouse du Christ, l'Eglise dont nos églises ici-bas sont l'image, jusqu'au jour où elle entrera dans la gloire du ciel heureuse de t'avoir donné tant de fils. C'est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous chantons (disons) et proclamons : Saint !...

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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 17:37

Lecture du livre de l'Apocalypse 7, 2-4, 9-14

Une foule immense est déjà près de Dieu et du Christ. Unis à cette foule par la communion des saints, nous chantons notre espérance de participer à sa fête.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et à la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni à la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, douze mille de chacune des douze tribus d’Israël.

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « C’est toi qui le sais mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés par le sang de l’Agneau. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de l'Apocalypse dont le nom signifie « révélation » de Jésus Christ, est écrit en période de crise, au cours des tracasseries et des persécutions qui s'abattent sur les Églises d'Asie Mineure, sous le règne de l'empereur Domitien, vers l'an 95 de notre ère. Le livre veut répondre à l'angoissante question des chrétiens : Jésus a-t-il réellement vaincu le mal ?

L'auteur s'appuie sur des événements contemporains pour montrer que l'impérialisme romain qui suscite les forces du mal, court à sa ruine. En revanche, le peuple de Dieu - ces hommes, ces femmes et ces enfants que l'épreuve n'a pu ébranler dans leur foi - porte en lui l'espérance de l'humanité : celle d'une victoire définitive de l'amour sur la haine, du pardon sur la vengeance, de la justice sur l'oppression des consciences.

Le livre est bourré d'allusions à l'Ancien Testament, il est riche en couleurs et en images symboliques. Parfois difficile à lire, ce qui favorise les interprétations fantaisistes. Cela n'ôte rien à l'actualité du message de l'Apocalypse : « Courage ! Les saints sont des hommes comme nous, qui ont cru que l'amour était plus fort que tout. Leur victoire est déjà la nôtre, en attendant le triomphe définitif du Christ sur le mal ».

Les saints ont été des hommes et des femmes en butte aux mêmes difficultés, aux mêmes doutes, aux mêmes faiblesses que les nôtres, mais ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l'Agneau. Cette même grâce nous est offerte dans les sacrements de l'Église.

Psaume 23

R/ : Voici le immense de ceux qui cherchent ta face, Seigneur.

  • Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. R/
  • Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. R/
  • Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-3

Comme il est grand l'amour dont le Père nous a comblés ! Il a fait de nous ses enfants, en son Fils, Jésus Christ.

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisque qu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans sa lettre, Jean combat une erreur qui se fait jour dans l’Église venant de gens qui prétendent que Dieu fait seulement semblant de nous aimer. Ainsi, pour eux, le Fils de Dieu aurait fait semblant de se faire homme, en prenant un corps irréel ; il aurait donc fait semblant de souffrir et de mourir ; les sacrements ne seraient que des semblants d’union au Christ, bref l’amour de Dieu ne serait qu’un faux-semblant. Non, proteste Jean, le Fils de Dieu, je l’ai vu et touché comme les autres apôtres ont pu le faire ; son sang, je l’ai vu couler ; sa résurrection, j’en suis témoin. L’amour du Père pour nous est une réalité, non des mots : il ne se contente pas de nous appeler ses enfants, « nous le sommes », et cela « dès maintenant », même si cette vie de Dieu qui nous transforme n’est appelée à paraître de tout son éclat qu’avec la venue Christ Jésus.

Quelles preuves notre communauté chrétienne va-t-elle donner à ceux qui passeront dans l’église à l’occasion de la Toussaint, pour qu’ils se découvrent aimés de Dieu : un accueil chaleureux à l’entrée, une célébration chantante, une prière à la foi communicative, un temps de conversation à la sortie… ?

Alléluia. Alléluia. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, dit le Seigneur, et moi, je vous procurerai le repos. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a

L’Évangile de Jésus est la bonne nouvelle de la joie et du bonheur. Écoutons-le nous en indiquer le chemin.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

"Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs ; car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix : car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux !
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et
si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !"

Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Cet évangile est celui de la joie : « Heureux… réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse… » La raison de cette joie, c’est le royaume des Cieux, « … car le royaume des Cieux est à eux », dit Jésus, après la première et la dernière béatitudes.

Si nous demandons : « Qu’est-ce que le royaume des Cieux ? », les autres béatitudes nous diront que c’est Dieu lui-même. Oui, Dieu lui-même, à l’action dans la vie des hommes, quand il réconforte les affligés, comble l’espérance des affamés de justice, pardonne à ceux qui ouvrent leur cœur à la misère de leurs frères, se laisse trouver par ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, et reconnaît pour ses fils bâtisseurs de la paix.

Mais, pour faire cette expérience de l’action de Dieu dans sa vie, il faut se compromettre pour la non-violence, pour la justice et la bonté, pour la paix et pour la pureté de ses intentions. Il faut avoir affronté les insultes et les moqueries, avoir risqué la persécution et la calomnie. Le Christ reconnaît pour siens tous ceux-là qui se seront ainsi compromis : « à cause de moi », dit-il. Ce sont ceux-là que nous fêtons aujourd’hui.

Il y a des saints que j’admire plus que d’autres. Quelle béatitude a marqué et transformé leur vie ? Lorsque je les prie, est-ce cette béatitude que je leur demande de me faire aimer ?

Homélie

La fête de Toussaint que nous allons bientôt célébrer remet devant nos yeux en très grosses lettres cette vérité fondamentale de notre foi que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : "JE CROIS A LA VIE ÉTERNELLE."

En contemplant dans le ciel la foule innombrable de tous ces frères en humanité qui sont désormais pleinement et définitivement bienheureux (parmi lesquels il y a certainement des personnes que nous avons connues et aimées) en pensant aussi à tous ces défunts de nos familles qui se préparent à les rejoindre au travers d'une mystérieuse purification - cette ultime sanctification que nous appelons le Purgatoire - nous sommes conduits tout naturellement à nous poser cette question, qui est la seule question décisive : où en sommes-nous par rapport à la Vie Éternelle ? Y croyons-nous vraiment ? Est-ce que nous nous y préparons ? Cette Vie après la vie est-elle pour nous, comme elle le fut pour tous ces croyants qui nous ont précédés, le but suprême de l'existence ?

Est-ce bien vers ce terme de notre voyage que nous sommes tendus à travers toutes nos démarches et nos activités ? Avons-nous vraiment au plus intime de nous-mêmes cette conviction indéracinable que la Vie Éternelle c'est ce pourquoi nous avons été créés, que c'est notre véritable destinée et que, par conséquent, nous devons l'envisager comme l'aboutissement, et le couronnement de nos espoirs, la réalisation du toutes nos aspirations à la lumière, à la vie, au bonheur, bref l'épanouissement total de tout notre être, un peu comme la fleur est l'épanouissement de la graine ?

En ces temps que nous vivons et qui sont de plus en plus dominés par le matérialisme, où on ne parle plus que d'argent, de situation, de profit, de confort ou de plaisir ; où la plupart des hommes se comportent comme s'ils devaient vivre toujours en ce monde et y jouir perpétuellement des biens matériels toujours plus séduisants qui leur sont proposés, nous avons un besoin urgent de nous remettre en face de la seule réalité, à savoir que nous ne sommes pas faits pour rester sur cette terre, que nous sommes seulement des pèlerins en marche vers un monde meilleur, où tout sera prodigieusement vrai, beau et bon, le Monde de Dieu. Un jour, tôt ou tard, il nous faudra absolument tout quitter et passer cette frontière que nous appelons la mort, mais qui est en fait, une naissance, l'enfantement de la Vie Nouvelle et définitive du Ciel où nous connaîtrons enfin la paix et la joie parfaite dans l'insurpassable et inépuisable bonheur de Dieu.

C'est le destin final qui doit faire l'objet de nos préoccupations avant tout le reste... Et nous devons tout mettre en œuvre pour nous y préparer.

Le temps vécu sur la Terre ne nous est donné que pour cela. En nous mettant sérieusement à l'école du Christ qui est "le chemin, la vérité et la vie", en nous efforçant de progresser tous les jours dans la Foi, l'Espérance, l'Amour de Dieu et du prochain, nous devons nous sanctifier c'est-à-dire nous rendre capables avec le secours de Dieu, de participer un jour, à la Vie Éternelle du Ciel.

Oui, un jour, nous serons "divinisés". Pouvons-nous rêver avenir plus merveilleux ? Est-ce que cela ne vaut pas la peine de mobiliser toutes nos énergies pour y parvenir en suivant l'exemple de tous les Saints ?

"Qui veut la fin, veut les moyens."

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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 14:43

Aujourd'hui nous fêtons Saint Thomas ! Mgr @MichelAupetit nous livre une belle homélie comme à son habitude. Écoutons et méditons !

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 07:13

Livre d'Isaïe 49, 1-6

Choisi par le Seigneur, dès le sein de sa mère, le Serviteur de Dieu ne se décourage pas : c’est Dieu qui est sa force.

Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur ». Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces ». Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu. Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». – Parole du Seigneur.

Psaume 138

R/ Je te rends grâce, ô mon Dieu, pour tant de merveilles.

Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées, tous mes chemins te sont familiers. R/

C'est toi qui as créé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis. R/

Étonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait. Mes os n'étaient pas cachés pour toi quand j'étais façonné dans le secret. R/

Livre des Actes des Apôtres 13, 22-26

Jean-Baptiste a préparé la venue de Jésus, le Sauveur promis, et il a su s’effacer pour lui donner la place.

En ces jours-là, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul disait aux Juifs : « Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : ‘J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés.’ De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds”. Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée ». – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut : tu marcheras devant, en présence du Seigneur, et tu prépareras ses chemins. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 57-66. 80

Les hommes voulaient l’appeler Zacharie, mais Dieu lui avait déjà choisi son nom : Jean, c’est-à-dire : le Seigneur fait grâce.

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean ». On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom ». Et tout le monde en fut étonné.

À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël. – Acclamons la Parole du Seigneur.

Homélie

En apprenant les signes et prodiges qui venaient d'entourer la naissance de Jean, (ce nom veut dire « Dieu fait grâce ») les habitants de la montagne de Judée se demandaient ce que sera donc cet enfant ?

Nous, qui à quelques 2000 ans de distance aimons fêter à notre manière cette naissance du Précurseur de Jésus, nous n'avons pas besoin évidemment de nous poser cette question. Il nous suffit de lire attentivement les récits évangéliques pour découvrir la destinée étonnante et la figure vraiment fascinante de cet homme qui fut le dernier et le plus grand des prophètes et dont Jésus Lui-même a dit : « Je vous le déclare, parmi les enfants des femmes, il n'en est point paru de plus grand que Jean, le Baptiste ».

Pourquoi Jésus le juge-t-il si grand ?  Ne serait-ce pas parce qu'il voit en Lui un homme vraiment exemplaire ?

Oui, un homme, au sans premier du terme, un homme authentique, tel que Dieu le veut, c'est-à-dire une conscience, une droiture, une fidélité inflexible au devoir.

Rappelons brièvement les traits les plus marquants de cette physionomie spirituelle hors du commun, tels qu'ils ont été mis en lumière par les Évangélistes. Jean-Baptiste c'est tout d'abord un homme qui a littéralement la passion de la Vérité et qui jamais ne consentira par opportunisme à l'accommoder, à la diminuer ou à la déformer. Pour lui il n'y a pas 2 vérités, il n'y a pas 2 morales. Lorsqu'il doit s'adresser à la grande foule, je veux dire à ces gens qui ne sont ni des héros, ni des criminels, mais des médiocres et des faibles, il ne dissimule pas les commandements essentiels, il ne force pas, non plus leurs exigences.

Aux collecteurs d’impôts, il dit tout simplement « ne chargez pas indûment les contribuables » et aux soldats « ne soyez ni violents, ni pillards ». Mais quand il a devant lui les hypocrites orgueilleux qui, se flattent d'êtres sauvés par leurs privilèges religieux et leurs situations, il les démasque avec vigueur. « Race de vipères », leur dit-il, « arbres pourris, menacés par la hache » et pas un instant il ne s'inquiète des conséquences de ses invectives contre les puissants de ce monde. Ce qui lui importe, par dessus tout, c’est d'être le porte-parole, le haut-parleur de Dieu.

Jean-Baptiste c'est aussi l'homme qui ne se laisse impressionner ni par la réussite, ni par l’épreuve : ce n'est ni au succès, ni à l'échec, qu'il demande des conseils. Ici encore, nous devons nous rappeler sa carrière extraordinairement contrastée. Il a été l'homme des grands triomphes, celui qui remue les foules, qui jette tout un peuple sur les routes et qui le voit accourir à lui, celui qui déchaîne les enthousiasmes et dont on dit : « c'est un grand prophète, c'est peut-être le Messie, le Libérateur tant espéré ».

Or, pas un seul instant cette popularité ne lui fait tourner la tête. Rien n'est capable de le faire dévier : coûte que coûte il reste fidèle à sa mission. C'est une âme maîtresse d’elle-même qui ne se laisse pas manœuvrer. Mais voici que le moment arrive où le Précurseur sent fléchir cette énorme popularité : il devient 1'homme dont on se détache et dont la gloire s'éclipse au profit d'un autre : celle de Jésus de Nazareth. Celui qu'il a désigné lui-même comme l'Agneau de Dieu venu pour sauver les hommes.

Pas d'amertume cependant dans le Cœur de Jean-Baptiste, pas la moindre trace de jalousie : il considère que ce renversement est dans l'ordre naturel des choses. Sa profonde humilité l'incitera à s'effacer pour laisser passer Jésus devant. « Il faut qu'il croisse, dit-il, et que moi je diminue ».

Il y a plus douloureux encore. Sa destinée brusquement tourne au tragique : le voilà en prison et une prison sans espoir. Désormais sa carrière est brisée. Et cependant, Hérode qui le retient captif, n’échappe pas totalement à son influence : peut-être pourrait-il, en étant plus diplomate, plus conciliant, obtenir sa libération ?

Mais Hérode est un pécheur vraiment scandaleux et pour Jean il n’est pas question de transiger avec la loi morale, qui est la volonté de Dieu. C’est un homme qui sait dire non quand c’est non. Et c’est avec véhémence qu’il reproche à Hérode sa mauvaise conduite : « Il ne t’est pas permis de garder la femme de ton frère ». Certes, il sait très bien que ce non intransigeant, c’est l’équivalent pour lui d’un arrêt de mort. Mais d’avance, il en a accepté toutes les conséquences. Il ne tardera pas, d’ailleurs, à être décapité dans sa prison. Mort obscure, stupide en apparence, mais au regard de Dieu, mort glorieuse, suprême témoignage d’un serviteur fidèle dont la conscience n’a jamais capitulé. 

Telle est, chers frères et sœurs, la personnalité vigoureuse que l’Eglise propose aujourd’hui à notre admiration et plus encore à notre imitation. La grandeur de Jean-Baptiste c’est d’avoir été, c’est d’être toujours resté l’homme de sa vocation, celui qui a accompli uniquement et entièrement ce que Dieu attendait de lui.

Cette grandeur-là porte un nom : c’est la Sainteté. Laissons-nous donc instruire par cette vie exemplaire, si droite, si lumineuse. Mettons-nous à sa rude, mais excellente école. Nous en avons particulièrement besoin en ces temps que nous vivons, où trop souvent hélas, prédominent une incroyable confusion des idées, un déplorable esprit de compromission et de facilité et surtout ce déclin du courage que Soljenitsyne ne craint pas de stigmatiser dans ses discours. Et si à certaines heures le devoir nous paraît trop exigeant, trop lourd, trop périlleux, s’il soulève nos répugnances ou nos peurs, souvenons-nous que ce héros, ce grand saint que fut saint Jean-Baptiste, fut d’abord un homme comme nous, non pas un bloc de marbre, mais un cœur, une sensibilité délicate, une nature capable de souffrir et qu’il a éprouvé, lui aussi, nos répulsions et nos agonies. Seulement, tous ces obstacles, il a trouvé la force de les surmonter dans cet amour de Dieu si ardent, si généreux, qu’il ne cessait de puiser aux sources vives de la prière et de la pénitence.

Ces mêmes moyens : la Prière et la Pénitence qui permettent de se dépasser, qui permettent de progresser chaque jour dans la Foi, l’Espérance et l’Amour, Jésus nous les a recommandée instamment. Ils sont absolument indispensables. Celui qui prétend pouvoir s’en passer ne mérite plus le nom de chrétien. Et nous savons que nous pouvons compter en outre sur la grâce surabondante des sacrements (confession et eucharistie) et sur l’aide si efficace de Marie, la maman de nos âmes qui en étroite coopération avec le Saint-Esprit forme en nous le Christ. Evoquant un jour le ministère de son Précurseur, Jésus disait : « Jean-Baptiste fut un flambeau qui brûle et qui luit ».

Toutes proportions gardées, n’est-ce pas la mission qui est assignée à chacun de nous ? Alors, que nous soyons grand flambeau ou petite flamme, peu importe ! A la place et dans les conditions de vie qui sont les nôtres, tous, nous sommes appelés à éclairer le monde par notre foi et à le réchauffer par notre amour. Surtout « n’ayons pas peur », car la main du Seigneur est aussi avec nous. Par notre fidélité à l’Evangile et la vigueur de notre témoignage, soyons les messagers infatigables de Jésus, soyons les précurseurs de l’Unique Sauveur des hommes. « Ouvrons la route au Seigneur qui vient ».

 

Prière Universelle

R/ Fais venir ton Règne au-milieu de nous !

Son nom est Jean, c'est-à-dire « Dieu fait grâce »

  • Que la grâce de Dieu ne manque jamais à son Église, pour qu’elle annonce avec joie la Présence de Jésus au-milieu des hommes. R/
  • Que la grâce de Dieu aide les dirigeants à combler les ravins, à aplanir les routes, à rendre droits les sentiers, pour un monde plus juste et fraternel. R/
  • Que la grâce de Dieu soutienne les malades, les pauvres, les démunis, pour que nous ne les laissions pas seuls au bord du chemin. R/
  • Que la grâce de Dieu nous rende forts contre le mal et généreux à son service pour que grandisse dans le monde, le Corps du Christ. R/

Source : http://carmelsaint-maur.blogspot.com

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 17:03

La communion est pareille à un comprimé effervescent… Tout est comprimé dans la pastille : vitamines, analgésiques, fortifiants, etc. Mis au contact de l’eau, il devient effervescent et libère toutes ses valeurs nutritives. Avalé, c’est une bombe d’énergie pour l’organisme. La religion ressemble parfois à ce comprimé qui reste comprimé, sans entrer dans nos vies personnelles, sans se dissoudre. En principe, nous avons tous reçu 4 comprimés : baptême, pardon, communion, confirmation. Mais, la plupart du temps, resté secs, à côté du verre d’eau ou de la vie… Alors, nous passons à côté d’une fantastique énergie qui nous booste et nous fait rayonner.

La première communion des enfants est l’occasion de réfléchir à ce que nous avons fait de la religion : un comprimé sec ou bien effervescent qui libère Jésus en nous ? Savez-vous la différence entre la communion et un hamburger ? En dévorant un hamburger, fort heureusement, je ne ressemble pas à un hamburger, car celui-ci se fond en moi pour devenir moi, c’est-à-dire mes cellules, mes muscles et de la graisse… Tandis que lorsque je « mange » Jésus dans l’Eucharistie, c’est le contraire, je deviens Jésus, je ressemble à Jésus, je sens comme Jésus, je réagis comme Jésus, j’espère comme Jésus, j’ai la force de Jésus en moi, je vis de Jésus, il vit en moi ! Comme le comprimé effervescent, Jésus s’est dissous en moi et il me booste ! Alors, la religion, ça a du sens…

Vous savez que, aujourd’hui, une mode fait sensation chez les ados, notamment sur facebook : être nominé avec l’ordre de se plonger totalement dans de l’eau glacée. Le principe : un ado nomme un autre ado sur facebook, par exemple : « Je nomine Jessica, Alexandre, etc… » Et ces derniers doivent à leur tour se filmer lorsqu’ils se plongent dans une fontaine ou une rivière, et mettre la vidéo sur facebook. Si les nominés n’exécutent pas l’ordre, ils doivent payer un repas à celui ou celle qui les a nominés !

Et comme un ado n’a pas beaucoup de tune, il préfère plonger ! Une manière pour eux d’être originaux… Mais il y a un hic majeur… Comme tout le monde le fait, ce n’est plus original, c’est même lassant… Alors il faudra trouver autre chose pour être original, car être original, demande du courage !

Alors, moi je vous propose quelque chose d’original : devenez cathos et pratiquants !!!! Ouahhhhhhhhhhhhh, la honte ! Oui, mais cela comporte deux avantages : vous êtes originaux et vous avez du courage ! Car il y en a peu qui ont du vrai courage… J’invite toute cette assemblée présente dans cette église à revenir dimanche prochain pour vous plonger, non pas dans une fontaine, mais dans l’amour fou de Jésus eucharistie ! Et vous verrez, vous allez rayonner du Christ.

ORIGINAL, NON ? Aïe ! Je sens que je vais être souvent invité à des repas…

Père Joël Pralong

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25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 14:24

 en présence des évêques de la Région Île-de-France à Saint-Sulpice - Paris 6e – le Mardi 21 mai 2019

Jésus nous dit : « Je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ». La paix à la manière du monde ? Qu’est-ce que cela veut dire ?
Pour le monde, la paix c’est d’abord la tranquillité. L’expression courante : « Fiche moi la paix » montre qu’il s’agit tout d’abord de ne pas être dérangé. Mais, j’en suis témoin, accueillir le Christ, c’est accepter d’être dérangé, d’être déplacé. La paix inamovible de celui qui ne veut pas bouger n’est pas la paix du Seigneur. Combien de fois ai-je été et serai-je importuné par des sollicitations inopportunes ? Tel pauvre qui vient frapper à ma porte pour manger un peu, 10 minutes avant que j’aille célébrer la messe. La première tentation est de lui dire : « Passez plus tard, là, je n’ai pas le temps » en sachant qu’il ne reviendra pas. Si je prends au sérieux les paroles de Jésus, c’est lui-même qui vient mendier un peu de pain. Puis-je consacrer le Pain divin si je ne donne pas ce pain qu’il me réclame ?

La paix du monde, c’est aussi la bonne conscience que l’on a ou que l’on se donne pour, comme dit la sagesse populaire, « dormir sur ses deux oreilles ». Mais la bonne conscience n’est pas la paix du Christ. Si souvent on justifie ses actes mauvais par de bons sentiments : « Si on supprime sa vie c’est pour qu’il ne souffre pas » ; « On divorce pour le bien des enfants » ; « On empêche les enfants trisomiques de vivre parce qu’ils seraient forcément malheureux ». Non, vraiment, la bonne conscience n’est pas la paix du Christ.

Pour le monde, la paix est l’absence de guerre. Certes, pourtant la vie est un combat, toujours et inévitablement. C’est ce combat qui nous révèle à nous-mêmes. Tout dépend des armes que l’on emploie. Il y a des armes qui tuent, qui blessent, qui humilient, qui bafouent. Et puis, il y a la seule arme que nous a donnée le Christ : l’amour. Oui, c’est l’amour qui nous donne la paix du Christ, la paix profonde, inaltérable malgré les épreuves. C’est l’arme la plus difficile à manier. Seul Jésus nous apprend à nous en servir. Il nous en a donné l’exemple : il s’agit de se donner jusqu’au bout.

Dieu s’est fait vulnérable pour nous montrer que l’amour ne se révèle vraiment que face à la vulnérabilité, à la pauvreté, à la fragilité. C’est la leçon que nous a laissé Jean Vanier. Il n’existe que deux manières d’envisager la dignité humaine. Soit elle tient à l’existence même de la personne qui, dans tous les cas, mérite d’être aimée, soit sa dignité tient à sa perfection physique et psychique qui lui vaut le droit d’être acceptée dans la société et d’avoir le label si précieux qui lui donne l’autorisation de vivre.

Puis-je me permettre de vous raconter une histoire qui me touche personnellement ? Un ami de mon âge a eu autrefois un grave accident de la route qui l’a laissé tétraplégique. Il avait 21 ans. Je me souviens d’avoir prié de toutes mes forces pour que Dieu le guérisse, car j’ai toujours pensé que tout était possible à Dieu. Dieu ne m’a pas exaucé. Mais mon ami fréquentait une jeune fille qui l’aimait et qui s’est marié avec lui après son accident. Ils ont eu naturellement deux beaux enfants. Lui est devenu chef d’entreprise, il a passé son permis de conduire malgré son très grave handicap, il est aujourd’hui encore maire de son village. Je me rends compte après tout ce temps que Dieu m’a exaucé. Ce que je demandais en implorant sa guérison, c’est qu’il soit heureux. Eh bien, je vois aujourd’hui qu’il a réussi sa vie et qu’il a pu être heureux malgré ce terrible handicap. C’est l’amour qui l’a sauvé.

Cela illustre exactement ce que disait saint Jean Paul II dans sa première encyclique Le Rédempteur de l’homme : « L’homme ne peut vivre sans amour. Il demeure pour lui-même incompréhensible, sa vie est privée de sens s’il ne reçoit pas la révélation de l’amour, s’il ne rencontre pas l’amour, s’il n’en fait pas l’expérience et s’il ne le fait pas sien, s’il n’y participe pas fortement ».

+Michel Aupetit, archevêque de Paris.

Source : https://www.paris.catholique.fr

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18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 08:51

par le Saint Pape Léon 1er le Grand

Le Sermon de Saint Léon le Grand pour Noël « Notre Sauveur est né aujourd'hui : réjouissons-nous ! » :

« Notre Sauveur, mes bien-aimés, est né aujourd'hui : réjouissons-nous ! Il n'est pas permis d'être triste, lorsqu'on célèbre l'anniversaire de la vie. Celui-ci détruit la crainte d'avoir à mourir, Il nous donne la joie de l’Éternité promise.

Personne n'est tenu à l'écart de cette allégresse, car le même motif de joie est commun à tous. Notre Seigneur, chargé de détruire le péché et la mort, n'ayant trouvé personne qui en fût affranchi, est venu en affranchir tous les hommes. Que le saint exulte, car il approche du triomphe. Que le pécheur se réjouisse, car il est invité au pardon. Que le païen prenne courage, car il est appelé à la vie.

En effet, le Fils de Dieu, à la plénitude des temps fixée dans la profondeur impénétrable du plan divin, a épousé la nature humaine pour la réconcilier avec son Créateur ; c'est ainsi que le démon, inventeur de la mort, allait être vaincu par cette nature même qu'il avait vaincue.

À la Naissance du Seigneur, les anges bondissent de joie et chantent : Gloire à Dieu dans les Hauteurs ; ils annoncent : Paix sur la terre aux hommes que Dieu aime. Ils voient en effet la Jérusalem céleste qui se construit avec toutes les nations du monde. Combien la pauvre humanité doit-elle se réjouir devant cette Œuvre inouïe de la Bonté divine, puisque Celle-ci inspire une telle joie à la nature sublime des anges eux-mêmes !

Mes bien-aimés, il nous faut donc rendre Grâce à Dieu le Père, par son Fils, dans l'Esprit Saint ; avec la grande Miséricorde dont Il nous a aimés, Il nous a pris en pitié, et lorsque nous étions morts par suite de nos fautes, Il nous a fait revivre avec le Christ pour que nous soyons en Lui une nouvelle création, une nouvelle œuvre de Ses mains.

Rejetons donc l'homme ancien avec ses agissements, et puisque nous sommes admis à participer à la Naissance du Christ, renonçons à notre conduite charnelle.

Chrétien, prend conscience de ta dignité. Puisque tu participes maintenant à la nature divine, ne dégénère pas en venant à la déchéance de ta vie passée. Rappelle-toi à quel chef tu appartiens, et de quel corps tu es membre. Souviens-toi que tu as été arraché au pouvoir des ténèbres pour être transféré dans la Lumière et le Royaume de Dieu. Par le Sacrement de Baptême, tu es devenu temple du Saint-Esprit. Garde-toi de mettre en fuite un hôte si noble par tes actions mauvaises, et de retomber ainsi dans l'esclavage du démon, car tu as été racheté par le Sang du Christ ».

Ainsi soit-il.

 

Prière : « Réveille-toi, ô homme, et reconnais la dignité de ta nature ! » :

« En naissant comme un homme véritable, notre Seigneur Jésus Christ n’a jamais cessé d’être vrai Dieu ; Il a réalisé en Lui les débuts d’une création nouvelle et Il a donné au genre humain, par la manière dont Il est né, un principe spirituel. Quel esprit pourrait comprendre ce Mystère, quelle langue pourrait décrire ce Bienfait divin ? L’iniquité revient à l’innocence, la vieillerie retrouve la nouveauté. Les étrangers reçoivent l’adoption et les gens de l’extérieur sont admis à l’héritage. Réveille-toi, ô homme, et reconnais la dignité de ta nature ! Rappelle-toi que tu as été créé à l’image de Dieu. Si, en Adam, elle a été dégradée, dans le Christ elle a été restaurée. Use des créatures visibles, comme il faut en user, comme tu uses de la terre, de la mer, du ciel, de l’air, des sources et des fleuves. Tout ce qu’il y a en eux de beau et d’admirable, rapporte-le à la Louange et à la Gloire du Créateur. Expérimente par les sens de ton corps la lumière sensible, mais avec tout l’élan de ton esprit embrasse cette lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde et qui fait dire au Prophète : Approchez-vous d’elle et soyez éclairés, et vos visages ne connaîtront pas la honte. Car, si nous sommes le temple de Dieu et si l’Esprit de Dieu habite en nous, ce que chaque fidèle porte dans son âme a plus de valeur que ce qu’on admire dans le ciel. Fils bien-aimés, nous ne voulons pas pour autant vous prescrire ou vous conseiller de mépriser les Œuvres de Dieu, ou de juger qu’il y ait quelque chose d’opposé à votre foi dans ces choses bonnes que le Dieu bon a créées. Nous voulons seulement que vous usiez raisonnablement et avec réserve de toute la beauté des créatures qui font l’ornement de l’univers. Car, dit l’Apôtre, ce qui se voit est dérisoire, mais ce qui ne se voit pas est éternel. Nous sommes nés au monde présent, nous sommes renés pour le monde futur. Aussi nous ne devons pas nous consacrer aux biens temporels, mais tendre aux biens éternels. Et pour que nous puissions considérer de plus près ce qui fait notre espérance, réfléchissons à ce que la Grâce divine a procuré à notre nature. Écoutons ce que dit l’Apôtre : Vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec Lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors, vous aussi, vous paraîtrez avec Lui en pleine gloire ; qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen ».

Saint Léon 1er le Grand 390-461

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 16:08

Lecture du livre de la Genèse 3, 9-15. 20

Marie conçue sans péché, a donné au monde le Fils qui a écrasé le mal qui rongeait l’humanité.

Quand l’homme eut désobéi à Dieu, le Seigneur Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu donc ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché ». Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé ». Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé ».

Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon ».

L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. – Parole du Seigneur.

Psaume 97

R/ : Le Seigneur a fait pour moi des merveilles, Vierge Marie.

  • Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles ; par son bras très saint, par sa main puissante, il s'est assuré la victoire. R/
  • Le Seigneur a fait connaître sa victoire, et révélé sa justice aux nations ; il s'est rappelé sa fidélité, son amour, en faveur de la maison d'Israël. R/
  • La terre tout entière a vu la victoire de notre Dieu. Acclamez le Seigneur, terre entière, acclamez votre roi, le Seigneur ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1, 3-6. 11-12

Ce que Dieu notre Père veut accomplir en nous : nous rendre saints et irréprochables devant lui, il l’a réalisé à l’avance en Marie, conçue sans péché.

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.

En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu que nous vivions à la louange de sa gloire. – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Réjouis-toi, Vierge Marie, comblée de grâce : le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre les femmes. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 26-38

Marie comblée de grâce par son immaculée conception, devient la mère de Jésus par qui nous vient toute grâce.

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ». Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ».

Alors l’ange la quitta. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Si l’Eglise a voulu que la fête de l’Immaculée Conception soit célébrée au cœur de l’Avent, ce n’est pas sans raison. C’est pour nous montrer que Dieu lui-même a préparé la venue de son Fils en ce monde en lui choisissant une mère digne de Lui.

L’Eglise, Maîtresse de Vérité nous enseigne qu’en désobéissant à Dieu nos premiers parents Adam et Eve perdirent la vie de la grâce : cette vie divine d’intime communion à Dieu qui devait les conduire au Ciel. Cet état de séparation d’avec Dieu qui porte le nom de péché originel s’est transmis à tous les hommes. C’est ainsi que depuis Adam et Eve toute âme humaine arrive à l’existence en état de péché c'est-à-dire privée de la vie de communion intime avec Dieu. Il existe cependant une exception, une seule : c’est la Vierge Marie.

Par une grâce et un privilège de Dieu tout puissant celle qui devait être la Mère du Rédempteur fut conçue sans péché. Dès le premier instant son âme se trouve totalement immunisée à la faute originelle. Et la conséquence logique de cette singulière préservation c’est qu’en Elle l’absence de péché fut totale. Jamais chez Elle le moindre péché véniel, jamais la moindre imperfection.

Ce n’est là, pourtant, que le côté négatif d’une réalité sublime : il ne suffit pas, en effet, de dire que Marie est sans péché il faut dire aussi et surtout qu’Elle est la Toute-Sainte et cela d’une manière indépassable.

Nous tous, autant que nous sommes, nous savons par une douloureuse expérience que deux forces opposées travaillent notre âme et s’en disputent la maîtrise. Il y a une force de mort (qui est une conséquence du péché originel). Elle pèse de tout son poids sur nos énergies et nous attire sans cesse vers le bas (vers la fange des marécages où l’on s’enlise).

Mais il y a aussi une force de vie qui nous pousse vers les cimes, vers les choses d’En-Haut vers tout ce qui est bien, grand et beau, c'est-à-dire vers Dieu.

Or, en Celle que nous appelons l’Immaculée, il n’y a aucune puissance de mort, aucun attrait vers le bas. Tout en Elle n’est que tension et propulsion vers le Haut, jaillissement vers le Ciel. Tel un feu qui monte sans cesse, ainsi les pensées, les aspirations, les sentiments de Marie s’élèvent constamment vers le Ciel. Elle est vraiment « la petite Servante du Seigneur dont les yeux sont fixés sur la personne de son Maître pour obéir à ses moindres désirs – qu’il me soit fait selon ta Parole ».

Elle est toujours disponible pour faire ce que Dieu veut. Son unique souci, sa suprême ambition c’est d’aimer toujours plus, sans mesure, sans limites, le Seigneur et son prochain. « De tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force ».

Marie n’appartient qu’à Dieu, elle lui est entièrement consacrée, elle ne vit que pour Lui

- Toutes ses pensées et tous ses désirs sont pour Lui, elle est toujours en état de prière.

- Toutes ses occupations, qui le plus souvent, sont celles d’une humble ménagère (mère de famille) sont accomplies par amour pour Lui.

Comme nous avons raison de lui adresser, à la suite de l’ange, ce beau compliment du « Je vous salue » ce qui veut dire « en vous il n’y a que la Vie divine, vous êtes la personne la plus comblée de Dieu, vous êtes son chef d’œuvre, sa plus belle réussite ».

Frères et sœurs, nous avons tous fait cette constatation : lorsqu’un miroir bien propre baigne dans la lumière éblouissante du soleil, il resplendit comme le soleil lui-même : on dirait qu’il contient le soleil. C’est encore plus vrai et plus beau lorsqu’il s’agit de Marie : parce que son cœur est Immaculé et tout rayonnant d’amour il reflète avec éclat la lumière étincelante de Dieu, sa parfaite sainteté.

Cette richesse de grâce, cette sainteté suréminente qui fait de Marie la créature la plus proche de la Sainte Trinité, ne l’isole pas pour autant des pauvres pécheurs que nous sommes. Bien qu’elle ne soit pas née pécheresse, elle est une fille de notre race et reste par conséquent très proche de nous. D’ailleurs Dieu ne l’a si totalement comblée, si totalement possédée que pour nous la donner plus totalement en faisant d’Elle notre Mère dans l’ordre de la grâce. Donc loin de nous laisser décourager par cette prodigieuse réussite qu’est la Vierge Immaculée, toute Sainte, disons-nous bien que sa grandeur incomparable n’est pas autre chose, en fait, que l’œuvre de la grâce de Dieu en Elle et que si Dieu nous a appelés à l’existence c’est pour réaliser aussi dans nos âmes une œuvre de grâce toute semblable.

Oh certes ! Nous ne sommes pas « nés immaculés », mais nous pouvons le devenir. N’est-ce pas d’ailleurs tout le sens de notre croissance spirituelle ? Du développement en notre âme de la vie divine, cette vie divine que nous avons reçue, à notre tour au moment du baptême, non pas en plénitude (c’est bien évident) mais à l’état de germe. Cette croissance spirituelle doit se réaliser peu à peu, dans l’exacte mesure où nous laissons à Dieu la liberté de nous modeler pour nous configurer à l’Image de Jésus. Et sommes-nous assez convaincus que pour nous aider à progresser à pas d’amour sur cette route de la sanctification nous avons besoin de contempler assidûment celle qui est le prototype inégalable de la perfection souhaitée par Dieu : Marie Immaculée, la Toute-Sainte.

N’avez-vous pas remarqué, frères et sœurs, que dès qu’on s’approche d’Elle et que, dans une prière contemplative, on se laisse fasciner par le charme de son regard et de son sourire : on se sent déjà meilleur, on est comme plongé dans un bain de pureté, de douceur et d’amour, on reprend courage et on trouve des nouvelles forces pour mieux prier, travailler souffrir et aimer. La Vierge de Lumière, Mère de la Divine Grâce éduque avec un art consommé l’âme qui se livre totalement à son influence maternelle. Elle sait la détacher de tout ce qui pourrait entraver ou freiner son élan vers les choses d’En-Haut... En ennoblit spirituellement et attire en elle les grâces de l’Esprit-Saint, l’Esprit de Sainteté.

Oui, heureuse l’âme qui, ayant compris ce grand secret de la vie spirituelle s’établit par une consécration totale d’elle-même dans le Cœur Immaculé de Marie. Elle est dans un ascenseur qui peu l’élever, si elle est fidèle, jusqu’aux sommets de l’Amour et de l’Union à Dieu.

Amen.

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 14:30

C’est un modèle admirable de foi chrétienne que je vous invite à contempler en la personne de l’Évêque Saint Martin qui est le Patron du Diocèse de Tulle et de nombreuses paroisses françaises et étrangères. Martin ne fut pas chrétien dans les premières années de sa vie, car à l’époque où il vivait, il n’était pas facile de croire et de rester le croyant qui garde intacte, vivante et rayonnante la foi de son baptême. L’environnement social, les institutions, la mentalité et mœurs étaient encore imprégnées de paganisme. Les idoles n’avaient pas perdu leur prestige : elles avaient leurs sanctuaires et de nombreux adorateurs... Tout cela n’était guère favorable à la foi en un Dieu Unique et au message de l’Evangile.

Le milieu familial, pas plus que le milieu social ne prédisposait le jeune Martin à devenir chrétien : son père et sa mère étaient tous deux païens. Ce n’est donc pas dans son foyer qu’il entendit parler de religion chrétienne.

Quelles furent donc les circonstances providentielles qui permirent à Martin de rencontrer le Christ et de donner toute sa foi, tant à sa personne, qu’à son message ?

C’est en Italie du Nord où sa famille (d’origine hongroise) était venue s’installer, que Martin entre en relation avec des chrétiens. Quelle nouveauté pour lui de voir des hommes et des femmes qui croyaient en un seul Dieu, qui croyaient en la vie éternelle, se réunissaient pour prier et formaient une grande famille où chacun s’efforçait de vivre le commandement de Jésus « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Le désir de connaître le Christ s’éveilla en lui et devint si vif qu’il sollicita son admission au groupe de catéchumènes qui se préparaient au baptême. Il y apprit à connaître le Christ, à le prier, à l’aimer de tout son cœur et s’initia peu à peu à la pratique de la vie chrétienne... Son désir de devenir enfant de Dieu par le baptême et d’être incorporé à l’Eglise devint de plus en plus ardent... Mais ce désir fut fortement contrarié par son père qui le força à s’engager dans l’armée romaine où il devint officier. Cependant, l’armée ne fut pas pour Martin un obstacle à la foi. Le service de l’empereur ne le détourne pas du service de Dieu. Il n’était que candidat au baptême mais il avait assez de force de caractère pour vivre déjà selon l’esprit de l’Evangile. C’est ici que se situe un épisode bien connu de tous. Alors qu’il effectuait une ronde militaire aux environs d’Amiens, il fit une rencontre imprévue, mais décisive, qui le détermine à recevoir au plus tôt le baptême : un mendiant grelottant de froid sous la bise glaciale de l’hiver, les yeux suppliants, les mains tendues, sollicita sa générosité. Martin fut touché de compassion, mais il n’avait pas un sou... Qu’à cela ne tienne, l’amour est ingénieux ; du tranchant de son épée il coupe en deux sa grande cape d’officier : « Tiens prends ce pan d’étoffe et enveloppe bien ton corps dans cette laine ».

Le Christ-Jésus ne laissa pas sans récompense ce geste d’amour fraternel d’un soldat de Rome envers un gaulois loqueteux d’un pays occupé « ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, avait-il déclaré, c’est-à-moi que vous l’avez fait ». Martin en eut la révélation au cours de la nuit suivante : il reçut un signe qui fortifia sa foi : dans un rêve, Jésus lui apparut vêtu du pan de manteau donné au mendiant et s’adressant aux anges qui l’entouraient il déclara : « Martin encore catéchumène m’a revêtu de ce manteau ».

« Martin encore catéchumène ». Ce mot le fit réfléchir. Sans plus attendre, il se fit baptiser « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » et quitta l’armée pour militer dans l’Eglise du Christ.

Afin d’éclairer et de fortifier sa foi par l’étude et par la prière, Martin se retira un certain temps dans la solitude, à Ligugé où il fonda plus tard un monastère. Il devint, le disciple de Saint Hilaire, évêque de Poitiers, qui était un éminent théologien et vaillant défenseur de la foi. Auprès de lui, il développa ses connaissances religieuses et comme il désirait les partager, il créa une sorte d’école de la Foi où il enseigna la doctrine chrétienne à tous ceux qui étaient en quête de lumière et de vie spirituelle profonde.

Devenu Évêque de Tours, il continua l’œuvre commencée à Ligugé. Il fonda l’Abbaye de Marmoutier. C’est surtout de ce nouveau centre spirituel que sortirent les nombreux moines, prêtres et évêques qui évangélisèrent la Gaule.

Chers frères et sœurs, en ce temps de crise qui est le nôtre, où la vérité évangélique est souvent remise en question : la foi de Saint Martin est un modèle pour la nôtre !

Pour pouvoir progresser dans sa foi, la rendre toujours plus vigoureuse et plus rayonnante, Martin eut à faire preuve d’intelligence, il eut aussi à faire preuve de volonté pour s’astreindre à l’étude, persévérer dans la prière et conformer son jugement et ses actes aux exigences de l’Evangile. Disons-nous bien, que notre foi sera éclairée et affermie, et qu’elle ne cessera de s’approfondir si à l’exemple de Martin, nous savons la fonder sur l’autorité souveraine de la Parole de Dieu. Cette Parole de Dieu contenue dans la Bible et l’Evangile est interprétée par l’Eglise, nous devons l’étudier, seul ou avec d’autres, la méditer, la faire passer repasser dans notre cœur (comme faisait la Vierge Marie) afin qu’elle nous imprègne, nous transforme et transparaisse à travers toute notre vie.

Soyons également bien convaincus que notre foi aura toutes les qualités requise si nous prions beaucoup l’Esprit-Saint de nous la donner et de la faire progresser en nous.

Tournons-nous donc vers Lui et supplions-le avec confiance : Esprit-Saint, par l’intercession de Saint Martin, donne-moi :

  • une foi solide comme le roc, que rien ne puisse abattre,
  • une foi qui adhère, sans la moindre réserve, à toutes les vérités révélée et à tout l’enseignement de l’Eglise,
  • une foi qui reste forte et courageuse dans les épreuves,
  • une foi qui agisse par une charité ardente envers Dieu et envers le prochain,
  • une foi qui soit un aliment d’Espérance dans l’attente de la pleine Lumière du Paradis.

Que grâce à cette foi, je me laisse conduire par ta Providence de manière à avancer sans entraves sur la route royale de la Sainteté.

Amen.

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 21:08
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Télécharger la proposition pour un Temps de Prière du Diocèse aux Armées pour le 11 novembre 2018

Source : https://dioceseauxarmees.fr/

Homélie 1

Lorsque nous venons à la messe ou toute autre célébration, c’est toujours pour célébrer la vie et pas la mort. Célébrer la messe le jour de l’armistice de la première guerre mondiale nous fait sortir de ce qui pourrait être une amnésie collective qui entraîne de nouveau la violence. Nous faisons mémoire de tous ceux qui vivaient isolés dans les tranchées, au front et à l’étranger.
La mémoire n’est pas à confondre avec un souvenir et encore moins avec une opinion. La guerre des tranchées n’est pas finie. C’est la façon de construire les tranchées et la manière de pousser pour y faire tomber qui a changé. De même que le règne de Dieu ne vient pas de manière visible, il y a bien des tranchées existantes qui ne sont pas visibles. Notre regard est donc dans l’obligation de faire un choix. Considérer celui qui vient d’une autre culture comme étrange ou comme une chance de grandir.

L’armistice signé le 11 novembre 1918, beaucoup l’avaient sans doute déjà signé dans leur cœur lorsqu’ils étaient pendant des jours et des nuits entières dehors à attendre un assaut dans la neige. Plus jamais ça. Bien des décisions arrivent aujourd’hui bien après que chaque français et encore plus les croyants les aient déjà prises. Il y a toujours un décalage entre l’opinion public et ce que moi je pense. La paix n’est pas une loi, un décret qui va de soi, elle est à vivre en nous. Le lieu invisible de la venue du règne de Dieu est notre cœur et par notre témoignage s’étend à l’amitié entre les peuples.

Il nous faut sortir de nos tranchées, faire que nos décisions intérieures de paix soient de plus en plus visibles. Et cela nous appartient. Dieu se rend présent au monde dans son eucharistie, par les sacrements, mais aussi par nos mains quand deux hommes se donnent la paix, par nos yeux quand le regard ne dévisage pas l’étranger, par notre parole lorsque nous dialoguons avec l’autre à la manière de Dieu dialoguant avec son peuple dans la Bible.

Durant notre siècle et le siècle précédent, nous avons construit des tranchées mais aussi fait tomber des murs. La France et l’Allemagne sont devenues les piliers de la vie de l’Europe. D’ennemis, ces deux pays sont devenus des partenaires. Il nous appartient de vivre ces histoires de rédemption à l’image de la réconciliation que l’Evangile ne cesse d’annoncer. Rendons grâce à dieu pour cette Bonne Nouvelle qu’il nous adresse. L’Evangile est un chemin exigeant mais un chemin qui mène à la vie, ouvre, sauve et guérit. L’Evangile donne à percevoir la paix, à chacun d’apprécier la valeur de cette Bonne Nouvelle et de sa disponibilité intérieure qui appelle à la liberté véritable, au-delà de toutes les frontières possibles.

Père Bernard PLISSON.

Source : http://www.paroissequiberon.com/homelie/homelie11nov.html

Homélie 2

Il y a quelques jours encore, nous étions plongés dans la prière pour nos fidèles défunts. Aujourd’hui, nous nous tournons d’une manière toute particulière vers toutes les victimes des guerres, et notamment vers celles de la terrible guerre de 14-18. Tout cela réveille en nous les questions les plus diverses sur l’Au-delà, sur la nature de la vie après la mort. Bien sûr, nous croyons à la Résurrection des morts. Nous le proclamons chaque dimanche à la messe. Mais, nous ne pouvons pas nous empêcher d’essayer d’imaginer cette vie après la mort, en projetant le plus souvent des images bien terrestres que nous embellissons tant bien que mal dans notre imaginaire. Et c’est bien naturel.

Comme nous l’avons entendu dans l’Evangile, les sadducéens eux aussi se posaient des tas de questions sur ce sujet. Les sadducéens ne croyaient pas à la résurrection des morts, ni à l’existence des anges, non plus. Pour eux, les âmes ne pouvaient pas survivre à la mort des corps. Elles étaient appelées à disparaître tout simplement. Cette vision s’opposait totalement à celle des pharisiens qui, eux, croyaient à la résurrection des morts. Les sadducéens profitent donc de la venue de Jésus au Temple de Jérusalem pour le mettre à l’épreuve sur cette question. 

En posant le cas d’une veuve qui aurait eu sept maris, les sadducéens font allusion à la loi du Lévirat (Dt 25, 5-10), qui dit que si un homme meurt sans laisser d’enfant mâle à son épouse, le frère du défunt doit la prendre pour femme afin d'assurer une descendance à son frère. Cette coutume manifeste le désir de l'homme de se survivre dans ses enfants, d'assurer la transmission du nom et de l'héritage.

Même si la question des sadducéens est complètement piégée, et cherche à ridiculiser ceux qui croient à la résurrection, elle est quand même intéressante, car nous nous posons nous aussi des questions du même genre : que reste-t-il après la mort de nos amours, de tous nos liens d’affection, d’amitié, de tout ce qui fait la particularité de notre propre vie ici-bas ? La réponse de Jésus peut paraître surprenante. Elle renvoie en fait à la nature profonde de l’homme. Jésus montre que notre foi en la résurrection doit se fonder sur le principe que l’homme qui aime et vit pour Dieu, ne meurt pas. Ce qui meurt en nous, c’est le mal, le péché qui infeste notre âme. Tout ce que Dieu nous a confié de bon, de beau, de vrai et que nous avons su conserver et faire fructifier, survit à l’épreuve de la mort. C’est en ce sens que nous disons que nous sommes les héritiers de la résurrection.

Nous retrouvons cette même conviction dans l’Ancien Testament, notamment dans le passage du livre des martyrs d’Israël que nous avons entendu en première lecture. Celui qui est fidèle à Dieu en observant les préceptes de la Loi de Moïse ne craint pas la mort. Mais ce qui va montrer aux hommes toute la réalité de ce qu’est la résurrection des morts, c’est le Christ lui-même qui le révèlera en affrontant lui-même la mort, et en ressuscitant le troisième jour, au matin de Pâques. La mort est vaincue. Le Christ nous ouvre les portes de la Vie éternelle. Montant au Ciel avec son corps glorieux, il nous montre que la Vie dans le monde à venir n’est en rien comparable au monde présent. A l’image de la transfiguration du Christ au mont Tabor, toutes nos relations d’amour, tous ces liens affectifs qui nous unissent les uns aux autres seront eux aussi transfigurés, spiritualisés. Nous serons au Ciel, auprès de Dieu, comme des anges. Tout ce qui limite ici-bas la confiance entre les hommes, tout ce qui entrave le don total de soi, disparaîtra. Et à l’inverse, tout ce qu’il y a de bon, de beau, de vrai, de juste dans une relation humaine survivra à notre mort. C’est pour ça qu’on peut dire que les liens du mariage ne se terminent pas avec la mort, mais qu’ils sont comme transfigurés, spiritualisés. Il leur sera enlevé toutes leurs limites terrestres. De la même manière, les liens entre parents et enfants ou entre amis ne tombent pas non plus dans l’oubli. Ils sont simplement purifiés de tous les défauts, de toutes les incompréhensions, qui ont pu exister sur cette terre. Tous ces liens seront comme libérés de toutes les souffrances qui ont pu leur être infligées ici-bas. C’est ainsi qu’on peut dire que pour certains conjoints qui ont connu une expérience difficile du mariage sur cette terre, ils n’expérimenteront le véritable amour entre eux, et avec cet amour, la joie et la plénitude de l’union, que  lorsqu’ils seront réunis « en Dieu », puisqu’en Dieu, on comprendra tout, on excusera tout, on pardonnera tout.

En attendant cette communion parfaite entre tous les êtres et Dieu, nous avons un combat à mener. En choisissant de suivre le Ressuscité, nous devons lutter contre tout ce qui peut nous conduire à la mort, en choisissant à chaque instant la Vie, c’est-à-dire en choisissant de faire le Bien, de mettre de l’Amour et de la Vérité dans toutes nos relations. Et si nous voulons être bien sûr que cette Vie d’Amour survive à notre mort, nous devons la puiser dans la prière, dans le Cœur de Celui qui est la source de toute Vie, de tout Amour, notre Seigneur et notre Dieu.

Amen.

Père Patrick de Varax

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3 septembre 2018 1 03 /09 /septembre /2018 14:32

 

Homélie de Mgr J-L Brunin en cliquant sur l'image ci-dessus.

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6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 09:29

« Et Jésus fut transfiguré devant eux… »

Le symbole le plus parlant de la transfiguration, de cette expérience de lumière, c’est le cierge pascal allumé durant la nuit de Pâques pour illuminer toute une église obscurcie de sa petite mais puissante flamme ! Et, à sa lumière, voici des centaines de flammèches qui, à leur tour, embrasent nos visages. Nous ressemblons à ces chandelles à la mèche minuscule mais porteuses de lumière et d’espérance. La mèche, c’est la foi qui pointe vers Dieu. Quelle que soit la grandeur de la mèche, ça n’a pas d’importance car la flamme éclaire autant que celle du cierge pascal. Le Christ se transmet en entier à tous… Il nous permet de traverser toutes les nuits, sans les faire toutefois disparaître.

Les Apôtres qui montent sur la colline ont besoin de cette lumière, ils vont traverser la Passion, la nuit la plus noire. D’ailleurs Jésus vient de leur dire qu’il va monter à Jérusalem pour y être crucifié. Donc, ils doivent faire des réserves de lumière pour ne pas désespérer durant la nuit de la Passion, comme on fait des réserves de guerre.

Cette semaine des ados me posaient la question suivante : « Durant le terrible accident de car dans le tunnel de Sierre qui a tué beaucoup d’enfants, Dieu, il était où ? » Ma réponse : « Il faudrait interroger les personnes qui ont été les plus marquées par cet accident, les parents surtout… La réponse ne se trouve pas dans les sermons ou les théories, ni dans les livres, mais dans le cœur des personnes… On est souvent étonné des ressources cachées que les gens ont en eux durant des drames comme celui-ci… Des réserves de lumière… Pour ma part, Dieu était présent dans la mort de ces enfants, il était présent dans le cœur des parents pour les aider à traverser cette terrible épreuve… Il était dans les bras des secouristes… Mais Dieu n’était certainement pas dans le mur en béton ou dans le moteur qui a projeté le car dans la catastrophe… ! »

Plus nous nous rapprochons du Christ, de cette source de lumière qu’est l’Eucharistie, et plus nous faisons des réserves de lumière sans nous en rendre compte. C’est comme une batterie branchée sur le courant, on ne voit rien, mais la batterie se recharge. Même chose pour la vie spirituelle. Dieu donne toujours des grâces inattendues dans les moments où l’on ne s’y attend le moins. Les grâces étaient dedans mais pas encore sur « on ».

 Je vous livre un petit témoignage personnel. La semaine dernière mon père est mort, il s’est éteint comme une chandelle. Cependant, durant toute son année d’hospitalisation, il refusait de parler de la mort, il se révoltait, il nous agressait, il voulait rentrer chez lui à tout prix, faisant le déni de son état de santé, et ce, jusqu’à deux semaines avant sa mort. Je me demandais comment il allait faire pour quitter cette terre… ! Et puis un jour, tout paisible, il nous dit : « Moi je n’ai pas peur de mourir, tous les soirs mes enfants du ciel viennent me visiter. Si vous savez comme ils sont beaux et lumineux. De l’autre côté, je suis attendu… » Il faut vous dire que quatre de mes petits frères et sœurs sont morts à la naissance, et c’était eux qu’il voyait, il les reconnaissait, il les appelait par leur nom, les décrivant chacun et chacune. Comprenne qui veut… Mais toujours est-il que grâce à cette expérience de lumière, il a pu lâcher prise et s’en aller.

Père Joël Pralong

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17 juin 2018 7 17 /06 /juin /2018 07:00

Saint Jean-Baptiste, vous le connaissez bien, et pas seulement le récit de sa naissance que nous venons d'entendre, mais aussi sa prédication fougueuse sur les bords du Jourdain et son humilité : il a conduit ses disciples à Jésus, dont il disait qu'il n'était pas digne de dénouer la courroie de ses chaussures.

Est-ce que je peux me permettre, moi, de vous dire pourquoi j'aime Jean-Baptiste, ce que j'aime le mieux de la vie de Jean-Baptiste, c'est une phrase qu'il a prononcée, quelques mots - pour lui ce n'étaient pas des mots seulement - c'était une vraie question qui lui sortait du cœur. Cette question, il l'a posée à Jésus, pas directement d'ailleurs, car il était en prison. Il a envoyé ses amis la poser à Jésus de sa part : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

Vous me direz, pourquoi attacher tant d'importance à cette phrase ?

Tout simplement parce que cette question est la question de tout le monde. Pas la vôtre ?... Jésus est-il l'envoyé de Dieu, le Fils de Dieu ? Tout ce qu'on dit de lui, est-ce que c'est vrai ? Tout ce que les chrétiens sont invités à croire à son sujet, est-ce que c'est vrai, ou bien est-ce une invention de ses disciples, une formidable erreur, un formidable mirage entretenu depuis des siècles ?

Avec Jean-Baptiste, aujourd'hui, essayons d'avancer ensemble. Pourquoi Jean-Baptiste a-t-il posé cette question ? Pour deux raisons, me semble-t-il. La première : en voyant Jésus, il était étonné... au point de douter.  La deuxième : en voyant ce qui lui arrivait à lui, Jean-Baptiste, il était scandalisé au point de douter.

Étonné au point de douter. En effet, marqué par son tempérament, la culture religieuse de son temps, Jean avait des vues très strictes sur le Messie. Ce devait être un justicier départageant sur le champ les bons et les méchants. Tout le monde attendait, à l'arrivée du Messie, une intervention foudroyante de Dieu, alors que le charpentier de Nazareth racontait que Dieu était comme un berger qui va rechercher sa brebis perdue ou comme un père qui attend le retour de son fils qui a pourtant quitté la maison avec l'argent de la famille. Comment ne pas s'étonner au point de douter ?

Mes amis, trouverais-je les mots pour vous dire avec assez de conviction que la foi en Jésus Christ ne peut que passer par l'étonnement. Avoir la foi, c'est être étonné. Les chrétiens sont les étonnés de l'amour. Tant que je ne serai pas étonné, je ne serai pas croyant. Car le visage de Dieu révélé par Jésus est étonnant. Car le chemin emprunté par Jésus est étonnant. L'Évangile est étonnant. L'Évangile est rempli de l'histoire merveilleuse de cet amour fou de Dieu qui nous étonne. Tellement que nous disons : « C'est inimaginable ». C'est vrai, jamais nous n'aurions pu l'imaginer. « C'est incroyable. » Et pourtant c'est cela qui s'appelle croire. C'était la première raison de douter.

Voici la deuxième : Jean-Baptiste, en voyant ce qui lui arrivait était scandalisé, au point de douter. Il est scandalisé et on le comprend. II est en prison et vous savez pourquoi, en raison de sa fidélité à sa mission de prophète. Il n'avait manqué ni de courage ni de conviction quand il avait dénoncé la mauvaise conduite d'Hérode. Et voilà qu'on l'avait mis en prison dans la forteresse de Machéronte sur les hauteurs de la Mer Morte. Il pouvait tout craindre et la suite l'a prouvé. Sa tête a été exigée à la fin d'un repas par Hérode pour faire plaisir à sa maîtresse. Enfermé dans son cachot, Jean-Baptiste était enfermé dans sa question : « Jésus était-il le Messie ou fallait-il en attendre un autre ? » Si Jésus est vraiment l'envoyé de Dieu, est-ce que le sort fait à ses amis, à ses défenseurs, peut être aussi rude ? Qui est Dieu s'il n'intervient pas pour protéger ses amis ? Pas difficile de comprendre cette question, c'est la nôtre. Où est Dieu quand je suis accablé de souffrance ? Ne peut-il pas épargner la vie des justes, des innocents ? Que fait-il ? Ce que je vais tenter de répondre en quelques phrases sera forcément dérisoire, tellement la question est énorme. Il ne s’agit de rien moins que du redoutable problème du mal qui hante l'humanité depuis que le monde est monde. Disons-le tout net, le problème du mal, du malheur innocent, est un mystère ténébreux devant lequel on ne peut que balbutier. N'en déplaise à certains, les chrétiens n'ont pas réponse à tout. Et pourtant, on ne peut pas se taire.

Aujourd'hui, je me contenterai de dire une seule chose que Jean-Baptiste a bien dû deviner. Que fait Dieu ?... Dieu n'intervient pas ordinairement pour changer le cours des événements. Je dis ordinairement. Car on ne peut pas mettre le miracle hors la loi. Mais le miracle n'est pas la loi. Dieu n'intervient pas à la place des hommes. C'est le prix qu'il attache à la liberté de l'homme. Il faut avoir le courage de le dire, même si bien des formules de prière nous ont habitués à ce genre de tranquillisant. Dieu n'est pas intervenu pour empêcher la prison et la mort de Jean-Baptiste.

Dieu n'est pas intervenu pour empêcher la mort de Jésus. Il n'est pas intervenu pour empêcher les hommes de le condamner et de l'exécuter. C'est donc que Dieu n'intervient pas comme cela.
Il a fait mieux : en ressuscitant Jésus, il nous donne l'assurance qu'une vie menée dans l'amour, qu'une mort vécue dans l'amour sont des chemins de vie. Il nous donne de croire que c'est l'amour qui gagne et qui gagnera. Dieu n'intervient pas dans les événements, il intervient dans le cœur des hommes et des femmes qui vivent ces événements, pour y mettre cet amour qui peut tout changer.

Mes amis, que le Seigneur mette dans vos cœurs assez d'amour, assez de force pour vivre ce que vous avez à vivre. C'est dans les cœurs des hommes que Dieu intervient, C'est là que s'accomplissent les merveilles de Dieu.

Les sept moines de Tibhirine vous connaissez. Enfermés dans la grotte ou le cachot, avant leur exécution, ils ont dû se poser la même question que Jean-Baptiste : « Où est Dieu ? » Dieu n'est pas intervenu pour empêcher les extrémistes de les massacrer. Mais ce que nous croyons, c'est que Dieu est sûrement intervenu pour ciseler en eux des cœurs pareils, pour faire de ces sept hommes ordinaires des témoins extraordinaires d'un amour plus fort que la haine entre les peuples, les races, les religions, un amour plus fort que la mort. Comme pour Jean-Baptiste, Dieu a fait d'eux des « lumières pour les nations ». Leur sacrifice a fait le tour du monde.

Au terme de cette méditation autour de Jean-Baptiste, aurons-nous retenu à son école que la foi chrétienne, notre foi, peut être étonnée et même scandalisée. Mais elle se vit au-delà de cet étonnement, au-delà de ce scandale.

 

Père Jean Corbineau

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 21:21

La miséricorde divine dans le temps de la guerre.

Le monde continue sa marche folle vers la guerre. Rien ne soulage la pression de la guerre sur les peuples. On ne tourne pas facilement la page du terrorisme. La guerre nous tient. Elle nous meurtrit à la manière de jadis, par la conquête de villes, les batailles et les prises de guerre. Mais elle nous détruit aussi d’une façon nouvelle, sous une forme éparpillée, moins lisible.

Retrouvons la miséricorde de Dieu dans le temps de la guerre et la bonté de Dieu sur le champ de bataille. Il y a trop de violence sur cette terre pour que nous la laissions courir toute seule en traçant ses lignes de morts. Il faut bien aller à la guerre, y jeter sa force et ses compétences pour contenir, fracturer, dissiper peut-être la violence qu’elle propage. Telle est la vocation du militaire, de tout vrai militaire.

Au courage, le chrétien ajoute la calme certitude que Dieu ne lui manquera jamais. Ni avant, ni pendant, ni après la guerre. En aucune façon, nous ne devons penser comme les païens que Dieu s’occuperait seulement des bien-portants, des bien-pensants, des bienfaisants, des bienveillants, des bien-de-toutes-sortes qui font les leçons mais qui ne se salissent pas les mains. Au contraire, nous le croyons : rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu. Accueillons les quatre dons merveilleux de Dieu dans le temps de la guerre et sur le champ de bataille.

1. Dans les champs de la mort, Dieu plante son grand Amour. La guerre comporte de graves péchés. Léon XIII disait : « la guerre est un fléau », (allocution aux cardinaux, 1899). Pour le chrétien, la guerre brasse des haines incontrôlées, des injustices lamentables. Mais c’est une loi divine : là où le péché abonde, la grâce surabonde.

En 1964, à l’ONU, Paul VI s’écriait : « plus jamais la guerre ! ». Mais ce rêve de Paix ne laisse pas le chrétien inerte devant la violence ou désespéré dans la guerre. Les fléaux ne l’impressionnent pas. Pour une raison qui ne tient pas à des qualités particulières mais à ceci : Dieu donne un grand pouvoir à ses fils. Le pouvoir d’aimer en toutes circonstances : « puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5, 5). Dieu fait au soldat le don d’un Amour inoxydable, que rien n’attaque et que personne n’arrache.

En ces lieux de l’histoire où il est pris dans des forces démesurées, qui le brassent et l’emportent, l’homme a besoin d’une Force d’un autre monde. Il a besoin d’une fraternité indépendante des circonstances. Cet amour existe. Il naît à sa façon, ni d’une rencontre humaine, ni d’une émotion ressentie mais d’un appel à l’Esprit saint.

2. Dans la guerre, l’Esprit souffle une liberté nouvelle. Cette liberté de l’Esprit est plus que jamais nécessaire dans cette « troisième guerre mondiale combattue par morceaux » dont parle le pape François.

Car cette guerre gagne du terrain en trois temps. D’abord, se faisant discrète, elle séduit des esprits. Elle leur offre une certaine ivresse, en quelque sorte. Puis, devenant éclatante, elle tue de façon aveugle. Enfin, se pensant religieuse, elle entend soulever toutes les communautés se réclamant d’une même religion mondiale.

Chacun de ces temps réclame chez le soldat un esprit libre d’une liberté qui lui est donnée par l’Esprit saint.

Grâce à l’Esprit, le soldat garde sa raison. Il ne se laisse pas séduire par l’idéologie. Il en dénonce la folie sans lui opposer une autre folie. Il est assez libre pour ne pas alimenter une spirale de mort.

Grâce à l’Esprit, le soldat ouvre les yeux. Il ne tue pas en aveugle. Plus que jamais, il opère une vraie connaissance des ennemis réels. Il est assez libre pour n’user de son arme qu’à bon escient.

Grâce à l’Esprit, le soldat possède Dieu. Il ne tombe pas dans les extrémismes. Ni il ne rejette ni il n’accuse la religion en bloc, ce qui est une facilité et une fausseté. Mais il est assez libre pour vivre son lien personnel avec Dieu.

Grâce à l’Esprit, le soldat garde la liberté du Christ. Il donne sa vie pour ses frères. Prompt à aimer la vie, il est prêt à la donner pour Dieu et pour sa Patrie. Il le fait dans la foi que le Christ le conduit.

3. Dans la guerre, le Fils panse les plaies du soldat. D’une certaine façon, le Christ appartient au Service de Santé des armées ! Le Fils s’approche avec toute son humanité pour empoigner la nôtre. Dans la tempête de la lutte, le Christ nous tient par la main. Pas un pas, pas une fatigue, pas une blessure qu’il n’ait connu, vécu ou porté. Aucun combat qu’il n’assume, aucune mission qu’il n’accompagne.

  • Quand nous lui demandons la victoire, Il nous donne son Cœur.
  • Quand nous nous sentons seul, Il repousse notre solitude.
  • Quand nous nous sentons faible, il nous tourne vers le camarade.
  • Quand nous nous sentons fatigués, il nous présente le repos de la prière.
  • Quand nous avons peur, il nous propose un acte de foi.
  • Quand nous sommes blessés, il nous donne sa tendresse.
  • Quand nous sentons le froid de la mort, il nous offre l’Espérance.
  • Quand le doute s’installe en nous, il nous montre le Père.

4. Dans la guerre plus qu’ailleurs, le Père donne son pardon. C’est l’amour qui répond à la misère. C’est l’amour comblant la misère. C’est l’amour assumant la misère morale.

Dieu proportionne son amour à notre misère. Grande misère, grand amour. Petite misère, petit amour.

Grandes, les misères de la guerre. Énormes, les blessures qu’elles entraînent. À ces blessures répondent les soins, les remèdes, les prothèses, les accompagnements, les pensions. Mais il y a aussi les grands pardons de Dieu. Ceux que l’on ne s’octroie pas si facilement à soi-même. Ceux que le monde, la famille, les adversaires refusent souvent.

L’amour aussi soigne. Il est aussi un remède pour rire malgré la douleur, une prothèse pour avancer malgré le souvenir, un accompagnement pour aimer malgré la mort, une richesse pour vivre malgré le temps qui passe.

Dieu donne son amour. Rien ne nous en sépare. Dans le temps de la guerre, cet amour devient pardon. Entrons dedans.

+ Luc Ravel au PMI de Lourdes 22/05/2016

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