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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 08:36

Lecture du livre des Nombres 21, 4b-9

Bien mieux que le serpent de bronze, le Christ en croix s'offre à nos regards pour nous guérir de toutes nos fautes.

En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents ». Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie ! - Parole du Seigneur.

Psaume 78

R/ N'oubliez pas les exploits du Seigneur !

  • Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté : et nous redirons à l’âge qui vient les titres de gloire du Seigneur. R/
  • Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient, ils revenaient et se tournaient vers lui : ils se souvenaient que Dieu est leur rocher, et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur. R/
  • Mais de leur bouche ils le trompaient, de leur langue ils lui mentaient. Leur cœur n’était pas constant envers lui ; ils n’étaient pas fidèles à son alliance. R/
  • Et lui, miséricordieux, au lieu de détruire, il pardonnait. Il se rappelait : ils ne sont que chair, un souffle qui s’en va sans retour. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2, 6-11

Tous les êtres sont appelés à tomber à genoux devant le Christ en croix et à le proclamer leur Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à  la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l'a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au Nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », à la gloire de Dieu le Père. - Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons: par ta Croix, tu as racheté le monde. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 13-17

La croix de Jésus n'est pas le signe de notre jugement, mais celui de l'amour qu'en son Fils Dieu porte au monde.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu'en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Chaque année, frères et sœurs, l’Eglise nous fait célébrer le mystère de « la Croix Glorieuse » au jour anniversaire où fut découvert à Jérusalem le bois précieux qui avait porté le corps martyrisé de Jésus. C’était le 14 septembre de l’an 320.

Instrument de supplice, d’une atroce cruauté, réservé aux esclaves et aux grands criminels qu’on voulait torturer et couvrir de honte.

- Comment la Croix est-elle devenue Glorieuse ?

- Comment l’Eglise peut-elle nous inviter à exaltée cet horrible gibet sur lequel Jésus, son divin fondateur, a connu la mort ?

Dans son Evangile l’Apôtre Jean donne à ces questions une réponse particulièrement éclairante. Pour lui, en effet, la mort de Jésus n’est pas une infamie : elle est une élévation. Et il donne à ce terme une double signification : élévation en Croix et élévation en Gloire. Autrement dit, Jésus qui s’offre librement sur le Calvaire est en même temps le Crucifié et le Glorifié.

Saint Jean nous fait ainsi comprendre que l’heure de la mort pour Jésus, c’est l’heure de la victoire suprême : ce n’est pas un pauvre homme humilié qui expire dans l’échec humain le plus total mais le Fils de Dieu dont l’acte d’obéissance filiale d’une valeur infinie est source de Salut et de Gloire éternelle pour tous les hommes.

Oui, par le mystère de sa mort d’amour qui prélude à la gloire éclatante de sa Résurrection, Jésus est le grand vainqueur : il triomphe définitivement du péché, de la mort et de l’enfer. Il nous obtient le pardon de Dieu et nous ouvre toutes grandes les écluses de la Grâces : de cette vie divine qui (si nous lui faisons bon accueil) en nous peut nous envahir pour nous transfigurer.

Il n’est donc pas surprenant, chers frères et sœurs, que la Croix soit devenue l’objet d’une particulière vénération chez tous ceux qui reconnaissent en elle l’instrument privilégié du salut, le signe éclatant de l’amour le plus fort et le plus bouleversant : celui que le Fils de l’Homme porte à chacun de nous : « Il m’a aimé moi et il s’est livré pour moi » disait saint Paul.

C’est un peu partout, en effet (nous l’avons tous constaté) que la Croix se dresse en place d’honneur : dans nos églises, dans nos cimetières, au carrefour des chemins et sur les murs de nos maisons.

Mais se dresse-t-elle aussi et avant tout dans nos cœurs ?

Quel accueil lui réservons-nous lorsqu’elle vient nous visiter dans nos vies par le biais des renoncements qu’exige notre fidélité au Christ et sous forme de souffrance physique morale ou spirituelle ?

Acceptons-nous alors d’y être cloués avec Jésus et dans les sentiments qui furent les siens ?

Il faut bien reconnaître qu’en raison de notre répulsion vis-à-vis de toute souffrance nous sommes constamment tentés de nous dérober aux différentes crucifixions, petites ou grandes, que Dieu permet pour notre plus grand bien, autrement dit pour notre sanctification. Mais, si d’une part, dans notre prière contemplative nous nous laissons pénétrer par le mystère de Jésus crucifié et si, d’autre part, dans toutes nos eucharisties nous communions au « Corps livré » et au « Sang versé » avec le désir de nous offrir avec Jésus en sacrifice, nous sommes assurés d’attirer en nos cœurs toutes les grâces dont nous avons besoin pour porter avec amour toutes nos croix, si dures, si écrasantes soient-elles !!!

En nous plaçant dans cette vive lumière qui émane de la Croix Glorieuse nous sommes donc amenés à comprendre que la souffrance n’est pas quelque chose d’absurde, mais qu’elle est le moyen irremplaçable grâce auquel nous pouvons, à l’exemple de Jésus, de Marie et de tous les saints prouver à Dieu notre amour.

En étant dans les mains expertes du Seigneur un rude ciseau qui taille impitoyablement les branches nuisibles de l’égoïsme et de l’orgueil, la souffrance nous purifie en profondeur et nous conduit progressivement à aimer Dieu plus que tout et uniquement pour lui-même. Et en même temps elle est particulièrement utile à notre prochain, car elle achève, comme dit saint Paul, ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Eglise. Elle est comme un sérum d’amour que nous offrons au Seigneur et dont il veut bien se servir pour convertir les âmes, les guérir, les revivifier et les sanctifier. Le chrétien est un rédempteur avec le Christ. Nous savons enfin (et c’est cette perspective qui devrait nous encourager et nourrir notre espérance) que toutes nos souffrances valorisées par l’amour sera un jour transfigurées en gloire. « Il n’y a aucune proportion nous assure saint Paul, entre les souffrances de ce monde et le poids éternel de gloire qui en sera la récompense au ciel ».

« Souffrir passe, avoir souffert ne passera pas ».

Nous demanderons à Celle qui fut la personne la plus unie à Jésus crucifié : Marie, la Mère des douleurs, de nous aider à approfondir le sens chrétien de la souffrance.

Qu’elle nous apprenne à porter chacun notre fardeau avec le maximum d’amour et surtout de savoir aider nos frères à porter le leur.

Amen.

Prière Universelle

  • « Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour que, par lui, le monde soit sauvé ». Prions pour que tous les fidèles, poussés par l'Esprit et animés d'une confiance totale dans le Père, puissent communier joyeusement à la Croix Glorieuse du Fils.
  • Nous fêtons aujourd'hui la Croix Glorieuse. Prions pour les malades, les adultes et les souffrants de notre monde : que leurs épreuves soient reçues comme une communion à la croix rédemptrice du Christ et une offrande au Père.
  • « La Croix est la clef qui ouvre la porte, la lampe qui éclaire le ciel et la terre » disait le Saint Curé d'Ars. Prions pour les chrétiens victimes de la guerre et de la persécution et pour ceux dont la foi et l'espérance sont ternies par la souffrance. Qu'ils reçoivent la chaleur de se sentir les fils aimés du Père.
  • Nous vivons aujourd'hui un temps de rentrée : scolaire mais aussi pastorale. Prions pour les personnes qui forment notre communauté chrétienne. Qu'elles puissent toutes contribuer à agrandir notre famille dans la foi, l'espérance et la miséricorde.

Source de la P.U. : http://www.basilique-saint-sernin.fr Sœurs de la Compassion

 

Préface Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Car tu as attaché au bois de la croix le salut du genre humain, pour que la vie surgisse à nouveau d’un arbre qui donnait la mort, et que l’ennemi, victorieux par le bois, fût lui-même vaincu sur le bois, par le Christ, notre Seigneur. Par lui, avec les anges et tous les saints, nous chantons l’hymne de ta gloire et sans fin nous proclamons : Saint ! …

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 08:23

Lecture du livre de Michée 5, 1-4a

Ainsi parle le Seigneur : Toi, Bethléem Éphrata, le plus petit des clans de Juda, c’est de toi que sortira pour moi celui qui doit gouverner Israël. Ses origines remontent aux temps anciens, aux jours d'autrefois. Mais Dieu livrera son peuple jusqu'au jour où enfantera celle qui doit enfanter, et ceux de ses frères qui resteront rejoindront les enfants d’Israël. Il se dressera et il sera leur berger par la puissance du Seigneur, par la majesté du nom du Seigneur, son Dieu. Ils habiteront en sécurité, car désormais il sera grand jusqu’aux lointains de la terre, et lui-même, il sera la paix ! - Parole du Seigneur.

ou bien :

Lecture du premier livre des Rois 3, 5. 7-12

En ces jours-là, à Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur apparut en songe à Salomon. Il lui dit : « Demande ce que je dois te donner. Salomon répondit : « Ainsi donc, Seigneur, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David mon père ; or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter, et me voilà au milieu du peuple que tu as élu ; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; sans cela, comment gouverner ton peuple qui est si important ? »

Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi ». – Parole du Seigneur.

Psaume

R/ J'exulterai de joie en Dieu, mon Seigneur.

  • Je tressaille, je tressaille à cause du Seigneur ! Mon âme exulte à cause de mon Dieu ! Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice. R/
  • Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations. R/
  • Pour la cause de Sion, je ne me tairai pas, et pour Jérusalem, je n’aurai de cesse que son juste ne monte comme l’aurore, que son Sauveur ne brille comme la flamme. R/
  • Et les nations verront ta justice ; tous les rois verront ta gloire. On te nommera d’un nom nouveau que la bouche du Seigneur dictera. R
  • Tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur, un diadème royal entre les doigts de ton Dieu. R/

Alléluia. Alléluia. Célébrons la naissance de la Vierge Marie : en elle, le rameau de Jessé a fleuri, par elle, Dieu, notre Dieu, nous bénit. Alléluia.

Commencement de l’Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 1,1-16. 18-23

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets

[Voici la table des origines de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham : Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.

David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ (ou Messie).]

Voici comment fut engendré Jésus Christ. Marie, la mère de Jésus, avait été accordée en mariage à Joseph ; or, avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement ; il décida de la répudier en secret. Il avait formé ce projet, lorsque l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle mettra au monde un fils, auquel tu donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela arriva pour que s’accomplit la parole du Seigneur prononcée par le prophète : « Voici que la Vierge concevra, et elle mettra au monde un fils ; auquel on donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

La Nativité de Marie que nous célébrons le 8 septembre en communion avec toute l’église se présente sous la forme d’un joyeux anniversaire. Elle commémore la venue au monde de celle qui devait devenir la Mère du Sauveur et notre Mère à tous dans l’ordre de la grâce.

Cette naissance de Marie au foyer de deux juifs très saints : Joachim et Anne fut la cause d’une immense joie non seulement sur la terre : ses parents et les personnes de son entourage, mais encore au ciel : parmi les anges qui depuis toujours avaient attendu ce moment ineffable et aussi parmi les âmes des prophètes et des justes de l’Ancien Testament qui avaient vécus, pleins de Foi et d’Espérance, dans l’attente « de cette aurore annonçant le jour ».

Cette joie profonde l’Eglise aujourd’hui la fait sienne et la fait éclater dans toutes ses prières. Ce qui la réjouit tout particulièrement – ce qui donc nous réjouit, puisque l’Eglise c’est nous – c’est de savoir par la Foi que la petite Marie qui vient de naître (et qui à première vue ressemble aux autres nouveau-nés) n’est pas une enfant comme les autres. Sans doute, étant fille de notre race elle épouse la petitesse et la faiblesse de notre nature, mais un autre monde réside en son âme : le monde de la grâce de la vie divine.

« La petite sainte Vierge d’un jour », comme dit Thérèse de Lisieux, est celle qui bien avant sa naissance (dès le premier instant de sa conception) est l’Immaculée, la sans tâche, la toute pure, la créature la plus parfaite que la terre ait jamais porté. En vertu de ce privilège unique, qui l’a préservée du péché originel, elle commence sa vie terrestre à un degré éminent de sainteté. Admirablement dotée par la nature et par la grâce, elle est vraiment le chef-d’œuvre de l’amour de Dieu et la gloire du genre humain.

Comprenons bien cependant que ce n’est pas pour elle seule que Dieu a fait d’elle un admirable chef-d’œuvre : en le dessinant avec amour il avait en vue un chef-d’œuvre plus achevé encore : son Fils Unique : Le Christ Jésus. « Dieu en créant cette enfant avait sa pensée en Jésus-Christ, nous dit Bossuet, il ne travaillait que pour Lui ».

Destinée à devenir la Mère du Rédempteur, la douce fille de Joachim et d’Anne sera le Temple où s’accomplira cette merveille des merveilles qui est l’union des deux natures du Christ, la Divine et l’Humanité, en une seule personne. Il importe donc que tout en Elle soit digne de celui qui viendra y prendre corps. Marie, (il ne faut jamais l’oublier) est toute relative à son divin Fils. C’est pourquoi dès le premier instant Dieu la prépare à sa fonction maternelle, en lui octroyant des grâces tout à fait exceptionnelles. On peut donc dire que la beauté de Marie est à l’image de Jésus qu’on a appelé « le plus beau des enfants des hommes » : elle anticipe cette beauté.

Puisque Jésus doit recevoir d’Elle tout ce qu’il possèdera au plan humain, qu’il lui ressemblera psychologiquement aussi bien que physiquement n’est-il pas normal, qu’en tant que Verbe de Dieu, il prépare à l’avance l’âme de sa propre Mère, qu’il lui confère toute la sainteté qu’il aimera trouver en Elle au jour de l’Incarnation. L’Eglise est à ce point saisie par la contemplation de ce que la petite Marie doit être un jour, qu’à considérer les textes liturgiques on pourrait prendre la fête de la naissance de la Vierge pour une fête de sa maternité divine.

Nombreuses sont en effet, les prières qui célèbrent cette maternité comme la raison d’être de la joie d’aujourd’hui. Voici la plus connue : « Ta naissance, Vierge, Mère de Dieu a annoncé la joie au monde entier, car c’est de Toi qu’est sorti le Soleil de Justice, le Christ notre Dieu, c’est lui qui en détruisant la malédiction nous a apporté la bénédiction et en confondant la mort nous a donné la vie éternelle ».

Frères et sœurs, qui dit naissance dit commencement d’une aventure personnelle unique. Mais dans la naissance de Marie il y a tellement plus que le commencement d’une aventure personnelle, en raison précisément du rôle sublime qu’elle est appelée à jouer dans le plan de Dieu :

  • en tant que Mère du Christ,
  • en tant que Collaboratrice à l’œuvre de la Rédemption par l’union de ses souffrances au sacrifice de Jésus,
  • en tant que Mère spirituelle de tous les hommes et médiatrice de toutes les grâces.

En donnant à Marie un Cœur Immaculé, en l’associant très étroitement à Jésus qui est l’auteur de la nouvelle alliance, Dieu a fait d’Elle la première créature de la nouvelle création, d’une humanité revivifiée et divinisée par la grâce.

Dans cette nouvelle création, dans ce peuple de la nouvelle alliance qui est l’Eglise, Corps du Christ, nous sommes entrés à l’heure de notre baptême. Par la grâce de ce sacrement nous sommes nés de Dieu ! La vie éternelle a commencé en nous. Dans notre âme purifiée du péché originel, l’Esprit-Saint a déposé une semence de sainteté que nous avons le devoir de faire grandir en laissant à Dieu la liberté de nous guider, de nous modeler jusqu’à ce que nous parvenions à une ressemblance aussi parfaite que possible à son Fils Jésus. Mystère stupéfiant que saint Paul a exprimé en ces termes : « Dieu nous a choisis pour que nous soyons saints et sans péché devant sa Face grâce à son amour, Lui qui nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs en Jésus-Christ ».

Puissions-nous à ce jour et tous les jours, supplier avec une immense confiance celle qui est notre éducatrice spirituelle « Marie, la Mère de la Divine Grâce et le secours des chrétiens » de nous accompagner, de nous stimuler, de nous soutenir sur le rude chemin de notre sanctification : « Avec Elle (disait le grand apôtre de Marie que fut saint Maximilien Kolbe) je peux tout ». Que ce soit aussi notre conviction.

Amen.

Prière universelle

  • Comme la Vierge Marie, l’Immaculée, dans son mystère de disponibilité natale, que chacun d’entre nous devienne terreau pour l’amour de Dieu et rayonne de sa lumière et de sa paix. Seigneur nous te prions.
  • À la suite de la Vierge Marie, reine de la paix, que notre Église soit le signe de l’alliance d’amour de Dieu avec l’humanité, afin que nos dirigeants y puisent les ressources nécessaires pour établir la justice et la paix. Seigneur nous te prions.
  • Avec la Vierge Marie, l’Immaculée, soyons présents auprès des familles en souffrance, soutenons les, afin qu’elles s’appuient sur Dieu, dans la confiance et l’espérance, pour dépasser et apprendre à vivre avec les difficultés. Seigneur nous te prions.
  • Avec la Vierge Marie, Mère de l’humanité, ayons à cœur de transmettre à nos enfants la joie de dire oui au Christ Jésus ! Seigneur nous te prions.

Source de la P.U. : http://cathonimes.fr

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15 août 2021 7 15 /08 /août /2021 08:17

Une petite anecdote

Don Bosco prêchait le triduum à la fête de l'Assomption dans la paroisse rurale de Montemagno près de Turin. Une sécheresse implacable sévissait et menaçait de ruiner totalement les récoltes de pommes de terre, principaux produits du pays. A moins d'une pluie prochaine et abondante, les récoltes seraient irrémédiablement perdues. 

Or voici qu'au sermon d'ouverture du triduum, Don Bosco annonce : "Mes frères, si vous venez généreusement pendant ces trois jours entendre la parole de Dieu et si vous purifiez vos consciences par une bonne confession, je vous promets de la pluie pour la clôture." Quand l'orateur descendit de chaire, le curé affolé l'aborda et lui dit : - "Don Bosco qu'avez-vous promis là? De la pluie pour la clôture ?" - "J'ai dit cela ?" fait Don Bosco, étonné. L'église fut remplie à chacune des prédications. Les confessionnaux furent pris d'assaut. Toute la population en âge de le faire communia au matin de l'Assomption. L'après-midi pour la clôture, l'église était archicomble. Pendant ce temps, le soleil narguait tout le monde dans un ciel sans nuage. 

Au moment de monter en chaire à la fin du magnificat, Don Bosco, un peu inquiet, envoie le sacristain inspecter le ciel pendant que lui-même murmure cette prière : "Bonne Mère, vous ne pouvez les décevoir ; voyez leur empressement !" Le sacristain revient en disant : "Il y a bien à l'horizon un nuage gros comme un chapeau de gendarme, mais rien de bien sérieux." 

Don Bosco monte en chaire. Le ciel s'obscurcit visiblement. Il n'a pas prononcé dix phrases qu'un coup de tonnerre formidable retentit et une bienfaisante pluie se met à tomber. Un soupir de soulagement s'échappe de toutes les poitrines. Alors le prédicateur change le thème de son sermon pour inciter à la confiance envers Notre-Dame.

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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 13:50

Livre de Daniel 7,9-10.13-14

Le Fils de l'homme est intronisé devant Dieu pour recevoir la royauté sur tous les peuples. Lors de la Transfiguration, les apôtres ont connu un avant-goût de cette gloire de Jésus.

La nuit, au cours d’une vision, moi, Daniel, je regardais : des trônes furent disposés, et un Vieillard prit place ; son habit était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée ; son trône était fait de flammes de feu, avec des roues de feu ardent. Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui. Des milliers de milliers le servaient, des myriades de myriades se tenaient devant lui. Le tribunal prit place et l’on ouvrit des livres.

Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. – Parole du Seigneur. - Parole du Seigneur.

Psaume 96

R/ Le Seigneur est roi, le Très-Haut sur toute la terre

  • Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! Joie pour les îles sans nombre ! Ténèbre et nuée l'entourent, justice et droit sont l'appui de son trône. R/
  • Quand ses éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s'affola. Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur, devant le Maître de toute la terre. R/
  • Les cieux ont proclamé sa justice, et tous les peuples ont vu sa gloire. Tu es, Seigneur, le Très-Haut sur toute la terre : tu domines de haut tous les dieux. R/

Lecture de la 2ème lettre de saint Pierre apôtre 1, 16-19

Le témoignage des apôtres ne s'appuie pas sur des mythes ou des légendes: sur la montagne sainte, ils ont contemplé dans sa gloire celui que le Père appelle son Fils bien-aimé.

Frères, ce n'est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c'est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur. Car il a reçu de Dieu le Père l'honneur et la gloire quand, depuis la Gloire magnifique, lui parvint une voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j'ai toute ma joie ». Cette voix venant du ciel, nous l'avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ; vous faites de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs. - Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17, 1-9 – A -

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie ».

Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d'une grande crainte. Jésus s'approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.

En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 2-10 - B -

En ce temps-là, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 28b-36 - C -

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d'une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s'accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s'éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». Il ne savait pas ce qu'il disait. Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n'y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu'ils avaient vu. - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Le miracle de la Transfiguration est l’un des plus beaux joyaux de la Révélation chrétienne. C’est une scène d’une particulière densité et d’une grande richesse d’évocation. Les trois Apôtres qui en furent les témoins privilégiés en ont gardé un souvenir impérissable. Et comme nous comprenons bien leur émotion, puis leur enthousiasme, à la vue de ce Jésus qui dans l’existence quotidienne était si simple si familier, si semblable aux autres hommes et qui brusquement leur laisse entrevoir l’éblouissante splendeur de sa divinité.

Certes, auparavant, ils devinaient bien que leur Maître était plus qu’un homme. Pierre avait même fait au nom des Douze cette magnifique profession de Foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant… » Mais de cette vérité, dans le cours de la vie ordinaire ils n’étaient que trop portés à l’oublier.

Or, maintenant qu’ils voient se révéler, dans un éclair de gloire, le Christ qui est « le Fils Bien-Aimé du Père », le Sauveur annoncé par les prophètes (représentés ici par Moïse et Elie) ils comprennent mieux le privilège inouï qui est le leur : de vivre avec Jésus et dans son amitié, de pouvoir à chaque instant rencontrer Son Regard, écouter Sa Parole, lui parler, lui demander lumière et réconfort. Et dans la plénitude de joie qu’ils éprouvent, ils voudraient éterniser cette minute exceptionnelle : « Seigneur il fait si bon ici, restons-y ».

Rêve chimérique que Jésus va dissiper, car l’homme ici-bas ne doit pas vivre habituellement sur le Thabor et dans les ravissements de l’extase… La plaine le réclame pour le combat et le travail. Mais dorénavant toute leur existence (qui restera dans le détail des heures, monotone et pénible) apparaîtra merveilleusement transfigurée par cette minute de lumière inoubliable.

Chers frères et sœurs, nous qui n’avons pas eu comme les Apôtres la ferveur de voir le Christ Glorifié, nous avons cependant une lumière capable de transfigurer, toute notre vie : c’est la lumière intérieure, la lumière surnaturelle de la Foi…

Il est clair que si nous projetons sur notre vie un regard simplement humain, elle nous apparaît plutôt maussade, presque toujours en grisaille et même à certaines heures absurde et cruelle. Nous sommes aux prises, en effet, avec tant et tant de difficultés. Trop souvent nous avons l’impression d’être emportés par la vague déferlante des évènements qui nous dépassent. Notre travail quotidien peut nous paraître fastidieux et, à la longue, exaspérant. Et ceux qui nous entourent, y compris ceux que nous aimons peuvent alourdir encore notre épreuve. Dieu lui-même peut nous sembler lointain, absent des prières par lesquelles nous cherchons à le rejoindre, étrangement neutre et indifférent au drame de notre existence.

Mais si nous projetons sur cette vie humaine les clartés de la Foi, alors tout est changé, tout peut se transfigurer, comme un paysage morose qui s’anime, se colore et se met à sourire à la lumière du soleil.

Car la Foi, voyez-vous, nous donne une autre vision du monde et de l’aventure humaine : elle nous permet de faire cette découverte enthousiasmante à savoir que Dieu, s’il reste invisible n’est pas lointain, mais tout proche, présent partout et surtout en nous-mêmes par le mystère de la Grâce sanctifiante, et qu’il nous enveloppe constamment de sa Tendresse. Nous découvrons que Dieu, apparemment silencieux et détaché nous aime, chacune et chacun, d’un amour éperdu et s’occupe par sa Providence du détail de nos vies…

D’ailleurs n’avons nous pas la preuve la plus convaincante de cette proximité du Seigneur et de son prodigieux amour dans le Mystère de l’Eucharistie.

Jésus réellement présent nuit et jour dans le Tabernacle de nos églises. Jésus qui par la Communion Eucharistique dépose en nous le germe de notre future glorification, nous plonge davantage dans l’intimité divine et resserre nos liens d’amour avec tous nos frères.

Et dans cette lumière qui vient d’En-Haut nous découvrons également que nos démarches quotidiennes, si insignifiantes à première vue, que notre travail le plus banal, qu’en un mot tout ce qui occupe nos journées, tout cela peut être divinisé, tout cela peut avoir un retentissement éternel si toutefois, bien sûr, nous nous efforçons de la vivre en union avec le Christ, si toutefois nous nous efforçons de l’accomplir comme le Christ lui-même l’accomplirait s’il était à notre place.

Enfin grâce à cette lumière surnaturelle de la Foi nous découvrons que nos souffrances, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles, (ces souffrances qui nous révoltent aussi longtemps qu’elles nous semblent absurdes) que nos souffrances ont un sens : qu’elles peuvent devenir utilisables et porter beaucoup de fruits si nous savons les unir aux souffrances du Sauveur : Mystère de Compassion, de Corédemption dont la Vierge Marie est le plus bel exemple.

Malheureusement ces vérités si réconfortantes, nous les oublions trop facilement et cela parce que nous ne savons pas (ou ne cherchons) pas assez à nous élever jusqu’au niveau d’une foi vraiment divine.

Notre comportement, nos réactions ressemblent trop souvent au comportement et aux réactions de ceux qui ne partagent pas cette Foi. Trop souvent c’est l’humain qui prédomine en nous.

Et il faut bien reconnaître que la démarche du croyant n’est pas facile, car les réalités invisibles ne sont ni tangibles, ni mesurables, elles n’atteignent pas nos sens.

Nous ne pouvons pas voir de nos yeux, ni toucher de nos mains le monde surnaturel dans lequel, pourtant, nous baignons.

Dieu, l’Ame, la Grâce, la Communion des Saints, le Ciel : ces réalités là, ni l’analyse chimique, ni le scanner, ni les explorations interplanétaires ne peuvent les atteindre…

Et il faut ajouter que les instants où Dieu par une lumière spéciale devient « sensible au cœur », ne sont jamais dans notre vie que des minutes brèves. La joie comblante de la Transfiguration fut, pour les Apôtres, de courte durée. Et s’imaginer que les Saints vivaient toujours en extase avec le ciel ouvert devant les yeux est une grosse erreur.

Pour les Saints, comme pour nous la vie terrestre a été une épreuve et un combat spirituel dans l’obscurité. Il reste que pour nous, comme pour eux, la Foi doit être ce phare dans la nuit, ce rayon de lumière qui permet d’avancer sans s’égarer sur le chemin montant, étroit et escarpé, qui mène à Dieu.

Et puisque la Foi dépend de la Grâce et de notre bonne volonté, puisque la Grâce nous est toujours offerte, il dépend finalement de nous que notre Foi chrétienne devienne plus forte, plus surnaturelle, plus rayonnante.

Faisons donc cet effort et ne restons pas dans les ténèbres, alors que nous pouvons marcher sous le grand soleil de Dieu.

Et puisque nous connaissons bien notre faiblesse, redisons souvent cette profonde prière qui fut inspirée à un paysan du temps de Jésus :

« Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon incrédulité ».

Oui, Seigneur, c’est bien vrai, trop souvent nous sommes des croyants incroyants ou peu croyants…

Accorde-nous, par Marie ta Très Sainte Mère qui est le Modèle incomparable de la Foi, de dépasser le stade d’une foi imparfaite, réveille notre Foi, trop souvent somnolente pour que notre existence monotone et éprouvée soit toute entière illuminée par Ta Présence, par Ta Vie en nous, en attendant le jour éternel où nous te serons semblables parce que nous te verrons tel que tu es dans les splendeurs de la Bienheureuse Trinité.

 

Amen.

Prière universelle

Puisqu'il est le Fils bien-aimé du Père, tournons-nous avec confiance vers le Seigneur ressuscité. Exauce-nous, Seigneur de gloire !

  • Jésus transfiguré, nous sommes ton Église. Donne-nous d'écouter ta parole en profondeur afin qu'elle transfigure notre regard sur Dieu et sur le monde.
  • Jésus transfiguré, nous te confions notre terre abîmée par tant de violences et d'injustices. Rends-la plus habitable et plus fraternelle.
  • Jésus transfiguré, vois nos frères et sœurs écrasés par les épreuves physiques ou morales. Sois pour eux réconfort et source d'espérance.
  • Jésus transfiguré, tu nous as chargé de témoigner de ta lumière. Donne à notre communauté paroissiale un dynamisme missionnaire de plus en plus grand.

Jésus, Fils de l'homme, entends notre prière et transfigure notre histoire, toi qui es avec nous pour les siècles des siècles. Amen.

Source : https://www.dominicains.be

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27 juin 2021 7 27 /06 /juin /2021 16:32

Lecture du livre des Actes des Apôtres 12, 1-11

Arraché aux griffes d’Hérode dans la semaine de la Pâque, Pierre ne suivra-t-il pas l’itinéraire de son Maître ? Si, il le suivra plus tard jusqu’à la croix !

À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain. Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison. Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite ». Les chaînes lui tombèrent des mains. Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales ». Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi ». Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif ». - Parole du Seigneur.

Psaume 33

R/ De toutes mes frayeurs, le Seigneur me délivre.

  • Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m'entendent et soient en fête ! R/
  • Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre. R/
  • Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. R/
  • L'ange du Seigneur campe à l'entour pour libérer ceux qui le craignent. Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge ! R/

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée 4, 6-8.17-18

Le Seigneur m’a assisté pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’Évangile, écrit Paul. Demandons au Seigneur d’avoir cette même passion de l’Évangile.

Bien-Aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Tous m’ont abandonné. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. - Parole du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16, 13-19

« Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». C’est le Christ qui bâtit son Église, mais il lui faut pour cela des hommes de foi comme pierres vivantes.

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; t la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ». -Acclamons la Parole du Seigneur.

Homélie

La liturgie propose à notre vénération et nous montre en exemple deux des plus grands apôtres : saint Pierre et saint Paul qui sont les deux figures marquantes des débuts difficiles de l’Eglise. Ils sont l’un et l’autre, des témoins vivants de cette merveilleuse transformation que la grâce de Dieu réalise chez les hommes.

Ces deux saints, si différents et pourtant si complémentaires ont ceci en commun : ils ont été entièrement métamorphosés par l’action divine. La fête des saints Pierre et Paul est donc la fête de la puissance de la grâce. Or, cette grâce ne s’épuise pas avec les siècles : elle est toujours capable de façonner les saints avec les pauvres hommes que nous sommes.

- Pierre et Paul étaient incontestablement différents par leurs origines et par leurs itinéraires spirituels.

- Pierre était un simple pécheur du lac de Tibériade. Il avait vécu plusieurs années aux côtés de Jésus, partageant les errances de sa vie publique jouant parfois le rôle de garde du corps pour le protéger des foules, assistant éblouis aux miracles et savourant chaque jour un enseignement particulièrement lumineux et solide.

- Paul, quant à lui, n’avait pas connu Jésus durant sa vie terrestre. C’était un juif vivant à l’étranger. Il avait passé toute sa jeunesse à Tarse en Cilicie, ville universitaire où il avait reçu une solide instruction à la fois juive et grecque.

Pierre avait été un des premiers à répondre à l’appel du Christ « Viens et suis-moi ». Très vite il avait perçu qui était Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Cette belle profession de foi lui valut d’être choisi par Jésus pour être le chef de l’Eglise naissante, (le premier pape). « Tu es Pierre et sur cette pierre... »

Mais lorsqu’arriva la tornade de la Passion, Pierre le présomptueux toujours prêt à ferrailler pour son Maître fut terrorisé comme les autres. Nous savons comment au moment du procès il renia le Christ par 3 fois, ce qu’il regretta d’ailleurs amèrement. Il fallut attendre le souffle de l’Esprit-Saint à la Pentecôte pour le galvaniser et lui donner la force d’affermir ses frères dans la foi, la force d’affronter l’hostilité des juifs et des romains et de rester fidèle au Christ jusqu’au martyre. Il mourut crucifié, la tête en bas, à Rome, sous le règne de Néron.

Paul, lui était un juif orgueilleux, fier de sa race et de ses origines ; dès qu’il connut les premiers chrétiens à Jérusalem, il se mit à les combattre parce qu’il les considérait comme des hérétiques. Les Actes des apôtres, ce livre écrit par saint Luc et qui est le prolongement de son évangile, nous disent qu’il était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il les jetait en prison et assistait à leur persécution. C’est ainsi qu’il observe, sans le moindre remords, la lapidation du diacre Etienne... Mais le Christ ressuscité l’attendait sur le chemin de Damas : il lui apparut et Paul fut terrassé par cette vision. Il comprit que derrière sa fidélité juive se cachait un orgueil qui refusait la grâce de Dieu. Il réalisa alors une conversion soudaine et radicale et il mit désormais sa fougue et sa brillante intelligence au service de ce Jésus qu’il avait persécuté à travers les membres de son Eglise. Il comprit surtout que seule l’adhésion totale et confiante à la personne du Christ-Sauveur pouvait faire de nous des hommes nouveaux.

Tel est, chers frères et sœurs, le miracle de la grâce de Dieu. Dieu fait de ces 2 hommes si différents des piliers inébranlables de son Eglise primitive. Certes, la grâce de Dieu est bienveillante et gratuite, mais elle n’est pas un rayon-laser subtil, transperçant les cœurs pour les transformer de force. Dieu respecte trop la liberté de l’homme créé à son image. Néanmoins la grâce est une force puissante dans la mesure où elle est accueillie. Chez Pierre et chez Paul elle le fut généreusement. Il suffit de lire les Actes des apôtres pour comprendre comment le Seigneur a fait de ces 2 pécheurs les 2 grands saints que toute l’Eglise vénère. N’allons pas croire cependant que ce bouleversement étonnant de la grâce a pu s’opérer sans difficulté, car l’action de Dieu si forte soit-elle n’empêche pas les hommes de rester des hommes. Mais, si la grâce ne supprime pas les difficultés elle permet par contre de les surmonter. Plus tard, elle n’empêchera pas les persécutions : mais elle sera la force des martyrs. Pour le bien de l’Eglise, elle utilise donc ces 2 hommes si différents, mais complémentaires : tandis que Pierre tient bon la barre en prenant les décisions qui s’imposent dans la fidélité au message évangélique, Paul, le grand voyageur (qu’on a appelé l’apôtre des gentils, c'est-à-dire des païens) apparaît comme l’aiguillon qui pose sans cesse de nouvelles questions et demande de nouvelles aventures.

Frères et sœurs, ce que saint Pierre et saint Paul ont vécu nous le vivons nous aussi à notre échelle, car notre situation de chrétiens implique nécessairement des tensions et des luttes. Comme Jésus le faisait remarquer (au moment de son agonie au Jardin des Oliviers) l’esprit est parfois plein d’ardeur, mais la chair est faible. Ce qui est merveilleux, c’est que la grâce vient en aide à cette faiblesse congénitale et rend ainsi l’homme capable de l’impossible. Voilà pourquoi le persécuteur devient martyr et le renégat devient pape. L’essentiel (on ne le redira jamais assez) c’est d’accueillir cette grâce abondamment dispensée.

Accueillir la grâce en nous c’est d’bord nous mettre en état de réceptivité et d’écouter « Parle Seigneur, ton serviteur écoute... »

Accueillir la grâce c’est aussi accepter de renoncer à notre volonté propre pour prendre un chemin souvent déconcertant.

Accueillir la grâce c’est surtout prier et prier inlassablement avec une confiance absolue pour obtenir le don du discernement et celui d’une entière disponibilité.

En fait la grande vertu qui a permis aux apôtres Pierre et Paul de devenir des géants de la sainteté, c’est la vertu d’abandon. Ils ont en cette simplicité héroïque de se laisser modeler par Dieu. Ils ont pris conscience de leur pauvreté pour mieux se laisser envahir par la mystérieuse présence de la grâce. Et celle-ci les a conduits à la joie et à l’action de grâces. C’est pourquoi ils pouvaient chanter et rendre gloire à Dieu dans leur prison.

Aujourd’hui nous sommes invités à suivre leur exemple à nous laisser saisir par le Christ et à nous abandonner comme eux à son bon vouloir.

Ainsi, comme eux, nous entrerons dans la joie donnée par l’Esprit-Saint, une joie que jamais rien, ni personne ne pourra nous enlever.

Amen.

Prière universelle

 

En ce jour de la Fête des deux apôtres Pierre et Paul, nous prions Dieu pour toute notre société, avec ces deux témoins de la foi :

R/ Pour les hommes et pour les femmes, pour les enfants de la terre, ton Église qui t’acclame, vient te confier sa prière.

  • Pierre, pour toi, toute église a prié avec insistance : que le rôle et les tâches des responsables dans l’église soient soutenus par la prière des fidèles ! Que l’appel du pape François aux baptisés de prier pour lui est pris en compte sérieusement au cœur de la vie de chaque chrétien ! R/
  • Pierre, toi qui as écouté et réalisé ce que dit l’ange du Seigneur, aide-nous à être attentifs aux événements dans la vie de tous les jours ! Qu’à notre tour, nous soyons toujours discernant et dociles au souffle de Dieu ! R/
  • Paul, converti sur le chemin de Damas : que les yeux de chair de tout homme puissent transformés au regard de Dieu ! Que le feu du péché qui installe la guerre dans les sociétés humaines, laisse la place au feu ardent de l’amour et de la paix ! R/
  • Paul, du Saul-persécuteur au Paul-porteur du nom chrétien, aide à tout homme qui est en quête du sens de la vie de rencontrer le Christ, le Fils de Dieu qui s’est fait petit et humble, qui est abandonné, emprisonné, persécuté … R/

Avec Pierre et Paul, nous demandons à Dieu, le père, de faire grandir notre foi en Christ jour après jour. Que l’Esprit Saint nous aide à témoigner son amour miséricordieux dans le milieu où nous vivons ! Amen

Source : http://www.jardinierdedieu.com

 

Prière sur les offrandes

Que la prière de tes apôtres, Seigneur, accompagnent l’offrande que nous te présentons ; qu’elle nous inspire et nous soutienne pour célébrer cette eucharistie. Par Jésus.

Préface

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Car tu nous donnes de fêter en ce jour les deux apôtres Pierre et Paul : celui qui fut le premier à confesser la foi, et celui qui l’a mise en lumière ; Pierre qui constitua l’Église en s’adressant d’abord aux fils d’Israël, et Paul qui fit connaître aux nations l’Évangile du salut ; l’un et l’autre ont travaillé, chacun selon sa grâce, à rassembler l’unique famille du Christ ; maintenant qu’ils sont réunis dans une même gloire, ils reçoivent une même vénération. C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous chantons et proclamons : Saint !...

Antienne de communion

Pierre dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils de Dieu vivant ». Jésus lui répondit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ».

Prière

Après nous avoir fortifiés par cette eucharistie, Seigneur, fais-nous vivre dans ton Église comme les premiers chrétiens : assidus à la fraction du pain, attentifs à l’enseignement des apôtres, nous serons un seul cœur, une seule âme, solidement enracinés dans ton amour. Par Jésus.

Lectures et Homélie des saints Pierre et Paul en DOCX et PDF

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10 juin 2021 4 10 /06 /juin /2021 22:00

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3, 15-18. 4, 1. 3-6.

Frères, aujourd'hui encore, quand les fils d’Israël lisent les livres de Moïse, un voile couvre leur cœur. Quand on se convertit au Seigneur, le voile est enlevé. Or, le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté. Et nous tous qui n’avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l’action du Seigneur qui est Esprit. C’est pourquoi, ayant reçu ce ministère par la miséricorde de Dieu, nous ne perdons pas courage. Et même si l’Évangile que nous annonçons reste voilé, il n’est voilé que pour ceux qui vont à leur perte, pour les incrédules dont l’intelligence a été aveuglée par le dieu mauvais de ce monde ; celui-ci les empêche de voir clairement, dans la splendeur de l’Évangile, la gloire du Christ, lui qui est l’image de Dieu. En effet, ce que nous proclamons, ce n’est pas nous-mêmes ; c’est ceci : Jésus Christ est le Seigneur ; et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus. Car Dieu qui a dit : ‘Du milieu des ténèbres brillera la lumière’, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ. – Parole du Seigneur.

Psaume 84

J'écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu'il dit, c'est la paix pour son peuple et ses fidèles. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 20-26

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou ».

Homélie

Chers frères et sœurs, nous ne bénirons et ne remercierons jamais assez Notre Seigneur, de nous avoir offert, en ces temps si mauvais et si dangereux que nous traversons, comme moyen privilégié de sanctification et de salut cette Dévotion au Cœur Immaculé de sa Très Sainte Mère.

Il sait bien, Lui, en sa Divine Sagesse, ce qui nous convient le mieux.

Il sait bien, qu’il ne peut y avoir de chemin plus direct, plus rapide et plus assuré pour nous conduire à Dieu que cette merveille des merveilles qu’est le Cœur de Marie, chef d’œuvre du Tout-Puissant, Miroir des Perfections Divines et Aqueduc de toutes les Grâces.

Si dans les messages ce Cœur Unique nous est présenté comme Immaculé, c’est tout d’abord pour que soit manifestée avec éclat son éblouissante Sainteté envisagée en ses plus grands foyers qui sont l’Amour de Dieu et l’amour des hommes.

Marie, la Femme Prédestinée est en effet l’Immaculée Conception.

Celle en qui, dès le premier instant, l’absence de péché fut totale, qui n’a jamais eu en Elle, la moindre faute vénielle, ni la moindre imperfection.

Elle est vraiment la sans tache dont l’Âme de Cristal est toute transparente à Dieu. Marie est aussi La Grande Favorisée de Dieu. Celle qui a reçu comme cadeau de joyeux avènement, une plénitude inconcevable de grâce sanctifiante qui dès le départ l’a établie dans une parfaite Communion aux Trois Personnes Divines. De son Cœur Immaculé on peut donc dire qu’il fut constamment cette « vive flamme d’Amour » dont parle Saint Jean de la Croix, une flamme qui ne cesse de monter et de croître en intensité jusqu’à sa fusion dans l’océan de feu de la Trinité, au jour de l’Assomption.

« Il est certain, nous dit Saint Jean Eudes, qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais d’amour semblable à celui qui a toujours embrasé le Cœur virginal de la Mère du Sauveur ».

« À supposer, que l’amour de tous les pères et de toutes les mères qui ont été, sont et seront, puisse être ramassé dans le Cœur d’une seule Mère, à peine serait-ce une étincelle de la très ardente fournaise d’amour qui brûle dans le Cœur de la Vierge-Mère ».

Si l’on se réfère au message de Fatima, on doit ajouter que le qualificatif « Immaculé » évoque un autre aspect du Cœur de Marie particulièrement émouvant celui de la Miséricorde.

La Vierge Immaculée n’est-elle pas, en effet, le premier et le plus beau fruit de la Miséricorde Divine s’étendant sur l’humanité ?

Mais il faut dire aussi qu’Elle est sa première et plus dévouée Collaboratrice. « C’est à Elle, affirme Saint Maximilien Kolbe, qu’a été confié tout l’ordre de la Miséricorde ».

D’ailleurs, il suffit de lire ses messages aux trois petits bergers pour comprendre que son objectif numéro 1, c’est d’exercer en faveur des pécheurs une action miséricordieuse de très grande envergure – entreprise qu’Elle ne pourra mener à bien – et Elle le souligne très fort – que si nous acceptons d’y participer très généreusement par la Prière et la Pénitence.

Comprenons donc, frères et sœurs, que le Cœur Immaculé de Marie, tel qu’il s’est révélé à Fatima, ce n’est pas seulement un Cœur virginal idéal de pureté et de sainteté, mais c’est aussi un Cœur maternel tout vibrant d’une sensibilité unique, plein d’une délicatesse exquise, qui enveloppe de sa tendresse miséricordieuse tous ses enfants de la terre sans exception, mais avec une préférence cependant pour tous ceux qui dans leurs corps ou dans leur âme continuent à vivre le Mystère du Christ agonisant et crucifié, et une préférence encore plus marquée pour tous ceux que l’extrême misère du péché prive de ce Bien insurpassable qu’est l’Amitié avec Dieu, la Vie en État de Grâce.

C’est à l’image de ce Cœur Immaculé de notre Mère Spirituelle que nous sommes tous invités à modeler notre propre cœur par une fervente dévotion qui comporte trois pratiques, toutes les trois indispensables : à savoir la Consécration, la Réparation et le Rosaire.

Par la Consécration qui est un don total de nous-mêmes à Marie, un engagement à vivre à tout instant pour Elle, par Elle, avec Elle et en Elle nous nous établissons en quelque sort dans le « Cœur d’Amour » de notre Mère pour nous y laisser former, et comme le dit saint Louis Marie Grignion de Montfort « pour nous y laisser manier à l’opération du Saint-Esprit », jusqu’à ce que nous devenions des copies vivantes de Jésus-Christ.

Par la Réparation, nous voulons consoler les Saints Cœurs de Jésus et de Marie si douloureusement blessés par les innombrables péchés commis à tout instant dans le monde. Ayant compris que « là où le péché surabonde il faut que surabonde aussi la Réparation » nous acceptons d’être, à l’exemple de la Co rédemptrice, des victimes d’amour, en versant dans le calice de la Rédemption la goutte d’eau de nos souffrances physiques, morales ou spirituelles et de nos pénitences volontaires « achevant par-là, selon le mot de Saint Paul, ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Église ».

Par le Rosaire qui est une contemplation sur fond de prière répétitive, nous apprenons à mettre en pratique la Parole de Jésus : « il faut toujours prier et ne jamais se lasser ».

En faisant passer et repasser le plus souvent possible devant notre esprit les 20 Mystères qui sont un abrégé de l’Évangile, nous nous formons, dans le Cœur de Marie, à cette irremplaçable vie d’Oraison qui favorise si grandement l’Union à Dieu et féconde l’Apostolat. Nous nous imprégnons peu à peu de la spiritualité même de Marie qui nous apprend à croire comme Elle a cru, à espérer comme Elle a espéré et à aimer comme Elle a aimé…

Chers frères et sœurs, puisqu’il est évident, que la Dévotion au Cœur Immaculé de Marie est le moyen actuellement voulu par Jésus et sa Divine Mère pour nous conduire à la sainteté et sauver le monde en péril, efforçons-nous de la vivre de plus en plus intensément et travaillons à la répandre le plus possible chez nos frères chrétiens. Et si parfois nous sommes tentés de nous décourager et de baisser les bras, rappelons-nous alors ce que notre Maman Marie a solennellement déclaré au sujet de cette Dévotion : « A ceux qui l’embrasseront, je promets le Salut, leurs âmes seront aimées de Dieu d’un amour de prédilection, comme des fleurs placées par Moi devant son trône ».

Lectures et Homélie du Coeur Immaculé de Marie en DOCX et PDF.

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8 juin 2021 2 08 /06 /juin /2021 18:00

Année A

Lecture du livre du Deutéronome 7, 6-11

L'élection d’Israël comme peuple de Dieu est un choix d'amour, et cet amour de Dieu se montre fidèle au long de l'histoire.

Moïse disait à Israël : « Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu : c'est toi qu'il a choisi pour être son peuple particulier, parmi tous les peuples de la terre. Si le Seigneur s'est attaché à vous, s'il vous a choisis, ce n'est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C'est par amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a délivrés de la maison d'esclavage et de la main de Pharaon, roi d'Égypte. Vous saurez donc que le Seigneur votre Dieu est le vrai Dieu, le Dieu fidèle qui garde son Alliance et son amour pour mille générations à ceux qui l'aiment et gardent ses commandements. Mais il riposte à ses adversaires en les faisant périr, et sa riposte est immédiate. Vous garderez donc les ordres, les commandements et les décrets, que je vous prescris aujourd'hui de mettre en pratique ». - Parole du Seigneur.

Commentaire :  Pourquoi un attachement particulier de Dieu à Israël ? Il n'a rien de remarquable et n'attire pas le regard parmi les grandes civilisations et les grands empires de l'époque. Cette petitesse du peuple met en relief la gratuité de l'amour de Dieu, sa fidélité à accomplir ses promesses pour les pauvres, la puissance créatrice et libératrice de cet amour qui donne du prix à ce qui n'en a pas selon nos estimations humaines. Si Dieu l'aime d'un tel amour, comment Israël ne pourrait-il pas l'aimer en retour et pratiquer les commandements de celui qui lui porte une telle affection !

S'il m'arrive de douter de l'amour de Dieu, n'est-ce pas qu'au lieu de regarder le cœur du Christ, je m'efforce de mesurer les raisons que j'aurais d'être aimé et estimé ?

Psaume 102

R/ : L’amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent, est de toujours à toujours.

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits !
  • Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse.
  • Le Seigneur fait œuvre de justice, il défend le droit des opprimés. Il révèle ses desseins à Moïse, aux enfants d'Israël ses hauts faits.
  • Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses.

Lecture de la première lettre de saint Jean 4, 7-16

Ce n'est pas nous qui avons eu l'initiative de l'amour, c'est Dieu qui nous a aimés le premier, en nous envoyant son Fils.

Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici à quoi se reconnaît l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés.

Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l'a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection. Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu'il nous donne part à son Esprit. Et nous qui avons vu, nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous. Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui.

Commentaire : Jean n'écrit pas que l'amour c'est Dieu ; il ne sacralise pas les liens d'affection, de fraternité ou de solidarité qui unissent les hommes. Pour Jean, Dieu est amour parce qu'il s'est montré tel tout au long de l'histoire : ce sont tous les gestes d'amour gratuit de Dieu pour son peuple et, le plus grand de tous, le don de son Fils, qui manifestent et révèlent ce qu'est Dieu. Voici à quoi Jean le reconnaît : l'amour de Dieu a précédé le nôtre, l'amour de Dieu a fait naître le nôtre, l'amour de Dieu en nous pardonnant en Jésus Christ nous a rendus capables de répondre au sien. Dès lors, il n'y a de connaissance de Dieu et de vie avec lui que si l'homme à son tour manifeste un même amour gratuit à ses frères

Dieu, personne ne l'a vu et pourtant Jean peut affirmer que dans la foi il a reconnu, présent dans l'histoire, l'amour de Dieu dans la foi il l'a reconnu, présent dans l'histoire, l'amour de Dieu dans la personne de Jésus Christ. Désormais les chrétiens ont charge de rendre visible aux hommes cette présence de l'amour de Dieu en eux, grâce au témoignage de leur amour fraternel : puisque Dieu est amour, tout homme qui aime jusqu'à s'oublier lui-même pour ses frères demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. Cette visibilité de l'amour fraternel demeure le témoignage missionnaire par excellence : Voyez comme ils s'aiment, a-t-on dit des premiers chrétiens.

Comment faire voir Dieu , En nous aimant les uns les autres. Seul l'amour fraternel a le pouvoir de rendre visible l'invisible.

Alléluia. Alléluia. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 25-30

Jésus doux et humble de cœur, appelle à lui tous les petits : c'est à eux que le Père, dans sa bonté, veut révéler son Fils.

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger ».

Commentaire : L'évangile fourmille de gens privilégiés : les pauvres héritent du Royaume au détriment des riches, les pécheurs sont appelés et non les justes, les enfants et leurs pareils entrent dans le Royaume et non les puissants, et ici les gens incultes reçoivent la révélation du mystère de Dieu - la connaissance intime qu'a le Père du Fils et celui-ci du Père - qui reste caché aux sages et aux savants. Pourquoi ces gens qui ne possèdent rien de ce qui attire habituellement l'attachement ou l'estime : ni la richesse, ni la puissance, ni la culture religieuse, ni la perfection morale, sont-ils privilégiés de Dieu ? "Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté", nous répond Jésus. En portant sa tendresse sur ces êtres démunis Dieu révèle qu'il n'aime pas par convoitise, mais gratuitement, non pour les mérites de l'autre, mais pour le faire grandir et l'épanouir. Qui se veut le disciple de Jésus et prend le joug de son commandement d'amour entre dans la compréhension de ce mystère où il trouve joie et soulagement.

Si ceux que nous aimons venaient à être dépouillés de leur richesse, de leur puissance, de leur science, de leur droiture morale, les aimerions-nous encore ? Dieu certainement!

Année B

Lecture du livre du prophète Osée 11, 3-4. 8c-9

Dieu est tellement Père qu’au moment d’envisager le châtiment de son peuple, son propre cœur se retourne contre lui.

Ainsi parle le Seigneur : Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils. C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ? Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer. – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’histoire de Dieu et son peuple est une histoire d’amour, mais d’un amour continuellement bafoué. Dieu, comme un Père, a aimé Israël d’un amour gratuit qui l’a fait naître avant même que ce peuple puisse lui manifester quelque tendresse : esclave en Égypte, il l’a libéré et fait marcher jusqu’à la terre promise, le guidant par des commandements d’amour ; il l’a nourri dans les solitudes du désert et, plus tard, des récoltes de la Palestine. Mais en retour, Dieu n’a connu qu’infidélités de la part de son peuple. Au moment de le livrer au châtiment définitif – l’invasion assyrienne – Dieu qui ne peut se renier lui-même laisse déborder son amour. Et nous apprenons que Dieu est Dieu, et non pas un homme, qu’il est le Dieu saint en ce qu’en lui l’amour qui pardonne est plus fort que sa légitime colère.

Si nous sommes parents, éducateurs ou accompagnateurs de jeunes, nous avons parfois constaté que notre affection nos attention n’obtenaient pas les résultats escomptés. Le cœur de Dieu qu’aucune ingratitude ne lasse, nous enseigne alors à poursuivre l’histoire d’amour que nous avons entreprise.

Cantique Is 12, 2, 4bcd, 5-6

R/ : Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut !

  • Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. R/
  • Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! Redites-le : « Sublime est son nom ! » R/
  • Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence, et toute la terre le sait. Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens 3, 8-12.14-19

L’amour du Christ surpasse tout ce qu’on peut connaître. Comment ne pas désirer être enraciné dans cet amour ?

Frères, à moi qui suis vraiment le plus petit de tous les fidèles, la grâce a été donnée d’annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ, et de mettre en lumière pour tous le contenu du mystère qui était caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses ; ainsi, désormais, les Puissances célestes elles-mêmes connaissent, grâce à l’Église, les multiples aspects de la Sagesse de Dieu. C’est le projet éternel que Dieu a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur. Et notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance. C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur.

Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui surpasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le christianisme peut-il rivaliser avec les doctrines religieuses des païens qui prétendent explorer et sonder l’univers entier ? Ne fait-il pas piètre figure avec son Seigneur crucifié devant les connaissances accumulées par des siècles de pensée religieuse ? À cette interrogation, Paul vient de répondre en développant le projet de Dieu sur le monde qui concerne tout homme et tout l’univers. Et puisque la seule connaissance religieuse valable vient de Dieu, Paul prie le Père de se révéler par son Esprit et par le Christ. Alors enraciné dans le cœur même du Christ, le chrétien pourra comprendre comment sa croix rayonne sur tout l’univers ; elle rassemble les peuples en une seule famille, elle relie la terre au ciel, les hommes à Dieu. Paul voit dans les quatre bras de la croix les dimensions symboliques de l’amour de Jésus : en la regardant, nous apprenons que, pour Dieu, connaître et vivre, c’est avant tout aimer.

Il n’y a de connaissance de Dieu qu’en entrant dans son projet d’amour, réalisé dans le Christ Jésus. Cette connaissance-là est à la portée de tous.

Alléluia. Alléluia. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19,31-37

L’Évangile nous présente dans le Christ en croix, « ce cœur qui a tant aimé les hommes ». Mais, par de-là la mort, ce cœur ressuscité continue à battre d’amour pour nous.

Jésus venait de mourir. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Jésus meurt au jour et à l’heure où les juifs sacrifiaient les agneaux de la Pâque du lendemain ; ses os ne sont pas brisés, tout comme ceux des agneaux qui devaient rester entiers avant d’être consommés ; ces agneaux rappelaient la nuit de la libération de l’esclavage d’Égypte. En soulignant ces rapprochements, Jean nous montre en Jésus le véritable Agneau pascal. C’est à l’amour dont son cœur fut transpercé que le nouveau peuple de Dieu doit sa libération de toute servitude : c’est de son cœur transpercé que coule pour lui une vie nouvelle avec l’eau du baptême et le sang du sacrifice de la messe. Car l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde est aussi celui qui se donne aux siens en nourriture pour qu’ils vivent de sa propre vie.

Je fais partie de la foule de ceux et de celles qui ont levé les yeux vers le cœur du Christ transpercé sur la croix : les souffrants et les agonisants, les pécheurs et les désespérés, les saints et les humbles de cœur, et Marie, sa Mère.

Lectures et Homélie pour Le Sacré-Coeur de Jésus en DOCX et PDF

Année C

Dieu lui-même vient prendre en main la cause de son peuple exilé ; tel un berger plein d'attention pour les faibles, il ramènera son troupeau.

Lecture du livre d’Ézékiel 34, 11-16

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m'occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. Je les ferai sortir d'entre les peuples, je les rassemblerai des différents pays et je les ramènerai sur leur terre ; je les ferai paître sur les montages d'Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d'Israël. Là, mes brebis se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d'Israël. C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer, - oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. - Parole du Seigneur.

Commentaire : C’est l’exil. À cause de leurs rêves de grandeur et de puissance, après bien des guerres malheureuses, les rois que s’est donnés le peuple de Dieu l’ont mené à cette dure captivité. Ce sont, bien sûr, les petits, les faibles et les sans-défense qui ont fait les frais de cette politique de grandeur. Ézékiel envisage désormais pour Israël un nouveau régime politique : il n’aura plus de rois, c’est le Seigneur lui-même qui gouvernera son peuple, comme un pasteur son troupeau. On le verra, tel un bon berger, partir à la recherche des brebis perdues en exil, les ramener au bercail en Palestine, et là soigner et entourer de sollicitude les plus chétives. On le verra même venir en personne… plus tard, avec Jésus Christ !

L’amour du Seigneur va en priorité aux plus petits et aux plus faibles. Comment notre communauté chrétienne partage-t-elle cette orientation du cœur du Christ ?

Psaume 22

R/ : Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. R/ 
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. R/ 
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure. R/ 
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/ 
  • Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/ 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5, 5b-11

Pourquoi Jésus est-il mort pour les coupables que nous étions ? Parce qu'il nous aime comme on a jamais aimé.

Frères, l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné. Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. - Accepter de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile ; peut-être quelqu'un s'exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions encore ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons- en ayant part à sa vie. Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Quand un homme ou une femme est certain d’être aimé, quelle n’est pas sa force, sa confiance dans la vie ! Mais nous, qui sommes sûrs d’être aimés par Dieu d’un amour indéfectible, quelles ne doivent pas être notre paix et notre assurance, que rien, pas même la détresse, ne peut ébranler ! Et cette certitude ne s’appuie pas sur des mots, mais sur des gestes d’amour de Dieu à notre égard : le Christ qui s’est livré pour nous ouvrir l’accès au cœur de Dieu, l’Esprit qui nous est donné comme gage de l’amour du Père pour nous.

De toutes les preuves que Dieu nous aime, l’apôtre, ici, n’en retient qu’une : le Christ est mort d’amour pour nous tous. Il y a encore bien d’autres preuves qui découlent de celle-là. Cherchons à énumérer celles qui nous concernent plus particulièrement.

Alléluia. Alléluia. Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 3-7

Quand le ciel est-il en fête ? C'est quand, après nous avoir longtemps cherchés, Jésus retrouve la brebis perdue que nous étions.

En ce temps-là, s'adressant aux pharisiens et aux scribes, Jésus disait cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et qu'il en perd une, n'abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, il la prend sur ses épaules tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Qu’est-ce qui peut mettre en fête le cœur de Dieu ? C’est d’être en mesure, à travers son Fils, Jésus Christ, de montrer sa tendresse pour les pécheurs et les égarés ; c’est de pouvoir, après les avoir longtemps cherchés, nous associer à sa joie : « Réjouissez-vous avec moi ! » La conversion d’un seul d’entre nous, pécheurs, compte plus à ses yeux que la persévérance de 99 justes.

Jésus, quand je suis perdu, tu me cherches sans te lasser, jusqu’à ce que tu me retrouves. Alors, tu laisses éclater ta joie. Qu’elle soit aussi la mienne !

Homélie

Pourquoi Jésus a-t-il voulu que nous ayons une dévotion particulière envers son Cœur adorable ? C’est pour que nous ne perdions jamais le souvenir de son inlassable et insurpassable Amour.

L’Evangile, en chacune de ses pages, met sous nos yeux cette richesse infinie d’amour qui habite le Cœur de Jésus et qui transparait dans tous ses actes. Pensons à l’exquise tendresse qu’il épanchait ses tous ses proches et tout d’abord sur sa Très Sainte Mère qu’il a chérie comme jamais homme sur terre n’a chérie sa mère.

Pensons à son inlassable bonté envers tous ces malades qui venaient à Lui avec confiance, à sa tendre sollicitude vis-à-vis de tous les malheureux et de tous les meurtris de la vie : les sans-abris, les pauvres, les étrangers, tous ceux qui souffraient moralement, tous ceux qui sombraient dans le découragement ou le désespoir « venez à moi, disait-il, vous qui êtes dans la peine et portaient de lourds fardeaux, je vous soulagerais ».

Mais ce qu’il y a de plus frappant tout au long de l’Evangile c’est l’accueil si bienveillant que Jésus réservait aux pécheurs. Son amour, alors, était plus que de la bonté, il était miséricorde, c'est-à-dire pitié pour cette misère sans nom, pour ce grand malheur qu’est le péché, il est miséricorde, c'est-à-dire amour désintéressé qui s’épanche sur ceux qui n’aiment pas, qui méprisent ou rejettent l’amour, amour qui ne tient compte d’aucun mal et, qui plus est, trouve le moyen de transfigurer le mal en bien par la puissance vivifiante du pardon.

A-t-il jamais existé un cœur capable d’aimer comme celui-là, d’un amour à la fois si personnel et si universel ? Car chacun est aimé par le Christ d’une affection sans limites, aimé comme s’il était seul au monde, et simultanément ce sont tous les hommes sans exception qui se trouvent comme enveloppés et doucement aspirés par la vive flamme de ce même amour. On comprend dès lors, que saint Jean après avoir contemplé tout au long de sa vie le mystère de ce Cœur adorable, ait pu écrire ces paroles vibrantes « quant à nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru ».

En contemplant à notre tour, chers frères et sœurs, le Cœur infiniment aimant, demandons-nous si vraiment nous y croyons à cet Amour fou du Seigneur pour nous ?

Avons-nous la certitude que nous sommes chéris de Dieu, et cela en dépit de toutes les faiblesses, de toutes nos misères, des nombres ou de la gravité de nos péchés ?

Ah ! Si chacun pouvait être convaincu qu’il est précieux aux yeux de Dieu, qu’il a sa place dans le Cœur si aimant et si miséricordieux de Jésus. Comme ça l’inciterait à répondre plus généreusement à cet indicible amour dont il l’est l’objet, ou est-il pas anormal en effet et insupportable que l’amour aille à sens unique c'est-à-dire du Cœur de Jésus vers notre cœur ?

Ne doit-il pas refluer de notre cœur vers celui de Jésus, car l’amour est essentiellement un échange, un élan joyeux de l’un vers l’autre, un don total de l’un à l’autre ?

Faisons bien attention toutefois que notre amour pour le Divin Cœur de Jésus ne se limite pas à de belles paroles ou à une expression purement sentimentale. L’amour authentique se prouve par des actes.

« Vous m’aimez, si vous observez mes commandements ».

Seigneur Jésus que le feu de ton Cœur enflamme le mien de la vive flamme de ton Amour, qu’il le guérisse définitivement de sa tiédeur pour que ma vie soit toute en Toi et te rende Gloire !

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 19:51

 

Année B

Livre de l'Exode 24, 3-8

Le sang des sacrifices est la signature de l’Alliance entre Dieu et son peuple.

En ces jours-là, Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et toutes ses ordonnances. Tout le peuple répondit d’une seule voix : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique ». Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur. Il se leva de bon matin et il bâtit un autel au pied de la montagne, et il dressa douze pierres pour les douze tribus d’Israël. Puis il chargea quelques jeunes garçons parmi les fils d’Israël d’offrir des holocaustes, et d’immoler au Seigneur des taureaux en sacrifice de paix. Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des coupes ; puis il aspergea l’autel avec le reste du sang. Il prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons ». Moïse prit le sang, en aspergea le peuple, et dit : « Voici le sang de l’Alliance que, sur la base de toutes ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous ».

Commentaire : En choisissant pour son peuple les Hébreux qu’il a délivrés d’Égypte, Dieu s’engage envers eux par alliance. Appelé à se prononcer à son tour, le peuple prend lui aussi l’engagement de vivre dans l’obéissance aux commandements de l’Alliance. Comme souvent dans la Bible, cette alliance est conclue dans le sang dont une partie est répandue sur l’autel, symbolisant Dieu, et l’autre sur le peuple. Le sang est porteur de la vie ; c’est donc un pacte de vie qui lie Dieu à son peuple.

Chacune de nos messes est une fête de l’Alliance que Dieu a conclue avec nous dans le sang de son Fils. L’amen que nous y prononçons nous engage en retour à mettre en pratique les appels de la Parole de Dieu qui nous y avons lus.

Psaume 115

R/ J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.

Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ? J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur. R/

Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ? R/

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce, j'invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple. R/

Lettre aux Hébreux 9,11-15

Parce qu’il a versé son propre sang, le Christ nous a obtenu une libération définitive.

Frères, le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n’est pas œuvre de mains humaines et n’appartient pas à cette création, il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. De cette manière, il a obtenu une libération définitive. S’il est vrai qu’une simple aspersion avec le sang de boucs et de taureaux, et de la cendre de génisse, sanctifie ceux qui sont souillés, leur rendant la pureté de la chair, le sang du Christ fait bien davantage, car le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut ; son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort, pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant. Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau : puisque sa mort a permis le rachat des transgressions commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis.

Commentaire : Lors d’un conflit social ou politique, on fait souvent appel à un médiateur. Cet arbitre doit être accepté par les deux parties en présence pour son impartialité et sa forte personnalité. Lorsqu’il a permis aux deux groupes de trouver un terrain d’entente, il s’en va, ayant achevé sa mission. Entre Dieu et les hommes, il y avait un conflit causé par le péché par lequel l’homme avait rompu les pourparlers. Où trouver le médiateur qui ait à la fois l’audience de Dieu et celle des hommes ? Ce fut Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme. Par son sacrifice de la croix il a trouvé un terrain d’entente qui permette à Dieu et aux hommes de renouer le dialogue : c’est celui de l’amour. Mais bien loin de partir comme s’il avait achevé sa mission, Jésus Christ, monté au ciel avec son corps ressuscité, demeure éternellement le pont jeté entre Dieu et les hommes.

« Le Christ est le grand prêtre du bonheur qui vient ». Nos célébrations eucharistiques en sont déjà un avant-goût. Faire de nos messes des célébrations du bonheur déjà-là et à venir !

Séquence :

  • Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants.
  • Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer.
  • Le Pain vivant, le Pain de vie, il est aujourd’hui proposé comme objet de tes louanges.
  • Au repas sacré de la Cène, il est bien vrai qu’il fut donné au groupe des douze frères.
  • Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs !
  • C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution.
  • À ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne.
  • L’ordre ancien le cède au nouveau, la réalité chasse l’ombre, et la lumière, la nuit.
  • Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire nous le fassions après lui.
  • Instruits par son précepte saint, nous consacrons le pain, le vin, en victime de salut.
  • C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps, que le vin devient son sang.
  • Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer, hors des lois de la nature.
  • L’une et l’autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes, voilent un réel divin.
  • Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces.
  • On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ; il est reçu tout entier.
  • Qu’un seul ou mille communient, il se donne à l’un comme aux autres, il nourrit sans disparaître.
  • Bons ou mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort.
  • Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ; quel résultat différent !
  • Si l’on divise les espèces, n’hésite pas, mais souviens-toi qu’il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout.
  • Le signe seul est partagé, le Christ n’est en rien divisé, Ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué.
  • Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.
  • D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice, par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.
  • Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants.
  • Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris, conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage, en compagnie de tes saints. Amen.

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26

Le sang des sacrifices est la signature de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Jésus signe la nouvelle Alliance de son propre sang.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs ».

Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu ».

Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Le repas pascal juif associait étroitement les convives à la libération des Hébreux de l’esclavage de l’Égypte : en mangeant la Pâque, ils avaient conscience d’être le peuple que Dieu libère aujourd’hui de la servitude. Jésus associe de même ses disciples à sa mort rédemptrice : en mangeant son corps et en buvant son sang versé à la croix pour la multitude des hommes, les participants du repas eucharistique se reconnaissent le peuple que Jésus libère aujourd’hui de toute servitude, y compris celle du péché. Ils attendent aussi le jour à venir de la délivrance définitive dans le monde nouveau du royaume de Dieu.

Au soir de la Cène, Jésus nous donne rendez-vous au jour où il boira un vin nouveau dans le royaume de Dieu. Comment nos rendez-vous du dimanche préparent-ils ce rendez-vous définitif ?

Prière universelle

En cette fête du pain vivant venu du ciel, demandons avec ferveur et confiance que se déploient sur le monde et sur nous toutes les grâces de l’eucharistie.

R/ : Seigneur, reçois notre prière.

  • L’Église trouve sa source et son sommet dans l’eucharistie ; prions le Seigneur afin qu’elle puise dans le pain et le vin partagés la force de poursuivre sa mission de proclamer l’Évangile. R/
  • Des personnes s’épuisent à donner leur vie au service des autres ; prions le Seigneur afin qu’elles trouvent dans l’eucharistie la grâce d’un renouveau. R/
  • Des enfants et des adultes viennent de célébrer leur baptême ; prions le Seigneur afin qu’ils aient de plus en plus le goût de participer à l’eucharistie. R/
  • Des femmes, des hommes et des enfants souffrent de malnutrition ; prions le Seigneur afin que tous les cœurs soient habités du souci d’une meilleure répartition des ressources de la planète. R/
  • Notre communauté chrétienne se réunit régulièrement pour partager un même pain et une même coupe ; prions le Seigneur afin que notre communion au corps du Christ s’ouvre aux dimensions du monde. R/

Dieu notre Père, toi qui nous combles du pain vivant et du vin nouveau de l’Alliance, écoute nos prières en cette fête de l’eucharistie. Accorde-nous ce que nous te demandons dans la foi au Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

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Année C

Lecture du livre de la Genèse 14, 18-20

Le pain et le vin que Melkisédek apporte, préfigurent l’eucharistie.

En ces jours-là, Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut. Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ; et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Melkisédek est un roi païen, et Salem pourrait être l’ancien nom de Jérusalem. Comme tous les roitelets de l’époque, il exerce ses fonctions de grand prêtre. C’est à ce titre qu’il bénit Abraham qui revient d’une razzia punitive contre les troupes qui avaient rançonné la région, en invoquant son propre dieu, une divinité païenne. Abraham lui fait don du dixième du butin qu’il a rapporté de son expédition. Ce n’est qu’une anecdote, mais elle préfigurait pour les Hébreux l’hommage que le peuple élu rendrait plus tard au vrai Dieu dans la même ville, en reconnaissance de son amour et de sa protection. Les premiers chrétiens virent dans le pain et le vin offerts par Melkisédek à Abraham pour le restaurer, un signe de l’eucharistie, que Dieu nous donne en nourriture quand nous nous rassemblons à la messe pour lui rendre compte de notre vie de la semaine.

Comment préparer notre messe du dimanche ? En relisant les signes de Dieu dans la semaine écoulée : telle joie éprouvée, telle rencontre amicale, ce pauvre qui a frappé à la porte de notre cœur, cette réunion où nous avons partagé notre vie dans la foi, cette lecture, ce temps de prière…

Psaume 109

R/ : Tu es prêtre à jamais, selon l’ordre de Melkisédek.

  • Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. » R/
  • De Sion, le Seigneur te présente le sceptre de ta force : « Domine jusqu'au cœur de l'ennemi ». R/
  • Le jour où paraît ta puissance, tu es prince, éblouissant de sainteté : « Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré ». R/
  • Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek ». R/

Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens 1 Co 11, 23-26

En faisant mémoire de la Cène, chaque messe rend présent pour nous, aujourd’hui, le mystère pascal de Jésus.

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ». Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Annoncer la mort du Seigneur, ce n’est pas rappeler seulement ce fait du passé : le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous. C’est reconnaître l’actualité de cet amour du Christ ressuscité : il nous aime et se livre à nous pour qu’avec lui nous aimions nos frères et livrions notre vie pour eux. C’est aussi attendre et préparer sa venue définitive au cœur du monde où son amour aura eu le dernier mot.

Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, l’amour du Christ est proclamé dans l’histoire des hommes.

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 11b-17

« Donnez-leur vous-mêmes à manger », dit Jésus à ses disciples, devant la foule affamée. L’eucharistie demeure toujours pour nous cet appel à la mission

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert ». Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple ». Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ ». Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Nous connaissons assez ce texte pour qu’il soit inutile de le commenter. Essayons de le prier.

« Renvoie cette foule », disent les apôtres. Comme il m’arrive souvent, Seigneur, de vouloir me débarrasser de cet importun, de cette responsabilité qui me paraît trop lourde, de ce frère pour lequel je crois ne rien pouvoir faire… de vouloir même me débarrasser de toi et de tes exigences !

« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Mais tu continues à me faire confiance pour aimer mes frères en ton nom, pour chercher avec eux la réponse à leurs besoins, la justice dont ils ont faim, pour te faire connaître à eux, toi qui peux seul combler toutes leurs faims.

« Nous n’avons pas plus de cinq pains… » Je proteste alors de mon incapacité, de mon peu de moyens, de mon manque de courage, de mon indignité, de mes doutes…

« Faites-les asseoir… » Mais si je « marche » avec toi, Seigneur, comme c’est merveilleux ! Avec mes cinq pains, tu nourris la foule. Ta puissance se révèle à travers ma pauvreté et ma faiblesse. Il te fallait mon cœur, mes bras, mon intelligence, ma foi, et cela suffisait pour que tu fasses l’impossible.

« Les morceaux qui restaient… douze paniers ». Et moi, pour avoir accepté de nourrir mes frères, voici que tu as comblé ma propre faim bien au-delà de mon espérance. Ma peur, ma faiblesse, mes doutes, je sais bien qu’ils n’étaient que faux prétextes pour ne pas entendre mon appel. Tu te donnes à moi, Jésus Christ, toi, mon ami fidèle ! Que ton corps et ton sang me donnent toujours la force de répondre aux appels que tu m’adresses par mes frères les hommes.

Année A

Lecture du livre du Deutéronome 8, 2-3.14b-16a

La manne est venue nourrir Israël dans le désert. Saura-t-il découvrir que Dieu veut lui donner beaucoup plus que ce pain terrestre ?

Moïse disait au peuple d'Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne — cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue — pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C'est lui qui, pour toi, a fait jaillir l'eau de la roche la plus dure. C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne — cette nourriture inconnue de tes pères.» - Parole du Seigneur.

Commentaire : au VIIe siècle, époque où paraît le livre du Deutéronome, le peuple d’Israël connaît la prospérité et l’abondance. De qui tient-il tous ces biens économiques ? De sa force, de son travail, de son génie. Alors pourquoi continuer à honorer Dieu, maintenant que le peuple est tiré d’affaire ? L’auteur répond que le temps de la pauvreté, la marche au désert, était un temps de probation. Dans son dénuement extrême, Israël a expérimenté que tous les biens nécessaires à la vie : la nourriture, l’eau, la libération de l’esclavage, la protection contre les dangers du désert, viennent de la bouche de Dieu, de sa Parole créatrice. Cela reste vrai aujourd’hui, dans l’abondance, Israël va-t-il reconnaître qu’il tient sa vie de Dieu, de sa Parole créatrice, transmise par les prophètes, et pas seulement du pain qu’il mange maintenant à satiété ?

« Souviens-toi ». Il ne s’agit pas de ruminer le passé mais d’y reconnaître les chemins, parfois éprouvants, par lesquels le Seigneur nous a conduits. Pourrions-nous partager à quelques-uns ces souvenirs ?

Psaume 147

R/ Glorifie le Seigneur, Jérusalem !

  • Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion ! Il a consolidé les barres de tes portes, dans tes murs il a béni tes enfants. R/
  • Il fait régner la paix à tes frontières, et d’un pain de froment te rassasie. Il envoie sa parole sur la terre : rapide, son verbe la parcourt. R/
  • Il révèle sa parole à Jacob, ses volontés et ses lois à Israël. Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ; nul autre n’a connu ses volontés. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10, 16-17

Puisqu'il y a un seul pain, le corps du Christ, et une seule coupe, celle du sang du Christ, nous devenons un seul corps, l'Eglise

Frères, la coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Sous le signe du Pain et du vin eucharistiques nous communions au corps et au sang du Christ, c’est-à-dire au sacrifice de la croix où Jésus livre son corps et verse son sang pour nous. Nous faisons nôtre l’amour du Christ qui en nous réunissant à son corps ressuscité fait de nous tous un seul corps ecclésial. L’unique pain eucharistique est ainsi le signe efficace de notre union au Christ et de notre communion fraternelle.

Si ma prochaine action de grâce après la communion consistait à regarder mes frères et sœurs pour me rappeler qu’ensemble « nous sommes un seul corps pour avoir eu tous part à un seul pain » !

Séquence :

  • Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants.
  • Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer.
  • Le Pain vivant, le Pain de vie, il est aujourd’hui proposé comme objet de tes louanges.
  • Au repas sacré de la Cène, il est bien vrai qu’il fut donné au groupe des douze frères.
  • Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs !
  • C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution.
  • À ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne.
  • L’ordre ancien le cède au nouveau, la réalité chasse l’ombre, et la lumière, la nuit.
  • Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire nous le fassions après lui.
  • Instruits par son précepte saint, nous consacrons le pain, le vin, en victime de salut.
  • C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps, que le vin devient son sang.
  • Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer, hors des lois de la nature.
  • L’une et l’autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes, voilent un réel divin.
  • Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces.
  • On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ; il est reçu tout entier.
  • Qu’un seul ou mille communient, il se donne à l’un comme aux autres, il nourrit sans disparaître.
  • Bons ou mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort.
  • Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ; quel résultat différent !
  • Si l’on divise les espèces, n’hésite pas, mais souviens-toi qu’il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout.
  • Le signe seul est partagé, le Christ n’est en rien divisé, Ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué.
  • Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.
  • D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice, par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.
  • Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants.
  • Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris, conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage, en compagnie de tes saints. Amen.

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 51-58

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson », nous dit Jésus ; toutes les autres nourritures n'empêchent pas la mort.

Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie ». Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement » - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Dire de quelqu’un : « C’est un être de chair et de sang », c’est affirmer qu’il est homme, avec toutes ses faiblesses et les limites humaines. En disant que sa chair et son sang sont une nourriture qui donne la vie, le Christ se désigne dans son humanité : c’est le Fils de Dieu devenu homme par son Incarnation qui apporte la vie au monde. Jésus demande donc à ses auditeurs de faire un acte de foi : il faut se nourrir de son enseignement et voire ses paroles parce qu’elles sont celles du Fils qui apporte la vie du Père. C’est là tout ce que ses auditeurs juifs pouvaient comprendre. Après coup, Jean, témoin de l’institution de l’eucharistie, a compris que Jésus n’entendait pas seulement donner sa parole en nourriture aux croyants, mais réellement sa chair et son sang. Ce discours du Christ annonçait donc l’eucharistie. Mais s’il faut la foi pour que les paroles de Jésus deviennent notre vie, combien plus pour que sa chair et son sang nous enracinent dans la vie divine !

Homélie 

C’est chaque dimanche que nous célébrons dans l’Eucharistie le Corps et le Sang du Christ. Alors, pourquoi l’Eglise nous invite-t-elle, 15 jours après la Pentecôte, à fêter d’une manière encore plus solennelle ce grand mystère de la Foi ?

C’est pour qu’en le contemplant nous puissions mieux comprendre l’intention qui fut celle de Jésus lorsqu’au soir du Jeudi-Saint il inventa cette merveille de son amour.

Le Concile Vatican II nous dit que cette intention peut se résumer en deux mots : c’est pour que l’Eucharistie soit à la fois la Source et l’Aboutissement de toute la vie de l’Eglise, de toute la vie chrétienne.

L’Eucharistie est tout d’abord une Source, car elle nous donne Jésus lui-même dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, dans cet acte sauveur par lequel Il est devenu principe de vie divine pour toutes les âmes.

Chaque messe, le Christ crucifié et glorifié, mystérieusement, mais réellement substantiellement présent sous les apparences du pain et du vin consacrés par le prêtre, rend actuelle devant nous et pour nous l’offrande de son sacrifice parfait, accompli une fois pour toutes durant sa Passion et qui constitue un formidable réservoir de vie divine.

Cette vie d’amour qui a jailli de la mort victorieuse du Christ et qui s’écoule abondamment de son cœur transpercé, voici qu’elle est là à notre portée, grâce au rite sacramentel de la Messe. Elle nous est préparée sous forme de nourriture vivifiante dans un repas fraternel « prenez et mangez, prenez et buvez ». Il suffit tout simplement – mais c’est essentiel – d’avoir faim de ce Pain de vie et de répondre aussi souvent que possible à l’invitation qui nous est faite de participer effectivement à ce Banquet du Ciel sur la terre en y communiant.

Heureux sommes-nous alors ! Car cette vie filiale envers le Père et fraternelle envers l’humanité, cette vie humble, pure, détachée, toute de don de soi et de pardon qui fut la sienne, Jésus fait en sorte qu’elle devienne progressivement la nôtre par ce merveilleux phénomène d’osmose qu’est la Communion.

C’est la sève qui passe du cep dans les sarments. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en Lui...  Celui qui me mange vivra par moi ».

L’effet propre de l’Eucharistie nous dit saint Thomas d’Aquin : « c’est la transformation de l’homme en Dieu ».

Nous voyons déjà, frères et sœurs, à partir de ces réflexions que l’Eucharistie c’est le don par excellence, le cadeau suprême que Dieu offre perpétuellement à son Eglise... Et c’est bien là son sens le plus profond selon l’origine du mot : le mot grec charis voulant dire grâce et eu-charis : la grâce la meilleure.

Mais l’Eucharistie, frères et sœurs n’est pas seulement la source de notre vie chrétienne ; nous ne venons pas à la messe uniquement pour recevoir, nous y venons aussi pour donner.

Il y a un deuxième sens, en effet, dans le mot « Eucharistie » qui nous est plus familier : elle signifie action de grâces c’est-à-dire restitution libre et reconnaissante des bienfaits reçus. Toute la vie de Jésus ne fut-elle pas dès le premier instant, mais surtout à l’heure du sacrifice suprême, une incomparable action de grâces sous forme d’offrande de sa personne, bien sûrs, mais aussi de toute la vie des hommes et de toute la création ?

A la Messe, nous sommes invités à entrer dans cette immense offrande de Jésus, dans son mouvement de remise totale et confiante entre les mains du Père. Et nous le faisons si, au sacrifice de la Croix que Jésus rend présent sur l’autel et offre à son Père, nous avons à cœur d’unir notre offrande personnelle. Le Christ veut que nous soyons unis à son sacrifice, nous dit saint Augustin « avec Lui nous faisons la totalité de l’hostie présentée à Dieu ».

Cette offrande de nous-mêmes - qui est symbolisée par la goutte d’eau que le prêtre mêle au vin du calice – elle est constituée par tout ce que notre vie quotidienne comporte d’activités, de travaux, de relations avec les autres, de joies, de peines ou de souffrances, de tous les efforts que nous faisons pour aimer Dieu et le prochain. Il est donc normal que dans tout ce que nous avons vécu depuis la messe précédente, dans tout ce qui vous arrive, dans tout ce que nous avons fait de bien, nous sachions reconnaître un effet de la grâce de Dieu, « car sans Lui nous ne pouvons rien faire ». Alors pour dire à Dieu notre fervent merci, que pourrions-nous faire de mieux que de Lui offrir tout ce qu’il nous a donné, que de Lui en faire retour par le Christ, avec Lui et en Lui.

Il ne faudrait surtout pas, frères et sœurs, qu’en ce lieu d’échange qu’est la Messe, la relation d’amour joue à sens unique, c’est-à-dire de Dieu à nous, il faut aussi qu’elle aille de nous à Dieu. Il faut que notre amour réponde généreusement et joyeusement à son amour. Voilà pourquoi l’Eglise nous dit que l’Eucharistie c’est l’aboutissement, le sommet de notre vie chrétienne. Plus nous y participons et plus s’accomplit en nous le mystère de notre divinisation jusqu’au jour où assis à la Table du Festin dans le Royaume, nous serons pleinement rassasiés de l’Amour divin.

Au terme de cette méditation, puissions-nous mieux comprendre, chers frères et sœurs, que Jésus dans sa divine sagesse ne pouvait rien inventer de plus grand que l’Eucharistie. Nous sommes là au cœur de la foi, au cœur de nos relations avec Dieu.

Que Marie, la Mère de l’Eucharistie, « la femme eucharistique » selon l’expression de Jean-Paul II nous obtienne d’être de plus en plus convaincus de la nécessité absolue de l’Eucharistie pour notre développement et nous épanouissement spirituels... A l’exemple de ces martyrs africains des premiers siècles qui proclamaient fièrement devant leurs juges : « Nous ne pouvons pas vivre sans prendre part au repas du Seigneur ».

Amen.

Homélie

La fête du Corps et du Sang du Christ que nous célébrons nous remet en face du plus étonnant des mystères de notre foi : à savoir le Christ-Ressuscité, glorieux, présent sous l’humble voile du pain et du vin. Car il s’agit bien de sa présence, si mystérieuse qu’elle soit. Quand le prêtre, en effet, prononce les paroles de la Consécration, il parle au nom du Christ et, par la se réalise « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ».

Il peut nous arriver d’être déconcertés par un si grand mystère. Il faut alors nous souvenir d’un mystère tout aussi prodigieux si l’on y réfléchit bien : celui par lequel Dieu appelle chacun d’entre nous, (s’il est fidèle à la grâce) à être comme lui, il s’agit du mystère merveilleux de notre divinisation, que saint Pierre nous révèle lorsqu’il écrit que nous, nous sommes « participants de la nature divine » par un don tout à fait gratuit de Dieu. Saint Jean qui de son côté nous a révélé notre qualité d’enfants de Dieu, s’émerveillait à la pensée qu’un jour « nous verrons Dieu face à face parce que nous serons comme lui ».

Alors, si nous sommes réellement, depuis notre baptême, de la race de Dieu, si nous sommes devenus semblables à lui, si nous sommes appelés à vivre dans son intimité pour l’éternité, et si cette vie d’union à lui commence dès maintenant, pourquoi nous étonner que Dieu ait voulu se faire si proche de nous, si intérieur à nous-mêmes par le mystère de l’Eucharistie ?

Comment s’étonner qu’après nous avoir envoyé son Fils comme Rédempteur et Sauveur, il ait voulu que ce même Fils demeure présent sous les apparences du Pain et du Vin consacrés par le prêtre ?

A partir de là, en effet, tout devient clair : si nous considérons de près ce Pain et ce Vin consacrés et si nous pensons qu’à travers leur voile il s’agit bien de la présence réelle du Christ : alors ce Sacrement nous apparaît expressif de ce que Jésus est vraiment pour nous : le Pain vivant descendu du ciel. Dans ce sacrement, Jésus ne se sert pas de paroles pour se faire entendre. Il se sert de ces humbles réalités que sont le pain et le vin pour se faire comprendre. Quand je regarde l’hostie consacrée et que mes yeux voient du pain, quand je communie et que ma bouche goûte du pain alors tout naturellement je suis amené à comprendre ce que le Christ est pour moi à travers ces signes : il est l’aliment substantiel de mon âme, la nourriture indispensable sans laquelle mon âme ne peut vivre de la vie divine et grandir dans cette vie divine.

Mais ce Sacrement est riche encore d’une autre signification : quand le prêtre consacre le pain, parlant au nom du Christ, il dit : « Ceci est mon corps... » Et de cette façon, d’une manière sacramentelle il sépare le Corps du Christ de son Sang. Certes en faisant cela il accomplit des rites que Jésus lui-même a fixés. Mais alors une nouvelle vérité jaillit dans notre esprit : ce Christ qui est réellement présent le voile du pain et du vin et qui me donne déjà à comprendre qu’il est pour moi Pain de vie me donne aussi à comprendre qu’il est un Pain vivant parce qu’il est Mort sur la Croix, puisqu’il se présente à moi sous les signes sacramentels tel qu’il était sur la Croix, quand il rendit l’esprit, son Corps séparé de son Sang ! Tout s’enchaîne donc harmonieusement.

Voilà pourquoi le Saint Sacrement même lorsqu’il est adoré en dehors de la Messe (et qu’il est instamment recommandé de l’adorer au Tabernacle... on le laisse tellement seul). Le Saint-Sacrement est toujours à comprendre dans cette perspective, du sacrifice : nous ne devons jamais oublier, en effet, que le Sacrifice de la Messe est tout entier destiné à rendre présent, d’une manière sacramentelle le Sacrifice de la Croix, pour que précisément nous puissions nous associer à ce mystère central de notre Rédemption et recevoir la vie divine qu’il nous communique. Saint Thomas d’Aquin enseigne que « la Messe est le Sacrement de la Passion du Christ effectuant l’union de l’homme au Christ immolé ».

Ainsi l’Eucharistie nous apparaît-elle comme un livre qui nous révèle ce que Jésus est pour nous ; qui nous révèle aussi comment sa mort est devenue pour tous ceux qui croient en lui source jaillissante de vie éternelle.

Nous ne remercierons jamais assez le Seigneur de nous avoir donné l’Eucharistie. Elle est vraiment ce qu’il y a de plus grand sur la terre : c’est notre plus précieux trésor.

C’est un mystère de Foi, d’Espérance et d’Amour comme le dit si bien une oraison de Carême « Le Pain que nous avons reçu Seigneur a renouvelé nos cœurs : il nourrit la foi, fait grandir l’espérance et donne la force d’aimer ».

L’Eucharistie, c’est à la fois la rencontre et l’union personnelle des chrétiens avec le Christ, la Messe c’est le Sacrifice Total, c’est-à-dire celui du Christ qui est la tête et celui des membres que sont les chrétiens, c’est une semence de plénitude divine et un gage de résurrection « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ». C’est comme dit le Concile Vatican II, la source et l’aboutissement de toute la vie chrétienne.

Que la Vierge Marie, qui a pénétré plus que tout autre un si grand mystère, elle qui était debout au pied de la Croix unissant son amour co-rédempteur à l’Amour Rédempteur de Jésus, nous donne d’accueillir le Sacrement de l’Eucharistie avec une foi sans faille. Qu’elle intercède pour nous, aussi, afin que nous puissions conformer notre vie à l’enseignement que Jésus nous donne du haut de la Croix et dans l’Eucharistie : à savoir qu’il faut aimer Dieu et notre prochain d’un amour sans mesure et quoiqu’il en coûte. C’est ainsi que nous ferons de toute notre vie, un sacrifice agréable à Dieu et que nous serons pour tous nos frères un pain vivant capable de faire grandir l’Amour et l’Unité de tous dans le Christ.

Amen.

Prière Universelle

En ce dimanche de la fête du Saint-Sacrement, laissons monter vers le Seigneur toutes nos demandes pour les membres de notre société :

R/ : Dieu très haut, écoute-nous.

  • Seigneur, nous te demandons de pardonner les prêtres qui ont commis des péchés impardonnables sur le plan humain, de fortifier ceux qui s'efforcent de suivre ton Fils sur le chemin de service, donne leur tout spécialement la grâce de s'engager dans une solidarité active avec les plus pauvres à travers la sobriété et l’humilité de leur vie. R/
  • Seigneur, nous prions pour ceux qui ont la charge de former les êtres humains sur tous les plans, intellectuel, physique, affectif, artistique, spirituel... Que cette parole du Christ « donne–leur vous-même à manger » puisse les interpeller et les guider toute leur vie. R/
  • Seigneur, nous prions pour ceux qui « n’ont pas plus de cinq pains et deux poissons ! » mais qui te les offrent et continuent à lutter pour la justice et la paix. Multiplie les fruits de leurs efforts et donne-leur un regard miséricordieux qui dépasse tout raisonnement humain. R/
  • Seigneur, nous prions pour ceux qui communient à ton Corps et à ton Sang. Que ta lumière et ton amour les conduisent vers leurs frères et sœurs pour annoncer ta Bonne Nouvelle comme l’a fait la Vierge Marie, l’étoile de l’évangélisation. R/

Seigneur, Dieu de miséricorde, exauce les prières de tes enfants en ce jour. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://jardinierdedieu.fr

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28 mai 2021 5 28 /05 /mai /2021 21:25

Livre de Sophonie 3,14-18

« Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi ».

Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, fille de Jérusalem ! Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a écarté tes ennemis. Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n’as plus à craindre le malheur.

Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir ! Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira, comme aux jours de fête ». Parole du Seigneur.

Commentaire : Un peut bout de paix, un puissant voisin aux menées impérialistes, l’Assyrie, qui se tient tranquille, c’en est assez pour qu’un peuple soit en fête ! Oui, le Seigneur son Dieu règne au milieu de lui. Mais pour Sophonie cette accalmie est le signe d’une transformation plus profonde que Dieu accomplira un jour. En ce jour de fête, on n’aura plus à craindre la guerre, l’humanité nouvelle sera conviée à danser de joie avec son Seigneur, car l’amour aura eu le dernier mot sur la terre. Ce sera le triomphe définitif du Sauveur au milieu des hommes.

Écoutons avec émerveillement Dieu nous dire par son prophète : « Le Seigneur met en toi sa joie, il te renouvelle par son amour, il dans pour toi ». Qu’est-ce donc que l’homme pour que Dieu se réjouisse ainsi à son sujet ?

Cantique d'Isaïe 12

R/ Il est grand au milieu de toi, le Dieu Saint d’Israël.

  • Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. R/
  • Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut. R/
  • Ce jour-là, vous direz : « Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! » R/
  • Redites-le : « Sublime est son nom ! » Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence, et toute la terre le sait. R/
  • Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël ! R/

Alléluia. Alléluia. Heureuse es-tu, Vierge Marie, toi qui as cru que s’accompliraient pour toi les paroles du Seigneur. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? »

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».

Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles : Saint est son nom ! Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais ».

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Commentaire : Élisabeth est tout étonnée de voir Marie, la mère de son Seigneur venir l’aider à préparer la naissance de Jean Baptiste en assumant les tâches du ménage. La mère de Dieu se veut servante : au jour de l’Annonciation, elle dit : « Je suis la servante du Seigneur » ; ici, elle se présente encore de la même manière : « Dieu s’est penché sur son humble servante ». La mère agit comme fera son fils, Jésus : « Je suis venu pour servir, dira-t-il, et non pour être servi ». Comme ils ont partagé le même souci de servir, la mère et le fils partagent la même destinée : d’un certain point de vue, on peut dire que la résurrection de Pâques et celle de l’Assomption sont la réponse de Dieu à ceux qui ont voulu servir.

La grandeur de Marie ne réside pas d’abord dans des privilèges reçus de Dieu mais dans sa volonté de servir. Prions-la de nous apprendre à servir avec la même humilité, le même sourire et la même délicatesse qu’elle.

Homélie

Un jour, écrit saint Luc en une page exquise de son Évangile, « Marie partit et se rendit en hâte chez sa cousine Élisabeth qui avait conçu un fils en sa vieillesse ».

Elle se dépêchait, car l'Esprit-Saint dont Elle était l'Épouse Bien-aimée la pressait de se rendre auprès de cette femme âgée en situation délicate pour y commercer sa mission de « Porteuse du Christ » et de Médiatrice de son Amour. Son entrée dans la maison de sa vieille parente fut une heure particulièrement flamboyante, une première Pentecôte en vérité. Par sa seule présence, en effet, et son humble salutation, s’accomplit une véritable effusion de l'Esprit-Saint qui souleva les acteurs présents comme au-dessus de la terre et hors d'eux-mêmes. C'est comme si une sorte d'ivresse surnaturelle les avait saisis tout à coup, comme si un peu de folie divine avait envahi leurs cœurs. Le premier touché par le feu de cette Pentecôte fut le petit Jean qui se trouva immédiatement sanctifié dans le sein de sa mère ainsi que l'ange du Temple l'avait annoncé à Zacharie son père : « Il sera rempli du Saint-Esprit dès le sein de sa mère ». Le futur Précurseur en tressaillit de joie et cette émotion gagna l' âme de sa mère qui fut divinement éclairée pour reconnaître en Marie « la mère de son Seigneur » lui apportant - à elle, mais aussi à son enfant prédestiné, à Zacharie, puis à tous, la joie qui surpasse toute joie : celle du Verbe Incarné Sauveur des hommes. « Et d'où me vient ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » Et ce feu d'artifice de l'Esprit-Saint, s'acheva, comme nous savons, en une apothéose de reconnaissante allégresse et de louange dans 1'âme de la « Femme bénie entre toutes les femmes », proclamant dans son Magnificat les merveilles de ce Dieu infiniment Saint qui désormais, par son intermédiaire de petite servante allait « visiter et racheter son Peuple ».

Telle fut la première Visitation de Notre-Dame. Mais ce mystère, si révélateur de l'ardente charité et de la parfaite humilité de Marie qui à l'exemple de son Fils ne vient pas « pour être servie, mais pour servir », n'appartient pas seulement au passé ; il est une réalité toujours actuelle, combien douce et génératrice d'une grande espérance !

Marie, la toute miséricordieuse ne cesse de porter à tous ceux qui, par sa maternité de grâce, sont devenus ses enfants, la présence Sanctifiante du Rédempteur. On peut dire que la Mère de l'Église, trésorière et distributrice de tous les dons de Dieu est toujours « en visite auprès de ceux qu'elle aime » (Adam de St Victor) parce que le mystère de son Assomption Corporelle fait qu'Elle est beaucoup plus proche de nous qu'elle ne le serait si elle était au ciel avec son âme uniquement. En la glorifiant dans son corps et dans son âme, Jésus lui a donné de tout voir et de tout pouvoir, mais son regard et sa puissance d’intercession sont ceux d'une Mère dont le cœur idéalement bon se trouve dilaté presque à l'infini par l'amour divin qui l'habite.

« Marie, écrit le Père Bernard o.p. est un cœur qui est extrêmement délicat et qui a beaucoup souffert. Elle est animée envers nous de la tendresse la plus pénétrante et de la pitié la plus vraie. Son amour est un merveilleux composé : c'est de la plus exquise sensibilité féminine transformée dans la plus ardente charité divine. Il est une source intarissable de miséricorde ». Que d'interventions de la part de cette Maman céleste, discrètes la plupart du temps, mais toujours efficaces, dont nous sommes les heureux bénéficiaires ! Oh ! Comme elle accourt en toute hâte et vient nous visiter avec délicatesse chaque fois que se fait sentir un besoin quelconque du corps ou de l'âme :

  • chaque fois qu'il faut éclairer ou conseiller, car Elle est la Mère du Bon conseil.
  • chaque fois qu'il faut relever des chutes et panser les blessures causées par le péché, car Elle est le Refuge des pêcheurs.
  • chaque fois qu'il faut consoler, soulager et guérir, car Elle est la santé des malades et la consolatrice des affligés.
  • chaque fois qu'il faut stimuler, entraîner, lancer vers de nouveaux progrès de Foi, d'Espérance et d'Amour en vue d'une intimité toujours plus profonde avec Dieu et d'une charité toujours plus rayonnante de 1'Amour même du Christ, car Elle est la Mère de la divine Grâce et le secours des chrétiens, le « moule » dont le Saint-Esprit se sert pour former en nous le Christ et faire de nous des saints.

Saint Thomas d'Aquin, prince des théologiens, assure que « dans n'importe quel danger on peut obtenir le salut de la Vierge Marie ». Or nous vivons en cette fin de siècle dans une période de péril extrême. Le monde et l'Église sont terriblement ébranlés par les puissances de l'Enfer. Le démon déchaîne fait de plus en plus de ravages dans les âmes. Mais la Reine du monde veille et c'est parce qu'Elle veut le salut de tous ses enfants, que depuis 1830 Elle se manifeste à eux à travers ces visitations plus solennelles et plus frappantes que sont ses apparitions. Si Elle vient avec tant d’éclat, en effet, c’est d’abord pour nous avertir et nous prémunir, mais c’est aussi pour nous engager dans le grand combat qu’Elle mène contre le Mal et qui s’achèvera, comme Elle l’a promis, par une Victoire totale de son Cœur Immaculé.

Puissions-nous toujours mieux comprendre qu’en toutes ses Visitations, petites ou grandes, Marie nous apporte Jésus, et que cela doit nous suffire puisqu’en « nous le donnant, Dieu nous a tout donné ».

Lectures de La Visitation en DOCX et PDF

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 17:10

Année B

Lecture du livre du Deutéronome 4, 32-34.39-40

Le Dieu qui a choisi Israël, qui l’a libéré, qui lui a parlé, qui s’est rendu proche de lui, c’est déjà la Trinité.

Moïse disait au peuple : « Interroge donc les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre : d’un bout du monde à l’autre, est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ? Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu du feu, et qui soit resté en vie ? Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, à main forte et à bras étendu, et par des exploits terrifiants - comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ? Sache donc aujourd’hui, et médite cela en ton cœur : c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre. Tu garderas les décrets et les commandements du Seigneur que je te donne aujourd’hui, afin d’avoir, toi et tes fils, bonheur et longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu, tous les jours ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de Deutéronome, écrit vers le VIIe siècle avec J.C., est l’examen de conscience de la nation à la lumière de son histoire passée et du message des prophètes. Israël est le seul peuple qui ait entendu la voix de Dieu dans les éclairs du Sinaï et dans la parole enflammée des prophètes ; il est le seul peuple qui depuis sa naissance, au sortir de l’Égypte, jusqu’à maintenant, ait vu Dieu accomplir pour lui tant de signes et de prodiges. Malgré cela Israël cherche d’autres dieux, il cherche à se rassurer par des alliances politiques avec l’Égypte, quitte à troquer sa liberté contre un nouveau servage. C’est un cri d’alarme que pousse l’auteur du livre : le Seigneur est l’Unique, il n’y a de vie et de liberté que par lui.

« Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu ? » Le Seigneur ne cesse d’entrer en dialogue avec les hommes, par la création, par Moïse et les prophètes, jusqu’à nous parler par son propre Fils. Comment poursuivre le dialogue avec lui ?

Psaume 32

R/ Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu’il fait. Il aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour. R/

Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l’univers, par le souffle de sa bouche. Il parla, et ce qu’il dit exista ; il commanda, et ce qu’il dit survint. R/

Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine. R/

Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 14-17

L’Esprit Saint fait de nous des fils de Dieu qui, libérés de la peur, osent dire à Dieu : « Père ».

Frères, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. - Parole du Seigneur.

Commentaire : On ne peut être fils de Dieu qu’à l’imitation de Jésus Christ. Or, Jésus s’est montré dans toute son existence comme le Fils parce qu’il s’est laissé conduire par l’Esprit. C’est aussi l’Esprit qui fait de nous des fils, c’est-à-dire des hommes livres, délivrés de la crainte ; des hommes qui ont la hardiesse de parler à Dieu en toute familiarité (« Abba », terme de langue araméenne que parlait Jésus, était réservé aux enfants lorsqu’ils s’adressaient à leur pape) ; des hommes dont l’espérance est d’hériter avec Jésus Christ du monde nouveau où Dieu sera tout en tous.

Nous rencontrons des gens qui ont encore peur de Dieu : peur d’être punis par lui, peur de s’adresser à lui, peur de n’être pas exaucés. Sommes-nous assis familiers de Dieu pour que grâce à nous ils se découvrent connus et aimés de lui comme ses enfants ?

Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28, 16-20

Notre baptême nous a plongés dans la vie de Dieu, Père, Fils et Esprit.

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La puissance que le Christ ressuscité, devenu maître du monde, a reçue du Père, il l’exerce désormais par son Église. C’est à elle, représentée par les disciples, qu’il donne mission de faire de toutes les nations des disciples. Faire des homes les disciples de Jésus Christ, c’est les plonger dans la vie du Père, du Fils, et de l’Esprit, et nous savons que cette vie est un amour totalement partagé. C’est aussi leur apprendre à observer les commandements du Christ, et nous savons qu’ils se résument à aimer de toutes ses forces Dieu et ses frères. En recevant le pouvoir du Christ ressuscité, l’Église reçoit aussi la promesse de sa présence et de son assistance quotidienne au long de l’histoire.

Plongés dans la vie du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous l’avons été au jour de notre baptême. Mais c’est en observant tous les commandements donnés par Jésus que nous poursuivons notre immersion dans la Trinité.

Lecture de la Sainte Trinité en DOCX et PDF

Homélie

En cette solennité de la Sainte Trinité, l’Église nous propose d’abord de mieux comprendre qui est Dieu. Le livre des proverbes, nous a parlé d’une sagesse : « Écoutez ce que déclare la sagesse : le Seigneur m’a faite pour lui au commencement de son action »

Pour les hommes des temps anciens, mais pour nous encore aujourd’hui, cette sagesse c’est celle de Dieu qui a créé l’univers. Un univers d’une beauté grandiose et d’une grande harmonie.

Pour les Hébreux et aussi pour nous, la sagesse de Dieu, veut dire l’amour que Dieu porte à son peuple ; Dieu s’est lié à eux, et nous aussi nous sommes liés à Dieu parce qu’il nous aime depuis toujours et pour toujours

Et nous les chrétiens, nous croyons que cet engagement de Dieu, cet amour de Dieu pour les hommes s’est accompli totalement dans l’incarnation, la venue sur cette terre de son Fils, Jésus Christ, la sagesse même de Dieu.

Savons-nous encore admirer la beauté de l’œuvre de Dieu ?

Savons- nous reconnaître l’amour de Dieu dans la création, dans l’alliance qu’il a conclu avec nous en nous donnant son Fils ?

Et cela nous aide-t-il à aimer pour de bon, ceux qui nous entourent ?

Nous venons de parler de Dieu, de son amour et de sa sagesse incarnée dans son Fils Jésus le Christ. C’est Paul, dans sa lettre aux Romains, qui nous fait comprendre que Dieu nous a donné un autre gage d’amour, son Esprit, l’Esprit Saint, pour répandre en nos cœurs l’amour de Dieu. Quand j’ai une envie forte de frapper ou d’insulter quelqu’un c’est le démon qui utilise ma méchanceté, mon égoïsme. Quand je fais un sourire, bon accueil, quand je rends un service sans attendre de retour, c’est l’Esprit d’amour de Dieu qui agit en moi…

Paul nous dit qu’il est certain que Dieu a déposé son esprit dans notre cœur. Cette certitude nous aide-t-elle à regarder tout homme comme un frère que Dieu aime ? Avons-nous envie de laisser l’Esprit de Dieu envahir notre cœur pour aimer comme il aime ?

En écoutant Jésus dire à ses apôtres : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière ; » A ce moment-là, nous pouvons comprendre que les apôtres ont dû cheminer eux aussi dans la foi et qu’ils n’ont découvert que progressivement le mystère de la personne de Jésus Christ. Pour nous aussi, sans cette action de l’Esprit de vérité, nous ne pouvons connaitre le mystère d’unité et d’amour des 3 Personnes divines.

Aussi il nous faut vérifier chaque fois, que nous faisons vraiment confiance à Dieu, comme à un père, un papa qui nous aime plus que tout.

Aussi faut-il vérifier chaque jour, que, comme le Christ, nous voulons faire la volonté du Père.

Aussi nous faut-il vérifier chaque jour, que c’est l’Esprit Saint qui nous guide dans notre vie de famille, dans notre vie professionnelle, dans notre groupe de prière… Amen.

Source : Père JP Potelle - http://passionistedepolynesie.e-monsite.com/

Prière universelle

Le Christ a promis d’être avec ses disciples « jusqu’à la fin du monde ». Sûrs de cet appui à nul autre pareil, laissons-nous conduire par l’Esprit Saint et adressons au Père notre louange et notre prière.

R/ : Écoute-nous, Seigneur.

  • Afin qu’il soutienne les personnes qui luttent pour le respect des droits et libertés de leurs frères et sœurs, prions le Seigneur. R/
  • Afin qu’il soutienne les hommes et les femmes qui consacrent leur vie à servir les autres par leur engagement en Église, prions le Seigneur. R/
  • Afin qu’il soutienne les enfants de partout sur la terre qui vivent des jours heureux ou qui affrontent des épreuves, prions le Seigneur. R/
  • Afin qu’il soutienne les personnes qui tentent de trouver un sens à leur vie et qui cherchent un peu d’espoir en ce monde, prions le Seigneur. R/

Dieu notre Père, par ton Esprit, tu nous libères de la peur et de l’esclavage. Rassure-nous dans nos angoisses et fais briller ta lumière quand nous affrontons des jours plus sombres. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, qui est avec nous pour toujours. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

Année A

Lecture du livre de l'Exode 34, 4b-6. 8-9

Au Sinaï, Dieu proclame lui-même son nom. Écoutons-le nous dire quel est son être profond.

En ces jours-là, Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné. Il emportait les deux tables de pierre. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer là, auprès de Moïse. Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR. Il passa devant Moïse et proclama : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité.

Aussitôt Moïse s’inclina jusqu'à terre, et se prosterna. Il dit « S'il est vrai, mon Seigneur, que j'ai trouvé grâce à tes yeux, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c'est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : On a souvent opposé le Dieu d’amour du Nouveau Testament au Dieu de crainte de l’Ancien Testament. Non ! Dieu est le même tout au long de l’histoire, c’est seulement nous, les hommes, qui progressons dans une meilleure connaissance de Dieu grâce à sa révélation accomplie en Jésus Christ. Moïse avait déjà entendu Dieu se dire le Dieu tendre et miséricordieux, le Dieu dont l’amour et la fidélité pour son peuple passent avant sa colère. Et c’est ce Dieu de tendresse qu’il a prié d’accompagner la marche des hommes vers la liberté, sachant que l’amour et le pardon de Dieu viendraient à bout de nos têtes dures. (Le mot hébreu : Yahvé, le nom de Dieu dans la Bible signifie : « Je serai » avec toi, avec vous).

Le nom que Dieu se donne est un nom de promesse : je serai avec vous. À quels moments de ma vie ai-je constaté que cette promesse s’accomplissait.

Cantique de Daniel 3, 52-56

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni soit le nom très saint de ta gloire :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu sur le trône de ton règne :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 13, 11-13.

Dieu est avec nous lorsque nous sont souhaités la grâce de Jésus l’amour du Père et la communion de l’Esprit Saint.

Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d'accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Tous les fidèles vous saluent. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le souhait final de la lettre qui appelle les chrétiens de Corinthe à vivre dans la grâce du Christ, l’amour du Père et la communion de l’Esprit, montre que pour Paul il n’y a d’assemblée eucharistique valablement réunie que par l’action du Dieu Trinité. C’est à cause du don gratuit de Jésus Christ venu nous sauver, à cause de l’amour universel du Père pour les hommes, ses fils, sous l’empire de l’Esprit de charité qui scelle l’unité des chrétiens dans l’amour, que l’Église et chaque communauté chrétienne peuvent se rassembler dans la joie, rechercher la perfection, s’encourager dans l’espérance, vivre en plein accord fraternel et le manifester en se donnant la paix. Ce n’est pas l’accord des fidèles qui rend Dieu présent, c’est la Trinité qui suscite une communauté d’amour à son image.

La liturgie eucharistique reprend le souhait final de Paul, dans sa lettre, et le geste de paix des premières communautés chrétiennes. Donnons à ces rites leur pleine signification de la présence du Dieu Trinité dans l’assemblée.

Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 16-18

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Ces verbes « aimer » et « donner » disent ce qu’est la Trinité pour nous.

Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, ainsi que quiconque croit en lui ne perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Désormais tout homme est appelé à prendre position devant ce geste d’amour de Dieu en la personne de Jésus. Ce sont les hommes qui portent sur eux le jugement, ce n’est pas Dieu qui condamne. Celui qui fait le mal refuse l’amour qui aurait éclairé sa vie ; celui qui agit selon la vérité, - et cette vérité c’est l’Évangile d’amour que révèle Jésus – vient au Christ, d’une manière explicite ou non, et sa vie en est illuminée. Comme le serpent de bronze dressé sur un mât dans le désert guérissait les Hébreux des morsures de scorpions s’ils le regardaient avec foi, ainsi un regard d’amour et de foi vers Jésus élevé sur la croix sauvera les hommes de la mort. C’est donc devant la croix de Jésus que chacun décide de son propre jugement final.

Dieu ne juge pas le monde, il le sauve, et pour cela il donne et envoie son Fils. Nous aussi, il nous donne et nous envoie vers le monde pour le sauver.

Année C

Lecture du livre des Proverbes 8, 22-31

La sagesse de Dieu a laissé sa trace dans la création avant de venir vivre avec les hommes. Cette sagesse incréée, c’est Jésus Christ.

Écoutez ce que déclare la Sagesse de Dieu : « Le Seigneur m'a faite pour lui principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours. Avant les siècles j'ai été formée, dès le commencement, avant l'apparition de la terre.

Quand les abîmes n'existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée, avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde.

Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l'abîme, qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l'abîme, quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre. Et moi, je grandissais à ses côtés.

Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes ». Parole du Seigneur.

Commentaire : Lorsqu’il contemplait l’univers, l’homme de l’Antiquité ne manquait pas d’être frappé de sa beauté grandiose de son harmonie. Il y voyait la marque de la sagesse de Dieu, de son habileté de maître d’œuvre. Cette Sagesse qui présida à la création du monde, les Hébreux la savaient encore à l’œuvre dans l’histoire, puisque Dieu s’était lié avec eux, le peuple qu’il avait choisi, pour en révéler aux hommes la source : son amour pour eux. Cet engagement de Dieu avec les hommes s’est accompli totalement dans l’Incarnation de son Fils, Jésus Christ, la sagesse même de Dieu.

Se mettre à l’écoute de Dieu pour apprendre à lire sa beauté et sa puissance dans l’univers créé et pour comprendre qu’il trouve ses délices avec les hommes, c’est une école où nous n’aurons jamais fini d’apprendre.

Psaume 8

R/ : Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par toute la terre !

  • À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
  • Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ; tu l’établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds.
  • Les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 5, 1-5

La paix qui nous inonde, fruit de notre réconciliation avec Dieu, est l’œuvre du Père, du Christ, et de l’Esprit.

Frères, Nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l'accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l'espérance ; et l'espérance ne déçoit pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. Parole du Seigneur.

Commentaire : Quand un homme ou une femme est certain d’être aimé, quelle n’est pas sa force, sa confiance dans la vie ! Mais nous, qui sommes sûrs d’être aimés par Dieu d’un amour indéfectible, quelles ne doivent pas être notre paix et notre assurance, que rien pas même la détresse, ne peut ébranler ! Et cette certitude ne s’appuie pas sur des mots mais sur les gestes d’amour de Dieu à notre égard : le Christ qui s’est livré pour nous ouvrir l’accès au cœur de Dieu, l’Esprit qui nous est donné comme gage de l’amour du Père pour nous.

Quelle garantie avons-nous, dans les temps de détresse, que l’espérance ne trompe pas ? L’amour de Dieu répandu dans nos cœurs…

Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 12-15

L’Esprit Saint peut seul nous introduire dans la vérité tout entière du Dieu Trinité.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître ». Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Les apôtres n’ont découvert que progressivement le mystère de la personne de Jésus Christ : d’abord, à leurs yeux, guère plus qu’un prophète, un maître en religion, puis le Messie, et enfin le Fils de Dieu révélé dans sa mort et sa résurrection. Leur connaissance du mystère de Dieu s’effectuera selon la même progression ; de la constatation de l’intimité qu’avait Jésus avec Dieu, ils passeront à la connaissance de sa relation filiale avec le Père, grâce à l’action de l’Esprit, dont le rôle est de leur faire prendre conscience de la signification de leur expérience de vie avec le Christ. Pour nous aussi, sans cette action de l’Esprit, nul ne peut connaître le mystère d’unité et d’amour des trois personnes divines.

« J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire », nous assure Jésus, mais il en laisse le soin à l’Esprit de vérité. C’est lui qui nous conduit lors de nos partages d’Évangile. Qu’ai-je appris sur Dieu par Jésus sous la conduite de l’Esprit ? »

Homélie

En nous faisant célébrer la fête de la Sainte Trinité, l’Église nous invite à pénétrer avec le regard intérieur de la foi dans le plus sublime de tous les mystères : celui de Dieu tel qu’il est en lui-même. S’il nous est ainsi donné de pouvoir contempler ce visage étonnant de notre Dieu : qui est Unique, mais qui, en même temps est communauté de personnes car il est Père, Fils et Saint-Esprit ; c’est parce que Jésus dans l’Évangile a levé le voile sur cette réalité fondamentale qui est à l’origine et au terme de toutes choses.

Les images ne manquent pas qui peuvent nous aider à saisir quelque chose de ce mystère de la Trinité, lequel dépasse infiniment ce que l’intelligence humaine est capable de concevoir.

  • La première image nous vient d’un grand docteur de la foi des premiers siècles (saint Athanase). Il nous dit que le Père est comme une source jaillissante. La source n’a pas elle-même de source ; elle est commencement, elle est origine. Et, de la source naît le fleuve qui n’existerait pas sans elle. C’est d’elle qu’il est engendré, comme Dieu le Fils est engendré par Dieu le Père. Enfin, il y a le courant : l’eau vive, qui bondit où elle veut et quand elle veut, imprévisible, donnant la vie à toute créature. En dehors d’elle et de sa puissance fécondante tout retournerait au désert et au néant. C’est elle qui rend possible la forêt, l’herbe, la fleur, la vie des animaux et des hommes, elle est l’image du Saint-Esprit. Ainsi peut-on distinguer la source, le fleuve et le courant. Pourtant les trois ne font qu’un. Tous trois dans leur unité sont l’image de la Trinité de Dieu.
  • La seconde image nous est donnée par la Bible. Au livre de la Genèse on peut lire en effet : Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image. A son image il les créa. Homme et femme il les créa ». Ce n’est donc pas l’homme seul qui est image de Dieu, mais le couple humain. Or, dans ce couple il y a quelque chose d’essentiel qui n’est ni l’homme, ni la femme, mais ce qui les unit c’est-à-dire leur amour. Celui-ci ne saurait exister s’il ne procédait pas et du cœur de l’homme et du cœur de la femme, comme une réalité distincte de l’un et de l’autre. Ainsi le couple est-il communion de personnes, comme Dieu lui-même est communion de trois personnes.

Chers frères et sœurs, c’est un grand bienfait pour nous d’avoir, grâce à des images et surtout grâce à un approfondissement de la révélation apportée par le Christ une certaine connaissance de la vie intime de Dieu. Ce mystère nous ne l’aurions jamais connu si lui qui est le Verbe, 2ème personne de la Trinité, n’était pas devenu homme pour nous le révéler.

Mais il est une autre révélation bouleversante qui est la conséquence de cette révélation fondamentale et qui constitue l’originalité du christianisme (on ne trouve cela en effet dans aucune autre religion), c’est que cette vie prodigieuse qui est la sienne Dieu veut la communiquer à l’homme. Il veut le faire participer à la plénitude de sa vie, de sa lumière et de son amour, et cela dès ici-bas, afin de le rendre un jour parfaitement heureux comme lui-même est heureux, lui qui est la Béatitude Infinie. C’est là un mystère que nous ne contemplerons jamais assez : Dieu, si toutefois nous ne refusons pas sa grâce habite en nous. Oui, il est là au fond de notre cœur avec tout son secret qui est sa Vie, c'est-à-dire Trois Personnes dans un seul Etre : 3 personnes qui s’aiment tellement qu’elles ne font qu’Un.

Nous sommes donc des portes-Dieu, frères et sœurs, non pas des trônes pour un Dieu souverain, mais solitaire qui serait puissance sans être amour, mais, des Portes-Trinité qui abritent réellement dans leur Maison intérieure la famille la plus extraordinaire qui soit, la communauté parfaite qui est débordement d’amour prodigieux dans ses relations mutuelles. Seulement voilà, il se trouve que trop sent nous allons et venons avec une telle présence en nous sans y prêter attention comme si nous étions vides, ou plus exactement trop remplis de nous-mêmes. Mais lorsque nous avons vraiment pris conscience que la Bienheureuse Trinité habite en notre âme il se produit immanquablement deux choses :

  • d’abord, très vite et comme spontanément nous entrons en relations avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le dialogue se noue et c’est le cœur à cœur de la prière. Par la Foi et par l’Amour nous communions à cette connaissance et à cet amour par lesquels Dieu se connaît et s’aime lui-même. C’est la vie du ciel, la vie éternelle commencée sur la terre.
  • ensuite, nous comprenons qu’étant les enfants de la Sainte Trinité, nous devons vivre entre nous comme les Trois Personnes vivent chacune par rapport aux autres. Nous devons nous aimer les uns les autres, comme Dieu aime : en échangeant, en dialoguant, en donnant tout et surtout en nous donnant nous-mêmes entièrement.

Toute notre vie en famille ou en communauté doit-être marquée, en effet, par cette source dont nous sommes issus et ce sommet vers lequel nous allons : une source de fécondité par amour, un sommet de partage et de communion dans la joie.

Frères et sœurs, nous ne manquerons pas de prier la Très Sainte Vierge Marie, elle qui est si proche de chacune des Trois Personnes Divines, pour qu’elle nous obtienne la grâce de savoir rejoindre le plus souvent possible par la prière, par une profonde adoration, la Trinité Sainte qui bat dans notre cœur, la grâce aussi de savoir rejoindre par une charité inlassable cette même Trinité Sainte qui bat dans le cœur de notre prochain, et cela pour que soit exaucée la prière que Jésus adressait à son Père la veille de sa mort : « Que tous soient UN, comme Toi Père tu es en moi et moi en Toi, qu’eux aussi soient EN NOUS ».

Amen.

Abbé Pierre Cousty

Prière Universelle

Remplis du souffle de la Pentecôte et dans ces temps qui sont les derniers, nous nous tournons avec confiance et foi vers la Trinité, source de toute chose, afin qu’il y ait plus d’amour entre nous et dans notre Église.

  • Tu es le Dieu tendre et miséricordieux : Seigneur, les temps sont difficiles et il nous arrive de récriminer contre le temps qui ne va pas, contre nos hommes politiques décevants ou contre notre société, mère de tous nos maux !… Mais le prophète Osée vient nous aider à situer la place de Dieu dans nos vies : « Je les prenais dans mes bras, mais ils ne voyaient pas que je prenais soin d’eux. Je les menais avec des liens humains, avec des liens d’amour ; j’étais pour eux comme celui qui soulève un nourrisson contre sa joue et lui donne à manger.

Ô Père, aide nous a te ressembler et à devenir tous les jours un peu plus, tendre et miséricordieux à notre tour : R/

  • Tu es le Dieu lent à la colère, plein d’amour et de fidélité : Seigneur, nous sommes en général impatients, de voir grandir les enfants, de passer tel examen, d’avoir telle promotion, d’être en retraite. Il y a un ailleurs qui nous attire… Pour Dieu, c’est pareil ! Dieu le Père a été si impatient de nous envoyer son Fils unique, qu’il a frappé amoureusement à la porte du cœur de Marie pour devenir un homme.

Ô Père, Toi qui nous sauve de nos manques et du péché, toi qui nous réconcilie dans l’Amour, guide-nous, inspire-nous afin que nous soyons nous aussi, lents à la colère, plein d’amour et de fidélité : R/

  • Frères, soyez dans la joie, soyez d’accord entre vous : Seigneur, alors que le Pape invite Israéliens et Palestiniens à avancer dans la Paix, que nous unissions nos prières pour soutenir les initiatives de paix et d’arrêt de la guerre au sein de Jérusalem. Que tous ceux qui se réclament d’avoir pour Père Abraham, soient des artisans de paix et de joie. Qu’ici aussi, dans nos deux communautés de François d’Assise et de Marie d’Espérance, nous soyons attentifs aux besoins des uns et des autres, afin de renforcer notre unité.

Ô Père, Ton nom est mieux entendu dans la paix ! Que partout, la Paix guide nos décisions : R/

  • Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique. Seigneur, en ces temps de Pentecôte, que ton Esprit nous éclaire afin que la miséricorde inépuisable du Seigneur, l’amour toujours inconditionnel de Dieu et la Communion de l’Esprit saint qui sanctifie toute chose, soit toujours avec nous, en cet instant et en tous les autres. A la Trinité Sainte, nous te confions tout le passé, le présent et l’avenir de nos communautés : R/

Ô Père qui a tout donné, tu es communion d’Amour sans fin dans l’admiration de ton Fils et dans la fécondité de l’Esprit qui crée toutes choses nouvelles. Que nous tous ici rassemblés ce soir, nous soyons toujours attirés par les appels à la Paix, à l’Amour et à l’Unité, dans la douce étreinte de la tendresse de Dieu pour chacun. Amen.

Source : https://www.diocese-belfort-montbeliard.fr/

 

En ce dimanche de la Sainte-Trinité, unissons-nous, par la prière, à nos frères et sœurs du monde entier :

R/ : Dieu Trinité, Dieu d'éternité, exauce-nous.

  • Pour les prêtres : que la Sagesse de Dieu aide chaque prêtre à devenir le pain rompu pour la vie du monde en s'engageant dans une solidarité active avec les plus pauvres à travers une vie de sobriété et d'humilité. Prions le Seigneur. R/
  • Pour l'Église : que la Sagesse de Dieu incite l’Église à se faire de plus en plus proche de tous ceux qui perdent les repères de leurs vies, qui sont tristes, qui sont seuls. Prions le Seigneur. R/
  • Pour les responsables des états : que les décideurs politiques de tous les pays n’oublient jamais la place importante de l’être humain qui est à respecter, à protéger dans tous les projets éco-socio-politiques. Prions le Seigneur. R/
  • Pour les baptisés : qu'ils puissent témoigner de la présence d’un Dieu qui donne une espérance plus forte que tout, auprès des frères et sœurs submergés par la peur, par la détresse, qui vivent en permanence dans l’angoisse ou qui ont connu la trahison. Prions le Seigneur. R/
  • Pour les communautés paroissiales : que chacune se laisse guider vers ce qui est bon, ce qui est juste pour chacun et pour tous, sous la lumière de l’Esprit. Prions le Seigneur. R/

Dieu notre Père, exauce les prières que nous t'adressons. Donne-nous l'Esprit de vérité, qui nous guidera vers la vérité toute entière. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la Prière Universelle : http://jardinierdedieu.fr

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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 17:59

Lecture du livre de la Genèse 3, 9-15. 20

« La mère de tous les vivants »

Quand Adam eut mangé du fruit de l’arbre, le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » L’homme répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin, j’ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché ». Le Seigneur reprit : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé ». Le Seigneur Dieu dit à la femme : « Qu’as-tu fait là ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée, et j’ai mangé ». Alors le Seigneur Dieu dit au serpent : « Parce que tu as fait cela, tu seras maudit parmi tous les animaux et toutes les bêtes des champs. Tu ramperas sur le ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon ».  L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. – Parole du Seigneur.

Ou bien

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1, 12-14

« Ils étaient assidus à la prière, avec Marie la mère de Jésus »

Les Apôtres, après avoir vu Jésus s’en aller vers le ciel, retournèrent à Jérusalem depuis le lieu-dit « mont des Oliviers » qui en est proche, – la distance de marche ne dépasse pas ce qui est permis le jour du sabbat. À leur arrivée, ils montèrent dans la chambre haute où ils se tenaient habituellement ; c’était Pierre, Jean, Jacques et André, Philippe et Thomas, Barthélemy et Matthieu, Jacques fils d’Alphée, Simon le Zélote, et Jude fils de Jacques. Tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères. – Parole du Seigneur.

Psaume 87

R/ : Pour ta gloire on parle de toi, ville de Dieu !

  • Elle est fondée sur les montagnes saintes. Le Seigneur aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob. R/
  • Pour ta gloire on parle de toi, ville de Dieu ! Mais on appelle Sion : « Ma mère ! » car en elle, tout homme est né. C’est lui, le Très-Haut, qui la maintient. R/
  • Au registre des peuples, le Seigneur écrit : « Chacun est né là-bas ». Tous ensemble ils dansent, et ils chantent : « En toi, toutes nos sources ! » R/

Alléluia. Alléluia. Heureuse Vierge Marie tu as enfanté le Seigneur ! Bienheureuse Mère de l’Église, tu fais brûler en nous l’Esprit de ton Fils Jésus, le Christ. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19, 25-34

« Voici ton fils. Voici ta mère »

En ce temps-là, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère ». Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé, pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif ». Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli ». Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

C'est dans le discours qu'il a prononcé pour la clôture de la troisième session de VATICAN II que le Pape Paul VI a proclamé solennellement Marie « Mère de l'Église » et a demandé qu'on l'invoque sous ce titre qui exprime dans sa merveilleuse brièveté la place éminente et singulière qu'occupe dans l'Église la Mère de Dieu.

Pour justifier cette appellation - qui est traditionnelle, mais qui dans la lumière de l'enseignement conciliaire sur Marie, prend un relief particulièrement saisissant, les théologiens invoquent deux grandes raisons :

En premier lieu, Marie est Mère de l'Église parce qu'elle est Mère de Dieu. L'Évangile nous révèle, en effet, qu'à l'appel de Dieu et par sa libre réponse à la puissance de sa grâce, Marie est devenue la Mère de Jésus, le Verbe de Dieu Incarné : « Elle est la Mère, explique Paul VI, de celui qui dès le premier instant de l'Incarnation dans son sein virginal, s'est uni en tant que Chef son corps mystique qui est l'Eglise. Marie, donc, en tant que Mère du Christ est Mère aussi de tous les pasteurs et fidèles, c'est-à-dire de l'Église ».

Quand Marie donna naissance à Jésus, elle donna naissance au « Christ total » ce qui inclut, en un sens mystique, tous ses membres.

Ainsi, parce qu'elle est la Mère du Christ, elle est aussi la Mère de l'Église.

Mais l'Église qui fut préparée par le Christ, spécialement durant sa vie publique, naquit sur la croix du côté transpercé du Rédempteur.

Les souffrances et la mort du Christ ont une importance capitale pour l'origine de l'Église.

Il n'est donc pas étonnant que la seconde raison du titre de « Mère de l'Église » soit la coopération de Marie à l'œuvre rédemptrice de son Fils.

Au calvaire Marie s'est associée par son Cœur maternel au sacrifice du Sauveur, donnant à l'immolation de la victime née de sa chair le consentement de son amour, pour être enfin par le même Christ-Jésus mourant sur la croix donnée comme Mère au disciple par ces mots « Femme, voici ton Fils ». (Lumen Gentium N° 58)

Cet enseignement du Concile montre très clairement que déjà Mère de l'Église depuis le premier instant de l'incarnation en vertu de son « Fiat » portant sur le Christ total, Marie l'est devenue d'une nouvelle manière par ses souffrances co-rédemptrices.

De cette maternité de grâce, l'Église fait continuellement la bienfaisante expérience. Car Marie, par sa médiation qui est essentiellement maternelle (comme Jean Paul II s'est plu à le souligner dans son Encyclique « La Mère du Rédempteur »), ne cesse de coopérer à la transmission de la vie surnaturelle en chaque disciple du Christ et de veiller par son action éducative à son développement.

Sa mission maternelle consiste, en effet, à former le Christ dans les âmes jusqu'à leur parfaite configuration « à l'image du Fils ».

Mais sa qualité de « Mère de l'Église » dit quelque chose de plus. Elle attire notre attention sur l'aspect communautaire de son action. La mère spirituelle des hommes n'exerce pas seulement sa sollicitude maternelle à l'égard de chacun, individuellement. Elle veille au développement de l'ensemble de l'Église.

Par son cœur de Mère et par son intercession si efficace, elle participe à l'expansion de l'Eglise dans le monde, aux progrès de l'œuvre d’évangélisation.

Elle s'emploie avec ardeur à favoriser la croissance de la Foi, de l'Espérance et de la Charité, à améliorer la qualité de la vie spirituelle de toute la communauté chrétienne.

Elle est discrètement présente à tous les aspects de cette vie : au culte et à la liturgie comme à la pratique des sacrements.

Elle tient son rôle dans le Baptême ou Elle devient Mère de ceux qui reçoivent la filiation divine et dans l'Eucharistie ou elle s'unit à l'oblation sacramentelle du Sauveur comme elle s'était unie jadis à son Sacrifice.

Sa présence maternelle n'est pas présence sacramentelle comme celle du Christ, mais présence morale de coopération et d'intercession.

Comme elle le fit une première fois aux Noces de Cana, Marie ne cesse d'implorer Jésus pour ceux qui « n'ont plus de vin » (autrement dit pour tous ceux qui manquent d'amour) de telle sorte que partout où il y a des déficiences, la vie de l'Église puisse recevoir un nouvel apport de grâce et mieux manifester la gloire du Christ.

Enfin, comme toute mère qui attache une importance capitale à l'union de ses enfants, Marie favorise par sa médiation tout ce qui peut contribuer « à la réconciliation de tous les chrétiens dans l'unité d'une seule et unique Église du Christ ».

Puisse notre dévotion filiale envers Marie, Mère de l'Église, aviver en nous le sens ecclésial et nous stimuler plus spécialement à la prier très fort, Elle qui est la « Toute Puissance suppliante » et la Mère des Miséricordes, en faveur de tout ce qui dans l'Église a besoin d'aide et de soutien.

Lectures de la Bienheureuse Vierge Marie en DOCX et PDF

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 19:37

Année A

Lecture du livre des Actes des apôtres 2, 1-11 ABC

Que chacun puisse entendre proclamer dans sa langue maternelle les merveilles que Dieu fait pour lui, telle est la mission de l’Église que l’Esprit lui donne d’accomplir.

Quand arriva la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d'eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie, et de la Pamphylie, de l'Égypte et des contrées de Libye proche de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Si l’on veut bien se souvenir de l’épisode symbolique de la tour de Babel, montrant comment la multiplication des langues avait provoqué la dispersion des hommes, par suite de leur incapacité à se comprendre, on découvrira comment le Saint-Esprit refait l’unité perdue. Il n’invente pas une langue universelle mais il donne aux disciples de se faire entendre dans la langue maternelle de chacun. Il signifie par-là que l’Église se doit d’assumer la langue, les coutumes et la civilisation de chaque peuple pour être universelle.

Des peuples divers sont présents dans nos quartiers et nos citées. Nous sommes les disciples chargés de proclamer dans leurs langues les merveilles de Dieu.

Psaume 103

R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! La terre s'emplit de tes biens. R/
  • Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre. R/
  • Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses œuvres ! Que mon poème lui soit agréable ; moi, je me réjouis dans le Seigneur. R/

Lecture de la 1ère lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12, 3b-7.12-13

Le don de l’Esprit se concrétise pour chacun de nous dans les talents qu’il nous confie en vue du bien de tous.

Frères, personne n'est capable de dire : « Jésus est le Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint. Les dons de la grâce sont variés, mais c'est le même Esprit. Les services sont variés, mais c'est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c'est le même Dieu qui agit en tous. À chacun est donnée la manifestation de l'Esprit en vue du bien.

Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C'est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul s’attaque aux rivalités entre chrétiens au sujet des talents reçus de Dieu. Les uns réclamaient le premier rôle à cause de leur science à expliquer les mystères chrétiens ; d’autres mettaient en avant leur foi ou leur don de guérir ; d’autres invoquaient leur lucidité, leur aptitude à réfléchir sur le sens des événements ; enfin, certains enthousiastes réclament leur place, à cause de leur façon mystérieuse de prier à haute voix. Que leur répond Paul ? Ces dons de l’Esprit Saint sont partagés à chacun, non pour sa vanité personnelle, mais en vue du bien commun, pour assurer l’unité de la communauté dans la diversité de ses expressions.

Une communauté chrétienne est caractérisée à la fois par la variété des dons de la grâce, des fonctions et des activités qui s’y exercent, et par l’unique Dieu ; Père, Seigneur et Esprit, qui en est la source. Pas d’Église sans cette diversité et sans l’unité qui la fonde.

Séquence

  • Viens, Esprit Saint en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
  • Viens en nous, Père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
  • Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.
  • Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort.
  • Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.
  • Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
  • Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
  • Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
  • À tous ceux qui ont la foi, et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés.
  • Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen !

Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Emplis le cœur de tes fidèles ! Allume en eux le feu de ton amour ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 19-23

Le souffle du Christ ressuscité est l’Esprit Saint qui, par les disciples, portera son pardon à tous les hommes.

C'était après la mort de Jésus, le soir venu, en ce premier jour de la semaine. Alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ». – Acclamons la Parole de Dieu

Commentaire : La paix que le Christ souhaite à ses disciples apeurés, au soir de Pâques, est moins l’invitation à ne plus craindre les juifs hostiles que l’assurance de sa victoire définitive sur le mal et la mort. En Jésus ressuscité, les disciples peuvent toucher celui qui réconcilie les hommes avec Dieu, en abolissant le règne du péché. De son corps glorifié, mais toujours marqué des cicatrices de sa Passion, jaillit le souffle purificateur et recréateur de Dieu lui-même, l’Esprit Saint, qui est gage de pardon et de vie nouvelle. La mission des apôtres ne fait que prolonger celle de Jésus envoyé par le Père : réconcilier l’humanité avec Dieu en lui donnant un nouveau souffle.

La Pentecôte intime qu’est la présence de l’Esprit Saint dans nos cœurs nous donne un Souffle nouveau pour lutter contre le mal, pour repartir avec confiance après un échec, pour persévérer dans le chemin de la prière.

Lectures et Homélie de la Pentecôte A en PDF

Année B

Lecture du livre des Actes des apôtres 2, 1-11 ABC

Que chacun puisse entendre proclamer dans sa langue maternelle les merveilles que Dieu fait pour lui, telle est la mission de l’Église que l’Esprit lui donne d’accomplir.

Quand arriva la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d'eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie, et de la Pamphylie, de l'Égypte et des contrées de Libye proche de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Si l’on veut bien se souvenir de l’épisode symbolique de la tour de Babel, montrant comment la multiplication des langues avait provoqué la dispersion des hommes, par suite de leur incapacité à se comprendre, on découvrira comment le Saint-Esprit refait l’unité perdue. Il n’invente pas une langue universelle mais il donne aux disciples de se faire entendre dans la langue maternelle de chacun. Il signifie par-là que l’Église se doit d’assumer la langue, les coutumes et la civilisation de chaque peuple pour être universelle.

Des peuples divers sont présents dans nos quartiers et nos citées. Nous sommes les disciples chargés de proclamer dans leurs langues les merveilles de Dieu.

 

Psaume 103

R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! La terre s'emplit de tes biens. R/
  • Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre. R/
  • Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses œuvres ! Que mon poème lui soit agréable ; moi, je me réjouis dans le Seigneur. R/

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,16-25

Nous sommes des êtres divisés ; une part de nous-mêmes résiste à l’action de Dieu, une autre part est ouverte à l’œuvre de l’Esprit. Saint Paul nous le rappelle pour nous engager à la lutte.

Frères, je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair. Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi. On sait bien à quelles actions mène la chair : inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu. Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. En ces domaines, la Loi n’intervient pas. Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour Paul, la chair et l’esprit ne sont pas deux composantes de l’homme, l’une chargée de tous les vices, l’autre de toutes les qualités, mais deux aspects de la condition humaine. L’homme est chair : cela traduit sa faiblesse ; l’homme est esprit : cela manifeste sa capacité de s’ouvrir à Dieu. Laissé à lui-même, l’homme est chair, et cela le conduit à tous les vices que Paul énumère selon un catalogue déjà connu des philosophes païens. Mais s’il s’ouvre à l’Esprit et se laisse conduire par lui, l’homme est mené par l’amour. Alors se font jour les fruits de l’Esprit : la joie et la paix qui se traduisent par la patience, la bonté et la bienveillance, et révèlent un homme de foi, plein d’humilité et de maîtrise de soi. Ce n’est pas une nouvelle loi, mais le résultat d’hommes et de femmes qui ont crucifié avec le Christ leur chair, leur faiblesse, pour trouver la force d’une vie nouvelle dans l’Esprit.

L’Esprit de Pentecôte nous semble être parfois loin de nous. Relisons la liste des fruits de l’Esprit et demandons-nous par lesquels il est présent et agissant dans notre vie.

Séquence

  • Viens, Esprit Saint en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
  • Viens en nous, Père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
  • Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.
  • Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort.
  • Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.
  • Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
  • Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
  • Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
  • À tous ceux qui ont la foi, et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés.
  • Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen !

Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Emplis le cœur de tes fidèles ! Allume en eux le feu de ton amour ! Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16, 12-15

Qui peut connaître Dieu, sinon l’Esprit de Dieu lui-même ? Jésus nous donne cet Esprit qui nous introduit dans la vérité de Dieu.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Le rôle de l’Esprit dans le monde est d’être témoin, nous dit Jésus. Témoin de Jésus auprès des disciples : eux qui sont avec lui depuis le commencement, c’est-à-dire le baptême de Jean Baptiste, découvriront, grâce à l’Esprit, dans la lumière de Pâques, la vérité de la personne du Christ, le Fils du Père. Témoins aussi du Père auprès des disciples : ils ont approché, en Jésus de Nazareth, celui qui ne fait qu’un avec le Père, et, grâce à l’Esprit, dans la lumière de Pâques, ils connaîtront que qui a vu Jésus a vu le Père. Ainsi, l’Esprit conduit-il à la vérité tout entière les disciples que nous sommes.

Relire les évangiles avec l’Esprit Saint comme maître intérieur ne sera pas apprendre du nouveau, mais entrer progressivement dans la vérité tout entière de Jésus et du Père. Essayons !

Lecture du Dimanche de Pentecôte 2021 en DOCX et PDF

Année C

Lecture du livre des Actes des apôtres 2, 1-11 ABC

Que chacun puisse entendre proclamer dans sa langue maternelle les merveilles que Dieu fait pour lui, telle est la mission de l’Église que l’Esprit lui donne d’accomplir.

Quand arriva la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d'eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie, et de la Pamphylie, de l'Égypte et des contrées de Libye proche de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Si l’on veut bien se souvenir de l’épisode symbolique de la tour de Babel, montrant comment la multiplication des langues avait provoqué la dispersion des hommes, par suite de leur incapacité à se comprendre, on découvrira comment le Saint-Esprit refait l’unité perdue. Il n’invente pas une langue universelle mais il donne aux disciples de se faire entendre dans la langue maternelle de chacun. Il signifie par-là que l’Église se doit d’assumer la langue, les coutumes et la civilisation de chaque peuple pour être universelle.

Des peuples divers sont présents dans nos quartiers et nos citées. Nous sommes les disciples chargés de proclamer dans leurs langues les merveilles de Dieu.

Psaume 103

R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! La terre s'emplit de tes biens. R/
  • Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre. R/
  • Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses œuvres ! Que mon poème lui soit agréable ; moi, je me réjouis dans le Seigneur. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 8-17

C’est l’Esprit de Jésus Christ qui est désormais agissant en nous : il nous conduit, il lutte avec nous, il prie en nous, il atteste que nous sommes enfants de Dieu.

Frères, ceux qui sont sous l'emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous celle de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l'Esprit vous fait vivre, puisque que vous êtes devenus des justes. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n'est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair. Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les agissements de l'homme pécheur, vous vivrez. En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves, et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C'est donc l'Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans cette lettre, Paul a décrit la condition de l’homme abandonnant à lui-même, sans le Christ : il expérimente que le péché et la mort finissent par avoir raison de ses efforts pour s’en délivrer. Dans cette situation, la loi juive ou celle de la conscience sont impuissantes à le libérer, elles lui font au contraire ressentir plus durement son esclavage. Qui peut alors nous libérer, s’interroge Paul ? C’est Jésus Christ et l’Esprit qu’il nous donne. Cet Esprit est vie, il fait vivre, il ressuscite. Cet Esprit est celui de Dieu, aussi la vie qu’il nous donne est-elle celle d’enfants de Dieu qui crient vers le Père le mot même de Jésus : Abba, c’est-à-dire Père bien-aimé. Comment douter dès lors que cet Esprit soit le gage certain d’héritier avec le Christ la vie auprès du Père ?

Poussés par l’Esprit nous crions vers le Père en l’appelant « Abba », le mot qu’employait Jésus pour prier. Le Notre Père est ainsi la prière du Fils et de l’Esprit en nous.

Séquence

  • Viens, Esprit Saint en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
  • Viens en nous, Père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
  • Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.
  • Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort.
  • Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.
  • Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
  • Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
  • Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
  • À tous ceux qui ont la foi, et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés.
  • Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen !

Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Emplis le cœur de tes fidèles ! Allume en eux le feu de ton amour ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 15-16. 23b-26

Comment trouver les gestes et les paroles qui nous permettront d’être témoins de Jésus, aujourd’hui ? « Je vous enverrai l’Esprit Saint, nous dit Jésus, il vous enseignera tout ».

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’Esprit Saint est appelé ici le Défenseur parce qu’il joue le rôle de l’avocat de la défense, le protecteur de l’accusé. Jean présente en effet son évangile comme un procès intenté à Jésus. Les hommes défilent devant la barre des témoins et sont amenés à prendre position pour ou contre lui, depuis Jean Baptiste, Nicodème, le Samaritaine, l’aveugle-né, les juifs, Pilate et … les disciples. Mais ce procès n’est pas achevé, et dans l’histoire résonne toujours cette question : toi, qui dis-tu que je suis ? Pour prendre position pour Jésus, pour entrer dans la pleine compréhension de sa personne, de ses paroles et de ses gestes, l’Esprit vient à notre aide, tel un Défenseur. Il est la mémoire vivante des croyants, « il enseignera tout ».

Demandons à l’Esprit de nous donner la mémoire vivante des paroles et des gestes de Jésus pour en découvrir la portée pour aujourd’hui.

Homélie - 1

Saint Luc qui au début de son livre « les Actes des Apôtres » nous décrit l’évènement de la Pentecôte, nous fait assister à une étonnante métamorphose dans le cœur et dans la vie des apôtres. Il est évident, en effet, qu’au départ les apôtres furent des hommes comme tous les autres. Leurs préoccupations étaient celles de tout le monde : gagner leur pain, aider leur famille, prendre soin de leur santé. Même après avoir, durant des mois écouté les enseignements de Jésus, ces hommes restaient profondément ancrés dans leur mentalité première. Ils conservaient par exemple les vues politiques de leurs contemporains puisque le jour même de l’Ascension ils demandaient au Christ « Est-ce maintenant que tu vas restaurer la Royauté en Israël ? » On peut dire qu’ils vivaient dans leur petit monde : un monde aux horizons étroits, soucieux avant tout de leur réussite personnelle « Lequel d’entre nous sera le premier ? » Or, Jésus avant de les quitter leur avait promis l’effusion de son Esprit qui constituerait pour eux une nouvelle forme de sa présence et de la présence du Père : « Bientôt, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint.

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de Vérité, il vous fera comprendre tout ce que je vous ai dit. Il vous introduira dans la vérité toute entière... Alors vous serez revêtus de la force d’En-Haut et vous serez mes témoins ».

Au matin de la Pentecôte ce Don de l’Esprit fut pour eux comme un éclatement de leur petit monde : brusquement les horizons s’élargissaient à leurs yeux et le chantier de leurs activités prenait de nouvelles dimensions.

AVANT : ils se sentaient seulement responsables d’un tout petit nombre de personnes.

APRÈS : ils découvraient la Lumière de l’Esprit de Dieu qu’ils étaient responsables d’un Salut à porter à tous les hommes.

AVANT : ils se seraient jetés à l’eau par exemple pour venir en aide à un camarade en train de se noyer.

APRÈS : ils se sentaient de taille à affronter les plus grands périls pour porter un secours spirituel à tous les hommes : désormais ils n’avaient plus qu’un seul objectif, une seule ambition : être jusqu’à la fin de leur vie et dans le monde entier les témoins du Christ Ressuscité.

AVANT : ils ne voyaient pas clair, ne sachant pas très bien ce qu’ils devaient faire.

APRÈS : tout s’illuminait pour eux... dans la lumière intérieure de l’Esprit, tout devenait saisissant de vérité et d’amour et ils prenaient la mesure de leurs responsabilités.

AVANT : ils avaient peur, ils n’osaient pas se compromettre pour le Christ.

APRÈS : ils se sentaient soulevés et comme propulsés par une force irrésistible : rien désormais ne pourrait les arrêter, ni la police, ni la perspective des châtiments et de la prison, pas même la mort.

Ces hommes n’étaient plus animés par leur intérêt personnel, ils ne cherchaient plus la satisfaction de leurs petits désirs, la réalisation de leurs projets : l’Esprit de Dieu inspirait désormais leur manière de voir, les motifs de leur action, en faisant des passionnés de Dieu et de l’œuvre de Dieu. Poussés par l’Esprit, ils sont partis à la conquête du monde : ils ont rassemblé dans l’Eglise du Christ les enfants de Dieu dispersés. Et à partir d’eux la puissance de l’Esprit a pu se déployer jusqu’à nos jours comme une sorte de réaction en chaîne non à la manière d’une bombe atomique qui dévaste tout, mais à la manière du soleil, cette formidable et permanente explosion nucléaire d’où nous viennent la lumière, la chaleur et la vie. Cela n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu au départ cette métamorphose des Apôtres. Il n’y aurait jamais eu ni l’Evangile, ni l’Eglise, ni les chrétiens si cet évènement de la Pentecôte qui est un grand mystère ne s’était produit.

C’est grâce aux Apôtres que l’œuvre gigantesque de l’Evangélisation du monde a pu commencer. Nous savons qu’à leur suite beaucoup d’hommes et de femmes ont pris le relai, beaucoup d’hommes et de femmes ont accepté d’êtres les instruments de l’Esprit.

Aujourd’hui encore, grâce à cette chaîne ininterrompue de témoins, l’explosion spirituelle de la Pentecôte illumine et travaille le monde et c’est là qu’une question est posée à notre conscience de baptisés et confirmés, sommes-nous les fidèles continuateurs des Apôtres ? Est-ce que nous agissons en hommes qui sont baptisés et animés par l’Esprit de Dieu ? Certes nous avons reçu à notre tour les dons de l’Esprit, mais nous avons un redoutable pouvoir : celui de résister à l’Esprit-Saint, celui d’éteindre en nous la flamme de l’amour. Ne cédons-nous pas trop souvent à une tentation d’étroitesse, de replis sur soi... On devient si facilement prisonnier d’une routine, on s’enferme dans ses petites vues personnelles, on défend ses intérêts et on oublie les grands intérêts de Dieu.

Si nous n’y prenons garde très vite, nous centrons notre vie sur nous-mêmes, sur notre famille ou notre petit cercle d’amis et nous refusons d’ouvrir notre cœur à l’universel, de nous engager à fond dans la mission de l’Eglise qui consiste à faire connaître Jésus l’unique Sauveur et à le faire aimer. Sommes-nous vraiment animés de cet esprit missionnaire qui brûlait si fort dans le cœur des Apôtres. C’est dans la mesure où il ouvre son cœur à l’Esprit-Saint, Esprit de Lumière, de Force et d’Amour que le chrétien découvre la mission qu’il a à remplir dans le monde actuel : faire passer l’Esprit de l’Evangile, propager la flamme de l’Amour, réapprendre aux hommes à s’aimer les uns les autres à la manière du Christ, car là et là seulement se trouve la voie du Salut et de la Vie.

Frères et sœurs, comme aux premiers temps du Christianisme serrés autour de Marie, devenue à la Pentecôte la Mère de l’Eglise, pleins de défauts certes comme les apôtres, et tout aussi démunis qu’eux, mais remplis aussi d’une humble et absolue confiance en l’Esprit-Saint qui nous habite, laissons-nous éclairer de sa lumière. Purifiés et fortifiés par son souffle divin nous deviendrons les témoins irrésistibles de son Amour.

Amen.

Homélie - 2

Avant de passer de ce monde à son Père, Jésus avait fait à ses disciples la promesse solennelle de l’Esprit-Saint : « Je ne vous laisserai pas orphelins. Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de Vérité ».

Au jour de la Pentecôte, 50 jours après sa Résurrection, le Seigneur a tenu magnifiquement sa promesse. Le Saint-Esprit, sous forme de langues de feu est descendu sur les disciples, réunis autour de Marie et il les a remplis de sa divine présence et de toute la richesse de ses dons. Au moment de l’Annonciation, le Saint-Esprit s’était manifesté secrètement pour former en Marie le Corps physique du Christ ; au jour de la Pentecôte, il s’est manifesté avec éclat pour former le Corps mystique du Christ qui est l’Eglise. Désormais le temps de l’Esprit maintes fois annoncé par les prophètes devient une merveilleuse réalité. Et si le Saint-Esprit est ainsi donné à l’Eglise c’est pour être avec elle jusqu’à la fin des temps et pour accomplir par elle une mission unique et irremplaçable : faire pénétrer dans toutes les générations et en tous lieux la Rédemption du Christ acquise une fois pour toutes. Nous le savons : dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, Jésus à réalisé l’œuvre que le Père lui avait confiée : par son sacrifice d’amour il nous a tout mérité, mais c’est au Saint-Esprit qu’il a remis le soin de nous monnayer, en quelque sorte les grâces de la Rédemption.

L’œuvre attribuée au Saint-Esprit dans l’Eglise comme dans les âmes est de conduire à sa fin, c’est-à-dire à sa plus haute perfection, le travail incessant de la sanctification.

Pour toujours le Saint-Esprit habite l’Eglise. Et de même qu’un édifice ne subsiste que par l’exact agencement des pierres et des matériaux qui le constituent, de même l’Eglise n’a d’unité et de solidarité que par le lien vivant de l’Esprit.

Si le Christ est la tête de l’Eglise, le Saint-Esprit en est l’âme. Comme l’âme anime le corps, meut et dirige chaque membre, commande les diverses fonctions de l’organisme, ainsi le Saint-Esprit souffle vital de l’Eglise anime chaque membre, l’inspire et le guide et l’on reconnaît son influence à la force et à l’excellence des actions qu’il suscite. C’est ainsi qu’il conduit l’Eglise de façon visible par le Pape et les Evêques, en les assistant dans leur mission d’enseignement et de gouvernement.

N’est-il pas, lui, l’Esprit de Vérité ? Le suprême Eclaireur qui fait comprendre à l’Eglise ce que Jésus a enseigné et qui l’introduit progressivement dans la plénitude de la Vérité. Et l’Eglise a besoin de lui, non seulement pour pénétrer toujours plus avant dans la pensée de Dieu, mais aussi pour traduire cette pensée en langage adéquat, pour n’énoncer de manière à être comprise des générations successives et à travers toutes les cultures. C’est toute la signification du miracle des langues qui nous est rapporté par saint Luc.

Pour ce jour de la Pentecôte une foule de pèlerins juifs étaient venus à Jérusalem de tous les pays environnants : ils parlaient donc des langues ou des dialectes différents. Mais en écoutant les apôtres ils furent stupéfaits de les entendre dans leur propre langue et chacun de dire : « Nous entendons proclamer les merveilles de Dieu dans notre langue maternelle... » Oui, l’Esprit-Saint donne à l’Eglise de trouver les mots qui conviennent pour proclamer à tous la Bonne Nouvelle. Mais si l’Esprit-Saint dirige et anime l’Eglise comme telle, il exerce aussi une action intime, silencieuse et permanente dans le cœur de chacun et de chacune d’entre nous... Etant l’âme de notre âme, il nous introduit dans l’intimité divine et nous fait participer comme des fils à la famille de Dieu.

Sur le plan humain, lorsqu’un enfant est adopté par une famille, il faut que cet enfant s’adapte à la mentalité de sa famille adoptive, qu’il prenne peu à peu l’esprit de sa nouvelle famille... De même, nous qui sommes destinés à communier comme des fils à la vie prodigieuse de la bienheureuse Trinité, nous avons besoin pour cela de recevoir l’Esprit de la famille divine qui est l’Esprit-Saint en personne. Il nous est donné pour que nous puissions pénétrer dans le monde divin et vivre le plus possible et le mieux possible comme des enfants de Dieu qui pensent, agissent et aiment à l’exemple de leur parfait modèle : le Christ Jésus.

Souvenons-nous surtout de ceci, frères et sœurs, le Saint-Esprit que nous avons reçu d’une manière très spéciale au moment de notre baptême et de notre confirmation est chargé de nous appliquer la vertu réparatrice du Sang du Christ. Car, hélas, par le péché nous déformons, nous caricaturons l’image du Christ dans notre âme, contrecarrant ainsi l’œuvre divine. En artiste très délicat et très miséricordieux, l’Esprit-Saint rectifie et retrace en notre âme les traits qui nous rendent à nouveau conformes au modèle divin...

Par le sang purificateur de Jésus, ce sang qu’il nous applique surtout dans le Sacrement du Pardon et de la Réconciliation, il efface en nous les traits diffames de l’orgueil ou de l’égoïsme et par la vertu de ce même sang il fait réapparaitre les traits de notre ressemblance au Christ.

L’excellence de l’Esprit-Saint « qui achève en nous toute sanctification » est que non seulement il refait ce qui a été défait mais il le refait en beaucoup plus beau... Pour lui, en effet, refaire, c’est parfaire. Cette merveille de la grâce lui a valu d’être appelé dans la prière du « Veni Créator », « le doigt de la droite du Père » car le doigt c’est ce qui sert à fignoler, à parachever la qualité d’un ouvrage.

Après avoir réalisé ce chef-d’œuvre divin, chef-d’œuvre insurpassable qu’est le Christ Jésus, l’Esprit-Saint n’a qu’un désir : en réaliser des imitations innombrables... en faire des copies vivantes.

N’oublions pas cependant qu’il y a de notre part une condition à remplir : c’est de lui ouvrir nos âmes dans une attitude de très grande docilité, car il ne peut faire que dans la mesure où on le laisse faire.

Puisse la Vierge Marie, notre éducatrice spirituelle, l’attirer sur nous par sa prière irrésistible, comme elle le fit en faveur des apôtres dans les jours qui précédèrent la Pentecôte.

Amen.

Prière universelle

 

R/ : Jésus, Toi qui as promis d’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient,
       ô Dieu pour porter au monde ton feu, voici les demandes de nos vies.

Introduction:

  • Pentecôte, fête de l’Église universelle : Donne Seigneur, à tous les responsables pastoraux et les chrétiens la force et la lumière pour témoigner de ton Amour à l’ensemble de l’humanité ! Que l’on puisse se rassembler, être en communion et se comprendre malgré nos différences ! R/
  • Pentecôte, souffle nouveau : Donne-nous Seigneur Jésus, l’Esprit de vie et de discernement, dans les situations au quotidien : famille, métier, associations !… Guide-nous, accompagne-nous dans nos choix ! R/
  • Pentecôte, feu nouveau : Donne Seigneur à tous les baptisés ton Esprit de feu afin qu’ils retrouvent en ces temps compliqués l’enthousiasme de ta Bonne Nouvelle ! Merci pour les fêtes des premières Communion et Profession de Foi qui nous renouvellent dans l’Espérance et la Joie ! (Nommer les enfants s’il y en a le jour…) R/
  • Pentecôte, temps de tous les « possibles » : Donne-nous ton Esprit d’Amour pour plus de solidarité et d’attention à tous ceux qui souffrent du manque des biens nécessaires, de partage et d’amour, pour vivre dans la dignité. Que chacun accomplisse les services et les responsabilités, au bénéfice de tous, dans la Paix et la Justice ! R/
R/ : Jésus, Toi qui as promis d’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient,
       ô Dieu pour porter au monde ton feu, voici les demandes de nos vies.

Conclusion par le prêtre : Que ton Esprit Saint, Seigneur, nous accompagne jour après jour et renouvelle la face de la terre. Nous te le demandons à toi qui vis et règne maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Source : https://coteauxdeloire.diocese49.org/

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 16:31

Je ne vous dis pas l’ambiance ! Plus ça approche et plus la fièvre monte. Tout le monde en parle, Y a de la pub partout, dans les magasins on ne voit plus que ça, les billets se vendent même sur internet, jusqu'aux premières décharges d'adrénaline qui accompagneront les premiers buts… Ce sera de la pure folie dans les stades. Comme disent les ados, ça va déchirer…Je parle bien sûr de l'Euro de Foot 2016 ! Vu de l'extérieur par le désintéressé que je suis, je me dis qu'ils sont un peu fous avec leur sport…

Pas très loin tout ça du jour de la Pentecôte dont nous parlent les Actes des apôtres puisque les gens qui voient de l'extérieur disent qu'ils sont fous, certainement ils ont trop bu ! Pourtant ce jour-là, ça a carrément déchiré…, le ciel s'est déchiré pour laisser descendre l'Esprit-Saint sur l'Eglise naissante, la force, la puissance incroyable de Dieu qui pousse les disciples à sortir dans les rues pour crier leur joie, comme lorsque Sion gagnait la coupe… Il faut dire que cette fois-ci, c'est Jésus qui a marqué le but, alors son équipe, sur le terrain du monde, jubile. Et c'est le monde entier qui court vers son équipe, nous disent les Actes : “Parthes, Mèdes, Elamides, Romains, Juifs… Il faut croire que quelque chose d'important s'était passé…” Mais qui est l'équipe adverse, les joueurs ennemis de notre équipe dont nous sommes ce matin les supporters ? Ce sont la peur, le repli sur soi (les apôtres enfermés par peur des Juifs dans l'évangile de ce jour), le mal, le péché (Jésus souffle sur eux pour les envoyer remettre les péchés), la mort, l'esprit de division, de racisme… Eh bien, Jésus a gagné : la preuve, tous ces gens si différents qui se réunissent autour de lui comme les joueurs d'une même équipe autour du ballon. Et là chacun a sa place et son rôle à jouer. Jésus a marqué le but et il nous attire vers le but : la vie, la vie éternelle, le Père du Ciel qu'il a rejoint… Et il nous donne sa joie et sa force en nous envoyant l'Esprit-Saint. L'Esprit c'est tout le Ciel qui se réjouit et nous donne sa joie !

Alors sur cette terre, nous avons aussi à atteindre le but de la vie, à ne pas le perdre de vue : c'est Jésus. En le suivant nous faisons partie de l'équipe gagnante. “Je cours vers le but, nous dit Paul, comparant la foi à une course sportive, tout tendu en avant et oubliant le passé, je m'élance vers le Christ en vue d'obtenir le prix attaché à son appel”. Le prix c'est l'Esprit de Dieu en nous qui nous pousse en avant et nous fait aimer la vie à sa juste valeur… Mais la foi demeure aussi un combat : “Tous les athlètes s'imposent une discipline sévère, nous dit encore Paul ; eux c'est pour une couronne périssable, mais nous, pour une couronne impérissable, le Christ. Moi, quand je cours je ne vais pas à l'aveuglette, et quand je boxe, je ne boxe pas dans le vide, mais je discipline mon corps pour ne pas être éliminé en cours de route…” Invitation au combat spirituel, à la fidélité, à la prière pour ne pas perdre l'Esprit de Dieu, le seul prix qui nous conduit au but de la vie et au-delà de la mort…

Père Joël Pralong

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 08:16
https://www.ecpad.fr/actualites/commemoration-du-8-mai-1945/

Sans doute ce que le conflit de la seconde guerre mondiale nous a appris, ce dont nous n’avions pas encore suffisamment conscience dans l’entre-deux guerres, c’est que la paix durable ne s’instaure jamais sur la seule base de la mémoire des vainqueurs. Sans la prise en compte juste et respectueuse de la mémoire des vaincus, on prépare la guerre. Si la mémoire des vainqueurs est humiliante, l’adversaire ressurgira. Ce conflit nous aura encore appris les limites de la démocratie et des institutions de la République, lorsqu’elles oublient l’éducation des valeurs en se contentant d’un fonctionnement, d’une organisation.

La démocratie peut porter au pouvoir un régime totalitaire, un Etat et une police républicaine peuvent se fourvoyer au point de commettre l’irréparable. Positivement, mais le prix payé fût énorme, ce conflit nous apprit aussi le partage des valeurs, la résistance et l’engagement pour la liberté, qui font la dignité de l’humanité. Des milliers de jeunes venus d’autres continents ont offert leur vie pour notre pays. Mais là où ce conflit nous enseigne davantage, de façon emblématique et dramatique, c’est dans la conception et la mise en œuvre de l’idéologie nazie. Cette soi-disant pensée traduite en pratique voulait retirer à certains l’appartenance à l’espèce humaine, leur droit à exister, quelque soit leur âge. Au sortir de la guerre, une nouvelle catégorie pénale du droit international allait voir le jour : celle du « crime contre l’humanité ».

L’extermination programmée de Juifs, de Tziganes, les traitements inhumains des personnes handicapées ou homosexuelles, des peuples slaves, la classification entre les « non-hommes », les « sous-hommes » et la race des « seigneurs », allaient venir hanter la conscience de l’Europe de la Raison. Le conflit n’avait pas lieu que sur le front de la guerre entre deux hommes de bords opposés, il était de façon bien plus radicale et saisissante dans la négation, par un groupe d’hommes se reconnaissant d’une race supérieure, de l’humanité d’autres hommes. L’ingéniosité diabolique allait atteindre son paroxysme et poser à l’homme une question sans fond : comment des hommes, nos frères en humanité, avaient-ils pu aller jusque là ? Comment un tel blasphème contre l’homme et contre Dieu a-t-il été possible ? Comment un tel blasphème contre Dieu et la race d’Abraham qui porte son Nom et sa Loi, dont le Christ est issu, à qui saint Paul s’adresse dans son exhortation entendue dans la liturgie d’aujourd’hui, fut-il rendu possible ?

Peut-on penser la Shoah ? Certains s’y attèlent avec grand courage et abnégation pour étudier les processus qui conduisent à la solution finale et nous en prévenir. D’autres cherchent à honorer les morts en ne les enfermant pas dans l’oubli, en évitant que le temps qui passe efface les traces, pour nous garder éveillés, et éviter que l’Histoire ne se répète. D’autres ont cherché et cherchent encore par leur conscience éclairée à fonder un universalisme des droits de l’homme, et à faire qu’il soit respecté, à créer une Europe de l’échange et des valeurs, à promouvoir une culture de la paix, à œuvrer à l’éducation des consciences des jeunes générations.

L’Europe et le XXème siècle, plus encore notre humanité elle-même - le fait d’être humain - ont vacillé sur ces années noires. Qu’en sera-t-il de notre monde et de notre XXIème siècle ? Il ne faudrait pas croire que la date du 8 mai 1945 a mis un terme définitif à la barbarie et à la tentation du mal. L’histoire récente nous l’a malheureusement déjà prouvé. Cela oblige à un regard lucide sur notre temps et sur nous-mêmes, sur nos désirs et nos ambitions contradictoires. Nous confions une nouvelle fois aujourd’hui toutes les victimes et tous les hommes qui sont morts à la miséricorde et à la justice divine. Mais nous, les vivants, pour ne pas céder à la tentation d’inhumanité, nous devons entrer dans le chemin de la vérité, dans celui de la Rédemption, en nous responsabilisant et en aimant la vie comme un don de Celui qui se présente comme le Chemin, la Vérité et la Vie.

Père Dominique

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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 15:06

Lecture du livre d'Isaïe 7, 10-14 ; 8, 10

Isaïe annonce au roi incrédule que son salut viendra d’un fils nommé Emmanuel qu’enfantera une jeune femme vierge.

Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz : « Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets ». Acaz répondit : « Non, je n'en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve ». Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! Eh bien ! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, c'est-à-dire : Dieu-avec-nous ». Parole du Seigneur.

Psaume 39

R/ Me voici, Seigneur, pour accomplir ta volonté.

  • Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, tu as ouvert mes oreilles ; tu ne demandais ni holocauste ni victime, alors j'ai dit : « Voici, je viens. R/
  • « Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. Mon Dieu, voilà ce que j'aime : ta loi me tient aux entrailles ». R/
  • J'annonce la justice dans la grande assemblée ; vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais. R/
  • Je n'ai pas enfoui ta justice au fond de mon cœur, je n'ai pas caché ta fidélité, ton salut ; j'ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée. R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 10, 4-10

« Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté ». Dans cette phrase se résume toute la vie de Jésus.

Frères, en entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n'as pas voulu ni sacrifices ni d'offrandes, mais tu m'as formé un corps. Tu n'as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, je t'ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre. Le Christ commence donc par dire : Tu n'as pas voulu ni agréé les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les sacrifices pour le péché, ceux que la Loi prescrit d'offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime le premier état de choses pour établir le second. Et c'est grâce à cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes. - Parole du Seigneur.

Commentaire : « Tu m'as fait un corps ». Un Dieu qui naît, qui grandit, qui travaille, aime, souffre et meurt grâce à ce corps d'homme qui est le sien, voilà le résumé de l'Incarnation, voilà aussi le résumé d'une vie humaine. Être homme, être fils de Dieu, c'est vivre sa vie comme un accomplissement quotidien de la volonté de Dieu. Ce n'est que cela ; pourtant, seul le Fils de Dieu a su vivre parfaitement une telle vie d'homme. C'est aussi tout cela : aucune de nos activités humaines n'est étrangère à cet appel de Dieu  à faire sa volonté.

« C'est de moi que parle l'Ecriture », c'est ainsi que Jésus a lu la Bible, Or, elle parle aussi de moi. Pourquoi ne pas creuser la parole qui me touche dans les textes de ce dimanche ?

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! Le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire. Venez, adorons-le. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-38

Le "oui" de Marie, à l'Annonciation, en fait la servante du Seigneur. il en fait aussi la servante de l'humanité que son Fils vient sauver.

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin ».

Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Et voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ».

Alors l’ange la quitta.

Méditation

Dans son admirable «Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge» (au N° 243), saint Louis Marie G. de Montfort invite tous ceux qui par leur Consécration sont devenus «esclaves de Jésus par Marie» à célébrer avec une intense ferveur la fête de l’Annonciation le 25 Mars. C’est ce jour-là, en effet, que l’Eglise commémore solennellement le mystère de l’Incarnation glorifiant en même temps le Verbe qui se fait Fils de Marie et la Vierge qui devient Mère de Dieu. Cette merveilleuse «Annonce faite à Marie» qu’il nous faut contempler non seulement un jour par an, mais tous les jours en récitant l’Angélus et en commençant notre Rosaire, est essentiellement un appel d’amour de la part de Dieu et une réponse d’amour donnée par Marie.

Dieu le Père demande à sa petite enfant privilégiée qu’Il a «comblée de grâce» et qui (par son vœu de virginité) s’est totalement consacrée à Lui, de coopérer d’une manière unique à son plan rédempteur en acceptant d’être la Mère du Sauveur promis et attendu depuis des siècles. Marie est parfaitement libre d’adhérer à ce dessein de Dieu sur Elle ou de s’y refuser. Quelle lourde responsabilité pour Elle ! Car ce qui va dépendre de sa décision, en fait, c’est la Rédemption de toute l’humanité, le salut éternel de chacun et chacune d’entre nous.

«Les destinées du monde sont suspendues aux lèvres et au cœur de Notre-Dame, écrit Dom Delatte, tous les deux : monde créé et monde incréé sont anxieux, attentifs, épiant la réponse de la Vierge qui pour tous deux sera décisive...»

Fort heureusement, il n’y a pas dans le Cœur Immaculé de la Vierge le plus petit mouvement de considération d’elle-même ou de complaisance en elle-même. Elle n’a jamais fait jusqu’à présent sa volonté propre, sa disponibilité est parfaite. C’est pourquoi, sans l’ombre d’une hésitation, elle donne son plein consentement à la volonté de Dieu, elle y adhère dans l’amour le plus intense et le plus pur qui soit : «Voici la Servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta Parole.»

Par ce oui pleinement libre, Marie se met inconditionnellement au service du Seigneur. Son acceptation s’accompagne d’une donation totale. Elle s’offre en qualité de servante, mieux que cela en qualité «d’esclave» (ce mot étant la traduction exacte du terme grec «doulé» employé par saint Luc). Par cet esclavage qui ne peut être qu’un esclavage d’amour, elle permet à Dieu de faire d’Elle tout ce qu’Il lui plaira... Il pourra donc épancher surabondamment son Amour en Elle, et par Elle sur toute l’humanité. En Elle et par Elle, il va «faire des merveilles.» A cause de ce oui qu’Elle n’a cessé de redire à tout instant, et en particulier au pied de la Croix, Marie est la Nouvelle Eve, Mère de tous les vivants, c’est-à-dire de tous les hommes sauvés et sanctifiés par Jésus, comme Lui-même est le Nouvel Adam. Dieu donne à tout chrétien une vocation, une mission par laquelle il est appelé à participer, comme Marie, à l’œuvre rédemptrice de Jésus et par conséquent Dieu demande à tout chrétien, comme à Marie, un oui de tous les instants qui soit vraiment adhésion d’amour à sa Sainte Volonté. Or, nous savons par expérience combien il est difficile de dire constamment et quoiqu’il en coûte, ce libre oui d’amour que Dieu réclame de nous. Et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons fait notre Consécration à Marie, voulant être pour Elle, par Elle et en Elle «esclaves d’amour»de Jésus. Dans la lumière de l’Esprit-Saint, il nous a été donné de comprendre, en effet, que Marie en sa qualité d’Educatrice des âmes, détient un secret de grâce pour nous faire dire ce oui dont nous sommes par nous-mêmes incapables à cause de notre faiblesse. Mais un tel résultat ne peut être atteint que dans la mesure où, renonçant à notre volonté propre, nous nous laissons faire par Elle. Une maman ne peut pas faire grand-chose de l’enfant qui se débat dans ses bras parce qu’il veut agir par lui-même, par contre elle fait tout ce qu’elle veut du tout petit qui se tient immobile entre ses bras, entièrement confiant et abandonné à elle. C’est cette dernière attitude d’humble petitesse et de docilité (appelée enfance spirituelle) que Marie, notre Mère à la fois si douce et si exigeante, attend de nous.

Puissions-nous donc, chaque fois que nous évoquons ou contemplons ce grand moment de l’Annonciation, renouveler notre résolution de vivre l’Evangile en étant de plus en plus malléables entre les mains expertes de Marie : Elle pourra ainsi, en union avec le Saint-Esprit dont Elle est l’Epouse indissoluble, nous modeler à l’image de Jésus, faire de nous des copies vivantes de Jésus.

Prière universelle

  • Aujourd’hui, l’Église se rappelle qu’elle a commencé le jour où le Verbe s’est fait chair. Dieu tout-puissant, nous te prions : qu’à l’exemple de Marie, elle sache recevoir dans une entière confiance sa mission, qu’elle porte et fasse croître dans le monde la Bonne Nouvelle de l’amour qui sauve, et qu’avec son cœur elle réponde chaque jour : « Que tout se passe pour moi selon ta parole ».
  • En entrant dans le monde, Jésus venait accomplir les promesses faites à Israël, combler et même dépasser, l’espérance des nations. Les dirigeants politiques et économiques portent eux aussi l’espérance de l’humanité, sa quête d’amour, de fraternité et de paix. Dieu tout-puissant, nous te prions : donne à ces dirigeants de savoir incarner cette espérance et de contribuer à sa réalisation dans l’histoire humaine.
  • En entrant dans le monde, le Christ dit : « Me voici, mon Dieu ; je viens pour faire ta volonté ».  Il dit aussi, d’après le Psaume : « Tu n’as pas voulu de sacrifice ni d’offrandes, mais tu m’as fait un corps ».
  • Dieu tout-puissant, nous te prions : quand les épreuves marquent nos vies - maladies, vieillesse, souffrance morale, donne-nous de savoir les traverser dans la foi, l’espérance et l’amour. Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire ? »
  • Dieu tout-puissant, nous te prions : aide chacun de ceux qui prennent part à cette Eucharistie à accueillir, librement et lucidement, à l’exemple de Marie, la vie que tu donnes. Qu’en réponse à ton amour, nous sachions aimer d’un amour toujours nouveau, sincère et sans contrainte, d’un amour qui sauve le monde.

Source : http://carmelsaint-maur.blogspot.com

 

Faire corps un jour à la lumière

« Un Jour des âges, il y eut un éclair né de la fin des temps,
Le grand message du Ciel à tous les anges : Dieu allait prendre chair.
Nul ne surprit sur de plus hauts sommets l'émissaire de gloire ;
Il descendit dans le cours de l'histoire : rien n'y parut changé.
Il approcha du secret de la vie que Dieu se réservait ;
L'ange toucha celle qui le gardait, et l'ombre tressaillit.
En ce jour-là, s'il n'y eut qu'une chair pour recevoir l'aurore,
Partout monta l'espoir de faire corps enfin à la lumière ».
Patrice de La Tour du Pin
« L’Hymne de pour l’Annonciation »

Lectures de l’Annonciation en DOCX et PDF

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 22:19

gif presentacion du christ au temple

 

Lectures de la Présentation du Seigneur au Temple en PDF et DOCX

Bénédiction et procession des cierges

Voici le Seigneur Dieu qui vient avec puissance ; il vient illuminer notre regard, Alléluia.

Le prêtre, qui s’est rendu au fond de l’église, salue l’assemblée en utilisant le dialogue habituel du début de la messe. Il expose ensuite le sens de la cérémonie, dans les termes suivant ou en termes semblables :

Frères bien-aimés, Il y a quarante jours, nous célébrions dans la joie la Nativité du Seigneur. Voici maintenant arrivé le jour où Jésus fut présenté au Temple par Marie et Joseph : il se conformait ainsi à la loi du Seigneur, mais, en vérité, il venait à la rencontre du peuple des croyants. En effet, le vieillard Syméon et la prophétesse Anne étaient venus au Temple, sous l’impulsion de l’Esprit Saint ; éclairés par ce même Esprit, ils reconnurent leur Seigneur dans le petit enfant et ils l’annoncèrent à tous avec enthousiasme. Il en va de même pour nous : rassemblés par l’Esprit, nous allons nous mettre en marche vers la maison de Dieu (ou vers l’autel du Seigneur) à la rencontre du Christ ; nous le trouverons, et nous le reconnaîtrons à la fraction du pain en attendant sa venue dans la gloire.

Puis il bénit les cierges

Prions le Seigneur.

Dieu qui est la source et l'origine de toute lumière, toi qui as montré au vieillard Siméon la lumière qui éclaire les nations, nous te supplions humblement ; que ta bénédiction sanctifie ces cierges ; exauce la prière de ton peuple qui s'est ici rassemblé pour les recevoir et les porter à la louange de ton Nom ; qu'en avançant au droit chemin, nous parvenions à la lumière qui ne s'éteint jamais. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

R/ : Amen.

Avançons maintenant dans la paix, à la rencontre du Seigneur.

Pendant la procession, on chante le cantique de Syméon ou un autre chant.

Cantique de Syméon

R/ : Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël.

Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples.

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen.

Antienne d’ouverture

Nous rappelons ton amour, Seigneur, au milieu de ton temple ; sur toute la terre, ceux qui t’ont rencontré proclament ta louange ; tu es toute justice.

On entonne immédiatement le Gloire à Dieu.

Prière

Dieu éternel et tout-puissant, nous t’adressons, nous t’adressons cette humble prière : puisque ton Fils unique, ayant revêtu notre chair, fut en ce jour présenté dans le Temple, fais que nous puissions aussi, avec une âme purifiée, nous présenter devant toi. Par Jésus Christ.

Lecture du livre du prophète Malachie 3, 1-4

le prophète Malachie attendait que le Seigneur vienne lui-même purifier son Temple et son peuple. Lors de sa présentation, Jésus nouveau-né accomplit cette espérance.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : « Voici que j'envoie mon Messager pour qu'il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l'alliance que vous désirez, le voici qui vient, dit le Seigneur de l'univers. Qui pourra soutenir le jour de venue ? Qui pourra rester debout lorsqu'il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s'installera pour fondre et purifier. Il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l'or et l'argent : ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l'offrande en toute justice. Alors, l'offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d'autrefois ». - Parole du Seigneur.

Psaume 23

R/ Qu'il vienne, le Seigneur : c'est lui, le roi de gloire !

  • Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! R/
  • Qui est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur, le vaillant des combats. R/
  • Portes, levez vos frontons, levez-les, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! R/
  • Qui donc est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ; c'est lui, le roi de gloire. R/

Lecture de la lettre aux Hébreux 2, 14-18

Pour être l'intermédiaire valable entre les hommes et son Père, Jésus a voulu partager notre condition humaine.

Puisque les hommes ont tous une nature de chair et de sang, Jésus a voulu partager cette condition humaine : ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l'impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le démon ; il a rendu libres ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d'esclaves. Car ceux qu'il vient aider, ce ne sont pas les anges, ce sont les fils d'Abraham. Il lui fallait donc devenir en tout semblable à ses frères, pour être, dans leurs relations avec Dieu, un grand prêtre miséricordieux et fidèle, capable d'enlever les péchés du peuple. Ayant souffert jusqu'au bout l'épreuve de sa passion, il peut porter secours à ceux qui subissent l'épreuve. - Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc 2, 22-40

L'Enfant Jésus que ses parents présentent au Temple est déjà acclamé comme la lumière du monde. Mais que de ténèbres n'a-t-il pas à dissiper dans nos cœurs !

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : « Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur ». Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : « un couple de tourterelles ou deux petites colombes ». Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C'était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d'Israël, et l'Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l'Esprit Saint l'annonce qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l'action de l'Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents y entraient avec l'enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernaient, Syméon reçut l'enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : «Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut, que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël».

[Le père et la mère de l'enfant s'étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie, sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction - et toi, ton âme sera traversée d'un glaive - ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d'un grand nombre ». Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser. Elle était trés avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,  rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui]- Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Ce jour-là Marie et Joseph portant l’Enfant Jésus entrèrent dans le Temple de Jérusalem les cérémonies prescrites par la Loi de Moïse.

Le prêtre de service fit à Dieu l’offrande de Jésus, puis le rendit à sa mère qui l’avait racheté ; comme on disait, en donnant 2 colombes destinées à être sacrifiées.

Pour les jeunes mamans d’Israël cette cérémonie n’avait rien de dramatique : elles s’en retournaient joyeuses, serrant leur petit dans leurs bras et en faisant sur lui de beaux rêves d’avenir.

Mais pour Marie, il ne s’agissait pas d’une simple formalité rituelle, d’une cérémonie symbolique et inoffensive : l’offrande avait été prise au sérieux. Elle en reçut d’ailleurs l’avertissement très clair : car sous les colonnades du Temple un vieillard appelé Syméon s’approcha et devinant en cet enfant le Rédempteur du monde, laissa chanter son allégresse et d’un regard clairvoyant, (un regard prophétique) annonça à Marie qu’elle aurait beaucoup à souffrir à cause de son Fils, « qu’un glaive lui traverserait le cœur ».

Jésus qui dès le premier instant de sa vie est la victime destinée au salut du monde est donc en ce jour de sa Présentation reconnu et consacré officiellement comme victime, engagé à la souffrance et à la mort. Marie peut bien l’entourer de ses bras : il ne lui est rendu que provisoirement en attendant la suite, cette suite qui devait être, 33 ans plus tard, le sacrifice du Calvaire.

Désormais Jésus ne lui appartient plus. La cérémonie qu’elle vient d’accomplir est l’offertoire de la Messe sanglante célébrée sur la croix le Vendredi-Saint. Le sacrifice qui sauve le monde est déjà inauguré, présent désormais dans la vie de Marie comme dans celle de Jésus. Déjà le glaive de douleur prédit par Syméon est enfoncé dans son cœur ; cette prophétie c’est une Parole de Dieu qu’elle reçoit et qu’elle portera et gardera en Elle comme une blessure intime, source perpétuelle d’inquiétude et d’angoisse car il lui faudra vivre tous les jours avec cette menace d’une séparation violente, extrêmement crucifiante d’avec ce Jésus, son Fils, qui est tout pour Elle.

Pensons qu’en cet instant de sa Présentation à Dieu par Marie, Jésus qui est le Fils de Dieu devenu homme et dont l’âme humaine est inondée de la lumière divine s’est donné dans une offrande totale et lucide comme cela nous est révélé dans un passage de la Lettre aux Hébreux : « holocaustes et sacrifices pour le péché tu n’en as pas voulu... Mais tu m’as façonné un corps, alors j’ai dit me voici, je viens pour faire ô Dieu ta volonté ».

Oui, de loin Jésus a salué la croix sur laquelle Agneau sans tâche, Victime parfaite il lui faudra un jour s’immoler pour nous mériter le salut. Et Marie qui agit toujours sous l’inspiration du Saint-Esprit s’offre elle aussi avec Lui dans un héroïsme pleinement consenti et un abandon plénier entre les mains du Père.

Frères et sœurs, ce mystère de l’offrande exprime authentiquement ce que doit être toute vie chrétienne, ce que doit être toute la vie chrétienne. Au premier abord il semble qu’il n’y ait pas de commune mesure entre le courage exceptionnel réclamé à Jésus et à Marie et le peu qui nous est demandé. Il reste que la vie chrétienne est bien une donation de nous-mêmes à Dieu, une donation qui doit être plénière et qui doit s’étendre à toute notre existence.

Le 1er commandement « tu aimeras le Seigneur... » est très exigeant : il réquisitionne toutes nos puissances d’aimer, il réquisitionne toute la vie...

Rappelons-nous que pour nous aussi il y a eu un mystère d’offrande matinale : lorsque nous avons reçu la grâce si précieuse du baptême. A ce moment-là par la voix de nos parents, parrain et marraine c’est bien pour tout l’avenir que nous nous sommes engagés.

Plusieurs fois au cours de notre jeunesse ou de notre vie adulte nous avons ratifié personnellement cette consécration baptismale : nous avons accepté dans un bel élan de confiance les luttes et les sacrifices inclus dans cette promesse ; il s’agit maintenant de rendre effective, dans la suite des jours cette donation globale de nous-mêmes...

Et il y a un moyen très simple, (une pratique) qui peut nous y aider c’est de renouveler chaque matin cette offrande de toute notre vie, en la faisant passer par les mains de Marie...

Et lorsque nous la renouvelons, pensons à offrir non seulement le passé et le présent, mais aussi tout le temps qui nous reste à vivre : cet avenir qui devant nous demeure encore voilé d’inconnu et d’incertitude... Et n’oublions pas d’offrir notre mort elle-même.

Nous le savons bien, frères et sœurs, que dans la vie chrétienne l’important c’est de repartir chaque matin dans un nouvel élan de générosité en demandant humblement la grâce de la fidélité afin de tenir bon jusqu’au soir... « Rien que pour aujourd’hui, disait sainte Thérèse de Lisieux ».

Stimulés et puissamment aidés par Marie qui est l’éducatrice de notre vie chrétienne, faisons donc en sorte que toutes nos pensées, toutes nos activités, toutes nos épreuves transformées par l’amour deviennent des offrandes spirituelles qui prendront toute leur valeur dans l’Eucharistie où par le Christ qui les fera siennes elles rendront à Dieu tout honneur et toute gloire.

Amen.

Prière universelle :

Que l'Esprit Saint qui habitait Syméon et Anne inspire aussi notre prière.

R/ : Seigneur, entends la prière qui monte de nos cœurs

  • Avec tous ceux qui cherchent un sens à leur vie, avec tous ceux qui marchent dans les ténèbres de l'épreuve et du doute, Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour tous ceux qui ont du mal à sortir d'une religion formaliste : afin qu'ils découvrent comment plaire à Dieu dans toute leur vie, Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour les parents qui présentent leur enfant à l'Église et demandent pour lui le baptême : afin que leur démarche soit une démarche de foi, Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour qu'à l'exemple de Syméon et Anne, nous ayons souci de faire connaître autour de nous Jésus, le Sauveur du monde, Seigneur, nous te prions. R/

Prière : Ouvre nos yeux à ta lumière, Seigneur notre Dieu. Accorde-nous d'aller à ta rencontre avec foi et amour et fais de nous les témoins de ta Bonne Nouvelle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : http://www.dominicains.be

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9 janvier 2021 6 09 /01 /janvier /2021 22:01

 

Année A

Lecture du livre d'Isaïe 42, 1-4.6-7

Le serviteur de Dieu n’écrase pas les faibles, et lui-même ne se laissera pas écraser par sa tâche.

Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit ; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois ».

« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice ; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations : tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : La deuxième partie du livre d’Isaïe est un message de consolation à son peuple en exil à Babylone. Le prophète lui annonce sa prompte libération. Bien mieux – et c’est là la vraie consolation – il lui rappelle le choix de Dieu et la confiance qu’il a placée en lui : ce petit peuple, ballotté entre les grands empires du moment, a pour mission de faire connaître le vrai Dieu aux païens. Aussi Dieu fait-il reposer sur lui son Esprit, il le mène par la main, il le façonne à travers ses épreuves pour qu’il sache présenter son message avec fidélité, sans intransigeance mais aussi sans faiblir. Il n’est pas appelé à faire du prosélytisme, à haranguer les gens dans la rue, mais à témoigner par sa vie que Dieu est lumière et libération pour les hommes.

Dieu a fait reposer sur nous son Esprit depuis notre baptême, pour que nous devenions ce serviteur qui n’écrase pas les autres de ses certitudes et qui n’est pas écrasé par ses propres faiblesses ni par celles de gens qui l’entourent.

Psaume 28

R/ : Le Seigneur bénit son peuple en lui donnant la paix.

  • Rendez au Seigneur, vous, les dieux, rendez au Seigneur gloire et puissance. Rendez au Seigneur la gloire de son nom, adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté. R/
  • La voix du Seigneur domine les eaux, le Seigneur domine la masse des eaux. Voix du Seigneur dans sa force, voix du Seigneur qui éblouit. R/
  • Le Dieu de la gloire déchaîne le tonnerre, et tous dans son temple s'écrient : « Gloire ! » Au déluge le Seigneur a siégé ; il siège, le Seigneur, il est roi pour toujours ! R/

Lecture du livre des Actes des Apôtres 10,34-38

Dieu ne fait pas de différence entre les hommes : sa Parole, Jésus Christ, est Bonne Nouvelle pour tous.

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée, chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole et dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes.

Telle est la parole qu’il a envoyée aux fils d’Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, lui qui est le Seigneur de tous. « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pierre constate que Dieu ne se réserve pas une petite élite de fervents : la Bonne Nouvelle peut atteindre les masses. Non, Dieu ne met pas de bornes au message de paix et de liberté qu’il annonce par son Fils, puisque Jésus Christ est le Seigneur de tous. Il ne cantonne pas davantage son Esprit dans les frontières du peuple juif : l’officier romain Corneille est un païen, mais, avant même que Pierre se décide à le baptiser, l’Esprit l’a précédé dans le cœur de cet homme droit et juste. La Pentecôte en monde païen se continue tous les jours.

Là où Jésus passait, il faisait le bien. Que je voudrais qu’ils puissent dire cela de moi, Seigneur, ceux qui attendent de moi la guérison de leurs souffrances, de leurs désespoirs ou de leurs doutes.

Alléluia. Alléluia. Aujourd’hui, le ciel s’est ouvert, l’Esprit descend sur Jésus, et la voix du Père domine les eaux : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! » Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3,13-17

En se mêlant aux pécheurs pour recevoir le baptême de Jean, Jésus montre qu’il est venu pour les sauver.

Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice ». Alors Jean le laisse faire.

Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Pourquoi Jésus vient-il se mêlé à la foule, recevoir le baptême de Jean, lui qui n’a pas besoin de se repentir ? Matthieu répond à cette question tout au long de son évangile et dans le dialogue qu’il est seul à rapporter, entre J »sus et Jean avant le baptême du Christ. Il est vrai que c’est Jean qui a besoin d’être baptisé par Jésus, mais pas maintenant. Le Christ doit au préalable montrer pas ses actes et ses paroles en quoi consiste la justice du Royaume qui surpasse celle des pharisiens. Elle est de faire la volonté de Dieu non pas seulement en obéissance à la loi juive, mais en accomplissant le double commandement de l’amour de Dieu et du prochain qui va au-delà de la Loi. En recevant le baptême de Jean qui lie son sort à celui des pécheurs qu’il vient sauver, Jésus manifeste son amour pour les hommes et pour son Père qui l’envoie : il est son Fils bien-aimé.

Nous reconnaissons-nous pécheurs sauvés par le Christ et devenus des fils bien-aimés du Père ? Est-ce aussi ainsi que nous voyons nos frères pécheurs ?

Année B

Lecture du livre du prophète Isaïe 55, 1-11

Notre monde a soif d’acheter, de consommer, de trouver des raisons de vivre. Dieu nous propose d’avoir soif de lui.

Ainsi parle le Seigneur : vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses ! Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle : ce sont les bienfaits garantis à David. Lui, j’en ai fait un témoin pour les peuples, pour les peuples, un guide et un chef. Toi, tu appelleras une nation inconnue de toi ; une nation qui ne te connaît pas accourra vers toi, à cause du Seigneur ton Dieu, à cause du Saint d’Israël, car il fait ta splendeur.

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, - oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Après quarante ans d’exil à Babylone, une partie des exilés n’était pas très décidée à rentrer en Palestine malgré la permission octroyée par les autorités perses. Qu’allait-on trouver là-bas pour se refaire une situation ? Que rôle pourrait encore avoir Israël dans le monde ? Retrouverait-on avec Dieu l’intimité d’autrefois ? À ces objections, le prophète répond que la Parole de Dieu est efficace, même si les chemins que le Seigneur suit dans l’histoire paraissent détournés. Oui, la terre promise comblera encore les besoins du peuple ; l’Alliance éternelle entre Dieu et David confirmera la mission religieuse du peuple à être témoin du Dieu Saint pour des nations encore inconnues ; enfin, l’aventure du retour en Palestine sera le signe d’une volonté de retour au Seigneur, d’une conversion à Celui qui se rend proche de ceux qui le cherchent.

Les pensées du Seigneur ne sont pas les nôtres et les chemins par où il nous conduit nous déroutent souvent. Savons-nous le remercier de nous avoir conduits parfois au-delà de nous-mêmes ?

Psaume Is 12, 2, 4bcd, 5-6

R/ Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut !

  • Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut.
  • Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! Redites-le : « Sublime est son nom ».
  • Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence, et toute la terre le sait. Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

Lecture de la première lettre de saint Jean 5, 1-9

Voici, nous écrit saint Jean, le témoignage que le Père rend à son Fils. Et nous, quel témoignage rendons-nous à Jésus-Christ ?

Bien-aimés, celui qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est né de Dieu ; celui qui aime le Père qui a engendré aime aussi le Fils qui est né de lui. Voici comment nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements. Car tel est l’amour de Dieu : garder ses commandements ; et ses commandements ne sont pas un fardeau, puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Or la victoire remportée sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? N’est-ce pas celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ?

C’est lui, Jésus Christ, qui est venu par l’eau et par le sang : non pas seulement avec l’eau, mais avec l’eau et avec le sang. Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit, car l’Esprit est la vérité. En effet, ils sont trois qui rendent témoignage, l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois n’en font qu’un. Nous acceptons bien le témoignage des hommes ; or, le témoignage de Dieu a plus de valeur, puisque le témoignage de Dieu, c’est celui qu’il rend à son Fils. - Parole du Seigneur.

Commentaire : L’homme Jésus de Nazareth, baptisé dans l’eau du Jourdain et dont le sang a coulé sur la croix, est le Fils de Dieu. L’eau et le sang sont les témoins de son humanité, de la réalité de son Incarnation ; l’Esprit qui jaillit de lui au jour de Pâques, à la Pentecôte et dans la vie de l’Église, témoigne de sa condition divine. Ces trois témoins ne sont au fond que l’unique témoignage rendu par le Père à son Fils. C’est aussi le témoignage que le Père rend à notre baptême : plongés dans l’eau et l’Esprit, sauvés par le sang de Jésus, nous naissons à la vie divine, devenant enfants de Dieu. Croire que Jésus est le Fils de Dieu, croire que le baptême nous fait enfants de Dieu, fondent notre amour pour nos frères : comment ne pas aimer ceux que le Fils de Dieu a tant aimés, ceux dont le Père veut faire ses enfants !

Prendre le temps de regarder chaque personne de notre communauté chrétienne en nous disant : « Par son baptême, elle est enfant de Dieu ! » Cela peut transformer notre regard et nos liens avec elle.

Alléluia. Alléluia. Voyant Jésus venir à lui, Jean déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Alléluia !

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1, 7-11

Depuis notre baptême, le Père nous dit, comme à Jésus : « Tu es mon fils bien-aimé ; en toi, j’ai mis tout mon amour ».

En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint ».

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : En opposant le baptême dans l’eau de Jean Baptiste au baptême dans l’Esprit que donnera le Messie qui s’approche, Marc veut attirer l’attention de ses lecteurs sur la personne de Jésus pour qu’ils comprennent mieux la portée du baptême chrétien qu’ils ont reçu. Jésus n’est pas seulement le Messie humain attendu par les juifs, il est le Fils de Dieu. Sa venue dans le monde a véritablement déchiré le ciel ; par lui, le Père et l’Esprit nous sont rendus proches. Le baptême chrétien, parce qu’il se veut adhésion de foi à la personne de Jésus Christ, nous plonge réellement dans la vie de l’Esprit et dans l’intimité filiale avec Dieu, notre Père.

Aider les parents à comprendre la portée du baptême qu’ils demandent pour leur enfant, accompagner des enfants d’âge scolaire vers le sacrement du baptême, témoigner de la foi de l’Église aux côtés de catéchumènes, jeunes ou adultes, est un moyen de redécouvrir la grâce de notre propre baptême. N’hésitons pas à nous proposer ou à répondre favorablement si l’on nous sollicite pour ce service.

Année C

Lecture du livre du prophète Isaïe 40, 1‑5. 9‑11

« Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance », écrit le prophète Isaïe. Saurons-nous, aujourd’hui, lui préparer un chemin dans nos déserts ?

Consolez, consolez mon peuple, – dit votre Dieu – parlez au cœur de Jérusalem. Proclamez que son service est accompli, que son crime est expié, qu’elle a reçu de la main du Seigneur le double pour toutes ses fautes.

Une voix proclame : « Dans le désert, préparez le chemin du Seigneur ; tracez droit, dans les terres arides, une route pour notre Dieu. Que tout ravin soit comblé, toute montagne et toute colline abaissées ! Que les escarpements se changent en plaine, et les sommets, en large vallée ! Alors se révélera la gloire du Seigneur, et tout être de chair verra que la bouche du Seigneur a parlé ».

Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance ; son bras lui soumet tout. Voici le fruit de son travail avec lui, et devant lui, son ouvrage. Comme un berger, il fait paître son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il mène les brebis qui allaitent. – Parole du Seigneur.

Commentaire : « Il vient, celui qui est plus puissant que moi », dira Jean Baptiste de Jésus dans l’évangile de ce jour. Il fait ainsi écho à la Bonne Nouvelle que le messager devait crier à Jérusalem lors du retour de l’exil de Babylone : « Voici le Seigneur Dieu ; il vient avec puissance ». Mais en quoi consiste cette puissance ? Elle est celle de l’infinie tendresse du Dieu qui console et pardonne, du Seigneur qui entoure de soins privilégiés les petits de son peuple, tel un berger qui rassemble les agneaux. Mièvrerie alors que cette puissance ? Non ! Car elle sait trouver le chemin de nos cœurs, fussent-ils un désert et une terre aride, elle abaisse les montagnes de notre orgueil et de nos suffisances, elle comble le vide de nos vies, elle redresse nos projets tortueux. Dieu fort dans sa tendresse ! Il faudra voir vire et aimer Jésus Christ pour le comprendre et connaître qu’en lui « la bouche du Seigneur a parlé ».

« Dieu vient avec puissance ». Fais-moi comprendre, Seigneur, que ta puissance est celle de l’amour d’un Père. Un amour si fort qu’il peut s’aventurer à respecter ma liberté sans craindre d’échouer, à privilégier les petits sans risquer de devenir partial, à être tendre sans évacuer ses exigences.

Psaume 103

R/ : Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand !

  • Revêtu de magnificence, tu as pour manteau la lumière ! Comme une tenture, tu déploies les cieux, tu élèves dans leurs eaux tes demeures. R/
  • Des nuées, tu te fais un char, tu t’avances sur les ailes du vent ; tu prends les vents pour messagers, pour serviteurs, les flammes des éclairs. R/
  • Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! Tout cela, ta sagesse l’a fait ; la terre s’emplit de tes biens. Voici l’immensité de la mer, son grouillement innombrable d’animaux grands et petits. R/
  • Tous, ils comptent sur toi pour recevoir leur nourriture au temps voulu. Tu donnes : eux, ils ramassent ; tu ouvres la main : ils sont comblés. R/
  • Tu caches ton visage : ils s’épouvantent ; tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Tite 2, 11‑14 ; 3, 4‑7

Pour le salut de tous les hommes, Dieu notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse. À nous autres, baptisés, d’en être les témoins pour le monde !

Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le baptême qui nous a fait renaître, nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Pour l’apôtre, cela doit se traduire par une nouvelle manière de vivre. Les baptisés doivent être des hommes raisonnables, écrit-il, des hommes réfléchis dans un monde où tant d’hommes ne sont que les jouets des événements, des modes ou des engouements successifs ; des hommes justes malgré toutes les sollicitations à assurer sa promotion individuelle et à réussir par tous les moyens sans se soucier des autres ; des hommes religieux dont le sens de Dieu éclaire leur vie et motive leurs décisions. Agir ainsi, ce n’est pas fuir ni mépriser le monde présent. C’est le prendre au sérieux, comme un monde que Dieu aime, mais aussi qu’il sauve et rachète. C’est toujours un monde à baptiser dans l’Esprit du Christ.

Programme de vie pour toute communauté de baptisés : « Être des hommes raisonnables, justes et religieux », même si cela nous met parfois à contre-courant du monde ambiant !

Alléluia. Alléluia. Voici venir un plus fort que moi, proclame Jean Baptiste ; c’est lui qui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 15-16 21-22

Le baptême de Jean plongeait dans l’eau ; celui reçu au nom de Jésus nous plonge, comme lui, dans la vie de l’Esprit Saint.

En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ».

Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Luc s’attache particulièrement à souligner dans son évangile les moments de prière du Christ qui nous dévoilent un peu de son mystère. C’est alors que nous est révélée son intimité avec le Père : « Tu es mon Fils bien-aimé » ; c’est alors que l’Esprit vient visiblement reposer sur lui et le confirmer dans sa mission. Au moment où Jésus va inaugurer sa prédication, Luc nous rappelle que ses actes et ses paroles nous feront connaître Dieu lui-même, les trois personnes divines inséparablement liées et agissantes pour nous sauver en Jésus Christ.

Dans l’intimité de sa prière Jésus s’abandonnait à l’amour de son Père. Que notre prière connaisse aussi la joie de nous laisser aimer par Dieu !

Homélie

Après avoir fêté l’Epiphanie qui était la manifestation de Dieu dans le petit enfant de la crèche, voici que nous célébrons aujourd’hui une autre Epiphanie : la manifestation qui inaugure la Vie publique de Jésus, sa vie de grand missionnaire envoyé par le Père. Il s’agit de son Baptême. Une question se pose chaque fois que nous entendons cet Evangile : pourquoi Jésus a-t-il voulu recevoir le Baptême de pénitence donné par Jean-Baptiste ? Je réponds tout de suite : ce n’est pas pour Lui, c’est pour nous.

Ce n’est pas pour Lui : certes, il est là dans la foule, attendant d’être plongé à son tour dans les eaux du Jourdain, en apparences, rien ne le distingue et pourtant il n’est pas un homme comme les autres, car il porte au fond de lui-même un secret, un très grand mystère... et c’est la voix de Dieu le Père qui lève le voile sur ce mystère lorsque depuis le ciel qui s’est déchiré au-dessus de Jésus, il déclare très solennellement (pour l’année C) « c’est Toi, mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré »  et (pour l’année A) « c’est Toi, mon Fils Bien-aimé, en Toi j’ai mis tout mon amour ».

La voilà mise en lumière dès le commencement de sa vie publique, la véritable personnalité, absolument unique de Jésus : Il est le Fils Bien-aimé du Père, à la fois Dieu et Homme parfaitement Dieu et parfaitement homme. Lui, qui de toute éternité est la parfaite Image du Père, qui lui est égal en toutes choses, il a voulu prendre dans le sein de la Vierge Marie une nature en tout semblable à la nôtre, sauf le péché. Etant sans péché, d’une sainteté totale, Jésus n’a pas besoin de recevoir le Baptême de Jean qui est un rite symbolique, réservé aux pécheurs qui veulent se convertir après avoir reconnu et avoué leurs fautes.

S’il tient à accomplir cette démarche exceptionnelle dans un grand acte d’humilité, un grand abaissement, ce n’est donc pas pour Lui, c’est pour nous. Lui qui est descendu du ciel pour être notre Rédempteur et Sauveur, il veut se rendre solidaire des pauvres pécheurs que nous sommes, il veut prendre sur Lui tous les péchés de tous les hommes, signifiant ainsi que Dieu se fait présent à l’intérieur de nos misères et que là où abonde le péché, surabonde son amour miséricordieux. On peut dire qu’en plongeant son corps très saint dans les eaux du Jourdain, Jésus nous y plongeait tous avec Lui et y noyait déjà tous les péchés du monde.

Ce qu’il importe aussi de bien comprendre, frères et sœurs, c’est que pour Jésus, le fait d’entrer dans l’eau du Jourdain signifie qu’il a conscience de s’engager sur une voie qui le conduira jusqu’en sacrifice suprême, ce sacrifice de la Croix, grâce auquel il pourra donner la mesure la plus extrême de son amour et procurer ainsi à tous les hommes, pardon et purification.

N’oublions pas que pour désigner ce sacrifice rédempteur, Jésus lui-même s’est servi de l’image du Baptême : « Je dois recevoir un Baptême et comme j’ai hâte qu’il soit consommé ».

Quel mystère, frères et sœurs ! Jésus, sur la Croix a reçu un Baptême de Sang, et c’est dans ce sang que l’humanité toute a été baptisée d’un Baptême collectif d’une efficacité infinie. Baptême que chaque être humain dans le temps de son existence n’a plus qu’à accepter volontairement dans un acte personnel d’union au Christ. C’est incorporation au Christ, c’est le sacrement de Baptême donné par l’Eglise qui l’a réalisée pour chacun et chacune d’entre nous. Voilà pourquoi il fut un évènement décisif sont on ne soulignera jamais assez l’importance. C’est à ce moment-là en effet, que nous sommes « nés de Dieu », devenus des fils et filles de Dieu appelés à être d’autres christ, des copies vivantes de Jésus !

N’est-ce pas merveilleux, frères et sœurs ? Mais avons-nous bien mesuré tout ce que cela implique ?

Nous savons que depuis sa Résurrection et son retour au ciel au jour de son Ascension, Jésus ne vit plus ici-bas dans son Corps historique (ce corps physique semblable au nôtre qui a été le sien durant 33 ans) mais qu’il continue cependant à vivre sur terre à travers les membres de son Corps mystique, c’est-à-dire à travers les baptisés. C’est donc à travers nos vies qu’il désire continuer tous ses mystères, propager son message de salut et transfuser son amour. C’est à travers nos décisions qu’il veut agir concrètement dans le monde. C’est grâce à nos paroles et à notre témoignage qu’il veut conduire les hommes à la Lumière de la Foi, c’est avec nos cœurs remplis de son amour qu’il veut aimer nos frères les plus proches comme les plus lointains. Autrement dit : le baptisé, c’est quelqu’un qui prête son humanité à Dieu pour qu’il en dispose à son gré en faveur de la mission, pour l’extension de son règne. Le baptisé, le chrétien c’est quelqu’un qui joue le rôle de Jésus, qui le joue vraiment se comportant entres choses comme Jésus se comporterait s’il était à sa place.

Frères et sœurs, si nous avons bien compris cela, nous n’avons pas de droit de vivre dans la médiocrité, dans cette tiédeur qui caractérise aujourd’hui tant et tant de baptisés. Nous savons que le Seigneur juge avec une particulière sévérité cet état de paresse spirituelle : « Je connais ta conduite, déclare-t-il, à celui qui est tiède, tu n’es ni froid ni chaud, que n’es-tu l’un ou l’autre ? Ainsi puisque te voilà tiède, ni chaud, ni froid, je vais te vomir de ma bouche... » (Apoc. 3)

Alors, si cela s’avère nécessaire, ressaisissons-nous, ravivons notre ferveur de manière à pouvoir répondre pleinement à notre vocation baptismale qui est une vocation à la sainteté, à l’image de Marie, la Toute-Sainte.

Une dernière remarque pour conclure. Chacun devient ce pour quoi il vit ou ce qu’il recherche.

  • Qui recherche les choses vaines deviendra superficiel et inconsistant.
  • Qui recherche le péché, deviendra pécheur.
  • Mais qui recherche Dieu et une communion intime avec Lui sera Divinisé.

Prière universelle

  • Pour que l’Esprit aide tous les membres de l’Église à témoigner de la joie de croire, malgré les limites de l’être humain. Prions le Seigneur.
  • Pour que l’Esprit aide les dirigeants de notre pays à mettre en place la lutte contre les changements climatiques qui ne font pas au détriment des plus fragiles. Prions le Seigneur.
  • Pour que l’Esprit apaise le cœur des personnes souffrantes notamment ceux de notre paroisse, ceux qui sont dans les maisons de retraite, dans les hôpitaux. Prions le Seigneur.
  • Pour que l’Esprit mette la joie dans les cœurs des personnes qui se préparent à recevoir le sacrement du baptême ainsi que dans ceux de leurs accompagnateurs, parrains et marraines. Prions le Seigneur.

Source de la P.U. : http://paroissecolomiers.com

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31 décembre 2020 4 31 /12 /décembre /2020 21:49

Lecture du livre des Nombres 6, 22-27

En ce premier jour de l’année, demandons au Seigneur de nous bénir, c’est-à-dire de se pencher vers nous pour nous apporter la paix.

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël : “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Ils invoqueront mon nom sur les fils d’Israël, et moi, je les bénirai ». – Parole du Seigneur.

Psaume 66

R/ : Que Dieu nous prenne en grâce et qu’il nous bénisse.

  • Que son visage s'illumine pour nous, et ton chemin sera connu sur la terre, ton salut, parmi toutes les nations. R/ 
  • Que les nations chantent leur joie, car tu gouvernes le monde avec justice ; sur la terre, tu conduis les nations. R/ 
  • La terre a donné son fruit ; Dieu, notre Dieu, nous bénit. Que la terre tout entière l'adore ! R/ 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 4, 4-7

L’Esprit nous fait prier le Père avec la même liberté que celle de Jésus lui disant : « Abba, c’est-à-dire Père bien-aimé ».

Frères, lorsqu’est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme et soumis à la loi de Moïse, afin de racheter ceux qui étaient soumis à la Loi et pour que nous soyons adoptés comme fils. Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et puisque tu es fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu. – Parole du Seigneur.

Alléluia, Alléluia. À bien des reprises, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2, 16-21

La nouvelle année débute avec le nom de Jésus qui lui fut donné le huitième jour après sa naissance.

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Huit jours après Noël, le 1er Janvier, l’Eglise fête solennellement Celle que si souvent dans nos « Je vous salue » nous appelons : « Mère de Dieu ».

Quelle est la signification profonde de ce titre prestigieux que depuis le Concile d’Éphèse, en 432, la Foi catholique décerne à Marie, la Toute Sainte ?

Titre unique qui est la clé de voûte de tout le mystère marial et qui place la Femme « bénie entre toutes les femmes » à la cime des grandeurs créées.

Disons tout de suite que ce serait une erreur monstrueuse de penser que l'affirmation : Marie est mère de Dieu puisse signifier que la Vierge est la mère de la divinité. Dieu est infiniment au-dessus du temps et de l'espace, avant toute création : son existence ne dépend de personne. Quand à Marie, elle est, tout comme nous, une créature ayant reçu de Dieu son être et sa vie, notre sœur en humanité. Ce n’est donc pas Elle qui a donné à Jésus la nature divine : cette nature Il la tient de son Père de toute éternité : vérité capitale que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : « Je crois en Jésus-Christ le Fils Unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles... Vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père ».

Ce que Marie, par contre, a donné à Jésus, c’est son humanité. Mais ce qu’il importe ici de bien comprendre, c’est qu’en Jésus la nature humaine et la nature divine appartiennent à une seule Personne : celle du Verbe éternellement Fils de Dieu, qui est Dieu comme son Père. Dans le Christ, en effet, il n’y a aucun dédoublement de personnalité : c’est le même « je » qui déclare : « je » marche (action humaine) et « je » ressuscite (action divine).

Partant de là, on peut donc dire que Dieu a prêché, que Dieu a souffert, que Dieu est mort sur une Croix. On peut tout aussi bien dire que Dieu est né, que Dieu est né de Marie. Marie est par conséquent la Mère de Dieu, la Théotokos, comme disent les chrétiens d’orient, ce qui veut dire « engendreuse de Dieu ».

C’est sur un sommet éblouissant que nous sommes transportés, en contemplant un tel mystère. Tout au long de son histoire, l’Eglise, par la voix de ses Papes, de ses théologiens, de ses mystiques ou de ses fidèles ont félicité l’humble Marie de cette dignité suprême qui l’exalte bien au-dessus de toutes les créatures et la constitue non seulement Reine des hommes, mais aussi Reine des Anges.

Par sa maternité divine, nous dit saint Thomas d’Aquin, la grandeur de Marie touche « à l’infini ».

A ce titre, Elle approche Dieu de si près qu’Elle semble se perdre dans les abîmes de la Trinité. L’évocation d’une telle sublimité qui lie si étroitement la Vierge-Mère au Verbe Incarné et la fait entrer par là même, réellement, dans la Famille de Dieu, donne le vertige. Tout le reste, c’est-à-dire tout ce que la Foi catholique nous enseigne sur Marie ne peut vraiment bien se comprendre qu’à partir de cette réalité lumineuse qu’est sa maternité en tant que « divine », ayant pour terme Dieu fait homme pour le salut des hommes. C’est de cette source que découle en particulier le mystère de sa maternité spirituelle, de sa maternité de grâce à l’égard des âmes, promulguée solennellement par Jésus crucifié, à l’heure où précisément Elle nous enfantait à la vie divine dans sa douleur de Co-rédemptrice : « Voici ton Fils », « Voici ta Mère ».

Le Pape saint Pie X explique qu’en devenant mère du Christ, tête du Corps mystique, Marie devient radicalement la mère spirituelle de ceux qui sont ses membres. Autrement dit, nous sommes tellement solidaires du Christ (qui s’est fait l’un de nous pour qu’une même Vie divine circule entre Lui et nous) qu’il est impossible à Marie d’être la mère du Christ sans être en même temps la mère de ceux qui Lui sont unis par la Foi, qu’il lui est impossible d’être la mère du Sauveur sans être la mère des sauvés, qu’il lui est impossible d’aimer Jésus d’un amour maternel, sans étendre cet amour à tous les hommes.

Oui, Marie nous aime. Elle nous chérit, non pour ce que nous valons ou ce que nous faisons pour Elle, mais à la mesure de son Cœur qui est à la mesure du Cœur de Jésus. Et c’est parce qu’Elle nous aime si parfaitement qu’Elle se montre très exigeante à notre égard, nous apprenant à tout quitter pour « suivre l’agneau partout où il va ».

Son sublime rôle d’éducatrice spirituelle consiste, en effet, à nous élever jusqu’à Dieu, en nous accompagnant à travers les étapes de notre vie spirituelle en nous communiquant toutes les grâces actuelles par lesquelles se préserve, se répare et s’accroît la Vie surnaturelle reçue au Baptême.

A nous de nous maintenir sous sa bienfaisante influence.

A nous de la laisser faire (par un abandon de tous les instants entre ses mains expertes) jusqu’à ce que soit achevée notre configuration à « l’image du Fils » (Rom. VIII 29), Lui qui, à Noël, a épousé notre humanité pour nous rendre participants de sa divinité.

Père Pierre Cousty

Nous débutons l'année nouvelle en célébrant la fête de Marie, Mère de Dieu, Theotokos.

La Sainte Vierge offre au monde le Messie qui est la bénédiction de Dieu pour chaque homme et pour le monde entier. C'est sur cette bénédiction que se fondent les vœux que nous échangeons aujourd’hui : des vœux de bien, parce qu'en Christ Dieu nous a comblé de tous les biens ; des vœux de paix, car "c'est lui qui est notre paix".

C'est dans ce contexte liturgique que s'inscrit aujourd'hui la Journée mondiale de la Paix qui a pour thème cette année un « engagement commun pour vaincre l’esclavage ».

"Le mal passe par la liberté humaine" et il est vaincu lorsque celle-ci, sous l'influence de la grâce s'oriente fermement vers le bien, c'est-à-dire, en définitive, vers Dieu. Que Marie, Reine de la paix, nous aide tous à édifier ensemble ce bien fondamental de la coexistence humaine. Ce n'est que de cette façon que le monde pourra progresser sur la voie de la justice et de la solidarité fraternelle.

Bonne année ! Jean-Paul II – 2005.

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17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 08:52

Lecture du livre de Zacharie 2, 14-17

« Réjouis-toi, fille de Sion, voici que je viens ».

Chante et réjouis-toi, fille de Sion ; voici que je viens, j’habiterai au milieu de toi, déclare le Seigneur. En ce jour-là, des nations nombreuses s’attacheront au Seigneur, elles seront pour moi un peuple, et j’habiterai au milieu de toi.

Tu sauras que le Seigneur de l’univers m’a envoyé vers toi. Le Seigneur prendra possession de Juda, son domaine sur la terre sainte ; il choisira de nouveau Jérusalem. Que toute créature fasse silence devant le Seigneur, car il se réveille et sort de sa Demeure sainte. - Parole du Seigneur.

Cantique de Luc

R/ : Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! Ou : Heureuse Vierge Marie qui portas en toi le Fils du Père éternel !

  • Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! R/
  • Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! R/
  • Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. R/
  • Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. R/
  • Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. R/

ou

Psaume 45

R/ : Vierge Marie, pleine de grâce, tu es bénie entre les femmes.

  • Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille : oublie ton peuple et la maison de ton père : le roi sera séduit par ta beauté. R/
  • Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui. Alors, les plus riches du peuple, chargés de présents, quêteront ton sourire. R/
  • Fille de roi, elle est là, dans sa gloire, vêtue d’étoffes d’or ; on la conduit, toute parée, vers le roi. R/
  • Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ; on les conduit parmi les chants de fête : elles entrent au palais du roi. R/

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 12,46-50

« Étendant la main vers ses disciples, il dit : “Voici ma mère et mes frères” ».

En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler ». Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

21 Novembre

En célébrant chaque année à la date du 21 Novembre le mystère de la PRÉSENTATION de la VIERGE au TEMPLE, l'Eglise veut donner à tous les fidèles l’occasion de contempler en MARIE le parfait modèle des âmes consacrées.

Cette fête mariale commémore en effet un événement caché, mais décisif, qui a marqué l'enfance de l'Immaculée : celui de sa totale Consécration à Dieu.

Ayant très vivement pris conscience, dès l'éveil précoce de sa raison, de l'extraordinaire Amour dont elle était l'objet de la part de Dieu, la petite Marie se porta vers Lui avec tout l'élan de son Cœur entièrement possédé par la Grâce.

A cet Amour unique, elle ne voulut répondre - et cela dès le premier instant de sa vie consciente - que par un amour exclusif qui traduisait son intention très pure de plaire à Dieu à tout instant et en toutes choses et de se consacrer à son service d'une manière absolue dans un véritable esclavage d'amour.

Le Jour vint où l'Esprit-Saint lui fit comprendre combien la pureté virginale est agréable aux regards divins.

Et dès lors, ayant le désir très fort de garder toujours une si précieuse vertu et d'en rendre par un vœu la pratique plus excellente et plus stable, Elle se lia par un engagement formel et explicite.

On sait que Marie Elle-même s'est référée à cette décision irrévocable, au moment de l'Annonciation lorsqu'elle a déclaré à l'ange Gabriel : « Je ne connais point d'homme » (Luc I. 34)

Ce qui veut dire : « Je suis vierge » et « Je veux le rester ».

Contempler avec « Les yeux illuminés du cœur » cet acte sublime de totale Consécration - TOTUS TUUS - accompli en sa tendre enfance par Marie, la Grande Favorisée de Dieu, devrait nous inciter à vivre dans toute sa plénitude le Premier Commandement (qu'on a trop tendance à oublier aujourd'hui) : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu ».

Il faut bien comprendre, en effet, que toute consécration implique une adoration, parce qu'il n'est pas possible de se présenter à Dieu sans mourir a soi-même.

Or, qu'est-ce que l'adoration, en fait, sinon une mort à soi-même permettant une remise totale de soi à Dieu ?

L'âme qui adore d'une manière authentique c'est celle qui reconnaît que Dieu est tout et qu'elle même n'est rien ; que tout ce qu'elle a reçu vient de Dieu et qu'elle doit tout restituer à Dieu. Mais un tel sentiment ne peut fleurir que dans un cœur pauvre, absolument désencombré, dépouillé de tout attachement aux créatures ou à soi-même.

Dans l'adoration « en esprit et en vérité » on offre sa vie à Dieu, et c‘est bien cela le véritable esprit de la consécration.

Oui, cette vie que nous tenons de Dieu notre Père il faut que nous ayons la volonté très ferme de la lui remettre à tout instant’ sans réserve aucune, dans la confiance et dans la joie, pour qu'Il puisse en disposer selon son bon plaisir en vue de notre plus grand bien ; autrement dit pour qu'Il puisse la modeler et faire d'elle ce qu'Il rêve d'en faire : un véritable chef-d’œuvre de sainteté.

L'adoration véritable implique donc cette disposition intérieure que les auteurs spirituels appellent l'abandon (à ne pas confondre avec l'abandon psychologique qui est une mollesse, un refus à se déterminer).

Cette attitude d'abandon, Marie l'a cultivée tout au long de sa prodigieuse ascension spirituelle, ne voulant être qu'une toute petite enfant complètement enveloppée par l'Amour de prédilection du Père, s' appuyant uniquement sur le roc de sa miséricorde et n'acceptant qu'une chose : être portée par cet amour et cette miséricorde.

L'humble Marie nous apparaît ainsi comme l'illustration la plus parfaite de cette petitesse évangélique que Jésus nous demande si instamment de pratiquer au cours de notre pèlerinage terrestre et sans laquelle, nous affirme-t-il, il n'est pas possible d'entrer dans le Royaume de Dieu.

« Quiconque n’accueille pas le Royaume de Dieu en petit enfant n'y entrera pas ».

Lorsqu'il prononçait ces paroles - et d'autres semblables - Notre-Seigneur ne pouvait qu'évoquer en son esprit l'image de sa Très Sainte Mère qui vivait si héroïquement le mystère de sa Consécration totale dans l'abandon et la petitesse les plus absolus.

Et c'est la raison pour laquelle Il a voulu, dans sa divine Sagesse, non seulement nous la proposer comme modèle, mais, bien plus encore, nous la donner comme Mère de nos âmes. C'est pour qu'en l'accueillant, par un libre choix dans notre vie intime, à l'exemple de Saint Jean, nous acceptions de lui confier notre éducation d'enfants de Dieu.

C'est pour qu'en nous consacrant à Elle (qui fut toujours toute à Dieu), en nous abandonnant à Elle, en vivant la petitesse évangélique dans ses bras maternels, nous parvenions à être de plus en plus abandonnés dans les bras du Père, soucieux uniquement d'accomplir fidèlement sa très Sainte Volonté.

Ce « Secret de Grâce » comme dit Saint Louis Marie de Montfort, est magnifiquement résumé dans les deux mots que Jean Paul II a choisis comme devise : « Totus Tuus ».

Que cette devise soit aussi la nôtre : « Je suis tout à Toi, ô Marie, pour être tout à Dieu ».

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 15:44

Lecture du livre de la Sagesse 7, 22 – 8, 1

Il y a dans la Sagesse un esprit intelligent et saint, unique et multiple, subtil et rapide ; pénétrant, net, clair et intact ; ami du bien, vif, irrésistible, bienfaisant, ami des hommes ; ferme, sûr et paisible, tout-puissant et observant tout, traversant tous les esprits, même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils.

La Sagesse, en effet, peut se mouvoir d’un mouvement qui surpasse tous les autres, elle pénètre et traverse toute chose à cause de sa pureté. Car elle est la respiration de la puissance de Dieu, le rayonnement limpide de la gloire du Maître souverain ; aussi, rien de souillé ne peut l’atteindre. Elle est le reflet de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l’activité de Dieu, l’image de sa bonté. Comme elle est unique, elle peut tout ; et sans sortir d’elle-même, elle renouvelle l’univers. De génération en génération, elle se transmet à des âmes saintes, pour en faire des prophètes et des amis de Dieu.

Car Dieu n’aime que celui qui vit avec la Sagesse. Elle est plus belle que le soleil, elle surpasse toutes les constellations ; si on la compare à la lumière du jour, on la trouve bien supérieure, car le jour s’efface devant la nuit, mais contre la Sagesse le mal ne peut rien. Elle déploie sa vigueur d’un bout du monde à l’autre, elle gouverne l’univers avec douceur.

Psaume 118

R/ : Ta parole, Seigneur, demeure éternellement.

  • Pour toujours, ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux. Ta fidélité demeure d’âge en âge, la terre que tu fixas tient bon. R/
  • Jusqu’à ce jour, le monde tient par tes décisions : toute chose est ta servante. Déchiffrer ta parole illumine, et les simples comprennent. R/
  • Pour ton serviteur, que ton visage s’illumine : apprends-moi tes commandements. Que je vive et que mon âme te loue ! Tes décisions me soient en aide ! R/

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 20-25

Comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il leur répondit : « Le règne de Dieu ne vient pas d’une manière visible. On ne dira pas : “Le voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là”. En effet, voilà que le règne de Dieu est au milieu de vous ».

Et il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas. On vous dira : “Le voilà, il est ici ! il est là !” N’y allez pas, n’y courez pas ».

« En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son Jour sera là. Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération ».

Vous trouverez l'homélie ici.

Sulzberg im Allgäu | St. Martin

Le 11 novembre, fête de la saint Martin arrive à grands pas, alors préparons-nous à cette belle fête,

vous trouverez à cette adresse des lanternes à faire pour la saint Martin.

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Martin-et-le-manteau.jpgLe prénom Martin a pour racine le nom de Mars, le dieu romain de la Guerre.

Il est fêté le 11 novembre, Martin de Tours est avec saint Denis et saint Louis un des patrons de la France, des cavaliers, des drapiers, des fatassins, des fourreurs, des hôteliers, des mendiants, des militaires, des piétons, des soldats et des tailleurs.

Le don à un mendiant de la moitié de son manteau

Martin voit le jour à Sabaria, en Pannonie (la Hongrie d’aujourd’hui), vers 316. Ses parents sont des païens, son père un tribun militaire. Martin est élevé à Pavie (Italie) et devient soldat. Un jour, à Amiens, Martin rencontre, près de l’une des portes de la cité, un mendiant nu qui souffre du froid. Dans un geste qui est demeuré fameux, le militaire déchire son manteau et en donne une des moitiés au malheureux (selon une tradition tardive, il ne peut faire don de l’autre moitié qui appartient à l’armée romaine). La nuit suivante, le Christ apparaît en songe à Martin, portant la moitie du manteau qu’il a offert au pauvre. Martin se convertit alors au christianisme. Deux ans plus tard, il est autorisé à quitter l’armée.

Le premier monastère en pays franc

Martin retourne en Pannonie et convertit notamment sa mère. En Illyrie et à Milan, il combat l’hérésie d’Arius. Après avoir con nu l’exil, il fonde, à Ligugé (dans le Poitou) le premier monastère chrétien établi dans ce pays. En 372, Martin est, contre son gré (selon une tradition, une oie caquetante indique l’endroit ou il a voulu se cacher), proclamé évêque de Tours par le peuple cette ville, et bien que les nobles de la cité critiquent « ses vêtements malpropres et sa chevelure en désordre » et sa basse extraction. Malgré sa nouvelle charge, Martin n’en continue pas moins de mener une vie austère, et demeure dans une cellule, près de la cathédrale, puis dans l’abbaye de Marmoutier, qui devient l’un des plus fameux monastères de tout l’Occident. Par ailleurs, il s’emploie à évangéliser les populations, à bâtir plusieurs autres couvents et à détruire les édifices païens et les arbres sacrés. En outre, Martin participe aux débats théologiques que connaît alors l’Eglise.

Un faiseur de miracles

Plusieurs miracles sont attribués à Martin. Par trois fois, il ressuscite un homme mort. Il guérit par ailleurs une femme souffrant d’hémorragies, un lépreux en l’embrassant, ainsi qu’un paralytique en lui versant de l’huile dans la bouche. Un jour, des soldats reprochent à Martin d’effrayer les mulets attelés à leur fourgon. Ils le battent jusqu’à lui faire perdre  conscience. Les mulets refusent de se remettre en marche avant que les militaires n’aient demandé à Martin, après l’avoir reconnu, de leur pardonner. Un jour, Martin ne parvient pas à démolir un temple païen ; deux anges apparaissent alors qu’il prie : il peut enfin démolir l’édifice. Une autre fois, Martin ordonne à des paysans d’abattre un pin consacré aux divinités païennes. Les villageois acceptent, à condition que Martin se laisse attacher du côté où l’arbre doit tomber. Martin se signe. Et l’arbre, au lieu de l’écraser, tombe de l’autre côté.

Un culte d’une importance exceptionnelle

Martin disparaît en 397 (il est le 1er saint non martyr). Son tombeau, à Tours, devient aussitôt un centre de pèlerinage d’une extrême importance. La chape du saint fait l’objet d’une très grande vénération. Les Mérovingiens et les Carolingiens ont fait de Martin un des saints protecteurs de leurs dynasties et du royaume. La Saint-Martin était autrefois une des principales dates qui rythmaient le calendrier des paysans. Aujourd’hui, en France, plus de 500 communes et quelque 4000 paroisses portent le nom de Saint-Martin. Le nom de ce saint est le patronyme le plus répandu dans l’Hexagone. 

Les dictons de la saint-Martin :

Saint-Martin, Saint-Tourmentin.
Le temps du jour de Saint-Martin, est de l'hiver le temps commun.
Si le vent du sud souffle pour la Saint-Martin, l'hiver ne sera pas coquin.
Quand Saint-Martin amène le vent d'autan, cela dure six mois par an.
À la Saint-Martin tire ton vin, Saint-Martin le met en chemin.
À la Saint-Martin bois le vin, et laisse l'eau au moulin.
Et s'il trouve quelque encombrée, vous l'aurez à la Saint-André.
À la Saint-Martin l'hiver est en chemin, manchons aux bras et gants aux mains.

Fete_de_la_Saint_Martin_en_Europe.pdf

 

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Der Mantel

Einmal, mitten im Winter, reitet Martin mit ein paar anderen Soldaten in die Stadt zurück. Es ist sehr kalt. Martin ist froh um seinen warmen Mantel. In der Nähe des Stadttors sieht er plötzlich eine dunkle Gestalt am Tor sitzen. Der Mann hat nur dünne zerrissene Kleider an. Er muss schon lange in der Kälte gesessen haben. „Komm schon!“, rufen seine Kameraden. „Wir wollen nicht warten, was geht dich der Bettler an? “ Aber Martin ist anders. Er hat Mitleid mit dem Bettler. Aber was kann er tun? Der Mantel, den er trägt, gehört zur Hälfte der römischen Armee – er kann ihn nicht einfach hergeben. „Kommst du?!“, rufen ihn die anderen. Da nimmt Martin kurzerhand sein Schwert und teilt seinen Mantel in zwei Teile. Den einen Teil des Mantels gibt er dem Bettler. Mit der anderen Hälfte wärmt er sich selbst. Nun braucht keiner von ihnen zu frieren. Seine Kameraden haben ihn beobachtet: „Wie siehst du denn jetzt aus? Willst du wirklich so unter die Leute gehen?!“ Aber Martin ist das egal. Er reitet mit den anderen in die Stadt hinein. Nachts, als er in seiner Herberge schläft, träumt Martin von Jesus: „Danke!“, sagt Jesus zu ihm.

Gegen den Krieg

Die Römer führen Krieg gegen die Germanen. Auf den Schlachtfeldern sterben viele Männer und noch ist kein Ende des Krieges in Sicht. Der römische Kaiser braucht noch mehr Soldaten. Damit sich besonders viele freiwillig melden, verspricht er ihnen Extra-Geld als Belohnung. Der Kaiser bietet auch Martin Geld an, damit er für ihn in den Krieg zieht. Aber Martin sagt: „Ich will das Geld nicht, mein Kaiser. Ich will gar nicht in den Krieg ziehen! Ich bin Christ – und als Christ will ich nicht mit Waffen kämpfen und Menschen töten. “Der Kaiser versteht das überhaupt nicht: Du Drückeberger!“, schreit er ihn an. „Du bist wohl zu feige?! Außerdem bist du Soldat und musst tun, was ich dir befehle!“ Da hat der Kaiser leider Recht. Martin seufzt. Er überlegt einen Moment, dann sagt er: „Gut, ich werde in den Krieg ziehen, weil du es befiehlst. Aber ich werde keine Waffe anfassen. Und ganz gewiss werde ich niemanden töten!“ Der Kaiser sieht ihn fassungslos an. So etwas Verrücktes hat er noch nie gehört. Am nächsten Tag geschieht ein Wunder. Ein Bote der Germanen erreicht den Kaiser: Sie ergeben sich freiwillig. Der Krieg ist zu Ende. Und Martin braucht nicht zu kämpfen.

Im Gänsestall

Martin lebt in einem Kloster in Frankreich. Endlich kann er ganz nach seinem Glauben leben. Bei den Mönchen und den Leuten in der Umgebung ist er sehr beliebt, weil er immer ein offenes Ohr für ihre Sorgen hat und sich um Kranke und Arme kümmert. Eines Tages sieht er von seinem Klosterfenster aus einen fremden Reiter im Innenhof. Das ist ein Bote aus Tours, einer großen Bischofsstadt in der Nähe. „Wo ist Martin? Ich muss ihn sprechen! Wir brauchen einen neuen Bischof in Tours. Und wir sind uns alle einig: Die Wahl ist auf Martin gefallen!“ Die Mönche im Hof freuen sich für Martin. Aber wo steckt er bloß? Martin hört, wie sie ihn suchen. Bischof werden – bei der Vorstellung wird er ganz blass. Er sieht sich schon in prunkvollen Gewändern im Bischofspalast. Die Leute würden sich vor ihm verbeugen – ja, sich vielleicht sogar vor ihm fürchten? Nein, Martin ist gar nicht begeistert. Lieber will er weiter als einfacher Mönch mit den anderen zusammen leben. Schnell rennt er hinaus ins Freie.  Die Tür zum Gänsestall steht offen. Er tritt ins Dunkle des Stalls und zieht die Tür hinter sich zu. Hier werden sie ihn nicht finden, denkt er. Er hört, wie die anderen ihn suchen: „Martin! Wo bist du? Wir haben eine tolle Nachricht für dich!“ Martin lächelt – er weiß, dass sie ihn nicht verstehen würden. Wer würde schon so ein mächtiges Amt ablehnen? Doch plötzlich schnattern die Gänse so laut, dass die Männer draußen aufmerksam werden. Die Türe wird aufgerissen und das Licht fällt auf Martin: „Da bist du ja!“ Jetzt kann Martin nicht entwischen. Er stellt sich der neuen Aufgabe. Er nimmt die Wahlan und wird Bischof von Tours. Aber er bleibt sich treu: Er versucht, den Reichtum und die Macht für Gutes einzusetzen. Aus ihm wird ein richtig guter Bischof.

Source : http://www.kirche-entdecken.de/

 

 

 

 

 

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La Nouvelle République sur les pas de saint Martin.

L'histoire de Martin de Tours, homme de foi avant d'être saint, est étroitement associée à Tours et au Val de Loire. Dans cet ouvrage de la collection « Les Patrimoines », on suit cet infatigable voyageur et évangélisateur à travers l'Europe, mais c'est à Tours et plus particulièrement à Marmoutier que Martin prend toute sa dimension spirituelle. Après sa mort à Candes, son rayonnement va toucher puissants et pauvres à travers l'Occident. Il devient l'une des figures majeures de l'histoire chrétienne. Une grande basilique, construite sur son tombeau à Tours, devient l'un des lieux principaux de pèlerinage durant des siècles, avant qu'un nouvel édifice, de dimensions plus modestes, soit bâti au XIXe siècle.

Cet ouvrage montre l'immense héritage laissé par le « treizième apôtre » : des milliers d'églises lui sont dédiées à travers le monde ; légendes et coutumes martiniennes ont traversé l'histoire et restent vivaces, notamment en Europe du Nord et dans le monde viticole. Symbole de pauvreté et d'humilité, le partage du manteau par saint Martin est universellement connu. Il se retrouve aujourd'hui dans un projet humaniste autour d'itinéraires pédestres qui convergent vers Tours et allient citoyenneté et respect de la nature. « Martin de Tours, un saint européen ». Éditions Nouvelle République.

Source : http://nrco.lanouvellerepublique.fr

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 17:28
https://www.wochenanzeiger-muenchen.de/neuhausen-nymphenburg/viele-kerzen,97977.html

1. Lecture du livre de Job 19, 1. 23-27

Dieu, mon libérateur, est vivant, s’écrie Job ; quand mes yeux le regarderont, je sais qu’il ne se détournera pas de moi.

Job prit la parole et dit : « Ah, si seulement on écrivait mes paroles, si on les gravait sur une stèle avec un ciseau de fer et du plomb, si on les sculptait dans le roc pour toujours ! Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière ; et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair je verrai Dieu. Je le verrai, moi en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger. Mon cœur en défaille au-dedans de moi ». – Parole du Seigneur.

ou

1. Lecture du livre de la Sagesse 3, 1-9

Aux yeux des hommes, la mort semble conduire au néant, mais la vie des justes est pour toujours dans la main de Dieu.

Les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux. Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; + leur départ est compris comme un malheur, et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix. Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait. Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui. Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille. Au temps de sa visite, ils resplendiront : comme l’étincelle qui court sur la paille, ils avancent. Ils jugeront les nations, ils auront pouvoir sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux pour les siècles. Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus. – Parole du Seigneur.

2. Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 31-35, 37-39

Puisque Jésus Christ nous a tant aimés, jusqu’à mourir pour nous, nous avons la certitude que rien, pas même la mort, ne peut nous séparer de son amour.

Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Dieu est celui qui rend juste ;

Qui pourra condamner ? Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous.

Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Non, car en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. – Parole du Seigneur.

ou

2. Lecture de la 1ère lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 15,51-54, 57

Quelle bonne nouvelle ! Le Christ vainqueur de la mort fait jaillir en ses disciples une vie impérissable et chacun de nous est appelé à la recevoir.

Frères, c’est un mystère que je vous annonce : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés, et cela en un instant, en un clin d’œil, quand, à la fin, la trompette retentira. Car elle retentira, et les morts ressusciteront, impérissables, et nous, nous serons transformés.

Il faut en effet que cet être périssable que nous sommes revête ce qui est impérissable ; il faut que cet être mortel revête l’immortalité. Et quand cet être périssable aura revêtu ce qui est impérissable, quand cet être mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Écriture : La mort a été engloutie dans la victoire. Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ.

ou

2. Lecture de la 1ère lettre de saint Jean 3, 14. 16-20

En Jésus Christ, l’amour a été plus fort que la mort. Ceux qui aimeront leurs frères comme lui partageront sa vie.

Bien-Aimés, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ; car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. – Parole du Seigneur.

Psaume 26

R/ : Je verrai la bonté du Seigneur, sur la terre des vivants.

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/
  • J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. R/
  • Écoute, Seigneur, je t'appelle ! Pitié ! Réponds-moi ! C'est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. R/
  • Je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. Sois fort et prends courage, espère le Seigneur ! R/

Alléluia. Alléluia. Jésus Christ, notre Sauveur, tu as détruit la mort ; tu as ouvert à tout croyant les portes de la vie. Alléluia.

3. Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 15, 33-34. 37-39 ; 16, 1-6

L’angoisse de la mort n’a pas épargné le Crucifié, mais au moment où il expire, la Maison du Père s’ouvre toute grande à ceux qui reconnaissent en Jésus, le Sauveur des hommes.

Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Puis, poussant un grand cri, expira. Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. – Acclamons la Parole de Dieu.

ou

Alléluia. Alléluia. Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort, il a détruit la mort : à ceux qui sont dans les tombeaux il a rendu la vie. Alléluia.

3. Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5, 24-29

Écouter la parole du Christ pendant sa vie, c’est se préparer à entendre sa voix nous appeler à ressusciter pour entrer dans la vie.

Jésus disait aux juifs : « Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie.

Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ; et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ; alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés. – Acclamons la Parole du Seigneur.

ou

Alléluia. Alléluia. Tu es la Résurrection et la Vie, Seigneur Jésus. Par ta mort, tu as détruit la mort. Alléluia.

3. Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11, 17-27

Le désarroi des sœurs de Lazare est le nôtre à l’instant où nos parents et amis s’en vont dans la mort. La présence de Jésus devrait suffire à remplir nos cœurs d’un invincible espérance.

En arrivant à Béthanie, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Le regard intérieur de notre foi se porte aujourd’hui vers tous ceux que nous appelons nos morts, mais qui sont tout aussi vivants et même beaucoup plus vivants que nous.

Le seul fait que cette journée du 2 novembre leur soit consacrée est l’attestation d’une certitude absolue : à savoir que ceux qui ont quitté cette terre n’ont fait que passer sur l’autre rive : ils sont entrés dans la Vraie Vie, la Vie de Dieu.

Pourquoi, alors, l’Eglise nous invite-t-elle à prier pour eux ? De quoi ont-ils besoin ? Pour répondre à cette question, il nous faut rafraîchir un peu dans notre mémoire les enseignements de la foi catholique concernant la mort et l’au-delà.

L’âme qui vient de quitter cette terre ne peut entrer dans la vision et dans le bonheur de Dieu que si elle est totalement purifiée « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Et saint Jean nous dit dans l’Apocalypse que « rien de souillé ne pourra pénétrer dans le Royaume de Dieu ». Si cette purification n’a pas été opérée durant notre séjour ici bas, autrement dit : si nous n’avons pas assez prié, assez fait d’efforts pour nous sanctifier en aimant Dieu et notre prochain (si après les avoir confessés à un prêtre) nous n’avons pas suffisamment  réparé nos péchés par l’acceptation et l’offrande de nos souffrances ainsi que par des sacrifices librement consentis, nous ne sommes pas en état de paraître devant Dieu et de vivre en sa présence. Il faut être saint, en effet, pour pouvoir vivre en communion avec le Dieu trois fois Saint. Si au moment de la mort, nous ne sommes pas tels que Dieu nous veut, il faut que notre sanctification s’achève obligatoirement « comme à travers le feu » dans cette souffrance mystérieuse qu’on appelle le Purgatoire.

Quand les âmes, en effet, paraissent devant Dieu, elles se voient et se jugent telles qu’elles sont avec les traces des nombreux péchés qui ont souillé la robe blanche de leur baptême. Elles comprennent à quel point elles ont peu aimé sur la terre et combien il leur reste à expier. Alors d’elles-mêmes, elles se retirent de devant Dieu et la douleur extrême qu’elles éprouvent à cause de leurs péchés les brûle intérieurement jusqu’au moment où tout est parfaitement pur en elles, jusqu’au moment où elles sont devenues vraiment saintes.

C’est une épreuve terrible que cette peine du purgatoire, mais qui se vit dans une joyeuse et ferme espérance, à la fois avec un désir très fort et avec la certitude d’entrer pour toujours dans l’insurpassable et inépuisable béatitude du Paradis. L’Eglise de la terre que nous formons (nous les baptisés) ne saurait abandonner les âmes qui souffrent en purgatoire. Elle sait qu’elles ont besoin de notre aide spirituelle, c’est pourquoi elle nous invite instamment à faire monter vers le Seigneur nos ferventes supplications ainsi que notre offrande au Saint Sacrifice de la Messe célébré en leur faveur... afin que leur temps de purification puisse être écourté et leur délivrance accélérée... Certes, nous ignorons comment s’opère cette accélération, ce soulagement ou cette délivrance, nous avons seulement la certitude de l’efficacité de notre prière et de l’incomparable efficacité du Sacrifice Eucharistique qui applique aussi bien aux défunts qu’aux vivants la valeur infinie de mérites de Jésus, notre Rédempteur et Sauveur.

Cela devrait suffire pour nous motiver à intervenir souvent et avec ferveur pour les âmes de nos proches ainsi que pour celles, si nombreuses qui sont totalement délaissées et dont la détresse est immense. C’est là le plus beau témoignage d’affection que nous puissions leur porter. Il nous est aussi permis de penser qu’à ce témoignage de notre part les âmes de nos défunts ne manquent jamais de répondre en priant elles-mêmes en notre faveur. Même lorsqu’elles ne sont pas dans le bonheur définitif elles ont cette possibilité, en effet d’intervenir auprès du Seigneur et d’implorer pour nous toutes sortes de bienfaits divins. Elles n’ont peut-être pas une connaissance exacte de tous les détails de notre existence terrestre, mais elles savent au moins ce qui leur est utile de savoir pour nous aider par leur intercession. N’hésitons pas à les prier, afin de rendre cette intercession encore plus empressée et plus efficace.

Prier pour nos défunts, mais aussi prier nos défunts. Voilà ce que nous devons faire, frères et sœurs, si nous voulons que s’établisse entre eux et nous un véritable échange d’amour, une communion très réelle qui atteindra sa plénitude lorsqu’au moment de notre mort, c’est-à-dire de notre naissance à la vie du ciel, nous irons les rejoindre pour ne plus jamais les quitter.

Puissent ces quelques réflexions sur nos relations avec les âmes du Purgatoire, raffermir les certitudes de notre foi et nourrir notre Espérance.

Amen.

Prière Universelle

Dieu nous a créés à son image, il nous a promis une vie impérissable et pourtant afin d’arriver à la vie de la promesse, nous avons encore une vie terrestre à parcourir jusqu’à son terme : la mort. Dans cette optique, nous adressons à Dieu tous les demandes de nos sœurs et frères qui en ont besoin.

R/ : Seigneur Dieu, tu appelles chacun(e) par son nom

  • Pour ceux qui sont dans les tombeaux : que ta Parole les touche dans cet enferment ! Que ceux qui dans leurs actes recherchent le pouvoir, l’argent… qu’ils entendent ta Parole ! Qu’ils s’ouvrent à ton appel à la Vie et à l’Amour afin qu’ils puissent marcher sur le bon chemin qui les mène à toi ! R/
  • Pour ceux qui font le mal : que ta Miséricorde les fasse sortir de cette emprise ! Fais leur découvrir les conséquences des maux qu’ils ont commis ! Donne-leur le courage de revenir sur le droit chemin ! R/
  • Pour ceux qui ont traversé nos vies, ceux avec qui nous avons partagé la vie, ceux qui nous ont quittés trop tôt et brusquement : nous te supplions de bien les accueillir, de leur donner ta paix ! R/
  • Avec ceux qui mettent leur confiance dans ton amour, nous te confions tous les jeunes qui recherchent le but de leur vie ! Ouvre leurs oreilles et leur cœur à ta voix qui appelle à l’amitié et la solidarité ! Qu’ils posent chaque jour une « pierre », basée sur ta Parole, pour édifier leur avenir ! R/
  • Avec ceux qui sont fidèles à ta Parole à tes promesses, nous prions pour les gens qui ont pris des engagements dans leur vie comme le mariage, le sacerdoce, la vie consacrée, ou encore le service d’autrui … : que leur OUI puisse demeurer OUI jusqu’au bout ! Que ce OUI les rende toujours heureux, malgré les malheurs qui peuvent survenir au cours de leur vie ! R/

Dieu, Père des vivants, prends soin de tes enfants qui accourent vers toi en ce mois de novembre. Donne-leur toujours espérer dans la continuité de la Vie ! Toutes les séparations sur terre ne sont que provisoires ! Que la joie des retrouvailles entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint soit dans le cœur de chaque être humaine et au sein de chaque communauté ! Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com

Prière : 

Notre-Dame Libératrice, prends en pitié tous nos frères défunts,

spécialement ceux qui ont le plus besoin de la miséricorde du Seigneur.

Intercède pour tous ceux qui nous ont quittés, afin que s’achève en eux l’œuvre de l’Amour qui purifie.

Que notre prière, unie à celle de toute l’Église, leur obtienne la joie qui surpasse tout désir et apporte, ici-bas, consolation et réconfort à nos frères éprouvés ou désemparés.

Mère de l’Église, aide-nous, pèlerins de la terre à mieux vivre, chaque jour, notre passage vers la Résurrection.

Guéris-nous de toute blessure du cœur et de l’âme.

Fais de nous des témoins de l’Invisible, déjà tendus vers les biens que l’œil ne peut voir, des apôtres de l’Espérance, semblables aux veilleurs de l’aube.

Refuge des pécheurs et Reine de tous les saints, rassemble-nous tous un jour, pour la Pâque éternelle, dans la Maison du Père, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Amen.

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 09:14

Lecture du livre de l'Apocalypse 7, 2-4, 9-14

Une foule immense est déjà près de Dieu et du Christ. Unis à cette foule par la communion des saints, nous chantons notre espérance de participer à sa fête.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et à la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni à la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, douze mille de chacune des douze tribus d’Israël.

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « C’est toi qui le sais mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés par le sang de l’Agneau. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de l'Apocalypse dont le nom signifie « révélation » de Jésus Christ, est écrit en période de crise, au cours des tracasseries et des persécutions qui s'abattent sur les Églises d'Asie Mineure, sous le règne de l'empereur Domitien, vers l'an 95 de notre ère. Le livre veut répondre à l'angoissante question des chrétiens : Jésus a-t-il réellement vaincu le mal ?

L'auteur s'appuie sur des événements contemporains pour montrer que l'impérialisme romain qui suscite les forces du mal, court à sa ruine. En revanche, le peuple de Dieu - ces hommes, ces femmes et ces enfants que l'épreuve n'a pu ébranler dans leur foi - porte en lui l'espérance de l'humanité : celle d'une victoire définitive de l'amour sur la haine, du pardon sur la vengeance, de la justice sur l'oppression des consciences.

Le livre est bourré d'allusions à l'Ancien Testament, il est riche en couleurs et en images symboliques. Parfois difficile à lire, ce qui favorise les interprétations fantaisistes. Cela n'ôte rien à l'actualité du message de l'Apocalypse : « Courage ! Les saints sont des hommes comme nous, qui ont cru que l'amour était plus fort que tout. Leur victoire est déjà la nôtre, en attendant le triomphe définitif du Christ sur le mal ».

Les saints ont été des hommes et des femmes en butte aux mêmes difficultés, aux mêmes doutes, aux mêmes faiblesses que les nôtres, mais ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l'Agneau. Cette même grâce nous est offerte dans les sacrements de l'Église.

Psaume 23

R/ : Voici le immense de ceux qui cherchent ta face, Seigneur.

Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. R/

Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. R/

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-3

Comme il est grand l'amour dont le Père nous a comblés ! Il a fait de nous ses enfants, en son Fils, Jésus Christ.

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisque qu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans sa lettre, Jean combat une erreur qui se fait jour dans l’Église venant de gens qui prétendent que Dieu fait seulement semblant de nous aimer. Ainsi, pour eux, le Fils de Dieu aurait fait semblant de se faire homme, en prenant un corps irréel ; il aurait donc fait semblant de souffrir et de mourir ; les sacrements ne seraient que des semblants d’union au Christ, bref l’amour de Dieu ne serait qu’un faux-semblant. Non, proteste Jean, le Fils de Dieu, je l’ai vu et touché comme les autres apôtres ont pu le faire ; son sang, je l’ai vu couler ; sa résurrection, j’en suis témoin. L’amour du Père pour nous est une réalité, non des mots : il ne se contente pas de nous appeler ses enfants, « nous le sommes », et cela « dès maintenant », même si cette vie de Dieu qui nous transforme n’est appelée à paraître de tout son éclat qu’avec la venue Christ Jésus.

Quelles preuves notre communauté chrétienne va-t-elle donner à ceux qui passeront dans l’église à l’occasion de la Toussaint, pour qu’ils se découvrent aimés de Dieu : un accueil chaleureux à l’entrée, une célébration chantante, une prière à la foi communicative, un temps de conversation à la sortie… ?

Alléluia. Alléluia. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, dit le Seigneur, et moi, je vous procurerai le repos. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a

L’Évangile de Jésus est la bonne nouvelle de la joie et du bonheur. Écoutons-le nous en indiquer le chemin.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs purs ; car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix : car ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux !

Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Cet évangile est celui de la joie : « Heureux… réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse… » La raison de cette joie, c’est le royaume des Cieux, « … car le royaume des Cieux est à eux », dit Jésus, après la première et la dernière béatitudes.

Si nous demandons : « Qu’est-ce que le royaume des Cieux ? », les autres béatitudes nous diront que c’est Dieu lui-même. Oui, Dieu lui-même, à l’action dans la vie des hommes, quand il réconforte les affligés, comble l’espérance des affamés de justice, pardonne à ceux qui ouvrent leur cœur à la misère de leurs frères, se laisse trouver par ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, et reconnaît pour ses fils bâtisseurs de la paix.

Mais, pour faire cette expérience de l’action de Dieu dans sa vie, il faut se compromettre pour la non-violence, pour la justice et la bonté, pour la paix et pour la pureté de ses intentions. Il faut avoir affronté les insultes et les moqueries, avoir risqué la persécution et la calomnie. Le Christ reconnaît pour siens tous ceux-là qui se seront ainsi compromis : « à cause de moi », dit-il. Ce sont ceux-là que nous fêtons aujourd’hui.

Il y a des saints que j’admire plus que d’autres. Quelle béatitude a marqué et transformé leur vie ? Lorsque je les prie, est-ce cette béatitude que je leur demande de me faire aimer ?

1ère Homélie

C’est donc de cette façon particulièrement frappante, en prononçant neuf fois le mot « heureux » que Jésus dans les premiers mois de sa mission apostolique a résumé son Évangile, cette Bonne Nouvelle qui nous annonce et nous apporte le Bonheur.

Le Bonheur, me direz-vous, on voudrait bien y croire et en fait, on ne désire, on ne cherche que cela, mais le monde d’aujourd’hui dans lequel nous vivons en prend-il le chemin ?

Il suffit de jeter un coup d’œil sur l’ensemble de l’actualité pour se rendre compte à quel point il se désole et se désespère de ses guerres, de ses génocides, de ses enfants abandonnés, maltraités ou exploités, de ses familles éclatées, de ses maladies incurables et de combien d’autres malheurs…

Et nous-mêmes pouvons-nous affirmer que nous sommes vraiment heureux même si nous avons du travail et de quoi vivre décemment ? Nous avons tous, en effet, qui que nous soyons, notre part d’échecs, de peines ou de souffrances… Et que dire de notre misère spirituelle, moins visible sans doute, mais toute aussi criante (si toutefois nous posons sur nous un regard lucide et sans complaisance) : notre égoïsme, notre orgueil, nos mensonges, nos lâchetés, nos infidélités bref nos refus d’aimer Dieu et notre prochain. Reconnaissons loyalement que notre manière de vivre trop souvent médiocre et superficielle est absolument incapable de combler les aspirations les plus profondes et les plus nobles de notre cœur… Oui, bien sûr, tout cela est flagrant. Mais si nous nous contentons de gémir sur les malheurs du temps ou sur la condition souvent difficile et quelquefois dramatique qui est la notre nous ne raisonnons pas en chrétiens, car nous oublions, à ce moment là une vérité capitale de notre foi (qui éclaire toutes choses d’une nouvelle lumière) c’est ce que l’Evangile n’est pas d’abord un message d’euphorie ou une sorte de drogue destinée à apaiser toutes nos angoisses et à guérir toutes nos blessures.

Au cœur de l’Évangile il y a le mystère de la Croix. Le crucifix de nos maisons ou de nos carrefours, tout comme la croix de nos tombes nous rappelle à quel prix nous avons été rachetés, sauvés par le Christ. Sans doute nous a-t-il mérité le pardon du Père et réconciliés avec Lui ; il n’en reste pas moins que nous devons accueillir ce salut toujours offert, et que nous devons y coopérer en acceptant de passer chaque jour par le chemin que Jésus nous a ouvert et qui n’est pas un chemin de velours mais un rude chemin de peines, de souffrances et d’efforts coûteux.

Lui-même, d’ailleurs, nous a bien prévenus « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il prenne sa croix, chaque jour et qu’il me suive… » C’est ce que nous faisons toutes les fois que nous unissons au Sacrifice de Jésus l’offrande de tout ce qui est pénible, de tout ce qui est douloureux dans nos vies et aussi de tout ce qui nous coûte pour aimer Dieu et notre prochain. Cela, il ne faut jamais le perdre de vue, et cependant Jésus nous assure que nous sommes neuf fois heureux. Ça devrait tout de même nous faire réfléchir d’autant plus que ces premiers mots du message divin sont aussi les derniers et, c’est là le grand secret qui devrait en toutes circonstances, mais surtout au sein de l’épreuve, gonfler notre cœur d’une invincible espérance.

Frères Chrétiens, nous sommes heureux et dès à présent, d’une joie profonde que rien, ni personne ne pourra jamais nous enlever, parce qu’au matin de Pâques, le Christ-Jésus, définitivement victorieux du péché et de la mort, nous a donné rendez-vous : « voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Il est donc là, c’est sûr, Lui l’éternel Vivant ; il est là, tout proche, présent dans notre cœur dans la mesure où nous voulons bien l’accueillir et lui faire de la place ; présent à tout ce que nous pensons, à tout ce que nous ressentons, à tout ce que nous faisons.

Où pourrions-nous trouver dites-moi, un ami plus tendre et plus compatissant, un ami plus fidèle et plus fort ? Il suffit de croire, chers frères et sœurs, à cette présence si aimante du Christ-Jésus, notre Sauveur pour que tout dans notre vie prenne un sens, pour que tout dans notre vie (y compris la souffrance) soit finalement transfiguré. Nous pouvons désormais entrevoir, et il nous arrive parfois d’en éprouver comme l’avant-goût ce bonheur incomparable que Jésus nous promet et qui nous est assuré, si toutefois nous acceptons de remplir les conditions exigées pour le mériter… Car il ne s’agit pas d’avancer au gré de nos fantaisies ou de nos caprices.

Si nous voulons traverser sans risque de nous perdre cette pénombre qu’est notre vie d’ici bas, il nous faut une lumière, un phare et il nous faut en même temps une main qui nous tienne et qui nous mène. Tout cela pour l’essentiel, nous est clairement indiqué dans cette charte de la vie chrétienne que sont les Béatitudes : ne sont-elles pas comme 9 balises en forme de bonheur... Si nous les suivons de notre mieux, comme l’ont fait tous ces saints connus et inconnus que l’Eglise fête aujourd’hui, nous arriverons sûrement là où le Seigneur, nous attend, là où il nous a préparé une place… c’est-à-dire au Ciel.

Efforçons-nous donc de nous imprégner de cet esprit des Béatitudes.

  • Rappelons-nous qu’avoir un cœur de pauvre, cela veut dire qu’il ne faut pas rechercher, qu’il ne faut pas aimer d’autres richesses que la présence de Dieu, que l’habitation mystérieuse mais si réelle du Père, du Fils et du Saint Esprit dans ce temple, dans ce petit ciel qu’est notre âme. Celui qui possède de Dieu, possède tout et il partage déjà, bien que ce soit dans l’obscurité de la Foi, son indicible Bonheur.
  • Être doux, c’est miser uniquement sur l’amour pour régler les problèmes qui surgissent inévitablement là où des hommes vivent ensemble.
  • Pleurer, c’est attendre la consolation de Dieu seul lorsqu’il viendra lui-même essuyer toute larme de nos yeux.
  • Avoir faim et soif de la justice, c’est avoir le désir plus ardent de nous ajuster à Dieu, de faire en toutes choses et quoiqu’il en coûte sa très sainte volonté.
  • Être miséricordieux, c’est imiter Dieu notre Père, c’est recommencer inlassablement à partir du pardon reçu et accordé sans arrière-pensée.
  • Avoir le cœur pur, c’est agir constamment avec une intention droite, c’est avoir une âme simple, toute transparente à Dieu et qui sait reconnaître Dieu partout où il fait signe.
  • Être un artisan de paix, c’est chercher à réaliser l’unité dans la diversité en tissant des liens, en jetant des ponts, en étant un porte-flambeau de la vérité, de la justice et de l’amour.
  • Être persécuté pour la justice, c’est accepter de tout souffrir plutôt que de renoncer à Dieu, à l’Evangile et à l’Eglise.
  • Être insulté et calomnié à cause de Jésus, c’est être tout simplement un chrétien authentique, ce qui ne peut pas être vécu, sans que quelque chose nous retombe sur la tête…

Tels sont, chers frères et sœurs, les jalons plantés sur la route du Paradis. Telles sont les exigences du Seigneur. Il est évident qu’elles vont à contre-courant de tout ce qui nous est proposé dans le monde d’aujourd’hui. Sont-elles vraiment réalisables, ne sont-elles pas un rêve, une illusion, une utopie ?…

Nous sommes souvent tentés de le croire, parce que nous ne regardons que notre faiblesse mais si nous nous appuyons constamment sur la miséricorde, la bonté, la puissance de Dieu, si, comme des petits enfants nous tenons d’une part la main de Jésus qui est notre guide suprême et d’autre part la main de Marie qui est l’éducatrice par excellence de la vie spirituelle, si enfin nous nous laissons attirer par la multitude des Saints (qui étaient comme nous des êtres de chair et de sang) et qui nous redisent inlassablement : « N’aie pas peur, vas-y, c’est possible » alors, chers frères et sœurs, qu’est-ce qui pourrait bien nous empêcher de réussir la seule aventure qui vaille la peine d’être vécue : l’Aventure de la Sainteté, celle qui nous vaudra pour toujours la plénitude du Bonheur avec Dieu et en Dieu.

Amen.

2ème Homélie

En cette solennité de la Toussaint, l’Eglise nous invite à tourner nos regards vers le ciel et elle nous dit : « Regardez cette foule innombrable de saints connus et inconnus : ils ont vécu à toutes les époques de l’histoire, ils sont venus de tous les pays, ils ont appartenu à toutes les conditions sociales, il y en a eu de tous les âges et dans leur existence ici-bas ils étaient semblables à nous. A vous, maintenant de devenir ce qu’ils sont devenus. Faites comme eux, marchez sur leurs traces, imitez leurs exemples ».

Mais pourquoi l’Eglise tient-elle à nous donner les saints en exemple ? Parce que ce sont les hommes et les femmes qui ont le mieux réussi leur vie. Il faut préciser toutefois le sens de cette réussite, car elle n’a rien à voir avec celle dont rêvent habituellement les hommes. Pour la plupart des gens, en effet qu’est-ce que c’est que réussir, sinon faire fortune, avoir une belle situation, être considéré et recevoir des éloges, être influent et attirer sur soi les regards, goûter à tous les plaisirs de la vie. Si c’est cela réussir, il faut dire tout de suite que les saints ont manqué leur vie : ils ont absolument « tout raté », car durant leur existence terrestre on ne les a pas toujours remarqués : (d’ailleurs l’immense majorité de ceux qui peuplent le ciel sont des inconnus) le plus souvent ils ont connu la pauvreté, la souffrance des persécutions, des épreuves et toute sorte. Mais alors quel a été le secret de leur réussite spirituelle, la seule qui soit selon Dieu ?

- D’abord ils ont pressenti la fragilité de toute réussite purement humaine et ils en ont tiré les conséquences : ils n’ont pas cherché avant tout des satisfactions terrestres : ils ne se sont pas faits le centre du monde, ils n’ont pas vécu principalement pour eux, ayant bien compris qu’une vie d’égoïsme c’est un arbre qui ne porte jamais de fruits. Les saints n’ont vécu que pour Dieu et pour les autres. C’est Jésus qui a été leur unique pôle d’attraction... Chacun d’eux aurait pu reprendre à son compte la parole de saint Paul : « Pour moi vivre c’est le Christ : le Christ c’est toute ma vie ». Tous ont médité assidûment ses enseignements et les actes de sa vie. Ils l’ont prié, adoré, supplié tous les jours de leur vie en tous lieux et en toutes circonstances. Et c’est dans cette communion avec lui qu’ils ont puisé la force d’aimer leurs frères, dans un don de plus en plus désintéressé d’eux-mêmes, ne ménageant ni leur temps, ni leur peine. A travers leur vie rayonnante d’amour, c’est le Seigneur lui-même qui transparaissait, qui se laissait voir. A travers leurs paroles on devinait les paroles de Dieu, à travers leurs gestes on pressentait la bonté, la douceur, la tendresse et la miséricorde de Dieu. En vivant de cette manière, les saints ont éprouvé à quel point elles sont vraies ces Béatitudes que Jésus à proclamer au début de son ministère et qui constituent la loi nouvelle de la Nouvelle Alliance. En s’efforçant de les mettre en pratique ils ont goûté, en dépit de toutes leurs épreuves ce bonheur profond qui est un avant-goût du Bonheur céleste, de l’infinie Béatitude pour laquelle Dieu a créé les hommes et qui est le but suprême de leur vie.

Frères et sœurs, tous ces élus, tous ces bienheureux que nous contemplons aujourd’hui dans la gloire du Paradis nous disent donc avec force que le secret de la vraie réussite et donc du vrai bonheur ce n’est rien d’autre que la Sainteté. Malheureusement nous n’y croyons pas assez à la sainteté ou plutôt nous la comprenons mal.

- Et tout d’abord nous pensons qu’elle n’est pas faite pour nous : qu’elle est le privilège de quelques âmes d’élite, de certains êtres exceptionnels, alors que la Parole du Christ : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » s’adresse à tous et que saint Paul, lui faisant écho, rappelle que « notre vocation, c’est la sainteté ».

- Trop souvent aussi nous ne voyons que le côté, disons spectaculaire de la sainteté, nous l’imaginons trop comme une aventure parsemée de miracles, de visions ou révélations : bref, une sorte de vie à spectacle comme celle des vedettes du cinéma.

Alors que, bien au contraire, la sainteté consiste à faire très humblement et très fidèlement la volonté de Dieu dans le moment présent, à faire ce que Dieu attend de nous dans notre vie familiale, dans notre travail, dans nos loisirs et dans nos relations avec les autres. Il ne s’agit pas, en effet, de faire du sensationnel, il s’agit de faire les choses les plus ordinaires d’une manière extraordinaire, c'est-à-dire en les chargeant, en les imprégnant de beaucoup d’amour, ce qui requiert bien évidemment des renoncements, des efforts persévérants, des reprises continuelles et cela jusqu’à notre dernière heure. Devant ces exigences nous risquons souvent de nous décourager, mais c’est parce nous oublions que la sainteté n’est jamais le résultat de performances humaines : livrés à nous-mêmes, à nos seules forces nous ne pouvons prétendre y parvenir « Sans moi, nous dit Jésus, vous ne pouvez rien faire ».

Car la sainteté c’est avant tout l’œuvre de Dieu en nous. Notre part consiste à donner au Seigneur la disponibilité, la malléabilité suffisante pour qu’il puisse nous modeler, nous transformer à sa façon, faire de nous des images vivantes de lui-même. Autrement dit il faut qu’entre les mains de l’artiste divin, nous soyons comme la glaise dans la main du potier selon une très belle image de la Bible. Cela suppose de notre part beaucoup d’humilité et une folle confiance en la puissance illimitée du Dieu de Miséricorde pour qui rien n’est impossible.

Puissions-nous donc, chers frères et sœurs, cultiver en nous de plus en plus, le désir de réussir pleinement notre vie en parvenant à la sainteté que Dieu attend de nous, en ayant la certitude que pour mener à bien cette aventure nous pouvons compter sur l’aide toute puissante de Marie, parfait modèle et grande pourvoyeuse de sainteté et sur l’intercession de tous les saints qui se penchent sur nous avec tendresse et nous redisent inlassablement : « N’aie pas peur, vas-y, c’est possible ».

Amen.

3ème Homélie

La fête de Toussaint que nous allons bientôt célébrer remet devant nos yeux en très grosses lettres cette vérité fondamentale de notre foi que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : "JE CROIS A LA VIE ÉTERNELLE."

En contemplant dans le ciel la foule innombrable de tous ces frères en humanité qui sont désormais pleinement et définitivement bienheureux (parmi lesquels il y a certainement des personnes que nous avons connues et aimées) en pensant aussi à tous ces défunts de nos familles qui se préparent à les rejoindre au travers d'une mystérieuse purification - cette ultime sanctification que nous appelons le Purgatoire - nous sommes conduits tout naturellement à nous poser cette question, qui est la seule question décisive : où en sommes-nous par rapport à la Vie Éternelle ? Y croyons-nous vraiment ? Est-ce que nous nous y préparons ? Cette Vie après la vie est-elle pour nous, comme elle le fut pour tous ces croyants qui nous ont précédés, le but suprême de l'existence ?

Est-ce bien vers ce terme de notre voyage que nous sommes tendus à travers toutes nos démarches et nos activités ? Avons-nous vraiment au plus intime de nous-mêmes cette conviction indéracinable que la Vie Éternelle c'est ce pourquoi nous avons été créés, que c'est notre véritable destinée et que, par conséquent, nous devons l'envisager comme l'aboutissement, et le couronnement de nos espoirs, la réalisation du toutes nos aspirations à la lumière, à la vie, au bonheur, bref l'épanouissement total de tout notre être, un peu comme la fleur est l'épanouissement de la graine ?

En ces temps que nous vivons et qui sont de plus en plus dominés par le matérialisme, où on ne parle plus que d'argent, de situation, de profit, de confort ou de plaisir ; où la plupart des hommes se comportent comme s'ils devaient vivre toujours en ce monde et y jouir perpétuellement des biens matériels toujours plus séduisants qui leur sont proposés, nous avons un besoin urgent de nous remettre en face de la seule réalité, à savoir que nous ne sommes pas faits pour rester sur cette terre, que nous sommes seulement des pèlerins en marche vers un monde meilleur, où tout sera prodigieusement vrai, beau et bon, le Monde de Dieu. Un jour, tôt ou tard, il nous faudra absolument tout quitter et passer cette frontière que nous appelons la mort, mais qui est en fait, une naissance, l'enfantement de la Vie Nouvelle et définitive du Ciel où nous connaîtrons enfin la paix et la joie parfaite dans l'insurpassable et inépuisable bonheur de Dieu.

C'est le destin final qui doit faire l'objet de nos préoccupations avant tout le reste... Et nous devons tout mettre en œuvre pour nous y préparer.

Le temps vécu sur la Terre ne nous est donné que pour cela. En nous mettant sérieusement à l'école du Christ qui est "le chemin, la vérité et la vie", en nous efforçant de progresser tous les jours dans la Foi, l'Espérance, l'Amour de Dieu et du prochain, nous devons nous sanctifier c'est-à-dire nous rendre capables avec le secours de Dieu, de participer un jour, à la Vie Éternelle du Ciel.

Oui, un jour, nous serons "divinisés". Pouvons-nous rêver avenir plus merveilleux ? Est-ce que cela ne vaut pas la peine de mobiliser toutes nos énergies pour y parvenir en suivant l'exemple de tous les Saints ?

"Qui veut la fin, veut les moyens."

Prière Universelle

En communion avec la foule immense des saints qui ont laissé le Christ transfigurer leur vie, prions Dieu notre Père pour ceux qui sont en chemin, tous appelés au bonheur.

R/ : Dieu d’amour, écoute-nous !

  • Pour les baptisés, pour les priants de toutes les religions, pour ceux qui cherchent Dieu dans la simplicité de leur vie quotidienne, prions notre Père, Dieu de toute grâce. R/
  • Pour ceux qui vivent aujourd’hui la grande épreuve de la persécution quelle que soit leur appartenance religieuse, afin qu’ils reçoivent l’Esprit de force et de paix pour marcher sans crainte sur le chemin du Royaume, prions notre Père, Dieu de douceur et de tendresse. R/
  • Pour les hommes politiques, pour ceux qui ont un pouvoir de décision, afin qu’ils travaillent avec courage pour le bien de toute l’humanité, prions notre Père, Dieu de lumière. R/
  • Pour nous tous, en chemin vers le Royaume, pour tous ceux qui vivent avec un cœur donné et fraternel, afin que nous soyons artisans de paix dans notre milieu de vie, prions notre Père, Dieu de miséricorde. R/

Dieu notre Père, dans l’attente du jour où nous pourrons enfin te voir, accueille notre prière, et maintiens-nous dans la confiance et la joie sur notre chemin d’homme. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen !

Source de la P.U. : http://www.abbayejouarre.org

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 21:32

Voyage de Jean-Paul II 06Très chers frères et sœurs !

1. Nous célébrerons bientôt la solennité de la Toussaint. En nous invitant à tourner notre regard vers l'immense multitude de ceux qui sont déjà parvenus à la Patrie bienheureuse, celle-ci nous indique le chemin qui conduit à cet objectif.

A nous, pèlerins sur terre, les saints et les bienheureux du paradis rappellent que le soutien quotidien, afin de ne jamais perdre de vue notre destin éternel, est avant tout la prière. Pour un grand nombre d'entre eux, ce fut le Rosaire - prière à laquelle était consacrée l'Année qui s'est conclue hier - qui offrit un moyen privilégié pour leur dialogue quotidien avec le Seigneur. Le Rosaire les a conduits à une intimité toujours plus profonde avec le Christ et la Sainte Vierge.

2. Le Rosaire peut véritablement être une voie simple et accessible à tous vers la sainteté, qui est la vocation de chaque baptisé, comme le souligne la célébration d'aujourd'hui.

Que Marie, Reine de tous les saints, déjà totalement baignée de la gloire divine, nous aide à poursuivre avec élan le chemin exigeant de la perfection chrétienne. Qu'elle nous fasse comprendre et apprécier toujours plus la récitation du Rosaire comme itinéraire évangélique de contemplation du mystère du Christ et d'adhésion fidèle à sa volonté.

Selon la pieuse coutume, ces jours-ci, les fidèles se rendent auprès de la tombe de leurs proches et prient pour eux. Je me rends moi aussi spirituellement en pèlerinage dans les cimetières des diverses parties du monde, où reposent les dépouilles de ceux qui nous ont précédés sous le signe de la foi.

En particulier, j'élève ma prière d'intention pour ceux auxquels plus personne ne pense, ainsi que pour les nombreuses victimes de la violence. Je confie chacun à la divine Miséricorde.

© Copyright 2003 - Libreria Editrice Vaticana

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Publié par Saint Jean-Paul II - dans Toussaint Homélies Fêtes