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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 21:04

Commencement du livre des Actes des Apôtres1, 1-11

Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis. C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.

Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche. Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours ». Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine. Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ». Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1, 17-23

Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment. Qu'il ouvre votre cœur à sa lumière, pour vous faire comprendre l'espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l'héritage que vous partagez avec les fidèles, et la puissance infinie qu'il déploie pour nous, les croyants. C'est la force même, le pouvoir, la vigueur, qu'il a mis en œuvre dans le Christ quand il l'a ressuscité d'entre les morts et qu'il l'a fait asseoir à sa droite dans les cieux. Il l'a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Il lui a tout soumis et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l'Église qui est son corps, et l'Église est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28, 16-20

Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ».

Homélie

La belle fête de l’Ascension que nous célébrerons jeudi commémore un geste symbolique signifiant que désormais le Christ-Jésus vit dans un état nouveau : l’état glorieux et qu’il aura désormais un nouveau type de rapport avec les hommes à la fois d’absence et de présence, d’une présence voilée, une présence dans l’absence. Cette absence a le mérite de nous montrer le terme de la destination humaine. Elle est aussi une invitation à garder les pieds sur la terre pour travailler à l’avancée du Royaume en attendant le retour du Christ-Jésus à la fin du monde.

La fête de l’Ascension nous invite en premier lieu à lever les yeux vers le ciel où le Christ s’en est allé. Elle voudrait nous faire oublier un instant nos soucis quotidiens qu’ils soient d’ordre personnel, familial, économique ou social. Mais voilà nous aimons tellement la terre, nous tenons tellement aux biens terrestres que nous en oublions le ciel « on y pensera plus tard, le plus tard possible d’ailleurs, on n’est pas pressé » disent certains. « Et puis y a-t-il seulement un ciel ? » se demandent les autres. Mieux vaut tenir le terrestre que courir le céleste. Un match de foot est tellement plus passionnant que la Messe...

Aujourd’hui, frères et sœurs, l’Eglise nous rappelle que le but de la vie, l’essentiel, c’est le royaume qui vient, le merveilleux Paradis de Dieu.

Vous connaissez sans doute l’histoire du fou qui prend le train : le contrôleur lui demande « où allez-vous ? » et lui de répondre « je ne sais pas, mais j’y vais ». Combien de nos contemporains embarqués dans le train de la vie sans savoir pourquoi pourraient en dire autant. Le chrétien a cette chance inouïe de connaître la destination : le but de la vie n’est pas la réussite professionnelle, le mariage, la richesse ou la retraite... Tout cela d’ailleurs ne dure qu’un temps... Nous sommes faits pour beaucoup plus haut. « Dans le Notre Père nous disons : Notre Père qui est aux cieux afin de bien concevoir où il nous appelle », disait Bossuet.

L’Eglise nous montre en ce jour le Christ retourné dans la Gloire, le Christ triomphant devenant le Seigneur incontesté de tout l’univers. Son absolue seigneurie sur le monde est solennellement proclamée ! « Dieu l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous domine ! » nous dit saint Paul. Ce triomphe est déjà un peu le nôtre : notre frère aîné est parvenu au terme : le premier de cordée a atteint le sommet et le reste de la caravane humaine est entrainée dans son sillage. « Et moi quand j’aurai été élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes ». Nous connaissons maintenant la destination de l’humanité. L’Epoux, c’est-à-dire le Christ-Jésus est dans la gloire et l’Epouse c’est-à-dire l’Eglise et toute l’humanité est appelée à le rejoindre pour les noces éternelles. Oui nous sommes faits pour cette formidable vie de communion, de contemplation d’amour et de joie qui est réservée à l’homme enfin divinisé dans l’éternité, dans la maison du Père des cieux qui est vrai « chez soi ». « Nous verrons Dieu ! disait le saint Curé d’Ars, nous le verrons tout de bon, nous le verrons tel qu’il est, face à face ».

Voilà l’essentiel, chers frères et sœurs qu’il ne faut jamais perdre de vue. N’oublions pas cependant que même si l’essentiel est la vie bienheureuse du ciel, la terre demeure le terrain de l’envol dont il ne faudrait pas s’évader trop vite. Ne soyons pas des rêvasseurs de l’éternité, ne méprisons pas notre pauvre planète, terre sainte qui devient le lieu de notre enfantement pour l’éternité.

A travers nos tâches terrestres nous fabriquons de l’éternel. Faisons donc en sorte que les biens terrestres soient autant de tremplins pour aller à Dieu : ma santé pour bien accomplir mon devoir d’état, pour gagner mon pain et rendre service à mes frères, mes richesses pour soulager la misère, l’amour de mon conjoint pour découvrir en lui l’amour de Dieu pour moi, la beauté de la création pour apprendre la louange. Même les difficultés de la vie, les déceptions et les souffrances peuvent être des chemins vers l’essentiel en inscrivant en nous la nostalgie du parfait bonheur.

Nous retiendrons enfin, chers frères et sœurs, que le départ de Jésus vers le ciel est un envoi en mission. Aux apôtres est confiée une tâche gigantesque : celle de la conversion du monde « de toutes les nations faites des disciples ». Il s’agit de baptiser tous les peuples, c'est-à-dire de faire jaillir la vie divine au cœur de tous les hommes. Il s’agit de leur enseigner tous les commandements et bien sûr en premier, celui qui les résume tous : le double commandement de l’amour : amour de Dieu et amour du prochain. Si le Christ se retire c’est justement pour laisser travailles ses apôtres, pour nous laisser travailler, car c’est nous qui en notre temps sommes changés de poursuive ce travail d’Evangélisation. C’est comme si Jésus disait « Je vous ai donné l’exemple, à vous de prendre le relais, car la rédemption, le salut des hommes c’est aussi notre affaire ».

Devant l’ampleur et les difficultés de cette tâche les ouvriers de l’Evangile ne doivent surtout pas s’effrayer. Car Jésus ne les abandonnera jamais selon sa promesse : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de monde ». Il soutiendra leur action par la grâce de son Esprit, l’Esprit-Saint qui les guidera et leur donnera constamment lumière, force et courage. Voici donc le temps de la grâce, le temps de l’Espérance qui ne déçoit pas.

Béni soit le Christ-Ressuscité qui demeure ainsi avec nous, qui marche avec nous vers le Père dans la Joie de l’Esprit-Saint.

A Lui la Gloire, à Lui notre Amour pour l’Eternité.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 17:52

Le 2e dimanche de Pâques, traditionnellement "Dimanche in albis" ("dimanche en blanc" car c'était le dernier jour où les nouveaux baptisés pouvaient porter leur habit blanc), a été nommé "Dimanche de la Miséricorde" par le Pape Jean-Paul II en l'an 2000.

Le Pape Jean-Paul II a institué en l’an 2000 le dimanche après Pâques Dimanche de la Miséricorde, en réponse à la demande du Seigneur à Sainte Faustine : « Je désire que la fête de la Miséricorde soit un recours et un refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma Miséricorde ».

L’Évangile de ce Dimanche est celui de l’apparition de Jésus ressuscité aux apôtres et à saint Thomas : Jésus vint et se tint au milieu d’eux et il leur dit : « Paix à vous ! ». Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. Il leur dit alors de nouveau : « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ».

Dans son homélie du dimanche 30 avril 2000, le Saint Père explique le sens de la Miséricorde : « Avant de prononcer ces paroles, Jésus montre ses mains et son côté. C’est-à-dire qu’il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. A travers le cœur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes. Cette miséricorde, le Christ la diffuse sur l’humanité à travers l’envoi de l’Esprit qui, dans la Trinité, est la Personne - Amour. Et la miséricorde n’est-elle pas le second nom de l’amour, saisi dans son aspect le plus profond et le plus tendre, dans son aptitude à se charger de chaque besoin, en particulier dans son immense capacité de pardon ? »

Ainsi Sœur Faustine, l’Apôtre de la Miséricorde, écrit : « J’éprouve une douleur atroce, lorsque j’observe les souffrances du prochain. Toutes les souffrances du prochain se répercutent dans mon cœur ; je porte dans mon cœur leurs angoisses, de sorte qu’elles m’anéantissent également physiquement. Je voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi pour soulager mon prochain ».

C’est de cet Amour réconfortant que nous devons vivre et répondre à l’envoi du Christ en le diffusant, en particulier auprès des personnes touchées par l’épreuve, souffrantes, meurtries, blessées ou écrasées par le poids de leur culpabilité … « Chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu, le Christ a donné sa vie pour chacun » - Jean-Paul II.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 14:47

Lecture du livre des Actes des Apôtres 10, 34a. 37-43

Quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole : « Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice. Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts. Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts. C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés ».

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens 3, 1-4

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez 1es réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis ». Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.

Homélie

L’évènement inouï que constitue la Résurrection glorieuse de notre Sauveur est d’une importance capitale pour l’humanité et pour chacun d’entre nous. Car ce n’est pas pour Lui seul que Jésus est ressuscité, mais aussi pour nous : entre Lui qui est la tête du Corps mystique, et nous qui sommes ses membres, il existe des liens si étroits, une solidarité si réelle que sa victoire est notre victoire et que sa Résurrection est déjà notre résurrection. Depuis que le Christ est mort, qu’Il a été mis au tombeau et qu’Il est ressuscité vivant pour toujours, la mort et la mise au tombeau de ceux qui croient au Christ et espèrent en Lui ne sont plus que les étages d’un cheminement qui conduit à la joie exaltante de la Résurrection générale. Mais quel est le sens et l’intérêt véritable de ce dogme de la résurrection des corps si farouchement nié par les païens d’hier et d’aujourd’hui et les rationalistes de tous bords ? Pourquoi dans la Vie éternelle des corps ressuscités ?

Remarquons tout d’abord que ce serait une erreur grave de dire : « L’âme est immortelle et cela suffit. » Rien n’est plus étranger au christianisme que cette mentalité dédaigneuse du corps humain. L’homme n’est pas seulement une âme humaine, bien que l’âme soit la partie la plus noble de l’être humain ; l’homme c’est essentiellement une âme unie à un corps. Et c’est bien parce qu’il porte très enraciné en lui l’impérieux désir d’être complet dans sa nature que l’homme ne peut accepter la perspective d’une séparation définitive entre son âme et son corps. Or cette aspiration correspond tout-à-fait au plan de Dieu. Ce que Dieu veut, en effet, c’est qu’un être créé par Lui exprime éternellement l’idée divine d’après laquelle il a été créé, c’est-à-dire qu’il soit exactement ce qu’il doit être et qu’il ne manque rien par conséquent à sa nature. Autrement dit : ce chef d’œuvre qu’est l’homme doit être achevé et il le sera effectivement le jour où « son corps de misère sera transformé à l’image du corps glorieux de Jésus » (saint Paul).

Il nous faut donc contempler le Corps glorifié de Jésus (tel que l’Evangile nous le révèle à travers le récit de ses apparitions durant les 40 jours qui ont suivi Pâques) si nous voulons entrevoir ce que sera notre perfection finale à la Résurrection du dernier jour. Dans la lumière de cette révélation, il apparaît très clairement que l’Homme-Dieu, Jésus-Christ, reste Lui – même dans l’éternité tel que l’a fait l’épreuve terrestre : avec son expérience sensible et ses mérites, avec ce corps qui lui permettait d’agir parmi les hommes, d’aimer humainement et de souffrir comme nous ; avec aussi les cinq plaies de sa Passion, mais devenues désormais rayonnantes de sa gloire : « Voyez mes mains et mes pieds, c’est moi-même. Touchez et voyez car un esprit n’a ni chair ni os comme vous voyez que j’en ai ».

La première condition, en effet, pour qu’il y ait vraiment résurrection, c’est l’identité du corps. Il faut que le « moi » se reconstitue dans son intégralité. Ressusciter c’est donc reprendre son corps, celui-là même que nous avions au temps de notre existence terrestre : celui-là même et non un autre, ainsi que l’affirme l’Eglise infaillible dans l’un de ses Conciles : « Tous les élus et réprouvés ressusciteront avec leurs propres corps qu’ils portent maintenant ».

Dans la résurrection de la chair, notre âme qui sera dans un état de gloire (et donc toute possédée par l’Amour), transformera notre corps de l’intérieur pour que celui-ci devienne transparent à l’Amour, pour qu’il soit uniquement un instrument d’amour. Notre corps sera à l’exemple du Corps glorieux de Jésus (et aussi du corps glorieux de Marie), un corps rendu lumineux par l’amour. Il sera en fait comme du vitrail : lumineux de l’intérieur, de la lumière même du Saint-Esprit. De plus, toujours à l’image du Corps glorifié de Jésus et du corps glorifié de Marie, notre corps ressuscité se verra libéré des sujétions matérielles et des infirmités qui l’affligent pendant la vie mortelle. Il ne sera plus conditionné par le temps et par l’espace, mais il participera à l’éternité et à l’omniprésence de Dieu.

Nous sommes là en face d’un grand mystère de la Foi chrétienne : n’essayons surtout pas, en le méditant d’imaginer ce qui est au-delà de l’imagination : « Ce serait, dit saint Augustin, vouloir sortir du monde en emportant avec soi le monde ».

Nous avons beaucoup mieux à faire aujourd’hui que de rêver. L’important pour nous est de préparer activement ce triomphe ultime de la vie que sera pour nous la Résurrection. Car ce lendemain éternel dépend des heures d’ici-bas. N’est-ce pas de la graine que dépendent les fleurs et les fruits ?

Le bonheur achevé du dernier jour ne sera que l’épanouissement plénier de la Vie divine que nous possédons depuis le Baptême et qu’il nous faut développer au maximum par la prière, par les sacrements, par des progrès incessants dans la Foi, l’Espérance et l’Amour.

Jésus a dit : « Je suis la Résurrection et la Vie ».

Faisons en sorte qu’Il soit dès aujourd’hui notre vie pour qu’Il soit au dernier jour notre Résurrection.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 20:21

Evangile du dimanche des Rameaux

Homélie

Chers frères et sœurs, Jésus nous a aimés, comme on n’a jamais aimé. C’est ce qui ressort à l’évidence de ce passage d’Evangile particulièrement émouvant que nous relate sa très amère Passion.

Non, jamais, jamais personne n’aurait pu faire pour nous ce que Lui a fait.

- Pour supporter ce qu’il a supporté, enduré ce qu’il a enduré dans son corps, mais bien plus encore dans son âme, pour accepter d’être l’Agneau de Dieu qui « porte sur lui tous les péchés du monde », il faut être fou n’est-ce pas ?

Nous laisserons-nous interpeller ce matin, par le témoignage si éclatant de cette bonté, de cette miséricorde infinie de notre Sauveur.

Saurons-nous reprendre à notre compte la parole si émouvante de saint Paul « il m’a aimé moi et il s’est livré pour moi ».

Oui le Seigneur m’a aimé, il s’est offert, il s’est sacrifié pour que je sois sauvé. Pour que je sois sauvé : que faut-il entendre par là ? Cela veut dire que Jésus m’ayant mérité par sa mort et sa résurrection la grâce de devenir enfant de Dieu, je suis appelé à participer, dès cette terre, par la foi et l’amour, à la Vie même de Dieu, vie d’intimité avec les Trois Personnes Divines que je dois faire grandir en me laissant transformer à l’image du Christ jusqu’au jour où après le grand passage de la mort mon union avec Lui s’épanouira dans le partage de son propre bonheur divin, un bonheur qui sera infiniment comblant et qui durera éternellement.

Ah ! Si nous pouvions êtres profondément convaincus que c’est cela l’essentiel et qu’en dehors de cela notre vie n’a pas de sens. Comme nous réviserions nos manières de penser et d’agir, comme nous nous efforcerions de vivre en chrétiens dignes de ce nom : nous ne pourrions plus, dès lors, nous contenter (ce qui, hélas est le cas de beaucoup) de quelques gestes religieux qui ont une certaine valeur, certes, mais sont nettement insuffisants : comme faire bénir du buis le jour des Rameaux et assister à la messe 3 ou 4 fois au cours de l’année. Nous chercherions à nouer de véritables relations d’amitié avec le Seigneur et nous aurions à cœur de les entretenir et de les approfondir... Car, nous le savons bien, le véritable amour, ne se paye pas de mots, mais se prouve par des actes... Or les actes, pour le chrétien, c’est la pratique.

- La pratique des commandements de Dieu, des vertus fondamentales de Foi, d’Espérance et de Charité et des autres vertus.

- La pratique de la Prière quotidienne, humble, confiante et persévérante.

- La pratique de la Messe dominicale.

- La pratique de la Confession sacramentelle.

Allons-nous, cette fois-ci, frères et sœurs, à l’occasion des ces fêtes pascales, sortir de notre tiédeur et répondre plus généreusement à l’amour de celui qui nous a tant aimés et ne cesse de nous entourer de sa divine tendresse ?

Demandons instamment à la Vierge Marie qui est devenue notre Mère spirituelle au pied de la Croix de nous guider vers Jésus, de nous éduquer à une vraie vie d’enfants de Dieu.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 17:39

L’Amour plus fort que la mort, plus fort que le péché !

La Croix du Christ sur le Calvaire est aussi témoignage de la force du mal à l’égard du Fils de Dieu lui-même, à l’égard de celui qui, seul parmi tous les enfants des hommes, était par nature innocent et pur de tout péché, et dont la venue dans le monde fut exempte de la désobéissance d’Adam et de l’héritage du péché originel. Et voici qu’en lui, le Christ, justice est faite du péché au prix de son sacrifice et de son obéissance jusqu’à la mort (Ph 2,8). Lui, qui était sans péché, Dieu l’a fait péché pour nous (2 Co 5, 21).

Justice est faite aussi de la mort, qui depuis le commencement de l’histoire humaine s’était alliée au péché. Et justice est faite de la mort au prix de la mort de celui qui était sans péché et qui seul pouvait par sa propre mort détruire la mort elle-même. De la sorte, la Croix du Christ, sur laquelle le Fils, consubstantiel au Père, rend pleine justice à Dieu, est aussi une révélation radicale de la miséricorde, c’est-à-dire de l’amour qui s’oppose à ce qui constitue la racine même du mal dans l’histoire, le péché et la mort.

La Croix est le moyen le plus profond pour la divinité de se pencher sur l’homme et sur ce que l’homme, surtout dans les moments difficiles et douloureux, appelle son malheureux destin. La Croix est comme un toucher de l’amour éternel sur les blessures les plus douloureuses de l’existence terrestre de l’homme, et l’accomplissement jusqu’au bout du programme messianique que le Christ avait formulé dans la synagogue de Nazareth puis répété devant les messagers de Jean-Baptiste. Conformément aux paroles de l’ancienne prophétie d’Isaïe (Is 35,5 ; 61,1-3), ce programme consistait dans la révélation de l’amour miséricordieux envers les pauvres, ceux qui souffrent, les prisonniers, envers les aveugles, les opprimés et les pécheurs.

Dans le mystère pascal sont dépassées les limites du mal multiforme auquel participe l’homme durant son existence terrestre : la Croix du Christ, en effet, nous fait comprendre que les racines les plus profondes du mal plongent dans le péché et dans la mort ; ainsi devient-elle un signe eschatologique. C’est seulement à la fin des temps et lors du renouvellement définitif du monde qu’en tous les élus l’amour vaincra le mal en ses sources les plus profondes, en apportant comme un fruit pleinement mûr le Règne de la vie, de la sainteté, de l’immortalité glorieuse. Le fondement de cet accomplissement eschatologique est déjà contenu dans la Croix du Christ et dans sa mort.

Le fait que le Christ est ressuscité le troisième jour (1 Co 15,4) est le signe qui marque l’achèvement de la mission messianique, signe qui est le couronnement de la révélation complète de l’amour miséricordieux dans un monde soumis au mal. Il constitue en même temps le signe qui annonce à l’avance un ciel nouveau et une terre nouvelle (Ap 21,1), quand Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus ; car l’ancien monde s’en est allé (Ap 21,4).

Source : Kephas – Saint Jean-Paul II

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Publié par Saint Jean-Paul II - dans Homélies Fêtes
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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 14:48

Lecture du livre d'Isaïe 7, 10-14 ; 8, 10

Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz : « Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets ». Acaz répondit : « Non, je n'en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve ». Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! Eh bien ! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, c'est-à-dire : Dieu-avec-nous ».

Lecture de la lettre aux Hébreux 10, 4-10

Il est impossible, que le péché soit enlevé par le sang des animaux. Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit, d'après le Psaume : Tu n'as pas voulu de sacrifices ni d'offrandes, mais tu m'as fait un corps. Tu n'as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ; alors, je t'ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté, car c'est bien de moi que parle l'Écriture. Le Christ commence donc par dire : Tu n'as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d'offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l'ancien culte pour établir le nouveau. Et c'est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-28

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin ». Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. Car rien n'est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ». Alors l'ange la quitta.

Homélie

Frères et sœurs, la fête de l’Annonciation est une occasion merveilleuse, au cœur de ce carême, de nous rappeler la proximité d’amour du Dieu de Jésus-Christ en qui nous croyons ! Nous croyons en un Dieu qui a voulu nous rejoindre au cœur même de notre humanité : notre vie, nos joies et nos peines, notre travail, nos choix, notre foi ou nos doutes, tout cela l’intéresse et le concerne ! Puisque Dieu est notre Créateur, il se passionne pour ses créatures… Puisqu’il est source de vie, il s’intègre à nos existences… Et voilà le Mystère de l’Incarnation, Dieu fait homme en Jésus-Christ ! Nous sommes là au cœur de notre foi chrétienne : le Seigneur ne pouvait pas se résoudre à voir l’humanité se détourner de lui, désespérer, se perdre. Il fallait réagir ! Et la réaction de Dieu est une réaction de vie et d’amour, qui va prendre corps dans une naissance comparable à la nôtre… Il fallait pour cela qu’une femme et son compagnon acceptent de porter ce projet un peu fou : Marie et Joseph ont donc été appelés par Dieu pour ouvrir les portes de leur cœur à toute l’espérance du monde ; et ils ont dit « oui » ! Ils ont consenti à ce défi incroyable, en répondant avec simplicité, avec foi, avec courage, avec joie à cet appel. Tout n’a pas été facile, pourtant. Mais Marie et Joseph, par leur témoignage de vie, nous rappellent que rien n’est impossible à Dieu ; que la confiance, la prière, la foi ouvrent des passages même lorsque la voie semble inaccessible. La fête de l’Annonciation nous promet que le Seigneur est tout proche du cœur de chacun d’entre nous ; il se propose à notre amour ; il s’invite au plus près de nos vies ; il nous appelle à la rencontre avec lui et avec nos frères, comme Marie avec sa cousine Élisabeth. Dieu se révèle en Jésus-Christ, et cette révélation commence par la venue d’un enfant : étonnante humilité du Seigneur, qui nous appelle à l’accueil du plus petit, du plus pauvre, du plus démuni, et à reconnaître son visage dans celui de nos frères… Merci, Seigneur, d’être venu dans notre monde ; merci de prendre au sérieux notre vie, de l’épouser depuis la conception jusqu’à la mort ; merci de te faire tellement l’un de nous que nous en sommes divinisés ; merci, en ce temps de carême, de nous offrir ton pardon pour que nous nous ouvrions nous-mêmes à la compassion… Donne-nous, cette semaine, d’être tellement heureux du bonheur que tu nous annonces, que nous puissions en rayonner autour de nous ! Que notre prière, nos actes, nos solidarités soient les signes de ton amour auprès de tous nos frères ! Amen.

Alain-Noël Gentil, Prêtre

Paroisse Saint Martin du Néron

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 21:22

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer !

« Revenez à moi de tout votre cœur, […] revenez au Seigneur votre Dieu » (Joël 2, 12.13) : c’est le cri par lequel le prophète Joël s’adresse au peuple au nom du Seigneur ; personne ne pouvait se sentir exclu : « Rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ; […] le jeune époux […] et la jeune mariée » (v. 16). Tout le peuple fidèle est convoqué pour se mettre en chemin et adorer son Dieu, « car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (v. 13).

Nous voulons nous aussi nous faire l’écho de cet appel, nous voulons revenir au cœur miséricordieux du Père. En ce temps de grâce que nous commençons aujourd’hui, fixons une fois encore notre regard sur sa miséricorde. La Carême est un chemin : il nous conduit à la victoire de la miséricorde sur tout ce qui cherche à nous écraser ou à nous réduire à quelque chose qui ne convient pas à la dignité des fils de Dieu. Le Carême est la route de l’esclavage à la liberté, de la souffrance à la joie, de la mort à la vie. Le geste des cendres par lequel nous nous mettons en chemin nous rappelle notre condition d’origine : nous avons été tirés de la terre, nous sommes faits de poussière. Oui, mais poussière dans les mains amoureuses de Dieu qui souffle son Esprit de vie sur chacun de nous et veut continuer à le faire ; il veut continuer à nous donner ce souffle de vie qui nous sauve des autres types de souffle : l’asphyxie étouffante provoquée par nos égoïsmes, asphyxie étouffante générée par des ambitions mesquines et des indifférences silencieuses ; asphyxie qui étouffe l’esprit, réduit l’horizon et anesthésie les battements du cœur. Le souffle de la vie de Dieu nous sauve de cette asphyxie qui éteint notre foi, refroidit notre charité et détruit notre espérance. Vivre le Carême c’est désirer ardemment ce souffle de vie que notre Père ne cesse de nous offrir dans la fange de notre histoire.

Le souffle de la vie de Dieu nous libère de cette asphyxie dont, souvent nous ne sommes pas conscients, et que nous sommes même habitués à « normaliser », même si ses effets se font sentir ; cela nous semble « normal » car nous sommes habitués à respirer un air où l’espérance est raréfiée, un air de tristesse et de résignation, un air étouffant de panique et d’hostilité.

Le Carême est le temps pour dire non. Non à l’asphyxie de l’esprit par la pollution causée par l’indifférence, par la négligence à penser que la vie de l’autre ne me regarde pas, par toute tentative de banaliser la vie, spécialement celle de ceux qui portent dans leur chair le poids de tant de superficialité. Le Carême veut dire non à la pollution intoxicante des paroles vides et qui n’ont pas de sens, de la critique grossière et rapide, des analyses simplistes qui ne réussissent pas à embrasser la complexité des problèmes humains, spécialement les problèmes de tous ceux qui souffrent le plus. Le Carême est le temps pour dire non ; non à l’asphyxie d’une prière qui nous tranquillise la conscience, d’une aumône qui nous rend satisfaits, d’un jeûne qui nous fait nous sentir bien. Le Carême est le temps pour dire non à l’asphyxie qui nait des intimismes qui excluent, qui veulent arriver à Dieu en esquivant les plaies du Christ présentes dans les plaies des frères : ces spiritualités qui réduisent la foi à une culture de ghetto et d’exclusion.

Le Carême est le temps de la mémoire, c’est le temps pour penser et nous demander : qu’en serait-il de nous si Dieu nous avait fermé la porte. Qu’en serait-il de nous sans sa miséricorde qui ne s’est pas lassée de pardonner et qui nous a toujours donné l’occasion de recommencer à nouveau ? Le Carême est le temps pour nous demander : où serions-nous sans l’aide de tant de visages silencieux qui, de mille manières, nous ont tendu la main et qui, par des gestes très concrets, nous ont redonné l’espérance et nous ont aidé à recommencer ?

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer, c’est le temps pour ouvrir le cœur au souffle de l’Unique capable de transformer notre poussière en humanité. Il n’est pas le temps pour déchirer nos vêtements face au mal qui nous entoure, mais plutôt pour faire de la place dans notre vie à tout le bien que nous pouvons faire, nous dépouillant de tout ce qui nous isole, nous ferme et nous paralyse. Le Carême est le temps de la compassion pour dire avec le psalmiste : « Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne », pour que par notre vie nous proclamions ta louange (cf. Ps 51, 14), et pour que notre poussière – par la force de ton souffle de vie – se transforme en « poussière aimée ».

Pape François le 1er mars 2017.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:08

«Ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra»

Le carême en tant que période intense de préparation à la grande fête de Pâques remonte au 4e siècle. Il visait alors un double objectif :

  • préparer les nouveaux chrétiens à recevoir le baptême pendant la nuit pascale ;
  • et permettre aux autres chrétiens de renouveler les promesses de leur baptême.

À partir du 8e siècle, les cendres ont été introduites comme signe de pénitence publique. C’est un symbole qui nous vient de l’Ancien Testament. Au tout début du carême, les chrétiens se reconnaissaient pécheurs en «recevant les cendres» et «ils étaient symboliquement expulsés de l’église». Ce geste reprenait, dans un certain sens, celui de Dieu qui chassait Adam et Ève du paradis, après leur refus d’une alliance avec lui. (Genèse 3). Ces mêmes chrétiens seront «réintégrés à la communauté chrétienne» après une période de prière, de jeûne, de partage et de conversion.

Ce n’est que plus tard, au Moyen Âge, que l’imposition des cendres a pris un sens différent : celui de la fragilité humaine et de la brièveté de la vie : «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière». Ce symbole était alors lié à la mort et à la tombe. C’est habituellement le sens que nous retenons aujourd’hui.

Le sens initial de la pénitence et de l’expiation pour le péché, développé au 8e siècle, reste valide encore aujourd’hui. «L’homme et la femme poussière» sont l’image de l’être humain qui s’éloigne de Dieu, qui refuse le dialogue et qui marche sur la route de la mort. «L’être humain poussière» est celui ou celle qui s’oppose à Dieu et qui lui tourne le dos, comme Adam et Ève et comme l’enfant prodigue.

Cependant, dans cet itinéraire dramatique d’éloignement, il existe toujours la possibilité du retour à nos origines. Nous sommes donc invités à revenir vers Dieu qui nous ouvre les bras. Nous sommes invités à fonder notre vie quotidienne sur les trois piliers de la spiritualité juive : la prière, le jeûne et l’aumône.

La prière. Les Juifs du temps de Jésus priaient trois fois par jour : à 9h, à midi et à 15h. Plusieurs le font encore aujourd’hui. La prière faisait partie de l’activité quotidienne. Elle permettait d’être en contact régulier avec Dieu et de découvrir sa volonté. Le carême nous invite à redécouvrir cette habitude à travers les heures de la journée.

Le jeûne. Comme la prière, le jeûne tient une place de choix dans toute spiritualité, non pas pour nous faire perdre quelques kilos, mais pour nous libérer de l’instinct de posséder et d’accumuler inutilement, pour nous rappeler que nus nous sommes venus au monde et nus nous le quitterons. Nous ne pourrons prendre avec nous dans la tombe aucune de ces richesses accumulées avec tant d’effort.

L'aumône. Troisième pilier de la spiritualité juive, l’aumône est une façon d’imiter la générosité de Dieu, particulièrement envers les plus démunis. Comme le dit Saint Matthieu dans son évangile, nous serons jugés sur le partage de nos biens, de notre temps, de nos talents : «J’avais faim, vous m’avez donné à manger..., j’étais nu, vous m’avez vêtu…, j’étais malade et en prison, vous êtes venus me visiter…» Nous sommes invités à partager non seulement notre argent mais aussi ce que nous avons de plus précieux : l’amour, la compassion, la compréhension et le pardon.

Dans la Bible, l’aumône est toujours étroitement reliée au jeûne : «le jeûne que le Seigneur préfère, c’est partager son pain avec l’affamé, aider ceux qui sont dans la misère, vêtir ceux qui n’ont pas de vêtements.» (Isaïe 58, 7)

La période du carême est un temps idéal pour alimenter notre foi à la source de ces trois piliers de la spiritualité : la prière, le jeûne et l’aumône.

Dans l’histoire de l’Église, le carême a toujours été présenté comme un nouveau printemps, comme un temps de renouvellement. Ce n’est pas une période de tristesse mais de joie profonde de nous savoir accueilli, pardonné et aimé de Dieu. Le carême nous redonne l’espérance qui parfois semble étouffée par les maladies, les malchances et les malheurs de toutes sortes. Nous sommes invités à redécouvrir Dieu dans nos vies. Le carême, c’est le printemps de Dieu.

Père Yvon-Michel Allard

 

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 16:17

Source : http://louis-antoine83.over-blog.com/article-le-bapteme-de-jesus-114350761.html (Fresque de la chapelle Saint Jean à Tourettes sur Loup).

Année A

Lecture du livre d'Isaïe 42, 1-4.6-7

Ainsi parle le Seigneur : Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j'ai mis toute ma joie. J'ai fait reposer sur lui mon esprit ; devant les nations, il fera paraître le jugement que j'ai prononcé. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité. Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé, jusqu'à ce qu'il impose mon jugement dans le pays, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses instructions. Moi, le Seigneur, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai pris par la main, je t'ai mis à part, j'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple et la lumière des nations ; tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot ceux qui habitent les ténèbres.

Lecture du livre des Actes des Apôtres 10, 34-38

Quand Pierre arriva à Césarée, chez un centurion de l’armée romaine, il s'adressa à ceux qui étaient là : « en vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste. Il a envoyé la Parole aux fils d'Israël, pour leur annoncer la paix par Jésus Christ : c'est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous. Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3, 13-17

Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste ». Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour ».

Année C

Lecture du livre d'Isaïe 40,1-5 9-11

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné, qu’elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes ». Une voix proclame : « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides, une route aplanie pour notre Dieu. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droit et les escarpements seront changés en plaine. Alors la gloire du Seigneur se lèvera, et tous en même temps verront que la bouche du Seigneur a parlé ». Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux. Le fruit de sa victoire l’accompagne et ses trophées le précèdent. Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2, 11-14 3, 4-7

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le temps présent en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera de Jésus-Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les hommes ; il nous a sauvés. Il l’a fait dans sa miséricorde et non pas à cause d’actes méritoires que nous aurions accomplis par nous-mêmes. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur ; ainsi, par sa grâce, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l’espérance l’héritage de la vie éternelle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 15-16 21-22

Le peuple venu auprès de Jean-Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu ».

Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe, Du ciel, une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ».

Homélie

Après avoir fêté l’Epiphanie qui était la manifestation de Dieu dans le petit enfant de la crèche, voici que nous célébrons aujourd’hui une autre Epiphanie : la manifestation qui inaugure la Vie publique de Jésus, sa vie de grand missionnaire envoyé par le Père. Il s’agit de son Baptême. Une question se pose chaque fois que nous entendons cet Evangile : pourquoi Jésus a-t-il voulu recevoir le Baptême de pénitence donné par Jean-Baptiste ? Je réponds tout de suite : ce n’est pas pour Lui, c’est pour nous.

Ce n’est pas pour Lui : certes, il est là dans la foule, attendant d’être plongé à son tour dans les eaux du Jourdain, en apparences, rien ne le distingue et pourtant il n’est pas un homme comme les autres, car il porte au fond de lui-même un secret, un très grand mystère... et c’est la voix de Dieu le Père qui lève le voile sur ce mystère lorsque depuis le ciel qui s’est déchiré au-dessus de Jésus, il déclare très solennellement (pour l’année C) « c’est Toi, mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré »  et (pour l’année A) « c’est Toi, mon Fils Bien-aimé, en Toi j’ai mis tout mon amour ».

La voilà mise en lumière dès le commencement de sa vie publique, la véritable personnalité, absolument unique de Jésus : Il est le Fils Bien-aimé du Père, à la fois Dieu et Homme parfaitement Dieu et parfaitement homme. Lui, qui de toute éternité est la parfaite Image du Père, qui lui est égal en toutes choses, il a voulu prendre dans le sein de la Vierge Marie une nature en tout semblable à la nôtre, sauf le péché. Etant sans péché, d’une sainteté totale, Jésus n’a pas besoin de recevoir le Baptême de Jean qui est un rite symbolique, réservé aux pécheurs qui veulent se convertir après avoir reconnu et avoué leurs fautes.

S’il tient à accomplir cette démarche exceptionnelle dans un grand acte d’humilité, un grand abaissement, ce n’est donc pas pour Lui, c’est pour nous. Lui qui est descendu du ciel pour être notre Rédempteur et Sauveur, il veut se rendre solidaire des pauvres pécheurs que nous sommes, il veut prendre sur Lui tous les péchés de tous les hommes, signifiant ainsi que Dieu se fait présent à l’intérieur de nos misères et que là où abonde le péché, surabonde son amour miséricordieux. On peut dire qu’en plongeant son corps très saint dans les eaux du Jourdain, Jésus nous y plongeait tous avec Lui et y noyait déjà tous les péchés du monde.

Ce qu’il importe aussi de bien comprendre, frères et sœurs, c’est que pour Jésus, le fait d’entrer dans l’eau du Jourdain signifie qu’il a conscience de s’engager sur une voie qui le conduira jusqu’en sacrifice suprême, ce sacrifice de la Croix, grâce auquel il pourra donner la mesure la plus extrême de son amour et procurer ainsi à tous les hommes, pardon et purification.

N’oublions pas que pour désigner ce sacrifice rédempteur, Jésus lui-même s’est servi de l’image du Baptême : « Je dois recevoir un Baptême et comme j’ai hâte qu’il soit consommé ».

Quel mystère, frères et sœurs ! Jésus, sur la Croix a reçu un Baptême de Sang, et c’est dans ce sang que l’humanité toute a été baptisée d’un Baptême collectif d’une efficacité infinie. Baptême que chaque être humain dans le temps de son existence n’a plus qu’à accepter volontairement dans un acte personnel d’union au Christ. C’est incorporation au Christ, c’est le sacrement de Baptême donné par l’Eglise qui l’a réalisée pour chacun et chacune d’entre nous. Voilà pourquoi il fut un évènement décisif sont on ne soulignera jamais assez l’importance. C’est à ce moment-là en effet, que nous sommes « nés de Dieu », devenus des fils et filles de Dieu appelés à être d’autres christ, des copies vivantes de Jésus !

N’est-ce pas merveilleux, frères et sœurs ? Mais avons-nous bien mesuré tout ce que cela implique ?

Nous savons que depuis sa Résurrection et son retour au ciel au jour de son Ascension, Jésus ne vit plus ici-bas dans son Corps historique (ce corps physique semblable au nôtre qui a été le sien durant 33 ans) mais qu’il continue cependant à vivre sur terre à travers les membres de son Corps mystique, c’est-à-dire à travers les baptisés. C’est donc à travers nos vies qu’il désire continuer tous ses mystères, propager son message de salut et transfuser son amour. C’est à travers nos décisions qu’il veut agir concrètement dans le monde. C’est grâce à nos paroles et à notre témoignage qu’il veut conduire les hommes à la Lumière de la Foi, c’est avec nos cœurs remplis de son amour qu’il veut aimer nos frères les plus proches comme les plus lointains. Autrement dit : le baptisé, c’est quelqu’un qui prête son humanité à Dieu pour qu’il en dispose à son gré en faveur de la mission, pour l’extension de son règne. Le baptisé, le chrétien c’est quelqu’un qui joue le rôle de Jésus, qui le joue vraiment se comportant entres choses comme Jésus se comporterait s’il était à sa place.

Frères et sœurs, si nous avons bien compris cela, nous n’avons pas de droit de vivre dans la médiocrité, dans cette tiédeur qui caractérise aujourd’hui tant et tant de baptisés. Nous savons que le Seigneur juge avec une particulière sévérité cet état de paresse spirituelle : « Je connais ta conduite, déclare-t-il, à celui qui est tiède, tu n’es ni froid ni chaud, que n’es-tu l’un ou l’autre ? Ainsi puisque te voilà tiède, ni chaud, ni froid, je vais te vomir de ma bouche... » (Apoc. 3)

Alors, si cela s’avère nécessaire, ressaisissons-nous, ravivons notre ferveur de manière à pouvoir répondre pleinement à notre vocation baptismale qui est une vocation à la sainteté, à l’image de Marie, la Toute-Sainte.

Une dernière remarque pour conclure. Chacun devient ce pour quoi il vit ou ce qu’il recherche.

  • Qui recherche les choses vaines deviendra superficiel et inconsistant.
  • Qui recherche le péché, deviendra pécheur.
  • Mais qui recherche Dieu et une communion intime avec Lui sera Divinisé.
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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 00:05

Heilige drei Könige

Lecture du Livre d'Isaïe 60, 1-6

Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Regarde : l’obscurité recouvre la terre, les ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux, regarde autour de toi : tous, ils se rassemblent, ils arrivent ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi avec toi les richesses des nations. Des foules de chameaux t’envahiront, des dromadaires de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges du Seigneur.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3, 2-3a 5-6

Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère du Christ. Ce mystère il ne l’avait pas fait connaître aux hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit à ses saints Apôtres et à ses prophètes. Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d’inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, en Judée, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée, car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple ». Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui ». Sur ces paroles du roi, ils partirent.

Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Homélie

Ces Mages dont saint Matthieu vient de nous conter l’étonnante aventure, ne sont rien d’autre que des hommes de bonne volonté qui n’ont pas hésité à se mettre en route, qui ont vu et qui ont cru.

Essayons, si vous le voulez bien, de suivre leur cheminement vers Jésus... Nous y trouverons de précieux enseignements pour la conduite de notre vie chrétienne.

Les Mages (saint Matthieu prend soin de le préciser) ne sont pas des Juifs : ils viennent d’Orient. Ils ne peuvent donc pas se référer à l’histoire que le peuple élu a vécue avec Dieu ; ils n’ont pas bénéficié de la révélation qui lui a été faite. Mais dans leur bonne volonté on trouve tout d’abord une première qualité qui est l’attention. Ces Mages sont des savants qui s’adonnent à l’étude des astres. Ils sont donc attentifs par profession, capables de s’abstraire des réalités terrestres (si accaparantes pour d’autres), afin de se vouer aux œuvres désintéressés de l’esprit. Ils n’auraient pas distingué cette étoile nouvelle, sans cette grande et consciencieuse attention qui est la leur. Ils n’ont, d’ailleurs, pas plus bouché leurs oreilles que leurs yeux. Car il a bien fallu qu’ils entendent parler d’un Roi pas comme les autres, qui devait naître un jour au pays des Juifs et qui aurait une étoile. L’ont-ils appris par une tradition ancienne ou par une révélation privée ? Peu importe, ils le savent et lorsque l’évènement survient ils ne sont pas pris de court.

Ainsi de nous, frères et sœurs, nous devons scruter le ciel pour y découvrir l’étoile qui mène à Jésus. La première qualité d’un homme de bonne volonté est dans une très grande attention à la vérité. Attention à tout ce qui dans le monde est capable de nous parler de Dieu. Et tout d’abord la nature qui dit tant de choses à ceux qui savent la regarder avec des yeux d’enfants, ensuite les évènements du monde, ou de notre vie, qui sont à leur manière porteurs de messages divins, et enfin notre conscience qui est habitée par une inquiétude et une attente que rien d’humain ne saurait vraiment combler. Et Dieu, bien sûr, peut encore nous attirer par quantité d’autres signes à notre mesure. Ces signes nous saurons les discerner si nous sommes très attentifs : c’est-à-dire à la fois ouverts et recueillis.

Les Mages sont aussi des hommes disponibles, capables de se déranger. C’est ce qui ressort de leur détermination à se laisser conduire là où veut les entrainer l’étoile découverte. La manière de Dieu n’a pas changé depuis Abraham dont toute l’histoire avait commencé par cet appel : « Va-t-en, quitte ton pays, la maison de ton père. Va dans le pays que je te montrerai ». Pour jouer le jeu de Dieu, il faut toujours accepter une aventure. Car Dieu, voyez-vous, n’aime pas les gens installés : installés dans leur richesse, dans leur personnage, voire leur vertu. Sans cesse Dieu dérange ou déroute ceux qu’il aime. Pourquoi ? Parce que le Royaume des Cieux n’appartiendra qu’à des cœurs pauvres. Aussi bien est-ce un test de pauvreté qui est demandé aux Mages. Vont-ils préférer l’installation et la routine où bien les risques de l’aventure ?

Et nous frères et sœurs, ne serions-nous pas de ceux qui ont découvert l’étoile, mais n’osent pas la suivre ! Trop souvent, nous avons peur d’être conduits dans un pays inconnu dont on ne sait pas ce qu’il exigera de nous. Vivre selon sa foi, être chrétien, c’est toujours accepter une aventure, mais c’est la plus merveilleuse de toutes, car elle conduit toujours (si on la mène complètement) jusqu’à ce Dieu d’amour qui a voulu à Noël s’humaniser afin de nous diviniser.

Donc, des hommes attentifs, ces Mages et capables de se déranger, mais aussi des humbles qui acceptent de consulter d’autres sources que les leurs pour déterminer par où doit passer leur route. L’étoile aurait pu les mener directement à Bethléem. En fait, les Mages, qui ont vu dans leur pays l’étoile du Roi des Juifs, se dirigent d’abord tout naturellement vers Jérusalem qui est la capitale des Juifs. Or, à Jérusalem, l’étoile n’est pas au rendez-vous. Ils ressemblent alors un peu à des gens qui ont perdu leur chemin et ils demandent « où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » Les théologiens consultés par Hérode concluent que c’est à Bethléem que doit naître le Messie. Le renseignement est donné aux Mages qui, en reprenant la route de Bethléem retrouvent dans la joie leur étoile. Mais notons-le bien, les théologiens juifs, pas plus qu’Hérode, ne se sont dérangés.

Frères et sœurs, pour les hommes de bonne volonté que nous sommes, sachons aussi qu’il ne suffit pas de se fier à son étoile ou de faire confiance à la sûreté de son jugement : il faut passer par la Révélation objective. Il ne suffit pas d’avoir bonne volonté, il faut accueillir la Parole de Dieu. Il faut passer par Jérusalem, c’est-à-dire par l’Eglise. Il est vrai, hélas, qu’à Jérusalem, dans l’Eglise (et nous sommes l’Eglise) on peut rencontrer des hommes qui devraient être les premiers à se déranger et qui ne bougent pas. Nous avons ici, nous chrétiens, à faire un examen de conscience : ne ressemblons-nous pas trop souvent à des sentinelles endormies. Il ne suffit pas, en effet, d’être bien pensant pour être vraiment chrétien. Il ne suffit pas de posséder la vérité et même de la transmettre pour qu’elle nous sauve. Il faut en vivre. Ils seront jugés plus sévèrement, au jour du Jugement, ceux qui avaient reçu la vérité vivante, mais qui l’ont laissé devenir entre leurs mains comme un fruit mort.

Notons enfin qu’à Bethléem les Mages ne vont trouver qu’une humble maison, habitée par un ménage de pauvres gens : Marie et Joseph, qui veillent Jésus leur petit enfant. Ils cherchent le Roi des Juifs et ils ne trouvent qu’un enfant pauvre. Et pourtant sans hésiter, dès qu’ils sont arrivés, ils se prosternent devant Lui et ils l’adorent.

Ici, nous l’aurons tous compris, frères et sœurs, c’est une dimension nouvelle qui intervient : celle qui donne au regard cette pénétration privilégiée qui permet de voir l’invisible dans le visible. La foi n’est rien d’autre que cela. L’attention, la disponibilité, l’humilité ce ne sont que des attitudes « des qualités » qui préparent l’âme, sans pour autant la déterminer à croire. Mais pour voir dans cet enfant pauvre, le Messie, le Roi d’un Royaume spirituel, il faut quelque chose de plus : cette lumière de la foi qui ne vient que de Dieu. A partir de ce moment-là tout change de registre. Les hommes de bonne volonté deviennent des croyants. Pour les Mages, l’étoile peut maintenant disparaître, elle brûle au fond de leur cœur.

Chers frères et sœurs, Jésus attend toujours que viennent à Lui les hommes de bonne volonté, tous les hommes de bonne volonté. Le rendez-vous de Bethléem est pour tous. Tous sont convoqués. Mais avons-nous assez conscience, que l’étoile par laquelle le Seigneur veut leur faire signe n’est autre que nous...

Faisons donc en sorte que le rayonnement de notre vie chrétienne soit assez intense pour attirer leur attention et les convaincre de s’engager, à leur tour sur la route qui conduit, par la foi et l’amour, à la rencontre de Jésus, l’Unique Sauveur.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 17:41

 

Année A

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage 3, 2-6.12-14

Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l'autorité de la mère sur ses fils. Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes, celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor. Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé. Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère. Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie. Même si son esprit l'abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force. Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3, 12-21

Frère, puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés, revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même. Par-dessus tout cela, qu'il y ait l'amour : c'est lui qui fait l'unité dans la perfection. Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps. Vivez dans l'action de grâce. Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse ; par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance. Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ; dans le Seigneur, c'est ce qui convient. Et vous les hommes, aimez votre femme, ne soyez pas désagréables avec elle. Vous les enfants, en toutes choses écoutez vos parents ; dans le Seigneur, c'est cela qui est beau. Et vous les parents, n'exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 13-15.19-23

Après le départ des mages, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit: « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr ». Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils. Après la mort d'Hérode, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et reviens au pays d'Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant ». Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère, et rentra au pays d'Israël. Mais, apprenant qu'Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s'y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

Année C

Lecture du premier livre de Samuel 1,20-22, 24-28

Le temps venu, Anne conçut et mit au monde un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce) « Je l’ai demandé au Seigneur ». Elcana, son mari, monta au sanctuaire avec toute sa famille pour offrir au Seigneur le sacrifice habituel et celui du vœu pour la naissance de l’enfant. Anne, elle, n’y monta pas. Elle dit à son mari : « Quand l’enfant sera sevré, je l’emmènerai : il sera présenté au Seigneur, et il restera là pour toujours ». Lorsque Samuel eut été sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la Maison du Seigneur, à Silo ; elle avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on présenta l’enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon Seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi en priant le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. À mon tour je le donne au Seigneur. Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie ». Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-2 21-24

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, – et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est.

Mes bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu, et tout ce que nous lui demandons, il nous l’accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît. Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé. Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné son Esprit.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 41-52

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s’en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comment nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être ». Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait en son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.

Homélie

Chers frères et sœurs, lorsqu’à Noël Dieu vient habiter parmi nous, il entre dans une famille. Et comme les bergers et les mages, nous aimons à travers les crèches de nos maisons et de nos églises retrouver nos yeux d’enfants pour contempler cette famille toute simple, cette Sainte Famille où Dieu se fait vraiment homme et fait l’apprentissage de sa vie d’homme sous la conduite très sage de ces éducateurs hors-pair que sont Marie et Joseph.

Dieu aurait pu choisir de venir parmi nous autrement. Mais il a voulu emprunter la route de tout homme et de tous les hommes. Il a choisi ce chemin de la famille où à travers l’enfance et l’adolescence, un être humain arrive à maturité.

La famille nous le savons tous plus ou moins clairement, plus ou moins difficilement ou douloureusement selon notre histoire, c’est un lieu où se joue quelque chose d’essentiel pour notre humanité. Elle constitue un espace où l’homme vit, se développe, confirme sa vocation, où il devient homme et où il est toujours davantage homme.

Si l’Eglise nous parle souvent de la famille, c’est parce qu’elle a la certitude, que c’est d’abord en elle et par elle que se construit et s’humanise la personne humaine. Il y va, d’ailleurs de notre bonheur, car c’est à travers la vie de famille que nous apprenons à donner un sens à notre existence en découvrant que nous sommes faits pour « aimer et être aimés ». Au sein de la famille, l’enfant puis l’adolescent, à travers ses relations à ses parents et à ses frères et sœurs expérimente ce qu’est la tendresse, le don de soi, la solidarité, l’accueil de l’autre dans ses différences. Chacun découvre ainsi qu’il est un être fait pour vivre avec d’autres, un être de communion et de partage et cela, au-delà des âges et des générations et dans la diversité des histoires et des opinions.

Nous avons tous présents à l’esprit ces gestes tout simples, mais chargés de signification qui dans le secret des familles tissent un peu plus d’amour et donc un peu plus de bonheur. C’est à tout cela que saint Paul nous invite dans sa lettre aux Colossiens : « Revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience... », et il ajoutait avec insistance « Pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonnés, faites de même ». Car la famille c’est aussi le lieu où l’on apprend le pardon et nous savons tous combien il est difficile de pardonner dans nos problèmes familiaux.

Finalement, pour cela in n’est pas besoin de grands discours : ce sont les petits gestes de la vie ordinaire en direction tout d’abord de nos proches, qui construisent peu à peu la qualité de nos relations aux autres :

- c’est par exemple, le souci le plus petit dans la famille qui nous apprend à voir l’injustice et à la combattre,

- c’est la vie familiale qui peut apprendre à tisser et retisser le lien social et à rendre plus conviviale la vie de nos quartiers ou de nos villages.

Si nous voulons transformer un peu notre monde en vivant un peu plus de solidarité et de fraternité, c’est à l’évidence dans et par la famille qu’il faut commencer. Il est clair que ce n’est pas toujours facile ; il est clair que les situations sont parfois complexes et difficiles à assumer. Il ne s’agit pas de rêver la famille, il s’agit de tout mettre en œuvre pour l’édifier sur des bases solides.

La famille, en effet, ne tombe pas du ciel toute prête à consommer ou à utiliser. De même que dans un couple l’amour demeure vivant s’il se construit jour après jour, de même la vie de famille dépend de chacun de ses membres, du désir et de la volonté de chacun d’en faire un lieu de vie, de vérité et d’amour.

Chers frères et sœurs, c’est donc un grand projet que Dieu vient réaliser en prenant à Noël une nature humaine semblable à la nôtre : il veut faire de toute l’humanité une même famille en réconciliant tous les hommes, en détruisant les murs de la haine et les frontières qui séparent les différentes classes, les races ou les nations.

Ce projet grandiose, ne l’oublions jamais, commence à se réaliser concrètement d’abord dans nos cœurs dans la mesure où ils sont des foyers de lumière et d’amour, et ensuite dans nos propres familles dans la mesure où elles sont capables d’accueillir l’Esprit de Paix que Jésus a promis à tous ceux qui veulent aimer en vérité, aimer comme Jésus, Marie et Joseph ont toujours aimé.

Puissions-nous, chers frères et sœurs, contempler très souvent la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Elle est le prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes. Elle, qui d’une manière incomparablement élevée et pure, a glorifié Dieu ne manquera pas d’assister nos familles dans la fidélité à leurs devoirs quotidiens, dans l’ouverture généreuse aux besoins des autres et dans l’accomplissement joyeux du plan de Dieu sur elles.

Amen.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 08:49

Lecture de la première lettre de saint Jean 1, 5 – 2, 2

Voici le message que Jésus Christ nous a fait entendre et que nous vous annonçons: Dieu est lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui. Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, alors que nous marchons dans les ténèbres, nous sommes des menteurs, nous n’agissons pas selon la vérité ; mais, si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n’est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout ce qui nous oppose à lui. Si nous disons que nous ne sommes pas pécheurs, nous faisons de lui un menteur et sa parole n’est pas en nous. Mes petits-enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché. Mais, si l’un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. Il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2, 13-18

Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève- toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là- bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr ». Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils. Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.

Médiatation

Le mauvais, représenté ici par Hérode, est prêt à tuer beaucoup d’innocents pour éliminer le Sauveur. Le malin fera tout pour empêcher la réalisation du plan de Salut. Complètement à l’opposé, Jésus donnera sa vie pour sauver la multitude. C’est ce même combat qui dure depuis la création du monde… Heureusement, il y a toujours des gens attentifs qui sont à l’écoute du Seigneur. Et comme Joseph, nous devons à être à l'écoute de la Volonté de Dieu sur nous pour faire avancer le Royaume. Peut-être nous inspire-t-il de quitter un endroit, un emploi, un groupe de personnes qui menace le plan d'amour de Dieu sur nous. Nous devons demander le discernement pour voir les intentions du malin et prendre les actions nécessaires pour les déjouer. Ce ne sont pas des choix faciles, mais il faut faire confiance à la grande Sagesse de Dieu et avancer dans la foi. Je pense que ce temps de Noël nous permet de faire le point et de laisser naître, ou renaître, la vie du Christ en nous. Ne laissons pas le malin tuer cet enfant sauveur en nous !

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 15:36
Noël

Chers Frères et Sœurs, « je vous annonce une BONNE NOUVELLE qui sera pour tous une grande joie : aujourd’hui dans la ville de David, il vous est né un SAUVEUR. »

Tel est, chers frères et sœurs, le Message de l’ange aux bergers, en la Sainte Nuit de Bethléem, telle est la nouvelle stupéfiante qui parvient jusqu’à nous : Dieu nous a rejoint en cet enfant Jésus qui est né de la Vierge Marie. « Dieu a tant aimé les hommes, nous dit Saint Jean, qu’Il leur a donné son Fils Unique, son Bien-aimé. » Oui, c’est parce qu’il nous aime éperdument qu’Il fait cette folie de venir sur la terre : le père ne pense qu’à rencontrer ses enfants, Dieu ne pense qu’à retrouver ses fils. Rien de l’arrête, ni l’espace, ni le temps. Rien ne lui coûte : il s’abaisse jusqu’à revêtir sous le sein de Marie une chair semblable à celle des hommes qu’Il veut sauver. « Le Verbe s’est fait chair » dit encore Saint Jean. La chair, dans le langage biblique, désigne l’homme tout entier corps et âme, mais considéré dans sa faiblesse, dans ce qu’il a de fragile, de précaire, de périssable. Est-ce que nous mesurons la distance franchie ? Lui, le Fils Bien-aimé, qui est la parfaite Image du Père, qui lui est égal en toutes choses, Lui, par qui tout a été fait, Il daigne partager la faiblesse du tout petit qui apprend à marcher et à parler, qui pose des questions pour savoir le pourquoi des choses. Il veut tellement, en arrivant au milieu de nous, non seulement ne pas nous effaroucher, mais en quelque sorte nous attirer instinctivement à Lui… (Qu’y-a-t-il en effet, de plus attirant qu’un tout petit enfant ?) Lui, Jésus que ne peuvent atteindre ni la pauvreté, ni la souffrance, ni la mort, prend sur Lui de devenir pauvre, misérable même, avec la paille d’une mangeoire en guise de berceau, une étable d’animaux en guise de maison, et plus tard la vie obscure et besogneuse d’un charpentier de village jusqu’à l’âge de 30 ans, puis durant 3 ans la vie d’un missionnaire itinérant, s’achevant dans une Passion extrêmement douloureuse et la mort par Crucifixion…! Oh ! Laissons-nous toucher ! Notre cœur est-il à ce point sec et dur que nous pressions pour rien cet amour dont nous sommes l’objet ! Mais que veut-il donc nous dire, nous crier en quelque sorte, depuis son pauvre berceau de Bethléem et jusqu’à sa tombe. Cette vérité essentielle à savoir que Dieu est AMOUR et que la vocation de l’homme qui a été créé à l’Image de Dieu, c’est d’Aimer, que la valeur d’un être humain vient de l’humble amour qui est dans son cœur ; et que par conséquent le génie de son intelligence, la force de ses muscles ou de ses armes, le prestige de ses diplômes, l’étendue de sa fortune, la puissance de ses relations… Et en fait tout ce que dans notre aveuglement nous admirons et envions, ne sont rien, si tout cela ne tourne pas à aimer… Et c’est pour nous le prouver qu’il vient à nous précisément, dépouillé de toutes ces choses, faible, petit, vulnérable.

Alors, frères et sœurs, approchons-nous… Regardons-le, interrogeons-le. « Jésus, qu’est ce qui te fait venir ainsi jusqu’à nous ? » C’est à travers l’Evangile qu’il nous répond dans des phrases comme celles-ci :

« Je viens au nom de mon Père… Je viens non pour être servi mais pour servir et donner ma vie en rançon pour la multitude. Je viens chercher ce qui est perdu. Je viens appeler au repentir non les justes, mais les pécheurs. Je viens pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »

Ainsi, que vient-il faire ? Il vient nous sauver, nous arracher à nos péchés, nous rendre la capacité d’aimer que le péché nous a fait perdre, nous découvrir notre identité surnaturelle, notre sublime dignité d’enfants de Dieu. Vérité fondamentale que Saint Paul a résumée par ces mots : « Dieu nous a envoyé son Fils né d’une femme pour faire de nous ses fils. » Saint Augustin l’exprime d’une autre manière : « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour que les hommes deviennent des fils de Dieu. »

Oh ! Frères très chers : l’homme est pour Dieu un fils ! Quelle merveille ! Dieu le regarde avec des yeux de Père, l’aime avec un cœur de Père, le secourt avec des bras de Père. Et lui, l’homme c’est-à-dire vous, moi, est-ce que nous le regardons avec des yeux de fils ? Est-ce que l’aimons avec un cœur de fils ? Est-ce que nous le servons avec des forces de fils ? HÉLAS ! si peu, si mal ! Combien l’ignorent ou n’en veulent pas ! « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. » Et pourtant ce lien qui attache Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, c’est à la fois le plus fort et le plus tendre qui soit. Il n’y a pas de plus grand malheur pour l’homme que de le méconnaître, de le rompre ou de le rejeter.

Oh ! Chers frères et sœurs, si c’était nécessaire, en ce jour, décidons notre conversion, refaisons, rénovons le lieu, acceptons de renaître avec Jésus qui naît aujourd’hui. Puisque nous sommes fils de Dieu (à l’exemple de Jésus notre parfait modèle) prouvons-Lui notre amour en accomplissant sa volonté, en communiant le plus possible à sa vie divine par une prière ardente, fréquente et persévérante et une participation régulière à la Messe où Il vient à nous pour nous transfuser son Amour.

Ah ! Si nous pouvions enfin comprendre, frères et sœurs, que là est le Bonheur : on n’est vraiment heureux que de ce qu’on accorde à Dieu, ou est malheureux de ce qu’on lui refuse.

Or, dans tout ce qu’il nous faut accorder à Dieu, il y a aussi, ne l’oublions pas, l’Amour fraternel. Parce que nous sommes tous des fils pour Dieu, nous sommes tous entre nous des frères. Et cela doit commander toutes nos relations avec le prochain : « Je vous donne un commandement nouveau, dit Jésus, c’est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés. Mais pouvons-nous dire que l’amour fraternel règne vraiment à tous les niveaux de notre vie familiale et sociale ? Trop d’orgueil et trop d’égoïsme empêchent le courant de passer… Alors, aujourd’hui, Jésus vient comme au premier Noël, avec la même puissance de grâce reverser la relation existante des hommes entre eux ; il vient la convertir, la renouveler par le dedans, afin qu’elle ne soit plus jamais un rapport de force où l’on s’épie comme des rivaux, où l’on s’affronte comme des adversaires, où l’on tente de l’emporter en écrasant l’autre… Dans la nuit du 1er Noël les anges ont promis la Paix aux hommes que Dieu aime. Mais cette Paix ne s’établira pas comme cela toute seule… C’est à nous qu’il incombe de la faire régner. Si nous le voulons, avec un peu d’intelligence et d’amour et en implorant le secours divin, nous pouvons l’établir tout de suite autour de nous. Ne disons pas que certaines victoires sont impossibles : tant de situations absurdes cesseraient entre époux, entre parents et enfants, entre amis, entre voisins, si l’on acceptait de se PARDONNER, si on faisait le premier pas de la réconciliation…

Pour tout cela, chers frères et sœurs, je veux dire pour nos progrès dans l’amour de Dieu et l’amour fraternel, nous avons quelqu’un qui peut très efficacement nous aider : c’est la très Sainte Vierge Marie, la tendre Mère de l’Enfant de Dieu. Aux bergers qui tendaient leur bras, Elle a permis de le tenir et de l’embrasser. Elle nous l’offre, comme à eux : quand nous allons nous approcher vers la fin de la Messe pour communier, à travers le prêtre Elle va nous tendre Jésus :

 « Tiens, le voici, Il est à toi. Je te le donne, Il ne te délaissera jamais. Toi non plus ne le quitte pas. Fais tout ce qu’Il te dira. Avec Lui tu réussiras ta vie. »

Dès cette heure de la crèche, en effet, Marie est chargée d’élever le Fils de Dieu et Elle va le suivre tout au long de sa route d’homme, jusqu’au pied de la Croix.

Dès maintenant aussi, Elle est chargée de nos âmes et Elle nous accompagne durant notre pèlerinage ici-bas.

Confions-nous à Elle et laissons-la nous former. Elle nous apprendra à devenir ce que Dieu veut que nous soyons : des Images Vivantes de son Fils.

Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et Paix sur la terre aux Bien-aimés de Dieu. »

 

AMEN.

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 15:29

Lecture du livre d'Isaïe 9, 1-6

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué l’allégresse, tu as fait grandir la joie : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit en faisant la moisson, comme on exulte en partageant les dépouilles des vaincus. Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane. Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol, tous leurs manteaux couverts de sang, les voilà brûlés : le feu les a dévorés. Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné, l’insigne du pouvoir est sur son épaule : on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ». Ainsi le pouvoir s’étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers.

Psaume 95 (96)

Aujourd’hui, un Sauveur nous est né : c’est le Christ, le Seigneur.

Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière,

Chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut, racontez à tous les peuples sa gloire,

A toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre ! Les masses de la mer mugissent,

La campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur, car il vient,

Pour gouverner le monde avec justice. 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2, 11-14

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14.

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre. Ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et chacun allaient se faire inscrire dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David. Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur s’approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte, mais l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur. Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ». Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime ».

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Homélie

« Je vous annonce une Bonne Nouvelle qui sera pour tous une grande joie : aujourd’hui dans la ville de David, il vous est né un SAUVEUR. »

Tel est, chers frères et sœurs, le Message de l’ange aux bergers, en la Sainte Nuit de Bethléem, telle est la nouvelle stupéfiante qui parvient jusqu’à nous : Dieu nous a rejoint en cet enfant Jésus qui est né de la Vierge Marie.

« Dieu a tant aimé les hommes, nous dit Saint Jean, qu’Il leur a donné son Fils Unique, son Bien-Aimé. »

Oui, c’est parce qu’il nous aime éperdument qu’Il fait cette folie de venir sur la terre : le père ne pense qu’à rencontrer ses enfants, Dieu ne pense qu’à retrouver ses fils.

Rien de l’arrête, ni l’espace, ni le temps.

Rien ne lui coûte : il s’abaisse jusqu’à revêtir sous le sein de Marie une chair semblable à celle des hommes qu’Il veut sauver.

« Le Verbe s’est fait chair » dit encore Saint Jean. La chair, dans le langage biblique, désigne l’homme tout entier corps et âme, mais considéré dans sa faiblesse, dans ce qu’il a de fragile, de précaire, de périssable.

Est-ce que nous mesurons la distance franchie ?

Lui, le Fils Bien-Aimé, qui est la parfaite Image du Père, qui lui est égal en toutes choses, Lui, par qui tout a été fait, Il daigne partager la faiblesse du tout petit qui apprend à marcher et à parler, qui pose des questions pour savoir le pourquoi des choses. Il veut tellement, en arrivant au milieu de nous, non seulement ne pas nous effaroucher, mais en quelque sorte nous attirer instinctivement à Lui… (qu’y-a-t-il en effet, de plus attirant qu’un tout petit enfant ?)

Lui, Jésus que ne peuvent atteindre ni la pauvreté, ni la souffrance, ni la mort, prend sur Lui de devenir pauvre, misérable même, avec la paille d’une mangeoire en guise de berceau, une étable d’animaux en guise de maison, et plus tard la vie obscure et besogneuse d’un charpentier de village jusqu’à l’âge de 30 ans, puis durant 3 ans la vie d’un missionnaire itinérant, s’achevant dans une Passion extrêmement douloureuse et la mort par Crucifixion…!

Oh ! Laissons-nous toucher ! Notre cœur est-il à ce point sec et dur que nous pressions pour rien cet amour dont nous sommes l’objet !

Mais que veut-il donc nous dire, nous crier en quelque sorte, depuis son pauvre berceau de Bethléem et jusqu’à sa tombe : cette vérité essentielle à savoir que Dieu est AMOUR et que la vocation de l’homme qui a été créé à l’Image de Dieu, c’est d’Aimer, que la valeur d’un être humain vient de l’humble amour qui est dans son cœur ; et que par conséquent le génie de son intelligence, la force de ses muscles ou de ses armes, le prestige de ses diplômes, l’étendue de sa fortune, la puissance de ses relations… et en fait tout ce que dans notre aveuglement nous admirons et envions, ne sont rien, si tout cela ne tourne pas à aimer… Et c’est pour nous le prouver qu’il vient à nous précisément, dépouillé de toutes ces choses, faible, petit, vulnérable.

Alors, frères et sœurs, approchons-nous… Regardons-le, interrogeons-le. « Jésus, qu’est ce qui te fait venir ainsi jusqu’à nous ? » C’est à travers l’Evangile qu’il nous répond dans des phrases comme celles-ci : « Je viens au nom de mon Père… Je viens non pour être servi mais pour servir et donner ma vie en rançon pour la multitude. Je viens chercher ce qui est perdu. Je viens appeler au repentir non les justes, mais les pécheurs. Je viens pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »

Ainsi, que vient-il faire ? Il vient nous sauver, nous arracher à nos péchés, nous rendre la capacité d’aimer que le péché nous a fait perdre, nous découvrir notre identité surnaturelle, notre sublime dignité d’enfants de Dieu. Vérité fondamentale que Saint Paul a résumée par ces mots : « Dieu nous a envoyé son Fils né d’une femme pour faire de nous ses fils. »

Saint Augustin l’exprime d’une autre manière : « Le Fils de Dieu s’est fait homme pour que les hommes deviennent des fils de Dieu. »

Oh ! Frères très chers : l’homme est pour Dieu un fils ! Quelle merveille ! Dieu le regarde avec des yeux de Père, l’aime avec un cœur de Père, le secourt avec des bras de Père. Et lui, l’homme c’est-à-dire vous, moi, est-ce que nous le regardons avec des yeux de fils ? Est-ce que l’aimons avec un cœur de fils ? Est-ce que nous le servons avec des forces de fils ? Hélas ! Si peu, si mal ! Combien l’ignorent ou n’en veulent pas !

« Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. » Et pourtant ce lien qui attache Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, c’est à la fois le plus fort et le plus tendre qui soit.

Il n’y a pas de plus grand malheur pour l’homme que de le méconnaître, de le rompre ou de le rejeter.

Oh ! Chers frères et sœurs, si c’était nécessaire, en ce jour, décidons notre conversion, refaisons, rénovons le lieu, acceptons de renaître avec Jésus qui naît aujourd’hui. Puisque nous sommes fils de Dieu (à l’exemple de Jésus notre parfait modèle) prouvons-Lui notre amour en accomplissant sa volonté, en communiant le plus possible à sa vie divine par une prière ardente, fréquente et persévérante et une participation régulière à la Messe où Il vient à nous pour nous transfuser son Amour.

Ah ! Si nous pouvions enfin comprendre, frères et sœurs, que là est le Bonheur : on n’est vraiment heureux que de ce qu’on accorde à Dieu, ou est malheureux de ce qu’on lui refuse.

Or, dans tout ce qu’il nous faut accorder à Dieu, il y a aussi, ne l’oublions pas, l’Amour fraternel.

Parce que nous sommes tous des fils pour Dieu, nous sommes tous entre nous des frères. Et cela doit commander toutes nos relations avec le prochain : « Je vous donne un commandement nouveau, dit Jésus, c’est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés.

Mais pouvons-nous dire que l’amour fraternel règne vraiment à tous les niveaux de notre vie familiale et sociale ? Trop d’orgueil et trop d’égoïsme empêchent le courant de passer… Alors, aujourd’hui, Jésus vient comme au premier Noël, avec la même puissance de grâce reverser la relation existante des hommes entre eux ; il vient la convertir, la renouveler par le dedans, afin qu’elle ne soit plus jamais un rapport de force où l’on s’épie comme des rivaux, où l’on s’affronte comme des adversaires, où l’on tente de l’emporter en écrasant l’autre…

Dans la nuit du 1er Noël les anges ont promis la Paix aux hommes que Dieu aime. Mais cette Paix ne s’établira pas comme cela toute seule… C’est à nous qu’il incombe de la faire régner. Si nous le voulons, avec un peu d’intelligence et d’amour et en implorant le secours divin, nous pouvons l’établir tout de suite autour de nous. Ne disons pas que certaines victoires sont impossibles : tant de situations absurdes cesseraient entre époux, entre parents et enfants, entre amis, entre voisins, si l’on acceptait de se PARDONNER, si on faisait le premier pas de la réconciliation…

Pour tout cela, chers frères et sœurs, je veux dire pour nos progrès dans l’amour de Dieu et l’amour fraternel, nous avons quelqu’un qui peut très efficacement nous aider : c’est la très Sainte Vierge Marie, la tendre Mère de l’Enfant de Dieu.

Aux bergers qui tendaient leur bras, Elle a permis de le tenir et de l’embrasser. Elle nous l’offre, comme à eux : quand nous allons nous approcher vers la fin de la Messe pour communier, à travers le prêtre Elle va nous tendre Jésus : « Tiens, le voici, Il est à toi. Je te le donne, Il ne te délaissera jamais. Toi, non plus ne le quitte pas. Fais tout ce qu’Il te dira. Avec Lui tu réussiras ta vie. »

Dès cette heure de la crèche, en effet, Marie est chargée d’élever le Fils de Dieu et Elle va le suivre tout au long de sa route d’homme, jusqu’au pied de la Croix.

Dès maintenant aussi, Elle est chargée de nos âmes et Elle nous accompagne durant notre pèlerinage ici-bas. Confions-nous à Elle et laissons-la nous former. Elle nous apprendra à devenir ce que Dieu veut que nous soyons : des Images Vivantes de son Fils. Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et Paix sur la terre aux Bien-Aimés de Dieu. »

Amen.

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 15:27

winter-night.jpgNoël, nuit magique ! Nuit magique où tout semble s’arrêter et se suspendre à un centre : l’enfant de la crèche. Comme si l’histoire du Monde n’était qu’une vaste comédie tragico-comique sur laquelle, pour un moment, le rideau était tombé. Et les acteurs peuvent se reposer, redevenir eux-mêmes. Nuit magique où pour un instant, quelques heures peut-être les méchants deviennent bons, les pauvres nourris, habillés, la paix installée et Dieu adoré. Le Réel deviendrait-il irréel ou l’irréel deviendrait-il réel ?

Pour cette nuit magique, la crèche est un rêve. C’est le rêve qui sommeille au plus profond du cœur de l’Homme, celui de la Beauté, de la Bonté, de la Paix et de l’Adoration. Alors tout peut se passer, tout peut arriver… Tous ces personnages nous ressemblent tellement, ils sont porteurs de nos sentiments, de nos émotions, de nos passions, de nos caractères.

- Les agneaux : c’est notre besoin de douceur, d’émerveillement, notre cœur d’enfant qui ne cesse de dire : « Mais que c’est beau ! Que c’est beau ! », comme le « ravi » des santons de Provence.

- Les moutons : c’est le côté ado qui est en nous, rêveur, étourdi, libertin, idéaliste, parfois à côté de ses baskets. Mais il a l’avantage de ne pas laisser dormir son entourage, de le pousser à se poser les bonnes questions, d’avoir un témoignage qui soit à hauteur de des discours qu’ils entendent.

- Les chiens, image de la prudence et de la maîtrise de soi.

- L’âne, c’est le têtu en nous, celui qui bougonne tout le temps : « Non, je ne changerai pas d’idée, c’est moi qui ai raison, un point c’est tout ! » C’est le tempérament en dents de scie qui oscille entre colère et enthousiasme. Mais l’âne a l’avantage d’avoir une forte personnalité, pas comme les moutons !

- Le bœuf, ce balourd de bœuf qui prend toute la place, il oublie qu’il n’est pas tout seul ! Quel emmerdeur ! Le flegmatique, quoi ! Vous lui allumez un pétard chinois sous son museau, il ne réagit même pas ! Mais le bœuf est un être stable, qu’on ne déstabilise pas facilement, et puis fidèle en amitié. Enervant, mais on ne peut s’en passer. C’est lui qui a eu l’idée de souffler sur le petit !

- Les bergers : ce sont les solitaires dans la nuit, rejetés par les gens des villes, solidaires des gens isolés, rejetés, malades, angoissés dans la nuit. Ils portent en eux ce puissant désir d’être aimés, acceptés, accueillis… Il y en a tellement dans le monde. L’avantage : leur cœur est vidé de choses superflues, ils attendent l’essentiel, ils demandent la lumière. Ils nous rappellent que la vraie joie, c’est Dieu dès que nos cœurs n’affichent pas « complet », comme les auberges de Bethléem cette nuit-là.

- Les mages : ce sont d’abord les gens du savoir, les intellos qui connaissent bien des secrets et bien des mystères, image du raisonnement. Mais des personnages qui savent se mettre à la portée du plus petit, et qui ont le souci du partage. Etre grand et humble à la fois, ce n’est pas donné à tout le monde. Eux ne se prennent pas pour Dieu, ils ne remplacent pas Dieu par leur savoir, non ! Ils se mettent à genoux devant lui, reconnaissant la source de tous les mystères.

- Marie : c’est notre besoin de contemplation, d’adoration, de relation avec le Divin. L’âme, la dimension verticale qui est en nous. C’est pourquoi Marie est dans une paix profonde, royale !

- Joseph : c’est l’homme pratique en nous, qui prend ses responsabilités au quotidien, qui s’engage pour la communauté. Un père fort, présent, qui se donne à fond pour ses enfants, qui ne fait rien à moitié. Un homme les pieds sur terre et le cœur en Dieu.

- Jésus enfin, c’est le centre, c’est Dieu qui rayonne en nous et autour de nous, qui fait toutes choses nouvelles et belles !

Joël Pralong

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 09:11
Il est grand le mystère de Noël

En ce temps de Noël, temps de joie et de partage, ayons une pensée toute particulière pour notre Ami l'Abbé Pierre Cousty qui nous a quitté il y a déjà plus d'un an. C'est toujours un grand plaisir pour moi de vous faire partager ces belles homélies et réflexions, en voici une courte sur Noël :

Qui est donc ce petit enfant que les chrétiens et même beaucoup de non-chrétiens vont célébrer à Noël ? Pour connaître la réponse, cliquez ici.

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14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 00:05

Lecture du second livre de Samuel 5, 1-3

Toutes les tribus d'Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Nous sommes du même sang que toi ! Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi, tu dirigeais les mouvements de l'armée d'Israël, et le Seigneur t'a dit : 'Tu seras le pasteur d'Israël mon peuple, tu seras le chef d'Israël.' » C'est ainsi que tous les anciens d'Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron, devant le Seigneur. Ils donnèrent l'onction à David pour le faire roi sur Israël.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1, 12-20

Frères, rendrez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d'avoir part, dans la lumière, à l'héritage du peuple saint. Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé, par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés. Lui, le Fils, Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né par rapport à toute créature, car c'est en lui que tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les êtres visibles et les puissances invisibles : tout est créé par lui et pour lui. Il est avant tous les êtres, et tout subsiste en lui. Il est aussi la tête du corps, c'est-à-dire de l'Église. Il est le commencement, le premier-né d'entre les morts, puisqu'il devait avoir en tout la primauté. Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total. Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 23, 35-43

On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : « Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Une inscription était placée au-dessus de sa tête : « Celui-ci est le roi des Juifs ». L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : « N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l'autre lui fit de vifs reproches : « Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal ». Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne ». Jésus lui répondit : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ».

Homélie

C’est un Roi crucifié que saint Luc nous invite à contempler dans le passage d’Evangile que nous venons d’entendre. L’Evangéliste veut nous montrer, en effet, que le Christ n’est pas Roi comme l’entend notre langage usuel lorsqu’il désigne le monarque héréditaire qui est à la tête d’une nation. Car, à cette forme de royauté, Jésus a nettement tourné le dos... Lorsqu’au cours de sa vie publique il est amené à définir sa Royauté, il le fait toujours par opposition à la volonté de puissance à l’esprit de domination, au goût du prestige. Ce qu’il revendique c’est « d’être celui qui sert » et de ses mains en qui le Père a tout remis, il lave les pieds de ses apôtres.

Quant à la cérémonie de son Intronisation Royale elle est de l’ordre du jamais vu :

  • son trône c’est une croix (gibet réservé aux grands criminels)
  • sa couronne est formée par des épines,
  • son manteau de pourpre c’est son sang,
  • sa puissance ce sont des gros clous enfoncés dans ses mains et dans ses pieds,
  • et en guise de supporters (sa très sainte Mère et saint Jean mis à part) ce sont quelques Juifs qui vocifèrent leur haine.

A cette heure, Jésus n’a plus de partisans ou plutôt il n’en a qu’un : l’un des deux bandits qui l’entourent. Lui aussi est pendu au bois de la Croix et il reconnaît ne pas l’avoir volé. Nous savons que l’histoire l’a appelé le Bon Larron et nombreux sont ceux qui le désignent comme le tout premier saint. Cherchant à pénétrer les secrets de ce brigand si peu ordinaire saint Augustin a imaginé le dialogue suivant : on lui pose la question « Dis-moi larron, qui t’a poussé à confesser que ce Jésus est devenu pour toi l’essentiel alors que ses disciples n’osent même plus y croire ? » Réponse : « Je n’ai jamais entendu parler des paraboles du Royaume. Je ne connais pas les prophéties, mais Jésus m’a regardé et j’ai tout compris ».

Ce larron qui n’est plus qu’une loque humaine a soudain tout compris dans l’instant d’un regard qui bouleverse. Voilà que lui si misérable, si méprisable il existe maintenant pour quelqu’un.

Quelqu’un qui n’est pas tout à fait comme les autres et qui est pourtant au rang des condamnés.

Quelqu’un qui ne lui demande pas de comptes, qui ne se moque pas de sa déchéance.

Quelqu’un qui va jusqu’à habiter sa misère, mieux que cela, qui prend sur lui sa misère.

Il a soudain compris que ce voisin dans l’agonie et bientôt dans la mort, c’est lui le Christ-Roi. Roi comme on ne l’a jamais été. Roi parce que tout proche des perdants en tout genre. Depuis l’intimité du Père infiniment bon il est venu « chercher et sauver tous ceux qui étaient perdus ». Et on pense ici à Zachée, à Marie-Madeleine, à la femme adultère, à cette mère qui pleure son enfant mort, et à ce renégat de Pierre... Il y a eux... et il y a nous aussi – nous tous : tous perdus mais tous retrouvés. Tous perdus par rapport au monde que Dieu avait rêvé et que le péché a cassé... mais tous retrouvés sous le regard miséricordieux du Fils Unique. En fait, tous pardonnés...

Oui, frères et sœurs, le bon larron a tout compris :

  • celui qui est à son côté c’est son Sauveur, le sien, mais aussi celui de tous, (même et surtout de cet autre compagnon de malheur qui pour l’instant se ferme à la lumière)
  • celui qui est là à son côté c’est le Roi de Miséricorde ! Celui qui sauve les hommes non pas de haut, en les dominant, mais de tout près, à niveau d’homme, en glissant son cœur dans le cortège de leurs misères. Pour en avoir la preuve il suffit de regarder sa Croix : elle est sur le même niveau que celle des autres suppliciés.

Le temps du Royaume est maintenant arrivé et la sentence royale se fait alors entendre : « Aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis ».

Oh ! Merveille, le larron pardonné et sanctifié instantanément, sera avec Jésus dans le Royaume de Miséricorde le premier à y rentrer.

Et nous aussi, frères et sœurs, nous serons avec lui, car sa volonté clairement exprimée est que nous soyons avec lui pour une éternité de bonheur et de gloire, mais que nous soyons déjà, avec lui, en ce monde par une amitié, par une communion de tous les instants. Jésus est venu pour être avec nous et pour que nous soyons avec lui. Il est venu partager notre condition pour que nous partagions la sienne : autrement dit, il s’est humanisé pour que nous soyons divinisés... D’un seul coup se trouve abolie la distance entre lui et nous. Finalement nous devenons nous aussi des rois pour régner avec lui.

Méditant sur ce mystère, l’apôtre Paul nous dit : « Rendez grâce à Dieu le Père. Il nous a arrachés de l’empire des ténèbres et nous a fait entrer dans le Royaume de son Fils Bien-aimé, en qui nous avons le pardon de nos péchés ».

Oui, frères et sœurs, en cette fête du Christ, Roi de l’Univers, rendons grâce à Dieu le Père pour sa miséricordieuse lumière qui est venue jusqu’à nous par son Fils, par ses Apôtres, et les innombrables confesseurs de la Foi parmi lesquels nous sommes heureux de compter saint Pierre Dumoulin-Borie, grand martyr de la foi au Tonkin en 1838.

Oui, rendons grâce et apprenons toujours plus à leur école, à devenir les enfants du Royaume. Puissions-nous enfin, à l’heure de notre mort, tourner notre regard vers Jésus le Roi crucifié et lui dire : « Je n’ai été qu’un pécheur, souviens-toi de moi dans ton Royaume ».

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes Christ Roi
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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 07:22

Lecture du livre de la Sagesse 2, 23 ; 3, 1-6, 9

Dieu a créé l'homme pour une existence impérissable, il a fait de lui une image de ce qu'il est en lui-même. La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n'a de prise sur eux. Celui qui ne réfléchit pas s'est imaginé qu'ils étaient morts ; leur départ de ce monde a passé pour un malheur ; quand ils nous ont quittés, on les croyait anéantis, alors qu'ils sont dans la paix. Aux yeux des hommes, ils subissaient un châtiment, mais par leur espérance ils avaient déjà l'immortalité. Ce qu'ils ont eu à souffrir était peu de chose auprès du bonheur dont ils seront comblés, car Dieu les a mis à l'épreuve et les a reconnus dignes de lui. Comme on passe l'or au feu du creuset, il a éprouvé leur valeur ; comme un sacrifice offert sans réserve, il les a accueillis. Ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6, 3-9

Frères, nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c'est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si, par le baptême dans sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, de même que le Christ, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. Car, si nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons encore par une résurrection qui ressemblera à la sienne. Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que cet être de péché soit réduit à l'impuissance, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. Car celui qui est mort est affranchi du péché. Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Nous le savons en effet : ressuscité d'entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5, 24-29

Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m'a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. Amen, amen, je vous le dis : l'heure vient — et c'est maintenant — où les morts vont entendre la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la vie en lui-même ; et il lui a donné le pouvoir de prononcer le Jugement, parce qu'il est le Fils de l'homme. Ne soyez pas surpris ; l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux vont entendre sa voix, et ils sortiront : ceux qui ont fait le bien, ressuscitant pour entrer dans la vie ; ceux qui ont fait le mal, ressuscitant pour être jugés ».

Homélie

Le regard intérieur de notre foi se porte aujourd’hui vers tous ceux que nous appelons nos morts, mais qui sont tout aussi vivants et même beaucoup plus vivants que nous.

Le seul fait que cette journée du 2 novembre leur soit consacrée est l’attestation d’une certitude absolue : à savoir que ceux qui ont quitté cette terre n’ont fait que passer sur l’autre rive : ils sont entrés dans la Vraie Vie, la Vie de Dieu.

Pourquoi, alors, l’Eglise nous invite-t-elle à prier pour eux ? De quoi ont-ils besoin ? Pour répondre à cette question, il nous faut rafraîchir un peu dans notre mémoire les enseignements de la foi catholique concernant la mort et l’au-delà.

L’âme qui vient de quitter cette terre ne peut entrer dans la vision et dans le bonheur de Dieu que si elle est totalement purifiée « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Et saint Jean nous dit dans l’Apocalypse que « rien de souillé ne pourra pénétrer dans le Royaume de Dieu ». Si cette purification n’a pas été opérée durant notre séjour ici bas, autrement dit : si nous n’avons pas assez prié, assez fait d’efforts pour nous sanctifier en aimant Dieu et notre prochain (si après les avoir confessés à un prêtre) nous n’avons pas suffisamment  réparé nos péchés par l’acceptation et l’offrande de nos souffrances ainsi que par des sacrifices librement consentis, nous ne sommes pas en état de paraître devant Dieu et de vivre en sa présence. Il faut être saint, en effet, pour pouvoir vivre en communion avec le Dieu trois fois Saint. Si au moment de la mort, nous ne sommes pas tels que Dieu nous veut, il faut que notre sanctification s’achève obligatoirement « comme à travers le feu » dans cette souffrance mystérieuse qu’on appelle le Purgatoire.

Quand les âmes, en effet, paraissent devant Dieu, elles se voient et se jugent telles qu’elles sont avec les traces des nombreux péchés qui ont souillé la robe blanche de leur baptême. Elles comprennent à quel point elles ont peu aimé sur la terre et combien il leur reste à expier. Alors d’elles-mêmes, elles se retirent de devant Dieu et la douleur extrême qu’elles éprouvent à cause de leurs péchés les brûle intérieurement jusqu’au moment où tout est parfaitement pur en elles, jusqu’au moment où elles sont devenues vraiment saintes.

C’est une épreuve terrible que cette peine du purgatoire, mais qui se vit dans une joyeuse et ferme espérance, à la fois avec un désir très fort et avec la certitude d’entrer pour toujours dans l’insurpassable et inépuisable béatitude du Paradis. L’Eglise de la terre que nous formons (nous les baptisés) ne saurait abandonner les âmes qui souffrent en purgatoire. Elle sait qu’elles ont besoin de notre aide spirituelle, c’est pourquoi elle nous invite instamment à faire monter vers le Seigneur nos ferventes supplications ainsi que notre offrande au Saint Sacrifice de la Messe célébré en leur faveur... afin que leur temps de purification puisse être écourté et leur délivrance accélérée... Certes, nous ignorons comment s’opère cette accélération, ce soulagement ou cette délivrance, nous avons seulement la certitude de l’efficacité de notre prière et de l’incomparable efficacité du Sacrifice Eucharistique qui applique aussi bien aux défunts qu’aux vivants la valeur infinie de mérites de Jésus, notre Rédempteur et Sauveur.

Cela devrait suffire pour nous motiver à intervenir souvent et avec ferveur pour les âmes de nos proches ainsi que pour celles, si nombreuses qui sont totalement délaissées et dont la détresse est immense. C’est là le plus beau témoignage d’affection que nous puissions leur porter. Il nous est aussi permis de penser qu’à ce témoignage de notre part les âmes de nos défunts ne manquent jamais de répondre en priant elles-mêmes en notre faveur. Même lorsqu’elles ne sont pas dans le bonheur définitif elles ont cette possibilité, en effet d’intervenir auprès du Seigneur et d’implorer pour nous toutes sortes de bienfaits divins. Elles n’ont peut-être pas une connaissance exacte de tous les détails de notre existence terrestre, mais elles savent au moins ce qui leur est utile de savoir pour nous aider par leur intercession. N’hésitons pas à les prier, afin de rendre cette intercession encore plus empressée et plus efficace.

Prier pour nos défunts, mais aussi prier nos défunts. Voilà ce que nous devons faire, frères et sœurs, si nous voulons que s’établisse entre eux et nous un véritable échange d’amour, une communion très réelle qui atteindra sa plénitude lorsqu’an moment de notre mort, c’est-à-dire de notre naissance à la vie du ciel, nous irons les rejoindre pour ne plus jamais les quitter.

Puissent ces quelques réflexions sur nos relations avec les âmes du Purgatoire, raffermir les certitudes de notre foi et nourrir notre Espérance.

Amen.

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 07:21

Lecture du livre de l'Apocalypse 7, 2-4,9-14.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et à la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni à la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, douze mille de chacune des douze tribus d’Israël. Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « C’est toi qui le sais mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés par le sang de l’Agneau.

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-3

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisque qu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a.

Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait, il gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur, le royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux, ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde !

Heureux les cœurs purs ; ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! »

Homélie

C’est donc de cette façon particulièrement frappante, en prononçant neuf fois le mot « heureux » que Jésus dans les premiers mois de sa mission apostolique a résumé son Evangile, cette Bonne Nouvelle qui nous annonce et nous apporte le Bonheur.

Le Bonheur, me direz-vous, on voudrait bien y croire et en fait, on ne désire, on ne cherche que cela, mais le monde d’aujourd’hui dans lequel nous vivons en prend-il le chemin ?

Il suffit de jeter un coup d’œil sur l’ensemble de l’actualité pour se rendre compte à quel point il se désole et se désespère de ses guerres, de ses génocides, de ses enfants abandonnés, maltraités ou exploités, de ses familles éclatées, de ses maladies incurables et de combien d’autres malheurs…

Et nous-mêmes pouvons-nous affirmer que nous sommes vraiment heureux même si nous avons du travail et de quoi vivre décemment ? Nous avons tous, en effet, qui que nous soyons, notre part d’échecs, de peines ou de souffrances… Et que dire de notre misère spirituelle, moins visible sans doute, mais toute aussi criante (si toutefois nous posons sur nous un regard lucide et sans complaisance) : notre égoïsme, notre orgueil, nos mensonges, nos lâchetés, nos infidélités bref nos refus d’aimer Dieu et notre prochain. Reconnaissons loyalement que notre manière de vivre trop souvent médiocre et superficielle est absolument incapable de combler les aspirations les plus profondes et les plus nobles de notre cœur… Oui, bien sûr, tout cela est flagrant. Mais si nous nous contentons de gémir sur les malheurs du temps ou sur la condition souvent difficile et quelquefois dramatique qui est la notre nous ne raisonnons pas en chrétiens, car nous oublions, à ce moment là une vérité capitale de notre foi (qui éclaire toutes choses d’une nouvelle lumière) c’est ce que l’Evangile n’est pas d’abord un message d’euphorie ou une sorte de drogue destinée à apaiser toutes nos angoisses et à guérir toutes nos blessures.

Au cœur de l’Évangile il y a le mystère de la Croix. Le crucifix de nos maisons ou de nos carrefours, tout comme la croix de nos tombes nous rappelle à quel prix nous avons été rachetés, sauvés par le Christ. Sans doute nous a-t-il mérité le pardon du Père et réconciliés avec Lui ; il n’en reste pas moins que nous devons accueillir ce salut toujours offert, et que nous devons y coopérer en acceptant de passer chaque jour par le chemin que Jésus nous a ouvert et qui n’est pas un chemin de velours mais un rude chemin de peines, de souffrances et d’efforts coûteux.

Lui-même, d’ailleurs, nous a bien prévenus « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il prenne sa croix, chaque jour et qu’il me suive… » C’est ce que nous faisons toutes les fois que nous unissons au Sacrifice de Jésus l’offrande de tout ce qui est pénible, de tout ce qui est douloureux dans nos vies et aussi de tout ce qui nous coûte pour aimer Dieu et notre prochain. Cela, il ne faut jamais le perdre de vue, et cependant Jésus nous assure que nous sommes neuf fois heureux. Ça devrait tout de même nous faire réfléchir d’autant plus que ces premiers mots du message divin sont aussi les derniers et, c’est là le grand secret qui devrait en toutes circonstances, mais surtout au sein de l’épreuve, gonfler notre cœur d’une invincible espérance.

Frères Chrétiens, nous sommes heureux et dès à présent, d’une joie profonde que rien, ni personne ne pourra jamais nous enlever, parce qu’au matin de Pâques, le Christ-Jésus, définitivement victorieux du péché et de la mort, nous a donné rendez-vous : « voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Il est donc là, c’est sûr, Lui l’éternel Vivant ; il est là, tout proche, présent dans notre cœur dans la mesure où nous voulons bien l’accueillir et lui faire de la place ; présent à tout ce que nous pensons, à tout ce que nous ressentons, à tout ce que nous faisons.

Où pourrions-nous trouver dites-moi, un ami plus tendre et plus compatissant, un ami plus fidèle et plus fort ? Il suffit de croire, chers frères et sœurs, à cette présence si aimante du Christ-Jésus, notre Sauveur pour que tout dans notre vie prenne un sens, pour que tout dans notre vie (y compris la souffrance) soit finalement transfiguré. Nous pouvons désormais entrevoir, et il nous arrive parfois d’en éprouver comme l’avant-goût ce bonheur incomparable que Jésus nous promet et qui nous est assuré, si toutefois nous acceptons de remplir les conditions exigées pour le mériter… Car il ne s’agit pas d’avancer au gré de nos fantaisies ou de nos caprices.

Si nous voulons traverser sans risque de nous perdre cette pénombre qu’est notre vie d’ici bas, il nous faut une lumière, un phare et il nous faut en même temps une main qui nous tienne et qui nous mène. Tout cela pour l’essentiel, nous est clairement indiqué dans cette charte de la vie chrétienne que sont les Béatitudes : ne sont-elles pas comme 9 balises en forme de bonheur... Si nous les suivons de notre mieux, comme l’ont fait tous ces saints connus et inconnus que l’Eglise fête aujourd’hui, nous arriverons sûrement là où le Seigneur, nous attend, là où il nous a préparé une place… c’est-à-dire au Ciel.

Efforçons-nous donc de nous imprégner de cet esprit des Béatitudes.

  • Rappelons-nous qu’avoir un cœur de pauvre, cela veut dire qu’il ne faut pas rechercher, qu’il ne faut pas aimer d’autres richesses que la présence de Dieu, que l’habitation mystérieuse mais si réelle du Père, du Fils et du Saint Esprit dans ce temple, dans ce petit ciel qu’est notre âme. Celui qui possède de Dieu, possède tout et il partage déjà, bien que ce soit dans l’obscurité de la Foi, son indicible Bonheur.
  • Être doux, c’est miser uniquement sur l’amour pour régler les problèmes qui surgissent inévitablement là où des hommes vivent ensemble.
  • Pleurer, c’est attendre la consolation de Dieu seul lorsqu’il viendra lui-même essuyer toute larme de nos yeux.
  • Avoir faim et soif de la justice, c’est avoir le désir plus ardent de nous ajuster à Dieu, de faire en toutes choses et quoiqu’il en coûte sa très sainte volonté.
  • Être miséricordieux, c’est imiter Dieu notre Père, c’est recommencer inlassablement à partir du pardon reçu et accordé sans arrière-pensée.
  • Avoir le cœur pur, c’est agir constamment avec une intention droite, c’est avoir une âme simple, toute transparente à Dieu et qui sait reconnaître Dieu partout où il fait signe.
  • Être un artisan de paix, c’est chercher à réaliser l’unité dans la diversité en tissant des liens, en jetant des ponts, en étant un porte-flambeau de la vérité, de la justice et de l’amour.
  • Être persécuté pour la justice, c’est accepter de tout souffrir plutôt que de renoncer à Dieu, à l’Evangile et à l’Eglise.
  • Être insulté et calomnié à cause de Jésus, c’est être tout simplement un chrétien authentique, ce qui ne peut pas être vécu, sans que quelque chose nous retombe sur la tête…

Tels sont, chers frères et sœurs, les jalons plantés sur la route du Paradis. Telles sont les exigences du Seigneur. Il est évident qu’elles vont à contre-courant de tout ce qui nous est proposé dans le monde d’aujourd’hui. Sont-elles vraiment réalisables, ne sont-elles pas un rêve, une illusion, une utopie ?…

Nous sommes souvent tentés de le croire, parce que nous ne regardons que notre faiblesse mais si nous nous appuyons constamment sur la miséricorde, la bonté, la puissance de Dieu, si, comme des petits enfants nous tenons d’une part la main de Jésus qui est notre guide suprême et d’autre part la main de Marie qui est l’éducatrice par excellence de la vie spirituelle, si enfin nous nous laissons attirer par la multitude des Saints (qui étaient comme nous des êtres de chair et de sang) et qui nous redisent inlassablement : « N’aie pas peur, vas-y, c’est possible » alors, chers frères et sœurs, qu’est-ce qui pourrait bien nous empêcher de réussir la seule aventure qui vaille la peine d’être vécue : l’Aventure de la Sainteté, celle qui nous vaudra pour toujours la plénitude du Bonheur avec Dieu et en Dieu.

Amen.

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 16:27
Photo de Mgr Guido Marini

Photo de Mgr Guido Marini

Hommage du Pape François à saint Jean-Paul II

Pour la fête de saint Jean-Paul II (1920-2005), le 22 octobre 2016, le pape François a rendu hommage à la « force » et au « courage » de son prédécesseur. Il a aussi fait mémoire de son voyage « inoubliable » en Pologne trois mois plus tôt.

À l’occasion de l’audience jubilaire place Saint-Pierre, le pape a réservé un long salut aux Polonais, venus à Rome pour célébrer le 1050ème anniversaire du baptême du pays. Il a fait mémoire de l’inauguration du pontificat de Jean-Paul II, il y a 38 ans jour pour jour : « Presque à cette heure-là, sur cette place, résonnaient les paroles adressées aux hommes du monde entier : ‘N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ’ », prononcées par le pape polonais.

Jean-Paul II fut « un pape d’une profonde spiritualité, a poursuivi le pape François, modelée par l’héritage millénaire de l’histoire et de la culture polonaise transmise avec esprit de foi, de génération en génération. Cet héritage était pour Lui source d’espérance, de force et de courage ».

Le pape argentin a inscrit l’Année jubilaire en cours comme la « continuation » de la « proclamation incessante de l’Évangile de la miséricorde pour le monde et pour l’homme » accomplie par son prédécesseur.

Et de souhaiter aux Polonais : « Que le Seigneur vous donne la grâce de la persévérance dans cette foi, cette espérance et cet amour que vous avez reçu de vos ancêtres et que vous conservez avec soin. Que dans vos esprits et dans vos cœurs, résonne toujours l’appel de votre grand compatriote à réveiller en vous la créativité de la miséricorde, afin que vous puissiez apporter le témoignage de l’amour de Dieu à tous ceux qui en ont besoin ».

Le pape a aussi évoqué Jean-Paul II en saluant les jeunes, les personnes malades et les nouveaux mariés au terme de la rencontre : « Que son témoignage cohérent de foi vous enseigne, chez jeunes, à affronter les défis de la vie ; à la lumière de son enseignement, chers malades, embrassez avec espérance la croix de la maladie ; invoquez sa céleste intercession, chers nouveaux époux, pour que l’amour ne manque jamais au sein de votre famille ».

Le voyage « inoubliable » en Pologne

Dans son salut aux Polonais, le pape s’est uni à leur action de grâce pour « tout le bien qui est né dans les cœurs des jeunes du monde entier durant l’inoubliable rencontre » des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie en juillet dernier.

« Je suis immensément reconnaissant à Dieu qui m’a permis de connaître votre nation, la Patrie de saint Jean-Paul II, où j’ai pu visiter le sanctuaire de Jasna Gora, le sanctuaire de la Divine Miséricorde à Cracovie et le Centre Jean-Paul II ‘n’ayez pas peur’ », a déclaré le pape.

« À celui qui s’identifie surtout dans tout homme humilié et souffrant, a-t-il ajouté, je rends grâce aussi pour le silence qui m’a été accordée dans le lieu du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. En ce silence le message de la miséricorde prend une importance inouïe ! »

Le pape a conclu en remerciant tout le peuple et les autorités polonaises pour leur « accueil chaleureux » ainsi que pour la « magnifique préparation artistique et spirituelle » des événements.

HOMÉLIE DE SA SAINTETÉ JEAN-PAUL II

Dimanche 22 octobre 1978

1. Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. (Mt 16, 16.)

Ces paroles, c’est Simon, fils de Jonas, qui les a prononcées dans la région de Césarée de Philippe. Oui, il les a exprimées dans sa propre langue, avec une conviction profondément enracinée dans les sentiments et dans la vie, mais ce n’est pas en lui qu’elles trouvaient leur source, leur origine : « ... Car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang mais de mon Père qui est dans les cieux. » (Mt 16, 17.) Ces paroles étaient celles de la foi.

Elles marquent le commencement de la mission de Pierre dans l’histoire du salut, dans l’histoire du Peuple de Dieu. Depuis lors, à partir d’une telle profession de foi, l’histoire sainte du salut et du Peuple de Dieu devait acquérir une nouvelle dimension, s’exprimer dans la dimension historique de l’Église. Cette dimension ecclésiale de l’histoire du Peuple de Dieu tire en effet son origine de ces paroles de foi et est liée à l’homme qui les a prononcées : « Tu es Pierre — le roc, la pierre —, et sur toi, comme sur une pierre, je construirai mon Église. » (Mt 16, 18.)

2. Aujourd’hui et en ce lieu, il faut que de nouveau soient prononcées et écoutées les mêmes paroles : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Oui, frères et fils, ces paroles avant tout.

Leur contenu découvre à nos yeux le mystère du Dieu vivant, mystère que le Fils nous a rendu proche. Personne, en effet n’a rendu le Dieu vivant proche des hommes, personne ne l’a révélé comme lui-même l’a fait. Dans notre connaissance de Dieu, dans notre chemin vers Dieu, nous sommes totalement tributaires de la force de ces paroles : « Qui me voit voit également le Père. » (Jn 14, 9.) Celui qui est infini, impossible à scruter, impossible à exprimer, s’est fait proche de vous en Jésus-Christ le Fils unique né de la Vierge Marie dans l’étable de Bethléem.

Vous tous qui avez déjà la chance inestimable de croire, vous tous qui encore cherchez Dieu, et vous aussi qui êtes tourmentés par le doute, veuillez accueillir encore une fois, aujourd’hui et en ce lieu sacré, les paroles prononcées par Simon Pierre. Ces paroles contiennent la foi de l’Église. Elles contiennent la vérité nouvelle bien plus, la vérité ultime et définitive sur l’homme : le fils du Dieu vivant. « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

3. Aujourd’hui, le nouvel évêque de Rome inaugure solennellement son ministère et la mission de Pierre. Dans cette ville, en effet, Pierre a accompli et mené à son terme la mission que lui avait confiée le Seigneur.

Le Seigneur s’adressa à lui en disant : « ... Quand tu étais plus jeune, tu mettais toi-même ta ceinture et tu allais où tu voulais ; mais quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te mettra ta ceinture et te mènera où tu ne voudrais pas. » (Jn 21, 18.)

Et Pierre est venu à Rome !

Qu’est-ce qui l’a guidé et conduit vers cette ville, le cœur de l’Empire, sinon l’obéissance à l’inspiration reçue du Seigneur ? Peut-être ce pêcheur de Galilée n’a-t-il pas voulu venir jusque-là ? Peut-être aurait-il préféré rester sur les rives du lac de Génésareth, avec sa barque et ses filets ? Mais, conduit par le Seigneur et obéissant à son inspiration, il est venu jusqu’ici.

Selon une vieille tradition (qui a trouvé une belle expression littéraire dans un roman d’Henryk Sienkiewicz), pendant la persécution de Néron, Pierre aurait voulu quitter Rome. Mais le Seigneur est intervenu ; il est venu à sa rencontre. Pierre s’adressa à lui et lui demanda : « Quo vadis, Domine ? » (« Où vas-tu, Seigneur ? ») Et le Seigneur lui répondit aussitôt : « Je vais à Rome pour être crucifié une seconde fois. » Pierre retourna à Rome et il y est resté jusqu’à sa crucifixion.

Oui, frères et fils, Rome est le Siège de Pierre. Et sur ce Siège de nouveaux évêques lui ont toujours succédé. Aujourd’hui un nouvel évêque accède à la Chaire romaine de Pierre, un évêque rempli de crainte, conscient de son indignité. Et comment ne pas craindre en face de la grandeur d’un tel appel et en face de la mission universelle de ce Siège romain ? Mais sur le Siège de Pierre monte aujourd’hui un évêque qui n’est pas romain. Un évêque qui est fils de la Pologne. Mais dès cet instant, il devient lui aussi romain. Oui, romain ! Il l’est aussi parce qu’il est fils d’une nation dont l’histoire, depuis ses plus lointaines origines, dont les traditions millénaires sont marquées par un lien vivant avec le Siège de Pierre, fort, ininterrompu, profondément ancré dans les sentiments et dans la vie, une nation qui est demeurée toujours fidèle à ce Siège de Rome. Oh ! dessein inscrutable de la divine Providence !

4. Dans les siècles passés, lorsque le Successeur de Pierre prenait possession de son siège, on posait sur sa tête la triple couronne, la tiare. Le dernier Pape couronné fut Paul VI en 1963. Mais, une fois achevé le rite solennel de son couronnement, il n’a plus jamais usé de la tiare et a laissé à ses successeurs la liberté de prendre leur décision à ce sujet.

Le Pape Jean-Paul Ier, dont le souvenir est si vivant en nos cœurs, n’a pas voulu de la triple couronne, et aujourd’hui son successeur n’en veut pas davantage. En effet, ce n’est pas le moment de revenir à un rite qui (injustement) a été considéré comme symbole du pouvoir temporel des Papes.

L’époque actuelle nous invite, nous pousse, nous oblige à regarder le Seigneur et à nous plonger dans l’humble méditation du mystère du pouvoir suprême du Christ.

Celui qui est né de la Vierge Marie, le Fils du charpentier — comme on avait coutume de l’appeler —, le Fils du Dieu vivant, comme l’a confessé l’apôtre Pierre, est venu pour faire de nous tous « un royaume de prêtres » (Ap 1, 6).

Le Concile Vatican II nous a rappelé le mystère de ce pouvoir et le fait que la mission du Christ prêtre, prophète et roi, continue dans l’Église. Tout le Peuple de Dieu participe à cette triple mission. Et si, autrefois, on déposait sur la tête du Pape la triple couronne, c’était pour exprimer, à travers ce symbole, le dessein du Seigneur sur son Église, à savoir que toute la hiérarchie de l’Église du Christ, et tout le pouvoir sacré exercé par elle, ne sont qu’un service, le service qui tend à un unique but : la participation de tout le Peuple de Dieu à cette triple mission du Christ et sa constante fidélité à demeurer sous le pouvoir du Seigneur, lequel tire ses origines non des puissances de ce monde mais du mystère de la Croix et de la Résurrection.

Le pouvoir absolu et très doux du Seigneur répond à ce qu’il y a de plus profond en l’homme, aux aspirations les plus nobles de son intelligence, de sa volonté, de son cœur. Ce pouvoir ne s’exprime pas en langage de force, mais dans la charité et la vérité.

Le nouveau successeur de Pierre sur le siège de Rome élève aujourd’hui une prière fervente, humble et confiante : Ô Christ, fais que je puisse devenir et demeurer un serviteur de ton unique pouvoir ! Un serviteur de ton pouvoir tout imprégné de douceur ! Un serviteur de ton pouvoir qui ne connaît pas de déclin ! Fais que je puisse être un serviteur ! Ou mieux le serviteur de tes serviteurs !

5. Frères et sœurs, n’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter son pouvoir !

Aidez le Pape et tous ceux qui veulent servir le Christ et, avec la puissance du Christ servir l’homme et l’humanité entière ! N’ayez pas peur ! Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! À sa puissance salvatrice ouvrez les frontières des États, les systèmes économiques et politiques, les immenses domaines de la culture, de la civilisation, du développement. N’ayez pas peur ! Le Christ sait « ce qu’il y a dans l’homme » ! Et lui seul le sait !

Aujourd’hui, si souvent l’homme ignore ce qu’il porte au-dedans de lui, dans les profondeurs de son esprit et de son cœur. Si souvent il est incertain du sens de sa vie sur cette terre. Il est envahi par le doute qui se transforme en désespoir. Permettez donc — je vous prie, je vous implore avec humilité et confiance, — permettez au Christ de parler à l’homme. Lui seul a les paroles de vie, oui, de vie éternelle !

Aujourd‘hui, justement, l‘ Église entière célèbre sa Journée missionnaire mondiale c’est-à-dire qu’elle prie, qu’elle médite, qu’elle agit pour que les paroles de vie du Christ parviennent à tous les hommes, et qu’ils les écoutent comme un message d’espérance, de salut, de libération totale.

6. Je remercie tous ceux qui sont ici présents et ont voulu participer à cette solennelle inauguration du ministère du nouveau successeur de l’apôtre Pierre.

Je remercie cordialement les chefs d’État les représentants des autorités, les délégations des gouvernements pour leur présence qui m’honore tant.

Merci à vous, chers cardinaux de la sainte Église romaine !

Merci à vous, mes frères bien aimés dans l’Épiscopat !

Merci à vous, chers prêtres !

Merci, sœurs et frères, religieuses et religieux des Ordres et des Congrégations !

Merci à vous, Romains ! Merci à vous, pèlerins venus du monde entier ! Merci enfin à tous ceux qui se sont unis à cette cérémonie grâce à la radio et à la télévision !

En polonais :

7. Je me tourne maintenant vers vous, mes chers compatriotes, pèlerins de la Pologne, vers vous, les évêques, mes frères, avec à votre tête votre vénéré Primat, vers vous prêtres sœurs et frères des Congrégations religieuses polonaises, vers vous, représentants de la « Pologne » dans le monde entier.

Que puis-je vous dire à vous qui êtes venus de ma cité de Cracovie, du siège de saint Stanislas dont je suis l’indigne successeur depuis quatorze ans ? Que dire ? Tout ce que je pourrais dire serait bien pâle au regard de ce que ressent en ce moment mon cœur et de ce que vous éprouvez aussi dans vos cœurs.

Laissons donc tomber les paroles. Que reste seulement le grand silence devant Dieu, le silence qui se traduit en prière.

Je vous en prie, soyez avec moi ! À Jasna Gora et partout. Ne cessez pas d’être avec le Pape qui prie aujourd’hui avec les paroles du poète : « Mère de Dieu qui défends la claire Czestochowa et qui brilles sur la « Porta Accuta » ! Je vous adresse les mêmes paroles en ce moment si particulier.

8. Ces paroles ont été un appel et une invitation à prier pour le nouveau Pape appel exprimé en langue polonaise. J’adresse le même appel à tous les fils et toutes les filles de l‘Église catholique. Souvenez-vous de moi aujourd’hui et toujours dans votre prière.

En français :

Aux catholiques des pays de langue française, j’exprime toute mon affection et tout mon dévouement ! Et je me permets de compter sur votre soutien filial et sans réserve ! Puissiez-vous progresser dans la foi ! À ceux qui ne partagent pas cette foi, j’adresse aussi mon salut respectueux et cordial. J’espère que leurs sentiments de bienveillance faciliteront la mission spirituelle qui m’incombe et qui n’est pas sans retentissements sur le bonheur et la paix du monde !

En anglais :

Vous tous, qui parlez anglais, je vous salue de tout cœur au nom du Christ. Je compte sur l’aide de vos prières et de votre bonne volonté pour l’exercice de ma mission au service de l’Église et de l’humanité. Que Dieu vous donne sa grâce et sa paix, en surmontant les barrières des divisions et en rassemblant toutes choses en lui.

En allemand :

Je salue de tout cœur ceux ici présents, ainsi que tous les habitants des pays de langue allemande. À plusieurs reprises — et encore tout récemment lors de ma visite en République fédérale allemande — j’ai eu l’occasion de connaître et d’apprécier personnellement la belle activité de l’Église et de vos fidèles. Que votre généreux engagement au service du Christ soit de plus en plus fructueux pour les grandes tâches et les grands besoins de l’Église dans le monde entier ! C’est la demande que je vous adresse et je confie mon nouveau service apostolique à vos prières particulières.

En espagnol :

Ma pensée se tourne maintenant vers le monde de langue espagnole, qui constitue une portion si considérable de l’Église du Christ. Chers frères et fils, le nouveau Pape vous salue affectueusement en cet instant solennel. Unis par les liens d’une commune foi catholique, mais fidèles à votre tradition chrétienne, devenue vie en un climat toujours plus juste et solidaire, conservez votre attachement bien connu au Vicaire du Christ et cultivez intensément votre dévotion à notre Mère, la très sainte Vierge Marie.

En portugais :

Frères et fils de langue portugaise, je vous salue affectueusement dans le Seigneur en tant que « serviteur des serviteurs de Dieu ». En vous donnant ma bénédiction je fais confiance à la charité de vos prières et à votre fidélité pour vivre toujours le message de cette journée et de cette célébration : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

En russe :

Que le Seigneur soit avec nous tous par sa grâce et la philanthropie de sa miséricorde.

En tchèque :

De tout cœur je salue les Tchèques et les Slovaques qui sont si proches de moi.

En ukrainien :

D’un cœur large je salue et bénis tous les Ukrainiens, de la diaspora et du monde entier.

En lituanien :

Mon salut cordial à mes frères lituaniens. Soyez heureux et fidèles au Christ.

Conclusion (en italien) :

J’ouvre mon cœur à tous les frères des Églises et des communautés chrétiennes, en vous saluant d’une façon particulière vous qui êtes ici présents et en attendant de vous rencontrer personnellement tout prochainement. Mais, dès maintenant, je vous exprime ma vive satisfaction pour avoir voulu assister à cette cérémonie solennelle.

Et je m’adresse encore à tous les hommes, à chaque homme (et avec quelle vénération l’apôtre du Christ ne devait-il pas prononcer cette parole : homme !). Priez pour moi ! Aidez-moi, afin que je puisse vous servir !

Amen.

© Copyright 1978 - Libreria Editrice Vaticana

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