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26 juin 2022 7 26 /06 /juin /2022 14:54

Lecture du livre des Actes des Apôtres 12, 1-11

Arraché aux griffes d’Hérode dans la semaine de la Pâque, Pierre ne suivra-t-il pas l’itinéraire de son Maître ? Si, il le suivra plus tard jusqu’à la croix !

À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain. Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison. Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite ». Les chaînes lui tombèrent des mains. Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales ». Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi ». Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif ». - Parole du Seigneur.

Psaume 33

R/ De toutes mes frayeurs, le Seigneur me délivre.

  • Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. Je me glorifierai dans le Seigneur : que les pauvres m'entendent et soient en fête ! R/
  • Magnifiez avec moi le Seigneur, exaltons tous ensemble son nom. Je cherche le Seigneur, il me répond : de toutes mes frayeurs, il me délivre. R/
  • Qui regarde vers lui resplendira, sans ombre ni trouble au visage. Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. R/
  • L'ange du Seigneur campe à l'entour pour libérer ceux qui le craignent. Goûtez et voyez : le Seigneur est bon ! Heureux qui trouve en lui son refuge ! R/

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée 4, 6-8.17-18

Le Seigneur m’a assisté pour que je puisse jusqu’au bout annoncer l’Évangile, écrit Paul. Demandons au Seigneur d’avoir cette même passion de l’Évangile.

Bien-Aimé, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Tous m’ont abandonné. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen. - Parole du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16, 13-19

« Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». C’est le Christ qui bâtit son Église, mais il lui faut pour cela des hommes de foi comme pierres vivantes.

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; t la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ». -Acclamons la Parole du Seigneur.

Homélie

La liturgie propose à notre vénération et nous montre en exemple deux des plus grands apôtres : saint Pierre et saint Paul qui sont les deux figures marquantes des débuts difficiles de l’Eglise. Ils sont l’un et l’autre, des témoins vivants de cette merveilleuse transformation que la grâce de Dieu réalise chez les hommes.

Ces deux saints, si différents et pourtant si complémentaires ont ceci en commun : ils ont été entièrement métamorphosés par l’action divine. La fête des saints Pierre et Paul est donc la fête de la puissance de la grâce. Or, cette grâce ne s’épuise pas avec les siècles : elle est toujours capable de façonner les saints avec les pauvres hommes que nous sommes.

- Pierre et Paul étaient incontestablement différents par leurs origines et par leurs itinéraires spirituels.

- Pierre était un simple pécheur du lac de Tibériade. Il avait vécu plusieurs années aux côtés de Jésus, partageant les errances de sa vie publique jouant parfois le rôle de garde du corps pour le protéger des foules, assistant éblouis aux miracles et savourant chaque jour un enseignement particulièrement lumineux et solide.

- Paul, quant à lui, n’avait pas connu Jésus durant sa vie terrestre. C’était un juif vivant à l’étranger. Il avait passé toute sa jeunesse à Tarse en Cilicie, ville universitaire où il avait reçu une solide instruction à la fois juive et grecque.

Pierre avait été un des premiers à répondre à l’appel du Christ « Viens et suis-moi ». Très vite il avait perçu qui était Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Cette belle profession de foi lui valut d’être choisi par Jésus pour être le chef de l’Eglise naissante, (le premier pape). « Tu es Pierre et sur cette pierre... »

Mais lorsqu’arriva la tornade de la Passion, Pierre le présomptueux toujours prêt à ferrailler pour son Maître fut terrorisé comme les autres. Nous savons comment au moment du procès il renia le Christ par 3 fois, ce qu’il regretta d’ailleurs amèrement. Il fallut attendre le souffle de l’Esprit-Saint à la Pentecôte pour le galvaniser et lui donner la force d’affermir ses frères dans la foi, la force d’affronter l’hostilité des juifs et des romains et de rester fidèle au Christ jusqu’au martyre. Il mourut crucifié, la tête en bas, à Rome, sous le règne de Néron.

Paul, lui était un juif orgueilleux, fier de sa race et de ses origines ; dès qu’il connut les premiers chrétiens à Jérusalem, il se mit à les combattre parce qu’il les considérait comme des hérétiques. Les Actes des apôtres, ce livre écrit par saint Luc et qui est le prolongement de son évangile, nous disent qu’il était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il les jetait en prison et assistait à leur persécution. C’est ainsi qu’il observe, sans le moindre remords, la lapidation du diacre Etienne... Mais le Christ ressuscité l’attendait sur le chemin de Damas : il lui apparut et Paul fut terrassé par cette vision. Il comprit que derrière sa fidélité juive se cachait un orgueil qui refusait la grâce de Dieu. Il réalisa alors une conversion soudaine et radicale et il mit désormais sa fougue et sa brillante intelligence au service de ce Jésus qu’il avait persécuté à travers les membres de son Eglise. Il comprit surtout que seule l’adhésion totale et confiante à la personne du Christ-Sauveur pouvait faire de nous des hommes nouveaux.

Tel est, chers frères et sœurs, le miracle de la grâce de Dieu. Dieu fait de ces 2 hommes si différents des piliers inébranlables de son Eglise primitive. Certes, la grâce de Dieu est bienveillante et gratuite, mais elle n’est pas un rayon-laser subtil, transperçant les cœurs pour les transformer de force. Dieu respecte trop la liberté de l’homme créé à son image. Néanmoins la grâce est une force puissante dans la mesure où elle est accueillie. Chez Pierre et chez Paul elle le fut généreusement. Il suffit de lire les Actes des apôtres pour comprendre comment le Seigneur a fait de ces 2 pécheurs les 2 grands saints que toute l’Eglise vénère. N’allons pas croire cependant que ce bouleversement étonnant de la grâce a pu s’opérer sans difficulté, car l’action de Dieu si forte soit-elle n’empêche pas les hommes de rester des hommes. Mais, si la grâce ne supprime pas les difficultés elle permet par contre de les surmonter. Plus tard, elle n’empêchera pas les persécutions : mais elle sera la force des martyrs. Pour le bien de l’Eglise, elle utilise donc ces 2 hommes si différents, mais complémentaires : tandis que Pierre tient bon la barre en prenant les décisions qui s’imposent dans la fidélité au message évangélique, Paul, le grand voyageur (qu’on a appelé l’apôtre des gentils, c'est-à-dire des païens) apparaît comme l’aiguillon qui pose sans cesse de nouvelles questions et demande de nouvelles aventures.

Frères et sœurs, ce que saint Pierre et saint Paul ont vécu nous le vivons nous aussi à notre échelle, car notre situation de chrétiens implique nécessairement des tensions et des luttes. Comme Jésus le faisait remarquer (au moment de son agonie au Jardin des Oliviers) l’esprit est parfois plein d’ardeur, mais la chair est faible. Ce qui est merveilleux, c’est que la grâce vient en aide à cette faiblesse congénitale et rend ainsi l’homme capable de l’impossible. Voilà pourquoi le persécuteur devient martyr et le renégat devient pape. L’essentiel (on ne le redira jamais assez) c’est d’accueillir cette grâce abondamment dispensée.

Accueillir la grâce en nous c’est d’bord nous mettre en état de réceptivité et d’écouter « Parle Seigneur, ton serviteur écoute... »

Accueillir la grâce c’est aussi accepter de renoncer à notre volonté propre pour prendre un chemin souvent déconcertant.

Accueillir la grâce c’est surtout prier et prier inlassablement avec une confiance absolue pour obtenir le don du discernement et celui d’une entière disponibilité.

En fait la grande vertu qui a permis aux apôtres Pierre et Paul de devenir des géants de la sainteté, c’est la vertu d’abandon. Ils ont en cette simplicité héroïque de se laisser modeler par Dieu. Ils ont pris conscience de leur pauvreté pour mieux se laisser envahir par la mystérieuse présence de la grâce. Et celle-ci les a conduits à la joie et à l’action de grâces. C’est pourquoi ils pouvaient chanter et rendre gloire à Dieu dans leur prison.

Aujourd’hui nous sommes invités à suivre leur exemple à nous laisser saisir par le Christ et à nous abandonner comme eux à son bon vouloir.

Ainsi, comme eux, nous entrerons dans la joie donnée par l’Esprit-Saint, une joie que jamais rien, ni personne ne pourra nous enlever.

Amen.

Prière universelle

 

En ce jour de la Fête des deux apôtres Pierre et Paul, nous prions Dieu pour toute notre société, avec ces deux témoins de la foi :

R/ Pour les hommes et pour les femmes, pour les enfants de la terre, ton Église qui t’acclame, vient te confier sa prière.

  • Pierre, pour toi, toute église a prié avec insistance : que le rôle et les tâches des responsables dans l’église soient soutenus par la prière des fidèles ! Que l’appel du pape François aux baptisés de prier pour lui est pris en compte sérieusement au cœur de la vie de chaque chrétien ! R/
  • Pierre, toi qui as écouté et réalisé ce que dit l’ange du Seigneur, aide-nous à être attentifs aux événements dans la vie de tous les jours ! Qu’à notre tour, nous soyons toujours discernant et dociles au souffle de Dieu ! R/
  • Paul, converti sur le chemin de Damas : que les yeux de chair de tout homme puissent transformés au regard de Dieu ! Que le feu du péché qui installe la guerre dans les sociétés humaines, laisse la place au feu ardent de l’amour et de la paix ! R/
  • Paul, du Saul-persécuteur au Paul-porteur du nom chrétien, aide à tout homme qui est en quête du sens de la vie de rencontrer le Christ, le Fils de Dieu qui s’est fait petit et humble, qui est abandonné, emprisonné, persécuté … R/

Avec Pierre et Paul, nous demandons à Dieu, le père, de faire grandir notre foi en Christ jour après jour. Que l’Esprit Saint nous aide à témoigner son amour miséricordieux dans le milieu où nous vivons ! Amen

Source : http://www.jardinierdedieu.com

 

Prière sur les offrandes

Que la prière de tes apôtres, Seigneur, accompagnent l’offrande que nous te présentons ; qu’elle nous inspire et nous soutienne pour célébrer cette eucharistie. Par Jésus.

Préface

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Car tu nous donnes de fêter en ce jour les deux apôtres Pierre et Paul : celui qui fut le premier à confesser la foi, et celui qui l’a mise en lumière ; Pierre qui constitua l’Église en s’adressant d’abord aux fils d’Israël, et Paul qui fit connaître aux nations l’Évangile du salut ; l’un et l’autre ont travaillé, chacun selon sa grâce, à rassembler l’unique famille du Christ ; maintenant qu’ils sont réunis dans une même gloire, ils reçoivent une même vénération. C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous chantons et proclamons : Saint !...

Antienne de communion

Pierre dit à Jésus : « Tu es le Messie, le Fils de Dieu vivant ». Jésus lui répondit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ».

Prière

Après nous avoir fortifiés par cette eucharistie, Seigneur, fais-nous vivre dans ton Église comme les premiers chrétiens : assidus à la fraction du pain, attentifs à l’enseignement des apôtres, nous serons un seul cœur, une seule âme, solidement enracinés dans ton amour. Par Jésus.

Lectures et Homélie des saints Pierre et Paul en DOCX et PDF

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 14:45

Retour sur le jeudi 26 mai 2016, ou le Pape François s’est rendu à la basilique Saint-Jean-de-Latran pour célébrer la messe de la solennité du Corps et du Sang du Christ.

Donner à manger à la foule

« Prenez le pain, rendez grâce, et rompez-le ». Dans son homélie, le Pape a commenté le récit de la Dernière Cène par saint Paul (1Co 11, 24-25). Jésus commande à ses disciples de « répéter le geste » par lequel il a institué le mémorial de sa Pâque. Aujourd’hui, comme l’a fait le Christ pour nous et en mémoire de ce sacrifice, le Pape a demandé aux fidèles « de se donner », « de se rompre pour les autres ».

Comme les disciples lors de la multiplication des pains (Luc 9, 13), il faut faire passer « dans nos pauvres mains » le pain rompu des mains de Jésus pour donner, avec lui, à manger à la foule.

Le Pape évoque ces saints et saintes -célèbres ou anonymes- qui se sont rompus eux-mêmes pour donner à manger à leurs frères, mais aussi ces pères et ces mères qui en coupant du pain sur la table du foyer, « ont rompu leur cœur pour faire grandir leurs enfants ». Il parle également de ces chrétiens, « citoyens responsables » qui ont rompu leur propre vie « pour défendre la dignité de tous ».

« Où trouvent-ils la force pour faire tout cela ? Justement dans l’Eucharistie », répond François, « dans la puissance d’amour du Seigneur ressuscité ». Le pain rompu est, dit-il, une icône, le signe de reconnaissance du Christ et des chrétiens. Depuis le commencement, l’Eucharistie est « le centre et la forme de la vie de l’Église » assure le Pape.

La procession, « un geste pour faire mémoire de Lui »

À l’issue de la célébration eucharistique, les fidèles ont pris part à la procession traditionnelle, derrière l’ostensoir contenant le Saint-Sacrement, placé sur un véhicule pourvu d’un dais. Le cortège précédé des membres des confréries et du clergé romain se dirige vers la basilique Sainte-Marie-Majeure.

À la fin de son homélie, François avait souhaité que le geste posé en prenant part à la procession eucharistique réponde au mandat de Jésus. Que ce soit « un geste pour faire mémoire de Lui ; un geste pour donner à manger à la foule d’aujourd’hui ; un geste pour rompre notre foi et notre vie comme signe de l’amour du Christ pour cette ville et pour le monde entier ».

Comme les années précédentes, le Pape François a renoncé à suivre ce long trajet qui dure plus d’une heure pour se rendre en voiture jusqu'à la basilique Sainte-Marie-Majeure. Ses prédécesseurs, Jean-Paul II et de Benoît XVI accompagnaient le cortège à genoux sur un prie-Dieu derrière le Saint-Sacrement.

Une fête populaire

Connue également sous le nom de Fête-Dieu, cette solennité fut célébrée pour la première fois à Liège en 1247 pour honorer le Saint-Sacrement. Elle fut imposée à toute l’Église d’Occident quelques années plus tard par le pape Urbain IV.

La procession de la Fête-Dieu est une institution à Rome, depuis que Jean-Paul II l’a relancée en 1979. Très populaire, elle attire chaque année des foules impressionnantes de fidèles, de touristes et de curieux. (MD)

Intégralité de l'homélie du Pape lors de la messe célébrée pour la Fête-Dieu

« Faites cela en mémoire de moi » (1Co 11, 24.25)

Par deux fois, l’Apôtre Paul, écrivant à la communauté de Corinthe, rapporte de commandement de Jésus dans le récit de l’institution de l’Eucharistie. C’est le témoignage le plus ancien sur les paroles du Christ lors de la Dernière Cène.

« Faites cela ». C’est-à-dire prenez le pain, rendez grâce et rompez-le ; prenez le calice, rendez grâce et distribuez-le. Jésus commande de répéter le geste par lequel il a institué le mémorial de sa Pâque, au moyen duquel il nous a donné son Corps et son Sang. Et ce geste est parvenu jusqu’à nous : c’est le “faire” l’Eucharistie, qui a toujours Jésus comme sujet, mais qui se réalise à travers nos pauvres mains ointes d’Esprit Saint.

« Faites cela ». Déjà précédemment Jésus avait demandé aux disciples de “faire” ce qu’il avait déjà clair dans son esprit, en obéissance à la volonté du Père. Nous venons de l’entendre dans l’Évangile. Devant les foules fatiguées et affamées, Jésus dit aux disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Luc 9, 13). En réalité c’est Jésus qui bénit et rompt les pains jusqu’à rassasier tous ces gens, mais les cinq pains et les deux poissons ont été offerts par les disciples, et Jésus voulait précisément ceci : qu’au lieu de congédier la foule, ils mettent à sa disposition le peu qu’ils avaient. Et ensuite, il y a un autre geste : les morceaux de pain, rompus par les mains saintes et vénérables du Seigneur, passent dans les pauvres mains des disciples, qui les distribuent aux gens. Cela aussi c’est “faire” avec Jésus, c’est “donner à manger” avec lui. Il est clair que ce miracle ne veut pas seulement rassasier la faim d’un jour, mais il est signe de ce que le Christ entend accomplir pour le salut de toute l’humanité en donnant sa chair et son sang (cf. Jn 6, 48-58). Et cependant il faut toujours passer par ces deux petits gestes : offrir le peu de pains et de poissons que nous avons ; recevoir le pain rompu des mains de Jésus et le distribuer à tous.

Rompre : c’est l’autre parole qui explique le sens du « faites cela en mémoire de moi ». Jésus s’est rompu, il se rompt pour nous. Et il nous demande de nous donner, de nous rompre pour les autres. Justement ce “rompre le pain” est devenu l’icône, le signe de reconnaissance du Christ et des chrétiens. Rappelons-nous Emmaüs : ils le reconnurent « à la fraction du pain » (Luc 24, 35). Rappelons-nous la première communauté de Jérusalem : « Ils étaient assidus […] à la fraction du pain » (Ac 2, 42). C’est l’Eucharistie, qui devient depuis le commencement le centre et la forme de la vie de l’Église. Mais pensons aussi à tous les saints et saintes -célèbres ou anonymes- qui se sont « rompus » eux-mêmes, leur propre vie, pour “donner à manger” à leurs frères. Que de mamans, que de papas, avec le pain quotidien, coupé sur la table de la maison, ont rompu leur cœur pour faire grandir leurs enfants, et les faire bien grandir ! Que de chrétiens, comme citoyens responsables, ont rompu leur propre vie pour défendre la dignité de tous, spécialement des plus pauvres, des exclus et des discriminés ! Où trouvent-ils la force pour faire tout cela ? Justement dans l’Eucharistie : dans la puissance d’amour du Seigneur ressuscité, qui aujourd’hui aussi rompt le pain pour nous et répète : « Faites cela en mémoire de moi ».

Puisse aussi le geste de la procession eucharistique, que nous allons accomplir dans peu de temps, répondre à ce mandat de Jésus. Un geste pour faire mémoire de Lui ; un geste pour donner à manger à la foule d’aujourd’hui ; un geste pour rompre notre foi et notre vie comme signe de l’amour du Christ pour cette ville et pour le monde entier.

Source : Radio Vatican

Fête Dieu à Rome
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11 juin 2022 6 11 /06 /juin /2022 17:34

 

Année C

Lecture du livre de la Genèse 14, 18-20

Le pain et le vin que Melkisédek apporte, préfigurent l’eucharistie.

En ces jours-là, Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut. Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ; et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Melkisédek est un roi païen, et Salem pourrait être l’ancien nom de Jérusalem. Comme tous les roitelets de l’époque, il exerce ses fonctions de grand prêtre. C’est à ce titre qu’il bénit Abraham qui revient d’une razzia punitive contre les troupes qui avaient rançonné la région, en invoquant son propre dieu, une divinité païenne. Abraham lui fait don du dixième du butin qu’il a rapporté de son expédition. Ce n’est qu’une anecdote, mais elle préfigurait pour les Hébreux l’hommage que le peuple élu rendrait plus tard au vrai Dieu dans la même ville, en reconnaissance de son amour et de sa protection. Les premiers chrétiens virent dans le pain et le vin offerts par Melkisédek à Abraham pour le restaurer, un signe de l’eucharistie, que Dieu nous donne en nourriture quand nous nous rassemblons à la messe pour lui rendre compte de notre vie de la semaine.

Comment préparer notre messe du dimanche ? En relisant les signes de Dieu dans la semaine écoulée : telle joie éprouvée, telle rencontre amicale, ce pauvre qui a frappé à la porte de notre cœur, cette réunion où nous avons partagé notre vie dans la foi, cette lecture, ce temps de prière…

Psaume 109

R/ : Tu es prêtre à jamais, selon l’ordre de Melkisédek.

  • Oracle du Seigneur à mon seigneur : « Siège à ma droite, et je ferai de tes ennemis le marchepied de ton trône. » R/
  • De Sion, le Seigneur te présente le sceptre de ta force : « Domine jusqu'au cœur de l'ennemi ». R/
  • Le jour où paraît ta puissance, tu es prince, éblouissant de sainteté : « Comme la rosée qui naît de l'aurore, je t'ai engendré ». R/
  • Le Seigneur l'a juré dans un serment irrévocable : « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre du roi Melkisédek ». R/

Lecture de la première lettre de saint Paul aux Corinthiens 1 Co 11, 23-26

En faisant mémoire de la Cène, chaque messe rend présent pour nous, aujourd’hui, le mystère pascal de Jésus.

Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi ». Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi ». Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Annoncer la mort du Seigneur, ce n’est pas rappeler seulement ce fait du passé : le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous. C’est reconnaître l’actualité de cet amour du Christ ressuscité : il nous aime et se livre à nous pour qu’avec lui nous aimions nos frères et livrions notre vie pour eux. C’est aussi attendre et préparer sa venue définitive au cœur du monde où son amour aura eu le dernier mot.

Chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, l’amour du Christ est proclamé dans l’histoire des hommes.

 

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 11b-17

« Donnez-leur vous-mêmes à manger », dit Jésus à ses disciples, devant la foule affamée. L’eucharistie demeure toujours pour nous cet appel à la mission

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin. Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert ». Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple ». Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ ». Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Nous connaissons assez ce texte pour qu’il soit inutile de le commenter. Essayons de le prier.

« Renvoie cette foule », disent les apôtres. Comme il m’arrive souvent, Seigneur, de vouloir me débarrasser de cet importun, de cette responsabilité qui me paraît trop lourde, de ce frère pour lequel je crois ne rien pouvoir faire… de vouloir même me débarrasser de toi et de tes exigences !

« Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Mais tu continues à me faire confiance pour aimer mes frères en ton nom, pour chercher avec eux la réponse à leurs besoins, la justice dont ils ont faim, pour te faire connaître à eux, toi qui peux seul combler toutes leurs faims.

« Nous n’avons pas plus de cinq pains… » Je proteste alors de mon incapacité, de mon peu de moyens, de mon manque de courage, de mon indignité, de mes doutes…

« Faites-les asseoir… » Mais si je « marche » avec toi, Seigneur, comme c’est merveilleux ! Avec mes cinq pains, tu nourris la foule. Ta puissance se révèle à travers ma pauvreté et ma faiblesse. Il te fallait mon cœur, mes bras, mon intelligence, ma foi, et cela suffisait pour que tu fasses l’impossible.

« Les morceaux qui restaient… douze paniers ». Et moi, pour avoir accepté de nourrir mes frères, voici que tu as comblé ma propre faim bien au-delà de mon espérance. Ma peur, ma faiblesse, mes doutes, je sais bien qu’ils n’étaient que faux prétextes pour ne pas entendre mon appel. Tu te donnes à moi, Jésus Christ, toi, mon ami fidèle ! Que ton corps et ton sang me donnent toujours la force de répondre aux appels que tu m’adresses par mes frères les hommes.

 

Prière universelle

Tout le monde a besoin de pain pour vivre. Le pain matériel, pour nourrir le corps, le pain de la Parole, pour nourrir l’âme, et le pain de l’amour, pour nourrir le cœur. Laissons monter vers le Seigneur notre prière et demandons-lui de combler toutes nos faims.

R/. Dieu très-haut, écoute-nous.

  • Pour les affamés ; que le Seigneur leur accorde le pain sans lequel la vie n’est plus possible.
  • Pour les assoiffés de sens ; que le Seigneur les conduise vers les puits d’eau vive.
  • Pour tous ceux et celles qui, partout dans le monde, luttent contre la faim ; que le Seigneur leur donne le courage nécessaire à leurs efforts.
  • Pour ceux et celles qui cherchent à inspirer le courage aux désespérés de toutes sortes ; que le Seigneur leur accorde d’être de véritables témoins de sa vie nouvelle.

Dieu de tendresse et d’amour, toi qui ne cesses de nourrir ton peuple avec générosité afin qu’il parvienne là où tu veux le conduire, entends notre prière. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://www.vieliturgique.ca/

Lectures du Saint Sacrement en DOCX et PDF

Année B

Livre de l'Exode 24, 3-8

Le sang des sacrifices est la signature de l’Alliance entre Dieu et son peuple.

En ces jours-là, Moïse vint rapporter au peuple toutes les paroles du Seigneur et toutes ses ordonnances. Tout le peuple répondit d’une seule voix : « Toutes ces paroles que le Seigneur a dites, nous les mettrons en pratique ». Moïse écrivit toutes les paroles du Seigneur. Il se leva de bon matin et il bâtit un autel au pied de la montagne, et il dressa douze pierres pour les douze tribus d’Israël. Puis il chargea quelques jeunes garçons parmi les fils d’Israël d’offrir des holocaustes, et d’immoler au Seigneur des taureaux en sacrifice de paix. Moïse prit la moitié du sang et le mit dans des coupes ; puis il aspergea l’autel avec le reste du sang. Il prit le livre de l’Alliance et en fit la lecture au peuple. Celui-ci répondit : « Tout ce que le Seigneur a dit, nous le mettrons en pratique, nous y obéirons ». Moïse prit le sang, en aspergea le peuple, et dit : « Voici le sang de l’Alliance que, sur la base de toutes ces paroles, le Seigneur a conclue avec vous ».

Commentaire : En choisissant pour son peuple les Hébreux qu’il a délivrés d’Égypte, Dieu s’engage envers eux par alliance. Appelé à se prononcer à son tour, le peuple prend lui aussi l’engagement de vivre dans l’obéissance aux commandements de l’Alliance. Comme souvent dans la Bible, cette alliance est conclue dans le sang dont une partie est répandue sur l’autel, symbolisant Dieu, et l’autre sur le peuple. Le sang est porteur de la vie ; c’est donc un pacte de vie qui lie Dieu à son peuple.

Chacune de nos messes est une fête de l’Alliance que Dieu a conclue avec nous dans le sang de son Fils. L’amen que nous y prononçons nous engage en retour à mettre en pratique les appels de la Parole de Dieu qui nous y avons lus.

Psaume 115

R/ J’élèverai la coupe du salut, j’invoquerai le nom du Seigneur.

Comment rendrai-je au Seigneur tout le bien qu'il m'a fait ? J'élèverai la coupe du salut, j'invoquerai le nom du Seigneur. R/

Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur, moi, dont tu brisas les chaînes ? R/

Je t'offrirai le sacrifice d'action de grâce, j'invoquerai le nom du Seigneur. Je tiendrai mes promesses au Seigneur, oui, devant tout son peuple. R/

Lettre aux Hébreux 9,11-15

Parce qu’il a versé son propre sang, le Christ nous a obtenu une libération définitive.

Frères, le Christ est venu, grand prêtre des biens à venir. Par la tente plus grande et plus parfaite, celle qui n’est pas œuvre de mains humaines et n’appartient pas à cette création, il est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, en répandant, non pas le sang de boucs et de jeunes taureaux, mais son propre sang. De cette manière, il a obtenu une libération définitive. S’il est vrai qu’une simple aspersion avec le sang de boucs et de taureaux, et de la cendre de génisse, sanctifie ceux qui sont souillés, leur rendant la pureté de la chair, le sang du Christ fait bien davantage, car le Christ, poussé par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu comme une victime sans défaut ; son sang purifiera donc notre conscience des actes qui mènent à la mort, pour que nous puissions rendre un culte au Dieu vivant. Voilà pourquoi il est le médiateur d’une alliance nouvelle, d’un testament nouveau : puisque sa mort a permis le rachat des transgressions commises sous le premier Testament, ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis.

Commentaire : Lors d’un conflit social ou politique, on fait souvent appel à un médiateur. Cet arbitre doit être accepté par les deux parties en présence pour son impartialité et sa forte personnalité. Lorsqu’il a permis aux deux groupes de trouver un terrain d’entente, il s’en va, ayant achevé sa mission. Entre Dieu et les hommes, il y avait un conflit causé par le péché par lequel l’homme avait rompu les pourparlers. Où trouver le médiateur qui ait à la fois l’audience de Dieu et celle des hommes ? Ce fut Jésus Christ, vrai Dieu et vrai homme. Par son sacrifice de la croix il a trouvé un terrain d’entente qui permette à Dieu et aux hommes de renouer le dialogue : c’est celui de l’amour. Mais bien loin de partir comme s’il avait achevé sa mission, Jésus Christ, monté au ciel avec son corps ressuscité, demeure éternellement le pont jeté entre Dieu et les hommes.

« Le Christ est le grand prêtre du bonheur qui vient ». Nos célébrations eucharistiques en sont déjà un avant-goût. Faire de nos messes des célébrations du bonheur déjà-là et à venir !

Séquence :

  • Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants.
  • Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer.
  • Le Pain vivant, le Pain de vie, il est aujourd’hui proposé comme objet de tes louanges.
  • Au repas sacré de la Cène, il est bien vrai qu’il fut donné au groupe des douze frères.
  • Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs !
  • C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution.
  • À ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne.
  • L’ordre ancien le cède au nouveau, la réalité chasse l’ombre, et la lumière, la nuit.
  • Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire nous le fassions après lui.
  • Instruits par son précepte saint, nous consacrons le pain, le vin, en victime de salut.
  • C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps, que le vin devient son sang.
  • Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer, hors des lois de la nature.
  • L’une et l’autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes, voilent un réel divin.
  • Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces.
  • On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ; il est reçu tout entier.
  • Qu’un seul ou mille communient, il se donne à l’un comme aux autres, il nourrit sans disparaître.
  • Bons ou mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort.
  • Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ; quel résultat différent !
  • Si l’on divise les espèces, n’hésite pas, mais souviens-toi qu’il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout.
  • Le signe seul est partagé, le Christ n’est en rien divisé, Ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué.
  • Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.
  • D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice, par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.
  • Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants.
  • Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris, conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage, en compagnie de tes saints. Amen.

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14,12-16.22-26

Le sang des sacrifices est la signature de l’Alliance entre Dieu et son peuple. Jésus signe la nouvelle Alliance de son propre sang.

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? » Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs ».

Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque. Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu ».

Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Le repas pascal juif associait étroitement les convives à la libération des Hébreux de l’esclavage de l’Égypte : en mangeant la Pâque, ils avaient conscience d’être le peuple que Dieu libère aujourd’hui de la servitude. Jésus associe de même ses disciples à sa mort rédemptrice : en mangeant son corps et en buvant son sang versé à la croix pour la multitude des hommes, les participants du repas eucharistique se reconnaissent le peuple que Jésus libère aujourd’hui de toute servitude, y compris celle du péché. Ils attendent aussi le jour à venir de la délivrance définitive dans le monde nouveau du royaume de Dieu.

Au soir de la Cène, Jésus nous donne rendez-vous au jour où il boira un vin nouveau dans le royaume de Dieu. Comment nos rendez-vous du dimanche préparent-ils ce rendez-vous définitif ?

Prière universelle

En cette fête du pain vivant venu du ciel, demandons avec ferveur et confiance que se déploient sur le monde et sur nous toutes les grâces de l’eucharistie.

R/ : Seigneur, reçois notre prière.

  • L’Église trouve sa source et son sommet dans l’eucharistie ; prions le Seigneur afin qu’elle puise dans le pain et le vin partagés la force de poursuivre sa mission de proclamer l’Évangile. R/
  • Des personnes s’épuisent à donner leur vie au service des autres ; prions le Seigneur afin qu’elles trouvent dans l’eucharistie la grâce d’un renouveau. R/
  • Des enfants et des adultes viennent de célébrer leur baptême ; prions le Seigneur afin qu’ils aient de plus en plus le goût de participer à l’eucharistie. R/
  • Des femmes, des hommes et des enfants souffrent de malnutrition ; prions le Seigneur afin que tous les cœurs soient habités du souci d’une meilleure répartition des ressources de la planète. R/
  • Notre communauté chrétienne se réunit régulièrement pour partager un même pain et une même coupe ; prions le Seigneur afin que notre communion au corps du Christ s’ouvre aux dimensions du monde. R/

Dieu notre Père, toi qui nous combles du pain vivant et du vin nouveau de l’Alliance, écoute nos prières en cette fête de l’eucharistie. Accorde-nous ce que nous te demandons dans la foi au Christ, notre Seigneur. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

Lectures et Homélies en DOCX et PDF

Année A

Lecture du livre du Deutéronome 8, 2-3.14b-16a

La manne est venue nourrir Israël dans le désert. Saura-t-il découvrir que Dieu veut lui donner beaucoup plus que ce pain terrestre ?

Moïse disait au peuple d'Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne — cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue — pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage. C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C'est lui qui, pour toi, a fait jaillir l'eau de la roche la plus dure. C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne — cette nourriture inconnue de tes pères.» - Parole du Seigneur.

Commentaire : au VIIe siècle, époque où paraît le livre du Deutéronome, le peuple d’Israël connaît la prospérité et l’abondance. De qui tient-il tous ces biens économiques ? De sa force, de son travail, de son génie. Alors pourquoi continuer à honorer Dieu, maintenant que le peuple est tiré d’affaire ? L’auteur répond que le temps de la pauvreté, la marche au désert, était un temps de probation. Dans son dénuement extrême, Israël a expérimenté que tous les biens nécessaires à la vie : la nourriture, l’eau, la libération de l’esclavage, la protection contre les dangers du désert, viennent de la bouche de Dieu, de sa Parole créatrice. Cela reste vrai aujourd’hui, dans l’abondance, Israël va-t-il reconnaître qu’il tient sa vie de Dieu, de sa Parole créatrice, transmise par les prophètes, et pas seulement du pain qu’il mange maintenant à satiété ?

« Souviens-toi ». Il ne s’agit pas de ruminer le passé mais d’y reconnaître les chemins, parfois éprouvants, par lesquels le Seigneur nous a conduits. Pourrions-nous partager à quelques-uns ces souvenirs ?

Psaume 147

R/ Glorifie le Seigneur, Jérusalem !

  • Glorifie le Seigneur, Jérusalem ! Célèbre ton Dieu, ô Sion ! Il a consolidé les barres de tes portes, dans tes murs il a béni tes enfants. R/
  • Il fait régner la paix à tes frontières, et d’un pain de froment te rassasie. Il envoie sa parole sur la terre : rapide, son verbe la parcourt. R/
  • Il révèle sa parole à Jacob, ses volontés et ses lois à Israël. Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ; nul autre n’a connu ses volontés. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10, 16-17

Puisqu'il y a un seul pain, le corps du Christ, et une seule coupe, celle du sang du Christ, nous devenons un seul corps, l'Eglise

Frères, la coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Sous le signe du Pain et du vin eucharistiques nous communions au corps et au sang du Christ, c’est-à-dire au sacrifice de la croix où Jésus livre son corps et verse son sang pour nous. Nous faisons nôtre l’amour du Christ qui en nous réunissant à son corps ressuscité fait de nous tous un seul corps ecclésial. L’unique pain eucharistique est ainsi le signe efficace de notre union au Christ et de notre communion fraternelle.

Si ma prochaine action de grâce après la communion consistait à regarder mes frères et sœurs pour me rappeler qu’ensemble « nous sommes un seul corps pour avoir eu tous part à un seul pain » !

Séquence :

  • Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur par des hymnes et des chants.
  • Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges, tu ne peux trop le louer.
  • Le Pain vivant, le Pain de vie, il est aujourd’hui proposé comme objet de tes louanges.
  • Au repas sacré de la Cène, il est bien vrai qu’il fut donné au groupe des douze frères.
  • Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante l’allégresse de nos cœurs !
  • C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin la première institution.
  • À ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle met fin à la Pâque ancienne.
  • L’ordre ancien le cède au nouveau, la réalité chasse l’ombre, et la lumière, la nuit.
  • Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire nous le fassions après lui.
  • Instruits par son précepte saint, nous consacrons le pain, le vin, en victime de salut.
  • C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps, que le vin devient son sang.
  • Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer, hors des lois de la nature.
  • L’une et l’autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes, voilent un réel divin.
  • Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure sous chacune des espèces.
  • On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ; il est reçu tout entier.
  • Qu’un seul ou mille communient, il se donne à l’un comme aux autres, il nourrit sans disparaître.
  • Bons ou mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent, pour la vie ou pour la mort.
  • Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ; quel résultat différent !
  • Si l’on divise les espèces, n’hésite pas, mais souviens-toi qu’il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout.
  • Le signe seul est partagé, le Christ n’est en rien divisé, Ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué.
  • Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.
  • D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice, par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.
  • Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous, nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants.
  • Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris, conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage, en compagnie de tes saints. Amen.

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel, dit le Seigneur ; si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 51-58

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson », nous dit Jésus ; toutes les autres nourritures n'empêchent pas la mort.

Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie ». Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement » - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Dire de quelqu’un : « C’est un être de chair et de sang », c’est affirmer qu’il est homme, avec toutes ses faiblesses et les limites humaines. En disant que sa chair et son sang sont une nourriture qui donne la vie, le Christ se désigne dans son humanité : c’est le Fils de Dieu devenu homme par son Incarnation qui apporte la vie au monde. Jésus demande donc à ses auditeurs de faire un acte de foi : il faut se nourrir de son enseignement et voire ses paroles parce qu’elles sont celles du Fils qui apporte la vie du Père. C’est là tout ce que ses auditeurs juifs pouvaient comprendre. Après coup, Jean, témoin de l’institution de l’eucharistie, a compris que Jésus n’entendait pas seulement donner sa parole en nourriture aux croyants, mais réellement sa chair et son sang. Ce discours du Christ annonçait donc l’eucharistie. Mais s’il faut la foi pour que les paroles de Jésus deviennent notre vie, combien plus pour que sa chair et son sang nous enracinent dans la vie divine !

Homélie 

C’est chaque dimanche que nous célébrons dans l’Eucharistie le Corps et le Sang du Christ. Alors, pourquoi l’Eglise nous invite-t-elle, 15 jours après la Pentecôte, à fêter d’une manière encore plus solennelle ce grand mystère de la Foi ?

C’est pour qu’en le contemplant nous puissions mieux comprendre l’intention qui fut celle de Jésus lorsqu’au soir du Jeudi-Saint il inventa cette merveille de son amour.

Le Concile Vatican II nous dit que cette intention peut se résumer en deux mots : c’est pour que l’Eucharistie soit à la fois la Source et l’Aboutissement de toute la vie de l’Eglise, de toute la vie chrétienne.

L’Eucharistie est tout d’abord une Source, car elle nous donne Jésus lui-même dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, dans cet acte sauveur par lequel Il est devenu principe de vie divine pour toutes les âmes.

Chaque messe, le Christ crucifié et glorifié, mystérieusement, mais réellement substantiellement présent sous les apparences du pain et du vin consacrés par le prêtre, rend actuelle devant nous et pour nous l’offrande de son sacrifice parfait, accompli une fois pour toutes durant sa Passion et qui constitue un formidable réservoir de vie divine.

Cette vie d’amour qui a jailli de la mort victorieuse du Christ et qui s’écoule abondamment de son cœur transpercé, voici qu’elle est là à notre portée, grâce au rite sacramentel de la Messe. Elle nous est préparée sous forme de nourriture vivifiante dans un repas fraternel « prenez et mangez, prenez et buvez ». Il suffit tout simplement – mais c’est essentiel – d’avoir faim de ce Pain de vie et de répondre aussi souvent que possible à l’invitation qui nous est faite de participer effectivement à ce Banquet du Ciel sur la terre en y communiant.

Heureux sommes-nous alors ! Car cette vie filiale envers le Père et fraternelle envers l’humanité, cette vie humble, pure, détachée, toute de don de soi et de pardon qui fut la sienne, Jésus fait en sorte qu’elle devienne progressivement la nôtre par ce merveilleux phénomène d’osmose qu’est la Communion.

C’est la sève qui passe du cep dans les sarments. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en Lui...  Celui qui me mange vivra par moi ».

L’effet propre de l’Eucharistie nous dit saint Thomas d’Aquin : « c’est la transformation de l’homme en Dieu ».

Nous voyons déjà, frères et sœurs, à partir de ces réflexions que l’Eucharistie c’est le don par excellence, le cadeau suprême que Dieu offre perpétuellement à son Eglise... Et c’est bien là son sens le plus profond selon l’origine du mot : le mot grec charis voulant dire grâce et eu-charis : la grâce la meilleure.

Mais l’Eucharistie, frères et sœurs n’est pas seulement la source de notre vie chrétienne ; nous ne venons pas à la messe uniquement pour recevoir, nous y venons aussi pour donner.

Il y a un deuxième sens, en effet, dans le mot « Eucharistie » qui nous est plus familier : elle signifie action de grâces c’est-à-dire restitution libre et reconnaissante des bienfaits reçus. Toute la vie de Jésus ne fut-elle pas dès le premier instant, mais surtout à l’heure du sacrifice suprême, une incomparable action de grâces sous forme d’offrande de sa personne, bien sûrs, mais aussi de toute la vie des hommes et de toute la création ?

A la Messe, nous sommes invités à entrer dans cette immense offrande de Jésus, dans son mouvement de remise totale et confiante entre les mains du Père. Et nous le faisons si, au sacrifice de la Croix que Jésus rend présent sur l’autel et offre à son Père, nous avons à cœur d’unir notre offrande personnelle. Le Christ veut que nous soyons unis à son sacrifice, nous dit saint Augustin « avec Lui nous faisons la totalité de l’hostie présentée à Dieu ».

Cette offrande de nous-mêmes - qui est symbolisée par la goutte d’eau que le prêtre mêle au vin du calice – elle est constituée par tout ce que notre vie quotidienne comporte d’activités, de travaux, de relations avec les autres, de joies, de peines ou de souffrances, de tous les efforts que nous faisons pour aimer Dieu et le prochain. Il est donc normal que dans tout ce que nous avons vécu depuis la messe précédente, dans tout ce qui vous arrive, dans tout ce que nous avons fait de bien, nous sachions reconnaître un effet de la grâce de Dieu, « car sans Lui nous ne pouvons rien faire ». Alors pour dire à Dieu notre fervent merci, que pourrions-nous faire de mieux que de Lui offrir tout ce qu’il nous a donné, que de Lui en faire retour par le Christ, avec Lui et en Lui.

Il ne faudrait surtout pas, frères et sœurs, qu’en ce lieu d’échange qu’est la Messe, la relation d’amour joue à sens unique, c’est-à-dire de Dieu à nous, il faut aussi qu’elle aille de nous à Dieu. Il faut que notre amour réponde généreusement et joyeusement à son amour. Voilà pourquoi l’Eglise nous dit que l’Eucharistie c’est l’aboutissement, le sommet de notre vie chrétienne. Plus nous y participons et plus s’accomplit en nous le mystère de notre divinisation jusqu’au jour où assis à la Table du Festin dans le Royaume, nous serons pleinement rassasiés de l’Amour divin.

Au terme de cette méditation, puissions-nous mieux comprendre, chers frères et sœurs, que Jésus dans sa divine sagesse ne pouvait rien inventer de plus grand que l’Eucharistie. Nous sommes là au cœur de la foi, au cœur de nos relations avec Dieu.

Que Marie, la Mère de l’Eucharistie, « la femme eucharistique » selon l’expression de Jean-Paul II nous obtienne d’être de plus en plus convaincus de la nécessité absolue de l’Eucharistie pour notre développement et nous épanouissement spirituels... A l’exemple de ces martyrs africains des premiers siècles qui proclamaient fièrement devant leurs juges : « Nous ne pouvons pas vivre sans prendre part au repas du Seigneur ».

Amen.

Homélie

La fête du Corps et du Sang du Christ que nous célébrons nous remet en face du plus étonnant des mystères de notre foi : à savoir le Christ-Ressuscité, glorieux, présent sous l’humble voile du pain et du vin. Car il s’agit bien de sa présence, si mystérieuse qu’elle soit. Quand le prêtre, en effet, prononce les paroles de la Consécration, il parle au nom du Christ et, par la se réalise « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ».

Il peut nous arriver d’être déconcertés par un si grand mystère. Il faut alors nous souvenir d’un mystère tout aussi prodigieux si l’on y réfléchit bien : celui par lequel Dieu appelle chacun d’entre nous, (s’il est fidèle à la grâce) à être comme lui, il s’agit du mystère merveilleux de notre divinisation, que saint Pierre nous révèle lorsqu’il écrit que nous, nous sommes « participants de la nature divine » par un don tout à fait gratuit de Dieu. Saint Jean qui de son côté nous a révélé notre qualité d’enfants de Dieu, s’émerveillait à la pensée qu’un jour « nous verrons Dieu face à face parce que nous serons comme lui ».

Alors, si nous sommes réellement, depuis notre baptême, de la race de Dieu, si nous sommes devenus semblables à lui, si nous sommes appelés à vivre dans son intimité pour l’éternité, et si cette vie d’union à lui commence dès maintenant, pourquoi nous étonner que Dieu ait voulu se faire si proche de nous, si intérieur à nous-mêmes par le mystère de l’Eucharistie ?

Comment s’étonner qu’après nous avoir envoyé son Fils comme Rédempteur et Sauveur, il ait voulu que ce même Fils demeure présent sous les apparences du Pain et du Vin consacrés par le prêtre ?

A partir de là, en effet, tout devient clair : si nous considérons de près ce Pain et ce Vin consacrés et si nous pensons qu’à travers leur voile il s’agit bien de la présence réelle du Christ : alors ce Sacrement nous apparaît expressif de ce que Jésus est vraiment pour nous : le Pain vivant descendu du ciel. Dans ce sacrement, Jésus ne se sert pas de paroles pour se faire entendre. Il se sert de ces humbles réalités que sont le pain et le vin pour se faire comprendre. Quand je regarde l’hostie consacrée et que mes yeux voient du pain, quand je communie et que ma bouche goûte du pain alors tout naturellement je suis amené à comprendre ce que le Christ est pour moi à travers ces signes : il est l’aliment substantiel de mon âme, la nourriture indispensable sans laquelle mon âme ne peut vivre de la vie divine et grandir dans cette vie divine.

Mais ce Sacrement est riche encore d’une autre signification : quand le prêtre consacre le pain, parlant au nom du Christ, il dit : « Ceci est mon corps... » Et de cette façon, d’une manière sacramentelle il sépare le Corps du Christ de son Sang. Certes en faisant cela il accomplit des rites que Jésus lui-même a fixés. Mais alors une nouvelle vérité jaillit dans notre esprit : ce Christ qui est réellement présent le voile du pain et du vin et qui me donne déjà à comprendre qu’il est pour moi Pain de vie me donne aussi à comprendre qu’il est un Pain vivant parce qu’il est Mort sur la Croix, puisqu’il se présente à moi sous les signes sacramentels tel qu’il était sur la Croix, quand il rendit l’esprit, son Corps séparé de son Sang ! Tout s’enchaîne donc harmonieusement.

Voilà pourquoi le Saint Sacrement même lorsqu’il est adoré en dehors de la Messe (et qu’il est instamment recommandé de l’adorer au Tabernacle... on le laisse tellement seul). Le Saint-Sacrement est toujours à comprendre dans cette perspective, du sacrifice : nous ne devons jamais oublier, en effet, que le Sacrifice de la Messe est tout entier destiné à rendre présent, d’une manière sacramentelle le Sacrifice de la Croix, pour que précisément nous puissions nous associer à ce mystère central de notre Rédemption et recevoir la vie divine qu’il nous communique. Saint Thomas d’Aquin enseigne que « la Messe est le Sacrement de la Passion du Christ effectuant l’union de l’homme au Christ immolé ».

Ainsi l’Eucharistie nous apparaît-elle comme un livre qui nous révèle ce que Jésus est pour nous ; qui nous révèle aussi comment sa mort est devenue pour tous ceux qui croient en lui source jaillissante de vie éternelle.

Nous ne remercierons jamais assez le Seigneur de nous avoir donné l’Eucharistie. Elle est vraiment ce qu’il y a de plus grand sur la terre : c’est notre plus précieux trésor.

C’est un mystère de Foi, d’Espérance et d’Amour comme le dit si bien une oraison de Carême « Le Pain que nous avons reçu Seigneur a renouvelé nos cœurs : il nourrit la foi, fait grandir l’espérance et donne la force d’aimer ».

L’Eucharistie, c’est à la fois la rencontre et l’union personnelle des chrétiens avec le Christ, la Messe c’est le Sacrifice Total, c’est-à-dire celui du Christ qui est la tête et celui des membres que sont les chrétiens, c’est une semence de plénitude divine et un gage de résurrection « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ». C’est comme dit le Concile Vatican II, la source et l’aboutissement de toute la vie chrétienne.

Que la Vierge Marie, qui a pénétré plus que tout autre un si grand mystère, elle qui était debout au pied de la Croix unissant son amour co-rédempteur à l’Amour Rédempteur de Jésus, nous donne d’accueillir le Sacrement de l’Eucharistie avec une foi sans faille. Qu’elle intercède pour nous, aussi, afin que nous puissions conformer notre vie à l’enseignement que Jésus nous donne du haut de la Croix et dans l’Eucharistie : à savoir qu’il faut aimer Dieu et notre prochain d’un amour sans mesure et quoiqu’il en coûte. C’est ainsi que nous ferons de toute notre vie, un sacrifice agréable à Dieu et que nous serons pour tous nos frères un pain vivant capable de faire grandir l’Amour et l’Unité de tous dans le Christ.

Amen.

Prière Universelle

En ce dimanche de la fête du Saint-Sacrement, laissons monter vers le Seigneur toutes nos demandes pour les membres de notre société :

R/ : Dieu très haut, écoute-nous.

  • Seigneur, nous te demandons de pardonner les prêtres qui ont commis des péchés impardonnables sur le plan humain, de fortifier ceux qui s'efforcent de suivre ton Fils sur le chemin de service, donne leur tout spécialement la grâce de s'engager dans une solidarité active avec les plus pauvres à travers la sobriété et l’humilité de leur vie. R/
  • Seigneur, nous prions pour ceux qui ont la charge de former les êtres humains sur tous les plans, intellectuel, physique, affectif, artistique, spirituel... Que cette parole du Christ « donne–leur vous-même à manger » puisse les interpeller et les guider toute leur vie. R/
  • Seigneur, nous prions pour ceux qui « n’ont pas plus de cinq pains et deux poissons ! » mais qui te les offrent et continuent à lutter pour la justice et la paix. Multiplie les fruits de leurs efforts et donne-leur un regard miséricordieux qui dépasse tout raisonnement humain. R/
  • Seigneur, nous prions pour ceux qui communient à ton Corps et à ton Sang. Que ta lumière et ton amour les conduisent vers leurs frères et sœurs pour annoncer ta Bonne Nouvelle comme l’a fait la Vierge Marie, l’étoile de l’évangélisation. R/

Seigneur, Dieu de miséricorde, exauce les prières de tes enfants en ce jour. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://jardinierdedieu.fr

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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 20:38

Année C

Lecture du livre des Proverbes 8, 22-31

La sagesse de Dieu a laissé sa trace dans la création avant de venir vivre avec les hommes. Cette sagesse incréée, c’est Jésus Christ.

Écoutez ce que déclare la Sagesse de Dieu : « Le Seigneur m'a faite pour lui principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours. Avant les siècles j'ai été formée, dès le commencement, avant l'apparition de la terre.

Quand les abîmes n'existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée, avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde.

Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l'abîme, qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l'abîme, quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre. Et moi, je grandissais à ses côtés.

Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes ». Parole du Seigneur.

Commentaire : Lorsqu’il contemplait l’univers, l’homme de l’Antiquité ne manquait pas d’être frappé de sa beauté grandiose de son harmonie. Il y voyait la marque de la sagesse de Dieu, de son habileté de maître d’œuvre. Cette Sagesse qui présida à la création du monde, les Hébreux la savaient encore à l’œuvre dans l’histoire, puisque Dieu s’était lié avec eux, le peuple qu’il avait choisi, pour en révéler aux hommes la source : son amour pour eux. Cet engagement de Dieu avec les hommes s’est accompli totalement dans l’Incarnation de son Fils, Jésus Christ, la sagesse même de Dieu.

Se mettre à l’écoute de Dieu pour apprendre à lire sa beauté et sa puissance dans l’univers créé et pour comprendre qu’il trouve ses délices avec les hommes, c’est une école où nous n’aurons jamais fini d’apprendre.

Psaume 8

R/ : Ô Seigneur, notre Dieu, qu’il est grand, ton nom, par toute la terre !

  • À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?
  • Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ; tu l’établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toute chose à ses pieds.
  • Les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages, les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui va son chemin dans les eaux.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 5, 1-5

La paix qui nous inonde, fruit de notre réconciliation avec Dieu, est l’œuvre du Père, du Christ, et de l’Esprit.

Frères, Nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l'accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu. Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l'espérance ; et l'espérance ne déçoit pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné. Parole du Seigneur.

Commentaire : Quand un homme ou une femme est certain d’être aimé, quelle n’est pas sa force, sa confiance dans la vie ! Mais nous, qui sommes sûrs d’être aimés par Dieu d’un amour indéfectible, quelles ne doivent pas être notre paix et notre assurance, que rien pas même la détresse, ne peut ébranler ! Et cette certitude ne s’appuie pas sur des mots mais sur les gestes d’amour de Dieu à notre égard : le Christ qui s’est livré pour nous ouvrir l’accès au cœur de Dieu, l’Esprit qui nous est donné comme gage de l’amour du Père pour nous.

Quelle garantie avons-nous, dans les temps de détresse, que l’espérance ne trompe pas ? L’amour de Dieu répandu dans nos cœurs…

Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 12-15

L’Esprit Saint peut seul nous introduire dans la vérité tout entière du Dieu Trinité.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître ». Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Les apôtres n’ont découvert que progressivement le mystère de la personne de Jésus Christ : d’abord, à leurs yeux, guère plus qu’un prophète, un maître en religion, puis le Messie, et enfin le Fils de Dieu révélé dans sa mort et sa résurrection. Leur connaissance du mystère de Dieu s’effectuera selon la même progression ; de la constatation de l’intimité qu’avait Jésus avec Dieu, ils passeront à la connaissance de sa relation filiale avec le Père, grâce à l’action de l’Esprit, dont le rôle est de leur faire prendre conscience de la signification de leur expérience de vie avec le Christ. Pour nous aussi, sans cette action de l’Esprit, nul ne peut connaître le mystère d’unité et d’amour des trois personnes divines.

« J’aurais encore beaucoup de choses à vous dire », nous assure Jésus, mais il en laisse le soin à l’Esprit de vérité. C’est lui qui nous conduit lors de nos partages d’Évangile. Qu’ai-je appris sur Dieu par Jésus sous la conduite de l’Esprit ? »

Lectures de la Solennité de la Sainte Trinité en DOCX et PDF

Homélie

En nous faisant célébrer la fête de la Sainte Trinité, l’Église nous invite à pénétrer avec le regard intérieur de la foi dans le plus sublime de tous les mystères : celui de Dieu tel qu’il est en lui-même. S’il nous est ainsi donné de pouvoir contempler ce visage étonnant de notre Dieu : qui est Unique, mais qui, en même temps est communauté de personnes car il est Père, Fils et Saint-Esprit ; c’est parce que Jésus dans l’Évangile a levé le voile sur cette réalité fondamentale qui est à l’origine et au terme de toutes choses.

Les images ne manquent pas qui peuvent nous aider à saisir quelque chose de ce mystère de la Trinité, lequel dépasse infiniment ce que l’intelligence humaine est capable de concevoir.

  • La première image nous vient d’un grand docteur de la foi des premiers siècles (saint Athanase). Il nous dit que le Père est comme une source jaillissante. La source n’a pas elle-même de source ; elle est commencement, elle est origine. Et, de la source naît le fleuve qui n’existerait pas sans elle. C’est d’elle qu’il est engendré, comme Dieu le Fils est engendré par Dieu le Père. Enfin, il y a le courant : l’eau vive, qui bondit où elle veut et quand elle veut, imprévisible, donnant la vie à toute créature. En dehors d’elle et de sa puissance fécondante tout retournerait au désert et au néant. C’est elle qui rend possible la forêt, l’herbe, la fleur, la vie des animaux et des hommes, elle est l’image du Saint-Esprit. Ainsi peut-on distinguer la source, le fleuve et le courant. Pourtant les trois ne font qu’un. Tous trois dans leur unité sont l’image de la Trinité de Dieu.
  • La seconde image nous est donnée par la Bible. Au livre de la Genèse on peut lire en effet : Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image. A son image il les créa. Homme et femme il les créa ». Ce n’est donc pas l’homme seul qui est image de Dieu, mais le couple humain. Or, dans ce couple il y a quelque chose d’essentiel qui n’est ni l’homme, ni la femme, mais ce qui les unit c’est-à-dire leur amour. Celui-ci ne saurait exister s’il ne procédait pas et du cœur de l’homme et du cœur de la femme, comme une réalité distincte de l’un et de l’autre. Ainsi le couple est-il communion de personnes, comme Dieu lui-même est communion de trois personnes.

Chers frères et sœurs, c’est un grand bienfait pour nous d’avoir, grâce à des images et surtout grâce à un approfondissement de la révélation apportée par le Christ une certaine connaissance de la vie intime de Dieu. Ce mystère nous ne l’aurions jamais connu si lui qui est le Verbe, 2ème personne de la Trinité, n’était pas devenu homme pour nous le révéler.

Mais il est une autre révélation bouleversante qui est la conséquence de cette révélation fondamentale et qui constitue l’originalité du christianisme (on ne trouve cela en effet dans aucune autre religion), c’est que cette vie prodigieuse qui est la sienne Dieu veut la communiquer à l’homme. Il veut le faire participer à la plénitude de sa vie, de sa lumière et de son amour, et cela dès ici-bas, afin de le rendre un jour parfaitement heureux comme lui-même est heureux, lui qui est la Béatitude Infinie. C’est là un mystère que nous ne contemplerons jamais assez : Dieu, si toutefois nous ne refusons pas sa grâce habite en nous. Oui, il est là au fond de notre cœur avec tout son secret qui est sa Vie, c'est-à-dire Trois Personnes dans un seul Etre : 3 personnes qui s’aiment tellement qu’elles ne font qu’Un.

Nous sommes donc des portes-Dieu, frères et sœurs, non pas des trônes pour un Dieu souverain, mais solitaire qui serait puissance sans être amour, mais, des Portes-Trinité qui abritent réellement dans leur Maison intérieure la famille la plus extraordinaire qui soit, la communauté parfaite qui est débordement d’amour prodigieux dans ses relations mutuelles. Seulement voilà, il se trouve que trop sent nous allons et venons avec une telle présence en nous sans y prêter attention comme si nous étions vides, ou plus exactement trop remplis de nous-mêmes. Mais lorsque nous avons vraiment pris conscience que la Bienheureuse Trinité habite en notre âme il se produit immanquablement deux choses :

  • d’abord, très vite et comme spontanément nous entrons en relations avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le dialogue se noue et c’est le cœur à cœur de la prière. Par la Foi et par l’Amour nous communions à cette connaissance et à cet amour par lesquels Dieu se connaît et s’aime lui-même. C’est la vie du ciel, la vie éternelle commencée sur la terre.
  • ensuite, nous comprenons qu’étant les enfants de la Sainte Trinité, nous devons vivre entre nous comme les Trois Personnes vivent chacune par rapport aux autres. Nous devons nous aimer les uns les autres, comme Dieu aime : en échangeant, en dialoguant, en donnant tout et surtout en nous donnant nous-mêmes entièrement.

Toute notre vie en famille ou en communauté doit-être marquée, en effet, par cette source dont nous sommes issus et ce sommet vers lequel nous allons : une source de fécondité par amour, un sommet de partage et de communion dans la joie.

Frères et sœurs, nous ne manquerons pas de prier la Très Sainte Vierge Marie, elle qui est si proche de chacune des Trois Personnes Divines, pour qu’elle nous obtienne la grâce de savoir rejoindre le plus souvent possible par la prière, par une profonde adoration, la Trinité Sainte qui bat dans notre cœur, la grâce aussi de savoir rejoindre par une charité inlassable cette même Trinité Sainte qui bat dans le cœur de notre prochain, et cela pour que soit exaucée la prière que Jésus adressait à son Père la veille de sa mort : « Que tous soient UN, comme Toi Père tu es en moi et moi en Toi, qu’eux aussi soient EN NOUS ».

Amen.

Abbé Pierre Cousty

Année A

Lecture du livre de l'Exode 34, 4b-6. 8-9

Au Sinaï, Dieu proclame lui-même son nom. Écoutons-le nous dire quel est son être profond.

En ces jours-là, Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné. Il emportait les deux tables de pierre. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer là, auprès de Moïse. Il proclama son nom qui est : LE SEIGNEUR. Il passa devant Moïse et proclama : « LE SEIGNEUR, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de vérité.

Aussitôt Moïse s’inclina jusqu'à terre, et se prosterna. Il dit « S'il est vrai, mon Seigneur, que j'ai trouvé grâce à tes yeux, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c'est un peuple à la nuque raide ; mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous ton héritage ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : On a souvent opposé le Dieu d’amour du Nouveau Testament au Dieu de crainte de l’Ancien Testament. Non ! Dieu est le même tout au long de l’histoire, c’est seulement nous, les hommes, qui progressons dans une meilleure connaissance de Dieu grâce à sa révélation accomplie en Jésus Christ. Moïse avait déjà entendu Dieu se dire le Dieu tendre et miséricordieux, le Dieu dont l’amour et la fidélité pour son peuple passent avant sa colère. Et c’est ce Dieu de tendresse qu’il a prié d’accompagner la marche des hommes vers la liberté, sachant que l’amour et le pardon de Dieu viendraient à bout de nos têtes dures. (Le mot hébreu : Yahvé, le nom de Dieu dans la Bible signifie : « Je serai » avec toi, avec vous).

Le nom que Dieu se donne est un nom de promesse : je serai avec vous. À quels moments de ma vie ai-je constaté que cette promesse s’accomplissait.

Cantique de Daniel 3, 52-56

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni soit le nom très saint de ta gloire :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu sur le trône de ton règne :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Béni sois-tu au firmament, dans le ciel :

R/ À toi, louange et gloire éternellement !

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 13, 11-13.

Dieu est avec nous lorsque nous sont souhaités la grâce de Jésus l’amour du Père et la communion de l’Esprit Saint.

Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d'accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous. Saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix. Tous les fidèles vous saluent. Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le souhait final de la lettre qui appelle les chrétiens de Corinthe à vivre dans la grâce du Christ, l’amour du Père et la communion de l’Esprit, montre que pour Paul il n’y a d’assemblée eucharistique valablement réunie que par l’action du Dieu Trinité. C’est à cause du don gratuit de Jésus Christ venu nous sauver, à cause de l’amour universel du Père pour les hommes, ses fils, sous l’empire de l’Esprit de charité qui scelle l’unité des chrétiens dans l’amour, que l’Église et chaque communauté chrétienne peuvent se rassembler dans la joie, rechercher la perfection, s’encourager dans l’espérance, vivre en plein accord fraternel et le manifester en se donnant la paix. Ce n’est pas l’accord des fidèles qui rend Dieu présent, c’est la Trinité qui suscite une communauté d’amour à son image.

La liturgie eucharistique reprend le souhait final de Paul, dans sa lettre, et le geste de paix des premières communautés chrétiennes. Donnons à ces rites leur pleine signification de la présence du Dieu Trinité dans l’assemblée.

Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 16-18

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Ces verbes « aimer » et « donner » disent ce qu’est la Trinité pour nous.

Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, ainsi que quiconque croit en lui ne perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Désormais tout homme est appelé à prendre position devant ce geste d’amour de Dieu en la personne de Jésus. Ce sont les hommes qui portent sur eux le jugement, ce n’est pas Dieu qui condamne. Celui qui fait le mal refuse l’amour qui aurait éclairé sa vie ; celui qui agit selon la vérité, - et cette vérité c’est l’Évangile d’amour que révèle Jésus – vient au Christ, d’une manière explicite ou non, et sa vie en est illuminée. Comme le serpent de bronze dressé sur un mât dans le désert guérissait les Hébreux des morsures de scorpions s’ils le regardaient avec foi, ainsi un regard d’amour et de foi vers Jésus élevé sur la croix sauvera les hommes de la mort. C’est donc devant la croix de Jésus que chacun décide de son propre jugement final.

Dieu ne juge pas le monde, il le sauve, et pour cela il donne et envoie son Fils. Nous aussi, il nous donne et nous envoie vers le monde pour le sauver.

Homélie

En cette solennité de la Sainte Trinité, l’Église nous propose d’abord de mieux comprendre qui est Dieu. Le livre des proverbes, nous a parlé d’une sagesse : « Écoutez ce que déclare la sagesse : le Seigneur m’a faite pour lui au commencement de son action »

Pour les hommes des temps anciens, mais pour nous encore aujourd’hui, cette sagesse c’est celle de Dieu qui a créé l’univers. Un univers d’une beauté grandiose et d’une grande harmonie.

Pour les Hébreux et aussi pour nous, la sagesse de Dieu, veut dire l’amour que Dieu porte à son peuple ; Dieu s’est lié à eux, et nous aussi nous sommes liés à Dieu parce qu’il nous aime depuis toujours et pour toujours

Et nous les chrétiens, nous croyons que cet engagement de Dieu, cet amour de Dieu pour les hommes s’est accompli totalement dans l’incarnation, la venue sur cette terre de son Fils, Jésus Christ, la sagesse même de Dieu.

Savons-nous encore admirer la beauté de l’œuvre de Dieu ?

Savons- nous reconnaître l’amour de Dieu dans la création, dans l’alliance qu’il a conclu avec nous en nous donnant son Fils ?

Et cela nous aide-t-il à aimer pour de bon, ceux qui nous entourent ?

Nous venons de parler de Dieu, de son amour et de sa sagesse incarnée dans son Fils Jésus le Christ. C’est Paul, dans sa lettre aux Romains, qui nous fait comprendre que Dieu nous a donné un autre gage d’amour, son Esprit, l’Esprit Saint, pour répandre en nos cœurs l’amour de Dieu. Quand j’ai une envie forte de frapper ou d’insulter quelqu’un c’est le démon qui utilise ma méchanceté, mon égoïsme. Quand je fais un sourire, bon accueil, quand je rends un service sans attendre de retour, c’est l’Esprit d’amour de Dieu qui agit en moi…

Paul nous dit qu’il est certain que Dieu a déposé son esprit dans notre cœur. Cette certitude nous aide-t-elle à regarder tout homme comme un frère que Dieu aime ? Avons-nous envie de laisser l’Esprit de Dieu envahir notre cœur pour aimer comme il aime ?

En écoutant Jésus dire à ses apôtres : « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière ; » A ce moment-là, nous pouvons comprendre que les apôtres ont dû cheminer eux aussi dans la foi et qu’ils n’ont découvert que progressivement le mystère de la personne de Jésus Christ. Pour nous aussi, sans cette action de l’Esprit de vérité, nous ne pouvons connaitre le mystère d’unité et d’amour des 3 Personnes divines.

Aussi il nous faut vérifier chaque fois, que nous faisons vraiment confiance à Dieu, comme à un père, un papa qui nous aime plus que tout.

Aussi faut-il vérifier chaque jour, que, comme le Christ, nous voulons faire la volonté du Père.

Aussi nous faut-il vérifier chaque jour, que c’est l’Esprit Saint qui nous guide dans notre vie de famille, dans notre vie professionnelle, dans notre groupe de prière… Amen.

Source : Père JP Potelle - http://passionistedepolynesie.e-monsite.com/

Prière universelle

Le Christ a promis d’être avec ses disciples « jusqu’à la fin du monde ». Sûrs de cet appui à nul autre pareil, laissons-nous conduire par l’Esprit Saint et adressons au Père notre louange et notre prière.

R/ : Écoute-nous, Seigneur.

  • Afin qu’il soutienne les personnes qui luttent pour le respect des droits et libertés de leurs frères et sœurs, prions le Seigneur. R/
  • Afin qu’il soutienne les hommes et les femmes qui consacrent leur vie à servir les autres par leur engagement en Église, prions le Seigneur. R/
  • Afin qu’il soutienne les enfants de partout sur la terre qui vivent des jours heureux ou qui affrontent des épreuves, prions le Seigneur. R/
  • Afin qu’il soutienne les personnes qui tentent de trouver un sens à leur vie et qui cherchent un peu d’espoir en ce monde, prions le Seigneur. R/

Dieu notre Père, par ton Esprit, tu nous libères de la peur et de l’esclavage. Rassure-nous dans nos angoisses et fais briller ta lumière quand nous affrontons des jours plus sombres. Nous te le demandons par Jésus, le Christ, qui est avec nous pour toujours. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca/

Année B

Lecture du livre du Deutéronome 4, 32-34.39-40

Le Dieu qui a choisi Israël, qui l’a libéré, qui lui a parlé, qui s’est rendu proche de lui, c’est déjà la Trinité.

Moïse disait au peuple : « Interroge donc les temps anciens qui t’ont précédé, depuis le jour où Dieu créa l’homme sur la terre : d’un bout du monde à l’autre, est-il arrivé quelque chose d’aussi grand, a-t-on jamais connu rien de pareil ? Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu parlant du milieu du feu, et qui soit resté en vie ? Est-il un dieu qui ait entrepris de se choisir une nation, de venir la prendre au milieu d’une autre, à travers des épreuves, des signes, des prodiges et des combats, à main forte et à bras étendu, et par des exploits terrifiants - comme tu as vu le Seigneur ton Dieu le faire pour toi en Égypte ? Sache donc aujourd’hui, et médite cela en ton cœur : c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ; il n’y en a pas d’autre. Tu garderas les décrets et les commandements du Seigneur que je te donne aujourd’hui, afin d’avoir, toi et tes fils, bonheur et longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu, tous les jours ». - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de Deutéronome, écrit vers le VIIe siècle avec J.C., est l’examen de conscience de la nation à la lumière de son histoire passée et du message des prophètes. Israël est le seul peuple qui ait entendu la voix de Dieu dans les éclairs du Sinaï et dans la parole enflammée des prophètes ; il est le seul peuple qui depuis sa naissance, au sortir de l’Égypte, jusqu’à maintenant, ait vu Dieu accomplir pour lui tant de signes et de prodiges. Malgré cela Israël cherche d’autres dieux, il cherche à se rassurer par des alliances politiques avec l’Égypte, quitte à troquer sa liberté contre un nouveau servage. C’est un cri d’alarme que pousse l’auteur du livre : le Seigneur est l’Unique, il n’y a de vie et de liberté que par lui.

« Est-il un peuple qui ait entendu comme toi la voix de Dieu ? » Le Seigneur ne cesse d’entrer en dialogue avec les hommes, par la création, par Moïse et les prophètes, jusqu’à nous parler par son propre Fils. Comment poursuivre le dialogue avec lui ?

Psaume 32

R/ Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu.

Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ; il est fidèle en tout ce qu’il fait. Il aime le bon droit et la justice ; la terre est remplie de son amour. R/

Le Seigneur a fait les cieux par sa parole, l’univers, par le souffle de sa bouche. Il parla, et ce qu’il dit exista ; il commanda, et ce qu’il dit survint. R/

Dieu veille sur ceux qui le craignent, qui mettent leur espoir en son amour, pour les délivrer de la mort, les garder en vie aux jours de famine. R/

Nous attendons notre vie du Seigneur : il est pour nous un appui, un bouclier. Que ton amour, Seigneur, soit sur nous comme notre espoir est en toi ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 14-17

L’Esprit Saint fait de nous des fils de Dieu qui, libérés de la peur, osent dire à Dieu : « Père ».

Frères, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. - Parole du Seigneur.

Commentaire : On ne peut être fils de Dieu qu’à l’imitation de Jésus Christ. Or, Jésus s’est montré dans toute son existence comme le Fils parce qu’il s’est laissé conduire par l’Esprit. C’est aussi l’Esprit qui fait de nous des fils, c’est-à-dire des hommes livres, délivrés de la crainte ; des hommes qui ont la hardiesse de parler à Dieu en toute familiarité (« Abba », terme de langue araméenne que parlait Jésus, était réservé aux enfants lorsqu’ils s’adressaient à leur pape) ; des hommes dont l’espérance est d’hériter avec Jésus Christ du monde nouveau où Dieu sera tout en tous.

Nous rencontrons des gens qui ont encore peur de Dieu : peur d’être punis par lui, peur de s’adresser à lui, peur de n’être pas exaucés. Sommes-nous assis familiers de Dieu pour que grâce à nous ils se découvrent connus et aimés de lui comme ses enfants ?

Alléluia. Alléluia. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit : au Dieu qui est, qui était et qui vient ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28, 16-20

Notre baptême nous a plongés dans la vie de Dieu, Père, Fils et Esprit.

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La puissance que le Christ ressuscité, devenu maître du monde, a reçue du Père, il l’exerce désormais par son Église. C’est à elle, représentée par les disciples, qu’il donne mission de faire de toutes les nations des disciples. Faire des homes les disciples de Jésus Christ, c’est les plonger dans la vie du Père, du Fils, et de l’Esprit, et nous savons que cette vie est un amour totalement partagé. C’est aussi leur apprendre à observer les commandements du Christ, et nous savons qu’ils se résument à aimer de toutes ses forces Dieu et ses frères. En recevant le pouvoir du Christ ressuscité, l’Église reçoit aussi la promesse de sa présence et de son assistance quotidienne au long de l’histoire.

Plongés dans la vie du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous l’avons été au jour de notre baptême. Mais c’est en observant tous les commandements donnés par Jésus que nous poursuivons notre immersion dans la Trinité.

Lecture de la Sainte Trinité en DOCX et PDF

Prière Universelle

En ce jour où nous fêtons la Trinité, laissons les mots de la prière monter de nos cœurs sur nos lèvres.

R/. Seigneur écoute nous ! Seigneur exauce nous !

  • Confions au Seigneur Jésus à qui tout pouvoir a été donné, tous ceux et celles qui ont reçu mission de gouverner dans l’Église. Que leur service les garde dans l’humilité et le souci de la communion. R/.
  • Demandons au Seigneur Jésus qui est avec nous tous les jours de nous rendre attentifs les uns aux autres et serviteurs de la communion entre tous les hommes. R/.
  • Présentons au Souffle de l’Esprit tous ceux et celles qui œuvrent pour plus de collaboration, d’échanges et de relations vraies entre les hommes et entre les peuples. R/.
  • Rendons toute grâce à Dieu notre Père qui nous a créés et demandons lui de bénir toutes les mamans, elles par qui la vie nous a été donnée. R/.

Dieu Notre Père par Jésus-Christ Ton Fils Notre Seigneur qui vit et règne avec Toi dans L'Esprit-Saint, daigne nous accorder ce que nous Te demandons : que ton amour nous accompagne tous les jours jusqu’à la fin du monde !

Source de la Prière Universelle : https://www.abbayejouarre.org/

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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 13:46

Année A

Lecture du livre des Actes des apôtres 2, 1-11 ABC

Que chacun puisse entendre proclamer dans sa langue maternelle les merveilles que Dieu fait pour lui, telle est la mission de l’Église que l’Esprit lui donne d’accomplir.

Quand arriva la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d'eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie, et de la Pamphylie, de l'Égypte et des contrées de Libye proche de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Si l’on veut bien se souvenir de l’épisode symbolique de la tour de Babel, montrant comment la multiplication des langues avait provoqué la dispersion des hommes, par suite de leur incapacité à se comprendre, on découvrira comment le Saint-Esprit refait l’unité perdue. Il n’invente pas une langue universelle mais il donne aux disciples de se faire entendre dans la langue maternelle de chacun. Il signifie par-là que l’Église se doit d’assumer la langue, les coutumes et la civilisation de chaque peuple pour être universelle.

Des peuples divers sont présents dans nos quartiers et nos citées. Nous sommes les disciples chargés de proclamer dans leurs langues les merveilles de Dieu.

Psaume 103

R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! La terre s'emplit de tes biens. R/
  • Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre. R/
  • Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses œuvres ! Que mon poème lui soit agréable ; moi, je me réjouis dans le Seigneur. R/

Lecture de la 1ère lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12, 3b-7.12-13

Le don de l’Esprit se concrétise pour chacun de nous dans les talents qu’il nous confie en vue du bien de tous.

Frères, personne n'est capable de dire : « Jésus est le Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint. Les dons de la grâce sont variés, mais c'est le même Esprit. Les services sont variés, mais c'est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c'est le même Dieu qui agit en tous. À chacun est donnée la manifestation de l'Esprit en vue du bien.

Prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C'est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul s’attaque aux rivalités entre chrétiens au sujet des talents reçus de Dieu. Les uns réclamaient le premier rôle à cause de leur science à expliquer les mystères chrétiens ; d’autres mettaient en avant leur foi ou leur don de guérir ; d’autres invoquaient leur lucidité, leur aptitude à réfléchir sur le sens des événements ; enfin, certains enthousiastes réclament leur place, à cause de leur façon mystérieuse de prier à haute voix. Que leur répond Paul ? Ces dons de l’Esprit Saint sont partagés à chacun, non pour sa vanité personnelle, mais en vue du bien commun, pour assurer l’unité de la communauté dans la diversité de ses expressions.

Une communauté chrétienne est caractérisée à la fois par la variété des dons de la grâce, des fonctions et des activités qui s’y exercent, et par l’unique Dieu ; Père, Seigneur et Esprit, qui en est la source. Pas d’Église sans cette diversité et sans l’unité qui la fonde.

Séquence

  • Viens, Esprit Saint en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
  • Viens en nous, Père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
  • Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.
  • Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort.
  • Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.
  • Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
  • Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
  • Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
  • À tous ceux qui ont la foi, et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés.
  • Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen !

Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Emplis le cœur de tes fidèles ! Allume en eux le feu de ton amour ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 19-23

Le souffle du Christ ressuscité est l’Esprit Saint qui, par les disciples, portera son pardon à tous les hommes.

C'était après la mort de Jésus, le soir venu, en ce premier jour de la semaine. Alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus ». – Acclamons la Parole de Dieu

Commentaire : La paix que le Christ souhaite à ses disciples apeurés, au soir de Pâques, est moins l’invitation à ne plus craindre les juifs hostiles que l’assurance de sa victoire définitive sur le mal et la mort. En Jésus ressuscité, les disciples peuvent toucher celui qui réconcilie les hommes avec Dieu, en abolissant le règne du péché. De son corps glorifié, mais toujours marqué des cicatrices de sa Passion, jaillit le souffle purificateur et recréateur de Dieu lui-même, l’Esprit Saint, qui est gage de pardon et de vie nouvelle. La mission des apôtres ne fait que prolonger celle de Jésus envoyé par le Père : réconcilier l’humanité avec Dieu en lui donnant un nouveau souffle.

La Pentecôte intime qu’est la présence de l’Esprit Saint dans nos cœurs nous donne un Souffle nouveau pour lutter contre le mal, pour repartir avec confiance après un échec, pour persévérer dans le chemin de la prière.

Lectures et Homélie de la Pentecôte A en PDF

Année B

Lecture du livre des Actes des apôtres 2, 1-11 ABC

Que chacun puisse entendre proclamer dans sa langue maternelle les merveilles que Dieu fait pour lui, telle est la mission de l’Église que l’Esprit lui donne d’accomplir.

Quand arriva la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d'eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie, et de la Pamphylie, de l'Égypte et des contrées de Libye proche de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Si l’on veut bien se souvenir de l’épisode symbolique de la tour de Babel, montrant comment la multiplication des langues avait provoqué la dispersion des hommes, par suite de leur incapacité à se comprendre, on découvrira comment le Saint-Esprit refait l’unité perdue. Il n’invente pas une langue universelle mais il donne aux disciples de se faire entendre dans la langue maternelle de chacun. Il signifie par-là que l’Église se doit d’assumer la langue, les coutumes et la civilisation de chaque peuple pour être universelle.

Des peuples divers sont présents dans nos quartiers et nos citées. Nous sommes les disciples chargés de proclamer dans leurs langues les merveilles de Dieu.

 

Psaume 103

R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! La terre s'emplit de tes biens. R/
  • Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre. R/
  • Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses œuvres ! Que mon poème lui soit agréable ; moi, je me réjouis dans le Seigneur. R/

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 5,16-25

Nous sommes des êtres divisés ; une part de nous-mêmes résiste à l’action de Dieu, une autre part est ouverte à l’œuvre de l’Esprit. Saint Paul nous le rappelle pour nous engager à la lutte.

Frères, je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair. Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi. On sait bien à quelles actions mène la chair : inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu. Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. En ces domaines, la Loi n’intervient pas. Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises. Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour Paul, la chair et l’esprit ne sont pas deux composantes de l’homme, l’une chargée de tous les vices, l’autre de toutes les qualités, mais deux aspects de la condition humaine. L’homme est chair : cela traduit sa faiblesse ; l’homme est esprit : cela manifeste sa capacité de s’ouvrir à Dieu. Laissé à lui-même, l’homme est chair, et cela le conduit à tous les vices que Paul énumère selon un catalogue déjà connu des philosophes païens. Mais s’il s’ouvre à l’Esprit et se laisse conduire par lui, l’homme est mené par l’amour. Alors se font jour les fruits de l’Esprit : la joie et la paix qui se traduisent par la patience, la bonté et la bienveillance, et révèlent un homme de foi, plein d’humilité et de maîtrise de soi. Ce n’est pas une nouvelle loi, mais le résultat d’hommes et de femmes qui ont crucifié avec le Christ leur chair, leur faiblesse, pour trouver la force d’une vie nouvelle dans l’Esprit.

L’Esprit de Pentecôte nous semble être parfois loin de nous. Relisons la liste des fruits de l’Esprit et demandons-nous par lesquels il est présent et agissant dans notre vie.

Séquence

  • Viens, Esprit Saint en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
  • Viens en nous, Père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
  • Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.
  • Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort.
  • Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.
  • Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
  • Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
  • Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
  • À tous ceux qui ont la foi, et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés.
  • Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen !

Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Emplis le cœur de tes fidèles ! Allume en eux le feu de ton amour ! Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16, 12-15

Qui peut connaître Dieu, sinon l’Esprit de Dieu lui-même ? Jésus nous donne cet Esprit qui nous introduit dans la vérité de Dieu.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Le rôle de l’Esprit dans le monde est d’être témoin, nous dit Jésus. Témoin de Jésus auprès des disciples : eux qui sont avec lui depuis le commencement, c’est-à-dire le baptême de Jean Baptiste, découvriront, grâce à l’Esprit, dans la lumière de Pâques, la vérité de la personne du Christ, le Fils du Père. Témoins aussi du Père auprès des disciples : ils ont approché, en Jésus de Nazareth, celui qui ne fait qu’un avec le Père, et, grâce à l’Esprit, dans la lumière de Pâques, ils connaîtront que qui a vu Jésus a vu le Père. Ainsi, l’Esprit conduit-il à la vérité tout entière les disciples que nous sommes.

Relire les évangiles avec l’Esprit Saint comme maître intérieur ne sera pas apprendre du nouveau, mais entrer progressivement dans la vérité tout entière de Jésus et du Père. Essayons !

Lecture du Dimanche de Pentecôte 2021 en DOCX et PDF

Année C

Lecture du livre des Actes des apôtres 2, 1-11 ABC

Que chacun puisse entendre proclamer dans sa langue maternelle les merveilles que Dieu fait pour lui, telle est la mission de l’Église que l’Esprit lui donne d’accomplir.

Quand arriva la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel. Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d'eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie, de la Phrygie, et de la Pamphylie, de l'Égypte et des contrées de Libye proche de Cyrène, Romains de passage, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues les merveilles de Dieu ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : Si l’on veut bien se souvenir de l’épisode symbolique de la tour de Babel, montrant comment la multiplication des langues avait provoqué la dispersion des hommes, par suite de leur incapacité à se comprendre, on découvrira comment le Saint-Esprit refait l’unité perdue. Il n’invente pas une langue universelle mais il donne aux disciples de se faire entendre dans la langue maternelle de chacun. Il signifie par-là que l’Église se doit d’assumer la langue, les coutumes et la civilisation de chaque peuple pour être universelle.

Des peuples divers sont présents dans nos quartiers et nos citées. Nous sommes les disciples chargés de proclamer dans leurs langues les merveilles de Dieu.

Psaume 103

R/ Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre !

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur ! La terre s'emplit de tes biens. R/
  • Tu reprends leur souffle, ils expirent et retournent à leur poussière. Tu envoies ton souffle : ils sont créés ; tu renouvelles la face de la terre. R/
  • Gloire au Seigneur à tout jamais ! Que Dieu se réjouisse en ses œuvres ! Que mon poème lui soit agréable ; moi, je me réjouis dans le Seigneur. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 8-17

C’est l’Esprit de Jésus Christ qui est désormais agissant en nous : il nous conduit, il lutte avec nous, il prie en nous, il atteste que nous sommes enfants de Dieu.

Frères, ceux qui sont sous l'emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous celle de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l'Esprit vous fait vivre, puisque que vous êtes devenus des justes. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n'est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair. Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les agissements de l'homme pécheur, vous vivrez. En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves, et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C'est donc l'Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans cette lettre, Paul a décrit la condition de l’homme abandonnant à lui-même, sans le Christ : il expérimente que le péché et la mort finissent par avoir raison de ses efforts pour s’en délivrer. Dans cette situation, la loi juive ou celle de la conscience sont impuissantes à le libérer, elles lui font au contraire ressentir plus durement son esclavage. Qui peut alors nous libérer, s’interroge Paul ? C’est Jésus Christ et l’Esprit qu’il nous donne. Cet Esprit est vie, il fait vivre, il ressuscite. Cet Esprit est celui de Dieu, aussi la vie qu’il nous donne est-elle celle d’enfants de Dieu qui crient vers le Père le mot même de Jésus : Abba, c’est-à-dire Père bien-aimé. Comment douter dès lors que cet Esprit soit le gage certain d’héritier avec le Christ la vie auprès du Père ?

Poussés par l’Esprit nous crions vers le Père en l’appelant « Abba », le mot qu’employait Jésus pour prier. Le Notre Père est ainsi la prière du Fils et de l’Esprit en nous.

Séquence

  • Viens, Esprit Saint en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière.
  • Viens en nous, Père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs.
  • Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur.
  • Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort.
  • Ô lumière bienheureuse, viens remplir jusqu’à l’intime le cœur de tous tes fidèles.
  • Sans ta puissance divine, il n’est rien en aucun homme, rien qui ne soit perverti.
  • Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé.
  • Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé.
  • À tous ceux qui ont la foi, et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés.
  • Donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle. Amen !

Alléluia. Alléluia. Viens, Esprit Saint ! Emplis le cœur de tes fidèles ! Allume en eux le feu de ton amour ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 15-16. 23b-26

Comment trouver les gestes et les paroles qui nous permettront d’être témoins de Jésus, aujourd’hui ? « Je vous enverrai l’Esprit Saint, nous dit Jésus, il vous enseignera tout ».

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m'aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : L’Esprit Saint est appelé ici le Défenseur parce qu’il joue le rôle de l’avocat de la défense, le protecteur de l’accusé. Jean présente en effet son évangile comme un procès intenté à Jésus. Les hommes défilent devant la barre des témoins et sont amenés à prendre position pour ou contre lui, depuis Jean Baptiste, Nicodème, le Samaritaine, l’aveugle-né, les juifs, Pilate et … les disciples. Mais ce procès n’est pas achevé, et dans l’histoire résonne toujours cette question : toi, qui dis-tu que je suis ? Pour prendre position pour Jésus, pour entrer dans la pleine compréhension de sa personne, de ses paroles et de ses gestes, l’Esprit vient à notre aide, tel un Défenseur. Il est la mémoire vivante des croyants, « il enseignera tout ».

Demandons à l’Esprit de nous donner la mémoire vivante des paroles et des gestes de Jésus pour en découvrir la portée pour aujourd’hui.

Lecture du Dimanche de Pentecôte en DOCX et PDF

Homélie - 1

Saint Luc qui au début de son livre « les Actes des Apôtres » nous décrit l’évènement de la Pentecôte, nous fait assister à une étonnante métamorphose dans le cœur et dans la vie des apôtres. Il est évident, en effet, qu’au départ les apôtres furent des hommes comme tous les autres. Leurs préoccupations étaient celles de tout le monde : gagner leur pain, aider leur famille, prendre soin de leur santé. Même après avoir, durant des mois écouté les enseignements de Jésus, ces hommes restaient profondément ancrés dans leur mentalité première. Ils conservaient par exemple les vues politiques de leurs contemporains puisque le jour même de l’Ascension ils demandaient au Christ « Est-ce maintenant que tu vas restaurer la Royauté en Israël ? » On peut dire qu’ils vivaient dans leur petit monde : un monde aux horizons étroits, soucieux avant tout de leur réussite personnelle « Lequel d’entre nous sera le premier ? » Or, Jésus avant de les quitter leur avait promis l’effusion de son Esprit qui constituerait pour eux une nouvelle forme de sa présence et de la présence du Père : « Bientôt, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint.

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de Vérité, il vous fera comprendre tout ce que je vous ai dit. Il vous introduira dans la vérité toute entière... Alors vous serez revêtus de la force d’En-Haut et vous serez mes témoins ».

Au matin de la Pentecôte ce Don de l’Esprit fut pour eux comme un éclatement de leur petit monde : brusquement les horizons s’élargissaient à leurs yeux et le chantier de leurs activités prenait de nouvelles dimensions.

AVANT : ils se sentaient seulement responsables d’un tout petit nombre de personnes.

APRÈS : ils découvraient la Lumière de l’Esprit de Dieu qu’ils étaient responsables d’un Salut à porter à tous les hommes.

AVANT : ils se seraient jetés à l’eau par exemple pour venir en aide à un camarade en train de se noyer.

APRÈS : ils se sentaient de taille à affronter les plus grands périls pour porter un secours spirituel à tous les hommes : désormais ils n’avaient plus qu’un seul objectif, une seule ambition : être jusqu’à la fin de leur vie et dans le monde entier les témoins du Christ Ressuscité.

AVANT : ils ne voyaient pas clair, ne sachant pas très bien ce qu’ils devaient faire.

APRÈS : tout s’illuminait pour eux... dans la lumière intérieure de l’Esprit, tout devenait saisissant de vérité et d’amour et ils prenaient la mesure de leurs responsabilités.

AVANT : ils avaient peur, ils n’osaient pas se compromettre pour le Christ.

APRÈS : ils se sentaient soulevés et comme propulsés par une force irrésistible : rien désormais ne pourrait les arrêter, ni la police, ni la perspective des châtiments et de la prison, pas même la mort.

Ces hommes n’étaient plus animés par leur intérêt personnel, ils ne cherchaient plus la satisfaction de leurs petits désirs, la réalisation de leurs projets : l’Esprit de Dieu inspirait désormais leur manière de voir, les motifs de leur action, en faisant des passionnés de Dieu et de l’œuvre de Dieu. Poussés par l’Esprit, ils sont partis à la conquête du monde : ils ont rassemblé dans l’Eglise du Christ les enfants de Dieu dispersés. Et à partir d’eux la puissance de l’Esprit a pu se déployer jusqu’à nos jours comme une sorte de réaction en chaîne non à la manière d’une bombe atomique qui dévaste tout, mais à la manière du soleil, cette formidable et permanente explosion nucléaire d’où nous viennent la lumière, la chaleur et la vie. Cela n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu au départ cette métamorphose des Apôtres. Il n’y aurait jamais eu ni l’Evangile, ni l’Eglise, ni les chrétiens si cet évènement de la Pentecôte qui est un grand mystère ne s’était produit.

C’est grâce aux Apôtres que l’œuvre gigantesque de l’Evangélisation du monde a pu commencer. Nous savons qu’à leur suite beaucoup d’hommes et de femmes ont pris le relai, beaucoup d’hommes et de femmes ont accepté d’êtres les instruments de l’Esprit.

Aujourd’hui encore, grâce à cette chaîne ininterrompue de témoins, l’explosion spirituelle de la Pentecôte illumine et travaille le monde et c’est là qu’une question est posée à notre conscience de baptisés et confirmés, sommes-nous les fidèles continuateurs des Apôtres ? Est-ce que nous agissons en hommes qui sont baptisés et animés par l’Esprit de Dieu ? Certes nous avons reçu à notre tour les dons de l’Esprit, mais nous avons un redoutable pouvoir : celui de résister à l’Esprit-Saint, celui d’éteindre en nous la flamme de l’amour. Ne cédons-nous pas trop souvent à une tentation d’étroitesse, de replis sur soi... On devient si facilement prisonnier d’une routine, on s’enferme dans ses petites vues personnelles, on défend ses intérêts et on oublie les grands intérêts de Dieu.

Si nous n’y prenons garde très vite, nous centrons notre vie sur nous-mêmes, sur notre famille ou notre petit cercle d’amis et nous refusons d’ouvrir notre cœur à l’universel, de nous engager à fond dans la mission de l’Eglise qui consiste à faire connaître Jésus l’unique Sauveur et à le faire aimer. Sommes-nous vraiment animés de cet esprit missionnaire qui brûlait si fort dans le cœur des Apôtres. C’est dans la mesure où il ouvre son cœur à l’Esprit-Saint, Esprit de Lumière, de Force et d’Amour que le chrétien découvre la mission qu’il a à remplir dans le monde actuel : faire passer l’Esprit de l’Evangile, propager la flamme de l’Amour, réapprendre aux hommes à s’aimer les uns les autres à la manière du Christ, car là et là seulement se trouve la voie du Salut et de la Vie.

Frères et sœurs, comme aux premiers temps du Christianisme serrés autour de Marie, devenue à la Pentecôte la Mère de l’Eglise, pleins de défauts certes comme les apôtres, et tout aussi démunis qu’eux, mais remplis aussi d’une humble et absolue confiance en l’Esprit-Saint qui nous habite, laissons-nous éclairer de sa lumière. Purifiés et fortifiés par son souffle divin nous deviendrons les témoins irrésistibles de son Amour.

Amen.

Homélie - 2

Avant de passer de ce monde à son Père, Jésus avait fait à ses disciples la promesse solennelle de l’Esprit-Saint : « Je ne vous laisserai pas orphelins. Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de Vérité ».

Au jour de la Pentecôte, 50 jours après sa Résurrection, le Seigneur a tenu magnifiquement sa promesse. Le Saint-Esprit, sous forme de langues de feu est descendu sur les disciples, réunis autour de Marie et il les a remplis de sa divine présence et de toute la richesse de ses dons. Au moment de l’Annonciation, le Saint-Esprit s’était manifesté secrètement pour former en Marie le Corps physique du Christ ; au jour de la Pentecôte, il s’est manifesté avec éclat pour former le Corps mystique du Christ qui est l’Eglise. Désormais le temps de l’Esprit maintes fois annoncé par les prophètes devient une merveilleuse réalité. Et si le Saint-Esprit est ainsi donné à l’Eglise c’est pour être avec elle jusqu’à la fin des temps et pour accomplir par elle une mission unique et irremplaçable : faire pénétrer dans toutes les générations et en tous lieux la Rédemption du Christ acquise une fois pour toutes. Nous le savons : dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, Jésus à réalisé l’œuvre que le Père lui avait confiée : par son sacrifice d’amour il nous a tout mérité, mais c’est au Saint-Esprit qu’il a remis le soin de nous monnayer, en quelque sorte les grâces de la Rédemption.

L’œuvre attribuée au Saint-Esprit dans l’Eglise comme dans les âmes est de conduire à sa fin, c’est-à-dire à sa plus haute perfection, le travail incessant de la sanctification.

Pour toujours le Saint-Esprit habite l’Eglise. Et de même qu’un édifice ne subsiste que par l’exact agencement des pierres et des matériaux qui le constituent, de même l’Eglise n’a d’unité et de solidarité que par le lien vivant de l’Esprit.

Si le Christ est la tête de l’Eglise, le Saint-Esprit en est l’âme. Comme l’âme anime le corps, meut et dirige chaque membre, commande les diverses fonctions de l’organisme, ainsi le Saint-Esprit souffle vital de l’Eglise anime chaque membre, l’inspire et le guide et l’on reconnaît son influence à la force et à l’excellence des actions qu’il suscite. C’est ainsi qu’il conduit l’Eglise de façon visible par le Pape et les Evêques, en les assistant dans leur mission d’enseignement et de gouvernement.

N’est-il pas, lui, l’Esprit de Vérité ? Le suprême Eclaireur qui fait comprendre à l’Eglise ce que Jésus a enseigné et qui l’introduit progressivement dans la plénitude de la Vérité. Et l’Eglise a besoin de lui, non seulement pour pénétrer toujours plus avant dans la pensée de Dieu, mais aussi pour traduire cette pensée en langage adéquat, pour n’énoncer de manière à être comprise des générations successives et à travers toutes les cultures. C’est toute la signification du miracle des langues qui nous est rapporté par saint Luc.

Pour ce jour de la Pentecôte une foule de pèlerins juifs étaient venus à Jérusalem de tous les pays environnants : ils parlaient donc des langues ou des dialectes différents. Mais en écoutant les apôtres ils furent stupéfaits de les entendre dans leur propre langue et chacun de dire : « Nous entendons proclamer les merveilles de Dieu dans notre langue maternelle... » Oui, l’Esprit-Saint donne à l’Eglise de trouver les mots qui conviennent pour proclamer à tous la Bonne Nouvelle. Mais si l’Esprit-Saint dirige et anime l’Eglise comme telle, il exerce aussi une action intime, silencieuse et permanente dans le cœur de chacun et de chacune d’entre nous... Etant l’âme de notre âme, il nous introduit dans l’intimité divine et nous fait participer comme des fils à la famille de Dieu.

Sur le plan humain, lorsqu’un enfant est adopté par une famille, il faut que cet enfant s’adapte à la mentalité de sa famille adoptive, qu’il prenne peu à peu l’esprit de sa nouvelle famille... De même, nous qui sommes destinés à communier comme des fils à la vie prodigieuse de la bienheureuse Trinité, nous avons besoin pour cela de recevoir l’Esprit de la famille divine qui est l’Esprit-Saint en personne. Il nous est donné pour que nous puissions pénétrer dans le monde divin et vivre le plus possible et le mieux possible comme des enfants de Dieu qui pensent, agissent et aiment à l’exemple de leur parfait modèle : le Christ Jésus.

Souvenons-nous surtout de ceci, frères et sœurs, le Saint-Esprit que nous avons reçu d’une manière très spéciale au moment de notre baptême et de notre confirmation est chargé de nous appliquer la vertu réparatrice du Sang du Christ. Car, hélas, par le péché nous déformons, nous caricaturons l’image du Christ dans notre âme, contrecarrant ainsi l’œuvre divine. En artiste très délicat et très miséricordieux, l’Esprit-Saint rectifie et retrace en notre âme les traits qui nous rendent à nouveau conformes au modèle divin...

Par le sang purificateur de Jésus, ce sang qu’il nous applique surtout dans le Sacrement du Pardon et de la Réconciliation, il efface en nous les traits diffames de l’orgueil ou de l’égoïsme et par la vertu de ce même sang il fait réapparaitre les traits de notre ressemblance au Christ.

L’excellence de l’Esprit-Saint « qui achève en nous toute sanctification » est que non seulement il refait ce qui a été défait mais il le refait en beaucoup plus beau... Pour lui, en effet, refaire, c’est parfaire. Cette merveille de la grâce lui a valu d’être appelé dans la prière du « Veni Créator », « le doigt de la droite du Père » car le doigt c’est ce qui sert à fignoler, à parachever la qualité d’un ouvrage.

Après avoir réalisé ce chef-d’œuvre divin, chef-d’œuvre insurpassable qu’est le Christ Jésus, l’Esprit-Saint n’a qu’un désir : en réaliser des imitations innombrables... en faire des copies vivantes.

N’oublions pas cependant qu’il y a de notre part une condition à remplir : c’est de lui ouvrir nos âmes dans une attitude de très grande docilité, car il ne peut faire que dans la mesure où on le laisse faire.

Puisse la Vierge Marie, notre éducatrice spirituelle, l’attirer sur nous par sa prière irrésistible, comme elle le fit en faveur des apôtres dans les jours qui précédèrent la Pentecôte.

Amen.

Prière universelle

 

R/ : Jésus, Toi qui as promis d’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient,
       ô Dieu pour porter au monde ton feu, voici les demandes de nos vies.

Introduction:

  • Pentecôte, fête de l’Église universelle : Donne Seigneur, à tous les responsables pastoraux et les chrétiens la force et la lumière pour témoigner de ton Amour à l’ensemble de l’humanité ! Que l’on puisse se rassembler, être en communion et se comprendre malgré nos différences ! R/
  • Pentecôte, souffle nouveau : Donne-nous Seigneur Jésus, l’Esprit de vie et de discernement, dans les situations au quotidien : famille, métier, associations !… Guide-nous, accompagne-nous dans nos choix ! R/
  • Pentecôte, feu nouveau : Donne Seigneur à tous les baptisés ton Esprit de feu afin qu’ils retrouvent en ces temps compliqués l’enthousiasme de ta Bonne Nouvelle ! Merci pour les fêtes des premières Communion et Profession de Foi qui nous renouvellent dans l’Espérance et la Joie ! (Nommer les enfants s’il y en a le jour…) R/
  • Pentecôte, temps de tous les « possibles » : Donne-nous ton Esprit d’Amour pour plus de solidarité et d’attention à tous ceux qui souffrent du manque des biens nécessaires, de partage et d’amour, pour vivre dans la dignité. Que chacun accomplisse les services et les responsabilités, au bénéfice de tous, dans la Paix et la Justice ! R/
R/ : Jésus, Toi qui as promis d’envoyer l’Esprit à ceux qui te prient,
       ô Dieu pour porter au monde ton feu, voici les demandes de nos vies.

Conclusion par le prêtre : Que ton Esprit Saint, Seigneur, nous accompagne jour après jour et renouvelle la face de la terre. Nous te le demandons à toi qui vis et règne maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Source : https://coteauxdeloire.diocese49.org/

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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 17:47

Année A

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1, 1-11

L’événement de l’Ascension ouvre la route à l’Église : « Vous serez mes témoins, nous dit Jésus, jusqu’aux extrémités de la terre ».

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours ». Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’Ascension est décrite par Luc dans le livre des Actes, du point de vue des hommes, pour répondre à la question : « Que nous reste-t-il à faire, maintenant que le Christ est vainqueur, près de Dieu ? » -Eh bien ! il reste tout à faire : fonder l’Église, porter témoignage du Christ jusqu’aux extrémités du monde, préparer son retour. Supposons que les disciples soient restés à regarder avec nostalgie vers le ciel, qu’effrayés par la perspective de parcourir le monde, ils soient bien sagement rentrés chez eux. Que se serait-il passé ? Rien ! L’Ascension est la plus grande manifestation de confiance donnée aux hommes par le Christ : « C’est à vous, maintenant, de faire l’histoire ! »

« Vous serez mes témoins ». Il ne manque pas aujourd’hui d’évangiles imprimés, mais les hommes ont besoin de rencontrer en nous des évangiles vivants.

Psaume 46

R/ : Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. ou Alléluia.

  • Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre. R/
  • Dieu s'élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez ! R/
  • Car Dieu est le roi de la terre : que vos musiques l'annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1, 17-23

L’Église est un corps dont le Christ est la tête ; déjà rendue près de Dieu, la tête attire à elle tout le corps.

Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître. Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel, la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles, et quelle puissance incomparable il déploie pour nous, les croyants.

C’est l’énergie, la force, la vigueur qu’il a mise en œuvre dans le Christ quand il l’a ressuscité d’entre les morts et qu’il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux. Il l’a établi au-dessus de tout être céleste : Principauté, Souveraineté, Puissance et Domination, au-dessus de tout nom que l’on puisse nommer, non seulement dans le monde présent mais aussi dans le monde à venir. Il a tout mis sous ses pieds et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Église qui est son corps, et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Jésus de Nazareth, arraché par Dieu à la mort et devenu maintenant maître de l’univers, est le garant que notre attente n’est pas vaine. Ce n’est pas pour rien que Dieu nous appelle, mais pour nous conduire à partager le triomphe du Christ dans la joie, près de lui. Et, s’il comble Jésus Christ, c’est pour que, du Christ rejaillisse dès maintenant sur son église cette vie nouvelle commencée au baptême, et qui s’épanouira dans le Ciel.

Dans les appels qui nous sont adressés par le monde et l’Église nous voyons d’abord les tâches à accomplir et les efforts qui nous sont demandés. Pourrions-nous partager à quelques-uns « l’espérance que donne l’appel du Christ » qui retentit dans ces multiples demandes ?

Alléluia. Alléluia. Allez ! De toutes les nations faites des disciples, dit le Seigneur. Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28, 16-20

Jésus, glorifié près de Dieu, est en même temps avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

Les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La puissance que le Christ ressuscité, devenu maître du monde, a reçue du Père, il l’exerce désormais par son Église. C’est à elle, représentée par les disciples, qu’il donne mission de faire de toutes les nations des disciples. Faire des hommes les disciples de Jésus Christ, c’est les plonger dans la vie du Père, du Fils et l’Esprit, et nous savons que cette vie est un amour totalement partagé. C’est aussi leur apprendre à observer les commandements du Christ, et nous savons qu’ils se résument à aimer de toutes ses forces Dieu et ses frères. En recevant le pouvoir du Christ ressuscité, l’Église reçoit aussi la promesse de sa présence et de son assistance quotidienne au long de l’histoire.

Jésus ne fait rien pour apaiser les doutes de quelques-uns de ses disciples, si ce n’est de leur montrer sa confiance en les envoyant en mission. S’il nous arrive de douter de nous-mêmes ou de notre foi, Jésus, lui, ne doute pas de nous !

Prière universelle

Aujourd'hui, Jésus ressuscité monte au ciel, pour être avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde. Par lui et dans l'Esprit Saint, faisons monter vers le Père notre prière pour notre terre qui souffre de la pandémie.

  • Dieu Père, donne la plénitude de l'Esprit Saint au collège des évêques et fais grandir ton Église dans l'unité, tout spécialement en cette Semaine Laudato si' où les catholiques sont invités à réfléchir, prier et agir ensemble pour un monde meilleur, nous t'en prions.
  • Dieu Père, donne ton Esprit de sagesse et de lumière aux mondes scientifique et politique, pour que leurs études et leurs décisions soient conformes à ta volonté, nous t'en prions.
  • Dieu Père, nous te bénissons pour le travail et la charité déployés par tous ceux qui servent l'humanité avec force et courage, travailleurs et bénévoles. Bénis-les, et garde-les dans la puissance des grâces de la résurrection, nous t'en prions
  • Dieu Père, ouvre le cœur des personnes qui ne te connaissent pas, et le cœur des personnes qui te rejettent, pour que le don de ton Esprit les transforme et les conduise vers Toi, nous t'en prions.
  • Dieu Père, en cette Fête où notre communauté paroissiale ne peut se réunir pour te célébrer, renforce son unité, et accorde à chacun de nous la grâce de reconnaître notre Seigneur Jésus présent et agissant dans nos vies, nous te prions.

Dieu notre Père, daigne exaucer les prières que nous te présentons en ce jour, et fais de tous les baptisés de vrais témoins de ton Évangile. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Source : http://cathophalsbourg.over-blog.com/

Année B

Commencement du livre des Actes des apôtres 1, 1-11

L’évènement de l’Ascension ouvre la route à l’Église : « Vous serez mes témoins, nous dit Jésus, jusqu’aux extrémités de la terre ».

Cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le moment où il commença, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, par l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis. C'est à eux qu'il s'est montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu, et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l'eau, vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici peu de jours ». Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu rétablir la royauté pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous : vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ».

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s'éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leurs dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel ».

Commentaire : L’Ascension est décrite par Luc dans le livre des Actes, du point du vue des hommes, pour répondre à la question : « Que nous reste-t-il à faire, maintenant que le Christ est vainqueur, près de Dieu ? »

Eh bien ! il reste tout à faire : fonder l’Église, porter témoignage du Christ jusqu’aux extrémités du monde, préparer son retour. Supposons que les disciples soient restés à regarder avec nostalgie vers le ciel, qu’effrayés par la perspective de parcourir le monde, ils soient bien sagement rentrés chez eux. Que se seraitil passé ? Rien ! l’Ascension est la plus grande manifestation de confiance donnée aux hommes par le Christ : « C’est à vous, maintenant, de faire l’histoire ».

« Vous serez mes témoins ». Il ne manque pas aujourd’hui d’évangiles imprimés, mais les hommes ont besoin de rencontrer en nous des évangiles vivants.

Psaume 46

R/ Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor.

  • Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre. R/
  • Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez ! R/
  • Car Dieu est le roi de la terre, que vos musiques l’annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré. R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens 4, 1-13

L’apôtre Paul nous encourage à suivre fidèlement l’appel que nous avons entendu de Dieu. C’est un appel à faire l’unité de l’Église et du monde.

Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. C’est pourquoi l’Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes. Que veut dire : Il est monté ? - Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre. Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers. Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. - Parole du Seigneur.

Commentaire : La lettre aux Éphésiens souligne que l’unité de l’Église est avant tout une tâche à accomplir, un but à atteindre. Certes, chaque communauté chrétienne possède déjà les fondements de son unité un seul Dieu et Père pour tous, un seul Seigneur et un seul Esprit, une seule foi, un seul baptême, une seule apparence. Mais chacun doit concourir à établir cette unité dans l’Esprit au prix de beaucoup d’amour fraternel, d’humilité, de douceur et de patience. Surtout, il faut construire et faire grandir le corps ecclésial, croissance qui est à la fois celle du nombre et celle de la plénitude de la foi et de la connaissance. Tous les chrétiens en sont responsables, mais, pour les y aider, le Seigneur glorifié appelle des hommes et des femmes à assumer les tâches du ministère au service de tous. L’unité apparaît alors comme une dynamique qui pousse tout le corps vers sa tête, le Christ, et en assure l’harmonie de la cohésion.

Comment notre communauté chrétienne est-elle organisée pour que les tâches du ministère soient accomplies : celles d’apôtres, de prophètes, de missionnaires de l’Évangile, de pasteurs, d’hommes et de femmes qui enseignent ? Essayons de nommer des personnes. Y a-t-il des tâches délaissées ?

Alléluia. Alléluia. Allez ! De toutes les nations faites des disciples, dit le Seigneur. Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16, 15-20

Jésus ressuscité n’envoie pas seulement ses disciples proclamer l’Evangile dans le monde entier, il leur garantit de travailler avec eux.

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien ». Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : En parcourant la Palestine, au premier siècle, Jésus voulait faire entendre à ses contemporains la bonne nouvelle d’un Dieu Père qui sauve les hommes pour les rassembler tous près de lui. Mais pour que cette nouvelle atteigne les hommes de partout et de toujours, Jésus a besoin de se multiplier : les apôtres de l’Église seront ses prolongements visibles pour son action universelle. Ils annonceront l’Évangile dans toutes les langues et ils feront sauter toutes les barrières du mal parce que le Christ, bien qu’invisiblement, travaillera avec eux. Loin d’être au ciel un retraité, le Christ ressuscité étend son influence sur l’humanité entière.

Quelles sont les signes parlant pour nos contemporains qui doivent aujourd’hui confirmer l’annonce de la Bonne Nouvelle : la joie des croyants, la charité active dans l’aide aux pauvres et aux oubliés, la participation aux associations de défense de la paix et des droits de l’homme, l’accueil sympathique des demandes sacramentelles ou religieuses faites à notre paroisse… ?

Année C

Lecture du livre des Actes des Apôtres 1,1-11

L’évènement de l’Ascension ouvre la route à l’Église : « Vous serez mes témoins, nous dit Jésus, jusqu’aux extrémités de la terre ».

Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.

Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche : alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours ». Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ». – Parole du Seigneur.

Commentaire : l’Ascension est décrite par Luc dans le livre des Actes, du point de vue des hommes, pour répondre à la question : « Que nous reste-t-il à faire, maintenant que le Christ est vainqueur, près de Dieu ? » Eh bien ! Il reste tout à faire : fonder l’Église, porter témoignage du Christ jusqu’aux extrémités du monde, préparer son retour. Supposons que les disciples soient restés à regarder avec nostalgie vers le ciel, qu’effrayés par la perspective de parcourir le monde, ils soient bien sagement rentrés chez eux. Que se serait-il passé ? Rien ! L’Ascension est la plus grande manifestation de confiance donnée aux hommes par le Christ : « C’est à vous, maintenant, de faire l’histoire ! »

« Vous serez mes témoins ». Il ne manque pas aujourd’hui d’évangiles imprimés, mais les hommes ont besoin de rencontrer en nous des évangiles vivants.

Psaume 46

R/ : Dieu s’élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. ou : Alléluia !

  • Tous les peuples, battez des mains, acclamez Dieu par vos cris de joie ! Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable, le grand roi sur toute la terre. R/
  • Dieu s'élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor. Sonnez pour notre Dieu, sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez ! R/
  • Car Dieu est le roi de la terre : que vos musiques l'annoncent ! Il règne, Dieu, sur les païens, Dieu est assis sur son trône sacré. R/

Lecture de la lettre au Hébreux 9, 24-28 ; 10, 19-23

Le Christ monté au ciel nous y entraîne avec lui. Déjà notre célébration d’aujourd’hui nous conduit avec lui à la rencontre du Père.

Le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu. Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ; car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice. Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés, ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

Frères, c’est avec assurance que nous pouvons entrer dans le véritable sanctuaire grâce au sang de Jésus : nous avons là un chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré en franchissant le rideau du Sanctuaire ; or, ce rideau est sa chair. Et nous avons le prêtre par excellence, celui qui est établi sur la maison de Dieu. Avançons-nous donc vers Dieu avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi, le cœur purifié de ce qui souille notre conscience, le corps lavé par une eau pure. Continuons sans fléchir d’affirmer notre espérance, car il est fidèle, celui qui a promis. –Parole du Seigneur.

Commentaire : La participation aux assemblées communautaires nous permet de vivre du mystère du Christ mort, ressuscité et monté aux cieux. L’auteur de la lettre s’efforce de l’expliquer : ce qui s’est produit une fois pour toutes pour la personne du Christ, se reproduit pour son Église assemblée. Grâce au sang de Jésus, c’est un peuple purifié et lavé par l’eau pure du baptême qui s’approche de Dieu conduit par le christ. Il est le grand prêtre qui nous introduit dans l’intimité de Dieu, nous faisant franchir non plus le rideau du sanctuaire qui cachait autrefois la demeure de Dieu aux yeux des juifs, mais tout ce qui continue à voiler aujourd’hui le visage du Père : l’athéisme ambiant, notre incroyance et nos doutes, nos manques d’espérance. À la suite du Christ « par lui, avec lui et en lui », nous nous tenons avec pleine assurance devant la face de Dieu.

Jésus de Nazareth glorifié « se tient maintenant pour nous devant la face de Dieu ». Ce même avenir, promis à tout homme, comment le préparons-nous en nous tenant devant Dieu dans la prière ?

Alléluia. Alléluia. De toutes les nations, faites des disciples, dit le Seigneur. Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24, 46-53

L'Ascension de Jésus remplit les disciples de joie dans l'attente de la venue de l'Esprit.

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut ». Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Dans son évangile, Luc condense en vingt-quatre heures les apparitions du Ressuscité, le jour de Pâques ; elles s’achèvent le soir même par la mention de la disparition visible du Christ, emporté au Ciel. L’Ascension n’est donc plus séparée de Pâques par quarante jours, comme dans les Actes ; Pâques c’est déjà l’Ascension. Cette présentation différente peut nous dérouter ; elle a pourtant le mérite de nous éviter de concevoir l’Ascension d’une manière trop matérielle, comme si Jésus s’élevait dans les hauteurs pour gagner un ciel placé au-dessus de nous. L’Ascension, c’est le Christ emporté près de Dieu, dans la gloire ; or, Jésus est déjà glorifié au matin de Pâques ! Dans son évangile, Luc présente donc l’Ascension du point de vue du Christ. Dans les Actes, en faisant intervenir un délai de plusieurs jours, il nous la présente du point de vue des hommes, témoins en ce jour de la dernière apparition du Ressuscité.

Jésus les quitte, et pourtant les disciples sont remplis de joie ! Joie d’être ses témoins pour les nations. L’Ascension est-elle pour nous aussi une raison de joie ?

Prière : Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l’action de grâce, car l’Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance.

Prière universelle

Monté au ciel, le Seigneur est notre intercesseur auprès du Père. Prions-le d'un seul cœur pour l'Église et pour tous nos frères les hommes. Fais venir ton règne au milieu de nous.

  • Pour que les chrétiens ne restent pas à regarder le ciel mais s'engagent activement dans les combats des hommes pour une société plus juste et plus attentive au sort des petits et des pauvres, Seigneur, nous te prions.
  • Pour que les blessés de la vie en voie de guérison et ceux qui sont encore dans la détresse trouvent sur leur route la présence et l'aide dont ils ont besoin, Seigneur, nous te prions.
  • Pour que les défunts de nos familles et tous nos frères et sœurs qui sont morts puissent trouver auprès de toi la plénitude de la paix et de la vie, Seigneur, nous te prions.
  • Pour que l'assemblée que nous formons ait toujours le souci d'accueillir et de soutenir les enfants et les jeunes qui grandissent dans la foi, Seigneur, nous te prions.
  • Pour toutes les intentions que nous portons en nos cœurs, et spécialement pour les enfants qui communient pour la première fois Seigneur, nous te prions.

Seigneur, tu nous envoies pour être signes de ta présence. Donne-nous de rejoindre les hommes nos frères partout où ils vivent, travaillent, aiment, souffrent et meurent. Toi qui règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Source : https://www.dominicains.be/

Lectures et homélies du Jeudi de l'Ascension en DOCX et PDF

Homélie - 1

La belle fête de l’Ascension que nous célébrerons jeudi commémore un geste symbolique signifiant que désormais le Christ-Jésus vit dans un état nouveau : l’état glorieux et qu’il aura désormais un nouveau type de rapport avec les hommes à la fois d’absence et de présence, d’une présence voilée, une présence dans l’absence. Cette absence a le mérite de nous montrer le terme de la destination humaine. Elle est aussi une invitation à garder les pieds sur la terre pour travailler à l’avancée du Royaume en attendant le retour du Christ-Jésus à la fin du monde.

La fête de l’Ascension nous invite en premier lieu à lever les yeux vers le ciel où le Christ s’en est allé. Elle voudrait nous faire oublier un instant nos soucis quotidiens qu’ils soient d’ordre personnel, familial, économique ou social. Mais voilà nous aimons tellement la terre, nous tenons tellement aux biens terrestres que nous en oublions le ciel « on y pensera plus tard, le plus tard possible d’ailleurs, on n’est pas pressé » disent certains. « Et puis y a-t-il seulement un ciel ? » se demandent les autres. Mieux vaut tenir le terrestre que courir le céleste. Un match de foot est tellement plus passionnant que la Messe...

Aujourd’hui, frères et sœurs, l’Eglise nous rappelle que le but de la vie, l’essentiel, c’est le royaume qui vient, le merveilleux Paradis de Dieu.

Vous connaissez sans doute l’histoire du fou qui prend le train : le contrôleur lui demande « où allez-vous ? » et lui de répondre « je ne sais pas, mais j’y vais ». Combien de nos contemporains embarqués dans le train de la vie sans savoir pourquoi pourraient en dire autant. Le chrétien a cette chance inouïe de connaître la destination : le but de la vie n’est pas la réussite professionnelle, le mariage, la richesse ou la retraite... Tout cela d’ailleurs ne dure qu’un temps... Nous sommes faits pour beaucoup plus haut. « Dans le Notre Père nous disons : Notre Père qui est aux cieux afin de bien concevoir où il nous appelle », disait Bossuet.

L’Eglise nous montre en ce jour le Christ retourné dans la Gloire, le Christ triomphant devenant le Seigneur incontesté de tout l’univers. Son absolue seigneurie sur le monde est solennellement proclamée ! « Dieu l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous domine ! » nous dit saint Paul. Ce triomphe est déjà un peu le nôtre : notre frère aîné est parvenu au terme : le premier de cordée a atteint le sommet et le reste de la caravane humaine est entrainée dans son sillage. « Et moi quand j’aurai été élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes ». Nous connaissons maintenant la destination de l’humanité. L’Epoux, c’est-à-dire le Christ-Jésus est dans la gloire et l’Epouse c’est-à-dire l’Eglise et toute l’humanité est appelée à le rejoindre pour les noces éternelles. Oui nous sommes faits pour cette formidable vie de communion, de contemplation d’amour et de joie qui est réservée à l’homme enfin divinisé dans l’éternité, dans la maison du Père des cieux qui est vrai « chez soi ». « Nous verrons Dieu ! disait le saint Curé d’Ars, nous le verrons tout de bon, nous le verrons tel qu’il est, face à face ».

Voilà l’essentiel, chers frères et sœurs qu’il ne faut jamais perdre de vue. N’oublions pas cependant que même si l’essentiel est la vie bienheureuse du ciel, la terre demeure le terrain de l’envol dont il ne faudrait pas s’évader trop vite. Ne soyons pas des rêvasseurs de l’éternité, ne méprisons pas notre pauvre planète, terre sainte qui devient le lieu de notre enfantement pour l’éternité.

A travers nos tâches terrestres nous fabriquons de l’éternel. Faisons donc en sorte que les biens terrestres soient autant de tremplins pour aller à Dieu : ma santé pour bien accomplir mon devoir d’état, pour gagner mon pain et rendre service à mes frères, mes richesses pour soulager la misère, l’amour de mon conjoint pour découvrir en lui l’amour de Dieu pour moi, la beauté de la création pour apprendre la louange. Même les difficultés de la vie, les déceptions et les souffrances peuvent être des chemins vers l’essentiel en inscrivant en nous la nostalgie du parfait bonheur.

Nous retiendrons enfin, chers frères et sœurs, que le départ de Jésus vers le ciel est un envoi en mission. Aux apôtres est confiée une tâche gigantesque : celle de la conversion du monde « de toutes les nations faites des disciples ». Il s’agit de baptiser tous les peuples, c'est-à-dire de faire jaillir la vie divine au cœur de tous les hommes. Il s’agit de leur enseigner tous les commandements et bien sûr en premier, celui qui les résume tous : le double commandement de l’amour : amour de Dieu et amour du prochain. Si le Christ se retire c’est justement pour laisser travailles ses apôtres, pour nous laisser travailler, car c’est nous qui en notre temps sommes changés de poursuive ce travail d’Evangélisation. C’est comme si Jésus disait « Je vous ai donné l’exemple, à vous de prendre le relais, car la rédemption, le salut des hommes c’est aussi notre affaire ».

Devant l’ampleur et les difficultés de cette tâche les ouvriers de l’Evangile ne doivent surtout pas s’effrayer. Car Jésus ne les abandonnera jamais selon sa promesse : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de monde ». Il soutiendra leur action par la grâce de son Esprit, l’Esprit-Saint qui les guidera et leur donnera constamment lumière, force et courage. Voici donc le temps de la grâce, le temps de l’Espérance qui ne déçoit pas.

Béni soit le Christ-Ressuscité qui demeure ainsi avec nous, qui marche avec nous vers le Père dans la Joie de l’Esprit-Saint.

A Lui la Gloire, à Lui notre Amour pour l’Eternité.

Amen.

Homélie - 2

Une apothéose, une manifestation extérieure de la sublime glorification de Jésus, tel est, chers frères et sœurs le sens de cette Fête de l’Ascension.

Sans doute depuis sa Résurrection, le troisième jour après sa mort, l’humanité de Jésus se trouve, elle, immergée corps et âme dans les splendeurs de la Gloire du Père. Mais il fallait que cette réalité soit manifestée.

Pendant 40 jours, à travers les apparitions pascales, ce que Jésus, le Divin Ressuscité a voulu graver dans la conscience de ces apôtres, c’est la conviction indéracinable qu’il vit toujours et qu’il vit dans son être complet : avec son corps et son âme et sa divinité ; avec un corps qui certes est transformé, sublimé, ayant des propriétés qu’il n’avait pas lorsqu’il était sur la terre, mais qui vit toujours d’une vie parfaite et merveilleuse qui est celle du monde divin.

Dans cette dernière apparition du jour de l’Ascension, ce que Jésus veut souligner cette fois, c’est sa « Seigneurie ». C’est que non seulement il continue à vivre (et avec quelle plénitude !) C’est que, non seulement son humanité a été magnifiquement transfigurée, comme le proclame aujourd’hui la Préface de la Messe « ce Roi de Gloire qui s’élève au plus haut des cieux pour être le Juge du monde et le Seigneur des seigneurs, seul médiateur entre Dieu et les hommes ».

Si Jésus a décidé ainsi de monter visiblement au-dessus de la terre jusqu’à ce qu’une nuée mystérieuse le dérobe à la vue de tous, c’est pour bien montrer justement (comme nous le dit saint Paul dans sa lettre aux Ephésiens) que Dieu le Père (dont il partage la gloire à égalité) l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent. Il lui a tout soumis en effet et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Eglise qui est son corps.

Chers frères et sœurs, s’il y a jamais eu une « fête de l’humanité » c’est bien aujourd’hui. L’humanité n’a jamais atteint (et n’atteindra jamais) une dimension, une dignité aussi sublime, aussi inimaginable que d’entrer ainsi dans le monde divin, de partager la gloire divine en la personne de Jésus-Christ, lui qui est Nouvel Adam, premier-né d’entre les morts, tête de l’humanité nouvelle. Nous tous chrétiens, nous pouvons mettre au défi qui que ce soit de se faire une idée de la grandeur humaine qui soit aussi belle, aussi splendide, aussi inouïe que la nôtre. Dans le Christ, en effet, c’est toute l’humanité qui se trouve glorifiée et divinisée par anticipation. « En entrant dans le Royaume, nous dit encore la belle Préface de ce jour, il donne aux membres de son corps, l’espérance de le rejoindre un jour... »

Ainsi nous est rappelé très clairement le but et le terme de notre existence humaine. Et ce n’est pas inutile, car nous nous laissons si facilement imprégner par le matérialisme qui caractérise notre époque. Oui, nous sommes destinés à une vie glorieuse, nous sommes faits pour une vie de parfait bonheur dans cet au-delà de la terre qui est notre véritable avenir et que nous appelons le ciel. Le temps de notre existence ici-bas a pour but uniquement de nous préparer à cette vie définitive qui sera l’épanouissement plénier de tout notre être, dans une vision face à face du Dieu de Tendresse et d’Amour, dans une communion infiniment comblante à la vie intime de la Très Sainte Trinité.

Comme elle mérite bien le titre de « Fête de la Seigneurie du Christ » cette solennité de l’Ascension. Elle exalte en effet « le pouvoir royal » que Dieu le Père a conféré à son Fils bien-aimé, notre Sauveur, pouvoir qui lui permet d’attirer les âmes à lui, afin de les conduire à leur suprême destinée, conformément d’ailleurs à sa promesse « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes ».

Ici une question se pose : comment Jésus va-t-il pouvoir exercer « sa Seigneurie » (sa puissance d’attraction et de sanctification) puisqu’il a quitté définitivement cette terre ? Et ! bien il va l’exercer par son Esprit.

C’est cet Esprit-Saint, lequel procède du Père et du Fils qui va « retourner » intérieurement les apôtres, qui va leur donner la même mentalité que Jésus et qui, de ce fait, en fera vraiment ses disciples. Désormais, grâce à Lui, les apôtres penseront comme Jésus, conformeront leur volonté à la sienne et n’agiront que comme Jésus ferait s’il était à leur place... Grâce à Lui, ils deviendront des copies vivantes de Jésus-Christ.

Frères et sœurs, disons-nous bien que ce que Jésus, notre Seigneur, à réalisé si merveilleusement dans l’âme des apôtres par le don de son Esprit, il désire ardemment le réaliser en chacun et chacune d’entre nous. Car, nous aussi, nous avons bénéficié de l’effusion du Saint-Esprit aux jours bénis de notre Baptême et de notre Confirmation. Il ne serait peut-être pas inutile de nous demander de temps à autre ce que nous en avons fait ! Pouvons-nous dire que nous avons toujours été parfaitement dociles à l’action de l’Esprit-Saint en nous ? Que nous lui avons en quelque sorte laissée les mains libres pour faire de nous ce qu’il voulait pour nous donner les mêmes idées, les mêmes sentiments que Jésus et nous agir à son exemple ? Et pourtant c’est cela qui est capital dans la vie chrétienne, de ne jamais « résister à l’Esprit-Saint, comme dit saint Paul, de le laisser faire... »

On parle beaucoup de changement dans notre monde en crise. Nous qui croyons au Christ, avons-nous assez profondément enracinée en nous cette conviction, que le vrai, le grand, l’efficace changement que nous pouvons apporter à ce monde déboussolé c’est avant tout le changement des cœurs, à commencer, bien sûr, par le nôtre ? Sans ce retournement intérieur, sans cette conversion perpétuelle à quoi bon changer les structures ? L’égoïsme humain aura tôt fait de tourner toutes les lois pour revenir aux mêmes esclavages, aux mêmes injustices. L’expérience est là pour nous rappeler que les institutions les meilleurs, qui avaient été inspirées par les intentions les plus justes et les plus charitables ont le plus souvent dévié, ont été galvaudées par suite d’un changement de mentalités dans le sens du mal.

Oui, comprenons bien que ce sont nos cœurs qu’il importe absolument de changer afin de les soumettre à la douce et bienfaisante autorité de Jésus, notre Seigneur, notre Roi... Si nous sommes assez généreux pour l’écouter, pour le laisser faire, pour le suivre pas à pas nous ferons de toute notre vie, une magnifique ascension, une montée dans la sainteté et nous deviendrons par le fait même des apôtres irrésistibles, capables d’entrainer à notre tour un grand nombre de frères sur le chemin du ciel...

A l’exemple des premiers apôtres et suivant la recommandation de Jésus, faisons de ces 9 jours qui nous séparent de la Pentecôte une fervente neuvaine de prières, en très grande communion d’âme avec Marie qui est la Mère de l’Eglise et la Reine des Apôtres.

Puisse son intervention Toute-Puissante, nous obtenir de l’Esprit-Saint, qu’en changeant radicalement nos cœurs il fasse advenir au plus tôt dans le monde le Règne du Christ, « Roi Immortel des siècles ».

Amen.

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21 février 2022 1 21 /02 /février /2022 19:08

Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise.

Aujourd'hui, 22 février, on célèbre la fête de la chaire de Saint-Pierre, pour rappeler deux étapes importantes de la mission accomplie par l'apôtre Pierre : l'établissement du christianisme d'abord à Antioche, puis à Rome. La chaire est le siège fixe du Grand Pontife et des Évêques. Elle est placée en permanence dans l'église mère de chaque diocèse, d'où le nom justement de "cathédrale", et est le symbole de l'autorité de l'Évêque et de son magistère ordinaire dans l'église locale.

La Chaire de Saint-Pierre est le signe du rôle que l'apôtre jouait dans le collège apostolique, et qui provient de la volonté explicite de Jésus, lorsqu'il assigne à Pierre la tâche de "pasteur" du troupeau, c'est-à-dire de guider le nouveau peuple de Dieu, l’Église. Cette investiture reconnue par le Christ, répétée après la résurrection, est respectée.

En effet, après l'Ascension, Pierre jouera le rôle de guide : il présida à l'élection de Matthias, il parla au nom de tous à la foule venue l'écouter devant le Cénacle, le jour de la Pentecôte et plus tard devant le Sanhédrin. Même Hérode Agrippa, condamnant Pierre, savait qu'il infliger un coup dur à l'Église naissante, en tuant son chef. De sa venue à Rome nous n'avons cependant aucune preuve certaine. Le seul élément est la lettre de Paul aux Romains, dont le contenu fait penser à la présence sur place d'un personnage important. Quelle que soit la date de sa venue, avec sa mort à Rome, ce sont des événements soutenus par des traditions anciennes, désormais universellement acceptées.

Source : https://www.facebook.com/frateindovino/

Les sièges des évêques, et en particulier celui du pape, s'appellent "chaires" pour souligner la fonction d'enseignement inhérente au service épiscopal et surtout au service du pape.

Suivant une tradition légendaire, la majestueuse custode abriterait le siège épiscopal de Pierre, celui où il était lorsque, déjà âgé et fatigué, il enseignait encore aux chrétiens. En réalité, il s'agit d'un trône de bois décoré de plaquettes d'ivoire finement sculptées. C'est l'empereur germanique Charles le Chauve (823-877) qui l'offrit au pape après son couronnement à Rome en 875.

Le Bernin réalisa la custode en bronze et elle ressemble à un grand reliquaire en forme de trône soutenu par quatre saints docteurs de l'Eglise. Deux dans eux représentent l'Eglise d'Orient : Athanase et Chrysostome ; tandis qu'Ambroise et Augustin représentent celle d'Occident.

Dès l'Antiquité, l'Eglise a utilisé cette appellation de "docteurs" pour désigner les hommes qui avaient contribué de façon déterminante à approfondir le message de la Révélation.

Le Bernin les a placés au pied de la chaire du pape comme pour la soutenir et souligner leur contribution à l'important magistère du pape. D'autre part, il a mis la Colombe au centre de l'auréole, car elle représente le symbole de la troisième personne de la Trinité, l'Esprit-Saint, et met en évidence le fait que le pape, dans son rôle de maître de toute l'Eglise, reçoit directement de Dieu son illumination et son inspiration.

Dans l'oeuvre du Bernin se mélangent l'architecture, la sculpture, l'or, le verre, le marbre et le bronze pour créer des effets d'ombre et de lumière et obtenir une composition très mouvementée et très originale, véritable apogée expressif de l'art baroque.

Source : Livre "Les Basiliques Majeures de Rome".

 

 

Lecture de la 1ère lettre de saint Pierre apôtre 5. 1-4

Bien-aimés, les anciens en fonction parmi vous, je les exhorte, moi qui suis ancien comme eux et témoin des souffrances du Christ, communiant à la gloire qui va se révéler : soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous ; veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré, selon Dieu ; non par cupidité mais par dévouement ; non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau. Et, quand se manifestera le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas. – Parole du Seigneur.

Psaume 22

R/ : Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. R/
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. R/
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. R/
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/
  • Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16, 13-19

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie de Saint Jean-Paul II en 2001.

"Mais pour vous, leur dit-il, qui suis-je ?" Simon-Pierre répondit : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant". Ce dialogue entre le Christ et ses disciples, que nous venons de réentendre, est toujours actuel dans la vie de l'Église et du chrétien. À chaque heure de l'histoire, en particulier les plus décisives, Jésus interpelle les siens et, après les avoir interrogés sur ce que "les gens" pensent de Lui, il pose une question plus précise et leur demande : "Mais pour vous, qui suis-je ?".

Une unique et solennelle confession de foi : Tu es le Christ ! Cette confession de foi est le grand don que l'Église offre au monde au début du troisième millénaire, alors qu'elle avance dans le "vaste océan" qui s'ouvre devant elle. La fête d'aujourd'hui place au premier plan le rôle de Pierre et de ses Successeurs lorsqu'ils guident la barque de l'Église sur cet "océan". Il est donc plus que jamais significatif qu'en cette fête liturgique, aux côtés du Pape, se trouve le Collège cardinalice avec les nouveaux Cardinaux, créés hier lors du premier Consistoire après le grand Jubilé.

Nous voulons ensemble rendre grâce à Dieu pour avoir fondé son Église sur le roc de Pierre. Comme nous le suggère la Prière de la "collecte", nous voulons prier intensément afin que "parmi les bouleversements du monde", celle-ci "ne se trouble pas", mais avance avec courage et confiance.

Cependant, permettez-moi avant toute chose d'exprimer ma joie et ma reconnaissance au Seigneur précisément pour vous, très chers et vénérés frères, qui êtes entrés dans le Collège cardinalice ! À chacun je renouvelle mon salut le plus cordial, que j'étends à vos familles et aux fidèles rassemblés ici, ainsi qu'aux Communautés dont vous provenez et qui s'unissent aujourd'hui spirituellement à notre célébration.

Je considère providentiel de célébrer avec vous et avec tout le Collège la fête de la Chaire de Pierre, car cela constitue un signe d'unité particulier et éloquent, avec lequel nous commençons ensemble la période post-jubilaire. Un signe qui est, dans le même temps, une invitation à approfondir la réflexion sur le ministère pétrinien, auquel fait particulièrement référence votre fonction de Cardinaux.

"Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise". Dans l'"aujourd'hui" de la liturgie, le Seigneur Jésus adresse également au Successeur de Pierre cette parole, qui devient pour lui un engagement de confirmation à l'égard de ses frères. Avec un grand réconfort et avec une vive affection je vous appelle, vénérés Frères Cardinaux, à vous rassembler autour du Siège de Pierre dans le ministère d'unité particulier qui est confié à celui-ci.

"Il sait bien, en tant qu'Évêque de Rome, et il l'a réaffirmé dans la présente Encyclique, que le désir ardent du Christ est la communion pleine et visible de toutes les Communautés, dans lesquelles habite son Esprit en vertu de la fidélité de Dieu". En vue de cet objectif primordial les Cardinaux, tant comme Collège qu'individuellement, peuvent et doivent offrir leur précieuse contribution. En effet, ils sont les premiers collaborateurs du ministère d'unité du Pontife Romain. La pourpre dont ils sont vêtus rappelle le sang des martyrs, notamment de Pierre et de Paul, sur le témoignage suprême desquels se fondent la vocation et la mission universelle de l'Église de Rome et de son Pasteur.

Comment ne pas rappeler que le ministère de Pierre, principe visible d'unité, constitue une difficulté pour les autres Églises et communautés ecclésiales ? Dans le même temps, cependant, comment ne pas revenir au fait historique du premier millénaire, lorsque la fonction primatiale de l'Évêque de Rome fut exercée sans rencontrer de résistances dans l'Église d'Occident aussi bien que d’Orient ? Je voudrais aujourd'hui prier avec vous le Seigneur de façon particulière, afin que le nouveau millénaire dans lequel nous sommes entrés réussisse très vite à surmonter cette situation et que la pleine communion soit rétablie. Que l'Esprit Saint donne à tous les croyants la lumière et la force nécessaire pour réaliser l'aspiration ardente du Seigneur. Je vous demande de m'assister et de collaborer de toutes les façons possibles à cette mission exigeante.

Vénérés frères Cardinaux, l'anneau que vous avez reçu, et que je remettrai dans quelques instants aux nouveaux membres du Collège, met précisément en évidence le lien particulier qui vous lie à ce Siège apostolique. Sur le "vaste océan" qui s'ouvre devant le navire de l'Église, je compte sur vous pour en orienter le chemin dans la vérité et dans l'amour, afin que celui-ci, surmontant les tempêtes du monde, devienne toujours plus efficacement un signe et un instrument d'unité pour tout le genre humain.

"Car ainsi parle le Seigneur Yahvé : voici que j'aurai soin moi-même de mon troupeau et je m'en occuperai"

En la fête de la Chaire de Saint-Pierre, la liturgie nous repropose le célèbre oracle du prophète Ézéchiel, dans lequel Dieu se révèle comme le Pasteur de son peuple. La chaire, en effet, est inséparable de la crosse de pasteur, car le Christ, Maître et Seigneur, est venu à nous comme le Bon Pasteur. C'est ainsi que l'a connu Simon, le pêcheur de Capharnaüm : il a fait l'expérience de son amour tendre et miséricordieux, et il en a été conquis. Sa vocation et sa mission d'Apôtre, résumées dans le nouveau nom de Pierre reçu de son Maître, se fondent entièrement sur sa relation avec Lui, depuis la première rencontre, à laquelle l'appela son frère André, jusqu'à la dernière, au bord du lac, lorsque le Ressuscité le chargea de paître son troupeau. Entre les deux, se déroule le chemin du disciple, le long duquel le divin Maître conduit Simon à une profonde conversion, qui connaît des heures dramatiques au moment de la passion, mais qui débouche ensuite sur la joie lumineuse de la Pâque.

En vertu de cette expérience transformante du Bon Pasteur, Pierre, écrivant aux Églises de l'Asie mineure, se qualifie de "témoin des souffrances du Christ, et qui doit participer à la gloire qui va être révélée". Il exhorte "les anciens" à paître le troupeau de Dieu, en devenant des modèles pour celui-ci. Très chers amis, cette exhortation vous est aujourd'hui adressée de façon particulière, vous que le Bon Pasteur a voulu associer de la manière la plus éminente au ministère du Successeur de Pierre. Soyez fidèles à votre mission, prêts à donner la vie pour l'Évangile. C'est ce que vous demande le Seigneur et ce qu'attend de vous le peuple chrétien, qui se rassemble aujourd'hui autour de vous avec joie et affection.

"Mais moi j'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas". C'est ce que dit le Seigneur à Simon-Pierre, au cours de la Dernière Cène. Cette parole de Jésus, fondamentale pour Pierre et pour ses successeurs, diffuse la lumière et le réconfort également sur ceux qui coopèrent de près à leur ministère. Vénérés frères Cardinaux, aujourd'hui le Christ répète à chacun de vous : "J'ai prié pour toi", afin que ta foi ne défaille pas dans les situations où peut être mise à dure épreuve ta fidélité au Christ, à l'Église et au Pape.

Très chers amis, que cette prière qui naît sans cesse du cœur du Bon Pasteur, soit toujours votre force ! Ne doutez pas que, comme cela a été le cas pour le Christ et pour Pierre, il en sera de même pour vous : votre témoignage le plus efficace sera toujours celui marqué par la Croix. La Croix est la chaire de Dieu dans le monde. Sur celle-ci le Christ a offert à l'humanité la leçon la plus importante, celle de nous aimer les uns les autres comme Lui nous a aimés : jusqu'au don extrême de soi.

Au pied de la Croix se trouve toujours la Mère du Christ et des disciples, la Très Sainte Vierge Marie. C'est à Elle que le Seigneur nous a confiés lorsqu'il a dit : "Femme, voici ton fils !". La Sainte Vierge, Mère de l'Église, de même qu'elle a protégé de façon particulière Pierre et les Apôtres, ne manquera pas de protéger le Successeur de Pierre et ses collaborateurs. Que cette certitude réconfortante constitue un encouragement à ne pas avoir peur des épreuves et des difficultés. Au contraire, rassurés par la protection constante de Dieu, nous obéissons ensemble au commandement du Christ, qui invite avec vigueur Pierre et l'Église à prendre le large :  "Duc in altum". Oui, très chers frères, prenons le large, jetons les filets pour la pêche et "Allons de l'avant dans l’espérance !". Le Christ, le Fils du Dieu vivant, est le même hier, aujourd'hui et à jamais. Amen !

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31 janvier 2022 1 31 /01 /janvier /2022 15:11

Bénédiction et procession des cierges

Voici le Seigneur Dieu qui vient avec puissance ; il vient illuminer notre regard, Alléluia.

Le prêtre, qui s’est rendu au fond de l’église, salue l’assemblée en utilisant le dialogue habituel du début de la messe. Il expose ensuite le sens de la cérémonie, dans les termes suivant ou en termes semblables :

Frères et sœurs bien-aimés, il y a quarante jours, nous célébrions dans la joie la Nativité du Seigneur. Voici maintenant arrivé le jour où Jésus fut présenté au Temple par Marie et Joseph : il se conformait ainsi à la loi du Seigneur, mais, en vérité, il venait à la rencontre du peuple des croyants. En effet, le vieillard Syméon et la prophétesse Anne étaient venus au Temple, sous l’impulsion de l’Esprit Saint ; éclairés par ce même Esprit, ils reconnurent leur Seigneur et l’annoncèrent à tous avec enthousiasme. Il en va de même pour nous : rassemblés par l’Esprit Saint, nous allons nous mettre en marche vers (dans1) la maison de Dieu à la rencontre du Christ ; nous le trouverons, et nous le reconnaîtrons à la fraction du pain en attendant sa venue dans la gloire.

Prions le Seigneur.

Dieu qui est la source et l'origine de toute lumière, en ce jour tu as montré à Siméon le Juste la Lumière qui se révèle aux nations, nous te supplions humblement ; bénis et sanctifie diction sanctifie ces cierges ; accueille les prières de ton peuple qui s'est rassemblé pour les porter à la louange de ton Nom ; qu'en avançant au droit chemin, nous parvenions à la lumière qui ne s'éteint jamais. Par le Christ, notre Seigneur. R/ : Amen.

Cantique de Syméon

R/ : Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël.

  • Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole.
  • Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples.
  • Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen.

Antienne d’ouverture

Dieu, nous accueillons ta miséricorde au milieu de ton temple. Ta louange, comme ton nom, couvre l’étendue de la terre, Ta main droite est pleine de justice.

On entonne immédiatement le Gloire à Dieu.

Prière

Dieu éternel et tout-puissant, Dieu de majesté, nous t’adressons cette prière : puisque ton Fils unique, ayant pris notre chair, fut en ce jour présenté dans le Temple, fais que nous puissions, avec une âme purifiée, être présentés devant toi. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur, qui vit et règne avec toi dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, pour les siècles des siècles.

Lecture du Livre de Malachie, 3, 1-4

Ainsi parle le Seigneur Dieu : « Voici que j'envoie mon Messager pour qu'il prépare le chemin devant moi ; et soudain viendra dans son Temple le Seigneur que vous cherchez. Le messager de l'Alliance que vous désirez, le voici qui vient, - dit le Seigneur de l'univers. Qui pourra soutenir le jour de venue ? Qui pourra rester debout lorsqu'il se montrera ? Car il est pareil au feu du fondeur, pareil à la lessive des blanchisseurs. Il s'installera pour fondre et purifier : il purifiera les fils de Lévi, il les affinera comme l'or et l'argent : ainsi pourront-ils, aux yeux du Seigneur, présenter l'offrande en toute justice. Alors, l'offrande de Juda et de Jérusalem sera bien accueillie du Seigneur, comme il en fut aux jours anciens, dans les années d'autrefois ». – Parole du Seigneur.

Psaume 23

R/ : C’est le Seigneur : Dieu de l’univers ; c'est lui, le roi de gloire !

  • Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! R/
  • Qui est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, le fort, le vaillant, le Seigneur, le vaillant des combats. R/
  • Portes, levez vos frontons, levez-les, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! R/
  • Qui donc est ce roi de gloire ? C'est le Seigneur, Dieu de l'univers ; c'est lui, le roi de gloire. R/

Lecture de l’Épître aux Hébreux 2, 14-18

Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition : ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l'impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable ; et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d'esclaves. Car ceux qu'il prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham. Il lui fallait donc se rendre en tout semblable à ses frères, pour devenir un grand prêtre miséricordieux et digne de foi pour les relations avec Dieu, afin d’enlever les péchés du peuple. Et parce qu’il a souffert jusqu'au bout l'épreuve de sa Passion, il est capable de porter secours à ceux qui subissent une épreuve. – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon Saint Luc 2, 22-40

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :

« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

[Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. » Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.] – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Ce jour-là Marie et Joseph portant l’Enfant Jésus entrèrent dans le Temple de Jérusalem les cérémonies prescrites par la Loi de Moïse.

Le prêtre de service fit à Dieu l’offrande de Jésus, puis le rendit à sa mère qui l’avait racheté ; comme on disait, en donnant 2 colombes destinées à être sacrifiées.

Pour les jeunes mamans d’Israël cette cérémonie n’avait rien de dramatique : elles s’en retournaient joyeuses, serrant leur petit dans leurs bras et en faisant sur lui de beaux rêves d’avenir.

Mais pour Marie, il ne s’agissait pas d’une simple formalité rituelle, d’une cérémonie symbolique et inoffensive : l’offrande avait été prise au sérieux. Elle en reçut d’ailleurs l’avertissement très clair : car sous les colonnades du Temple un vieillard appelé Syméon s’approcha et devinant en cet enfant le Rédempteur du monde, laissa chanter son allégresse et d’un regard clairvoyant, (un regard prophétique) annonça à Marie qu’elle aurait beaucoup à souffrir à cause de son Fils, « qu’un glaive lui traverserait le cœur ».

Jésus qui dès le premier instant de sa vie est la victime destinée au salut du monde est donc en ce jour de sa Présentation reconnu et consacré officiellement comme victime, engagé à la souffrance et à la mort. Marie peut bien l’entourer de ses bras : il ne lui est rendu que provisoirement en attendant la suite, cette suite qui devait être, 33 ans plus tard, le sacrifice du Calvaire.

Désormais Jésus ne lui appartient plus. La cérémonie qu’elle vient d’accomplir est l’offertoire de la Messe sanglante célébrée sur la croix le Vendredi-Saint. Le sacrifice qui sauve le monde est déjà inauguré, présent désormais dans la vie de Marie comme dans celle de Jésus. Déjà le glaive de douleur prédit par Syméon est enfoncé dans son cœur ; cette prophétie c’est une Parole de Dieu qu’elle reçoit et qu’elle portera et gardera en Elle comme une blessure intime, source perpétuelle d’inquiétude et d’angoisse car il lui faudra vivre tous les jours avec cette menace d’une séparation violente, extrêmement crucifiante d’avec ce Jésus, son Fils, qui est tout pour Elle.

Pensons qu’en cet instant de sa Présentation à Dieu par Marie, Jésus qui est le Fils de Dieu devenu homme et dont l’âme humaine est inondée de la lumière divine s’est donné dans une offrande totale et lucide comme cela nous est révélé dans un passage de la Lettre aux Hébreux : « holocaustes et sacrifices pour le péché tu n’en as pas voulu... Mais tu m’as façonné un corps, alors j’ai dit me voici, je viens pour faire ô Dieu ta volonté ».

Oui, de loin Jésus a salué la croix sur laquelle Agneau sans tâche, Victime parfaite il lui faudra un jour s’immoler pour nous mériter le salut. Et Marie qui agit toujours sous l’inspiration du Saint-Esprit s’offre elle aussi avec Lui dans un héroïsme pleinement consenti et un abandon plénier entre les mains du Père.

Frères et sœurs, ce mystère de l’offrande exprime authentiquement ce que doit être toute vie chrétienne, ce que doit être toute la vie chrétienne. Au premier abord il semble qu’il n’y ait pas de commune mesure entre le courage exceptionnel réclamé à Jésus et à Marie et le peu qui nous est demandé. Il reste que la vie chrétienne est bien une donation de nous-mêmes à Dieu, une donation qui doit être plénière et qui doit s’étendre à toute notre existence.

Le 1er commandement « tu aimeras le Seigneur... » est très exigeant : il réquisitionne toutes nos puissances d’aimer, il réquisitionne toute la vie...

Rappelons-nous que pour nous aussi il y a eu un mystère d’offrande matinale : lorsque nous avons reçu la grâce si précieuse du baptême. A ce moment-là par la voix de nos parents, parrain et marraine c’est bien pour tout l’avenir que nous nous sommes engagés.

Plusieurs fois au cours de notre jeunesse ou de notre vie adulte nous avons ratifié personnellement cette consécration baptismale : nous avons accepté dans un bel élan de confiance les luttes et les sacrifices inclus dans cette promesse ; il s’agit maintenant de rendre effective, dans la suite des jours cette donation globale de nous-mêmes...

Et il y a un moyen très simple, (une pratique) qui peut nous y aider c’est de renouveler chaque matin cette offrande de toute notre vie, en la faisant passer par les mains de Marie...

Et lorsque nous la renouvelons, pensons à offrir non seulement le passé et le présent, mais aussi tout le temps qui nous reste à vivre : cet avenir qui devant nous demeure encore voilé d’inconnu et d’incertitude... Et n’oublions pas d’offrir notre mort elle-même.

Nous le savons bien, frères et sœurs, que dans la vie chrétienne l’important c’est de repartir chaque matin dans un nouvel élan de générosité en demandant humblement la grâce de la fidélité afin de tenir bon jusqu’au soir... « Rien que pour aujourd’hui, disait sainte Thérèse de Lisieux ».

Stimulés et puissamment aidés par Marie qui est l’éducatrice de notre vie chrétienne, faisons donc en sorte que toutes nos pensées, toutes nos activités, toutes nos épreuves transformées par l’amour deviennent des offrandes spirituelles qui prendront toute leur valeur dans l’Eucharistie où par le Christ qui les fera siennes elles rendront à Dieu tout honneur et toute gloire.

Amen.

 

Prière universelle :

Que l'Esprit Saint qui habitait Syméon et Anne inspire aussi notre prière.

R/ : Seigneur, entends la prière qui monte de nos cœurs

  • Avec tous ceux qui cherchent un sens à leur vie, avec tous ceux qui marchent dans les ténèbres de l'épreuve et du doute, Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour tous ceux qui ont du mal à sortir d'une religion formaliste : afin qu'ils découvrent comment plaire à Dieu dans toute leur vie, Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour les parents qui présentent leur enfant à l'Église et demandent pour lui le baptême : afin que leur démarche soit une démarche de foi, Seigneur, nous te prions. R/
  • Pour qu'à l'exemple de Syméon et Anne, nous ayons souci de faire connaître autour de nous Jésus, le Sauveur du monde, Seigneur, nous te prions. R/

Prière : Ouvre nos yeux à ta lumière, Seigneur notre Dieu. Accorde-nous d'aller à ta rencontre avec foi et amour et fais de nous les témoins de ta Bonne Nouvelle. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Source de la P.U. : http://www.dominicains.be

Lectures de la Présentation du Seigneur au Temple en DOCX et PDF

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16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 19:08

Lecture du livre de Daniel 7, 13-14.

Montant de la terre vers le ciel, le Fils de l’homme entraîne avec lui dans sa royauté tout le peuple de Dieu.

Moi Daniel, je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce Fils d’homme représente le peuple d’Israël ; Daniel l’oppose à différentes bêtes sauvages qui représentent les empires qui l’ont persécuté. Ce Fils d’homme est donc une collectivité, celle des juifs demeurés fidèles malgré la persécution d’Antiochus. Mais il incarne cette collectivité à travers des traits individuels qui ont aidé à en faire une image du Messie. Écrasé et persécuté, le peuple se voit assuré de triompher grâce à Dieu – représenté sous les traits du Vieillard – qui lui conférera la royauté sur tous les peuples. Mais cette royauté était depuis longtemps promise au Messie, descendant de David. Jésus s’est appliqué cette prophétie devant le grand prêtre lors de sa passion, montrant bien que sa domination est le règne d’amour du Messie qui livre sa vie pour sauver les hommes.

Ceux et celles qui règnent avec le Christ, dans la Bible, sont toujours des gens qui ont supporté avec foi l’épreuve ou la persécution, dans la certitude que l’amour finira par avoir le dernier mort. C’est ainsi, de manières diverses pour chacun de nous, que le Christ veut nous associer à son règne.

Psaume 92

R/ : Le Seigneur est roi ; il s’est vêtu de magnificence.

  • Le Seigneur est roi ; il s'est vêtu de magnificence, le Seigneur a revêtu sa force. R/

Soutiens l’élan de notre communauté dans son désir d’annoncer, de célébrer et de servir chacun.

  • Et la terre tient bon, inébranlable ; dès l'origine ton trône tient bon, depuis toujours, tu es. R/
  • Tes volontés sont vraiment immuables : la sainteté emplit ta maison, Seigneur, pour la suite des temps. R/

Lecture du livre de l'Apocalypse de saint Jean 1, 5-8

Celui qui nous aime a fait de nous le royaume de Dieu, son Père. Voici qu’il vient, lui, le souverain des rois de la terre.

À vous, la grâce et la paix de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le prince des rois de la terre.

À lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père, à lui la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen. Voici qu’il vient avec les nuées, tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ; et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre. Oui ! Amen !

Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Écrit pour entretenir la foi et la vigilance des chrétiens pendant la persécution de l’empereur romain Domitien, le livre de l’Apocalypse commence par la présentation du Christ vainqueur. Lui qui fut affronté à la persécution et à la mort comme le sont actuellement les chrétiens, triomphe maintenant par sa résurrection auprès de Dieu. Cette vision doit réconforter les chrétiens dans leur combat. Mais surtout, ce même Jésus qui détient désormais la puissance sur l’histoire, ce Jésus qui est au commencement comme à la fin de l’histoire, ne reste pas inactif : il vient continuellement à la rencontre de ceux qu’il aime pour les conduire à sa joie près de Dieu.

« Lui qui nous aime… il vient ». Je désire ta venue, Jésus, aujourd’hui comme à la fin des temps, pour moi comme pour tout homme, puisque tu viens pour nous sauver.

Alléluia. Alléluia. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18, 33b-37

Es-tu roi ? demanda Pilate à Jésus. Ne peuvent comprendre sa réponse que ceux qui s’ouvrent à la vérité.

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Pour obtenir la condamnation de Jésus par Pilate, les Juifs l’accusent de se révolter contre l’empereur en se prétendant roi des Juifs. Nous savons qu’un des titres du Messie était celui de Roi, mais le Christ est très réservé sur ce titre qui peut être compris dans un sens politique. Devant Pilate il s’explique : il n’est pas roi à la manière des rois de la terre. Pourtant il reconnaît être le chef d’un royaume qui est sur terre bien qu’il ne ressemble pas aux autres. Dans ce Royaume se regroupent tous ceux qui sont pour la vérité. Quelle est cette vérité pour laquelle Jésus accepte de mourir ? C’est la révélation de l’amour de Dieu pour tous les hommes, quelles que soient leur race, leur classe sociale et leurs opinions politiques. Cette vérité qui révèle que tous les hommes sont égaux doit inspirer la politique de tous les royaumes de la terre.

Appartenir à la vérité, ce n’est pas la posséder contre d’autres qui ne l’auraient pas. C’est croire que tous ceux qui la cherchent loyalement écoutent sa voix au fond d’eux-mêmes, avant de parvenir à la nommer. Quels sont ceux que nous connaissons qui la cherchent ainsi ?

Homélie

Quelle idée nous faisons-nous de cette Royauté du Christ que l’Eglise nous fait célébrer aujourd’hui ? Est-ce que le Christ ne nous dit pas comme à Pilate : « Tu ne peux pas comprendre ? » Sa royauté, en effet, est tellement différente de ce que nous pouvons imaginer, d’abord parce que c’est une Royauté qui vient d’En-Haut... parce que c’est aussi une Royauté d’effacement, de service et de vérité.

La Royauté de Jésus ne lui vient pas de ses origines familiales, même s’il est un lointain descendant du Roi David. Elle ne lui est pas, non plus, accordée par l’Empereur de Rome, ni par une élection ou suffrage universel. Toutes ces royautés reçues des hommes sont des royautés éphémères.

Non, sa Royauté vient de Dieu. Elle lui vient directement du Créateur. Jean-Paul II dit que Jésus est Roi parce qu’il est « la clef de voûte de la Création ». Quand Dieu détachait la terre du soleil pour la placer sur son orbite afin que l’homme puisse y naître et y vivre, il pensait d’abord et avant tout au Christ, cet homme parfait, son Fils Bien-aimé devenu homme qui est la réalisation la plus parfaite de cette création. Le Christ, en effet, atteint un sommet inégalé de perfection. Il est donc Roi parce qu’il est le Premier-né par rapport à toute créature. « En lui toute chose à son accomplissement total », nous dit saint Paul.

Mais le Christ est également Roi parce que par l’effusion, son sang, il a arraché la création au pouvoir du mal. C’est son titre gagné sur la route du calvaire qui lui donne le droit de régner. Son trône est solide et respectable, parce qu’il est taillé dans le bois noueux et résistant de la croix. Sa couronne est fixée solidement sur sa tête par des épines vigoureuses. Elle est décorée par des rubis de sang.

Le Christ est Roi de l’humanité car il est aux avant-postes de son peuple. Premier de cordée, Nouvel Adam, il entraîne dans son sillage ceux qui cherchent avidement le bonheur promis, celui du merveilleux Paradis de Dieu. Dès lors, si sa Royauté lui est donnée par Dieu, il est impossible de la rejeter ou de ne pas la reconnaître.

Mais qu’est-ce qui différencie essentiellement la Royauté du Christ des royautés de ce monde ?

Les royautés humaines ont un grand souci du faste et de la parade, elles ont besoin de palais somptueux de décorum, d’apparat, de cérémonies ostentatoires ; il n’en va pas de mêmes de la Royauté du Christ : elle est sans panache, sans clinquant, sans argent, car il n’a « même pas une pierre où reposer sa tête ».

Les royautés humaines ont besoin de se mettre en valeur de réaliser des œuvres prestigieuses, voire des monuments imposants afin de laisser un nom à la postérité ; il n’y a rien de tel dans la Royauté du Christ : elle n’a laissé qu’un seul monument : un gibet d’esclaves, une croix dressée sur le monde.

Les royautés humaines ont besoin de se faire remarquer : elles utilisent des services de propagande pour étaler leur grandeur : la Royauté du Christ au contraire est discrète et effacée. Après avoir accompli le miracle de la multiplication des pains, Jésus s’enfuit dans la montagne pour échapper à la foule qui veut le couronner.

Les royautés humaines se cramponnent au pouvoir et ont tendance à abuser de ce pouvoir pour se servir ou servir leurs amis.

En revanche, Jésus n’a rien gardé pour lui. Il a confié son Eglise à des pauvres hommes, dans l’attente de son retour glorieux. Il leur a demandé avant tout de servir et de faire des disciples.

Il y a encore, frères et sœurs, un aspect très important qui différencie les royautés humaines et la Royauté du Christ.

Les royautés humaines, les autorités humaines entendent bien ne pas se mettre au service du mensonge. Toutes vous diront même qu’elles veulent se mettre au service de la vérité, avoir « un parler vrai ». Ne leur faisons pas un procès d’intention. En politique, il est dommageable que la vérité ne soit pas toujours acceptée et ceux qui veulent garder le pouvoir se rendent vite compte qu’ils seront inévitablement tentés d’accepter des compromissions, des arrangements cachés ou des lois démagogiques pour racoler des voix.

Qu’en est-il du Christ-Roi ? Alors qu’il joue sa vie devant Pilate, il ne lésine pas avec La Vérité « Oui, je suis Roi, déclare-t-il. Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la Vérité ».

On entrevoit toute la portée de cette parole lorsqu’on sait que pour les Juifs depuis les débuts de leur alliance avec Dieu, la Vérité c’est Dieu lui-même. Et puisque Jésus est Dieu, la Vérité c’est lui en personne (n’a-t-il pas proclamé un jour « Je suis la Vérité ? »)

Rendre témoignage à la Vérité, c’est donc pour le Christ beaucoup plus que prêcher et enseigner, c’est révéler le mystère de son Être à la fois divin et humain, c’est donc manifester son origine de Fils Bien-aimé, d’Envoyé, de pleine expression de l’amour du Père. C’est en cela que toute sa vie et surtout sa mort témoignent de l’Unique Vérité, à savoir : Dieu est Père, Dieu est Amour.

Et pour ce qui nous concerne frères et sœurs, nous rendons témoignage à la vérité et nous lui appartenons lorsqu’en écoutant sa voix nous nous efforçons, moyennant les secours de la grâce, de conformer notre vie au Christ, lorsque dans nos manières de penser de vouloir et d’agir nous laissons transparaître le Christ et pour tout dire nous devenons d’autres christ.

Alors qu’en cette fête si solennelle, notre prière se fasse encore plus fervente que d’habitude. Seigneur Jésus notre Chef et notre Roi que par Marie notre Mère et notre Reine, vienne en nous l’Amour dont tu nous aimes.

Que vienne la Vérité en laquelle tu nous fais entrer.

Que vienne la Joie que ta Résurrection nous promet.

Seigneur Jésus, que ton Règne vienne.

Amen.

Prière Universelle

Aujourd'hui où nous proclamons la Royauté éternelle du Christ, tournons-nous vers lui et, sûrs de son amour, présentons-lui nos prières pour nos frères et pour le monde.

R/ : Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce, fais paraître ton jour : que l'homme soit sauvé.

  • Pour les baptisés, devenus un royaume et des prêtres pour Dieu par le sang du Christ : qu’ils en rendent grâce à Dieu. Jésus, Roi de Gloire, nous t’en prions. R/
  • Pour les hommes, les femmes et les enfants blessés ou découragés par la vie ; pour les personnes engagées dans un conflit : que tous retrouvent force et espérance. Jésus, Roi de Paix et de Miséricorde, nous t’en prions. R/
  • Pour les chefs des nations, afin qu’ils soient les premiers serviteurs de leur peuple : oriente leur action en ce sens. Jésus, Roi de l’Univers, nous t’en prions. R/
  • Pour notre communauté paroissiale, en ce jour de clôture de l’année liturgique : qu’elle puisse, jour après jour, faire grandir ton règne de Justice, d’Amour et de Paix et porter toujours plus loin ta Bonne Nouvelle. Jésus, Christ-Roi, nous t’en prions. R/

Source : https://www.paroisses-dettwilleretcollines.fr/

 

Lectures du Dimanche de la Solennité du Christ Roi en DOCX et PDF

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10 novembre 2021 3 10 /11 /novembre /2021 17:45

Télécharger la proposition pour un Temps de Prière du Diocèse aux Armées pour le 11 novembre 2021

 

Homélie 1

Lorsque nous venons à la messe ou toute autre célébration, c’est toujours pour célébrer la vie et pas la mort. Célébrer la messe le jour de l’armistice de la première guerre mondiale nous fait sortir de ce qui pourrait être une amnésie collective qui entraîne de nouveau la violence. Nous faisons mémoire de tous ceux qui vivaient isolés dans les tranchées, au front et à l’étranger.
La mémoire n’est pas à confondre avec un souvenir et encore moins avec une opinion. La guerre des tranchées n’est pas finie. C’est la façon de construire les tranchées et la manière de pousser pour y faire tomber qui a changé. De même que le règne de Dieu ne vient pas de manière visible, il y a bien des tranchées existantes qui ne sont pas visibles. Notre regard est donc dans l’obligation de faire un choix. Considérer celui qui vient d’une autre culture comme étrange ou comme une chance de grandir.

L’armistice signé le 11 novembre 1918, beaucoup l’avaient sans doute déjà signé dans leur cœur lorsqu’ils étaient pendant des jours et des nuits entières dehors à attendre un assaut dans la neige. Plus jamais ça. Bien des décisions arrivent aujourd’hui bien après que chaque français et encore plus les croyants les aient déjà prises. Il y a toujours un décalage entre l’opinion public et ce que moi je pense. La paix n’est pas une loi, un décret qui va de soi, elle est à vivre en nous. Le lieu invisible de la venue du règne de Dieu est notre cœur et par notre témoignage s’étend à l’amitié entre les peuples.

Il nous faut sortir de nos tranchées, faire que nos décisions intérieures de paix soient de plus en plus visibles. Et cela nous appartient. Dieu se rend présent au monde dans son eucharistie, par les sacrements, mais aussi par nos mains quand deux hommes se donnent la paix, par nos yeux quand le regard ne dévisage pas l’étranger, par notre parole lorsque nous dialoguons avec l’autre à la manière de Dieu dialoguant avec son peuple dans la Bible.

Durant notre siècle et le siècle précédent, nous avons construit des tranchées mais aussi fait tomber des murs. La France et l’Allemagne sont devenues les piliers de la vie de l’Europe. D’ennemis, ces deux pays sont devenus des partenaires. Il nous appartient de vivre ces histoires de rédemption à l’image de la réconciliation que l’Evangile ne cesse d’annoncer. Rendons grâce à dieu pour cette Bonne Nouvelle qu’il nous adresse. L’Evangile est un chemin exigeant mais un chemin qui mène à la vie, ouvre, sauve et guérit. L’Evangile donne à percevoir la paix, à chacun d’apprécier la valeur de cette Bonne Nouvelle et de sa disponibilité intérieure qui appelle à la liberté véritable, au-delà de toutes les frontières possibles.

Père Bernard PLISSON.

Source : http://www.paroissequiberon.com/homelie/homelie11nov.html

Homélie 2

Il y a quelques jours encore, nous étions plongés dans la prière pour nos fidèles défunts. Aujourd’hui, nous nous tournons d’une manière toute particulière vers toutes les victimes des guerres, et notamment vers celles de la terrible guerre de 14-18. Tout cela réveille en nous les questions les plus diverses sur l’Au-delà, sur la nature de la vie après la mort. Bien sûr, nous croyons à la Résurrection des morts. Nous le proclamons chaque dimanche à la messe. Mais, nous ne pouvons pas nous empêcher d’essayer d’imaginer cette vie après la mort, en projetant le plus souvent des images bien terrestres que nous embellissons tant bien que mal dans notre imaginaire. Et c’est bien naturel.

Comme nous l’avons entendu dans l’Evangile, les sadducéens eux aussi se posaient des tas de questions sur ce sujet. Les sadducéens ne croyaient pas à la résurrection des morts, ni à l’existence des anges, non plus. Pour eux, les âmes ne pouvaient pas survivre à la mort des corps. Elles étaient appelées à disparaître tout simplement. Cette vision s’opposait totalement à celle des pharisiens qui, eux, croyaient à la résurrection des morts. Les sadducéens profitent donc de la venue de Jésus au Temple de Jérusalem pour le mettre à l’épreuve sur cette question. 

En posant le cas d’une veuve qui aurait eu sept maris, les sadducéens font allusion à la loi du Lévirat (Dt 25, 5-10), qui dit que si un homme meurt sans laisser d’enfant mâle à son épouse, le frère du défunt doit la prendre pour femme afin d'assurer une descendance à son frère. Cette coutume manifeste le désir de l'homme de se survivre dans ses enfants, d'assurer la transmission du nom et de l'héritage.

Même si la question des sadducéens est complètement piégée, et cherche à ridiculiser ceux qui croient à la résurrection, elle est quand même intéressante, car nous nous posons nous aussi des questions du même genre : que reste-t-il après la mort de nos amours, de tous nos liens d’affection, d’amitié, de tout ce qui fait la particularité de notre propre vie ici-bas ? La réponse de Jésus peut paraître surprenante. Elle renvoie en fait à la nature profonde de l’homme. Jésus montre que notre foi en la résurrection doit se fonder sur le principe que l’homme qui aime et vit pour Dieu, ne meurt pas. Ce qui meurt en nous, c’est le mal, le péché qui infeste notre âme. Tout ce que Dieu nous a confié de bon, de beau, de vrai et que nous avons su conserver et faire fructifier, survit à l’épreuve de la mort. C’est en ce sens que nous disons que nous sommes les héritiers de la résurrection.

Nous retrouvons cette même conviction dans l’Ancien Testament, notamment dans le passage du livre des martyrs d’Israël que nous avons entendu en première lecture. Celui qui est fidèle à Dieu en observant les préceptes de la Loi de Moïse ne craint pas la mort. Mais ce qui va montrer aux hommes toute la réalité de ce qu’est la résurrection des morts, c’est le Christ lui-même qui le révèlera en affrontant lui-même la mort, et en ressuscitant le troisième jour, au matin de Pâques. La mort est vaincue. Le Christ nous ouvre les portes de la Vie éternelle. Montant au Ciel avec son corps glorieux, il nous montre que la Vie dans le monde à venir n’est en rien comparable au monde présent. A l’image de la transfiguration du Christ au mont Tabor, toutes nos relations d’amour, tous ces liens affectifs qui nous unissent les uns aux autres seront eux aussi transfigurés, spiritualisés. Nous serons au Ciel, auprès de Dieu, comme des anges. Tout ce qui limite ici-bas la confiance entre les hommes, tout ce qui entrave le don total de soi, disparaîtra. Et à l’inverse, tout ce qu’il y a de bon, de beau, de vrai, de juste dans une relation humaine survivra à notre mort. C’est pour ça qu’on peut dire que les liens du mariage ne se terminent pas avec la mort, mais qu’ils sont comme transfigurés, spiritualisés. Il leur sera enlevé toutes leurs limites terrestres. De la même manière, les liens entre parents et enfants ou entre amis ne tombent pas non plus dans l’oubli. Ils sont simplement purifiés de tous les défauts, de toutes les incompréhensions, qui ont pu exister sur cette terre. Tous ces liens seront comme libérés de toutes les souffrances qui ont pu leur être infligées ici-bas. C’est ainsi qu’on peut dire que pour certains conjoints qui ont connu une expérience difficile du mariage sur cette terre, ils n’expérimenteront le véritable amour entre eux, et avec cet amour, la joie et la plénitude de l’union, que  lorsqu’ils seront réunis « en Dieu », puisqu’en Dieu, on comprendra tout, on excusera tout, on pardonnera tout.

En attendant cette communion parfaite entre tous les êtres et Dieu, nous avons un combat à mener. En choisissant de suivre le Ressuscité, nous devons lutter contre tout ce qui peut nous conduire à la mort, en choisissant à chaque instant la Vie, c’est-à-dire en choisissant de faire le Bien, de mettre de l’Amour et de la Vérité dans toutes nos relations. Et si nous voulons être bien sûr que cette Vie d’Amour survive à notre mort, nous devons la puiser dans la prière, dans le Cœur de Celui qui est la source de toute Vie, de tout Amour, notre Seigneur et notre Dieu.

Amen.

Père Patrick de Varax

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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 22:04

Lecture du livre d'Ézéchiel 47, 1-2. 8-9. 12

La source qu’Ézékiel voit jaillir du Temple de Dieu, c’est Jésus Christ qui, dans son Église, sanctifie et donne vie par l’Évangile et les sacrements.

En ces jours-là, au cours d’une vision reçue du Seigneur, l’homme me fit revenir à l’entrée de la Maison, et voici : sous le seuil de la Maison, de l’eau jaillissait vers l’orient, puisque la façade de la Maison était du côté de l’orient. L’eau descendait de dessous le côté droit de la Maison, au sud de l’autel.

L’homme me fit sortir par la porte du nord et me fit faire le tour par l’extérieur, jusqu’à la porte qui fait face à l’orient, et là encore l’eau coulait du côté droit. Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.

Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède ». – Parole du Seigneur.

Psaume 45

R/ : Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut.

  • Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert. Nous serons sans crainte si la terre est secouée, si les montagnes s'effondrent au creux de la mer. R/
  • Le Fleuve, ses bras réjouissent la ville de Dieu, la plus sainte des demeures du Très-Haut. Dieu s'y tient : elle est inébranlable ; quand renaît le matin, Dieu la secourt. R/
  • Il est avec nous, le Seigneur de l'univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob ! Venez et voyez les actes du Seigneur, il détruit la guerre jusqu'au bout du monde. R/

Lecture de la 1ère lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 3, 9-11. 16-17

Le vrai temple de Dieu, c’est la communauté chrétienne, fondée sur Jésus Christ et où habite l’Esprit Saint.

Frères, vous êtes une maison que Dieu construit. Selon la grâce que Dieu m’a donnée, moi, comme un bon architecte, j’ai posé la pierre de fondation. Un autre construit dessus. Mais que chacun prenne garde à la façon dont il contribue à la construction. La pierre de fondation, personne ne peut en poser d’autre que celle qui s’y trouve : Jésus Christ.

Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous. – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. J’ai choisi et consacré cette maison, dit le Seigneur, afin que mon Nom y soit à jamais. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 2, 13-22

Dans le corps du Christ mort et ressuscité, nous avons accès au Père.

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ». Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : ‘L’amour de ta maison fera mon tourment.’ Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai ». Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Nous célébrons aujourd’hui un anniversaire assez particulier, celui de la dédicace de la Basilique saint Jean de Latran à Rome. Cette solennité devrait provoquer en nous un grand acte de foi en l’Église Corps mystique du Christ et en même temps une vibrante prière de reconnaissance pour la grâce d’en faire partie. Mais pourquoi faut-il rappeler ce mystère du Christ total en l’anniversaire de la dédicace de la Basilique du Latran ? Il faut savoir que cette Basilique est la Cathédrale de Rome et, comme telle, elle est l’Église-mère de toutes les églises du monde. En effet, la Cathédrale du Pape ce n’est pas la Basilique Saint Pierre au Vatican : c’est la Basilique Saint Jean de Latran.

Lorsque nous fêtons sa dédicace chaque année à la date du 9 novembre, nous soulignons par le fait même, le primat de l’évêque de Rome sur toutes les cathédrales et les églises du monde. Et comme l’expriment bien les textes liturgiques de cette fête, l’important est non pas l’église matérielle (ou l’église bâtiment de pierre), mais l’Église communauté et l’Église mystère.

L’Église matérielle est le lieu où se réunit l’Eglise communauté pour participer au mystère de l’Église comme Corps mystique du Christ.

L’Évangile que nous avons entendu, nous rappelle, en effet, que ce qui est primordial pour Jésus ce n’est pas l’extérieur, c’est l’amour de Dieu. Le culte que Jésus désire d’abord ce n’est ni un édifice, ni un rituel, c’est un cœur filial, un cœur qui brûle du feu de la charité et de la vérité. Car si l’église existe c’est comme signe de l’alliance entre Dieu et les hommes, c’est-à-dire en lieu, sans doute préparé par les hommes, mais aussi un lieu où Dieu consent à établir sa présence.

Il va sans dire que c’est le Christ-Jésus lui-même qui répond le mieux à cette notion d’Eglise : « détruisez ce Temple, en 3 jours, je le relèverai ». Jésus nous affirme qu’il est le véritable lieu de la rencontre entre l’homme et Dieu, le véritable lieu de la présence de Dieu : « en lui habite corporellement la plénitude de la divinité » nous dit saint Paul. Et puisque par le Baptême nous sommes devenus participants de la nature divine, nous sommes aussi de véritables lieux sacrés, lieux de la présence de Dieu.

Qu’est-ce qui peut bien être la maison de Dieu, son Temple, sa cité, demande saint Bernard. Je ne puis le dire qu’avec crainte et respect, c’est nous. Oui c’est nous qui sommes tout cela dans le cœur de Dieu. Nous le sommes par la grâce et non par nos mérites.

Nous sommes donc, frères et sœurs, les pierres vivantes de ce nouveau Temple, cette construction qui est cimentée par la Parole de Dieu reçue, méditée, partagée et nourrie par les Sacrements de l’Eglise.

« Vous êtes la maison que Dieu construit » dit saint Paul. Quelle extraordinaire vocation que la nôtre ! Corps du Christ, nous sommes sans doute tâtonnants et fragiles dans la foi... Nous avons perpétuellement besoin d’être purifiés et fortifiés intérieurement pour accueillir la croix plantée au cœur de notre vie, pour vivre une communion de disciples, fils d’un même Père et pour témoigner à temps et à contretemps que l’Évangile est une Bonne Nouvelle pour l’homme d’aujourd’hui. Renouvelés en permanence par le pardon de Dieu, nous proclamons à la suite du Christ que l’homme est une histoire sacrée et qu’il a une dimension d’éternité.

La parole de saint Paul résonne comme un acte de foi en cette destinée de l’homme : « N’oubliez pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous. Le Temple de Dieu est sacré et ce Temple c’est vous ». Une belle parole frères et sœurs, est une prophétie sur l’homme et nous avons reçu mission de la faire retentir comme un message de Salut. Plus que jamais nous devons défendre la dignité de la personne humaine et sa destinée éternelle au nom même de la foi en Dieu qui nous habite car « Dieu c’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu » selon la parole de saint Irénée.

Telle est notre foi et notre espérance... et telle est aussi notre joie.

Amen.

Prière universelle

Le Seigneur est l’appui, la fondation de la communauté que nous formons. C’est avec confiance que nous nous tournons vers lui pour le prier.

R/ : Sûr de ton amour et forts de notre foi, Seigneur, nous te prions !

  • Le pape François est l’évêque de Rome. Pour lui-même et pour son diocèse dont la cathédrale est fêtée, pour tous les évêques, prions d’un même cœur. R/
  • Pour les personnes qui travaillent à bâtir notre communauté chrétienne ; afin que le Seigneur les anime d’un esprit de service empreint d’harmonie, prions d’un même cœur. R/
  • Nos églises témoignent de la foi au cœur des siècles. Pour les personnes responsables de gérer les biens de notre communauté, afin que le Seigneur les guide vers des décisions centrées sur le bien commun, prions d’un même cœur. R/
  • Pour les croyants qui sont persécutés et dont les églises sont parfois détruites ; afin que le Seigneur les garde unis dans leurs épreuves, prions d’un même cœur. R/

Seigneur, toi le dieu de paix et de communion, entends notre prière. Répands ton Esprit dans le cœur de chacun de nous. Ainsi pourrons-nous grandir ensemble pour être encore et toujours plus ta demeure sur la terre. Nous te le demandons par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Source : http://www.paroisse-immaculee-conception-montreal.com/

Préface

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t'offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Dans ta bonté pour ton peuple, tu veux habiter cette maison de prière, afin que ta grâce toujours offerte fasse de nous un temple de l'Esprit resplendissant de ta sainteté ; de jour en jour, tu sanctifies l'Épouse du Christ, l'Eglise dont nos églises ici-bas sont l'image, jusqu'au jour où elle entrera dans la gloire du ciel heureuse de t'avoir donné tant de fils. C'est pourquoi, avec les anges et tous les saints, nous chantons (disons) et proclamons : Saint !...

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31 octobre 2021 7 31 /10 /octobre /2021 16:07
https://www.wochenanzeiger-muenchen.de/neuhausen-nymphenburg/viele-kerzen,97977.html

1. Lecture du livre de Job 19, 1. 23-27

Dieu, mon libérateur, est vivant, s’écrie Job ; quand mes yeux le regarderont, je sais qu’il ne se détournera pas de moi.

Job prit la parole et dit : « Ah, si seulement on écrivait mes paroles, si on les gravait sur une stèle avec un ciseau de fer et du plomb, si on les sculptait dans le roc pour toujours ! Mais je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, que, le dernier, il se lèvera sur la poussière ; et quand bien même on m’arracherait la peau, de ma chair je verrai Dieu. Je le verrai, moi en personne, et si mes yeux le regardent, il ne sera plus un étranger. Mon cœur en défaille au-dedans de moi ». – Parole du Seigneur.

ou

1. Lecture du livre de la Sagesse 3, 1-9

Aux yeux des hommes, la mort semble conduire au néant, mais la vie des justes est pour toujours dans la main de Dieu.

Les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux. Aux yeux de l’insensé, ils ont paru mourir ; + leur départ est compris comme un malheur, et leur éloignement, comme une fin : mais ils sont dans la paix. Au regard des hommes, ils ont subi un châtiment, mais l’espérance de l’immortalité les comblait. Après de faibles peines, de grands bienfaits les attendent, car Dieu les a mis à l’épreuve et trouvés dignes de lui. Comme l’or au creuset, il les a éprouvés ; comme une offrande parfaite, il les accueille. Au temps de sa visite, ils resplendiront : comme l’étincelle qui court sur la paille, ils avancent. Ils jugeront les nations, ils auront pouvoir sur les peuples, et le Seigneur régnera sur eux pour les siècles. Qui met en lui sa foi comprendra la vérité ; ceux qui sont fidèles resteront, dans l’amour, près de lui. Pour ses amis, grâce et miséricorde : il visitera ses élus. – Parole du Seigneur.

2. Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 31-35, 37-39

Puisque Jésus Christ nous a tant aimés, jusqu’à mourir pour nous, nous avons la certitude que rien, pas même la mort, ne peut nous séparer de son amour.

Frères, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Dieu est celui qui rend juste ;

Qui pourra condamner ? Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous.

Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Non, car en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. – Parole du Seigneur.

ou

2. Lecture de la 1ère lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 15,51-54, 57

Quelle bonne nouvelle ! Le Christ vainqueur de la mort fait jaillir en ses disciples une vie impérissable et chacun de nous est appelé à la recevoir.

Frères, c’est un mystère que je vous annonce : nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons transformés, et cela en un instant, en un clin d’œil, quand, à la fin, la trompette retentira. Car elle retentira, et les morts ressusciteront, impérissables, et nous, nous serons transformés.

Il faut en effet que cet être périssable que nous sommes revête ce qui est impérissable ; il faut que cet être mortel revête l’immortalité. Et quand cet être périssable aura revêtu ce qui est impérissable, quand cet être mortel aura revêtu l’immortalité, alors se réalisera la parole de l’Écriture : La mort a été engloutie dans la victoire. Rendons grâce à Dieu qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ.

ou

2. Lecture de la 1ère lettre de saint Jean 3, 14. 16-20

En Jésus Christ, l’amour a été plus fort que la mort. Ceux qui aimeront leurs frères comme lui partageront sa vie.

Bien-Aimés, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons nos frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ; car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses. – Parole du Seigneur.

Psaume 26

R/ : Je verrai la bonté du Seigneur, sur la terre des vivants.

  • Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie ; devant qui tremblerais-je ? R/
  • J'ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. R/
  • Écoute, Seigneur, je t'appelle ! Pitié ! Réponds-moi ! C'est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face. R/
  • Je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. Sois fort et prends courage, espère le Seigneur ! R/

Alléluia. Alléluia. Jésus Christ, notre Sauveur, tu as détruit la mort ; tu as ouvert à tout croyant les portes de la vie. Alléluia.

3. Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 15, 33-34. 37-39 ; 16, 1-6

L’angoisse de la mort n’a pas épargné le Crucifié, mais au moment où il expire, la Maison du Père s’ouvre toute grande à ceux qui reconnaissent en Jésus, le Sauveur des hommes.

Quand arriva la sixième heure (c’est-à-dire : midi), l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure. Et à la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Puis, poussant un grand cri, expira. Le rideau du Sanctuaire se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas. Le centurion qui était là en face de Jésus, voyant comment il avait expiré, déclara : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! »

Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé. – Acclamons la Parole de Dieu.

ou

Alléluia. Alléluia. Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort, il a détruit la mort : à ceux qui sont dans les tombeaux il a rendu la vie. Alléluia.

3. Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5, 24-29

Écouter la parole du Christ pendant sa vie, c’est se préparer à entendre sa voix nous appeler à ressusciter pour entrer dans la vie.

Jésus disait aux juifs : « Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie.

Amen, amen, je vous le dis : l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même ; et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ; alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés. – Acclamons la Parole du Seigneur.

ou

Alléluia. Alléluia. Tu es la Résurrection et la Vie, Seigneur Jésus. Par ta mort, tu as détruit la mort. Alléluia.

3. Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11, 17-27

Le désarroi des sœurs de Lazare est le nôtre à l’instant où nos parents et amis s’en vont dans la mort. La présence de Jésus devrait suffire à remplir nos cœurs d’un invincible espérance.

En arrivant à Béthanie, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Le regard intérieur de notre foi se porte aujourd’hui vers tous ceux que nous appelons nos morts, mais qui sont tout aussi vivants et même beaucoup plus vivants que nous.

Le seul fait que cette journée du 2 novembre leur soit consacrée est l’attestation d’une certitude absolue : à savoir que ceux qui ont quitté cette terre n’ont fait que passer sur l’autre rive : ils sont entrés dans la Vraie Vie, la Vie de Dieu.

Pourquoi, alors, l’Eglise nous invite-t-elle à prier pour eux ? De quoi ont-ils besoin ? Pour répondre à cette question, il nous faut rafraîchir un peu dans notre mémoire les enseignements de la foi catholique concernant la mort et l’au-delà.

L’âme qui vient de quitter cette terre ne peut entrer dans la vision et dans le bonheur de Dieu que si elle est totalement purifiée « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu ». Et saint Jean nous dit dans l’Apocalypse que « rien de souillé ne pourra pénétrer dans le Royaume de Dieu ». Si cette purification n’a pas été opérée durant notre séjour ici bas, autrement dit : si nous n’avons pas assez prié, assez fait d’efforts pour nous sanctifier en aimant Dieu et notre prochain (si après les avoir confessés à un prêtre) nous n’avons pas suffisamment  réparé nos péchés par l’acceptation et l’offrande de nos souffrances ainsi que par des sacrifices librement consentis, nous ne sommes pas en état de paraître devant Dieu et de vivre en sa présence. Il faut être saint, en effet, pour pouvoir vivre en communion avec le Dieu trois fois Saint. Si au moment de la mort, nous ne sommes pas tels que Dieu nous veut, il faut que notre sanctification s’achève obligatoirement « comme à travers le feu » dans cette souffrance mystérieuse qu’on appelle le Purgatoire.

Quand les âmes, en effet, paraissent devant Dieu, elles se voient et se jugent telles qu’elles sont avec les traces des nombreux péchés qui ont souillé la robe blanche de leur baptême. Elles comprennent à quel point elles ont peu aimé sur la terre et combien il leur reste à expier. Alors d’elles-mêmes, elles se retirent de devant Dieu et la douleur extrême qu’elles éprouvent à cause de leurs péchés les brûle intérieurement jusqu’au moment où tout est parfaitement pur en elles, jusqu’au moment où elles sont devenues vraiment saintes.

C’est une épreuve terrible que cette peine du purgatoire, mais qui se vit dans une joyeuse et ferme espérance, à la fois avec un désir très fort et avec la certitude d’entrer pour toujours dans l’insurpassable et inépuisable béatitude du Paradis. L’Eglise de la terre que nous formons (nous les baptisés) ne saurait abandonner les âmes qui souffrent en purgatoire. Elle sait qu’elles ont besoin de notre aide spirituelle, c’est pourquoi elle nous invite instamment à faire monter vers le Seigneur nos ferventes supplications ainsi que notre offrande au Saint Sacrifice de la Messe célébré en leur faveur... afin que leur temps de purification puisse être écourté et leur délivrance accélérée... Certes, nous ignorons comment s’opère cette accélération, ce soulagement ou cette délivrance, nous avons seulement la certitude de l’efficacité de notre prière et de l’incomparable efficacité du Sacrifice Eucharistique qui applique aussi bien aux défunts qu’aux vivants la valeur infinie de mérites de Jésus, notre Rédempteur et Sauveur.

Cela devrait suffire pour nous motiver à intervenir souvent et avec ferveur pour les âmes de nos proches ainsi que pour celles, si nombreuses qui sont totalement délaissées et dont la détresse est immense. C’est là le plus beau témoignage d’affection que nous puissions leur porter. Il nous est aussi permis de penser qu’à ce témoignage de notre part les âmes de nos défunts ne manquent jamais de répondre en priant elles-mêmes en notre faveur. Même lorsqu’elles ne sont pas dans le bonheur définitif elles ont cette possibilité, en effet d’intervenir auprès du Seigneur et d’implorer pour nous toutes sortes de bienfaits divins. Elles n’ont peut-être pas une connaissance exacte de tous les détails de notre existence terrestre, mais elles savent au moins ce qui leur est utile de savoir pour nous aider par leur intercession. N’hésitons pas à les prier, afin de rendre cette intercession encore plus empressée et plus efficace.

Prier pour nos défunts, mais aussi prier nos défunts. Voilà ce que nous devons faire, frères et sœurs, si nous voulons que s’établisse entre eux et nous un véritable échange d’amour, une communion très réelle qui atteindra sa plénitude lorsqu’au moment de notre mort, c’est-à-dire de notre naissance à la vie du ciel, nous irons les rejoindre pour ne plus jamais les quitter.

Puissent ces quelques réflexions sur nos relations avec les âmes du Purgatoire, raffermir les certitudes de notre foi et nourrir notre Espérance.

Amen.

Prière Universelle

Dieu nous a créés à son image, il nous a promis une vie impérissable et pourtant afin d’arriver à la vie de la promesse, nous avons encore une vie terrestre à parcourir jusqu’à son terme : la mort. Dans cette optique, nous adressons à Dieu tous les demandes de nos sœurs et frères qui en ont besoin.

R/ : Seigneur Dieu, tu appelles chacun(e) par son nom

  • Pour ceux qui sont dans les tombeaux : que ta Parole les touche dans cet enferment ! Que ceux qui dans leurs actes recherchent le pouvoir, l’argent… qu’ils entendent ta Parole ! Qu’ils s’ouvrent à ton appel à la Vie et à l’Amour afin qu’ils puissent marcher sur le bon chemin qui les mène à toi ! R/
  • Pour ceux qui font le mal : que ta Miséricorde les fasse sortir de cette emprise ! Fais leur découvrir les conséquences des maux qu’ils ont commis ! Donne-leur le courage de revenir sur le droit chemin ! R/
  • Pour ceux qui ont traversé nos vies, ceux avec qui nous avons partagé la vie, ceux qui nous ont quittés trop tôt et brusquement : nous te supplions de bien les accueillir, de leur donner ta paix ! R/
  • Avec ceux qui mettent leur confiance dans ton amour, nous te confions tous les jeunes qui recherchent le but de leur vie ! Ouvre leurs oreilles et leur cœur à ta voix qui appelle à l’amitié et la solidarité ! Qu’ils posent chaque jour une « pierre », basée sur ta Parole, pour édifier leur avenir ! R/
  • Avec ceux qui sont fidèles à ta Parole à tes promesses, nous prions pour les gens qui ont pris des engagements dans leur vie comme le mariage, le sacerdoce, la vie consacrée, ou encore le service d’autrui … : que leur OUI puisse demeurer OUI jusqu’au bout ! Que ce OUI les rende toujours heureux, malgré les malheurs qui peuvent survenir au cours de leur vie ! R/

Dieu, Père des vivants, prends soin de tes enfants qui accourent vers toi en ce mois de novembre. Donne-leur toujours espérer dans la continuité de la Vie ! Toutes les séparations sur terre ne sont que provisoires ! Que la joie des retrouvailles entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint soit dans le cœur de chaque être humaine et au sein de chaque communauté ! Amen.

Source de la P.U. : http://www.jardinierdedieu.com

Prière

Notre-Dame Libératrice, prends en pitié tous nos frères défunts,

spécialement ceux qui ont le plus besoin de la miséricorde du Seigneur.

Intercède pour tous ceux qui nous ont quittés, afin que s’achève en eux l’œuvre de l’Amour qui purifie.

Que notre prière, unie à celle de toute l’Église, leur obtienne la joie qui surpasse tout désir et apporte, ici-bas, consolation et réconfort à nos frères éprouvés ou désemparés.

Mère de l’Église, aide-nous, pèlerins de la terre à mieux vivre, chaque jour, notre passage vers la Résurrection.

Guéris-nous de toute blessure du cœur et de l’âme.

Fais de nous des témoins de l’Invisible, déjà tendus vers les biens que l’œil ne peut voir, des apôtres de l’Espérance, semblables aux veilleurs de l’aube.

Refuge des pécheurs et Reine de tous les saints, rassemble-nous tous un jour, pour la Pâque éternelle, dans la Maison du Père, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

Amen.

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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 14:28

Lecture du livre de l'Apocalypse 7, 2-4, 9-14

Une foule immense est déjà près de Dieu et du Christ. Unis à cette foule par la communion des saints, nous chantons notre espérance de participer à sa fête.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et à la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni à la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, douze mille de chacune des douze tribus d’Israël.

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « C’est toi qui le sais mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés par le sang de l’Agneau. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de l'Apocalypse dont le nom signifie « révélation » de Jésus Christ, est écrit en période de crise, au cours des tracasseries et des persécutions qui s'abattent sur les Églises d'Asie Mineure, sous le règne de l'empereur Domitien, vers l'an 95 de notre ère. Le livre veut répondre à l'angoissante question des chrétiens : Jésus a-t-il réellement vaincu le mal ?

L'auteur s'appuie sur des événements contemporains pour montrer que l'impérialisme romain qui suscite les forces du mal, court à sa ruine. En revanche, le peuple de Dieu - ces hommes, ces femmes et ces enfants que l'épreuve n'a pu ébranler dans leur foi - porte en lui l'espérance de l'humanité : celle d'une victoire définitive de l'amour sur la haine, du pardon sur la vengeance, de la justice sur l'oppression des consciences.

Le livre est bourré d'allusions à l'Ancien Testament, il est riche en couleurs et en images symboliques. Parfois difficile à lire, ce qui favorise les interprétations fantaisistes. Cela n'ôte rien à l'actualité du message de l'Apocalypse : « Courage ! Les saints sont des hommes comme nous, qui ont cru que l'amour était plus fort que tout. Leur victoire est déjà la nôtre, en attendant le triomphe définitif du Christ sur le mal ».

Les saints ont été des hommes et des femmes en butte aux mêmes difficultés, aux mêmes doutes, aux mêmes faiblesses que les nôtres, mais ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l'Agneau. Cette même grâce nous est offerte dans les sacrements de l'Église.

Psaume 23

R/ : Voici le immense de ceux qui cherchent ta face, Seigneur.

Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. R/

Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. R/

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-3

Comme il est grand l'amour dont le Père nous a comblés ! Il a fait de nous ses enfants, en son Fils, Jésus Christ.

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisque qu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans sa lettre, Jean combat une erreur qui se fait jour dans l’Église venant de gens qui prétendent que Dieu fait seulement semblant de nous aimer. Ainsi, pour eux, le Fils de Dieu aurait fait semblant de se faire homme, en prenant un corps irréel ; il aurait donc fait semblant de souffrir et de mourir ; les sacrements ne seraient que des semblants d’union au Christ, bref l’amour de Dieu ne serait qu’un faux-semblant. Non, proteste Jean, le Fils de Dieu, je l’ai vu et touché comme les autres apôtres ont pu le faire ; son sang, je l’ai vu couler ; sa résurrection, j’en suis témoin. L’amour du Père pour nous est une réalité, non des mots : il ne se contente pas de nous appeler ses enfants, « nous le sommes », et cela « dès maintenant », même si cette vie de Dieu qui nous transforme n’est appelée à paraître de tout son éclat qu’avec la venue Christ Jésus.

Quelles preuves notre communauté chrétienne va-t-elle donner à ceux qui passeront dans l’église à l’occasion de la Toussaint, pour qu’ils se découvrent aimés de Dieu : un accueil chaleureux à l’entrée, une célébration chantante, une prière à la foi communicative, un temps de conversation à la sortie… ?

Alléluia. Alléluia. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, dit le Seigneur, et moi, je vous procurerai le repos. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a

L’Évangile de Jésus est la bonne nouvelle de la joie et du bonheur. Écoutons-le nous en indiquer le chemin.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

Heureux les cœurs purs ; car ils verront Dieu.

Heureux les artisans de paix : car ils seront appelés fils de Dieu.

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux !

Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Cet évangile est celui de la joie : « Heureux… réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse… » La raison de cette joie, c’est le royaume des Cieux, « … car le royaume des Cieux est à eux », dit Jésus, après la première et la dernière béatitudes.

Si nous demandons : « Qu’est-ce que le royaume des Cieux ? », les autres béatitudes nous diront que c’est Dieu lui-même. Oui, Dieu lui-même, à l’action dans la vie des hommes, quand il réconforte les affligés, comble l’espérance des affamés de justice, pardonne à ceux qui ouvrent leur cœur à la misère de leurs frères, se laisse trouver par ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, et reconnaît pour ses fils bâtisseurs de la paix.

Mais, pour faire cette expérience de l’action de Dieu dans sa vie, il faut se compromettre pour la non-violence, pour la justice et la bonté, pour la paix et pour la pureté de ses intentions. Il faut avoir affronté les insultes et les moqueries, avoir risqué la persécution et la calomnie. Le Christ reconnaît pour siens tous ceux-là qui se seront ainsi compromis : « à cause de moi », dit-il. Ce sont ceux-là que nous fêtons aujourd’hui.

Il y a des saints que j’admire plus que d’autres. Quelle béatitude a marqué et transformé leur vie ? Lorsque je les prie, est-ce cette béatitude que je leur demande de me faire aimer ?

1ère Homélie

C’est donc de cette façon particulièrement frappante, en prononçant neuf fois le mot « heureux » que Jésus dans les premiers mois de sa mission apostolique a résumé son Évangile, cette Bonne Nouvelle qui nous annonce et nous apporte le Bonheur.

Le Bonheur, me direz-vous, on voudrait bien y croire et en fait, on ne désire, on ne cherche que cela, mais le monde d’aujourd’hui dans lequel nous vivons en prend-il le chemin ?

Il suffit de jeter un coup d’œil sur l’ensemble de l’actualité pour se rendre compte à quel point il se désole et se désespère de ses guerres, de ses génocides, de ses enfants abandonnés, maltraités ou exploités, de ses familles éclatées, de ses maladies incurables et de combien d’autres malheurs…

Et nous-mêmes pouvons-nous affirmer que nous sommes vraiment heureux même si nous avons du travail et de quoi vivre décemment ? Nous avons tous, en effet, qui que nous soyons, notre part d’échecs, de peines ou de souffrances… Et que dire de notre misère spirituelle, moins visible sans doute, mais toute aussi criante (si toutefois nous posons sur nous un regard lucide et sans complaisance) : notre égoïsme, notre orgueil, nos mensonges, nos lâchetés, nos infidélités bref nos refus d’aimer Dieu et notre prochain. Reconnaissons loyalement que notre manière de vivre trop souvent médiocre et superficielle est absolument incapable de combler les aspirations les plus profondes et les plus nobles de notre cœur… Oui, bien sûr, tout cela est flagrant. Mais si nous nous contentons de gémir sur les malheurs du temps ou sur la condition souvent difficile et quelquefois dramatique qui est la notre nous ne raisonnons pas en chrétiens, car nous oublions, à ce moment là une vérité capitale de notre foi (qui éclaire toutes choses d’une nouvelle lumière) c’est ce que l’Evangile n’est pas d’abord un message d’euphorie ou une sorte de drogue destinée à apaiser toutes nos angoisses et à guérir toutes nos blessures.

Au cœur de l’Évangile il y a le mystère de la Croix. Le crucifix de nos maisons ou de nos carrefours, tout comme la croix de nos tombes nous rappelle à quel prix nous avons été rachetés, sauvés par le Christ. Sans doute nous a-t-il mérité le pardon du Père et réconciliés avec Lui ; il n’en reste pas moins que nous devons accueillir ce salut toujours offert, et que nous devons y coopérer en acceptant de passer chaque jour par le chemin que Jésus nous a ouvert et qui n’est pas un chemin de velours mais un rude chemin de peines, de souffrances et d’efforts coûteux.

Lui-même, d’ailleurs, nous a bien prévenus « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il prenne sa croix, chaque jour et qu’il me suive… » C’est ce que nous faisons toutes les fois que nous unissons au Sacrifice de Jésus l’offrande de tout ce qui est pénible, de tout ce qui est douloureux dans nos vies et aussi de tout ce qui nous coûte pour aimer Dieu et notre prochain. Cela, il ne faut jamais le perdre de vue, et cependant Jésus nous assure que nous sommes neuf fois heureux. Ça devrait tout de même nous faire réfléchir d’autant plus que ces premiers mots du message divin sont aussi les derniers et, c’est là le grand secret qui devrait en toutes circonstances, mais surtout au sein de l’épreuve, gonfler notre cœur d’une invincible espérance.

Frères Chrétiens, nous sommes heureux et dès à présent, d’une joie profonde que rien, ni personne ne pourra jamais nous enlever, parce qu’au matin de Pâques, le Christ-Jésus, définitivement victorieux du péché et de la mort, nous a donné rendez-vous : « voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Il est donc là, c’est sûr, Lui l’éternel Vivant ; il est là, tout proche, présent dans notre cœur dans la mesure où nous voulons bien l’accueillir et lui faire de la place ; présent à tout ce que nous pensons, à tout ce que nous ressentons, à tout ce que nous faisons.

Où pourrions-nous trouver dites-moi, un ami plus tendre et plus compatissant, un ami plus fidèle et plus fort ? Il suffit de croire, chers frères et sœurs, à cette présence si aimante du Christ-Jésus, notre Sauveur pour que tout dans notre vie prenne un sens, pour que tout dans notre vie (y compris la souffrance) soit finalement transfiguré. Nous pouvons désormais entrevoir, et il nous arrive parfois d’en éprouver comme l’avant-goût ce bonheur incomparable que Jésus nous promet et qui nous est assuré, si toutefois nous acceptons de remplir les conditions exigées pour le mériter… Car il ne s’agit pas d’avancer au gré de nos fantaisies ou de nos caprices.

Si nous voulons traverser sans risque de nous perdre cette pénombre qu’est notre vie d’ici bas, il nous faut une lumière, un phare et il nous faut en même temps une main qui nous tienne et qui nous mène. Tout cela pour l’essentiel, nous est clairement indiqué dans cette charte de la vie chrétienne que sont les Béatitudes : ne sont-elles pas comme 9 balises en forme de bonheur... Si nous les suivons de notre mieux, comme l’ont fait tous ces saints connus et inconnus que l’Eglise fête aujourd’hui, nous arriverons sûrement là où le Seigneur, nous attend, là où il nous a préparé une place… c’est-à-dire au Ciel.

Efforçons-nous donc de nous imprégner de cet esprit des Béatitudes.

  • Rappelons-nous qu’avoir un cœur de pauvre, cela veut dire qu’il ne faut pas rechercher, qu’il ne faut pas aimer d’autres richesses que la présence de Dieu, que l’habitation mystérieuse mais si réelle du Père, du Fils et du Saint Esprit dans ce temple, dans ce petit ciel qu’est notre âme. Celui qui possède de Dieu, possède tout et il partage déjà, bien que ce soit dans l’obscurité de la Foi, son indicible Bonheur.
  • Être doux, c’est miser uniquement sur l’amour pour régler les problèmes qui surgissent inévitablement là où des hommes vivent ensemble.
  • Pleurer, c’est attendre la consolation de Dieu seul lorsqu’il viendra lui-même essuyer toute larme de nos yeux.
  • Avoir faim et soif de la justice, c’est avoir le désir plus ardent de nous ajuster à Dieu, de faire en toutes choses et quoiqu’il en coûte sa très sainte volonté.
  • Être miséricordieux, c’est imiter Dieu notre Père, c’est recommencer inlassablement à partir du pardon reçu et accordé sans arrière-pensée.
  • Avoir le cœur pur, c’est agir constamment avec une intention droite, c’est avoir une âme simple, toute transparente à Dieu et qui sait reconnaître Dieu partout où il fait signe.
  • Être un artisan de paix, c’est chercher à réaliser l’unité dans la diversité en tissant des liens, en jetant des ponts, en étant un porte-flambeau de la vérité, de la justice et de l’amour.
  • Être persécuté pour la justice, c’est accepter de tout souffrir plutôt que de renoncer à Dieu, à l’Evangile et à l’Eglise.
  • Être insulté et calomnié à cause de Jésus, c’est être tout simplement un chrétien authentique, ce qui ne peut pas être vécu, sans que quelque chose nous retombe sur la tête…

Tels sont, chers frères et sœurs, les jalons plantés sur la route du Paradis. Telles sont les exigences du Seigneur. Il est évident qu’elles vont à contre-courant de tout ce qui nous est proposé dans le monde d’aujourd’hui. Sont-elles vraiment réalisables, ne sont-elles pas un rêve, une illusion, une utopie ?…

Nous sommes souvent tentés de le croire, parce que nous ne regardons que notre faiblesse mais si nous nous appuyons constamment sur la miséricorde, la bonté, la puissance de Dieu, si, comme des petits enfants nous tenons d’une part la main de Jésus qui est notre guide suprême et d’autre part la main de Marie qui est l’éducatrice par excellence de la vie spirituelle, si enfin nous nous laissons attirer par la multitude des Saints (qui étaient comme nous des êtres de chair et de sang) et qui nous redisent inlassablement : « N’aie pas peur, vas-y, c’est possible » alors, chers frères et sœurs, qu’est-ce qui pourrait bien nous empêcher de réussir la seule aventure qui vaille la peine d’être vécue : l’Aventure de la Sainteté, celle qui nous vaudra pour toujours la plénitude du Bonheur avec Dieu et en Dieu.

Amen.

2ème Homélie

En cette solennité de la Toussaint, l’Eglise nous invite à tourner nos regards vers le ciel et elle nous dit : « Regardez cette foule innombrable de saints connus et inconnus : ils ont vécu à toutes les époques de l’histoire, ils sont venus de tous les pays, ils ont appartenu à toutes les conditions sociales, il y en a eu de tous les âges et dans leur existence ici-bas ils étaient semblables à nous. A vous, maintenant de devenir ce qu’ils sont devenus. Faites comme eux, marchez sur leurs traces, imitez leurs exemples ».

Mais pourquoi l’Eglise tient-elle à nous donner les saints en exemple ? Parce que ce sont les hommes et les femmes qui ont le mieux réussi leur vie. Il faut préciser toutefois le sens de cette réussite, car elle n’a rien à voir avec celle dont rêvent habituellement les hommes. Pour la plupart des gens, en effet qu’est-ce que c’est que réussir, sinon faire fortune, avoir une belle situation, être considéré et recevoir des éloges, être influent et attirer sur soi les regards, goûter à tous les plaisirs de la vie. Si c’est cela réussir, il faut dire tout de suite que les saints ont manqué leur vie : ils ont absolument « tout raté », car durant leur existence terrestre on ne les a pas toujours remarqués : (d’ailleurs l’immense majorité de ceux qui peuplent le ciel sont des inconnus) le plus souvent ils ont connu la pauvreté, la souffrance des persécutions, des épreuves et toute sorte. Mais alors quel a été le secret de leur réussite spirituelle, la seule qui soit selon Dieu ?

- D’abord ils ont pressenti la fragilité de toute réussite purement humaine et ils en ont tiré les conséquences : ils n’ont pas cherché avant tout des satisfactions terrestres : ils ne se sont pas faits le centre du monde, ils n’ont pas vécu principalement pour eux, ayant bien compris qu’une vie d’égoïsme c’est un arbre qui ne porte jamais de fruits. Les saints n’ont vécu que pour Dieu et pour les autres. C’est Jésus qui a été leur unique pôle d’attraction... Chacun d’eux aurait pu reprendre à son compte la parole de saint Paul : « Pour moi vivre c’est le Christ : le Christ c’est toute ma vie ». Tous ont médité assidûment ses enseignements et les actes de sa vie. Ils l’ont prié, adoré, supplié tous les jours de leur vie en tous lieux et en toutes circonstances. Et c’est dans cette communion avec lui qu’ils ont puisé la force d’aimer leurs frères, dans un don de plus en plus désintéressé d’eux-mêmes, ne ménageant ni leur temps, ni leur peine. A travers leur vie rayonnante d’amour, c’est le Seigneur lui-même qui transparaissait, qui se laissait voir. A travers leurs paroles on devinait les paroles de Dieu, à travers leurs gestes on pressentait la bonté, la douceur, la tendresse et la miséricorde de Dieu. En vivant de cette manière, les saints ont éprouvé à quel point elles sont vraies ces Béatitudes que Jésus à proclamer au début de son ministère et qui constituent la loi nouvelle de la Nouvelle Alliance. En s’efforçant de les mettre en pratique ils ont goûté, en dépit de toutes leurs épreuves ce bonheur profond qui est un avant-goût du Bonheur céleste, de l’infinie Béatitude pour laquelle Dieu a créé les hommes et qui est le but suprême de leur vie.

Frères et sœurs, tous ces élus, tous ces bienheureux que nous contemplons aujourd’hui dans la gloire du Paradis nous disent donc avec force que le secret de la vraie réussite et donc du vrai bonheur ce n’est rien d’autre que la Sainteté. Malheureusement nous n’y croyons pas assez à la sainteté ou plutôt nous la comprenons mal.

- Et tout d’abord nous pensons qu’elle n’est pas faite pour nous : qu’elle est le privilège de quelques âmes d’élite, de certains êtres exceptionnels, alors que la Parole du Christ : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » s’adresse à tous et que saint Paul, lui faisant écho, rappelle que « notre vocation, c’est la sainteté ».

- Trop souvent aussi nous ne voyons que le côté, disons spectaculaire de la sainteté, nous l’imaginons trop comme une aventure parsemée de miracles, de visions ou révélations : bref, une sorte de vie à spectacle comme celle des vedettes du cinéma.

Alors que, bien au contraire, la sainteté consiste à faire très humblement et très fidèlement la volonté de Dieu dans le moment présent, à faire ce que Dieu attend de nous dans notre vie familiale, dans notre travail, dans nos loisirs et dans nos relations avec les autres. Il ne s’agit pas, en effet, de faire du sensationnel, il s’agit de faire les choses les plus ordinaires d’une manière extraordinaire, c'est-à-dire en les chargeant, en les imprégnant de beaucoup d’amour, ce qui requiert bien évidemment des renoncements, des efforts persévérants, des reprises continuelles et cela jusqu’à notre dernière heure. Devant ces exigences nous risquons souvent de nous décourager, mais c’est parce nous oublions que la sainteté n’est jamais le résultat de performances humaines : livrés à nous-mêmes, à nos seules forces nous ne pouvons prétendre y parvenir « Sans moi, nous dit Jésus, vous ne pouvez rien faire ».

Car la sainteté c’est avant tout l’œuvre de Dieu en nous. Notre part consiste à donner au Seigneur la disponibilité, la malléabilité suffisante pour qu’il puisse nous modeler, nous transformer à sa façon, faire de nous des images vivantes de lui-même. Autrement dit il faut qu’entre les mains de l’artiste divin, nous soyons comme la glaise dans la main du potier selon une très belle image de la Bible. Cela suppose de notre part beaucoup d’humilité et une folle confiance en la puissance illimitée du Dieu de Miséricorde pour qui rien n’est impossible.

Puissions-nous donc, chers frères et sœurs, cultiver en nous de plus en plus, le désir de réussir pleinement notre vie en parvenant à la sainteté que Dieu attend de nous, en ayant la certitude que pour mener à bien cette aventure nous pouvons compter sur l’aide toute puissante de Marie, parfait modèle et grande pourvoyeuse de sainteté et sur l’intercession de tous les saints qui se penchent sur nous avec tendresse et nous redisent inlassablement : « N’aie pas peur, vas-y, c’est possible ».

Amen.

3ème Homélie

La fête de Toussaint que nous allons bientôt célébrer remet devant nos yeux en très grosses lettres cette vérité fondamentale de notre foi que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : "JE CROIS A LA VIE ÉTERNELLE."

En contemplant dans le ciel la foule innombrable de tous ces frères en humanité qui sont désormais pleinement et définitivement bienheureux (parmi lesquels il y a certainement des personnes que nous avons connues et aimées) en pensant aussi à tous ces défunts de nos familles qui se préparent à les rejoindre au travers d'une mystérieuse purification - cette ultime sanctification que nous appelons le Purgatoire - nous sommes conduits tout naturellement à nous poser cette question, qui est la seule question décisive : où en sommes-nous par rapport à la Vie Éternelle ? Y croyons-nous vraiment ? Est-ce que nous nous y préparons ? Cette Vie après la vie est-elle pour nous, comme elle le fut pour tous ces croyants qui nous ont précédés, le but suprême de l'existence ?

Est-ce bien vers ce terme de notre voyage que nous sommes tendus à travers toutes nos démarches et nos activités ? Avons-nous vraiment au plus intime de nous-mêmes cette conviction indéracinable que la Vie Éternelle c'est ce pourquoi nous avons été créés, que c'est notre véritable destinée et que, par conséquent, nous devons l'envisager comme l'aboutissement, et le couronnement de nos espoirs, la réalisation du toutes nos aspirations à la lumière, à la vie, au bonheur, bref l'épanouissement total de tout notre être, un peu comme la fleur est l'épanouissement de la graine ?

En ces temps que nous vivons et qui sont de plus en plus dominés par le matérialisme, où on ne parle plus que d'argent, de situation, de profit, de confort ou de plaisir ; où la plupart des hommes se comportent comme s'ils devaient vivre toujours en ce monde et y jouir perpétuellement des biens matériels toujours plus séduisants qui leur sont proposés, nous avons un besoin urgent de nous remettre en face de la seule réalité, à savoir que nous ne sommes pas faits pour rester sur cette terre, que nous sommes seulement des pèlerins en marche vers un monde meilleur, où tout sera prodigieusement vrai, beau et bon, le Monde de Dieu. Un jour, tôt ou tard, il nous faudra absolument tout quitter et passer cette frontière que nous appelons la mort, mais qui est en fait, une naissance, l'enfantement de la Vie Nouvelle et définitive du Ciel où nous connaîtrons enfin la paix et la joie parfaite dans l'insurpassable et inépuisable bonheur de Dieu.

C'est le destin final qui doit faire l'objet de nos préoccupations avant tout le reste... Et nous devons tout mettre en œuvre pour nous y préparer.

Le temps vécu sur la Terre ne nous est donné que pour cela. En nous mettant sérieusement à l'école du Christ qui est "le chemin, la vérité et la vie", en nous efforçant de progresser tous les jours dans la Foi, l'Espérance, l'Amour de Dieu et du prochain, nous devons nous sanctifier c'est-à-dire nous rendre capables avec le secours de Dieu, de participer un jour, à la Vie Éternelle du Ciel.

Oui, un jour, nous serons "divinisés". Pouvons-nous rêver avenir plus merveilleux ? Est-ce que cela ne vaut pas la peine de mobiliser toutes nos énergies pour y parvenir en suivant l'exemple de tous les Saints ?

"Qui veut la fin, veut les moyens."

Prière Universelle

En communion avec la foule immense des saints qui ont laissé le Christ transfigurer leur vie, prions Dieu notre Père pour ceux qui sont en chemin, tous appelés au bonheur.

R/ : Dieu d’amour, écoute-nous !

  • Pour les baptisés, pour les priants de toutes les religions, pour ceux qui cherchent Dieu dans la simplicité de leur vie quotidienne, prions notre Père, Dieu de toute grâce. R/
  • Pour ceux qui vivent aujourd’hui la grande épreuve de la persécution quelle que soit leur appartenance religieuse, afin qu’ils reçoivent l’Esprit de force et de paix pour marcher sans crainte sur le chemin du Royaume, prions notre Père, Dieu de douceur et de tendresse. R/
  • Pour les hommes politiques, pour ceux qui ont un pouvoir de décision, afin qu’ils travaillent avec courage pour le bien de toute l’humanité, prions notre Père, Dieu de lumière. R/
  • Pour nous tous, en chemin vers le Royaume, pour tous ceux qui vivent avec un cœur donné et fraternel, afin que nous soyons artisans de paix dans notre milieu de vie, prions notre Père, Dieu de miséricorde. R/

Dieu notre Père, dans l’attente du jour où nous pourrons enfin te voir, accueille notre prière, et maintiens-nous dans la confiance et la joie sur notre chemin d’homme. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen !

Source de la P.U. : http://www.abbayejouarre.org

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30 octobre 2021 6 30 /10 /octobre /2021 14:25

Lecture du livre de l'Apocalypse 7, 2-4, 9-14

Une foule immense est déjà près de Dieu et du Christ. Unis à cette foule par la communion des saints, nous chantons notre espérance de participer à sa fête.

Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ; d’une voix forte, il cria aux quatre anges qui avaient reçu le pouvoir de dévaster la terre et à la mer : « Ne dévastez pas la terre, ni à la mer, ni les arbres, avant que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu ». Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau : ils étaient cent quarante-quatre mille, douze mille de chacune des douze tribus d’Israël.

Après cela, j’ai vu une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, races, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, en vêtements blancs, avec des palmes à la main. Et ils proclamaient d’une voix forte : « Le salut est donné par notre Dieu, lui qui siège sur le Trône et par l’Agneau ! » Tous les anges qui se tenaient en cercle autour du Trône, autour des Anciens et des quatre Vivants, se prosternèrent devant le Trône, la face contre terre, pour adorer Dieu. Et ils disaient : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! » L’un des Anciens prit alors la parole et me dit : « Tous ces gens vêtus de blanc, qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? » Je lui répondis : « C’est toi qui le sais mon seigneur. » Il reprit : « Ils viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés par le sang de l’Agneau. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Le livre de l'Apocalypse dont le nom signifie « révélation » de Jésus Christ, est écrit en période de crise, au cours des tracasseries et des persécutions qui s'abattent sur les Églises d'Asie Mineure, sous le règne de l'empereur Domitien, vers l'an 95 de notre ère. Le livre veut répondre à l'angoissante question des chrétiens : Jésus a-t-il réellement vaincu le mal ?

L'auteur s'appuie sur des événements contemporains pour montrer que l'impérialisme romain qui suscite les forces du mal, court à sa ruine. En revanche, le peuple de Dieu - ces hommes, ces femmes et ces enfants que l'épreuve n'a pu ébranler dans leur foi - porte en lui l'espérance de l'humanité : celle d'une victoire définitive de l'amour sur la haine, du pardon sur la vengeance, de la justice sur l'oppression des consciences.

Le livre est bourré d'allusions à l'Ancien Testament, il est riche en couleurs et en images symboliques. Parfois difficile à lire, ce qui favorise les interprétations fantaisistes. Cela n'ôte rien à l'actualité du message de l'Apocalypse : « Courage ! Les saints sont des hommes comme nous, qui ont cru que l'amour était plus fort que tout. Leur victoire est déjà la nôtre, en attendant le triomphe définitif du Christ sur le mal ».

Les saints ont été des hommes et des femmes en butte aux mêmes difficultés, aux mêmes doutes, aux mêmes faiblesses que les nôtres, mais ils ont lavé leurs vêtements dans le sang de l'Agneau. Cette même grâce nous est offerte dans les sacrements de l'Église.

Psaume 23

R/ : Voici le immense de ceux qui cherchent ta face, Seigneur.

  • Au Seigneur, le monde et sa richesse, la terre et tous ses habitants ! C'est lui qui l'a fondée sur les mers et la garde inébranlable sur les flots. R/
  • Qui peut gravir la montagne du Seigneur et se tenir dans le lieu saint ? L'homme au cœur pur, aux mains innocentes, qui ne livre pas son âme aux idoles. R/
  • Il obtient, du Seigneur, la bénédiction, et de Dieu son Sauveur, la justice. Voici le peuple de ceux qui le cherchent ! Voici Jacob qui recherche ta face ! R/

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-3

Comme il est grand l'amour dont le Père nous a comblés ! Il a fait de nous ses enfants, en son Fils, Jésus Christ.

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisque qu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. Et tout homme qui fonde sur lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Dans sa lettre, Jean combat une erreur qui se fait jour dans l’Église venant de gens qui prétendent que Dieu fait seulement semblant de nous aimer. Ainsi, pour eux, le Fils de Dieu aurait fait semblant de se faire homme, en prenant un corps irréel ; il aurait donc fait semblant de souffrir et de mourir ; les sacrements ne seraient que des semblants d’union au Christ, bref l’amour de Dieu ne serait qu’un faux-semblant. Non, proteste Jean, le Fils de Dieu, je l’ai vu et touché comme les autres apôtres ont pu le faire ; son sang, je l’ai vu couler ; sa résurrection, j’en suis témoin. L’amour du Père pour nous est une réalité, non des mots : il ne se contente pas de nous appeler ses enfants, « nous le sommes », et cela « dès maintenant », même si cette vie de Dieu qui nous transforme n’est appelée à paraître de tout son éclat qu’avec la venue Christ Jésus.

Quelles preuves notre communauté chrétienne va-t-elle donner à ceux qui passeront dans l’église à l’occasion de la Toussaint, pour qu’ils se découvrent aimés de Dieu : un accueil chaleureux à l’entrée, une célébration chantante, une prière à la foi communicative, un temps de conversation à la sortie… ?

Alléluia. Alléluia. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, dit le Seigneur, et moi, je vous procurerai le repos. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a

L’Évangile de Jésus est la bonne nouvelle de la joie et du bonheur. Écoutons-le nous en indiquer le chemin.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui. Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

"Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs ; car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix : car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux !
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et
si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux !"

Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Cet évangile est celui de la joie : « Heureux… réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse… » La raison de cette joie, c’est le royaume des Cieux, « … car le royaume des Cieux est à eux », dit Jésus, après la première et la dernière béatitudes.

Si nous demandons : « Qu’est-ce que le royaume des Cieux ? », les autres béatitudes nous diront que c’est Dieu lui-même. Oui, Dieu lui-même, à l’action dans la vie des hommes, quand il réconforte les affligés, comble l’espérance des affamés de justice, pardonne à ceux qui ouvrent leur cœur à la misère de leurs frères, se laisse trouver par ceux qui le cherchent d’un cœur sincère, et reconnaît pour ses fils bâtisseurs de la paix.

Mais, pour faire cette expérience de l’action de Dieu dans sa vie, il faut se compromettre pour la non-violence, pour la justice et la bonté, pour la paix et pour la pureté de ses intentions. Il faut avoir affronté les insultes et les moqueries, avoir risqué la persécution et la calomnie. Le Christ reconnaît pour siens tous ceux-là qui se seront ainsi compromis : « à cause de moi », dit-il. Ce sont ceux-là que nous fêtons aujourd’hui.

Il y a des saints que j’admire plus que d’autres. Quelle béatitude a marqué et transformé leur vie ? Lorsque je les prie, est-ce cette béatitude que je leur demande de me faire aimer ?

Homélie

La fête de Toussaint que nous allons bientôt célébrer remet devant nos yeux en très grosses lettres cette vérité fondamentale de notre foi que nous proclamons chaque dimanche à la Messe : "JE CROIS A LA VIE ÉTERNELLE."

En contemplant dans le ciel la foule innombrable de tous ces frères en humanité qui sont désormais pleinement et définitivement bienheureux (parmi lesquels il y a certainement des personnes que nous avons connues et aimées) en pensant aussi à tous ces défunts de nos familles qui se préparent à les rejoindre au travers d'une mystérieuse purification - cette ultime sanctification que nous appelons le Purgatoire - nous sommes conduits tout naturellement à nous poser cette question, qui est la seule question décisive : où en sommes-nous par rapport à la Vie Éternelle ? Y croyons-nous vraiment ? Est-ce que nous nous y préparons ? Cette Vie après la vie est-elle pour nous, comme elle le fut pour tous ces croyants qui nous ont précédés, le but suprême de l'existence ?

Est-ce bien vers ce terme de notre voyage que nous sommes tendus à travers toutes nos démarches et nos activités ? Avons-nous vraiment au plus intime de nous-mêmes cette conviction indéracinable que la Vie Éternelle c'est ce pourquoi nous avons été créés, que c'est notre véritable destinée et que, par conséquent, nous devons l'envisager comme l'aboutissement, et le couronnement de nos espoirs, la réalisation du toutes nos aspirations à la lumière, à la vie, au bonheur, bref l'épanouissement total de tout notre être, un peu comme la fleur est l'épanouissement de la graine ?

En ces temps que nous vivons et qui sont de plus en plus dominés par le matérialisme, où on ne parle plus que d'argent, de situation, de profit, de confort ou de plaisir ; où la plupart des hommes se comportent comme s'ils devaient vivre toujours en ce monde et y jouir perpétuellement des biens matériels toujours plus séduisants qui leur sont proposés, nous avons un besoin urgent de nous remettre en face de la seule réalité, à savoir que nous ne sommes pas faits pour rester sur cette terre, que nous sommes seulement des pèlerins en marche vers un monde meilleur, où tout sera prodigieusement vrai, beau et bon, le Monde de Dieu. Un jour, tôt ou tard, il nous faudra absolument tout quitter et passer cette frontière que nous appelons la mort, mais qui est en fait, une naissance, l'enfantement de la Vie Nouvelle et définitive du Ciel où nous connaîtrons enfin la paix et la joie parfaite dans l'insurpassable et inépuisable bonheur de Dieu.

C'est le destin final qui doit faire l'objet de nos préoccupations avant tout le reste... Et nous devons tout mettre en œuvre pour nous y préparer.

Le temps vécu sur la Terre ne nous est donné que pour cela. En nous mettant sérieusement à l'école du Christ qui est "le chemin, la vérité et la vie", en nous efforçant de progresser tous les jours dans la Foi, l'Espérance, l'Amour de Dieu et du prochain, nous devons nous sanctifier c'est-à-dire nous rendre capables avec le secours de Dieu, de participer un jour, à la Vie Éternelle du Ciel.

Oui, un jour, nous serons "divinisés". Pouvons-nous rêver avenir plus merveilleux ? Est-ce que cela ne vaut pas la peine de mobiliser toutes nos énergies pour y parvenir en suivant l'exemple de tous les Saints ?

"Qui veut la fin, veut les moyens."

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12 septembre 2021 7 12 /09 /septembre /2021 08:36

Lecture du livre des Nombres 21, 4b-9

Bien mieux que le serpent de bronze, le Christ en croix s'offre à nos regards pour nous guérir de toutes nos fautes.

En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents ». Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie ! - Parole du Seigneur.

Psaume 78

R/ N'oubliez pas les exploits du Seigneur !

  • Nous avons entendu et nous savons ce que nos pères nous ont raconté : et nous redirons à l’âge qui vient les titres de gloire du Seigneur. R/
  • Quand Dieu les frappait, ils le cherchaient, ils revenaient et se tournaient vers lui : ils se souvenaient que Dieu est leur rocher, et le Dieu Très-Haut, leur rédempteur. R/
  • Mais de leur bouche ils le trompaient, de leur langue ils lui mentaient. Leur cœur n’était pas constant envers lui ; ils n’étaient pas fidèles à son alliance. R/
  • Et lui, miséricordieux, au lieu de détruire, il pardonnait. Il se rappelait : ils ne sont que chair, un souffle qui s’en va sans retour. R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2, 6-11

Tous les êtres sont appelés à tomber à genoux devant le Christ en croix et à le proclamer leur Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à  la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l'a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au Nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », à la gloire de Dieu le Père. - Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons: par ta Croix, tu as racheté le monde. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 13-17

La croix de Jésus n'est pas le signe de notre jugement, mais celui de l'amour qu'en son Fils Dieu porte au monde.

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu'en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Chaque année, frères et sœurs, l’Eglise nous fait célébrer le mystère de « la Croix Glorieuse » au jour anniversaire où fut découvert à Jérusalem le bois précieux qui avait porté le corps martyrisé de Jésus. C’était le 14 septembre de l’an 320.

Instrument de supplice, d’une atroce cruauté, réservé aux esclaves et aux grands criminels qu’on voulait torturer et couvrir de honte.

- Comment la Croix est-elle devenue Glorieuse ?

- Comment l’Eglise peut-elle nous inviter à exaltée cet horrible gibet sur lequel Jésus, son divin fondateur, a connu la mort ?

Dans son Evangile l’Apôtre Jean donne à ces questions une réponse particulièrement éclairante. Pour lui, en effet, la mort de Jésus n’est pas une infamie : elle est une élévation. Et il donne à ce terme une double signification : élévation en Croix et élévation en Gloire. Autrement dit, Jésus qui s’offre librement sur le Calvaire est en même temps le Crucifié et le Glorifié.

Saint Jean nous fait ainsi comprendre que l’heure de la mort pour Jésus, c’est l’heure de la victoire suprême : ce n’est pas un pauvre homme humilié qui expire dans l’échec humain le plus total mais le Fils de Dieu dont l’acte d’obéissance filiale d’une valeur infinie est source de Salut et de Gloire éternelle pour tous les hommes.

Oui, par le mystère de sa mort d’amour qui prélude à la gloire éclatante de sa Résurrection, Jésus est le grand vainqueur : il triomphe définitivement du péché, de la mort et de l’enfer. Il nous obtient le pardon de Dieu et nous ouvre toutes grandes les écluses de la Grâces : de cette vie divine qui (si nous lui faisons bon accueil) en nous peut nous envahir pour nous transfigurer.

Il n’est donc pas surprenant, chers frères et sœurs, que la Croix soit devenue l’objet d’une particulière vénération chez tous ceux qui reconnaissent en elle l’instrument privilégié du salut, le signe éclatant de l’amour le plus fort et le plus bouleversant : celui que le Fils de l’Homme porte à chacun de nous : « Il m’a aimé moi et il s’est livré pour moi » disait saint Paul.

C’est un peu partout, en effet (nous l’avons tous constaté) que la Croix se dresse en place d’honneur : dans nos églises, dans nos cimetières, au carrefour des chemins et sur les murs de nos maisons.

Mais se dresse-t-elle aussi et avant tout dans nos cœurs ?

Quel accueil lui réservons-nous lorsqu’elle vient nous visiter dans nos vies par le biais des renoncements qu’exige notre fidélité au Christ et sous forme de souffrance physique morale ou spirituelle ?

Acceptons-nous alors d’y être cloués avec Jésus et dans les sentiments qui furent les siens ?

Il faut bien reconnaître qu’en raison de notre répulsion vis-à-vis de toute souffrance nous sommes constamment tentés de nous dérober aux différentes crucifixions, petites ou grandes, que Dieu permet pour notre plus grand bien, autrement dit pour notre sanctification. Mais, si d’une part, dans notre prière contemplative nous nous laissons pénétrer par le mystère de Jésus crucifié et si, d’autre part, dans toutes nos eucharisties nous communions au « Corps livré » et au « Sang versé » avec le désir de nous offrir avec Jésus en sacrifice, nous sommes assurés d’attirer en nos cœurs toutes les grâces dont nous avons besoin pour porter avec amour toutes nos croix, si dures, si écrasantes soient-elles !!!

En nous plaçant dans cette vive lumière qui émane de la Croix Glorieuse nous sommes donc amenés à comprendre que la souffrance n’est pas quelque chose d’absurde, mais qu’elle est le moyen irremplaçable grâce auquel nous pouvons, à l’exemple de Jésus, de Marie et de tous les saints prouver à Dieu notre amour.

En étant dans les mains expertes du Seigneur un rude ciseau qui taille impitoyablement les branches nuisibles de l’égoïsme et de l’orgueil, la souffrance nous purifie en profondeur et nous conduit progressivement à aimer Dieu plus que tout et uniquement pour lui-même. Et en même temps elle est particulièrement utile à notre prochain, car elle achève, comme dit saint Paul, ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Eglise. Elle est comme un sérum d’amour que nous offrons au Seigneur et dont il veut bien se servir pour convertir les âmes, les guérir, les revivifier et les sanctifier. Le chrétien est un rédempteur avec le Christ. Nous savons enfin (et c’est cette perspective qui devrait nous encourager et nourrir notre espérance) que toutes nos souffrances valorisées par l’amour sera un jour transfigurées en gloire. « Il n’y a aucune proportion nous assure saint Paul, entre les souffrances de ce monde et le poids éternel de gloire qui en sera la récompense au ciel ».

« Souffrir passe, avoir souffert ne passera pas ».

Nous demanderons à Celle qui fut la personne la plus unie à Jésus crucifié : Marie, la Mère des douleurs, de nous aider à approfondir le sens chrétien de la souffrance.

Qu’elle nous apprenne à porter chacun notre fardeau avec le maximum d’amour et surtout de savoir aider nos frères à porter le leur.

Amen.

Prière Universelle

  • « Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour que, par lui, le monde soit sauvé ». Prions pour que tous les fidèles, poussés par l'Esprit et animés d'une confiance totale dans le Père, puissent communier joyeusement à la Croix Glorieuse du Fils.
  • Nous fêtons aujourd'hui la Croix Glorieuse. Prions pour les malades, les adultes et les souffrants de notre monde : que leurs épreuves soient reçues comme une communion à la croix rédemptrice du Christ et une offrande au Père.
  • « La Croix est la clef qui ouvre la porte, la lampe qui éclaire le ciel et la terre » disait le Saint Curé d'Ars. Prions pour les chrétiens victimes de la guerre et de la persécution et pour ceux dont la foi et l'espérance sont ternies par la souffrance. Qu'ils reçoivent la chaleur de se sentir les fils aimés du Père.
  • Nous vivons aujourd'hui un temps de rentrée : scolaire mais aussi pastorale. Prions pour les personnes qui forment notre communauté chrétienne. Qu'elles puissent toutes contribuer à agrandir notre famille dans la foi, l'espérance et la miséricorde.

Source de la P.U. : http://www.basilique-saint-sernin.fr Sœurs de la Compassion

 

Préface Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi Père très saint, Dieu éternel et tout-puissant. Car tu as attaché au bois de la croix le salut du genre humain, pour que la vie surgisse à nouveau d’un arbre qui donnait la mort, et que l’ennemi, victorieux par le bois, fût lui-même vaincu sur le bois, par le Christ, notre Seigneur. Par lui, avec les anges et tous les saints, nous chantons l’hymne de ta gloire et sans fin nous proclamons : Saint ! …

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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 13:50

Livre de Daniel 7,9-10.13-14

Le Fils de l'homme est intronisé devant Dieu pour recevoir la royauté sur tous les peuples. Lors de la Transfiguration, les apôtres ont connu un avant-goût de cette gloire de Jésus.

La nuit, au cours d’une vision, moi, Daniel, je regardais : des trônes furent disposés, et un Vieillard prit place ; son habit était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête, comme de la laine immaculée ; son trône était fait de flammes de feu, avec des roues de feu ardent. Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant lui. Des milliers de milliers le servaient, des myriades de myriades se tenaient devant lui. Le tribunal prit place et l’on ouvrit des livres.

Je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. – Parole du Seigneur. - Parole du Seigneur.

Psaume 96

R/ Le Seigneur est roi, le Très-Haut sur toute la terre

  • Le Seigneur est roi ! Exulte la terre ! Joie pour les îles sans nombre ! Ténèbre et nuée l'entourent, justice et droit sont l'appui de son trône. R/
  • Quand ses éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s'affola. Les montagnes fondaient comme cire devant le Seigneur, devant le Maître de toute la terre. R/
  • Les cieux ont proclamé sa justice, et tous les peuples ont vu sa gloire. Tu es, Seigneur, le Très-Haut sur toute la terre : tu domines de haut tous les dieux. R/

Lecture de la 2ème lettre de saint Pierre apôtre 1, 16-19

Le témoignage des apôtres ne s'appuie pas sur des mythes ou des légendes: sur la montagne sainte, ils ont contemplé dans sa gloire celui que le Père appelle son Fils bien-aimé.

Frères, ce n'est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c'est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur. Car il a reçu de Dieu le Père l'honneur et la gloire quand, depuis la Gloire magnifique, lui parvint une voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j'ai toute ma joie ». Cette voix venant du ciel, nous l'avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ; vous faites de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs. - Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17, 1-9 – A -

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie ».

Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d'une grande crainte. Jésus s'approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.

En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 2-10 - B -

En ce temps-là, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux.

Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Et ils restèrent fermement attachés à cette parole, tout en se demandant entre eux ce que voulait dire : « ressusciter d’entre les morts ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 28b-36 - C -

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d'une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s'accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s'éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». Il ne savait pas ce qu'il disait. Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le ! » Et pendant que la voix se faisait entendre, il n'y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu'ils avaient vu. - Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Le miracle de la Transfiguration est l’un des plus beaux joyaux de la Révélation chrétienne. C’est une scène d’une particulière densité et d’une grande richesse d’évocation. Les trois Apôtres qui en furent les témoins privilégiés en ont gardé un souvenir impérissable. Et comme nous comprenons bien leur émotion, puis leur enthousiasme, à la vue de ce Jésus qui dans l’existence quotidienne était si simple si familier, si semblable aux autres hommes et qui brusquement leur laisse entrevoir l’éblouissante splendeur de sa divinité.

Certes, auparavant, ils devinaient bien que leur Maître était plus qu’un homme. Pierre avait même fait au nom des Douze cette magnifique profession de Foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant… » Mais de cette vérité, dans le cours de la vie ordinaire ils n’étaient que trop portés à l’oublier.

Or, maintenant qu’ils voient se révéler, dans un éclair de gloire, le Christ qui est « le Fils Bien-Aimé du Père », le Sauveur annoncé par les prophètes (représentés ici par Moïse et Elie) ils comprennent mieux le privilège inouï qui est le leur : de vivre avec Jésus et dans son amitié, de pouvoir à chaque instant rencontrer Son Regard, écouter Sa Parole, lui parler, lui demander lumière et réconfort. Et dans la plénitude de joie qu’ils éprouvent, ils voudraient éterniser cette minute exceptionnelle : « Seigneur il fait si bon ici, restons-y ».

Rêve chimérique que Jésus va dissiper, car l’homme ici-bas ne doit pas vivre habituellement sur le Thabor et dans les ravissements de l’extase… La plaine le réclame pour le combat et le travail. Mais dorénavant toute leur existence (qui restera dans le détail des heures, monotone et pénible) apparaîtra merveilleusement transfigurée par cette minute de lumière inoubliable.

Chers frères et sœurs, nous qui n’avons pas eu comme les Apôtres la ferveur de voir le Christ Glorifié, nous avons cependant une lumière capable de transfigurer, toute notre vie : c’est la lumière intérieure, la lumière surnaturelle de la Foi…

Il est clair que si nous projetons sur notre vie un regard simplement humain, elle nous apparaît plutôt maussade, presque toujours en grisaille et même à certaines heures absurde et cruelle. Nous sommes aux prises, en effet, avec tant et tant de difficultés. Trop souvent nous avons l’impression d’être emportés par la vague déferlante des évènements qui nous dépassent. Notre travail quotidien peut nous paraître fastidieux et, à la longue, exaspérant. Et ceux qui nous entourent, y compris ceux que nous aimons peuvent alourdir encore notre épreuve. Dieu lui-même peut nous sembler lointain, absent des prières par lesquelles nous cherchons à le rejoindre, étrangement neutre et indifférent au drame de notre existence.

Mais si nous projetons sur cette vie humaine les clartés de la Foi, alors tout est changé, tout peut se transfigurer, comme un paysage morose qui s’anime, se colore et se met à sourire à la lumière du soleil.

Car la Foi, voyez-vous, nous donne une autre vision du monde et de l’aventure humaine : elle nous permet de faire cette découverte enthousiasmante à savoir que Dieu, s’il reste invisible n’est pas lointain, mais tout proche, présent partout et surtout en nous-mêmes par le mystère de la Grâce sanctifiante, et qu’il nous enveloppe constamment de sa Tendresse. Nous découvrons que Dieu, apparemment silencieux et détaché nous aime, chacune et chacun, d’un amour éperdu et s’occupe par sa Providence du détail de nos vies…

D’ailleurs n’avons nous pas la preuve la plus convaincante de cette proximité du Seigneur et de son prodigieux amour dans le Mystère de l’Eucharistie.

Jésus réellement présent nuit et jour dans le Tabernacle de nos églises. Jésus qui par la Communion Eucharistique dépose en nous le germe de notre future glorification, nous plonge davantage dans l’intimité divine et resserre nos liens d’amour avec tous nos frères.

Et dans cette lumière qui vient d’En-Haut nous découvrons également que nos démarches quotidiennes, si insignifiantes à première vue, que notre travail le plus banal, qu’en un mot tout ce qui occupe nos journées, tout cela peut être divinisé, tout cela peut avoir un retentissement éternel si toutefois, bien sûr, nous nous efforçons de la vivre en union avec le Christ, si toutefois nous nous efforçons de l’accomplir comme le Christ lui-même l’accomplirait s’il était à notre place.

Enfin grâce à cette lumière surnaturelle de la Foi nous découvrons que nos souffrances, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles, (ces souffrances qui nous révoltent aussi longtemps qu’elles nous semblent absurdes) que nos souffrances ont un sens : qu’elles peuvent devenir utilisables et porter beaucoup de fruits si nous savons les unir aux souffrances du Sauveur : Mystère de Compassion, de Corédemption dont la Vierge Marie est le plus bel exemple.

Malheureusement ces vérités si réconfortantes, nous les oublions trop facilement et cela parce que nous ne savons pas (ou ne cherchons) pas assez à nous élever jusqu’au niveau d’une foi vraiment divine.

Notre comportement, nos réactions ressemblent trop souvent au comportement et aux réactions de ceux qui ne partagent pas cette Foi. Trop souvent c’est l’humain qui prédomine en nous.

Et il faut bien reconnaître que la démarche du croyant n’est pas facile, car les réalités invisibles ne sont ni tangibles, ni mesurables, elles n’atteignent pas nos sens.

Nous ne pouvons pas voir de nos yeux, ni toucher de nos mains le monde surnaturel dans lequel, pourtant, nous baignons.

Dieu, l’Ame, la Grâce, la Communion des Saints, le Ciel : ces réalités là, ni l’analyse chimique, ni le scanner, ni les explorations interplanétaires ne peuvent les atteindre…

Et il faut ajouter que les instants où Dieu par une lumière spéciale devient « sensible au cœur », ne sont jamais dans notre vie que des minutes brèves. La joie comblante de la Transfiguration fut, pour les Apôtres, de courte durée. Et s’imaginer que les Saints vivaient toujours en extase avec le ciel ouvert devant les yeux est une grosse erreur.

Pour les Saints, comme pour nous la vie terrestre a été une épreuve et un combat spirituel dans l’obscurité. Il reste que pour nous, comme pour eux, la Foi doit être ce phare dans la nuit, ce rayon de lumière qui permet d’avancer sans s’égarer sur le chemin montant, étroit et escarpé, qui mène à Dieu.

Et puisque la Foi dépend de la Grâce et de notre bonne volonté, puisque la Grâce nous est toujours offerte, il dépend finalement de nous que notre Foi chrétienne devienne plus forte, plus surnaturelle, plus rayonnante.

Faisons donc cet effort et ne restons pas dans les ténèbres, alors que nous pouvons marcher sous le grand soleil de Dieu.

Et puisque nous connaissons bien notre faiblesse, redisons souvent cette profonde prière qui fut inspirée à un paysan du temps de Jésus :

« Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon incrédulité ».

Oui, Seigneur, c’est bien vrai, trop souvent nous sommes des croyants incroyants ou peu croyants…

Accorde-nous, par Marie ta Très Sainte Mère qui est le Modèle incomparable de la Foi, de dépasser le stade d’une foi imparfaite, réveille notre Foi, trop souvent somnolente pour que notre existence monotone et éprouvée soit toute entière illuminée par Ta Présence, par Ta Vie en nous, en attendant le jour éternel où nous te serons semblables parce que nous te verrons tel que tu es dans les splendeurs de la Bienheureuse Trinité.

 

Amen.

Prière universelle

Puisqu'il est le Fils bien-aimé du Père, tournons-nous avec confiance vers le Seigneur ressuscité. Exauce-nous, Seigneur de gloire !

  • Jésus transfiguré, nous sommes ton Église. Donne-nous d'écouter ta parole en profondeur afin qu'elle transfigure notre regard sur Dieu et sur le monde.
  • Jésus transfiguré, nous te confions notre terre abîmée par tant de violences et d'injustices. Rends-la plus habitable et plus fraternelle.
  • Jésus transfiguré, vois nos frères et sœurs écrasés par les épreuves physiques ou morales. Sois pour eux réconfort et source d'espérance.
  • Jésus transfiguré, tu nous as chargé de témoigner de ta lumière. Donne à notre communauté paroissiale un dynamisme missionnaire de plus en plus grand.

Jésus, Fils de l'homme, entends notre prière et transfigure notre histoire, toi qui es avec nous pour les siècles des siècles. Amen.

Source : https://www.dominicains.be

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8 juin 2021 2 08 /06 /juin /2021 18:00

Année A

Lecture du livre du Deutéronome 7, 6-11

L'élection d’Israël comme peuple de Dieu est un choix d'amour, et cet amour de Dieu se montre fidèle au long de l'histoire.

Moïse disait à Israël : « Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu : c'est toi qu'il a choisi pour être son peuple particulier, parmi tous les peuples de la terre. Si le Seigneur s'est attaché à vous, s'il vous a choisis, ce n'est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C'est par amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a délivrés de la maison d'esclavage et de la main de Pharaon, roi d'Égypte. Vous saurez donc que le Seigneur votre Dieu est le vrai Dieu, le Dieu fidèle qui garde son Alliance et son amour pour mille générations à ceux qui l'aiment et gardent ses commandements. Mais il riposte à ses adversaires en les faisant périr, et sa riposte est immédiate. Vous garderez donc les ordres, les commandements et les décrets, que je vous prescris aujourd'hui de mettre en pratique ». - Parole du Seigneur.

Commentaire :  Pourquoi un attachement particulier de Dieu à Israël ? Il n'a rien de remarquable et n'attire pas le regard parmi les grandes civilisations et les grands empires de l'époque. Cette petitesse du peuple met en relief la gratuité de l'amour de Dieu, sa fidélité à accomplir ses promesses pour les pauvres, la puissance créatrice et libératrice de cet amour qui donne du prix à ce qui n'en a pas selon nos estimations humaines. Si Dieu l'aime d'un tel amour, comment Israël ne pourrait-il pas l'aimer en retour et pratiquer les commandements de celui qui lui porte une telle affection !

S'il m'arrive de douter de l'amour de Dieu, n'est-ce pas qu'au lieu de regarder le cœur du Christ, je m'efforce de mesurer les raisons que j'aurais d'être aimé et estimé ?

Psaume 102

R/ : L’amour du Seigneur, sur ceux qui le craignent, est de toujours à toujours.

  • Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n'oublie aucun de ses bienfaits !
  • Car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d'amour et de tendresse.
  • Le Seigneur fait œuvre de justice, il défend le droit des opprimés. Il révèle ses desseins à Moïse, aux enfants d'Israël ses hauts faits.
  • Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses.

Lecture de la première lettre de saint Jean 4, 7-16

Ce n'est pas nous qui avons eu l'initiative de l'amour, c'est Dieu qui nous a aimés le premier, en nous envoyant son Fils.

Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici à quoi se reconnaît l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés.

Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l'a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection. Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu'il nous donne part à son Esprit. Et nous qui avons vu, nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous. Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui.

Commentaire : Jean n'écrit pas que l'amour c'est Dieu ; il ne sacralise pas les liens d'affection, de fraternité ou de solidarité qui unissent les hommes. Pour Jean, Dieu est amour parce qu'il s'est montré tel tout au long de l'histoire : ce sont tous les gestes d'amour gratuit de Dieu pour son peuple et, le plus grand de tous, le don de son Fils, qui manifestent et révèlent ce qu'est Dieu. Voici à quoi Jean le reconnaît : l'amour de Dieu a précédé le nôtre, l'amour de Dieu a fait naître le nôtre, l'amour de Dieu en nous pardonnant en Jésus Christ nous a rendus capables de répondre au sien. Dès lors, il n'y a de connaissance de Dieu et de vie avec lui que si l'homme à son tour manifeste un même amour gratuit à ses frères

Dieu, personne ne l'a vu et pourtant Jean peut affirmer que dans la foi il a reconnu, présent dans l'histoire, l'amour de Dieu dans la foi il l'a reconnu, présent dans l'histoire, l'amour de Dieu dans la personne de Jésus Christ. Désormais les chrétiens ont charge de rendre visible aux hommes cette présence de l'amour de Dieu en eux, grâce au témoignage de leur amour fraternel : puisque Dieu est amour, tout homme qui aime jusqu'à s'oublier lui-même pour ses frères demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. Cette visibilité de l'amour fraternel demeure le témoignage missionnaire par excellence : Voyez comme ils s'aiment, a-t-on dit des premiers chrétiens.

Comment faire voir Dieu , En nous aimant les uns les autres. Seul l'amour fraternel a le pouvoir de rendre visible l'invisible.

Alléluia. Alléluia. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 25-30

Jésus doux et humble de cœur, appelle à lui tous les petits : c'est à eux que le Père, dans sa bonté, veut révéler son Fils.

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger ».

Commentaire : L'évangile fourmille de gens privilégiés : les pauvres héritent du Royaume au détriment des riches, les pécheurs sont appelés et non les justes, les enfants et leurs pareils entrent dans le Royaume et non les puissants, et ici les gens incultes reçoivent la révélation du mystère de Dieu - la connaissance intime qu'a le Père du Fils et celui-ci du Père - qui reste caché aux sages et aux savants. Pourquoi ces gens qui ne possèdent rien de ce qui attire habituellement l'attachement ou l'estime : ni la richesse, ni la puissance, ni la culture religieuse, ni la perfection morale, sont-ils privilégiés de Dieu ? "Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté", nous répond Jésus. En portant sa tendresse sur ces êtres démunis Dieu révèle qu'il n'aime pas par convoitise, mais gratuitement, non pour les mérites de l'autre, mais pour le faire grandir et l'épanouir. Qui se veut le disciple de Jésus et prend le joug de son commandement d'amour entre dans la compréhension de ce mystère où il trouve joie et soulagement.

Si ceux que nous aimons venaient à être dépouillés de leur richesse, de leur puissance, de leur science, de leur droiture morale, les aimerions-nous encore ? Dieu certainement!

Année B

Lecture du livre du prophète Osée 11, 3-4. 8c-9

Dieu est tellement Père qu’au moment d’envisager le châtiment de son peuple, son propre cœur se retourne contre lui.

Ainsi parle le Seigneur : Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils. C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ? Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer. – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’histoire de Dieu et son peuple est une histoire d’amour, mais d’un amour continuellement bafoué. Dieu, comme un Père, a aimé Israël d’un amour gratuit qui l’a fait naître avant même que ce peuple puisse lui manifester quelque tendresse : esclave en Égypte, il l’a libéré et fait marcher jusqu’à la terre promise, le guidant par des commandements d’amour ; il l’a nourri dans les solitudes du désert et, plus tard, des récoltes de la Palestine. Mais en retour, Dieu n’a connu qu’infidélités de la part de son peuple. Au moment de le livrer au châtiment définitif – l’invasion assyrienne – Dieu qui ne peut se renier lui-même laisse déborder son amour. Et nous apprenons que Dieu est Dieu, et non pas un homme, qu’il est le Dieu saint en ce qu’en lui l’amour qui pardonne est plus fort que sa légitime colère.

Si nous sommes parents, éducateurs ou accompagnateurs de jeunes, nous avons parfois constaté que notre affection nos attention n’obtenaient pas les résultats escomptés. Le cœur de Dieu qu’aucune ingratitude ne lasse, nous enseigne alors à poursuivre l’histoire d’amour que nous avons entreprise.

Cantique Is 12, 2, 4bcd, 5-6

R/ : Exultant de joie, vous puiserez les eaux aux sources du salut !

  • Voici le Dieu qui me sauve : j’ai confiance, je n’ai plus de crainte. Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ; il est pour moi le salut. R/
  • Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom, annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! Redites-le : « Sublime est son nom ! » R/
  • Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence, et toute la terre le sait. Jubilez, criez de joie, habitants de Sion, car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens 3, 8-12.14-19

L’amour du Christ surpasse tout ce qu’on peut connaître. Comment ne pas désirer être enraciné dans cet amour ?

Frères, à moi qui suis vraiment le plus petit de tous les fidèles, la grâce a été donnée d’annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ, et de mettre en lumière pour tous le contenu du mystère qui était caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses ; ainsi, désormais, les Puissances célestes elles-mêmes connaissent, grâce à l’Église, les multiples aspects de la Sagesse de Dieu. C’est le projet éternel que Dieu a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur. Et notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance. C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur.

Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui surpasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Le christianisme peut-il rivaliser avec les doctrines religieuses des païens qui prétendent explorer et sonder l’univers entier ? Ne fait-il pas piètre figure avec son Seigneur crucifié devant les connaissances accumulées par des siècles de pensée religieuse ? À cette interrogation, Paul vient de répondre en développant le projet de Dieu sur le monde qui concerne tout homme et tout l’univers. Et puisque la seule connaissance religieuse valable vient de Dieu, Paul prie le Père de se révéler par son Esprit et par le Christ. Alors enraciné dans le cœur même du Christ, le chrétien pourra comprendre comment sa croix rayonne sur tout l’univers ; elle rassemble les peuples en une seule famille, elle relie la terre au ciel, les hommes à Dieu. Paul voit dans les quatre bras de la croix les dimensions symboliques de l’amour de Jésus : en la regardant, nous apprenons que, pour Dieu, connaître et vivre, c’est avant tout aimer.

Il n’y a de connaissance de Dieu qu’en entrant dans son projet d’amour, réalisé dans le Christ Jésus. Cette connaissance-là est à la portée de tous.

Alléluia. Alléluia. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19,31-37

L’Évangile nous présente dans le Christ en croix, « ce cœur qui a tant aimé les hommes ». Mais, par de-là la mort, ce cœur ressuscité continue à battre d’amour pour nous.

Jésus venait de mourir. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé. – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Jésus meurt au jour et à l’heure où les juifs sacrifiaient les agneaux de la Pâque du lendemain ; ses os ne sont pas brisés, tout comme ceux des agneaux qui devaient rester entiers avant d’être consommés ; ces agneaux rappelaient la nuit de la libération de l’esclavage d’Égypte. En soulignant ces rapprochements, Jean nous montre en Jésus le véritable Agneau pascal. C’est à l’amour dont son cœur fut transpercé que le nouveau peuple de Dieu doit sa libération de toute servitude : c’est de son cœur transpercé que coule pour lui une vie nouvelle avec l’eau du baptême et le sang du sacrifice de la messe. Car l’Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde est aussi celui qui se donne aux siens en nourriture pour qu’ils vivent de sa propre vie.

Je fais partie de la foule de ceux et de celles qui ont levé les yeux vers le cœur du Christ transpercé sur la croix : les souffrants et les agonisants, les pécheurs et les désespérés, les saints et les humbles de cœur, et Marie, sa Mère.

Lectures et Homélie pour Le Sacré-Coeur de Jésus en DOCX et PDF

Année C

Dieu lui-même vient prendre en main la cause de son peuple exilé ; tel un berger plein d'attention pour les faibles, il ramènera son troupeau.

Lecture du livre d’Ézékiel 34, 11-16

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m'occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. Je les ferai sortir d'entre les peuples, je les rassemblerai des différents pays et je les ramènerai sur leur terre ; je les ferai paître sur les montages d'Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d'Israël. Là, mes brebis se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d'Israël. C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer, - oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. - Parole du Seigneur.

Commentaire : C’est l’exil. À cause de leurs rêves de grandeur et de puissance, après bien des guerres malheureuses, les rois que s’est donnés le peuple de Dieu l’ont mené à cette dure captivité. Ce sont, bien sûr, les petits, les faibles et les sans-défense qui ont fait les frais de cette politique de grandeur. Ézékiel envisage désormais pour Israël un nouveau régime politique : il n’aura plus de rois, c’est le Seigneur lui-même qui gouvernera son peuple, comme un pasteur son troupeau. On le verra, tel un bon berger, partir à la recherche des brebis perdues en exil, les ramener au bercail en Palestine, et là soigner et entourer de sollicitude les plus chétives. On le verra même venir en personne… plus tard, avec Jésus Christ !

L’amour du Seigneur va en priorité aux plus petits et aux plus faibles. Comment notre communauté chrétienne partage-t-elle cette orientation du cœur du Christ ?

Psaume 22

R/ : Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. R/ 
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. R/ 
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure. R/ 
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/ 
  • Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/ 

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5, 5b-11

Pourquoi Jésus est-il mort pour les coupables que nous étions ? Parce qu'il nous aime comme on a jamais aimé.

Frères, l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné. Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. - Accepter de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile ; peut-être quelqu'un s'exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils alors que nous étions encore ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons- en ayant part à sa vie. Bien plus, nous mettons notre fierté en Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ, par qui, maintenant, nous avons reçu la réconciliation. - Parole du Seigneur.

Commentaire : Quand un homme ou une femme est certain d’être aimé, quelle n’est pas sa force, sa confiance dans la vie ! Mais nous, qui sommes sûrs d’être aimés par Dieu d’un amour indéfectible, quelles ne doivent pas être notre paix et notre assurance, que rien, pas même la détresse, ne peut ébranler ! Et cette certitude ne s’appuie pas sur des mots, mais sur des gestes d’amour de Dieu à notre égard : le Christ qui s’est livré pour nous ouvrir l’accès au cœur de Dieu, l’Esprit qui nous est donné comme gage de l’amour du Père pour nous.

De toutes les preuves que Dieu nous aime, l’apôtre, ici, n’en retient qu’une : le Christ est mort d’amour pour nous tous. Il y a encore bien d’autres preuves qui découlent de celle-là. Cherchons à énumérer celles qui nous concernent plus particulièrement.

Alléluia. Alléluia. Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ; je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 3-7

Quand le ciel est-il en fête ? C'est quand, après nous avoir longtemps cherchés, Jésus retrouve la brebis perdue que nous étions.

En ce temps-là, s'adressant aux pharisiens et aux scribes, Jésus disait cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et qu'il en perd une, n'abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, il la prend sur ses épaules tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion ». - Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Qu’est-ce qui peut mettre en fête le cœur de Dieu ? C’est d’être en mesure, à travers son Fils, Jésus Christ, de montrer sa tendresse pour les pécheurs et les égarés ; c’est de pouvoir, après les avoir longtemps cherchés, nous associer à sa joie : « Réjouissez-vous avec moi ! » La conversion d’un seul d’entre nous, pécheurs, compte plus à ses yeux que la persévérance de 99 justes.

Jésus, quand je suis perdu, tu me cherches sans te lasser, jusqu’à ce que tu me retrouves. Alors, tu laisses éclater ta joie. Qu’elle soit aussi la mienne !

Homélie

Pourquoi Jésus a-t-il voulu que nous ayons une dévotion particulière envers son Cœur adorable ? C’est pour que nous ne perdions jamais le souvenir de son inlassable et insurpassable Amour.

L’Evangile, en chacune de ses pages, met sous nos yeux cette richesse infinie d’amour qui habite le Cœur de Jésus et qui transparait dans tous ses actes. Pensons à l’exquise tendresse qu’il épanchait ses tous ses proches et tout d’abord sur sa Très Sainte Mère qu’il a chérie comme jamais homme sur terre n’a chérie sa mère.

Pensons à son inlassable bonté envers tous ces malades qui venaient à Lui avec confiance, à sa tendre sollicitude vis-à-vis de tous les malheureux et de tous les meurtris de la vie : les sans-abris, les pauvres, les étrangers, tous ceux qui souffraient moralement, tous ceux qui sombraient dans le découragement ou le désespoir « venez à moi, disait-il, vous qui êtes dans la peine et portaient de lourds fardeaux, je vous soulagerais ».

Mais ce qu’il y a de plus frappant tout au long de l’Evangile c’est l’accueil si bienveillant que Jésus réservait aux pécheurs. Son amour, alors, était plus que de la bonté, il était miséricorde, c'est-à-dire pitié pour cette misère sans nom, pour ce grand malheur qu’est le péché, il est miséricorde, c'est-à-dire amour désintéressé qui s’épanche sur ceux qui n’aiment pas, qui méprisent ou rejettent l’amour, amour qui ne tient compte d’aucun mal et, qui plus est, trouve le moyen de transfigurer le mal en bien par la puissance vivifiante du pardon.

A-t-il jamais existé un cœur capable d’aimer comme celui-là, d’un amour à la fois si personnel et si universel ? Car chacun est aimé par le Christ d’une affection sans limites, aimé comme s’il était seul au monde, et simultanément ce sont tous les hommes sans exception qui se trouvent comme enveloppés et doucement aspirés par la vive flamme de ce même amour. On comprend dès lors, que saint Jean après avoir contemplé tout au long de sa vie le mystère de ce Cœur adorable, ait pu écrire ces paroles vibrantes « quant à nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru ».

En contemplant à notre tour, chers frères et sœurs, le Cœur infiniment aimant, demandons-nous si vraiment nous y croyons à cet Amour fou du Seigneur pour nous ?

Avons-nous la certitude que nous sommes chéris de Dieu, et cela en dépit de toutes les faiblesses, de toutes nos misères, des nombres ou de la gravité de nos péchés ?

Ah ! Si chacun pouvait être convaincu qu’il est précieux aux yeux de Dieu, qu’il a sa place dans le Cœur si aimant et si miséricordieux de Jésus. Comme ça l’inciterait à répondre plus généreusement à cet indicible amour dont il l’est l’objet, ou est-il pas anormal en effet et insupportable que l’amour aille à sens unique c'est-à-dire du Cœur de Jésus vers notre cœur ?

Ne doit-il pas refluer de notre cœur vers celui de Jésus, car l’amour est essentiellement un échange, un élan joyeux de l’un vers l’autre, un don total de l’un à l’autre ?

Faisons bien attention toutefois que notre amour pour le Divin Cœur de Jésus ne se limite pas à de belles paroles ou à une expression purement sentimentale. L’amour authentique se prouve par des actes.

« Vous m’aimez, si vous observez mes commandements ».

Seigneur Jésus que le feu de ton Cœur enflamme le mien de la vive flamme de ton Amour, qu’il le guérisse définitivement de sa tiédeur pour que ma vie soit toute en Toi et te rende Gloire !

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17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 16:31

Je ne vous dis pas l’ambiance ! Plus ça approche et plus la fièvre monte. Tout le monde en parle, Y a de la pub partout, dans les magasins on ne voit plus que ça, les billets se vendent même sur internet, jusqu'aux premières décharges d'adrénaline qui accompagneront les premiers buts… Ce sera de la pure folie dans les stades. Comme disent les ados, ça va déchirer…Je parle bien sûr de l'Euro de Foot 2016 ! Vu de l'extérieur par le désintéressé que je suis, je me dis qu'ils sont un peu fous avec leur sport…

Pas très loin tout ça du jour de la Pentecôte dont nous parlent les Actes des apôtres puisque les gens qui voient de l'extérieur disent qu'ils sont fous, certainement ils ont trop bu ! Pourtant ce jour-là, ça a carrément déchiré…, le ciel s'est déchiré pour laisser descendre l'Esprit-Saint sur l'Eglise naissante, la force, la puissance incroyable de Dieu qui pousse les disciples à sortir dans les rues pour crier leur joie, comme lorsque Sion gagnait la coupe… Il faut dire que cette fois-ci, c'est Jésus qui a marqué le but, alors son équipe, sur le terrain du monde, jubile. Et c'est le monde entier qui court vers son équipe, nous disent les Actes : “Parthes, Mèdes, Elamides, Romains, Juifs… Il faut croire que quelque chose d'important s'était passé…” Mais qui est l'équipe adverse, les joueurs ennemis de notre équipe dont nous sommes ce matin les supporters ? Ce sont la peur, le repli sur soi (les apôtres enfermés par peur des Juifs dans l'évangile de ce jour), le mal, le péché (Jésus souffle sur eux pour les envoyer remettre les péchés), la mort, l'esprit de division, de racisme… Eh bien, Jésus a gagné : la preuve, tous ces gens si différents qui se réunissent autour de lui comme les joueurs d'une même équipe autour du ballon. Et là chacun a sa place et son rôle à jouer. Jésus a marqué le but et il nous attire vers le but : la vie, la vie éternelle, le Père du Ciel qu'il a rejoint… Et il nous donne sa joie et sa force en nous envoyant l'Esprit-Saint. L'Esprit c'est tout le Ciel qui se réjouit et nous donne sa joie !

Alors sur cette terre, nous avons aussi à atteindre le but de la vie, à ne pas le perdre de vue : c'est Jésus. En le suivant nous faisons partie de l'équipe gagnante. “Je cours vers le but, nous dit Paul, comparant la foi à une course sportive, tout tendu en avant et oubliant le passé, je m'élance vers le Christ en vue d'obtenir le prix attaché à son appel”. Le prix c'est l'Esprit de Dieu en nous qui nous pousse en avant et nous fait aimer la vie à sa juste valeur… Mais la foi demeure aussi un combat : “Tous les athlètes s'imposent une discipline sévère, nous dit encore Paul ; eux c'est pour une couronne périssable, mais nous, pour une couronne impérissable, le Christ. Moi, quand je cours je ne vais pas à l'aveuglette, et quand je boxe, je ne boxe pas dans le vide, mais je discipline mon corps pour ne pas être éliminé en cours de route…” Invitation au combat spirituel, à la fidélité, à la prière pour ne pas perdre l'Esprit de Dieu, le seul prix qui nous conduit au but de la vie et au-delà de la mort…

Père Joël Pralong

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 08:16
https://www.ecpad.fr/actualites/commemoration-du-8-mai-1945/

Sans doute ce que le conflit de la seconde guerre mondiale nous a appris, ce dont nous n’avions pas encore suffisamment conscience dans l’entre-deux guerres, c’est que la paix durable ne s’instaure jamais sur la seule base de la mémoire des vainqueurs. Sans la prise en compte juste et respectueuse de la mémoire des vaincus, on prépare la guerre. Si la mémoire des vainqueurs est humiliante, l’adversaire ressurgira. Ce conflit nous aura encore appris les limites de la démocratie et des institutions de la République, lorsqu’elles oublient l’éducation des valeurs en se contentant d’un fonctionnement, d’une organisation.

La démocratie peut porter au pouvoir un régime totalitaire, un Etat et une police républicaine peuvent se fourvoyer au point de commettre l’irréparable. Positivement, mais le prix payé fût énorme, ce conflit nous apprit aussi le partage des valeurs, la résistance et l’engagement pour la liberté, qui font la dignité de l’humanité. Des milliers de jeunes venus d’autres continents ont offert leur vie pour notre pays. Mais là où ce conflit nous enseigne davantage, de façon emblématique et dramatique, c’est dans la conception et la mise en œuvre de l’idéologie nazie. Cette soi-disant pensée traduite en pratique voulait retirer à certains l’appartenance à l’espèce humaine, leur droit à exister, quelque soit leur âge. Au sortir de la guerre, une nouvelle catégorie pénale du droit international allait voir le jour : celle du « crime contre l’humanité ».

L’extermination programmée de Juifs, de Tziganes, les traitements inhumains des personnes handicapées ou homosexuelles, des peuples slaves, la classification entre les « non-hommes », les « sous-hommes » et la race des « seigneurs », allaient venir hanter la conscience de l’Europe de la Raison. Le conflit n’avait pas lieu que sur le front de la guerre entre deux hommes de bords opposés, il était de façon bien plus radicale et saisissante dans la négation, par un groupe d’hommes se reconnaissant d’une race supérieure, de l’humanité d’autres hommes. L’ingéniosité diabolique allait atteindre son paroxysme et poser à l’homme une question sans fond : comment des hommes, nos frères en humanité, avaient-ils pu aller jusque là ? Comment un tel blasphème contre l’homme et contre Dieu a-t-il été possible ? Comment un tel blasphème contre Dieu et la race d’Abraham qui porte son Nom et sa Loi, dont le Christ est issu, à qui saint Paul s’adresse dans son exhortation entendue dans la liturgie d’aujourd’hui, fut-il rendu possible ?

Peut-on penser la Shoah ? Certains s’y attèlent avec grand courage et abnégation pour étudier les processus qui conduisent à la solution finale et nous en prévenir. D’autres cherchent à honorer les morts en ne les enfermant pas dans l’oubli, en évitant que le temps qui passe efface les traces, pour nous garder éveillés, et éviter que l’Histoire ne se répète. D’autres ont cherché et cherchent encore par leur conscience éclairée à fonder un universalisme des droits de l’homme, et à faire qu’il soit respecté, à créer une Europe de l’échange et des valeurs, à promouvoir une culture de la paix, à œuvrer à l’éducation des consciences des jeunes générations.

L’Europe et le XXème siècle, plus encore notre humanité elle-même - le fait d’être humain - ont vacillé sur ces années noires. Qu’en sera-t-il de notre monde et de notre XXIème siècle ? Il ne faudrait pas croire que la date du 8 mai 1945 a mis un terme définitif à la barbarie et à la tentation du mal. L’histoire récente nous l’a malheureusement déjà prouvé. Cela oblige à un regard lucide sur notre temps et sur nous-mêmes, sur nos désirs et nos ambitions contradictoires. Nous confions une nouvelle fois aujourd’hui toutes les victimes et tous les hommes qui sont morts à la miséricorde et à la justice divine. Mais nous, les vivants, pour ne pas céder à la tentation d’inhumanité, nous devons entrer dans le chemin de la vérité, dans celui de la Rédemption, en nous responsabilisant et en aimant la vie comme un don de Celui qui se présente comme le Chemin, la Vérité et la Vie.

Père Dominique

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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 21:36

Lecture du livre d'Ézékiel 34, 11-12. 15-17

Comme un berger attentif à son troupeau, le Seigneur s’apprête à conduire lui-même son peuple et à faire le tri entre les brebis.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, - oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. Et toi, mon troupeau – ainsi parle le Seigneur Dieu –, voici que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs. – Parole du Seigneur.

Commentaire : C’est l’exil. À cause de leurs rêves de grandeur et de puissance, après bien des guerres malheureuses, les rois que s’est donnés le peuple de Dieu l’ont mené à cette dure captivité. Ce sont, bien sûr, les petits, les faibles et les sans-défense qui ont fait les frais de cette politique de grandeur. Ézékiel envisage désormais pour Israël un nouveau régime politique : il n’aura plus de rois, c’est le Seigneur lui-même qui gouvernera son peuple, comme un pasteur son troupeau.

On le verra, tel un bon berger, partir à la recherche des brebis perdues en exil, les ramener au bercail en Palestine, et là, soigner et entourer de sollicitude les plus chétives. On le verra même venir en personne… plus tard, avec Jésus Christ !

L’attention de Dieu, berger de son peuple, à la conduite globale de son troupeau se conjugue avec l’attention portée à chacune de ses brebis, surtout aux plus exposées. Nos responsabilités dans le monde et dans l’Église réclament aussi de nous cette double attention.

Psaume 22

R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. R/
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. R/
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. R/
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/
  • Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 15, 20-26. 28

La royauté du Christ se manifestera, au sein d’une humanité ressuscitée, par la destruction de la mort. Alors, le royaume de Dieu sera accompli.

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort. Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Adam est l’exemple de l’humanité coupée de Dieu, dont le lot quotidien est la mort physique, qui vient sanctionner la mort des cœurs et de tous les mal-aimés, la mort des intelligences qu’on n’a pas su éveiller, la mort des consciences que le péché a ternies. Mourir en Adam, c’est connaître cette double mort, à la fois physique et spirituelle. Revivre dans le Christ, c’est sortir de cet environnement de mort, triompher de l’égoïsme et de l’orgueil qui tuent les cœurs, paralysent les intelligences, pourrissent les consciences ; c’est aussi, par la résurrection des corps, voir le Christ tuer à jamais la mort physique et remettre au Père son royaume dans lequel Dieu sera tout en tous.

Participer à la royauté du Christ sur l’univers, c’est lutter avec lui contre toutes les puissances du mal : soigner et visiter un malade, briser la solitude d’une personne, épauler un jeune inquiet pour son avenir, rendre l’espérance à une famille dans le deuil… Quel mal puis-je ainsi combattre ?

Alléluia. Alléluia. Bénis soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 9b-10a

Quel est le Christ-Roi que nous fêtons ? Celui qui se montre à nous aujourd’hui sous les traits des malheureux.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’ Alors les justes lui répondront : ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’ Et le Roi leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’ Alors ils répondront, eux aussi : ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?’ Il leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’ Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La parabole est suffisamment claire par elle-même. Peut-être pourrait-on faire remarquer cependant que Jésus Christ ne s’identifie pas purement et simplement avec tout homme, mais tout spécialement avec les plus délaissés de la société. Le Christ, cet affamé qui court les rues ! Le Christ, cet ouvrier immigré de nos bidonvilles et de nos taudis ! Le Christ, ce prisonnier, politique ou non ! Le Christ dans ce malade que personne ne visite plus ! Pensez donc ! Nous avons beau connaître cette page d’évangile, ça passe difficilement dans notre vie. Et de fait, aurions-nous reconnu le Seigneur dans ce supplicié pendu au bois de la croix ? C’est pourtant lui le Roi de l’univers et les pauvres sont… notre Maître !

Le Christ délaissé est souvent de nos jours une collectivité. Prêtons-nous attention à ces peuples et à ces groupes qui ont faim, sont privés de liberté, souffrent mépris à cause de leur race ?

Homélie

Comment faut-il comprendre, chers frères et sœurs, ce mystère de la Royauté du Christ que l’Eglise nous fait célébrer en ce dernier dimanche de l’année chrétienne.

- Jésus est vraiment Roi. Il est même Roi des rois, tout d’abord parce qu’il est le Fils Bien-Aimé de Dieu égal en toutes choses à son Père. Et parce qu’avec le Père et le Saint-Esprit, il est le Créateur de tout ce qui existe, il règne en souverain absolu sur tout le genre humain et surtout l’univers.

- Jésus est également Roi parce qu’il est le Dieu fait homme et parce qu’en prenant une nature humaine semblable à la nôtre il a été en tant que Nouvel Adam consacré Chef de toute l’humanité.

- Enfin Jésus est Roi, parce qu’il est le Rédempteur. Sur le trône douloureux de la Croix, il s’est acquis un empire et une royauté universelles. Au prix de son sang il a arraché la création au pouvoir du mal ; en nous réconciliant avec le Père, il nous a obtenu le don insurpassable de la Grâce sanctifiante qui nous fait communier dès cette terre à l’intimité même des Trois Personnes divines.

Son pouvoir souverain, Jésus l’a toujours exercée et il continue à tout instant de l’exercer : il nous a créés, rachetés, vivifiés par la puissance de son amour ; il nourrit nos âmes par son Corps et son Sang ; il nous guide avec sagesse sur le chemin de la vie éternelle et nous attire à Lui selon sa promesse : « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi ».

Telle est en substance, frères et sœurs, la doctrine du Christ-Roi. Mais il serait parfaitement inutile de proclamer fièrement cette Royauté si cela ne devait rien changer à notre manière de vivre.

- Si nous reconnaissons vraiment en Jésus notre Roi nous devons être soucieux par-dessus tout de la faire régner en nous et autour de nous...

- Pouvons-nous dire que Jésus règne totalement en nous ? Quelle place lui faisons-nous dans notre vie ? Pouvons-nous affirmer que nous sommes vis-à-vis de Lui des sujets obéissants, que nous faisons sa volonté à tout instant et quoiqu’il en coûte ? N’y a-t-il pas dans votre cœur certains coins réservés où il n’a pas le droit de pénétrer ? Est-ce que nous ne cherchons pas à soustraire tel ou tel secteur de notre vie à la douce influence de son amour ? Car nous le savons bien, si Jésus est le Roi absolu, en fait, il ne s’impose jamais par la force, car il veut être aimé et servi librement... Vis-à-vis de Lui, nous ne sommes pas des esclaves, mais des disciples et des amis.

- Et c’est une coopération tout aussi libre qu’il attend de nous pour diffuser son règne partout autour de nous, dans notre milieu familial, professionnel ou social. Et c’est peut-être là pour nous l’aspect le plus étonnant et le plus bouleversant : à savoir que Lui qui est le Roi Tout-Puissant, Lui qui n’a besoin de rien, ni de personnes, veuille avoir besoin de nous pour l’établissement et l’extension de son Royaume de vérité, de Paix et d’Amour.

Oui, cette gigantesque entreprise qu’est l’Evangélisation du monde, indispensable au développement de son Corps mystique qui est son Eglise, il nous demande de la considérer comme notre affaire à tous. Il désire donc que chacun y travaille avec courage, ténacité et persévérance selon sa grâce et selon ses moyens, en communion avec tous les autres chrétiens.

Quelle confiance de la part de Notre-Seigneur ! Son règne est en quelque sorte remis entre nos mains et avance à la cadence de notre pas...

A ce propos, certains se demandent peut-être, mais comment agir, que puis-je faire pour travailler concrètement à l’extension de ce règne du Christ.

Les œuvres d’apostolat ne manquent pas mais nous ne pouvons tous faire le catéchisme, participer à tel ou tel mouvement d’actions catholique ou à tel ou tel mouvement caritatif. Par contre tous, qui que nous soyons, adultes, jeunes ou enfants, nous pouvons agir en profondeur par ce moyen qui est à la portée de tous est qui s’appelle : la PRIÈRE.

Le Seigneur veut tellement notre collaboration à ce niveau qu’il a décidé de faire dépendre de notre prière (prière personnelle et communautaire) la concession de certaines grâces nécessaires à la conversion et à la sanctification de nos frères.

Oh ! Comme il faudrait, chers frères et sœurs, que cette conviction s’enracine solidement en nous : tout comme le labour est l’une des causes de la moisson des blés, ainsi la prière pour la moisson des âmes.

Le Seigneur est toujours prêt à répandre sur les hommes les bienfaits spirituels de la Rédemption, à condition toutefois que des mains suppliantes s’élèvent vers le ciel pour les obtenir.

La prière, parce qu’elle puise la grâce à sa source qui est Dieu Lui-même est d’une importance capitale : rien ne saurait lui être substitué.

Certes, nos paroles, nos activités, notre influence peuvent jouer un rôle pour disposer le terrain à la grâce, mais celle-ci ne pourra jamais descendre dans les âmes pour les toucher, les convertir, les transformer si notre prière, une prière humble, fervente, confiante et persévérante vient à manquer.

Puissions-nous, chers frères et sœurs, après avoir mieux pris conscience de toutes ces vérités, nous mettre ou nous remettre courageusement à l’ouvrage :

  • prions le plus possible, sans jamais nous lasser.
  • offrons au Seigneur nos souffrances qu’elles soient physiques ou morales.
  • rendons témoignage à la vérité en laissant le Christ transparaître à travers nos manières de vivre.
  • aimons chaque personne avec le cœur même du Christ...

Et faisons bien attention pour réaliser tout cela de ne pas nous appuyer sur nos propres forces, sur des moyens simplement humains en nous rappelant la Parole du psaume : « Si le Seigneur ne construit pas la maison, c’est en vain que travaillent les maçons ».

Et que Marie notre Mère et notre Reine nous communique toujours son Amour passionné pour le Christ, le Roi de l’Univers, et pour l’avènement de son Règne.

Amen.

Prière universelle

Par notre baptême, nous sommes conviés à intercéder auprès de Dieu pour nos frères et sœurs du monde entier. Prions le Seigneur avec confiance.

  • Ô Christ, roi du monde, toi le premier-né d’entre les morts, entraîne avec toi celles et ceux qui sont blessés ou découragés par la vie. Seigneur, roi de l’univers, écoute-nous.
  • Ô Christ, paix du monde, toi qui es venu parmi nous pour rendre témoignage à la vérité, ouvre nos cœurs à ta parole afin que nous devenions des signes de ta présence. Seigneur, roi de l’univers, écoute-nous.
  • Ô Christ, vie du monde, toi qui es venu instaurer un royaume de justice et de paix, redonne l’espoir à notre monde trop souvent marqué par la violence, le mépris et la haine. Seigneur, roi de l’univers, écoute-nous.
  • Ô Christ, pasteur de ton Église, accorde à notre communauté le soutien dont elle a besoin pour persévérer dans sa mission. Seigneur, roi de l’univers, écoute-nous.

Seigneur, écoute notre prière. Sois notre lumière et notre force pour que nous puissions être des signes de ton royaume au cœur du monde. Exauce-nous selon ton bon désir, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : http://www.vieliturgique.ca/

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 21:32

Voyage de Jean-Paul II 06Très chers frères et sœurs !

1. Nous célébrerons bientôt la solennité de la Toussaint. En nous invitant à tourner notre regard vers l'immense multitude de ceux qui sont déjà parvenus à la Patrie bienheureuse, celle-ci nous indique le chemin qui conduit à cet objectif.

A nous, pèlerins sur terre, les saints et les bienheureux du paradis rappellent que le soutien quotidien, afin de ne jamais perdre de vue notre destin éternel, est avant tout la prière. Pour un grand nombre d'entre eux, ce fut le Rosaire - prière à laquelle était consacrée l'Année qui s'est conclue hier - qui offrit un moyen privilégié pour leur dialogue quotidien avec le Seigneur. Le Rosaire les a conduits à une intimité toujours plus profonde avec le Christ et la Sainte Vierge.

2. Le Rosaire peut véritablement être une voie simple et accessible à tous vers la sainteté, qui est la vocation de chaque baptisé, comme le souligne la célébration d'aujourd'hui.

Que Marie, Reine de tous les saints, déjà totalement baignée de la gloire divine, nous aide à poursuivre avec élan le chemin exigeant de la perfection chrétienne. Qu'elle nous fasse comprendre et apprécier toujours plus la récitation du Rosaire comme itinéraire évangélique de contemplation du mystère du Christ et d'adhésion fidèle à sa volonté.

Selon la pieuse coutume, ces jours-ci, les fidèles se rendent auprès de la tombe de leurs proches et prient pour eux. Je me rends moi aussi spirituellement en pèlerinage dans les cimetières des diverses parties du monde, où reposent les dépouilles de ceux qui nous ont précédés sous le signe de la foi.

En particulier, j'élève ma prière d'intention pour ceux auxquels plus personne ne pense, ainsi que pour les nombreuses victimes de la violence. Je confie chacun à la divine Miséricorde.

© Copyright 2003 - Libreria Editrice Vaticana

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1 octobre 2020 4 01 /10 /octobre /2020 14:10

Lecture de livre de Baruc 4, 5-12. 27-29

Dans la détresse de l’exil, Jérusalem console ses enfants

Courage, mon peuple, toi qui es la part d’Israël réservée à Dieu ! Vous avez été vendus aux nations païennes, mais ce n’était pas pour votre anéantissement ; vous avez excité la colère de Dieu : c’est pour cela que vous avez été livrés à vos adversaires. Car vous avez irrité votre Créateur en offrant des sacrifices aux démons et non à Dieu.

Vous avez oublié le Dieu éternel, lui qui vous a nourris. Vous avez aussi attristé Jérusalem, elle qui vous a élevés, car elle a vu fondre sur vous la colère qui vient de Dieu, et elle a dit : « Écoutez, voisines de Sion, Dieu m’a infligé un deuil cruel. J’ai vu la déportation que l’Éternel a infligée à mes fils et à mes filles. Je les avais élevés dans la joie, je les ai laissés partir dans les larmes et le deuil. Que nul ne se réjouisse de mon sort, à moi qui suis veuve et délaissée par tout le monde. J’ai été abandonnée à cause des péchés de mes enfants, parce qu’ils se sont détournés de la loi de Dieu.

Courage, mes enfants, criez vers Dieu ; celui qui vous a infligé l’épreuve se souviendra de vous. Votre pensée vous a égarés loin de Dieu ; une fois convertis, mettez dix fois plus d’ardeur à le chercher. Car celui qui a fait venir sur vous ces calamités fera venir sur vous la joie éternelle, en assurant votre salut ».

Psaume 68

R/ : Le Seigneur écoute les humbles.

  • Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête : « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! » Car le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés. R/
  • Car Dieu viendra sauver Sion et rebâtir les villes de Juda. Il en fera une habitation, un héritage : demeure pour ceux qui aiment son nom. R/

Évangile de saint Matthieu 18, 1-5. 10

Discours sur la vie de l’Église : respect et souci des petits

Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : «Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Alors Jésus appela un petit enfant ; il le plaça au milieu d’eux, et il déclara : « Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le Royaume des cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, c’est celui-là qui est le plus grand dans le Royaume des cieux. Et celui qui accueillera un enfant comme celui-ci en mon nom, c’est moi qu’il accueille. Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car, je vous le dis, leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux.

« Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s’il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu ».

 

Les anges - théologie spirituelle

Homélie du frère Guido Vergauwen

« Vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme ». Cette parole de Jésus nous rappelle le songe de Jacob, dont nous parle le livre de la Genèse (28, 12-19) : « Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient ». Il est dit dans le récit que Dieu se tenait près de Jacob et lui disait : « Je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras … je ne t’abandonnerai pas ».

Entendre cette voix qui nous dit : « je suis avec toi » ; avoir accès à Béthel – à la maison de Dieu, qui sera aussi notre demeure : on n’y arrive pas sans échelle, sans que le Fils de l’homme nous ouvre les cieux, sans que les anges se joignent à nos pour nous accompagner.

Essayons de méditer aujourd’hui un instant sur ces anges, qui nous guident sur les chemins du ciel.

Comme l’échelle de Jacob, notre langage de croyant, de théologien et de prédicateur, qui s’efforce de parler de Dieu et de ses anges, est dressé sur la terre, je dirais presque : est collé, comme nous-mêmes, à la terre. Et du coup nos réalisons, pris entre fascination et curiosité, entre l’audace de l’approche et la douleur de la distance, que nous devons changer notre point de vue, et sans hâter les certitudes, aussi notre manière de penser notre foi, si nous voulons parler de ce monde invisible qui nous entoure.

Les anges ne constituent pas un domaine d’objets célestes, dont puisse se saisir un système de pensée scientifique. Des anges, on doit parler à voix basse, écrivait une fois le théologien Karl Barth (Dogmatique, III, 3, p. 84). Il faut parler des anges sans les violer, en les touchant chastement, c’est-à-dire avec douceur et amour. Le langage se fait alors écoute, ouverture tant à la réalité divine qu’au dialogue.

Notre discours sur les anges, sur ces messagers de Dieu, doit s’efforcer de faire place à la parole des anges. Car, dans la mesure où ils reflètent sans brisure le Logos, la Parole de Dieu dans laquelle ils sont eux-mêmes créés, ils portent en eux l’archétype du langage humain – un langage qui ne connaît pas la confusion de Babel ; un langage qui est adoration, chant, musique, poésie ; un langage qui n’est pas étranger à l’homme mais qui lui devient accessible et intelligible en Christ, la Verbe de Dieu. Il faut parler des anges en adorant Dieu. Les anges sont au service de cette parole de Dieu, qu’ils connaissent sans rupture, dans la lumière du premier jour de la création. Car en effet, selon Saint Augustin, leur origine remonte à la parole de création : « Que la lumière soit ! »

Les anges sont des créatures de Dieu. En tant que tels, ils sont des signes vivants de ce que Dieu habite au milieu des hommes, de ce que dans sa transcendance il est proche de l’histoire. Les anges réorganisent, à partir de Dieu, les catégories du temps et de l’espace : la présence de Dieu dans l’ange est une présence locale sans lien spatial ; c’est une irruption de l’éternité dans le maintenant du temps.

Le Dieu des anges est le Dieu qui est présent à notre histoire humaine, toute complexe et difficile à comprendre qu’elle soit. C’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de notre histoire : un ange arrête le bras d'Abraham, prédit à Sara qu'elle sera mère, console Agar dans le désert, sauve Loth de l'incendie de Sodome, lutte avec Jacob, arrête Balaam (et son ânesse), secourt Maccabée dans le combat, accompagne Tobie, annonce à Marie la venue de l’Emmanuel, prescrit à Joseph de prendre Marie son épouse, annonce aux bergers la naissance du Seigneur, sert le Christ après son jeûne de 40 jours, roule la pierre du sépulcre, l’ange donne le livre amer et doux à Jean pour qu’il prophétise.

La présence de l’ange dans notre histoire ne lève pas les limitations du monde, ni l’hostilité du monde envers Dieu. Mais l’ange de Dieu ne craint pas de monter dans la fournaise de feu ardent, la fournaise de l’histoire du monde. Il y fait souffler un vent de rosée. C’est là une des expériences les plus précieuses de la discrète proximité de Dieu : le vrai Dieu sauve en ce que, dans son ange, il descend dans le feu. Il ne sauve pas du feu mais dans le feu. Il ne sauve pas de la mort mais dans la mort.

Avec nous, les humains, les anges appartiennent à cet unique univers, visible et invisible que Dieu a créé. Il nous faut opérer un changement dans notre façon de penser le ciel et la terre. Le monde visible et le monde invisible ne sont pas extérieurs l’un à l’autre. « Dieu n’a rien produit dans la réalité des choses qu’il n’aurait imprimé dans l’esprit des anges », lit-on chez Thomas d’Aquin. Le « et » entre le ciel et la terre ne représente pas une addition mais contient l’idée d’une identité sans répétition et d’une coïncidence sans mélange. Notre monde terrestre n’est pas un monde différent de celui des anges, mais il est « autrement » le monde de Dieu et des hommes : incarnée dans le temps et l’espace, la sagesse de Dieu donne à ce monde son être et relie le visible et l’invisible.

Et pourtant, ceux que le Christ prend en charge, ce ne sont pas les anges, c’est la descendance d’Abraham (Hebr 2,16). Les anges sont « des esprits chargés d’une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut » (Hebr 1,14). Le Christ, vrai Dieu et vrai homme, est supérieur aux anges, son nom est différent du leur, même si la liturgie de Noël nomme le Christ, l’ange, le messager du merveilleux conseil. À la fin de sa prophétie dans le livre de l’Apocalypse, Jean ne doit pas se prosterner devant l’ange. « Il me dit : non, ne fais pas cela. Je suis un serviteur comme toi, comme tes frères les prophètes, et ceux qui gardent les paroles de ce livre. Prosterne-toi devant Dieu ! » (Apoc 22,9).

Cette priorité du Christ sur les anges est aussi comprise comme une priorité de l’humanité sur le monde des anges. « Ne savez-vous pas que nous jugerons des anges ? », écrit Paul aux Corinthiens (1Cor 6,3). Mais il y a quand même une certaine complicité entre les hommes et les anges, une sorte de co-humanité qui fait d’eux nos amis.

C’est ainsi que l’on peut comprendre la décision du VIIe Concile de Nicée en 787, qui permit de représenter non seulement le Christ mais également les anges sur les icônes. Les anges n’ont pas de corps – mais les représenter sous une apparence humaine est véridique. C’est dans ce sens que la théologie orthodoxe interprète le verset Apoc 21, 17 où il est question de « la mesure de l’homme qui est en même temps la mesure de l’ange ». Les anges nous sont donnés par Dieu à la fois comme les ‘tout autres’ et pourtant comme nos compagnons sur le chemin vers notre véritable moi, sur l’échelle qui mène vers les cieux.

Les anges ne sont pas seulement au service de l’annonce du salut par le Christ. Leur nom ange, messager, les identifie à leur mission divine ; ils ont en effet des noms qui sont porteurs d’une mission. Cela vaut pour les noms des anges les plus connus : Michaël = Qui est comme Dieu ? Il est en quelque sorte le grand guerrier, qui lutte contre tout ce qui menace la vie ; Gabriël = la Force de Dieu, qui est toujours là où il s’agit de transmettre un message de Dieu aux hommes ; Raphaël = Dieu guérit, sans doute l’ange le plus tendre, qui enlève des hommes maladie et angoisse, qui porte guérison. L’existence et la fonction n’y sont pas dissociées. Ils sont tout entier des agents : de la louange de Dieu comme du bien de la Création.

Ainsi, quand nous parlons des anges-gardiens, nous pensons aux anges dont la mission est orientée directement au bien de la création et de chacun de nous. En russe, la fête d’une personne s’appelle « le jour de l’ange » – non pas que l’ange soit identifié au saint patron de la personne, mais parce qu’il doit préserver notre vrai nom devant Dieu, parce qu’il connaît notre véritable mission et qu’il est à notre service pour la réaliser dans notre vie. Mais notre attention renouvelée aux anges gardiens ne devrait pas nous conduire à oublier les anges protecteurs des cités, des peuples, des religions et de toute la réalité créée.

Essayons de découvrir enfin ce que le message et la présence des anges pourrait signifier pour la vie quotidienne. Que des hommes croyants aient ressenti la force agissante des anges nous est en partie transmis par les règles d’Ordres religieux. Dans la Règle du Maître (PL 88,1009), des ordonnances pour les moines médiévaux, nous lisons que le moine en prière doit se moucher sans bruit et ne cracher que derrière lui « en raison des anges qui se tiennent devant lui ». La règle de saint Benoît le formule de manière plus élégante : « Que l’homme se souvienne que Dieu le regarde constamment, que ce qu’il fait ou laisse est devant Dieu, et que les anges rapportent tout à Dieu ». (Chapitre 7). Nous devons certainement repenser et reformuler de telles maximes. Elles ne devraient pourtant pas être moins concrètes. Ne pourrait-il pas s’agir, en toute rencontre – que ce soit avec un autre homme, un autre peuple, une autre religion –, de repérer l’ange de l’autre, c'est-à-dire le reflet de la face de Dieu sur la face d’autrui ? L’image, même floue, de l’ange de l’autre ne pourrait-elle pas faire naître en nous une attitude de respect qui transformerait toute xénophobie en philoxénie ? Qui changerait la crainte de l’autre en respect et en tolérance ? La découverte de ce que peut signifier l’ancien discours sur la « vie angélique » – qui est la vocation significative des religieux – devrait être aujourd’hui, pour un renouvellement de l’Église et comme témoignage d’espérance pour le monde tout entier, plus important que tout changement de structures.

Sauvés merveilleusement par des bonnes puissances, nous attendons, consolés, ce qui peut advenir. Dieu est avec nous le soir et le matin, et certainement à chaque jour nouveau. (Dietrich Bonhoeffer)

Guido Vergauwen, provincial des dominicains suisses

Source : http://www.moniales-op.ch/

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