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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 20:35

Lecture du livre des Nombres 21, 4b-9

Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d’Israël à bout de courage, récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d’Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n’y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! » Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël. Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents ». Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, et ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d’un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2, 6-11

Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à mourir, et à mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout : il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms, afin qu’au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, tout être vivant tombe à genoux, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 13-17

Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ».

Homélie

Chaque année, frères et sœurs, l’Eglise nous fait célébrer le mystère de « la Croix Glorieuse » au jour anniversaire où fut découvert à Jérusalem le bois précieux qui avait porté le corps martyrisé de Jésus. C’était le 14 septembre de l’an 320.

Instrument de supplice, d’une atroce cruauté, réservé aux esclaves et aux grands criminels qu’on voulait torturer et couvrir de honte.

- Comment la Croix est-elle devenue Glorieuse ?

- Comment l’Eglise peut-elle nous inviter à exaltée cet horrible gibet sur lequel Jésus, son divin fondateur, a connu la mort ?

Dans son Evangile l’Apôtre Jean donne à ces questions une réponse particulièrement éclairante. Pour lui, en effet, la mort de Jésus n’est pas une infamie : elle est une élévation. Et il donne à ce terme une double signification : élévation en Croix et élévation en Gloire. Autrement dit, Jésus qui s’offre librement sur le Calvaire est en même temps le Crucifié et le Glorifié.

Saint Jean nous fait ainsi comprendre que l’heure de la mort pour Jésus, c’est l’heure de la victoire suprême : ce n’est pas un pauvre homme humilié qui expire dans l’échec humain le plus total mais le Fils de Dieu dont l’acte d’obéissance filiale d’une valeur infinie est source de Salut et de Gloire éternelle pour tous les hommes.

Oui, par le mystère de sa mort d’amour qui prélude à la gloire éclatante de sa Résurrection, Jésus est le grand vainqueur : il triomphe définitivement du péché, de la mort et de l’enfer. Il nous obtient le pardon de Dieu et nous ouvre toutes grandes les écluses de la Grâces : de cette vie divine qui (si nous lui faisons bon accueil) en nous peut nous envahir pour nous transfigurer.

Il n’est donc pas surprenant, chers frères et sœurs, que la Croix soit devenue l’objet d’une particulière vénération chez tous ceux qui reconnaissent en elle l’instrument privilégié du salut, le signe éclatant de l’amour le plus fort et le plus bouleversant : celui que le Fils de l’Homme porte à chacun de nous : « Il m’a aimé moi et il s’est livré pour moi » disait saint Paul.

C’est un peu partout, en effet (nous l’avons tous constaté) que la Croix se dresse en place d’honneur : dans nos églises, dans nos cimetières, au carrefour des chemins et sur les murs de nos maisons.

Mais se dresse-t-elle aussi et avant tout dans nos cœurs ?

Quel accueil lui réservons-nous lorsqu’elle vient nous visiter dans nos vies par le biais des renoncements qu’exige notre fidélité au Christ et sous forme de souffrance physique morale ou spirituelle ?

Acceptons-nous alors d’y être cloués avec Jésus et dans les sentiments qui furent les siens ?

Il faut bien reconnaître qu’en raison de notre répulsion vis-à-vis de toute souffrance nous sommes constamment tentés de nous dérober aux différentes crucifixions, petites ou grandes, que Dieu permet pour notre plus grand bien, autrement dit pour notre sanctification. Mais, si d’une part, dans notre prière contemplative nous nous laissons pénétrer par le mystère de Jésus crucifié et si, d’autre part, dans toutes nos eucharisties nous communions au « Corps livré » et au « Sang versé » avec le désir de nous offrir avec Jésus en sacrifice, nous sommes assurés d’attirer en nos cœurs toutes les grâces dont nous avons besoin pour porter avec amour toutes nos croix, si dures, si écrasantes soient-elles !!!

En nous plaçant dans cette vive lumière qui émane de la Croix Glorieuse nous sommes donc amenés à comprendre que la souffrance n’est pas quelque chose d’absurde, mais qu’elle est le moyen irremplaçable grâce auquel nous pouvons, à l’exemple de Jésus, de Marie et de tous les saints prouver à Dieu notre amour.

En étant dans les mains expertes du Seigneur un rude ciseau qui taille impitoyablement les branches nuisibles de l’égoïsme et de l’orgueil, la souffrance nous purifie en profondeur et nous conduit progressivement à aimer Dieu plus que tout et uniquement pour lui-même. Et en même temps elle est particulièrement utile à notre prochain, car elle achève, comme dit saint Paul, ce qui manque à la Passion du Christ pour son Corps qui est l’Eglise. Elle est comme un sérum d’amour que nous offrons au Seigneur et dont il veut bien se servir pour convertir les âmes, les guérir, les revivifier et les sanctifier. Le chrétien est un rédempteur avec le Christ. Nous savons enfin (et c’est cette perspective qui devrait nous encourager et nourrir notre espérance) que toutes nos souffrances valorisées par l’amour sera un jour transfigurées en gloire. « Il n’y a aucune proportion nous assure saint Paul, entre les souffrances de ce monde et le poids éternel de gloire qui en sera la récompense au ciel ».

« Souffrir passe, avoir souffert ne passera pas ».

Nous demanderons à Celle qui fut la personne la plus unie à Jésus crucifié : Marie, la Mère des douleurs, de nous aider à approfondir le sens chrétien de la souffrance.

Qu’elle nous apprenne à porter chacun notre fardeau avec le maximum d’amour et surtout de savoir aider nos frères à porter le leur.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 07:40

Une petite anecdote

Don Bosco prêchait le triduum à la fête de l'Assomption dans la paroisse rurale de Montemagno près de Turin. Une sécheresse implacable sévissait et menaçait de ruiner totalement les récoltes de pommes de terre, principaux produits du pays. A moins d'une pluie prochaine et abondante, les récoltes seraient irrémédiablement perdues. 

Or voici qu'au sermon d'ouverture du triduum, Don Bosco annonce : "Mes frères, si vous venez généreusement pendant ces trois jours entendre la parole de Dieu et si vous purifiez vos consciences par une bonne confession, je vous promets de la pluie pour la clôture." Quand l'orateur descendit de chaire, le curé affolé l'aborda et lui dit : - "Don Bosco qu'avez-vous promis là? De la pluie pour la clôture ?" - "J'ai dit cela ?" fait Don Bosco, étonné. L'église fut remplie à chacune des prédications. Les confessionnaux furent pris d'assaut. Toute la population en âge de le faire communia au matin de l'Assomption. L'après-midi pour la clôture, l'église était archicomble. Pendant ce temps, le soleil narguait tout le monde dans un ciel sans nuage. 

Au moment de monter en chaire à la fin du magnificat, Don Bosco, un peu inquiet, envoie le sacristain inspecter le ciel pendant que lui-même murmure cette prière : "Bonne Mère, vous ne pouvez les décevoir ; voyez leur empressement !" Le sacristain revient en disant : "Il y a bien à l'horizon un nuage gros comme un chapeau de gendarme, mais rien de bien sérieux." 

Don Bosco monte en chaire. Le ciel s'obscurcit visiblement. Il n'a pas prononcé dix phrases qu'un coup de tonnerre formidable retentit et une bienfaisante pluie se met à tomber. Un soupir de soulagement s'échappe de toutes les poitrines. Alors le prédicateur change le thème de son sermon pour inciter à la confiance envers Notre-Dame.

 

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 20:33

Lecture de la 2ème lettre de saint Pierre apôtre 1, 16-19

Frères, pour vous faire connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, nous n'avons pas eu recours aux inventions des récits mythologiques, mais nous l'avons contemplé lui-même dans sa grandeur. Car il a reçu du Père l'honneur et la gloire quand est venue sur lui, de la gloire rayonnante de Dieu, une voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en lui j'ai mis tout mon amour ». Cette voix venant du ciel, nous l'avons entendue nous-mêmes quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. Et ainsi se confirme pour nous la parole des prophètes ; vous avez raison de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans l'obscurité jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 17, 1-9 – A -

Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l'écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie ». Il parlait encore, lorsqu'une nuée lumineuse les couvrit de son ombre ; et, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour ; écoutez-le ! » Entendant cela, les disciples tombèrent la face contre terre et furent saisis d'une grande frayeur. Jésus s'approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et n'ayez pas peur ! » Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 28b-36 - C -

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier. Pendant qu'il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante. Et deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s'en allaient, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ». Il ne savait pas ce qu'il disait. Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le ». Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul. Les disciples gardèrent le silence et, de ce qu'ils avaient vu, ils ne dirent rien à personne à ce moment-là.

Homélie

Le miracle de la Transfiguration est l’un des plus beaux joyaux de la Révélation chrétienne. C’est une scène d’une particulière densité et d’une grande richesse d’évocation. Les trois Apôtres qui en furent les témoins privilégiés en ont gardé un souvenir impérissable. Et comme nous comprenons bien leur émotion, puis leur enthousiasme, à la vue de ce Jésus qui dans l’existence quotidienne était si simple si familier, si semblable aux autres hommes et qui brusquement leur laisse entrevoir l’éblouissante splendeur de sa divinité.

Certes, auparavant, ils devinaient bien que leur Maître était plus qu’un homme. Pierre avait même fait au nom des Douze cette magnifique profession de Foi : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu Vivant… » Mais de cette vérité, dans le cours de la vie ordinaire ils n’étaient que trop portés à l’oublier.

Or, maintenant qu’ils voient se révéler, dans un éclair de gloire, le Christ qui est « le Fils Bien-Aimé du Père », le Sauveur annoncé par les prophètes (représentés ici par Moïse et Elie) ils comprennent mieux le privilège inouï qui est le leur : de vivre avec Jésus et dans son amitié, de pouvoir à chaque instant rencontrer Son Regard, écouter Sa Parole, lui parler, lui demander lumière et réconfort. Et dans la plénitude de joie qu’ils éprouvent, ils voudraient éterniser cette minute exceptionnelle : « Seigneur il fait si bon ici, restons-y ».

Rêve chimérique que Jésus va dissiper, car l’homme ici-bas ne doit pas vivre habituellement sur le Thabor et dans les ravissements de l’extase… La plaine le réclame pour le combat et le travail. Mais dorénavant toute leur existence (qui restera dans le détail des heures, monotone et pénible) apparaîtra merveilleusement transfigurée par cette minute de lumière inoubliable.

Chers frères et sœurs, nous qui n’avons pas eu comme les Apôtres la ferveur de voir le Christ Glorifié, nous avons cependant une lumière capable de transfigurer, toute notre vie : c’est la lumière intérieure, la lumière surnaturelle de la Foi…

Il est clair que si nous projetons sur notre vie un regard simplement humain, elle nous apparaît plutôt maussade, presque toujours en grisaille et même à certaines heures absurde et cruelle. Nous sommes aux prises, en effet, avec tant et tant de difficultés. Trop souvent nous avons l’impression d’être emportés par la vague déferlante des évènements qui nous dépassent. Notre travail quotidien peut nous paraître fastidieux et, à la longue, exaspérant. Et ceux qui nous entourent, y compris ceux que nous aimons peuvent alourdir encore notre épreuve. Dieu lui-même peut nous sembler lointain, absent des prières par lesquelles nous cherchons à le rejoindre, étrangement neutre et indifférent au drame de notre existence.

Mais si nous projetons sur cette vie humaine les clartés de la Foi, alors tout est changé, tout peut se transfigurer, comme un paysage morose qui s’anime, se colore et se met à sourire à la lumière du soleil.

Car la Foi, voyez-vous, nous donne une autre vision du monde et de l’aventure humaine : elle nous permet de faire cette découverte enthousiasmante à savoir que Dieu, s’il reste invisible n’est pas lointain, mais tout proche, présent partout et surtout en nous-mêmes par le mystère de la Grâce sanctifiante, et qu’il nous enveloppe constamment de sa Tendresse. Nous découvrons que Dieu, apparemment silencieux et détaché nous aime, chacune et chacun, d’un amour éperdu et s’occupe par sa Providence du détail de nos vies…

D’ailleurs n’avons nous pas la preuve la plus convaincante de cette proximité du Seigneur et de son prodigieux amour dans le Mystère de l’Eucharistie.

Jésus réellement présent nuit et jour dans le Tabernacle de nos églises. Jésus qui par la Communion Eucharistique dépose en nous le germe de notre future glorification, nous plonge davantage dans l’intimité divine et resserre nos liens d’amour avec tous nos frères.

Et dans cette lumière qui vient d’En-Haut nous découvrons également que nos démarches quotidiennes, si insignifiantes à première vue, que notre travail le plus banal, qu’en un mot tout ce qui occupe nos journées, tout cela peut être divinisé, tout cela peut avoir un retentissement éternel si toutefois, bien sûr, nous nous efforçons de la vivre en union avec le Christ, si toutefois nous nous efforçons de l’accomplir comme le Christ lui-même l’accomplirait s’il était à notre place.

Enfin grâce à cette lumière surnaturelle de la Foi nous découvrons que nos souffrances, qu’elles soient physiques, morales ou spirituelles, (ces souffrances qui nous révoltent aussi longtemps qu’elles nous semblent absurdes) que nos souffrances ont un sens : qu’elles peuvent devenir utilisables et porter beaucoup de fruits si nous savons les unir aux souffrances du Sauveur : Mystère de Compassion, de Corédemption dont la Vierge Marie est le plus bel exemple.

Malheureusement ces vérités si réconfortantes, nous les oublions trop facilement et cela parce que nous ne savons pas (ou ne cherchons) pas assez à nous élever jusqu’au niveau d’une foi vraiment divine.

Notre comportement, nos réactions ressemblent trop souvent au comportement et aux réactions de ceux qui ne partagent pas cette Foi. Trop souvent c’est l’humain qui prédomine en nous.

Et il faut bien reconnaître que la démarche du croyant n’est pas facile, car les réalités invisibles ne sont ni tangibles, ni mesurables, elles n’atteignent pas nos sens.

Nous ne pouvons pas voir de nos yeux, ni toucher de nos mains le monde surnaturel dans lequel, pourtant, nous baignons.

Dieu, l’Ame, la Grâce, la Communion des Saints, le Ciel : ces réalités là, ni l’analyse chimique, ni le scanner, ni les explorations interplanétaires ne peuvent les atteindre…

Et il faut ajouter que les instants où Dieu par une lumière spéciale devient « sensible au cœur », ne sont jamais dans notre vie que des minutes brèves. La joie comblante de la Transfiguration fut, pour les Apôtres, de courte durée. Et s’imaginer que les Saints vivaient toujours en extase avec le ciel ouvert devant les yeux est une grosse erreur.

Pour les Saints, comme pour nous la vie terrestre a été une épreuve et un combat spirituel dans l’obscurité. Il reste que pour nous, comme pour eux, la Foi doit être ce phare dans la nuit, ce rayon de lumière qui permet d’avancer sans s’égarer sur le chemin montant, étroit et escarpé, qui mène à Dieu.

Et puisque la Foi dépend de la Grâce et de notre bonne volonté, puisque la Grâce nous est toujours offerte, il dépend finalement de nous que notre Foi chrétienne devienne plus forte, plus surnaturelle, plus rayonnante.

Faisons donc cet effort et ne restons pas dans les ténèbres, alors que nous pouvons marcher sous le grand soleil de Dieu.

Et puisque nous connaissons bien notre faiblesse, redisons souvent cette profonde prière qui fut inspirée à un paysan du temps de Jésus :

« Seigneur, je crois, mais viens en aide à mon incrédulité ».

Oui, Seigneur, c’est bien vrai, trop souvent nous sommes des croyants incroyants ou peu croyants…

Accorde-nous, par Marie ta Très Sainte Mère qui est le Modèle incomparable de la Foi, de dépasser le stade d’une foi imparfaite, réveille notre Foi, trop souvent somnolente pour que notre existence monotone et éprouvée soit toute entière illuminée par Ta Présence, par Ta Vie en nous, en attendant le jour éternel où nous te serons semblables parce que nous te verrons tel que tu es dans les splendeurs de la Bienheureuse Trinité.

 

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 21:05

Lecture du livre des Actes des Apôtres 12, 1-11

À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter. Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain. Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance. Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison. Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite ». Les chaînes lui tombèrent des mains. Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales ». Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi ». Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision. Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif ».

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée 4, 6-8.17-18

Me voici déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse.

Tous m’ont abandonné. Le Seigneur, lui, m’a assisté. Il m’a rempli de force pour que, par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout et que toutes les nations l’entendent. J’ai été arraché à la gueule du lion ; le Seigneur m’arrachera encore à tout ce qu’on fait pour me nuire. Il me sauvera et me fera entrer dans son Royaume céleste. À lui la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 16, 13-19

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes ». Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; t la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux ».

Homélie

La liturgie propose à notre vénération et nous montre en exemple deux des plus grands apôtres : saint Pierre et saint Paul qui sont les deux figures marquantes des débuts difficiles de l’Eglise. Ils sont l’un et l’autre, des témoins vivants de cette merveilleuse transformation que la grâce de Dieu réalise chez les hommes.

Ces deux saints, si différents et pourtant si complémentaires ont ceci en commun : ils ont été entièrement métamorphosés par l’action divine. La fête des saints Pierre et Paul est donc la fête de la puissance de la grâce. Or, cette grâce ne s’épuise pas avec les siècles : elle est toujours capable de façonner les saints avec les pauvres hommes que nous sommes.

- Pierre et Paul étaient incontestablement différents par leurs origines et par leurs itinéraires spirituels.

- Pierre était un simple pécheur du lac de Tibériade. Il avait vécu plusieurs années aux côtés de Jésus, partageant les errances de sa vie publique jouant parfois le rôle de garde du corps pour le protéger des foules, assistant éblouis aux miracles et savourant chaque jour un enseignement particulièrement lumineux et solide.

- Paul, quant à lui, n’avait pas connu Jésus durant sa vie terrestre. C’était un juif vivant à l’étranger. Il avait passé toute sa jeunesse à Tarse en Cilicie, ville universitaire où il avait reçu une solide instruction à la fois juive et grecque.

Pierre avait été un des premiers à répondre à l’appel du Christ « Viens et suis-moi ». Très vite il avait perçu qui était Jésus : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Cette belle profession de foi lui valut d’être choisi par Jésus pour être le chef de l’Eglise naissante, (le premier pape). « Tu es Pierre et sur cette pierre... »

Mais lorsqu’arriva la tornade de la Passion, Pierre le présomptueux toujours prêt à ferrailler pour son Maître fut terrorisé comme les autres. Nous savons comment au moment du procès il renia le Christ par 3 fois, ce qu’il regretta d’ailleurs amèrement. Il fallut attendre le souffle de l’Esprit-Saint à la Pentecôte pour le galvaniser et lui donner la force d’affermir ses frères dans la foi, la force d’affronter l’hostilité des juifs et des romains et de rester fidèle au Christ jusqu’au martyre. Il mourut crucifié, la tête en bas, à Rome, sous le règne de Néron.

Paul, lui était un juif orgueilleux, fier de sa race et de ses origines ; dès qu’il connut les premiers chrétiens à Jérusalem, il se mit à les combattre parce qu’il les considérait comme des hérétiques. Les Actes des apôtres, ce livre écrit par saint Luc et qui est le prolongement de son évangile, nous disent qu’il était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il les jetait en prison et assistait à leur persécution. C’est ainsi qu’il observe, sans le moindre remords, la lapidation du diacre Etienne... Mais le Christ ressuscité l’attendait sur le chemin de Damas : il lui apparut et Paul fut terrassé par cette vision. Il comprit que derrière sa fidélité juive se cachait un orgueil qui refusait la grâce de Dieu. Il réalisa alors une conversion soudaine et radicale et il mit désormais sa fougue et sa brillante intelligence au service de ce Jésus qu’il avait persécuté à travers les membres de son Eglise. Il comprit surtout que seule l’adhésion totale et confiante à la personne du Christ-Sauveur pouvait faire de nous des hommes nouveaux.

Tel est, chers frères et sœurs, le miracle de la grâce de Dieu. Dieu fait de ces 2 hommes si différents des piliers inébranlables de son Eglise primitive. Certes, la grâce de Dieu est bienveillante et gratuite, mais elle n’est pas un rayon-laser subtil, transperçant les cœurs pour les transformer de force. Dieu respecte trop la liberté de l’homme créé à son image. Néanmoins la grâce est une force puissante dans la mesure où elle est accueillie. Chez Pierre et chez Paul elle le fut généreusement. Il suffit de lire les Actes des apôtres pour comprendre comment le Seigneur a fait de ces 2 pécheurs les 2 grands saints que toute l’Eglise vénère. N’allons pas croire cependant que ce bouleversement étonnant de la grâce a pu s’opérer sans difficulté, car l’action de Dieu si forte soit-elle n’empêche pas les hommes de rester des hommes. Mais, si la grâce ne supprime pas les difficultés elle permet par contre de les surmonter. Plus tard, elle n’empêchera pas les persécutions : mais elle sera la force des martyrs. Pour le bien de l’Eglise, elle utilise donc ces 2 hommes si différents, mais complémentaires : tandis que Pierre tient bon la barre en prenant les décisions qui s’imposent dans la fidélité au message évangélique, Paul, le grand voyageur (qu’on a appelé l’apôtre des gentils, c'est-à-dire des païens) apparaît comme l’aiguillon qui pose sans cesse de nouvelles questions et demande de nouvelles aventures.

Frères et sœurs, ce que saint Pierre et saint Paul ont vécu nous le vivons nous aussi à notre échelle, car notre situation de chrétiens implique nécessairement des tensions et des luttes. Comme Jésus le faisait remarquer (au moment de son agonie au Jardin des Oliviers) l’esprit est parfois plein d’ardeur, mais la chair est faible. Ce qui est merveilleux, c’est que la grâce vient en aide à cette faiblesse congénitale et rend ainsi l’homme capable de l’impossible. Voilà pourquoi le persécuteur devient martyr et le renégat devient pape. L’essentiel (on ne le redira jamais assez) c’est d’accueillir cette grâce abondamment dispensée.

Accueillir la grâce en nous c’est d’bord nous mettre en état de réceptivité et d’écouter « Parle Seigneur, ton serviteur écoute... »

Accueillir la grâce c’est aussi accepter de renoncer à notre volonté propre pour prendre un chemin souvent déconcertant.

Accueillir la grâce c’est surtout prier et prier inlassablement avec une confiance absolue pour obtenir le don du discernement et celui d’une entière disponibilité.

En fait la grande vertu qui a permis aux apôtres Pierre et Paul de devenir des géants de la sainteté, c’est la vertu d’abandon. Ils ont en cette simplicité héroïque de se laisser modeler par Dieu. Ils ont pris conscience de leur pauvreté pour mieux se laisser envahir par la mystérieuse présence de la grâce. Et celle-ci les a conduits à la joie et à l’action de grâces. C’est pourquoi ils pouvaient chanter et rendre gloire à Dieu dans leur prison.

Aujourd’hui nous sommes invités à suivre leur exemple à nous laisser saisir par le Christ et à nous abandonner comme eux à son bon vouloir.

Ainsi, comme eux, nous entrerons dans la joie donnée par l’Esprit-Saint, une joie que jamais rien, ni personne ne pourra nous enlever.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 20:28

Lecture du livre du Deutéronome 7, 6-11 - A -

Moïse disait à Israël : « Tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu : c'est toi qu'il a choisi pour être son peuple particulier, parmi tous les peuples de la terre. Si le Seigneur s'est attaché à vous, s'il vous a choisis, ce n'est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le plus petit de tous. C'est par amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères, que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a délivrés de la maison d'esclavage et de la main de Pharaon, roi d'Égypte. Vous saurez donc que le Seigneur votre Dieu est le vrai Dieu, le Dieu fidèle qui garde son Alliance et son amour pour mille générations à ceux qui l'aiment et gardent ses commandements. Mais il riposte à ses adversaires en les faisant périr, et sa riposte est immédiate. Vous garderez donc les ordres, les commandements et les décrets, que je vous prescris aujourd'hui de mettre en pratique ».

Lecture de la première lettre de saint Jean 4, 7-16 - A -

Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici à quoi se reconnaît l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés.

Mes bien-aimés, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l'a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour atteint en nous sa perfection. Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu'il nous donne part à son Esprit. Et nous qui avons vu, nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous. Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11, 25-30 - A -

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté. Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger ».

Lecture du livre d’Ézékiel 34, 11-16 - C -

Parole du Seigneur Dieu : Maintenant, j'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité. Je les ferai sortir des pays étrangers, je les rassemblerai, et je les ramènerai chez elles ; je les mènerai paître sur les montagnes d'Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs. Je les ferai paître dans un bon pâturage, et leurs prairies seront sur les hauteurs d'Israël. Là, elles se reposeront dans de belles prairies, elles brouteront dans de gras pâturages, sur les monts d'Israël. C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5, 5b-11 - C -

Frères, l'amour du Seigneur a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné. Alors que nous n'étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les coupables que nous étions. - Accepter de mourir pour un homme juste, c'est déjà difficile ; peut-être donnerait-on sa vie pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs. À plus forte raison, maintenant que le sang du Christ nous a fait devenir des justes, nous serons sauvés par lui de la colère de Dieu. En effet, si Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils quand nous étions encore ses ennemis, à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, nous serons sauvés par la vie du Christ ressuscité. Bien plus, nous mettons notre orgueil en Dieu, grâce à Jésus Christ notre Seigneur, qui nous a réconciliés avec Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15, 3-7 - C -

Jésus disait cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion ».

Homélie

Pourquoi Jésus a-t-il voulu que nous ayons une dévotion particulière envers son Cœur adorable ? C’est pour que nous ne perdions jamais le souvenir de son inlassable et insurpassable Amour.

L’Evangile, en chacune de ses pages, met sous nos yeux cette richesse infinie d’amour qui habite le Cœur de Jésus et qui transparait dans tous ses actes. Pensons à l’exquise tendresse qu’il épanchait ses tous ses proches et tout d’abord sur sa Très Sainte Mère qu’il a chérie comme jamais homme sur terre n’a chérie sa mère.

Pensons à son inlassable bonté envers tous ces malades qui venaient à Lui avec confiance, à sa tendre sollicitude vis-à-vis de tous les malheureux et de tous les meurtris de la vie : les sans-abris, les pauvres, les étrangers, tous ceux qui souffraient moralement, tous ceux qui sombraient dans le découragement ou le désespoir « venez à moi, disait-il, vous qui êtes dans la peine et portaient de lourds fardeaux, je vous soulagerais ».

Mais ce qu’il y a de plus frappant tout au long de l’Evangile c’est l’accueil si bienveillant que Jésus réservait aux pécheurs. Son amour, alors, était plus que de la bonté, il était miséricorde, c'est-à-dire pitié pour cette misère sans nom, pour ce grand malheur qu’est le péché, il est miséricorde, c'est-à-dire amour désintéressé qui s’épanche sur ceux qui n’aiment pas, qui méprisent ou rejettent l’amour, amour qui ne tient compte d’aucun mal et, qui plus est, trouve le moyen de transfigurer le mal en bien par la puissance vivifiante du pardon.

A-t-il jamais existé un cœur capable d’aimer comme celui-là, d’un amour à la fois si personnel et si universel ? Car chacun est aimé par le Christ d’une affection sans limites, aimé comme s’il était seul au monde, et simultanément ce sont tous les hommes sans exception qui se trouvent comme enveloppés et doucement aspirés par la vive flamme de ce même amour. On comprend dès lors, que saint Jean après avoir contemplé tout au long de sa vie le mystère de ce Cœur adorable, ait pu écrire ces paroles vibrantes « quant à nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru ».

En contemplant à notre tour, chers frères et sœurs, le Cœur infiniment aimant, demandons-nous si vraiment nous y croyons à cet Amour fou du Seigneur pour nous ?

Avons-nous la certitude que nous sommes chéris de Dieu, et cela en dépit de toutes les faiblesses, de toutes nos misères, des nombres ou de la gravité de nos péchés ?

Ah ! Si chacun pouvait être convaincu qu’il est précieux aux yeux de Dieu, qu’il a sa place dans le Cœur si aimant et si miséricordieux de Jésus. Comme ça l’inciterait à répondre plus généreusement à cet indicible amour dont il l’est l’objet, ou est-il pas anormal en effet et insupportable que l’amour aille à sens unique c'est-à-dire du Cœur de Jésus vers notre cœur ?

Ne doit-il pas refluer de notre cœur vers celui de Jésus, car l’amour est essentiellement un échange, un élan joyeux de l’un vers l’autre, un don total de l’un à l’autre ?

Faisons bien attention toutefois que notre amour pour le Divin Cœur de Jésus ne se limite pas à de belles paroles ou à une expression purement sentimentale. L’amour authentique se prouve par des actes.

« Vous m’aimez, si vous observez mes commandements ».

Seigneur Jésus que le feu de ton Cœur enflamme le mien de la vive flamme de ton Amour, qu’il le guérisse définitivement de sa tiédeur pour que ma vie soit toute en Toi et te rende Gloire !

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 23:05

Lecture du livre du Deutéronome 8, 2-3.14b-16a

Moïse disait au peuple d'Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l'a imposée pour te faire connaître la pauvreté ; il voulait t'éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : est-ce que tu allais garder ses commandements, oui ou non ? Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne — cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue — pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur. N'oublie pas le Seigneur ton Dieu qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison d'esclavage.

C'est lui qui t'a fait traverser ce désert, vaste et terrifiant, pays des serpents brûlants et des scorpions, pays de la sécheresse et de la soif. C'est lui qui, pour toi, a fait jaillir l'eau de la roche la plus dure. C'est lui qui, dans le désert, t'a donné la manne — cette nourriture inconnue de tes pères.»

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10, 16-17

Frères, la coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.

Séquence :

Sion, célèbre ton Sauveur, chante ton chef et ton pasteur

par des hymnes et des chants.

Tant que tu peux, tu dois oser, car il dépasse tes louanges,

tu ne peux trop le louer.

Le Pain vivant, le Pain de vie, il est aujourd’hui proposé

comme objet de tes louanges.

Au repas sacré de la Cène, il est bien vrai qu’il fut donné

au groupe des douze frères.

Louons-le à voix pleine et forte, que soit joyeuse et rayonnante

l’allégresse de nos cœurs !

C’est en effet la journée solennelle où nous fêtons de ce banquet divin

la première institution.

À ce banquet du nouveau Roi, la Pâque de la Loi nouvelle

met fin à la Pâque ancienne.

L’ordre ancien le cède au nouveau, la réalité chasse l’ombre,

et la lumière, la nuit.

Ce que fit le Christ à la Cène, il ordonna qu’en sa mémoire

nous le fassions après lui.

Instruits par son précepte saint, nous consacrons le pain, le vin,

en victime de salut.

C’est un dogme pour les chrétiens que le pain se change en son corps,

que le vin devient son sang.

Ce qu’on ne peut comprendre et voir, notre foi ose l’affirmer,

hors des lois de la nature.

L’une et l’autre de ces espèces, qui ne sont que de purs signes,

voilent un réel divin.

Sa chair nourrit, son sang abreuve, mais le Christ tout entier demeure

sous chacune des espèces.

On le reçoit sans le briser, le rompre ni le diviser ;

il est reçu tout entier.

Qu’un seul ou mille communient, il se donne à l’un comme aux autres,

il nourrit sans disparaître.

Bons ou mauvais le consomment, mais pour un sort bien différent,

pour la vie ou pour la mort.

Mort des pécheurs, vie pour les justes ; vois : ils prennent pareillement ;

quel résultat différent !

Si l’on divise les espèces, n’hésite pas, mais souviens-toi

qu’il est présent dans un fragment aussi bien que dans le tout.

Le signe seul est partagé, le Christ n’est en rien divisé,

Ni sa taille ni son état n’ont en rien diminué.

Le voici, le pain des anges, il est le pain de l’homme en route,

le vrai pain des enfants de Dieu, qu’on ne peut jeter aux chiens.

D’avance il fut annoncé par Isaac en sacrifice,

par l’agneau pascal immolé, par la manne de nos pères.

Ô bon Pasteur, notre vrai pain, ô Jésus, aie pitié de nous,

nourris-nous et protège-nous, fais-nous voir les biens éternels

dans la terre des vivants.

Toi qui sais tout et qui peux tout, toi qui sur terre nous nourris,

Conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage,

en compagnie de tes saints. Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6, 51-58

Après avoir nourri la foule avec cinq pains et deux poissons, Jésus disait : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie ». Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »

Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement ».

Homélie

La fête du Corps et du Sang du Christ que nous célébrons nous remet en face du plus étonnant des mystères de notre foi : à savoir le Christ-Ressuscité, glorieux, présent sous l’humble voile du pain et du vin. Car il s’agit bien de sa présence, si mystérieuse qu’elle soit. Quand le prêtre, en effet, prononce les paroles de la Consécration, il parle au nom du Christ et, par la se réalise « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ».

Il peut nous arriver d’être déconcertés par un si grand mystère. Il faut alors nous souvenir d’un mystère tout aussi prodigieux si l’on y réfléchit bien : celui par lequel Dieu appelle chacun d’entre nous, (s’il est fidèle à la grâce) à être comme lui, il s’agit du mystère merveilleux de notre divinisation, que saint Pierre nous révèle lorsqu’il écrit que nous, nous sommes « participants de la nature divine » par un don tout à fait gratuit de Dieu. Saint Jean qui de son côté nous a révélé notre qualité d’enfants de Dieu, s’émerveillait à la pensée qu’un jour « nous verrons Dieu face à face parce que nous serons comme lui ».

Alors, si nous sommes réellement, depuis notre baptême, de la race de Dieu, si nous sommes devenus semblables à lui, si nous sommes appelés à vivre dans son intimité pour l’éternité, et si cette vie d’union à lui commence dès maintenant, pourquoi nous étonner que Dieu ait voulu se faire si proche de nous, si intérieur à nous-mêmes par le mystère de l’Eucharistie ?

Comment s’étonner qu’après nous avoir envoyé son Fils comme Rédempteur et Sauveur, il ait voulu que ce même Fils demeure présent sous les apparences du Pain et du Vin consacrés par le prêtre ?

A partir de là, en effet, tout devient clair : si nous considérons de près ce Pain et ce Vin consacrés et si nous pensons qu’à travers leur voile il s’agit bien de la présence réelle du Christ : alors ce Sacrement nous apparaît expressif de ce que Jésus est vraiment pour nous : le Pain vivant descendu du ciel. Dans ce sacrement, Jésus ne se sert pas de paroles pour se faire entendre. Il se sert de ces humbles réalités que sont le pain et le vin pour se faire comprendre. Quand je regarde l’hostie consacrée et que mes yeux voient du pain, quand je communie et que ma bouche goûte du pain alors tout naturellement je suis amené à comprendre ce que le Christ est pour moi à travers ces signes : il est l’aliment substantiel de mon âme, la nourriture indispensable sans laquelle mon âme ne peut vivre de la vie divine et grandir dans cette vie divine.

Mais ce Sacrement est riche encore d’une autre signification : quand le prêtre consacre le pain, parlant au nom du Christ, il dit : « Ceci est mon corps... » Et de cette façon, d’une manière sacramentelle il sépare le Corps du Christ de son Sang. Certes en faisant cela il accomplit des rites que Jésus lui-même a fixés. Mais alors une nouvelle vérité jaillit dans notre esprit : ce Christ qui est réellement présent le voile du pain et du vin et qui me donne déjà à comprendre qu’il est pour moi Pain de vie me donne aussi à comprendre qu’il est un Pain vivant parce qu’il est Mort sur la Croix, puisqu’il se présente à moi sous les signes sacramentels tel qu’il était sur la Croix, quand il rendit l’esprit, son Corps séparé de son Sang ! Tout s’enchaîne donc harmonieusement.

Voilà pourquoi le Saint Sacrement même lorsqu’il est adoré en dehors de la Messe (et qu’il est instamment recommandé de l’adorer au Tabernacle... on le laisse tellement seul). Le Saint-Sacrement est toujours à comprendre dans cette perspective, du sacrifice : nous ne devons jamais oublier, en effet, que le Sacrifice de la Messe est tout entier destiné à rendre présent, d’une manière sacramentelle le Sacrifice de la Croix, pour que précisément nous puissions nous associer à ce mystère central de notre Rédemption et recevoir la vie divine qu’il nous communique. Saint Thomas d’Aquin enseigne que « la Messe est le Sacrement de la Passion du Christ effectuant l’union de l’homme au Christ immolé ».

Ainsi l’Eucharistie nous apparaît-elle comme un livre qui nous révèle ce que Jésus est pour nous ; qui nous révèle aussi comment sa mort est devenue pour tous ceux qui croient en lui source jaillissante de vie éternelle.

Nous ne remercierons jamais assez le Seigneur de nous avoir donné l’Eucharistie. Elle est vraiment ce qu’il y a de plus grand sur la terre : c’est notre plus précieux trésor.

C’est un mystère de Foi, d’Espérance et d’Amour comme le dit si bien une oraison de Carême « Le Pain que nous avons reçu Seigneur a renouvelé nos cœurs : il nourrit la foi, fait grandir l’espérance et donne la force d’aimer ».

L’Eucharistie, c’est à la fois la rencontre et l’union personnelle des chrétiens avec le Christ, la Messe c’est le Sacrifice Total, c’est-à-dire celui du Christ qui est la tête et celui des membres que sont les chrétiens, c’est une semence de plénitude divine et un gage de résurrection « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ». C’est comme dit le Concile Vatican II, la source et l’aboutissement de toute la vie chrétienne.

Que la Vierge Marie, qui a pénétré plus que tout autre un si grand mystère, elle qui était debout au pied de la Croix unissant son amour co-rédempteur à l’Amour Rédempteur de Jésus, nous donne d’accueillir le Sacrement de l’Eucharistie avec une foi sans faille. Qu’elle intercède pour nous, aussi, afin que nous puissions conformer notre vie à l’enseignement que Jésus nous donne du haut de la Croix et dans l’Eucharistie : à savoir qu’il faut aimer Dieu et notre prochain d’un amour sans mesure et quoiqu’il en coûte. C’est ainsi que nous ferons de toute notre vie, un sacrifice agréable à Dieu et que nous serons pour tous nos frères un pain vivant capable de faire grandir l’Amour et l’Unité de tous dans le Christ.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes Saint-Sacrement
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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 16:34

C’est l’été, le début des vacances. Imaginez que vous êtes sur la plage et que juste à côté de vous se trouve une personne qui s’expose au soleil tout habillée. Cela vous surprendrait sans doute. Car si nous n’avons pas de problèmes de santé, nous aimons sentir le soleil raviver notre corps blanchi par les longues journées d’hiver.

Ce qui est vrai pour notre corps est vrai pour notre âme. Nous devons retirer ce qui nous empêche de sentir le soleil de Dieu réchauffer notre vie spirituelle.

À l’occasion de ces vacances, je vous invite, dans un premier point, à méditer la parabole du soleil qui nous vient des Pères de l’Église. Puis, dans un second point, je vous invite à identifier, à partir de cet évangile, deux types de vêtements que nous devrons enlever pour mieux suivre le Christ.

Commençons par la parabole du soleil. Elle est à ma connaissance la meilleure image qui permet d’expliquer le mystère de la Trinité : Un seul Dieu en trois personnes. Le soleil, c’est le Père. Personne ne peut le voir, ni même l’imaginer, comme il est impossible pour l’homme de regarder en face le soleil. Le rayon de soleil, c’est le Fils. Nous pouvons voir facilement un rayon de soleil lorsqu’il traverse une pièce et que le ménage n’a pas été bien fait (sourire !). On voit la poussière qui danse dans le rayon de soleil. La poussière représente notre humanité : « Tu es poussière et tu retourneras à la poussière ». Jésus a pris notre humanité, il s’est donné à voir. Mais, comme le rayon disparaît de notre pièce au bout d’un moment, de même, Jésus est retourné vers le Père. Il reste le Saint-Esprit. C’est la lumière et la chaleur. Même au cœur de l’hiver le plus glacial, lorsque nous avons l’impression que le soleil a disparu depuis des mois, il continue, en fait, d’agir au-delà des nuages par sa lumière et sa chaleur sinon, nous deviendrions un immense champ de glace polaire ! Ainsi, même lorsque nous avons l’impression que Dieu est bien loin au-delà des nuages, l’Esprit Saint ne cesse, en réalité, de nous réchauffer et de nous éclairer par sa discrète présence.

Nous pouvons donc distinguer le soleil, le rayon, la lumière et la chaleur, tout en sachant qu’ils sont en fait une seule réalité. Ainsi, nous pouvons distinguer les trois personnes de la Trinité, tout en sachant qu’elles ne sont qu’un seul Dieu. Pendant vos heures de bronzage, vous pourrez continuer à méditer sur cette belle parabole du soleil.

Venons-en maintenant à ces habits que nous pouvons retirer pour profiter pleinement du soleil de Dieu.

Beaucoup d’obstacles nous empêchent d’être en pleine communion avec Dieu. À partir de l’Évangile de ce jour, je voudrais en relever au moins deux : Jésus nous invite tout d’abord à renoncer au vêtement de ce que nous pourrions appeler : « le zèle démesuré ! » Il interpelle vivement ses apôtres qui veulent faire descendre le feu du ciel sur les samaritains. Ils étaient pourtant animés d’un zèle admirable pour leur Seigneur : ils ne supportaient pas que certain refuse de recevoir celui qu’ils aiment plus que tout. Alors, ils pensent que leur attachement inconditionnel au Christ justifie une certaine violence à l’égard de ceux qui le rejettent. Parmi eux se trouve l’apôtre Pierre. Visiblement, il n’a pas compris la leçon, puisque, quelques mois plus tard, au moment de l’arrestation du Jésus, il sortira l’épée de son fourreau et tranchera l’oreille d’un soldat. Jésus le reprendra vivement en lui disant : « Remets ton épée à sa place, car ceux qui prennent le glaive périssent par le glaive ». La violence, quelle qu’elle soit, et même pour une bonne cause, est un vêtement qui nous empêchera toujours de percevoir l’amour de Dieu.

Jésus nous invite aussi à renoncer au vêtement de « l’installation ». Lorsque cet homme lui manifeste son désir de le suivre partout où il ira, Jésus lui fait remarquer qu’il n’a même pas « un endroit pour reposer sa tête ». Dans cette période de vacances, certains se contenteront du strict nécessaire pour gouter une certaine liberté par rapport à nos besoins matériels habituels. D’autres, au contraire, ne pourront s’empêcher d’emporter avec eux tout ce qu’il faut pour ne manquer de rien. Cela me fait penser à un dessin humoristique qui montre un couple en maillot de bain au bord de l’eau. Le mari tient un téléphone portable dégoulinant dans sa main et dit à sa femme : « Mon smartphone est tombé à l’eau, nos vacances sont fichues ! »

Au moment de conclure, je vous propose deux petits devoirs de vacances : prendre un peu de temps pour faire le point sur votre zèle, est-il bien dans la juste mesure ? Et profiter de vos vacances pour vous désinstaller un peu, en laissant à la maison ce qui vous paraît indispensable et dont vous pourriez vous passer : votre télé ? Votre tablette numérique ?

Enfin, je pense à ceux qui, parmi vous, chers téléspectateurs, ne pourront pas ni partir en vacances, ni même sortir prendre un simple bain de soleil à cause de la maladie ou de votre âge avancé : n’oubliez pas la parabole du soleil : l’Amour de Dieu brille en permanence à vos côtés ! Amen !

Source : Père René-Luc https://www.lejourduseigneur.com

Vous pouvez voir la vidéo sur : https://www.youtube.com/watch?v=MYssnHyjxUw

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 14:50

Lecture du livre de l'Exode 34, 4b-6.8-9 - A -

Moïse se leva de bon matin, et il gravit la montagne du Sinaï comme le Seigneur le lui avait ordonné. Le Seigneur descendit dans la nuée et vint se placer auprès de Moïse. Il proclama lui-même son nom ; il passa devant Moïse et proclama : « YAHVÉ, LE SEIGNEUR, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d'amour et de fidélité ». Aussitôt Moïse se prosterna jusqu'à terre, et il dit : « S'il est vrai, Seigneur, que j'ai trouvé grâce devant toi, daigne marcher au milieu de nous. Oui, c'est un peuple à la tête dure;mais tu pardonneras nos fautes et nos péchés, et tu feras de nous un peuple qui t'appartienne ».

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 13, 11-13 - A -

Frères, soyez dans la joie, cherchez la perfection, encouragez-vous, soyez d'accord entre vous, vivez en paix, et le Dieu d'amour et de paix sera avec vous. Exprimez votre amitié en échangeant le baiser de paix. Tous les fidèles vous disent leur amitié.

Que la grâce du Seigneur Jésus Christ, l'amour de Dieu et la communion de l'Esprit Saint soient avec vous tous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 16-18 - A -

Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Lecture du livre des Proverbes 8, 22-31 - C -

Écoutez ce que déclare la Sagesse : « Le Seigneur m'a faite pour lui au commencement de son action, avant ses œuvres les plus anciennes. Avant les siècles j'ai été fondée, dès le commencement, avant l'apparition de la terre. Quand les abîmes n'existaient pas encore, qu'il n'y avait pas encore les sources jaillissantes, je fus enfantée. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée. Alors que Dieu n'avait fait ni la terre, ni les champs, ni l'argile primitive du monde, lorsqu'il affermissait les cieux, j'étais là. Lorsqu'il traçait l'horizon à la surface de l'abîme, chargeait de puissance les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l'abîme, lorsqu'il imposait à la mer ses limites, pour que les eaux n'en franchissent pas les rivages, lorsqu'il établissait les fondements de la terre, j'étais à ses côtés comme un maître d'œuvre. J'y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant lui à tout instant, jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes ».

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 5, 1-5 - C -

Frères, Dieu a fait de nous des justes par la foi ; nous sommes ainsi en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a donné, par la foi, l'accès au monde de la grâce dans lequel nous sommes établis ; et notre orgueil à nous, c'est d'espérer avoir part à la gloire de Dieu. Mais ce n'est pas tout : la détresse elle-même fait notre orgueil, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la valeur éprouvée ; la valeur éprouvée produit l'espérance ; et l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16, 12-15 - C -

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira ne viendra pas de lui-même : il redira tout ce qu'il aura entendu ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : Il reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître ».

Homélie

En nous faisant célébrer la fête de la Sainte Trinité, l’Église nous invite à pénétrer avec le regard intérieur de la foi dans le plus sublime de tous les mystères : celui de Dieu tel qu’il est en lui-même. S’il nous est ainsi donné de pouvoir contempler ce visage étonnant de notre Dieu : qui est Unique, mais qui, en même temps est communauté de personnes car il est Père, Fils et Saint-Esprit ; c’est parce que Jésus dans l’Évangile a levé le voile sur cette réalité fondamentale qui est à l’origine et au terme de toutes choses.

Les images ne manquent pas qui peuvent nous aider à saisir quelque chose de ce mystère de la Trinité, lequel dépasse infiniment ce que l’intelligence humaine est capable de concevoir.

  • La première image nous vient d’un grand docteur de la foi des premiers siècles (saint Athanase). Il nous dit que le Père est comme une source jaillissante. La source n’a pas elle-même de source ; elle est commencement, elle est origine. Et, de la source naît le fleuve qui n’existerait pas sans elle. C’est d’elle qu’il est engendré, comme Dieu le Fils est engendré par Dieu le Père. Enfin, il y a le courant : l’eau vive, qui bondit où elle veut et quand elle veut, imprévisible, donnant la vie à toute créature. En dehors d’elle et de sa puissance fécondante tout retournerait au désert et au néant. C’est elle qui rend possible la forêt, l’herbe, la fleur, la vie des animaux et des hommes, elle est l’image du Saint-Esprit. Ainsi peut-on distinguer la source, le fleuve et le courant. Pourtant les trois ne font qu’un. Tous trois dans leur unité sont l’image de la Trinité de Dieu.
  • La seconde image nous est donnée par la Bible. Au livre de la Genèse on peut lire en effet : Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image. A son image il les créa. Homme et femme il les créa ». Ce n’est donc pas l’homme seul qui est image de Dieu, mais le couple humain. Or, dans ce couple il y a quelque chose d’essentiel qui n’est ni l’homme, ni la femme, mais ce qui les unit c’est-à-dire leur amour. Celui-ci ne saurait exister s’il ne procédait pas et du cœur de l’homme et du cœur de la femme, comme une réalité distincte de l’un et de l’autre. Ainsi le couple est-il communion de personnes, comme Dieu lui-même est communion de trois personnes.

Chers frères et sœurs, c’est un grand bienfait pour nous d’avoir, grâce à des images et surtout grâce à un approfondissement de la révélation apportée par le Christ une certaine connaissance de la vie intime de Dieu. Ce mystère nous ne l’aurions jamais connu si lui qui est le Verbe, 2ème personne de la Trinité, n’était pas devenu homme pour nous le révéler.

Mais il est une autre révélation bouleversante qui est la conséquence de cette révélation fondamentale et qui constitue l’originalité du christianisme (on ne trouve cela en effet dans aucune autre religion), c’est que cette vie prodigieuse qui est la sienne Dieu veut la communiquer à l’homme. Il veut le faire participer à la plénitude de sa vie, de sa lumière et de son amour, et cela dès ici-bas, afin de le rendre un jour parfaitement heureux comme lui-même est heureux, lui qui est la Béatitude Infinie. C’est là un mystère que nous ne contemplerons jamais assez : Dieu, si toutefois nous ne refusons pas sa grâce habite en nous. Oui, il est là au fond de notre cœur avec tout son secret qui est sa Vie, c'est-à-dire Trois Personnes dans un seul Etre : 3 personnes qui s’aiment tellement qu’elles ne font qu’Un.

Nous sommes donc des portes-Dieu, frères et sœurs, non pas des trônes pour un Dieu souverain, mais solitaire qui serait puissance sans être amour, mais, des Portes-Trinité qui abritent réellement dans leur Maison intérieure la famille la plus extraordinaire qui soit, la communauté parfaite qui est débordement d’amour prodigieux dans ses relations mutuelles. Seulement voilà, il se trouve que trop sent nous allons et venons avec une telle présence en nous sans y prêter attention comme si nous étions vides, ou plus exactement trop remplis de nous-mêmes. Mais lorsque nous avons vraiment pris conscience que la Bienheureuse Trinité habite en notre âme il se produit immanquablement deux choses :

  • d’abord, très vite et comme spontanément nous entrons en relations avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le dialogue se noue et c’est le cœur à cœur de la prière. Par la Foi et par l’Amour nous communions à cette connaissance et à cet amour par lesquels Dieu se connaît et s’aime lui-même. C’est la vie du ciel, la vie éternelle commencée sur la terre.
  • ensuite, nous comprenons qu’étant les enfants de la Sainte Trinité, nous devons vivre entre nous comme les Trois Personnes vivent chacune par rapport aux autres. Nous devons nous aimer les uns les autres, comme Dieu aime : en échangeant, en dialoguant, en donnant tout et surtout en nous donnant nous-mêmes entièrement.

Toute notre vie en famille ou en communauté doit-être marquée, en effet, par cette source dont nous sommes issus et ce sommet vers lequel nous allons : une source de fécondité par amour, un sommet de partage et de communion dans la joie.

Frères et sœurs, nous ne manquerons pas de prier la Très Sainte Vierge Marie, elle qui est si proche de chacune des Trois Personnes Divines, pour qu’elle nous obtienne la grâce de savoir rejoindre le plus souvent possible par la prière, par une profonde adoration, la Trinité Sainte qui bat dans notre cœur, la grâce aussi de savoir rejoindre par une charité inlassable cette même Trinité Sainte qui bat dans le cœur de notre prochain, et cela pour que soit exaucée la prière que Jésus adressait à son Père la veille de sa mort : « Que tous soient UN, comme Toi Père tu es en moi et moi en Toi, qu’eux aussi soient EN NOUS ».

Amen.

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 21:07

Lecture du livre des Actes des apôtres 2, 1-11 - ABC -

Quand arriva la Pentecôte (le cinquantième jour après Pâques), ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint : ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit.

Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs fervents, issus de toutes les nations qui sont sous le ciel. Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu ».

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12, 3b-7.12-13 - A -

Frères, sans le Saint-Esprit, personne n'est capable de dire : « Jésus est le Seigneur. »

Les dons de la grâce sont variés, mais c'est toujours le même Esprit.

Les fonctions dans l'Église sont variées, mais c'est toujours le même Seigneur.

Les activités sont variées, mais c'est toujours le même Dieu qui agit en tous.

Chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous.

Prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.

Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains 8, 8-17 - C -

Frères, sous l'emprise de la chair, on ne peut pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n'êtes pas sous l'emprise de la chair, mais sous l'emprise de l'Esprit, puisque l'Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, votre corps a beau être voué à la mort à cause du péché, l'Esprit est votre vie, parce que vous êtes devenus des justes. Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais ce n'est pas envers la chair : nous n'avons pas à vivre sous l'emprise de la chair. Car si vous vivez sous l'emprise de la chair, vous devez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les désordres de l'homme pécheur, vous vivrez. En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur ; c'est un Esprit qui fait de vous des fils ; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant : « Abba ! » C'est donc l'Esprit Saint lui-même qui affirme à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers ; héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire. 

Séquence

 

Viens, Esprit Saint en nos cœurs

et envoie du haut du ciel

un rayon de ta lumière.

Viens en nous, Père des pauvres,

viens, dispensateur des dons,

viens, lumière de nos cœurs.

Consolateur souverain,

hôte très doux de nos âmes,

adoucissante fraîcheur.

Dans le labeur, le repos ;

dans la fièvre, la fraîcheur ;

dans les pleurs, le réconfort.

Ô lumière bienheureuse,

viens remplir jusqu’à l’intime

le cœur de tous tes fidèles.

Sans ta puissance divine,

il n’est rien en aucun homme,

rien qui ne soit perverti.

Lave ce qui est souillé,

baigne ce qui est aride,

guéris ce qui est blessé.

Assouplis ce qui est raide,

réchauffe ce qui est froid,

rends droit ce qui est faussé.

À tous ceux qui ont la foi,

et qui en toi se confient,

donne tes sept dons sacrés.

Donne mérite et vertu,

donne le salut final,

donne la joie éternelle. Amen !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 19-23 – A -

C'était après la mort de Jésus, le soir du premier jour de la semaine. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient, car ils avaient peur des Juifs. Jésus vint, et il était là au milieu d'eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie ». Ayant ainsi parlé, il répandit sur eux son souffle et il leur dit : « Recevez l'Esprit Saint.

Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront maintenus ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14, 15-16. 23b-26 - C -

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Si vous m'aimez, vous resterez fidèles à mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : C'est l'Esprit de vérité. Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon Père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui. Celui qui ne m'aime pas ne restera pas fidèle à mes paroles. Or, la parole que vous entendez n'est pas de moi : elle est du Père, qui m'a envoyé. Je vous dis tout cela pendant que je demeure encore avec vous ; mais le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit ».

Homélie

Saint Luc qui au début de son livre « les Actes des Apôtres » nous décrit l’évènement de la Pentecôte, nous fait assister à une étonnante métamorphose dans le cœur et dans la vie des apôtres. Il est évident, en effet, qu’au départ les apôtres furent des hommes comme tous les autres. Leurs préoccupations étaient celles de tout le monde : gagner leur pain, aider leur famille, prendre soin de leur santé. Même après avoir, durant des mois écouté les enseignements de Jésus, ces hommes restaient profondément ancrés dans leur mentalité première. Ils conservaient par exemple les vues politiques de leurs contemporains puisque le jour même de l’Ascension ils demandaient au Christ « Est-ce maintenant que tu vas restaurer la Royauté en Israël ? » On peut dire qu’ils vivaient dans leur petit monde : un monde aux horizons étroits, soucieux avant tout de leur réussite personnelle « Lequel d’entre nous sera le premier ? » Or, Jésus avant de les quitter leur avait promis l’effusion de son Esprit qui constituerait pour eux une nouvelle forme de sa présence et de la présence du Père : « Bientôt, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint.

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de Vérité, il vous fera comprendre tout ce que je vous ai dit. Il vous introduira dans la vérité toute entière... Alors vous serez revêtus de la force d’En-Haut et vous serez mes témoins ».

Au matin de la Pentecôte ce Don de l’Esprit fut pour eux comme un éclatement de leur petit monde : brusquement les horizons s’élargissaient à leurs yeux et le chantier de leurs activités prenait de nouvelles dimensions.

AVANT : ils se sentaient seulement responsables d’un tout petit nombre de personnes.

APRÈS : ils découvraient la Lumière de l’Esprit de Dieu qu’ils étaient responsables d’un Salut à porter à tous les hommes.

AVANT : ils se seraient jetés à l’eau par exemple pour venir en aide à un camarade en train de se noyer.

APRÈS : ils se sentaient de taille à affronter les plus grands périls pour porter un secours spirituel à tous les hommes : désormais ils n’avaient plus qu’un seul objectif, une seule ambition : être jusqu’à la fin de leur vie et dans le monde entier les témoins du Christ Ressuscité.

AVANT : ils ne voyaient pas clair, ne sachant pas très bien ce qu’ils devaient faire.

APRÈS : tout s’illuminait pour eux... dans la lumière intérieure de l’Esprit, tout devenait saisissant de vérité et d’amour et ils prenaient la mesure de leurs responsabilités.

AVANT : ils avaient peur, ils n’osaient pas se compromettre pour le Christ.

APRÈS : ils se sentaient soulevés et comme propulsés par une force irrésistible : rien désormais ne pourrait les arrêter, ni la police, ni la perspective des châtiments et de la prison, pas même la mort.

Ces hommes n’étaient plus animés par leur intérêt personnel, ils ne cherchaient plus la satisfaction de leurs petits désirs, la réalisation de leurs projets : l’Esprit de Dieu inspirait désormais leur manière de voir, les motifs de leur action, en faisant des passionnés de Dieu et de l’œuvre de Dieu. Poussés par l’Esprit, ils sont partis à la conquête du monde : ils ont rassemblé dans l’Eglise du Christ les enfants de Dieu dispersés. Et à partir d’eux la puissance de l’Esprit a pu se déployer jusqu’à nos jours comme une sorte de réaction en chaîne non à la manière d’une bombe atomique qui dévaste tout, mais à la manière du soleil, cette formidable et permanente explosion nucléaire d’où nous viennent la lumière, la chaleur et la vie. Cela n’aurait pas été possible s’il n’y avait pas eu au départ cette métamorphose des Apôtres. Il n’y aurait jamais eu ni l’Evangile, ni l’Eglise, ni les chrétiens si cet évènement de la Pentecôte qui est un grand mystère ne s’était produit.

C’est grâce aux Apôtres que l’œuvre gigantesque de l’Evangélisation du monde a pu commencer. Nous savons qu’à leur suite beaucoup d’hommes et de femmes ont pris le relai, beaucoup d’hommes et de femmes ont accepté d’êtres les instruments de l’Esprit.

Aujourd’hui encore, grâce à cette chaîne ininterrompue de témoins, l’explosion spirituelle de la Pentecôte illumine et travaille le monde et c’est là qu’une question est posée à notre conscience de baptisés et confirmés, sommes-nous les fidèles continuateurs des Apôtres ? Est-ce que nous agissons en hommes qui sont baptisés et animés par l’Esprit de Dieu ? Certes nous avons reçu à notre tour les dons de l’Esprit, mais nous avons un redoutable pouvoir : celui de résister à l’Esprit-Saint, celui d’éteindre en nous la flamme de l’amour. Ne cédons-nous pas trop souvent à une tentation d’étroitesse, de replis sur soi... On devient si facilement prisonnier d’une routine, on s’enferme dans ses petites vues personnelles, on défend ses intérêts et on oublie les grands intérêts de Dieu.

Si nous n’y prenons garde très vite, nous centrons notre vie sur nous-mêmes, sur notre famille ou notre petit cercle d’amis et nous refusons d’ouvrir notre cœur à l’universel, de nous engager à fond dans la mission de l’Eglise qui consiste à faire connaître Jésus l’unique Sauveur et à le faire aimer. Sommes-nous vraiment animés de cet esprit missionnaire qui brûlait si fort dans le cœur des Apôtres. C’est dans la mesure où il ouvre son cœur à l’Esprit-Saint, Esprit de Lumière, de Force et d’Amour que le chrétien découvre la mission qu’il a à remplir dans le monde actuel : faire passer l’Esprit de l’Evangile, propager la flamme de l’Amour, réapprendre aux hommes à s’aimer les uns les autres à la manière du Christ, car là et là seulement se trouve la voie du Salut et de la Vie.

Frères et sœurs, comme aux premiers temps du Christianisme serrés autour de Marie, devenue à la Pentecôte la Mère de l’Eglise, pleins de défauts certes comme les apôtres, et tout aussi démunis qu’eux, mais remplis aussi d’une humble et absolue confiance en l’Esprit-Saint qui nous habite, laissons-nous éclairer de sa lumière. Purifiés et fortifiés par son souffle divin nous deviendrons les témoins irrésistibles de son Amour.

Amen.

Une autre homélie du Père Cousty, ici.

 

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes La Pentecôte
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21 mai 2017 7 21 /05 /mai /2017 21:04

Commencement du livre des Actes des Apôtres1, 1-11

Mon cher Théophile, dans mon premier livre j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné depuis le commencement, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel après avoir, dans l'Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu'il avait choisis. C'est à eux qu'il s'était montré vivant après sa Passion : il leur en avait donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur était apparu, et leur avait parlé du royaume de Dieu.

Au cours d'un repas qu'il prenait avec eux, il leur donna l'ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d'y attendre ce que le Père avait promis. Il leur disait : « C'est la promesse que vous avez entendue de ma bouche. Jean a baptisé avec de l'eau ; mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours ». Réunis autour de lui, les Apôtres lui demandaient : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les délais et les dates que le Père a fixés dans sa liberté souveraine. Mais vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit, qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ». Après ces paroles, ils le virent s'élever et disparaître à leurs yeux dans une nuée. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se tenaient devant eux et disaient : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Jésus, qui a été enlevé du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 1, 17-23

Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse pour le découvrir et le connaître vraiment. Qu'il ouvre votre cœur à sa lumière, pour vous faire comprendre l'espérance que donne son appel, la gloire sans prix de l'héritage que vous partagez avec les fidèles, et la puissance infinie qu'il déploie pour nous, les croyants. C'est la force même, le pouvoir, la vigueur, qu'il a mis en œuvre dans le Christ quand il l'a ressuscité d'entre les morts et qu'il l'a fait asseoir à sa droite dans les cieux. Il l'a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom, aussi bien dans le monde présent que dans le monde à venir. Il lui a tout soumis et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l'Église qui est son corps, et l'Église est l'accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 28, 16-20

Les onze disciples s'en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s'approcha d'eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde ».

Homélie

La belle fête de l’Ascension que nous célébrerons jeudi commémore un geste symbolique signifiant que désormais le Christ-Jésus vit dans un état nouveau : l’état glorieux et qu’il aura désormais un nouveau type de rapport avec les hommes à la fois d’absence et de présence, d’une présence voilée, une présence dans l’absence. Cette absence a le mérite de nous montrer le terme de la destination humaine. Elle est aussi une invitation à garder les pieds sur la terre pour travailler à l’avancée du Royaume en attendant le retour du Christ-Jésus à la fin du monde.

La fête de l’Ascension nous invite en premier lieu à lever les yeux vers le ciel où le Christ s’en est allé. Elle voudrait nous faire oublier un instant nos soucis quotidiens qu’ils soient d’ordre personnel, familial, économique ou social. Mais voilà nous aimons tellement la terre, nous tenons tellement aux biens terrestres que nous en oublions le ciel « on y pensera plus tard, le plus tard possible d’ailleurs, on n’est pas pressé » disent certains. « Et puis y a-t-il seulement un ciel ? » se demandent les autres. Mieux vaut tenir le terrestre que courir le céleste. Un match de foot est tellement plus passionnant que la Messe...

Aujourd’hui, frères et sœurs, l’Eglise nous rappelle que le but de la vie, l’essentiel, c’est le royaume qui vient, le merveilleux Paradis de Dieu.

Vous connaissez sans doute l’histoire du fou qui prend le train : le contrôleur lui demande « où allez-vous ? » et lui de répondre « je ne sais pas, mais j’y vais ». Combien de nos contemporains embarqués dans le train de la vie sans savoir pourquoi pourraient en dire autant. Le chrétien a cette chance inouïe de connaître la destination : le but de la vie n’est pas la réussite professionnelle, le mariage, la richesse ou la retraite... Tout cela d’ailleurs ne dure qu’un temps... Nous sommes faits pour beaucoup plus haut. « Dans le Notre Père nous disons : Notre Père qui est aux cieux afin de bien concevoir où il nous appelle », disait Bossuet.

L’Eglise nous montre en ce jour le Christ retourné dans la Gloire, le Christ triomphant devenant le Seigneur incontesté de tout l’univers. Son absolue seigneurie sur le monde est solennellement proclamée ! « Dieu l’a établi au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous domine ! » nous dit saint Paul. Ce triomphe est déjà un peu le nôtre : notre frère aîné est parvenu au terme : le premier de cordée a atteint le sommet et le reste de la caravane humaine est entrainée dans son sillage. « Et moi quand j’aurai été élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes ». Nous connaissons maintenant la destination de l’humanité. L’Epoux, c’est-à-dire le Christ-Jésus est dans la gloire et l’Epouse c’est-à-dire l’Eglise et toute l’humanité est appelée à le rejoindre pour les noces éternelles. Oui nous sommes faits pour cette formidable vie de communion, de contemplation d’amour et de joie qui est réservée à l’homme enfin divinisé dans l’éternité, dans la maison du Père des cieux qui est vrai « chez soi ». « Nous verrons Dieu ! disait le saint Curé d’Ars, nous le verrons tout de bon, nous le verrons tel qu’il est, face à face ».

Voilà l’essentiel, chers frères et sœurs qu’il ne faut jamais perdre de vue. N’oublions pas cependant que même si l’essentiel est la vie bienheureuse du ciel, la terre demeure le terrain de l’envol dont il ne faudrait pas s’évader trop vite. Ne soyons pas des rêvasseurs de l’éternité, ne méprisons pas notre pauvre planète, terre sainte qui devient le lieu de notre enfantement pour l’éternité.

A travers nos tâches terrestres nous fabriquons de l’éternel. Faisons donc en sorte que les biens terrestres soient autant de tremplins pour aller à Dieu : ma santé pour bien accomplir mon devoir d’état, pour gagner mon pain et rendre service à mes frères, mes richesses pour soulager la misère, l’amour de mon conjoint pour découvrir en lui l’amour de Dieu pour moi, la beauté de la création pour apprendre la louange. Même les difficultés de la vie, les déceptions et les souffrances peuvent être des chemins vers l’essentiel en inscrivant en nous la nostalgie du parfait bonheur.

Nous retiendrons enfin, chers frères et sœurs, que le départ de Jésus vers le ciel est un envoi en mission. Aux apôtres est confiée une tâche gigantesque : celle de la conversion du monde « de toutes les nations faites des disciples ». Il s’agit de baptiser tous les peuples, c'est-à-dire de faire jaillir la vie divine au cœur de tous les hommes. Il s’agit de leur enseigner tous les commandements et bien sûr en premier, celui qui les résume tous : le double commandement de l’amour : amour de Dieu et amour du prochain. Si le Christ se retire c’est justement pour laisser travailles ses apôtres, pour nous laisser travailler, car c’est nous qui en notre temps sommes changés de poursuive ce travail d’Evangélisation. C’est comme si Jésus disait « Je vous ai donné l’exemple, à vous de prendre le relais, car la rédemption, le salut des hommes c’est aussi notre affaire ».

Devant l’ampleur et les difficultés de cette tâche les ouvriers de l’Evangile ne doivent surtout pas s’effrayer. Car Jésus ne les abandonnera jamais selon sa promesse : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de monde ». Il soutiendra leur action par la grâce de son Esprit, l’Esprit-Saint qui les guidera et leur donnera constamment lumière, force et courage. Voici donc le temps de la grâce, le temps de l’Espérance qui ne déçoit pas.

Béni soit le Christ-Ressuscité qui demeure ainsi avec nous, qui marche avec nous vers le Père dans la Joie de l’Esprit-Saint.

A Lui la Gloire, à Lui notre Amour pour l’Eternité.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 17:52

Le 2e dimanche de Pâques, traditionnellement "Dimanche in albis" ("dimanche en blanc" car c'était le dernier jour où les nouveaux baptisés pouvaient porter leur habit blanc), a été nommé "Dimanche de la Miséricorde" par le Pape Jean-Paul II en l'an 2000.

Le Pape Jean-Paul II a institué en l’an 2000 le dimanche après Pâques Dimanche de la Miséricorde, en réponse à la demande du Seigneur à Sainte Faustine : « Je désire que la fête de la Miséricorde soit un recours et un refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma Miséricorde ».

L’Évangile de ce Dimanche est celui de l’apparition de Jésus ressuscité aux apôtres et à saint Thomas : Jésus vint et se tint au milieu d’eux et il leur dit : « Paix à vous ! ». Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur. Il leur dit alors de nouveau : « Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie ».

Dans son homélie du dimanche 30 avril 2000, le Saint Père explique le sens de la Miséricorde : « Avant de prononcer ces paroles, Jésus montre ses mains et son côté. C’est-à-dire qu’il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. A travers le cœur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes. Cette miséricorde, le Christ la diffuse sur l’humanité à travers l’envoi de l’Esprit qui, dans la Trinité, est la Personne - Amour. Et la miséricorde n’est-elle pas le second nom de l’amour, saisi dans son aspect le plus profond et le plus tendre, dans son aptitude à se charger de chaque besoin, en particulier dans son immense capacité de pardon ? »

Ainsi Sœur Faustine, l’Apôtre de la Miséricorde, écrit : « J’éprouve une douleur atroce, lorsque j’observe les souffrances du prochain. Toutes les souffrances du prochain se répercutent dans mon cœur ; je porte dans mon cœur leurs angoisses, de sorte qu’elles m’anéantissent également physiquement. Je voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi pour soulager mon prochain ».

C’est de cet Amour réconfortant que nous devons vivre et répondre à l’envoi du Christ en le diffusant, en particulier auprès des personnes touchées par l’épreuve, souffrantes, meurtries, blessées ou écrasées par le poids de leur culpabilité … « Chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu, le Christ a donné sa vie pour chacun » - Jean-Paul II.

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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 14:47

Lecture du livre des Actes des Apôtres 10, 34a. 37-43

Quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l'armée romaine, il prit la parole : « Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu'il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l'ont fait mourir en le pendant au bois du supplice. Et voici que Dieu l'a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais seulement aux témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts. Il nous a chargés d'annoncer au peuple et de témoigner que Dieu l'a choisi comme Juge des vivants et des morts. C'est à lui que tous les prophètes rendent ce témoignage : Tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés ».

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens 3, 1-4

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez 1es réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire.

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean 20, 1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis ». Pierre partit donc avec l'autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il voit que le linceul est resté là ; cependant il n'entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau, et il regarde le linceul resté là, et le linge qui avait recouvert la tête, non pas posé avec le linceul, mais roulé à part à sa place. C'est alors qu'entra l'autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.

Homélie

L’évènement inouï que constitue la Résurrection glorieuse de notre Sauveur est d’une importance capitale pour l’humanité et pour chacun d’entre nous. Car ce n’est pas pour Lui seul que Jésus est ressuscité, mais aussi pour nous : entre Lui qui est la tête du Corps mystique, et nous qui sommes ses membres, il existe des liens si étroits, une solidarité si réelle que sa victoire est notre victoire et que sa Résurrection est déjà notre résurrection. Depuis que le Christ est mort, qu’Il a été mis au tombeau et qu’Il est ressuscité vivant pour toujours, la mort et la mise au tombeau de ceux qui croient au Christ et espèrent en Lui ne sont plus que les étages d’un cheminement qui conduit à la joie exaltante de la Résurrection générale. Mais quel est le sens et l’intérêt véritable de ce dogme de la résurrection des corps si farouchement nié par les païens d’hier et d’aujourd’hui et les rationalistes de tous bords ? Pourquoi dans la Vie éternelle des corps ressuscités ?

Remarquons tout d’abord que ce serait une erreur grave de dire : « L’âme est immortelle et cela suffit. » Rien n’est plus étranger au christianisme que cette mentalité dédaigneuse du corps humain. L’homme n’est pas seulement une âme humaine, bien que l’âme soit la partie la plus noble de l’être humain ; l’homme c’est essentiellement une âme unie à un corps. Et c’est bien parce qu’il porte très enraciné en lui l’impérieux désir d’être complet dans sa nature que l’homme ne peut accepter la perspective d’une séparation définitive entre son âme et son corps. Or cette aspiration correspond tout-à-fait au plan de Dieu. Ce que Dieu veut, en effet, c’est qu’un être créé par Lui exprime éternellement l’idée divine d’après laquelle il a été créé, c’est-à-dire qu’il soit exactement ce qu’il doit être et qu’il ne manque rien par conséquent à sa nature. Autrement dit : ce chef d’œuvre qu’est l’homme doit être achevé et il le sera effectivement le jour où « son corps de misère sera transformé à l’image du corps glorieux de Jésus » (saint Paul).

Il nous faut donc contempler le Corps glorifié de Jésus (tel que l’Evangile nous le révèle à travers le récit de ses apparitions durant les 40 jours qui ont suivi Pâques) si nous voulons entrevoir ce que sera notre perfection finale à la Résurrection du dernier jour. Dans la lumière de cette révélation, il apparaît très clairement que l’Homme-Dieu, Jésus-Christ, reste Lui – même dans l’éternité tel que l’a fait l’épreuve terrestre : avec son expérience sensible et ses mérites, avec ce corps qui lui permettait d’agir parmi les hommes, d’aimer humainement et de souffrir comme nous ; avec aussi les cinq plaies de sa Passion, mais devenues désormais rayonnantes de sa gloire : « Voyez mes mains et mes pieds, c’est moi-même. Touchez et voyez car un esprit n’a ni chair ni os comme vous voyez que j’en ai ».

La première condition, en effet, pour qu’il y ait vraiment résurrection, c’est l’identité du corps. Il faut que le « moi » se reconstitue dans son intégralité. Ressusciter c’est donc reprendre son corps, celui-là même que nous avions au temps de notre existence terrestre : celui-là même et non un autre, ainsi que l’affirme l’Eglise infaillible dans l’un de ses Conciles : « Tous les élus et réprouvés ressusciteront avec leurs propres corps qu’ils portent maintenant ».

Dans la résurrection de la chair, notre âme qui sera dans un état de gloire (et donc toute possédée par l’Amour), transformera notre corps de l’intérieur pour que celui-ci devienne transparent à l’Amour, pour qu’il soit uniquement un instrument d’amour. Notre corps sera à l’exemple du Corps glorieux de Jésus (et aussi du corps glorieux de Marie), un corps rendu lumineux par l’amour. Il sera en fait comme du vitrail : lumineux de l’intérieur, de la lumière même du Saint-Esprit. De plus, toujours à l’image du Corps glorifié de Jésus et du corps glorifié de Marie, notre corps ressuscité se verra libéré des sujétions matérielles et des infirmités qui l’affligent pendant la vie mortelle. Il ne sera plus conditionné par le temps et par l’espace, mais il participera à l’éternité et à l’omniprésence de Dieu.

Nous sommes là en face d’un grand mystère de la Foi chrétienne : n’essayons surtout pas, en le méditant d’imaginer ce qui est au-delà de l’imagination : « Ce serait, dit saint Augustin, vouloir sortir du monde en emportant avec soi le monde ».

Nous avons beaucoup mieux à faire aujourd’hui que de rêver. L’important pour nous est de préparer activement ce triomphe ultime de la vie que sera pour nous la Résurrection. Car ce lendemain éternel dépend des heures d’ici-bas. N’est-ce pas de la graine que dépendent les fleurs et les fruits ?

Le bonheur achevé du dernier jour ne sera que l’épanouissement plénier de la Vie divine que nous possédons depuis le Baptême et qu’il nous faut développer au maximum par la prière, par les sacrements, par des progrès incessants dans la Foi, l’Espérance et l’Amour.

Jésus a dit : « Je suis la Résurrection et la Vie ».

Faisons en sorte qu’Il soit dès aujourd’hui notre vie pour qu’Il soit au dernier jour notre Résurrection.

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 20:21

Evangile du dimanche des Rameaux

Homélie

Chers frères et sœurs, Jésus nous a aimés, comme on n’a jamais aimé. C’est ce qui ressort à l’évidence de ce passage d’Evangile particulièrement émouvant que nous relate sa très amère Passion.

Non, jamais, jamais personne n’aurait pu faire pour nous ce que Lui a fait.

- Pour supporter ce qu’il a supporté, enduré ce qu’il a enduré dans son corps, mais bien plus encore dans son âme, pour accepter d’être l’Agneau de Dieu qui « porte sur lui tous les péchés du monde », il faut être fou n’est-ce pas ?

Nous laisserons-nous interpeller ce matin, par le témoignage si éclatant de cette bonté, de cette miséricorde infinie de notre Sauveur.

Saurons-nous reprendre à notre compte la parole si émouvante de saint Paul « il m’a aimé moi et il s’est livré pour moi ».

Oui le Seigneur m’a aimé, il s’est offert, il s’est sacrifié pour que je sois sauvé. Pour que je sois sauvé : que faut-il entendre par là ? Cela veut dire que Jésus m’ayant mérité par sa mort et sa résurrection la grâce de devenir enfant de Dieu, je suis appelé à participer, dès cette terre, par la foi et l’amour, à la Vie même de Dieu, vie d’intimité avec les Trois Personnes Divines que je dois faire grandir en me laissant transformer à l’image du Christ jusqu’au jour où après le grand passage de la mort mon union avec Lui s’épanouira dans le partage de son propre bonheur divin, un bonheur qui sera infiniment comblant et qui durera éternellement.

Ah ! Si nous pouvions êtres profondément convaincus que c’est cela l’essentiel et qu’en dehors de cela notre vie n’a pas de sens. Comme nous réviserions nos manières de penser et d’agir, comme nous nous efforcerions de vivre en chrétiens dignes de ce nom : nous ne pourrions plus, dès lors, nous contenter (ce qui, hélas est le cas de beaucoup) de quelques gestes religieux qui ont une certaine valeur, certes, mais sont nettement insuffisants : comme faire bénir du buis le jour des Rameaux et assister à la messe 3 ou 4 fois au cours de l’année. Nous chercherions à nouer de véritables relations d’amitié avec le Seigneur et nous aurions à cœur de les entretenir et de les approfondir... Car, nous le savons bien, le véritable amour, ne se paye pas de mots, mais se prouve par des actes... Or les actes, pour le chrétien, c’est la pratique.

- La pratique des commandements de Dieu, des vertus fondamentales de Foi, d’Espérance et de Charité et des autres vertus.

- La pratique de la Prière quotidienne, humble, confiante et persévérante.

- La pratique de la Messe dominicale.

- La pratique de la Confession sacramentelle.

Allons-nous, cette fois-ci, frères et sœurs, à l’occasion des ces fêtes pascales, sortir de notre tiédeur et répondre plus généreusement à l’amour de celui qui nous a tant aimés et ne cesse de nous entourer de sa divine tendresse ?

Demandons instamment à la Vierge Marie qui est devenue notre Mère spirituelle au pied de la Croix de nous guider vers Jésus, de nous éduquer à une vraie vie d’enfants de Dieu.

Amen.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 17:39

L’Amour plus fort que la mort, plus fort que le péché !

La Croix du Christ sur le Calvaire est aussi témoignage de la force du mal à l’égard du Fils de Dieu lui-même, à l’égard de celui qui, seul parmi tous les enfants des hommes, était par nature innocent et pur de tout péché, et dont la venue dans le monde fut exempte de la désobéissance d’Adam et de l’héritage du péché originel. Et voici qu’en lui, le Christ, justice est faite du péché au prix de son sacrifice et de son obéissance jusqu’à la mort (Ph 2,8). Lui, qui était sans péché, Dieu l’a fait péché pour nous (2 Co 5, 21).

Justice est faite aussi de la mort, qui depuis le commencement de l’histoire humaine s’était alliée au péché. Et justice est faite de la mort au prix de la mort de celui qui était sans péché et qui seul pouvait par sa propre mort détruire la mort elle-même. De la sorte, la Croix du Christ, sur laquelle le Fils, consubstantiel au Père, rend pleine justice à Dieu, est aussi une révélation radicale de la miséricorde, c’est-à-dire de l’amour qui s’oppose à ce qui constitue la racine même du mal dans l’histoire, le péché et la mort.

La Croix est le moyen le plus profond pour la divinité de se pencher sur l’homme et sur ce que l’homme, surtout dans les moments difficiles et douloureux, appelle son malheureux destin. La Croix est comme un toucher de l’amour éternel sur les blessures les plus douloureuses de l’existence terrestre de l’homme, et l’accomplissement jusqu’au bout du programme messianique que le Christ avait formulé dans la synagogue de Nazareth puis répété devant les messagers de Jean-Baptiste. Conformément aux paroles de l’ancienne prophétie d’Isaïe (Is 35,5 ; 61,1-3), ce programme consistait dans la révélation de l’amour miséricordieux envers les pauvres, ceux qui souffrent, les prisonniers, envers les aveugles, les opprimés et les pécheurs.

Dans le mystère pascal sont dépassées les limites du mal multiforme auquel participe l’homme durant son existence terrestre : la Croix du Christ, en effet, nous fait comprendre que les racines les plus profondes du mal plongent dans le péché et dans la mort ; ainsi devient-elle un signe eschatologique. C’est seulement à la fin des temps et lors du renouvellement définitif du monde qu’en tous les élus l’amour vaincra le mal en ses sources les plus profondes, en apportant comme un fruit pleinement mûr le Règne de la vie, de la sainteté, de l’immortalité glorieuse. Le fondement de cet accomplissement eschatologique est déjà contenu dans la Croix du Christ et dans sa mort.

Le fait que le Christ est ressuscité le troisième jour (1 Co 15,4) est le signe qui marque l’achèvement de la mission messianique, signe qui est le couronnement de la révélation complète de l’amour miséricordieux dans un monde soumis au mal. Il constitue en même temps le signe qui annonce à l’avance un ciel nouveau et une terre nouvelle (Ap 21,1), quand Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus ; car l’ancien monde s’en est allé (Ap 21,4).

Source : Kephas – Saint Jean-Paul II

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 14:48

Lecture du livre d'Isaïe 7, 10-14 ; 8, 10

Le Seigneur envoya le prophète Isaïe dire au roi Acaz : « Demande pour toi un signe venant du Seigneur ton Dieu, demande-le au fond des vallées ou bien en haut sur les sommets ». Acaz répondit : « Non, je n'en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l'épreuve ». Isaïe dit alors : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! Eh bien ! Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils, et on l'appellera Emmanuel, c'est-à-dire : Dieu-avec-nous ».

Lecture de la lettre aux Hébreux 10, 4-10

Il est impossible, que le péché soit enlevé par le sang des animaux. Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit, d'après le Psaume : Tu n'as pas voulu de sacrifices ni d'offrandes, mais tu m'as fait un corps. Tu n'as pas accepté les holocaustes ni les expiations pour le péché ; alors, je t'ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté, car c'est bien de moi que parle l'Écriture. Le Christ commence donc par dire : Tu n'as pas voulu ni accepté les sacrifices et les offrandes, les holocaustes et les expiations pour le péché que la Loi prescrit d'offrir. Puis il déclare : Me voici, je suis venu pour faire ta volonté. Ainsi, il supprime l'ancien culte pour établir le nouveau. Et c'est par cette volonté de Dieu que nous sommes sanctifiés, grâce à l'offrande que Jésus Christ a faite de son corps, une fois pour toutes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 26-28

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi ». À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin ». Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. Car rien n'est impossible à Dieu ». Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole ». Alors l'ange la quitta.

Homélie

Frères et sœurs, la fête de l’Annonciation est une occasion merveilleuse, au cœur de ce carême, de nous rappeler la proximité d’amour du Dieu de Jésus-Christ en qui nous croyons ! Nous croyons en un Dieu qui a voulu nous rejoindre au cœur même de notre humanité : notre vie, nos joies et nos peines, notre travail, nos choix, notre foi ou nos doutes, tout cela l’intéresse et le concerne ! Puisque Dieu est notre Créateur, il se passionne pour ses créatures… Puisqu’il est source de vie, il s’intègre à nos existences… Et voilà le Mystère de l’Incarnation, Dieu fait homme en Jésus-Christ ! Nous sommes là au cœur de notre foi chrétienne : le Seigneur ne pouvait pas se résoudre à voir l’humanité se détourner de lui, désespérer, se perdre. Il fallait réagir ! Et la réaction de Dieu est une réaction de vie et d’amour, qui va prendre corps dans une naissance comparable à la nôtre… Il fallait pour cela qu’une femme et son compagnon acceptent de porter ce projet un peu fou : Marie et Joseph ont donc été appelés par Dieu pour ouvrir les portes de leur cœur à toute l’espérance du monde ; et ils ont dit « oui » ! Ils ont consenti à ce défi incroyable, en répondant avec simplicité, avec foi, avec courage, avec joie à cet appel. Tout n’a pas été facile, pourtant. Mais Marie et Joseph, par leur témoignage de vie, nous rappellent que rien n’est impossible à Dieu ; que la confiance, la prière, la foi ouvrent des passages même lorsque la voie semble inaccessible. La fête de l’Annonciation nous promet que le Seigneur est tout proche du cœur de chacun d’entre nous ; il se propose à notre amour ; il s’invite au plus près de nos vies ; il nous appelle à la rencontre avec lui et avec nos frères, comme Marie avec sa cousine Élisabeth. Dieu se révèle en Jésus-Christ, et cette révélation commence par la venue d’un enfant : étonnante humilité du Seigneur, qui nous appelle à l’accueil du plus petit, du plus pauvre, du plus démuni, et à reconnaître son visage dans celui de nos frères… Merci, Seigneur, d’être venu dans notre monde ; merci de prendre au sérieux notre vie, de l’épouser depuis la conception jusqu’à la mort ; merci de te faire tellement l’un de nous que nous en sommes divinisés ; merci, en ce temps de carême, de nous offrir ton pardon pour que nous nous ouvrions nous-mêmes à la compassion… Donne-nous, cette semaine, d’être tellement heureux du bonheur que tu nous annonces, que nous puissions en rayonner autour de nous ! Que notre prière, nos actes, nos solidarités soient les signes de ton amour auprès de tous nos frères ! Amen.

Alain-Noël Gentil, Prêtre

Paroisse Saint Martin du Néron

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 21:22

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer !

« Revenez à moi de tout votre cœur, […] revenez au Seigneur votre Dieu » (Joël 2, 12.13) : c’est le cri par lequel le prophète Joël s’adresse au peuple au nom du Seigneur ; personne ne pouvait se sentir exclu : « Rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ; […] le jeune époux […] et la jeune mariée » (v. 16). Tout le peuple fidèle est convoqué pour se mettre en chemin et adorer son Dieu, « car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (v. 13).

Nous voulons nous aussi nous faire l’écho de cet appel, nous voulons revenir au cœur miséricordieux du Père. En ce temps de grâce que nous commençons aujourd’hui, fixons une fois encore notre regard sur sa miséricorde. La Carême est un chemin : il nous conduit à la victoire de la miséricorde sur tout ce qui cherche à nous écraser ou à nous réduire à quelque chose qui ne convient pas à la dignité des fils de Dieu. Le Carême est la route de l’esclavage à la liberté, de la souffrance à la joie, de la mort à la vie. Le geste des cendres par lequel nous nous mettons en chemin nous rappelle notre condition d’origine : nous avons été tirés de la terre, nous sommes faits de poussière. Oui, mais poussière dans les mains amoureuses de Dieu qui souffle son Esprit de vie sur chacun de nous et veut continuer à le faire ; il veut continuer à nous donner ce souffle de vie qui nous sauve des autres types de souffle : l’asphyxie étouffante provoquée par nos égoïsmes, asphyxie étouffante générée par des ambitions mesquines et des indifférences silencieuses ; asphyxie qui étouffe l’esprit, réduit l’horizon et anesthésie les battements du cœur. Le souffle de la vie de Dieu nous sauve de cette asphyxie qui éteint notre foi, refroidit notre charité et détruit notre espérance. Vivre le Carême c’est désirer ardemment ce souffle de vie que notre Père ne cesse de nous offrir dans la fange de notre histoire.

Le souffle de la vie de Dieu nous libère de cette asphyxie dont, souvent nous ne sommes pas conscients, et que nous sommes même habitués à « normaliser », même si ses effets se font sentir ; cela nous semble « normal » car nous sommes habitués à respirer un air où l’espérance est raréfiée, un air de tristesse et de résignation, un air étouffant de panique et d’hostilité.

Le Carême est le temps pour dire non. Non à l’asphyxie de l’esprit par la pollution causée par l’indifférence, par la négligence à penser que la vie de l’autre ne me regarde pas, par toute tentative de banaliser la vie, spécialement celle de ceux qui portent dans leur chair le poids de tant de superficialité. Le Carême veut dire non à la pollution intoxicante des paroles vides et qui n’ont pas de sens, de la critique grossière et rapide, des analyses simplistes qui ne réussissent pas à embrasser la complexité des problèmes humains, spécialement les problèmes de tous ceux qui souffrent le plus. Le Carême est le temps pour dire non ; non à l’asphyxie d’une prière qui nous tranquillise la conscience, d’une aumône qui nous rend satisfaits, d’un jeûne qui nous fait nous sentir bien. Le Carême est le temps pour dire non à l’asphyxie qui nait des intimismes qui excluent, qui veulent arriver à Dieu en esquivant les plaies du Christ présentes dans les plaies des frères : ces spiritualités qui réduisent la foi à une culture de ghetto et d’exclusion.

Le Carême est le temps de la mémoire, c’est le temps pour penser et nous demander : qu’en serait-il de nous si Dieu nous avait fermé la porte. Qu’en serait-il de nous sans sa miséricorde qui ne s’est pas lassée de pardonner et qui nous a toujours donné l’occasion de recommencer à nouveau ? Le Carême est le temps pour nous demander : où serions-nous sans l’aide de tant de visages silencieux qui, de mille manières, nous ont tendu la main et qui, par des gestes très concrets, nous ont redonné l’espérance et nous ont aidé à recommencer ?

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer, c’est le temps pour ouvrir le cœur au souffle de l’Unique capable de transformer notre poussière en humanité. Il n’est pas le temps pour déchirer nos vêtements face au mal qui nous entoure, mais plutôt pour faire de la place dans notre vie à tout le bien que nous pouvons faire, nous dépouillant de tout ce qui nous isole, nous ferme et nous paralyse. Le Carême est le temps de la compassion pour dire avec le psalmiste : « Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne », pour que par notre vie nous proclamions ta louange (cf. Ps 51, 14), et pour que notre poussière – par la force de ton souffle de vie – se transforme en « poussière aimée ».

Pape François le 1er mars 2017.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 08:08

«Ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra»

Le carême en tant que période intense de préparation à la grande fête de Pâques remonte au 4e siècle. Il visait alors un double objectif :

  • préparer les nouveaux chrétiens à recevoir le baptême pendant la nuit pascale ;
  • et permettre aux autres chrétiens de renouveler les promesses de leur baptême.

À partir du 8e siècle, les cendres ont été introduites comme signe de pénitence publique. C’est un symbole qui nous vient de l’Ancien Testament. Au tout début du carême, les chrétiens se reconnaissaient pécheurs en «recevant les cendres» et «ils étaient symboliquement expulsés de l’église». Ce geste reprenait, dans un certain sens, celui de Dieu qui chassait Adam et Ève du paradis, après leur refus d’une alliance avec lui. (Genèse 3). Ces mêmes chrétiens seront «réintégrés à la communauté chrétienne» après une période de prière, de jeûne, de partage et de conversion.

Ce n’est que plus tard, au Moyen Âge, que l’imposition des cendres a pris un sens différent : celui de la fragilité humaine et de la brièveté de la vie : «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière». Ce symbole était alors lié à la mort et à la tombe. C’est habituellement le sens que nous retenons aujourd’hui.

Le sens initial de la pénitence et de l’expiation pour le péché, développé au 8e siècle, reste valide encore aujourd’hui. «L’homme et la femme poussière» sont l’image de l’être humain qui s’éloigne de Dieu, qui refuse le dialogue et qui marche sur la route de la mort. «L’être humain poussière» est celui ou celle qui s’oppose à Dieu et qui lui tourne le dos, comme Adam et Ève et comme l’enfant prodigue.

Cependant, dans cet itinéraire dramatique d’éloignement, il existe toujours la possibilité du retour à nos origines. Nous sommes donc invités à revenir vers Dieu qui nous ouvre les bras. Nous sommes invités à fonder notre vie quotidienne sur les trois piliers de la spiritualité juive : la prière, le jeûne et l’aumône.

La prière. Les Juifs du temps de Jésus priaient trois fois par jour : à 9h, à midi et à 15h. Plusieurs le font encore aujourd’hui. La prière faisait partie de l’activité quotidienne. Elle permettait d’être en contact régulier avec Dieu et de découvrir sa volonté. Le carême nous invite à redécouvrir cette habitude à travers les heures de la journée.

Le jeûne. Comme la prière, le jeûne tient une place de choix dans toute spiritualité, non pas pour nous faire perdre quelques kilos, mais pour nous libérer de l’instinct de posséder et d’accumuler inutilement, pour nous rappeler que nus nous sommes venus au monde et nus nous le quitterons. Nous ne pourrons prendre avec nous dans la tombe aucune de ces richesses accumulées avec tant d’effort.

L'aumône. Troisième pilier de la spiritualité juive, l’aumône est une façon d’imiter la générosité de Dieu, particulièrement envers les plus démunis. Comme le dit Saint Matthieu dans son évangile, nous serons jugés sur le partage de nos biens, de notre temps, de nos talents : «J’avais faim, vous m’avez donné à manger..., j’étais nu, vous m’avez vêtu…, j’étais malade et en prison, vous êtes venus me visiter…» Nous sommes invités à partager non seulement notre argent mais aussi ce que nous avons de plus précieux : l’amour, la compassion, la compréhension et le pardon.

Dans la Bible, l’aumône est toujours étroitement reliée au jeûne : «le jeûne que le Seigneur préfère, c’est partager son pain avec l’affamé, aider ceux qui sont dans la misère, vêtir ceux qui n’ont pas de vêtements.» (Isaïe 58, 7)

La période du carême est un temps idéal pour alimenter notre foi à la source de ces trois piliers de la spiritualité : la prière, le jeûne et l’aumône.

Dans l’histoire de l’Église, le carême a toujours été présenté comme un nouveau printemps, comme un temps de renouvellement. Ce n’est pas une période de tristesse mais de joie profonde de nous savoir accueilli, pardonné et aimé de Dieu. Le carême nous redonne l’espérance qui parfois semble étouffée par les maladies, les malchances et les malheurs de toutes sortes. Nous sommes invités à redécouvrir Dieu dans nos vies. Le carême, c’est le printemps de Dieu.

Père Yvon-Michel Allard

 

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 16:17

Source : http://louis-antoine83.over-blog.com/article-le-bapteme-de-jesus-114350761.html (Fresque de la chapelle Saint Jean à Tourettes sur Loup).

Année A

Lecture du livre d'Isaïe 42, 1-4.6-7

Ainsi parle le Seigneur : Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j'ai mis toute ma joie. J'ai fait reposer sur lui mon esprit ; devant les nations, il fera paraître le jugement que j'ai prononcé. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, il fera paraître le jugement en toute fidélité. Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé, jusqu'à ce qu'il impose mon jugement dans le pays, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses instructions. Moi, le Seigneur, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai pris par la main, je t'ai mis à part, j'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple et la lumière des nations ; tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et de leur cachot ceux qui habitent les ténèbres.

Lecture du livre des Actes des Apôtres 10, 34-38

Quand Pierre arriva à Césarée, chez un centurion de l’armée romaine, il s'adressa à ceux qui étaient là : « en vérité, je le comprends : Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste. Il a envoyé la Parole aux fils d'Israël, pour leur annoncer la paix par Jésus Christ : c'est lui, Jésus, qui est le Seigneur de tous. Vous savez ce qui s'est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l'a consacré par l'Esprit Saint et rempli de sa force. Là où il passait, il faisait le bien, et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. Car Dieu était avec lui ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3, 13-17

Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste ». Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour ».

Année C

Lecture du livre d'Isaïe 40,1-5 9-11

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné, qu’elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes ». Une voix proclame : « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides, une route aplanie pour notre Dieu. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droit et les escarpements seront changés en plaine. Alors la gloire du Seigneur se lèvera, et tous en même temps verront que la bouche du Seigneur a parlé ». Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Élève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Élève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda : « Voici votre Dieu ! » Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux. Le fruit de sa victoire l’accompagne et ses trophées le précèdent. Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2, 11-14 3, 4-7

La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. C’est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d’ici-bas, pour vivre dans le temps présent en hommes raisonnables, justes et religieux, et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera de Jésus-Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les hommes ; il nous a sauvés. Il l’a fait dans sa miséricorde et non pas à cause d’actes méritoires que nous aurions accomplis par nous-mêmes. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur ; ainsi, par sa grâce, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l’espérance l’héritage de la vie éternelle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3, 15-16 21-22

Le peuple venu auprès de Jean-Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu ».

Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été baptisé lui aussi, alors le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence corporelle, comme une colombe, Du ciel, une voix se fit entendre : « C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ».

Homélie

Après avoir fêté l’Epiphanie qui était la manifestation de Dieu dans le petit enfant de la crèche, voici que nous célébrons aujourd’hui une autre Epiphanie : la manifestation qui inaugure la Vie publique de Jésus, sa vie de grand missionnaire envoyé par le Père. Il s’agit de son Baptême. Une question se pose chaque fois que nous entendons cet Evangile : pourquoi Jésus a-t-il voulu recevoir le Baptême de pénitence donné par Jean-Baptiste ? Je réponds tout de suite : ce n’est pas pour Lui, c’est pour nous.

Ce n’est pas pour Lui : certes, il est là dans la foule, attendant d’être plongé à son tour dans les eaux du Jourdain, en apparences, rien ne le distingue et pourtant il n’est pas un homme comme les autres, car il porte au fond de lui-même un secret, un très grand mystère... et c’est la voix de Dieu le Père qui lève le voile sur ce mystère lorsque depuis le ciel qui s’est déchiré au-dessus de Jésus, il déclare très solennellement (pour l’année C) « c’est Toi, mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré »  et (pour l’année A) « c’est Toi, mon Fils Bien-aimé, en Toi j’ai mis tout mon amour ».

La voilà mise en lumière dès le commencement de sa vie publique, la véritable personnalité, absolument unique de Jésus : Il est le Fils Bien-aimé du Père, à la fois Dieu et Homme parfaitement Dieu et parfaitement homme. Lui, qui de toute éternité est la parfaite Image du Père, qui lui est égal en toutes choses, il a voulu prendre dans le sein de la Vierge Marie une nature en tout semblable à la nôtre, sauf le péché. Etant sans péché, d’une sainteté totale, Jésus n’a pas besoin de recevoir le Baptême de Jean qui est un rite symbolique, réservé aux pécheurs qui veulent se convertir après avoir reconnu et avoué leurs fautes.

S’il tient à accomplir cette démarche exceptionnelle dans un grand acte d’humilité, un grand abaissement, ce n’est donc pas pour Lui, c’est pour nous. Lui qui est descendu du ciel pour être notre Rédempteur et Sauveur, il veut se rendre solidaire des pauvres pécheurs que nous sommes, il veut prendre sur Lui tous les péchés de tous les hommes, signifiant ainsi que Dieu se fait présent à l’intérieur de nos misères et que là où abonde le péché, surabonde son amour miséricordieux. On peut dire qu’en plongeant son corps très saint dans les eaux du Jourdain, Jésus nous y plongeait tous avec Lui et y noyait déjà tous les péchés du monde.

Ce qu’il importe aussi de bien comprendre, frères et sœurs, c’est que pour Jésus, le fait d’entrer dans l’eau du Jourdain signifie qu’il a conscience de s’engager sur une voie qui le conduira jusqu’en sacrifice suprême, ce sacrifice de la Croix, grâce auquel il pourra donner la mesure la plus extrême de son amour et procurer ainsi à tous les hommes, pardon et purification.

N’oublions pas que pour désigner ce sacrifice rédempteur, Jésus lui-même s’est servi de l’image du Baptême : « Je dois recevoir un Baptême et comme j’ai hâte qu’il soit consommé ».

Quel mystère, frères et sœurs ! Jésus, sur la Croix a reçu un Baptême de Sang, et c’est dans ce sang que l’humanité toute a été baptisée d’un Baptême collectif d’une efficacité infinie. Baptême que chaque être humain dans le temps de son existence n’a plus qu’à accepter volontairement dans un acte personnel d’union au Christ. C’est incorporation au Christ, c’est le sacrement de Baptême donné par l’Eglise qui l’a réalisée pour chacun et chacune d’entre nous. Voilà pourquoi il fut un évènement décisif sont on ne soulignera jamais assez l’importance. C’est à ce moment-là en effet, que nous sommes « nés de Dieu », devenus des fils et filles de Dieu appelés à être d’autres christ, des copies vivantes de Jésus !

N’est-ce pas merveilleux, frères et sœurs ? Mais avons-nous bien mesuré tout ce que cela implique ?

Nous savons que depuis sa Résurrection et son retour au ciel au jour de son Ascension, Jésus ne vit plus ici-bas dans son Corps historique (ce corps physique semblable au nôtre qui a été le sien durant 33 ans) mais qu’il continue cependant à vivre sur terre à travers les membres de son Corps mystique, c’est-à-dire à travers les baptisés. C’est donc à travers nos vies qu’il désire continuer tous ses mystères, propager son message de salut et transfuser son amour. C’est à travers nos décisions qu’il veut agir concrètement dans le monde. C’est grâce à nos paroles et à notre témoignage qu’il veut conduire les hommes à la Lumière de la Foi, c’est avec nos cœurs remplis de son amour qu’il veut aimer nos frères les plus proches comme les plus lointains. Autrement dit : le baptisé, c’est quelqu’un qui prête son humanité à Dieu pour qu’il en dispose à son gré en faveur de la mission, pour l’extension de son règne. Le baptisé, le chrétien c’est quelqu’un qui joue le rôle de Jésus, qui le joue vraiment se comportant entres choses comme Jésus se comporterait s’il était à sa place.

Frères et sœurs, si nous avons bien compris cela, nous n’avons pas de droit de vivre dans la médiocrité, dans cette tiédeur qui caractérise aujourd’hui tant et tant de baptisés. Nous savons que le Seigneur juge avec une particulière sévérité cet état de paresse spirituelle : « Je connais ta conduite, déclare-t-il, à celui qui est tiède, tu n’es ni froid ni chaud, que n’es-tu l’un ou l’autre ? Ainsi puisque te voilà tiède, ni chaud, ni froid, je vais te vomir de ma bouche... » (Apoc. 3)

Alors, si cela s’avère nécessaire, ressaisissons-nous, ravivons notre ferveur de manière à pouvoir répondre pleinement à notre vocation baptismale qui est une vocation à la sainteté, à l’image de Marie, la Toute-Sainte.

Une dernière remarque pour conclure. Chacun devient ce pour quoi il vit ou ce qu’il recherche.

  • Qui recherche les choses vaines deviendra superficiel et inconsistant.
  • Qui recherche le péché, deviendra pécheur.
  • Mais qui recherche Dieu et une communion intime avec Lui sera Divinisé.
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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 00:05

Heilige drei Könige

Lecture du Livre d'Isaïe 60, 1-6

Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Regarde : l’obscurité recouvre la terre, les ténèbres couvrent les peuples ; mais sur toi se lève le Seigneur, et sa gloire brille sur toi. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux, regarde autour de toi : tous, ils se rassemblent, ils arrivent ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur les bras. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi avec toi les richesses des nations. Des foules de chameaux t’envahiront, des dromadaires de Madiane et d’Épha. Tous les gens de Saba viendront, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges du Seigneur.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3, 2-3a 5-6

Frères, vous avez appris, je pense, en quoi consiste la grâce que Dieu m’a donnée pour vous : par révélation, il m’a fait connaître le mystère du Christ. Ce mystère il ne l’avait pas fait connaître aux hommes des générations passées, comme il a été révélé maintenant par l’Esprit à ses saints Apôtres et à ses prophètes. Ce mystère, c’est que les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 1-12

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d’inquiétude, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, en Judée, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée, car de toi sortira un chef, qui sera le berger d’Israël mon peuple ». Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, avertissez-moi pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui ». Sur ces paroles du roi, ils partirent.

Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s’arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils éprouvèrent une très grande joie. En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Homélie

Ces Mages dont saint Matthieu vient de nous conter l’étonnante aventure, ne sont rien d’autre que des hommes de bonne volonté qui n’ont pas hésité à se mettre en route, qui ont vu et qui ont cru.

Essayons, si vous le voulez bien, de suivre leur cheminement vers Jésus... Nous y trouverons de précieux enseignements pour la conduite de notre vie chrétienne.

Les Mages (saint Matthieu prend soin de le préciser) ne sont pas des Juifs : ils viennent d’Orient. Ils ne peuvent donc pas se référer à l’histoire que le peuple élu a vécue avec Dieu ; ils n’ont pas bénéficié de la révélation qui lui a été faite. Mais dans leur bonne volonté on trouve tout d’abord une première qualité qui est l’attention. Ces Mages sont des savants qui s’adonnent à l’étude des astres. Ils sont donc attentifs par profession, capables de s’abstraire des réalités terrestres (si accaparantes pour d’autres), afin de se vouer aux œuvres désintéressés de l’esprit. Ils n’auraient pas distingué cette étoile nouvelle, sans cette grande et consciencieuse attention qui est la leur. Ils n’ont, d’ailleurs, pas plus bouché leurs oreilles que leurs yeux. Car il a bien fallu qu’ils entendent parler d’un Roi pas comme les autres, qui devait naître un jour au pays des Juifs et qui aurait une étoile. L’ont-ils appris par une tradition ancienne ou par une révélation privée ? Peu importe, ils le savent et lorsque l’évènement survient ils ne sont pas pris de court.

Ainsi de nous, frères et sœurs, nous devons scruter le ciel pour y découvrir l’étoile qui mène à Jésus. La première qualité d’un homme de bonne volonté est dans une très grande attention à la vérité. Attention à tout ce qui dans le monde est capable de nous parler de Dieu. Et tout d’abord la nature qui dit tant de choses à ceux qui savent la regarder avec des yeux d’enfants, ensuite les évènements du monde, ou de notre vie, qui sont à leur manière porteurs de messages divins, et enfin notre conscience qui est habitée par une inquiétude et une attente que rien d’humain ne saurait vraiment combler. Et Dieu, bien sûr, peut encore nous attirer par quantité d’autres signes à notre mesure. Ces signes nous saurons les discerner si nous sommes très attentifs : c’est-à-dire à la fois ouverts et recueillis.

Les Mages sont aussi des hommes disponibles, capables de se déranger. C’est ce qui ressort de leur détermination à se laisser conduire là où veut les entrainer l’étoile découverte. La manière de Dieu n’a pas changé depuis Abraham dont toute l’histoire avait commencé par cet appel : « Va-t-en, quitte ton pays, la maison de ton père. Va dans le pays que je te montrerai ». Pour jouer le jeu de Dieu, il faut toujours accepter une aventure. Car Dieu, voyez-vous, n’aime pas les gens installés : installés dans leur richesse, dans leur personnage, voire leur vertu. Sans cesse Dieu dérange ou déroute ceux qu’il aime. Pourquoi ? Parce que le Royaume des Cieux n’appartiendra qu’à des cœurs pauvres. Aussi bien est-ce un test de pauvreté qui est demandé aux Mages. Vont-ils préférer l’installation et la routine où bien les risques de l’aventure ?

Et nous frères et sœurs, ne serions-nous pas de ceux qui ont découvert l’étoile, mais n’osent pas la suivre ! Trop souvent, nous avons peur d’être conduits dans un pays inconnu dont on ne sait pas ce qu’il exigera de nous. Vivre selon sa foi, être chrétien, c’est toujours accepter une aventure, mais c’est la plus merveilleuse de toutes, car elle conduit toujours (si on la mène complètement) jusqu’à ce Dieu d’amour qui a voulu à Noël s’humaniser afin de nous diviniser.

Donc, des hommes attentifs, ces Mages et capables de se déranger, mais aussi des humbles qui acceptent de consulter d’autres sources que les leurs pour déterminer par où doit passer leur route. L’étoile aurait pu les mener directement à Bethléem. En fait, les Mages, qui ont vu dans leur pays l’étoile du Roi des Juifs, se dirigent d’abord tout naturellement vers Jérusalem qui est la capitale des Juifs. Or, à Jérusalem, l’étoile n’est pas au rendez-vous. Ils ressemblent alors un peu à des gens qui ont perdu leur chemin et ils demandent « où est le Roi des Juifs qui vient de naître ? » Les théologiens consultés par Hérode concluent que c’est à Bethléem que doit naître le Messie. Le renseignement est donné aux Mages qui, en reprenant la route de Bethléem retrouvent dans la joie leur étoile. Mais notons-le bien, les théologiens juifs, pas plus qu’Hérode, ne se sont dérangés.

Frères et sœurs, pour les hommes de bonne volonté que nous sommes, sachons aussi qu’il ne suffit pas de se fier à son étoile ou de faire confiance à la sûreté de son jugement : il faut passer par la Révélation objective. Il ne suffit pas d’avoir bonne volonté, il faut accueillir la Parole de Dieu. Il faut passer par Jérusalem, c’est-à-dire par l’Eglise. Il est vrai, hélas, qu’à Jérusalem, dans l’Eglise (et nous sommes l’Eglise) on peut rencontrer des hommes qui devraient être les premiers à se déranger et qui ne bougent pas. Nous avons ici, nous chrétiens, à faire un examen de conscience : ne ressemblons-nous pas trop souvent à des sentinelles endormies. Il ne suffit pas, en effet, d’être bien pensant pour être vraiment chrétien. Il ne suffit pas de posséder la vérité et même de la transmettre pour qu’elle nous sauve. Il faut en vivre. Ils seront jugés plus sévèrement, au jour du Jugement, ceux qui avaient reçu la vérité vivante, mais qui l’ont laissé devenir entre leurs mains comme un fruit mort.

Notons enfin qu’à Bethléem les Mages ne vont trouver qu’une humble maison, habitée par un ménage de pauvres gens : Marie et Joseph, qui veillent Jésus leur petit enfant. Ils cherchent le Roi des Juifs et ils ne trouvent qu’un enfant pauvre. Et pourtant sans hésiter, dès qu’ils sont arrivés, ils se prosternent devant Lui et ils l’adorent.

Ici, nous l’aurons tous compris, frères et sœurs, c’est une dimension nouvelle qui intervient : celle qui donne au regard cette pénétration privilégiée qui permet de voir l’invisible dans le visible. La foi n’est rien d’autre que cela. L’attention, la disponibilité, l’humilité ce ne sont que des attitudes « des qualités » qui préparent l’âme, sans pour autant la déterminer à croire. Mais pour voir dans cet enfant pauvre, le Messie, le Roi d’un Royaume spirituel, il faut quelque chose de plus : cette lumière de la foi qui ne vient que de Dieu. A partir de ce moment-là tout change de registre. Les hommes de bonne volonté deviennent des croyants. Pour les Mages, l’étoile peut maintenant disparaître, elle brûle au fond de leur cœur.

Chers frères et sœurs, Jésus attend toujours que viennent à Lui les hommes de bonne volonté, tous les hommes de bonne volonté. Le rendez-vous de Bethléem est pour tous. Tous sont convoqués. Mais avons-nous assez conscience, que l’étoile par laquelle le Seigneur veut leur faire signe n’est autre que nous...

Faisons donc en sorte que le rayonnement de notre vie chrétienne soit assez intense pour attirer leur attention et les convaincre de s’engager, à leur tour sur la route qui conduit, par la foi et l’amour, à la rencontre de Jésus, l’Unique Sauveur.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 17:41

 

Année A

Lecture du livre de Ben Sirac le Sage 3, 2-6.12-14

Le Seigneur glorifie le père dans ses enfants, il renforce l'autorité de la mère sur ses fils. Celui qui honore son père obtient le pardon de ses fautes, celui qui glorifie sa mère est comme celui qui amasse un trésor. Celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants, au jour de sa prière il sera exaucé. Celui qui glorifie son père verra de longs jours, celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère. Mon fils, soutiens ton père dans sa vieillesse, ne le chagrine pas pendant sa vie. Même si son esprit l'abandonne, sois indulgent, ne le méprise pas, toi qui es en pleine force. Car ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée, et elle relèvera ta maison si elle est ruinée par le péché.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 3, 12-21

Frère, puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes ses fidèles et ses bien-aimés, revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous mutuellement, et pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonné, faites de même. Par-dessus tout cela, qu'il y ait l'amour : c'est lui qui fait l'unité dans la perfection. Et que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ à laquelle vous avez été appelés pour former en lui un seul corps. Vivez dans l'action de grâce. Que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse ; par des psaumes, des hymnes et de libres louanges, chantez à Dieu, dans vos cœurs, votre reconnaissance. Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père. Vous les femmes, soyez soumises à votre mari ; dans le Seigneur, c'est ce qui convient. Et vous les hommes, aimez votre femme, ne soyez pas désagréables avec elle. Vous les enfants, en toutes choses écoutez vos parents ; dans le Seigneur, c'est cela qui est beau. Et vous les parents, n'exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 2, 13-15.19-23

Après le départ des mages, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit: « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr ». Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils. Après la mort d'Hérode, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et reviens au pays d'Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant ». Joseph se leva, prit l'enfant et sa mère, et rentra au pays d'Israël. Mais, apprenant qu'Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s'y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen.

Année C

Lecture du premier livre de Samuel 1,20-22, 24-28

Le temps venu, Anne conçut et mit au monde un fils ; elle lui donna le nom de Samuel (c’est-à-dire : Dieu exauce) « Je l’ai demandé au Seigneur ». Elcana, son mari, monta au sanctuaire avec toute sa famille pour offrir au Seigneur le sacrifice habituel et celui du vœu pour la naissance de l’enfant. Anne, elle, n’y monta pas. Elle dit à son mari : « Quand l’enfant sera sevré, je l’emmènerai : il sera présenté au Seigneur, et il restera là pour toujours ». Lorsque Samuel eut été sevré, Anne, sa mère, le conduisit à la Maison du Seigneur, à Silo ; elle avait pris avec elle un taureau de trois ans, un sac de farine et une outre de vin. On offrit le taureau en sacrifice, et on présenta l’enfant au prêtre Éli. Anne lui dit alors : « Écoute-moi, mon Seigneur, je t’en prie ! Aussi vrai que tu es vivant, je suis cette femme qui se tenait ici près de toi en priant le Seigneur. C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. À mon tour je le donne au Seigneur. Il demeurera donné au Seigneur tous les jours de sa vie ». Alors ils se prosternèrent devant le Seigneur.

Lecture de la première lettre de saint Jean 3, 1-2 21-24

Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, – et nous le sommes. Voilà pourquoi le monde ne peut pas nous connaître : puisqu’il n’a pas découvert Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est.

Mes bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu, et tout ce que nous lui demandons, il nous l’accorde, parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît. Or, voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé. Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné son Esprit.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 41-52

Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s’en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s’en aperçoivent. Pensant qu’il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comment nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être ». Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait. Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait en son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, sous le regard de Dieu et des hommes.

Homélie

Chers frères et sœurs, lorsqu’à Noël Dieu vient habiter parmi nous, il entre dans une famille. Et comme les bergers et les mages, nous aimons à travers les crèches de nos maisons et de nos églises retrouver nos yeux d’enfants pour contempler cette famille toute simple, cette Sainte Famille où Dieu se fait vraiment homme et fait l’apprentissage de sa vie d’homme sous la conduite très sage de ces éducateurs hors-pair que sont Marie et Joseph.

Dieu aurait pu choisir de venir parmi nous autrement. Mais il a voulu emprunter la route de tout homme et de tous les hommes. Il a choisi ce chemin de la famille où à travers l’enfance et l’adolescence, un être humain arrive à maturité.

La famille nous le savons tous plus ou moins clairement, plus ou moins difficilement ou douloureusement selon notre histoire, c’est un lieu où se joue quelque chose d’essentiel pour notre humanité. Elle constitue un espace où l’homme vit, se développe, confirme sa vocation, où il devient homme et où il est toujours davantage homme.

Si l’Eglise nous parle souvent de la famille, c’est parce qu’elle a la certitude, que c’est d’abord en elle et par elle que se construit et s’humanise la personne humaine. Il y va, d’ailleurs de notre bonheur, car c’est à travers la vie de famille que nous apprenons à donner un sens à notre existence en découvrant que nous sommes faits pour « aimer et être aimés ». Au sein de la famille, l’enfant puis l’adolescent, à travers ses relations à ses parents et à ses frères et sœurs expérimente ce qu’est la tendresse, le don de soi, la solidarité, l’accueil de l’autre dans ses différences. Chacun découvre ainsi qu’il est un être fait pour vivre avec d’autres, un être de communion et de partage et cela, au-delà des âges et des générations et dans la diversité des histoires et des opinions.

Nous avons tous présents à l’esprit ces gestes tout simples, mais chargés de signification qui dans le secret des familles tissent un peu plus d’amour et donc un peu plus de bonheur. C’est à tout cela que saint Paul nous invite dans sa lettre aux Colossiens : « Revêtez votre cœur de tendresse et de bonté, d’humilité, de douceur, de patience... », et il ajoutait avec insistance « Pardonnez si vous avez des reproches à vous faire. Agissez comme le Seigneur : il vous a pardonnés, faites de même ». Car la famille c’est aussi le lieu où l’on apprend le pardon et nous savons tous combien il est difficile de pardonner dans nos problèmes familiaux.

Finalement, pour cela in n’est pas besoin de grands discours : ce sont les petits gestes de la vie ordinaire en direction tout d’abord de nos proches, qui construisent peu à peu la qualité de nos relations aux autres :

- c’est par exemple, le souci le plus petit dans la famille qui nous apprend à voir l’injustice et à la combattre,

- c’est la vie familiale qui peut apprendre à tisser et retisser le lien social et à rendre plus conviviale la vie de nos quartiers ou de nos villages.

Si nous voulons transformer un peu notre monde en vivant un peu plus de solidarité et de fraternité, c’est à l’évidence dans et par la famille qu’il faut commencer. Il est clair que ce n’est pas toujours facile ; il est clair que les situations sont parfois complexes et difficiles à assumer. Il ne s’agit pas de rêver la famille, il s’agit de tout mettre en œuvre pour l’édifier sur des bases solides.

La famille, en effet, ne tombe pas du ciel toute prête à consommer ou à utiliser. De même que dans un couple l’amour demeure vivant s’il se construit jour après jour, de même la vie de famille dépend de chacun de ses membres, du désir et de la volonté de chacun d’en faire un lieu de vie, de vérité et d’amour.

Chers frères et sœurs, c’est donc un grand projet que Dieu vient réaliser en prenant à Noël une nature humaine semblable à la nôtre : il veut faire de toute l’humanité une même famille en réconciliant tous les hommes, en détruisant les murs de la haine et les frontières qui séparent les différentes classes, les races ou les nations.

Ce projet grandiose, ne l’oublions jamais, commence à se réaliser concrètement d’abord dans nos cœurs dans la mesure où ils sont des foyers de lumière et d’amour, et ensuite dans nos propres familles dans la mesure où elles sont capables d’accueillir l’Esprit de Paix que Jésus a promis à tous ceux qui veulent aimer en vérité, aimer comme Jésus, Marie et Joseph ont toujours aimé.

Puissions-nous, chers frères et sœurs, contempler très souvent la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Elle est le prototype et l’exemple de toutes les familles chrétiennes. Elle, qui d’une manière incomparablement élevée et pure, a glorifié Dieu ne manquera pas d’assister nos familles dans la fidélité à leurs devoirs quotidiens, dans l’ouverture généreuse aux besoins des autres et dans l’accomplissement joyeux du plan de Dieu sur elles.

Amen.

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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