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15 novembre 2020 7 15 /11 /novembre /2020 21:36

Lecture du livre d'Ézékiel 34, 11-12. 15-17

Comme un berger attentif à son troupeau, le Seigneur s’apprête à conduire lui-même son peuple et à faire le tri entre les brebis.

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que moi-même, je m’occuperai de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de nuages et de sombres nuées. C’est moi qui ferai paître mon troupeau, et c’est moi qui le ferai reposer, - oracle du Seigneur Dieu. La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître selon le droit. Et toi, mon troupeau – ainsi parle le Seigneur Dieu –, voici que je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs. – Parole du Seigneur.

Commentaire : C’est l’exil. À cause de leurs rêves de grandeur et de puissance, après bien des guerres malheureuses, les rois que s’est donnés le peuple de Dieu l’ont mené à cette dure captivité. Ce sont, bien sûr, les petits, les faibles et les sans-défense qui ont fait les frais de cette politique de grandeur. Ézékiel envisage désormais pour Israël un nouveau régime politique : il n’aura plus de rois, c’est le Seigneur lui-même qui gouvernera son peuple, comme un pasteur son troupeau.

On le verra, tel un bon berger, partir à la recherche des brebis perdues en exil, les ramener au bercail en Palestine, et là, soigner et entourer de sollicitude les plus chétives. On le verra même venir en personne… plus tard, avec Jésus Christ !

L’attention de Dieu, berger de son peuple, à la conduite globale de son troupeau se conjugue avec l’attention portée à chacune de ses brebis, surtout aux plus exposées. Nos responsabilités dans le monde et dans l’Église réclament aussi de nous cette double attention.

Psaume 22

R/ Le Seigneur est mon berger : rien ne saurait me manquer.

  • Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. R/
  • Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. R/
  • Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure. R/
  • Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe est débordante. R/
  • Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. R/

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens 15, 20-26. 28

La royauté du Christ se manifestera, au sein d’une humanité ressuscitée, par la destruction de la mort. Alors, le royaume de Dieu sera accompli.

Frères, le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. En effet, de même que tous les hommes meurent en Adam, de même c’est dans le Christ que tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent. Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra le pouvoir royal à Dieu son Père, après avoir anéanti, parmi les êtres célestes, toute Principauté, toute Souveraineté et Puissance. Car c’est lui qui doit régner jusqu’au jour où Dieu aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort. Et, quand tout sera mis sous le pouvoir du Fils, lui-même se mettra alors sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Adam est l’exemple de l’humanité coupée de Dieu, dont le lot quotidien est la mort physique, qui vient sanctionner la mort des cœurs et de tous les mal-aimés, la mort des intelligences qu’on n’a pas su éveiller, la mort des consciences que le péché a ternies. Mourir en Adam, c’est connaître cette double mort, à la fois physique et spirituelle. Revivre dans le Christ, c’est sortir de cet environnement de mort, triompher de l’égoïsme et de l’orgueil qui tuent les cœurs, paralysent les intelligences, pourrissent les consciences ; c’est aussi, par la résurrection des corps, voir le Christ tuer à jamais la mort physique et remettre au Père son royaume dans lequel Dieu sera tout en tous.

Participer à la royauté du Christ sur l’univers, c’est lutter avec lui contre toutes les puissances du mal : soigner et visiter un malade, briser la solitude d’une personne, épauler un jeune inquiet pour son avenir, rendre l’espérance à une famille dans le deuil… Quel mal puis-je ainsi combattre ?

Alléluia. Alléluia. Bénis soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 9b-10a

Quel est le Christ-Roi que nous fêtons ? Celui qui se montre à nous aujourd’hui sous les traits des malheureux.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’ Alors les justes lui répondront : ‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’ Et le Roi leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’ Alors ils répondront, eux aussi : ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?’ Il leur répondra : ‘Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’ Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La parabole est suffisamment claire par elle-même. Peut-être pourrait-on faire remarquer cependant que Jésus Christ ne s’identifie pas purement et simplement avec tout homme, mais tout spécialement avec les plus délaissés de la société. Le Christ, cet affamé qui court les rues ! Le Christ, cet ouvrier immigré de nos bidonvilles et de nos taudis ! Le Christ, ce prisonnier, politique ou non ! Le Christ dans ce malade que personne ne visite plus ! Pensez donc ! Nous avons beau connaître cette page d’évangile, ça passe difficilement dans notre vie. Et de fait, aurions-nous reconnu le Seigneur dans ce supplicié pendu au bois de la croix ? C’est pourtant lui le Roi de l’univers et les pauvres sont… notre Maître !

Le Christ délaissé est souvent de nos jours une collectivité. Prêtons-nous attention à ces peuples et à ces groupes qui ont faim, sont privés de liberté, souffrent mépris à cause de leur race ?

Homélie

Comment faut-il comprendre, chers frères et sœurs, ce mystère de la Royauté du Christ que l’Eglise nous fait célébrer en ce dernier dimanche de l’année chrétienne.

- Jésus est vraiment Roi. Il est même Roi des rois, tout d’abord parce qu’il est le Fils Bien-Aimé de Dieu égal en toutes choses à son Père. Et parce qu’avec le Père et le Saint-Esprit, il est le Créateur de tout ce qui existe, il règne en souverain absolu sur tout le genre humain et surtout l’univers.

- Jésus est également Roi parce qu’il est le Dieu fait homme et parce qu’en prenant une nature humaine semblable à la nôtre il a été en tant que Nouvel Adam consacré Chef de toute l’humanité.

- Enfin Jésus est Roi, parce qu’il est le Rédempteur. Sur le trône douloureux de la Croix, il s’est acquis un empire et une royauté universelles. Au prix de son sang il a arraché la création au pouvoir du mal ; en nous réconciliant avec le Père, il nous a obtenu le don insurpassable de la Grâce sanctifiante qui nous fait communier dès cette terre à l’intimité même des Trois Personnes divines.

Son pouvoir souverain, Jésus l’a toujours exercée et il continue à tout instant de l’exercer : il nous a créés, rachetés, vivifiés par la puissance de son amour ; il nourrit nos âmes par son Corps et son Sang ; il nous guide avec sagesse sur le chemin de la vie éternelle et nous attire à Lui selon sa promesse : « quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai tout à moi ».

Telle est en substance, frères et sœurs, la doctrine du Christ-Roi. Mais il serait parfaitement inutile de proclamer fièrement cette Royauté si cela ne devait rien changer à notre manière de vivre.

- Si nous reconnaissons vraiment en Jésus notre Roi nous devons être soucieux par-dessus tout de la faire régner en nous et autour de nous...

- Pouvons-nous dire que Jésus règne totalement en nous ? Quelle place lui faisons-nous dans notre vie ? Pouvons-nous affirmer que nous sommes vis-à-vis de Lui des sujets obéissants, que nous faisons sa volonté à tout instant et quoiqu’il en coûte ? N’y a-t-il pas dans votre cœur certains coins réservés où il n’a pas le droit de pénétrer ? Est-ce que nous ne cherchons pas à soustraire tel ou tel secteur de notre vie à la douce influence de son amour ? Car nous le savons bien, si Jésus est le Roi absolu, en fait, il ne s’impose jamais par la force, car il veut être aimé et servi librement... Vis-à-vis de Lui, nous ne sommes pas des esclaves, mais des disciples et des amis.

- Et c’est une coopération tout aussi libre qu’il attend de nous pour diffuser son règne partout autour de nous, dans notre milieu familial, professionnel ou social. Et c’est peut-être là pour nous l’aspect le plus étonnant et le plus bouleversant : à savoir que Lui qui est le Roi Tout-Puissant, Lui qui n’a besoin de rien, ni de personnes, veuille avoir besoin de nous pour l’établissement et l’extension de son Royaume de vérité, de Paix et d’Amour.

Oui, cette gigantesque entreprise qu’est l’Evangélisation du monde, indispensable au développement de son Corps mystique qui est son Eglise, il nous demande de la considérer comme notre affaire à tous. Il désire donc que chacun y travaille avec courage, ténacité et persévérance selon sa grâce et selon ses moyens, en communion avec tous les autres chrétiens.

Quelle confiance de la part de Notre-Seigneur ! Son règne est en quelque sorte remis entre nos mains et avance à la cadence de notre pas...

A ce propos, certains se demandent peut-être, mais comment agir, que puis-je faire pour travailler concrètement à l’extension de ce règne du Christ.

Les œuvres d’apostolat ne manquent pas mais nous ne pouvons tous faire le catéchisme, participer à tel ou tel mouvement d’actions catholique ou à tel ou tel mouvement caritatif. Par contre tous, qui que nous soyons, adultes, jeunes ou enfants, nous pouvons agir en profondeur par ce moyen qui est à la portée de tous est qui s’appelle : la PRIÈRE.

Le Seigneur veut tellement notre collaboration à ce niveau qu’il a décidé de faire dépendre de notre prière (prière personnelle et communautaire) la concession de certaines grâces nécessaires à la conversion et à la sanctification de nos frères.

Oh ! Comme il faudrait, chers frères et sœurs, que cette conviction s’enracine solidement en nous : tout comme le labour est l’une des causes de la moisson des blés, ainsi la prière pour la moisson des âmes.

Le Seigneur est toujours prêt à répandre sur les hommes les bienfaits spirituels de la Rédemption, à condition toutefois que des mains suppliantes s’élèvent vers le ciel pour les obtenir.

La prière, parce qu’elle puise la grâce à sa source qui est Dieu Lui-même est d’une importance capitale : rien ne saurait lui être substitué.

Certes, nos paroles, nos activités, notre influence peuvent jouer un rôle pour disposer le terrain à la grâce, mais celle-ci ne pourra jamais descendre dans les âmes pour les toucher, les convertir, les transformer si notre prière, une prière humble, fervente, confiante et persévérante vient à manquer.

Puissions-nous, chers frères et sœurs, après avoir mieux pris conscience de toutes ces vérités, nous mettre ou nous remettre courageusement à l’ouvrage :

  • prions le plus possible, sans jamais nous lasser.
  • offrons au Seigneur nos souffrances qu’elles soient physiques ou morales.
  • rendons témoignage à la vérité en laissant le Christ transparaître à travers nos manières de vivre.
  • aimons chaque personne avec le cœur même du Christ...

Et faisons bien attention pour réaliser tout cela de ne pas nous appuyer sur nos propres forces, sur des moyens simplement humains en nous rappelant la Parole du psaume : « Si le Seigneur ne construit pas la maison, c’est en vain que travaillent les maçons ».

Et que Marie notre Mère et notre Reine nous communique toujours son Amour passionné pour le Christ, le Roi de l’Univers, et pour l’avènement de son Règne.

Amen.

Prière universelle

Par notre baptême, nous sommes conviés à intercéder auprès de Dieu pour nos frères et sœurs du monde entier. Prions le Seigneur avec confiance.

  • Ô Christ, roi du monde, toi le premier-né d’entre les morts, entraîne avec toi celles et ceux qui sont blessés ou découragés par la vie. Seigneur, roi de l’univers, écoute-nous.
  • Ô Christ, paix du monde, toi qui es venu parmi nous pour rendre témoignage à la vérité, ouvre nos cœurs à ta parole afin que nous devenions des signes de ta présence. Seigneur, roi de l’univers, écoute-nous.
  • Ô Christ, vie du monde, toi qui es venu instaurer un royaume de justice et de paix, redonne l’espoir à notre monde trop souvent marqué par la violence, le mépris et la haine. Seigneur, roi de l’univers, écoute-nous.
  • Ô Christ, pasteur de ton Église, accorde à notre communauté le soutien dont elle a besoin pour persévérer dans sa mission. Seigneur, roi de l’univers, écoute-nous.

Seigneur, écoute notre prière. Sois notre lumière et notre force pour que nous puissions être des signes de ton royaume au cœur du monde. Exauce-nous selon ton bon désir, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Source de la P.U. : http://www.vieliturgique.ca/

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19 novembre 2019 2 19 /11 /novembre /2019 22:03

Lecture du second livre de Samuel 5, 1-3

David est choisi par Dieu comme roi d’Israël pour être le pasteur de son peuple.

En ces jours-là, toutes les tribus d’Israël vinrent trouver David à Hébron et lui dirent : « Vois ! Nous sommes de tes os et de ta chair. Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi, c’est toi qui menais Israël en campagne et le ramenais, et le Seigneur t’a dit : ‘Tu seras le berger d’Israël mon peuple, tu seras le chef d’Israël.’ » Ainsi, tous les anciens d’Israël vinrent trouver le roi à Hébron. Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron, devant le Seigneur. Ils donnèrent l’onction à David pour le faire roi sur Israël. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce sacre de David comme roi d’Israël représente une étape importante dans la marche vers l’unité du peuple de Dieu, jusqu’alors divisé en deux groupes : le royaume du Sud, composé surtout de la tribu de Juda et le royaume du Nord, composé des tribus d’Israël. L’unité sera de courte durée, puisqu’à la mort de Salomon, successeur de David, les deux royaumes se sépareront à nouveau. Dès lors, le peuple de Dieu se mit à espérer en un Roi-Messie, successeur de David, qui referait l’unité perdue. Jésus Christ vient faire beaucoup plus que l’unité d’un peuple, il vient rassembler tous les hommes dans une Alliance nouvelle, par le sang de sa croix.

L’unité entre les hommes passe par une multitude de petites ententes, sans cesse défaites et sans cesse à refaire. Sommes-nous de ceux qui favorisent cette entente aux différents échelons où nous vivons : famille, voisinage, école, vie associative, travail, commune ?

Psaume 121

R/ : Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur.

  • Quelle joie quand on m’a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! » Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! R/
  • Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu’un ! C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur, là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur. R/
  • C’est là le siège du droit, le siège de la maison de David. Appelez le bonheur sur Jérusalem : « Paix à ceux qui t’aiment ! » R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens 1, 12-20

Premier-né de la création par son incarnation, premier-né d’entre les morts par sa résurrection, Jésus est le prototype d’une humanité nouvelle.

Frères, rendez grâce à Dieu le Père, qui vous a rendus capables d’avoir part à l’héritage des saints, dans la lumière. Nous arrachant au pouvoir des ténèbres, il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé : en lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui.

Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église : c’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. – Parole du Seigneur.

Commentaire : L’homme a pour vocation d’achever l’œuvre créatrice de Dieu en maîtrisant les forces de l’univers. Le Christ seul est le véritable roi de cet univers, le collaborateur de son Père dans son œuvre de création, le sommet et la fin de toutes choses : « Tout est créé par lui et pour lui ». L’homme a pour vocation de s’accomplir lui-même à l’image de Dieu : il est capable d’amour libre et gratuit. Le Christ seul est le Fils parfait qui, dans son existence humaine, a donné l’image la meilleure de l’amour de son Père. C’est pourquoi il a pris la tête de l’humanité nouvelle comme premier ressuscité, comme chef de l’Église, comme prototype de l’Homme. L’univers des choses et des hommes trouve en lui son aboutissement pour être consacré à Dieu dans un monde nouveau réconcilié.

« Tout est créé par lui et pour lui ». Dans la prière, j’évoque tout ce qui me passionne dans la vie et l’œuvre des hommes : le Christ Jésus en est la source. Pourrais-je craindre pour l’avenir du monde et des hommes, puisque Jésus Christ en est l’accomplissement total ?

Alléluia. Alléluia. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 23, 35-43

Offrant sa vie par amour, Jésus est le roi de tous les hommes. Mais le premier à le suivre dans son règne est un malfaiteur crucifié auprès de lui.

En ce temps-là, on venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs ». L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal ». Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ». Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Qui pourrait reconnaître pour roi cet homme crucifié ? Ni ceux qui ont provoqué sa condamnation, et voient dans son impuissance la preuve de la fausseté de ses prétentions à être le Messie ; ni ceux qui ne le regardent qu’avec pitié, et lui offrent à boire par compassion l’eau acidulée de leur gourde, qui sert à rafraîchir les troupes romaines en campagne ; ni celui qui n’en attend qu’une revanche éclatante contre ses juges. Ne le reconnaît pour son roi que celui qui a éprouvé jusqu’à quelle profondeur va la solidarité de Jésus avec les pécheurs, quel prix il veut payer pour assurer leur pardon, afin d’obtenir, par son amour, la royauté sur le cœur des hommes.

« Sauve-toi toi-même », lui dit-on trois fois. Mais Jésus vient sauver les autres, tous les autres. Pour que personne ne se croit exclu de ce salut, c’est le dernier des derniers, un malfaiteur crucifié qui s’entend dire : « Aujourd’hui, tu seras avec moi ». Alors en mon nom et celui de tous les hommes, je veux dire : « Souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne ».

Homélie

C’est un Roi crucifié que saint Luc nous invite à contempler dans le passage d’Évangile que nous venons d’entendre. L’Évangéliste veut nous montrer, en effet, que le Christ n’est pas Roi comme l’entend notre langage usuel lorsqu’il désigne le monarque héréditaire qui est à la tête d’une nation. Car, à cette forme de royauté, Jésus a nettement tourné le dos... Lorsqu’au cours de sa vie publique il est amené à définir sa Royauté, il le fait toujours par opposition à la volonté de puissance à l’esprit de domination, au goût du prestige. Ce qu’il revendique c’est « d’être celui qui sert » et de ses mains en qui le Père a tout remis, il lave les pieds de ses apôtres.

Quant à la cérémonie de son Intronisation Royale elle est de l’ordre du jamais vu :

  • son trône c’est une croix (gibet réservé aux grands criminels)
  • sa couronne est formée par des épines,
  • son manteau de pourpre c’est son sang,
  • sa puissance ce sont des gros clous enfoncés dans ses mains et dans ses pieds,
  • et en guise de supporters (sa très sainte Mère et saint Jean mis à part) ce sont quelques Juifs qui vocifèrent leur haine.

A cette heure, Jésus n’a plus de partisans ou plutôt il n’en a qu’un : l’un des deux bandits qui l’entourent. Lui aussi est pendu au bois de la Croix et il reconnaît ne pas l’avoir volé. Nous savons que l’histoire l’a appelé le Bon Larron et nombreux sont ceux qui le désignent comme le tout premier saint. Cherchant à pénétrer les secrets de ce brigand si peu ordinaire saint Augustin a imaginé le dialogue suivant : on lui pose la question « Dis-moi larron, qui t’a poussé à confesser que ce Jésus est devenu pour toi l’essentiel alors que ses disciples n’osent même plus y croire ? » Réponse : « Je n’ai jamais entendu parler des paraboles du Royaume. Je ne connais pas les prophéties, mais Jésus m’a regardé et j’ai tout compris ».

Ce larron qui n’est plus qu’une loque humaine a soudain tout compris dans l’instant d’un regard qui bouleverse. Voilà que lui si misérable, si méprisable il existe maintenant pour quelqu’un.

Quelqu’un qui n’est pas tout à fait comme les autres et qui est pourtant au rang des condamnés.

Quelqu’un qui ne lui demande pas de comptes, qui ne se moque pas de sa déchéance.

Quelqu’un qui va jusqu’à habiter sa misère, mieux que cela, qui prend sur lui sa misère.

Il a soudain compris que ce voisin dans l’agonie et bientôt dans la mort, c’est lui le Christ-Roi. Roi comme on ne l’a jamais été. Roi parce que tout proche des perdants en tout genre. Depuis l’intimité du Père infiniment bon il est venu « chercher et sauver tous ceux qui étaient perdus ». Et on pense ici à Zachée, à Marie-Madeleine, à la femme adultère, à cette mère qui pleure son enfant mort, et à ce renégat de Pierre... Il y a eux... et il y a nous aussi – nous tous : tous perdus mais tous retrouvés. Tous perdus par rapport au monde que Dieu avait rêvé et que le péché a cassé... mais tous retrouvés sous le regard miséricordieux du Fils Unique. En fait, tous pardonnés...

Oui, frères et sœurs, le bon larron a tout compris :

  • celui qui est à son côté c’est son Sauveur, le sien, mais aussi celui de tous, (même et surtout de cet autre compagnon de malheur qui pour l’instant se ferme à la lumière)
  • celui qui est là à son côté c’est le Roi de Miséricorde ! Celui qui sauve les hommes non pas de haut, en les dominant, mais de tout près, à niveau d’homme, en glissant son cœur dans le cortège de leurs misères. Pour en avoir la preuve il suffit de regarder sa Croix : elle est sur le même niveau que celle des autres suppliciés.

Le temps du Royaume est maintenant arrivé et la sentence royale se fait alors entendre : « Aujourd’hui tu seras avec moi au Paradis ».

Oh ! Merveille, le larron pardonné et sanctifié instantanément, sera avec Jésus dans le Royaume de Miséricorde le premier à y rentrer.

Et nous aussi, frères et sœurs, nous serons avec lui, car sa volonté clairement exprimée est que nous soyons avec lui pour une éternité de bonheur et de gloire, mais que nous soyons déjà, avec lui, en ce monde par une amitié, par une communion de tous les instants. Jésus est venu pour être avec nous et pour que nous soyons avec lui. Il est venu partager notre condition pour que nous partagions la sienne : autrement dit, il s’est humanisé pour que nous soyons divinisés... D’un seul coup se trouve abolie la distance entre lui et nous. Finalement nous devenons nous aussi des rois pour régner avec lui.

Méditant sur ce mystère, l’apôtre Paul nous dit : « Rendez grâce à Dieu le Père. Il nous a arrachés de l’empire des ténèbres et nous a fait entrer dans le Royaume de son Fils Bien-aimé, en qui nous avons le pardon de nos péchés ».

Oui, frères et sœurs, en cette fête du Christ, Roi de l’Univers, rendons grâce à Dieu le Père pour sa miséricordieuse lumière qui est venue jusqu’à nous par son Fils, par ses Apôtres, et les innombrables confesseurs de la Foi parmi lesquels nous sommes heureux de compter saint Pierre Dumoulin-Borie, grand martyr de la foi au Tonkin en 1838.

Oui, rendons grâce et apprenons toujours plus à leur école, à devenir les enfants du Royaume. Puissions-nous enfin, à l’heure de notre mort, tourner notre regard vers Jésus le Roi crucifié et lui dire : « Je n’ai été qu’un pécheur, souviens-toi de moi dans ton Royaume ».

Amen.

Prière Universelle

Pleins de confiance envers le Christ, Roi de l’univers qui nous accompagne sur cette terre, nous lui adressons toutes nos prières pour nos frères et sœurs de ce monde :

R/ : Ô Roi de l’Univers, entends notre prière.

  • « Ils donnèrent l’onction à David pour le faire roi sur Israël » (2 S 5, 1-3) Jésus, roi des pauvres, souviens-toi de ceux qui se sentent exclus, perdus, humiliés dans le système actuel de la représentation politique : que tous les citoyens puissent exercer pleinement et consciemment leurs droits de vote pour élire les dirigeants politiques de leurs pays. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « Paix à ceux qui t’aiment ! » [Ps 121(122), 6] Jésus, roi humilié, souviens-toi des pays qui mettent en place des moyens financiers, des mesures sociales pour accueillir les réfugiés, soutiens-les dans leurs efforts de solidarité. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « La paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel » (Col 1, 20d) Jésus, roi de gloire, souviens-toi des peuples du Proche-Orient, que ton amour miséricordieux insuffle le désir de construire une paix authentique et sincère, dans le cœur des divers responsables de ces territoires. Seigneur, nous t’en prions. R/
  • « Dieu nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1, 13b) Jésus, roi de gloire, souviens-toi de tous les chrétiens, qu’ils apprennent sans cesse à s’écouter, à collaborer entre eux : que les prêtres et les laïcs dans chaque paroisse œuvrent ensemble, fraternellement, pour témoigner de ta miséricorde agissante pour tous. Seigneur, nous t'en prions. R/
  • « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». (Lc 23, 43) Jésus, roi crucifié, souviens-toi de tous les malades, des personnes qui succombent dans les épreuves : qu’ils découvrent ta présence à travers les signes de bonté, de soutien que leur manifestent les personnes de leur entourage. Seigneur, nous t’en prions. R/

Seigneur, roi de la terre et du ciel, accorde-nous ce que nos prières te demandent en ces derniers jours de l’année liturgique ; que ton Esprit nous mette toujours sur les chemins de la rencontre avec toi, dans la simplicité malgré les obstacles, comme le bon larron a pu te rencontrer et être conduit par toi au Père. Amen.

Source : http://jardinierdedieu.fr/

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18 novembre 2018 7 18 /11 /novembre /2018 21:53

Lecture du livre de Daniel 7, 13-14.

Montant de la terre vers le ciel, le Fils de l’homme entraîne avec lui dans sa royauté tout le peuple de Dieu.

Moi Daniel, je regardais, au cours des visions de la nuit, et je voyais venir, avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ; il parvint jusqu’au Vieillard, et on le fit avancer devant lui. Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Ce Fils d’homme représente le peuple d’Israël ; Daniel l’oppose à différentes bêtes sauvages qui représentent les empires qui l’ont persécuté. Ce Fils d’homme est donc une collectivité, celle des juifs demeurés fidèles malgré la persécution d’Antiochus. Mais il incarne cette collectivité à travers des traits individuels qui ont aidé à en faire une image du Messie. Écrasé et persécuté, le peuple se voit assuré de triompher grâce à Dieu – représenté sous les traits du Vieillard – qui lui conférera la royauté sur tous les peuples. Mais cette royauté était depuis longtemps promise au Messie, descendant de David. Jésus s’est appliqué cette prophétie devant le grand prêtre lors de sa passion, montrant bien que sa domination est le règne d’amour du Messie qui livre sa vie pour sauver les hommes.

Ceux et celles qui règnent avec le Christ, dans la Bible, sont toujours des gens qui ont supporté avec foi l’épreuve ou la persécution, dans la certitude que l’amour finira par avoir le dernier mort. C’est ainsi, de manières diverses pour chacun de nous, que le Christ veut nous associer à son règne.

Psaume 92

R/ : Le Seigneur est roi ; il s’est vêtu de magnificence.

  • Le Seigneur est roi ; il s'est vêtu de magnificence, le Seigneur a revêtu sa force. R/
  • Et la terre tient bon, inébranlable ; dès l'origine ton trône tient bon, depuis toujours, tu es. R/
  • Tes volontés sont vraiment immuables : la sainteté emplit ta maison, Seigneur, pour la suite des temps. R/

Lecture du livre de l'Apocalypse de saint Jean 1, 5-8

Celui qui nous aime a fait de nous le royaume de Dieu, son Père. Voici qu’il vient, lui, le souverain des rois de la terre.

À vous, la grâce et la paix de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts, le prince des rois de la terre.

À lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour son Dieu et Père, à lui la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen. Voici qu’il vient avec les nuées, tout œil le verra, ils le verront, ceux qui l’ont transpercé ; et sur lui se lamenteront toutes les tribus de la terre. Oui ! Amen !

Moi, je suis l’Alpha et l’Oméga, dit le Seigneur Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient, le Souverain de l’univers. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Écrit pour entretenir la foi et la vigilance des chrétiens pendant la persécution de l’empereur romain Domitien, le livre de l’Apocalypse commence par la présentation du Christ vainqueur. Lui qui fut affronté à la persécution et à la mort comme le sont actuellement les chrétiens, triomphe maintenant par sa résurrection auprès de Dieu. Cette vision doit réconforter les chrétiens dans leur combat. Mais surtout, ce même Jésus qui détient désormais la puissance sur l’histoire, ce Jésus qui est au commencement comme à la fin de l’histoire, ne reste pas inactif : il vient continuellement à la rencontre de ceux qu’il aime pour les conduire à sa joie près de Dieu.

« Lui qui nous aime… il vient ». Je désire ta venue, Jésus, aujourd’hui comme à la fin des temps, pour moi comme pour tout homme, puisque tu viens pour nous sauver.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 18, 33b-37

Es-tu roi ? demanda Pilate à Jésus. Ne peuvent comprendre sa réponse que ceux qui s’ouvrent à la vérité.

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : Pour obtenir la condamnation de Jésus par Pilate, les Juifs l’accusent de se révolter contre l’empereur en se prétendant roi des Juifs. Nous savons qu’un des titres du Messie était celui de Roi, mais le Christ est très réservé sur ce titre qui peut être compris dans un sens politique. Devant Pilate il s’explique : il n’est pas roi à la manière des rois de la terre. Pourtant il reconnaît être le chef d’un royaume qui est sur terre bien qu’il ne ressemble pas aux autres. Dans ce Royaume se regroupent tous ceux qui sont pour la vérité. Quelle est cette vérité pour laquelle Jésus accepte de mourir ? C’est la révélation de l’amour de Dieu pour tous les hommes, quelles que soient leur race, leur classe sociale et leurs opinions politiques. Cette vérité qui révèle que tous les hommes sont égaux doit inspirer la politique de tous les royaumes de la terre.

Appartenir à la vérité, ce n’est pas la posséder contre d’autres qui ne l’auraient pas. C’est croire que tous ceux qui la cherchent loyalement écoutent sa voix au fond d’eux-mêmes, avant de parvenir à la nommer. Quels sont ceux que nous connaissons qui la cherchent ainsi ?

Homélie

Quelle idée nous faisons-nous de cette Royauté du Christ que l’Eglise nous fait célébrer aujourd’hui ? Est-ce que le Christ ne nous dit pas comme à Pilate : « Tu ne peux pas comprendre ? » Sa royauté, en effet, est tellement différente de ce que nous pouvons imaginer, d’abord parce que c’est une Royauté qui vient d’En-Haut... parce que c’est aussi une Royauté d’effacement, de service et de vérité.

La Royauté de Jésus ne lui vient pas de ses origines familiales, même s’il est un lointain descendant du Roi David. Elle ne lui est pas, non plus, accordée par l’Empereur de Rome, ni par une élection ou suffrage universel. Toutes ces royautés reçues des hommes sont des royautés éphémères.

Non, sa Royauté vient de Dieu. Elle lui vient directement du Créateur. Jean-Paul II dit que Jésus est Roi parce qu’il est « la clef de voûte de la Création ». Quand Dieu détachait la terre du soleil pour la placer sur son orbite afin que l’homme puisse y naître et y vivre, il pensait d’abord et avant tout au Christ, cet homme parfait, son Fils Bien-aimé devenu homme qui est la réalisation la plus parfaite de cette création. Le Christ, en effet, atteint un sommet inégalé de perfection. Il est donc Roi parce qu’il est le Premier-né par rapport à toute créature. « En lui toute chose à son accomplissement total », nous dit saint Paul.

Mais le Christ est également Roi parce que par l’effusion, son sang, il a arraché la création au pouvoir du mal. C’est son titre gagné sur la route du calvaire qui lui donne le droit de régner. Son trône est solide et respectable, parce qu’il est taillé dans le bois noueux et résistant de la croix. Sa couronne est fixée solidement sur sa tête par des épines vigoureuses. Elle est décorée par des rubis de sang.

Le Christ est Roi de l’humanité car il est aux avant-postes de son peuple. Premier de cordée, Nouvel Adam, il entraîne dans son sillage ceux qui cherchent avidement le bonheur promis, celui du merveilleux Paradis de Dieu. Dès lors, si sa Royauté lui est donnée par Dieu, il est impossible de la rejeter ou de ne pas la reconnaître.

Mais qu’est-ce qui différencie essentiellement la Royauté du Christ des royautés de ce monde ?

Les royautés humaines ont un grand souci du faste et de la parade, elles ont besoin de palais somptueux de décorum, d’apparat, de cérémonies ostentatoires ; il n’en va pas de mêmes de la Royauté du Christ : elle est sans panache, sans clinquant, sans argent, car il n’a « même pas une pierre où reposer sa tête ».

Les royautés humaines ont besoin de se mettre en valeur de réaliser des œuvres prestigieuses, voire des monuments imposants afin de laisser un nom à la postérité ; il n’y a rien de tel dans la Royauté du Christ : elle n’a laissé qu’un seul monument : un gibet d’esclaves, une croix dressée sur le monde.

Les royautés humaines ont besoin de se faire remarquer : elles utilisent des services de propagande pour étaler leur grandeur : la Royauté du Christ au contraire est discrète et effacée. Après avoir accompli le miracle de la multiplication des pains, Jésus s’enfuit dans la montagne pour échapper à la foule qui veut le couronner.

Les royautés humaines se cramponnent au pouvoir et ont tendance à abuser de ce pouvoir pour se servir ou servir leurs amis.

En revanche, Jésus n’a rien gardé pour lui. Il a confié son Eglise à des pauvres hommes, dans l’attente de son retour glorieux. Il leur a demandé avant tout de servir et de faire des disciples.

Il y a encore, frères et sœurs, un aspect très important qui différencie les royautés humaines et la Royauté du Christ.

Les royautés humaines, les autorités humaines entendent bien ne pas se mettre au service du mensonge. Toutes vous diront même qu’elles veulent se mettre au service de la vérité, avoir « un parler vrai ». Ne leur faisons pas un procès d’intention. En politique, il est dommageable que la vérité ne soit pas toujours acceptée et ceux qui veulent garder le pouvoir se rendent vite compte qu’ils seront inévitablement tentés d’accepter des compromissions, des arrangements cachés ou des lois démagogiques pour racoler des voix.

Qu’en est-il du Christ-Roi ? Alors qu’il joue sa vie devant Pilate, il ne lésine pas avec La Vérité « Oui, je suis Roi, déclare-t-il. Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la Vérité ».

On entrevoit toute la portée de cette parole lorsqu’on sait que pour les Juifs depuis les débuts de leur alliance avec Dieu, la Vérité c’est Dieu lui-même. Et puisque Jésus est Dieu, la Vérité c’est lui en personne (n’a-t-il pas proclamé un jour « Je suis la Vérité ? »)

Rendre témoignage à la Vérité, c’est donc pour le Christ beaucoup plus que prêcher et enseigner, c’est révéler le mystère de son Être à la fois divin et humain, c’est donc manifester son origine de Fils Bien-aimé, d’Envoyé, de pleine expression de l’amour du Père. C’est en cela que toute sa vie et surtout sa mort témoignent de l’Unique Vérité, à savoir : Dieu est Père, Dieu est Amour.

Et pour ce qui nous concerne frères et sœurs, nous rendons témoignage à la vérité et nous lui appartenons lorsqu’en écoutant sa voix nous nous efforçons, moyennant les secours de la grâce, de conformer notre vie au Christ, lorsque dans nos manières de penser de vouloir et d’agir nous laissons transparaître le Christ et pour tout dire nous devenons d’autres christ.

Alors qu’en cette fête si solennelle, notre prière se fasse encore plus fervente que d’habitude. Seigneur Jésus notre Chef et notre Roi que par Marie notre Mère et notre Reine, vienne en nous l’Amour dont tu nous aimes.

Que vienne la Vérité en laquelle tu nous fais entrer.

Que vienne la Joie que ta Résurrection nous promet.

Seigneur Jésus, que ton Règne vienne.

Amen.

Prière universelle

Notre Dieu est appelé le Roi de l’univers. À lui, rien n’est impossible. Tournons-nous donc vers lui en toute confiance pour lui confier nos demandes.

R/ : Seigneur, Roi de l’univers, écoute nos prières.

  • Prions pour les rois et les reines de la terre, afin qu’ils et elles sachent gouverner leurs sujets avec humanité. R/
  • Prions pour les dirigeants de notre Église, afin qu’ils soient toujours à l’écoute du peuple de Dieu. R/
  • Prions pour les chefs d’entreprise, afin qu’ils considèrent leurs employés comme leur plus grande richesse. R/
  • Prions pour les professeurs et les enseignants, afin qu’ils sachent stimuler leurs élèves par leur exemple. R/
  • Prions pour les plus démunis de notre terre, afin qu’ils puissent compter sur la solidarité de leurs frères et sœurs. R/
  • Prions pour notre communauté, afin qu’elle témoigne de la royauté du Christ en se faisant proche des pauvres. R/

Dieu de majesté et de gloire, ne rejette pas nos pauvres prières et, dans ta grande compassion, exauce-les par Jésus, le Christ, notre Seigneur, lui qui règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Source : http://www.vieliturgique.ca

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