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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 20:12
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Lecture du livre d’Isaïe 66, 10-14c

Réjouissons-nous, car l’amour fort et puissant de Dieu sait prendre aussi pour nous les accents de la tendresse maternelle.

Réjouissez-vous avec Jérusalem ! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez ! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui la pleuriez !

Alors, vous serez nourris de son lait, alors, vous goûterez avec délices à l’abondance de sa gloire. Car le Seigneur le déclare : « Voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve et, comme un torrent qui déborde, la gloire des nations ». Vous serez nourris, portés sur la hanche ; vous serez choyés sur ses genoux. Comme un enfant que sa mère console, ainsi, je vous consolerai. Oui, dans Jérusalem, vous serez consolés. Vous verrez, votre cœur sera dans l’allégresse ; et vos os revivront comme l’herbe reverdit. Le Seigneur fera connaître sa puissance à ses serviteurs. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Pour parler de la tendresse de Dieu pour son peuple, la Bible a utilisé toutes les images de l’amour : amour du fiancé pour sa fiancée, du mari pour sa femme, du père pour son fils, et ici, amour de la mère pour son nourrisson. C’est assez dire qu’aucune expression de l’amour humain ne peut suffire à exprimer l’amour que Dieu nous porte : amour aux multiples visages, selon que notre cœur a besoin de consolation dans l’épreuve, d’exigences paternelles ou d’amitié partagée entre gens qu’anime le même projet de construction d’un nouveau monde.

« De même qu’une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai », dit le Seigneur. Se laisser aimer par Dieu, comme un enfant par sa mère, en abandonnant toute inquiétude, toute angoisse devant l’avenir, dans une confiance éperdue !

Psaume 65

R/ : Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur !

  • Acclamez Dieu, toute la terre ; fêtez la gloire de son nom, glorifiez-le en célébrant sa louange. Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! » R/
  • Toute la terre se prosterne devant toi, elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. Venez et voyez les hauts faits de Dieu, ses exploits redoutables pour les fils des hommes. R/
  • Il changea la mer en terre ferme : ils passèrent le fleuve à pied sec. De là, cette joie qu’il nous donne. Il règne à jamais par sa puissance. R/
  • Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu : je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ; béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière, ni détourné de moi son amour ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 6, 14-18

Paul, le crucifié par amour, regarde la création nouvelle qui, par la grâce de Jésus Christ, surgit au sein de notre monde.

Frères, pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté. Par elle, le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde. Ce qui compte, ce n’est pas d’être circoncis ou incirconcis, c’est d’être une création nouvelle. Pour tous ceux qui marchent selon cette règle de vie et pour l’Israël de Dieu, paix et miséricorde. Dès lors, que personne ne vienne me tourmenter, car je porte dans mon corps les marques des souffrances de Jésus. Frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec votre esprit. Amen. – Parole du Seigneur.

Commentaire : Paul a rencontré bien des ennuis et des oppositions de la part de prédicateurs juifs et chrétiens qui maintenaient contre lui la nécessité pour être sauvé, de recevoir la circoncision et d’obéir à la loi juive. Jusqu’au bout, il a défendu que le Christ seul nous sauve, par sa Croix, et que la seule garantie du salut c’est d’appartenir à Jésus Christ par la foi. Paul, qui a ainsi préféré plaire à Dieu plutôt que de céder à la mode des prédicateurs et des théologiens du jour, sait bien qu’il a rejeté ce monde, tout comme il en a été rejeté. Un monde bien trop sage et entiché de lui-même ne peut que rejeter la folie des crucifiés par amour.

Être crucifié pour le monde, c’est, pour Paul, l’être à la manière et à la suite de Jésus qui est mort d’amour pour ses frères humains. C’est ainsi qu’il nous faut à notre tour être crucifiés pour le monde.

Alléluia. Alléluia. Que dans vos cœurs, règne la paix du Christ ; que la parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 10, 1-12. 17-20

La moisson est abondante, dit Jésus. Ce n’est pas Dieu qui fait faillite. Mais nous autres, acceptons-nous d’inscrire nos noms sur la liste des ouvriers de Dieu ?

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison. Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : ‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : ‘Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.’ Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville ».

Les 72 disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom ». Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Commentaire : La mission est l’œuvre du Christ qui envoie, non une décision ou une lubie personnelle. Jésus envoie là où il doit lui-même se rendre : il n’abandonne pas ses disciples à eux-mêmes. Il ne propose aucune recette missionnaire, mais montre dans quel esprit doit se faire l’annonce évangélique. Il faut commencer par croire que Dieu travaille les cœurs, et donc que la moisson est mûre ; si la mission piétine, c’est faute d’ouvriers apostoliques suffisamment nombreux, compétents et convaincus. On ne part pas annoncer l’Évangile dans un but de conquête : sans défense, tel un agneau, sans argent, sans mettre en œuvre des moyens prestigieux, le disciple du Christ sait que la paix de l’Évangile doit trouver par elle-même le chemin des cœurs. Enfin, il doit renoncer à vouloir comptabiliser échecs ou succès : il lui suffit de savoir que Dieu le connaît, l’aime et l’a appelé par son nom à œuvrer pour son règne.

La mission évangélique consiste à entrer en amitié et en dialogue avec quelqu’un pour lui faire découvrir que le règne de Dieu est tout proche de lui. C’est pourquoi le Seigneur nous envoie sans assurance, comme des pauvres de cœur.

Homélie

Être chrétien, c’est suivre Jésus. C’est ce que saint Luc nous disait dans l’Evangile de dimanche dernier. Suivre Jésus, non pas matériellement, ni même le suivre en le copiant par une sorte d’imitation purement extérieure, mais aller avec lui sur le chemin de l’amour jusqu’au bout c’est-à-dire jusqu’à la Croix.

Dans l’Evangile de ce jour saint Luc nous dit quelque chose de nouveau : être disciple de Jésus ce n’est pas seulement le suivre, c’est aussi d’une certaine façon le précéder. Aller en avant de Lui, être envoyé par Lui, là où il veut lui-même se rendre : « il les envoya deux par deux devant Lui, dans toutes les villes ou localités où lui-même devait aller ».

De tout temps on a vu les disciples d’un grand Maître se faire les propagandistes de sa sagesse ou de sa puissance, ou de son art. Ici, notons-le bien, c’est Jésus lui-même qui prévoit et organise cette diffusion de son message et de son œuvre à travers le monde en y préparent ses disciples.

L’Eglise que Jésus a fondée pour être le Sacrement du salut est de par sa constitution même, missionnaire elle doit se communiquer se répandre de plus en plus... « Allez dans le monde entier de tous les peuples faites mes disciples ».

Nous savons tous qu’il y a dans le christianisme deux phases qui se succèdent, mais qui sont complémentaires :

- Tout d’abord Jésus a accompli en sa propre personne le retour de l’homme vers Dieu. Il a été, au prix de son sang l’homme totalement fidèle à Dieu, jusqu’au bout, par amour. C’est pourquoi sa mort s’est transformée en Résurrection glorieuse et en vie éternellement bienheureuse. En Lui, notre Rédempteur, l’essentiel est accompli : l’homme est libéré de l’esclavage du péché et devient capable d’accueillir en Lui la vie surnaturelle, la vie divine qui le fait enfant de Dieu.

- Le salut est acquis pour tous, mais globalement. Reste à le monnayer... et c’est la seconde phase. Il faut, en effet, que la victoire de l’amour passe de Jésus à tous les hommes. Or cette extension, cette communication à tous du mystère de sa Pâque (de son passage de la mort à la vie) c’est aux hommes eux-mêmes que Jésus la confie, comme leur part à eux, la part qu’ils doivent fournir pour la rédemption du monde. En Jésus, donc, tout est accompli et cependant tout reste à faire, puisqu’il faut annoncer à tous la Bonne Nouvelle et unir les hommes à Dieu par la foi, les sacrements et l’amour. C’est pour cela que Jésus envoie les disciples et il les associe tellement à Lui qu’il va jusqu’à dire « Celui qui vous écoute, m’écoute ; celui qui vous accueille, m’accueille ».

Ainsi les disciples tout en suivant Jésus, les précèdent dans le monde. Ils vont là où il n’est pas encore connu, là où il n’est pas encore aimé. Ils vont en messagers, en envoyés pour faire connaître celui qui désire tout donner aux hommes le véritable bonheur.

Certains comme Pierre, Jaques, Jean, Paul et leurs innombrables successeurs : évêques et prêtres sont choisis par Jésus d’une manière spéciale au point que cette mission devient toute leur vie, le moteur de toutes leurs activités... C’est à ceux-là, sans nul doute que s’appliquent en premier lieu les paroles de Jésus rapportées par saint Luc « N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales », c'est-à-dire ne vous encombrez pas, soyez totalement libérés de tout, entièrement disponibles : ne vous appuyez sur rien d’autre que sur la force de l’Evangile, que sur la grâce toute-puissante de Dieu.

Mais il ne faudrait pas croire pour autant, frères et sœurs, que ces paroles du Christ ne concernent que les évêques, les prêtres, les missionnaires au sens technique du terme. Dès l’origine, chaque chrétien sait qu’en devenant disciple de Jésus il devient du même coup son témoin dans le monde et le porteur de son message de salut. Au jour de notre Baptême nous avons reçu le don merveilleux de la foi. Au fil des années nous avons cultivé cette foi, si nous nous sommes efforcés de mettre en pratique le Parole de Dieu, notre vie a trouvé tout son sens et toute sa plénitude. Jésus est le grand phare qui éclaire notre route. Mais cette lumière de la foi nous ne l’avons pas reçue pour en jouir égoïstement, mais pour la rayonner, pour la partager... N’oublions pas que partout dans le monde des millions d’hommes et femmes sont dans l’attente de « quelqu’un » qui viendra éclairer les ténèbres de leur vie et mettre fin à leur désespoir. Et comme, à l’heure actuelle, les ouvriers pour la moisson sont hélas trop peu nombreux, nous devons nous sentir encore plus responsables de la propagation de foi. Le Seigneur a besoin de nous ; il veut avoir besoin de nous pour le faire connaître et aimer.

Et disons-nous, frères et sœurs, que pour cela il n’est pas nécessaire de partir au loin, ni de faire des choses extraordinaires. C’est dans le quotidien de nos vies que Jésus nous demande d’être ses témoins. Sans doute à ceux qui nous entourent - qui pour la plupart sont incroyants ou indifférents - il ne faut pas avoir peur lorsque les circonstances s’y prêtent, d’annoncer explicitement le Christ : d’exposer par exemple les motifs de notre foi, les raisons que nous avons de ne pas penser ou agir comme tout le monde « N’hésitez pas à rendre compte, nous dit saint Paul, de l’espérance qui est en vous ».

Mais il nous faut avant tout témoigner par nos actes : en nous efforçant de nous comporter en toutes choses comme Jésus ferait s’il était à notre place, en mettant au centre de notre vie l’amour et non pas l’égoïsme ou la haine, en nous mettant au service de tous (surtout les plus pauvres et les malheureux), en étant toujours et partout des artisans de réconciliation, d’unité et de paix.

Il faut que nous en soyons bien convaincus : la manière la plus efficace de démontrer Dieu, c’est de le montrer. Et nous ne pouvons le montrer que s’il transparaît à travers tout notre être ; dans toutes nos paroles, dans toutes nos attitudes.

Refléter le visage d’amour de Jésus, devenir une copie vivante de Jésus, n’est-ce pas, frères et sœurs, l’objectif premier de notre vie chrétienne, l’idéal vers lequel nous devons tendre de toutes nos forces, en intensifiant notre union avec Lui par ces moyens irremplaçable que sont la prière et les sacrements.

Puisse la Vierge Marie qui et la Reine des Apôtres et qui collabore si étroitement à l’œuvre sanctificatrice de l’Esprit-Saint, nous éduquer à cette vie intérieure, à cette communion très intime avec Dieu qui est, selon la belle expression d’un grand Maître spirituel : « l’âme de tout apostolat ».

Amen.

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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 07:46

Lecture du premier livre des Rois 19, 16b. 19-21

L'appel qu'Élie adresse à Élisée réclame qu'il quitte tout pour répondre à la vocation de prophète du Seigneur.

En ces jours-là, le Seigneur avait dit au prophète Élie : « Tu consacreras Élisée, fils de Shafath, comme prophète pour te succéder ». Élie s’en alla. Il trouva Élisée, fils de Shafath, en train de labourer. Il avait à labourer douze arpents, et il en était au douzième. Élie passa près de lui et jeta vers lui son manteau. Alors Élisée quitta ses bœufs, courut derrière Élie, et lui dit : « Laisse-moi embrasser mon père et ma mère, puis je te suivrai ». Élie répondit : « Va-t’en, retourne là-bas ! Je n’ai rien fait ». Alors Élisée s’en retourna ; mais il prit la paire de bœufs pour les immoler, les fit cuire avec le bois de l’attelage, et les donna à manger aux gens. Puis il se leva, partit à la suite d’Élie et se mit à son service. – Parole du Seigneur.

Psaume 15

R/ : Dieu, mon bonheur et ma joie !

  • Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge. J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu ! Seigneur, mon partage et ma coupe : de toi dépend mon sort ». R/
  • Je bénis le Seigneur qui me conseille ; même la nuit mon cœur m’avertit. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable. R/
  • Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance : tu ne peux m’abandonner à la mort ni laisser ton ami voir la corruption. R/
  • Je n’ai pas d’autre bonheur que toi. Tu m’apprends le chemin de la vie : devant ta face, débordement de joie ! À ta droite, éternité de délices ! R/

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates 5, 1. 13-18

Vous avez été appelés à la liberté, nous écrit Paul. Sera-t-elle un prétexte à satisfaire nos égoïsmes ou l'apprentissage de l'amour, sous la conduite de l'Esprit ?

Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. Vous, frères, vous avez été appelés à la liberté. Mais que cette liberté ne soit pas un prétexte pour votre égoïsme ; au contraire, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. Je vous le dis : marchez sous la conduite de l’Esprit Saint, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair. Car les tendances de la chair s’opposent à l’Esprit, et les tendances de l’Esprit s’opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire tout ce que vous voudriez. Mais si vous vous laissez conduire par l’Esprit, vous n’êtes pas soumis à la Loi. – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Parle, Seigneur, ton serviteur écoute ; Tu as les paroles de la vie éternelle. Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 51-62

Peut-on se donner à Jésus Christ seulement à moitié ? Écoutons-le nous répondre.

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village.

En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras ». Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête ».

Il dit à un autre : « Suis-moi ». L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père ». Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu ».

Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison ». Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu ». – Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie

Dans l’Evangile que nous venons d’entendre il y a quelque chose d’inusité qui nous surprend et qui peut-être même nous choque. La plupart du temps, en effet, saint Luc nous montre Jésus qui parle et agit en témoin de la miséricorde. Or voilà, qu’aujourd’hui, il nous rapporte 3 dialogues où le Seigneur s’exprime avec une certaine dureté, une dureté que rendent plus sensibles encore la vivacité et la concision de ses répliques.

Si nous voulons comprendre cette attitude de Jésus, il faut tout d’abord nous reporter au premier verset de ce passage évangélique. Que nous dit-il ? Que « le temps approche où Jésus va être enlevé de ce monde ». C’est une nouvelle étape de sa vie qui commence, une étape ultime et décisive. Il va quitter cette Galilée où il a été jusqu’à maintenant si bien accueilli pour se mettre en marche vers la Judée et sa capitale Jérusalem, où auront lieu les grands affrontements avec ses ennemis. L’évangéliste précise que c’est avec courage qu’il se met en route.  « Littéralement » il durcit son visage. Il s’agit moins d’ailleurs d’une altération des traits que de cette détermination énergétique qui surmonte la peur... Comprenons, qu’en fait, à ce moment là, Jésus entre en agonie, ce qui veut dire qu’il entre en lutte avec lui-même et avec Satan pour assurer le triomphe définitif de l’amour miséricordieux du Père. Alors, puisque c’est vraiment son Heure qui commence, l’Heure où il va ratifier le plan divin, où il va donner la preuve du plus grand amour en acceptant de souffrir et de mourir sur une Croix pour le salut de tous les hommes. Comment ne répondrait-il pas sur un ton d’une extrême gravité à ces trois hommes qui sont prêts à le suivre ?

D’ailleurs les apôtres eux-mêmes et surtout Jacques et Jean, avaient besoin d’entendre les premiers les réponses percutantes de leur Maître. Furieux du refus des Samaritains, ils envisageaient, nous l’avons entendu, une vengeance fort peu évangélique, celle que hélas ! Tant d’hommes au long des siècles ont utilisée : faire tomber le feu sur leurs ennemis afin de les exterminer.

Le comportement de Jésus à l’égard de ces trois hommes peut donc s’expliquer par le moment historique où eut lieu la rencontre. A celui qui veut partager son sort et mettre ses pas dans ses pas, Jésus déclare qu’il n’y a pas d’illusions à se faire : il veut être préféré à tout et à tous : il veut une adhésion totale et inconditionnelle à sa personne et à son message.

Mais par delà ce contexte, par delà les circonstances particulières qui expliquent en partie les réactions brutales de Jésus, saint Luc entend bien nous provoquer à la réflexion et à une sérieuse remise en cause en soulignant très fort des exigences qui sont au cœur du message évangélique.

Si nous reprenons attentivement chacune des déclarations prononcées par le Christ, nous découvrons très vite que, malgré les apparences, la Bonne Nouvelle s’y trouve condensée pour l’essentiel.

Cette Bonne Nouvelle, c’est :

- celle de l’indépendance,

- de la vie renouvelée

- et de la consécration de tout soi-même au Royaume de Dieu qu’il faut bâtir.

  • Et tout d’abord la Bonne Nouvelle de l’indépendance : « Les renards ont des tanières, affirme Jésus, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’Homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête ». Jésus n’accepte pas à sa suite ceux qui auraient bien organisé ou comme on dit volontiers aujourd’hui, bien programmé leur destin. Il ne veut pas seulement prévenir cet homme de bonne volonté qu’il ne lui offre pas le confort d’une maison. C’est toute la volonté de Dieu sur une personne qui est ici en cause. Ce que Jésus réclame c’est une entière disponibilité. Or, reconnaissons-le, il n’y a rien finalement qui ne soit plus difficile que de s’en remettre ainsi aux bons vouloirs du Seigneur, que de lui signer, si je puis dire, un chèque en blanc.
  • La Bonne Nouvelle de la vie renouvelée ; en prononçant la phrase : « Laisse les morts enterrer leurs morts », Jésus n’entend pas supprimer le 4ème commandement qui nous fait un devoir de donner une digne sépulture à nos défunts. Il veut fixer notre regard au-delà de l’humain, dans un ordre autre que l’ordre matériel. Il veut que nous donnions une priorité absolue au surnaturel. A ses yeux celui qui n’a pas découvert cet ordre transcendant, cette vie surnaturelle, est un mort « Laisse les morts enterrer leurs morts ». Il est clair que dans cette même phrase le mot mort employé deux fois n’a pas la même signification : dans un cas il s’agit du sens habituel c’est-à-dire les défunts, mais dans l’autre il s’agit de ceux qui ne sont pas liés à Jésus par la foi et dont il ose dire qu’ils sont morts, morts spirituellement. Par la foi au Christ, en effet, par notre attachement à lui, notre union à lui, nous naissons à une vie nouvelle, une vie divine et donc surnaturelle, laquelle doit se nourrir, s’épanouir et rayonner chaque jour davantage. A sa manière incisive et souvent paradoxale, Jésus entend donc bien souligner, comme il le fait d’ailleurs dans d’autres paraboles, qu’aucune obligation jugée sérieuse ne peut tenir en face de la formidable proposition qui est faite à chaque personne de vivre de lui, par Lui et en Lui. « Je suis la Vie » a-t-il affirmé à plusieurs reprises : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en surabondance ».
  • Il y a une troisième exigence capitale : c’est la consécration de tout soi-même. Celui qui met la main à la charrue doit œuvrer sans regarder en arrière. Sans doute croyons-nous au Christ et faisons-nous quelques efforts pour le suivre, mais comme nous sommes loin encore de ce don total de nous-mêmes qu’il attend de nous. Il y a, reconnaissons-le, tant de biens auxquels nous sommes attachés et même asservis. Nous ne parvenons pas à quitter ce qu’il faut quitter, à dénouer les liens qui font de nous des prisonniers. Voilà pourquoi Jésus nous parle aujourd’hui avec une sorte de hâte pour nous rappeler à quelles conditions un homme peut réellement le suivre.

N’oublions jamais, chers frères et sœurs, que nous avons à bâtir en nous, un édifice spirituel (c’est la grande aventure de la Sainteté) et nous devons en même temps aider nos frères à bâtir le leur (c’est tout le sens de l’apostolat, de l’action missionnaire. Cette œuvre primordiale, à laquelle tout doit être ordonné, ne souffre pas de retard.

Les apôtres Jacques et Jean nous parlaient tout à l’heure d’un feu ; Jésus lui pensait à un autre feu, celui de son amour et son désir était immense de le voir s’allumer sur toute la terre, dans tous les cœurs. Mais alors, avions-nous raison tout à l’heure de parler de dureté de la part du Seigneur. Si telle est la seule voie qui donne un sens à notre destinée d’hommes, si le bonheur véritable ne peut-être obtenue par d’autres moyens, n’est-ce pas plutôt le mot Miséricorde qu’il convient d’employer ?

Non Jésus n’est pas dur dans ce texte qui nous étonne. Ou bien il est dur comme est dur tout amour qui donne tout et qui exige tout. Il nous annonce ni plus, ni moins ce que son amour attend de nous et comment nous-mêmes nous devons l’aimer et nous aimer les uns les autres.

Il reste que notre liberté ne sera jamais contrainte. Mais comment hésiter, devant cet appel, quand on a compris dans la lumière de l’Esprit-Saint que « perdre sa vie pour le Christ, c’est la sauver, que perdre sa vie pour le Christ, c’est lui donner sa plénitude, c’est lui conférer une valeur éternelle ».

Puisse la Vierge Marie, notre Mère, celle qui a toujours dit « Oui », nous influencer de telle sorte que nous donnions une réponse sans réticences, sans regrets, totale, joyeuse et généreuse à l’image de la sienne.

Amen.

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 23:05

Lecture du livre d'Habacuc 1, 2-3. 2, 2-4

« Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas, crier contre la violence, et tu ne délivres pas ! Pourquoi m'obliges-tu à voir l'abomination et restes-tu à regarder notre misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. Je guetterai ce que dira le Seigneur ». Alors le Seigneur me répondit : « Tu vas mettre par écrit la vision, bien clairement sur des tablettes, pour qu'on puisse la lire couramment. Cette vision se réalisera, mais seulement au temps fixé ; elle tend vers son accomplissement, elle ne décevra pas. Si elle paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, à son heure.

Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité ».

Lecture de la seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,6-8. 13-14

Fils bien-aimé, je te rappelle que tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t'ai imposé les mains. Car ce n'est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de raison. N'aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n'aie pas honte de moi, qui suis en prison à cause de lui ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part de souffrance pour l'annonce de l'Évangile. Règle ta doctrine sur l'enseignement solide que tu as reçu de moi, dans la foi et dans l'amour que nous avons en Jésus Christ. Tu es le dépositaire de l'Évangile ; garde-le dans toute sa pureté, grâce à l'Esprit Saint qui habite en nous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 17, 5-10

Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « La foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : 'Déracine-toi et va te planter dans la mer', et il vous obéirait.

Lequel d'entre vous, quand son serviteur vient de labourer ou de garder les bêtes, lui dira à son retour des champs : 'Viens vite à table' ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : 'Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et que je boive. Ensuite tu pourras manger et boire à ton tour.' Sera-t-il reconnaissant envers ce serviteur d'avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous : 'Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir' ».

Homélie

« Seigneur, augmente en nous la Foi ». Cette prière des apôtres nous pouvons la faire à notre tour car notre foi, reconnaissons-le, est, souvent chancelante, ébranlée par tout ce que nous voyons et entendons. Les doutes nous assaillent parfois : tant de gens autour de nous vivent comme si Dieu n’existait pas. Pour eux, la foi n’est qu’une illusion dont il faut se libérer et leurs réflexions rejoignent quelquefois nos propres doutes. Oui, l’incroyance moderne est contagieuse et beaucoup sont atteints par ce virus.

« Seigneur préserve notre foi ! Augmente en nous la Foi ! » Mais écoutons la réponse de Jésus : « La Foi, si vous en aviez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : déracine-toi et va te planter dans la mer et il vous obéirait ».

Par cette image volontairement forcée, Jésus veut nous faire comprendre que si la foi est un don de Dieu, une grâce, elle dépend aussi de nous. « Si vous en aviez gros comme une graine de moutarde » (qui est plus petite qu’une tête d’épingles) ! Oui il dépend de nous d’avoir et de garder la foi, même quand c’est dur, même dans des situations impossibles. Et cela nous arrive à tous n’est-ce pas, d’être affrontés une fois ou l’autre à des situations impossibles et désespérantes : on ne sait plus comment s’en sortir, on est au pied du mur, c’est le noir complet.

Eh bien ! Frères et sœurs, Jésus nous affirme qu’avec un peu de foi véritable, l’impossible peut avoir lieu, le miracle peut se produire. Avoir la foi gros comme une graine de moutarde c’est d’abord se dire : non Dieu ne veut pas mon malheur ! Il ne peut pas me vouloir du mal, car il m’aime. Même si toutes les apparences sont contraires, je persiste à croire à l’amour de Dieu pour moi. Avoir la foi doit dépasser les apparences. Et c’est affaire de volonté.

Dans ces belles prières de la Bible que sont les Psaumes on trouve de nombreux appels de détresse où l’homme en proie à la souffrance ou face à un très grand péril se met à interpeller Dieu de toutes ses forces, et ce cri ressemble parfois à un cri de révolte mais c’est précisément parce que l’homme ne peut pas croire que Dieu lui veuille du mal.

Dans le psaume 13 par exemple, la prière est ainsi formulée : « Seigneur m’oublieras-tu donc, pour toujours ? Jusqu’à quand me cacheras-tu ton visage ? Jusqu’à quand devrais-je ressasser en moi souci et chagrin ? » Mais aussitôt après jaillissent ces mots pleins de confiance : « Abandonné à ton amour déjà mon cœur se réjouit, je chanterai le Seigneur qui m’a comblé ».

Voici une autre prière tirée du psaume 44 : « Seigneur pourquoi dors-tu ? Hâte-toi, ignorerais-tu nos misères et nos souffrances ? Nous sommes dans la poussière, collés au sol. Debout ! À l’aide, pour mon amour délivre-nous ».

Nous le voyons : ces prières sont des cris de détresse qui expriment une grande indignation contre le mal, contre le péril, contre la souffrance et en même temps ils manifestent une folle confiance en ce Dieu dont on se sait aimé. Ils sont donc quelque chose de bon, car Dieu lui aussi, a horreur du mal. Sa volonté c’est que jamais ce mal nous écrase, ni que nous l’acceptions passivement mais que nous réagissions afin de le dépasser.

C’était déjà le sens de ce texte du prophète Habacuc entendu en 1ère lecture : « Combien de temps Seigneur devrais-je t’appeler au secours ? Pourquoi restes-tu là à regarder notre misère ? Vois donc : ce ne sont que pillages et violences, disputes et discordes... » Voilà le cri de détresse. Et voici maintenant le cri de confiance « Je guetterai ce que dira le Seigneur... le juste (c'est-à-dire le vrai croyant) vivra par sa fidélité... »

Oui, être fidèle coûte que coûte car Dieu, quelles que soient les apparences, lui, reste toujours fidèle. D’ailleurs, nous savons que Jésus lui-même est passé par là. Le soir du Jeudi-Saint au jardin des Oliviers il prie intensément. Il voit avec une lucidité parfaite le Calice de souffrances qu’il devra boire : « Père que ce Calice s’éloigne de moi ». C’est le cri de tout, homme qui a horreur de la souffrance et qui la repousse. Mais aussitôt après c’est le cri de la confiance filiale qui jaillit sur ses lèvres : « Père que ta volonté soit faite et non la mienne ».

Le lendemain sur la Croix les paroles qu’il prononce révèlent les mêmes dispositions intérieures : c’est d’abord un cri, que question lancée vers le ciel « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? » Et quelques instants plus tard c’est le cri de la confiance absolue « Père, entre tes mains je remets mon esprit ».

Telle est la Foi, frères et sœurs lorsqu’on l’envisage sous l’angle de la confiance : elle est la certitude que Dieu ne peut pas vouloir le mal. Il veut que nous puissions en triompher et il est toujours avec nous, nous soutenant de sa grâce quelles que soient les apparences.

Au printemps les viticulteurs taillent la vigne : ce n’est pas pour la brimer ou pour la faire souffrir mais pour qu’elle porte de plus beaux fruits. Il y a aussi en nous des excroissances mauvaises à tailler, dont nous n’avons pas toujours pleinement conscience. Alors Dieu se charge de les éliminer : certes on est tout d’abord surpris et on réagit négativement, mais ensuite on fait confiance comme l’enfant fait confiance à ses parents qui l’emmènent à l’hôpital, comme le sportif fait confiance à son entraineur qui exige de lui de nouvelles performances et l’oblige à se surpasser. Dès lors, nous rappelant toujours que « tout est grâce », disons souvent à Dieu : « Seigneur je sais à quel point tu m’aimes, toi qui es mon Père débordant d’une infinie tendresse. Je ne veux m’appuyer que sur ton seul amour et m’abandonnant entre tes mains, je veux quoiqu’il arrive, garder une âme sereine, paisible et joyeuse ».

Au cours d’une tempête, sur un paquebot devant tous les passagers morts d’inquiétude un enfant chantait le sourire aux lèvres. Quelqu’un lui dit : « tu n’as donc pas peur ? » « Oh non ! répondit-il, c’est papa qui est à la barre ».

Cette confiance absolue n’est-ce pas ce qui nous manque le plus dans nos relations avec le Seigneur ? Demandons-la instamment par l’intercession de Marie qui en est le modèle insurpassable.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 23:05

Lecture du livre d'Amos 6, 1a. 4-7

Malheur à ceux qui vivent bien tranquilles dans Jérusalem, et à ceux qui se croient en sécurité sur la montagne de Samarie. Couchés sur des lits d’ivoire, vautrés sur leurs divans, ils mangent les meilleurs agneaux du troupeau, les veaux les plus tendres de l’étable ; ils improvisent au son de la harpe, ils inventent, comme David, des instruments de musique ; ils boivent le vin à même les amphores, ils se frottent avec des parfums de luxe, mais ils ne se tourmentent guère du désastre d’Israël ! C’est pourquoi maintenant ils vont être déportés, ils seront les premiers des déportés ; et la bande des vautrés n’existera plus.

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 6, 11-16

Toi, l’homme de Dieu, cherche à être juste et religieux, vis dans la foi et l’amour, la persévérance et la douceur. Continue à bien te battre pour la foi, et tu obtiendras la vie éternelle ; c’est à elle que tu as été appelé, c’est pour elle que tu as été capable d’une si belle affirmation de ta foi devant de nombreux témoins.

Et maintenant, en présence de Dieu qui donne vie à toutes choses, et en présence du Christ Jésus qui a témoigné devant Ponce Pilate par une si belle affirmation, voici ce que je t’ordonne : garde le commandement du Seigneur, en demeurant irréprochable et droit jusqu’au moment où se manifestera notre Seigneur Jésus Christ. Celui qui fera paraître le Christ au temps fixé, c’est le Souverain unique et bienheureux, le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, le seul qui possède l’immortalité, lui qui habite la lumière inaccessible ; lui que personne n’a jamais vu, et que personne ne peut voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16, 19-31

Jésus disait cette parabole : « Il y avait un homme riche, qui portait des vêtements de luxe et faisait chaque jour des festins somptueux. Un pauvre nommé Lazare, était couché devant le portail, couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. Or, le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; il leva les yeux, et vit de loin Abraham avec Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Abraham, mon père, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt, pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur. Maintenant, il trouve ici la consolation, et toi, c’est ton tour de souffrir. De plus, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient aller vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne vienne pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. J’ai cinq frères : qu’il les avertisse pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit le riche, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

Homélie

Nous venons d’entendre l’une des pages les plus redoutables de tout l’Evangile. Si Dieu n’existe pas, si la vie éternelle n’existe pas, Jésus a tort : il ne faut pas l’écouter.

Mais si Dieu existe, si l’éternité existe, alors ce que Jésus nous dit est extrêmement sérieux, de la plus haute importance. Il n’y a rien de plus grave, en effet, que de rater sa vie éternelle. Jésus met en scène, frères et sœurs, une situation dramatique : à l’intérieur d’une maison, on fait bombance, tout près, c’est la misère... entre les deux un portail. Ce portail est comme un abîme qui sépare le riche du pauvre. Deux univers parallèles. Le riche vit dans un monde clos sur lui-même, il ne dépasse pas la porte de sa maison.

Ce qui est tout à fait remarquable dans cette parabole c’est qu’on ne dit pas que le pauvre était vertueux et que le riche était mauvais. L’un était simplement pauvre, l’autre était simplement riche. Le riche n’est pas accusé d’avoir volé Lazare, ou de l’avoir maltraité ou de l’avoir exploité. On ne dit même pas qu’il lui a refusé l’aumône : simplement il ne l’a pas vu. Il a laissé s’établir un terrible abîme entre lui et son voisin. Ils sont loin l’un de l’autre, séparés par ce terrible portail. Une fois de plus, Jésus veut nous mettre en garde contre le danger des richesses matérielles : à ses yeux la richesse comporte deux dangers mortels :

- elle peut fermer le cœur de Dieu, on se contente des plaisirs et des biens de la terre en oubliant l’Essentiel, c'est-à-dire la Vie Eternelle,

- la richesse peut aussi, fermer le cœur des autres : on ne voit plus le pauvre couché devant son portail.

Et si cette richesse devient un faux-dieu auquel on sacrifie tout, elle peut conduire tout droit à l’enfer... Il arrive de plus en plus, aujourd’hui qu’on se demande si l’enfer existe... et on s’empresse bien sûr de dire qu’il n’existe pas... sans se rendre compte que personne ne peut prouver cette négation vraiment bien légère. En tout cas Jésus lui ne pense pas ainsi. Or n’est-ce pas, Jésus que nous devons croire, lui qui est la Vérité, qui nous enseigne la vérité, plutôt que le résultat de certains sondages ou l’opinion de certains théologiens ?

Pour Jésus, remarquons là, l’enfer ne semble être que la prolongation de la vie terrestre : rester loin de Dieu comme on l’était ici-bas, rester loin des autres comme on l’était déjà ici-bas. C’est donc l’homme qui se condamne lui-même. La seule sanction c’est simplement que, cette distance que le riche a mise entre lui et Dieu, entre lui et les autres devient définitive. Car le Royaume de Dieu est Communion d’Amour. Le riche s’est condamné lui-même, son portail qui séparait deux mondes est devenu un abîme infranchissable.

Une question se pose donc à chacun de nous, frères et sœurs : suis-je convaincu que je suis en train de fabriquer mon ciel ou mon enfer ?

- Mon ciel chaque fois que je m’ouvre à Dieu et aux autres.

- Mon enfer chaque fois que je m’enferme en moi-même.

Celui qui n’aime pas, ici-bas se met lui-même hors du coup pour ce festin de Dieu. Ce bonheur éternel du ciel où n’entrent que ceux qui savent aimer, qui savent aimer à la manière du Christ : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

Frères et sœurs, si cette page d’Evangile est si forte, si violente c’est parce qu’il faut, sans doute un énorme coup de clairon pour réveiller quelqu’un qui vit sous anesthésie puissante. Or beaucoup d’hommes, aujourd’hui surtout, vivent dans une sorte d’anesthésie spirituelle. Les valeurs divines, les valeurs éternelles sont absentes de leur vie. Ce qui est désespérant, c’est que même s’ils voyaient un mort ressusciter, ils ne seraient pas convaincus, c'est-à-dire que même les plus puissants avertisseurs sont incapables de les réveiller de leur inconscience : car l’égoïsme, la désinvolture, l’irréligion, la dureté de cœur finissent pas rendre aveugle... ils empêchent de lire les signes de Dieu. Et Jésus de rappeler que le signe le plus efficace pour susciter la foi, ce n’est pas le miracle, si spectaculaire, soit-il, mais la Parole de Dieu. « Ils ont Moïse et les prophètes qu’ils les écoutent ».

La Parole Dieu contenue dans la Bible (Ancien et Nouveau Testament) nous dit ce que Dieu pense et donc ce que nous devons penser si nous voulons lui plaire. Croire c’est penser comme Dieu. Cette Parole de Dieu telle qu’elle est interprétée et enseignée par l’Eglise devrait être pour nous plus convainquant que la Résurrection d’une mort.

Mettons-nous donc de plus en plus à son écoute. Accueillons-la dans la Foi et faisons-la fructifier à l’exemple de la Vierge Marie et de tous les saints. Heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et la mettent en pratique.

Amen.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 23:05

Lecture du livre de la Sagesse 9, 13-18

Quel homme peut découvrir les intentions de Dieu ? Qui peut comprendre les volontés du Seigneur ? Les réflexions des mortels sont mesquines, et nos pensées, chancelantes ; car un corps périssable appesantit notre âme, et cette enveloppe d’argile alourdit notre esprit aux mille pensées. Nous avons peine à nous représenter ce qui est sur terre, et nous trouvons avec effort ce qui est à portée de la main ; qui donc a découvert ce qui est dans les cieux ? Et qui aurait connu ta volonté, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé d’en haut ton Esprit Saint ? C’est ainsi que les chemins des habitants de la terre sont devenus droits ; c’est ainsi que les hommes ont appris ce qui te plaît et, par la Sagesse, ont été sauvés.

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre à Philémon 9b-10, 12-17

Fils bien-aimé, moi, Paul, qui suis, un vieil homme, moi qui suis aujourd’hui en prison à cause du Christ Jésus, j’ai quelque chose à te demander pour Onésime, mon enfant à qui, dans ma prison, j’ai donné la vie dans le Christ. Je te le renvoie, lui qui est une part de moi-même. Je l’aurais volontiers gardé auprès de moi, pour qu’il me rende des services en ton nom, à moi qui suis en prison à cause de l’Évangile. Mais je n’ai rien voulu faire sans ton accord, pour que tu accomplisses librement ce qui est bien, sans y être plus ou moins forcé. S’il a été éloigné de toi pendant quelque temps, c’est peut-être pour que tu le retrouves définitivement, non plus comme un esclave, mais, bien mieux qu’un esclave, comme un frère bien-aimé : il l’est vraiment pour moi, et il le sera plus encore pour toi, aussi bien humainement que dans le Seigneur. Donc, si tu penses être en communion avec moi, accueille-le comme si c’était moi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 14, 25-33

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous qui, veut bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : “Voilà un homme qui commence à bâtir et ne peut pas achever !” Et quel est le roi qui, part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix. De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple ».

Homélie

S’il est des paroles de l’Evangile que nous n’aimons guère entendre ce sont bien celles que Jésus nous a adressées il y a un instant :

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, à sa mère, à sa femme, à ses frères et sœurs et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple ».

« Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple ».

« De même celui d’entre vous qui ne renonce pas à tous ses biens ne peut pas être mon disciple ».

Il n’y a pas d’échappatoire possible : c’est bien à vous comme à moi (qui ne sommes pas des moines ou des moniales) que Jésus propose ce rude programme de vie.

Oui, tous, quel que soit notre âge, quelle que soit notre situation dans l’Eglise ou dans la société, nous sommes tous invités à marcher sur cette route des crêtes qui s’annonce particulièrement escarpée.

Face à de telles exigences nous serions tentés pour un peu de reprocher à Jésus son intransigeance et de lui dire qu’il s’y prend très mal, qu’il ne connaît pas le cœur humain, notre cœur d’homme et que son projet de bonheur pour les hommes est vraiment déraisonnable. Or, Jésus ne se laisse pas arrêter par ces considérations qui sont trop humaines, trop terre à terre. Lui qui est le Chef de l’humanité nouvelle, notre premier de cordée n’a qu’une ambition : nous faire monter le plus haut possible dans cette grande ascension de la vie chrétienne qui s’appelle la Sainteté. Il nous presse de mettre nos pas dans ses pas, mais en même temps il nous prévient que nous aurons à y mettre le prix. Cette escalade de l’union à Dieu n’a rien à voir, en effet, avec une partie de plaisir. Si nous voulons la réussir pleinement nous devons nous soumettre en toute liberté à cette loi fondamentale du renoncement qui consiste à nous délester, de ce qui nous alourdit ou nous encombre, à retrancher impitoyablement de notre vie tout ce qui est contraire à la volonté du Seigneur.

- Qu’il s’agisse de nos possessions en nous considérant, non plus comme les propriétaires, mais comme les gestionnaires de tous ces biens que Dieu a mis à notre disposition.

- Qu’il s’agisse de nos affections, même les plus chères en ne leur donnant jamais le pas sur l’amour que nous devons à Dieu.

- Qu’il s’agisse de notre volonté propre et de nos satisfactions personnelles et c’est certainement ce renoncement à soi-même qui est le plus difficile, mais ce qu’il importe par-dessus tout de bien comprendre, chers frères et sœurs, c’est que cette loi du renoncement que Jésus nous demande instamment de pratiquer – et à longueur de vie – ce n’est pas un but en soi, mais seulement un moyen, une condition indispensable. Non ! Ce n’est pas à un masochisme autodestructeur qu’elle fait appel mais à un intérêt supérieur bien compris. Dans une excellente comparaison saint Paul nous en montre toute la signification et toute la portée : il nous dit, en effet, que dans le domaine de la vie spirituelle nous devons nous comporter à la manière de l’athlète, du sportif qui se prive de tout et fait de durs efforts pour se dépasser, pour réaliser des performances, avec toutefois, cette énorme différence à savoir que le but visé par l’athlète c’est une récompense, une gloire passagère, tandis que le but visé par le disciple du Christ c’est une récompense, une gloire éternelle.

Ce que l’on a trop souvent omis de faire, voyez-vous, en prédication ou en catéchèse c’est de mettre en lumière en face du côté négatif de l’enseignement de Jésus, tout le côté éminemment positif du même enseignement qui, lui, est sublime, merveilleux et donc tout à fait apte à nous motiver, à nous stimuler, à nous encourager.

Si tant de gens à l’heure actuelle sont persuadés que le christianisme n’a rien à leur dire c’est que, peut-être, on leur a trop parlé de contraintes, de règles morales, sans leur montrer sur quoi elles débouchaient... on a trop insisté sur les barrages et les digues, au lieu de conduire à la source.

Si l’Evangile est la Bonne Nouvelle par excellence, n’est-ce pas parce qu’il nous révèle l’incroyable destinée de l’homme ? Parce qu’il nous dit la fantastique aventure de la divinisation de l’homme ? Pourquoi Jésus exige-t-il de nous avec tant de rigueur le sacrifice de notre vie misérable ? Mais c’est pour lui substituer rien moins que sa Vie à Lui. Jésus ne nous demande de faire le vide en notre cœur que pour l’emplir de divin. Rappelons-nous ici certaines de ses paroles qu’il nous faudrait méditer inlassablement : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » et « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, mon Père l’aimera et nous viendrons chez Lui et nous ferons chez Lui notre demeure... Demeurez en moi, comme moi en vous... Celui qui demeure en moi et moi en Lui celui-là porte beaucoup de fruit... Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète... »

Oui, la promesse de Jésus dépasse tout ce que l’esprit humain est capable de concevoir. Dieu par le mystère de la grâce sanctifiante veut habiter en nous. Par la Foi, l’Espérance et la Charité il nous est donné de vivre dès cette terre dans une intimité merveilleuse avec les Trois Personnes Divines présentes en nous... C’est la vie éternelle déjà commencée... Ce que Jésus entend souligner dans les paroles évangéliques choisies pour la liturgie de ce dimanche, c’est que cette vie divine qui a été semée en notre âme comme une petite graine par la grâce baptismale ne saurait se développer et s’épanouir sans que nous fassions des efforts coûteux et persévérants pour nous détacher des choses créées, pour nous libérer de tout ce qui n’est pas Dieu ou ne va pas à Dieu. Tel est le sens du mystère pascal : il faut mourir pour vivre. Mais si nous voulons que cette vérité si importante pénètre vraiment en nous et stimule nos énergies, il nous faut suivre également le conseil que Jésus nous donnait tout à l’heure à travers deux petites paraboles : celui de nous asseoir, c'est-à-dire de prendre un temps suffisant pour réfléchir en profondeur :

- pour faire le point, bien sûr et entreprendre par des résolutions bien précises la réforme intérieure qui s’impose, mais surtout pour prier,

- pour contempler longuement Jésus et Marie qui sont les modèles insurpassables du renoncement total par amour,

- et pour leur demander dans une humble et très confiante supplication, la grâce de les suivre fidèlement sur ce chemin qui mène immanquablement à l’indicible Bonheur et à la Gloire Eternelle du Ciel.

Amen.

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 23:05

Lecture du livre de Zacharie 12, 10-11 ; 13, 1

Parole du Seigneur. En ce jour-là, je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication. Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé ; ils feront une lamentation sur lui comme sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement comme sur un premier-né. En ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem.

En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates 3, 26-29

Frères, en Jésus Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi. En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n'y a plus ni juif ni païen, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus l'homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu'un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, c'est vous qui êtes la descendance d'Abraham ; et l'héritage que Dieu lui a promis, c'est à vous qu'il revient.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9, 18-24

Un jour, Jésus priait à l'écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? » Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un prophète d'autrefois qui serait ressuscité ». Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu ». Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne, en expliquant : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite ». Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera ».

Homélie

Qui est Jésus ?

Cette question capitale, décisive qu’on voit surgir à chaque page de l’Evangile, Jésus, un jour, l’a posée à ses disciples et aujourd’hui encore il la pose à chacun et à chacune d’entre nous : « Pour vous qui suis-je ? »

  • Jésus serait-il, simplement, comme certains le pensent, le symbole de notre désir de fraternité universelle !
  • Peut-on se contenter de voir en lui un homme, un homme exceptionnel dont le message a contribué largement à améliorer le sort de l’humanité ?
  • Jésus est-ce Dieu qui a fait semblant d’être homme en prenant une apparence humaine, sans partager pour de bon notre condition terrestre,
  • ou bien est-il véritablement, comme il l’a clairement affirmé, à plusieurs reprises « le Fils de Dieu devenu homme », le Verbe fait chair selon l’expression de saint Jean.

Quelle est la véritable identité de Jésus de Nazareth ?

A cette question personne ne peut rester indifférent, car elle est la clé de voûte de notre foi et elle interpelle tout homme sur l’essentiel de son existence.

A cette question capitale on ne peut répondre en toute vérité, que si on répond clairement à une autre question qui, elle aussi, est capitale : « Pourquoi Jésus de Nazareth est-il mort ? Quel est le sens profond de sa Passion et de sa mort sur la Croix ? »

Ces 2 questions ne sont pas liées artificiellement, car vous l’avez peut-être remarqué Jésus lui-même dans l’Evangile de ce jour, associe l’annonce de sa mort et de sa résurrection à la découverte et à la proclamation par les apôtres de sa véritable identité.

Cette identité que Pierre a découverte par la grâce d’une lumière intérieure « Tu es le Messie de Dieu », c’est un secret confié aux apôtres. Jésus leur interdit sévèrement de le révéler en expliquant qu’il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il soit tué et que le 3ème jour il ressuscite.

Pourquoi donc le Christ-Jésus est-il mort ?

On pourrait évidemment s’en tenir à l’explication la plus historique : les chefs religieux d’Israël, fous de jalousie, on vu en Jésus un être dangereux sur le plan doctrinal et surtout un rival dont il fallait à tout prix se débarrasser. Mais cette explication ne rend pas compte de la réalité. Dans les Evangiles, en effet, et surtout dans celui de Jean bien des paroles très explicites et mille détails nous orientent vers la véritable cause de cette crucifixion. Si Jésus dit : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, il faut qu’il soit tué... », c’est qu’il a conscience d’accomplir en tout cela la volonté de Dieu son Père, car il est venu du ciel « non pour faire sa volonté mais la volonté de Celui qui l’a envoyé ». Faire la volonté du Père, voilà sa nourriture, voilà sa raison de vivre et c’est là qu’il trouve sa joie. Jésus sait parfaitement tout ce qui l’attend et c’est avec lucidité que son amour accepte tout... par sa fidélité absolue à son Père et par le don total de sa vie aux hommes il va témoigner d’un amour insurpassable : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Ainsi donc, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est dans la mort de Jésus crucifié que nous sommes invités à reconnaître le visage que Dieu veut nous montrer de lui-même.

Qui est Jésus ? Mais c’est Dieu qui meurt par amour... Affirmer « Dieu est mort » comme certains le prétendaient il y a quelques années c’est faux, si l’on entend par là réduire Dieu à une idée enfantée par les hommes et qui serait désormais périmée...

C’est vrai, au contraire, si l’on veut exprimée par là que Dieu ne nous a pas montré de lui le visage d’un souverain triomphant et écrasant, mais plutôt le visage d’un crucifié, le visage le plus bouleversant de l’amour le plus authentique. Dans un texte parallèle saint Marc souligne combien cette Passion annoncée pour la 1ère fois par Jésus est une cause de scandale pour les apôtres. Ils n’acceptent pas d’entrer dans cette perspective parce qu’ils n’ont pas encore compris comment Dieu aime et sauve.

Et nous, frères et sœurs, avons-nous mieux compris ? S’il y a dans l’Evangile des paroles que nous n’aimons guère entendre ce sont celles qui font suite, dans le texte de saint Luc, à l’annonce de la Passion : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive ». Avouons-le franchement, c’est presque à chaque instant que nous évacuons la croix hors de notre vie à nous. N’est-il pas vrai que ce que nous recherchons d’abord, c’est notre réussite, nos intérêts, notre confort, notre tranquillité, beaucoup plus que le don de nous-mêmes dans lequel nous devons « nous perdre » à cause du Christ ? Mais attention ! Nous dit Jésus « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, tandis que celui qui la perdra pour moi la sauvera ».

Vous le voyez, frères et sœurs, il s’agit là d’une exigence beaucoup plus radicale que le simple renoncement à des choses qui nous sont chères... Ce que Jésus nous demande, c’est de renoncer à nous-mêmes. Il nous invite par conséquent à une volte face de notre conception de la vie. Désormais ce n’est plus sur des biens matériels ou des valeurs imparfaites que nous devons baser notre vie, c’est sur Lui.

Telle est, frères et sœurs, la véritable attitude de foi : baser notre vie sur le Christ, miser notre vie sur Lui. Mais cela suppose que nous nous engageons à le suivre jusqu’au bout de son propre chemin qui est, ne l’oublions jamais un rude chemin de croix. Le disciple ne peut pas rêver d’un sort plus facile que celui de son maître. La foi au Christ conduit nécessairement à des choix douloureux, car elle nous enseigne l’Amour et l’amour, s’il est source de joie est aussi source de souffrance, nous en faisons tous l’expérience. Nous sommes donc amenés à conclure qu’on ne peut définir Jésus sans se définir en même temps soi-même par rapport à Jésus ;

- puisque Jésus c’est le Dieu fait homme,

- puisque Jésus c’est Dieu qui meurt par l’homme pour que l’homme vive et vive en plénitude de la vie même de Dieu dès ici-bas et pour l’éternité. Il est en définitive, celui par rapport à qui tout homme sauve ou perd sa vie.

Hors de Lui c’est la mort... En Lui tout est Résurrection et Vie...

Aujourd’hui même, frères et sœurs, chacun décide de la réussite parfaite ou de l’échec total de son existence en choisissant librement pour ou contre Lui.

Amen.

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 23:05

Lecture du second livre de Samuel 12, 7-10. 13

Après le péché de David, le prophète Nathan vint le trouver et lui dit : « Ainsi parle le Seigneur Dieu d'Israël : Je t'ai sacré roi d'Israël, je t'ai sauvé de la main de Saül, puis je t'ai donné la maison de ton maître, je t'ai donné les épouses du roi ; je t'ai donné la maison d'Israël et de Juda et, si ce n'est pas encore assez, j'y ajouterai tout ce que tu voudras. Pourquoi donc as-tu méprisé le Seigneur en faisant ce qui est mal à ses yeux ? Tu as frappé par l'épée Ourias le Hittite ; sa femme, tu l'as prise pour femme ; lui, tu l'as fait périr par l'épée des fils d'Ammon. Désormais, l'épée ne cessera plus de frapper ta maison, pour te punir, parce que tu m'as méprisé et que tu as pris la femme d'Ourias le Hittite pour qu'elle devienne ta femme ». David dit à Nathan : « J'ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 2, 16.19-21

Frères, nous le savons bien, ce n’est pas en observant la loi que l’homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ ; c’est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi. Grâce à la Loi (qui a fait mourir le Christ) j'ai cessé de vivre pour la Loi afin de vivre pour Dieu. Avec le Christ, je suis fixé à la croix : je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. Il n'est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. En effet, si c'était par la Loi qu'on devient juste, alors le Christ serait mort pour rien.

Evangile de Jésus Christ selon saint Luc 7, 36-50 ; 8, 1-3

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum. Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum. En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse ». Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître ». Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? » Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. — Tu as raison », lui dit Jésus. Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds. Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds. Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour ». Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés ». Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? » Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! » [Ensuite Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l'accompagnaient, ainsi que des femmes qu'il avait délivrées d'esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l'intendant d'Hérode, Suzanne, et beaucoup d'autres, qui les aidaient de leurs ressources.]

Homélie

Une des affirmations fondamentales de notre foi chrétienne est que nous sommes tous pécheurs... La liturgie nous invite à le reconnaître au début de chaque messe.

Malheureusement, force nous est de constater, à la lumière des sondages, que le sens du péché a disparu presque totalement de la majorité des consciences.

Pour le retrouver il n’y a qu’un moyen, sûr et efficace, c’est de nous placer dans la lumière de la Révélation, car seule la Parole de Dieu peut nous montrer en quoi consiste le péché nous faire comprendre que ce n’est pas une réalité naturellement connaissable mais un mystère surnaturel.

Dans cette lumière qui vient d’En-Haut, on découvre que le fait fondamental sur lequel repose toute la réalité du péché, c’est l’attitude d’amour infini que Dieu a pour nous.

« Dieu est Amour » affirme saint Jean et il précise quelques lignes plus loin que Dieu nous a aimés le premier. Si Dieu a décidé de nous créer c’est uniquement par amour, dans le but de se donner à nous dans le temps et l’éternité. Mais Dieu ne peut pas se donner à nous, son amour ne peut pas grandir en nous, si nous ne voulons pas de lui, si nous ne l’aimons pas. Car il nous a donné une liberté et une liberté telle que nous pouvons dire non aux avances de son amour ; nous pouvons, hélas, l’empêcher de nous combler, de libérer cette tendresse formidable qu’il vient comme fortement confirmée en son cœur dans l’impatience de la communiquer.

C’est dans la méconnaissance de cet amour que Dieu a pour nous dans le mépris de cet amour, dans le refus de cet amour que consiste essentiellement le péché. Dieu offre à l’homme l’Amour et la joie infinie qu’il est lui-même et le pécheur n’en veut pas, parce qu’il aime mieux soit l’orgueil, soit l’argent, soit le plaisir, parce qu’il met sa préférence, en somme, dans des liens finis.

« L’amour n’est pas aimé », disait saint François d’Assise. Cette parole émouvante résume le grand drame du péché dont nous pouvons suivre le déroulement à travers toute la Bible : depuis le commencement c'est-à-dire le péché originel jusqu’à son dénouement qui est le mystère de la croix, le mystère de Jésus crucifié et glorifié, qui en se livrant totalement à son Père par amour, a remporté une victoire totale et définitive sur le péché...

Oui, c’est en méditant assidûment la Bible qu’on peut redécouvrir le sens du péché. Car elle est, avant tout, le récit des relations entre Dieu et l’homme... Elle montre à quel point Dieu aime l’homme et désire être aimé de lui... Et pour faire comprendre la nature de cet amour, elle se sert audacieusement surtout chez les prophètes de l’image la plus parlante, la plus expressive : celle de l’amour conjugal... Chaque fois que le peuple élu se détourne de Dieu pour adorer des idoles, Dieu lui fait comprendre qu’il a commis vis-à-vis de lui un grave péché, qu’il a rompu le pacte de l’alliance, qu’il s’est rendu coupable vis-à-vis de l’Epoux Divin d’un véritable adultère... apparaît alors, la miséricorde de Dieu qui inlassablement multiplie les appels à la conversion et offre généreusement son pardon.

Ces relations de Dieu avec le peuple de l’Alliance sont le modèle des relations qu’il veut établir avec chacun et chacune d’entre nous, relations de personnes à personnes. C’est dans cette lumière que nous pouvons saisir un peu ce qu’est le péché et mesurer sa gravité. Il est bien autre chose qu’une simple infraction à un règlement ou à des lois. Il est, vis-à-vis de ce Dieu qui est toute tendresse, de ce Dieu qui nous aime au-delà de toute expression une attitude de rejet, d’infidélité, un adultère, une trahison. Oui, chaque fois donc que nous nous dérobons à un appel d’amour que Dieu nous adresse, nous commettons un péché, car à ce moment là nous préférons nous complaire en nous-mêmes ou dans des liens créés, nous préférons notre volonté à la sienne, notre bon plaisir au sien. Saint Augustin qui a l’art des formules frappantes dit ceci « Je commets un péché chaque fois que j’aime ce que Dieu n’aime pas et chaque que je n’aime pas ce que Dieu aime ». Or, pour servir ce que Dieu aime ou n’aime pas, pour être peu à peu sensibilisé aux goûts de Dieu (et par le fait même éduquer sa conscience) il faut méditer inlassablement la Parole de Dieu (et les commentaires autorisés que l’Eglise en donne). C’est un devoir auquel nul n’a le droit de se soustraire...

Plus nous accueillerons cette révélation de l’Amour de Dieu qui donne tout et demande tout et plus nous saisirons la gravité du péché : un tel amour ne peut supporter ni l’infidélité, ni le plus léger manquement...

Mais pour bien mesurer la gravité du péché, il nous faut le considérer aussi du point de vue de sa nocivité, de ses effets désastreux en nous et dans les autres.

Quels sont tout d’abord les effets du péché dans notre âme ?

  • Si ce péché est mortel, il ruine totalement l’intimité d’amour entre Dieu et nous. Il nous fait perdre la vie surnaturelle reçue au baptême et c’est le plus grand de tous les malheurs, car si la mort nous trouve fixés dans cet état de rupture volontaire avec Dieu nous nous jetons directement en enfer. Jésus nous dit de manière très expressive dans l’allégorie de la vigne (Jean 15) en quoi consiste cet état de péché mortel, l’âme ressemble au sarment détaché du tronc : plus de suc, donc, plus de sève et plus de fruits. Le rameau desséché n’est plus bon qu’à être jeté au feu.
  • Quant au péché véniel, il ne faut pas (comme on a trop tendance à le faire) le considérer comme une réalité négligeable, quelque chose qui ne porte pas à conséquence. Je le disais, il y a un instant, l’Amour véritable ne peut supporter le plus léger manquement, la plus petite indélicatesse. Le péché véniel doit donc être soigneusement évité car il est pour l’âme une maladie, une blessure qui risque d’être plus ou moins grave. D’autres images expriment la même vérité : on peut dire, par exemple, que le péché véniel est comme une tâche sur le visage de l’âme qui défigure en elle l’image de Dieu, ou encore que c’est un corrosif qui insensiblement détruit les liens que nous avons tissés avec le Seigneur ou avec nos frères.
  • Quelques mots maintenant concernant les effets du péché sur les autres. Le chrétien, nous le savons, n’est pas un isolé, il est membre de ce grand corps que nous formons tous avec le Christ mystique. Car que se passe-t-il lorsqu’un membre du corps est malade ? C’est le corps tout entier qui souffre par solidarité, qui est atteint par la contagion... « Si je marche sur ton pied dit saint Augustin, c’est ta bouche qui crie ». Par conséquent, lorsqu’on pèche de quelque manière que ce soit, on fait du tort non seulement à la tête qu’est le Christ, mais aussi à tous les membres de son corps, sans parler évidemment du tort direct que l’on peut causer individuellement à tel ou tel de ses membres. Un chrétien ne peut pas commettre un péché, même par omission, même intérieurement, sans pécher du même coup contre tous ses frères, sans diminuer la vie divine dans le corps tout entier... Ah ! si chaque fois que nous sommes tentés, nous pensions qu’en cédant à cette tentation, en tombant dans le péché nous allons faire baisser le niveau de l’amour, non seulement en nous, mais dans le monde, comme cela nous aiderait à résister.
  • Une dernière réflexion pour conclure : notre grand penseur Pascal a mis sur les lèvres de Jésus une parole qui s’adresse à chacun et à chacune d’entre nous et qui devrait nous faire réfléchir... « Si tu connaissais tes péchés, tu perdrais cœur ». Malheureusement nous ne risquons pas de perdre cœur parce que d’ordinaire nous ne prenons pas le péché au sérieux. Un seul homme, en fait, a compris pleinement le péché de l’homme et l’a pris terriblement au sérieux, c’est Jésus, le Dieu fait homme, notre Sauveur. Lui le Saint par excellence, il a bien voulu, en vue de notre libération, se mettre du côté des pécheurs « il a été fait péché pour nous » ose dire saint Paul, quel mystère ! Aussi bien n’est-ce pas par des raisonnements qu’on peut acquérir un sens très aigu du péché, mais une longue et amoureuse contemplation de Jésus souffrant et mourant pour nos péchés.

Quand nous commencerons à comprendre (et c’est une grâce qu’il faut demander instamment) que chaque fois que nous commettons un péché, c’est en vérité, Jésus que nous outrageons, que nous torturons, que nous crucifions. Alors nous aurons vis-à-vis du péché une profonde horreur, (à l’exemple de tous les saints) et nous trouverons la force de la combattre en nous et autour de nous afin que dans tous les cœurs et à tout instant « l’Amour enfin, soit aimé ».

Amen.

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 23:05

Lecture du premier livre des Rois 1 R 17, 17-24

Après cela, le fils de la femme chez qui habitait Élie tomba malade ; le mal fut si violent que l’enfant expira. Alors la femme dit à Élie : « Qu’est-ce que tu fais ici, homme de Dieu ? Tu es venu chez moi pour rappeler mes fautes et faire mourir mon fils ! » Élie répondit : « Donne-moi ton fils ! » Il le prit des bras de sa mère, le porta dans sa chambre en haut de la maison et l’étendit sur son lit. Puis il invoqua le Seigneur : « Seigneur, mon Dieu, cette veuve chez qui je loge, lui veux-tu du mal jusqu’à faire mourir son fils ? » Par trois fois, il s’étendit sur l’enfant en invoquant le Seigneur : « Seigneur, mon Dieu, je t’en supplie, rends la vie à cet enfant ! » Le Seigneur entendit la prière d’Élie ; le souffle de l’enfant revint en lui : il était vivant ! Élie prit alors l’enfant, de sa chambre il le descendit dans la maison, le remit à sa mère et dit : « Regarde, ton fils est vivant ! » La femme lui répondit : « Maintenant je sais que tu es un homme de Dieu, et que, dans ta bouche, la parole du Seigneur est véridique ».

Lecture de la lettre de saint Paul aux Galates 1, 11-19

Frères, il faut que vous le sachiez, l’Évangile que je proclame n’est pas une invention humaine. Ce n’est pas non plus un homme qui me l’a transmis ou enseigné : mon Évangile vient d’une révélation de Jésus Christ. Vous avez certainement entendu parler de l’activité que j’avais dans le judaïsme : je menais une persécution effrénée contre l’Église de Dieu, et je cherchais à la détruire. J’allais plus loin dans le judaïsme que la plupart des gens de mon peuple qui avaient mon âge, et, plus que les autres, je défendais avec une ardeur jalouse les traditions de mes pères. Mais Dieu m’avait mis à part dès le sein de ma mère, dans sa grâce il m’avait appelé, et, un jour, il a trouvé bon de mettre en moi la révélation de son Fils, pour que moi, je l’annonce parmi les nations païennes. Aussitôt, sans prendre l’avis de personne, sans même monter à Jérusalem pour y rencontrer ceux qui étaient Apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie ; de là, je suis revenu à Damas. Puis, au bout de trois ans, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, et je suis resté quinze jours avec lui. Je n’ai vu aucun des autres Apôtres sauf Jacques, le frère du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7, 11-17

Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu'une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l'on transportait un mort pour l'enterrer ; c'était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas ». Il s'avança et toucha la civière ; les porteurs s'arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi ». Alors le mort se redressa, s'assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.

La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple ». Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

Homélie

Après le récit de nous venons d’entendre nous nous trouvons en face de la grande révélation de l’Evangile écrit par saint Luc : celle de la tendresse de Dieu.

Une seule phrase, ainsi que le mot pitié, nous disent tout. A la vue de cette mère écrasée par la douleur le Seigneur eut pitié et il lui dit : « Ne pleure pas... » A sa vue, comprenons bien que, Jésus qui regarde, c’est Dieu qui regarde. Nous n’entrons dans l’Evangile que le jour où nous réalisons bien cela : Jésus est le regard humain de Dieu. Par Jésus, Dieu nous dit comment il nous regarde. Cela ne nous est pas révélé par les philosophes, ni même par les théologiens, mais par la réaction de Jésus qui, un jour, à la porte de Naïm, a vu une veuve près du brancard où gisait son fils unique. 

« Jésus, dit Luc, eut pitié ». C’est un mot qui a une force de révélation sur laquelle tous les exégètes insistent. Il signifie : être bouleversé, pris aux entrailles. Dans les Evangiles il n’est employé que pour parler de l’amour de Dieu envers les hommes. Jésus a « pitié » de la foule, des malades ; le père de l’enfant prodigue est « bouleversé de pitié » en revoyant son fils. Pouvons-nous imaginer que Dieu se joue de nous en nous faisant dire qu’il a pitié ?

Ici, il le montre. Jésus, bouleversé par un des plus grands malheurs de notre terre, c’est Dieu lui-même qui entre dans la souffrance humaine, en ne pouvant pas la supporter plus que nous : « Ne pleure pas ! » Compassion efficace.

D’un mot, avec la simplicité de la plus totale puissance, il redonne la vie : « Lève-toi ! » Un geste délicat achève de nous montrer qui est Dieu : « Il le redit à sa mère ».

Certains objecteront : « Il ne m’a pas rendu le mien... il ne m’a pas rendu ma femme qui avait trente ans... Il ne nous a pas rendu ce jeune prêtre pour lequel nous avions tant prié ». Oui, c’est toujours le même malentendu. Jésus n’est pas venu et il ne vient pas pour réparer ici ou là une souffrance, il vient tout réparer. Cette résurrection de Naïm est à la fois un geste de tendresse puissante et le signe d’une tendresse immensément plus puissante : Dieu à l’œuvre pour le salut du monde et notre vie éternelle. Dans quelle inimaginable détresse serions-nous si devant chaque mort nous devions penser : tout est fini, tout.

Bien sûr, la maman a surtout vu son bonheur immédiat. La foule, déjà, voit autre chose : « Dieu a visité son peuple ». Nous, lecteurs actuels de l’Evangile, nous devons – même dans un grand malheur – laisser ce signe de Naïm nous ouvrir à toute la mystérieuse réalité de la visite du Seigneur.

La tendresse de Jésus nous révèle que nous sommes aimés. Par lui, Dieu nous fait la visite la plus impensable : venir en personne nous voir, prendre sur place les mesures exactes de tout le travail de rédemption et de résurrection.

Oui, mais là, frères et sœurs, notre intelligence cale : que ce travail ait conduit Jésus la croix, que ce travail laisse, jusqu’à la fin du monde, des parents broyés à jamais, des violences et des égoïsmes terrifiants, comment le comprendre ? Où sont les mesures et le regard de Dieu ? Nous voudrions au moins qu’il s’explique, qu’il nous explique.

Or, il le fait, c’est ce qu’on appelle la Révélation, c’est-à-dire tout ce que, par la Bible, Dieu a mis progressivement à la portée de notre intelligence et de notre cœur : ses vues, son travail de création et de rédemption, ses patiences, son amour. Son Amour Divin qui dépassera toujours, en amplitude et en profondeur, ce que nous pouvons comprendre.

Il n’est pas défendu de le questionner, c’est même une manière d’aimer un Père, tous les parents le savent. Mais il faut que cela reste le dialogue d’un homme qui questionne Dieu en sachant bien qu’il recevra les réponses qui sont de l’ordre du mystère et donc qui le dépassent.

Souvent quand survient un malheur nous disons : « Seigneur, après tout ce qui nous écrase en ce moment comment penser que tu nous aimes, tu as laissé faire, tu es loin et tu te tais ». Mais Jésus répond : « Tu te trompes, je ne suis pas loin. Je suis venu jusqu’à Naïm. Je ne me tais pas... » Quand j’ai dit : « Lève-toi à Naïm, je le disais à tous, à tous les écrasés de la vie et aussi à tous les morts ».

Jusqu’au bout un homme peut se lever, guéri dans son corps ou, ce qui est bien plus important dans son âme : et un jour, il faut y croire très fort, tous les hommes se lèveront dans la joie infiniment comblante de la Résurrection.

Amen.

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 07:47

Il s'agit bien de ces noces célestes où Dieu nous invite, cette salle du Royaume où les valeurs sont inversées. Après y être entrés par la "porte étroite", il n'y aura plus de privilèges ni de titres mais des places réservées en avant aux plus humbles. Les autres attendront...

L'humilité c'est la vérité sur soi-même... Selon les moments ou les étapes de notre vie, il y a en nous trois personnages qui interviennent : l'être que je suis en vérité, l'être que j'aimerais être et l'être que je crois être. Si je m'identifie à l'être que j'aimerais être, cela peut être stimulant pour atteindre un but, professionnel par exemple ; si je me confonds avec l'être que je crois être, alors je ne trouverai jamais la bonne place dans la vie. L'être que je crois être se sous-estime ou se surestime. Alors il sera soit triste, toujours déçu de lui-même, soit en colère, susceptible, orgueilleux, humilié quand il n'est pas reconnu tel qu'il aimerait... Humilité vient de humus, terre, c'est-à-dire avoir les pieds sur terre, être à sa place, pas en haut pas en bas. Etre en vérité !

Alors, l'humilité c'est accepter ses qualités réelles et les mettre au service sans se sous-estimer ; c'est accepter ses défauts et ses limites comme Saint Paul qui avait demandé au Seigneur de lui ôter une écharde, un défaut, une faiblesse qu'il avait, à quoi il lui fut répondu que la grâce lui suffisait, cette écharde pour qu'il ne devienne pas orgueilleux....

L'humilité enfin c'est vouloir dépendre d'un autre, le Christ, et s'appuyer sur lui. Car c'est le Christ qui va me donner ma juste valeur. Car lui m’aime tel que je suis... A travers lui je trouverai mon équilibre et ma vérité : ni trop haut ni trop bas, ni trop à droite ni trop à gauche ("je peux tout en celui qui me fortifie").Comme l'équilibriste sur son fil qui reste droit grâce à la perche, le Christ. Tandis que l'orgueilleux tombe : se dévalorise sans cesse, se donnant lui-même sa propre valeur, en montrant ce qu'il croit être par le pouvoir, l'avoir et la domination sur les autres.

Père Joël Pralong

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