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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 08:25

Pour tous ceux et celles qui ont besoin de l'Ordo de l'Année 2020 le voilà ci-contre en format PDF.

Source : https://liturgie.catholique.fr/ressources/calendriers-liturgiques/#1550830990261-669f1960-2d73

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 18:46
32ème Dimanche T.O.

Lecture du livre de la Sagesse 6, 12-16

La Sagesse est resplendissante, elle est inaltérable .Elle se laisse aisément contempler par ceux qui l'aiment, elle se laisse trouver par ceux qui la cherchent. Elle devance leurs désirs en se montrant à eux la première. Celui qui la cherche dès l'aurore ne se fatiguera pas : il la trouvera assise à sa porte. Ne plus penser qu'à elle prouve un parfait jugement, et celui qui veille en son honneur sera bientôt délivré du souci. Elle va et vient pour rechercher ceux qui sont dignes d'elle ; au détour des sentiers, elle leur apparaît avec un visage souriant ; chaque fois qu'ils pensent à elle, elle vient à leur rencontre.

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 4, 13-18

Pour la lecture brève, on omet le texte qui est entre crochets

Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils.

[Car, sur la parole du Seigneur, nous vous déclarons ceci : nous les vivants, nous qui sommes encore là pour attendre le retour du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui se sont endormis. Au signal donné par la voix de l'archange, à l'appel de Dieu, le Seigneur lui-même descendra du ciel, et les morts unis au Christ ressusciteront d'abord. Ensuite, nous les vivants, nous qui sommes encore là, nous serons emportés sur les nuées du ciel, en même temps qu'eux, à la rencontre du Seigneur. Ainsi, nous serons pour toujours avec le Seigneur. Retenez ce que je viens de dire, et réconfortez-vous les uns les autres].

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 1-13

Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Le Royaume des cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux. Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes : les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve. Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent. Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre.' Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe. Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent.' Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands.' Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte. Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !' Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.' Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure ».

Homélie

En ces derniers dimanches de l’année liturgique, l’Eglise nous invite à devenir des Sages qui se posent les vraies questions fondamentales et essentielles :
  • Où allons-nous ?
  • Quel est le sens de notre vie ?
  • Qu’est-ce qui est primordial pour nous ?
  • Quelle est l’ultime fin de l’homme ?

Et si la vraie sagesse consistait à ne jamais oublier que notre vie actuelle n’est pas la vraie vie, mais un voyage inexorable vers la mort !…

Malheureusement le monde moderne s’ingénie à effacer cette réalité de la mort, à la camoufler derrière les murs insonorisés de nos hôpitaux. Le défunt s’en va souvent seul (comme sur la pointe des pieds) et il passe discrètement du funérarium au cimetière… Nous risquons fort de mourir dans l’inconscience de notre mort, drogués par toutes sortes de calmants… Nous vivons surtout aveuglés par le faux-espoir que la mort n’existe pas pour nous. Tout au plus existe-t-elle pour les autres… Pourtant nous la rencontrons à tout instant : chaque jour à la radio nous apprenons la disparition de tel ou tel homme célèbre. Nous revoyons constamment à la télévision les visages d’artistes disparus, d’hommes politiques ou de grands savants.

Les catastrophes se suivent et emportent avec elles leur cortège de victimes de tout âge et de toute condition : on finit même par s’habituer au chiffre impressionnant de ceux qui en quelques instants disparaissent dans les tremblements de terre, les inondations ou les attentats de plus en plus meurtriers.  

Alors, frères et sœurs, parlons de la mort. N’hésitons pas à la regarder en face : cela ne nous fera pas mourir maintenant.

  • D’abord une chose est sûre : c’est qu’un jour nous ne serons plus : demain, dans 10 ans ou dans 80 ans… Peu importe, la vie est courte et la mort nous attend inexorablement. Nous sommes des condamnés en sursis.
  • Mais il y a une autre certitude, c’est que la mort comme l’époux de la parabole « viendra au milieu de la nuit » c’est-à-dire sans prévenir, sans faire-part, ni invitation. Elle sera toujours une surprise « un cri déchirant la nuit… » « vous ne savez ni le jour, ni l’heure ». Mais son heure pour chacun de nous sera celle de Dieu.

La parabole des vierges sages et des vierges folles éclaire singulièrement ce qu’est la vie et la mort. Au temps du Christ la jeune fille attendait le bon vouloir de son fiancé pour fixer la date des noces. Il venait la surprendre (même en pleine nuit) pour s’assurer qu’elle était prévoyante et digne d’être son épouse.

A travers ce récit, Jésus nous livre la clé du sens de la vie terrestre : le jour de notre baptême nous avons été fiancés au Christ-Jésus, le Fils de Dieu. Saint Paul le disait explicitement à ceux qu’il avait évangélisé. « Je vous ai fait rencontrer le seul époux véritable, vous êtes l’épouse vierge et sainte que j’ai présentée au Christ ». Ce jour-là un cierge allumé nous a été confié, signe de la lumière de la foi déposée en nos cœurs. La vie devient ensuite le temps de l’attente, une attente heureusement supportable, car à chaque Eucharistie, l’Epoux vient mystérieusement nous assurer et nous nourrir de sa présence et de son amour. Mais c’est seulement la mort qui nous fera entrer pleinement dans les noces définitives avec le Seigneur, si toutefois nous avons gardé dans notre cœur la Lumière de la Foi est la Flamme de l’Amour.

Frères et sœurs, nous savons que la terre est cet immense chantier où la matière a donné la vie, qui elle-même a accédé à l’intelligence et à l’esprit. Puis l’esprit, travaillé intérieurement par la grâce, est devenu amour. Le magnifique projet de Dieu est que les hommes deviennent amour comme lui-même est amour.

Pour réaliser ce plan, il a envoyé son Fils qui s’est fait homme pour que les hommes deviennent comme Lui des fils de Dieu. Ce fils, le Christ a accroché les hommes à sa cordée pour les entraîner à sa suite vers la Maison du Père. Mieux que cela il a épousé l’humanité sur le lit nuptial de la Croix. Il lui a mis l’alliance au doigt pour que promue fille de Dieu par épousailles avec le Fils Unique, elle entre un jour dans l’indicible bonheur de la Très Sainte Trinité. En fait, le projet de Dieu ce sont les noces éternelles de son Fils et de l’humanité commencées ici-bas et consommées dans la Gloire de l’au-delà. Ainsi chacun de nous, à sa mort entre dans les noces de l’éternité dont les noces terrestres de l’homme et de la femme sont l’Annonce et le Signe.

Dès lors pourquoi craindre la mort ? Nous serons emmenés par Dieu avec Jésus nous dit Saint Paul, pour devenir par Lui et en Lui, en compagnie de Marie et de tous les saints, des êtres éternellement vivants, jouissant de l’inimaginable Béatitude du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Cette venue de l’Epoux puissions-nous frères et sœurs l’attendre ardemment et impatiemment. Sachant qu’il viendra comme un voleur, essayons de garder toujours allumée dans notre cœur la flamme de la Foi et de l’Amour. Préparons-nous chaque jour à la rencontre.

Faisons nôtres les paroles du Psaume 62 : « Mon âme a soif du Dieu vivant,  quand le verrai-je face à face ? »

Oui, qu’une prière humble, confiante, et persévérante creuse toujours plus en nous le désir de ce grand rendez-vous d’Amour au sein de notre vie.

Amen.

En cliquant sur cette image, vous trouverez la Prière Universelle du trés bon site "Jardinier de Dieu".

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 22:00

Lecture du livre de Malachie 1, 14b ; 2, 2b. 8-10

Je suis le Grand Roi, dit le Seigneur de l'univers, et mon Nom inspire la crainte parmi les nations. Maintenant, prêtres, à vous cet avertissement : Si vous n'écoutez pas, si vous ne prenez pas à cœur de glorifier mon Nom - déclare le Seigneur de l'univers - j'enverrai sur vous la malédiction, je maudirai les bénédictions que vous prononcerez. Vous vous êtes écartés de la route, vous avez fait de la Loi une occasion de chute pour la multitude, vous avez perverti mon Alliance avec vous, déclare le Seigneur de l'univers. À mon tour je vous ai déconsidérés, abaissés devant tout le peuple, puisque vous n'avez pas suivi mes chemins, mais agi avec partialité en accommodant la Loi. Et nous, le peuple de Dieu, n'avons-nous pas tous un seul Père ? N'est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi nous trahir les uns les autres, profanant ainsi l'Alliance de nos pères ?

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 2, 7b-9.13

Frères, avec vous nous avons été pleins de douceur, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Ayant pour vous une telle affection, nous voudrions vous donner non seulement l'Évangile de Dieu, mais tout ce que nous sommes, car vous nous êtes devenus très chers. Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues : c'est en travaillant nuit et jour, pour n'être à la charge d'aucun d'entre vous, que nous vous avons annoncé l'Évangile de Dieu. Et voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu. Quand vous avez reçu de notre bouche la parole de Dieu, vous l'avez accueillie pour ce qu'elle est réellement : non pas une parole d'hommes, mais la parole de Dieu qui est à l'œuvre en vous, les croyants.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 23, 1-12

Jésus déclara à la foule et à ses disciples : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Pratiquez donc et observez tout ce qu'ils peuvent vous dire. Mais n'agissez pas d'après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ; ils aiment les places d'honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n'avez qu'un seul enseignant, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n'avez qu'un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n'avez qu'un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s'élèvera sera abaissé, qui s'abaissera sera élevé ».

Homélie

L’Évangile de ce dimanche nous trace 2 portraits : celui de l’homme orgueilleux et celui de l’homme humble.

  • L’homme orgueilleux c’est celui qui aime être considéré comme Maître, Père ou Docteur. S’estimant supérieur aux autres, il cherche avant tout à dominer, à parader, à présider, à se donner des titres. Ce qui compte à ses yeux c’est l’apparence, l’extérieur, le spectacle. Il s’agit principalement pour être vu des hommes. Centré sur luimême, il ne sait pas obéir, ni aimer… Il n’est jamais content de rien ni de personnes, il n’estime les autres qu’en fonction de l’honneur qu’il en reçoit. Comment un tel homme pourrait-il être agréable à Dieu ? La Bible nous dit en effet, que « Dieu résiste aux orgueilleux, mais qu’il donne sa grâce aux humbles ».
  • Le véritable disciple du Christ, Lui, doit être particulièrement humble. Dans l’Évangile, Jésus montre à plusieurs reprises que pour arriver à la vraie grandeur il faut se mettre à la dernière place. À ses yeux la montée de l’âme est une descente : « Celui qui s’abaisse sera élevé ».

L’humilité c’est la condition indispensable de la vie chrétienne (cette vie de foi, d’espérance et d’amour) qui nous prépare à la vie bienheureuse du ciel. Pour nous le faire comprendre saint Augustin nous a livré cette réflexion qui est particulièrement frappante : « Si vous me demandez ce qu’il faut d’abord pour être chrétien, ne vous répondrai : l’humilité ; et ce qu’il faut encore : je vous répèterai l’humilité et aussi souvent que vous me poserez la question je vous ferai la même réponse ». On ne peut pas être plus catégorique… Or, il se trouve que cette HUMILITE est aussi insupportable à l’homme qu’elle lui nécessaire.

La recherche fiévreuse des places, de l’avancement, des distinctions, le vedettariat, autant de manifestations souvent puériles de l’orgueil foncier qui nous anime, comme il animait les pharisiens si fortement stigmatisés par Jésus au début de cet Évangile.

Depuis la première tentation au Paradis terrestre, c’est constamment que l’homme aspire à se faire dieu. Alors, aux grands maux, les grands remèdes. Il fallait bien que le mal fut redoutable pour que le Fils de Dieu voulant le guérir, ait employé ce remède qui s’appelle l’Incarnation : c’est-à-dire le Mystère du Fils de Dieu qui se fait homme en prenant dans le sein de la Vierge Marie une nature humaine en tout semblable à la nôtre sauf le péché. « Un homme se fait dieu par orgueil, nous dit Bossuet, un Dieu se fait homme par humilité ; l’homme s’attribue faussement la grandeur de Dieu et Dieu prend véritablement le néant de l’homme ». L’apôtre Paul n’hésitera pas à qualifier cette démarche d’anéantissement. Il suffit de lire attentivement l’Évangile pour voir à quel point Jésus s’est mis au rang de serviteur (et de l’esclave) « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir ». Bien plus, Jésus a accepté d’être mis au rang des criminels, mourant non pas avec l’auréole de l’innocent écrasé, mais comme un coupable condamné par la plus haute juridiction de son pays.

N’y-a-t-il pas, frères et sœurs, dans cet exemple de quoi faire fléchir nos orgueils les plus tenaces ? L’homme peut-il estimer intolérable et trop humiliant de suivre la trace de Dieu ? Si nous réfléchissions un tant soit peu, si nous acceptions de nous regarder dans la glace, avec loyauté, nous ne tarderions pas à découvrir que nous avons toutes les raisons pour être vraiment humbles ou le devenir… Car nous pouvons et nous devons toujours nous dire « Je ne suis rien, je ne suis qu’un pauvre pécheur ». Il est vrai que je n’ai pas conscience de délits justiciables des tribunaux et du code pénal. Mais je porte en moi toutes les tendances mauvaises, toutes les faiblesses qui sont susceptibles de me conduire aux fautes les plus graves.

Nous pouvons et nous devons nous dire que le bien réel qui est en nous (et il y a en nous beaucoup de bien, pourquoi le nier ?). Ce bien n’est pas de nous, mais de Dieu. « Qu’est-ce que tu as que tu n’aies reçu ? disait saint Paul, et saint Augustin confessait hautement « Seigneur, tout ce que je suis, absolument tout, est l’œuvre de ta miséricorde ».

Peut-être sommes-nous tombés lourdement, mais si nous nous sommes repentis et avons demandé l’absolution à un prêtre, nous avons été pardonnés… et si nous ne sommes pas tombés, c’est que nous avons été préservés. Toute la sainteté qu’il y a en nous est un pardon gratuit en tous cas un don gratuit de Dieu.

Au cours de cette Eucharistie, dans laquelle une fois de plus, Jésus va s’humilier au point de se faire pain et vin, nourriture pour nos âmes. Nous demanderons au Seigneur de nous faire comprendre son grand exemple de nous entraîner à sa suite…

Puis, tournant notre regard vers la Vierge Marie qui ne voulut être « que l’humble servante du Seigneur » nous lui demanderons de nous obtenir cette profonde humilité par le moyen de laquelle on parvient à la véritable grandeur qui est celle de la sainteté.

Amen.

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 23:05

Lecture du livre d'Isaïe 55, 6-9

Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées ! Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1, 20, 24-27

Frères, soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j'arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir.

Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. Quant à vous, menez une vie digne de l'Évangile du Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20, 1-16

Jésus disait cette parabole : « le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail. Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste.' Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?' Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés.' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne.'

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.' Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : 'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur !' Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ?' Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers ».

Homélie

Chers frères et sœurs, nous savons tous par expérience que rien au monde n’est capable d’assouvir notre cœur : ni les acquis de l’intelligence, ni les richesses, ni les plaisirs ou les honneurs. L’être humain aspire à quelque chose qui puisse vraiment le combler : il a soif de perfection, de plénitude, de bonheur infini…

Dieu seul, en vérité, est capable d’étancher cette soif brûlante de notre cœur : « tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre cœur est inquiet tant qu’il ne trouve pas de repos en Toi » écrivait saint Augustin après sa conversion, et il savait de quoi il parlait, lui qui durant tant d’années n’avait connu que des déceptions parce qu’il ne cherchait son bonheur que dans les biens matériels, les plaisirs ou les honneurs…

Frères et sœurs, puisque Dieu seul peut nous combler (et dès cette terre) de tout ce à quoi nous aspirons au plus profond de nous-mêmes : notre premier devoir consiste donc à le chercher passionnément et inlassablement comme nous y invitait tout à l’heure le prophète Isaïe « cherchez Dieu tant qu’il se laisse trouver ».

Mais vous vous demandez peut-être : Dieu, où est-il ? Où peut-on le trouver ?

Nous qui croyons en la Parole de Dieu nous savons que Dieu est partout, que s’il est d’abord le Tout-Autre, le Transcendant, il est aussi le Tout-Proche et tellement proche que depuis notre Baptême il habite au plus intime de notre cœur en vertu de ce don indépassable qu’est la grâce sanctifiante.

Oui, chacun de nous peut se dire – si toutefois il est en état de grâce – que son âme est un petit ciel, puisque la Bienheureuse Trinité a daigné y établir sa demeure selon la promesse de Jésus « si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera et nous  viendrons vers Lui et nous ferons en Lui notre demeure ».

Mais si Dieu est ainsi en nous pourquoi avons-nous tant de mal à le trouver, à reconnaître sa présence ?

Saint Jean de la Croix, le grand mystique espagnol, répond clairement à cette question, il nous dit que Dieu est en nous, mais qu’il y est caché… Un peu comme un diamant enfoui dans la terre et les cailloux… L’âme qui veut le trouver doit donc se dégager, se désencombrer de tant et tant de choses créées qui l’empêchent de voir son Dieu par la Foi et donc de le contempler, de goûter sa présence et de réaliser une communion très intime avec Lui.

Comme cette leçon du grand Docteur mystique nous est précieuse, frères et sœurs, car, il nous faut bien le reconnaître nous vivons trop à l’extérieur, nous vivons dans un monde superficiel qui nous occupe au point de nous faire oublier la vie profonde : « cette vie cachée en Dieu avec le Christ » dont parle saint Paul…

Et le même saint Paul nous explique qu’il y a en nous comme deux hommes qui sont constamment en conflit : « le vieil homme » et « l’homme nouveau ».

 « Le vieil homme » c’est la pente vers l’erreur et vers ce mal suprême qu’est le péché, c’est tout ce monde de tendances, d’impressions, de passions très vives qui nous poussent vers les créatures, nous portent à leur donner notre cœur et à mettre notre espérance en elles.

 « L’homme nouveau » c’est l’orientation vers le beau, le vrai et le bien, c’est la vie de la grâce qui s’épanouit en amour de Dieu et du prochain.

Dès lors, pour que Dieu puisse prendre pleinement possession de notre cœur, pour que son Amour domine toujours en nous, un choix radical s’impose.

Jésus, sur ce point est catégorique : il nous dit qu’on ne peut servir deux maîtres à la fois et il ajoute « celui qui veut venir à ma suite, qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix, qu’il la prenne chaque jour et qu’il me suive ».

Comprenons bien toutefois que ce renoncement exigé par Jésus, n’est pas une contrainte : nous devons le considérer au contraire comme une libération de tout ce qui entrave notre marche vers Dieu.

Nous retrouvons ici la pensée de saint Jean de la Croix affirmant que la recherche aimante de Dieu va de pair avec le détachement, l’oubli, l’éloignement de toutes les choses qui ne sont pas Dieu ou ordonnées à Dieu.

C’est la loi fondamentale du Christianisme : il faut mourir pour vivre.

La quête de Dieu, la poursuite de sa volonté, et de son amour est une œuvre qui réclame de notre part une générosité à toute épreuve.

Il n’est jamais trop tard pour s’engager sur ce rude chemin.

L’Evangile des ouvriers de la dernière heure entendu il y a un instant vient de nous le rappeler.

Que rien donc, ne nous arrête chers frères et sœurs, dans notre recherche continuelle de Dieu, dans notre désir de nous unir à Lui, dans notre volonté de Communion de plus en plus par la Foi, l’Espérance et l’Amour à sa propre vie divine…

Car c’est cela l’essentiel de notre religion : c’est le commencement dès ici-bas de la vie éternelle : c’est une vie vécue dans la grâce (une grâce sans cesse développée, sans cesse enrichie), qui nous prépare à vivre éternellement dans la Béatitude et la Gloire du Paradis.

Surtout, ne nous laissons jamais décourager par la perspective des difficultés, et du combat intérieur qu’il faudra mener jusqu’à la fin de notre existence terrestre. Car le Seigneur ne manquera pas de nous donner les secours surnaturels dont nous avons besoin, si toutefois nous savons les demander dans une prière humble, fréquente et persévérante et aussi dans la réception assidue des sacrements.

Prières et sacrements (surtout l’Eucharistie) sont des moyens indispensables. Celui qui les néglige ne peut que sombrer dans cette maladie de l’âme qui s’appelle la tiédeur. Il n’ira pas loin dans sa quête de Dieu. Il en viendra même à ne plus le chercher du tout.

Rappelons-nous enfin, que si nous voulons avancer rapidement et en toute sûreté dans notre marche ascendante vers Dieu, nous avons tout intérêt à mettre notre main dans la main de Marie, notre Mère spirituelle qui non seulement nous accompagne, mais aussi nous stimule, nous entraîne et nous encourage Elle qui le plus parfait modèle de l’intériorité, la Mère de la divine grâce, Notre-Dame du Perpétuel Secours.

Amen.

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 07:44

Lecture du premier livre des Rois 19, 9a.11-13a

Lorsque le prophète Élie fut arrivé à l'Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et y passa la nuit. La parole du Seigneur lui fut adressée : « Sors dans la montagne et tiens-toi devant le Seigneur, car il va passer ». À l'approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n'était pas dans l’ouragan ; et après l'ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n'était pas dans ce feu ; et après ce feu, le murmure d'une brise légère. Aussitôt qu'il l'entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la caverne.

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 9, 1-5

Frères, j'affirme ceci dans le Christ, car c'est la vérité, je ne mens pas, et ma conscience m'en rend témoignage dans l'Esprit Saint. J'ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante. Pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais même être maudit, séparé du Christ : ils sont en effet les fils d'Israël, ayant pour eux l'adoption, la gloire, les alliances, la Loi, le culte, les promesses de Dieu ; ils ont les patriarches, et c'est de leur race que le Christ est né, lui qui est au-dessus de tout, Dieu béni éternellement. Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 14, 22-33

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.

Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C'est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n’ayez pas peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l'eau ». Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant qu'il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »

Homélie

L’Evangile de ce dimanche ainsi que la première lecture attirent notre attention sur les »Temps forts » qui nous sont nécessaires pour rencontrer Dieu,

  • des temps forts pour la Paix et le recueillement,
  • des temps forts pour l’homme en détresse qui lance des appels au secours à celui qui seul peut le sauver : le Seigneur-Jésus.

L’Evangile nous montre Jésus qui après le miracle de la multiplication des pains a besoin de Paix. Il craint surtout de devenir une « star », un « superman » et d’être choisi par les foules comme roi et libérateur d’Israël. Ce qui n’est pas le but de sa mission. Il oblige donc ses apôtres à se retirer et gravit la montagne... La montagne, dans la Bible, c’est le lieu où l’on rencontre Dieu. Là dans le silence, dans la paix de la nuit, loin du monde Jésus vit « un temps fort » de communion profonde avec son Père, dans le cœur à cœur de la prière.

Personne n’est capable d’imaginer ce dialogue d’amour où le Christ, en tant qu’homme, vit avec son Père cette relation indicible qu’il vit éternellement dans les splendeurs et la joie infiniment comblante de la Sainte Trinité.

Comme on aimerait, n’est-il pas vrai, écouter cet échange merveilleux et sublime ?

Et pour nous, frères et sœurs, qu’en est-il ?

Avons-nous conscience de notre besoin de paix, de silence et de recueillement ?

A l’exemple de Jésus il faut à tout prix nous obliger à trouver « ces temps forts » qui conditionnent, qui favorisent notre mise en présence de Dieu et notre intimité avec Lui. Et pour cela, il faut nous mettre à l’écart de temps en temps : dans notre chambre comme nous y invite l’évangile : dans le calme d’une église ou d’une petite chapelle déserte, ou tout simplement dans une belle nature qui fait deviner la grandeur et la beauté de Dieu à travers sa création et invite à la prière contemplative. N’a-t-on pas dit que la nature c’est le premier livre de prière ?

Disons-nous bien frères et sœurs que le silence est un moyen privilégié de rencontre avec Dieu. Alors ! Que notre parole ne tue pas ce silence !  Nous avons vu dans la 1ère lecture que Dieu n’est pas dans l’orage, il n’est pas dans le tremblement de terre, ni dans le feu. Il est dans la brise légère.

Lorsque nous saurons nous taire pour écouter le murmure de cette brise légère qui est l’Esprit-Saint nous ferons de grands progrès dans notre vie de foi, d’espérance et d’amour, car dans notre prière des lumières nous seront données pour discerner où est la volonté de Dieu sur nous et nous recevrons la force qui nous aidera à l’accomplir. « Dans la prière, disait un évêque, le chrétien prend une certaine distance par rapport à ce qu’il vit chaque jour afin d’y découvrir les appels de Dieu et de mieux voir les engagements qu’il doit prendre ».

Après avoir prié une grande partie de la nuit sur la montagne, Jésus décide d’aller à la rencontre de ses apôtres qui naviguent péniblement sur le lac dans une barque battue par les vagues. Il s’avance vers eux par le chemin le plus court, c’est-à-dire en marchant sur l’eau. Ne croyons surtout pas qu’il veut par là jouer au magicien : il veut tout simplement montrer qu’il est le Maître des puissances du mal. Dans la Bible en effet la mer évoque le monde. Des tempêtes, des monstres marins et des puissances maléfiques...

Stupéfaits de le voir marcher ainsi sur la mer, « croyant voir un fantôme », saisis par une grande frayeur les apôtres se mettent à crier... Jésus aussitôt les rassure : « confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ». Et voici que Pierre se pique au jeu. Présomptueux il s’offre pour faire comme son Maître : marcher sur la mer, marcher sur les puissances du mal...

Connaissant peu sa faiblesse, ne pensant plus à Jésus, mais à la situation bien peu normale dans laquelle il se trouve, il est pris de doute et la mer, c'est-à-dire le mal, reprend son pouvoir sur lui. Il s’enfonce jusqu’au moment où la peur lui arrache une prière sous forme de S.O.S. : « Seigneur sauve-moi ».

Cet épisode est riche en enseignements mais il nous rappelle tout d’abord que dans nos vies il n’y a pas que des passages paisibles, nous y rencontrons parfois des turbulences... Et lorsque tout va mal, lorsque tout est noir, nous ne voyons plus la présence de Dieu dans notre vie et au cœur de nos épreuves. C’est dans ces moments-là surtout que nous avons besoin de soutien indispensable de la prière.

Une prière suppliante et persévérante qui n’est pas portée par le sentiment mais seulement par la volonté.

Une prière pleine de confiance qui ne doute jamais de la Toute-puissance de Jésus, de la Toute-puissance de son Amour.

La prière c’est en quelque sorte notre planche à voile, qui nous permet de « surfer » sur toutes les épreuves de la vie :

  • dans nos maladies, elle nous ouvre à la patience,
  • dans nos deuils, elle nous ouvre à l’espérance,
  • dans nos souffrances quelques qu’elles soient, elle nous fait découvrir une juste perception du réel : « pour l’homme qui prie, disait Léon Bloy, il n’y a ni désespoir, ni tristesse amère ».

Enfin souvenons-nous que la misère nous fait découvrir notre faiblesse et ainsi la nécessité d’un Sauveur. C’est dans l’expérience toujours désolante de sa faiblesse que l’âme prend conscience qu’elle n’a pas de force à elle, mais que la force du Christ l’habite et la soutient.

Cette vérité, frères et sœurs, je voudrais l’illustrer en vous citant une petite parabole qui me servira de conclusion :

« Une nuit, je rêvais que je marchais sur la plage de Dieu. Dans le firmament apparaissaient les tableaux de ma vie. A chacun d’eux je relevais 2 traces de pas dans le sable : la mienne et celle de Dieu. Après avoir vu le dernier tableau je revins en arrière et remarquai qu’à plusieurs reprises, durant les périodes les plus tristes et les plus difficiles de ma vie, je n’observais qu’une seule trace. Je questionnai Dieu à ce sujet : Seigneur tu m’as dit que si je te suivais, tu marcherais avec moi, mais je vois qu’au cours des périodes les plus tristes de ma vie, il n’y a qu’une seule trace de pas sur le sable ! Pourquoi dans ces moments où j’avais le plus besoin de toi, tu m’as laissé seul ? Dieu répondit : pourquoi doutes-tu ? Jamais je ne t’aurais quitté durant les périodes d’épreuves et de souffrances : lorsque tu ne vois qu’une trace, c’est que je te portais sur mon dos ».

Amen.

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 23:05

Lecture du premier livre des Rois 3, 5.7-12

À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur apparut en songe à Salomon. Il lui dit : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai ». Salomon répondit : « Seigneur mon Dieu, c'est toi qui m'as fait roi à la place de David mon père ; or, je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger, et me voilà au centre du peuple que tu as élu ; c'est un peuple nombreux, si nombreux qu'on ne peut ni l'évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu'il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; comment sans cela gouverner ton peuple, qui est si important ? »

Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit : « Puisque c'est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis ; mais puisque tu as demandé le discernement, l'art d'être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n'en a eu avant toi et que personne n'en aura après toi ».

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8, 28-30

Frères, nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu'ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux qu'il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l'image de son Fils, pour faire de ce Fils l'aîné d'une multitude de frères. Ceux qu'il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu'il a justifiés, il leur a donné sa gloire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13, 44-52

Pour la lecture brève on omet le texte qui est entre crochets.

Jésus disait à la foule cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l'homme qui l'a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète ce champ.

Ou encore : Le Royaume des cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu'il possède, et il achète la perle.

[Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu'on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s'assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents. Avez-vous compris tout cela ? » — « Oui », lui répondent-ils. Jésus ajouta : « C'est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien ».]

Homélie

Si nous regardons attentivement autour de nous – et en nous-mêmes – si nous cherchons à comprendre ce qui motive les efforts, les choix, les réactions des hommes et des femmes de tout pays, de tout milieu social, de toute génération, comment ne pas voir que partout et toujours, depuis l’origine de l’humanité, ce que recherche chaque personne c’est un bonheur durable et profond. Ce bonheur, l’être humain s’efforce de le trouver dans des directions diverses : la réussite professionnelle, le travail ou les loisirs, l’art, le sport, l’action politique ou l’engagement social. Mais ce qui est certain c’est qu’on peut vérifier aujourd’hui comme hier, que s’ils sont appréciables et utiles le progrès matériel, le bien-être et le confort ne suffisent absolument pas à rendre l’homme pleinement heureux. C’est parce que ces biens ne sont que des valeurs accessoires et non la valeur essentielle.

La valeur essentielle, il faut la chercher ailleurs au plus profond de nous-mêmes, du côté du cœur. Nous constatons très souvent, n’est-il pas vrai (ou du moins nous pressentons) que ce qui peut nous rendre vraiment et durablement heureux c’est d’aimer et d’être aimé.... Si cet amour manque alors survient l’épreuve la plus dure : celle de la solitude. Sans doute de cette solitude l’homme peut-être libéré par toutes les formes de communion interpersonnelle : l’amitié, l’amour conjugal et familial, la solidarité dans une œuvre commune, la vie en communauté. Mais, si merveilleuses qu’elles soient, ces expériences, de ce qu’il y a de plus grand et de plus beau dans la vie humaine demeurent toujours fragiles, menacées, vulnérables. Et nous savons très bien, qu’inéluctablement, elles seront un jour, brisées par la mort.

Telle est chers frères et sœurs, la mystérieuse condition de l’homme : si mystérieuse qu’elle nous incite à chercher au-delà de l’amour lui-même, la source cachée d’où il provient. Et c’est seulement, lorsque nous laissant guider par la foi qui seule nous met dans la vérité, nous comprenons que tout amour humain véritable est un don, un cadeau de Dieu, c’est seulement à ce moment-là que nous débouchons sur le chemin de lumière qui conduit d’une manière sûre et directe au pays du bonheur.

Nous nous demandons quelquefois : d’où venons-nous, qui sommes-nous où allons-nous ? La réponse : la seule qui soit pleinement satisfaisante c’est la Parole de Dieu qui nous la donne.

- Elle nous dit que nous sommes « nés de Dieu », que nous venons de ce Dieu qui s’est révélé comme étant l’amour infini, comme étant une parfaite communion d’amour entre trois personnes divines égales et distinctes.

- Elle nous dit que nous sommes des êtres semblables à Dieu, mais dépendants de Lui... et ces êtres Dieu les aime tellement qu’il les appelle à une incroyable intimité avec Lui par le mystère de la grâce sanctifiante, c’est-à-dire le mystère de sa présence, de son habitation en chacun de nos âmes.

- La Parole de Dieu nous affirme encore que cette alliance d’amour, commence ici-bas sous le régime de la foi trouvera son épanouissement définitif au-delà de la mort, en pleine lumière dans une merveilleuse participation à la vie, à la gloire et à l’infinie Béatitude de Dieu.

Et c’est cela, frères et sœurs, le Royaume, le Bien Absolu que Jésus promet à ceux qui croient. C’est vraiment un Cadeau Royal, inespéré et pleinement conforme aux meilleures aspirations de l’homme, bien qu’il les déborde infiniment. Il importe toutefois de bien comprendre que Dieu n’impose pas ses largesses. Nous ne sommes pas des jouets pour le distraire, parce qu’il s’ennuierait dans son éternité... Dieu fait de nous les partenaires d’une libre alliance. Voilà pourquoi il respecte scrupuleusement notre liberté. Il ne nous aimerait pas s’il nous forçait à répondre à son amour, s’il nous forçait à dire OUI.

Son Royaume est une proposition, une invitation, un appel toujours relancé. Dès lors Jésus nous demande de nous mettre humblement et courageusement à sa suite pour avancer, en dépit de tous les obstacles, sur le chemin qui mène à ce Bien Suprême qu’est l’Union avec Dieu.

Aujourd’hui, dans le passage que nous venons de lire, Jésus nous fait bien comprendre que l’inestimable trésor mis à notre disposition doit être payé au prix fort. Non pas avec la monnaie de nos mérites, mais par l’engagement de notre liberté qui accepte de tous sacrifier à la perle unique offerte pour notre bonheur... Devant un tel don, rien, en effet, ne saurait prévaloir. Il est temps que nous choisissions enfin – car nous ne pouvons servir plusieurs maîtres à la fois. A nous laisser dominer par ce qui n’est pas Dieu, nous risquons de ne jamais connaître la joie immense d’être habités par Lui, la joie comblante d’être possédés par son Amour.

Que chacun d’entre nous ait donc le courage de regarder ce qui le tient encore enfermé dans les pièges, ce qui le retient en esclavage loin de Dieu. Nous qui sommes si habiles pour tout faire concourir en notre faveur. Pourquoi sommes-nous si réticents quand il s’agit de nous laisser aimer par Dieu le seul être capable de combler notre désir, notre soif de bonheur par sa propre béatitude ? Ah ! Si nous pouvions dire comme saint Paul : « Je considère comme une perte tous les avantages que j’avais auparavant à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ-Jésus mon Seigneur ». Alors nous serions profondément heureux. Oui, heureux dès cette terre, et quoiqu’il arrive, en attendant de l’être pleinement et pour toujours dans ce qui sera notre maison d’éternité, le splendide Paradis de Dieu où Jésus nous a précédés pour nous préparer une place.

Amen.

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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 00:05

Lecture du livre d'Isaïe 49, 14-15

Jérusalem disait : « Le Seigneur m'a abandonnée, le Seigneur m'a oubliée ». Est-ce qu'une femme peut oublier son petit enfant, ne pas chérir le fils de ses entrailles ? Même si elle pouvait l'oublier, moi, je ne t'oublierai pas. — Parole du Seigneur tout-puissant.

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4, 1-5

Frères, il faut que l'on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l'on demande aux intendants, c'est en somme de mériter confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu de votre jugement sur moi, ou de celui que prononceraient les hommes ; d'ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis juste : celui qui me juge, c'est le Seigneur. Alors, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il fera paraître les intentions secrètes. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6, 24-34

Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. C'est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? D'ailleurs, qui d'entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'était pas habillé comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ?' ou bien : 'Qu'allons-nous boire ?' ou encore : 'Avec quoi nous habiller ?' Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine ».

Homélie

Cette page d’Evangile est une de celles que nous avons le plus de mal à entendre. Nous l’écoutons avec le sentiment qu’elle colle plutôt mal à la réalité... alors que la vie chère, les fins de mois, la modeste retraite nous empêchent souvent de dormir – et que au même moment Jésus nous invite à vivre à la manière des oiseaux du ciel qui ne sèment ni ne moissonnent... Et pourtant, les premiers versets, si nous les regardons d’un peu plus près nous disent clairement la pensée de Jésus : « Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent ».

Il y a 2 mots à retenir : le verbe servir qui au temps de Jésus s’appliquait surtout aux esclaves et le mot argent (avec un grand A) qui désigne le Dieu argent auquel on s’asservit... Jésus parle aussi de Maître, c’est-à-dire de quelqu’un ou quelque chose qui nous domine : « Vous ne pouvez servir 2 maîtres... »

Nous voudrions bien, nous, n’est-ce pas vrai servir les deux, mais c’est un désir illusoire : si je m’attache à l’argent, je méprise Dieu car alors l’argent devient mon Dieu... Il nous faut donc absolument choisir : Dieu Amour ou Dieu Argent. A partir de là tout le reste s’éclaire. Si nous ne voulons pas que l’argent nous possède il nous faut prendre nos distances. Que nous possédions de l’argent ainsi que les biens qui nous sont nécessaires pour vivre, rien de plus normal : même le groupe des apôtres avait une caisse, mais ce qu’il faut éviter à tout prix c’est d’être possédé par cet argent et par les biens qu’il procure.

Il faut, sans doute, se faire des soucis pour notre vie, la nourriture, le vêtement mais pas tant au point que ces soucis deviennent l’essentiel de nos préoccupations. Justement tant de soucis faits de nous des matérialistes à l’image de païens.

Dès lors, nous voici invités à choisir la qualité de la vie, invitation à laquelle souscrirait volontiers un courant actuel : « La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ».

L’être doit passer avoir l’avoir.

Mais que veut nous dire le Seigneur par ces 2 jolies comparaisons : « des oiseaux du ciel qui sèment, ni ne moissonnent et des lys des champs qui ne travaillent ni ne filent ? » Il ne faut y voir en aucune façon une justification de la paresse. Jésus dénoncera au contraire dans l’une de ses paraboles, le paresseux qui n’a pas fait fructifier son talent.

Ces petites comparaisons sont une manière d’attirer notre attention sur la merveilleuse sollicitude de notre Père des Cieux envers toutes ses créatures.

Si Dieu est ainsi plein de sollicitude envers les oiseaux et les lys, combien plus le sera-t-il pour nous ? « Ne valez-vous pas plus que des oiseaux ? Dieu ne fera-t-il pas pour vous davantage ? »

C’est alors que tombe le mot qui fustige notre inquiétude maladive : « Hommes de peu de foi ! » Et c’est bien vrai : c’est la foi qui nous manque. Nous ne connaissons pas vraiment notre Dieu, nous ne savons pas combien il nous aime. Nous faisons plus confiance à nos prévisions qu’a sa divine providence. Si nous misions d’abord sur Lui, s’il était vraiment notre premier souci, les autres soucis perdraient de leur importance si accaparante.

« Cherchez d’abord le Royaume de Dieu ».

C’est bien la seule chose à ne pas manquer, le Royaume : c’est-à-dire Dieu lui-même. Cherchez sa justice : vivez en vous ajustant à sa volonté de telle sorte qu’il puisse vous compter parmi les siens. Car si vous avez Dieu vous aurez aussi le reste qui vous sera donné par-dessus le marché (pour autant qu’il nous sera nécessaire selon ses vues) même si vos propres plans ne se réalisent pas... Pourvu que ceux de Dieu sur vous se réalisent ! Voilà le plus important !

Faisons donc confiance, une confiance absolue en ce Père des Cieux qui sait ce dont nous avons besoin. Jésus termine ses exhortations par une maxime très répandue dans le monde juif : « Ne vous faites pas tant de soucis pour demain, demain se souciera de lui-même, à chaque jour suffit sa peine ».

Voilà de quoi nous décontracter, nous qui sommes si inquiets de demain, cette maxime a trouvé son expression chrétienne dans la prière de Jésus : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » autrement dit :

- ni trop de richesse pour ne pas m’éloigner de Dieu,

- ni trop de pauvreté de peur que je ne me décourage ou que je désespère ».

Seigneur, Toi que nous appelons Père, laisse-nous abandonner entre tes mains nos peurs et nos soucis. Fais-nous chercher en priorité ton Royaume et sa Justice.

Amen.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 09:17

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Lecture du livre de Sophonie 2, 3. 3, 12-13

Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays qui faites sa volonté. Cherchez la justice, cherchez l'humilité : peut-être serez-vous à l'abri au jour de la colère du Seigneur. Israël, je ne laisserai subsister au milieu de toi qu'un peuple petit et pauvre, qui aura pour refuge le nom du Seigneur. Ce Reste d'Israël ne commettra plus l'iniquité. Il renoncera au mensonge, on ne trouvera plus de tromperie dans sa bouche. Il pourra paître et se reposer sans que personne puisse l'effrayer.

Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1, 26-31

Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n'y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d'origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n'est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est quelque chose, afin que personne ne puisse s'enorgueillir devant Dieu. C'est grâce à Dieu, en effet, que vous êtes, dans le Christ Jésus, qui a été envoyé par lui pour être notre sagesse, pour être notre justice, notre sanctification, notre rédemption. Ainsi, comme il est écrit : Celui qui veut s'enorgueillir, qu'il mette son orgueil dans le Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5, 1-12

Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.

Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :

« Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux !

Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !

Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés !

Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux : ils obtiendront miséricorde !

Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu !

Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu !

Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice: le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! » C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

Homélie

Les Béatitudes dont nous venons d’entendre en saint Matthieu la solennelle proclamation sont le cœur de l’Evangile. Personne d’autre que Jésus ne pouvait les inventer parce qu’elles expriment toute sa vie cachée et publique, tous ses faits et gestes depuis sa naissance dans l’étable de Bethléem jusqu’à son retour glorieux auprès du Père le jour de l’Ascension.

On peut affirmer qu’elles constituent pour l’humanité l’équivalent de ce que l’Annonciation a été pour la Vierge Marie. A chacun et à chacune d’entre nous il est demandé, en effet, de répondre oui au message des Béatitudes, comme Marie a répondu oui au message de l’ange.

Par son oui, la Vierge donnait le Christ au monde ; c’est par notre oui aux Béatitudes que nous porterons l’Esprit du Christ au monde d’aujourd’hui.

On a écrit des tonnes de commentaires sur les Béatitudes, mais ce qui est important, ce n’est pas de faire sur elles de belles dissertations, c’est de les vivre. Et pour cela il faut un apprentissage, un apprentissage qui, en réalité, durera tant que nous vivrons et que personne ne pourra faire à notre place. Nous savons bien que celui qui veut apprendre à nager ne peut se borner à regarder depuis le rivage ceux qui s’ébattent au fil de l’eau. Il doit nécessairement plonger à son tour.

Pour nous stimuler, pour nous inciter à agir, réfléchissons quelques instants sur ce qui est exigé par le Seigneur en chacune de ces Béatitudes.

- Jésus commence par béatifier les pauvres de cœur. Or les pauvres dont il s’agit ici ce sont ceux qui sont pauvres en avoir, en pouvoir et en savoir. Etre pauvre en esprit ne consiste pas à s’abêtir, mais à pratiquer cette vertu d’humilité sans laquelle aucun progrès spirituel n’est possible. Dieu ne peut trouver place, en effet, que dans des êtres désencombrés, qui se sont volontairement vidés de tout ce qui n’est pas Lui ou ne conduit pas à Lui. La pauvreté du cœur ne saurait se limiter aux biens matériels, elle embrasse aussi le détachement des biens moraux et même spirituels. Celui qui, par exemple, tient à la considération des autres, conserve de l’attachement à sa propre volonté, est trop jaloux de son indépendance, n’a pas un cœur de pauvre : il est riche de lui-même, d’amour propre et d’orgueil.

- Heureux les doux. On est doux lorsqu’on ne se colère pas contre Dieu, lorsqu’on est docile à ses commandements, lorsqu’on se rend malléables entre ses mains... Vis-à-vis des autres pratiquer la douceur c’est être maître de soi, réprimer les mouvements d’animosité de colère, d’indignation, bannir de ses mœurs la dureté.

- Heureux ceux qui pleurent. Ce sont tous ceux qui souffrent de quelque manière, soit dans leur cœur mais qui à cette souffrance savent donner tout son sens et toute sa valeur en y reconnaissant une grâce et une visite de Dieu et en l’unissant à la Passion de Jésus (à l’exemple de Marie). Ceux qui sèment ainsi dans les larmes, comme dit le psaume, sont assurés de moissonner dans la joie.

- Heureux ceux qui ont faim et soit de justice. Dans la Bible le mot justice est synonyme de perfection, de sainteté. Un homme juste, c’est un homme dont la conscience obéit à la Loi de Dieu, un homme dont les vouloirs s’ajustent véritablement sur ceux de Dieu. Il faudrait à l’exemple de la Vierge Marie et de tous les saints nous ayons de plus en plus faim et soif de sainteté, faim et soif de lumière et d’amour, que nous n’aspirions qu’à une chose, que Dieu prenne totalement possession de notre cœur et se serve de nous, à son gré, pour l’extension de son règne.

- Heureux les miséricordieux. La miséricorde ne se confond pas avec la pitié condescendante ou même avec l’émotion passagère devant la misère. Parce qu’elle résulte de la divine charité, elle est une vertu attentive et forte qui vit intérieurement la misère humaine et qui est capable d’en comprendre le fond. Or le fond de la misère humaine, n’est-ce pas le péché qui prive l’âme de la vie surnaturelle ? Le miséricordieux qui s’efforce d’aimer avec le cœur même de Jésus, fabrique de l’amour pour réparer les dégâts du péché.

- Heureux les cœurs purs. Le cœur pur c’est celui qui est habité par Dieu, éclairé de ses lumières, ouvert au surnaturel ainsi qu’à tout ce qui est beau, vrai, grand et noble. Il est décanté de tout égoïsme et de tout orgueil et il est libre par conséquent pour aimer Dieu par-dessus tout et aimer les autres comme Jésus les aime. La pureté de cœur, c’est ce qui permet la contemplation : ce qui permet de voir Dieu dans la Foi, en attendant de le voir un jour face à face dans les splendeurs de la gloire.

- Heureux les artisans de paix. Le chrétien qui se laisse guider par le Saint-Esprit juge de tout par rapport à Dieu et, dès lors, tout dans sa vie (ses affections, ses désirs, ses pensées et ses actes) se trouve ordonné selon Dieu. De cet ordre (le seul vrai) résulte en son âme une grande paix intérieure, l’inaltérable paix de Dieu dont parle saint Paul qui surpasse tout sentiment. C’est la paix des profondeurs qui rien ne saurait troubler, même si en surface règne une grande agitation produite par toutes sortes de difficultés ou épreuves. Or, une âme qui est ainsi pacifiée devient pacificatrice : elle sème la paix, la cultive et lui fait porter partout autour d’elle des fruits de justice, de réconciliation et de communion dans l’amour.

- Heureux les persécutés pour la justice, les persécutés à cause du Christ. Cette dernière Béatitude reprend en fait toutes les autres et les couronne. Les disciples du Christ remplis d’amour surnaturel envers Dieu et envers les autres ne doivent pas s’attendre à être mieux traités que leur Maître. Etant dans ce monde comme « des corps étrangers » ils ne manqueront pas de susciter des réactions de jalousie, de haine et de mensonge. Ils connaîtront la persécution sous toutes ses formes. Cette persécution, il ne faut pas l’oublier, est une des notes caractéristiques de l’Eglise, Corps mystique du Christ, et un élément de toute vie chrétienne. Elle est la même Croix promise au Maître et au disciple. Mais cette croix du disciple devient expression de son amour héroïque et se change en joie profonde à cause du Christ : c’est une Croix Glorieuse.

Telle est donc, chers frères et sœurs, avec ses huit jalons en forme de bonheur la route du Paradis que Jésus nous a tracée.

Tel est l’Idéal de Sainteté que le Sauveur met à la portée de chacun et de chacune d’entre nous. Oh ! Certes ! Il peut nous sembler utopique, irréalisable si nous ne regardons que notre faiblesse, mais si nous faisons nôtre la conviction de saint Paul « Je peux tout en Celui qui me fortifie », si nous avons une confiance absolue dans le secours de sa grâce cela ne peut faire aucun doute : nous parviendrons un jour, en dépit de notre misère et de tous les obstacles à cette perfection de l’amour qui fera de nous des êtres divinisés.

Qu’il nous soit donc donné de comprendre, frères et sœurs, que vivre les Béatitudes, c’est tout simplement reproduire « le mystère du Christ » qui va de la Croix à la Gloire, du Calvaire au Ciel. C’est ne rechercher le bonheur que là où Jésus l’a placé en acceptant de mourir avec Lui dans la pauvreté, la douceur, la pureté, l’absolue fidélité de l’amour, de manière à ressusciter avec Lui dans la Béatitude infiniment comblante de la Vie Eternelle.

 Amen.

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