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6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 08:30

CHEMIN DE CROIX

Guy Gilbert, prêtre


Tout va mal!Si tu souffres. 
Si tu es dans les ennuis, 
Si tout va mal pour toi, 
Si ton amour s’est barré, 
Si ton meilleur ami t’a trahi, 
Si tu es malade, 
Si tu es handicapé, 
Si tu es seul, 
Si…
Alors, ensemble, on va faire ce Chemin de Croix !
Sourires

Si tout va bien pour toi,
Si tu as un amour et un travail,
Si ta forme est superbe,
Si l’horizon s’éclaire pour toi,
Si ta vie est un conte de fée...

 

 

Je t’en prie, faisons ensemble le Chemin de Croix !
Tu n’es pas bête, tu sais bien 
que la souffrance peut t’atteindre 
n’importe quand et n’importe où.
Vis ce Chemin de Croix
avec tous ceux et celles qui n’ont pas ta chance. 
Le Chemin de Croix n’a d’autre but que… 
… de suivre le Christ dans son calvaire. 
… et d’aller au-delà de cette souffrance insupportable. 
Allons au-delà ensemble et tu verras au bout 
la lumière qui te transfigurera…

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PREMIÈRE STATION : JÉSUS EST CONDAMNÉ A MORT

Station 1: Jésus est condamnéCe mec avait tout donné, tout offert. Il avait parlé d’Amour, vécu l’Amour, guéri des malades et des cœurs innombrables.
Les petits, les pauvres, les chômeurs, les SDF, les étrangers, les sans-papiers… c’était sa priorité. Et on l’accuse de toutes les méchancetés.
Il était tout simplement en priorité du côté des perdants. Et ça, les curés de son temps, les juges, les flics le trouvaient intolérable. Ceux et celles qui avaient l’argent et la puissance trouvaient absolument aberrant que le Christ clame :
« Bienheureux les pauvres, les exclus, les oubliés, les rejetés de la terre, parce qu’ils seront les premiers dans le Royaume de Dieu ».
Alors direction la boucherie : « On va te faire passer l’envie de penser que le plus petit de tous les humains est le plus grand aux yeux de ton Père ».

Prions pour les victimes, ceux et celles qui ont été agressés, violés, volés, traumatisés à vie. Ils sont les préférés de Dieu.
Prions pour ceux et celles qui savent que leur maladie les entraîne vers la mort.

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DEUXIÈME STATION : JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX

Station 2: Jésus est chargé de sa croixImaginez cette croix lourde qu’il porte. Il avait été battu auparavant. Son sang avait coulé longtemps. Des épines d’Orient particulièrement longues avaient été enfoncées sur sa tête. Épuisé, il doit porter lui-même l’instrument de son supplice. « Il portait nos maladies. » Il a tout porté. Toi, moi. À chaque souffrance que tu vis, Il est là, en toi, sans problème.

Prions pour dire au Christ : « Aide-moi, je T’en supplie ». Et n’oublions jamais qu’il nous donnera toujours la force.

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TROISIÈME STATION : JÉSUS TOMBE POUR LA 1ère FOIS

Station 3: Jésus tombe pour la 1ère foisNormal, il est épuisé, mais tout le monde s’en fout. Qu’il aille au supplice debout ou à genoux, qu’on en finisse. Il est écrasé par nos manques d’amour, tout simplement, il faut le savoir.
Sur terre, notre vocation c’est l’amour. Tout ce qui va contre l’Amour nous fait nous écrouler.

Prions pour nous d’abord qui tombons si facilement.  Chute après chute, à condition que tu les mettes face au Seigneur, tu verras, elles diminueront.

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QUATRIÈME STATION : JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE

Station 4: Jésus rencontre sa MèreImagine sa Mère. Elle l’a porté, fait, cajolé, bercé. Elle l’a vu dire ses premiers mots, jouer avec ses copains, se blottir contre elle. Elle a vu l’enfant merveilleux grandir et l’adolescent s’épanouir, émerveillée. Elle a suivi l’adulte dans son chemin. Et son Petit est là, éclaboussé de sueur et de sang.

Prions pour toutes les mère crucifiées, penchées sur les lits de leurs gosses accidentés, malades, handicapés. Prions pour les mères épouvantées par toutes les drogues qui rendent fantômes leurs gosses et terrifiant le calvaire de ceux et celles qu’elles ont portés et qui s’enfoncent dans la nuit sans fond des rêves inaccessibles et qui tuent… 
Prie pour ta maman.

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CINQUIÈME STATION : SIMON DE CYRÈNE PORTE LA CROIX

Station 5: Simon de Cyrène aide JésusUn mec revenait des champs. Les soldats l’appellent : « Ce Jésus n’en peut plus, aide-Le ». Il le fait.
À travers Simon de Cyrène, pense à tous ceux et celles qui t’ont porté, aidé, soutenu. Toute ta vie est jalonnée de Simon de Cyrène.

Prions pour ne jamais oublier que le mot reconnaissance est un des plus beaux noms de l’amour. Sache dire merci. Une vie qui est pleine de « merci » est une vie rayonnante.
Porte les autres, ils te porteront.

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SIXIÈME STATION : VÉRONIQUE ESSUIE LA FACE DE JÉSUS

Station 6: Véronique essuie la face de JésusLes femmes savent les gestes d’amour mieux que quiconque. Le visage ravagé du Christ l’a vrillée jusqu’au fond du cœur, Véro. Alors, avec la tendresse infinie qu’une femme sait donner, elle essuie le sang et la sueur de Jésus.

Prions pour que nous inventions toujours les gestes d’amour qui sauvent. Les gestes témoignent tellement plus que les paroles.

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SEPTIÈME STATION : JÉSUS TOMBE UNE 2ème FOIS

Station 7: Jésus tombe pour la 2ème foisLe calvaire est loin. L’épuisement du Christ grandit. Notre existence terrestre est courte et longue à la fois. Les chutes émaillent nos vies. Les épreuves tombent drues. Il est déjà tombé deux fois. Il nous relèvera mille et une fois.

Prions pour ne jamais dire à quelqu’un : "Tu ne changeras jamais !" On peut tuer ainsi l’être aimé. Pense toujours qu’après la chute, on peut toujours se relever.
Les êtres de lumière dont nous manquons tragiquement, ce sont d’abord des êtres de miséricorde.

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HUITIÈME STATION : JÉSUS RENCONTRE LES FEMMES DE JÉRUSALEM

Station 8: Jésus rencontre les femmes de JérusalemElles sont toujours là. Les mecs se sont tous barrés, Pierre en tête. Jean seul est resté. Qui reste lorsque tout va mal pour toi ? Pas grand monde.
Et toi, que fais-tu vis-à-vis de celui ou celle qui est dernier de classe, qui est moins souriant, qui est moins attirant ?
Jésus devait être émerveillé, dans le cauchemar dingue qu’il vivait, de voir ces yeux d’amour qui l’accompagnaient jusqu’au bout.
Qui est la priorité de ta vie ? Ton regard fraternel va d’abord vers qui ?

Prions pour demander au Seigneur une priorité quotidienne pour celui ou celle qui est différent, malade, seul, dépressif, violent. Demandons les Yeux d’Amour du Christ qui regardent en priorité vers les petits, les démunis.

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NEUVIÈME STATION : JÉSUS TOMBE UNE 3ème FOIS

Station 9: Jésus tombe pour la 3ème foisY’en a marre qu’il retombe encore le Christ ! Et pourtant, il nous fait un sacré signe. Il est humain comme moi, comme toi. Il n’en peut plus comme moi, comme toi. Alors, mets-toi à genoux comme Lui. Et tu comprendras qu’Il est jusqu’à la fin des temps, du côté des souffrants...

Prions pour que le Christ nous apprenne à pardonner « 77 fois 7 fois » comme Il nous le dit dans l’Évangile, c’est-à-dire à l’infini. Soyons des êtres de pardon, pardonnons inlassablement.

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DIXIÈME STATION : JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS

Station 10: Jésus est dépouillé de ses vêtementsÀ poil, tout nu ! Pour tout être, ce dénuement est terrible. Les prisonniers ont toujours été blessés intérieurement quand, au commissariat comme en entrant en prison, ils doivent se dépouiller de tout. Et tous ceux et celles qui, dans les camps nazis, n’avaient plus d’identité, puisque c’est nus qu’on les amenait aux chambres à gaz.
Et nous, il nous faut revêtir sans cesse cet homme nouveau qui nous pousse à un combat quotidien pour plus d’amour.

Prions, comme Saint Paul, pour demander seulement que Dieu nous recouvre du manteau de l’Amour. Jamais aucun être humain ne pourra t’enlever ce manteau-là.

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ONZIÈME STATION : JÉSUS EST CLOUÉ SUR LA CROIX

Station 11: Jésus est cloué sur la croix
Tant d’êtres sont cloués sur des lits d’hôpitaux : des jeunes accidentés à la sortie des boîtes de nuit, des handicapés, des malades, des anciens.

Prions pour toutes ces personnes qui souffrent dans leur chair et dans leur cœur, que notre tendresse aille vers eux, que notre regard sur eux ne soit pas encore d’autres clous que l’on enfonce.

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DOUZIÈME STATION : JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

Station 12: Jésus meurt sur la croixIl est mort comme nous mourrons. L’heure viendra. Ce deuxième berceau qui est la mort doit être attendu avec sérénité, médité avec passion tout au long de notre vie. Pour cela, il faut vivre passionnément aujourd’hui. J’ai 24 heures pour ça. Ça ne peut nous mettre qu’en état d’urgence pour aimer pleinement aujourd’hui, comme si tout dépendait de moi, en sachant que seuls ma prière et l’amour offerts dynamiseront toute minute, toute seconde.

Prions pour demander chaque jour la grâce de bien vivre nos 24 heures. C’est le sens de la phrase superbe du Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui le pain du jour ».

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TREIZIÈME STATION : JÉSUS EST REMIS À SA MÈRE

Station13: Jésus est remis à sa MèreTout est fini, Marie reçoit les restes écartelés de son Fils. Au dernier instant, Il la confie à Jean : « Voici ta Mère ». Et à Marie, Il a ajouté : « Voici ton fils ». On est lié à Marie dans cet ultime instant.

Prions Marie, elle a une puissance inégalable auprès de Dieu. N’aie pas peur d’égrener chaque jour ton chapelet. Méditée, cette prière a une force pas possible.

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QUATORZIÈME STATION : JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU 
ET RESSUSCITE LE TROISIÈME JOUR

Station14: Jésus est mis au tombeau et ressusciteVoilà le Signe qui nous sauve et donne à chaque chrétien la joie parfaite sur terre. La résurrection est pour nous le Signe absolu que la Croix est le passage obligé pour aller vers la lumière. Bûche ta foi, bûche tes certitudes, ne mélange pas tout. Tu es unique. Dieu t’a créé pour l’éternité. Enfermé sur terre dans ta carcasse humaine, tu dois t’en servir pour bâtir un monde d’amour. C’est ta seule issue. Ta vie ne sera  alors que don.

Prions pour que chacun et chacune vivent leur vie de telle manière qu’à leur seule façon de vivre, on pense que c’est impossible que Dieu n’existe pas.

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Les images de ce Chemin de Croix sont extraites d'une vidéo qui présente des sculptures dans le métal réalisées par Steve Thomas, originaire de Pampa, Texas, en 1995. Elles représentent les événements qui ont conduit à la crucifixion du Christ.
 

Chemin de Croix de Groom
 

Pour une visite virtuelle de toutes ces oeuvres

Source du chemin de croix : http://cursillos.ca/priere/choixdeprieres/jesus/CheminDeCroix.htm

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12 avril 2017 3 12 /04 /avril /2017 17:49

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Première stationJésus est condamné à mort

 

 Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Après l’avoir arrêté et interrogé, les chefs des Juifs conduisent Jésus devant le gouverneur romain, Ponce Pilate, pour le faire mourir.

Pilate interroge Jésus et il ne trouve aucune raison de le condamner, il cherche un moyen de le libérer.

Pilate se dit que s’il fait fouetter Jésus, le peuple sera content de cette punition. Alors les soldats déshabillent Jésus et le fouettent. Puis ils lui mettent une robe rouge et une couronne d’épines, signes de la royauté. Ils se moquent de lui et lui crachent au visage.

Mais le peuple des juifs poussé par ses chefs hurle de plus en plus fort : « crucifie-le ! ». Pilate a peur d’une émeute, alors il livre Jésus pour le mettre à mort.

Je te prie, Seigneur, pour ceux qui, comme Toi, sont condamnés injustement.

Chant : Fais paraître ton Jour, et le temps de ta grâce,

Fais paraître ton Jour : que l’homme soit sauvé !

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Les soldats romains chargent sur les épaules de Jésus une lourde croix. Jésus souffre, mais il ne se plaint pas. Il prie son Père du Ciel : « Père, que ta volonté soit faite et non la mienne ».

Quand tu fais le signe de croix, le signe des chrétiens, n’oublie jamais que c’est par la Croix de Jésus que nous sommes sauvés. Cette croix représente tout le mal, toute la haine, toute la cruauté, tous les péchés du monde. Mais par sa résurrection, Jésus va faire de ce symbole de la mort, le symbole de Vie éternelle.

Je te prie, Seigneur, pour tous ceux qui sont écrasés par les difficultés de la vie.

Notre Père

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Jésus est épuisé. Il a passé une nuit blanche. Il a été torturé. Il n’a rien mangé depuis la veille où il a partagé le pain et le vin avec ses amis. Le soleil tape fort, il est deux heures de l’après-midi. Et que cette croix est lourde ! C’est trop dur, Jésus s’écroule…

Nous aussi, il nous arrive de ne pas pouvoir supporter des peines, des chagrins, des malheurs. Il nous arrive aussi de tomber sous le poids de nos péchés et de nous croire incapables de nous relever.

Jésus, lui, réunit ses dernières forces, il se relève et courageusement repart de l’avant.

Je te prie, Seigneur, pour tous ceux qui n’arrivent pas à se relever après une épreuve.

Quatrième station : Jésus rencontre sa Mère

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

 

Jésus regarde la foule qui s’est amassée au bord de la route pour le voir passer. Tout à coup, au premier rang, il aperçoit sa maman. Leurs regards se croisent.

Ils ne disent rien…

Et pourtant, ils auraient tant de choses à se dire. Pour se consoler du malheur qui leur arrive.

Mais entre Jésus et Marie, tout passe directement de cœur à cœur.

Ô Marie, apprends-nous, dans la joie comme dans les épreuves, à vivre cœur à cœur avec Jésus !

Je te prie, Seigneur, pour toutes les mamans et tous les papas qui sont désespérés par la souffrance ou la mort d’un enfant.

Je vous salue Marie

Cinquième station : Simon aide Jésus à porter sa croix

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

A bout de force, Jésus titube, il va s’effondrer. Les soldats ont pitié de lui. Ils appellent un cultivateur qui revient des champs et lui ordonnent d’aider Jésus à porter sa croix. Le nom de cet homme est Simon, il habite Cyrène.

Simon n’a pas choisi d’aider Jésus, et pourtant il le fait de bonne grâce. Près de Jésus son cœur se change. Alors Jésus repart, à deux la croix est moins lourde.

Nous sommes tous solidaires dans le péché, mais nous pouvons aussi être tous solidaires dans le salut. Si nous nous entraidions tous, le poids de nos malheurs serait plus facile à porter.

Je te prie, Seigneur, pour tous les hommes de bonne volonté qui attendent un appel pour te suivre. Et aussi pour tous ceux qui souffrent dans la solitude sans le réconfort d’une amitié.

Chant : Fais paraître ton Jour, et le temps de ta grâce,

Fais paraître ton Jour : que l’homme soit sauvé !

Sixième station : Véronique essuie le visage de Jésus

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Jésus continue sa marche vers la mort.

Dans la foule, certains se moquent de lui, d’autres au contraire essayent de lui apporter le réconfort d’un mot ou d’un geste.

Véronique est de ceux-là : elle ose traverser l’escorte des soldats et, avec une serviette blanche, elle essuie le visage de Jésus. Un visage qui ruisselle de sueur, de sang et de larmes. Dans ce geste, Véronique met tout son amour.

Et nous, savons-nous prouver notre amour par des petits gestes, très simples, qui en disent souvent plus que de grandes déclarations ?

Je te prie, Seigneur, pour tous ceux qui vont mourir dans l’indifférence générale.

Septième station : Jésus tombe une seconde fois

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Malgré l’aide de Simon de Cyrène, Jésus s’écroule une deuxième fois.

La croix de tous les malheurs du monde est vraiment trop lourde pour des épaules humaines. C’est pourquoi Jésus prie son Père de lui donner la force de se relever.

Et nous aussi, en faisant le bien autour de nous, nous pouvons alléger le fardeau que porte Jésus. Oui, par delà les siècles, chacun d’entre nous est appelé à porter la croix qui nous sauve.

Je te prie, Seigneur, pour tous ceux qui retombent dans le péché malgré leurs bonnes résolutions.

Huitième station : Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Dans la foule qui suit Jésus, il y a de nombreuses femmes. Et de voir Jésus dans cet état, elles ne peuvent retenir leurs larmes. Elles savent bien que Jésus n’a jamais rien fait de mal et elles sont désemparées par ce qui lui arrive.

Alors, Jésus se tourne vers elles et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi, pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ». Jésus voudrait bien leur faire comprendre que ce qui peut tuer le corps n’est pas très grave c’est ce qui peut tuer l’amour dans notre cœur. C’est pourquoi Jésus demande aux femmes de Jérusalem de pleurer leurs péchés et ceux que commettront leurs enfants.

Je te prie, Seigneur, pour tous ceux qui sont en danger de mort éternelle à cause de leurs péchés.

Chant : Fais paraître ton Jour, et le temps de ta grâce,

Fais paraître ton Jour : que l’homme soit sauvé !

Neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Encore une fois, Jésus retombe…

Le poids de nos péchés est vraiment trop lourd. Seul le Fils de Dieu est plus fort que le mal. Seul l’amour de Dieu pour nous donne à Jésus la force de se relever et d’aller jusqu’au bout de la mission que lui a confiée son Père.

A nous aussi, Notre Père du Ciel confie une mission à accomplir sur Terre. Sommes-nous comme Jésus suffisamment forts pour faire la volonté de Dieu quoi qu’il arrive, malgré les obstacles et les difficultés.

Je te prie, Seigneur, pour tous ceux qui t’abandonnent quand vient le temps des difficultés.

Notre Père

Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Enfin Jésus parvient en haut de la colline, à un endroit appelé Golgotha, c’est-à-dire Lieu du Crâne.

Là, les soldats montent la croix. Puis ils arrachent les vêtements de Jésus. Jésus se retrouve aussi pauvre que le jour de sa naissance dans une étable. Lui, le Roi de l’Univers, s’est fait l’image du plus pauvre des hommes.

Quel exemple pour nous qui mettons notre espoir dans les richesses de ce monde et qui cherchons à posséder toujours plus !

Je te prie, Seigneur, pour les riches, afin qu’ils retrouvent le bonheur d’être pauvres de cœur.

Onzième station : Jésus est cloué à la croix

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Alors les soldats étendent Jésus sur la croix et clouent ses pieds et ses mains sur le bois.

Lui qui est venu nous redonner la liberté des enfants de Dieu, le voilà prisonnier de son amour pour nous.

Bien sûr, Jésus aurait pu faire un grand miracle et échapper au supplice. Mais le Tout-Puissant accepte d’être réduit à l’impuissance pour la Gloire de Dieu et le salut du monde. Car il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

Je te prie, Seigneur, pour tous les malades et les infirmes qui sont cloués sur leur lit de souffrance.

Notre Père

Douzième station : Jésus meurt sur la croix

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Jésus est dressé sur la croix en haut de la colline ; comme le signe visible de l’Amour de Dieu pour nous.

Mais, au lieu de l’aimer, les gens qui passent se moquent de lui. Seul un bandit crucifié à côté de lui reconnaît l’innocence et la royauté de Jésus. C’est pourquoi Jésus lui promet qu’il l’emmènera avec lui dans le Royaume des Cieux.

Au pied de la croix il y a Marie et saint Jean. Jésus dit à Marie : « Voici ton fils ! ». Puis il dit à Jean : « Voici ta mère ! ». Depuis ce moment-là, Marie est devenue notre maman et nous sommes tous ses enfants.

Tout à coup, en pleine après-midi, il se met à faire nuit noire et Jésus s’écrie : « Père, je remets ma vie entre tes mains ! »

Alors, celui qui est la Vie, meurt…

Je te prie, Seigneur, pour tous ceux qui meurent sans espoir d’une résurrection.

SILENCE (on peut inviter le groupe à se mettre à genoux)

Treizième station : Marie prend le corps de Jésus dans ses bras

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Pour s’assurer que Jésus est bien mort, un soldat lui transperce le cœur avec une lance. Le sang et l’eau qui s’en échappent symbolisent tout l’amour et toutes les grâces que Jésus répand sur nous.

Ensuite, on descend le corps de Jésus et on le dépose dans les bras de Marie.

Marie ne dit rien, elle ne pleure plus. Elle a déjà épuisé toutes les larmes de son corps. Elle prend sur elle la mort de son fils, comme elle prendra sur elle la mort de chacun de nous. Oui, après notre mort, Marie nous prendra dans ses bras pour nous emmener vers le Père.

Je te prie, Seigneur, pour tous ceux qui ne prient pas Marie, maintenant et à l’heure de leur mort.

Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau

« Nous t'adorons, ô Christ, et nous te bénissons,

parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix ».

Un ami de Jésus, Joseph d’Arimathie, possède un tombeau tout neuf creusé dans le rocher. Il l’offre pour ensevelir le corps de Jésus.

Selon la coutume des juifs, on enduit le corps de Jésus avec toutes sortes d’herbes odorantes et de parfums. Puis on le met dans un grand drap, le linceul qui sera marqué mystérieusement par l’image de Jésus et qui sera conservé jusqu’à aujourd’hui.

Maintenant, tout est fini ; les soldats roulent une énorme pierre devant le tombeau et ils montent la garde afin que personne ne vienne voler le corps de Jésus.

Je te prie, Seigneur, pour que tous les hommes de la terre que tu as accompagnés dans la mort soient vivants avec toi dans le Royaume.

SILENCE

LA RESURRECTION

L’histoire vraie que nous venons de vivre ensemble pourrait être la plus triste histoire du monde…

Mains non ! L’histoire de Jésus se termine bien : Jésus a traversé la mort, le troisième jour il est ressuscité, il est vivant !

Nos cœurs peuvent chanter de joie : le péché, la souffrance et la mort ont perdu la bataille ; maintenant nous n’avons plus peur de rien ! Alléluia !

Comme il nous l’a promis, Jésus Vivant est avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde et nous attendons qu’il revienne dans la Gloire !

Alors, allons annoncer aux autres cette grande nouvelle qui nous fait bondir de bonheur.

Fêtons le Seigneur tous ensemble !

Son amour pour nous a été le plus fort ;

Hosanna au plus haut des cieux !

A lui le règne, la puissance et la gloire

pour les siècles des siècles !

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 20:03

Résultat de recherche d'images « L’amour de Dieu reçoit ici sa pleine mesure, sans mesure », écrit la bibliste française Anne-Marie Pelletier, dans l’ouverture de ses méditations pour le Chemin de croix que le pape François présidera au Colisée, à Rome, le Vendredi Saint, 14 avril 2017. « Au Golgotha, contre toutes les apparences, assure-t-elle, il s’agit de vie. Et de grâce. Et de paix. Il s’agit, non pas du règne du mal que nous connaissons trop, mais de la victoire de l’amour ».

« Il nous faut oser dire que la joie de l’Évangile, Evangelii gaudium, est la vérité de cet instant ! », insiste Anne-Marie Pelletier, lauréate du Prix Ratzinger 2014. Sinon « nous rendons vaine la Passion du Christ ».

Au fil du texte publié en italien par L’Osservatore Romano daté du 9 avril, sous le titre « Avec les femmes de l’Evangile », la théologienne souligne la « banalité du mal » : « Ils sont légion les hommes, les femmes, les enfants mêmes, violentés, humiliés, torturés, assassinés, sous tous les cieux, en chaque temps de l’histoire ». Et elle invite à fixer le regard sur Jésus : « Par lui, le Très Haut nous enseigne qu’il est aussi, ô stupeur, le Très Bas, prêt à descendre jusqu’à nous, toujours plus bas s’il le faut, de sorte qu’aucun ne se perde dans les bas-fonds de sa misère ».

Nous publions ci-dessous l’intégrale des méditations en français, avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Chemin de Croix, Rome, Vendredi saint 2017

Ouverture

L’Heure est donc venue. Le chemin de Jésus sur les routes poudreuses de Galilée et de Judée, à la rencontre des corps et des cœurs en souffrance, pressé par l’urgence d’annoncer le Royaume, ce chemin s’arrête ici, aujourd’hui.

Sur la colline du Golgotha.

Aujourd’hui la croix barre le chemin.

Jésus n’ira pas plus loin.

Impossible d’aller plus loin !

L’amour de Dieu reçoit ici sa pleine mesure, sans mesure.

Aujourd’hui l’amour du Père, qui veut que, par le Fils, tous les hommes soient sauvés, va jusqu’au bout, là où nous n’avons plus de mots, où nous perdons pied, où notre piété est débordée par l’excès des pensées de Dieu.

Car, au Golgotha, contre toutes les apparences, il s’agit de vie. Et de grâce. Et de paix. Il s’agit, non pas du règne du mal que nous connaissons trop, mais de la victoire de l’amour.

Misericordia et misera

Et, à l’aplomb de la même croix, il s’agit de notre monde, avec toutes ses chutes et ses douleurs, ses appels et ses révoltes, tout ce qui crie vers Dieu, aujourd’hui, depuis les terres de misère ou de guerre, dans les foyers déchirés, les prisons, sur les embarcations surchargées de migrants.

Tant de larmes, tant de misère dans la coupe que le Fils boit pour nous.

Tant de larmes, tant de misère qui ne sont pas perdues dans l’océan du temps, mais recueillies par lui, pour être transfigurées dans la mystérieuse alchimie d’un amour où le mal est englouti.

C’est bien de la fidélité invincible de Dieu à notre humanité qu’il s’agit au Golgotha.

C’est une naissance qui s’y opère !

Il nous faut oser dire que la joie de l’Évangile, Evangelii gaudium, est la vérité de cet instant !

Si notre regard ne rejoint pas cette vérité, alors nous restons prisonniers de rets de la souffrance et de la mort. Et nous rendons vaine la Passion du Christ.

Prière

Seigneur, nos yeux sont obscurs. Et comment t’accompagner si loin ?

« Miséricorde » est ton nom. Mais ce nom est une folie.

Qu’éclatent les vieilles outres de nos cœurs.

Guéris notre regard pour qu’il s’illumine de la Bonne nouvelle de l’Évangile, à l’heure où nous nous tenons au pied de la Croix de ton Fils.

Et nous pourrons célébrer « la longueur, la largeur, la hauteur », le cœur consolé et ébloui.

Jesus wird zum Tode verurteilt !
       1ère Station : Tous prononcèrent qu’il méritait la mort

De l’Évangile selon Luc et selon Marc

Lorsqu’il fit jour, le conseil des Anciens du peuple se réunit, grands prêtres et scribes. Ils l’amenèrent devant leur tribunal (Lc 22, 66). Tous prononcèrent qu’il méritait la mort. Puis quelques-uns se mirent à lui cracher dessus, et à le gifler en disant : « Fais le prophète ». Et les valets le bourrèrent de coups. Puis, après l’avoir ligoté, ils l’emmenèrent chez Pilate (Mc14, 64-66).

Méditation

Il n’a pas fallu beaucoup de délibération aux hommes du sanhédrin pour se prononcer. Depuis longtemps déjà, la cause était entendue. Il faut que Jésus meure !

Ainsi pensaient déjà ceux qui voulaient le précipiter depuis l’escarpement de la colline, le jour où, dans la synagogue de Nazareth, Jésus avait déplié le rouleau en proclamant en son nom propre les mots du livre d’Isaïe (« L’Esprit de Dieu repose sur moi, l’Esprit de Dieu m’a consacré… pour annoncer une année de grâce de la part du Seigneur »).

Déjà, quand il avait guéri l’infirme à la piscine de Bethesda, inaugurant le shabbat de Dieu qui libère de toutes les captivités, les murmures homicides avaient enflé contre lui.

Et, dans la dernière ligne du chemin, tandis qu’il montait à Jérusalem pour la Pâque, l’étau s’était resserré, inexorablement : il n’échapperait plus à ses ennemis.

Mais il nous faut avoir la mémoire plus longue encore. Dès Bethléem, aux jours de sa naissance, Hérode avait décrété qu’il devait mourir. L’épée des sbires du roi usurpateur massacra les petits enfants de Bethléem. Jésus échappa alors à leur furie. Mais pour un temps seulement. Il n’était déjà plus qu’une vie en sursis. Dans les pleurs de Rachel sur ses enfants qui ne sont plus résonne, en sanglots, la prophétie de la douleur que Syméon annoncera à Marie.

Prière

Seigneur Jésus, toi le Fils bien-aimé, qui est venu nous visiter, passant parmi nous en faisant le bien, rendant à la vie ceux qui habitent l’ombre de la mort, tu sais nos cœurs tortueux.

Nous déclarons être amis du bien et vouloir la vie. Mais nous sommes pécheurs et complices de la mort.

Nous nous proclamons tes disciples, mais nous prenons des chemins qui se perdent loin de tes pensées, loin de ta justice et de ta miséricorde.

Ne nous abandonne pas à nos violences.

Que ta patience pour nous ne s’épuise pas.

Délivre-nous du mal !

Pater noster

« Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi » (Impropères).

2ème Station : Renié par Pierre

De l’Évangile selon Luc

Environ une heure plus tard, un autre insistait : « C’est sûr, disait-il celui-là était avec lui ; et puis, il est Galiléen ». Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire ». Et aussitôt, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre ; et Pierre se rappela la parole du Seigneur qui lui avait dit : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois ». Il sortit et pleura amèrement (Lc 22,59-62).

Méditation

Autour d’un brasero, dans la cour du sanhédrin, Pierre et quelques autres se réchauffent en ces heures froides de la nuit que traversent des allées et venues fiévreuses. À l’intérieur, le sort de Jésus va se jouer, dans le face à face avec ses accusateurs. C’est sa mort qu’ils vont exiger.

Comme une marée qui monte, l’hostilité enfle à l’entour. Comme l’étoupe s’enflamme, la haine prend et se multiplie. Bientôt une foule vociférante exigera de Pilate la grâce de Barrabas et la condamnation de Jésus.

Difficile de se déclarer ami d’un condamné à mort sans être traversé d’un frisson d’effroi. La fidélité intrépide de Pierre ne va pas résister aux paroles soupçonneuses de la servante, la portière du lieu.

Reconnaître qu’il est disciple du rabbi galiléen, ce serait faire plus de cas de la fidélité à Jésus que de sa propre vie ! Quand elle implique ce courage, la vérité a du mal à trouver des témoins… Les hommes sont faits ainsi que beaucoup lui préfèrent alors le mensonge, et Pierre est de notre humanité. Il trahit, à trois reprises. Puis il croise le regard de Jésus. Et ses larmes coulent, amères et pourtant douces, comme une eau qui lave une souillure.

Bientôt, dans quelques jours, auprès d’un autre feu de braise, sur le rivage, Pierre reconnaîtra son Seigneur ressuscité, qui lui confiera le soin de ses brebis. Pierre apprendra sans mesure le pardon que prononce le Ressuscité sur toutes nos trahisons. Et il recevra part à une fidélité qui, désormais, lui fera accepter sa propre mort comme une offrande jointe à celle du Christ.

Prière

Seigneur, notre Dieu, tu as voulu que ce soit Pierre, le disciple renégat et pardonné, qui reçoive la charge de guider ton troupeau.

Inscris dans nos cœurs la confiance et la joie de savoir que, en toi, nous pouvons traverser les ravins de la peur et de l’infidélité.

Fais que, instruits par Pierre, tous tes disciples soient les témoins du regard que tu portes sur nos défaillances. Que jamais, nos duretés ou nos désespoirs ne rendent vaine la Résurrection de ton Fils !

Pater noster

Christ mort pour nos péchés

Christ ressuscité pour notre vie,

Nous t’en prions, prends pitié de nous.

Pilate washing his hands: 3ème Station : Pilate

De l’Évangile selon Marc et selon Matthieu

L’ayant amené et livré à Pilate, ils multipliaient contre lui leurs accusations. Pilate, voulant contenter la foule, leur relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le leur livra pour être crucifié (Mc 15,1.3.15).

Pilate prit de l’eau et se lava les mains en présence de la foule en disant : « Je suis innocent du sang de cet homme ; à vous de voir ! » (Mt 27,24)

« Nous tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous » (Is 53,6).

Méditation

Rome de César Auguste, la nation civilisatrice, dont les légions se font une mission de conquérir les peuples, pour leur apporter les bienfaits de son ordre juste !

Rome, aussi, présente à la Passion de Jésus en la personne de Pilate, le représentant de l’empereur, le garant du droit et de la justice en terre étrangère…

Pourtant, le même Pilate qui déclare ne trouver aucun mal en Jésus est celui qui ratifie aujourd’hui sa condamnation à mort. Dans le prétoire où Jésus est en procès, la vérité éclate : la justice des païens n’est pas supérieure à celle du sanhédrin des Juifs !

Décidément ce Juste, qui concentre étrangement sur lui les pensées homicides du cœur humain, réconcilie Juifs et païens. Mais c’est, pour l’instant, en les faisant également complices du meurtre de Jésus.

Pourtant le temps vient – il est tout proche – où ce Juste les réconciliera autrement, par la Croix et par un pardon qui les rejoindra tous, Juifs et païens, les guérira ensemble de leurs lâchetés et les libèrera de leur commune violence.

Une seule condition pour avoir part à ce don : ce sera de confesser l’innocence du seul Innocent, l’Agneau de Dieu immolé pour le péché du monde.

Ce sera de renoncer à la suffisance qui murmure en nous : « Je suis innocent du sang de cet homme ». Ce sera de plaider coupable, dans la confiance qu’un amour infini nous enveloppe tous, juifs et païens, et que Dieu veut se faire des fils avec tous, Juifs et païens.

Prière

Seigneur, notre Dieu, face à Jésus livré et condamné, nous ne savons faire autre chose que de nous disculper et d’accuser les autres.

Si longtemps, ton Église aura chargé ton peuple Israël du poids de ta condamnation à mort.

Si longtemps, elle aura ignoré qu’il fallait que nous nous reconnaissions tous complices dans le péché, pour être tous sauvés par le sang de la croix de Jésus.

Donne-nous de reconnaître en ton Fils l’Innocent, le seul de toute notre histoire. Lui qui a accepté d’être « fait péché pour nous », afin que par lui tu puisses nous retrouver, humanité recréée dans l’innocence en laquelle tu nous créas, et en laquelle tu nous fais tes fils.

Pater noster

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

4ème Station : Le Roi de gloire Résultat de recherche d'images pour "jésus roi de gloire couronné d'épines"

De l’Évangile selon Marc

Les soldats l’emmenèrent à l’intérieur du palais. Ils le revêtirent de pourpre, puis, ayant tressé une couronne d’épines, il la lui mirent sur la tête. Ils se mirent à le saluer : « Salut roi des Juifs » (Mc 15,16-18).

Sans beauté ni éclat, et sans aimable apparence, objet de mépris et rebut de l’humanité, homme de douleurs et connu de la souffrance, comme ceux devant qui on se voile la face, il était méprisé et déconsidéré. Et nous autres, nous l’estimions châtié, frappé par Dieu et humilié (Is 53,2-4).

Méditation

Banalité du mal. Ils sont légion les hommes, les femmes, les enfants mêmes, violentés, humiliés, torturés, assassinés, sous tous les cieux, en chaque temps de l’histoire.

Sans chercher protection dans la condition divine qui est la sienne, Jésus prend place dans le terrible cortège des souffrances que l’homme inflige à l’homme. Il sait la déréliction des humiliés et des plus abandonnés.

Mais de quelle aide nous serait la souffrance d’un innocent de plus ?

Celui-là qui est l’un de nous est d’abord le Fils bien-aimé du Père, qui vient accomplir toute justice par son obéissance. Et soudain tous les signes s’inversent. Voilà que les paroles et les gestes de dérision de ses tortionnaires nous découvrent – ô paradoxe absolu – l’insondable vérité : celle de la vraie, de l’unique royauté, révélée comme celle d’un amour qui n’a rien voulu savoir d’autre que la volonté du Père et son désir que tous les hommes soient sauvés. « Tu ne voulais ni sacrifice, ni oblation, alors j’ai dit : voici je viens pour accomplir ta volonté » (Ps 40,7-8).

Cette heure du Vendredi saint le proclame : il est une seule gloire en ce monde et dans l’autre, qui est de connaître et d’accomplir la volonté du Père. Nul d’entre nous ne peut prétendre à plus haute dignité que celle d’être fils en Celui qui s’est fait obéissant pour nous jusqu’à la mort de la croix.

Prière

Seigneur, notre Dieu, nous t’en prions, en ce jour saint qui accomplit la révélation : renverse en nous et en notre monde les idoles.

Tu sais leur pouvoir sur nos esprits et sur nos cœurs.

Renverse en nous les figures mensongères de la réussite et de la gloire.

Renverse en nous les images sans cesse renaissantes d’un Dieu selon nos pensées, Dieu dangereux ou Dieu drapé de sacralité distante… si loin du visage révélé dans l’alliance et qui se découvre aujourd’hui en Jésus, au-delà de toute prévision, en excès de toute espérance.

Lui que nous confessons comme le « resplendissement de ta gloire » (He 1,3).

Fais-nous entrer dans la joie éternelle, qui nous fait acclamer en Jésus revêtu de pourpre et couronné d’épines, le roi de gloire que chante le psaume : « Portes, levez vos frontons, Élevez-vous portes éternelles, qu’il entre le roi de gloire » (Ps 24,9).

Pater noster

« Portes, levez vos frontons, Élevez-vous portes éternelles, qu’il entre le roi de gloire »

Jesus nimmt das Kreuz auf seine Schultern
       5ème Station : Portant sa croix

Du livre des Lamentations

Vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s’il est une douleur pareille à la douleur qui me tourmente… (Lm 1, 12)

Du Psaume 146

Heureux qui a l’appui du Dieu de Jacob et son espoir dans le Seigneur son Dieu… Le Seigneur délie les enchaînés, le Seigneur rend la vue aux aveugles, le Seigneur redresse les courbés, le Seigneur protège l’étranger, il soutient l’orphelin et la veuve (Ps 146,5…9).

Méditation

Sur le rude chemin du Golgotha, Jésus n’a pas porté la croix comme un trophée ! Il ne ressemble en rien aux héros de nos imaginations qui terrassent glorieusement des ennemis maléfiques.

Pas après pas, il a marché, le corps toujours plus pesant et plus lent. Il a éprouvé sa chair entamée par le bois du supplice, les jambes qui défaillent sous la charge.

Génération après génération, l’Église a médité ce chemin jalonné de trébuchements et de chutes. Jésus tombe, se relève, puis retombe, reprend la marche épuisante, probablement sous les coups des gardes qui l’escortent, puisque c’est ainsi que sont traités, maltraités, les condamnés en notre monde.

Celui qui a relevé les corps grabataires, redressé la femme courbée, arraché à son lit de mort la petite fille de Jaïre, remis debout tant d’accablés, le voici aujourd’hui effondré sur le sol poussiéreux.

Le Très Haut est à terre.

Fixons le regard sur Jésus. Par lui, le Très Haut nous enseigne qu’il est aussi, ô stupeur, le Très Bas, prêt à descendre jusqu’à nous, toujours plus bas s’il le faut, de sorte qu’aucun ne se perde dans les bas-fonds de sa misère.

Prière

Seigneur, notre Dieu, tu descends au fond de notre nuit, sans mettre de limite à ton humiliation, puisque c’est, en elle, que tu rejoins la terre souvent ingrate, parfois dévasée, de nos vies.

Donne à ton Église, nous t’en supplions, de témoigner que le Très Haut et le Très Bas sont un seul visage en toi.

Donne-lui de porter à tous ceux qui tombent la nouvelle de l’Évangile : aucune chute ne peut nous soustraire à ta miséricorde. Il n’existe aucune perte, aucun abîme qui soient trop profonds pour que tu ne puisses retrouver celui qui s’est égaré.

Pater noster

Voici, je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté.

6ème Station : Simon de Cyrène Simon von Cyrene hilft Jesus das Kreuz tragen
      

De l’Évangile selon Luc

Comme ils l’emmenaient, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus (Lc 23, 26).

De l’Évangile selon Matthieu

« Quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t’accueillir, nu et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir ? » (Mt 25, 37-39).

Méditation

Jésus trébuche sur le chemin, le dos écrasé sous le poids de la croix. Mais il faut aller de l’avant, marcher, et encore marcher, car c’est le Golgotha, le sinistre mont du Crâne, hors les murs de la ville, qui est le but de l’escadron qui presse Jésus.

Un homme est justement de passage, qui a les bras solides. À l’évidence, il est étranger aux événements du jour. Il rentre chez lui, ignorant tout de l’histoire du rabbi Jésus, quand il est réquisitionné par les gardes pour porter la croix.

Qu’aura-t-il su du condamné poussé par les gardes vers son supplice ? Que pouvait-il connaître de celui qui « n’avait plus figure humaine », tel le serviteur défiguré d’Isaïe ?

De sa surprise, d’une première objection peut-être, de la pitié qui l’a saisi, rien ne nous est dit. L’Évangile a seulement gardé mémoire de son nom, Simon, originaire de Cyrène. Mais l’Évangile a aussi voulu porter jusqu’à nous le nom de ce libyen et son pauvre geste de secours, pour nous enseigner qu’en soulageant la peine d’un condamné à mort, Simon a soulagé la peine de Jésus, le Fils de Dieu, qui croisa son chemin dans la condition d’esclave, endossée pour nous, endossée pour lui, pour le salut du monde. Sans qu’il le sache.

Prière

Seigneur, notre Dieu, tu nous as révélé qu’en chaque pauvre qui est nu, qui est prisonnier, qui est assoiffé, c’est toi qui te présente à nous, et c’est toi que nous recevons, visitons, revêtons ou désaltérons :

« J’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir » (Mt 25,39).

Mystère de ta rencontre avec notre humanité ! C’est ainsi que tu rejoins tout homme ! Nul n’est privé de cette rencontre, s’il consent à être un homme de compassion.

Nous te présentons, comme une offrande sainte, tous les gestes de bonté, d’accueil, de dévouement, qui sont accomplis chaque jour en notre monde.

Daigne les reconnaître comme la vérité de notre humanité, qui parle plus haut que tous les gestes de rejet ou de haine.

Daigne bénir les hommes et les femmes de compassion, qui te rendent gloire, même s’ils ne savent pas encore prononcer ton nom.

Pater noster

Christ mort pour nos péchés

Christ ressuscité pour notre vie,

Nous t’en prions, prends pitié de nous.

Jesus begegnet den weinenden Frauen
       7ème Station : Filles de Jérusalem

De l’Évangile selon Luc

Le peuple, en grande foule, le suivait ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Mais se retournant vers elles, Jésus dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi. Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants… Car si on traite ainsi le bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec » (Lc 23,27-28.31).

Méditation

Les pleurs que Jésus confie aux filles de Jérusalem comme une œuvre de compassion, ces pleurs des femmes ne manquent pas à notre monde.

Elles coulent silencieusement sur les joues des femmes. Plus souvent encore, probablement, de façon invisible, dans leur cœur, comme les larmes de sang dont parle Catherine de Sienne.

Non que les larmes reviennent aux femmes, comme si leur lot était d’être pleureuses passives et impuissantes, au milieu d’une histoire que les hommes, seuls, seraient censés écrire.

Car leurs pleurs sont aussi, et d’abord, toutes celles qu’elles recueillent, loin de tout regard et de toute célébration, dans un monde où il y a beaucoup à pleurer. Pleurs des petits enfants terrorisés, des blessés des champs de bataille en appel d’une mère, pleurs solitaires des malades et des mourants au seuil de l’inconnu. Pleurs de désarroi, qui ruissellent sur la face de notre monde qui fut créé, au premier jour, pour des larmes de joie, dans la jubilation de l’homme et de la femme ensemble.

Et même, Etty Hillesum, femme forte d’Israël demeurée debout dans la tourmente de la persécution nazie, qui aura plaidé jusqu’au bout la bonté de la vie, nous souffle à l’oreille ce secret qu’elle devine au terme de sa route : il y a des larmes à consoler sur le visage de Dieu, quand il pleure sur la misère des siens.

Dans l’enfer qui engloutit le monde, elle ose prier Dieu : « Je vais essayer de t’aider », lui dit-elle. Audace si féminine et si divine !

Prière

Seigneur, notre Dieu, « Dieu de tendresse et de pitié, Dieu plein d’amour et de fidélité », apprends-nous, dans les jours heureux, à ne pas mépriser les larmes des pauvres qui crient vers toi et qui nous appellent au secours. Apprends-nous à ne pas passer indifférents auprès d’eux. Apprends-nous à oser pleurer avec eux.

Apprends-nous aussi, dans la nuit de nos peines, de nos solitudes et de nos déceptions, à entendre la parole de grâce que tu nous révélas sur la montagne : « Bienheureux ceux qui pleurent, ils seront consolés ».

Pater noster

Christ mort pour nos péchés

Christ ressuscité pour notre vie,

Nous t’en prions, prends pitié de nous.

8ème Station : Les vêtements Les soldats se sont partagé ses vêtements

De l’Évangile selon Jean

Ils prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chaque soldat, et la tunique (Jn19, 23).

Le Fils de l’homme s’en va comme il est venu : sorti nu du sein de sa mère, il s’en ira comme il était venu (cf. Qo 5, 14 ; Jb 1, 21).

Méditation

Le corps humilié de Jésus pend au bois de la croix. Exposé aux regards de dérision et de mépris. Le corps de Jésus labouré de plaies et destiné à l’ultime supplice de la crucifixion. Humainement, qu’y aurait-il à faire d’autre que de baisser les yeux pour ne pas ajouter à son déshonneur ?

Mais l’Esprit vient au secours de notre désarroi. Il nous apprend à entendre la langue de Dieu, langue de la kénose, cet abaissement de Dieu pour nous rejoindre là où nous sommes.

C’est cette langue de Dieu que parle pour nous le théologien orthodoxe Christos Yannaras : « Langue de la kénose : Jésus enfant nu dans la crèche, dénudé dans le fleuve, recevant le baptême comme un serviteur, suspendu à l’arbre de la croix, nu, comme un malfaiteur. C’est par tout cela qu’il a manifesté son amour pour nous ».

Entrant dans ce mystère de grâce, nous pouvons rouvrir les yeux sur le corps supplicié de Jésus.

Alors nous commençons à discerner ce que notre œil ne peut voir : sa nudité rayonne de la même lumière que celle dont irradiait son vêtement, lors de la Transfiguration.

Lumière qui fait reculer toute ténèbre.

Lumière irrésistible de l’amour jusqu’au bout.

Prière

Seigneur notre Dieu, nous plaçons sous tes yeux la foule immense des hommes qui subissent la torture, l’affreux cortège des corps maltraités, tremblant d’angoisse à l’approche des coups, agonisant dans des bas-fonds sordides.

Recueille leur plainte, nous t’en supplions.

Le mal nous laisse sans voix et sans secours.

Mais toi tu sais ce que nous ne savons pas. Tu sais trouver un passage dans le chaos et la noirceur du mal. Tu sais faire éclater déjà, dans la Passion de ton Fils bien-aimé, la vie de la résurrection.

Augmente en nous la foi !

Nous te présentons aussi la folie des tortionnaires et de leurs commanditaires.

Elle aussi nous laisse sans voix.

… Sauf à te prier et à t’implorer dans les larmes et les mots de la prière que tu nous as enseignée : « Délivre-nous du mal » !

Pater noster

Christ mort pour nos péchés

Christ ressuscité pour notre vie,

Nous t’en prions, prends pitié de nous.

Résultat de recherche d'images pour "ils crucifièrent jésus" 9ème Station : Ils le crucifièrent

De l’Évangile selon Luc

Là ils le crucifièrent, ainsi que des malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 33-34).

Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison (Is 53,5).

Méditation

Vraiment Dieu est là où il ne devrait pas être !

Le Fils bien-aimé, le Saint de Dieu, est ce corps exhibé sur une croix d’infamie, livré au déshonneur, entre deux malfaiteurs. Homme de douleur dont on se détourne. À vrai dire, comme on se détourne de tant d’êtres humains défigurés que croisent nos chemins.

Le Verbe de Dieu, en qui tout fut créé, n’est plus qu’une chair muette et souffrante. La cruauté de notre humanité s’est déchainée contre lui, et elle a vaincu.

Oui, Dieu est là où il ne devrait pas être et où, pourtant, nous avons tellement besoin qu’il soit !

Il était venu, non pas pour mourir, mais pour nous partager sa vie. « Prenez ! » n’a-t-il cessé de dire en offrant sa guérison aux infirmes, son pardon aux cœurs égarés, son corps au repas de la Pâque.

Mais il s’est retrouvé entre nos mains, en territoire de mort et de violence. Celle qui nous sidère dans l’actualité du monde. Celle aussi qui rôde en chacun : les frères de Tibhirine le savaient bien eux qui ajoutaient à leur prière « Désarme-les ! », l’imploration « Désarme-nous ! ».

Il fallait que la douceur de Dieu visite nos enfers, seul moyen de nous délivrer du mal.

Il fallait que le Christ Jésus importe l’infinie tendresse de Dieu au cœur du péché du monde.

Il fallait cela, afin qu’exposée à la vie de Dieu, la mort recule et s’effondre, comme un ennemi qui a trouvé plus fort que lui et qui disparaît dans le néant.

Prière

Seigneur, notre Dieu, accueille notre louange silencieuse.

Comme les rois qui restent sans voix devant l’œuvre du serviteur que la prophétie d’Isaïe révèle, nous sommes dans la stupéfaction devant l’Agneau immolé pour notre vie et celle du monde. Nous confessons que par tes blessures, nous sommes guéris.

« Que rendrai-je au Seigneur pour le bien qu’il m’a fait ? J’élèverai la coupe du salut… je t’offrirai le sacrifice d’action de grâces, et j’invoquerai le nom du Seigneur » (Ps 115, 12-17).

Pater noster…

Christ mort pour nos péchés

Christ ressuscité pour notre vie,

Nous t’en prions, prends pitié de nous.

10ème Station : Sauve-toi toi-même Résultat de recherche d'images pour "sauve-toi toi même"

De l’Évangile selon Luc

Les chefs se moquaient : Il en a sauvé d’autres. Qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ de Dieu, l’Élu ! ». Les soldats aussi le tournaient en dérision. Ils disaient : « Si tu es le roi des juifs, sauve-toi toi-même ». L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’insultait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même et nous aussi ! » (Lc 23,35-39).

« Si tu es le Fils de Dieu, ordonne à cette pierre de se changer en pain … Si tu le Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas… Car il est écrit : « Les anges te porteront de leurs mains » (Lc 4,3 et 9-11).

Méditation

Jésus n’aurait-il pas pu descendre de la croix ? Nous osons à peine nous formuler cette question. L’Évangile ne la met-il pas dans la bouche des impies ?…

Pourtant, elle nous hante, à la mesure même dont nous appartenons encore au monde de la tentation, que Jésus a affrontée durant les quarante jours au désert, porche et ouverture de son ministère. « Si tu es le Fils de Dieu change ces pierres en pain, jette-toi du haut du temple…, puisque Dieu veille sur son ami».

Mais, à la mesure dont, baptisés dans la mort et dans la résurrection du Christ Jésus, nous le suivons sur son chemin, les défis du Malin n’ont plus de prise sur nous. Ils sont réduits à néant, leur mensonge est dévoilé.

Alors se découvre l’impérieuse nécessité du « il fallait », que Jésus enseigne patiemment et ardemment aux marcheurs du chemin d’Emmaüs.

« Il fallait… » que le Christ soit dans cette obéissance et cette impuissance, pour nous rejoindre dans l’impuissance, où nous a mis notre désobéissance.

Et nous commençons à concevoir que « seul un Dieu faible peut nous sauver », comme l’écrivait le pasteur Dietrich Bonhoeffer, aux derniers mois de sa vie assassinée, quand éprouvant jusqu’au bout la puissance du mal, il pouvait ramasser, en cette vérité simple et vertigineuse, la confession de foi chrétienne.

Prière

Seigneur, notre Dieu, qui nous délivrera des pièges de la puissance selon le monde ? Qui nous libérera de la tyrannie des mensonges, qui nous font exalter les puissants et courir nous-mêmes après les fausses gloires ?

Toi seul peux convertir nos cœurs.

Toi seul peux nous faire aimer les voies de l’humilité.

Toi seul…, qui nous révèles qu’il n’est de victoire que dans l’amour, et que tout le reste n’est que paille que le vent disperse, mirage qui s’évanouit sous ta vérité.

Nous t’en prions, Seigneur, dissipe les mensonges qui veulent régner sur nos cœurs et sur le monde.

Fais-nous vivre selon tes voies, pour que le monde reconnaisse la puissance de la Croix.

Pater noster…

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?

Jesus stirbt am Kreuz
       11ème Station : Près de la croix, sa mère

De l’Évangile selon Jean

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie de Magdala. Voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme, voici ton fils ». Puis, il dit au disciple : « Voici ta mère ». À partir de cette heure, le disciple la prit chez lui (Jn 19,25-27).

Méditation

Marie, elle aussi, est parvenue au terme du chemin. La voici arrivée à ce jour dont parlait le vieillard Siméon. Lorsqu’il avait élevé dans ses bras tremblants le petit enfant et que son action de grâces s’était prolongée par des mots mystérieux, qui tissaient ensemble drame et espérance, douleur et salut.

« Vois !, avait-il déclaré, cet enfant doit amener la chute et le relèvement d’un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, – et toi-même un glaive te transpercera l’âme ! – afin que se révèlent les pensées intimes d’un grand nombre » (Lc 22, 34-35).

Déjà la visite de l’ange avait fait retentir dans son cœur l’incroyable annonce : Dieu avait choisi sa vie pour faire éclore la nouveauté promise à Israël, « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu ». Et elle avait consenti à ce projet divin, qui commencerait par bouleverser sa chair, qui accompagnerait ensuite l’enfant né de son sein sur des voies imprévisibles.

Au long des jours si ordinaires de Nazareth, puis au temps de la vie publique, quand il avait fallu faire place à l’autre famille, celle des disciples, ces étrangers dont Jésus se faisait des frères, des sœurs, une mère, elle avait gardé ces choses dans son cœur. Elle les avait remises à la longue patience de sa foi.

Aujourd’hui est le temps de l’accomplissement. Le glaive qui perce le côté du Fils perce aussi son cœur. Marie aussi s’enfonce dans la confiance sans appui, où Jésus vit jusqu’au bout l’obéissance au Père.

Debout, elle ne déserte pas. Stabat Mater. Elle sait, de nuit, mais de certitude, que Dieu tient promesse. Elle sait, de nuit, mais de certitude, que Jésus est la promesse et son accomplissement.

Prière

Marie, mère de Dieu et femme de notre race, toi qui nous engendres maternellement en celui que tu as engendré, soutiens en nous la foi aux heures de ténèbres, apprends-nous l’espérance contre toute espérance.

Garde toute l’Église dans une veille fidèle, comme le fut ta fidélité, humblement docile aux pensées de Dieu, qui nous attirent là où nous ne penserions pas aller, qui nous associent, par-delà toute prévision à l’œuvre du salut.

Pater noster

Salve, Regina, mater misericordiae ;

Vita, dulcedo et spes nostra, salve.

12ème Station : Tout est achevé

De l’Évangile selon Jean

Jésus dit : « J’ai soif ». Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d’une branche d’hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit « C’est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit.

Venus à Jésus, les soldats virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, il sortit aussitôt du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage – son témoignage est véridique, et celui-là sait qu’il dit vrai – pour que vous aussi, vous croyiez (Jn 19, 28…35).

Méditation

Maintenant, tout est achevé. La tâche de Jésus est accomplie. Il était sorti du Père pour la mission de la miséricorde. Celle-ci a été remplie avec une fidélité qui aura été jusqu’au bout de l’amour. Tout est accompli. Jésus remet son esprit entre les mains du Père.

Apparemment, il est vrai, tout semble s’abîmer dans le silence de la mort qui tombe sur le Golgotha et les trois croix dressées. En ce jour de la Passion qui va vers sa fin, pour qui passe par ce chemin y aurait-il autre chose à comprendre que l’échec de Jésus, la ruine d’une espérance qui avait rendu cœur à beaucoup, consolé les pauvres, relevé les humiliés, laissé entrevoir aux disciples que le temps était venu où Dieu accomplissait les promesses annoncées par ses prophètes ? Tout cela paraissait perdu, ruiné, effondré.

Pourtant, au milieu de tant de déception, voilà que l’évangéliste Jean fixe nos yeux sur un détail minuscule et s’y arrête avec solennité. De l’eau et du sang coulent du côté du Crucifié. Ô étonnement ! La blessure ouverte par la lance du soldat est passage pour de l’eau et du sang, qui nous parlent de vie et de naissance.

Le message est infiniment discret, mais tellement éloquent pour les cœurs qui ont un peu de mémoire. Du corps de Jésus jaillit la source que le prophète a vu sortir du Temple. La source qui grossit et se change en un fleuve puissant, dont les eaux assainissent et font fructifier tout ce qu’elles touchent sur leur passage. Jésus n’avait-il pas désigné un jour son corps comme le temple nouveau ? Et le « sang de l’alliance » accompagne l’eau. Jésus n’avait-il pas parlé de sa chair et de son sang comme nourriture pour la vie éternelle ?

Prière

Seigneur, Jésus, en ces jours saints du mystère pascal renouvelle en nous la joie de notre baptême.

Quand nous contemplons l’eau et le sang qui coulent de ton côté, enseigne-nous à reconnaître de quelle source notre vie est engendrée, de quel amour ton Église est édifiée, pour quelle espérance à partager au monde tu nous as élus et tu nous envoies.

« Ici et là source de vie qui lave tout l’univers, jaillissant de la plaie du Christ » : que notre baptême soit notre seule gloire, dans une action de grâces émerveillée.

Pater noster…

Digne est l’Agneau égorgé de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la louange, dans les siècles des siècles ! Amen !

Résultat de recherche d'images pour "marie reçoit le corps de Jésus" 13ème Station : Pietà

De l’Évangile selon Luc

Ayant descendu le corps, Joseph le roula dans un linceul et le mit dans une tombe taillée dans la pierre, où personne encore n’avait été placé (Lc 23,53).

Méditation

Gestes de sollicitude et d’honneur pour le corps profané et humilié de Jésus. Des hommes et les femmes se retrouvent au pied de la croix. Joseph, originaire d’Arimathie, « homme bon et juste », qui réclame le corps à Pilate, rapporte saint Luc, Nicodème, le visiteur du soir, ajoute saint Jean. Et des femmes, obstinément fidèles, regardent.

La méditation de l’Église a aimé leur adjoindre la Vierge Marie si vraisemblablement présente, elle aussi, à cet instant.

Marie, Mère de pitié, qui reçoit dans ses bras le corps né de sa chair et tendrement, discrètement accompagné au long des années, comme une mère demeure dans le souci de son enfant.

Désormais, c’est un corps immense qu’elle recueille, à la mesure de sa douleur, à la mesure de la création nouvelle qui s’enfante de la passion d’amour qui a traversé le cœur du fils et de la mère.

Dans le grand silence qui s’est installé après les vociférations de la troupe, les quolibets des passants et les bruits de la crucifixion, les gestes ne sont plus maintenant que douceur, caresse de respect. Joseph descend le corps qui s’abandonne entre ses bras. Il l’enveloppe dans un linceul, le dépose à l’intérieur du tombeau tout neuf, qui attend son hôte dans le jardin tout proche.

Jésus a été arraché aux mains de ses meurtriers. Désormais, dans la mort, il se retrouve entre celles de la tendresse et de la compassion.

La violence des hommes homicides a reflué très loin. La douceur a fait retour au lieu du supplice.

Douceur de Dieu et de ceux qui lui appartiennent, ces cœurs doux auxquels Jésus promit un jour qu’ils posséderaient la terre. Douceur originelle de la création et de l’homme à l’image de Dieu. Douceur du terme, quand toute larme sera séchée, tandis que le loup habitera avec l’agneau, parce que la connaissance de Dieu aura rejoint toute chair.

Chant à Marie

Ô Marie, ne pleure plus : ton fils, notre Seigneur, s’endort dans la paix. Et son Père, dans la gloire, ouvre les portes de la vie !

Ô Marie, réjouis-toi : Jésus ressuscité a vaincu la mort !

Pater noster…

En ta paix, Seigneur, je me couche et m’endors.

Je m’éveille : tu es mon soutien.

14ème station : Elles préparèrent aromates et parfums Résultat de recherche d'images pour "embaumement du corps de Jésus"

De l’Évangile selon Luc

Cependant des femmes qui étaient venues avec Jésus de Galilée avaient suivi Joseph ; elles regardèrent le tombeau et comment son corps avait été mis. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums et le sabbat, elles se tinrent en repos, selon le précepte (Lc23, 55-56).

Méditation

Les femmes s’en sont retournées. Celui qu’elles avaient accompagné, marcheuses endurantes et secourables sur les routes de Galilée, celui-là n’est plus. Il ne leur laisse pour compagnie, ce soir, que la vision qu’elles emportent de son tombeau et du linceul où il repose maintenant. Pauvre et précieux souvenir de jours fervents anéantis. Solitude et silence. D’ailleurs, le shabbat approche, qui convie Israël à chômer, comme Dieu chôma, quand la création fut achevée, accomplie sous sa bénédiction.

C’est d’un autre achèvement qu’il s’agit aujourd’hui. Pour l’heure caché et impénétrable. Shabbat où se tenir aujourd’hui immobile, dans le recueillement du cœur et de la mémoire voilée de larmes. En préparant aussi les parfums et les aromates dont elles feront leur dernier hommage à son corps, demain, au petit jour.

Mais s’apprêtent-elles seulement, par ce geste, à embaumer leur espérance ?

Et si Dieu avait préparé une réponse à leur sollicitude qu’elles ne peuvent deviner, imaginer, pressentir même… La découverte d’un tombeau vide…, l’annonce qu’il n’est plus ici, parce qu’il a brisé les portes de la mort…

Prière

Seigneur notre Dieu, daigne voir et bénir tous les gestes des femmes qui honorent dans notre monde la fragilité des corps qu’elles entourent de douceur et d’honneur.

Et nous, qui t’avons accompagné sur ce chemin de l’amour jusqu’au bout, daigne nous garder, avec les femmes de l’Évangile, dans la prière et dans l’attente que nous savons exaucées par la résurrection de Jésus, que ton Église s’apprête à célébrer dans l’exultation de la nuit pascale.

Pater noster…

À lui gloire et puissance dans les siècles des siècles ! Amen !

Source : https://fr.zenit.org/articles/chemin-de-croix-au-colisee-texte-integral-des-meditations-danne-marie-pelletier/

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 13:14

 

Biographie

Né à Neuchâtel le 21 janvier 1897, Maurice Zundel est influencé par sa grand-mère maternelle, protestante, qui lui donnera le goût de l’Évangile et éveillera en lui un sens critique que le catholicisme étroit et fermé de l’époque ne connaît pas.

L’année de ses 15 ans, un ami protestant lui fait véritablement découvrir la Présence de Dieu et confortera définitivement sa vocation pour la prêtrise à laquelle il se destine depuis longtemps. A la même époque, il fait une rencontre mystique avec la Vierge Marie et remet dès lors toute sa vie entre ses mains.

Après avoir fréquenté l’école publique à Neuchâtel, il rejoint le collège de l’abbaye d’Einsiedeln d’où il gardera un souvenir ébloui de la liturgie et le goût du silence. Il étudie ensuite la théologie à Fribourg et y ordonné prêtre en 1919.

La découverte de la pauvreté

Nommé vicaire à Genève, il abandonne rapidement l’enseignement sec des dogmes et le système thomiste enseignés à l’université pour une vie de témoignage de l’amour divin basé sur la relation, la générosité et l’attention aux pauvres.

Influencé par la pensée de François d’Assise, la pauvreté prend une place essentielle dans sa vie : il n’aura de cesse à vivre et à appeler à la désappropriation de soi, seule voie pour répondre à l’Amour divin, seule façon d'être vraiment libre.

Jugé trop original par son évêque, il est exilé et envoyé en Italie (il obtient un doctorat en philosophie à Rome en 1927), en France et en Angleterre. En 1939, il se rend au Caire où, retenu par la guerre, il sert comme aumônier du couvent de Matarieh tout en côtoyant l’Islam et le Coran. Dès 1946, il est nommé prêtre-auxiliaire à Lausanne, où il restera jusqu’à sa mort le 10 août 1975.

En 1972, il répond favorablement à l’invitation de Paul VI (avec lequel il avait lié amitié à Paris en 1928) en prêchant une retraite de carême au Vatican ; cela lui vaut sans doute d’être dès lors officiellement accepté par l’Église.

Il laisse une œuvre considérable, composée d’une vingtaine d’ouvrages, ainsi que de nombreux articles et conférences. Plusieurs ouvrages posthumes sont basés sur des enregistrements de conférences et d’homélies. Si Zundel se laisse interroger par son époque – on le constate dans les références nombreuses aux penseurs de son temps (Camus, Marx, Bachelard, Rostand ou encore Einstein) – sa réponse se situe au-delà de l’espace et du temps car elle révèle la pure et intemporelle intériorité humaine.

Chemin de croix

Texte de Maurice Zundel, Le Caire en 1941. Non édité.

La misère de l'homme, c'est d'avoir trahi Dieu

Aucune injustice humaine ne sera vraiment réparée, tant que ne l'aura pas été cette injustice envers Dieu.

Nous nous accusons tous mutuellement et nous sommes tous coupables. Et les plus coupables, c’est nous chrétiens médiocres, qui multiplions partout le signe de la Croix, en oubliant la détresse infinie qui implore sa délivrance de tous les refus d'amour qui sont la cause de son supplice.

1ère station. Jésus est condamné à mort.

Nous avons tué Dieu ! ...

Nous nous sommes servis de notre liberté pour refuser d'accomplir notre destinée. Immensité de notre infortune... Si nous l'avons tué par notre refus d'amour, nous pouvons donc par notre amour, alléger sur ses épaules, le poids de ce monde. Demandons à notre cher Seigneur de nous donner le sens de notre liberté. Mettons notre vie à sa disposition et à son service, en faisant toutes choses, même les plus petites comme grandes, à cause de la majesté de Dieu qui les fait en nous.

2ème station. Jésus est chargé de sa Croix.

L'homme croit que la grandeur est dans la puissance.

Regardons Jésus chargé de sa Croix, sans rien perdre de sa grandeur, car il est tout don, toute dépossession.

Rencontrer l'humilité de Dieu qui a toujours séduit les grandes âmes. Mettons‑nous à son école, afin de mieux comprendre le sens de la grandeur vraie.

Dépouillons-nous de cette gangue obscure qui écarte la lumière et faisons de tout notre être un élan d'amour vers Dieu.

3ème station. Jésus tombe sous le poids de sa Croix.

Qu’est-ce que la puissance de Dieu, sinon l'Amour ? Il pourrait écraser et pulvériser ce monde qui lui résiste et le rejette. Mais il tombe sous le poids de la Croix pour expier nos refus.

Il ne peut qu'Aimer toujours et éternellement même ceux qui ne l'aiment pas, même ceux qui le crucifient.

La puissance de Dieu est une puissance qui, éternellement et implacablement, poursuit l'homme de son Amour. Elle est le miracle de l'intervention de l'Esprit soulevant la matière, parce que Dieu est tout à nous en face du Christ succombant. « Dieu est celui qui tient l'homme dans sa main et l'homme est celui qui tient Dieu dans sa main ». (Coventry Patmore)

4ème station. Jésus rencontre sa Sainte Mère.

L'Histoire de l'univers est un élan dans un acte d'Amour. La vocation de l'homme est de libérer le monde reçu de Dieu en un don offert par la pensée et l'Esprit.

En Jésus, il n'y a plus de "moi ". Son "moi" c'est Dieu, et c'est dans cette pauvreté infinie de son humanité, que gît la sainteté du Christ.

La Vierge Marie l'a compris. Elle est là pour consommer cette maternité où rien ne lui revient et où elle reçoit, en plein cœur, la grande blessure qui n'aura point de fin tant que tous ses fils ne sont point identifiés à son Fils.

Elle recueille l'agonie de nos âmes, en nous offrant la Croix dans un cœur de Mère, comme le don suprême de la Pauvreté divine à la pauvreté humaine. Elle est l'Ève nouvelle à côté du nouvel Adam, ouvrant ainsi l'humanité nouvelle où tout est don et Amour.

La voie est ouverte : à nous d'entrer toujours davantage à leur suite, dans cet abîme de pauvreté et de dépossession.

« Regarde-moi, aperçois-tu en moi quelque chose qui ne soit Amour ».

Celui qui est enrôlé au service de Dieu, ne s'embarrasse pas dans les affaires du siècle ; il ne s'occupe qu'à plaire à celui à qui il s'est donné.

5ème station. Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa Croix.

La puissance est dans l'Amour et la Création tout entière attend d'être affranchie de la servitude de la corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu. (Rom. 8:20-22)

Tout est à faire et à créer, et il ne nous est pas demandé moins que de devenir les "collaborateurs de Dieu" dans l’œuvre de pur Amour qui doit faire de toute créature, le reposoir de sa tendresse.

À l'exemple du Cyrénéen, aidons Jésus à soulever le poids de ce monde pour le porter vers sa destination spirituelle. Il nous le demande. Le sens moral de l'Univers et sa direction théocentrique nous sont confiés pour que nous formions le oui qui lui a donné l'être, en une offrande d'amour, dans le consentement de notre liberté. Aventure immense où l'homme va à la rencontre de Dieu. Il faut sauver Dieu de nos refus d'amour qui mettent en échec l'achèvement spirituel de la Création.

L'aide que Jésus nous demande, c'est notre libre consentement et notre adhésion et celle de nos frères à l'achèvement de son œuvre.

Sachons discerner Jésus sous son vêtement d'humilité, mettons-le au premier plan de notre amour dans un don gratuit et une consécration de tout notre être à son Amour.

6ème station. Une femme pieuse essuie la Face de Jésus.

Son amour la mettant au-dessus toute crainte, elle s'approche de Jésus, essuie ce visage défiguré...

Nous avons fait de Dieu une caricature à notre image, nous lui avons donné nos limites et nous l’avons défiguré ! Le mystère de Dieu ne peut s'exprimer ; c’est en adhérant à Jésus-Christ que nous dégageons l'image de Dieu.

Il faut nous effacer tellement en Jésus, que les autres n'aperçoivent plus que lui en nous, et que resplendisse le beau visage du Christ. Tout ce qui obscurcit en nous la splendeur du visage divin ou limite le rayonnement de son Amour, tout ce qui intercepte le courant de grâce qui rend les âmes intérieures les unes aux autres en les rendant intérieures à Dieu, est un attentat contre l'ordre essentiel de l'Univers.

Que je me perde donc en vous, Seigneur, et que je sois, séparée de tout ce qui me sépare.

7ème station. Jésus tombe pour la deuxième fois.

L'Amour a une force de gravitation qui déplace le centre de la vie en l’être aimé pour ne plus vivre que de sa vie.

Dieu nous a appelés à l'exercice de ce privilège de son être, qui est de faire de notre être un don, autant que le comporte notre nature. Dieu nous aime d'un Amour paternel, comme nous l'aimons d'un amour filial. Et il transfère sa vie en nous comme nous transférons notre vie en lui.

« Je suis dans le Père, et vous en moi, et moi en vous ».

Dieu vit notre vie comme nous vivons la sienne, suivant la mesure de notre amour et du don de nous-même. Il est si facile de prononcer les mots qui signifient le don de soi-même, et il est si difficile d'en remplir la promesse.

Quand il n'y a plus rien à recevoir, quand vient l'heure de donner, c'est-à-dire, en vérité, quand vient l'heure de l’amour nous ne reconnaissons plus le visage dont notre ferveur implorait la Présence. Nous repoussons le calice d'amertume, nous nous détournons de la Croix et notre cœur n'est qu'une plainte contre l'injustice du sort.

Cette plainte, le Christ la comprend si bien ! Il ne se lasse pas de nos gémissements, lui qui a été saisi d'effroi devant sa Croix et qui a donné à la solitude humaine le refuge mystérieux d'une angoisse infinie :

« Père, si c'est possible, que ce calice s'éloigne de moi ».

Mais ce n'est pas toujours possible, hélas ! Il y a des biens si grands que notre cœur doit se rompre pour leur donner accès. Comment l’infini, pour s'intégrer dans notre vie n'en ferait-il pas éclater les limites ?

Lorsque le don commence à nous peser, que la fatigue nous paralyse, regardons Jésus qui, portant sa Croix, partage dans cette chute notre accablement. Et disons-nous qu'à chaque refus son agonie recommence.

« Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde nous dit Pascal, Il ne faut pas dormir pendant ce temps-là ».

Notre tristesse ne sera plus désormais ce repliement de l'âme qui se retranche dans ses blessures, mais la douleur de voir l'Amour méconnu et son règne retardé.

8ème station. Jésus console les filles d'Israël.

Le Dieu vivant, le Dieu de Jésus-Christ, n'est pas un Dieu abstrait qui plane au-dessus des mondes dans une béatitude indifférente et lointaine. Notre Dieu est vivant comme une flamme brûlante. Il est le don de la tendresse divine à chacun de nous, dans un Amour unique et total.

Pendant ce chemin du Calvaire, le monde entier pèse sur ses épaules et pourtant, il voit ces femmes d'Israël, il domine ses douleurs et compatit à leur détresse. Charité personnelle et unique, celle de sentir la détresse des âmes. Ne connaît-il pas, infiniment mieux que nous, nos angoisses, n'est-il pas mère plus que toutes les mères ? Nous ne pouvons prétendre aimer Dieu, si nous n'aimons pas nos frères.

À l'exemple de notre Seigneur, tâchons de consoler et d'alléger les chagrins et les douleurs de ceux qui nous entourent. La sainteté, c'est la joie des autres.

9ème station. Jésus tombe pour la troisième fois.

Nous sommes trop spirituels pour ne pas tendre vers l'infini et nous sommes trop charnels pour ne pas désirer les êtres sensibles qui sont à notre portée. Tragédie de l'homme entraîné vers des chutes continuelles et blessure au cœur du Christ qui voit l'inutilité de son Sang pour un si grand nombre de pécheurs. Cette pensée cruelle afflige son cœur plus que tous les supplices et le conduit au désespoir.

Le Christ est dans une solitude qu'il faut consoler et combler :

« Regardez et voyez, s'il est une douleur semblable à la mienne ».

Il est des moments où nous crions grâce ! Nous voudrions donner notre démission dans un suicide silencieux.

« Éloignez de moi l'opprobre et le mépris, car j'ai cherché votre loi, Seigneur, hâtez-vous de me délivrer ».

Mais est-ce possible que le calice s'éloigne de nous quand le Fils unique n'a pu être épargné ? Ne faut-il que le grain meure avant de porter du fruit ?

Me voici, Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Quoi que vous me donniez, Seigneur, donnez-vous d'abord, vous-même, car c'est vous que je cherche, vous que je connais à peine, vous qui m'attirez avec tant de force, vous qui me délivrez de moi-même, vous qui êtes mon pain et mon vin.

10ème station. Jésus est dépouillé de ses vêtements.

Les drames de l'argent et les tragédies de la chair révèlent les mêmes abîmes : ce n'est pas la richesse qui te fera pareil à Dieu, ni les excès de la chair.

Ce mouvement d'horreur qui saisit l'homme lorsqu'il a refusé d'adhérer au plan divin inscrit dans sa conscience qu’il s'est fait une ceinture pour sauver sa honte. Ayant perdu son innocence, ce geste indique beaucoup moins la nudité de son corps, que la misère et le vide de son âme. Folie criminelle des conquérants : ce n'est pas en accumulant des oripeaux qu'on peut le combler, ni en rusant avec la vie par la profanation de son but... Notre mal, en vérité, est plus profond que toutes les détresses apparentes et que toutes nos violences de chair : c'est l'Amour d'un Dieu méconnu qui saigne dans nos cœurs.

Et c'est par une exigence implacable de vérité, que Jésus, vêtu de sa sainteté et de son innocence, voulut mourir nu sur la terre nue. Il ne s'agit pas d'avoir, il s'agit d’être. « Bienheureux les pauvres en esprit », dit le Seigneur. Cherchons le chemin qui conduit à Jésus dans le dépouillement et la pauvreté, comme les Saints. Il ne s'agit pas de réussir, mais de s'accomplir. Pourquoi ne deviendrai-je pas sainte comme eux ?

Faites, mon Dieu, que je me démette de moi, que je vous laisse toute la place et que je sois le vitrail purement diaphane où transparaît votre face.

11ème station. Jésus est attaché à la Croix.

« La lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière ».

On ne peut exprimer d'une manière plus tragique, le mystère de notre liberté et ce pouvoir d'exil que nous avons à l'égard de Dieu même.

« Il vint dans son domaine et les siens ne l'ont pas reçu ». Il était l'Amour et l'Amour ne se révèle qu'à l'Amour et ne peut régner que par lui. Nous le croyions absent, tandis qu’il était à la porte de nos cœurs, l'offrande silencieuse de l'Amour.

Alors il sortit de son silence et sans cesser d'être l'invisible et l’ineffable, il en exprima pourtant le mystère dans ce qu'il y a de plus effacé et de plus silencieux ici-bas : la Pauvreté, la sainteté et la mort. Jésus montre ses plaies : c'est Dieu jugé, accusé, et condamné par l'homme qui le crucifie !

« O mon peuple, que t'ai-je fait, et en quoi t'ai-je affligé ? »

« Jérusalem, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes et tu ne l'as pas voulu ! » (Math. 22:37)

N'est-ce pas l'énoncé le plus saisissant de la divine tragédie ? « J'ai voulu, moi, mais toi tu n'as pas voulu ». Aussi bien, l'enfer n'est pas la vengeance d'un Dieu, puisqu'il se meurt éternellement d'Amour. Dieu exauce toujours l’homme, c'est l'homme qui, trop souvent, refuse d'exaucer Dieu.

Nous devrions trembler d'inquiétude et d'angoisse, non pas pour notre salut, mais pour le salut de Dieu dans les âmes. Il s'agit de sauver Dieu qui s'est confié à nous, et qui nous a confié sa cause, nous ses disciples. Nous avons le devoir ineffable d'aider le Dieu crucifié en compatissant à sa douleur, avant de nous attendrir sur la nôtre, en nous efforçant de guérir cette blessure qui fait saigner son Cœur.

Nous pouvons nous donner aussi gratuitement à Dieu que lui se donne à nous. « Donne-moi ta vie telle qu'elle est, et j'en ferai ma vie telle qu'elle est ». Notre vie est un don reçu de Dieu et nous pouvons en faire un don donné. Comment ne pas faire déborder notre reconnaissance à ce Dieu qui établit entre lui et nous cette mystérieuse égalité.

Les pauvres ne souffrent-ils pas vis à vis des riches de n'être nécessaires à personne ? Or voici que nous sommes sollicités par Jésus pour l'aider dans son œuvre rédemptrice.

12ème station. Jésus meurt sur la Croix.

Ce n'est pas Dieu qui s'est absenté de l'homme, c'est l'homme qui a tari la source d'Amour, par son refus et par son absence.

Il est venu habiter parmi nous, et nous l'avons écrasé par nos limites et notre égoïsme et nos lâchetés... nous l'avons exilé et crucifié !

« Soumis à un supplice d'une main non humaine, mais toute puissante, Jésus est seul dans la terre, non seulement qui partage sa peine, mais qui la sache ». (Pascal : Mystère de Jésus)

Mon cœur n'attendait plus que l'opprobre et la misère et j'ai cherché quelqu'un qui s'attristerait avec moi et il n'y eut personne ! Quelqu'un qui me consolerait et je ne l’ai point trouvé !

Il est l'Amour abandonné de tous. Fils de l'Homme, il est solidaire de tous les refus d'amour de tous les hommes, il ne peut en échapper. Il est aussi solidaire de Dieu, étant Fils de Dieu.

Il se trouve ainsi à la croisée des chemins pour souffrir tous les coups de Dieu à l'homme et tous les coups de l'homme à Dieu. Il va mourir de cette mort indicible qui vient du dedans, où l'âme est atteinte et broyée, dans les plus intimes secrets de son être, avant même que le corps ait pu sentir ses blessures.

Il va mourir de cette mort unique en son atrocité où la mort mystérieuse de l'âme crucifiée par le grand anathème et la foudroyante absence précipite l'agonie du corps suspendu et le livre à cette mort visible qui n'est qu'un écho de la mort de l'âme.

L'Amour meurt de ce qu'il n'est pas aimé.

13ème station. Jésus est descendu de la Croix et remis à sa Mère.

Maintenant se consomme le martyre de Marie.

Le coup de lance ne pouvait plus atteindre le Cœur de Jésus qui ne battait plus, mais il pouvait blesser Marie. Elle était seule à voir son Fils dans cette lumière : que Jésus est Dieu et que les hommes l'ont tué ! Sa maternité divine est consommée, maintenant, comme est consommée la Rédemption.

Il faut que l'amour soit prêt à tout donner, sans rien recevoir. C'est dans cette mort du cœur, qu'il atteint toute sa vérité ; et c'est au-delà de cette mort, qu'il ressuscite avec des profondeurs éternelles, comme c'est par cette mort qu'il réalise toute sa fécondité créatrice et toute sa puissance de Rédemption.

Comment ne pas consoler cette Mère que Jésus sur la Croix nous confia ? Nous pouvons le faire chaque matin à la Messe, en nous identifiant à lui : « Ceci est Mon Corps, Ceci est Mon Sang ».

Pour que ces mots aient toute leur réalité, pour qu'ils ne soient point usurpés dans notre bouche, ne faut-il pas que la Consécration soit en quelque sorte le symbole de notre désappropriation, le sacrement de la dépossession, du dévêtement de soi, comme la Communion est le sacrement de notre assimilation toute intérieure, toute spirituelle au Sauveur?

Il n'y a d'autre raison à la Passion de Jésus-Christ que nos refus d'amour. Nous pouvons par notre amour, nourri de son immolation et de sa mort, annuler les raisons des souffrances du Christ, nous détachons Jésus de la Croix et nous consolons Marie en le lui rendant et en lui disant : « Femme, voici votre Fils ».

Et puisque le Christ l'a donnée comme Mère de tous les hommes, la Communion avec le Christ doit s'accomplir, en cette communion avec tous les membres du Christ.

Le mal suprême est cette blessure divine que chacun de nous, à sa mesure, peut guérir ; et nous découvrirons avec stupeur, sans doute, un jour, qu'au plus fort de la détresse, le disciple qui donne sans retour, a secouru le Christ qui est « en agonie jusqu'à la fin du monde ».

Ayons toujours ce souci d'apaiser aujourd'hui sa douleur.

14ème station. Jésus est mis dans le Sépulcre.

Tout est consommé !

La catastrophe s'est irrémédiablement accomplie au regard des disciples atterrés... Il y a bien dans leur souvenir des lueurs de Résurrection, mais l'évidence la plus brutale de la mort de celui en qui ils avaient cru, leur laisse un sentiment cuisant et douloureux d'un échec lamentable !

Et pourtant, se disent-ils, nous espérions jusqu'à la fin, que ce serait lui, le Sauveur d’Israël !

Cherchons, comme les saintes femmes, un geste à notre portée. Jésus est venu pour que nous ayons la vie, et que nous l’ayons débordante.

Est-ce que la misère, en effet, n'est pas l'objet propre de la miséricorde ? Le dernier mot qu'il leur adresse est un testament de joie :

« Je vous ai dit ces choses pour que Ma Joie soit en vous, et que votre Joie soit complète ». (Jn. 15:11)

Jésus nous donne sa Croix pour tarir la source de la douleur.

Source : http://www.mauricezundel.com

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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 15:31

Avant la 1ère Station : une lecture attentive du texte évangélique :

« Heureux êtes-vous… A cause de Moi » (Mt 5. 3-12).

  • Heureux les pauvres de Cœur, le Royaume des Cieux est à eux.
  • Heureux les doux, ils auront la terre en partage.
  • Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés.
  • Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés.
  • Heureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde.
  • Heureux les Cœurs purs, ils verront Dieu.
  • Heureux ceux qui font œuvre de Paix, ils seront appelés Fils de Dieu.
  • Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte, que l’on vous persécute et que l’on dit faussement contre vous toute sorte de mal à cause de moi. Soyez dans la Joie et l’Allégresse, car votre récompense est grande dans les Cieux ; c’est ainsi en effet qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

 

CHANT Donne-nous, Seigneur, un cœur nouveau, mets en nous, Seigneur, un esprit nouveau.

Les Béatitudes sont d’abord un portrait de Dieu, en Jésus-Christ c’est Dieu qui est décrit.

I. – LA CONDAMNATION A MORT

NOUS VOYONS :

Un tribunal avec un Juge : Ponce Pilate, assis sous le signe de la puissance romaine : la Louve. Il est entouré de soldats armés, tout est pour lui : la Force, l’Autorité, le Droit Romain ! Devant lui : un condamné : Jésus… Debout, tout seul… Un « Juif » incompris par cet étranger qui occupe son pays. Nous entendons la foule, bien manœuvrée par la propagande, qui crie : « A mort ! Crucifie-le ! » « Quel mal a-t-il donc fait ? » « Il se dit Fils de Dieu ! » - « Pour cela, vous voulez le tuer ?… Je m’en lave les mains ! »

NOUS PENSONS :

  • A tous nos jugements, légers, désinvoltes ou méchants… Il y a des calomnies qui tuent !…
  • A tous ceux que nous laissons condamner auprès de nous… par nos silences ou nos lâchetés !
  • A chacun de nous, qui avons toujours la tentation de nous placer du côté du plus fort, du plus riche… Qui subissons tant de « propagandes » et avons parfois crié avec la foule avant de juger la valeur d’une cause !

NOUS PRIONS :

« Seigneur Jésus, Toi qui as connu la haine sans raison autour de Toi… Libère nos cœurs de toute haine et méchanceté, donne-nous la passion de la Justice et de la Vérité, garde-nous avec ceux qui aident les autres… Et non avec ceux qui condamnent et puis se lavent les mains ! » Amen !

CHANT : O Seigneur, écoute et prends pitié !

II. – JESUS PREND SA CROIX

NOUS VOYONS :

Jésus accepte sa Croix. Nous ne savons pas comment on imposait de porter leur croix aux condamnés… Mais nous savons que le condamné Jésus l’a acceptée et l’a acceptée pour nous, pour être près de nous… « Quand Je serai dans ma passion, j’attirerai tout à Moi ! » Notre Dieu, celui que nous suivons ici dans la Foi, a été capable de porter une lourde croix pour nous aider à porter la nôtre… « Celui qui veut être mon disciple, qu’il se renonce lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ! »

NOUS PENSONS :

  • A la croix, à son acceptation dans nos vies ! Comment disons-nous « Que ta volonté soit faite » ?
  • A la croix que chacun sent peser personnellement aujourd’hui sur sa vie… Dans sa famille, son travail, ses enfants !
  • A toutes les croix que nous essayons d’esquiver… Alors que Lui porte la sienne !

NOUS PRIONS :

« Seigneur Jésus, tu sais qu’il nous est dur de porter notre croix, puisque : tu as connu le poids de la tienne. Tu as voulu en faire un signe de ton Amour pour nous… Aide-nous, pour que nous acceptions la nôtre comme un signe d’Amour pour Toi ! » Amen !

CHANT : Oui je me lèverai, et j’irai vers mon Père !

III. – JESUS TOMBE POUR LA PREMIERE FOIS

NOUS VOYONS :

Jésus, épuisé, qui tombe sur le chemin ! Trois fois nous verrons ce spectacle ! Certes, Jésus est très affaibli : une nuit de tortures, une forte flagellation… Mais surtout Jésus marche pour le salut du monde, pour le salut de tous les hommes, et ce chemin est très dur… Il veut nous apprendre qu’il ne faut pas s’étonner d’y trébucher et même d’y tomber ! C’est toujours pénible de se dévouer pour les autres ! C’est dur de suivre avec persévérance un grand idéal ! Oui ! les chutes sont à prévoir… Mais il faut toujours repartir !

NOUS PENSONS :

  • A tous nos découragements devant les difficultés que nous avons tous pour suivre un idéal de dévouement, de service, de générosité…
  • A nos ressentiments devant les incompréhensions de gens que nous aurions voulu aider…
  • A nos tentations de tout laisser tomber après un premier échec…
  • A notre envie parfois d’arrêter tout effort et de rester assis au bord du chemin…

NOUS PRIONS :

Seigneur Jésus, Toi qui criais : « Venez à Moi et Je referai vos forces », quand la vie nous écrase… Et quand la Foi nous manque, donne-nous le Courage et la Force de recommencements ». Amen !

CHANT : O Seigneur, guéris-nous, O Seigneur, sauve-nous, donne-nous la Paix.

IV. – JESUS RENCONTRE SA MERE

NOUS VOYONS :

Une pauvre femme, la mère d’un condamné, qui cherche à le voir, à l’encourager, à lui témoigner par sa présence en cet endroit de son amour maternel ! Pas un mot n’est échangé entre Jésus et Marie… Ils savent tous deux ce qu’ils font et pourquoi ils souffrent ! Mais Jésus n’est plus seul… Et jusqu’au dernier moment Marie, sa Mère, sera près de Lui !

NOUS PENSONS :

  • A tous les orphelins, à tous les enfants abandonnés par leurs mères !
  • A tous les grands malades, aux mourants qui n’ont personne auprès d’eux !
  • A toutes les mamans qui essaient de rencontrer leur enfant emporté par le mauvais exemple, la révolte, la drogue !

NOUS PRIONS :

O Vierge Immaculée, Mère bénie entre toutes les mères, par vos larmes mêlées à celles de toutes les mamans de la terre, obtenez du cœur de tous les hommes qu’ils ne se laissent plus aller à la haine et au péché, obtenez du Cœur de Votre Fils la grâce de la Paix et d’un véritable amour fraternel entre nous tous ! »

CHANT ou de préférence :

LENTEMENT (ensemble) : Je vous salue, Marie, Pleine de Grâce… Et Jésus, votre Fils, qui nous enseigne les Béatitudes est Béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, qui voulons demeurer en cet esprit de Béatitudes, maintenant et à l’heure de notre Mort. Amen !

V. – UN ETRANGER AIDE JESUS A PORTER SA CROIX

NOUS VOYONS :

Les soldats romains ont reçu l’ordre de crucifier le condamné… Ils ont peut-être peur que dans son état de faiblesse il ne meure avant qu’ils aient pu exécuter la consigne… Ils réquisitionnent alors un passant, un étranger qui revenait de son travail et exigent qu’il aide le condamné à porter sa croix !

NOUS PENSONS :

  • Qu’il nous faut davantage regarder autour de nous… Avec le désir de découvrir ceux qui ont besoin de notre aide !
  • Qu’il nous faut davantage de courage pour aller vers ceux que tout le monde méprise…
  • Qu’il nous faut davantage remercier par la prière tous ceux qui nous ont aidés à garder Foi et Courage dans la vie !

NOUS PRIONS :

« Seigneur Jésus, Toi qui a mis un jour sur notre chemin des gens qui nous ont aidés à porter notre croix comme Simon t’aidait un jour à porter la tienne, donne-nous de savoir toujours aider les autres… Garde-nous de tout racisme, de toute indifférence, de tout mépris… Et fais-nous voir en tous ceux qui souffrent, le frère qui nous attend ! » Amen !

CHANT : Dieu est amour, Dieu est lumière, Dieu notre Père… ou... Nous formons un même corps, nous qui avons part au même pain, et Jésus-Christ et la tête de ce corps : L’Eglise du Seigneur.

VI. – VERONIQUE – LA SAINTE FACE DE JESUS

NOUS VOYONS :

La piété populaire a depuis fort longtemps ajouté ici cet épisode que ne rapportent pas les Evangiles : une femme compatissante voyant passer le condamné Jésus a eu le courage de se compromettre publiquement pour Lui et d’aller essuyer le visage couvert de poussière et ruisselant de sueur ! Quand elle revint chez elle, elle aperçut le divin visage comme photographié sur son linge : elle possédait la « véritable image » de Jésus…

NOUS PENSONS :

  • A l’image que nous avons chacun de notre Dieu, n’est-il que le créateur du ciel et de la terre ? Que le Maître indifférent de la Vie et de la Mort ? Que le juge qui nous attend ?
  • A l’image que nous avons chacun de Jésus-Christ, est-il seulement le « Jésus » de la crèche que nous fêtons avec les enfants ? Le Jésus-Libérateur dont quelques phrases nous sont utiles pour des proclamations humanitaires ?

Ces images – et tant d’autres – sont trop lointaines… Pour avoir la véritable image de Jésus, il faut, comme Véronique, s’approcher de Lui par la prière, la lecture de l’Evangile, se compromettre pour Lui, au service de ses frères… Tant d’images de Jésus sont floues… La bonne photo du visage ne s’obtient que de près !

NOUS PRIONS :

« Laisse nous approcher plus près de Toi, Seigneur Jésus… Par une vie de Foi plus sérieuse, par une charité plus efficace… Comme le linge de Véronique portait trace de ton Visage, donne à nos vies de porter trace de Ton Amour ! »

CHANT : Je cherche le visage, le visage du Seigneur…

VII. – DEUXIEME CHUTE DE JESUS

NOUS VOYONS :

Jésus qui est encore tombé à terre, exténué… Les soldats romains doivent maintenant le protéger de la haine qui soulève ses ennemis ! C’est incroyable que Jésus tombe ainsi… C’est incroyable qu’à un tel innocent on voue une telle haine…

NOUS PENSONS :

  • Que la haine est la pire des drogues qui avilisse l’homme.
  • Que la moindre haine dans nos cœurs ravage toute vie spirituelle.
  • Que nous devons travailler avec persévérance à tout ce qui est réconciliation entre nous !
  • Qu’aujourd’hui nous avons à empêcher la haine de monter entre les peuples riches, gavés, qui gaspillent tout : le pain, l’idéal et la vie… Et les peuples pauvres chez qui encore on meurt de faim !

NOUS PRIONS :

« Seigneur que nous voyons ici écrasé par la haine… Garde-nous par le pardon et la justice loin de tout mauvais sentiment. Toi qui te relèves pour aller mourir pour nous… Aide-nous à vivre avec plus d’amour pour nos frères ! » Amen !

CHANT : Prends pitié de nous, Seigneur… ou Temps de silence et de prière.

VIII. – JESUS PARLE AUX PLEUREUSES

NOUS VOYONS :

Jésus qui s’arrête pour dire quelques mots ! Il n’a parlé ni à la Sainte Vierge… Ni à Simon de Cyrène ! Il s’adresse à un groupe de pleureuses professionnelles qui, voyant passer ce pauvre homme, ont voulu pousser quelques lamentations sur son sort… Jésus leur dit pratiquement : « Ne criez pas et ne pleurez pas pour rien ! Convertissez-vous et agissez, au lieu de crier inutilement ! » sinon, vos enfants connaîtront le même sort !

NOUS PENSONS :

  • A tant de paroles inutiles sur le bonheur, la réussite, ou sur la maladie, les accidents, la mort…
  • A tant de paroles pessimistes sur le monde où nous vivons et sur son avenir !

Nous nous fatiguons plus à discourir qu’à agir ! Nous pensons à rechercher en chrétiens par quel moyen pratique, là où nous vivons, dans la famille, le village, le quartier, l’usine, la rue, nous pouvons agir afin que s’établisse une solidarité efficace ! Nous pensons à trouver, en chrétien, les motifs de notre espérance et à les montrer par nos actes.

NOUS PRIONS :

« Seigneur Jésus, Tu as dit : « Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’Amour que vous aurez les uns pour les autres »… Délivre notre bouche de tant de bavardages, remplis notre cœur de tendresse pour nos frères, et donne-nous de tendre toujours une main franche et secourable à tous ceux qui en ont besoin… » Amen !

CHANT : Changez vos cœurs, croyez à la Bonne Nouvelle ! Changez de vie, croyez que Dieu vous aime !

IX. – JESUS TOMBE UNE TROISIEME FOIS

NOUS VOYONS :

Jésus complètement écrasé… Il semble que c’est la fin… On ne sait plus que dire devant un tel spectacle…. Mais on se souvient qu’il avait dit : « Si le grain de blé ne tombe en terre et n’y meurt pas, il demeure seul ! S’il meurt, il rapporte beaucoup ! » Voilà le grain de blé tombé en terre… Qui sera le soir même enfoui dans l’obscurité de la terre… D’où Il ressortira éclatant de lumière au matin de Pâques !

NOUS PENSONS :

  • A tous ceux qui sont atteints de maladies incurables – une longue souffrance…
  • A tous les blessés, les mutilés du travail, aux aveugles, aux handicapés…
  • A ceux que la vie écrase, qui pensent au suicide, qui sont en état de dépression mentale…
  • A ceux qui aujourd’hui se sentent abandonnés, perdus par l’échec de leur vie, le chômage, l’ingratitude de leurs enfants, leur solitude amère…

NOUS PRIONS :

« Nous te confions, Seigneur, tous nos frères malheureux… Toi qui as connu souffrance et abandon : redonne la santé à nos malades, le courage à nos infirmes, l’espérance aux cœurs meurtris… Tu as voulu être si près de ceux qui sont écrasés par la vie, que tu entends aujourd’hui notre prière te demandant de les aider à se relever avec Toi… Pour une vie et une espérance nouvelles ! » Amen !

CHANT : O Seigneur, je viens vers toi… ou Temps de silence et de prière.

X. – JESUS EST DEPOUILLE DE TOUT

NOUS VOYONS :

Jésus déshabillé par ses bourreaux… Suivant la coutume de l’époque, les vêtements des condamnés à mort leur étaient attribués… Nous voyons tout ce sang qui se remet à couler des plaies de la flagellation ainsi remises à vif… Nous voyons ce corps que Marie lui avait donné, il y a 33 ans, exposé, torturé, insulté, méprisé…

NOUS PENSONS :

  • A tous ces corps de nos frères, fils de Dieu, méprisés à travers le monde…
  • A tous les corps mutilés des accidents du travail, de la route…
  • A ces petits corps que l’on fait disparaître après les avortements…
  • A ces corps de femmes profanés pour l’argent ou la publicité…

Comme si la maladie ne suffisait pas… Pourquoi torturer encore ces corps humains par la guerre, la luxure, le péché ?

NOUS PRIONS :

« Seigneur, qui nous voulus à Ton image et à Ta ressemblance… Garde nos corps, marqués par les Sacrements, dignes de Ta présence… Donne-nous de savoir toujours respecter notre corps et celui des autres ! » Amen !

CHANT : Dieu fait de nous en Jésus-Christ, des hommes libres… ou Fais paraître ton jour…

XI. – JESUS CLOUE SUR LA CROIX

NOUS VOYONS :

Une scène affreuse : des hommes en clouent un autre, bien vivant, sur deux poutres de bois, pour le faire mourir avec le maximum de souffrances ! Celui qui en ferait autant, aujourd’hui à un animal nuisible, serait mis en prison… Et l’Homme qui sent atrocement les clous traverser ses mains et ses pieds est pour nous : le Fils de Dieu… Et sa puissance d’Amour est telle qu’il n’a aucun ressentiment contre ceux qui exécutent l’ordre donné… Il avait un jour entendu un centurion romain qui lui disait : « J’ai des soldats sous mes ordres et je dis à l’un : fais ceci, et il le fait ». Aujourd’hui, le centurion a dit : clouez ce condamné… Et ils le font ! Et ce condamné dira avant de mourir : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font ! » Et le centurion dira après sa mort : « Vraiment ! Cet homme était le Fils de Dieu ! »

NOUS PENSONS :

Dans ces dernières stations, nous pensons au pardon de nos péchés… (Temps de silence). Nous le demandons à ce Jésus capable de comprendre toutes les situations des hommes…

NOUS PRIONS :

« Seigneur Jésus, crucifié devant nous, demande à Ton Père, qui est aussi notre Père, le pardon de toutes les fautes qui ont marqué notre vie…

Pardon ! Pour nos sentiments d’orgueil, de mépris, d’injustice, quand nous ne voulons pas voir qu’ils conduisent à la haine…

Pardon ! Pour notre esprit de paresse, de jouissance, de recherche du plaisir, sans voir qu’il nous conduit à l’immoralité !

Pardon ! Pour notre manque de Foi, de Confiance en Toi, d’esprit de prière et de sacrifice, quand nous ne voulons pas voir le vide que cause Ton absence dans nos vies…

Seigneur, pardonne-nous et donne-nous, par ce pèlerinage, de mieux savoir ce que nous avons à faire ! » Amen !

CHANT : O Croix dressée sur le monde, O Croix de Jésus-Christ. (bis) Fleuve dont l’eau féconde du cœur ouvert a jailli. Par toi la vie surabonde, O Croix de Jésus-Christ

XII. – JESUS MEURT SUR LA CROIX

NOUS VOYONS :

Un spectacle qui dura 3 heures à Jérusalem en l’an 33… Il est représenté depuis chez tous les peuples de la terre, et dans la plupart de nos maisons, il y a un crucifix. Bien plus, à chaque messe, pour nous ce spectacle devient réalité et le Christ nous dit par la parole du prêtre : « Voici mon Corps livré pour vous ! » Nous voyons un Christ qui a tout donné, tout livré pour nous : sa vie, son honneur, son sang, tout son corps… Et qui attend, cloué, les bras grands ouverts, que nous lui donnions chacun une place dans notre vie !

NOUS PENSONS :

  • Qu’Il nous attend ainsi, chacun, aujourd’hui…
  • Qu’Il m’attend, moi, prêtre, pour me demander si, en le donnant aux autres, je me suis vraiment donné à Lui… Comme Il m’attend, moi incroyant, pour me demander si parfois je regarde loyalement ce point d’interrogation que sa Croix dresse sur ma vie !
  • Qu’Il nous attend, père et mère de famille, pour nous demander si parfois dans notre foyer on se rassemble autour de sa croix, source de la prière et du dévouement…

Comme Il m’attend, célibataire, veuf ou divorcé, pour m’aider dans toutes les difficultés de la vie…

  • Qu’Il m’attend moi, responsable, patron, dirigeant, chef, riche, bien établi, pour me demander si ma réussite est en conformité avec son Evangile.

Comme Il m’attend, ouvrier, chômeur, malade, paumé, pour me redire que de la Crèche à la Croix, pauvre parmi les pauvres, Il a toujours été à côté de moi…

NOUS PRIONS :

« Nous Te prions, Seigneur Jésus, maintenant, avec le Bon Larron… Celui que Tu attendais, là, près de Toi, à ta droite, sur la Croix… Avec lui nous Te disons : « Souviens-toi de nous dans ton Royaume ! » Donne-nous le pardon de nos fautes et de nos péchés. Garde-nous ou remets-nous sur le chemin de la Vérité et de la Vie. Rassemble-nous un jour en ton Royaume, comme Tu nous a rassemblés aujourd’hui au pied de cette croix ! » Amen ! 

CHANT : Préparez les chemins du Seigneur, tout homme verra le salut de notre Dieu.

ou O Croix sagesse suprême, O Croix de Jésus-Christ. (bis) Le Fils de Dieu lui-même jusqu’à la mort obéit, Ton dénuement est extrême, O Croix de Jésus-Christ.

XIII. – JESUS MORT EST REMIS A SA MERE

NOUS VOYONS :

Voilà le corps de Jésus, décloué de la Croix, après qu’un coup de lance en plein cœur eût garanti sa mort ! Il est rendu aux quelques amis restés fidèles ! La Sainte Vierge, sa mère, reçoit sur ses genoux ce corps de son fils âgé de 33 ans… Celle qui, ici à Lourdes, dira « Pénitence ! Pénitence ! » a connu là les limites de la souffrance maternelle… Ce qui l’a sauvée, c’est qu’elle gardait l’Espérance !

NOUS PENSONS :

  • Que Jésus avait eu la force de dire sur la Croix à la Sainte Vierge : « Mère, voici ton fils ! » et que depuis Marie est devenue la Mère de tous les baptisés, la Mère et le Signe de l’Eglise dont nous sommes les enfants…
  • Que bien des gens pensent que Dieu est inutile dans leur vie, qu’Il est vraiment mort et que l’Eglise n’a plus qu’un cadavre entre ses bras… Et l’Eglise souffre avec Marie.
  • Que bien des baptisés ne font plus aucun effort de prière, de pratique religieuse, de dévouement, et n’écoutent plus la parole d’un Dieu Vivant et Vrai… Et l’Eglise souffre avec Marie.
  • Que les fils d’une même Eglise se disputent, se soupçonnent, se contredisent comme s’ils se partageaient l’héritage d’un mort… Et l’Eglise souffre avec Marie.

NOUS PRIONS :

« Fils de l’Eglise, nous prions par Marie pour que cesse cette souffrance de l’Eglise dont nous sommes tous un peu responsables par notre indifférence ou notre orgueil ! Comme Marie, nous traversons l’épreuve en gardant l’Espérance ! Nous sommes sûrs, comme elle, que Jésus demeure le Dieu Vivant et que bientôt, debout et Ressuscité, Il nous montrera comme à l’apôtre Thomas les plaies de son corps, signe de son vivant Amour pour nous et garantie de la Foi que nous gardons en Lui ! »

CHANT : Vierge bénie entre toutes les femmes, Mère choisie entre toutes les Mères, Mère du Christ et Mère des hommes, donne-nous ton Fils, donne-nous ton Fils.

XIV. – LE TOMBEAU DU RESSUSCITE

NOUS VOYONS :

En ce lieu, un enterrement, un Vendredi soir, avant qu’il ne fasse nuit : c’est la fin d’un homme… On va vite glisser son corps dans ce tombeau creusé dans le roc et on scellera la pierre pour que tout le monde puisse dormir tranquille : tout est terminé… En ce même endroit, le Dimanche matin à l’aurore, c’est la Résurrection du Fils de Dieu… Jésus vivant part de là se montrer aux siens, apporter la Paix à leurs cœurs bouleversés et leur demander de témoigner dans le monde entier de sa Résurrection et de son Amour ! Notre présence ici est un témoignage. Si Jésus n’était pas ressuscité nous ne serions pas ici rassemblés ce soir et depuis longtemps cette histoire serait oubliée.

NOUS PENSONS :

  • A Jésus qui, pour prédire cette résurrection, avait déclaré devant le magnifique Temple de Jérusalem : « Détruisez ce temple et Je le rebâtirai en 3 jours ! » et l’évangéliste a noté : « Aussi quand Jésus fut ressuscité d’entre les morts, à ses disciples se rappelant qu’Il avait tenu ce propos crurent en l’Ecriture et en la parole qu’Il avait dite ».
  • A toutes les destructions que nous voyons autour de nous : « Détruisez ! »

Destructions matérielles : ruines des guerres, nature saccagée, pollution industrielle…

Destructions morales : des notions de dignité humaine, de patrie, de liberté, de famille, de respect de la vie…

Destructions spirituelles : de Foi en l’Homme, de Foi en Dieu, d’Espérance en Jésus-Christ, de confiance en l’Eglise…

NOUS PRIONS :

« Laisse-nous, Seigneur, déposer en ce tombeau toute une vie passée… Donne-nous de repartir avec Toi porteurs d’une espérance nouvelle. Reste avec nous afin que le Chemin de Croix de notre vie soit, avec Toi, un chemin de Confiance et de Résurrection ! » Amen !

CHANT : O Croix, victoire éclatante, O Croix de Jésus-Christ. (bis) Tu jugeras le monde au jour que Dieu s’est choisi, Croix à jamais triomphante, O Croix de Jésus-Christ.

LA RESURRECTION (s’arrêter au-delà de la 14e station)

Semé dans la faiblesse, le corps ressuscite dans la force ;

Semé dans la corruption, il ressuscite incorruptible ;

Semé dans l’ignominie, il ressuscite glorieux.

(I Corinthiens 15, 43-44)

Le premier jour de la semaine, de grand matin, les saintes femmes vinrent au monument, portant les aromates qu’elles avaient préparés. Or elles trouvèrent que la pierre avait été roulée de devant le tombeau. Et étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Et tandis qu’elles ne savaient à quoi s’en tenir, voici que deux hommes se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant. Comme elles étaient saisies d’effroi et inclinaient le visage vers la terre, ils leur dirent : Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est pas ici, mais il est ressuscité. (Luc 24, 1-6). Nous tous baptisés en Jésus-Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons été ensevelis avec lui dans la mort par le baptême. Afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la toute-puissance du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. (Lettre de saint Paul aux Romains 6, 3-4).

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