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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 07:13

Livre d'Isaïe 49, 1-6

Choisi par le Seigneur, dès le sein de sa mère, le Serviteur de Dieu ne se décourage pas : c’est Dieu qui est sa force.

Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Il a fait de ma bouche une épée tranchante, il m’a protégé par l’ombre de sa main ; il a fait de moi une flèche acérée, il m’a caché dans son carquois. Il m’a dit : « Tu es mon serviteur, Israël, en toi je manifesterai ma splendeur ». Et moi, je disais : « Je me suis fatigué pour rien, c’est pour le néant, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces ». Et pourtant, mon droit subsistait auprès du Seigneur, ma récompense, auprès de mon Dieu. Maintenant le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob, que je lui rassemble Israël. Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». – Parole du Seigneur.

Psaume 138

R/ Je te rends grâce, ô mon Dieu, pour tant de merveilles.

Tu me scrutes, Seigneur, et tu sais ! Tu sais quand je m'assois, quand je me lève ; de très loin, tu pénètres mes pensées, tous mes chemins te sont familiers. R/

C'est toi qui as créé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l'être étonnant que je suis. R/

Étonnantes sont tes œuvres, toute mon âme le sait. Mes os n'étaient pas cachés pour toi quand j'étais façonné dans le secret. R/

Livre des Actes des Apôtres 13, 22-26

Jean-Baptiste a préparé la venue de Jésus, le Sauveur promis, et il a su s’effacer pour lui donner la place.

En ces jours-là, dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, Paul disait aux Juifs : « Dieu a, pour nos pères, suscité David comme roi, et il lui a rendu ce témoignage : ‘J’ai trouvé David, fils de Jessé ; c’est un homme selon mon cœur qui réalisera toutes mes volontés.’ De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus, dont Jean le Baptiste a préparé l’avènement, en proclamant avant lui un baptême de conversion pour tout le peuple d’Israël. Au moment d’achever sa course, Jean disait : “Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds”. Vous, frères, les fils de la lignée d’Abraham et ceux parmi vous qui craignent Dieu, c’est à nous que la parole du salut a été envoyée ». – Parole du Seigneur.

Alléluia. Alléluia. Toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut : tu marcheras devant, en présence du Seigneur, et tu prépareras ses chemins. Alléluia.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 57-66. 80

Les hommes voulaient l’appeler Zacharie, mais Dieu lui avait déjà choisi son nom : Jean, c’est-à-dire : le Seigneur fait grâce.

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean ». On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom ». Et tout le monde en fut étonné.

À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël. – Acclamons la Parole du Seigneur.

Homélie

En apprenant les signes et prodiges qui venaient d'entourer la naissance de Jean, (ce nom veut dire « Dieu fait grâce ») les habitants de la montagne de Judée se demandaient ce que sera donc cet enfant ?

Nous, qui à quelques 2000 ans de distance aimons fêter à notre manière cette naissance du Précurseur de Jésus, nous n'avons pas besoin évidemment de nous poser cette question. Il nous suffit de lire attentivement les récits évangéliques pour découvrir la destinée étonnante et la figure vraiment fascinante de cet homme qui fut le dernier et le plus grand des prophètes et dont Jésus Lui-même a dit : « Je vous le déclare, parmi les enfants des femmes, il n'en est point paru de plus grand que Jean, le Baptiste ».

Pourquoi Jésus le juge-t-il si grand ?  Ne serait-ce pas parce qu'il voit en Lui un homme vraiment exemplaire ?

Oui, un homme, au sans premier du terme, un homme authentique, tel que Dieu le veut, c'est-à-dire une conscience, une droiture, une fidélité inflexible au devoir.

Rappelons brièvement les traits les plus marquants de cette physionomie spirituelle hors du commun, tels qu'ils ont été mis en lumière par les Évangélistes. Jean-Baptiste c'est tout d'abord un homme qui a littéralement la passion de la Vérité et qui jamais ne consentira par opportunisme à l'accommoder, à la diminuer ou à la déformer. Pour lui il n'y a pas 2 vérités, il n'y a pas 2 morales. Lorsqu'il doit s'adresser à la grande foule, je veux dire à ces gens qui ne sont ni des héros, ni des criminels, mais des médiocres et des faibles, il ne dissimule pas les commandements essentiels, il ne force pas, non plus leurs exigences.

Aux collecteurs d’impôts, il dit tout simplement « ne chargez pas indûment les contribuables » et aux soldats « ne soyez ni violents, ni pillards ». Mais quand il a devant lui les hypocrites orgueilleux qui, se flattent d'êtres sauvés par leurs privilèges religieux et leurs situations, il les démasque avec vigueur. « Race de vipères », leur dit-il, « arbres pourris, menacés par la hache » et pas un instant il ne s'inquiète des conséquences de ses invectives contre les puissants de ce monde. Ce qui lui importe, par dessus tout, c’est d'être le porte-parole, le haut-parleur de Dieu.

Jean-Baptiste c'est aussi l'homme qui ne se laisse impressionner ni par la réussite, ni par l’épreuve : ce n'est ni au succès, ni à l'échec, qu'il demande des conseils. Ici encore, nous devons nous rappeler sa carrière extraordinairement contrastée. Il a été l'homme des grands triomphes, celui qui remue les foules, qui jette tout un peuple sur les routes et qui le voit accourir à lui, celui qui déchaîne les enthousiasmes et dont on dit : « c'est un grand prophète, c'est peut-être le Messie, le Libérateur tant espéré ».

Or, pas un seul instant cette popularité ne lui fait tourner la tête. Rien n'est capable de le faire dévier : coûte que coûte il reste fidèle à sa mission. C'est une âme maîtresse d’elle-même qui ne se laisse pas manœuvrer. Mais voici que le moment arrive où le Précurseur sent fléchir cette énorme popularité : il devient 1'homme dont on se détache et dont la gloire s'éclipse au profit d'un autre : celle de Jésus de Nazareth. Celui qu'il a désigné lui-même comme l'Agneau de Dieu venu pour sauver les hommes.

Pas d'amertume cependant dans le Cœur de Jean-Baptiste, pas la moindre trace de jalousie : il considère que ce renversement est dans l'ordre naturel des choses. Sa profonde humilité l'incitera à s'effacer pour laisser passer Jésus devant. « Il faut qu'il croisse, dit-il, et que moi je diminue ».

Il y a plus douloureux encore. Sa destinée brusquement tourne au tragique : le voilà en prison et une prison sans espoir. Désormais sa carrière est brisée. Et cependant, Hérode qui le retient captif, n’échappe pas totalement à son influence : peut-être pourrait-il, en étant plus diplomate, plus conciliant, obtenir sa libération ?

Mais Hérode est un pécheur vraiment scandaleux et pour Jean il n’est pas question de transiger avec la loi morale, qui est la volonté de Dieu. C’est un homme qui sait dire non quand c’est non. Et c’est avec véhémence qu’il reproche à Hérode sa mauvaise conduite : « Il ne t’est pas permis de garder la femme de ton frère ». Certes, il sait très bien que ce non intransigeant, c’est l’équivalent pour lui d’un arrêt de mort. Mais d’avance, il en a accepté toutes les conséquences. Il ne tardera pas, d’ailleurs, à être décapité dans sa prison. Mort obscure, stupide en apparence, mais au regard de Dieu, mort glorieuse, suprême témoignage d’un serviteur fidèle dont la conscience n’a jamais capitulé. 

Telle est, chers frères et sœurs, la personnalité vigoureuse que l’Eglise propose aujourd’hui à notre admiration et plus encore à notre imitation. La grandeur de Jean-Baptiste c’est d’avoir été, c’est d’être toujours resté l’homme de sa vocation, celui qui a accompli uniquement et entièrement ce que Dieu attendait de lui.

Cette grandeur-là porte un nom : c’est la Sainteté. Laissons-nous donc instruire par cette vie exemplaire, si droite, si lumineuse. Mettons-nous à sa rude, mais excellente école. Nous en avons particulièrement besoin en ces temps que nous vivons, où trop souvent hélas, prédominent une incroyable confusion des idées, un déplorable esprit de compromission et de facilité et surtout ce déclin du courage que Soljenitsyne ne craint pas de stigmatiser dans ses discours. Et si à certaines heures le devoir nous paraît trop exigeant, trop lourd, trop périlleux, s’il soulève nos répugnances ou nos peurs, souvenons-nous que ce héros, ce grand saint que fut saint Jean-Baptiste, fut d’abord un homme comme nous, non pas un bloc de marbre, mais un cœur, une sensibilité délicate, une nature capable de souffrir et qu’il a éprouvé, lui aussi, nos répulsions et nos agonies. Seulement, tous ces obstacles, il a trouvé la force de les surmonter dans cet amour de Dieu si ardent, si généreux, qu’il ne cessait de puiser aux sources vives de la prière et de la pénitence.

Ces mêmes moyens : la Prière et la Pénitence qui permettent de se dépasser, qui permettent de progresser chaque jour dans la Foi, l’Espérance et l’Amour, Jésus nous les a recommandée instamment. Ils sont absolument indispensables. Celui qui prétend pouvoir s’en passer ne mérite plus le nom de chrétien. Et nous savons que nous pouvons compter en outre sur la grâce surabondante des sacrements (confession et eucharistie) et sur l’aide si efficace de Marie, la maman de nos âmes qui en étroite coopération avec le Saint-Esprit forme en nous le Christ. Evoquant un jour le ministère de son Précurseur, Jésus disait : « Jean-Baptiste fut un flambeau qui brûle et qui luit ».

Toutes proportions gardées, n’est-ce pas la mission qui est assignée à chacun de nous ? Alors, que nous soyons grand flambeau ou petite flamme, peu importe ! A la place et dans les conditions de vie qui sont les nôtres, tous, nous sommes appelés à éclairer le monde par notre foi et à le réchauffer par notre amour. Surtout « n’ayons pas peur », car la main du Seigneur est aussi avec nous. Par notre fidélité à l’Evangile et la vigueur de notre témoignage, soyons les messagers infatigables de Jésus, soyons les précurseurs de l’Unique Sauveur des hommes. « Ouvrons la route au Seigneur qui vient ».

 

Prière Universelle

R/ Fais venir ton Règne au-milieu de nous !

Son nom est Jean, c'est-à-dire « Dieu fait grâce »

  • Que la grâce de Dieu ne manque jamais à son Église, pour qu’elle annonce avec joie la Présence de Jésus au-milieu des hommes. R/
  • Que la grâce de Dieu aide les dirigeants à combler les ravins, à aplanir les routes, à rendre droits les sentiers, pour un monde plus juste et fraternel. R/
  • Que la grâce de Dieu soutienne les malades, les pauvres, les démunis, pour que nous ne les laissions pas seuls au bord du chemin. R/
  • Que la grâce de Dieu nous rende forts contre le mal et généreux à son service pour que grandisse dans le monde, le Corps du Christ. R/

Source : http://carmelsaint-maur.blogspot.com

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