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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 07:01

En apprenant les signes et prodiges qui venaient d'entourer la naissance de Jean, (ce nom veut dire « Dieu fait grâce ») les habitants de la montagne de Judée se demandaient ce que sera donc cet enfant ?

Nous, qui à quelques 2000 ans de distance aimons fêter à notre manière cette naissance du Précurseur de Jésus, nous n'avons pas besoin évidemment de nous poser cette question. Il nous suffit de lire attentivement les récits évangéliques pour découvrir la destinée étonnante et la figure vraiment fascinante de cet homme qui fut le dernier et le plus grand des prophètes et dont Jésus Lui-même a dit : « Je vous le déclare, parmi les enfants des femmes, il n'en est point paru de plus grand que Jean, le Baptiste ».

Pourquoi Jésus le juge-t-il si grand ?  Ne serait-ce pas parce qu'il voit en Lui un homme vraiment exemplaire ?

Oui, un homme, au sans premier du terme, un homme authentique, tel que Dieu le veut, c'est-à-dire une conscience, une droiture, une fidélité inflexible au devoir.

Rappelons brièvement les traits les plus marquants de cette physionomie spirituelle hors du commun, tels qu'ils ont été mis en lumière par les Évangélistes. Jean-Baptiste c'est tout d'abord un homme qui a littéralement la passion de la Vérité et qui jamais ne consentira par opportunisme à l'accommoder, à la diminuer ou à la déformer. Pour lui il n'y a pas 2 vérités, il n'y a pas 2 morales. Lorsqu'il doit s'adresser à la grande foule, je veux dire à ces gens qui ne sont ni des héros, ni des criminels, mais des médiocres et des faibles, il ne dissimule pas les commandements essentiels, il ne force pas, non plus leurs exigences.

Aux collecteurs d’impôts, il dit tout simplement « ne chargez pas indûment les contribuables » et aux soldats « ne soyez ni violents, ni pillards ». Mais quand il a devant lui les hypocrites orgueilleux qui, se flattent d'êtres sauvés par leurs privilèges religieux et leurs situations, il les démasque avec vigueur. « Race de vipères », leur dit-il, « arbres pourris, menacés par la hache » et pas un instant il ne s'inquiète des conséquences de ses invectives contre les puissants de ce monde. Ce qui lui importe, par dessus tout, c’est d'être le porte-parole, le haut-parleur de Dieu.

Jean-Baptiste c'est aussi l'homme qui ne se laisse impressionner ni par la réussite, ni par l’épreuve : ce n'est ni au succès, ni à l'échec, qu'il demande des conseils. Ici encore, nous devons nous rappeler sa carrière extraordinairement contrastée. Il a été l'homme des grands triomphes, celui qui remue les foules, qui jette tout un peuple sur les routes et qui le voit accourir à lui, celui qui déchaîne les enthousiasmes et dont on dit : « c'est un grand prophète, c'est peut-être le Messie, le Libérateur tant espéré ».

Or, pas un seul instant cette popularité ne lui fait tourner la tête. Rien n'est capable de le faire dévier : coûte que coûte il reste fidèle à sa mission. C'est une âme maîtresse d’elle-même qui ne se laisse pas manœuvrer. Mais voici que le moment arrive où le Précurseur sent fléchir cette énorme popularité : il devient 1'homme dont on se détache et dont la gloire s'éclipse au profit d'un autre : celle de Jésus de Nazareth. Celui qu'il a désigné lui-même comme l'Agneau de Dieu venu pour sauver les hommes.

Pas d'amertume cependant dans le Cœur de Jean-Baptiste, pas la moindre trace de jalousie : il considère que ce renversement est dans l'ordre naturel des choses. Sa profonde humilité l'incitera à s'effacer pour laisser passer Jésus devant. « Il faut qu'il croisse, dit-il, et que moi je diminue ».

Il y a plus douloureux encore. Sa destinée brusquement tourne au tragique : le voilà en prison et une prison sans espoir. Désormais sa carrière est brisée. Et cependant, Hérode qui le retient captif, n’échappe pas totalement à son influence : peut-être pourrait-il, en étant plus diplomate, plus conciliant, obtenir sa libération ?

Mais Hérode est un pécheur vraiment scandaleux et pour Jean il n’est pas question de transiger avec la loi morale, qui est la volonté de Dieu. C’est un homme qui sait dire non quand c’est non. Et c’est avec véhémence qu’il reproche à Hérode sa mauvaise conduite : « Il ne t’est pas permis de garder la femme de ton frère ». Certes, il sait très bien que ce non intransigeant, c’est l’équivalent pour lui d’un arrêt de mort. Mais d’avance, il en a accepté toutes les conséquences. Il ne tardera pas, d’ailleurs, à être décapité dans sa prison. Mort obscure, stupide en apparence, mais au regard de Dieu, mort glorieuse, suprême témoignage d’un serviteur fidèle dont la conscience n’a jamais capitulé. 

Telle est, chers frères et sœurs, la personnalité vigoureuse que l’Eglise propose aujourd’hui à notre admiration et plus encore à notre imitation. La grandeur de Jean-Baptiste c’est d’avoir été, c’est d’être toujours resté l’homme de sa vocation, celui qui a accompli uniquement et entièrement ce que Dieu attendait de lui.

Cette grandeur-là porte un nom : c’est la Sainteté. Laissons-nous donc instruire par cette vie exemplaire, si droite, si lumineuse. Mettons-nous à sa rude, mais excellente école. Nous en avons particulièrement besoin en ces temps que nous vivons, où trop souvent hélas, prédominent une incroyable confusion des idées, un déplorable esprit de compromission et de facilité et surtout ce déclin du courage que Soljenitsyne ne craint pas de stigmatiser dans ses discours. Et si à certaines heures le devoir nous paraît trop exigeant, trop lourd, trop périlleux, s’il soulève nos répugnances ou nos peurs, souvenons-nous que ce héros, ce grand saint que fut saint Jean-Baptiste, fut d’abord un homme comme nous, non pas un bloc de marbre, mais un cœur, une sensibilité délicate, une nature capable de souffrir et qu’il a éprouvé, lui aussi, nos répulsions et nos agonies. Seulement, tous ces obstacles, il a trouvé la force de les surmonter dans cet amour de Dieu si ardent, si généreux, qu’il ne cessait de puiser aux sources vives de la prière et de la pénitence.

Ces mêmes moyens : la Prière et la Pénitence qui permettent de se dépasser, qui permettent de progresser chaque jour dans la Foi, l’Espérance et l’Amour, Jésus nous les a recommandée instamment. Ils sont absolument indispensables. Celui qui prétend pouvoir s’en passer ne mérite plus le nom de chrétien. Et nous savons que nous pouvons compter en outre sur la grâce surabondante des sacrements (confession et eucharistie) et sur l’aide si efficace de Marie, la maman de nos âmes qui en étroite coopération avec le Saint-Esprit forme en nous le Christ. Evoquant un jour le ministère de son Précurseur, Jésus disait : « Jean-Baptiste fut un flambeau qui brûle et qui luit ».

Toutes proportions gardées, n’est-ce pas la mission qui est assignée à chacun de nous ? Alors, que nous soyons grand flambeau ou petite flamme, peu importe ! A la place et dans les conditions de vie qui sont les nôtres, tous, nous sommes appelés à éclairer le monde par notre foi et à le réchauffer par notre amour. Surtout « n’ayons pas peur », car la main du Seigneur est aussi avec nous. Par notre fidélité à l’Evangile et la vigueur de notre témoignage, soyons les messagers infatigables de Jésus, soyons les précurseurs de l’Unique Sauveur des hommes. « Ouvrons la route au Seigneur qui vient ».

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Publié par Abbé Pierre Cousty - dans Homélies Fêtes
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